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21 avril 2012 6 21 /04 /avril /2012 04:38

 

 

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Le retour prudent des pélerins juifs à Djerba


Les pélerins juifs venant d’Europe et d‘Israël vont cette année de nouveau se rendre sur l’île de Djerba à la Ghriba, en Tunisie, qui abrite la plus ancienne synagogue d’Afrique, rapporte l'Agence Tunis Afrique Presse (TAP).

«Nous reprenons le pèlerinage, suspendu en 2011 en raison de la révolution, grâce aux déclarations "rassurantes" des membres du gouvernement concernant les conditions de sécurité».

Les propos de René Trabelsi, organisateur de ce pèlerinage et fils du président de la communauté juive de Djerba, témoignent d’un retour du climat de confiance.

Les dirigeants tunisiens ont envoyé des signaux favorables à la communauté juive de Tunisie qui a pu s’inquiéter d’une montée de slogans antisémites lors de manifestations, notamment de salafistes.

Le président Marzouki a récemment fait un geste fort en se rendant à la synagogue de la Ghriba à l’occasion du 10 anniversaire de l’attentat qui avait frappé le lieu, le 11 avril 2002 faisant 21 morts.

En marge de la 6ème conférence internationale de l’OMT à Djerba (16 et 17 avril 2012), le Premier ministre tunisien Hamadi Jebali, issu du parti islamiste Ennahda, a donné son feu vert:

«La Tunisie, pays ouvert et tolérant, va accueillir, comme à l’accoutumée, les pèlerins juifs à la Ghriba et veillera à assurer les conditions favorables au tourisme, dans le pays.»

La sécurité des pélerins est au coeur des préoccupations.

«Nous avons confiance dans les mesures de sécurité et nous comptons sur la tolérance de la population locale et sur sa volonté d’organiser cette manifestation, qui contribue à la création d’une dynamique économique dans la région», a déclaré l’organiateur du pèlerinage René Trabelsi.

Pour lui, les déclarations et actions du Premier ministre et du président tunisiens «sont de nature à dissiper les craintes des juifs et les inciter à venir à Djerba».

D’après M. Perez Trabelsi, président du Comité de la Ghriba, cité par Mosaïque FM, le pèlerinage aura lieu cette année les 9 et 10 mai prochain. Cinq cents pélerins de l’étranger sont attendus.  slateafriq

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 07:33

Les lecteurs de livres envahissent l'avenue principale de Tunis

 

 

L'avenue Habib Bourguiba à Tunis, le plus souvent une étape pour les manifestations et la répression de la police, s'est transformée en une bibliothèque ouverte l'après-midi du 18 Avril. Armés de leurs livres, les adultes, adolescents, enfants, hommes et femmes de différentes classes sociales occupées de l'avenue à prendre part à "l'Avenue lectures".L'événement culturel vise à encourager les gens à embrasser la lecture comme un hobby. Ils ont été la lecture en arabe, en français et en anglais. Ils ont été à lire des romans, des non-fiction, poésie, et des magazines.

Je souhaite qu'il y avait plus de gens. Je suis entouré de gens qui lisent, mais malheureusement la lecture n'est pas enracinée dans notre culture. C'est une bonne initiative, même si ", a déclaré Wafa Ben Achour un élève du secondaire.

Lire, c'est mon message pour le peuple tunisien ", a déclaré Ikhtiyar, un étudiant d'université.

La Tunisie est surtout connu pour ses clubs et ses plages, de sorte qu'il est bon de montrer au monde que nous sommes cultivés, et que nous ne sommes pas seules personnes qui vont faire la fête pendant la nuit ", a déclaré Ons Ernez, un élève du secondaire.


La Chambre de la jeunesse internationale (JCI) a organisé une minute 10 "de coaching de rue» sur la façon de lire plus vite, et mieux saisir le sens d'un livre. Amina, une étudiante anglaise a été parmi ceux qui ont bénéficié de cette formation.«La formation était très bénéfique, je sens que je lisais dans le mauvais sens. Maintenant, je peux facilement saisir le sens de ce que j'ai lu. Je souhaite Tunisiens passent moins de temps sur Facebook, et la lecture de plus de temps ", at-elle dit.

La lecture est certainement pas hobby préféré des Tunisiens. De telles initiatives peuvent aider à développer une culture de la lecture.

 

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Manifestation littéraire sur l’avenue Habib Bourguiba

 

 Tunisie - Manifestation littéraire sur l’avenue Habib Bourguiba

 

Après les violences qui se sont produites sur l’avenue Habib Bourguiba, confrontant manifestants et forces de l’ordre, au début du mois d’avril, un groupe d’indépendants a décidé d’organiser une manifestation littéraire sur la même avenue. Un événement appelé « L’avenue taqra » (L’avenue lit).

Lancé sur les réseaux sociaux, l’événement a vite pris de l’ampleur et plusieurs centaines de personnes se sont dirigées vers l’avenue Habib Bourguiba, livres à la main. Participant à la manifestation, la librairie « Dar Al Kitab », sise sur l’avenue Habib Bourguiba, a décidé d’offrir des livres, ou de les vendre à un prix symbolique, pour ceux qui n’en avaient pas prévu pour l’occasion.

Dans les cafés, sur les marches du théâtre municipal, par terre ou dans l’allée centrale, ces centaines de personnes étaient réunies, sans aucune appartenance politique visible, pour célébrer la littérature. À la nuit tombée, des bougies ont été allumées pour poursuivre la lecture et des dizaines de personnes continuaient à se diriger au centre de la capitale pour participer à l’événement, selon notre correspondante sur place. Une initiative à saluer et qui aura eu le mérite de réunir toutes les tranches d’âges et toutes les orientations politiques, autour d’un seul objet, le livre. harissa

 

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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 07:00

 

 

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Manifestations et sécurité renforcée pour le GP de Bahreïn


Avant l'aube, de nombreux villages chiites ont connu de violents heurts entre manifestants et policiers, avec le début de "trois jours de colère" coïncidant avec ceux de la course, à la suite des appels lancés par un mouvement d'opposants baptisé les "Jeunes du 14 février". (c) Afp

Avant l'aube, de nombreux villages chiites ont connu de violents heurts entre manifestants et policiers, avec le début de "trois jours de colère" coïncidant avec ceux de la course, à la suite des appels lancés par un mouvement d'opposants baptisé les "Jeunes du 14 février". (c) Afp


La contestation menée par des opposants chiites au Grand Prix de Formule 1 de Bahreïn a pris une tournure plus violente à la veille des essais devant débuter vendredi dans un contexte de sécurité renforcée.

Des mécaniciens de l'écurie indienne Force India qui regagnaient leur hôtel mercredi soir de retour du circuit ont été pris dans un affrontement. Un cocktail Molotov a explosé devant leur voiture mais aucun des occupants n'a été blessé.

Un porte-parole de Force India a confirmé l'incident. Il a précisé qu'un des membres de l'écurie qui n'était pas impliqué dans l'incident ainsi qu'un sous-traitant avaient décidé de quitter Bahreïn pour cette raison.

Un calme apparent régnait cependant jeudi autour du circuit de Sakhir, au sud de Manama, où le pilote espagnol Pedro de la Rosa (HRT), président de l'Association des pilotes de Grand Prix (GPDA), a déclaré ne pas être inquiet.

"Nous ne connaissons pas assez bien la situation ici à Bahreïn pour avoir une opinion et nous faisons confiance aux gens qui se sont renseignés, c'est-à-dire la FIA", a-t-il affirmé, expliquant n'avoir pas cherché de détails: "Les pilotes font confiance aux gens qui l'ont fait".

"Nous sommes des sportifs et notre objectif est d'être bons sur la piste, point final", a ajouté de la Rosa.

Avant l'aube, de nombreux villages chiites ont connu de violents heurts entre manifestants et policiers, avec le début de "trois jours de colère" coïncidant avec ceux de la course, à la suite des appels lancés par un mouvement d'opposants baptisé les "Jeunes du 14 février".

L'année dernière, la course avait été annulée en raison de la contestation, qui a secoué le petit royaume du Golfe de la mi-février à la mi-mars, dont la répression avait fait 35 morts selon une commission indépendante.

Les manifestations ayant repris en juin, après la levée de l'état d'urgence, les "Jeunes du 14 février" ont réclamé une nouvelle annulation du Grand Prix, même si le Wefaq, principal mouvement de l'opposition chiite, n'a pour sa part jamais été si clair.

Les organisations de défense des droits de l'Homme ont également critiqué la tenue de la course en pleine crise politique.

Les mesures de sécurité ont été renforcées, et le gouvernement a interdit jeudi au Wefaq de manifester dans le centre de Manama. Les autorités ont en outre refusé des visas à des journalistes et des photographes d'agence de presse internationales, dont l'AFP, pour couvrir la course.

Selon des témoins, des centaines de manifestants se sont rassemblés jeudi matin à l'entrée de villages chiites, scandant "le peuple veut le chute du régime".

Les forces de l'ordre ont utilisé des bombes lacrymogènes et des bombes assourdissantes pour les disperser. Les manifestants ont répliqué par des jets de cocktails Molotov, ont ajouté les témoins. Selon l'un d'eux, la police a aussi utilisé des cartouches de chevrotine, faisant de nombreux blessés.

"Le Grand Prix est perçu comme lié aux figures du régime et comme un événement qui ne profite pas aux gens ordinaires", a analysé l'opposant Nabil Rajab. Il a dit craindre une escalade de la violence avec la participation de groupes de jeunes qui ne sont pas encadrés politiquement et qui ne demandent aucune autorisation aux autorités pour défiler.

Pour l'économiste bahreïni Jassim Hussein, qui a démissionné du Wefaq l'an dernier, les manifestations n'ont rien à voir avec le Grand Prix: "Il y a eu des manifestations avant l'événement, il y en aura pendant et après, mais il n'y a aucune connexion".

L'influent chef radical chiite irakien Moqtada Sadr a pour sa part appelé "les sportifs honnêtes à ne pas participer à cette course (...) et à soutenir le peuple bahreïni dans son rejet de le tenue de cette épreuve".

Le débat se poursuivait sur les murs: les organisateurs ont accroché des milliers d'affiches proclamant: "Bahreïn, une seule nation (le GP) une seule célébration", tandis que les ont peint: "Non à la Formule 1 du sang" ou "Nous demandons la liberté, non la Formule 1".

Bahreïn est la seule monarchie du Golfe où les chiites sont majoritaires. La répression du mouvement de contestation de février à mars 2011 avait fait 35 morts, dont cinq sous la torture, selon une commission d'enquête indépendante. tempsreel.nouvelobs

 

 

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Un Grand Prix sous haute tension

 

A la veille du début des essais libres du Grand Prix de Bahreïn, les incidents se sont poursuivis jeudi. Des membres du personnel de Force India auraient demandé à quitter le pays après les heurts survenus la veille au soir et dans lesquels plusieurs mécaniciens de l'écurie indienne se sont retrouvés. Mais, pour l'heure, la F1 a choisi de courir malgré tout...

L'incertitude règne toujours à Bahreïn à la veille du début du Grand Prix, plus d'un an après l'annulation de l'édition 2011 qui aurait dû ouvrir le championnat du monde. Toute la journée de jeudi, les informations se sont succédées concernant des manifestations se tenant dans les faubourgs de la capitale, Manama. Mercredi soir, des mécaniciens de l'écurie indienne Force India se sont retrouvés au coeur de troubles sur une route reliant Manama au circuit de Sakhir

Un cocktail molotov aurait explosé à proximité de leur véhicule. Le communiqué officiel, rédigé ce jeudi par l'organisation, évoque "un incident isolé impliquant une poignée de participants à une manifestation illégale qui ont fait preuve de violence envers la police". Dans la foulée, deux membres de l'équipe ont demandé à quitter le pays. Ils pourraient être imités par d'autres employés de l'équipe où évoluent le Britannique Paul di Resta et l'Allemand Nico Hulkenberg. 


Vers le boycott de partenaires ?

Plusieurs groupes ont annoncé ce jeudi qu'ils n'inviteraient pas de clients et partenaires ce week-end. Shell, sponsor historique de l'équipe Ferrari, et Vodafone, sponsor titre de l'écurie McLaren, figurent parmi ces entreprises renonçant aux traditionnelles opérations de relations publiques se déroulant dans les salons des circuits de F1. Selon les dernières informations, UBS, sponsor même de la Formule 1, renoncerait également à inviter des clients. Les essais libres sont toujours prévus vendredi à 9 heures, heure française.

Déjà, une écurie de Porsche Supercup, une discipline disputée en lever de rideau, a choisi de se retirer, invoquant des raisons de sécurité. 

Sur place, les forces de l'ordre s'échinent à éloigner les manifestants du circuit de Sakhir, situé à 30 kilomètres du centre-ville, comme des hôtels de luxe de la région. La nuit de mercredi à jeudi a été agitée avec notamment une manifestation dans le village de Saanabis, situé au nord-ouest de Manama. Dans un communiqué, le ministère de l'Information a révélé que de " nombreux émeutiers et vandales ont été arrêtés pour participation à des rassemblements interdits, blocage de routes, mise en danger de la vie d'autrui."  Aucun chiffre n'a toutefois été transmis.


Des enjeux financiers colossaux

Et la F1 dans tout ça ? Bernie Ecclestone a promis que la course aurait lieu, répétant qu'il avait entièrement confiance dans les autorités locales. Les pilotes sont arrivés au compte-goutte de Shanghai, effectuant pour la plupart une escale à Abu Dhabi. Les consignes sont claires. Hors de question d'attiser la polémique. C'est donc motus et bouche cousue qui prévaut.

La conférence de presse tenue ce jeudi a toutefois contraint certains à s'exprimer. "On ne peut pas ignorer la situation ", a reconnu Romain Grosjean quand Kovalainen ou Hamilton ont affirmé s'être "préparés comme d'habitude ". Massa a déclaré être "venu ici pour le sport. C'est la meilleure chose à faire" alors que Schumacher ou Button ont éludé la question. Il faut dire que les organisateurs jouent gros. Outre les pressions politiques - l'organisation d'un Grand Prix mondialement diffusé serait une publicité conséquente pour un régime secoué depuis plus d'un an par l'opposition -, l'enjeu économique est immense. 

L'an passé, le Sakhir International Circuit s'était échiné à tenter de trouver une nouvelle date, évoquant même un Grand Prix en novembre, prolongeant sensiblement la saison. S'ils avaient fini par jeter l'éponge, Bernie Ecclestone n'avait lui pas renoncé à son chèque perçu en cas d'annulation : 40 millions de dollars ! Or, selon les estimations, le Grand Prix 2010 remporté par Fernando Alonso aurait rapporté près d'un milliard de dollars, 100 000 visiteurs s'étant pressés dans ce petit royaume du Golfe Persique qui ne compte qu'un peu plus d'un million d'habitants ! Alléchant, trop pour renoncer ? Jeudi soir, le doute était encore permis, les sponsors hésitant encore à s'afficher sur un événement qui pourrait devenir pour eux une véritable contre-publicité. sports.fr

 

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Débat  autour du Grand Prix et de sa portée politique au Bahrien (BBC)

 
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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 06:23

Reprise du procès de Nessma TV dans un climat tendu

 

Le procès du patron de la chaîne privée "Nessma TV" Nabil Karoui, qui a déchaîné les passions à la suite de la diffusion en octobre dernier du film d'animation franco-iranien "Persepolis", a repris jeudi devant le tribunal de première instance de Tunis dans un climat tendu.

C'est la troisième audience de cette affaire suivie de près par nombre d'organisations non gouvernementales locales et internationales, ainsi que des médias étrangers.

Le procès a été intenté en novembre dernier à la suite d'une plainte déposée par des avocats islamistes, après la diffusion par la chaîne de "Persepolis", qui comporte une représentation de Dieu -proscrite en islam.

La diffusion par "Nessma TV" du film, autorisé par le ministère de la Culture et projeté auparavant dans des salles de cinéma, a provoqué des réactions viclentes dans les rangs des islamistes, à la veille des élections du 23 octobre dernier remportées par le mouvement islamiste "Ennahdha".

Des groupes de salafistes avaient tenté d'attaquer les locaux de "Nessma TV" et le domicile du patron de la chaîne a été en partie saccagé à coups de cocktails Molotov.

M. Karoui et deux de ses collaborateurs sont jugés pour "atteinte au sacré et à la morale et trouble à l'ordre public" en vertu du Code pénal tunisien. Selon Amnesty International, il encourt une peine pouvant aller jusqu'à trois ans de prison.

Le procès est entouré de mesures de sécurité renforcées pour prévenir des incidents similaires à ceux qui se sont produits en janvier dernier, lorsque des salafistes ont agressé un journaliste, Zied Krichène, et un universitaire Hamadi Redissi.

Devant le palais de justice de Tunis où était disposé un camion militaire cerné de fil barbelé et entouré de soldats armés de fusils, les forces de l'ordre s'employaient à canaliser une foule de manifestants islamistes d'un côté et représentants d'associations de la société civile de l'autre pour éviter les heurts entre les deux camps.

"Le peuple veut la fermeture de la chaîne et l'assainissement du secteur de l'information", scandaient les islamistes à l'aide de hauts parleurs aux cris de "Allahou Akbar" (Dieu est le plus grand).

"Il faut appliquer la loi. Ce n'est pas un procès d'opinion ni une atteinte à la liberté d'expression", a déclaré à l'AP un islamiste, Fayçal Rouafi, en dénonçant "les programmes immoraux" de la chaîne Nessma.

Selon cet enseignant en éducation islamique âgé de 24 ans, "ce sont des ennemis de Dieu et du prophète. Ils ont voulu politiser l'affaire pour sortir de l'impasse dans lequel ils se sont fourrés".

"Nous voulons parachever les objectifs de la révolution", a renchéri un autre islamiste, Mohamed Lahmizi, 54 ans.

En face, les représentants des associations rétorquaient par des appels en faveur de "la liberté d'expression et de création" qualifiant les salafistes et les partisans d'Ennahdha de "rétrogrades".

"Nous sommes venus pour contrer l'offensive contre les libertés. Le gouvernement (dominé par Ennahdha) veut contrôler les médias et les mettre au pas pour asseoir de nouveau une main de fer sur le secteur et empêcher le peuple de poursuivre sa révolution qui a été faite pour la liberté, la justice et la dignité", a de son côté accusé Thameur Mechi, un professeur de mathématiques au chômage.

Entretemps, le procès couvert par de nombreux journalistes tunisiens et étrangers, dont des correspondants de chaînes par satellite et agences internationales, se poursuivait à l'intérieur du palais de justice dans une salle archicomble par les plaidoiries des avocats des deux parties.

Il est suivi par plusieurs d'observateurs notamment de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), de l'organisation Reporters sans frontières (RSF) et d'avocats français. tempsreel.nouvelobs

 

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Hamma Hammami : ce procès est une absurdité

Un avocat  du collectif d'avocats de la partie civile : « Nabil Karoui, passible de la peine de mort »

 
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20 avril 2012 5 20 /04 /avril /2012 06:04

 

La guerre d'usure des salafistes contre l'université de la Manouba

 

Alors que la situation semblait s’être calmée, l’occupation des salafistes a repris de plus belle à la faculté des Lettres et Sciences humaines de la Manouba à Tunis le mardi 17 avril. La Une du quotidien La Presse, le lendemain, montre qu'«un dialogue de sourds»,  semble s’être définitivement installé.

La plume semble être devenue le seul recours pour les universitaires de la faculté de la Manouba qui multiplient aujourd’hui les déclarations dans les médias.

L’histoire se répète inlassablement, un groupuscule de gens de tendance «salafiste» investit les locaux de la faculté avec pour cible, le doyen Habib Kazdaghli qu’ils empêchent d’accéder à son bureau.

La cause: les sanctions envers six étudiantes traduites en conseil de discipline pour non respect du règlement intérieur le mois dernier.

Comme le raconte le journal La Presse, les revendications du droit au port du Niqab lors des cours et des examens  reviennent encore et toujours mais les salafistes demandent aussi la révision de certaines notes de leurs camarades niqabées qui ont reçu un zéro éliminatoire.

Du côté du doyen et des universitaires, il s’agit avant tout de préserver l’intégrité de l’université et sa neutralité. Ils ont ainsi suspendu les cours du 17 avril face à l’impasse des négociations.

L’affaire, très médiatisée lors du dernier affrontement qui s’était soldé par l’outrage au drapeau tunisien le 8 mars est redevenue aujourd’hui un fait-divers dont l’issue dépend d’une décision gouvernementale. Si quelques policiers sont présents désormais aux alentours de l’université comme le raconte la journaliste de La Presse, le ministère de l’Intérieur ne s’est pas exprimé sur la question.

Face au régime de l’impunité, 130 universitaires tunisiens ont fait un appel dans un texte commun«Appel pour la défense des valeurs universitaires» afin de dénoncer ces pressions et notamment de lutter contre une «possible année blanche». L’universitaire Habib Mellakh, envoie quant à lui, quotidiennement des nouvelles. Sa dernière lettre est datée du 18 avril:

«Les salafistes font toujours ce qu’ils disent. Leur discipline, leur persévérance et leur mobilisation, sont impressionnantes et constituent des atouts dans la guerre d’usure qu’ils sont en train de mener pour imposer leurs lois.»

Le cas de la Manouba est-il sans issue? Que faire entre «un retour à la case départ» —affrontements sans possibilité de négociations— ou «une continuité logique des faits» —avoir gain de cause par l’usure—, s’interroge le quotidien La Presse. slateafrique

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Nouvelle pétition d'intellectuels tunisiens contre les pressions salafistes à l'université

 

Les cours ont de nouveau été suspendus mardi 17 avril à la Faculté des lettres de la Manouba, près de Tunis, avant de reprendre laborieusement le lendemain. Depuis le 6 décembre 2011, un conflit oppose les enseignants et un groupe de salafistes qui réclament le port du niqab pour les jeunes filles à l'intérieur des cours et la création d'une salle de prières, malgré l'interdiction de l'accès aux salles de cours aux étudiantes en niqab approuvée par le conseil scientifique de la faculté et confirmée par un arrêté du tribunal administratif.

 

Cette nouvelle interruption des cours a été décidée à la suite d'une manifestation d'étudiants salafistes qui ont empêché le doyen Habib Kazdaghli d'accéder à son bureau en réclamant son départ. Le groupe entendait obtenir l'annulation de sanctions prises par le conseil scientifique à l'encontre de dix étudiants ayant investi, il y a quelques mois, une salle de cours et proféré des menaces à l'encontre d'enseignants.

Le lendemain, "il aura fallu quarante minutes de négociations", raconte Habib Mellakk, enseignant de français à la Manouba et syndicaliste, pour que le doyen puisse accéder à son bureau. 130 universitaires tunisiens, dont les doyens, dénoncent dans un texte commun les pressions subies par la faculté de la Manouba par les fondamentalistes, une initiative qui intervient après celle, en janvier, de près de 200 universitaires français.

 

Appel pour la constitution d'un Comité de défense des valeurs universitaires, de l'autonomie institutionnelle, des libertés académiques et de soutien à la FLAHM [Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba] :

Depuis le début de l'année universitaire 2011-2012, des étudiants "salafistes", renforcés par des activistes et des miliciens et soutenus par des partis islamistes organisés, ont attaqué plusieurs institutions universitaires, soit pour essayer d'yimposer le niqab dans les cours et les salles d'examen, soit pour marquer leur désapprobation au sujet de la tenue jugée irrespectueuse d'une enseignante ou pour contester les programmes établis par les départements ou les conseils scientifiques. Des incidents ont eu lieu à la Faculté des Lettres et des Scienceshumaines de Sousse, à l'Ecole supérieure de commerce de la Manouba, à l'Institut supérieur des arts et métiers de Kairouan, à l'Institut supérieur de théologie de Tunis, à l'Institut supérieur des langues de Tunis et dans d'autres établissements.

Mais c'est la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba qui a constitué, depuis le 28 novembre 2011, la cible privilégiée de ce groupuscule. Ces activistes y bafouent le règlement intérieur en vigueur dans toutes les institutions d'enseignement supérieur qui interdit le port du niqab dans l'enceinte universitaire et particulièrement pendant les cours, les séances d'examens et d'encadrement pour des raisons pédagogiques. Ils essayent d'y imposer leur loi par la force en terrorisant leurs camarades, en tentant de séquestrer le doyen, en l'empêchant d'accéder à son bureau, en recourant à la violence physique et verbale contre les enseignants, contre le personnel administratif et ouvrier et en menaçant de mort certains enseignants et leur doyen.

Des agissements semblables, quoique n'ayant pas la même gravité et n'ayant pas bénéficié de la même médiatisation, ont été enregistrés dans d'autres établissements, plongeant dans l'inquiétude les enseignants, les étudiants et leurs syndicats. Visant spécialement la FLAHM dans un harcèlement continu et sans précédent dans l'histoire de l'université tunisienne, ce groupuscule a réussi à yinterrompre les cours à plusieurs reprises et a pu parfois empêcher quelques groupes d'étudiants de passer leurs devoirs surveillés. Le bureau du doyen a été saccagé et son intégrité physique a été menacée puisqu'un volumineux morceau de béton lancé dans son bureau aurait pu l'atteindre... [...]

Conscients que la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba est ciblée en raison du rôle avant-gardiste qu'elle a toujours joué aussi bien dans la sauvegarde des valeurs universitaires, de l'autonomie institutionnelle et des libertés académiques que dans le développement de la tolérance, de l'esprit critique et  du renouvellement de la recherche

Conscients que son doyen, ses enseignants, ses étudiants, son personnel administratif et ouvrier, particulièrement ciblés par les frondeurs, ne sont pas protégés par les autorités, que leur dignité est bafouée et que leur intégrité physique est menacée

Conscients que le combat que mène la FLAHM est le combat de toute l'université et celui de toute une société qui s'est débarrassée de la dictature et qui ne veut pas qu'elle revienne,

Les universitaires et chercheurs tunisiens, les intellectuels, les artistes et les acteurs de la société civile, signataires de cette pétition :

Se déclarent prêts à mener toutes les actions à même de permettred'assurer la primauté de la loi dans les établissements d'enseignement supérieur, à défendre en collaboration étroite avec les syndicats de la profession et par tous les moyens légaux, toutes les institutions universitaires, contre toute atteinte susceptible de porter préjudice au savoir et aux valeurs universitaires, à l'intégrité physique de leurs responsables, de leurs enseignants, de leurs étudiants et de l'ensemble de leur personnel.

S'engagent à soutenir particulièrement la FLAHM, son doyen, et toute son équipe dirigeante spécialement visés.

Appellent à la constitution d'un Comité de défense des valeurs universitaires, de l'autonomie institutionnelle, des libertés académiques et  de soutien à la FLAHM.

Demandent à tous les universitaires et chercheurs tunisiens, aux intellectuels, aux artistes et aux acteurs de la société civile, de répondre à cet appel en rejoignant ce comité et en se mobilisant pour l'aider à concrétiser ces objectifs, à la finalisation desquels l'université tunisienne, depuis sa fondation et à travers ses pères fondateurs et leurs disciples, s'est toujours montrée attachée et s'est constamment attelée.

LISTE DES PREMIERS SIGNATAIRES :

Anciens doyens et directeurs : Yadh Ben Achour, Abdelmajid CharfiSadok Belaid, Abdelkader M'hiri, Ali Mahjoubi, Mohamed-Hédi Chérif, Mohamed-Ali Drissa,Hassen AnnabiFaouzia Charfi.

Doyens actuels : Mohamed Fadhel Moussa, Moncef Ben Abdeljalil, Noureddine KridisAhmed MehriziAli ChadliKhaled ZghalMohamed Amine Hammas.

Professeurs dans les universités tunisiennes : Rabaa AbdelkafiLilia BenSalem, Mounira Chapouto-RemadiAmmar MahjoubiHichem SkikSana BenAchour, Latifa LakhdarJounaidi AbdeljaouedDalenda Larguèche, Larbi Chouikha,Samia CharfiRidha BouguerraLotfi Ben Aissa, Abdelwahed MokniSalah HorchaniKhaled NouicerHabib MellakhTaoufik BaccarRaja Ben Slama, Alia Baccar-BornazNejmeddine KazdaghliYadh ZahherIqbal GharbiHamadi Rdissi, Moncef ben Slimane, Nizar ben Salah, Sami AouadiAbdessalem Mahmoud,Abdelkarim AllaguiKmar Ben Dana, Olfa ben Achour, Amel FakhfakhAmel GramiWafi Marrakchi, Sonia M'hiri, Hédi Berraies, Houcine JaidiAli Noureddine,Houcine Ben Azzouna, Hamadi ben Jaballah, Hamadi Rdissi, Béchir Guerbouj,Monji ChamliTaoufik KarkarZohra MarrakchiSonia ChamkhiMeriem BouguerraAhmed Boukhari Chetoui.

Universitaires, intellectuels, artistes entrepreneurs tunisiens résidant à l'étranger : Larbi BouguerraAnnie BouguerraSophie BessisAbdelwahab MeddebMustapha TliliMondher KilaniMoncef KilaniAli MezghenniFethi BenSlama, Noureddine JouiniChatal JaberCherif FerjaniMansour FekiFaouzia ZouariInes Hammami-AbidSamih AbidEzzeddine GuellouzSuzanne Guellouz,Mohammed Lakhdhar Lala, Ali GannounJallel SaadaAmin Khochlef.

Hommes de lettres, artistes et professeurs : Héla Beji, Kalthoum Bornaz,Fatma Saidane, Emna bel Haj YahyaMoncef FakhfakhMonji GhodbaneLotfi Souab, Lilia ben Salah, Fethi ben Ayech, Samia MellakhMoncef Ouhaibi.

Personnalités de la Société civile : Mohamed Salah Khériji, Salah Zghedi,Mokhtar TrifiHedia JradHela AbdeljaouedAhmed Abderraouf Ounaies, Abdessatar ben Moussa, Khedija CherifMounir CharfiSouad TrikiSalem SalemSahli, Sami TahriAyachi Hammami, Ahlam bel Haj, Larbi MellakhBalkis Mechri,Ben Aissa Rafrafi, Thameur Driss.

Les personnes voulant joindre leurs signatures au texte pourront le faire en envoyant leur accord à l'adresse e-mail suivante : valeur.universitaire@gmail.comIsabelle Mandraud; lemonde

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 05:48

Les attaques au cité El Milaha à Rades

Suite au l’affichage des resultats du concours de recrutement publiés par la société tunisienne d’Acconage et de Manutention, un groupe d’individus de Cité Al Milaha à Radès, a, délibérément, coupé la route menant au port commercial de Radès, à la zone pétrolière et aux entreprises adjacentes le vendredi soir ce qui a empêché les forces de l’ordre d’intervenir dans la matinée du samedi 14 avril 2012 pour disperser ces protestataires.

Or cette dispersion a provoqué l’attaque des maison des habitants du cité ainsi des dépassements policières ont été enregistrés constituaient un véritable danger. en effet,  les autorités en charge ont dû disperser la foule et rouvrir la route obligeant, ainsi, les protestataires à se replier et à se retirer. Ces derniers, refusant de battre en retraite, ont continué à attaquer les agents de la sécurité en leur lançant de divers projectiles et des cocktails Molotov. « Et dans une tentative de reprendre le contrôle de la route, quelques protestataires se sont dénudés». Ce qui a obligé les agents de la sûreté à lancer des bombes à lacrymogènes et à pourchasser les assaillants pour en arrêter 25 personnes.


Actualité Tunisie  

 

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Tension après les arrestations et sit-in pacifique des familles dans une cité  de Radés


Une vive tension régnait, mardi après-midi, à la cité El Milaha de Radés (Gouvernorat de Ben Arous, avec la crainte d'une reprise du mouvement de protestation, après l'émission par le juge d'instruction du tribunal de première instance de Ben Arous, mardi, de 13 mandats de dépôt à l'encontre de 13 accusés arrêtés, à la suite des derniers événements et des actes de violence.

Un nombre important d'habitants de la cité se sont rassemblés et ont tenu un sit-in pacifique, dans la rue, malgré la pluie, alors que les forces de la sécurité se sont positionnées au carrefour de la route conduisant à la cité, à quelques dizaines de mètres des sit-inneurs.

Le correspondant de l'agence TAP a constaté que la circulation a été déviée, au niveau de l'entrée de la cité et que des militaires étaient présents, sur une ligne de séparation entre les sit-inneurs et les forces de sécurité.

Les sit-inneurs ont souligné le caractère pacifique de leur mouvement, indiquant qu'ils "n'ont placé aucun barrage sur la route". Ils ont déclaré au correspondant de l'agence TAP à Ben Arous qu'ils voulaient, par leur action pacifique, apporter un démenti aux allégations de ceux qui cherchent à les dénigrer en affirmant qu'ils cherchaient à paralyser les activités économiques du port de Radés.

Zyad, un des jeunes sit-inneurs, a souligné que leur principale revendication est la libération de toutes les personnes arrêtées, sans exception et d'arrêter la poursuite contre 30 autres jeunes en fuite. Il a démenti les accusations retenues contre les personnes arrêtées qui seront traduites en justice, notamment la destruction de biens publics et privés et troubles sur la voie publique.

Une femme a démenti les accusations contre les habitants de la cité El Milaha, soulignant que "c'est une atteinte à leur dignité et une offense à leur encontre". Elle a accusé les brigades de l'ordre public "d'avoir commis des voies de faits ", samedi dernier.

Férid, un employé journalier originaire d'Oum Larayes, a, pour sa part, soutenu les jeunes de la cité dans leur revendication et leur droit à l'emploi.

Toutefois, il a "condamné certains agissements" qui, a-t-il indiqué, "sont de nature à paralyser les activités des sociétés opérant dans le port de Radés".

Des affrontements avaient éclaté, samedi sur la route menant au port de Radés, entre des forces de l'ordre et un groupe de jeunes en sit-in, contestant les résultats d'un concours de recrutement à la Société tunisienne d'acconage et de manutention. 
maghrebemergent

 

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 Reprises des affrontements à Om Lârayes (Gafsa)

 

Pas de trêve dans la ville d’Om Lârayes (Gafsa, sud-ouest). Après quelques heures de calme, les affrontements ont repris, mardi, entre des jeunes et les forces de l’Ordre.

Ces affrontements se déroulent surtout à la Cité Ennour, près des locaux de l’unité mobile de la garde des frontières.

Près de 400 jeunes, selon l’agence Tap, ont lancé des pierres contre les forces de sécurité qui ont répliqué par un tir nourri de bombes de gaz lacrymogène, afin de disperser les protestataires. Ils les ont poursuivis dans les ruelles voisines du lieu des affrontements en utilisant une voiture blindée.

Ces affrontements ont été déclenchés il y a quatre jours, après la proclamation de la liste des personnes qui vont être recrutées par la Société des phosphates de Gafsa .kapitalis

 

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Les salafistes reviennent à la charge à la Faculté de la Manouba

 

Les cours ont de nouveau été suspendus mardi à la Faculté des lettres de la Manouba, près de Tunis, théâtre d'un bras de fer entre sa direction et un groupe d'activistes salafistes partisans du voile intégral.

L'interruption des cours a été décidée à la suite d'une manifestation d'étudiants salafistes qui ont empêché le doyen Habib Kazdaghli d'accéder à son bureau en réclamant son départ, a rapporté l'agence TAP.

Le groupe entendait obtenir l'annulation de sanctions prises par le conseil scientifique à l'encontre de dix étudiants ayant investi une salle de cours lors d'un épisode de la contestation régulière depuis novembre 2011.

Les manifestants ont brandi des pancartes revendiquant un lieu de prière et le droit des étudiantes à porter le voile islamique intégral (niqab) en classe.

Le doyen, cité par l'agence TAP, a indiqué avoir écrit au ministre de l'intérieur lui demandant «d'intervenir pour pour garantir le bon déroulement des cours ».

Le ministre islamiste de l'Enseignement supérieur Moncef Ben Salem avait accusé le doyen de ne pas avoir su résoudre pacifiquement la crise qui perdure,

le soupçonnant « d'arrière-pensées politiques ».

«L'affaire de la Manouba est un faux problème. Nous avons 96 filles dans toute la Tunisie qui portent le niqab (voile intégral) dans les 193 institutions universitaires, et il n'y a de problème nulle part sauf à la Manouba », avait affirmé Moncef Ben Salem.

Dans cette faculté de la Manouba, qui compte 13.000 étudiants, l'administration soutenue par des enseignants refuse catégoriquement le port du niqab pour des raisons sécuritaires et pédagogiques.

L'interdiction de l'accès aux salles de cours aux étudiantes en niqab a été approuvée par le conseil scientifique de la faculté et a été confirmée par un arrêté du tribunal administratif.hexpressiondz

 

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Les élus d’Ennahdha contre la création d’une commission sur la sécurité  


 

 

Le groupe Ettakattol à l’assemblée constituante a présenté une demande de révision du règlement intérieur afin de pouvoir créer  une commission qui s’occuperait de la situation sécuritaire du pays. 102 membres de la constituante ont signé la requête pour la création d’une telle commission. Cependant, les élus d’Ennahdha refusent toujours d’y adhérer, selon Slim Abdessalem, du groupe Ettakattol, qui n’a pas donné les raisons de ce  refus.

Il a affirmé  que cette commission est nécessaire aujourd’hui plus que jamais, car, toujours selon lui, la sécurité est la clé de voûte de la stabilité et par conséquent de l’investissement. Il a exprimé toutefois son espoir que les membres d’Ennahdha finiront par y souscrire.  africanmanager

 

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18 avril 2012 3 18 /04 /avril /2012 05:00

Dix candidats définitivement exclus de la présidentielle

La commission électorale égyptienne a confirmé sa décision d'exclure dix candidats à la présidentielle de mai, écartant définitivement trois des principaux postulants, l'ancien vice-président Omar Souleimane et les islamistes Khairat al-Chater et Hazem Abou Ismaïl. 

La commission électorale égyptienne a définitivement exclu mardi dix des candidats à la présidentielle de mai, dont les trois principaux postulants, l'ancien vice-président Omar Souleimane et les islamistes Khairat al-Chater et Hazem Abou Ismaïl.

Ces disqualifications bouleversent le paysage politique à cinq semaines du premier tour les 23 et 24 mai.

"La commission a rejeté tous les appels présentés par les dix (candidats) écartés", sur 23 personnes ayant fait acte de candidature, a rapporté l'agence officielle Mena.

La commission avait annoncé samedi avoir écarté les dix hommes en raison d'irrégularités dans leurs dossiers de candidature. Ils avaient 48 heures pour contester cette décision.

Parmi les candidats restant en lice figurent l'ancien chef de la Ligue arabe Amr Moussa, l'ex-membre des Frères musulmans Abdelmoneim Aboul Foutouh et le dernier chef de gouvernement de Hosni Moubarak, Ahmad Chafiq.

Khairat al-Chater, un richissime homme d'affaires choisi par les Frères musulmans pour les représenter, a réagi en appelant les Egyptiens à se tenir prêts "à descendre pour protéger la révolution parce qu'elle s'expose à un grand danger" et à "lutter contre toute opération de fraude ou d'achat de voix qu'ils sont en train de préparer".

S'adressant à des centaines de ses partisans au Caire, il a aussi promis de rester "vigilant face à toute ruse" et juré de "faire tomber les restes du régime de Moubarak".

Les Frères avaient anticipé la décision en présentant un candidat "alternatif", le président de leur formation politique, le Parti de la Liberté et de la Justice (PLJ) Mohammed Morsi. La confrérie islamiste, première force politique du pays, reste donc dans la course.

M. al-Chater, incarcéré jusqu'en mars 2011, a été écarté en raison d'une loi stipulant que toute personne ayant été condamnée à de la prison doit attendre six ans à partir de la fin de sa peine ou de la date de sa grâce avant de pouvoir retrouver ses droits civiques.

Omar Souleimane, ancien chef des services secrets et brièvement vice-président de M. Moubarak dans les derniers jours de sa présidence, a été disqualifié parce qu'il n'a pas réussi à obtenir le nombre minimum de signatures d'électeurs dans l'un des 15 gouvernorats requis par la loi.

Le salafiste Hazem Abou Ismaïl ne peut quant à lui être candidat parce que sa mère a obtenu la nationalité américaine. La loi électorale stipule en effet que tout candidat à la magistrature suprême doit être uniquement égyptien, de même que ses parents et son épouse.

Des centaines de partisans de M. Abou Ismaïl, brandissant des photos de lui, se sont rassemblés mardi soir devant le siège de la commission électorale pour protester contre l'élimination de leur champion, selon un photographe de l'AFP.

Parmi les candidats disqualifiés figure aussi Ayman Nour, qui s'était présenté face à Hosni Moubarak en 2005, pour les mêmes raisons que M. al-Chater.

Le processus de dépôt des candidatures a été émaillé de coups de théâtre comme l'annonce, presque à la dernière minute, de la candidature de M. Souleimane.

Le Parlement a par ailleurs approuvé un amendement visant à interdire aux piliers de l'ère Moubarak de se présenter à des élections pour des postes à haute responsabilité. Le texte doit encore être approuvé par l'armée pour pouvoir entrer en vigueur.

La tourmente provoquée par l'exclusion de près de la moitié des candidats se double d'incertitudes sur la rédaction de la future constitution.

La commission chargée de préparer la future loi fondamentale, formée par le Parlement dominé par les islamistes, vient d'être suspendue par décision de justice.

L'armée, qui a prévu de remettre le pouvoir aux civils fin juin, une fois le président élu, a tenu à affirmer mardi que la présidentielle aurait lieu à la date prévue, pour dissiper les craintes que les incertitudes politiques favoriseraient son maintien au pouvoir. empsreel.nouvelobs

 

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Le salafiste Abou Hazem accuse la commission électorale de 

 

 

Echater 

 

 

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Quelles perspectives d'avenir pour les coptes?

 


 

Depuis une trentaine d'années, la Suissesse Christine Chaillot a développé d'étroites relations avec les milieux coptes en Egypte. Elle dit aujourd'hui son inquiétude face aux discriminations et attaques dont ils sont la cible, dans un livre qui se veut à la fois dossier documentaire et cri d'alarme. Après le récent décès du Patriarche Chénouda III (1923-2012), au mois de mars, et tandis que se prépare sa succession, c'est l'occasion de faire le point sur la situation et l'avenir des coptes. Christine Chaillot répond ensuite aux questions de Religioscope.


 

Durant les récentes décennies, la situation de populations chrétiennes dans plusieurs pays musulmans est devenue plus incertaine ou a connu une sérieuse dégradation. Cette évolution est liée à plusieurs facteurs: l'impact d'idéologies islamistes, l'affirmation d'identités nationales plus étroitement associées à une dimension islamique, la crise de crédibilité de régimes qui ont tenté de se créer une légitimité «islamique», les conséquences de la perception d'un «Occident» auquel les minorités chrétiennes se retrouvent souvent associées dans l'imaginaire de la population, les difficultés économiques... Dans les pays arabes, les bouleversements entraînés par les «printemps arabes» ont donné naissance à des espoirs, mais également à de nouvelles inquiétudes en raison des forces contradictoires qu'ils ont libérées. Certains se demandent si le «printemps arabe» ne risque pas de devenir un «hiver chrétien» (APIC, 14 décembre 2011). En Europe et en Amérique du Nord, de plus en plus nombreuses sont les voix qui s'inquiètent de l'avenir des chrétiens au Proche-Orient.

Ce thème était déjà traité par certains auteurs occidentaux il y une vingtaine d'années, mais avec un moindre impact dans l'opinion publique: il est vrai que l'islam suscite en Occident plus de préoccupations et de critiques aujourd'hui, en raison de différents événements bien connus et de la présence plus visible de minorités musulmanes dans des pays d'héritage culturel chrétien. Le sort des chrétiens dans des pays majoritairement musulmans commence à être plus souvent évoqué dans les médias et dans les sphères politiques.

Il y a une quinzaine d'années, quand nous avions interrogé un intellectuel musulman sur les difficultés rencontrées en Egypte par des coptes, notre interlocuteur nous avait répondu qu'il était préférable de ne pas en parler: la situation était compliquée, nous expliqua-t-il, et une agitation autour de ce thème aurait risqué d'attiser les passions. Christine Chaillot recevait de ses interlocuteurs coptes des réponses semblables: mieux valait éviter un effet boomerang en faisant état de leurs difficultés.

Depuis quelque temps, cependant, le discours est en train de changer: de plus en plus, les coptes souhaitent que soient connues les difficultés qu'ils rencontrent. C'est ce qui a décidé Christine Chaillot à écrire ce livre, Les Coptes d'Egypte: discriminations et persécutions (1970-2011) (L'Œuvre Editions), paru à l'automne 2011. Si de nouveaux faits contribuent en permanence à faire évoluer ce dossier, la documentation qu'il propose représente cependant une base d'information pour nourrir la réflexion et éclairer les développements pour les années qui viennent.

Représentant peut-être 10% de la population (entre 4 et 8 millions d'âmes selon les différentes évaluations), les coptes se trouvent dans une situation paradoxale à plus d'un égard. Ils sont les héritiers directs d'une Egypte millénaire, et ils en sont fiers; ils ont préservé leur identité après l'arrivée de l'islam. Leur Eglise est très vivante, tant en Egypte que dans la diaspora; en outre, cette Eglise a connu un renouveau spirituel remarqué depuis le milieu du XXème siècle, ce dont témoigne notamment le nombre important de moines ayant atteint un niveau de formation élevé (outre les coptes orthodoxes, il existe des groupes plus petits de coptes catholiques et de coptes protestants). Si les coptes sont répartis dans toutes les classes sociales, jusqu'aux pauvres chiffonniers du Caire, ils sont bien présents aussi dans les élites du pays: rappelons que Boutros Boutros-Ghali (né en 1922), secrétaire général de l'ONU de 1992 à 1996, est un copte. Cependant, la présence des coptes dans les emplois officiels ou publics est bien inférieure à leur représentation dans la population.

Lors des événements du «printemps arabe», on a vu des coptes et des musulmans manifester ensemble. De même, après l'attentat meurtrier du 1er janvier 2011 contre une église d'Alexandrie, des musulmans sont venus protéger des églises coptes. 

Pourtant, depuis les années 1970, les attaques et persécutions contre les coptes se sont multipliées, liées à cette époque à l'essor de mouvements islamistes militants, même si des cas avaient déjà été recensés au cours des décennies précédentes. Le chapitre III du livre de Christine Chaillot offre une liste de nombreux cas de violences anti-coptes, relevant en outre que ceux-ci sont en augmentation depuis 2009. Face aux gestes de sympathie et d'unité nationale envers les chrétiens, des discours hostiles se répandent, pas seulement en Egypte, laissant entendre qu'il n'y a pas de place pour les chrétiens dans les pays arabo-musulmans; l'on recense des cas de violences survenant après un prêche anti-copte d'un imam dans une mosquée du lieu. Il ne s'agit pas simplement d'initiatives isolées de têtes brûlées: ainsi, le 30 septembre 2011, dans un village de Haute-Egypte, les imams de plusieurs mosquées de la région appelèrent leurs fidèles à détruite une église ainsi qu'à démolir et piller les demeures de coptes (Compass Direct, 30 septembre 2011).

Au cours des dernières décennies, des communautés coptes ont en effet subi nombre d'actes de violence, touchant tant des lieux de culte que des personnes (par exemple des attaques à la sortie d'un service religieux). Parfois, il est possible que les raisons de ces actes aient été de nature personnelle (disputes, vengeances...) et non religieuse. Mais les autorités égyptiennes tendent systématiquement à voir dans ces actes des crimes individuels, en ignorant la plupart du temps leur dimension religieuse. C'est un moyen de refuser d'admettre l'existence de tensions entre communautés, mais aussi d'éviter de s'en prendre à un type de discours extrémiste répandu dans certains milieux musulmans. Les interventions souvent tardives des forces de sécurité laissent parfois soupçonner une certaine tolérance sociale pour les sentiments anti-chrétiens.

Certes, dans la plus grande partie de l'Egypte, les coptes exercent librement leur culte jusqu'à maintenant. Cependant, depuis longtemps, la construction d'églises coptes se heurte à de nombreux obstacles, voire à des réactions violentes. Les procédures d'autorisation sont longues, une distance doit être respectée par rapport aux mosquées - alors que la construction de mosquées ne rencontre aucune difficulté. La visibilité du christianisme dans l'espace public dérange certains milieux.

Les tensions des dernières décennies, conjuguées avec la multiplication de signes d'islamité dans la société égyptienne, contribue à modifier les rapports entre communautés, chaque groupe tendant à se replier sur la sienne. Le «moindre malentendu entre coptes et musulmans» peut désormais rapidement générer en actes de violence, observe Christine Chaillot (p. 247).

Rien d'étonnant si le mouvement d'émigration s'intensifie parmi les coptes, et pas seulement pour des raisons économiques, même si celles-ci ont sans doute leur part: en octobre 2011, une ONG copte affirmait que 100.000 chrétiens auraient quitté le pays depuis le mois de mars de la même année (Le Temps, 14 octobre 2011) - chiffre invérifiable, mais qui correspond bien à une réalité. Face aux incertitudes qui pèsent sur l'avenir, de plus en plus de coptes envisagent l'émigration. La diaspora copte est aujourd'hui importante: le chapitre V du livre de Christine Chaillot la mentionne, s'intéressant en particulier aux mouvements activistes pour les droits des coptes se développant dans cette diaspora, souvent sur un ton beaucoup plus virulent que celui de l'Eglise - même si celle-ci encourage de plus en plus ses fidèles à faire entendre leur voix. Il est vrai que toute critique venant de l'étranger est perçue négativement dans bien des cercles en Egypte, voire interprétée en termes de complot.

Personne ne peut dire avec certitude quelle orientation prédominera en Egypte à la faveur de la nouvelle donne politique: ce n'est pas, en effet, la référence de groupes politiques à l'islam qui nous permet à elle seule de déterminer quelle sera leur attitude envers ces chrétiens, certes minoritaires, mais qui n'ont rien d'un corps étranger dans ce pays, puisque continuateurs d'une tradition ininterrompue antérieure à l'arrivée de l'islam.

Depuis 1971, la Constitution égyptienne fait de l'islam la religion d'Etat, et des «principes de la loi islamique» «une source» de la législation et, depuis 1981, à l'initiative du président Sadate, «la source principale» de la législation. Avant le vote sur la réforme de la Constitution, en mars 2011, le patriarche Chenouda avait proposé sans succès la modification de cet article, suscitant un net refus du cheikh de l'Université Al-Azhar, qui considérait une telle modification comme portant atteinte à l'identité égyptienne. Il va sans dire que la présence d'un tel article dans la Constitution, assurément soutenu par la majorité de la population égyptienne, soulève un grave problème quant au statut et à l'identité des coptes. «Les coptes se sentent de plus en plus des citoyens de seconde zone dans leur propre pays», souligne Christine Chaillot (p. 148).

Il reste à voir si le système politique issu des bouleversements de l'année 2011 pourrait être l'occasion de nouvelles orientations en matière d'identité nationale et de citoyenneté — mais de puissants courants de fond traversent la société en sens opposé.

 



Entretien avec Christine Chaillot

Religioscope - La rédaction de votre livre a été bouclé au début de l'été 2011: neuf mois après, ce que vous y écriviez se confirme-t-il, ou avez-vous observé des développements ouvrant de nouvelles perspectives?

Christine Chaillot 

Christine Chaillot - Dans mon livre, j'ai souligné l'importance que les Frères musulmans allaient prendre au niveau politique. C'est ce qui s'est passé. En effet, les Frères musulmans ont largement gagné les élections parlementaires en obtenant 36% de sièges au Parlement. La surprise pour tous fut l'apparition politique et la victoire (inattendue) des salafistes (25%), dont le programme est purement islamiste, et dont le but est d'appliquer la loi islamique (charia). Leurs membres continuent de menacer les chrétiens (même au quotidien). Par exemple, récemment, des islamistes ont chassé des chrétiens de leur propre village dans le Delta. Un salafiste a dit à un prêtre copte catholique qui vient d'ouvrir à Alexandrie un centre pour handicapés chrétiens et musulmans (comme cela est la coutume en Egypte) que son centre serait rasé et qu'on construirait une mosquée sur son terrain non encore bâti. Les salafistes n'étaient pas présents aux funérailles quasi nationales du patriarche Chenouda. Tout cela n'est pas très encourageant.

Religioscope - Parmi vos interlocuteurs coptes, à côté des inquiétudes qu'évoque votre livre, recueillez-vous aussi des commentaires optimistes par rapport aux changements qu'ont entraînés dans la société égyptienne les événements du début de l'année 2011?

Christine Chaillot - Il est vrai que le gouvernement de transition a fait des efforts, par exemple en reconstruisant quelques églises détruites par des islamistes, aux frais du gouvernement. Le 8 mai 2011, le ministre de la Justice fit savoir que les lois criminalisant les attaques contre les lieux et la liberté de culte ,( et prévoyant jusqu'à la peine de mort,) seraient appliquées immédiatement. Toujours le 8 mai, afin d'apaiser les manifestations des coptes contre les récentes attaques violentes à leur encontre, le Premier ministre Essam Charaf annonça quant à lui qu'on allait créer une loi unifiée pour la construction de lieux de culte dans les trente jours. Les ministres décidèrent alors également de rouvrir toutes les églises qui avaient été fermées en raison de problèmes de permis de construire. Le Premier ministre discuta également avec les autres ministres des résultats d'une enquête qui avait été lancée dans la récente vague de violence contre les chrétiens. Mais tout cela sans résultats concrets à ce jour. Et les attaques contre les coptes ont augmenté après la révolution.

Quant au grand imam d'Al-Azhar, il proposa le lancement d'un projet interreligieux positif: la formation d'un conseil appelé « The Home of the Egyptian Family » pour inclure tous les groupes chrétiens et musulmans, un projet bien accueilli par le patriarche Chénouda. Les premières sessions se tinrent en mars 2011 pour la rédaction du texte basé sur deux points principaux : la promotion des valeurs communes à l'islam et au christianisme telles que la vérité et la justice. Mais, le 20 juin 2011, le grand imam confirma son attachement à l'article 2 de la Constitution actuelle, qui fait de la charia la source principale de la législation depuis 1970.

Religioscope - Sur le plan politique, la voix des coptes réussit-elle mieux à se faire entendre dans l'Égypte post-révolutionnaire?

Christine Chaillot -La voix des coptes s'est fait entendre surtout par le biais de leurs manifestations. Mais ces manifestants n'ont pas d'impact réel sur la vie politique actuelle à proprement parler. Selon ce que m'a dit Jean Maher, secrétaire général de l'Union des organisations coptes européennes pour les droits de l'homme, les coptes ne sont (toujours) pas bien représentés ni au Parlement, ni au Sénat, ni dans la Commission pour la révision de la Constitution. Et l'exode vers l'étranger s'est accentué. Selon lui, la situation des coptes après la révolution a empiré. La voix des coptes au niveau politique reste faible. Il est difficile pour les coptes de s'impliquer politiquement après avoir été écartés et avoir été si peu acteurs depuis soixante ans. Alors que les Frères musulmans se préparaient à agir depuis 1928: après avoir surmonté de nombreuses difficultés, ils ont enfin le pouvoir préparé progressivement mais sûrement.

Les coptes se font encore davantage de souci après le décès du pape Chénouda, dont la voix les représentait auprès des plus hautes autorités égyptiennes.

Actuellement, de nombreux coptes craignent que la nouvelle Constitution marginalise les minorités, y compris les chrétiens. En effet, le comité qui revoit et prépare cette Constitution est dominé par des islamistes qui incluent des membres du parti des Frères musulmans (Liberté et Justice) et celui des salafistes (Al Nour/La Lumière) qui lui, comme on l'a dit, réclame directement que l'Etat égyptien soit dirigé par la loi islamique (charia). En fait, l'Eglise copte et d'autres groupes se sont retirés pour protester contre cette domination islamique, et une cour de justice a fait stopper le travail de la Commission.

Comment, dans ces conditions, espérer qu'à l'avenir les coptes soient reconnus comme des citoyens égyptien ayant des droits égaux? C'est d'ailleurs sur ce concept de citoyenneté égale que tout pourrait se résoudre, comme s'efforce de le dire depuis des années le copte Samir Morcos; après les élections de novembre 2011, ce dernier a été nommé député du gouverneur du Caire, ce qui donne un certain espoir. Quant au copte Mounir abd el Nour, il fut nommé ministre du tourisme par le gouvernement de transition : une fois de plus (comme cela s'est fait pendant des décennies), on a donné à un chrétien un poste sans véritable action politique possible.

Religioscope - Si votre livre relève à juste titre des incidents graves qui ont affecté la population copte, ne croyez-vous pas avoir tracé un portrait qui présente une réalité plus dramatique que celle que vivent la majorité des coptes au quotidien, dans l'Egypte de cette année 2012?

Christine Chaillot - Les attaques violentes avec morts et blessés ne sont heureusement pas quotidiennes. Quant aux discriminations, elles sont quotidiennes. La grande majorité des coptes se plaint de souffrir de nombreux harcèlements et vexations routiniers, de marginalisations flagrantes ainsi que de discriminations systématiques: pour trouver un logement et aussi un travail, sur leurs lieux de travail, pour leurs promotions professionnelles (y compris exclusions des postes clés), pour éduquer leurs enfants de manière chrétienne, etc. On observe des cas de kidnappings, de mariages et conversions forcées de jeunes filles.

Il faut aussi tenir en compte les sentiments de frustration, d'injustice et de blasphème que subissent les coptes. Par exemple, dans la rue ou ailleurs il est très pénible pour les chrétiens coptes très croyants d'entendre leur foi bafouée en se faisant traiter de mécréants; il arrive qu'on leur crache dessus. D'autre part, il semble clair que certains musulmans très radicaux souhaitent la disparition des coptes, qu'ils se convertissent, ou qu'ils quittent le pays. En fait, aujourd'hui, c'est la peur qui domine dans les familles coptes qui ne voient pas quel avenir leurs enfants peuvent avoir en Egypte.

Ce qui suscite la peur, c'est qu'on ne sait jamais où et quand des problèmes et des violences peuvent surgir. Il suffit qu'une seule personne mette le feu aux poudres. Et les médias, télévision, chaînes satellitaires Internet chauffent les esprits en continuant d'émettre des discours contre les chrétiens. Les coptes sont mis en danger à cause des pressions d'une islamisation grandissante en Égypte où on leur laisse de moins en moins d'espace.

Religioscope - Il y a quelques années, Religioscope avait publié une analyse sur les problèmes de représentation du christianisme et des coptes dans les manuels scolaires égyptiens. Dans ce domaine ou dans d'autres, note-t-on aussi des évolutions positives, ou rien n'a-t-il changé?

Christine Chaillot - Vous faites allusion à l'enquête de Wolfram Reiss sur la représentation du christianisme dans les manuels scolaires égyptiens, manuels dans lesquels on passe presque sous silence l'histoire et la culture de la communauté copte. On y décrit un peu l'Église copte orthodoxe, mais seulement jusqu'à la conquête arabe en 640. Reiss disait alors, il y a dix ans: « Nous devons tout faire pour prévenir le choc des civilisations prédit par Samuel Huntington.» Ainsi, selon M. Sayed, «les programmes scolaires aussi sont une illustration de la discrimination». En 2010, le ministre de la Famille et de la Population, M. Mouchira Khattab, admit l'existence du problème, et proposa «des modifications des programmes scolaires d'histoire et de langue arabe, afin de renforcer le concept de citoyenneté».

Plus grave est l'islamisation qui a lieu dans les écoles à cause du curriculum obligatoire, comme l'explique Adel Guindy, un écrivain activiste copte résidant à Paris, dans son article intitulé «Talibanisation de l'éducation en Égype»; selon Guindy, ce curriculum islamisé, orienté et endoctrineur et approuvé par le gouvernement, peut générer intolérance et même extrémisme vis-à-vis des non-musulmans. L'islam y est présenté comme la seule et unique religion digne de ce nom et la seule source de morale.

Le 25 avril 2010, l'ex-ministre de l'éducation, Ahmed Zaki Badr, annonça que certains enseignements religieux islamiques, qui dans certaines écoles avaient inspiré l'extrémisme, seraient modifiés au cours de l'année scolaire 2010-2011 ; le nouveau curriculum allait mettre l'accent sur la « morale ». Selon Adel Guiny, rien n'a changé à ce jour.

Religioscope - Des milieux favorables à un système politique séculier en Egypte expriment des attentes semblables à celles des coptes. Mais ces attentes rencontrent-elles aussi un écho dans certains secteurs de l'islam égyptien, selon vos interlocuteurs coptes?

Christine Chaillot - Ceux qui souhaitent un système politique séculier en Egypte l'ont fait savoir en particulier lors de la création de nouveaux partis politiques avant les élections législatives de 2011, partis favorables à un Etat égyptien civil basé sur une citoyenneté égale pour tous. Ces partis regroupent des musulmans libéraux, démocrates et d'autres Egyptiens non musulmans dont les coptes, tel le Parti égyptien démocrate (Egyptian Democratic Party) ou le Parti Égyptiens libres (Al-Masryen al-Ahrar) cofondé par l'homme d'affaire copte Naguib Sawirès; ces partis ont remporté un certain succès aux dernières élections. Par contre, le parti Wafd qui promouvait l'unité nationale, l'égalité et la laïcité depuis les années 1920 et joua un rôle important en particulier jusque dans les années 1940, a perdu de son pouvoir lors des dernières élections. 

Des initiatives pour un système politique séculier sont prises. Par exemple, selon ce que m'a dit Sobhy Gress (secrétaire général de l'association Solidarité copte Europe ayant pour président Adel Guindy), en mars 2012, l'association Solidarité copte, qui est représentée aussi aux Etats-Unis, en Australie et en Egypte, a constitué un groupe « Égyptiens pour l'Etat civil », dont la majorité est formée de musulmans et de femmes, Cette association a lancé une pétition, qui remporte un certain succès dans le milieu des musulmans modérés, avec 150 signatures de personnalités. Un site Internet est en formation pour qu'on recueille encore davantage de signatures.

Solidarité copte au niveau international travaille de manière générale avec un certain nombre d'Égyptiens musulmans libéraux et pratiquants, pour un système politique «séculier», civil et démocratique basé sur le droit civil et pas religieux, sur la pleine citoyenneté ainsi que sur l'égalité pour et entre tous les citoyens en Egypte.

Mais, comme l'a dit Youssef Sidhom (le rédacteur en chef de l'hebdomadaire copteWatani publié au Caire), de nos jours, tout est religieux: les livres à l'école, les médias et aussi la politique. Et après les élections parlementaires de 2011, c'est vraiment ce courant religieux islamiste qui domine.

Reste à poser cette question fondamentale et à y répondre : peut-on vraiment désamorcer les tensions religieuses actuelles et comment? D'autre part, c'est le rôle et la responsabilité de l'État, et donc du gouvernement actuel, de faire cesser toute violence et d'appliquer les droits fondamentaux égaux pour tous ses citoyens, via des lois à faire respecter. Avant tout, il faudrait pouvoir changer ces mentalités de haine q«ui provoquent violences et discriminations en tous genres. Et, ce qui peut paraître paradoxal, depuis la Révolution de 2011, on constate que les violences faites aux coptes n'ont pas diminué, au contraire.

Pour le moment, les coptes sentent que tous leurs droits ne sont pas respectés. C'est au prix de la sécurité qu'on peut convaincre les chrétiens de ne pas quitter le pays de leurs ancêtres. En général, et en priorité, il faut donc promouvoir une culture de tolérance et d'égalité. Il faut analyser en profondeur les diverses raisons qui provoquent les luttes religieuses et trouver des solutions concrètes. Dans tous les cas, il faut dénoncer la culture de la haine. Mais changer certaines mentalités, cela paraît très compliqué. 
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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 06:15

Arrivée en Syrie des premiers observateurs de l'ONU, le bombardement de Homs se poursuit

 

Des militants syriens rapportaient lundi de nouveaux bombardements sur la ville de Homs, dans le centre de la Syrie, au lendemain de l'arrivée des premiers observateurs de l'ONU chargés de vérifier le fragile cessez-le-feu. Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a prévenu lundi qu'il incombait au régime de Damas de garantir leur liberté de mouvement.

Si les violences en Syrie ont baissé de façon significative depuis l'entrée en vigueur de la trêve jeudi matin, les troupes syriennes bombardent depuis quatre jours Homs, épicentre de la contestation dans le centre du pays, laissant douter de la volonté du président Bachar el-Assad de tenir ses engagements.

Le régime alaouite est censé avoir accepté de mettre en oeuvre le plan de Kofi Annan, l'émissaire de la Ligue arabe et de l'ONU, pour mettre fin aux violences, après 13 mois de répression sanglante du mouvement de contestation dans le pays.

Après le vote samedi d'une résolution du Conseil de sécurité permettant le déploiement d'une première vague d'observateurs de l'ONU en Syrie, une avant-garde de six membres est arrivée dimanche soir à Damas. "Il relève de la responsabilité du gouvernement syrien de garantir la liberté d'accès, et de mouvement" des observateurs dans le pays, a déclaré lundi Ban Ki-moon depuis Bruxelles. Il a appelé Bachar el-Assad à s'assurer que les observateurs ne rencontrent pas d'entraves dans leur travail.

"Ils doivent être autorisés à se déplacer librement sur tous les lieux où ils pourront constater l'arrêt de la violence", a ajouté le secrétaire général de l'ONU, soulignant que le cessez-le-feu était "très fragile". Mais il est essentiel de le maintenir afin qu'un "dialogue politique large se poursuive", car les forces de l'opposition "doivent également coopérer".

L'équipe arrivée dimanche est dirigée par le colonel marocain Ahmed Himmiche, a précisé le porte-parole de Kofi Annan, Ahmad Fawzi. Les observateurs ont été reçus par des responsables du ministère syrien des Affaires étrangères. Vingt-cinq autres observateurs devraient arriver dans les prochains jours.

La mission "va commencer par l'installation de son quartier général, puis entrer en contact avec le gouvernement syrien et les forces de l'opposition pour que les deux camps comprennent pleinement le rôle des observateurs de l'ONU", a expliqué M. Fawzi dans un communiqué diffusé lundi matin, depuis Genève.

"Nous commencerons notre mission dès que possible, et nous espérons qu'elle sera un succès", a déclaré Ahmed Himmiche à l'Associated Press alors qu'il quittait un hôtel de Damas avec son équipe lundi matin.

Déjà, l'ambassadrice des Etats-Unis Susan Rice auprès du Conseil de sécurité s'est dite inquiète de la persistance des violences en Syrie. Cela contredit les engagements du gouvernement syrien, a-t-elle rappelé, et sa poursuite "remettrait en question la sagesse et la viabilité de l'envoi" de toute la mission d'observation.

Deux mouvements d'activistes syriens, les Comités locaux de coordination et l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, confirmaient lundi d'intenses bombardements sur Homs, faisant état de quatre morts dans la ville et celle voisine de Qusair. Ils ont également rapporté qu'au moins six personnes avaient été tuées dans des tirs à Hama dans le centre du pays et quatre à Idlib dans le nord.

Le bombardement de Homs a repris tôt lundi, pour la troisième journée consécutive. "Les forces gouvernementales, qui tentent de prendre le contrôle de quartiers de Homs, bombardent les quartiers de Khaldiyeh et Bayada avec des tirs de mortiers", a souligné l'observatoire. tempsreel.nouvelobs

 

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 En Syrie, la guerre civile a commencé il y a 42 ans avec la dynastie Assad

A la veille de la « Vague blanche », mardi à 19 heures, lancée par la FIDH pour dire « stop » aux massacres en Syrie, l’écrivain et ancien prisonnier politique syrien Mustapha Khalifé dresse un réquisitoire contre le régime de Damas, et ceux qui agitent le spectre de la guerre civile pour éviter d’agir.

Rien de décisif ne pointe à l’horizon treize mois après l’embrasement en Syrie. On est encore dans le brouillard d’un équilibre qu’aucune force ne semble pouvoir éclaircir.

Le régime de Bachar El-Assad a montré un appétit inhumain pour la tuerie tandis qu’en face, la détermination et le courage restent extraordinaires. Une vidéo nous a montré comment les révolutionnaires préparent les cercueils de ceux qui vont tomber le lendemain ! Les images faisaient penser à un magasin où l’on prépare les paquets cadeaux pour la Saint-Valentin ou la Fête des mères.

La vue de ces manifestants qui continuent de descendre dans la rue tous les jours en sachant que plusieurs d’entre eux seront des martyrs et ces forces d’Assad qui ne les déçoivent jamais relève du théâtre de l’absurde.

Dans le même temps, on dirait que chaque partie trompe le temps en faisant ses comptes. Certains insurgés passent leur journée à compter les bombes qui tombent sur tel ou tel quartier ou le nombre de morts, mais pas les blessés – ils n’ont pas autant de temps à perdre. Quelle importance en effet qu’un enfant ou un jeune homme perde une main ou un pied quand la mort est quotidienne et ordinaire ?

Quant au premier responsable de l’Etat syrien, son Président Bachar El-Assad, pour tromper l’ennui, il compte les jolies jeunes femmes qu’il va appeler à rejoindre son harem de consultantes. Pendant que son épouse britannique énumère les magasins européens de luxe où elle pourra acheter ses chaussures et ses habits…

Et tandis que l’opposition syrienne traditionnelle affiche ses désaccords sur le nombre d’interventions extérieures qu’elle peut assurer pour la protection des civils syriens, les membres permanents du Conseil de sécurité capables de protéger le peuple syrien, rivalisent pour rassurer le régime syrien en déclarant qu’une intervention étrangère en Syrie est hors de question, sachant que c’est le seul moyen de faire peur et d’influer sur le comportement d’Assad.

Complicité avec les massacreurs

Ces assurances sont-elles innocentes ? Beaucoup de Syriens les prennent pour signes de complicité et d’acceptation des massacres commis contre le peuple syrien.

Madame Clinton avait fixé dès le départ le nombre de Syriens que Bachar est autorisé à tuer par jour sans gêner ou courroucer Washington. C’est pourquoi elle compte elle aussi le nombre de morts et on peut voir son sourire radieux quand le chiffre fixé n’est pas dépassé mais quand il l’est, elle bloque les fonds que le régime ne détient pas aux Etats-Unis.

Quant au Tsar Poutine, il se réunit avec les piliers de son régime formé des anciens du KGB et des chefs de la mafia russe qui considèrent le régime de Bachar El-Assad comme une ligne rouge ! Car les trafics de drogue, d’armes et de prostituées ainsi que le blanchiment d’argent sale sont bien plus importants que les échanges commerciaux officiels entre la Russie et la Syrie.

Il a ainsi donné des instructions à Lavrov, son ministre des Affaires étrangères, d’estimer le nombre de vetos russes possibles pour la contribution au massacre du peuple syrien. Lavrov s’est alors rendu à Damas avec son chef des renseignements pour dépasser les chiffres autorisés par madame Clinton en disant à Assad de multiplier par deux ou trois le nombre de morts par jour sans risque.

Les Chinois comme d’habitude font de la politique avec une mentalité d’épicier ou d’usurier. Ils se contentent actuellement de compter leurs bénéfices en dollars pour chaque mort syrien et comptent les initiatives qu’ils peuvent présenter et que personne ne lira.

William Hague a annoncé une aide au peuple syrien qui sied à la grandeur britannique : 1,5 million de dollars ! ! ! Il s’est retrouvé très fatigué après la journée qu’il a passé à compter cette somme.

Mais le plus étonnant parmi les positions des grandes puissances, c’est la découverte par Monsieur Alain Juppé que les minorités en Syrie étaient en grand danger, rejoignant ainsi l’argument que le régime syrien ne cesse de répéter !

Après quatorze siècles de vie commune entre les différentes composantes du peuple syrien, M. Juppé cherche le moyen de protéger les minorités ! On peut craindre qu’il n’adhère à l’idée d’Assad que le meilleur moyen de le faire est d’exterminer la majorité !

Les choses étant ainsi, où va la Syrie ? Et quelle pourrait être l’issue de la confrontation entre le régime et ses opposants ?

Il faut souligner tout d’abord que toute solution politique impliquant le régime est devenue impossible pour deux raisons.

  • D’abord parce que le régime lui-même la rejette en proclamant : moi ou le chaos.
  • La deuxième raison c’est que l’opposition sur le terrain ou politique rejette totalement une solution politique avec le régime après les massacres et la destruction commis.

Hors d’une solution politique, une issue décisive devant intervenir dans la confrontation plus ou moins longue entre les deux parties, plusieurs possibilités peuvent être envisagées mais peuvent se résumer à deux principales :

  • La première serait la réussite de la solution militaire avec la victoire des Assad qui soumettrait les opposants par le fer et le feu. Cette issue est majoritairement perçue comme la plus catastrophique pour la Syrie et son peuple.
  • Deuxième possibilité : que l’opposition réussisse à réaliser son objectif de faire tomber le régime avec tous ses symboles, ses forces et ses institutions. Mais nul n’a encore su présenter une alternative. Alors que les mouvements d’opposition, dont la principale composante islamique, proposent un Etat civil et démocratique, certains analystes et politiques, étrangers notamment, mettent en garde contre le chaos, la division du pays ou la guerre civile. Cette dernière possibilité mérite d’être discutée pour la dramatisation dont elle fait l’objet et ses ambiguïtés qui sont loin d’être innocentes.

Vers la guerre civile ?

Les craintes de certains pays de voir la Syrie glisser vers la guerre civile sont-elles sérieuses ou, comme le considèrent beaucoup de Syriens, ne sont-elles pas prétexte à complicité avec Assad ? Au mieux, elles serviraient à couvrir l’impuissance à apporter l’aide au peuple syrien qui subit un quasi génocide.

Pour examiner les détails de la situation syrienne, il faut d’abord revenir sur le concept de guerre civile en général puis tenter de voir comment il s’applique à la réalité de la Syrie sous le régime des Assad.

Une guerre civile est une confrontation armée entre deux composantes ou plus d’une société. Elle résulte d’un conflit d’intérêt entre ces parties pour des raisons tribales, communautaires, ethniques ou sociales. Chaque partie tente de s’imposer soit pour se séparer de l’autre si son objectif est de se libérer de l’injustice et d’obtenir l’égalité des droits entre tous, soit de vaincre en parvenant à dominer l’autre partie et monopoliser le pouvoir ainsi que toute la richesse de la société.

Revenons en arrière pour approfondir la réalité syrienne. En fait, la guerre civile a commencé depuis le jour où Hafez El-Assad s’est emparé du pouvoir dans le pays (en 1970).

Le coup d’Etat militaire qu’il a fait contre ses partenaires sans livrer de bataille ou de conflit armé contre une partie de la société, lui a permis en un instant de mettre la main sur toutes les forces notamment militaires du pays. Tout en cherchant à assoir sa dictature autocratique, il a mené le combat au nom de sa communauté et grâce à l’élite politique et militaire de celle-ci.

Par souci de vérité historique, il faut souligner, que la majorité de la communauté alaouite n’a pas approuvé Hafez El-Assad et a même manifesté contre son coup d’Etat, contrairement aux sunnites qui l’ont bien accueilli. Les commerçants de Damas avaient même écrit sur une grande banderole :

« Nous avons demandé l’aide de Dieu et il nous a envoyé Hafez El-Assad. »

L’opposition des Alaouites et le soutien des sunnites à Assad père sont très significatifs de la maturité de la société syrienne au moment où Hafez a pris le pouvoir puisque la question communautaire ne se posait pas.

Assad père a réussi à absorber toute la contestation, tantôt par la force, tantôt par la corruption. Il s’est mis à cultiver le réflexe communautaire parmi les Alaouites qui se sont très vite ralliés à son pouvoir compte tenu des bénéfices qu’ils allaient en tirer pour leurs enfants et sous l’influence de ses élites politiques et militaires transformées en bande de corrompus.

On peut dire en somme que la guerre civile qui a commencé en Syrie quand Assad a concentré tous les pouvoirs entre ses mains et rallié la communauté alaouite qui s’est en réalité mise au service de son régime et non l’inverse, s’est traduite sur le terrain par une monopolisation du pouvoir, unique au monde. Toutes les autres composantes de la société ont été réduites en esclavage après cette victoire et la richesse a progressivement changé de main en Syrie.

Entre 100 et 150 000 victimes sous la dynastie Assad

Comme toute guerre civile, celle-ci a fait des victimes : entre 100 et 150 000 selon les rapports des organisations des droits de l’Homme. La ville de Hama a été détruite (en 1982), des dizaines de massacres communautaires se sont produits, des milliers de sunnites ont été exécutés et des centaines de milliers de Syriens ont quitté le pays, de gré ou de force.

La guerre civile n’est donc pas une éventualité probable en Syrie comme le prétendent certains aujourd’hui. Elle se poursuit en fait depuis 42 ans.

Ceux qui craignent son déclenchement en cas de chute du régime Assad se font des illusions ou cherchent des prétextes.

Au contraire, quand on perçoit le degré de conscience nationale chez les révolutionnaires syriens sur le terrain, le seul espoir de mettre fin à la guerre civile en Syrie réside dans la victoire de la révolution et la chute du régime.

Il en coûtera peut-être quelques incidents et confrontations à caractère communautaire, mais la fin de ce régime est la clé pour entamer un processus de construction d’un Etat de tous les citoyens, un Etat de droit où tous les Syriens sont égaux en droits et en devoirs.

Traduit de l'Arabe par Hala Kodmani; rue89

 

______________________________________________________L'autre point de vue

« Si l’armée quitte notre village, nous risquons d’être égorgés »

 

Témoignage

par Silvia Cattori

Nous avons demandé à un Syrien originaire de Homs (*) qui réside aujourd’hui dans un village de la province de Homs, de nous expliquer pourquoi l’armée de Bachar el-Assad bombarderait et réprimerait violemment son propre peuple, comme le répètent sans cesse les médias internationaux.

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Silvia Cattori : Les images diffusées par les chaînes télévisées et les commentaires des journalistes sont, comme vous devez le savoir, immanquablement en faveur des rebelles. Des images très impressionnantes d’immeubles en feu, des panaches de fumée noire, des maisons qui s’écroulent nous sont montrées. Homs est présentée comme « ville martyr et symbole de la révolution syrienne » [1]. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi l’armée syrienne bombarde – si l’on en croit nos médias - aveuglément des lieux habités ?

Réponse : Madame, pardonnez-moi ; l’armée syrienne ne bombarde pas à l’aveugle ; elle ne bombarde pas des maisons qui sont habitées. On ne sait jamais si les images diffusées par al-Jaziira, al-Arabya ou vos chaînes télévisées, sont véridiques ou sont des images montées. Si elles correspondent vraiment avec ce qui s’est passé tel jour à tel endroit. Sachez que, quand on voit des panaches de fumée noire, ce sont des pneus de voitures que font brûler les mercenaires.

L’armée bombarde les lieux où elle a localisé des mercenaires. Il est difficile pour l’armée de les approcher et de les arrêter autrement. Les mercenaires utilisent des armes très sophistiquées, munies de viseurs, qui touchent le cœur de la cible. A Zabadani, les mercenaires ont tué plus de 150 soldats avec ces armes-là.

L’armée bombarde actuellement un endroit précis du quartier el-Hamidiyyé, [cet entretien a été réalisé le 11 avril, à la veille du cessez-le -feu] à majorité chrétienne, qui est pratiquement vide de ses habitants. Vous savez qu’il n’y a pas à Homs de quartier à 100 % chrétien, alaouite, ou sunnite.Tout le quartier el-Hamidiyyé est entre les mains des mercenaires. Les maisons ont été détruites à 80 % par les mercenaires. Ils ont détruit, dans ce même quartier, la maison d’une de mes nièces qui avait fui et tout ce qu’elle possédait. Ils ont mis le feu à tout l’immeuble. Voilà dans quelles circonstances l’armée bombarde en Syrie.

Depuis décembre les mercenaires ont peu à peu pris le contrôle de toute la zone d’el-Hamidiyyé, Bustan el-Diwan et d’el-Arzoun. L’armée n’a pas pu entrer dans cette zone jusqu’à présent. Les mercenaires circulent à l’intérieur des maisons vides et presque toutes détruites. Ils campent en ce moment dans le soubassement de deux églises. Dans l’église grecque catholique, déjà en partie brûlée par les mercenaires ; et dans l’église syriaque. L’une est fameuse pour sa très ancienne peinture de la Sainte vierge. Ce n’est pas la seule église qu’ils ont ruinée. Ils ont également détruit une église très ancienne à l’est de Homs, Mar Elias [saint Elias, un martyr de Homs]. C’est une situation très pénible pour les habitants.

Silvia Cattori : L’armée ne peut-elle pas les déloger ?

Réponse : L’armée a fait savoir aux patriarches syriaque et grec catholique que, pour déloger les mercenaires, elle est obligée de mener des opérations à cet endroit. Elle est en train de les déloger aussi du quartier de Bab Sebaa. Il n’y aurait là que quelques dizaines de mercenaires, au plus une centaine. Ils détruisent les maisons. Ils font des trous dans les murs pour passer de maison en maison sans être repérés par l’armée. La population a peur, veut qu’on en finisse avec ces gangs. Mais cela prend beaucoup de temps car l’armée doit éviter de détruire et de faire des victimes. Si l’armée veut entrer dans un quartier où elle a localisé des mercenaires pour libérer les gens qu’ils tiennent en otages, elle commence par leur faire savoir qu’elle veut rendre ce quartier à la population, et que les mercenaires qui veulent sortir auront la vie sauve. Les soldats attendent un jour, trois jours. Voilà pourquoi et comment l’armée finit par bombarder. Elle n’agit pas contre les gens qui vivent paisiblement. Avant chaque opération militaire les soldats avertissent les mercenaires. Ils ne sont pas tués s’ils sortent. Dans notre précédent entretien [2] je vous avais dit comment cela s’était passé avec ce jeune homme dont le père et deux frères ont été égorgés par les mercenaires. Il s’est livré à l’armée ; deux jours après il a été libéré. Il avait porté les armes mais n’avait pas tué. 327 hommes qui ont rendu les armes ont été libérés récemment.

Si l’armée tuait, simplement pour tuer ou réprimer, pourquoi les soldats seraient-ils les bienvenus dans les villages ? Les soldats sont entrés dans un village à majorité sunnite qui se trouve à quelques kilomètres du nôtre ; des gens que nous connaissons nous ont dit que tout le monde entretient de très bonnes relations avec les soldats ; et que, dès leur arrivée au village, les hommes, les femmes, les vieux, beaucoup de jeunes gens leur ont ouvert leur porte. L’armée vient dans nos villages, elle les entoure pour nous sauvegarder ; aucun soldat n’est jamais venu dans notre village tuer les habitants. Tout le monde a de très bonnes relations avec les soldats. Ils viennent chez nous pour nous protéger de ces gangs qui viennent la nuit pour tuer. Nous n’avons pas d’armes. Quand les mercenaires viennent dans nos villages taper aux portes la nuit pour demander aux gens la clé de leurs voitures, ceux-ci sont obligés de la donner. Des gens que nous connaissons dans un village à majorité musulman, à 12 kilomètres de chez nous, nous ont raconté qu’une cinquantaine de mercenaires armés ont pu faire taire et tenir sous leur contrôle ses 5’000 habitants.

Silvia Cattori : Néanmoins, les ONG, l’ONU, les médias traditionnels continuent à présenter votre armée, le gouvernement el-Assad, comme des assassins ; et les « opposants » que vous qualifiez de gangs ou de mercenaires, comme les victimes d’une intense répression. Alors que selon vous ce sont…

Réponse : Pourquoi madame l’armée du gouvernement n’a-t-elle jamais attaqué notre village ? Pourquoi l’armée ne bombarde-t-elle pas notre village ? Pourquoi n’a-t-elle jamais bombardé non plus le village en majorité musulman, situé à l’est, à deux kilomètres du nôtre [3] ? Parce que l’armée est là pour entourer ce village et protéger ses habitants de la même manière qu’elle le fait avec notre village à majorité chrétienne. Quand leur four à pain a eu une panne ils sont venus dans notre village. Il y a deux semaines nous avons eu une panne d’eau. Ils nous ont apporté leur eau. L’armée est là dans nos villes et nos villages pour nous sauver la vie, pour déloger ces mercenaires, pas pour nous tuer. Voilà la vérité. Grâce à Dieu nous pouvons maintenant aller depuis notre village à Damas sans plus nous sentir en danger ; c’est redevenu, depuis quelque temps, sûr comme par le passé. À Alep, à Deraa, ce n’est pas encore calme. Nous espérons que dans deux ou trois mois toute la Syrie sera pacifiée.

Silvia Cattori : Ces gens que vous qualifiez de « mercenaires » les journalistes entrés clandestinement en Syrie n’en continuent pas moins de les présenter comme les combattants légitimes d’une idyllique « armée syrienne libre » (ASL). Qui sont-ils vraiment ?

Réponse : Ce sont des mercenaires qui tuent, terrorisent la population. L’armée doit trouver le moyen de les chasser. Ce sont des Syriens qui ont pour la plupart entre 16 et 28 ans et qui reçoivent un salaire [Les hommes reçoivent 600 livres par jour, soit 10 dollars US et les femmes 400]. L’argent est offert par le Qatar et l’Arabie Saoudite avant tout. Parmi eux il y a des non Syriens ; des Libanais fanatiques, des Turcs fanatiques, des Afghans fanatiques, des Libyens fanatiques, des Jordaniens fanatiques…

Silvia Cattori : Mais alors le plan de l’ONU exigeant de Damas le retrait des forces régulières qui assurent votre défense est aberrant ?

Réponse : Oui, c’est cela. Figurez-vous que, si l’armée quitte notre village, nous risquons d’être égorgés. Nous ne pouvons pas aller à Homs parce que certains quartiers sont entre les mains des mercenaires. Auparavant, même l’armée avait peur d’approcher ces mercenaires postés sur les toits qui leur tiraient dessus avec des canons, des missiles antichars. Les mercenaires ne sont jamais partis de Homs. Ils ont quitté Baba Amro mais ils sont encore dans une partie de Homs. L’armée a entouré cette région de la Syrie depuis à peu près 5 à 6 mois. Homs est une ville très ancienne ; il y a des tunnels depuis l’époque romaine. C’est comme cela que les mercenaires ont contourné l’armée et fait entrer les armes.

L’armée est actuellement près de notre village et ses environs. Elle est là pour ne laisser aucune voiture passer et entrer dans les villages avant de vérifier s’il y a des armes. Chaque nuit les mercenaires viennent tirer sur notre armée. Si moi et ma femme allons faire une visite au village nous devons nous dépêcher ; nous devons rentrer avant la tombée de la nuit. Dès 18 heures plus personne ne bouge dans notre village.

Madame, pourquoi les mercenaires viennent-ils tirer sur cette armée qui est venue chez nous pour nous défendre ? C’est pour cette raison que notre gouvernement demande : comment pouvons-nous retirer l’armée des quartiers et des villages si les gangs armés sont toujours en position de tuer et si l’on continue de leur fournir des armes ? Nous avons appris hier que l’armée jordanienne a arrêté des gens qui étaient en train de faire entrer des armes en Syrie et 20 millions de rials. C’est cela la situation que nous vivons !

La France, la Grande Bretagne, les USA sont associés avec les pays du Golfe, ils sont contre nous. Derrière tout cela il y a Israël. Ils s’attaquent à la Syrie parce que c’est un des derniers pays qui s’oppose à l’emprise d’Israël, qui résiste à ces colonisateurs qui sont venus de toutes les parties du monde pour accaparer nos terres.

Silvia Cattori : Avez-vous le sentiment que les puissances qui soutiennent la rébellion armée ont définitivement échoué ? Le peuple syrien, uni derrière son gouvernement, n’a-t-il pas pratiquement réussi à mettre leurs plans peu démocratiques en échec ?

Réponse : Oui, comme je vous l’ai dit nous sommes un peuple uni. Ces mercenaires ne sont pas des gens qui défendent la démocratie. Ce sont des gangs qui se sont infiltrés dans nos villes et villages et qui n’ont aucun soutien populaire. L’armée pourrait les liquider en deux jours. Elle ne le fait pas car cela n’irait pas sans grandes pertes humaines, ces bandes étant installées au milieu de la population, dont elles se servent comme bouclier.

Silvia Cattori : Maintenant que l’armée est sommée de se retirer, la peur grandit ?

Réponse : Bien sûr que nous avons très peur. Dans notre village, tout comme dans les villages voisins à majorité sunnite, tout le monde vit dans la peur de ces mercenaires.

Silvia Cattori : Ce que vous racontez peut difficilement être mis en doute. Toutefois, peu de gens chez nous peuvent savoir que ce ne sont pas vos soldats qui vous terrorisent et vous égorgent, mais les bandes de l’ASL. Les médias dans leur ensemble se fient à ce que rapporte quotidiennement l’OSDH [un organe de propagande en faveur des rebelles, basé à Londres]. Par conséquent le mal est fait si l’opinion publique a été totalement trompée ?

Réponse : Madame, moi je vous parle de ce que je vis. De ce que je vois. Tout le monde ici - chrétiens ou musulmans - vous dirait la même chose. Quand, en mars 2011, notre peuple a demandé pacifiquement des réformes, le gouvernement a dit oui ; il a répondu positivement. Mais ces bandes violentes sont arrivées ; elles ne sont pas intéressées par les réformes. Nous voudrions retrouver la paix que nous avions avant. La paix est plus précieuse que le pain que nous mangions.

Témoignage recueilli le 11 avril 2012.

Silvia Cattori

(*) Le Syrien cultivé et posé qui s’exprime ici est âgé de 75 ans. Il vit maintenant dans la province de Homs. Voir un précédent entretien : 
silviacattori; mondialisation
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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 06:10

Ennahdha ancre son pouvoir au détriment de la rédaction de la constitution

 

Les retards accusés dans la rédaction de la Constitution au niveau de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) qui, six mois après son élection le 23 octobre 2011, n’a réussi à s’accorder que sur l’article 1, laissent perplexes la majorité de l’opinion publique nationale.


 

Ce report aux calendes grecques de l’élaboration de la Constitution est devenue ostentatoire dans le comportement des personnes qui tiennent provisoirement les rênes du pouvoir mis en place pour assurer la gestion de la transition dans le pays.

Aussi bien le président de la République que le premier ministre ou le président de l’Assemblée constituante n’inscrivent plus dans leurs priorités la rédaction de la constitution. Tous leurs faits et gestes attestent de leur volonté de s’installer dans la durée.

Une transition aux contours mal définis

Sans contours ni délais clairs, la transition en Tunisie risque de se prolonger au-delà d’une période raisonnable souhaitée.

Avant les élections, les partis avaient convenu tacitement de l’échéance d’un an pour la rédaction de la constitution qui serait suivie d’élections générales. On a parlé, dans un temps, après les élections du délai de 18 mois, puis de deux ans ensuite de trois ans.

Le président provisoire Moncef Marzouki  dont le parti politique est membre de la Troïka au Gouvernent a laissé entendre dans sa dernière sortie médiatique que pour réussir à faire ses preuves un Gouvernement a besoin de 3 ans.

Les querelles stériles, au sein de l’Assemblée constituante, les reports à répétition des travaux des commissions de rédaction de la constitution ainsi que les atermoiements de la Troïka majoritaire conduite par Ennahdha, retardent toute avancée et diffèrent chaque jour un peu plus l’échéance de doter le pays d’une constitution, dans des délais raisonnables.

Au Gouvernement, certains commencent à prendre leurs aises et à se projeter dans le long terme en envahissant l’appareil administratif de l’Etat à travers des nominations politiques.

La conquête de l’appareil administratif

Les nominations de personnalités du parti Ennahadha comme gouverneurs dénote d’une politique visant à contrôler les rouages de l’Etat afin d’assurer la pérennité du parti.

Le mouvement attendu au niveau du corps des ambassadeurs auquel on prépare l’opinion publique en distillant les informations sur la possibilité d’opérer des nominations politiques est également une preuve de cette nouvelle orientation du principal parti au pouvoir, Ennahdha.

Le Gouvernement a démontré son incapacité à régler les problèmes quotidiens auxquels sont confrontés les citoyens tunisiens, à savoir, instaurer la sécurité, améliorer le pouvoir d’achat, réduire les inégalités entre les régions, créer des emplois, attirer les investissements et en définitive créer de nouvelles richesses pour le pays.

Cet échec constaté du Gouvernement à réaliser les objectifs précités, a suscité un vaste mouvement social au sein du pays, faisant perdre aux politiciens d’Ennahdha de leur contenance et les acculant à s’en prendre aux petits partis de gauche et de l’opposition. Ils ont inventé des complots et s’en sont pris à la presse, considérée comme un bouc-émissaire pour ne pas être assez soumise et faire les louanges des nouveaux « maîtres du pays ».

Inexpérience et usure du pouvoir

Cette situation a créé le doute chez les partis de la majorité en particulier Ennahdha qui se sent menacée et n’est plus aussi sûre de sa popularité, ainsi les futurs résultats des urnes sont devenus une hantise pour les partis de la majorité.

Les divergences entre les partis de la Troïka apparaissent de temps à autre au grand jour, laissant entrevoir des alliances fragiles.

L’exercice du pouvoir au quotidien a miné ces partis, effritant le peu de crédibilité dont ils disposent, les éloignant de leurs bases en créant un large fossé.

Les divisions et départs dans les partis de la Troïka comme le CPR et Ettakatol en disent long sur l’affaiblissement de ces formations politiques usées par l’exercice du pouvoir et leur inexpérience.

Recours au populisme et au court terme

C’est dans ce cadre qu’il faut comprendre la tentation du Gouvernement de Hamadi Jebali d’adopter une politique populiste ciblant le court terme.

La dernière tentative de Hamadi Jebali d’interférer dans la politique de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) en s’ingérant dans la politique monétaire démontre la volonté du Gouvernement de placer sous son joug l’Institut monétaire.

La mesure introduite par le Gouvernement dans son programme économique et sociale relative à l’adoption d’une politique monétaire expansionniste et de taux d’intérêt bas vise, en réalité, à faire tourner la planche à billets en favorisant l’inflation et par conséquent à conduire à un surendettement des ménages.

Des sources informées au ministère du Commerce et du Tourisme ont indiqué, d’un autre côté, qu’il a été décidé d’injecter 1.200 millions de dinars supplémentaires dans la Caisse de compensation, portant ainsi à 12.000 millions de dinars le budget.

Tous les signes montrent que la rédaction de la constitution a été remise au second plan et que l’on s’achemine vers l’installation dans la durée du Gouvernement et des autres pouvoirs.

Un risque non calculé

Mais là aussi, il faut reconnaître que ce serait un risque politique dangereux. Après la révolution du 14 janvier, plus rien ne fait reculer les Tunisiens qui sont prêts à tous les sacrifices pour défendre leur liberté.

De nombreux observateurs ont fait part de l’impatience des Tunisiens à la lumière des événements qu’ils ont vécu tout au long de ces derniers mois, de retourner le plus rapidement possible aux urnes pour faire le bon choix, celui susceptible de faire recouvrir au pays sa stabilité et y ancrer la démocratie et la liberté. tunisienumerique

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Les cyberpirates s'attaquent à Ennahda

 

 

En Tunisie, l'opposition au gouvernement provisoire à majorité islamiste fait rage sur Internet.

Depuis le dimanche 15 avril 2012, le site officiel du leader du parti Ennahda, Rached Ghannouchi, affiche une page d'accueil piratée. D'après le site Tunisie Haut Débit, il s'agit d'un «deface», une cyberattaque classique de plus en plus répandue sur le web tunisien:

«Un changement de la page d’accueil sans la destruction du contenu du site. Ils ont placé au top de la page le mot "hacked" (piraté). Au milieu, la photo de Rached Ghannouchi et la phrase: "Malheur aux marchands de la religion"», détaille le site tunisien.

Pour la deuxième fois, le site de Rached Ghannouchi est la cible de hackers qui signent leurs forfaits sous la forme de pseudo. Déjà visé le 23 mars 2012 par un pirate prénommé «Jamba de Djabal Djouled», le leader d'Ennahda fait aujourd'hui face au groupe «Rezk2ll» dont l'adresse numérique figure en lien au bas de la page piratée.

Par ailleurs, dans un texte rédigé en arabe, les cyberactivistes dénoncent en substance «l'hypocrisie» du parti majoritaire au gouvernement Ennahda, «face à l'opinion publique», ainsi que «l'instrumentalisation de la religion dans les discours politiques».

Cette nouvelle attaque fait suite aux actions du groupe Anonymous Tunisia qui, le 8 avril 2012, forçait la boîte e-mails du Premier ministre, Hamadi Jebali.

A titre d'exemple, le site tunisien Kapitalis republiait en liens les e-mails du chef du gouvernement (Pdf). Sur sa page Facebook, le groupe d'Anonymous Tunisia résumait le contenu des documents numériques capturés:

«Des transactions bancaires, des adresses e-mails de certains ministres, ainsi que des négociations avec des réseaux islamiques d’Algérie, leur surveillance extrême sur la presse et l’opposition et des rapports détaillés sur les opposants. Nous gardons encore des données sécrètes à leur propos et nous sommes prêts à les publier au grand jour».

Même si sur le fond la divulgation des messages restait in fine sans conséquences graves, la facilité d'accès aux messageries des responsables politiques inquiétait déjà.

En dehors des oppositions politiques et du cyber-militantisme, ce piratage soulignait l'amateurisme des membres d'Ennahda sur Internet. Les pirates pointaient du doigt l'absence de précautions techniques pour protéger les intérêts de l'Etat et le manque d'expérience du gouvernement tunisien en matière de cybercriminalité.

Au lendemain du piratage du site du président et chef spirituel d'Ennahda, Webdo publie (Pdf) le contenu de la boîte e-mails du ministre de l'Agriculture, Mohamed Ben Salem, qui aurait récemment été forcée. Une fois de plus, le groupe Anonymous Tunisia aurait revendiqué cette nouvelle cyberattaque. slateafrique

 

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 05:05
 
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