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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 18:27

Vous avez dit «Révolution de la dignité et des libertés» ? 

 

Montée du Salafisme et silence du gouvernement

Un citoyen dénonce Al Jazeera et Qatar

Les blessés de Kasserine, un an après

          Le point de vue des citoyens ... 


 


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    Un an après la révolution, nos libertés sont de plus en plus entravées

 

par Khedija Arfaoui 

 

LE PLUS. Les Tunisiens fêtent un anniversaire placé sous le signe du désarroi et de l'inquiétude. Un an après la révolution, Khedija Arfaoui, partisane d’un islam du for intérieur, exprime de sérieux doutes quant au nouveau pouvoir en place.

 

 

La révolution en Tunisie a eu lieu pour deux raisons essentielles : pour combattre la pauvreté et pour défendre nos libertés muselées sous la dictature.


Or, que sommes-nous en train de voir ? Tous les jours, nos libertés sont muselées davantage et d’une manière de plus en plus inquiétante. On en confond par exemple juifs et Israéliens sionistes, en permettant ce qui s’est passé à l’aéroport de Tunis-Carthage à l’arrivée du dirigeant du Hamas, sans le condamner.


 

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Nos dirigeants sont en train de se comporter comme s'ils se vengeaient de leurs souffrances sous le régime Ben Ali, et même sous celui de Bourguiba. Ils nous traitent comme leurs ennemis. Ils ne réalisent pas qu'ils sont en train de se tromper de porte.

 

Leur haine de l'Ancien régime devrait davantage se focaliser sur un retour de Ben Ali, de sa femme et de ses gendres, afin qu'ils soient jugés. Et ils devraient mettre tous leurs efforts dans la relance économique du pays.

 

Ils n'ont pas le monopole de la souffrance

 

Or, que se passe-t-il ? Ils créent d'autres problèmes qui paralysent encore plus le pays. Je voudrais rappeler que nos nouveaux dirigeants ne sont pas les seuls à avoir souffert. Nous sommes nombreux à avoir souffert, à des degrés divers.

 

J'ai été moi-même victime de l’arbitraire (1), certains sont morts. Et je voudrais rappeler, par exemple, l’avocate féministe Radhia Nasraoui et son mari communiste Hamma Hammami qui ont souffert de coups et blessures et de prison, pour ne citer que ceux-là. Je crois tout à fait les déclarations de notre nouveau ministre de l'Enseignement supérieur quand il nous raconte ce qu'il a souffert sous la dictature.

 

Mais la Tunisie devrait-elle payer pour cela ?

 

Car au lieu de parer au plus pressé (l'emploi, la pauvreté, comme me disait une femme de ménage − "je suis pauvre, mais je ne savais pas qu'il existait tant de pauvreté chez nous"), nos dirigeants ont créé des drames qui nous enlisent davantage et qui font fuir les Tunisiens et les étrangers. Nous avons besoin de sécurité et pas de police des mœurs.


Le Nikab ? Mais c'est une histoire ridicule ! On arrête un couple et on veut les mettre en prison pour "nettoyer le pays des gens qui boivent de l'alcool", on laisse des gens agresser physiquement le doyen et les enseignants d'une université dont nous sommes fiers sans punir les agresseurs, et on en rend le doyen responsable... Où va-t-on ?


J’ai cru que l’on pouvait joindre "islam et démocratie", j’y ai cru.

 

Parce que je suis musulmane. Mon islam est en moi, j’ai grandi avec et je mourrai avec. Mais l’islam qu’ils nous imposent aujourd’hui est un islam qui n’apporte que la mort et le deuil.

 

 

Arrêtons de parler religion !

 

Je rejoins le savant Mohamed Talbi qui n’a cessé de dire que l’on ne pouvait faire confiance à Ennahdha parce que les Nahdhaoui, et, à leur tête, Rached Ghanouchi, ne sont pas démocrates. Je ne veux plus entendre parler de religion.

 

Je voudrais que nos gouvernants se concentrent sur les problèmes économiques et sociaux et qu’ils arrêtent de nous empoisonner l’existence avec leurs questions d’obligations religieuses. La religion étant une histoire personnelle et privée, ils n’ont pas à l’imposer au public.


Sinon, que se passe-t-il et que se passera-t-il ? Le nombre d’ennemis de ce gouvernement ne va cesser de croître, et la déstabilisation va mettre le pays à genoux, plus encore qu’il ne l’est déjà aujourd’hui.


L’histoire est un éternel recommencement. Il faut relire l’histoire des religions, toutes les religions, l’histoire de l’humanité. Personne n’est spécial. Nous sommes tous humains. Pour sauver le pays, il faut arrêter ce manège, ne pas toucher aux libertés et se concentrer sur les problèmes essentiels : chômage, pauvreté, misère, maladies…

 

Je suis malheureuse, et je ne suis pas la seule. La révolution a-t-elle été faite pour rendre le peuple tunisien malheureux ? Ou bien a-t-elle été réalisée pour le libérer ?

 

 


(1) Khedija Arfaoui avait été condamnée en 2009 pour diffusion de fausses nouvelles sur Facebook à huit mois de prison ferme, 
http://nawaat.org/portail/2009/07/20/communique-soutien-madame-khedija-arfaoui-2/

 

source http://leplus.nouvelobs

 

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  Les ambivalences du 14 janvier, de Bouazizi au Qatar (1/2)


 

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Place du 14 janvier. Ex-place du 7 novembre 1987. (Thierry Brésillon)

Commencée par l'immolation du jeune Bouazizi, à Sidi Bouzid, le 17 décembre, la révolution tunisienne est célébrée ce 14 janvier, jour du départ de Ben Ali, institutionnalisée comme « le jour de la jeunesse et de la révolution ».

La journée a inauguré une ère nouvelle. Mais pas forcément celle à laquelle aspiraient les Tunisiens descendus dans la rue, entre le 17 décembre et les folles journées de janvier.

1. Le 14 janvier, une journée des dupes

Le départ de Ben Ali au soir du 14 janvier a été indiscutablement la transgression politique qui a signifié aux yeux de tous les pays et de tous les dirigeants du monde arabe et au-delà, qu'aussi verrouillé soit-il, aucun régime ne pouvait s'appuyer indéfiniment sur le mensonge et la répression.

Mais au-delà de cette valeur symbolique, que s'est-il joué réellement le 14 janvier ? Une foule s'est rassemblée devant le Ministère de l'Intérieur pour crier « Dégage ! ». La famille Trabelsi a essayé de quitter le pays avant d'être arrêtée. Ben Ali qui accompagnait sa famille à l'aéroport est finalement monté dans l'avion qui les conduisait en Arabie saoudite, mais avec la ferme intention de revenir. Le soir, le Premier ministre annonçait qu'il assurait l'intérim durant l'absence du Chef de l'Etat. Dans la nuit, la situation a basculé et le lendemain la possibilité de son retour s'éloignait.

Le travail d'investigation n'a pas fini de révéler le jeu occulte qui s'est déroulé dans ce laps de temps. Et dans les jours qui ont suivi tout aussi déterminants.

Mais les événements du 14 janvier relèvent probablement plus d'une lutte pour le pouvoir entre différents secteurs de l'Etat à la faveur d'un soulèvement populaire, que d'une révolution démocratique. Alors que l'avant-scène était occupée par les manifestations dans la rue, l'intrigue se nouait entre les différents services de police, la Garde présidentielle, l'armée, le parti au pouvoir, les autorités politiques, mis sous pression par des deux semaines d'agitation sociale, sans parler de possibles influences extérieures.

Son dénouement a scellé le sort de Ben Ali et de la famille de Leïla Trabelsi. La vacance de pouvoir a laissé, par défaut, la place à une transition démocratique.

Mais le départ de Ben Ali et du clan qui s'était greffé sur l'Etat pour parasiter l'économie, laissait tout le système intact.

2. Ni la fin, ni le début

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Le jour se lève sur l'avenue Habib Bourguiba. (Thierry Brésillon)

En ce sens, le 14 janvier n'est ni la fin de la révolution, si l'on entend par là une transformation des cadres politiques, économiques, sociaux, culturels… C'est plutôt le début de la possibilité d'un processus transformation.

Ni le début de la révolution, si le terme désigne le soulèvement qui conduit à la chute du régime. Le premier acte de la subversion est le soulèvement du bassin minier en janvier 2008, encadré par les syndicalistes de base d'opposition. Le second, est l'insurrection à partir du 17 décembre et l'immolation de Bouazizi, de jeunes sans perspective, encadrés par des syndicalistes et des avocats qui, instruits par l'échec du mouvement de 2008, se sont tenus cette fois en retrait.

C'est le basculement de l'UGTT à partir du 12 janvier, à Sfax, qui va sceller la jonction entre une protestation principalement économique et sociale, et l'opposition politique de la classe moyenne de la capitale.

Le 14 janvier constitue donc un symbole ambigu. La récupération du soulèvement par le dernier acteur entré en scène et un mythe commode pour occulter tout ce qui s'est noué derrière l'apparence d'une rupture.

La force du mythe a toutefois créé la possibilité de cette rupture. Mais seules l'ampleur du travail des différents acteurs sociaux et l'évolution des rapports de force détermineront la profondeur et l'orientation de cette « révolution ».

3. La révolution économique n'a pas eu lieu

La dimension économique et sociale de l'échec du système Ben Ali et du soulèvement n'a échappé à personne : le chômage massif des jeunes, l'inégalité du développement régional, le poids d'une bureaucratie centralisée sur une économie sur-administrée, la dépendance à l'égard d'une intégration industrielle en bas de l'échelle de spécialisation, la précarisation du travail salarié pour garantir la compétitivité de la Tunisie moyennant des salaires de misère (parfois 40 euros par mois dans les cas les plus extrêmes), la prééminence d'une activité touristique structurellement déficitaire dont dépend plus ou moins directement 30 % de la population, le dumping écologique qui conduit à des catastrophes environnementales ou sanitaires comme dans le golfe de Gabès, dévasté par l'industrie chimique, ou le bassin minier d'où extrait le phosphate…

Or, aucune transformation structurelle de cette donne économique n'a été sérieusement élaborée. Le système dit de la « mounawala » (l'externalisation d'activités de service telles que l'entretien, la sécurité… ), a été supprimé dans le secteur public. Les salaires ont été globalement augmentés en moyenne de 15 %. Le rééquilibrage du développement en faveur des régions de l'intérieur est un passage obligé de tout discours économique, mais rien n'a encore été véritablement lancé.

Pour le reste, toute l'attention est focalisée sur la nécessité d'attirer, sinon de retenir, les investisseurs, sans les dissuader en leur imposant des conditions sociales ou des contraintes fiscales ou écologiques nouvelles. La campagne électorale n'a donné lieu à aucun débat économique sérieux.

La fin de la prédation du clan Trabelsi, la moralisation, le recours aux produits de la finance islamique ou la création d'un fonds social financé la zaakat (l'aumône), paraissent très en deçà de la profondeur de la réflexion à mener, tant à l'échelle nationale, qu'à l'échelle locale, pour sortir de la grande pauvreté les 25 % de Tunisiens qui en souffrent et offrir une perspective aux 800 000 chômeurs déclarés.

4. Une révolution conservatrice

Les icônes libertaires et mondialisées de la révolution tunisienne ont rapidement cédé le rôle principal à une société conservatrice. Dans le contexte tunisien, des décennies de dictature ont associé la modernité à l'oppression, les classes les plus intégrées dans cette modernité aux couleurs occidentales, à l'élite privilégiée du régime.

La libération a ouvert les vannes au retour d'un traditionalisme refoulé. D'autant plus fort, que l'identité arabo-musulmane, victimisée par la guerre en Irak, le conflit israélo-palestinien, devenue le paria de l'ordre international depuis le 11 septembre, est surchargée d'affect.

Pour aller plus loin dans la profondeur historique, on peut voir dans les énergies libérées par la levée du carcan autoritaire, la revanche des perdants de 1956, face à la conception moderniste de Bourguiba : les théologiens de l'Université de la Zitouna, les nationalistes arabes, les tribus, les régions de l'intérieur…

Mais cette revanche, ce repli identitaire, sont reformulés par l'islamisme politique.

5. L'orientalisation de l'identité tunisienne

Le retour à l'identité, que Moncef Marzouki a voulu symboliser par le port d'un burnous (une cape en laine) sur son costume, par l'allusion au fait que les vœux de la nouvelle année n'appartiennent pas aux traditions arabo-islamiques (alors qu'il s'agit pourtant d'une habitude sociale répandue en Tunisie), et un discours de rupture à l'égard de la francophonie, fait curieusement l'impasse sur les sources tunisienne de l'identité nationale.

A commencer par Kheireddine Pacha, porteur d'un projet national et ouvert (il a créé par exemple les premiers établissements scolaires où l'on apprenait les langues étrangères).

Ou encore le théologien Tahar Haddad, qui a théorisé la possibilité d'une réinterprétation des normes islamiques dans le contexte des sociétés modernes, exclu par l'université de la Zitouna, et violemment rejeté aujourd'hui par la nouvelle génération qui lui préfère des thèses importées des pays du Golfe. Entre autres pour les plus médiatiques d'entre elles, le prédicateur Youssef el-Qaradhawi, dont la pensée est largement diffusée par la chaine qatarie Al Jazeera.

Le parcours saoudien du nouveau ministre des Affaires religieuses est un des signes de l'orientalisation de l'islam tunisien.

Et s'il faut parler de détournement de la révolution, c'est sans doute davantage de cette récupération d'un repli identitaire au profit d'une entreprise de domination de l'islam sunnite par des sources extérieures, que de l'islamisme politique qu'il faudrait parler.

6. La qatarisation du monde arabe

Au chapitre des influences extérieures, celle du Qatar semble écrasante. Considéré (sans élément comptable probant) comme l'un des principaux financiers de la campagne du parti Ennahdha, le Qatar est en train de développer un rayonnement diplomatique stupéfiant.

C'est le premier pays dans lequel s'est rendu le leader du parti islamiste, Rached Ghannouchi, au lendemain des élections. Invité aux festivités du 14 janvier, l'émir du Qatar est arrivé la hôte remplie de promesses d'investissement.

A quoi correspond cet activisme international d'un pays dont la superficie (11 000 km²) n'égale pas l'Ile-de-France ?

A fournir aux jeunes générations des pays arabes, un horizon qui leur permette d'échapper à l'alternative Occident/jihadisme, à diluer leur frustration et leur rébellion dans une modernité consumériste et arabe, à contenir l'influence de l'islam salafiste et anti-occidental.

S'il fallait un seul indice pour étayer cette idée, c'est le choix du Qatar pour organiser la Coupe du monde football en 2022. Qu'est-ce qui peut, mieux que le foot, catalyser la passion des jeunes ?

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Manifestation, le 13 janvier 2012, contre la présence du Qatar aux festivités du 14 janvier (Thierry Brésillon)

La révolution tunisienne a ouvert la possibilité à cette influence de s'exercer par le biais du parti le plus présent dans la société et bientôt dans les rouages du pouvoir. De là à dire qu'elle s'inscrit dans un vaste dessein de domestication du monde arabe, il y a un pas que beaucoup franchissent sans hésiter.

 

 

 

 

 

source rue89

 

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Des milliers de personnes sont rassemblées le 14 janvier 2012, avenue Bourguiba à Tunis.Des milliers de personnes sont rassemblées le 14 janvier 2012, avenue Bourguiba à Tunis. © AFP

Le premier anniversaire de la révolution tunisienne se déroule sous haute tension. Malgré les avancées démocratiques, le ras le bol général se fait sentir en Tunisie, sur fond de divisions politiques et politiciennes.

Acquis indéniable de la révolution, la Tunisie a été le premier pays arabe a entrer en démocratie. Mais un an après la chute de la dictature de Ben Ali, la plupart des Tunisiens n'ont pas vraiment le cœur à la fête. Avec une situation économique critique, le nouveau gouvernement, issu des urnes est confronté aux revendications des régions intérieures du pays en matière de réduction de la fracture sociale et de plein emploi. Kasserine, Thala, Sidi Bouzid, ou Gafsa ne veulent plus de promesses et somment l’exécutif de leur répondre par des actions à effets immédiats.


Le Premier ministre Hamadi Jebali, lors de son discours d’investiture avait annoncé 600 000 emplois d’ici à 2015, mais la relance de la machine économique reste tributaire du retour au calme dans les régions. « Annoncer une croissance de 4,5 % alors que les indicateurs économiques sont en chute libre et que les effets de la crise mondiale se font sentir est imprudent », souligne Olfa Arem, vice présidente de l’association « Engagement citoyen » qui travaille sur le développement durable des régions tunisiennes.


 

Confusion


Autre motif d'inquiétude pour les Tunisiens : la confusion semée dans les esprits par une nouveauté démocratique, le pluralisme politique. Le lent démarrage des travaux de l’Assemblée Constituante, élue depuis le 23 octobre, inquiète la société civile qui tient à ce que la rédaction de la Constitution n’excède pas une année comme prévu, tandis qu’une partie de l’opinion publique est critique à l’encontre du gouvernement, composé principalement par des membres du parti islamiste Ennahdha, majoritaire aux élections, mais aussi du Congrès pour la république (du président tunisien Moncef Marzouki) et d'Ettakatol (du président de l'Assemblée nationale Mustapha ben Jaafar).


Nombreux sont ceux qui accusent l'exécutif d’être partisan et de confondre activisme et action gouvernementale. L’apprentissage de la gouvernance ne se fait pas sans mal et les maladresses sont légions. On reproche notamment au gouvernement de ne pas prendre de décisions fermes face à l’émergence de groupuscules islamistes dans l’espace public ; de n’avoir pas statué sur le blocage, depuis six semaines, de la faculté de la Manouba par des salafistes exigeant l’autorisation du port du niqab ; et de n’avoir reconnu l’existence d’un fief salafiste, à Sejnane, au nord du pays, seulement après que la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) et la presse aient dénoncé les agressions de dizaines de citoyens.


 

Indépendance des médias


Outre la question salafiste, on suspecte le gouvernement de tenter de dépasser ses prérogatives et de réduire l'indépendance des médias publics en nommant non seulement de nouveaux directeurs mais aussi des rédacteurs en chef. La police et les magistrats sont également mécontents. Au moment où ils amorcent la mise en œuvre de leurs réformes, les autorités font planer le doute quant à leur probité. Les forces de l'ordre n'acceptent pas par exemple le limogeage du colonel Moncef Lajimi, en charge des brigades d'intervention spéciales, et les magistrats refusent d'être taxés de laxisme après avoir relâché, faute de preuves, les auteurs supposés du saccage du siège du Gouvernorat de Jendouba, le 3 janvier.


Chacun manifeste sa colère dans la rue, mais les tensions sont fortement exacerbées par la présence du service d’ordre d’Ennahdha lors des manifestations. « Où sont les forces de l’ordre républicaines ? Cette milice n’a pas à intervenir contre les manifestants », fustigent régulièrement les membres de la société civile. Mais l'opinion publique s'inquiète surtout d'un exécutif censé accompagner les travaux de la Constituante et qui se revendique de la légitimité des urnes pour entamer des programmes qui ressemblent plus à des plans quinquennaux qu'à une politique d'urgence à durée limitée.


En coulisses, les opposants estiment cependant que le Gouvernement montre des signes de faiblesses en ne prenant pas position sur la question salafiste, ou en multipliant les ballons d'essai et en se rétractant sur de nombreux sujets. La bonne entente entre les trois partis alliés à la tête de l'État semble en outre n'être qu'apparente. « Pour être crédible, une certaine cohérence est nécessaire ainsi que de la fermeté », fustige par exemple un membre du Congrès pour la république (CPR).
 

 

par Frida Dahmani, à Tunis

 

source jeuneafrique


 

 

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Parole aux partis ..

 

 

Partis et société civile

 

 

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Néziha Rejiba, alias Om Zied (journaliste opposante à Ben Ali et membre du CPR) : «Des avancées remarquables, mais tout n’est pas rose»



Le plus grand acquis de la révolution est incontestablement le départ de Ben Ali et de la mafia qui l’entourait. L’autre motif de satisfaction concerne la fin de la peur légendaire qui caractérisait naguère le Tunisien. Des avancées remarquables ont été aussi enregistrées dans le domaine des libertés publiques. Le gouvernement ne réprime plus les journalistes et la Tunisie est devenue championne mondiale en termes de nombre de partis politiques et d’associations. Le pays a, par ailleurs, connu des élections plus ou moins correctes, ce qui constitue une première dans le monde arabe.

 

Toutefois, tout n’est pas rose. Sur le plan économique, rien n’a pratiquement changé. Et c’est là que le bât blesse. L’histoire montre que plusieurs révolutions ont été avortées en raison de la détérioration de la situation économique.

 

 L’Etat de droit et des institutions tarde aussi à se mettre en place. Sans verser dans le pessimisme, je constate qu’un autre parti est en train de quadriller le pays et de noyauter l’administration, les corps sécuritaires et les médias.

 

Les récentes nominations à la tête des médias publics montrent, d’autre part, que le gouvernement cherche à museler les médias qui commencent à peine à découvrir la liberté d’expression.

La Tunisie ne semble pas, par ailleurs, maîtresse de son destin. D’autant plus que le gouvernement a tendance à se plier aux diktats de certains pays du Golfe ou des Etats-Unis.


Malgré tous ces indices qui n’augurent rien de bon, je reste optimiste. Cette révolution ne peut pas être récupérée par un seul parti d’autant qu’elle appartient à l’ensemble du peuple tunisien. Et ce peuple qui a brisé le mur de la peur saura protéger sa révolution.

W.K

        

 

 

Hamma Hammami (secrétaire général du Parti Communiste ouvrier de Tunisie) : «La révolution est encore à mi-parcours»


Le peuple tunisien a réussi à faire plier un régime policier, à reprendre sa liberté et à imposer le principe de l’élection d’une Assemblée constituante chargée de jeter les fondements de la deuxième République. C’est là un grand pas. Mais la révolution est encore à mi-parcours. Les libertés arrachées au prix fort ne sont pas encore institutionnalisées et la démocratie reste à construire.


Sur le plan économique et social, le peuple ressent une grande frustration. Ses aspirations tardent à se concrétiser. La troïka n’a pas encore donné des signes rassurants. Bien au contraire, beaucoup d’indices poussent au pessimisme et laissent croire que la confiscation de la révolution est très probable. Les propos rassurants ont été jusqu’ici adressés aux détenteurs des capitaux locaux et étrangers. Le peuple a été, quant à lui, appelé à serrer la ceinture et à faire davantage de sacrifices malgré la détérioration de son pouvoir d’achat et l’explosion du chômage.


Sur le plan politique, la loi portant organisation des pouvoirs publics qu’on appelle également « petite Constitution» laisse croire que la « grande Constitution » ne sera pas démocratique.

Le parti islamiste Ennahdha a aussi commencé son travail de sape à harceler les médias, ce qui constitue une grande menace pour la liberté d’expression.

L’apparition de milices proches d’Ennahdha s’employant à faire taire les voix discordantes et terrifier les adversaires politique du parti représente, quant à elle, une menace pour l’ensemble du processus de transition démocratique.


Au niveau de la politique étrangère tunisienne, on remarque l’attachement d’Ennahdha à porter l’émir du Qatar au pinacle. C’est pourquoi, nous appelons le peuple à être plus vigilant, et à défendre sa révolution.

Contrairement à ce que vient d’annoncer Rached Ghannouchi, cette révolution est l’œuvre du peuple tunisien et non pas celle des islamistes. Tout au long des protestations qui ont conduit à la fuite de Ben Ali, nous n’avons entendu aucun slogan islamiste. Les membres d’Ennahdha n’ont pas été également visibles dans les rangs des manifestants qui ont bravé courageusement la terrifiante machine de répression de l’ancien régime.

W.K

       

 

 

Abdessattar Ben Moussa, président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme : «Si l’Etat n’assume pas ses responsabilités, la situation actuelle va empirer»


 «L’Etat doit assumer ses responsabilités autrement la situation dans laquelle nous sommes va empirer. J’ai été dernièrement à Sejnane et ce n’est qu’un exemple qui montre que la question sécuritaire n’est pas encore au beau fixe. Il faut dire qu’il n’est pas question de l’instauration d’un califat mais il est une minorité qui veut faire la loi. Les groupes qu’on appelle “Amr bil maarouf Nahy ala monkar’’ veulent faire la loi alors que l’Etat en est le garant. Ces gens partent en patrouilles tous les soirs pour traquer ceux qui n’observent pas un comportement décent. Ils utilisent un ancien siège de la CNSS délaissé et délabré comme un lieu où ils prononcent leur verdict. Mais c’est complètement aberrant. Le problème est celui de la sécurité qui est quasiment absente. Ce phénomène dérange énormément car il y va des libertés individuelles des uns et des autres.


Les autorités nous ont parlé d’un sit-in au siège de la délégation. On y était. Avez-vous jamais vu un sit-in de salafistes au siège de la délégation ? On passe. On a voulu faire comprendre à l’opinion publique que le problème est uniquement un problème de chômage. Par ailleurs il en est un. Car dans cette région riche en ressources naturelles, on enregistre 54% de taux de chômage et 80% de la population est pauvre.

Nos problèmes actuels reviennent au développement régional que l’Etat doit traiter sérieusement car les régions longtemps mises entre parenthèses réclament aujourd’hui leur droit à une vie digne et libre également. »

M.B.G.

       

 

 

 

Ajmi Lourimi, membre du bureau politique d’Ennahdha : «Consensus établi, mais pas encore suffisant»


 «Nous vivons une période transitoire pour mettre les bases d’une expérience démocratique qui est loin d’être une sinécure. Nous avons commencé par l’organisation d’élections transparentes, libres et démocratiques. Il faut continuer sur cette même lancée car on est encore au début. Je crois que le consensus est déjà établi entre les différents acteurs politiques. Mais ce n’est pas suffisant. Le but étant de fonder un échiquier politique avec de grands partis politiques. La grandeur se mesure par la grandeur des idées et des projets et non pas au niveau de l’effectif ou des moyens dont on dispose. Nous avons besoin d’une véritable pluralité politique et d’instaurer le principe de la succession pacifique au pouvoir. Cela dit nous avons besoin d’une opposition responsable qui suit et contrôle la vie politique tout en présentant des projets alternatifs. On doit comprendre que l’opposition n’est pas un crime. Le citoyen doit être rassuré par ailleurs en montrant que l’Etat est responsable et qu’il veille à sa sécurité et à ce que nos principes nationaux soient respectés. Quant à ce que vous appelez la tournure que prennent certaines manifestations je peux vous dire que le Cheikh Rached lui-même n’a pas apprécié de voir se produire des contre-manifs. Selon lui les citoyens ont le droit de manifester leur mécontentement vis-à-vis du gouvernement et de le critiquer comme bon leur semble sans qu’ils soient intimidés.


Pour ce qui est de l’instauration du Califat à Sejnane, il n’en est aucunement le cas. Ce n’est pas un problème de salafistes encore moins de wahabistes. C’est un groupe de jeunes en chômage qui observent un sit-in au bureau même du délégué. Il y eut peut être un accrochage entre un vendeur de produits alcoolisés et des jeunes conservateurs. Nous refusons l’instauration d’un Etat dans l’Etat. Personne n’est au-dessus de la loi et personne n’est sous la tutelle d’un autre. Pour le Niqab je peux vous dire que la question a revêtu une grande ampleur alors qu’il s’agissait d’une question qui opposait l’administration à deux étudiantes mounaqabett sur les 5000 étudiants inscrits à la faculté. Les deux étudiantes ont été soutenues par des jeunes salafistes et se sont livrées à un bras de fer avec le doyen qui est du pôle. Le problème est devenu politique. Nous ne défendons pas un modèle social qui encourage au port du Niqab car ce dernier n’est pas une prescription islamique mais il fait partie des libertés individuelles des uns et des autres qui peuvent s’habiller comme bon leur semble. Ces jeunes dames ont le droit d’étudier mais elles doivent révéler leur identité quand on la leur demande. Il s’agit de règlement administratif à respecter.»

M.B.G.

    

 

 

Mondher Cherni, secrétaire général de l’Organisation de Lutte contre la Torture : «La torture existe toujours; même après la Révolution»


La Révolution tunisienne a été basée sur deux principes : la liberté et la dignité. Elle a en fait, permis de réaliser des élections qui ont donné lieu au Conseil National de la Constituante et au gouvernement. Mais, il faut dire qu’un an après, le peuple n’arrive pas à décrypter et à comprendre convenablement le paysage politique.

Par ailleurs, aucune évolution n’a été enregistrée dans le domaine de l’économie ou celui social. Au contraire, les chiffres et les statistiques restent inquiétants à ce sujet : hausse des prix, augmentation du taux de chômage et de la pauvreté. Ces problèmes sont plus palpables dans les régions où, l’on enregistre une régression au niveau des services socio-économiques ainsi qu’une évolution de la pauvreté et du chômage. Nous n’avons d’ailleurs, remarqué aucun changement en termes de travail dans les chantiers. C’est une atteinte à la dignité alors que le droit au travail était parmi les principales demandes exprimées lors de la Révolution.

Autre volet où nous n’avons enregistré aucun progrès, la situation de la femme dans les régions. Les veuves et les divorcées vivent dans des conditions sociales précaires. Mais elles restent tout de même dignes et font face aux dépassements enregistrés par l’armée à Thala lors de l’arrestation de leur progéniture suite aux événements survenus le 23 novembre.


Quant aux réformes tant attendues par les citoyens et qui doivent être introduites dans l’administration, la police, les médias… elles tardent à venir. Les dernières nominations et les déclarations ne vont pas avec l’esprit de la Révolution. Ce n’est pas tout, nous avons enregistré la poursuite des agressions, des violations et de la torture. Le rapport publié par l’Organisation de Lutte contre la Torture intitulé « La torture s’est poursuivie après la Révolution » donne une idée sur ces pratiques jusqu’au mois de septembre 2011. Autre constat soulevé, est qu’aucune réforme n’a été introduite au niveau du système de la police et des lois qui protègent les citoyens. Tous les gouvernements ont adopté les mêmes pratiques que celles exercées par l’ancien régime. Ils ont d’ailleurs, refusé d’examiner les dossiers relatifs à la violation des droits de l’Homme.

Par ailleurs, le gouvernement doit être conscient que les orientations économiques et sociales seront les grands défis à relever. Il est impossible d’instaurer la démocratie sans une répartition équitable des richesses et sans équité sociale et que toutes les réformes échoueront avec la régression des services sociaux et l’augmentation du taux de chômage et de la pauvreté. Le président de la République a demandé au peuple un armistice. Le peuple le demande également. Il faut arrêter la hausse des prix tout en introduisant des réformes sur les impôts. Les riches doivent assumer leur rôle pour instaurer ainsi l’équité sociale.


Toujours dans le même cadre, l’Etat ne doit pas se désengager totalement des investissements. Au contraire il doit investir davantage tout en consolidant les secteurs stratégiques sur lesquels se base l’économie nationale. Une politique économique qui se base sur la privatisation ou les investissements étrangers ne peut pas résoudre les problèmes qui se posent dans le pays. Au contraire, elle est fragile car elle dépend de l’étranger. Je lance ainsi un appel pour préserver les secteurs stratégiques de notre économie tout en limitant la privatisation des secteurs vitaux : l’éducation, la santé, l’électricité…

M.M

   

 

 

Abderrahmane Hédhili, président du Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux :  «Au niveau socio-économiques les grands dossiers n’ont pas été traités sérieusement»


Un an après la Révolution, aucun progrès n’a été réalisé au niveau socio-économique qui était d’ailleurs, la dynamo de cette Révolution. Les grands dossiers n’ont pas été examinés sérieusement par les gouvernements qui se sont succédé. Ils ne lancent pas toujours un vrai débat à propos des grandes questions ayant trait aux jeunes émigrés en Italie, aux disparus et ceux qui sont arrêtés dans les centres de détention à Lampedusa. Idem pour les conditions du travail des jeunes dans les chantiers. Aucun débat n’a été entamé sur le mécanisme 16 et les problèmes qui se posent dans le bassin minier. Nous n’avons enregistré aucune négociation de qualité à propos de ces problèmes. Nous sommes conscients qu’il n’existe pas de solutions immédiates pour ces dossiers épineux. Toutefois, il est primordial d’engager un vrai débat avec les concernés (familles des disparus, les chômeurs…). Cette attitude ne fait que prolonger la crise et laisse la porte ouverte aux protestations et aux sit-in. Il ne faut pas dès lors, reprocher aux gens ces attitudes, car ils ont en assez des promesses données dans l’absolu. C’est le moment pour négocier sérieusement avec les divers concernés.

M.M

 

 

source letemps

 

 

 

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Ce fut le 14 janvier 2011...

 

Ghannouchi l'ex PM de Ben Ali raconte... 

 

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14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 15:25

 

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La police empêche une manifestation contre la visite de l’émir du Qatar

 

Une veillée était prévue ce soir, vendredi 13 janvier 2012 à la Place des Droits de l’Homme à Tunis, avec un programme de musique engagée, des récitals, des activités culturelles… Derrière ce programme, un groupe d’associations de gauche qui appellent à la réalisation des objectifs de la révolution et à protester contre la venue de l’émir du Qatar qui est arrivée aujourd’hui à Tunis, à l’occasion de la célébration du 1er anniversaire de la Révolution. 

 

Selon nos confrères de Mosaïque FM et d’El Jarida, des agents de police en civil auraient empêché la manifestation et ont donné une heure aux présents (une centaine de personnes) pour quitter les lieux. Entre-temps, l’électricité a été coupée empêchant toute prestation artistique. 
Les manifestants se sont regroupés et ont quitté les lieux calmement évitant tout affrontement avec la police. Ils se sont dirigés vers l’avenue Habib Bourguiba pour s’arrêter devant le Théâtre municipal en scandant notamment « le peuple tunisien est libre et ne veut ni des Etats-Unis, ni du Qatar .

source businessnews

 

 

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Un an après, le Qatar invité d’honneur ou d’horreur ?

Portraits de l’émir du Qatar et de la sheikha Mozah réalisés par l’artiste chinois Yan Pei-Ming. Dans l'entrée du Mathaf, le Musée d'Art Moderne de Doha (Qatar).

 

par Monia Jaafar et Gargouri Ali

 

Ces derniers jours les tunisiens deviennent de plus en plus allergiques à la prononciation du mot Qatar notamment après l’annonce officielle de l’arrivée de l’émir du Qatar en Tunisie pour « célébrer » le premier anniversaire de cette « révolution ».. Pourquoi les tunisiens crient leur colère sur les réseaux sociaux ? Voici ci-après quelques points explicatifs :


- Depuis la fuite de Ben Ali et sa famille, son gendre Sakhr El Materi s’est réfugié dans ce petit pays et a eu tous les droits et égards d’un richissime habitant, disposant en toute impunité d’un droit de séjour malgré un mandat d’arrêt international contre lui. El Materi et l’opérateur Qtel achètent 50% des actions d’Orascom dans Tunisiana et la holding du premier détiendra 25% du capital de l’opérateur téléphonique avec Hamdi Meddeb.


- Ce petit pays de moins de 2 millions d’habitants abrite la chaîne Aljazeera nommée la CNN du monde arabe, qui a couvert toutes les révolutions du monde arabe sous un prisme bien précis. Cette chaîne n’a étrangement pas couvert la révolution de son voisin le Bahreïn où la répression y a entraîné la mort de nombreux manifestants. Inutile de rappeler la démission fracassante de son président directeur général Wadah Khanfar, considéré comme proche des frères musulmans, qui a fait couler beaucoup d’encre principalement après les fuites de wikileaks démontrant la collaboration de cette chaîne avec l’administration américaine qui soutient les islamistes en Tunisie depuis plusieurs années et qui a aussi financé les islamistes égyptiens.


- Le Qatar est l’un des pays où on ne respecte pas les droits de l’homme selon un rapport d’Amnesty internationale.

 
- Le Qatar était le seul pays arabe à participer au sein de l’OTAN aux bombardements contre Kadhafi et qui a causé la chute de ce dernier.


- L’extermination par des émirs qataris sur sol tunisien de l’outarde houbara et les gazelles menacées de disparation pour assouvir leur désir sexuel.


- De même le Qatar est soupçonné de corruption pour obtenir l’organisation de la coupe du monde 2022.


-Le Qatar qui aurait dit son mot pour suspendre la désignation de Monsieur Khayam Turki en tant que Ministre des finances,une ingérence, insupportable aux yeux des citoyens tunisiens.


Un seul de ces arguments peut expliquer la fureur des tunisiens. Rajoutons à cela que la Tunisie est sévèrement fragilisée, après cette année rude, où les revendications se font entendre de chaque coin du pays, où les chiffres du chômage grimpent chaque jour un peu plus, où le tourisme, mamelle traditionnelle de notre économie, souffre terriblement, où certains journalistes étrangers se pourlèchent les babines en écrivant des torchons remplis de raccourcis, d’idées reçues, d’amalgames opposant bikinis et islamistes; dans cette Tunisie où les blessures des héros de cette insurrection sont purulentes et que les gouvernants n’ont pas encore soignées malgré l’urgence de ce dossier, dans cette Tunisie toujours digne, voilà qu’on nous impose la visite de cet émir dont nous n’avions pratiquement jamais entendu parler des dizaines d’années durant ! Qui l’invite ? Pourquoi ? Pourquoi aujourd’hui ? Nous aurions rêvé d’un Lula ou d’un Mandela, voilà qu’on nous placarde l’Emir du Qatar !!!!!

source nawaat

 

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 19:20

Parce que la situation économique et sociale est critique, il est dans l’obligation à toutes les parties et les citoyens de fournir une vision claire de la problématique du développement dans la ville de Thala
Le conseil municipal a appelé les différents  acteurs à  fournir un aperçu sur la façon d’avancer le processus  du développement  et les projets spéciaux de priorité locale.
L’appel a reçu  une réponse de beaucoup de parties qui veulent  vraiment  faire changer la situation vers  le mieux
Parmi les suggestions :
-    Création d'une zone industrielle
-    Faire une station de sanctification
-     La révision et le renforcement du plan de financement des investissements municipaux
-    Relier la ville avec le réseau du gaz naturel
-    L'expansion de la ville et sortir de la congestion urbaine
-    Protéger la ville contre les dangers d'inondation qui est un  programme national dont Thala n’a pas eu l’occasion d’en profiter  en raison de l'injustice des systèmes précédents
-    Création de décharges de déchets contrôlées
La Réunion a été suivie par les membres du conseil de la municipalité et un membre de l'Assemblée constituante de la ville de Thala pour fournir ces propositions à l'autorité suprême

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13 janvier 2012 5 13 /01 /janvier /2012 07:39

 

 

 

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Révoltes des marges et des ``marginalisés`` 

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La première section de ce texte traite des révoltes de 2008 à Redeyef, à Gafsa… Révoltes dont la configuration socio-économique (jeunes diplômés, jeunes en chômage,..), les mots d’ordre politiques (dénonciation de la corruption et de l’injustice et revendication de la liberté) aussi bien que l’absence d’encadrement institutionnel (partis politiques ou UGTT) seront également caractéristiques des révoltes (la Révolution) de janvier 2011 (deuxième section).  N. Bourougaa

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Introduction

Une géographie politique et économique rapide de la Tunisie, montre que la carte des disparités socio économiques se superpose sur la carte contestataire de ces dernières années. Dans les régions paupérisées du bassin minier de Gafsa dans le Sud Ouest dès 2008 dans le Sud Est à Ben Guerdane en 2009 et en décembre 2010 dans la région agricole de Sidi Bouzid ainsi qu’à El Kasserine dans le Centre Ouest du pays se sont déclenchés de forts mouvements protestataires. Ces actions collectives d’une ampleur et durée différentes étaient sans précédent dans la Tunisie du régime autoritaire du président Ben Ali  au pouvoir depuis 1987[1].


Ces mouvements exceptionnels de protestation cassent deux idées admises au sujet de la Tunisie : d’une part sa réussite économique, la capacité de son régime à mener la réforme néolibérale en continuant d’assurer une protection sociale de tous les citoyens tunisiens ; d’autre part, le faible degré de mobilisation dans la société tunisienne : les coûts de l’engagement s’avèrent exorbitants. En plus, le système de redistribution, réputé efficace, saperait toute velléité de protestation. Le sentiment de paupérisation qu’expriment ces mouvements, et les données tangibles sur lesquelles ils reposent, dévoilent au fond ce que la Tunisie du « miracle économique » élude : les disparités régionales, la marginalisation économique et sociale de populations importantes, exclus du système de protection car exclus des circuits de l’emploi.


Mobilisations de ces régions de l’« intérieur » donc mais aussi actions protestataires des marges urbaines. En effet, lors du « moment révolutionnaire » qui a vu la fuite de Ben Ali, il est remarquable de constater que les protestataires sont majoritairement des « jeunes » de quartiers populaires. L’indignation de ces jeunes déclassés ne pouvant aspirer à meilleures conditions a été le moteur de ces protestations.


Un double clivage générationnel et socio territorial caractérisent donc ces mobilisations protestataires. Cet article entend analyser les caractéristiques de ces protestations qu’a connues la Tunisie. En évitant le piège d’une analyse a posteriori, d’une histoire linéaire ou ces mobilisations viendraient s’agréger jusqu’au moment fatidique de la fuite de Ben Ali, notre ambition est au contraire de décrire et analyser les spécificités des lieux et des séquences historiques investigués à Gafsa en 2008 et Tunis en 2011. Le matériau empirique est un travail de terrain (observation participante et entretiens) mené depuis 2008 dans la région de Gafsa et à Tunis au début de l’année 2011.


La première partie de ce texte, est une analyse des révoltes de 2008 à Gafsa. Elle permet de constater les caractéristiques singulières d’une mobilisation protestataire « ancrée » dans des raisons d’être, des énonciations et des relations socio économiques spécifiques de la région minière. Mais en même temps cela permet de constater des points partagés avec les révoltes qui vont lui succéder : un registre de dénonciation contre la corruption, une détermination contre la fatalité du chômage, une mobilisation surtout de jeunes déclassés et une action collective peu institutionnalisée en tout cas en décalage avec la classe politique d’opposition et la direction de la Centrale syndicale. La seconde partie partira d’un récit ethnographique, d’une observation participante au cours du moment révolutionnaire. Celle-ci montrera la place nouvelle occupée par ces jeunes dans l’espace public, leur rôle, statut et affirmation... politique ?


 I- La trajectoire des révoltes de Gafsa de 2008 

 

 Les mobilisations massives auront duré six mois, fait des centaines de prisonniers, des dizaines de blessés et trois morts[2]. Elles ont commencé le 6 janvier 2008 suite à l’annonce des résultats du concours de recrutement de la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG)[3].



La CPG, entreprise publique des industries des phosphates de Gafsa et principale pourvoyeuse d’emploi dans la région, connaît de fait un déclin depuis une vingtaine d’années. Dans le cadre de la réforme de l’entreprise suivant les standards néo libéraux, la CPG a quasiment cessé d’employer, détruisant 10000[4] emplois en vingt ans. Dans cette région, où la Compagnie constitue l’un des rares débouchés pour les aspirants au marché de l’emploi, ceci renforce la problématique du chômage, et notamment de celui des jeunes et réveille des représentations et récits collectifs anciens sur l’histoire de la dissidence de la région de Gafsa, de l’injustice qu’elle subit, du désamour de « Tunis » et de la rébellion de ses populations[5]. Cet imaginaire largement partagé par les habitants de la région ne présage pas a priori de la teneur de l’action des gens. Mais dans le contexte actuel, pour de nombreux chômeurs, il inscrit la protestation dans des registres reconnus et mobilisateurs.


Les protestataires de 2008 se sont aussi érigés contre un système clientéliste né du début de la réforme de la compagnie. Ces mobilisations montrent comment ces mécanismes d’échanges clientélistes qui fonctionnent comme des dispositifs de « redistribution » s’avèrent fragiles dans cette région où l’offre d’emploi se raréfie. En effet, depuis 1986, alors que l’entreprise dégraisse, la configuration des pouvoirs en place dans la région a petit à petit pris la forme de relations clientélistes basées notamment sur la capacité de la direction régionale de la centrale syndicale, l’Union Générale Tunisienne du Travail (l’UGTT), à participer à la sélection des candidats aux quelques emplois ouverts par la CPG. Cela ne satisfait pas les nombreux chômeurs, diplômés ou non, qui ne bénéficient pas de ces « redistributions » (car ils ne sont pas de la bonne « famille » et globalement car ce système ne peut pas intégrer ces milliers de jeunes), et qui vont être au premier rang des mobilisés.


Nous montrerons que la CPG est le nœud problématique d’une région minière paupérisée qui dans son « moment néolibéral » a produit un ordre clientéliste local qui s’érode et qui est contesté. Nous analyserons les mobilisations protestataires, ses protagonistes et la répression qu’ils ont subis et enfin les annonces faites en haut lieu pour la région : fin décrétée des problèmes de la région minière.


La CPG cœur problématique d’une région minière paupérisée :

 

A un peu moins de six heures de route de Tunis en direction du Sud ouest vers la frontière Algérienne, la région de Gafsa est bien loin du croissant « prospère » de la Tunisie du littoral. La Tunisie du « miracle économique»[6] telle que louée avec sa croissance soutenue (5% de croissance annuelle) basée sur une économie de services et de PME dévoile là l’envers de son décor.


Gafsa est une région minière et rurale. L’agriculture y est faible notamment à cause de l’aridité, des mauvaises conditions pluviométriques et de l’utilisation de l’eau pour les laveries de la CPG[7]. L’essentiel de l’activité tourne autour des mines de phosphate. La pauvreté est importante dans les villages surtout à l’est mais également dans les villes minières de la région[8]. Le chômage bat son plein. Le taux de chômage dans le Gouvernorat de Gafsa est l’un des plus élevé du pays, soit quasiment le double du taux national, selon les chiffres pourtant très « contrôlés » de la statistique nationale[9].


L’industrie minière qui est une mono activité industrielle et principale pourvoyeuse d’emploi est en déclin dans son insertion locale. Les quatre villes minières Redeyef, Oum Elaraïes M’dhilla et Métlaoui ont été crées ex nihilo par et pour le phosphate. Jusqu’en 1975 le plein emploi (masculin) était assuré par la CPG. La Compagnie fournissait épiceries, pharmacies, hôpital, écoles, moyens de transport, clubs de football etc. : une prise en charge quasiment intégrale de la vie sociale et économique. Entre 1975 et 1985, la distribution et la commercialisation de l’eau potable et de l’électricité, la prise en charge des commerces et banques, et autres services fournis jusqu’alors par l’OCP ont été transférés à différents opérateurs nationaux publics ou privés: la Société Tunisienne d’Electricité et de Gaz, la Société Nationale d'Exploitation et de Distribution des Eaux, le Magasin Général (chaîne de grandes surfaces tunisienne, publique jusqu’en 2007), les Banques… Jusqu’au milieu des années 80, la CPG avait besoin de bras pour ces quatre villes où quasi toute l’activité était liée aux industries minières. Elle avait aussi besoin de personnel administratif pour ses bureaux notamment à Gafsa. En vingt ans près de 10000 postes furent supprimés. Aujourd’hui, il ne reste que 5200 employés à la CPG, soit trois fois moins que dans les années 1980. En effet, à partir de 1985, la « modernisation » engagée de l’entreprise s’est traduite par la réduction du personnel et notamment l’arrêt de la création d’emploi. Le plan stratégique de réforme de la Compagnie a été pensé et financé par le Banque Mondiale dans le cadre du programme dit de « mise à niveau » de l’économie tunisienne[10]. Les crédits débloqués par l’institution financière ont alimenté le Fonds de restructuration des entreprises publiques (FREP)[11] dont la première tranche de juillet 1986 est consacrée à la réforme de la CPG.


Déclin donc dans les effets socio-économiques pour la région où du fait notamment de la mécanisation de la production, l’emploi baisse significativement mais pas dans la productivité et l’argent dégagé par l’industrie qui est en augmentation ces dernières années (les cours mondiaux du phosphate sont en hausse depuis 2004[12]).


Cette baisse intervient alors que l’industrie du phosphate n’a jamais vraiment bénéficiée à la région hormis en ce qui concerne l’emploi[13]. Dès les premières concessions pour l’exploitation délivrées à la fin du XIXième siècle en période de protectorat français, le système de production se traduisait uniquement en de grosses unités ouvrières d’exploitation. La pénibilité du travail est alors très importante[14], la forte concentration d’ouvriers de multiples horizons (des Souafas et des Kabyles d’Algérie, des Libyens, des Marocains mais aussi des Italiens et des Français, ces derniers occupant les postes de cadres) et l’expérience des premières grèves et de leur répression sanglante ancre à partir du 2 mars 1937 l’importance de l’action syndicale[15].


Le phosphate richesse au niveau national n’a donc pas contribué à l’enrichissement de la région qui a progressivement connu l’émergence et l’organisation de mouvements de contestation forts.


Aujourd’hui pour les jeunes de la région qui cherchent leur premier emploi, la CPG et la fonction publique (qui recrute aussi de moins en moins) constituent les débouchés principaux. Mais ils n’ont souvent d’autre alternative que se rabattre sur les « petits boulots » de la chaîne du commerce informel qui s’organise grâce aux quelques circulations pendulaires en Libye et avec les régions voisines d’Algérie. L’entreprise est malaisée. Par exemple, les mesures « sécuritaires » sont telles que la circulation entre la Tunisie et l’Algérie est rendue pratiquement impossible pour la plupart des jeunes de moins de 25 ans[16]. Ceux qui y parviennent vivent alors de la contrebande et de la revente d’essence, de téléphones portables et autres produits de grande consommation « made in China ». Pour la grande majorité, cela n’améliore pas significativement leur niveau de vie. Reste l’exil. Mais si partir peut constituer une meilleure alternative au chômage pour certaines régions de la Tunisie (dont les « réseaux d’émigration » mènent parfois à des « ailleurs » plus prospères), cela est relativement peu profitable pour les jeunes de la région de Gafsa d’aujourd’hui dont le voyage se termine souvent dans les quartiers paupérisés de la banlieue de Tunis[17].


Nœud problématique d’une région ouvrière et paupérisée, la CPG en déclin et l’économie qu’elle induit a produit un équilibre clientéliste spécifique ces vingt dernières années.

Ainsi, en plus des mécanismes classiques de clientélisation/contrôle des populations dans les zones paupérisées caractéristiques de l’économie politique tunisienne[18], dans le cadre de la « reconversion » de la Compagnie, un Fonds de réorientation et de développement de centres miniers (FRDCM) a été crée suivant le modèle des Charbonnages de France. Le Fonds, société d’investissement à capital risque créée en 1991, a été mis en place pour lancer les activités des petits entrepreneurs en vu de palier à la baisse des emplois. Jusqu’en 2008, ses activités demeurent marginales : au maximum 1500 bénéficiaires en comparaison des 10000 emplois détruits par la CPG. La plupart des petits entrepreneurs perçoivent les crédits comme des dons pour des activités économiques non viables. Ce « crédit garanti »[19], en suivant les chemins des réseaux clientélistes locaux, s’est surtout développé dans les zones non minières de la région pourtant la cible affichée de ce Fonds.


Un autre mécanisme de « redistribution » spécifique à la région, est celui qui s’est développé depuis une vingtaine d’années dans le cadre de la « modernisation » de la CPG. En effet, la direction régionale de l’UGTT participe dans le cadre d’une « entente amiable » avec la CPG au choix des personnes à employer dans le cadre d’un renouvellement à hauteur de 20% des départs en pré retraite. Au départ ces postes étaient censés être prioritairement donnés aux gens de la région de Gafsa, enfants des mutilés de la Compagnie, aux familles des ouvriers morts… Petit à petit cette ressource rare aux mains de quelques potentats multi positionnés de la Centrale Syndicale, dans une région au taux de chômage record, va devenir la monnaie d’échange d’un système de clientélisme politico économique restreint. Le détournement de ces objectifs va fournir un prétexte à la mobilisation de 2008 et un registre dominant de dénonciation.

 Les mobilisés et les absents 

 Grand absent de la mobilisation, l’UGTT n’en fournit pas moins en effet quelques syndicalistes déçus de sa politique. Des leaders s’imposent, essentiellement de responsables syndicaux marginaux (à échelle régionale) issus des syndicats non ouvriers de Redeyef. Notamment deux figures charismatiques émergent : Adnene Hajji, le secrétaire général de l’enseignement de base de Redeyef et Béchir Laabidi également instituteur syndicaliste. Les mobilisés rassemblent aussi de nombreux « diplômés chômeurs ». Si leur organisation n’est pas aisée, quelques dizaines de militants mènent des actions depuis quelques années déjà dans la région. À Gafsa, ils tentent de se réunir au siège de l’UGTT, ils conduisent quelques marches et un sit in devant la Délégation (la sous-préfecture)[20]. À cet embryon de mouvement de diplômés chômeurs, il faut ajouter quelques militants proches du Parti Communiste Ouvrier Tunisien (le PCOT, parti illégal). C’est le cas de Elfahem Boukadous, longtemps en clandestinité car condamné à six ans de prison ferme, qui a couvert les manifestations pour la chaîne de télévision satellitaire d’opposition El Hiwar Ettounsi. La présence de quelques individus des mouvances communistes n’est pas sans rappeler que la région compte d’anciens bastions communistes surtout à M’dhilla et Redeyef même si le nombre de militants est faible numériquement en 2008. Les partis d’opposition se sont peu à peu associés au mouvement, souvent depuis Tunis (mais aussi par quelques visites dans la région de Gafsa), en faveur des populations du bassin minier[21]. Les organisations de la « société civile » indépendante s’expriment aussi ; notamment l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD) et la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme (LTDH). Enfin, depuis la France, la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) publie des communiqués et organise des manifestations (ce qui vaudra à son président Mouhieddine Cherbib d’être condamné à deux ans de prison, par le Tribunal de Gafsa).


 Le comité de soutien aux populations du bassin minier constitué autour d’un enseignant responsable de la LTDH à Kairouan et composé de militants, opposants et syndicalistes de différentes régions de la Tunisie, va produire des communiqués, envoyer des lettres, faire des réunions à Tunis, et parfois rejoindre- lorsque la police ne les en empêche pas- les cortèges des manifestations surtout à Redeyef.


 Les leaders du mouvement de Redeyef évoquent aussi des négociations avec des autorités nationales[22]. Mais, cette organisation du mouvement ne va pas empêcher à la situation de s’aggraver.

La répression du mouvement est allée en effet crescendo. Les mois de mai et de juin sont théâtre de l’escalade : trois morts lors d’interventions de la police (dont un jeune homme tué par balles dans le cortège d’une manifestation). Le 7 juin l’armée se déploie autour de Redeyef et occupe la ville sur ordre du président Ben Ali.

 Au cours du mois de juin, les principaux leaders du mouvement de protestation sont arrêtés, mis en prison et condamnés à de lourdes peines[23].


Le mercredi 16 juillet, le président Ben Ali convoque au palais présidentiel de Carthage les membres du conseil régional de Gafsa pour une session extraordinaire dans le but avoué de régler une fois pour toutes les problèmes de la région minière. Au cours de la réunion, le président met l’accent sur les « irrégularités commises par les responsables de la Compagnie des phosphates de Gafsa, dans les opérations de recrutement, suscitant la désillusion et la déception des jeunes concernés par ces opérations»[24]. Le couperet tombe et les boucs émissaires sont désignés. Le PDG de la CPG est congédié, le wali du Gouvernorat de Gafsa est muté[25] - sans être discrédité car il est nommé diplomate –, et le délégué (sous préfet) de Redeyef est remplacé. C’est également une occasion pour dissoudre le conseil municipal de Gafsa. Seul grand rescapé de cette configuration politique locale, le puissant député du RCD, simultanément secrétaire régional de l’UGTT à Gafsa, reste en place.


De multiples mesures sont annoncées et comme lors de toute intervention du chef de l’Etat en Tunisie et immédiatement après, les commentaires dithyrambiques fusent[26]. Ces décisions sont présentées comme un Plan Marshall pour la région paupérisée de Gafsa[27] avec la somme importante correspondant à l’ensemble des investissements Tunisiens et étrangers de l’ordre de 944 millions de dinars. Celle-ci devrait, selon les défenseurs du plan, générer la création de 9 mille emplois permanents.


Pourtant les priorités fixées de développement du « tourisme et de l’artisanat » semblent en décalage avec les réalités socio économiques de la région, minière pour une grande partie et agricole pour le reste. Pour l’essentiel, les « mesures incitatives » avancées correspondent à des mécanismes financiers d’allégements fiscaux (Prime d'investissement, Prise en charge de la cotisation patronale au régime légal de la sécurité sociale…) et d’aide (trois cents millions de dinars sont alloués en ce sens au FRDCM et à la CPG) pour de potentiels investisseurs dans la région. Si le plan porté par le ministre de l’industrie est d’une ampleur sans précédent, le procédé a déjà fait long feu auparavant dans une région estimée souvent comme peu attractive par les grands entrepreneurs[28].

 


 Notes 

[1] Les deux principaux soulèvements qu’a connu la Tunisie indépendante sont la grève de janvier 1978 et les « révoltes du pain » de janvier 1984 (voir M. Rollinde, « les émeutes en Tunisie: un défi à l’Etat? », in D. Le Saout, M. Rollinde (Dir.), Emeutes et mouvements sociaux au Maghreb, Paris, Karthala, 1999, p.113-126 et O. Lamloum dans le même ouvrage, « janvier 84 en Tunisie ou le symbole d’une transition », p.231-241). À cela il faut ajouter l’action armée de janvier 1980 à Gafsa. Toujours à Gafsa et encore en janvier mais cette fois-ci c’est sous la présidence de Ben Ali que les révoltes de 2008 éclatent.

[2] Ces chiffres représentent un enjeu politique fort et sont donc délicats à établir. Trois morts au moins sont certifiées, le nombre de prisonniers liés aux protestations est difficile à estimer car la plupart des manifestants sont rapidement relâchés après leur arrestation, ne subissent pas de poursuites judiciaires ou bien sont accusés de voie de fait, d’ébriété sur la voie publique... Il en va autrement pour les leaders du mouvement qui ont été condamnés à de lourdes peines de prison (Cf. Infra).

[3] La CPG a fusionné en 1994 avec le Groupe Chimique Tunisien qui est l’un des principaux groupes industriels en Tunisie.

[4]Tous les chiffres cités concernant la CPG sont issus d’entretiens réalisés avec des cadres de la Compagnie à Gafsa et à Tunis et avec des cadres du syndicat à Gafsa depuis 2006. Nous ne cherchons pas la précision à l’unité près mais l’analyse des ordres de grandeur.

[5] L’histoire de la région est à cet effet riche en « événements » pouvant alimenter le fier récit de la dissidence à (de) Gafsa. Ainsi, dans les entretiens et observations réalisés il a souvent été question de la lutte pour l’Indépendance qui a été importante à Gafsa, de la lutte syndicale et des révoltes de la fin des années 1970 et du début 1980 qui ont eu un grand retentissement dans la région. Sans oublier les “évènements de Gafsa” de 1980 où un commando armé a pris la ville, moment inédit dans l’histoire contemporaine de la Tunisie où une région s’est trouvée, quelques heures durant, comme « hors du pays ».

[6] Beaucoup de travaux ont critiqué à juste titre le mode de fonctionnement de cette économie tunisienne dans son articulation avec le régime politique autoritaire (voir les analyses fines de Béatrice Hibou, notamment, B. Hibou, La force de l’obéissance. Économie politique de la répression en Tunisie, Paris, La Découverte, 2006, pour une analyse de synthèse des travaux d’économie politique sur la Tunisie voir M. Camau, « Tunisie: vingt ans après. De quoi Ben Ali est-il le nom? », Année du Maghreb 2008, Paris, 2007, p.507-527) mais aussi l’essoufflement de ce système dans la donne néolibérale, Cf. S. Khiari, Tunisie, le délitement de la cité. Coercition, consentement, résistance, Paris, Karthala, 2003.

[7] L’agriculture est en constant déclin par rapport au XIXème siècle où la production d’huile, de dattes, de fruits et l’élevage étaient importants dans la région, Cf. M. Tlili, La vie communautaire dans la ville de Gafsa et les villages oasiens environnants, du début du 18 ième siècle à 1881, thèse de doctorat, 2001-2002, Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis (en arabe).

[8] L’évolution de la pauvreté est inverse entre les villes minières où depuis les années 1990 la situation se détériore très vite et la zone agricole à l’est vers Sened réputée très pauvre qui voit sa situation s’améliorer petit à petit grâce aux politiques agricoles du début des années 90 qui ont notamment encouragé la culture sous serre moins sujette aux aléas climatiques.

[9] Voir sur le site de l’Institut National de la Statistique les chiffres issus du recensement de 2004:http://www.ins.nat.tn.

[10] Sur les processus de “mise à niveau”, voir Camau M., « D'une République à l'autre. Refondation politique et aléas de la transition libérale », Maghreb-Machrek, n°157, 1997, et Cassarino J.P., « Pédagogie et mise à niveau en Tunisie », Les Cahiers de l'Orient, 3ème trim., 1999

[11] Dans le cadre des programmes de privatisation engagés par l’Etat tunisien depuis les années 1980, plusieurs lois ont été votées. Notamment la loi n°85-109 du 31 décembre 1985 qui dans son article 79 portant sur "la création d'un fond spécial de trésor, Fond de Restructuration des Entreprises Publiques (FREP), destiné à réorganiser les prises de participation de l'Etat dans le capital des entreprises publiques, et éventuellement contribuer à la couverture des besoins d'assainissement des entreprises publiques".

[12] De façon exceptionnelle en 2007/2008 les prix du phosphate ont été multipliés par quatre.

[13]Pierre Robert Baduel (« Gafsa comme enjeu », Annuaire de l’Afrique du Nord, 1981, CNRS, Paris, p.485-511) s’interrogeait déjà après l’action armée de 1980 à Gafsa sur l’industrie minière: « une industrie stérilisante régionalement? ». Il explique: « (...) la tunisification des mines n’a pas modifié la logique de l’exploitation phosphatière typique de l’économie de traite capitaliste. Car la croissance économique qu’a permis l’entreprise minière est loin d’avoir entraîné localement le développement. La ville de Gafsa est un ‘simple couloir où rien ne s’arrête’ (Groupe Huit), elle n’a jamais réussi à s’imposer comme capitale régionale, mais est un simple relais intermédiaire de Sfax et de Tunis (...) La ligne de chemin de fer Gafsa-Sfax est l’équivalent phosphatier d’un oléoduc pour le pétrole: un système d’aspiration à distance des ressources de Gafsa ». Si depuis d’autres unités industrielles ont été installées dans la région, le constat est le même : l’industrie liée au phosphate ne bénéficie que peu à la région hormis pour l’emploi.

[14] Plusieurs travaux d’histoire en rendent compte, voir notamment A. Bouhdiba, « Les conditions de vie des mineurs de la région de Gafsa », Etudes de sociologie tunisienne, vol 1, 1968, pp. 165-233. qui parle de « fréquentation quotidienne de la mort ». N. Douggi parle de « bagne phosphatier » et de “discipline ‘minière militaire’ », N. Douggi, Histoire d’une grande entreprise coloniale : La Compagnie des phosphates et du chemin de fer de Gafsa 1897-1930, Publication de la Faculté des Lettres de la Manouba, Tunis, 1995, p. 291 et suivantes, et en arabe, H. Tabbabi, Le mouvement syndical dans les mines de Gafsa durant la période coloniale, Faculté de la Manouba, Tunis, 1995 (traduction est de moi).

[15] L’interprétation de ce tournant historique diffère chez S. Hamzaoui, «condition et genèse de la conscience syndicale en milieu rural tunisien », thèse de 3ème cycle en sociologie, Université de Paris, 1970 et dans l’article de M. Kraiem, « Les événements de Métlaoui et de M’dhilla de mars 1937 », Revue d’histoire maghrébine, n°23-24, 1981, pp. 221-242.

[16] Cette mesure tacite fait partie de plusieurs politiques de régulation du passage aux frontières dans la région. L’explication est notamment la peur de la contrebande d’engrais phosphatiers. La vente de ces produits se fait sous licence en Algérie car ils peuvent constituer des élèments pour la fabrication d’armes.

[17] On peut tout de même citer l’exemple du « réseau » de Nantes dont les émigrés sont originaires de Redeyef et ont été actifs dans leur soutien aux mobilisés. Sinon, il existe quelques filières de travail dans la maçonnerie dans la région littorale du Sahel et dans l’hôtellerie à Djerba.

[18] La Banque Tunisienne de Solidarité (BTS) et les Fonds présidentiels comme le 21 -21 et le 26 -26 sont les institutions  porteuses de ce que Béatrice Hibou (La force de l’obéissance…, op. cit., 2006, p. 222) appelle le « pacte de sécurité ». Elle explique : « La banque, dans le dispositif de pouvoir qu’est le pacte de sécurité, est à la fois une institution de protection et de sécurité et une institution de création de dépendances, de contrôle et de surveillance »

[19] L’expression est de Béatrice Hibou (2006, p.230) qui décrit ainsi le rôle de la BTS. Le même type de relations sont instituées dans le cadre du FRDCM : Le prêt est sans garantie, il est accordé après entretien avec le bénéficiaire du prêt et des informations recueillies auprès des cellules de parti, des comités de quartier, de l’assistante sociale ou du omda, ou encore directement par les rapports de police (Observations personnelles et entretiens, Gafsa 2006-2007).

 

[20] On est loin de l’organisation du mouvement des diplômés chômeurs au Maroc analysée par M. Emperador, « Diplômés chômeurs au Maroc : dynamiques de pérennisation d’une action collective plurielle », Année du Maghreb 2007, p. 297-314. Dans toute la Tunisie, il n’y à qu’à Tunis et à Gafsa que quelques actions ont lieu.

[21] On peut citer Ettajdid (issu du Parti communiste) et le Parti Démocrate Progressiste (PDP), mais aussi le Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL) dont l’une de ses militantes Zakia Dhifaoui a été lourdement emprisonnée, le Parti Socialiste de Gauche qui revendique d’avoir un militant incarcéré parmi les dirigeants du mouvement.

[22] Dans la « Lettre de prison de Adnane Haji » publiée dans le journal d’opposition en langue arabe El Maoukif, le 18 juillet 2008, numéro 461, page 6, l’un des principaux leader du mouvement exprime sa surprise d’avoir été arrêté alors que « nous avons œuvré pendant les cinq mois de protestation pacifique (…) à éviter les glissements qui peuvent arriver. Et nous avons débattu avec les autorités locales, régionales et nationales afin de trouver des solutions aux problèmes. Nous avons siégé à plusieurs reprises avec les autorités (…) Nous avons continué les pourparlers avec les autorités notamment le ministère de l’intérieur et celui de la santé jusqu’au dernier jour de notre arrestation. ».

[23] Parmi les chefs d’inculpation, ceux d’ « appartenance à une bande ; participation à une entente en vue de préparer et commettre une agression contre les biens et les personnes, et rébellion par plus de dix personnes avec usages d’armes» faisaient risquer vingt années de prison aux principaux leaders. Après plusieurs rebondissements et des séances tumultueuses, les peines prononcées par la cour d’appel de Gafsa du 4 février 2009 -pour les trente-huit prévenus- vont de deux ans avec sursis à huit ans de prison ferme. Ils bénéficieront pour la plupart de grâce et de libération avec le terme de leur inculpation.

[24]Extrait de « l’Allocution du Chef de l'Etat à l'ouverture de la session extraordinaire du Conseil régional du gouvernorat de Gafsa », disponible sur

http://www.carthage.tn/fr/index.php?option=com_events&task=view_detail&agid=15447&year=2008&month=07&day=16&Itemid=90.

[25] En vue de l’apaisement des mobilisés, le président Ben Ali avait dès mars fait changer le gouverneur de Gafsa et le PDG de la CPG. Mais le

remplaçant du PDG de la CPG ne prendra ses fonctions qu’en juin.

[26] Ainsi, outre les communiqués des partis d’opposition clients (voir le tableau sur les partis d’opposition dans M.Camau, V.Geisser, Le syndrome autoritaire, Paris, Presses de Sciences po, 2003 p 238-240) comme le PUP et le PSL, ou du Conseil régional de Gafsa, de multiples articles sont publiés en ce sens comme par exemple celui consulté sur le site www.webmanager.com le 19/07/08 et intitulé « Gafsa la nouvelle donne » : « Avec les centaines de milliards qui vont pleuvoir sur Gafsa (…) C’est une Nouvelle Donne qui est en perspective à Gafsa avec ce que cela implique de développements indirects donnant un autre souffle et un autre attrait à la région… et il faut réserver les places dès maintenant !».

[27] L’économiste Mahmoud Ben Romdhane fait une fait une bonne analyse beaucoup plus nuancée voire critique de la situation socio économique démographique et écologique de la région et des mesures annoncées, voir le dossier spécial : « Le bassin minier de Gafsa, problèmes et perspectives » paru dans Attariq Aljadid, n°90 du 26 juillet au 1er août 2008.

[28] Dans les entretiens avec les principaux entrepreneurs à Tunis auxquels s’adressent les appels à investir dans la région de Gafsa, il m’est souvent dit que le trop fort interventionnisme de l’Etat fausse le « jeu économique ». Cet aveu s’il est une lapalissade dans le milieu des affaires (qui n’empêche pas ces mêmes patrons de bénéficier d’aides multiples de l’Etat), semble pour Gafsa- plus qu’ailleurs- exprimer une « peur » d’investir dans cette région. Par exemple le patron des patrons M. Hédi Djilani dépêché dans la région pour la Journée de Partenariat et de Promotion de l’Investissement Privé, le 11 novembre 2009, disait: «Nous le savons, les Gafsiens sont très politisés, ce qui peut être avantageux mais il ne faut pas que ceci nuise à la stabilité de la région et finisse par effrayer les promoteurs qui ont besoins d’être rassurés et sécurisés quand à l’avenir de leurs investissements». Pour une analyse du milieu des affaires en Tunisie et de ses rapports au politique voir B. Hibou, « 'Nous ne prendrons jamais le maquis'. Entrepreneurs et politique en Tunisie », Politix, vol. 21 n° 84, 2008, pp. 115-141.

 

par Amin ALLAL         Lire la deuxième partie


 

 

 

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Enquête : la Révolution tunisienne, une année après


Dans le cadre d’une étude récente menée par « TBC Partners » plusieurs interrogations ont été soumises à un échantillon de tunisiens pour faire un bilan retraçant l’état des lieux des principales préoccupations et interrogations pouvant interpeller le Tunisien quant à son présent et surtout par rapport l’avenir du pays. L’enquête a été réalisée à travers un questionnaire électronique auto administré auprès d’un échantillon composé de 1383 internautes. Plusieurs résultats et constats ont été exposés.


Concernant le rythme de la transition démocratique, il a été jugé comme étant lent pour plus de 43% des répondants. 37,6% considère que c’est un rythme normal, tandis que 18,8% jugent que c’est plutôt un rythme satisfaisant. Ce constat est relativement justifiable en l’absence d’une vision consensuelle sur le scénario de la transition démocratique, beaucoup de temps a été perdu. Les Tunisiens s’attendaient à mieux et surtout plus rapidement.


Pour ce qui est du principal acquis de la révolution, 72,7% des répondants considèrent qu’il s’agit du « le droit de grève et de négociation sociale ». Ceci témoigne de l’importance accordée par les Tunisiens à ce volet. D’autres parts, la réussite des premières élections démocratiques de l’histoire de notre pays a également constitué un acquis considérable pour 69,4%, suivi par 54% des répondants considérant que la liberté d’expression est le principal acquis. Le volet social reste logiquement le premier souci et se place en premier lieu dans l’ordre des priorités des Tunisiens. Il faut noter également que seulement 24,8% et 15,3% des répondants pensent que les objectifs d’assainissement de l’état et la réduction de la corruption, sont atteints.


Malgré les acquis, aussi considérables soient-ils, les Tunisiens considèrent que notre économie est entrain de payer très cher la facture de cette révolution. L’inflation et la baisse du pouvoir d’achat, la détérioration de la situation représentent ainsi les principaux revers d’une révolution loin d’être bénéfique à une économie déjà fragilisée par les abus et la corruption.


Tous les répondants, abstraction de leurs appartenances politiques ou idéologiques, s’accordent sur le fait que le déclenchement de la révolution tunisienne est essentiellement expliqué par des raisons économiques et sociales ainsi que pour des motivations de recherche de liberté d’expression et la mise en place d’un système démocratique. Toutefois, le phénomène qui a surgit en marge de cette révolution, à savoir la montée du radicalisme religieux, a représenté une source d’inquiétude pour 54,9% des répondants. Le débat identitaire, la dichotomie entre « modernistes progressistes » et « islamistes », sont entrain de faire dévier le processus vers une perspective autre que celle escomptée par la majorité des Tunisiens.


L’inquiétude des Tunisiens quant à l’avenir de la révolution et sa capacité à atteindre ses objectifs est un constat alarmant qui doit interpeller tous les intervenants dans le processus de transition. D’ailleurs, 72,7% des répondants considèrent que la révolution est menacée. Il faut dire que la gestion d’une révolution est un exercice totalement nouveau en Tunisie. Les grèves et les revendications sociales constituent incontestablement la principale menace pour la révolution et ce pour 52,3% des répondants. Avec une économie déjà fragilisée par une année très difficile, les revendications multipliées ne font qu’aggraver la situation.

 
Il est à noter que 57,6% des personnes enquêtées déclarent regretter leurs choix politiques pour les élections de l’Assemblé Constituante du 23 octobre. Ce résultat est vraiment interpellant et exprime une réelle déception des électeurs par rapport aux choix et stratégies politiques adoptés par leurs partis. La principale raison (78,3%) de cette déception est expliquée essentiellement par l’établissement d’alliances entre certains partis hétérogènes au niveau de leurs projets politiques. En revanche, 68,4% et 56,5% des répondants considèrent respectivement que la remise en question de leurs choix est expliquée par des « promesses non tenues » et par « un double discours ».


Au sujet de la confiance des répondants en l’Assemblée Constituante, il existe des réserves chez les enquêtés et ont exprimé de ce fait une confiance plutôt limitée dans la capacité de l’AC à garantir le progrès du pays. Le gouvernement, à son tour, est loin de jouir de la confiance absolue des Tunisiens qui sont encore sceptiques et attentifs aux performances du gouvernement de coalition tripartite qui a mis du temps à se constituer. Hormis 28,4% des répondants qui ont une confiance totale en la capacité du gouvernement actuel à sortir le pays du tunnel, 41,4% et 31% des Tunisiens sont plutôt peu confiants.


Outre ce constat, 42,3% des Tunisiens ne sont pas confiants quant à la capacité du nouveau Président de la république à réaliser les objectifs de la révolution, tandis que 41,7% sont plutôt rassurés et croient que M. Marzouki soit capable de réaliser les objectifs de la révolution. Il faut dire que cette méfiance se justifie par les dernières déclarations de monsieur le Président, loin de faire le consensus auprès des tunisiens, bien qu’il avait réussi à obtenir le compromis au sein de la Troïka. Pour ce qui est des raisons expliquant ce manque de confiance, 87,6% des répondants considèrent que c’est essentiellement dû à ses fonctions, désormais, très limitées.


Enfin, concernant le degré d’espérance des tunisiens en une amélioration des choses en 2012, notons que 56,2% des répondants ne sont pas optimistes quant aux perspectives de reprise économique pour 2012 et ce contre 37,6% qui sont plutôt optimistes. La priorité du souci économique et social, l’emploi se place comme étant la priorité incontestable pour l’année 2012 et ce pour 88,3%. Les dossiers des martyrs, de la sécurité et du développement régional ne sont pas de moindres importances.


La révolution Tunisienne est loin d’avoir atteint ses objectifs. Beaucoup reste à faire pour concrétiser autant de promesses et pour trouver des solutions à autant de problèmes…..

 

 

source nawaat.

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 18:22

 

 
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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 06:34

Le Nigeria en ébullition…

par Frédéric Couteau


Le géant africain aux pieds d’argile va-t-il s’écrouler ? Au vu des événements de ces derniers jours, la presse du continent est plutôt alarmiste, à l’instar du site d’information Guinée Conakry Infos : « le pays va mal. Les populations en ont marre. Goodluck n’a décidément pas de chance et ne semble pas non plus porter bonheur au peuple nigérian. L’anarchie semble installer ses tréteaux dans ce pays-continent. L’essence manque mais les frustrations et contradictions sont légion. Une brindille pourrait déclencher un incendie dévastateur. Depuis que le 1er janvier dernier, le prix du carburant a doublé, relève Guinée Conakry Infos, le pays vit des jours difficiles, aggravés par les menaces et tueries à caractère politico-confessionnel. Et ce n’est pas la grève illimitée qui va arranger les choses. (…) Le Nigeria est au bord du gouffre,conclut le site guinéen, et tous les démons de la division sortent leurs têtes sur fond de précarité et de contestations enflammées. »

 

Inquiet également le site d’information Fasozine : « à l’allure où il s’enfonce chaque jour un peu plus dans l’incertitude, on se demande s’il ne faut pas exorciser le Nigeria de ses démons avant qu’il ne soit trop tard. Car il suffit d’une petite goutte pour faire déborder soit le vase de la cohabitation pacifique entre les communautés religieuses ou encore celui de la paix sociale. Pris entre l’enclume des problèmes ethniques et religieux et le marteau de la mal-gouvernance économique, le pouvoir du président Goodluck Jonathan semble dépassé par les événements. (…) L’expérience de fédéralisme à la nigériane a montré ses limites, estime encore Fasozine. Il faut peut-être passer à autre chose pour permettre au pays de sortir du cercle vicieux de ces morts inutiles qui choquent la conscience humaine. »

 

Même pas de foot !

« Le Nigeria, moteur à explosion du continent ! », renchérit Le Républicain au Mali. Mais avant le continent, relève le quotidien bamakois, il y a d’abord la Fédération à préserver. Or elle n’a même pas cette année l’opium provisoire des Super Eagles, absents de l’imminente CAN 2012. Les footballeurs nigérians ne sont en effet pas qualifiés. A la place, il lui faudra mener quasiment un combat de rue contre Boko Haram (…). »

 

Alors que faire ? Le Républicain, toujours, s’interroge…  Boko Haram, « la nébuleuse folle est bien entendu à combattre sans concession mais dans le Nigeria où tout se monnaie, qui peut garantir une lutte sans bavure ? (…) Qui peut jurer que chrétiens et musulmans ne s’installeront pas dans une inimitié durable, eux qui en sont souvent venus à la machette parce qu’un porc en divagation s’est égaré dans la cour d’une mosquée ? Or, constate le quotidien malien, en plus de ces menaces, il y a le bras de fer entre Goodluck et ses gouvernés à cause de la flambée du prix du pétrole. Le président nigérian ne pouvait-il attendre de régler d’abord le problème de Boko Haram ? A-t-il sous estimé ce mouvement ou la réactivité de son pays face à une mesure qui tire vers le haut tous les autres prix ? »

 

La faute à qui ou à quoi ?

Pour L’Observateur  au Burkina, la  marge de manœuvre du président nigérian est très étroite…« Goodluck Jonathan pour déterminé qu’il soit, ne semble pas disposer des moyens de sa politique ; plus que malchanceux, le président nigérian donne aujourd’hui l’impression qu’il est fortement désemparé ; pris entre le marteau de la fronde sociale et l’enclume des conflits interreligieux, l’homme ne sait plus vraiment à quel saint se vouer. La faute peut-être, estimeL’Observateur, à un semblant de fédéralisme qui s’accoutuma du fait que chacun est prince dans son Etat, au risque de se moquer éperdument des décisions de l’autorité fédérale (…). La faute également à des religieux sans foi ni loi qui exploitent et instrumentalisent à la déraison la naïveté de jeunes désœuvrés auxquels ils promettent ciel et terre pour peu qu’ils massacrent le croyant d’en face. A l’heure actuelle, on se demande ce qui sauvera le Nigeria de la guerre civile, s’exclame le quotidien burkinabé. L’équilibre de la terreur est en passe de devenir une réalité, au Nigeria, et la loi du talion, une obligation. Le chaos n’attend pas meilleurs prémices. Il revient peut-être à la communauté internationale d’initier quelque chose qui sauve ce qui peut toujours l’être dans ce pays. »

On comprend, dans ces conditions, la peur des pays de la sous-région… « Le Nigeria va-t-il sombrer dans la guerre civile ? De Cotonou à Accra en passant par Lomé, cette question est dans bien des esprits, relève le site d’information Slate Afrique. Bien plus qu’en France où il est un parent pauvre des médias. (…) Le pays le plus peuplé du continent inquiète ses voisins depuis des décennies. Les récents conflits religieux ne font qu'accroître leur angoisse. (…) De Cotonou à Douala, on retient son souffle, constate encore Slate Afrique. Le "géant de l’Afrique" n’a pas fini de susciter la crainte. Les Nigérians aiment à surnommer leur pays "beating heart of Africa". Un cœur battant qui un peu partout sur le continent fait frémir. »

source rfi.fr

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Menaces sur la production du pétrole, tentative de dialogue


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Lors des rassemblements à Lagos, la plus grande ville du Nigeria, des incidents se sont produits jeudi à certains endroits avec des jeunes mettant le feu à des pneus d'une voiture de police et vandalisant les alentours. Seun Kuti, fils du légendaire chanteur et opposant Fela Kuti, a tenu un meeting-concert pour la foule, en dénonçant les autorités. ( © AFP Pius Utomi Ekpei)

 

Les syndicats du pétrole du Nigeria ont menacé jeudi d'arrêter la production à partir de dimanche en soutien à la grève générale contre la hausse des prix des carburants qui paralyse le pays depuis le début de la semaine.

Mais ils devaient aussi rencontrer jeudi pour la première fois le président Goodluck Jonathan avant que la production du premier pays pétrolier d'Afrique ne soit touchée.

Ce nouveau développement dans la grève générale lancée lundi contre la hausse des prix de l'essence intervient alors que l'ONU évoque des "crimes contre l'humanité" contre le groupe islamiste Boko Haram, pour ses attentats contre les chrétiens notamment dans le nord musulman qui viennent ajouter à la tension.

"Nous rencontrerons le président à 17H00 (16H00 GMT)", a indiqué Peter Esele, président du Trade Union Congress. Il s'agit d'une des deux confédérations qui encadrent la grève générale et qui menacent d'arrêter la production de pétrole à partir de dimanche si le gouvernement ne revient pas sur la fin des subventions sur les hydrocarbures.

Cette mesure prise le 1er janvier a doublé les prix de l'essence, pénalisant les plus pauvres pour les transports et l'électricité.

"Pour que nous négocions, le prix de l'essence doit revenir à 65 nairas" (0,30 euro), avait déclaré plus tôt Denja Yacub, secrétaire général du Syndicat nigérian des travailleurs.

La grève générale a mis des centaines de milliers de manifestants dans les rues - comme jeudi à Kano (nord) - et fait plusieurs morts depuis lundi.

Lors des rassemblements à Lagos, la plus grande ville du Nigeria, des incidents se sont produits jeudi à certains endroits avec des jeunes mettant le feu à des pneus d'une voiture de police et vandalisant les alentours. Seun Kuti, fils du légendaire chanteur et opposant Fela Kuti, a tenu un meeting-concert pour la foule, en dénonçant les autorités.

La menace des syndicats du pétrole de se joindre au mouvement représente une escalade du conflit à un secteur clé de l'économie nationale et, selon les analyses, représenterait une arme de dernier recours d'autant que l'arrêt et le redémarrage de ce secteur prennent longtemps.

Les inquiétudes concernant le Nigeria mais aussi l'Iran ont fait grimper les prix du pétrole jeudi à New York.

Selon des responsables gouvernementaux et des économistes l'abandon des subventions doit permettre de dégager 8 milliards de dollars par an pour investir dans des projets d'infrastructures quasi inexistantes dans le pays.

Des sénateurs et des députés ont tenté de leur coté une médiation afin de mettre un terme à la crise, sans avoir rencontré de résultat jusqu'à présent. Une autre réunion des syndicats avec des députés était prévue jeudi.

La grève et les manifestations ont mis le gouvernement sous une pression croissante alors qu'il cherche à interrompre les attaques du groupe islamiste Boko Haram dirigées notamment contre les chrétiens et les institutions de l'Etat.

A Genève, la Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay, a indiqué jeudi que Boko Haram pourrait être déclaré coupable de "crimes contre l'humanité" si la justice montre qu'il a commis des attaques systématiques contre la population.

Les dernières attaques de ce groupe ont tué des chrétiens et des violences visant des musulmans dans le sud du pays ont fait craindre l'extension du conflit, certains évoquant même les risques d'une guerre civile dans le pays le plus peuplé d'Afrique (160 millions d'habitants).

Deux policiers ont été tués mercredi lors d'émeutes dans la ville de Minna au centre du pays. Des bâtiments officiels ont été brûlés.

Quatre chrétiens ont été tués prèsde de la ville de Potiskum, dans le nord-est, par des membres présumés de Boko Haram. Un couvre-feu nocturne a été imposé dans l'état de Yobe où se trouve Potiskum.

source liberation

 

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Le Nigeria produit près de 2,4 millions de barils par jour. ( © AFP photo AFP

 

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Au Nigeria, le mouvement social sur les prix de l'essence s'intensifie

 

 

On n'a pas signalé mardi de victimes dans le cadre d'une grève générale contre la fin des subventions sur les carburants, alors qu'on avait dénombré six morts dans des affrontements entre policiers et manifestants la veille.

On n'a pas signalé mardi de victimes dans le cadre d'une grève générale contre la fin des subventions sur les carburants, alors qu'on avait dénombré six morts dans des affrontements entre policiers et manifestants la veille.REUTERS/AFOLABI SOTUNDE

Grève générale et manifestations contre la hausse des prix du carburant se poursuivent mercredi 11 janvier au Nigeria, pour la troisième journée consécutive. De violentes émeutes ont éclaté dans la ville de Minna, dans le centre du pays, où un policier a été tué. Un couvre-feu de vingt-quatre heures a été imposé par les autorités locales "dans l'ensemble des vingt zones administratives, à la suite de la rupture de la loi et de l'ordre à Minna", annonce un communiqué du gouvernement local.

On ignorait en fin d'après-midi les causes précises de ces émeutes. Les assaillants ont incendié une représentation locale du parti au pouvoir, de la Commission électorale nationale (INEC), et le siège de campagne du gouverneur de l'Etat. Le calme est revenu par la suite dans la ville, où patrouillaient les forces de sécurité.

>> Lire des témoignages de Nigerians : "le sentiment de peur est omniprésent"


MENACE D'INTERRUPTION DE LA PRODUCTION DE BRUT

 

La grève – qui n'affecte pas à ce stade la production pétrolière du plus gros producteur d'Afrique – paralyse le pays. Mais mercredi, les deux syndicats des ouvriers du pétrole ont menacé d'interrompre la production de brut. "Nous demandons à toutes les plates-formes de production de se mettre en alerte rouge en prévision d'un arrêt total de la production", a indiqué Babatunde Ogun, président du syndicat Pengassan, dont les dirigeants sont réunis à Port Harcourt, la capitale pétrolière du Nigeria.

Les confédérations syndicales, à l'origine de la grève générale, exigent que le gouvernement rétablisse les subventions dont la suppression, le 1er janvier, a entraîné une brusque hausse des prix de l'essence qui affecte la plupart des Nigérians, tant pour les transports que pour l'alimentation des générateurs d'électricité. Mardi soir, le gouvernement a ordonné aux fonctionnaires grévistes dereprendre le travail, menaçant de suspendre leurs traitements.

Le Nigeria produit près de 2,4 millions de barils par jour, ce qui le place en première position sur le continent, juste devant l'Angola. Le pétrole est crucial pour l'économie du pays, dont il représente 90 % des exportations.

 

VIOLENCES ETHNIQUES ET RELIGIEUSES

Ce vaste mouvement social vient compliquer la situation au Nigeria, où les violences ethniques et religieuses embrasent le Nord musulman et le Sud chrétien. Mercredi, quatre chrétiens ont été tués par des membres présumés du groupe islamiste Boko Haram à Potiskum, ville du nord-est du Nigeria, selon des témoins."Leur voiture s'est arrêtée dans une station-service" en périphérie de la ville, des membres présumés de Boko Haram ont ouvert le feu sur ses quatre occupants, qui ont tous été tués, a raconté à l'AFP un habitant, précisant que les victimes étaient des Igbos, ethnie sudiste et chrétienne. "La voiture des victimes était remplie de valises et de sacs de voyage. Il est clair qu'ils partaient vers l'est et fuyaient la ville", a déclaré un autre habitant. La police a confirmé l'attaque, mais pas l'identité des victimes et des assaillants.

Dans l'Etat de Yobe, dans le nord musulman du pays, où l'état d'urgence est en vigueur depuis le 31 janvier, la ville de Potiskum est l'un des fiefs du groupe Boko Haram et l'un des épicentres des violences contre les chrétiens qui secouent depuis plusieurs semaines cette partie du pays. Depuis les sanglants attentats du jour de Noël, qui avaient fait au moins quarante-neuf morts, sept attaques contre des chrétiens ont fait plus de quatre-vingt-huit morts, la plupart ont été revendiquées par Boko Haram.

>> Lire l'entretien "Au Nigeria, 'Boko Haram fait tout pour qu'il y ait un début de guerre civile'"

 

"VERS UNE GUERRE CIVILE"

Dimanche, s'exprimant sur les violences religieuses, le président Goodluck Jonathan s'était alarmé d'une situation "pire que la guerre civile" des années 1960, en référence à la guerre sécessionniste du Biafra (1967-1970), et au caractère imprévisible des attaques religieuses. Alarmé, le Prix Nobel de littérature nigérian,Wole Soyinka, lui a donné raison mardi, estimant que son pays "se dirigeait vers une guerre civile" et en accusant certains dirigeants politiques d'attiser l'intolérance religieuse.

Lors d'une interview à la BBC, l'écrivain a même dit qu'il craignait un éclatement du Nigeria : "Quand vous êtes face à une situation où des gens peuvent aller dans un lieu de culte et tirer par la fenêtre, vous avez atteint un triste tournant dans la vie d'une nation." 

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a rencontré mardi le ministre des affaires étrangères, Olugbenga Ashiru, alors que l'ONU a exprimé son inquiétude quant aux violences ethniques et religieuses dans ce pays.

source lemonde.


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 Pourquoi le Nigeria fait peur à ses voisins

Le pays le plus peuplé d'Afrique inquiète ses voisins depuis des décennies. Les récents conflits religieux ne font qu'accroître leur angoisse.

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Manifestation à Lagos, le 10 janvier 2012. REUTERS/ Akintunde Akinleye

Le Nigeria va-t-il sombrer dans la guerre civile? De Cotonou à Accra en passant par Lomé, cette question est dans bien des esprits. Bien plus qu’en France où il est un parent pauvre des médias. L’Afrique de l’ouest n’ignore pas que le Nigeria est plus que jamais le «géant du continent». Ce pays compte près de 160 millions d’habitants. Un Africain sur cinq est Nigérian. La population de cette Fédération regroupant plus de deux cents ethnies pourrait doubler au cours des vingt prochaines années. D’ici à 2050, le Nigeria devrait devenir le troisième pays le plus peuplé du monde.

Massacres de chrétiens dans le nord

D’ores et déjà de puissantes diasporas nigérianes sont implantées dans toute l’Afrique et dans une grande partie du monde anglophone. Sur le continent, les massacres de chrétiens dans le nord du pays inquiètent d’autant plus qu’ils sont suivis de représailles dans le sud, notamment à Benin City, ville d’un million d’habitants où des mosquées ont été attaquées.


Le Nigeria n’est pas uniquement une puissance démographique. En Afrique francophone, la Côte d’Ivoire est fréquemment présentée comme la locomotive économique de l’Afrique de l’ouest. Alors que son PIB représente à peine le dixième de celui du Nigeria.


Ce pays, deux fois plus vaste que la France, est, avec l’Angola, le premier producteur de pétrole du continent. L’essence de contrebande originaire du Nigeria alimente à moindre coût toute la sous-région. Au Bénin, les bonbonnes d’essence «kpayo» (trafiquée) font les beaux jours des automobilistes.


«Quand le Nigeria éternue, le Bénin s’enrhume»


La récente décision des autorités nigérianes d’augmenter brutalement les tarifs de l’essence n’inquiète pas seulement au Nigeria. C’est grâce aux cours artificiellement bas du carburant —du fait de subventions— que tous les pays de la région pouvaient se procurer de l’essence à moindre coût. Le commerce transfrontalier d’essence fait vivre des dizaines de milliers de familles, notamment à la frontière entre le Nigeria et la Bénin, en pays yorouba (ethnie présente des deux côtés de la frontière).


«Quand le Nigeria éternue, le Bénin s’enrhume» aiment répéter des Béninois. Une formule d’autant plus réaliste que les deux économies sont de plus en plus imbriquées. Les Nigérians ont massivement investi au Bénin. Dans certains quartiers de Cotonou (notamment PK6) ou Porto novo, ils se sentent à la maison et s’expriment plus volontiers en anglais qu’en français. Langue qu’ils ne prennent pas toujours la peine d’apprendre. «Nous sommes les Etats-Unis de l’Afrique, c’est aux autres de parler nos langues et de s’adapter à nos coutumes» explique Elen, une commerçante nigériane, installée au Bénin.


Parfois comme d’autres Nigérians vivant à Cotonou, elle use et abuse de la «crainte» qu’elle peut inspirer aux populations locales. «Ils pensent que les Nigérians sont violents. Il suffit parfois de leur crier dessus pour leur faire peur», explique Elen. Il est vrai qu’en Afrique francophone les préjugés sur le Nigeria sont de taille. Combien d’Africains francophones affirment qu’ils ne mettraient les pieds sous aucun prétexte dans ce «pays de fou»? Le Nigeria possède depuis longtemps une réputation de violence. Les récents attentats de la secte islamiste Boko Haramn’ont fait qu’accroître les craintes suscitées par ce pays.


Le Nigeria fait aussi peur en raison de la dimension confessionnelle des récents conflits. En Afrique de l’ouest, l’opposition entre un sud chrétien prospère et un nord musulman pauvre s’observe fréquemment. Le syndrome nigérian pourrait donc aussi y devenir une réalité. En Côte d’Ivoire, mais aussi au Bénin et au Togo où le pouvoir politique est fréquemment entre les mains des nordistes. «C’est normal que la présidence nous revienne, dès lors que le pouvoir économique reste entre les mains des sudistes» explique Michel, un enseignant béninois.


Pendant des décennies, le pouvoir politique est resté l’apanage de militaires nordistes. A la racine du conflit actuel, il faut sans doute constater que nombre de nordistes n’acceptent pas que le Président soit un chrétien sudiste: Goodluck Jonathan. Alors même que pendant une décennie, le poste a été occupé par un autre chrétien originaire du Sud, Olusegun Obasanjo.


Spectre de la guerre du Biafra


Les Africains sont d’autant plus préoccupés que la guerre civile du Biafra (1967-1970) avait été précédée de pogroms antichrétiens dans le nord du Nigeria. A la suite de ces massacres, Emeka Ojukwu avait proclamé l’indépendance du Biafra (sud-est du Nigeria). La guerre civile entre les catholiques ibos et le reste du pays avait fait près de trois millions de victimes, avant que le Biafra ne soit vaincu.


Difficile de ne pas avoir ces images de guerre en mémoire. Le président Goodluck Jonathan a déclaré que les récents massacres de Boko Haram sont pires que ceux qu’a connu son pays à l’époque de la guerre du Biafra.

Pendant ce conflit, des centaines de milliers de civils nigérians avaient fui leur pays d’origine. Aujourd’hui encore, il existe de fortes communautés Ibos (des Biafrais) dans les grandes capitales d’Afrique. Si une nouvelle crise devait se produire, des pays voisins craignent un nouvel afflux massif de population. A elle seule, la ville de Lagos (dix millions d’habitants), capitale économique du Nigeria, est plus peuplée que le Bénin voisin.


«Si une guerre éclate au Nigeria, nous serons vite submergés. Le Bénin risque de devenir un Etat de la fédération nigériane» s’exclame l’écrivain Serge-Félix N'Piénikoua. Le pire n’est pas encore certain. Depuis des dizaines d’années, la presse de Lagos annonce une explosion prochaine. «Nigeria will split» (le Nigeria va éclater): voici l’un des titres favoris des magazines. Une mauvaise nouvelle annoncée si souvent que nombre de Nigérians ont fini par ne plus y croire. «Comment diviser un pays qui compte plus de 200 ethnies?» répètent bien des Lagosiens qui veulent rester optimistes.

Pourtant, de Cotonou à Douala, on retient son souffle. Le «géant de l’Afrique» n’a pas fini de susciter la crainte. Les Nigérians aiment à surnommer leur pays «beating heart of Africa». Un cœur battant qui un peu partout sur le continent fait frémir.

par Pierre Cherruau

source slateafrique 

 

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La secte Boko Haram dans la ligne de mire de l'ONU


L'attaque contre une église de Madalla, près d'Abuja, a fait une trentaine de morts le 25&#160;décembre.L'attaque contre une église de Madalla, près d'Abuja, a fait une trentaine de morts le 25 décembre.   © PC/Sunday Aghaeze

 

Le groupe islamiste Boko Haram pourrait être reconnu coupable de « crimes contre l'humanité » au Nigeria si la justice parvient à démontrer qu'il se livre à des attaques systématiques contre la population, affirme la haute-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Navi Pillay.

Depuis une série d'attentats contre des églises qui ont fait au moins 49 morts le jour de Noël, sept attaques contre des chrétiens ont fait plus de 88 morts. La plupart d'entre elles ont été revendiquées par Boko Haram.

Des violences contre les musulmans se sont aussi produites dans le sud du pays, faisant craindre l'éclatement d'une guerre civile dans le pays le plus populeux d'Afrique, avec 160 millions d'habitants.

Dans un communiqué publié jeudi, Mme Pillay estime que les membres de Boko Haram « pourraient être déclarés coupables de crimes contre l'humanité si la justice estime qu'ils ont commis des attaques systématiques et généralisées contre la population civile, y compris sur la base de la religion ou de l'ethnie ».

« Les actes délibérés conduisant au « "nettoyage" de la population sur la base de la religion ou de l'ethnie équivaudraient aussi à des crimes contre l'humanité. » — Navi Pillay

La haute-commissaire aux droits de l'homme appelle conséquemment les responsables religieux au Nigeria, particulièrement ceux des communautés chrétienne et musulmane « à joindre leurs forces pour condamner sans équivoque toute violence, y compris les représailles ».

Mme Pillay leur demande aussi d'« encourager leurs disciples à identifier et à aider à arrêter tous ceux impliqués dans les tueries et autres actes de violence qui ont eu lieu ».

 

Une première vidéo pour Boko Haram

Dans une vidéo de 15 minutes publiée avant les déclarations de Mme Pillay, le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, a soutenu que les assassinats de chrétiens constituent une revanche méritée et que le président du pays, Goodluck Jonathan, n'est pas en mesure de mettre un terme aux actions du groupe.

« Chrétiens, tout le monde sait ce que vous nous avez fait et nous avons décidé de nous défendre et, parce que nous sommes sur la bonne voie, Allah nous rend plus forts », raconte-t-il dans cette première vidéo publiée par la secte.

« Tout le monde sait que notre leader a été assassiné », dit-il dans une référence à son prédécesseur, Mohammed Yusuf, « et tout le monde sait la manière dont les musulmans sont tués ».

Mohammed Yusuf, le fondateur de Boko Haram, est mort alors qu'il était détenu par la police en 2009, au terme d'une première vague d'attaques intercommunautaires ayant fait 700 morts.

Boko Haram signifie « l'éducation occidentale est un sacrilège » en haoussa. La secte, qui souhaite instaurer un État islamique au Nigeria, est essentiellement active dans le nord du pays, majoritairement musulman. Le sud du Nigeria est majoritairement chrétien.

 

Quatrième journée de grève générale

Ces déclarations sont faites dans un climat de tension sociale, le pays vivant jeudi la quatrième journée d'une grève générale déclenchée pour protester contre l'abandon des subventions pour l'essence, le 1er janvier. Les prix de l'essence à la pompe ont doublé depuis, soulevant la colère de la population.

Des dizaines de milliers de manifestants défilent dans les rues de plusieurs villes du pays, dont Lagos, la plus importante ville du pays avec 15 millions d'habitants. Quelques incidents mineurs sont signalés, mais sans plus. Les banques, les commerces et les écoles demeurent fermés.

Les syndicats des travailleurs du secteur pétrolier ont menacé mercredi de réduire la production de pétrole dans le pays. Le plus important d'entre eux a demandé à « toutes les plates-formes de production de se mettre en alerte rouge en prévision d'un arrêt total de la production ».

Le gouvernement nigérian et des économistes affirment que l'abandon des subventions permettra de dégager 8 milliards de dollars par année pour investir dans des projets et améliorer les infrastructures quasi inexistantes dans le pays.

Le Nigeria, premier producteur de pétrole d'Afrique, exporte environ 2 millions de barils de pétrole par jour vers les États-Unis et l'Europe, ce qui représente 90 % de ses exportations. Une interruption totale de la production entraînerait assurément les prix du brut à la hausse.

source radio-canada.ca

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 03:42

Réalisation de l’Union du Maghreb Arabe

 

C’était déjà une utopie; avec l’internationalisme islamique, c’est fini !

 

 

L’accession des partis islamiques au pouvoir dans les pays maghrébins, notamment en Tunisie, au Maroc et en Libye risquerait de retarder davantage la réalisation du projet maghrébin tendant à l’édification de l’Union du Maghreb Arabe, resté lettre morte et un slogan creux, depuis la convention de Tanger en 1958, ont estimé des professeurs universitaires tunisiens, mardi 10 janvier.

 


 

Intervenant lors d’un colloque scientifique tenu, mardi 10 janvier, à Tunis, sur les retombées maghrébines et arabes de la Révolution tunisienne, le professeur Moncef Ouannès, enseignant chercheur en histoire à la Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis, a indiqué que conformément à leurs convictions idéologiques, les partis islamiques, qu’ils soient modérés comme en Tunisie et au Maroc, ou fondamentalistes comme en Libye, sont plutôt intéressés par la réalisation de l’unité islamique et par l’Internationalisme islamique, voire même par la restauration du Khalifat islamique.


 

Il a ajouté que les programmes politiques et électoraux des partis islamiques en Tunisie et au Maroc ne font aucune mention du projet maghrébin et occultent la question de l’édification de l’Union du Maghreb Arabe, perçu à la rigueur comme étant un simple espace de proximité géographique propice à l’intensification des échanges commerciaux entre les pays qui le composent.


Or, le Maghreb arabe est un impératif civilisationnel et stratégique, a-t-il ajouté, appelant les nouveaux gouvernements en place issus des Révolutions et des insurrections populaires à réviser leurs positions à ce sujet et à s’engager fermement en faveur de la reconstruction maghrébine.

Il a souligné qu’en cas de persistance dans cette occultation du projet maghrébin au niveau officiel, les composantes de la société civile devraient agir et prendre la relève des pouvoirs politiques afin d’accorder à la question de l’édification du Maghreb arabe, la place qu’elle mérite dans les préoccupations nationales et maghrébines.


Des menaces réelles pèsent sur le projet maghrébin, selon le conférencier qui a évoqué la réaction très tiède enregistrée concernant la proposition de fusion économique et stratégique entre la Tunisie et la Libye faite par le président tunisien Moncef Marzouki, en Libye où des responsables de milices militaires parmi le courant fondamentaliste, formés dans les camps du mouvement fondamentaliste Al Qaida, en Afghanistan, ont déclaré voir dans la Tunisie et l’Egypte un danger pour les richesses libyennes.’’


A cet égard, les participants ont fait remarquer que la convention de Tanger sur l’édification du Maghreb arabe, a été signée en 1958, presque à la même date que les premières conventions relatives à la construction européenne, mais le projet d’union européenne a abouti alors que le projet d’union maghrébine a complètement échoué, à cause des politiques étriquées des anciens régimes despotiques et risque de péricliter, encore, pour longtemps, sous les nouveaux régimes démocratiques.


Le colloque était organisé dans le cadre de la célébration du premier anniversaire de la Révolution tunisienne du 14 janvier, au siège des Archives nationales à Tunis, à l’initiative de plusieurs partenaires dont l’Association des recherches et des études sur l’Union du Maghreb Arabe.

 

Salah Ben Hammadi

 

source letemps

 

 

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La présidence tunisienne rassure sur les relations avec l'Algérie

 «Bouteflika à Tunis pour célébrer l’an I de la Révolution»

 

Le président Abdelaziz Bouteflika sera à Tunis la semaine prochaine pour participer aux festivités officielles de l’an I de la Révolution du 14 janvier qui a chassé Zine Al Abidine Ben Ali et Leïla Trabelsi, son épouse, du pouvoir.

L’annonce a été faite par la présidence tunisienne à travers un communiqué rendu public à Tunis le 9 janvier et transmis aux rédactions d’Alger à travers l’ambassade de Tunisie. «Les relations et historiques stratégiques qui relient nos deux pays sont anciennes», a écrit le palais de Carthage dans ce qui ressemble à une mise au point aux écrits et analyses de presse sur les dernières déclarations du président Moncef Marzouki sur l’Algérie, lors d’une récente visite en Libye. Moncef Marzouki est revenu sur l’interruption du processus électoral en Algérie en 1992. «Si les Algériens avaient accepté les résultats du vote, le pays n’aurait pas sombré dans la violence et les bains de sang», a-t-il dit, repris par des médias tunisiens.


Selon lui, il faut respecter la victoire électorale des islamistes pour éviter la reproduction du scénario algérien. Il évoquait l’arrivée des islamistes au pouvoir en Tunisie et au Maroc. La présidence tunisienne s’est dit étonnée par les commentaires suscités par ces déclarations et a indiqué que Moncef Marzouki n’avait aucune intention de s’immiscer dans les affaires de l’Algérie. «Les propos du Président ont été dénaturés et accompagnés d’analyses erronées, dépourvues d’objectivité», a encore écrit la présidence tunisienne. Le journal tunisien en ligne Business News a évoqué «l’incident diplomatique» qu’auraient provoqué les propos de Moncef Marzouki.


A Alger, les déclarations du chef d’Etat tunisien, connu pour son franc-parler et  son engagement pour les droits humains, n’ont pas de suscité de réactions officielles. Hier, Mourad Medelci, ministre des Affaires étrangères, a, dans une interview au quotidien Liberté, souligné que les relations avec la Tunisie et l’Egypte sont excellentes : «Certains auraient souhaité que nous allions voler au secours des révolutions de pays voisins. Ce n’est pas dans la tradition algérienne», a-t-il soutenu. La présidence tunisienne, qui a souligné «le respect total et absolu par la Tunisie de la souveraineté de l’Algérie, président, gouvernement et peuple», a annoncé la venue prochaine à Alger de Moncef Marzouki. Cette visite serait programmée pour le 19 janvier. Le président tunisien devrait également se déplacer au Maroc et en Mauritanie à la faveur d’une tournée maghrébine.  


Par ailleurs, la présidence tunisienne a confirmé la nomination, le 9 janvier 2011, de Abdelkader Hadjar comme ambassadeur d’Algérie à Tunis. «Cette nomination n’a pas respecté les traditions diplomatiques qui prévoient 48 heures au moins pour parachever la procédure. Cela confirme le caractère excellent et profond des relations entre la Tunisie et l’Algérie», est-il écrit dans le communiqué du palais de Carthage. Avant Tunis, Abdelkader Hadjar était en poste au Caire. Il a eu notamment à gérer, fin 2009, la crise entre l’Algérie et l’Egypte après le match qualificatif à la Coupe du monde de football.

source elwatan

 

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Marzouki, les islamistes et nous

 

Quelle mouche a piqué Marzouki pour s’auto-déclarer Vrp d’Ennahdha et des islamistes et rejouer l’air obscurantiste de «l’islam est LA solution» ?

Par Karim Ben Sliman 


 

En visite en Libye, le président de la République a tenu des déclarations qui ont résonné très fort aussi bien à Tunis qu’à Alger. Le quotidien londonien ‘‘Al Qods al Arabi’’ a consigné dans sa livraison du 4 janvier les propos recueillis dans une conférence tenue par Moncef Marzouki. Le propos tournait autour de la montée fulgurante des islamistes après les printemps arabes en Tunisie, en Egypte et en Libye.

 

Le président s’invite dans le débat… algérien  

Selon le président, cette victoire est naturelle et elle est un signe que les Tunisiens et les Egyptiens ont finalement compris que l’islam pouvait être LA solution à leurs maux. Et d’ajouter que les partis victorieux des dernières élections démocratiques ont eu le mérite d’avoir concocté des programmes qui répondent aux aspirations à la liberté et à la dignité de leurs peuples. Il n’a pas manqué de frôler l’incident diplomatique avec Alger en affirmant que le maintien du Front islamique du salut (Fis) aurait pu éviter à l’Algérie le bain de sang et les années noires qu’elle a vécues. Les Algériens ont peu apprécié ces propos et ils l’ont fait savoir au locataire de Carthage. En plein remous électoral, la question de la participation des islamistes aux prochaines élections législatives en Algérie est un dossier très sensible. A ce titre, la sortie du président relève de la «gaffe» politique.


 
Marzouki-Jebali : les yeux dans les yeux 

 

Que le président envoie des signaux rassurants quant au risque de dérives liberticides exprimées par beaucoup après la victoire des islamistes d’Ennahdha est une chose qu’on pourrait justifier par le fait que les islamistes lui ont permis d’accéder au trône. Mais que le militant des droits de l’homme et l’opposant historique à la dictature, Moncef Marzouki reprenne à son compte le slogan «L’islam est LA solution» parait intriguant et inquiétant.

 

Pour rappel, tous les mouvements islamistes ont eu en commun ce slogan magique «L’islam est LA solution». Néanmoins certains l’ont délaissé car il cachait l’étroitesse de leur vision politique et l’absence de tout programme politique sauf celui d’accéder au pouvoir.

 

La politique et l’art du travestissement 

En effet, beaucoup de ces partis, dont le parti Ennahdha, préfèrent maintenant parler de référentiel islamique où ils puisent leurs préceptes et lignes directrices. Encore une pirouette intellectuelle car l’expression consacrée de référentiel islamique ne renvoie à rien de précis sur lequel on peut juger les orientations politiques des islamistes et leur projet de société. Le flou sur l’islam politique demeure donc entier, même si l’urgence des enjeux sécuritaires et économiques actuels détourne notre attention.


 
Marzouki et Jebali regardent-ils dans la même direction ?

 

Si les islamistes bénéficient aujourd’hui d’un blanc-seing pour gouverner le pays dans cette période transitoire, ils ne manqueront pas, bientôt, lors de l’élaboration de la constitution, de rendre leurs positions claires quant aux libertés individuelles, aux droits des minorités, à la sécularisation de l’enseignement et aux droits de chacun de disposer de son corps.

 

Mais quelle mouche a piqué Marzouki pour s’auto-déclarer VRP d’Ennahdha et des islamistes et rejouer l’air obscurantiste de «l’islam est LA solution» ? Comment un défenseur des droits de l’Homme, un rationaliste, un scientifique reconnu et un épris de démocratie et de liberté d’esprit peut-il reprendre à son compte ce slogan contre lequel toute argumentation et critique condamnerait son auteur à l’excommunication ?

Il y a beaucoup de choses qui font changer un homme d’avis et il y a la politique pour le pousser à se travestir.

source kapitalis

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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 02:22

La foule du Présidentstess des gades de corps, applaudissements quasi -programmés, un Président dont le message reprend l'axe principal de son discours d'hier. Dans une main les réformes, dans l’autre le gourdin de la répression de ceux que Bachar désigne par terroristes». Voilà tout …

 

 

 

Les autres foules : manifestations contre le régime ________________________________

 

Alep : «Le peuple exige la pendaison du Président» 

 

Deraa : « À bas le régieme... À bas le baas »

 

Rif Damas Arabia : « Allah Akbar Démocratie »

Homs 

Hama :  « Le peuple exige la chute du président ...»  

 

 

 

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Un journaliste français tué à Homs, premier reporter occidental tué en Syrie

Gilles Jacquier, grand reporter de la chaîne de télévision France 2, a été tué mercredi lors d'un reportage à Homs dans le centre de la Syrie, devenant le premier journaliste occidental à trouver la mort dans ce pays depuis le début de la révolte il y a dix mois.

Gilles Jacquier, grand reporter de la chaîne de télévision France 2, a été...

 

Gilles Jacquier, grand reporter de la chaîne de télévision France 2, a été tué mercredi lors d'un reportage à Homs dans le centre de la Syrie, devenant le premier journaliste occidental à trouver la mort dans ce pays depuis le début de la révolte il y a dix mois.
 

Le photographe de l'AFP Joseph Eid qui se trouvait avec lui a indiqué que le journaliste français (43 ans) avait été tué par un obus et que le photographe indépendant néerlandais Steven Wassenaar avait été blessé aux yeux par des éclats d'obus. La compagne de Gilles Jacquier se trouvait aussi sur les lieux.
Le président français Nicolas Sarkozy a dit attendre des autorités à Damas de faire "toute la lumière sur la mort" du journaliste. Son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé a condamné un "acte odieux" et demandé au pouvoir syrien "d'assurer la sécurité des journalistes internationaux sur son territoire".
 

La télévision officielle syrienne a accusé "un groupe terroriste" d'avoir "tiré des obus sur des journalistes étrangers", alors que des militants pro-démocratie sur place ont accusé le régime de Bachar al-Assad confronté depuis le 15 mars 2010 à une contestation populaire qu'il réprime dans le sang.
L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a précisé que six Syriens avaient également été tués dans l'explosion des obus. L'organisation basée en Grande-Bretagne a demandé l'ouverture d'une enquête, indiquant ignorer l'origine des tirs.

 
"Nous sommes arrivés à Homs encadrés par les représentants du gouvernorat. Tous les journalistes ont insisté pour se rendre sur le terrain. Les autorités ont décidé de nous emmener à Hadara, un quartier alaouite", la communauté religieuse du président Bachar al-Assad, a raconté M. Eid.
"Un premier obus est tombé sur un immeuble, alors que nous étions en train d'interviewer des manifestants pro-Assad qui nous ont suivis vers cet immeuble", a-t-il poursuivi.
"Nous sommes montés sur le toit. Entre-temps un second obus est tombé sur l'immeuble et en redescendant, j'ai vu des morts à terre et j'ai commencé à les photographier", a dit M. Eid. "Les autres journalistes sont descendus pour voir ce qui ce passait et ceux qui sortaient de l'immeuble ont reçu de plein fouet le troisième obus".

 
"Devant l'immeuble, les militants pro-Assad ont également été touchés. En redescendant, j'ai vu Gilles qui gisait dans une mare de sang. Une ambulance est arrivée, j'ai sauté dedans. A l'hôpital, c'était le chaos et l'hystérie totale, toutes les cinq minutes un nouveau blessé arrivait", a-t-il ajouté.

 
Le groupe de journalistes se trouvait à Homs, haut lieu de l'insurrection anti-régime, dans le cadre d'un voyage autorisé par Damas qui limite drastiquement les déplacements des médias étrangers.
Selon M. Eid, l'ambassadeur de France à Damas, Eric Chevallier, s'est rendu à l'hôpital où se trouvait le corps de Gilles Jacquier.


La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a exigé elle aussi une enquête, de même que l'organisation de défense de la presse, Reporters sans Frontières.
"Gilles Jacquier est le premier journaliste étranger tué en Syrie depuis le 15 mars. Nous demandons aux autorités, avec le concours des observateurs de la Ligue arabe, de faire toute la lumière sur cette tragédie", a déclaré RSF.


Selon elle, "un journaliste syrien et deux journalistes-citoyens syriens" ont été tués depuis la mi-mars.
L'Union européenne de télévision et l'Institut international pour la presse ont appelé les autorités syriennes à "protéger la liberté d'expression et garantir la sécurité des journalistes internationaux".
Londres a condamné ce décès et Washington l'a "déploré".


Gilles Jacquier était grand reporter pour France 2 depuis 1999. Il a en particulier couvert l'Irak, l'Afghanistan, le Kosovo et Israël. Il a réalisé de nombreux reportages pour l'émission Envoyé Spécial.
Né en 1968, il a débuté à France 3 Lille en 1991, avant de rejoindre la rédaction nationale de France 3 en 1994.
En 2003, le prix Albert Londres récompensait sa couverture de la deuxième Intifada et de l'opération Rempart menée par l'armée israélienne en avril 2002.

source elwatan

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Les circonstances de cette triste mort ...

 

 

 

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Un observateur quitte la mission de la Ligue arabe devant «les scènes d'horreur»

Il ne souhaite pas être complice du régime de Bachar al-Assad...

Un observateur de la Ligue arabe dépêché en Syrie pour vérifier l'application du plan de sortie de crise a quitté le pays, estimant qu'il n'était pas en mesure d'empêcher «les scènes d'horreur» et accusant le régime syrien de rendre les observateurs complices de la répression des manifestations hostiles au président Bachar al-Assad.

«Je me retire parce que je me retrouve en train de servir le régime», a expliqué Anouar Malek à Al Jazira. «Dans quelle mesure je servais le régime? Je donnais au régime une plus grande chance de continuer le massacre et je ne pouvais rien faire pour l'en empêcher», a ajouté l'observateur algérien dans une interview réalisée au siège de la chaîne de télévision, au Qatar.

«Les gens sont enlevés, les prisonniers sont torturés»

La mission d'observation de la Ligue arabe, qui compte actuellement 165 membres sur place, est arrivée en Syrie le 26 décembre pour vérifier l'application du plan de sortie de crise accepté par Damas en novembre. Ce plan prévoit la libération des prisonniers politiques, le retrait des chars de l'armée des villes du pays, la fin de la répression et l'ouverture d'un dialogue avec l'opposition. Selon l'ONU, la répression des manifestations antigouvernementales a fait plus de 5.000 morts depuis mi-mars 2011.

«Ils n'ont pas retiré leurs chars des rues, ils les ont juste cachés et redéployés après notre départ», a indiqué Anouar Malek. «Les snipers sont partout et tirent sur les civils. Les gens sont enlevés, les prisonniers sont torturés et personne n'est libéré. Ceux qui sont censés être libérés et sont montrés à la télévision sont en fait des personnes qui ont été prises au hasard dans les rues», a-t-il ajouté.

«Je ne peux pas laisser mon humanité de côté»

Interrogé sur les raisons de son départ, Malek a déclaré: «Ce qui compte le plus c'est d'avoir un sentiment d'humanité. J'ai passé plus de 15 jours à Homs (...) J'ai vu des scènes d'horreur, des corps brûlés (...) Je ne peux pas laisser mon humanité de côté dans ce genre de situation.»

Malek a également critiqué le chef de la mission de la Ligue arabe, le général soudanais Moustafa Dabi, dont la nomination a fait l'objet de vives critiques des militants des droits de l'homme estimant qu'il n'était pas le mieux placé au vu de son rôle joué dans le conflit au Darfour.

«Le chef de la mission voulait trouver un compromis pour ne pas fâcher les autorités syriennes ou tout autre camp», a estimé Malek qui avait tenu des propos critiques sur la mission sur sa page Facebook alors qu'il était sur le terrain.

Al-Assad promet de «frapper les terroristes d'une main de fer»

Un haut dirigeant de l'ONU a indiqué mardi au Conseil de sécurité que le nombre de manifestants tués en Syrie s'était accru depuis l'arrivée des observateurs de la Ligue arabe, a fait savoir Susan Rice, ambassadrice des Etats-Unis aux Nations unies.

Dans sa première intervention publique depuis juin, le président Bachar al-Assad a imputé mardi les dix mois de manifestations qui secouent le pays à un «complot de l'étranger» et a promis de «frapper les terroristes d'une main de fer.»

source 20minutes.
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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 08:40

Les moments forts de la révolution tunisiennes ... 

Partie I

Partie II    ________________________________

 

 
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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 05:32

 

 

  • «Si les médias vont mal, la démocratie va mal!»


  • La mobilisation était à son comble, ce matin du 9 janvier 2012.  Les journalistes n’ont pas manqué à l’appel du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) lancé le 7 janvier 2012 pour un mouvement de protestation à La Kasbah, devant le siège du Premier ministère.

     

    • Les dernières nominations à la tête des médias publics auraient été une surprise pour le syndicat mais aussi l’Instance nationale de réforme des médias, y voyant une consécration des anciennes pratiques. Loin des personnes nommées elles-mêmes, les professionnels du secteur dénonce la mainmise du gouvernement sur les médias.

       

      «On veut consacrer l’idée de médias gouvernementaux. Il n’y en a pas. Il y a des médias publics qui ne devraient jamais être au service du gouvernement», lance Jawher Ben Mbarek, représentant de la liste «Destourna» et professeur de droit constitutionnel.

      Sur les ondes de Shems Fm, Néjiba Hamrouni, présidente du SNJT, a même évoqué l’éventualité d’une grève générale dans le secteur si le gouvernement ne révise pas les nominations qu’il a annoncées samedi dernier.

      Pour Ridha Kéfi, membre de l’Instance nationale indépendante  pour la réforme de l’information et de la communication (INRIC), «il est hors de question qu’on revienne en arrière, avec des médias contrôlés par le pouvoir exécutif, victime de la censure et de manipulations». Et d’ajouter en substance que ces nominations montrent la volonté du gouvernement à avoir une mainmise sur les médias publics, ce qui est très dangereux, selon lui. «Ce que nous demandons est que le gouvernement révise sa décision, consulte les représentants du secteur que ce soit le SNJT ou l’INRIC», précise M. Kéfi.

      De son côté, Ahmed Bennour, porte-parole d’Ettakatol, estime que les médias doivent être indépendants du pouvoir exécutif. «La bonne santé de la démocratie dépend des médias. Si les médias vont mal, la démocratie va mal». Il affirme qu’il faut être solidaire avec ce mouvement de protestation, dénonçant la façon avec laquelle le gouvernement a procédé aux nouvelles nominations.

      Mais ce mouvement n’a pas manqué de provoquer la hantise de certains pro-gouvernement –pour ne pas dire des nahdhaouis– qui se sont acharnés à traiter les médias de tous les mots. Ils dénoncent le parti pris de certains médias contre le gouvernement.

      source webmanagercenter

       

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      Vers une grève générale des journalistes en Tunisie ?



       

      nejiba-hamrouniLes journalistes ont manifesté leur mécontentement, ce lundi 9 janvier, dès 10h du matin, sur la place de la Kasbah. Pour Néjiba Hamrouni, la présidente du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT), le gouvernement doit revenir sur sa décision, sur les nouvelles nominations des responsables à la tête des médias publics.


      Certains noms exerçaient des pressions sur les journalistes pour les empêcher de faire leur travail. Et voici qu’on les retrouve à la tête des médias publics.


       «Nous pourrons même, si le gouvernement ne tient pas compte de notre point de vue, appeler à la grève générale des journalistes» a souligné la présidente du SNJT sur les ondes de Shems FM, ce lundi 9 janvier. Après avoir précisé que : «Les médias doivent refléter la diversité de l’opinion publique et non celle d’une majorité ou d’une minorité politique». Regrettant au passage la persistance de «la confusion entre médias publics et médias gouvernementaux». Et selon Mme Néjiba Hamrouni, «le problème, c’est que la confusion persiste visiblement au niveau du gouvernement».


      Reste maintenant à savoir si le gouvernement va reculer devant le tollé généralisé, et la pression exercée par les professionnels des médias. Le cas échéant, les responsables d’Ennahdha qui reprochaient déjà aux journalistes leurs  «attaques», risquent de devoir faire face à des critiques encore plus virulentes. 

      Walid B.S

      source com/culture-

       

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      Colère des journalistes; les «barbus» réagissent

       

      «Non au retour aux pratiques de contrôle, de censure et de soumission au diktat politique»

       Contre-manifestation  des partisans d’Ennahdha  qui scandaient  «Par nos âmes, par notre sang nous  défendrons Hamadi Jebali»


       Le gouvernement fait machine arrière concernant la nomination  des rédacteurs en chef

       Abderrazek Kilani,  ministre délégué auprès du chef du Gouvernement, chargé de la relation avec l’Assemblée constituante, promet de transmettre les réserves émises par les journalistes sur les nominations aux postes administratifs au Premier ministre.



       

      Plusieurs centaines de journalistes ont participé, hier devant le palais du gouvernement à place La Kasbah, à un rassemblement de protestation  contre les  récentes nominations   à la tête des principaux médias publics  sans concertation préalable avec les parties concernées  ainsi que contre les atteintes  à la liberté de la presse. Lors de ce rassemblement organisé à l’appel du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT), les professionnels des médias ont dénoncé un « retour aux pratiques de contrôle, de censure et de soumission au diktat politique ». «Vous, les rétrogrades,  ôtez  votre  main mise sur la presse! », «La presse est publique et elle n’est pas gouvernementale », «Non à la peur, non à la terreur, le pouvoir est au peuple», scandaient les manifestants, dont le nombre a dépassé 600 personnes.

       

      Les protestataires parmi lesquels figuraient des représentants de la société civile, des avocats et  des dirigeants de partis politiques ont également dénoncé les agressions commises par les forces de l’ordre contre les journalistes. Ils ont, par ailleurs, estimé que les médias doivent constituer un pouvoir à part entière et non pas le porte-voix du gouvernement ou encore des partis vainqueurs des élections de l’Assemblée constituante. « Le peuple veut des médias indépendants », « ni le Qatar, ni les Etats-Unis, la presse est libre », « le gouvernement est provisoire, mais la liberté est éternelle», pouvait-on notamment lire sur les banderoles agitées par les protestataires. «Nous lançons un cri d’alarme après la multiplication des exactions et des agressions  contre des journalistes et nous dénonçons aussi les récentes nominations inappropriées à la tête des médias, sans prendre l’avis des instances spécialisées», a déclaré Néjiba Hamrouni, la présidente du Syndicat National des Journalistes Tunisiens.  Et d’ajouter : « nous sommes choqués de voir des symboles de la corruption de l’ancien régime qui avaient contribué à la répression des journalistes, couronnés aujourd’hui par le nouveau gouvernement».



      Contre-manifestation


      Juste en face du rassemblement des journalistes, une centaine de  citoyens, parmi lesquels figuraient de nombreux hommes barbus et des femmes voilées, ont organisé une contre-manifestation pour soutenir les choix du gouvernement. Ils ont notamment réclamé  la neutralité de la presse, accusant les journalistes d’être proches des partis de gauche. « Les pions du régime d’hier sont devenus aujourd’hui des révolutionnaires », «par nos âmes, par notre sang nous  défendrons Hamadi Jebali», «Non à la discorde et à la gabegie au nom de la liberté de la presse», scandaient-ils.

      Quelques accrochages ont eu lieu entre les journalistes protestataires et les organisateurs de la contre-manifestation, qui se présentaient comme des sympathisants du mouvement islamiste Ennahdha. Les deux camps qui brandissaient haut et fort des slogans qui se ressemblaient parfois comme la liberté de la presse et la neutralité des médias ont été séparés par des barrières et des cordons policiers.


      Le Premier ministère avait annoncé  samedi dernier plusieurs nominations à la tête des principaux médias publics mais aussi à des postes de rédacteurs en chef. Ces nominations ont notamment concerné l’agence Tunis Afrique (TAP), les journaux La Presse et Assahafa, et les deux chaînes nationales de télévision. Ces nominations ont aussitôt entraîné les protestations d’organisations professionnelles qui dénoncent, dont le Syndicat National des jouranlistes Tunisiens , l’Instance nationale pour la réforme de l’information et de la communication (Inric) et le Centre de Tunis pour la Liberté de la Presse.

      Avant même ces nominations, le SNJT avait appelé à un rassemblement  pour protester contre les agressions  commises par les forces de sécurité contre les journalistes et les diverses atteintes contre la liberté de la presse, dont les menaces proférées par des groupes salafistes contre les journalistes du quotidien « Le Maghreb » suite à la publication d’une enquête sur la mouvance salafiste en Tunisie et le silence du gouvernement face à la prise en otage de la radio religieuse Ezzeïtouna par des parties qui refusent la nomination de l’universitaire Ikbal Gharbi à la tête de cette radio. 




                  


      Annulation des nominations des rédacteurs en chef


      Le gouvernement a  fait machine arrière, hier,  concernant la nomination  des rédacteurs en chef dans les médias publics. « Le gouvernement a renoncé aux nominations des rédacteurs en chef annoncées récemment », précise Néjiba Hamrouni, présidente du SNJT, indiquant qu’ «il s’agit là d’un premier pas positif mais qui reste insuffisant pour garantir la liberté de la presse».

      Cette décision a été prise lors d’une réunion tenue hier au palais du gouvernement à La Kasbah entre les membres du Bureau exécutif du syndicat et le ministre délégué auprès du chef du Gouvernement chargé de la relation avec l’Assemblée Constituante, Abderrazak Kilani. Ce dernier a également promis aux membres du Bureau exécutif du SNJT de transmettre les réserves émises par les journalistes sur les nominations aux postes administratifs au Premier ministre, Hamadi Jebali.


      Lors de cette réunion tenue juste après le rassemblement des journalistes en présence de Ridha Kazdaghli, chargé de communication au Premier ministère, le syndicat des journalistes a, par ailleurs, réclamé l’entrée en vigueur du nouveau Code de la presse et du décret-loi portant organisation des médias audio-visuels et l’ouverture immédiate d’une enquête sur les agressions perpétrées par les forces de l’Ordre contre les journalistes.


                


      L’Association Nationale des Jeunes Journalistes rejette «catégoriquement» la politique de désignation à la tête des établissements médiatiques


      L’Association Nationale des Jeunes Journalistes (ANJJ) a exprimé «son rejet catégorique de la politique de désignation dans le secteur de l’information», une politique qui «reflète clairement la poursuite du même régime dans le pays».

      L’ANJJ considère, également, dans un communiqué rendu public dimanche, que l’adoption de cette politique de désignation «ne date pas d’aujourd’hui», mais a démarré au lendemain du déclenchement de la Révolution tunisienne, le 14 janvier 2011, avec la création de l’Instance Nationale pour la Réforme de l’Information et de la Communication (INRIC) et l’imposition de sa composition sans consultation des gens du métier.»


      L’Association réaffirme, à ce propos, son soutien du sit-in auquel avait appelé le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), her matin, devant le siège du Premier ministère, relevant que «la lutte pour la liberté de la presse ne se limite pas au seul volet des désignations, mais passe impérativement par l’amélioration des conditions du travail du journaliste, la facilitation de l’accomplissement de ses fonctions et la promotion de sa situation professionnelle.»

      Le Premier ministère avait annoncé, samedi, de nouvelles nominations à la tête des établissements médiatiques publics, à savoir l’Agence Tunis-Afrique Presse (TAP), la Société nouvelle d’impression, de presse et d’édition (SNIPE) et les journaux «La Presse» et «Essahafa», et l’Etablissement de la Télévision Tunisienne.


      source letemps






     

 

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بيان التكتل على اثر تعيين مسؤولين في مؤسسات عمومية


على اثر تعيين مسؤولين في مؤسسات عمومية بقرار من السيد رئيس الحكومة دون الرجوع بالاستشارة إلى الهيئات المعنية بقطاع الإعلام يعبر حزب التكتل الديمقراطي من اجل العمل و الحريات عن تضامنه المطلق مع كل الصحفيين  و العاملين بمؤسستي التلفزة الوطنية و جريدة لابراس و يضم صوته إلى كل المواطنين و المواطنات الغيورين على حرية التعبير.

و يدعو حزب التكتل الحكومة إلى مراجعة قرار التعيينات و اعتماد مبدأ التشريك في القرار بالرجوع إلى الهياكل المنتخبة من قبل الإعلاميين.

و يؤكد حزب التكتل على تمسكه المطلق بمبدأ حرية الإعلام و بمبدأ استقلالية السلطة الرابعة عن السلطة التنفيذية و كذلك الدفاع عن حياد المؤسسات الإعلامية العمومية و استقلاليتها حتى تكون بعيدة عن أي تدخل أو وصاية.
محمد بنور

الناطق الرسم

-التكتل-على-اثر-تعيين-مسؤولين-في-مؤ/source 

 

 

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