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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 04:09

 

 

 

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Le groupe de Bir Ali Ben Khalifa est lié à Al Qaïda

 

Selon les enquêtes préliminaires, les armes saisies ces derniers jours étaient stockées dans l’intention d’être utilisées le moment voulu pour… fonder un émirat islamiste en Tunisie. Rien que ça…



 par Zohra Abid

Ces informations ont été rapportées par Ali Laârayedh, ministre de l’Intérieur, lors d’un point de presse, lundi en fin d’après-midi, au siège de son département, à Tunis. Selon lui, les événements de Bir Ali Ben Khalifa, au cours desquels deux éléments terroristes ont été abattus et un troisième fait prisonnier, ont permis de lever le voile sur un réseau d’apprentis terroristes, composé de jeunes âgés de 20 à 30 ans et dont le niveau scolaire ne dépasse pas le secondaire.

Des liens avérés avec l’Aqmi

Les enquêtes, qui se poursuivent encore, ont révélé jusque-là que ce groupe a des relations en Libye et au sein d’Al Qaïda au pays islamique (Aqmi), très actif dans la bande sahélo-saharienne. «Il se peut qu’ils soient en contact avec d’autres groupes en Algérie. Nous ne minimisons pas cette affaire et nous n’avons pas, non plus, à lui donner plus d’ampleur. Nous sommes vigilants et toutes nos forces veillent à la sécurité des citoyens», a affirmé le ministre.

M. Larayedh a annoncé l’arrestation de 12 personnes dont la plupart ont été condamnées pour terrorisme dans le cadre des événements de Soliman (décembre 2006-janvier 2007). «9 autres individus courent encore dans la nature. On pense que 8 d’entre eux sont en Libye et le neuvième en Algérie. Parmi ces personnes condamnées auparavant, il y a ceux qui ont terminé leur peine et d’autres qui ont bénéficié de l’amnistie générale décidée par le gouvernement provisoire après la révolution», a expliqué M. Laârayedh. Certains de ces jeunes sont partis en Libye pour soutenir les «thouar» (révolutionnaires) durant la guerre civile dans ce pays, qui s’est terminée par la chute du régime de Mouammar Kadhafi. D’autres ont été dans ce pays pour s’entraîner dans des camps, a encore précisé le ministre de l’Intérieur. L’essentiel des armes saisies viennent d’ailleurs, de la Libye. Mais pas seulement !

 
Ali Laâredh en conférence de presse lundi 13 février

 

Un stock d'armes impressionnant

 

34 armes, 275 cartouches de kalachnikov, 219 cartouches de révolver, des billets de banque (62.200 dollars, 1.250 lires libyennes et 3.060 dinars tunisiens, soit au total l’équivalent de 90.000 dinars) ont été saisis suite aux événements de Bir Ali Ben Khlifa, qui ont fait 4 blessés du côté de l’armée et une personne de la Garde nationale.

«Nous avons fait tout notre possible pour qu’il n’y ait pas de sang versé, mais nos forces ont été contraintes de tirer. Cette chasse a fait deux morts parmi les éléments armés. Nous en sommes navrés. N’empêche que nous allons poursuivre notre enquête. Peu importe les idées des personnes ou les idéologies dont ils se réclament, ceux qui nuisent à la sécurité de nos concitoyens et à la sécurité de l’Etat seront arrêtés et poursuivis en justice», a déclaré le ministre. Traduire : l’idéologie islamiste dont les éléments armés se réclament ne saurait constituer une circonstance atténuante.

M. Larayedh a rappelé que des armes ont également été saisies dans les aéroports ou au poste frontalier Dehiba, dans le gouvernement Tataouine. Mais d’autres ont pu être passées clandestinement dans les voitures qui n’ont pas traversé légalement les frontières tuniso-libyennes pendant que les forces de sécurité tunisiennes étaient occupées par le passage de près de 2 millions de réfugiés fuyant la guerre en Libye.

Combien d’armes circulent encore dans le pays ? Il n’y a pas encore d’estimation officielle. Mais il ne faut pas oublier que pendant les premiers jours de la révolution, il y a eu des braquages et des vols d’armes dans des postes de police, a rappelé M. Laârayedh.

Selon le ministre de l’Intérieur, en 2011, 600 armes ont été volées et seulement les 2/3 ont été rendues aux autorités. Il reste donc quelques 200 armes à trouver. «Nous donnons deux semaines à tous ceux qui possèdent illégalement une arme pour les rendre au poste de police le plus proche. Ces 15 jours passés, toute personne prise en flagrant délit d’usage ou en possession d’arme, sans autorisation, sera arrêtée et jugée», a-t-il prévenu.

source kapitalis

 

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 07:19

Situation difficile et utilisation partisane (politique) des aides par certains… 


 

La réalité non médiatisée est pire encore...

Les laissés-pour-compte

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 06:17

Passage concernant la Chariaa à partir de la 12ième minute 

Pourtant Ennahdha déclare clairement son intention de proposer la Chariaa comme source principale de législation ...

 


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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 04:58

Livre :   Naomi Klein,  La Stratégie du choc, la montée d'un capitalisme du désastre 


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L'UE toujours sceptique après l'adoption du plan de rigueur

 

L'adoption d'un nouveau plan de rigueur a provoqué de violentes manifestions, dimanche soir dans le centre d'Athènes.

 

Si l'adoption d'un nouveau plan de rigueur en Grèce a donné lieu à de violentes manifestations dans les rues de la capitale, elle suscite au contraire la satisfaction chez les représentants de l'Union européenne. Steffen Seibert, le porte-parole de la chancelière allemande, Angela Merkel, a salué "expressément" lundi le vote du Parlement grec de nouvelles mesures d'économies, dimanche soir, vote qui selon lui "démontre la bonne volonté de la Grèce à entreprendre des réformes difficiles".

Il a souligné que, pour l'Allemagne, très critiquée en Grèce par les manifestants, il ne s'agissait pas "d'économiser pour économiser", mais de "libérer les forces productives" grecques. Profitant de l'occasion pour justifier la politique rigoriste imposée par l'Union européenne, M. Seibert a ajouté que "si les privatisations(promises par le gouvernement grec) allaient plus vite, il y aurait sûrement plus d'investissements".

UNE "AVANCÉE CRUCIALE" POUR L'UNION EUROPÉENNE

De son côté, la Commission européenne voit dans ce vote une "avancée cruciale"vers l'octroi, en contrepartie, de prêts de 130 milliards d'euros et vers l'effacement d'une partie de la dette du pays.

Le commissaire aux affaires économiques européen, Olli Rehn, s'est par ailleurs dit "confiant dans le fait que les autres conditions" imposées par la zone euro à Athènes en échange d'une deuxième tranche d'aide "seraient remplies d'ici à l'Eurogroupe de mercredi 15 février", date de la réunion au cours de laquelle les ministres des finances européens doivent décider d'octroyer ou non leur feu vert au nouveau plan de soutien en faveur d'Athènes. Un accord sur la participation du secteur privé à la restructuration de la dette grecque pourrait par ailleurs êtreannoncé après la réunion de l'Eurogroupe mercredi, selon des sources proches des négociations.

D'ici là, Athènes doit trouver 325 millions d'euros d'économies supplémentaires dans le budget 2012 et obtenir la promesse écrite des partis politiques qu'ils appliqueront le programme après les élections anticipées, prévues au printemps.

"NOUS SOMMES ENCORE LOIN DU BUT"

Deux conditions qui ne sont toujours pas remplies. C'est pourquoi le ministre de l'économie allemand, Philipp Rösler, tient à rester prudent. "Il faut attendre de voirce qui viendra ensuite", a-t-il déclaré lundi, à la télévision allemande. "Nous avons effectué un pas dans la bonne direction mais nous sommes encore loin du but", a-t-il ajouté. De son côté, le ministre des affaires étrangères autrichien, Michael Spindelegger, se montrait plus sévère, estimant qu'"adopter le plan d'austérité est une chose, l'appliquer en est une autre".

La perspective d'élections législatives en avril, dont la tenue a été confirmée lundi par le porte-parole du gouvernement, explique les réticences des partis grecs àendosser des mesures très impopulaires et les craintes de l'Europe de ne pas lesvoir appliquées.lemonde

 

______________________________________________________Reportage

Rigueur : les Grecs répondent à l’Europe par le feu

Centre-ville en flammes, guérilla, violences policières : alors que les activistes et les familles manifestaient, le Parlement a voté un nouveau plan d'austérité. Reportage.

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Des policiers près d'un bâtiment en flammes à Athènes, le 12 février 2012 (Panayiotis Tzamaros/Reuters)

 

(D'Athènes) Lacrymos, Molotov, matraques et incendies : dimanche, autour du Parlement grec, la manifestation du début d'après-midi a tourné en guérilla urbaine avant même le coucher du soleil, jusqu'au chaos au milieu de la nuit.

L'Eglise orthodoxe huée, ça commence fort

Dès le début de l'après-midi, une foule très familiale, dont beaucoup de personnes âgées – ceux qui ont connu la dictature des colonels et sa chute en 1973 – peuplait la place Syntagma. Le Parlement discutait d'une nouvelle cure d'austérité censée économiser 3,3 milliards d'euros en rabotant un peu plus le salaire minimum, porté à 586 euros brut sur quatorze mois, et la fonction publique de 15 000 emplois.

Parmi les syndicats et sous un soleil inattendu, le cortège des prêtres orthodoxes défilait sous des huées excitées. Traditionnellement intouchable, la faillite économique du pays met en danger l'assise de l'Eglise orthodoxe et de ses prêtres salariés par l'Etat comme fonctionnaires.

Mais apparemment, personne ne croit en l'effectivité des mesures annoncées en mars 2010 visant à imposer l'Eglise sur ses propriétés foncières, estimées à 130 000 hectares, et sur ses dons et legs en espèces. Quelques jeunes ont commencé à lancer des boulettes de papiers sur les prêtres, avant que d'autres ne les retiennent.

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Le compositeur et ancien ministre Mikis Theodorakis, qui manifestait dimanche, victime des gaz lacrymogènes (Stefosis via Twitter)

La routine des gaz lacrymogènes

Je n'ai pas tout de suite compris pourquoi la moitié de la foule – 80 000 personnes selon la police – portait des lunettes de piscine, des masques à gaz ou avait le visage peinturluré de blanc.

Dès 17 heures, les forces anti-émeutes bombardent généreusement la vaste place Syntagma de gaz lacrymogènes, par grenades ou par armes à propulsion. Puis les ruelles adjacentes, rendant la foule captive en bloquant les sorties. Ensuite les stations de métro les plus proches, sur le même principe.

A travers les vitres des quelques cafés ouverts, les télévisions locales montrent des images d'incendie et de vandalisme, et alarment contre le vol d'armes à feu dans des boutiques cambriolées par les « violents manifestants anarchistes ».

Pendant ce temps, les manifestants, toutes générations confondues, cèdent peu à la panique et semblent rompus aux attaques lacrymogènes, souvent doublées ou triplées à quelques secondes d'intervalle dans les petites ruelles. Lorsqu'elles sont suffisamment loin, la foule applaudit et siffle comme au théâtre – c'est l'ironie grecque, m'explique-t-on.

LES AFFRONTEMENTS À ATHÈNES . Le 12 février 2012

De près, on rigole moins. La police bombarde à vue au milieu des attroupements, les gaz prennent aux yeux et à la gorge et il faut surtout faire attention à ne pas piétiner des enfants ou des vieux qui seraient tombés parterre.

Après la dizaine de minutes d'aveuglement et de vomissements, Vassili, 72 ans, le regard protégé par un masque de plongée, me donne de la pommade alcaline blanche à étaler sur le visage pour apaiser l'irritation du gaz. Il explique :

« Malaka, nous les vieux on doit faire attention aux attaques cardiaques, à cause de ce gaz à larmes. Mais on vient préparés et en connaissance de cause. Depuis deux ans, c'est routinier. »

Guérilla urbaine, la vraie

A partir de 22 heures, la foule est plus jeune, les familles se sont éloignées du centre et ça commence à sérieusement déraper. Aux mégots, canettes, pierres et chaises lancés sur leur passage, les policiers répondent à la matraque, sans ralentir leurs motos.

Au fil des heures, les lignes de feu séparant policiers et manifestants se font plus nombreuses : les flammes sont censées dissiper les gaz lacrymogènes que les forces anti-émeutes balancent sans répit.

Au fil des attaques policières, on court tous en groupe de ruelles en arcades pour éviter les gaz. Alors que la police fend la foule en crachant sur les manifestants, près de moi un homme saisit une bonbonne de gaz par la porte ouverte d'un restaurant sur sa cuisine. Il la balance sur une moto bleue. Tout le monde court, la bonbonne explose et la moto prend feu.

Les flics font demi-tour, menottent ceux qu'ils peuvent attraper et lancent des grenades à gaz à deux mètres. Une vingtaine de manifestants est à terre, l'ambulance arrivera cinq minutes plus tard.

En escalade de tensions, alors que le vote du Parlement est décalé de minuit à 1 heure, des lanceurs de cocktails Molotov déclenchent plusieurs incendies autour des places Syntagma et Omonia. La foule est solidaire et s'entraide volontiers : on se relève, on se donne à boire, on partage des cigarettes.

Les forces anti-émeutes finissent par atteindre leur objectif : dissiper tout attroupement sur la rue bordant l'entrée du Parlement. C'est de meilleur goût pour les photos.

Un vote sans surprise

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Un café Starbucks d'Athènes pris pour cible (via Twitter)

A 1h20 ce lundi matin, le Parlement a finalement rendu public un vote sans surprise :

  • 194 députés ont voté en faveur duplan d'austérité,
  • 74 le refusent,
  • 5 ont voté blanc
  • et 27 députés n'étaient pas présents.

Pasok, le parti socialiste et Neo Dimokratia, le parti conservateur, avaient rappelé en début de discussion que les députés ne votant pas conformément à la ligne de leur parti en seraient renvoyés.

Sur le chemin du retour, des policiers essaient sans succès de défoncer la porte d'un squat. Par la fenêtre, un homme jette une brique et rate de peu un agent

 

 

source rue89


_________________________________________________Chronologie.

 

Deux ans d'austérité

 

Depuis que le pays est en crise, les gouvernements successifs tentent d'appliquer une politique drastique en échange de l'aide de l'UE et du FMI. Chronologie.

(c) Afp

 

Fin 2009

Le gouvernement socialiste de Georges Papandréou, fraichement élu, découvre une situation financière catastrophique. La droite a minimisé l’ampleur du déficit : il s’élève à 12,7% du PIB. La dette publique à 125%. Les mauvaises nouvelles s’enchaînent : le pays est dégradé par les agences de notation, et les taux d’intérêt auxquels la Grèce peut emprunter s’envolent.


Mai 2010

Première aide européenne. Athènes lance un SOS dès 2010. Après plusieurs semaines, l’Union européenne et le FMI se portent au secours du pays. Début mai, une aide exceptionnelle de 110 milliards d'euros sur trois ans est débloquée. Un prêt financé à hauteur de 80 milliards d'euros par les pays de la zone euro, le reste étant pris en charge par le FMI. En contrepartie, l’Union européenne exige un plan d’assainissement des finances publiques.

Salaires, retraite, fiscalité: répondant aux injonctions de ses créanciers, le gouvernement engage un vaste plan de rigueur. Le principal taux de TVA passe de 19 à 21%. Sont également réévalués les impôts sur les successions et les donations, les taxes spéciales sur la consommation : la taxe sur l'alcool grimpe de 20%, le tabac de 63%. Les carburants n'échappent pas à la règle.

Une nouvelle grille d'impôts sur le revenu est mise au point. Dans le nouveau barème, le taux de 40% s'applique aux revenus supérieurs à 60.000 euros, contre 75.000 euros auparavant. Le gouvernement tente de mettre en place un volet répressif : fraude fiscale, impôt sur les constructions illégales, nouvelles taxes dites "vertes", taxes sur les jeux d'argent et les bénéfices des entreprises sont instaurés.


2,4 milliards d'économies dans les dépenses

Coté dépenses, les autorités tablent sur une baisse de 2,4 milliards d'euros. Les fonctionnaires, principales cibles, voient leur 13e mois et leur 14e mois de salaire amputés respectivement de 30% et de 60%. Dans les entreprises publiques, tous les salaires sont réduits de 7%, les primes de 30%.

Les pensions du secteur public et du secteur privé sont gelées. Mais la réforme majeure est celle des retraites. Le gouvernement prévoit d'ici 2013, de reculer de cinq ans l'âge de départ pour les femmes, soit un départ à 65 ans, aligné sur celui des hommes. La durée de cotisations est allongée à 40 annuités contre 37 auparavant.

Le plan prévoit également des mesures pour renforcer la flexibilité du marché du travail, faciliter les licenciements et ouvrir à la concurrence une série de professions protégées.


29 juin 2011

Le plan de rigueur de 2010 n’a pas eu les effets escomptés. Si la dépense publique a bien diminué, les recettes fiscales n’ont pas été la hauteur. En cause, une récession plus grave que prévue :- 4,2% au lieu de -3,5% envisagée.

Le 29 juin 2011, les députés grecs adoptent d’une courte majorité un plan révisé de redressement budgétaire sur plusieurs années. Ce deuxième plan renforce et durcit l’austérité en vigueur dans le pays. 28,4 milliards d’euros d’économie sont planifiées jusqu’en 2015. Outre des hausses d’impôts, les critères d'allocations sociales sont durcis, notamment pour le chômage. Seul un fonctionnaire partant à la retraite sur dix est remplacé. Un calendrier de privatisations courant jusqu’à 2015 doit rapporter à l’Etat 50 milliards d’euros.

L’Union européenne s’impatiente de voir les mesures porter leurs fruits. Au lendemain de ce vote, le ministre allemand des affaires étrangères, Wolfgang Schaüble, déclare : "Les privatisations doivent commencer maintenant".

L’adoption de ce plan d’austérité ouvre la voie au déboursement des 12 milliards d’euros promis par l’Union européenne et le FMI. Il s’agit de la cinquième tranche du plan de sauvetage de mai 2010.


21 juillet 2011

Second plan d’aide et participation des créanciers privés. Au soir du 21 juillet, la zone euro parvient à un compromis : un nouveau plan d’aide de 109 milliards d’euros est accordé à la Grèce, en échange de la "contribution volontaire du secteur privé". Les banques s'engagent à effacer 21% de leurs créances. Georges Papandréou, le premier ministre, se félicite de ce "plan Marshall de type européen".

En contrepartie, la troïka (Union européenne, FMI et BCE) s’engage à suivre "avec beaucoup d’attention la mise en œuvre rigoureuse du programme" de désendettement. Chaque trimestre, elle envoie dans le pays des observateurs pour surveiller l’avancée des réformes.


2sepre 2011

La troïka menace de suspendre ses versements. Elle dénonce la lenteur de l’exécution des mesures votées ainsi que le dérapage continu des comptes publics.


20 octobre 2011

En réaction, les députés grecs approuvent de nouvelles mesures de régulation des dépenses. Dans la rue, les manifestations populaires se font de plus en plus violentes. Plusieurs jours de grève générale sont décrétés.


27 octobre 2011

La zone euro renforce le plan de juillet. Un nouveau plan de sauvetage de l’euro voit le jour. Il prévoit d'effacer 50% des créances grecques, soit 100 milliards d'euros. Ainsi la dette grecque devrait être ramenée à 120% du PIB. Les contestations des économistes se font de plus en plus entendre : aussi longtemps que l’on n’aide pas la Grèce à renouer avec la croissance, le pays "reste une machine à fabriquer de la dette".


7 décembre 2011

Sous l’égide d’un nouveau premier ministre, Lucas Papademos, un troisième budget d’austérité est voté. Nouvelles hausses d’impôts, baisses des salaires des fonctionnaires, réductions du nombre de salariés dans le secteur public : le traitement de choc envisagé est toujours le même. Le niveau de vie d’une grande partie de la population continue à être remis en question.


20 janvier 2012

L’étau des créanciers se resserre sur la Grèce. La troïka débute de nouvelles discussions avec les autorités hellènes afin d’envisager d’autres réformes, conditions nécessaires à la mise en œuvre du deuxième prêt européen.


2 février 2012

Le FMI et l’Union européenne exigent que le gouvernement de coalition formé du parti socialiste et de la droite s’engage sur des mesures de renforcement budgétaire supplémentaires. Des négociations s'ouvrent entre les deux parties. Certains observateurs parlent du chantage européen.


L’Eurogroupe pose trois conditions à Athènes. L’une d’entre elle stipule que le pays doit élaborer un plan pour trouver "des économies supplémentaires à hauteur de 325 millions d’euros" dans le budget 2012. Pourtant, la Grèce est parvenue à réduire son déficit de 5 points en 2010, ce qui, selon les économistes, est exceptionnel.


10 février 2012

Le gouvernement de Lucas Papademos, dévoile de nouvelles mesures. Cette fois-ci, toujours à la demande des créanciers, c’est le coût du travail qui est en ligne de mire : le salaire minimum est réduit de 22%, à 586 euros brut par mois, et même de 32% pour les jeunes de moins de 25 ans. Les salaires du privé sont gelés, 15.000 emplois publics doivent être supprimés courant 2012, certaines pensions de retraites sont encore rognées. Les dépenses liées à la santé et à la défense sont réduites respectivement d'un milliard et de 300 millions d'euros. Les investissements publics sont diminués de 400 millions. Les privatisations doivent rapporter 4,5 milliards.


12 février 2012

Le vote définitif de ces mesures au Parlement, est la condition sine qua non exigée par les bailleurs. Elle autorise le déblocage des prêts décidés par l’UE. Aide indispensable alors qu’Athènes, le 20 mars prochain, doit rembourser 14,5 milliards d’euros de dettes, sous peine de faire défaut.

par Forence Malleron

source nouvelobs

 

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 04:17

La Tunisie déroule le tapis rouge pour Wajdi Ghoneim, défenseur de l’excision

  •  

    par Amel Djait 

  • Wajdi Ghoneim, à qui l’on déroule un tapis rouge pour une série de conférences dans différentes mosquées du pays, est un hôte qui ne fait pas honneur à la Tunisie postrévolution. Fervent défenseur de l’excision, il s’est opposé au régime de Moubarak en Egypte ce qui fait de lui, aux yeux de certains adeptes de l’islamisme, une icône.

  • Sa conférence écourtée d’hier (dimanche 12 février 2012) dans une salle archicomble à «El Kobba» a dérapé en tenant des propos racistes et haineux principalement anti juif et choqué ceux qui ne comprennent pas à quoi rime une invitation pareille. Intimider, choquer ou encore diviser?

    Une partie des Tunisiens ne tremble pas de peur mais de colère. Une révolution contre les femmes est en cours en Tunisie où les attaques contre leurs acquis deviennent de plus en plus nombreuses. Après les épisodes “laquit“, mères célibataires, mariage “orfi“, c’est quasiment l’apothéose avec un invité qui légitime l’excision. Une pratique barbare et disparue dans notre pays depuis des lustres.

 

Si l'OMS (Organisation mondiale de la santé) estime que dans le monde plus de 130 millions de filles et de femmes ont subi des mutilations sexuelles, ce sont chaque année 2 millions supplémentaires qui risquent de connaître l’ablation de leur clitoris. La plupart de celles qui subissent ces mutilations vivent dans 28 pays africains, au Moyen-Orient et dans des pays d'Asie. La Tunisie a quitté le rang des pays mentionnés depuis belle lurette grâce à des acquis considérables en termes de législation, de santé, de pratiques sociales et de mentalités. Encore faut-il que cela perdure!

 

Singularité tunisienne? Probablement. Celle-ci ne laissera pas pareilles pratiques inhumaines se réinstaller, mais il n’est pas dit que les propos soutenus par ce prédicateur virulent autant qu’influent, vraisemblablement, ne seront pas sans impact sur les esprits les plus conditionnés. L’alerte doit être donnée dans tous les services médicaux et sociaux du pays pour mesurer l’impact d’un tel raisonnement qui met en avant l’excision pour la préservation de la virginité, l’amélioration du plaisir sexuel masculin par le rétrécissement du vagin et la protection contre le désir féminin considéré comme malsain.

Si certains, sous couvert de liberté d’opinion et d’expression, ne prennent pas position, il convient de mentionner que la présence de Wajdi Ghoneim est un affront pour la société tunisienne et un danger pour ses petites filles. C’est à l’Etat d’empêcher ces conférences dans les mosquées mais c’est aussi à lui de garantir le respect des droits de l’homme et de l’enfant.

Les questions tombent alors en cascade: Où est le (ou la) ministre en charge de la Femme? Quelles sont les positions des deux présidents (de la République et de l’Assemblée constituante) qui sont avant tout médecins. Où sont les médias? Quelle est la position d’Ennahdha et des autres partis politiques tunisiens qui se font bien silencieux sur le sujet? Quelle est la position officielle du gouvernement?

La conférence de Wajdi Ghoneim a-t-elle été écourtée? Tôt dans la journée d’hier des vidéos qui le prétendaient circulaient sur le net.

Diverses accusations sont évidemment portées vers le camp des «laïcs» qui constituaient, selon certaines versions, une menace pour le déroulement de la manifestation. Une version largement contestée par de nombreux témoins sur place comme celui-ci: "Rien n’a été écourté et ce sont les services d’ordre d’Ennahdha qui s’occupaient de la sécurité. Des drapeaux de ce parti se vendaient à 1d500 alors que ceux de la Tunisie se vendaient 1Dt. J’y suis restée jusqu’à la fin et peux vous confirmer que ce sont eux qui ont agressé la poignée de manifestants restés sur le parking. J’ai même été agressée".

Quoiqu’il en soit, il reste surtout à éclaircir que c’est probablement par peur des débordements en interne dans la salle que la conférence a été écourtée. Certains esprits se sont échauffés au point de proférer à nouveau des slogans anti juifs qui rappellent les dérapages de l’affaire Ismaël Hanniyah devant l’aéroport de Tunis-Carthage et qui a coûté cher au gouvernement et à la Tunisie.

 

Quid de la réaction des politiques?

Pour en revenir à l’excision, celle-ci est une pratique d'un autre temps qui enfonce la femme au plus bas de l'échelle sociale. Alors que certains manipulateurs la prônent, les vrais «ulémas» confirment que le Coran ne contient aucun texte y faisant allusion. De même, il n’y a aucun consensus sur un arrêt légal (hukm charri) concernant cette question, tout comme aucune analogie ne peut s’y appliquer.

Depuis les années 40, des «fatwas» affirment que l’excision des filles n’a rien à voir avec la «sunna» et que si certains fous de Dieu ne les reconnaissent pas, c’est parce qu’ils ne respectent pas l’être humain. Ces gens-là ne sont tout simplement pas les bienvenus en Tunisie. C’est à l’Etat de veiller sur le choix des invités de notre pays. La Tunisie qui a inspiré le respect du monde entier ne peut accepter des personnages de cet acabit qui donnent la pire des images et des impulsions en ces temps fragiles de transition démocratique.

Face à autant de régressions, les femmes tunisiennes restent vigilantes et se solidarisent un peu plus tous les jours avec le soutien de leurs frères, pères, fils et amis… Un rejet en bloc de cette incursion plus malintentionnée que maladroite ne parvient hélas pas à mobiliser la société civile. Dimanche 12 février devant la Kobba à peine une quarantaine de manifestants ne digèrent pas qu’ils soient si peu nombreux à s’être déplacés malgré une virulente polémique via les réseaux sociaux.

Le conseil de l’ordre des médecins a condamné la présence de ce défenseur de l’excision et dans l’attente de plus de réactions, ils ne sont pas les seuls à souhaiter que la révolution soit le catalyseur pour plus de tolérance et de paix , travaillant à ce que la Tunisie soit un pays respectueux des droits de l’Homme et de l’enfant.

Un pays où les femmes profitent de leur clitoris pour jouir et vivre pleinement de leur sexualité. Jusqu’à l’enfantement si l’amour, la vie, la nature et le bon Dieu le permettent!

source ebmanagercenter

 

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Communiqué 

 Wajdi Ghenim critiqué par Kolna Tounes


L'initiative Kolna Tounes de Mme Emna Mnif a vivement critiqué le passage en Tunisie du prédicateur Wajdi Ghenim qui a effectué une série de conférences. 

"Wajdi Ghenim a été reçu en Tunisie pour présenter une série de ce qu'il qualifie de conférences. Ce personnage est connu pour faire l'apologie de l'excision prétendant que c'est une recommandation en Islam alors qu'il s'agit d'une tradition barbare de l'Egypte pharaonique. 

Il qualifie les sportives de criminelles, interdit la démocratie au nom de l'Islam, prône l'extrémisme, le jihadisme et se fait le promoteur de tout ce qui représente une menace aux Droits de l'Homme, aux Libertés, à la citoyenneté, aux droits de la femme, aux valeurs républicaines et aux institutions de l'Etat.

Le mouvement kolna Tounes condamne fermement ces positions et l'instrumentalisation des mosquées pour diffuser de tels messages et appelle le Président de la République, le Chef du gouvernement et le Président de l'Assemblée Nationale Constituante à se prononcer sans équivoque sur ces positions. 

Il demande au Ministre des Droits de l'Homme de préciser sa définition des Droits de l'Homme, à moins qu'ils ne soient qu'un faire valoir du pouvoir en place.

Kolna Tounes attend du mufti de la république, des hommes de religion et des théologiens de préciser leur position sur cette atteinte manifeste aux nobles valeurs de notre religion et de son travestissement."

 

 

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Ettakatol dénonce la présence de Wajdi Ghenim et réclame la position des ministres de la Femme et des affaires religieuses


 

 

Ettakatol_la.jpgLe porte-parole du parti Ettakatol Mohamed Bannour a exprimé l’indignation de son parti de la visite du prédicateur égyptien Wajdi Ghounim en Tunisie.  M. Bannour a considéré que les propos tenus par M. Ghounim au sujet de l'excision des filles dans le contexte actuel  sont provocants et appelle  les autorités notamment les ministères de la Femme, des affaires religieuses et de la Jeunesse et des sports qui a mis à la disposition de M. Ghounim l’espace de la coupole pour tenir son meeting.  

Écoutez-le  speaker

source mosaiquefm

 

 

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Le prédicateur Wajdi Ghanim en terrain (presque) conquis en Tunisie

 

Que s’est-il passé, dimanche, à la Coupole d'El Menzah, lors du prêche du cheikh Wajdi Ghanim, le fameux partisan de l’excision des filles ?

 

La venue en Tunisie de Wajdi Ghanem, le cheikh qui s’est rendu tristement célèbre en faisant l’apologie de l’excision des fillettes, n’a pas laissé les Tunisiens indifférents et n’a fait qu’accentuer le clivage entre le clan des «fanatiques de Dieu» qui voient en cet individu un grand prédicateur et celui des «démocrates» qui voient en lui un être barbare !

Le cheikh a été invité (par qui ?) à se produire, dimanche 12 février, à la Coupole d’El Menzah, à Tunis.

La veille, la «bataille» faisait rage sur Facebook : les pro-Ghanim se délectaient d’avance de sa venue, l’un d’eux l’a même décrit comme un grand «savon» (sic) !!! Traduire : il va tout nettoyer.

Les anti-Ghanim se lançaient dans des envolées lyriques aussi stériles et inefficaces que celles de notre gardien de but national récemment face au Ghana.

Je me suis pointé à 10 heures du matin pour me faire ma propre opinion sur le degré de mobilisation des deux camps.

A mon arrivée, j’ai remarqué la présence d’un petit groupe d’une trentaine de personnes, dont certaines têtes m’étaient familières, qui discutaient tranquillement dans un coin proche de la ligne de métro. Autrement dit, une mobilisation ridicule.

Par contre, du côté des deux entrées de la Coupole, une foule de plusieurs milliers de personnes, en majorité des barbus, des voilées, des niqabées, pressaient le pas pour accéder à l’enceinte de la Coupole.

Par curiosité, j’ai essayé d’entrer ; j’ai remarqué qu’il y avait un filtrage et une séparation hommes/femmes.

Me faisant passer pour un fanatique, j’ai joué des coudes pour avancer au maximum ; à l’intérieur, la Coupole étaient pleine à craquer, au minimum 10.000 fous de Dieu qui scandaient «Allahou Akbar». J’avais du mal à entendre les propos du cheikh exciseur.

Finalement, je suis ressorti et j’ai rejoint la petite poignée d’anti-Ghanim qui discutait tranquillement avec 2 ou 3 hommes ayant une vague physionomie de militants islamistes.

Vers 11h15, la foule a commencé à sortir de la Coupole. Les milliers de pro-Ghanim ont croisé le petit groupe de protestataires sans qu’il se produise le moindre accrochage.

Plus tard, j’apprends que l’intervention de Wajdi Ghanim a été écourtée ; je n’en connais pas les véritables raisons ; mais ce qui est sûr c’est que ce n’est sûrement pas à cause des agissements du groupuscule «démocrate». Un des organisateurs a laissé entendre dans un enregistrement vidéo que cela était imputé au chahut des protestataires !!! Un journal électronique s’est permis de diffuser une fausse information, malheureusement partagée par des dizaines de personnes qui pensaient naïvement «que la mobilisation héroïque des défenseurs des libertés a fait échouer le meeting du barbare exciseur des fillettes» !

La réalité est toute autre. Il ne faut pas prendre ses rêves pour des réalités. Evitons la désinformation s’il vous plait !

 

PS : il semblerait que les organisateurs aient préféré écourter l’intervention de Wajdi Ghanim en raison des slogans antisémites scandés dans les gradins. Là aussi, il va falloir vérifier…

par Moez Ben Salem

source kapitalis

 

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 07:13

Les ambassadeurs de la Libye et de la Tunisie expulsés


 

 

Les autorités syriennes ont annoncé avoir sommé la Libye et la Tunisie de fermer leurs ambassades à Damas dans un délai de 72 heures, sur la base du principe de la réciprocité, rapportent des medias.

 

Cette mesure a été prise en riposte aux démarches analogues de la part de la Libye et de la Tunisie. Jeudi, le ministère libyen des Affaires étrangères a donné 72 heures au chef de la mission diplomatique syrienne et à ses autres collaborateurs pour quitter le pays. La Tunisie a été le premier pays arabe à annoncer la décision à expulser l’ambassadeur de Syrie et à couper ses relations avec Damas.

Les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont aussi décidé de rappeler leurs ambassadeurs en Syrie et demandé aux ambassadeurs syriens de partir, indique une déclaration du CCG rendue publique mardi 7 février.

Rappelons que les Etats-Unis ont annoncé lundi 6 février la fermeture de leur ambassade à Damas ainsi que le rapatriement de l’ambassadeur et de tout le personnel pour des "raisons de sécurité". La Belgique, le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne et les Pays-Bas ont annoncé qu’ils allaient rappeler leurs ambassadeurs pour "consultations". Idem pour la France qui en a fait l’annonce mardi dernier.

La Syrie est secouée depuis mars 2011 par un mouvement de protestation. Selon l’Onu, les troubles ont déjà fait plus de 5.000 morts. Damas dément ce chiffre et affirme que le pays est en proie à des bandes armées financées depuis l’étranger qui s’attaquent aux civils et aux militaires dans le pays.

Craignant la réédition du scénario libyen, la Russie et la Chine, pays détenteurs du droit de véto au Conseil de sécurité de l’Onu, ont bloqué, samedi 4 février, l’adoption d’une résolution sur la Syrie

source afriscoop

 

______________________________________________________Manifs

Deraa

 

 

Rif Damas

 

Homs : des déserteurs de l'armée nationale 

 

 

 

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Répression féroce et attentats terroristes

La théorie du chaos


 

La situation en Syrie risque de déraper dangereusement à tout moment. Bien qu’elle soit déjà intenable avec son lot quotidien de morts parmi les civils et l’armée loyale à Bachar Al Assad, le recours aux attentats à l’explosif fait craindre «l’irakisation» du pays.

 

Le ministre irakien adjoint de l’Intérieur, Adnane Al Assad, a déclaré hier que des armes sont déjà acheminées en contrebande à l’opposition à partir de son pays. «Les armes sont transportées de Baghdad à la province de Ninive (nord). Elles partent ensuite de Mossoul (capitale de la province) en Syrie par le passage de Rabiya (nord-ouest) car ce sont les mêmes familles qui vivent des deux côtés de la frontière», a-t-il déclaré hier à l’AFP. S’il est vrai que le régime de Damas est indéfendable, il est tout aussi vrai qu’il y a quelque part une volonté de précipiter la Syrie dans le chaos. Et dans cette confusion générale, il est bien difficile de saisir les tenants et les aboutissants d’un incroyable regain de violence.

 

Le fait est qu’un général de l’armée syrienne, Issa Al Khawli, directeur de l’hôpital (militaire) de Hamich, a été abattu hier matin à Damas, devant sa maison. Pour les médias officiels, la cause est entendue : «C’est un groupe terroriste.» Et cette hypothèse – abstraction faite de la propagande du régime Al Assad – paraît plausible tant elle intervient simultanément aux révélations du ministre irakien faisant état d’un acheminement d’armes depuis son pays vers la Syrie. La guérilla que mènent l’opposition et les militaires déserteurs pouvait en effet recourir aux attentats ciblés contre des personnalités du régime pour amener ce dernier à cesser ses tueries. 


John McCain joue le cow-boy


Pour cause, le bras armé de Bachar Al Assad, qui mène une offensive contre Homs depuis une semaine, ne semble pas vouloir baisser les armes. Au moins quatre personnes, dont une femme, ont été tuées hier suite au pilonnage du quartier Bab Amr, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Près de 450 personnes ont péri à Homs depuis le 4 février. A défaut de pouvoir faire face à l’armada de l’armée «loyaliste», les déserteurs pourraient donc être tentés par le recours au terrorisme. Ceci d’autant plus que l’horizon semble bouché du côté des Nations unies où les Russes et les Chinois ont pratiquement verrouillé le jeu.

 

Signe aussi que la tentation du chaos «constructif» est à l’étude même en Occident, le sénateur américain ultraconservateur, John McCain, a appelé hier les Etats-Unis à envisager d’armer l’opposition. «Nous devrions commencer à envisager toutes les options, y compris celle consistant à armer l’opposition. Le bain de sang doit cesser», a-t-il lancé, selon l’AFP. Cela rappelle étrangement son voyage en Libye pour soutenir le CNT… C’est dire que le scénario d’un armement de l’opposition syrienne et sa reconnaissance politique n’est plus une vue de l’esprit en Occident. Il est d’ailleurs significatif de noter la multiplication des appels au secours lancés par les opposants en exil ou les rebelles en Syrie. Face à la répression féroce et le blocage au Conseil de sécurité, on s’achemine lentement mais sûrement vers l’armement des rebelles syriens.


Le Qatar suit sa feuille de route


Le Conseil national syrien (CNS), qui regroupe la majeure partie des opposants, et l’Armée syrienne libre (ASL) qui revendique 40 000 soldats ayant fait défection, appellent les hommes d’affaires syriens et arabes à financer les opérations menées par les rebelles contre le régime de Bachar Al Assad.  Dans le même ordre d’idées, CNN révélait que le Pentagone et le Centcom, le commandement militaire américain chargé du Moyen-Orient et de l’Asie centrale, procédaient à un «passage en revue préliminaire des capacités militaires américaines» pour se tenir prêts à tout scénario. «Dans ce genre d’analyse, les militaires étudient généralement toutes les options de l’aide humanitaire, du soutien aux groupes de l’opposition ainsi que des frappes militaires, même si ces dernières sont peu vraisemblables», estime CNN. Pour sa part, l’émir du Qatar, cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani, s’est dit favorable à l’envoi de troupes arabes en Syrie afin de «mettre fin à la tuerie».

Les observateurs s’attendent à ce qu’il se décide de financer et armer les rebelles, voire d’envoyer des instructeurs pour prêter main-forte à l’ASL. Le Qatar s’agite aussi pour obtenir la reconnaissance du CNS, un conseil composé d’islamistes, de nationalistes, de libéraux et d’indépendants, adoubé par les Frères musulmans, majoritaires. «Nous avons des assurances qu’une reconnaissance arabe (du CNS) interviendra dans un proche avenir», a déclaré à l’AFP Ahmed Ramadan, membre du comité exécutif du Conseil. Et si cela venait à être confirmé lors de la réunion d’aujourd’hui de la Ligue arabe et du CCG au Caire, la réédition de la «formule libyenne» en Syrie sera alors une question de semaines. Ironie de l’histoire, la Libye est le seul pays qui reconnaît actuellement le CNS comme seul interlocuteur légitime en Syrie…

par Hassan Moali

source elwatan

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 06:08

Un accueil bien protocolaire !


 

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Le président tunisien à Alger pour une visite de deux jours

 

Le président tunisien Moncef Marzouki a entamé dimanche une visite officielle de deux jours en Algérie, achevant une tournée du Maghreb qui l'a auparavant mené au Maroc, puis en Mauritanie. Accueilli à l'aéroport d'Alger par son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika et le Premier ministre Ahmed Ouyahia, M. Marzouki a notamment placé ce déplacement sous le signe de la relance de l'Union du Maghreb arabe (UMA) et de la coopération régionale en matière de sécurité.

M. Marzouki, après un premier tête-à-tête avec M. Bouteflika, s'est ensuite rendu, selon l'usage protocolaire, au Sanctuaire des martyrs sur les hauteurs d'Alger pour se recueillir à la mémoire de combattants de la guerre d'indépendance algérienne.

A la veille de sa visite, le chef de l'Etat tunisien avait confié à l'agence officielle algérienne APS que les attentes de son pays vis-à-vis de l'Algérie étaient "très importantes" et qu'il se déplaçait également "avec quelques idées de développement conjoint".

"Ma visite est symbolique dans la mesure où j'ai vécu avec l'Algérie dans le sang lorsque j'étais enfant. Mon père a été un activiste impliqué dans le soutien à la guerre de libération" algérienne, a-t-il aussi noté sur un plan plus personnel.

Evoquant la situation socio-économique après la Révolution de jasmin, M. Marzouki a observé que son pays traversait "une très grave crise économique et sociale. Les poches de pauvreté se trouvent essentiellement dans les régions de nos frontières ouest et sud".

Au sujet du règlement de la situation des 15.000 Algériens établis en Tunisie, confrontés à des problèmes administratifs, il s'est engagé à s'en occuper "personnellement". "Le dossier est sur mon bureau. Mon conseiller diplomatique est chargé de suivre cette affaire. Vous connaissez les problèmes de la bureaucratie, mais je peux vous assurer que la volonté politique va être plus forte que la résistance de la bureaucratie (...) Dans le courant de cette année, tout sera réglé", a assuré l'ex-opposant à Zine El Abidine Ben Ali.

Sur le plan de la coopération sécuritaire, le nouveau président tunisien a mis en relief la coordination entre les armées des deux pays, notant que, "depuis plusieurs années, ces deux institutions sont à pied d'oeuvre. Cependant, la nécessité se fait sentir pour les cinq pays maghrébins (...) de coordonner leurs actions pour sécuriser cette région qui est menacée par l'infiltration terroriste", notamment en raison de la particularité géographique de cette zone "vaste et désertique". 

source tempsreel.nouvelobs

 

__________________________________________Un point de vue algérien 

Le contraste tunisien

Le président tunisien Moncef Marzouki a entamé hier une tournée maghrébine qui le mènera tour à tour au Maroc, en Mauritanie puis en Algérie. Officiellement, le chef de l’Etat tunisien se fixe pour challenge, à travers ce périple de six jours, de relancer le processus de l’intégration maghrébine, en panne depuis de nombreuses années. Mais pour aussi louable qu’elle soit, il ne faudra certainement pas attendre grand-chose de l’initiative du chef de l’Etat tunisien. Pourquoi ? D’abord, il faut se rendre à l’évidence que les obstacles qui empêchent l’Union du Maghreb arabe (UMA) de se construire nécessitent bien plus qu’une tournée régionale pour être levés. Ce dont sont d’ailleurs conscients des pays comme l’Algérie et le Maroc qui ont entrepris, depuis près d’une année, de régler leurs problèmes patiemment, les uns après les autres.

Ensuite, il serait trompeur de faire croire à l’opinion maghrébine que l’intégration régionale est à portée de main alors qu’un de ses membres, la Libye, plongée dans une guerre civile qui ne dit pas son nom, n’a encore même pas d’Etat. Et, à un degré moindre, le constat peut même être élargi à la Tunisie qui entame une période de transition avec pour toile de fond une crise économique et sociale des plus dures. Et à l’heure actuelle, il n’est pas faux de dire que le «costume» de leader maghrébin que Moncef Marzouki veut à tout prix enfiler peut paraître un peu trop grand pour lui. Du moins, c’est le cas maintenant.

En se posant, par contre, comme le porte-flambeau de l’unité maghrébine et de la démocratie, Moncef Marzouki aspire certainement à donner une visibilité et un rôle diplomatique à la Tunisie, cela à défaut de pouvoir peser économiquement, financièrement ou militairement au plan régional ou continental.

Le chef de l’Etat tunisien qui pense secrètement, sans doute, qu’une intégration maghrébine accélérée aidera son pays à surmonter la crise, apparaît s’inspirer grandement, pour ce qui est de sa politique étrangère, de l’exemple du Qatar, un petit pays qui est devenu en l’espace de quelques années un acteur incontournable dans le jeu politique arabe et moyen-oriental. Sauf que contrairement au Qatar, la Tunisie n’a pas encore les moyens de sa politique. Mais au-delà, il ne peut effectivement être reproché au chef de l’Etat tunisien – qui est aussi face au défi de se faire réélire à son poste lors de la prochaine présidentielle – de vouloir construire un destin à la Tunisie et, surtout, d’avoir un bilan à présenter le moment venu.

En ce sens, l’activisme de Moncef Marzouki contraste avec la déconcertante passivité de l’Algérie. Au moment où l’on parle de profondeur stratégique de l’Algérie, l’histoire retiendra, par exemple, qu’aucun président algérien ne s’est déplacé en Mauritanie, pays où doit se rendre prochainement justement M. Marzouki. Avec une telle manière de faire, il n’est pas étonnant de voir les pays «amis» tomber dans les bras des autres. Pays promu pourtant grâce à ses nombreux atouts à jouer un rôle moteur dans la région et même bien au delà, l’Algérie est devenue, à la longue, craintive, pantouflarde et, pis encore, suiviste. On a l’impression maintenant que pour se prononcer sur un dossier international donné, il faut d’abord demander l’avis ou recueillir l’onction du Qatar. Le pauvre Mohamed Seddik Benyahia, artisan de la libération, en janvier 1981, des otages américains détenus en Iran, doit certainement se retourner dans sa tombe.

par Zine Cherfaoui

source elwatan


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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 05:06

Amélioration de la situation dans le gouvernorat de Jendouba

 

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JENDOUBA (TAP) – La situation dans toutes les régions de Jendouba commence à s’améliorer après les interventions intenses visant à dégager les routes principales menant aux différentes délégations et aux pistes liant les zones frontalières et montagneuses isolées.

 

L’arrivée de grands engins (bulldozers, niveleuses et tractopelles), provenant des autres gouvernorats, ainsi que l’intervention continue (24/24 h) de toutes les parties intervenantes (protection civile, armée nationale, garde nationale, police, privés…), ont permis de désenclaver ces zones, a souligné la correspondante de la TAP dans la région. Selon les premières estimations, près de 300 caravanes de solidarité sont arrivées, dimanche, aux zones sinistrées.

Des hélicoptères et des camions poursuivent la distribution des aides dans les régions d’El Faziia, Halima, Béni Mtir (délégation de Fernana). Le déblocage des routes continue notamment après les chutes de neige enregistrées au cours de la nuit de samedi à dimanche. 

Pour la collecte des dons, l’Union tunisienne de solidarité sociale (UTSS) à Jendouba, a mis à la disposition des donateurs un numéro de compte bancaire à la BNA (03 40 50 24 01 01 10 47 63 54).

source news80

 

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Léger mieux dans les zones sinistrées

L’évolution de la situation dans les gouvernorats et zones de l’Ouest de la Tunisie affectés, ces derniers jours,  par la vague de froid exceptionnelle  a été au centre d’un point de presse tenu par Mr Samir Dilou, ministre des droits de l’homme et de la justice transitionnelle et porte parole du gouvernement, ce samedi après-midi 11 février, au palais du gouvernement à la Kasbah. Il était accompagné de Mr Frej Louati, directeur général de l’Office de la protection civile. La rencontre fait suite à une réunion de la Commission nationale de lutte contre les catastrophes et l’organisation des secours.

 

MM. Samir Dilou et Frej Louati ont annoncé que la plupart des régions et zones d’habitations sinistrées ont été dégagées et sortis de leur isolement, à cause des neiges amoncelées sur les routes et les pistes et dont la hauteur a dépassé dans la ville de Ain Draham et ses environs, ainsi que dans d’autres endroits, un mètre et demi et a atteint 2 mètres. Les villes de Ain Draham et Ghardimaou dans le gouvernorat de Jendouba ont été dégagés, tandis que les services gouvernementaux engagés dans l’opération de secours poursuivent leurs interventions pour dégager les zones d’habitation encore isolées et elles ne sont pas nombreuses. Pour parer à toutes éventualités et en prévision du nouveau front froid attendu mais qui sera plus faible, il a été décidé de laisser les engins employés à enlever les neiges accumulées sur les routes en état de travail permanent de façon à éviter que les neiges ne s’accumulent de nouveau sur les routes et les coupent devant la circulation, comme la première fois. Les commissions régionales et locales de lutte contre les catastrophes et l’organisation des secours ont été réactivées dans les gouvernorats sinistrés, à savoir les gouvernorats de Jendouba, Kasserine, Kef, Siliana et Béja.

 

Mr Samir Dilou a annoncé la création de 5 centres d’hébergement pour héberger ceux qui en ont besoin, et le nombre de ces centres pourrait être augmenté au besoin. Un nombre important d’ambulances  a été mobilisé, et certaines ont été munies d’équipement leur permettant de rouler sur les neiges.  Il a été aussi procédé à la distribution de 23 mille litres de pétrole au profit de la ville de Ain Draham, soit un stock suffisant pour couvrir les besoins pendant 8 jours. Un stock de denrées alimentaires suffisant pour 6 jours a été aussi mis en place.

Le porte-parole du gouvernement a exprimé sa considération à l’élan de solidarité que connait le pays en faveur des zones et régions sinistrées. Il a remercié aussi le secteur privé pour le soutien apporté en vue de faire face à cette vague exceptionnelle de froid et de chutes de neiges qui ne s’était pas vue depuis plus de cinquante ans.

 

Coordination des aides

 

A cet égard, les associations et les organisations qui participent à cet élan de solidarité ont été invitées à coordonner leurs interventions avec les autorités régionales et à remettre leurs aides aux sièges des gouvernorats, car les gouvernorats ont un programme établi pour la distribution de ces aides de manière à en faire profiter toutes les zones et toutes les personnes qui en ont besoin.

Le directeur général de l’Office de la protection civile a indiqué que la plupart des zones d’habitation dans le gouvernorat de Jendouba ont été sorties de leur isolement, à part trois zones et les interventions se poursuivent sans relâche pour dégager les routes qui y mènent. La situation se normalise progressivement. Le courant électrique a été rétabli dans un nombre important de zones. Il en va de même pour l’eau potable. Dans la délégation de Ain Draham, le courant électrique a été rétabli dans 25 zones sur un ensemble de 29, tandis que dans la délégation de Ghardimaou, il a été rétabli dans 25 zones et il ne reste qu’une seule zone.


Certaines routes restent encore coupées dans le gouvernorat de Jendouba, mais la circulation a été complètement rétablie dans le gouvernorat de Siliana, ainsi que dans le gouvernorat du Kef sauf pour la route entre Jérissa et Dahmani, mais la circulation a été détournée sur d’autres voies passantes.

La circulation est normale dans le gouvernorat de Kasserine, ainsi que dans celui de Béja, sauf une route coupée à cause de l’effondrement d’un pont . La commission nationale de lutte contre les catastrophes et l’organisation des secours a décidé de renforcer les équipements en place, d’acheminer davantage d’aides et de consolider les équipes d’entretien et de maintenance. Il a été également convenu de renforcer les stocks de denrées alimentaires et de distribuer des quantités supplémentaires de pétrole et de bouteilles de gaz, notamment dans les villes de Sakiet Sidi Youssef et Ain Draham. Il a été en outre décidé de renforcer les hôpitaux et les structures de soins de base et les services d’urgence, en équipements, en médicaments et en cadres médicaux et paramédicaux, et ce en prévision de la nouvelle vague de froid.


De leur côté, les services du ministère de l’Agriculture suivent de très près la situation des barrages et des installations hydrauliques, notamment le barrage de Sidi Salem.

 

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 22:06

Dernière nouvelle (vers minuit) _ Peu avant minuit heure de Paris, alors que les combats faisaient encore rage dans Athènes avec des dizaines de blessés de part et d'autre, les députés ont approuvé à une majorité confortable de 199 voix sur 300 les nouvelles mesures de discipline budgétaire. (...) Lire la suite


 

 

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La violence immonde des forces policières...

Comme en Égypte !

 

 


 

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Débat ! 


 

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100 000 manifestants contre le nouveau plan d'austérité

 

 

Des manifestants devant le parlement grec à AthènesDes manifestants devant le parlement grec à Athènes   © AFP/Louisa Gouliamaki

Des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dimanche devant le parlement grec au moment où son président, Philippos Petsalnikos, a ouvert le débat sur le nouveau plan de redressement, dont l'Union européenne et le Fonds monétaire international exigent l'adoption dans la nuit pour sauver le pays de la faillite et assurer son maintien dans l'euro.

Le gouvernement grec met en garde contre le « chaos économique » en cas de rejet du vote qui doit avoir lieu en fin de journée avant minuit.

« Si la loi n'est pas adoptée, le pays ira à la banqueroute », a prévenu le ministre des Finances, Evangelos Venizelos, lorsqu'un député communiste a jeté les pages du projet de loi sur le sol de l'Assemblée.

Des milliers de manifestants ont commencé à affluer dès dimanche après-midi à Athènes sur la place de Syntagma pour dire non, à l'appel des syndicats et de l'opposition, au nouveau plan d'austérité. Une source policière estimait qu'environ 80 000 personnes avaient manifesté à Athènes dimanche, et 20 000 à Salonique, dans le nord du pays.

Les manifestants ont occupé la place Syntagma jusqu'en fin d'après-midi, malgré les gaz lacrymogènes tirés par la police pour disperser la foule.

Un plan qui divise les Grecs

Le gouvernement de coalition grec a approuvé vendredi le projet de loi sur le nouveau plan d'austérité de l'Union européenne et du Fonds monétaire international, alors que déjà plusieurs milliers de personnes étaient descendues dans les rues de la capitale et que cinq ministres ont présenté leurs démissions pour dénoncer ce plan.

Plus tôt vendredi, les ministres du parti d'extrême droite LAOS, qui fait partie de la coalition gouvernementale, avaient donné leur démission. Le chef du parti, Georges Karatzaféris, avait déjà annoncé qu'il ne donnerait pas son appui au nouveau plan d'austérité. Il propose par ailleurs que le représentant du FMI en Grèce soit déclaré « persona non grata ».

« On nous a pris notre dignité. Nous avons été humiliés. Je ne peux pas l'accepter. »  Georges Karatzaféris, chef du LAOS

La secrétaire d'État aux Affaires étrangères, Marilisa Xenogiannakopoulou, une socialiste du Pasok, a elle aussi donné sa démission. Son parti a toutefois appelé ses élus à soutenir le plan de rigueur, pour éviter une faillite de la Grèce.

Devant ces démissions, le premier ministre Lucas Papadémos a déclaré que les ministres qui n'étaient pas d'accord avec le plan de sauvetage de la Grèce ne devaient pas demeurer au sein du gouvernement.

Le premier ministre grec Lucas PapademosLe premier ministre grec Lucas Papademos lors de son adresse à la nation samedi   © AFP/LOUISA GOULIAMAKI

Nouvelles mesures d'austérité

Jeudi, le gouvernement grec s'est entendu avec ses créanciers institutionnels sur de nouvelles mesures d'austérité en contrepartie du plan d'aide.

Parmi ces nouvelles mesures, on retrouve la réduction des prestations de retraite. Ces changements « vont être le tombeau de la société grecque », ont dénoncé les syndicats. Ces derniers estiment que le gouvernement n'a pas la légitimité pour imposer ces nouvelles mesures d'austérité.

La Grèce est en récession depuis cinq ans. Athènes s'attend à ce que son produit intérieur brut se contracte de 4 à 5 % cette année. Le pays doit rembourser 14,5 milliards d'euros d'emprunts qui arrivent à échéance le mois prochain et ne pourra le faire sans une nouvelle aide.

source radio-canada

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 Violentes émeutes avant le vote

L’UE et le FMI exigent l’adoption du nouveau plan de redressement pour sauver le pays de la faillite.

L’UE et le FMI exigent l’adoption du nouveau plan de redressement pour sauver le pays de la faillite. © Reuters

Une journée cruciale pour le pays. Les députés examinent un nouveau plan de redressement.

Des manifestations importantes ont accompagné, dimanche, l'ouverture par le président du parlement grec, Philippos Petsalnikos, du débat sur le nouveau plan de redressement.

Pendant que les parlementaires débattaient, quelque 80.000 personnes, selon les derniers chiffres de la police, se sont rassemblées à Athènes devant le Parlement, à l'appel des syndicats, pour protester contre ce nouveau plan d'austérité Les manifestants et la police se sont affrontés violemment. Dans le centre ville, les manifestants ont jeté des cocktails Molotov et des pierres contre les forces anti-émeutes.

La situation est restée "hors de contrôle" pendant plus de deux heures, selon une source policière. Plus de dix bâtiments, vides, étaient en flamme dimanche soir dans le centre d'Athènes, incendiés pour la plupart par des jets de cocktails Molotov.

A Salonique, la deuxième ville du pays, la police a dénombré 20.000 manifestants. Des heurts ont également éclaté entre les manifestants et les policiers qui ont riposté en tirant des gaz lacrymogènes.

Un climat tendu depuis plusieurs jours

Ces derniers jours, les Grecs sont déjà descendus dans la rue pour protester contre l’abaissement de 22% du salaire minimum (et de 32% pour les jeunes de moins de 25 ans) et de la dérégulation du marché du travail. Ils s’opposent également à la réforme des retraites complémentaires, de la fiscalité et de la justice, l'ensemble.

Les syndicats dénoncent le "chantage" de la troïka des bailleurs de fonds du pays.

Le gouvernement de coalition socialiste-conservateur de Lucas Papademos détient une majorité théorique assez confortable de 236 voix sur 300 au Parlement. Si le texte est voté, le Premier ministre Lucas Papademos recevra mandat du parlement pour réaliser les réformes d'austérité demandées par les partenaires européens et créanciers de la Grèce en échange d'un nouveau prêt d'au moins 130 milliards d'euros pour lui éviter la perspective d'une faillite rapide.

Dette réduite à 120% du PIB

A l'issue d'un débat mené en procédure d'urgence, le Parlement doit voter, à partir de minuit, le projet de loi sur le nouveau plan de redressement. L’UE et le FMI exigent en effet son adoption pour sauver la Grèce de la faillite et assurer son maintien dans l'euro.

Ce projet de loi a reçu le soutien des deux partis au gouvernement de coalition (socialiste et conservateur). Il a néanmoins provoqué de sérieux remous et fissures, avec la démission de six ministres durant la semaine.

Le vote portera aussi sur un programme d'échange d'obligations réduisant sa dette à 120% du PIB d'ici 2020. Enfin, les députés voteront sur un schéma de recapitalisation des banques grecques prévoyant la possibilité d'une nationalisation douce si elles ne trouvent pas les moyens de se recapitaliser dans le secteur privé dans les mois à venir.

Si le pays renonçait aux efforts demandés par les bailleurs de fonds, l'Etat serait "incapable de payer les salaires, les pensions et de maintenir des services de base comme les hôpitaux et les écoles", a prédit le Premier ministre en expliquant aux Grecs la "responsabilité historique" que prendra le parlement dimanche.

L’appel des créanciers privés

"Je veux encourager les députés à voter", a déclaré dimanche au quotidien Kathimérini, Charles Dallara, le négociateur pour les créanciers privés de la restructuration de la dette grecque. Les députés grecs "doivent comprendre ce qui est en jeu et reconnaître qu'au delà de la rigueur (...) il y a des profits nombreux et tangibles pour la Grèce et le peuple grec", a-t-il ajouté.

source europe1

 

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 06:00

La fin du double discours d’Ennahdha?

 

 

Où en est le parti Ennahdha depuis son accès au gouvernement? Soumis à l’exposition et à l’évaluation permanentes, le parti comme les membres nahdhaouis du gouvernement ne semblent plus en mesure de manier  l’art du double discours et les références religieuses sans conséquences.

 

«Il faut couper les mains et les pieds des sit-inneurs et les crucifier.» a déclaré en arabe le 24 janvier l’élu du parti Ennahdha, Sadok Chourou en pleine séance plénière de l’Assemblée Nationale Constituante. Il faisait référence à un verset du Coran. Connu pour faire partie de l’aile radicale d’Ennahdha et ancien secrétaire général du parti dans les années 80 puis emprisonné sous le régime ben Ali, le personnage a montré une nouvelle facette du parti face à un président de l’Assemblée Constituante qui se contente de remercier le concerné sans relever ce dérapage. Face à la polémique qui a suivi, le député a déclaré que « Le Mouvement Ennahda s’en tient à son autorité et au discours islamiques, qui constituent l’un de ses avantages et de ses principes fondateurs » et a parlé d’une exagération des médias selon le site Magharebia.


Plus tard dans la semaine, un autre député Oussama Sghaier annonce le recours aux armes sur Twitter pour couper court à l’instabilité «nombreux sont ceux qui n’ont pas compris que le gouvernement ne manque pas d’armes, mais, c’est dans l’intérêt de la Tunisie et d’un projet d’une stabilité à long terme, qu’il préfère lancer le débat». Si ce genre de déclarations choque sur les réseaux sociaux, elles n’en restent pas moins attendues de la part des radicaux du parti Ennahdha. Cependant, ce discours qui mêle la référence religieuse et la politique commence à dominer progressivement le parti qui peine à maintenir une façade modérée.

Le dérapage de Sadok Chourou à l’Assemblée

 

Un projet de constitution qui pose question

Habib Kehder, nouvellement nommé à l’Assemblée, rapporteur au sein de la commission chargée de la Constitution, annonce la couleur du projet de constitution d’Ennahdha dès le vendredi 3 février sur la radio Mosaïque FM. Il déclare sans détours que la chariaa a été une source d’inspiration pour le projet constitutionnel. A l’article 10, se trouve en effet une phrase stipulant que la chariaa serait une source d’inspiration. Si la déclaration a fait polémique sur les réseaux sociaux, reste à savoir quel usage est fait de cet article et si son intégration n’a pas juste une valeur symbolique pour un parti qui voudrait satisfaire son aile radicale. Un autre article, cependant, peut prêter à débat. L’article 20, stipule des limites à la liberté d’expression pour toute atteinte aux sacralités religieuses. Si les conditions à la liberté d’expression restent un sujet de débat en Tunisie, la référence perpétuelle à la religion ou à la loi coranique de la part d’un parti qui ne veut pas s’affirmer comme parti religieux et qui prône un discours modéré peut paraître inquiétant.


L’interprétation de ces déclarations pose question. Pour certains, comme le blogueur keftegi c’est «l’amateurisme» en matière de gouvernance qui semble être la cause de ces sursauts publics. Ennahdha, dont beaucoup de membres sont majoritaires au sein du nouveau gouvernement, se trouve dans une position critique. Chacun de ses gestes est épié par l’opposition mais aussi par une société civile toujours en revendication révolutionnaire comme le montre la multiplication des sit-ins. Pour la population postrévolutionnaire, le gouvernement reste la cause de tous les maux, quelque soit le parti majoritaire, l’épreuve du pouvoir reste aujourd’hui un test en Tunisie. Pour d’autres comme un journaliste du siteNawaat.org, il s’agit au contraire de l’affirmation d’une certaine aile radicale de la Nahdha, appréciée des jeunes militants et qui tente de se rapprocher du mouvement salafiste par un discours religieux. Si les rapports entre le parti Ennahdha et les salafistes reste ambigu et méconnu, l’inaction du gouvernement face à des sujets sensibles comme l’occupation de sit-inneurs salafistes à la faculté de la Manouba, pose question.


Quant au début de politique d’ouverture amorcée par le premier ministre Hamadi Jebali, celle-ci semble peu crédible face aux déclarations des députés à l’Assemblée. Ce dernier qui avait défendu la liberté d’expression en condamnant l’agresseur du journaliste Zied Kriechen lors du procès Nessma TV et qui recevait les partis d’opposition pour «discuter», a également fait un faux pas le lundi 6 février en s’exprimant sur le sort des Tunisiens en Syrie. A la suite de l’annonce de la possible expulsion de l’ambassadeur syrien en Tunisie, des inquiétudes se sont fait sentir quant aux représailles que pourraient encourir les Tunisiens en Syrie. Hamadi Jebali s’est alors exprimé en déclarant «Que dieu les protège».
La référence à la religion dans le discours politique ne semble plus être un gage de crédibilité mais au contraire une manière de cacher un certain «amateurisme» comme en témoigne le blogueur Kefteji.


Le bras de fer avec les médias

L’autre point de discorde entre le gouvernement et la société réside dans la confrontation avec les médias. La neutralité n’est pas de mise lorsqu’il s’agit de parler du gouvernement et les médias se plaisent à relayer chacun des dérapages du parti. L’anglais de Rached Ghannouchi à Davos tout comme son interview à un média israélien réjouit les plumes. La guerre médiatique devient alors celle de l’image et à qui aura le meilleur détracteur. On peut le voir dans les deux unes des journaux les plus orientées politiquement. Le quotidien Le Maghreb qui se dit de ligne éditoriale «moderniste» mais réputé anti-ennahdha titre sur Béji Caïd Essebssi et son communiqué du 26 janvier, qui appelle à une sortie de crise. En bas, de la page figure Sadok Chourou et ses récentes déclarations qui ont fait la polémique. Sur le journal Al machrek, qui semble s’aligner progressivement sur une ligne pro-gouvernement, la Une est bien différente, Sadok Chourou figure en gros plan et Béji Caïd Essebssi en petit.

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Les deux unes opposées de quotidiens populaires le même jour


Rivalité médiatique entre les journaux qui s’alignent comme sous l’ancien régime à la politique du gouvernement, ceux qui sont ouvertement partisans et ceux qui sont de l’opposition sans l’affirmer vraiment, le manque de neutralité dans les médias montre la division progressive entre les pour et les contre, les «modernistes» et les «conservateurs».Quelle place tient Ennahdha dans ce paysage médiatique où le juste milieu n’a pas été encore trouvé ? Il semble que le parti tire profit de ce manichéisme ambiant en s’affirmant comme  «victime» parfois à juste titre, d’un dénigrement médiatique. Mais par là-même, il entretient ainsi la mauvaise réputation des médias héritée de la censure dictatoriale alors qu’il mène la même propagande via certains organes de presse partisans comme son hebdomadaire Al Fajr. Quant aux médias eux-même, les réflexes de l’ancienne dictature ne sont jamais loin. pour un employé de la Télévision nationale tunisienne qui a préféré rester anonyme, «La façon dont le journal télévisé s’aligne progressivement sur l’agenda du gouvernement est un premier indice.» Quant à la censure qui touche à la religion ou aux moeurs, celle-ci est plus que jamais d’actualité avec le report du procès Nessma et l’approche du procès concernant l’Agence Tunisienne d’Internet et la censure des sites pornographiques. les décisions de la justice sur ces deux affaires risquent de faire jurisprudence. dans les deux cas, les membres nahdhaouis du gouvernement sont concernés. Dans le cas de Nessma TV, beaucoup des avocats de la partie civile qui ont porté plainte contre la chaîne sont d’obédience nahdhaouie. Quant à l’ATI, c’est une société anonyme mais sous tutelle du gouvernement.


L’épreuve du pouvoir peut déstabiliser un parti politique ou au contraire révéler sa vraie nature. Il semble que si les membres d’Ennahdha doivent assumer une phase transitionnelle instable, ils confirment avec de moins en moins de réserves leur projet de société.

par Lilia Blaise

source slateafrique

 

 

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Ennahdha se sert du ministère des affaires religieuses pour augmenter sa popularité !


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Pour fêter l’anniversaire du prophète Mahomet, le ministère des affaires religieuses organise la 39ème conférence islamique intitulée : « Les principes de la Révolution et sa finalité, partant de la biographie du prophète », et ceci le jeudi et vendredi 2 et 3 Février 2012, à Kairouan.

 

Ce mélange entre politique et religieux a choqué bon nombre de monde, si bien que la nouvelle de cette conférence a parcouru le Web et les réseaux sociaux. En effet, beaucoup ne comprennent pas comment les principes de la Révolution pourraient être ralliés à la vie du prophète, et se rappellent le discours insipide du ministère des affaires religieuses au temps de Ben Ali lorsqu’on disait, par exemple, que le prophète prenait l’avis de ses disciples et amis avant de prendre une décision et que l’islam était par voie de conséquence une religion qui prône la démocratie. Il s’agit là encore de citer vainement quelques exemples de la vie du prophète où il défendait la dignité des hommes et leurs libertés pour associer la Révolution à l’islam de manière sommaire.

 

Le comment de la chose sera sans doute tordu, mais c’est bien le « pourquoi » qui inquiète plus les internautes, surtout venant du ministère des affaires religieuses occupé en ce moment par Ennahdha. S’agit-il d’une façon subtile de s’approprier la Révolution en faisant croire que les principes défendus par les révolutionnaires sont purement islamiques et par voie de conséquence l’effet du courant islamiste, qui partage ces principes, est d’avoir engendré la Révolution tunisienne ? Jouant sur l'amalgame entre islam et le courant islamique politique d'Ennahdha, il faut deux jours de conférences au ministère des affaires religieuses pour vendre aux gens son poison, mais il faut sûrement moins de temps pour se rendre compte de la supercherie et encore moins pour prendre conscience de la tentative du parti au pouvoir, là encore, de mettre la main sur une institution sensible de l’état pour se faire une notoriété.

par Mohamed Anis Abrougui

source tiwinoo

 

 

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Quand le parti Ennahdha sortira t-il de l’ambivalence ?


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Le citoyen tunisien peut légitimement se demander quels desseins véritables le parti Ennahdha poursuit et quelles priorités réelles il s’est fixées.

par Zouheir Jamoussi


 

Depuis les élections générales d’octobre 2011, qui lui ont permis de détenir l’essentiel du pouvoir exécutif, le parti islamiste s’est livré à des pratiques politiques incohérentes et contradictoires qui ne sont de nature ni à rassurer l’opinion publique, ni à favoriser la cohésion nationale si nécessaire pour faire face à une situation socio-économique d’une extrême gravité.

 

La dichotomie «laïcs et gauchistes» et «islamistes»

Une première hypothèse consisterait à penser que la priorité pour Ennahdha est de mobiliser, par-delà les clivages politiques, toutes les forces vives et toutes les ressources du pays pour tenter de surmonter cette crise dont la gravité est unanimement reconnue. Ses appels à la formation d’un gouvernement d’union nationale après son succès électoral pouvait faire penser à une ouverture sincère dans ce sens.

L’hypothèse contraire serait de supposer que le parti islamiste entend gouverner un pays délibérément divisé selon une ligne idéologique et religieuse artificielle, tracée et exploitée durant la campagne électorale par un parti Ennahdha s’érigeant en sauveur de l’islam en Tunisie et désignant les adeptes de la laïcité, mal compris, comme des mécréants et des ennemis de Dieu.

Les toutes dernières déclarations de Sadok Chourou, membre de l’Assemblée constituante issu d’Ennahdha, rapportées par nos médias le 30 janvier, confirment la dichotomie établie dans le discours du parti Ennahdha entre «laïcs et gauchistes» d’une part et «islamistes» d’autre part.

Quelques faits plaident d’ailleurs en faveur de cette seconde hypothèse. Je pense notamment à l’impunité dont semblent jouir les auteurs d’agressions intolérables perpétrées en particulier contre les journalistes et les universitaires et, plus généralement, contre les libertés et les droits des citoyens.

 

Ne pas fâcher les Salafistes ! 

Les agissements des Salafistes à Sejnane et leur interminable «sit-in» qui a paralysé la Faculté de la Manouba, pour ne prendre que ces exemples, n’ont pas suscité de la part du gouvernement des réactions à la mesure de la gravité des dépassements commis, loin s’en faut. Dans le cas de la faculté, tout porte à croire que le gouvernement s’est contenté de compter les coups en spectateur, peut-être misant dangereusement sur l’abdication du droit et de la légalité au sein de l’institution.

Pourtant, avant la formation de l’actuel gouvernement, Rached Ghannouchi, président d’Ennahdha, avait, si j’ai bonne mémoire, ébauché (du bout des lèvres, il est vrai) ce qui aurait pu servir de base à une sortie de crise : tout en soulignant que le port du niqab faisait partie des libertés tant revendiquées, il avait ajouté que cela dérogeait pourtant quelque peu aux habitudes vestimentaires tunisiennes et que, par ailleurs, les règlements internes devaient être respectés. Cependant, le gouvernement de Hamadi Jebali semble persister dans sa détermination à ne pas fâcher les Salafistes. L’action du gouvernement veut-elle donc se situer essentiellement dans le cadre prioritaire d’une réforme de la vie politico-religieuse en Tunisie dans le sens opposé aux engagements officiels d’Ennahdha ?

 

D’étranges accoutrements venus d’ailleurs 

A quel islam veut-on d’ailleurs «convertir» un peuple tunisien très majoritairement imprégné des préceptes, valeurs et culture islamiques et enrichi, tout au long de son histoire, par son ouverture aux saines influences des autres cultures ? Faut-il rappeler que, comme en Algérie, l’attachement inébranlable à l’identité arabo-musulmane a été, dans notre pays, un facteur déterminant dans les diverses phases de la longue lutte contre le colonialisme. Voilà, cependant, qu’on veut substituer à cette tradition musulmane si profondément enracinée en Tunisie, une culture de rechange importée, dont on prétend qu’elle s’inspire de l’islam originel. Mais qu’on pardonne au Tunisien moyen de ne pas reconnaître le visage tolérant de l’islam dans ces mines délibérément rébarbatives et ces étranges accoutrements venus d’ailleurs.

En fait, ces manifestations culturelles apparaissent comme les signes avant-coureurs d’une volonté de pénétration et d’embrigadement politiques manifestée par un petit pays qui a tout à apprendre de notre Tunisie en matière de libération nationale.

Certes, les dissensions au sein même du sunnisme moyen-oriental expliquent la recherche d’alliances politico-religieuses à l’échelle du monde arabe, voire du monde islamique. Plus encore, le conflit entre chiisme et sunnisme qui secoue toute la région du Golfe est perçu par certains pays frères, eu égard à leur structure démographique particulière, comme une menace pour leur unité nationale et une illustration des visées hégémoniques iraniennes.

Cependant, s’il est vrai que la Tunisie ne peut être indifférente à ces réalités politiques régionales, elle n’a pas pour autant vocation à servir de pion sur l’échiquier moyen-oriental ou de vassal à un seigneur inféodé. Force nous est de reconnaître que ces dissensions, qui sont en permanence attisées par les amis du sionisme expansionniste, ne peuvent profiter qu’aux ennemis de l’islam. A cet égard, l’idée de «normalisation des relations avec Israël», souvent évoquée depuis quelque temps en Tunisie, alors même que se propage implacablement le cancer de la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens, devrait choquer tous les Tunisiens, quelle que soit leur appartenance politique. Mais revenons en Tunisie.

 

Les Salafistes : alliés ou adversaires d’Ennahadha ?

La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si les Salafistes sont les alliés politiques réels mais inavoués ou les adversaires redoutés du parti Ennahadha. Dans ses propos rapportés par les médias du 30 janvier, M. Chourou ne «tranche» pas : «Ennahdha soutient la prédication salafiste» mais n’est pas d’accord avec les «pratiques politiques» des Salafistes. Il se trouve justement que rien de clair ni de décisif n’est fait par le gouvernement pour mettre un terme à ces «pratiques». Pourtant le fait est là : le parti majoritaire au gouvernement ne peut continuer à gouverner conformément à l’engagement qu’il a solennellement pris de respecter les libertés et les droits des citoyens, tout en s’interdisant de mettre fin aux agissements inacceptables d’une minorité qui veut imposer sa loi.

Tout se passe, en effet, comme si le gouvernement ménageait cette minorité en lui concédant un espace de non-droit où elle peut donner libre-cours à son agressivité en toute impunité. Mais l’impunité jusqu’où, jusqu’à quand?

Il est curieux à cet égard que le parti Ennahdha crie au sabotage politique et se plaigne que les oppositions, les médias et les syndicats s’acharnent contre lui et entravent l’action gouvernementale.

Mais ce n’est là qu’une contre-vérité de plus. Encore une fois, le parti islamiste veut abuser l’opinion publique : car l’opposition, comme Ennahdha le sait pertinemment, n’a pas pour cible la politique gouvernementale en matière de redressement économique et social du pays, ni le gouvernement lui-même, mais bien l’ambivalence d’Ennahdha et les dangers que ce parti fait courir aujourd’hui aux libertés et au droit en Tunisie. Plus que jamais, en effet, les oppositions doutent de la sincérité de l’engagement du gouvernement à protéger les libertés, le droit et le processus démocratique.

 

Les fissures de la troïka 

Maintenant, si, par bonheur, l’objectif du parti Ennahdha est de tenir son engagement en faveur de la démocratie et des libertés, et que sa priorité, telle que l’impose la situation du pays, est de relever l’énorme défi socio-économique, alors il n’existe pour lui d’autre voie que celle du rassemblement et de la cohésion nationales. Mais est-il imaginable qu’une telle cohésion puisse voir le jour dans le climat de suspicion et de méfiance que suscite et exacerbe de jour en jour l’ambivalence de ce parti ?

A cet égard, l’alliance politique conclue entre Ennahdha, le Congrès pour la République (Cpr) et Ettakatol, et connue sous le nom de «troïka », pouvait, dans un premier temps, apparaître comme le signe d’une ouverture politique prometteuse. Or, déjà des fissurations apparaissent dans l’édifice de la troïka, et les partenaires du parti islamiste, pressés par leur base, ne cachent plus leur embarras et leur frustration.

Peut-être l’expérience brève mais combien difficile du pouvoir et la complexité de la situation, à laquelle il a du mal à faire face, auront-elles fait comprendre au parti Ennahdha qu’il se condamne inéluctablement à l’isolement politique total, s’il ne renonce pas à l’ambivalence comme mode de gouvernement.

* Universitaire à la retraite.

source kapitalis

 

 

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Les Frères Musulmans au seuil du pouvoir


Paris – Au seuil du pouvoir, les Frères Musulmans devront faire le dur apprentissage de la gestion quotidienne des conflits sociaux du pays et veiller à la neutralisation des interférences externes dans la détermination de la nouvelle diplomatie égyptienne; un fait qui suppose la prise en compte des profondes aspirations d’un peuple frondeur et tombeur de la dictature et les impératifs de puissance que commande la restauration de la position de l’Egypte dans le Monde arabe. Sur fond de concurrence avec la mouvance rivale salafiste, cette épreuve est infiniment plus redoutable que près de cinquante ans d’opposition déclamatoire souvent à connotation sinon démagogique à tout le moins populiste.

 

1- Ce que Nasser pensait de Frères Musulmans

En Egypte, les partis religieux ont totalisé près des deux tiers des sièges du Parlement. En Tunisie En-Nahda a raflé 41,47% des sièges et au Maroc, les islamistes ont obtenu 107 des 395 du parlement.
La montée en puissance des Frères musulmans dans le Monde arabe à la faveur des consultations post printemps arabe, sur fond de drainage massif de pétrodollars, remet en mémoire les relations conflictuelles entre Nasser, à l’époque le chef charismatique du combat nationaliste arabe, et la confrérie, la plus ancienne formation politique d’Egypte, et sans doute du Monde arabe.

A l’intention des lecteurs arabophones, voici que Nasser pensait des Frères Musulmans

<a style="color: #0068a5; text-decoration: none; font-weight: bold;" _mce_style="color: #0068a5; text-decoration: none; font-weight: bold;" title="http://www.youtube.com/watch?v=OWCJnFu9gF0" rel="nofollow" href="http://www.youtube.com/watch?v=OWCJnFu9gF0" _mce_href="http://www.youtube.com/watch?v=OWCJnFu9gF0"></a>

 

<a style="color: #0068a5; text-decoration: none; font-weight: bold;" _mce_style="color: #0068a5; text-decoration: none; font-weight: bold;" title="http://www.youtube.com/watch?v=EFvLz4FQ6vE" rel="nofollow" href="http://www.youtube.com/watch?v=EFvLz4FQ6vE" _mce_href="http://www.youtube.com/watch?v=EFvLz4FQ6vE"></a>

 

Et piour les lecteurs non arabophones, ci-joint un résumé des propos de Nasser tels qu’ils ont été diffusés dans ces deux vidéos:

Sur la 1ère vidéo

Nasser indique avoir cherché à nouer une coopération avec les Frères musulmans d’Egypte, en 1953, à son arrivée au pouvoir: La première revendication de responsable de la confrérie a été d’imposer le port du voile aux personnes de sexe féminin. «J’ai refusé car je considérai cela comme un retour en arrière. Mon interlocuteur n’avait pas réussi à imposer le voile à sa propre fille et il voulait l’imposer aux dix millions de femmes égyptiennes».

Sur la 2eme vidéo

«L’impérialisme et le colonialisme ont fourni armes et argent aux Frères Musulmans. Lors d’un de mes entretiens avec le dirigeant de la confrérie, l’homme à barbe m’a déclaré que le socialisme est contre la religion. …
Réponse de Nasser: Mais la religion prescrit elle que le pouvoir soit détenu exclusivement par une seule famille , que cette famille dispose de toutes les ressources du pays et de réduire l’ensemble de la population au statut d’esclaves?

Un des aspects de la question, notamment la collaboration avec les Etats-Unis et l’Arabie saoudite a été traité dans «Les Révolutions arabes et la malédiction de Camp David» René Naba, Editions Bachari Mai 2011 (1).

 

II- Quand la CIA finançait les Frères musulmans.

De son côté, le journaliste Ian Hammel a apporté des informations complémentaires dans un article paru dans l’hebdomadaire français le Point en date du 6 décembre 2011 et intitulé «Quand la CIA finançait les Frères musulmans».
Dans le papier de Ian Hammel, on y lit notamment: «Les services secrets américains ont longtemps soutenu la confrérie, née en 1928 en Égypte. Saïd Ramadan, mort à Genève en 1995, fondateur des Frères musulmans et père de Hani et Tariq Ramadan.

Le Fonds E 4320, conservé aux archives fédérales à Berne, concerne Saïd Ramadan, le gendre d’Hassan Al-Banna, fondateur des Frères Musulmans égyptiens. Poursuivi par le régime nassérien, réfugié en Suisse en 1959, Siad a crée le Centre Islamique de Genève, le premier institut de ce genre en Europe. Il est par ailleurs l’un des fondateurs de la Ligue Islamique Mondiale inspirée parles Saoudiens.

Une note confidentielle des services secrets suisses datant du 17 août 1966 évoque la « sympathie » de la BUPO, la police fédérale sur la protection de l’État, pour Saïd Ramadan. Elle ajoute: « Il est très certainement en excellents termes avec les Anglais et les Américains. » Un autre document, daté du 5 juillet 1967, se montre encore plus précis. Saïd Ramadan est présenté comme un « agent d’information des Anglais et des Américains. De plus, je crois savoir qu’il a rendu des services – sur le plan d’informations – à la BUPO. »
Toujours est-il qu’une réunion, présidée par le chef du service du Ministère public fédéral, du 3 juillet 1967, décide d’accorder un permis de séjour à Saïd Ramadan, alors que ce dernier aurait dû être expulsé le 31 janvier 1967. Les raisons de cette tolérance ? La possibilité « que les amis de Saïd Ramadan prennent le pouvoir dans les mois à venir dans l’un ou l’autre État aujourd’hui qualifié de progressiste ou socialiste ».

 

Saïd Ramadan et le président américain

Ces documents déclassés vont dans le même sens que l’ouvrage publié en septembre dernier par le journaliste américain Ian Johnson, lauréat du prix Pulitzer, Une mosquée à Munich. Les nazis, la CIA et la montée des Frères musulmans en Occident (*), on découvre que les Allemands, pendant la Seconde Guerre mondiale, ont utilisé les Tchétchènes, les Kazakhs, les Ouzbeks, les musulmans vivant en URSS contre les communistes athées. Les Américains ont ensuite pris le relais, soutenant les islamistes contre le bloc communiste et ses satellites. En juillet 1953, une délégation de musulmans est invitée aux États-Unis, et reçue à la Maison-Blanche, parmi eux Saïd Ramadan.
Le 28 octobre 2011, dans un article intitulé « Le rôle mobilisateur de Saïd Ramadan », le site francophone Oumma.com montre la photo du président Dwight Eisenhower entouré des membres de la délégation. Saïd Ramadan est à sa droite. Le président américain estime que, dans ses relations avec les dirigeants arabes, « notre foi en Dieu devrait nous donner un objectif commun : la lutte contre le communisme et son athéisme », relève Ian Johnson. Quelques années plus tard, Saïd Ramadan, réfugié en Europe, traite avec Bob Dreher, un agent de la CIA installé à Munich.

Saïd Ramadan obtient en 1959 un doctorat en droit de l’université de Cologne pour sa thèse La charia, le droit islamique, son envergure et son équité. Il brûle d’envie d’étendre son influence à l’Europe entière. « Installé à Genève, il considérait Munich, à une journée de route de son domicile, comme l’endroit idéal où établir une sorte de base avancée », lit-on dans Une mosquée à Munich. La CIA finançait-elle directement Saïd Ramadan et les Frères musulmans en Europe? Ian Johnson reste prudent, dans la mesure où une partie des archives de l’agence de renseignements ne peut être consultée. « Tout indique que Dreher et l’Amcomlib eurent recours aux moyens financiers et politiques à leur disposition pour donner un coup de pouce au principal représentant des Frères musulmans en Europe », écrit-il. L’Amcomlib, ou American Committee for Liberation from Saïd Ramadan, de nationalité égyptienne, voyageait à cette époque avec un passeport diplomatique jordanien. Apparemment, le gendre d’Hassan el-Banna ne manquait pas de subsides, Une mosquée à Munich raconte ainsi qu’il roulait en Cadillac (2).

Décédé en 1995 à Genève, Saïd Ramadan est notamment le père de l’islamologue Tariq Ramadan, et de Hani Ramadan, qui lui a succédé à la tête du Centre islamique de Genève. Interrogé sur les liens éventuels de son père avec les services secrets américains et européens, ce dernier n’a pas souhaité nous répondre.

 

III – Rached Ghannouchi

Rached Ghannouchi, le chef du parti islamiste tunisien An Nahda, longtemps la bête noire des Occidentaux, s’est vu distingué par le magazine Foreign Policy comme «l’un des plus grands intellectuels de l’année 2011».

Parmi ces 100 plus grands intellectuels figurent une brochette de belliciste à tout crin: Dick Cheney, ancien vice-président de George Bush jr, un des artisans de l’invasion de l’Irak, de même que Condoleezza Rice, secrétaire d’Etat de George Bush, le sénateur John Mac Cain, le président français Nicolas Sarkozy, le couple Bill et Hilary Clinton, le ministre de la défense de Bush jr et de Barack Obama, Robert Gates, le premier ministre turc Recep Teyyeb Erdogan et l’incontournable roman enquêteur Bernard Henri Lévy.

Et sur le plan arabe, outre Rached Ghannouchi, figurent Waddah Khanfar, l’ancien directeur islamiste de la chaine Al Jazira, époux de la nièce de Wasfi Tall, l’ancien premier ministre jordanien bourreau des Palestiniens lors du septembre noir jordanien de 1970, Waël Al-Ghoneim, responsable pour l’Egypte du moteur de recherche américain Google et animateur du soulèvement égyptien sur Facebook, ainsi que l’ancien Directeur de l’agence atomique de Vienne Mohamed Baradéï et le politologue palestinien Moustapha Barghouti, que nous aurions souhaité être distingué par un autre aréopage que Freedom House ou Global Voice Project.
Rached Ghannouchi a mis à profit son séjour pour rendre visite au « Washington Institute for Near East Policy», très influent think tank fondé en 1985 par M. Martin Indyk, auparavant chargé de recherche à l’American Israel Public Affairs Committee ou AIPAC, le lobby israélien le plus puissant et le plus influent aux Etats-Unis.
Le chef islamiste, longtemps couvé médiatiquement par la Chaine Al Jazira, a pris soin de rassurer le lobby pro israélien quant à l’article que lui-même avait proposé d’inclure dans la constitution tunisienne concernant le refus du gouvernement de collaborer avec Israël.

En trente ans d’exil, cet ancien nassérien modulera sa pensée politique en fonction de la conjoncture, épousant l’ensemble du spectre idéologique arabe au gré de la fortune politique des dirigeants, optant tour à tour, pour le nassérisme égyptien, devenant par la suite adepte de l’ayatollah Ruhollah Khomeiny (Iran), puis de Hassan Al Tourabi (Soudan), pour jeter ensuite son dévolu sur le turc Recep Tayeb Erdogan, avant de se stabiliser sur le Qatar, soit sept mutations, une moyenne d’une mutation tous les quatre ans.
Du grand art qui justifie a posteriori le constat du journaliste égyptien Mohamad Tohi3ma «Les Frères Musulmans, des maitres dans l’art du camouflage et du contorsionnement mercuriel», article paru dans le journal libanais «Al Akhbar» en date du 1er octobre 2011 reprenant une tribune de Mohamad Tohi3ma, directeur du quotidien égyptien «Al Hourriya». Du grand art. En attendant la prochaine culbute. La prochaine chute ?

Au seuil du pouvoir, les Frères Musulmans d‘Egypte devraient faire preuve d’innovation, par le dépassement du conflit idéologique qui divise le pays depuis la chute de la monarchie, en 1952, en une sorte de synthèse qui passe par la réconciliation de l’Islam avec le socialisme. Cesser d’apparaitre comme la roue dentée de la diplomatie américaine dans le Monde arabe, en assumant l’héritage nassérien avec la tradition millénaire égyptienne, débarrassant la confrérie de ses deux béquilles traditionnelles ayant entravé sa visibilité et sa crédibilité, la béquille financière des pétromonarchies rétrogrades et la béquille américaine de l’ultralibéralisme.

Sous la direction de la confrérie, l’Egypte, épicentre du Monde arabe, devrait prendre en outre l’initiative historique de la réconciliation avec l’Iran, le chef de file de la branche rivale chiite de l’Islam à l’effet de purger le non dit d’un conflit de quinze siècle résultant de l’élimination physique des deux petits fils du prophète, Al-Hassan et Al-Hussein, acte sacrilège absolu fruit sinon d’un dogmatisme, à tout le moins d’une rigidité formaliste.

Répudier la servilité à l’égard des Etats-Unis, bannir le dogmatisme régressif sous couvert de rigueur exégétique, concilier Islam et diversité, en un mot conjuguer Islam et modernité…Tel est le formidable défi des Frères Musulmans au seuil du pouvoir dont la réussite pourrait conférer une légitimité durable et un magistère moral indiscutable à une confrérie dont la mutation pourrait impulser une dynamique de changement à l’épicentre de la gérontocratie pétro monarchique du Golfe, en particulier l’Arabie saoudite, le foyer de l’intégrisme et de la régression sociale, condition indispensable au relèvement du Monde Arabe.

source oumma

 

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Quel avenir pour les juifs tunisiens ?


votetunisieD’une communauté estimée à près de 100 000 personnes en 1956, il ne reste aujourd’hui que 1 500 Juifs en Tunisie, résidant essentiellement à Tunis et à Djerba. L’invitation faite par le nouveau président tunisien aux chefs religieux, reçus successivement le 19 décembre 2011, nous a offert un condensé des tiraillements politiques que connaît actuellement la Tunisie, et en conséquence un prisme intéressant pour penser le devenir des derniers Juifs de ce pays.

 

Dilemme quant à la place du religieux dans l’État, tout d’abord. Au lendemain de la victoire des islamistes d’Ennahda aux premières élections véritablement démocratiques et de la constitution d’une coalition avec deux partis séculiers, il s’agissait de trouver un compromis entre deux volontés en apparence inconciliables : pénétration plus ou moins forte de l’islam dans l’ensemble de la vie publique comme le souhaite les islamistes, ou sécularisation de l’État comme le veulent les autres membres de la coalition.

Le choix a été fait de recevoir consécutivement et séparément les chefs des 3 religions, seul scénario qui permettait de préserver l’indétermination entre deux volontés politiques opposées. Que l’on en juge plutôt : n’inviter que le grand rabbin et l’archevêque aurait signifié que l’islam n’avait besoin d’être représenté ce jour là, puisqu’il était déjà partout. Recevoir ensemble les dignitaires des trois religions aurait adressé le signal d’un Etat dégagé de toutes considérations religieuses, ce qui ne correspond pas non plus à la réalité politique de la Tunisie d’hier, ni à celle que les Tunisiens veulent construire aujourd’hui. Rappelons par exemple que l’ancienne constitution votée en 1959 mentionne expressément le fait que le Président doit être musulman, et que la mini-constitution votée début décembre 2011 a confirmé ce point.

En Tunisie, tous les citoyens sont égaux en droit, mais les musulmans demeureront formellement un peu plus égaux que les autres. Verra-t-on la Tunisie devenir la première véritable démocratie musulmane, comme il existe déjà de nombreuses démocraties chrétiennes ? C’est la première question, cruciale pour les Juifs de ce pays, que cette rencontre a posé, par les modalités même de son organisation.

La seconde hésitation porte sur la place que le pouvoir est prêt à octroyer dans les faits aux citoyens juifs au sein de cette Tunisie nouvelle. Elle est illustrée par une déclaration faisant suite à la rencontre entre le Président Marzouki et le grand rabbin Bittan : au ministre israélien Silvan Shalom qui depuis Jérusalem invitait le 6 décembre 2011 les derniers juifs tunisiens à venir s’installer en Israël, le Président Moncef Marzouki, a répondu quelques jours après en invitant l’ensemble des Juifs tunisiens ayant quitté le pays depuis l’indépendance à revenir s’y installer.

Ce pied de nez adressé à un responsable politique israélien témoigne de la volonté apparente du chef de l’État tunisien de garantir la protection et le bien-être de ces concitoyens juifs. Mais qu’en est-il du gouvernement islamiste? Car si il se déclare lui aussi être prêt sur le principe à protéger tous les tunisiens, il se fait beaucoup plus hésitant dans les faits. À ce jour, Ennahda ne s’en est jamais directement pris aux juifs, mais les dirigeants de ce parti ne semblent pas s’apercevoir qu’ils leur rendent progressivement l’air plus lourd. Ces derniers mois, ils ont été à juste titre inquiétés par les positions du parti désormais au pouvoir. On citera notamment :

1/ La position prise par le Président d’Ennahda en faveur de la légalisation du parti salafiste Ettarhir, lors d’une interview sur le plateau d’une chaine privée de la TV tunisienne. Pour rappel, Ettarhir est l’organisateur de la manifestation antisémite du 14 février 2011 devant la synagogue de Tunis durant laquelle des manifestants, déployant bannières du djihad ont hurlé: «Khaybar Khaybar ya yahud, jaysh Muhammad sawfa ya‘ud » « Ô Juifs souvenez-vous de Khaybar, l’armée de Mahomet reviendra ». L’hypothèse de la légalisation future d’un parti ayant proféré des menaces de mort antisémites a de quoi préoccuper sérieusement les juifs tunisiens.

2/ La volonté affichée pendant un temps par Ennahda de voir mentionner l’interdiction de toute normalisation avec « l’entité sioniste » dans la prochaine constitution. Même si ce parti semble y avoir finalement renoncé, on ne peut ignorer que toute diabolisation d’Israël aura des répercussions directes sur la sécurité des juifs tunisiens.

3/ Encore dernièrement, le gouvernement tunisien envisageait de poursuivre judiciairement, vraisemblablement par rétorsion aux propos tenus par Silvan Shalom, les tunisiens qui se rendrait en Israël, criminalisant ainsi les liens, même familiaux ou spirituelles, que les juifs tunisiens peuvent entretenir à ce pays.

Pour la communauté juive tunisienne, les signaux inquiétants s’amoncellent, mais il s’agit à chaque fois d’interrogations, de suggestions, qui n’ont pour l’instant jamais été suivies de décisions concrètes.

Il convient donc pour les juifs de Tunisie d’être particulièrement vigilants dans les prochaines semaines : être prêts à l’hypothèse d’un départ, mais faire aussi le crédit à la coalition actuelle de la volonté annoncée – et à ce jour non encore démentie par une quelconque décision – de respecter les juifs en tant que citoyens et de les protéger en tant que communauté.

Dès les premières heures, j’ai vibré avec les jeunes tunisiens qui avaient décidé d’en finir avec un pouvoir autoritaire et corrompu. J’ai pensé et continue de croire que mieux valait le désordre ponctuel à l’injustice ; il ne faut pas qu’une fois la stabilité retrouvée, la justice progresse pour tous, sauf pour les derniers juifs de Tunisie.

 (Article paru dans l’Arche, N°636, février 2012) laregledujeu

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