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16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 03:04

Le désenchantement des jeunes de Kasserine


Le marché central de Kasserine. Dans cette ville de 100.000 habitants, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière algérienne, une bonne partie des revenus provient de l'économie grise.
Le marché central de Kasserine. Dans cette ville de 100.000 habitants, à une cinquantaine de kilomètres de la frontière algérienne, une bonne partie des revenus provient de l'économie grise. Crédits photo : Jean Paul GUILLOTEAU/EXPRESS-REA/Jean Paul GUILLOTEAU/EXPRESS-REA

Tandis que Tunis connaissait samedi une mobilisation populaire sans précédent et que des milliers de manifestants étaient descendus sur l'avenue Habib-Bourguiba pour célébrer, dans la capitale, le premier anniversaire de la révolution, à Kasserine, une petite ville de 100.000 habitants au sud-est du pays, le manque de perspectives est criant, un an après la chute du régime de Ben Ali.

Sur la route de Kasserine, les contrebandiers ont pignon sur rue. Les vendeurs de bidons d'essence y sont devenus plus nombreux que les méchouias, ces troquets où des carcasses de mouton font office d'enseigne. Le carburant vient d'Algérie. La frontière n'est qu'à une cinquantaine de kilomètres, juste derrière le mont Chaambi, le pic le plus élevé du pays (1 545 mètres). La police ne bronche pas. En Tunisie, l'économie grise représenterait 30 % du PIB. Ici, elle frôlerait plutôt les 50 %. Une soupape de sécurité. Car la région est l'une des plus déshéritées du pays. Des terres arides où même les oliviers peinent à se plaire.

Kasserine compte environ 100.000 habitants. Peu ou prou d'activités industrielles à l'exception d'une usine de cellulose qui ne cesse de péricliter (1 200 employés il y a dix ans, 400 aujourd'hui), d'une cimenterie et d'une entreprise de sous-traitance pour Benetton (environ 150 ouvriers).

Le taux de chômage avoisine les 40 %, soit le double de la moyenne nationale. Et ici comme ailleurs, il frappe surtout les jeunes diplômés. Kasserine exhibe fièrement deux instituts d'enseignement supérieur tout en reconnaissant que ce sont des «fabriques à chômeurs». La ville dispose aussi d'un hôpital. Il est déliquescent. Pour se faire soigner, raconte Samir Rabhi, un enseignant militant des droits de l'homme, «il faut aller à Sfax», la ville la plus proche, à quelque 200 km.

Kasserine se flatte pourtant d'un passé glorieux. Le gouvernorat représenterait le plus gros réservoir de ruines romaines du pays. Mais personne ou presque ne vient les visiter. En 1943, elle fut aussi le théâtre d'une fameuse bataille entre le maréchal nazi Rommel et les forces américaines. Kasserine s'enorgueillit surtout d'avoir été à l'avant-garde de la révolution du jasmin. À l'entrée de la ville, des graffitis en arabe et en anglais s'arrogent des droits d'auteur sur le printemps arabe, proclamant fièrement «We are the révolution».

Vingt et un morts en trois jours

Après l'immolation de Mohammed Bouazizi dans la cité voisine de Sidi Bouzid le 17 décembre, le soulèvement de Kasserine a été «un catalyseur de la révolte», confirme Sadok Mahmoudi, membre du bureau régional du puissant syndicat UGTT. «L'incendie s'est répandu à Tala puis Kasserine. Le 8 janvier, la ville s'est embrasée. La répression a été féroce: vingt et un morts en trois jours, tous âgés d'une vingtaine d'années. Ben Ali avait mesuré le danger. Deux jours avant de fuir, il avait ordonné de bombarder la ville.»

Kasserine s'est toujours affiché comme une ville frondeuse. «En 1984 déjà, la révolte du pain avait commencé ici», rappelle Samir Rabhi. La chute du régime Ben Ali n'a pas mis fin à la contestation. Le 8 janvier dernier, quelques centaines de jeunes ont conspué le président Moncef Marzouki et le premier ministre islamiste Hamadi Jebali venus rendre hommage aux «martyrs» de la révolution. «Ils réclamaient du travail et criaient: dégage!», raconte Haithem, au chômage depuis dix-huit ans, c'est-à-dire depuis toujours. «Marzouki n'a même pas pu commencer son discours. La colère des manifestants était telle qu'il a été aussitôt exfiltré par son service d'ordre.»

Dans la cité Ezzouhour (cité des Fleurs), un des quartiers les plus pauvres de Kasserine, la tension est toujours palpable. «Rien n'a changé», constate Jamel, 27 ans, diplômé d'anglais et bien sûr sans emploi. Comme tout le monde, Jamel passe son temps dans un des cafés bondés de la ville à jouer aux cartes et à fumer des cigarettes ou des joints venus d'Algérie. «On attend», dit-il.

Pour son ami Nizar, 24 ans, «la situation a même empiré. Les braquages se sont multipliés et même si la police connaît le voleur, elle n'agit pas. L'État est faible. Comment voulez vous attirer des investisseurs dans un tel climat d'insécurité?» À en croire Haithem, la corruption demeure elle aussi endémique. «Le seul moyen de trouver du boulot, ce sont les chantiers» (un système d'emplois à durée déterminée dans la fonction publique hérité de l'ère Ben Ali). Mais pour en bénéficier, «il faut avoir des relations ou payer un bakchich». Pour Jamel, «les nadhaouistes n'ont pas tenu leurs promesses. Nous les avons élus, mais nous pouvons aussi les destituer».

À Kasserine, un an après la chute du régime Ben Ali, l'heure est au désenchantement. Le gouvernement en est conscient, mais semble jusqu'ici impuissant. «Les attentes sont énormes et les nerfs sont à vif», a reconnu il y a quelques jours le ministre des Affaires sociales Khalil Zaouia. La situation économique «s'est notablement aggravée», confirme l'économiste Mahmoud Ben Romdhane et les régions les plus pauvres sont les premières à en subir les conséquences. «Le nouveau pouvoir a hérité de l'ancien régime une déconnexion dramatique entre des structures de production fondées sur des emplois moyennement qualifiés et un système éducatif qui génère près de 70.000 diplômés chaque année.»

Le nombre de chômeurs est passé de 500.000 à 800.000

Un peu partout dans le pays, les grèves - plus de 500 depuis la chute de Ben Ali - ont déjà entraîné la fermeture de plus d'une centaine d'entreprises. Le secteur touristique est en berne et les exportations de produits manufacturés pâtissent déjà de la crise en Europe.

En à peine un an, le nombre de chômeurs est passé de 500.000 à 800.000. Plus d'un tiers des jeunes diplômés sont aujourd'hui sans emploi. «Le pire, poursuit Ben Romdhane, est qu'après avoir passé deux mois à discuter sur la répartition des portefeuilles ministériels, le gouvernement de coalition n'a envisagé aucune mesure d'urgence. Il n'essaie même pas d'envoyer un signal susceptible de redonner un peu d'espoir.»

Une absence de perspectives qui n'en finit pas d'inquiéter la plupart des observateurs. «Les islamistes ont connu la prison, la torture. C'est un CV qui mérite la compassion, mais qui ne les habilite pas à diriger le pays, estime un éminent représentant de la société civile. Distinguer les grèves légitimes des débrayages arbitraires comme vient de le faire le porte-parole du gouvernement, c'est de la foutaise! La vérité est que ces dirigeants n'ont aucune vision économique, qu'ils brillent par leur incompétence. Vous connaissez un pays où l'on adopte un projet de budget en quarante-huit heures? Qui plus est, un texte préparé par le précédent gouvernement avant le début de la crise en Europe et qui prévoit une croissance de 4,5 % cette année. C'est surréaliste!»

Samedi, à Kasserine, Jamel, Nizar, Haithem et les autres ont passé comme d'habitude la journée au café. À fumer encore et toujours en rêvant tout haut d'«une révolution non stop».

source lefigaro

 

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Entrevue avec le Président Moncef Marzouki (El khabar)

Les Islamistes en Tunisie ont accepté de bâtir un Etat civil


Avant d’être reçus par le président de la République tunisien, Al Moncef Al Marzouki, pour un entretien qu’il devait nous accorder, mercredi dans l’après-midi, j’ai décidé de descendre en ville pour constater de visu la situation qui règne dans ce pays voisin. Nous nous sommes rendus, depuis le village touristique de Gmaret, où nous résidions. Nous avons demandé au chauffeur de taxi de s’arrêter devant le siège du ministère de l’intérieur. L’immeuble est clôturé par des files de fer barbelé et gardé par des engins imposants de l’armée tunisienne. C’est une image édifiante qui nous rappelle que ce pays a vécu des moments difficiles et que le peuple a réussi à faire tomber l’une des pires dictatures et a pu ériger, en mois d’une année, les premiers fondements d’un nouveau régime basé sur la démocratie et le respect des choix des électeurs et qui garantit le droit de participation politique…du célèbre boulevard Bourguiba, jusqu’à Souika, le cours de la vie nous apparaissait très ordinaire ; des commerces ouverts, les balcons de cafés archicombles, bref tout se passe le plus normalement du monde.

Une ambiance qui donne l’impression que la vie en Tunisie a un goût différent. « Vive la Tunisie libre et démocratique », « Vive Al Merzougui président de Tunisie », « Vive la révolution de la liberté et la dignité », sont des slogans parmi tant d’autres exprimés sur les murs. Certains commerces à Souika, dont ceux qui se sont reconvertis dans la vente des foulards et du voile islamique mettaient des enregistrements de récitation du Coran. Les kiosques, ornés par l’emblème national tunisien, présentent sur leurs étals de nombreux titres de presse fondés après la chute de Ban Ali…notre rendez-vous avec le président Al Marzouki, fixé à 16h00, s’approchait.

Nous sommes arrivés 30 minutes d’avance au Palais de Carthage, où nous avons constaté que les mesures de sécurité étaient ordinaires. « C’était le quartier de Ban Ali », nous a affirmé notre chauffeur de taxi sur un ton ironique. Nous étions conduits dans la salle de réception, où nous étions priés de prendre un thé. A peine siroté notre thé, le conseiller du président tunisien Al Merzougui est revenu nous voir et s’assurer que nous étions pris pour la rencontre, avant de disposer…après quelques moments, il est revenu, de nouveau, pour nous inviter de l’accompagner au salon de son Excellence. Au bout de quelques minutes, M. Al Merzougui nous a rejoins. Dès notre rencontre, M. Al Merzougui nous a déclaré que la Tunisie a adopté une nouvelle culture et une conduite inhabituelle. En effet, il ne porte pas de cravate et n’exige pas de connaître les questions des journalistes avant l’entretien, et ne fixe pas le temps qu’il doit leur accorder, tout en refusant d’être appelé par « Son Excellence », car il croit que l’Excellence revient au peuple. De ce fait, notre entretien avec lui a été convivial et sans protocoles, bien qu’il occupe le siège de celui qui était son bourreau d’hier.

 

El Khabar : Le peuple tunisien commémore le 1er anniversaire de la Révolution de la dignité…comment évaluez-vous les relations algéro-tunisiennes, après la chute de Ben Ali ?

 

Al Merzougui : Les relations algéro-tunisiennes ne peuvent être qualifiées que de « très solides ». L’Algérie est présente en force en Tunisie, un fait que la majorité des algériens l’ignore. Moi personnellement, je me rappelle les circonstances du déclenchement de la Révolution algérienne. J’avais 11 ans. Je me rappelle bien que les tunisiens l’ont vécu au quotidien. Ils suivaient ses informations et ses réalisations avec beaucoup de fierté et d’orgueil. Après l’indépendance, les relations entre les deux pays ont été toujours bonnes pendant les années 1960 et 1970, en se basant sur le principe que l’Algérie était un pays promoteur avec d’énormes projets et un modèle. Les années 1990, soit la guerre civile, nous avons partagé les moments difficiles avec les algériens, à tel point que nous la considérions comme un drame tunisien. Personnellement, j’avais deux amis algériens que je respecte beaucoup, je les ai perdu pendant cette guerre, ils sont en l’occurrence Mahfoud Boussebsi, que j’ai connu à l’occasion de la réception d’un prix remis par le défunt président Bourguiba, ainsi que le docteur Youssef Fethellah que j’ai rencontré alors que nous présidions respectivement les ligues des droits de l’homme en Algérie et en Tunisie. Ce dernier est décédé dans la prison, quand j’ai appris sa mort, j’ai été très triste. Je tiens à dire, encore une fois, que nos relations avec l’Algérie sont fraternelles depuis de longues années. Ainsi, je ne vais pas exagérer si je dirais que si l’Algérie tombe malade, la Tunisie attrape la fièvre. Je considère que la révolution va raffermir davantage nos relations fraternelles, altérées par l’ex dictature tunisienne. Je ne vous cache pas que j’avais honte quand je lisais des informations faisant état de maltraitances contre les ressortissants algériens par le régime déchu de Ben Ali. Ca me fait mal au cœur également d’entendre que les 15 mille algériens établis en Tunisie ont des problèmes administratifs et de résidence. J’ai ordonné aux Ministres de la Justice et de l’Intérieur d’accélérer la régularisation des ressortissants algériens. En effet, la chute de la dictature nous permettra de hisser nos relations à leur niveau habituel. Ma visite en Algérie, prévue en février prochain, s’inscrit dans ce cadre.

 

El Khabar : A propos de votre visite en Algérie, vous avez tenu pour que Tripoli soit la première capitale à visiter, depuis votre accession à la magistrature suprême, alors que MM. Badji Gaid Sebssi et Rached Al Ghennouchi ont préféré l’Algérie…peut-on interpréter cela comme étant une divergence des priorités ?

 

Al Merzougui : Ma première visite en Libye a eu lieu suite à des circonstances urgentes, imposées par la situation économique et sécuritaire entre Tunis et Tripoli. Il n’existe pas de préférence pour moi entre les pays du Maghreb. Il est inconcevable de faire la différence entre les doigts de la même main. Mais la logique oblige que la priorité doit être accordée au doigt blessé. Dans mon cas, le doigt blessé c’est la Libye. Il y a eu beaucoup de problèmes qui nous obligeant d’y aller tenter de les résoudre.

 

El Khabar : Certaines parties ont critiqué l’Algérie pour ne pas avoir pris position pendant la révolution tunisienne, alors que d’autres observateurs ont interprété sa position comme étant un soutien au régime déchu de Ben Ali…comment évaluez-vous cette position ?

 

Al Merzougui : Je pense que la meilleure position que devaient adopter des pays voisins envers un peuple fier de sa révolution est de s’engager de ne pas intervenir dans ses affaires internes, dans tous les sens. En se basant sur le principe que le peuple seul a le droit de déclarer sa révolution, d’en définir son avenir et de construire son Etat. Je considère que la position de l’Algérie, qui ne s’est pas ingéré dans le cours de la révolution, est un choix correct. La Tunisie aurait adopté la même position, convaincue que l’ingérence contourne le cours normal de la volonté des peuples.

 

El Khabar : L’Algérie a, dès le début, affiché un grand intérêt pour le peuple tunisien et une énorme volonté de le soutenir dans ces circonstances difficiles…qu’attendez-vous concrètement maintenant de l’Algérie ?

Al Merzougui : Tout d’abord, nous attendons de nos frères en Algérie le soutien moral, car nous sommes dans une situation déplorable. Les zones frontalières entre les deux pays sont les plus pauvres. Ces zones peuvent constituer une occasion pour une coopération réelle. Afin de pouvoir faire de ces zones un espace de progrès commun, à travers des programmes permettant à nos deux pays d’y agir conjointement. Cela sera considéré comme étant un début de la construction du Maghreb Arabe. Comme vous le savez, je suis très attaché à l’idée de relancer cet espace, et je souhaite que nos frères en Algérie participent à un sommet maghrébin dans les plus brefs délais. Nous avons un grand espoir que la Tunisie puisse abriter ce sommet. Cela va constituer un appui considérable pour nos peuples. Car j’ai la conviction que l’avenir des pays du Maghreb Arabe ne peut être que commun, il est dans l’espace maghrébin. De ce fait, nous attendons beaucoup de nos frères algériens, sachant que rien ne peut se faire sans l’Algérie.

 

El Khabar : C’est un joli rêve, mais il reste « utopique », eu regard de conflits persistant entre l’Algérie et le Maroc sur le Sahara Occidental ?

 

Al Merzougui : Effectivement, la cause du Sahara Occidental a entravé le projet. Maintenant, nous devons essayer de dépasser cette obstacle, si nous n’avons pas réussi à la surpasser…la cause est actuellement entre les mains des Nations Unies. Ainsi, que nous oublions le sujet et nous entamons la construction de l’espace maghrébin, je suis convaincu que nous pouvons surmonter cette crise étape par étape. Que nous entamons l’étape de la construction des cinq libertés, la liberté de circulation, de résidence, de travail, d’investissement et de participer aux élections pour les maghrébins là où ils résident. Peu à peu, les mentalités vont changer, à ce moment là, la cause trouvera son issue, d’une manière ordinaire.

 

El Khabar : C’était grâce à la Tunisie que le processus de réforme au sein de l’espace maghrébin a été déclenché, l’Algérie n’est pas en reste, sachant que le président Bouteflika a engagé des réformes politiques…à travers votre expérience, comment évaluez-vous ce processus ?

 

Al Merzougui : Tous les peuples et les régimes arabes sont en pleine mutation. Nous nous sommes lancés dans une révolte au bout de laquelle nous avons pu restaurer notre stabilité, en fonction de la nature de notre société, qui a des caractéristiques particulières. En fait, les 11 millions de tunisiens n’ont pas de problèmes religieux et sectaires. Nous sommes un peuple de dialogue. Tous ces facteurs nous ont permis d’adopter la démocratie. Mais pour chaque pays a ses propres caractéristiques et circonstances. Je suis conscient des difficultés auxquelles pourrait face l’Algérie. Je suis entièrement convaincu que le processus engagé par nos frères algériens va aboutir à un point qui satisfait tous les interlocuteurs. Du moins, ce que je souhaite, parce que le peuple algérien a souffert pendant les années 1990, qu’il tente de trouver l’équilibre.

 

El Khabar : Vous avez choqué certains milieux en France quand vous avez déclaré dans un entretien accordé au Journal de Dimanche que les français comprennent mal le monde musulman…quelles sont, à votre avis, les relations idéales qui devraient être adoptées par les pays du Maghreb avec leur ancien colonisateur ?

 

Al Merzougui : Ma culture est française, j’ai vécu en France et je connais bien les français auxquels je leur ai déclaré que je ne suis pas hostile à eux, mais plutôt un ami. Mais il existe une différence entre ami et dépendant. Nous sommes avec la France, nous voulons être un bon ami et non un dépendant. Nous voulons être au même pied d’égalité. Les relations coloniales sont révolues et devraient être effacées des mémoires. Lors de sa visite en Tunisie, le MAE français, Alain Juppé, a affirmé cela, l’idée des relations égales est bien fondée. Par contre, nous ne devons pas se leurrer, car la Tunisie ne pourrait développer des relations au même pied d’égalité avec la France, à cause du déséquilibre entre les deux pays, mais à travers le Maghreb arabe, cela pourrait être possible, non seulement avec la France, avec les autres pays de l’Europe aussi.

 

El Khabar : Certaines parties pourraient vous accuser de contradiction, quand vous parlez d’égalité et puis vous vous qualifié comme un « francophone » et « francophile »…

 

Al Merzougui : Oui, effectivement, je suis un ami de la France. J’ai vécu avec eux et je me suis marié avec une française. Mais j’étais toujours fier de mon identité islamique. Je n’ai jamais voulu m’intégrer dans la culture française, tout en exprimant ma reconnaissance à cette culture dont j’ai tiré profit. Je tiens à dire qu’il est indispensable de choisir entre être un ennemi pour les autres ou bien un dépendant. Je préfère être un ami à l’autre tout en préservant mes principes et en imposant le respect à l’autre.

 

El Khabar : Vous avez mis en garde récemment contre toute intervention étrangère en Syrie…comment comparez-vous cette intervention probable avec celle ayant eu lieu par l’OTAN en Libye ?

 

Al Merzougui : En toute honnêteté, je n’ai été jamais pour l’intervention de l’OTAN en Libye. J’ai eu une discussion longue à ce sujet avec BHL, sur les ondes d’une radio française. Je lui ai dis que nous ne voulons pas d’une intervention, nous voulons que la révolution libyenne soit pacifique et authentique. Il m’a demandé de lui donner la solution pour les innocents abattus par Kadhafi. En conséquence, je dirais que la situation en Libye était très difficile, nous n’avons accepté l’intervention étrangère que quand la situation a atteint des proportions alarmantes. Nous l’avons accepté mais sans conviction. En ce qui concerne la Syrie, nous sommes contre toute intervention étrangère quelques soit sa nature. Conscient que la situation dans ce pays est plus complexe que celle de la Libye. Dans le cas de l’intervention étrangère dans ce pays, cela signifie que la guerre va s’étendre à toute la région, ce qui ouvre la voie à toutes les puissances, à l’instar de la Turquie, Israël, l’Iran et Hizbolah. Cela dit toute la région va exploser. A ce moment là, ça devient un suicide, une réalité qui est bien assimilée par les parties étrangères. A mon avis, le spectre de l’intervention étrangère en Syrie reste irréalisable.

 

El Khabar : A travers votre expérience, comment évaluez-vous l’expérience syrienne ?

 

Al Merzougui : La situation en Syrie m’inquiète énormément, du fait que la révolution commence à devenir sectaire, d’où le grand danger. C’est ce que j’ai déjà dis à mes frères syriens. Borhane Ghalioune, le président du CNS, est un ami à moi depuis une vingtaine d’années. Haithem Menaa est un ami intime aussi. J’ai les ai rencontrés en Tunisie et je leur ai conseillé de se réunir dans le but se mettre d’accord sur un front national qui pourrait remettre la révolution syrienne à son droit chemin. C’est-à-dire, loin du sectarisme, tout en se gardant son caractère pacifique, loin de toute intervention étrangère, et qu’elle soit coordonnée par une direction unie capable de donner de l’espoir eu peuple. Mais dans le cas où les divergences et le sectarisme persistent, la révolution va échouer, dans ce cas là, ça serait un drame.

 

El Khabar : le président palestinien a décliné votre invitation !

 

Al Merzougui : Mahmoud Abbas n’a pas décliné mon invitation mais s’est excusé de ne pas pouvoir y venir. Nous avons reçu notre frère Ismail Hania parce que nous voulons traiter avec toutes les parties, tout en prenant en considération de non ingérence dans les affaires internes de la Palestine. Nous avons, du coup, affirmé à notre frère Hania la nécessité de la réconciliation nationale, comme nous avons invité notre frère Abu Mazin qui, pour sa part, n’a pas décliné notre invitation mais s’est excusé de son absence qu’il a justifiée par des raisons personnelles.

 

El Khabar : Voulez vous en venir à ce que vous aviez fait une erreur diplomatique en recevant Hania avant Mahmoud Abbas ?

 

Al Merzougui : pas du tout, Ismail Hania était en voyage et a demandé de nous rencontré. Chose que nous avons accepté. Nous voulions, en recevant Hania, rendre hommage à la population de Gaza, qui vit une situation difficile et réitéré notre soutien au peuple de Gaza encerclé. Et comme vous voyez, nous n’avons pas préféré une partie sur une autre.

 

El Khabar : M. Hania vous a invité à rendre visite à Gaza, allez-vous répondre à cette invitation ?

 

Al Merzougui : notre peuple à Gaza a beaucoup souffert et nous devons l’aider par tous les moyens, chose que nous considérons un devoir national. Si les conjonctures le permettront, je n’hésiterais jamais à rendre visite à Gaza. Nous allons aider et soutenir le peuple palestinien sans entrer en conflit avec quelconque partie palestinienne.

 

El Khabar : en dépit de la petite superficie de la Tunisie, elle a toutefois été dans les années 50, 60,70 et 80 au centre de l’événement, en recevant les dirigeants de la révolution palestinienne et a été le siège de la Ligue Arabe…et avant ça, elle a abrité les révolutionnaires algériens et a été le siège du gouvernement provisoire algérien… comment allez vous replacer la Tunisie à l’avant-garde de l’avancée arabe après deux décennies d’absence ?

 

Al Merzougui : la fragilité de la Tunisie durant la période de gouvernance de Benali était due à la fragilité de cette personne et de son régime, qui a détruit toutes les institutions, y compris notre politique étrangère. Je disais souvent que la Tunisie n’avait pas de ministère des affaires étrangères mais un ministère de l’intérieur à l’étranger. Nos ambassades à l’étranger ne représentaient pas la Tunisie mais ils ne faisait que contrôler nos ressortissants à l’étranger et faisaient la propagande pour Ben Ali. C’en est une période perdue dans l’Histoire de la Tunisie qui a repris son souffle et son rôle sur la scène internationale grâce à la révolution.

 

El Khabar : certains ont expliqué vos dernières déclarations sur l’Algérie, vos réactions vis à vis de la question palestinienne ainsi que votre appel à l’union avec la Libye par votre manque d’expérience. Cela est-il vrai ou cherchez-vous un nouveau discours qui sera opposé à la langue de bois que l’ex régime tunisien servait au grand public ?

 

Al Merzougui : actuellement, je cumule 30ans de travail politique. Certains vont surement dire que ça n’a aucun rapport avec l’expérience d’un chef d’Etat… et je leur réponds qu’est-ce que Ben Ali a bénéficié de cette expérience. Je crois que la vraie expérience c’est de mettre les valeurs auxquelles nous croyons en application. Certains diront qu’un homme d’Etat doit entretenir un discours diplomatique vigilent…je vous dis sincèrement que vous ne pouvez jamais empêcher tout un chacun de mal interpréter vos propos.

Certes, je n’ai fait aucune déclaration à propos de l’union avec la Libye, tout simplement parce que je ne crois pas à l’union sur le modèle de Kadhafi et d’Abdennacer. J’ai été surpris de lire et d’entendre les propos faisant état que j’ai déclaré que les gens ont voté pour les islamistes parce que la solution consiste dans l’Islam. Ces gens ont tout faux. J’ai écrit un article que vous pouvez lire sur « Al-Jazeeranet », dans lequel je dis que « la solution ne consiste pas dans le slogan : l’islam c’est la solution », idem pour ma déclaration qui a été interprétée comme ingérence dans les affaires internes de l’Algérie. Pour ce qui est des campagnes à mon encontre faisant état que je n’ai pas d’expérience, c’en est une atteinte préméditée à mon encontre par certains journaux tunisiens.

 

El Khabar : comment évaluez vous la situation actuelle en Tunisie sur les plans économique et sécuritaire, à la lumière des sit-in permanents qui ne cessent d’augmenter et est-ce que vous possédez des solutions aux problèmes qu’endurent les tunisiens ?

 

Al Merzougui : lorsqu’on parle de révolution, cela signifie l’effondrement d’un monde et la naissance d’un autre monde. Il faut donc un temps pour maitriser la situation. Le meilleur exemple c’est la révolution française qui s’est déclenchée en 1787 et qui a pris environ 70ans pour atteindre ses objectifs. Nous les tunisiens et contrairement à la révolution française, nous n’avons pas tardé à trouver nos repères, puisqu’en moins d’une année, nous en sommes finis avec la dictature et nous avons bâti un régime démocratique. Nous avons organisé des élections libres et réussie et sommes arrivés à former un gouvernement d’alliance nationale. Tout ça pour moi est un miracle. Par ailleurs, nous sommes toujours en quête d’équilibres économiques et sociaux, chose dont je suis pertinemment, certains que nous pouvons atteindre d’ici 3 ou 4ans. En somme, toute la Tunisie vit une situation d’effervescence positive, tout est entrain de se refaire en Tunisie, que ce soit le régime économique, judiciaire et sécuritaire.

 

El Khabar : on en parle trop de votre différend avec le chef du gouvernement, M. Hemadi Al Djebali sur l’exercice des prérogatives, en particulier sur la gestion de la politique étrangère de la Tunisie…Qu’en pensez-vous ?

 

Al Merzougui : je suis à la tête de la présidence de la République depuis 30 jours seulement (l’entretient a eu lieu mercredi). Dans ce lapse de temps, j’ai rencontré le premier ministre trois fois en moins. Nous nous sommes convenus ainsi que le président de l’Assemblée constituante à nous rencontrer chaque mardi autour d’un diner. Je peux vous dire que durant cette trentaine de jours, j’ai rencontré le chef du gouvernement à trois reprises et nous nous sommes convenus ainsi que le président de l’Assemblée Constituante, M. Mustapha Ben Djaafar à nous rencontrer chaque mardi autour d’un diner. Je peux vous dire que ce trio qui gouverne la Tunisie a deux spécificités, primo : nous avions tous été victimes de Ben Ali et notre amitié remonte à 30ans. Nous nous connaissons parfaitement et nous nous respectons mutuellement. En cas de conflits, nous savons comment les régler. Lorsque nous nous sommes rencontrés, hier, nous étions en désaccord à propos du dossier syrien ainsi que sur le dossier sécuritaire. Nous nous sommes échangés les idées et points de vue. Du coup, tout ce qui se dit çà et là à propos de différends entre nous est faux. Nous sommes parvenus à une alliance solide et le respect de nos engagements en est une question de principe, jusqu’aux prochaines élections.

 

El Khabar : qu’en pensez-vous de ceux qui vous accusent d’avoir abandonné vos convictions politiques en vous alliant aux islamistes ?

 

Al Merzougui : nous nous sommes alliés parce que nous n’avions pas d’autre choix. Le contraire signifiait une « guerre civile politique ». Les islamistes ne peuvent gouverner seuls, idem pour les laïcs. Lorsque nous nous sommes alliés, nous avions tracé, moi et Mustapha Ben Djaafar, des lignes rouges à ne pas franchir, à savoir, le respect des droits de l’Homme et de la femme, des libertés individuelle et générales, l’alternance au pouvoir et le partage équitable de la fortune. Ce sont comme vous savez, les principes pour lesquels nous avions combattus. Les frères d’Al Nahdha n’ont eu aucun problème avec ces principes et ont exigé, eux aussi, des lignes à ne pas franchir, relatives à l’identité arabe et musulmane de la Tunisie, des principes avec lesquels nous n’avons, nous aussi, eu aucun problème.

 

El Khabar : peut-on parler d’une identité arabo-islamique de la Tunisie sans parler de la question d’exiger aux femmes de porter le voile et de l’interdiction des boissons alcoolisées et autres revendications des islamistes ?

 

Al Merzougui : n’oublions pas que nous parlons de l’identité dans le cadre du respect des Droits de l’Homme et des libertés. C’est tout le monde qui doit faire des concessions. Nous sommes un peuple arabe et musulman, mais nous croyons, cependant, aux droits individuels et collectifs. Nous avons déclaré que nous n’adopterons pas un Etat théocratique ni un Etat laïc sur le modèle français. Nous projetons, toutefois, de bâtir un Etat civil qui, à mon avis, doit assurer les droits syndicaux et le droit de la femme qui ne porte pas le voile, le droit des croyants et des non croyants. C’est ce que les islamistes en Tunisie ont accepté. Il reste à reconnaître que l’Islam est la religion de l’Etat et à décréter cette clause dans la constitution, étant donné que 99% des tunisiens sont musulmans. Ceci est un fait, qui ne veut pas dire que l’Etat tunisien n’assurera pas les droits des juifs. Comme vous savez, j’ai reçu, à la première semaine après mon élection président de la République Tunisienne, le responsable des rabbins et l’archevêque des catholiques. L’Etat que nous avons décidé de bâtir protégera les droits de tout le monde quelle que soit leur religion. Chose que les islamistes ont acceptée sans aucune réserve, à l’exception de ceux qui se sont autoproclamés Salafistes, qui ne font pas partie de l’Alliance et qui n’ont aucun rôle dans le commandement du pays.

 

El Khabar : quelles seront les relations de la Tunisie avec l’Arabie Saoudite dans le cas où ce pays insisterait à abriter Ben Ali ?

 

Al Merzougui : l’Arabie Saoudite est un grand pays arabe et un pays frère avec lequel nous tenons à garder de très bonnes relations. Cependant, nous espérons que les frères à Riyad comprendront que notre demande de nous remettre Ben Ali est un droit légitime du peuple tunisien, puisque l’Islam n’admet pas d’accueillir les tyrans qui ont combattu la religion et coulé le sang des musulmans. Nous réclamons Ben Ali parce que nous voulons de lui qu’il nous montre où sont partis les fonds volés des tunisiens.

http://fr.elkhabar.com/?Les-Islamistes-en-Tunisie-ont

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 20:54

في نطاق الاحتفال بمـرور سنة على الثورة المجيدة بتالة، قـدّمت فرقة " أولاد المناجم " حـفلا موسيقيا للأغانــي الملتزمة و ذلك في دار الثقافة بتالة عشية هــذا اليوم و قد تجاوب الجمهــور الحاضر مع ما قــدّمته الفــرقة و لاقى استحـسان الكـثيـــر

 

Les musiciens du bassin minier (Gafsa), musiciens engagés,  ont célébré le premier anniversaire de la Révolution tunisienne dans la ville de Thala… Bravo ! 

Merci Fadhel !     

 

 

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Thala en images : quelques beautés… Et quelques misères… 

 

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 07:13

« Appel SOS


Comité de soutien


Un appel SOS aux démocrates tunisiens. Vos frères mauritaniens font appel à vous pour les aider à instaurer une réelle démocratie en Mauritanie.

Et surtout que le général qui nous dirige, Mohamed ould Abdel Aziz, était parmi les derniers soutiens des dictateurs : Ben Ali et kadhafi.

C'est encore le même général (autoproclamé) qui a renversé par coup d'état militaire le premier président arabe démocratiquement élu : M. Sidi Mohamed ould Cheikh Abdellahi.

Nous faisons appel à vous car ce général devrait se rendre en Tunisie le week end prochain ( samedi 14 ou Dimanche 15 Janvier 2012) pour, soit disant, partager avec vous la commémoration du premier anniversaire de la révolution.

Nous dénonçons, à travers notre soutien à l'opposant mauritanien M. Moustapha Limam Chafi contre lequel ce général vient de lancer un mandat d'arrêt international, l'accaparation du pouvoir en Mauritanie par la personne du général Mohamed ould Abdel Aziz : l’immixtion et l’instrumentalisation de ce général dans la justice pour se débarrasser des ces opposants.

Nous nous adressons à vous pour rejoindre notre mouvement afin de s’élever, s’indigner et de dénoncer ensemble toutes les formes d’injustices qui sévissent en Mauritanie : une démocratie en otage, une constitution usurpée, l’esclavage d’état, le recensement raciste et discriminatoire, le chômage, la dilapidation des ressources de l’état, le clientélisme …

Tunisiens, vous êtes notre fierté : la visite en Tunisie de ce général doit être dénoncée, nous comptons sur vous pour lui faire passer un message qu'il n'est pas le bienvenu chez vous surtout dans de telles circonstances. Il y va de notre combat et de vos réalisations.

Merci à vous,

Comité de soutien de Moustapha Limam Chafi en Europe.
moustaphaimamchafi@gmail.com »


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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 06:51

Le chant des indignés (Catherine et Philippe Richeux) 

 

Des voix qui disent
Des voix qui osent
Des voix qui grondent
Plus fort que les bombes,
Des voix sans honte
En chœur affrontent
Le fracas du monde
Entends le chant des peuples indignés
Clameur muette
Ferveur secrète
Cent mille murmures
Plus haut que les murs
L'espoir qui marche
Dans le vacarme
Plus fort que les larmes 
C'est un cri une clameur muette
Le calme précède la tempête
Entend, entend monter le murmure
Plus haut que les murs, que les murs
Un espoir plus fort que le mépris
C'est un chant d'espoir pour aujourd'hui
Plus fort que les larmes 
Entends le chant des peuples indignés
Cent mille étoiles
Tissent une toile
Cent mille lueurs
Plus fort que la peur
Le chant des hommes
Le chant des femmes
Plus fort que les armes 
S'étend sur la toile un chant choral
A l'unisson des hommes et des femmes
Cent mille voix qui chantent en chœur
Plus fort que la peur, que la peur
Un espoir plus fort que le mépris
C'est un chant d'espoir pour aujourd'hui
Plus fort que les armes 
Entends le chant des peuples indignés

Des voix qui disent
Des voix qui osent
Des voix qui grondent
Plus fort que les bombes,
Chanter encore
Chanter toujours

 
Et se lever pour... ...Retrouver la fierté de s'indigner

 

 

 

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Les indignés de Vannes

 
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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 06:08

 

 #J20: Occupy The Courts Nationwide, San Francisco to Occupy Wall Street West

occupy the courts

 

 

via Occupy Portland:

This is a national day of action just one day before the second anniversary of the infamous Supreme Court decision in Citizens United v. Federal Election Commission, which held that corporations (as people entitled to the rights of the U.S. Constitution) can spend unregulated and undisclosed sums of money in order to influence elections. [There are] over 80 rallies at federal courthouses around the country, including the U.S. Supreme Court in Washington, D.C.

Actions planned in New York City:

http://occupywallst.org/

 

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Intervention musclée de la police contre les indignés au Vatican


CITE DU VATICAN - La police italienne est intervenue samedi de manière musclée contre une cinquantaine d'indignés en provenance de plusieurs pays, notamment d'Espagne et de France, qui manifestaient sur la place Saint-Pierre pour contester le pouvoir du pape et la richesse du Vatican.

Après avoir passé près de trois heures devant la crèche géante installée sur la place en criant des slogans hostiles au pape ou au Vatican, les manifestants ont été évacués manu militari par les forces de l'ordre, a constaté l'agence d'informations religieuses I.Media.

Ces dizaines de jeunes, en majorité Espagnols, Français, Italiens, Belges ou Grecs, s'étaient installés au pied du sapin de Noël dressé à côté de la crèche géante, devant la basilique.

Ils criaient de nombreux slogans, parmi lesquels : Eglise corrompue, pape criminel ou encore Vatican paie les impôts comme tout le monde.

Alors qu'ils avaient planté quelques tentes derrière les barrières entourant la crèche et le sapin, ils ont été, dans un premier temps, évacués des lieux par la police italienne et par des hommes de la Gendarmerie vaticane.

Trois manifestants ont été arrêtés par les forces italiennes, en charge de la sécurité de la place, dont l'un qui avait grimpé dans le sapin de Noël. Ils ont été conduits dans un commissariat.

La police a donné quelques coups de matraque et attrapé plusieurs jeunes par les pieds et les épaules. De nombreux indignés ont résisté, les mains levées en l'air, au cri de Non à la violence. Francisco, un jeune Espagnol, a été blessé, frappé au visage par un policier.

En quelques minutes, le groupe s'est retrouvé en dehors du territoire du Vatican, sur la place Pie XII, au milieu d'une bonne centaine d'hommes des forces de l'ordre.

Le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a jugé juste et opportune cette évacuation. Interrogé par l'agence italienne Ansa, le père Federico Lombardi a expliqué que les manifestants avaient voulu utiliser la place Saint-Pierre de manière impropre, regrettant leurs expressions et leurs actes.

Selon Gigi, un des responsables du mouvement, le Vatican fait partie des riches et nous contestons sa suprématie. Cette militante belge précise que le mouvement, qui comptait de nombreux croyants, ne conteste pas l'aspect spirituel ou l'engagement de l'Eglise. 

Sur un site Internet (http://indignado.org), un autre mouvement annonce que les indignés entendent occuper en mai prochain durant trois jours la place Saint-Pierre, au centre moral du capitalisme mondial.

Selon le manifestant espagnol Julian Gardia, personne n'a été blessé gravement mais ce qui s'est passé est très grave, parce que nous manifestions aussi pour eux, pour les policiers, en ce moment de crise pour tous.

Cette manifestation a eu lieu quelques heures après que le président du Conseil Mario Monti se fut entretenu de la crise économique en Italie avec le pape Benoît XVI.

Le mouvement parti d'Espagne pourrait reprendre de l'ampleur en Italie à la faveur de l'aggravation de la crise et des mesures d'austérité adoptées par le gouvernement de Rome.

 

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Occupy Vatican

 

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Une heure avec les indignés de Genève!

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14h00 devant le mur des réformateurs au Parc des Bastions début de l’assemblée générale. Pas de faire part ni d’invitation. Séance publique en marge de la Journée mondiale des assemblées populaires pour faire l’état des lieux, cueillir de nouvelles propositions et faire le suivi des recommandations et des projets à venir. Décontractée comme chez les scouts, une douzaine d’indignés dont le gérant de ce blog a formé un cercle et a pris place à même le sol. Que cela  ne déplaise au Maire de Genève, Pierre Maudet et à tous les empêcheurs de tourner en rond, le mouvement des indignés a encore de beaux jours devant lui. Certes, il y a eu des moments de flottement et un peu d’essoufflement mais la résistance continue. L’ordre du jour est de débattre du dernier article de la Tribune de Genève consacré aux indignés suite à leur lettre adressée au Conseil administratif de la Ville de Genève le 8 janvier dernier. Pendant une heure ce sujet n’a été que très peu évoqué. Il y a d’autres urgences comme par exemple organiser la riposte médiatique contre l’exagération des dégâts occasionnés dans le Parc des Bastions ou encore s’occuper comme il se doit de l’accueil des indignés vaudois qui feront le déplacement demain à Genève. Ce que j’ai retenu de ce rassemblement c’est la détermination de ce groupe d’hommes et de femmes qui veut donner à ce mouvement un nouvel élan. Après la résistance et l’indignation place aux propositions, il y va de la survie des indignés de Genève!

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source planetephotos
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Tempête de neige

Les Indignés de Montréal


Les Indignés ont dû sortir les pelles ce matin au square Victoria.

    Les Indignés ont dû sortir les pelles ce matin au square Victoria.
    Le camp des Indignés de Montréal était couvert de neige ce matin.
Les photos de Jacques Nadeau
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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 04:47

Rencontre au Qatar avec le gendre de Ben Ali, Sakher el-Materi

 

makhteri.jpgSakher el-Materi arrive au rendez-vous fixé dans un restaurant d’un hôtel de Doha en jean et blouson de cuir, un fin collier de barbe autour du visage. « Je ne fais que passer, c’est la première fois que je rencontre un journaliste occidental », nous dit-il en s’asseyant.

Comme la plupart des hôtes du régime qatarien – de l’ancien chef des services de renseignements libyens Moussa Koussa à Sagidda, la veuve de Saddam Hussein – le gendre du dictateur tunisien déchu s’est engagé à ne pas parler à la presse auprès des responsables locaux, qui lui ont accordé le titre de résident permanent, malgré le mandat d’arrêt lancé contre lui par le nouveau pouvoir tunisien.

Mais au fil de la conversation qui durera une quinzaine de minutes, Sakher Materi, 30 ans, va bien sûr évoquer son pays. « J’espère que la transition se passera bien, on verra » dit-il. Il nous interroge sur la victoire des islamistes d’Ennhada, sans se lancer dans de virulentes critiques contre les nouveaux maîtres de la Tunisie. « Au contraire, jure-t-il, j’avais cherché à convaincre ma belle famille qu’il fallait accorder un espace aux islamistes ». En 2007, l’homme d’affaires lança la première radio islamique tunisienne Zitouna FM.

L’ancien magnat et homme politique parle d’une voix fluette. Il arbore un visage d’adolescent, mais les apparences sont très certainement trompeuses. Il évoque la France, les autres révolutions arabes, puis avoue ne pas savoir de quoi sera fait son avenir avec sa femme Nesrine, la fille aînée de Ben Ali.

Ils étaient en France lorsque le pouvoir tunisien a été renversé, mais Paris leur a alors demandé de quitter l’Hexagone. Depuis, ils sont réfugiés dans l’émirat avec lequel Materi était en relation d’affaires ces dernières années.

Sakher Materi dit être en contact avec son beau-père, Zine el-Abedine Ben Ali, réfugié lui à quelques centaines de kilomètres de là, en Arabie saoudite. Mais il refuse d’en dire plus sur sa santé ou sur son moral. « A bientôt peut-être », lance-t-il avant de partir en traversant le restaurant, incognito.

(Crédit photo: Salah Habbi). 

source lefigaro

 

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Le Qatar pour l'envoi de troupes arabes en Syrie

L'émir du Qatar, Cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani, est favorable à l'envoi par les pays arabes de troupes en Syrie afin de faire cesser la violence dans ce pays, selon l'extrait d'un entretien télévisé qui doit être diffusé dimanche aux Etats-Unis. ( © AFP FETHI BELAID)

 

L'émir du Qatar s'est dit favorable à l'envoi de troupes arabes en Syrie afin de "mettre fin à la tuerie" dans le pays, secoué depuis dix mois par une révolte populaire réprimée dans le sang, la première prise de position de ce type d'un dirigeant arabe.

Les Etats-Unis ont accusé de leur côté l'Iran de fournir des armes à Damas pour aider le régime du président Bachar al-Assad à réprimer la contestation.

Interrogé par la chaîne américaine CBS sur la nécessité d'envoyer des troupes arabes en Syrie, l'émir du Qatar, Cheikh Hamad Ben Khalifa Al Thani, a répondu: "afin de mettre fin à la tuerie (...) un certain nombre de soldats devraient se rendre sur place", selon un extrait de l'entretien devant être diffusé dimanche.

CBS souligne que l'émir du Qatar est le premier dirigeant arabe à se prononcer publiquement en faveur de l'envoi de troupes en Syrie, où la répression a fait au moins 5.000 morts depuis la mi-mars, selon les Nations unies.

Les exactions se poursuivent dans le pays malgré la présence depuis le 26 décembre de dizaines d'observateurs arabes chargés de surveiller l'application d'un plan de sortie de crise. Quatre cents personnes ont été tuées depuis le début de leur mission, selon un responsable de l'ONU.

Samedi, quatre civils, dont un adolescent de 13 ans, ont encore péri sous les balles des forces de sécurité à Homs (centre), selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Deux autres ont succombé des suites de leurs blessures reçues hier à Homs et Idleb (nord).

Le chef de la Ligue arabe Nabil al-Arabi a déclaré samedi à l'AFP que la mission des observateurs serait "réévaluée" lors d'une réunion le 21 janvier au Caire.

Il n'était pas clair s'il insinuait un éventuel retrait des observateurs de Syrie ou un réexamen pour rendre la mission plus efficace.

Vendredi soir, il avait déclaré que la Ligue "examin(ait) en ce moment si le maintien de la mission est bénéfique, face à la poursuite des violences", selon des propos rapportés par l'agence officielle égyptienne Mena.

Un nouveau rapport du chef de la mission des observateurs est attendu le 19 janvier.

Les opposants veulent que la Ligue arabe, incapable d'aider selon eux à protéger les civils, transmette le dossier à l'ONU.

Le Premier ministre britannique David Cameron s'est dit vendredi prêt à "soumettre une nouvelle résolution" au Conseil de sécurité pour condamner la répression, qui serait "basée sur ce que dit et fait la Ligue arabe".

La Russie, qui s'est opposée à toute résolution condamnant Damas, a proposé son propre projet de résolution. Mais le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov, a critiqué les amendements occidentaux, estimant qu'ils avaient pour but de procéder à un changement de régime à Damas.

Washington a accusé de son côté Téhéran de fournir des armes à Damas pour réprimer les protestataires. "Le gouvernement américain est persuadé que l'Iran a fourni des munitions à la Syrie", a indiqué un responsable américain à l'AFP sous couvert de l'anonymat.

Le général iranien Qassem Soleimani, commandant de l'unité Qods (force spéciale des Gardiens de la révolution), était à Damas en janvier, ont précisé des responsables américains, qui considèrent cette visite comme le signe le plus concret que l'aide iranienne comprend du matériel militaire.

Washington a en outre fait part de son "inquiétude à la Russie et à Chypre", alors qu'un navire russe transportant une "cargaison dangereuse" devait rejoindre la Syrie, après avoir fait escale à Chypre, selon une source au sein de la compagnie d'exploitation du bateau. D'après des médias russes, il pourrait transporter jusqu'à 60 tonnes d'armes et d'équipement militaire.

Un général déserteur de l'armée syrienne, Moustapha al-Cheikh, qui s'est réfugié récemment en Turquie, doit par ailleurs annoncer samedi la création d'un "Conseil supérieur militaire" pour planifier les opérations contre le régime de Damas et organiser les défections dans l'armée, a affirmé à l'AFP l'un de ses conseillers, Fahad Almasri. Le général al-Cheikh est le plus haut gradé ayant défection.

L'Armée syrienne libre (ASL), qui revendique quelque 40.000 militaires ayant fait défection, aura pour mission d'exécuter ces opérations", a-t-il précisé.

Les autorités syriennes, qui ne reconnaissent pas l'ampleur de la contestation et attribue les troubles à des "bandes armées" ont accusé un "groupe terroriste" d'avoir posé un engin piégé sur une voie ferrée, faisant dérailler un train transportant du fioul à Idleb (nord-ouest), selon l'agence officielle Sana, qui a fait état de trois blessés.

source liberation

 

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 04:04

Présidence égyptienne: Mohamed ElBaradei jette l'éponge


Mohamed ElBaradei, ex-chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique, a annoncé samedi qu'il ne serait pas candidat à la présidentielle en Egypte, estimant que le régime autoritaire de Hosni Moubarak était toujours en place malgré son renversement. ( © AFP Khaled Desouki)

 

Mohamed ElBaradei, ex-chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique, a annoncé samedi qu'il ne serait pas candidat à la présidentielle en Egypte, estimant que le régime autoritaire de Hosni Moubarak était toujours en place malgré son renversement.

"Ma conscience ne me permet pas de présenter ma candidature à la présidence ou à tout autre poste officiel tant qu'il n'y a pas de véritable démocratie", a-t-il affirmé dans un communiqué.

"L'ancien régime n'est pas tombé", ajoute-t-il, malgré le départ en février 2011 de Hosni Moubarak, chassé par une révolte populaire après trois décennies de règne sans partage.

Le pouvoir est depuis aux mains du Conseil suprême des forces armées (CSFA), dirigé par le maréchal Hussein Tantaoui, qui fut pendant vingt ans ministre de la Défense du président déchu aujourd'hui en jugement.

L'armée a promis de rendre le pouvoir aux civils à l'issue d'une élection présidentielle prévue au plus tard fin juin, mais nombre d'Egyptiens l'accusent de vouloir préserver ses privilèges et continuer d'influencer la vie politique.

"Les capitaines du navire (...) continuent de naviguer dans les mêmes eaux qu'autrefois, comme si la révolution n'avait pas eu lieu", a poursuivi M. ElBaradei, prix Nobel de la Paix en 2005, en même temps que l'agence atomique de l'ONU qu'il dirigeait.

M. ElBaradei relève que les institutions continuent d'être largement contrôlées par des personnes issues de l'ancien régime, notamment l'appareil judiciaire et les médias d'Etat.

Il dénonce également la "politique répressive" des nouveaux dirigeants, allusion aux procès de civils devant des tribunaux militaires ou encore à la répression meurtrière de manifestations contre l'armée en novembre et décembre au Caire.

Il souligne que la date prévue pour la présidentielle, avant fin juin, ne permet pas l'adoption d'ici là d'une constitution véritablement démocratique. Cette constitution doit être rédigée par une commission désignée par le futur Parlement.

M. ElBaradei, 69 ans, était revenu en Egypte en février 2010, accueilli en héros par ses partisans à l'aéroport du Caire, après une longue carrière internationale, pour se placer résolument dans l'opposition à M. Moubarak.

Depuis le départ de ce dernier, il est resté l'une des figures les plus en vue de la mouvance libérale et laïque.

Cette tendance a toutefois été largement battue aux élections législatives qui viennent de se clore, marquées selon des résultats provisoires par une forte domination des islamistes de toutes tendances, qui remporteraient près de 70% des sièges de députés.

M. ElBaradei lui-même n'était pas candidat à la députation.

L'ancien haut fonctionnaire international a reçu un accueil chaleureux à chaque fois qu'il s'est déplacé sur l'emblématique place Tahrir du Caire pour y apporter son soutien à des manifestations pro-démocratie, pendant le soulèvement anti-Moubarak et après.

Son audience est toutefois apparue plus limitée dans l'Egypte profonde, où ses réseaux sont faibles et où ses adversaires le présentent sans relâche comme un homme ayant fait carrière à l'étranger, coupé des réalités égyptiennes.

Une dizaine de personnalités sont données partantes pour la course à la présidence égyptienne, la plus connue étant Amr Moussa, un ancien secrétaire général de la Ligue arabe.

On trouve également Abdelmoneim Aboul Fotouh, un ancien responsable des Frères musulmans ayant rompu avec la confrérie, Ayman Nour, qui fut candidat contre Hosni Moubarak en 2005, ou encore le dernier Premier ministre de M. Moubarak, Ahmad Chafic.

source liberation

 

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ILS LUI REPROCHENT SA «COLLABORATION DIRECTE AVEC LE MOSSAD»
Des manifestants égyptiens exigent la suspension du Qatar de la Ligue arabe

 

Des Egyptiens regroupés au sein de la coalition générale des commissions populaires ont tenu vendredi un imposant sit-in au Caire pour exiger la fermeture de l'ambassade du Qatar. Selon la presse égyptienne, le Qatar est devenu un instrument du Mossad et de la CIA, travaillant selon les agendas des Occidentaux visant à déstabiliser la région du monde arabe. Les manifestants égyptiens ont appelé également à la suspension du Qatar au sein de la Ligue arabe en tant que membre. Les Egyptiens reprochent à ce pays arabe son implication directe dans la guerre libyenne aux côtés des forces de l'Otan en fournissant l'armement et sa chaîne de télévision Al Jazeera afin de décapiter l'Etat libyen et de tuer Kadhafi et tous ses partisans. 

 

Selon les manifestants, le Qatar avait mobilisé plus de 5000 militaires en Libye et tente aujourd'hui de détruire la Syrie, le Yémen et l'Egypte. 

Pour les manifestants, le Qatar menace les intérêts stratégiques et idéologiques de l'Egypte et des pays arabes. Des membres de la coalition générale des commissions populaires affirment détenir des preuves sur «les relations entretenues par le Qatar avec le Mossad».

 

 Ils menacent de les rendre publiques. Ils précisent que l'ancien patron d'Al Jazeera, M. Khanefar, était un agent au service de la CIA et recevait des instructions directes des responsables américains.

 La ligne éditoriale d'Al Jazeera est identique à celles de CNN, de BBC et bien d'autres médias occidentaux, soulignent les Egyptiens sortis vendredi exprimer leur colère et leur indignation quant à l'implication de l'émir du Qatar dans les révoltes des peuples du monde arabe. Nombreux sont les pays qui ont eu des relations tendues avec le Qatar, notamment au sein de la Ligue arabe. Récemment, le président mauritanien a renvoyé l'émir du Qatar. Le président mauritanien, 


Mohamed Ould Abdelaziz n'a pas apprécié les «conseils» de son hôte, l'émir du Qatar, Hamad Bin Khalifa Al Thani. Selon des médias mauritaniens, la visite de l'émir du Qatar en Mauritanie a été très négative, puisque ce dernier s'est vu obligé de quitter le pays sans même être escorté à l'aéroport de Nouakchott. 

 

Ould Abdelaziz aurait dénoncé des «conseils» comme étant une ingérence dans les affaires internes de la Mauritanie, allant jusqu'à ridiculiser la politique qatarie qui veut «exporter la révolution», accusant la chaîne Al Jazeera d'inciter la haine contre les peuples arabes. L'émir du Qatar aurait même demandé au président mauritanien des réformes et de faire pression sur le président syrien Bachar Al Assad. 

source .letempsdz

 

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 Les salafistes égyptiens ont la charia en poupe


Et on ne peut exclure une future alliance entre les militaires au pouvoir et les fondamentalistes religieux. Objectif: neutraliser les Frères musulmans.


 

Une femme marche sous une affiche électorale du parti al-Nour (le plus grand des partis salafistes) dans le quartier al-Arafa, au Caire (27/11/2011) / Amr Dalsh / REUTERS

- Une femme marche sous une affiche électorale du parti al-Nour (le plus grand des partis salafistes) dans le quartier al-Arafa, au Caire (27/11/2011) / Amr Dalsh / REUTERS -

 

 

Au matin du troisième et dernier tour des élections législatives en Egypte, Ammar Fayed, militant du parti politique des Frères Musulmans est très nerveux.

Ce manager en marketing de 28 ans, membre du comité directeur du Parti de la Justice et de la Liberté (PLJ), section jeunesse, dans le gouvernorat de Dakhalia porte un petit badge du PLJ sur le revers de son blazer gris et arbore un pouce coloré de bleu, indiquant qu’il vient de voter. Il nous expose la situation: trente-six sièges sont à pourvoir dans cette province fertile du delta du Nil. Cette région conservatrice est le bastion traditionnel des Frères Musulmans – cette élection aurait dû être jouée d’avance.

Les salafistes,

une machine électorale performante

Oui mais: les Frères Musulmans se trouvent débordés sur leur aile droite par le parti salafiste al-Nour, qui s’est emparé des référents religieux du mouvement et, ce faisant, a obtenu une grande assise électorale. Les salafistes peuvent espérer remporter entre 25 et 30% des voix, même si les Frères Musulmans devraient remporter les élections avec une majorité écrasante et constituer, de loin, le parti le plus nombreux de la nouvelle assemblée.

Qui aurait pu imaginer que les salafistes – qui adhèrent à une version fondamentaliste de l’Islam et qui ont, jusqu’à la révolution égyptienne, rejeté la politique comme non-islamique – se transformeraient en machine électorale performante ? Même les Frères musulmans, dont les capacités à évaluer les intentions de vote impressionneraient les directeurs de campagne de candidats à la présidentielle en Occident, n’ont rien vu venir et le succès des salafistes menace de faire capoter les plans du mouvement de domination de la scène politique de l’Egypte post-révolutionnaire.

Après des années passées à tenter de convaincre les libéraux, les gauchistes et d’autres activistes égyptiens de leur engagement dans le but de résoudre les problèmes économiques titanesques de l’Egypte, les Frères se trouvent soudain contraints d’évoquer quand et comment ils vont mettre en place la loi islamique. Leurs efforts pour tenter de donner davantage de garanties dans le domaine religieux n’auront pour seul effet que de provoquer des tensions avec les autres blocs parlementaires, tandis que les conflits avec al-Nour donneront aux militaires aux pouvoirs, rompus aux manigances, la possibilité de les exploiter afin de conserver le pouvoir et de se placer hors de tout contrôle.

Frères musulmans et salafistes

sont à couteaux tirés

Les Frères musulmans ne peuvent se permettre d’ignorer la montée en puissance des salafistes. «Nour attaque notre noyau dur en affirmant que les Frères sont un parti comme un autre et qu’ils se contentent de faire de la politique au lieu de défendre l’Islam» comme le confie Fayed avec amertume.

Ces deux factions islamiques sont déjà à couteaux tirés sur la question la plus controversée: l’entrée en vigueur de la loi islamique. Pour avoir le point de vue des salafistes, j’ai rencontré Ibrahim AbdulRahman, le très barbu porte-parole d’al-Nour dans le gouvernorat de Dakhalia. Il a choisi le lieu du rendez-vous: un café chic dans le centre ville de Mansoura.

L’interview fut difficile: les salafistes ne semblent guère enthousiastes à l’idée de s’expliquer devant des journalistes étrangers. AbdulRahman ne tenait pas en place sur sa chaise et a passé l’essentiel de notre rendez-vous à tenter d’éluder toute conversation franche, en commençant par nier qu’al-Nour soit un parti religieux, feignant de s’étonner que des Chrétiens ne rejoignent pas ses rangs, faisant ainsi fi des déclaration publiques des chefs d’al-Nour qui ont mentionné leur refus catégorique de soutenir un éventuel président chrétien.

Au bout d’une vingtaine de minutes de bavardages inutiles, AbdulRahman s’est enfin attaqué à ses concurrents. «Je dirais que les salafistes et le parti al-Nour sont un peu plus au fait des sciences religieuses et connaissent mieux la religion que les Frères musulmans»a–t-il déclaré.

Pour le parti al-Nour,

faire appliquer la charia très vite

Les désaccords entre les deux partis, portant sur le rythme de l’entrée en vigueur de la Charia sont, selon AbdulRahman, la clé de leur opposition: «Pour le parti al-Nour, un des objectifs premiers est de faire appliquer la charia le plus rapidement possible.»

Si AbdulRahmane n’est guère enthousiaste à l’idée de s’expliquer devant les médias occidentaux, Mohammed Yousef, porte-parole du PLJ dans le gouvernorat, n’a quant à lui qu’une seule crainte: que le monde se méprenne sur le compte de son parti.

Je l’ai rencontré au quartier-général du PLJ à Mansoura – un immeuble de bureau aux murs blancs, avec des téléviseurs à écran plat et des ordinateurs. Une carte, figurant le pourcentage de musulmans dans les pays d’Afrique, avec des nuances de vert, orne le mur. Par dessus son épaule, une bannière du PLJ, décorée d’une blanche colombe prenant son envol, est frappé de d’un slogan,  «Nous protégeons la Liberté et bâtissons la Justice», sur les ailes de l’oiseau.

Al-Nour est un parti «très fondamentaliste» déclare Yousef – au contraire du PLJ qui «considère que l’Etat doit être laïque avec une culture  musulmane. Tous les droits de chaque citoyen seront respectés, garantis par la loi et la constitution et pas par les croyances religieuses des citoyens.»

Certes, reconnaît Yousef, les Frères musulmans souhaitent faire appliquer la loi islamique – mais progressivement, à l’horizon de plusieurs décennies, afin que la société soit prête. Il ajoute: «al-Nour entend frapper un grand coup et prône un passage immédiat et en force vers la Charia.» 

Pour les Frères musulmans,  

renvoyer l’armée dans leurs casernes

Dans l’ambiance feutrée de son bureau, Yousef décrit le conflit qui s’annonce entre les deux mouvements: «Si le parti al-Nour ou un autre parti salafiste entré au Parlement y fait pression pour que les hudûd[les punitions prévues par le Coran comme la lapidation pour les adultères ou les mains coupées pour les voleurs] soient immédiatement appliqués, les Frères musulmans s’y opposeront fermement.»

Cette question n’est pas la seule à opposer les deux groupes. Alors que les Frères musulmans veulent évoquer leur plan de création de nouveaux emplois, les salafistes souhaitent mettre, au cœur du débat, les questions de respect de la religion comme le port du voile, l’idolâtrie religieuse et l’interdiction de l’alcool.

Les Frères musulmans sont également favorables à une montée en puissance du parlement et souhaitent voir les militaires regagner leurs casernes, tandis que le parti al-Nour entend surtout et avant tout promouvoir son programme conservateur.

Certains vont jusqu’à se demander si le Conseil Suprême des Forces Armées, actuellement au pouvoir, ne pourrait pas s’allier à al-Nour deuxième force au parlement, afin de neutraliser les Frères musulmans – cette tactique du «diviser pour mieux régner» a, ne l’oublions pas, bien servi Moubarak autrefois.

«Tout simplement, les militaires pourraient encourager la mise en place du programme moraliste des Salafistes en échange de la garantie de conserver leurs prérogatives de l’ère Moubarak.» Tel est l’avis d’Omar Achour, de l’Institut des Etudes Arabes et Islamiques de l’Université d’Exeter et qui est actuellement présent au Caire en tant qu’observateur des élections.

Trancher avec le passé

Les préoccupations de la plupart des électeurs de Mansoura. La majorité des Egyptiens souhaite avant tout élire un gouvernement qui tranchera avec les pratiques du passé – et qui pourrait mieux assurer cette rupture qu’un parti qui n’ jamais cherché à obtenir le pouvoir ?

Mosaab Talat, étudiant vétérinaire de 21 ans et qui boit un thé en compagnie de deux amis dans un petit magasin de téléphonie mobile dit qu’il a voté pour le parti al-Nour mais semble totalement abasourdi lorsqu’on lui demande s’il se considère comme un salafiste. Il affirme avoir voté pour al-Nour parce qu’il considère que ce parti est moins corrompu que l’ancienne classe dirigeante de l’Egypte.

«Ils sont différents des autres, des anciens, à cause de leur religion. Comme ils sont musulmans, ils prendront soin de l’Egypte», dit Talaat. Durant la campagne, Talaat a vu, lors d’un meeting, un célèbre cheik salafiste qui fait campagne pour al-Nour à Mansoura. Ceci l’a conduit à penser que, peut-être, l’Islam combiné à la politique entraînerait moins de corruption.

Talaat pense enfin que la compétition entre les Frères musulmans et les salafistes est bonne pour l’Egypte. «Ca devrait être la norme. Dans tous les parlements, il y a une opposition», dit-il. «Les deux vont à présent travailler pour améliorer l’Egypte.»

Cela reste à démontrer. Si cette «compétition» n’a pour seul objet que de brandir des références islamiques et de fournir à la junte en place un nouvel outil pour diviser et régner, la turbulente transition de l’Egypte vers la démocratie et une économie en essor ne sera, en effet, qu’une turbulente transition – et ce sont les Egyptiens qui en paieront le prix.

par Sarah A. Topol  (Mansoura - Egypte)  Traduit par Antoine Bourguilleau

source slate.fr

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 02:07

Sur l'Avenue Bourguiba (Tunis), le 14 janvier 2012  (Dégage Qatar à partir 3' 25)

 

 Sur avenue Bourguiba (Tunis), le soir, 14 janvier 2012

Le Président Bouteflika est heureux de partager avec les tunisiens les joies de cette journée mémorable et appelle à la construction du Grand Maghreb...  

Qatar, DÉGAGE !  

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 20:38

 
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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 20:01

 
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