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1 mars 2012 4 01 /03 /mars /2012 07:21
L’UGTT appelle à de grands rassemblements ouvriers à Sousse et Nabeul, ce week-end

Le bras de fer engagé entre le gouvernement et l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) continue. La commission administrative de l’Union régionale du travail de Sousse a décidé d’organiser un grand rassemblement ouvrier le samedi 3 mars 2012.


Le lendemain (le dimanche 4 mars), ce sera au tour de l’Union régionale du Travail de Nabeul d’organiser un rassemblement similaire. Par ces rassemblements, les syndicalistes veulent protester contre les attaques visant l’UGTT telles que le déversement d’ordures devant son siège central ou la mise à feu de certains de ses locaux régionaux.

Selon Sami Tahri, porte-parole officiel de l’UGTT, les syndicalistes dénoncent également les récentes déclarations du Premier ministre Hamdi Jebali affirme que des hommes d’affaires et des réseaux de l’ex Rassemblement Constitutionnel Démocratique ont amené par bus des milliers de personnes ayant participé à l’imposante manifestation organisée le 25 février par l’UGTT à Tunis. «L’UGTT est suffisamment forte pour mobiliser des dizaines de milliers de manifestants. Elle n’a pas besoin du renfort du RCD ou des hommes d’affaires », déclare Sami Tahri.

source letemps

 

 

 

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Ennahdha et le gouvernement font un pas en arrière pour calmer l’UGTT. 

 

La TV nationale tunisienne avait organisé, hier soir, mardi 28 février 2012, un débat réunissant un représentant de l’UGTT (Samir Cheffi), un représentant d’Ennahdha (Sahbi Atig, membre du Board du parti au pouvoir) et un des conseillers du chef du Gouvernement tunisien (Lotfi Zitoun). Un débat qui intervenait sur fond de crise  entre les trois parties. Une crise matérialisée par les attaques contre des bureaux régionaux de l’UGTT et exacerbée par du chef du Gouvernement Hamadi Jbali contre la centrale syndicale et la marche de protestation organisée, à Tunis, à l’occasion de laquelle Jbali a aussi écorché les siens.


Malgré une tenue, un peu trop décontractée, et de Lotfi Zitoun sur le plateau et qui pouvait faire craindre une atmosphère tendue, il était visible que les représentants du gouvernement et d’Ennahdha, étaient venus pour essayer de «calmer le jeu» et détendre l’atmosphère entre eux, d’une part,  et le plus grand syndicat ouvrier qui commençait déjà à organiser des manifestations, similaires à celle de Tunis, dans d’autres grandes régions de la Tunisie, d’autre part.


Ennahdha craint la Gauche.


 De prime abord, Samir Cheffi monte sur ses grands chevaux, plante le décor et évoque longuement l’image de Farhat Hached, symbole du syndicalisme ouvrier en Tunisie, « souillée par les immondices entassées devant le siège de l’UGTT ». Il évoque aussi le rôle de celle-ci dans la Révolution, le droit à la grève en tant que moyen d’expression des revendications de la classe ouvrière.
Sahbi Atig, représentant d’Ennahdha, tente de rebondir et dévoile l’un des reproches que fait, sans le dire officiellement, le parti au pouvoir et son gouvernement, au syndicat. «Beaucoup de parties, politiques et sociales, à l’intérieur comme à l’extérieur, ont contribué à cette situation. Ces parties ne doivent pas profiter des circonstances économiques et sociales et même la conjoncture naturelle par laquelle passe le pays, comme la neige et les inondations, pour les surenchères et les pressions revendicatrices impossibles à réaliser», rétorque le représentant d’Ennahdha comme s’il était au gouvernement. Il dévoile ainsi, peut-être, la cause principale de  l’accès de colère qui pourrait expliquer la déclaration du chef du Gouvernement sur les ondes d’une radio privée. Un gouvernement qui se serait ainsi trouvé sur trop de fronts à la fois (grèves, salafistes, médias, opposition, budget non encore prêt, constitution), pour pouvoir garder son calme et mieux gérer le stress de l’action gouvernementale. Atig en voudra à l’UGTT d’avoir un peu trop bousculé le pouvoir en place, par trop de grèves à la fois et de ne pas avoir su respecter «les priorités de cette période cruciale» qui doivent être discutées entre toutes les parties nationales responsables ».


Le membre du Board d’Ennahdha se livre à une sorte de philippique, agitant la théorie du complot, chère, ces derniers temps, à son parti, en avertissant que «tout échec de cette expérience est un reniement des objectifs de la Révolution et une apostasie». Le conseiller Lotfi Zitoun ira, à son tour, dans le même sens en niant vouloir le faire, mais en  évoquant des personnes qui s’attendraient à ce que le gouvernement de Jbali tombe au cours du mois de mars prochain. Il aura, auparavant, réussi à glisser un déni  du gouvernement actuel des augmentations salariales «données en cadeau» par le gouvernement précédent, lance-t-il, en indiquant que les négociations sociales viennent à peine de commencer et que l’UGTT «aurait pu retarder tous les mouvements sociaux, en attendant la fin des négociations».


Plus tard, Sahbi Atig comme Lotfi Zitoun, dévoileront, par des propos indirectement directs, le second gros grief du parti au pouvoir, protecteur de ses poulains au pouvoir, contre l’UGTT. «Il y a actuellement une politisation de l’action syndicale » commencera par dire Zitoun et par faire un développement historique du «rôle d’ombrelle, joué par l’UGTT pour plusieurs courants politiques», pour conclure à l’existence d’éléments de Gauche au sein de l’actuel bureau exécutif de l’UGTT qu’il a clairement accusés d’avoir été les premiers [il disculpera au passage le SG de l’UGTT] à accuser Ennahdha dans l’affaire du déversement des poubelles. Zitoun fera tous ces détours pour mettre, en définitive, en garde l’UGTT contre cette Gauche que semble craindre Ennahdha. Presqu’à la fin de l’émission TV, Sahbi Atig adressera un message clair à la centrale syndicale pour qu’elle dégage la Gauche de son ombrelle protectrice. Une Gauche dont Lotfi Zitoun s’était auparavant offusqué qu’elle donne son accord à toutes les décisions de la Constituante  et qui tempête dans la rue [à l’occasion de la marche organisée par l’UGTT] contre le gouvernement et demande sa chute.


Gouvernement & Ennahdha veulent calmer le jeu.


Tout en brandissant cette condition [sans jamais dire qu’elle en est une], en trame de l’émission télévisée, des déclarations et des répliques qui l’ont ponctuée, de l’éloignement de la Gauche de l’UGTT qui ne doit plus lui offrir de tribunes pour faire de la politique en dehors des voies habituelles de la politique, Ennahdha et le gouvernement étaient visiblement venus pour calmer le jeu, calmer l’UGTT et clore l’affrontement avec la centrale syndicale.


Tout au long du plateau TV et à chaque fois que Samir Cheffi montait au créneau pour rappeler le poids syndical et social de l’UGTT et ses luttes en martelant des mots comme la hausse des prix, la liberté, la dignité et le devoir du gouvernement d’améliorer tout cela, Gouvernement et Ennahdha font un pas en arrière comme pour désamorcer,  à travers lui,  toute la crise avec l’UGTT. «Nous appelons au calme et à l’entente» répètera, à deux  reprises, Sahbi Atig devant les coups de bélier syndicaux de Samir Cheffi. Les détenteurs  du pouvoir en Tunisie ont-ils réussi dans cette tentative ? A première vue oui. Cela est au moins visible dans l’absence de nervosité et même de confrontation, même lorsque le représentant de l’UGTT demande à Jbali «d’épurer son propre gouvernement des symboles de l’ancien régime, avant d’accuser l’UGTT de s’appuyer sur les restes de Ben Ali». Cela est aussi visible lorsque Zitoun accepte de revenir sur la fameuse circulaire n°7 et  accepte d’assigner  désormais l’objet de cette circulaire aux représentants syndicaux. Visiblement donc, Gouvernement & Ennahdha ont ou sont en train de réussir à désamorcer la crise avec l’UGTT. On attendra certainement, pour confirmer tout cela, une possible rencontre Jbali/Houcine Abbassi.


Nous estimons, cependant, que le gouvernement n’avait pas complètement tort lorsqu’il évoquait la multiplication, économiquement nocive, des grèves et des mouvements sociaux, lorsqu’il se plaint de leur timing, tout aussi économiquement nocif et lorsqu’il évoque une recrudescence des revendications salariales, pour l’instant, impossibles à concrétiser eu égard aux  capacités financières du pays. Nous estimons aussi que le gouvernement serait presque prêt à accepter tout cela, si l’UGTT acceptait  ses demandes, beaucoup plus politiques et partisanes. Nous estimons enfin que l’économie ne peut pas se permettre ce luxe politique que demande Ennahdha à la centrale syndicale et que le gouvernement devrait se débarrasser de ces soucis partisans et travailler pour le bien de toute la Tunisie et non pour le bien politique du parti au pouvoir. C’est aussi et surtout cela, la séparation entre l’Etat et la politique.

Khaled Boumiza

source africanmanager

 

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Le Parti socialiste français soutient l’UGTT

Le Parti socialiste français (PS) a réagi aux attaques répétitives perpétrées contre les locaux de l’UGTT, à travers un communiqué publié sur son site officiel et dans lequel il soutient l’UGTT et appelle le gouvernement tunisien à prendre position contre ces dérives.
Voici le contenu intégral du communiqué :
« Depuis plusieurs jours à travers le pays, les locaux de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) sont la cible de mises à sac et de tentatives de destruction de la part de milices extrémistes. Ces attaques font suite à la grève générale des agents municipaux, organisée par l’UGTT au nom de la lutte légitime pour la défense des droits des travailleurs tunisiens.

Le Parti socialiste exprime son inquiétude face à la dérive antidémocratique dont est la cible l’UGTT. Il appelle le gouvernement à réagir fermement au nom du respect des droits fondamentaux que sont les libertés d’expression et syndicale. » 


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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 08:38

Prix des produits alimentaires fixés par le gouvernement

 

Le ministère de l’Industrie et du Commerce a mis à la disposition des citoyens un numéro vert (80.100.191) pour informer les décideurs sur les dépassements dans les prix des produits alimentaires fixés par l’Etat.

Pour faire face à la cherté de la vie, le ministère de l’Industrie et du Commerce a mis des contrôleurs sur le marché. Ainsi qu’un numéro vert à la disposition des citoyens. Voici la nouvelle liste des prix des produits alimentaires de première nécessité : 

pommes de terre importées : 540 millimes le kg ;

pommes de terre locales : 750 millimes le kg ;

viande de veau sans os : 14 dinars le kg ;

viande de veau avec os : 10 dinars le kg ;

viande d’agneau : 15 dinars le kg ;

4 œufs à 590 millimes ;

viande de poulet : 4,850 dinars le kg ;

escalope : 8 dinars le kg ;

oignon de saison : 600 millimes le kg ;

oignon sec (têtes) : 800 millimes le kg ;

carottes : 540 millimes le kg.

source kapitalis



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La dette extérieure de la Tunisie face aux revenus de l’État

Ministère des finances de la République tunisienne

Dans l’article intitulé « La dette extérieure : un frein au développement de la Tunisie », je me suis attaché à présenter la dette extérieure de la Tunisie de manière alternative en démontrant que l’évolution de cette dette est exponentielle, que la moyenne des intérêts était de l’ordre de 60 % et que le fait d’exprimer la dette en pourcentage du PIB était ni rigoureuse, ni objective.

Dans ce nouvel article je souhaite poursuivre le raisonnement en confrontant la dette aux revenus de l’état tunisien. En effet, il est raisonnable d’analyser la dette en fonction des capacités de l’état à la rembourser, c’est-à-dire en fonction de ses revenus. L’objectif est donc d’étudier les revenus de l’état tunisien, leur évolution, leur décomposition et enfin d’analyser la dette en pourcentage de ses revenus.

Toutes les sources de ce document proviennent intégralement de la base de données de la Banque Mondiale.


I – Evolution des revenus de l’état tunisien


Selon les définitions fournies par la Banque Mondiale et donc le FMI, les revenus de l’état sont de deux types.

Premièrement il s’agit des revenus qui correspondent aux recettes de trésorerie provenant des taxes, cotisations sociales, et d’autres recettes telles que des amendes, des frais, le loyer et le revenu provenant de biens ou de vente.

Deuxièmement, les subventions et autres revenus comprennent les subventions provenant d’autres gouvernements étrangers, organisations internationales, et d’autres entités publiques, les intérêts, les dividendes, etc… Autrement dit, ce que le FMI et la Banque Mondiale considèrent être des subventions, je les qualifie de dette, sans autre détour car des dons il y en a quasiment pas et des remises de dette il n’y en pas eu. On doit y ajouter les ressources de l’état autres que les recettes fiscales et celles du patrimoine national.

 

Figure 1: Montants (en milliards de TND) des revenus de l’état tunisien


Dans la figure 1, On peut observer que les revenus de l’état tunisien sont en constante augmentation pour atteindre, en 2009, un montant total de 18 782 700 000 TND ; Soit une augmentation de 456,42% depuis 1990. Il est à noter que cette augmentation de revenus est essentiellement due à l’augmentation des recettes fiscales et de manière plus minoritaire à l’augmentation de la dette publique.

 

Afin de mieux cerner l’évolution des revenus de l’état tunisien, il est nécessaire de les décomposer, par catégorie de recettes pour comprendre qui finance, en réalité, la nation.


II – Décomposition des revenus de l’état tunisien et impact des plans d’ajustement structurel imposés par le FMI et de l’accord de libre-échange avec l’UE

 

Figure 2: Evolution des recettes qui composent les revenus de l'état tunisien.


Dans la figure 2, Les « subventions » et autres recettes figurent en rouge et évoluent à la baisse en termes de pourcentage de revenus de l’état. Il faut préciser, que s’ils sont ici en baisse, en réalité, en termes de montants, ils sont malgré tout en augmentation. Pour plus d’information à ce sujet je vous renvoie à l’article « La dette extérieure : un frein au développement de la Tunisie ».

 

Les autres catégories de la figure 2, décomposent les recettes fiscales de l’état tunisien. Ainsi on peut observer que les taxes sur les exportations (bleu) sont quasiment nulles. De plus, les impôts sur le commerce extérieur (violet) sont en net diminution : ils ont été divisés par près de 4. Il est essentiel de comprendre que ces droits de douanes concernent exclusivement les taxes sur les importations. Les données avant 1990 n’étant pas disponibles, il faut savoir que les taxes sur les exportations ont quasiment disparu suite aux plans d’ajustement du FMI à la fin des années 80. Il en est de même pour les taxes sur les importations qui, suite à ces plans, sont passés de 36 à 27% rien qu’en 1988. La poursuite de cette politique d’ouverture s’est ainsi poursuivie les décennies suivantes.

Nous observons de même une rupture en 1996, qui correspond à la mise en place de l’Accord de Libre-échange avec l’Union Européenne, dont nous avons montré l’asymétrie des échanges avec la Tunisie, qui a instauré une exonération des droits de douane entre les deux entités (voir sur le site de la douane tunisienne) et qui explique donc la fonte des recettes issues du commerce international.

A l’inverse des réductions des droits de douanes sur les importations, on constate que les recettes fiscales provenant des impôts sur la consommation, des impôts sur le revenu, les bénéfices et les gains en capital ainsi que des contributions sociales ont globalement été multipliés par deux. Ceci est aussi dû aux injonctions du FMI qui pour rappel, lors de sa récente visite en 2010 au titre de l’article IV concernant la Tunisie, exigeait :

« 22. Le régime fiscal pourrait être rendu plus favorable aux entreprises.

Des comparaisons avec les autres économies émergentes indiquent que la pression fiscale sur les entreprises est relativement élevée en Tunisie et qu’il serait également possible d’accroître le rendement des taxes sur la consommation. C’est pourquoi, une réduction de l’impôt sur les bénéfices des entreprises, compensée par un relèvement du taux normal de la TVA ainsi qu’un élargissement de son assiette moyennant l’élimination de certaines exonérations, serait susceptibles de stimuler la croissance. Les services du FMI sont satisfaits du fait que les autorités prévoient de poursuivre la réforme des droits de douane pour les rapprocher des normes internationales, en réduisant davantage les niveaux et le nombre de taux. »

Ce même FMI, que certains medias tunisiens tentent de protéger par des stratégies de manipulation des masses comme nous avons analysé dans l’article : « Stratégie de l’épouvantail. Application au FMI en Tunisie ». Malheureusement, les montants des recettes fiscales ne sont pas disponibles dans la base de données de la banque mondiale pour évaluer ce que rapportent exactement les taxes à l’état. Cependant on peut conclure que les droits de douanes ont été diminués et sont compensés par une augmentation de l’imposition au détriment de la population.


III – Comparaison de l’évolution des recettes de l’état tunisien et du stock de la dette extérieure.


Figure 3: Evolution comparée des recettes de l'état et du stock de la dette extérieure

Sur la figure 3 figure en rouge le stock de la dette extérieure et en bleu les recettes totales de l’état. En vert figure dans la continuité des revenus de l’état une estimation constante des recettes de l’état pour les années 2010 et 2011 afin de compléter la carence de la base de données de la Banque Mondiale.

La figure 3 illustre d’une part que le stock de la dette extérieure de la Tunisie est en augmentation et particulièrement entre 2009 et 2011 où elle a augmenté de près de 15%. D’autre part, même si les revenus de l’état ont également augmenté, ceux-ci figurent toujours en dessous du stock de la dette extérieure. Autrement dit, l’état tunisien n’est pas solvable et n’est donc pas en mesure de rembourser ses emprunts à l’étranger.

Dans ces circonstances, exprimer la dette extérieure en pourcentage du PIB telle qu’elle est communément présentée, relève de la manipulation. En effet, le ratio dette/PIB oscille entre 40% et 50% du PIB. Aussi bien le gouverneur de la BCT, Mustapha Kamel Nabli (MKN), que les atugéens nous racontent que la dette extérieure de la Tunisie est soutenable car elle se situe en dessous de 60%, limite qu’ils prennent pour référence pour définir la soutenabilité de la dette selon les critères de Maastricht de l’union européenne. MKN et les atugéens semblent ne pas comprendre que la Tunisie n’est pas l’Europe, que les deux économies ne sont pas comparables et que la dette extérieure tunisienne n’est pas une dette souveraine car elle n’est pas libellée en monnaie locale mais en devise (USD, Euro et YEN essentiellement). Afin de se procurer de la devise, pour honorer sa dette et ses intérêts, la Tunisie s’approvisionne sur les marchés financiers internationaux (MFI), c’est-à-dire sur le marché de la dette.

Ainsi, le ratio dette/PIB n’a aucun sens pour la Tunisie. Ce ratio ne présente pas la solvabilité du pays, sauf à dire qu’il faut vendre entre 40% et 50% du pays à des étrangers pour être en mesure de régler la dette et surtout l’accumulation de ses intérêts.

Afin de mesurer la soutenabilité de la dette extérieure par rapport à l’économie tunisienne, il est indispensable de la mesurer, non pas en fonction du PIB, mais en fonction des revenus de l’état tunisien.


IV – Soutenabilité de la dette extérieure de la Tunisie.


Il existe plusieurs méthodes pour évaluer la soutenabilité du stock de la dette extérieure de la Tunisie. Le premier qui sera présenté sera le ratio de la dette extérieure de la Tunisie en fonction des revenus de l’état. Le second sera ratio de la dette extérieure de la Tunisie en fonction des revenus des exportations qui fournissent à la Tunisie de la devise étrangère. Enfin le troisième sera ratio de la dette extérieure de la Tunisie en fonction des réserves de devises et d’or de la nation.


1. Ratio de la dette extérieure de la Tunisie en fonction des revenus de l’état


Figure 4: ratio dette/revenus

Le calcul du ratio de la dette extérieure de la Tunisie en fonction des revenus de l’état (figure 4) démontre que la dette tunisienne est insoutenable pour l’économie du pays. En effet, le stock de la dette évolue autour de 150% des recettes de l’état, ce qui veut dire, qu’a l’heure actuelle, la Tunisie est un pays en faillite et qui n’est absolument pas capable de rembourser quoi que ce soit. La stratégie de de MKN consiste à gagner du temps. Il engage la Tunisie dans un surendettement pour payer les anciennes dettes avec les flux monétaires des nouvelles dettes contractées. Cette stratégie n’est pas un modèle de développement mais une fuite en avant qui conduit le pays droit dans un mur, au détriment des investissements et de la population tunisienne qui se trouve de jour en jour confrontée à un mur de dette qu’elle n’a pas souhaité et qu’elle ne pourra de toute façon pas rembourser.


2. Ratio de la dette extérieure de la Tunisie en fonction des revenus des exportations


Figure 5: Stock de la dette extérieure exprimée en pourcentage des revenus des exportations

Les exportations sont la seule source nette de devise de la Tunisie. Exprimer le stock de la dette en fonction des revenus des exportations permet de visualiser la soutenabilité de la dette en fonction de la source de devise. Là encore le ratio est éloquent. La dette extérieure de la Tunisie est insoutenable. En 2010, il aurait fallu sacrifier la totalité des revenus des exportations pour rembourser la dette extérieure, ce qui est impossible à faire en une année car le pays est malgré tout dépendant, à l’heure actuelle d’un certain nombre d’importations. Cependant, il peut être envisagé de se débarrasser progressivement de la dette extérieure grâce aux revenus des exportations selon un plan qui inclurait la réduction rapide des nouveaux contrats d’endettement, la limitation des importations au strict nécessaire et en allouant une part des revenus des exportations aux paiements de la dette extérieure qui ne serait pas odieuse. Dans tous les cas de figure, ce plan doit être associé à l’audit des finances, de la Banque Centrale, et de la dette extérieure ainsi qu’à l’annulation de la dette odieuse et illégitime qui appartient à Ben Ali et ses complices.

 

Figure 6: Stock de la dette extérieure exprimée en pourcentage des réserves totales de devises et d'Or


Enfin, le seul est unique et réel moyen d’évaluer la soutenabilité de la dette extérieure et de l’exprimer en fonction des réserves total en devises et en Or de la Tunisie. La figure 6 démontre que la dette extérieure de la Tunisie n’a jamais été soutenable et que pour l’année 2010 elle est deux fois plus élevée que les réserves financière réelles du pays. Il est essentiel pour la Tunisie de se sortir du piège infernale de la dette qui la saigne et qui représente une perpétuelle menace sur sa souveraineté financière et son indépendance politique et économique.

 

V – Député(e)s de l’assemblée nationale constituante, c’est à vous de jouer !


Le RAID-ATTAC-CADTM, le Comité de réflexion sur l’économie Tunisienne (CRET), Collectif “Auditons les Créances Européennes envers la Tunisie” (ACET), et d’autres militants ont soutenu et revendiqué, à juste titre, un moratoire sur la dette tunisienne et les finances de l’état. A l’heure actuelle MKN refuse catégoriquement de procéder aux audits (voir notre article : « EXCLUSIF : Le vrai visage de Mustapha Kamel Nabli alias MKN » et contrairement à ce qu’il prétend il s’oppose à toute transparence du bilan de la banque centrale de la Tunisie (BCT)). Outre cette opposition, il a même revendiqué l’indépendance de la BCT, pour se libérer de toute obligation ou justification devant le peuple tunisien via un gouvernement légitimement élu, ce qui est une attitude clairement contre révolutionnaire. (Voir l’enquête : « la révolution économique mise en danger par nabli à la BCT »)

Avant les élections du 23 octobre, les partis tunisiens étaient clairement favorables à un audit de la dette publique tunisienne et aujourd’hui des forces vives du pays réclament la transparence dans la gestion de l’Etat comme la campagne #7ell qui exige une politique d’ « open government ». Suite aux élections, les partis qui s’étaient engagés à mettre en place un audit de la dette n’ont toujours pas tenu leur promesse. Il est encore temps (voir la vidéo des promesses des partis).

La dette tunisienne contractée sous Ben Ali est un fardeau pour les tunisiens et un frein au développement du pays. Le moratoire sur la dette est un devoir envers les générations de tunisiennes et tunisiens du présent et du futur. La dette odieuse de Ben Ali doit être annulée en vertu de la jurisprudence internationale, car cette dette à desservi le peuple, plus grave encore elle a financé la répression et l’obscurantisme d’une dictature (voir l’affaire Amesys sur le matériel de surveillance français venu à Ben Ali).

Mesdames, Messieurs les député(e)s de l’ANC, vous êtes aujourd’hui les représentants du peuple souverain tunisien qui s’est révolté pour mettre fin à cette dictature policière, financière et économique. Vous avez le devoir d’informer le peuple tunisien sur la totalité de ces questions en procédant à un audit profond des finances de l’état et de la dette publique qui ont servi à un dictateur pour s’enrichir et réprimer la population, et maintenu le pays dans un asservissement total. Nous ne vous jugerons que sur vos actes.

source nawaat

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 07:43

Poursuivre Assad pour crimes de guerre compliquerait la situation


À Binnish, près d’Idlib, un jeune garçon passe près de graffitis disant d’une part : « Le pays est mon père et la révolution ma mère », et d’autre part : « Syriens libres – Bachar est un chien et fils de chien. »   Zohra Bensemra/Reuters
À Binnish, près d’Idlib, un jeune garçon passe près de graffitis disant d’une part : « Le pays est mon père et la révolution ma mère », et d’autre part : « Syriens libres – Bachar est un chien et fils de chien. »   Zohra Bensemra/Reuters

 

Sous les feux de la critique, la Syrie quitte les débats à l’ONU.

La délégation syrienne a essuyé hier les critiques des diplomates après avoir précipitamment quitté les débats au Conseil des droits de l’homme des Nations unies.

 
« Considérant que le véritable objet de cette session est d’attiser la flamme du terrorisme dans mon pays (...), ma délégation déclare son retrait de ce débat stérile », a ainsi annoncé le représentant syrien auprès de l’ONU Faysal Khabbaz Hamoui. « Nous ne reconnaissons pas la légitimité de cette session ni celle d’aucune résolution malveillante », a-t-il dit. « La mesure la plus simple et fructueuse pour aider le peuple syrien est celle qui consiste à cesser d’inciter au sectarisme et cesser de fournir des armes et des fonds pour dresser les Syriens les uns contre les autres », a-t-il ajouté, avant de quitter la salle. Malgré ce départ précipité, les hauts responsables politiques ont poursuivi leurs discussions, mais tous les orateurs n’ayant pas pu parler, le Conseil se prononcera sur le projet de résolution demain, selon le vice-président de l’organe onusien Christian Strohal.

 Cette résolution, déposée par le Qatar, le Koweït, la Turquie et l’Arabie saoudite et cosignée par 50 autres pays, appelle le régime de Bachar el-Assad à « autoriser un accès libre et sans entrave à l’ONU et aux agences humanitaires pour procéder à une évaluation complète des besoins à Homs et dans d’autres régions ». Cet accès doit également « permettre aux agences humanitaires de livrer des articles de première nécessité et (d’offrir) des services à tous les civils affectés par la violence, en particulier à Homs, Deraa, Zabadani et dans d’autres régions assiégées par les forces de sécurité syriennes ». L’aggravation de la situation humanitaire en Syrie a donc dominé les débats à Genève. Sur ce point, la France espère que la Russie et la Chine ne s’opposeront pas à une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU sur la Syrie en faveur d’un cessez-le-feu humanitaire, a déclaré hier le chef de la diplomatie Alain Juppé. En attendant, les deux pays ont aussi enjoint à Damas de trouver une solution à la crise humanitaire.


Les craintes des USA

 
Dans ce contexte, la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton a estimé qu’il existait des « arguments » qui permettraient de poursuivre le président syrien Bachar el-Assad comme criminel de guerre, mais qu’une telle action compliquerait la recherche d’une solution en Syrie.
La Maison-Blanche a affirmé de son côté qu’el-Qaëda essayait de profiter des violences en Syrie, et reconnu qu’il s’agissait de l’une des raisons pour lesquelles fournir des armes à l’opposition au régime de Bachar el-Assad n’était pas à l’ordre du jour pour Washington.
Pour sa part, le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a appelé à un « changement » en Syrie, sans lequel le pays ne saurait « se stabiliser », et à la tenue d’« élections libres », selon le texte d’une interview à un journal saoudien diffusé par ses services hier.
De son côté, le ministre vénézuélien du Pétrole a annoncé hier que son pays avait envoyé deux cargaisons de carburant à la Syrie l’année dernière et continuera d’approvisionner le pays, en dépit des sanctions adoptées contre Damas.

 
Sur le terrain, les équipes du Croissant-Rouge arabe syrien (CRAS) et de la Croix-Rouge internationale (CICR) qui négociaient avec les autorités et les rebelles ont indiqué avoir quitté Homs hier faute d’accord sur l’évacuation de blessés bloqués dans le quartier de Bab Amr pilonné par l’armée, expliquant qu’ils allaient réfléchir à une nouvelle approche pour y entrer.

 
Parallèlement, les Frères musulmans de Syrie ont dénoncé hier « un massacre » et « des crimes de guerre » commis la veille par les forces du régime contre des familles fuyant le quartier de Bab Amr. Un communiqué de la confrérie accuse notamment les forces de sécurité d’« avoir fait monter des familles entières dans des cars sous prétexte de les transporter en lieu sûr, avant d’en faire descendre les hommes et de tuer 65 d’entre eux de sang-froid à coups de couteau, comme on égorge les moutons ». Les corps, qui n’ont pas été identifiés, « portent des traces de balles et de coups portés à l’arme blanche », a précisé le chef de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) Rami Abdel Rahmane.

 
Dans ce contexte, Mohammad el-Chami, porte-parole des Comités locaux de coordination (LCC) de Damas, un groupe qui chapeaute les manifestants, a indiqué que des milliers de personnes sont descendues hier dans la rue à Kafar Soussé et Midane, deux quartiers de Damas qui a été relativement peu touchée jusque-là encore par les manifestations antirégime, afin d’enterrer des victimes des tirs des forces de sécurité. Des manifestations se sont également déroulées dans les localités de la périphérie de Damas, comme Irbine et Zamalka, ainsi qu’à Barzé, un quartier de la capitale, en présence de nombreux agents de la sécurité, selon les mêmes sources.

« Carnage » en Syrie, plus de 7 500 tués

 
En attendant, le nombre de tués pour hier seulement était de 92, selon la chaîne al-Jazira qui se basait sur des déclarations de militants. Cela nous amène aux déclarations de Lynn Pascoe, secrétaire général adjoint de l’ONU pour les Affaires politiques, indiquant que la répression en Syrie a fait depuis onze mois « certainement beaucoup plus que 7 500 morts », tout en admettant cependant que les Nations unies ne pouvaient « pas donner de chiffres précis ». « La communauté internationale a échoué dans sa mission de mettre fin au carnage », et cet échec « semble avoir encouragé le régime (syrien) à croire en son impunité », a-t-il ajouté.

source lorientlejour

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La Tunisie propose l'asile à Bachar el-Assad


Le président tunisien Moncef Marzouki se propose d'accorder l'asile à son homologue syrien Bachar el-Assad et à son entourage afin de faciliter une solution politique de la crise syrienne, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Cette proposition est contenue dans un entretien à paraître mercredi dans le journal tunisien "La Presse", selon le patron du quotidien, Néjib Ouerghi. Elle a été confirmée à l'Associated Press par le porte-parole de la présidence tunisienne, Adnène Mancer.

"Elle s'inscrit dans le droit fil de la logique sur laquelle repose l'approche tunisienne de la crise syrienne", explique M. Mancer qui insiste sur "le souhait de la Tunisie de voir la situation en Syrie s'orienter vers une solution pacifique".

"Le blocage des issues devant le régime syrien ne manquera pas de conduire à un acharnement pour réprimer la révolte du peuple syrien frère et risque de faire encore des milliers de victimes", met en garde le porte-parole. "Aussi, si le départ du président syrien Bachar el-Assad vers n'importe quel autre pays, y compris la Tunisie, peut favoriser à une solution politique, la Tunisie est prête à y apporter son concours", ajoute M. Mancer.

Hostile à toute intervention étrangère en Syrie qui, craint-il, risque de mener à une guerre civile, le président tunisien plaide pour un scénario semblable à celui du Yémen pour résoudre politiquement le problème syrien. Ce scénario s'inspire du plan conçu par la Ligue arabe qui préconise que le président syrien cède le pouvoir au vice-président pour engager une transition devant mener à des élections.

M. Marzouki se dit favorable à l'octroi d'une immunité judiciaire au président syrien pour lui éviter de connaître le même sort que le dictateur libyen Moammar Kadhafi.

A l'ouverture de la conférence internationale des "Amis du peuple syrien" organisée le 24 février dernier à Tunis, M. Marzouki, connu pour son militantisme en matière de défense des droits de l'Homme, avait évoqué l'éventualité que le président Assad trouve refuge à l'extérieur, en citant en exemple la Russie, principal allié du régime de Damas.

Malgré les vetos opposés au conseil de sécurité de l'ONU par la Russie et la Chine à deux résolutions condamnant le régime syrien, Tunis se dit confiant que Moscou et Pékin puissent jouer "un rôle important" pour une sortie de crise en Syrie.

C'est dans ce contexte que M. Marzouki va adresser incessamment deux messages aux dirigeants russes et chinois pour les exhorter à inciter le fils de Hafez el-Assad à quitter le pouvoir et à mettre fin à l'effusion de sang en Syrie, a confié à l'AP le porte-parole de la présidence tunisienne. 

source tempsreel.nouvelobs

 

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La caravane passe, les chiens aboient

 

Les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et les pays occidentaux en général ont offert au monde entier une bonne leçon de démocratie à l’occasion de la réunion des « Amis de la Syrie ». Organisée en Tunisie, cette rencontre a groupé une soixantaine de pays, d’organisations internationales et d’ONG, mais a été boycottée par la Russie, la Chine, l’Inde, l’Iran, le Liban, les pays d’Amérique latine… une bonne moitié de l’humanité quoi !


C'est ainsi que la réunion a imposé le Conseil national syrien (CNS) comme seul représentant de l’opposition syrienne, premier pas avant pour l’imposer comme représentant légitime et unique de tout le peuple syrien. Plus besoin donc d’organiser des consultations populaires et des élections, le représentant du peuple syrien est connu et a été désigné par l’Occident et par les pétromonarchies du Golfe, qui non seulement n’ont jamais connu d’élections, mais ne disposent même pas de Constitutions au XXIème siècle.

Cette attitude anti-démocratique a poussé une grande partie de l’opposition, regroupée au sein du Comité de coordination pour le changement national et démocratique (CCCND) -dirigé par Hassan Abdel Azim et Haïtham Mannaa, et qui compte des personnalités indépendantes et des partis nationalistes arabes, kurdes, socialistes et marxistes-, à boycotter la réunion de Tunis, contestant la reconnaissance du Conseil national syrien.

Le CCCD a également accusé la réunion de Tunis de vouloir « laisser la question de l’armement ouverte et ouvrir la voie à l’acceptation par la communauté internationale de l’idée d’une intervention militaire étrangère », en « contradiction claire et nette avec les intérêts du peuple syrien ».

Effectivement, la réunion de Tunis a posé les jalons pour une officialisation de l’armement de l’opposition, qui a commencé, en réalité, il y a près d’un an. Mais le rythme de l’ingérence dans les affaires syriennes a été jugé trop lent et insuffisant par le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Séoud Al-Fayçal – il faut rappeler au passage que l’Arabie saoudite est le seul pays au monde où les femmes n’ont pas le droit de conduire -, qui s’est retiré de la réunion en signe de protestation.

La réunion de Tunis est en fait un échec de plus (pour les adversaires du président Bachar Al-Assad - nda) dans la confrontation avec la Syrie.

Les divergences étaient claires aussi bien entre les pays participants qu’entre les différentes factions de l’opposition syrienne. Sans compter les manifestations organisées par le peuple tunisien pour dénoncer la tentative de détruire un des derniers bastions de l’arabité.

Pendant que l’Occident et les monarchies absolutistes du Golfe choisissaient à la place du peuple syrien son représentant, le gouvernement à Damas organisait, dimanche, un referendum sur la nouvelle Constitution. Le projet répond à presque toutes les revendications de l’opposition : abolition de l’article 8 qui impose le monopole du parti Baas sur le pouvoir, instauration du multipartisme et limitation les mandats présidentiels à deux seulement…

Comme l’avait annoncé dès le départ le président Bachar al-Assad, les réformes se poursuivront en parallèle à la lutte contre les groupes extrémistes armés qui tentent de détruire l’État syrien et de morceler la géographie du pays.

 

En Syrie : la France, alliée des passeurs clandestins


L’ambassadeur de France à Beyrouth, Denis Pietton, a visité la région de Baalbeck, à l’est du Liban, la semaine dernière. La vérité est que le diplomate a transporté dans les voitures portant des plaques d’immatriculation de son ambassade une délégation militaire et sécuritaire française dans le Nord de la Békaa, près de la région frontalière limitrophe à la province syrienne de Homs. Dans cette zone, en territoire syrien, se trouvent des officiers et des experts militaires travaillant pour le compte des services de renseignements français, certains usurpant l’identité de journalistes, tous entrés illégalement en Syrie.

Denis Pietton s’est rendu à Baalbeck pour couvrir la mission de cette délégation qui visait à évacuer, par des voies de passage illégales, les morts et les blessés ainsi que d’autres membres de services de renseignement français pris au piège à Homs après l’effondrement des groupes extrémistes armés auprès desquels ils étaient détachés pour leur fournir une expertise dans les domaines des tactiques militaires et des techniques de guérilla urbaine.

Des rapports et des articles de presse occidentaux ont évoqué à plusieurs reprises ces derniers mois les interventions françaises directes en Syrie, en utilisant le Liban comme base de départ pour ces ingérences. De nombreux articles ont fait état d’officiers des renseignements français supervisant l’organisation et la structuration des groupes armés dans le Liban-Nord, en prévision à leur envoi en Syrie. Ces derniers mois, de véritables filières de passeurs clandestins ont été mises en place pour introduire en Syrie des ressortissants occidentaux, sous couvert de journalistes, mais qui sont souvent des agents de liaison ou des experts militaires.

Nous sommes donc devant un pays qui se considère comme une grande puissance et qui a recours aux contrebandiers et aux trafiquants sans foi ni loi pour introduire ses agents en Syrie, et qui tente de les faire sortir par les mêmes moyens après l’encerclement des groupes extrémistes par l’armée syrienne. Cependant, les troupes régulières syriennes avaient aussi resserré l’étau autour des passages clandestins à la frontière syro-libanaise, rendant impossible toute évacuation par ces voies.

Les autorités françaises se sont finalement résignées à faire ce qu’elles tentaient d’éviter à tout prix : parler au pouvoir damascène pour évacuer morts, blessés et détenus. C’est pour cela que l’ambassadeur Eric Chevallier a été renvoyé d’urgence à Damas pour négocier les modalités de cette opération. Cependant, il est apparu que ce sont les derniers groupes armés, encore retranchés dans certaines ruelles de Bab Amr, qui entravent la conclusion d’un accord pour l’évacuation des blessés.

Les autorités françaises et d’autres pays européens devront calmer leur nerf et faire preuve d’une plus grande modestie lorsque la Syrie commencera à divulguer, preuves à l’appui, le nombre et la nationalité des agents « undercover » arrêtés ces derniers temps en territoire syrien : des Français, bien entendu, mais aussi des Allemands, des Britanniques, des Turcs, des Saoudiens et des Qataris.

 

Déclarations de Sayyed Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah


« Il faut chercher les doigts d’Israël derrière tout ce qui se passe, notamment derrière les tentatives de semer le chaos dans la région.

Israël ne veut pas d’un Irak fort, ce serait donc la raison des attaques actuelles, même si les exécutants sont parfois des extrémistes. Selon les données des services irakiens, ces mouvements sont infiltrés par les services américains et israéliens.

C’est aussi dans cette optique qu’il faut placer les dernières menaces d’effacer le Liban de la carte du monde attribuées au Premier ministre israélien. Mais de telles menaces n’effraient nullement la Résistance qui a affronté Israël même lorsque celui-ci était considéré comme très puissant.

La région traverse actuellement une période très sensible. Après la décennie 2000-2010, au cours de laquelle il s’agissait de liquider la cause palestinienne et de créer un Nouveau Moyen-Orient, c’est désormais la période où il s’agit de morceler la région et de l’entraîner dans des conflits interminables. C’est pourquoi il faut tout faire pour encercler, étouffer et empêcher l’extension de la discorde vers d’autres scènes.

Au Liban, cela signifie que tout le monde peut exprimer son opinion, sur la crise syrienne et sur tous les points qu’il souhaite évoquer, mais en évitant d’exacerber les sentiments confessionnels. Le gouvernement devrait se pencher sur le dossier des ressources pétrolières et gazières pour mettre un terme à l’endettement en utilisant la richesse que Dieu nous a donnée. Regardez un peu : pendant que certains discutent des armes du Hezbollah, les Israéliens construisent des installations et veulent les protéger des armes du Hezbollah. Ils pillent systématiquement les ressources qui appartiennent aux Palestiniens.

Il ne faut surtout pas compter sur l’aide de la communauté internationale qui ne donne rien sans contrepartie. La décision souveraine ne peut être garantie si on est lié à l’étranger. Regardez comment les États-Unis sont en train d’utiliser l’arme économique contre l’Égypte et indirectement contre Gaza privée d’électricité.

Les accusations portées contre le Hezbollah et le Hamas qui, selon l’ancien ministre de l’Intérieur égyptien actuellement sous les verrous, auraient tiré contre les manifestants place Tahrir, sont ridicules. Elles sont si énormes qu’elles n’ont même pas été reprises par certains ici... On a ensuite accusé le Hezbollah d’édifier des bases en Amérique latine, puis en Afrique et bientôt en Inde. Ne vous laissez pas influencer par de telles grossièretés. Le Hezbollah n’intervient pas dans les affaires internes d’un pays. Il ne prend en compte que les considérations stratégiques.

Dans ce contexte, les États-Unis et leurs alliés veulent laisser la Syrie plonger dans le chaos, en poussant vers une lutte entre les Syriens ou entre les Arabes, sans vouloir envoyer un seul soldat américain ou de l’Otan en Syrie, mais en interdisant toute solution politique. Il faut donc écouter, comme ils disent, le peuple en Syrie, mais pourquoi pas à Bahreïn ou en Arabie saoudite, où il est interdit de s’exprimer, notamment à Katif et Awamiya, la région la plus riche en ressources du royaume, mais la plus pauvre économiquement.

Le régime syrien a proposé le dialogue, mais l’opposition a rejeté cette offre. Les Américains et les Israéliens ne parviendront pas à leurs fins, car il existe une prise de conscience dans le monde arabo-islamique de la réalité de leurs projets et les Américains ne parviendront pas à redorer leur image, tant qu’ils continueront à ne tenir compte que d’Israël. »

 

New Orient News (Liban) 
Rédacteur en chef : Pierre Khalaf (*) 
Tendances de l’Orient No 72, 27 février 2012


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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 07:12
Les poursuites judiciaires à motivation politique reflètent un mépris flagrant des droits humains

 

« La tenue de procès foncièrement injustes devant des tribunaux militaires et civils est un élément central de la répression du mouvement de protestation pro-démocratie à BahreïnLe gouvernement devrait remédier aux centaines de condamnations injustes prononcées au cours de l'année écoulée, en abandonnant les poursuites contre toutes les personnes condamnées pour des motifs politiques et en adoptant des mesures efficaces pour faire cesser la pratique de la torture pendant la détention. »

Joe Stork, directeur adjoint de la division Moyen-Orient à Human Rights Watch

Des centaines de militants d'opposition et d'autres personnes ont été condamnés pour des motifs purement politiques lors de procès injustes intentés de manière systématique à Bahreïn, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd'hui. Le gouvernement devrait annuler ces condamnations prononcées par des tribunaux militaires et civils bahreïnis, à l'issue de procès qui étaient très loin de répondre aux critères internationaux d'une justice équitable, a ajouté Human Rights Watch.

Ce rapport de 94 pages, intitulé No Justice in Bahrain: Unfair Trials in Military and Civilian Courts (« Pas de justice à Bahreïn: Des procès injustes devant des tribunaux militaires et civils ») décrit de graves violations des garanties de procédure régulière commises lors de procès spectaculaires devant les tribunaux militaires spéciaux bahreïnis en 2011 – dont le procès de 21 militants politiques connus et un autre intenté à 20 médecins et membres des professions de santé – ainsi que lors de procès inspirés par des motifs politiques devant des cours pénales ordinaires depuis 2010. Parmi les graves violations relevées, figurent le déni du droit des accusés de se faire assister d'un avocat et de présenter des arguments de défense, et le refus d'enquêter sur des allégations crédibles de torture et de mauvais traitements des accusés pendant leurs interrogatoires. 

« La tenue de procès foncièrement injustes devant des tribunaux militaires et civils est un élément central de la répression du mouvement de protestation pro-démocratie à Bahreïn » a déclaré Joe Stork, directeur adjoint de la division Moyen-Orient à Human Rights Watch. « Le gouvernement devrait remédier aux centaines de condamnations injustes prononcées au cours de l'année écoulée, en abandonnant les poursuites contre toutes les personnes condamnées pour des motifs politiques et en adoptant des mesures efficaces pour faire cesser la pratique de la torture pendant la détention. »

Les violations flagrantes du droit à un procès équitable dans les affaires politiques ne reflètent pas seulement les mauvaises pratiques auxquelles recourent certains procureurs et magistrats mais aussi les graves lacunes systémiques de la justice criminelle à Bahreïn, a affirmé Human Rights Watch.

Dans un entretien accordé le 13 février 2012 au magazine allemand Der Spiegel, le roi Hamad bin Isa Al Khalifa a déclaré: « Il n'y a pas de prisonniers politiques détenus en tant que tels à Bahreïn. Les gens ne sont pas arrêtés parce qu'ils expriment leurs opinions, nous n'avons que des criminels [dans les prisons]. »

Le rapport de Human Rights Watch est fondé sur plus de 50 entretiens avec des accusés, des avocats de la défense et des observateurs des procès, ainsi que sur un examen minutieux des verdicts disponibles et d'autres documents judiciaires. Human Rights Watch a écrit au procureur général de Bahreïn en novembre 2010 et au ministre de la Justice en décembre 2011 au sujet des procès, mais n'a reçu aucune réponse.

Au moins cinq personnes sont mortes après avoir subi des tortures en détention, à la suite de la répression par le gouvernement des manifestations essentiellement pacifiques qui ont commencé à la mi-mars 2011, selon le rapport publié en novembre de la Commission indépendante d'enquête bahreïnie, organe composé de cinq juristes et experts des droits humains internationaux et créé par le roi Hamad. Human Rights Watch a documenté la pratique continuelle de la torture et des mauvais traitements par les agents de sécurité bahreïnis au cours de ces dernières années.

Parmi les personnes dont les condamnations devraient être invalidées et qui devraient être libérées, se trouvent des dirigeants du mouvement de protestation comme Ibrahim Sharif, Abdul Hadi al-Khawaja, Hassan Mushaima et Abdul Wahab Hussein, a indiqué Human Rights Watch.

Dans l'une de ces affaires, une infirmière a été condamnée pour « incit[ation] … à la haine et mépris du régime au pouvoir » et « de[struction] de propriété mobilière … dans la poursuite d'un objectif terroriste », parce qu'elle avait prétendûment marché sur une photo du Premier ministre.

Human Rights Watch a appelé les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et d'autres pays à suspendre toute vente ou aide militaire ou relative à la sécurité au royaume de Bahreïn, tant que le gouvernement n'aura pas traité le problème posé par les graves violations des droits humains résultant de la répression des manifestations pacifiques et des procès iniques.

Le 15 mars 2011, le roi Hamad a émis un décret proclamant pour trois mois un “état de sûreté nationale,” similaire à un état d'urgence, qui donnait une autorité très étendue au maréchal Khalifa bin Ahmad Al Khalifa, commandant des Forces de défense de Bahreïn, pour promulguer des dispositions nouvelles d'une portée très large règlementant l'ordre public et pour faire appliquer ces mesures ainsi que les lois déjà existantes. Le décret créait également des tribunaux militaires spéciaux, appelés Cours de sûreté nationale, afin de juger des crimes qui avaient “entraîné la proclamation de l'état de sûreté nationale” et “constitué un défi aux dispositions” du décret.

Entre leur création le 4 avril et l'achèvement de leur tâche début octobre, ces tribunaux ont jugé des centaines de Bahreïnis pris dans la nasse de la “sûreté nationale”. Le commandant des forces armées a personnellement nommé les présidents de ces tribunaux, qui étaient toujours des officiers, et deux juges civils, pour conduire les procès, lesquels se tenaient dans un complexe militaire, à al-Riffa.

A la date du 7 octobre, toutes les procédures judiciaires et d'appel concernant les personnes accusées de crimes relatifs à l'agitation politique des mois précédents ont été transmises à des cours pénales civiles.

Toutefois les procédures suivies lors de plusieurs procès relatifs à des questions de sécurité devant des cours pénales civiles avant février 2011, suscitaient déjà des préoccupations similaires, selon les constatations faites par Human Rights Watch: des poursuites judiciaires d'inspiration politique engagées contre des personnes en raison de leurs déclarations ou écrits plutôt que de véritables actes criminels, un déni de leurs droits fondamentaux à un processus équitable tel que le droit de se faire assister d'un avocat et des allégations de torture et de mauvais traitements pendant les interrogatoires.

« Le roi Hamad devrait regarder de plus près les tribunaux militaires spéciaux qu'il a lui-même créés par décret, avant d'affirmer qu'il n'y a pas de prisonniers politiques à Bahreïn », a conclu Joe Stork. « Des gens ont été systématiquement condamnés pour leurs opinions politiques, pour des slogans qu'ils avaient scandés et pour s'être joints à de grandes manifestations pacifiques dont le prince héritier lui-même a affirmé publiquement qu'elles étaient garanties par la constitution du royaume. »

source hrw

 

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 06:25

 

 Wade contraint à un second tour, résultats provisoires attendus


Se basant sur les résultats provisoires du premier tour de dimanche concernant "30 des 45 départements" qui lui sont parvenus, il a indiqué que le président sortant est "au-dessus de 35%, 36%. On arrivera peut-être à 40%, mais les chiffres le disent, on est au deuxième tour".
Se basant sur les résultats provisoires du premier tour de dimanche concernant "30 des 45 départements" qui lui sont parvenus, il a indiqué que le président sortant est "au-dessus de 35%, 36%. On arrivera peut-être à 40%, mais les chiffres le disent, on est au deuxième tour". ( © AFP Seyllou)

Le camp du président sénégalais Abdoulaye Wade, candidat contesté à un troisième mandat à 85 ans, dont 12 au pouvoir, a reconnu mardi qu'il serait contraint de disputer un second tour face à son ancien homme de confiance, ex-Premier ministre passé dans l'opposition, Macky Sall.

Cette confrontation avec Macky Sall, qu'il avait fait roi avant de s'en séparer sans ménagement en 2008, constitue un revers pour le président sortant qui, tout au long de sa campagne électorale s'était déclaré sûr de sa victoire au premier tour, comme en 2007, avec plus de 50% des voix.

"Tout indique qu'il y aura un deuxième tour: ce sont les chiffres qui le disent, on est au deuxième tour", a déclaré mardi à l'AFP El Hadj Amadou Sall, un des responsables de la campagne électorale de M. Wade.

Se basant sur les résultats provisoires du premier tour de dimanche concernant "30 des 45 départements" qui lui sont parvenus, il a indiqué que le président sortant est "au-dessus de 35%, 36%. On arrivera peut-être à 40%, mais les chiffres le disent, on est au deuxième tour".

D'après une estimation de l'AFP, sur la base de résultats officiels recensés par l'Agence de presse sénégalaise (APS) portant sur 39 des 45 départements sénégalais, Abdoulaye Wade arrive en tête avec 32,6% des voix, contre 25,8% à Macky Sall, qui devance Moustapha Niasse, également ex-Premier ministre de Wade (14,3%), ainsi que le patron du Parti socialiste Ousmane Tanor Dieng (11,7%) et un autre ancien résident de la Primature, Idrissa Seck (7,5%).

Lundi le chef de l'Etat, tout en gardant l'espoir d'une victoire au premier tour, avait admis qu'il pourrait être contraint d'aller à un second tour déjà jugé "inévitable" par l'opposition.

Il affrontera Macky Sall, ingénieur de formation âgé de 50 ans qui a été son ministre des Mines (2001-2003), de l'Intérieur (2003-2004), puis son Premier ministre (2004-2007) avant d'être élu président de l'Assemblée nationale. Tombé en disgrâce, il a créé sa propre formation, l'Alliance pour la République (APR).

"Explorer toutes les possibilités"

Mardi, le responsable de la mission d'observation de l'Union européenne (MOE-UE), Thijs Berman, avait jugé qu'il y aura "très probablement un second tour", toute autre issue semblant "statistiquement impossible".

Il a rapporté que la mission n'avait "pas constaté de manquements importants pendant et après le vote", en présentant à la presse ses conclusions préliminaires sur le premier tour de dimanche.

Cela a été confirmé par la mission d'observation de l'Union africaine (UA), conduite par l'ex-président nigérian Olusegun Obasanjo, selon laquelle "aucun incident majeur pouvant avoir un impact significatif sur le vote n'a été constaté".

Les commissions départementales de recensement des votes publient depuis lundi les résultats pour chacun des 45 départements du Sénégal, mais aucune annonce officielle de résultats sur le plan national n'est prévue avant jeudi ou vendredi.

Le taux de participation a tourné autour de 60%, selon un chiffre encore provisoire de la Commission électorale nationale autonome (Céna), en baisse par rapport au taux de 70% de la présidentielle de 2007.

La date d'un éventuel second tour dépendra de l'examen de possibles recours devant le Conseil constitutionnel, la plus probable étant le 18 mars.

Il pourrait s'avérer difficile pour le président sortant qui, sauf retournement de situation, n'a plus de réserve de voix.

Il en est conscient et a expliqué lundi que, "dans la perspective d'un second tour", il allait "explorer toutes les possibilités d'entente avec d'autres forces politiques selon des modalités à convenir ensemble".

Ses principaux opposants ont, eux, proclamé comme mot d'ordre commun "Tout sauf Wade", promettant de s'unir derrière le candidat le mieux placé.

Les électeurs se sont mobilisés dans le calme au premier tour après des violences préélectorales qui avaient fait en un mois de 6 à 15 morts selon les sources.

La Croix-Rouge sénégalaise a indiqué mardi qu'elle avait secouru 153 blessés en 24 jours à Dakar et dans les provinces lors des violences ayant marqué les manifestations contre la candidature d'Abdoulaye Wade.

M. Wade, élu en 2000 et réélu en 2007, sollicite un nouveau mandat de sept ans, mais sa candidature a été jugée anticonstitutionnelle par ses opposants.

source liberation

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 "Il y aura un 2e tour" : le camp Wade se rend à l'évidence


 

 

Le président sénégalais sortant, Abdoulaye Wade. SIPA

Le président sénégalais sortant, Abdoulaye Wade. SIPA

"Tout indique qu'il y aura un deuxième tour" de l'élection présidentielle au Sénégal opposant le chef de l'Etat sortant Abdoulaye Wade à un de ses ex-Premiers ministres, Macky Sall, a déclaré El Hadj Amadou Sall, un des responsables de la campagne électorale de Abdoulaye Wade.

"Tout indique qu'il y aura un deuxième tour : ce sont les chiffres qui le disent, on est au deuxième tour", a déclaré El Hadj Amadou Sall.

Le chef d'Etat sortant Abdoulaye Wade avait estimé la veille que "tout était encore possible", sa victoire dès le premier tour ou la nécessité d'en disputer un second, alors que l'opposition assurait qu'un second tour était "inévitable".

"Il ne faudrait pas bafouer encore la volonté du peuple"

"Le recensement qui, à l'heure actuelle, porte sur 282 collectivités locales sur 551, soit la moitié, nous classe en tête avec 32,17% et 25,24% pour mon suivant. Tout est donc encore possible, victoire ou second tour", a déclaré Abdoulaye Wade devant la presse, sans nommer le candidat arrivé derrière lui.

Macky Sall, l'un des principaux candidats d'opposition, a affirmé qu'un second tour était "inévitable", assurant l'avoir emporté dans les principaux départements du Sénégal, dont l'agglomération de Dakar.

"Entendre parler de victoire au premier tour est inadmissible. Cela engendrerait des conséquences graves (...). Il ne faudrait pas bafouer encore la volonté du peuple", a ajouté son ancien Premier ministre, alors qu'un des responsables de sa campagne a assuré qu'il était au "coude à coude" avec Abdoulaye Wade.

Des résultats provisoires dans la journée

Les résultats provisoires officiels devraient être communiqués mardi au niveau départemental et vendredi au niveau national, selon la Commission électorale nationale autonome (Céna). Le président Wade a auparavant salué un "scrutin transparent, démocratique et pacifique", rendant "hommage à la maturité, à l'esprit de tolérance et au civisme" des Sénégalais, saluant au passage ses adversaires et leurs électeurs.

Les électeurs se sont mobilisés dans le calme dimanche après des violences préélectorales qui avaient fait en un mois de 6 à 15 morts selon les sources, suscitant la crainte de nouveaux incidents le jour du vote.

Agé de 85 ans, Abdoulaye Wade, élu en 2000 et réélu en 2007, sollicite un nouveau mandat de sept ans, mais sa candidature a été jugée anticonstitutionnelle par ses opposants. Le président Wade avait été hué dimanche lorsqu'il était allé voter dans son bureau de vote de Dakar. Il y a été devancé par un autre de ses anciens Premiers ministres, Moustapha Niasse.

Aucune réserve de voix pour Wade

Un second tour pourrait se montrer problématique pour le président sortant, qui, sauf retournement de situation, n'a plus de réserve de voix. "Dans la perspective d'un second tour, le Parti Démocratique Sénégalais (PDS, au pouvoir) et ses alliés, dont le candidat arrive en tête de la compétition, vont naturellement explorer toutes les possibilités d'entente avec d'autres forces politiques selon des modalités à convenir ensemble", a souligné hier Abdoulaye Wade.

"Ensemble, nous relèverons ce défi, vous avez ma confiance et je sais pouvoir compter sur la vôtre", a assuré le président sortant, qui avait répété à de nombreuses reprises qu'il était "sûr" de l'emporter dès le premier tour en recueillant plus de 50% des suffrages.


''Tout sauf Wade''
 

Ses principaux opposants ont, eux, proclamé comme mot d'ordre commun "Tout sauf Wade", promettant de s'unir derrière le candidat le mieux placé en cas de second tour. "Le principe, c'est de voter pour le candidat d'opposition le mieux placé". il y aura une "union" contre Wade, a rappelé Abdou Latif Coulibaly, un responsable de la campagne de Moustapha Niasse.

La mission d'observation de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a indiqué lundi qu'elle avait constaté que "le calme et l'ordre ont prévalu" et qu'"aucun incident ni irrégularité majeurs n'ont été observés". La France a salué "la vitalité de l'esprit démocratique des Sénégalais" et le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest, Saïd Djinnit, le "climat serein et apaisé" du scrutin.

Le taux de participation a tourné autour de 60%, selon un chiffre encore provisoire de la Céna, en baisse par rapport au taux de 70% de la présidentielle de 2007. La date d'un éventuel second tour dépendra de l'examen de possibles recours devant le Conseil constitutionnel: la date la plus probable est le 18 mars.

source tempsreel.nouvelobs

 

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Le regard de Tidiane Diouf


 

 

Tidiane Diouf a vécu jusqu'en 2000 au Sénégal. Ce Franco-Sénégalais dirige aujourd'hui le centre social des Abeilles, à Quimper. Il décrypte pour Le Télégramme le climat qui entoure l'élection présidentielle dans son pays d'origine.http://memorix.sdv.fr/5/www.letelegramme.com/infoslocales/quimper/480876830/Position1/SDV_TB/default/empty.gif/474d6e4a346b394e746e774142306a78?


Vous attendiez-vous à un second tour à l'élection présidentielle au Sénégal
Oui. Je ne pouvais pas imaginer que le président Wade l'emporte dès le 1er tour dimanche. Il ne faut pas oublier que son parti a perdu toutes les grandes villes aux élections locales: Saint-Louis, Dakar, Thies, Kaolack (etc.) sont aux mains de l'opposition. Abdoulaye Wade est affaibli politiquement, même s'il pensait que la division de l'opposition autour de 14 candidats pouvait lui permettre de recueillir plus de 50% des voix. Illusion. Il a en face de lui des costauds, qui maîtrisent des départements, où Wade a été battu, selon les premiers résultats. La perspective du deuxième tour amène la paix et la tranquillité. J'ai écouté les radios sénégalaises toute la journée d'hier, la population est soulagée et doit pouvoir voter dans la tranquillité. 

Que vous inspire la tension qui a précédé l'élection? 
Je ne comprends pas qu'un homme qui a été opposant pendant plus de quarante ans, qui a vachement contribué à asseoir la démocratie au Sénégal, qui a été emprisonné pour son combat politique, s'accroche, comme cela, au pouvoir. Il aurait été plus sage qu'il ne se représente pas. Toutefois, le bruit qui a entouré les élections a été inutile. L'opposition aurait aussi pu comprendre que les citoyens sénégalais savaient voter et départager, dans les urnes, les candidats.

Quelle signification a eu pour vous le mouvement du 23juin, contre la réforme de la Constitution?
Pour la première fois, la société civile sénégalaise a pris position. Elle s'est liée avec les partis politiques d'opposition. Puis il y a eu le groupe de rappeurs Y'en a marre. Que s'est-il passé en réalité? Le Sénégal reste très attaché à la tradition orale. Or Wade avait déclaré en arrivant au pouvoir en 2000 qu'il ne ferait que deux mandats. Puis il s'est dédit. Les gens ont pensé qu'il revenait sur sa parole pour essayer de placer son fils. La société civile, très puissante auSénégal, car organisée autour d'un tissu associatif très solide, ne l'a pas accepté. 

Comment analysez-vous l'incapacité de l'opposition à s'organiser? 
Au 2e tour, les candidats d'opposition vont s'allier, tous contre Wade. Mais avant les alliances étaient difficiles. Il y a 173 partis politiques au Sénégal, dont dix se sont créés rien qu'en 2011. De l'extrême gauche aux libéraux. Vous imaginez: 173 partis pour 13millions d'habitants. Le fait que les leaders politiques sont en place depuis très longtemps a créé de la frustration chez les jeunes, qui sont obligés de quitter ces vieux partis pour créer leurs propres partis politiques. Ce qui ajoute à la confusion mais rend aussi la démocratie extrêmement ouverte, avec d'ailleurs beaucoup de journaux et radios indépendants. 

Macky Sall, arrivé en 2e position, est crédité de 25% des voix. Est-il espoir de renouveau?
Oui, car il est entré en politique il n'y a que douze ans. À 56 ans, c'est un jeune par rapport aux autres. Il est expérimenté, après avoir été ministre, Premier ministre, président de l'Assemblée nationale. C'était un des poulains de Wade. Mais ils se sont heurtés sur un dossier et Wade l'a renversé. S'il gagne au deuxième tour, ce qui est probable, ce sera un signe fort en direction des jeunes, de renouvellement de la classe politique.

source letelegramme

 

 

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 05:00

Sahbi Atig : Ceux qui veulent séparer la religion de la politique touchent à la base de l’Islam (vidéo)

 

Sahbi Atig, président du groupe parlementaire d’Ennahdha, a présenté les lignes générales que défendra son partie quant à l’élaboration de la Constitution, aujourd’hui 28 février 2012, en séance plénière de l’Assemblée constituante. 

M. Atig a rappelé, pendant 20 minutes d’une allocution de près d’une demi-heure, les principes islamiques qui prévalent, selon Ennahdha, dans l’élaboration de la Constitution. Il a notamment affirmé que celle-ci ne devra pas être contraire aux principes édictés par le Coran et la Sunna du Prophète, qui doivent être la source principale de la Loi fondamentale. 

Sahbi Atig a, en outre, déclaré que l’histoire de l’Islam ne connaît pas de séparation entre la religion et la politique, et que la chose religieuse, dans l’Islam, ne se limite pas à la sphère privée, mais est un principe de société organisant la sphère publique. Il affirme, en ce sens, que ceux qui appellent à la séparation entre la religion et la politique touchent aux bases fondamentales de la pensée islamique. 

L’élu d’Ennahdha a néanmoins assuré que son parti défend le principe d’un Etat civique, car en Islam il n’y a pas de notion de pouvoir religieux, citant les écrits d’un savant religieux. Contrairement à ce qui s’est passé en Europe, les islamistes ne prôneront donc pas un Etat religieux, avec un pouvoir qui émanerait de la volonté divine, car le seul pouvoir légitime est celui du peuple, et ce dernier est le seul habilité à choisir ses représentants. 

Les différents représentants des groupes parlementaires ont tour à tour présenté leur vision de Constitution, notamment Mouldi Riahi, président du groupe parlementaire d’Ettakatol, qui a déclaré refuser que la Chariâa soit inscrite dans la Constitution en raison des risques liés aux interprétations qui pourraient en découler. 



 

source businessnews

 


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Les autres députés... 

__________________________________________________Conférence

Ecriture de la Constitution Tunisienne : recommandations sur la forme et le fond

"La Constitution Tunisienne: recommandations sur la forme et le fond" était le thème d'une conférence organisée, mardi, à Tunis, par le centre Al-Kawakibi pour les transitions démocratiques, en collaboration avec l'association tunisienne de droit constitutionnel et l'assemblée constituante civile parallèle.

Pr Yadh Ben Achour, spécialiste en droit constitutionnel, a mis l'accent sur nombre de questions fondamentales devant être prévues par la Constitution débattue actuellement par les élus de la constituante.

Il a détaillé les caractéristiques de la Constitution en tant que texte législatif organisant les rapports généraux entre les appareils de l'Etat. "La Constitution est un ensemble de principes généraux du système politique qui fixe les procédures issues des autorités publiques", a-t-il dit, conditionnant toutefois qu'elle "réponde à la réalité sociologique tunisienne" et ne soit pas "parachutée" ou "copiée" sur des expériences étrangères.

Ben Achour, qui a été le président de le la haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, a mis en garde contre "les facteurs environnants" qui sont, d'après lui, l'ancienne constitution, le cadre historique tunisien et le contexte politique actuel.

Sur ce dernier point, le professeur de droit constitutionnel a souligné que les messages issus de la révolution doivent aujourd'hui être respectés, considérant que l'écriture de la Constitution ne doit pas émaner d'une "vision partisane unique à caractère idéologique".

Il a, en outre, prévenu contre les risques de "dérapages" dans le processus politique, affirmant que la "seule la concorde nationale est la solution".

M. Ben Achour a, dans ce même sens, appelé à opter pour une écriture "simple" et "accessible au peuple" qui ne soit pas porteuse de "concepts techniques réservés aux spécialistes".

La Constitution doit, a-t-il estimé, comprendre une "déclaration tunisienne des droits de l'Homme" qui protège les citoyens et confère un caractère historique à la révolution tunisienne, à l'instar de la déclaration de la révolution française en 1789.

Il a par ailleurs appelé à créer un "conseil de la justice de l'Etat" qui regroupe la Cour constitutionnelle, un tribunal financier et le tribunal administratif.

"L'Etat civil est le meilleur choix pour la Tunisie" a-t-il souligné, expliquant qu'il n'implique pas "une vision théocratique ou militaire du pouvoir", mais constitue "un contrat social" émanant d'une conciliation entre tous les acteurs.

Il s'est dans ce sens dit "confiant" que le Mouvement Ennahdha "tiendra ses promesses d'instaurer un régime politique civil en dépit de son référentiel islamique".

Mohsen Marzouk, président du comité exécutif du centre Al-Kawakibi et de l'assemblée civile parallèle, a pour sa part affirmé que la prochaine Constitution ne doit pas être l'équivalent d'un "butin politique", mettant l'accent sur l'importance d'un "texte attaché aux valeurs et aux équilibres internes propres à la Tunisie".

Il a fait noter qu'il n'est pas question de "vainqueur et de vaincu" au cours de l'écriture de la Constitution, "étant donné qu'il s'agit d'un texte qui intéresse tous les tunisiens et non pas un parti en particulier". "Il faut se défaire de toutes convictions idéologiques pour parvenir à un consensus national", a-t-il souligné, ajoutant que la Constitution future sera un trait d'union entre le local et l'universel.

Des experts tunisiens et étrangers, des élus de la Constituante et des représentants de partis politiques et de la société civile participent à la conférence qui se poursuit durant deux jours.

L'ordre du jour comprend plusieurs interventions sur l'expérience bulgare ou encore la conciliation entre identité, caractère civil et démocratie.
source espacemanager

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La constitutionnalisation de la charia, de moins en moins probable


Tunisie. La constitutionnalisation de la charia, de moins en moins probable

 

Le débat fait rage en Tunisie autour de la question de l’intégration ou non de la charia islamique dans la nouvelle Constitution, en tant que source, ou l’une des sources du droit. Quelles sont les issues envisageables au bras de fer en cours et comment en est-on arrivé là ?

 

Un certain esprit angéliste du consensualisme est dans l’air du temps en Tunisie. Il est prôné aussi bien par un Béji Caïd Essebsi que par un Moncef Marzouki. Il consiste à avancer que l’on ne devrait pas parler d’opposition au cours de cette phase de transition démocratique où tout le monde devrait travailler ensemble, où « le pays a besoin de toutes ses compétences ».

La réalité de ce qui se joue en ce moment même à l’Assemblée constituante montre bien les limites de cette démarche et nous rappelle quela démocratie n’est pas le consensus, même si une Constitution a besoin d’un minimum de consensus nécessaire à une légitimité forte.

Cette réalité, c’est queles modernistes, plus républicains, et les conservateurs, plus religieux, défendent des projets de société, et en l’occurrence de Constitution, diamétralement opposés. 

 

Un rapport de force déséquilibré, en apparence seulement


Les forces en présence paraissent privilégier la thèse d’un passage en force de la charia islamique en cheval de Troie dans la nouvelle Constitution.

Le rapporteur général de la rédaction de la Constitution est en effet l’islamiste Habib Khedher, élu de justesse face à l’universaliste Fadhel Moussa. C’est un proche de Rached Ghannouchi, et il ne cache plus, au gré de sorties médiatiques savamment calculées, l’intention de son parti de défendre bec et ongle une mention de la charia en préambule de la Constitution. Une démarche « naturelle pour un pays islamique », soutient-il.

Les bureaux des 6 commissions chargées de la rédaction de la Constitution sont par ailleurs dominés par les représentants d’Ennahdha.

Or, même si celles-ci ont entamé hier lundi leurs travaux effectifs, la tendance semble être à la temporisation et à l’expectative.

La semaine dernière, Habib Khedher, répondant à une question sur les raisons de ces tergiversations, déclarait sur Shams FM : « Il est encore trop tôt pour entamer la rédaction de l'article premier la constitution. »

C’est que cette volte-face d’Ennahdha n’est pas du tout du goût de personnalités politiques influentes avec lesquelles le parti islamiste doit composer.Nombreuses sont celles qui considèrent que cette position favorable à la charia est un manquement à un accord écrit qui listait pourtant les principes communs de la troïka au pouvoir.

A l’image de Mustapha Ben Jaâfar, qui vient de déclarer à plusieurs médias qu'il démissionnerait immédiatement, si un texte pro charia venait à passer. Une démission du Président de la seule entité élue qu’est l’Assemblée constituante qui causerait un véritable séisme institutionnel.

Ce n’est pas tout. Marzouki a réitéré la même menace de démissionau micro de la RTBF.

Mais rappelons que même si les élus du CPR et d’Ettakatol acceptaient de voter en faveur d’une mention de la charia, reste le seuil des deux tiers des votes dont ne dispose pas la troïka. Un seuil nécessaire au passage de la Constitution dans son ensemble.

 

Pourquoi avons-nous cette discussion aujourd’hui ?


S’agissant de l’article 1 de l’ex Constitution (« La Tunisie est un Etat libre, indépendant et souverain, sa religion est l'Islam… »), même chez les progressistes tunisiens, deux positions divergentes sont à distinguer. 

La première est notamment défendue par Samy Ghorbal, ex conseiller d’Ahmed Néjib Chebbi, et auteur d’« Orphelins de Bourguiba & héritiers du Prophète ».

Il y développe en substance l’idée selon laquelle cet article 1 est l’article fondateur de la modernité tunisienne, et qu’il fait l’objet d’un consensus salutaire de la part de l’ensemble des partis politiques.

L’autre position est défendue par l’intellectuelHamadi Redissi. On peut considérer qu’elle est aussi défendue à demi-mot par le projet deJawhar Ben Mbareket son réseauDoustourna.

Redissi pense que l’ensemble des partis progressistes ont commis une erreur « en donnant sur un plateau l’article 1 aux islamistes », nous a-t-il confié. Il était clair selon lui que ceux-ci allaient par conséquent en demander plus, placer plus haut le seuil de leurs demandes.

L’actualité lui donne raison puisque ce qui devait arriver arriva.Khedher a récemment logiquement enfoncé le clou : pour lui, il s’agit de dire désormais que l’article 1 était en fait insuffisant, qu’il ne fait que décrire un état de fait, celui d’un peuple dont la religion dominante est l’islam, alors que ce qu’il revendique, c’est une loi fondamentale explicitement islamique. 

Le projet de Doustourna fut l’unique texte à proposer une alternative au conservatisme ambiant autour de l’article 1. Son préambule ne parle que de la nature de l’Etat et de ses institutions, pour n’évoquer, plus loin, la question de l’islam qu’en termes d’appartenance du peuple.« Les Tunisiens n’ont pas besoin d’une Constitution qui leur apprenne leur identité »,ironise-t-il à juste titre.

Quand on n’avance pas on recule. Force est de constater qu’en politique et en matière d’idéaux, ce précepte se vérifie sans cesse. Parce que les progressistes tunisiens ont fait preuve de frilosité, n’ont pas profité de la dynamique révolutionnaire qui aurait pu permettre de faire table rase de l’ancienne Constitution caduque,nous en sommes réduits aujourd’hui à demander désespérément le statut quo sur un article 1 pas des plus universalistes.

Si l'on en croit les positions officielles des uns et des autres,la charia ne sera vraisemblablement pas inscrite dans la constitution.

Le salut de l’universalisme ne viendra que de là. Car il faudra s'attendre à voir les salafistes dans la rue pour réclamer la loi islamique, polarisant un peu plus la société tunisienne et accentuant les risques de blocage à l’Assemblée.

source lecourrierdelatlas

 

 

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الصادق شورو "للمصدر": نريد تطبيق تدريجي للشريعة .. قانون تجريم التكفير سيخلق فتنة وإقامة إمارة سلفية مرفوض

 

الصادق شورو، 60 عاما، من أبرز قيادات حركة النهضة ورئيسها السابق في عام 1988. حكم عليه في العهد السابق بالسجن مدى الحياة وقضى 18 عاما تحت التعذيب قبل أن يفرج عنه النظام الديكتاتوري.

     

بعد الثورة والانتخابات أصبح الصادق شورو عضوا عن حركة النهضة في المجلس التأسيسي، حيث أثار جدلا واسعا مؤخرا بدعوته لتطبيق الحدّ في الشريعة الإسلامية على المعتصمين بعد موجة من الاعتصامات قالت الحكومة إنّ أطرافا سياسية تقف وراءها لإفشال عملها والانقلاب على نتائج الانتخابات.

 

حاولنا في لقائنا مع السيد الصادق شورو التطرق إلى بعض المسائل لمعرفة وجهة نظره في كيفية اعتماد الشريعة الإسلامية في التشريع التونسي وعن حملات التكفير ضدّ العلمانيين وظهور جمعيات إسلامية تضع على عاتقها إصلاح المجتمع من خلال الأمر بالمعروف والنهي عن المنكر، إلى جانب موقفه من مساعي السلفيين لإقامة إمارة إسلامية. إليكم الحوار:

 

س/ تسعى حركة النهضة الإسلامية إلى اعتماد الشريعة الإسلامية كمرجعية أساسية للتشريع في الدستور المقبل. أنت من أبرز الداعين للاقتباس من القرآن والسنة وإجماع العلماء في التشريع التونسي. هل هذا يعني أننا قد نشهد مستقبلا في تونس إقامة الحدود مثل قطع الأيادي ورجم الزاني وما غير ذلك؟ 

 

ج/ لا ليس هذا المقصود من الدعوة لأن تكون الشريعة هي مصدر أساسي للتشريع في تونس، لأن الشريعة ليست هي حدود فقط وإنما نعني بالشريعة المنظومة القيمية والقانونية إضافة إلى أنها منظومة جزائية. فالشريعة قبل أن نتحدث فيها عن الحدود نتحدث فيها عن الحقوق والواجبات المدنية والسياسية. كما أن تطبيق الحدود لا يجوز إلا بعد أن تتمّ الشروط الاجتماعية والاقتصادية. فمثلا في عهد عمر بن الخطاب (رضي الله عنه) أبطل قطع اليد للسارق نظرا لأنّ الأمة مرّت بمجاعة وظروف اقتصادية صعبة. فكذلك نحن في مجتمعنا اليوم لا نريد أن نتحدث عن تطبيق الشريعة بمعنى الحدود قبل أن يقتنع الناس بهذا الدين وبالمنظومة القيمية للحرية والعدالة وبأن القرآن هو مصدر أساسي لفهم الدين والمجتمع وكل ما يتعلق بالحياة المجتمعية. فالشريعة في تقديرنا نريد أن نضعها كمصدر أساسي للتشريع ولكن مع ذلك نريد أن يكون تطبيقها بالتدرج انطلاقا من إقناع الناس بهذه الشريعة والرجوع للمصادر الأساسية للتشريع الإسلامي وهي القرآن والسنة وإجماع العلماء والاجتهاد.

 

س/ هل هذا يعني أنه تطبيق الحدود سيأتي في وقت لاحق؟

 

ج/ لا ليس بالضرورة. إذا كان الناس مقتنعين بالذهاب في إطار الشريعة فعند ذلك سيطالب الشعب بنفسه بتطبيق هذه الشريعة ولن تكون هناك حاجة مسقطة من فوق من قبل الدولة وإنما ستكون هناك حاجة يعبر عنها الشعب من تلقاء نفسه.

 

وحتى في تنزيل القرآن في السور المكية لم تنزل أي آية تتعلق بحدّ من الحدود كل ما كان ينزل في الفترة المكية يتعلق بإقناع الناس بعقيدة التوحيد بأن الله هو واحد أحد وله الصفات الحسنى ونبذ عقيدة الشرك التي كانت سائدة في تلك الفترة. وحتى العبادات مثل الزكاة والحج فرضت بعد الفترة المكية. وفي الفترة المدنية كانت الأحكام تنزل بالتدرج. وهذا يعني أن الشريعة لم تنزل دفعة واحدة وإنما كانت تنزل شيئا فشيئا حسب متطلبات الواقع الاجتماعي الذي يمرّ به المجتمع المسلم في المدينة. كذلك نحن لا نريد أن ننزل أحكام الشريعة دفعة واحدة وإنما حسب متطلبات المجتمع وحسب الظرف الاجتماعي والاقتصادي الذي تمرّ به البلاد.

 

س/ ظهرت في الفترة الأخيرة حملات تكفير من قبل أطراف محسوبة على الإسلاميين ضد العلمانيين. فهل العلماني بالضرورة كافر؟

 

ج/  لسنا مع تكفير الناس. التكفير هو مسألة خاصة بالأحكام الأساسية في القرآن والسنة. ويقول الله سبحانه وتعالى "لقد كفر الذين قالوا إن الله ثالث ثلاثة" وهذا حكم رباني بصريح النص القرآني يكفّر من يقول إن الآلهة ثلاث بمعنى انها الله والمسيح وجبرائيل. أما من ينطق بالشهادتين لا يجوز تكفيره. ومن كفر شخصا ينطق بالشهادتين يصبح هو الكافر.

 

س/ دعا رئيس الدولة المؤقت منصف المرزوقي إلى تجريم التكفير بسن قانون داخل المجلس التأسيسي. ما رأيك في ذلك؟

 

ج/ أنا لا أرى موجبا لذلك لأن التكفير في تقديري مسألة شرعية دينية من اختصاص هيئات هي التي تقدم متى يجرم الكافر ومتى لا يجرم. المسألة إذا مسألة فنية من اختصاص أطراف علمية مختصة. وهذا القانون هو سيدخلنا في متاهات لا مخرج لها وسيدخل فتنة بين الناس. فعندما نجرّم شخصا قال عن شخص آخر إنه كافر فمن سيقول إن ذلك ليس صحيحا وبأنه ليس كافرا. بمعنى كيف يمكن أن نثبت من أن ذلك كافرا أم لا؟ أمور العقيدة لا يجب أن تدخل في التقنين لأن العقيدة تدخل في القلب ولا إكراه في الدين.

 

س/ هناك جمعية تأسست حديثا أطلق عليها جمعية الأمر بالمعروف والنهي عن المنكر. كيف يمكن لهذه الجمعية أن تعمل في تونس التي تتكاثر فيها الحانات وأوكار البغاء وما إلى ذلك؟

 

ج/ الدعوة للأمر بالمعروف والنهي عن المنكر هو فرض كفاية حسب تسمية العلماء والفقهاء بدليل قوله تعالى "ولتكن منكم أمة يدعون إلى الخير ويأمرون بالمعروف وينهون على المنكر وأولئك هم المفلحون".


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En résumé

La place de l'Islam dans la constitution fait débat

 

 Cette semaine, les groupes parlementaires tunisiens ont chacun livré leur vision de la teneur de la Constitution dont doit se doter le pays. Le débat organisé mardi 28 février à l'Assemblée nationale constituante sur le sujet, relayépar le journal tunisien arabophone Assabah, a vu différentes visions se confronter. Même si les convergences demeurent importantes sur la nature de l'Etat "civil et démocratique, où le peuple est souverain, la séparation des pouvoirs, garantie, et le retour au despotisme, à jamais proscrit".

Là où les désaccords demeurent, en revanche, c'est sur la place de l'Islam dans la nouvelle Constitution. Le mouvement islamiste Ennahdha, majoritaire à l'Assemblée nationale constituante avec 89 sièges, prône une constitution profondément imprégnée des valeurs de l'islam. "Les principes de la constitution doivent s'inspirer de trois principales références : le système des valeurs islamiques, l'héritage réformateur tunisien et les acquis de l'humanité, sans fanatisme, enfermement ou défaitisme", a fait valoir Sahbi Atig, chef du groupe parlementaire d'Ennahdha.

"LIBERTÉ DE CULTE ET DE PENSÉE"

"La religion ne relève pas du domaine privé, mais d'un ordre public et d'un mode de vie ; celui qui cherche à isoler la politique de l'islam attente à la structure de la pensée islamique", a continué Sahbi Atig, en précisant que "l'Etat n'est pas religieux dans notre conception, mais civil, fondé sur le principe du libre choix ; où le peuple est la source de la légitimité". Le mouvement Ennahdha œuvrera àélaborer "une Constitution respectant les droits fondamentaux du citoyen, la liberté de culte, de pensée, de l'habit, et criminalisant toutes les formes de torture", a-t-il ajouté, en substance.

D'autres groupes parlementaires vont encore plus loin et revendiquent une constitution fondamentalement basée sur l'islam. La Pétition populaire suggère que"l'islam soit la principale source de législation, étant donné que le Coran prône justice et Choura [concertation] et interdit l'exploitation des pauvres". Cette formation sans obédience politique déclarée, créée par Hachmi Hamdi, un Tunisien expatrié à Londres soupçonné de travailler aujourd'hui en sous-main pour l'ancien régime, a créé la surprise lors des élections du 23 octobre en obtenant la troisième place.

Liberté et dignité, un groupe parlementaire de douze députés, constitué de petits partis, prône une constitution alignée sur la charia. "Nous voulons que soit stipulé dans la constitution que l'arabe est notre langue, l'islam, notre religion, le Coran, la Sunna, et l'unanimité des fuqahâ [jurisconsultes], nos principales sources de législation", a indiqué Mohamed Nejib Hosni, représentant du groupe.

LE PARTI DÉMOCRATIQUE PLAIDE L'INTRODUCTION "DE DROITS SOCIAUX"

L'opposition incarnée par le Groupe démocratique – une large coalition composée notamment du Parti démocratique progressiste de Nejib Chebbi, et d'Afek Tounes – voit les choses autrement. "L'esprit de la constitution doit s'inspirer de notre histoire trois fois millénaire, notre référence originelle est notre identité arabo-musulmane, et en même temps, notre aspiration à l'ouverture, au progrès et à l'inspiration de toutes les civilisations", a soutenu Fadhel Moussa, représentant du groupe. Il a prêché "le respect des fondements de l'Etat civil, les droits et les libertés, notamment la liberté de culte, et celle de la société civile, afin qu'elle soit influente". Il a plaidé, par ailleurs, pour l'introduction "de droits sociaux et économiques dans la nouvelle constitution, à l'instar des droits au travail, au logement décent, à l'enseignement, à la santé…".

Au sein de la coalition au pouvoir, la question de la place de l'Islam divise également. Parmi les alliés d'Ennahdha, si le Congrès pour la République insiste sur le nécessaire respect de l'"identité arabo-musulmane", le groupe d'Ettakatol, celui du président de l'assemblée, Mustapaha Ben Jaafar, plaide lui pour "une constitution à même de jeter les bases d'un régime républicain démocratique et civil", et appelle "à séparer le religieux du politique""Nous œuvrerons à instaurerun régime républicain civil qui n'a rien à voir avec ce qui est appelé les républiques islamiques, ni les républiques fondées sur les institutions militaires. L'Etat doitpréserver l'identité du peuple, enracinée dans son arabité et son islamité, et en interaction avec les valeurs de modernité. Un Etat qui garantit la liberté de culte œuvre à empêcher l'instrumentalisation de la religion dans l'action politique", a faitvaloir Mouldi Riahi, pour le groupe d'Ettakatol. .lemonde.fr/


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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 07:57

Le "oui" l'emporte en Syrie sur fond de violences

 

par Khaled Yacoub Oweis

AMMAN (Reuters) - L'artillerie syrienne a de nouveau bombardé lundi plusieurs quartiers de Homs, alors que Damas annonçait la victoire écrasante du "oui" au référendum constitutionnel qualifié d'imposture par l'opposition et l'Occident.

Selon le ministère syrien de l'Intérieur, la nouvelle constitution a été approuvée à 89,4%. Damas fait état d'une participation de près de 60%, mais des diplomates qui se sont rendus dans plusieurs bureaux de vote de la capitale disent n'avoir vu qu'une poignée d'électeurs.

L'article faisant du parti Baas le pilier de l'Etat et de la société ne figure pas dans la nouvelle loi fondamentale, qui autorise le pluralisme politique et limite la présidence à deux mandats de sept ans.

Ce point ne s'applique toutefois pas aux deux premiers mandats de Bachar al Assad, ce qui lui permettrait de se maintenir au pouvoir jusqu'en 2028. Des élections législatives doivent avoir lieu dans les trois mois.

"Si une nouvelle Constitution et la fin de l'hégémonie du parti Baas peuvent entrer dans le cadre d'un règlement politique, un référendum doit se dérouler dans des conditions exemptes de violences et d'intimidation", a estimé lundi Eduardo del Buey, porte-parole de l'Onu.

"Il a peu de chances d'être crédible dans le contexte de violences omniprésentes et d'atteintes innombrables aux droits de l'homme. Le ministre russe des Affaires étrangères a en revanche qualifié le scrutin "d'étape importante sur la voie des réformes".

 

TROIS PERSONNES ÉVACUÉES DE BAB AMRO


L'Observatoire syrien des droits de l'homme, dont le siège est à Londres, fait état de neuf morts à Bab Amro, un quartier de Homs, troisième ville du pays pilonné depuis plus de trois semaines.

"Des bombardements intenses visant les quartiers de Khalidiya, Ashira, Bayada, Bab Amro et la vieille ville ont commencé à l'aube", a déclaré à Reuters un opposant nommé Mohammed al Homsi.

Deux journalistes occidentaux blessés sont toujours retenus à Bab Amro, où deux autres -un Français et une Américaine- ont été tués la semaine dernière.

Des membres du Croissant-Rouge arabe syrien ont pu y pénétrer dans la soirée pour évacuer trois personnes, selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Il s'agit d'une femme âgée, d'une femme enceinte et de son mari, a précisé un porte-parole à Genève. "Ni les journalistes étrangers, ni les corps des (autres) journalistes n'ont été évacués pour des raisons que nous ignorons du fait de l'insécurité et des communications difficiles", a-t-il ajouté.

Dans la matinée, le président français Nicolas Sarkozy avait parlé d'une "amorce de solution" pour l'évacuation de la Française Edith Bouvier et du photographe britannique Paul Conroy, blessés la semaine dernière.

"Ce week-end, on n'avait aucune solution, la situation à Homs est extrêmement complexe, cette nuit nous avons l'amorce d'une solution. Je ne peux pas en dire beaucoup plus", a-t-il poursuivi.

Edith Bouvier, qui travaillait pour le Figaro, a demandé à être rapatriée au plus vite pour pouvoir être opérée, dans une vidéo mise en ligne jeudi sur YouTube. La journaliste américaine Marie Colvin et le photographe français Rémi Ochlik ont trouvé la mort mercredi dans des bombardements de l'armée syrienne à Homs.

Des opposants ont en outre fait état lundi de la découverte d'au moins 62 corps près de Homs.

"Des familles quittant Bab Amro ont été bloquées à un poste de contrôle hier soir et 62 personnes ont été enlevées. Ce matin, leurs corps ont été retrouvés dans un secteur sous le contrôle du président (Bachar al) Assad", a déclaré un opposant de Bab Amro.

 

LE QATAR PRÔNE LA FERMETÉ


"Le jour viendra où les autorités civiles et militaires syriennes, en premier lieu le président Assad lui-même, devront répondre de leurs actes devant la justice", a assuré Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères, devant le Conseil des droits de l'homme de l'Onu réuni à Genève, où l'Iran s'est opposé à l'organisation d'un débat d'urgence sur la répression.

L'ancien secrétaire général de l'Onu Kofi Annan, nommé récemment émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe pour la Syrie, a rencontré Alain Juppé et son homologue iranien Ali Akbar Salehi en marge de la réunion de Genève, a-t-on appris de sources diplomatiques.

Après l'Arabie saoudite vendredi, Le Qatar a invité la communauté internationale à armer les insurgés syriens. "Puisque nous n'avons pas réussi à faire bouger le Conseil de sécurité de l'Onu, je crois que nous devrions faire quelque chose pour envoyer assez d'aide militaire pour arrêter les violences", a déclaré le cheikh Hamad ben Khalifa al Thani, chef du gouvernement qatari.

Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe se réuniront le 10 mars pour deux jours afin de faire le point sur la situation, a-t-on appris de source proche de l'organisation.

Côté occidental, ou l'approche militaire semble toujours exclue, les Etats membres de l'Union européenne se sont entendus pour infliger de nouvelles sanctions à la Syrie en ciblant particulièrement la Banque centrale et plusieurs membres du gouvernement.

Dominic Evans, Erika Solomon, Alexei Anishchuk et Stephanie Nebehay; Hélène Duvigneau et Jean-Philippe Lefief pour le service français

source tempsreel.nouvelobs


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Homs, toujours assiégée par l'armée, compte ses morts

 

Immeuble endommagé à Idlib, au nord de la Syrie/

Immeuble endommagé à Idlib, au nord de la Syrie/AP/Rodrigo Abd

Après un weekend sanglant, l'armée a poursuivi lundi 27 février le bombardement de Homs, où les rebelles continuent de résister malgré trois semaines de pilonnage intensif.

Soixante-huit civils ont été tués par des hommes armés dans la région, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, qui dénonce un "massacre" commis par les milices civiles du régime de Bachar Al-Assad. Les corps, qui n'ont pas été identifiés, "portent des traces de balles et de coups portés à l'arme blanche."

  • A Homs, l'évacuation des journalistes blessés échoue de nouveau

Les négociations et les préparatifs pour évacuer les journalistes étrangers bloqués dans le quartier rebelle de Baba Amro, à Homs, ont de nouveau échoué lundi. Le président français, Nicolas Sarkozy, avait pourtant affirmé plus tôt sur RTL que"l'amorce d'une solution" s'esquissait pour évacuer les journalistes blessés mercredi.

Selon le président du Croissant-Rouge arabe syrien (CRAS), Abdel Rahmane Attar, l'équipe d'humanitaires est entrée dans le quartier de Baba Amro, mais "un intermédiaire de Baba Amro est venu nous dire que la journaliste du Figaro Edith Bouvier refusait de sortir si les conditions qu'elle posait n'étaient pas satisfaites", a-t-il poursuivi. "Nous ne connaissons pas ses conditions et nous ne savons pas si elle a vraiment refusé car nous n'avons pas pu avoir de contacts directs avec elle", a-t-il ajouté.

Edith Bouvier, à Homs, le 23 février 2012.

Edith Bouvier, à Homs, le 23 février 2012.REUTERS/HANDOUT


  • Le CICR entre dans Hama, manifestations dans le reste du pays

Le Comité international de la Croix-Rouge est entré lundi dans la ville de Hama et a pu distribuer de l'aide à douze mille personnes. En plus de l'aide alimentaire, qui doit couvrir les besoins de la population pendant un mois, l'ONG a fourni du matériel médical et du matériel d'assistance.

Des manifestations ont également été organisées lundi notamment dans la ville d'Al-Qusayr, située à quelques kilomètres de la ville martyre de Homs.

Manifestation à Al Qusayr, en Syrie, lundi 27 février.

Manifestation à Al Qusayr, en Syrie, lundi 27 février. REUTERS/GORAN TOMASEVIC


  • Résultats du référendum sur la Constitution

Plus de 14 millions de Syriens étaient appelés à se prononcer sur une réforme de la Constitution syrienne, dimanche 26 février. C'est le oui qui l'a largement emporté, avec 89,4 % des suffrages. Le texte instaure le "pluralisme politique", en supprimant l'article sur la prééminence du parti Baas, mais maintient de larges prérogatives pour le président.

Ce référendum a été dénoncé, à la fois par l'opposition et par la communauté internationale, qui l'ont qualifié de mascarade. Sans attendre les résultats du référendum, l'Union européenne a d'ailleurs décidé de renforcer ses sanctions. Elles comprennent un gel des biens de la Banque centrale syrienne en Europe et une interdiction du commerce de métaux précieux, comme l'or, réalisé par le pays.

  • Discussions diplomatiques autour d'un armement des rebelles

La question d'armer les insurgés divise de plus en plus la communauté internationale. Lundi, c'est le Qatar qui a relancé la polémique en appelant à un soutien international de la révolte populaire, y compris en fournissant des armes à l'Armée syrienne libre. Mais les pays occidentaux excluent toujours une quelconque intervention militaire. Les Etats-unis craignent surtout que le fait de livrer des armes à l'opposition syrienne pourrait aider Al-Qaida et le Hamas.

La voie diplomatique semble donc toujours l'unique solution pour résoudre le conflit en Syrie. Mais le blocage de la Russie et la Chine continuent de bloquer toute résolution des Nations unies. Lundi, la Chine a de nouveau affirmé "ne pas pouvoiraccepter" les propos de la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, qui a appelé la communauté internationale à pousser les deux alliés du régime à "changer de position", où ces deux pays "se mettent en travers des aspirations du peuple".

Des membres de l'Armée syrienne libre, le 27 février à Al Qusayr.

Des membres de l'Armée syrienne libre, le 27 février à Al Qusayr.AFP/GIANLUIGI GUERCIA

source lemonde.

_____________________________________________________________L'autre point de vue

Siège de Homs : à qui la faute ?

 

Nul ne peut rester indifférent devant les images effroyables qui nous viennent de Homs. Nul ne peut rester de marbre devant la souffrance de ces familles terrées dans leurs caves, sans pain, sans eau et sans espoir. Les obus pleuvent et s'écrasent dans un bruit assourdissant, fauchant des vies sans demander l'âge ni l'adresse de leurs victimes. A Homs, c'est la guerre. A Homs, c'est l'enfer.

 

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L'horreur qui se déroule sous nos yeux donne de quoi en vouloir au président syrien, à son parti et à son armée jusqu'à la fin des temps. Mais ce camp aujourd'hui en pleine offensive après avoir été totalement débordé par la violence terroriste (1), est-il le seul à blâmer ? L'Armée syrienne libre (ASL) qui, depuis des mois, tient des quartiers entiers en otage, entraînant une partie de la population dans une aventure militaire incertaine n'est-elle pas autant responsable de cette tragédie ? Début novembre, le régime de Damas avait promis une amnistie à tous les insurgés qui rendraient leurs armes pour autant qu'ils n’aient pas de sang sur les mains.

Si l'on peut légitimement douter de la bonne foi du régime, rappelons-nous tout de même que ce type d'engagement gouvernemental a été respecté et même validé par les observateurs de la Ligue arabe (2). Au lendemain de cette promesse d'amnistie, la porte-parole du Département d’Etat américain Victoria Nuland avait appelé les insurgés à ne pas rendre les armes. Par leur soutien affirmé au terrorisme et au chaos, les États-Unis n’ont-ils pas mis de l’huile sur le feu ? Quant à la stratégie de ces rebelles fanatiques qui espéraient, comme en Libye, un appui aérien de l'OTAN pour poursuivre leur avancée vers la capitale et entraîner la chute du régime à tout prix n'est-elle pas insensée sinon criminelle vis-à-vis des millions de victimes potentielles ? Que dire aussi des actes terroristes commis par ces mêmes rebelles ? A Homs, ils ont procédé à une véritable épuration ethnique, chassant et liquidant chrétiens, alaouites ou sunnites pro-régime des quartiers qu'ils contrôlent. N’allez pas croire que notre grande presse va émettre un soupçon de reproches aux terroristes sectaires qui se servent de boucliers humains. Que nenni, quand il s'agit de défendre Israël et d'affaiblir l'Iran, l’ASL et ses bataillons salafistes parrainés par l’Arabie saoudite, le Qatar, le Courant du futur des Hariri et Al Qaida, sont les meilleurs alliés donc forcément de gentils militants pro-démocratie.

Le 28 janvier, nous avons tous été bouleversés par les images du massacre d'une famille sunnite à Nasihine, femme, enfants et bébés inclus. Dans ce quartier de Homs, ce jour-là, douze innocents, douze membres de la famille Bahader, ont été froidement assassinés. Sans la moindre preuve, le reporter photo du journal Le Monde répondant du pseudonyme de Mani avait mis ce crime horrible sur le compte des milices loyalistes recrutées, dit-on, parmi les alaouites. Le lendemain, on apprit que cette famille sunnite était en fait devenue la cible des rebelles parce qu'elle « collaborait avec le régime ». En fait, Abdel Ghani, le père de famille était un fonctionnaire du gouvernorat de Homs. Un homme sans histoires. Lui et son frère Ghazouan qui est un chauffeur attaché au même gouvernorat, avaient reçu de nombreuses menaces de mort de la part des rebelles. Abdel Ghani souhaitait déménager pour éviter toutes représailles de la part de l'ASL qui voulait l'enrôler de force. Mais la barbarie terroriste l'attendit au tournant, lui et sa famille.


Le 23 février, un groupe armé commit un nouveau massacre d'innocents. Quartier visé : al-Arman al-Janoubi à Homs. Les victimes : un couple et leurs quatre enfants. Les terroristes ont d'abord ligoté Mohamed Ryad Darwich, sa femme et ses enfants avant de les torturer à coups de poignards. Les victimes ont été mutilées méthodiquement par des tortionnaires qui ont poussé le vice jusqu'à écrire des mots sur leurs corps à l'aide de leurs poignards. Ils ont ensuite mis le feu à la maison de cette famille. Entre le massacre des familles Bahader et Darwich, on ne compte plus les exécutions sommaires perpétrées par les terroristes. Des centaines de civils et de militaires pro-régime ont subi le même sort. Ces événements et bien d'autres encore témoignent de ce que l'horreur ne se trouve pas dans un seul et même camp.

 

 Tout ça pour ça ?

 

Peu d'analystes s'interrogent sur les réelles motivations des rebelles. Se rebeller, c'est bien. Encore faut-il avoir une raison valable, une réelle alternative démocratique et utiliser les moyens adéquats pour y parvenir. Nous savons toutes et tous que les rebelles veulent renverser le régime. Ce programme aurait été légitime s'il eut obtenu la confiance de la majorité des Syriens. Or, des millions de citoyens aspirent à une démocratisation dans le cadre du régime actuel. Ils l'ont maintes fois exprimé lors de manifestations monstre. Malgré cette réalité, l’intransigeance des insurgés est totale. Ils excluent ainsi tout compromis, toute négociation, toute réforme et tout règlement politique. Seule une élimination radicale de la dictature baassiste qui revendique pourtant près de deux millions de membres pourra les satisfaire. Aux insurgés djihadistes, il faut tout, tout de suite. Qu’importe pour eux que la majorité des Chrétiens, des Druzes, des Alaouites, des Arméniens, des Sunnites kurdes ou arabes ne les suivent pas. Devant leur empressement, je ne peux m'empêcher de penser aux rebelles colombiens qui résistent depuis près de 50 ans envers et contre tout. Ces insurgés là n'ont droit à aucune compassion de la part de « nos » armées philanthropiques. Le sol de leurs jungles et de leurs montagnes regorgent pourtant de cadavres, celui de dizaines de milliers de syndicalistes, de paysans, de femmes et d'enfants assassinés par les escadrons de la mort agissant pour le compte de « nos » gouvernements.

D'autres mouvements de libération résistent à la tyrannie, seuls dans leur maquis. Depuis des lunes. Comme les Tigres de l'Eelam Tamoul. Leur encerclement et leur anéantissement par l’armée sri-lankaise en 2009 n’a pas suscité l’indignation internationale que nous connaissons depuis des mois en faveur de l'ASL. Nos rebelles syriens, eux, veulent la victoire illico. Servie sur un plateau d'argent. De préférence avec show laser dans le ciel nocturne de Damas et d'Alep. « Déroulez-nous le tapis de bombes » martèlent-ils à leurs amis atlantistes et wahhabites.

Et pour faire quoi messieurs ? Une fois installés au pouvoir, le Conseil national syrien (CNS) alias « Conseil d'Istanbul » et l'Armée syrienne libre (ASL) prendront la courageuse décision de rompre le lien Damas-Téhéran. Ils souhaiteraient également couper les ponts avec les patriotes libanais rassemblés autour du Hezbollah. Dans une interview accordée au Wall Street Journal, le président du CNS Burhan Ghalioun, a affirmé vouloir négocier avec Israël, notamment au sujet de la restitution du Golan « en misant sur nos relations spéciales avec les puissances européennes et occidentales (sic) ». (3) 

En d'autres termes, Ghalioun rêve d'une Syrie apprivoisée et docile. Une Syrie asservie aux puissances coloniales. Une Syrie dénaturée, défigurée, dépersonnalisée. Le triste jeu des insurgés de Homs en vaut-il vraiment la chandelle ?

 

 Comment aurait réagi un Etat occidental dans pareille situation ?

 

On l'a vu à l'œuvre maintes fois : lorsqu'il se sent ou se trouve réellement attaqué, le régime syrien peut s'avérer être excessivement brutal et sanguinaire. Ce mécanisme d'autodéfense est toutefois loin d’être exceptionnel. En effet, dictature ou pas, tout système politique qui se veut responsable à l’égard de ses citoyens ou qui désire juste sauver sa peau, aurait tendance à montrer ses dents dans une situation de violence extrême.

C’est d’autant plus vrai pour une nation dont les ennemis extérieurs n’ont ni le profil, ni l’armement ni l’appétit expansionniste des îles Kiribati, d’Andorre ou du Liechtenstein. C’est une nation qui, de surcroît, s'est aliénée une partie de sa population pour de multiples raisons parmi lesquels le massacre de Hama commis en 1982. L’impunité que s’offre le régime syrien depuis la boucherie de Hama couplée à l’esprit revanchard des djihadistes et à l’incompatibilité existentielle entre les principes laïcs du pouvoir et la charia entretiennent un climat de guerre larvée qui peut à tout moment dégénérer en conflit ouvert.

En Europe de l’ouest, depuis la seconde guerre mondiale, nous n’avons certes pas de situation équivalente à celle de Homs. Non pas que nos élites et leurs armées sont plus pacifistes mais parce que l’exploitation des pays du Sud notamment par le mécanisme de l’endettement, ont permis aux bourgeoisies atlantistes de s’offrir une relative paix sociale, de nous concéder quelques droits moyennant notre démobilisation, ce que l'on appelle en turc « la part du silence ». Nos élites ont donc construit et renforcé leur stabilité sur le malheur des plus faibles. Cela n’a pas empêché les pays occidentaux d’être régulièrement confrontés à des troubles sociaux et des crimes relevant davantage du droit commun. Par exemple, les Fort Chabrol ou les prises d’otages. Dans bien des cas, les forces d’intervention policières d’Europe ou des USA ne font pas dans la dentelle. S'ils n'obtempèrent pas, les forcenés sont froidement abattus. Et cela, au nom de la sécurité des citoyens.

Or, à Homs, certains Fort Chabrol durent depuis des mois et s’étendent sur des quartiers entiers. De plus, leurs auteurs tirent sur tout ce qui bouge, plongeant des populations entières dans un climat de terreur permanent qui fait bien souvent regretter l’environnement sécuritaire imposé par le régime syrien.

En tant que garante de la souveraineté nationale et de l'intégrité territoriale de la Syrie, l'armée gouvernementale était tenue d'intervenir dans les quartiers de Homs tombés en dissidence. Cette même armée avait d'ailleurs été vivement critiquée pour son laxisme par les habitants des quartiers soumis aux tirs provenant des quartiers insurgés.

A ceux qui l'ignorent, il convient de rappeler que depuis l’après-guerre, les pompiers pyromanes de l'OTAN ont maintes fois tiré « sur leurs propres citoyens » pour bien moins que ça. Le 13 mai 1985, une paisible communauté africaine baba cool de Philadelphie appelée Move fut arrosée de napalm pour avoir voulu vivre en autarcie. Onze personnes dont dix enfants périrent dans les flammes occasionnées par la bombe larguée depuis un hélicoptère de la police. Les habitants de l'immeuble ne menaçaient pourtant personne. Il y eut par ailleurs l'écrasement de la mutinerie de la prison d'Attica dans l’Etat de New York en 1971, le siège de Waco au Texas en 1993 contre la communauté des Davidiens (86 morts), le Bloody Sunday en Irlande, le massacre de Polytechnique en Grèce, les opérations militaires dans les prisons turques de Diyarbakir, Ümraniye, Ulucanlar, Bayrampasa ou dans les villes kurdes de Lice et de Cukurca en Turquie... Sans parler des guerres secrètes de l'OTAN : tueries du Brabant, attentats de la gare de Bologne, de la Piazza Fontana à Milan, de la place Taksim, de la place Beyazit et du quartier de Gazi à Istanbul, ou encore des pogromes de Maras, Corum et de Sivas... Personne n'a évoqué pour autant l'option d'une intervention humanitaire armée à Washington, Londres, Rome ou Ankara. Je vous passe des assassinats de masse et des génocides commis par les forces atlantistes dans les pays du Sud. Et puis, attendez voir ce que nous réserve l’Europe « démocratique » le jour où les mouvements d'indignés constitueront une véritable menace pour les élites politiques et financières... Les Murs des fédérés ressurgiront hélas à chaque coin de rue.

Bien entendu, comparaison n’est pas raison. Autrement dit, les crimes commis par les troupes atlantistes ne justifient nullement ceux commis par l’armée syrienne. Et la vie d'un enfant syrien qu'il soit du côté rebelle ou du côté loyaliste, n'est pas moins précieuse que celle d'un enfant français, américain ou scandinave.

Finalement, les mots sont si vains devant la tragédie de Homs. Seule compte la vie des innocents de cette ville pris entre deux feux. Si on veut les sauver, il faudrait peut-être commencer par abandonner la logique de confrontation et dialoguer avec le gouvernement syrien. Au lieu de gesticuler, d’insulter ou de tenter de convaincre la Russie et la Chine, il serait peut-être plus sage de descendre de ses grands chevaux et de rejoindre le bloc sino-russe dans son appui à une solution de transition démocratique syrienne sans paternalisme et sans interférence. Nous serions ainsi bien plus en phase avec la Charte des Nations Unies. Et si, pour les enfants de Homs et pour la survie de la Syrie, on osait la paix ?

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Notes

(1) Durant les semaines qui ont précédé l’assaut sur Homs, il mourait en moyenne une vingtaine de soldats gouvernementaux par jour. Sans compter les innombrables victimes civiles tombées sous les balles des groupes insurgés

(2) Le rapport de la mission des observateurs arabes en Syrie :http://tunisitri.wordpress.com/2012...

(3) The Wall Street Journal, 2 décembre 2011

source michelcollon

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28 février 2012 2 28 /02 /février /2012 05:59

Pourquoi la charia et le Coran ne peuvent pas être source de la constitution ?

Plus de 70% des Tunisiens n’ont pas voté Ennahdha, et la moitié des 20% des Tunisiens qui ont voté pour ce parti, ne voudraient pas de la mise en pratique de la charia. Alors expliquez-nous, monsieur le député d’Ennahdha comment se fait-il que, comme par hasard, quelques mois après le travail de votre gouvernement, plus de la moitié des Tunisiens auraient fait volte face et, subitement,se mettent à vouloir la charia carrément ? Serait-ce parce que vous avez un travail tellement méritoire, genre relâcher des milliers de criminels pour augmenter l’insécurité et effrayer les Tunisiens pour mieux les contrôler ? Ou peut-être que le prédicateur Wajdi Ghouneim a tellement plu et convaincu les 8 millions de laïcs Tunisiens qu’ils changent brusquement d’avis et répondent oui à vos sondages bidons ? Depuis quand un sondage par internet est fiable ?

Personne ne garantit qu’une même personne ne peut pas refaire le même questionnaire encore et encore une centaine de fois, puisqu’aucune vérification d’identité n’est faite. Car le sondage sur lequel vous vous basez pour promouvoir l’institution de la charia comme source de législation de la constitution est le sondage que Mosaïque FM a publié le 22 février ; or il se trouve que c’est un sondage fait par internet ; sachant que plusieurs milliers d’internautes travaillent pour votre parti dans l’ombre, imaginez ce que cela donne quand on multiplie ce chiffre par quelques dizaines ! Alors de grâce, arrêtez vos mensonges ! Les Tunisiens ne sont pas dupes.

En effet les membres d’Ennahdha sont en train de faire campagne pour influencer l’opinion publique et réussir à faire adopter la charia comme source de la constitution, sans que la société civile ne sorte dans la rue comme d’habitude et l’empêche de détruire la Tunisie encore plus. En ce moment, nous assistons à un vrai matraquage : il ne se passe pas un seul jour sans que ce mot ne soit évoqué, que ce soit à la télé ou à la radio. Il faut dire qu’ils sont passés maîtres dans l’art de la communication et de la manipulation, et les techniques sont variées : à titre d’exemple, ce n’est plus le mot constitution qui est répété mais « législation » de la constitution, autrement dit « tachrii » du destour, mot de la même origine que charia !

Toutefois, si les Tunisiens ne veulent pas de l’application de la charia, c’est pour une raison bien simple : la charia n’a pas suivi le mouvement de la société et personne n’a cherché à l’adapter à son époque.Au contraire, on l’a utilisé pour maintenir un statu quo un peu trop confortable à sacrifier. Ainsi une question a rarement été évoquée : Pourquoi n’a-t-on pas banni la polygamie de la charia par exemple, puisque Dieu est catégorique au verset (128 ) de la sourate « les femmes » « vous ne pourrez pas être équitables avec les femmes, malgré tous vos efforts » ;autrement dit vous ne pouvez vous marier qu’avec une femme. Ce verset devrait-être la base de l’interdiction de la polygamie si les exégètes étaient vraiment intègres ; car c’est cela l’ijtihad que Dieu nous a demandé de faire, pour adapter la charia. Ce verset est une porte laissée par Dieu, pour que le moment venu, quelqu’un l’ouvre ou plutôt la ferme sur une injustice.

Mais qu’ ont fait donc les arabes ? Rien. Au contraire ; à croire que la polygamie est devenue le 6ème pilier de l’islam.

D’autre part, qui peut prétendre que tout le Coran a été compris et expliqué ? Personne ; le Coran n’a pas encore été déchiffré, et il ne le sera pas de notre vivant. C’est cela le miracle du Coran :il a plusieurs niveaux de compréhension, destinées à chaque époque. Or notre époque et les sociétés arabes n’ont pas fait un seul pas en avant dans la compréhension des sens profonds de Dieu :leur compréhension du Coran est la même que celle des premiers siècles de l’islam. Alors messieurs les députés nahdhaouis, dites-nous, comment peut-on mettre en pratique ce qu’ on n’a pas compris ?

source nawaat

 

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Ennahdha, blocage à tous les étages

 

De g. à dr. : A. Larayedh, R.Ghannouchi et H. Jebali.De g. à dr. : A. Larayedh, R.Ghannouchi et H. Jebali. © AFP

Tout semblait sourire au parti islamiste, passé de la clandestinité au gouvernement tunisien en moins d'un an. Mais depuis son arrivée au pouvoir, dissensions internes et contradictions criantes, notamment sur l'attitude à adopter à l'égard des salafistes, le plongent dans le doute.


Avec 89 sièges sur 217 à la Constituante, Ennahdha pèse de tout son poids sur la préparation de la nouvelle Constitution tunisienne et sur les orientations du gouvernement de coalition. Élu sur un programme en 365 points qui mettait en avant une intention démocratique attachée au respect des libertés, le parti, à travers son projet de Constitution, a changé son fusil d'épaule en proposant la charia comme première source législative et en conditionnant les libertés au respect de toutes les formes du sacré.


Abdelaziz, sympathisant islamiste, note que, « au fond, il n'y a pas de quoi s'étonner ; Hamadi Jebali, alors secrétaire général du parti, avait annoncé en mars dernier que l'application de la charia serait progressive et incontournable. Pour les élections, Ennahdha a voulu séduire en affichant une image d'ouverture à la turque, mais elle montre aujourd'hui un tout autre visage et fait face à des divergences internes ». L'ancien Premier ministre, Béji Caïd Essebsi, a déclaré que « lors des dernières élections, Ennahdha a fait le plein d'électeurs. Maintenant, il lui faut élargir son champ en s'alliant à d'autres tendances islamistes ».


De fait, le parti ne parle pas d'une seule voix et donne aujourd'hui l'impression d'être écartelé entre ses engagements électoraux et le souci de ne pas s'aliéner sa branche la plus extrême, le mouvement salafiste. Il doit en outre accorder ses violons avec le gouvernement et la Constituante.


Après le double langage, le temps est à la double gouvernance. À la manoeuvre, Rached Ghannouchi, chef de file d'Ennahdha, qui entretient une confusion entre les positions du parti et les prérogatives du gouvernement, prenant la parole au nom de la Tunisie sur la scène internationale après avoir placé au sein de l'exécutif des proches, tels que son gendre Rafik Abdessalem, ministre des Affaires étrangères, ou un fidèle compagnon de route, Lotfi Zitoun, ministre conseiller chargé des Affaires politiques, ou encore son neveu, Habib Khedher, rapporteur à la Constituante. Tout aussi troublant est son refus de condamner clairement les actes de violence des salafistes.


Diversion


Si Samir Dilou, ministre des Droits de l'homme et de la Justice transitionnelle et porte-parole du gouvernement, déclare qu'il « préfère que le gouvernement soit accusé d'être faible plutôt que répressif », il confie aussi qu'au sein du parti « le ton monte, mais on ne le dit pas ». L'affrontement entre faucons et colombes est latent, tant et si bien que le parti a reporté sine die son congrès. Ennahdha a d'ailleurs par trois fois affiché ses divisions ; sur le port du niqab, sur les déclarations de Sadok Chourou (lire ci-contre) et sur l'inscription de la charia dans la future Constitution. Alors que le ministre de l'Enseignement supérieur, Moncef Ben Salem, tergiverse sur l'interdiction du port du niqab à l'université, Ali Larayedh, ministre de l'Intérieur, déclare « être personnellement opposé au port du niqab, qui est sans aucun fondement religieux », mais dit respecter « celles qui ont fait ce choix ».


Sur la question de la charia, Habib Khedher affirme « qu'elle va de soi dans un pays musulman et que le futur pouvoir législatif élaborera les lois en fonction de l'interprétation qu'il fera de la charia », tandis qu'Ajmi Lourimi, membre du bureau exécutif d'Ennahdha, souligne que l'application de la charia n'est pas au programme.


Nombreux sont ceux qui s'alarment de tous les débats stériles. « Polygamie, califat, charia, identité arabo-musulmane, tout ça est destiné à faire diversion, à escamoter l'incapacité d'Ennahdha à redresser l'économie, tout en lançant un signal dangereux pour détruire l'État moderne », analyse un chef d'entreprise.

 

Au nombre de ces diversions, les tournées de prêcheurs extrémistes du Moyen-Orient venus conforter les salafistes en vantant « un retour aux sources de l'islam, salvateur pour la société ». Ripostant aux procès intentés par ces cheikhs ultraréactionnaires contre l'identité tunisienne (lire encadré), Abdelfattah Mourou, ancien membre d'Ennahdha, a déclaré :

 

« Nous avons une tradition musulmane ancrée depuis des siècles. Nul ne peut prétendre nous donner des leçons. Quant à la démocratie, elle ne peut être contre l'islam, car elle n'est pas une religion mais un système. »


Pas de ligne claire


Sur la question des salafistes, les dirigeants du parti refusent de trancher. « Ils sont aussi les fils de ce pays », se justifie Ghannouchi. Sahbi Atig, chef du groupe Ennahdha à la Constituante, explique même que « le salafisme est aux origines du mouvement Ennahdha, lequel a ensuite eu un parcours politique fondé sur la démocratie ». Sadok Chourou joue d'ailleurs aujourd'hui le rôle d'interface avec les différents courants salafistes. Mais, selon Slaheddine Jourchi, analyste politique, « le récent accrochage entre forces de l'ordre et salafistes près de Sfax [12 djihadistes ont été interpellés à l'issue de l'enquête, NDLR] montre une rupture entre Ennahdha et une partie d'entre eux. En tirant sur les représentants d'un gouvernement d'Ennahdha, ils ont signifié leur rejet de la ligne du parti islamiste ». Il en va de même avec les wahhabites du Hizb Ettahrir, non autorisé, qui critiquent ouvertement un gouvernement jugé « non islamiste ».


Sur fond de conflit idéologique au sein du parti, certains militants confient que « la situation est grave. Nous ne savons pas gouverner et, faute de ligne claire, nous avons du mal à tenir notre base ». Raoudha Gharbi, de la Ligue tunisienne des droits de l'homme (LTDH), note pour sa part que « les salafistes font leurs tests pour s'installer au pouvoir ». D'aucuns pensent qu'Ennahdha cherche à gagner du temps et à imprimer des changements de comportement dans la société à travers, entre autres, le tissu associatif en vue des prochaines élections. Mais les relations entre Ennahdha et le pouvoir sont tellement intriquées que les dissensions du parti sont devenues une faiblesse de l'État.


Un "salafou" nommé Wajdi Ghanim


On savait les chaînes satellitaires religieuses influentes. Aujourd'hui, en Tunisie, on en mesure l'impact. Après la visite du prédicateur égyptien Amr Khaled, ce fut au tour de son compatriote Wajdi Ghanim de porter la « bonne parole ». Bardé de diplômes, ce théologien de 66 ans, figure de la propagande salafiste, est adulé dans de nombreux pays arabes, notamment en raison de ses harangues antisionistes. S'appuyant sur une lecture très personnelle des textes sacrés, il a littéralement enflammé la coupole d'El-Menzah, le 11 février, à Tunis. Là, il s'est contenté de stigmatiser la laïcité et l'indécence des sportives. Mais à Sousse, il a abordé l'un de ses thèmes favoris - pourtant totalement étranger à l'islam -, l'excision, qui ne serait pas une mutilation mais une banale opération esthétique, tandis qu'à Mahdia il a asséné, sous les ovations, que « la démocratie est faite par des mécréants et qu'il faut s'en remettre à la choura ». Ses outrances ont suscité un tel émoi dans le pays qu'une plainte a été déposée contre lui et les associations qui l'ont invité.

source jeuneafrique

 


 

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Le champ de bataille médiatique

 

 

Un front se libère, un autre s'ouvre. Procès en moralité, critiques répétées des islamistes, mécontentement voire harcèlement d'une partie de la population, maintien ou retour des proches du régime Ben Ali... Cela tire dans tous les sens dans les médias tunisiens.

Ce lundi matin, les journalistes sont appelés à se mobiliser contre les violences sur le terrain, pour la énième fois en l'espace de deux mois: samedi, lors de la dispersion d'une manifestation,dix journalistes ont été agressés par les forces de l'ordre, selon le syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), qui a porté plainte contre le ministère de l'intérieur. Car cela commence à devenir une habitude: à chaque manifestation qui tourne au vinaigre, les journalistes prennent des coups.

Un héritage lourd

Les policiers ne sont pas les seuls à s'en prendre à eux. Dans les régions, lors de mobilisations sociales, des altercations ont eu lieu. De ce côté, Olivia Gré, responsable du nouveau bureau de Reporters sans frontières à Tunis, veut relativiser:

« C'est finalement assez normal. Ce sont des gens à qui on n'a jamais donné la parole. [Après la révolution], ils ont été extrêmement heureux de voir qu'enfin ils allaient pouvoir communiquer, faire entendre leur voix. Ils ont été très agressifs parfois à l'égard des journalistes, qu'ils ont considérés comme des traîtres.»

Les journalistes de la télé nationale, tout comme ceux deNessma- honnie des islamistes et pousuivie pour avoir diffusé le film d'animationPersépolis, où figure une représentation de dieu (un interdit dans l'islam) -, peinent à travailler et sont parfois contraints de retirer le logo de leur matériel pour éviter les prises à partie.

Certains partisans islamistes se montrent particulièrement virulents. Sofiene Ben Hamida, figure deNessma, a été agressé lors d'une manifestation pro-gouvernement. De même, Zied Krichen, rédacteur en chef du journalLe Maghreb, qui a adopté une stratégie d'opposition frontale aux islamistes, a été frappé lors de la première audience deNessma. Dans son dernier communiqué, le SNJT, accusateur, dénonce les"pressions terribles exercées par des individus et des groupes inféodés au gouvernement dans le but de contrôler les médias à travers des pratiques violentes et des appels francs au meurtre".

Attaques 2.0

Principal relais de cette campagne très virulente: Facebook. Des pages se sont fait une spécialité du dénigrement, comme "Ensemble pour éliminer les médias violets [la couleur fétiche de Ben Ali, ndlr]", qui rassemble plus de 10.000 fans.

Ce dimanche soir, un groupe dénommé"fallega"a piraté la page Facebook de laradio Mosaïque, perçue comme l'un de ces médias"gauchistes". Avec près de 500.000 fans, c'est aussi l'une des pages les plus suivies du pays. Les hackers s'en sont donnés à cœur joie, organisant des sondages sur l'opportunité d'appliquer la charia dans la Constitution. Usant de méthodes que n'aurait pas renié l'ancien régime, adepte des montages porno pour discréditer ses opposants, ils ont aussi diffusé des photos trafiquées du journaliste Haythem el Mekki: l'un le représente travesti en mariée, l'autre vaguement enlacé par un jeune homme. Ce blogueur avait déjà été la cible d'une campagne sur le réseau social et dans la rue pour son travail à la télé nationale.

Je les dérangeais car je tenais une chronique sur le web. Et là, ce n'est pas du tout un islam modéré qui s'exprime. Ils parlent de gauchistes qu'il faut tuer, de francs-maçons, de mécréants, ils insultent, diffusent des vidéos pour salir les gens, etc ...",

raconte-t-il.

Haythem el Mekki a fini par être suspendu, en février. Non pas pour son travail, mais pour avoir pris, sur sa page Facebook personnelle, des positions contre Ennahda, la première force politique du pays depuis l'élection de l'assemblée constituanteen 2011.

"Il faut donner l'idée que nous sommes neutres", justifie Sadok Bouabène, le directeur deWataniya 1 [la chaîne de télé la plus regardée en Tunisie], qui avait déjà occupé ce poste deux ans sous Ben Ali.

"Manque de neutralité"

Le manque de neutralité est d'ailleurs l'angle d'attaque des islamistes. C'est avec ce slogan que, vendredi, après la grande prière hebdomadaire, quelque 3.000 personnes sont allées crier leur colère devant l'entrée de la télévision nationale. Et une nouvelle manifestation est prévue ce vendredi.

Le climat d'hostilité est entretenu par les plus hauts responsables du parti Ennahda, qui ont multiplié les déclarations à l'encontre des médias, en particulier les médias publics. Ainsi, fin décembre, Rached Ghannouchi, le leader du parti, les accusait d'être pessimistes et manipulés:

«Quand vous feuilletez les journaux, on remarque une campagne bien organisée qui vise à semer le pessimisme et la zizanie. On ne parle que des sit-in, des manifestations, des blocages de routes et des industries incendiées... Que des informations négatives. Tous disent que le pays fonce vers l'abîme et c'est à cause de qui ? Ennahda, bien sûr. Ces médias diffusent un seul son de cloche : le pays se dirige vers une catastrophe causée par Ennahdha.»

Récemment, c'est Samir Dilou, le porte-parole du gouvernement, qui faisait dans le lynchage en évoquant l'affaireAttounsia[le directeur du magazine a purgé huit jours de détention, pour avoir publié en couverture la photo d'une femme nue]:

« Ces journalistes, qui n’ouvraient la bouche que chez le dentiste, s’amusent maintenant à violer le sacré, dans des torchons, qu’ils qualifient de journaux, en ornant leur Une de photos de nudité et en utilisant des dizaines d’obscénités dans leurs articles. »

 

Une "débenalisation" en cours

Il est vrai que des thuriféraires de l'ancien régime continuent de commettre des articles. Un exemple parmi d'autres: Raouf Khalsi, resté rédacteur en chef duTemps, l'un des principaux quotidiens francophones. Signataire de"l'appel des 1.000"pour conjurer Ben Ali à solliciter un cinquième mandat en 2014, il participe en 2009 à une campagne de dénigrement de la journaliste duMonde Florence Beaugé (une"femme psychotique, hystérique"et"bonne pour la psychanalyse", écrit-il alors), juste après son refoulement du territoire tunisien. Le 11 janvier 2011, après un weekend sanglant à Kasserine, il dénonçait les"lubies"des manifestants.

Le chercheur spécialiste des médias Riadh Ferjani reconnait toutefois"qu'Ennahda est très minoritaire dans les médias dominants", largement acquis à la gauche. Mais il fustige l'attitude de cesjournalistes:"Quand ils critiquent les médias, ils ne proposent pas d'alternative. Ils veulent le retour des médias à la botte du pouvoir".

Une suspicion alimentée par deux éléments: d'une part, le gouvernement emmené par Ennahda tarde à adopter les décrets d'application du nouveau code de la presse, débarrassé de ses aspects répressifs. Il passe outre, aussi, les recommandations de l'instance la réforme de l'information, nommant les responsables des médias publics sans aucune concertation.

La presse a du mal à se réguler

C'est ainsi que, début janvier, des partisans de l'ancien régime ont été promus, avant que le gouvernement ne retire les nominations les plus contestées. Récemment encore, le directeur de la radioShems FM, propriété - confisquée - de la fille de Ben Ali, a été écarté: la commission qui gère les biens confisqués a mis à la place du jeune et talentueux journaliste Elyès Gharbi, l'ancien directeur, et accessoirement homme de confiance de Cyrine Ben Ali.

Un climat qui ne favorise pas les réformes dont le secteur a besoin. Les chantiers sont nombreux: l'information institutionnelle reste la règle avec la couverture de conférences de presse. Les reportages et les enquêtes sont rares. Dans chaque média, les journalistes tentent, parfois à l'encontre de leur direction, d'élire des comités de rédaction.

La profession parviendra-t-elle à se débarrasser de ses brebis galeuses ? Une "liste noire" est en train d'être constituée par le SNJT. Mais, sans accès aux archives du ministère de l'Intérieur pour prouver qui collaborait avec la police politique, sa portée risque d'être très limitée. Un an après le départ de Ben Ali, l'élan de liberté qui en est né peine à se concrétiser.



Les affaires en cours

La censure du porno, l'affaire Attounsia et le procès Nessma: les trois affaires qui touchent aux mœurs et à la religion sont celles qui ont attiré le plus l'attention.

Soupirs - provisoires - de soulagement, pour les deux premières: condamnée par deux fois à remettre en place le filtrage des sites pornographiques, l'agence tunisienne d'internet (AIT) s'est vue offrir un ultime espoir, quand la cour de cassation a renvoyé le jugement à une cour d'appel. Poursuivie par trois avocats islamistes, l'ATI défend un internet"neutre", libéré de toute censure globale.

Quant au directeur d'Attounsia, il a fini par être libéré après huit jours de détention, purgés pour avoir publié en couverture la photo d'une femme nue.

Le procès Nessma, lui, n'aura lieu que le 23 avril. La chaîne est pousuivie pour avoir diffusé le film d'animation Persépolis, où figure une représentation de dieu (un interdit dans l'islam). Les batailles judiciaires sont loin d'avoir trouvé leur épilogue.

source myeurop

 

 

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 07:26
« Debout chiens, debout !». « Mange le drapeau ! ». « chien, viens ici ! »
 
Les musulmans rient, les traitent de sales chiens (une injure dans l’islam car le chien est considéré comme impur), les forcent à manger un drapeau aux cris de Allah Akbar.
 

dreuz

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27 février 2012 1 27 /02 /février /2012 07:10

Les aveux de partisans de l’ancien régime laissent penser que Khamis Kadhafi est toujours vivant


Mahmoud Al-Farjani, correspondant de la télévision « Al-Arabiya » en Libye, cite un responsable militaire libyen selon lequel « les nouvelles autorités ont arrêté, ces derniers jours, près de 70 partisans de l’ancien régime. Ils s’apprêtaient à mener des opérations terroristes à Tripoli ». Lors des interrogations, ces hommes lourdement armés ont avoué être des « partisans de Khamis Kadhafi », le fils du colonel, qui avait été donné pour mort lors des combats, l’été dernier.


Se basant sur les aveux des hommes de Kadhafi, Al-Farjani, ajoute que « Khamis a été blessé et amputé, mais il s’est rétabli et se trouve aujourd’hui en bonne santé et continue à donner ses ordres à ses unités. Il est réfugié à l’extrême ouest de la Libye ». Depuis hier, les forces du CNT ont encerclé la zone dans laquelle il serait barricadé avec le reste de ses hommes.

source mediarabe

 

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Famille Kadafi en Algérie : la Libye hausse le ton !


Le dirigeant libyen, hausse le ton, contre les « pays voisins » qui abritent les anciens kadafistes. L’allusion à l’Algérie, qui accueille trois enfants de l’ancien dictateur, notamment, sa turbulente fille, Aicha, ainsi que sa veuve, est on ne peut plus claire. Moustapha Abdeljalil a menacé samedi de réexaminer les relations diplomatiques de Tripoli avec ses voisins qui accueillent des figures de l’ancien régime, recherchées par la Libye pour crimes.

« Nous insistons sur le fait que nos relations avec les pays voisins seront basées sur la position qu’ils adopteront quand il s’agira de renvoyer des criminels et des personnes recherchées », a-t-il affirmé au cours d’une conférence de presse à Tripoli.
« Nos relations futures seront basées sur le niveau de coopération de ces pays sur cette question », a ajouté M. Abdeljalil, qui dirige le Conseil national de transition (CNT) au pouvoir depuis la chute en août du colonel Kadhafi.
« Les autorités libyennes ont arrêté des criminels qui prévoyaient de lancer des attaques terroristes avec le soutien de personnalités de l’ancien régime réfugiées dans les pays voisins de la Libye, a-t-il poursuivi, sans toutefois les identifier.
M. Abdeljalil a en outre accusé sans les nommer des pays voisins de donner asile à des ennemis du peuple libyen et d’ignorer des demandes du procureur libyen en vue de leur extradition.
Malheureusement, ces pays n’ont engagé aucune action judiciaire et n’ont pas non plus empêché les partisans de l’ancien régime de provoquer des violences et de commettre des crimes contre le peuple libyen, a déploré le chef du CNT.
Aïcha Kadhafi est réfugié en Algérie, d’où elle a appelé à se révolter contre le nouveau gouvernement de Tripoli. Ses frères Mohamed et Hannibal, sa mère Safiya et de nombreux membres de la famille, surtout des enfants, sont aussi réfugiés en Algérie depuis fin août.
Le président nigérien Mahamadou Issoufou avait annoncé le 11 novembre que son pays avait accordé l’asile à Saadi Kadhafi, fils de Mouammar Kadhafi, pour des raisons humanitaires.
Nous sommes en mesure d’assurer un jugement équitable pour les personnes recherchées par les autorités, a réaffirmé M. Abdeljalil, avertissant que son peuple ne pardonnera jamais à ceux qui ne lui remettent pas des criminels.

la « réconciliation » entre l’Algérie et la Libye, que le régime algérien souhaite et annonce régulièrement est bloquée. Le régime algérien a un moment espéré, que les nouvelles autorités à Tripoli, renonceraient à cette demande. Il n’en est rien, et ce rappel du dirigeant libyen, révèle une exaspération à l’égard des manœuvres algériennes.

source lanationdz

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