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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 06:20
 

 

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Des milliers d'étudiants marchent dans les rues de Montréal

 

C'est dans le calme et la bonne humeur que des dizaines de milliers d'étudiants des quatre coins du Québec ont défilé dans les rues de Montréal, jeudi après-midi, à l'occasion d'une marche nationale visant à dénoncer la hausse des droits de scolarité décrétée par le gouvernement de Jean Charest.

 

Les manifestants s'étaient donné rendez-vous à 13 h sur la place du Canada, à l'angle de la rue Peel et du boulevard René-Lévesque.

C'est une foule bigarrée, composée principalement d'étudiants, mais aussi d'enseignants et de travailleurs de tous âges, qui a pris d'assaut le centre-ville. Plusieurs personnalités publiques, dont la chef du Parti québécois, Pauline Marois, et le député indépendant Pierre Curzi, se sont jointes aux manifestants.

Une marée humaine a rapidement envahi les rues Peel et Sainte-Catherine, causant d'importants bouchons de circulation. Le coup d'envoi de la marche a dû être retardé à 13 h 40 en raison de la très grande affluence dans le secteur.

Les manifestants ont d'abord monté la rue Peel vers le nord, puis se sont dirigés sur la rue Sherbrooke, vers l'est.

Quelques bâtons de bois sans pancartes ont aussi été saisis, mais les manifestants collaboraient avec la police. Par mesure préventive, des agents de l'escouade anti-émeute surveillaient de près la situation.

La plupart des manifestants ont emprunté la rue Saint-Denis vers le nord, avant de redescendre vers le sud par la rue Berri. Plusieurs groupes se sont toutefois détachés du noyau central pour emprunter d'autres artères, passant notamment par la rue Sainte-Catherine Est ou par le boulevard René-Lévesque.

La tête du peloton est arrivée vers 15 h 30 au lieu marquant la fin du parcours, le Centre des sciences, dans le Vieux-Montréal. La pluie avait alors commencé à s'abattre sur les manifestants.

Vers 16 h, alors que la manifestation tirait à sa fin et que le ciel s'était éclairci, le SPVM ne rapportait aucun méfait, soulignant que tout s'était déroulé dans l'ordre et dans le calme, et ce, même si quelques personnes cagoulées et habillées de noir avaient été aperçues parmi la foule. En fin d'après-midi, le porte-parole du SPVM Ian Lafrenière traçait un bilan positif de la manifestation. « Les organisateurs ont pris leurs responsabilités et ont partagé leur itinéraire », s'est réjoui le porte-parole.

« C'est une des plus grosses manifestations qu'on a vécues à Montréal ces dernières années et ça s'est très bien déroulé », a-t-il ajouté.

200 000 manifestants?

Les associations étudiantes derrière ce grand rassemblement estiment que quelque 200 000 personnes se sont déplacées au centre-ville jeudi pour signifier leur opposition à la hausse de 1625 $ des frais de scolarité. Si le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a refusé de chiffrer la foule, il a néanmoins parlé de « plusieurs milliers » de personnes.

À ce jour, plus de 227 000 étudiants sont en grève générale illimitée, mais près de 300 000 étudiants étaient en grève pour la grande manifestation de jeudi, organisée notamment par la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). canoe.ca

 

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Les partis d'opposition et les syndicats aux côtés des étudiants

Les étudiants ont reçu l’appui de camionneurs au port de Montréal hier matin.<br />

Les étudiants ont reçu l’appui de camionneurs au port de Montréal hier matin. Photo : Jacques Nadeau – Le Devoir

Plusieurs partis politiques d'opposition et grandes organisations syndicales ont profité de la journée de manifestation nationale, hier, pour réitérer leur opposition à la hausse des droits de scolarité et pour exhorter le gouvernement Charest à ouvrir un dialogue avec les étudiants. 

Lors d'une conférence de presse coorganisée par la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), hier matin, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a demandé à nouveau au gouvernement Charest de changer d'attitude et de discuter avec les étudiants pour trouver un terrain d'entente. «En ce moment, le gouvernement se comporte comme si les étudiants étaient des ennemis de l'État. [...] En refusant de dialoguer avec les jeunes, Jean Charest fait preuve de faiblesse», a affirmé la chef du PQ. 

Mme Marois a en outre rappelé qu'un gouvernement péquiste annulerait cette hausse des droits de scolarité et organiserait un sommet sur l'éducation supérieure afin de revoir le mode de financement des universités. «Personne n'accepterait une hausse de tarifs d'électricité, de taxes ou d'impôts de 75 %. Les familles de la classe moyenne n'ont plus les moyens d'encaisser une hausse brutale des frais de scolarité.»

Aux côtés de Mme Marois, la coporte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a salué la mobilisation étudiante et a indiqué que son parti non seulement s'oppose à la hausse, mais veut même aller plus loin et instaurer «la gratuité scolaire de la maternelle à l'université». «L'éducation est un droit, au même titre que l'accès au système de santé [...], et c'est une richesse pour toute la société québécoise», a-t-elle affirmé.

Gratuité scolaire

La gratuité scolaire est aussi préconisée par le chef d'Option nationale, Jean-Martin Aussant, qui estime que la hausse prévue compromet grandement l'accessibilité aux études. «La gratuité scolaire, à terme, ça s'autorembourse, a-t-il ajouté. Dans les pays qui ont fait [ce choix], on a constaté que les gens étudient plus longtemps [...] ont des salaires plus élevés et paient donc plus d'impôts.»

Les représentants des grandes organisations syndicales membres de l'Alliance sociale — qui regroupe notamment la CSN, la FTQ et la CSQ — étaient également présents à cette conférence de presse pour appuyer les étudiants en grève et exiger du gouvernement qu'il entame rapidement un dialogue avec eux.

Tous ces appuis montrent que «la société civile est plus unie que jamais» contre la hausse, selon le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin. «On peut commencer à parler d'une véritable crise politique. [...] Il est temps que le gouvernement Charest rouvre un véritable débat et accepte de discuter avec les associations étudiantes pour envisager des solutions, notamment en réorganisant la façon dont les universités sont gérées», a-t-il ajouté. ledevoir
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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 07:25

Cocasserie ! 

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20 MARS 2012 : près de 73266 personnes pour une Tunisie Civile !!

 

Aujourd’hui 20 Mars 2012, les Tunisiens fêtent l’indépendance de la Tunisie et manifestent pour une Tunisie moderne, civile et sans référence à la chariaa.

Fatigués de subir les informations erronées et manipulées, une équipe de 32 patriotes fous s’est mobilisée aujourd’hui pour compter les manifestants.

Bien organisés, ces citoyens se sont postés aux niveau des accès de l’avenue Habib Bourguiba et ont compté les personnes qui entraient et sortaient de l’avenue entre 11H et 15H.

Après un long décompte et fiches de dépouillement à l’appui, ils ont finis par nous donner leur résultat :

  • 73266 personnes ont manifesté aujourd’hui avec un pic à 13h10
  • les gens restaient en moyenne 1h15 sur place
  • vers 15H l’avenue et les rues avoisinantes étaient propres.

Le comptage est une mission très difficile (voir comment cela se passe ailleurs). Cela serait bien d’avoir plus de détails sur la méthode adoptée.

Bravo pour cette initiative et à Ibrahim Letaief et à son équipe.

El Watanya 1 annonce dans les infos du 21 mars près de 20000 à 30000 manifestants. Il s’agit donc de confronter ces deux informations. Nous nous efforçons d’obtenir plus de détails sur cette opération.

Vive la Tunisie

 

Quelques vidéos intéressantes de l’avenue habib bourguiba :

  • https://www.facebook.com/photo.php?v=2939462400736
  • http://www.youtube.com/watch?v=tI7bAsTP35o
  • source ouensa.org

 

 

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Fête du 20 mars, 73266 manifestants à Tunis?

 

Mardi 20 mars 2012, plusieurs milliers de tunisiens étaient à l'avenue Habib Bourguiba à Tunis pour fêter l'indépendance et affirmer leur attachement à un Etat Civil et démocratique. Ils étaient 20 000 selon la police, 73 266 selon l'association Touensa !


manif-200312La grande manifestation du 20 mars a été sans doute la plus grande depuis le 14 janvier 2011. Une marche pour fêter le 56ème anniversaire de l'indépendance de la Tunisie, mais aussi pour affirmer l'attachement des tunisiens à un Etat Civil et démocratique, surtout après qu'il y ait eu, vendredi 16 mars, un appel à l'application de la Chariaa dans la nouvelle constitution du pays.

 

Organisée à travers les réseaux sociaux, et soutenue par plusieurs partis et associations de la société civile, la manifestation du 20 mars, sous forme d'une grande marche pacifique, a connu une grande affluence. Sur les réseaux sociaux, chacun est allé de ses propres statistiques : entre 3 et 50 mille manifestants. Selon les sources sécuritaires, ils étaient 20 000. Mais l'association Tounesa bat tous les records et donne un chiffre précis de 73266 manifestants.

 

Comment ont-ils fait pour les compter ? «32 personnes se sont mobilisées aujourd'hui pour compter les manifestants», affirme l'association sur un communiqué publié sur sa page Facebook, dans lequel elle remercie par ailleurs le réalisateur Ibrahim Letaief et son équipe qui. « Bien organisés(...) se sont postés au niveau des accès de l'avenue Habib Bourguiba et ont compté les personnes qui entraient et sortaient de l'avenue. Après un long décompte et fiches de dépouillement à l'appui, ils ont finis par nous donner ces résultats : 73266 personnes étaient sur l'avenue à 13h10. » L'association rajoute que les gens restaient en moyenne 1h15 sur place.

20 000 manifestants selon la police, 73266 selon Touensa, et selon vous, ils étaient combien ?

source tekiano

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 06:41

Entretien avec le ministre de l’Intérieur, Ali Lârayedh

 

 

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Comment des jeunes Tunisiens succombent-ils à l’extrémisme religieux ?


Jeunes-extremistes-.jpg

 

«Croyez ceux qui cherchent la vérité, doutez de ceux qui la trouvent», disait André Gide. Les jeunes Tunisiens, qui suivent les prédicateurs islamistes extrémistes, feraient mieux de suivre cette maxime.

 

 

Qu’est-ce qui conduit les jeunes, mais aussi les moins jeunes, vers l’islamisme ? Autrement dit pourquoi certains passent de la pratique d’un islam modéré, apaisé et ouvert, à un islam de combat, intolérant et n’hésitant pas à user de la violence ?

Ce qui est étonnant c’est que les jeunes qui ont déclenché la Révolution tunisienne n’étaient ni encadrés ni mus par aucune doctrine qu’elle soit politique ou religieuse, puisque leurs revendications étaient d’un tout ordre : liberté, dignité et travail !

La question n’est pas nouvelle puisqu’elle date de l’origine du salafisme mais elle a pris un intérêt particulier depuis qu’à l’étonnement général des Tunisiens, de plus en plus de jeunes adhèrent à cette forme d’islam. Ce regain d’intérêt a été constaté depuis le retour de Rached Ghannouchi, chef du parti islamiste Ennahdha, de son exil londonien.

Les-femmes-aussi-sont-attireess.jpg 
Les femmes aussi sont attirées par les sirènes salafistes.

La réflexion sur l’évolution d’une certaine jeunesse tunisienne mène vers une analyse plus globale de ce phénomène, la Tunisie n’étant qu’un exemple d’un mouvement beaucoup plus général, qui touche d’autres pays ayant «dégagé» leur tyran, ou qui sont en train de le faire.

Un essai vient de paraître sous la plume de Bourseiller, ‘‘L’extrémisme’’ (Cnrs Editions 2012), non pas consacré à l’islamisme mais à tous les extrémismes, et il est assez éclairant sur la psychologie de toutes ces personnes qui tombent dans l’extrémisme.

L’acculturation religieuse du système éducatif

C’est ainsi que cet auteur montre bien que «l’entrée dans l’extrémisme est l’effet d’un caractère, le propre d’une personnalité mécontente, manichéenne. Des vitupérateurs projettent leur propre misère sur le monde et luttent en faisant du moralisme leur instrument privilégié». Il ajoute : «L’extrémiste fuit comme la peste l’ambiguïté, l’incertitude, l’ambivalence. Il est rempli de certitudes transmises par ses chefs et a besoin d’un chef spirituel qui le rassure et lui permette de légitimer, voire de rationaliser les pires violences».

Ces observations valent évidemment pour les islamistes radicaux et d’abord le fait qu’il s’agisse de personnes mécontentes de leur sort.

Il est indéniable que les générations Ben Ali souffrent d’un manque de culture générale et plus particulièrement d’éducation civique et religieuse, deux matières négligées par l’ex-président quand il a détruit un système scolaire mis en place par son prédécesseur, qui avait pourtant donné d’excellents résultats en produisant une élite de qualité pour le pays. On se demande pourquoi ?

Manifestation-de-salafistesunis.jpg 
Manifestation de salafistes à Tunis.

Etait-ce parce que Ben Ali était complexé lui-même de n’avoir pas fait d’études supérieures puisqu’il était, comme disent les Tunisiens, d’un niveau «bac moins trois» ? Ou était-ce par calcul, car un peuple moins lettré est un peuple plus docile, pensait-il?

Malheureusement, les Tunisiens paient l’acculturation religieuse du système éducatif mis en place par Ben Ali.

La crise économique et ses répercutions sur le chômage des jeunes diplômés, le système policier mis en place pour contrôler toute protestation ou contestation… ont fait que les Tunisiens ne voyant aucun salut du côté du régime de Ben Ali, beaucoup se sont retournés vers la religion pour y trouver consolation.

Les prosélytismes télévisuels wahhabite et chiite

Cela tombait bien pour les chaînes satellitaires arabophones d’Arabie, du Golfe et d’Iran qui se sont multipliées depuis les années 90, dans un but bien précis : faire du prosélytisme au wahhabisme pour les uns et au chiisme pour les autres.

Ces jeunes, avec toutes les offres paraboliques qui ignorent les frontières, ne savent plus où donner de la tête pour puiser une identité religieuse qui a été négligée dans leur cursus scolaire.

Certains feront du syncrétisme en piochant dans toutes les obédiences dont les abreuvent les émissions religieuses paraboliques, au point de confondre malékisme et wahhabisme, ou pire, sunnisme et chiisme.

Les producteurs des émissions religieuses ne négligent aucun aspect qui pourrait contribuer au succès de leurs émissions: que ce soit par le choix du présentateur, de l’imam ou du cheikh de service autoproclamés mais que la «starisation» rend incontournables, du prédicateur et de son pouvoir persuasif.

Les réalisateurs de ces émissions religieuses à succès multiplient les «effets» pour toucher davantage de téléspectateurs: sonore, musical, lumière… tout est mis en scène pour séduire le plus grand nombre. Certains choisissent même les animateurs, imams et cheikhs, pour leur physique auquel les femmes seraient sensibles.

Les âmes sensibles tombent dans le panneau des mises en scène et des images spectaculaires qui sont souvent impressionnantes, plus particulièrement celles des émissions chiites, jusqu’à accepter l’«injonction du licite et de l’illicite » que toutes ces chaînes TV, toutes obédiences confondues, programment à longueur de journée !

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Qu'est-ce qui attire les jeunes dans l'extrémisme religieux

Les prédicateurs, à l’instar des chanteurs en vogue, débutent leur «carrière» dans leurs villages et l’engouement du petit peuple pour leurs prêches fait leur popularité. Les riches des villes voisines les repèrent et les invitent à « officier » dans le privé parmi les leurs. Le succès aidant, à leur tour les rois et les émirs pour les sunnites ou les chefs religieux pour les chiites, les recrutent en mettant le prix. Leur «starisation» aidant, ils se vendront au plus offrant, cela va de soi.  Mais très vite ils deviennent les porte-paroles de leurs bienfaiteurs, et au besoin leur feront des «fatwa» (loi religieuse) sur mesure.

Etouffer dans l’œuf toute velléité de démocratie

Ainsi la machine est bien rodée pour diffuser le wahhabisme des uns et le chiisme des autres pour endoctriner les peuples en crise.

Ce qui est le cas de la Tunisie en phase post révolutionnaire propice pour les récupérateurs des révolutions de tous bords. Ce que les monarques d’Arabie et du Golfe en général ont bien compris pour étouffer dans l’œuf toute velléité de démocratie, qui pourrait par contagion inciter leur peuple à les «dégager» à leur tour. Faut-il rappeler ce qu’il est advenu de la révolte des Bahreïnis et des Yéménites qui sont rentrés dans les rangs par l’unique volonté du roi d’Arabie ? Et les tentatives de l’émir du Qatar de «régler» son sort à la révolte des Syriens à leur détriment? Sans parler de ses tentatives de contrôler celle des Tunisiens.

En effet, ignorant tout de l’obédience traditionnelle de leurs parents et grands-parents et en recherche d’identité à laquelle s’accrocher dans un monde où ils ne trouvent plus leur place, beaucoup se laissent séduire par ces émissions où ils finissent par tout confondre faute de bagage intellectuel et d’une formation ne serait-ce que sommaire de l’histoire de leur religion.

Ce qui en fait des proies faciles pour une invasion par les paraboles par les deux chefs de file du sunnisme et du chiisme que sont l’Arabie et l’Iran ! Mais aussi du Qatar qui veut se faire une place entre ses deux voisins géants et gênants mais toujours menaçants pour lui et pour son tout petit pays pas plus grand que la Corse.

Sur facebook circulent de plus en plus de vidéo que des jeunes mettent sur leur page souvent avec des commentaires élogieux, admiratifs de l’éloquence d’un cheikh ou du trémolo que mettent certains imams chiites dans leur voix, parce que certains prédicateurs, maîtrisant l’art de la diction et de la psalmodie du coran, les émeuvent au point de les subjuguer.

Les chaînes TV chiites, proposent même des reportages où la pratique chiite répandue en Iran mais aussi parmi les peuplades chiites d'autres pays, reste toujours « spectaculaire », dramaturgique et bouleversante pour des âmes sensibles qui y voient l’exercice de la « vraie » foi. Comme elles organisent aussi des concours à l'instar de "Star Ac" pour repérer les plus belles voix et les meilleurs « réciteurs » du Coran conformément aux règles de la psalmodie. Alors que ces pratiques religieuses relèvent plus du spectacle que de la foi.

Ce qui choque énormément les malékites puisque l'ostentation dans la foi est considérée comme une hypocrisie, Dieu étant seul juge de leur foi!

Les chaînes TV chiites proposent même des reportages où la pratique chiite répandue en Iran, mais aussi parmi les populations chiites d’autres pays, reste toujours «spectaculaire» et bouleversante pour des âmes sensibles qui y voient l’exercice de la «vraie» foi. Alors que ces pratiques religieuses relèvent plus du spectacle que de la foi.

Pour cela il y a tout un art de mise en scène de l’expression de la foi. Le premier étant dans les psalmodies du Coran ; puis dans celui de la narration de l’histoire de la famille du prophète et plus particulièrement celui de l’assassinat de ses deux petits fils Al Hassen et Al Hussein, où l’hystérie collective incite certains à l’auto-flagellation accompagnée par des lamentations pour pleurer leurs saints!

Les imams psalmodient en effet avec maestria les oraisons funèbres, avec des trémolos dans la voix, voire avec une voix larmoyante et parfois la larme à l’œil pour redire leur tristesse et leur deuil d’Al Hassan et d’Al Hussein comme s’ils venaient de les perdre la veille... sauf que c’est un deuil qui dure depuis des siècles ! C’est le lamento de Kerbala !

La mise en spectacle de la foi

Si les sunnites d’Arabie et du Golfe, et à leur tête les Ibn Saoud, qui se considèrent les chefs de file du sunnisme, riches de leurs pétrodollars, font du prosélytisme wahhabite à travers la multitude de chaînes de TV et d’émissions religieuses qu’ils ont mises en place dans les années 90, les chiites ne sont pas en reste puisque l’Iran, chef de file du schisme de la communauté musulmane après le décès du prophète Mohamed, finance lui aussi grâce à ses pétrodollars des chaînes de TV qui ont, elles aussi, une multitude d’émissions religieuses dont certaines sont consacrées à l’art de la mise en spectacle de la foi et à l’art de la récitation pour «bouleverser» l’auditeur et l’émouvoir jusqu’aux larme s! Il suffit de voir tout le cirque que font les imams chiites qui «animent» les pèlerinages ou qui dirigent de telles cérémonies comme la plus spectaculaire d’entre elles, l’Achoura, fête des morts par excellence, qui sera l’occasion d’hystérie collective et d’auto-flagellations insoutenables où les pratiquants se tapant la tête, la poitrine et le dos finissent par se couvrir de sang.

Qui de sensé peut comprendre et croire ces hypocrisies de mise en spectacle de la foi ?!

Mais malheureusement la machine à «endoctrinement des masses» est bien maîtrisée par les tenants du wahhabisme (Arabie et Qatar), comme celui du chiisme (Iran et ses affiliés tels que la Syrie, le Liban, la Palestine…) ! Quand on sait les dégâts qu’a causés le communisme parmi les peuples qui l’ont subi et auquel ils ont souvent été «convertis» de force, l’islamisme sera pire encore, puisqu’il joue du sacré auquel les masses populaires sont sensibles, pour s’imposer et imposer cette idéologie plus sournoise pour ne pas dire hypocrite quand elle instrumentalise la religion à des fins purement politiciennes ! Ce n’est pas pour rien que la religion a été souvent décrite comme étant l’opium des peuples. Son effet sur des personnalités socialement mécontentes de leur sort, souvent incultes, fait que les mythes fondateurs du salafisme vont, en effet, avoir un attrait évident.

Les deux grands mythes du salafisme

Selon l’analyse récente parue dans l’ouvrage de Samir Anghar : ‘‘Le salafisme d’aujourd’hui. Mouvements sectaires en Occident’’ (éd. Michalon, Paris 2012), le premier mythe est celui qui se fonde sur l’idée que les musulmans auraient connu un âge d’or et auraient constitué une très grande civilisation (ce qui est vrai). Selon le mythe salafiste si l’on revient à la pratique de cette époque (moyen-âge), les musulmans connaitront de nouveau la grandeur qu’ils ont perdue parce qu’ils n’ont pas respecté l’islam de ce temps. Voilà pourquoi les salafistes veulent revenir à un islam codifié au moyen-âge. C’est une idée totalement absurde.

Le deuxième mythe dont se nourrit le salafisme et qui est partagé par les jeunes mal intégrés dans la société, c’est le complot de l’Occident contre l’islam.

Il est vrai que cet aspect peut s’adosser à quelques réalités dans les pays occidentaux où les jeunes musulmans vivent une forme d’exclusion mais l’idée vaut aussi pour tous les pays musulmans dont le retard économique, social et politique est mis par les dirigeants sur le compte de l’Occident !

Ces analyses sont totalement erronées mais pour le comprendre encore faudrait-il avoir à faire à des gens instruits et capables de raisonner ce qui n’est malheureusement pas le cas des masses et c’est sur cela que les dirigeants islamistes jouent avec démagogie en faisant du populisme.

La seule solution est la pédagogie encore et encore, chacun à son niveau, avec ses arguments pour démontrer la fausseté des thèses extrémistes.

Les Tunisiens sauront-ils retrouver la lucidité et le courage de leurs ancêtres qui ont chassé les Fatimides de la Tunisie et avec eux le chiisme qui heurtait leur volonté farouche de rester libres ? Faut-il le rappeler, s’ils ont fini par adopter le malékisme c’est parce que cette obédience correspond mieux à leur besoin farouche de liberté puisqu’il n’y a pas d’intercesseur entre le croyant et son créateur, contrairement au chiisme où un clergé hiérarchisé régente la société dans tous les domaines et surtout c’est une obédience d’ouverture et de tolérance et qui réfute l’ostentation dans la foi qu'elle assimile à l’hypocrisie!

Les Tunisiens sauront-ils aussi retrouver la sagesse d’un bey husseinite du début du XIXe siècle qui, après concertation des oulémas de la Zitouna, la grande université théologique d’Afrique du Nord, a répondu par la négative à l’appel de l’imam Abdel Wahhab qui voulait répandre le wahhabisme dans le Grand Maghreb ? Les oulémas l’ayant mis en garde contre cette doctrine jugée trop dangereuse pour la Tunisie et contraire à leur identité, le bey dira en guise de conclusion que l’imam Abdel Wahhab n’a rien à apprendre aux Tunisiens !

Mais voilà, deux siècles après, le wahhabisme revient en force, facilité par Ghannouchi et ses hommes, qui veulent importer le modèle sociétal et religieux de leurs amis qataris et saoudiens, en livrant la Tunisie aux prédicateurs en vogue dans ces pays !

Y aura-t-il des imams zitouniens assez courageux pour dire stop à la vague de wahhabisation de la société tunisienne par les pétro monarques dont Ghannouchi et ses hommes se rendent complices pour des raisons purement politiciennes, mus égoïstement par leurs propres intérêts et peu soucieux en réalité de l’identité des Tunisiens et de leur indépendance ?

source kapitalis

 

 

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CONSEIL ISLAMIQUE POUR L’EUROPE

 Déclaration islamique universelle des droits de l’homme

 

La Déclaration islamique universelle des droits de l’homme a été rédigée à l’initiative du  Conseil Islamique pour l’Europe, organisme ayant son siège à Londres. La Déclaration a été proclamée le 19 septembre 1981, à Paris, parSalem Azzam, secrétaire général du Conseil islamique, lors d’une réunion organisée au siège de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture [Unesco].

La version française de cette Déclaration, présentée ci-dessous, est, comme la version anglaise, sommaire. Publiée par le Conseil Islamique, elle diverge notablement du texte original en arabe.

Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux
 »Ce manifeste-ci est une déclaration adressée aux hommes pour servir de guide et de pieuse exhortation à tous les hommes pieux » (3:138).

INTRODUCTION

L’Islam a donné à l’humanité un code idéal des droits de l’Homme, il y a quatorze siècles. Ces droits ont pour objet de conférer honneur et dignité à l’humanité et d’éliminer l’exploitation, l’oppression et l’injustice.

Les droits de l’Homme, dans l’Islam, sont fortement enracinés dans la conviction que Dieu, et Dieu seul, est l’Auteur de la Loi et la Source de tous les droits de l’Homme. Etant donnée leur origine divine, aucun dirigeant ni gouvernement, aucune assemblée ni autorité ne peut restreindre, abroger ni violer en aucune manière les droits de l’homme conférés par Dieu. De même, nul ne peut transiger avec eux.

Les droits de l’Homme, dans l’Islam, font partie intégrante de l’ensemble de l’ordre islamique et tous les gouvernements et organismes musulmans sont tenus de les appliquer selon la lettre et l’esprit dans le cadre de cet ordre.

Il est malheureux que les droits de l’Homme soient impunément foulés aux pieds dans de nombreux pays du monde, y compris dans des pays musulmans. Ces violations flagrantes sont extrêmement préoccupantes et éveillent la conscience d’un nombre croissant d’individus dans le monde entier.

Je souhaite sincèrement que cette Déclaration des droits de l’Homme donne une puissante impulsion aux populations musulmanes pour rester fermes et défendre avec courage et résolution les droits qui leur ont été conférés par Dieu.

La présente Déclaration des droits de l’Homme est le second document fondamental publié par le Conseil islamiquepour marquer le commencement du XVe  siècle de l’ère islamique, le premier étant la Déclaration islamique universelleannoncée lors de la Conférence internationale sur le Prophète Mahomet (que Dieu le bénisse et le garde en paix) et son Message, organisée à Londres du 12 au 15 avril 1980.

La Déclaration islamique universelle des droits de l’Homme est basée sur le Coran et la Sunnah et a été élaborée par d’éminents érudits et juristes musulmans et des représentants de mouvements et courants de pensée islamiques. Que Dieu les récompense de leurs efforts et les guide sur le droit chemin.

« Ô Hommes, Nous vous avons créés [des œuvres] d’un être mâle et d’un être femelle. Et Nous vous avons répartis en peuples et en tribus afin que vous vous connaissiez entre vous. Les plus méritants sont, d’entre vous, les plus pieux » [Coran, XLIX, 13].

PREAMBULE

Considérant que l’aspiration séculaire des hommes à un ordre du monde plus juste où les peuples pourraient vivre, se développer et prospérer dans un environnement affranchi de la peur, de l’oppression, de l’exploitation et des privations est loin d’être satisfaite;

Considérant que les moyens de subsistance économique surabondants dont la miséricorde divine a doté l’humanité sont actuellement gaspillés, ou inéquitablement ou injustement refusés aux habitants de la terre;

Considérant qu’Allah (Dieu) a donné à l’humanité, par ses révélations dans le Saint Coran et la Sunnah de son saint Prophète Mahomet, un cadre juridique et moral durable permettant d’établir et de réglementer les institutions et les rapports humains;

Considérant que les droits de l’homme ordonnés par la Loi divine ont pour objet de conférer la dignité et l’honneur à l’humanité et sont destinés à éliminer l’oppression et l’injustice;

Considérant qu’en vertu de leur source et de leur sanction divines, ces droits ne peuvent être restreints, abrogés ni enfreints par les autorités, assemblées ou autres institutions, pas plus qu’ils ne peuvent être abdiqués ni aliénés;

En conséquencenousmusulmans

aqui croyons en Dieu, bienfaisant et miséricordieux, créateur, soutien, souverain, seul guide de l’humanité et source de toute Loi;

bqui croyons dans le vicariat (khilafah) de l’homme qui a été créé pour accomplir la volonté de Dieu sur terre;

cqui croyons dans la sagesse des préceptes divins transmis par les Prophètes, dont la mission a atteint son apogée dans le message divin final délivré par le Prophète Mahomet (la paix soit avec lui) à toute l’humanité;Up

dqui croyons que la rationalité en soi, sans la lumière de la révélation de Dieu, ne peut ni constituer un guide infaillible dans les affaires de l’humanité ni apporter une nourriture spirituelle à l’âme humaine et, sachant que les enseignements de l’Islam représentent la quintessence du commandement divin dans sa forme définitive et parfaite, estimons de notre devoir de rappeler à l’homme la haute condition et la dignité que Dieu lui a conférées;

equi croyons dans l’invitation de toute l’humanité à partager le message de l’Islam;

fqui croyons qu’aux termes de notre alliance ancestrale avec Dieu, nos devoirs et obligations ont priorité sur nos droits, et que chacun de nous a le devoir sacré de diffuser les enseignements de l’Islam par la parole, les actes et tous les moyens pacifiques, et de les mettre en application non seulement dans sa propre existence mais également dans la société qui l’entoure;

gqui croyons dans notre obligation d’établir un ordre islamique :
1) où tous les êtres humains soient égaux et aucun ne jouisse d’un privilège ni ne subisse un désavantage ou une discrimination du seul fait de sa race, de sa couleur, de son sexe, de son origine ou de sa langue;
2) où tous les êtres humains soient nés libres;
3) où l’esclavage et les travaux forcés soient proscrits;
4) où soient établies des conditions permettant de préserver, de protéger et d’honorer l’institution de la famille en tant que fondement de toute la vie sociale;
5) où les gouvernants et les gouvernés soient soumis de la même manière à la Loi et égaux devant elle;
6) où il ne soit obéi qu’à des ordres conformes à la Loi;
7) où tout pouvoir terrestre soit considéré comme un dépôt sacré, à exercer dans les limites prescrites par la Loi, d’une manière approuvée par celle-ci et en tenant compte des priorités qu’elle fixe;
8) où toutes les ressources économiques soient considérées comme des bénédictions divines accordées à l’humanité, dont tous doivent profiter conformément aux règles et valeurs exposées dans le Coran et la Sunnah;
9) où toutes les affaires publiques soient déterminées et conduites, et l’autorité administrative exercée, après consultation mutuelle (shura) entre les croyants habilités à prendre part à une décision compatible avec la Loi et le bien public;
10) où chacun assume des obligations suivant ses capacités et soit responsable de ses actes en proportion;
11) où chacun soit assuré, en cas de violation de ses droits, que des mesures correctives appropriées seront prises conformément à la Loi;
12) où personne ne soit privé des droits qui lui sont garantis par la Loi, sauf en vertu de ladite Loi et dans la mesure autorisée par elle;
13) où chaque individu ait le droit d’entreprendre une action juridique contre quiconque aura commis un crime contre la société dans son ensemble ou contre l’un de ses membres;
14) où tous les efforts soient accomplis
- pour libérer l’humanité de tout type d’exploitation, d’injustice et d’oppression, et
- pour garantir à chacun la sécurité, la dignité et la liberté dans les conditions stipulées, par les méthodes approuvées et dans les limites fixées par la Loi;

Affirmons par les présentes, en tant que serviteurs d’Allah et membres de la fraternité universelle de l’Islam, au commencement du quinzième siècle de l’ère islamique, nous engager à promouvoir les droits inviolables et inaliénables de l’homme définis ci-après, dont nous considérons qu’ils sont prescrits par l’Islam.

Article 1 – Droit à la vie
a) La vie humaine est sacrée et inviolable et tous les efforts doivent être accomplis pour la protéger. En particulier, personne ne doit être exposé à des blessures ni à la mort, sauf sous l’autorité de la Loi.
b) Après la mort comme dans la vie, le caractère sacré du corps d’une personne doit être inviolable. Les croyants sont tenus de veiller à ce que le corps d’une personne décédée soit traité avec la solennité requise.Up

Article 2 – Droit à la liberté
a) L’homme est né libre. Aucune restriction ne doit être apportée à son droit à la liberté, sauf sous l’autorité et dans l’application normale de la Loi.
b) Tout individu et tout peuple a le droit inaliénable à la liberté sous toutes ses formes – physique, culturelle, économique et politique – et doit être habilité à lutter par tous les moyens disponibles contre toute violation ou abrogation de ce droit. Tout individu ou peuple opprimé a droit au soutien légitime d’autres individus et/ou peuples dans cette lutte.

Article 3 – Droit à l’égalité et prohibition de toute discrimination
a) Toutes les personnes sont égales devant la Loi et ont droit à des possibilités égales et à une protection égale de la Loi.
b) Toutes les personnes doivent recevoir un salaire égal à travail égal.
c) Personne ne doit se voir refuser une possibilité de travailler ni subir une discrimination quelconque ni être exposé à un plus grand risque physique du seul fait d’une différence de croyance religieuse, de couleur, de race, d’origine, de sexe ou de langue.

Article 4 – Droit à la justice
a) Toute personne a le droit d’être traitée conformément à la Loi, et seulement conformément à la Loi.
b) Toute personne a non seulement le droit mais également l’obligation de protester contre l’injustice. Elle doit avoir le droit de faire appel aux recours prévus par la Loi auprès des autorités pour tout dommage ou perte personnels injustifiés. Elle doit également avoir le droit de se défendre contre toute accusation potée à son encontre et d’obtenir un jugement équitable devant un tribunal judiciaire indépendant en cas de litige avec les autorités publiques ou avec toute autre personne.
c) Toute personne a le droit et le devoir de défendre les droits de toute autre personne et de la communauté en général (hisbah).
d) Personne ne doit subir de discrimination en cherchant à défendre ses droits privés et publics.
e) Tout musulman a le droit et le devoir de refuser d’obéir à tout ordre contraire à la Loi, quelle que soit l’origine de cet ordre.

Article 5 ­ Droit à un procès équitable
a) Personne ne doit être jugé coupable d’un délit et condamné à une sanction si la preuve de sa culpabilité n’a pas été faite devant un tribunal judiciaire indépendant.
b) Personne ne doit être jugé coupable avant qu’un procès équitable ne se soit déroulé et que des possibilités raisonnables de se défendre ne lui aient été fournies.
c) La sanction doit être fixée conformément à la Loi, proportionnellement à la gravité du délit et compte tenu des circonstances dans lesquelles il a été commis.
Upd) Aucun acte ne doit être considéré comme un crime s’il n’est pas clairement stipulé comme tel dans le texte de la Loi.
e) Tout individu est responsable de ses actions. La responsabilité d’un crime ne peut être étendue par substitution à d’autres membres de sa famille ou de son groupe qui ne sont impliqués ni directement ni indirectement dans la perpétration du crime en question.

Article 6 – Droit à la protection contre l’abus de pouvoir
Toute personne a droit à la protection contre les tracasseries d’organismes officiels. Elle n’a pas à se justifier, sauf pour se défendre des accusations portées contre elle ou lorsqu’elle se trouve dans une situation où une question concernant un soupçon de participation de sa part à un crime pourrait raisonnablement être soulevée.

Article 7 – Droit à la protection contre la torture
Aucun individu ne doit subir de torture mentale ou physique, ni de dégradation, ni de menace de préjudice envers lui ou quiconque lui est apparenté ou cher, ni d’extorsion d’aveu d’un crime, ni de contrainte pour accepter un acte préjudiciable à ses intérêts.

Article 8 – Droit à la protection de l’honneur et de la réputation
Toute personne a le droit de protéger son honneur et sa réputation contre les calomnies, les accusations sans fondement et les tentatives délibérées de diffamation et de chantage.

Article 9 – Droit d’asile
a) Toute personne persécutée ou opprimée a le droit de chercher refuge et asile. Ce droit est garanti à tout être humain quels que soient sa race, sa religion, sa couleur ou son sexe.
bAl-Masgid al-haram (la maison sacrée d’Allah) à la Mecque est un refuge pour tous les musulmans.

Article 10 – Droit des minorités
a) Le principe coranique « Il n’y a pas de contrainte dans la religion » doit régir les droits religieux des minorités non musulmanes.
b) Dans un pays musulman, les minorités religieuses doivent avoir le choix, pour la conduite de leurs affaires civiques et personnelles, entre la Loi islamique et leurs propres lois.

Article 11 – Droit et obligation de participer à la conduite et à la gestion des affaires publiques
a) Sous réserve de la Loi, tout individu de la communauté (ummah) a le droit d’exercer une fonction publique.
b) Le processus de libre consultation (shura) est le fondement des rapports administratifs entre le gouvernement et le peuple. Le peuple a également le droit de choisir et de révoquer ses gouvernants conformément à ce principe.

Article 12 – Droit à la liberté de croyance, de pensée et de parole
a) Toute personne a le droit d’exprimer ses pensées et ses convictions dans la mesure où elle reste dans les limites prescrites par la Loi. Par contre, personne n’a le droit de faire courir des mensonges ni de diffuser des nouvelles susceptibles d’outrager la décence publique, ni de se livrer à la calomnie ou à la diffamation ni de nuire à la réputation d’autres personnes.
b) La recherche de la connaissance et la quête de la vérité sont non seulement un droit mais un devoir pour tout musulman.
c) Tout musulman a le droit et le devoir de se protéger et de combattre (dans les limites fixées par la Loi) contre l’oppression même si cela le conduit à contester la plus haute autorité de l’Etat.
d) Il ne doit y avoir aucun obstacle à la propagation de l’information dans la mesure où elle ne met pas en danger la sécurité de la société ou de l’Etat et reste dans les limites imposées par la Loi.
e) Personne ne doit mépriser ni ridiculiser les convictions religieuses d’autres individus ni encourager l’hostilité publique à leur encontre. Le respect des sentiments religieux des autres est une obligation pour tous les musulmans.

Article 13 – Droit à la liberté religieuse
Toute personne a droit à la liberté de conscience et de culte conformément à ses convictions religieuses.

Article 14 – Droit de libre association
a) Toute personne a le droit de participer à titre individuel et collectif à la vie religieuse, sociale, culturelle et politique de sa communauté et de créer des institutions et organismes destinés à prescrire ce qui est bien (ma’ruf) et à empêcher ce qui est mal (munkar).
b) Toute personne a le droit d’essayer de créer des institutions permettant la mise en application de ces droits. Collectivement, la communauté est tenue de créer des conditions dans lesquelles ses membres puissent pleinement développer leur personnalité.

Article 15 – L’Ordre économique et les droits qui en découlent
a) Dans leur activité économique, toutes les personnes ont droit à tous les avantages de la nature et de toutes ses ressources. Ce sont des bienfaits accordés par Dieu au bénéfice de l’humanité entière.
b) Tous les êtres humains ont le droit de gagner leur vie conformément à la Loi.
c) Toute personne a droit à la propriété de ses biens, individuellement ou en association avec d’autres. La nationalisation de certains moyens économiques dans l’intérêt public est légitime.
d) Les pauvres ont droit à une part définie de la prospérité des riches, fixée par la zakat, imposée et collectée conformément à la Loi.
e) Tous les moyens de production doivent être utilisés dans l’intérêt de la communautéUp (ummah) dans son ensemble, et ne peuvent être ni négligés ni mal utilisés.
f) Afin de promouvoir le développement d’une économie équilibrée et de protéger la société de l’exploitation, la Loi islamique interdit les monopoles, les pratiques commerciales excessivement restrictives, l’usure, l’emploi de mesures coercitives dans la conclusion de marchés et la publication de publicités mensongères.
g) Toutes les activités économiques sont autorisées dans la mesure où elles ne sont pas préjudiciables aux intérêts de la communauté (ummah) et ne violent pas les Lois et valeurs islamiques.

Article 16 – Droit à la protection de la propriété
Aucun bien ne pourra être exproprié si ce n’est dans l’intérêt public et moyennant le versement d’une indemnisation équitable et suffisante.

Article 17 – Statut et dignité des travailleurs
L’Islam honore le travail et le travailleur et ordonne aux musulmans de traiter le travailleur certes avec justice, mais aussi avec générosité. Non seulement il doit recevoir promptement le salaire qu’il a gagné, mais il a également droit à un repos et à des Loisirs suffisants.

Article18 ­ Droit à la sécurité sociale
Toute personne a droit à la nourriture, au logement, à l’habillement, à l’enseignement et aux soins médicaux en fonction des ressources de la communauté. Cette obligation de la communauté s’étend plus particulièrement à tous les individus qui ne peuvent se prendre en charge eux-mêmes en raison d’une incapacité temporaire ou permanente.

Article 19 – Droit de fonder une famille et questions connexes
a) Toute personne a le droit de se marier, de fonder une famille et d’élever des enfants conformément à sa religion, à ses traditions et à sa culture. Tout conjoint possède ces droits et privilèges et est soumis aux obligations stipulées par la Loi.
b) Chacun des partenaires d’un couple a droit au respect et à la considération de l’autre.
c) Tout époux est tenu d’entretenir son épouse et ses enfants selon ses moyens.
d) Tout enfant a le droit d’être entretenu et correctement élevé par ses parents, et il est interdit de faire travailler les jeunes enfants et de leur imposer aucune charge qui s’opposerait ou nuirait à leur développement naturel.
e) Si pour une raison quelconque, des parents sont dans l’incapacité d’assumer leurs obligations vis-à-vis d’un enfant, il incombe à la communauté d’assumer ces obligations sur le compte de la dépense publique.
f) Toute personne a droit au soutien matériel, ainsi qu’aux soins et à la protection de sa famille pendant son enfance, sa vieillesse ou en cas d’incapacité. Les parents ont droit auUp soutien matériel ainsi qu’aux soins et à la protection de leurs enfants.
g) La maternité a droit à un respect, des soins et une assistance particuliers de la part de la famille et des organismes publics de la communauté (ummah).
h) Au sein de la famille, les hommes et les femmes doivent se partager leurs obligations et leurs responsabilités selon leur sexe, leurs dons, talents et inclinations naturels, en tenant compte de leurs responsabilités communes vis-à-vis de leurs enfants et de leurs parents.
i) Personne ne peut être marié contre sa volonté, ni perdre sa personnalité juridique ou en subir une diminution du fait de son mariage.

Article 20 – Droits de la femme mariée
Toute femme mariée a le droit :
a) de vivre dans la maison où vit son mari;
b) de recevoir les moyens nécessaires au maintien d’un niveau de vie qui ne soit pas inférieur à celui de son conjoint et, en cas de divorce, de recevoir pendant la période d’attente légale (‘iddah) des moyens de subsistance compatibles avec les ressources de son mari, pour elle-même ainsi que pour les enfants qu’elle nourrit ou dont elle a la garde; toutes ces allocations, quels que soient sa propre situation financière, ses propres revenus ou les biens qu’elle pourrait posséder en propre;
c) de demander et d’obtenir la dissolution du mariage (khul’ah) conformément aux dispositions de la Loi; ce droit s’ajoute à son droit de demander le divorce devant les tribunaux;
d) d’hériter de son mari, de ses parents, de ses enfants et d’autres personnes apparentées conformément à la Loi;
e) à la stricte confidentialité de la part de son époux, ou de son ex-époux si elle est divorcée, concernant toute information qu’il pourra avoir obtenue à son sujet et dont la divulgation pourrait être préjudiciable à ses intérêts. La même obligation lui incombe vis-à-vis de son conjoint ou de son ex-conjoint.

Article 21 – Droit à l’éducation
a) Toute personne a le droit de recevoir une éducation en fonction de ses capacités naturelles.
b) Toute personne a droit au libre choix de la profession et de la carrière et aux possibilités de total développement de ses dons naturels.

Article 22 – Droit à la vie privée
Toute personne a droit à la protection de sa vie privée.

Article 23 – Droit à la liberté de déplacement et de résidence
a) Compte tenu du fait que le Monde de l’Islam est véritablement ummah islamiyyah [Communauté islamique], tout musulman doit avoir le droit d’entrer librement dans tout pays musulman et d’en sortir librement.
b) Personne ne devra être contraint de quitter son pays de résidence, ni d’en être arbitrairement déporté, sans avoir recours à l’application normale de la Loi.

NOTES D’EXPLICATION
1
. Dans la formulation des « Droits de l’homme » qui précède, sauf stipulation contraire dans le contexte :
a) Le terme « personne » englobe à la fois le sexe masculin et le sexe féminin.
b) Le terme « Loi » signifie la shari’ahc’est-à-dire la totalité des ordonnances tirées duCoran et de la Sunnah et toute autre Loi déduite de ces deux sources par des méthodes jugées valables en jurisprudence islamique.
2. Chacun des droits de l’homme énoncés dans la présente Déclaration comporte les obligations correspondantes.
3. Dans l’exercice et la jouissance des droits précités, chaque personne ne sera soumise qu’aux limites imposées par la Loi dans le but d’assurer la reconnaissance légitime et le respect des droits et de la liberté des autres et de satisfaire les justes exigences de la moralité, de l’ordre public et du bien-être général de la communauté (ummah).
4. Le texte arabe de cette Déclaration représente l’original.

Source aidh.org

 

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 05:24

 Le Conseil de sécurité demande l'application du plan Annan



 

 

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Opérations militaires à travers le pays, une quarantaine de morts

Les opérations des troupes de l'armée syrienne et les combats entre soldats et déserteurs ont causé mercredi la mort d'au moins 41 personnes en Syrie, dont 33 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). (c) Afp

Les opérations des troupes de l'armée syrienne et les combats entre soldats et déserteurs ont causé mercredi la mort d'au moins 41 personnes en Syrie, dont 33 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). (c) Afp

Dans l'après-midi, les affrontements entre soldats de l'armée régulière et déserteurs de l'Armée syrienne libre (ASL) ont repris à Harasta, à 10 km de Damas, ont rapporté les Comités locaux de coordination (LCC), qui animent la contestation sur le terrain.

L'armée a bombardé mercredi pour le deuxième jour consécutif le quartier de Khaldiyé à Homs, dans le centre de la Syrie, où au moins huit civils ont été tués, selon l'OSDH.

Toujours dans la même ville, 15 civils ont péri, dont trois enfants, sous les tirs des forces de sécurité et des bombardements de l'armée dans plusieurs quartiers, a-t-on ajouté de même source. La répression a fait également de nouvelles victimes civiles dans les quartiers de Deir Baalbeh, où six personnes ont été tuées.

Dans la province de Homs, quatre civils ont été abattus à Talbissé.

Par ailleurs, un soldat de l'armée régulière a péri à Qalaat al-Madiq, dans la province de Hama (centre), où des transports de troupe sont entrés après des tirs de roquettes et à la mitrailleuse lourde, selon l'OSDH.

A Hama, trois enfants ont été abattus par des tirs et un déserteur de l'ASL a été tué dans des affrontements avec des soldats dans le quartier de Hamidiyé.

A Deraa (sud), deux soldats ont péri dans l'explosion de leur camion, visé par un groupe de déserteurs, selon l'OSDH, et quatre civils ont été abattus dans l'échange de tirs qui a suivi.

Des vidéos mises en ligne par des militants ont montré des manifestations nocturnes à Damas et à Alep, durant lesquelles les protestataires scandaient notamment "la Syrie veut la liberté!".

Par ailleurs, un attentat à la voiture piégée s'est produit mardi soir dans la région de Deraa, berceau de la contestation dans le Sud, faisant des morts et des blessés, a rapporté mercredi l'agence officielle Sana.

"Un terroriste a lancé mardi soir une voiture piégée contre une unité des forces de maintien de l'ordre sur la route Bosra/Mseifra, tuant et blessant un certain nombre de personnes parmi les militaires et les civils", a indiqué Sana, en faisant également état d'"importants dégâts dans les bâtiments et d'un cratère de deux mètres sur le lieu de l'explosion".

source tempsreel.nouvelobs

 

 

_______________________________________________________L'autre point de vue

 

Todenhöfer : « La moitié des informations sur la Syrie sont fausses »


L’auteur Jürgen Todenhöfer se rend fréquemment en Syrie. Il y a aussi rencontré le dirigeant Assad. Todenhöfer plaide pour un point de vue neutre sur le conflit. Ancien député CDU au Bundestag, il visite la Syrie autant qu’il peut – parfois plusieurs fois par année. Il y a un mois, il a voyagé à travers le pays durant près de quatre semaines. Il a pu se déplacer librement. Todenhöfer était à Damas, mais aussi à Homs, Hama et Deraa, sur les lieux qui font la une des journaux depuis presque une année, en raison des affrontements sanglants entre les forces de sécurité du régime et les insurgés.

Jürgen Todenhöfe a consacré plusieurs ouvrages à la critique des guerres d'Afghanistan et d'Irak

 

Welt Online : Monsieur Todenhöfer, il y a peu vous étiez en Syrie. Par qui avez-vous été invité, et dans quelle mesure étiez-vous libre de circuler ?

Jürgen Todenhöfer : Personne ne m’a invité.

Vous êtes donc simplement entré dans le pays comme touriste ? Est-ce possible ?

Oui, ça marche. Je me rends en Syrie depuis plus de dix an. J’ai écrit un livre sur la Syrie et l’Irak qui a aussi été traduit en arabe. Il commence par Hakaouati, le conteur de contes de la Mosquée des Omeyyades à Damas. J’y vais chaque année. La Syrie est le berceau de notre civilisation et Damas est une des plus belles villes du monde arabe. La tête de Saint Jean Baptiste est enterrée dans la Mosquée des Omeyyades et à Damas, Saül devint Saint Paul.

Mais est-ce que vous comprenez et parlez l’arabe ?

Pas un mot.

Comment parlez-vous alors avec les gens ?

La plupart du temps, je suis accompagné d’un ou de plusieurs traducteurs.

Qu’est-ce qui vous a incité à repartir juste maintenant en Syrie, en dépit de tous les avertissements ?

Lorsque durant dix ans on ne cesse de voyager dans ce pays, il n’y a aucune raison de ne pas y retourner juste maintenant. Cette fois, j’ai eu quelques difficultés au début. J’ai été arrêté à l’aéroport de Damas parce que les services secrets syriens avaient émis une interdiction d’entrée contre moi. J’avais écrit un article dans Die Zeit que bien des personnes considéraient comme trop critique en Syrie. Il fallut plus de deux heures jusqu’à ce que je puisse enfin entrer dans le pays. Plus tard, ça m’a été utile parce qu’un Allemand de Syrie avait assisté à la scène et il l’a racontée quelques jours plus tard à Assad. Sur quoi Assad m’a invité à un entretien.

Assad a annoncé un référendum populaire pour mars, concernant une nouvelle Constitution. A quel point peut-on prendre cette initiative au sérieux ? Assad dirige-t-il effectivement lui-même les destinées de son pays ?

Je crois qu’il est l’homme le plus puissant de son pays. Et que la crise l’a rendu plus fort.

Pourquoi ?

Une crise décide si on peut s’emparer des choses ou s’il vaut mieux les remettre à d’autres. Il me semble que depuis lors, Assad fixe clairement la direction de sa politique. Je crois que ce referendum populaire sur une constitution démocratique est son idée. Lorsqu’il est parvenu au pouvoir il y a dix ans, il a essayé de moderniser le pays. Cela lui a valu beaucoup de difficultés. A l’intérieur comme à l’extérieur. On sait qu’en Occident, on lui a reproché d’être impliqué dans l’assassinat de l’ancien président du conseil des ministres libanais Hariri. Aujourd’hui il s’est avéré qu’il n’en était rien. En tout cas, Assad n’a pas réussi dans ses efforts de transformer le pays comme il avait eu l’intention de le faire.

Qu’est-ce qui l’en a empêché ?

Il y a des forces conservatrices puissantes dans des pays comme le Maroc, l’Arabie saoudite ou la Syrie. Assad n’avait pas seulement le problème de Hariri, il dut aussi rapatrier les troupes syriennes du Liban. Tout cela a amené à une situation de politique intérieure dans laquelle il était difficile d’imposer des réformes essentielles contre les forces conservatrices. Assad m’a dit de vive voix qu’il considère la démocratie en Syrie comme « impérative ». Et qu’à cet égard l’élaboration d’une constitution démocratique devait jouer un grand rôle.

Veut-il aussi renoncer au primat de son parti Baath ?

Envers moi, il a souligné que tous les partis seraient autorisés. Le référendum populaire en mars est une décision révolutionnaire pour un pays autocratique comme la Syrie parce que ce faisant, Assad remet la décision sur l’avenir du pays dans les mains du peuple. Le peuple n’a pas seulement la possibilité d’accepter cette constitution, il peut aussi la refuser. Je ne connais pas beaucoup de souverains autocratiques qui oseraient risquer un pareil référendum populaire.

Cela veut-il dire que vous croyez à une volonté de changement d’Assad et que vous croyez que ça peut être un moyen réaliste pour le pays ?

Plus l’Occident lui tape dessus, plus ça devient difficile pour Assad. Un politicien marxiste de l’opposition, qui a fait 14 ans de prison sous le père d’Assad, m’a dit que le seul qui pouvait amener à l’amiable la Syrie à la démocratie, c’était Bachir al-Assad. Aussi parce que la majorité des Syriens continuaient de faire une grande différence entre Assad et le système.

Mais que doit alors faire l’Occident ? Soutenir Assad ? Négocier avec lui ? Les medias occidentaux sont sous la pression des images de la violence brutale qui proviennent du pays. Et il y a peu de reportages objectifs.

La situation en Syrie est très complexe. En dépit du fait que de manière inattendue ce ne sont pas que les adversaires, mais aussi les partisans d’Assad qui revendiquent bruyamment la démocratie. Entre-temps, la démocratie est largement indéniable en Syrie. J’ai assisté à des manifestations à Damas auxquelles participaient entre un et deux millions de personnes.
Les gens criaient en chœur : « Assad, démocratie », et « Assad, liberté ». Les révoltés syriens veulent évidemment aussi la démocratie, cependant sans Assad. Il y a donc des manifestations pacifiques pour et contre Assad, mais toujours pour la démocratie. Toutefois, il y a des unités armées des deux côtés qui se livrent à des confrontations militaires sans merci. Ce qui provoque toujours des morts civiles. C’est totalement inacceptable et est à juste titre durement critiqué. 
Toutefois, des leaders politiques de l’opposition syrienne m’ont dit que la guérilla de l’opposition tuait des civils et « réglait des comptes ». A Homs, je me trouvais dans la maison d’un partisan déclaré de Assad. On a tiré dans la chambre de sa fille de trois ans depuis une tour d’en face. J’ai vu les points d’impacts. Le jour après ma visite, il reçut une menace de mort et dut quitter sa maison. A Homs, j’ai moi-même été pris sous un lourd feu croisé lorsque la guérilla tira sur deux policiers.
Ce sont des affrontements comparables à une guerre civile. En Occident, on ne nous parle que des méfaits que commettent les forces de sécurité de l’Etat. Mais on occulte les méfaits de l’autre côté. Les reportages internationaux sont extrêmement unilatéraux.

Mais pourquoi Assad n’admet-il pas des journalistes dans son pays qui pourraient dessiner une image plus objective ?

C’est une grossière erreur du gouvernement. Je n’ai jamais ressenti aussi fortement la valeur d’un journalisme libre qu’en Syrie. En Syrie, l’opposition détient actuellement un monopole de l’information qu’elle exerce sans pitié via al-Jazira et al-Arabia. A Homs par exemple, il y a quatre stations satellite auxquelles chaque photographe muni d’un portable peut transmettre ses prises de vue dans la seconde. Aussi, on en profite, ce qui est bien compréhensible.

Qu’en est-il de l’accès libre à l’Internet ?

En matière d’Internet, la Syrie est un des pays les plus développés du monde arabe. C’est d’ailleurs Assad qui a instauré cela personnellement. Si vous allez dans un restaurant, vous avez toujours gratuitement un accès wireless et vous pouvez recevoir vos courriels. Il y a quelques semaines, la presse mondiale affirma que désormais les iPhones étaient interdits en Syrie. J’ai alors appelé Damas et interrogé mon interlocuteur à ce sujet. Il a ri : « Vous m’appelez pourtant précisément sur mon iPhone. » La moitié des informations concernant la Syrie sont fausses.

Connaissez-vous d’autres exemples ?

Durant mon séjour à Damas, la presse mondiale rapporta que le quartier général du parti bath avait été attaqué et fortement endommagé. Qu’il y avait eu un mort. Ça m’a fortement impressionné. Jusque là, Damas avait été une ville sûre dans laquelle il y avait même encore quelques touristes. 
Le lendemain, je me suis rendu en voiture vers ce bâtiment. Deux aimables policiers se tenaient devant le bâtiment intact. Lorsque je leur demandai où se trouvaient les lourds dégâts, ils m’ont montré deux vitres enfoncées dans le hall d’entrée, dans lequel quelqu’un avait jeté un pétard. Lors de ma visite à Homs, j’ai vu que les étals du marché étaient couverts de victuailles et de légumes. Moi aussi j’y ai fait mes emplettes. Quelques jours plus tard, j’ai lu dans la presse mondiale : « Catastrophe humanitaire à Homs ». 
Peu après je suis retourné une deuxième fois en ville et j’y ai rencontré des rebelles. Je rencontre toujours les deux côtés. Je les ai interrogés sur la « catastrophe humanitaire ». Ils ont avoué en riant : « C’est nous qui avons lancé ça ». Ils étaient tout fiers. Peu de temps après, un autobus transportant de jeunes Alaouites a été arrêté à Homs par des motos. Ces jeunes gens ont été exécutés à quelques mètres de distance par les attaquants en moto. 
Un seul a survécu. Il raconta que les auteurs étaient des rebelles armés. L’attaque était un signal pour Assad qui est aussi alaouite. Le soir par contre, al-Jazira prétendit dans les informations que Assad avaient à nouveau fait tuer des jeunes gens innocents à Homs. Les reportages de Syrie me rappellent de façon inquiétante les reportages avant le début de la guerre d’Irak. Les reportages de la télévision d’Etat syrienne ne sont toutefois pas meilleurs.
 

Mais qui soutient alors les rebelles ? Sont-ce les pays voisins mal intentionnés tels que l’Arabie saoudite ou le Qatar, qui s’étaient déjà engagés en Libye ? S’agit-il aussi d’un conflit islamique intérieur ?

J’ai passé quatre semaines dans le pays. Je sais quand-même qu’il y a bien des choses que je n’ai pas vues. Mais j’ai vu que ce soulèvement n’est pas toujours pacifique. Il y a des forces à l’étranger qui fournissent des armes lourdes à la partie violente de l’insurrection. La piste la plus sérieuse mène au Qatar. Le Qatar était aussi le grand fournisseur d’armes en Libye. Les Américains n’interviennent pas directement, la résistance armée passe par des Etats arabes voisins, avant tout par le Qatar et l’Arabie saoudite. Al-Jazira est également originaire du Qatar.

Il s’agit donc d’une espèce de guerre par suppléants ?

Je ne le sais pas. Je ne suis pas non plus partisan des théories de complots. Mais à l’arrière-plan se profile la tentative des Etats-Unis de créer un « Greater Middle East » dans lequel il n’y aurait plus que des Etats proaméricains dans la ligne. Les USA considèrent toute la région comme leur chasse gardée. Kissinger est l’auteur de la phrase : « Le pétrole est beaucoup trop précieux pour être abandonné aux Arabes ».
Les Américains ont raté la révolution en Tunisie et en Egypte. Mais ensuite ils ont pris la décision de participer dans leur sens aux bouleversements du monde arabe. J’éprouve une grande sympathie pour l’Amérique démocratique, mais au Proche-Orient, la démocratie importe peu aux Etats-Unis. Sinon ils devraient aussi appuyer les manifestations en Arabie saoudite, au Qatar et à Bahreïn, mais là, ils soutiennent des gouvernements dictatoriaux.

Comment cela va-t-il continuer en Syrie à votre point de vue ?

En Syrie il y aura une démocratie comme dans l’ensemble du monde arabe. Le recours à la violence contre des manifestations pacifiques prônant celle-ci est inacceptable. Mais lorsque j’ai demandé à Assad pourquoi on ne pourrait pas – au moins durant un laps de temps limité – renoncer à la violence contre les rebelles armés, il m’a demandé si je pouvais lui citer un pays occidental qui accepterait que tous les jours vingt à trente de ses soldats soient tués.
Il m’a demandé : Est-ce que Madame Merkel accepterait cela ? Je n’ai pas su que répondre. Je lui ai dit qu’il devait néanmoins engager un dialogue, même avec les forces extrémistes. Qu’il n’y avait qu’un dialogue qui pouvait amener un cessez-le-feu. Qu’il devait prendre la tête du mouvement démocratique pour aboutir à la paix et à la démocratie.

Qu’a-t-il répondu ?

Il a dit que ce qui importait le plus, c’était d’élaborer une Constitution démocratique, et que le peuple devait pouvoir se prononcer à ce sujet. […].

Jürgen Todenhöfer a fait des études de droit aux universités de Munich, Paris, Bonn et Freiburg. Il a fait son doctorat à Freiburg. En 1972, il a été élu au Bundestag allemand en tant que candidat direct de la CDU. Il y a exercé le mandat de député et de porte-parole de politique du développement du groupe CDU/CSU jusqu’en 1990. Déjà avant cela, en 1987, il est entré au Groupe Hubert Burda Media, où il est parvenu à la vice-présidence de la direction.
Ces dix dernières années, Jürgen Todenhöfer s’est constamment exprimé de façon critique sur les guerres en Afghanistan et en Irak. Il y publié une série de livres traitant de ces deux guerres. En 2003, il a écrit « Wer weint schon um Abdul und Tanaya ? Die Irrtümer des Kreuzzugs gegen den Terror » (ISBN 3-451-05420-5) (Qui va pleurer Abdul et Tanaya ? Les erreurs de la croisade contre le terrorisme). C’est un livre qui décrit clairement, par l’exemple d’enfants afghans, l’absurdité de la « guerre contre le terrorisme ». Dans le livre « Andy und Marwa. Zwei Kinder und der Krieg » (2005, ISBN 3-570-00859- 2) (Andy et Marwa, deux enfants et la guerre), Todenhöfer décrit deux destins de la guerre d’Irak, celui d’une fille irakienne et d’un jeune soldat américain. Dans « Warum tötest du, Zaid ? » (Pourquoi tues-tu, Zaïd ?) (2008, ISBN 978-3-570-01022-8), Todenhöfer analyse par beaucoup d’entretiens sur place les raisons de la résistance contre l’occupation US en Irak. Son dernier livre jusqu’ici, « Teile dein Glück… und du veränderst die Welt ! – Fundstücke einer abenteuerlichen Reise » (2010, ISBN 978-3-570-10069-1) (Partage ton bonheur... et tu changes le monde ! – trouvailles d’un voyage aventureux) est un livre traitant de questions éthiques centrales. 
Pour plus d’informations sur Jürgen Todenhöfer, consultez son site Internet 
www.juergentodenhoefer.de 

source michelcollon

 

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Pourquoi le Bahreïn n’est pas la Syrie


Combien émouvant est le fait que le premier anniversaire d’un vrai mouvement arabe pro-démocratie dans le golfe Persique - ensuite impitoyablement écrasé - tombe le 14 février, jour où la Saint-Valentin est célébrée en Occident. Tu parles d’une histoire d’amour vouée à l’échec...


 

Et comment Washington va-t-il honorer cette histoire d’amour tragique ? En reprenant les ventes d’armes à la dynastie sunnite al-Khalifa au pouvoir à Bahreïn.

 

Donc, pour récapituler, le président des États-Unis Barack Obama, a dit que le président syrien Bachar al-Assad devait « se retirer et permettre qu’une transition démocratique débute immédiatement », tandis que le roi Hamad al-Khalifa reçoit de nouveaux jouets pour sévir contre ses subversifs et pro-démocratiques sujets.

 

Obama souffre-t-il de dissonance cognitive ? Bien sûr que non. Après tout la Syrie est soutenue par la Russie et la Chine au Conseil de sécurité des Nations Unies, tandis que le Bahreïn accueille la Cinquième Flotte des Etats-Unis - défenseur du « monde libre » contre ces méchants Iraniens qui veulent fermer le détroit d’Ormuz.

 

Il y a un an, l’écrasante majorité de la population du Bahreïn - la plupart sont pauvres, des sujets chiites négligés et traités comme des citoyens de troisième classe, mais avec parmi eux des sunnites instruits - sont descendus dans les rues pour exiger de la dynastie Al-Khalifa un minimum de démocratie.

 

Tout comme la Tunisie et l’Egypte - et contrairement à la Libye et à la Syrie - le mouvement pro-démocratie à Bahreïn était purement local, légitime, non-violente et non contaminé par l’Occident ni infiltré par le Conseil de coopération du Golfe (CCG).

 

La réponse a été une répression des plus violentes, avec en plus une invasion de l’Arabie Saoudite dans les rues de Manama. Cela a été le résultat d’un accord tacite conclu entre la Maison des Saoud et Washington : nous vous fournissons une résolution de la Ligue arabe vous permettant d’aller à l’ONU, puis de lancer les bombardements humanitaires de l’OTAN sur la Libye, [et en échange] vous nous laissez tranquilles pour briser ce printemps arabe qui est un non-sens (voir : The US-Saudi Libya deal, 2 avril, 2011.)

 

L’administration Obama n’a pas éprouvé le besoin de faire main-basse sur la « célébration » de la mobilisation démocratique au Bahreïn par l’envoi d’un grand manitou du département d’Etat.

 

Tel que rapporté dans l’article le Gulf Daily News, la soi-disant « Voix du Bahrain » (plutôt la voix des al-Khalifa), le secrétaire d’Etat américain adjoint pour les affaires du Proche-Orient, Jeffrey Feltman, a prié le roi Hamad de « diminuer les tensions » - par « la libération des prisonniers politiques, un remaniement partiel du gouvernement et le retrait des forces de sécurité ».

 

Les demandes de Feltman doivent tenir de la schizophrénie, parce que les prisonniers politiques restent en prison, le remaniement ministériel est cosmétique et les forces de sécurité sont lancées au plus fort de la répression.

 

Feltman a déclaré que Washington privilégiait un « dialogue national », des solutions « made-in-Bahreïn », et ne voulait pas que des Etats étrangers « s’immiscent dans le processus ». Les Bahreïnis doivent-ils suivre le modèle NATO-GCC appliqué à la Syrie ?

 

Il a également déclaré : « Les Bahreïnis peuvent compter sur le soutien des États-Unis pour trouver un consensus sur la voie à suivre » et a loué la « sincérité » du prince héritier Salman, également commandant suprême adjoint et chef d’orchestre du dialogue national. Avec des amis comme ceux-ci, le mouvement pro-démocratie à Bahreïn n’a guère besoin d’ennemis.

 

C’est donc un message de Washington qui tient en peu de mots : faites en sorte que ces gens cessent tout ce bruit, et nous garderons notre base ici pour vous défendre, vous et vos cousins, ​​contre ces masses de pauvres.

La vie à Bahreïn est quelque chose de complètement différent. Ce que les médias américains dominants appellent un « émirat sous tension » est toujours sous une loi martiale de facto. Les manifestants pro-démocratie soit-disant « libérés » - des centaines - sont en fait toujours en prison.Human Rights Watch, à son crédit mais toujours en s’exprimant avec des pincettes, a dit : « Il y a eu peu de demande de comptes pour les actes de torture et les meurtres - des crimes dans lesquels est impliqué le Groupe de défense de Bahreïn ».

 

Il n’y a aucun compte du tout - en fait.

 

Anticipant une répression aggravée à l’occasion du premier anniversaire de l’insurrection, le ministère de la Santé a ordonné aux hôpitaux privés de fournir à l’appareil de sécurité le nom de chaque personne blessée. Des centaines de médecins et d’infirmières se voient reprocher d’avoir soigné des manifestants blessés, ont été arrêtés au cours des derniers mois.

 

L’armée a entouré de fils de fer barbelé tous les accès proches du rond-point Pearl - où le monument des manifestants a été rasé, la métaphore ultime d’une volonté démocratique brisée. Deux citoyens américains, Huwaida Arraf et Radhika Sainath, ont été récemment arrêtés à Manama lors d’une manifestation non-violente et pacifique. Ayat al-Qormozi a été emprisonné parce qu’elle a lu au rond-point Peral un poème critiquant le roi Hamad.

 

En novembre dernier, la Commission d’enquête indépendante au Bahreïn a accusé les al-Khalifa d’utiliser une « force excessive, y compris l’extorsion d’aveux par la torture sur les détenus ».

 

Fin janvier, Amnesty International a appelé à « enquêter et rendre compte sur plus d’une douzaine de décès suite à l’utilisation de gaz lacrymogènes » et a appelé Washington à « suspendre les transferts de gaz lacrymogènes et autres équipements anti-émeutes aux autorités de Bahreïn ».

 

Les forces répressives locales soutenues par l’Arabie saoudite ont souvent recours à des policiers anti-émeute d’origine pakistanaise - sans parler des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes fabriquées aux Etats-Unis et utilisés pour disperser toutes les manifestations anti-gouvernementales, même pacifiques. Des dizaines de personnes âgées et des enfants ont trouvé la mort par asphyxie après que les troupes du régime aient tiré des gaz lacrymogènes dans les zones résidentielles et même dans les maisons.

 

La répression, soutenue par les troupes de l’Arabie saoudite, a été jusqu’à s’attaquer à des femmes en deuil qui suivaient des cortèges funéraires de manifestants tués par l’appareil de sécurité des al-Khalifa.

 

Vous n’êtes pas contents ? Tout cela fait partie du « dialogue national » du prince hériter...

 

Pourtant, même avec une répression qui ne souffre aucun répit, des manifestations exigeant le départ des al-Khalifa ont lieu presque tous les jours. Cette revendication n’a jamais été une demande initiale du mouvement pro-démocratie, mais elle est maintenant reprise depuis l’invasion des troupes de l’Arabie saoudite.

 

Et pour prouver pour de bon que nous vivons dans un monde qui va dans le sens de ce que disaient les Monty Python, prenez note de cette interview du roi Hamad publié par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel.

 

Le roi du Bahreïn dit qu’il a demandé au Conseil de Coopération du Golfe d’envahir son pays en mars 2011 « pour protéger les installations stratégiques » - « au cas où l’Iran deviendrait plus agressif ». Téhéran n’avait absolument rien à voir avec les manifestations - provoquées par une monarchie sunnite qui traite la majorité absolue de ses sujets indigènes comme les Émirats arabes unis traitent leurs travailleurs immigrés sud-asiatiques.

 

Le roi a également déclaré que « nos femmes avaient très peur et il est du devoir d’un gentilhomme de protéger les femmes ». Peut-être, au lieu d’une invasion, de la torture, des meurtres et d’une répression sans répit, le roi aurait pu apaiser les « peurs de ses femmes » avec un don financé par l’État de sacs à main Louis Vuitton.

 

 Pepe Escobar est l’auteur de Globalistan : How the Globalized World is Dissolving into Liquid War(Nimble Books, 2007) et Red Zone Blues : a snapshot of Baghdad during the surge. Son dernier livre vient de sortir ; il a pour titre : Obama does Globalistan (Nimble Books, 2009).

source michelcollon

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 06:21

 

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Egypte : projet de loi pour les châtiments corporels prévus à la charia

C'est la loi d'allah... amputations, crucifixions !

Amputation-main
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Le Comité des propositions et des plaintes de l’Assemblée du peuple a examiné mardi la proposition de loi du député Adel Azzazy du Parti Nour d’orientation salafiste, qui vise à faire appliquer la loi islamique à certains crimes.  

Le projet de loi prévoit l'application de la « Heraba », une peine islamique pour des délits tels que le vol évident, le meurtre, le fait de s’emparer de biens avec une arme, et le vandalisme d’installations publiques. Les peines prévues au projet de loi d’Azzazy comprennent l'exécution en cas de meurtre ainsi que l’amputation croisée d’un bras et d’une jambe en cas de vol et d’appropriation forcée de biens. En cas de vol accompagné de meurtre, le juge pourra ordonner la mise à mort ou la crucifixion. Le projet de loi prévoit également une peine de prison pour les citoyens coupables d’intimidation, qui prendra fin quand ils se repentiront.     

Ces peines ne seraient imposées qu’aux adultes sains d’esprit qui commettent un crime ou qui contribuent à leur réalisation, selon le projet de loi. Les policiers auraient le droit d’utiliser la force contre les criminels, y compris de les abattre, après leur avoir donné un avertissement.

En cas de meurtre, les citoyens affectés par le crime auraient le choix de demander des représailles, de recevoir une compensation ou d’accorder l’amnistie. «C'est la loi de dieu et elle n’est pas facultative, a dit Azzazy au sujet de son projet de loi. Les peines actuelles ne sont pas suffisamment dissuasives ».

Le député Gamal Heshmat, du Parti de la liberté et de la justice des Frères musulmans, a salué le projet de loi. Il a déclaré qu’avec le speaker de l’ancienne Assemblée du peuple, Sufi Abu Taleb, les propositions de lois étaient modifiées pour être conformes à la charia islamique tout en étant ensuite volontairement enterrées.  

source postedeveille

 

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 22:27

Jammoussi


 La grande Oulaya
 

Chafia Rochdi, la chanteuse de ma mère, 90 ans..

Thekra

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Manifs et contre-manifs sur la Chariâa: Qui est le peuple?

20-mars-2012.jpg

 

«La Chariâa est une revendication populaire» ! Ce sont là les propos de Sahbi Atig, président du groupe parlementaire d’Ennahdha, suite à la manifestation du vendredi, appelant à l’instauration de la Chariâa. Plusieurs milliers de personnes s’étaient alors rassemblées devant le siège de l’Assemblée constituante, estrades, chaises, micros et cheikhs élevés au rang de Star étaient au rendez-vous. Sur les réseaux sociaux, les pages islamistes dont celle de la Jeunesse d’Ennahdha mettent la pression, photo de profil à l’appui: «Oui à la Chariâa» et le discours qui va avec… toute cette effervescence avait touché certains responsables d’Ennahdha qui, sur la base de ces manifestations, concluront que la Chariâa doit être inscrite dans la Constitution, car il faut répondre à «la volonté du peuple». 


Un discours qui aurait pu tenir, si ce n’était les autres manifestations, dont celle qui fait la une des médias aujourd’hui, la manifestation du 20 mars, sur l’Avenue Habib Bourguiba à Tunis et dans toutes les grandes villes du pays, pour fêter l’indépendance, la liberté et, polémique du moment oblige, dire «Non à la Chariâa». Alors que manifs et contre-manifs se multiplient dans le pays… Qui est le peuple? 



Aujourd’hui sur l’Avenue Habib Bourguiba, à Tunis, devant le Théâtre municipal ou derrière les barbelés du ministère de l’Intérieur, il faisait bon revivre l’Histoire, d’un début de printemps, sous un soleil de plomb. L’avenue s’est drapée pour l’occasion des couleurs du drapeau national. Des milliers d’exemplaires du drapeau tunisien flottaient sur l’artère principale de la capitale. 


Des milliers oui, des dizaines de milliers, il faut en douter! La guerre des chiffres toujours… Sur sa page Facebook officielle, le Mouvement Kolna Tounes, mené par Emna Menif, se prend à rêver, 30 mille, 40 mille, voire même plus de 50 mille personnes présentes lors de la manifestation! Un 14 janvier bis, plus besoin de traficoter les photos, certains se plairont à gonfler les chiffres à leur convenance… 

 

Etaient-ils plus que les salafo-islamistes appelant à la Chariâa? Peut-on comparer avec la manifestation de l’UGTT? Car la question est là… plus le nombre est élevé, plus on se prend pour le peuple! Oui ils étaient des milliers à manifester aujourd’hui 20 mars 2012 à Tunis, pour un Etat civil, pour les libertés, contre l’inscription de la Chariâa dans la Constitution comme source législative… unique? principale? parmi d’autres? où se situe le peuple? 

Cette représentation d’une partie du peuple qui manifestait aujourd’hui à Tunis, à Sousse, à Sfax et ailleurs, a peur. Sur plusieurs pancartes, nous pouvons lire : «Non à l’iranisation de la Tunisie»… la Chariâa fait peur et il y a de quoi! Dans les pays où elle est appliquée, la liberté se fait rare, selon les interprétations de courants divers, selon les intérêts changeants des hommes et ce qu’ils disent être la volonté de Dieu, affirment plusieurs manifestants sur place, insistant sur le fait qu’ils sont musulmans et qu’ils n’accepteront pas que des «fanatiques» remettent en cause cette partie de leur identité, au nom d’un Islam obscur. 

Partant du Théâtre municipal, les manifestants chantent l’hymne national. Des pancartes cocasses : «Pourquoi réviser si on peut porter le niqab? », d’autres à la gloire d’Habib Bourguiba, le père de l’indépendance, un hommage qui ne sera pas du goût de tous, certains jugeant qu’il n’est pas de bon ton de brandir l’image du premier dictateur de la Tunisie moderne. 

Un peu plus loin, en se dirigeant vers le ministère de l’Intérieur, les militants de gauche et les communistes mettent l’ambiance. Un groupe du PCOT, fidèle à ses aspirations « révolutionnaires », scande : «Le peuple veut une nouvelle révolution», d’autres plus loin entonnent des chants de stade revisités, tournant en dérision le gouvernement actuel et, accessoirement, Rached Ghannouchi, chef du parti islamiste au pouvoir. Des «dégage» répétés font monter la température déjà élevée, devant le ministère: un arrière-goût de 14 janvier, les barbelés en plus, la violence policière en moins. Les policiers, en ce jour de fête, ont effectivement été exemplaires. Youssef, un manifestant sur place, drapeau à la main, nous montre de jeunes policiers souriants: «Regardez ceux-là, ils sont très jeunes, c’est la nouvelle génération de policiers, ils ne sont pas formés pour tabasser». 

Les forces de l’ordre, après les bavures de la manifestation de l’UGTT, avaient à cœur de se racheter une conduite. En distribuant des drapeaux aux manifestants, ils leur promettent de défendre la Patrie et le drapeau coûte que coûte. Mais certains restent sceptiques: «Moi je ne pardonne pas et je n’oublie pas», lance un autre manifestant. 

 

 

Des personnalités politiques étaient également présentes lors de ce grand rendez-vous, PDP, Ettajdid, mouvements citoyens tels que Kolna Tounes ou encore Doustourna, avec son leader, Jaouhar Ben Mbarek, différents mouvements féministes également, appelant à l’égalité entre les sexes. 

Politique politicienne oblige, nous nous attardons avec des militants et responsables des partis politiques. Le grand parti dit centriste semble se profiler à l’horizon. Les discours ont changé, le processus est relancé, les négociations sont en bonne voie pour un aboutissement final prévu début avril.

L’optimisme est de rigueur et les différends se sont estompés. Youssef, le jeune manifestant cité plus haut, ne cache pas pour autant sa déception: «Le problème est que ce type de manifestations, de même que les PDP, Ettajdid et alliés, ne touchent pas toutes les couches sociales, ni toutes les franges de la société, il suffit de voir, il n’y a quasiment pas de femmes voilées, pourtant elles devraient être là, avec nous, pour défendre leurs droits». 

 

Et Youssef d’ajouter sur un autre plan: «Il y a des gens autour de moi qui rêveraient de revivre l’époque de Ben Ali, car ils ont peur de quelques barbus… je préfère encore discuter avec ces barbus dont certains sont certainement plus démocrates que ces personnes qui ne voient pas plus loin que leurs petits intérêts! Quant aux Tunisiens qui vivent à l’étranger et qui, par leurs discours, font croire que la Tunisie est devenue l’Afghanistan, ils ne servent à rien d’autre que donner une image biaisée à des touristes ou investisseurs potentiels. 

Aujourd’hui nous sommes là, en Tunisie, nous nous battons quotidiennement pour garantir nos droits, et nous sommes optimistes, car nous ne laisserons pas faire, mais que ceux qui ne font que se plaindre et amplifier certains événements comme étant généralisés se taisent, car ils desservent notre cause». 



 

Petite ombre au tableau et comme pour le 14 janvier, aucune décoration ou cérémonie n’ont été organisées pour fêter l’occasion, à part celle, guindée et en petit comité, au Palais de Carthage. La veille, Hamadi Jebali tiendra un discours raisonnable, tourné vers les Tunisiens dans leur ensemble. Il affirmera que la Constitution doit être celle de tous les citoyens tunisiens et non celle d’une partie au détriment de l’autre. Il déclarera, en substance, que la majorité ne doit pas être grisée par une victoire électorale et doit prendre ses responsabilités, en tendant la main à l’opposition, en assurant au peuple tunisien une Constitution pour tous. 

Sahbi Atig, quant à lui, a affirmé, après la démonstration de force des islamistes au Bardo, que ces manifestants-là étaient le peuple et qu’ils appelaient à l’application de la Chariâa. Mais qui sont alors les manifestants du 20 mars qui appellent à un Etat civil à travers toute la Tunisie? Des «zéros virgule», dirait «diplomatiquement» notre chef de la diplomatie, gendre de Ghannouchi. 

La guerre des chiffres toujours… mais toujours est-il que la Constitution doit englober approximativement 11 millions de Tunisiens, sans discrimination… le seul nombre par lequel il est possible de parler de «peuple» !

Monia Ben Hamadi  businessnews

 

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C'était il y a une semaine lorsque le député islamiste, Sahbi Atig prétendait que  «La Chariâa est une revendication populaire» ! (Vidéo 3`52``)

 
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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 17:12
 
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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 16:26

 

 

 

 

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Marzouki exhorte les Tunisiens à vivre avec et malgré leurs différences


Le président tunisien Moncef Marzouki a exhorté mardi tous les Tunisiens à vivre ensemble avec, et malgré leurs différences, dans un discours à l'occasion de la fête nationale de l'indépendance.

Que cette fête soit une occasion pour nous tous de repenser nos relations, de vivre avec nos différences et malgré nos différences, a déclaré le président tunisien lors d'une cérémonie de lever du drapeau au palais présidentiel de Carthage.

L'union nationale ne peut pas durer si elle est bâtie sur l'incompréhension, la haine et la division, a poursuivi M. Marzouki, aux côtés de qui se tenaient le Premier ministre Hamadi Jebali et le président de l'Assemblée constituante Mustapha Ben Jaafar.

Nous avons vécu ce mois-ci deux tentatives criminelles pour porter atteinte à cette union, qui visaient clairement à semer la sédition et la haine entre les citoyens, a poursuivi M. Marzouki.

Il se référait à un incident survenu le 7 mars à la Faculté de lettres de la Manouba, lorsqu'un salafiste a tenté de remplacer le drapeau tunisien par le drapeau noir de l'islam, un étendard que nos martyrs n'ont jamais porté, selon M. Marzouki.

Le deuxième incident concerne des Corans retrouvés déchirés dans des mosquées à Ben Guerdane (sud) la semaine dernière, un crime que les mots sont insuffisants à condamner, a-t-il martelé.

Au nom de l'Etat tunisien, je présente mes excuses à tout Tunisien qui a subi des injustices pour ses idées et ses croyances depuis l'indépendance jusqu'à nos jours, a déclaré M. Marzouki.

Il a évoqué la rivalité entre les deux leaders de l'indépendance, Habib Bourguiba, élu président en 1957 et considéré comme le bâtisseur de la Tunisie moderne, et Salah Ben Youssef, défenseur de l'ancrage du pays dans le monde arabo-musulman, assassiné en 1961.

Aujourd'hui rien ne justifie la poursuite de l'injustice vis-à-vis des Yousséfistes et rien ne justifie le fait de diaboliser les Bourguibistes. Nous les fils de la nation, adoptons leur histoire militante, a déclaré M. Marzouki.

Les Tunisiens fêtent mardi le 56e anniversaire de l'indépendance du pays, conquise après 75 ans de protectorat français.

Cette fête nationale se déroule dans un contexte délicat, marqué par l'accroissement des tensions entre les camps islamistes et modernistes qui s'affrontent sur la question de l'identité tunisienne. maghrebemergent

 

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 15:44

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Marche des Tunisiens pour un Etat civil

 

 

Comme attendu, au nom de la liberté, de la dignité et de la démocratie, des milliers de Tunisien(ne)s ont investi, dès 11 heures, l’artère principale de la capitale pour appeler à un Etat civil.

 

 

Choisir un mardi 20 mars, jour de la 56e Fête de l’Indépendance, n’est pas un hasard. C’est un jour de tous les symboles de la liberté et de la dignité. «Un jour de gloire et de mémoire, qui plus est, venant en réponse aux appels lancés, vendredi 16 mars, devant l’Assemblée constituante par des fondamentalistes islamistes appelant à l’adoption de la chariâ comme source unique de la nouvelle constitution», lance un jeune étudiant en médecine.

 
Une figure imposée: le rassemblement devant le théâtre municipal.

 

«Oui, c’est notre réponse pacifique à tous ceux qui ont appelé massivement à l’abolition de la démocratie et qui veulent imposer leurs lois avec des sabres et des épées», renchérit sa voisine, qui s’est tatoué la joue avec le logo de la république (un croissant rouge sang et son étoile symbolique).

Leur aîné, un avocat, estime que les manifestants sont descendus aussi pour dire que la Tunisie est colorée de par sa constitution et restera la terre de tous les Tunisiens, peu importe la croyance ou l’idéologie de chacun. «Nous sommes tous musulmans, mais attention, leur chariâ ne passera pas. Notre Tunisie demeurera bon gré, mal gré, un Etat civil et de droit», martèle le juriste.

Là où on tourne la tête que des drapeaux et des affiches. Où tous les avertissements fusent : contre la troïka (la coalition tripartite au pouvoir) et surtout contre les dirigeants nahdahouis, soupçonnés d’utiliser leurs éléments les plus dogmatiques pour faire imposer la chariâ dans la constitution.

 
Toute la place est pour le drapeau national.

 

Comme si vous y étiez

11 heures pile, il fait chaud à Tunis. Un temps estival. Déjà quelques 2.000 à 2.500 personnes se sont rassemblées au pied devant l’entrée du Théâtre municipal. Ils agitent des drapeaux de toutes les tailles, et chantent l’hymne national. «Nous sommes déçus. Où sont passés les démocrates ? Mon seul souhait, c’est qu’on soit plus nombreux que ceux qui étaient vendredi devant la constituante de Bardo. Nous nous sommes pourtant mobilisés sur les réseaux sociaux», dit un quinquagénaire qui était entouré de deux collègues universitaires. Plus déçus que ces 3 manifestants, tu meurs !

11h30. Ça commence à bourdonner de plus en plus fort. Les forces de l’ordre, qui quadrillaient la place, se sont, peu à peu, retirées, cédant la bretelle piétonne à ses locataires du jour. Leur nombre commence à impressionner. A l’aide d’un haut parleur, des grappes par-ci et des grappes par-là, appellent au respect de la mémoire des 300 martyrs tombés pour renverser un régime des plus dictatoriaux, des souffrances des mille et quelques blessés oubliés, des sans emploi et des sans abris, grands perdants… de la révolution.


 
"On n'a pas fait une révolution pour revenir aux époques préhistoriques".

 

La foule gonfle au fil des minutes

12h00. Ça grouille de partout. L’avenue est devenue noire de monde et bien garnie de drapeaux flottants. Que des chants de la patrie. Ça donne la chair de poule.

Dans la foule, plusieurs élus de l’opposition. De la partie, aussi, plusieurs associations, des défenseurs des droits de l’Homme, des jeunes et moins jeunes. Et surtout des filles et des femmes. Beaucoup de femmes, et c’est normal : ce sont elles qui ont le plus à perdre de l’instauration de la chariâ.

12h45, la foule s’arrête d’un seul coup. Un moment de silence. Un flambeau vient d’être allumé. Les milliers de personnes crient à la révolution de nouveau, à l’union, non à la fitna (discorde), à la paix, à la tolérance. Puis, la marche reprend. D’autres jeunes sur une autre planète. Ils profitent de l’événement pour se faire quatre petits sous. Ici, un petit drapeau vendu à la criée à 1,5 dinar. Des femmes et des hommes achètent des bouquets de drapeaux et les distribuent aux passants. Petits et grands agitent leurs étendards. Petits et grands parlent de l’avenir incertain du pays. Petits et grands parlent politique et ont leur mot à dire sur la démocratie, sur le pays à sauver des «griffes des fondamentalistes religieux qui veulent voler la révolution», selon les mots utilisés par un jeune manifestant.

 

Les Tunisiennes mobilisées pour le drapeau, la bannière de l'unité nationale.

 

Hautes les couleurs de la démocratie

12h50. Une marée humaine s’est arrêtée devant le ministère de l’Intérieur, quadrillé de policiers. Tout d’un coup, un agent traverse la rue et offre deux drapeaux aux manifestant se trouvant derrière les fils de barbelés. A quelques mètres, un groupe de jeunes Cpristes (militants du Congrès pour la république) appelle le président Marzouki (leur ancien leader et actuel président de la République) à ne pas tomber dans le piège d’Ennahdha. «Le peuple veut de nouveau la révolution» ; «Le peuple ne veut pas d’Ennahdha» ; «Le peuple veut un Etat civil» ; «Le peuple réclame la démocratie»…

Puis tout à coup, un autre agent de la police se détache d’un groupe de ses collègues et se dirige vers les véhicules blancs de la police, garés dans les parages et plante sur chacun un drapeau. Puis un autre le suit. Il presse le pas et tout droit, sous les applaudissements de la foule, plante un autre drapeau sur le véhicule de l’armée. La foule enthousiaste siffle, applaudit. «Quel beau geste !», lance un manifestant. «Bravo !», lance une quinquagénaire. Jusque-là, le nombre de manifestants est estimé à 5.500 à 6.000. Un peu plus, peut-être.

 
Image de la foule des manifestants garantie sans photoshop.

 

Comme un 14 janvier

13 heures, la foule gonfle, gonfle. Des barrières ont été placées près de l’Horloge de la Place du 14 Janvier pour contenir les manifestants. Des voitures klaxonnent. L’hymne national résonne. Subitement, une voix féminine très forte. C’est Emna Menif de l’association Kolna Tounes qui donne de la voix. Autour d’elle, des centaines de personnes qui fredonnent avec elle le chant de la patrie.

13h20, il fait de plus en plus chaud. Plusieurs retardataires se profilent à l’horizon. Ils arrivent de la rue Mohamed V, de la rue de Turquie, et des autres venelles voisines pour se joindre à la marche. La marche contre la dictature.

 
Emna Menif (Kolna Tounes) avec tout son attirail.

La manifestation autorisée de 11 heures à 15 heures continue à drainer les retardataires… Jusque-là, aucun incident à signaler. Les gens qui avaient peur des intrus, sont rassurés. Pas un «barbu» ni un niqab à l’horizon ! Ils sont à l’autre bout de la ville, à la Coupole d’El Menzah, où se tient une réunion pour dire que la chariâ et la constitution sont compatibles.

Sur l’avenue Habib Bourguiba, la manifestation s’est poursuivie jusqu’au milieu de l’après-midi. Les gens ont continué à scander leurs slogans, pratiquement les mêmes que ceux du 14 janvier : liberté, dignité, souveraineté nationale, emploi. kapitalis

 

 

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Policiers distribuant des drapeaux ! 

 

Dégage El Jazeera ! Dégage Qatar !
 

 
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Des milliers de Tunisiens fêtent l'indépendance en réclamant la démocratie


Des Tunisiens célèbrent l'anniversaire de l'indépendance à Tunis le 20 mars 2012 (© 2009 AFP)

 

Des milliers de Tunisiens se sont rassemblés mardi avenue Bourguiba à Tunis pour fêter...

Des milliers de Tunisiens se sont rassemblés mardi avenue Bourguiba à Tunis pour fêter l'anniversaire de l'indépendance et "défendre la démocratie" contre les esprits "rétrogrades", dans un contexte tendu par le débat sur l'identité et la place de la religion.

 

Drapeaux tunisiens omniprésents, klaxons, hymne national: les manifestants, venus à la suite des appels lancés par les réseaux sociaux et des mouvements citoyens criaient: "le peuple veut un Etat civil (séculaire)!" "Non à l'esprit rétrograde, non au califat", ou encore: "nous ne laisserons pas voler notre révolution par les esprits obscurantistes".

 

Les slogans de la révolution "travail, liberté, dignité", étaient également repris en choeur. "Au nom de l'ouvrier et de l'agriculteur, nous continuons à militer", proclamait une banderole, tandis qu'une autre réclamait "du travail, ou le départ du gouvernement".


"Nahdaouiste (partisan du parti islamiste Ennahda, ndlr), éloigne toi, la femme est plus forte que toi"! chantaient en choeur un groupe de femmes, dont certaines enveloppées dans des drapeaux tunisiens.

"Le bourguibisme (courant de pensée inspiré du père de l'indépendance Habib Bourguiba) ne mourra jamais", "Laissez ma Tunisie libre", "Gouvernement de la honte dégage", "séparation de la religion et de l'Etat", pouvait-on lire ici et là sur les affiches brandies par les manifestants.

 

Le 56e anniversaire de l'indépendance, conquise le 20 mars 1956 après 75 ans de protectorat français, se déroule dans un contexte délicat, marqué par l'accroissement des tensions entre les camps "islamiste" vainqueur des élections et "moderniste". Le débat, envenimé par des incidents liés aux radicaux salafistes, tourne autour de la question de l'identité tunisienne et de la place à accorder à la religion dans la future Constitution du pays.

 

Vivre "avec et malgré" les différences


"J'ai combattu la dictature et je suis venue ici pour dire haut et fort que nous n'accepterons plus jamais d'être sous une autre dictature", a déclaré à l'AFP Oum Zyed, militante réputée et membre du Congrès pour la République (CPR, deuxième parti au sein de l'Assemblée constituante).

"Je suis une femme libre et je milite pour que la Tunisie soit toujours démocratique malgré les tentatives rétrogrades qui veulent porter atteinte à nos acquis", a déclaré une autre manifestante, Fatma Ziedi.

"On commémore ce grand évènement dans un moment où notre pays connaît certaines dérives sur les plans constitutionnel, institutionnel et politique", a déclaré de son côté Mongi Ellouz, secrétaire général adjoint du Parti démocrate progressiste (PDP).

 

"Il y a des atteintes aux libertés et nous manifestons aujourd'hui contre l'instauration de la charia, la loi islamique dans la future Constitution et pour imposer une Constitution démocratique qui respecte les libertés et les droits de tous les Tunisiens", a-t-il ajouté.

 

Dans un discours prononcé mardi matin pour commémorer l'indépendance, le président tunisien Moncef Marzouki a exhorté tous les Tunisiens "à vivre ensemble avec, et malgré leurs différences".

"Que cette fête soit une occasion pour nous tous de repenser nos relations, de vivre avec nos différences et malgré nos différences", a-t-il déclaré lors d'une cérémonie de lever du drapeau au palais présidentiel de Carthage.

"L'union nationale ne peut pas durer si elle est bâtie sur l'incompréhension, la haine et la division", a-t-il ajouté.  starafrica

 

 

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 09:15

 

 

Rassemblement 

Date : 20 mars 2012

Heure : 11

Lieu : Avenue Habib Bourguiba, Tunis


 

 

Communiqué

 

« Le 20 mars, fête de l’Indépendance, commémore les luttes de générations de Tunisiens pour la libération de la Tunisie du joug de la domination coloniale, l’émancipation du peuple tunisien et la construction d’un Etat moderne.

Le 20 mars célèbre l’aboutissement des mouvements réformistes et progressistes que la Tunisie a engendrés à travers les siècles.

Le 20 mars célèbre l’Histoire de la Tunisie avec ses heures de gloires et ses travers, tout ce qui a fait notre identité tunisienne et dont nous avons toutes les raisons d’être fiers.

Cette identité qui s’est nourrie de millénaires d’histoires, enracinée dans son arabité et dans son islamité, singulière par ses spécificités et ouverte aux cultures du monde, au progrès et à la modernité.


Le 20 mars 2012 nous célébrons le passé et traçons le futur, pour une Tunisie Tolérante, une Tunisie Libre, une Tunisie Plurielle…


Aux côtés des différentes composantes de la société civile, Kolna Tounes appelle à un grand rassemblement le 20 mars 2012 à partir de 11h à l’avenue Habib Bourguiba à Tunis pour réitérer notre attachement au caractère civil de l’État, aux valeurs républicaines, à la Démocratie, aux Libertés et à l’Égalité.

Kolna Tounes appelle tous les Tunisiens où qu’ils sont à faire entendre leur voix. N’oublions pas que la fracture sociale a été à l’origine de la révolution.

 

On tente aujourd’hui de briser l’unité de la nation et de provoquer une fracture idéologique pendant que la réalisation des objectifs de la révolution est reléguée au dernier rang des préoccupations ».

 

 

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