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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 18:30

Quand Thala s’est soulevée contre Ben Ali


Il y a un an, le président tyran fuyait le pays. La ville rebelle de l’ouest tunisien a été une des premières à se révolter contre le régime honni. Depuis, c’est un bel exemple d’autogestion.

Nichée dans les montagnes près de la frontière algérienne, la ville de Thala vit toujours à l’heure de la révolution, comme si le temps s’était arrêté il y a un an. Ce n’est pas tant le nombre de victimes mais les modalités de la répression qui ont marqué durablement les esprits ici. La police n’entre plus à Thala au risque de provoquer des émeutes : « Les gens de Thala, surtout les familles des martyrs, n’acceptent pas la présence de la police tant que justice n’a pas été rendue », confie Abir Arnouni, étudiante en anglais. Seule l’armée est acceptée par les 65’000 habitants. Neutre pendant la révolution, elle a joué un rôle social important : « Les militaires nous ont beaucoup aidés. Un colonel passait tous les jours pour nous demander de quoi nous avions besoin. Il nous écoutait beaucoup et nous parlait avec sincérité », dit Issam, frère d’un jeune tué par la police lors des premières manifestations.

 

Après Sidi Bouzid, Thala a été la première ville à s’être soulevée durant la révolution. Entre le 3 et le 12 janvier 2011, la ville fut assiégée par les forces de police venues réprimer les manifestations suite au décès de Mohamed Bouazizi, qui s’était immolé par le feu le 17 décembre 2010. À Menzel-Bouzaiene, un professeur au chômage a été tué lors d’une manifestation. Puis c’est à Thala que les victimes suivantes tombent au soir du 7 janvier. « Nous étions ensemble, solidaires. Toutes les portes des maisons étaient ouvertes, les femmes donnaient des tomates aux hommes contre le gaz lacrymogène. Elles aussi allaient manifester contre la police », raconte Issam.


Le 12 janvier au soir, les policiers quittent la ville, les Thalouas s’organisent pour garantir la sécurité. Dans tous les secteurs de la ville, des rondes ont lieu. « Dans chaque quartier, nous avons voté pour choisir une personne de confiance responsable de la sécurité. Puis nous avons ramassé les ordures et nettoyé la ville après le siège », indique Issam.

 

Thala multiplie les particularités. Déjà sous l’ancien régime, Ben Ali l’avait surnommé « le point noir de la Tunisie » du fait de sa résistance continuelle contre la dictature. Dans plusieurs villes du pays où les violences policières ont été très dures, de nombreux cadres du RCD (le parti de Ben Ali) ont pris la fuite, laissant ces territoires sans administration. À Thala, dès le début de la répression, le maire et son équipe affiliée au RCD ont quitté la ville par peur des représailles. Les Thalouas adoptent alors une forme d’autogestion. La très grande solidarité des habitants et l’habitude de se débrouiller par eux-mêmes ont permis cette autogestion : « Pendant deux mois, nous avons aussi organisé des collectes de fonds pour aider les familles pauvres à passer l’hiver. Pendant la révolution, nous étions solidaires. Depuis, nous sommes devenus une seule personne », dit Issam.

 

Un comité local est créé pour gérer les affaires courantes : « Nous avons affiché devant le Palais de justice les nouvelles du jour pour que tout le monde sache quelles décisions ont été prises par le comité local », précise Issam. Parmi les discussions, une proposition fait l’unanimité : quitter la ville en portant des drapeaux algériens et marcher vers la frontière pour demander le rattachement à l’Algérie. « Pendant la révolution, la frontière est restée ouverte. Quand les Algériens vivant de l’autre côté ont su que nous venions, cinq bus de Tebessa [ville frontalière] et Oran sont venus nous apporter de l’aide », ajoute Issam. Une grande fête a alors été organisée. « Un Algérien nous a alors dit : “Vous devez réclamer justice dans votre pays. Nous serons là pour vous soutenir.” »

 

Le 12 septembre 2011, des élections municipales anticipées sont organisées par les habitants : « Quelques régions ont établi des comités locaux désignés par divers représentants de communes, car les cadres du RCD ont tous été dégagés. Chez nous cela a tardé. Néanmoins, nous sommes la seule ville de toute la Tunisie à avoir élu notre maire », confie Kahli Fathi. Une liste de 33 candidats est élaborée et huit conseillers municipaux sont élus. Mohsen Saidi, médecin-chef de l’hôpital, est élu maire. « Plus d’un millier de personnes ont voté. C’est peu par rapport au nombre d’habitants mais c’est un exploit d’organiser des élections en deux jours ! » explique le nouveau maire de Thala, ajoutant : « Ce qui caractérise notre équipe municipale, c’est qu’il n’y a pas de chef. Et nous sommes tous bénévoles. »

 

Un an après, les Thalouas n’ont rien oublié. Toute la ville s’active pour organiser les commémorations de la fuite de Ben Ali. Mardi dernier, le responsable présumé de la répression a été limogé et serait en garde à vue. Un cortège de voitures fait le tour de la ville pour annoncer la nouvelle. C’est un an de combat pour la justice qui porte ses fruits aux yeux des Thalouas. « L’arrestation de cet homme est historique, peut-être plus que le départ de Ben Ali. Aujourd’hui, nous pouvons dire que nous sommes en démocratie », confie Ahmed, un blogueur, ému jusqu’aux larmes.

 

« Le nouveau gouvernement agit enfin. Il a entendu la population de Thala et Kasserine ! »Le 8 janvier, le président Marzouki et son premier ministre Hamadi Jebali ont fait le déplacement dans ces villes très durement touchées par les violences policières. Les familles des victimes ont exigé d’eux l’arrestation et le jugement des cadres policiers qui ont tué et blessé en toute impunité. Dans l’état d’esprit des familles des victimes, c’est un mélange de fierté et de douleur, de soulagement, après un an de combat.

Leur presse (Rafika Bendermel, Le Temps [Genève], 14 janvier 2012)

 

 

NOTA BENE : Quelques jours après la parution de cet article, alors qu’avait couru la rumeur que « le responsable présumé de la répression » à Thala, Moncef Laajimi, avait été arrêté à l’aéroport alors qu’il tentait de fuir un mandat d’amener délivré contre lui, celui-ci paraissait en direct à la télé le soir du 21 janvier pour une interview sur le plateau de Hannibal TV, dont on retiendra seulement le commentaire qu’en fit un internaute : « Il y aurait eu un quart d’heure de plus d’émission, Laajimi aurait avoué être un martyr de la révolution ». Qu’en pensera et qu’en dira le peuple de Thala 

 

source juralib.noblogs

 

 

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Thalassothérapie - 1. Témoignage pour servir à l'histoire de la bataille de Thala 

from Los Solidarios


 

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24 janvier 2012 2 24 /01 /janvier /2012 07:09

Seif El islam Kadhafi 

 


 

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Violences et confusion à Bani Walid

 

Bani Walid

Photo: AFP/JOSEPH EID

Bani Walid

Le ministre libyen de l'Intérieur, Faouzi Abdelali, a démenti lundi que les violences à Bani Walid soient le fait de partisans de Mouammar Kadhafi. Il a attribué ces événements à des « problèmes internes » à cette ville située à 170 km de Tripoli.

M. Abdelali a expliqué que les violences étaient liées à la question des compensations destinées aux personnes touchées par la guerre et qu'« il y a un différend entre deux parties dans la ville sur cette question ».

Un correspondant de l'AFP qui a pu brièvement se rendre dans la ville a constaté qu'il y régnait la plus grande confusion et qu'il n'était pas possible de savoir qui était du côté des rebelles ou de l'ancien régime.

Auparavant, un responsable local avait affirmé à l'AFP que la ville de Bani Walid, dernier bastion de Kadhafi, est désormais contrôlée totalement par des partisans de l'ancien dirigeant libyen.

Au cours de l'attaque de la ville, cinq anciens rebelles ont été tués et une trentaine d'autres ont été blessés. Ce bilan a été confirmé par le ministre de l'Intérieur.

« La brigade du 28-Mai, la plus importante à Bani Walid et la seule qui dépende du ministère de la Défense, est encerclée par des fidèles de Kadhafi brandissant des drapeaux verts et est visée par toutes sortes de tirs », a indiqué Mahmoud El-Werfelli, porte-parole du conseil local de la ville.

« Ils sont environ 100 à 150 et ont des armes lourdes », a-t-il précisé.

« Nous avons demandé l'intervention de l'armée, mais le ministère de la Défense et le Conseil national de transition nous ont trahis, ils nous ont laissés entre le marteau et l'enclume », a-t-il déclaré.

En novembre, des combats meurtriers avaient opposé une milice d'un quartier de Tripoli, venue arrêter des habitants de Bani Walid, et des insurgés locaux.

 

Affrontements à Tripoli

 

La veille, des affrontements à Tripoli ont fait un mort et cinq blessés.

Excédés par les agissements d'un ex-détenu condamné dans une affaire de meurtre et libéré au début de l'insurrection libyenne par le régime de Mouammar Kadhafi, d'ex-rebelles ont tenté de l'arrêter, mais se sont heurtés à une résistance farouche, selon des témoins.

L'ex-prisonnier et son frère se sont réfugiés dans leur maison et ont tiré avec différents types d'armes, dont des roquettes RPG, des armes automatiques et des grenades, selon des habitants.

Des violences ont régulièrement lieu entre groupes armés depuis la fin du conflit qui a renversé le régime de Mouammar Kadhafi. En raison de la prolifération des armes, des incidents banals peuvent prendre de grandes proportions.

 

Le CNT contesté

 

La multiplication des incidents violents et la réapparition des partisans du défunt colonel Kadhafi surviennent au moment où le Conseil national de transition (CNT) est de plus en plus contesté. Une partie de la population exige l'exclusion des personnalités liées à l'ancien régime, qui occupent encore des postes de responsabilité.

À Benghazi, point de départ de l'insurrection contre Mouammar Kadhafi, des rassemblements ont lieu quotidiennement, où les manifestants exigent une transparence totale des dépenses publiques.

Dimanche, le vice-président du CNT, Abdel Hafiz Ghoga, a démissionné après avoir été chassé violemment jeudi d'une université de Benghazi, où il devait donner une conférence.

Samedi dans la soirée, le siège du CNT a été envahi par des manifestants.

Lorsque Moustapha Abdeljalil, le président du CNT, est sorti pour s'adresser à la foule, des manifestants lui ont lancé des bouteilles en plastique vides, obligeant les forces de l'ordre à tirer des grenades lacrymogènes.

« Dégage, dégage! », scandaient les protestataires lorsque le chef du CNT a pris la parole avant de se replier à l'intérieur du bâtiment.

S'adressant par la suite à des journalistes dans un hôtel, M. Abdeldjalil a estimé qu'il fallait donner du temps à ce gouvernement, installé depuis deux mois.

« Derrière ces manifestations, il y a quelque chose de néfaste pour le pays », a-t-il déclaré.

Par ailleurs, le président du CNT doit présenter dans la journée la loi électorale qui permettra de mettre en place d'ici six mois une assemblée nationale.

source radio-canada

 

 

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 Le gouvernement dément un assaut de pro-Kadhafi à Bani Walid

 

Un responsable local affirmait un peu plus tôt que des partisans de l'ancien dirigeant contrôlaient toute la ville.

 

Bani Walid le 17 octobre, lors de l'assaut final du CNT (MARCO LONGARI / AFP)

Bani Walid le 17 octobre, lors de l'assaut final du CNT (MARCO LONGARI / AFP)

 

Le ministre libyen de l'Intérieur Faouzi Abdelali a démenti que les violences à Bani Walid lundi 23 janvier soient le fait de partisans de l'ancien régime de feu Mouammar Kadhafi, affirmant qu'il s'agissait de "problèmes internes" à cette ville située à 170 km de Tripoli.

"Les informations dont nous disposons disent qu'il y a des problèmes internes entre les habitants de cette ville, et c'est la raison de ce qui s'est passé", a-t-il affirmé à la chaîne de télévision Libya, en confirmant un bilan de cinq morts.

"Les informations que nous avons en provenance de l'intérieur de la ville ne disent pas qu'il y a des drapeaux verts et il n'y a rien qui soit lié à l'ancien régime", a-t-il ajouté.

 

 

"Un différend entre deux parties dans la ville"

Le ministre a expliqué que les violences étaient liées à la question des compensations destinées aux personnes affectées par la guerre et qu'"il y a un différend entre deux parties dans la ville sur cette question".

"J'espère que les thowars (révolutionnaires) ne vont pas s'engouffrer derrière les informations diffusées par certaines stations" et attendront "la publication d'un communiqué officiel", a-t-il ajouté.

Un correspondant qui a pu brièvement se rendre dans la ville a constaté qu'il y régnait la plus grande confusion et qu'il n'était pas possible de savoir qui était du côté des rebelles ou de l'ancien régime.

 

"Ils contrôlent des quartiers importants dans le centre de la ville"

Bani Walid a été l'un des derniers bastions de Mouammar Kadhafi à tomber, quelques jours avant la mort de l'ancien dirigeant, et la fin du régime en octobre 2011 après huit mois d'un soulèvement sanglant.

 

D'après un responsable local un peu plus tôt dans la journée,des partisans du régime déchu de Kadhafi avaient pris le contrôle de "toute de la ville" à la suite d'affrontements sanglants avec des ex-rebelles.

"Ils contrôlent des quartiers importants dans le centre de la ville et y ont planté le drapeau vert (de Kadhafi)", avait affirmé Mahmoud el-Werfelli, porte-parole du conseil local de la ville, ancien bastion du défunt dirigeant libyen.

 source tempsreel.nouvelobs.


 

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L’après-El Gueddafi dans la douleur

La ville de Tripoli dégage une étrange impression pour le voyageur qui y débarque pour la première fois. Les scènes de vie quotidienne bien ordinaire contrastent fortement avec les rumeurs alarmistes sur les risques de guerre civile que font peser sur le pays les rapports de force au sein du CNT et les dissensions entre milices tribales et régionales.

 

Durant la journée, tout le monde vaque à ses affaires, mais au beau milieu de la nuit, on peut entendre les bruits sourds et lourds de menaces des armes de guerre.
Nos premiers contacts avec la capitale libyenne se font le vendredi 13 janvier, en provenance de la ville côtière de Zouara. Première surprise : il n’est pas aisé de conduire dans la joyeuse pagaille de la circulation tripolitaine où les bouchons n’ont rien à envier à ceux d’Alger. La vie quotidienne y a depuis longtemps repris ses droits. Aussitôt notre voiture garée, nous constatons que que Maydane Al Djazaïr a été effectivement rebaptisé Maydan Qatar. C’est la conséquence directe de la position franchement hostile à la révolution libyenne adoptée par le gouvernement algérien et ses relais médiatiques. Tous les Libyens que nous avons rencontrés tout au long de notre séjour de 10 jours dans ce pays nous diront leur déception de la position algérienne.

 

De maydane El Djazaïr à maydane Qatar


Dans tous les quartiers de Tripoli, la vie a repris ses droits depuis quelques temps déjà. Les écoles et les commerces ont rouvert leurs portes et il y a bien longtemps que les Tripolitains ont demandé aux Thouar de vider les lieux. En l’absence d’une autorité digne de ce nom, quelques souks de fruits et légumes anarchiques ont déjà fait leur apparition au bord de certaines routes. La ville est aussi sale qu’Alger mais partout, sur tous les murs, explosion de couleurs et floraison de slogans, de tags et de caricatures. C’est le premier journal libre du pays.

Les Libyens s’en donnent à cœur joie, même si El Gueddafi et sa famille restent encore la principale cible des nouveaux francs-tireurs de la liberté d’expression. Un slogan revient assez souvent pour attirer notre attention : «Arfaâ rassek, anta Libi horr !» (Relève la tête Libyen, tu es un homme libre). Nous avons cherché à comprendre le pourquoi de ce cri du cœur. Et voici l’explication que nous donnent nos accompagnateurs ; c’est une réponse à cet autre slogan : «Habat rassek ya Libi bach n’choufou wach rahoum idirou redjala» (Libyens baissez la tête qu’on puisse voir ce que font les hommes).

Ce sarcasme cruel, lancé par les Tunisiens au lendemain de l’éclatement de la révolution égyptienne, résonne encore dans les oreilles de beaucoup de Libyens. Il résonne encore dans les oreilles de Youcef, 47 ans, militant de la cause amazighe, qui nous le rapporte : «Cela nous faisait très mal de l’entendre.» Alors que les Egyptiens venaient de hisser le drapeau de révolte et que les Tunisiens s’étaient libérés du joug de leur despote, les Libyens donnaient encore l’image d’un peuple castré et résigné à son sort.

 

Peuple blessé


Ces railleries d’un peuple frère et les insultes du lunatique Gueddafi, traitant les Libyens de «rats» lorsque les premiers troubles ont éclaté à Benghazi, ont fini par réveiller l’orgueil d’un peuple blessé qui ne tardera pas à verser son sang à gros bouillons pour libérer son pays.
Jeudi 19 janvier, dans un grand hôtel au cœur de Tripoli. Mohamed Youcef El Megrief, opposant historique, donne sa première conférence de presse depuis sa rentrée au pays après un exil de plus de trente années. Ancien ministre et ambassadeur, il rejoint l’opposition en 1980 avant de s’installer à l’étranger où il fera l’objet de plusieurs tentatives d’assassinat de la part des barbouzes de l’ex-«guide». Aujourd’hui, il lance un nouveau mouvement du nom de Conférence nationale de Tripoli.

 

La grande salle de réception de l’hôtel Al Wuddan est pleine à craquer. Il y a là un aréopage de personnalités et de ministres du gouvernement provisoire venus souhaiter la bienvenue à El Megrief. Il y a également des représentants de tribus et de régions qui défilent devant le micro pour se prêter à ce qui s’apparente à un véritable jeu d’allégeance. C’est une image vivante de la recomposition du paysage politique libyen, fait d’alliances tribales et politiques, qui se déroule sous nos yeux.
C’est le libéral Mahmoud Djibril que notre voisin de table, Izem El Ghawi, journaliste de profession, voit en véritable outsider pour les prochaines élections : «C’est le seul qui possède aussi bien les compétences que le charisme indispensables pour fédérer les forces libyennes.»

 

Pour cet observateur averti de la scène politique locale, les Frères musulmans ne peuvent, pour le moment, constituer une force politique étant donné que le peuple libyen est très conservateur. Ils ne peuvent donc jouer la carte de la dissolution des mœurs. Quant aux salafistes, ils se sont discrédités en ratant le tournant de la révolution. Lorsque les Libyens ont commencé à prendre les armes, ces intégristes fidèles à leurs principes prônaient l’obéissance au gouvernant (taât wali el amr) pour éviter la «fitna» préjudiciable à la «oumma». Reste à trouver un équilibre des forces entre les anciennes provinces libyennes (la Cyrénaïque, la Tripolitaine et le Fezzan), intégrer les nouvelles donnes constituées par l’émergence du fait amazigh et des islamistes avec leurs différentes tendances.  

 

Tout le monde est armé !


Le CNT et son aile exécutive restent aussi fragiles que minés par des dissensions internes. Personne ne peut se prévaloir de la force des armes car tout le monde est armé en Libye. Petit exemple du degré d’armement libyen : Samir, la trentaine, a fait la révolution. C’est un Amazigh de Djebel Nefoussa, chargé de nous mener d’un point A à un point B. Il possède à lui seul 2 PA, 8 kalachnikovs et une mitrailleuse 14,5 mm appelée couramment «larabaâtache ounoss». Il nous raconte la présente anecdote qui illustre on ne peut mieux les dissensions qui minent le fragile équilibre des pouvoirs au niveau des nouvelles autorités libyennes. Après avoir appris que le ministre des Blessés a octroyé deux avions aux gens de Misrata pour aller se faire soigner à l’étranger, les révolutionnaires de Djado sont descendus en force au siège du CNT. Ils ont sorti le ministre de la réunion à laquelle il assistait et l’ont mené littéralement en le tirant par l’oreille jusqu’à son bureau où il a signé pour Djado des dérogations qui autorisent les mêmes privilèges que ceux octroyés à Misrata.

 

Depuis la fin de la révolution, des charters de blessés sont envoyés en Turquie ou dans les pays du Golfe où ils sont soignés tous frais payés. Ce repos du guerrier s’accompagne d’un solide pécule pour permettre à ceux qui ont pris les armes de panser les plaies de la guerre et les bleus de leur âme. Aussi insignifiant soit-il, il donne lieu à des jalousies entre régions, tribus et groupes armés ainsi qu’à des dissensions internes au sein du CNT. 

 

Un CNT sous influence


Discussion à bâtons rompus avec un ex-membre du CNT, dans un appartement d’une cité tripolitaine. Le CNT a toujours souffert d’un déficit de crédibilité et de représentativité. Du temps de la révolution, certaines régions présentes au CNT ou à son bureau exécutif restaient loyales à El Gueddafi alors que d’autres étaient représentées par des Frères musulmans. Aux premiers mois de la révolution, les premiers différends entre l’est et l’ouest du pays apparaissaient au grand jour, tandis que des puissances étrangères traitaient directement avec des responsables de certaines régions sans en référer au CNT. Des cargaisons d’armes atterrissaient à Benghazi puis prenaient le chemin de fermes privées avant d’être distribuées à certains groupes de façon occulte. «Quand on demandait des armes au premier responsable du CNT, il nous renvoyait vers X ou Y pour traiter la question», se rappelle cet ancien membre du CNT. «Certaines de ces personnes nous disaient ‘si tu te ranges sous ma bannière, je te donne toutes les armes que tu désires’», ajoute-t-il. Certaines régions comme Misrata ou Djebel El Gharbi, qui avaient un urgent besoin en armes, étaient contraintes de les acheter sur fonds privés.

 

En fournissant l’argent, les armes, les munitions tout en disposant d’un outil de guerre surpuissant appelé Al Jazeera, les Qataris tiraient toutes les ficelles en coulisses. «Les scènes filmées où le drapeau amazigh apparaissait de façon trop voyante étaient expurgées des programmes d’Al Jazeera», dit encore l’ex-membre du CNT.
 

Alors que nous étions dans cet appartement, une information tombe au téléphone : des membres actifs du Congrès amazigh libyen sont conviés à une prise de contact et à une discussion informelle, à Alger, par l’intermédiaire d’un diplomate algérien. Alger chercherait-elle à connaître jusqu’où sont prêts à aller les Amazighs libyens dans leur revendication de la question amazighe ? Il est vrai que leur entêtement à revendiquer un statut de langue officielle pour tamazight va considérablement gêner Alger aux entournures.

 

Cela risque de pousser les Kabyles, endormis par de faux acquis, à élever désormais le niveau de leur revendication.
Une autre information se confirme : l’islamiste Belhadj recrute pour le front syrien. Il a sollicité des combattants des régions berbères. Réponse des intéressés : pas question d’envoyer nos enfants se faire tuer en Syrie.
Il y a quelques jours, les nouvelles autorités libyennes ont annoncé le retrait des billets de 50 dinars. Des indiscrétions recueillies auprès de nos hôtes nous ont appris que de très grosses fuites de capitaux se font tous les jours que Dieu fait.

 

Fuite de capitaux


Le pays est encore aux mains des régions et des groupes armés. Zenten contrôle l’aéroport de Tripoli et la frontière au dessous de Ghadamès  Misrata contrôle le port ; Djado garde la main sur la cité touristique de Regatta que le gouvernement provisoire voudrait bien récupérer pour y loger ses ministres. Les postes frontaliers, à l’ouest, sont contrôlés par les factions amazighes. Dans les milieux avertis, il se murmure que Zenten vend la mitrailleuse de type «larbaâtache ounoss» à un prix oscillant entre 40 et 45 000 dinars libyens. Entre la rébellion touareg et les chefs d’AQMI, les clients ne manquent pas.   

 

Au sortir de Tripoli où les stigmates de la guerre ne sont pas vraiment légion si l’on excepte Bab El Azizia et quelques bastions gueddafistes, c’est un autre monde qui s’offre au visiteur. A l’évidence, en dehors des grands centres urbains, la Libye est un pays en jachère. Son immense richesse n’a servi qu’à la famille Gueddafi et à sa cour. Il n’y a pas de bus, pas de train et même si tout le monde possède une voiture, les routes ne sont pas toujours bonnes. La Libye est un pays vierge, où tout doit être construit ou reconstruit, à commencer par les institutions du futur Etat.  

 
S’il est évident que les Libyens ont relevé la tête depuis que celle d’El Gueddafi est tombée, il leur reste à relever de grands défis : construire un Etat et apprendre à vivre ensemble.  

source elwatan

 

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La Libye au bord du chaos


Les manifestations se multiplient dans le pays comme ici à Benghazi, à l'est de la Libye

Les manifestations se multiplient dans le pays comme ici à Benghazi, à l'est de la Libye © Reuters

  

Accusé de "clientélisme et de manque de transparence, le CNT est de plus en plus contesté.

 

Le spectre de la guerre civile plane toujours en Libye. Trois mois après la mort de Mouammar Kadhafi et la proclamation de la libération du pays par le Conseil National de Transition (CNT), la Libye semble plus que jamais au bord du chaos. Europe1.fr fait le point avec Patrick Haimzadeh, ancien diplomate français à Tripoli de 2001 à 2004 et auteur de l’ouvrage Au cœur de la Libye de Kadhafi*.


Si les incidents se multiplient depuis quelques jours dans tout le pays, la contestation du pouvoir en place est particulièrement vive à Benghazi, berceau de la révolution libyenne. Le siège du CNT de cette ville de l’est a été attaqué, samedi, par des manifestants réclamant plus de transparence mais aussi l’exclusion des personnalités liées à l’ancien régime. Sous la pression de la rue, l'adoption de la loi électorale qui régira l'élection d'une assemblée constituante en juin a également été reportée.

Un CNT "délégitimé"

 

Presqu’un an après leur désignation, les membres du CNT restent mal connus. "Dans les régions libérées comme le Cyrénaïque, leur identité est connue, dans d’autres, on a refusé des les communiquer pour des raisons de sécurité parce qu’ils étaient toujours sous la coupe de Kadhafi. Les gens estiment qu’ils ne les représentent pas parce qu’ils ne les ont pas nommés", explique Patrick Haimzadeh.

 

Autre sujet de grogne, l’argent. Les manifestants de Benghazi exigent également une totale transparence sur les dépenses publiques, notamment sur la destination des fonds libyens gelés à l'étranger pendant la guerre civile et dont une partie a été débloquée après la chute de Mouammar Kadhafi. "Les jeunes veulent de l’emploi et ne voient rien arriver. Ils se demandent où va l’argent, ils pensent que c’est le même système qu’avant, le même clientélisme où ils ne servent que leurs propres intérêts, pas celui du peuple libyen. Ils n’ont pas fait la révolution pour ça. C’est une logique de contestation quasi générale", détaille l’ancien diplomate.

Les membres de l'ancien régime conspués

 

"L’absence d’Etat" pourrait également précipiter le pays dans un cycle de violences. Le CNT est totalement "délégitimé" précise le spécialiste de la Libye. "Il a une légitimité que l’étranger lui a conférée très vite.Nicolas Sarkozy, la France a été la première à l’avoir reconnu comme la seule autorité légitime du peuple libyen. Ce n’est pas le cas aujourd’hui en Libye. Un par un, les membres du CNT et du gouvernement sont de plus contestés par un certain nombre de groupes armés et par les jeunes de Benghazi", précise l’ancien diplomate.

Considéré comme un symbole de l’ancienne dictature kadhafiste, Abdelhafidh Ghoga, le numéro deux du pouvoir en place, a ainsi été agressé jeudi à l’université de Ghar Younès, à Benghazi où il devait assister à une cérémonie en l'honneur des martyrs de la révolution. Abdelhafidh Ghoga a finalement jeté l’éponge dimanche.

La menace de la guerre civile

 

Pris sous le feu des critiques, le chef du CNT, Moustapha Abdeljalil a haussé le ton dimanche, brandissant la menace d’une "guerre civile". "Nous ne démissionnerons pas car elle (la démission) mènerait à une guerre civile", a affirmé Moustapha Abdeljalil dans une interview à la télévision libyenne Libya Al-Hurra, Libye libre. Il a dénoncé des "des mains cachées qui poussent les manifestants (...)", tout en rappelant que le Conseil ne se mêlait pas des affaires de l'exécutif. "C’est la vieille rhétorique habituelle d’un Etat autoritaire qui existait déjà sous Kadhafi. C’est mauvais signe, c’est un constat d’échec. Cela veut dire qu’on cherche une unité nationale par le biais d’une menace étrangère hypothétique, brandie mais jamais vraiment nommée. La main cachée, c’est la situation en Libye, c’est tout", insiste Patrick Haimzadeh.

 

La menace d'embrasement interne est plus que réelle. "Le risque de guerre civile avait déjà été évoqué par Moustapha Abdeljalil il y a trois semaines. Aujourd’hui, on n’est plus dans le clivage manichéen qu’on nous a servi pendant 6 mois, c'est-à-dire les gentils contre Kadhafi. Il s’agit de Libyens qui se battent entre eux selon des lignes de facture complexes : locales, tribales, idéologiques dans certains cas voire des conflits d’intérêts. Et tout le monde a des armes", analyse Patrick Haimzadeh.

La déstabilisation par les armes

 

Plusieurs centaines de milliers d’armes, entre 150.000 et 200.0000 seraient en effet toujours entre les mains de la population, selon les estimations du CNT. "Il y a au moins une ou deux voire trois ou quatre kalachnikovs par famille. Il y a plusieurs millions d’armes légères en circulation. Une arme, ça incite à s’en servir. C’est plus facile de faire régner l’ordre ou la terreur quand on a une kalachnikov. C’est un facteur de déstabilisation", ajoute Patrick Haimzadeh.

 

La situation serait telle que le CNT aurait appelé le Pentagone à l’aide. Selon une rumeur, 12.000 soldats américains seraient ainsi sur le point d’être déployés en Libye notamment pour protéger les champs pétrolifères. "Irréaliste", estime le spécialiste de la Libye. "Les Américains ne sont pas les principaux bénéficiaires du pétrole libyen. Si vous prenez les quotas d’exportation, ce sont plutôt les Européens qui sont concernés".

 

La paix va-t-elle revenir ? "Je ne pense pas que ça va s’arranger dans l’année à venir", regrette Patrick Haimzadeh. "La situation va même se dégrader. Si vous regardez la courbe des affrontements et des morts depuis la chute de Tripoli et la mort de Kadhafi, ça n’est pas en diminution. La violence n’est pas résiduelle. A partir du moment où vous avez une multiplication des affrontements et des faits de violence, le cycle des violences à tendance à s’autoalimenter".

 

Faut-il pour autant craindre le retour des Pro-kadhafi ? Bani Walid, ancien bastion de Mouammar Kadhafi serait tombée lundi dans les mains des partisans de l’ancien dictateur, selon les responsables locaux. Pour Patrick Haimzadeh, la guerre "a réveillé des clivages plus profonds. Des régions entières sont affectées par l’arrivée de ce nouveau régime. Elles se sentent marginalisées et se réfugient dans la nostalgie de Khadafi, un homme d’honneur, contrairement aux traîtres".

* Jean-Claude Lattès   source europe1 

 

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 23:13

La présence des journalistes interdite au procès de la LIBERTÉ d'EXPRESSION  ... Où es-tu cher Moncef Marzouki ?

L'ex premier ministre Essebsi est parmi ceux qui défendent la liberté d'expression… Bravo !

Une véritable tragédie pour notre pays si le silence continue, comme il est actuellement, à couvrir les crimes de ces fous d’Allah... Où es-tu cher Moustapha Ben Jaafar ?

 

 

Grand plan sur la tronche de l’agresseur du journaliste Krichen,... Tête recherchée !

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Où es-tu Moncef Marzouki ? 

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Le directeur de Nessma, Nabil Karoui, devant le tribunal à Tunis, le 23 janvier 2012.Le directeur de Nessma, Nabil Karoui, devant le tribunal à Tunis, le 23 janvier 2012. © Fethi Belaid/AFP

 

 

Ce lundi 23 janvier à Tunis, le chaos était tel à l'intérieur et à l’extérieur de la salle d’audience que le procès du patron de la chaîne privée tunisienne Nessma a été reporté au 19 avril prochain. Nabil Karoui est assigné en justice pour "atteinte aux valeurs du sacré" suite à la diffusion du film d'animation Persepolis en octobre.

L’ « Affaire Nessma TV » est-elle seulement celle d’un patron d'une chaîne tunisienne poursuivi pour « atteinte aux valeurs du sacré » après la diffusion en octobre du film contenant une scène montrant Dieu, représentation proscrite par l'islam ? Sans doute non, tant la tension qui entoure le procès du patron de Nessma est forte.

L'audience de Nabil Karoui, et deux autres personnes a bien repris lundi 23 janvier à Tunis... Mais pour quelques minutes seulement, le temps pour le patron de Nessma de dénoncer « un procès politique », avant d’être suspendue devant le chaos à l'intérieur et à l'extérieure de la salle d'audience. Le procès a finalement été reporté au 19 avril.

 

 

"La Tunisie est à la croisée de chemins"


Dans la salle c'est la cohue et des altercations éclatent entre les avocats. À l’extérieur pro et anti Nessma s’opposaient depuis 08H00 du matin à coup de slogans qui laissent transparaitre deux visions opposées de la nation : « Procès test pour la démocratie et la liberté d'expression » pour les partisans de Nessma, « défense du sacré et des croyances religieuses » pour ses détracteurs. « Le peuple veut la fermeture de Nessma ! », « Vous, médias, lâches, sachez que la religion ne doit pas être diffamée ! », « le peuple est musulman et ne cédera pas ! » criaient également de jeunes salafistes.


« Les enjeux vont au-delà de M. Karoui et de Nessma », a déclaré Olivia Gré, représentante de Reporter sans frontières (RSF) en Tunisie, reconnaissant que « certains Tunisiens s'étonnent de voir M. Karoui érigé en héraut de la liberté d'expression » alors que sa chaîne avait été pour le moins conciliante avec l'ancien régime de Ben Ali.


Symboliquement vêtu de sa robe d’avocat, l'ancien Premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi, était présent en soutien à Nessma TV, comme des ténors du barreau, des représentants d'ONG. « Je suis venu apporter mon soutien moral pour défendre la liberté d'expression, c'est important car la Tunisie est à la croisée de chemins », a-t-il déclaré.


 

"Instrumentalisation des sentiments religieux"


Le dirigeant du parti Ettajdid (gauche) Ahmed Brahim, s'était déplacé pour protester contre « l'instrumentalisation des sentiments religieux ». « Le pays connaît aujourd'hui des problèmes immenses, sociaux, économiques, et la solidarité nationale est nécessaire », a-t-il dit.


La diffusion le 7 octobre 2011 par Nessma TV du film d'animation franco-iranien Persepolis avait suscité une vague de violences, quinze jours avant les élections Constituantes. Des groupes d'extrémistes avaient tenté d'attaquer le 9 octobre le siège de la chaîne à Tunis puis la maison de Nabil Karoui quelques jours plus tard.

En octobre, les responsables politiques avaient mollement condamné les violences. Toutefois, le parti islamiste Ennahdha a jugé, lundi que les poursuites judiciaires contre Nessma « ne représentaient pas la meilleure des solutions » et affirmant son « attachement à la liberté d'expression ».

 

source jeuneafrique




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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 08:35

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SOS pêche en danger 

400 étudiants sénégalais forment un poisson géant sur la plage de Yoff Diamalaye à Dakar, le jeudi 19 janvier. A l'occasion de l'élection présidentielle, les organisations de pêcheurs, soutenues par Greenpeace, veulent attirer l'attention sur les difficultés du secteur de la pêche dans le pays. lexpress

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23 janvier 2012 1 23 /01 /janvier /2012 06:59

Le concept d’Open Gov, introduit en Tunisie

Une garantie de totale transparence 


 


Hamma Hammami (Secrétaire Général du PCOT) : «Permettre aux citoyens de contrôler l’action du gouvernement»- Mohamed Bennour (Porte-parole d’Ettakatol) : «il permet de regagner la confiance du citoyen»- Hamadi Redissi (Universitaire) : «Cela peut encourager les abstentionnistes à voter» - 

 

 

 

L’OpenGov est un concept initié en 2009 aux Etats-Unis, lorsque Barack Obama, à l’époque candidat à l’élection présidentielle avait ouvert sa campagne aux réseaux sociaux. Arrivé au pouvoir, il a mis en pratique l’ « Open Gouvernement Initiative ».

 

Le projet institue la transparence totale comme règle de gouvernance. Des membres de la Constituante, se sont impliqués dans cette initiative. Ils appartiennent à des horizons politiques différents. On y trouve, entre autres, Mabrouka Mbarek , Haythem Belgacem du Congrès pour la République (CPR), Lobna Jéribi, Selim Ben Abdessalem et Karima Souid d’Ettakatol, Noomane El Fehri d’Afek Tounes, Iyed Dahmani du Parti Démocrate Progressiste (PDP) et Nadia Chaâbane du Pôle Démocratique Moderniste (PDM). D’autres citoyens se sont joints à ce premier groupe. L’objectif de leur action est de favoriser l’inscription dans la Constitution de la transparence totale comme règle de gouvernance et d’agir pour la promulgation de lois garantissant le droit d’accès à l’information. Un réforme conséquente doit être opérée dans l’administration tunisienne.

 

 

Hamadi Redissi, universitaire, intellectuel connu pour son franc- parler, déclare qu’il est « totalement favorable à cette initiative. Déjà, transmettre les débats de la Constituante sur les chaînes de télévision est bon. En élargissant cette ouverture à l’Internet, on ne peut que développer l’esprit citoyen. Cela peut encourager les abstentionnistes à se déplacer la prochaine fois et aller voter après avoir intériorisé les mécanismes du débat parlementaire. Le hic en Tunisie est qu’on peut invoquer le manque de moyens. Les représentants du peuple ne peuvent être hostiles à ce genre de choix ».

Hamma Hammami, secrétaire général du Parti Communiste Ouvrier de Tunisie (PCOT), pense qu’après « la Révolution contre l’absolutisme, l’injustice, l’information propagandiste, il est évident que la transparence devienne la base essentielle de l’action politique, que ce soit du Gouvernement ou de l’Assemblée Nationale Constituante (ANC). L’objectif est de permettre aux citoyens et citoyennes de suivre ce qui se passe dans la sphère publique et s’en faire une idée claire. En même temps, cela permet aux citoyens de jouer leur rôle de contrôle en tant qu’individus, membres de partis, syndicats, ou associations ».

 

Mohamed Bennour, porte-parole d’Ettakatol, considère que l’OpenGov est « la meilleure solution pour garantir la transparence totale. Elle permet de regagner la confiance du citoyen. Aujourd’hui, le citoyen doute de tout. Nous avons subi 23 ans de trafic, de marchés publics accordés grè à grè. Les hommes d’affaires veulent travailler dans un climat serein et dans la transparence totale. Les investisseurs étrangers feront davantage confiance à la Tunisie avec l’institution de l’OpenGov. Après la Révolution de nouveaux acteurs sont sur la scène. Ils ne peuvent réussir sans l’OpenGov. Ainsi, personne ne sera tenté de faire des choses occultes. C’est, aussi dissuasif. A Ettakatol, nous avons bataillé pour la transparence. D’ailleurs, Lobna Jéribi qui fait partie de ceux qui proposent l’OpenGov, est un des grands cadres du parti. Elle a beaucoup travaillé dans la rédaction de notre programme ».


L’action entreprise par les jeunes élus a permis d’obtenir la publication des rapports des travaux des différentes commissions dans le site web de la Constituante. Au cas où leur action gagne davantage d’appui au sein de la société civile, le pays pourra connaître l’extension de cette opération à l’action du gouvernement.

 

source letemps

 

 

 

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Hamadi Jebali sur un toit brûlant 

 

Le gouvernement Hamadi Jebali a lancé un cri d’alarme face aux tensions sociales et à la dégradation de la situation économique, marquée par des pertes énormes, estimées à 2.500 millions de dinars.

 

Près de la moitié de ces pertes (1.200 MD) a été enregistrée par la Compagnie de phosphate de Gafsa (Cpg) et le Groupe chimique tunisien (Gct), suite à la paralysie du processus de production, de transport et de transformation du phosphate, conséquence des sit-in, grèves et blocages de routes et de voies ferrées par des chômeurs ou des employés en sous-traitance exigeant la titularisation.

 

Ces données alarmantes ont été avancées par le chef du Gouvernement Hamadi Jebali au cours de l’entretien télévisé préenregistré qu’il a accordé à trois chaînes de télévision nationales Watania 1, Hannibal et Nessma, et diffusé samedi soir.

 

Ces agissements, qui ont abouti à la fermeture de nombreuses entreprises et la suspension de plusieurs projets d’investissement, les promoteurs étant généralement sensibles à l’instabilité régnant dans les régions intérieures, «sont dénuées de toute civilité et portent atteinte aux objectifs de la révolution», a estimé M. Jebali.

 

Un mandat limité à un an 

Evoquant le programme de son gouvernement, le chef de l’Etat, qui s’est montré très consensuel et ouvert aux propositions des forces de l’opposition, a affirmé que la durée du mandat de son gouvernement ne dépassera pas le délai convenu, qui est limité à une année avec, si besoin est, une prolongation de quelques mois. «Nous ne cherchons pas à garder le pouvoir et nous sommes soucieux de respecter les règles de l’alternance démocratique. C’est pourquoi nous nous félicitons des tentatives actuelles des partis de l’opposition de constituer des coalitions plus larges en vue des prochaines élections», a affirmé M. Jebali. Qui a réitéré la volonté de son gouvernement de faire participer toutes les composantes de la société civile, les partenaires sociaux et les représentants des régions dans l’élaboration du programme détaillé du gouvernement avant la fin du mois de février prochain.

 

La priorité dans ce programme sera accordée aux régions intérieures et aux couches défavorisées, avec notamment le développement des infrastructures et l’attribution d’aides financières à 235.000 familles pauvres, en plus du payement de la seconde tranche des compensations décidées pour les familles des martyrs et pour les blessés de la révolution. Ces derniers bénéficieront de cartes de soin et de transport gratuits et les membres de leurs familles auront la priorité en matière de recrutement dans la fonction publique, a affirmé M. Jebali.

 

Evoquant la hausse des prix, qui rogne le pouvoir d’achat des classes moyennes et des couches pauvres de la société, M. Jebali a estimé que le blocage des routes et des voies ferrées, la spéculation et la contrebande transfrontalière ont provoqué une hausse des prix des produits, appelant les Tunisiens à reprendre le travail et à mettre fin aux mouvements de protestation, grèves et sit-in qui ont porté un coup à l’économie du pays et à ses intérêts vitaux. «Ceux qui pensent pouvoir ainsi faire fléchir le gouvernement et à le faire tomber de cette manière se trompent», a averti le chef du Gouvernement, ajoutant qu’«à vouloir ainsi faire tomber le Gouvernement, on risque de faire tomber le pays».

 

La loi reste au-dessus de tout parti

Revenant sur les raisons de l’instabilité qui règne actuellement, M. Jebali a accusé les sbires de l’ancien régime d’être derrière certains mouvements sociaux, surtout dans les régions intérieures, qu’ils tentent de monter contre le gouvernement, soulignant que ces parties ne parviendront pas à réaliser leur dessein qui est, selon lui, «de faire échouer la révolution».

 

Interrogé sur le sit-in des éléments salafistes à la faculté des lettres de Manouba, le chef du Gouvernement a souligné son attachement au dialogue et son refus de recourir à la force contre les sit-inneurs, quels qu’ils soient, parce que la contestation et la protestation sont un droit inaliénable ; «et c’est la preuve que le pays jouit aujourd’hui de la liberté et de la démocratie», a-t-il dit, en ajoutant cependant que «la démocratie a besoin d’être protégée par la loi qui reste au-dessus de tout parti, tout groupe et tout individu».

 

Tout en admettant que son gouvernement n’a peut-être pas su communiquer avec les citoyens, M. Jebali a réitéré son rejet de toute information qui cherche à redorer l’image du gouvernement, émettant l’espoir de voir les médias «s’éloigner de la langue de bois pour devenir un miroir où les citoyens puissent se voir.»

 

«Ayant exercé moi-même le métier de journaliste, je ne saurais être celui qui cherche à museler l’information», a dit aussi le chef du Gouvernement en réponse aux critiques qui lui sont adressées à ce sujet, après les récentes nominations qu’il a décidées à la tête des médias publics. «Il s’agit de médias publics et non de médias gouvernementaux, comme je les avais qualifiés moi-même une fois par erreur», a-t-il tenu à préciser.

Sur un autre plan, M. Jebali a déploré la campagne menée contre le ministre de l’Intérieur Ali Larayedh, avec la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo truquée, présentant ce dernier dans des postures sexuelles. Il s’agissait d’une manipulation de l’ancien régime qui remonte au début des années 1990. «Ce piège m’était aussi destiné, mais comme il n’a pas réussi avec Ali Laârayedh, ils ont abandonné l’idée de refaire la même opération avec moi», a-t-il précisé.

 

Les Juifs et les Chrétiens sont nos frères 

Interrogé sur les slogans racistes scandés par des partisans d’Ennahdha à l’encontre des Juifs lors de l’accueil de l’ex-Premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, à son arrivée à l’aéroport de Tunis-Carthage il y a deux semaines, M. Jebali a exprimé son rejet catégorique. «Ces agissements sont contraires à la morale et aux principes auxquels nous croyons, car les Juifs et les Chrétiens sont nos frères et nous rejetons tous slogans appelant à la ségrégation raciale ou religieuse», a-t-il tenu à préciser.

 

Au cours de cet entretien, au cours duquel il s’est montré conciliant, consensuel, fédérateur, n’hésitant pas à avouer les erreurs et les manquements de son gouvernement, le chef du Gouvernement a voulu aussi montrer sa détermination à transcender les clivages idéologiques et à mettre les intérêts du pays au-dessus de toute considération partisane. Son appel à la solidarité nationale, en cette phase difficile que traverse le pays, sera-t-il reçu cinq sur cinq par ceux-là mêmes auxquels il est adressé, à savoir les dirigeants de l’opposition, les investisseurs, les responsables syndicaux, les journalistes, et au-delà, les Tunisiens dans leur ensemble ?

 

On peut l’espérer. Reste que le gouvernement ne peut se contenter d’invoquer les obstacles mis sur son chemin par ses adversaires pour justifier son attentisme, son immobilisme et son manque de proposition. Il doit dépasser cette attitude de suffisance que lui donne sa domination de la scène politique pour mettre la main à la pâte et avancer des solutions concrètes aux problèmes du chômage, de la pauvreté et des inégalités régionales.

 source kapitalis

 

 

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LA TUNISIE EN PLEINE «PANIQUE HOMOSEXUELLE»

 

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Un faux flyer diffusé par des opposants au parti islamiste Ennahda. Son slogan: «Etre pédé, c'est conforme à la Chariah».
Deux scandales, dont l'un implique le ministre de l'Intérieur filmé lors d'ébats homosexuels, enflamment la rue tunisienne. Le résultat d'une surenchère d'accusations et d'intox, dont les gays et lesbiennes font les frais.
  

 

Le 18 janvier 2012, une vidéo de 45 minutes en noir et blanc était postée sur YouTube: deux hommes ayant des relations sexuelles dans une prison. Quelques gros plans de visages montraient que l'un des protagonistes ressemblait étrangement à Ali Larayedh, l'actuel ministre de l'Intérieur et membre du parti islamiste au pouvoir Ennahda. La mauvaise qualité du clip, qui depuis a été supprimé du site, rend difficile l'identification de l'individu. Mais on sait que dès 1990, Ali Larayedh était détenu pour ses activités politiques au sein d'Ennahda, alors interdit. Il avait écopé de 15 ans de prison. La vidéo a été mise en ligne peu après l'annonce par le gouvernement tunisien que trois mandats d'arrêts avaient été délivrés contre des hauts fonctionnaires du ministère de l'Intérieur, encore noyauté par des anciens fidèles du président déchu.

 

Le téléchargement de la vidéo a été revendiquée par un militant de gauche, Jalel Brick. Ce dernier a précisé qu'il avait reçu le document d'un officier de la police secrète. Il se pourrait bien que Larayedh ait été victime de ce qu'Ahmed Manaï appelle la «porno-politique». Une des tactiques utilisées par Ben Ali pour discréditer ses opposants politiques dans les années 1990 était l'exposition, voire la fabrication de scandales sexuels. A fortiori homosexuels.

 

 

ENNAHDA «PARTI DE PÉDÉS»

Deux jours avant cet incident, le 16 janvier, Naji Behiri, le frère du ministre tunisien de la Justice, était libéré de prison en vertu d'une amnistie présidentielle, bien qu'accusé d'avoir violé un jeune garçon dans sa ville d'origine. «Une vague de colère s'est soulevé dans le pays, accusant Ennahda d'être de mèche avec les homosexuels et les pédophiles, des termes interchangeables, explique Tarek, correspondant de Gay Middle East en Tunisie. Des commentaires homophobes d'une extrême violence ont été postés sur les sites rapportant la nouvelle et les réseaux sociaux, la plupart exigeant que Behiri reste en prison et soit jugé et puni.

 

Ces deux scandales ont fait naître une sorte de «panique homosexuelle». Certains réclament la démission du ministre de l'Intérieur, son comportement violant les valeurs islamiques, tandis que d'autres exigent qu'il soit inculpé. Le discours public est saturé de théories selon lesquelles le parti est plein d'homosexuels, d'individus qui protègent les gays/pédophiles ou qui sont incapables de protéger la Tunisie d'une épidémie d'homosexualité. On voit aussi circuler des blagues faisant d'Ennahda un parti de «pédés». Une parodie d'affiche du parti diffusée via Facebook (voir ci-dessus), montre deux femmes voilées s'embrassant sur la bouche. Le slogan: «Etre pédé, c'est conforme à la Chariah».

 

Pour tenter de faire cesser ces allégations, Samir Dilou, un porte-parole du gouvernement tunisien a affirmé que la vidéo était une fabrication et que la vie privée des politiciens ne devait pas être utilisée comme arme politique. Tous les partis ont condamné la vidéo, dont les médias n'ont pas montré le moindre plan.

 

 

GUERRE DES TRACTES

Cette effervescence homophobe remonte à la période pré-électorale. D'abord, pour discréditer la dictature, Ennahda avait prétendu que Ben Ali, comme son prédécesseur Habib Bourguiba, encourageait l'homosexualité, la prostitution et le vice. Les islamistes s'étaient aussi attaqué au mouvement laïc, jetant le soupçon sur les marches nationales «Aatakni» («Laisse-moi tranquille»). Ils avaient notamment exploité le fait que le drapeau «Peace», similaire à la bannière arc-en-ciel LGBT ait été brandie durant ces défilés pour prétendre qu'il s'agissait de gay prides clandestines. Ainsi, un faux flyer estampillé du logo des partis laïcs mélangeait des images de défilés homosexuels – notamment israélien – aux photos du mouvement laïc tunisien. «Voici des images de la marche Aatakni autour du monde. Cherche avec nous les photos du défilé de Tunis», pouvait-on y lire. Le message était clair: «Aatakni» = pédés = sionistes.

 

Différents partis d'opposition font les frais de cette tactique. Ici, c'est une image manipuléepar des partisans d'Ennahda: un calicot du Parti socialiste est modifié pour qu'on y lise «La sodomie est la base de la république», au lieu de «La liberté est las base de la république». Ce genre de tour de Photoshop ferait fureur sur les blogs et les pages Facebook.

 

Les partisans d'Ennahda n'en sont pas restés là: ils ont vilipendé tout leader ou personnalité publique opposé à leurs idées au moyen d'allégations scabreuses sur leur sexualité ou leur soutien présumé aux «vices sociaux». C'est notamment le cas de Olfa Youssef, une intellectuelle, auteure, psychanalyste et directrice de la Bibliothèque nationale de Tunisie qui apparaît souvent à la télévision et écrit de nombreux articles sur la liberté, les droits de la femme et les droits humains en général. Elle est continuellement traitée d'amie des prostituées et des «pédés».

 

 

EFFET BOOMERANG

La «panique homosexuelle» actuelle prend donc ses racines dans les campagnes lancées par Ennahda contre les partis rivaux. Les islamistes ont utilisé des tactiques bien plus radicales et publiques que la «porno-politique» de l'ère Ben Ali. Cela s'est fait en reliant des sujets tabous, comme l'homosexualité et la prostitution, dans le but de semer la peur, de multiplier les rumeurs et de ridiculiser ses contradicteurs. Mais ces discours ont été à leur tour utilisé par l'opposition dans les récents scandales Naji Behiri et Ali Larayedh. Ils ont trouvé un public rendu réceptif par une campagne électorale imprégnée d'homophobie.

 

«Ce qui me choque le plus, explique Tarek, c'est l'enthousiasme avec lequel l'opposition, qui se fait par ailleurs l'avocat des droits de l'homme et de la démocratie, a sauté à pieds joints dans le discours homophobe utilisés jusque là par les islamistes. Je ne pensais pas qu'ils utiliseraient cette arme. Cela a créé une sorte de consensus et de conscience de l'homosexualité comme quelque chose de mauvais et de malsain.» Principal victime de ce phénomène, la communauté LGBT tunisienne. Dans le public, homosexualité est devenu synonyme de pédophilie et d'hypocrisie, renforçant encore les stéréotypes. «Sous Ben Ali, au moins, nous étions invisibles, conclut le correspondant de Gay Middle East, mais cette campagne a enflammé lopinion, et amène une peur immense pour les gays et lesbiennes vivant dans le pays.»

 

Traduction: Antoine Gessling pour «360°»

source blog/magazine

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 06:44

 Le siège du CNT à Benghazi attaqué par des manifestants


Des manifestants en colère ont pris d'assaut samedi le siège du Conseil national de transition libyen à Benghazi (est), une attaque qui pourrait affaiblir de nouveaux dirigeants peinant à asseoir leur autorité après un conflit de plusieurs mois ( © AFP Abdullah Doma)

Des manifestants en colère ont pris d'assaut samedi le siège du Conseil national de transition libyen à Benghazi (est), une attaque qui pourrait affaiblir de nouveaux dirigeants peinant à asseoir leur autorité après un conflit de plusieurs mois.

Cet incident, le plus grave à viser le CNT depuis qu'il a pris les rênes du pays suite à la chute de Mouammar Kadhafi, intervient après des semaines d'un sit-in réclamant aux nouvelles autorités plus de transparence et l'exclusion des personnes ayant collaboré avec l'ancien régime.

Signe de la colère qui monte contre le CNT, son vice-président, Abdelhafidh Ghoga, a été agressé jeudi par des étudiants à l'université de Benghazi.

Samedi, jusqu'à 1.500 personnes, dont d'anciens combattants rebelles blessés pendant la révolution, se sont rassemblées devant le siège du CNT. Plusieurs grenades artisanales ont été lancées sur le bâtiment avant que les protestataires ne l'envahissent et le saccagent.

"Ils ont mis le feu à la façade, brisé des fenêtres et cassé l'une des voitures blindées qui se trouvait là. Des manifestants nous ont aménagé un passage et nous avons pu sortir, personne n'a été blessé. Je suis sorti d'un côté et Moustapha Abdeljalil (le chef du CNT) de l'autre", a dit à l'AFP par téléphone Fathi Baja, le responsable des affaires politiques du Conseil, qui se trouvait sur place.

A l'intérieur des locaux, les manifestants criaient: "Le peuple veut corriger le cours de la révolution", "On ne veut plus de Ghoga".

Les protestataires, armés de pierres et de barres de fer, avaient investi les lieux puis saccagé les locaux, ont rapporté des témoins à l'AFP.

Auparavant, le chef du CNT était sorti pour tenter de les calmer mais des manifestants l'ont conspué et lui ont jeté des bouteilles en plastique, selon les mêmes sources.

Dans l'après-midi, des manifestants avaient jeté plusieurs "jelatinas", des grenades artisanales à base de TNT, sur le siège du CNT sans faire de victimes, toujours selon des témoins.

Les protestataires réclament plus de transparence de la part du CNT, l'exclusion des "opportunistes" des postes à responsabilité et dénoncent "la marginalisation des blessés".

Ces incidents interviennent à la veille de l'annonce, prévue dimanche, de la loi électorale élaborée par le CNT en prévision de l'élection en juin d'une assemblée constituante. La composition de la commission électorale doit également être annoncée.

Le secrétaire du CNT, Moustapha al-Manae, avait indiqué à l'AFP plus tôt dans la journée que M. Abdeljalil avait reçu un groupe de manifestants afin d'examiner leurs demandes.

"Il leur a ensuite envoyé trois ministres pour en discuter. Leurs demandes sont légitimes", a-t-il ajouté.

Selon des responsables locaux, une enquête est en cours pour identifier les auteurs de l'attaque.

Le CNT a récemment fait face à des critiques inédites depuis la chute de Mouammar Kadhafi. Un sit-in est en cours depuis plusieurs semaines à Benghazi, berceau de la rébellion, pour notamment réclamer davantage de transparence.

Jeudi, le vice-président du Conseil, Abdelhafidh Ghoga, accusé d'être "un opportuniste" et d'avoir fait partie de l'ancien régime, a été agressé par des étudiants en colère à l'université de Benghazi.

Le CNT avait alors haussé le ton, mettant en garde contre "toute atteinte ou agression" à son encontre et affirmant dans un communiqué qu'il était "la plus haute autorité politique légitime" jusqu'à l'élection de l'assemblée constituante.

Le CNT a aussi dénoncé des "campagnes agressives et programmées pour porter atteinte à sa réputation", accusant des partisans de l'ancien régime d'être derrière ces campagnes en vue de "faire échouer la révolution".

L'agression jeudi de M. Ghoga "ne sort pas de ce contexte et fait partie d'un plan odieux", a ajouté le CNT.

source liberation.

 

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Pour savoir davantage sur Abdelhafez_Ghoqa

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Démission du vice-président du CNT, l'adoption de la loi électorale reportée

 

Le numéro deux du Conseil national de transition libyen (CNT) Abdelhafidh Ghoga a été contraint à la démission dimanche en pleine crise politique, la première depuis que les nouvelles autorités ont pris les rênes du pouvoir. Par ailleurs, l'adoption de la loi électorale concernant l'assemblée constituante libyenne a été reportée à la semaine prochaine.

 

M. Ghoga a annoncé dimanche qu'il démissionnait "dans l'intérêt de la nation" libyenne, après la multiplication des appels à son départ et son agression jeudi.

 

"Après la fin de la guerre de libération, une atmosphère de haine qui ne sert pas l'intérêt national a commencé à dominer", a-t-il expliqué à l'AFP.

"Pour prouver que nous sommes avec l'intérêt (de la Libye) et que nous ne sommes qu'un mouvement de lutte, nous avons décidé de laisser la place à d'autres patriotes. Nous n'avons aucun problème avec ça, car l'important est de préserverle Conseil National de transition", a-t-il ajouté.

"Nous ne voulons pas que notre pays glisse vers le chaos (...) car cette étape est critique, pas moins critique que celle qui l'a précédée", a-t-il encore dit.

 

Samedi, des grenades artisanales avaient été jetées sur le siège du CNT à Benghazi avant que des centaines de manifestants ne l'envahissent et ne mettent le feu à sa façade.

 

 

 Report de la loi électorale


Le CNT, qui devait tenir une conférence de presse dimanche pour annoncer l'adoption de la loi électorale, a été contraint de se réunir dans un lieu tenu secret pour des raisons de sécurité après les incidents de la veille, a déclaré à l'AFP Salwa al-Digheili, chargée des affaires juridiques au CNT.

 

"La loi électorale devait être annoncée aujourd'hui (dimanche) mais certains articles doivent être réexaminés. La loi va être adoptée le 28 janvier", a affirmé à l'AFP Abderrazak al-Aradi, en ajoutant qu'une commission électorale de 17 membres avait en revanche été formée.

Ce report doit être consacré à prendre l'avis d'organisations de la société civile et d'experts, certains articles du projet de loi publié sur internet ayant été contestés, comme celui réservant 10% des sièges de l'assemblée aux femmes, a ajouté M. al-Aradi.

 

"Le CNT se dirige vers son abandon, comme l'ont demandé beaucoup de gens. La majorité des réactions sont négatives. Le principe de la discrimination positive n'a pas été compris", a-t-il expliqué.

 

L'article concernant le mode de scrutin et celui qui interdit aux personnes ayant occupé un poste de responsabilité sous Mouammar Kaddafi de se présenter doivent eux aussi faire l'objet de nouvelles discussions, a-t-il ajouté.

 

La Commission électorale qui supervisera les futures élections est composée de 17 membres, dont des juges, des avocats, des militants des droits de l'Homme, des représentants de jeunes et de femmes, a-t-il précisé.

Par ailleurs, au moins 4.OOO étudiants libyens ont manifesté dimanche à Benghazi pour protester contre l'arrestation de 11 de leurs camarades après l'agression du vice-président CNT dans leur université, a rapporté un correspondant de l'AFP.

 

Abdelhafidh Ghoga avait été pris à parti et agressé jeudi à l'Université de Ghar Younès, à Benghazi, où il devait assister à une cérémonie en l'honneur des martyrs de la révolution qui a renversé Mouammar Kaddafi.

"Nous ne voulons pas de Ghoga! Le sang des martyrs n'aura pas été versé en vain!", scandaient les étudiants.

M. Ghoga est régulièrement accusé par des manifestants d'être un "opportuniste" et d'avoir fait partie du régime de Mouammar Kaddafi.

 

Le CNT avait vivement condamné l'agression de son vice-président en la mettant sur le compte d'un "plan odieux" visant à déstabiliser les autorités.

 

source jeuneafrique.com

 

 

 

 

 

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Le CNT se réunit dans un lieu secret pour adopter la loi électorale 

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Le Conseil national de transition libyen (CNT) se réunit dimanche dans un lieu tenu secret pour adopter la loi électorale qui régira l'élection d'une assemblée constituante en juin, après le saccage de son siège à Benghazi (est), a-t-on appris auprès du CNT.

Le Conseil national de transition libyen (CNT) se réunit dimanche dans un lieu tenu secret pour adopter la loi électorale qui régira l'élection d'une assemblée constituante en juin, après le saccage de son siège à Benghazi (est), a-t-on appris auprès du CNT. | Stan Honda

 

 

 

Le Conseil national de transition libyen (CNT) se réunit dimanche dans un lieu tenu secret pour adopter la loi électorale qui régira l'élection d'une assemblée constituante en juin, après le saccage de son siège à Benghazi (est), a-t-on appris auprès du CNT.
"Nous n'avons pas fini nos travaux hier (samedi). Une réunion doit avoir lieu aujourd'hui pour discuter et adopter la loi électorale", a déclaré à l'AFP Salwa al-Digheili, membre du CNT chargée des affaires juridiques.

 

 

"La réunion doit avoir lieu dans un lieu tenu secret pour des raisons de sécurité", a-t-elle précisé.
Samedi, jusqu'à 1.500 personnes, dont d'anciens combattants rebelles blessés pendant la révolution, s'étaient rassemblées devant le siège du CNT à Benghazi, le berceau du soulèvement contre Mouammar Kadhafi. Plusieurs grenades artisanales avaient été lancées sur le bâtiment avant que les protestataires ne l'envahissent et le saccagent.
 

 

Le CNT devait tenir une conférence de presse dimanche pour annoncer l'adoption de la loi électorale et la composition de la commission électorale.
 

 

Un projet de loi avait été rendu public début janvier. Ce projet, qui réserve seulement 10% des 200 sièges de l'assemblée constituante aux femmes, avait déclenché la fureur des défenseurs des droits des femmes.
 

 

L'interdiction aux personnes ayant une double nationalité de postuler aux  a également été critiquée par plusieurs partis et organisations.
 

 

"Le congrès national général (assemblée constituante, ndlr) est composé de 200 membres élus au suffrage libre et direct, et 10% des sièges seront réservés aux femmes", est-il précisé dans le premier article du texte publié sur le site  du Comité de préparation des élections.
Selon le projet de loi, les candidats aux élections de juin doivent avoir plus de 25 ans, ne pas avoir occupé de poste de responsabilité sous Mouammar Kadhafi et ne pas avoir profité de l'ancien régime pour s'enrichir ou obtenir des faveurs.
 

 

L'âge minimum des électeurs a été fixé à 18 ans.

 

source leparisien.

 

 

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 06:13

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Pour plus d'informations voir : primitivi.org

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 05:12

Les dilemmes de l’opposition syrienne


 

La révolution syrienne entre dans sa phase la plus périlleuse. Le régime est considérablement affaibli et isolé, l’économie syrienne est exsangue, mais les principaux piliers sur lesquels repose le pouvoir syrien tiennent encore, ce qui permet à Bachar El-Assad de jouer la montre. Du côté de l’opposition, la mobilisation populaire ne faiblit pas. Il n’y a pas eu ce phénomène de fatigue ou de lassitude des révolutionnaires, qui demeurent très mobilisés après dix mois de protestations, mais il n’en reste pas moins que l’opposition reste divisée, qu’elle est confrontée à plusieurs dilemmes et qu’elle est aujourd’hui arrivée à l’heure des choix.


Le régime syrien de Bachar El-Assad semble tenir bon. Peut-il résister encore longtemps face au mouvement révolutionnaire et retourner la situation en sa faveur ? Sur quels piliers s’appuie-t-il ? Où en est la situation économique et sociale de la Syrie ?

 

Le régime est encore très loin d’être sorti d’affaire et demeure profondément affaibli, mais il est vrai que plusieurs événements ont redonné un peu d’oxygène à Bachar El-Assad depuis quelques semaines. Parmi les « bonnes nouvelles » pour le président syrien, on pourrait citer une dizaine d’éléments très divers.

 

Parmi ceux-ci, le résultat des élections égyptiennes et la percée inattendue des salafistes. C’est du pain béni pour la propagande gouvernementale, d’autant plus que dans la version officielle, le régime syrien est en lutte contre des « gangs salafistes armés ». Les médias officiels syriens en font des tonnes pour accréditer l’idée que l’obscurantisme est la seule alternative à l’autoritarisme, un argument qui continue de faire mouche auprès des minorités religieuses en proie à des angoisses existentielles.

 

Deuxième bonne nouvelle pour Assad, la brouille franco-turque liée à la loi pénalisant le négationnisme du génocide arménien. La France et la Turquie étant, avec le Qatar, en première ligne sur le dossier syrien, toute dégradation dans leurs relations est bonne à prendre pour le régime.

 

Troisième événement qui joue en faveur d’Assad, le retrait américain d’Irak sur fond de crise communautaire exacerbée entre sunnites et chiites irakiens. Là encore, le régime syrien tire profit du catastrophique bilan de l’invasion de l’Irak pour dire qu’après la débâcle américaine, c’est le spectre de la Fitna entre sunnites et chiites qui plane sur l’ensemble du Moyen-Orient.

 

Quatrième élément favorable à Assad : les manifestations anti-Poutine en Russie, qui viennent accroître la hantise russe de la « contagion révolutionnaire » et vont donc inciter le gouvernement russe à maintenir son soutien à la Syrie et à refuser toute intervention onusienne.

 

Cinquième élément : les mauvaises nouvelles qui viennent de Libye et qui montrent les effets néfastes de l’option militaire. Il apparaît clairement que les mouvements les plus radicaux ont profité de l’intervention occidentale, qu’ils sont en position de force pour faire passer leurs revendications et surtout qu’ils refusent de désarmer et de se soumettre à l’autorité centrale. Après l’euphorie qui a suivi la chute de Kadhafi, on s’aperçoit qu’il faudra de longues années avant que le gouvernement libyen ne dispose du monopole de la violence légitime, principal attribut de l’Etat selon Max Weber.

 

Sixième élément : les nouvelles sanctions contre l’Iran, la polémique autour du détroit d’Ormuz et le retour des tocsins de la guerre avec Téhéran. Face à la pression internationale, l’Iran a encore plus besoin de son seul allié arabe qu’est le régime syrien, et ne lâchera donc pas Assad.

 

Septième élément : Israël et la Turquie semblent à ce stade hostiles à une intervention militaire extérieure en Syrie.

 

Huitième élément : la montée des tensions entre communautés syriennes : Mamoun Homsi un opposant considéré comme « libéral » il y a à peine un an, perd ses nerfs et dans un discours qui rappelle ceux de ‘Radio 1000 collines’, menace de transformer la Syrie en « tombeau des alaouites ». De son côté, l’inquiétant Sheikh Adnan Al Aroor, un religieux extrémiste soutenu par l’Arabie Saoudite, et de plus en plus populaire chez les sunnites radicaux syriens, appelle quant à lui à « trancher la langue » de tous ceux qui refusent une intervention militaire étrangère. Il y a également un porte-parole des Frères musulmans, basé à Londres, qui a déclaré récemment à un média kurde qu’il ne reconnaissait pas l’identité syrienne. Il va de soi que ce type de discours renforce le jeu du régime en donnant une déplorable image de l’opposition. Enfin, le nouvel attentat terroriste au cœur de Damas crée également un climat de peur dont le régime va profiter. Bien qu’il y ait des éléments de preuves circonstancielles assez sérieux qui pointent vers une responsabilité du régime, ce dernier espère que les attentats vont créer un réflexe légitimiste et que les neutres et les attentistes en viendront à percevoir le régime comme le garant d’une stabilité préférable à un chaos à l’irakienne. Ajoutez à cela le fait que les divisions au sein de la Ligue arabe réapparaissent au grand jour, et que la mission des observateurs se heurte à des tas d’obstacles… 

Tous ces éléments permettent de conforter Assad et le régime syrien dans l’illusion que tout finira par rentrer dans l’ordre, que la « communauté internationale » ne peut rien contre lui, qu’il suffit de rester droit dans ses bottes et de laisser passer l’orage. On en est aujourd’hui revenu à la vieille stratégie syrienne qui consiste à jouer la montre. Bachar El-Assad semble appliquer à la lettre les enseignements du « manuel du dictateur » de son père : ne rien céder et attendre que les circonstances changent. Il joue la montre car il sait que 2012 est l’année des grandes échéances électorales aux Etats-Unis, en France et en Russie. Il sait qu’une année électorale américaine n’est guère propice à des aventures extérieures, surtout pas en Syrie. Il sait aussi que la campagne électorale française a déjà débuté et que Nicolas Sarkozy a d’autres chats à fouetter. Il sait que le mandat du Qatar à la tête de la Ligue arabe va bientôt expirer et que c’est l’Irak, aujourd’hui largement sous influence iranienne, donc plus favorable aux thèses du régime syrien, qui va lui succéder. 

Assad estime qu’il dispose encore de certains appuis et que les principaux piliers du régime tiennent encore : l’appareil militaro-sécuritaire lui reste fidèle, une partie non négligeable de la population, et notamment les minorités religieuses, continuent de le soutenir, non pas par admiration pour son régime, mais parce qu’ils craignent l’avenir et se méfient des ingérences extérieures, et parce que le Conseil National Syrien n’a pas encore réussi à apaiser leurs craintes. Par ailleurs, dans l’appareil d’Etat (en dehors de l’armée) et même dans le corps diplomatique, il y eut peu de défections, ce qui est un signe que beaucoup pensent qu’il n’est pas encore caramélisé. Les deux principales grandes villes, Damas et Alep, malgré certains frémissements, n’ont pas encore basculé dans le camp de la révolution. Pour deux raisons : d’abord parce qu’elles sont très étroitement quadrillées par les milices pro-gouvernementales (les Shabbiha), et également parce qu’une partie importante des commerçants et de la grande bourgeoisie sunnite, qui a beaucoup prospéré depuis dix ans, veulent préserver leurs intérêts. 

Mais il n’est pas du tout certain que la politique qui consiste à jouer la montre réussisse de nouveau. Ce serait oublier le déclic psychologique qui s’est produit et sur lequel on ne peut pas revenir : dans les esprits d’une très grande partie des Syriens, le régime est déjà tombé. Ce serait oublier aussi que toutes les institutions sur lesquelles repose l’autorité centrale sont en train de se déliter. Ce serait surtout oublier la situation économique qui rend la Syrie exsangue et restreint énormément la marge de manœuvre du régime. 

Les réserves de change dont dispose le régime fondent comme neige au soleil (ce qui reste est estimé à moins de $ 11 ou 12 milliards), le déficit budgétaire risque d’atteindre presque 20 % du PIB, l’économie se contracte de près de 15%... Donc à moins que l’Iran ne lui fasse des chèques en blanc, il viendra un moment où le régime ne pourra plus financer l’appareil militaro-sécuritaire qui mène la répression. Les militaires qui désertent sont de plus en plus nombreux, même si seul un faible pourcentage d’entre eux rejoint « l’Armée syrienne libre. » De surcroît, la Syrie n’a jamais été aussi isolée sur le plan arabe et international. Les sanctions votées par la Ligue arabe sont difficiles à appliquer mais elles sont sans précédent. Même lorsque l’Egypte avait signé le traité de paix avec Israël, elle n’avait pas été aussi durement sanctionnée. Les sanctions turques et européennes seront également très douloureuses pour la Syrie. Entre 90 et 95 % du pétrole et des hydrocarbures syriens étaient exportés vers l’Europe. Les sanctions de l’UE vont donc coûter à la Syrie près de $ 450 millions par mois. Cela dit, il faudra un certain temps pour que les sanctions produisent leurs effets et il n’est pas certain qu’elles affectent le régime plus que la population. On se souvient que les sanctions votées contre l’Irak suite à son invasion du Koweït en 1990 avaient causé d’immenses souffrances à la population irakienne et causé la mort de centaines de milliers d’enfants mais qu’elles n’avaient que faiblement ébranlé le régime. 

Par ailleurs, les derniers mois ont considérablement aggravé les problèmes sociaux qui sont en grande partie à l’origine de cette révolution. La population syrienne est de plus en paupérisée, aussi bien au niveau rural qu’au niveau urbain. Les gens des campagnes et les classes moyennes urbaines ont de plus en plus de mal à joindre les deux bouts. Lorsque les historiens se pencheront sur les causes profondes de la révolution syrienne, ils n’évoqueront pas uniquement les revendications politiques, mais aussi les déséquilibres flagrants dans l’aménagement du territoire, le marché de l’emploi, l’exode rural et la faillite du système éducatif syrien… Plus de la moitié des Syriens en 2009 quittaient l’école avant le diplôme du secondaire et l’accès à l’emploi était extrêmement précaire. Cette révolution a des causes très profondes, très légitimes. Il peut y avoir des immixtions étrangères mais cette révolution n’est pas le fruit d’un complot comme se plaisent à le dire les sbires du régime. 

Qu’en est-t-il de l’opposition ? Pourquoi ne parvient-elle pas encore à s’unir ? Sur quoi portent les divisions ?

Du côté de l’opposition, la mobilisation populaire ne faiblit pas, il n’y a pas eu ce phénomène de fatigue ou de lassitude des révolutionnaires, qui demeurent très mobilisés après dix mois de protestations ; mais il n’en reste pas moins que l’opposition reste divisée, qu’elle est confrontée à plusieurs dilemmes et qu’elle est aujourd’hui arrivée à l’heure des choix. 

J’avais souligné il y a quelques semaines que la complexité de la révolution syrienne vient du fait que l’on y retrouve, fortement et simultanément, les trois dimensions des soulèvements arabes : la dimension peuple contre régime, la dimension régimes contre d’autres régimes, et la dimension peuple contre peuple. La deuxième dimension était par exemple très peu présente en Tunisie, alors que la Syrie est aujourd’hui au cœur de la guerre des axes régionaux. C’est principalement cela qui rend difficile la tâche de l’opposition syrienne. 

Il lui faut distinguer les vrais amis des faux amis, choisir les soutiens sur lesquels s’appuyer tout en évitant les risques d’instrumentalisation. Il lui faut surtout trancher quant aux modalités de poursuite de la lutte révolutionnaire. Faut-il maintenir le cap en misant sur un effondrement du régime ? Faut-il avoir recours aux armes ? Faut-il suivre le modèle libyen et chercher à établir un Benghazi syrien ? Faut-il internationaliser le conflit ? Faut-il faire jouer le chapitre 7 de la charte des Nations Unies ? Faut-il faire appel à une intervention militaire extérieure, et si oui, laquelle ? 

Ces questions sont fondamentales et elles détermineront l’avenir de la Syrie pour les deux ou trois prochaines décennies. Il y avait pendant les six premiers mois de la révolution syrienne un très large consensus au sein de l’opposition syrienne quant à la nécessité de respecter les trois Non initialement fixés : Non au confessionnalisme, Non au recours aux armes, Non à l’intervention militaire étrangère. Aujourd’hui les lignes ont beaucoup bougé. Il y a quand même eu plus de 5.000 morts, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été raflées et croupissent en prison, l’usage de la torture est très répandu. Le Conseil National Syrien tergiverse car une grande partie de sa base est de plus en plus favorable à l’internationalisation, à une zone d’exclusion aérienne, et même à une intervention de l’OTAN. 

C’est sur ce point de l’intervention militaire extérieure qu’ont achoppé les négociations entre le Conseil National Syrien et le Conseil National de Coordination pour le Changement démocratique. Un accord fut signé entre Burhan Ghalioun et Haytham Mannaa représentant respectivement ces deux organes. L’article premier refusait le principe d’une intervention militaire étrangère puis précisait qu’une intervention arabe ne serait pas considérée comme étrangère. La base de Burhan Ghalioun a eu du mal à accepter que l’on renonce à une intervention militaire, étant donné que l’intervention arabe est hautement improbable. Burhan Ghalioun est un universitaire laïc de gauche, ses instincts ne le prédisposent pas à accepter un appel à l’OTAN. Il y a quelques mois, Ghalioun était en première ligne de ceux qui s’opposaient à BHL et au scénario libyen.

 

Mais le Conseil National Syrien est composé en large partie de libéraux et d’islamistes qui sont de plus en plus impatients. Radwan Ziadeh, un opposant basé aux Etats-Unis, qui a rencontré Hillary Clinton, souhaite garder ouvertes toutes les options. Ghalioun a déjà dû faire beaucoup de concessions qui ont surpris ceux qui le connaissaient. Il a accepté l’idée d’une zone-tampon et d’une No-Fly Zone, tout en restant hostile à une intervention terrestre. Il a été reconduit pour un mois à la tête du CNS, mais pour diriger cet organe à plus long terme, il devra avaler certaines couleuvres, autrement il devra démissionner ou sera remplacé. Quant à Haytham Manna’, c’est un médecin, intellectuel, militant des droits de l’homme et activiste de gauche qui refuse fermement une intervention de l’OTAN. Son propre frère, le militant Maan El Oudat, a été il y a quelques mois l’une des victimes du régime et fut tué près de Deraa. Manna’ disait récemment : « Nous voulons faire tomber le régime sans détruire le pays. Il n’y a pas de père Noël qui va venir faire chuter la dictature puis nous dire au revoir et repartir gentiment chez lui. » L’opposant historique Michel Kilo, ainsi que la plupart des figures de l’opposition intérieure sont sur la même ligne

Il y a en fait deux logiques qui s’affrontent. La première considère que ce régime ayant dépassé toutes les bornes, la fin justifie les moyens et tous les moyens sont bons pour le faire tomber. Selon cette logique, ce régime ne tombera pas tout seul et il ne faut donc pas hésiter à suivre un scénario libyen pour le faire tomber. Certains libéraux et une bonne partie des islamistes sont sur cette ligne. La deuxième logique considère qu’il faut rester fidèle aux principes, qu’il ne faut pas jouer avec le feu, qu’il faut poursuivre la mobilisation populaire, aller jusqu’au bout de la logique des sanctions, et que ce régime finira par s’écrouler sans que l’on ne soit redevable à qui que ce soit. 

Aucune de ces deux argumentations n’est totalement satisfaisante. La première sous-estime les risques de l’internationalisation et de la militarisation de la révolution, des risques qui vont bien au-delà des frontières syriennes. La deuxième sous-estime la capacité de résilience de ce régime, qui pourrait s’accrocher au pouvoir. 

Comment peut-on imaginer la Syrie d’après Bachar El-Assad ?

Le régime cherche à répandre des scénarios catastrophes. Il est vrai qu’il y a des phénomènes inquiétants et des exactions communautaires, la transition sera forcément difficile, mais le pire n’est jamais sûr. Dans les années 1940, la Syrie a connu une brève mais significative expérience démocratique et l’harmonie entre communautés a longtemps régné, malgré la dictature. En outre, l’hétérogénéité communautaire rend difficile l’établissement d’une théocratie, puisque s’y opposeront fermement les chrétiens, les alaouites, les chiites, les kurdes et une grande partie des sunnites, donc bien plus de 50 % de la population syrienne. Je ne vois pas non plus de véritable risque de partition. Toute tentative de diviser la Syrie échouera comme dans les années 1920. 

 

Il ne faut pas oublier que l’après Bachar El-Assad dépendra beaucoup de la façon dont le régime chutera. Une étude récente publiée par Columbia University Press montre que lorsqu’une révolte contre un dictateur est pacifique, il n’y a que 28 % de chances que le pays tombe dans la guerre civile ; lorsque la lutte est armée, le risque de guerre civile monte à 43 %. En cas de lutte armée, les chances d’une transition démocratique réussie au bout de 5 ans ne sont que de 3 %. En cas de révolution pacifique, les chances sont de 51 %. Une intervention militaire extérieure en Syrie ouvrirait donc des plaies qu’il serait très difficile de panser. La guerre favorise les plus radicaux et rend très difficile la démocratisation, on l’a vu en Libye. La fin justifie peut-être parfois les moyens mais il ne faut pas oublier que ce sont presque toujours les moyens qui déterminent la fin. 

 

par Karim Emile Bitar, directeur de recherche à l’IRIS

affaires-strategiques

 

 

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Nombre des victimes de la «révolution» syrienne par régions et par catégories    

 


دمشق
     Damas      : 140  |  ريف دمشقRif  Damas     : 532  |  حمصHoms      : 2218  |  حلبAlep      : 127  |  حماهHama      : 933  |  اللاذقيةLathekia  : 292  |  طرطوسTartouss : 150  |  درعاDeraa  : 789  |  دير الزورDir Ezour  : 244  |  الحسكةHasaka  : 60  |  القنيطرةKouneitra  : 8  |  الرقة Rakka : 29  |  ادلبAdlib  : 828  |  السويداءEssouida  : 36  | 

1279

Militaires عدد العسكريين

5178

Civils عدد المدنيين

161

Femmes عدد الإناث

5872

Hommes عدد الذكور

82

Enfants  (Femmes) عدد الأطفال الإناث

343

Enfants (Hommes) عدد الأطفال الذكور

source vdc-sy.org

 

 

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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 03:32

Des salafistes menacent de brûler une libraire à Tunis

 

Des salafistes se seraient dirigés, après la prière du vendredi, vers une libraire située au centre-ville de Tunis. Ils auraient donné un ultimatum de  48 heures au propriétaire pour retirer certains ouvrages sinon , ils brûleraient son commerce.

Ces ouvrages seraient de mouvance chiite, selon des sources de TunisieNumérique qui n’ont pas donné plus de détails sur les titres des livres incriminés.

Le correspondant de TunisieNumerique qui s’est rendu sur place a trouvé la librairie fermée. Certains propriétaires des commerces avoisinants lui ont indiqué que le libraire aurait décidé de  ne plus rouvrir son commerce de peur des représailles et de l’exécution des menaces reçues.

source tunisienumerique


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 Cinq nouvelles étudiantes en grève de la faim pour le port du niqab

 

Cinq étudiantes tunisiennes ont rejoint le mouvement de grève de la faim entamée mercredi par cinq de leurs camarades pour revendiquer le port du niqab (voile dissimulant le corps et le visage) en classe et durant les examens, a annoncé samedi le coordinateur salafiste de ce mouvement.

 

"Cinq filles en niqab ont rejoint la grève de la faim commencée par leurs camardes le 18 janvier et qui se poursuit dans une résidence privée", a dit à l'AFP Mohamed El Bakhti, porte-parole d'un groupe salafiste actif à la Faculté des Lettres de la Manouba.

Cet étudiant en première année d'histoire coordonne le groupe qui poursuit un sit-in de protestation à la faculté dans un bras de fer avec le corps enseignants et l'administration qui refusent l'accès en salle de cours des jeunes filles en niqab.

 

Le doyen de cette faculté, Habib Kazdaghli, avait indiqué à l'AFP qu'il allait demander l'évacuation du groupe de protestataires avant le démarrage des examens semestriels prévu le 24 janvier.

Lire la suite google.

 

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نيران الرواية السلفية في سجنان تتأجج بحادثة الأستاذ المشنوق

 


 
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جاءت في الفترة الأخيرة رواية الأستاذ الذي عُثر عليه مشنوقا في جهة سجنان لتزيد في تأجيج نيران كل ما قيل عن تحول هذه الجهة إلى إمارة إسلامية تتحكم فيها جماعة سلفية.

 

الرواية تقول إنه عُثر على أستاذ  يدعى" يحي السحباني" مشنوقا بأحد جبال معتمدية سجنان. وتضيف الرواية أن أستاذ التربية التقنية " السّحباني " ناشط نقابي ومنتمي إلى الخط الوطني الديمقراطي، وهو متزوّج وأب لأربعة أبناء أحدهم يزاول دراسته.

 

ووفق المعلومات الأوليّة المتداولة في جهة سجنان التابعة لولاية بنزرت، فقد عثر عليه مشنوقا إلى شجرة "كالاتوس" في سفح الجبل من طرف راعي غنم كان مارا بالقرب منه و يداه مكبّلتان وراء ظهره.

 

و قد تمّ إعلام الأمن وحضر ممثل النيابة العمومية ونُقلت الجثّة إلى مصلحة الطبيب الشّرعي بمستشفى بنزرت  لمعرفة الأسباب الحقيقية للوفاة.

 

وتشير المعطيات التّي تداولها أصدقاء الضحية بأن الأستاذ المتوفى كان قد تحدّث في آخر زيارة له للعاصمة عن تهديدات بالموت قال إنه تلقّاها من طرف عناصر متطرّفة بمدينة سجنان.

 

وكان بعض شهود العيان قد أكدوا أنهم شاهدوه صباح الواقعة يجلس في مقهى في وسط مدينة سجنان حيث احتسى قهوة على غرار عادته قبل أن يتوارى عن الأنظار إلى حين تناقل خبر وفاته.

 

ويأتي هذا الخبر في ظل تنامي الحديث في الفترة الأخيرة بمدينة سجنان عن وجود جماعة سلفية تتحكم في الجهة وتأمر وتنهى سكانها.

 

وقال البعض إن هذه الجماعة تمارس ضغوطات عديدة على المواطنين هناك وتحاول التحكم في حرياتهم وقناعاتهم الشخصية وتوجهاتهم الإيديولوجية والسياسية.

 

وهذا ما أدخل حالة من الرعب في صفوف السكان وكثرت الإشاعات والأقاويل هنا وهناك. وبين تكذيب وتصديق لكل ما قيل عبر وسائل الإعلام والمواقع طيلة الفترة الماضية، بدأت الرواية المتداولة تفقد شيئا من بريقها في الأيام القليلة الماضية.

 

وكانت قوات أمنية مكثفة قد تحولت في الأسبوع الماضي من العاصمة إلى سجنان وقامت بحملات تمشيط  كبرى لمعرفة ما يحصل بالضبط هناك، بعد أن عجز أعوان المركز الأمني بالجهة على السيطرة على الوض .

 

وقد القي القبض تبعا لذلك على بعض المشبوه فيهم ويتواصل البحث عن آخرين كانوا تحصنوا بالفرار، وهدأت الأمور نسبيا على امتداد الأيام الماضية لكن ها أن مسألة النشاط السلفي تعود مجددا وبقوة إلى سجنان من خلال حادثة وفاة الأستاذ المذكور والتي تُوجه أصابع الاتهام فيها للجماعة السلفية التي قيل إنها متمركزة هناك.

 

ومرد هذا الاتهام هو أن الاستاذ الهالك معروف بتوجهات فكرية وإيديولوجية وسياسية معادية للفكر السلفي الإسلامي، فضلا عما ذكره أحد أقاربه من أنه تلقى في الفترة الأخيرة تهديدات بالقتل من هذه العناصر السلفية.

 

ومن الطبيعي أنه لا يمكن تقديم أي احتمال عن أسباب الوفاة أو ربّما القتل قبل أن يدلي الطبيب الشرعي بتقريره وتنتهي التّحقيقات الأمنية والقضائية في ملابسات هذه المأساة.

 

وفي انتظار ذلك يظل السؤال القائم هو هل أن ما حصل مع الأستاذ السحباني في سجنان له علاقة فعلا بالجماعة السلفية التي قيل إنها متمركزة هناك أم أان الأمر مجرد تخمينات؟

 

وليد بالهادي

 

source almasda

 

 

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Les faux leitmotive d’Ennahdha, prélude d’un Coup d’Etat Islamique Constitutionnel !

1. Les leitmotive du Parti Islamiste Ennahdha

Le mot « leitmotiv » est formé à partir des deux mots allemands « leit » (diriger) et « motiv » (motif) et désigne une phrase, une formule très affirmative, un thème musical,…qui revient à plusieurs reprises dans un discours, dans une œuvre littéraire, musicale,…pour imposer, suggérer,… une idée, une orientation, une sensation,…
 
Le leitmotiv du Parti Islamiste Ennahdha, usité tous azimuts, par ses Dirigeants, Partisans et Sympathisants, se résume en cette simple phrase : «  Nous sommes majoritaires, donc nous décidons  » dont une variante, à conclusion implicite, est : « Le peuple nous a choisi, on est investi par la volonté populaire ». 
 
En outre, dans une Interview, parue le 16 janvier 2012 sur le journal Métro-Montréal, Rached Ghannouchi, Président-Fondateur du Parti Islamiste Tunisien Ennahdha, a déclaré :
 
« Nous avions obtenu une majorité lors des élections de 1989 » ;
 
en ajoutant : 
 
« Lors des (dernières) élections en Tunisie, au Maroc et en Égypte, les islamistes modérés ont remporté la majorité des suffrages ».
 
 
2. Ennahdha gouverne de façon partisane et en solo
 
Avant d’examiner de plus près la véracité de ces leitmotive et affirmations, qui constituent l’épine dorsale de la stratégie, plus tôt de la tactique, d’Ennahdha, montrons, par des exemples caractéristiques, comment ce Parti apparaît, de plus en plus, comme étant le seul détenteur du Pouvoir et de son Orientation. En effet, ses deux alliés [le Congrès Pour la République (CPR) et Ettakatol] dans la Troïka [ qui est au Pouvoir et qui représente la Majorité à l’Assemblée Nationale Constituante (ANC), issue des élections du 23 octobre 2011] apparaissent, de plus en plus, comme des figurants et ont de moins en moins leur mot à dire dans les grands choix et décisions qui vont conduire à la Rédaction de la Constitution de la Deuxième République Tunisienne et à façonner la Gouvernance du Pays, pendant la traversée de cette période cruciale, à turbulences et à grands risques. Un premier tel exemple est la main mise des Constituants appartenant au Parti Ennahdha sur les postes clés au sein des Commissions Spécialisées de l’ANC. Un second exemple caractéristique de cette dérive est la nomination, par le seul Premier Ministre et Secrétaire Général d’Ennahdha, Hamadi Djebali, des Responsables des Médias Publics Tunisiens, depuis les Rédacteurs en chef jusqu’aux Directeurs Généraux des Institutions, et ce, sans consulter, ni informer ses Alliés de la Troïka, les Structures Professionnelles et l'Instance Nationale de la Réforme de l'Information et de la Communication, violant ainsi de façon flagrante, les engagements pris par son Parti en matière de Liberté de la Presse. Et c’est grâce à une forte mobilisation de la Société Civile, conduite par le Syndicat des Journalistes, que certaines de ces nominations ont été annulées. N’oublions pas que les Médias Nationaux appartiennent au Peuple : essayer de les mettre au pas en les infiltrant, dans le but de lesinstrumentaliser, est un symptôme de tous les régimes totalitaires.
 
D’ailleurs, dans son Discours de Politique Générale, prononcé le 22 décembre 2011 devant les Constituants, le futur Premier Ministre, Mohamed Djebali, en intégrant dans son Programme un point spécial relatif aux « Mœurs et à la Conduite Morale », dévoile jusqu’où peuvent aller les prérogatives du Pouvoir selon Ennahdha, en confondant Politique Partisane et Action Gouvernementale solidaire avec ses alliés, et ce, avant le sacre républicain de son Gouvernement. En effet, ce point stipule : « Une profonde et inquiétante détérioration des mœurs et une baisse flagrante des valeurs sont des phénomènes, sans précédent, que nous observons depuis un certain temps. Il est temps et urgent de penser un nouveau système de valeurs pour notre société ».
 
Il est évident qu’une telle affirmation, chère à Rached Ghannouchi, ne peut être approuvée par les militants du CPR et d’Ettakatol, d’autant plus que sa réalisation nécessiterait la création d’une « Milice des Mœurs et des Valeurs », comme l’ont appliqué, déjà, les Salafistes (à Sejnane, par exemple), et consacrerait Ghannouchi en tant que « Guide Suprême » de la Révolution, Moncef Marzouki, notre actuel Président de la République, serait l’analogue deBani Sadr, premier Président de la République Islamique d’Iran.
 
Qui plus est, cette affirmation implique, de facto, deux autres inquiétants corollaires. En mettent dans son programme l’établissement d’un « nouveau système de valeurs pour notre société », Ennahdha montre, en premier, qu’elle feint d’ignorer que sa prise des rênes du Pouvoir est provisoire, comme il est dit, explicitement, dans le Titre de la Loi (appelée, aussi, « Mini-Constitution ») qui gère, actuellement, les Pouvoirs en Tunisie, à savoir la « Loi Sur L’Organisation Provisoire des Pouvoirs Publics », « Provisoire » s’achevant avec l’achèvement de la Rédaction de la nouvelle Constitution. D’ailleurs, la dénomination officielle du Cabinet actuel est « Gouvernement Provisoire », dénomination qu’Ennahdha réfute et a essayé, en vain, par tous les moyens, de bannir du vocabulaire des médias. Et, en second, Ennahdha feint d’oublier que la « raison d’être » de ce Gouvernement Provisoire est de gérer les affaires courantes et d’accompagner les travaux de l’ANC, et non de se lancer dans des Réformes Sociétales partisanes.
 
3. Véracité des leitmotive d’Ennahdha
 
Passons, maintenant, à l’examen de la véracité des dits leitmotive et affirmations. Sur le total du nombre de sièges à l’Assemblée Nationale Constituante (ANC), Ennahdha en possède aux environs de 41% ; ce qui implique que les affirmations « Nous sommes majoritaires  » et «  Le peuple nous a choisi, on est investi par la volonté populaire  » sont fausses. Si l’on considère, maintenant, les électeurs inscrits volontairement : 36%, environ, d’entre eux ont voté Ennahdha ; ce qui entraîne que les deux dites affirmations sont encore, un peu plus, fausses. Et, pour terminer, considérons les électeurs potentiels : le pourcentage de ces électeurs qui ont voté Enahdha n’est égal ni à 30%, ni à 25%, il est égal à, environ, 20% ; ce qui montre que les affirmations en question sont archi-fausses.
 
Que les choses soient claires. Il ne faut pas croire que, par mon analyse, j’essaye de contester les résultats des élections à l’ANC ou la légitimité du Gouvernement : l’ANC et le Gouvernement sont légitimes et tiennent leur légitimité de la Volonté du Peuple et du Suffrage Universel : soutenir le contraire c’est appeler à la rébellion et à la guerre civile. Je voulais simplement rappeler que le Peuple n’a pas voté, majoritairement, pour Ennahdha ; car la majorité c’est (50+x)%, avec « x » un nombre, mathématiquement, strictement positif : Ennahdha est, simplement, le premier vainqueur de ses élections.
Un autre exemple, qui caractérise la relation ambiguë qu’entretient Ennahdha avec la « Théorie des Nombres », se situe dans le cadre d’incidents, oh ! Combien douloureux, indignes d’un pays civilisé, condamnables dans toutes les croyances et dans toutes les spiritualités. La vision de la Vidéo correspondante, qui mérite d’être appelée « la Vidéo de la Honte », m’a plongé dans un état second, dominé, à la fois, par la peur, la honte et la stupeur et a fait disparaître en moi, pendant un instant, ma conviction d’appartenir à un Peuple réputé pour sa Tolérance et son « Bien-Vivre-Ensemble ». Il s’agit des appels à la haine et des slogans racistes à l’égard des Juifs proférés par un groupe de partisans et/ou sympathisants d’Ennahdha qui vociféraient : « Virez les juifs Tuez les juifs ! », « Tuer les juifs est un devoir ! »,…, lors de l’arrivée, le jeudi 5 janvier 2012, d’Ismaïl Haniyeh, Premier Ministre Palestinien à Gaza, à l’aéroport de Tunis-Carthage. Ces incidents ont eu lieu en présence des deux plus hauts Dignitaires d’Ennahdha, Rached Ghannouchi et Hamadi Djebali, qui étaient là pour accueillir le dirigeant du Hamas. Ghannouchi et Djebali n’ont eu aucune réaction, ni manifesté aucune condamnation immédiates. Comme d’habitude, ils ont raté une belle occasion de Pédagogie Politique, en ne condamnant pas, à chaud, l’inacceptable. Ils auraient dû, au moins, rappeler que l’Islam est une Religion de dialogue et de tolérance, comme il est explicité dans plusieurs versets du Coran invitant les croyants à toujours discuter avec bienveillance, essentiellement avec ceux qui ne partagent pas leur point de vue, en citant à la foule, par exemple, le Verset 46 de la Sourate 29 où il est dit : « Lorsque vous discutez avec les Gens du Livre, usez de la plus grande courtoisie  » et en lui rappelant que l’expression coranique « les Gens du Livre »désigne, notamment, les Juifs et les Chrétiens.
 
Qui plus est, il a fallu l’indignation et le tollé général, perceptibles sur les Médias et les Pages des Réseaux sociaux, soulevés par ces incidents, pour qu’Ennahdha, quatre jours après, le jour du départ de Ismaïl Haniyeh (quelle coïncidence !) réagisse par un Communiqué signé par son Président Rached Ghannouchi, paru sur son Site et transmis à l’AFP, affirmant que les juifs de Tunisie sont « des citoyens à part entière avec les mêmes droits et les mêmes devoirs que les autres » et attribuant ces incidents à «  un groupe d’individus ne dépassant pas les doigts d’une seule main  »(sic) ; alors que le Journal le Temps, dans son édition du dimanche 8 janvier 2012, a écrit « Des dizaines de jeunes ont scandé des slogans anti-juifs… ».Pour départager ces deux estimations, j’invite le lecteur à visionner la « Vidéo de la Honte », dans le Lien ci-dessous, et à donner sa propre estimation du nombre d’individus qui renchérissaient en chœur aux appels à la haine du sinistre Soliste.
 
 
Ce qui montre que les Islamistes, en Politique ne savent pas lire et interpréter les nombres. En particulier, ils ne savent pas ce que c’est qu’« une Majorité ». Ce qui explique, peut-être, leur action au sein de l’ANC où ils se comportent comme étant un Parti qui a, à lui tout seul, la Majorité. Ce qui explique, aussi, leur façon de conduire en solo, au sein du Gouvernement, les Affaires de l’Etat.
 
4. Composition de l’électorat d’Ennahdha
 
Dans ce contexte, il convient de souligner, que l’électorat d’Ennhadha n’est pas nécessairement Islamiste. Grosso modo, nous pouvons classifier cet électorat selon cinq types de vote : un vote réellement Islamiste, probablement minoritaire, un vote de sympathisant, un vote de compassion pour ceux qui ont, réellement, souffert sous Zinochet ou sous Bourguiba, un vote sécuritaire ou de restauration de, soi-disant, valeurs et, enfin, un vote de remerciements pour l’agneau offert, lors de l’Aïd-el Kabîr, pour la prise en charge des frais de mariage, circoncision, rentrée scolaire,factures impayées,… Ce vote de remerciements seraient financé, entre autres, par certains pays du Golf, dont le plus généreux serait Qatar, et ce, à travers des Associations humanitaires ou de bienfaisance.
 
En outre, malgré la répression subie et la clandestinité de leurs activités sous l’ancien régime, les Islamistes sont restés, contrairement aux Modernistes, structurés et présents dans les quartiers déshérités et dans la Tunisie profonde et proches de leurs habitants ; ce qui a permis à leur campagne électorale de couvrir, dès le démarrage, beaucoup de citoyens, campagne qu’ils ont orientée vers les valeurs identitaires, jusqu'à présenter les candidats Modernistes comme étant des athées, des occidentalisés, des buveurs de bière et de vin,… 
 
5. Ennahdha a récupéré la Révolution de Jasmin sans y avoir pris part
 
Quant à la participation des Islamistes, en général, à la Révolution de Jasmin, tous les Analystes Politiques, tous les Observateurs et tous les Acteurs de terrain sont d’accord pour affirmer qu’ils ont brillé par leur absence lors de toutes les Manifestations et Rassemblements qui ont conduit, le 14 janvier 2011, à la fuite du Dictateur, comme le dit explicitement, par exemple, notre Président de la République actuel, Moncef Marzouki, allié d’Ennahdha dans la Troïka, dans la Vidéo suivante, filmée à la veille de la Victoire, où il déclare que « Les islamistes sont complètement et totalement absents  » :
 
D’ailleurs, dans la totalité des Vidéos sur la Révolution, filmées avant le 15 janvier 2011, on aperçoit très peu de femmes voilées ; mais, aucun barbu à la salafiste, ni aucun Niqab, ni, non plus, aucun Dirigeant Islamiste n’y figure.
 
Pour ce qui concerne mon espace professionnel, je peux témoigner qu’avant cette date, les Universitaires Islamistes ( dont Moncef Ben Salem, notre Ministre actuel de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique) ont brillé par leur absence, lors de tous les Rassemblements et Manifestations, organisés contre Zinochet et son Régime, auxquels j’ai participé ; en particulier, lors du mémorable et imposant Rassemblement du jeudi 13 janvier 2011, organisé, au Campus Universitaire de Tunis El Manar, par la Fédération Générale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, sur l’Esplanade de La Faculté de Droit et des Sciences Politiques. C’est avec nostalgie révolutionnaire et, je l’avoue, avec fierté, que je prends la liberté de rappeler, ici, que ce Rassemblement prévu, au départ, au Campus intra-muros s’est transformé, à la fin, à mon initiative, en une formidable Manifestation en dehors du Campus, obligeant les Brigades anti-émeute à déclarer forfait pour nous libérer la sortie. Et ce fut la première Manifestation qui a eu lieu sur le plus long Boulevard du Grand Tunis, baptisé, après la Révolution, «  Boulevard Mohamed Bouazizi », le jeune dont l’immolation par le feu, le 17 décembre 2010, devant le siège du Gouvernorat de la ville de Sidi Bouzid, a marqué le début de la Révolution de Jasmin. Ce Boulevard portait auparavant le nom de « Boulevard du 7 novembre », en référence à la date du 7 novembre 1987, jour où le Général Zinochet a renversé le Président Bourguiba, par un « Coup d’Etat Médical ».
 
Malgré ce handicap, les Islamistes ont su, à merveille, tirer les marrons du feu, en récupérant la Révolution de Jasmin sans y avoir pris part. Et, je l’avoue, tout en leur reconnaissant les souffrances de toutes sortes, les atrocités inhumaines et les exils qu’un grand nombre parmi eux ont subis, sous les Régimes de Zinochet et de Bourguiba, je suis toujours estomaqué chaque fois que j’entends ces néo-révolutionnaires discourir sur notre Révolution. A l’opposé, les Modernistes, qui ont, également, subi des souffrances de toutes sortes, des atrocités inhumaines et des exils sous les Régimes de Zinochet et de Bourguiba, furent, quant à eux, une des composantes du fer de lance de la Révolution.
 
Pour ce qui concerne le dédommagement des victimes, toutes orientations politiques et toutes spiritualités confondues,qui ont fait les frais, dans leur vie et dans leur chair, des régimes de Bourguiba et de Zinochet, je pense qu’il est « convenable » que la Nation les dédommage à la hauteur, sinon plus, des souffrances subies. Mais, je pense qu’il est « blâmable » que la Nation fasse les frais, dans la Réalisation des Objectifs de sa Révolution, de l’incompétence ou du déséquilibre psychique de certains des dites victimes qui, pour dédommagement, sont portés aux plus hautes responsabilités de l’Etat. Dans ce qui précède, j’ai employé les adjectifs « convenable » et « blâmable » en référence à l’une des Recommandations les plus omniprésentes, à travers tout le Coran [que l’on peut trouver, par exemple, dans le Verset 17 de la Sourate 31, et ce, sous forme de Conseil donné par Luqmân à son fils], qui dit : « Prescris le convenable et proscris le blâmable ».
 
6. Conclusion et Appel au CPR et Ettakatol
 
Aussi, nous pouvons conclure, à la lumière de l’Actualité et à la lumière de ce qui précède, que la façon des Islamistes de conduire, actuellement, les Affaires de la Nation, en essayant de gouverner, de plus en plus, en solitaire, et ce, sans être investis d’aucune majorité, s’apparente à un Coup d’Etat Constitutionnel.
 
Il est donc urgent que le CPR et Ettakatol, fervents militants, pendant les décennies obscures passées, de la Démocrite et des Droits de l’Homme, renouent avec leurs Valeurs originelles et retrouvent leurs fondamentaux pour stopper, par tous les moyens, y compris par la désintégration de la Troïka, et avant qu’il ne soit trop tard, cette dérive Islamiste.
 
Sinon, au vu de la complicité d’Ennahdha, de plus en plus criante et qui va crescendo, avec les Salafistes, le CPR et Ettakatol feront, in fine le jeu des Islamistes les plus radicaux et seront, devant l’Histoire, les complices responsables de l’Installation sans retour, dans notre Pays, d’une Dictature Théocratique Brune-Verte.
 
par Salah HORCHANI
Professeur à la Faculté des Sciences de Tunis
source agoravox
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Reprise du procès « Persepolis » 
 - Le procès intenté en Tunisie à la chaîne de télévision Neesma, après la diffusion du film « Persepolis » de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, reprend lundi 22 janvier. Deux mois après une première audience chaotique, le directeur de la chaîne, Nabil Karoui, comparaît à nouveau devant le tribunal de première instance de Tunis, pour « atteinte aux bonnes mœurs, atteinte aux valeurs du sacré et trouble à l’ordre public ». En cause notamment : une scène du film montrant Dieu – représentation proscrite par l’Islam.
 - La diffusion du film traduit en dialecte tunisien, le 7 octobre 2011, avait été suivie de protestations et de violences. Le 9 octobre, des groupes d’extrémistes avaient tenté d’attaquer le siège de la télévision à Tunis, obligeant le directeur à « s’excuser ». Le 14, des assaillants avaient jeté des cocktails Molotov contre les murs de sa résidence.
 - Dans le contexte préélectoral de l’époque, la chaîne s’était vue accuser de faire de la « provocation ». La plupart des partis n’avaient que mollement condamné les violences. « Ce procès n’aurait jamais dû avoir lieu. Mais ce sera un test pour la liberté d’expression et la démocratie en Tunisie », a commenté Nabil Karoui, qui se dit « combatif » et espère « être relaxé ».
 source a-croix
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إخوان المنطقة إلى أين؟


 
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يثير التفاهم الإخواني ـ الأمريكي في المنطقة حيرة الكثير من المراقبين الذين مازالوا يرون في الأمر شذوذاً ما، خاصة أنّ أحداث   11 سبتمبر، التي دشنت حربين أمريكيتين، لم تزل أحداثها ترن في الذاكرة. تلك الأحداث التي كانت سببا في عودة الحروب إلى المسرح العالمي، بعد توقف دام لعقود، لتغرق واشنطن في المستنقعين الأفغاني والعراقي، مما يذكّر بمستنقعها الفيتنامي  .


هذا التواؤم المفاجئ بين الإخوان والأمريكيين يدفع إلى الحيرة والاستغراب، ويشي بأن خلف الأكمة ما خلفها، خاصة حين يصرح المسؤول الذي عينه الرئيس الأميركي (باراك أوباما) لشؤون انتقال السلطة في الشرق الأوسط (وليام تايلور) أنّ واشنطن ستكون "راضية" إذا أسفرت انتخابات برلمانية نزيهة في مصر عن فوز الإخوان المسلمين  .


وحين يلي ذلك، ترحيب وزيرة الخارجية الأمريكية (هيلاري كلينتون) بفوز النهضة التونسية، يدل على أن الأمر ليس مجرد تكتيك، بل يبدو أنه إستراتيجية طويلة الأمد، خاصة أنها صرحت في يونيو بأن واشنطن أجرت "اتصالات محدودة" مع جماعة الإخوان المسلمين في إطار مسعاها للتكيف مع التغيرات السياسية التي تحصل في مصر  .


ما سبق، يجعل التفكير والبحث في خلفيات الاستراتيجية الأمريكية الجديدة مشروعا، خاصة أن الغرب بكامله يسير في اتجاه تعويم النموذج الإخواني على طريقة حزب العدالة والتنمية، ولعل الضغوط التركية ـ القطرية التي تعتبر واجهة التدخل الأمريكي في سوريا، وطلبها المتكرر إشراك الأخوان في السلطة، يسير في هذا الاتجاه، مضافاً له طلب الحكومة الأردنية من الإخوان المشاركة في الحكومة  !


من يدقق في سياسة واشنطن خلال عقدين على الأقل، سيرى أنّ الإستراتيجية الأمريكية قامت على مكافحة الإسلاميين ومنع وصولهم الحكم، بل ساهمت في تثبيت عرش الطغاة الذين أبدوا قدرا هائلا من المرونة في محاربة النفوذ الإسلامي

في بلدانهم و(القاعدة) بخاصة، إلى درجة أن أنظمة الحكم المستبدة باتت هي من يربي الإسلاميين كي يفاوض عليهم أو يهدد بهم وقت تحين ساعة استخدامهم، وما ردود السلطات العربية تجاه ثوراتها إلا دليل على ذلك، حيث تهدد هذه السلطات علانيةً بأن رحيلها يعني توسع نفوذ القاعدة والتنظيمات الإرهابية  .


وقد ظلت هذه الإستراتيجية الأمريكية هي السائدة، حتى غرقت أمريكا في أزمتها الاقتصادية بعد انهيار (ليمان براذر)، وترافق هذا الأمر مع ظهور إنجازات حزب العدالة والتنمية التركي التي حققت نمواً اقتصاديا هائلا، مترافقا مع استقرار سياسي داخلي، وترتيب الإقليم وفق النموذج الأمريكي .


هذا التواقت، جعل الأمريكيين يفكرون في كيفية دمج الإسلاميين في بلدانهم بدل تحولهم إلى "قنابل موقوتة" في الغرب، أو عبئا على الاقتصاد الغربي، الذي بات يتدهور يوما بعد يوم، مهدداً مستوى الرفاه الذي بات يثير غيظ المواطنين الغربيين، وهو ما ساهم في حدوث عدة تحولات على مستوى الوعي الأوربي، الذي بات يفرز أحزابا عنصرية تعلن عداءها المباشر والصريح للمسلمين في بلدان طالما عرفت بانفتاحها واستقبالها الغرباء. ولعل أزمة الرسوم الكاريكاتورية التي تطل بين فينة وأخرى، ما هي سوى التجسيد الفعلي لذلك "الشرخ الأسطوري" الذي لا يني يزداد بين الشرق والغرب، وفق لغة المفكر (جورج قرم).


ولعل ما قاله (أمين بوزكورت)، الدانماركي الذي يتزعم لوبي مناهضة للعنصرية بالبرلمان الأوروبي يدل على ما يعتمل في جوف المجتمعات الغربية بهذا الخصوص، حيث قال: "نحن على مفترق طرق في التاريخ الأوروبي. فخلال خمسة سنوات إما سنشهد زيادة في قوى الكراهية والانقسام في المجتمع، بما في ذلك القومية المتطرفة وكراهية الأجانب ومعاداة السامية وكراهية الإسلام، أو أننا سنتمكن من محاربة هذه النزعة المروعة".


من هنا، قامت الإستراتيجية الأمريكية الجديدة على احتواء الإخوان المسلمين، بقيادة "النموذج التركي" الذي سيلعب دور المؤهل للأحزاب الإخوانية في المنطقة، ولعل كلام (أردوغان) في القاهرة يأتي ضمن هذا السياق .


ولكن التنافر الذي برز بين إخوان القاهرة وإخوانية (أردوغان)، يطرح سؤالاً كبيراً، عن مدى قدرة الإخوان في البلدان الناشئة على تمثّل وهضم تجربة حزب العدالة والتنمية، وهل الواقع يسمح بذلك، أصلا؟
وحدها التجربة التونسية، تشير إلى بوادر نجاح وتماهي بشكل ما مع التجربة التركية بسبب تشابه المقدمات في كلا البلدين، الذين حُكما سابقاً بعلمانية مفروضة من فوق، اجتاحت كل شيء، بما في ذلك البنيان الاجتماعي لهذه للبلدين، الأمر الذي يجعل أيّ حزب إسلامي في هذين البلدين غير قادر على أسلمة المجتمع أو الدولة، مهما فعل، لأن المجتمع بذاته تغيّر صوب حداثة لم يعد بالإمكان التراجع عنها .


من هنا، يبدو الدعم الأمريكي والغربي لإخوان المنطقة، محفوفا بمخاطر جمة، قد تهدد كل شيء، إلا إذا دخل الإخوان في لعبة السلطة والبراغماتية وهم يجيدونها تماماً، متماهين مع النموذج الأمريكي، ليحتفظوا بالسلطة فقط، وحينها يكون الربيع العربي، مجرد ربيع إسلامي، على غرار ربيع (الخميني)، أو ربيع (حماس) الغزاوي، ولكن بشكل مقلوب !


ثمة من يقول، أنّ الإستراتيجية الغربية تقوم على فكرة مفادها، أنّ الحكم هو معيار فشل الإسلاميين، الذين أثبتوا أنهم حكام سيئون، كما في السودان وغزة، وهكذا يكون إيصالهم السلطة، من باب تثبيت فشلهم، تمهيداً لوصول العلمانيين المدنيين الذين يعانون أساساً من ضعف وتبعثر، وغياب أي قاعدة اجتماعية لهم، مما يجعلهم غير قادرين على الوصول إلى السلطة أساساً .


وهكذا، إن نجح الإسلاميون على غرار حزب العدالة والتنمية يصب الأمر في صالح الأمريكيين واستقرار المنطقة، دون تهديد المصالح الأمريكية، وإن فشلوا يكون الأمر مقدمة لإقصائهم النهائي .


ولكن ثمة سؤال جذري يطرح بقوة: هل يترك الإخوان السلطة بعد وصولهم إليها، خاصة أن مشروعهم الاجتماعي يقوم على أسلمة البنى التحتية للسلطة، وتغييب وعيها، لتصبح حاكمة باسم الله؟ !

 

بقلم محمد ديبو

source almasdar
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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 02:28

La victoire des partis islamistes se confirme aux législatives égyptiennes

 

 

 

 

Les partis islamistes ont raflé plus des deux tiers des sièges attribués au scrutin de liste au sein du premier parlement égyptien élu depuis la chute d'Hosni Moubarak il y a onze mois, selon les résultats définitifs des législatives annoncés samedi.


Des Égyptiens font la file pour voter à Minya, à 350 km au sud du Caire.

Photo: AFP/KHALED DESOUKI

Des Égyptiens font la file pour voter à Minya, à 350 km au sud du Caire.

 

Conformément à ses prévisions, le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), qui représente les Frères musulmans dans ce scrutin, recueille 38 % des suffrages, tandis que le parti salafiste Al-Nour, plus radical, obtient 29 % des voix.

Le parti laïque Wafd et le Bloc égyptien se placent respectivement aux troisième et quatrième rangs.

Les deux principales formations islamistes étaient arrivées en tête à l'issue de la première et de la seconde phase électorale, avec près de 70 % suffrages. Les partis libéraux et les mouvements issus du soulèvement ont été relégués aux derniers rangs.


Deux tiers des 498 sièges de la chambre basse sont attribués à la proportionnelle sur la base de listes présentées par des partis, le tiers de sièges restants étant disputé par des candidatures individuelles, avec ou sans affiliation politique.

 

Les élections législatives se sont étalées sur une longue période, soit de novembre à janvier. Elles seront suivies par des élections à la chambre haute, la Choura, de la fin du mois au 22 février.

Le Parlement devra ensuite désigner les 100 membres de la commission qui sera chargée de rédiger une nouvelle constitution définissant les pouvoirs du président et du Parlement dans la nouvelle Égypte, pays le plus peuplé du monde arabe avec plus de 80 millions d'habitants.

Le scrutin se tient dans un contexte politique tendu, les mois de novembre et décembre ayant été émaillés de violents affrontements au Caire entre les forces de l'ordre et les manifestants qui dénonçaient la mainmise du conseil militaire sur le pays.

Le Conseil suprême des forces armées, qui dirige le pays depuis la chute d'Hosni Moubarak en février dernier, a promis de tenir le scrutin présidentiel avant le mois de juillet prochain.

source radio-canada

 

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Un an après, trop tôt pour fêter la révolution, selon des militants


"Si nous devons célébrer quelque chose, ce sera la poursuite de notre révolution", estime le groupe créé notamment par le cyber-militant Waël Ghonim en 2010. ( © AFP Don Emmert)

Les militants pro-démocratie égyptiens accusent le pouvoir militaire de vouloir récupérer à son profit le premier anniversaire, le 25 janvier, du début de la révolte qui a poussé Hosni Moubarak au départ, estimant que la révolution reste encore à faire.

 

Face au Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui prépare pour le 25 janvier, promu "journée de la révolution", des célébrations en grande pompe avec feux d'artifice et défilés, les mouvements de jeunes qui ont lancé la révolte prévoient manifestations et appels au départ des généraux.

"La fête de la révolution n'aura lieu que quand le pouvoir aura été totalement transféré à des instances civiles élues", affirme le groupe "Nous sommes tous Khaled Saïd", du nom d'un jeune d'Alexandrie dont la mort lors d'une arrestation policière avait contribué à mobiliser contre le régime.

"Si nous devons célébrer quelque chose, ce sera la poursuite de notre révolution", estime le groupe créé notamment par le cyber-militant Waël Ghonim en 2010.

"Est-il normal de faire la fête, quand dans une course de 5 km on s'arrête au bout de trois km seulement?", s'interroge encore le groupe.

"Ne vous laissez pas distraire par les commémorations officielles tant que le drapeau de la vérité ne flottera pas", affirme un autre groupe très actif sur internet, le Mouvement des Jeunes du 6-Avril.

Une cinquantaine de groupes de militants ont décidé d'appeler à des manifestations de rue autour de la date du 25 janvier, une opération intitulée "Semaine de colère et de deuil", allusion aux dizaines de personnes tuées à la fin de l'année dernière dans des manifestations contre le pouvoir militaire.

Le 25 janvier 2011, dans la foulée de l'insurrection tunisienne, les militants pro-démocratie égyptiens avaient créé la surprise en mobilisant, via internet et leurs téléphones mobiles, des foules jamais vues contre le régime de Hosni Moubarak.

Dix-huit jours plus tard, l'autocrate réputé indéboulonnable, au pouvoir depuis trois décennies, remettait le pouvoir à un collège de généraux, sous les hourras de la place Tahrir, épicentre de la contestation au Caire.

Mais un an plus tard les militaires sont toujours là, même s'ils assurent vouloir partir une fois un président élu en juin.

Et les récentes élections législatives ont fait un triomphe aux islamistes, face au camp des "révolutionnaires" en déroute.

Hosni Moubarak est en jugement, mais le Premier ministre, Kamal al-Ganzouri, est un de ses anciens chefs de gouvernement, et le chef d'Etat de fait, le maréchal Hussein Tantaoui, fut son ministre de la Défense pendant 20 ans.

"Il nous faut encore mettre fin au pouvoir d'hommes puissants issus de l'ère Moubarak, et en terminer avec l'influence de l'armée sur la vie politique et économique", affirme à l'AFP l'un de ces militants, Ahmed Zahrane.

"Nous devons mettre la pression sur le conseil militaire pour qu'il parte immédiatement", ajoute-t-il.

L'ancien chef de l'agence atomique de l'ONU et prix Nobel de la Paix 2005 Mohamed ElBaradei, proche de ces militants, vient de jeter l'éponge dans la course à la présidence, en affirmant lui aussi que "l'ancien régime n'est pas tombé".

Malgré le constat que la révolution est encore largement inachevée, certains soulignent que les progrès faits grâce à la révolte sont encore porteurs de changements pour l'avenir.

"La plus grande réalisation jusqu'à présent, c'est le réveil de l'opinion publique égyptienne", souligne le musicien Omar Karim, un autre militant pro-démocratie.

La révolution "n'est pas une réalisation, c'est un projet en cours", estime-t-il.

Le groupe "Khaled Saïd" en convient lui aussi. "Nous avons vu se réaliser en un an seulement des choses qui vont au delà de ce que nous imaginions", estime le mouvement, même si "nous ne sommes encore que dans une phase de transition".

source liberation

 

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Al-Azhar : "Nous souhaitons que la Constitution se fonde sur la citoyenneté"

La plus haute autorité de l'islam sunnite a appelé l'ensemble des partis politiques religieux et laïcs à réfléchir au futur de l'Égypte. Interview

Le pope Shenouda III, chef de l'Église copte (à droite), et le Premier ministre Kamal al-Ganzouri entourent le grand imam d'al-Azhar, Ahmed al-Tayeb.

Le pope Shenouda III, chef de l'Église copte (à droite), et le Premier ministre Kamal al-Ganzouri entourent le grand imam d'al-Azhar, Ahmed al-Tayeb. © Mohamed hossam / AFP

Absente du débat public depuis l'éviction de Hosni Moubarak en février 2011, al-Azhar sort de l'ombre en diffusant un document et un manifeste sur le devenir de la nouvelle Égypte. Cette initiative, fruit d'une réflexion menée aux côtés des partis politiques et des différents groupes religieux, est la première tentative de rassemblement dans un climat électoral sous tension. Conseiller auprès du Cheikh Ahmed al-Tayeb, l'imam d'al-Azhar, le Dr Mahmoud Hazab a répondu aux questions du Point.fr.

Quelle est la mission d'al-Azhar ?

Al-Azhar est née le même jour que la ville du Caire, il y a 1 050 ans. C'est une institution qui enseigne les prières et les cultes, mais aussi la science, la langue arabe et la civilisation islamique et comparée. Elle s'est toujours située au coeur des préoccupations de la nation égyptienne, et s'est rangée aux côtés du peuple en organisant la résistance, que ce soit durant la révolte du Caire à l'époque de Napoléon Bonaparte (1798) ou durant la crise du canal de Suez (1956), lorsqu'elle a servi de tribune à Nasser.

Depuis une trentaine d'années, al-Azhar n'est plus un repère pour le peuple égyptien, qui la considère comme étant l'instrument de l'État.

Al-Azhar, comme l'Égypte, a été en effet affaiblie au cours des trente dernières années du fait d'un régime dictatorial qui ne connaissait pas les vraies valeurs de son pays. Le Cheik Tayeb, à la tête de l'université depuis avril 2010, a lancé plusieurs réformes en faveur de l'ouverture en tentant de s'écarter d'un discours islamique sectaire, souvent encouragé par le pouvoir en place.

Sous l'impulsion d'al-Azhar, un document signé par les partis politiques et les groupes religieux a été diffusé récemment. De quoi s'agit-il ?

Dans un élan d'ouverture, l'imam a invité les Frères musulmans, les salafistes et les laïcs, mais aussi des écrivains et des penseurs à se réunir pour répondre à la question suivante : quel État souhaitez-vous pour la nouvelle Égypte ? Six rencontres ont été organisées, et ont abouti à l'élaboration d'une charte de onze articles. Le premier article est primordial et témoigne de la volonté de construire un État-nation pour l'Égypte : national, constitutionnel, démocratique et moderne. Ce document souligne que l'Égypte n'a pas connu d'État religieux théologique comme beaucoup ont tendance à le dire. Nous ne sommes ni un État religieux ni un État militaire. Nous souhaitons que la Constitution se fonde sur la citoyenneté.

Ce document aborde également l'épineuse question de la charia, la loi islamique.

Oui. Il y a beaucoup de malentendus sur la question et al-Azhar entend les dissiper. Il faut savoir que, dans la Constitution actuelle, la charia n'est appliquée que dans la sphère de la vie personnelle : mariage, divorce et héritage. Nous n'avons pas une Constitution islamique comme en Iran ou en Arabie saoudite. En Égypte, nous avons un droit et des tribunaux civils. On ne coupe pas la main des voleurs et on ne lapide pas les femmes. Il faut également garder à l'esprit que la charia ne concerne que les musulmans. Les chrétiens appliquent leurs propres coutumes. Pour la première fois dans l'histoire moderne de l'Égypte, tous les courants - les candidats à la présidence, les chefs de partis musulmans et chrétiens, les nassériens et les salafistes - ont signé le document.

Un manifeste sur les libertés a également été diffusé la semaine dernière.

En effet, les mêmes acteurs ont élaboré un manifeste intitulé "Les quatre libertés fondamentales : liberté de la croyance, liberté de l'opinion et de l'expression, liberté de la recherche scientifique, liberté de la création". La semaine prochaine, nous nous réunirons pour aborder la question du rôle de la femme dans la nouvelle Égypte.

Le Cheikh Tayeb a proposé un changement de statut pour l'imam d'al-Azhar, jusqu'alors nommé par le président de la République. Quand interviendra-t-il ?

Nous allons remettre sur pied ce qui existait avant la révolution de 1952, "l'organisation des grands oulémas d'al-Azhar". Ce sont ces oulémas qui seront chargés d'élire le grand imam. Pour la première fois dans l'histoire d'al-Azhar, l'âge de la retraite est également remis en question. Il n'est pas question que l'imam siège à vie. L'Académie de recherches islamiques a opté pour un départ à la retraite à l'âge de 80 ans.

Depuis 1952, c'est l'État qui finance al-Azhar. Allez-vous également vous affranchir de cette dépendance financière ?

À l'époque de Nasser, les biens d'al-Azhar ont été nationalisés, c'est ce qu'on appelle les "wagfs", c'est-à-dire les dons qui étaient faits par les citoyens chrétiens et musulmans les plus aisés pour aider à faire fonctionner l'université. Ils s'agit de 1 045 hectares de terres que nous souhaiterions récupérer pour retrouver notre indépendance financière. Mais seront-ils suffisants ? Al-Azhar aujourd'hui, c'est 70 facultés, des étudiants provenant de 106 pays du monde. La question du financement de l'institution n'est pas encore tranchée...

Al-Azhar aura-t-elle un rôle à jouer dans la rédaction de la Constitution après les résultats des législatives ?

Oui, al-Azhar jouera un rôle dans la rédaction de la future Constitution. Nous ne sommes pas un ministère, nous n'avons pas de pouvoir exécutif, mais la rue est avec nous.

Des appels à manifester le 25 janvier sont lancés dans le pays, tandis que l'armée appelle, elle, à la célébration en ce jour anniversaire. Quelle est la position d'al-Azhar ?

Nous sommes d'accord pour des manifestations, à condition qu'elles soient pacifiques. Nous appelons à remplir les objectifs de la révolution. L'armée n'était pas présente lors de notre grande réunion qui a abouti à l'élaboration de la charte de onze points. Parmi ceux-ci figurent, entre autres, l'arrêt des jugements devant les tribunaux, la libération des prisonniers politiques, le dédommagement des familles des martyrs et la mise en place d'une administration qui leur sera dédiée, ainsi que le retour rapide de l'armée dans ses casernes. C'est le souhait d'al-Azhar et des signataires.

source point.fr/monde

 

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