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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 06:00

La fin du double discours d’Ennahdha?

 

 

Où en est le parti Ennahdha depuis son accès au gouvernement? Soumis à l’exposition et à l’évaluation permanentes, le parti comme les membres nahdhaouis du gouvernement ne semblent plus en mesure de manier  l’art du double discours et les références religieuses sans conséquences.

 

«Il faut couper les mains et les pieds des sit-inneurs et les crucifier.» a déclaré en arabe le 24 janvier l’élu du parti Ennahdha, Sadok Chourou en pleine séance plénière de l’Assemblée Nationale Constituante. Il faisait référence à un verset du Coran. Connu pour faire partie de l’aile radicale d’Ennahdha et ancien secrétaire général du parti dans les années 80 puis emprisonné sous le régime ben Ali, le personnage a montré une nouvelle facette du parti face à un président de l’Assemblée Constituante qui se contente de remercier le concerné sans relever ce dérapage. Face à la polémique qui a suivi, le député a déclaré que « Le Mouvement Ennahda s’en tient à son autorité et au discours islamiques, qui constituent l’un de ses avantages et de ses principes fondateurs » et a parlé d’une exagération des médias selon le site Magharebia.


Plus tard dans la semaine, un autre député Oussama Sghaier annonce le recours aux armes sur Twitter pour couper court à l’instabilité «nombreux sont ceux qui n’ont pas compris que le gouvernement ne manque pas d’armes, mais, c’est dans l’intérêt de la Tunisie et d’un projet d’une stabilité à long terme, qu’il préfère lancer le débat». Si ce genre de déclarations choque sur les réseaux sociaux, elles n’en restent pas moins attendues de la part des radicaux du parti Ennahdha. Cependant, ce discours qui mêle la référence religieuse et la politique commence à dominer progressivement le parti qui peine à maintenir une façade modérée.

Le dérapage de Sadok Chourou à l’Assemblée

 

Un projet de constitution qui pose question

Habib Kehder, nouvellement nommé à l’Assemblée, rapporteur au sein de la commission chargée de la Constitution, annonce la couleur du projet de constitution d’Ennahdha dès le vendredi 3 février sur la radio Mosaïque FM. Il déclare sans détours que la chariaa a été une source d’inspiration pour le projet constitutionnel. A l’article 10, se trouve en effet une phrase stipulant que la chariaa serait une source d’inspiration. Si la déclaration a fait polémique sur les réseaux sociaux, reste à savoir quel usage est fait de cet article et si son intégration n’a pas juste une valeur symbolique pour un parti qui voudrait satisfaire son aile radicale. Un autre article, cependant, peut prêter à débat. L’article 20, stipule des limites à la liberté d’expression pour toute atteinte aux sacralités religieuses. Si les conditions à la liberté d’expression restent un sujet de débat en Tunisie, la référence perpétuelle à la religion ou à la loi coranique de la part d’un parti qui ne veut pas s’affirmer comme parti religieux et qui prône un discours modéré peut paraître inquiétant.


L’interprétation de ces déclarations pose question. Pour certains, comme le blogueur keftegi c’est «l’amateurisme» en matière de gouvernance qui semble être la cause de ces sursauts publics. Ennahdha, dont beaucoup de membres sont majoritaires au sein du nouveau gouvernement, se trouve dans une position critique. Chacun de ses gestes est épié par l’opposition mais aussi par une société civile toujours en revendication révolutionnaire comme le montre la multiplication des sit-ins. Pour la population postrévolutionnaire, le gouvernement reste la cause de tous les maux, quelque soit le parti majoritaire, l’épreuve du pouvoir reste aujourd’hui un test en Tunisie. Pour d’autres comme un journaliste du siteNawaat.org, il s’agit au contraire de l’affirmation d’une certaine aile radicale de la Nahdha, appréciée des jeunes militants et qui tente de se rapprocher du mouvement salafiste par un discours religieux. Si les rapports entre le parti Ennahdha et les salafistes reste ambigu et méconnu, l’inaction du gouvernement face à des sujets sensibles comme l’occupation de sit-inneurs salafistes à la faculté de la Manouba, pose question.


Quant au début de politique d’ouverture amorcée par le premier ministre Hamadi Jebali, celle-ci semble peu crédible face aux déclarations des députés à l’Assemblée. Ce dernier qui avait défendu la liberté d’expression en condamnant l’agresseur du journaliste Zied Kriechen lors du procès Nessma TV et qui recevait les partis d’opposition pour «discuter», a également fait un faux pas le lundi 6 février en s’exprimant sur le sort des Tunisiens en Syrie. A la suite de l’annonce de la possible expulsion de l’ambassadeur syrien en Tunisie, des inquiétudes se sont fait sentir quant aux représailles que pourraient encourir les Tunisiens en Syrie. Hamadi Jebali s’est alors exprimé en déclarant «Que dieu les protège».
La référence à la religion dans le discours politique ne semble plus être un gage de crédibilité mais au contraire une manière de cacher un certain «amateurisme» comme en témoigne le blogueur Kefteji.


Le bras de fer avec les médias

L’autre point de discorde entre le gouvernement et la société réside dans la confrontation avec les médias. La neutralité n’est pas de mise lorsqu’il s’agit de parler du gouvernement et les médias se plaisent à relayer chacun des dérapages du parti. L’anglais de Rached Ghannouchi à Davos tout comme son interview à un média israélien réjouit les plumes. La guerre médiatique devient alors celle de l’image et à qui aura le meilleur détracteur. On peut le voir dans les deux unes des journaux les plus orientées politiquement. Le quotidien Le Maghreb qui se dit de ligne éditoriale «moderniste» mais réputé anti-ennahdha titre sur Béji Caïd Essebssi et son communiqué du 26 janvier, qui appelle à une sortie de crise. En bas, de la page figure Sadok Chourou et ses récentes déclarations qui ont fait la polémique. Sur le journal Al machrek, qui semble s’aligner progressivement sur une ligne pro-gouvernement, la Une est bien différente, Sadok Chourou figure en gros plan et Béji Caïd Essebssi en petit.

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Les deux unes opposées de quotidiens populaires le même jour


Rivalité médiatique entre les journaux qui s’alignent comme sous l’ancien régime à la politique du gouvernement, ceux qui sont ouvertement partisans et ceux qui sont de l’opposition sans l’affirmer vraiment, le manque de neutralité dans les médias montre la division progressive entre les pour et les contre, les «modernistes» et les «conservateurs».Quelle place tient Ennahdha dans ce paysage médiatique où le juste milieu n’a pas été encore trouvé ? Il semble que le parti tire profit de ce manichéisme ambiant en s’affirmant comme  «victime» parfois à juste titre, d’un dénigrement médiatique. Mais par là-même, il entretient ainsi la mauvaise réputation des médias héritée de la censure dictatoriale alors qu’il mène la même propagande via certains organes de presse partisans comme son hebdomadaire Al Fajr. Quant aux médias eux-même, les réflexes de l’ancienne dictature ne sont jamais loin. pour un employé de la Télévision nationale tunisienne qui a préféré rester anonyme, «La façon dont le journal télévisé s’aligne progressivement sur l’agenda du gouvernement est un premier indice.» Quant à la censure qui touche à la religion ou aux moeurs, celle-ci est plus que jamais d’actualité avec le report du procès Nessma et l’approche du procès concernant l’Agence Tunisienne d’Internet et la censure des sites pornographiques. les décisions de la justice sur ces deux affaires risquent de faire jurisprudence. dans les deux cas, les membres nahdhaouis du gouvernement sont concernés. Dans le cas de Nessma TV, beaucoup des avocats de la partie civile qui ont porté plainte contre la chaîne sont d’obédience nahdhaouie. Quant à l’ATI, c’est une société anonyme mais sous tutelle du gouvernement.


L’épreuve du pouvoir peut déstabiliser un parti politique ou au contraire révéler sa vraie nature. Il semble que si les membres d’Ennahdha doivent assumer une phase transitionnelle instable, ils confirment avec de moins en moins de réserves leur projet de société.

par Lilia Blaise

source slateafrique

 

 

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Ennahdha se sert du ministère des affaires religieuses pour augmenter sa popularité !


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Pour fêter l’anniversaire du prophète Mahomet, le ministère des affaires religieuses organise la 39ème conférence islamique intitulée : « Les principes de la Révolution et sa finalité, partant de la biographie du prophète », et ceci le jeudi et vendredi 2 et 3 Février 2012, à Kairouan.

 

Ce mélange entre politique et religieux a choqué bon nombre de monde, si bien que la nouvelle de cette conférence a parcouru le Web et les réseaux sociaux. En effet, beaucoup ne comprennent pas comment les principes de la Révolution pourraient être ralliés à la vie du prophète, et se rappellent le discours insipide du ministère des affaires religieuses au temps de Ben Ali lorsqu’on disait, par exemple, que le prophète prenait l’avis de ses disciples et amis avant de prendre une décision et que l’islam était par voie de conséquence une religion qui prône la démocratie. Il s’agit là encore de citer vainement quelques exemples de la vie du prophète où il défendait la dignité des hommes et leurs libertés pour associer la Révolution à l’islam de manière sommaire.

 

Le comment de la chose sera sans doute tordu, mais c’est bien le « pourquoi » qui inquiète plus les internautes, surtout venant du ministère des affaires religieuses occupé en ce moment par Ennahdha. S’agit-il d’une façon subtile de s’approprier la Révolution en faisant croire que les principes défendus par les révolutionnaires sont purement islamiques et par voie de conséquence l’effet du courant islamiste, qui partage ces principes, est d’avoir engendré la Révolution tunisienne ? Jouant sur l'amalgame entre islam et le courant islamique politique d'Ennahdha, il faut deux jours de conférences au ministère des affaires religieuses pour vendre aux gens son poison, mais il faut sûrement moins de temps pour se rendre compte de la supercherie et encore moins pour prendre conscience de la tentative du parti au pouvoir, là encore, de mettre la main sur une institution sensible de l’état pour se faire une notoriété.

par Mohamed Anis Abrougui

source tiwinoo

 

 

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Quand le parti Ennahdha sortira t-il de l’ambivalence ?


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Le citoyen tunisien peut légitimement se demander quels desseins véritables le parti Ennahdha poursuit et quelles priorités réelles il s’est fixées.

par Zouheir Jamoussi


 

Depuis les élections générales d’octobre 2011, qui lui ont permis de détenir l’essentiel du pouvoir exécutif, le parti islamiste s’est livré à des pratiques politiques incohérentes et contradictoires qui ne sont de nature ni à rassurer l’opinion publique, ni à favoriser la cohésion nationale si nécessaire pour faire face à une situation socio-économique d’une extrême gravité.

 

La dichotomie «laïcs et gauchistes» et «islamistes»

Une première hypothèse consisterait à penser que la priorité pour Ennahdha est de mobiliser, par-delà les clivages politiques, toutes les forces vives et toutes les ressources du pays pour tenter de surmonter cette crise dont la gravité est unanimement reconnue. Ses appels à la formation d’un gouvernement d’union nationale après son succès électoral pouvait faire penser à une ouverture sincère dans ce sens.

L’hypothèse contraire serait de supposer que le parti islamiste entend gouverner un pays délibérément divisé selon une ligne idéologique et religieuse artificielle, tracée et exploitée durant la campagne électorale par un parti Ennahdha s’érigeant en sauveur de l’islam en Tunisie et désignant les adeptes de la laïcité, mal compris, comme des mécréants et des ennemis de Dieu.

Les toutes dernières déclarations de Sadok Chourou, membre de l’Assemblée constituante issu d’Ennahdha, rapportées par nos médias le 30 janvier, confirment la dichotomie établie dans le discours du parti Ennahdha entre «laïcs et gauchistes» d’une part et «islamistes» d’autre part.

Quelques faits plaident d’ailleurs en faveur de cette seconde hypothèse. Je pense notamment à l’impunité dont semblent jouir les auteurs d’agressions intolérables perpétrées en particulier contre les journalistes et les universitaires et, plus généralement, contre les libertés et les droits des citoyens.

 

Ne pas fâcher les Salafistes ! 

Les agissements des Salafistes à Sejnane et leur interminable «sit-in» qui a paralysé la Faculté de la Manouba, pour ne prendre que ces exemples, n’ont pas suscité de la part du gouvernement des réactions à la mesure de la gravité des dépassements commis, loin s’en faut. Dans le cas de la faculté, tout porte à croire que le gouvernement s’est contenté de compter les coups en spectateur, peut-être misant dangereusement sur l’abdication du droit et de la légalité au sein de l’institution.

Pourtant, avant la formation de l’actuel gouvernement, Rached Ghannouchi, président d’Ennahdha, avait, si j’ai bonne mémoire, ébauché (du bout des lèvres, il est vrai) ce qui aurait pu servir de base à une sortie de crise : tout en soulignant que le port du niqab faisait partie des libertés tant revendiquées, il avait ajouté que cela dérogeait pourtant quelque peu aux habitudes vestimentaires tunisiennes et que, par ailleurs, les règlements internes devaient être respectés. Cependant, le gouvernement de Hamadi Jebali semble persister dans sa détermination à ne pas fâcher les Salafistes. L’action du gouvernement veut-elle donc se situer essentiellement dans le cadre prioritaire d’une réforme de la vie politico-religieuse en Tunisie dans le sens opposé aux engagements officiels d’Ennahdha ?

 

D’étranges accoutrements venus d’ailleurs 

A quel islam veut-on d’ailleurs «convertir» un peuple tunisien très majoritairement imprégné des préceptes, valeurs et culture islamiques et enrichi, tout au long de son histoire, par son ouverture aux saines influences des autres cultures ? Faut-il rappeler que, comme en Algérie, l’attachement inébranlable à l’identité arabo-musulmane a été, dans notre pays, un facteur déterminant dans les diverses phases de la longue lutte contre le colonialisme. Voilà, cependant, qu’on veut substituer à cette tradition musulmane si profondément enracinée en Tunisie, une culture de rechange importée, dont on prétend qu’elle s’inspire de l’islam originel. Mais qu’on pardonne au Tunisien moyen de ne pas reconnaître le visage tolérant de l’islam dans ces mines délibérément rébarbatives et ces étranges accoutrements venus d’ailleurs.

En fait, ces manifestations culturelles apparaissent comme les signes avant-coureurs d’une volonté de pénétration et d’embrigadement politiques manifestée par un petit pays qui a tout à apprendre de notre Tunisie en matière de libération nationale.

Certes, les dissensions au sein même du sunnisme moyen-oriental expliquent la recherche d’alliances politico-religieuses à l’échelle du monde arabe, voire du monde islamique. Plus encore, le conflit entre chiisme et sunnisme qui secoue toute la région du Golfe est perçu par certains pays frères, eu égard à leur structure démographique particulière, comme une menace pour leur unité nationale et une illustration des visées hégémoniques iraniennes.

Cependant, s’il est vrai que la Tunisie ne peut être indifférente à ces réalités politiques régionales, elle n’a pas pour autant vocation à servir de pion sur l’échiquier moyen-oriental ou de vassal à un seigneur inféodé. Force nous est de reconnaître que ces dissensions, qui sont en permanence attisées par les amis du sionisme expansionniste, ne peuvent profiter qu’aux ennemis de l’islam. A cet égard, l’idée de «normalisation des relations avec Israël», souvent évoquée depuis quelque temps en Tunisie, alors même que se propage implacablement le cancer de la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens, devrait choquer tous les Tunisiens, quelle que soit leur appartenance politique. Mais revenons en Tunisie.

 

Les Salafistes : alliés ou adversaires d’Ennahadha ?

La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si les Salafistes sont les alliés politiques réels mais inavoués ou les adversaires redoutés du parti Ennahadha. Dans ses propos rapportés par les médias du 30 janvier, M. Chourou ne «tranche» pas : «Ennahdha soutient la prédication salafiste» mais n’est pas d’accord avec les «pratiques politiques» des Salafistes. Il se trouve justement que rien de clair ni de décisif n’est fait par le gouvernement pour mettre un terme à ces «pratiques». Pourtant le fait est là : le parti majoritaire au gouvernement ne peut continuer à gouverner conformément à l’engagement qu’il a solennellement pris de respecter les libertés et les droits des citoyens, tout en s’interdisant de mettre fin aux agissements inacceptables d’une minorité qui veut imposer sa loi.

Tout se passe, en effet, comme si le gouvernement ménageait cette minorité en lui concédant un espace de non-droit où elle peut donner libre-cours à son agressivité en toute impunité. Mais l’impunité jusqu’où, jusqu’à quand?

Il est curieux à cet égard que le parti Ennahdha crie au sabotage politique et se plaigne que les oppositions, les médias et les syndicats s’acharnent contre lui et entravent l’action gouvernementale.

Mais ce n’est là qu’une contre-vérité de plus. Encore une fois, le parti islamiste veut abuser l’opinion publique : car l’opposition, comme Ennahdha le sait pertinemment, n’a pas pour cible la politique gouvernementale en matière de redressement économique et social du pays, ni le gouvernement lui-même, mais bien l’ambivalence d’Ennahdha et les dangers que ce parti fait courir aujourd’hui aux libertés et au droit en Tunisie. Plus que jamais, en effet, les oppositions doutent de la sincérité de l’engagement du gouvernement à protéger les libertés, le droit et le processus démocratique.

 

Les fissures de la troïka 

Maintenant, si, par bonheur, l’objectif du parti Ennahdha est de tenir son engagement en faveur de la démocratie et des libertés, et que sa priorité, telle que l’impose la situation du pays, est de relever l’énorme défi socio-économique, alors il n’existe pour lui d’autre voie que celle du rassemblement et de la cohésion nationales. Mais est-il imaginable qu’une telle cohésion puisse voir le jour dans le climat de suspicion et de méfiance que suscite et exacerbe de jour en jour l’ambivalence de ce parti ?

A cet égard, l’alliance politique conclue entre Ennahdha, le Congrès pour la République (Cpr) et Ettakatol, et connue sous le nom de «troïka », pouvait, dans un premier temps, apparaître comme le signe d’une ouverture politique prometteuse. Or, déjà des fissurations apparaissent dans l’édifice de la troïka, et les partenaires du parti islamiste, pressés par leur base, ne cachent plus leur embarras et leur frustration.

Peut-être l’expérience brève mais combien difficile du pouvoir et la complexité de la situation, à laquelle il a du mal à faire face, auront-elles fait comprendre au parti Ennahdha qu’il se condamne inéluctablement à l’isolement politique total, s’il ne renonce pas à l’ambivalence comme mode de gouvernement.

* Universitaire à la retraite.

source kapitalis

 

 

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Les Frères Musulmans au seuil du pouvoir


Paris – Au seuil du pouvoir, les Frères Musulmans devront faire le dur apprentissage de la gestion quotidienne des conflits sociaux du pays et veiller à la neutralisation des interférences externes dans la détermination de la nouvelle diplomatie égyptienne; un fait qui suppose la prise en compte des profondes aspirations d’un peuple frondeur et tombeur de la dictature et les impératifs de puissance que commande la restauration de la position de l’Egypte dans le Monde arabe. Sur fond de concurrence avec la mouvance rivale salafiste, cette épreuve est infiniment plus redoutable que près de cinquante ans d’opposition déclamatoire souvent à connotation sinon démagogique à tout le moins populiste.

 

1- Ce que Nasser pensait de Frères Musulmans

En Egypte, les partis religieux ont totalisé près des deux tiers des sièges du Parlement. En Tunisie En-Nahda a raflé 41,47% des sièges et au Maroc, les islamistes ont obtenu 107 des 395 du parlement.
La montée en puissance des Frères musulmans dans le Monde arabe à la faveur des consultations post printemps arabe, sur fond de drainage massif de pétrodollars, remet en mémoire les relations conflictuelles entre Nasser, à l’époque le chef charismatique du combat nationaliste arabe, et la confrérie, la plus ancienne formation politique d’Egypte, et sans doute du Monde arabe.

A l’intention des lecteurs arabophones, voici que Nasser pensait des Frères Musulmans

<a style="color: #0068a5; text-decoration: none; font-weight: bold;" _mce_style="color: #0068a5; text-decoration: none; font-weight: bold;" title="http://www.youtube.com/watch?v=OWCJnFu9gF0" rel="nofollow" href="http://www.youtube.com/watch?v=OWCJnFu9gF0" _mce_href="http://www.youtube.com/watch?v=OWCJnFu9gF0"></a>

 

<a style="color: #0068a5; text-decoration: none; font-weight: bold;" _mce_style="color: #0068a5; text-decoration: none; font-weight: bold;" title="http://www.youtube.com/watch?v=EFvLz4FQ6vE" rel="nofollow" href="http://www.youtube.com/watch?v=EFvLz4FQ6vE" _mce_href="http://www.youtube.com/watch?v=EFvLz4FQ6vE"></a>

 

Et piour les lecteurs non arabophones, ci-joint un résumé des propos de Nasser tels qu’ils ont été diffusés dans ces deux vidéos:

Sur la 1ère vidéo

Nasser indique avoir cherché à nouer une coopération avec les Frères musulmans d’Egypte, en 1953, à son arrivée au pouvoir: La première revendication de responsable de la confrérie a été d’imposer le port du voile aux personnes de sexe féminin. «J’ai refusé car je considérai cela comme un retour en arrière. Mon interlocuteur n’avait pas réussi à imposer le voile à sa propre fille et il voulait l’imposer aux dix millions de femmes égyptiennes».

Sur la 2eme vidéo

«L’impérialisme et le colonialisme ont fourni armes et argent aux Frères Musulmans. Lors d’un de mes entretiens avec le dirigeant de la confrérie, l’homme à barbe m’a déclaré que le socialisme est contre la religion. …
Réponse de Nasser: Mais la religion prescrit elle que le pouvoir soit détenu exclusivement par une seule famille , que cette famille dispose de toutes les ressources du pays et de réduire l’ensemble de la population au statut d’esclaves?

Un des aspects de la question, notamment la collaboration avec les Etats-Unis et l’Arabie saoudite a été traité dans «Les Révolutions arabes et la malédiction de Camp David» René Naba, Editions Bachari Mai 2011 (1).

 

II- Quand la CIA finançait les Frères musulmans.

De son côté, le journaliste Ian Hammel a apporté des informations complémentaires dans un article paru dans l’hebdomadaire français le Point en date du 6 décembre 2011 et intitulé «Quand la CIA finançait les Frères musulmans».
Dans le papier de Ian Hammel, on y lit notamment: «Les services secrets américains ont longtemps soutenu la confrérie, née en 1928 en Égypte. Saïd Ramadan, mort à Genève en 1995, fondateur des Frères musulmans et père de Hani et Tariq Ramadan.

Le Fonds E 4320, conservé aux archives fédérales à Berne, concerne Saïd Ramadan, le gendre d’Hassan Al-Banna, fondateur des Frères Musulmans égyptiens. Poursuivi par le régime nassérien, réfugié en Suisse en 1959, Siad a crée le Centre Islamique de Genève, le premier institut de ce genre en Europe. Il est par ailleurs l’un des fondateurs de la Ligue Islamique Mondiale inspirée parles Saoudiens.

Une note confidentielle des services secrets suisses datant du 17 août 1966 évoque la « sympathie » de la BUPO, la police fédérale sur la protection de l’État, pour Saïd Ramadan. Elle ajoute: « Il est très certainement en excellents termes avec les Anglais et les Américains. » Un autre document, daté du 5 juillet 1967, se montre encore plus précis. Saïd Ramadan est présenté comme un « agent d’information des Anglais et des Américains. De plus, je crois savoir qu’il a rendu des services – sur le plan d’informations – à la BUPO. »
Toujours est-il qu’une réunion, présidée par le chef du service du Ministère public fédéral, du 3 juillet 1967, décide d’accorder un permis de séjour à Saïd Ramadan, alors que ce dernier aurait dû être expulsé le 31 janvier 1967. Les raisons de cette tolérance ? La possibilité « que les amis de Saïd Ramadan prennent le pouvoir dans les mois à venir dans l’un ou l’autre État aujourd’hui qualifié de progressiste ou socialiste ».

 

Saïd Ramadan et le président américain

Ces documents déclassés vont dans le même sens que l’ouvrage publié en septembre dernier par le journaliste américain Ian Johnson, lauréat du prix Pulitzer, Une mosquée à Munich. Les nazis, la CIA et la montée des Frères musulmans en Occident (*), on découvre que les Allemands, pendant la Seconde Guerre mondiale, ont utilisé les Tchétchènes, les Kazakhs, les Ouzbeks, les musulmans vivant en URSS contre les communistes athées. Les Américains ont ensuite pris le relais, soutenant les islamistes contre le bloc communiste et ses satellites. En juillet 1953, une délégation de musulmans est invitée aux États-Unis, et reçue à la Maison-Blanche, parmi eux Saïd Ramadan.
Le 28 octobre 2011, dans un article intitulé « Le rôle mobilisateur de Saïd Ramadan », le site francophone Oumma.com montre la photo du président Dwight Eisenhower entouré des membres de la délégation. Saïd Ramadan est à sa droite. Le président américain estime que, dans ses relations avec les dirigeants arabes, « notre foi en Dieu devrait nous donner un objectif commun : la lutte contre le communisme et son athéisme », relève Ian Johnson. Quelques années plus tard, Saïd Ramadan, réfugié en Europe, traite avec Bob Dreher, un agent de la CIA installé à Munich.

Saïd Ramadan obtient en 1959 un doctorat en droit de l’université de Cologne pour sa thèse La charia, le droit islamique, son envergure et son équité. Il brûle d’envie d’étendre son influence à l’Europe entière. « Installé à Genève, il considérait Munich, à une journée de route de son domicile, comme l’endroit idéal où établir une sorte de base avancée », lit-on dans Une mosquée à Munich. La CIA finançait-elle directement Saïd Ramadan et les Frères musulmans en Europe? Ian Johnson reste prudent, dans la mesure où une partie des archives de l’agence de renseignements ne peut être consultée. « Tout indique que Dreher et l’Amcomlib eurent recours aux moyens financiers et politiques à leur disposition pour donner un coup de pouce au principal représentant des Frères musulmans en Europe », écrit-il. L’Amcomlib, ou American Committee for Liberation from Saïd Ramadan, de nationalité égyptienne, voyageait à cette époque avec un passeport diplomatique jordanien. Apparemment, le gendre d’Hassan el-Banna ne manquait pas de subsides, Une mosquée à Munich raconte ainsi qu’il roulait en Cadillac (2).

Décédé en 1995 à Genève, Saïd Ramadan est notamment le père de l’islamologue Tariq Ramadan, et de Hani Ramadan, qui lui a succédé à la tête du Centre islamique de Genève. Interrogé sur les liens éventuels de son père avec les services secrets américains et européens, ce dernier n’a pas souhaité nous répondre.

 

III – Rached Ghannouchi

Rached Ghannouchi, le chef du parti islamiste tunisien An Nahda, longtemps la bête noire des Occidentaux, s’est vu distingué par le magazine Foreign Policy comme «l’un des plus grands intellectuels de l’année 2011».

Parmi ces 100 plus grands intellectuels figurent une brochette de belliciste à tout crin: Dick Cheney, ancien vice-président de George Bush jr, un des artisans de l’invasion de l’Irak, de même que Condoleezza Rice, secrétaire d’Etat de George Bush, le sénateur John Mac Cain, le président français Nicolas Sarkozy, le couple Bill et Hilary Clinton, le ministre de la défense de Bush jr et de Barack Obama, Robert Gates, le premier ministre turc Recep Teyyeb Erdogan et l’incontournable roman enquêteur Bernard Henri Lévy.

Et sur le plan arabe, outre Rached Ghannouchi, figurent Waddah Khanfar, l’ancien directeur islamiste de la chaine Al Jazira, époux de la nièce de Wasfi Tall, l’ancien premier ministre jordanien bourreau des Palestiniens lors du septembre noir jordanien de 1970, Waël Al-Ghoneim, responsable pour l’Egypte du moteur de recherche américain Google et animateur du soulèvement égyptien sur Facebook, ainsi que l’ancien Directeur de l’agence atomique de Vienne Mohamed Baradéï et le politologue palestinien Moustapha Barghouti, que nous aurions souhaité être distingué par un autre aréopage que Freedom House ou Global Voice Project.
Rached Ghannouchi a mis à profit son séjour pour rendre visite au « Washington Institute for Near East Policy», très influent think tank fondé en 1985 par M. Martin Indyk, auparavant chargé de recherche à l’American Israel Public Affairs Committee ou AIPAC, le lobby israélien le plus puissant et le plus influent aux Etats-Unis.
Le chef islamiste, longtemps couvé médiatiquement par la Chaine Al Jazira, a pris soin de rassurer le lobby pro israélien quant à l’article que lui-même avait proposé d’inclure dans la constitution tunisienne concernant le refus du gouvernement de collaborer avec Israël.

En trente ans d’exil, cet ancien nassérien modulera sa pensée politique en fonction de la conjoncture, épousant l’ensemble du spectre idéologique arabe au gré de la fortune politique des dirigeants, optant tour à tour, pour le nassérisme égyptien, devenant par la suite adepte de l’ayatollah Ruhollah Khomeiny (Iran), puis de Hassan Al Tourabi (Soudan), pour jeter ensuite son dévolu sur le turc Recep Tayeb Erdogan, avant de se stabiliser sur le Qatar, soit sept mutations, une moyenne d’une mutation tous les quatre ans.
Du grand art qui justifie a posteriori le constat du journaliste égyptien Mohamad Tohi3ma «Les Frères Musulmans, des maitres dans l’art du camouflage et du contorsionnement mercuriel», article paru dans le journal libanais «Al Akhbar» en date du 1er octobre 2011 reprenant une tribune de Mohamad Tohi3ma, directeur du quotidien égyptien «Al Hourriya». Du grand art. En attendant la prochaine culbute. La prochaine chute ?

Au seuil du pouvoir, les Frères Musulmans d‘Egypte devraient faire preuve d’innovation, par le dépassement du conflit idéologique qui divise le pays depuis la chute de la monarchie, en 1952, en une sorte de synthèse qui passe par la réconciliation de l’Islam avec le socialisme. Cesser d’apparaitre comme la roue dentée de la diplomatie américaine dans le Monde arabe, en assumant l’héritage nassérien avec la tradition millénaire égyptienne, débarrassant la confrérie de ses deux béquilles traditionnelles ayant entravé sa visibilité et sa crédibilité, la béquille financière des pétromonarchies rétrogrades et la béquille américaine de l’ultralibéralisme.

Sous la direction de la confrérie, l’Egypte, épicentre du Monde arabe, devrait prendre en outre l’initiative historique de la réconciliation avec l’Iran, le chef de file de la branche rivale chiite de l’Islam à l’effet de purger le non dit d’un conflit de quinze siècle résultant de l’élimination physique des deux petits fils du prophète, Al-Hassan et Al-Hussein, acte sacrilège absolu fruit sinon d’un dogmatisme, à tout le moins d’une rigidité formaliste.

Répudier la servilité à l’égard des Etats-Unis, bannir le dogmatisme régressif sous couvert de rigueur exégétique, concilier Islam et diversité, en un mot conjuguer Islam et modernité…Tel est le formidable défi des Frères Musulmans au seuil du pouvoir dont la réussite pourrait conférer une légitimité durable et un magistère moral indiscutable à une confrérie dont la mutation pourrait impulser une dynamique de changement à l’épicentre de la gérontocratie pétro monarchique du Golfe, en particulier l’Arabie saoudite, le foyer de l’intégrisme et de la régression sociale, condition indispensable au relèvement du Monde Arabe.

source oumma

 

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Quel avenir pour les juifs tunisiens ?


votetunisieD’une communauté estimée à près de 100 000 personnes en 1956, il ne reste aujourd’hui que 1 500 Juifs en Tunisie, résidant essentiellement à Tunis et à Djerba. L’invitation faite par le nouveau président tunisien aux chefs religieux, reçus successivement le 19 décembre 2011, nous a offert un condensé des tiraillements politiques que connaît actuellement la Tunisie, et en conséquence un prisme intéressant pour penser le devenir des derniers Juifs de ce pays.

 

Dilemme quant à la place du religieux dans l’État, tout d’abord. Au lendemain de la victoire des islamistes d’Ennahda aux premières élections véritablement démocratiques et de la constitution d’une coalition avec deux partis séculiers, il s’agissait de trouver un compromis entre deux volontés en apparence inconciliables : pénétration plus ou moins forte de l’islam dans l’ensemble de la vie publique comme le souhaite les islamistes, ou sécularisation de l’État comme le veulent les autres membres de la coalition.

Le choix a été fait de recevoir consécutivement et séparément les chefs des 3 religions, seul scénario qui permettait de préserver l’indétermination entre deux volontés politiques opposées. Que l’on en juge plutôt : n’inviter que le grand rabbin et l’archevêque aurait signifié que l’islam n’avait besoin d’être représenté ce jour là, puisqu’il était déjà partout. Recevoir ensemble les dignitaires des trois religions aurait adressé le signal d’un Etat dégagé de toutes considérations religieuses, ce qui ne correspond pas non plus à la réalité politique de la Tunisie d’hier, ni à celle que les Tunisiens veulent construire aujourd’hui. Rappelons par exemple que l’ancienne constitution votée en 1959 mentionne expressément le fait que le Président doit être musulman, et que la mini-constitution votée début décembre 2011 a confirmé ce point.

En Tunisie, tous les citoyens sont égaux en droit, mais les musulmans demeureront formellement un peu plus égaux que les autres. Verra-t-on la Tunisie devenir la première véritable démocratie musulmane, comme il existe déjà de nombreuses démocraties chrétiennes ? C’est la première question, cruciale pour les Juifs de ce pays, que cette rencontre a posé, par les modalités même de son organisation.

La seconde hésitation porte sur la place que le pouvoir est prêt à octroyer dans les faits aux citoyens juifs au sein de cette Tunisie nouvelle. Elle est illustrée par une déclaration faisant suite à la rencontre entre le Président Marzouki et le grand rabbin Bittan : au ministre israélien Silvan Shalom qui depuis Jérusalem invitait le 6 décembre 2011 les derniers juifs tunisiens à venir s’installer en Israël, le Président Moncef Marzouki, a répondu quelques jours après en invitant l’ensemble des Juifs tunisiens ayant quitté le pays depuis l’indépendance à revenir s’y installer.

Ce pied de nez adressé à un responsable politique israélien témoigne de la volonté apparente du chef de l’État tunisien de garantir la protection et le bien-être de ces concitoyens juifs. Mais qu’en est-il du gouvernement islamiste? Car si il se déclare lui aussi être prêt sur le principe à protéger tous les tunisiens, il se fait beaucoup plus hésitant dans les faits. À ce jour, Ennahda ne s’en est jamais directement pris aux juifs, mais les dirigeants de ce parti ne semblent pas s’apercevoir qu’ils leur rendent progressivement l’air plus lourd. Ces derniers mois, ils ont été à juste titre inquiétés par les positions du parti désormais au pouvoir. On citera notamment :

1/ La position prise par le Président d’Ennahda en faveur de la légalisation du parti salafiste Ettarhir, lors d’une interview sur le plateau d’une chaine privée de la TV tunisienne. Pour rappel, Ettarhir est l’organisateur de la manifestation antisémite du 14 février 2011 devant la synagogue de Tunis durant laquelle des manifestants, déployant bannières du djihad ont hurlé: «Khaybar Khaybar ya yahud, jaysh Muhammad sawfa ya‘ud » « Ô Juifs souvenez-vous de Khaybar, l’armée de Mahomet reviendra ». L’hypothèse de la légalisation future d’un parti ayant proféré des menaces de mort antisémites a de quoi préoccuper sérieusement les juifs tunisiens.

2/ La volonté affichée pendant un temps par Ennahda de voir mentionner l’interdiction de toute normalisation avec « l’entité sioniste » dans la prochaine constitution. Même si ce parti semble y avoir finalement renoncé, on ne peut ignorer que toute diabolisation d’Israël aura des répercussions directes sur la sécurité des juifs tunisiens.

3/ Encore dernièrement, le gouvernement tunisien envisageait de poursuivre judiciairement, vraisemblablement par rétorsion aux propos tenus par Silvan Shalom, les tunisiens qui se rendrait en Israël, criminalisant ainsi les liens, même familiaux ou spirituelles, que les juifs tunisiens peuvent entretenir à ce pays.

Pour la communauté juive tunisienne, les signaux inquiétants s’amoncellent, mais il s’agit à chaque fois d’interrogations, de suggestions, qui n’ont pour l’instant jamais été suivies de décisions concrètes.

Il convient donc pour les juifs de Tunisie d’être particulièrement vigilants dans les prochaines semaines : être prêts à l’hypothèse d’un départ, mais faire aussi le crédit à la coalition actuelle de la volonté annoncée – et à ce jour non encore démentie par une quelconque décision – de respecter les juifs en tant que citoyens et de les protéger en tant que communauté.

Dès les premières heures, j’ai vibré avec les jeunes tunisiens qui avaient décidé d’en finir avec un pouvoir autoritaire et corrompu. J’ai pensé et continue de croire que mieux valait le désordre ponctuel à l’injustice ; il ne faut pas qu’une fois la stabilité retrouvée, la justice progresse pour tous, sauf pour les derniers juifs de Tunisie.

 (Article paru dans l’Arche, N°636, février 2012) laregledujeu

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 05:21

 

 

 

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Grèce: nouvelles manifestations avant un vote crucial

 

 

Les partenaires de la Grèce au sein de la zone euro lui ont signifié explicitement qu'elle devait consentir des mesures d'austérité supplémentaires à l'accord gouvernemental trouvé cette semaine pour que soit débloqué cet argent.

 

Les partenaires de la Grèce au sein de la zone euro lui ont signifié explicitement qu'elle devait consentir des mesures d'austérité supplémentaires à l'accord gouvernemental trouvé cette semaine pour que soit débloqué cet argent.

 

La Grèce au bord du gouffre financier depuis deux ans vit de nouvelles journées décisives dans l'attente, dimanche, d'un vote du parlement sur un nouveau programme d'austérité qui divise la classe politique et a de nouveau poussé, samedi, des milliers de manifestants dans les rues.

 

A Athènes, pour la seconde journée consécutive, environ 3.500 manifestants se sont rassemblés en milieu de journée sur la place centrale de Syntagma. Quelque 4.000 personnes ont également manifesté à Salonique, la grande ville du nord du pays, selon la police.

 

Les banderoles dénonçant "le chantage de la troïka" ou demandant "l'effacement de la dette" étaient brandies par une foule pacifique encadrée par un imposant dispositif de policiers, presque aussi nombreux que les manifestants.

 

La journée avait commencé par une action coup de poing des militants du front communiste syndical grec Pame qui ont déployé sur l'Acropole deux banderoles géantes dénonçant "la dictature des monopoles de l'Union européenne".

L'absence de transports en commun dans la capitale grecque, paralysée par les débrayages dans les services publics, était l'une des explications données à cette faible mobilisation.

 

Vendredi, à Athènes, quelque 17.000 manifestants avaient répondu à l'appel des syndicats qui ont lancé jeudi un mouvement de 48h de grève générale. En marge de leur rassemblement, des affrontements avaient opposé de petits groupes d'individus jetant des pierres et des cocktails Molotov à la police qui a riposté par des tirs de gaz lacrymogènes.

 

Pour les syndicats, la véritable épreuve sociale doit se jouer dimanche quand les contestataires de tous bords sont appelés, vers 15H00 GMT, à affluer devant le parlement avant le vote nocturne du plan de rigueur exigé par les bailleurs de fonds de la Grèce pour débloquer un nouveau prêt vital de 130 milliards d'euros.

 

Les manifestations massives de juin et octobre 2011 contre l'austérité supportée par le pays depuis deux ans avaient massé entre 50.000 et 100.000 personnes dans les rues de la capitale.

 

Le nouveau programme d'austérité, dont le contenu exact n'est pas encore connu, devrait notamment inclure une réduction de 22% du salaire minimum dans le cadre d'une déréglementation générale du marché du travail, la suppression dans l'année de 15.000 emplois publics et des coupes sur certaines pensions de retraite.

 

Après avoir annoncé jeudi un accord à l'arraché entre les trois partis de la coalition gouvernementale (socialiste, conservateur, extrême droite), le Premier ministre Lucas Papademos s'est trouvé confronté dès le lendemain à de profondes dissensions au sein de son équipe.

 

Vendredi, le gouvernement a enregistré la démission des quatre ministres d'extrême droite, ainsi qu'une ministre socialiste, portant à six le nombre de départs depuis le début de la semaine, en réaction à la sévérité du nouveau paquet de mesures.

Le quotidien Ta Nea (pro-gouvernemental) décrivait samedi une équipe ministérielle en pleine "crise de nerfs", jouant "un jeu dangereux".

 

L'accord qui doit sauver la Grèce de la faillite sera soumis dans la nuit de dimanche à lundi au vote des parlementaires qui n'auront pas à se prononcer sur un programme détaillé de mesures économiques mais devront donner mandat au Premier ministre et au ministre des Finances Evangélos Vénizélos pour signer avec les bailleurs du pays le plan qu'ils exigent de la Grèce.

En plus de cette procuration, les députés devront également voter sur l'accord d'effacement de 50% de sa dette que le pays a conclu avec ses créanciers privés et les modalités de recapitalisation des banques grecques.

 

Les débats débuteront vers 14h00 (12h00 GMT) au parlement.

Dans une intervention aux accents dramatiques devant le conseil des ministres vendredi, Lucas Papademos a mis en garde contre un risque de "chaos incontrôlé" sans accord parlementaire et prévenu que le pays se trouvait dans "un moment de responsabilité historique".

 

Si le pays renonçait aux efforts demandés par les bailleurs de fonds et acceptait un défaut de paiement désordonné, l'Etat serait "incapable de payer les salaires, les pensions et de maintenir des services de base comme les hôpitaux et les écoles" a-t-il prédit.

 

Les chefs des deux partis politiques restant au gouvernement (socialiste et conservateur) y sont également allés samedi de leur appel à la responsabilité, adjurant leurs députés de voter la rigueur, alors que plusieurs d'entre eux ont exprimé leurs réticences à cautionner un tour de vis supplémentaire.

 

Même sans le parti d'extrême droite Laos, qui ne compte que 16 députés, M. Papademos dispose encore d'une majorité confortable pour faire voter ce plan. Un remaniement ministériel est attendu lundi pour remplacer les quatre ministres du Laos, qui ont démissionné vendredi, selon les médias grecs.

 

Sans aval du parlement, la Grèce n'a aucune chance de recevoir le premier centime de l'aide européenne visant à lui éviter un défaut de paiement incontrôlé en mars lorsqu'elle devra rembourser une échéance de 14,5 milliards d'euros.

 

Les partenaires de la Grèce au sein de la zone euro lui ont signifié explicitement qu'elle devait consentir des mesures d'austérité supplémentaires à l'accord gouvernemental trouvé cette semaine pour que soit débloqué cet argent.

sourcefr/monde/grece


 

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  Voir également : Toutes les générations sont révoltés 

 

 

 

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Rigueur budgétaire: ça grogne en Grèce, au Portugal et en Espagne

 

Manifestations en Grèce et au Portugal contre l'austérité, appel syndical à la mobilisation générale en Espagne contre un projet de réforme du marché du travail: la grogne sociale s'étend dans les pays du sud de l'Europe les plus frappés par la crise.

 

Alors que la contestation s'est poursuivie samedi en Grèce contre les nouvelles mesures de rigueur pour la seconde journée consécutive, avec plus de 7000 personnes dans les rues à Athènes et Salonique (nord), des milliers de personnes venues de l'ensemble du pays ont également manifesté à Lisbonne.

 

«Non à l'exploitation, non aux inégalités, non à l'apauvrissement» ou encore «une autre politique est possible et nécessaire», pouvait-on lire sur les banderoles déployées par des manifestants qui scandaient: «la lutte continue!».

 

«Mon pouvoir d'achat a baissé, les jeunes sont au chômage, les entreprises ferment les unes après les autres. Je ne vois pas d'issue», a déploré une retraitée lisboète.

 

 

«Je suis au chômage depuis trois ans. Aujourd'hui je dois vivre avec une retraite de 419 euros et payer un loyer de 150. C'est intenable», a confié de son côté une ancienne ouvrière d'une entreprise textile de la région de Guimaraes (nord).

 

Cette journée d'action intervient à quelques jours de la troisième mission trimestrielle de la Troïka (UE, BCE et FMI), représentant les créanciers du Portugal, chargée d'évaluer l'exécution du plan d'aide financière accordé en mai dernier, d'un montant de 78 milliards d'euros.

 

 

Les manifestants ont pris d'assaut les rue en... (Photo Reuters)

Photo Reuters

 

En échange de cette aide, le Portugal s'est engagé à mettre en oeuvre un exigeant programme de rigueur prévoyant diverses hausses d'impôts, une baisse des prestations sociales, une forte augmentation des tarifs des transports publics urbains ou encore une révision du code du travail introduisant un assouplissement des horaires et la suppression de jours de congés.

 

En Espagne, où le gouvernement a également adopté vendredi une réforme du travail pour flexibiliser le marché de l'emploi, les deux principaux syndicats, UGT et CCOO, ont appelé à la mobilisation générale et à manifester dans tout le pays le 19 février contre ces nouvelles mesures.

 

Les syndicats critiquent cette réforme qui démantèle, selon eux, les droits sociaux, détruisant «des emplois» et attaquant «les bases fondamentales du modèle de bien-être social».

 

Les manifestations doivent se poursuivre dimanche en Grèce, où les contestataires de tous bords sont appelés à affluer devant le parlement avant le vote nocturne du nouveau plan de rigueur exigé par les bailleurs de fonds de la Grèce pour débloquer un nouveau prêt de 130 milliards d'euros pour sauver le pays de la faillite.

 

Ce programme d'austérité, dont le contenu exact n'est pas encore connu, devrait notamment inclure une réduction de 22% du salaire minimum dans le cadre d'une déréglementation générale du marché du travail, la suppression dans l'année de 15 000 emplois publics et des coupes sur certaines pensions de retraite.

 

Le comportement des dirigeants européens face à la crise en Europe a encore une fois essuyé plusieurs critiques samedi.

 

«La crise grecque est précisément le résultat du manque d'initiative européen, du manque de solidarité», a affirmé l'ancien chef du gouvernement italien, Massimo D'Alema, déplorant «l'absence de vision» de l'Union européenne dans la gestion de la crise de la dette grecque, dans un entretien au quotidien belge Le Soir.

 

En visite officielle en Finlande, le président portugais Anibal Cavaco Silva a appelé l'UE à se «débarrasser du mot ''crise''» pour se concentrer sur d'autres objectifs importants pour l'Europe.

source :presseaf

 

 

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Les Allemands doutent (sondage)

 

Près de deux tiers (66%) des Allemands doutent de la volonté de la Grèce d'épargner, selon un sondage publié vendredi par la chaîne de télévision allemande ZDF.



A l'inverse, seulement 27% des Allemands sont convaincus que les Grecs s'efforcent sérieusement de mettre en oeuvre leurs promesses d'économies et 7% refusent de se prononcer, d'après cette enquête réalisée par téléphone entre le 7 et le 9 février auprès de 1.272 personnes. Un peu moins de la moitié des Allemands (46%) s'accommoderaient d'une faillite de la Grèce et le même nombre pense le contraire, tandis que 8% ne savent pas, selon ce sondage réalisé par Forschungsgruppe Wahlen.



69% salue le travail de Merkel

Une majorité (62%) des Allemands s'attend à des conséquences négatives pour la situation économique allemande en cas de faillite de la Grèce, 18% escomptent des effets positifs et 20% sont indécis.

La gestion de la crise de la dette en zone euro par la chancelière allemande Angela Merkel est largement saluée par ses concitoyens: 69% la trouvent "plutôt bonne", 23% "plutôt mauvaise" et 8% ne savent pas.

lien : AFP Publié le 10/02/2012 à 11:35

 

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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 04:52
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Marzouki est averti

L'Algérie ne veut pas d'une médiation tunisienne dans son litige avec le Maroc


 

Avec peu de prérogatives, le président Moncef Marzouki refuse de jouer un rôle secondaire et fait de son mieux pour que son passage à la tête de l'Etat soit marqué par des réalisations palpables sur le terrain.


 

Pour y parvenir M. Marzouki enchaîne les décisions en Tunisie que certains qualifient "de populistes" avant de s'attaquer au défi de désenclaver la Tunisie à travers un partenariat sud-sud. 

 

D'abord il part à la conquête de l'Afrique à travers la participation au sommet de l'union africaine. Ensuite, en effectuant une tournée en Afrique du Nord pour relancer l'Union du Maghreb arabe (UMA). Une structure en panne depuis plusieurs années, à cause des incompréhensions entre l'Algérie et le Maroc.

Inspiré du modèle de l'Union européenne permettant à ses ressortissants d'investir, de résider et de devenir propriétaire dans la contrée de leur choix, l'idéaliste Moncef Marzouki risque de trouver des difficultés à convaincre les marocains mais surtout les algériens à faire démarrer la machine maghrébine.

D'ailleurs, son point de presse tenu à Rabat a suscité beaucoup de réserves du côté algérien. En effet, en évoquant le problème du Sahara occidental, qui était la principale entrave devant l'édification du Maghreb Arabe, la partie algérienne a vite répliquée à cette déclaration.


Interprétant sa déclaration comme une proposition de jouer les médiateurs entre l’Algérie et le Maroc, M. Amar Belani, porteparole du ministère des Affaires étrangères, a été clair. « La question récurrente de la médiation entre l’Algérie, d’une part, et le Maroc et la Libye, d’autre part, est une pure vue de l’esprit puisque tous les canaux sont ouverts avec ces deux pays frères.», explique M. Belani au journal algérien TSA.

« La question de la réouverture de la frontière avec le Maroc est une question souveraine et elle s’intégrera forcément, et à un moment ou à un autre, dans le prolongement de la dynamique constructive amorcée, depuis quelques mois, avec ce pays voisin pour assainir et bâtir une relation bilatérale apaisée, saine et féconde », explique Amar Belani. Le président tunisien est averti : une tentative de médiation tunisienne dans ce dossier n’est pas la bienvenue.


Il est à rappeler que la tournée maghrébine de M. Marzouki a pour principal objectif de convaincre les pays du Maghreb à la tenue d'un sommet maghrébin en Tunisie en 2012 en vue de remettre l’Union du Maghreb arabe sur les rails. Son passage en Algérie, dernière étape de sa tournée maghrébine, sera déterminant.

source letemps

 

 

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 17:17

 

وﻠاﻴﺔ ﺟﻨدوﺒﺔ ﺗدﻌﻮ إﻠﻰ اﻠاﺘﺼاﻞ ﻋﻠﻰ اﻠرﻘﻢ اﻠأﺨﻀﺮ 80101510 ﻟﺘﻨﺴﻴﻖ وﺼوﻞ اﻠﻘواﻔﻞ اﻠﺘﻀاﻤﻨﻴﺔ إﻠﻰ اﻠﻤﻨاﻄﻖ اﻠﻤﻌﻨﻴﺔ

اﻠﻜاﺘﺐ اﻠﺤﻘﻴﻘﺔ

اﻠﺴﺒﺖ, 11 ﻓﻴﻔرﻲ 10:32 2012

 

ﺗدﻌﻮ اﻠﺴﻠﻂ اﻠﺠﻬوﻴﺔ ﺑوﻠاﻴﺔ ﺟﻨدوﺒﺔ اﻠﺠﻤﻌﻴاﺖ وﻤﺨﺘﻠﻒ ﻣﻜوﻨاﺖ اﻠﻤﺠﺘﻤﻊ اﻠﻤدﻨﻲ اﻠﺘﻲ ﺗﻨﻈﻢ ﻗواﻔﻞ ﺗﻀاﻤﻨﻴﺔ ﻟﻔاﺌدﺔ ﻣﺘﺴاﻜﻨﻲ

اﻠﻤﻨاﻄﻖ اﻠﻤﺘﻀررﺔ ﻣﻦ ﻣوﺠﺔ اﻠﺒرﺪ ﺑاﻠﺸﻤاﻞ اﻠﻐرﺒﻲ إﻠﻰ اﻠاﺘﺼاﻞ ﺑﻤرﻜﺰ اﻠوﻠاﻴﺔ ﻋﻠﻰ اﻠرﻘﻢ اﻠأﺨﻀﺮ

80 101 510 ﺑﻬدﻒ اﻠﺘﻨﺴﻴﻖ وﺘأﻤﻴﻦ

وﺼوﻞ ﻫذﻪ اﻠﻘواﻔﻞ إﻠﻰ اﻠﻤﻨاﻄﻖ اﻠﻤﻌﻨﻴﺔ وإﺤﻜاﻢ ﺗوزﻴﻊ اﻠﻤﺴاﻌداﺖ ﻋﻠﻰ ﻣﺴﺘﺤﻘﻴﻬﺎ.

 

425172 2955254733338 1620565352 2563766 2124285822 n

Thala 2012

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 06:05

Les guerres de l’an 12 (1)

Nobles causes


Il y a comme un malaise, sur « ces guerres qu’on dit humanitaires ». Ces « guerres justes » qui sont bien souvent « juste des guerres » — sujet d’un récent numéro de Manière de voir —, même si de grandes ou moins grandes figures intellectuelles les défendent au nom d’un providentiel « usage moral de la violence » : de bien « nobles causes », chantent-t-ils, tout en faisant l’impasse sur les critères ou grilles de valeurs leur permettant de les célébrer. Alors que le droit ou devoir d’ingérence, présenté comme impérieux, est souvent une resucée de la loi du plus fort, du plus offrant ou du plus intéressé. Que la « responsabilité de protéger les populations » ne connaît plus trop de limites. Et qu’un bizarre mélange des genres, entre militaire et humanitaire, nations et coalition, public et privé, a tendance à devenir la règle…

 

Les caractéristiques des engagements militaro-« humanitaires » en Côte d’Ivoire, Libye, ou Afghanistan ont été souvent décrites, sur ce blog et ailleurs :

— des résolutions glissantes : on part du minimum (une zone d’exclusion aérienne, pour la Libye ; une condamnation de la violence, pour la Syrie, plus récemment), en comptant bien — de proche en proche — élargir le champ de la « mission » ; 
— des mandats arrachés au Conseil de sécurité des Nations unies (qui ne peut refuser grand-chose à ses puissances fondatrices), et souvent réinterprétés (au grand dam, dans le cas de la Libye, de l’Union africaine, de la Ligue arabe, de l’Union européenne, et même de la Russie, qui se sont senties flouées) ; 
— un sentiment du « deux poids-deux mesures » (on traite certains cas, d’autres non), qui suscite l’amertume dans le monde arabe et africain (où l’on enrage de constater que, par exemple, la Cour pénale internationale ou les tribunaux spéciaux — Rwanda, Sierra Leone — ciblent surtout des dirigeants africains) ; 
— l’invocation, pour se justifier, du soutien d’une « communauté internationale » largement virtuelle, en tout cas déséquilibrée, la réforme sur l’élargissement du Conseil de sécurité n’ayant jamais abouti.

 

Guerre sana risque

Tout cela est sous-tendu par une sorte de « superbe occidentale » :

— unilatéralisme, difficulté à « penser l’autre », guerre menée « au nom du droit » ou de « l’Etat de droit » (avec même, la présence aux côtés des armées en campagne, de conseillers juridiques militaires) ; 
— distance avec l’ennemi : négation du « dommage collatéral » ; recherche du « zéro mort » (en tout cas, du côté des assaillants, justiciers, etc.) ; frappes lointaines, depuis les airs ou les mers, voire de manière quasi-clandestine (drones), sans troupes au sol ou — quand elles y sont, comme en Afghanistan — en les barricadant.

On y ajoutera cette tendance à l’ingérence tous azimuts dont se gargarise une OTAN se rêvant « sans frontières » (elle qui s’apprête pourtant à mettre fin piteusement à son opération « d’assistance à la sécurité » du régime Karzaï en Afghanistan) ; et dont témoigne la « furia française », avec un président qui aura réussi à se montrer plus vindicatif que les Américains (version Bush) sur des dossiers aussi explosifs que l’Iran, la Syrie, la Libye, Israël…

 

Fabrication de l’ennemi

Et cette autre tendance à se lancer dans des guerres dites « préventives » (où l’on s’érige par avance en juge ou justicier) ou des croisades sociétales (pour la défense des droits des femmes, pour « remodeler le Moyen-Orient ») ce qui revient à s’engager dans une périlleuse « guerre de civilisation » — quitte, en cas de besoin, à fabriquer l’ennemi ou à le démoniser, selon le mode décrit par Pierre Conesa : 
— raconter une belle histoire (avec un scénario simple, opposant les bons aux méchants) ; 
— embarquer les médias dans l’aventure (sans images, pas de crise !) ; 
— identifier si possible la « révolution » grâce à une figure populaire, des héros, des symboles (une couleur, un son, des vêtements, par exemple) ; 
— désigner l’ennemi en inventant une menace, en élaborant un discours stratégique, en impliquant les think tanks, instituts, observatoires, services de renseignement ; 
— faire orchestrer la légitimation de la guerre par des intellectuels ayant accès aux médias dominants, capables de légender cette guerre « juste » et « rédemptrice », voire de présenter des défaites comme des victoires, etc. ; 
— mettre en scène les ONG humanitaires (en sauveurs valeureux, ou en malheureuses cibles).

 

Chauffés à blanc

Le tout sans véritablement se préoccuper des suites ou effets secondaires de ces engagements, rarement à la hauteur des ambitions. Ainsi, en Libye, la guerre des « démocrates » ou « révolutionnaires » aura surtout été menée au nom « d’Allah Akbar ! » ; elle se sera accompagnée d’une « chasse aux Noirs » appuyée sur des considérations racistes ; elle aura contribué à répandre le désordre dans tout le Sahel ; et débouché ces derniers mois sur des affrontements de factions ou de tribus, et desatteintes majeures aux droits de l’homme dans la Libye nouvelle.

N’y avait-il pas, dans ce dernier cas, un calcul « coût-efficacité » à effectuer avant de lancer les machines de guerre ? Quand saura-t-on combien il y a eu au juste de victimes, des deux côtés ? Quand nous prouvera-t-on que « nettoyer » cette dictature finissante était plus important et fécond que la laisser se décomposer d’elle-même, au fil d’une guerre civile qui commençait à se dessiner ?

On insistera aussi sur le rôle central des grands médias, notamment occidentaux, qui multiplient — à chacune de ces crises — les séquences compassionnelles, chauffent à blanc les publics, n’hésitant pas à choisir un camp, attribuant le « beau rôle » à leurs champions — quitte à oublier de rendre compte de la situation « de l’autre côté » (comme en Libye, ou plus récemment en Syrie). La difficulté de « couvrir » l’autre camp, à Tripoli par exemple, en raison de l’hostilité des autorités, ou de la persistance de dangers, ne justifie pas que ce terrain soit déserté, au point de délivrer une information unilatérale, comme ca a été le cas entre mars et septembre 2011 en Libye. Et quitte, aussi, à abandonner franchement le sujet, une fois le Diable liquidé, ou la déception venue : les effets à long terme n’intéressent plus les caméras.


Objectif déminage

Ces considérations, bien sûr, n’empêchent pas qu’il faut « faire quelque chose » face à des situations humainement insupportables, politiquement condamnables, stratégiquement dangereuses, etc. Mais sont à prendre comme une invitation à la prudence, à ne pas banaliser le concept des « guerres justes », à réfléchir à l’avance sur la légitimité des actions entreprises, à s’interroger sur ce recours — faute d’instance opérationnelle à l’ONU — à des alliances marquées politiquement et militairement (comme l’OTAN), à mieux mettre en valeur les outils du droit. Le soutien (et non la guerre) humanitaire, les arbitrages, médiations, négociations, tribunaux internationaux, conférences nationales, commissions vérité et réconciliation sont autant d’instruments de déminage des conflits.

L’idée étant simplement d’obtenir, comme l’écrivait Pierre Micheletti « que la guerre ne fasse pas l’objet d’une “réhabilitation morale”, involontairement aidée par un mouvement humanitaire instrumentalisé ».

par Philippe Leymarie

source mondediplo

 

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"Guerre juste" en Libye : sous l’aile de la Camarde

 

Après huit mois de guerre et de « protection des civils », quel est le bilan humain de l’opération libyenne ? Heu… Il semblerait que ce soit le cadet des soucis de la « communauté internationale ». Mouammar Kadhafi enterré, c’est terminé, tout baigne !

Il y a ces avions de chasse libyens, ces « Sukhoï » [1] que Bernard-Henri Lévy (BHL) prétend avoir vus à la télévision le 23 février 2011, « descendant en piqué sur la foule des manifestants désarmés et qu’ils mitraillent » [2]. Il y a aussi le nombre de victimes avancé par la Ligue libyenne des droits de l’homme, le 2 mars dernier, lors d’une conférence de presse à Paris : six mille morts, dont trois mille à Tripoli et deux mille à Benghazi. Et puis, on se souvient de ces fameuses colonnes de chars kadhafistes en route pour mater Benghazi la rebelle. Tout cela promettait de bien beaux massacres…

par NardoMais le 17 mars 2011, le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies a mis le holà. Dans sa résolution 1973, il a autorisé la création d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye et la mise en œuvre de toutes les mesures nécessaires, sauf le déploiement d’une force d’occupation étrangère – juré, pfft ! –, en vue de protéger les populations civiles. Il fallait éviter un bain de sang. Et qu’a-t-on obtenu ? N’est-il pas l’heure, après le décès peu ragoûtant de Mouammar Kadhafi le 20 octobre dernier et la libération de la Libye décrétée par le Conseil national de transition (CNT) trois jours plus tard, d’établir un premier bilan humain ? Combien cela coûte de vies, la noble mission de « protéger des civils » ? Les chiffres avancés avant l’intervention militaire de la « communauté internationale » ont déjà été commentés et critiqués. En juin dernier, après trois mois passé en Libye, Donatella Rovera, membre d’Amnesty International, assurait que « le nombre de morts a été grandement exagéré. […] On parlait de deux mille morts à Benghazi. Or la répression a fait dans cette ville de cent à cent dix morts. » Ce qui était déjà énorme, mais peut-être point suffisamment émouvant…

Quant au bilan global, après huit mois de guerre, le CNT estimerait à plus de trente mille le nombre de victimes. Un beau massacre, pour éviter une boucherie… Mais l’information est à prendre avec prudence, étant donné la situation chaotique du pays. Car il faut bien admettre qu’il n’est guère aisé de dégoter des données fiables. Contacté par CQFD fin novembre, le responsable de la commission Libye d’Amnesty International France, Alain Mot, concède : « Nous sommes assez embarrassés pour vous répondre, nous n’avons rien de tangible. »

Peut-être que, en s’intéressant à une ville en particulier, on obtiendrait plus de résultats ? Syrte, la ville natale de Mouammar Kadhafi, a été le lieu de très violents affrontements en septembre et octobre derniers entre rebelles, aviation de l’Otan et forces pro-Kadhafi. Sur cent mille habitants, 90 % auraient pu fuir avant les combats. Mais qu’en est-il des dix mille restants ? « Nous savons par ouï-dire certaines choses, notamment que les civils de Syrte auraient eu à subir des exactions de la part des forces du CNT, poursuit le responsable d’Amnesty. Mais nous ne pouvons pas vous répondre de façon sûre. Je pense que nous en saurons peut-être un peu plus long un jour. »

Par ouï-dire ? Il y a effectivement cette dépêche de l’AFP, datée du 30 octobre, et titrée « Libye : chaque jour, Mohammed ramasse les cadavres dans les ruines de Syrte ». On peut y lire que « le parfum lourd et douceâtre de la putréfaction plane avec insistance sur la cité totalement dévastée par des semaines de bombardements et de combats de rue. Pas un jour sans la découverte de dizaines de morts enterrés à la hâte dans un jardin, pris dans les décombres de bâtiments effondrés ou pourrissant en plein air. Des civils et des combattants, tués lors d’affrontements ou de bombardements ou encore exécutés par l’un ou l’autre camp. » Fichtre ! Si BHL avait su, il serait intervenu prestement à la tête de nouvelles brigades internationales.

Marc Bastian, le journaliste de l’AFP auteur de cet article, revient pour CQFD sur son séjour à Syrte : « Quand j’y étais, c’était une ville ravagée, détruite, dans un état hallucinant, il n’y avait plus un bâtiment intact. Avec l’association Human rights watch, pendant plusieurs jours, nous avons compté les cadavres. Ceux que l’on trouvait facilement, car il existe sûrement des fosses communes cachées qui apparaîtront plus tard. Tous les jours, on en trouvait des tas. Dans les deux sens du terme : beaucoup, et empilés… »

Il se souvient de ces cinquante-trois corps – apparemment des partisans de Kadhafi – retrouvés dans un hôtel abandonné de la ville. « Certaines victimes avaient les mains ligotées derrière le dos quand elles ont été abattues », a précisé par ailleurs le directeur de la division Urgences à Human rights watch. « Les cadavres que j’ai vus étaient souvent tués par balles, précise Marc Bastian. Cependant, un jour, près d’un immeuble effondré, une ONG libyenne m’a affirmé que c’était le résultat d’un bombardement de l’Otan, et qu’il y avait une cinquantaine de cadavres en-dessous. À l’odeur, il est sûr qu’il y avait bien plus d’un ou deux morts. Et autour, il y avait trois ou quatre impacts de bombes de l’Otan, des cratères de dix mètres de diamètre. Mais est-ce que l’immeuble lui-même a été frappé par l’Otan, je ne peux le garantir, je n’ai pu enquêter davantage. Ce qui est sûr, c’est que la ville a été sévèrement bombardée, et les rebelles y ont volé, pillé, exécuté. »

Après nous avoir enfumé avec des chiffres bidons pour justifier leur intervention, les libérateurs de la Libye sont maintenant avares de détails sur les dommages collatéraux de la guerre « juste » et les méthodes expéditives de leurs alliés libyens. Comme dit le gars d’Amnesty : « Nous en saurons peut-être un peu plus long un jour. »

Notes

[1] Le Bernard-Henri a une vue de lynx pour reconnaître un Sukhoï, avion de chasse de fabrication russe, d’un Mirage construit dans les usines françaises. L’armée de Mouammar Kadhafi possédait les deux types de zincs.

[2] Bernard-Henri Lévy, La Guerre sans l’aimer, Grasset, 2011.

paru dans CQFD N°95, PAR FRANÇOIS MALIET, ILLUSTRÉ PAR NARDO.   source cqfd

 

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Saadi Kadhafi promet de retourner en Libye 

Saadi Kadhafi... (Photo: AFP)

Saadi Kadhafi, l'un des fils de l'ex-dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a promis de retourner en Libye où, selon lui, une grande majorité de la population n'est pas satisfaite de la situation actuelle, dans une interview diffusée vendredi par la chaîne Al-Arabya.

 «Je retournerai en Libye à n'importe quel moment», a déclaré Saadi Kadhafi interrogé par téléphone depuis le Niger où il s'est réfugié après la chute de Tripoli qui a mis fin aux 42 ans de dictature de son père.

«70% des Libyens ne sont pas satisfaits de la situation actuelle», a-t-il affirmé, ajoutant que «le peuple libyen est gouverné pas de gangs».

Selon lui, «il y a une rébellion qui s'étend jour après jour, et il y aura une rébellion dans tout le pays».

 

Interrogé sur le Conseil National de Transition (CNT), qui a pris les rênes du pays après la chute du régime, Saadi Kadhafi a estimé qu'«il arrivera un jour où le peuple Libyen sera capable d'exterminer ces gangs».

A mon retour en Libye, «je m'efforcerai à assurer qu'il n'y ait pas d'opérations de représailles ou de vengeance», a-t-il promis.

Saadi Kadhafi, 38 ans, s'est réfugié au Niger en août dernier. Ce pays, qui lui a accordé l'asile, refuse de l'extrader malgré les demandes répétées des nouvelles autorités libyennes. Celles-ci l'accusent de «s'être emparé de biens par la force et l'intimidation quand il dirigeait la Fédération libyenne de football», selon Interpol qui avait émis une «notice rouge» pour demander à ses 188 pays membres son arrestation.

Le président nigérien Mahamadou Issoufou avait annoncé le 11 novembre que son pays avait accordé l'asile pour des «raisons humanitaires» à Saadi Kadhafi

source cyberpresse

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سعدي القذافي يهدد "بإشعال انتفاضة"

سعدي القذافي

هدد سعدي القذافي نجل الزعيم الليبي السابق معمر القذافي من مكان لجوئه في النيجر بإشعال انتفاضة في ليبيا

وقال في مقابلة تلفزيونية إن لديه أنصارا في ليبيا في داخل المجلس الوطني الانتقالي.

وقال مراسل بي بي سي في طرابلس إن السلطات الليبية قلقة من قيام أنصار القذافي بأعمال مضادة للنظام الجديد، إلا أن احتمال اندلاع انتفاضة كبيرة بقيادة سعدي القذافي بعيد.

وقال القذافي في مكالمة تلفونية مع محطة "العربية" التلفزيونية إنه قد يعود إلى ليبيا في أي لحظة.

وأوضح أن الانتفاضة التي خطط لإشعالها لن تقتصر على مكان واحد بل "ستغطي جميع أنحاء الجماهيرية"، وقال ان الانتفاضة بدأت فعلا وأنها تكبر كل يوم وهو يتابع أخبارها.

وقال انه على اتصال منتظم مع الميليشيات ومسؤولين في المجلس الوطني والجيش وأعضاء عائلة القذافي.

وكان سعدي القذافي قد فر الى النيجر بعد أن استولت قوات المجلس الوطني الانتقالي على العاصمة طرابلس.

وكانت السلطات المكسيكية قد قالت انها أحبطت محاولة لمنظمة إجرامية لمحاولة تهريب سعدي القذافي إلى ليبيا.

source bbc

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 05:34

Un an après la chute de Moubarak, la révolution impossible

Dispersion de manifestants, le 16 décembre dernier, au Caire.Dispersion de manifestants, le 16 décembre dernier, au Caire. © Amr Dalsh/Reuters

 

Hégémonie persistante des militaires, raz-de-marée islamo-salafiste aux législatives, calendrier politique incertain... Pour les jeunes manifestants Égyptiens de la place Al-Tahrir, le premier anniversaire de la chute de Hosni Moubarak, le 11 février 2011, a un goût d'inachevé.


Il y a un an, les Égyptiens de la place Al-Tahrir réclamaient - et obtenaient au bout de dix-huit jours - le départ de Hosni Moubarak. Aujourd'hui, la place est toujours l'épicentre d'une contestation qui ne faiblit pas. La liesse du 11 février 2011, date de la démission du dictateur, a cédé la place à la colère et à la frustration, mais aussi à la lassitude et à la résignation. Car, de toutes les révolutions arabes, la révolution égyptienne est sans aucun doute la moins achevée.


En quelques mois, la Tunisie a réussi à se doter d'une Assemblée constituante, d'une majorité et d'une opposition parlementaires, et d'un président issu de l'ex-opposition. En Libye, malgré la violence et la confusion, le pouvoir a bel et bien changé de mains.

 

Mais en Égypte, la situation est au point mort. Les militaires, considérés à la chute de Moubarak comme les protecteurs du peuple, sont aujourd'hui les ennemis jurés des jeunes révolutionnaires.

 

Ces derniers mois, les affrontements entre les deux camps se sont intensifiés. Avec à chaque fois le même scénario : les forces de sécurité interviennent pour disperser un sit-in, avant que la situation ne dégénère rapidement en affrontements sanglants, avec son lot de morts et de blessés. Ce fut le cas le 9 octobre lors de la grande manifestation des Coptes, le 18 novembre place Al-Tahrir, mais aussi le 16 décembre devant les bureaux du Conseil des ministres.

 

Personne ne sait en revanche de quel côté se range la majorité silencieuse, celle qui suit les développements de la situation politique sur le petit écran. Si la plupart des Égyptiens, préoccupés par l'insécurité et le ralentissement de l'activité économique, appellent à un retour à la normale, ils sont nombreux à avoir été exaspérés par la pénurie d'essence et de gaz qui sévit dans le pays depuis plusieurs semaines, mais aussi et surtout par la réaction des autorités, qui, comme au temps de Moubarak, ont préféré nier l'existence de la crise plutôt que de l'affronter.

 

Chaos et victoire des islamistes


C'est dans ce contexte chaotique que le pays a vécu ses premières élections législatives libres, considérées comme historiques. Le processus électoral complexe, divisé en trois phases et organisé sur un mode de scrutin mixte, à la fois proportionnel et individuel à deux tours, aura été marqué par la victoire, écrasante, des islamistes. Le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), organe politique de la confrérie des Frères musulmans, a ainsi raflé pas moins de 45 % des suffrages. Les salafistes du parti Al-Nour se sont assurés quant à eux près de 25 % des voix.

 

De leur côté, les libéraux, qui totalisent 18 % des suffrages, ont brillé par leurs divisions. « Nous avions plusieurs partis, des idéologies et des programmes économiques différents », explique le secrétaire général du Parti des Égyptiens libres, Rawi Camel Toueg. Sa formation, financée par le pharaon des télécoms, le milliardaire copte Naguib Sawiris, fait partie d'une coalition libérale qui a rassemblé près de 7 % des voix à elle seule. « Les forces libérales sont d'accord sur les libertés fondamentales et les principes directeurs qui doivent être inscrits dans la Constitution. Nous présenterons un front uni lorsqu'il s'agira de la rédiger », déclare sur un ton rassurant Rawi Camel Toueg.

 

Une économie dans le rouge

 

Interrogés en août 2011 par le centre d'analyse sociale et économique Gallup, 40 % des Égyptiens estimaient qu'il leur était « très difficile » de vivre avec leur revenu actuel, contre 22 % en octobre 2010. Une évolution qui s'explique par une inflation galopante (les prix des biens alimentaires ont augmenté de 13 % entre décembre 2010 et décembre 2011) et une progression du chômage, à 12 % durant le dernier trimestre de 2011 (contre 9 % à la même période en 2010).

 

Si les revenus du canal de Suez ont crû de 345 millions d'euros par rapport à 2010, le tourisme, lui, a vu ses recettes chuter d'un tiers : 6,6 milliards d'euros en 2011, contre 9,4 milliards en 2010. Pour donner un peu d'air à l'État, confronté à un déficit budgétaire de 18 milliards d'euros, le Fonds monétaire international (FMI) s'est dit favorable à un prêt de 2,4 milliards d'euros.


Mais la nouvelle Constitution se fait attendre. Car, aux termes de l'article 60 de la déclaration constitutionnelle adoptée unilatéralement le 31 mars 2011 par le Conseil suprême des forces armées (CSFA), l'Assemblée du peuple et le Sénat - dont l'élection est en cours - devront élire ensemble une Constituante composée de cent membres chargés de rédiger la nouvelle Constitution du pays, qui sera ensuite soumise à référendum. Les négociations ne commenceront donc pas avant le 28 février, date de la session inaugurale du nouveau Sénat.

 

« Les militaires et les Frères musulmans sont d'accord pour ne pas changer les quatre premiers titres de la Constitution, tout ce qui concerne la charia source principale du droit, l'islam religion d'État et l'identité nationale, explique Tewfiq Aclimandos, chercheur au Collège de France. En revanche, ce qui va changer, ce sont les prérogatives du président et la nature du régime. On ne sait pas encore s'il va s'agir d'un régime présidentiel, parlementaire ou mixte. » Par ailleurs, personne ne peut dire si les partis islamistes, majoritaires au Parlement, permettront au courant libéral de participer à la rédaction de la Constitution. À cet égard, la déclaration constitutionnelle ne fixe aucune contrainte. « Contrairement à ce qu'ils affirment, les Frères pourraient tout à fait choisir d'ignorer les libéraux. Penser que les islamistes vont donner au pays une Constitution qui n'est pas islamique, c'est de l'optimisme mal placé », prévient, un brin amer, Raafat Fouda, professeur de droit constitutionnel à l'université du Caire. (...) Lire la suite

 

 

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L'armée dit qu'elle ne cèdera pas aux "menaces", évoque un "complot"

 

Le Conseil suprême des forces armées, au pouvoir en Egypte depuis la démission d'Hosni Moubarak il y a un an et très critiqué pour sa gestion de la transition, a affirmé vendredi qu'il ne céderait pas aux "menaces", en évoquant des "complots" contre l'Etat. ( © AFP Marco Longari)

 

Le Conseil suprême des forces armées, au pouvoir en Egypte depuis la chute de Hosni Moubarak il y a un an et très critiqué pour sa gestion de la transition, a affirmé vendredi qu'il ne céderait pas aux "menaces", en évoquant des "complots" contre l'Etat.

Ces déclarations interviennent alors que des militants ont lancé un appel à la "désobéissance civile" et à des grèves samedi pour marquer le premier anniversaire de la chute de l'ancien président.

M. Moubarak avait démissionné sous la pression de la rue le 11 février 2011, en remettant le pouvoir à l'armée.

"Nous affrontons ces jours-ci une étape qui est la plus difficile (...) depuis notre glorieuse révolution, et nous sommes à un tournant qui est le plus dangereux sur notre chemin vers la liberté, la démocratie et la justice sociale", a affirmé le Conseil suprême des forces armées (CSFA) dans un communiqué lu à la télévision publique.

"Nous vous disons franchement que notre chère Egypte fait face à des plans visant à frapper notre révolution au coeur" en provoquant "la dissension entre les enfants du peuple (...) et leurs forces armées", a-t-il ajouté.

"Nous faisons face à des complots contre la nation dont le but est de saper les institutions de l'Etat égyptien et de faire tomber l'Etat lui-même pour que le chaos règne, que la destruction prévale et que les ennemis de la nation soient satisfaits", a-t-il poursuivi, sans préciser qui étaient ces ennemis.

Mais "cela ne se réalisera pas", a-t-il assuré. "Jamais nous ne céderons à des menaces, nous ne céderons pas aux pressions, et nous n'accepterons pas les diktats", a affirmé le CSFA.

La junte militaire a répété qu'elle était déterminée à "remettre le pouvoir à un pouvoir civil élu".

"Nous avons tenu la première promesse et nous avons remis le pouvoir législatif à l'Assemblée du peuple au cours de sa première séance, après des élections qui se sont déroulées dans la liberté et l'intégrité", a-t-elle souligné.

"Le pouvoir présidentiel sera remis au président de la République après l'élection pour que se termine la période de transition, et votre fidèle armée retournera à sa mission originelle", a promis le CSFA.

L'élection présidentielle doit se tenir avant la fin juin. Mais de nombreux militants veulent que l'armée remette immédiatement le pouvoir aux civils.

Acclamés il y a un an, les militaires sont très critiqués depuis plusieurs mois pour leur gestion de la transition. Ils sont accusés de perpétuer l'ancien régime et de réprimer le mouvement pro-démocratie, ainsi que de chercher à préserver leurs privilèges et continuer à influencer la vie politique.

Des milliers d'Egyptiens ont manifesté vendredi près du ministère de la Défense pour réclamer la fin du pouvoir de l'armée.

Les militants ont aussi appelé à une journée de "désobéissance civile" et de grèves samedi, jour anniversaire de la chute de M. Moubarak.

Après ces appels, auxquels les Frères musulmans, grands vainqueurs des récentes élections législatives, se sont opposés, l'armée a annoncé qu'elle se déploierait à travers le pays pour assurer la sécurité.

La colère contre l'armée est montée d'un cran après la mort de 74 personnes dans des violences après un match de football à Port-Saïd (nord). Le drame a provoqué des manifestations à travers le pays, qui ont rapidement dégénéré en affrontements violents avec la police. Quinze personnes sont mortes dans les heurts au Caire et à Suez (nord-est).

source liberation

 

 

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 04:29

Le martyre de Homs continue


D'après des sources contactées par La Liberté, des tirs à l'artillerie lourde frappent encore et toujours Homs. Sans compter les civils armés à la solde du régime. Témoignages.

 

 

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Un homme blessé, dans un hôpital du quartier de Khalidiya, à Homs, en Syrie, le 4 février 2012 (Reuters)

Il n'y a pas que les bombes qui inquiètent Saif Abou Zeid, un habitant sunnite d'Homs que La Liberté a pu atteindre mercredi par téléphone satellite. « Les snipers sont postés partout sur les toits des immeubles alaouites alentour », explique cet habitant de Bab Tadmor, un quartier sunnite limitrophe de celui de Zahra à majorité alaouite (de la confession du président Bachar el-Assad).

« Depuis plusieurs jours, les snipers tirent sur tout ce qui bouge dans ma zone qui n'est pourtant pas tenue par des insurgés. Rien que ce matin, j'ai déjà vu huit personnes tomber sous leurs balles. C'est terrible. »

Mais ce que Saif Abou Zeid craint plus encore, ce sont les descentes nocturnes des chabihas de Bachar el-Assad, ces miliciens sans pitié.

« Des dizaines de personnes de mon quartier ont déjà été massacrées par les chabihas. Mercredi matin encore, trois familles de la rue Al Sabil ont été égorgées par ces civils armés. Ils investissent les secteurs sunnites et tuent ses habitants en quelques minutes avant de s'évanouir dans la nature. Ils veulent nous terroriser avant de nous exterminer. Le régime veut une guerre confessionnelle dans ce pays. »

« Qu'on nous donne des armes »

Soudain Saif Abou Zeid se tait. Il pleure de longues minutes. De désespoir. De haine. De crainte aussi pour sa famille qui tente de survivre dans l'enfer qu'est devenu Homs, une ville en état de siège. Puis il se reprend. Et d'un ton ferme, il explique qu'il attend une réaction de la communauté internationale.

« Si elle ne veut pas intervenir directement en Syrie, au moins qu'elle nous donne des armes pour nous défendre. Elle ne peut nous laisser nous faire massacrer sans réagir. Pour le moment, je ne peux défendre les miens qu'avec un couteau de cuisine. »

La situation est encore pire à Baba Amr, un des quartiers de la cité défendue par l'Armée syrienne libre (ASL) où l'armée syrienne loyaliste continue ses pilonnages intensifs.

Jour et nuit, des obus de mortier, des missiles Grad russes et des RPG tombent dans ses rues et sur ses immeubles, semant la terreur et la mort parmi les 40 000 civils qui y vivent, dans les caves pour la plupart. Mercredi, plus de 50 personnes – dont plusieurs enfants – ont été tuées, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) basé à Londres.

L'électricité coupée par les fidèles d'Assad

« Nous avons perdu aussi 18 bébés prématurés ces derniers jours », explique Mohamed, médecin à l'hôpital Al Walid. La faute à l'électricité qui a été coupée par les autorités restées fidèles à Bachar el-Assad.

« Les couveuses ne pouvaient plus fonctionner. Nous les avons vu mourir. C'est terrible. »

Mohamed et ses collègues manquent de tout : de médicaments, de pansements, d'instruments de chirurgie pour sauver les nombreux blessés qui affluent dans les centres de soins. « Les ambulances ne peuvent plus pénétrer dans le quartier. Tout comme le Croissant-Rouge syrien », constate le médecin qui se demande où sont les organisations humanitaires internationales. « Où est le CICR (Comité international de la Croix-Rouge) ? », lance-t-il finalement, telle une prière.

« Ils attendent que ce régime de fous nous extermine comme des rats. Les uns après les autres. Ce qui se passe ici, c'est un massacre collectif. On ne peut même pas sauver les blessés. »

« Ramper dans nos propres maisons »

Le froid aussi commence à faire des victimes. « De nombreuses fenêtres des immeubles de Baba Amr ont volé en éclats à cause des bombardements », témoigne Abou Hached, un habitant d'un quartier très exposé aux tirs de mortier.

« Le vent glacial s'infiltre partout. Et nous n'avons ni électricité, ni mazout, ni bois pour nous chauffer. Nos enfants sont en danger. Même cachés dans nos appartements, nous restons des cibles pour les snipers. Nous devons ramper pour nous déplacer dans nos propres maisons. »

Un autre témoin parle d'un blocus complet des quartiers insurgés dont les habitants vont mourir à petit feu. « L'armée du régime de Bachar a creusé de profondes tranchées de six mètres de largeur pour nous couper du reste de la ville. Les voitures ne peuvent plus circuler. Nous ne pouvons plus nous ravitailler. » Les réserves de vivres fondent d'ailleurs à vue d'œil.

« Nous avons arrêté de compter nos morts »

« Sortez-nous d'ici », crie Madiha, une mère de famille.

« Il y a des vieux, des bébés, des enfants à Baba Amr. Leur vie est en danger. Nous n'avons jamais rien vu de tel depuis le début de la contestation, il y a onze mois. Chaque minute, des obus tombent. Nous avons arrêté de compter nos morts. Ce ne sont pas les kalachnikovs de l'ASL qui vont nous défendre, nous les civils. »

Des civils qui savent désormais ce que pèsent les promesses de leur président Bachar el-Assad. Rappelez-vous que lundi il avait expliqué à Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, vouloir mettre un terme aux violences et était prêt à « coopérer » à tout effort pour la stabilité de la Syrie. Les habitants de Homs, cité martyre, peuvent témoigner du contraire…

Les dissidents sont dépassés

Après onze mois de révolution, l'Armée syrienne libre (ASL) semble dépassée par l'ampleur de la tâche. A Homs, les civils que nous avons contactés nous avouent que les militaires insurgés passent le plus clair de leur temps à se cacher parmi la population. Ils comprennent que leurs fusils d'assaut et les quelques RPG qu'ils possèdent ne peuvent pas rivaliser avec la force de frappe de l'armée régulière. Un révolutionnaire syrien contacté à Istanbul admet que l'ASL manque de moyens financiers et matériels.

Mercredi, le Conseil national syrien (CNS) et l'Armée syrienne libre ont appelé les hommes d'affaires syriens et arabes à financer les opérations menées par les rebelles contre le régime de Bachar el-Assad.

« Avant nous pouvions récolter de l'argent pour aider les personnes dans le besoin. Mais depuis quelques semaines, les demandes ont explosé. Nous n'arrivons plus à suivre. »

Outre le fait que les routes de la Turquie et du Liban vers Homs sont de plus en plus surveillées, le régime s'est également acharné sur les hôpitaux de campagne installés dans les garages et les maisons de particuliers, poursuit ce médecin.

Autre épine dans le pied de l'ASL : elle doit composer désormais avec un nouveau venu sur le terrain, le Conseil militaire révolutionnaire supérieur de la révolution créé cette semaine par Mustapha Al Cheikh, un général déserteur de l'armée réfugié en Turquie. Faut-il y voir une nouvelle manipulation de Damas pour diviser les révolutionnaires ? Ou le début d'une scission dans les troupes combattantes ?

A voir même si les deux entités commencent déjà à se disputer le contrôle des 10 000 militaires qui ont déserté l'armée loyaliste et les 20 000 civils recrutés en onze mois de cette révolution qui vire à la guerre civile.

source rue89 

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3.000 personnes manifestent à Tunis contre le régime syrien

 

Près de 3.000 Tunisiens ont défilé, vendredi,  dans une marche pacifique pour dénoncer les massacres perpétrés par Bachar Al Assad contre son peuple et soutenir la décision du président Moncef Marzouki de renvoyer l’ambassadeur syrien.


Selon nos confrères du site électronique ‘‘24h.tn’’, après la prière du vendredi, près de 3.000 personnes se sont rassemblées près de la mosquée El Fath, au quartier Le Passage, au centre-ville de Tunis, et défilé, en une marche pacifique, jusqu’au Théâtre municipal, au milieu de l’avenue Habib Bourguiba, après avoir traversé l’avenue de Paris et l’avenue Mohamed V.

Les manifestants, qui ont brandi des drapeaux tunisiens et syriens, ainsi que ceux du parti Ennahdha (au pouvoir), du parti Ettahrir (encore non autorisé), et d’autres tout noirs estampillés de versets coraniques, ont scandé plusieurs slogans contre Bachar Al Assad et son régime.

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Les manifestants ont notamment appelé au soutien au gouvernement qui a renvoyé l’ambassadeur syrien, une décision qui a provoqué des remous et des critiques du côté de l’opposition. Selon ces derniers, la décision du président Moncef Marzouki est «hâtive» et non conforme aux traditions de pondération et de dialogue de la diplomatie tunisienne.

Une marche similaire a eu lieu, après la prière du vendredi, à Sfax. Des dizaines de personnes se sont rassemblées à la place des Martyrs à Bab Al Kasbah.

Les manifestants ont scandé les mêmes slogans, soutenant la décision du président Marzouki et dénonçant la boucherie en Syrie et le régime d’Al Assad.

source kapitalis

 

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Reprise des affrontements entre pro et anti-Assad à Tripoli, l’armée se déploie en force

 

 

Manifestation massive hier contre les massacres à Homs, à Tripoli.

Manifestation massive hier contre les massacres à Homs, à Tripoli.


Des affrontements armés ont opposé hier à Tripoli des hommes armés de deux quartiers rivaux, Bab el-Tebbaneh et Jabal Mohsen, l’un soutenant le régime du président syrien Bachar el-Assad et l’autre le contestant. Les incidents ont fait quatre blessés civils, dont Jihad Mohammad Sabeh qui se trouvait à Bab el-Tebbaneh, Khaled Saydawi et Mohammad Ali Assad, ainsi que deux blessés de l’armée qui s’est déployée sur les lieux.

 
Selon des témoins sur place, l’incident a été provoqué lorsque des habitants de Bab el-Tebbaneh ont accroché, la veille, des photos de Bachar el-Assad sur lesquelles ils ont écrit « le bourreau » et planté des drapeaux de l’Armée syrienne libre dans leur quartier. Les échanges entre les deux parties ont commencé hier dans l’après-midi après la prière du vendredi, qui a été suivie de deux manifestations anti-Bachar en plusieurs endroits de la ville

Une explosion, très probablement une roquette de type Energa, a été entendue à Bab el-Tebbaneh dans l’après-midi. Une autre a eu lieu entre le quartier al-Saydeh et le marché au blé Souk el-Kameh, toujours à Bab el-Tebbaneh. Plusieurs habitants du secteur ont fui leurs domiciles. Les coups de feu ont été entendus après l’explosion des roquettes vers 15h15.
« Il y a une très importante présence armée et des tirs dans le quartier sunnite de Bab el-Tebbaneh et celui, alaouite, de Jabal Mohsen », a déclaré à l’AFP une source au sein des services de sécurité. « Une personne qui circulait en voiture à proximité a été blessée par les tirs », a-t-elle dit sous le couvert de l’anonymat.

 
Elle a indiqué que l’armée s’était déployée plus tôt dans la journée dans les deux quartiers mais qu’elle avait fini par se replier dans une rue séparant ces deux secteurs. « Deux soldats ont été blessés dans les affrontements », a encore dit cette source.

 
Un responsable du Parti arabe démocrate alaouite, Abdel Latif Saleh, a démenti les informations selon lesquelles des éléments du parti ont tiré en premier, soulignant la volonté des alaouites de se conformer aux directives de l’armée.

 
Sitôt après le déploiement de la troupe, celle-ci a demandé aux deux parties rivales de retirer les armes afin de permettre aux soldats de se redéployer dans les deux quartiers. Selon l’Agence nationale de l’information, l’armée a riposté aux tirs. C’est ce que confirme un habitant de Tripoli qui a affirmé à L’Orient-Le Jour que l’armée a réagi cette fois-ci fermement et avec détermination, contrairement aux précédents déploiements dans ce quartier névralgique où elle ménageait les deux parties.

 
En soirée, les échanges de coups de feu devaient reprendre de plus belle, alors que l’armée s’est déployée tout le long de la rue de Syrie qui sépare les deux quartiers. Une roquette est tombée en soirée dans la localité de Zahiriya.

 
Plusieurs contacts politiques ont été effectués pour mettre fin aux affrontements. De Paris où il se trouve, le Premier ministre, Nagib Mikati, est entré en contact avec le commandant en chef de l’armée, le général Jean Kahwagi, à qui il a demandé de prendre les mesures nécessaires pour juguler les incidents et ramener le calme dans la ville.

 
Le chef de l’État, Michel Sleiman, a appelé la troupe et les forces de l’ordre qui se trouvent sur le terrain à faire preuve de fermeté et à réprimer les fauteurs de troubles, insistant sur la nécessité pour les habitants des deux quartiers de se conformer aux directives de l’armée et des forces de l’ordre en vue de ramener le calme.

 
Le ministre de la Jeunesse et des Sports, Fayçal Karamé, a dénoncé les incidents qui, a-t-il dit, « coïncident avec les craintes formulées à propos de certains plans suspicieux visant à transformer la ville de Tripoli en une arène sur fond de crise syrienne ». Selon lui, le Liban deviendrait ainsi une plate-forme à partir de laquelle se déclencheraient des guerres civiles qui s’étendraient à toute la région. Et le ministre d’en appeler aux forces de l’ordre qu’il a invitées à œuvrer en vue de parvenir à un règlement solide afin de faire échec à la discorde.
Pour sa part, le chef du conseil de commandement du mouvement islamique al-Tawhid, cheikh Hachem Minkara, a regretté les incidents de Tripoli qui sont, selon lui, « un moyen d’attiser la discorde ». Le dignitaire sunnite a refusé le principe de transposer au Liban la crise syrienne.

 
Le député du courant du Futur, Khaled Zahraman, a indiqué dans un entretien que les réunions se poursuivent afin de prévenir tout dérapage à Tripoli aussi bien qu’au Akkar. Il a espéré que la voix des « sages » puisse être plus entendue que celle des fauteurs de troubles, mettant en garde contre les risques de zizanie. « À l’ombre des dangers qui nous guettent, nous devons être prudents et tabler sur le dialogue comme moyen de consolider la scène libanaise », a-t-il dit.

 
En soirée, on devait apprendre qu’une réunion a groupé, au domicile du député Mohammad Kabbara, les parlementaires de la ville avec leur collègue Ahmad Karamé, dépêché par le Premier ministre, et plusieurs notables de Tripoli. 

source lorientlejou

 

 

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Comprendre le soutien russe


Alors que les médias occidentaux nous livrent chaque jour un récit terrible de la situation en Syrie, l'attitude russe paraît totalement décalée. Par quel cynisme la Russie peut-elle soutenir le régime de Bachar el-Assad ? Mais d'ailleurs le soutient-elle vraiment ? Que cherchait Moscou en opposant (avec la Chine) le 5 février un véto à la résolution présentée par la Ligue arabe ? L'analyse de Barah Mikaïl, chercheur au sein de l'institut de géopolitique espagnol FRIDE.

 

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Le 5 février 2012, la Russie rejette la résolution contre le pouvoir syrien présentée par la Ligue Arabe (Crédit AFP)
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Barah Mikaïl


L'indéfectible soutien russe à la Syrie vaut à Moscou une réprobation internationale. Le pouvoir russe est-il sourd à cette réprobation ?

Dans cette affaire, il faut se méfier des considérations morales que certains voudraient mettre en avant pour condamner ou justifier le soutien russe à la Syrie. Les russes constatent parfaitement les violences et les victimes sur le terrain mais je crois qu'ils réfléchissent avant tout par rapport à leur propres intérêts et par rapport à leurs ambitions géostratégiques au niveau du Moyen-Orient. Pour dire les choses autrement, d'un point de vue historique mais qui éclaire l'actualité, les soviétiques considéraient déjà il y a soixante ans que le Moyen-Orient était une zone de rivalité potentielle vis à vis des Etats Unis. Et les américains avaient le même réflexe, la même conception. Il fallait pour chacun se gagner un maximum d'alliés dans la région pour accroitre sa sphère d'influence, sur le principe selon lequel les pro-URSS seraient anti-USA et vice-versa.
Aujourd'hui, ce réflexe prévaut encore à une nuance près : contrairement aux années 50, quand les choix pouvaient encore se faire, aujourd'hui les russes voient bien que comme alliés relativement fiables ou amis potentiels au Moyen-Orient au sens large , il n'y a que deux pays : l'Iran et la Syrie. Cette volonté de garder le régime syrien comme allié est une première explication. Mais il y a un autre aspect. La Russie sait qu'elle pourrait éventuellement provoquer les conditions pour une sortie de crise. J'insiste bien sur peut-être. Mais dans le même temps, Moscou aurait le sentiment de faire un jeu conforme au souhait des américains et de leurs alliés occidentaux. Les russes ont besoin de montrer qu'ils font encore la différence sur les dossiers importants de la planète. D'ailleurs, la Russie ne prend pas mal le fait d'entendre les Etats-Unis, la France ou la Grande-Bretagne dénoncer son attitude au Conseil de sécurité. Au contraire, on leur dit ainsi qu'ils ont un poids significatif qui bloque la possibilité pour le Conseil de passer outre ce qui est décidé en son sein.

Autre argument souvent mis en avant pour tenter de saisir l'attitude russe, cet accès à la Méditerranée que représente pour elle la Syrie.

Oui on parle là de la fameuse base de Tartous. Franchement, je crois  que s'il y avait dans la région une confrontation massive, les russes ne feraient certainement pas la différence avec cette seule base de Tartous.

On évoque aussi un commerce d'armes juteux entre Moscou et Damas…

Juteux, si l'on peut dire… La dernière transaction de ce type entre les deux pays s'élève à environ 500 millions d'Euros. Et en l'état actuel des choses, je ne suis pas bien certain que la Syrie soit solvable...
Zoom:
A Homs, un rebelle face à un char détruit. La photo provient de l'opposition syrienne (Crédit AFP)
L'explication est peut-être à aller chercher du côté du "précédent libyen". Moscou n'aurait pas digéré l'interprétation qui a été faite de la résolution 1973 qui, au départ, prévoyait la protection des civils et une zone d'exclusion aérienne…

Ca je pense que c'est vrai. La Russie a vu que, sur la base d'une résolution des Nations Unies, on se retrouvait avec l'OTAN en Libye. Les russes ne veulent pas se faire dépasser à nouveau. Mais pour bien comprendre la position russe, j'ajouterais qu'en Syrie, Moscou évalue très précisément la situation sur le terrain. Je m'explique. Sans suivre aveuglément la propagande du régime syrien, Moscou est d'accord avec lui quand il affirme être confronté à l'action de réseaux islamistes, voire salafistes.
Le messages dominant, celui des médias "mainstream", est que la situation syrienne, ce sont des opposants pilonnés par l'armée. Mais si vous regardez ce qui se passe dans les contours de la Syrie, au niveau notamment des frontières turques et libanaises, vous constatez qu'il y a effectivement des éléments armés parfois salafistes qui semblent vouloir apporter leur soutien aux opposants syriens. Et j'ajouterais à cela qu'on retrouve des russophones parmi ces combattants engagés. Moscou n'exclut absolument pas une connexion tchétchène à travers ces évolutions. On arrive ici sur des considérations internes : si on laisse gagner une vague de type islamiste en Syrie, l'activation de réseaux (soutenus par des pays comme l'Arabie Saoudite ou le Qatar) pourrait pousser ces réseaux à activer des connexions dans le Caucase mais aussi plus généralement dans la sphère d'influence et même sur le territoire russe. Pour Moscou, cela jouerait contre ses intérêts.
Zoom:
Le chef de la diplomatie russe et le président syrien le 7 février à Damas (Crédit AFP)
Vous évoquez des considérations intérieures, alors justement, en Russie, il y a le 4 mars prochain une élection présidentielle… Est-ce un élément à prendre en compte ? 

Je ne pense pas. Ce n'est pas un sujet qui peur faire la différence. L'opinion publique russe est déconnectée des affaires syriennes. En Russie, les lignes de fractures dans l'opinion ses définissent plutôt par rapport à l'ouverture ou non du champs politique intérieur. En clair, les russes sont d'accord sur le fait que, quel que soit leur leader, il ne laissera pas tomber cette aspiration à une envergure internationale. A la fin des années 90 et au début des années 2000, la Russie a cherché à revenir sur la scène internationale et moyen-orientale. Vladimir Poutine a décidé de développer un stratégie au Moyen-Orient basée sur la tentative de gain de nouveaux alliés. Ca a été un échec mais, pour ce faire, il s'est entouré de conseillers pro-arabes. Il devrait donc maintenir le cap. 

En cas de retour de Vladimir Poutine à la présidence, il ne faut donc pas s'attendre à un changement de stratégie…

En effet, mais attention. Si vous écoutez bien Serguei Lavrov (le ministre russe des Affaires Etrangères, NDLR) qui était il y a quelques jours à Damas, nous ne sommes pas là dans le soutien inconditionnel. La position russe c'est d'être contre une intervention étrangère. Pour le reste, les russes bottent en touche en disant que c'est aux syriens de décider, et à eux-seuls. Donc au nom de la non-ingérence, les russes veulent montrer qu'ils peuvent être une voix alternative qui permette de sortir de ce traumatisme qu'a été pour eux l'unipolarité américaine qui s'est exprimée dans les années 90 après la chute du Mur de Berlin et la première guerre du Golfe.
Propos recueillis par Matthieu Vendrely
source tv5

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 Des repères pour comprendre la révolte syrienne

 

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Bachar Al-Assad en bref

Naissance : 11 septembre 1965 à Damas

Religion : Alaouite, secte chiite qui forme 5 à 10 % de la population, dans un pays sunnite à 74 %.

Situation familiale : Marié à Asma Al-Akhras, de confession sunnite, depuis 2000. Il est père de trois enfants.

Études : Il a étudié en médecine à Damas et s'est ensuite spécialisé en ophtalmologie à Londres.

Politique : Il a pris le pouvoir du pays le 10 juillet 2000, succédant à son père Hafez, président de 1970 jusqu'à sa mort, en 2000.

Le président inattendu

Bachar Al-Assad n'était pas destiné à prendre les rênes du pouvoir. Il avait peu d'intérêt pour la politique et passait pour un « libéral ». Son père, Hafez Al-Assad, avait préparé son autre fils, Bassel, un militaire, pour lui succéder. Mais le destin en a décidé autrement. Bassel a trouvé la mort dans un accident de voiture en 1994.

Bachar Al-Assad est encore à Londres pour se perfectionner en ophtalmologie lorsqu'il est rappelé au bercail à la suite de la mort de son frère. Il s'enrôle dans l'armée, accédant au rang de colonel en 1999.

Pour lui permettre d'accéder à la présidence, la Constitution a dû être amendée, faisant passer l'âge minimum pour être président de 40 à 34 ans.

La politique de Bachar Al-Assad

Bachar Al-AssadBachar Al-Assad   © PC/HO
  

Au moment de sa prise du pouvoir en 2000, Bachar Al-Assad libère des centaines de prisonniers politiques et autorise la publication de journaux indépendants, une première au pays depuis plus de 30 ans. Ces premiers mois sont qualifiés de « printemps de Damas ».

Mais la parenthèse est rapidement fermée, la répression et la censure reprennent le dessus. Après ce bref vent de liberté, Bachar Al-Assad dirige le pays comme son père, de manière autoritaire.

Parmi les événements qui marquent sa présidence, il y a le retrait complet des troupes syriennes du Liban, en avril 2005, après une présence de près de 30 ans.

Envoyés au Liban en 1976 pour tenter officiellement d'y instaurer la paix, plusieurs dizaines de milliers de militaires syriens y ont été maintenus longtemps après la fin de la guerre civile, au début des années 1990. Lorsque Damas décide de rapatrier ses troupes, il y avait 14 000 soldats syriens au Liban.

Ce retrait est le résultat de fortes pressions occidentales à la suite de l'assassinat, en février 2005, du premier ministre libanais Rafic Hariri dont la Syrie était soupçonnée d'être responsable.

Finalement, le Tribunal pénal international a accusé quatre membres du Hezbollah libanais pour ce meurtre. Ils seront jugés à La Haye, par contumace.

Dans une élection, où il est seul candidat, Bachar Al-Assad est réélu en 2007, une fois de plus, pour un mandat de sept ans avec 97 % des voix.

En juillet 2008, le président français Nicolas Sarkozy tend la main à Bachar Al-Assad, après qu'il a été isolé à la suite de l'assassinat d'Hariri.

Bachar Al-Assad est alors invité avec une quarantaine de chefs d'État au lancement de l'Union pour la méditerranée (UPM). Ce projet, proposé par la France, vise à fonder des partenariats entre l'Europe et les États de la rive sud de la Méditerranée.

Le président syrien effectue ainsi un retour sur la scène internationale et prend même part aux festivités de la fête nationale des Français le 14 juillet.

Un manifestant anti-Assad regarde les forces de sécurité du régime qui marchent vers le carré central de la ville d'Homs, le 1er janvier 2012.Un manifestant anti-Assad regarde les forces de sécurité du régime qui marchent vers la place centrale de la ville d'Homs, le 1er janvier 2012.   © AFP/STR
  

La révolte syrienne

Depuis la mi-mars 2011, inspirés par l'Égypte et la Tunisie, des Syriens manifestent pour exiger le départ de leur président.

Au fil des mois, la Syrie est devenue un champ de bataille militaire et un dossier diplomatique des plus épineux. Sur le terrain, les combats entre l'armée et les bastions rebelles ont fait des milliers de morts.

En octobre 2011, la Russie et la Chine se sont opposées à un projet de résolution condamnant la répression en Syrie. La résolution, rédigée par la France en collaboration avec l'Allemagne, la Grande-Bretagne et le Portugal, demandait à la Syrie de cesser immédiatement toutes les violences et d'assurer le respect des droits de la personne. Elle laissait aussi la porte ouverte à des sanctions.

La Chine et la Russie ont l'habitude de refuser toute ingérence dans la politique intérieure des autres pays. De plus, la Russie dispose d'une base navale à Tartous, dans le nord de la Syrie, principal acheteur d'armes russes dans la région.

En décembre 2011, 165 observateurs sont déployés en Syrie par la Ligue arabe. Leur mission est de veiller à l'application du plan de sortie de crise de la Ligue. Celui-ci prévoit l'arrêt des violences, la libération des détenus, le retrait de l'armée des villes et l'amorce d'un dialogue entre le pouvoir et l'opposition.

Le 28 janvier 2012, la Ligue arabe suspend sa mission d'observateurs, en raison de l'escalade de la violence dans le pays.

Le 4 février, la Russie et la Chine bloquent de nouveau une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression en Syrie et appelant au départ du président Bachar Al-Assad. La communauté internationale condamne ce geste et accuse les deux pays « d'abandonner » le peuple syrien.

Selon les Nations unies, plus de 5000 personnes sont mortes à la suite des manifestations et 15 000 autres ont été blessées. De son côté, le régime de Damas refuse toujours de reconnaître l'ampleur de la contestation et attribue les troubles à des « bandes armées ».

source radio-canada

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Syrie : les oppositions _ Ligue Arabe
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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 03:31

 

En Kabily 

 

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Algérie/Bulletin spécial : De la neige jusqu’à 200 m d’altitude dans 18 wilayas

46 victimes et de nouvelles neiges attendues de vendredi à dimanche 12 février. La vague de froid qui touche l'Algérie depuis une semaine a fait deux nouveaux morts, a indiqué vendredi la protection civile à l'AFP. Le nombre de victimes, directement ou non liées au froid, est de 46 personnes. Au moins. Les nouvelles chutes de neige toucheront 18 wilayas.


 

Une femme âgée de 60 ans résidant à Berrahal dans la wilaya (Préfecture) d'Annaba (600 km à l'est d'Alger) est morte chez elle d'hypothermie jeudi après-midi. Un homme âgé d'une quarantaine d'années est mort le même jour intoxiqué par du monoxyde de carbone, a précisé la même source.


Le bilan donné jeudi par la radio nationale Chaîne 3, citant la Protection civile faisait état d'au moins 30 personnes qui ont péri dans des accidents de la route et 14 autres par asphyxie due à des émanations de gaz, depuis le début des intempéries. Le dernier bilan officiel s'établissait mercredi à 29 morts.

De nombreuses routes nationales et chemins de wilaya sont toujours coupés à la circulation routière dans 12 wilayas en raison d'importantes chutes de neige, selon un point de situation publié vendredi par le Commandement de la Gendarmerie nationale.

 

 

De la neige à 200m d'altitude


Des chutes de neige continueront d’affecter les reliefs du centre et de l’est du pays à partir de 600 m d’altitude, puis gagnant progressivement des altitudes plus basses (200 m), a annoncé vendredi 10 février l’office national de la météorologie (ONM) dans un bulletin spécial.

Les wilayas concernées par ces chutes de neige sont Ain Defla, Médéa, Boumerdes, Bouira, Tizi Ouzou, Bordj Bou Arreridj, Sétif, Bejaia, Jijel, Skikda, Constantine, Mila, Guelma, Batna, Souk Ahras, El Tarf, Oum El Bouaghi et Khenchela.

L’épaisseur des neiges prévue atteindra ou dépassera localement 40 cm durant la validité du bulletin en cours jusqu’au dimanche 12 février à 21 heures au moins, selon l’ONM.

Les chutes de neige affecteront également les wilayas de Tlemcen, Sidi Bel Abbès, Naâma, El Bayadh, Tiaret, Laghouat et Djelfa.

L’épaisseur des neiges prévue dans ces wilayas atteindra ou dépassera localement 20 cm durant la validité du bulletin qui court du samedi, 11 février, à 18 heures au dimanche, 12 février, à 21 heures au moins, a précisé encore l’ONM.


 

Etat des route coupées vendredi 10 février


Tizi Ouzou - les importantes chutes de neige ont bloqué la route nationale (RN) 15, reliant Tizi Ouzou à Bouira au col de Tirourda, commune d’Iferhounène, et dans la circonscription communale de Larbaa-Nath-Iraten.

La RN 30, reliant la RN 30 A à Bouira, au lieu dit Tizi Noukalal, commune d’Iboudrarène, a été également bloqué par la neige, selon la même source. Le chemin de wilaya (CW) 09 reliant Tizi Ouzou à Béjaia au col de Chellata, commune d’Illoula Oumalou, a été aussi coupé à la circulation.

L’amoncellement de neige a causé, dans la même wilaya, la fermeture du CW 253, reliant Ain El-Hammam à Béjaia au col de Chellata, commune d’Illoula-Oumalou, le CW 11, reliant les communes de Ouacif à Ouadhia, la RN 15, reliant Bouira à Tizi Ouzou, au col de Tirourda, commune d’Aghbalou, et la RN 33, reliant Bouira à Tizi Ouzou à hauteur de Tikedjda, commune d’El Asnam.

La RN 33 bis, reliant Haizer à Tikedjda, au village Ain Alouane, commune de Haizer, a été également bloquée par la neige.

Bouira - la RN 30, reliant Bouira à Tizi Ouzou, au lieu dit Tizi-Noukoulal, commune de Saharidj, ainsi que le CW 93, reliant les villes de Guerrouma à Lakhdaria, le CW 15, reliant Souk el Khemis à El Mokrani, entre les deux localités, le CW 23, reliant El-Mokrani à Médéa, au village Ouled el Arbi, ainsi que le CW 09, reliant Saharidj à Aghbalou, entre les deux communes, sont bloqués par la neige.

Blida- la RN 37, reliant Blida à Chréa, au point kilométrique (PK) 17, commune de Chréa, est coupée à la circulation en raison de l’amoncellement de neige.

Médéa -
 la RN 08, reliant la ville de Tablat à Blida, la RN 64, reliant la ville d’El-Omaria à Bougara (Blida) et les CW 64 08, reliant respectivement El-Omaria et Bougara (Blida) ET Tamesguida à Médéa.


Boumerdes - le CW 152, reliant Timezrit à Tizi Ouzou, dans la circonscription communale de Timezrit, et le CW 27, reliant Larbatache à Bouderbala (Bouira), ont été coupés à la circulation.

Tipaza - le CW 54, reliant le douar Tazerourt à Béni Meleuk est également bloqué.

Tiaret - la RN 23, reliant Tiaret à Relizane, dans la circonscription communale de Guertoufa, la RN 77, reliant Jijel à Sétif, dans la commune de Jimla, et la RN 77 A, reliant Sétif à Jijel, à hauteur de la commune de Minar Zarza, sont coupées à la circulation à cause d’inondation de la chaussée.

La RN 105, reliant Jimla à El Milia, sur une distance de 20 km, le CW 01, reliant la RN 77 à Minar-Zarza, à hauteur de la mechta Fedoul, commune de Minar-Zarza, sur une distance de 15 km, sont bloqués par la neige.

Mila - le CW 134, reliant Oued Othmania à Constantine, sur une distance de 12 km, le CW 06, reliant la RN 79 à la RN 77 A sur une distance de 25 km, sont coupés à la circulation en raison d’amoncellement de neige. Dans la même wilaya, les chutes de neige ont également bloqué le CW 135 A, reliant Terra-Bainem à Boucif-Ouled-Askeur (Jjiel), et le CW 03 reliant Teleghma à Chelghoum Laid, au lieu dit Djebel Ali sur une distance de 18 km.

Jijel - la RN 105, reliant la ville de Jimla à El-Milia sur une distance de 20 km est également coupée à la circulation.

C’est aussi le cas pour le CW 137 A, reliant Selma Ben Ziada à Texena sur une distance de 05 km, le CW 137 B, reliant la ville Ziama Mansouriah à Iraguen Souissi, sur une distance de 10 km, le CW 135 A, reliant la ville Bordj T’har, et 41, reliant Sidi Marouf à Ouled Rabah, sur une distance de 07 km.

Béjaia - la RN 75, reliant Sétif à Béjaia, entre les communes de Barbacha et Kendira, sur une distance de 18 km, la RN 12 reliant Béjaia à Tizi Ouzou, sur une distance de 33 km, et la RN 26 A reliant Akbou à Tizi Ouzou, sur une distance de 08 km, le CW 01, reliant Tibane à Akfadou, sur une distance de 08 km, ainsi que le CW 159, reliant les villages Alma et Ighil Oumssid, commune de Chellata, le CW 158, reliant Barbacha à Amizour sur une distance de 06 km, sont coupés au trafic routier par la neige.

Le CW 06, reliant Ait Smail à Ait-Tizi (Sétif), sur une distance de 09 km, le CW 23, reliant Akbou à Elmayen ( Bordj Bou Arréridj) sur 20 km, le CW 35, reliant Amalou à Béni Mouhil (Sétif), sur une distance de 30 km, le CW 137, reliant Sidi Aich à Chemini, sur une distance de 10 km, le CW 23 A, reliant Tichy à Boukhelifa, sur une distance de 06 Km, sont coupés à la circulation.

La même situation est constatée au niveau du CW 15 A, reliant Tizi Nberber à Bouandas (Sétif), sur une distance de 20 km, et le CW 07, reliant Béni Mlikeche à Tazmalt, sur une distance de 13 km.

Bordj Bou Arréridj-
 les RN 76, reliant Bordj Zemmoura à Guenzet (Sétif), au lieu dit El Madafaa, la RN 75, reliant Béjaia à hauteur de la commune Ait Naoual-Mzada, sur une distance de 04 km, ainsi que la RN 75, reliant Béjaia et Sétif, à hauteur de la commune de Tala Ifacène, sur une distance de 07 km.

Sétif - les RN 76, reliant Sétif et Bordj Bou ArRéridj, à hauteur du douar de Dar El Hadj, commune de Harbi, sur 05 Km, 76, reliant Sétif et Bordj Bou Arréridj, au lieu dit Djebel Tansaout, commune de Guenzet, sur une distance de 05 km sont coupées à la circulation.

Dans la même wilaya, la RN 103, reliant Sétif et Bordj Bou Arréridj, à hauteur du village d’El Hamamcha, commune de Bougaâ, sur une distance de 07 km, le CW 32 A, reliant Tala Ifacène (Sétif ) à Kherrata ( Béjaia), sur une distance de 07 km, le CW 117, reliant la RN 77 à la RN 77 A, par la commune de Djemila, le CW 117, reliant Sétif à Béni Fouda, sur une distance de 06 km, le CW 45 reliant Bouandas à Bousselel, sur une distance de 21 km, ainsi que le CW 06, reliant Bouandas à Ait Tizi sur, une distance de 02 km sont coupés à la circulation en raison de l’amoncellement de la neige.

 source  Bulletin spécia

 

 

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 Neige : Les questions que l’on se pose toujours une semaine après

 Il a fallu attendre 48 heures pour que le plan Orsec soit lanc&eacute;.

 

 

Il a fallu attendre 48 heures pour que le plan Orsec soit lancé.

 

Toute la semaine, la colère est montée du fond des wilayas. Les habitants des communes isolées cherchent du butane pour se chauffer, de quoi manger et même de quoi boire. Ils redoutent les nouvelles intempéries annoncées et les mêmes questions reviennent…


-Pourquoi Sonelgaz est-elle prise au dépourvu été comme hiver ?

«Le délestage est une opération volontaire qu’effectue l’entreprise pour maintenir un équilibre entre l’offre et la demande en période de très forte consommation électrique, explique Manel Aït Mekidèche, directrice des relations avec les médias. Alors que la situation actuelle échappe totalement au contrôle de l’entreprise. Sonelgaz (qui a annoncé hier un pic historique de consommation, ndlr), doit faire face à une situation exceptionnelle à laquelle elle n’est pas préparée (plus de 900 000 foyers sans électricité). Ajoutez à cela l’absence de moyens spécifiques pour les zones aux reliefs inaccessibles – quand les accès aux hameaux enclavés sont bloqués par la neige.» Sonelgaz assure faire tout ce qui est en son pouvoir pour rétablir le courant aux 13 000 foyers qui en sont encore privés. «Nous avons mobilisé toutes les équipes du groupe, même celles des sociétés sous-traitantes, déclare-t-elle. Mais les techniciens de l’entreprise doivent faire face au relief et à l’épaisseur de la neige, qui empêchent les véhicules d’accéder aux hameaux éloignés et obligent nos agents à avancer à pied.» Ce n’est pas tout : Sonelgaz attend d’autres records de consommation pour les jours à venir.

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-Pourquoi personne n’est d’accord sur le nombre de morts ?

C’est un mystère car même si le recensement des victimes diffère, le nombre de morts dépasse largement l’«étrange» bilan officiel. Hier à 17h11, le ministère de l’Intérieur insistait : «Le nombre de personnes décédées, deux, demeure inchangé.» L’AFP avance le chiffre de 44 personnes décédées en une semaine. La Chaîne III, quant à elle, comptabilise au moins 30 personnes décédées dans des accidents de la route et 14 par asphyxie due à des émanations de gaz, depuis le début des intempéries. A Aït Tizi (Sétif), un adolescent de 14 ans est mort d’hypothermie. «Son village n’était plus alimenté en butane. Il est tombé dans le coma, relève Kamel Beniaiche, notre correspondant à Sétif. Il a été transporté à pied jusqu’au service des urgences d’Aokas où il est décédé.» Les services de la Protection civile de la wilaya de Annaba sont intervenus, avant-hier vers 19h, pour constater le décès de deux personnes. Habitant seule à la cité Guirèche dans la commune de Berrahal, la première victime est une femme de 60 ans ; elle est décédée, selon le médecin de l’hôpital de Berrahal, d’hypothermie. A défaut de moyen de chauffage, la seconde victime, un homme de 40 ans, a trouvé la mort, quelques heures après, dans un dépôt de transformation de bois à la zone industrielle Pont Bouchet (Annaba). Originaire de la cité déshéritée de Sidi Salem, le défunt a été intoxiqué par le monoxyde de carbone d’un poêlon de charbon. A Hammadi Krouma (10 km au sud de Skikda), un jeune de 20 ans a été emporté par les eaux alors qu’il tentait de traverser un chaâba (torrent). Son corps n’a toujours pas été retrouvé.

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-A quoi sert un bulletin météo spécial (BMS) ?

Le BMS, seul, ne sert à rien. Il doit être suivi d’une organisation spécifique. Le service des prévisions météorologiques publie un bulletin météo spécial destiné aux pouvoirs publics (ministère de l’Intérieur, Gendarmerie nationale, Protection civile) pour signaler que d’importantes perturbations climatiques, sur les plans pluviométrique, des températures, du vent et de la neige dans une région donnée, sont attendues. Après la catastrophe de Bab El Oued, il était prévu que des études de terrain et des travaux de coordination avec les destinataires de ces bulletins soient menées pour permettre une meilleure connaissance, entre autres, des seuils de pluie à partir desquels les terres risquent d’être inondables. Ce travail n’a toujours pas été effectué.

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-Pourquoi tout le monde cherche du gaz butane ?

Essentiellement parce que les camions de Naftal ne peuvent plus approvisionner les stations-service à cause des routes enneigées. L’entreprise doit aussi faire face à une très forte demande qu’elle n’a pas su anticipée. Au marché noir, la bouteille de gaz butane est cédée à 1500 DA, alors qu’elle ne coûte que 250 DA. A Boumerdès, la bonbonne a même flambé jusqu’à 2000 DA.  Devant l’ampleur de la catastrophe, certaines APC, comme celle de Larbaâ Nath Irathen, propose aux citoyens de s’organiser et d’aller eux-mêmes chercher leur gaz, en mettant à leur disposition un camion de la commune. Les gendarmes sont obligés d’escorter les camions pour sécuriser la distribution. A Sétif, plus de 2000 bouteilles ont pu ainsi être distribuées dans les zones enclavées.

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-Pourquoi le plan Orsec n’a-t-il pas été déclenché ?

La diffusion d’un BMS génère automatiquement une cellule de crise. En fonction de la gravité des perturbations, un plan Orsec (Organisation de la réponse de sécurité civile) est lancé. Ce qui a été le cas dans les 15 wilayas touchées : il a été mis en place dès samedi dans la majorité des wilayas, à l’exception de celle de Tizi Ouzou, qui a attendu 48 heures avant de juger utile de déclencher l’alerte. «Les autorités n’ont pas pris au sérieux les BMS et ont été surprises par l’ampleur du phénomène», relèvent nos correspondants à Sétif, Chlef, Skikda… Le problème, c’est que le plan Orsec ne bénéficie pas de moyens supplémentaires, comme cela devrait être le cas. «Il n’y a eu aucune stratégie de gestion surtout pour les zones montagneuses et les douars, les zones les plus touchées», précise-t-on aussi à Chlef.
A Skikda, même la mort d’une personne (suite à une chute dans un oued) n’y a rien fait. Hsen, habitant la localité de Aïn Makhlouf, à 45 km de Souk Ahras, affirme que «les autorités n’ont rien fait pour remédier à cette situation. Sous d’autres cieux, il aurait été largement possible de saler les routes. Comment expliquer que, pendant 4 jours, il nous était impossible de nous rendre ni à Constantine ni à Guelma ?»

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-Comment fonctionne la cellule de crise d’une wilaya ?

Une cellule de crise est toujours composée des mêmes acteurs : des représentants de la wilaya, de la Protection civile, de la police, de la gendarmerie, de l’hydraulique, des travaux publics, de l’énergie et des mines, de la santé et parfois du commerce. Si elle a, dans la plupart des wilayas, été mise en place dès samedi 4 février, elle ne répond pas toujours. Exemple à Boumerdès où sa ligne téléphonique est la plupart du temps saturée. Ou à Tizi Ouzou. «Depuis le début de cette tempête de neige exceptionnelle qui a isolé de nombreuses communes, nous avons beau essayer de joindre cette cellule de crise, en vain, rapporte notre bureau sur place. Au moment où des étudiants étaient rassemblés devant la wilaya pour demander des aides pour leurs familles bloquées dans la montagne, nous avons reçu, à 10h, un appel de la cellule de communication nous invitant à un point de presse avec le chef de cabinet du wali, à 11h. Mais, finalement, cette rencontre avec les journalistes a été annulée…»   

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-Pourquoi les prix flambent ?

C’est le résultat de l’absence de régulation des prix. Azzedine Chenafa, président de l’Association des consommateurs de Sétif, explique : «Cette flambée des prix est récurrente, à chaque perturbation de conditions climatiques ou à l’occasion des fêtes religieuses. Elle est la conséquence de l’absence de contrôle du marché, dépourvu d’un réseau de distribution développé. L’absence de culture de la consommation chez nos concitoyens est l’autre cause de l’envolée qui n’a pas épargné les produits subventionnés. Devant jouer le rôle de régulateur, l’Etat a laissé le champ libre au privé, qui impose sa loi. L’absence de certains opérateurs publics qui ont constitué des stocks de pomme de terre et de viande blanche intrigue. Pour mettre un terme à cette frénésie des prix et au dérèglement du marché, il faudrait institutionnaliser un secrétariat d’Etat du consommateur, un intermédiaire entre le consommateur, éternel dindon de la farce, et les différents intervenants.»
En attendant, nos correspondants s’accordent à dire que les prix ont été multipliés par deux. Le kilo de pomme de terre dépasse souvent les 90 DA. A Aïn Defla, le kilo de petits pois est passé de 70 à 140 DA. «Il faut désormais dépenser trois fois plus pour acheter des chaussures de neige !», assure Mohammed Benzergua à Blida.

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-L’œuf et le poulet plus chers

Les gestionnaires des ressources hydriques des hautes plaines sétifiennes se frottent les mains. Tout comme certains agriculteurs. Alors que les aviculteurs craignent le pire pour leur cheptel et leur trésorerie. D’autant plus que les intempéries, qui bloquent une bonne partie du réseau routier de la wilaya de Sétif, privent un important contingent des 400 aviculteurs de la première wilaya du pays productrice de poulet de chair et deuxième en matière de poules pondeuses, d’aliments et de gaz butane nécessaires aux éleveurs. «La filière avicole subira de plein fouet les effets de ces exécrables conditions climatiques. Nous éprouvons les pires difficultés pour écouler les poussins de chair dont la durée de vie n’excède pas les 24 heures. D’importantes quantités de poussins seront décimées. Les pertes se chiffrent par centaines de millions de dinars. De nombreux éleveurs auront du mal à se relever. Le manque d’aliment est à l’origine de la chute de production des poules pondeuses, d’où la tension sur les œufs, cédés au pris de gros à 320 DA le plateau de 30.  La pénurie de gaz butane pénalise les éleveurs du poulet de chair, sujets à de grandes pertes. Cette situation se répercute déjà sur le prix du poulet, vendu entre 350 et 400 DA le kilo. La filière est sinistrée, l’Etat doit venir à son secours», souligne un aviculteur, qui ajoute que la wilaya de Sétif produit annuellement plus de 20 millions d’œufs et 16 millions de poussins de chair…                             

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-Les jeunes se mobilisent pour les SDF

Des jeunes étudiants lancent une opération de collecte de vêtements, de couvertures et de nourriture au profit des nécessiteux, particulièrement les SDF d’Alger. Les dons collectés seront distribués jeudi 16 février. Vous avez à votre disposition des numéros de téléphone de bénévoles à contacter selon votre proximité géographique.
Pour tout renseignement contactez :
Idriss : 0550 30 80 49       
Larbi : 0551 03 14 71     
Et pour vos dons :   
Alger-Centre et ses environs : 0550 30 80 49      
El Biar et ses environs : 0550 58 61 18       
Hydra, le Golf, Poirson : 0663 50 98 47      
Ben Aknoun, Dely Ibrrahim : 0551 03 14 71       
Chéraga et ses environs : 0550 58 61 18 /
 0557 95 67 33       
Draria et ses environs : 0797 54 36 31      
Bab Ezzouar et ses environs : 0550 66 97 53/ 0557 31 08 51      
Kouba et ses environs : 0552 00 33 91/0557 33 24 55
Ouled Fayet et ses environs : 0550 93 47 18       
Aïn Taya et ses environs : 0560 25 62 81      
Bab El Oued, Staouéli, Aïn Benian : 0550 30 80 49      
Reghaïa et ses environs : 0554 59 40 61      
Dar El Beïda et ses environs : 0771 78 48 77      

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-Et des repas chauds au Croissant-Rouge algérien

Le Croissant-Rouge algérien maintient son opération au profit des SDF organisée chaque hiver à l’échelle nationale, selon Lahcen Bouchekroun, secrétaire général du CRA. Les portes des différents centres sont ouvertes pour offrir des repas chauds. Le même responsable appelle les commerçants à faire preuve de solidarité en faisant des dons alimentaires.

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-Mourir de froid, est-ce que ça peut arriver à n’importe qui ?

Oui. «Notre organisme se protège du froid grâce à des centres régulateurs de la température, explique Sara Deghima, médecin résidente en endocrino-diabétologie au CHU Mustapha Pacha d’Alger. Par exemple, les frissons permettent de produire de la chaleur. Car le corps doit maintenir sa température à 37°.» Mais si l’organisme est trop longtemps exposé au froid, on peut tomber en hypothermie (en dessous de 35°). «A partir de 32°, on parle d’hypothermie grave. A 30°, elle devient sévère et risque de mener à la mort. Surtout si le patient n’est pas pris en charge à temps. Après des troubles de la conscience, on tombe dans un coma profond, le rythme cardiaque ralentit et s’ensuit un arrêt respiratoire.» Voir les conseils pour se protéger de l’hypothermie dans l’encadré ci-contre.

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-5 conseils contre l’hypothermie

*Portez des vêtements isolants, en laine, ou des coupe-vent, des imperméables.
wMangez souvent, de préférence des aliments à haute teneur énergétique (dattes, pruneaux, lentilles, raisins secs…), ils vous procurent de la chaleur qui remplace l’énergie que vous perdez lorsque vous êtes en mouvement.
*Privilégiez les boissons chaudes et les soupes.
*Isolez-vous de la neige : ne vous asseyez jamais dans la neige.
*Si vous vous trouvez face à quelqu’un souffrant d’hypothermie, isolez-le du froid en le plaçant doucement dans une couverture, mais n’appliquez surtout pas de source de chaleur directe comme de l’eau chaude. Evitez de masser ou de frotter la personne car elle risque un arrêt cardiaque.

source elwatan

 

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 02:25

 

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Aïn Draham-Tunisie: 7 morts et 30 mille citoyens privés d’eau potable depuis 7 jours


Contactée par TunisieNumérique, la délégation de Aïn Draham a indiqué que des cas de décès ont été enregistrés ces derniers jours. Hier, jeudi 9 février 2012, sept citoyens ont trouvé la mort.

Le premier cas dans la localité de « Tabania » il s’agit d’un directeur d’une école primaire. 3 filles ont décédé dans la région de « Thloul », un homme asthmatique à « El Kraimia », un citoyen à « Dar Fatma » et un cas de décès a été signalé au centre ville de Aïn Draham. La délégation a assuré que 4 parmi ces cas sont des morts naturelles qui n’ont aucun rapport avec la vague de froid.

Quelques cas de décès ont été enregistrés parmi des malades qui n’ont pas pu rejoindre l’hôpital de Jendouba à cause des routes coupées. A cause du froid aussi, un citoyen a perdu conscience, hier dans un café de la région et a été transféré d’urgence à l’hôpital.

Plusieurs animaux, qui constituent l’unique source de revenu pour les habitants de la région  sont morts à cause de l’effondrement des toits d’écuries sous le poids des neiges accumulées.

Un fonctionnaire à la délégation a confié à TunisieNumérique que 30.000 habitants sont privés d’eau potable depuis 7 jours, et que 15.000 parmi eux sans aussi privés  électricité dans les localités de ( Attatfa, Aïn Snoussi, Souk Essebt, El Homrane, Sidi Abdallah, El Mcham, Sidi Asker, Abissa et El Khoualdia). « Ce sont des zones rurales complètement isolées et dont l’accès est impossible momentanément à cause des neiges accumulées atteignant une hauteur de 150 centimètres.  Il n’y a plus de nourriture puisque les épiceries et les boulangeries sont fermées  » a-t-il ajouté.

Le fonctionnaire de la délégation de Aïn Draham a fait savoir que le stock des aides arrivées aux locaux de la délégation ne suffit pas  aux demandes des habitants.

source tunisienumerique

 

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10 février 2012 5 10 /02 /février /2012 08:34

Accusé d'avoir "insulté" le Prophète, un jeune Saoudien fuit son pays par peur d'être exécuté


 

ARABIE SAOUDITE "Tous les grands dieux que nous adorons (…) ne sont que le fruit de notre imagination", a écrit Hamza Kashgari sur Twitter.

Hamza Kashgari, un journaliste saoudien de 23 ans, a dû fuir son pays hier après avoir reçu une série de menaces de mort. Le jeune homme est accusé d'avoir "insulté" l'islam, via son compte Twitter (@Hmzmz), en attribuant des qualités "humaines" au Prophète Mohammed, selon le site anglais d'al-Jazira.

 

Kashgari, qui a fui l'Arabie saoudite vers la Malaisie, aurait été arrêté par les autorités malaisiennes, rapporte de son côté le journal saoudien Al-Youm. Il pourrait être extradé vers son pays d'origine, où il risque la peine de mort, ajoute le quotidien.

 

Des médias saoudiens avaient déjà rapporté que le roi Abdallah a ordonné l'arrestation du jeune homme et l'ouverture d'une enquête sur cette affaire. Sur son compte Twitter, le ministre de l'Information, Abdel Aziz Khoja, a de son côté assuré que Hamza Kashgari sera désormais banni d'écrire dans les journaux et magazines saoudiens. "Quand j'ai lu ses écrits, j'ai pleuré et j'ai été furieux de savoir qu'il y a quelqu'un dans le royaume, gardien des lieux saints, qui puisse s'adresser au Prophète de cette manière offensive", affirme Khoja. Et d'ajouter : "Nous allons prendre les mesures nécessaires contre lui".

 

Dans ses tweets "blasphématoires" – publiés à l'occasion de la commémoration de la naissance du Prophète - Kashgari écrit :

"Le jour de ton anniversaire, je te retrouve en face de moi où que j'aille, J'aime beaucoup de choses en toi, mais il y a aussi beaucoup de choses que je ne comprends pas"; "Pour ton anniversaire, je ne me prosternerai pas devant toi, je n'embrasserai pas ta main. Je vais la serrer comme si tu étais mon égal. Je vais te sourire et tu me souriras aussi, je te parlerai comme si tu étais mon ami"; "Tous les grands dieux que nous adorons, cette peur que nous redoutons, ces désirs que nous attendons impatiemment, ne sont que le fruit de notre imagination"; "Aucune Saoudienne n'ira en enfer, parce qu'il est impossible de s'y rendre deux fois".

 

Le compte de Hamza sur Twitter.

 

Les tweets de @Hmzmz, qui ont déclenché un torrent de réactions haineuses sur Internet, ont été retirés de son compte quelques heures après leur publication. Plusieurs internautes n'ont pas hésité à appeler à sa condamnation à mort, l'un d'eux a même offert une récompense de 10.000 rials (2.666 dollars américains) à la personne qui l'exécuterait, selon le Wall Street Journal.

 

"Est-ce que quelqu'un peut m'envoyer l'adresse de Hamza, l'homme qui a insulté le Prophète? Il y a des lions qui l'attendent", réagit Mochari al-Kathiri sur Twitter. "Ce n'est pas à nous de décider si quelqu'un doit aller en enfer ou au paradis, mais nous ne pouvons tolérer quelqu'un qui insulte notre Prophète et nous n'accepterons pas ses excuses et justifications", écrit pour sa part Anas ben Saad el-Chadoukhi.

 

Hamza Kashgari a, quant à lui, tenté d'apaiser les esprits, mais en vain. "J'ai effacé mes anciens tweets parce que je me suis rendu compte qu'ils pouvaient être pris pour une insulte au Prophète. Je ne veux pas être mal compris, dit-il. Je jure que j'ai écrit ce que j'ai écrit par amour au Prophète, mais j'ai commis une erreur et j'espère que Dieu me pardonnera"…

 

source lorientlejour

 

 

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Le cheik réclame la mort pour le jeune Hamza pour avoir insulté son islam...Et il pleure… Il pleure !  Ce sont ces malades, appelés cheiks, qui ont fait du tort à la religion musulmane et l'ont réduit en un univers sombre où toutes les répressions imaginables sont possibles... 

 


 
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