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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 05:56

S’opposer aux fraudeurs

« Il est impératif que les fraudeurs se voient imposer des peines qui reflètent la gravité de leur crime. Notre gouvernement conservateur entend les préoccupations des victimes de fraude et aide celles-ci àêtre dédommagées comme elles le méritent. » Y compris en matière électorale? Tirée du site web du parti conservateur du Canada qui annonçait en novembre dernier l’entrée en vigueur de la Loi sur la défense des victimes de crimes en col blanc, cette phrase prise hors de son contexte est plutôt amusante. Le communiqué ajoute que les peines pour fraudes seront renforcées en cas de circonstances aggravantes, notamment selon leur complexité et leur niveau de planification.

Rien n’indique à l’heure actuelle que le parti conservateur « entend les préoccupations des victimes de fraude » électorale et cherche à les « dédommager [er] comme elles le méritent. ». Les appels automatisés frauduleux pour diriger des électeurs vers de faux bureaux de vote à l’occasion des élections fédérales du 2 mai dernier (et effectués depuis une centrale d’appels qui travaille souvent avec le parti conservateur) n’ont peut-être par eu d’impact décisif sur les résultats et des élections partielles dans les circonscriptions visées n’auront sans doute pas lieu dans un tel contexte (d’autant plus que le premier ministre Stephen Harper s’y oppose). Pourtant, l’affront de la « plus grande fraude électorale dans l’histoire du pays » aux fondements de notre démocratie subsiste.

Dans l’arrêt Harvey c. Nouveau-Brunswick (Procureur général), [1996] 2 R.C.S. 876, une affaire de fraude électorale d’un député du Nouveau-Brunswick, la juge McLachlin notait au para. 61 :

« Pour survivre, les démocraties doivent insister sur l’intégrité de ceux qui cherchent à remplir et qui remplissent une charge publique.  Elles ne sauraient tolérer les manoeuvres frauduleuses au sein de la législature.  Elles ne sauraient non plus tolérer la fraude électorale.  Si elles le font, deux conséquences risquent d’en résulter. Premièrement, le fonctionnement de la législature peut être affecté.  Deuxièmement, la confiance du public dans la législature et le gouvernement peut être minée.  Aucune démocratie ne peut se permettre que l’une ou l’autre situation se produise. »

Le site web d’Élections Canada cite Jean-Pierre Kingsley, directeur général des élections pendant 17 ans, à propos de l’aide humanitaire du Canada pour le maintien de la démocratie à l’étranger:

« Si nous partons du principe que la démocratie est une œuvre en perpétuel devenir – même dans des pays comme le Canada – nous pouvons mieux saisir toute la complexité du développement démocratique. Comme la démocratie elle-même, le développement démocratique est toujours perfectible. »

Il semble que nous fassions présentement face à une imperfection, et que la solution soit entre nos mains. D’ailleurs, Élections Canada aurait déjà reçu 31 000 plaintes reliées à l’affaire. Ce gouvernement « ne peut se permettre de perdre notre confiance » ; « entendra [-t-il] les préoccupations des victimes de fraude et aide [ra-t-il] celles-ci à être dédommagées comme elles le méritent » ?

Notons que les suspects, une fois identifiés, pourraient être accusés en vertu de la Loi électorale du Canada et, s’ils étaient trouvés coupables, récolter une amende de quelques milliers de dollars et, peut-être, une peine de prison. Les candidats fautifs pourraient être déclarés inéligibles aux élections et inhabiles à siéger à la Chambre des communes.

par Alexandra Parent

source : faitsetcauses

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Pétition contre les fraudes électorales commises par les conservateurs et demande de l'élargissement de l'enquête 

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 05:26

La Chine veut la fin des violences et refuse toute ingérence humanitaire


Syrie: la Chine veut la fin des violences et refuse toute ingérence humanitaire_1

Des funérailles dans le village de Kafr Roma, dans la province d'Idleb, en Syrie. Image tirée d'une vidéo postée sur YouTube le 3 mars 2012.

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La Chine a appelé samedi toutes les parties en Syrie à cesser

"inconditionnellement" les violences et a refusé toute ingérence humanitaire alors que la Croix-Rouge tentait toujours d'entrer dans un quartier de Homs (centre) repris jeudi par le régime après des semaines de pilonnage.

Un haut responsable du ministère chinois des Affaires étrangères "presse le gouvernement syrien et les parties concernées à cesser immédiatement, complètement et inconditionnellement tous les actes de violences, particulièrement les violences contre des civils innocents", a rapporté l'agence de presse officielle chinoise.

La Chine, pays ayant bloqué avec la Russie toutes les tentatives de faire adopter à l'ONU des résolutions condamnant la répression de la révolte en Syrie, a en outre répété qu'elle refusait toute ingérence sous prétextes "humanitaires", alors que les forces du régime bloquent l'aide humanitaire pour le quartier de Baba Amr, à Homs.

Les violences dans le pays ont fait samedi au moins 37 morts, dont 14 membres des forces gouvernementales dans des affrontements avec des déserteurs près de Deraa (sud), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Deux autres victimes sont mortes dans une explosion à Deraa, qualifiée par les autorités d'attentat suicide.

Depuis le début de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad, à la mi-mars, les violences ont fait plus de 7.500 morts, selon l'ONU.

Les corps de la journaliste américaine Marie Colvin et du photographe français Rémi Ochlick, tués le 22 février lors d'un bombardement de Baba Amr, à Homs, sont partis dans la nuit de samedi à dimanche de Damas pour Paris, a indiqué à l'AFP l'ambassadeur de France à Damas Eric Chevallier.

Vendredi, le CICR et le Croissant-Rouge syrien (CRAS) avaient envoyé sept camions transportant une aide urgente aux habitants du quartier, mais le convoi n'a pas encore été autorisé à pénétrer dans le quartier, provoquant la colère de la communauté internationale.

Les autorités ont avancé des raisons de sécurité, en particulier la présence de bombes et mines sur la chaussée.

"Aucune de nos équipes n'était entrée samedi après-midi dans ce quartier et (les autorités) n'ont pas autorisé l'entrée des aides. Nous sommes toujours en négociation", a affirmé le porte-parole du CICR à Damas, Saleh Dabbakeh.

Le chef des opérations du CRAS, Khaled Erksoussi, a confirmé qu'aucune équipe n'était entrée à Baba Amr. "Les autorités nous ont fait savoir que l'accès nous était interdit pour des raisons de sécurité", a-t-il ajouté.

Vendredi, le président du CICR, Jakob Kellenberger avait jugé "inacceptable que des gens qui attendent de l'aide d'urgence depuis des semaines n'aient toujours reçu aucun soutien".

Dans une première réaction officielle à la prise de Baba Amr, le quotidien gouvernemental As Saoura affirmait samedi: "Les services compétents ont rétabli la sécurité et la sûreté dans le quartier de Baba Amr après l'avoir désinfecté des groupes terroristes armés".

Le quartier a été soumis à un pilonnage systématique de l'artillerie, faisant des centaines de morts selon plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme et des dégâts considérables, avant que les forces régulières ne le prennent d'assaut.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Ahmet Davutoglu, a estimé que les autorités syriennes commettaient "un crime" en interdisant l'entrée de l'aide humanitaire et a exhorté la communauté internationale à réagir aux "atrocités" du régime.

Le chef de la diplomatie britannique, William Hague a lui estimé que le "refus" de laisser passer l'aide humanitaire souligne que le régime de Bachar al-Assad est "devenu criminel".

La situation en Syrie est "inacceptable", avait affirmé vendredi le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, appelant Damas à "laisser entrer sans conditions préalables" l'aide humanitaire.

Sur le plan politique, M. Ban affirmé que la mission de Kofi Annan, nouvel émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, serait "d'obtenir un cessez-le-feu, de mettre fin à la violence et d'aider à une solution politique" par le biais d'un "dialogue politique".

La Chine a répété qu'elle était opposée à toute ingérence dans les affaires intérieures de la Syrie menée "sous le prétexte de questions +humanitaires+".

"La Chine désapprouve toute intervention armée ou toute pression pour un +changement de régime+ en Syrie", a rapporté l'agence de presse officielle chinoise, citant un responsable du ministère des Affaires étrangères.

"Nous nous opposons à ce que quiconque intervienne dans les affaires intérieures de la Syrie sous le prétexte de questions +humanitaires+, selon cette source.

source aisnenouvelle

 

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Baba Amr (Homs) lepoint

 

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 Au téléphone, le testament des combattants de Bab Amro

Après la reprise par l'armée syrienne du quartier de Baba Amr, dans la ville de Homs, l'aide internationale du CICR aux civils n'est toujours pas autorisée par Damas. Notre partenaire La Liberté avait recueilli les témoignages poignants des résistants avant la chute du quartier rebelle.

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Des combattants rebelles posent devant les restes d'un véhicule militaire détruit à Homs, le 4 février (STR/AP/SIPA)

Une heure du matin à Bab Amro, le quartier de Homs bombardé depuis vingt-six jours et cerné par l'armée syrienne. Au bout du fil, les jeunes défilent les uns après les autres, et témoignent de l'horreur des combats. Comme s'ils devaient faire leurs adieux au monde. Comme un testament.

Il y a Bassil, Omar, Abu Mohamed... Ils parlent de la férocité de l'attaque, de leur résistance, de leurs dernières heures à vivre avant d'être broyés par les chars de l'armée de Bachar dans l'indifférence totale.

Ils savent que leur temps est compté. Leurs fusils et leurs RPG ne pèsent pas lourd face aux 7 000 hommes de la 4e division, dirigée par Maher, le frère de Bachar al-Assad.

Après vingt-six jours de bombardements sur Homs, l'infanterie est entrée en action mercredi. « Je sais que je vais mourir », témoigne Mohamed Al Mahmed, le médecin qui a lancé un SOS dans les colonnes de La Liberté.

« J'ai fait tout ce que j'ai pu pour sauver des vies, des blessés. Je demande encore une fois au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) d'assumer sa responsabilité et de venir nous aider. Il y a encore avec nous des milliers de femmes et d'enfants. Il faut évacuer avant l'arrivée des soldats. Nous nous sentons abandonnés. Et tous ceux qui nous regardent mourir sans rien faire seront jugés par l'histoire. »

« Les chars ont du mal à pénétrer les ruelles »

Le médecin sait qu'il est condamné et qu'une fois le quartier tombé, il sera exécuté. « Mais je mourrai en homme libre », lâche cet officier qui a déserté l'armée de Bachar il y a plusieurs mois.

Depuis, il est devenu une icône sanitaire de Bab Amro, en donnant des interviews à CNN, Al-Jazira, BBC... :

« Je ne pardonnerai jamais la lâcheté du monde arabe et de la communauté internationale. »

Pour ces hommes, la chute des derniers bastions de la résistance n'est plus qu'une question d'heures. « L'armée syrienne a déployé beaucoup de militaires sur le terrain », constate Mohamed Al Homssi, membre de la révolution syrienne.

« Les chars de l'armée ont de la peine à pénétrer dans les ruelles étroites de Bab Amro. Mais le pilonnage continue. L'armée syrienne libre (ASL) compte se battre avec son armement modeste. Elle contrôle encore les entrailles de cette médina. Elle se cache pour mieux mener une guérilla urbaine. »

Bassel, lui, pleure. Responsable de la cellule d'information de la ville rebelle, mais écrasée par les bombes, il ne peut que constater l'avancée inéluctable des hommes de Bachar :

« L'ASL tente de résister mais ça va être difficile. Elle ne dispose pas de mortier ou d'arme lourde. Elle a cédé du terrain. On a perdu la bataille. La ville n'a plus d'électricité, plus d'eau. La situation humanitaire est vraiment exécrable. »

Un tunnel secret détruit par l'armée syrienne

Omar al Chami lui craint le pire, lui qui s'occupe de ravitailler la forteresse.

« L'armée a découvert une de nos voies secrètes qui nous permettait de rentrer et sortir du quartier. Ce passage qui consistait en un tube de 2,7 kilomètres de long de de 1,5 mètre diamètre a été dynamité. »

C'est dpar ce tunnel que les journalistes étrangers ont été exfiltrés, notamment Edith Bouvier. La reporter française, blessée à la jambe, a été cachée dans la campagne autour de Homs, avant d'arriver au Liban et de regagner la France.

« On aurait également aimé utiliser ces tunnels pour faire rentrer les armes. Mais pour le moment, la communauté internationale rechigne à nous aider. »

Connectés au monde avec des batteries de voitures, les derniers témoins de Bab Amro craignent d'être oubliés par le reste du monde, alors que les derniers journalistes occidentaux ont quitté les lieux. Et que malgré leur ligne satellitaire, ils ont de plus en plus de mal à communiquer avec les chaînes d'information continue arabes.

« Je dois économiser mes batteries au maximum », explique Omar qui fait partie des jeunes reporters. Chaque jour, ils filment les dégâts causés par les bombardements et les diffusent sur Internet.

« Il y a encore beaucoup de personnes qui sont bloquées et réfugiées dans les caves. Les forces d'Assad vont être sans pitié. Hier, j'ai passé la journée à aider certaines familles à fuir. Même les rues épargnées ces dernières semaines par les bombardements sont devenues dangereuses.

Les barrages de l'armée ont été abandonnés. Les troupes de Maher el-Assad vont pénétrer et nettoyer la ville rue par rue, maison par maison. »

Un massacre attend les derniers défenseurs

C'est un massacre qui attend les défenseurs du bastion de la résistance, tonne Abou Ahmed, combattant de l'ASL. « Pourquoi vous ne faites rien ? », supplie-t-il alors qu'au même moment la télévision officielle syrienne annonce que le quartier va être nettoyé de ses terroristes islamistes. Et des hommes d'Al Qaeda qui menacent la stabilité du pays.

Les médias syriens annoncent que l'armée contrôle la totalité de Bab Amro et qu'elle a commencé une vaste opération de ratissage. La télé officielle a montré des soldats distribuer de la nourriture à la population et évacuer les blessés.

A Homs, Bassel se planque comme la majorité des combattants de l'ASL et mange la neige qui est tombée en abondance. « La neige et la pluie lavent déjà les rues du sang des morts de ses dernier jours », constatait-il lors d'un ultime contact. Depuis, la communication avec les insurgés est désormais impossible.I

Tlass, l'homme à abattre

Pourquoi le régime, et surtout le frère de Bachar, s'est acharné sur Bab Amro ? Selon plusieurs sources à Damas, le clan au pouvoir cherche à punir Abderrazzak Tlass, un sunnite qui commande la brigade Al Farouk de l'ASL. Avec ses 900 hommes dont 700 déserteurs de l'armée, ce lieutenant de 25 ans défend pied à pied le quartier.

Il est l'homme à abattre, d'autant qu'il est le cousin de Mustapha Tlass, ministre syrien de la Défense pendant trente ans. Un des piliers du régime Assad, mais aussi un des responsables du massacre de Hama qui a fait plus de dix mille morts en 1982.

La défection d'Abderrazzak Tlass a marqué les esprits, surtout qu'un de ses cousins, Manaf Tlass, un officier de la garde républicaine, ami d'enfance de Bachar al-Assad, a refusé de mater la rébellion à Deraa et à Rastan.

Depuis, il vit en résidence surveillée à Damas alors que d'autres Tlass continuent de soutenir le régime. C'est notamment le cas de Firas Tlass, un riche homme d'affaires qui est un proche du sanguinaire Maher al-Assad.

Mais en quoi la mort de Abderrazzak Tlass serait utile aux Assad ? Le message est très clair, dans une guerre civile qui pourrait déraper si elle se transforme en une guerre des clans et des différentes confessions. Les traîtres sont condamnés à mort. Qu'ils soient sunnites, chiites, alaouites ou chrétiens…

Si aujourd'hui, Bachar n'est pas encore tombé, c'est parce que ces clans ne l'ont pas encore lâché. Ni les meilleures troupes de son armée, à majorité alaouite. Ni les hommes d'affaires, le plus souvent sunnites et chrétiens.

A Damas, les pro-Bachar se réjouissent et font circuler cette histoire, qui dit que Maher a « enlevé son pyjama » pour se parer de son treillis. Les Syriens disaient en effet que « Maher est encore en pyjama » pour expliquer que le régime n'avait pas encore montré sa puissance. Depuis lundi, Maher « le féroce » a conduit l'assaut final sur Bab Amro.

source rue89


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Syrie : après le Kosovo, l’Afghanistan, l’Irak, la Libye et avant l’Iran, le triomphe de l’impérialisme à visage humanitaire

Face au déluge de manichéisme primaire et bien plus encore de pure désinformation qui s’est abattu sur nos ondes et dans nos journaux pour relater les évènements de Syrie, il faut bien commencer par dire ici, afin de ne pas être lynché en place publique pour délit de fascisme ou complaisance envers la dictature, que l’autocrate Syrien Bachar El Assad aura malgré tout ce qui se passe aujourd’hui bien du mal à nous inspirer la moindre sympathie.

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Mais regarder un dirigeant pour ce qu’il est n’oblige pas à prendre pour paroles d’Evangile tout ce que d’autres pouvoirs, afin de servir leurs propres intérêts, peuvent bien vouloir en dire, ni à appeler de ses vœux -comme un sordide BHL aux arrières pensées écœurantes- une éventuelle intervention militaire aux conséquences cataclysmiques, dont les tenants et aboutissants seraient en réalité bien loin d’être motivés par un louable et désintéressé élan de solidarité envers un peuple « opprimé ».

En fait, et c’est bien là le plus tragique dans cette histoire : encore et toujours on nous rejoue le même mauvais film, on nous raconte la même fable simpliste. On nous impose le même sinistre manège. Et pourtant, à chaque fois, semble-t-il, nous repartons docilement pour un autre tour. L’histoire ne nous apprend jamais rien. Alors souvenons-nous donc un peu…

Au Kosovo, des serbes assoiffés de sang contre de gentils mafieux albanais

 Il y eu tout d’abord la guerre déclenchée par l’OTAN au Kosovo, en réponse au conflit opposant le gouvernement de Milosevic aux forces de l’UCK (Armée de Libération du Kosovo) dans cette province ancestralement serbe abritant depuis plusieurs décennies une très forte majorité de population d’origine albanaise. En réponse aux réelles exactions de l’armée et des milices serbes déclenchées en 1998 pour répondre aux non moins réelles actions terroristes de l’UCK, une intervention de l’Alliance Atlantique fut décidée. Pour la justifier, l’OTAN, immédiatement suivi le doigt sur la couture du pantalon par presque tous nos représentants politiques et les médias français sans exception, dénoncèrent dans un élan unanime l’horreur d’une purification ethnique puis d’un génocide en cours. Les principaux dirigeants européens et américains n’hésitèrent pas à avancer le chiffre de plusieurs centaines de milliers de disparus dont la plupart étaient sans doute déjà morts. Ce chiffre accablant, à même de pétrifier d’effroi tout homme de bonne volonté, fut martelé pour faire définitivement basculer l’opinion publique, en insistant sur le fait que cette abomination se déroulait -comble de l’horreur- en plein cœur de l’Europe. On n’hésita pas un instant à dresser un parallèle terrifiant avec la barbarie nazie, que la Serbie avait pourtant -et contrairement à l’Albanie- courageusement combattue durant la seconde guerre mondiale.

Cette intervention militaire fut enclenchée par une coalition de 19 pays parmi les plus grandes puissances militaires du monde contre un état européen de moins de huit millions d’habitants, sans la moindre déclaration de guerre, sans autorisation de l’ONU, et, concernant la France, sans consultation de l’Assemblée Nationale.

Chacun est bien obligé de reconnaître aujourd’hui que le génocide alors dénoncé n’a en fait jamais eu lieu. Des centaines de milliers de victimes avancées pour justifier l’intervention occidentale, et un an après la fin des opérations militaires, seuls 2 108 cadavres furent exhumés par le Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), et le chiffre de personnes déclarées mortes par leur proches s’éleva au final à 4 266 (1). Pis encore, presque tous les historiens s’étant penchés sérieusement sur ce tragique épisode s’accordent à dire que la majorité des victimes fut en fait postérieure à l’intervention de l’OTAN, et bien souvent en représailles à cette dernière.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que si Milosevic était réellement un triste sire, ceux qui lui faisaient face étaient très loin eux aussi d’être des oies blanches : la Serbie vaincue, le Kosovo « libéré », d’autres massacres intervinrent, une autre purification ethnique se déclencha, cette fois à l’égard des serbes et des tziganes de la province. Plus de 240 000 d’entre eux durent fuir la répression menée par l’UCK : assassinats, viols, lynchages et destructions de maisons se multiplièrent en toute impunité, grâce à la passivité et au silence criminel de la KFOR, pourtant censée protéger toutes les populations civiles. Le Kosovo multiethnique promis par la coalition avait fait long feu.

Aujourd’hui, cet « Etat » d’à peine 2 millions d’âmes n’est plus qu’une zone de non-droit absolu où règnent les mafias en tous genres : prostitution, drogue, trafic d’organes… Et cela jusqu’au plus haut sommet de l’Etat (2). Eclatante réussite, sur laquelle nos médias à l’époque va-t-en guerre ne s’attardent d’ailleurs guère.

Par contre, et bien que désastreuse sur tous les autres plans, la guerre du Kosovo a permis une réussite magistrale, sans doute en fait la seule qui compte vraiment : la construction au cœur du nouveau Kosovo « indépendant » de la plus grande base militaire US hors du territoire américain : 300 bâtiments, 25 kilomètres de murs, 85 kilomètres de fils barbelés. En plein cœur du contient européen, et à porté de l’Afghanistan, de l’Iran, de la Russie. Elle n’est pas belle la vie ?

 Afghanistan : la guerre au terrorisme mène à tout à condition de s’en servir

Souvenons-nous encore un peu… Vint ensuite la « guerre » déclarée au terrorisme en Afghanistan… Suite aux attentats du 11 septembre 2001 à New York -et il y aurait tant à écrire à ce sujet !- et après avoir pourtant dénoncé et combattu par tous les moyens « l’ingérence » russe des années 80 dans le même pays et à peu près pour les mêmes causes (intervention jugée à cette époque par l’occident comme parfaitement inacceptable) l’empire US mit sous coupe réglée le pays et installa là aussi troupes et bases militaires, malgré la résistance farouche des Talibans, résistance qui dure encore aujourd’hui. Le pays n’a jamais été une telle poudrière, et il est évident que le pouvoir fantoche et corrompu mis en place par les américains tombera comme un fruit pourri dès que les derniers militaires yankees auront quitté le pays.

Avec l’Irak, la manipulation médiatique atteint des sommets

Dans un enchaînement hallucinant d’invraisemblance et en usant de toutes les ficelles du mensonge et de la propagande, vint le moment de déclarer une guerre totale à l’Irak de Saddam Hussein, accusé de détenir un arsenal terrifiant d’armes de destruction massive et d’être un des protecteurs de la nébuleuse Al Qaeda. Bien avant le déclenchement des hostilités sous ce prétexte aussi grossier qu’absurde, l’embargo déclenché en 1991 avait déjà mis le pays à genoux, plongé la population civile dans la misère, et fait selon les estimations de l’UNICEF des centaines de milliers de victimes civiles (3).

En Irak, avant cet embargo, le budget du ministère irakien de la santé était de 500 millions de dollars, ses stocks médicaux d'un quart de milliard. La mortalité infantile était pour les moins de 5 ans de 540 par mois. Pour les plus de 5 ans de 650.

A l’issue de l’embargo, le budget du ministère irakien de la santé n’était plus que 37 millions de dollars. Les stocks de médicaments étaient inexistants. La mortalité infantile avait été multipliée dans des proportions terrifiantes : pour les moins de 5 ans, 7 500 décès par mois. Pour les plus de 5 ans, 9000.

La malnutrition avait fait passer l’apport calorique à 1 100 calories par personne au lieu de 2 500. Le poids moyen des enfants irakiens avait diminué de 22 % (Unicef, Observatoire de la santé).

Interrogée sur le bilan abominable de cet embargo en matière de mortalité infantile, Madeleine Albright déclara sans sourciller que le prix en valait la peine (voir vidéo ci-dessous)

Madeleine Albright assume !

Le 5 février 2003, donc, Colin Powell prononça un discours à l’ONU qui fera désormais date dans l’histoire pourtant féconde de la désinformation et de la manipulation d’Etat (voir vidéo).

Powell à l'ONU

 A l’époque, la France était dirigée par Jacques Chirac. Dans un inespéré moment de lucidité et même de courage politique, celui-ci refusa de prêter la main à cette sinistre mascarade. Tout le monde se souvient du fameux discours de Dominique de Villepin devant les Nations-Unies (lien vidéo).

Malgré les réticences de la France et d’autres pays, les USA, à la tête d’une coalition de 48 états (!) attaquera finalement l’Irak en mars 2003, une fois encore sans l’accord de l’ONU, et noiera le pays sous un déluge de bombes. Le régime s’écroulera en quelques jours, et l’armée américaine s’installera dans le pays pour de longues années, amenant dans ses bagages quantité d’industriels US qui réaliseront des affaires mirifiques grâce au pétrole irakien et -comble de l’indécence- aux contrats de reconstruction raflés en quasi-totalité par ceux qui avaient auparavant tout détruit !

La suite des évènements prouvera jusqu’au pathétique l’inanité des raisons pourtant invoquées pour déclencher l’agression : malgré des efforts désespérés -et pour justifier à posteriori leur guerre préventive- les Etats-Unis et leurs alliés ne trouveront pas la moindre trace des désormais tristement fameuses armes de destruction massive. Cette guerre fut donc menée sans motifs réels et en violation de toutes les règles du Droit International. Le TPI n’y a pourtant aujourd’hui encore rien trouvé à redire !

La guerre, suivie de l’occupation de l’Irak, ont laissé un pays ravagé et atomisé en communautés irréconciliables. Pillé, plongé dans le chaos et la misère, il est aujourd’hui livré en pâture au terrorisme et à la corruption.

Si le bilan des victimes américaines est connu à l’unité près, aucun décompte des victimes irakiennes n’a été réellement effectué. Trop accablant, sans doute. Certains avancent le chiffre de 1 million de morts (4), à ajouter aux 500 000 ou 1 500 000 victimes de l’embargo : sans doute donc au total plus de 2 millions de morts.

Selon les estimations de l'ONU et en avril 2006, près de 2,5 millions d'Irakiens (soit un sur huit) avaient fui leur pays en raison des violences. Selon le HCR, 1,8 million d'Irakiens ont été déplacés à l'intérieur du territoire. Près du quart des Irakiens ont été obligés d'abandonner leurs domiciles depuis le début de la guerre (Wikipedia).

La sinistre promesse faite par James Baker, Secrétaire d'Etat US à Tarek Aziz, Ministre des affaires étrangères irakien en 1991, de « renvoyer l'Irak à l'âge de pierre » avait bien été respectée.

 La Libye livrée aux milices et à l’islamisme au nom des Droits de l’Homme

Puis vint, après les fameuses « révolutions arabes » une fois encore largement manipulés par l’Empire, le moment de régler le cas de la Libye de Kadhafi. Eternel provocateur, empêcheur de coloniser en silence et de faire du business en paix, Kadhafi, avec son « look » improbable et sa teinture au brou de noix (que lui a depuis repris semble-t-il François Hollande) était certes souvent ridicule et par bien des côtés fort peu recommandable. Il eut été gonflé de le présenter comme un parfait démocrate. Cela n'empêcha pas notre cher Président de le recevoir en 2007 à Paris avec tous les honneurs qu'on réserve à un grand ami de la France. Certes, on n'est pas -toujours- censé faire de la politique avec les bons sentiments !

Mais il faut être d’une parfaite mauvaise foi pour ne pas reconnaître qu’il avait malgré tous ses défauts procuré aux Libyens -et grâce à la manne pétrolière et gazière- un niveau de vie très supérieur à celui de ses voisins du Maghreb, et même de nombre de pays européens.

La Libye était d’ailleurs un tel « enfer » pour ses habitants, que contrairement à tous les autres pays d’Afrique, les candidats à l’émigration y étaient quasiment inexistants.

Il est vrai qu’ils jouissaient dans leur pays d’un système social incroyablement favorable. Qu’on en juge plutôt :

- Eau et électricité gratuites.

- Prix du litre d’essence : 0,08 EUROS.

- Subventions sur toutes les denrées alimentaires de base.

- Prêt bancaire à taux 0% pour n'importe quel Libyen ayant un travail.

- En 2007, le gouvernement libyen avait même remboursé tous les prêts en cours pour accélérer la réforme du système bancaire.

- Pas d’impôts ni de TVA.

- Education secondaire et université gratuites, avec un taux d’alphabétisation supérieur à 90%.

- Bourses d’études de 1 627,11 Euros par mois pour les étudiants à l’étranger.

- Tout étudiant diplômé recevait le salaire moyen de sa profession de formation s’il ne trouvait pas d’emploi.

- Chaque nouveau couple marié se voyait payé par l' Etat son premier appartement ou sa première maison (à hauteur de 150 mètres carrés).

- Chaque famille libyenne, sur simple présentation du livret de famille, recevait une aide de 300 EUROS par mois.

- Dans les « Jamaiya », on vendait à moitié prix les produits d’alimentation pour toute famille nombreuse, sur présentation du livret de famille.

- Tout retraité percevait une aide de 200 Euros par mois.

- Tout employé dans la fonction publique, en cas de mobilité nécessaire en Libye, se voyait fournir gratuitement voiture et maison.

- Tout citoyen libyen n’ayant pas de logement pouvait s'inscrire auprès d’un organisme d'Etat, pour que lui en soit attribué un sans aucun frais.

- Les femmes avaient accès à des fonctions importantes et à des postes de responsabilité.

- Les soins médicaux étaient 100% gratuit pour les nationaux.

La dette publique libyenne plafonnait en 2011 à 3,3% du PIB (84,5% en France, 88,9% aux USA, 225,8% au Japon).

La Libye de Kadhafi participait ardemment au développement de l'Afrique, et à son émancipation économique vis-à-vis des occidentaux et du FMI. Des milliards de dollars furent ainsi investi par le « guide » un peu partout et à perte sur le continent. Tout cela faisait d'ailleurs grincer bien des dents.

Aujourd’hui, des milices islamistes armées jusqu’aux dents par l’Occident et les pays du Golfe, après avoir tué le dirigeant libyen dans un déchaînement de barbarie qui donne simplement la nausée sous le regard complice des militaires occidentaux, règnent donc sur le pays. L’unité nationale vole en éclats, la mise en place de la charia s’annonce, on parle de légaliser l’excision… Le niveau de vie des Libyens chute dramatiquement. Nombres d’entre eux quittent le pays. Les exactions des bandes armées débordent sur les pays voisins. Le scénario cataclysmique déclenché en Irak pointe le bout de son nez (5).

Le « droit d’ingérence », cache-sexe du néocolonialisme occidental

Depuis plusieurs semaines, il est impossible de regarder un journal télévisé, d’écouter une radio ou d’ouvrir un journal sans tomber sur des descriptions effroyables des évènements syriens. Avec, pour tous nos médias sans la moindre exception, une lecture des ces évènements empreinte du même manichéisme utilisé avec tant de succès depuis la « guerre » du Kosovo : d’un côté, un monstre assoiffé de sang, dictateur honni de tout un peuple se maintenant au pouvoir coûte que coûte fut-ce au prix d’un effroyable bain de sang. De l’autre, des combattants héroïques de la cause de la Liberté luttant presque à mains nues face à un énième Adolf Hitler du Proche-Orient.

Au nom du désormais sacro-saint « droit d'ingérence » et en totale violation du Droit International et de la Charte des Nations-Unies, les puissances occidentales s'arrogent de plus en plus ouvertement le privilège invraisemblable de choisir les dirigeants des états qui ne sont pas assez dociles ou favorables à leurs intérêts. Par un très heureux hasard, les pays visés sont souvent richement pourvus en hydrocarbures, et militairement ridiculement faibles. Mais qu'est donc que ce fameux et nouveau « droit d'ingérence » cher à Bernard Kouchner, si ce n'est une nouvelle forme particulièrement hypocrite de colonialisme ? Imagine-t-on par exemple un pays faible s'ingérer dans les affaires intérieures d'un pays fort ?

Des gentils très gentils et des méchants très méchants ; le journalisme français au pays des bisounours

Sont donc systématiquement repris comme paroles d’Evangile par tous nos médiacrates et jusque par l’ONU via son lamentable secrétaire général Ban Ki-Moon (6) sans le moindre questionnement, sans la moindre prise de distance, les bilans annoncés de façon unilatérale par des organismes totalement parti-prenante dans le conflit. Comme si la propagande en une telle situation n’existait pas, et ce quel que soit le camp qui s’exprime. Le désormais célèbre Syrian Observatory for Human Rights (SOHR), basé à Londres, financé par le Qatar et les anglo-saxons, bombarde les médias de communiqués annonçant des milliers de morts civils sans le moindre début de commencement de preuve : la belle affaire ! Pas d’images donc ou presque des fameux « massacres » ? Peu importe ! Des images disponibles de manifestations imposantes, mais cette fois pro-régime ? Pas question de les passer à l'antenne... Passons vite à autre chose ! Et nos « journalistes » de reprendre encore et encore, jour après jour, les seuls communiqués du SOHR , sans même un conditionnel -qui devrait en de telles circonstance pourtant être au minimum de rigueur !- dont les bilans sont souvent, et dès lors que l’on se donne la peine de chercher un peu hors des médias du système, très sujets à caution (7), (8), (9), (10), (11), (12), (13), (14), (15).

Le rapport de la mission d’observation de la Ligue Arabe, pourtant tout sauf impartiale dans cette affaire, tombe et -malheur !- il n’est pas assez sévère, pas assez probant pour réellement justifier le départ d’Assad qu’exigent pourtant les USA et leurs alliés… Immédiatement, ceux là même qui avaient exigé l'envoi de la dite mission balaient avec mépris son rapport d’un revers de main ! (16), (17), (18)

Et ça passe comme une lettre à la poste pour nos journaleux, petits télégraphistes dociles de l'Empire !

Bush et les néocons toujours aux manettes aux USA

L’hystérie idolâtre qui avait submergé nos médias et le monde occidental suite à l’élection de Barack Obama à la présidence des Etats-Unis a aujourd’hui fait long feu. Mais comme toujours avec nos bienpensants médiatiques, le retour à la réalité ne saurait justifier une quelconque forme d’autocritique. On peut avoir eu totalement tort, mais cela n’est pas bien grave, du moment qu’on persiste à faire semblant de ne pas l’avoir remarqué ! Obama, sur tous les fronts, a perpétué la politique internationale « bushienne » des USA : Afghanistan, Somalie, Iran, Palestine, Libye, Kosovo, Russie… Le prix Nobel de la Paix 2009 n’a même pas fermé Guantanamo, et vient de faire passer une nouvelle Loi d’exception « anti-terroriste » scélérate, dans la droite ligne du scandaleux et liberticide Patriot Act de son sinistre prédécesseur. Mieux, il continue à mettre en œuvre le plan élaboré par les néoconservateurs, consciencieusement, méthodiquement. Un plan d'un cynisme implacable pourtant dénoncé en 2007 par le général Wesley Clark dans la vidéo ci-dessous : 

Interview de Wesley Clark, 03 octobre 2007

La France de Sarkozy en premier de la classe impériale

Mais si les USA jouent leur partie avec un cynisme et une mauvaise foi tout bonnement effroyables, n’hésitant pas à enflammer le monde pour servir ce qu’ils croient être leur intérêt ou celui d’Israël, il est terrifiant de voir l’évolution suivie par la politique étrangère française depuis l’élection de Nicolas Sarkozy. Celui qui ose encore aujourd'hui -campagne électorale oblige- se réclamer du général De Gaulle se comporte désormais ouvertement en vil laquais de la puissance américaine, déshonorant sa fonction, humiliant notre pays et ruinant la réputation d'indépendance de la France. Obéissant comme un caniche aux injonctions surréalistes d'un BHL fauteur de guerre pour servir les intérêts de qui vous savez, et malgré cette fois encore les courbettes faites il y à moins de deux ans de cela au dirigeant syrien, il est aujourd'hui prêt à remettre le couvert, soufflant sur le brasier avec la même irresponsabilité que celle affichée lors de l'intervention en Libye. La France oeuvre dans l'ombre à la chute du régime de Damas : la capture soigneusement tue par les médias officiels d'un commando de forces spéciales françaises sur le territoire syrien en est une preuve flagrante (19).

La Russie et la Chine en pompiers du monde ?

Après l’imposture de la résolution de l’ONU sur les affrontements de Libye scandaleusement détournée de ses motivations initiales par l'OTAN (et notamment par la France sarko-béhachélienne) pour renverser Kadhafi , la Russie et la Chine semblent s'être mutuellement promis qu’on ne les y prendrait plus. Leur véto exprimé au Conseil de Sécurité a cette fois -provisoirement ?- enrayé le mécanisme pourtant bien rôdé de l'intervention néocoloniale occidentale au Maghreb et au Proche-Orient. Mais jusqu'à quand tiendront-ils ?

Nous en sommes donc aujourd’hui à devoir compter sur la Russie et la Chine, pays fort peu démocratiques au demeurant pour sauvegarder ce qu’il reste de souveraineté des Nations de de droit International… C’est assez dire à quel niveau nous sommes tombés !

Nous en sommes donc aujourd’hui à devoir compter sur la Russie et la Chine, pays fort peu démocratiques au demeurant, pour sauvegarder ce qu’il reste de la souveraineté des Nations et du Droit International… C’est assez dire à quel niveau nous sommes tombés !

ML – La Plume à Gratter

 1) L’Opinion, ça se travaille – Serge Halimi & Dominique Vidal, éditions Agone.

2) "Trafic d’organes au Kosovo : un rapport accablant", Le Monde Diplomatique, janvier 2011.

3) Les estimations vont de 500.000 à 1.500.000 victimes, la majorité d'entre elles étant des enfants.

4) L'institut de sondage britannique Opinion Research Business a estimé à plus de 1 000 000 le nombre de victimes irakiennes entre mars 2003 et août 2007.

5) Libye, un an plus tard - Bernard Lugan.

6) Lettre ouverte au déshonorable Ban Ki-Moon.

7) Le fiasco des barbouzes français à Homs (voltairenet.org).

8 ) Syrie : exemples de manipulations médiatiques récentes (michelcollon.info)

9) Pierre Piccinin à propos de la Syrie (16 janvier 2012) vidéo

10) Les Syriens sont une majorité à soutenir le président Assad, mais ce n’est pas des médias occidentaux que vous pourriez l’apprendre (guardian.co.uk)

11) Homs, une ville plongée dans l’horreur organisée par des groupes armés et non par Damas (silviacattori.net)

12) Homs, Idled, Zabadani, Deraa : forces armées contre bandes – très bien – armées (infosyrie.fr)

13) Siège de Homs : à qui la faute ? (michelcollon.info)

14) Syrie – Désinformation massive (pierrepiccinin.eu)

15) Syrie : l’envers du mouroir (lesoir.be)

16) Le VRAI rapport de la mission des observateurs arabes en Syrie (Institut Tunisien des Relations Internationales)

17) Le chef de la mission d’observation arabe : « En Syrie, la violence des forces de l’ordre est une riposte aux attaques de l’opposition » (agence . sana.sy)

18) La présidence de la Ligue Arabe cherche à étouffer le rapport de ses experts (voltairenet.org)

19) La France ouvre des négociations avec la Syrie pour récupérer ses 18 agents (voltairenet.org)

source agoravox

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4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 04:09

Campagne sauvage et agressive contre les médias

Une grève générale n’est pas à exclure


 

Hier, dans l’après-midi, le SNJT, Syndicat National des Journalistes Tunisiens, a tenu une séance extraordinaire avec les représentants des médias pour débattre autour de la campagne gouvernementale et populaire patente contre la presse tunisienne. Plus de trois cent journalistes, de la presse écrite, télévisée, électronique, radiophonique et journalistes citoyens étaient présents. La salle, quoique spacieuse, était pleine à craquer, au point qu’une trentaine de nos confrères et consœurs étaient restées debout ou dans les couloirs écoutant attentivement ce qui se déroulait à l’intérieur.


 

Certains médias étrangers ou ONG internationales ont eux aussi participé à la séance, certains par curiosité et d’autres pour comprendre la situation médiatique actuelle d’un pays où tout fourmille. Cette nouvelle Tunisie devenue un laboratoire à soubresauts instantanés.

 

Depuis le déclenchement de la Révolution, le paysage médiatique a connu de grands chamboulements et a été jalonné par une multitude de dérapages, et d’accusations de toutes parts.


Ayant travaillé durant deux décennies sous l’oppression benalinienne, la presse tunisienne, frustrée et muselée, ne pouvait exercer dans les règles de l’art. Avec l’avènement du 14 janvier, elle s’est émancipée, du moins, c’est ce qu’elle croyait…Affranchis du régime défunt, les médias tunisiens, a, en cours de route, perdu la confiance du peuple. Un mea-culpa était urgent. Un mea-culpa que, selon une partie de la société tunisienne, est venu en retard ou tardait à venir. Cette crise de confiance entre média et citoyen a préparé indirectement le terrain à ce que les nouvelles forces politiques actuelles, celles qui détiennent aujourd’hui le pouvoir, tissent leur toile et lance une campagne agressive ouverte contre les journalistes.


Les intervenants, à l’instar de Zied El Heni (membre du bureau exécutif du SNJT), Néjiba Hamrouni (Présidente du NSJT) et Mongi Khadraoui (Secrétaire Général) ont énuméré les différentes interventions médiatisées des hommes politiques tunisiens. Des interventions portant des messages clairs qui incitent la populace à attaquer les médias, le traitant de fourbes et perfides.


De fil en aiguille, des groupes de jeunes et moins jeunes Tunisiens annoncent la guerre aux médias, à commencer par la télévision tunisienne. Effectivement, les agressions ne se font pas attendre des deux parts. Hommes politiques (Le Chef du gouvernement Hammadi Jebali et son Premier Conseiller Mustapha Zitoun), élus de l’ANC et certains citoyens lancent simultanément une campagne visant la presse. Des incidents d’insultes, d’agressions morales et physiques, d’arrestations de journalistes voire de menaces de mort, et la liste est encore longue, se font de plus en plus nombreux et pullulent.

 

Limoger et attaquer la presse pour mieux l’instrumentaliser

 

Accusés d’être blasphématoires et mécréants, d’être contre le pouvoir, les médias tunisiens sont de plus en plus intimidés  et menacés. Les intervenants parlent d’une manigance échafaudée pour  instrumentaliser l’information et faire de la presse une alliée subalterne travaillant pour le parti dominant. D’autres affirment que toute cette orchestration a été établie afin de faire taire les médias qui dénoncent l’incompétence du gouvernement actuel.

Face à un Chef de Gouvernement qui accuse les médias de refuser le résultat des élections et qui met en doute, dans sa déclaration à l’ANC, avant-hier, la véracité des attaques qui ont eu lieu contre les journalistes samedi dernier, les conférenciers et les journalistes présents dénoncent à l’unanimité de telles déclarations, qui prouvent la prise de position contre la liberté d’expression et contre tout travail journalistique transparent.

 

Droit à l’information, doit-on en sonner le glas ?

 

Maintenant que l’heure est grave, que les journalistes sont de plus en plus attaqués, agressés, menacés d’incarcération et de mort, un climat de terreur commence à s’installer dans le milieu médiatique. On tente par tous les moyens d’intimider la presse et d’étouffer l’information.


Montrer, afficher et publier des images authentiques et véridiques de la situation désastreuse dans laquelle gisent depuis des mois certaines régions du pays, ne plairaient pas à tout le monde, surtout pas au gouvernement actuel qui voit dans la médiatisation des maux populaires, un miroir qui reflèterait la face hideuse de l’incompétence.  

La Gauche d’hier qui exhorte la populace à attaquer la presse, à manipuler l’opinion publique, en étouffant  le droit de tout un chacun à l’information, rappelle le stratagème subtil de Ben Ali. Faire taire l’information, laisser passer des messages réjouissants d’un pays en détresse, auréoler le tout à travers une kyrielle de louanges factices du pouvoir en place ! Voilà en quelques mots comment peut-on gagner la sympathie d’un souverain…


Durant la séance extraordinaire, Aymen Rezgui, membre du SNJT et président de la Commission des libertés au sein du syndicat a rappelé aux présents, avec un ordre chronologiques les différentes attaques, agressions, incarcérations et menaces dont ont fait l’objet médias et représentants de média. Il a rajouté que cette liste est exhaustive et que le 3 mai prochain, un rapport final des différentes agressions, avec date, identité du journaliste attaqué, de la nature de l’agression et de l’agresseur sera publié.


L’ensemble des journalistes ont appelé à observer une grève générale très bientôt.

 

Malek Lakdar

source letemps

 

 


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Liberté de la presse en Tunisie: quand on se trompe de débat


 

 

 

Fuites vers l’avant, querelles sur des faits divers et négligence des vrais problèmes du secteur de la presse… les événements des derniers mois sont tombés du ciel pour que les défenseurs de la liberté de la presse en Tunisie fassent tout… sauf défendre la presse et les journalistes.  

 

Pourtant les problèmes du secteur ne manquent pas et les défis à relever sont immenses.

Utilisé par Ben Ali pour museler la société, faire taire ses détracteurs et ses opposants et régner sur le pays, ce secteur est aujourd’hui d’une médiocrité inégalée et qui a atteint des niveaux professionnel et déontologique tragiques. Et sur tous les plans.

 

L’esclavage des temps modernes

Par où commencer pour décrire le niveau des journalistes et des médias tunisiens, aussi bien publiques que privés, tous supports confondus!

Le niveau des journalistes a atteint des seuils lamentables.

Mais même si plusieurs d’entre eux expriment une volonté pour améliorer leur formation de base, les patrons et les décideurs dans les différents organes nient toujours ce droit, notamment aux jeunes et aux débutants. Ceux-ci craignent de le réclamer pour peur de perdre leur emploi.

Au niveau des recrutements dans les entreprises de presse, rien n’a changé. Ils se font toujours sur la base de copinage, de liens de parentés et d’affinités politiques et idéologiques.

Les conditions de travail sont lamentables. Inutile de citer les détails, connus à chacun de nous, mais c’est une situation de vrai esclavage passée en tout silence et ignorée par les révolutionnaires de leur temps et les donneurs de leçons.

Les cas de diffamation, de plagiat, de mensonges, d’interviews imaginaires…  sont monnaie courante. Pourtant, personne n’en parle dans ces sit-in, ces conférences et ces manifestations qui n’en finissent plus et qui sont vidées de toute importance.

 
Les journalistes craignent le retour à la case... Ben Ali

Un boom devenu incontrôlable de sites web soi-disant d’information, où c’est plutôt l’anarchie totale et où les libertés et l’éthique (morale, politique et journalistique) sont violées chaque minute.

En effet, la presse électronique tunisienne, où le chaos total règne et les intrus en abusent chaque jour, est aujourd’hui muselée, laissée pour compte malgré qu’elle attire plus que la moitié du lectorat.

Pour ce qui est de la maitrise des langues, de vraies atrocités et des crimes sont commises sans cesse contre notre langue arabe dans la presse papier mais surtout dans la presse électronique où le langage utilisé est un peu de tout sauf de l’arabe. Et n’en parlons pas des langues étrangères!

Par ailleurs, de plus en plus de soi-disant bloggeurs se veulent à tout pris considérés et traités comme journalistes. Non seulement nuisent-ils/elles constamment aux règles fondamentales de la presse (niveau en langues, y compris l’arabe, nul; ignorance totale des sujets à traiter tels que la politique, l’économie, le sport…; techniques visuelles et de rédaction médiocres…), ils/elles se bousculent dans les conférences de presse et autres événements, souvent aux dépends de vrais journalistes, des caméras et des iPhones à la main pour poser des questions stupides et souvent hors-sujet. Et ils n’hésitent pas à réclamer la carte de presse professionnelle.

La liste noire, celle des journalistes qui ont servi le régime déchu et ses sbires jusqu’à la lice, ne verra jamais le jour. Les tortionnaires de leurs collègues journalistes courent donc toujours, et en toute immunité. Pire, ils sont dans les premières lignes et dans tous les talk-shows télé et radio donner des leçons en démocratie!

Les magnats de la presse de Ben Ali continuent à s’accaparer la part du lion de la publicité publique.

Ces organisations et organismes métamorphosés, d’un coup, à des défendeurs de la liberté de l’expression, n’ont rien vu.

Même pas les employés de Nessma TV qui étaient limogés parce qu’ils voulaient créer un syndicat de base. Ni ceux de Hannibal TV qui ont protesté parce qu’ils ont été menacés de limogeage collectif.

 

Les héritiers d’Abdelwahab Abdallah

Où sont les Snjt, Inric, Rsf, Ifex, Amnesty, la Ltdh, etc., pour dénoncer les pratiques «benalistes» et les figures «rcdistes», pour défendre les journalistes contre la dictature de leurs employeurs, pour limiter les dégâts à faute d’arrêter l’hémorragie?!

Ceux qui ont profité du régime de Ben Ali et nui au secteur et aux journalistes continuent à bénéficier de l’immunité et de gagner des milliards en publicité aussi bien privée que publique.

On n’a pas vu ces activistes de la liberté de l’expression et les défenseurs des droits de l’Homme soutenir, ou parler de, la manifestation qui a récemment eu lieu devant le siège de la télévision tunisienne.

Si l’on admet que cette entreprise publique est le fief, le symbole même, de l’ère triste de la corruption et de la manipulation dans le secteur des médias, ce silence ne peut être convaincant! Il est complice.

Qui parle aujourd’hui d’une presse économique ou de journalisme d’investigation, ce n'est ce que les fondements? Et qui évoque, ce n’est-ce qu’occasionnellement, une presse sportive où n'importe qui, vraiment n’importe qui en Tunisie, peut exercer et où la carte de reporter sportif est accordée au premier venu et... au plus offrant?

Les corrompus et les manipulés se cachent donc derrière ces innombrables (non-) événements pour fuir leurs responsabilités et leur passé et détourner l’opinion publique des vrais débats sur le secteur.

Des criminels, des voyous et des filous de l’ère Ben Ali dirigent plusieurs entreprises de presse. Dans le secteur, ils font toujours la pluie et le beau temps, loin des yeux (et des communiqués et des rapports) des syndicats et des activistes.

 

Un activisme de communiqués

Depuis la révolution, la Snjt n’a fait que multiplier les communiqués et les rassemblements de contestation.

La Snjt et autres organisations de la société civile se contentent de suivre les événements «avec grande préoccupation» et dénoncer des actes et des personnes.

Se concentrer uniquement sur des faits divers et des incidents isolés, et au détriment  des vrais problèmes, chroniques, dont souffre le secteur, est aussi une politique dangereuse.

Au moment où les problèmes du secteur ne manquent pas, où la situation des journalistes et les conditions du travail au sein de 90% des entreprises de presse se détériorent chaque jour, tous ces (faux-) débats et les querelles sur des questions marginales ne font que perdurer le statu quo.

Le statu quo ne sert que les rescapés de l’ère Ben Ali. Et ils sont très nombreux dans le secteur de la presse et tout le monde les connais et… compose avec.

Et ce statu quo n’est autre que la survie, l’enrichissement et le succès des sbires de Ben Ali et du Rcd dans le secteur de la presse tunisienne.

La lutte pour améliorer l’état des libertés fondamentales en Tunisie, qu’elles soient d’expression ou autres, est non seulement nécessaire. Elle est vitale pour réussir la transition démocratique et pour franchir le pas de non-retour vers l’Etat de Droit.

Les erreurs du gouvernement en place, et ceux qui l’ont précédés, sont connues à chacun de nous. Dans une démocratie naissante, des erreurs seront faites et multipliées. Le secteur de la presse n’y échappera pas certainement. Ça, c’est un autre débat.

Mais que pourra changer une législation, tant révolutionnaire soit-elle, ou une décision politique dans un secteur malade de ses propres acteurs, de son vécu et de ses magnats qui sont le pur produit de la politique médiatique d’Abdelwaheb Abdallah?

La reforme du secteur des médias ne viendra que de l’intérieur. Se pencher sur les vrais problèmes et le déficit dont souffre le secteur à tous les niveaux est le garantd’une presse tunisienne prospère, libre et révolutionnaire.

par Mourad Tayeb

source kapitalis

 

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نقابة الصحافيين تخطط للإضراب ومقاطعة اللقاءات الدورية احتجاجا على ضرب الاعلام


عقدت النقابة الوطنية للصحفيين التونسيين اجتماعا استثنائيا الجمعة خصص لبحث أشكال نضالية جديدة من الدفاع عن حرية الاعلام في المرحلة الانتقالية الممكنة.


وقداصدرت النقابة على اثر الاجتماع البيان التالي :


نحن الصحفيون والصحفيات المجتمعون الجمعة 02 مارس 2012 في جلسة عامة استثنائية بدعوة من المكتب التنفيذي للنقابة الوطنية للصحفيين التونسيين، على إثر تواصل الاعتداءات على عدد من الزملاء الصحافيين أثناء قيامهم بواجبهم المهني والتصريحات الصادرة عن أكثر من مسؤول في الحكومة الحالية المؤقتة الرامية إلى ضرب حياد العمل الصحفي واستقلالية الصحفيين وحرياتهم، وعلى إثر تعطل لغة الحوار بين الفاعلين في القطاع الإعلامي والأطراف المسؤولة بما اضطر الصحفيين ومكتبهم للتفكير مجددا في خوض أشكال نضالية أخرى للدفاع عن استقلالية القطاع بما فيها التلويح بإضراب عام وعليه اتفق الصحفيون على إثر نقاشات مطولة خلال الجلسة العامة الاستثنائية بحضور مكثف لبنات وأبناء المهنة من مختلف الأجيال وصحفيين من مختلف الجهات والمؤسسات تم الاتفاق على الآتي  :


1- توجيه رسالة إلى الشعب التونسي تتولى مختلف وسائل الإعلام بثها وتوزيعها في تاريخ يحدد لاحقا بهدف تحديد طبيعة العلاقة بين الإعلام والمواطن المتمثلة في كشف الحقائق في البلاد وبكل حياد وموضوعية وحق المواطن في الإعلام .


2- حمل الشارة الحمراء في كافة المؤسسات الإعلامية بالتوازي مع إضراب عن العمل بساعة أو ساعتين مرفوقة باجتماعات عامة لتداول الوضع الراهن للقطاع .



3- دعوة كافة الزميلات و الزملاء إلى مقاطعة اللقاءات الدورية لفترة زمنية تحدد لاحقا.


4 - المطالبة بتفعيل المراسيم عدد 41 و115 و116 ضمانا لحقوق الصحافيين وتجريم الاعتداء  عليهم .


 
5 - تخصيص فضاء حواري أو إذاعي لضمان حقوق الصحافيين.


 
وإيمانا  منا  بأن حرية الإعلام هي جزء  من حرية  شعبنا، ندعو كافة مكونات المجتمع المدني  وعموم  الشعب  التونسي  إلى  مساندة  الصحافيين  في  دفاعهم  عن حرية  وحياد  الإعلام  كضمان  أساسي  للانتقال  الديمقراطي الذي تعيشه بلادنا مع التذكير بالمضي  قدما في النهوض بقطاعنا وإصلاحه دون  تدخل  من  أي  طرف  كان.  


 

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 04:42
 
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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 04:21
 
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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 03:15

L'Égypte doit mettre fin aux attaques visant la société civile


Les autorités égyptiennes utilisent une loi adoptée sous Hosni Moubarak pour engager des poursuites contre des ONG étrangères.

Les autorités égyptiennes utilisent une loi adoptée sous Hosni Moubarak pour engager des poursuites contre des ONG étrangères.

© FILIPPO MONTEFORTE/AFP/Getty Images

« Les autorités égyptiennes ne doivent pas se servir de cette affaire très médiatisée pour détourner l'attention de la communauté internationale de la situation à laquelle sont confrontées les organisations égyptiennes des droits humains en Égypte.»  

Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International

 

La décision de lever une interdiction de voyager, imposée à sept ressortissants américains poursuivis dans le cadre d'une opération répressive menée contre les organisations non gouvernementales (ONG) en Égypte, est une mesure positive mais elle ne va pas assez loin, a déclaré Amnesty International.

L'organisation a demandé que ces poursuites, ouvertes en vertu d'une loi sévère sur les ONG, soient abandonnées et que les autorités cessent de s'en prendre à la société civile.

Les sept accusés en question font partie d'un groupe de 43 personnes – qui, à l'exception de 14 d'entre elles, sont toutes étrangères – actuellement jugées pour avoir, semble-t-il, porté atteinte à la loi égyptienne sur les associations. 

Une interdiction de voyager continue à peser sur d'autres personnes citées dans l'enquête. Il est à craindre que cette affaire ne soit qu'un prélude à une offensive plus étendue contre les organisations égyptiennes de défense des droits humains. D'autres étrangers seraient également visés par une interdiction de voyager dans le cadre d'une autre affaire.

« Les autorités égyptiennes ne doivent pas se servir de ce cas très médiatisé pour détourner l'attention de la communauté internationale de la situation à laquelle sont confrontées les organisations égyptiennes des droits humains en Égypte », a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à Amnesty International. 

« Une fois que la communauté internationale ne s'intéressera plus à cette affaire, les défenseurs des droits humains en Égypte seront frappés de plein fouet, que ce soit devant les tribunaux ou face à la menace d'une loi sur les associations encore plus répressive. »

Lorsqu'il a annoncé que l'interdiction de voyager serait levée, le juge de la cour d'appel a fixé le montant de la caution pour ces ressortissants américains à deux millions de livres égyptiennes (environ 250 000 euros). En réaction aux poursuites engagées contre ces citoyens des États-Unis, les autorités américaines envisageaient de geler les aides militaires annuelles à l'Égypte à hauteur de 1,3 milliard de dollars (environ 976 millions d'euros). 

Outre les sept Américains visés par cette mesure – neuf des 16 Américains concernés par cette affaire avaient quitté l'Égypte avant que l'interdiction de voyager ne soit décrétée – les autres personnes poursuivies incluent des Égyptiens, des Serbes, des Norvégiens et des Allemands. Des Palestiniens et des Jordaniens auraient aussi été inculpés.

Tous travaillent pour des ONG ayant leur siège aux États-Unis ou en Allemagne, qui se proposaient d'observer les élections législatives en Égypte avec le consentement des autorités ou de dispenser des formations sur la participation politique. 

Amnesty International a assisté à la première audience du procès, au tribunal pénal du nord du Caire dimanche 26 février ; seuls les 14 accusés égyptiens comparaissaient. 

Il leur était notamment reproché de travailler pour des organisations qui, contrairement à ce qui est prévu par la draconienne loi égyptienne sur les associations, acceptaient des financements étrangers et travaillaient illégalement dans le pays. Il est avéré qu'au moins trois de ces organisations ont officiellement déposé une demande d'enregistrement auprès des autorités égyptiennes. 

La loi égyptienne sur les associations (loi 84 de 2002) est régulièrement critiquée par les organes de suivi des traités des Nations unies et par les spécialistes des droits humains. 

Mercredi 29 février, après que les magistrats chargés du cas se soient récusés, la suite de ce procès est devenue très floue. La prochaine audience est programmée pour le 26 avril.

On s'attend à ce que les organisations égyptiennes de défense des droits humains soient les prochaines à se trouver dans la ligne de mire. 
Le Conseil suprême des forces armées et d'autres instances égyptiennes ont eu tôt fait de reprocher aux organisations égyptiennes des droits humains d'être à l'origine des troubles, parce qu'elles dénonçaient des violations des droits humains. 

« Les autorités égyptiennes essaient de faire des organisations égyptiennes des droits humains les boucs émissaires des troubles sociaux », a déploré Hassiba Hadj Sahraoui. 

« Elles doivent savoir qu'autoriser ces citoyens américains à quitter le pays ne détournera pas l'attention de la communauté international des poursuites engagées contre les militants égyptiens. »

Le 29 décembre 2011, des bureaux utilisés par des ONG égyptiennes et internationales ont fait l'objet de descentes dans le cadre d'une enquête officielle. 

Parmi les organisations concernées figuraient le Centre arabe pour l'indépendance de la justice et des professions juridiques, et l'Observatoire du budget et des droits humains. Depuis ces raids, des membres de ces deux organisations ont été convoqués et interrogés dans le cadre des investigations menées par les autorités. 

Les résultats d'une enquête ouverte par le gouvernement ont filtré en septembre 2011 ; ils accusent plusieurs organisations de défense des droits humains d'enfreindre les lois sur l'enregistrement et les financements étrangers. Cette année, au moins deux membres d'organisations de défense des droits humains ont dit avoir été interrogés au sujet des activités de leur organisation.

Les autorités égyptiennes essaient par ailleurs de faire adopter une loi qui limiterait encore davantage les activités de la société civile. 

Ce texte accorderait aux autorités des pouvoirs étendus leur permettant de déterminer si les activités d'une organisation sont acceptables, tout en maintenant des règles strictes quant au financement et en renforçant les restrictions relatives à l'enregistrement.

Enfreindre cette loi serait passible d'une peine d'un an de prison et d'amendes d'un montant pouvant atteindre des milliers de livres égyptiennes.

« Les autorités égyptiennes doivent abandonner ce projet de loi qui va au-delà de la loi sur les associations, déjà répressive, et veiller à ce que la législation dans son ensemble respecte le droit à la liberté d'association », a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui.

source amnesty.

 

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 La société civile en danger

Le régime militaire égyptien m’accuse d’être un fugitif. Et moi je dis qu’il est temps que les contribuables américains cessent de financer la répression égyptienne.

Procès des activistes égyptiens et étrangers au Caire le 26 février 2012. Reuters/Mohamed Abd El Ghany

 

Le lundi 6 février, le ministère de la Justice égyptien m’a inculpé, ainsi que 42 autres employés de cinq organisations non-gouvernementales (ONG) différentes travaillant en Égypte, et envoyé nos dossiers à la cour pénale de notre pays. Je suis accusé d’être un «fugitif américano-égyptien» et de «diriger une filiale d’organisation internationale sans autorisation du gouvernement égyptien», ainsi que de «recevoir et d’accepter de l’argent d’organisations internationales par le biais de financements directs pour exercer des activités illégales et violant la souveraineté de l’État.»

Au cours des cinq dernières années, j’ai été employé parFreedom House, pour qui je gérais des programmes visant à donner une voix à de jeunes défenseurs de la démocratie et des droits de l’homme en Égypte et au Moyen-Orient. Je suis né en Égypte et j’ai débuté ma carrière dans les droits de l’homme en travaillant à l’Ibn Khaldun Center for Development Studies, la plus ancienne organisation égyptienne de défense des droits humains, où je dirigeais une coalition nationale d’ONG surveillant les élections de 2005. Je me suis installé aux États-Unis en 2006 pour échapper au harcèlement croissant du président Hosni Moubarak, notamment aux attaques des médias et aux interrogatoires des services de sécurité. Et pourtant, de mes 10 ans de travail en tant qu’activiste des droits de l’homme, époque durant laquelle j’ai été constamment diffamé et accusé à tort, les dernières accusations portées contre moi sont les plus ridicules.

ONG dans la ligne de mire

Les revendications du gouvernement égyptien qui prétend qu’il s’agit de respect de «l’état de droit» ou de la «souveraineté de l’État», comme on peut le lire dans le journal géré par l’État Al-Ahram, sont dangereusement mensongères. Les lois que le gouvernement utilise contre nous sont des vestiges du système politique de Moubarak, conçues pour opprimer, intimider et contrôler la société civile. Elles ont été votées par un parlement fantoche parvenu au pouvoir grâce à des élections truquées. Ces lois violent les fondements de la liberté d’association et vont à l’encontre des obligations de l’Égypte auxquelles l’engage le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dont elle est signataire (par exemple, la loi égyptienne de 2002 sur les organisations non gouvernementales exige des ONG d’obtenir une approbation préalable pour tous les financements et donne au gouvernement un contrôle total de la surveillance et de l’approbation de leurs activités). Ce n’est que dans un système démocratique, où le peuple dispose d’un gouvernement représentatif, que l’Etat de droit a vraiment un sens.

Les motivations politiques et la nature vindicative derrière ces accusations sont parfaitement claires. Les accusations contre moi et contre les autres travailleurs des ONG ont été portées par le seul haut fonctionnaire du cabinet de Moubarak resté au pouvoir. L’enquête s’inscrit dans le cadre d’une répression plus vaste de la société civile égyptienne, infligée au cours des six derniers mois. Les accusations actuelles contre les ONG internationales, notamment Freedom House, recouvrent presque cinq ans d’opérations visant à apporter un support technique et à défendre les groupes locaux œuvrant pour la démocratie et les droits de l’homme en Égypte. Une grande partie de cette aide est allée aux ONG locales et aux activistes qui défiaient Moubarak —un homme que le conseil militaire au pouvoir a envoyé devant les tribunaux au nom du peuple égyptien.

 

 

Défense de la société civile égyptienne

Bien qu’il serait plus facile de traiter ces accusations politiques par le mépris du haut de mon confortable bureau de Washington, si le gouvernement égyptien arrête notre personnel local et lance des procédures judiciaires, mon collègue Charles Dunne —l’autre «fugitif» de Freedom House à Washington— et moi avons décidé qu’il nous fallait livrer cette bataille jusqu’au bout, ce qui implique d’aller en Égypte pour défendre non seulement nos personnes mais les droits de tous ceux injustement persécutés. Malgré les risques évidents d’emprisonnement ou pire encore, nous préférons encore comparaître devant un tribunal égyptien que d’être reconnus coupables de faux crimes par contumace. Ce ne serait pas payer trop cher le soutien à l’indépendance de la société civile égyptienne.

En ce moment, les activistes égyptiens intensifient leurs efforts pour faire barrage aux tentatives des contre-révolutionnaires de leur voler leur révolution. Ils descendent dans les rues de tout le pays, volontairement et sans hésitation, où ils le paient de leur sang et, parfois, de leur vie. Ils se battent pour s’assurer que la vieille Égypte, avec son cortège de répression et de corruption, ne reviendra pas. Il ne me sera pas facile de ne pas saisir l’opportunité d’en faire autant, surtout si je suis nommément appelé à faire ce choix. Je ne peux simplement pas me regarder en face ou envisager d’affronter ma famille et mes amis qui ont déjà fait tant de sacrifices si je ne vais pas les aider à empêcher que la révolution ne soit détournée.

«Dialogue stratégique avec la société civile»

Les Égyptiens continueront à rechercher leur liberté, avec ou sans aide étrangère. Freedom House et d’autres organisations leur apportent simplement une aide pour leur permettre d’y parvenir rapidement et pacifiquement. En fournissant des formations, des programmes d’échanges et de petites subventions aux groupes de défense de la démocratie et des droits de l’homme non-partisans, et en partageant les bonnes pratiques d’autres experts, nous avons aidé la société civile égyptienne à remplir son rôle crucial dans la transition démocratique.

Il y a presque un an, le 16 février 2011, j’ai assisté au lancement par la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton de l’initiative «dialogue stratégique avec la société civile», qui vise à assurer que les diplomates américains du monde entier gardent des contacts étroits avec les peuples des pays dans lesquels ils sont présents. J’ai dit directement à Hillary Clinton que l’Égypte pourrait être dirigée par des chefs militaires qui ne comprennent pas le rôle de la société civile.«Nous avons besoin d’entendre clairement de la part du département d’État que…les bénéficiaires de l’aide étrangère», c’est à dire le gouvernement égyptien, «ne doivent pas décider ce que la société civile doit ou peut faire» ai-je souligné. Mon message reste le même aujourd’hui.

La balle est dans le camps des Etats-unis

Après les événements de ces derniers mois, tandis que les organisations et les citoyens américains sont clairement visés malgré les milliards de dollars d’aide militaire et économique destinés à l’État égyptien, la balle est dans le camp de l’Amérique. Il est temps de faire comprendre clairement à l’armée égyptienne que le Congrès et la Maison Blanche arrêteront de subventionner la répression en Égypte avec l’argent des contribuables américains, notamment avec les 1,3 milliard de dollars de financements militaires annuels. L’influence ne sert a à rien si l’on ne choisit pas de s’en servir. Mais surtout, il est temps d’adopter une prise de position morale.

Le conseil militaire pense qu’il peut littéralement s’en sortir impunément tout en continuant avec un beau cynisme de prendre l’argent américain. Je dis qu’il est temps de prendre les généraux au mot. 

Sherif Mansour

source slateafrique


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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 02:47

Le CNS veut organiser les livraisons d’armes aux rebelles


Des membres de l’ASL vérifient leurs munitions, hier à Bayada, dans le district de Homs. Photo Reuters

Des membres de l’ASL vérifient leurs munitions, hier à Bayada, dans le district de Homs. Photo Reuters


 

Le Conseil national syrien (CNS) a pris acte de la militarisation croissante de la rébellion contre le régime de Bachar el-Assad en créant un « bureau militaire » pour organiser des approvisionnements en armes.
« Nous savons que des pays ont émis le désir d’armer les révolutionnaires. Le CNS, via le bureau militaire, a voulu organiser ce flux pour éviter des livraisons directes d’armes venant de pays particuliers », a précisé le président du CNS, Burhan Ghalioun. « Il est hors de question que les armes passent en Syrie dans le désordre », a ajouté M. Ghalioun alors que certaines sont déjà acheminées en contrebande d’Irak, selon les autorités irakiennes. L’opposant a cependant indiqué qu’il n’avait pas encore reçu de « propositions précises ».
« Ce bureau militaire sera localisé au plus près du champ d’action, probablement en Turquie », a-t-il expliqué. Des officiers rebelles, notamment le colonel Riad el-Assaad, chef de l’Armée syrienne libre (ASL), se trouvent depuis plusieurs mois en Turquie, près de la frontière. « On va déterminer nos demandes, nos besoins en armes, et on verra dans quel pays les chercher », a assuré M. Ghalioun.

Rejetant l’idée que la « révolution » avait vécu et qu’une guerre civile était en cours, Burhan Ghalioun a insisté sur le caractère défensif des armes. « Il s’agit de défendre les civils et pas de lancer la guerre », a-t-il martelé.

 
Doha et Koweït
 
Depuis le blocage de Moscou et Pékin au Conseil de sécurité de l’ONU et l’intensification du pilonnage de Homs, épicentre de la contestation, les appels à venir en aide aux rebelles syriens se multiplient.
Le CNS a longtemps été opposé à l’idée de livraisons d’armes ainsi qu’à toute intervention militaire étrangère. Mais ces dernières semaines, devant la paralysie de la communauté internationale, il a appelé hommes d’affaires syriens et arabes à financer les opérations rebelles, puis a commencé à évoquer la possibilité de livraisons d’armes.
 
Des pays, comme le Qatar, ont déjà indiqué qu’ils y étaient prêts. Le Parlement koweïtien a adopté hier une résolution appelant à armer l’opposition syrienne. Cette idée est officiellement exclue par les pays occidentaux qui craignent l’arrivée de jihadistes aux côtés des rebelles.
 
Signalons que pour mettre en place son « bureau militaire », le CNS sait qu’il doit rassembler l’ensemble des rebelles, insoumis prêts au combat et civils en armes qui combattent pour l’instant sans commandement central. Notons que l’ASL est plus un label adopté par les insoumis sans réelle coordination. Et le général Moustapha al-Cheikh, l’officier insoumis le plus haut gradé, a créé en février une structure concurrente, le « Conseil militaire révolutionnaire supérieur pour la libération de la Syrie ». Selon Burhan Ghalioun, le « bureau militaire » du CNS, composé de civils et de militaires à la manière d’un « ministère de la Défense », coiffera les principales composantes de la lutte armée, l’ASL et le Conseil du général al-Cheikh.
 
Joint récemment depuis le camp d’Apaydin dans le sud de la Turquie, ce dernier estimait qu’il suffirait « de frappes à Damas contre la famille au pouvoir pour faire chuter le régime. Ce que nous voulons, c’est une intervention internationale du type Kosovo, même sans résolution du Conseil de sécurité de l’ONU », disait-il.
source lorientlejour
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Les forces syriennes accusées d'avoir procédé à des exécutions sommaires à Bab Amr


Des militants syriens ont accusé vendredi les troupes de Bachar el-Assad d'avoir procédé à des exécutions sommaires et brûlé des maisons à Bab Amr, au lendemain de la reprise du contrôle de ce quartier insurgé de Homs par les forces gouvernementales. Un convoi d'aide humanitaire transportant des vivres et d'autres matériels de première urgence devait se rendre dans ce quartier martyre, mais les autorités lui en ont finalement refusé l'accès.


Parallèlement, les journalistes français Edith Bouvier et William Daniels, exfiltrés jeudi de Bab Amr, sont arrivés en France en fin d'après-midi. La correspondante du "Figaro", blessée le 22 février à Homs lors d'un bombardement, est sortie de l'avion sur une civière, alors que le photographe William Daniels semblait en forme.

Le président français Nicolas Sarkozy, venu les accueillir à l'aéroport militaire de Villacoublay (Yvelines), a affirmé sur le tarmac que "les autorités syriennes auront à rendre des comptes devant les juridictions pénales internationales de leurs crimes".

"Les crimes qu'ils ont commis ne resteront pas impunis", a-t-il déclaré, avant de remercier les autorités libanaises, et de "saluer le courage de tous les démocrates syriens qui ont accompagné Edith Bouvier et William Daniels jusqu'à la frontière libanaise". Il a salué également "la disponibilité des autorités russes qui étaient prêtes à nous aider lorsque (...) nous avons fait appel à elles".

Peu après son arrivée, William Daniels a déclaré que les habitants de Baba Amr les avaient "traités comme des rois". "Ils ont tout fait pour que Edith soit soignée bien. On était dans une des maisons les plus protégées. Les gens sont des héros qui sont massacrés. Le monde entier le sait et voilà, il ne se passe rien. C'est un désastre", a-t-il affirmé devant la presse.

"Je pense que c'est pas loin de 300 obus qui sont tombés des fois sur Baba Amr en une journée, et dont plusieurs dizaines qui nous cherchaient nous, je crois qu'il n'y a pas de doute la dessus", a-t-il ajouté.

Plus tôt dans la journée, à Bruxelles, au cours d'une conférence de presse lors du Conseil européen, Nicolas Sarkozy avait annoncé la fermeture de l'ambassade de France en Syrie, et s'était dit prêt à augmenter d'"un cran supplémentaire" le soutien à l'opposition syrienne, mais pas à le faire sans mandat de l'ONU préalable.

Londres avait pour sa part annoncé la veille la fermeture de sa propre ambassade à Damas, ainsi que la Suisse. Les Etats-Unis avaient quant à eux fermé leur représentation début février et évacué leurs derniers personnels sur place.

Jeudi, Edith Bouvier et William Daniels ont été évacués vers le Liban voisin, où la jeune femme a été hospitalisée à l'Hôtel-Dieu de France de Beyrouth dans la nuit, avant de partir vendredi pour la France avec son collègue à bord d'un avion médicalisé.

De son côté, le parquet de Paris a ouvert vendredi une enquête préliminaire pour "meurtre" après la mort en Syrie du photographe français Rémi Ochlik et pour "tentative de meurtre" à l'encontre d'Edith Bouvier. L'un des objectifs de cette enquête est de recueillir des informations afin d'identifier le corps de Rémi Ochlik et d'organiser le rapatriement de sa dépouille en France.

Dans la soirée, Bijan Farnoudi, porte-parole de la Croix-Rouge a annoncé que les corps de Rémi Ochlik, 28 ans, et de l'Américaine Marie Colvin, tués lors du bombardement du 22 février, leur avaient été confiés et qu'ils étaient transportés à Damas.

Par ailleurs, Bassel Fouad, un militant syrien ayant fui Bab Amr il y a deux jours pour le Liban, a affirmé qu'un de ses camarades, sur place, lui avait dit que des soldats syriens et des membres des "chabbiha", la milice pro-gouvernementale, râtissaient le quartier, maison par maison. "La situation est pire que terrible à Bab Amr", a déclaré Bassel Fouad. "Les chabbiha entrent dans les maisons et les incendient."

Selon sa source, les miliciens ont aligné dix hommes vendredi matin et les ont abattus devant une coopérative gouvernementale. D'après lui, les forces du régime enfermaient dans ce bâtiment de trois étages toute personne de plus de 14 ans. "Ils ont commencé au début d'une rue, ils sont entrés dans les maisons et les ont fouillées une à une", a-t-il dit. "Puis, ils ont recommencé l'opération dans une autre rue."

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme, basé à Londres, a pour sa part dit avoir reçu des informations selon lesquelles dix personnes ont été tuées devant une coopérative. Les Comités locaux de coordination ont eux affirmé que 14 personnes avaient été tuées.

A Genève, le Haut-Commissariat de l'ONU pour les Droits de l'homme faisait pour sa part état d'informations non confirmées au sujet de "l'exécution sommaire dans des conditions particulièrement monstrueuses" d'au moins 17 personnes.

Après avoir obtenu la veille le feu vert du régime, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a envoyé vendredi des camions d'aide humanitaire de Damas à Homs, malgré la circulation rendue difficile par la neige. Mais les autorités syriennes ont finalement empêché le convoi, ainsi que le Croissant-rouge syrien, d'entrer dans le quartier de Bab Amr. Jakob Kellenberger, président du CICR, a qualifié cette décision d'"inacceptable", assurant que son équipe resterait à Homs dans l'espoir d'accéder au quartier martyre "dans un avenir très proche".

A New York, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a demandé au gouvernement syrien de permettre immédiatement aux travailleurs humanitaires, "sans conditions préalables", d'avoir accès aux personnes qui ont désespérément besoin d'aide. Il a qualifié les images des violences en Syrie d'"atroces" et d'"intolérables".

Enfin, à Jérusalem, le ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman a affirmé que son pays était prêt à soigner les Syriens blessés dans le soulèvement contre Bachar el-Assad. Son porte-parole, Tzachi Moshe, a précisé qu'Israël fournirait de l'aide par l'intermédiaire des Nations unies et d'autres organisations internationales. 

source tempsreel.nouvelobs

 

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Syrie :  un accès humanitaire est urgent

 

Le Conseil de sécurité des Nations unies a demandé, hier, aux autorités syriennes «d'autoriser un accès libre, total et immédiat du personnel humanitaire à toutes les populations qui ont besoin de secours».

Dans cette déclaration, les 15 membres du Conseil de sécurité «déplorent la situation humanitaire en rapide aggravation» en Syrie, notamment «dans les régions affectées par les combats et les violences comme Homs, Hama, Deraa et Idlib». Les membres du Conseil «expriment leur profonde déception» à la suite de la décision de Damas «de ne pas autoriser en temps utile» la responsable des opérations humanitaires de l'ONU, Valérie Amos, à se rendre en Syrie pour évaluer la situation humanitaire sur place. Ils «demandent aux autorités syriennes de (lui) accorder un accès immédiat et sans entrave».

Le ministère syrien des Affaires étrangères a déclaré hier qu'il était prêt à «discuter de la date» d'une visite en Syrie de Valérie Amos, affirmant que la date proposée auparavant ne convenait pas au régime syrien. Le Conseil demande aussi «à toutes les parties prenantes en Syrie de coopérer pleinement avec les Nations unies et avec les organisations humanitaires pertinentes pour faciliter la fourniture d'aide humanitaire et permettre l'évacuation des blessés des zones affectées» par les violences. Sans doute pour convaincre Russes et Chinois, la déclaration du Conseil de sécurité fait référence à la nécessité pour «toutes les parties prenantes», pouvoir et opposition, de faire preuve de bonne volonté pour évacuer les blessés.

Pourtant, la Russie et la Chine se sont jointes à cette déclaration de nature purement humanitaire. Après avoir lu à la presse cette déclaration, l'ambassadeur britannique, Mark Lyall Grant, dont le pays assume la présidence tournante du Conseil au mois de mars, a souligné qu'il s'agissait d'un texte «approuvé unanimement» et «centré uniquement sur l'accès humanitaire». Il intervient alors que l'armée syrienne a pris, hier, le contrôle du quartier-symbole de Baba Amr, bastion de la rébellion à Homs, après deux jours de combats et des semaines de bombardements.   

source elwatan

 

 

 

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3 mars 2012 6 03 /03 /mars /2012 01:34

Entretien avec Yiadh Ben Achour


 

Yiadh Ben Achour (c) Thierry Brésillon
Yiadh Ben Achour (c) Thierry Brésillon

Professeur de Droit public en Tunisie, Yiadh Ben Achour est aussi spécialiste de la philosophie de l’islam. Il a été appelé à présider la Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la Révolution, sorte de Parlement consultatif provisoire, en attendant l’élection de l’Assemblée constituante.

« Désacraliser le politique et  dépolitiser le sacré » Entretien réalisé par Thierry Brésillon avec Yiadh Ben Achour à Tunis fin février 2012 pour La Chronique, le mensuel d'Amnesty International France.

Au vu des résultats des élections du 23 octobre 2011, on peut se demander si la Haute Instance chargée de la réalisation des objectifs de la Révolution que vous avez dirigée, était conforme à la volonté populaire.
La Haute Instance était chargée de préparer le cadre juridique de la transition et notamment des élections. Ce qu’elle a fait. Il est vrai que nous n’en sommes plus là aujourd’hui. Le résultat des élections ne correspond pas au message de la Révolution. Il y a une très nette différence entre le peuple de la Révolution – des jeunes, plutôt instruits, incontestablement du côté de la démocratie, – et le peuple des élections, conservateur. Mais la notion de peuple est abstraite.

 

Comment s’explique ce hiatus entre la société civile et ce qu’a exprimé une majorité d’électeurs le 23 octobre ?


C’est une donnée ancienne de la vie politique tunisienne. Les deux pôles, modernisateur et traditionaliste, sont présents depuis la moitié du XIXe siècle et le choc de la confrontation avec la puissance impériale européenne. Pendant des siècles, les grandes civilisations ont marché d’un même pas. Puis, au XIXe, l’Europe a pris une nette avance sur le plan scientifique, militaire, organisationnel, urbain… Le réformisme musulman a répondu à ce défi en tentant de prendre à l’Occident tous les aspects notamment militaires, scientifiques, technologiques et constitutionnels qui expliquent sa puissance, mais dans la mesure où cela ne viole pas de manière trop flagrante nos traditions et notre loi religieuse.

Depuis, la société a perdu son monolithisme culturel et nous sommes partagés entre ces deux pôles. Notre pensée, notre existence matérielle, notre façon de manger de boire, de nous vêtir, tout cela manifeste toujours un dualisme. Parfois cette contradiction se règle dans la crise, parfois dans la négociation, parfois dans un conflit très dur. Cette dialectique va continuer à nous agiter longtemps et le rapport entre les deux dépend des forces politiques. Entre le début et la fin de l’année 2011, nous avons vu se développer ces deux pôles. Maintenant que la société est libérée et que tout le monde a le droit de s’exprimer, ce conflit séculaire entre nous rejaillit, et de manière assez tendue. À la faveur de cette liberté on voit aussi surgir des extrémistes, à la périphérie du courant traditionaliste. Mais ce ne sont pas les extrêmes qui dirigent les sociétés. Ils sont toujours perdants, même s’ils ont une visibilité extraordinaire, elle est disproportionnée. Les gens qui s’agitent autour du niqab, de l’excision… ne représentent même pas 1 % de la population.

 

La Tunisie peut-elle réussir une synthèse entre la modernité et son identité ?


On ne peut pas rester éternellement dans le conflit, mais cela ne va pas se résoudre en quelques mois. La modernité en Europe a mis quatre siècles à s’élaborer à partir des premières lueurs de la Renaissance italienne, et ne s’est cristallisée qu’au XIXe siècle.


La Révolution n’a pas résolu nos contradictions. Elle nous a ouvert les voies de la liberté et de la discussion. Mais aussi celles du conflit. C’est ce que nous sommes en train de vivre. Lors de l’Indépendance, en 1956, le courant moderniste de Habib Bourguiba l’a emporté sur le courant traditionaliste et religieux, et il s’est maintenu depuis par l’autoritarisme et la violence d’État. Maintenant que la Révolution a mis fin à ce recours à la violence, les contradictions rejaillissent et nous devons les regarder en face. C’est beaucoup plus sain qu’une société résolve ses problèmes dans la contradiction, plutôt que par la violence et la coercition, en mettant les ennemis de l’État en prison, en les exécutant ou les torturant. Si nous parvenons à résoudre ces contradictions par le dialogue, la démocratie dans une sorte de crise perpétuelle, nous trouverons la synthèse. En revanche, si nous tombons dans la violence, c’est la guerre civile, et cette hypothèse n’est pas exclue.


Sur un plan conceptuel, la pensée des droits de l’Homme peut-elle s’articuler avec la religion musulmane ?


Il n’y a pas de conception islamique unique, comme dans toute religion. Dans mon ouvrage La deuxième Fatiha (1), je démontre que la philosophie des droits de l’Homme correspond tout à fait à l’esprit révolutionnaire du premier islam. L’islam a été une révolution contre le système inhumain de l’Arabie des tribus, où l’on enterrait les petites filles vivantes. C’était un cri de révolte du Prophète, tendu vers la sacralité de la vie, l’égalité et la liberté. Comme toute religion à sa naissance, l’islam a été une révolution. C’est en s’insérant dans la société que l’islam est devenu ce qu’il est, une gangue qui emprisonne l’esprit et la liberté. Ce que je propose c’est de revenir à ce premier islam, à cet élan révolutionnaire, à l’esprit. Le malheur de l’islam actuel, c’est qu’il s’attache davantage à la lettre. Tous ceux qui lisent le Coran comme un code juridique ont totalement tort, il faut voir, derrière le texte, la lumière de l’élan initial. Cette recherche de l’esprit de l’islam, cela fait un siècle et demi que des penseurs l’ont entreprise. Les mouvements de libération nationale l’ont poursuivie. Les grands auteurs réformistes, comme Mohamed Iqbal ou Tahar Haddad, ont répété : sachons capter l’esprit de l’islam au-delà du texte dont l’interprétation dépend de circonstances historiques.


Aujourd’hui encore, il existe au Canada, aux États-Unis, en France et dans les terres historiques de l’islam, une production doctrinale importante dans ce sens, de bonne qualité et d’un grand attrait sur le monde musulman. La force des salafistes [courant fondamentaliste partisan de la restauration du califat, ndlr] vient de ce qu’ils sont suivis par la majorité des démunis, qui vivent dans des conditions sociales pénibles et trouvent dans ce mouvement une réponse à leurs frustrations. Ils ne se reconnaissent pas dans les idéaux de la démocratie et des droits de l’Homme, alors qu’ils manquent de choses primordiales. Pour pouvoir penser la démocratie et les droits de l’Homme, il faut avoir le ventre plein, ne pas connaître la souffrance physique, la misère, parce que la misère matérielle entraîne la misère spirituelle. Ce qui est tragique, c’est que plus de cinquante ans après les Indépendances, nous n’avons pas résolu le problème du sous-développement économique et social.

 

L’idée d’un mouvement islamo-démocrate, comme on parle de chrétiens-démocrates, correspond-elle à une réalité ?


Oui ! Sur le plan conceptuel c’est possible et je connais, au sein du mouvement Ennahdha, des cadres qui sont de vrais démocrates dans l’âme. Je ne parle pas de démocrates stratèges qui n’adoptent les formes démocratiques que pour améliorer leur position politique. Le fond resurgira toujours. Mais il y a dans la direction d’Ennahdha des gens ouverts qui font de la démocratie une référence égale à leur foi, qui croient qu’une société islamique peut être conçue comme une société démocratique dans laquelle les deux pôles religion et démocratie peuvent marcher ensemble. Ces islamistes-là sont déjà des croyants du for intérieur. C’est-à-dire qu’ils situent la religion au niveau de la conscience personnelle et laissent tout le champ des problèmes sociaux, politiques juridiques, au niveau de l’État, pour qu’ils soient discutés horizontalement entre des citoyens libres. Musulmans laïques, ils désacralisent le politique et dépolitisent le sacré. Le problème c’est qu’ils sont sous la pression de la base. En effet, d’autres profitent des libertés que la Révolution nous a offertes pour jouer aux hypnotiseurs, mais en Tunisie, ça ne durera pas longtemps car le peuple est conscient des véritables défis.

 

Pourtant le discours de rupture avec les références occidentales rencontre un écho favorable. La Révolution pourrait-elle déboucher sur un rejet de l’universalisme ?


Au contraire, le plus grand effet de la Révolution c’est d’avoir montré que l’idée démocratique et la philosophie des droits de l’Homme ne sont pas une invention occidentale. C’est l’humanisme, pour qui l’homme vaut la peine que tout soit mis en œuvre afin de garantir les conditions de son épanouissement physique et culturel. Sa progression, même très lente, est patente. Et les religions doivent toujours rendre compte devant le tribunal du progrès. C’est ainsi qu’on est arrivé à abolir l’esclavage, à faire reculer la polygamie, les traitements dégradants dans le droit pénal islamique… Les partisans des droits de l’Homme peuvent perdre des batailles dans l’immédiat, mais ils disposent d’une légitimité morale supérieure : celle de l’humanisme toujours ressuscité, et d’un islam sans soumission.

(1) La deuxième Fatiha. L’islam et la pensée des droits de l’Homme. PUF, 2011

 

propos recueillis par Thierry Brésillon

source amnesty.fr

 

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Débat très civilisé entre députés de diverses orientations politiques : PDP, Ennahdha et le CPR


 

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La charia inscrite dans la future Constitution ?
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L'Assemblée nationale constituante au palais du Bardo (Thierry Brésillon)

Le débat sur la place de la religion a surgi dès les premières séances de travail des commissions de l'Assemblée constituante et certains députés proposent d'y inscrire la charia et d'affirmer le caractère islamique de l'Etat. Pourtant, Ennahdha avait affirmé ne pas vouloir toucher au statu quo.

«  La religion sera absente de la nouvelle Constitution tunisienne. »

« Nous sommes tous d'accord pour conserver l'article 1er de l'actuelle loi fondamentale, qui déclare que l'islam est la religion et l'arabe la langue officielle du pays. Cela n'a aucune implication légale. Il n'y aura pas d'autres références à la religion dans la Constitution.  »

Voilà ce que déclarait Rached Ghannouchi, le leader historique d'Ennahdha, à l'époque où le parti islamiste avait encore besoin de rassurer, le 4 novembre dernier, un peu plus d'une semaine après l'élection de la Constituante.

La charia source de la loi

La commission chargée notamment du Préambule et des principes fondamentaux n'en est pas encore au contenu, mais les questions de fond ont surgi immédiatement. Et c'est un tout autre langage que l'on entend. Sadok Chourou, considéré comme l'un des plus fondamentalistes du parti islamiste Ennahdha, y a d'emblée déclaré :

« Le Préambule doit mentionner la charia comme la principale source du droit. »

Ce n'est qu'à moitié une surprise puisque, circule depuis fin janvier une version officieuse du projet d'Ennahdha dont l'article 10 prévoit que la charia islamique sera la référence essentielle de la loi, tandis que l'article 126 de ce projet prévoit la création d'un Conseil suprême islamique, autorité constitutionnelle indépendante, apte à émettre des fatwas (avis religieux) selon la loi islamique.

Plus explicite, le même Sadok Chourou a précisé lors d'une interview :

« Les législateurs devront se référer à trois piliers essentiels : le Coran, la Sunna et un conseil d'oulémas (savants religieux), dont le rôle sera de trancher sur les points de la charia sujets à différentes interprétations ou qui ne trouvent pas une réponse claire dans le Coran ou la Sunna. La religion d'Etat est l'islam, et considérant que le peuple tunisien est musulman, il ne verra aucun inconvénient à ce que la charia soit appliquée.  »

Tout en réfutant l'idée de modifier l'article 1, Rached Ghannouchi a suggéré d'ajouter un article à la Constitution pour interdire la promulgation de lois qui constituraient une offense à l'islam. Ce qui, au fond, revient au même.

La position du mouvement Ennahdha n'est pas encore définitivement arrêtée, mais de toute évidence, la pression est forte pour que l'islam soit davantage qu'une référence identitaire et devienne une source normative.

Pas de séparation du politique et du religieux

Lors d'une séance plénière, mardi après-midi, le président de la Commission et chef du groupe parlementaire Ennahdha, Sahbi Atig, a évoqué le sujet en restant très évasif :

«  La nouvelle Constitution doit être basée sur les principes de l'islam. Tous ceux qui veulent séparer la politique de l'islam portent atteinte à la structure de la pensée islamique. L'islam est l'élément essentiel de la personnalité du Tunisien. La Constitution doit renforcer cette identité islamique. »

Il a ensuite longuement insisté sur la nécessité pour la Constitution de consacrer les droits et libertés, et de consolider une démocratie fondée sur la légitimité du peuple.

Lors de cette séance, Nejib Hasni, président d'un autre groupe, Liberté et Dignité (islamistes indépendants, douze députés), a incité Ennahdha à être plus explicite quant au rôle de la charia. Tandis que les élus du groupe de La Pétition populaire (onze députés) se sont référés à leur «  guide spirituel  », Hachemi el-Hamdi, le milliardaire basé à Londres, et ont mentionné à plusieurs reprises la charia comme source de droit. Ce qui, au passage, souligne que le mouvance islamiste à la Constituante va au-delà des 89 élus d'Ennahdha.

La boîte de Pandore

Au sein de la Commission chargée du préambule et des principes fondamentaux, Mabrouka Mbarek, élue CPR, membre de la coalition majoritaire avec Ennahdha, défend la position adoptée par son parti  :

«  La seule référence à la religion doit rester celle de l'article 1er de l'ancienne Constitution, compris comme un constat de l'identité arabo-musulmane de la Tunisie. Elle n'a pas de portée légale, et n'est pas une norme opposable aux citoyens.

Nous allons formuler une proposition commune avec Ettakatol pour inclure la référence à la Déclaration universelle des droits de l'homme dans le Préambule, et à l'identité arabo-musulmane dans les principes fondamentaux. »

La loi tunisienne s'inspire déjà de la charia dans certains domaines. Mais ce n'est qu'une source parmi d'autres et le législateur a toujours conservé la maitrise de l'élaboration de la loi.

Il est probable que la référence explicite à la charia ne soit pas retenue, mais le problème pourrait se reporter vers la référence aux valeurs islamiques. Or, Mabrouka Mbarek estime la proposition tout aussi périlleuse :

« Mentionner les valeurs islamiques dans les principes fondamentaux, c'est ouvrir une boîte de Pandore. C'est un contenu trop vague qui dépend complètement d'une interprétation que personne ne peut garantir aujourd'hui. Mais quand j'ai proposé en commission de remplacer la référence aux valeurs islamiques par la Déclaration universelle des droits de l'Homme, il y a eu un silence de plomb ! »

Malaise et surenchère

On perçoit un réel malaise dans ce débat dont personne ne maîtrise les termes :

les notions de séparation du religieux et du politique ;

la portée exacte de la formule d'Etat civil, utilisée comme succédanée de «  Etat laïc  » ;

l'articulation entre les valeurs contenues dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et les valeurs islamiques ;

le lien entre la liberté et le sacré...

Faute de repère, le sujet se prête à une surenchère pour paraître plus musulman que l'autre, enclenchée depuis que tous les partis ont cru devoir faire référence à l'identité arabo-islamique. De l'identité, pourtant considérée comme établie, le débat dérive vers la norme sociale, puis vers la loi et vers le régime. C'est le propre des réaffirmations identitaires  : elles ne connaissent pas de limite dans la course à l'authenticité.

La fin de l'ambivalence ?

En 1959, Habib Bourguiba avait choisi comme premier article de la Constitution une formule dont l'ambivalence avait permis d'apaiser le conflit idéologique :

«  La Tunisie est un Etat libre, indépendant et souverain ; sa religion est l'islam, sa langue l'arabe et son régime la république.  »

Sans préciser s'il s'agit d'un simple constat identitaire sur la religion majoritaire dans le pays, ou s'il s'agit de la religion de l'Etat. Il semble qu'aujourd'hui, le flou de la formule ait épuisé sa mission historique et que désormais, ce soit le sens de l'Etat islamique qui l'emporte.

source rue89.

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_______________________________________ARCHIVES [ mois de nvembre 2011]

 

La religion absente de la Constitution tunisienne, dit Ennahda

La religion sera absente de la nouvelle Constitution tunisienne qui accordera en revanche une place importante aux...

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Ennahda assure que la religion sera absente de la nouvelle constitution tunisienne 
© Reuters
Par Tom Heneghan
La religion sera absente de la nouvelle Constitution tunisienne qui accordera en revanche une place importante aux questions des droits de l'homme, de la démocratie et de l'économie de marché, assure le parti islamiste Ennahda qui a remporté les premières élections libres du pays.
Le gouvernement, dont la composition devrait être dévoilée la semaine prochaine, n'introduira pas le principe de la charia ni d'autres principes islamiques susceptibles de rogner sur le caractère laïque de la Constitution en vigueur lorsque l'ancien président Zine ben Ali a été chassé du pouvoir par la rue en janvier.
"Nous ne voulons pas imposer un style de vie particulier", déclare à Reuters le responsable d'Ennahda, Rachid Ghannouchi, exilé à Londres pendant plus de vingt ans.
Depuis la large victoire de son parti réputé modéré aux élections constituantes du 23 octobre, certains soupçonnent Ennahda de vouloir imposer une application stricte des principes religieux à une société tunisienne habituée depuis la décolonisation à un mode de vie libéral.
La première tâche de l'Assemblée nouvellement élue, chargée de rédiger la Constitution, sera donc avant tout de rassurer les Tunisiens et les investisseurs étrangers, indispensables à la relance de l'économie, estiment analystes et observateurs.
Avant même le début des discussions sur la Constitution, tous les partis politiques du pays sont convenus de conserver le premier article de l'actuelle loi fondamentale, qui déclare que l'islam est la religion et l'arabe la langue officielle du pays.
"Il s'agit juste de la description de la réalité", explique Ghannouchi. "Cela n'a aucune implication légale."
"Il n'y aura pas d'autres références à la religion dans la Constitution. Nous voulons accorder la liberté à l'ensemble du pays", poursuit le chef de file d'Ennahda, qui ne jouera aucun rôle dans le nouveau gouvernement. La nouvelle Constitution devrait entrer en vigueur d'ici un an.
AUCUNE PROMOTION DE LA RELIGION
Publiés dans les années 1980-1990, les écrits de Ghannouchi ont inspiré le Parti de la Justice et du Développement (AKP) au pouvoir en Turquie, qui applique un subtil mélange entre démocratie et islam.
Ghannouchi affirme également que les 22 années passées en exil lui ont permis de constater l'importance de la société civile.
Comme la Turquie, la Tunisie a connu des décennies de dictature laïque avant d'évoluer vers un régime démocratique dans lequel les islamistes modérés se sont imposés dans le paysage politique.
"La loi par elle-même ne change pas la réalité", lance Ghannouchi, interrogé au siège de son parti.
"Il ne devrait pas y avoir de loi qui tente de rendre les gens plus religieux", estime-t-il. Dans la foulée de sa victoire aux élections constituantes, son parti s'est engagé à ne pas interdire l'alcool et les vêtements occidentaux et à poursuivre les politiques économiques en faveur du tourisme, de l'investissement étranger et de l'emploi.
La charia et les lois de l'islam sont un ensemble de valeurs morales individuelles et sociétales et non un code de conduite strict à appliquer au niveau national, dit-il.
"L'Egypte dit que la charia est le principal fondement de sa loi mais cela n'a pas empêché (l'ancien président déchu Hosni) Moubarak de devenir un dictateur."
PROBABLE ACCORD DES LAÏCS
Pour Samir Ben Amor, chef de file du Congrès pour la République (CPR) qui devrait participer au gouvernement de coalition aux côtés d'Ennahda et d'un autre parti laïque, il y a un consensus autour de la référence à l'islam dans le premier article de la constitution.
Ces partis politiques s'accordent également pour renforcer la démocratie en introduisant notamment des références aux conventions internationales des droits de l'homme.
"Nous voulons un régime libéral"", dit Ben Amor.
Alors que les partis s'accordent pour défendre les droits des femmes, parmi les plus avancés du monde arabe, Ben Amor se dit toutefois opposé à l'inscription du Code du statut personnel dans la Constitution.
"Aucune constitution au monde n'a ça", note-t-il. Ces droits seront protégés par la législation, argue-t-il.
Le principal point d'achoppement porte sur le type de régime politique. Ghannouchi a une préférence pour le système parlementaire quand les autres partis politiques soutiennent un système à la française, avec un pouvoir partagé entre un président élu au suffrage universel direct et un parlement.
"Le système parlementaire peut entraîner une instabilité politique, et sortant tout juste d'une dictature, nous pensons que nous ne pouvons pas courir ce risque", explique Ben Amor.
Pour Radouan Mamoudi, directeur du Centre pour l'étude de l'islam et de la démocratie basé à Washington, les élections d'octobre ont montré que le pays avait opté pour une "révolution évolutionnaire" sans changements radicaux.
"Les Tunisiens sont d'accord sur presque tout", note-t-il. "Ils veulent garder leur identité arabe et musulmane sans vivre dans une théocratie. Je pense que la Tunisie peut ouvrir la voie dans le monde arabe en construisant une véritable démocratie pleinement compatible avec l'islam." source rmc.fr
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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 04:26


Violentes attaques de journalistes par les forces de police : nécessité d'un apaisement des relations

VIOLENTES ATTAQUES DE JOURNALISTES PAR LES FORCES DE POLICE : NÉCESSITÉ D’UN APAISEMENT DES RELATIONS


 

Vers 15 heures, à l’issue de la manifestation organisée à Tunis par l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), le 25 février 2012, les forces de l’ordre ont tiré des grenades lacrymogènes et violemment dispersé les manifestants. Un véritable déchaînement de violences physiques et verbales. De nombreux journalistes filmant l’assaut ont été directement pris à partie.

“Les insultes qui ont été proférées à l’encontre des journalistes et la brutalité avec laquelle certains d’entre eux ont été traités par les forces de police sont sans équivoque et marque le retour des violences policières. Rien n’explique un tel comportement sinon la peur de retrouver, dans les médias, les images d’actes totalement illégitimes. Un tel regain de tension entre les représentants de l’ordre et les professionnels des médias est particulièrement inquiétant. Une pacification des relations est indispensable, sans quoi, de telles scènes seront nécessairement amenées à se reproduire”, a déclaré Reporters sans frontières.

Dans son précédent communiqué, l’organisation avait exprimé ses inquiétudes suite aux déclarations de certains membres du gouvernement vis-à-vis des médias, qui pouvaient être considérées comme justifiant, aux yeux d’une partie de l’opinion, les agressions verbales et physiques dont sont régulièrement victimes les journalistes. De telles déclarations pourraient même constituer un encouragement à faire des journalistes des boucs-émissaires.

Reporters sans frontières a recensé sept cas d’agressions de journalistes, le 25 février dernier :

  • Alors qu’il était devant le ministère de l’Intérieur et montrait sa carte de presse, Aymen Rezgui, rédacteur en chef de la chaîne Al-Hiwar Ettounsi et membre de comité exécutif du Syndicat national des journalistes tunisiens, a été insulté par des policiers en uniforme et en civil lorsqu’ils ont appris son appartenance au SNJT avant d’être passé à tabac. Il présente de nombreuses traces sur le corps, résultat des coups de matraque qu’il a reçus.
  • Zouhair Zouidi, d’Attariq Al-Jedid, a été frappé au dos et au visage par des policiers en uniforme et en civil devant le ministère de l’Intérieur, alors qu’il avait mis sa carte de presse en évidence.
  • Mouna Bouazizi, journaliste pour le quotidien Ech Chourouq, a été insultée et violemment bousculée par un policier alors qu’elle s’apprêtait à photographier les violences devant l’immeuble du groupe de presse Dar Al-Anwar. Mouna Bouaziz était en compagnie d’Ahlem Abdelli, journaliste de la radio Shems FM, qui a également été insultée par le policier.
  • Le reporter de Radio KalimaAli Jallali, filmait les violences policières quand il a été brutalement mis à terre par un policier qui l’a frappé à deux reprises avec une matraque, alors même qu’il portait un brassard "presse". Le policier lui a dit qu’il ferait mieux de filmer les manifestants qui s’en prenaient aux forces de l’ordre et non l’inverse.
  • Arwa Baraket, activiste sur Internet, était en train de filmer la manifestation de l’UGTT quand la police a commencé à charger la foule. Elle a été violemment prise à partie par la police, insultée et rouée de coups. Elle a eu le bras cassé.
  • Amin Ayachi, cadreur de la chaîne Nessma TV, s’est fait encercler et frapper par des policiers devant le centre Claridge sur l’avenue Bourguiba. Les forces de l’ordre ont endommagé l’objectif de sa caméra et exigé qu’il efface toutes les séquences qu’il venait de filmer, allant même jusqu’à convoquer un policier du service informatique.

La réaction du Syndicat des journalistes tunisiens a été immédiate et un rassemblement a été organisé le 27 février dernier, appelant les journalistes à s’unir pour protester contre ce retour en arrière. De son coté, le ministère de l’Intérieur a publié un communiqué d’excuses. Joint par Reporters sans frontières, son porte-parole a assuré qu’une enquête interne “sérieuse” et “dont les résultats seront rendus publics dès que possible” avait été ouverte. “Si le ministère ne souhaite pas que l’ensemble du système sécuritaire soit décrédibilisé, une attitude exemplaire devra être adoptée à l’encontre des policiers impliqués dans ces violences”, a déclaré l’organisation.

Reporters sans frontières rappelle que les 5 et 7 mai 2011, suite aux déclarations de l’ancien ministre de l’Intérieur, Farhat Rajhi, des manifestations avaient éclaté et donné lieu à une vague de violences policières, faisant une quinzaine de blessés parmi les journalistes. Le ministère avait aussitôt réagi en rappelant que les médias devaient d’être identifiables par les forces de l’ordre. Le port de dossards ou brassards estampillés “Presse” et la mise en évidence des cartes professionnelles n’ont pas suffi à empêcher les violences policières contre les professionnels de l’information, le 25 février dernier.

Reporters sans frontières souhaite que cette enquête interne ne soit pas un effet d’annonce supplémentaire destiné à satisfaire l’opinion publique. Le 4 janvier 2012, à la suite de l’agression de Sana Farat (journal Le Temps) et Maha Ouelhezi (journal en ligne Web Manager Center) par des forces de police devant le ministère de l’Enseignement supérieur, les autorités s’étaient engagées à effectuer une enquête interne dont les conclusions n’ont, jusqu’à aujourd’hui, pas été rendues publiques.

Reporters sans frontières appelle les autorités à mettre en place au plus vite des modules de formation destinés à sensibiliser les forces de l’ordre au respect des citoyens et des journalistes dans l’exercice de leur fonction. L’organisation encourage la mise en place de tables rondes et de rencontres mutuelles entre responsables de forces de sécurité et représentants des journalistes.

source rsf.org

 

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 Le règne sans partage d'Al Jazeera

Les Tunisiens ont déjà délaissé Internet et ses réseaux sociaux. La chaîne de télévision Al Jazeera, qui promeut ouvertement l'islamisme, domine l'information.

Un producteur derrière la console, au siège d'Al Jazeera à Doha, Qatar, le 30 novembre 2005. REUTERS/Caren Firouz

Mise à jour du 2 mars. L'opérateur satellitaire européen Eutelsat a annoncé le 1er mars un contrat de location de capacités satellitaires avec la chaîne qatarie Al-Jazeera, qui pourra ainsi étendre son audience en Afrique du Nord avec un bouquet de dix chaînes.


«Quand ce président autoproclamé d’un demi-jour [Mohamed Ghannouchi] s’est mis à implorer Al Jazeera pour qu’elle intervienne auprès du peuple tunisien et qu’elle rétablisse le calme, j’ai compris qu’il n’y avait plus de place pour les clowns de mon acabit...», déplore Slim Boukhdhir, un plumitif opposant historique des Trabelsi, la famille de la femme de l’ex-président Ben Ali.

S'informer, oui mais où?

Depuis la chute de Ben Ali, les téléspectateurs n’ont d’yeux que pour Al Jazeera. Tunis 7, Tunis 21, Hannibal, Nessma TV; les télévisons locales sont zappées. L’audience des autres chaînes étrangères, arabes et occidentales, touche… le zéro et quelques poussières. Mais, ce sont surtout les relais traditionnels de la rue survoltée —Internet, Facebook, Twitter, YouTube— qui ont sombré dans l’oubli.

«Depuis la fuite de Ben Ali, l’activité des Facebookiens a chuté dangereusement. Les blogueurs ont déserté le Net.» commente Ammar Tanazefti, un internaute. Nos Julian Assange locaux —Slim Bagga, Mohieddine Cherbib, Zouheir Makhlouf, Oum Zied— chôment… Takriz Tunisnews,NawaatKalima… désespèrent. Répudiés, les WikiLeaks nationaux. La presse française considérée auparavant comme le bouclier médiatique traditionnel des Tunisiens a été littéralement évincée. Kaput«Sauvez-nous du tank Al Jazeera… Revenez en force pour rétablir l’équilibre…», s’indigne une ancienne gloire boudée par la chaîne qatarie.

L’empire Al Jazeera

C’est le temps d’Al Jazeera. Sur l’empire d’Al Jazeera, le soleil ne se couche jamais. Rien n’échappe à l’œil du Big Brother qatari. Sauf peut-être, derrière un tout petit pli, ceci: ce que nous voyons, ce que n’importe qui voit à Tunis est loin, très loin, de ce qu’Al Jazeera montre. Le journalisme instantané d’Al Jazeera fera son instant à Tunis… Et trépassera. Notre journalisme qui a tenu tête à Ben Ali un quart de siècle est gorgé de sang, de larmes, de fièvre. Des textes incisifs, rigoureux qui tissent une chronique passionnante, et parfois douloureuse. A petites touches, ils restituent la vie dans une dictature féroce, prête à tous les travestissements. On y décrit les frasques de la famiglia, les élections truquées, le quadrillage de la population par des dizaines de milliers de policiers; ou encore les pièges de la vie à crédit, les émeutes contre la hausse du prix du pain, l’imaginaire des «brûleurs», ces jeunes prêts à tout pour fuir le paradis de Ben Ali dans des embarcations précaires.

De tout cela, du bruit et de la fureur, Al Jazeera fait table rase. A quoi pouvait bien ressembler la Tunisie avant Al Jazeera? A du néant. Du rien. L’histoire a commencé lorsqu'Al Jazeera t’a regardée, Tunisie, mon amour. Alors seulement, l’histoire surgît. The story is. Al Jazeera fait l’évènement. Au prétexte du mythe de la vitesse et du raccourci, Al Jazeera bouche le paysage. Silence, on désinforme...

Un porte-drapeau de l'islamisme

Certains lui reprochent son discours religieux et un parti pris islamiste. Lors des derniers évènements, la chaîne a organisé une véritable manœuvre de parachutage, qui a laissé plus d’un téléspectateur pantois. On y voyait passer tout au long des émissions et des journaux télévisés des militants islamistes ou d’obédience islamiste. Dans l’émission Sans frontières, la part du lion a été réservée à Rached Ghannouchi, le leader islamiste du mouvement Ennahda. «Cette émission a été spécialement confectionnée pour habiller le retour tant attendu du Cheikh sur le devant de la scène. Les autres intervenants, Sihem Ben Sedrine (journaliste et militante des droits de l’homme) ou Abdelbari Atwan, font figure de garniture. Une mise en valeur de la pièce maîtresse», dit Jalel Zoghlami, l’unique avocat du barreau, interdit d’exercer par Ben Ali.

En prime, des intervenants islamistes au téléphone. «Les démocrates sont carrément rejetés, surtout les laïcs. Pourtant, depuis le démantèlement du mouvement intégriste en 1991-1992, ils tiennent la dragée haute au système. Inviter surtout la sensibilité islamiste ou des personnalités inconnues au bataillon mais fervents défenseurs du consensu, dénote d’une manipulation de mauvais goût», commente Slah Hnid, un téléspectateur qui accuse Al Jazeera de nier les courants d’opposition non-islamistes. «Al Jazeera est une chaîne islamiste. Pourquoi s’en offusquer? Elle ne l’a jamais caché», rectifie Mokhtar Yahyaoui, le célèbre juge rebelle.

On reproche à la chaîne de ne pas traiter certains sujets comme la polygamie, l’adoption ou l’héritage. On l’accuse aussi de ne pas parler de certains pays, dits «intouchables», comme le Qatar où est née la chaîne et qui a acquis grâce à elle un grand poids politique. «C’est une démocratie de droite, une sorte de démocratie musulmane, sur le modèle de la démocratie “chrétienne” qu’Al Jazeera prône», dit Am Ali Ben Salem, l’aîné de tous les résistants, et l’oublié d’Al Jazeera.

En direct d’Al Jazeera: la révolution du jasmin. Juste à temps. Il me faut du temps pour écrire Il était une fois la révolution. Hors du temps qu’il faut à un homme pour tout simplement s’informer, comprendre, sentir, méditer, débattre. Transporter hors de notre présent. Hors-sol. Hors Al Jazeera.

Taoufik Ben Brik

source slateafrique

 

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Ennahdha a pris le pouvoir dans les médias


Ennahdha a pris d’assaut les espaces médiatiques durant le mois de novembre. Lui, et ses alliés de la troïka, ont rapidement pris le pouvoir sur les journaux, les ondes radios et télés.

par Thameur Mekki


«Cette période est caractérisée par la croissance de l’espace dédiée à la troïka dans les médias», a déclaré Sana Ben Achour, coordinatrice générale de l’opération du monitoring média en phase de transition démocratique*.

Réalisé par un collectif d’associations, le rapport final de cette veille qui a duré du mois d’août jusqu’à novembre 2011 a été présenté lors d’une conférence de presse tenue, mercredi 29 février, à la Maison de Culture Ibn Rachiq. C’était également une occasion pour faire part du rapport de monitoring de la période du 1er au 25 novembre.

Contrairement à ce que prétendent les fervents défenseurs du Mouvement Ennahdha, leur parti est le plus représenté dans la presse imprimée tunisienne, toujours selon le même rapport. Du 1er au 25 novembre, 33,20% des pages des journaux tunisiens sont consacrés à cette formation politique. Suivie par son allié le Congrès pour la République (Cpr) occupant 11,59% d’espace, Ennahdha est la force politique la plus présente dans la presse écrite, plus même que le gouvernement se contentant de 11%. ‘‘Achourouq’’, ‘‘Assabah’’, ‘‘Assahafa’’, ‘‘Assarih’’ sont les quatre quotidiens arabophones ciblés par ce monitoring. Cette observation s’est également penchée sur trois quotidiens francophones, à savoir ‘‘La Presse’’, ‘‘Le Temps’’ et ‘‘Le Quotidien’’.

Idem pour les radios. Fort de ses 89 élus à l’Assemblée Constituante et de sa prédominance dans la formation gouvernementale, le Mouvement Ennahdha occupe 25% de l’espace radiophonique. «N’empêche, les radios sont plus équilibrées que les journaux», relève Sana Ben Achour. De son côté, le gouvernement est mieux servi par les radios que les journaux. Il y occupe 19% de temps d’antenne. Les deux autres partis de la troïka règnent sur la troisième et la quatrième position, respectivement prises, par le Cpr et Ettakatol (Fdtl) avec 16,92% et 12,19%. Les radios objets de la veille sont Radio Jeunes et la Radio Nationale (service public) ainsi que Mosaïque Fm et Shems Fm (privées).

Sur les petits écrans, le Mouvement Ennahdha est également en tête. 23,82% du temps du prime time lui sont consacrés. C’est ce que dévoilent les chiffres présentés par le même rapport observant les Wataniya 1 et 2, Hannibal Tv ainsi que Nessma TV.

Décidément, les partis de la troïka ont le pouvoir télévisuel puisqu’ils occupent presque 55% d’espace sur les chaînes tv. Le Cpr occupe 16,62%. Quant à Ettakatol, il est présent à hauteur de 14,76%.

«Nous avons remarqué une certaine partialité. Le manque de professionnalisme est également un handicap à surmonter. Côté déontologie, il y a encore beaucoup de travail à faire», constate Mme Ben Achour. Et elle ajoute : «Après plus de 20 ans d’emprisonnement de la pensée et de la parole libre, les journalistes professionnels ont été éjectés du secteur».

Dans la même rencontre avec la presse, elle a insisté sur la nécessité de se serrer les coudes entre journalistes et société civile afin de réformer le secteur en proie aux tiraillements entre forces politiques.

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* Présidé par l’Association tunisienne des femmes démocrates (Atfd). Cette coalition est formée par l’Association des femmes tunisiennes pour la recherche et le développement (Afturd), la Ligue tunisienne des droits de l’homme (Ltdh) et le Conseil national des libertés en Tunisie (Cnlt). Deux structures directement concernées par les médias font également parti de ce tissu associatif à savoir le Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt) et l’Observatoire pour la liberté de la presse, de l’expression et de la création (Olpec). Il est soutenu par l’organisation danoise International Media Support (Ims), l’Observatoire de Pavia (Italie) et l’Arab Working Group for Media Monitoring (Awmm).

source kapitalis

 

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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 08:08

 

 

En Syrie, un génocide à huis clos

 

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Généralités 

Avec beaucoup de ténacité, une soixantaine de pays occidentaux et d’autres arabes se réunirent à Tunis – devenu La Mecque des révolutionnaires printaniers – pour une conférence internationale sur la Syrie ; et cela dans le but d’exprimer, au peuple syrien égorgé par le « Vampire de Damas », leur amitié chaleureuse ainsi que leurs sentiments les plus distingués.

Parmi ces conférenciers audacieux, nous distinguâmes les fantômes des grands orateurs de la première Révolution française, incarnés en personnages de défendeurs de l’humanité et des droits de la personne les plus célèbres, tels que le ministre saoudite des Affaires étrangères, Faysal – une figure remarquable dans le domaine de la lutte des droits de femmes, ami de Vergniaud– ; le ministre tunisien des Affaires étrangères, Abdul Salam – un révolutionnaire printanier distingué, ami de Danton – ; le premier ministre qatari, Hamad – un despote immanquablement « éclairé », parrain du feuilleton « Le printemps aux pays des Arabes », « un des plus puissants seigneurs de la Westphalie, car son château avait une porte et des fenêtres»[1] – ; la secrétaire d’État de l’Empire étatsunien, Clinton – oratrice connue pour sa défense des droits de l’homme arabe, surtout au Bahreïn, au Yémen, en Libye et en Palestine, amie de Robespierre – ; sans oublier, certainement, le président du « Conseil national syrien », monsieur Burhan Ghalioun – un jacobin stagiaire, postmoderne et burlesque à la fois, qui se fut précipité au théâtre de la Sainte-Révolution syrienne[2] en hurlant « Liberté, Égalité, Fraternité », ami de Desmoulins.  

 

Summum de la campagne politique contre la Syrie


C'est encore une chose devenue universellement connue, qu’après divers échecs, les impliqués dans la conjuration contre la Syrie, à leur tête les émirs et sultans de la péninsule Arabique, qui, dépourvus de toute qualité leur permettant de s’élever au rang des Archanges gardiens des droits de l’homme, cherchent à se rassembler sur la scène internationale, la voix et le poing levés,  pour proférer de nouvelles menaces au président syrien, Bashar al-Assad, et pour lui promettre de nouvelles séries de sanctions et de pressions pour qu’il leur cède la Syrie.

Pourtant, avant de se laisser prendre par la « danse avec les loups»[3] et les injures du Capitaine Haddock[4], observons, le trajet qu’avait pris la campagne arabo-atlantique aux niveaux politique, diplomatique et militaire, depuis le 4 octobre 2011, date du premier projet de résolution du Conseil de sécurité sur la Syrie.  

Au préalable, la campagne politique contre la Syrie a atteint son « pinacle », le deuxième jour du mois d’octobre, date de la naissance du misérable « Conseil national syrien » et de l’élection de son président, monsieur Burhan Ghalioun. Nous nous rappelons bien de ce jour auguste où monsieur Ghalioun s’est précipité sur la scène des événements historiques s’habillant en Camille Desmoulins[5], levant par sa main droite le « Manifeste printanier » du CNS, qui n’était, en effet, qu’un amalgame d’idées mariant les déclarations des philosophes des Lumières avec celles des « Frères musulmans ». Cependant, au lendemain de ce jour grandiose, la foule opposante – s’agglomérant sous la bannière du CNS – se réveilla très tôt le matin, pour réaliser que tout ce bruit qu’elle eut fait la veille, restait sans horizon politique aucun. Dépourvue de tout agenda précis, autre que les injures et les cris de guerre, la foule opposante se trouvait de nouveau au point de départ, incapable de faire un pas en avant, lui permettant de pousser plus loin avec des pressions politiques contre la Syrie. Par contre, pour ne pas laisser la foule perdue dans son labyrinthe, deux jours plus tard, le 4 octobre, la Sainte-Alliance arabo-atlantique chevaucha au secours du CNS et présenta un projet de résolution au Conseil de sécurité, incriminant le président syrien et ouvrant la porte à une intervention militaire en Syrie. Heureusement, ce projet fut arrêté par l’opposition du double veto chinois et russe, qui tomba comme une bourrasque sur la tête de la Sainte-Alliance. Pour le ministre français des Affaires étrangères, M. Alain Juppé, l’échec du Conseil à adopter une résolution condamnant Damas était « un triste jour pour le peuple syrien » et « pour le Conseil de sécurité »[6]. Dénuées de toute modestie, Paris comme Washington promirent  de continuer à « soutenir » « les aspirations à la liberté et la démocratie du peuple syrien »[7]. M. Juppé assura que « la lutte des démocrates syriens pour la liberté est un juste combat », et que la France continuerait à le soutenir fermement « avec tous les pays qui le souhaitent »[8]. La France eut salué, quelques jours auparavant, la formation du « Conseil national syrien », et appelé le président Bachar al-Assad à quitter le pouvoir.

« En prison, jusqu’au jour où la loi et le cours régulier des sessions de justice t’appelleront à répondre ! », hurla Brabantio à Othello[9].  

 

Trajet descendant de la conjuration arabo-atlantique contre la Syrie


Après ce premier échec de la diplomatie arabo-atlantique, la Ligue arabe, dont le rôle et le poids furent réduits à un simple conseil Loya Jirga rassemblant les émirs et sultans du « Conseil de coopération du Golfe » (CCG), réussit, le 19 décembre, à pousser le régime syrien à signer un nouveau protocole de cesser le feu, de retirer l’armée des villes et de faciliter un déploiement d’observateurs arabes dans les zones de troubles[10].  

Cette victoire « blitzkrieg » de la Ligue arabe n’était, en vérité, qu’une impression fautive du déroulement de la campagne contre la Syrie ; car le transfert du dossier syrien à la Ligue était, en effet, le résultat de l’échec diplomatique au sein du Conseil de sécurité. Il n’est plus secret que le dossier syrien fut transféré d’une organisation internationale – le Conseil de sécurité – à une organisation régionale déchirée par des conflits d'émirs et de sultans – la Ligue arabe.

Par ailleurs, la campagne militaire s’accélérait et commença à dessiner un trajet ascendant, parallèle au trajet descendant qu’avait suivi la campagne diplomatique contre la Syrie depuis le premier échec. Le 23 décembre 2011, des installations des services de sécurité syriens à Damas furent la cible de deux attaques terroristes. Quarante-quatre personnes furent tuées et 166 autres blessées. « La main d'Al-Qaïda était derrière » ces attentats, selon un communiqué du ministère de l'intérieur[11]. Deux semaines plus tard, le 6 janvier, Damas fut de nouveau la cible d’un attentat suicide faisant 26 morts et 63 blessés.

La capitale des Omeyyades ne tarda pas à formuler sa réplique à l’ingérence des émirs et sultans de la péninsule Arabique. Ainsi, dans un discours prononcé le 10 janvier à l’amphithéâtre de l’université de Damas, le président syrien déclara le commencement d’une contre-offensive : « Nous avions fait preuve de patience et d'endurance dans un combat sans précédent dans l'historie moderne de la Syrie et ceci nous a rendu plus solide, et bien que ce combat porte de grands risques et des défis fatidiques, la victoire est à deux doigts tant que nous nous maintenons capables de résister, d'exploiter nos points forts qui sont nombreux, et de savoir les points faibles de nos adversaires, qui sont plus nombreux », déclara-t-il[12].

À côté de ces attaques terroristes contre les civils et les édifices gouvernementaux, les groupes wahabites armés et les milices de la soi-disant « Armée syrienne libre », appuyés par des milliers de mercenaires arabes et atlantiques[13], prirent contrôle de la ville de Homs et la transformèrent en un bastion de rebelles wahabites. En plus, la ville d’Idlib au Nord et le Rif de Damas tombèrent aussi sous la main des groupes armés.

De surcroît, l’aggravation militaire sur le terrain fut accompagnée par une nouvelle tentative de la part de la Sainte-Alliance arabo-atlantique à faire passer, le 4 janvier, un nouveau projet de résolution au Conseil de sécurité. Le projet fut de nouveau opposé par un double veto sino-russe. Suite à ce nouvel échec, une pluie de colère frappa les capitales occidentales ainsi que la péninsule Arabique dont le climat était d'une nature désertique. Partout aux quatre coins du monde, nous entendions les dirigeants et les responsables de la Sainte-Alliance proférer des menaces et des injures. Jamais dans l’histoire de la pratique diplomatique, l’échange verbal sur la scène internationale n’a atteint un niveau aussi avancé de prosaïsme et de vulgarité. L’ambassadrice étatsunienne au sein du Conseil de sécurité, Susan Rice, se sentit « dégoutée » de la position russe et chinoise[14] ; de son côté, le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, décrit la Russie et la Chine comme des pays qui « méritent des coups de pied au cul »[15]. Plus loin vers l’Orient, les émirs et sultans arabes ainsi que les califes ottomans se réveillèrent brusquement d’un long sommeil « centenaire », pour réaliser la nécessité de réformer le droit au veto au sein du Conseil de sécurité. Tragiquement, deux cents vetos étatsuniens opposés aux projets de résolutions visant la protection du peuple palestinien de l’atrocité de la soldatesque israélienne ne suffisaient pas pour que les crocodiles turcs et arabes versassent leurs larmes sur le Prométhée palestinien enchaîné[16].

Mensonges, vulgarité, prosaïsme, injures, menaces, larmes de crocodile, telle fut la réplique arabo-atlantique  au deuxième veto chinois et russe. Pourtant, la Syrie gagna de nouveau la bataille au Conseil de sécurité.

« Vieillesse ennemie n'avons-nous tant vécu, misérables vieillards, que pour apprendre cette catastrophe inattendue ! »[17].

 

Précipitation à l’Assemblée générale


Douze jours après l’opposition par la Russie et la Chine, le 16 février, le groupe arabe à l’Assemblée générale de l'ONU présenta au vote un texte de résolution condamnant la Syrie. L’Assemblée l’adopta à une écrasante majorité, malgré l'opposition de Moscou et de Pékin. Partout sur la scène internationale, les « révolutionnaires printaniers » ainsi que leurs parrains arabo-atlantiques applaudissaient la « victoire décisive » contre le « Vampire de Damas ». Sans reprendre son souffle, la machine médiatique de la Sainte-Alliance parlait de la chute inévitable du président syrien et prévoyait la nouvelle ère de l’après-Assad. La résolution exigea du gouvernement syrien qu'il mît fin « à ses attaques contre sa population civile »[18], et qu’il soutînt les efforts de la Ligue arabe « pour assurer une transition démocratique »[19] du pouvoir.

Pourtant, cette « victoire » restait illusoire, car la résolution n’avait qu’une portée essentiellement symbolique. Le groupe arabe le savait bien, surtout que les tiroirs de l’Assemblée générale sont pleins, jusqu’à présent, de textes pareils dénonçant l’atrocité israélienne contre le peuple palestinien, depuis 1947.   

En effet, l’utilité d’une telle résolution – s’il y en avait une – se présentait dans le besoin de donner une certaine « dose morale » aux groupes armés, qui perdaient de terrains dans des combats féroces avec l’armée syrienne à Homs, à Idlib et au Rif de Damas.  

 

Conférence d’« amis » à Tunis : Fin de partie


C’est d’abord un fait assez constant qu’après le double veto sino-russe au projet de la résolution du Conseil de sécurité sur la Syrie, l’indignation arabe et occidentale, s’étant dirigée contre Moscou et Pékin, ne reconnut que le « Conseil national syrien » comme seul représentant légitime du peuple syrien ; soit que ces orateurs « sanctifiés » de tout péché se moquassent de l’Histoire humaine, soit que cette Histoire ne fût, en vérité, qu’une scène de théâtre sur laquelle se jouaient les grandes farces de l’humanité.

Ainsi se réunirent les révolutionnaires printaniers et leurs parrains arabo-atlantiques, « amis de la Syrie », dans une salle de conférence à Tunis, le 24 février.

Dans la déclaration finale, les conférenciers appelèrent la Syrie à « cesser immédiatement toute forme de violence »[20] et s’engagèrent à prendre « des mesures pour appliquer et renforcer les sanctions sur le régime »[21]. Le groupe d’« amis » réaffirma aussi « son attachement à la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de la Syrie » et souligna la nécessité d’une « solution politique »[22] à la crise.

La moindre chose à dire de ces « réaffirmations » et ces « soulignements » qu’ils sont ridicules, burlesques et carnavalesques. Les peuples de la région le savent bien. En effet, pendant quinze ans de guerre civile atroce qui détruisit leur pays entre 1975 – 1990, les Libanais ne recevaient des émirs et sultans de la péninsule Arabique que des appels à cesser le feu, des « réaffirmations » de la souveraineté du Liban et des « soulignements » d’une solution politique. Pourtant, plus de cent mille personnes furent tués ; et le Liban fut déchiré en mille cantons et quelques. Parallèlement au supplice du peuple libanais, « Les Mille et une résolutions » de la Ligue arabe sur la Palestine n’ont pu ni arrêter l’atrocité de la soldatesque israélienne ni mettre fin au calvaire du peuple palestinien.

À plus forte raison, que ce soit l’accès libre des agences humanitaires, la reconnaissance du CNS comme représentant légitime du peuple syrien, ou la création d’une force arabe ; aucun appel de la conférence de Tunis ne laisse d’impact sur le terrain ; pour la simple raison qu’ils ne peuvent être réalisés sans la présence d’une des deux conditions suivantes : l’agrément du régime syrien – ce qui n’est point le cas – sinon l’invasion de la Syrie par les forces de la Sainte-Alliance – ce qui semble encore plus ridicule, vu le rapport de force établi dans la région entre « le camps de résistance » (l’Iran, la Syrie, le Liban) et l’Empire depuis la défaite de l’armée israélienne à la guerre de juillet 2006. En plus, les récentes victoires militaires qu’a menées l’armée syrienne sur les groupes armés laissent les deux options hors du jeu.

Dans ce sens, les effets d’une telle déclaration sur l’intérieur syrien reste sans efficacité aucune, mais d’une grande valeur d’échange dans le souk international d’accusations et d’injures contre le régime syrien.

Il en reste à dire qu’en manque d’une sortie « apothéose » de l’impasse politique et diplomatique où se furent mis, les conférenciers de Tunis, ne trouvant que la reconnaissance du CNS comme un « représentant légitime » du peuple syrien, annoncèrent aux spectateurs la fin de partie au Proche-Orient[23]. 

« Pas d’autre cause, pas d’autre cause, mon âme ! »[24].

Pour communiquer avec l’auteure : http://bofdakroub.blogspot.com/

 

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Notes

[1] « Candide » de Voltaire, chapitre I.

[2] http://www.legrandsoir.info/le-11-vendemiaire-de-la-sainte-revolution-syrienne-ou-l-echec-du-conseil-national-syrien.html

[3] « Danse avec les loups » (Dances with Wolves) est un film américain réalisé par Kevin Costner en 1990.

[4] Archibald Haddock est un capitaine de fiction et l'un des personnages principaux de la série de bande dessinée « Les Aventures de Tintin », créée par Hergé.

[5] http://www.legrandsoir.info/le-11-vendemiaire-de-la-sainte-revolution-syrienne-ou-l-echec-du-conseil-national-syrien.html

[6] http://www.lepoint.fr/societe/veto-sino-russe-triste-jour-pour-les-syriens-et-le-conseil-de-securite-juppe-05-10-2011-1380910_23.php

[7] http://www.lepoint.fr/societe/veto-sino-russe-triste-jour-pour-les-syriens-et-le-conseil-de-securite-juppe-05-10-2011-1380910_23.php

[8] http://www.lepoint.fr/societe/veto-sino-russe-triste-jour-pour-les-syriens-et-le-conseil-de-securite-juppe-05-10-2011-1380910_23.php

[9] dans “Othello” de Shakespeare.

[10] http://www.lepoint.fr/monde/syrie-les-monarchies-du-golfe-exigent-l-arret-immediat-de-la-repression-20-12-2011-1410544_24.php

[11] http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/12/23/attentats-contre-les-services-de-securite-a-damas-selon-la-television-syrienne_1622169_3218.html

[12] http://www.sana.sy/fra/51/2012/01/10/pr-393414.htm

[13] http://rt.com/news/britain-qatar-troops-syria-893/

[14] http://www.lepoint.fr/monde/pluie-de-critiques-apres-le-double-veto-a-l-onu-sur-la-syrie-05-02-2012-1427667_24.php 

[15] http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=29208 

[16] Dans la mythologie grecque, Prométhée est un Titan. Il est connu pour son intervention dans plusieurs mythes anthropogéniques : création des hommes à partir d'argile et d'eau et vol du « savoir divin » (le feu sacré de l’Olympe) pour l’offrir aux humains. Courroucé par ses excès, Zeus, le roi des dieux, le condamne à finir enchaîné et torturé sur le Mont Caucase. Il lui inflige aussi un supplice. Héphaïstos l’enchaîne nu à un rocher dans les montagnes du Caucase, où un aigle vient lui dévorer le foie chaque jour. Sa souffrance devient ainsi infinie, car chaque nuit son foie repoussait.

[17] Dans « Perses » d’Eschyle.

[18] http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/342895/syrie-l-assemblee-generale-de-l-onu-condamne-massivement-la-repression

[19] http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/342895/syrie-l-assemblee-generale-de-l-onu-condamne-massivement-la-repression

[20] http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/02/24/les-amis-de-la-syrie-veulent-relance-du-calendrier-diplomatique_1647859_3218.html

[21] http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/02/24/les-amis-de-la-syrie-veulent-relance-du-calendrier-diplomatique_1647859_3218.html

[22] http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/02/24/les-amis-de-la-syrie-veulent-relance-du-calendrier-diplomatique_1647859_3218.html

[23] http://www.voltairenet.org/Fin-de-partie-au-Proche-Orient

[24] Dans "Othello" de Shakespeare. 

 

Docteur en Études françaises (UWO, 2010), Fida Dakroub est écrivaine et chercheure, membre du « Groupe de recherche et d'études sur les littératures et cultures de l'espace francophone » (GRELCEF) à l’Université Western Ontario. Elle est l’auteur de « L’Orient d’Amin Maalouf, Écriture et construction identitaire dans les romans historiques d’Amin Maalouf » (2011). Fida Dakroub est un collaborateur régulier du « Centre de recherche sur la mondialisation ».

source mondialisation

 

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En Syrie, un génocide à huis clos

 

 

Pour l'écrivain Abdelhak Serhane«l’emploi de la force est la seule réponse possible de la part d’une communauté internationale qui s’agite avec de bonnes intentions, des paroles de compassion creuses pour un peuple pacifique qui se fait massacrer au nom de la liberté et de la démocratie par une armée de métier».

 

«L’histoire n’avait-elle pas toujours été un maçon inhumain et sans scrupules, faisant son mortier d’un mélange de mensonge, de sang et de boue.» A. Koestler


«Il y a deux histoires. L’histoire officielle, mensongère, qui nous est enseignée et l’histoire secrète où se trouvent les vraies causes des événements, une histoire honteuse.» H. de Balzac


Déjà près de 7 000 morts, sinon plus… Et le regard ahuri du monde face au carnage et aux décombres. Et dire que «les cimetières sont remplis de gens qui se croyaient irremplaçables!»

Bachar al-Assad est en train de détruire un pays qui ne lui appartient pas et massacre un  peuple qui ne veut plus de lui. Hommes, femmes et enfants descendent dans la rue, de jour comme de nuit, pour sommer le Monstre froid de dégager. L’armée, c’est-à-dire les enfants issus du même peuple, avance avec ses blindés sur les cadavres et tire à boulets rouges sur les pierres, les morts, les vivants et les déserteurs. Répression aveugle, meurtre à grande échelle, arrestations massives, torture systématique même sur les mineurs, disparitions, exécutions sommaires…

Cette main armée du président se perd chaque jour dans la dégradation de l’éthique du devoir guerrier, s’abaissant à ce niveau de cruauté irrationnelle et lâche qui transforme le soldat en criminel de guerre. L’abime de la barbarie immorale et de l’indignité, dans lequel plongent chaque jour un peu plus les assassins en treillis de Bachar, montre combien il s’agit là d’une armée de vils mercenaires sans réelle déontologie militaire et dont la veulerie consiste à tirer à bout portant sur des civils innocents au lieu d’affronter l’ennemi authentique, l’ennemi réel, l’ennemi commun.

Et pour quelle raison cette armée de fous assassine de sang froid des jeunes désarmés, des femmes, des vieillards et des enfants? Ils ont osé revendiquer la liberté et la démocratie! Ils ont eu l’audace d’affronter le chef de l’Etat et de lui direirhal! Dégage! Grâce au Printemps arabe, les serfs rêvent enfin de liberté face à des maîtres qui se croyaient incontestés et tout puissants! Or, nos chefs d’Etat arabes ignorent ce que signifie le mot démocratie. Face au cri libérateur de la masse ils répondent par l’unique langage qu’ils ont appris, la répression, installés comme ils le sont dans un rapport de force et de domination avec leurs peuples.

Grandis dans le giron d’autocrates avérés, nourris au sein de la tyrannie, ils deviennent tout naturellement des monstres d’égotisme et des despotes insensibles, totalement coupés du quotidien concret des gens ordinaires. Elevés dans le culte de la personnalité et de la possession, ils sont comme ces enfants blasés et narcissiques qui refusent de partager leurs jouets avec leurs camarades. Nos tyrans ne veulent rien céder des pouvoirs qu’ils ont hérités de Papa et pensent pouvoir continuer à sévir en toute impunité.

Adorateurs du pouvoir absolu, ils s’accrochent à leur gouvernail vermoulu à coups de despotisme, de manipulation, de répression, de corruption à grande échelle, d’arrestations massives et abusives, de procès montés de toutes pièces et de violences. A force d’obséquiosité réitérée matin et soir à leur égard, les vils courtisans qui les entourent les transforment en gourous, évoluant dans un monde en dehors du monde réel, hors du temps commun, vivant en sectes comme des insectes et s’agitent autour d’une flammèche qui risque, à tout moment, de leur griller la cervelle.

La génération Internet, jeune et moderne, fait face au péril de la rue avec la même férocité que ses Ancêtres. Ils sont prêts à risquer leur vie pour préserver leur absolutisme, barbotant jusqu’au cou dans le sang de leurs crimes. Le père Hafez al-Assad a fait entre 10 000 et 20 000 morts en 1982 pour mater l’insurrection des frères musulmans à Hama dans une indifférence quasi générale. Sans état d’âme, il a liquidé tous ses opposants et fait assassiner ses adversaires, même ceux en exil. Bilan de ses boucheries inconnu avec précision jusqu'à nos jours. Soutenu par Pékin et Moscou, le fils Bachar est en train de faire pire que papa. Son noir palmarès compte pas moins d’une vingtaine ou trentaine de victimes par jour. Et le massacre continue, systématique, pervers, sauvage. Les images qui nous parviennent de Syrie sont intolérables; nouveau-nés éventrés, enfants massacrés à coups de crosse, adultes ou mineurs torturés jusqu'à la mort, jeunes hommes abattus à bout portant, femmes violées, bâtiments éventrés à coups de canons… à l’heure où la communauté internationale comptabilise le nombre de morts, sème des protestations verbales à tout vent et se cache derrière le veto russe et chinois pour se laver les mains de ce génocide à huis clos.

Comment le Conseil de sécurité de l’ONU peut-il négocier la vie de milliers d’innocents arabes avec des dictatures qui ont le sang des Tchétchènes et des Tibétains sur les mains? La Chine et la Russie sont membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU qui respecte l’exigence du vote démocratique. En dehors de leur propre peuple, qui oserait imposer la démocratie à la Chine ou à la Russie comme on a prétendu le faire pour les Irakiens et les Afghans? Quel crédit donner à ce Conseil qui compte en son sein des pays mafieux, des pays voyous, des pays de non droit qui pèsent négativement de tout le poids de leur veto sur des résolutions qui cherchent à sauver des vies, à défendre la dignité des peuples et leur liberté, bloquant ainsi toute action de nature à mettre fin à la folie meurtrière de certains chefs d’Etat? Et que dire des nombreuses résolutions de ce même Conseil jamais respectées par l’Etat hébreu depuis la résolution 181 du 29 novembre 1947? Face aux blindés du président syrien qui pilonnent sans relâche Homs, Bab Amro, Al Waer, Hama, Dei ez-Zohr, Deraa, Idlib, Zabadani… la diplomatie piétine, reste impuissante, sans effet sur la détermination de l’homme résolu à exterminer son peuple au vu et au su du monde entier. Face à sa guerre globale, l’emploi de la force est la seule réponse possible de la part d’une communauté internationale qui s’agite avec de bonnes intentions, des paroles de compassion creuses pour un peuple pacifique qui se fait massacrer au nom de la liberté et de la démocratie par une armée de métier.

Incapables de faire pression sur le régime syrien, les pays membres de la Ligue arabe tergiversent, font des déclarations fracassantes, prennent des positions courageuses face au régime de Bachar al-Assad. Ils ont envoyé une mission des observateurs à Damas qui s’est soldée par un flagrant fiasco et la démission de son chef, le très controversé Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi. Par ailleurs, la Ligue a appelé à«rompre toutes les formes de coopération diplomatiques avec les représentants du régime de Damas dans les Etats, les instances et les conférences». Elle a également salué la Tunisie favorable à l’organisation de la «conférence des amis de la Syrie» le 24 février à Tunis… Le ton de la Ligue arabe monte d’un cran chaque jour. Jusqu’où? Au lieu d’envoyer une armée de coalition pour aider les rebelles à mettre fin à l’hystérie de cet homme, les Arabes bavardent et leurs fumeuses ordonnances n’ont aucun résultat concret sur le terrain. Ils attendent toujours que l’Occident prenne l’initiative et envoie ses armées au secours des victimes de la répression comme en Lybie.

Les chefs d’Etat arabes ont perdu leur présumée virilité guerrière après la guerre des six jours. Levi Eshkol et Moshe Dayan se sont chargés d’enterrer le reste de leur volonté dans le désert du Sinaï. Après le désastre de juin 1967, on a assisté à une dégradation des principes de moralité chez les dirigeants arabes qui n’ont plus relevé la tête ni même essayé de récupérer la vieille ville de Jérusalem, la cité des trois religions, malgré les innombrables sommets islamiques où ils se retrouvaient comme dans un club VIP, dilapidant des sommes folles en vacuité et prenant des résolutions courageuses pour libérer Al Qods charif. Depuis le temps, ils ont soliloqué sans jamais pouvoir effectuer une seule génuflexion à Jérusalem comme ils l’ont souvent promis. En fait, depuis 1967 ils ont troqué le code d’honneur arabe contre le masque du déshonneur, ont tourné le dos au bien-être collectif pour se consacrer à ce qu’ils savent mieux faire; corruption, détournement et lapidation des richesses des pays qu’ils gouvernent, vie de débauche, édification de fortunes colossales sur la pauvreté des peuples qu’ils manipulent et maintiennent sous le joug de leur tyrannie…, ne devant la longévité de leur règne qu’à la complicité, au silence coupable des puissances occidentales dont ils défendent les intérêts, exécutent sans rechigner les aménagements et les décisions même quand ils vont à l’encontre de l’intérêt général de leurs pays respectifs.

Le mépris et la haine nourris par les chefs d’Etat arabes à l’encontre de leurs propres communautés les transforment en bourreaux sans cœur, sévissant contre elles à la moindre protestation, leur déniant le droit à la liberté, considérant qu’elles ne sont pas mûres pour vivre en démocratie. Pour continuer à dominer sans partage, Ils ont falsifié l’Histoire, infantilisé leurs peuples qu’ils ont réduit à l’esclavage, tirant vers le bas ce qu’il y a de meilleur en eux, transformant les bassesses égoïstes en valeurs de succès et leurs échecs en victoires. Ibn Khaldoun disait: «Tout ce qui est arabe est voué à la ruine.» L’aveuglement de Bachar al-Assad est en train de mener son pays à la ruine, comme Saddam Hussein l’a fait pour l’Irak. Ben Ali, Moubarak, Ali Abdallah Saleh et Kadhafi n’ont lâché le pouvoir qu’une fois le carnage consommé.

A chaque crise, il a fallu que les Etats-Unis interviennent pour que cessent les expéditions meurtrières. Tant que les Américains n’ont pas pris une décision ferme contre le président syrien, les dirigeants arabes continueront longtemps leur palabre pléthorique et vain. Avec leur nombre et leurs pétrodollars, ils n’ont jamais été capables d’infléchir, un tant soit peu, la politique répressive d’Israël vis-à-vis des Palestiniens. Depuis la guerre des Six jours, ils n’ont plus jamais été à la hauteur des grands ni même des petits défis de l’Histoire. Qu’ils économisent leur salive, personne ne les croit en mesure de prendre un quelconque engagement décisif et collectif contre l’un des leurs dont ils sont les sosies. Ils doivent tous dégager pour que les peuples arabes retrouvent la dignité que ces dirigeants de désastre leur ont confisquée depuis les indépendances! Ces dirigeants de pacotille, schizophrènes et paranoïaques, pitoyables agents du Mossad, du CIA et du FBI, ont fait de nous des peuples vaincus et des civilisations décadentes.

 

Déjà près de 7 000 morts sinon plus… Et le regard ahuri du monde face au carnage et aux décombres.

Avec Bachar al-Assad, l’Histoire est en train de répéter le méprisable scénario de Kadhafi (avec moins de chance que la Libye). Le président syrien joue son va-tout dans cette guerre abjecte qu’il mène contre son peuple. Il se sait perdu car il est allé trop loin dans le crime pour faire marche arrière. Son obstination acharnée est une fuite en avant vers sa propre destruction. Il finira dans une bouche d’égout, comme Saddam et Kadhafi avant lui, pour avoir voulu priver le peuple syrien de sa liberté. L’homme est déjà fini sur le plan international. Il est mort le jour où le premier martyr de la révolution syrienne est tombé sous les balles de sa soldatesque.

L’Armée Syrienne Libre (l’A.S.L.) sait qu’elle ne peut compter que sur elle-même. Ne pouvant plus reculer, elle n’a d’autre choix que d’aller jusqu’au bout de sa résistance. Le jour où elle fera tomber le régime de Damas, la honte ignominieuse s’abattra sur Moscou et Pékin qui ont soutenu le Monstre froid par leur blocage diplomatique, mais aussi sur les autres capitales du monde qui ont laissé faire, abandonnant le peuple syrien seul face aux bombardements d’une armée d’assassins ayant perdu son âme. Cette armée, bras-tueur du président, joue sans le vouloir, un rôle moteur dans le processus, déjà en route, qui aboutira fatalement à la chute de Bachar al-Assad.

Et après? Une instance internationale se réveillera enfin de son coma et réclamera une commission d’enquête pour s’assurer que la mort de Bachar ne fut pas un crime de guerre!

Puis, quand tout sera fini, les démocraties occidentales et les théocraties arabes reconnaîtront, l’une après l’autre, le nouveau gouvernement syrien de transition. Les multinationales et les prédateurs de tout bord accourront pour rafler les contrats de reconstruction des infrastructures détruites par la guerre. On étalera sur la scène publique les crimes de l’ancien dictateur ainsi que les milliards de dollars qu’il aura détournés à son profit comme le font tous ses frères arabes. On ouvrira les portes de ses prisons secrètes. On dénombrera ses charniers. On déterrera des milliers de squelettes. Et on passera des images et des témoignages à la télévision.

Ce jour-là, on dira de lui, dans un soupir de soulagement hypocrite: «Quel grand criminel c’était!»

Il sera alors trop tard… et le feu de la révolution arabe aura embrasé un autre pays!

source mediapart

 

 

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