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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 02:49

Tripoli, Damas, Paris

 

Il y a tout juste un an, seulement 48 heures avant le début des bombardements en Libye, j’écrivais un article intitulé “les enjeux de la bataille pour Tripoli”. En substance le texte soulevait la question des motivations de l’offensive occidentale en Libye mais aussi de ses conséquences potentielles, tant pour le pays que pour la stabilité dans la région.

 

L’article citait le spécialiste en géopolitique Evgueny Satanovski qui conseillait à la Russie de ne surtout pas s’ingérer dans les affaires intérieures de la Lybie, mais plutôt de consacrer tant ses ressources que son énergie au développement de la Russie. Il semblerait que celui-ci ait été entendu par le président Medvedev, qui ouvrit sans doute involontairement la porte à l’intervention militaire occidentale en Libye.

On sait ce qu’il advint, après 7 mois de bombardements, le régime de Mouammar Kadhafi détruit et ce dernier assassiné, après avoir été capturé par le Conseil National Syrien, la structure de coalition de ses opposants. Un an plus tard, on est loin des rêves de démocratie de la coalition occidentale. La situation en Libye n’est pas apaisée, loin de là, et le renversement du régime libyen par cette méthode a probablement créé plus de problèmes qu’il n’en a résolus. La Libye devrait voir la Charia devenir sa loi fondamentale et l’Est du pays est en état de quasi sécession. Les grandes villes sont toujours le théâtre d’affrontements sporadiques entre partisans de l’ancien régime, et diverses milices du nouveau pouvoir. Les vidéos répugnantes de travailleurs « noirs » (libyens ou étrangers originaires d’Afrique) martyrisés ont en outre fait le tour de la planète.

Le temps passe, et la rhétorique de la libération et de la démocratisation continue. Aujourd’hui c’est la Syrie qui est sous le feu médiatique occidental, alors que chacun se demande si une intervention militaire occidentale n’est pas de plus en plus probable, sur le modèle libyen. Pourtant il y a, au nom de la démocratie, quelque chose d’extraordinairement subversif et pervers dans ce qui se passe actuellement et que certains qualifient encore de Printemps Arabe. Jusqu’à maintenant, l’onde de choc qui frappe les pays arabes et aboutit à des renversements de pouvoir prend deux formes bien différentes.

La première variante se manifeste sans trop de violences meurtrières, et prend la forme de rassemblements et de soulèvements populaires comme cela fut le cas en Tunisie ou en Égypte. Très logiquement, les échéances électorales qui ont découlé de ces manifestations ont vu la prise de pouvoir des partis religieux, les peuples montrant ainsi clairement qu’ils ont plus confiance dans leur clergé que dans des hommes politiques corrompus et autoritaires. Quel est donc l’intérêt des occidentaux (s’il y en a un) à provoquer la mise en place de régimes islamistes ?

La seconde variante de ces soulèvements est moins pacifique, les opposants au régime choisissant la lutte armée, avec le soutien (moral, médiatique et logistique) des occidentaux. Le fait que les rebelles syriens soient infiltrés par des combattants islamistes radicaux salafistes, voire proches d’Al-Qaïda comme ceux qui ont combattu en Libye est passé sous silence. Le fait que des armes soient livrées par divers canaux à ces mêmes combattants radicaux, avec les risques évidents engendrés, ne fait curieusement pas la une du mainstream-médiatique occidental.

Il y a un autre aspect important de ces événements dans le monde arabe qui est occulté. Les états concernés (visés ?) par ces renversements de pouvoir sont maintenant des états non alignés du monde musulman chiite. Qu’est ce que cela veut dire ? Les démocraties occidentales font bloc avec la “ligue arabe” (sous contrôle de l’Arabie Saoudite et du Qatar, les deux seuls états wahhabites) contre des états comme la Syrie ou l’Iran. Ce faisant, les états occidentaux contribuent directement à l’extension de l’islamisme le plus radical et ils encouragent par ailleurs (peut être volontairement ?), un conflit inter religieux entre musulmans Sunnites et Chiites, conflit qui se développe lentement.

Très curieusement lorsque des manifestations de civils Chiites ont eu lieu, par exemple à Bahreïn, et ont été violemment réprimées avec l’aide de l’armée saoudienne, cela n’a pas entrainé de protestations en occident. On ne peut qu’être surpris par un tel système à deux poids et deux mesures.

Lorsque la guerre contre l’Islamisme radical et contre Al-Qaïda a été déclenchée en 2001, des opérations militaires de grande envergure ont été lancées en Afghanistan et en Irak. Les Talibans ont été provisoirement chassés du pouvoir (ils y reviennent peu à peu) et l’Irak est devenu l’épicentre du conflit Sunnite-Chiite alors même qu’aucune arme de destruction massive n’a été découverte dans ce pays.

Le 11 septembre 2001, ce ne sont pourtant pas des iraniens, des syriens ou des libyens qui ont contribué à tuer 3.000 citoyens américains. Sur les 19 terroristes impliqués, 15 étaient saoudiens et 2 émiratis. Je parlais plus haut de l’Arabie Saoudite et du Qatar, et si les liens entre ces deux pays et les États-Unis sont bien connus de tous, ceux de la France avec l’Arabie Saoudite le sont moins, l’hexagone étant pourtant le principal fournisseur européen d’armes du royaume Saoudien. Quand au Qatar, le journal "l’expansion" décrivait récemment les très forts investissements de ce pays en France sous le titre : "le Qatar rachète la France". L’article mentionnait notamment les investissements faits dans les banlieues françaises, pour y promouvoir “la diversité culturelle et religieuse via le soutien aux petites entreprises des quartiers défavorisés musulmans” via un fonds d’investissement créé fin 2011. Y a t-il un lien avec cette première et étonnante rencontre à Bagnolet au mois d’octobre 2011 et qui appelait à un printemps arabe en France ?

Il est donc difficile de décrypter le but des ingérences de la France et de ses alliés occidentaux dans le monde arabo musulman. Les projets de démocratisation en Tunisie, en Egypte et en Lybie n’ont pas donné les résultats attendus, l’occupation de l’Afghanistan et de l’Irak non plus. En Irak, l’intervention militaire a permis au bloc chiite de venir au pouvoir, mais la coalition occidentale fait maintenant le jeu des sunnites en Syrie, avec l’appui de l’Arabie Saoudite et du Qatar. De plus, il y a maintenant une menace sérieuse d’affrontements inter religieux entre musulmans dans la région, et toutes ces révolutions paraissent avoir favorisé l’implantation de certains mouvements terroristes.

Les assassinats de Toulouse et de Montauban devraient apparaître pour la France tout comme pour un certain nombre d’états occidentaux comme un avertissement quand à leurs politiques extérieures, mais aussi intérieures. Au lieu de rêver à une révolution du genre printemps démocratique en Russie, les stratèges occidentaux devraient peut être examiner avec soin les positions intelligentes de la diplomatie russe au moyen orient, ainsi que le fonctionnement du modèle multiculturel russe. egaliteetreconciliation

 

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Opération psychologique contre la Syrie : Quand le « shopping » de Mme Assad devient un « crime contre l’humanité »

 

par Finian Cunningham

 

Les membres de l’Organisation de coopération de Shanghai, incluant la Russie, la Chine et l’Iran, État observateur, imposeront à Michelle Obama, femme du président Obama et icône de la mode, des restrictions en matière de déplacements.

Le budget annuel dans les six chiffres de Mme Obama alloué aux vêtements et accessoires de designer est perçu comme un affront à la moralité, au moment où son mari supervise des guerres d’agression à l’étranger, des meurtres de masse dans plusieurs territoires à l’aide de drones et qu’il ordonne l’assassinat d’individus tels que des scientifiques iraniens spécialisés dans le nucléaire.

Également victimes de la mode, les femmes des premiers ministres britannique et français, David Cameron et Nicolas Sarkozy, seraient elles aussi touchées par des sanctions dans plusieurs pays du Moyen-Orient et de l’Asie centrale en raison de l’appui donné par ces chefs d’État à la campagne de bombardement illégale et meurtrière menée par les États-Unis et l’OTAN en Libye.

Le lecteur aura sans doute réalisé que le « reportage » ci-dessus est une parodie.

Cependant, en réalité l’Union européenne applique de telles mesures sans précédent à la femme du président syrien Bachar Al-Assad.

« L’UE flanque des sanctions à la femme d’Assad », pouvait-on lire à la une de plusieurs journaux après que le ministre européen des affaires étrangères eut interdit à Asma Assad, née en Grande-Bretagne, de voyager dans les États de l’Union. Il a par ailleurs ordonné le gel de ses avoirs personnels.

Le portrait sensationnel de la première dame syrienne de 36 ans, décrite comme, chic, glamour, voire sexy, avait pour but de présenter Mme Assad comme une ravissante idiote, insensible à la misère et à la violence incessante dans son pays.


Asma Al Assad


Samantha Cameron et Michelle Obama


Carla Bruni, Shimon Peres et Nicolas Sarkozy  

Le Washington Post l’a surnommée la Marie-Antoinette de Syrie, affirmant qu’« alors que le bain de sang se poursuit, elle fait du shopping pour s’acheter des souliers de cristal ».

Les médias dominants ont employé les termes diffamatoires comme s’ils étaient d’ordre factuel. Or, il s’avère que le battage médiatique à propos de Mme Assad est basé sur de « précieux » courriels obtenus par le journal britannique The Guardian, révélant une prétendue correspondance privée de la famille Assad. Même leGuardian émet un avis de non-responsabilité quant à la véracité des courriels, transmis selon eux par les « opposants syriens ». Il y a de fortes chances que ces messages soit faux et aient été forgés par des groupes de services de renseignement, experts, à l’instar du MI6, dans la science occulte de la calomnie.

Le fait que des affaires aussi personnelles et banales que les présumées habitudes de shopping en ligne d’une femme deviennent un sujet ministériel de politique étrangère nourrit davantage les suspicions.

Née en Grande-Bretagne, Mme Assad aurait dilapidé plus de 40,000 euros sur des articles ménagers et de mode. À la suite des sanctions de l’UE, entrées en vigueur au cours de la fin de semaine, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a déclaré : « C’est un signe de détermination de l’Union européenne dans son ensemble, afin d’accentuer la pression, la mainmise économique et diplomatique sur ce régime. »

Entre-temps, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a commenté : « Nous avions un certain nombre d’indications – je suis certain que cela ne vous a pas échappé – de la façon dont Mme Assad utilise son argent. C’est sans doute ce qui nous a poussés à durcir les sanctions. » Les inquiétudes de M. Juppé quant à la probité financière sont particulièrement significatives, puisqu’en 2004 il a été condamné par un tribunal français à 18 mois d’emprisonnement avec sursis pour avoir « abusé des fonds publics ».

Lorsqu’un quotidien met l’accent sur un dossier louche de courriels, régurgité ensuite par tous et chacun dans les médias mainstream, incluant ceux dits de qualité, et que ce dossier suspect constitue le fondement de sanctions ministérielles de l’UE, alors il dégage l’odeur typique d’une opération psychologique (« psyops »).

Cela est d’autant plus perceptible si l’on considère que les gouvernements occidentaux et leurs médias serviles ont, pendant près d’un an, grossièrement déformé la réalité des violences et du conflit en Syrie, dans le but de déstabiliser l’alliance entre Damas et Téhéran. Le président Bachar Al-Assad a été continuellement accusé de « massacrer » son propre peuple. Pourtant, les preuves qui s’accumulent indiquent que les actions des forces de son gouvernement visent davantage à protéger la population civile de groupes terroristes armés et dirigés par les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, Israël, la Turquie et les monarchies du Golfe affiliées à Al-Qaïda.

La campagne de diabolisation du gouvernement syrien atteint désormais des sommets plutôt risibles, présentant Mme Assad comme une « insensible accro du shopping » qui doit être bannie des grandes rues de toutes les civilisations décentes et respectueuses des lois.

L’ironie de l’affaire est que ce geste dérisoire et cynique de l’Union européenne devrait en réalité s’appliquer à des criminels de guerre avérés. Il existe suffisamment de preuves pour condamner d’anciens et actuels leaders étasuniens et européens pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité relativement aux agressions militaires en Afghanistan, en Irak, en Libye et visant dorénavant l’Iran.

Des sanctions contre Michelle Obama, Samantha Cameron et Carla Bruni, basées sur des actes illégaux et criminels, ont beaucoup plus de sens. mondialisation

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 06:13

 

Plus de 70 morts dans des combats entre tribus à Sebha

 

Les combats qui ont opposé depuis lundi des Toubous à des tribus arabes dans la ville libyenne de Sebha (sud) ont fait 70 morts et 150 blessés, a annoncé mercredi le porte-parole du gouvernement, Nasser al-Manaa.

"Il est regrettable que plus de 70 personnes aient été tuées et plus de 150 blessées", a déclaré le porte-parole au cours d'une conférence de presse à Tripoli.

Un bilan précédent de source hospitalière faisait état d'une quarantaine de morts et de quelque 130 blessés, en prenant en compte uniquement les victimes des tribus arabes de Sebha qui combattent des membres armés de la tribu des Toubous.

Les Toubous font état de leur côté de dizaines de morts et de blessés.

Un responsable de la région a indiqué que les affrontements avaient baissé d'intensité, alors que les Toubous se disaient encerclés et dénonçaient un "massacre".

M. al-Manaa a ajouté que 1.500 éléments de l'armée libyenne en cours de formation et des gardes-frontières étaient arrivés à Sebha pour tenter d'imposer une trêve, ajoutant que 1.500 autres soldats sont en route vers la ville située à 750 km au sud de Tripoli.

"Une délégation ministérielle s'est rendue également dans la ville pour tenter de convaincre toutes les parties de cesser les hostilités", a ajouté le porte-parole, qui reconnaît une "réaction tardive" des autorités.

M. al-Manaa a appelé "tout le monde à la retenue et à résoudre le problème pacifiquement".

Les combats à Sebha ont éclaté après que des tribus arabes ont accusé les Toubous d'avoir tué un des leurs.

Mercredi, les combats ont baissé d'intensité, a indiqué à l'AFP Abdelmajid Seif al-Nasser, représentant de la ville de Sebha au Conseil national de transition (CNT, au pouvoir) qui a démissionné mardi pour dénoncer l'"incapacité" des autorités.

Les Toubous ont affirmé de leur côté qu'ils étaient "encerclés" par les tribus arabes, qui les bombardaient "sans cesse depuis la matinée", faisant état de plusieurs morts parmi les civils.

Le chef des Toubous, Issa Abdelmajid Mansour, qui dénonce un "plan de nettoyage ethnique" visant sa tribu, avait brandit mardi la menace séparatiste, dans une déclaration à l'AFP.

"Le gouvernement n'acceptera pas une entité qui s'appelle la province des Toubous. La Libye est unifiée et celui qui a une opinion ou une idée, il n'a qu'à l'exposer pacifiquement", a réagi mercredi le porte-parole du gouvernement.

Les Toubous, à la peau noire, qui vivent à cheval sur la Libye, le nord du Tchad et du Niger, sont impliqués depuis février dans des affrontements meurtriers avec des tribus locales du sud du pays, notamment à Koufra et Sebha.

Ils sont accusés par les autres tribus de compter dans leurs rangs des combattants étrangers, notamment tchadiens.

"Il faut que la situation (dans le sud) se calme pour pouvoir décider par la suite qui (parmi les Toubous) a le droit de rester et qui ne l'a pas", a indiqué mercredi le porte-parole du gouvernement.

Depuis plusieurs années, des milliers de Toubous ont émigré des pays limitrophes, notamment du Tchad et du Niger et se sont installés en Libye où ils réclament la citoyenneté.

Cette ethnie de nomades et de contrebandiers du désert qui dénonçait sa marginalisation sous l'ancien régime de Mouammar Kadhafi, estime que la situation s'est empirée depuis l'arrivée des nouvelles autorités. tempsreel.nouvelobs

 

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le chef des Toubous dénonce un "nettoyage ethnique" au sud du pays


Les conflits tribaux se sont multipliés en Libye depuis la chute de Kaddafi.

 

 

Des affrontements tribaux ont fait des dizaines de morts à Sebha depuis le lundi 26 mars. Le chef d’une des tribus concernées, les Toubous, estime être victime d’un "nettoyage ethnique" et accuse les autorités libyennes de complicité.

Le sud libyen est-il le théâtre d’un « nettoyage ethnique » contre la tribu des Toubous ? C’est en tout cas ce qu’affirme leur chef Issa Abdelmajid Mansour, un ex-opposant au régime de Mouammar Kaddafi. Les Toubous, qui vivent sur un territoire couvrant la Libye, le nord du Tchad et du Niger, sont impliqués depuis février dans des affrontements meurtriers avec des tribus locales du sud du pays, dont les Zwei à Koufra (sud-est). Mais « aujourd'hui, le problème s'est transformé d'un conflit tribal en conflit racial », a affirmé Issa Abdelmajid Mansour mardi 27 mars, précisant que « les attaques ciblent toute personne à la peau noire ».

 

Les derniers affrontements qui ont débuté lundi 26 mars à Sebha ont fait des dizaines de morts. « Aujourd'hui (mardi 27 mars) le bilan est de 15 morts et de 63 blessés », a déclaré un médecin de la ville, Abdelrahman Arich, ajoutant que 16 personnes avaient été tuées et 60 autres blessées lundi 26 mars. Ce bilan prend en compte uniquement les victimes des tribus de la ville de Sebha qui combattent des membres armés de la tribu des Toubous. Le chef des Toubous, Issa Abdelmajid Mansour, a fait état quant à lui de 40 morts parmi les membres de sa tribu.

 

Le CNT mis en cause

 

Dans l’incapacité d’étendre son autorité sur l'ensemble du territoire libyen, le Conseil national de transition (CNT) est directement mis en cause par Issa Abdelmajid Mansour. Il accuse les autorités libyenne de faire usage d'avions militaires et de chars pour bombarder des positions des Toubous au sud de la ville de Sebha, et soupçonne également des ex-rebelles de combattre sa tribu sous la bannière du CNT.

Abdelrahmane Seif al-Nasr, chef du Comité de sécurité de la région de Fezzane (sud), a confirmé à l'AFP que des avions avaient bombardé une colonne de véhicules se dirigeant vers Sebha depuis la région de Qatroun, pas loin des frontières nigériennes et tchadiennes, après que ces « avions de reconnaissance » aient essuyé des tirs de canons anti-aériens.

 

Le représentant de la ville de Sebha au Conseil national de transition a de son côté indiqué à la chaîne de télévision Libya Al-Hourra qu'il démissionnait de son poste pour dénoncer « la passivité » du gouvernement et son « incapacité à réagir ».

Face à une situation jugée « dramatique » par le colonel Mohamed Boussif, directeur de la sûreté nationale à Sebha, le chef des Toubous a annoncé « la réactivation du Front toubou pour le salut de la Libye (FTSL, mouvement d'opposition sous l'ancien régime) », dissout après la chute du régime en août. « S'il le faut, nous allons demander une intervention internationale et œuvrer pour un État comme le Soudan du Sud », a-t-il ajouté.

 

"Nous devons nous protéger"

 

« Il s'est avéré que le CNT et le régime de Kaddafi ne sont pas différents. Le CNT a un programme pour nous exterminer », estime Issa Abdelmajid Mansour, dont la tribu avait joué un rôle clé dans la rébellion contre Mouammar Kaddafi depuis le sud du pays. « Nous avions dit que l'unité de la Libye était au-dessus de toute considération. Mais maintenant nous devons nous protéger et protéger les autres minorités », a-t-il encore poursuivi.

 

Un incident qui ne risque pas d'améliorer la situation dans le sud-libyen. Tout comme dans le reste du Sahel, victime collatérale de la chute de Mouammar Kaddafijeuneafrique

 

 

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Le CNT impuissant face aux milices tribales qui s'entretuent

 

 

Plusieurs mois après le renversement de Mouammar Kadhafi, le Conseil national de transition (CNT) a toujours des difficultés à imposer son autorité en Libye, constate Al-Jazeera.

Pour preuve, les derniers affrontements entre milices dans le sud du pays qui ont fait 20 morts.

Ahmed Abdelkadir, un conseiller local, a expliqué que ces affrontements avaient éclaté le 25 mars entre anciens combattants rebelles de Sabha, la quatrième plus grande ville de la Libye, et des hommes armés de la tribu Toubou.

Un groupe d'hommes Toubou auraient essayé de voler la voiture d'un membre de la milice Sabha.

Ahmed al-Hamrouni, ancien commandant rebelle, a déclaré que des tirs de mitrailleuses et de roquettes avaient été échangés dans les rues principales de la ville, et qu’on pouvait voir une épaisse fumée noire s’échapper de l’aéroport de Sabha, précise la BBC.

Un médecin local, Ibrahim Misbah, a indiqué que 20 combattants étaient morts de blessures par balle et plus de 40 personnes avaient été blessées.

Il a confié à Reuters que «l'équipe médicale travaille nuit et jour depuis lundi soir [26 mars] et les blessés continuent d'affluer».

Un combattant de Sabha, Oweidat al-Hafnawi, a assuré que si l'aéroport était maintenant sous contrôleil y avait «des snipers Toubou partout dans le centre-ville de Sabha et le nombre de blessés ne cesse d'augmenter».

Pour Issa Abdel Majid Mansour, représentant toubou au sein du CNT, le gouvernement veut«exterminer» son peuple, dont les membres vivent également au Tchad, au Niger et au Soudan.

«Nous annonçons la réactivation du Front toubou pour le salut de la Libye pour protéger le peuple toubou du nettoyage ethnique... Si nécessaire, nous demanderons l'intervention internationale et travaillerons sur la création d'un nouvel Etat, comme le Soudan du Sud».

Les forces gouvernementales sont arrivées dans la ville pour tenter de rétablir le calme et un comité de réconciliation aurait été mis en place pour essayer d'arrêter les violences, rapporte la BBC.

«La situation est très dangereuse et délicate. Nous suivons de près la situation et le chef de l'armée travaille sur l'envoi d'une équipe de la défense à Sabha» a déclaré à la télévision libyenne le vice-ministre de l'Intérieur Omar al-Khadrawi, rapporte Al-Jazeera.

Moustapha Abdeljalil, président du CNT, déplore l’absence d'une armée nationale forte qui pourrait convaincre les milices de se joindre aux forces armées et à la police.
 

«Je ne suis pas satisfait de la façon dont gouverne le CNT, parce qu'il est trop lent à prendre des décisions et manque de confiance dans son processus décisionnel», a-t-il déclaré à l'agence Associated Press lors d'une visite à Benghazi.

Il a également annoncé que des ministres incompétents pourraient être démis de leurs fonctions dans les mois à venir et qu'une assemblée de 200 membres élus en juin prochain aura la tâche de nommer les ministres du nouveau cabinet, rapporte Al-Jazeera. slateafrique

 

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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 05:19

 

Les 100 jours d'Ennahda

 

Tunisie: les 100 jours d'Ennahda

En attendant le congrès national d'Ennahda, en juillet, le rapport de force entre les courants plus ou moins conservateurs est permanent.

 

 

Vainqueur des élections, le parti islamique qui domine le gouvernement et l'Assemblée constituante tunisienne fait la dure expérience du pouvoir. Economie, social, religion -mais sur ce point il vient de reculer à propos de la place de la charia dans la constitution... la tension monte. 

 

C'est un parti rompu à la clandestinité, qu'une révolution a propulsé à la tête de l'Etat tunisien, avec pour mission de le réinventer. Depuis qu'il a remporté 89 sièges sur 217 à l'Assemblée constituante, lors des élections du 23 octobre 2011, le parti islamique Ennahda, interdit sous le régime de Zine el-Abidine Ben Ali, imprime sa marque aux débats sur la future Constitution et domine le gouvernement de coalition qu'il a formé avec deux partis de gauche. 

 

"Les premiers pas se font dans la douleur, reconnaît Samir Dilou, ministre des Droits de l'homme et de la Justice transitoire, également porte-parole d'un gouvernement qui fêtera ses 100 jours le 4 avril. Nous œuvrons à la relance de l'économie et à l'apaisement du climat social, mais les attentes sont immenses." Les craintes, aussi : "La Tunisie était connue pour sa tranquillité et ses mœurs progressistes, souligne Ali Gharbi, employé d'une agence de voyages. On espérait une reprise du tourisme après les élections, mais elle tarde à venir. Si Ennahda amorçait une restriction des libertés individuelles, ce serait fatal pour le tourisme."  

 

Mettre fin à la "dépendance envers l'Europe"

 

Alors que l'économie est en panne et que 1 actif sur 5 est au chômage, l'équipe au pouvoir s'est fixé deux objectifs ambitieux : la création de 40 000 emplois et un taux de croissance de 3,5 % en 2012. Avant même d'être investi Premier ministre, Hamadi Jebali a multiplié les messages rassurants en direction des investisseurs. A la recherche d'argent frais, il a mis le cap sur les pays du Golfe et prôné la diversification des partenaires économiques, afin de mettre fin à la "dépendance envers l'Europe". Aujourd'hui, pourtant, nombre d'acteurs économiques confient leur déception : "Nos dirigeants semblent en panne de stratégie pour relancer l'économie, juge Fadhel Abdelkefi, président de la Bourse de Tunis. Il manque une ligne directrice." Signe des temps, le gouvernement tarde à soumettre la loi de finance complémentaire au vote de l'Assemblée constituante.  

 

Ennahda avait soutenu les grèves avant les élections mais stigmatise aujourd'hui les revendications des travailleurs 

 

Ses relations tendues avec l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), l'ex-syndicat unique, sont une autre source d'inquiétude. "Le gouvernement entretient le flou sur la mise en oeuvre des accords signés après la révolution concernant le secteur public", relève Mohammed Msalmi, secrétaire général adjoint de l'organisation. "Ennahda avait soutenu les grèves avant les élections, ajoute-t-il, mais stigmatise aujourd'hui les revendications des travailleurs." De fait, le gouvernement a multiplié les appels à une trêve sociale : "Notre rôle est de rappeler la gravité de la situation économique et les contraintes budgétaires", selon Samir Dilou. 

 

La tension a atteint son paroxysme il y a un mois environ, lorsque l'UGTT a accusé les militants d'Ennahda d'avoir vandalisé ses locaux. Le 25 février, des milliers de personnes, dont des leaders de l'opposition, ont manifesté à Tunis pour dénoncer une "campagne de dénigrement contre l'UGTT". Certains ont appelé à la chute du gouvernement.  

 

Le Premier ministre y a vu une tentative de déstabilisation, fomentée par des "restes" de l'ancien régime. Le thème du complot est cher à d'autres ministres, qui affirment avoir la preuve de manigances entre des "personnalités politiques" et des "parties étrangères". Autant de "maladresses" que Samir Dilou met sur le compte du "manque d'expérience" des intéressés. Nombre de ministres issus d'Ennahda, tels Ali Larayedh, à l'Intérieur, Moncef ben Salem, à l'Enseignement supérieur, ainsi que Hamadi Jebali et Samir Dilou, ont passé l'essentiel des vingt dernières années en prison.  

 

Un gouvernement, 41 postes ministériels

 

"Ennahda a préféré l'obédience idéologique à l'expertise en plaçant au gouvernement ses figures politiques emblématiques, au lieu de privilégier des technocrates, explique le politologue Fayçal Cherif. Il y a une grande différence entre un bon opposant et un bon homme d'Etat." La nomination de proches des plus hauts responsables du parti au sein de plusieurs ministères a par ailleurs valu à Ennahda des critiques acerbes, tout comme le rôle de Rached Ghannouchi, son chef historique, accusé de confondre trop souvent le parti et le gouvernement.  

 

Mohammed Haddar, président de l'Association des économistes tunisiens (Asectu), regrette quant à lui "la prolifération des portefeuilles ministériels, au nombre de 41, quand la situation appelait à constituer une équipe resserrée". Il y voit l'une des causes de l'"éparpillement du gouvernement dans des débats stériles". 

Reste la question religieuse. A la faculté de lettres de la Manouba, dans les environs de Tunis, un bras de fer oppose depuis des mois l'administration à des salafistes, qui réclament l'admission d'étudiantes en niqab (voile intégral). Après plusieurs sit-in émaillés d'incidents violents, les doyens des universités de lettres du pays ont réclamé une circulaire ministérielle, afin d'interdire le port du niqab dans les établissements universitaires. "Nous n'avons pas à intervenir dans des débats d'ordre idéologique", répond un conseiller du ministère de l'Enseignement supérieur. Une position que le doyen de la faculté de lettres de la Manouba, Habib Kazdaghli, assimile à de la "complaisance" et à un "encouragement tacite".  

 

Amplification de l'activisme salafiste

 

La critique est reprise par le camp laïque, qui note une amplification de l'activisme salafiste depuis l'arrivée au pouvoir d'Ennahda et s'inquiète des véritables intentions du parti. "Nous tenons à éviter le tout-sécuritaire, souligne Samir Dilou, et à résoudre ce problème complexe par le dialogue." Une intention "louable", qui reflète les "contradictions internes du parti", selon le politologue Slaheddine Jourchi : "Ennahda est parcouru de courants plus ou moins conservateurs, dont une mouvance proche du salafisme, entre lesquels le rapport de force est permanent", explique-t-il.  

 

En attendant, ses dissensions ont été exposées au grand jour à l'Assemblée constituante, lors du débat sur la place de la charia (loi islamique) dans la future Constitution. En séance plénière, le 28 février, le chef du groupe parlementaire d'Ennahda avait proposé que le "système des valeurs islamiques" devienne l'une des "trois principales références" de la future Constitution, ajoutant que celle-ci "ne [devrait] pas contenir des dispositions contraires au Coran". Le député Sadok Chourou ajoutait que "les législateurs devront se référer à trois piliers essentiels : le Coran, la Sunna et un conseil d'oulémas". Le même élu avait suscité une polémique, le 23 janvier, en appelant à punir les grévistes "de mort, par crucifixion, démembrement ou bannissement". Mais, sous pression, le parti islamiste a finalement "levé l'ambiguïté", lundi, en annonçant son soutien au maintien de l'article premier de la Constitution tunisienne de 1959.  

 

Autant d'échanges qui démoralisent Mona Labbaoui. A 29 ans, cette jeune femme originaire de Kasserine cherche un emploi depuis qu'elle a obtenu, il y a sept ans, une maîtrise de biologie. "La question du salafisme monopolise l'attention, dit-elle. Le gouvernement ne s'intéresse pas assez au chômage, qui est notre problème majeur." Le sous-emploi des jeunes a été l'un des principaux facteurs de la révolution de l'an dernier. Les nouveaux maîtres de la Tunisie ne négligeront le sujet qu'à leurs risques et périls. lexpress

 

 

 

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« La Tunisie est en train d’accoucher d’une démocratie »

 

Interview de Vincent Geisser, chercheur à l’Institut français du Proche-Orient


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ennahda, le parti au pouvoir en Tunisie, a décidé de ne pas inscrire la charia dans la nouvelle Constitution qui devrait être achevée avant la fin de l’année. Une décision qui va à l’encontre du souhait des salafistes qui aspirent à l’islamisation de l’espace politique. Ils organisent régulièrement des manifestations pour défendre leur idéologie, profitant du vent de liberté apporté par la révolution. Vincent Geisser, chercheur à l’Institut français du Proche-Orient de Beyrouth, décrypte la situation.

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Afrik.com : Ennahda a décidé de ne pas introduire la charia dans la nouvelle Constitution. Qu’est-ce que cela signifie pour le pays ? 
Vincent Geisser :
 Cette décision est pragmatique. Elle montre que Ennahda est une nébuleuse traversée de plusieurs courants en contradiction : il y a ceux qui souhaitent combattre les salafistes pour défendre l’héritage réformiste et ceux qui tentent de les récupérer pour les intégrer dans le parti. Là, c’est le courant réformiste, partisan du dialogue avec les partis sécularistes de la majorité et de l’opposition, qui l’a emporté. La Tunisie a toujours connu des islamistes réformistes qui prônent l’égalité homme-femme, l’instauration d’un code de la famille, l’abolition de la polygamie... D’autant plus que les mouvements salafistes posent problème à Ennahda comme à la société. Toutefois, cette décision ne signifie pas que les salafistes vont perdre du terrain, ils sont dans une dynamique sociale importante. Mais en faisant un tel choix, Ennahda clarifie sa position vis-à-vis des salafistes et prend ses distances.

 

Afrik.com : Comment expliquez-vous l’ampleur prise par les mouvements salafistes qui n’hésitent plus à organiser des manifestations pour imposer leur idéologie ? 
Vincent Geisser :
 Je tiens à préciser que le mouvement salafiste s’est développé sous la dictature de Ben Ali qui a combattu durant son règne des mouvements islamistes réformistes, légalistes. Cela a entraîné l’émergence d’autres formes d’islamisme. Au final, les jeunes qui n’avaient aucune référence politique sous le régime de Ben Ali ont trouvé refuge dans les courants salafistes. Ces derniers ont profité de la libéralisation politique de la révolution pour sortir de l’ombre. Il existe différents courants salafistes : il y a ceux qui souhaitent œuvrer uniquement dans le champ religieux, c’est le cas par exemple des piétistes qui sont issus du courant littéraliste, et ceux qui souhaitent s’imposer dans l’espace politique. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé en Egypte. On ne se doutait pas au départ que les salafistes occuperaient 20% des sièges au Parlement. Les salafistes tunisiens n’ont pas une influence aussi déterminante mais ils ne doivent pas être négligés.

 

Afrik.com : Pouvez-vous nous expliquer ce que souhaitent réellement les salafistes ? 
Vincent Geisser :
 Les salafistes aspirent à l’islamisation de l’espace politique. Ils veulent instaurer la charia dans les futures institutions du pays et imposer la lecture du Coran. Ils réclament une rupture avec l’héritage réformiste qui n’est d’ailleurs pas le produit de la dictature de Ben Ali. Cet héritage existait bien avant son régime et a aussi été porté par des courants de gauche. Ils prônent également l’islamisation de l’Université et de la Justice. Leur objectif est de faire pression sur l’ensemble des acteurs de la société tunisienne pour instaurer un Etat islamique. Alors que les islamistes, actuellement au pouvoir, ont au contraire intégré l’héritage réformiste tunisien. C’est pour cela que les salafistes font tout pour radicaliser une partie d’entre eux.

 

Afrik.com : Certains membres de l’opposition accusent Ennahda d’être trop complaisants avec les salafistes. Est-ce vraiment le cas ? 
Vincent Geisser :
 Officiellement Ennahda est un parti qui n’a rien à voir avec le salafisme, mais le parti a adopté différentes stratégies vis-à-vis des salafistes. Ces stratégies ont trouvé leurs limites. D’abord, certains membres d’Ennahda ne tiennent pas trop à combattre les salafistes car ils estiment qu’ils peuvent récupérer une partie de leur électorat. La deuxième raison est que Ennahda a vécu la torture et l’interdiction sous Ben Ali. En agissant de même avec les salafistes, le parti craint d’utiliser finalement les méthodes répressives employées par Ben Ali qui lui rappelleraient une période douloureuse de son histoire. Il y a enfin la troisième raison qui est beaucoup plus complexe. Comme je l’ai dit précédemment, Ennahda est une nébuleuse qui regroupe différents courants, dont ceux qui prônent le dialogue avec les salafistes, estimant qu’ils sont leurs rivaux mais pas leurs adversaires. Ces différentes stratégies rendent le discours de Ennahda ambigu, mais en décidant de ne pas inscrire la charia dans la Constitution, Ennahda montre une volonté de clarification et de distanciation nette avec les salafistes.

 

Afrik.com : La Tunisie semble divisée entre ceux qui défendent l’islam modéré et ceux qui prônent l’islam radical. Est-ce une réalité dans le pays ? 
Vincent Geisser :
 La réalité du pays est beaucoup plus complexe que cela. La Tunisie n’est pas coupée en deux entre ceux qui souhaitent un Etat islamiste et ceux qui prônent un Etat séculier. C’est beaucoup plus compliqué qu’un clivage entre les islamistes d’un côté et les laïcs de l’autre. Ce n’est pas représentatif de la Tunisie, loin de là. Nous sommes dans un pays qui a subi cinquante ans de dictature. Le pays se reconstruit. La Tunisie est en train d’accoucher d’une démocratie. Les Tunisiens sont à la recherche de leur identité socio-politique. Pour le moment, ces identités politiques sont fluctuantes. Dans toutes les familles, vous trouverez un père qui vote à gauche, une mère qui soutient les islamistes etc… Ces contradictions traversent l’ensemble des régions et sont valables pour toutes les couches sociales.

 

Afrik.com : Un an après la révolution, beaucoup de Tunisiens sont déçus, estimant que leurs conditions de vie ne se sont pas améliorées. Qu’attendent-ils aujourd’hui de leurs nouveaux dirigeants ? 
Vincent Geisser :
 Le plus gros problème, c’est la question sociale et économique. Il y a des régions qui ont été oubliées en Tunisie. Les jeunes diplômés restent très longtemps à la charge de leur famille car ils ne trouvent pas de travail. Durant la révolution, les manifestants réclamaient un Etat juste, l’égalité sociale, un travail et des conditions de vie dignes. Le bien-être économique et social était au cœur de la révolution. Les gens ne voulaient plus être humiliés en étant obligés de passer par le parti unique pour avoir un travail et de meilleures conditions de vie. Ils ne voulaient plus être traités comme les sujets du parti présidentiel mais comme des citoyens à part entière.  
afrik

 

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Les trois Tunisie

 

Le pays semble coupé en deux. D'un côté, ceux qui voient en l'islam politique la solution à tous les maux, le saint pilier d'une nation qui cherche son identité, le fanal qui leur évitera écueils et tempêtes dans cette traversée à hauts risques qu'est l'après-révolution. De l'autre, ceux qui se dénomment eux-mêmes les « progressistes », attachés à un État séculier, sinon laïque, que les discours religieux et le rigorisme moral en vogue inquiètent et que les multiples dérapages de quelques fous d'Allah, qui ont oublié que la tolérance est une vertu cardinale de l'islam, effraient.

 

Une bipolarisation de la société tunisienne chaque jour plus marquée, sur fond de défiance réciproque et de démonstrations de force savamment organisées. Un jour, par exemple le 8 mars, date de la célébration de la Journée de la femme, les anti-islamistes défilent, nombreux, pour mettre leurs concitoyens en garde, dénoncer la dérive que connaît leur pays, refuser que leur Constitution future évoque la charia comme source de droit et défendre les acquis des femmes et le code du statut personnel. Quelques jours plus tard, sur l'avenue Habib-Bourguiba, près de 4 000 salafistes leur répondent. L'agressivité est palpable. Chaque camp tente de tester les limites de l'autre. Heureusement, le chef de l'État, Moncef Marzouki, dans un discours poignant prononcé à l'occasion de la fête de l'indépendance, le 20 mars, a tenu à rappeler que « la nation ne saurait se construire d'une seule couleur ni d'une seule matière, elle est diverse et plurielle par essence ». Sera-t-il entendu ?

 

Un récent sondage (institut Sigma Conseil, étude de mars 2012) vient confirmer cette fracture : 50,9 % des personnes interrogées craignent l'extrémisme religieux. Et, plus surprenant mais tout aussi significatif, apparaît un troisième camp, silencieux mais réel : celui des citoyens qui ne se reconnaissent ni dans les uns ni dans les autres - ni dans aucun parti politique, d'ailleurs. Ils représentent, tenez-vous bien, 48,8 % des sondés, soit quasiment la même proportion que celle des électeurs qui ne se sont pas rendus aux urnes le 23 octobre dernier. Ceux que personne au sein de l'échiquier politique pléthorique né après le 14 janvier ne songe à séduire ou à convaincre. Ceux qui n'ont qu'un souci en tête : leur bien-être dans une Tunisie réconciliée qui offre des perspectives à ses enfants, de l'emploi, du développement, améliorera leur pouvoir d'achat, rongé par la flambée des prix, et cessera de mettre sur le tapis ce débat sans fin sur l'identité tunisienne.

 

Ils ne s'intéressent plus au passé, ni à « qui a fait quoi » sous Ben Ali, ni aux querelles de leadership. Ils veulent qu'on leur parle d'avenir, de projets, de leur place dans le monde, de ce qui forgera la Tunisie de demain. Ils ne supportent plus ce dialogue de sourds et les provocations de tous bords. Mais cette troisième Tunisie qu'ils incarnent est superbement ignorée par les deux premières. Jusqu'à quand ? Jeuneafrique

 

 

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Un Tunisien sur deux  ne se reconnaît dans aucun parti politique

 

L’institut d’études et de sondages Sigma Conseil vient de rendre public un sondage d'opinion intitulé « Le Tunisien et la situation générale du pays ». Un millier de Tunisiens y ont été interrogés aux quatre coins du pays à propos de la situation économique, sécuritaire et politique du pays. Daté du 2 mars 2012, il apporte de nombreux enseignements sur la nouvelle donne post élections.

Globalement, les statistiques révèlent des Tunisiens pessimistes sur le climat général du pays : deux tiers (65%) estiment qu’il est mauvais. 53% en pensent de même pour la situation sécuritaire (un léger mieux en comparaison avec la dernière étude).

Mais pas moins de 82% ne sont pas satisfaits de la situation économique. Or, paradoxalement, 55% sont satisfaits de l’action du gouvernement actuel. Une donnée assez irrationnelle, souligne Hassan Zargouni, PDG de Sigma.

Il souligne cette contradiction selon laquelle là où le gouvernement est traditionnellement attendu au tournant : en matière d’emploi et de croissance, les Tunisiens en sont mécontents, mais qu’ils restent malgré tout majoritairement confiants vis-à-vis du même gouvernement.

Le gouvernement Jebali bénéficie donc encore probablement de cet état de grâce dit des 100 premiers jours.

Un certain esprit critique, une tradition de la contestation, « restent étrangers à la société tunisienne dans son ensemble », commente toujours Zargouni.

 

Orphelins d’un parti qui leur ressemble

 

Une autre raison manifeste au maintien de la confiance dans le gouvernement est le fait qu’une majorité de Tunisiens affirment n’avoir pas encore regretté leur vote. Cependant, est-ce par désintérêt du politique, 48,8% des Tunisiens déclarent ne se reconnaître aujourd’hui dans aucun parti.

Viennent ensuite 28% des Tunisiens qui estiment que le parti Ennahdha est proche de leurs idées. 3ème, le CPR n’est qu’à 9% d’empathie populaire.

La faute à des partis politiques qui n’ont pas encore su faire rêver les Tunisiens, en l’absence d’une figure marquante de leader dans l’opposition, souligne l’étude. Seuls 20% des sondés sont satisfaits du rendement de l’opposition.

Trois grandes tendances se dégagent à l’issue du sondage : un tiers des Tunisiens voient d’un bon œil le projet de société islamiste, un tiers est pragmatique, plutôt apolitique et soutenant le pouvoir en place quel qu’il soit, et un dernier tiers ouvertement moderniste et « très inquiet de l’islamisation du pays », notamment des visites de prédicateurs radicaux.  

Or, la donnée clé est ici le « tiers du milieu », celui qui d’une certaine façon vote au gré du vent et des sentiments, le plus potentiellement influençable.

C’est précisément ce tiers d’indécis marchant à l’affect qui peut garantir, demain, la pérennité du pouvoir aux vainqueurs des prochaines élections, surtout si la Constituante opte pour un système parlementaire. Un système dont l’Histoire montre qu’il est très difficilement réversible, peu enclin à l’alternance.

Seif Soudani; lecourrierdelatlas

 

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 06:51

 

Plusieurs partis laïcs claquent la porte de la Commission constituante

À deux mois de la présidentielle, des partis laïcs se sont retirés de la commission chargée de rédiger la future Constitution égyptienne. Ils accusent les formations islamistes, dont les Frères musulmans, d'en faire un instrument de leurs ambitions.

Plusieurs partis laïques égyptiens se sont retirés mardi de la commission chargée de rédiger la future Constitution du pays, accusant les islamistes, majoritaires au Parlement, de vouloir en faire un outil au service de leurs ambitions.

Ces retraits aggravent la crise entre les islamistes et les partis laïques libéraux et de gauche sur la rédaction de la loi fondamentale qui régira la vie politique de l'Egypte post-Moubarak, à deux mois du premier tour de l'élection présidentielle, les 23 et 24 mai.
              
"Nous annonçons aujourd'hui notre rejet de la manière dont la commission constituante a été formée", a déclaré Ahmed Saïd, chef du parti des Egyptiens libres, l'un des plus importantes formations libérales du Parlement, lors d'une conférence de presse avec d'autres représentants politiques laïques.
              
Le week-end dernier, les deux chambres du Parlement, dominées à plus de deux tiers par les partis islamistes, ont voté pour former cette commission de 100 personnes, composée pour une moitié de parlementaires et l'autre moitié de personnalités choisies hors du Parlement.
              
Les élus des formations laïques se sont retirés de ce vote, en dénonçant la volonté des formations islamistes -Frères musulmans et radicaux salafistes pour l'essentiel- de dominer cette commission en ne leur laissant que la portion congrue.
              
Des personnalité laïques, largement minoritaires avaient toutefois été désignées par les islamistes pour y siéger.
              
La composition donne de fait une large majorité -37 sur 50- des sièges réservés aux parlementaires à des islamistes, qui occupent aussi de nombreux sièges réservés aux autres personnalités. Les femmes et la communauté chrétienne copte n'ont que quelques sièges.
              
"Il s'agit d'écrire la Constitution de l'Egypte, pas celle d'un groupe majoritaire". Dans sa composition actuelle, la constitution "va être rédigée en fonction de l'islam politique", a protesté M. Saïd.
              
Ziad Bahaa Eldin, un député du parti social-démocrate, a également indiqué que les membres de son parti présents dans la commission avaient décidé de s'en retirer, tout comme d'autres personnalités libérales et de gauche.
              
"Ce n'est pas une affaire partisane, il s'agit de l'avenir de ce pays et du droit des Egyptiens à écrire leur Constitution sans qu'elle soit biaisée politiquement", a-t-il ajouté.
              
La Cour administrative du Caire a dans le même temps commencé d'examiner des recours contre la légitimité de la commission constituante, présentés par des juristes affirmant que la loi fondamentale ne pouvait pas être rédigée par des parlementaires dont elle sera sensée définir les pouvoirs.
              
Plusieurs dizaines de manifestants se sont rassemblés devant la Cour pour dénoncer une mainmise des islamistes sur le processus constitutionnel.
              
La future Constitution égyptienne devra notamment se pencher la question sensible de la place de la religion dans les affaires publiques, en particulier celle de la charia (loi islamique).
              
Cette crise se double d'une montée des tensions entre le Conseil militaire, qui tient les rênes du pays depuis la chute de M. Moubarak, et les Frères musulmans, qui détiennent près de la moitié des sièges de députés.
              
La confrérie a intensifié depuis plusieurs jours ses pression pour un départ du gouvernement du Premier ministre Kamal al-Ganzouri, nommé par les militaires et qui occupa déjà cette fonction sous M. Moubarak. france24.com

 

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طنطاوي‏:‏ وضع الدستور يجب أن يكون بأيدي مختلف طوائف الشعب.. رؤساء الأحزاب يعرضون رؤاهم علي العسكري‏..‏ ولقاء جديد خلال‏48‏ ساعة

أكد المشير حسين طنطاوي القائد العام رئيس المجلس الأعلي للقوات المسلحة أن بناء الدستور الجديد أهم مراحل خريطة الطريق‏.‏


 

وقال: إنه يجب أن يكون بأيدي الشعب بمختلف طوائفه لأنه( الدستور) هو الذي سيبقي لفترة طويلة يحكم الطريق المصري في الداخل والخارج.
وأوضح طنطاوي خلال لقاء مع رؤساء الأحزاب والقوي السياسية الممثلين في مجلس الشعب أننا نواجه العديد

من التحديات في المرحلة المقبلة, التي تعد أهم كثيرا من المراحل السابقة, وهو ما يتطلب عدم الانجراف في تيارات فرعية تبعدنا عن الهدف الرئيسي, وهو الوصول بالوطن إلي بر الأمان.
وقد عرض رؤساء الأحزاب في اللقاء الذي حضره الفريق سامي عنان رئيس أركان القوات المسلحة نائب رئيس المجلس الأعلي للقوات المسلحة, رؤيتهم المستقبلية, وأنسب الحلول لهذه التحديات التي تمر بها مصر, وأشاروا إلي أن الهدف الرئيسي في المستقبل هو الوصول إلي دولة مدنية ديمقراطية في إطار القانون, واتفق الحاضرون علي استمرار المشاورات, وتحديد لقاء آخر خلال الساعات الثماني والأربعين المقبلة, وذلك لمناقشة كل ما طرح من أفكار ومقترحات مع أعضاء مؤسساتهم وأحزابهم بهدف الوصول إلي آلية للتوافق بين جميع الأحزاب والقوي

السياسية.


وفي الوقت الذي تباينت فيه ردود الأفعال تجاه تشكيل الجمعية التأسيسية, حددت محكمة القضاء الإداري بمجلس الدولة جلسة العاشر من أبريل المقبل للنطق بالحكم في الدعاوي القضائية التي تطعن في تشكيلها. ونظم عدد كبير من القوي السياسية والأحزاب أمس مظاهرات حاشدة أمام مجلس الدولة اعتراضا علي تشكيل الجمعية في أثناء نظر المحكمة القضايا.

 
من ناحية أخري, تختار الجمعية التأسيسية في أول اجتماعاتها اليوم ـ برئاسة أكبر الأعضاء سنا ـ رئيسها ونائبين له, بالإضافة إلي وضع خطة العمل وتشكيل اللجان التحضيرية, لإعداد مسودة الدستور. وقد تواصلت أمس الاحتجاجات والاعتراضات من أحزاب وبرلمانيين وشخصيات عامة علي تشكيل الجمعية مناصفة من داخل البرلمان وخارجه.

 
ومن جانبها, قررت الهيئة العليا لحزب الوفد في اجتماعها المشترك مع الهيئة البرلمانية للحزب مساء أمس وباجماع أصوات الحاضرين الانسحاب من اللجنة التأسيسية للدستور.

source ahram

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 04:02

Le ministère de la Culture condamne les actes de violence contre les artistes

 

Alors qu’un communiqué du ministère de l'Intérieur publié hier 25 mars 2012, selon lequel "aucune violence n'a été enregistrée au cours des deux manifestations", le ministère de la Culture a, pour sa part, condamné les agressions commises contre les artistes lors de la marche de protestation organisée dimanche à Tunis par des manifestants appartenant au courant salafiste (lire notre article à ce sujet).

«Suite aux actes de violence commis par des manifestants contre des hommes de théâtre et leur tentative de saboter la manifestation "le peuple veut du théâtre", le ministère de la Culture condamne ces actes et réaffirme sa profonde détermination à préserver la liberté d'expression et de création culturelle et artistique», lit-on dans un communiqué publié lundi 26 mars 2012 par le ministère.
Le ministère de la Culture insiste sur la nécessité de «poursuivre en justice toute personne qui s'avère impliquée dans ces agressions contre les artistes et dans la destruction de leurs matériels», appelant toutes les parties à s'attacher à la liberté d'expression et d'opinion et à consacrer le droit à la différence.

Il est à rappeler que plusieurs manifestants appartenant au courant salafiste se sont rassemblés hier dimanche, à la place 14 janvier à Tunis, pour dénoncer, la profanation du sacré et appeler à l'inscription de la Chariâa comme principale source de la législation, dans la future Constitution tunisienne.
Ce rassemblement a coïncidé avec une autre manifestation devant le Théâtre municipal «le peuple veut du théâtre», organisée par l'association tunisienne des diplômés des instituts d'art dramatique, dans le cadre de la célébration de la journée mondiale du théâtre. businessnews


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En dépit du communiqué du ministère de l'Intérieur, les salafistes ont bel et bien perturbé violemment la manifestation culturelle  organisée par l'association tunisienne des diplômés des instituts d'art dramatique

Azzeddine Gannoun, fondateur du  Centre Arabo-Africain de Formation et de Recherches Théâtrales dénonce cet acte d’agression immonde contre l’art : « l’agression des artistes du 25 mars dénote sans aucune ambigüité  le début d’un nouveau fascisme… » (3`20`` de la vidéo ci-dessous)

 

 

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L’Appel républicain dénonce l’agression contre Lotfi Hajji et Al-Jazira

 

Dans un communiqué diffusé mardi, le parti Ennida Al-Jomhouri s’élève contre l’agression contre l’équipe de la chaîne d’information Al-Jazira, dimanche, à Monastir.

 

Les agresseurs de l’équipe d’Al-Jazira et de son représentant en Tunisie Lotfi Hajji voulaient les empêcher de couvrir une grande réunion centriste organisée dans la ville de Monastir par un certain nombre de partis et associations.

«Ceci constitue une atteinte regrettable du droit de l’information», estime l’Appel Républicain, qui «se félicite du rappel à l’ordre de Béji Caïd Essebsi et de certaines personnalités présentes à ce sujet ainsi que des réactions du Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt) et de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (Ltdh).»

L’Appel Républicain rappelle, dans le même communiqué, que «la révolution tunisienne qui a libéré la voix du peuple tunisien, s’est réalisée grâce à la conjonction coordonnée de plusieurs facteurs internes et externes accompagnant le soulèvement populaire courageux, dont la couverture médiatique et l’information suivie et véhiculée par la chaîne qatarie Al-Jazira.»

«Que l’on soit pour ou contre (cette chaîne, Ndlr), sa contribution positive à la révolution tunisienne est une réalité durant la période prérévolutionnaire», souligne encore l’Appel Républicain. kapitalis

 

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Agression du correspondant d’Al Jazeera à Tunis

Lotfi Hajji, correspondant d'Al Jazeera à Tunis, a été agressé lors d'un meeting organisé par l’ancien Premier ministre Béji Caïd Essebsi.

 

 

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Lotfi Hajji, correspondant d'Al Jazeera à Tunis -Photo AFP-

 

Lotfi Hajji, journaliste et correspondant d'Al Jazeera à Tunis, a été agressé, samedi 24 mars, lors d'un meeting, organisé par l’ancien Premier ministre Béji Caïd Essebsi.

Le journaliste Lotfi Hajji a été agressé dans la salle alors qu’il couvrait l’événement.

Venant couvrir cet événement, Lotfi Hajji, directeur du bureau d'Al-Jazira en Tunisie, avait été hué par la foule qui emplissait la salle omnisports à Monastir, réclamant son départ, avait constaté l'AFP.

"J'étais agressé verbalement et physiquement par des gens qui se disent être des modernistes et des démocrates", a déclaré M. Hajji à http://www.afp-direct.com/

"Nous, les destouriens, ne voulons pas de ta présence ici", lui avaient dit les agresseurs en lui adressant des coups de pied et de coude, a-t-il rapporté.

Ils en veulent à Al-Jazeera parce que cette chaîne a contribué par sa couverture lors du soulèvement populaire en Tunisie à la chute (du président tunisien Zine El-Abidine) Ben Ali", a déclaré M. Hajji.

Le Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT) a condamné cette agression.

La Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme a appelé les autorités tunisiennes à ouvrir une enquête judicaire afin de déterminer les coupables, à protéger les journalistes et à mettre fin à ces agressions.

"La LTDH dénonce profondément l'agression du journaliste Lotfi Hajji et la considère comme un autre épisode d'une série d'agressions à l'encontre des journalistes", a précisé cette organisation dans un communiqué.

Cet incident n’est pas le premier du genre, les journalistes sont très souvent pris pour cible. Il suffit qu’ils contrarient à quelques parties pour qu’ils soient agressés verbalement et physiquement.

Lors de l’affaire Nessma TV devant le tribunal de Tunis, lundi 23 janvier, Zied Krichen, directeur de la rédaction du quotidien arabophone « Al Maghreb » , et l’universitaire Hamadi Redissi, venus soutenir Nabil Karoui, patron de la chaine de télévision privée, accusé pour avoir diffusé le 7 octobre 2011 le film franco-iranien "Persépolis", ont été agressés verbalement et par des extrémistes religieux.

Pris dorénavant entre l’enclume et le marteau, les journalistes sont agressés par l’un ou l’autre adversaire, et jusque-là, dans une totale impunité. mf.org/fr

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 20:29

L’administrateur de ThalaSolidaire, M. Noureddine Bourougaa Mnasri est admis à l’hôpital pour des malaises au niveau du cœur… Il est hors de tout  danger, mais son état exige du repos. Il sera de retour dès que possible. Nous lui souhaitons un bon rétablissement et nous tenterons de poursuivre son travail … Merci pour votre compréhension!

Kali Mnasri

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Que nos voix s'unissent pour condamner définitivement!

 

Par Gilles Jacob Lellouche

A vous messieurs qui nous gouvernez, à vous qui représentez la majorité parlementaire, à vous qui avez la légitimité populaire, la Tunisie est blessée, la Tunisie est à terre, la Tunisie est moribonde allez-vous laisser une bande de traine savate, une bande de «repris de justesse» menés par des prédicateurs débordant de haine, de bave venimeuse, animée par une soif de sang, donner l’estocade à notre pays ?

C’est un Tunisien ordinaire qui s’adresse à vous aujourd’hui, un Tunisien comme 11 millions d’autres, un Tunisien qui ne rêve que de paix et de prospérité pour son pays.

Aujourd’hui, au cours d’une démonstration et d’un déballage de haine, un homme s’adressant à une foule de jeunes déguisés selon un thème moyenâgeux, a appelé une fois encore au meurtre des juifs.

Cela n’était pas la première démonstration de ce type dans notre pays depuis le mois de janvier dernier, cela s’est reproduit à plusieurs reprises. Personne n’osait y croire au début, on a souvent pensé qu’il y avait un amalgame maladroit entre juifs et sionistes, il y a eu des condamnations et au bout de la énième fois, on peut légitimement penser qu’il ne s’agit nullement d’un amalgame, mais que cet homme appelait bel et bien au meurtre d’un groupe de personnes, d’un groupe de Tunisiens, une communauté attachée à cette terre qui les a vu naitre, qui a vu naitre leurs parents, les parents de leurs parents en remontant à des dizaines voir des centaines de générations.

Doit-on une fois de plus attendre un semblant de condamnation du bout des lèvres, une condamnation ferme et définitive ou un arrêté d’expulsion tel qu’Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon en avaient eu le courage.

Je crois sincèrement qu’aujourd’hui, l’Etat tunisien, cet Etat qui me représente autant qu’il représente les 1500 juifs de Tunisie et les 11 millions de Tunisiens avec eux, doit vraiment se confronter à ses démons, et affronter ses responsabilités. Cet Etat qui a été mis en place au nom de la démocratie et la dignité permettra-t-il encore que des enfants gâtés, des enfants terribles dictent leurs lois et sèment la terreur et la panique dans notre pays ?

Au nom de cette dignité, au nom de cette démocratie naissante, au nom de l’amour que nous pouvons tous avoir pour notre pays réagissez monsieur le président de la République, réagissez, monsieur le Premier ministre, réagissez monsieur le président de l’Assemblée avant qu’il ne soit trop tard et qu’un «fou» décide de prendre au mot les élucubrations de ce prédicateur hystérique!

Croyez messieurs en mon dévouement et mon amour pour ma patrie.

Gilles Jacob Lellouche  
Un Tunisien ordinaire 

 

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Le ministère des affaires religieuses dénonce «les appels à combattre les juifs»




Le ministère tunisien des Affaires religieuses et plusieurs partis politiques ont dénoncé mardi des slogans antisémites criés lors d'une manifestation islamiste à Tunis.

"L'appel à combattre les juifs est aberrant. Le ministère refuse l'atteinte à tout citoyen tunisien", écrit le ministère dans un communiqué, ajoutant que "les juifs tunisiens sont des citoyens à part entière".

Des menaces contre les juifs ont été proférées par un salafiste lors d'une manifestation pour l'inscription de la charia dans la constitution dimanche à Tunis, a rapporté la presse tunisienne.

Un incident similaire s'était produit en janvier lors de la visite en Tunisie du chef du gouvernement palestinien du Hamas, Ismaïl Haniyeh.

Dans un communiqué mardi, le parti Ettajdid (gauche) a également condamné "les appels à la violence, à la haine et même au meurtre émanant de groupes salafistes fanatisés qui ont ciblé encore une fois les citoyens de confession juive".

"Ce sont des slogans inadmissibles et nous réitérons notre solidarité avec la communauté juive", a aussi déclaré à l'AFP Mohamed Bennour, porte-parole d'Ettakatol, parti de gauche allié aux islamistes d'Ennahda.

Dans un communiqué, la présidence de l'Assemblée nationale constituante a exprimé sa "profonde préoccupation" et dénoncé "les slogans visant à semer la discorde au sein de la société tunisienne toute races et origines confondues".

Lors d'une conférence de presse lundi, le chef du parti islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi, avait condamné des "dérapages". "La Tunisie garantit les droits de tous ces citoyens. Nous défendons toutes les minorités dont la minorité juive", a-t-il dit.  maghrebemergent

 

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Condamnations après des slogans antisémites lors d'une manifestation


Le ministère tunisien des Affaires religieuses et plusieurs partis politiques ont dénoncé mardi des slogans antisémites lors d'une manifestation islamiste dimanche à Tunis.

L'appel à combattre les juifs est aberrant. Le ministère refuse l'atteinte à tout citoyen tunisien, écrit le ministère dans un communiqué, ajoutant que les juifs tunisiens sont des citoyens à part entière.

Des menaces contre les juifs ont été proférées dimanche à Tunis par un salafiste lors d'une manifestation pour l'inscription de la charia dans la constitution, a rapporté la presse tunisienne.

Un incident similaire s'était produit en janvier lors de la visite en Tunisie du chef du gouvernement palestinien du Hamas, Ismaïl Haniyeh.

Dans un communiqué, le parti Ettajdid (gauche) a également condamné les appels à la violence, à la haine et même au meurtre émanant de groupes salafistes fanatisés qui ont ciblé encore une fois les citoyens de confession juive.

Ce sont des slogans inadmissibles et nous réitérons notre solidarité avec la communauté juive, a aussi déclaré à l'AFP Mohamed Bennour, porte-parole d'Ettakatol, parti de gauche allié aux islamistes d'Ennahda.

Dans un communiqué, la présidence de l'Assemblée nationale constituante a exprimé sa profonde préoccupation et dénoncé les slogans visant à semer la discorde au sein de la société tunisienne toute races et origines confondues.

Lors d'une conférence de presse lundi, le chef du parti islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi, avait condamné des dérapages. La Tunisie garantit les droits de tous ces citoyens. Nous défendons toutes les minorités dont la minorité juive, a-t-il dit.

Le représentant de la communauté juive (qui compte environ 1500 personnes), Roger Bismuth, a été reçu mardi par le président de l'Assemblée constituante, Mustapha Ben Jaafar. Je lui ai dit que ce qui s'est passé a des conséquences (en) Tunisie mais aussi à l'étranger. Nous avons besoin du tourisme, la saison va reprendre et ce qui s'est passé n'est pas bon pour le tourisme, a-t-il déclaré sur Mosaïque FM.

Dans une lettre ouverte, Gilles Jacob Lellouche, un Tunisien de confession juive qui s'était présenté sur une liste aux élections du 23 octobre, a exhorté les autorités à réagir avant qu'il ne soit trop tard.

Je crois sincèrement qu'aujourd'hui l'Etat tunisien, cet Etat qui me représente autant qu'il représente les 1.500 juifs de Tunisie et les 11 millions de Tunisiens dans leur ensemble, doit vraiment se confronter à ses démons et affronter ses responsabilités, écrit-il, en signant un Tunisien ordinaire.

Par ailleurs, la Ligue tunisienne des droits de l'Homme (LTDH) a condamné un autre incident survenu lors de la manifestation dimanche, lorsque des salafistes s'en sont pris à des comédiens qui jouaient devant le théâtre municipal de Tunis, avenue Bourguiba.

Un groupe de salafistes a cassé du matériel, et prononcé des slogans haineux et racistes à l'encontre des artistes, écrit la LTDH en dénonçant des actes qui menacent la stabilité du pays et portent atteinte à la liberté de création et d'expression.

La Ligue demande l'ouverture d'une enquête et s'étonne que le ministère de l'Intérieur ait autorisé les deux manifestations concomitantes sans prendre les mesures de sécurité adéquates.romandie

 

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Les islamistes reculent sur la charia, satisfaction des modernistes

Le camp moderniste tunisien a estimé mardi que le parti islamiste Ennahda avait "enfin" "levé l'ambiguïté" en renonçant à l'inscription de la charia dans la Constitution, se félicitant que les "faucons" du parti aient été mis en minorité.

En annonçant son soutien au maintien de l'article premier de la Constitution tunisienne de 1959, Ennahda, parti dominant à l'Assemblée constituante, a renoncé à l'inscription de la charia dans la future Constitution, se sont réjouis des responsables politiques issus du camp "moderniste".

"La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain: sa religion est l'islam, sa langue l'arabe et son régime la république", stipule cet article, suffisamment ambigü, selon les juristes, pour garantir à la fois le caractère séculier de l'Etat et son identité islamique.

Un débat houleux était engagé depuis un mois à l'Assemblée nationale constituante entre les tenants --majoritairement islamistes-- de l'inscription de la charia dans la future constitution, et ceux qui y voyaient la porte ouverte à une théocratie.

Le débat a largement débordé dans la rue, et les manifestations d'islamistes --dont la dernière, dimanche, a réuni plus de 8.000 personnes à Tunis-- et celles de "modernistes" se succèdent quasiment toutes les semaines.

L'article premier "fait l'objet d'un consensus entre toutes les composantes de la société, préserve l'identité arabo-musulmane de la Tunisie et garantit aussi les principes d'un Etat civil et démocratique", a déclaré lundi le chef historique du mouvement Ennahda, Rached Ghannouchi.

"On ne va pas avoir recours à la loi pour imposer la religion", a-t-il dit, soulignant que la charia restait encore une "notion floue pour l'opinion publique".

La veille, le comité constitutif d'Ennahda avait tranché en faveur du maintien de l'article premier par 52 voix contre 12.

"C'est une levée de l'ambiguïté, un engagement politique de premier niveau qui va nous permettre d'avancer dans la rédaction de la constitution", a déclaré à l'AFP Meher Hanin, un responsable du Parti démocrate progressiste (PDP, opposition).

la "Constitution doit être moderne"

"Ennahda a fait des déclarations claires, le caractère civil de l'Etat est maintenu. Maintenant, il faudra honorer ces engagements", a-t-il ajouté.

"Ennahda a opté pour l'union des Tunisiens autour de la constitution et a rejeté la division. Nous espérons que les actes iront dans le sens des déclarations", a déclaré de son côté Mohamed Bennour, porte-parole d'Ettakatol, un des deux partis de gauche alliés aux islamistes.

"Nous avons beaucoup insisté sur le fait que la Constitution doit être moderne et au rendez-vous de l'histoire. Il faut mettre les Tunisiens sur les rails du progrès et de la démocratie, et notre message a été bien entendu", s'et-il félicité.

Pour sa part, Abdeljawed Jouneidi, responsable d'Ettajdid (gauche, opposition), a qualifié de "positives" les déclarations d'Ennahda, tout en insistant sur la nécessité de les "concrétiser".

"Ghannouchi a voulu apaiser l'opinion publique, et rappeler à l'ordre les extrémistes, mais il faut que les actes suivent et que soit mis fin au laxisme sur le terrain", a-t-il souligné, se référant aux incidents provoqués par les radicaux salafistes.

Il a notamment cité des slogans anti-juifs criés lors de la manifestation de dimanche, appelant le gouvernement à "mettre fin à cette escalade et à punir ces appels à la haine".

Lors de sa conférence de presse, M. Ghannouchi a condamné ces "dérapages" et assuré qu'Ennahda défendait "toutes les minorités".

"Le droit de manifester est protégé mais si quelqu'un recourt à la violence verbale ou physique la loi doit être appliquée", a-t-il dit.

Selon le politologue Slah Jourchi, "Ennahda n'a pas voulu diviser les Tunisiens dans cette période très délicate et a enfin pris une décision, celle de ne pas inscrire la charia dans la constitution. Pourtant, les faucons ont essayé par tous les moyens, y compris en mobilisant la rue pour montrer qu'il y avait une pression populaire". tempsreel.nouvelobs

 

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Ennahda renonce à inscrire la charia dans la Constitution

 

 

Le président du parti islamiste Ennahda, Rachid Ghannouchi, lors d'une précédente conférence de presse à Ariana, près de Tunis, en octobre 2011. | AFP/FETHI BELAI

Le président du parti islamiste Ennahda, Rachid Ghannouchi, lors d'une précédente conférence de presse à Ariana, près de Tunis, en octobre 2011.

 

Ennahda a tranché. Le chef de file du parti islamiste tunisien au pouvoir, Rachid Ghannouchi, a annoncé devant la presse, lundi 26 mars, que l'article1 de la Constitution de 1959, qui stipule que "la Tunisie est un Etat libre indépendant, et souverain, sa religion est l'islam, sa langue l'arabe et son régime la République", serait maintenu en l'état dans la rédaction du futur texte que prépare l'Assemblée constituante.

Cet article "fait l'objet d'un consensus entre toutes les composantes de la société et préserve l'identité arabo-musulmane de la Tunisie""[Il] garantit aussi les principes d'un Etat civil et démocratique", a souligné M.Ghannouchi, ajoutant: "On ne va pas avoir recours à la loi pour imposer la religion." La querelle s'envenimant entre partisans et adversaires de la charia, Ennahda a été contraint de réagir."Ces derniers temps, il y a eu une controverse sur le sujet de l'application de la charia, la loi islamique, dans la future Constitution, à tel point que la société a failli être divisée sur des bases idéologiques en deux clans: des pro et anticharia", a reconnu M.Ghannouchi.

Les manifestations des salafistes, qui réclament la charia, se succèdent à Tunis. Et le parti islamiste n'est lui-même pas homogène sur cette question. Des militants, mais aussi quelques-uns de ses députés, se sont parfois mêlés aux rassemblements organisés par les salafistes. Dimanche, à la veille de rendrepublique la ligne de conduite du parti, M.Ghannouchi avait donc réuni les 52 membres du bureau politique. Une douzaine d'entre eux ont exprimé leur désaccord. Mais pour que le message soit bien clair le lendemain, M.Ghannouchi a pris soin d'être accompagné de Sahbi Atig, le chef de la délégation parlementaire d'Ennahda.

Mi-mars, M.Atig expliquait au Monde que, certes, l'article 1 de la Constitution faisait"consensus" mais qu'il "faudrait une référence à la charia dans la Constitution". Le député, emprisonné dix-sept ans sous le régime Ben Ali, comme bon nombre de responsables d'Ennahda, envisageait un compromis dans un article additionnel qui mettrait à la fois en avant l'identité arabo-musulmane, "c'est un acquis général, même pour les communistes", soulignait-il, et les principes de la révolution: "liberté, dignité, égalité entre les régions".

TENSIONS AVEC LES SALAFISTES

Cette partie-là est loin d'être finie. D'autant que la tension avec les salafistes ne cesse de croître. Les premières réactions sur Internet des fondamentalistes religieux, après les déclarations de M.Ghannouchi, vont dans ce sens. Et le ministre de l'intérieur, Ali Larayedh, est désormais visé par de violentes attaques verbales après un entretien au Monde, le 21 mars, dans lequel il annonçait "nous allons vers un affrontement" avec la branche djihadiste des salafistes.

Dans ce contexte, le retour sur le sol tunisien, le 24 mars, de Tarek Maaroufi, ex-cofondateur du Groupe combattants tunisiens (GCT), détenu plusieurs années enBelgique, est passé quasi inaperçu. Le gouvernement doit en prime gérer la délicate mission de rapatrier quelque 160 anciens combattants tunisiens en Irak, tués ou emprisonnés. En novembre 2011, malgré l'intervention de M.Ghannouchi, un jeune Tunisien, Yosri Trigui, emprisonné depuis 2006 et accusé d'attentats, y avait été exécuté.

Lundi, le président d'Ennahda a tenté de tenir les deux bouts de la chaîne en soulignant les risques de division de la société tunisienne, tout en cherchant àapaiser une partie de sa base. "Les Tunisiens sont unis autour de l'islam et sur les principes de la démocratie, a-t-il répété. 90 % de la loi tunisienne est inspirée de la charia." lemonde

 

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Quand El Aritha [La Pétition Populaire] devient plus extrémiste qu'Ennahdha quant à la Charia 

 

 

__________________________________________Rumeurs ! ? 

 

Début de «tractations» entre certains dirigeants de la Troïka et des figures salafistes


TunisieNumérique a appris de sources sûres que des tractations ont commencé entre certains dirigeants de la Troïka et des figures salafistes, à l’instar de la visite  qu’avait effectuée le leader salafiste jihadiste Abou Iyadh (Seifallah Ben Hassine leader du mouvement salafiste « Jamaat Ansar achariaâ ») à l’étude de l’un des dirigeants du parti « Congrès pour la République » (CPR).  tunisienumerique

 


 

 

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 06:11

L’austérité à marche forcée... 10 choses que vous devez savoir sur le Pacte budgétaire 

 

Le 1er mars 2012, 25 chefs d’État et de gouvernements ont signé un nouveau traité, qui devrait entrer en vigueur au début de l’année 2013.Ce Pacte budgétaire a été conçu dans l’urgence, et sous de très mauvais auspices : ses promoteurs avaient initialement prévu de l’adopter sous forme de modification des traités existants, mais le véto de la Grande-Bretagne, lors du Conseil européen du 9 décembre, les a obligés à créer un nouveau Traité ad hoc. Cette procédure permettait en outre une adoption plus « souple » et « simple », c’est-à-dire qu’elle garantissait moins d’« interférences » liées à tout débat public et démocratique, en adoptant un traité de l’Union européenne qui n’en était pas vraiment un.


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Ce Pacte budgétaire a pour vocation à obliger les États signataires à appliquer des politiques budgétaires très strictes via un renforcement des règles et contrôles. Entre autres, les dénommés « déficits structurels » devront rester sous la limite de 0,5% du PIB. Si l’adoption du nouveau traité a été chaudement applaudie par le monde des affaires, et notamment la fédération patronale européenne BusinessEurope, elle a été dénoncée de manière univoque par les syndicats, et pour la première fois de son histoire, la Confédération européenne des syndicats (CES) s’est opposée à un traité européen.

 

Pourquoi maintenant ?

« Ce Traité rassure peut-être les amis politiques de la Chancelière Merkel, mais sûrement pas les millions de chômeurs, de travailleurs pauvres et précaires en Europe, qui attendent en vain un véritable soutien de la part des institutions européennes. C’est pourquoi nous y sommes opposés » a expliqué Bernadette Ségol, secrétaire générale de la CES [2].

 

La plupart des commentateurs et analystes s’accordent pour dire que ce traité ne va pas changer le cours de la crise de l’euro, et il n’a pas vocation à le faire. Il vise davantage à orienter les politiques économiques futures de l’Union européenne, ainsi qu’à donner des gages à l’électorat allemand. La Chancelière Angela Merkel a ainsi souhaité exprimer sa fermeté à l’égard des pays surendettés, et montrer que le co-financement du Mécanisme européen de stabilité (MES) sera assorti de strictes conditionnalités – de plans d’austérité drastiques – pour les Etats membres qui souhaiteraient en bénéficier.

 

Trois nouveautés

 

Une analyse rapide du nouveau traité peut donner l’impression qu’il s’agit tout au plus d’un ensemble de nouvelles règles et de mécanismes. Ce texte est en effet rempli de dispositifs qui visent à orienter les politiques économiques dans de nombreux domaines. Si l’on met de côté les déclarations d’autocongratulation sur les « réalisations » passées, la répétition des contrôles déjà prévus dans la législation européenne et les suites à donner à ce Pacte, il reste tout au plus trois nouveautés : une formalisation plus poussée des Sommets de la zone euro, des mécanismes d’intervention plus réactifs à l’égard des pays en déficits, ainsi que le fameux « frein à la dette », qui met en place de manière contraignante des règles pour réduire la dette et les déficits.

 

Dénouer l’enchevêtrement de ces mesures peut s’avérer compliqué. En fait, les principaux éléments de ce traité se résument en 10 points :

 

 1. Un « traité pour l’austérité »

Voici l’aspect central de ce traité : l’obligation pour les États membres de durcir leurs politiques budgétaires – en réduisant voire évitant les déficits – de manière bien plus drastique que ce qui est prévu dans la législation européenne.

Le resserrement des politiques budgétaires n’est bien évidemment pas un élément nouveau des politiques européennes. Le Pacte de stabilité et de croissance (issu du traité de Maastricht), au cœur de l’Union économique et monétaire impose aux États membres de garder leurs déficits sous les 3% du PIB… Avec amendes à la clé, dans le cas des pays de la Zone euro. Dans un premier temps, les gouvernements en faute se voient attribuer un programme pour atteindre un budget équilibré. L’élément clé de ce « programme d’ajustement » est la réduction du « déficit structurel » (voir ci-après), l’objectif étant généralement d’atteindre un objectif de 0,5% du PIB en plusieurs années [3]. Le nouveau traité rend cet objectif obligatoire.

 

Qu’est-ce que le déficit structurel ?

 

Le déficit structurel est censé révéler un problème à moyen-terme dans le budget d’un État qui aurait des recettes insuffisantes et de dépenses trop importantes. Pour obtenir ce déficit, il faut soustraire au déficit annuel de l’État le déficit dû aux variations de l’économie (en temps de crise, les déficits s’accroissent de manière « automatique ») ainsi que les dépenses exceptionnelles des gouvernements, dépenses considérées comme « légitimes » dont la liste est établie. Ce déficit structurel est la base sur laquelle on considère qu’un État doit prendre des mesures pour couper dans les dépenses ou augmenter les taxes. Le « frein à la dette » vise à réduire ce déficit identifié comme cause structurelle d’endettement.

 

On peut ainsi calculer que si le traité était appliqué, les coupes budgétaires (ou hausses fiscales) se seraient avérées considérables : pour le moment, seuls 4 États membres font état d’un déficit en dessous du seuil « magique » de 3% (Luxembourg, Finlande, Suède, Estonie) [4]. Dans de nombreux pays, des mesures dramatiques devraient être prises. En Belgique, par exemple, où sur un déficit total de 4,6%, 4% sont considérés par la Commission comme « déficit structurel ». La Belgique devrait donc, selon le traité, réduire son déficit sous une barre de 1,1% (0,5% de déficit structurel + 0,6% de déficit non structurel).

 

A première vue, les États signataires ne sont pas directement contraints à prendre des mesures de réduction des dépenses sociales. Pourtant, « réduire le déficit structurel » présuppose ici des mesures bien particulières. Les recommandations de la Commission aux États membres sous les coups d’une procédure de déficit excessif – actuellement cela concerne 23 des 27 Etats membres – sont très claires : il faut couper dans les dépenses sociales pour diminuer le déficit structurel [5]. Une limite de 0,5% du déficit structurel va par ailleurs sérieusement réduire les options disponibles pour les gouvernements, notamment en situation de crise. Elle les empêchera de faire les investissements publics nécessaires pour répondre à la crise.

 

Enfin, il faut noter que le traité – ainsi que de nombreuses des règles et procédures européennes actuelles – met particulièrement l’accent sur les dépenses. Cela a été confirmé avec l’adoption du Pacte pour l’euro en mars 2011, qui explique de manière claire que l’« équilibre des finances publiques » présuppose des attaques contre les retraites, les dépenses de santé et allocations sociales [6].

 

 2. Un pilotage automatique

 

Lorsque le « frein à la dette » n’est pas respecté par un gouvernement lors de l’adoption du budget national, des mécanismes au sein même de la législation nationale devraient déclencher des sanctions – suffisamment sérieuses pour remettre le gouvernement sur la voie d’une « réduction des déficits ».

 

Cela pose la question suivante : dans ce cas, qui va se charger de faire rentrer les gouvernements dans le rang, et comment ? Qui va poursuivre les gouvernements et les obliger à changer sa politique économique, et par quel biais ? Le traité nous donne quelques indices. La responsabilité pour définir les « principes communs » des règles budgétaires est dévolue à la Commission européenne, y compris les principes sur « l’indépendance des institutions responsables au niveau européen pour contrôler le respect strict des règles ». En d’autres termes, des instances indépendantes seront mises en place au niveau national, probablement composées d’experts et d’économistes, afin de veiller à l’application de la discipline budgétaire [7].

 

 3. L’austérité à perpétuité

 

Aucune limite temporelle n’est prévue au renforcement des politiques budgétaires.

 

Le texte stipule en effet que les États membres doivent adopter des « dispositions à caractère contraignant, de préférence constitutionnelles, ou bien avec la garantie d’une application et d’une adhésion totale lors du processus d’adoption du budget national ». En d’autres termes, de manière permanente.

 

La préférence de l’Allemagne va pour la procédure constitutionnelle. L’Allemagne a récemment adopté une modification constitutionnelle qui s’apprête à forcer les gouvernements futurs à rester en dessous d’un déficit structurel de 0,35%. C’est ce type de mesure que la Chancelière Merkel souhaiterait voir appliquer dans les autres États membres. Il y a cependant d’autres possibilités, qui doivent néanmoins s’appliquer de manière permanente. Comme l’indiquait la Chancelière :

 

« Le frein à la dette va être contraignant et s’appliquer de manière permanente. Les règles ne doivent en aucun cas pouvoir être changées par une nouvelle majorité parlementaire. [8] »

 

Bien sûr, le texte stipule qu’il faut « respecter totalement les prérogatives des parlements nationaux », mais dans un tel contexte, cela sonne davantage comme un véritable pied-de-nez.

 

Dans certains pays, une modification de la constitution nécessite un referendum, et il s’agit là d’un scénario à éviter à tout prix pour les promoteurs du Pacte budgétaire. Une manière de faire cela, dans le cadre de ce nouveau traité européen qui n’en est pas un, serait de mettre en place une règle permanente, quasi-constitutionnelle, mais en dehors de la Constitution.

 

 4. En cas de doute, la Cour européenne de justice aura le dernier mot

 

Que se passe-t-il si un État membre considère qu’un autre État membre n’a pas adopté de législation suffisamment contraignante pour mettre en œuvre les règles du traité ? Dans ce cas, le plaignant peut porter plainte auprès de la Cour de justice européenne. Cela peut s’avérer quelque peu surprenant : en effet, le rôle de la Cour de justice européenne est de s’assurer du respect de la législation européenne, pas de régler des différends entre États de manière générale ou sur la base de traités hors de l’Union européenne. Pourtant, la Cour de justice européenne pourra à ce titre imposer des amendes à hauteur de 0,1% du PIB.

 

Ce rôle clé dévolu à la Cour de justice européenne pourrait devenir très important dans le futur. Il permettra a tout État membre de porter plainte sur tout aspect de la mise en œuvre du traité dans un autre État membre.

 

 5. Peu ou pas de flexibilité

 

Les signataires devront-ils ramener leur déficit structurel en dessous de 0,5% du PIB dès l’application du traité ?

 

Non, mais cela devra se faire rapidement. Le temps dévolu n’est pas encore clairement défini dans les propositions de la Commission. Dans leurs « efforts » pour réduire les déficits, les signataires auront exceptionnellement la possibilité de dévier du chemin étroit de l’austérité, dans le cas où ils feraient face à une récession ou croissance faible, à condition que cela ne mette pas en danger l’atteinte d’un « équilibre budgétaire à moyen terme ». La même exception figure lorsque l’objectif de 0,5% est atteint.

 

Cette exception reste néanmoins très floue, et pourrait ne jamais entrer en vigueur. La seule véritable disposition permettant une flexibilité concerne les États qui sont peu endettés, pour lesquels un déficit de 1% du PIB est toléré. Mais peu de signataires pourront profiter de cette exception dans les prochaines années [9]. Même en temps de crise, les signataires qui souhaiteraient mettre en place des politiques budgétaires ambitieuses et des investissements publics se verront opposer des obstacles importants. Il s’agit de tuer dans l’œuf toute tentative de réponse keynésienne à la crise, réponse qui a pourtant prouvé son efficacité dans le passé quand bien même elles auraient provoqué d’importants déficits.

 

« Quand tout va bien, de tels resserrement budgétaires sont inutiles. Quand tout va mal, ils ont des conséquences néfastes. Ce n’est pas un signe de mauvaise gestion que de présenter des déficits en temps de crise » comme l’explique l’économiste Jesper Jeffersen [10].

 

Ce traité s’apprête donc à graver dans le marbre une réponse à la crise qui s’avère inadaptée, et à faire en sorte que, en temps de crise, ce soient les dépenses publiques qui soient systématiquement désignées comme responsables – même si, comme c’est le cas aujourd’hui, les causes de la crise se trouvent davantage dans le fonctionnement du secteur privé.

 

Mauvais diagnostic… mauvais remèdes.

 

 6. La méthode de calcul est biaisée, et stigmatise les dépenses sociales

 

Les détails du calcul du « déficit structurel » sont trop compliqués pour être compréhensibles et transparents vis-à-vis du grand public. En fait, il n’y a pas de consensus au plan international, ni même à l’échelle européenne, sur la méthode de calcul. Le FMI, l’OCDE, la Banque centrale européenne et la Commission européenne, chacun utilise sa propre approche.

 

Pourtant, la méthode utilisée joue un rôle crucial. Ce chiffre de 0,5% peut déterminer à maints égards l’avenir de nos droits sociaux. Déterminer si un État se trouve d’un côté ou de l’autre de ce seuil dépend dans une large mesure de la méthode de calcul.

 

Un exemple : en 2011, la Commission a calculé que le déficit structurel du Danemark était de 3%. Le gouvernement danois, quant à lui, a avancé le chiffre de 1%. Si c’était le chiffre de la Commission qui devait être utilisé, le pays devrait faire en termes d’efforts budgétaires le double des économies qu’il a réalisées en « réformant » son système de retraite (c’est-à-dire en réduisant les pensions).

 

Pour la Banque nationale danoise, et le Ministre des finances du Danemark, la méthode employée par le gouvernement reflète mieux la réalité de l’économie danoise, tandis que la méthode de la Commission comprend des biais à l’égard des pays qui disposent d’une importante protection sociale [11]. Pourtant, c’est bien la Commission qui sera en charge des principes communs de calculs des déficits structurels, et il y a fort à parier qu’elle propose les mêmes méthodes qu’elle utilise actuellement.

 

Les méthodes employées par un État pourront par ailleurs être portées devant la Cour de justice européenne si elles sont considérées comme inadaptées. Là encore, tout porte à croire que la Cour soutiendra les méthodes employées par la Commission depuis des années. Ainsi les méthodes nationales de calcul risquent de ne pas faire long-feu : la Commission devrait faire de l’adoption de règles uniformes une priorité ; ces règles pourraient s’avérer un outil politique de premier choix pour imposer la discipline budgétaire.

 

 7. Il s’agit d’un outil politique – les calculs sont peu fiables, voire dangereux

 

La Commission aura donc un rôle considérable vis-à-vis de l’établissement de ces règles de calcul. Elle a pourtant, à plusieurs occasions, fait preuve d’une certaine forme de partialité dans ses fameux calculs. Le cas de l’Irlande est particulièrement parlant : fin 2008, la Commission avait ainsi prévu de très bonnes perspectives pour l’économie irlandaise, qui s’est pourtant effondrée en 2009. Plus étonnants, sans doute, sont les calculs que la Commission a réalisés après l’arrivée de la crise. Selon ces calculs, l’Irlande, qui subit actuellement une crise économique majeure, serait pourtant proche d’un optimum de performance [12].

 

On se doute bien que la Commission ne dispose pas de boule de cristal. Et quand bien même, le calcul du « déficit structurel » comporte tant d’impondérables [13] que cet indicateur n’est pas vraiment pertinent pour juger de l’état d’une économie. Dans le cadre du Pacte budgétaire, il est davantage utilisé comme un outil pour jeter l’opprobre sur les dépenses publiques comme des maux, et pousser les États à réformer leurs économies.

 

 8. La zone euro est aux manettes

 

Au-delà du « frein à la dette », le traité comporte deux sections importantes.

 

La première reprend la décision prise en octobre de tenir deux sommets la zone euro par an. Ces sommets seront présidés par un nouveau président du sommet de la zone euro qui sera « désigné par les chefs d’État et de gouvernements des parties contractantes dont la monnaie est l’euro à la majorité simple, en même temps que le Conseil européen élit son Président, et pour la même durée ».

 

Cette partie du traité a prêté à controverse, en effet plusieurs pays en dehors de la zone euro, la Pologne en tête, ont exprimé leurs craintes que les décisions importantes soient prises au sein du club de l’euro (à la majorité qualifiée), club duquel ils seraient écartés. Le traité prévoit en l’occurrence que les pays hors de la zone euro puissent assister aux Sommets comme participants, ainsi que la tenue d’un Sommet des signataires du Pacte budgétaire.

 

 9. Soumission et mise à l’amende des pays en déficit

 

La seconde section concerne les règles à l’égard des pays en déficits, qui sont elles aussi modifiées. Dans le cadre des traités européens, il existe une « procédure de déficit excessif » qui vise à obliger les États membres à rester sous le seuil de 3% de déficit. Cette procédure comprend plusieurs étapes : tout d’abord, la décision de lancer la procédure doit être prise par Conseil européen sur proposition de la Commission, puis l’État membre concerné doit produire un rapport sur les mesures qu’il considère de prendre pour résorber le déficit, enfin en cas d’absence de résultats, il peut recevoir un avertissement ou une amende s’il appartient à la zone euro.

 

Cette procédure est considérablement renforcée avec le Pacte budgétaire. En effet, les décisions seront désormais prises à la « majorité inversée », y compris pour le lancement de la procédure. Le traité prévoit en effet qu’il faudra une majorité qualifiée des membres de la zone euro pour s’opposer au lancement des poursuites contre un État membre.

 

Aujourd’hui, seuls quatre membres de la zone euro ne sont pas sous le coup d’une procédure de déficit excessif [14], mais le mode de vote rendait la procédure lente voire la bloquait. La majorité qualifiée étant difficile à obtenir, ce sera désormais plus simple d’infliger des amendes. En 2011, la France s’était opposée à la majorité inversée… Ce sera désormais la règle avec le nouveau traité.

 

 10. Le traité va entrer dans la législation européenne

 

Le traité n’est pas un traité européen. Pourtant, il donne des tâches et responsabilités très importantes à la Commission, et confère à la Cour de justice européenne un pouvoir considérable. Il est néanmoins prévu qu’il intègre, d’ici 5 ans, la législation européenne. Vu l’état des discussions, ce scénario est tout à fait probable. La République Tchèque et le Royaume-Uni ne sont pour le moment pas signataires, mais des arrangements sont en bonne voie d’être trouvés, et le Royaume-Uni pourrait bien bénéficier d’exemptions à certaines clauses dans le cadre d’un traité de l’UE.

 

Un danger pour la société et la démocratie

 

D’ici à ce qu’il soit intégré à la législation européenne, cela ne fera pas de différence. Le vrai changement sera sur le court-terme. Déjà l’an dernier, les règles concernant la surveillance des budgets en déficit ont été considérablement renforcées, avec un resserrement des délais, des exigences plus pressantes et plus contraignantes pour la mise en place de mesures d’austérité, des amendes plus élevées… Avec le Pacte pour l’euro et les réformes de la gouvernance économique (« six-pack »), cette tendance s’est accrue. Le « traité d’austérité » resserre un cran de plus les vis d’un édifice institutionnel complexe qui fait de l’austérité l’alpha et l’oméga des politiques économiques européennes… Et qui s’apprête à heurter de plein fouet les droits sociaux et la protection sociale.

 

Néanmoins, tout n’est pas encore joué. Le fait que 25 chefs d’État et de gouvernement aient paraphé le texte ne signifie pas que tout est terminé. Pour commencer, le traité doit être ratifié, et malgré le fait qu’il ait été tout particulièrement pensé pour éviter de susciter le débat démocratique, le gouvernement irlandais a d’ores et déjà été forcé de tenir à un référendum en fin d’année. Et quand bien même il serait ratifié et mis en œuvre, ce traité sera sans doute la cible d’une résistance sociale massive, lorsque ses conséquences deviendront claires.

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Traduction par Frédéric Lemaire

Source : Les dessous de Bruxelles

[1] Pacte budgétaire, ou Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance de l’Union économique et monétaire » T, http://www.european-council.europa....

[2] Communiqué de presse de la CES, 31 janvier 2012, http://etuc.org/a/9605

[3] Réglement 1466/97, article 5,http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ...

[4] Statistiques Eurostat, http://epp.eurostat.ec.europa.eu/tg...

[5] European Economy, Occassional Papers 65, 2010, http://ec.europa.eu/economy_finance...

[6] Pacte Europlus, page 19 des conclusions du Conseil, 24, 25 mars 2011,http://www.consilium.europa.eu/uedo...

[7] Cela fait longtemps que l’idée de telles instances indépendantes, disposant d’un rôle important est débattue au sein les institutions européennes, et de nouvelles propositions législatives dans ce sens devraient être faites bientôt.

[8] The Guardian, 30 janvier 2012, http://www.guardian.co.uk/business/...

[9] Dépêche Eurostat, 6 février 2012, http://epp.eurostat.ec.europa.eu/ca...

[10] Professeur Jesper Jespersen, interview, 24 février 2012.

[11] Commission européenne, European Economy no 3, 2006,http://ec.europa.eu/economy_finance...

[12] Exemples tirés de Pat McArcle ; “The Euro Crisis : The ‘Fiscal Compact’ and Fiscal Policy”, Working Paper 6, Institute of International and European Affairs, 2012, page 13.http://www.iiea.com/publications/th...

[13] A critique argumentée de la méthode de la Commission européenne a été élaborée par la Banque Nationale danoise (département économie) : Ann-Louise Winther ; “Konjunkturudsving og offentlige finanser”, Kvartalsoversigt, 1. Kvartal 2011 del 1, Danmarks Nationalbank, 2011, pp. 71- 91.https://www.nationalbanken.dk/C1256...

[14] Suède, Finlande, Estonie et Luxembourg, lire http://ec.europa.eu/economy_finance...

Corporate Europe Observatorymichelcollon


 

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Manifestations anti-austérité en Grèce, en marge de défilés

 

Les forces de police grecques ont tiré dimanche des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants anti-austérité dans trois villes du pays, en marge des défilés organisés à l'occasion de la fête nationale.

Le défilé militaire annuel commémorant le soulèvement de 1821 contre les Ottomans a eu lieu sur fond de mesures de sécurité sans précédent à Athènes, afin d'éviter que se reproduisent les heurts qui avaient eu lieu lors de précédentes célébrations. Le défilé a pu se tenir dans le calme, mais, hors des officiels, peu de personnes ont pu s'en approcher pour y assister.

Les manifestations qui ont eu lieu en marge des défilés officiels reflètent la colère d'une frange de la population contre les mesures d'austérité imposées par le gouvernement en échange de l'aide financière octroyée par le FMI et l'Union européenne.

A Athènes, certaines avenues avaient été bouclées et 4.000 policiers mobilisés dans le centre. Des agents des forces de sécurité avaient même été postés sur le toit du parlement et d'autres bâtiments de la place Syntagma, où ont eu lieu de violentes manifestations contre l'austérité l'an dernier.

A Patras, ville portuaire de l'ouest du Péloponnèse, une cinquantaine de manifestants ont bombardé les policiers de bouteilles et de pierres, après avoir été empêchés d'approcher de la tribune où des personnalités assistaient à un défilé étudiant.

La police a également fait usage de gaz lacrymogènes contre 200 manifestants qui tentaient de perturber des défilés étudiants à Héraklion et La Canée, en Crète. 

La police a fait état de 39 arrestations dans l'ensemble du pays. 

George Georgiopoulos, Eric Faye pour le service français  tempsreel.nouvelobs

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 04:55

 

Annonce des noms des membres de la commission constituante entrecoupée par des sautes d'humeurs corniques du président de la Chambre

 

Manifestation contre le choix idéologique [islamiste] des membres de  la commission 

 

 

 

 

 
 

 

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les islamistes dominent la commission constituante

 

 

 

Le Parlement égyptien a désigné essentiellement des islamistes au sein de la commission chargée de rédiger la nouvelle Constitution, lors d'un vote dont les libéraux tentaient dimanche d'obtenir l'invalidation (c) Afp

Le Parlement égyptien a désigné essentiellement des islamistes au sein de la commission chargée de rédiger la nouvelle Constitution, lors d'un vote dont les libéraux tentaient dimanche d'obtenir l'invalidation (c) Afp
Le Parlement égyptien a désigné essentiellement des islamistes au sein de la commission chargée de rédiger la nouvelle Constitution, lors d'un vote dont les libéraux tentaient dimanche d'obtenir l'invalidation, selon la presse officielle.

Samedi, les élus libéraux avaient refusé de participer au vote, accusant leurs collègues islamistes qui dominent l'assemblée de vouloir composer une commission à leur image plutôt qu'à l'image du pays.

Le vote a cependant eu lieu et la commission, composée de 100 membres dont une moitié de parlementaires et une moitié de représentants de la société civile, doit tenir sa première réunion mercredi, même si des libéraux ont déposé une demande d'annulation du vote devant un tribunal administratif.

Selon la presse, 37 des 50 parlementaires élus ainsi qu'un grand nombre de non-parlementaires sont islamistes. La commission ne compte que six femmes et quelques Coptes (chrétiens d'Egypte), dont l'un, Rafiq Habib, appartient au Parti de la liberté et de la justice (PLJ), issu des Frères musulmans.

Parmi les membres non-parlementaires se trouvent aussi un membre du conseil militaire au pouvoir depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011, un dignitaire des Frères musulmans, des juges, des avocats, et un militant qui a perdu ses deux yeux dans des affrontements avec la police l'année dernière.

Samedi, des élus libéraux avaient annoncé leur retrait du vote, qualifiant la procédure de "ridicule". "La Constitution ne doit pas être le reflet de la majorité. Elle doit être le reflet de toutes les forces de la société", avait insisté Rifaat al-Said, président de Tagammou (gauche).

Les libéraux redoutent que les islamistes essaient d'imposer des références plus explicites à l'islam dans la nouvelle Loi fondamentale, malgré les déclarations rassurantes du PLJ. tempsreel.nouvelobs

 

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بعد استحواذ الإسلاميين علي‏60%‏ من أعضاء التأسيسية.. دعاوي قضائية ودعوات إلي العودة لميدان التحرير ردا علي تشكيل اللجنة


 

بعد أكثر من‏13 ساعة من التصويت والانتظار والفرز‏,‏ خرجت قائمة الجمعية التأسيسية للدستور التي تضم‏100‏ عضو إلي النور‏,60%‏ منهم من التيار الإسلامي‏,‏

الكتاتنى يتابع عملية فرز الاصوات
الكتاتنى يتابع عملية فرز الاصوات

 

 وممثلون للمرأة والأقباط والقوي الليبرالية, وسط ردود فعل رافضة, واتهامات للإخوان والسلفيين بالاستحواذ

علي اللجنة, ودعوة شباب الثورة إلي العودة لميدان التحرير, ودعاوي قضائية أمام مجلس الدولة للطعن في دستورية قرار البرلمان بتشكيلها علي أساس50% من أعضائها من مجلسي الشعب والشوري, وسوف تعقد اللجنة أول اجتماعاتها بعد غد بالقاعة الفرعونية في مجلس الشعب. في حين رفض عدد من الأحزاب والقوي السياسية اختيار أعضاء الجمعية التأسيسية بهذا الشكل, وأكد حزب المصريين الأحرار ـ في بيان له أمس ـ رفضه التعاطي مع التصويت واختيار نصف أعضاء الجمعية من داخل البرلمان, مشددا علي أن تيار الإسلام السياسي يسعي لاحتكار دستور مصر المقبل. ويأتي ذلك بالتزامن مع استعداد محكمة القضاء الاداري بمجلس الدولة للنظر اليوم في الدعوة المقامة بوقف تشكيل لجنة وضع الدستور, كما صعد شباب وائتلافات الثورة من لغة الرفض أمس وتعهدوا بالعودة إلي ميدان التحرير, واتخاذ موقف جماعي رافض لتشكيل وأعضاء اللجنة التأسيسية.


6 أقباط بتأسيسية الدستور


تم اختيار ستة من الأقباط في اللجنة التأسيسية للدستور, وهم: مارجريت عازر, وإيهاب الخراط, ورفيق صومائيل حبيب, ومجدي شنودة, ونبيل مرهم, ومني مكرم عبيد.


..و6 سيدات


وأسفرت الانتخابات عن فوز ست سيدات وهن: سوزان سعد زغلول وهدي محمد غنمية الحرية والعدالة, ومارجريت عازر الوفد. بينما كانت العضوات الثلاث من خارج البرلمان هن: الدكتورة نادية مصطفي, ومني مكرم عبيد, وفاطمة محمود أبوزيد.


..و7 من الـ الأهرام


حصلت الأهرام علي سبعة مقاعد باللجنة وهم: فاروق جويدة, ود. وحيد عبدالمجيد, ود. أحمد السيد النجار, وممدوح الولي, ود. عمرو الشوبكي وكل من: د. عماد جاد, ود. عمرو هاشم ربيع كإحتياطيين.

ahram

 

 

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 04:02

 

 

 

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Les artistes entre les griffes des islamistes

 

  

Une manifestation culturelle était programmée, ce dimanche 25 mars , sur l’avenue Habib Bourguiba,en face du théatre municipal de Tunis par des artistes tunisiens. Suite au rassemblement des islamistes appelant à l’application de la "Chariâa" dans la prochaine constitution, le spectacle animé par de jeunes artistes ,a été empêché de continuer et les comédiens ont dû renoncer et se replier .

Les barbus islamistes ,en jellabas afghanes ,se sont dirigés vers les artistes, retirés sur les marches du Théâtre et se sont mis à les insulter et à leur jeter des projectiles divers ( Oeufs et ordures ).

 La police se place entre les deux camps: Artistes, avec leurs drapeaux tunisiens, et islamistes avec leurs drapeaux noirs.

Quelques minutes après ,le cordon des policiers séparant les artistes des salafistes a été retiré et ces derniers se sont rués vers les artistes retranchés dans les couloirs du théâtre. Selon des sources concordantes, certains artistes et leurs sympathisants ont réussi à fuir les lieux, pendant que d’autres ont trouvé refuge à l’intérieur du Théâtre municipal, poursuivis par les barbus. Est-il nécessaire de rappeler  que le spectacle des comédiens sur l’avenue Habib Bourguiba était prévu et autorisé depuis plus d’une semaine ?

 

tunisiefocus

 

 

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 Vers des législatives en mars 2013 en Tunisie

 

Les premières élections législatives de l'ère post-Ben Ali devraient se tenir en mars 2013, a annoncé samedi Lufti Zaïtoun, conseiller politique du Premier ministre Hamadi Jbeli.

"Il existe un accord entre les partis de la 'troïka' au pouvoir pour établir une feuille de route (pour des élections) afin de rassurer l'opinion publique ainsi que les investisseurs nationaux et étrangers. La date du 20 mars a été avancée.

"Ce n'est pas sûr à 100% et le scrutin pourrait intervenir quelques semaines plus tôt si nous parvenons à boucler la rédaction du projet de Constitution", a-t-il dit à Reuters.

Les Tunisiens ont désigné le 23 octobre 2011, soit neuf mois après "la révolution de jasmin" qui a précipité la chute du président Zine ben Ali, une assemblée constituante dominée par les islamistes modérés d'Ennahda (Renaissance).

Cette assemblée est censée siéger pendant un an, le temps nécessaire pour la rédaction d'une nouvelle Loi fondamentale.

Tarek Amara, Jean-Loup Fiévet pour le service français tempsreel.nouvelobs



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Enfin, l’agenda tant attendu de l’après Jbali !  


La semaine dernière, à sa sortie du séminaire sur la lutte contre la corruption, le chef du Gouvernement provisoire tunisien, Hamadi Jbali, annonçait devant les journalistes que «la mission de mon gouvernement prendra fin le printemps prochain». L’information, même aussi imprécise, car le printemps dure 3 mois, était presque passée inaperçue. Elle précise pourtant sa déclaration précédente, au siège de l’Union Européenne à Bruxelles, que «les prochaines élections tunisiennes se dérouleront dans un délai de 18 mois». Il faut tenir compte, pour plus de précision, de cette autre déclaration de son conseiller politique, Lotfi Zitoun, que «les premières élections législatives de l'ère post-Ben Ali devraient se tenir en mars 2013».

 

Le mérite de la déclaration de Lotfi Zitoun à l’agence de presse Reuters, c’est d’avoir évoqué ce que toute la Tunisie politique attend, la feuille de route pour cette prochaine année (mars 2012-mars 2013). «Il existe un accord entre les partis de la troïka au pouvoir pour établir une feuille de route (pour des élections) afin de rassurer l'opinion publique ainsi que les investisseurs nationaux et étrangers », a ainsi indiqué Zitoun dont les déclarations ne suscitent pas pour une fois l’indignation de l’opinion publique tunisienne.

 

- Avant d’aller plus loin, il est bon de se poser la question sur le timing de cette nouvelle annonce, même si elle est bicéphale.

 

Elle intervenait, en effet, après des mois, durant lesquels toute la classe politique attendait que la troïka au pouvoir tienne sa parole donnée de ne rester qu’une année, le temps de préparer la nouvelle Constitution et d’organiser les prochaines élections. Une année où les indices d’une volonté non déclarée de prolonger la transition, se sont amoncelés. D’abord le gel de l’ISIE et le «traîner-le-pied » pour mettre sur pied une nouvelle instance des élections. Ensuite, le lâcher du pétard du complot contre le gouvernement Jbali. Enfin, l’extension à volonté du délai de mise au point de la nouvelle Constitution, jusqu’à en oublier presque les demandes urgentes de la Révolution qui avait fait arriver Jbali et toute Ennahdha au pouvoir et au gouvernement, même si c’était au détour d’un complot constitutionnel. Alors que s’achève la période de grâce de 3 mois, le gouvernement de Hammadi Jbali, peine encore à commencer son vrai travail de gouvernement et ne réussit qu’à allumer des brasiers sur plus d’un front. Les plus importants ont été ceux des médias, de l’UGTT et la division idéologique du pays entre laïques et religieux.

 

Elle intervenait aussi, presqu’au même moment que la tenue du meeting de Béji Caïed Essebssi à Monastir. Une réunion, à l’origine de laquelle se trouvait une initiative qui a fortement perturbé tous les plans d’Ennahdha. On en veut pour preuve les attaques répétées dont avait été l’objet l’initiative de l’ancien Premier ministre et même sa personne, par les plaintes déposées contre lui, alors qu’il n’en avait jamais été question, ni pendant son ministère transitoire, ni avant lorsqu’il fallait choisir un successeur au gouvernement de Mohamed Ghannouchi. Une initiative dont le but avoué était d’unifier le front de l’opposition qu’Ennahdha était arrivée à maintenir dans la division face aux choix que ce parti islamiste tentait d’imposer par tous les moyens.

 

- Il faut, enfin, tirer les conclusions de toutes ces déclarations du cabinet Jbali.

 

. La première de ces conclusions, est que la seconde période de transition se terminera, en mars 2013. Les dissensions partisanes, tant au sein de la troïka gouvernante qu’au sein de l’opposition, les ambigüités de gouvernance entre chef du Gouvernement et chef de l’Etat, les débordements devenus ingérables des ailes dures du mouvement religieux en Tunisie [Les Salafistes avec l’apogée de l’affaire du drapeau] et la multitude de gaffes commises, auraient ainsi fini par convaincre l’équipe dirigeante de mettre la clé sous la porte, d’une manière décente, sans risquer de perdre la face. Cela ne pouvait se faire qu’à travers le respect de la parole donnée dont Ennahdha peut tirer politiquement profit.

 

. La seconde de ces conclusions, est que le gouvernement Jbali a fini par avouer son propre échec à relever économiquement un pays mis à sac et mis à genoux par une population dont il n’a pas pu soigner les blessures d’un demi siècle entier.

 

. La dernière et non des moindres, est que la Révolution tunisienne a su rester assez vivace pour imposer ses propres choix, même aux vainqueurs. La pression exercée sur le parti au pouvoir et son gouvernement, par l’opposition, par la société civile dans toute sa diversité et même par les part dits de 0, %, a enfin réussi à modifier l’orientation prise par le nouveau pouvoir en place. Tout cela, à travers ses manifestations, ses communiqués, la résistance des médias et son refus du retour aux anciens réflexes.

 

- Il faut attendre le contenu de la feuille de route.

 

La Tunisie de l’après Ben Ali a ainsi gagné sa feuille de route pour la période de l’après Ennahdha.

Nul ne doute que le parti islamiste n’a jamais été à l’origine de la Révolution et qu’il en a seulement tranquillement cueilli les fruits. Plus rudement, on dira que c’était le premier à enfourcher la Révolution pour essayer d’en dessiner les perspectives. Il n’y a pas, jusqu’ici, réussi.

 

Selon les informations dont semble disposer le quotidien Al Maghreb, la nouvelle feuille de route, actuellement en discussion entre les partis de la troïka et d’autres n’y appartenant pas, et qui pourrait être annoncée dans les prochains jours, comprendrait 3 axes :

 

1) Une Constitution dont l’écriture se terminera avant la fin de l’année en cours et probablement adoptée, le 23 octobre prochain, pour la symbolique de la date.

 

2) Une Constitution qui sera consensuelle et évitera les sujets qui fâchent et qui pourraient être l’objet de gros différends comme pour le cas de la Chariâ.

 

3) Des élections législatives et présidentielles qui pourraient se tenir, le 20 mars 2013, toujours pour la symbolique de la date du 20 mars liée à l’Indépendance.

 

Même si tout cela reste encore du domaine des informations de presse, cette feuille de route semble indiquer au mois deux choses. La première est que l’accord paraît enfin être trouvé sur le maintien en l’état de l’article premier de la Constitution de 1956, évitant ainsi les différends et les tergiversations sur l’introduction de la Chariâ. Ceci avait été clair, dans différentes déclarations de différents seconds couteaux d’Ennahdha, le parti islamiste au pouvoir en Tunisie. La seconde est que le consensus politique semble être réalisé autour du type de régime politique à mettre en place pour la Tunisie de l’après Ben Ali : un régime présidentiel amélioré.

 

Si tout cela est vrai, si le gouvernement Jbali ne se dérobe pas et qu’il ne retombe pas encore dans le double langage de son parti, les préparatifs aux prochaines élections ne devraient pas tarder. Le premier indicateur devrait en être une annonce officielle qui redonnerait vie à l’ISIE dont l’expérience en matière d’organisation et de garantie de transparence n’est plus à démontrer. Donc, wait and see !     Khaled Boumiza africanmanager

 

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 18:32

Une manifestation anti-Caïd Essebsi dimanche à Tunis

 

En réponse au meeting de Monastir, samedi, quelques milliers de religieux se sont donné rendez-vous à l’avenue Habib Bourguiba, à Tunis, agitant leurs bannières noires ou blanches et criant «Essebsi ennemi de Dieu!» Manifestation salafiste à Tunis.

 

Dimanche matin, un rassemblement d’artistes a eu lieu devant le Théâtre municipal de Tunis à l'occasion de la Journée mondiale du théâtre, réclamant un «masrah pour tous» (un théâtre pour tous). Le rassemblement était autorisé et annoncé plusieurs jours à l’avance, notamment via les médias. Et voilà qu’un groupe d’islamistes a surgi de nulle part pour perturber leur mouvement pacifique. Tout était bon, le jet de pierres, d'oeufs et même de bout de métal tranchant. Alertée par des comédiens, notamment Jalila Baccar, la police stationnée tout près- le siège du ministère de l'Intérieur est à moins de 100 mètres- n'a pas jugé urgent d'intervenir, ne fut- ce que pour protéger les enfants en costume qui participaient à l'évènement.

Peu après 10 heures, quelques milliers d’islamistes ont investi l’avenue Habib Bourguiba. Ont-ils été autorisés par le ministère de l’Intérieur comme le voudrait le règlement ? La réponse à cette question incombe à Ali Lârayedh, ministre de l’Intérieur.

Les manifestants islamistes ont paradé autour de l’Horloge et interrompu la circulation des voitures. Ils ont même utilisé des petits enfants qui, munis de hauts parleurs et érigés sur les épaules d’adultes, criaient «Takbiiiiiiiiiiii…..r», aussitôt suivis par des cris «Allah Akbar» (Dieu est grand) bien retentissants.

Il s’agit, pratiquement, des mêmes personnes (2.500 à 3000 individus) qui étaient, vendredi 16 mars, devant l’Assemblée constituante au Bardo et, vendredi 23 mars, dans cette même avenue appelant à l’adoption de la chariâ comme source principale de la constitution.

Cette dernière manifestation – qui a coïncidé avec la Journée du Saint Coran, proclamée lundi dernier par le ministère des Affaires religieuses –, était en réponse à la manifestation pour la démocratie qui a rassemblé, le 20 mars, quelques 20.000 manifestants dans cette même avenue Habib. kapitalis

 

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Des salafistes attaquent des artistes devant le Théâtre municipal de Tunis 

 

Une manifestation culturelle était prévue, ce dimanche 25 mars 2012, sur l’avenue Habib Bourguiba, par des artistes tunisiens. Suite au rassemblement des salafistes appelant à l’application de la Chariâa, le spectacle a été empêché et de nombreux artistes et comédiens ont dû se replier devant le Théâtre municipal de Tunis. 

Plusieurs salafistes se sont dirigés vers les artistes, assis sur les marches du Théâtre et se sont mis à les insulter et à leur jeter des projectiles divers. La police a dû intervenir pour rétablir l’ordre, formant un cordon entre les artistes d’une part, avec leurs drapeaux tunisiens, et les salafistes de l’autre, avec leurs drapeaux noirs. 

Mise à jour 15h: 
Pour des raisons encore inconnues, le cordon des policiers séparant les artistes des salafistes a été retiré et ces derniers se sont rués vers les artistes retranchés sur les marches du Théâtre. Selon des sources concordantes, certains artistes et leurs sympathisants ont réussi à fuir les lieux, pendant que d’autres ont trouvé refuge à l’intérieur du Théâtre municipal, poursuivis par les manifestants salafistes. 
À noter que le spectacle des comédiens sur l’avenue Habib Bourguiba était prévu et autorisé depuis plus d’une semaine. 
businessnews

 

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 Manifestation culturelle (Théâtre) perturbée par les salafistes 

 

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مسرحييون يوجهون نداء الى قوات الامن للتدخل

حسب ما افاد به مراسلنا من امام المسرح البلدي بالعاصمة فان عددا من المسرحيين و الفنانين و الموسيقيين يوجهون نداء الى قوات الامن للتدخل و حمايتهم من عدد من الملتحين الذين قامو برشقهم بالعظام و التهديد بالاعتداء عليهم بالعصي .
 و تعود اسباب الحادثة الى تنظيم المسرحيين و الفنانين و الموسيقيين بالاحتفال امام المسرح البلدي باليوم العالمي للمسرح لكن عدد من الملتحين يحملون الراية السوداء قاموا برشقهم بالعظام و تهديدهم بالاعتداء عليهم بالضرب .
 و حسب مراسلنا فان الفنانين يحتمون الان داخل المسرح البلدي في انتظار تدخل قوات الامن لحمايتهم

kalima-tunisie

 

 

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 Appel au meurtre des juifs

 

Appel à l'application de la charia et au Jihad 

«Essebsi, ennemi du Dieu» !  

Escalade de la fameuse  Horloge de Ben Ali sans la moindre sécurité et  en toute impunité. La police ne semble pas être intéressée à protéger la sécurité des citoyens…

 
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