Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 05:26
À propos de la Constituante ...
Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Tunisie : Constituante
commenter cet article
24 février 2012 5 24 /02 /février /2012 01:37

 

Affrontements entre police et salafistes dans l'ouest du pays

La police tunisienne a tiré des grenades lacrymogènes pour disperser des salafistes qui ont incendié un commissariat de police dans une ville de l'ouest de la Tunisie, rapportent des témoins, ce jeudi.

«Les forces de sécurité poursuivent quelque deux-cent salafistes armés d'épées et de bâtons après un échange de cocktails Molotov et de grenades lacrymogènes», raconte Omar Inoubli, un habitant de Jandouba, à 160 km à l'Ouest de Tunis. «Ces groupes (d'islamistes) ont mis le feu à un commissariat. Les hauts-parleurs des mosquées diffusent des appels au jihad (guerre sainte), ajoute-t-il.

Climat de terreur

Les affrontements ont éclaté après l'arrestation d'un salafiste mais la tension est palpable depuis la révolution qui a chassé le président Ben Ali l'an dernier, disent les habitants. «La situation est grave, on vit dans un climat de terreur et de peur parce que les groupes salafistes veulent imposer un mode de vie strict», témoigne une femme qui ne souhaite pas donner son nom.

Selon un habitant, les salafistes menacent depuis plusieurs mois les personnes qui boivent de l'alcool et agressent les femmes qui portent des pantalons ou des chemises.

source 20minutes

_____________________________________________

Affrontements entre policiers et salafistes

 

Le bureau du parti [CPR]  du président Moncef Marzouki incendié par les salafistes... Ces derniers ne supportent plus notre ``président fondateur`` pour avoir qualifié les salafistes intégristes et leur invité l'égyptien Wajdi de bactéries. 
 

_____________________________________________

Le local du CPR à Jendouba incendié par des « barbus 

 

Le local du Congrès pour la République à Jendouba a été incendié, hier soir. Amor Chettoui, membre du bureau politique du CPR a déclaré que « des barbus sont à l'origine de cet acte criminel ». Il affirme, également, que ces derniers ont empêché les services et les agents de la Protection civile de faire leur boulot.

Cet incendie a causé, selon M. Chettoui, des dégâts matériels estimés à 15.000 dinars.
Selon le journal Al Jarida, qui cite des riverains, il s’agit d’une réaction au mot « microbes » prononcé récemment par Moncef Marzouki avant de se rétracter le lendemain par un mot d’excuses.

source businessnews

 

_______________________________________________________________

Jendouba : pendant le mois de ramadan, les même salafistes qui incendient et agressent aujourd'hui, saccageaient les restaurants et les bistros  soupçonnés d'ouvrir pendant le jour... 


 

____________________________________________

Tension Ennahdha / UGTT


Procédés orduriers


 

Une commission administrative extraordinaire de l’Union Générale Tunisienne de Travail (UGTT) devrait se tenir aujourd’hui, à Tunis.

 

La convocation de cette réunion a été décidée par le bureau exécutif lors de sa dernière réunion tenue sous la présidence de son nouveau secrétaire général Hassine Abbassi. La tension est montée d’un cran entre Ennahdha et l’UGTT suite à la grève de quatre jours décidée par les agents municipaux dans toute la République.

 

Au premier jour de la grève, les habitants de Tunis furent surpris de voir les ordures ménagères amoncelées sur la Place mythique Mohamed Ali qui avait été le théâtre de beaucoup de rassemblements tout au long des cinquante dernières années. Plusieurs autres unions régionales ou locales n’ont pas été épargnées par ces actes de mauvais goût. Aux plus forts moments de désaccord entre le pouvoir et la centrale syndicale, jamais un tel comportement incivil n’a été signalé.

 

L’UGTT s’élève contre les agressions subies par plusieurs bureaux locaux et régionaux dont le bureau de Fériana où des documents ont été brûlés par des inconnus. L’UGTT met en garde contre les incitations de certaines parties au pouvoir qui veulent réinstaurer une nouvelle dictature. L’UGTT tient à jouer son rôle national et social souveraine et loin de toute ingérence. C’est une manière de dire qu’elle tient à assurer pleinement son devoir politique dans le pays. L’UGTT appelle toutes les parties à se consacrer aux problèmes fondamentaux du pays comme la sécurité, la situation économique difficile, l’emploi, la hausse des prix et ce, à travers un dialogue responsable et transparent entre les différents partenaires sociaux, tout en invitant le gouvernement actuel à respecter les engagements conclus avec les autres gouvernements de la période transitoire. L’UGTT continue à appeler le ministère de l’Intérieur à accorder la prime spécifique aux agents municipaux au même titre que leurs collègues du même ministère. Dans une déclaration télévisuelle, Hassine Abassi a précisé que « personne ne peut délimiter l’espace d’intervention de l’UGTT ». Sans faire ouvertement de la politique, ni faire partie du gouvernement, celle-ci a néanmoins le droit d’émettre des avis touchant au domaine politique, vu l’interférence entre le politique, l’économique et le social. « Se trompe celui qui croit pouvoir mettre au pas l’UGTT », dira-t-il. L’UGTT a toujours joué le rôle de contre-pouvoir. Avec ses ramifications dans le pays elle a une grande capacité de mobilisation. Tous les gouvernements ont fini par négocier avec elle. C’est une donnée historique que la Révolution du 14 janvier n’a fait que confirmer, sinon renforcer.

 

Les réactions de soutien à l’UGTT se multiplient


Ettakatol, parti au pouvoir dans le cadre de la Troïka, n’a pas manqué de dénoncer les actes perpétrés dans le noir contre le siège de l’UGTT et d’autres bureaux, tout en demandant aux autorités de dévoiler les auteurs de ces méfaits. Il dénonce tous ceux qui sont derrière de tels agissements qui ne font pas honneur à la Révolution du 14 janvier. Il rappelle que l’UGTT est l’un des plus grands acquis historiques et nationaux du pays, à sauvegarder. Il est l’un de ses symboles. Le porte-parole d’Ettakatol, exprime à la direction de l’UGTT son entière solidarité contre ces pratiques qui rappellent l’ancien régime.

 

Le Parti Démocrate Progressiste (PDP) a exprimé son rejet de ces pratiques.

 

Le Parti Ettajdid, le Parti du Travail Tunisien (PTT) et des militants du Pôle Démocrate Moderniste, ont pratiquement exprimé la même position. Ils dénoncent ces pratiques qu’ils qualifient « d’anarchiques » et réitèrent leur appui à l’UGTT et leur solidarité totale aux revendications des travailleurs, tout en appelant toutes les forces démocratiques et progressistes et les organisations de la société civile à se tenir au côté de l’UGTT dans la défense de son indépendance et son rôle dans la réalisation des objectifs de la Révolution et la réussite de la transition démocratique.

 

Amna Mnif du mouvement citoyen (Kolna Tounes) considère dans un communiqué, que ces gestes déplacés salissent la mémoire collective des syndicalistes tunisiens, en portant atteinte à un haut symbole de lutte contre le colonialisme et de militantisme syndical. « L’attaque de l’organisation syndicale est un signal inquiétant pour les libertés syndicales et le travail des associations de la société civile. Elle fait suite à d’autres atteintes aux libertés constatées dernièrement ». Emna Mnif réitère son soutien à l’UGTT qui avait participé à tous les combats du peuple tunisien.

 

Les Mouvement Echâab et El Bâath ont exprimé le même refus de ce genre de pratiques, ainsi que le Mouvement des Patriotes Démocrates et le parti de l’Action Patriote et Démocrate.

 

De son côté Rached Ghannouchi, président d’Ennahdha, a réagi en disant que son mouvement ne remet pas en cause le droit de grève. C’est un droit constitutionnel. Son mouvement respecte toute grève légale. Il tient à rappeler que le feu n’a pas été mis dans le local de Fériana. « Le déversement des ordures ailleurs que dans les endroits qui lui sont réservés, est un acte incivique ». Il considère que ce n’est pas le fait de militants d’Ennahdha et précise que des forces politiques au sein de l’UGTT font de la surenchère, à des desseins politiques connus.

Des jeunes portant des teeshirts où le logo d’Ennahdha est imprimé se sont attelés à ramasser des déchets pour les déverser ailleurs.

 

A-t-on enfin compris qu’on ne peut engager pour longtemps, un bras de fer avec la Centrale syndicale ?

Pourquoi, ces jeunes ont-ils osé dès le début s’adonner à des gestes inciviques ? Que faisaient les adultes ? Les agents de l’ordre ne pouvaient-ils pas intervenir à temps ? Jusqu’à quand cette manie de réagir par des actions parallèles, à chaque mouvement de contestation ? Croit-on servir ainsi, le gouvernement ? La situation du pays a-t-elle besoin de ce genre de tensions ?

par Hassine BOUAZRA

source letemps

 

Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Religion _ L'Islam politique _ Salafistes_ Chokri
commenter cet article
23 février 2012 4 23 /02 /février /2012 04:20

 La justice temporise sur la censure des sites pornos


La justice tunisienne a cassé mercredi un jugement ordonnant la censure des sites pornographiques sur internet, suscitant le "soulagement" de journalistes, d'internautes et d'ONG dans un contexte particulièrement tendu pour la presse tunisienne.

La Cour de Cassation a renvoyé l'affaire, qui sera rejugée en appel d'ici "deux à trois mois", selon une source judiciaire.

La décision de la justice était particulièrement attendue dans ce dossier potentiellement lourd de conséquences pour la toile tunisienne, qui jouit d'une liberté quasi totale depuis la chute de Ben Ali.

A deux reprises, en mai et août, la justice a ordonné à l'Agence tunisienne de l'internet (ATI) de censurer les sites pornos, après la plainte de trois avocats faisant valoir leur dangerosité pour la jeunesse et leur contenu "contraire aux valeurs musulmanes".

L'ATI, société anonyme dont le principal actionnaire est l'Etat, était sous Ben Ali l'instrument de contrôle de l'internet. Elle refuse aujourd'hui de réendosser ce rôle et plaide pour sa "neutralité". Son PDG Moez Chakchouk, nommé après la révolution, met aussi en avant des arguments économiques et financiers pour refuser la reprise du filtrage d'internet.

La décision de la Cour de Cassation, dont les motivations seront connues dans quelques jours, a donc été un "soulagement" pour l'avocat de l'ATI, Kais Berrjab, même si l'affaire n'est pas terminée.

"Bien sûr on attend l'issue finale puisqu'il y aura un nouveau procès, mais en attendant le principe demeure la liberté d'expression et d'accès aux contenus. C'est peut-être une décision historique", a-t-il déclaré à l'AFP.

"C'est plutôt une bonne nouvelle", a également réagi Olivia Gré, la représentante de Reporters sans frontières (RSF), dont l'organisation avait alerté sur les risques de "retour en arrière" si le filtrage d'internet était rétabli en Tunisie.

Un retour des vieilles méthodes toujours à craindre

"Un coin de ciel bleu dans un ciel très nuageux", a commenté pour l'AFP le journaliste et blogueur Sofiane Bel Haj, en rappelant les affaires qui s'accumulent ces derniers temps et illustrent la tension entre presse et pouvoir, médias et justice.

Cette décisionsur les sites porno intervient, hasard du calendrier, la veille du procès du directeur du quotidien Ettounssia Nasreddine Ben Saïda, incarcéré depuis le 15 février pour avoir publié en une une photo de nu.

Avec l'affaire Nessma, une télévision poursuivie en justice pour avoir diffusé un film jugé blasphématoire, le dossier d'Ettounsia fait grand bruit en Tunisie.

Les organisations de défense des droits de l'homme et de la liberté de la presse s'inquiètent de l'irruption de la morale dans le champ public et de la criminalisation de délits de presse. Ainsi, le directeur d'Ettounsia a été arrêté sur la base d'un article du code pénal et non du code de la presse.

Certains voient également une tentative du pouvoir, dominé par les islamistes d'Ennahda, de museler la presse et de revenir aux vieilles méthodes. Ils citent à l'appui de leur thèse une série de nominations ou tentatives de nominations par le pouvoir dans les medias publics.

Ce mercredi même, Elyes Gharbi, directeur général de la radio publique Shems FM, l'une des sociétés confisquées du clan Ben Ali, a été débarqué en conseil d'administration et remplacé par son prédécesseur, un ancien collaborateur de Cyrine Mabrouk, la fille de l'ancien président tunisien.

M. Gharbi, qui n'était en poste que depuis quelques mois, s'est interrogé sur les "raisons d'Etat" derrière son éviction et a dit craindre que sa radio "ne soit plus à l'abri des tumultes politiques".

Sans souscrire à la thèse d'une offensive calculée du pouvoir, Larbi Chouikha, membre de l'INRIC, instance indépendante chargée de la réforme des médias, insiste sur l'urgence de définir un cadre juridictionnel.

L'INRIC presse le gouvernement de prendre les décrets d'application des textes régissant la presse et les médias qu'elle a mis au point, mais en vain jusqu'à présent.

source tempsreel.nouvelobs

 

_____________________________________________________

La Fédération internationale des journalistes demande la libération de Nasreddine Ben Saida

 

La Fédération internationale des journalistes (Fij) a exprimé sa profonde inquiétude suite a l’incarcération du directeur du journal ‘‘Ettounissia’’ mettant en garde contre ses conséquences sur la liberté de la presse en Tunisie.


Dans un fax adressé au nom du président de la république, du chef du Gouvernement et du président de l’Assemblée constituante, via l’ambassade de Tunisie à Bruxelles, la Fij informe qu’elle suit attentivement l’évolution de l’affaire du journal ‘‘Ettounissia’’ et se joint à l’appel fait par le Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt) dans le but d’exiger la libération immédiate du directeur du journal, Nasreddine Ben Saïda, qui a débuté dès le 18 février une grève de la faim illimitée pour protester contre sa détention.

La Fij estime que l’emprisonnement d’un journaliste pour la publication d’une photo est une sanction disproportionnée et inadmissible. Selon le communiqué, l’article du code de la presse, entré en vigueur en novembre 2011, stipule clairement l’abolition des textes précédents tels que l’article 121 mis en place par le régime de Ben Ali.

D’autre part, la Fédération internationale des journalistes appelle le gouvernement de Jebali  à prendre ses responsabilités et activer les lois relatives à la liberté de la presse en Tunisie, notamment le décret 115 relatif au nouveau Code de la presse et le décret 116 relative à la mise en place de la Haute autorité indépendante pour la communication audio-visuelle (Haica), publiés le 2 novembre sur le Journal officiel de la république tunisienne (Jort).

Dans le même contexte, la Fij affirme son engagement pour le lancement d’une campagne  de solidarité internationale via ses affiliés dans plus de 150 pays dans le monde, jusqu’à la libération de Nasreddine Ben Saïda.

La fédération internationale est l’organisation mondiale représentant plus de 600.000 journalistes dans plus de 150 pays dans le monde.

Le quotidien arabophone ‘‘Ettounissia’’ a reproduit mercredi dernier à la «Une» une photo montrant le footballeur tunisien Sami Khedhira, posant avec sa compagne, nue dans ses bras.

Arrêtés le jour même pour «atteinte aux bonnes mœurs», le directeur de ce journal, le rédacteur en chef et un journaliste avaient été interrogés le lendemain par un juge d'instruction au tribunal de première instance de Tunis qui avait décidé de maintenir le directeur en détention et de libérer les deux autres journalistes. Le rédacteur en chef et le journaliste ont été libérés le lendemain, mais le directeur a été maintenu en détention. Son procès s’ouvre jeudi.

source kapitalis

_____________________________________________________________

Des constituants appellent à la libération immédiate de Nasreddine Ben Saïda

Des membres de l’Assemblée constituante ont appelé à la libération immédiate de Nasreddine Ben Saïda, le directeur d’Attounissia, selon le site Al Jarida.

En effet, plus d’une vingtaine d’entre eux ont signé une pétition dans laquelle ils dénoncent l’arrestation de M. Ben Saïda qui est actuellement détenu dans la prison civile de Mornaguia.

Plusieurs constituants ont manifesté leur solidarité et soutien inconditionnels à la liberté de la presse et aux journalistes pour mettre en place un système d'information indépendant qui sera vraiment le 4ème pouvoir.

source businessnews


_______________________________________________________

 Procès du journaliste Nassreddine Ben Saïda sera ouvert demain, jeudi

 

Le procès de Nassreddine Ben Saïda, directeur de Ettounisia en Tunisie, de son directeur de publication et d'un journaliste du même organe se déroulera demain, jeudi 23 février. La justice tunisienne accuse le directeur de Ettounssia d’avoir publié à la Une de son  journal une photo jugée «immorale et pouvant porter atteinte aux bonnes mœurs». Il s’agit d’une photo du footballeur Samir Khedra de père tunisien et de mère allemande évoluant en Espagne, apparu dans la photo enlaçant sa campagne dénudée.

Selon des propos rapportés par la presse tunisienne, Ben Saïda a déclaré « je fais une grève de la faim pour protester contre une loi caduque, contre ma détention arbitraire, comme si j'étais un criminel et un danger pour la rue et pour la liberté, c'est aussi un cri d'indignation contre l'atteinte aux libertés en Tunisie ».

Les trois journalistes risquent une peine de 6 mois à 5 ans de prison. Le joueur a déclaré à un site anglophone tunisien, www.tunisia-live.net : «je suis très triste. Je viens juste d’apprendre ce qui s’est passé en Tunisie ».

Au lendemain de cette arrestation, la communauté internationale a exprimé sa vive inquiétude sur le devenir de la liberté de la presse en Tunisie, notamment La Fédération internationale des Journalistes (FIJ) qui a exprimé mardi 21 février à la presse «sa préoccupation profonde sur cette incarcération et ses répercussions sur la liberté de la presse en Tunisie ». 

source elwatan

Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Censure_Journalisme_Éditions_Libertés
commenter cet article
22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 06:05

Après la révolution, le spectre de la vengeance

Les «Tawargas», la peur au quotidien. Accusés d’avoir collaboré avec les forces du régime Kadhafi, ils sont les nouveaux parias de la Libye. (David Wagnières)

 
Les «Tawargas», la peur au quotidien. Accusés d’avoir collaboré avec les forces du régime Kadhafi, ils sont les nouveaux parias de la Libye. (David Wagnières)

 

Dans plusieurs quartiers de Tripoli,des commandos anti-kadhafistes musclés brûlent de passer à l’acte

Le cas des «Tawargas» est le plus emblématique des risques d’exactions en Libye, après quarante-deux ans de dictature et de manipulations tribales orchestrées, en chef bédouin avisé, par le défunt colonel Kadhafi. Cette minorité, composée de descendants d’esclaves noirs, vivait dans la ville du même nom, à la lisière de Misrata, au centre du pays. L’enrôlement de nombreux «Tawargas» dans les forces kadhafistes qui assiégèrent sauvagement la ville d’avril à juin 2011 et les rumeurs d’effroyables tueries ont fait d’eux des parias à vie, obligés de fuir leurs immeubles brûlés et pillés par les forces révolutionnaires. Epuration ethnique. Tache sanglante sur la Libye libre.Ils sont arrivés à l’aube. Sitôt forcés les barrages tenus par les étudiants de l’école navale en banlieue de Tripoli, Imad et ses «thuwars» de Misrata ont planté leurs pick-up armés de mitrailleuses devant les anciens logements des cadets, occupés depuis l’automne par environ quatre cents familles de déplacés «Tawarga». Sur le sol jonché d’ordures, Ahmed Achoura désigne l’endroit où lui et les responsables du campement durent se regrouper, sommés par les assaillants de désigner en leur sein les «criminels de guerre», soi-disant responsables de viols collectifs. Bilan: sept morts, dont trois enfants. Tous tués alors qu’ils s’enfuyaient, paniqués, vers le front de mer voisin.

 

La traque aux «Tawargas» reste, par son ampleur, un phénomène isolé. Elle masque en revanche d’autres préparatifs sinistres. Dans le quartier kadhafiste d’Abu Salim, face à Bab al-Aziziya, l’ancienne forteresse du dictateur aujourd’hui détruite et ouverte à tout vent, des commandos font des incursions régulières. Les miliciens de Zenten, qui contrôlent toujours l’aéroport, ont, dit-on, dressé des listes immeuble par immeuble. Les pro-Kadhafi y sont désignés comme les «algues», référence à la couleur verte de la Jamahiriya. Les HLM construits à la va-vite par le régime Kadhafi dans les années 1970 pour héberger les familles de fonctionnaires, de policiers ou de militaires sont souvent perquisitionnés. Des avertissements explicites sont peints en arabe sur les murs. Les alertes contre la «cinquième colonne» de kadhafistes infiltrés sont ressassées. La délation est encouragée.

source letemps


______________________________________________

 

À Misrata on empêche les déplacés de rentrer chez eux (HRW)


 

Les autorités de la ville libyenne de Misrata empêchent des milliers de déplacés de rentrer chez eux dans deux villages livrés aux pillages et aux saccages de la part des milices, a dénoncé mardi Human Rights Watch (HRW).


"Tomina et Kararim sont des localités fantômes parce que les autorités de Misrata empêchent les gens qui avaient fui de rentrer chez eux", souligne Peter Bouckaert, directeur de la division Urgences à Human Rights Watch.


"Certaines milices de Misrata ont pris les armes pour en finir avec l'oppression qu'ils rétablissent à présent en opprimant les autres", a-t-il déploré dans un rapport de HRW après une visite dans la région fin janvier.

 


Les villages de Tomina et Kararim, qui comptaient chacun 5.000 habitants, avaient servi pour lancer des attaques et assiéger le fief rebelle de Misrata au cours du conflit qui a mis fin l'an dernier au régime de Mouammar Kadhafi.


"Des groupes armés de Misrata sont en train de piller et détruire leurs maisons ouvertement, comme ils l'ont fait pendant des mois dans (la localité voisine de) Touarga", théâtre de violences similaires ayant provoqué le déplacement de 30.000 civils, a indiqué l'organisation de défense des droits de l'Homme basée à New York.


Les autorités de Misrata accusent les habitants de Tomina, Kararim et Touarga d'avoir combattu aux côtés des forces de l'ancien régime et commis des atrocités contre la population de Misrata pendant le conflit, selon HRW.


HRW a appelé les autorités de Misrata à ordonner aux milices qu'elles contrôlent de cesser leurs pillages et la destruction des maisons et de déployer une force de protection pour faciliter le retour des déplacés. "Les autorités de Misrata peuvent certainement faire beaucoup plus pour permettre le retour maintenant et protéger les propriétés civiles", a-t-il dit. 


Les autorités militaires locales contrôlent Misrata, supervisant 250 milices et gérant des points de contrôle jusqu'à 80 km au sud de la ville côtière, relève HRW. Le rapport se base sur des entretiens avec les habitants des deux villages au sud de Misrata, précise HRW.

source lorientlejour

 

 

______________________________________________________

 

Plus de 100 morts dans des combats entre tribus au sud

 

 


Plus de 100 personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées dans des combats opposant depuis une dizaine de jours des tribus du sud-est désertique de la Libye, a-t-on appris mardi de sources tribales.

Depuis le début des combats, 113 personnes ont été tuées et 241 blessées parmi les Toubous, a indiqué à l'AFP le chef de cette tribu, Issa Abdelmajid, tandis que la tribu des Zouwaya a fait état de 23 morts et plus de 50 blessés parmi ses membres.

Selon un membre de cette tribu, trois personnes ont été tués mardi et treize autres blessées.

Selon M. Abdelmajid qui est un ex-opposant de l'ancien régime de Mouammar Kadhafi, six enfants de sa tribu figurent parmi les personnes tuées dans les combats.

Contacté par l'AFP, le porte-parole du Conseil national de transition (CNT, au pouvoir) Mohamed Harizi, n'était pas en mesure de confirmer ces bilans.

Les affrontements entre les deux tribus avaient éclaté le 12 février dans la ville de Koufra au sud-est de la Libye, frontalier du Tchad, du Soudan et de l'Egypte.

M. Harizi a indiqué que la situation était toujours critique à Koufra.

Le CNT a décidé d'envoyer des forces la bas pour sécuriser la ville et les frontières sud et empêcher d'élements étrangers d'entrer en Libye, a-t-il dit, affirmant que des brigades d'ex-rebelles ont commencé à se diriger vers Koufra.

M. Abdelmajid a dénoncé un plan d'extermination des Tobous, appelant la communauté internationale à intervenir pour arrêter les combats.

Il a ajouté avoir appelé le CNT à l'aide. Mais nous n'avons reçu aucune réponse jusqu'à maintenant, a-t-il dit.

De son côté, le porte-parole du Conseil local de Koufra, Younes Zwei, de la tribu des Zouwaya, a indiqué que la ville combattait des Tchadiens et des Soudanais, dont plusieurs d'entre eux ont été tués ou arrêtés.

Les Toubous qui vivent aussi dans les pays frontaliers comme le Niger et le Tchad contestaient leur marginalisation sous l'ancien régime de Mouammar Kadhafi qui refusait d'accorder la citoyenneté à certains de leurs membres, invoquant leurs origines tchadiennes.

Selon M. Zwei, certains combattants étrangers arrêtés étaient en possession de documents d'identité, falsifiés.

Koufra, une ville de 40.000 habitants située au sud-est de la Libye, frontalier du Tchad, du Soudan et de l'Egypte, est un point de passage stratégique de contrebandiers du désert.

Selon une source du CNT qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat, les tribus s'affrontent pour le contrôle de la contrebande dans cette région.

Quand Issa Abdelmajid a été chargé par le chef du CNT (Moustapha Abdeljalil) de surveiller les frontières sud, les Tobous ont pris ainsi le contrôle de la contrebande, ce qui a poussé les Zouwaya à réagir, a expliqué la même source.

source romandie

 

___________________________________________________

Les autorités de Misrata n’ont rien fait pour empêcher des pillages dans deux villages voisins

(Tripoli, le 21 février 2012) - Les autorités de la ville de Misrata et de la région avoisinante entravent le retour chez soi de milliers d’habitants de Tomina et de Kararim, et n'ont pas empêché les milices locales de piller et d’incendier des maisons dans ces deux villages, a indiqué Human Rights Watch aujourd'hui.

Ces abus sont semblables à ceux subis par environ 30.000 personnes déplacées qui avaient dû fuir la ville voisine de Tawergha, mais qui ont également été empêchées de rentrer chez elles pendant au moins cinq mois, a ajouté Human Rights Watch.

Les autorités de Misrata ont cherché à justifier ces violations à Human Rights Watch en expliquant que les habitants de Tomina, de Kararim et de Tawergha avaient combattu aux côtés des forces de Mouammar Kadhafi et avaient commis des atrocités contre les habitants de Misrata lors du conflit de 2011.

« Tomina et Kararim sont aujourd’hui des villes fantômes parce que les autorités de Misrata empêchent des milliers d’habitants qui avaient dû fuir de retourner chez eux », a observé Peter Bouckaert, directeur de la division Urgences à Human Rights Watch, qui a récemment visité ces villages et a rencontré des résidents déplacés. « Des groupes armés originaires de Misrata sont en train de piller et de détruire ouvertement leurs maisons tout comme cela a été le cas pendant des mois dans la ville de Tawergha. »

Vidéo : visite de la ville de Tawergha, abandonnée et en partie saccagée, en octobre 2011 (en anglais) : 


Les autorités de Misrata devraient d’une part immédiatement ordonner aux milices qu'elles contrôlent de cesser leurs pillages et la destruction de maisons,  et d’autre part déployer des forces de sécurité pour protéger la zone touchée et faciliter le retour des personnes déplacées, selon Human Rights Watch. Les commandants et les membres de milices responsables de crimes devraient faire l’objet d’enquêtes et de poursuites judiciaires.

Alors que le Conseil national de transition et le gouvernement de transition ont été incapables de contrôler les centaines de milices opérant dans toute la Libye, les autorités militaires locales de Misrata semblent avoir une influence sur plusieurs des 250 milices originaires de cette ville. Le Conseil militaire de Misrata gère manifestement  des points de contrôle, jusqu’à 80 kilomètres au sud de cette ville côtière.

source HRW

Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Libye : l'après Kadhafi
commenter cet article
22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 05:32

 

Le rédacteur en chef d’Attounissia raconte son arrestation

 

M. Nasreddine Ben Saïda, directeur du journal Attounissia, actuellement en grève de la faim, est maintenu sous contrôle judiciaire à partir du lundi 20 février, en attendant son procès. Habib Guizani, Rédacteur en chef du quotidien revient sur son arrestation, et affirme que l'affaire Attounissia est une «affaire politique». Interview.


Tekiano : Comment s'est passé votre arrestation?


attounissia-210212Habib Guizani : Le scénario de notre arrestation a été bien orchestré. Quand je suis arrivé au siège du journal le matin du 15 février, on m'a informé qu'on avait de la visite. Deux personnes : Un homme et une femme, qui se sont avérés être agent et officier de police judiciaire, attendaient le directeur du journal M. Nassreddine Ben Saida. A son arrivée, il les a reçus dans son bureau, et est venu m'informer qu'ils voulaient se réunir avec nous au sujet de la photo de la Une du journal. On nous a ensuite amenés au siège de la police judiciaire à la Kasbah, où on nous a signalés que nous devions répondre, chacun à part, à un interrogatoire enregistré. A ce stade-là, nous avons commencé à sentir qu'il ya quelque chose qui se tramait. Il commençait à se faire tard et il fallait qu'on rejoigne le siège du journal. L'officier de police judiciaire, nous a informés qu'elle devait s'en remettre au procureur de la République à qui d'ailleurs, elle a téléphoné à maintes reprises. Elle nous a signifié ensuite, qu'il est très important de saisir le numéro dans les kiosques et qu'il fallait retirer le maximum d'exemplaires distribués. Nous avons alors téléphoné à l'un des responsables du journal pour l'inciter à bouger rapidement et en saisir le maximum. Et alors que nous attendions la décision du procureur de la République, on nous informe que nos portables sont confisqués jusqu'à nouvel ordre et que nous étions en état d'arrestation ! On nous a dépouillés de nos affaires : montres, briquets et argent, et on a insisté à ce que le journaliste ayant traité l'article et la photo soit présent avec nous. Après avoir rédigé un procès d'arrestation, on nous a conduits, tous les trois, au centre de détention de Bouchoucha, escortés par des agents de la police, les mains menottées, comme des criminels.

Le lendemain, vers 8h15, on nous a remis nos affaires avant de nous conduire au Palais de Justice, tout en nous signifiant que nous allons passer devant le juge d'instruction pour être jugés selon l'article 121 du code pénal (NDLR : atteinte aux bonnes mœurs et trouble à l'ordre public).Une fois arrivés, on nous a enfermés dans une geôle. On y est resté 9 heures avant qu'on appelle mon confrère, vers 19h, pour rencontrer le juge d'instruction.

 

Que vous a dit le procureur durant votre détention, et que pensez-vous du fait que le directeur du journal Attounissia, Nassreddine Ben Saïda, soit encore détenu en prison?


J'ai fait remarquer au juge que le fait d'arrêter un journaliste pour une photo est une première en Tunisie depuis l'indépendance, que les avocats qui sont là allaient démontrer que l'affaire de la photo n'est qu'un prétexte, et que l'affaire est une affaire de liberté d'expression et de liberté de la presse. L'un des avocats a fait remarquer que le procureur de la publique tenait à donner une leçon au reste des journalistes, ce qui explique l'acharnement sur le directeur du journal en le détenant en prison.

 

Pourquoi avez-vous refusé de parler à la presse au moment de votre arrestation?


Nous n'avons pas refusé de parler à la presse parce que notre arrestation a été faite sous silence. Au moment où nous avons étéa arrêtés, personne n'était au courant.

 

Quel est votre regard sur la polémique autour de l'affaire?


L'affaire est politique. On veut mettre la main sur la presse et lui confisquer sa liberté, surtout que notre journal est réputé pour son intégrité, sa crédibilité et sa neutralité. L'affaire de "Attounissia" a dévoilé le vrai visage du gouvernement actuel qui veut imposer un diktat multidimensionnel sur le peuple tunisien.

 

Cela remet-il en cause selon vous l'indépendance de la justice?


Bien sûr. L'affaire remet en cause l'indépendance de la justice dans la mesure où il s'est avéré que le procureur de la république ne faisait qu'exécuter les ordres, ce qui le met en confrontation avec les avocats. Seulement, ceux qui ont dicté les ordres ne s'attendaient pas à voir pas moins de 70 avocats se mobiliser, gratuitement, pour défendre une cause très chère à tous: la liberté d'expression !

Propos recueillis par Lilia Blaise

source tekiano


 

________________________________________________________

Le directeur du journal Ettounsia comparaîtra jeudi

 

Le directeur du journal tunisien Ettounsia, détenu depuis le 15 février pour avoir publié en Une la photo d'une femme nue, comparaîtra jeudi devant le tribunal de première instance de Tunis pour atteinte aux bonnes mœurs portant des risques de troubles à l'ordre public.

M. Nasreddine Ben Saïda va comparaître jeudi (...). C'est un grave incident et un vrai scandale pour la justice tunisienne!, a déclaré mardi son avocat Khaled Krichi.

Nous ne nous attendions pas à un tel traitement réservé aux journalistes, qui nous rappelle les mêmes pratiques de l'ancien régime de Zine El Abidine Ben Ali. Nous sommes contre la publication de cette photo qui est contre nos principes arabo-musulmans mais il ne faut pas criminaliser un tel acte, a-t-il ajouté.

Nous sommes étonnés de l'introduction de la justice et de la sécurité dans cette affaire, a souligné Me Krichi.

M. Ben Saïda a été arrêté sur la base d'un article du code pénal, et non du code de la presse.

Le quotidien arabophone Ettounsia a reproduit mercredi dernier en Une une photo montrant le footballeur du Real Madrid, Sami Khedira (d'origine tunisienne) posant avec sa compagne, nue dans ses bras.

Arrêtés le jour même pour atteinte aux bonnes mœurs, le directeur de ce journal, le rédacteur en chef et un journaliste avaient été interrogés le lendemain par un juge d'instruction au tribunal de première instance de Tunis qui avait décidé de maintenir le directeur en détention et de libérer les deux autres journalistes.

Le scenario de notre arrestation a été bien orchestré, a déclaré mercredi au site Tekiano le rédacteur en chef d'Ettounsia, Habib Guizani, qui a raconté que les trois journalistes avaient été menottés comme des criminels. L'affaire est politique, et dévoile le vrai visage du gouvernement actuel, selon lui.

La Fédération internationale des journalistes (FIJ), qui représente 600.000 journalistes, a exprimé mardi sa profonde inquiétude et exigé la libération immédiate de M. Ben Saïda.

L'emprisonnement d'un journaliste pour la publication d'une photo est une sanction disproportionnée et inadmissible (..) il est plus que jamais temps que le gouvernement tunisien assume ses responsabilités et commence à activer les lois relatives à la liberté de la presse, selon la FIJ.

L'organisation Reporters sans frontières (RSF) avait demandé samedi la libération immédiate de M. Ben Saïda, et appelé l’ensemble de la classe politique à exiger l’application du code de la presse et à se mobiliser pour protéger les médias, garants de la démocratie et du pluralisme.

Selon RSF, M. Ben Saïda, qui a entamé samedi une grève de la faim, encourt de six mois à cinq ans d’emprisonnement et une amende de 120 à 1.200 dinars (environ 60 à 600 euros).

source maghrebemergent

 

_________________________________________________________________________

 L'homosexualité tunisienne fait sa révolution

De nouveaux médias consacrés à la communauté gay de Tunisie font leur apparition sur internet. Les réactions se multiplient.

En Tunisie, les limites des libertés individuelles viennent d'apparaître plus distinctement. L'actuel gouvernement à majorité conservatrice craint de voir se démocratiser les sites internet consacrés aux gays malgré la loi toujours en vigueur qui condamne l'homosexualité. Mis en service en mars 2011, le e-magazine interactif GayDay a publiquement été menacé d'interdiction par l'actuel ministre des Droits de l'Homme, Samir Dilou, qui s'exprimait sur une chaîne de la télévision tunisienne. Ce dernier s'est fermement opposé à l'idée de voir s'installer ce type de presse en Tunisie:

«Il n'est pas question que la perversion sexuelle soit un droit humain. Ces personnes devraient plutôt se faire soigner», déclarait le ministre sur Hannibal TV.

Une forme d'«homophobie» affichée et qui se trouve être partagée par la majorité des Tunisiens. «Faites ça chez vous et bouclez-la!», conseillait un internaute au nouveau magazine. Depuis la chute de l'ex-président tunisien, Zine el-Abidine Ben Ali et de son régime de censure, devant l'émergence de médias spécialisés, la Tunisie fait face à une nouvelle polémique autour d'un sujet de société pour le moins explosif: la représentation de la «communauté homosexuelle» tunisienne.

Un militantisme discret

Les publications de GayDay magazine, la mise en service d'une web radio, Tunisia Gay's, et l'évolution générale du militantisme LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) en Tunisie, accréditent une réalité concomitante à la révolution: ces nouveaux supports d'informations ciblent un lectorat bien réel et revendiquent le droit à la liberté d'expression.

Pour Fadi, rédacteur en chef et fondateur du magazine, il s'agit ni plus ni moins pour la Tunisie d'un «challenge temporaire» devant lequel il se montre «prudemment optimiste»:

«On espère parvenir à un Etat démocratique basé sur la transparence et le respect absolu des droits de l'homme», confiait le militant à Slate Afrique.

Concernant la légalité et les autorisations, remises en cause par le ministre des Droits de l'Homme, les responsables et activistes précisent en réponse qu'ils «n'ont pas demandé d'autorisation»considérant que «c'est notre droit de s'exprimer sur le net»«en utilisant des ressources gratuites du web». Du point de vue de l'audience, la radio Tunisia Gay's compte environ 40 à 60 auditeurs les soirs d'émission, tandis que le site du magazine GayDay oscille entre 1000 et 6000 visites en fonction des mises à jour.

En guise d'exemple de parution, le magazine GayDay a révélé au mois de décembre 2011 sasélection des dix plus beaux hommes tunisiens avec photos. Particulièrement actifs sur les réseaux sociaux, les militants ont également demandé à leur membres sur Facebook d'afficher un message sur leur profil en réponse au ministre en charge des droits humains:

«Je suis un homme, monsieur le ministre des Droits de l'Homme.»

Les pages web de ces nouveaux médias appellent entre autres à la «dépénalisation de l'homosexualité», à la promotion de la culture gay ou encore, à la sensibilisation aux problèmes de santé. Des nouveaux points de ralliements pour une minorité restée isolée et condamnée à la marginalité. Mais sur leurs pages Facebook qui comptent en moyenne un millier de membres et«dont la mission est de parler des individus LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres)»,les administrateurs modèrent nombre de provocations et menaces de mort.

«Il y a plein de messages homophobes hostiles et menaçants sur la page de Gayday magazine et les autres pages gays et lesbiennes», témoignait l'un des administrateurs interrogé par Tekiano.

«Les lignes rouges» de la liberté d'expression

Car dire que le sujet est tabou en Tunisie est un euphémisme. En dehors des insultes, peu de Tunisiens désignent ouvertement al-liwatt (l'homosexualité en français). La plupart ont conscience de cette «vieille réalité», savent qu'il y en a «beaucoup en Tunisie», issus de toutes les couches sociales, parfois «mariés depuis plus de 20 ans» ou se rendant «régulièrement à la mosquée», mais rares sont ceux qui osent vraiment en parler.

«En Tunisie, le vrai interdit c'est de se dire homo, pas d'avoir des pratiques homos», confiait le réalisateur tunisien Mehdi Ben Attia.

Avec son film Le fil, sorti en France en avril 2011, le réalisateur expose en dehors de la Tunisie, l'une des réalités silencieuses de son pays natal:

«Il y a une forte demande de liberté, de respirer, contre la censure. Un climat favorable. Pour exemple, mon film a été interdit en Tunisie. Mais j'ai bon espoir qu'il soit bientôt diffusé. Ce serait peut-être un bon indice du changement», estime le réalisateur.

L'homosexualité tunisienne est un secret de Polichinelle. Dans l'illégalité -le Code pénal tunisien prévoit de trois mois à six années d'emprisonnement- cette minorité invisible a perduré sous la dictature, les répressions policières et la pression sociale, en partie grâce à internet. Un an après la fuite du dictateur Ben Ali, elle revendique un espace d'expression et de liberté. Seulement «la liberté d'expression a des limites» en Tunisie, soulignait le ministre des Droits de l'Homme.

Effectivement, la religion, la culture, les codes sociaux et familiaux, tout interdit et décourage pareilles revendications sur la scène publique. «Ce sont des citoyens, mais ils doivent respecter les lignes rouges fixées par notre religion, notre héritage et notre civilisation», insistait Samir Dilou.

Une arme politique

En politique, la question épineuse de l'homosexualité tunisienne -jugée déplacée par les plus modernistes compte tenu de la situation économique critique du pays- a pourtant été relancée durant les campagnes et la période post-électorale. Pour rassurer les électeurs, des membres de partis conservateurs tels que Ennahdha n'hésitaient pas à déclarer qu'ils respecteraient les droits des homosexuels, allant parfois jusqu'à proposer comme Riad Chaibi à ces personnes«dévalorisées» de réexaminer le problème de leur «dignité» en société.

Mais cet élan de générosité s'est progressivement érodé. A la fin du mois de janvier 2012, une vidéo explicite que certains disaient truquée mettait en cause l'honneur de l'actuel ministre de l'Intérieur, Ali Larayedh, membre du parti Ennahdha. Le déferlement des propos violents qui suivirent sur les réseaux sociaux traduisait tout le malaise du sujet pour la population. Un nouveau scandale qui venait s'ajouter à la libération de Naji Behiri, le fils du ministre de la Justice, Noureddine Bhiri, accusé de viol sur un jeune homme et profitant au mois de janvier d'une amnistie présidentielle.

«Une révolution à deux vitesses»?

Le thème est alors redevenu un moyen de pression politique, le même dont usait l'ancien régime pour dégrader l'image de ses opposants. Récemment, la pression internationale s'est intensifiée sur le sujet. Tandis qu'en France la question du mariage gay est devenue l'un des thèmes de la campagne présidentielle, au début du mois de février, Ban Ki Moon, le Secrétaire général des Nations unies, invitait les chefs d'Etats africains lors du 18e sommet de l'Union africaine à Addis Abeba en Ethiopie à réexaminer la question des droits de la population homosexuelle.

«Il fallait s'y attendre, confie un partisan d'Ennahdha à La Marsa une banlieue de Tunis. Ces gens-là pensent qu'ils ont droit à la liberté d'expression. Mais il faut qu'ils comprennent que la révolution n'est pas la même pour tous. Aucun Tunisiens ne souhaitent les voir s'afficher librement. Même sur internet, ça reste choquant pour beaucoup d'entre nous.»

En matière de liberté d'expression, le chemin à parcourir pour cette minorité risque d'être beaucoup plus long que pour d'autres. «Une révolution à deux vitesses et une dignité bien délimitée», résumait un internaute. Car même s'ils ont conscience que la démocratie implique ce type de revendications, les Tunisiens ne sont définitivement pas prêts à tout voir et à tout entendre.

par Mehdi Farhat

source slateafrique

 

Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Tunisie_ Amazighs_ Minorités
commenter cet article
22 février 2012 3 22 /02 /février /2012 03:56

Appel au Président Moncef Marzouki 

Mariage orfi 

______________________________________________________________________________________

Manifestation d'islamistes radicaux, à la faculté de La Manouba, le 29 novembre 2011.Manifestation d'islamistes radicaux, à la faculté de La Manouba, le 29 novembre 2011. © AFP

 

Ouvertement antidémocrates, les islamismes radicaux tunisiens n’en invoquent pas moins la liberté de conscience… pour mieux la dénier aux autres.


La visibilité de la mouvance salafiste en Tunisie est un phénomène nouveau surgi dans le sillage de la révolution. Après de timides provocations lors de manifestations pour la défense des droits de la femme ou de la modernité, ses membres ont fait monter la tension de plusieurs crans en provoquant la fermeture de bars, en saccageant le cinéma Afric’Art, en attaquant Nessma TV et le domicile de son patron, et, plus récemment, en s’invitant dans les universités, devenues leur terrain de prédilection. Leurs revendications, exprimées dans la fureur, sont toujours les mêmes : abrogation de la mixité et autorisation du port du niqab. Malgré ce marquage de territoire, les islamistes radicaux, dont les drapeaux noirs, les tuniques afghanes et les appels au djihad semblent venus d’un autre temps, demeurent une mouvance assez obscure.


Ridha Belhaj : objectif califat


Porte-parole du Hizb al-Tahrir (né en Jordanie, en 1953, d’une scission au sein des Frères musulmans), ce professeur d’arabe de 49 ans originaire de Djerba prône la restauration du califat mais rejette le recours à la violence.


Réseau


Leur émanation politique, Hizb al-Tahrir (Parti de la libération), prône « la souveraineté de la Oumma » et rejette la démocratie. « Le retour de l’islam dans notre vie ne sera pas assuré par un simple article de la Constitution stipulant que la religion officielle de l’État est l’islam. Cet article à portée symbolique n’aurait aucune valeur, puisque les gouvernants y recourent par hypocrisie, par ruse et pour faire taire les masses. Le retour de l’islam dans la vie, la bonne gouvernance et la souveraineté ne sauraient se réaliser sans un État qui mette la foi à la base même de la Constitution et des lois », peut-on lire sur leurs tracts. Ridha Belhaj, porte-parole du mouvement, affirme même qu’il est inutile d’élaborer une Constitution, puisqu’elle est déjà inscrite dans le Coran, et considère que la démocratie n’est qu’un moyen d’accéder au pouvoir. Le programme du Hizb al-Tahrir est succinct : restauration du califat et stricte application de la charia. Corollaires de ces objectifs : interdiction des partis politiques et remplacement de l’étoile et du croissant sur le drapeau tunisien par la chahada (profession de foi). Si le parti ne compte que quelque deux mille adhérents, il n’en contrôle pas moins quelques mosquées et profite d’un réseau international de cinquante pays. Belhaj discute d’ailleurs avec ses homologues libyens d’un projet d’union.


Inutile d'élaborer une constitution puisqu'elle est déjà inscrite dans le Coran.

Approché par des dirigeants d’Ennah­dha en vue des élections du 23 octobre, le président du bureau politique d’Al-Tahrir, Abdelmajid Habibi, avait appelé au boycott du scrutin : « On ne peut élire des personnes qui permettent ce que Dieu a interdit et interdisent ce que Dieu autorise. » Ahmed Gaaloul, d’Ennahdha, confirme cette « différence de perception de l’islam et des objectifs sociaux ».


Nébuleuse


La mouvance regroupe plusieurs autres tendances : la salafiya djihadiya, la salafiya ilmiya (chargée de purifier l’idéologie islamiste), Al-Daawa wa Al-Tabligh, sorte de secte dédiée au prêche, et Al-Takfir wa Al-Hijra, en rupture totale avec la société, qu’il juge mécréante. Tous œuvrent dans les quartiers pauvres pour enraciner leur idéologie. Ils exercent un contrôle sur plus de 400 mosquées, ont fondé une école coranique à Sidi el-Bokri, sur la route de Bizerte, et ont pour chefs Abou Ayoub, prêcheur à Oued Ellil, et Abou Iyadh, figure connue de la cité populaire d’Ettadhamen. Ils sont également nombreux à sévir dans les régions fragilisées par la révolution. À Sidi Bouzid, Gafsa ou Kasserine, les salafistes tentent d’imposer une mutation sociale selon les normes fondamentalistes d’un pouvoir islamiste. On estime le nombre de leurs partisans à 3 000, scindés en une centaine de groupuscules.


Pourtant, ces salafistes-là sont dénués d’objectifs politiques. Nabil Manaï, un ancien de Hizb al-Tahrir, les décrit comme « des franges sans cause définie, facilement manipulables faute d’encadrement réel. Ils réclament le port du niqab, mais c’est un objectif bien mince, sans impact. Ils contribuent à soutenir Ennahdha, car ils apprécient les démonstrations publiques, ce sont des agitateurs et des agités ». Le chercheur français Vincent Geisser affirme que « ces groupes bénéficient d’aides secrètes de la part de certains milieux du Golfe dont le rêve est de casser la « petite démocratie tunisienne » ».

source jeuneafrique
Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Religion _ L'Islam politique _ Salafistes_ Chokri
commenter cet article
21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 08:40

"Le régime va continuer à se fissurer"


Le vice-président Abd Rabbo Mansour Hadi est le seul candidat à la présidentielle de ce mardi. Le taux de participation donnera une idée de l'appui populaire au successeur d'Abdallah Saleh. Décryptage de Franck Mermier, spécialiste du Yémen (CNRS).

Le 5 février 2012 dans la capitale yéménite Sanaa, manifestation de militants anti-régime. (Mohammed/Xinhua/Sipa Press)

Le 5 février 2012 dans la capitale yéménite Sanaa, manifestation de militants anti-régime. (Mohammed/Xinhua/Sipa Press)

Le Yémen tourne mardi 21 février la page du président Ali Abdallah Saleh en élisant son vice-président, Abd Rabbo Mansour Hadi, pour une période intérimaire de deux ans, devenant ainsi le premier pays arabe où un soulèvement populaire aboutit à une solution négociée. Mais l'ombre d'Abdallah Saleh, qui gouverne le Yémen depuis plus de 33 ans, pèse cependant sur ce scrutin. Franck Mermier, chercheur au CNRS, spécialiste du Yémen, estime le régime "va continuer à se fissurer peu à peu grâce à une certaine tradition du compromis et du dialogue politique". Interview.

Quelle participation peut-on attendre de la population au scrutin présidentiel ?

- Il y a à peu près 20 millions d'inscrits sur les listes électorales, dont 4 millions de femmes environ. Il est certain qu'on ne peut pas s'attendre à une participation massive en raison de la situation du pays. D'abord, dans le gouvernorat de Saada dans le Nord où des troubles tribaux subsistent, une partie de la population ne pourra pas aller voter soit parce qu'elle est déplacée, soit parce qu'elle ne veut pas. Dans les régions du Sud, une partie des gouvernorats d'Abyan ou de Chabwa sont sous l'influence du mouvement "Partisans de la Charia" qu'on dit lié à Al-Qaïda. Pour des raisons de sécurité, les habitants risquent eux aussi de ne pas se rendre aux urnes. Là aussi, il y a eu des déplacements de population après la prise de Zinjibar. Une partie du mouvement sudiste qui réclame tout simplement la séparation du Sud n'ira pas voter non plus.

Enfin, une partie de la jeunesse révolutionnaire ne participera sans doute pas au vote pour protester contre l'impunité dont jouissent le président Saleh et ses proches. Ils souhaitent continuer la marche de la révolution pour que les membres de la famille de Saleh encore à la tête d'organes de sécurité soient écartés du pouvoir.

Doit-on craindre des violences ?

- Cela peut être le prétexte pour certains groupes violents de se manifester. Il peut y avoir des attaques contre des bureaux de vote dans certaines régions contrôlées par les "Partisans de la charia" par exemple.

Une partie de la jeunesse qui a participé au mouvement révolutionnaire participe au jeu politique à travers par exemple du parti islamique Al Islah ou du parti socialiste. En revanche, une autre partie se veut autonome et pense que la révolution n'a pas encore atteint son but, c'est-à-dire le démantèlement total du régime, et pourrait manifester.

Pourquoi cette transition passe-t-elle par un scrutin électoral, là où une simple désignation aurait suffit ?

- Ce vote est certes symbolique mais il est conçu pour tourner la page du régime de Saleh. C'est très important qu'il y ait un processus électoral, notamment aux yeux de l'opposition, afin que le nouveau chef de l'Etat obtienne toute la légitimité démocratique et électorale nécessaire pour assurer ces deux années de transition. Il a devant lui des mesures drastiques à prendre.

Lesquelles ?

- Il doit d'abord être le commandant des forces armées et assurer un véritable leadership face au clan Saleh encore présent dans la Garde républicaine, notamment.

Il doit assurer la sécurité dans le pays, lutter contre Al-Qaïda, sécuriser les régions Nord et Sud en proie à des agitations séparatistes et insurrectionnelles avec une armée divisée depuis le mois de mars.

Il doit assurer la légitimité du gouvernement d'union nationale, cet échafaudage un peu fragile où l'on trouve des représentants de l'opposition et ceux du parti du président le "Congrès général populaire".

Il devra gérer les ressources de l'Etat composées au trois-quarts des ressources en gaz et en pétrole. Il va avoir fort à faire pour répondre aux revendications directes et pressantes d'une population qui vit en grande partie sous le seuil de pauvreté.

Il va devoir démanteler un réseau clientéliste mis en place par le régime et qui a duré 33 ans. Beaucoup de notables se sont habitués à recevoir des aides de l'Etat pour asseoir leur autorité locale.

La grande inconnue sera son degré d'autonomie. Va-t-il se révéler un chef d'Etat et garantir l'équilibre entre l'opposition et le régime de Saleh ? Ou va-t-il continuer à exercer un pouvoir sous influence ?

L'ombre de Saleh plane toujours ?

- Abd Rabbo Mansour Hadi a toujours vécu dans l'ombre du président Saleh et il est difficile de savoir si la volonté de rupture qu'il a manifestée va se traduire par des actions rapides et fortes. Mais Saleh a quand même perdu une manche en signant cet accord de transition. Il est difficile d'envisager son retour comme chef de l'Etat. Est-ce qu'il voudra revenir au moins pour préparer son fils Ahmed à la prochaine élection ? C'est possible.

Je pense que ce régime va continuer à se fissurer peu à peu grâce à une certaine tradition du compromis et du dialogue politique. Les protagonistes de la révolution ne sont pas passés à la lutte armée alors même que Saleh cherchait à radicaliser la situation. La sagesse légendaire yéménite s'est révélée efficace.

Pourtant, Abdallah Saleh a exprimé sa volonté de revenir au pays pour prendre la tête du parti du Congrès général populaire...

- On est quand même devant une situation nouvelle. Une dynamique révolutionnaire s'est enclenchée et qui a entraîné la participation de l'opposition dans un gouvernement d'union nationale. Le peuple yéménite a montré son ras-le-bol. Si des élections étaient organisées dans les règles, il n'est pas sûr que Saleh jouisse d'une popularité et qu'elle se traduise dans les urnes.

Peut-on dire que le Yémen a réussi sa révolution ?

- Le compromis a évité plus de violence. La dynamique révolutionnaire a eu lieu très rapidement. La répression a été sanglante mais n'a pas atteint les sommets qu'on a pu voir ailleurs alors même qu'une partie de l'armée avait fait défection. Si Saleh a réduit l'espace politique et fait preuve d'un autoritarisme plus fort en 2000, il y a dans le pays une expérimentation démocratique et un pluralisme politique qui existent depuis l'unité du Yémen en 1990. C'est finalement un modèle à part, difficilement transposable.

source tempsreel.nouvelobs

 

________________________________________________________

___________

----------------------------------------

________________________________________

Yémen/sud: un soldat tué par des manifestants opposés à la présidentielle


ADEN (Yémen) - Un soldat a été tué et un autre blessé lors d'un affrontement lundi dans le sud du Yémen avec des hommes armés qui participaient à une manifestation hostile à l'élection présidentielle de mardi, a-t-on appris de source militaire.

Sept protestataires armés ont été également blessés dans l'affrontement survenu dans une banlieue de Daleh, un fief du Mouvement sudiste qui a appelé au boycottage du scrutin, a indiqué pour sa part un militant sudiste.

Les militaires sont intervenus pour disperser des centaines de manifestants qui tentaient de forcer leur passage au niveau d'un point de contrôle de l'armée, en chantant des slogans hostiles à la présidentielle.

Sept protestataires armés ont été blessés par les militaires, a indiqué à l'AFP le militant qui a requis l'anonymat.

Des hommes armés ont alors répliqué et tiré en direction des soldats, tuant l'un d'eux et en blessant un autre, a indiqué la source militaire.

Cet incident mortel est survenue à la veille de la présidentielle, boycottée par le Mouvement sudiste, un groupe autonomiste qui mobilise ses partisans pour marquer leur opposition au scrutin. 

L'élection doit porter le vice-président Abd Rabbo Mansour Hadi à la tête de l'Etat en vertu d'un accord de transition, qui marque le départ du président contesté Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 33 ans.

L'aile dure du Mouvement, conduite par l'ancien vice-président Ali Salem al-Baid, qui vit en exil, a invité ses partisans à empêcher le déroulement du scrutin, au risque de provoquer des actes de violence. Elle a appelé à la désobéissance civile mardi dans le Sud, un Etat indépendant jusqu'en 1990.

source romandie

Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Yémen
commenter cet article
21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 06:14

Free.Nasreddine 

BN5192solidarite-journaliste-attounissia0212.jpg

 Free.Nasreddine               Sondage

 

____________________________________________

Le directeur général d’Attounnissia dans un état critique

 

 

Le directeur général d’Attounnissia dans un état critique  

L’état de santé du directeur général du quotidien « Attounnissia », Nasreddine Ben Saïda, s'est rapidement détérioré après avoir entamé une grève de la faim ce samedi 18 février, selon les déclarations se son avocat, Khaled Krichi sur les ondes de Shems FM.
L’avocat a également dénoncé les conditions de détention de son client, indiquant qu’il est diabétique.
 

 

l'avocat en audio

 

source shemsfm4

 

 

______________________________________________________________________


 
_______________________________________________________________________________

 Affaire Attounissia : «Un mandat de dépôt contre la liberté d’expression »

 

Les avocats de la défense de Nasreddine Ben Saïda, directeur du journal Attounissia, ont tenu une conférence de presse dans le siège du syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), en présence de la présidente, Néjiba Hamrouni et d’une trentaine de journalistes tunisiens et internationaux.

Lors de son intervention, la présidente du syndicat a réitéré son soutien pour le directeur du journal Attounissia incarcéré, en demandant l’application du décret 115 du code de la presse.
« On ne peut pas prétendre qu’en Tunisie il y a eu révolution si le directeur d’un journal est en prison pour avoir exprimé son opinion », affirme la présidente du SNJT. « Il s’agit d’une grande atteinte à la liberté de la presse et j’espère qu’on pourra y faire face », ajoute-t-elle.

 
Omar Belhadj, un des avocats de la défense, a précisé que «même dans le cas où l’accusé est inculpé, selon la loi il pourrait avoir à payer une amende, mais en un aucun cas, il ne devrait être emprisonné ». « C’est un mandat de dépôt contre la liberté d’expression en Tunisie », insiste-t-il.

Nasreddine Ben Saïda, dont les propos ont été reportés par Hadhemi Boussorra, l’une des avocates de la défense, a déclaré aujourd’hui qu’il ne cherche pas, à travers cette grève de la faim, à influencer l’opinion publique. Sa grève est « contre la mise en application d’un article aboli, une contestation à son emprisonnement qui signifie que devant la loi, il est considéré comme un criminel, un danger pour l’ordre public ».
Hadhemi Boussorra a également fait référence, dans son intervention, à l’affaire de Sofiene Ben Hamida. Selon ses déclarations, une photo modifiée et retouchée, montrant notre collègue Sofiene Ben Hamida nu, a été publiée sur le journal « Almasaa » il y a 3 semaines. Le procureur général n’est pas intervenu dans cette affaire en dépit de la demande de M. Ben Hamida, alors que dans l’affaire d’Attounissia, le contraire s’est déroulé. «C’est clair qu’on vise directement Nasreddine Ben Saïda », souligne l’avocate.

Khaled Krichi, autre avocat de la défense, a comparé cette affaire à celle de Mohamed Abbou en 2005, actuellement ministre chargé de la Réforme administrative. « On a incarcéré les accusés avant même qu’une plainte ne soit déposée contre eux » signale-t-il. « Ces pratiques nous rappellent celles de l’ancien régime, supposées être révolues » ajoute M. Krichi.
Notons que, selon les avocats de la défense, l’audience de Nasreddine Ben Saïda est prévue pour mercredi ou jeudi prochain, dans l’attente de la confirmation du ministère public.

par Zeyneb Dridi

source businessnews

 

___________________________________________________

Liberté d’expression

Les vieux nouveaux démons

  

 

Voilà quelques heures à peine, trois journalistes du quotidien Attounissia ont eu les honneurs du commissariat de police au motif de la « publication d’un article ou d’une photo de nature à troubler l’ordre public ».


 

 

La nouvelle aussitôt connue, la levée de boucliers ne s’est pas fait attendre avec, d’une part, les éternels outragés de la morale, toujours prompts à vociférer leurs imprécations, et, d’autre part, les preux défenseurs de la « liberté d’expression », crinière au vent et Voltaire au canon. Fort heureusement, aux dernières nouvelles (samedi) l’affaire semblait être en passe d’être résolue et deux journalistes sur trois avaient d’ores et déjà été libérés. Fort bien.

Or,qu’est-il exactement donné à voir dans le document incriminé ?

 

Un jeune homme (on nous glisse dans l’oreillette qu’il est footballeur, nous sommes contents pour lui) et vêtu d’un costume de bonne facture, avec nœud papillon s’il vous plaît, enserre de son bras viril le buste nu d’une jeune femme (on nous susurre qu’elle est mannequin, nous sommes contents pour elle) ; et à dire vrai, quoi de plus anodin que cette sensualité en toc si répandue dans les magazines, quoi de plus ordinaire que ce gras mauvais goût que nous dispensent ad nauseam les campagnes publicitaires pour déodorants ou pour eaux de toilettes ?Rien. Et c’est peut-être bien là que le bât blesse. Car il suffit de prendre quelque distance avec la polémique et d’examiner d’un œil un tant soit peu critique l’image accusée de « troubler l’ordre public » pour se rendre compte de son caractère éminemment misogyne et phallocrate. Machiste en un mot.


Ce cliché malheureusement si trivial nous assène pour la énième fois que la femme n’est femme que lorsqu’elle est l’objet du désir masculin, tirant sa fierté de sa propre réification, et que l’homme n’est vraiment homme que quand il possèdera cet objet de valorisation sociale qui rehaussera son standing,que lui jalouseront tous les autres.


De deux choses l’une, ou bien les journalistes d’Attounissia sont de parfaits inconscients, méconnaissant la situation actuelle de la Tunisie et se révélant incapables de percevoir que leurs choix éditoriaux ont offert un prétexte en or massif aux forces de la réaction, ou bien ce sont des petits malins avides de buzz. D’autre part, est-il encore nécessaire de rappeler que la liberté d’expression n’a jamais consisté en l’étalage des attributs plastiques de qui que ce soit ?

Car il faut être sélénite pour ne pas saisir qu’en ce moment l’image de la femme est à la fois une question cruciale, mais aussi un sujet d’une extrême sensibilité.


Dans le contexte présent que connaît le pays, prétendre à la défense de la liberté d’expression en employant de tels procédés est littéralement équivalent à se tirer une balle dans le pied, et c’est aussi et surtout faire le jeu de ceux que l’on prétend combattre. L’émission quasi immédiate du mandat de dépôt à l’encontre des trois journalistes montre à quel point les forces rétrogrades sont déterminées à exploiter la moindre faille, à utiliser le plus petit prétexte afin de disqualifier ou d’entacher la justesse de certaines valeurs qui sont déjà trop chahutées ; il est tout simplement vain, ou dangereux de leur offrir de telles opportunités. La place des journalistes n’est nullement en prison, mais les journalistes, en tant qu’acteurs sociaux, sont responsables de leurs publications, et en ce moment plus que jamais.


Entre la rétention absolue et l’exhibition permanente, la Tunisie avait jusqu’à présent réussi à élaborer une composition, faite de délicatesse provocante et d’érotisme diffus, qui contribuait, avec mille autres choses, à la richesse unique de son identité.

Voir des défenseurs de la liberté d’expression, sans doute sincères de surcroit, se prendre ainsi les pieds dans le tapis en apportant de l’eau au moulin des opportunistes velus qui ne veulent plus ni liberté, ni expression, voilà qui est parfaitement dommageable.

Reste enfin l’hypothèse de la balourdise, de la bête maladresse éditoriale, du désastreux concours de circonstances. Mais il vient toujours un moment où il faut cesser de se dire « c’est la faute à pas d’chance »… Surtout quand il est question de survie.

par Gilles Dohès

 

source letemps

 

 

_________________________________________________________________________


 

 

 

_____________________________________________

Légalisation d’une milice islamique sous le couvert d’une association?

 

 

Non content d’avoir laissé le prédicateur extrémiste égyptien Wajdi Ghanim répandre ses appels à la haine dans les mosquées et les espaces publics, le gouvernement vient de légaliser une association qui appelle à la radicalisation de l’islam.


Selon nos confrères de l’hebdomadaire arabophone, d’‘‘Assabah Al Ousboui’, l’association appelée ‘‘Al-Amr Bil Maârouf Wa Nahy Ala Al-Monkar’’ (L’ordonnancement de la vertu et la prévention du vice, sic !) vient de se voir attribuer, vendredi dernier, son visa légal par le ministère de l’Intérieur.

Selon la même source, le nom de l’association a légèrement changé et est devenu (pour faire diversion et faire moins radical ?) : ‘‘Al-Jamia al-Wassatia Li-Tawia Wal-Islah’’ (Association centriste de sensibilisation et de réforme).

Cette dernière est constituée de trois comités, chargés de la chariâa, de la science (traduire : religieuse) et des questions juridiques. Parmi ses objectifs : appeler les citoyens à la droiture morale et à suivre les règles de la chariâa.

Les membres de cette nouvelle association vont-ils intervenir sur la voie publique pour interpeller les citoyens qui se comporteraient de manière jugée non conforme à l’islam rigoriste ? Ses membres seraient-ils des sortes de «moutawaa» (milices religieuses) comme il en existe en Arabie saoudite, chargées d’orienter les fidèles vers la voie de Dieu ? Wait and see !

Au lendemain de la révolution, les internautes ont découvert cette association qui les harcèle sur leur page Facebook et les appelle à combattre les laïcs. Plusieurs ont découvert la facette cachée de cette association et l’ont éjectée de leur mur.

Surtout après avoir vu que son chef n’est autre que Adel Almi, qui a pris par la force les commandes de la Radio Zitouna, se moquant royalement de la décision du gouvernement qui a nommé à la direction de cette radio religieuse l’universitaire spécialiste de civilisation islamique, Iqbal Gharbi.

Depuis des mois, M. Almi a imposé sa loi et n’a pas rendu de comptes aux décideurs... Qui viennent de légaliser son association. Sans commentaires !

source kapitalis

 

______________________________________________________________________________________________________

 

 

L’activisme salafiste inquiète

Les partisans d’un retour à l’islam des origines étaient victimes de répression sous le régime Ben Ali.

Un homme manifeste devant l’université de la Manouba près de Tunis, appelant à la « solidarité av...

Un homme manifeste devant l’université de la Manouba près de Tunis, appelant à la « solidarité avec les femmes portant le niqab (voile intégral).

L’opinion publique tunisienne s’émeut de la multiplication d’actes violents.  

Certains observateurs pointent les liens entre salafistes et Al-Qaida au Maghreb islamique.

 

À la faculté de lettres de La Manouba près de Tunis, l’épreuve de force entre le personnel et les partisans du niqab – voile intégral – qui réclament son autorisation à l’université, dure depuis près de trois mois. Ce n’est pas un cas isolé. Le 8 octobre 2011, des hommes armés avaient envahi la faculté de lettres de Sousse, à 150 kilomètres au sud de Tunis, après le refus d’inscription d’une étudiante en niqab.

Le lendemain, plusieurs centaines de personnes avaient attaqué le siège de la chaîne de télévision Nessma, à la suite de la diffusion du filmPersépolis. Le directeur de la chaîne est aujourd’hui poursuivi, notamment pour « atteinte aux valeurs du sacré ». Le monde de la culture se sentait menacé depuis le 26 juin 2011, quand des hommes avaient vandalisé un cinéma de Tunis, pour empêcher la projection du film engagé Ni Allah, ni maître.

« Indéniablement, le salafisme se développe », constate Slaheddine Jourchi, politologue, spécialiste des mouvements islamistes. Les partisans d’un retour à l’islam des origines seraient actuellement « plusieurs milliers, dans diverses régions » . Ils sont très présents à Tunis, mais aussi à Sidi Bouzid (centre du pays) et, depuis peu, à Sejnane, un bourg de quelques milliers d’habitants, dans le Nord, où ils sont accusés d’actes de violence.

« C’est une minorité très active, explique Mohamed Goumani, ancien membre du comité directeur de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH). Ils font main basse sur des mosquées et recrutent, en particulier dans les milieux défavorisés ». Environ 400 mosquées, sur les 5 000 du pays, auraient ainsi été « conquises » après la chute du régime Ben Ali, qui contrôlait les lieux de culte. « En l’absence d’autorité de régulation, c’est le résultat du rapport de force entre les fidèles », explique le journaliste spécialisé Hedi Yahmed.

DES LEADERS PROCHES DES DJIHADISTES

Signe d’une volonté de se structurer, un congrès salafiste s’est tenu en mai 2011. Au moins un millier de personnes étaient venues dire leur adhésion au mouvement « Ansar Achariâ » – « les fidèles de la charia ». « La répression a désormais disparu, analyse Mohamed Goumani. Cela a permis aux salafistes de se rencontrer et gagner en visibilité » . Le salafisme serait présent « depuis les années 1970 », mais « la tendance djihadiste, qui fait parler d’elle aujourd’hui, a émergé il y a une dizaine d’années ». Cette mouvance n’est pas structurée.

Certains observateurs n’hésitent pas à souligner la concomitance de ce phénomène avec l’apparition du terrorisme islamiste en Tunisie : l’attentat de Djerba, revendiqué par la nébuleuse Al-Qaida, qui a fait 21 morts le 11 avril 2002, et la fusillade de Soliman, au sud-est de Tunis, le 3 janvier 2007 (14 morts). D’après l’enquête, le groupe responsable, composé presque exclusivement de Tunisiens, s’est infiltré depuis l’Algérie voisine. Les médias ont pointé ses liens avec le terrorisme islamiste du Maghreb.

Plusieurs incidents récents font planer la menace d’opérations terroristes. Le 1er  février dernier, des échanges de tirs ont opposé un groupe armé aux forces de l’ordre, près de la ville côtière de Sfax. Il y a une semaine, le ministre de l’intérieur a annoncé que 12 Tunisiens en relation « avec des groupes proches d’Al-Qaida en Libye » avaient été arrêtés, et que neuf suspects étaient en fuite.

Pour Hedi Yahmed, le profil des leaders de la mouvance étaye la thèse d’un danger terroriste. Khatib Idrissi, formé en Arabie saoudite, considéré comme le théoricien de référence du salafisme en Tunisie, a été condamné à deux ans de prison suite aux événements de Soliman, pour avoir donné une  fatwa (avis religieux) légitimant les opérations djihadistes.

« PASSIVITÉ » DU GOUVERNEMENT

Seif Allah Ben Hussein, un des meneurs d’Ansar Achariâ, a quant à lui combattu les forces américaines en Afghanistan, fin 2001, avant d’être arrêté en Turquie en 2002, et livré à la justice tunisienne, qui l’a condamné à plusieurs décennies de prison. Il a bénéficié de l’amnistie générale après la révolution. Dans une récente interview à Hedi Yahmed, il explique que son séjour en prison lui a permis de « former les nombreux frères (…) sur les activités du mouvement salafiste djihadiste international ».

Au sein de la société, l’activisme salafiste inquiète. Le 28 janvier, 8 000 à 10 000 personnes ont manifesté à Tunis pour « défendre les libertés et les droits de l’homme » et fustiger « la passivité du gouvernement » , dominé par le parti islamiste Ennahda. Une critique que formule aussi Habib Kazdaghli, doyen de la faculté de lettres de La Manouba. Le 31 janvier dernier, les doyens des cinq facultés de lettres du pays ont dénoncé l’attitude « complaisante » du ministre de l’enseignement supérieur, qui n’a cessé de minimiser les événements de La Manouba, et réclamé une circulaire interdisant le voile intégral dans les établissements universitaires.

« Le parti Ennahda refuse d’entrer en confrontation avec les salafistes , analyse Slaheddine Jourchi. Ses responsables espèrent les intégrer au parti, en les faisant évoluer. ». La fermeté semble d’autant plus exclue qu’Ennahda compte dans ses rangs des proches de la mouvance. Ainsi de Sadok Chourou, élu à l’Assemblée constituante, qui a participé au congrès d’« Ansar Achariâ » et ne cache pas son aspiration à l’application de la loi islamique. Ou du nouveau ministre des affaires religieuses, Noureddine el Khademi, surnommé « l’imam du djihad » depuis qu’il a appelé, dans un prêche, à la guerre sainte pour la libération de la Cisjordanie.

------------------------------------------

LE DIRECTEUR DU QUOTIDIEN ETTOUNSIA EN DÉTENTION

Reporters sans frontières réclame la libération de Nasreddine Ben Saïda. Le directeur du quotidien arabophone Ettounsia a été arrêté mercredi 15 février avec le rédacteur en chef et un journaliste pour atteinte aux bonnes mœurs, le quotidien ayant publié la photo d’une femme nue dans les bras du footballeur allemand d’origine tunisienne Sami Khedira, lequel s’est déclaré « choqué » par ces arrestations. Les deux journalistes ont été relâchés. Nasreddine Ben Saïda, maintenu en détention, a entamé samedi 18 février une grève de la faim.

 source la-croix

 

 

Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Censure_Journalisme_Éditions_Libertés
commenter cet article
20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 06:04

 

 

______________________________

Nouvelles échauffourées à Athènes lors des manifestations

A la veille de la réunion de l'Eurogroupe pour éviter la faillite, les Grecs défilent dans la rue contre la rigueur.

"Nous avons honte de nos politiciens, et vous?" dit un panneau orange, "laissez-nous recréer la Grèce" ajoute un autre. (Kostas Tsironis - Sipa)

"Nous avons honte de nos politiciens, et vous?" dit un panneau orange, "laissez-nous recréer la Grèce" ajoute un autre. (Kostas Tsironis - Sipa)

La majorité des Grecs sont toujours attachés à "la perspective européenne" de leur pays, malgré les mesures d'austérité imposées par l'UE et le FMI, qui ont suscité de nouvelles manifestations dimanche 19 février à Athènes à la veille d'une réunion cruciale de la zone euro. 

Le Premier ministre Lucas Papademos s'est rendu dimanche soir à Bruxelles pour participer lundi à la réunion des ministres des Finances de la zone euro, qui devrait en principe avaliser le deuxième plan de sauvetage de la Grèce, vital pour le pays qui risque une faillite le mois prochain, a-t-on appris de sources européennes. Alors que les partenaires de la Grèce évoquent ouvertement une sortie du pays de l'euro, seuls 19,6% des Grecs interrogés dans un sondage publié dimanche par le journal Ethnos se sont prononcés pour le retour à la drachme, monnaie nationale du pays avant son adhésion à la zone euro en 2002.

Les trois-quarts (75,9%) s'affichent au contraire en faveur "de la perspective européenne" de leur pays et les deux-tiers (66,5%) souhaitent que le programme d'assainissement dicté par l'UE et le FMI réussisse. La publication de ce sondage intervient après une semaine de course contre la montre pour le gouvernement grec, qui, sous intense pression européenne, a finalisé de nouvelles mesures de rigueur dans le budget 2012, une des conditions préalables pour obtenir le déclenchement du deuxième plan de sauvetage.

Mesures drastiques

Ce plan comprend un prêt international de 130 milliards d'euros et un plan de restructuration et d'effacement de dette. Il est vital pour la Grèce, menacée de défaut de paiement le 20 mars, à l'échéance d'une obligation de 14,5 milliards d'euros. Mais les mesures drastiques de rigueur qui l'accompagnent ont suscité de nouvelles manifestations dimanche à Athènes devant le Parlement où environ 3.000 personnes ont participé à deux rassemblements différents, l'un en fin de matinée à l'appel des syndicats et le second dans l'après-midi organisé par la gauche radicale.

Un groupe de jeunes a jeté des pierres et des bouteilles en direction de policiers qui ont riposté en lançant des grenades lacrymogènes. De précédentes manifestations il y a une semaine avaient été marquées par des violences. Les banderoles critiquaient les coupes salariales, surtout la baisse de 22% du salaire minimum (740 euros actuellement), adoptées par le gouvernement de coalition réunissant la droite (Nouvelle-Démocratie) et les socialistes (Pasok). "Le consensus national est une combine, la pauvreté et la faim n'ont pas de nationalité" indiquait une banderole sous-titrée en anglais: "All of us we are Greeks, Merkel and Sarkozy are freaks" (nous sommes tous des Grecs, Sarkozy et Merkel sont des monstres).

"Boucs émissaires"

Mais alors que selon le sondage d'Ethnos huit personnes sur dix attribuent la responsabilité de la situation du pays "aux gouvernements grecs" et seulement 6,1% "aux Européens et au FMI", certains certains manifestants traduisaient une prise de conscience des changements jugés nécessaires pour le pays.

Ainsi Phevos Iliopoulos, consultant, dit que les mesures "ont un impact profond sur la façon dont fonctionne la société". Mais selon lui, "si les Grecs trouvent les moyens d'améliorer leur manière de travailler, alors il n'y a aucun doute qu'ils seront capables d'avancer et qu'ils tourneront cette page sombre de leur histoire."

Des propos qui font écho à ceux de la Commissaire européenne à la Justice Viviane Reding selon laquelle la Grèce devrait arrêter de chercher des "boucs émissaires" à l'étranger pour expliquer ses propres problèmes et travailler davantage pour reconstruire son Etat et se sortir de sa situation économique désastreuse. "J'ai bon espoir que (les ministres des Finances) parviennent à un accord sur le plan (de sauvetage). Mais assorti de certaines conditions. L'argent ne doit pas être déversé dans un puits sans fond," a dit la responsable européenne au journal autrichien Kurier.

«Dernier round pour l’accord»


Samedi, le conseil des ministres grec a approuvé des coupes supplémentaires dans les retraites principales et complémentaires pour combler un trou de 325 millions d'euros dans le budget de 2012, comme l'exigeait UE et FMI. Un projet de loi sur le sujet doit être débattu au parlement la semaine prochaine, les retraites principales supérieures à 1.300 euros par mois seront réduites de 12%.

"Il y a un optimisme dans la mesure où tout ce qu'on nous a réclamé a été fait et la troïka (UE-BCE-FMI) l'a approuvé", avait jugé samedi le porte-parole du gouvernement Pantélis Kapsis. Il a toutefois reconnu que "la discussion serait très difficile car il y a plusieurs avis". "Dernier round pour l'accord", avertissait de son côté dimanche le journal libéral Kathimérini.

 source nouvelobs
.

________________________________________________________

 La crise, entre implosion et explosion

 

L’explication courante de la crise en zone euro ? La faute aux "mauvais élèves" méridionaux ! La faute à l’endettement public ! Cela ne tient pas route. Pire, ce type d’analyse, de signature européenne, conduit droit au mur. Il faut aller aux faits. Décodage.

C’est aussi la conséquence de l’analyse de la crise économique établie par les instances européennes. Pour elles, en poursuivant ses objectifs stratégiques de compétitivité, l’économie de l’Union est parfaitement saine. Seuls quelques points noirs récurrents sont à relever, comme l’endettement excessif de quelques États. La récession a mis en lumière leurs effets négatifs et donc la nécessité absolue de les régler au plus vite.

 

Ennemi public n°1 : la dette publique

Telle est donc l’analyse de la Commission européenne, début 2011 : "l’Union européenne reste une zone en bonne santé [même si], sa croissance économique a été faible lors de la dernière décennie". Las ! Il y a eu de mauvaises élèves : "Plusieurs États membres ont dévié des principes fondamentaux dans la bonne gestion d’une politique fiscale prudente et les déséquilibres macroéconomiques ont continué à s’approfondir." [1]

Il en a résulté tout au long de 2011 des procédures de plus en plus strictes et sévères imposées par l’Union, en particulier aux pays de la zone euro.

La Commission s’en explique : "La crise économique et financière a exacerbé la pression sur les finances publiques des États de l’Union européenne. Aujourd’hui, 23 des 27 pays [2] se retrouvent dans ce qui est appelé « la procédure de déficit excessif », un mécanisme établi dans les traités obligeant les pays à garder leur déficit budgétaire sous les 3% du PIB [3] et leur dette publique sous les 60% du PIB (ou, tout au moins, avoir une trajectoire suffisamment déclinante pour les atteindre). Les États membres [concernés] doivent impérativement suivre les recommandations et les échéances du Conseil européen pour corriger leur déficit excessif." [4]

Les dispositions prises dans ce cadre de correction budgétaire consistent actuellement en :

- une surveillance préalable sur les budgets nationaux par la Commission qui les approuve avant adoption par les pays membres ;

- une procédure de déficit excessif lancée automatiquement par la Commission dès que le déficit budgétaire dépasse les 3% du PIB autorisés, sauf s’il y a un vote à la majorité qualifiée pour annuler la décision [5] ;

- l’obligation pour le gouvernement "fautif" de prendre des mesures pour éponger le déficit, sous contrôle étroit de la Commission ;

- des sanctions financières en cas de refus ou de non-application des dispositions correctives par le dépôt d’un montant fixé à 0,2% du PIB, portant intérêt ; en cas de non-respect ultérieur, ces intérêts sont confisqués par l’Union ;

- la mise en place d’un système d’alerte en cas de déséquilibres macroéconomiques, fondé sur dix indicateurs (pouvant varier dans le temps).

Il est intéressant de noter que tous les sommets européens traitent depuis deux ans essentiellement de deux sujets : création d’outils permettant le financement ou le renouvellement des dettes pour les États en difficulté financière et renforcement des mesures du pacte de stabilité et de croissance, qui, comme son nom ne l’indique pas vraiment, n’a de yeux que pour la dette publique et le déficit budgétaire.

Pour la relance de l’emploi et le redémarrage économique - qui devrait être essentiel lors d’une crise -, les autorités européennes font une confiance aveugle à leur projet d’Europe 2020, qui ne fait que prolonger la stratégie de Lisbonne, dont l’échec est patent [6]. En outre, c’est une orientation axée uniquement sur la compétitivité. Il faudrait expliquer comment on peut sortir d’une crise en prenant des parts de marché (qui, par définition, ne peuvent jamais dépasser les 100%) sur les autres (qui sont aussi en crise).

Le problème majeur aux yeux des responsables européens est la dette publique, ou plutôt la dette devenue subitement "souveraine", comme pour dire qu’elle engage tous les citoyens du pays et qu’ils doivent tous y pallier. Mais en est-il bien ainsi ?

 

La valse des modèles européens

Une petite analyse rétrospective s’impose. Quelles sont la situation et l’évolution de ces deux paramètres que sont la dette publique et le déficit budgétaire pour les pays européens ? Et concentrons-nous sur les États qui connaissent le plus de difficultés actuellement, les PIIGS ou GIPSI, de la première lettre du nom (en anglais) des cinq nations visées : Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne.

Le graphique 1 porte sur le rapport entre la dette publique et le PIB. Selon les règles du pacte de stabilité et de croissance, déterminés à Maastricht en décembre 1991, ce ratio ne devrait pas être situé au-dessus des 60% du PIB (c’est-à-dire au-dessus de la ligne jaune).

Graphique 1. Evolution de la dette publique comparée au PIB des PIIGS et de la zone euro (12 pays) 1991-2013 (en %)

JPEG

Source : Calculs sur base d’AMECO, Dettes publiques brutes et PIB à prix courants : http://ec.europa.eu/economy_finance....

 

Note : Les chiffres de 2011 à 2013 sont des prévisions.

En réalité, pour trois pays de la zone euro, ce critère n’a jamais été respecté : la Grèce, l’Italie et la Belgique. Au moment d’entrer dans la monnaie unique (1999-2001), les autorités européennes ont admis le trio à condition qu’il dégage de façon régulière des excédents budgétaires pour réduire progressivement leur endettement. Le gouvernement belge a obtempéré et a diminué son ratio de 135 à 84% entre 1993 et 2007. Mais, comme le montre le graphique, les dirigeants italiens et grecs n’ont pas été aussi assidus. Athènes a même engagé la banque d’affaires américaine Goldman Sachs pour présenter des comptes conformes aux dispositions formelles des traités européens, mais truqués.

Néanmoins, les trois autres États dans la tourmente sont restés globalement dans les normes. Le Portugal n’excède qu’à partir de 2005. Quant à Madrid et Dublin, ce sont des modèles de vertu : 25% pour l’Irlande et 36% pour l’Espagne en 2007. Franchement, rien à voir avec des gouvernements déviants ayant des problèmes structurels d’endettement public avant la crise et que la récession aurait aggravé.

Le constat est identique pour le rapport entre déficit budgétaire et PIB, présenté par le graphique 2. Nous avons placé une ligne grise en pointillé pour indiquer le seuil des 3% de déficit à ne pas dépasser normalement.

Graphique 2. Evolution du déficit budgétaire par rapport au PIB pour les PIIGS et la zone euro (12 pays) 1995-2013 (en %)

JPEG

Source : Calculs sur base d’AMECO, Recettes et dépenses publiques et PIB à prix courants : http://ec.europa.eu/economy_finance....

 

Note : Les chiffres de 2011 à 2013 sont des prévisions.

Ici, il n’y a qu’un gouvernement de façon permanente en "faute" : celui d’Athènes. Certes, Rome devait engendrer des excédents ; il flirte généralement avec le seuil des 3% de déficit budgétaire. Lisbonne est aussi un adepte de la position de l’équilibriste, étant généralement un peu au-dessus de la norme. C’est très limite, mais pas fautif.

En revanche, les deux autres États méritent à nouveau d’être cités en exemple. L’Irlande est quasiment excédentaire depuis 1996, avec une pointe en 2000 et un solde positif équivalent à 4,75%. C’est presque aussi bon pour l’Espagne qui, depuis 2000, est proche de l’équilibre et même excédentaire en 2006 avec 2,4% du PIB.

En conclusion, sur les cinq pays concernés, seule la Grèce est véritablement critiquable sur la base des critères eux-mêmes contestables de Maastricht. L’Italie et le Portugal sont au niveau de la moyenne des autres États membres de la zone euro. Madrid et Dublin constituent même des modèles. Ce sont eux d’ailleurs qui créent le plus d’emploi, ont la croissance économique la plus élevée et la plus dynamique de l’Union. Quand on demandait aux responsables européens ce que devait constituer l’avenir de l’Europe, ils pouvaient répondre avec fierté : "Allez voir le tigre celtique ou le lion ibérique". L’affirmation comme quoi la crise a révélé les problèmes structurels d’endettement public de certains États membres n’a de fondement que dans le cas de la Grèce. Mais, d’un seul pays, peut-on tirer un bilan d’ensemble ?

Les graphiques soulignent un autre phénomène, que les responsables européens négligent systématiquement : la rapidité de la dégradation née de la crise. A partir de 2008, les situations de l’Irlande et de l’Espagne deviennent rapidement catastrophiques. Leur dette publique grimpe de façon vertigineuse, dépassant rapidement les normes européennes. Leur déficit budgétaire s’approfondit à un niveau exceptionnel. La question devrait être dès lors : comment des pays qui respectaient le mieux les critères ont pu se transformer en ceux qui, pratiquement, s’en écartent le plus, dès que la crise arrive ?

 

La dette, bien public ou privé ?

Les autorités européennes stigmatisent les gouvernements grecs et italiens, car ils représentent les cas les plus proches de ce qu’ils veulent faire passer : une stratégie saine et bénéfique, celle de la compétitivité, et des pays "gredins" qui n’ont jamais respecté ces critères et qui sont donc punis par les marchés financiers. Mais intéressons-nous aux autres cas, qui en sont la réplique directement inverse : des États qui correspondaient le mieux à cette politique, qui engrangeaient les succès et, puis, qui sont précipités à une allure vertigineuse dans le précipice.

Dans un premier temps, nous avons repris l’évolution de la dette privée des ménages des principaux pays européens. Cela nous donne le graphique 3, en rapportant le crédit obtenu au PIB pour permettre d’en discerner la hausse ou la baisse relative.

Graphique 3. Evolution de la dette des ménages par rapport au PIB des pays européens 1995-2010 (en %)

JPEG

Source : Calculs sur base d’Eurostat, Compte des secteurs, Ménages, Crédit financiers engagés : http://appsso.eurostat.ec.europa.eu....

 

Note : Les données de l’Irlande et du Royaume Uni sont non consolidées. Les autres le sont. Les données ne commencent qu’en 1995 et en 2001 pour l’Irlande.

On observe une progression quasi constante pour tous les pays, sauf pour l’Allemagne où l’endettement privé a tendance à diminuer à partir de 2000. En réalité, outre-Rhin, les emprunts engagés par les particuliers restent aux environs de 1.500 milliards d’euros à partir de cette date.

En revanche, la dette des Pays-Bas et de la Grande-Bretagne, qui se trouvent à hauteur de l’Allemagne en 1995, ne cesse de grimper depuis lors pour dépasser les 100% du PIB. Mais ce qui est symptomatique est la vitesse à laquelle les crédits aux familles (dans lesquels dominent généralement les prêts hypothécaires) augmentent au Portugal, en Espagne, en Grèce et en Irlande (même si nous ne pouvons pas remonter avant 2001).

Nous avons repris ces données à trois dates clés : 1995, 2001 et 2010 pour les principaux pays de la zone euro. Nous en avons tiré le tableau 1.

Tableau 1. Evolution de la dette des ménages par rapport au PIB des pays européens 1995, 2001 et 2010 (en %)

  1995 2001 2010 Hausse 2001-2010
Zone euro (17 pays) 41,7 49,0 63,3 14,3
Belgique 36,4 38,0 53,1 15,1
Allemagne 61,2 72,4 61,6 -10,8
France 35,2 36,0 55,1 19,2
Italie 18,6 24,8 45,0 20,2
Autriche 41,9 47,4 56,8 9,4
Pays-Bas 58,9 89,7 127,1 37,4
Royaume-Uni 64,3 74,9 99,2 24,3
Irlande   49,6 118,9 69,3
Grèce 5,7 17,0 60,7 43,7
Espagne 32,2 48,1 85,7 37,6
Portugal 26,1 63,1 95,4 32,3

Source : Voir graphique précédent.
Note : La hausse est la différence entre le pourcentage de 2010 et celui de 2001.

On voit que la hausse perceptible à la fin des années 90 s’accélère au siècle suivant. En ne reprenant que cette dernière décennie, on constate que la croissance est particulièrement forte pour l’Irlande, la Grèce, l’Espagne, les Pays-Bas et le Portugal. En quinze ans, la dette grecque est plus que décuplée par rapport au PIB. Les pays du sud qui avaient une dette faible se retrouvent avec une dette privée assez importante.

On peut remarquer un développement parallèle en ce qui concerne l’endettement des entreprises non financières [7]. Nous avons repris l’évolution de ces crédits rapportés au PIB pour les PIIGS ainsi que, pour permettre la comparaison, celle de l’Allemagne et de la zone euro (17 pays).

Graphique 4. Évolution de la dette des entreprises non financières par rapport au PIB des pays européens 1995-2010 (en %)

JPEG

Source : Calculs sur base d’Eurostat, Compte des secteurs, Sociétés non financières, Crédit financiers engagés :http://appsso.eurostat.ec.europa.eu....

 

Note : Les données de l’Irlande sont non consolidées. Les autres le sont. Les données ne commencent qu’en 2001 pour l’Irlande.

Notons une progression particulièrement importante de ces prêts aux entreprises pour tous les pays (et donc pour la zone euro), sauf pour l’Allemagne. De nouveau, depuis 2000, les emprunts des firmes outre-Rhin restent constants à près de 1.100 milliards d’euros.

Les mêmes données pour les PIIGS explosent. Il n’est pas inintéressant de voir que les crédits aux firmes sont, en fin de période, au-dessus de la moyenne de la zone euro pour l’Irlande, l’Espagne, le Portugal et l’Italie, alors qu’en général ils étaient en dessous en 1995. Même, pour la Grèce qui part d’un niveau relativement peu élevé, la progression est forte.

Pour résumer, nous avons établi les taux de croissance annuels moyens des différentes dettes (celles des ménages, des entreprises et des pouvoirs publics) dans la période précédant la crise, soit entre 2001 et 2008. On obtient ainsi le tableau 2.

Tableau 2. Comparaison de la hausse annuelle moyenne de la dette des ménages et de la dette publique dans les pays européens entre 2001 et 2008 (en %)

  Ménages Firmes Etat
Zone euro 17 6,9 6,9 4,3
Belgique 8,1 6,2 1,6
Allemagne 0,0 0,6 4,1
Irlande 19,4 14,8 9,8
Grèce 25,4 10,6 8,2
Espagne 15,8 17,0 2,1
France 8,8 6,5 6,4
Italie 10,8 7,6 3,0
Pays-Bas 8,4 3,5 6,3
Autriche 6,2 4,1 3,4
Portugal 9,4 4,8 8,7
Slovénie 15,5 17,7 4,4
Slovaquie 41,9 18,2 6,9
Finlande 12,0 9,3 0,9
Royaume-Uni 3,1 4,6 3,8
Zone euro sans Allemagne 10,9 8,9 4,4

Source : Voir graphique précédent.

Pour presque tous les pays européens, la progression de l’endettement privé, que ce soit celui des ménages ou des entreprises, est beaucoup plus rapide que celui de l’Etat. La seule exception notable est celle de l’Allemagne, où la dette privée ne croît quasiment pas en termes absolus, alors que les emprunts des pouvoirs publics augmentent de plus de 4% par an en moyenne. Notons aussi qu’aux Pays-Bas, la dette publique grimpe plus vite que celle des firmes et, pour la Grande-Bretagne, que celle des particuliers.

Mais, s’il fallait s’en prendre à des gouvernements qui ont laissé filer leurs finances publiques, on pourrait sans doute épingler l’Irlande, le Portugal et la Grèce, tout en rappelant que le crédit privé a crû encore plus rapidement. On pourrait sans doute joindre la Slovaquie, la France et les Pays-Bas, à qui on ne reproche encore rien aujourd’hui. Mais aussi l’Allemagne dont l’envolée des emprunts publics dépasse nettement celle de deux États mis au rancart par la crise, l’Espagne et l’Italie.

Nous avons ajouté une ligne sur les statistiques de la zone euro, en ôtant l’Allemagne. Les différences sont encore plus notoires. La dette publique croîtrait à peu près au même rythme que la zone à 17 pays. Par contre, les prêts aux entreprises augmenteraient de 8,9% par an, soit deux fois plus vite que ceux accordés aux pouvoirs publics. Et les crédits aux ménages grimperaient de 10,9% par an en moyenne.

Tout cela mène à plusieurs conclusions. D’abord, la dette privée a connu un essor infiniment plus intense que l’endettement public, sauf pour l’Allemagne. Alors, pourquoi mettre en exergue le dérapage public et pas celui du privé ? Seul Berlin présente des comptes inversés : arrêt des prêts au privé, mais croissance continue de ceux accordés aux pouvoirs publics. Comment peut-on raconter que le gouvernement allemand a été économe en matière de finances publiques ? Ce constat prouve d’ailleurs que le problème de la dégradation des comptes provient de l’emballement de la dette privée et non pas de celui de la dette publique.

De cette manière, les responsables européens se trompent complètement de cible, lorsqu’ils pointent l’endettement de l’Etat comme étant problématique. D’ailleurs, l’emprunt des autorités américaines et japonaises excède largement ceux des États européens : environ 100% du PIB pour les États-Unis et 210% pour l’archipel nippon. Cela ne les empêche pas de bénéficier de taux d’intérêt relativement faibles. Les critères du traité de Maastricht et du pacte de stabilité et de croissance ont et conservent un degré d’arbitraire et d’absurdité dont il serait bon de se dégager. Lire la suite (...)

Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Crise économique
commenter cet article
20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 05:22

Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Thala [RÉGIONS] _Kasserine_Gafsa_S. Bouzid_ Silian
commenter cet article

Présentation

  • : thala solidaire.over-blog.com
  •  thala solidaire.over-blog.com
  • : ThalaSolidaire est dédié à la ville de Thala, ville phare de la Révolution tunisienne. Thala est une petite agglomération du centre-ouest de la Tunisie. Elle est connue pour son histoire antique, ses sources, ses carrières de marbre, devenues une sorte de tragédie écologique et économique, sa résistance et sa misère. Thala solidaire a pour objectif de rassembler toutes les voix INDIGNÉES pour donner à cette terre ainsi qu'à toutes autres terres un droit à la vie et à la dignité…
  • Contact

Recherche

Vidéos

Catégories