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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 05:30

Plus d'armes pour l'opposition syrienne de concert avec plus de demandes pour des « zones refuges »

 

par Chris Marsden

Les Etats du Golfe ont déclaré qu'armer l'opposition syrienne était leur politique après l'avoir fait secrètement des mois durant.

Jeudi, le ministre qatari, Sheikh Hamad bin Jassim Al-Thani, a annoncé que la monarchie qatarie ferait dorénavant « tout ce qu'il faut pour aider [l'opposition], y compris lui donner des armes pour sa défense. » Cette annonce fut suivie par une autre disant que la Libye mettait 100 millions de dollars à la disposition de l'opposition, de l'argent qui sort très certainement des coffres du Qatar.

Le Qatar, en même temps que l'Arabie saoudite, avait fourni une vaste quantité d'armement au Conseil national de transition de la Libye en créant une force qui fut ensuite utilisée comme mandataire par Washington et les puissances de l'OTAN.

La nouvelle politique de l'aide militaire ouverte fut soutenue par le ministre des Affaires étrangères de l'Arabie saoudite, Saud al-Faisal, et par le parlement du Koweït. La décision visait tout d'abord à renforcer l'Armée syrienne libre (ASL) suite à la déroute qu'elle avait endurée dans son bastion de Homs, à Baba Amr. Politiquement, pourtant, l'objectif reste de garantir un soutien militaire complet de Washington, Paris et Londres pour le renversement du régime de Bachar al-Assad.

Les Etats-Unis, la France et le Royaume Uni ont tous déclaré leur soutien à un changement de régime. Mais, ils ont été consternés par le manque de soutien en faveur de l'opposition dans les principaux centres urbains de Damas et d'Alep et par les capacités militaires limitées des groupements oppositionnels indisciplinés et disparates dominés par les islamistes sunnites et dirigés par les Frères musulmans en incluant des forces de type al-Qaïda.

Le renforcement de l'armement de l'opposition est lié aux efforts visant à assurer le contrôle du mouvement par le Conseil national syrien (CNS) et à convaincre les principales puissances que la chute d'Assad leur donnera ce qu'elles veulent - l'isolement de l'Iran - sans provoquer le genre d'instabilité à long terme et de conflit sectaire qui ont suivi la chute de Saddam Hussein en Irak.

Le CNS a coordonné son annonce mercredi dernier concernant la formation d'un nouveau bureau militaire pour resserrer les liens avec l'ASL. La décision fut annoncée par le président du CNS, Burhan Ghalioun lors d'une conférence de presse. Le bureau sera « libre de demander expertise et assistance comme bon lui semble, » a dit le CNS.

Vingt membres influents du CNS au moins avaient précédemment formé le Groupe patriotique syrien pour soutenir « l'effort national visant à renverser le régime avec tous les moyens de résistance disponibles, y compris le soutien à l'Armée syrienne libre. »

Pendant des mois, des armes ont été fournies à l'ASL et au CNS, y compris de la part des puissances occidentales. Lors de la conférence des Amis de la Syrie le mois dernier en Tunisie, la porte-parole du CNS, Bassma Kodmani, avait dit que plusieurs pays, qu'elle refusa de nommer, fournissaient de l'équipement à l'ASL dont une technologie des communications militaires, des vestes pare-balles et des lunettes de vision nocturne, ainsi que des armes meurtrières.

Les centaines de millions dont on parle à présent publiquement seront utilisés pour fournir du matériel militaire lourd afin de faciliter l'intention déclarée de l'ASL de découper une « zone refuge » près de la frontière turque et qui nécessitera ensuite une protection militaire allant dans le sens d'initiatives identiques et préparatoires aux guerres en Libye, en Irak et dans l'ancienne Yougoslavie.

Un rôle clé devra être joué par la Turquie qui abrite à la fois le CNS et le commandement pour l'heure quelque peu nominal de l'ASL dirigée par le colonel Riad al-Assad. Le colonel Assad a dit au Financial Times, « Si nous avions des missiles antichars, nous pourrions imposer un abri sûr et envahir une région. »

La Turquie a une nouvelle fois renforcé ses attaques rhétoriques contre le régime Assad et le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a comparé les événements syriens avec la « situation à Srebrenica » en 1995. Il s'était exprimé samedi aux côtés du ministre italien des Affaires étrangères, Guilio Terzi. Le meurtre de Musulmans de Bosnie par la Serbie fut désigné plus tard d'acte de génocide. Davutoglu en a appelé à la communauté internationale pour prendre des mesures y compris fournir une aide militaire aux forces de l'opposition.

La Turquie a indiqué à plusieurs reprises qu'elle consentait à mener une campagne militaire contre la Syrie mais a réclamé au préalable le soutien officiel de l'OTAN - ce que l'OTAN n'a pas fait jusque-là.

L'irritation entre les puissances régionales et les impérialistes est compréhensible compte tenu de l'importance de l'enjeu. Un changement de régime en Syrie est considéré comme le premier jalon vers l'élimination de l'Iran en tant qu'adversaire régional et, ce faisant, coupant l'accès aux richesses pétrolières de la région à la Russie et à la Chine. Malgré leurs réserves et une certaine précaution et dissimulation requises, les principales puissances sont lourdement impliquées dans la campagne de déstabilisation du régime baathiste d'Assad.

Vendredi, le président Nicolas Sarkozy a appelé à la mise en place d'une zone humanitaire près de la frontière syrienne comme celle réclamée par l'ASL et le CNS, dans le même temps il fermait l'ambassade de France en Syrie. « Nous ne ferons rien tant qu'il n'y aura pas une résolution du Conseil de sécurité, » a-t-il affirmé et qui établirait « les conditions juridiques d'un cran supplémentaire, que ce soit les zones humanitaires, les livraisons d'armes pour l'opposition, des corridors. »

Légalement ou pas, la France veut clairement les trois objectifs - une zone tampon, des couloirs humanitaires et l'armement de l'opposition - et oeuvre dans ce sens.

Il est significatif de noter que lundi, le journal libanais Daily Star a rapporté, qu'« environ 13 officiers français étaient détenus par les autorités syriennes. en détention dans la ville centrale de Homs ». Le journal britannique le Daily Telegraph a fait état d'un démenti officiel du ministère français des Affaires étrangères mais a ajouté que « le ministère de la Défense avait été moins catégorique disant n'avoir ni confirmé ni nié l'affirmation. »

Tous les moyens possibles sont employés pour encourager Moscou et Beijing à prendre leur distance par rapport à Assad et pour mettre fin à leur opposition à la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU qui ouvre la voie à la guerre au motif de la « responsabilité de protéger. »Tous deux ont réitéré leur opposition à une intervention militaire. Néanmoins, les médias pro-guerre n'ont pu cacher leur joie lorsque Vladimir Poutine a déclaré vendredi « Nous n'avons aucune relation particulière avec la Syrie. »

Ses commentaires étaient survenus lorsque le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Alexander Lukashevich, a dit que la Russie ne fournirait pas d'aide militaire à la Syrie si elle était attaquée - comme l'exige les dispositions du traité remontant à l'existence de l'Union soviétique.

La Russie et la Chine ont également souscrit à la déclaration du Conseil de sécurité demandant à la Syrie de laisser entrer dans le pays la coordonnatrice des secours d'urgence des Nations unies, la baronne Valerie Amos, et d'autoriser « un accès libre, total et immédiat du personnel humanitaire aux populations dans le besoin. »

Dans une démarche profondément embarrassante pour les Etats du Golfe et d'autres promoteurs de l'opposition syrienne, le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a dit à la radio militaire qu'Israël était « prêt à fournir toute aide humanitaire nécessaire » via la Croix Rouge internationale (ICRC). Il l'a dit tout en citant la Syrie comme preuve qu'Israël ne peut compter sur personne d'autre pour se protéger contre l'Iran et qu'en cas d'attaque contre Téhéran, le gouvernement israélien « prendra les décisions les plus appropriées en fonction de son évaluation de la situation. »  mondialisation

 

 

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Les violences continuent en Syrie, la Ligue veut une enquête

Alors que Kofi Annan poursuit à Ankara sa mission de bons offices et attend pour ce mardi soir la réponse de Damas à ses "propositions concrètes" visant à faire retomber la tension, les forces syriennes ont tué mardi des dizaines de personnes aux abords d'une mosquée de la ville d'Idlib, près de la frontière turque. /Photo prise le 13 mars 2012/REUTERS/Umit Bektas (c) Reuters

Alors que Kofi Annan poursuit à Ankara sa mission de bons offices et attend pour ce mardi soir la réponse de Damas à ses "propositions concrètes" visant à faire retomber la tension, les forces syriennes ont tué mardi des dizaines de personnes aux abords d'une mosquée de la ville d'Idlib, près de la frontière turque. /Photo prise le 13 mars 2012/REUTERS/Umit Bektas (c) Reuters

 

par Oliver Holmes et Erika Solomon

Les forces syriennes ont tué mardi des dizaines de personnes aux abords d'une mosquée de la ville d'Idlib, près de la frontière turque, ont rapporté des opposants armés.

Dans le même secteur ainsi qu'à Deraa, des insurgés ont tué 22 soldats gouvernementaux.

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Nabil Elarabi, a réclamé l'ouverture d'une enquête internationale sur les tueries de civils en Syrie, qui équivalent selon lui à des crimes contre l'humanité.

"Il doit y avoir une enquête internationale neutre pour faire la lumière sur ce qui se passe, identifier les responsables de ces crimes et les traduire devant la justice", a-t-il dit.

"A propos des tueries, de l'élimination horrible de familles entières, parmi lesquelles des femmes, des enfants et des personnes âgées, l'on peut parler de crimes contre l'humanité", a ajouté Nabil Elarabi.

Kofi Annan, émissaire de l'Onu et de la Ligue arabe sur la Syrie, poursuit à Ankara sa mission de bons offices et attend pour ce mardi soir la réponse de Damas à ses "propositions concrètes" visant à faire retomber la tension.

Sur le front politique, le président Bachar al Assad a fixé au 7 mai la date des prochaines élections législatives, conformément à la nouvelle Constitution adoptée en février par référendum et instituant le pluralisme politique.

Si la Russie et la Chine ont salué ces promesses de réformes, le département d'Etat américain en a fait peu de cas. "Des élections législatives pour élire une chambre d'enregistrement au milieu de cette violence que nous voyons dans tout le pays? C'est ridicule", a déclaré la porte-parole Victoria Nuland.

 

EMBUSCADE

Sur le terrain, la province d'Idlib est devenue un sanctuaire pour les insurgés, ce qui provoque des représailles de l'armée régulière.

D'après un militant de la ville d'Idlib joint par téléphone, l'armée a tué en deux jours plus de 20 personnes qui tentaient de fuir et jeté leurs corps dans la mosquée d'Al Bilal. Des riverains venus les inspecter ont été également mitraillés, portant le bilan total des victimes à plus de 50, selon cette source. Un autre activiste contacté par Reuters a confirmé ces décès.

"Lorsque des habitants du voisinage sont arrivés ce matin, les forces de sécurité ont commencé à leur tirer dessus. Au total, quelque 45 personnes ont été massacrées", a raconté cet homme qui, comme beaucoup de ses compatriotes, n'a donné que son prénom, Mohammed, par crainte de représailles.

D'après des militants, six autres corps ont été retrouvés au village voisin de Maarat Chourine.

Des déserteurs de l'armée ont par ailleurs tendu une embuscade dans la région d'Idlib, tuant au moins 10 militaires, tandis que 12 membres des forces loyales au chef de l'Etat ont été abattus par des insurgés à Deraa, ville du Sud d'où est partie la révolte contre le régime Assad il y a un an, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Alors que l'exode des réfugiés et déplacés fuyant les violences s'accélère, l'ONG Human Rights Watch (HRW) affirme que l'armée syrienne a posé des mines non loin des frontières turque et libanaise ainsi que le long des axes routiers empruntés par les civils fuyant le chaos.

"L'utilisation de mines antipersonnel est déraisonnable", a déclaré Steve Goose, directeur de la branche Armes de HRW.

Des affrontements sont aussi signalés à Daïr az Zour, dans l'est de la Syrie, ainsi qu'à Homs, autre bastion historique de l'insurrection et troisième ville du pays.

Les informations en provenance de Syrie sont impossibles à vérifier de façon indépendante, les autorités ayant déclaré depuis longtemps persona non grata la presse et les ONG de défense des droits de l'homme.

Les Nations unies ont porté à 8.000 le bilan des morts depuis le début du soulèvement et l'agence onusienne pour les réfugiés a annoncé mardi que près de 230.000 Syriens avaient fui leur domicile au cours des douze derniers mois, dont 30.000 ont déjà quitté le pays.

 

L'OPPOSITION BOYCOTTERA LE SCRUTIN

A Ankara, où il se trouve après ses entretiens du week-end à Damas, Kofi Annan a eu des contacts avec des responsables du Conseil national syrien (CNS, opposition en exil).

"Je m'attends à recevoir aujourd'hui des nouvelles des autorités syriennes à propos des propositions concrètes que je leur ai demandé d'étudier", a déclaré le diplomate ghanéen lors d'une conférence de presse. "Une fois que j'aurai leur réponse, nous aviserons comment réagir".

Kofi Annan n'a pas dit mot sur le contenu de ses "propositions" mais d'après une source diplomatique il a déclaré à Bachar al Assad qu'il souhaitait un arrêt immédiat des hostilités, un accès humanitaire aux zones de conflit et l'ouverture d'un dialogue politique.

Le président du CNS, Bouhran Ghalioune, a déclaré que l'objectif était d'obtenir une solution politique et diplomatique, faute de quoi des gouvernements étrangers mettront à exécution leurs promesses d'armer les rebelles.

Le CNS reste pourtant divisé, comme le montrent les démissions récentes de certains membres. "Le groupe est en plein chaos et ne sait pas clairement quoi faire à présent", a déclaré Haitham al Maleh, opposant de longue date qui a quitté le CNS fin février.

Deux pays sunnites - Arabie saoudite et Qatar - ont demandé que des armes soient livrées aux opposants de Bachar al Assad.

Ces derniers ont immédiatement annoncé qu'ils boycotteraient le scrutin législatif annoncé pour le 7 mai et présenté par le pouvoir comme une réponse politique au mouvement de contestation. tempsreel.nouvelobs

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14 mars 2012 3 14 /03 /mars /2012 03:22

Hamadi Jebali contredit Marzouki et refuse d’accorder l’exil à Bachar Al Assad

 

Dans un entretien accordé au site internet allemand « Spiegel Online », le chef du gouvernement provisoire, Hamadi Jebali, affirme que la Tunisie refuse d’accorder l’asile à Bachar Al Assad, si celui-ci venait à quitter son pays. 

Cette déclaration vient contredire celle du président provisoire de la République Moncef Marzouki qui a affirmé sa disposition à accorder l’asile politique à Bachar Al Assad, si cela permettait une sortie de crise, privilégiant ainsi une solution « à la yéménite », tel que déclaré à la chaîne BBC, le 7 mars dernier.

Hamadi Jebali déclare : « Je respecte notre chef de l’Etat mais je ne souhaite pas voir Bachar El Assad en Tunisie » et d’insister qu’il n’hésiterait pas à livrer le président syrien à son peuple afin qu’il soit jugé, si jamais il en avait l’opportunité, rapporte l'AFP.

Rappelons que Moncef Marzouki, a affirmé lors de cette déclaration qu’il n’existe aucune interférence entre ses prérogatives,  celles du chef du gouvernement et du président de l’Assemblée constituante, et que les décisions et les prises de position sont décidées en coordination avec ces derniers. 

source businessnews

 


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Note : dans l'entrevue accordée au site internet allemand « Spiegel Online »,  le chef du gouvernement a tenté de donner une image d'unité [et de sécurité] de la Tunisie en dépit de certaines difficultés qu'il pense tout à fait communes dans une période de transition. Cliquer pour accéder à l'entrevue au complet

 

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Le Parti Pirate de Tunisie est officiellement reconnu

 

C'est une pierre posée sur la reconstruction démocratique du pays après les soulèvements populaires qui ont permis le départ de Ben Ali. Le Parti Pirate tunisien a annoncé qu'il avait enfin reçu l'agrément lui reconnaissant la qualité de parti politique à part entière en Tunisie, près d'un an après la demande qu'il avait déposée en mai 2011, au lendemain de la chute de l'ancien régime.

Le Parti Pirate de Tunisie existait déjà officieusement depuis septembre 2010, dans la clandestinité. En étant désormais reconnu, il pourra participer librement aux prochaines élections et mener campagne comme n'importe quel autre parti politique du pays. C'est une victoire symbolique importante, qui intervient quelques semaines après une victoire juridique pour concrète, qui a vu échouer le retour du filtrage des contenus sur l'internet tunisien.

Il reste cependant une ombre au tableau. L'activiste Slim Amamou, qui faisait parti des fondateurs et membres du PP arrêtés en janvier 2011 par les autorités de Ben Ali, avait accepté dès après la révolution de rejoindre le nouveau gouvernement formé avec des proches de l'ancien président. Il fut nommé secrétaire d'Etat à la Jeunesse et aux Sports le 17 janvier 2011. Il a alors été limogé du Parti Pirate deux mois plus tard, et a finalement décidé de démissionner du gouvernement le 23 mai 2011, en expliquant s'être laissé "endoctriné par le gouvernement".

Or la rancoeur est tenace. "Nous annonçons l'officialisation aujourd'hui du seul et unique Parti Pirate tunisien. Celui de Slim Amamou n'est qu'une contrefaçon", écrit la formation politique sur son compte Twitter. "Merci de vous rappeler que Slim Amamou n'a aucun lien avec le Parti, qu'il n'était qu'un membre passif qui nous a lâché dès qu'il est entré au gouvernement".

"On est d'accord sur un truc : fuck slim amamou vive le parti pirate ", a répondu Slim Amamou, dans une pirouette qui recherche l'apaisement. numerama

 

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Les partis politiques islamistes : VISA refusé !

 

Des partis politiques islamistes tentent d’avoir le VISA afin d’exercer en toute légalité : Ettahrir, le parti Essalam, et le Parti sunnite tunisien. Ce fut refusé.

 C’est audacieux de vouloir faire de la concurrence à Ennahdha, qui a su attirer la sympathie des simples pratiquants conservateurs, des salafistes qui les ont soutenu contre « la gauche mécréante », des modernistes attachés à l’identité musulmane ou contre la laïcité, et de ceux qui croient que « ceux qui connaissent Dieu sont honnêtes ». Ettahrir, par exemple, ne pourrait s’adresser à une si large tranche de la population, surtout quand on sait qu’il promeut l’idée d’un Califat qui gouvernerait la nation islamique. Malgré tout, après leur réunion de Carthage dernièrement, ils ont pu convaincre plus de 500 femmes de demander à haute voix que ce régime soit instauré car il serait le meilleur garant des droits de la femme. Quel joli paradoxe !

 Il est clair que la population tunisienne est loin d’être homogène, il faudra donc ou apprendre à se respecter pour vivre ensemble en paix, ou entrer dans une guerre civile aussi inutile que bête. Pour des partis comme Ettahrir, tant que la nation tunisienne ne veut rien dire pour eux, à part un morceau de terre à coller au reste de « l’empire », ils n’auront jamais le droit d’être un parti politique national, car ils ne croient point en le nationalisme, mais en une théocratie qui fera venir la bénédiction de Dieu et plein de richesses, comme par magie, au peuple du dit « empire musulman ». Ceci dit, ils ont le mérite d’être clairs dans leurs principes, contrairement à Ennahdha, qui a la même idéologie que ces partis là, mais un programme politique voisin de celui du pôle moderniste.

Mohamed Anis Abrougui 

 source tiwinoo

 

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 21:27

Les derniers hommages rendus à l'homme LIBRE Zouhair Yahayaoui en 2005

 

14-05-2005 : Obsèques et dernier hommage au cyberdissident tunisien Zouhair Yahyaoui

 

 

TUNIS, 14 mars (AFP) - Opposants et militants des droits de l’Homme ont rendu un dernier hommage lundi au cyberdissident tunisien Zouhair Yahyaoui, lors de ses funérailles à Ben Arous, près de Tunis, ont indiqué ses proches. 

 

Zouhair Yahyaoui, fondateur et animateur du (...) Lire la suite


13-03-2005 : Le "cyberdissident" Zouhair Yahyaoui décède d’une crise cardiaque

 

AFP | 13.03.05 | 18h55 
Le "cyberdissident" tunisien Zouhair Yahyaoui fondateur et animateur du journal satirique en ligne "TuneZine", est décédé dimanche d’une attaque cardiaque à l’âge de 36 ans, apprend-on auprès de sa famille.Zouhair s’est réveillé dimanche avec des douleurs à la poitrine (...) Lire la suite

 

Mors omnia solvit... , 13-03-2006 ...Decepticus

Facture , 13-03-2006 ...Najeh Ben Saad
L’avocat du diable , 13-03-2006 ...Najeh Ben Saad
Les yeux , 13-03-2006 ...Janine Borel
Correspondance d’outre-tombe , 13-03-2006 ...Hasni
Mon ami raconté en quatre actes ! , 13-03-2006 ...Lecteur Assidu
Fî bilâd al-Tararany ( Au pays de Tararani) , 13-03-2006 ...Tunezinien
Hommage à ettounsi de TUNeZINE , 13-03-2006 ...houda
Album photos à la mémoire de Zou , 13-03-2006 ...KurtCobain
المحيط و الفضاء زهير اليحياوي , 13-03-2006 ...Kacem
Dédicace : Poèmes pour Zouhair , 13-03-2006 ...Najeh Ben Saad
Personnel et éternel , 13-03-2006 ...Fraj Brik alias Mkarriz
Hommage à Zouhair Yahyaoui , 6-03-2006 ...TUNeZINE
Clip Vidéo : Hommage à Zouhair Yahyaoui , 18-12-2005
Hommage à Zouhair Yahyaoui et aux internautes de Zarzis , 18-12-2005
Ma rencontre avec zou , 29-11-2005 ...Mercure
C’est d’actualité , 13-11-2005 ...TUNeZINE
C’est écrit ... , 13-10-2005 ...TUNeZINE
Il écrivait, parlait, dessinait, riait ... , 13-08-2005 ...TUNeZINE
Ainsi va la vie , 13-07-2005 ...Sophie
40ème Jour ... , 21-04-2005 ...TUNeZINE
1 mois ... , 13-04-2005 ...TUNeZINE
La lumière et la mer , 4-04-2005 ...Decepticus, Cai
Deux semaines ... , 27-03-2005 ...TUNeZINE
Une des chansons préférées de Zouhair , 26-03-2005
Rendez-vous avec la Liberté le 20 mars , 20-03-2005 ...Sophie Walid [eFighter]
Rendez-vous avec la Liberté le 20 mars, à 15h00 , 20-03-2005 ...Walid [eFighter]
GENEVE : SEATING A LA MEMOIRE D’ETTOUNSI , 19-03-2005
Recueil des condoléances postées dans la rubrique "contribuer" , 18-03-2005
Des images du Vigile à Montréal, le 18 Mars 2005 , 18-03-2005
Une Bougie pour Zouhair Yahyaoui, Lausanne 18 Mars 2005 , 18-03-2005
Les membres de l’IFEX-TMG expriment leur profonde tristesse face à la disparition du cyberdissident Zouhair Yahyaoui , 14-03-2005
Zouhair Yahyaoui, la figure de l’éclaireur , 14-03-2005
Tu ne peux pas nous faire ça !!! , 13-03-2005 ...Mounir Dabbour

 

 

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Zouhair selon celles et ceux qui l’avaient fréquenté et aimé… Merci Zouhair ! 


 

 

 

_______________________________________________________________Sep ans après

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Le Président Moncef Marzouki rend hommage au courage de Zouhair Yahyaoui

 

 

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La Tunisie célèbre la journée de la «cyberliberté»


Le président tunisien Moncef Marzouki, qui a longtemps lutté pour la défense des droits de la personne dans son pays, est allé se recueillir sur la tombe de «l'internaute martyr» en compagnie de sa mère, de ses frères et de ses soeurs. L'oncle de Zouhair, Mokhtar Yahyaoui, surnommé «le juge rebelle» et radié de la magistrature pour s'être révolté contre la mainmise de l'ancien régime sur la justice, était également présent.

Torturé et condamné à deux ans et demi de prison pour les écrits qu'il publiait sur le journal satirique «TuneZine» qu'il avait fondé au début des années 2000, celui qui signait sous le pseudonyme «Ettounsi» (Le Tunisien) s'est vu attribuer le prix de la cyberliberté à Paris en 2003.

Lors d'une cérémonie organisée pour la circonstance au palais de Carthage, M. Marzouki a salué le rôle joué par les blogueurs «pendant les années de braise pour lutter contre la dictature».

«Par leur sens du patriotisme et leur attachement à la liberté et à la dignité, beaucoup d'entre eux ont réussi à briser le mythe et à mettre à nu ses dérives et ses mensonges», s'est-il félicité.

Selon lui, «les blogueurs tunisiens ont fait preuve d'innovation pour combattre le despotisme et prendre le dessus sur la police politique active sur la toile, inspirant en cela les internautes dans nombre d'autres pays». sympatico.ca

 

 

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La Tunisie célèbre la Journée nationale de la "cyberliberté"
La Tunisie a décrété le 13 mars "journée nationale de la cyberliberté" pour rendre hommage au cyberdissident tunisien Zouhair Yahyaoui, une des victimes de l'ancien régime, décédé le 13 mars 2005 à la suite d'un infarctus à l'âge de 36 ans.
La Tunisie a décrété le 13 mars "journée nationale de la cyberliberté" pour rendre hommage au cyberdissident tunisien Zouhair Yahyaoui, une des victimes de l'ancien régime, décédé le 13 mars 2005 à la suite d'un infarctus à l'âge de 36 ans.

 

La Tunisie a décrété le 13 mars "journée nationale de la cyberliberté" pour rendre hommage au cyberdissident tunisien Zouhair Yahyaoui, une des victimes de l'ancien régime, décédé le 13 mars 2005 à la suite d'un infarctus à l'âge de 36 ans.

Le président tunisien Moncef Marzouki annoncera officiellement mardi la journée nationale de la cyberliberté et décorera la famille de Zouhair Yahyaoui.

"Je suis heureuse que le gouvernement se soit rappelé de mon fils et qu'enfin son pays lui rende hommage! Je suis fière du sacrifice de Zouhair qui n'avait qu'un seul rêve: voir la Tunisie libre et démocratique", a déclaré à l'AFP sa mère Khadija.

"Mon fils ne dormait presque pas, restant devant son ordinateur pour dénoncer ouvertement la corruption et la répression du régime Zine El Abidine Ben Ali", a-t-elle poursuivi.

"C'est la moindre des choses qu'on puisse faire pour lui. Zouhair mérite un hommage au niveau international puisque il était le premier internaute à être torturé", a estimé sa soeur Kalthoum.

La famille de Zouhair avait souffert durant des années de la répression du président déchu Zine El Abidine Ben Ali. Ses cinq soeurs et ses deux frères avaient été interdits de travail, a affirmé Mme Yahyaoui.

Fondateur d'un journal satirique en ligne "TuneZine" et écrivant sous le pseudonyme "Ettounsi" (Le Tunisien), Zouhair avait été le premier à publier une lettre adressée à Ben Ali pour dénoncer le fonctionnement de la justice.

Il avait été condamné en 2002 à deux ans et six mois de prison où il avait été torturé à maintes reprises. Ce cyberdissident avait fait trois grèves de la faim pour protester contre ses conditions de détention.

Libéré fin 2003, il est décédé d'un infarctus le 13 mars 2005.

L'organisation mondiale Reporters Sans Frontières (RSF) avait proposé à Zouhair Yahyaoui d'être son correspondant en Tunisie. Le jeune homme s'était vu décerner en juin 2003 à Paris le Prix Cyberliberté. france24

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 18:59

Dernières nouvelles

 Saïda Agrebi libérée

 Saïda Agrebi, qui avait fui la Tunisie l'été dernier, a été arrêtée lundi matin lors d'un contrôle de routine alors qu'elle arrivait du Brésil. Elle a été arrêtée en vertu d'un mandat d'arrêt international émis par un magistrat tunisien en août 2011.


Au lendemain de son arrestation, Mme Agrebi s'est présentée mardi à la justice française et il a été décidé de la libérer, nous annonce son avocat.

Contacté par Espace Manager, Maitre Radhouane Belaiba, indique qu'il est fort probable que l'extradition de sa cliente ne soit pas accordée et ce en se rapportant au Code de procédure pénale (France) qui stipule dans un de ses articles que "Lorsque le crime ou le délit à un caractère politique ou lorsqu'il résulte des circonstances que l'extradition est demandée dans un but politique ".

Il est à prciser qu'il n'y aura pas d'extradition, du moins ces jours-ci, et les autorités tunisiennes auront 40 jours pour faire parvenir à la justice française la demande d'extradition. Affaire à suivre
source espacemanager

 

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Saïda Agrebi sera cet après-midi à Tunis !?

C'est aujourd'hui, mardi 13 mars, que Saïda Agrebi sera extradée vers la Tunisie, rapporte Mosaique FM.

Saida Agrebi a été arrêtée dans la soirée du dimanche 11 mars 2012 à l'aéroport Roissy Charles de Gaulle en France, alors qu'elle venait d'un vol depuis le Brésil.

Hier, après son arrestation, la Tunisie a demandé officiellement son extradition.

En juin dernier, le juge d'instruction auprès du tribunal de première instance de Tunis avait formulé une demande d'extradition internationale à son encontre.

Saida Agrebi avait quitté la Tunisie le 30 juillet dernier, alors que plusieurs chefs d’inculpation étaient retenus contre elle, principalement pour sa mauvaise gestion de l'organisme « Mères de Tunisie ». Elle est passible des peines prévues par les articles « 82, 98, 99, 172, 175, 176, 177 et 32 » du Code pénal.

Donc, à en croire Mosaique FM, cet après-midi, Saïda Agrebi sera accueillie à bras ouverts. À quelques jours de la fête de l’indépendance, le gouvernement retrousse ses manches … espérons le même sort pour Ben Ali and Co, ou du moins pour l'argent du peuple !

Toutefois, selon la TAP qui cite l'agence AFP, Saida Agrebi devait être présentée aujourd'hui au parquet général à Paris qui entend demander son placement sous contrôle judiciaire.webdo.tn

 

 

 

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Saïda Agrebi, symbole de la Tunisie de Ben Ali, a été arrêtée à Paris

 

Saïda Agrebi, amie intime de l’ancienne première dame détestée des Tunisiens, Leïla Trabelsi, faisait la propagande du régime de Zine El Abidine Ben Ali sous le couvert de son association, l’Organisation tunisienne des mères. Aux premières heures de la révolution qui avait chassé Ben Ali du pouvoir le 14 janvier 2011, la police l’avait empêchée de fuir, alors qu’elle tentait de prendre l’avion, déguisée en infirme, dans un fauteuil roulant.

Mais ensuite, c’est en toute légalité qu’elle avait quitté le territoire tunisien, le 30 juillet. « La police des frontières avait bien donné l’alerte, mais aucun mandat n’avait été émis à son encontre. Le procureur de la République du tribunal d’instance de Tunis a ensuite été démis de ses fonctions. Cela avait créé une véritable onde de choc dans l’opinion », rappelle Mokhtar Trifi, avocat et président d’honneur de la Ligue tunisienne des droits de l’homme. 

Le 3 août, un mandat d’arrêt international était finalement émis, à la suite d’une plainte pour corruption au sein de son association. Et c’est lors d’un contrôle de routine à l’aéroport Charles-de-Gaulle, lundi 12 mars au matin, que Saïda Agrebi a été arrêtée, à son arrivée du Brésil. Les autorités tunisiennes ont, dès lors, quarante jours pour réclamer son extradition, après son placement sous contrôle judiciaire, attendu le 13 mars, par la cour d’appel de Paris.

LES RELATIONS AVEC L’ARABIE SAOUDITE PRIMENT


Les avocats connus sous le nom de « groupe des 25 » avaient été les premiers à s’indigner de la mollesse de l’ancien gouvernement intérimaire, qui avait laissé s’échapper une figure de l’ancien régime – d’autant qu’au même moment, deux anciens ministres emprisonnés étaient libérés. « Le nouveau gouvernement n’a pas, lui non plus, de ligne politique claire. Veut-il des poursuites ou la conciliation avec les dignitaires de l’ancien régime ? », s’interroge l’avocat Amor Safraoui, l’un des fondateurs du groupe et de la Coordination nationale indépendante pour la justice transitionnelle. 

Le flou politique est, à ses yeux, manifeste : « Les bonnes relations de la Tunisie avec l’Arabie saoudite priment sur l’exigence d’extradition de l’ancien président Ben Ali, qui y réside : c’est ce qu’a affirmé le premier ministre Hamadi Jebali après son déplacement mi-février en Arabie saoudite. Il en va de même pour les relations avec le Qatar, qui accueille le gendre de l’ancien président, Sakher El  Materi. » Cet homme d’affaires de 30 ans, marié à Nesrine Ben Ali, une des filles de l’ancien dictateur, y a obtenu un statut de résident permanent.

Le lobbying du groupe des 25 a contribué à remettre en prison les deux ex-ministres libérés, Bechir Tekkari (justice) et Abderrahim Zouari (transports).« Dès février 2011, face au manque de réactivité des autorités, on a déposé une quarantaine de plaintes pour corruption et malversations à l’encontre de personnalités de l’ancien régime », précise Amor Safraoui.

114 PERSONNES ONT VU LEURS BIENS SAISIS


Certaines d’entre elles ont débouché sur des arrestations, dont celles de trois proches conseillers du président déchu : l’ancien ministre de l’intérieur Abdallah Kallel, le conseiller Abdel Aziz Ben Dhia et le ministre conseiller à la présidence qui avait la haute main sur l’information, Abdel Wahab Abdallah. Ils sont tous les trois, avec Ahmed Iyadh Ouederni, ministre directeur du cabinet présidentiel pendant dix ans, les seuls non-membres des familles Ben Ali, Trabelsi et familles alliées à figurer sur la liste des 114 personnes dont les biens et avoirs ont été saisis en vertu du décret-loi du 14 mars 2011 sur l’expropriation des biens spoliés au profit de l’État.

Une poignée d’autres responsables, dont l’ancien secrétaire général du parti RCD (dissous), Mohamed Ghariani, sont également sous les verrous. La commission nationale d’investigation sur la corruption et la malversation – qui ne fonctionne plus depuis le décès de son président le 2 janvier dernier – a examiné 6 000 dossiers et en a transmis 400 à la justice. 

Par ailleurs, 460 hommes d’affaires ont l’interdiction de quitter le territoire, décision qui, elle aussi, jette le trouble. « Comment concilier, d’un côté, l’impératif de rendre justice en préservant les intérêts des victimes et en les dédommageant, afin que personne n’échappe à la sanction, et, de l’autre, les intérêts économiques du pays, tout en s’acheminant vers la réconciliation nationale ? », s’interrogeait, le 6 février, le ministre des droits de l’homme et de la justice transitionnelle, Samir Dilou.   la-croix

 

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Leïla Ben Ali, la femme fatale

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Leïla Ben Ali à l'ouverture du 3e congrès de l'organisation de la femme arabe, à Tunis en 2010. © Hassene Dridi/Sipa 

 

 

Avec son époux, Leïla Ben Ali, la première des trois reines déchues dont nous parlons dans ce dossier (avec Suzanne Moubarak et Safia Kaddafi), a régné sans partage sur la Tunisie pendant vingt-trois ans. La femme de Zine el-Abidine Ben Ali incarne les vertiges du pouvoir : ambitions démesurées, clanisme familial, enrichissement personnel... L'aveuglement de cette petite fille des quartiers pauvres aura précipité la chute du couple présidentiel, parti en exil en Arabie saoudite.  

 

Toutes deux avaient une soif démesurée d'argent et de pouvoir. Leïla Trabelsi, la femme de l'ex-président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali, rappelle à bien des égards Imelda, l'épouse de Ferdinand Marcos, l'ancien président des Philippines. Toutes deux ont été de ravissantes jeunes femmes, belles et ambitieuses. Ces ex-premières dames symbolisent l'extravagance et les vertiges de deux règnes sans partage - de 1965 à 1986 pour Marcos, de 1987 à 2011 pour Ben Ali - interrompus brutalement par des révoltes populaires. Dans leur fuite, Imelda et Leïla ont laissé derrière elles les traces de leur coquetterie sans limites : trois mille paires de chaussures pour la première, un millier pour la seconde... Contraints à l'exil, les Marcos comme les Ben Ali ont ensuite été poursuivis par la justice de leur pays.

 

À Djeddah, le couple Ben Ali - qui fait l'objet d'un mandat d'arrêt international déposé par la justice tunisienne - est logé dans l'un des palais d'hôtes entretenus par la famille royale saoudienne. Le 15 janvier, quelques heures après leur arrivée, un général s'est présenté. Le discours a été clair : il n'y aura pas d'avion pour rentrer au pays et seuls les contacts avec la famille sont autorisés. Il leur a ensuite fourni des téléphones portables avec des cartes de l'opérateur Mobily. Ben Ali ayant quitté Tunis sans rien emporter, Leïla s'est rendue au centre commercial Red Sea Mall avec son fils, Mohamed, sa fille Halima et le fiancé de celle-ci, Mehdi Ben Gaied, pour lui acheter des vêtements. Le lendemain, les autorités saoudiennes lui ont envoyé un tailleur. Selon plusieurs témoignages recueillis depuis, l'ancien président tunisien évite de regarder les chaînes d'informations satellitaires, contrairement à Leïla, qui a ainsi assisté à la découverte des fastes du palais de Sidi Dhrif. « Je vais porter plainte. Ce n'est pas normal qu'ils ouvrent ma maison de cette manière. Cherchez un avocat pour porter plainte », a-t-elle apostrophé Ben Ali.

 

 

« Leïla et son mari continuent de vivre à Djeddah et, contrairement à ce qui a été dit, ils n'ont jamais mis les pieds à Abha, dans le sud de l'Arabie saoudite.»

 

 

Une semaine après son arrivée à Djeddah, accompagnée de sa fille Halima, du fiancé de celle-ci et d'une dame se faisant appeler Souad Trabelsi, elle s'est rendue à La Mecque pour la omra (petit pèlerinage), alimentant la rumeur d'une fuite. Depuis, Ben Gaied est rentré à Tunis, où il a été entendu comme témoin par un juge d'instruction. Leïla et son mari continuent de vivre à Djeddah et, contrairement à ce qui a été dit, ils n'ont jamais mis les pieds à Abha, dans le sud de l'Arabie saoudite. Ben Ali n'a pas non plus été hospitalisé. Son ex-épouse, Naïma Kefi, restée à Tunis, sa fille Nesrine (mariée à Mohamed Sakhr el-Materi), réfugiée au Qatar, et Belhassen Trabelsi, en fuite au Québec, ont pu lui téléphoner à l'époque pour s'en assurer. Depuis, le couple présidentiel poursuit une vie d'exilés à la retraite...

 

Une retraite dorée à laquelle rien ne destinait Leïla, née dans un quartier pauvre de la médina de Tunis, rue de la Carrière, impasse du Mortier, dans une vieille maison où s'entassaient ses dix frères et soeurs. Son père, Mohamed, s'adonne au petit commerce informel dans les souks. Sa mère, Saïda, est domestique dans un hammam. Au milieu des années 1970, la famille déménage à Khaznadar, à l'ouest de Tunis. La jeune Leïla quitte le lycée, travaille comme secrétaire et séduit un homme d'affaires, qui l'épouse. Le mariage dure trois ans. En attendant que le divorce soit prononcé, elle travaille au gré des occasions et de ses connaissances : hôtesse de l'air sous le pseudonyme de Monia, secrétaire dans une entreprise de bâtiment, commerciale voyageant entre Tunis, Paris, Rome... Elle s'affiche dans les restaurants chics. « Leïla Gin » - sa boisson préférée -, ou « Leïla Jean » - en référence à son pantalon moulant -, commence à avoir sa petite réputation.

 

 

Fausse échographie


Grand amateur de jolies filles, le jeune Ben Ali remarque cette brunette aguichante après sa nomination comme directeur général de la sûreté nationale à la suite des émeutes de janvier 1984. Elle joue de sa beauté. Il cède à ses charmes. Leïla a pris sa décision : elle sera la maîtresse de ce militaire décidé à monter très haut. Après son expérience de quatre ans comme ambassadeur en Pologne, il a secrètement résolu de succéder à Habib Bourguiba. En janvier 1987, la jeune femme donne naissance à leur premier enfant, Nesrine. Quelques mois plus tard, le 7 novembre, Ben Ali écarte Bourguiba.

 

Leïla s'installe au palais présidentiel de Carthage et, fin 1991, tombe enceinte une deuxième fois. Est-ce un garçon ? Fausse échographie à l'appui, elle fait croire à son amant que oui. Le contrat notarié de mariage est conclu en mars 1992, quatre mois avant la naissance du bébé... une petite fille, Halima.

 

C'est le début d'une ascension vertigineuse. La nouvelle première dame va passer du statut de maîtresse dépendante à celui d'épouse dominante. Ses dix frères et soeurs, avec leurs enfants, ont un accès libre au palais présidentiel. Chaque mois, chacun reçoit de la présidence une enveloppe contenant entre 200 000 et 300 000 dinars (100 000 à 150 000 euros) en cash. Très vite, grâce à leur patronyme et aux passe-droits qui vont avec, ils vont « voler » de leurs propres ailes en se lançant à corps perdu dans le business.

 

Dotée d'un fort caractère, la mère, Saïda, surnommée affectueusement Hajja Nana, acquiert une grande influence. C'est auprès d'elle que Leïla puise mille et une recettes pour envoûter son mari. Tout y passe : l'encens, la magie, le recours régulier à des « spécialistes », dont une Marocaine. Ben Ali ne refuse presque rien à sa belle-mère, même des postes ministériels pour ses protégés. Lorsque cette dernière décède, en 2008, Leïla demande à son mari de décréter un deuil national de trois jours. Il refuse. La colère de l'épouse sera mémorable. Rien ne doit lui résister.

 

« Cessez de parler de ma femme, sinon je suis capable de vous liquider.»

Message de Ben Ali à un journaliste


 

 

Méthodiquement, elle pousse son époux à faire le tri dans son entourage immédiat, ne gardant pratiquement que ceux qui font allégeance aux Trabelsi. Petit à petit, le clan étend sa toile : à la présidence, au sein du gouvernement, à la tête des administrations, dans les grandes entreprises ou banques publiques, aux comités de direction de sociétés privées... Un simple appel téléphonique suffit pour obtenir un crédit ou effacer une ardoise. Pour les privatisations, particulièrement juteuses, l'obtention de marchés publics ou de concessions, l'« arbitre » Ben Ali répartit les prébendes.


Parallèlement, Leïla se constitue un réseau au sein de la société civile avec l'association caritative Basma, qu'elle fonde en 2000 et qui va se transformer très vite en pépinière pour courtisanes. Au très select club Alyssa, qu'elle a ouvert à deux pas du palais de Sidi Dhrif, les épouses de ministres et d'hommes d'affaires se pressent pour deviser gentiment, siroter du thé mijoté au feu de bois et jouer à la « chkobba », en une surréaliste réplique des réceptions de Marie-Antoinette au Petit Trianon. Leïla excelle à ce jeu de cartes dans lequel gagne celui qui ramasse le plus de cartes, porte le plus de coups à l'adversaire et emporte le 7 de carreau - ce chiffre a fait l'objet d'un véritable culte durant l'ère Ben Ali.

 

 

La "dame de Carthage"


Pour rapprocher les siens des grandes lignées bourgeoises de la banlieue nord de Tunis, la « dame de Carthage » multiplie les alliances. Elle a marié son frère Belhassen avec l'une des filles de Hédi Djilani, l'ancien patron des patrons. Sa fille Nesrine a jeté son dévolu sur Sakhr el-Materi, qui appartient à une grande famille de la bourgeoisie tunisoise. Halima, sa cadette, qui ne porte pas les Trabelsi dans son coeur, s'est fiancée avec Mehdi Ben Gaied, issu également d'une grande famille.


L'étoile de Leïla va briller de mille feux en février 2005. Âgée de 48 ans, elle donne à Zine el-Abidine Ben Ali, 68 ans, un héritier mâle, Mohamed. L'année précédente, le couple, profitant d'une visite de travail aux États-Unis, avait effectué un séjour privé et très discret en Californie, destination célèbre pour ses cliniques de fécondation in vitro offrant la possibilité de choisir le sexe de son enfant.


L'équilibre des forces au sein du couple est bouleversé. Leïla prend le dessus sur son époux, sous traitement pour un cancer de la prostate. Les chancelleries commencent à élaborer les hypothèses pour la succession, et on chuchote même le nom de Leïla. Ben Ali est devenu un « président à mi-temps ». Il se rend le matin au palais de Carthage, où il laisse les parapheurs traîner des semaines sur son bureau, rentre à l'heure du déjeuner au palais de Sidi Dhrif, à cinq minutes de route. Il y consacre l'après-midi à jouer avec Mohamed et la soirée à discuter des grandes et petites affaires avec Leïla et le frère préféré de celle-ci, Belhassen. Les deux Trabelsi initient les décisions, lui ne fait qu'apposer le sceau présidentiel.

 





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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 05:55

Débat de quelques députés de la Constituante autour de la charia, du consensus et de la Constituante

 

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 Ennahda veut ériger l’islam comme pilier de la Constitution tunisienne




Tunisie: Ennahda veut ériger l’islam comme pilier de la Constitution tunisienne
Après trois mois passés à définir son fonctionnement et celui des pouvoirs provisoires, l’Assemblée constituante tunisienne est entrée dans le vif du sujet. Les élus ont d’emblée mis sur la table le sujet qui s’annonce le plus sensible : la place de l’islam. Tous les partis s’accordent sur le maintien de l’article premier de la Constitution post-indépendance : «La Tunisie est un Etat libre, indépendant et souverain : sa religion est l’islam, sa langue l’arabe et son régime la république», édicte-t-il. Un relatif consensus semble s’être dégagé pour faire référence, dans le préambule, au «système des valeurs islamiques», comme une source d’inspiration, parmi trois autres. 

La nature civile de l’Etat ne fait pas non plus débat. Le parti islamiste Ennahda, qui détient 41% des 217 sièges, ne voit «rien de sacré dans l’Etat, explique Sahbi Atig, le président du groupe. C’est un contrat social entre le peuple et le gouvernement. Il n’y a pas d’hommes sacrés, contrairement à l’islam chiite.» Mais «l’idée de séparation du politique et du religieux est étrangère à l’islam, a-t-il défendu dans l’hémicycle, la semaine dernière. La religion ne relève pas du domaine privé, mais d’un ordre public et d’un mode de vie». Ennahda plaide aussi pour que l’islam soit une référence en matière de loi, un point jamais évoqué dans l’ancien texte. De quelle façon ? En interne, la question n’est pas tranchée. Un projet de Constitution attribué à Ennahda, qui a fuité dernièrement, mentionnait dans son article 10 que «la charia est une source essentielle pour l’élaboration des lois». Une thèse défendue par la frange radicale, minoritaire. «Pas nécessaire», estimait dans une interview au Temps Rached Ghannouchi, le leader de Ennahda. Et de poursuivre : «On peut toutefois ajouter un article qui interdit la promulgation de lois qui constituent une offense pour l’islam.» 

«Nous aimerions prendre une distance avec la charia, car le mot fait peur. Mais le contenu n’est pas éloigné», explique Sahbi Atig. Le parti continue de chercher la formule. Il ne devrait pas trouver beaucoup d’alliés sur cette question. Seuls les élus des listes de la Pétition populaire (26 sièges, désormais éclatés en deux groupes à tendance populiste) se sont prononcés pour la charia. Quant aux deux partis de gauche membres de la coalition gouvernementale, le Congrès pour la République et Ettakatol, ils refusent toute référence juridique. «Nous comptons sur l’évolution des choix d’Ennahda, indique Mouldi Riahi, président du groupe Ettakatol. On peut se référer, dans le préambule, aux valeurs de l’islam, en les précisant : justice, liberté, dignité, égalité. Avec cela, on a tout dit.» La Constitution doit être adoptée, dans son ensemble, à la majorité des deux tiers, sans quoi elle sera soumise à un référendum. 
source atlasinfo

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Islam politique en Tunisie et Egypte : Méfiez-vous du génie du discours du «modèle turc»

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan (CR) accueilli par le leader du parti Ennahdha, Rached Ghannouchi (CL), à son arrivée le 14 Septembre 2011 à Tunis. (Photo: AFP - Fethi Belaid)

 

Ces derniers temps, suivre la situation en Tunisie et celle de son parti islamique modéré au pouvoir Ennahda donne la sensation de revoir un film ennuyeux pour la deuxième fois.

Le chef d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, parle déjà comme si lui et ses militants avaient été les instigateurs du printemps arabe, non seulement en Tunisie mais également dans tout le monde arabe, sans parler du fait qu’ils se revendiquent être le seul exemple réussi de transition vers la démocratie. Aux déclarations antérieures du parti, vient s’ajouter cette phrase : « C’est nous qui avons été les victimes réelles du régime Ben Ali, non les gauchistes».

Tout cela me rappelle les premières années de l’AKP, le parti au pouvoir en Turquie. Il n’est pas étonnant que le parti Ennahdha ait maintes fois annoncé qu’il adopterait «le modèle turc” quand il était en lice pour les élections.

De toute évidence, Ennahdha a emprunté à l’AKP le ” génie du discours,” qui a longtemps paralysé l’opposition turque en créant une hégémonie des déclarations dans la sphère publique et dans les milieux intellectuels. En Turquie, ce génie du discours est très pratique et sert non seulement les objectifs politiques du parti, mais légitime aussi systématiquement toute mesure politique contre la démocratie, l’égalité sociale, et parfois même la raison. Le génie d’un couteau suisse !

Une table ronde sur le «printemps arabe» à Paris m’a fait penser que les révolutionnaires tunisiens et égyptiens doivent absolument être avertis sur les merveilles de ce génie du discours. Et cela non parce que le conservatisme sunnite est en train de leur voler leurs révolutions, mais plutôt car il est nécessaire de les avertir à quel type de climat politique schizophrène ils seront soumis.

Lorsque l’AKP arriva au pouvoir, ils commencèrent à utiliser la rhétorique de l’opprimé à tout va. Cette rhétorique n’était pas complètement sans fondement puisque l’histoire moderne de la Turquie confirme cette vérité historique selon laquelle des personnalités religieuses avaient été humiliées par l’élite de l’Etat moderne et occidentalisé. De plus, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a lui-même été récemment libéré de prison. Il avait été condamné pour avoir cité un poème, comprenant ces vers: “Les mosquées seront notre bouclier et les minarets nos lances”. Cela avait été considéré comme une tentative pour faire tomber l’État laïque. Au fil du temps, nous avons vu les opprimés devenir les oppresseurs, bien entendu avec l’aide du génie du discours!

Ennahdha a emprunté à l’AKP ce “génie du discours” qui a longtemps paralysé l’opposition turque. Chaque fois qu’il était interrogé sur les prisonniers politiques, le Premier ministre mettait en avant son propre emprisonnement pour signifier que ceux qui ne l’avaient pas soutenu à l’époque n’ont pas le droit de parler maintenant.

Chaque fois que l’opposition mentionnait la restriction des libertés individuelles, Erdoğan et ses propagandistes rappelaient les jours où la liberté de culte des conservateurs religieux était limitée. Enfin, chaque fois qu’il y avait des critiques sur les droits sociaux qui étaient de plus en plus assimilés à de la charité religieuse, il utilisait le discours banal de la religion comme source de justice.

Tout au long de son mandat, il s’est distingué par des phrases emblématiques pour clore tout débat de société qui ne l’intéressait pas.

Cela était particulièrement vrai dans les premières années de son mandat. L’opposition, à savoir les laïques, modernistes, occidentalisés de classe moyenne et moyenne supérieure, étaient horrifiés à chaque fois qu’ Erdoğan faisait une déclaration comportant des références religieuses. Les ambitions kemalistes passionnées pour un état laïque occidentalisé étaient mises à feu et à cendre chaque fois qu’il y avait une mention au voile ou à des cours de religion pour les enfants. Bien qu’il n’ait jamais commis l’erreur de son prédécesseur en disant ouvertement “Nous sommes le parti de Dieu», sa rhétorique, la plupart du temps, avait une connotation religieuse.

L’opposition, outrée au départ, est restée ensuite coincée dans ce débat sur les références religieuses. Comme on peut le présumer, dans un pays à majorité musulmane sunnite, le débat sur le clivage entre religieux et laïques est un cul-de-sac et seul le musulman sunnite peut en sortir vainqueur. Et effectivement, ce fut le cas.

L’opposition qui a construit son discours sur la laïcité a non seulement été écrasée par le génie du discours, mais a également été humiliée et ridiculisée. Le génie a été assez intelligent pour mettre en relation Dieu et la démocratie. C’est là où les Tunisiens et les Egyptiens doivent être très attentifs.

Aujourd’hui, les Tunisiens, particulièrement les jeunes qui ont combattu pour la démocratie à la Kasbah, et les Egyptiens et qui se sont unis au-delà de leurs différences à Tahrir, sont tout autant choqués par les déclarations d’Ennahdha ou celles du Parti de la Liberté et de la Justice concernant la chariaa. A Tunis, après la dernière déclaration de Ghannouchi au sujet de la fermeture des bars et la loi islamique comme source dans la nouvelle constitution, je vois ces gens courageux, debout au milieu de cette route politique, tétanisés comme un cerf devant les phares d’une voiture.

Ces visages, je me rappelle les avoir vus en Turquie, 10 ans auparavant. Comme leurs homologues turques, ils sont déjà trop paralysés pour s’engager dans cette nouvelle sphère politique. Dans un pays conservateur où les gens sont majoritairement musulmans, il est quasiment impossible de créer un contre discours qui ne ferait pas passer, aux yeux de l’homme ordinaire, l’opposition pour les porte-paroles du diable ou pour des bourgeois méprisants se souciant seulement de leurs plaisirs hédonistes.

C’était et c’est encore le cas aujourd’hui en Turquie. Par exemple, très récemment, lorsque le Premier ministre Erdoğan a déclaré qu’il voulait donner naissance à une nouvelle génération religieuse, sa déclaration a été très vivement critiquée par l’opposition. Il leur a répondu: “Vous voulez que nos enfants soient accros aux drogues?!” Après avoir laissé l’opposition sans voix, il a élevé le débat à un tout autre niveau en disant “je veux que la nouvelle génération soit religieuse et vindicative.”

Mais il me semble avoir déjà dit qu’il était célèbre pour ses phrases de clôture !

Il faut se rendre à l’évidence que dans les pays où la majorité des personnes sont musulmanes, il est extrêmement difficile d’argumenter avec un gouvernement islamique modéré à l’allure moderne et attaché au néo-libéralisme. Ce n’est pas seulement les gens ordinaires de votre pays qui peuvent se retourner contre vous, mais pratiquement le monde entier, qui a adopté la démocratie à l’américaine. Mais le danger réel de ces partis n’est pas qu’ils se proclament ou insinuent qu’ils sont le parti de Dieu mais plutôt qu’ils se disent, de plusieurs manières, représenter la démocratie.

En Turquie, cela signifie que si vous vous opposez à l’AKP, vous encouragez les coups d’états et soutenez la main-mise de l’armée sur la scène politique. En Tunisie, ce qui est susceptible de se produire très bientôt, c’est que si vous êtes contre Ennahdha, c’est que vous soutenez l’ancien régime. En Egypte, je suis sûre que le génie amènera des formules qui seront, sur le même modèle, adaptées à la situation locale.

Sans oublier que le génie du discours est habile et imprudent quand il s’agit de réécrire l’histoire.

En Tunisie et en Egypte, je m’attends personnellement à une tornade constante de “Nous sommes le vrai peuple de ce pays, vous êtes l’élite. Taisez-vouz!” la rhétorique mimant celle utilisée en Turquie.

En affirmant qu’ils sont le vrai peuple opprimé qui représente la démocratie, ces partis islamistes modérés créent donc une impasse en utilisant le génie du discours. Comment peut-on contester cela? Ces jeunes tunisiens et égyptiens qui ont donné leur sang pour la liberté et l’égalité doivent-ils donc se résigner? Je ne le pense pas.

Ayant suivi de près la politique de l’AKP depuis bientôt une décennie, j’ai pu constater que seules trois actions de l’opposition ne se sont pas soldées par un échec.

La première action est venue de Halkevleri (Chambre du peuple), un mouvement populaire qui a fondé ses actions sur les droits sociaux.

Halkevleri est une association qui a renversé la politique de l’AKP des droits sociaux, assimilée à de la charité. Leur principal argument a été que la distribution de pain ou de charbon par des associations religieuses est une humiliation et que la nourriture et le logement sont des droits constitutionnels fondamentaux.

La seconde action provient de Öğrenci Kollektifleri (Collectifs étudiants) qui ont fondé leurs actions sur des préoccupations de la vie quotidienne telles que le prix des tickets d’autobus ou la hausse des frais de scolarité pour les étudiants. Les deux associations sont de gauche et sans idéologie religieuse. Elles sont toutes les deux étiquetées par le gouvernement comme des associations terroristes, car elles montrent le vrai visage de l’AKP qui opprime les étudiants et les pauvres.

La troisième action est un “iftar”, qui a réuni les gauchistes et les hommes politiques islamistes partageant le même combat pour l’égalité sociale. Pendant le mois de Ramadan, ils ont rompu le jeune en face d’un hôtel cinq étoiles, célèbre pour être « the place to be » des nouveaux riches du gouvernement de l’AKP.

Il y a donc un choix à faire pour sortir de l’impasse que le génie du discours a crée. C’est de construire l’opposition sur la question des droits sociaux. Teinter son discours de connotations religieuses ou non est du ressort de chacun.

Il est aussi important de noter qu’il devient aujourd’hui évident que l’AKP ne veut pas nécessairement d’une nouvelle génération religieuse, mais plutôt obéissante. Autrement, ils auraient été heureux de voir des jeunes jeûner durant le mois de Ramadan, et ne se seraient pas souciés qu’ils le fassent aux yeux de tous.

Adopter cette stratégie ne vous fera pas sentir, à coup sûr, moins isolé du monde. Les politiques européenne et américaine qui ont déjà étiqueté ces pays comme des démocraties islamiques modérées avec un brin de “Bon pour l’Orient”, ne souhaitent pas une opposition qui se base sur la question de la justice sociale.

De ma propre expérience, les Occidentaux qui font l’éloge de la démocratie dans ces pays sont terrifiés par les mots «justice sociale.” A Dieu ne plaise! Cela pourrait déboucher sur une lutte des classes!

Ceux qui ont applaudi Tahrir « sans idéologie » dans les médias internationaux ne voudraient pas voir que ce discours de gauche a survécu aux campagnes de «lutte contre le communisme” des années 60.

Mais au moins, baser l’opposition sur les droits sociaux et l’égalité sociale fera, une fois n’est pas coutume, ressembler le génie du discours à un cerf tétanisé par les phares d’une voiture, plutôt que l’opposition.

par Ece Temelkuran nawaat

 

 

 

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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 03:06

Un discours rassurant… Un discours sans concession aux idéologies salafistes… Un discours que les tunisiennes et les tunisiens attendent depuis des mois… Merci monsieur le Président !

Espérant que ce discours soit suivi de gestes concrets de la part du gouvernement…

 

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Mise en garde de Marzouki après des troubles salafistes

 

Le président tunisien Moncef Marzouki a mis en garde lundi contre toute tentative de déstabilisation du pays et de recours à la violence pour des raisons idéologiques, une allusion claire aux salafistes de plus en plus actifs ces derniers temps.

"Il ne sera toléré à quiconque d'imposer ses opinions par la violence, de traiter autrui de mécréant et de porter atteinte à tout citoyen tunisien pour ses choix idéologiques ou politiques quels qu'ils soient", a-t-il averti.

Cette prise de position survient après "l'outrage" fait au drapeau national à la Faculté des lettres et des sciences humaines de la Manouba, près de Tunis, provoquant de vives réprobations dans toute la classe politique et la société civile.

Le 9 mars dernier, un salafiste était monté sur le toit du bâtiment, avant de décrocher le drapeau tunisien pour le remplacer par une bannière noire, emblème des islamistes radicaux, sur laquelle était inscrite par la profession de foi musulmane. Une étudiante, Khaoula Rachidi, a alors escaladé l'édifice pour remettre le drapeau, devenant "une héroïne nationale".

"Faire outrage au drapeau, symbole de la patrie et de ses martyrs, c'est atteindre à la cohésion nationale", a stigmatisé lundi M. Marzouki lors d'une cérémonie du salut du drapeau organisée au palais présidentiel de Carthage, dans la banlieue nord de Tunis, qualifiant l'acte de "grave qui ne peut avoir aucune justification".

Partisan fervent de la défense des droits de l'Homme, le chef de l'Etat a décoré l'étudiante, qui prépare un master en français, des insignes de l'Ordre de la République, saluant "son geste symbolique" et "sa force morale".

"J'ai réagi spontanément, sans réfléchir. J'ai fait cela par patriotisme parce que le drapeau est pour moi, comme pour tout Tunisien, une source d'honneur et de fierté", a confié la jeune femme à l'Associated Press devant le regard attendri de ses parents. Originaire de Gafsa (centre-ouest), elle a remercié Dieu de s'en être sortie sans dégâts "parce que le salafiste qui m'a brusqué était assez costaud pour moi".

Cet établissement universitaire est le théâtre d'affrontements réguliers depuis des mois opposant les salafistes à des groupes syndicaux et indépendants sur fond de port du niqab. La faculté est fréquentée par quelque 8.000 étudiants des deux sexes. Les islamistes radicaux revendiquent "le droit" des étudiantes de suivre les cours et de passer les examens le visage couvert par le voile islamique intégral, ce qu'interdit le conseil scientifique de la faculté.

Alors que des voix n'ont cessé de s'interroger sur l'absence de réaction du gouvernement face à la multiplication des manifestations salafistes jugées "pacifiques", le chef de l'Etat a assuré que, "désormais, nous ne tolérerons plus toute tentative d'entraver le fonctionnement de l'université tunisienne, de terroriser ses professeurs et de ses étudiants ou de n'importe quelle institution".

"De telles actions seront réprimées à l'avenir dans le cadre de la loi, mais en toute intransigeance", a lancé M. Marzouki sur un ton ferme.

Le président, qui a exhorté la jeunesse à "éviter les tentatives de provocation qui menacent la stabilité du pays et compromettre son avenir", a appelé "les Tunisiens à bannir la violence physique et morale d'où qu'elle vienne et à rejeter la polarisation idéologique porteuse de dissension et d'animosité, en faisant prévaloir le dialogue".

source challenges

 

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Merci chère Khaoula Rachidi !
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Quand on voit comment l’Affaire du Drapeau Profané a agi sur l’Opinion Publique tunisienne, je ne peux m’empêcher d’en tirer quelques conclusions sommaires.

Je vais exprimer un constat d’emblée : cette Opinion Publique qui s’est élevée contre un drapeau tunisien remplacé par un drapeau salafiste, sur le toit de la Faculté de la Manouba, s’est manifestée, à l’occasion, dans tout ce qu’elle a de plus bourgeois. Et quand je dis « bourgeois », je déleste ce terme de toute connotation marxiste ou communiste. Je ne parle pas non plus d’une classe sociale ayant une situation économique aisée. Je réfère plutôt à un point de vue sur la vie qui est assez limité par des clichés censés être des repères, préférant se contenter de quelques conventions sociales bien définies à l’activité qui produit de vraies réflexions personnelles sur la portée de certains actes et discours.

La situation actuelle à la Manouba s’est déclenchée, en fait, il y a 3 mois et demi. En trois mois et demi, accentués par des appels de détresse alarmants de la part des étudiants, des professeurs et du doyen, il n’y a eu aucune réaction de la part des tunisiens. En une journée marquée par l’incident du drapeau, toute la Tunisie est émue. Le gouvernement, louche et démagogique à souhait, intervient alors.

La question qui se pose alors est celle-ci : pourquoi ces intrusions assez musclées, pendant trois mois et demi, n’ont pas choqué autant l’Opinion Publique, malgré le fait qu’elles ont été plutôt médiatisées ? En sachant que la Manouba n’a pas été la seule dans cette situation, que l’université de Sousse et de Kairouan, avant elle, ont également été visées, pourquoi cette Opinion Publique n’a pas réagi aussi violemment à une telle dégradation intellectuelle de nos institutions universitaires publiques ?

Je pense justement que c’est parce l’affaire touche à l’Intellectuel, c’est-à-dire à quelque chose d’abstrait, dont la profanation n’est ni sensible ni visible sur le moment. Voilà l’enseignement des lettres et des sciences humaines menacé dans notre pays et ceci ne choque personne sauf les élites. Il était évident que ce n’était pas très important pour l’Opinion Publique qu’une université tunisienne spécialisée dans les lettres et les sciences humaines soit attaquée par des salafistes violents qui veulent y imposer le contraire absolu des enseignements des lettres et des sciences humaines : c’est-à-dire le remplacement d’un mode de fonctionnement ouvert et multidisciplinaire par un autre dogmatique, unique et restreint.

Devant des salafistes qui s’y attaquent radicalement en prenant comme prétexte le fait que les doyens ont interdit aux filles en Niqab d’y étudier (Mais, comme je l’ai démontré dans un article datant du 1 Décembre 2011, ce qui les intéresse, ce n’est pas tant l’interdiction du Niqab que le fait d’imposer leur propre lois à des universités qu’ils qualifient de « gauchistes » et d’« athées » afin de pouvoir façonner les cerveaux à leur manières, comme ils le font impunément dans les mosquées) l’Opinion Publique aura plusieurs genres de réactions : soit elle ne s’occupera absolument pas de cette affaires, soit elle pensera que c’est triste ce qui s’y passe avant de zapper vers une autre chaine ou une autre site, soit elle pensera que les salafistes ont quand même le droit de manifester. La culture et la liberté intellectuelle de jeunes étudiants venus des grandes villes et de la Tunisie profonde pour s’y former et qui se retrouvent devant des bandes qui inculquent avec brutalité des préceptes débilisateurs, n’intéressait pas l’Opinion Publique et n’était nullement susceptible de la remuer. Des professeurs d’histoire, de civilisation, de linguistique, de philosophie etc…, censés éduquer ces étudiants et qui se trouvent insultés, sabotés et traités de mécréants, ne provoquait aucune colère visible chez cette même Opinion Publique.

3 mois et demi plus tard, un salafiste en arrive à enlever le drapeau tunisien hissé sur le toit de la faculté. L’Opinion Publique est alors non seulement choquée mais bouleversée. « Eh oui, c’est le drapeau tunisien qu’on profane devant nos yeux. Ça ne se fait pas. C’est la patrie qui est visée. » Une séquence montrant le sacrilège est alors partagée d’une façon exponentielle sur internet, diffusée et rediffusée à la télé et des photos de l’incident de trouvent publiées dans les journaux. L’Opinion Publique n’est plus devant de l’Intellectuel éthéré. Elle voit clairement, devant ses yeux, quelque chose de concret, de palpable, un symbole en tissu représentant la Tunisie, qui se fait malmener par un méchant salafiste antipatriotique. Le bon vieux drapeau rouge qui se fait remplacer par un nouveau drapeau très laid et d’une couleur d’autant plus noire. Ce n’est pas acceptable. Elle est alors décidée à en découdre en sortant dans la rue, parce ça ne peut plus durer. Ici aussi, comme dans l’affaire Persepolis, on peut déduire certaines choses :

1.L’opinion publique reste à majorité conservatrice et réactionnaire.

Le drapeau qui n’est, à l’origine, qu’un signe visuel censé représenter tel ou tel pays, devient ici l’essentiel de l’affaire. Les gens ne veulent pas qu’on le remplace par un autre, même pendant quelques minutes, parce que ça ne se fait pas et puis c’est tout. Dieu aussi, on n’a pas le droit de le représenter visuellement. C’est pas bien. Mais si c’est des salafistes qui mettent à épreuve pendant des mois la liberté intellectuelle de générations et de générations futures de tunisiens, l’opinion publique reste dans l’immobilité. Et cette immobilité est dangereuse car elle est sous-tendue par un constat que personne n’avoue mais qui est bien ancré dans les mentalités: « après tout et malgré tout ce qu’on dit, eh bien ces gens là c’est quand même des musulmans qui défendent nos traditions arabo-musulmanes, alors il faut les laisser s’exprimer. »

2. C’est le spectacle surmédiatisé qui peut convaincre les gens de telle ou telle réaction.

Ce n’est pas des convictions profondes, des réflexion sur les tenants et aboutissants de tels agissements grâce à un esprit critique qui guide l’Opinion Publique, mais ce sont des symboles conventionnels et creux tels qu’un drapeau remplacé par un autre. Ces symboles se trouvent alors vite récupérés par les médias qui produisent d’une part des discours enflammés et vulgaires, condamnant bien entendu l’atteinte au drapeau et d’autre part une dramatisation à travers une mini-narration. Cette mini-narration met en scène un personnage courageux et patriotique (la fille qui a osé affronter le salafiste et pour laquelle j’ai le plus grand respect car son acte était spontané. Ce sont les médias qui ne sont pas respectables dans cette affaire.) Personnage qui affronte le gros méchant ennemi de l’état voulant détruire le drapeau national. Superbe occasion pour les gens de média de faire les malins en direct et beaucoup d’audimat.

Cette affaire pourrait donc être une étape pour les tunisiens dans l’apprentissage d’une certaine capacité à déceler et à prévoir les vrais dangers menaçant la Tunisie. Pour moi, c’est toute l’Opinion Publique qui a brûlé le drapeau tunisien car, pendant des mois, elle n’a pas compris ou a fait semblant de ne pas comprendre, les dangers des agissements renouvelés quotidiennement par ces salafistes.

Aymen Ghabi nawaat

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 04:29

 

 

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Grande manifestation pour la démocratie à Bahreïn


Grande manifestation pour la démocratie à Bahreïn

 

Bahreïn a été le théâtre, vendredi, d'une grande manifestation pour la démocratie, la plus importante selon des témoins depuis le début du mouvement en faveur de réformes politiques il y a un an.

A l'appel du cheikh Issa Kassim, un dignitaire religieux chiite, des dizaines de milliers de personnes ont défilé sur le principal axe routier menant à Manama, la capitale de ce royaume majoritairement peuplé de chiites mais gouverné par une dynastie sunnite proche du voisin saoudien.


Selon un site internet relayant en direct les images du défilé, des protestataires arboraient des banderoles dénonçant la "dictature" et réclamant la libération des personnes détenues.

"Nous sommes ici pour défendre nos justes revendications sur lesquelles nous ne pouvons pas transiger et pour lesquelles nous sommes prêts à nous sacrifier", a lancé le cheikh avant la marche lors de son prêche hebdomadaire dans la localité chiite de Diraz.


"Il s'agit de la plus grande manifestation de l'année qui vient de s'écouler. Je dirais qu'il pourrait y avoir plus de 100.000 personnes", a estimé un photographe de Reuters.

Selon des militants, des policiers en tenue antiémeute ont bloqué la route menant à la capitale et fait usage de grenades lacrymogènes. Le ministère de l'Intérieur a affirmé que des manifestants avaient lancé des pierres sur les forces de l'ordre.


Les heurts ont duré plus d'une heure. Des opposants ont également fait état d'affrontements dans le quartier de Makharka et dans le village d'Eker, au sud-est de Manama.

Mais le gros du défilé s'est dispersé dans le calme et les dizaines de milliers de manifestants sont rentrés chez eux.

 

Le gouvernement bahreïni, invité par ses alliés occidentaux à "lâcher du lest" en autorisant des manifestations pacifiques, a donné son accord à plus de protestations de l'opposition ces derniers mois.

Vendredi, le palais s'est ainsi réjoui de l'existence d'une petite manifestation réunissant quelques centaines de partisans du gouvernement, signe, selon lui, de maturité politique et "modèle de comportement démocratique".

 

La famille régnante bahreïnie a écrasé les premières manifestations prodémocratiques de février 2011 en faisant appel à des contingents saoudien et émirati. Le gouvernement a également accusé l'Iran chiite, grand rival de l'Arabie saoudite dans le Golfe, de fomenter l'agitation.

Bahreïn abrite le port d'attache de la Ve flotte américaine du Golfe.

source lexpress

 

 

 

 

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Bahreïn et le Bélarus  ont rejoint la liste RSF des pays entravant la liberté d'information en ligne.

 

Deux pays se sont ajoutés à la liste des pays qualifiés "d'ennemis d'internet" par Reporters sans frontières (RSF), en l’occurrence Bahreïn et le Bélarus. Cette liste annuelle a été mise en ligne lundi par RSF, qui souligne que "les changements apportés à cette liste reflètent les récentes évolutions de la liberté d'information en ligne".

Lundi est par ailleurs la Journée mondiale contre la cybercensure. A cette occasion, Google et RSF doivent décerner le prix Reporters sans frontières du Net-Citoyen qui avait été attribué en 2011 à Astrubal, cofondateur du blog tunisien Nawaat.

Les pays qui censurent l'Internet

Bahreïn et le Bélarus rejoignent l'Arabie Saoudite, la Birmanie, la Chine, la Corée du Nord, Cuba, l'Iran, l'Ouzbékistan, la Syrie, le Turkménistan et le Vietnam, des pays qui "conjuguent souvent problème d'accès, filtrage sévère, traque des cyberdissidents et propagande en ligne", souligne RSF. "Les net-citoyens ont été, en 2011, au coeur des changements politiques qui ont affecté le monde arabe. Ils ont tenté, aux côtés de journalistes, de tenir la censure en échec mais en ont, en contrepartie, payé le prix fort", ajoute RSF.

Pour l'organisation de défense de la liberté de la presse, "2011 restera comme une année d'une violence sans précédent contre les net-citoyens. Cinq d'entre eux ont été tués alors qu'ils étaient engagés dans une mission d'information. Près de 200 arrestations de blogueurs et de net-citoyens ont été répertoriées en 2011, soit une hausse de 30 % par rapport à l'année précédente".

En Syrie, "plus de 120 net-citoyens sont emprisonnés à ce jour", déplore l'organisation pour qui "la violence aveugle" dans ce pays risque d'alourdir encore le bilan.

Les pays "sous surveillance"

"Entre surveillance et filtrage", la brèche est ténue pour les net-citoyens, souligne RSF. Mais parallèlement à la violence exercée dans les dictatures, "des pays dits démocratiques continuent à céder aux tentations sécuritaires ou à prendre des mesures disproportionnées pour protéger le droit d'auteur". "La pression s'accroît sur les intermédiaires techniques, encouragés dans certains pays à jouer un rôle de police du Net. Des sociétés de surveillance deviennent les nouveaux mercenaires d'une véritable course à l'armement en ligne", selon RSF.

Parmi les pays sous surveillance, la Thaïlande est "aux portes des ennemis d'internet", avec le risque de poursuite d'une politique de surenchère du filtrage et de condamnations de net-citoyens au nom du crime de lèse-majesté. Figurent dans la liste "sous surveillance", l'Australie, la Corée du Sud, Les Emirats arabes unis, l'Egypte, l'Erythrée, la France (depuis 2011), l'Inde, le Kazakhstan, la Malaisie, la Russie, le Sri Lanka, la Thaïlande, la Tunisie et la Turquie.

Le Venezuela et la Libye ont en revanche quitté cette liste.

source europe1


 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 04:14
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Anonymous s’en prend aux islamistes tunisiens

 

Un groupe de hackers revendiquant leur appartenance au groupe Anonymous s’en est pris aux pages Facebook des islamistes tunisiens soupconnés de vouloir introduire la Charia dans la nouvelles constitution de la Tunisie.

« Nous vous combattons…vous messages électroniques, vos comptes en banques et vos transactions seront sondés, vos disques durs seront copiés », déclare un homme arborant le fameux masque des Anonymous, cité par l’AFP. « Si le gouvernement tunisien ne stoppe pas vos activités dans les semaines à venir, Anonymous le fera », ajoute-t-il.

Un autre message accompagné du drapeau tunisien affirme : « nous ne sommes pas contre la religion, nous sommes musulmans mais nous défendons la liberté dans notre pays ».

Cette attaque intervient à un moment de tension croissante dans la Tunisie. La semaine dernière, un groupe de salafistes tunisiens a remplacé le drapeau tunisien par leur propre drapeau à l’université de la Manouba à Tunis. Une jeune étudiante s’est interposée et a été molestée. Toutefois, son courage a servi de détonateur et d’autres étudiants sont alors intervenus pour décrocher l’étendard salafiste et remettre le drapeau tunisien. Ce nouvel incident survenu la veille de la journée de la femme s’ajoute à un nombre également croissant de tensions et d’altercations entre ces islamistes ultra-conservateurs et une bonne partie de l’opposition et de la société civile, le tout sous la passivité des islamistes du parti Ennadha, majoritaires au parlement tunisien.

Parmi les sites qui ont été attaqués par les Anonymous figure le site du parti Hizb-ut-Tahrir qui prone le retour du califat en Tunisie, comme dans l’ensemble du monde musulman.

Cette attaque intervient à la veille d’une journée nationale pour la liberté de l’Internet en mémoire du blogueur Zouhair Yahyaoui qui avait été arrêté et torturé en 2002 et 2003 puis était mort en le 13 mars 2005 d’un arrêt cardiaque à l’âge de 36 ans. A l’occasion de cette journée, le président tunisien Moncef Marzouki devrait décorer la famille de ce blogueur, famille qui avait été interdite de travailler suite à l’arrestation de Zouhair.

source linformaticien

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 03:22

L’intrigue d’un putsch pour renverser la troïka !

 

La thèse du complot circule en Tunisie.

Les choses semblent se compliquer chaque jour un peu plus en Tunisie. A une situation sociale tendue, et une conjoncture économique  difficile, viennent se greffer des rumeurs, ou peut-être des révélations, qui font froid dans le dos.

Dernière histoire invraisemblable en date : celle relatée ce week-end par le journal Assabah, évoquant un Putsch qui se prépare pour renverser l’exécutif actuel, et lui substituer un gouvernement issu en partie de l’ancien régime. Les acteurs de cette collusion seraient, selon le journal arabophone,  des chancelleries occidentales et du Moyen-Orient, des politiques et des membres de la société civile tunisiens.


Le journal qui ne cite pas de noms, évoque un responsable tunisien appartenant à l’ancien gouvernement, ainsi qu’une personnalité de haut niveau du monde de la finance (dont le nom n'est pas difficile à deviner), qui ont convaincu l’administration américaine de couper les vivres à la Tunisie ; des hommes d’affaires et des responsables financiers appartenant à l’ancien régime qui ont persuadé les investisseurs étrangers à  reporter leurs investissements en Tunisie, sous prétexte que le gouvernement actuel n’est pas en mesure d’assurer la stabilité. Le journal révèle aussi une supposée réunion entre Hillary Clinton lors de sa toute dernière visite en Tunisie, et des membres de la société civile, où ces derniers ont briefé le chef de département d’Etat américaine, sur l’échec  de la troïka à gérer les affaires du pays, et lui ont parlé de l’urgence d'un changement en Tunisie.

Des informations graves, même si  leur véracité reste à vérifier. D’autant plus que cette théorie du complot circule depuis quelques temps, sans qu’elle ne soit explicitée d’une manière irréfutable, et tranchée.  Assabah cite, à ce titre, des noms des membres du gouvernement ayant confirmé l’existence d’une telle machination contre la troïka. Il rappelle, en revanche,  que le secrétaire d’Etat à l’Intérieur Saïd Mechichi y a opposé un démenti.  C’est de quoi semer le doute dans les esprits, et rappeler un climat, que l’on croyait révolu, où l’opinion publique est flouée, ne sachant pas la vérité, de l’affabulation.

Quoi qu’il en soit, si ce scénario de complot se révèle fondé, ce sera une vile trahison des espoirs de la révolution, et un retour à la case départ. Que cette phase transitoire extrêmement rude voit se durcir les affrontements politiques et les tiraillements idéologiques, voila qui reste normal pour un pays qui s’engage dans un processus de démocratisation, après des décennies de dictature et de monolithisme.  Mais que les choses virent aux machinations d'un tel acabit, voila qui constituerait une ligne rouge, que si elle venait à être franchie, inhumerait toutes ces aspirations nées un certain 14 janvier 2011. 

Ce qui est étonnant dans cette affaire, hormis son caractère impensable dans la Tunisie aujourd’hui, est qu’aucune source officielle ne réagit pour confirmer ou infirmer de telles informations. Un silence qui laisse présager deux hypothèses au moins. Soit, le gouvernement sait des choses, dispose de  pièces à conviction et a peur de les rendre public, de crainte de représailles ; a fortiori que de supposés bailleurs de fonds seraient en jeu. Soit, ce sont de simples fantasmes dénués de tout fondement, nourris par la peur démesurée de l’adversaire, sur fond d’un climat délétère. Dans les deux cas, le gouvernement est dans le tort, car, faire des fuites de ce type sans les corroborer par des preuves, ne peut qu’envenimer encore plus la situation, et prolonger ce climat d’incertitude qui gagne les Tunisiens.

La Tunisie a fait sa révolution, a réussi ses élections, mais ne cesse de trébucher dans ce processus transitoire dont on a du mal à entrevoir l’issue. La solidarité que l’on dit nécessaire pour franchir ce cap difficile semble être  hors de portée. La classe politique s’enlise dans ses divisions, et les problèmes socio-économiques s’accumulent au point de devenir ingérables. Tout cela a, en grande partie, pour origine, une immaturité politique patente, due à un manque d’expérience de la politique et de ses arcanes. Les supposés comploteurs peuvent jouer sur ce filon pour semer la zizanie et reprendre le pouvoir par la force, renouant avec leurs bonnes vieilles habitudes. Mais, ce ne sont là que des supputations, en l’absence d’éléments de preuves tangibles. Il en faut pourtant, car, évoquer des scénarios catastrophes avec une telle légèreté n’est dans l’intérêt de personne, et encore moins de la Tunisie, qui ne va pas pouvoir sortir indemne de cette situation dont la maîtrise semble échapper à tous.

source gnet

 

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خيوط «المؤامرة الانقلابية» على حكومة "الترويكا" (2 ـ 2)!


الطرابلسية.. الأموال المنهوبة.. والسلفيون.. «وقود المؤامرة»...

عرضت "الصباح" أمس بعض التفاصيل الأساسية لخيوط "المؤامرة الانقلابية" على حكومة الترويكا.. وتناول الجزء الأول من هذه التفاصيل التي حصلت عليها "الصباح" من مصادر متعددة لكنها متطابقة، بعض ما دار في "الاجتماع الدبلوماسي" الذي احتضنه مقر اقامة أحد السفراء الاوروبيين بتونس، وحضره عدد من الدبلوماسيين من دول أوروبية، بعضها متاخم للتراب التونسي، وبلدان شرق أوسطية، بالإضافة إلى دول من أمريكا الشمالية..

 

 

للإشارة فان كاتب الدولة لدى وزير الداخلية المكلف بالإصلاح، سعيد المشيشي، كان نفى في تصريح صحفي سابق، "وجود مؤامرة ضد الحكومة"، فيما أكد المستشار السياسي لرئيس الحكومة، لطفي زيتون، ومحمد عبو، كاتب الدولة المكلف بالإصلاح الاداري، وسمير ديلو، وزير حقوق     الانسان والعدالة الانتقالية، وعبد الكريم الهاروني، وزير النقل، وسمير بن عمر، المستشار لدى رئاسة الجمهورية، أكدوا جميعهم، وجود ما وصفوه بـ"المؤامرة" ضد الحكومة الحالية..

 

بل إن سمير بن عمر، أوضح في راديو "موزاييك أف. أم" أن "المؤامرة موجودة"، مشيرا الى اطلاعه على حيثياتها، لكنه رفض الادلاء بأي معلومات بشأنها، مطالبا الحكومة بالكشف عن المعطيات المتعلقة بهذا الملف..

وكانت "الصباح" تطرقت أمس إلى فحوى مناقشات السفراء السبعة للشأن التونسي، والسيناريو البديل الذي تحاوروا بشأنه "لخلافة" الحكومة الراهنة، بما في ذلك رئاسة الجمهورية..

 

الطرابلسية.. ورقة ضغط

 

ووفق المعلومات التي توصلت إليها "الصباح"، فإن "الاجتماع الدبلوماسي"، تطرق الى موضوع الدعم المالي لتونس، حيث أجمع السفراء السبعة على ضرورة حرمان الحكومة الحالية من "إمدادات مالية" من شأنها إخراجها من المأزق الراهن الذي     تمر به اقتصاديا وماليا..

وتم في هذا السياق، تناول ملف أموال الطرابلسية المودعة في بعض البنوك الأجنبية، وبخاصة أموال بلحسن الطرابلسي، حيث شدد عدد من السفراء الحاضرين في "الاجتماع الدبلوماسي"، على ضرورة استخدام "ورقة أموال وأرصدة" الطرابلسية لممارسة ضغوط على الحكومة، عبر الحيلولة دون تمكينها من هذه الأرصدة ومنعها من اكتساب أجنحة مالية تساعدها على التقاط أنفاسها وسط الأزمة الاقتصادية الخانقة التي تمر بها..

واللافت للنظر في هذا السياق، أن الطرف الدبلوماسي الذي شدد على هذا التعاطي مع ملف بلحسن الطرابلسي، اعتبر التفويت في أمواله وإرجاع أرصدته للحكومة، التي هي ارصدة الشعب التونسي وأمواله المنهوبة، لم يحن توقيتها بعد، مشددا على أن هذه الخطوة ينبغي تأجيلها إلى حين مسك الحكومة الجديدة السلطة.

 

السلفيون على جدول المؤامرة

 

من ناحية أخرى، تطرق "الاجتماع الديبلوماسي" إلى موضوع "المد السلفي" في تونس، ومدى خطورته، على البلاد، وسط تحذير من أحد السفراء العرب ممن تنتمي بلاده لدول "الربيع العربي"، الذي حرص على شحن الحاضرين بمخاوفه الشخصية من السلفيين، رغم أن بلاده لم تعرف أي خطورة من هذا التيار.. الغريب في الأمر، أن بعض السفراء الحاضرين أشاروا إلى ضرورة توظيف ورقة السلفيين في توتير الوضع السياسي وإجبار الحكومة على اتخاذ مواقف متشددة إزاءهم وبالتالي مزيد توريطها سياسيا وأمنيا.

 

اتصالات... وتقارير..

 

وذكرت معلومات ذات صلة لـ"الصباح"، في ذات السياق، أن أحد المسؤولين التونسيين المحسوبين على الحكومة السابقة، وشخصية مصرفية ومالية رفيعة المستوى، حاولت إقناع الادارة الأمريكية بضرورة إيقاف ضمانات القروض الأمريكية إلى تونس وذلك بغاية تعطيل الحكومة ومنعها من أجنحة مالية لتطوير الوضع الاقتصادي والاجتماعي.

وكان بعض رجال الأعمال، ومسؤولون ماليون محسوبون على النظام السابق (بصدد المباشرة حاليا)، اجتمعوا بمستثمرين أجانب في الداخل والخارج، وحاولوا إقناعهم بأن الحكومة لا تحفظ الأمن حاليا، وأنها لا تتوفر على التجربة، ونصحوهم بتأجيل استثماراتهم في البلاد ريثما تستقيل الحكومة الحالية، ويستتب الحكم للفريق الجديد...

يشار في هذا الاطار، ـ حسب ذات المصادر ـ إلى أن بعض الشخصيات من المجتمع المدني كانت التقت وزيرة الخارجية الأمريكية، هيلاري كلينتون، خلال زيارتها الأخيرة إلى تونس، وقدمت لها "وصفة" عن الوضع في تونس، وبينت لها، أن "حركة النهضة" تحكم بمفردها، وأن "الترويكا" فاشلة في إدارة البلاد، والتغيير بات ضروريا وملحا في تونس..

وتقول المعلومات التي حصلت لدينا، أن الحكومة تمتلك كل الدلائل على تورط هؤلاء في ما تسميه بـ"عملية التآمر" على «الترويكا»..

لكن السؤال المطروح في هذا السياق هو: لماذا لم تقدم الحكومة المعلومات اللازمة لتأكيد «المؤامرة» التي جرى الحديث عنها؟

سؤال يقتضي الاجابة..

صالح عطية

- سقط اسم زميلنا صاحب المقال أمس سهوا، وبالتالي لم يكن الامر رغبة في التخفي ـ كما تبادر لبعض الأذهان ـ.

source assabah

 

 

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BCE balaie la théorie de complot et maintient qu’il ira jusqu’au bout de son initiative

 

 

« Oui, j’ai lancé une initiative. Oui, je continuerai à servir mon pays, la Tunisie, tant que je serai en mesure de le faire et tant que j’en serai convaincu. Non, je ne demanderai à personne et à aucune partie l’autorisation pour agir dans ce sens ».

Ce sont là les propres termes de Béji Caïd Essebsi qu’il a prononcés au début et à la fin de la rencontre organisée, dimanche soir 11 amrs 2012, par la chaîne de télévision Nessma lors d’un plateau spécial auxquels étaient conviés quatre hauts responsables du même bord, à savoir l’ancien chef du gouvernement et trois de ses ministres, Taïeb Baccouche, Lazhar Akremi et Ridha Belhaj.

 
D’entrée, donc, les téléspectateurs savaient qu’ils n’assistaient pas à un débat entre invités de tendances différentes, mais bel et bien à une rencontre qui offrait l’opportunité à un groupe de personnalités de présenter leurs visions de la chose publique et, en quelque sorte, de se défendre face aux accusations dont l’ancien gouvernement transitoire fait l’objet, depuis un certain temps, de la part de l’actuel gouvernement, aussi provisoire.

Les invités ont eu, ainsi, l’occasion d’expliciter leurs conceptions et leurs visions de la seconde étape transitoire en Tunisie post-révolutionnaire. Ils ont parlé de la situation économique et sociale, de l’éducation et de l’enseignement, de la justice transitionnelle, des grèves et des sit-in, des prochaines élections, de la religion et de l’Islam, des opérations de diversion et, bien entendu, de cette fameuse théorie de complot, sans oublier la « triste » déclaration de Rafik Abdessalem qui a dit dans une émission sur une autre chaîne télévisée : « Que reste t-il à Béji Caïd Essebsi comme âge virtuel ? ».

Concernant ce dernier point, une unanimité s’est faite sur le plateau pour condamner vigoureusement les propos du ministre des Affaires étrangères que tous les présents dénommaient « Rafik Abdessalem Bouchlaka ». Lesquels propos ont été jugés « indignes » d’un ministre tout en insistant sur le fait que la question de la vie ou de la mort est de l’unique volonté de Dieu. Il était visible que les propos du ministre des AE n’ont pas été digérés par personne et, encore moins, par Béji Caïd Essebsi qui a cité le cas d’Indira Gandhi et Bourguiba.

Quant à « l’héritage lourd » laissé à l’actuel gouvernement qui estime que c’est un legs « prémédité », l’ancien Premier ministre pense le contraire et énumère les points positifs réalisés par son cabinet dans une situation encore beaucoup plus difficile que celle prévalant dans l’état actuel des choses, et ce aussi bien au niveau des grèves, des sit-in, des routes coupées, des dérapages sécuritaires et des « dégage » lancés à tout bout de champ.
Taïeb Baccouche est allé jusqu’à proposer une comparaison, jour par jour et mois par mois, voire réclamer des face-à-face télévisés en direct entre les ministres de l’ancien gouvernement et ceux de l’actuelle équipe au pouvoir.
Ridha Belhaj est intervenu sur des questions techniques et pointilleuses touchant à la promulgation des décrets, à l’amendement introduit concernant la loi sur la prescription des crimes de torture et sur l’amnistie générale.
A ce propos et répondant à une question sur les accusations quant à son implication, à travers ses ordres, dans des actes de torture contre les Yousséfistes, M. Caïd Essebsi les a niées en bloc et catégoriquement tout en précisant qu’il est venu au ministère de l’Intérieur en 1963, soit un an après le procès contre les auteurs dudit complot de 1962. Plus encore, toute cette affaire n’a pas été traitée par le ministère de l’Intérieur où il y avait Driss Guiga, mais par l’armée et le Tribunal militaire.

Pour ce qui est des augmentations salariales, des accords signés avec l’UGTT et des promotions accordées, Ridha Belhaj et Taïeb Baccouche ont indiqué qu’une grande manipulation est en train de se faire pour induire l’opinion publique en erreur, car les chiffres sont là et toutes les décisions prises dans ce cadre l’ont été sur les bases de calculs concrets et faisables avec des prévisions budgétaires bien précises.

A propos de son initiative, Béji Caïd Essebsi a indiqué qu’il l’a lancée pour servir la Tunisie et parce qu’il tient au succès du gouvernement actuel, duquel succès, découlerait la réussite de tout un peuple qui a consenti les plus gros sacrifices pour la dignité, la liberté et la démocratie.
« Si je propose la mise au point d’une feuille de route claire pour la période à venir, si je réclame l’annonce de dates précises pour les prochaines échéances dont notamment celles des élections définitives, si j’appelle à un rassemblement vaste capable d’assurer et assumer l’alternative… tout cela s’inscrit dans le fil droit du respect du processus démocratique », a expliqué M . Caïd Essebsi.
Or, renchérit-il, c’est à partir de ce moment que les critiques ont fusé de toutes parts. Et après les louanges, les flèches acerbes et autres accusations gratuites n’ont pas arrêté de pleuvoir de la part des membres du gouvernement provisoire et, plus précisément, de son chef, Hamadi Jebali, ainsi que d’autres personnalités dont il a cité Ahmed Ben Salah et Tahar Belkhoja, sans oublier le président provisoire de la République, Moncef Marzouki, qui m’a traité de « kafer ». Même s’il s’est rétracté par la suite en indiquant qu’il ne voulait pas dire « apostasie au sens propre du terme. « Mais apparemment, pour si Marzouki, tous les termes ont un sens particulier», ajoute BCE.

Cet épisode a conduit les présents à parler de cette fameuse théorie de complot, tournée en dérision par Béji Caïd Essebsi dans son style humoristique fin, mais fort expressif. Tous les présents sont d’accord que ces accusations sont ni fondées, ni argumentées, ni étayées, ni logiques, ni raisonnables.

Au lieu de cela, un appel a été lancé par les quatre personnalités du gouvernement provisoire à M. Jebali pour qu’il s’attelle à la tâche, pour qu’il dise au peuple la vérité et la réalité des choses et de lui annoncer une feuille de route claire avec un échéancier précis des différentes étapes à savoir, et en premier lieu, la tenue des prochaines élections avec la constitution de l’Instance indépendante desdites élections, l’élaborations de la constitution, la définition du prochain système politique, la réalisation de la justice transitionnelle, de préférence du type appliqué par Mandela en Afrique du Sud.

La Tunisie a besoin de traiter les problèmes urgent d’abord intéressant la proximité et les préoccupations du commun des citoyens qui aspirent à l’emploi, à l’amélioration de leur pouvoir d’achat, à leur sécurité, à la préservation de l’emploi, assurent les présents sur le plateau.

Or, au contraire, on assiste à l’émergence de questions qui n’auraient jamais dû avoir lieu en ces moments précis comme les débats sur l’identité, sur la religion et sur les tenues vestimentaires, sans oublier les polémiques inutiles soulevées par les prédicateurs « importés », tels les Amrou Khaled et Wajdi Ghenim. 

En conclusion, Béji Caïd Essebsi , qui a évoqué avec grand émotion le triste épisode de la profanation du drapeau national,a fini par révéler qu’il a accepté l’invitation de présider une grande réunion le 24 mars 2012 à Monastir dans le cadre de l’initiative tendant à la création d’un grand parti centriste et démocratique.

A la fin de cette rencontre, une comparaison s’est imposée à nous entre la prestance, les prestations et les visions des choses de l’Etat entre les membres de l’actuel gouvernement de la Troïka et ceux du gouvernement transitoire dirigé par M. Caïd Essebsi. Cette comparaison a dû s’imposer, également, aux téléspectateurs tunisiens qui auront, sûrement, tranché dans un sens ou dans l’autre.

source businessnews

 


 
 

 

 

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 03:13
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