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22 janvier 2012 7 22 /01 /janvier /2012 01:48

Wadi Essafi : (arabe) http://ar.wikipedia.org/wiki/%D9%88%D8%

                        (anglais)  http://en.wikipedia.org/wiki/Wadih_El_Safi

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 04:35

 

 


 

 

 

Trois tentatives d'immolation en marge d'une manifestation

 

Trois chômeurs marocains ont tenté de s'immoler mercredi à Rabat, en marge d'une manifestation devant le parlement marocain. Les trois hommes se tenaient à l'écart de la manifestation, puis se sont aspergés d'essence, sont descendus du muret sur lequel ils se tenaient, et ont mis le feu à leurs vêtements, au milieu des cris et de la panique. La foule les a alors entourés et a tenté d'éteindre les hommes-torche comme le montre cette vidéo amateur mise en ligne sur YouTube. Deux des trois hommes seraient grièvement brûlés.

Cette immolation de groupe intervient un peu plus d'un an après celle de Mohamed Bouazizi, ce jeune Tunisien de Sidi Bouzid, le 17 décembre 2010, dont la mort fut l'élément déclenchant de la révolution tunisienne qui fit partir le président Ben Ali le 14 janvier 2011.

Plusieurs immolations, principalement de chômeurs diplômés, ont eu lieu au Maroc en 2011, sans pour autant susciter les mêmes réactions.

Le Maroc vient de se doter d'un gouvernement islamiste modéré à la suite de la victoire du Parti de la Justice et du développement aux élections législatives de novembre dernier. Le nouveau Premier ministre, Abdelilah Benkirane, présentait cette semaine son programme de gouvernement, avec des promesses de faire baisser le chômage, particulièrement celui des diplômés.

source rue89

 

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Soixante-dix chômeurs menacent de se suicider

Environ 70 chômeurs marocains ont menacé vendredi de commettre un "suicide collectif" s'ils n'étaient pas embauchés par la société d'Etat de phosphate OCP, rapportent vendredi les autorités locales. 

Les protestataires ont tenté de s'introduire dans une carrière de phosphate avec des explosifs, à proximité de la ville de Benguerir, dans le sud du pays. 

La police est intervenue et a arrêté six personnes, soupçonnées d'être les instigatrices de ce mouvement de contestation. 

D'après les statistiques officielles, Benguerir se situe dans la région du Maroc où l'indice de pauvreté est le plus élevé. 

Le Maroc connaît une vague de protestations liées à la pauvreté. Mercredi, quatre diplômés, toujours à la recherche d'un emploi, se sont immolés par le feu en plein coeur de Rabat. Ils ont survécu à leur immolation. 

Près d'un tiers des jeunes Marocains sont au chômage et un quart des 33 millions de Marocains sont touchés par la pauvreté.

source 20minutes.

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أحكام قاسية وغرامة بقيمة 20 مليون سنتيم في حق معتقلي 20 فبراير ومعطلين بأسفي

أدانت محكمة الاستئناف بآسفي 16 عنصر، من معتقلي أحداث 1 غشت التي شهدتها المدينة من السنة الماضية، بأحكام تتراوح ما بين أربع سنوات وأربعة أشهر سجنا نافذا، وأداء غرامة مالية قدرها مائتي ألف درهم. وأدين في هذه النازلة أربعة عناصر من المجموعة الأولى، المتكونة من 10 متابعين، بأربع سنوات سجنا نافذا مع أدائهم غرامة مالية بالتضامن قدرها 200 ألف درهم لفائدة المجمع الشريف للفوسفاط والمكتب الوطني للسكك الحديدية، من بينهم الناشط الحقوقي عبد الجليل أكاضيل الذي اتهم السلطات بتعذيبه وارغامه بالقوة على توقيع المحاضر، كما نال رفيقه هشام التأني الحقوقي والناشط بحركة 20 فبراير نفس العقوبة.

وقد وجهت المحكمة للمتهمين الأربعة تهما منها أساسا "إضرام النار في مؤسستين عموميتين وتعييب أشياء مخصصة للمنفعة العمومية وإلحاق خسائر في ملك الدولة والعصيان وعدم الامتثال والضرب والجرح في حق القوات العمومية أثناء مزاولتها لمهامها".

وأدانت الهيئة باقي المتهمين في هذه المجموعة بأحكام مختلفة تتراوح ما بين سنتين سجنا نافذا وسنة واحدة سجنا نافذا وبأربعة أشهر سجنا نافذا مع دفع غرامة مالية قدرها 500 درهم بعد مؤاخذتهم بتهمة المشاركة في الجريمة المذكورة.

كما أدانت المحكمة عناصر المجموعة الثانية المكونة من ستة عناصر بسنتين سجنا نافذا مع دفع صائر قدره خمسمائة درهم وأداء غرامة مالية بالتضامن قدرها مائة ألف درهم لفائدة المجمع الشريف للفوسفاط والمكتب الوطني للسكك الحديدية.

وقد ندّدت عائلات المتهمين ومجموعة من الحقوقيين بقساوة الحكم خصوصا وأنهم يؤمنون ببراءة المتهمين ويعتبرون الأحداث مفبركة ويدفعون ببطلان الحكم على اعتبار أن التحقيق والاعتراف كان تحت التعذيب القاسي الذي استعملت فيه كل أنواع الترهيب الجسدي والنفسي .

وللإشارة فقد قررت هيئة الدفاع  عن المتهمين في ملف " أحداث فاتح غشت" استئناف الحكم الابتدائي وذلك مباشرة بعد النطق بالحكم .

source lakome

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 04:16

Roumanie

Ces “indignés” qui défient les politiques

 

Bucarest, le 16 janvier. Lors de la manifestation des "indignés", place de l'Université.

Bucarest, le 16 janvier. Lors de la manifestation des "indignés", place de l'Université.

 

Depuis près d’une semaine, des milliers de personnes de tous horizons manifestent partout dans le pays contre les mesures d’austérité et la corruption qui gangrène la politique. Il serait temps, estime un sociologue roumain, que le gouvernement prenne leurs griefs au sérieux.

par Mircea Kivu

Il s'agit peut-être de la démonstration la moins homogène qu'il m'ait été donné de voir en Roumanie. Tant en raison de la variété des participants (retraités, étudiants, révolutionnaires, intellectuels, chômeurs, supporters de football, chanteurs, etc.), que par leurs revendications et leurs griefs : salaires, retraites, taxe sur les voitures achetées à l'étranger, démantèlement des partis, exploitation de l'or de Roşia Montană, démission du président Traian Băsescu, l'indépendance par rapport à la finance mondiale [en 2009, la Roumanie a signé un accord avec l'UE, le FMI et la Banque mondiale portant sur un prêt global de 20 milliards d'euros. Le gouvernement s'est engagé en échange à réduire son déficit public]. Mais avec un seul dénominateur commun : l'indignation.

La diversité typologique des manifestants implique de même une diversité des comportements . Contrairement à avril 1990 [lorsqu'une manifestation contre le gouvernement de Ion Iliescu fut stoppée net par l'arrivée des mineurs de Valea Jiului], la place de l'Université, à Bucarest, n'est plus peuplée aujourd'hui majoritairement d’intellectuels, avec leur conscience civique et leur art du dialogue cultivé dans des colloques doctes.

Tout le monde espère que quelque chose va changer

Ces jours-ci, parmi les révoltés, on trouve aussi des marginaux, des bandes de jeunes, mécontents – eux aussi – de ne pas trouver de travail, de la réduction des prestations sociales, de l'augmentation du coût de la vie, du fait que la police protège les usuriers et les proxénètes mais les grille à la moindre bévue. Qu'on le veuille ou non, ils font également partie de la société civile.

Pour eux, la confrontation consiste à avant tout causer le plus de dégâts possible à l'adversaire, lui cracher dans l'œil, lui mettre un poing dans le plexus. Ils ont toujours cassé les vitrines des arrêts de bus, pas nécessairement parce qu'elles appartenaient à "l'Etat", mais tout simplement parce qu'il faisait nuit et que personne ne pouvait les voir.

Bon nombre d'entre eux font également partie des clubs de supporters des équipes de football. Ils se déchaînent parce qu'il ont toujours besoin d’un exutoire pour leur esprit grégaire ; parce qu'il leur est facile de diviser le monde en "les nôtres" et les ennemis ; parce que, de toute manière, ils n'ont pas d'autres distractions.

Mais ce ne sont pas ces raisons qui les ont poussés sur la Place de l'Université : ils sont ici, parce qu’ils peuvent hurler à leur guise leur exaspération, parce qu’enfin, ils trouvent une place parmi ceux qui d'habitude les rejettent, parce qu'ils espèrent, comme nous tous, que quelque chose va changer dans leur vie.

Ces jours-ci, les protestataires ont fraternisé avec les gendarmes, les opposants avec ceux qui soutiennent le pouvoir, les journalistes de la chaîne de télévision Antena 3 avec leurs concurrents de B1. Avec tout le monde, sauf avec les casseurs. Les manifestants qui paraissent devant les caméras ont en effet toujours pris soin de dire qu'ils protestaient pacifiquement. La violence nous répugne tous.

"Laissez-les mariner dans leur propre jus !"

Mais la violence, ce n'est pas seulement d'arracher les pavés des rues et de les jeter à la tête du gendarme. La violence, c'est aussi d'imposer une loi électorale sans arguments valables et sans débat public.

Ou la réduction des salaires de ceux qui travaillent honnêtement. Ou encore la démolition des bâtiments faisant partie du patrimoine roumain. Si nous nous bornons à chercher la violence uniquement du côté des casseurs, alors nous perdrons le sens fondamental de la protestation.

Il semblerait que les casseurs aient été identifiés, arrêtés, isolés. Les protestations se déroulent, enfin, pacifiquement. Les gendarmes contrôlent tous les suspects et arrêtent à tour de bras (113 arrestations lundi 16 janvier). Quant au gouvernement, il exprime sa pleine compréhension envers les griefs des manifestants et affirme reconnaître leur respect du droit démocratique de manifester dans des lieux autorisés.

Mais il ne change en rien à sa conduite. Il attend, de toute évidence, qu’une rafale providentielle de blizzard ou bien de lassitude, chasse les manifestants de la Place. J’ai comme l’impression d’avoir déjà entendu cette solution : "Laissez-les mariner dans leur propre jus !", avait dit Ion Iliescu, lors de manifestations d'avril 1990.

Mais cette stratégie comporte des risques : lorsque les gens comprendront qu'il ne suffit pas de manifester symboliquement leur exaspération, il ne seront peut-être pas encore complètement las. Mais ils se sentiront marginalisés. Et ils deviendront eux aussi des marginaux. Et la gendarmerie devra identifier encore plus de casseurs !

source presseurop

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 Les indignés de Londres doivent lever le camp

 

"Remballez vos tentes. Les indignés de Saint-Paul ont perdu le combat", titre le journal. La Haute Cour de Londres a donné raison à la municipalité en autorisant, le mercredi 18 janvier, l'évacuation du camp de manifestants anticapitalistes qui était installé depuis trois mois devant la cathédrale, au cœur de la City. La municipalité considère que ces tentes sont une "obstruction de la voie publique". Les manifestants ont annoncé vouloir faire appel. Ils avaient monté leur camp dans la foulée du mouvement américain Occupy Wall Street. courrierinternational

 


 

 

 

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Les indignés d’Israël : un bref retour...

 

 

 

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Nîmes (sud de la France) : manifestation d'Indignés devant une agence de Pôle emploi

 

Les Indignés ont collé des affiches évoquant une "boucherie sociale".
Les Indignés ont collé des affiches évoquant une "boucherie sociale". (Nîmes Midi Libre)

Depuis ce matin, 10 heures, une dizaine de membres du collectif nîmois des Indignés protestent devant l’agence du Parnasse de Pôle emploi contre la politique gouvernementale à venir qui demandera, selon eux, plus de flexibilité au travail "une légalisation du chantage à l’emploi et de gagner moins pour continuer à travailler."

La manifestation devrait se dérouler toute la journée et pourrait changer d’agence de Pôle emploi dans l’après-midi. Les Indignés ont collé des affiches évoquant une "boucherie sociale" et distribuent des tracts aux chômeurs qui se rendaient à l’agence et qui ont accueilli plutôt bien la manifestation.

Ce rassemblement symbolique est organisé en marge du sommet social de demain initié par le Président de la république Nicolas Sarkozy.

source midilibre.

 

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France 

 Les indignés d'Aix créent une nouvelle monnaie locale

indignes-aix-1

indigne-aix2

Il en existe déjà une trentaine en France: la bogue en Ardèche,la mesure à Romans,la violette à Toulouse... Et après avoir hésité avec le calisson, c'est finalement l'allumette qui a été choisie pour représenter "une monnaie d'échange à valeur sociale".

 

17h30. La Rotonde. Les indignés d'Aix-en-Provence se sont donnés rendez-vous comme chaque mercredi en bas du Cours Mirabeau. Après avoir tendu leur drapeau sur l'une des deux statues puis étendus leurs messages comme on étendrait du linge sur une corde à linge, ils ont partagé une cuisine solidaire"pour se nourrir le corps mais aussi l'esprit". Bref, le décor est planté pour débattre.

 

A  l'ordre du jour: l'allumette. Comme nous l'explique Claude Ramin, médecin et indigné:" ce n' est pas pour mettre le feu, ce n'est pas du tout dans ce sens là, mais plutôt pour nous réchauffer" . En référence à l'ancienne manufacture d'allumettes située à Aix-en- Provence, "cette monnaie ne servirait pas à faire de l'argent mais uniquement à échanger des choses. Elle servirait à ce que  les gens se  la réapproprient aussi tout en recréant du lien entre ceux qui ne se parlent pas. Ce serait un peu plus élargi que le troc mais c'est plutôt complémentaire".  Il poursuit en expliquant qu'il s'agirait "d'une monnaie d'échange à valeur sociale". Par exemple, celle-ci permettrait d'acheter de quoi se nourrir:  "l' allumette serait égale à un euro et si je paye un kilo de carottes, je le paye en allumettes sachant que l'agriculteur lui aussi pourrait acheter ses graines ou son fumier en allumettes". A priori, cela devrait prendre au moins une année aux indignés aixois pour mettre cette monnaie locale en place. En bref, par ce système, "un réseau d'échange via l' AMAP mais aussi d'autres artisans comme des peintres, des pompistes ou des mécaniciens, serait ainsi créé". 

Et lorsqu'on demande leur avis aux passants ou à d'autres indignés, René lui estime "qu'il s' agit d'un palliatif mais si on en arrive là, à revenir au troc, c'est un constat d'échec de notre système. Revenir à ce système là ça serait régresser mais aussi prendre conscience de cette crise qui nous pourrit la vie". Barbara, elle pense que "c'est très bien, vu qu'à Aix ça n'existe pas encore. C'est une monnaie qui permettrait de sortir du système monétaire actuel et rien que pour ça c'est très bien. Cela permettrait de refaire autre chose à côté. Aujourd'hui, l'argent n'est plus au service de l'humain c'est l'humain qui est au service de l'argent et pour moi c'est insupportable". Pour William: "ce que j'apprécie énormément dans cette monnaie locale c'est que ça nécessite pour la faire, de comprendre le système d'un vrai apprentissage de l'économie, ce que l'on ne nous apprend pas à l'école. Cela créerait en quelque sorte une école de l' économie" 

A Schongauer en Bavière, ce type de monnaie locale existe déjà depuis des années: "les échanges y sont très importants". 

L'info sur Aix c'est désormais tous les matins de 7h30 à 9h sur maritima radio fréquence 93.8

source maritima.

 

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 02:01

 

 

 

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Le CNT a-t-il fait appel aux marines américains ?

 

LES ETATS-UNIS S’APPRÊTENT À ENVOYER PRÈS DE 12 000 SOLDATS EN LIBYE, ONT INDIQUÉ PLUSIEURS SOURCES MÉDIATIQUES. UN ACCORD SECRET AURAIT ÉTÉ SIGNÉ ENTRE LES DIRIGEANTS DU CNT ET LES ETATS-UNIS D’AMÉRIQUE POUR L’ENVOI DES MILITAIRES EN LIBYE.

 

«Les ex-thouars et les révolutionnaires pro-Kadhafi constituent une menace pour le pays», tels sont les arguments des dirigeants du CNT, sur la venue des militaires américains en Libye.

En effet, selon plusieurs canaux d’information, un premier contingent de ces soldats en provenance de Malte aurait déjà franchi les frontières et s’est installé à Benghazi. Les soldats américains ont été sollicités pour mettre fin au sit-in des anti-CNT.

Un deuxième contingent, fait de forces spéciales américaines, serait arrivé également à Tripoli pour assurer la sécurité de l’ambassade américaine et les représentations diplomatiques occidentales ainsi que celle des membres du CNT.

A Tripoli, on parle d’une attaque de grande envergure qui sera menée par l’Armée verte mais sans aucune précision, ont ajouté les mêmes sources. Ces derniers jours, le CNT a demandé aux «thouars» qui ont volé des biens immobiliers, notamment à Bab el Azizia, de les restituer.

Ces dernières semaines, la situation sécuritaire s’est dégradée, ont indiqué plusieurs sources en provenance de Libye. En plus des affrontements qui opposent les milices à des tribus et à des ex-révolutionnaires, les dirigeants du CNT sont de plus en plus visés.

Toujours et selon plusieurs journaux, le président du CNT, Mustapha Abdeljalil, aurait fait l’objet d’une tentative d’assassinat à Benghazi, à l’aide d’une bombe artisanale.

C’est le même cas pour un certain Rajeb Al Janzaoui, accusé dans le meurtre du général Abdelfattah Younes, qui aurait échappé de justesse à une tentative de meurtre au cours du samedi 14 janvier 2012.

A Syrte, de violents combats ont eu lieu entre un groupe armé de Misrata et des jeunes volontaires de la cité ainsi que des membres de l’Armée libre de la Libye. Ces affrontements ont fait au moins 50 morts dans chaque camp. Du matériel a été confisqué et plusieurs combattants ont été fait prisonniers. Un climat tendu règne à Syrte où les citoyens craignent une riposte à n’importe quel moment. Profitant de ces affrontements, le CNT aurait conclu un accord secret avec les Etats-Unis pour venir à bout des ex-révolutionnaires, selon des médias.

Selon le quotidien Al-Quods Al Arabi implanté en Grande Bretagne, plusieurs raffineries, sites et installations pétroliers sont sous la protection des forces étrangères.

A ce sujet, le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, chef suprême des armées d’Egypte aurait mis en garde le président du Conseil national de transition sur une éventuelle implantation de bases étrangères en Libye, ont écrit des journaux égyptiens, repris par Al-Quods Al-Arabi.

Selon les mêmes journaux, l’Otan qui avait affirmé avoir mis fin à sa mission aurait laissé un nombre important de ses militaires sur le territoire libyen. Pour l’instant, les dirigeants du CNT n’ont pas fait de commentaires à ce sujet et n’ont ni confirmé et ni infirmé ces informations.

source  lnr-dz.

 

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Manifestation pour la charia à Benghazi


 

 

De 2 000 à 3 000 personnes ont manifesté vendredi à Benghazi, le berceau de la révolution libyenne dans l'est du pays, pour réclamer que la charia (loi islamique) figure dans la future Constitution, selon un correspondant de l'AFP sur place.


«Islamique! Islamique!», ont scandé en allusion à l'État les manifestants, dont certains brandissaient des exemplaires du Coran.

 

Un communiqué distribué pendant le rassemblement demande qu'un article stipulant que l'islam est religion d'État figure dans la future Constitution libyenne et qu'il ne soit pas soumis à référendum comme pourrait l'être le reste de la loi fondamentale.

Les Libyens doivent se rendre aux urnes en juin pour élire une assemblée constituante d'environ 200 membres.

«Les manifestants demandent que la charia soit la référence des lois et que cela soit clairement dit dans la Constitution», a déclaré à l'AFP Ghaith al-Fakhri, figure islamiste libyenne, présent sur la place Tahrir de Benghazi.

 

Les manifestants se sont aussi dits opposés à tout projet de fédéralisme en Libye.

Lors de la proclamation de la «libération» de la Libye le 23 octobre, trois jours après la mort de Mouammar Kadhafi, le président du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil, avait affirmé que la charia serait à l'avenir la principale source de la législation en Libye.

source fr.canoe

 

 

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 Pendant la paix, la guerre continue

 

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Misrata, le 20 décembre 2011. REUTERS/Esam Al-Fetori


Rien ne va plus en Libye: le CNT aurait appelé le Pentagone à l’aide. 12 000 soldats américains seraient sur le point d’être déployés en Libye

 

 

On meurt encore en Libye. Le 23 octobre 2011, depuis Benghazi, le président du Conseil National de Transition (CNT) proclamait officiellement que le pays était libéré ; trois jours plus tôt, le colonel Kadhafi, tentant de fuir son fief assiégé de Syrte, était abattu dans des circonstances qui restent troubles. Le 31 octobre, l’opération internationale « Unified Protector » prenait fin, et l’on assistait entre autres au « désengagement des moyens français ». L’Occident, à l’époque, s’était congratulé. Encore aujourd’hui, le site du ministère français de la Défense parle « d’engagement des volontés » et de « l’urgence de protéger ».

Pourtant, trois mois plus tard, on peut se demander s’il n’y a pas toujours urgence à protéger la population libyenne. Car la paix est loin d’être revenue.

 

A la fin de la guerre, ils auraient été 150 000 à avoir pris les armes, selon les estimations du CNT lui-même, reprises sur le site du Mouvement de la jeunesse libyenne. D’autres sources évaluent le nombre de ces volontaires désordonnés à au moins 200 000. Des chiffres considérables, pour un pays d’un peu plus de 6 millions d’habitants. Un peu comme si la Libye avait proclamé la mobilisation générale, mais une mobilisation improvisée, où chaque homme pouvait s’armer comme il l’entendait, sans avoir l’intention de rendre les armes une fois acquise la victoire contre le dictateur honni. Ce genre de confusion sanglante est souvent, il est vrai, symptomatique des révolutions. Que l’on songe au désordre qui régna dans les premiers jours de la Guerre d’Espagne, quand la République désemparée n’eut d’autre recours que d’armer la population pour faire face à l’insurrection militaire des Nationalistes.

 

Qu’ils aient été 100 000 ou 200 000 au moment où le régime de Kadhafi s’effondra, il était évident qu’il serait difficile, voire impossible, de les renvoyer dans leurs foyers, et à plus forte raison de les faire rentrer dans le rang. Toutefois, alors qu’aujourd’hui, le problème n’est toujours pas résolu, on ne peut s’empêcher de se demander si la communauté internationale, déjà préoccupée par d’autres conflits apparemment plus pressants (comme en Syrie et en Iran), ne se contente pas de soutenir mollement le CNT tout en jetant un voile pudique sur la situation en Libye.

Dépouilles du domaine de la famille Kadhafi

Les « thowars », les ex-rebelles, ne sont pas que des combattants indisciplinés obéissant vaguement à des chaînes de commandement particulièrement floues. Ils constituent avant tout le bras armé de factions qui en sont encore à se disputer les dépouilles du domaine de la famille Kadhafi. Misrata et Benghazi sont leurs principaux centres, mais il est aussi fait état de « kadhafistes » toujours prêts à en découdre, de Touaregs dans le sud, de Berbères. La plupart disposent d’armes légères, fusils d’assaut, fusils-mitrailleurs, mitrailleuses lourdes et lance-roquettes, mais aussi de véhicules équipés de canons légers, et de blindés. L’armée libyenne officielle n’est plus ces temps-ci qu’une vue de l’esprit, puisqu’elle était majoritairement favorable au colonel. Et sa seule restructuration de la part des autorités est déjà source de tensions. « La nomination au poste de chef d’état-major de Youssef al-Mangouch par le CNT Libyen continue de faire débat, signale ainsi Le Journal du MaliLa légitimité de l'ancien colonel de l’armée libyenne - promu général, et déjà vice-ministre à la défense - à occuper ce poste est contestée par certains ex-rebelles. “Nous rejetons toute personne qui ne figure pas sur la liste des candidats présentée par les thowars […]” a fait savoir à Tripoli Bahloul Assid, un des membres fondateurs de la Coalition des thowars de Libye, une organisation qui regroupe plusieurs factions de différentes régions ».

Déstabilisation de l’ensemble de la région

Du côté malien, justement, on s’inquiète du basculement progressif de la Libye dans une situation de non droit, évolution susceptible de déstabiliser l’ensemble de la région. Confronté à une rébellion récurrente des Touaregs, le gouvernement malien dénonce une recrudescence d’activité de ces derniers depuis la chute du colonel Kadhafi. Il y a quelques jours, selon les correspondants de Reuters sur place« un soldat malien au moins et plusieurs assaillants ont été tués [le 17 janvier] quand des rebelles touaregs et d’anciens militaires de Libye ont attaqué une ville dans le nord du Mali et ont été repoussés par l’armée ». « D’anciens militaires » qui ont sans doute rallié les Touaregs en passant par le Niger, sans que le CNT ne puisse les en empêcher.

 

Or, comment le pourrait-il, quand il ne parvient même pas à maintenir l’ordre dans le nord du pays qu’il est censé contrôler? Ainsi, le week-end dernier, de violents affrontements ont éclaté à Gharyan, près de Tripoli, comme le rapporte la BBC. « Des groupes armés rivaux ont tiré des roquettes et ouvert le feu à la mitrailleuse lourde dans les environs de la ville de Gharyan, à 80 kms au sud de la capitale. Les autorités libyennes affirment être en train de lever une force qui aura pour mission de désarmer ce qu’elles présentent comme des loyalistes de Kadhafi. Les notables de Gharyan reconnaissent ne pas être en mesure de contrôler leurs propres brigades révolutionnaires. ».

 

Les combats auraient éclaté quand des milices proches du CNT auraient voulu arrêter, dans Gharyan, des gens soupçonnés d’avoir soutenu l’ancien régime. Bilan : au moins neuf morts et une quarantaine de blessés. Un correspondant de la BBC aurait été témoin d’exactions et déclare qu’un « chef de brigade » (dont il est difficile de savoir à quel camp il appartenait) aurait été torturé.

Imposer leur version intransigeante de l’islam

Outre le partage du butin sur les ruines du pouvoir de Kadhafi, la situation est encore aggravée par la volonté des nouveaux maîtres du pays d’imposer leur version intransigeante de l’islam, au besoin par la force, et même contre leurs anciens alliés rebelles.

Le CNT s’efforce de légaliser les bandes armées, les milices et autres « brigades révolutionnaires » en leur ouvrant les portes de la police et de la nouvelle armée libyenne, sans grand succès. Au 15 janvier, ils n’étaient qu’une centaine à avoir par exemple rejoint les rangs des forces de l’ordre. Autre solution envisagée, l’envoi de plusieurs centaines de ces combattants en … Syrie, pour soutenir l’Armée Libre de Syrie qui, depuis des bases en Turquie, fait le coup de feu contre les forces de Damas.

Le désordre semble donc s’installer en Libye. Un site, qui se présente comme celui de la « Résistance libyenne », dresse quotidiennement une longue liste d’incidents, escarmouches et combats qui ensanglanteraient le pays, et rapporte les « victoires » remportées par la « Résistance verte » contre « le CNT/Al-Qaïda ». Des informations qu’il nous est impossible de vérifier indépendamment, mais qui contribuent à brosser un tableau apocalyptique de l’après-Kadhafi.

Le CNT aurait appelé le Pentagone à l’aide

La situation serait telle que le CNT aurait appelé le Pentagone à l’aide. 12 000 soldats américains seraient sur le point d’être déployés en Libye. Pour certains, ils viendraient surtout sécuriser les champs pétrolifères. Pour d’autres, ils auraient pour mission d’aider le nouveau régime à reprendre la main et à disperser les milices. Si, dans les semaines qui viennent, des troupes américaines commencent effectivement à s’installer en Libye, ce sera un peu comme un retour à la case départ. Du temps de la monarchie, et jusqu’au coup d’Etat de Kadhafi, le pays abritait la base aérienne Wheelus de l’US Air Force, la plus grande base américaine en Méditerranée à l’époque. C’était une plaque tournante stratégique pour les opérations américaines au Moyen-Orient et jusqu’en Asie du Sud-Est. Alors que les tensions montent autour de la Syrie et de l’Iran, on voit aisément l’intérêt qu’il y aurait pour le Pentagone à pouvoir déployer ses forces en Libye. Pour Washington, l’instabilité chronique de la nouvelle Libye est peut-être, en fin de compte, une bénédiction.

 

par Roman Rijka

source slateafrique

 

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« C’est un véritable conflit de civilisation qui se profile »


 

Ardavan Amir-AslaniEn février dernier, tout le monde y croyait. Le Printemps arabe avait eu raison des dictatures du passé. Un formidable élan démocratique soufflait sur les pays musulmans. Un an plus tard, Ardavan Amir-Aslani rectifie. Ce n’est pas à “plus de démocratie, plus de droits de l’homme et plus de laïcité” que ces soulèvements ont abouti, mais bien “au mouvement inverse”. D’où sa suggestion de ne plus qualifier ces événements de “Printemps” mais d’ “Hiver arabe”, seule image conforme, selon lui, à “la régression inéluctable” à laquelle vont mener ces révolutions.

La vision est sévère. Le diagnostic, sans appel. C’est que, pour l’auteur de La Guerre des dieux, la descente du monde arabe dans ce qu’il appelle son “Moyen Age” a déjà commencé. Depuis que, par les urnes ou sous couvert de conseils de transition, les islamistes ont remplacé les dictateurs. Depuis, surtout, que le fait religieux a fait intrusion dans la vie politique. Constat d’autant plus inquiétant qu’il vaudrait pour l’ensemble de la planète où, partout, se multiplient les “irruptions du fait religieux en politique”.

Une tendance aux effets déjà perceptibles – repli sur soi, montée des communautarismes, peur de l’autre… – et qui devrait encore s’accentuer avec la mondialisation qui, contrairement à une autre illusion largement répandue, ne nous mènerait pas “vers un monde homogène porté par des valeurs communes” mais “vers une segmentation de la communauté planétaire par ethnies et par religions”. Seul espoir : voir la France assumer son rôle essentiel de “lien entre l’Orient et l’Occident” en se souvenant, pendant qu’il en est encore temps, de ses convictions républicaines. Celles-là mêmes qui, il y a plus de deux siècles, lui ont permis, précisément, de séparer fait religieux et vie politique.


« Il y a un an, tout le monde a voulu voir dans le Printemps arabe une formidable avancée démocratique mais pour moi, c’est le mouvement inverse qui s’est produit. Loin d’avoir l’effet escompté, ces révolutions ont poussé le monde arabe vers une régression en permettant l’intrusion du fait religieux dans la vie politique. Et malheureusement, c’est un constat qui, loin de se limiter à ces pays, doit être généralisé puisque partout dans le monde, les réactions et les orientations politiques apparaissent de plus en plus marquées par le fait religieux.

L’Amérique – où l’on pourchasse le médecin qui pratique l’IVG et où de plus en plus de candidats font campagne sur un message ultra-conservateur, à commencer par Michele Bachmann qui disait son message dicté par Dieu – en est un exemple. La Russie où l’Eglise orthodoxe est de plus en plus présente, en est un autre. Même chose en Chine, où le pouvoir s’efforce d’amoindrir le rôle de l’Eglise catholique sur place et bien sûr en Afrique où le cas de la Libye, entre autres, est particulièrement saisissant, les trois premières décisions du CNT ayant eu pour effet de rétablir la charia, de légaliser la polygamie et d’interdire la mixité à l’école publique. Ce qui n’est pas ce que j’appellerais du progrès.

Religion et vie civile

Autres exemples de cette poussée religieuse dans la vie civile comme dans le domaine politique : la Syrie, au sujet de laquelle l’archevêque de Beyrouth avait déclaré : “pourvu que Bachar al-Assad ne tombe pas, sinon, cela sera le massacre des chrétiens de Syrie”, l’Egypte, où la minorité chrétienne fait régulièrement l’objet de massacres, ou encore le Bahreïn dont personne ne parle parce qu’il s’agit d’un royaume plus petit que Manhattan mais qui est le théâtre d’une quasi-apartheid. Le pays compte 25 % de sunnites, face à 75 % de chiites et cette majorité fait l’objet d’un racisme absolu avec interdiction de servir dans l’armée, d’exercer des fonctions importantes dans la fonction publique, etc.

En Pologne, l’Eglise est omniprésente sur le dossier de l’avortement et en France, on constate quasi quotidiennement cette incursion de plus en plus marquée du religieux dans la vie publique. Que ce soit lorsque les Musulmans de France manifestent autour de la polémique sur le port du voile ou lorsqu’une pièce de théâtre déchaîne la colère d’extrémistes chrétiens. Quelle que soit la zone géographique, il suffit de regarder l’actualité pour constater que le fait religieux est en constante éruption.

“Hiver arabe”

Cette poussée religieuse est récente. Prenez un Larousse des années 1977-78 : le terme de fondamentaliste n’y figurait pas. Pas plus que celui d’islamiste. Ce n’est qu’au début des années 80, avec la révolution iranienne, que ces termes font leur apparition dans le langage public. Parce que l’ayatollah Khomeyni est arrivé au pouvoir et qu’il a instauré une théocratie. Pour moi, il est clair que tous les problèmes du monde musulman découlent de cet événement. La guerre en Iran-Irak, l’opposition sunnites-chiites… Jusqu’au Printemps arabe qui devait aboutir à plus de démocratie, plus de droits de l’homme, plus de laïcité mais qui, au final, avec cette nouvelle mixité religieux-politique, a débouché sur le mouvement inverse. C’est pourquoi il faut cesser de parler de Printemps arabe et utiliser l’expression adéquate pour qualifier ces événements.

En l’occurrence, même le terme d’“Automne arabe” apparaît trop optimiste. Seul celui d’“Hiver arabe” reflète la réalité de ce qui va suivre. La régression inéluctable vers laquelle va mener ces révolutions. Ce qui n’est en réalité une surprise pour personne puisque toutes les différentes dictatures de ces pays n’étaient maintenues au pouvoir qu’afin d’empêcher la montée de l’islamisme. Moubarak le disait : “Si ce n’est pas moi, ce sera les Frères musulmans.” Et la suite a prouvé qu’il avait raison. On a donc mis fin aux dictatures pour voir arriver au pouvoir des gens qui réintroduisent la charia dans la société civile. Des gens qui prennent par les urnes ou sous couvert de conseils de transition un pouvoir que, bien évidemment, ils ne restitueront jamais ; si bien qu’ils vont détruire le schéma démocratique qui les a eux-mêmes amenés au pouvoir. Et pour légitimer leur action, ils diront tenir leur pouvoir de Dieu.

La montée de l’islamisme

C’est l’un des grands avantages de l’islamisme : dès lors que vous vous positionnez comme étant celui qui matérialise la parole divine sur terre, comme une autorité de fait, personne ne peut plus s’opposer à vous. Celui qui le ferait serait un mécréant, un infidèle. Hors de l’islam, pas de salut. Voilà pourquoi cette religion implique forcément une forme prosélytisme, de guerre sainte…
L’autre atout des islamistes tient évidemment au fait qu’ils sont les seuls à être organisés et prêts à exercer le pouvoir, mais aussi au fait qu’ils sont souvent la seule forme de gouvernement qui n’a pas encore été essayée par ces pays. Les Irakiens, par exemple, ont essayé le baasisme, le socialisme, le capitalisme, le soviétisme, l’occidentalisme… et chaque fois, ils ont fini avec la même corruption, les mêmes tragédies de société, la même absence de démocratie. La seule chose qu’ils n’ont pas essayée, c’est l’islam. Et comme le Coran est censé détenir les réponses à toutes les questions qu’on peut se poser, cela apparaît très rassurant.

C’est pourquoi les pays arabes jusqu’alors dotés de régimes pro-occidentaux et séculiers vont désormais connaître des régimes anti-occidentaux et religieux. Prenez le cas de l’Egypte où les chrétiens coptes sont pourchassés dans les rues d’Alexandrie et abattus par dizaines ; prenez celui du Pakistan et de l’Afghanistan où, une fois les Américains partis, les talibans vont revenir… Il n’y a pas un exemple qui aille à l’encontre de cette vision des choses. C’est pourquoi j’en suis convaincu : exception faite de l’Iran qui a été le premier à entrer dans l’islamisme et sera le premier à en sortir en grande partie parce que 75 % de sa population a moins de 35 ans et est à la fois éduquée et connectée, le monde arabe va s’orienter vers le fanatisme religieux.

La double tragédie

A l’origine de ce mouvement, il y a la double tragédie du monde arabe. La première est une tragédie philosophique qui tient au fait que l’islam a connu sa Renaissance – avec l’astronomie, les grands mathématiciens… – avant de basculer dans le Moyen Age tel qu’il s’apprête à le vivre aujourd’hui : avec la polygamie, l’idée qu’un homme vaut plus qu’une femme et un musulman plus qu’un chrétien ou un juif, etc. Si bien que contrairement à l’Occident, l’évolution de ces pays prend la forme d’une régression. La seconde tragédie du monde arabe est liée au népotisme qui a longtemps caractérisé ces différents Etats. Ben Ali est resté au pouvoir 27 ans, Moubarak, 32 ans, Abdallah Saleh, au Yemen, 33 ans, Kadhafi, 42 ans. A cela s’ajoute l’extrême corruption, dans des pays qui sont riches et dont la population est jeune, éduquée et sans avenir.

Ce qui explique qu’en Algérie et au Maroc, les gens préfèrent nager à travers le détroit de Gibraltar pour être ensuite pourchassés en Espagne plutôt que de rester chez eux. Encore une fois ces pouvoirs-là étaient maintenus par les dirigeants du monde entier pour une unique raison : leur effet stabilisateur. Aujourd’hui que l’on voit ces régimes disparaître et le changement arriver, à défaut de pouvoir s’y opposer, mieux vaut l’accompagner dans l’espoir de retarder l’éclatement du conflit. Celui-ci aura lieu, c’est inéluctable. Car pendant que le monde arabe va vivre son Moyen Age, le reste du monde va continuer à se mondialiser et à se moderniser si bien que c’est un véritable conflit de civilisations qui se profile.

Conflit de civilisations

Je crois qu’on est parti au moins pour un siècle d’hostilités. Celles-ci ne devraient pas prendre la forme d’une guerre ouverte – l’Occident a aujourd’hui encore quelques atouts qui font que la guerre n’est pas une option envisageable – mais plutôt d’un refus marqué de l’Occident en Orient et d’un nombrilisme croissant en Occident. C’est déjà ce que l’on voit aux Etats-Unis où les Américains cherchent aujourd’hui à se replier sur eux-mêmes et affichent, dans leurs discours, un certain rejet de l’Europe et de ses difficultés actuelles. Un redressement économique aurait probablement un effet apaisant, mais il y a d’autres critères à prendre en compte. L’argent seul ne suffit pas. Aujourd’hui, ce que les gens veulent retrouver en priorité, c’est leur dignité. Cette dignité que nous prenons pour un acquis en Occident et qui reste un rêve pour eux. Que la police ne les gifle pas quand ils passent dans la rue, qu’elle ne leur fasse pas payer la rançon pour leur commerce…

A cette revendication naturelle s’ajoute une incapacité à accepter et à respecter la différence qui fait que les musulmans entre eux, sur leur propre territoire, ne parviennent pas à cohabiter. Comment pourraient-ils le faire avec le reste de la planète ?

Dernier élément aggravant : le fait que le monde arabe a une revanche à prendre sur son passé. Ces pays ont été colonisés, ils ont été humiliés, ils estiment qu’ils continuent à l’être au travers du conflit Israël-Palestine. Ils veulent s’affirmer. Et aujourd’hui, ils le font en rejetant nos valeurs. Le foulard dans les rues de Paris ou dans les rues du Caire, c’est bien cela : le rejet patent d’une valeur d’égalité entre l’homme et la femme et, à travers lui, un déni de l’accès de la femme au travail, à l’éducation. C’est un refus de ce qu’est l’Occident. Et face à cela nous ne pouvons rester indifférents.

La mondialisation

Encore une fois cette tendance à la politisation du fait religieux est générale. Partout dans le monde, la religion entre en politique. Les gens se retranchent. Et loin de freiner cette tendance, la mondialisation a pour effet de l’accentuer. Contrairement à ce qu’on pense, on ne va pas vers un monde homogène porté par des valeurs universelles communes mais vers une segmentation de la communauté planétaire par ethnies, par religions. Pour moi, cela s’explique par le fait que la religion est devenue un élément identitaire et que, à l’heure actuelle, on manque d’autres éléments d’identification. Le port du voile est un cri identitaire, tout comme la croix visible. Sauf que chez certains, ce n’est que cela et chez d’autres, c’est l’élément dominant d’une personnalité, ce qui prime et l’emporte sur toutes les valeurs occidentales.

Si bien qu’on ne va pas vers un melting-pot mais vers des séparations de plus en plus marquées, avec tous les risques que cela comporte en matière de montée des communautarismes et l’éventualité d’aboutir à une situation où les gens ne s’identifient que par leur communauté religieuse. Pour l’heure, la position européenne face à ces mutations est teintée d’angélisme. C’est pourquoi il faut se ressaisir : penser aux droits de l’homme, à la république, aux valeurs de la révolution qui ont permis de séparer gouvernance politique et fait religieux ; et parallèlement, être conscient d’un monde qui change et dans lequel on n’est plus les premiers. Puisque quand on en est à envisager de faire appel à la Chine pour renflouer les banques européennes, on cesse d’être crédible et on ne peut plus vivre sur la gloire du passé.

L’exclusion

Dans ce contexte les sentiments s’exacerbent. C’est pour cela qu’on voit resurgir les mêmes thèses supposément rassurantes et portées par le même discours anti-immigration, sécurité… Il faut bien comprendre qu’aujourd’hui, les craintes des gens ne se limitent pas à être exclus du droit au travail. Cette peur-là, on vit avec depuis 30 ans. Ce qu’ils redoutent, c’est l’exclusion du droit au logement, du droit au soin, du droit à l’éducation. Il y a 40 ans, lorsqu’on disait “exclu” on pensait “chômeur”. Aujourd’hui, on pense “SDF”, ce qui montre bien à quel point le malaise social s’est aggravé. On n’est plus seulement dans le “je n’ai pas de boulot”, on est dans “j’ai mal”.

A l’origine de tout cela il y a certes des facteurs économiques mais aussi cette incursion du religieux en politique et dans la vie civile qui génère une peur de l’autre. C’est cette peur qui nous alimente l’absence de dialogue et, insidieusement, nous mène au conflit.

Le rôle de la France

En dépit de cette peur rampante, la France reste sans doute le seul pays, avec les Etats-Unis, à pouvoir s’enorgueillir de porter le message universel, républicain et laïc. Ce qui explique qu’elle a un rôle majeur à jouer dans le contexte actuel : elle doit être un lien entre l’Orient et l’Occident, entre l’Est et l’Ouest, comme elle l’a d’ailleurs toujours été. Et pourtant, elle semble absente. Détachée des enjeux du moment. Sa politique étrangère est intégralement calquée sur celle des Etats-Unis et pendant ce temps, le vide qu’elle laisse n’est pas comblé. C’est dans cet espace laissé vacant, dans cette absence de lien avec l’Occident et ses valeurs que s’engouffrent les islamistes et que le ressentiment enfle. Et que se passe-t-il lorsque les véhicules de transmission de valeurs cessent d’être présents ? On s’enracine chez soi et on regarde l’autre en face avec envie.

Politique étrangère

Le malaise est encore accentué par le fait que la politique étrangère de la France sur le Moyen-Orient et sur le monde musulman dans son ensemble est une politique marquée dont les entreprises françaises paient le prix. Car il est bien clair que, pour elles, l’obtention de grands contrats au sein de ces pays du monde arabe est associée à l’image de la France là-bas. Ce qui fait du choix d’une entreprise française un choix politique autant qu’économique. Or certaines positions politiques de la France sont perçues comme injustes ou excessives. Comme le fait que le gouvernement français ait pu être proche de Ben Ali et totalement opposé à Ahmadinejad. Ou encore que Kadhafi, qui était un fou furieux, ait été reçu à Paris et ait pu planter sa tente dans les jardins de l’Elysée alors que, parallèlement, ce même gouvernement français appelle au boycott de la Banque centrale iranienne. Pourquoi composer avec certaines dictatures et se montrer inflexibles avec d’autres ? C’est ce qui, pour beaucoup, reste difficile à comprendre.

Repli sur soi

Pour toutes ces raisons, j’ai du mal à croire en un avenir proche apaisé entre Orient et Occident ; en une cohabitation sereine et respectueuse des différences de chacun. Ce que je vois se profiler, en revanche, c’est un monde occidental replié sur lui-même avec des échanges extrêmement difficiles avec le monde musulman. Les visas vont être de plus en plus rares et le dialogue de plus en plus ténu. Tant sur le plan culturel que militaire, parce que toute la communauté éduquée de ces pays voudra fuir et que, bien évidemment, l’Europe ne pourra accueillir tout le monde. Et c’est pourquoi le réveil pour tous ces pays qui croyaient avoir gagné leur liberté promet d’être brutal. Lorsque les gens réaliseront que les bouleversements récents ont entraîné une forte diminution de la manne que représentait pour eux le tourisme, lorsqu’ils prendront conscience de qui détient désormais le pouvoir et des effets induits sur la vie civile et que, au final, ils se retrouveront encore plus démunis aujourd’hui, dans cette soi-disant liberté, qu’il y a un an. Pire que tout, les gens vont constater – beaucoup l’ont d’ailleurs déjà fait – que les dictateurs sont peut-être partis, mais que les dictatures demeurent. Via ce qui reste de leur gouvernement, de leur armée ou via les islamistes.

Entrevue avec  Ardavan Amir-Aslani, par Caroline Castets

source .lenouveleconomist

 

 

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 07:04

Agences de notation et corruption

 

Plus un jour sans que les oracles des agences de notation ne soient relayés par les agences de presse et les chaînes de télévision. Le monde de la notation, malgré une capacité de nuisance évidente, reste encore relativement méconnu.

Nous verrons que depuis leur fondation, les agences de notation ont beaucoup évolué sous les coups de boutoir de la libéralisation financière. Le passage du modèle de l’"investisseur payeur" à celui de l’émetteur payeur en constitue l’illustration la plus claire. Nous verrons que cette modification revêt toutes les caractéristiques de la corruption.

 

Au commencement

Le marché de la notation est, aujourd’hui, dominé par trois "global players" (Standard and Poors, Fitch et Moody) toutes basées aux Etats-Unis. Présentons brièvement l’histoire de ces compagnies. La notation naît aux Etats-Unis lorsque Henry Poor (1812-1905) fonde, en 1860, sa compagnie H.V. and H.W. Poor Co. La naissance des agences de notation trouve sa raison d’être dans le développement des chemins de fer aux Etats-Unis. Pour l’anecdote, Henry Poor était, dès 1849, le rédacteur en chef de l’American Railroad Journal. Les importants investissements des compagnies ferroviaires ont généré, auprès du grand public et des investisseurs institutionnels, un important appel de fonds via le marché obligataire.


On désigne sous le label "investisseur institutionnel" l’ensemble des intermédiaires financiers non bancaires. Au XIXe siècle, il s’agit essentiellement de compagnies d’assurance.


En 1900, John Moody (1868-1958), qui avait débuté en 1890 comme garçon de courses à Wall Street, payé 20 dollars par mois [1], de publie ??? le Moody’s Manual of Railroads and Corporation Securities. En 1906, Luther Lee Blake (1874–1953) fonde le Standard Statistics Bureau. Le succès recueilli par cette publication permet à John Moody de fonder son agence en 1909. John Knowles Fitch (1880-1943) fonde, quant à lui, sa compagnie en 1913 avec en ligne de fond le développement des chemins de fer aux Etats-Unis. En 1941, Standard Statistics fusionne avec la compagnie fondée par Henry Poor. Cette fusion donnera naissance à la Standard and Poor’s Corporation.


Le marché de la notation connaîtra un processus de concentration croissant au cours du XXe siècle. Après la faillite en 1970 de la Penn Central Transportation Company, la SEC (Securities and Exchange Commission, soit l’autorité compétente aux Etats-Unis pour superviser les acteurs financiers) va mettre de l’ordre dans le marché de la notation en soumettant, dès 1975, les agences à un agrément spécial nommé Nationally Recognized Statistical Rating Organization (NRSRO). La SEC, pour remplir sa mission de gendarme, avait besoin d’expertise afin de calculer le montant des fonds propres dont les acteurs financiers avaient besoin. L’idée était, à l’époque, de distinguer les institutions financières sur base de leurs stratégies d’investissement. Selon ce schéma, plus une compagnie investissait dans des titres sûrs, moins elle devait présenter des fonds propres en garanties. La sécurité des titres était reflétée dans leur note de crédit. Plus celle-ci était élevée, plus la part des fonds propres requise sera faible.

 

La procédure d’agréation, lancée en 1975, a permis aux agences les plus puissantes de se plier à des critères de sélection de plus en plus impitoyables. Ce qui aura, pour effet, de leur permettre de renforcer leur puissance et leurs parts de marché. "De sept agences de notation disposant de ce statut dans les années 1980, seules les trois grandes en bénéficient en 2011". [2] Ces trois grandes agences réalisent à elles seules plus de 90 % du chiffre d’affaires de la profession. Standard and Poor’s et Moody’s pèsent, aujourd’hui, pour 40% du chiffre d’affaires des agences de notation dans le monde contre 14% pour Fitch.

 

Avec le temps, le champ d’investigation des agences de notation, jusque là limité au seul secteur privé, a de plus en plus englobé la notation des dettes publiques. La libéralisation financière ayant fini par faire en sorte qu’on retrouve, dans les bilans des banques US de plus en plus d’obligations publiques "étrangères". Alors que Moody’s ne notait les obligations publiques que de trois pays en 1975, elle en évaluait trente-trois en 1990 et plus d’une centaine à partir des années 2000.

 

Le paysage de la notation aujourd’hui

Aujourd’hui, Fitch est devenue une filiale de la compagnie Financière Marc de Lacharrière basée à Paris. La Fimalac possède plus de la moitié des parts de Fitch. La Fimalac est, elle-même, à raison de 78,56%, propriété du Groupe Marc Lacharrière).

 

Le seul actionnaire possédant plus de 5% des parts de Moody’s est Berkshire Hathaway, la compagnie de Warren Buffett avec une participation de 13%. Quant à Standard and Poor’s, elle est devenue une division du groupe McGraw-Hill Companies. Mais une scission va intervenir au sein de ce groupe pour faire place à deux entités distinctes. Les activités d’indices boursiers, de fournitures de données et d’informations sur les matières premières passeront dans l’orbite de Standard and Poor’s sous le nom de McGraw-Hill Markets. Une deuxième entité, McGraw-Hill Education, réunira l’ensemble des éditions de livres scolaires et d’autres produits éducatifs. L’introduction des deux nouvelles entités à la Bourse de New York ne devrait pas intervenir avant fin 2012. Derrière McGraw-Hill, on retrouve des conglomérats financiers particulièrement puissants. Le seul actionnaire à détenir plus de 5% des parts de McGraw-Hill est la Banque Barclays.

 

Principaux actionnaires de McGraw-Hill Companies, actionnaires à 100% de
Standard and Poor’s (2011)

Barclays Plc Royaume-Uni 10% Banque
Deutsche Bank AG Allemagne 3,6% Banque
Fayez Sarofim & Co USA 4,3% Gestion d’actifs
FMR Corp. (Fidelity Investments) USA 2,3% Gestion d’actifs
Goldman Sachs Group Inc. USA 3,6% Banque
Mackenzie Financial Corp. Canada 2,3% Gestion d’actifs
Mellon Financial Corp. USA 2,2% Gestion d’actifs
State Street Corp. USA 3,1% Gestion d’actifs
Vanguard Group Inc. USA 1,9% Gestion d’actifs

Source : http://fr.transnationale.org/entreprises/mcgraw_hill.php(date de consultation : 17 octobre 2011).

 

Libéralisation, pas touche !

Au début des années 70, un changement majeur est intervenu dans le fonctionnement des agences de notation. Il s’agit du passage du système dit de l’investisseur payeur à celui de l’émetteur payeur. Cette mutation est importante. Jusque vers la moitié des années 70, quiconque voulait investir une partie de son capital dans des titres financiers était libre d’avoir recours à une agence de notation afin d’évaluer les actifs sur lesquels il avait jeté son dévolu. Passé cette époque, ce sont les émetteurs de titres qui vont rémunérer directement leurs évaluateurs au prix de nombreux conflits d’intérêt. Au risque de nombreuses dérives. Chacun se remémore les déboires du géant de l’énergie Enron. Quatre jours avant la faillite, la multinationale US bénéficiait encore de la meilleure notation possible. A l’époque, de nombreuses voix avaient évoqué la nécessité de devoir procéder à un encadrement plus rigoureux des agences de notation. Ces pressions n’ont jamais réussi à faire bouger d’un pouce la SEC, farouchement opposée à toute forme d’immixtion dans les affaires des agences. Depuis, la SEC a changé d’avis concernant les agences de notation. Il a fallu attendre que Standard and Poor’s dégrade la cotation des Etats-Unis pour voir les autorités de régulation des Etats-Unis changer leur fusil d’épaule.

 

En août 2011, la SEC priait Standard and Poor’s de justifier sa décision de mettre une mauvaise note à la dette US. La SEC ne s’intéresserait pas seulement à des considérations méthodologiques. Elle cherchait, de plus, à savoir si des salariés de S&P s’étaient rendus coupables de délit d’initié. On voit ici la vraie portée de la loi Dodd Franck de juillet 2010 qui plaçait les agences de notation sous supervision de la SEC. En clair, la toute-puissance des agences de notation a une limite : les intérêts de la puissance US. Pour le reste, c’est "circulez, y’a rien à voir". Pourtant, il y a des choses à voir et à faire voir. Par exemple, sur le lien intrinsèque entre libéralisation des marchés financiers et promotion du modèle "émetteur payeur" ayant amené à bien des conflits d’intérêt.

 

Comme vu auparavant, c’est en 1975 que le modèle de l’émetteur payeur s’est généralisé. Les années 70, avec le recul, constituent, en matière de libéralisation financière, une époque charnière. Tout commence en 1971 avec la dénonciation unilatérale des accords de Bretton Woods par les Etats-Unis. En 1971, les Etats-Unis abandonnent le système de Bretton Woods. Jusqu’à cette époque, le système monétaire était basé d’une part, sur des taux de change fixes entre le dollar comme pièce centrale du système monétaire international et les monnaies des autres pays et, d’autre part, sur un taux de change fixe entre le dollar et l’or (35 dollars américains l’once, soit 31,103 grammes d’or). Le système de Bretton Woods laisse la possibilité à chaque pays, mais avec l’accord de tous ses partenaires, de procéder à des ajustements monétaires si nécessaire (dévaluation ou au contraire, réévaluation). Tout pays partie à la conférence de Bretton Wood, puisqu’il avait des réserves en dollars américains, pouvait décider de les changer contre l’or que les Etats-Unis possédaient. Cette dernière caractéristique du système a fini par poser problème. La situation du dollar a été bien caractérisée par l’économiste belge, Robert Triffin (1919-1993). Le paradoxe que Triffin désigne est le fait qu’à la sortie de la guerre 40-45, l’Europe et le Japon font figure de zones ravagées en comparaison des Etats-Unis dont la production industrielle a doublé entre 1940 et 1945. Les Etats-Unis sont clairement la nation qui accumulé un capital dont les autres nations sous parapluie américain ont besoin pour redémarrer. Le système de Bretton Woods a fonctionné comme système de financement de la croissance des exportations américaines en solvabilisant la demande du Japon et des pays d’Europe occidentale. En basant le système monétaire international sur le dollar, l’attrait pour ce dernier est pleinement consacré. Ce qui a pour effet, paradoxalement, de le fragiliser car fournir des liquidités au monde capitaliste en pleine reconstruction conduit à un déficit de la balance des paiements des USA. Et les pays qui exportaient vers les Etats-Unis accumulaient des dollars qui devaient être convertis en devises locales. Ce qui y alimentait l’inflation. L’Allemagne va alors vouloir faire rembourser ses dollars excédentaires en or. Comme les USA refusaient d’entamer leurs réserves, ils ont suspendu la convertibilité en or du dollar. Le flottement des devises devint la règle.

 

Libéralisation = corruption ?

Désormais, la création monétaire ne repose plus sur aucun élément de contrepartie physique. La marginalisation de la monnaie fiduciaire et la montée en puissance de la monnaie scripturale étaient en marge. Aujourd’hui, les pièces de monnaie et les billets de banque (que l’on appelle monnaie fiduciaire) ne représentent, en effet, qu’une faible part de la monnaie en circulation. Tout le reste, c’est de la monnaie scripturale.

 

Si la banque centrale produit la monnaie fiduciaire (elle est la seule autorisée à le faire), les banques commerciales créent la monnaie scripturale en accordant des prêts. De fait, la rupture du cadre de Bretton Woods créait les conditions de possibilité de la libéralisation financière. La monnaie, à partir de cette date, c’est de plus en plus l’affaire du privé et de moins en moins, celle des Etats. [3]

 

Puisqu’à partir des années 70 la monnaie devient de plus en plus une question de jeu d’écritures privées passant par le crédit, un démantèlement radical des conditions d’encadrement du crédit va être mis en œuvre. C’est depuis cette époque que l’on signale le recours de plus en plus systématique des institutions financières à l’effet levier. L’effet de levier consiste à avoir recours à l’endettement pour augmenter la rentabilité des capitaux propres.

 

Pour que l’effet levier marche, il faut que le taux de rentabilité du projet soit supérieur au taux d’intérêt à verser pour la somme empruntée. Les effets levier sont devenus de plus en plus importants avec le temps. Ainsi, au printemps 2008, les banques d’investissement de Wall Street avaient des effets levier qui oscillaient entre 25 et 45. Cela signifie que pour un dollar de fonds propres, elles avaient emprunté entre 25 et 45 dollars. Par exemple, Merrill Lynch avait un effet levier de 40. Une institution qui a un effet de levier de 40 à 1 voit ses fonds propres effacés avec une baisse de 2,5% de la valeur des actifs acquis.

 

C’est maintenant que le lien entre libéralisation et corruption devient de plus en plus clair. Une forme de folie du crédit s’empare du monde financier dès les années 70 au point de nourrir le développement des échanges hors-bilan. La généralisation du hors-bilan va, au mépris de toutes les règles prudentielles, permettre de multiplier les prêts octroyés sans devoir les rapporter aux fonds propres.

 

A cette époque, le système de l’investisseur "bon père de famille" payeur ne peut plus tenir. Les institutions financières ne jouent plus ce jeu-là. Et les agences de notation se feront payer par ceux-là mêmes qu’elles sont supposées évaluer. Le terme de corruption peut parfaitement s’appliquer à ce mode de fonctionnement. En effet, il y a fort à parier que si les agences avaient continué à fonctionner dans un système visant à rassurer les investisseurs, elles auraient logiquement dû se montrer particulièrement sévères à l’égard d’acteurs multipliant les crédits sans nécessairement posséder les capitaux susceptibles de couvrir ces opérations. [4]

 

On comprendra, dans ces conditions, que les grandes agences de notation soient de plus en plus mises sur la sellette. Leurs accointances avec la finance de marché dérégulée, aujourd’hui en grande difficulté, et les Etats occidentaux qui ont prôné ce modèle de (non)-développement devraient à terme contribuer à les décrédibiliser aux yeux de nombre d’économistes. A ce moment, la création d’une agence publique européenne relèvera, on peut l’espérer, d’autre chose que de la simple discussion.



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[1]Washington Post, édition mise en ligne le 23 novembre 2004.

[2]Le Monde, édition mise en ligne le 8 juillet 2011.

[3]C’est d’ailleurs à la même époque que l’on constate que les Etats commencent à interdire à "leurs" banques centrales de financer directement la dette publique. Prière, dès lors, de passer par les banques privées. Il n’y a pas de hasard.

[4]Le principe de l’"évalué payeur" est également d’application dans le cas de dettes souveraines. Les Etats paient pour être évalués, et, éventuellement, dégradés, par les agences de notation. Et bien que payant pour "bénéficier" d’une notation, on ne peut guère dire que les Etats soient avantagés par cet état de choses. Dans la mesure où le secteur privé constitue, de loin, le principal client et actionnaire des agences ainsi que l’acheteur numéro un des obligations souveraines, il ne saurait être question de faire, comme l’on dit familièrement, une fleur aux Etats.

source gresea

 

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Quelle note méritent les agences de notation ?

"On a raté l'occasion d'en finir avec les agences au lendemain de la crise de 2008. Elles n'auraient jamais dû s'en remettre." L'homme qui se désole ainsi est un très haut fonctionnaire français, colbertiste mais convaincu des mérites du marché, et l'un des meilleurs économistes du pays.

Il parle des agences de notation, bien sûr - et notamment de Standard & Poor's, qui vient de dégrader la dette souveraine de plus d'une demi-douzaine de pays de la zone euro, dont la France.

Ce n'est pas tant la décision de S &P qui l'étonne, mais l'importance qu'on y attache. Si scandale il y a dans cette affaire, il est à double détente. Que le jugement de ces sociétés de conseil privées, responsables de bourdes historiques, soit pris au sérieux ; et qu'il puisse avoir des conséquences sur l'existence même de la zone euro, sur la croissance mondiale et sur des centaines de milliers d'emplois.

Car lesdites agences, et particulièrement S &P, auraient dû être totalement, ignominieusement déconsidérées par leur responsabilité dans le déclenchement de la crise financière de 2008. Durant des années, elles ont accordé la meilleure note, le mirifique AAA, aux obligations privées les plus pourries émises par le marché américain.

Elles ont adoubé, porté aux nues des produits financiers intégrant des crédits immobiliers à très hauts risques, que Wall Street dissémina aux quatre coins de la planète.

On connaît l'histoire : les subprimes, merveilleux produits d'épargne si chaudement recommandés par les merveilleuses agences de notation, ont provoqué la plus grave crise financière que le monde ait connue depuis les années 1930...

Cela aurait dû faire sombrer les agences dans un éternel discrédit. Elles sont coresponsables de la tragédie de 2008. Elles ont gravement manqué à leur mission, celle de conseiller les investisseurs sur la solidité des produits d'épargne. Pourquoi ?

Parce que le système est biaisé, pervers. Les agences conseillent à la fois les émetteurs et les acheteurs de produits d'épargne, qui les payent pour ce service. Comme l'expliquait une enquête du Nouvel Observateur (1er décembre 2011), les agences "étaient payées au prorata de ce qui était vendu par les banques, leurs premières clientes" ! Plus il se vendait de ces produits toxiques, auxquels elles avaient accordé leur glorieux imprimatur, plus elles gagnaient d'argent.

Dans l'un des grands livres écrits sur la crise de 2008 - The Big Short, Inside theDoomsday Machine, éd. W.W. Norton & Co., 2010 -, Michael Lewis détaille la collusion entre banques et agences. Ces dernières ont subi et répercuté de façon péremptoire la vulgate de l'époque : le marché de l'immobilier était censé ne jamaisbaisser. Il a flanché. Les agences se sont trompées : elles ont joué l'immobilier à la hausse.

Leur appréciation n'avait rien d'original et encore moins de scientifique. Elle n'était que le reflet de l'opinion dominante dans les milieux des marchés financiers, lesquels se racontaient des histoires de Bisounours sur l'évolution de l'immobilier.

Faut-il prendre les agences plus au sérieux quand elles émettent des jugements sur les obligations publiques ? Là, elles conseillent les investisseurs sur la solvabilité d'un Etat qui emprunte pour financer ses dettes. Et là, pas plus tard que cet été, S &P a aussi commis une bourde magistrale. Pour justifier sa dégradation de la note souveraine américaine, elle s'est trompée sur l'évolution du déficit de l'Etat fédéral. Pas une petite erreur de calcul, une erreur de 2 000 milliards de dollars !

Elle a reconnu sa faute, mais n'est pas revenue pour autant sur la dégradation de la note américaine. Ce qui a conduit l'un des secrétaires adjoints au Trésor, John Bellows, à s'interroger publiquement sur "la crédibilité et l'intégrité" de S &P en matière de notation des dettes publiques.

Mais s'il est toujours bon pour les nerfs de pointer la médiocrité du messager, cela n'explique pas l'importance qui reste attachée au message. Presse, Etats, marchés accordent la plus grande attention aux notations des agences. Pourquoi ?

Parce que les pouvoirs publics eux-mêmes - gouvernements et banques centrales - ont imposé, dans les réglementations financières et bancaires, des références aux notations des agences. En cela, les jugements portés par S &P comptent plus que ceux des journalistes ou des professeurs de finances, alors qu'ils relèvent du même cocktail : un mélange d'estimations chiffrées et d'a priori idéologiques, mâtiné d'une bonne dose de pifomètre ou de doigt mouillé.

"Si les jugements des agencesont un impact alors qu'ils ne le méritent pas, écrit leFinancialTimes dans un éditorial (le 14 janvier), c'est parce que les gouvernements les ont adoubées dans un rôle quasi public au travers des réglementations financières" - celles, par exemple, qui imposent à tel ou tel gestionnaire de l'épargne publique de n'investir que dans les produits les mieux notés par S &P et consoeurs.

Pire, poursuit le FT, certains responsables politiques ont "fétichisé" les notations des agences, à commencer par Nicolas Sarkozy, qui a longtemps "sanctifié" le AAA français.

Les notes des agences ne sont que des opinions. Mais les opinions ont des conséquences. Quand S &P choisit le moment où la situation s'améliore un peu dans la zone euro pour dégrader une demi-douzaine de pays de l'union monétaire, elle ne fait pas qu'émettre un jugement. Elle est un acteur - qui joue l'euro à la baisse, comme il avait joué l'immobilier à la hausse.

On peut chercher à se rassurer. On peut se dire, sans doute à raison, que le jugement de S &P sur l'euro est à peu près aussi pertinent que celui qu'elle porta sur les subprimes.

Mais on n'échappe pas à cette réalité : l'Etat lourdement endetté dépend des marchés - c'est encore plus vrai dans la zone euro que pour les autres Etats ; et l'humeur, parfaitement irrationnelle, desdits marchés dépend des agences de notation. Ce n'est pas la moindre des malédictions qui pèsent aujourd'hui sur la zone euro.

source lemonde

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 05:05


 

 

 

 

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L’Assemblée constituante en Tunisie aurait un autre visage sans la dispersion des listes

Tunisienne après le vote. Photographie de Sana Sbouai, récompensée par le 2e prix du concours du Fonds pour les femmes en Méditerranée © Sana Sbouai

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Barbara Loyer est directrice de l’Institut français de géopolitique. Elle propose une analyse critique des raisons du succès électoral d’Ennahda, parti islamique tunisien, lors des dernières élections à l’Assemblée constituante qui écrira une nouvelle page de l’histoire du pays.

 

Entretien.


Comment expliquez-vous la victoire du parti islamiste Ennahda lors des élections de l’Assemblée constituante le 23 octobre 2011, alors que l’élan révolutionnaire se portait vers la démocratie ?

 

Deux facteurs ont fortement joué en défaveur des partis démocratiques. Tout d’abord, la multitude de listes représentées a amené les électeurs à donner leur voix à des partis n’ayant obtenu aucun député. 1 519 listes se sont disputé 217 sièges. Selon les circonscriptions, entre 24% et 49% des voix ont été perdues (sans les bulletins blancs ou nuls). De cette dispersion, le parti islamiste Ennahda est sorti vainqueur avec 41% des voix, soit 90 sièges.

 

Par ailleurs, les partis démocratiques ont eu à cœur de réparer une injustice territoriale : l’abandon par l’ancien régime de la Tunisie de l’intérieur. Leurs efforts de campagne se sont concentrés sur ces territoires à faible densité, au détriment du grand Tunis. Ils en ont oublié l’enjeu électoral (remporter une majorité de voix), contrairement aux islamistes, très présents dans les grandes villes.

 

Ces élections ne reflètent ni la réalité des rapports de forces existant en Tunisie, ni l’opinion de la majorité des Tunisiens mais la pertinence des stratégies mises en œuvre.

 

Est-ce pour l’instauration d’un système politico-religieux que les électeurs d’Ennahda ont voté ?

 

Ce que veulent les Tunisiens, c’est la fin de la corruption. Parmi les électeurs d’Ennahda, il y a certes de dangereux idéologues, mais surtout des personnes qui imaginent que les élus islamistes qui n’ont jamais été au pouvoir et qui sont supposés représenter les classes moyennes et populaires, seront moins corrompus. Les autres partis représentent une bourgeoisie dont la différence de niveau de vie avec le peuple est flagrante et extrêmement choquante. Les islamistes peuvent aussi être très aisés, mais ils l’affichent moins. C’est en raison de l’image qu’ils se font de la démocratie sociale que de nombreux électeurs se sont tournés vers Ennahda.

 

En même temps, un pouvoir islamiste offrirait une revanche extraordinaire aux hommes des classes populaires. Avec un tel système, « le citoyen » économiquement défavorisé, socialement et culturellement déconsidéré, obtiendrait un pouvoir démesuré sur une grande bourgeoise ou une intellectuelle. Il aurait la possibilité de lui imposer toute une série d’interdits, de la placer en infériorité, de l’humilier malgré sa fortune ou son statut social. Il ne faut pas sous-estimer ces ressorts qui relèvent tout autant des rapports de sexe que des rapports de classe.

 

La loi électorale a imposé la parité dans les listes. Qu’en est-il dans les faits ?

 

L’obligation de parité n’était que partielle : la composition des listes devait être paritaire, mais rien n’était prévu pour les têtes de liste. Seul le Parti démocratique moderniste (PDM) a adopté la parité au niveau des têtes de liste. Résultat : 93% des listes ont été conduites par des hommes. Or, étant donné la dispersion des listes, être tête de liste était fondamental pour accéder au pouvoir.

 

La plupart des listes n’ont en effet obtenu qu’un élu par circonscription, à l’exception d’Ennahda qui en a eu 2 ou 3. Dans cette configuration, la parité a surtout permis l’accès au pouvoir à des femmes islamistes. 85% des sièges gagnés par des femmes – soit 42 sur 49 – appartiennent à Ennahda, alors même que ce parti n’a présenté qu’une seule femme tête de liste sur l’ensemble de la Tunisie.

 

A quels enjeux les féministes doivent, selon vous, être vigilantes pour que la transition démocratique ait réellement lieu et intègre l’égalité et la liberté des femmes ?

 

Il y a une urgence à préciser les concepts. Par exemple, qu’entend-on par femme, par féministe, par progressiste ? Ces termes sont-ils interchangeables ? Il est important de se défaire de l’idée de la « femme rempart » contre l’islamisme. Une élue d’Ennahda est avant tout une idéologue.

 

Par ailleurs, le Code de la famille focalise toute l’attention. C’est un document important qui institue le divorce comme seule façon de se séparer, à l’exclusion de la répudiation. Cependant, les islamistes peuvent le garder en l’état, tout en changeant les pratiques quotidiennes et les lois qui ne relèvent pas de ce Code. La vie des femmes peut en être complètement bouleversée par une séparation stricte des sexes dans l’espace public, par une intrusion plus forte des islamistes dans les espaces intellectuels, par l’imposition d’un rythme religieux… La focalisation sur le Code de la famille pourrait nous faire passer à côté d’autres enjeux capitaux (1).

 

Selon moi, il faut distinguer ce qui se passe dans l’Assemblée constituante et ce qui se passe dans la société. Au sein de la Constituante, il me semble fondamental de continuer à inscrire la parité comme principe électoral. Au sein de la société, deux niveaux sont à articuler.

 

Premièrement, les actions provocatrices qui obligent à réfléchir. Car, le plus dangereux, c’est la chape de plomb que les islamistes pourraient faire peser sur les Tunisiens pour que, dans le silence, petit à petit, plus une seule femme ne se promène avec une jupe ou un pantalon court. Il est important de parler haut et fort de la liberté des femmes et il suffit souvent d’un petit groupe pour libérer la parole des autres.

 

Deuxièmement, la réflexion sur des stratégies spatialisées et explicites pour penser l’efficacité sur le terrain et ne pas s’épuiser dans un activisme qui donne bonne conscience mais qui reste inefficace sur le plan électoral. L’articulation entre le travail des universitaires et des activistes est nécessaire pour arriver à cette efficacité.

 

Pour finir, je dirai que l’un des enjeux à long terme relève de la transmission et du partage de la pensée critique par la traduction en arabe de la littérature en études féministes produite en France et ailleurs dans le monde. Une pensée complexe ne peut se construire qu’à partir de lectures contradictoires. Ces textes ne doivent pas rester le privilège d’une élite francophone.

 

Propos recueillis par Clara Domingues – Clara Magazine

 

(1) L’enjeu est désormais de conserver les acquis du Code de la famille, alors qu’il était question, lors de la révolution, de le faire progresser en abrogeant les dispositions inégalitaires, notamment en matière d’héritage.

 

source egalite


 

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  La Petite Constitution ( Organisation provisoire des pouvoirs publics ) Texte complet 


 

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 La Constituante adopte son projet de règlement intérieur


 

 

L’Assemblée nationale constituante a adopté, mercredi en fin d'après-midi, le reste des articles du projet de règlement intérieur de la Constituante.


 

Au début de ses travaux, sous la conduite de son président Mustapha Ben Jaâfar, la Constituante a adopté à la majorité des voix l’article 101 du projet de son règlement intérieur, en vertu duquel, son président assure aussi la présidence de la commission de coordination et de rédaction de la Constitution.

 

L’article 101 prévoit la mise en place d’une commission mixte de coordination et de rédaction parallèlement aux commissions permanentes constitutives.

 

La composition de cette Commission se présente comme suit :

- le président de la Constituante : président de la Commission ;

- le rapporteur général de la Constitution : vice-président de la Commission ;

- le premier et le deuxième adjoint du rapporteur général de la Constitution, les présidents des commissions permanentes constitutives et leurs rapporteurs : membres.

 

Le rapporteur général de la Constitution et ses adjoints sont élus conformément aux dispositions de l’article 5 du projet de règlement intérieur de l’Assemblée.

 

Selon le Président de la Commission du règlement intérieur Ameur Larayedh, le mouvement Ennahdha qui a postulé à la présidence de cette commission s’est désisté de cette responsabilité dans le souci de parvenir à un consensus à ce sujet.

 

Les membres de la Constituante ont, ensuite, adopté l’article 16 et l’article 16 bis, bien qu’il n’a pas bénéficié de la majorité des voix (86 pour et 68 contre).

En vertu de l’article 16 bis, chaque parti n’a pas le droit de former plus d’un groupe parlementaire.

 

Au cours de la séance de l’après-midi, la Constituante a adopté, à la majorité des voix, les articles du troisième chapitre du projet de règlement intérieur composé de 16 articles.

En vertu de l’article 29 du projet, adopté après modification, les adjoints du président sont élus à la proportionnelle pour tout le mandat de son exercice à moins que les groupes les plus représentés aient la priorité du choix.

 

Les élus de la Constituante ont, également, adopté à l’unanimité la plupart des articles du 4e chapitre relatif aux Commissions (de l’article 41 à l’article 55).

 

L’article 55 bis qui prévoit l’équipement des constituants ne maîtrisant pas la langue arabe d’un dispositif de traduction a suscité un débat houleux au sein de l’Assemblée.

source kapitalis

 

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Devant l’Assemblée constituante

 De jeunes chômeurs en colère

 

 


De jeunes chômeurs en colère

 

 Jeunes diplômés, éternels rebelles, pour qui rien n’a vraiment changé : ils se sont rassemblés hier devant le siège de l’Assemblée constituante pour revendiquer leur droit au travail qu’ils considèrent comme une priorité absolue. 

 

Devant la Constituante au Bardo, «épicentre» désormais de toute mobilisation et de tout mouvement de protestation et de revendications sociales, il est 14h30. Alors qu’on s’attendait à un rassemblement regroupant les organisations et les représentants des partis politiques, ce sont quelques jeunes qui sont là et qui entendent profiter de l’occasion de la réunion de la Constituante pour s’adresser à ses membres et passer leur message de mécontentement, dans l’impatience de trouver une réponse à leur problème...


Ils parlent entre eux, crient des slogans provocateurs, appellent les membres de la Constituante à être à l’écoute de leurs demandes et de leurs préoccupations, mais en vain. Une exception : M. Ibrahim Kassas, qui s’est dirigé vers eux pour recueillir leurs doléances. Mal lui en prit : il repartira après avoir été insulté par certains manifestants. 

 

Cette manifestation s’ajoute à l’ensemble des sit-in qui ont lieu à travers le pays ces jours-ci mais coïncide avec la reprise des travaux de la Constituante.  Devant les portails de l’Assemblée, devenu un espace de liberté, on s’enivre de mots et de slogans qu’on répète tous les jours, à l’instar de «Le monde reconnaît notre compétence, où est donc la compétence du gouvernement»; «On n’a pas perturbé le déroulement des élections, pourquoi donc rester chômeurs»...

 

Défiant les interdits et les forces de l’ordre, les sit-inneurs tenaient à faire comprendre aux membres de la Constituante qu’ils n’arrêteront pas de revendiquer  leur droit au travail. «Nous continuons à occuper les lieux pour faire comprendre au gouvernement qu’on ne dort pas afin que notre problème ne s’enlise pas dans la pile des dossiers», scandaient-ils. 
«Le travail du gouvernement, tel qu’il se profile, nous laisse croire que notre dossier tardera à être traité, ce qui nous ramène certes à une autre crise de confiance», affirme l’une des manifestantes, parlant à l’adresse de tous les chômeurs du pays. 


Plongés dans une colère profonde, ces jeunes chômeurs crient haut et fort : «Ça suffit maintenant. On a besoin de travailler et on va batailler pour ça tant que nos demandes de travail ne seront pas concrétisées. Sinon le mécontentement dominera aussi longtemps que nous n’aurons pas intégré le marché du travail».

 

source lapresse.tn

 

 

 

 

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20 janvier 2012 5 20 /01 /janvier /2012 03:43

La Guerre d'Algérie, images et représentations au Forum des images à Paris, du 24 janvier au 12 février 2012.

 

 

En septembre 2003, pour son "Étrange Festival", le Forum des Images avait déjà proposé, quelques mois avant sa sortie en France et  trente-sept ans après avoir reçu un Lion d'Or à Venise, le film de Gillo Pontecorvo sur La Bataille d'Alger. Deux semaines après une projection remarquée au cinéma la Clef, c'est toujours au Forum des images qu'il sera rediffusé le 25 janvier à 14h30, dans le cadre d'une rétrospectiveassociant fictions, documentaires, rencontres et conférences. En cette année de cinquantenaire des Accords d'Évian, la France autorise donc enfin que soit porté un regard rétrospectif sur une période les plus tragiques de son histoire coloniale. N'oublions pas, nous rappelle la présentation, qu'il a fallu attendre la loi du 18 octobre 1999 pour que soient officialisés les termes "guerre d’Algérie" et "combats en Tunisie et au Maroc".


N'oublions pas davantage que d'autres guerres extrêmement meurtrières ont été menées par la France en 1947 contrel'Insurrection malgache et de 1955 à 1962 au Cameroun, que l'une et l'autre sont aujourd'hui encore ignorées d'un large public. Pour les années qui ont suivi la deuxième guerre mondiale, on trouvera une liste détaillée de ces conflits dans le livre d'Yves Bénot, Massacres coloniaux 1944-1950(Paris, La Découverte, 2001). Il n'en est pas moins à craindre que l'étude de la décolonisation ne dispense bon nombre d'historiens de s'arrêter sur le siècle qui les a précédées, quand la guerre totale portait le nom de "pacification". Derrière Pierre Messmer et Marcel Bigeard, se cachent les références de Joseph Gallieni ou de Thomas-Robert Bugeaud, du maréchal de Saint-Arnaud ou du maréchal Liautey. Le retard de la recherche est tel, et les sources à ce point lacunaires, qu'il faudra sans doute plusieurs décennies pour redonner à l'un des plus puissants bouleversements de l'histoire mondiale des perspectives acceptables.


Que cela n'en soit pas moins l'occasion d'entendre, pour ceux qui habitent Paris, Bernard Tavernier et Patrick Rotman, Benjamin Stora et Sylvie Thénault, ou encore l'immense René Vautier, parmi les temps forts d'une programmation vigoureuse et salutaire.


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La bataille d'Alger (Italie-Algérie,1966), de Gillo Pontecorvo

source mediapart

 

 

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Utopie

 

 

Le 5 juillet 1962, dans toutes les rues de l’Algérie, d’Oran à Annaba, de Tizi Ouzou à Tlemcen, une foule en délire déferlait dans les rues pour célébrer la fin de cent trente années de colonialisme et d’une guerre d’indépendance de sept ans particulièrement traumatisante. Le peuple ne célébrait pas seulement la souveraineté retrouvée, mais exprimait aussi ses rêves : l’aspiration à une société différente, plus juste et plus égalitaire, à un développement impétueux s’appuyant sur les formidables ressources de la nation, enfin récupérées.

 

Pour une grande partie de ce que l’on appelait déjà le tiers-monde, notamment pour les pays encore sous le joug colonial, l’Algérie ouvrait la voie, représentait un modèle et une espérance. Dans sa capitale se rassemblaient tous les révolutionnaires qui, du Vietnam à l’Afrique australe, voulaient mettre à bas l’ordre impérial et colonial, lequel niait jusqu’à l’humanité des populations « de couleur », enfermées dans des stéréotypes qui allaient du « bon nègre » au « musulman perfide ». 

 

Dans le monde arabe, le nouveau régime tissait des liens avec le président égyptien Gamal Abdel Nasser et chevauchait une vague qui avait chassé les Français et les Britanniques après leur piteuse aventure de Suez en 1956, qui avait imposé l’indépendance de la Tunisie et du Maroc, qui avait renversé la monarchie en Irak en 1958 et au Yémen du Nord en 1962. La lutte armée contre les Britanniques s’intensifiait au Yémen du Sud, et les Palestiniens lançaient leurs premières actions pour inscrire leur pays sur la carte politique dont il avait été rayé. Les peuples aspiraient à un ordre mondial plus juste, à récupérer leurs richesses naturelles, et en premier lieu le pétrole. 

 

Que de déceptions ont suivi ! A tel point qu’ont redressé la tête en Occident ces apologistes du « bilan positif » de la colonisation. Qu’ont repris vigueur tous les stéréotypes sur les Arabes et les musulmans, inaptes à la démocratie, incapables de se bien gouverner, enfermés dans un univers médiéval, n’aspirant qu’au retour à un viie siècle mythique. Piètres justifications du soutien aux pires dictatures qui avaient ce formidable avantage de permettre aux compagnies transnationales et aux bourgeoisies locales de continuer à piller et à s’enrichir, tout en prétendant que ces pays avançaient sur la voie interminable du développement et de l’élargissement des libertés. Combien de rapports de l’Union européenne et du Fonds monétaire international ont-ils encensé l’Egypte et la Tunisie pour leurs réformes économiques, c’est-à-dire une privatisation des richesses du pays au profit d’une infime minorité liée au pouvoir politique ? Combien de chefs d’Etat européens ont-ils vanté la « sagesse » du président Hosni Moubarak ou la « laïcité » du régime de M.Zine El-Abidine Ben Ali, soi-disant défenseur des femmes ? Combien de partis politiques européens ont-ils adoubé les partis-Etats égyptien et tunisien, membres de l’Internationale socialiste ? Tout paraissait immobile et éternel dans cet Orient dont la population ne pouvait comprendre que la force. 

 

Cinquante ans après l’indépendance algérienne, la bourrasque de la révolution balaie à nouveau tous les clichés. La révolte, née en Tunisie, a emporté les dictatures égyptienne et libyenne, s’est étendue, sous des formes multiples, du Yémen à la Syrie, du Bahreïn à la Jordanie, du Maroc à Oman. Aucun régime n’est plus à l’abri de cette aspiration à la fin des pouvoirs autoritaires, à un Etat civil, à la dignité, à une démocratie représentative, à la justice sociale, à la fin de la corruption. A nouveau, les peuples font leur propre histoire pour porter plus loin les rêves et les espoirs nés avec les indépendances. 

 

Paradoxalement, l’Algérie, à l’avant-garde dans les années 1960, semble préservée de ces espérances. Illusion d’optique ! Loin des feux médiatiques, le pays a connu en 2010 et en 2011 un nombre sans précédent de manifestations, de grèves, d’occupations, d’affrontements avec les forces de l’ordre. S’y expriment les mêmes aspirations que dans le reste du monde arabe, même si pèse sur ces mobilisations le spectre de la « décennie noire » des années 1990, cette guerre civile qui a fait des dizaines de milliers de morts et laissé un pays meurtri et tétanisé, voulant à tout prix éviter de sombrer à nouveau dans les folies meurtrières. Les luttes intertribales en Libye, la militarisation partielle des affrontements au Yémen ou en Syrie ont accru ces craintes. 

 

Pourtant, l’Algérie pourrait, une nouvelle fois, surprendre et renouer avec cet élan qui, il y a cinquante ans, faisait l’admiration du monde, insuffler un espoir nouveau non seulement dans tout le Maghreb, mais aussi sur l’autre rive de la Méditerranée, victime d’une crise économique et sociale sans précédent. 

 

Car, malgré une histoire commune tourmentée, marquée par la colonisation, la guerre, la torture, les relations avec la France restent denses, multiples, riches. Des centaines de milliers de Français sont originaires de cette terre algérienne, des centaines de milliers d’Algériens vivent dans l’Hexagone. Et l’on se plaît à rêver d’une lutte commune des deux peuples pour bâtir un ensemble méditerranéen pacifié, cette utopie qui animait les Français « porteurs de valises » du Front de libération nationale (FLN) ayant parié sur l’indépendance algérienne et sur l’avenir fraternel des deux pays.

 

pâr Alain Gresch

 

source monde-diplomatique

 

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 06:47

Taht_Essour était composé entre autres par Abou El  Kacem Chebbi, Ali Douagi, Tahar Haddad, Abdelaziz El Aroui, Moustapha Khraïef, Hédi Jouini…


Le passage portant sur Ali Douagi : 3’ 40

 
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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 05:42

 

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 04:49

Petit rappel historique de Hamma Hammami

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Hamma Hammami, leader du Parti communiste ouvrier tunisien, se trouve aujourd’hui accusé de fomenter les troubles et d’être derrière certaines revendications sociales, grèves et sit-in. 

 

Un petit message, sous forme de rappel historique, a été envoyé pour répondre à ces accusations. 
« Certains Tunisiens ont fui à l’étranger lors des périodes infernales et rien ne les empêche de répéter leur acte si le pays est détruit. 
Et il y a des Tunisiens qui n’ont jamais fui le pays durant ces périodes infernales et n’ont aucune patrie à part la Tunisie. Alors comment voulez-vous qu’ils la détruisent ? » 

source businessnews


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 Diabolisation politique : Le torchon brûle entre Hamma Hammami et la troïka


On s’en souvient, Hamma Hammami a été sollicité par la troÎka pour se rallier à elle, mais il a refusé par esprit de cohérence que nous avions souligné à temps, sans partager avec la figure emblématique du PCOT ses assises idéologiques et ses visées politiques. Cependant, dans cette différence qui le caractérise, il a plein droit de défendre sa pensée et ses principes et de les exprimer librement, sans qu’il soit accusé de trahison de quoi que ce soit ou de complot contre qui que ce soit.

 

Aujourd’hui, Hamma Hammami est accusé de fomenter les troubles et d’être derrière des grèves et des sit-ins, sous prétexte de revendication sociale. A cela, le chef historique du PCOT répond : « Certains Tunisiens ont fui à l’étranger lors des périodes infernales et rien ne les empêche de répéter leur acte si le pays est détruit. Mais il y a des Tunisiens qui n’ont jamais fui le pays durant ces périodes infernales et n’ont aucune autre patrie que la Tunisie. Comment donc peuvent-ils chercher à le détruire ? »

 

Nous l’avons souvent souligné, ce n’est pas à coup de diabolisation d’autrui, fût-il le diable en personne, que l’on peut gagner sa légitimité ou défendre ses difficultés à affronter les situations délicates Nous avons vécu la phase de diabolisation de nos meilleures compétences sous prétextes qu’elles avaient travaillé sous l’ancien régime, comme s’il aurait mieux valu laisser le pays se perdre plutôt que le servir ! Certains retardataires continuent d’ailleurs, contre toute attitude de bon sens à l’égard du droit d’appartenance et de la liberté de pensée, parfois même parmi ceux qui se présentent comme les chantres des droits. Maintenant on commence à diaboliser les vrais symboles de l’opposition historique en Tunisie : Néjib Chebbi d’abord, Hamma Hammami ensuite, et… au suivant !

 

Une bonne gouvernance, conforme aux « objectifs de la révolution » qu’on commence à sortir à tout bout de champ pour se justifier de n’importe quelle décision ou action, se fonde sur une vraie écoute du pouls de la société et sur une juste apprécialion de regroupement de toutes les énergies pour remettre au meilleur de son rendement la machine de développement. Les gouvernants actuels ont l’opportunité historique de pouvoir initier ce mécanisme, pourvu que des questions marginales et des considérations partisanes ne les conduisent pas sur une pente à laquelle tout freinage ne pourrait résister.

Ahmed Gacem

source memomed.

 

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Mustapha Ben Jaafar, président de la commission de la rédaction de la Constituante


Mustapha Ben Jaafar,

C’est finalement M. Mustapha  Ben Jaafar qui présidera la commission de la rédaction de la constitution. M. Ben Jaafar avait menacé de démissionner de la présidence de l’ANC au cas où sa candidature à ce  poste n’était pas retenue, estimant qu'il revenait au président de l'assemblée de diriger cette commission. Ennahdha avait présenté son propre candidat, Habib Khedher. Après des débats houleux au sein de la commission du règlement intérieur à propos de ce fameux article 101, ce parti a dû faire machine arrière, compte tenu des risques d'implosion de la Troïka. Dès lors, plus rien ne s'opposait à la désignation de Mustapha Ben Jaafar. celle-ci s'est faite par consensus.

http://www.leaders.com.tn/article/mustapha-ben-jaafar-president-de-la-commission-chargee-de-la-redaction-de-la-constitution?id=7475


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