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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 05:06

Cessez-le-feu compromis à la veille de la date butoir de l'ONU

 

Rien ne va plus pour le plan de paix de l'ONU enSyrie. L'armée a lancé lundi des attaques meurtrières dans plusieurs régions de Syrie, faisant également des morts en Turquie et au Liban voisins, à quelques heures d'une date butoir de l'ONU pour un retrait de l'armée en vue d'un cessez-le-feu qui paraît de plus en plus compromis.
 
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a lancé lundi soir un dernier appel au régime syrien pour qu'il cesse ses attaques contre des civils. Mais les espoirs se sont réduits après que le régime de Bachar al-Assad a affirmé dimanche qu'il ne retirerait pas ses troupes mardi comme prévu par le plan de l'ONU à moins de disposer de"garanties écrites" des combattants rebelles, qu'il assimile à des "terroristes". Les insurgés ont renvoyé la balle au régime, se disant prêts à respecter le cessez-feu si Damas faisait de même. Pékin, allié de Damas, a exhorté chacun à respecter ses "engagements".

 

Un journaliste libanais tué

 

On se dirige donc vers un cuisant échec pour les Nations Unies. L'ONU avait annoncé le 2 avril que Damas avait accepté le plan en six points de l'émissaire Kofi Annan, qui l'oblige à retirer ses chars au plus tard mardi matin, en préalable à un cessez-le-feu général prévu dans les 48 heures suivantes. Mais, selon l'opposition, Bachar al-Assad avait autre chose en tête : "Le régime pensait que (d'ici le 10 avril), il reprendrait le contrôle des villes (rebelles). Comme ce n'est pas le cas, il essaie de gagner du temps", estime Rami Abdel Rahmane, président de l''Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "Si le plan Annan ne marche pas, rien ne va marcher et la Syrie va plonger dans une longue guerre civile".

 

Lundi, le conflit a commencé à déborder des frontières syriennes. Le Liban, dont le gouvernement est dominé par le Hezbollah, un allié de Damas, a appelé la Syrie à ouvrir une enquête sur la mort d'un caméraman libanais de la chaîne Al Jadeed touché à la frontière entre les deux pays, par des tirs de l'armée de Bachar al-Assad, selon cette télévision privée libanaise. En Turquie, où l'émissaire Annan doit visiter mardi deux camps de réfugiés accueillant 25.000 Syriens à Hatay (sud), quatre réfugiés syriens et deux membres du personnel turc d'un camp proche de la ville de Kilis (sud-est) ont été blessés lundi par des tirs en provenance de Syrie, a déclaré à l'agence de presse Anatolie le gouverneur de Kilis, Yusuf Odabas.  Après cet incident, le premier du genre depuis le début de la révolte en Syrie en mars 2011, un responsable des Affaires étrangères turc a demandé au chargé d'affaires syrien "que ces tirs cessent immédiatement", selon un diplomate turc.

 

La Turquie menace de prendre des mesures
 
Du côté de la communauté internationale, on ne croit plus au plan de paix. A Washington, le département d'Etat s'est dit "absolument scandalisé" par ces tirs sur un camp de réfugiés et a appelé "le régime syrien à cesser le feu immédiatement". La Maison Blanche a estimé lundi qu'il n'y avait "aucun signe jusqu'ici" du fait que le régime du président Bachar al-Assad respecte ses engagements en vue d'un cessez-le-feu. Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a menacé de prendre des "mesures" si la répression se poursuivait.
 
Et sur le terrain, tout semble prouver que la violence continuera largement après le 10 avril : au moins 105 personnes, dont 74 civils, 23 membres des forces gouvernementales et huit rebelles ont péri lundi, a rapporté l'OSDH. Fait rare depuis l'éclatement à la mi-mars 2011 de la révolte, les hélicoptères de l'armée ont bombardé Kafarzita, une localité de la province de Hama, où se déroulaient au sol des affrontements entre armée et rebelles, selon l'OSDH. Auparavant, dans la ville voisine de Latamna, au moins 35 civils, en majorité des femmes et des enfants, ont péri dans des bombardements de l'armée, d'après la même source qui fait état également de pilonnages dans lesprovinces de Deir Ezzor (est) et d'Alep (nord), où des affrontements entre soldats et déserteurs ont éclaté près de la frontière turquetf1

 

 

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Le cessez-le-feu, un nouvel atout pour Bachar al-Assad ?


Alors que la répression s'intensifie, les manifestations se poursuivent contre le régime syrien.Alors que la répression s'intensifie, les manifestations se poursuivent contre le régime syrien. © AFP

 

 

Les événements s’accélèrent en Syrie. Alors que les Nations unies tentent de contraindre Damas et les rebelles à appliquer un cessez-le-feu à compter du 10 avril, Bachar al-Assad adapte sa stratégie. Avec pour objectif d'accentuer la répression pour affaiblir le plus possible la rébellion avant la date butoir.

 

Si l’expression est sur toutes les lèvres, le « cessez-le-feu » en Syrie tarde, c’est un euphémisme, à devenir réalité. S'ils devraient s’achever au plus tard le 12 avril, selon les recommandations de l’ONU et du plan Annan (voir encadré), les combats continuent d’ensanglanter le pays. Vendredi 6 avril, des affrontements ont même été constatés par l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) aux alentours de Damas.

 

La pression exercée par les troupes de Bachar al-Assad, positionnées autour des villes rebelles, ne fait en réalité que s’intensifier ces derniers jours. Dans la zone proche de la frontière turque, les témoignages sont sans ambiguïté. « Depuis trois jours, des corps jonchent les rues. Deux cents personnes ont été tuées. La ville est déserte maintenant », constatait vendredi 6 avril un témoin originaire de Kastanaz, petite ville syrienne de 20 000 habitants. Comme 2 800 de ses compatriotes, pour les seules dernières vingt-quatre heures, il est réfugié en Turquie.


 

 

Que propose le plan de Kofi Annan ?

 

Approuvé le 21 mars par le Conseil de sécurité des Nations unies, le plan Annan se décline en plusieurs clauses :

- Cessation de toutes les violences, via le retrait des troupes du régime syrien le 10 avril, suivie dans les 48 heures par une cessation complète des hostilités et des violences de l’armée régulière et de l’Armée syrienne libre.

- Aide humanitaire à la population.

- Libre circulation des journalistes.

- Instauration d'un dialogue entre le régime et l'opposition.

 

 

Course contre la montre

 

Bachar al-Assad semble donc s’être lancé dans une course contre la montre. Objectif : asphyxier l’Armée syrienne libre (ASL) et réprimer toute tentative d’opposition avant l'échéance avancée par l’ONU pour le retrait des troupes le 10 avril et la cessation totale des hostilités deux jours plus tard. Avec une marge de manoeuvre de quatre jours, le dirigeant syrien a désormais peu de chances de parvenir à mater définitivement une rébellion, qui lui tient tête depuis plus d’un an.

 

En revanche, le plan Annan, soutenu par l’ONU et par la Ligue arabe, faute de faire cesser les combats sur le terrain, pourrait apporter une nouvelle carte au jeu de Damas. Demander sans distinction aux deux parties le retrait de leurs troupes sur le terrain met en quelque sorte sur un pied d’égalité le pouvoir syrien et la rébellion. Une égalité symbolique qui pourrait donner au régime des arguments pour combattre bientôt l'opposition avec d'avantage de violence encore.

 

Manifestations citoyennes réprimées

 

Or sur le terrain, la situation reste totalement aymétrique. D’abord parce que le niveau d'armement des combattants de l'opposition n'a aucune commune mesure avec celui du régime. Si l’ASL réussit à s'équiper, avec notamment, le soutien du Qatar et de l’Arabie Saoudite - elle est bien loin d’égaler l'arsenal de Bachar al-Assad. Ensuite, parce que la révolution syrienne n’a pas perdu sa dimension citoyenne, bien au contraire.

Vendredi 6 avril, ce sont des dizaines de milliers de manifestants qui ont défilé dans tout le pays contre le régime. Et ce sont ces mêmes protestataires civils qui ont subi les tirs de l’armée syrienne à Douma (nord de Damas), à Hama ou encore à Idleb, selon les Comités locaux de coordination (LCC) qui animent la contestation sur le terrain.

 

En ménageant le régime syrien avec un plan dans lequel il n’est pas stigmatisé, Kofi Annan est parvenu à le ramener à la table des négociations. Mais, avec un scénario de cessez-le-feu plus adapté en réalité à une guerre entre deux armées régulières qu’à la situation syrienne, il a sans doute peu de chances de rencontrer le succès qu'il prétend. Et le bilan de la révolution syrienne risque de s’alourdir un peu plus chaque jour. Selon l’OSDH, celui-ci a déjà franchi la barre des 10 000 morts.   Jeuneafrique


 


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___________________________________________________________________________________________L'autre point de vue

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L'histoire du « changement de régime » : La Syrie mise en perspective

 

 

par William Blum

 

La Sainte Trinité - les Etats-Unis, l’OTAN et l’Union Européenne – ou un de ses composants, arrivent généralement à ses fins. Elle voulait renverser Saddam Hussein, et peu après il pendait au bout d’une corde. Elle voulait renverser les Taliban et, grâce à une supériorité militaire écrasante, la chose fut faite assez rapidement. Elle voulait la fin du règne de Moammar Kadhafi et peut après il mourrait dans des conditions atroces. Jean-Bertrand Aristide avait été démocratiquement élu, mais ce noir a outrepassé ses prérogatives et il fut expédié en exil lointain par les Etats-Unis et la France en 2004. L’Irak et la Libye étaient les deux pays les plus modernes, éduqués et laïques du Moyen Orient. A présent, tous ces pays peuvent être qualifiés d’états en déroute (« failed states »).

 

Ce sont là quelques exemples au cours de la dernière décennie qui montrent comment la Sainte Trinité ne reconnaît aucun pouvoir supérieur et croit, littéralement, qu’elle peut faire ce que bon lui semble au monde entier, à qui bon lui semble, le temps que bon lui semble, et qualifier ses actes comme bon lui semble, comme « une intervention humanitaire », par exemple. En Occident, la mentalité coloniale-impérialiste du 19ème et 20ème siècle se porte comme un charme.

 

Prochain sur l’agenda : le renversement de Bashar al-Assad de la Syrie. Comme avec Kadhafi, le terrain est préparé à coups d’informations incessantes - de CNN à Al Jazeera - sur la nature supposément barbare d’Assad, qualifiée à la fois d’inflexible et de non-provoquée. Après des mois de massacres médiatiques, qui pourrait encore douter que les événements en Syrie ne sont qu’un nouveau « soulèvement populaire » d’un Printemps Arabe, tel qu’ils les aiment, contre un « dictateur brutal » qu’il faut renverser ? Et que le gouvernement Assad est très majoritairement responsable des violences.

 

En fait, il semblerait qu’Assad jouisse d’une grande popularité, non seulement en Syrie, mais dans tout le Moyen orient. Non seulement parmi les Alouites, mais aussi parmi les deux millions de Chrétiens et un nombre significatif de Sunnites. Kadhafi lui-aussi jouissait d’une popularité similaire en Libye et ailleurs en Afrique. La différence entre les deux, du moins jusqu’à ce jour, est que la Sainte Trinité a bombardé et mitraillé quotidiennement la Libye pendant sept mois, sans interruption, détruisant les forces pro-gouvernementales, ainsi que Kadhafi lui-même, pour aboutir à ce « changement de régime » tant recherché par la Trinité. A présent, le chaos, l’anarchie, la guerre de religion, la guerre civile, le racisme le plus affreux contre la population noire, la perte des services sociaux auxquels ils tenaient tant, et peut-être l’éclatement du pays en plusieurs mini-états sont devenus le lot quotidien des Libyens. La capitale, Tripoli, « est noyée sous des montagnes de déchets » parce que les environs sont contrôlés par une faction qui refuse les déchets d’une autre faction. (1) On n’ose à peine imaginer dans quel état sont les infrastructures du pays. C’est peut-être cela qui attend la Syrie si la Trinité réussit son coup. Cela dit, les Maîtres de l’Univers croient sans doute que les Libyens devraient leur être reconnaissants pour leur « libération ».

 

En ce qui concerne la violence en cours en Syrie, il faut prendre en compte les nombreux rapports sur les soutiens militaires apportés aux rebelles syriens – la Grande-Bretagne, la France, les Etats-Unis, la Turquie, Israël, le Qatar, les Etats du Golfe et le coqueluche champion des libertés et de la démocratie, l’Arabie Saoudite. Il y a aussi la Syrie qui affirme avoir capturé 14 soldats français. Et les djihadistes et mercenaires individuels du Liban, de la Jordanie, de l’Irak, de la Libye, etc, qui se joignent aux forces antigouvernementales, dont des vétérans d’Al-Qaeda d’Irak et d’Afghanistan qui sont probablement derrière les attentats aux voitures piégées destinés à semer le chaos et la déstabilisation. C’est peut-être la troisième fois que les Etats-Unis se retrouvent aux côtés d’Al-Qaeda, en comptant l’Afghanistan et la Libye.

 

Stratfor, la société privée et conservatrice américaine de renseignement avec des relations au plus haut niveau, révèle que «  la plupart des affirmations de l’opposition se sont révélées être des exagérations grossières ou tout simplement fausses. » Les groupes d’opposition dont le Conseil National Syrien, l’Armée Libre Syrienne et l’Observatoire Syrien des Droits de l’Homme basé à Londres ont commencé par affirmer que « les forces du régime avaient assiégé Homs et imposé un délai de 72 heures aux rebelles pour se rendre avec leurs armes ou être massacrés. » Cette information a fait la une des journaux du monde entier. Cependant, l’enquête de Statfor n’a trouvé « aucun signe de massacre » et précisait que « les forces d’opposition trouvent un intérêt à décrire un massacre dans l’espoir d’imiter les conditions qui ont provoqué l’intervention militaire en Libye. » Stratfor a ajouté que toute histoire de massacre serait peu vraisemblable dans la mesure ou le « régime (syrien) dose sa répression pour justement éviter un tel scénario. Les forces du régime prennent soin d’éviter de faire trop de victimes pour ne pas offrir l’excuse d’une intervention humanitaire. » (2)

 

Dans un courrier électronique de décembre 2011, Reva Bhalla, Directeur des Analyses de Stratfor, a fait le compte-rendu d’une réunion à laquelle elle a participé au Pentagone sur la Syrie : « Au bout de quelques heures de discussions, ils ont dit sans le dire que les Forces Spéciales (apparemment celles des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne, de la France, de la Jordanie et de la Turquie) étaient déjà sur place en missions de reconnaissance et pour former les groupes d’opposition. » Nous connaissons ce courrier électronique grâce aux 5 millions de courriers de Stratfr obtenus par un hacker du groupe Anonymous en décembre et communiqués à Wikileaks. (3)

 

Human Rights Watch a indiqué que les forces de sécurité du gouvernement syrien et les rebelles armés syriens ont tous deux commis de graves violations des droits de l’homme, dont des enlèvements, des tortures et des exécutions sommaires. Mais seule la Trinité peut échapper aux sanctions qu’elle adore imposer aux autres. L’épouse d’Assad est désormais bannie des pays de l’UE et ses biens peuvent être saisis. Idem pour la mère d’Assad, sa sœur et sa belle-soeur, ainsi que huit ministres du gouvernement. Assad lui-même a subi le même traitement au mois de mai dernier. (4) Parce que la Trinité peut.

 

Le 25 mars, les gouvernements US et turcs ont annoncé qu’ils discutaient sur l’envoi d’armes non-létales à l’opposition syrienne, sous-entendant clairement par là qu’ils ne l’avaient pas fait auparavant. (5) Mais selon un câble de l’ambassade US, révélé par Wikileaks, depuis 2006 au moins les Etats-Unis financent les groupes d’opposition en Syrie ainsi que la chaîne de télévision basée à Londres, Barada TV, dirigée par des exilés syriens, qui émet des programmes antigouvernementaux dans le pays. Le câble précisait aussi qu’aux yeux des autorités syriennes « tout fonds US versé à des groupes syriens illégaux constituerait un soutien à un changement de régime. »

 

Le changement de régime en Syrie fait partie des objectifs des néoconservateurs depuis au moins 2002 lorsque John Bolton, sous-secrétaire d’Etat sous George W. Bush, a présenté un projet visant à briser simultanément la Libye et la Syrie. Il qualifiait ces deux états, avec Cuba, « d’Axe du Mal ». Lors d’une émission sur la chaîne FOX en 2011, Bolton a dit que les Etats-Unis auraient du renverser le gouvernement syrien juste après le renversement de Saddam Hussein. Parmi les crimes de la Syrie, il a énuméré ses relations étroites avec l’Iran, le Hezbollah (au Liban), la résistance palestinienne, la Russie, et son incapacité à conclure un accord de paix avec Israël, contrairement à la Jordanie et l’Egypte. Aux yeux de la Sainte Trinité, tout ceci constitue la démonstration que la Syrie, à l’instar d’Aristide, a bien franchi la ligne jaune.

 

Il serait difficile d’exagérer la mégalomanie clinique de la Sainte Trinité. Et encore moins de la traîner devant la justice.

 

En guise de conclusion, quelques mots de Cui Tiankai, le vice-ministre chinois des Affaires Etrangères :

« Les Etats-Unis ont l’armée la plus puissante du monde et dépense plus que tout autre pays. Mais les Etats-Unis sont toujours préoccupés pour leur propre sécurité à cause d’autres pays... Je suggère que les Etats-Unis passent plus de temps à penser comment faire en sorte que les autres pays soient moins préoccupés pour leur propre sécurité à cause des Etats-Unis. » (6)

 


L’oeuvre d’Obama

Le mois dernier, Alan S. Hoffman, un professeur américain de l’université de Washington à St Louis, a été empêché par le Département du Trésor US de se rendre à Cuba pour donner des cours sur les biomatériaux. (7)

 

Dans le même temps, le Département d’Etat a refusé d’accorder à deux diplomates cubains basés à Washington la permission de voyager à New York pour prendre la parole au Forum de la Gauche, le plus grand rassemblement de la gauche aux Etats-Unis qui cette année à attiré plus de 5000 participants. (8)

 

Le Département d’Etat a aussi été occupé récemment à empêcher la participation de Cuba aux Sommet des Amériques qui se tiendra en Colombie au mois d’avril. (9)

 

Et tout ceci au cours du mois écoulé seulement.

 

Si j’en parle, c’est pour le garder à l’esprit lorsque la prochaine fois le Président Obama ou un de ses partisans parlera de l’amélioration des relations entre les Etats-Unis et Cuba comme partie de son bilan.

 

Moi-même je ne peux pas me rendre légalement à Cuba.

 

Une autre affirmation que les Obamaniaques aiment répéter pour défendre leur idole est qu’il aurait aboli la torture. C’est rassurant mais il n’y pas de raison pour les croire sur parole. Peu après l’entrée de fonction d’Obama, lui et Leon Panetta, le nouveau directeur de la CIA, ont explicitement déclaré que les « renditions » se poursuivraient. Selon le Los Angeles Times : « d’après un décret présidentiel (executive order) d’Obama publié récemment, la CIA a toujours le droit d’effectuer des « renditions », des enlèvements secrets et des transferts de prisonniers vers des pays qui coopèrent avec les Etats-Unis » (10)

 

Par « coopération », entendez « torture ». « Rendition » équivaut à torture. Il n’y a pas d’autre raison pour expédier des prisonniers en Lituanie, en Pologne, en Roumanie, en Egypte, en Jordanie, au Kenya, en Somalie, au Kosovo, ou sur l’île de Diego Garcia dans l’Océan Indien, pour ne citer que quelques uns des centres de torture connus et fréquentés par nos braves. Au Kosovo et à Diego Garcia - qui accueillent tous deux de très grandes et très secrètes bases militaires US – il est probable que les affaires de torturent continuent. De même à Guantanamo. De plus, le décret présidentiel relatif à la torture, émis le 22 janvier 2009 – numéro 13491, garantissant la légalité des interrogatoires – est ambigu, par exemple il est stipulé qu’il s’applique uniquement dans le contexte de « tout conflit armé ». Par conséquence, la torture hors d’un contexte de « conflit armé », ce qui est d’ailleurs le cas pour la plupart des tortures dans le monde, ne serait pas interdite. Et qu’en est-il de la torture dans le cadre de la « lutte contre le terrorisme » ?

 

Un des décrets d’Obama exige que la CIA n’utilise que les méthodes d’interrogatoire décrits dans le manuel « Army Field Manual ». Cependant, en se basant sur ce manuel, sont toujours autorisés l’enfermement en isolement, les privations sensorielles, les privations de sommeil, l’usage de drogues qui provoquent la peur, le désespoir et altèrent les pensées, les manipulations d’environnement telles que la température et éventuellement le bruit, et des positions de stress et de surcharge sensoriel.

 

Après que Panetta ait été interrogé par le Sénat, le New York Times a écrit qu’il avait « laissé la possibilité à l’agence de demander l’autorisation de recourir à des méthodes d’interrogation plus agressives que celles contenues dans le menu autorisé par le Président Obama... M. Panetta a dit aussi que l’agence poursuivra les pratiques de « rendition » de l’administration Bush – l’enlèvement de suspects et leur expédition vers un pays tiers. Mais il a dit que l’agence refuserait de livrer un suspect à un pays connu pour appliquer la torture ou d’autres actions qui seraient « contraires à nos valeurs humaines ». (11)

 

Absolument personne des administrations Bush ou Obama n’a été puni pour crimes de guerre en Irak, Afghanistan et ailleurs où des guerres illégales ont été lancées, et personne n’a été puni non plus pour torture. Et on pourrait ajouter qu’aucun bankster américain n’a été puni pour son rôle incontournable dans la torture des finances mondiales. L’Amérique a décidément le pardon facile. Sauf en ce qui concerne Julian Assange et Bradley Manning.

 

Au cours des derniers jours de Bush à la Maison Blanche, Michael Ratner, professeur à Columbia Law School et ancien président du Centre pour les Droits Constitutionnels, faisait remarquer :

La seule manière pour éviter que cela ne se reproduise est de punir les responsables du programme de torture. Je ne vois pas comment nous pourrions retrouver notre statut moral en autorisant ceux qui ont été directement impliqués dans les programmes de torture de simplement s’en tirer à bon compte et de continuer à mener leurs vies sans avoir de comptes à rendre. (12)

 

J’aimerais à présent rappeler à mes chers lecteurs les termes de la « Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants », rédigée par les Nations Unies en 1984, entrée en vigueur en 1987, et ratifiée par les Etats-Unis en 1994. L’article 2 de la Convention stipule : « Aucune circonstance exceptionnelle, quelle qu’elle soit, qu’il s’agisse de l’état de guerre ou de menace de guerre, d’instabilité politique intérieure ou de tout autre état d’exception, ne peut être invoquée pour justifier la torture. » http://www.hrea.org

Des termes merveilleusement clairs et sans équivoques destinés à poser les bases d’un principe universel dans un monde qui nous fait de plus en plus honte. Nous ne pouvons revenir en arrière.

 

Joseph Biden

Dans un document trouvé dans la planque de Ben Laden au Pakistan après son assassinat au mois de mai dernier, se trouvait un appel à assassiner le Président Obama parce que « Obama est le chef des infidèles et sa mort le ferait automatiquement remplacer par Biden... Biden n’est absolument pas préparé pour ce poste, ce qui plongerait les Etats-Unis dans une crise. » (13)

 

Ainsi, il semblerait que l’homme que les Etats-Unis adoraient haïr et craindre n’en connaissait pas plus sur le fonctionnement de la politique étrangère des Etats-Unis que l’Américain moyen. Quelle différence cela aurait-il eu pour la Guerre Contre le Terrorisme – en bien ou en mal – et pour tous les Ben Laden et Al Qaedas si Joe Biden avait été président ces trois dernières années ? Biden soutient sans faille la guerre en Irak et se révèle en tous points un pro-israélien fanatique à l’instar d’Obama. Au cours des 35 dernières années au Sénat US, Biden a soutenu avec zèle toutes les guerres d’agression des Etats-Unis, de la Grenade en 1983, en passant par le Panama en 1989, l’Irak en 1991, la Yougoslavie en 1999 et l’Afghanistan en 2001. A quoi pouvait bien penser Ben Laden ?

 

Et à quoi pouvait bien penser Joe Biden lorsqu’il s’est récemment exprimé après la visite aux Etats-Unis du présumé futur dirigeant de la Chine, Xi Jinping ?

 

Les Etats-Unis ont au moins un avantage économique décisif sur la Chine. Car le gouvernement chinois autoritaire réprime ses propres citoyens, ces derniers ne peuvent pas penser librement ou innover. « Pourquoi ne sont-ils pas devenus un des pays les plus innovants du monde ? Pourquoi ont-ils besoin de voler notre propriété intellectuelle ? Pourquoi ont-ils besoin d’obliger à communiquer les secrets commerciaux pour pouvoir accéder à un marché d’un milliard trois cent millions de personnes ? Parce qu’ils n’innovent pas. » En remarquant au passage que la Chine et d’autres pays similaires produisent beaucoup d’ingénieurs et de scientifiques mais peu d’inventeurs, Biden a dit : « Il est impossible de penser différemment dans un pays où il n’y a pas de liberté d’expression. Il est impossible de penser différemment lorsqu’il faut faire attention à ce que vous publiez sur Internet au risque de le voir confisqué ou de finir en prison. Il est impossible de penser différemment lorsque règne l’orthodoxie. C’est pour cela que nous sommes toujours le pays le plus innovant au monde  ». (14)

 

C’est la Guerre Froide. Exactement le genre de choses que l’on nous racontait à propos de l’Union Soviétique. Pendant des années et des années. Des dizaines d’années. Puis ils ont lancé le Spoutnik, le premier satellite artificiel mis en orbite autour de la terre. Il faut lancé par l’Union Soviétique le 4 octobre 1957. L’annonce surprise du succès de Spoutnik 1 a précipité la crise aux Etats-Unis et lancé la course à l’espace. Le lancement de Spoutnik a poussé les Etats-Unis à créer l’Agence de Recherches Avancées pour regagner une avance technologique ce qui a directement mené à la création de la NASA.

________Notes

 

  1. Washington Post, April 1, 2012 
  2. Huffington Post, December 19, 2011
  3. Washington Post, March 24, 2012
  4. Ibid., March 26, 2012 
  5. Ibid., January 10, 2012 
  6. Prensa Latina (Cuba), March 18, 2012 
  7. See the video description on Cuba's UN Ambassador at Left Forum '12
  8. Los Angeles Times, February 1, 2009 
  9. New York Times, February 6, 2009 
  10. Associated Press, November 17, 2008 
  11. Washington Post, March 16, 2012 
  12. Ibid., March 1, 2012 

 

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 02:37

Sfax, le 9 avril 2012 _ Les slogans : «Ni peur, ni crainte, la RUE est propriété du Peuple»,  «Le ministère de l'Intérieur est un ministère terroriste»…

 

À partir de 5`23`` : le Président Moncef Marzouki devient de plus en plus l'ombre du gouvernement Ennahdha. Sa réaction par rapport aux événements de l'avenue Habib Bourguiba (9 avril 2012) est décevante et ce, d'autant plus que son discours tend davantage à justifier les violences commises contre des citoyens pacifiques et à se noyer dans la théorie du complot. L’usage du label «gauche» pour discréditer les manifestants n’est en fait qu’une lecture de petit homme… Espérons qu’il corrige sa lecture et qu’il revienne à la logique des droits humains.

Le fameux député El Kassas a été parmi des manifestants; il témoigne en faveur des manifestants et dénonce l’utilisation de la force brutale par la police contre des citoyens pacifiques.
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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 01:49

 

 

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Attaque du siège du Parti Socialiste de Gauche par les forces de l'ordre 09-04-2012

 

 

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 18:14

 

 

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La manifestation du 9 avril réprimée à Tunis


Plusieurs milliers de citoyens et de citoyennes ont répondu à l’appel lancé par la société civile pour une manifestation pacifique, le 9 avril, sur l’avenue Habib Bourguiba, à l’occasion de la Fête des Martyrs. La police était aussi là…

 

Vers 10 heures 20 ce matin, un premier groupe de manifestants agitant le drapeau national a entamé une marche pacifique en chantant l’hymne national à l’avenue Habib Bourguiba, bravant l’interdiction de manifester dans cette artère principale du centre ville de Tunis décidée une semaine auparavant par le ministère de l’Intérieur. La réaction n’a pas tardé.

 

Matraques et bombes lacrymogènes

Des centaines de policiers de divers corps, en uniforme et en civil, ont jailli de toute part et ont commencé par contenir le groupe pour l’empêcher d’avancer en direction du ministère de l’Intérieur. Les coups de matraque ont précédé de peu le crépitement et la fumée suffocante des bombes lacrymogène. En quelques minutes, l’avenue a été évacuée des manifestants. Les cafetiers et restaurateurs et les commerçants ont baissé les rideaux.

La police empêche les manifestants d'avancer.

Les manifestants, dont le nombre n’a cessé de grandir au fil des minutes, se sont rassemblés de nouveau en grappes dans les artères avoisinantes (rue du Caire, avenue de Paris, Rue de Marseille, rue de Rome, avenue Jean Jaurès, l’avenue Mohamed V). Ils ont été repoussés à coup de matraque et de bombes lacrymogènes. On a enregistré plusieurs blessés et beaucoup de cas d’asphyxie parmi les manifestants.


Chassé-croisé entre manifestants et forces de l’ordre

Ces derniers qui semblent très déterminés ont continué à se regrouper et à essayer de revenir à l’avenue principale, mais les issues étaient déjà hermétiquement verrouillées. Les instructions étaient, semble-t-il, très claires : l’avenue Habib Bourguiba devait rester déserte en ce 9 avril, Fête des Martyrs. Pas totalement déserte, puisqu’elle a été occupée par la police.

Le drapeau national déployé.

Au moment où nous mettons en ligne, cet article vers 13 heures, le chassé-croisé entre les manifestants et les forces de l’ordre se poursuit. Un nuage de fumée monte au dessus du centre-ville de Tunis.

Parmi les hommes politiques présents à la manifestation, on a entraperçu notamment,

Les manifestants se sont regroupés sur l'avenue Mohamed V.

Jawhar M’Barek (Réseau Doustourna), qui a été blessé au bras, Ahmed Brahim (Ettajdid), Hamma Hammami et Radhia Nasraoui (Poct), Emna Menif (Kolna Tounes), Fadhel Moussa (Pôle démocratique progressiste), Brahim Kassas (El Aridha), Mohamed Brahmi (Mouvement du puple), Salma Baccar (cinéaste) a été agressée, des journalistes tunisiens et étrangers n'ont pas été, non plus épargnés et ont été tabassés ainsi que plusieurs membres de l’Assemblée nationale constituante (Anc).

Par Zohra Abid; kapitalis

 

 

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ZIED HANI : Les milices d'Ennahdha sont derrière les agressions d'aujourd'hui

 

 

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Une "Journée des martyrs" sous les matraques et les gaz lacrymogènes


Un manifestant face à des policiers, à Tunis le 9 avril 2012.Un manifestant face à des policiers, à Tunis le 9 avril 2012. © AFP

 

Sur l'avenue Bourguiba de Tunis, où tout rassemblement était interdit par le gouvernement, la commémoration de la "Journée des martyrs" a tourné à la confrontation violente avec les forces de l'ordre.

 

La commémoration de la « Journée des martyrs » - en souvenir de la répression sanglante par les troupes françaises d'une manifestation à Tunis le 9 avril 1938 - devait être pacifique. Mais la capitale tunisienne a connu des scènes de violences comme elle n'en a pas vu depuis plusieurs mois.

C'est vers 10 heures que tout a commencé avec un rassemblement sur l'emblématique avenue Bourguiba de plusieurs centaines de personnes, alors que toute manifestation y est interdite depuis le 28 mars par le ministère de l'Intérieur. Objectif des manifestants : réclamer la levée de cette décision en profitant d'une date symbolique.

 

Des jeunes gens, enroulés dans des drapeaux tunisiens ont remonté l'avenue en courant et criant : « Ni peur, ni terreur, l'avenue appartient au peuple ». La foule comptait des manifestants de tous âges. « C'est nous qui avons libéré la Tunisie, ils n'ont pas le droit d'interdire des marches pacifiques », a déclaré un septuagénaire, Mohsen Ben Henda. Puis les tirs nourris de lacrymogènes ont commencé à pleuvoir. Après des mouvements de panique, des groupes se sont rapidement reformés et la répression est encore montée d'un cran.

 

 

"Dégage! Dégage!"


« Dégage! Dégage! », ont alors scandé les manifestants en colère. « C'est affreux ce qui se passe aujourd'hui », s'est offusqué une avocate, Yamina. « Nous sommes pacifiques, et ils nous interdisent l'avenue Bourguiba alors qu'ils l'ont livrée aux salafistes », a-t-elle déclaré, au bords des larmes, en faisant référence aux récentes manifestations islamistes, dont les incidents ont justement conduit à l'interdiction des rassemblements sur l'avenue Bourguiba. Samedi déjà, une manifestation de diplômés chômeurs avait été violemment dispersée.

« Je suis consterné. Les gens que la révolution a amenés au pouvoir sont aujourd'hui ceux qui nous empêchent de manifester. C'est une journée vraiment triste », a ajouté de son côté l'ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l'Homme, Mokhtar Trifi. « Regardez, c'est ça la Tunisie de la liberté, la Tunisie d'Ennahdha », lâchait un manifestant, dégoûté.

 

 

Journalistes molestés


Fumées de lacrymogènes, charges à moto ou en camion de policiers casqués et armés de matraques, manifestants interpellés brutalement, voire frappés... Deux journalistes, la correspondante de l'hebdomadaire français Le Point et la rédactrice en chef du site tunisien Kapitalis, ont été elles-aussi molestées par des policiers.

 

Le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Khaled Tarrouche, a paradoxalement invoqué la menace de troubles pour justifier l'interdiction de manifester. « On ne va pas laisser s'installer le chaos. Les gens ont la possibilité de manifester ailleurs que sur l'avenue Bourguiba », a-t-il dit. Selon lui, en tirant des lacrymogènes, les forces de l'ordre « voulaient éviter de pires affrontements ».   Jeuneafrique

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 05:46

...كلمة واحدة : موعدنا يوم 9 أفريل في شارع الحبيب بورقيبة       

Doustourna


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Doustourna   


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Manif du 9 avril : La gauche défie Ali Laâridh


9avril-tunisiePour commémorer la fête des Martyrs du 9 avril, les forces de gauche se préparent à défiler dans l’avenue Habib Bourguiba, défiant la décision du ministère de l’Intérieur, interdisant l’artère principale de Tunis à tous les manifestants. Les messages de mobilisation circulent, les mots d’ordre sont donnés.

Le rendez-vous est pris à 10h, sur l’avenue Mohamed V, pour le rassemblement général. Pour célébrer le 9 Avril 1938. Ce jour où les Tunisiens se sont élevés contre l’injustice de l’occupant. Ce jour où les forces de répression du colonisateur français tireront à l’automitrailleuse sur nos aïeux armés de leur seule dignité. Aujourd’hui, le peuple de gauche est chauffé à blanc. Après que les blessés de la Révolution aient été tabassés au ministère des Droits de l’Homme. Après que les manifestants de l’Union des Diplômés Chômeurs aient été matraqués le samedi 7 avril, devant le ministère de l’Intérieur, alors que les salafistes jouissent d’une relative mansuétude.

Le Parti Ouvrier Communiste Tunisien (POCT) annonce d’entrée la couleur. Rouge. Evidemment. «L’avenue Habib Bourguiba restera la nôtre. Demain nous y serons. Pour la Tunisie. Par fidélité à ses martyrs». L’Union Générale des Etudiants de Tunisie (UGET) sonne aussi le rassemblement et annonce : «Demain nous serons des milliers et des milliers».

leila-toubel-tunisieDans l’une  de ses envolées lyriques, dont elle garde jalousement le secret, la comédienne Leila Toubel écrit : «l’avenue Habib Bourguiba est à nous.  Nous l’avons prise par le sang des martyrs et la douleur des blessés. La noce des martyrs ne peut avoir lieu que là-bas. L’étendard rouge et blanc y flottera au bout de nos bras. L’hymne national sera chanté là-bas. Demain les femmes pousseront leurs youyous en l’honneur des martyrs. Ceux qui sont tombés pour la cause. Pour la patrie, pour la liberté». Leila Toubel avertit : «Un conseil à Ali Laâridh. Appelle ton prédécesseur à la tête de ton ministère. Il t’apprendra que nous sommes un peuple qui triomphe ou qui meurt».   

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C’est dire qu’en interdisant aux contestataires la plus importante avenue de Tunisie, celle où les Tunisiens ont donné les derniers coups de boutoirs qui ont achevé de faire tomber Ben Ali de son piédestal, le ministre de l’Intérieur s’est placé dans  une situation difficile. Il devra faire face, demain, le lundi 9 avril 2012, à un bien cruel dilemme. S’il autorise les manifestants à déferler sur l’avenue Habib Bourguiba, ce geste sera perçu comme une reculade. Mais  les risques de dérapages sont très grands s’il persiste à vouloir l’interdire aux manifestants. Autant dire que dans les deux cas, il n’en sort pas vraiment gagnant.  mag14

 

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Manifester sur l’Avenue Habib Bourguiba : désobéissance civile?


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Le 25 mars 2012, des hommes et des femmes de théâtre avaient obtenu l’autorisation du ministère de l’Intérieur pour produire un spectacle en plein air, sur l’avenue Habib Bourguiba, à l’occasion de la Journée du théâtre. 

À quelques mètres, au niveau de l’horloge de la place du 14 janvier, des salafistes manifestaient pour l’application de la Chariâa, escaladaient l’horloge, appelaient au meurtre de Béji Caïd Essebsi et des juifs. Ces derniers avaient reçu, au dernier moment, l’autorisation de manifester entre la gare de TGM et la place de l’horloge. C’est du moins ce qu’avait affirmé le ministère… même si les circonstances de l’autorisation de la manifestation restent floues… même si autoriser deux manifestations, à quelques mètres l’une de l’autre peut être considéré comme une erreur grave d’appréciation… même si les salafistes ont fini par envahir l’avenue Habib Bourguiba, par agresser les artistes et par appeler au meurtre, tout en étant défendus par la suite par ce même ministère et sans que la police n’intervienne. 

Malgré ses multiples erreurs de jugement, le ministère décide, trois jours après ces incidents, d’interdire à tous le droit de manifester sur la célèbre avenue. Est-il alors possible d’outrepasser une décision jugée illégitime en appelant à la désobéissance civile? 

Du point de vue strictement légal, Jaouhar Ben Mbarek a trouvé la faille. La décision prise par le ministère de l’Intérieur d’interdire les manifestations sur l’avenue Habib Bourguiba n’a pas été publiée dans le journal officiel. Ainsi, les manifestants ne contreviendraient pas à la loi en outrepassant cette interdiction. Mais si nous allons plus loin, il est également possible de prétexter la prolongation de l’état d’urgence, un état d’urgence qui, s’il était respecté, permettrait d’interdire toute forme de manifestation ou de rassemblement, à travers toute la Tunisie. Un état d’urgence qui permet de restaurer un couvre-feu ou prendre des mesures dites sécuritaires à tout moment. Mais malgré l’état d’urgence, les manifestations ne sont pas interdites par le pouvoir en place, si ce n’était l’avenue Habib Bourguiba. La législation dans ce cas précis est donc faillible et il est difficile de s’y référer strictement. 

D’un point de vue pratique, le ministère de l’Intérieur a émis une décision unilatérale. Cette décision a été transmise aux forces de l’ordre qui sont, théoriquement, tenues de la respecter. C’est ce qui s’est passé ce samedi 7 avril 2012 lors de la manifestation des diplômés chômeurs au centre-ville de Tunis. 
Prévu initialement devant le Théâtre municipal, le rassemblement a eu lieu au niveau de la Place Mohamed-Ali. Mais en tentant de défier les forces de l’ordre pour accéder à l’avenue Habib Bourguiba, les manifestants ont été violemment repoussés, certains tabassés, et la police a usé de gaz lacrymogènes pour disperser les protestataires. Dans cette période transitoire, sans légitimité constitutionnelle, avec des lois qui émanent encore de la politique répressive de la dictature de Ben Ali, le ministère de l’Intérieur a-t-il intérêt à se montrer intransigeant et sévère, ou à revenir sur cette décision jugée liberticide, pour assurer le calme et la sécurité ? 

D’un point de vue empirique, les manifestants du 14 janvier devant le ministère de l’Intérieur étaient également dans l’illégalité. Mais personne ne remettrait en cause la légitimité de cette manifestation et de celles qui ont précédé, au nom de la désobéissance civile. Un concept original par lequel il est possible de refuser de se soumettre à une loi si celle-ci est jugée inique et arbitraire. 

L’arbitraire de la loi interdisant de manifester sur l’avenue Habib Bourguiba peut aisément être démontré. Celle-ci a été édictée suite à une erreur du ministère de l’Intérieur d’autoriser deux manifestations opposées au même endroit et par l’inaptitude des forces de l’ordre à faire respecter… l’ordre. 

Le ministère de l’Intérieur invoque les plaintes prétendument reçues par les commerçants suite aux problèmes survenus sur l’avenue. Le 20 mars pourtant, lorsque des milliers de manifestants se sont rassemblés sur la même avenue, aucune dérive n’a été constatée, les commerces étaient ouverts, les cafés faisaient le plein et les boutiques accueillaient de nouveaux clients. Le problème d’insécurité sur l’avenue Habib Bourguiba n’a donc concerné qu’une minorité de contrevenants, et la responsabilité de ces incidents incombe, comme cela a été évoqué, au ministère de l’Intérieur et ses erreurs d’appréciation. Comment alors demander à ceux qui manifestent pacifiquement, lors des fêtes, que ce soit celle du théâtre, de l’indépendance ou demain, celle à la mémoire des martyrs, de se soumettre à une telle interdiction, alors même que les fauteurs de trouble sont défendus par le pouvoir en place? 

C’est en partant de cette logique que les différents représentants de la société civile, les syndicalistes et les partis dits démocrates et progressistes ont décidé d’appeler à manifester sur la principale artère de Tunis. « L’avenue Habib Bourguiba est un symbole de la révolution, cette avenue appartient au peuple, et il est inconcevable qu’un parti qui se dit légitime et qui est élu démocratiquement nous interdise d’y manifester », a déclaré en ce sens Maya Jribi lors de la cérémonie d’ouverture du Congrès du PDP. Le secrétaire général adjoint de l’UGTT appuie cette prise de position en appelant à manifester demain 9 avril à la mémoire des martyrs et le 1er mai pour la fête du travail, sur cette même avenue. 

Pour édifier un Etat de droit, les représentants de l’Etat doivent faire respecter les lois qu’ils édictent. Mais pour que ces lois soient respectées, celles-ci doivent être légitimes et assimilées comme telles par la population. La légitimité des urnes ne suffit pas et si les lois sont jugées liberticides, la légitimité d’une « désobéissance civile » afin de garantir la liberté peut prévaloir. Mais ces considérations sont le fait de la subjectivité de ses auteurs et le pouvoir en place, dans cette période transitoire, a la lourde tâche d’instaurer l’équilibre entre la légitimité et la législation. Demain 9 avril, à la mémoire des martyrs, la société civile appelle à manifester sur l’avenue interdite, au nom de cette légitimité. Ali Laârayedh aura donc un choix à faire. Soit faire respecter ses décisions, quitte à se montrer inique et redonner une image d’un Etat policier arbitraire, soit se rétracter et redonner au peuple son droit à manifester en ce lieu symbolique. Serait-ce un aveu de faiblesse ou de bon sens que de revenir sur cette décision ?    
Monia Ben Hamadi; businessnews

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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 05:32
Il faut revoir les lois qui infligent des peines de prison pour “atteinte aux bonnes mœurs”

 

La peine de prison de sept ans prononcée le 28 mars 2012 contre deux Tunisiens pour avoir publié des écrits perçus comme offensants envers l’islam illustre la nécessité d’abroger les lois répressives datant de l’ère Ben Ali, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.


L’un des hommes condamnés, Ghazi Ben Mohamed Beji, a publié en juillet 2011 un extrait intitulé L’Illusion de l’islam, tiré d’un essai qu’il avait écrit et diffusé sur www.scribd.com, un site libre dédié au partage de publications. Dans l’introduction, il écrit que son intention est de montrer « le visage répugnant de l’islam ». L’essai traite de façon satirique de certains aspects de la biographie du prophète Mohammed, tournant en dérision sa vie sexuelle en termes crus. L’autre homme, Jabeur Ben Abdallah Mejri, a publié des photos sur sa page Facebook, contenant des caricatures du prophète tirées du livre de Beji, ainsi que des écrits satiriques sur l’islam et le prophète. 

« Tant que ces lois répressives de l’ère Ben Ali sont en vigueur, les autorités seront tentées de les utiliser à chaque fois que cela les arrange politiquement », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.

Le Tribunal de première instance de la ville de Mahdia a prononcé les peines de prison assorties d’amendes s’élevant à 1 200 dinars tunisiens (790 dollars US). Les hommes, tous deux âgés de 28 ans, ont été inculpés et condamnés ensemble par le tribunal de Mahdia pour avoir publié des documents « de nature à nuire à l'ordre public ou aux bonnes mœurs » en vertu de l’article 121(3) du code pénal, un article adopté par les législateurs en 2001.

Mejri est en prison à Mahdia depuis le 5 mars. Beji, qui a fui en Europe le 9 mars, a été condamné par contumace.

L’affaire est au moins la troisième dans laquelle les autorités ont introduit des chefs d’inculpation relevant d’un discours jugé insultant envers l’islam ou la moralité, depuis que la nouvelle Assemblée nationale constituante du pays s’est réunie en novembre 2011. 

Les poursuites contre Mejri et Beji faisaient suite à une plainte déposée le 3 mars par Foued Cheikh Zaouali, un avocat de la ville de Mahdia. Il a soutenu que Mejri avait « porté atteinte au prophète par des photos et des écrits, ainsi qu’aux valeurs sacrées de l’islam, causant une fitna (division) entre les musulmans ». L’avocat a déclaré à Human Rights Watch qu’il avait déposé plainte après avoir consulté la page Facebook de Mejri et y avoir trouvé les caricatures. La plainte originelle ne concernait que Mejri, qui a été arrêté le 5 mars et a comparu devant le juge d’instruction le même jour.

Dans le procès-verbal de l’interrogatoire de Mejri, obtenu par Human Rights Watch, celui-ci a déclaré que les photos et les écrits de sa page Facebook reflétaient son athéisme et le fait qu’il ne croyait pas en l’islam. Lors d’une seconde comparution devant le juge d’instruction le 7 mars, Mejri a déclaré qu’il avait intentionnellement porté atteinte à l’image du prophète et de l’islam en publiant des dessins que lui avait fourni Beji, un des ses amis, et il s’en est excusé, d’après le procès-verbal.

Le 9 mars, la Cour de première instance de Mahdia a ouvert une enquête criminelle contre Mejri et Beji pour avoir « nui à l'ordre public et aux bonnes mœurs » en vertu des articles121(3) et 226 du code pénal, ainsi que de l’article 86 du code des télécommunications.

L’article 121(3) du code pénal définit comme un délit « la distribution, la mise en vente, l'exposition aux regards du public et la détention, en vue de la distribution, de la vente, de l'exposition dans un but de propagande, de tracts, bulletins et papillons d'origine étrangère ou non, de nature à nuire à l'ordre public ou aux bonnes mœurs ». L’article 226 énonce qu’une personne portant atteinte aux bonnes mœurs en s’étant « sciemment, rendu coupable d'outrage public à la pudeur » est passible d’une peine de prison. L’article 86 du code des télécommunications, adopté en 2001, prévoit une peine de prison de un à deux ans et une amende pouvant atteindre 1 000 dinars pour quiconque « nuit aux tiers ou perturbe leur quiétude à travers les réseaux publics des télécommunications ». 

Beji avait déjà rencontré des problèmes à cause de ses déclarations et de son comportement reflétant ses opinions athées. Il a déclaré à Human Rights Watch par téléphone :

Le 5 mars, un parent m’a informé que mon ami Jabeur Mejri avait été arrêté à Mahdia à cause de ses écrits jugés blasphématoires. J’ai décidé de m’enfuir en Libye, mais je n’y suis resté qu’un seul jour, car la situation là-bas ne me semblait pas sûre. Donc je suis retourné en Tunisie. Le 9 mars, j’étais chez mes grands-parents quand ma mère a appelé pour m’avertir de ne pas rentrer à la maison car la police fouillait notre maison et me cherchait. J’ai décidé de m’échapper.

J’étais déjà inquiet pour ma sécurité, car quelques semaines auparavant, j’avais commencé à recevoir des menaces via des coups de téléphone anonymes et à me faire insulter dans la rue. Je me sentais comme un paria et mes amis m’ont tourné le dos. Je suis d’abord parti en Algérie, mais je ne me sentais pas en sécurité là-bas, donc j’ai décidé de partir en Turquie, et de là en Europe.


Beji, qui est agronome, a déclaré qu’il avait décidé d’écrire son livre après avoir été licencié de son travail dans une gare ferroviaire, puis d’un emploi dans une usine. Il attribue ces deux licenciements à des collègues qui n’acceptaient pas son athéisme, ses remarques critiques sur l’islam, et son refus de jeûner pendant le mois de ramadan. 

Jugé par contumace, Beji a droit d’après la loi tunisienne à un nouveau procès, s’il se rend aux autorités. Toutefois, le juge pourrait décider de le placer en détention provisoire, comme il l’a fait dans le cas de Mejri. Mejri a depuis fait appel de ce jugement.

Dans une autre affaire impliquant des actes d’expression jugés insultants, Nasreddine Ben Saïda, directeur du quotidien Ettounsiyyaa passé une semaine en détention provisoire en février, avant d’être condamné, le 8 mars, à payer une amende de 1 000 dinars (657 dollars US) pour avoir publié une photo d’une star du football posant avec sa petite amie à moitié nue.

Les autorités ont également continué à poursuivre Nabil Karoui, directeur de Nessma TV, en vertu de l’article 121(3) du code pénal, pour avoir diffusé le film d’animation Persépolis, qui contient une représentation picturale de Dieu, interdite par l’Islam selon de nombreux musulmans. Inculpé depuis octobre 2011, Karoui est resté en liberté provisoire, tandis que son procès a connu de nombreux reports.  

Selon le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), les gouvernements ne peuvent restreindre le droit à la libre expression que pour protéger la moralité publique, si la restriction répond strictement aux critères de nécessité et de proportionnalité, et n’est pas discriminatoire, y compris sur les plans de la religion ou de la croyance. Pourtant, les lois que les autorités tunisiennes ont utilisées pour poursuivre de tels actes d’expression sont trop larges et leur ont permis de punir des gens pour leurs discours sur le seul motif qu’ils étaient jugés insultants envers l’islam.

Le comité des droits de l’Homme des Nations Unies, dans ses commentaires généraux sur l’article 19 du PIDCP, a considéré que le droit à la libre expression protège les discours qui pourraient être jugés insultants ou blessants par les fidèles d’une religion particulière, à moins que ces discours reviennent à un « appel à la haine nationale, raciale ou religieuse qui constitue une incitation à la discrimination, à l'hostilité ou à la violence ». Le comité des droits de l’Homme fait autorité pour interpréter le PIDCP. 

Sur le droit à la liberté de religion et de conscience – énoncé dans l’article 18 du PIDCP – le comité des droits de l’Homme a affirmé en 1993 que l’article 18 protégeait « les convictions théistes, non théistes et athées, ainsi que le droit de ne professer aucune religion ou conviction ».

L’Assemblée nationale constituante est en cours de rédaction d’une nouvelle constitution qui établira les principes selon lesquels les lois du pays seront éventuellement révisées. 

« Mejri et Beji ont peut-être choqué certains Tunisiens par leurs publications, mais ce n’est pas une raison de les emprisonner », a déclaré Sarah Leah Whitson. « L’Assemblée nationale constituante devrait rédiger une constitution intégrant de solides garanties à l’égard de la liberté d’expression et de conscience, qui fourniront une base solide pour abolir la peine d’emprisonnement visant les délits d’expression non violents. ». hrw.org


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9 avril 2012 1 09 /04 /avril /2012 05:03

 

 

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Des graffitis pour faire disparaître les barricades


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On les a matraqués, refoulés et ils se sont même fait tirer dessus, mais les militants égyptiens sont revenus dans le centre du Caire pour maintenir la flamme de leur révolution avec cette fois des pinceaux et des pots de peinture.

De loin, la grande avenue Cheikh Rihan, d'ordinaire très encombrée, apparaît étrangement vide et calme. Pas une voiture, pas âme qui vive.

 

En s'approchant, on réalise qu'une fresque en trompe-l'oeil a reproduit la perspective de la rue avec ses lampadaires et ses arbres sur une barricade de béton édifiée par les forces de l'ordre pour barrer la voie.

La campagne intitulée "pas de murs" vise à utiliser les multiples barricades en blocs de pierres et murs érigés par la police et l'armée pour interdire des rues proches de la célèbre place Tahrir, épicentre du soulèvement qui a renversé le président Hosni Moubarak en février 2011, et site d'innombrables manifestations depuis.

 

Officiellement, ces murs visent à protéger des bâtiments officiels, souvent pris à partie dans le contexte politique volatile qui règne depuis l'an dernier, et qui pourrait se tendre à nouveau avec l'élection présidentielle prévue fin mai.

 

Mais pour les manifestants, ils témoignent d'une volonté de morceler le quartier afin d'empêcher les cortèges de protestation contre l'actuel pouvoir militaire de se déplacer d'une rue à l'autre.

 

La réponse au béton se fait à coups de pinceaux, mêlant humour, espoirs et colère.

 

"Nous n'avons pas fait une révolution pour en arriver à ce qu'ils (les forces de l'ordre) construisent des murs de séparation", affirme Ammar Abou Bakr, professeur à l'université des Beaux-Arts de Louxor (sud).

"Notre campagne est non-violente, il s'agit juste de faire des brèches dans ces murs grâce à des dessins", ajoute-t-il. 

De nombreuses palissades barrant les rues ou des murs d'immeubles du centre ville sont devenus de véritables fresques où l'on retrouve pêle-mêle des caricatures des généraux au pouvoir et des portraits des jeunes "martyrs" de la révolution.

Une ballerine faisant des pointes, une femme en robe noire traditionnelle portant une bonbonne de gaz sur la tête, des loups, des serpents à tête humaine et autres personnages ornent aussi désormais les rues du centre-ville.

"Notre révolution est pacifique. S'ils jouent avec les murs, nous jouons avec les esprits. Ils dressent des murs, mais nous faisons en sorte qu'on ne les voie plus" affirme Amr Nazir, un autre dessinateur.

Jouant au chat et à la souris avec les autorités, les artistes peignent à toute allure avant que leurs oeuvres ne soient effacées.

"Les autorités n'acceptent pas les mouvement de graffitis, pas seulement en Egypte mais dans le monde entier. Nous tentons d'introduire un nouveau style, de nouveaux sujets", affirme Alaa Awad, un autre professeur des Beaux-Arts de Louxor.

Lui a décidé de peindre un sujet inspiré d'une page de la Description de l'Egypte, la monumentale encyclopédie réalisée par les savants de l'expédition de Napoléon Bonaparte, dont un des rares exemplaires a disparu dans l'incendie d'un institut historique en décembre près de Tahrir.

Mais peu après la fresque terminée, des manifestants ont fait tomber les blocs de béton qui lui servaient de support. Non pour détruire la peinture, mais pour abattre ce mur situé près du siège du gouvernement, emblématique de la volonté du pouvoir de protéger ses institutions.

D'autres murs ont été décorés de portraits de Samira Ibrahim, jeune manifestante qui accuse l'armée de pratiquer des "tests de virginité" sur les femmes arrêtées lors des rassemblements contre pouvoir militaire.

Une peinture la représente, le regard rebelle, au-dessus de soldats ayant tous le visage du médecin militaire poursuivi par Samira, récemment relaxé par la justice militaire.

Un peu plus loin une série de portraits de personnes tuées durant les manifestations, portent des ailes de couleur vive, symbolisant, explique Ammar Abou Bakr, "les martyrs, les saints et les anges" dans l'art pictural des Coptes (chrétiens d'Egypte).

Cette forme d'art libre dans la rue attire désormais de nombreuses personnes dans le centre ville, qui prennent des photos et posent devant les graffitis et oeuvres murales.

"Je suis passé dans la rue et j'ai reconnu les portraits de martyrs", raconte Gamal al-Sayyed, un consultant en informatique. "Comme le montre le graffiti, ils sont maintenant devenus des anges". bluewi

 

 

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Présidentielle égyptienne: rebondissements pour la clôture des candidatures

 

Le dépôt des candidatures pour la présidentielle égyptienne s'est terminé dimanche avec des rebondissements de dernière minute qui bouleversent la course à la magistrature suprême, à près de six semaines du premier tour.

 

Une vingtaine de personnes ambitionnant de diriger le pays le plus peuplé du monde arabe après la chute en février 2011 du régime de Hosni Moubarak se sont officiellement portées candidates.

Parmi elles figurent l'ancien patron de la Ligue arabe Amr Moussa, le prédicateur salafiste Hazem Abou Ismaïl, le richissime homme d'affaires et membre des Frères musulmans Khairat al-Chater, l'ancien membre de la confrérie islamiste Abdelmoneim Aboul Foutouh ainsi que le dernier chef de gouvernement de M. Moubarak, Ahmad Chafiq.

L'ancien chef du Renseignement Omar Souleimane, un pilier de l'ère Moubarak, a déposé son dossier de candidature moins d'une demi-heure avant la clôture à 14H00 locales (12H00 GMT).

La police militaire gardait l'entrée de la commission électorale située en banlieue du Caire, de crainte de violences entre partisans et opposants aux candidats.

Le Conseil suprême des forces armées, à qui M. Moubarak a remis le pouvoir en démissionnant sous la pression d'une révolte le 11 février 2011, s'est engagé à passer les rênes du pays aux civils en juin, une fois un président élu.

Le processus électoral a permis à des membres de l'ancien régime de revenir sur le devant de la scène, alors qu'ils faisaient jusqu'à récemment profil bas par peur de représailles.

"Le peuple veut Omar Souleimane!" criait la foule de partisans de l'ancien vice-président devant la commission électorale. "Il ramènera la stabilité et rétablira notre dignité", disait l'un d'entre eux.

L'avocat de gauche Khaled Ali et Abdallah al-Achaal du parti salafiste al-Assala se sont également enregistrés dimanche.

Bothaina Kamel, seule personnalité publique féminine à se porter candidate, n'a pas pu rassembler les 30.000 signatures d'électeurs nécessaires pour se qualifier.

Cette présentatrice de télévision et militante pro-démocratie a toutefois indiqué à la presse qu'elle continuerait "d'oeuvrer à développer la conscience politique du peuple égyptien".

Le processus de candidature a été émaillé de coups de théâtres, devenant source de stupeur ou d'hilarité en Egypte.

Le salafiste Hazem Abou Ismaïl, connu pour ses positions anti-américaines, va ainsi probablement être disqualifié après l'annonce que sa mère a été naturalisée Américaine en 2006. Selon la loi électorale, tout candidat à la magistrature suprême doit être uniquement égyptien, de même que ses parents et son épouse.

Les Frères musulmans, qui s'étaient engagés à ne pas participer à la présidentielle, ont créé la surprise en présentant Khairat al-Chater.

Mais ce dernier pourrait lui-même être disqualifié car il est sorti de prison en mars 2011 après avoir été condamné par un tribunal militaire à sept ans de réclusion pour des accusations de terrorisme et de blanchiment d'argent.

Or la loi stipule que toute personne ayant été condamnée à de la prison doit attendre six ans à partir de la fin de sa peine ou de la date de sa grâce avant de pouvoir retrouver ses droits politiques.

Samedi, la justice administrative a d'ailleurs interdit à l'opposant Ayman Nour de se présenter en vertu de cette loi, bien que le pouvoir militaire ait décidé quelques jours auparavant de lui rendre ses droits politiques.

Pour être sûrs de rester dans la course au cas où leur candidat serait disqualifié, les Frères musulmans ont présenté en dernière minute un candidat "alternatif", le président de leur Parti de la liberté et de la justice (PLJ), Mohammed Morsi.

Quant à Safwat Hegazy, le candidat de la Gamaa islamiya, groupe ultra conservateur auteur de nombreuses attaques dans les années 1990 avant de renoncer à la violence, il a finalement décidé de se retirer de la course.

Le premier tour de la présidentielle est prévu les 23 et 24 mai et la commission doit examiner les candidatures du 13 au 15 avril. Les candidats rejetés auront 48 heures pour présenter un recours. tempsreel.nouvelobs

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 17:59

Les événements du 9 avril 1938

 

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Les partis démocrates appellent à manifester sur l’avenue Habib Bourguiba malgré l’interdiction

 

 

 

Lors du Congrès d’unification du PDP, Maya Jribi, Ahmed Brahim, Iyed Dahmani ou encore Samir Cheffi, représentant de l’UGTT, se sont indignés de la décision récente du ministère de l’Intérieur d’interdire les manifestations sur l’avenue Habib Bourguiba. 

 

 

 «L’avenue Habib Bourguiba est le symbole de la révolution, et en cela, il est inconcevable d’y interdire les manifestations. Demain 9 avril, pour la commémoration de nos martyrs, nous irons manifester sur cette avenue qui appartient au peuple », a déclaré, en substance, Maya Jribi, appuyée par les différents intervenants. 

 

Samir Cheffi, représentant de l’UGTT a également appelé à manifester sur l’artère principale de Tunis, les 9 avril et 1er mai prochains. businessnews

 

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Le 9 avril, ça va chauffer !!

 

Dés que l’interdiction officielle de manifester sur l’avenue Habib Bourguiba a été publiée par le ministère de l’intérieur, tous les observateurs ont pensé au 9 Avril comme étant une occasion qui aurait mérité d’être célébrée en ce même endroit. 

 

Toutefois, tout le monde était disposé à respecter la loi et à éviter de s’y rendre avec, néanmoins, un pincement au coeur. Malheureusement, les choses se sont envenimées entre temps et deux principaux évènements ont eu lieu : Premièrement, l’agression de blessés de la révolution et de leurs familles au sein même du ministère des droits de l’Homme, deuxièmement, la répression de la manifestation des chômeurs diplômés qui ont essayé de défiler sur l’avenue.

 

Les manifestants ont dans les deux cas été sauvagement agressés par les policiers qui n’ont pas hésité à faire usage de gazs, de matraques et d’insultes pour disperser les participants et les sympathisants. On a renoué avec des pratiques que l’on croyait révolues et la police de Ben Ali a encore une fois fait étalage de toutes ses compétences en matière de répression. Cependant, le contexte est particulier, cette répression s’est exercée vis à vis de deux revendications essentielles : soigner les blessés de la révolution et trouver du travail aux jeunes. Apparemment, le gouvernement actuel ne pense pas que ce sont des revendications d’actualité.

Credit photo : Ali Garboussi

Ce gouvernement assumera par conséquent la responsabilité de toutes les agressions et dépassements passés et futurs et en particulier ceux du 9 Avril. Malgré l’interdiction, un grand nombre de tunisiens ira braver l’interdiction de défiler sur l’avenue Habib Bourguiba et des affrontements sont à prévoir. La police tunisienne en agissant comme elle l’a fait a rendu la situation encore plus tendue et devra en assumer les conséquences. Comme le disait un grand homme : » Une loi idiote se doit d’être enfreinte ». thetunisianway

 


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Quand le Ministère de l’intérieur réprime au nom du tourisme

Source : la page d'Albadil.org suer Facebook

La manifestation de l’Union des diplômés chômeurs qui a eu lieu hier 7 avril a été violemment réprimée. Ayant commencé leur marche à partir de la Place Mohamed Ali, les manifestants ont été empêchés d’avancer vers l’avenue H.Bourguiba. Le scénario de la répression s’enchaîne : gaz lacrymogène, matraque… Les manifestants jettent alors des pierres sur les agents des forces de l’ordre, dont six seront blessés selon le porte parole du ministère.

Le ministère de l’intérieur publie un communiqué où il explique que selon la décision prise le 28 mars et outre le fait que cette manifestation n’était pas autorisée, la police a agit de la sorte car ces manifestations à l’esplanade de l’avenue, artère principale de la capitale, nuiraient aux commerçants, au tourisme et bloqueraient la circulation.

Sur un plan légal, l’ambigüité est de mise car sous l’état d’urgence prolongé jusqu’à la fin de ce mois d’avril, aucune manifestation ou sit-in ne peut avoir lieu. Cependant, seule l’avenue H.Bourguiba a été strictement interdite par le ministère de l’intérieur et ce à cause des heurts qui ont eu lieu entre islamistes et artistes le 25 mars dernier.

La décision du ministère d’empêcher la progression de cette manifestation -dont les organisateurs ont pourtant cherché à la déclarer aux autorités- viserait à assurer la circulation, à épargner aux commerçants les ennuis et à aider le tourisme néanmoins le résultat semble être tout autre. En effet, les médias occidentaux -que M.Ali Laraiedh estime beaucoup- n’ont pas manqué cette énième répression. Sur le Nouvel Observateur et selon l’AFP on peut lire :

 

« Plusieurs personnes ont été blessées samedi lors d’une manifestation de diplômés chômeurs dispersée par la police dans le centre de Tunis, ont constaté des journalistes de l’AFP.
La police a tiré des gaz lacrymogènes et donné des coups de matraques pour empêcher l’accès à l’avenue centrale Habib Bourguiba, désormais interdite aux manifestations, de plusieurs milliers de manifestants rassemblés pour réclamer des emplois. »

 

 

Cela rappelle aux Tunisiens qui étaient en première ligne au mois de décembre 2010 un scénario identique où des manifestants ont protesté pour les mêmes raisons…contre la cherté de vie et le chômage. C’était le 28 décembre 2010 où l’acteur Nassereddine Shili a marqué cette journée par son pain à la main… Et où la police de Ben Ali “a protégé le tourisme.”

Le 9 avril, fête des martyrs, une autre manifestation aura lieu à l’avenue H.Bourguiba, elle sera certes réprimée mais le peuple tunisien ne cédera jamais. Ne faut-il pas que Ali Larayadh, qui a enfin le pouvoir, change la stratégie du bras de fer et apprenne des Allemands qui veulent apporter leur « savoir-faire » dans le domaine sécuritaire à la Tunisie ? N’a-t-il pas compris qu’en fin de compte, quand la cause est juste, il est un péché de la réprimer ?

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 06:27

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8 avril 2012 7 08 /04 /avril /2012 04:17

Dernière nouvelle (9-avril 2112)

Hamma Hammami accuse Ennahda d'avoir utilisé une milice pour agresser et intimider les manifestants pacifiques du 9 avril 2012


 

Et Ennahdha réagit en accusant Hamma de diffamation.  Le mouvement islamiste  compte le poursuivre devant la justice, comme l’avait fait avant eux plusieurs fois le régime Ben Ali.

 

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Archives 

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Hamma Hammami, dernière ligne rouge de la Révolution


hamma-hammami poct tunisiePendant que le gouvernement Ennahdha refoule les blessés de la Révolution au ministère des Droits de l’Homme. Alors que son partenaire Cpriste sombre dans le ridicule et les luttes intestines. A l’heure où le poisson d’Ettakatol semble s’être définitivement noyé dans l’eau.

 

A une époque où la (supposée) gauche, s’acoquine à Monastir avec des rescapés du RCD et des dinosaures du Destour, le POCT se profile comme le seul véritable défenseur de la dernière ligne rouge de la Révolution Tunisienne.

 

Hamma Hammami marque des points en apparaissant comme l’un des (très) rares dirigeants de parti à refuser de tremper dans les combines, et à répondre réellement aux attentes des Tunisiens réellement attachés à atteindre les objectifs de la Révolution que d’autres semblent avoir oublié dans la course au pouvoir, et s’être perdus dans les compromissions.

 

«Il faut réformer l'appareil sécuritaire, la justice, le secteur des médias, l’administration» a ainsi claironné Hamma Hammami, secrétaire général du parti ouvrier communiste des travailleurs tunisiens (POCT), lors d’un meeting qui a eu lieu à Ksar Helal, dimanche 1er avril,

 

« La transition démocratique passe avant tout par la réforme de l'appareil sécuritaire, la justice, les médias et l'administration », a affirmé Hamma Hammami. Face à un parti gouvernemental qui nomme à tours de bras ses représentants dans les gouvernorats, Hamma tire la sonnette d’alarme et rappelle les principes de la neutralité de l’administration, rappelant que «la compétence est plus importante que l’allégeance». Il précise qu’il aurait fallu «débattre de la question à l’Assemblée Constituante».

 

Reste ce qui apparait aujourd’hui comme le leitmotiv du POCT : le dossier de la police politique, toujours pas ouvert par la troika. Un dossier d’autant plus brûlant que des militants comme Hamma Hammami lui-même, et Om Zied, ont déclaré avoir repéré des indices attestant qu’ils sont toujours sur écoutes, comme au «bon vieux temps» de Ben Ali. Pis : le secrétaire général du POCT a même été pris en filature, suivi par des flics. Or les archives de la police politique restent secrètes, et le gouvernement n’est pas prêt à les ouvrir.

 

Hamma Hammami est ainsi revenu, lors de ce meeting de son parti, sur la torture, toujours d’actualité plus d’une année après la Révolution, et les agressions subies par les journalistes et les artistes, commises par des «groupes criminels qui utilisent différentes couvertures».

 

En somme, a priori, les objectifs délimités par le secrétaire général du POCT sont donc (théoriquement) on ne peut plus consensuels. Serait-ce cela la subversion ? Hamma martèle : «nous n’appelons pas à la chute du gouvernement, mais l’exhortons à réaliser les objectifs de la Révolution». Des objectifs que la troika semble avoir quelque peu escamotés lors de l’exercice effectif du pouvoir. Au final, une fois de plus Hamma Hammami et les militants du POCT se retrouvent à assumer (fièrement) le rôle des derniers Mohicans de la Révolution. Les éternels résistants. mag14

 


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Les quatre urgences de la transition démocratique selon Hamma Hammami

 

010412hammami

 

« La transition démocratique passe avant tout par la réforme de l’appareil sécuritaire, la justice, les médias et l’administration », a affirmé le secrétaire général du parti communiste des travailleurs tunisiens (PCOT) Hamma Hammami.

 

Hammami qui s’exprimait, dimanche, lors d’un meeting à Ksar Helal ( Monastir), a insisté sur la neutralité de l’administration. Les responsables doivent être élus et choisis en fonction de leur compétence.

Les dernières nominations dans le corps des gouverneurs ont été « contraires » à ce principe, a-t-il fait observer. Car, selon lui, ils appartiennent au mouvement Ennahdha. «  cette question aurait du être tranchée à l’Assemblée nationale constituante en cette phase transitoire » a-t-il poursuivi.

Le Secrétaire général du PCOT demande du gouvernement provisoire d’ouvrir les dossiers de l’archive, de la police politique, de la torture, des opérations d’écoute des communications téléphoniques et des interrogatoires, attribuant « les agressions subies par les journalistes, les créateurs et les étudiants et qui menacent aussi les femmes » à «  des groupes criminels quelque soit la couverture derrière laquelle ils se cachent ».

Sur un autre plan, Hammami a nié toute relation entre la révolution tunisienne et la religion. Il considère que les  accusations de mécréance est une tentative de diviser le peuple tunisien.

Il a réitéré la position du PCOT sur le gouvernement «  nous ne demandons pas de renverser le gouvernement, nous l’appelons à concrétiser les objectifs de la révolution ».  le SG du PCOT a appelé à l’incrimination de la normalisation avec l’Etat sioniste dans la nouvelle constitution. Il s’agit d’une « ligne rouge pour la diplomatie tunisienne ».

Hammami a présenté « le programme urgent » de son parti pour faire face à « la crise actuelle que connaît le pays » et «  rectifier le processus de la révolution ». Ce programme comporte notamment des suggestions politiques, économiques et sociales et propose la révision de certains accords conclus avec l’étranger. news80

 

_____________________________Entretien avec Hamma Hammami [ Archives]

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