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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 05:05

 

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42% d'Algériens sont allés aux urnes

 

Une femme algérienne vote le 10 mai 2012.

 

Quelque 42% des électeurs algériens ont participé jeudi aux élections législatives, premier scrutin organisé dans ce pays depuis le Printemps arabe, un taux contrastant nettement avec la méfiance affichée durant la très brève campagne électorale.

Les quelque 21,6 millions d'électeurs ont voté pour élire 462 députés, bien plus massivement qu’au dernier scrutin législatif de 2007 où le taux de participation avait atteint 35,67%, mais les résultats du scrutin ne seront connus que vendredi après-midi à 14H30 GMT, selon des sources officielles.

«La participation globale -territoire national plus communauté nationale à l'étranger- est de 42,90%», a déclaré le ministre de l’Intérieur Daho Ould Kablia, précisant que ce taux était bien plus élevé sur le territoire national atteignant 44,38 %, alors qu’il n’a été que de 14% pour les Algériens de l'étranger.

Le président Abdelaziz Bouteflika, initiateur de réformes destinées à parer le pays de la révolution qui a balayé les régimes de Libye, de Tunisie, d’Egypte et du Yémen notamment, avait appelé à plusieurs reprises ses compatriotes à voter, tout comme nombre de dirigeants politiques.

Mais, inversement, le taux d’abstention aura atteint 57,1%.

Il a surtout été marquant dans la capitale kabyle, Tizi Ouzou, atteignant 80,16%, suite au boycottage mené par l’un des partis dominants, le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD).

A Alger, forte d’environ trois millions d’habitants, l’absention a atteint 69,1% des électeurs.

Sans crier victoire, M. Ould Kablia a souligné que les problèmes «constatés ici et là ont été contenus et ne peuvent avoir en aucun cas d’incidence sur la crédibilité des élections».

Lui emboîtant le pas, le chef de la mission des quelque 150 observateurs de l’Union européenne à ce scrutin José Ignacio Salafranca a jugé que le vote s'était déroulé dans des conditions «généralement satisfaisantes sauf de petits incidents très limités».

Les autres observateurs, sur un total de 500 venus en Algérien à la demande de la présidence et issus de la Ligue Arabe, de l’OCI ou de l’Union africaine et d’ONG américaines, n’avaient fait aucun commentaire jeudi.

Des irrégularités durant le scrutin

 

La Commission nationale de surveillance des élections législatives (CNSL) a pourtant répertorié 150 plaintes d’irrégularités du scrutin, dont une trentaine relevant du pénal.

Deux de ces dernières impliquent directement deux ministres en exercice, candidats à la députation. Il s’agit de Chérif Rahmani, ministre de l’Environnement du Parti national démocratique (RND) du Premier ministre Ahmed Ouyahia et de Tayeb Louh ministre du Travail du Front de Libération Nationale (FLN, parti présidentiel).

Tous deux sont accusés d’avoir visité les centre de vote pour inciter à un vote en leur faveur.

Le président Abdelaziz Bouteflika avait pressé à plusieurs reprises, dont mardi après-midi, la population et en particulier les jeunes à voter massivement.

Dans le tiers des communes -543 sur 1.541- le vote a été prolongé d’une heure à 20h00 locales (19h00 GMT), alors que les bureaux de vote avaient ouvert à 8h00 pour ce scrutin à la proportionnelle à un tour destiné à élire 462 députés.

A Bab El Oued, le coeur traditionnel d’Alger, la plupart des habitants interrogés par l’AFP se disaient indifférents et parlaient d’abstention.

«Je ne voterai pas car la Constitution ne donne aucun pouvoir au Parlement», expliquait Hamid, 50 ans, ancien militant du Front islamique du Salut (FIS), dissous en mars 1992, après l’annulation des premières législatives pluralistes de décembre 1991 que ce parti était en passe de remporter.

L’annulation du scrutin avait plongé le pays dans une «guerre civile» qui a fait près de 200 000 morts.

Quarante-quatre partis - dont 21 nouveaux, sept formations islamistes et plus d’une centaine de listes d’indépendants - étaient en lice pour ce scrutin.

En appelant mercredi les jeunes à aller voter, ce dernier, âgé aujourd’hui de 75 ans, les avait assuré que «sa génération avait fait son temps».

L’Algérie fête cette année ses 50 ans d’indépendance, mais ces dernières années avait vu une multiplication des mouvements sociaux, menant à un pic en janvier 2011 avec des émeutes sanglantes, durant la période de la chute du régime Ben Ali en Tunisie.

Confortés par la victoire des islamistes dans les pays de la révolution arabe, ceux d’Algérie étaient très optimistes. «Nous sommes certains de notre victoire que ce soit par KO ou aux points», déclarait l’un d’eux, Bouguerra Soltani, chef de file du Mouvement de la société pour la paix (MSP). liberation

 

 

 

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Les forces en présence

 

 

44 partis sont en lice, dont sept islamistes, 21 nouvelles formations et plusieurs listes indépendantes.

 

Le ministre de l'Intérieur Dahou Ould Kablia a chiffré à 21,6 millions le nombre d'électeurs aux élections législatives algériennes qui ont lieu jeudi 10 mai. 48.546 bureaux de vote ouvriront de 8 heures (7h00 GMT) à 19h pour ce scrutin à la proportionnelle à un tour. Les résultats sont attendus le lendemain mais la participation devrait être connue dans la soirée.

24.916 candidats, dont 7.700 femmes, se présentent. 44 partis sont en lice, dont sept islamistes, 21 nouvelles formations et plusieurs listes indépendantes. L'Assemblée sortante comprend déjà 59 islamistes sur 389 députés qui passeront à 462 dans la nouvelle.

Voici les principales forces en présence :

Le Front de Libération Nationale (FLN présidentiel), parti unique en 1962 puis dominant depuis 1989, devrait rester en tête grâce à des électeurs fidèles, selon son patron Abdelaziz Belkhadem.

Le Rassemblement National Démocratique (RND) du Premier ministre sortant Ahmed Ouyahia veut pour sa part, avec ces élections, "préserver la stabilité de l'Algérie".

L'"Alliance de l'Algérie Verte", coalition de trois partis islamistes dit " modérés " (Mouvement de la société pour la paix, El Islah et Ennahda), s'est dite certaine de remporter les élections "si elles sont honnêtes et non entachées de fraude".

Un autre parti islamiste plus radical, le Front de la justice et du développement (FJD), présidé par Abdallah Djaballah, se présente aussi.

Le plus vieux parti d'opposition, le Front des Forces Socialistes (FFS) du vétéran kabyle Hocine Aït Ahmed, revient dans l'arène électorale après 10 ans de boycottage. Son vieux rival, le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) boycotte le vote, le jugeant comme une "insulte du malheur algérien".  tempsreel.nouvelobs

 

 

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 06:01

L'Assemblée Constituante accusée de tricheries dans les votes

 

Le vote électronique ne serait pas si fiable qu’il n'y paraît selon des membres de l’Assemblée constituante tunisienne.

Le 3 mai lors d’une séance plénière, certains députés ont dénoncé des tricheries et plus encore le manque de transparence de l’Assemblée sur la publication des procès-verbaux et des rapports des commissions.

Azed Badi, un député du CPR, le parti de gauche du président Marzouki, a dénoncé la tricherie qui a eu lieu lors d’un vote où certains députés ont voté deux à trois fois d’après le site Tunisie Haut Débit.

 

Pour Mabrouka M’Barek, députée du CPR, la tricherie n’est pas forcément volontaire, elle est liée à une confusion sur le vote électronique et un manque de contrôle.

«Il y a un problème, les députés ne votent pas dans leurs sièges attitrés, ils votent sur un poste puis vont s’asseoir à leur siège et votent une nouvelle fois en annulant leur vote précédent. Les journalistes voient ça d’en haut et évidemment ils pensent que les personnes votent deux fois.»

 

Ce phénomène a abouti à des résultats de scrutin troublant : par exemple, le fait que 170 voix soient enregistrées alors que 120 députés seulement étaient présents le 3 mai. Tricherie ou pas, le vote n’a pas été annulé.

«Je soutiens l’initiative de la plainte, nous allons nous même faire pression au sein de l’Assemblée pour qu’il y ait un meilleur contrôle ou que l’on revienne au vote à main levée, il m’arrive parfois de voter par procuration pour mes collègues qui ne sont pas à leur poste et cela est interdit. Nous devons demander à ce que les postes des absents soient fermés quand ils ne sont pas sur leur siège.»

 

Face à ce phénomène les membres de l’OpenGov, un groupe formé d’indépendants, de membres de la société civile et de députés de l’assemblée, a été fondé après les élections. Leur objectif: assurer la transparence entre le gouvernement et la société civile mais aussi effectuer une veille sur l’Assemblée.

 

Ils sont actuellement en train de s’accorder sur les bienfaits d’une poursuite en justice. Ils ont commencé par un ultimatum lancé au président de l’Assemblée Mustapha Ben Jafaâr pour le 16 mai. Si celui-ci ne rend pas plus accessible les données de l’Assemblée, une plainte sera déposée auprès du tribunal administratif de Tunis le 31 mai.

 

Cette plainte arrive après plusieurs demandes répétées d’associations tunisiennes comme Al Bawsala et Touensa d’avoir accès aux séances plénières en tant qu’observateurs, restées sans réponse.

Parallèlement à la plainte, le groupe OpenGov va lancer une seconde campagne 7ell2 (ouvre) pour plus de transparence similaire à la première lancée en janvier 2012 pour mobiliser l’opinion publique autour de la transparence.

 

 

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Le groupe OpenGov compte porter plainte contre l’Assemblée constituante

 

Les frasques de l’assemblée constituante commencent à en agacer plus d’un. Le groupe OpenGov en premier. Après le refus de publication automatique des PV des réunions et le retard de diffusion des rapports des commissions internes, voilà maintenant que la société civile découvre l’affaire de la tricherie dans le vote électronique.

 

Le 3 mai dernier, Azad Badi, député CPR à l’assemblée nationale constituante (ANC), a relevé durant la séance plénière que quelques uns de ses collègues trichaient durant le vote électronique en appuyant sur les boutons de vote des sièges vides d’à côté. Le président du bloc Ennahdha à l’ANC, Sahbi Atig, a confirmé les déclarations de M. Badi : «J’ai honte d’en parler. Hier on était 120 députés, or on aura compté 170 voix. Est-ce normal que les uns trichent et que les autres copient sur leurs collègues ? Serions-nous dans une école primaire ?».

 

Prenant note de ces dérives au sein de la haute autorité législative du pays, et craignant des passages en force de lois anti-démocratiques, le groupe OpenGov vient de décider de porter plainte contre l’assemblée constituante devant le tribunal administratif.

 

Mais avant d’en arriver à ce stade, ce groupe de cyber-activistes militant pour une totale transparence de la gouvernance, a décidé de lancer un ultimatum au président de l’assemblée, Mostapha Ben Jaafer.

 

Soutenu par plusieurs associations, le groupe OpenGov va adresser, le 16 mai, une missive à M. Ben Jaafer dans laquelle il lui demandera solennellement la diffusion sur le site de l’ANC des rapports des commissions internes. Il va également lui demander de fournir automatiquement les PV des réunions ainsi que la liste d’absence des députés depuis leur prise de fonction. En cas de retard de réponse, le groupe va passer à l'action en déposant une plainte devant le tribunal administratif vers le 31 mai prochain.

 

Rappelons que plusieurs députés de l’ANC font partie du groupe OpenGov, mais vu leurs engagements, plusieurs d’entre eux n’ont pas pu publier le compte-rendu de leurs réunions sur facebook, ou au sein du groupe.

 

Notons également que, Karima Souid, élue Etakattol à l'ANC, a été chargée de l’accès aux commissions et de la publication des PV. Mais vu que ce travail nécessite beaucoup d’efforts (retranscription, numérisation, traduction, etc.), le groupe OpenGov cherche donc maintenant à ce que le président de l’assemblée lui facilite le travail en embauchant du personnel qui aidera Mme Souid dans sa tâche. Des membres du groupe ont carrément exprimé leur volonté de travailler bénévolement afin que la transparence devienne la règle d’or au sein de l’assemblée. Surtout dans cette période de transition démocratique. thd.tn

 

 

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Le préambule de la nouvelle Constitution en voie de finalisation


La rédaction du texte final du préambule de la nouvelle Constitution tunisienne a atteint un taux de finalisation de 70% dans l'attente de la discussion et par la suite l'adoption du dernier paragraphe prévue la semaine prochaine.

"La finalisation définitive du préambule ne devrait pas dépasser mercredi prochain", a annoncé mercredi le quotidien tunisien La Presse citant la Commission constituante du préambule, des principes fondamentaux et de l'amendement de la Constitution.

D'après cette Commission, les travaux reprendront lundi prochain concernant le dernier paragraphe du préambule dont la version finale a été avalisée en grande partie par les députés membre de cette Commission.

"Les travaux des constituants ont été dominés par une réelle volonté de consensus par un attachement à l'écoute de l'opinion de l'autre" et une conviction commune sur l'impérative de traduire, dans ce préambule, les valeurs de la révolution tunisienne du 14 janvier 2011, a déclaré à La Presse une source de la Constituante.

Une fois le préambule adoptée, la Commission entamera des discussions sur l'élaboration des principes fondamentaux (de la Constitution) dont 40 chapitres et 9 principes ont été déjà mis en oeuvre, selon la même source.

Les chapitres comportent l'Etat, la citoyenneté et les rapports sociaux, l'organisation politique, l'organisation administrative, les relations internationales, les droits et libertés fondamentaux, l'indépendance de la justice, la souveraineté de la loi et primauté de la Constitution et les principes irréversibles.

En se référant à une copie du texte du préambule, La Presse a pu tirer un ensemble de principes et de valeurs dont la lutte contre la dictature, la "fidélité aux martyrs", la "rupture définitive avec la malversation et l'injustice", l'instauration d'un régime républicain, les valeurs islamiques et universelles de la Tunisie, l'indépendance des pouvoirs, la primauté de la loi et de la justice (..).

Les rédacteurs du préambule de la Constitution tunisienne ont tenu à "l'instauration d'un régime républicain civil participatif où le peuple est la source des pouvoirs, où sont assurés la pluralité des associations et des organisations, le respect des droits de l'Homme, la neutralité de l'administration, des élections libres aboutissant à l'alternance des pouvoirs", d'après le texte du préambule. 
maghrebemergent

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 05:36

Verdict de Belhassen Trabelsi

Les Tunisiens de Montréal sont peu surpris

 

Verdict de Belhassen Trabelsi - Les Tunisiens de Montréal sont peu surpris

Belhassen Trabelsi a résidé au Château Vaudreuil, à Vaudreuil-Dorion, avec sa femme, ses quatre enfants, ainsi qu'une nourrice.  © AFP PHOTO / ROGERIO BARBOSA

 

La communauté tunisienne de Montréal n'a pas été surprise de la décision, prise par la Commission de l'immigration et du statut de réfugié, d'ordonner des mesures de renvoi à l'égard de Belhassen Trabelsi, beau-frère du président tunisien déchu, Ben Ali.

«Je m'y attendais. Belhassen Trabelsi ne s'est même pas présenté à son audience le 23 avril et ses avocats n'avaient pas présenté assez de preuve», a expliqué Nadia, une Tunisienne.

En effet, le beau-frère du président tunisien était absent à son audience publique. M. Trabelsi devait justifier sa faible présence sur le sol canadien — 25 jours seulement avant sa fuite en janvier 2011 — car l'obtention de la résidence permanente impose un temps de présence minimum au Canada. Il était pourtant dans l'obligation d'y assister afin de donner les raisons de sa non-résidence dans une période d'au moins 730 jours sur une période de cinq ans au Canada, et peut-être voir augmenter ses chances de garder son statut de résident permanent.

Transparence réclamée

La communauté tunisienne reste tout de même déçue de la lenteur du gouvernement fédéral.

Effectivement, les autorités tunisiennes avaient déjà envoyé un dossier d'extradition en janvier 2011, complété le 18 avril 2012. De plus un mandat d'arrêt international a également été émis afin d'extrader Belhassen Trabelsi. Rien n'a encore été fait par le gouvernement canadien.

Néanmoins, le geste le plus attendu par la diaspora du Canada concerne celui du gel des avoirs. «Nous dénonçons le manque de transparence dans ce dossier, a évoqué le porte-parole du collectif Tunisien au Canada, Malek Letaïef. Les autorités canadiennes ne nous disent pas ce qui a été gelé ni même quand ce gel a été fait, à part 122 000 $.»

«Tout son argent s'est déjà envolé. Pourquoi se casse-t-il la tête à vouloir rester ici, j'espère qu'il sera extradé et qu'il moisira dans une prison en Tunisie», a témoigné Mohamed, un citoyen canado-tunisien.

Belhassen Trabelsi a perdu sa résidence permanente, certes, cependant il lui reste encore une carte à jouer, puisque ce dernier a déposé une demande de réfugié. Il pourrait donc rester au Canada avec sa famille jusqu'à ce que sa demande soit entendue. canoe.ca

 

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Belhassen Trabelsi perd son statut de résident permanent au Canada

 

Absent de son audience le 23 avril dernier, Belhassen Trabelsi n'a pas réussi à convaincre la Commission de l'immigration et du statut de réfugié (CISR) qui vient de rejeter son appel et confirmer son interdiction de séjour au Canada. Voici son rapport. 

N'ayant pas vécu au Canada pendant deux des cinq années précédentes, le statut de «résidents permanents» avait été retiré à Belhassen Trabelsi et sa famille. La Commission de l'immigration et du statut de réfugié (CISR) vient de rejeter son appel et confirmer son interdiction de séjour au Canada.

Selon le rapport de la CISR, Belhassen Trabelsi a déclaré lors d'un questionnaire intitulé Perte de résidence – Considérations d'ordre humanitaire : «Je risque d'être torturé avec ma famille, d'être attaqué physiquement par la population voir même assassiné comme c'est le cas de mon neveu.». Cela n'a pas été suffisant pour convaincre la commission qui a évoqué les poursuites judiciaires par les autorités tunisiennes contre Belhassen Trabelsi tout en précisant qu' «aucune preuve n'a été déposée devant ce tribunal démontrant que les autorités tunisiennes mettraient les enfants de l'appelant principal en danger ou les détiendraient. D'autant plus que l'appelant principal a deux autres enfants qui n'ont pas fui la Tunisie avec lui. Aucune preuve n'a été produite qui démontrerait que ses enfants sont ciblés par les autorités tunisiennes. Aucune preuve n'a été produite à l'effet que l'épouse de l'appelant principal est ciblée par les autorités tunisiennes et que ses deux filles ne pourraient pas rester avec leur mère advenant le cas que l'appelant principal doive purger une peine d'emprisonnement».

La commission conclut donc son rapport par un rejet des appels et confirmer les mesures d'interdiction de séjours visant Belhassen Trabelsi, son épouse, Zohra Jilan Trabelsi, et ses deux filles, Soufia et Zein Trabelsi.

Belhassen Trabesli, en fuite au Canada depuis le 14 janvier 2011 a adressé le 12 avril dernier, une lettre d'excuses aux Tunisiens. La perte du statut de résident permanent ne signifiera pas cependant pas son retour immédiat. Selon la presse canadienne, le beau-frère du Président déchu n'a pas épuisé tous ses recours, et a fait une demande d'asile au Canada. Il pourrait donc rester encore plusieurs mois au Canada.

Le rapport complet de la Commission de l'immigration et du statut de réfugié est accessible icitekiano

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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 05:11

 

 

 

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Un mort et quatre blessés dans l'attaque du siège du gouvernement


Les autorités libyenne ont fait usage de la force mardi pour déloger des ex-rebelles armés qui avaient pris d'assaut le siège du gouvernement à Tripoli pour réclamer des primes, provoquant des affrontements qui ont fait un mort et quatre blessés, selon le gouvernement.

Le porte-parole du gouvernement, Nasser al-Manaa, a indiqué au cours d'une conférence de presse au siège du gouvernement, qu'une intervention des services de sécurité avait été "nécessaire" pour repousser les assaillants et évacuer les fonctionnaires.

Selon lui, un membre de la Haute commission de sécurité, qui dépend du ministère de l'Intérieur, a été tué, et trois autres blessés, dans des affrontements avec les assaillants, qui comptent un blessé de leur côté.

Il a estimé que les assaillants, venus de la ville de Yefren (ouest), étaient au nombre de 200 environ, équipés de 50 véhicules sur lesquels étaient montés des armes de différents calibres.

Le gouvernement libyen a commencé il y a quelques mois à verser des primes aux rebelles ayant participé aux combats contre les forces de Mouammar Kadhafi durant les huit mois du conflit libyen, avant de les suspendre quelques semaines plus tard suite à des "irrégularités".

Cette suspension a provoqué l'ire d'ex-rebelles qui n'ont pas reçu leur part.

M. Manaa a indiqué avoir rencontré des représentants des ex-rebelles et leur avoir expliqué que leurs droits étaient "garantis, que le gouvernement l'avait inscrit parmi ses priorités" et que la suspension des primes était provisoire.

Il a ajouté qu'avant et pendant ce dialogue, des coups de feu ont été tirés dans la cour du bâtiment et que des armes de différents calibres ont été utilisées, allant du revolver jusqu'aux lance-roquettes.

"Il est du devoir du gouvernement de protéger les institutions de l'Etat et l'autorité de l'Etat", a-t-il dit, ajoutant que le ministère de l'Intérieur et sa Haute commission de sécurité étaient intervenus pour évacuer les fonctionnaires, déclenchant des affrontements.

En début de soirée, les alentours du siège du gouvernement étaient sous le contrôle des autorités qui ont tenu à organiser leur conférence de presse dans ce bâtiment, dont les abords étaient jonchés de douilles et plusieurs vitres brisées.

La tension était palpable dans la ville où plusieurs check-points ont été installés.

Le chef de la Haute commission de sécurité de Tripoli, Khaled Becher, a indiqué que sept véhicules armés avaient été confisqués et 14 assaillants arrêtés.

En début d'après-midi, un responsable du ministère de l'Intérieur avait fait état d'un bilan de deux à quatre morts, dans l'attaque contre le siège du gouvernement.

Un responsable du gouvernement avait indiqué qu'un "grand nombre" d'hommes armés encerclaient le bâtiment.

"Ils ont tiré dessus avec des armes, dont des canons anti-aériens", a indiqué à l'AFP sous couvert de l'anonymat ce responsable qui trouvait dans les locaux au moment de l'attaque.

"Un groupe a réussi à entrer dans le bâtiment et il y a eu des tirs à l'intérieur", a-t-il ajouté.

Des témoins ont rapporté que des voitures armées avaient encerclé le siège du gouvernement et fermé toutes les routes autour du bâtiment, provoquant des embouteillages.

Un groupe d'ex-rebelles avait déjà attaqué le siège du gouvernement le 10 avril, provoquant l'indignation du cabinet du Premier ministre Abdel Rahim al-Kib et du Conseil national de transition (CNT, au pouvoir).

Le gouvernement a été à plusieurs reprises critiqué pour son échec à asseoir son autorité et à s'opposer aux milices formées par les ex-rebelles qui font la loi dans le pays.

Un plan d'intégration de ces combattants, a conduit toutefois au recrutement de plusieurs milliers d'entre eux par les ministères de l'Intérieur et de la Défense. tempsreel.nouvelobs

 

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Des ex-rebelles attaquent le siège du gouvernement


 

Des membres du gouvernement de transition libyen, le 31 mars 2012 : le premier ministre Abdel Rahim Al-Kib, entouré du ministre de la défense, Osama Juili, à sa gauche, du chef des armées libyennes, Yussef Al-Mangush, et du porte-parole du gouvernement, Salah Al-Manaa à sa droite.

Des membres du gouvernement de transition libyen, le 31 mars 2012 : le premier ministre Abdel Rahim Al-Kib, entouré du ministre de la défense, Osama Juili, à sa gauche, du chef des armées libyennes, Yussef Al-Mangush, et du porte-parole du gouvernement, Salah Al-Manaa à sa droite

 

 

Des dizaines d'ex-rebelles ont attaqué, mardi 8 mai, le siège de gouvernement libyen, au centre de Tripoli, encerclant le bâtiment et tirant dessus pour réclamer leur part des primes distribuées aux rebelles ayant combattu l'ancien régime, selon un responsable du gouvernement. Au moins deux gardes ont été tués et plusieurs autres blessés, selon un responsable du ministère de l'intérieur.

"Un grand nombre d'hommes armés encerclent le bâtiment. Ils ont tiré dessus avec des armes, dont des canons antiaériens", a indiqué à l'AFP, sous couvert d'anonymat, un responsable qui se trouvait dans les locaux au moment de l'attaque. "Un groupe a réussi à entrer dans le bâtiment et il y a eu des tirs à l'intérieur", a-t-il ajouté, affirmant ne pas être en mesure d'indiquer s'il y a eu des victimes.

Selon des témoins, des voitures armées encerclent le siège du gouvernement et toutes les routes autour du bâtiment  ont été fermées, provoquant des embouteillages.

 

SUSPENSION DES PRIMES AUX REBELLES

Le porte-parole du gouvernement Nasser Al-Manaa a minimisé les violences, affirmant que des ex-rebelles étaient venus au siège du gouvernement en signe de protestation au "sujet des primes". "Ils sont maintenant en réunion avec le ministre de la défense pour trouver une solution", a-t-il ajouté, sans autre détail.

Le gouvernement libyen a commencé il y a quelques mois à verser des primes aux rebelles ayant participé aux combats contre les forces de Mouammar Kadhafi durant les huit mois du conflit libyen, avant de les suspendre quelques semaines plus tard à la suite à d'"irrégularités".

Cette suspension a provoqué l'ire de plusieurs ex-rebelles, qui n'ont pas reçu leur part. Certains d'entre eux avaient déjà attaqué le siège du gouvernement le 10 avril, provoquant l'indignation du cabinet du premier ministre Abdel Rahim Al-Kib et du Conseil national de transition (CNT) au pouvoir.

 

 

Premier procès devant un tribunal civil de partisans de Kadhafi

 


Le premier procès civil de partisans du régime de l'ancien dirigeant libyen s'est ouvert mardi au tribunal de Zawiyah, à 40 km à l'ouest de Tripoli, avant d'être reporté à la semaine prochaine. Dans une salle d'audience flambant neuve, cinq accusés comparaissaient. Selon un responsable du tribunal, Ali Al-Chaab Mohamed, ce procès était le premier de pro-Kadhafi qui se tient devant un tribunal civil. Il a précisé que les cinq détenus sont "accusés notamment de former une bande criminelle dans le but de commettre des actes de sabotage et de port d'armes sans autorisation".

Plusieurs responsables de l'ancien régime et des centaines de ses partisans, militaires et civils, croupissent depuis des mois - certains depuis plus d'un an - dans des dizaines de prisons en Libye, dont la plupart, sous la coupe des milices d'ex-rebelles, échappent au contrôle des autorités. Mais, depuis quelques semaines, le pouvoir a annoncé avoir pris le contrôle de plusieurs prisons dans le pays et rétabli la justice. lemonde

 

 

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 05:13

La non application de la loi se retourne contre Ennahdha

 

Depuis des mois le gouvernement de la dite troïka, en fait le gouvernement d’Ennahdha, se comporte comme un paternel par rapport aux agressions, intimidations, appels au meurtre et au racisme mis en scène en toute impunité par les islamistes salafistes. La loi a été mise en quarantaine au profit de cette faction de fascisants sous prétexte qu’ils étaient de simples jeunes tunisiens perdus et non matures.

Les journalistes furent agressés par les barbus et par une milice (9 avril) que l’on tente de plus en plus à faire oublier par la «fabrication» d’une commission qui tarde à nommer les crimes et les responsables…

La faculté de Manouba a été pendant des semaines sous le dictat d’un groupe d’obscures qui hurlaient à tue-tête «Pas de Nikab, pas de cours» allant jusqu’à draper cette institution publique par leur drapeau noir…

Séjnane, une petite ville du nord, s’est transformée symboliquement en un émirat et jusqu’à ce jour ses salafistes font le beau et le mauvais temps…

Les locaux de l’UGTT, notamment la fameuse place de Mohamed Ali, furent souillés par les ordures

La Tv nationale fut encerclée par les partisans d’Ennahdha et ses journalistes ont vécu presque deux mois sous les insultes et les violences verbales de barbus dont l’objectif est clairement politique et dont le mandat semble émaner  d’Ennahdha lui-même…

De nombreux intellectuels et militants de la société civile furent agressés au vu et au su de tous pendant que le procureur de la République se fait avocat de la bonne moralité en mettant sous les verrous  un ``journaliste`` pour avoir publié une photo d’une femme quasi-nue… La loi fut entièrement séquestrée par Ennahdha et utilisée selon l’étalon de mesure féodale et non républicaine.

 

Et Thala dans tout cela ?

Puisque la loi est absente, alors on peut nous même faire justice. C’est en un mot ce que des jeunes de Thala (et plusieurs d’autres également) avaient compris…

Cette ville abandonnée par les dieux et même par les diables se sent délaissée, trahie, enterrée sous des tonnes d’oublis et d’indifférence… Le poids de la misère, de la pauvreté, des conditions sociales et sanitaires moyenâgeuses  ne semble plus être supportable par les habitants de cette ville et l’incendie du local d’Ennahda n’est que le  prélude à un autre soulèvement…  

J’ai déjà publié, il y a quelques jours, des vidéos exprimant cet état d'indigence immonde et j’ai même adressé ces douloureuses informations à l'intention des trois têtes de l’État tunisien, Moncef Marzouki, Hammadi Jebali et Mustapha Ben Jaafar… Mais rien à faire… Silence sur silence… Thala demeure l’habitat des fantômes…     

Thala Solidaire condamne les actes commis contre le local d’Ennahdha, mais soutient toute lutte pacifique et toutes les actions de désobéissance civiles des thalois afin que cette ville ne demeure plus l’habitat de désespoir…

par Noureddine Bourougaa Mnasri

 

 

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Le mépris  des martyrs de Thala et de Kasserine...  


 

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Le bureau du mouvement Ennahdha à Thala attaqué par les ouvriers des chantiers


Un mouvement de protestation déclenché par les ouvriers de chantiers dans la ville de Thala (gouvernorat de Kasserine) a dégénéré, mardi, en actes de violence et de trouble.
Les ouvriers de chantiers protestent contre le retard pris dans leur paiement et revendiquent leur titularisation.

Les protestataires ont barré la route reliant la ville de Thala à Kasserine et contraint les administrations publiques dans la région à suspendre leurs activités.

Le bureau du mouvement Ennahdha à Thala a été, également, attaqué par les ouvriers de chantiers qui ont saccagé et détruit tous les équipements du local.

Des mouvements de protestation similaires ont eu lieu dans les villes de Majel Bel Abbas et Sbeitla pour revendiquer l'emploi et le développement de leur région.

D'autre part, les habitants de Feriana et Tlabet ont observé une grève générale pour réclamer leur droit au développement et régulariser la situation des ouvriers de chantiers. 
babnet.net

 

 

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ALI LARAYEDH APPELLE LA POPULATION À PATIENTER

 

Le ministre de l’Intérieur Ali Larayedh a condamné dans une déclaration à Mosaïque FM les attaques contre le local du Mouvement Ennahdha à Thala (gouvernorat de Kasserine). M. Larayedh a indiqué que cette attaque témoignerait de la colère des citoyens contre  leurs situations sociales difficiles. 

Le Ministre de l’intérieur s’est dit compréhensif des protestations des citoyens au gouvernorat  de Kasserine et ailleurs,  les appelant  à patienter encore un peu, le temps que l’assemblée constituante achèvera la discussion de la loi de finances complémentaire. Cette loi, une fois adoptée,   sera suivie de conseils ministériels  consacrés à chaque région, a déclaré M. Larayedh, précisant que le gouvernement entamera la réalisation des projets prévus dans chaque région juste après cette étape. 

Ali Larayedh a promis aux ouvriers des chantiers  à Kasserine et dans toutes les régions se trouvant da la même situation que le versement de leurs pensions se fera vers la fin de la semaine en cours. 

Il a appelé par ailleurs à la retenue et à préserver la paix sociale car « les sit-in, les grèves générales et le blocage des routes ne vont pas résoudre les problèmes », a-t-il dit. 
mosaiquefm

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 03:33

La fraude commence à El Oued : 32 partis menacent de se retirer

 

Trente-deux partis, dont le FFS, l'Alliance de l'Algérie verte et le Parti des travailleurs, menacent de se retirer de la course aux législatives si l'administration continue de fermer les yeux sur la fraude qui a eu lieu au niveau des bureaux itinérants, en faveur des partis au pouvoir, indique-t-on dans un communiqué rendu public, ce mardi.

Un document qui a été adressé au ministre de l'Intérieur et au président  de laCommissionnationale de surveillance des élections législatives (CNSEL).

Les membres de la commission de wilaya de surveillance des élections législatives, représentant 32 partis dans la wilaya d'El Oued ont, dans un communiqué adressé au wali, accusé l’administration de complicité de fraude en faveur du FLN.

Ces membres ont dénoncé et protesté contre la distribution des bulletins de vote du FLN avant et durant le déroulement du scrutin et ce avec la complicité du chef du bureau de vote.

Selon le communiqué, les représentants des partis ont émis des réserves sur les résultats des législatives du 10 mai 2012.

Lors d’une rencontre, ce mardi, avec le wali d’El Oued, les têtes de listes des partis en question, lui ont demandé d'intervenir pour mettre fin à la fraude au niveau des bureaux itinérants dans les zones frontalières d'El Oued. elwatan

 

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Bouteflika évoque la fin de la génération 1954 : «Djayli tab Djnanou (Nous sommes vieux et finis)»


Bain de foule, appel au vote et réquisitoire contre la famille révolutionnaire qui s’est accaparée le pouvoir depuis 1962 en faisant de la guerre d’indépendance un fonds de commerce et un instrument de légitimation de ce pouvoir. Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, en visite ce mardi 8 mai dans la ville de Sétif pour commémorer les massacres de 1945, a prononcé un discours plutôt surprenant.

 

Devant une assistance de quelque 1500 personnes triées sur le volet, le président explique qu’il était temps que la génération qui a fait la guerre d’Algérie cède la place.

Pendant une vingtaine de minutes, alliant arabe classique à arabe dialectal, tantôt lisant ses feuilles tantôt improvisant ses propos, Bouteflika explique que l’heure est venue pour passer relais à la jeunesse. « Djayli tab Djnana (Ma génération est finie, NDLR), tab djnanou, tab djnanou », dit-il en faisant allusion à cette génération qui a fait la guerre et qui, depuis l’indépendance de 1962, est aux commandes du pays.

« C’est l’heure de passer le flambeau aux jeunes, explique en substance le président. 50 ans après l’indépendance, nous sommes toujours au pouvoir. Il est temps de le céder aux jeunes. »

 

Famille révolutionnaire, famille prédatrice

 

Cette expression tab Djnanou, que l'on peut traduire de différentes manières, le président la répétera à trois reprises comme pour souligner qu'une époque est révolue.

Dans l’assistance qui lui fait face, les officiels écoutent quelque peu éberlués le réquisitoire du chef de l’Etat.

Parmi eux justement, des ministres dont l’âge dépasse allégrement les 70 ans. Des hommes qui détiennent encore leur légitimité du fait qu’ils ont fait la guerre plus que 50 années plus tôt.

 

Rituel suranné

 

Le président dit ensuite que 50 ans après la fin de la guerre d’Algérie, les officiels continuent de perpétuer ce rituel immuable et suranné du dépôt de gerbes de fleurs devant les stèles et les mémoriaux des martyrs mais que le rôle des moudjahidine das la gestion du pays es maintenant fini.

Et Bouteflika de poursuivre son discours en reconnaissant que les autorités algériennes n’ont pas enseigné l’Histoire du pays aux Algériens.

 

Les jeunes ne connaissent pas Ben Bella

 

« J’ai été surpris de voir lors de l’enterrement du président Ben Bella (mort le 11 avril dernier, NDLR), que de jeunes algériens ne connaissent pas Ahmed Ben Bella, ils l'ont découvert pour la première fois. Ils ne connaissaient pas son existence, ils ne savaient pas qui il était. Cela veut dire que nous ne connaissons pas l'Histoire de notre pays. »

 

Il faut faire connaitre, recommande Bouteflika, Abane Ramdane, Krim Belkacem, Si El Houes, Amirouche...Ces grandes figures de la révolution dont on parle si peu dans les manuels scolaires ou dont les parcours ont été révisés, occultés ou simplement travestis.

« Qui est Krim Belkacem?Qui est Abane Ramdane? Qui est Zighoud? Benboulaid?, s'interroge Bouteflika. Benboulaid, les gens le connaissent parce qu’on a fait un film sur lui..Qui est Lotfi? Qui est El Houas? Amirouche? Nous devons connaitre le passé pour savoir qui nous sommes. »

 

Lecture objective de l’histoire

 

Le chef de l’Etat algérien ne manque d’aborder le passé colonial en préconisant une « lecture objectif de l’histoire » entre Algériens et Français.

« Seule une lecture objective de l’histoire, loin des guerres de mémoire et des enjeux conjoncturels, est à même d’aider les deux parties à transcender les séquelles du passé douloureux pour aller vers un avenir où règnent confiance, compréhension, respect mutuel et partenariat bénéfique », affirme-t-il.

 

Allez voter

 

L’un des objectifs de cette virée d’une journée à Sétif étant de faire campagne pour les élections législatives, le chef de l’Etat ne rate pas l’occasion d’appeler ses compatriotes à se rendre massivement aux urnes jeudi 10 mai expliquant que ce scrutin est « une étape décisive dans le parachèvement du programme de réforme et de modernisation ».

Sans doute ce réquisitoire était-il de circonstances pour ce 67e anniversaire des massacres de Sétif, de Guelma et de Kherata, sans doute qu’il aura peu d’effets aussi bien sur les jeunes que sur ces hommes et ses femmes qui se sont accaparés les leviers de commandes du pays sans jamais les lâcher, mais on retrouve dans ce discours ces élans qu’avait Bouteflika à son arrivée au pouvoir en 1999, l’époque où il promettait de casser tous les tabous, l'époque où il parlait de tout et de rien.

A 74 ans, deux ans avant la fin de son troisième mandat en 2014, le chef de l’Etat a sans doute raison de reconnaitre que lui et la génération de 1954, tab djnan houm... dna-algerie


 


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Il prévoit la victoire de son parti aux législatives

Abdallah Djaballah tire sur les formations laïques

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Abdallah Djaballah, le président du Front pour la justice et le développement (FJD) s’est attaqué ce mardi 8 mai au courant laïque en Algérie, qui mène, selon lui, « une campagne tambour battant contre les formations islamistes ». Lors d'une conférence de presse animée à Alger, il a qualifié la laïcité de corps étranger à l’Algérie, considérant que ce concept politique est un intrus dans notre culture. « Le peuple les a [les partis laïques, NDLR] rejetés en 91, en 97 et en 2007. Le même sort leur sera réservé le 10 mai 2012 » affirme le conférencier. 

L’Islam demeura donc la religion de l’État en Algérie, d'après Djaballah qui précise toutefois que son parti milite pour « un État civil, constitutionnel et démocratique ». Sans le citer, Djaballah a accusé un parti laïque qui boycotte le scrutin d’empêcher aujourd’hui les ressortissants algériens à Marseille de voter.

 

Malgré « les manipulations », le chef islamiste promet à ses sympathisants de rafler la majorité des voix lors des élections législatives : « Si les élections sont transparentes, et à condition que l’administration soit neutre, le FJD sera la première force politique du pays à partir du 11 mai », précise le conférencier. Cette assurance, Djaballah la tire de l’engouement des citoyens pour son programme et de la mobilisation autour de ses candidats. « Nous avons organisé 118 meetings dans 37 wilayas. Le constat est le même, le peuple considère notre parti comme une force politique capable de réaliser le changement tant attendu ».

À l’image de l’Alliance de l’Algérie verte, le FJD se voit déjà aux commandes du gouvernement et évoque la possibilité de contracter des alliances avec d’autres courants politiques. « Le FJD ne gouvernera pas seul, il négociera les alliances selon les résultats réalisés aux législatives par les autres formations ».

À 48 heures des élections législatives, Djaballah lance un ultime appel au ministère de l’Intérieur pour revoir le fichier électoral «  gonflé de près de quatre millions de personnes pour ces élections ». Djaballah regrette aussi « l’impuissance de la Commission nationale indépendante de surveillance des élections face aux dépassements commis par les ministres candidats qui ont utilisé les moyens de l’État dans leur campagne ». Cela n’empêche pas le président du FJD de citer quelques points positifs en mesure de donner une certaine crédibilité au vote, avec notamment la présence des observateurs étrangers et les nouvelles règles introduites dans le cadre de la loi électorale. tsa-algerie

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9 mai 2012 3 09 /05 /mai /2012 02:45

En Grèce, succès de la gauche radicale, impasse institutionnelle

 

Le camarade Staline peut reposer tranquillement dans sa tombe, le Parti communiste (PC) grec veille, bien décidé à poursuivre sa mission éternelle : servir la révolution ouvrière, guetter son arrivée, préparer les troupes, et surtout ne pas permettre aux sirènes de faire entendre le chant d’une victoire de la gauche. Pendant la courte campagne électorale, en Grèce, tous les invités communistes des plateaux de télévision insistaient sur une chose : nous sommes le PC, pas la gauche.

Après l’annonce des résultats, ils se disaient ravis d’avoir gardé l’essentiel de leur puissance électorale (8,48 %)... en attendant la révolution. Une blague qui faisait le tour des journalistes depuis des années est désormais sur toutes les lèvres : la chef du parti, Mme Papariga, reste complètement inactive, comme une vieille bigote qui attend le jugement dernier. Un résumé de la politique du PC en Grèce : pas question d’alliance avec la gauche et surtout avec Syriza, ce « parti bourgeois ».

Issu de multiples divisions et réunions (à partir de 1968) de la gauche réformatrice et progressiste, Syriza a fait la plus importante percée de ces élections décisives. A lui seul, ce résultat pourrait sonner le glas du bipartisme.

L’un des trois enjeux majeurs du scrutin consistait précisément à déterminer si l’une des forces de gauche parviendrait à s’assurer une position dominante. Question tranchée : avec 16,8 % des suffrages, Syriza obtient incontestablement ce statut de leader, se hissant même au rang de deuxième force politique du pays – derrière Nouvelle Démocratie (ND, droite), avec seulement deux points d’écart. Chez les jeunes qui ont voté pour la première fois, chez les sans-emploi, et dans toute la région d’Athènes, Syriza arrive en tête.

Cela a déplu aux grands médias et à leurs chiens de garde. Tout au long de la soirée électorale, devant les caméras et derrière les micros, ils se sont montrés étonnement agressifs avec les invités de Syriza : « Vous proposez de former un gouvernement, mais comment allez-vous y parvenir ? Comment ? COMMENT ? » Beaucoup plus indulgente, leur attitude à l’égard du chef du parti néonazi Aube dorée, qui, sur le point de prononcer son discours, a exigé : « Levez-vous », dans un grec ancien mal décliné. Certains se sont exécutés.

Deuxième enjeu, justement, le pourcentage de l’extrême droite. Un résultat nettement moins réjouissant. Avec presque 7 % des suffrages, les néonazis ont emporté la sixième place et fait une entrée spectaculaire au Parlement. 7,5 % des électeurs ayant voté pour Nouvelle Démocratie en 2009 ont préféré Aube Dorée, de même que 4,5 % des électeurs en provenance du Parti socialiste (Pasok), arrivé troisième avec 13,18 % des suffrages (moins que son tout premier score, en 1974, sous Andreas Papandreou).

Le troisième enjeu, « qui gouvernera le pays ? », reste la grande inconnue. Trois sièges seulement manquent aux grands partis de jadis pour former un nouveau gouvernement pro-mémorandum (1) c’est-à-dire, pour continuer comme avant les élections. Ils ont pensé convaincre trois députés, des « Grecs indépendants » (nouveau parti, cession de la ND, fortement anti-mémorandum et nationaliste, arrivé en quatrième position), de donner leur vote, avec la promesse d’un ministère. Sauf que le souvenir de juillet 1965 – quand le gouvernement de Papandreou (grand-père) fut destitué par ses propres députés, ce qui avait accentué l’instabilité politique et ouvert la voie au coup d’état de 1967 – marque encore la vie politique du pays. On ne devient pas facilement un « traître » : ce scénario a été invalidé au lendemain des élections.

Ce mardi 8 mai, après que le leader de Nouvelle démocratie s’en est déclaré incapable, M. Alexis Tsipras a été chargé par le président de la République de former un gouvernement. Ce jeune homme charismatique de 38 ans a su s’affirmer comme un personnage politique incontournable, d’abord au sein de la mosaïque de Syriza, puis dans la société toute entière. Ses adversaires l’accusent de populisme, lui reprochent un style un peu « macho », mais nul ne conteste qu’il fut le seul dirigeant politique capable d’assurer une place à l’opposition dans le Parlement pendant cette dernière période, marquée par une politique d’austérité extrême. Il a su également mener une campagne électorale brillante et imposer son agenda. Au point que tous les discours des dirigeants des autres partis ont fait référence aux propositions de Syriza : la renégociation du mémorandum imposé par la troïka et l’effacement d’une partie de la dette grecque, sans pour autant sortir de l’Union européenne ou de la zone Euro.

Néanmoins, les chiffres ne sont pas au rendez-vous. Même si le PC acceptait de donner son accord – ce qui relève de la science-fiction –, même avec l’appui du troisième parti de la gauche (la Dimar – « Alliance Démocratique » –, scission de Syriza, qui défend une politique plus proche de celle du Pasok), et enfin même avec l’aide du Pasok dont le chef a déclaré qu’il va soutenir un gouvernement de gauche, il ne serait pas possible de former un gouvernement.

La faute à la loi électorale, taillée sur mesure pour maintenir le bipartisme : la formation qui arrive en tête du scrutin remporte cinquante sièges supplémentaires au Parlement (sur un total de trois cents), afin de pouvoir facilement former un gouvernement. C’est ainsi que ND a vu ses effectifs parlementaires presque doubler, « volant » des sièges qui, sinon, seraient revenus à Syriza dans la région d’Attique.

M. Tsipras va conserver le plus longtemps possible le mandat qu’il reçoit ce 8 mai. Pendant ces trois jours, il va répéter inlassablement son message d’unité de la gauche, que le PC et la Dimar ont formellement rejeté avant les élections. Cette fois, il va aller plus loin, proposer des congrès communs, tendre la main aux écologistes (qui n’ont pas pu franchir le seuil de 3 %), aux maoïstes, aux léninistes, aux trotskistes, aux dissidents du PC, à toute la galaxie des partis de la gauche. But inavoué et vœu cher à tous les Grecs de gauche : faire imploser le PC pour le reformer sur de nouvelles bases et donner à la gauche grecque sa juste position dans la société.

Puis ce sera au tour des autres partis de recevoir un mandat pour former un gouvernement, la perspective d’une coalition majoritaire s’éloignant toujours un peu plus à chaque fois.

Quelles perspectives s’offrent alors ? Probablement le retour aux urnes. Néanmoins, les partis du centre (ND et Pasok) ne souhaitent pas de nouvelles élections, car c’est surtout Syriza qui en bénéficierait.

La Grèce se trouve donc dans une impasse : il n’est possible de former un gouvernement ni avec ni sans Syriza. Le scénario le plus cauchemardesque serait que Nouvelle Démocratie et le Pasok donnent à M. Tsipras leur appui sans participer à son gouvernement, sacrifice qu’ils accepteraient pour sauver les règles qui fondent le bipartisme. M. Tsipras serait ainsi obligé de diriger la Grèce sans disposer de véritable pouvoir ni, d’ailleurs, de cadres formés. Sans leviers, sans filet…

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(1) L’accord de prêt signé par l’ancien gouvernement avec la troïka (Union européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire International), qui impose une sévère austérité.

 par Valia Kaimaki; monde-diplomatique

 

 

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Le chef du parti anti-austérité Syriza chargé de former un gouvernement

 

 

Après l'échec des conservateurs, le chef de la Coalition de la gauche radicale (Syriza) a été chargé à son tour mardi de tenter de former un gouvernement en Grèce. Résolument opposé aux mesures d'austérité imposées au pays, Alexis Tsipras a affirmé que les engagements pris par Athènes en échange de l'aide internationale n'étaient plus valables, car ils avaient été sanctionnés par les électeurs.

Le chef de Syriza, qui a décroché une deuxième place surprise lors des législatives de dimanche, a appelé les dirigeants des deux principaux partis grecs, les conservateurs de Nouvelle démocratie et les socialistes du PASOK, à ne plus soutenir les deux plans de sauvetage qui maintiennent la Grèce à flot.

"Il n'est pas possible de refaire passer en douce ce que le peuple grec a rejeté" lors du scrutin, a-t-il dit, évoquant les douloureuses mesures d'austérité qui ont rogné salaires et pensions et entraîné un chômage record en pleine récession.

"C'est un moment historique pour la Gauche et le mouvement populaire et une grande responsabilité pour moi", a ajouté Alexis Tsipras. Il a dit qu'il essaierait de tenter de former un gouvernement de gauche qui "mettra fin aux accords d'assujettissement" passés avec les bailleurs internationaux du pays.

Alexis Tsipras a été chargé mardi par le président Karolos Papoulias de former un gouvernement après l'échec d'Antonis Samaras, le chef de Nouvelle Démocratie, premier du scrutin avec 18,9% des voix et 108 sièges, qui avait renoncé la veille à parvenir à un accord.

Arrivé deuxième des législatives de dimanche, Syriza est l'un des grands vainqueurs de ce scrutin, marqué par la poussée des extrêmes au détriment des grands partis traditionnels. Ces derniers ont été manifestement sanctionnés pour avoir accepté des mesures d'austérité drastiques en contrepartie des deux plans de sauvegarde de l'Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI) accordés à la Grèce depuis mai 2010 pour lui éviter une faillite.

La formation anti-austérité d'Alexis Tsipras a obtenu 16,8% des voix et 52 des 300 sièges du Parlement, devant les socialistes du PASOK, qui gouvernaient avec Nouvelle Démocratie au sein d'un gouvernement intérimaire d'union depuis la fin de l'année dernière. Dans le même temps, le parti d'extrême droite Aube dorée a fait son entrée au Parlement.

"Les partis en faveur des plans de sauvegarde n'ont plus de majorité au Parlement pour voter des mesures destructrices pour le peuple grec", s'est félicité Alexis Tsipras. "C'est une très importante victoire pour notre société."

Aucun parti n'étant en mesure de gouverner seul après les élections, la Grèce attend la formation d'un gouvernement de coalition, qui pourrait se révéler impossible, compte tenu de l'éparpillement des forces.

Si Alexis Tsipras ne parvient pas à former un gouvernement dans les trois jours, la tâche sera confiée au chef du PASOK, Evangelos Venizelos. En cas d'échec, les dirigeants des partis feront une ultime tentative pour obtenir un compromis. Sinon, le pays devra organiser de nouvelles élections en juin, ce qui pourrait compromettre la mise en oeuvre de son plan de réduction des déficits.

Le résultat du scrutin a ainsi soulevé de nouvelles questions sur la capacité du pays à rester solvable et à demeurer dans la zone euro. Ces craintes avaient fait plonger la bourse d'Athènes de près de 7% lundi. tempsreel.nouvelobs


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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 05:02

Tunisie : histoire de l’esclavagisme

 

 

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Les attaques sur fond de racisme anti-noir contre la présidente du syndicat national des journalistes tunisiens

 

Les attaques sur fond de racisme anti-noir contre la présidente du syndicat national des journalistes tunisiens et ce que les Tunisiens pourraient apprendre de l’Afrique subsaharienne  


A propos de la cabale des ténors du parti islamiste contre les médias, qui culminent par les attaques, sur fond de racisme anti-noir contre la présidente du Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt).


La courageuse  Néjiba Hamrouni à la peau d’ébène, quadra élue en juin dernier par ses pairs présidente du Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt), fait l’objet d’ignominieuses attaques allant jusqu’à l’appel au meurtre sur les réseaux sociaux notamment par les islamistes pour son intransigeante position quant à  l’indépendance des médias.

 

Le racisme primaire d’une avocate voilée

 

Ces vils procédés matérialisés par un racisme primaire craché  par une avocate voilée qui veut se faire une virginité auprès du parti islamiste Ennahdha trouve notamment son terreau dans le sentiment latent anti-noir de la société tunisienne.

Le gouvernement dirigé par le Premier ministre nahdhaoui n’a pas cessé ses tentatives de mainmise sur les médias auto-libérés après la révolution en utilisant tous les subterfuges y compris l’intimidation et la violence contre les journalistes et dont la liste serait longue à établir.

Depuis la tentative avortée de nominations des responsables des médias nationaux en passant par le sit-in de 54 jours organisé pour le harcèlement des employés de la télévision nationale, il vient de commettre une nouvelle bourde en organisant unilatéralement une consultation nationale avortée sur la réforme des médias en l’absence des véritables professionnels à la manière du système Ben Ali.

En effet cette consultation a fait un flop suite au boycott par le Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt) , l’instance nationale de la réforme de l’information et de la communication (INRIC) et le Syndicat de la presse et de la culture relevant de  l’union générale des travailleurs tunisiens (UGTT) et le plus cocasse c’est que ce gouvernement autiste a voulu encore une fois passer en force en ignorant le rapport de près de 400 pages diffusé deux jours plus tard et qui figure une analyse exhaustive et objective du secteur censée servir de document de référence à toute consultation nationale en la matière.

 

Voilée de fraiche date, elle flirte avec les nouveaux dirigeants

 

L’avocate zélée Me Raja Mansouri –qui grâce à son état de voilée veut reprendre du service auprès des nouveaux dirigeants de la Tunisie- vient d’asséner des attaques d’un racisme primaire contre la jeune et vaillante présidente du snjt, dans le sillage du démagogue en chef le ministre-conseiller Lotfi Zitoun. Ce dernier justifie la ridicule et saugrenue cession–privatisation des médias publics dont la télévision nationale pour non allégeance de la ligne éditoriale qui ne refléterait pas les composantes de l’opinion publique et l’équilibre des forces politiques légitimement élues !

Vu le soubassement éducationnel des dirigeants du parti islamique (en majorité des avocats) on comprend qu’ils prennent des libertés avec la simple arithmétique et l’affirmation selon laquelle le contenu éditorial de la télévision tunisienne  ne reflète pas l’opinion de 60 % des électeurs représentés par les députés de la troïka qui est au gouvernement actuel, est une  démonstration –si besoin est- qu’Ennahdha veut instrumentaliser les médias dans une campagne électorale continue et permanente jusqu’aux prochaines élections.

 

Le racisme anti-noir est tabou en Tunisie (1)

 

Notre pays qui a donné son ancien nom «Ifriquia» au continent Africain, a aboli l’esclavage avant beaucoup de pays EuropéesFrance, en 1846, et a connu huit grandes périodes de métissage depuis 3000 ans, n’en demeure pas moins pollué par un racisme latent anti noir (en surface il n’existe pas mais en profondeur…si) comme il existe un antisémitisme non avoué que longtemps le régime carte postale de Ben Ali voulait occulter.

Un de mes employés est noir issu d’une région  du Sud (ces communautés se trouvent essentiellement dans les oasis de Gabès, El Hamma, Jerba) et bien qu’il ne fasse pas l’objet de ségrégation de la part des autres employés prenant cycliquement ses pauses-repas avec un des directeurs et un ingénieur se voit interpeller de temps à autre par le quolibet de «Ya Labiadh » (le blanc en Arabe) plus politiquement correct que « Kahlouch » ou « Oussif » (Noir en Arabe), « lasmar » (Basané) voire « ya horr » (libre)  par opposition à Abid (pour esclave »

Les noirs en général ,surtout depuis la localisation de la BAD (Banque Africaine de Développement) à Tunis amenant dans son sillage des populations de cadres sub-sahariens et les autochtones tunisiens d’entre eux vivent quotidiennement un racisme ordinaire non institutionnel   émaillé  de clichés tenaces dus essentiellement à l’ignorance et l’inculture.

Une jeune camerounaise en visite dans notre pays a écourté son séjour après avoir été caillassée gratuitement par des bandes de jeunes qui la harcelaient par le qualificatif « Kerdou , Kerdou » (Guenon en arabe)  alors que vu  sa sublime beauté,  Naomi Campbell et Tyra Banks pourraient aller se rhabiller !

Quand on pense qu’au plan international,  la première mannequin noire a été imposée par le couturier tunisien Ezzeddine Alaïa !

La minorité noire de Tunisie issue des lointains esclaves affranchis est rarement métissée étant repliée socialement sur elle-même, la mixité n’étant constatée à des exceptions près que lorsqu’‘il s’agit de stars du football ou d’artistes.

La réminiscence de pratiques aristocratiques anciennes de recrutement de la domesticité (valets, gardiens) fait que certains grands palaces de jerba ont jusqu’ à ce jour la manie de sélectionner uniquement des noirs pour les postes visibles de plantons et de personnel d’accueil  en tant que décor insolite, exotique et folklorique sans penser un seul moment que c’est un acte insidieux de racisme.

Opérant en Afrique subsaharienne, je peux affirmer que là où je vais, on témoigne aux tunisiens des marques spéciales d’amitié et de considération et que dans certains villages non habitués à voir des blancs, les quolibets « Musango » (blanc) fusent dans l’autre sens des bouches innocentes des enfants sans méchanceté.

Je peux aussi témoigner que les seuls travers que je connaisse aux populations noires sont ceux introduits depuis les occupations Européennes au XV ième siècle occasionnant  les ravages de l’exploitation et l’esclavage suivis du  partage au cutter de la conférence de Berlin avec  l’avènement dans les années 60 après les indépendances,  de potentats autochtones et de systèmes clientélistes à l’instar de la Françafrique.

 

Les leçons de l ’Afrique noire à l’Afrique «blanche».

 

Les innombrables subsahariens de la Bad (microcosme qu’on jalouse à cause des quatre fois quatre  climatisées et des caddies surchargés) et les étudiants noirs en Tunisie font constamment état de  comportements racistes qu’il s’agisse des taxis (2) qui ne s’arrêtent pas obligatoirement lorsqu’ ils sont hélés ou font des remarques désagréables sans parler des comportements de certains agents de la police et des tracas gratuits qu’ils subissent  à l’occasion des formalités de renouvellement de visas.

L’opprobre et l’ostracisme dénonçant  en France les habitudes culinaires des musulmans qui « égorgent les moutons dans les baignoires »  et les « odeurs » citées par M Chirac trouvent leur pendant dans les dénonciations par les Tunisiens des odeurs inhabituelles jugées fétides du Ndolé, du porc épic et que sais-je encore associés aux visiteurs d’Afrique noire.

Les Tunisiens ayant subi il n’y a pas si longtemps les clichés en Europe de « bédouins enturbannés chevauchant des dromadaires »  ne doivent pas tomber dans la facilité d’assimiler les subsahariens à des sauvages et devraient plutôt méditer en ces moments cruciaux où la Tunisie se cherche encore à trouver sa voie en matière de bonne  gouvernance et pratiques démocratiques l’apport de l’Afrique noire dont voici quelques uns :


Il est un petit pays pauvre qui a vécu dans sa chair un traumatisme inégalé : Le RWANDA.

 

Ce magnifique pays malgré de profondes blessures (le génocide de 1994 s’est traduit par un million de morts et la destruction de toutes les composantes de l’état) vient de donner au monde en quinze ans une leçon de gouvernance et de transparence boostée par une croissance à deux chiffres en ayant réussi au passage sa justice transitionnelle grâce aux Gacaca (3).

Quand en Tunisie on s’empêtre dans des considérations savantes et de multiples consultations et commissions, l’état Rwandais a pris de simples mesures qui ont donné leur effet immédiat :

En matière de réduction du train de vie de l’état le parc de véhicules de fonction a tout simplement été liquidé du jour au lendemain à charge pour les hauts responsables qui désiraient continuer à jouir de leur usage de racheter leurs véhicules à titre personnel grâce à un prêt bonifié.

Pour ce qui est des nominations de hauts responsables, l’appel à candidature est fait via un portail internet en toute transparence,

Le terme savant de développement durable s’est traduit par une simple mesure interdisant l’emballage en plastique et l’utilisation du papier biodégradable ce qui permet aux trottoirs fleuris de Kigali d’être plus propres que ceux de la banlieue chic de la Marsa!

La disposition du port du casque par les motocyclistes –pourtant obligatoire depuis des années dans notre pays- qui n’est appliquée qu’épisodiquement au gré du moment et de la volonté des agents de la circulation est strictement appliquée au pays des mille collines où les motos taxis sont munis de deux casques dont un imposé au passager !

Un alcotest est effectué tous les samedis soir à la sortie des night clubs et les contrevenants se voient réquisitionner leurs véhicules et vont immédiatement en prison ce qui a introduit l’habitude scandinave où un membre du groupe d’amis se dévoue pour ne pas boire d’alcool durant la soirée

L’autre exemple est celui du Sénégal  qui vient d’administrer une magistrale leçon de démocratie à l’occasion des dernières élections et dont le nouveau gouvernement se limite lui à 25 portefeuilles ministériels !

Bien de tunisiens -compte tenu des clichés associés à l’Afrique- appréhendant les fléaux qui les y attendent -tombent amoureux dès les premiers voyages de ce continent sublime et généreux et communient avec ses populations autochtones aux multiples richesses culturelles.

En conclusion,  je peux rassurer Me Hamrouni dont les qualités intrinsèques sont à l’opposé de la bassesse de l’avocate « blanche » maître Raja que physiquement aussi son joli minois est plus avenant que le visage d’un blanc laiteux enturbanné de celle qui semble lui reprocher sa négritude !


 ______________________________

(1) Lire le témoignage de Affet Mosbah noire tunisienne Directrice de la Communication de la société CMC Paris

http://etkalem.blogspot.com/2007/11/noir-et-tunisien-tmoignage-poignant-dun.html

(2) «Certains taximen descendent de voiture pour essuyer le siège que vous venez de quitter » citation de Mariam Ndoye dans son roman « D’Abidjan à Tunis » 

(3) Gacaca :système de justice instauré en 2001 et inspiré de la tradition et  du consensus culturel communautaire dans les villages

Crédit photos et inter-titres avec l 'aimable permission de Kapitalis; 

 Par Abderrazak Lejri, mediapart

 

 

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 04:19

Pour juger les crimes du passé, il faut réformer le cadre juridique

 

La première affaire de torture à passer en justice en Tunisie depuis l’éviction du président Zine El Abidine Ben Ali met en lumière le besoin de s’attaquer aux insuffisances du cadre législatif pour juger les crimes de torture, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. Beaucoup d’autres dossiers de torture seront probablement déposés contre l’ex-président Ben Ali et ses complices, si d’autres victimes se présentent pour porter plainte.


Human Rights Watch s’est penché sur ce premier procès pour torture ainsi que sur les structures et procédures judiciaires actuelles du pays. Ses recherches ont permis d’identifier un certain nombre de problèmes que la Tunisie devrait régler pour rendre justice aux victimes de crimes pendant l’ère Ben Ali et au-delà, a déclaré Human Rights Watch.

« La torture était endémique dans les prisons tunisiennes pendant les 23 ans de présidence de Ben Ali, et a ruiné l’existence de milliers de personnes », a déclaré Eric Goldstein, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Poursuivre efficacement les personnes coupables de torture exige un cadre judiciaire adéquat ainsi que la volonté politique d’en finir avec l’impunité ».

Le 12 avril 2012, une cour d’appel militaire a réduit les peines de prison infligées à l’ancien ministre de l’Intérieur, Abdallah Kallel, et à trois autres ex-officiers des forces de sécurité, pour l’infraction de « violences contre autrui ». Le tribunal a maintenu les peines de prison prononcées contre Ben Ali et quatre autres officiers qui avaient été jugés et condamnés par contumace pour la même infraction.

L’affaire a exposé le manque de volonté politique, de la part des autorités tunisiennes, pour exiger l’extradition de Ben Ali d’Arabie saoudite, afin qu’il soit jugé pour des violations des droits humains, a déclaré Human Rights Watch. Ben Ali s’est enfui en Arabie saoudite le 14 janvier 2011.

Quand Ben Ali était président, les autorités ont pratiqué la torture de façon systématique et à toutes les étapes du processus judiciaire, depuis l’arrestation et l’interrogatoire de police jusqu’à l’emprisonnement après condamnation, comme le montre l’importante documentation réunie par des organisations de défense des droits humains tunisiennes et internationales.

Le crime de torture a été inclus dans le droit tunisien en 1999, conformément à la loi n°89 du 2 août 1999. L’Assemblée nationale constituante devrait harmoniser le droit tunisien avec le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI) en intégrant les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre et le génocide dans les lois tunisiennes existantes. Pour cela, il faudrait soit réviser le code pénal, soit adopter une loi spécifique de mise en œuvre, a déclaré Human Rights Watch. L’Assemblée devrait aussi inclure dans le droit tunisien les diverses formes de responsabilité criminelle énoncées dans le droit pénal international.

Le 12 avril 2012, la cour d’appel du tribunal militaire de Tunisie a réduit de moitié les peines de quatre ans de prison prononcées le 29 novembre 2011 par le tribunal militaire permanent de Tunis à l’encontre de Kallel, ministre de l’Intérieur sous Ben Ali de 1991 à 1995 ; de Mohamed Ali Ganzoui, directeur des services spéciaux du ministère de l’Intérieur de 1990 à 1995 ; et des officiers des forces de sécurité Abderrahmane Kassmi et Mohamed Ennacer Alibi. La cour d’appel a également confirmé les peines de cinq ans de prison pour Ben Ali et les quatre autres inculpés condamnés par contumace.

Tous les accusés ont été reconnus coupables d’avoir, en 1991, « usé ou fait user de violences envers les personnes » de 17 officiers de haut rang, qui étaient détenus et accusés de comploter avec le parti islamiste, Ennahda, contre le président Ben Ali. Les 17 hommes faisaient partie des suspects de l’affaire dite « de Barraket Essahel », d’après le nom de la ville où les comploteurs étaient accusés de tenir des réunions secrètes. Les interrogateurs de ces officiers les auraient volontairement soumis à une douleur physique aigue pouvant être qualifiée de torture, selon le droit international. Pourtant les inculpations pour torture ont été abandonnées par le procureur militaire dès le début du procès.

Le gouvernement tunisien devrait formellement demander l’extradition d’Arabie saoudite de l’ancien président afin qu’il puisse rendre des comptes pour les graves violations des droits humains qui ont été commises sous son régime, a déclaré Human Rights Watch. En plus de l’affaire de Barraket Essahel, Ben Ali est également jugé par des tribunaux militaires pour le meurtre de manifestants pendant le soulèvement tunisien. Il a déjà été condamné par contumace pour divers crimes financiers. Les autorités devraient aussi rechercher les quatre autres officiers qui ont été condamnés pour avoir usé de violences dans l’affaire de Barraket Essahel et dont on ignore où ils se trouvent.

Les recherches de Human Rights Watch ont permis d’identifier cinq points sur lesquels le gouvernement doit agir pour rendre justice aux victimes des crimes de l’ère Ben Ali et pour prévenir de nouveaux crimes. Le premier est de montrer la volonté politique de faire extrader Ben Ali.

Le second point implique que ces procès aient lieu dans des tribunaux civils et non pas militaires, conformément aux critères internationaux. La Tunisie ne devrait pas conférer aux tribunaux militaires la compétence de juger les violations des droits humains commises par les forces de sécurité sur des civils, comme cela s’est produit dans le procès de Kallel et de ses coinculpés, a déclaré Human Rights Watch. Tous les procès doivent aussi répondre aux critères internationaux de procès équitable, notamment donner aux inculpés une possibilité raisonnable de préparer leur procès et de questionner les preuves et témoins contre eux.

Les trois autres points concernent l’application de la loi :

Responsabilité du supérieur hiérarchique – c’est-à-dire lorsqu’un supérieur avait, ou aurait dû avoir, connaissance du crime, mais n’a pas été capable de le prévenir, ou, après les faits, a manqué de remettre à la justice ceux qui l’ont perpétré, pour enquête et poursuites pénales. De même que dans le cas du procès Kallel, les futurs procès pour torture ne manqueront pas de mettre en cause des officiers supérieurs qui n’ont pas torturé de leurs propres mains, mais qui ont pu être en position de prévenir les actes de torture. Le droit pénal doit clairement refléter, pour les actes de torture, une notion de responsabilité des supérieurs qui réponde aux critères internationaux, et les tribunaux doivent l’appliquer.

La non-rétroactivité – il s’agit d’énoncer clairement qu’un acte, même s’il n’était pas punissable en vertu du droit pénal national à l’époque où il a été commis, était néanmoins pénalisé, soit en vertu du droit international, soit d’après les principes généraux du droit reconnus par la communauté des nations. En l’absence d’une loi tunisienne pénalisant la torture au moment des faits, le tribunal a reconnu Kallel et ses coinculpés coupables de « violences envers les personnes », une infraction plus banale qui ne rend pas compte de la gravité du crime.

Prescription – il faut rappeler qu’aucune prescription ne s’applique aux crimes les plus graves tels que la torture. Le tribunal l’a bien reconnu dans l’affaire Kallel, mais il faudrait rendre cette règle explicite dans la loi tunisienne.

« Les enseignements tirés de ce procès, et ses failles considérables, devraient servir à réformer le cadre judiciaire en prévision de toutes les affaires à venir concernant la torture pendant l’ère Ben Ali», a déclaré Goldstein. « Si on veut que justice soit rendue, il est vital que les tribunaux disposent d’un système en place pour poursuivre ce crime, qui garantisse la justice pour les victimes et des procès équitables pour les accusés ».

Dans l’article qui suit, Human Rights Watch détaille les failles du cadre judiciaire pour traiter les affaires de torture. Elle n’est pas en position de commenter l’équité du procès contre Abdallah Kallel et ses coinculpés, ce qui est un tout autre sujet.

Contexte de l’affaire

L’affaire de Barraket Essahel remonte à 1991, lorsque les autorités ont annoncé avoir découvert un plan orchestré par des officiers de l’armée pour renverser le président Zine El Abidine Ben Ali et établir un régime islamiste. Entre mai et juillet 1991, 244 officiers de l’armée ont été arrêtés. Beaucoup ont été torturés par des agents des forces de sécurité au siège du ministère de l’Intérieur à Tunis, a confié à Human Rights Watch Mohsen Kaâbi, président de l’association « Equité pour les Anciens Militaires »

En juillet 1992, 171 de ces officiers ont été jugés par le tribunal militaire de Tunis, inculpés de conspiration contre la sécurité de l’État. Trente-cinq ont été condamnés à l’emprisonnement à vie et les autres à des peines de un à 24 ans de prison.

Avant le procès, en août 1991, les autorités ont libéré certains de ceux qui avaient été arrêtés, après des mois de torture. Alors que ces officiers n’avaient jamais été jugés ni condamnés, les autorités ont sommairement démis de leurs fonctions certains d’entre eux et les ont soumis à des années de harcèlement policier, a déclaré Kaâbi.

En avril 2011, après la révolution, 17 des inculpés de Barraket Essahel ont déposé plainte pour crime de torture devant un tribunal civil. La plainte originelle accusait Ben Ali et des officiers du ministère de l’Intérieur, en même temps que le ministre de la Défense de l’époque, de complicité de torture. Le juge d’instruction civil a renvoyé l’affaire devant le tribunal militaire, au motif que ce sont les tribunaux militaires qui ont compétence pour les crimes commis par des officiers militaires, conformément à l’article 22 de la loi n°70 portant statut général des forces de sécurité intérieure.

Le juge d’instruction civil avait commencé à enquêter sur la base de l’article 101(2) du code pénal, qui prévoit jusqu’à huit ans de prison pour le crime de torture. Néanmoins, le juge d’instruction militaire a décidé d’abandonner ces inculpations au motif que l’article 101(2) n’avait pris effet qu’en 1999 (en vertu de la loi n°89 du 2 août 1999) et que son application enfreindrait le principe de non-rétroactivité de la loi pénale, vu que les faits remontent à 1991.

La cour militaire de première instance a reconnu coupables les inculpés sur la base de l’article 101 du code pénal, qui prévoit une peine de cinq ans d’emprisonnement pour tout fonctionnaire qui « dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, aura, sans motif légitime, usé ou fait user de violences envers les personnes ». Suite au verdict de la cour d’appel de deux ans de prison, les avocats de tous les inculpés ont annoncé qu’ils feront un pourvoi en cassation, principalement au motif que le crime était prescrit dans le droit tunisien.

Enseignements et problèmes à résoudre pour de futurs procès impliquant la torture :

Les violations des droits humains doivent être jugées par des tribunaux civils
Après l’éviction de Ben Ali, le gouvernement provisoire a restructuré le système judiciaire militaire. Le décret-loi n°69 du 29 juillet 2011 a introduit trois réformes principales :

Augmenter les garanties d’un procès équitable en créant une juridiction d’appel ; auparavant, le verdict de la cour de première instance ne pouvait faire l’objet d’un appel ;


Augmenter l’indépendance du système judiciaire militaire vis-à-vis du ministère de la Défense, en incluant des représentants de la justice civile dans les tribunaux militaires, et en s’assurant que les décisions du juge d’instruction militaire puissent être revus par les cours d’appels de la justice civile ; et


Donner au procureur militaire le droit de procéder à des inculpations sans l’aval préalable du ministère de la Défense.

 

Bien que ces réformes puissent améliorer l’équité et l’indépendance des procès devant les tribunaux militaires, elles restent insuffisantes au regard de la norme internationale, qui veut que la compétence des tribunaux militaires se limite à juger des infractions purement militaires, a déclaré Human Rights Watch.

Le Comité des droits de l’homme de l’ONU exhorte les États parties de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, à juger le personnel militaire inculpé de violations des droits humains dans des tribunaux civils. « La compétence étendue des tribunaux militaires, qui sont habilités à connaître de toutes les affaires mettant en cause des militaires, contribue à l’impunité dont jouissent ces derniers pour ce qui concerne les violations graves des droits de l’homme », a écrit le comité dans ses observations finales de 1999 sur un rapport du Chili.

Dans l’affaire Suleiman vs. Soudan, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples a affirmé que les tribunaux militaires devraient seulement « connaître des délits d’un caractère purement militaire commis par le personnel militaire » et « ne devraient pas connaître des délits qui sont de la compétence des juridictions ordinaires ». De plus, les directives et principes sur le droit à un procès équitable et à l’assistance judiciaire en Afrique, proclamés par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, énonce que « les tribunaux militaires ont pour seul objet de connaître des infractions d’une nature purement militaire commises par le personnel militaire ».

Il faut énoncer clairement la responsabilité du supérieur hiérarchique
Les poursuites contre Kallel et Ganzoui étaient basées sur leur responsabilité présumée dans le comportement des forces de sécurité qui étaient sous leurs ordres au moment des faits. Pendant le procès, les avocats de la défense ont plaidé que l’accusation n’avait fourni aucune preuve de ce que Kallel et Ganzoui aient donné des ordres ou soient impliqués dans la torture de quelque façon que ce soit. Ils ont argué que l’accusation voulait établir la culpabilité des inculpés sur la base de leur seule responsabilité politique, mais ne pouvait prouver qu’ils exerçaient un contrôle réel sur leurs subordonnés, qui, ont-ils affirmé, recevaient des ordres directs du président Ben Ali.

Quel que soit le rôle exact joué par Kallel et Ganzoui dans ces événements, le législateur tunisien devrait réviser le code pénal pour y intégrer le principe de responsabilité du supérieur hiérarchique pour les crimes internationaux, conformément au droit international, a déclaré Human Rights Watch. La jurisprudence des tribunaux pénaux internationaux a maintes fois déclaré que laresponsabilité du supérieur hiérarchique « est un principe bien établi en droit conventionnel et coutumier », comme l’énonce le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie. En outre, il est exposé dans le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI), que la Tunisie a ratifié en 2011.

Le droit tunisien n’est pas bien outillé pour s’attaquer au problème de la responsabilité du supérieur hiérarchique. Il établit que des personnes ne peuvent être tenues pour pénalement responsables que pour un crime qu’elles ont commis directement ou dont elles sont complices. L’article 32 du code pénal définit la complicité, qui peut prendre la forme soit d’une facilitation du crime via une aide, un soutien ou une assistance, soit d’instructions pour le commettre, ou encore d’une conspiration avec d’autres personnes pour accomplir le dessein criminel.

De telles formes de responsabilité criminelle ne couvrent pas la responsabilité connue en droit international comme la responsabilité « du commandant » ou « du supérieur hiérarchique », selon laquelle le supérieur n’a pas ordonné le crime, ni facilité sa perpétration, mais est néanmoins responsable parce qu’il en avait connaissance, ou aurait dû en avoir connaissance, et qu’il n’a pas été capable de le prévenir, ni de le reporter pour enquête et poursuites.

Pour garantir des procès équitables aussi bien pour les accusés que pour les victimes, les législateurs devraient réviser les lois pour déterminer de façon plus précise les conditions auxquelles un supérieur sera pénalement responsable de la conduite de ses subordonnés, a déclaré Human Rights Watch. Les juges tunisiens devraient appliquer, pour le crime de torture, les critères dictés par la Convention contre la torture et par le Comité de l’ONU contre la torture, qui fournit l’interprétation officielle de cette convention.

Le Comité de l’ONU contre la torture, dans ses commentaires généraux sur la Convention contre la torture, a énoncé que « les supérieurs hiérarchiques − y compris les fonctionnaires − ne peuvent se soustraire à l’obligation de s’expliquer ni à leur responsabilité pénale pour des actes de torture ou des mauvais traitements commis par des subordonnés lorsqu’ils savaient ou auraient dû savoir que ceux-ci commettaient, ou étaient susceptibles de commettre, ces actes inadmissibles et qu’ils n’ont pas pris les mesures de prévention raisonnables qui s’imposaient ».

En outre, le droit international, et le fait que la Tunisie soit membre de la CPI, exige qu’elle adopte le principe de la pénalisation de la responsabilité du supérieur hiérarchique dans des cas où la torture en question est de nature si répandue et systématique, qu’elle répond aux critères d’un crime contre l’humanité. Le Statut de Rome, par lequel a été créée la CPI, énonce que le principe de responsabilité du supérieur hiérarchique rend les chefs militaires ou les supérieurs civils responsables des crimes commis par les agents subordonnés des forces armées ou les autres personnes placées effectivement sous leur contrôle.

Une conception adéquate de la responsabilité criminelle est nécessaire pour que des comptes soient rendus à tous les niveaux, y compris par ceux dont la responsabilité va au-delà de la perpétration physique du crime, a déclaré Human Rights Watch.

L’obstacle de la rétroactivité doit être levé pour juger les actes de torture

 
Bien que la Tunisie ait ratifié la Convention contre la torture le 23 septembre 1988, elle n’a promulgué aucune législation destinée à harmoniser ses lois avec cette convention internationale jusqu’en 1999. Les magistrats de l’affaire de Barraket Essahel ont jugé qu’inculper les accusés en vertu de la loi de 1999, qui définit et pénalise le crime de torture, violerait le principe interdisant l’application rétroactive de lois pénales. Selon ce principe, personne ne peut être condamné pour un acte qui ne constituait pas un crime au moment où il a été commis (nullum crimen nulla poena sine lege). Ce principe vise à protéger les individus de décisions arbitraires de la part des autorités.

Les juges ont caractérisé les faits de l’affaire en se basant sur l’article 101 du code pénal, qui pénalise les actes de « violences » mais ne se réfère pas à la torture. L’article 101 prévoit une peine maximale de cinq ans de prison et considère l’infraction comme un délit, passible d’une punition plus légère que le crime de torture. Le crime de torture, défini en droit international comme le fait d’infliger délibérément une douleur ou une souffrance aigue, n’est pas la même chose qu’un simple acte de violence. L’article 4 de la Convention contre la torture contient, pour la Tunisie et les autres États parties, les exigences suivantes :

1. Tout Étatpartie veille à ce que tous les actes de torture constituent des infractions au regard de son droit pénal. Il en est de même de la tentative de pratiquer la torture ou de tout acte commis par n'importe quelle personne qui constitue une complicité ou une participation à l'acte de torture. 2. Tout Étatpartie rend ces infractions passibles de peines appropriées qui prennent en considération leur gravité.

Conformément à l’article 14 de la Convention contre la torture :

Tout État partie garantit, dans son système juridique, à la victime d'un acte de torture, le droit d'obtenir réparation et d'être indemnisée équitablement et de manière adéquate (…).

Une condition préalable pour le droit de la victime à obtenir réparation est l’existence d’un cadre judiciaire permettant de reconnaître les violations en tant qu’actes de torture. Le projetactueld’observation générale duComité contre la torture sur l’article 14énonce : « les États parties doivent promulguer une législation et mettre en place des mécanismes de plainte, des organes d’enquête et des institutions compétentes pour déterminer le droit à réparation des victimes de torture et de mauvais traitements et leur accorder réparation ». Une législation nationale inadéquate interfère avec ce droit à la réparation.

La façon dont s’est terminé ce procès met en lumière le besoin d’énoncer clairement, dans le droit tunisien, que le crime de torture était pénalisé depuis au moins 1988, a déclaré Human Rights Watch. Un corpus croissant de jurisprudence et de travaux de recherche internationaux soutient que le principe de non-rétroactivité du droit pénal ne s’applique pas quand un acte, bien que non punissable en vertu d’une loi nationale au moment où il a été commis, n’en est pas moins pénalisé soit (i) conformément au droit international, soit (ii) d’après les principes généraux du droit reconnus par la communauté des nations.

L’article 15.2 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques affirme le principe de non-rétroactivité mais soutient également que « rien dans le présent article ne s'oppose au jugement ou à la condamnation de tout individu en raison d'actes ou omissions qui, au moment où ils ont été commis, étaient tenus pour criminels, d'après les principes généraux de droit reconnus par l'ensemble des nations ».

La torture est reconnue depuis longtemps comme un crime dans le droit international, codifié par la Convention contre la torture. La Tunisie a ratifié la convention en 1988. Ainsi on peut considérer que ce crime était pénalisé en Tunisie au moins depuis cette époque, qu’il ait été ou non explicitement intégré dans le code pénal tunisien.

La prescription doit être supprimée pour les violations graves des droits humains

  
La loi tunisienne spécifiant la période de prescription qui s’applique au crime de torture représente un autre obstacle pour l’accomplissement de la justice. Le 22 octobre 2011, la veille des élections, le gouvernement provisoire a promulgué un amendement des dispositions du code pénal sur la torture, qui introduisait une période de prescription de 15 ans à compter du moment où le crime a été commis. Une fois cette période écoulée, on ne peut plus engager de poursuites. Avant cet amendement, la torture, en tant que crime, avait en vertu de la loi tunisienne une période de prescription de 10 ans, comme tous les autres crimes. Pourtant le droit coutumier international reconnaît depuis longtemps qu’aucune prescription ne devrait s’appliquer aux violations graves des droits humains.

Dans le procès de Barraket Essahel, les avocats de la défense ont plaidé que parce que 20 ans avaient passé depuis les crimes présumés, les inculpés devraient bénéficier de la prescription clairement énoncée dans l’article cinq du Code de procédure pénale. Pourtant, la cour militaire de première instance, dans son jugement du 29 novembre, a rejeté cet argument, notant que le paragraphe deux de l’article cinq énonce : « La prescription est suspendue par tout obstacle de droit ou de fait empêchant l'exercice de l'action publique hors celui qui résulte de la volonté du prévenu ».

Le tribunal a conclu que la prescription ne s’appliquait pas dans cette affaire parce que les victimes ne pouvaient pas porter plainte pendant ces 20 années, étant donné que les criminels présumés contrôlaient l’appareil de sécurité et la justice. Un tel raisonnement, bien qu’il ait permis dans ce cas de surmonter l’obstacle de la prescription, met en lumière la nécessité de réviser les lois sur de telles prescriptions, et d’aligner la législation tunisienne sur le droit coutumier international en énonçant clairement qu’il n’y a pas de prescription pour le crime de torture.

Dans ses rapports annuels, le Comité de l’ONU contre la torture a régulièrement critiqué l’existence de périodes de prescription pour la torture dans la législation nationale d’États parties et les a appelés à modifier leurs codes pénaux pour garantir que les actes de torture ne bénéficient d’aucune prescription. Dans son rapport 2009-2010, le comité a réaffirmé que « eu égard au principe de la reconnaissance du caractère de jus cogens de l’interdiction de la torture (une norme péremptoire du droit général international acceptée et reconnue par la communauté internationale des États dans son ensemble comme une norme à laquelle aucune dérogation n’est permise), les poursuites pour faits de torture ne doivent pas être limitées par le principe de légalité ni par l’effet de la prescription ».

De plus, des organismes de surveillance des droits humains ont soutenu que les prescriptions ne s’appliquaient pas aux violations graves des droits humains. Par exemple, en 2001, la Cour interaméricaine des droits de l’homme, dans l’affaire Barrios Altos, a soutenu que :

Cette Cour considère inadmissibles les dispositions d'amnistie, les dispositions de prescription et l'établissement de dispositions visant l'exclusion de responsabilité ayant pour objet d'empêcher l'enquête et la sanction des responsables des violations graves des droits de l’homme telles que la torture, les exécutions sommaires, extrajudiciaires ou arbitraires ainsi que les disparitions forcées, qui sont toutes interdites car elles contreviennent des droits indérogeables reconnus par le droit international des droits humains.

 

Il faut montrer une volonté politique de mener à bien l’extradition de Ben Ali


Le procès Kallel a exposé le manque de volonté politique, de la part des autorités provisoires tunisiennes, pour faire pression afin d’extrader l’ex-président Ben Ali, qui a d’autres procès en cours au sein des tribunaux militaires pour le meurtre de manifestants lors du soulèvement de la Tunisie.

Tandis qu’un mandat d’arrêt international a été lancé contre lui, il reste encore à la Tunisie à exécuter la requête pour son extradition d’Arabie saoudite, qui a donné refuge à Ben Ali depuis janvier 2011.

Bien qu’il n’existe aucun accord bilatéral d’extradition entre la Tunisie et l’Arabie saoudite, les deux pays sont liés par la Convention contre la torture, que l’Arabie saoudite a également ratifiée, en 1997. L’article huit paragraphe deux stipule que « si un État partie qui subordonne l'extradition à l'existence d'un traité est saisi d'une demande d'extradition par un autre État partie avec lequel il n'est pas lié par un traité d'extradition, il peut considérer la présente Convention comme constituant la base juridique de l'extradition en ce qui concerne lesdites infractions ».

Ben Ali a été condamné pour divers crimes, allant du détournement de fonds à la possession de drogues prohibées. Il a également été inculpé du meurtre de manifestants pendant les jours précédant sa chute. Mais parce que les autorités tunisiennes n’ont pas réussi à mettre en œuvre son extradition, les tribunaux traitant ces affaires l’ont jugé par contumace, le condamnant au total à 60 ans de prison.

Depuis sa nomination comme nouveau chef du gouvernement, Hamadi Jebali a déclaré à plusieurs reprises que l’extradition de Ben Ali n’était pas une priorité des autorités provisoires. Le 17 février 2012, à la veille de sa visite officielle en Arabie saoudite, Jebali a déclaré sur les ondes de Radio Sawa qu’il ne discuterait pas l’extradition de Ben Ali avec les saoudiens, ajoutant que cette question est « mineure et ne constitue pas une priorité ».

Ce refus de consacrer tous les efforts à l’extradition de Ben Ali prive les Tunisiens de la possibilité de voir celui qui peut être considéré comme le premier responsable de graves violations des droits humains, répondre de ses actions devant la justice, a déclaré Human Rights Watch. 
hrw

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8 mai 2012 2 08 /05 /mai /2012 03:40

ADOPTION D’UNE LOI LIBERTICIDE PAR LE CONSEIL NATIONAL DE TRANSITION

 

Reporters sans frontières s’insurge contre l’adoption d’une loi par le Conseil national de transition (CNT), le 2 mai 2012, visant à condamner toute” insulte au peuple libyen et à ses institutions”.

“Cette loi enfreint les dispositions constitutionnelles provisoires adoptées par le Conseil national de transition et celles du droit international auxquelles le CNT est soumis, estime l’organisation. Le fait de vouloir sanctionner, de manière pénale, en allant jusqu’à prévoir des peines privatives de liberté, un délit d’opinion constitue un danger pour la liberté d’expression et la liberté d’information, d’autant plus que les critères énoncés dans la loi sont plus que flous et imprécis, laissant une place très importante à l’arbitraire”.

Avant d’ajouter : “L’adoption de cette loi, dont les termes rappellent tristement les dispositions liberticides du régime de Kadhafi, constitue une menace pour le processus de transition démocratique en Libye, notamment pour l’ensemble des médias qui ont vu le jour depuis le début de la révolution. Aussi, nous demandons l’abrogation pure et simple de cette loi.”

Reporters sans frontières rappelle l’importance que soit réaffirmée dans la future constitution la liberté d’opinion et d’expression. L’adoption d’un code de la presse protecteur de ces libertés constitutionnelles fondamentales est également crucial.

La loi n°37 considère la diffusion de “fausses informations” ou de “propagande” “mettant en péril la sécurité de la nation, terrorisant les populations ou affaiblissant le moral des citoyens” comme une infraction pénale. Toute personne qui exprime des propos portant atteinte à la Révolution libyenne du 17 février, ou glorifiant l’ancien régime et la personne du Colonel Khadafi et de ses fils, ou encore offensant le peuple libyen, son drapeau, et l’Islam, sera également poursuivie.

Les contrevenants aux dispositions de la loi risquent à une peine d’emprisonnement ferme, dont la durée n’a pas été fixée par la loi. La perpétuité pourra être invoquée en cas de diffusion de “rumeurs ou informations”, si elles causent des dommages au pays.

Il est à noter que l’interdiction de contredire et de formuler la moindre critique à l’encontre de la Révolution du 17 février s’inspire directement de l’article 195 du code pénal libyen adopté sous le Colonel Kadhafi, condamnant tout propos portant atteinte à la Grande révolution d’Al-Fatah et à son Guide.

Crédit photo : AFP;  fr.rsf.org

 

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 Human Rights Watch veut que la Libye annule une loi brimant la libre expression

 

L'organisme Human Rights Watch (HRW) a pressé samedi le nouveau gouvernement libyen de révoquer une loi qui criminalise le fait de glorifier l'ancien dictateur Mouammar Kadhafi ou de répandre de la «propagande» qui insulte ou met en danger l'État.

Cette loi adoptée la semaine dernière fait partie d'une série de lois que le Conseil national de transition (CNT), les dirigeants intérimaires de la Libye, ont présenté récemment pour gérer l'héritage du tyran. Ces lois ont été critiquées par des groupes internationaux et locaux de défense des droits de la personne parce qu'elles violent la liberté d'expression ont sont trop vagues pour être mises en pratique.

HRW, basé à New York, a critiqué la loi adoptée la semaine dernière qui criminalise la dissémination de «fausses» nouvelles ou de «propagande» qui met en danger la sécurité du pays ou terrorise le peuple. Glorifier Kadhafi et son régime est considéré comme un crime, précise la nouvelle législation.

Si les nouvelles nuisent au pays, le crime est punissable d'un emprisonnement à perpétuité.

Selon HRW, la loi ne respecte pas l'engagement de la Libye envers la défense des droits de la personne au niveau international. Elle est également vague dans sa description des crimes punissables.

Pour Sarah Leah Whitson, directrice de HRW pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, cette loi punit les Libyens pour ce qu'ils disent, ce qui rappelle le régime totalitaire qui vient d'être renversé. Cela va restreindre la liberté d'expression, alimenter la dissension, et miner les principes sur lesquelles est basée la révolution libyenne, a-t-elle ajouté. Salwa Fawzi al-Deghali, le plus haut responsable des dossiers juridiques au sein du CNT, a refusé de commenter, affirmant qu'il n'y avait pas eu de plaintes formelles de la part des groupes de défense des droits de la personne.

La loi punit également toute personne qui «offense» la révolution libyenne, qui a débuté avec des manifestations le 17 février 2011, jusqu'à la capture et la mort de Kadhafi en octobre dernier. Dans une description brève et vague, la loi dit également punir ceux qui offensent l'Islam, le prestige de l'État ou ses institutions, et le peuple libyen ou son drapeau. Il n'y a pas de spécifications quant à ce qui constitue une offense.

Sous Kadhafi, rappelle HRW, critiquer le chef d'État ou son arrivée au pouvoir était punissable de mort. Aux yeux de Mme Whitson, la nouvelle loi est une «gifle» pour les Libyens qui se sont battus pour obtenir de meilleurs droits de la personne.

«On dirait que le CNT a effectué un boulot de "copier-coller" avec les lois de l'ère Kadhafi, a dit Mme Whitson. Les nouveaux leaders de la Libye devraient savoir que les lois restreignant ce que les gens peuvent dire peuvent mener à une nouvelle tyrannie.» HRW a demandé aux gouvernements soutenant la transition en Libye, ainsi qu'à la mission onusienne dans le pays, de condamner la loi, et tout autre tentative de restreindre la libre expression et le droit à la libre assemblée.

Une autre loi adoptée par le gouvernement intérimaire a également soulevé l'inquiétude des groupes de défense des droits de la personne. Cette loi instaure des critères pour déterminer qui peut se présenter aux prochaines élections visant à pourvoir les 200 sièges de l'Assemblée afin de former un gouvernement et préparer la rédaction d'une nouvelle constitution libyenne. Les groupes de défense des droits soutiennent que la loi établit des critères vagues pour interdire la participation électorale de ceux associés au régime Kadhafi. La loi interdit la participation des gens qui sont «connus pour avoir glorifié» l'ancien régime ou s'ils «se sont opposés» à la révolte. 
985fm

 

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Le CNT rend hommage à Nicolas Sarkozy et félicite François Hollande

 

Le Conseil national de transition (CNT) au pouvoir en Libye, a rendu hommage lundi au rôle de la France de Nicolas Sarkozy dans la révolution libyenne et a félicité en même temps le nouveau président François Hollande.

Au moment où nous louons le rôle de la France représentée en la personne de Nicolas Sarkozy, dans son soutien moral et matériel à la révolution libyenne (...), nous présentons nos chaleureuses félicitations au président élu François Hollande, a indiqué à l'AFP le porte-parole du CNT, Mohamed Harizi lisant un communiqué.

La France a été le fer de lance de l'opération menée par l'Alliance atlantique pour protéger les civils libyens de la répression de Mouammar Kadhafi qui a été tué en octobre dernier après plus de 42 ans de pouvoir.

Nicolas Sarkozy avait été par ailleurs parmi les premiers dirigeants occidentaux à dérouler en 2007 le tapis rouge au dictateur Mouammar Kadhafi qui avait fait miroiter des contrats de plusieurs milliards de dollars.

Des accusations sur un financement libyen de la campagne de M. Sarkozy en 2007, lancées en 2011 par le fils du colonel Kadhafi, Seïf Al-Islam, ont par ailleurs ressurgi au cours de sa campagne 2012.

A Bengahzi, fief de la rébellion dans l'est de la Libye, Nicolas Sarkozy est toujours présenté comme un sauveur, des avions français, les premiers à intervenir, ayant frappé en mars 2011 une colonne de chars des forces pro-Kadhafi aux portes de la ville.

Nous aurions souhaité que Sarkozy brigue un deuxième mandat. Son rôle en Libye et surtout à Benghazi ne sera jamais oublié, a indiqué Walid al-Hassar, 32 ans

Le chef de rédaction du journal Barniq basé à Benghazi, a remercié de son côté Nicolas Sarkozy pour son rôle en Libye. Mais en tant qu'Arabe et musulman je suis content de la victoire de Hollande, a-t-il dit.

De toute façon il n'y aura pas un grand changement dans les relations franco-libyennes. La France a des intérêts en Libye, a-t-il ajouté.

Sur les réseaux sociaux, les Libyens ont rendu hommage à Nicolas Sarkozy.

Je suis Libyen et je suis très triste après la victoire de Hollande. Bonne chance Sarkozy, peut-on lire sur Twitter. Ou encore: Merci Sarkozy. Nous n'oublierons jamais ce que vous avez fais pour nous. 
romandie

 

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 L’histoire ne repasse pas les plats

 

Mohamed Albichari, fils d’un ancien ministre des Affaires étrangères du colonel Kadhafi mort en 1997 dans un curieux « accident de la route », n’est pas de ces opportunistes qui ont quitté le navire quand il devint évident que le régime allait s’effondrer sous les coups de boutoir de l’Otan et des milices. Dès le début de la révolte, il a apporté, sont soutien aux insurgés de Benghazi, mais crié « danger » si l’intervention occidentale dépassait les limites de la ville. Pour lui, Mohamed al-Senoussi, réfugié à Londres, petit-fils du roi Idris 1er renversé par l’organisation des Officiers libres le 1er septembre 1969, aurait dû s’envoler immédiatement pour la Cyrénaïque pour refonder le mouvement Senoussi, « seul, parmi les tribus libyennes, à disposer d’une véritable légitimité », et à dépasser « les clivages claniques et tribaux ».

Après l’évacuation des forces loyalistes de Misrata, Mouamar Kadhafi était affaibli. La crise libyenne aurait alors pu se régler par la négociation – avec ou sans lui - et éviter une guerre civile dont personne ne peut prédire la fin. Le prince héritier est resté prudemment à Londres, probablement parce que l’Otan avait un autre agenda. L’histoire, comme on dit, ne repasse pas les plats.

 

 « Le cauchemar libyen » *, seul témoignage de l’intérieur du régime, écrit par Mohamed Albichari, n’est pas tendre pour le système Kadhafi, « assemblage hétéroclite d’institutions disparates ». Il dénonce la main mise de la famille du Guide et de son clan sur les « postes susceptibles de rapporter des sommes importantes », la création d’un Etat informel composés d’un réseau de sociétés et d’institutions administré par ses fils et parents proches. Après les « révolutions arabes » de Tunisie et d’Egypte, l’auteur redoutait une explosion incontrôlable en Libye, du fait de la complexité des rapports entre les composantes de la société. La suite des événements lui a donné raison. 

 

Où va la Libye ?

 

Selon Albichari, interviewé par Al Qarra TV (1), la décision d’en finir une fois pour toutes avec Kadhafi a été prise « en juillet » après la chute de Misrata, alors que tout le monde savait que les milices ne s’entendaient pas entre elles, qu’il n’y avait pas de « personnage central capable de gérer la situation », qu’il s’agissait d’un règlement de compte interne entre des opposants ayant résidé pendant des décennies en Occident et Kadhafi, aucune alternative crédible au pouvoir n’avait été constituée.

 Mohamed Albichari regrette que le Conseil national de transition (CNT) n’ait pas choisi la voix du dialogue avec le régime affaibli. Pour lui, « On a remplacé le mauvais par le pire ! Pourquoi susciter une guerre civile quand on peut l’éviter ? ». Mais, le CNT le pouvait-il ? Création de l’Otan, sans légitimité nationale, il était coupé des réalités des jeunes combattants thowars (révolutionnaires) ou djihadistes. Pessimiste, Albichari pense que le chaos actuel va durer longtemps parce qu’il est entretenu par « certains intérêts pétroliers, certaines milices et certains pays étrangers ». Ce ne sont pas les élections prévues en juin, si elles ont lieu, qui apaiseront les esprits : une grande partie de la population, accusée de collusion avec l’ancien régime, en sera exclue. 

 * Le cauchemar libyen, par Mohamed Albichari (Ed. Favre – Lausanne, 2011- 13 euros)

 

(1) Où va la Libye ? Débat avec Mohamed Albichari, Majed Nehmé, Hélène Bravin (28/2/12)

 http://www.alqarra.tv/2012/en-quesn/ou-va-la-libye/ ; 

 

par Gilles Munier; mondialisation

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