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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 01:37

Des artistes tunisiens manifestent pour la liberté de création

 

Quelque 300 personnes, peintres, cinéastes, écrivains se sont rassemblés dimanche devant le siège de l'Assemblée nationale constituante à Tunis pour que les droits culturels et la liberté de création soient inscrits dans la future constitution.

"Nous sommes ici pour demander à l'Assemblée constituante d'assurer la liberté de création et d'innovation, la protection des personnes et des créateurs, et de considérer la culture comme un service public au même titre que l’éducation et la santé", a expliqué Habib Belhadi, directeur du cinéma Afric'Art.
Son cinéma à Tunis avait été attaqué en juillet par des salafistes qui tentaient d'empêcher la projection d'un film sur la laïcité.
 

"Un retour en arrière serait très dangereux pour la pensée et la création", a déclaré de son côté le réalisateur Nouri Bouzid, tandis que le musicien Bahei Khamaiess s'inquiétait de la "marginalisation de la culture par les politiciens depuis la révolution".
Une pétition signée par 5.000 personnes a circulé lors du sit-in.

 

source maghrebemergent


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Les nouvelles nominations dans le secteur de l’information, un «précédent» !


Le Premier ministère a annoncé, samedi 7 janvier 2012, de nouvelles nominations à la tête de plusieurs établissements médiatiques. Il s’agit, pour certains d’entre eux, de premières en Tunisie, notamment celles concernant la nomination de rédacteurs en chefs des journaux «La Presse» et «Essahafa» ou la nomination du directeur de l'information à la Télévision tunisienne. Jamais, même sous le régime de Ben Ali, le Premier ministère n’est intervenu dans ce genre de nomination qui était plutôt une question interne.

 

L'Instance nationale pour la réforme de l'information et de la communication (INRIC) s'est dite, pour sa part, «surprise» de ces nouvelles nominations. Elle a, dans une déclaration rapportée par la TAP, dénoncé vivement ces décisions qui, dit-elle, ont été prises en l'absence de concertations avec les parties concernées, estimant que «cette attitude est en contradiction avec le processus de transition d'une information publique inféodée vers une information publique, démocratique, pluraliste et indépendante». Elle a estimé ces décisions diamétralement opposées aux pratiques en vigueur dans les démocraties et qui rompent les promesses tenues par le chef du gouvernement de se conformer aux normes internationales dans le domaine.

 

Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a indiqué, quant à lui, dans une déclaration rapportée par la TAP, avoir «accueilli avec une profonde déception» ces nominations, regrettant qu’elles aient été décidées sans concertation préalable avec les structures professionnelles spécialisées et plus particulièrement le SNJT qui constitue une structure légitimement élue représentant l'ensemble des journalistes tunisiens. Le Syndicat exprime ainsi son refus du mode de nomination des responsables à la tête des établissements médiatiques publics et dénonce «la poursuite de l'ignorance des professionnels du secteur de l'information». Il impute «la pleine responsabilité au gouvernement quant aux conséquences de telles nominations» qu'il a qualifiées «d'arbitraires», faisant remarquer que ces nominations peuvent avoir des incidences dangereuses aussi bien sur la profession que sur le secteur, dès lors que certaines personnes désignées ont été, selon la même déclaration, «des serviteurs dévoués sous le régime despotique de Ben Ali et que certains d'entre eux sont liés à des affaires de corruption».

 
Concernant la nomination de rédacteurs en chef et de directeurs d'information au sein de certains établissements médiatiques, le SNJT a dénoncé ces nominations qu'il a qualifiées de «précédent», précisant que de telles nominations devraient se faire par voie électorale ou consensuelle au sein des établissements médiatiques. Il a appelé le gouvernement provisoire à revenir sur ces décisions et «à adopter en urgence la loi portant création de la haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (HAICA)».

 

source businessnews

 


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L’ancien attaché de presse des gouvernements BenAli à la tête de l’agence TAP



Le gouvernement tunisien a procédé samedi soir à des nominations à la tête des principaux médias publics qui ont entraîné dès dimanche les protestations d'organisations professionnelles qui dénoncent une "soumission au diktat politique".

 
L'Instance nationale pour la réforme de l'information et de la communication (Inric), mise en place après la révolution, s'est dite "surprise par les nominations annoncées".

 
Dans un communiqué, elle a déploré "l'absence de concertation avec les parties concernées" et un "retour aux pratiques de contrôle, de censure et de soumission au diktat politique".
 

"Sommes-nous au pays de Zine El Abidine Jebali ?", titrait dimanche en une le journal en ligne Kapitalis, estimant que la méthode rappelait les pratiques de l'ancien régime. Le syndicat des journalistes tunisiens devait également publier un communiqué de protestation.
 

L'agence de presse tunisienne TAP sera dirigée par Mohamed Taieb Youssefi, journaliste à la TAP et ancien attaché de presse dans des gouvernements sous l'ancien régime.
 

Le réalisateur Sadok Bouabbene et la journaliste et animatrice Imène Bahroun ont été nommés respectivement à la tête de la première et de la deuxième chaîne de télévision.
 

Le gouvernement a également nommé deux rédacteurs en chef au journal La Presse et un directeur de l'information à la télévision tunisienne. Le journal Essahafa et la SNIPE (société d'impression de presse) auront également de nouveaux dirigeants.
 

"Ce qui est surprenant, c'est que ces nominations ne sont pas limitées aux postes administratifs mais se sont étendues aux services de la rédaction, ce qui constitue un retour aux pratiques de contrôle, de censure et de soumission au diktat politique", s'indigne l'Inric dans son communiqué. 

source maghrebemergent

 


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Le parti tunisien Ennahda critique les déclarations du Premier ministre algérien


Le parti islamiste tunisien Ennahda a vivement critiqué, ce dimanche 8 janvier dans un communiqué, les déclarations du Premier ministre Ahmed Ouyahia sur la Turquie. 



Le parti tunisien Ennahda critique les déclarations du Premier ministre algérien
Dans ses déclarations tenues à Alger à l'issue du conseil national du Rassemblement national démocratique (RND), le premier ministre algérien avait appelé Ankara à ne pas faire de l'Histoire de l'Algérie un fonds de commerce.

 
Ennahda accuse, ainsi, Ahmed Ouyahia de fuire «ses responsabilités l’obligeant à protéger la mémoire collective des Algériens». Le parti islamiste dit, également, voir dans les déclarations du premier ministre une sorte de soutien à la France qui refuse toujours de reconnaître ses crimes commis en Algérie durant la période de la colonisation.
 

Par ailleurs, Ennahda considère que les déclarations d’Erdogan rappelant à la France ses crimes sont un appui à la cause algérienne. La parti islamiste affirme, ainsi, avoir apprécié les déclarations du chef du gouvernement turc, Recep Tayyip Erdogan, selon le communiqué du parti.
source emarrakech
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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 19:20
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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 06:34

 


 

 

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Le soulèvement de la ville de Thala raconté par un thalois

 

Ci-dessous, des informations au quotidien envoyées l'année dernière par Taoufik Mnasri, habitant à Thala et activiste.

 

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« Le 5 janvier 2011, la police la plus spécialisée en Tunisie, les Tigres noirs, a connu sa plus grande défaite quand elle a affronté des manifestants armés d’amour pour leur patrie. Deux motos ont été mises hors service à la Hollywoodienne,  avec un câble attaché le long de la rue. L’élan d’un motard fou furieux qui veut écraser l’enfant criant un slogan anti-pouvoir est retenu. La feinte de cet enfant qui fuit son poursuivant en sautant dans l’oued où atterrit ce tigre noir qui croit continuer sur une route… Les policiers sans pitié arrosent la ville avec des centaines de bombes lacrymogènes et de gaz toxiques destinés à maitriser les animaux.  Des enfants aidés par ces jeunes sans emploi s’adonnent au plaisir de les occuper avec leurs lance-pierres…


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Les policiers pris sous la pluie des pierres défendent farouchement la rue principale et versent leur colère sur les propriétés privées: ils brûlent des arbres, cassent des commerces et agressent des innocents… Ils ne dorment pas ce soir et accueillent l’aube avec leurs bombes et leurs insultes.

 

La journée du 6 janvier ne se passe pas sans incidents: des arrestations et des exactions commises par la police. Mais avec la tombée du soleil, les manifestants reprennent leurs lance-pierres et bouclent les entrées des quartiers qu’ils défendent farouchement ce qui poussa le commandement de la police à demander un cessez-des-hostilités pour une durée de 24 heures en prétendant accepter la demande des manifestants de libérer tous les jeunes arrêtés durant ces 4 journées.


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La nativité des Thalois rappelle celle des Berbères de Jugurtha il ya 2160 ans. La confrontation tourna en fête, presque tous les Thalois ont défilé dans la rue principale libérée pour crier victoire…


 

Le 7 janvier 2011, journée marquée par un calme précaire, passe péniblement pour les Thalois qui attendent ce samedi pour voir les détenus être libérés et voir arriver un représentant du président de la république…

 

 

Le 8 janvier, l’attente est décevante, ni détenus libérés, ni représentant du président. Les jeunes descendent dans la rue crier leur déception. Ce soir-là, ils étaient trop, mais trop naïfs et ils n’ont pas cru aux balles tirées à la place des gaz qu’ils inhalaient les nuits précédentes. Les policiers ont visé calmement et sûrement les têtes et les poitrines et ils ont tué au moins 6 jeunes et enfants. Ils ont aussi gravement blessé deux douzaines  de manifestants.

 

Pour échapper à la justice internationale, ils ont maquillé leur crime: ils ont incendié les arbres et le bureau du service des travaux publics et ils ont fait appel aux militaires pour les aider à se cacher..



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Le 9 janvier, la ville, qui n’a pas fermé les yeux en comptant ses morts éparpillés dans les rues et  l’oued, la ville, qui n’a pas pu secourir ses blessés car les policiers tiraient sur les humains et les ombres, la ville, dont le mal a grandi, n’a pas caché sa haine pour celui qui a donné l’ordre de tuer, le président de la république. Cette ville a crié : « Maintenant, tu as du sang sur tes mains, tu ne pourras guère le laver… »



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La ligne rouge a été franchie et Thala a donné ses fleurs à la mort, des enfants lycéens qui avaient des rêves, des chômeurs qui avaient un espoir et des projets d’avenir. Thala ne s’est pas endormie ce soir…les veillées continueront jusqu'à ce que les assassins soient jugés. »


 

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Thalasolidaire fut censuré  le 9 janvier 2011. Nous avons alors créé un autre blog sous le nom de  musiquepopulairethela qui a pu, heureusement, échappé à la vigilance du régime jusqu’à sa «chute», le 14 janvier.  

 

 

 

Voici ce que nous a écrit un citoyen thalois, le 10 janvier sur musiquepopulairethela

 

 

 

«  Thalois le 10/01/2011
Merci pour vos efforts. Thalasolidaire est inaccessible en Tunisie. Les confrontations a Thala continuent en ce moment 21H00 locale et ont fait plusieurs blessés graves . A kasserine c'est le cahos total surtout aux cites Zouhour et Nour, une dizaine de mort et des dizaines de blessés et je fus moi-meme témoin » 

 

 

 

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Le 10 janvier 2011,  musiquepopulairethela publie l'information suivante : 

 

 

TEMOIGNAGE - Monia Bouali, une avocate bloquée dans un tribunal, a comptabilisé 11 morts lundi.

"Il y a une confrontation en direct, devant nos yeux, avec les policiers". C’est ainsi que Monia Bouali, avocate bloquée lundi par la police dans le tribunal de Thala, en Tunisie, a décrit la situation à laquelle elle assistait, au micro d’Europe 1.

 

Elle raconte voir des "tireurs", et comptabilisé "onze morts et des dizaines de blessés"

Depuis quelques jours, les avocats ont entamé une grève générale, en soutien à la population, qui manifeste contre la vie chère, le chômage et la répression. Une manifestation avait eu lieu lundi, à Thala, l’une des trois localités tunisiennes en proie à des violences, avec Kasserine et Regueb.

 

Dans ces villes, la révolte sans précédent que connaît la Tunisie depuis la mi-décembre contre le chômage a dégénéré ce week-end en émeutes sanglantes. Le bilan des émeutes est l’objet d’une guerre des chiffres entre les autorités et les manifestants : ces violences ont fait au moins quatorze morts selon le gouvernement, et plus de vingt selon des sources de l'opposition.

 

Dernier signe de la tension ambiante : le gouvernement tunisien a ordonné la fermeture de "tous les cours dans tous les établissements d'éducation" à compter de mardi. Et jusqu'à nouvel ordre.

 

source musiquepopulairethela

 

 

 

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THALA se débrouille seule depuis un an

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 04:47

La révolte se poursuit au Bahreïn

 

 

 

La monarchie de Manama et ses alliées du Golfe ne lâchent pas d’une semelle les protestataires chiites. Constituant la majorité de la population du Bahreïn, les chiites tentent, ces dernières semaines, de relancer la contestation contre la dynastie sunnite, lancée en février 2011. Une contestation durement réprimée.

 

 

Les protestataires revendiquent l’instauration d’une monarchie constitutionnelle. Cependant, les forces de l’ordre continuent à user de la répression dans le silence des monarchies voisines du Golfe et de la communauté internationale, sous prétexte que les manifestants sont manipulés par l’Iran. Des hommes armés en civil, soutenus par des membres des forces de sécurité bahreïnies, ont jeté vendredi des cocktails Molotov sur des maisons et des voitures dans le village chiite de Dar Koulaib, a rapporté hier l’AFP, citant un communiqué du groupe d’opposition Al Wefaq.
 

 

Des dizaines d’hommes armés, «soutenus par des véhicules de police, ont commis des actes criminels, attaquant les maisons avec des cocktails Molotov», a affirmé le principal groupe de l’opposition chiite dans ce communiqué. Selon lui, 29 maisons ont été attaquées de la sorte et deux de ces maisons ont été prises d’assaut par des hommes armés, dans ce village situé à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale Manama. L’attaque de Dar Koulaib est la troisième de ce type cette semaine, a déclaré de son côté l’ancien parlementaire d’Al Wefaq, Matar Matar. «Le fait que les autorités ne réagissent pas fermement à ce type de comportement montre qu’elles les approuvent», a-t-il relevé.

 

Le même jour, le militant des droits de l’homme et figure de l’opposition chiite Nabil Rajab a été attaqué par la police, à Manama, a affirmé Al Wefaq. Nabil Rajab, qui dirige le Centre bahreïni pour les droits de l’homme et qui est à Manama pour «exprimer sa solidarité avec les (protestataires) détenus», a été hospitalisé après cette attaque qui a aussi visé le militant Yossef Al Mahafdha, a expliqué Matar Matar. Le ministère de l’Intérieur a indiqué que «la police avait emmené M. Rajab à l’hôpital après qu’il eut été retrouvé étendu sur le sol», à la suite de la dispersion par les forces de sécurité d’une manifestation non autorisée dans le quartier de Makharka.
Une commission d’enquête indépendante a rendu, le 23 novembre 2011, un rapport dénonçant notamment «un usage excessif et injustifié de la force» de la part des autorités lors de la répression, à la mi-mars, d’une contestation qui avait duré un mois.

 

 

Un peuple face à six monarchies


Pour réprimer les manifestants au Bahreïn, l’Arabie Saoudite a envoyé, en mars, plus de 1000 soldats à Manama. Les Emirats arabes unis y ont dépêché 500 policiers et le Koweït a mobilisé une unité maritime. Cet arsenal fait partie des forces communes d’intervention du Bouclier de la péninsule regroupant les monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG), à savoir l’Arabie Saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar. Le CCG a été créé en 1981 suite à l’invasion de l’Afghanistan par l’Union soviétique et à la révolution iranienne en 1979. Il vise la coordination, l’intégration et la coopération des Etats membres dans les domaines économique, social, culturel et militaire.

 

Concernant ce dernier volet, en 1984, les six pays membres ont créé une force commune d’intervention appelée «bouclier de la péninsule». Avec l’Occident, à leur tête les Etats-Unis, ils ont soutenu l’Irak de Saddam Hussein dans sa guerre contre l’Iran. Et cela, par souci d’affaiblir Téhéran qui constituait un danger pour ces monarchies.

 
Le royaume wahhabite est relié au Bahreïn par un pont-digue. Achevé au milieu des années 1980, il permet à l’Arabie Saoudite d’acheminer ses forces vers Manama le plus vite possible en cas de troubles, pour prêter main-forte à la monarchie bahreïnie. Ainsi, le 29 décembre 1994, le ministre de l’Intérieur saoudien, le prince Nayef Ben Abdelaziz, avait déclaré à Manama que «les intérêts de sécurité des deux pays sont indivisibles». L’opposition affirme que cette visite a été précédée par deux brigades de la Garde nationale saoudienne, soit 4000 hommes, qui ont franchi ce pont-digue pour prêter main-forte aux forces répressives du royaume voisin.
Le Bahreïn abrite le quartier général de la Ve flotte américaine, ce qui permet aux Américains de surveiller l’Iran et le détroit d’Ormuz.

 source elwatan

 

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 Des centaines de personnes défient l'interdiction de manifester

 

Des centaines de personnes se sont rassemblées samedi à Bahreïn à l'appel de l'opposition menée par les chiites pour protester contre l'interdiction de manifester imposée par la police, selon un militant des droits de l'Homme et des vidéos publiées sur les réseaux sociaux.
 

 

Cheikh Ali Salman, le chef du Wefaq, principale formation de l'opposition chiite, a participé au rassemblement aux côtés d'autres figures de l'opposition.

 

La manifestation s'est déroulée sur la bande d'arrêt d'urgence de l'autoroute reliant les villages chiites à Manama, la police anti-émeute ayant bloqué les routes menant à Toubli, point de rassemblement annoncé au sud-ouest la capitale, a précisé à l'AFP Matar Matar, ancien député de l'opposition. Après des négociations infructueuses avec la police, cheikh Salman a demandé aux manifestants de rentrer chez eux, assurant que le message était passé.

 


Le ministère de l'Intérieur avait annoncé vendredi dans un communiqué avoir rejeté une demande de rassemblement déposée par le Wefaq, estimant que cela risquait de bloquer le trafic sur la principale artère du pays.

 

 

Un mouvement de contestation avait éclaté mi-février à Bahreïn sur fond de Printemps arabe, essentiellement mené par des chiites réclamant une véritable monarchie constitutionnelle dans le pays dirigé par une dynastie sunnite.
Il a été réprimé un mois plus tard avec l'appui des autres monarchies du Golfe, Arabie saoudite en tête, qui ont dépêché des troupes.

 

 

Une commission d'enquête indépendante a ensuite dénoncé un "usage excessif et injustifié de la force" en faisant état de 35 morts durant ce mois.
 

 

Des manifestations de moindre ampleur se poursuivent cependant de manière ponctuelle, essentiellement dans les villages chiites. Ces dernières semaines, plusieurs rassemblements ont été dispersés et un adolescent a été tué le 31 décembre par un tir de bombe lacrymogène.

source lorientlejour

 

 

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Au Bahreïn, l'opposition accuse la police de prêter main-forte à des attaques contre des chiites


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Au Bahreïn, les chiites ont tenté ces dernières semaines de relancer la contestation contre la dynastie sunnite lancée en février 2011, à Sitra le 1er janvier 2012.   REUTERS/Hamad I Mohammed

 

L'attaque du village chiite de Dar Koulaib serait le troisième incident du genre en une semaine. La police aurait laissé faire des civils armés de bâtons et de cocktails molotov, selon l'opposition. Celle-ci accuse aussi les forces de l'ordre de la monarchie sunnite d'avoir tabassé une figure des droits de l'homme du Bahreïn, Nabil Rajab, attaqué hier dans la capitale. Il était venu exprimer sa solidarité avec les opposants en prison. Plusieurs centaines d'entre eux devraient bénéficier de l'abandon des charges touchant à la « liberté d'opinion et d'expression ».

 

Une recommandation de la commission d'enquête indépendante qui a dénoncé le 23 novembre dernier un « usage excessif et injustifié de la force » dans la répression du mouvement de contestation en mars 2011. La commission a recensé 35 morts dont cinq policiers, mais aussi des cas de torture dans les prisons.

 

Les autorités de Bahreïn ont promis une « tolérance zéro » au chapitre des violations des droits de l'homme. Elles ont aussi annoncé la révision du procès des médecins lourdement condamnés pour avoir soigné des opposants.


Avec cette commission, qui a soigneusement évité le terrain politique, Manama entendait redorer son image internationale mais certainement pas avancer vers la monarchie constitutionnelle comme le demande l'opposition.

source rfi.fr

 

 

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Du Liban à Bahreïn, y a-t-il un arc chiite ?

 

Des communautés chiites manipulées par l'Iran et cherchant à profiter du printemps arabe… Mensonge avancé par des gouvernants inquiets ? Ou existe-t-il une internationale chiite ?

 

Le printemps arabe a relancé le débat sur le " croissant chiite ". Un terme forgé par le roi Abdallah II de Jordanie en décembre 2004, peu avant les premières élections législatives irakiennes. Le monarque avait alors exprimé à la presse internationale sa crainte que l'arrivée au pouvoir des chiites à Bagdad ne donne lieu à la formation d'un " croissant chiite " susceptible de déstabiliser le Moyen-Orient. Par cette formule, qui a fait mouche au point de devenir l'un des concepts clés de l'analyse de la géopolitique moyen-orientale, il souhaitait rendre compte de la manière dont l'Iran exerce son influence dans le monde arabe. A ses yeux, ce pays, seul Etat au monde où le chiisme dispose du statut de religion d'Etat, utilise la solidarité confessionnelle entre chiites pour tisser des réseaux d'influence transnationaux qui minent la souveraineté des Etats de la région et affaiblissent leur cohésion interne. Qu'en est-il exactement ? En quoi les soulèvements du " printemps arabe " changent-ils la donne en la matière ?


Stratégie. Au lendemain de sa création en 1979, la République islamique d'Iran avait clairement affirmé que l'exportation de la révolution islamique était l'un des fondements de sa politique étrangère. Dans la décennie 1980, plusieurs régimes arabes ont été victimes de tentatives de déstabilisation menées par des réseaux islamistes chiites transnationaux basés à Téhéran, notamment l'Irak, l'Arabie Saoudite et le Bahreïn.


Initialement, la politique d'exportation de la révolution s'est appuyée sur les réseaux islamistes chiites créés en Irak dans les années 1950 et 1960. Nés au sein des institutions religieuses, ces réseaux avaient mis à profit la structure transnationale du clergé chiite pour se diffuser dans le monde arabe. En fonction des situations nationales, leurs objectifs oscillaient entre obtenir une plus grande reconnaissance des chiites en tant que communauté religieuse (Liban, Koweït, Emirats arabes unis, Oman) et un renversement des régimes en place (Irak, Arabie Saoudite, Bahreïn). Très vite cependant, l'Iran a souhaité mettre en place un réseau plus malléable que les anciens réseaux irakiens, mus par une logique propre et refusant leur subordination aux intérêts nationaux iraniens. Dans les milieux islamistes chiites, on désigne ce nouveau réseau par le terme générique de " Hezbollah ", dont la création a divisé la mouvance islamiste chiite entre pro et anti-Iraniens. L'influence iranienne sur les mouvements chiites de la région s'est du même coup diluée, et, à la faveur de la libéralisation politique menée dans de nombreux pays arabes dans les années 1990 et 2000, beaucoup de mouvements islamistes chiites se sont transformés en partis politiques légaux et légalistes (Liban, Irak, Koweït, Bahreïn).


La chute de Saddam Hussein en avril 2003 a donné à l'Iran une opportunité unique de développer ses réseaux d'influence en Irak, mais les chiites irakiens n'en ont pas moins poursuivi leur mouvement d'autonomisation idéologique vis-à-vis de Téhéran. Ils savent cependant que, dans un contexte d'absence d'un Etat central fort et des luttes de faction acharnées qui les opposent entre eux, le soutien iranien est vital à qui veut acquérir ou conserver une forme de pouvoir. Loin d'être régies par des affinités religieuses et idéologiques, les relations des mouvements chiites irakiens avec Téhéran relèvent dès lors de calculs politiques permanents.


Répression. Le soulèvement du Bahreïn en février-mars 2011 a fait ressurgir la question de l'arc chiite. Près de 70 % de la population de ce petit archipel du Golfe persique professe le chiisme mais le pouvoir y est aux mains de la minorité sunnite. Historiquement, l'Etat du Bahreïn s'est construit sur la soumission manu militari des chiites par une coalition de tribus sunnites. Des difficultés économiques ont par la suite approfondi ce clivage, notamment le fort taux de chômage qui affecte surtout les chiites. Dans ce contexte, les mouvements d'opposition ont été dominés par les chiites et cette prépondérance s'est renforcée depuis les années 1980. Le soulèvement de 2011, définitivement maté le 18 mars avec l'aide de troupes saoudiennes et émiraties, a donné lieu à une campagne virulente orchestrée par le gouvernement du Bahreïn pour dénoncer un mouvement manipulé par Téhéran, afin de légitimer la répression aux yeux de l'opinion publique arabe et occidentale. Une manoeuvre dont les chancelleries occidentales n'ont pas été dupes, mais dont se sont saisis nombre de régimes arabes voisins : des témoignages font état de pressions accrues sur les chiites des monarchies du Golfe, allant jusqu'au licenciement de certains d'entre eux occupant des postes jugés sensibles. En Arabie Saoudite, où les chiites sont concentrés dans la province Est qui abrite les ressources pétrolières du royaume, plusieurs leaders religieux qui demandaient des réformes ont été arrêtés. Au Bahreïn, la répression s'est accompagnée d'un déchaînement de haine à l'encontre des chiites. Des lieux saints ont été vandalisés tandis que des leaders religieux sunnites lançaient des appels au boycott de magasins et d'entreprises dirigés par des chiites.


Cette répression a donné lieu à une série de protestations des mouvements et responsables chiites de la région. Le Hezbollah libanais, le Premier ministre irakien Nouri Al-Maliki, le leader politico-religieux chiite irakien Muqtada Al-Sadr, le grand ayatollah Ali Al-Sistani et bien sûr l'Etat iranien ont officiellement condamné le gouvernement du Bahreïn. Si elles témoignent de l'existence d'une solidarité religieuse transnationale, ces protestations n'ont pas été coordonnées et émanent d'instances aux statuts et aux intérêts différents. De façon significative, les diverses initiatives iraniennes ont été froidement accueillies par les protagonistes chiites du soulèvement bahreïni, pour qui elles sont apparues comme faisant le jeu de la rhétorique du régime. Ce soulèvement a confirmé que l'arc chiite n'existe pas, si l'on entend par là un réseau transnational chapeauté par l'Iran et mu par une logique et des objectifs politiques communs. De peu d'utilité pour analyser la géopolitique moyen-orientale, l'arc chiite est en revanche un épouvantail facile à manier pour les régimes arabes. Il permet en outre à l'Iran d'entretenir l'image, très surfaite , d'un Etat capable d'intervenir où bon lui semble.


En savoir plus

 

Le chiisme dans le siècle, par Sabrina Mervin, Flammarion, novembre 2011. Chiisme et politique au Moyen-Orient. Iran, Irak, Liban, monarchies du Golfe, par Laurence Louër, Perrin, 2009.
L'Iran et le Moyen-Orient, in revue Maghreb-Machrek n° 201, automne 2009.
Le renouveau chiite, Vali Nasr, Demopolis, 2008.
Les mondes chiites et l'Iran, par Sabrina Mervin, Karthala, 2007.

 

Laurence Louër, Chercheuse au Centre d'études et de recherches internationales (Ceri- Sciences Po-CNRS)
source alternatives-internationales
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 الشرطة "تعتدي بالضرب" على ناشط حقوقي

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قال معارضون بحرينيون إن الشرطة اعتدت بالضرب على ناشط حقوق الانسان نبيل رجب، مما استوجب نقله الى المستشفى لتلقي العلاج.

وقال محمد الجيشي، محامي رجب، إن موكله تعرض "لضرب مبرح" اثناء تجمع جرى بالعاصمة المنامة.

الا ان السلطات البحرينية تقول إن رجال الشرطة عثروا على رجب وهو "ملقى على الارض" وقامت بنقله الى المستشفى.

يذكر ان الاغلبية الشيعية في البحرين ما لبثت تتظاهر منذ فبراير / شباط الماضي من اجل الفوز بمزيد من الحقوق، وما زالت المواجهات بينهم وبين قوات الامن تحدث بشكل شبه يومي.

وقال مركز البحرين لحقوق الانسان الذي يترأسه نبيل رجب قد قال إنه غادر المستشفى بعد "تلقيه العلاج اللازم."

وقال المركز إنه اخضع للتحقيق من جانب قوات الامن اثناء رقوده في المستشفى.

وقال المركز في تصريح نشره في موقعه الالكتروني إن رجب قد اخبر محاميه ان رجال الشرطة احاطوا به وانهالوا بالضرب عليه دون سابق انذار.

وقال إنه تعرض للضرب على ظهره ووجه اصيب جراءها باصابات "بليغة" في وجهه.

الا ان الحكومة تصر على ان الشرطة عثرت على رجب "ملقى على الارض حيث كان قد اصيب بجروح اثناء مشاركته في مظاهرة غير مصرح بها."

ونقلت وكالة فرانس برس عن النائب البرحيني المعارض السابق مطر مطر قوله إن الناشط يوسف المحافظة قد استهدف ايضا في نفس الحادثة.

وقال مطر إن رجب هوجم "عندما كان يزور المنامة للتعبير عن التضامن مع المعتقلين."

من جانبها، ادانت جماعة الوفاق المعارضة الاعتداء الذي تعرض له رجب، وطالبت الحكومة باعتذار.

وكان اكثر من اربعين شخصا قد قتلوا في الربيع الماضي نتيجة قمع السلطات البحرينية للمحتجين. وقد استنتجت لجنة تحقيق مستقلة في

وقت لاحق ان السلطات "استخدمت القوة المفرطة" لقمع الاحتجاجات.

source bbc

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8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 03:47

Ils contestent la légitimité du nouveau chef de l’armée libyenne

 Le CNT engage un bras de fer avec les «thowar»

 

Si avec la chute du régime de Mouammar El Gueddafi le plus dur a été fait en Libye, il semble tout de même que le pire est à craindre dans ce pays désormais régenté par des milices armées.

Pour la première fois depuis la fin de la guerre civile, le président du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil, a reconnu l’existence de «confrontations militaires» et évoqué, dans la foulée, le risque d’une «sécession», voire même d’une «guerre civile». «Sans sécurité, il ne peut y avoir ni de justice, ni de progrès, ni d’élections. Chacun veut faire sa propre loi (…)», a-t-il averti cette semaine après un énième refus des «thowar» (révolutionnaires) de reconnaître l’autorité du CNT et de déposer les armes. C’est qu’avec la multiplication des incidents en plein centre de Tripoli, il était difficile à Moustapha Abdeljalil de cacher davantage la réalité. Près de trois mois après la libération, la Libye est, en effet, toujours en proie à des accrochages sanglants entre rebelles. En l’absence d’une autorité centrale reconnue par tous, la situation a pour effet immédiat de creuser davantage les divisions tribales et régionales.


Le tout se déroulant bien évidemment sur fond de course effrénée pour le pouvoir. L’autre élément, qui n’ira sans doute pas sans accroître la crise ouverte entre le CNT et les «thowar», a trait à la nomination, par le CNT, d’un chef d’état-major à la tête de la nouvelle armée libyenne. Moustapha Abdeljalil et ses compagnons du CNT viennent, en effet, d’imposer le colonel Youssef El Mangouch comme nouveau commandant en chef des forces armées, poste resté vacant depuis l’assassinat du général Abdelfattah Younès en juillet dernier. Des groupes d’anciens rebelles ont effectivement rejeté cette nomination aussitôt annoncée. Pourtant, en misant sur Youssef El Mangouch, le CNT avait fait le choix du compromis. Originaire de Misrata, le colonel El Mangouch, devenu entre-temps général, a rejoint l’insurrection dès ses débuts.

 

Les rebelles veulent leur part de pouvoir


Alors pourquoi ce rejet ? La coalition des «thowar» de Libye rappelle à ce propos qu’en décembre dernier, Moustapha Abdeljalil avait demandé aux «thowar» de présenter un ou des candidats à ce poste très convoité.
Après des négociations, les ex-rebelles se sont mis d’accord sur une liste de six hauts gradés. Tous ont fait partie de l’ancienne armée libyenne et tous ont participé activement aux combats contre le régime de Mouammar El Gueddafi. Le nom du nouveau chef d’état-major choisi par le CNT ne figurait pas sur cette liste. Aussi, sa nomination vient montrer que leurs propositions n’ont tout simplement pas été prises au sérieux et que le CNT continue à faire cavalier seul. Bref, ils se sont fait duper. Ce qui bien entendu les a rendus fous de rage.


Aujourd’hui, les «thowar» continuent de défier le pouvoir en choisissant Salah Salem Al Obeïdi, un haut officier issu d’une famille très implantée dans l’Est, en le nommant chef d’état-major. Signe sans doute que la confrontation sera inévitable entre les deux parties, le CNT a affirmé hier que la nomination du chef d’état-major de la future armée libyenne était «irréversible». «La décision du CNT de nommer le colonel Youssef El Mangouch est une décision finale et irréversible», a déclaré à la presse Mokhtar Al Jadal, membre du comité médiatique du CNT, précisant que M. El Mangouch avait été choisi par la majorité des membres du CNT.


La question est maintenant de savoir si les milices réfractaires à la nomination d’El Mangouch céderont et, surtout, accepteront se laisser désarmer. Le CNT a-t-il les moyens d’engager un bras de fer avec les «thowar» ? Peu probable ! Du moins, il ne peut pas vraiment compter sur les quelques sections de «thowar» qui viennent de l’assurer de leur soutien.

 
Il faut savoir que pour l’heure, ce sont les anciens «rebelles» qui assurent le maintien de l’ordre en Libye et non l’armée libyenne qui n’existe pour ainsi dire pas encore. Pour le moment, le CNT aura juste réussi à créer une scission au sein des «thowar» qui peut s’avérer des plus dangereuses.

source elwatan

 

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Prémisses d’une guerre civile en Libye

Le pouvoir de transition assis sur une poudrière

 

 

par Djamel Bouatta8_200_150.jpg

La Libye reste le terrain d'une mosaïque de groupes armés.

Rien qu’à Tripoli, deux grandes milices issues de la capitale sont menées par l'islamiste Abdel Hakim Belhadj, un vétéran de l’Afghanistan contre le communisme, et Abdoullah Naker, un chef de guerre sans étiquette, a priori. Sans compter les milices venues d'autres régions libyennes et qui ne comptent pas déposer leurs armes tant qu’elles n’ont pas obtenu leur part du gâteau. 

 
La situation sécuritaire est explosive au point que le président du CNT, Moustapha Abdeljalil, d’habitude optimiste, évoque dorénavant un risque de guerre civile. Les ex-rebelles, de vraies factions militaires dirigées par des chefs de guerre et fondées pour la plupart sur des tribus, refusent de rentrer dans les rangs comme les ont conviées les autorités de transition. Le gouvernement provisoire libyen leur a offert la possibilité de s’intégrer dans la nouvelle armée nationale qui se construit avec l’aide notamment de l’Otan.  

 
Pis encore, ces chefs de guerre refusent même d'accepter la récente nomination du nouveau chef d'état-major pourtant récemment désigné après que son prédécesseur, un général soupçonné d’être à la solde de la CIA américaine, ait été éjecté. Ces milices “révolutionnaires”, qui ont contribué à la chute du régime de  Mouammar Kadhafi, font encore la loi en Libye. Dans la capitale en particulier où la population n’a pas arrêté de manifester pour demander le démantèlement de ces groupes armés. 

 
Les incidents entre milices, population et forces officielles se sont multipliées. La semaine dernière, des affrontements entre une milice locale et des ex-rebelles venus de la ville de Misrata ont fait quatre morts dans la capitale. L'arrestation d'un milicien de Misrata à Tripoli aurait mis le feu aux poudres, selon Al-Jazeera.  “Soit nous répondons sans faiblesse à ces événements qui entraînent les Libyens dans une confrontation militaire que nous ne pouvons accepter, soit c'est la sécession et la guerre civile”, a estimé le président du CNT depuis Benghazi, apparemment plus sécurisée.  Moustapha Abdeljalil, lui-même vieux compagnon de route de Kadhafi, menace de ne pas tenir d’élections tant que les miliciens refusent de rendre leurs armes. Sa déclaration sonne comme un aveu d'impuissance. 

 
Car les miliciens, qui ont puisé leurs armes dans l'arsenal de l'ancien régime après avoir été armés par la coalition franco-britannico-qatarie, constituent pour tous ceux qui ont de l’influence sur la Libye post-Kadhafi le bon argument pour peser sur ses choix politiques, diplomatiques, économiques et sociaux. 
Le climat est si délétère qu’il inquiète au plus haut point, Washington dont la porte-parole du département d'État, Victoria Nuland, vient de renouveler les offres de services de son pays au CNT pour “mettre en place une force centrale” avec l’assistance de l’Otan.

 
“Nous lui fournissons déjà certains conseils”, a souligné Victoria Nuland dont la déclaration a donné l’impression que les États unis étaient comme pris de court par la tournure des événements en Libye. Washington va certainement dans une première phase dépêcher des conseillers militaires dans ce pays du Maghreb. Plus de deux mois après la capture et l’assassinat de Mouammar Kadhafi, Tripoli ressemble à une mosaïque de fiefs aux mains de milices différentes. 

 
D’un côté, Abdel Hakim Belhadj, islamiste passé par des camps taliban en Afghanistan, installé dans une suite d'un hôtel de luxe à Tripoli. De l'autre, Abdoullah Naker, ancien ingénieur en électronique qui ne cache pas son mépris à l'égard de Belhadj et des autorités de transition. Des milices étrangères à la capitale sont aussi actives dans Tripoli, telles que celle de Zentane, qui contrôle l'aéroport international. Les milices de Misrata maintiennent une présence dans les faubourgs de l'est tandis que des combattants de la minorité berbère délimitent leurs territoires à l'aide de drapeaux bleus, verts et jaunes. Un autre groupe de combattants originaires de l'est de la Libye, berceau de la révolution, ajoute à la confusion. Et toute cette armada de miliciens à son porte-parole au sein du CNT ! Tous convoitent le poste de chef de la nouvelle armée en gestation. La nomination récente de Youssef al Mankouch, vice-ministre de la Défense dans le gouvernement de transition, un choix de compromis, n’a pas satisfait les miliciens : son nom ne figure pas dans leur liste remise au président du CNT. 
Et celui-ci vient d’offrir un salaire de 500 dollars à ceux qui choisissent d'intégrer l’armée ou la police.

source liberte-algerie

 

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Lettre de Libye : Kadhafi mort, la conquête s’achève,

l’occupation s'impose, la résistance s’organise...

 

par Pierre Piccinin


Libye-occidentale 3967 - Copie

Juchés sur les gravats encore fumants des villes de Beni Oualid et de Syrte, dont les populations ont opposé pendant des mois une farouche résistance aux assauts des rebelles venus de l’est, les nouveaux maîtres de la Libye ont annoncé triomphalement la « libération » complète du pays, immédiatement après la mort du chef de l’État libyen, le colonel Mouammar Kadhafi, sauvagement massacré et finalement exécuté d’une balle dans la tête, le 20 octobre 2011, au terme d’un supplice dont on ne connaîtra probablement jamais ni le détail, ni les réels commanditaires (le Conseil national de Transition –CNT- a en effet refusé de procéder à une autopsie complète et régulière et a ordonné l’ensevelissement du corps, de nuit, dans le désert, en un endroit tenu secret).
 

 

Les frappes de l’OTAN ont donc permis aux rebelles de s’emparer de Tripoli, et ensuite des régions de Beni Oualid et de Syrte ; et la Libye est désormais complètement « libérée » (ou « conquise » ; c’est selon le point de vue) ; mais pas encore pacifiée pour autant : si la plupart des médias « mainstreams » n’en parle pas, à Syrte, à Beni Oualid, mais aussi dans le sud de la Tripolitaine et dans la vaste région du Fezzan, dans les villages et oasis qui peuplent le grand sud-ouest libyen, la résistance demeure active, comme j’ai pu le constater durant plusieurs jours de périple qui m’ont mené de Tripoli et des ruines de Syrte jusque dans le Sahara, aux frontières de l’Algérie et du Niger.


Dans cet immense territoire, la lutte se poursuit encore.

  Syrte - www.pierrepiccinin.eu

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En août 2011, je m’étais rendu dans l’est de la Libye : j’avais traversé la frontière libyenne depuis l’Égypte et rejoint Benghazi, épicentre de la rébellion et capitale du CNT.

J’avais eu l’opportunité de rencontrer des membres du CNT et de la diplomatie occidentale, mais aussi celle de me rendre sur le front et d’y passer quelques jours, en compagnie de combattants rebelles, lors de la chute de Brega, puis du siège de Ras-Lanouf, sur la route de Syrte.

Mon second voyage d’observation en Libye a eu cette fois pour but de constater l’état de la situation dans l’ouest du pays, à Tripoli, à Beni Oualid et Syrte (deux villes qui ont résisté sans faillir à l’avancée des rebelles et furent lourdement frappées par l’OTAN) et dans le Fezzan, le sud-ouest libyen.

Parti de Tunis tôt le matin, par le train jusqu’à Gabès, j’ai ensuite grimpé dans un taxi collectif qui m’a mené jusqu’au poste frontière de Ras-el-Jedir.

 

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A la frontière tunisienne, les camps du Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies ont changé de locataires. Ce sont désormais les vaincus et les Libyens à la peau noire, assimilés aux mercenaires subsahariens de Kadhafi, qui y ont trouvé refuge. (© photo Pierre PICCININ - octobre 2011)

Un élégant capitaine du CNT, qui parlait un anglais irréprochable, m’y a fait attendre près d’une heure, avant de finalement tamponner mon passeport en échange de deux beaux billets de cent dollars états-uniens chacun. On pourrait déduire de l’aventure -petit détail- que les bonnes vieilles habitudes, révolution ou pas, ne se sont jamais perdues. Oui, mais voilà… Sous la dictature kadhafiste, ces pratiques à l’égard des étrangers, radicalement proscrites, étaient sévèrement réprimandées.

 

La nouvelle Libye semble plus accommodante.

De Ras-el-Jedir, j’ai gagné Tripoli de nuit, par la route de la côte, en traversant des villes et villages marqués par la guerre, Sabratha plus particulièrement, aux immeubles criblés par la mitraille et éventrés par l’artillerie.

 

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    Check-point à Sabratha (© photo Pierre PICCININ - octobre 2011)

 

Après avoir franchi un nombre impressionnant de postes de contrôle tenus par les miliciens rebelles venus de Benghazi et de Tobrouk ou de Zliten et Misrata, autant de check-points qui ne trompent pas sur le climat d’insécurité qui domine encore les régions de l’ouest libyen, je suis arrivé à Tripoli : la capitale a recouvré sa sérénité et une certaine sécurité, sous le regard des miliciens qui se font relativement discrets dans les rues, mais montent la garde devant tous les bâtiments publics, hôtels et autres immeubles susceptibles de constituer une cible pour un attentat.

De Tripoli, j’ai pris la route de Beni Oualid, l’un des deux principaux foyers de résistance en Tripolitaine, avec Syrte : en septembre, au terme de longues négociations, les chefs des clans de Beni Oualid avaient refusé de se rendre au CNT et à l’OTAN. La ville a dès lors été pilonnée par les rebelles et les avions de l’alliance atlantique. La plupart des bâtiments et immeubles ont été détruits et une partie de la population, dont le nombre est difficilement estimable, a disparu ou quitté la ville, aujourd’hui en grande partie déserte.

 

Beni Oualid - www.pierrepiccinin.eu

                Beni Oualid (© photo Pierre PICCININ - octobre 2011)

 

La région demeure cependant instable : elle est habitée par les clans tripolitains de la tribu des Warfallas, la plus importante de Libye, qui s’est divisée durant le conflit ; les Warfallas de Tripolitaine ont en effet refusé de se joindre à la rébellion et restent hostiles au CNT, a fortiori après leur défaite face aux rebelles, mais surtout face aux armées étrangères de l’OTAN…

 

Le lendemain, je me suis rendu à Syrte, la ville d’origine de Mouammar Kadhafi.

Jusqu’à Misrata, la route est sécurisée et il n’est pas compliqué de trouver un transport. Au-delà, en revanche, on s’approche du territoire de la tribu dont était originaire Mouammar Kadhafi, une région qui a opposé une résistance jusqu’auboutiste à la progression des rebelles soutenus par l’OTAN. Des groupes armés y mènent encore des actes de résistance. Ils semblent toutefois très isolés, et l’on ne peut probablement pas parler d’une véritable guérilla. Mais la route, bordée par le désert, est propice aux embuscades. Il m’a fallu chercher longtemps avant de trouver un véhicule pour gagner Syrte, où le danger est permanent : le lendemain de mon passage, six miliciens de Misrata y ont été tués, alors qu’ils prenaient leur repas, mitraillés par un groupe de combattants sortis des ruines ; ces attentats sont toutefois très localisés, dans la région de Syrte et certains oasis du Fezzan, et il est donc difficile de se prononcer, pour l’instant, sur l’avenir de cette résistance.

 

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                      Misrata (© photo Pierre PICCININ - octobre 2011)

 

Avant d’arriver à Syrte, j’ai traversé Zliten et Misrata, berceaux des deux seules tribus de l’ouest qui, avec les Berbères du Djebel Nafousa (au sud de Tripoli), se sont soulevées contre le gouvernement libyen et ont rejoint la rébellion, permettant ainsi l’encerclement de la capitale. Les deux villes ont subit d’importants tirs d’artillerie lourde de la part des forces armées libyennes loyales à Mouammar Kadhafi. Á Misrata, en particulier, de nombreux immeubles ont été touchés et en partie détruits lors des combats qui se sont déroulés de mars à avril.


Si Misrata avait rejoint la rébellion, ce fut dans le but de se débarrasser de la tutelle du gouvernement de Tripoli. Aujourd’hui, les chefs des clans de Misrata refusent donc de se soumettre à une nouvelle autorité et comptent bien négocier d’égaux à égaux avec le CNT (il en va de même des Berbères –un dixième de la population libyenne-, qui réclament la reconnaissance de leur particularisme régional et s’opposent à l’idée d’une Libye nationaliste arabo-musulmane ; les Berbères dont les miliciens se heurtent quotidiennement aux islamistes qui, armés par le Qatar, ont pris une part importante dans la conquête et le contrôle de Tripoli).


La ville a ainsi été transformée en fort retranché et des chars en surveillent les entrées. Mais ces mesures défensives ne s’expliquent pas seulement parce que Misrata se prépare à défendre son autonomie : cernée par ceux qu’elle a vaincus, la tribu de Misrata se retrouve haïe par ses voisins de Tripolitaine et de fait en état de siège face la résistance qui persiste…

 

Touarga - www.pierrepiccinin.eu

                     Touarga (© photo Pierre PICCININ - octobre 2011)

 

À quelques kilomètres au sud-est de Misrata, en continuant de progresser vers Syrte, la route passe à côté de la petite ville de Touarga, aujourd’hui complètement vidée de ses habitants : les clans de Touarga ont combattu la rébellion et participé au siège de Misrata avec les forces armées gouvernementales. Mais, lorsque la conjoncture s’est inversée, à la  faveur des frappes de l’OTAN, les rebelles de Misrata ont fait de Touarga « un exemple » : les hommes ont été en grande partie massacrés (certains ont été abandonnés sur place après qu’ils aient eu les jambes brisées) ou enfermés dans la prison de Misrata, où beaucoup ont été « punis », c’est-à-dire torturés et quotidiennement soumis à des humiliations, et où un certain nombre d’entre eux seraient toujours détenus (je n'ai pas été autorisé à visiter cette prison). Des raids des rebelles ont ensuite chassé les derniers habitants, auxquels il est interdit de regagner leurs maisons.


Touarga est donc aujourd’hui une ville fantôme. N'y demeurent que quelques tireurs embusqués, des « snipers » ; impossible pour moi, en tant qu'occidental (donc assimilé à l'OTAN et aux rebelles), de pénétrer dans les ruelles étroites de la ville, sans prendre une balle...

 

Après deux heures de route à travers le désert, j’ai atteint Syrte.

C’était la première fois que je voyais une ville complètement bombardée, ravagée par le déluge de feu que l’on peut imaginer au regard de ce qu’il reste des bâtiments : les routes crevées par les obus, les immeubles effondrés, les murs criblés, les panneaux de signalisation et les réverbères déchiquetés par la mitraille, des automobiles retournées par le souffle des explosions, projetées sur les façades des habitations ou sur d’autres véhicules… Toute une ville en grande partie disparue.

 

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            Syrte (© photo Pierre PICCININ - octobre 2011)

 

A Syrte et Beni Oualid, les nouvelles autorités n’ont pas rétabli la distribution de l’eau, ni l’électricité, ni l’approvisionnement en carburant (dans les deux cas, nous avions emporté des jerricanes d’essence pour ne pas tomber en panne sèche). De même, les distributions de vêtements et de denrées alimentaires aux populations sont rationnées et volontairement limitées par les miliciens du CNT, y compris lorsqu’il s’agit de l’aide du Programme alimentaire mondial (ce fut lors d’une distribution, à Syrte, que l’on m’a interdit de prendre des photographies pour la première fois depuis le début du conflit). Aucune reconstruction n’a encore été entreprise et aucun camp de tentes n’a été monté.

 

Le but est évident…

 

Syrte 2 - www.pierrepiccinin.eu

     Syrte (© photo Pierre PICCININ - octobre 2011)

 

Ces villes, Syrte surtout, ont subit de lourdes pertes civiles. Si Beni Oualid a été sévèrement bombardée, Syrte a quant à elle été pour ainsi dire rasée par les bombardements de l’OTAN qui, en agissant de la sorte, a rompu son mandat : l’OTAN avait la mission de protéger les civils ; en aucun cas d’aider une rébellion armée à renverser le gouvernement dans un État souverain et à conquérir des villes.


Lors de la bataille de Syrte, présentée par les médias occidentaux comme la victoire d’une rébellion démocratique, l’OTAN, sans le moindre doute, s’est rendue coupable d’un crime de guerre au sens le plus strict du droit international et des deux Conventions de Genève. Syrte, une ville de 134.000 habitants, est aujourd’hui un amas de ruines ; seul un quartier a été partiellement épargné, au nord-est. « Vae victis ! », clamaient les Romains ; « malheur aux vaincus ! » : tout comme Dresde, Syrte ne fera probablement jamais l’objet d’un procès, devant un improbable tribunal pénal international pour la Libye…


Il est impossible de chiffrer le nombre des morts civils ; probablement plusieurs milliers (les habitants que j’y ai rencontrés m’ont parlé de plusieurs dizaines de milliers de morts, dont les corps auraient été emportés et enfouis dans des fosses communes, creusées dans le sable du désert voisin). Selon les témoignages que j’ai recueillis auprès des rebelles qui occupent Beni Oualid et Syrte, ceux qui n’ont pas été tués dans les bombardements auraient pour la plupart quitté les lieux et se seraient établis à Tripoli, Misrata ou Benghazi.


L’objectif du CNT serait donc d’éviter que ces clans hostiles ne se reconstituent et ne reprennent tôt ou tard les combats pour venger leurs morts et se libérer de la tutelle de leurs vainqueurs.

 

Syrte 3 - www.pierrepiccinin.eu

  Syrte (© photo Pierre PICCININ - octobre 2011)

 

À Beni Oualid, j’avais été invectivé par un groupe d’habitants qui commençaient à se rassembler autour de mon véhicule, et il avait été plus prudent de quitter l’endroit. Je porte en effet sur mon visage d’occidental tout ce que ces gens haïssent désormais et, ayant vu ce que nos gouvernements leur ont fait, je ne saurais les blâmer de s’être montrés agressifs et menaçants envers moi. Ils ont certainement trouvé indécent cet Européen, venu voler ainsi les images de leur malheur.


À Syrte, en revanche, il reste réellement très peu d’habitants. Lorsque j’y ai, là aussi, été pris à partie par quelques personnes qui se sont approchées de moi, j’ai donc tenté le dialogue : ces gens m’ont demandé ma nationalité ; je leur ai montré mon passeport belge, et l’ambiance s’est détendue. Ils ne savent pas que la Belgique compte parmi les responsables du désastre qui a détruit leur ville et désolé leur existence ; ils ignorent que les F-16 belges ont été, parmi les avions de l’alliance atlantique, les plus actifs lors des bombardements qui ont dévasté leurs maisons.


Je me demande par contre quelle aurait été leur réaction si j’avais été français ou britannique. Certainement moins aimable que celle des habitants de Benghazi : partout y flottent des drapeaux états-uniens, français, anglais, italiens… Et d’immenses affiches encensent le héros de la fête : Nicolas Sarkozy, le président français.

 

Syrte 4 - www.pierrepiccinin.eu

             Syrte (© photo Pierre PICCININ - octobre 2011)

 

À Syrte, plus particulièrement, c’est l’humiliation qui rend le présent insupportable, comme me l’ont expliqué les survivants : les miliciens de Benghazi qui patrouillent fièrement parmi les ruines et narguent les survivants du haut de leurs pickups armés de canons ou de mitrailleuses ; la punition pour avoir résisté à l’Occident ; l’injuste condamnation de la communauté internationale qui leur a refusé le droit de se défendre ; l’impuissance à changer leur sort face à la machine militaire atlantique ; la misère, la pauvreté, la crasse, qui sont devenus leur nouveau quotidien…

 

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                Syrte (© photo Pierre PICCININ - octobre 2011)

 

Mais aussi la manière dont leur chef, Mouammar Kadhafi, a été assassiné, par des miliciens de Misrata.

Comment il a été battu, frappé, insulté, avec sauvagerie et furie, avec jouissance et dans les cris de joie, avec toute l’arrogance de ces vainqueurs sans pitié, qui se sont acharnés sur leur adversaire, un dictateur qui n’avait pas fait preuve de beaucoup d’états d’âme, certes, mais dont il ne restait alors qu’un vieil homme, traqué, épuisé, hagard et seul, et qui ne semblait pas comprendre pourquoi tout cela devait finir ainsi, comme on a pu s’en rendre compte en visionnant les images que des rebelles avaient prises au moyen de téléphones portables et qui ont circulé partout… et à Syrte également.


À travers la personne de Mouammar Kadhafi, c’est donc toute la population de Syrte qui a été humiliée, méprisée. Et c’est semble-t-il cette humiliation-là, plus que la guerre qu’on leur a imposée et la destruction de leur ville, qui restera pour les défenseurs de Syrte comme l’infranchissable obstacle à la réconciliation « nationale ».


Un petit couple a insisté pour que je le prenne en photographie avec ses quatre enfants. Dignement, ils m’ont demandé de les montrer, sans voyeurisme, devant les ruines de l’appartement qu’ils habitaient à Syrte, pour que « les gens, en Europe, puissent bien se rendre compte de ce qu’ils ont laissé faire ici ».

 

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Syrte (© photo Pierre PICCININ - octobre 2011)

 

Il y avait un peu de tension dans leur voix, de la colère à peine maîtrisée, mais pas d’animosité envers moi ; je ne suis ni français, ni britannique : leurs premières interpellations avaient été hostiles, mais ils s’étaient ravisés dans la seconde, surpris, lorsque je leur eus dit ma nationalité, et le dialogue a pu commencer.

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Le soir tombant, mon chauffeur, qui était de Misrata, m’a expliqué que les miliciens allaient rentrer dans leur caserne et qu’il ne fallait pas rester là, la nuit venue ; qu’il fallait partir tout de suite ; que, pendant la nuit, les « terroristes » qui se cachent dans les ruines attaquent les étrangers. Il était aussi très inquiet, car, m’a-t-il dit, notre véhicule portait une plaque d’immatriculation de Misrata et, sur les deux heures de route qui nous en séparaient, il craignait une attaque.


C’est pourquoi il profita du départ pour Tripoli d’un convoi de camions transportant des chars d’assaut, lequel quittait Syrte avec une escorte de pickups surarmés. Nous nous sommes joints à ce convoi ; à l’approche de Misrata, le chauffeur, rassuré, a quitté le convoi et a accéléré jusqu’à Tripoli.


Le dernier objectif que je m’étais fixé lors de ce voyage d’observation était le sud-ouest libyen (le sud de la Tripolitaine et le vaste Fezzan), dans le but de savoir si, Beni Oualid et Syrte mâtées, l’ouest résistait encore et, si non, quelle en était exactement la situation.


J’ai donc quitté Tripoli en direction de Sebha, Mourzouk et, à travers le Sahara, la frontière du Niger.

En empruntant des moyens de locomotion locaux, collectifs, ce qui me permettait de rencontrer la population de la région et de m’informer auprès d’elle, j’ai traversé les villes et villages du sud-ouest, Al-Aziziyah, Qawasim, Gharyan, Mizdah, Mazuzah, Al-Qaryat, Ash-Shwareef, Al-Braq…


Si une certaine tension subsiste et si le risque d’être attaqué sur la route par des groupes de combattants hostiles au CNT demeure bien réel (il ne s’agit pas de partisans de Kadhafi, ni de « contrerévolutionnaires », mais de résistants à l’invasion de leur territoire), dans l’ensemble, la population a partout repris normalement ses activités. Mais il est bien clair que le moindre hameau a connu d’intenses luttes et que le Fezzan a opposé une sérieuse résistance aux troupes rebelles, comme en témoignent notamment les traces de combats partout visibles.


Incapable d’anéantir seul la résistance sans craindre de lourdes pertes, le CNT, selon les témoignages rassemblés à Al-Braq et, plus au sud, à Mourzouk et Al-Qatrum, aurait fait appel à l’OTAN : aucun journaliste ou observateur occidental n’ayant pris le risque de s’aventurer dans cette région très au sud, les forces atlantiques n’auraient pas hésité à liquider cette résistance par des frappes massives. C’est dans cette région, à Ubari, à l’est de Mourzouk, que Séif al-Islam, le fils aîné de Mouammar Kadhafi, pressenti pour lui succéder, avait trouvé refuge jusqu’à sa capture.


Systématiquement, j’ai engagé la conversation avec les miliciens, ceux qui nous contrôlaient, aux check-points, et ceux que nous rencontrions dans les relais et qui patrouillaient sur cette longue route. Mon but était de savoir s’il s’agissait de miliciens des clans locaux ou, comme à Syrte et à Beni Oualid, de forces d’occupation imposées par les rebelles. 


Libye - www.pierrepiccinin.eu


Il n’était pas difficile d’obtenir l’information : étant le seul occidental présent dans la région, les miliciens, intrigués de me rencontrer, se sont toujours montrés très aimables et voulaient absolument que je les prenne en photographie. Leur première question concernait ma nationalité.


Je pouvais donc facilement la leur retourner : aucun des miliciens rencontrés n’était sur son territoire ; tous, sans exception, étaient de Zliten, Misrata ou Benghazi ; quelques-uns étaient berbères, très reconnaissables à leur drapeau et à la lettre « yaz » de leur alphabet, symbolisant « l’amazigh », « l’homme libre », que les miliciens berbères peignent sur leurs véhicules…


On ne trouve pas trace, en revanche, de l’armée régulière, dont on peut se demander ce qu’il en est advenu une fois le gouvernement renversé.

En d’autres termes, l’ouest, vaincu par la rébellion et l’OTAN, est aujourd’hui bel et bien sous occupation.

J'ai aussi rencontré des miliciens libyens qui venaient d'arriver du Canada et des États-Unis ; j'avais été surpris par leur accent lorsqu'ils parlaient anglais et leur avais dès lors demandé son origine...

Je me suis informé sur ce même sujet auprès de la population et j’ai pu appréhender très rapidement son ressentiment à l’égard de ces forces d’occupation, ressentiment intense à Ash-Shwareef en particulier, qui a été très sévèrement bombardée par l’OTAN et est désormais sous l’autorité d’un important contingent de miliciens de Zliten et Misrata.


Libye-occidentale 4328


J’ai eu l’occasion de m’entretenir plus longuement avec quelques-uns de ces miliciens.

Leur plus grand souci vient d’Algérie, du Niger et du Tchad, à partir desquels agissent des groupes de « terroristes », qui y trouvent de l’aide et des armes.

- Where are you from ?

- Belgium. And you ?

- Zliten. What are you doing, here, in the middle of the desert ?

- I’m an historian. My main field of research is the Arabic World.

- I see ! You are looking here what happen, because of this war.

- You mean after this « revolution »…

- Yes, sure ! The revolution !

- Everything quiet, now ?

- We have the control of the country. The problem is the control of the borders…

 

Fezzan - www.pierrepiccinin.eu

         Check-point dans le Fezzan (© photo Pierre PICCININ - novembre 2011)

 

Fait significatif : si l’on peut voir flotter le drapeau du CNT partout dans le nord de la Tripolitaine (exception faite de Beni Oualid et de Syrte, dont il est quasiment absent) et le Djebel Nafousa (où le drapeau berbère est également très présent), les trois couleurs ornées du croissant de lune et de l’étoile se font beaucoup plus discrètes dans les autres régions de Libye occidentale et sont même parfois assez rares dans les oasis du Fezzan, presqu’aussi invisibles que le drapeau vert de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste, aujourd’hui proscrit.


Mon périple vers le sud s’est achevé une nuit, à Sebha : le dernier transport collectif que j’avais emprunté m’a déposé peu avant minuit dans le centre d’une ville vandalisée, dont les bâtiments publics et les hôtels, comme je m’en suis rapidement rendu compte, avaient été saccagés et abandonnés. Durant les événements, le gouverneur de Sebha avait renvoyé chez eux les agents des forces de l’ordre, laissant le champ libre aux pilleurs ; il avait imputé les désordres à la rébellion et encouragé la population à soutenir le gouvernement et à s’opposer aux rebelles. Dans la banlieue, des groupes de résistants tiraient encore et des balles traçantes zébraient le ciel.


J’ai donc gagné une caserne, elle aussi mitraillée et saccagée, où un groupe de jeunes miliciens d’un des clans de Sebha avait établi ses quartiers. Tout aussi amusés qu’étonnés de voir débarquer un européen sac au dos, ces miliciens m’ont donné à manger et m’ont prêté un matelas ; j’ai pu passer la nuit en leur compagnie, en sécurité.


Grâce à leur aide, j’ai sillonné la ville et sa région, jusqu’au-delà de Mourzouk, plus au sud, avant de me décider à rentrer sur Tripoli et de regagner Tunis.

Sebha n’est quant à elle pas sous occupation. Les combats y ont été très limités, contrairement à ce que j’avais envisagé, puisqu’il s’agit d’un des fiefs de la tribu des Kadhadfa, la tribu de Mouammar Kadhafi.

La ville a cela dit servi de relai aux mercenaires qui furent envoyés en renfort aux troupes gouvernementales loyales à Kadhafi, mercenaires en provenance du Tchad, du Niger, du Darfour et du Mali.

Sans avoir soutenu la rébellion, les clans de Sebha ne s’y sont effectivement pas tous opposés; la majorité des clans y ont vu l’occasion de se débarrasser des mercenaires étrangers et ont profité de l’effondrement de l’État pour prendre leur autonomie par rapport à Tripoli. En cela, ils ont fait exception dans le Fezzan.

Des miliciens des clans locaux ont même appuyé les rebelles face aux mercenaires kadhafistes qui n’ont pas résisté longtemps et ont tenté de rejoindre Tripoli. Aussi, la ville présente peu de traces de combat et est maintenant sous l’autorité de ses propres miliciens.

Il semble donc qu’un accord ait été passé en la matière avec le CNT ; l’importance économique de Sebha est en effet négligeable : ni pétrole, ni gaz, ni eau ; Sebha vit essentiellement du transit des marchandises qui traversent le Sahara. La ville peut donc bien jouir d’une relative autonomie, dont s’accommodera Tripoli.

A Sebha, j’ai pu visiter les trois bâtiments en grande partie détruits par des frappes de l’OTAN, tous trois situés en dehors de la ville. Dans l’un d’eux, j’ai découvert un équipement qui n’a pas encore été recensé par les observateurs de l’ONU et du CNT, lesquels commençaient à peine à se mettre à l’œuvre dans le nord du Fezzan lors de mon passage.

 

Libye-occidentale 4362   Libye-occidentale 4462

          Le gouvernorat et la station d'autobus de Sebha (© photo Pierre PICCININ - novembre 2011)

 

Parfaitement ciblée, d’une manière réellement « chirurgicale », la station d’autobus a été détruite, car elle servait de plateforme pour le transport des contingents de mercenaires envoyés en renfort de Sebha à Tripoli. Sur la route qui quitte la ville en direction du nord, plusieurs carcasses d’autocars détruits par les appareils de l’alliance atlantique témoignent des convois de troupes qui sont partis de Sebha pour la Tripolitaine.

Le deuxième site visité fut le centre du gouvernorat de Sebha : des pilles de dossiers jonchaient encore le sol ; dans les garages, j’ai constaté la présence d’importants stocks d’armes et de munitions, qui avaient éclaté du fait de l’incendie consécutif aux frappes.

Mais c’est sur le troisième site que nous avons trouvé les éléments les plus intéressants. Il s’agissait de vastes hangars appartenant à une entreprise civile de fabrication de plastics.

Selon les témoignages de mes accompagnateurs, l’endroit avait été réquisitionné au courant du mois de septembre pour cantonner des mercenaires arrivés à Sebha, sous le commandement d’Abdullah al-Sanoussi, le chef des services de renseignement de Mouammar Kadhafi : al-Sanoussi avait d’abord pris position dans la bourgade d’Al-Sahtee, fief de son clan, à 65 kilomètres de Sebha. Il avait ensuite fait mouvement en direction de Sebha et repris le contrôle d’une partie de la ville.

 

Sebha - www.pierrepiccinin.eu

  Sebha (© photo Pierre PICCININ - novembre 2011)

 

Dans l’un de ces hangars, nous avons trouvé des caisses de kalachnikovs et de munitions, du matériel de contre-mesures aériennes, mais aussi un stock de matériel utilisé dans la manipulation et l’emploi d’armes chimiques, de gaz de combat, comme l’ont confirmé les experts militaires à qui j’ai soumis mes photographies : des combinaisons complètes, des masques et différents produits servant à décontaminer et à soigner les personnes atteintes par les gaz.

 

  Libye-occidentale 4433   Sebha' - www.pierrepiccinin.eu

                Sebha (© photo Pierre PICCININ - novembre 2011)

 

Dans la mesure où ce matériel n’était pas ordinairement stocké dans cet endroit, mais y fut amené à l’occasion des événements pour servir aux mercenaires engagés par le gouvernement de Mouammar Kadhafi, et ce, qui plus est, fin septembre, alors que l’issue de la guerre apparaissait de plus en plus clairement sans espoir pour les partisans du régime, cette découverte laisse supposer que le gouvernement libyen a eu l’intention ferme, en dernier recours, d’utiliser un armement chimique dans le conflit qui l’opposait à la rébellion et à l’OTAN.


La Libye avait certes adhéré à l’Organisation pour l’Interdiction des Armes chimiques (OIAC) en 2004 et avait déclaré ses stocks d’armes, mais n’avait détruit que 55% de son potentiel lorsque la rébellion a commencé : le gouvernement libyen disposait encore de onze tonnes et demie de gaz moutarde, entreposées sur les deux sites de Rabta, au sud de Tripoli, et de Ruwagha, dans la région de Al-Joufra, au nord-ouest de Sebha…

 

*

*             *

 

Ainsi, les clans de l’ouest, à l’exception de Zliten, Misrata et des Berbères du Djebel Nafoussa, refusent toujours l’autorité du CNT et de l’OTAN ; ils acceptent mal l’occupation dont ils font l’objet.

Dans l’ouest, l’insécurité règne donc dans les zones qui ont été soumises par la force et les nouvelles autorités commencent à avoir bien du mal à faire passer pour des « accidents » les attentats qui s’y multiplient.

 

Syrte 7 - www.pierrepiccinin.eu

                                Syrte (© photo Pierre PICCININ - octobre 2011)

La question est désormais de savoir si cette résistance trouvera dans un proche avenir les moyens de reprendre son souffle ou bien si les clans vaincus, par résignation et calcul, abandonneront la lutte et intégreront, sans plus s’y opposer, l’ordre imposé par le CNT, tout prêt à vendre une dictature déguisée aux populations de ces clans désunis qui n’ont aucune idée du fonctionnement d’un État démocratique… La « nouvelle Libye ».

Une Libye nouvelle, portée sur les fonts baptismaux par les grands États pourvoyeurs du libéralisme économique, les sociétés pétrolières et l’Alliance atlantique.

Les Libyens l’ont-ils bien compris ? Cela, c’est une autre histoire… 

 Lien(s) utile(s) : Afrique Asie 

    

 

libye3[1]

 

 

 source 

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 22:27

Nass El Ghiwane (Arabe) wikipedia

Nass El Ghiwane (Français) wikipedia

 

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 21:00

Jeudi 6  janvier 2011 (création du blog Thalasolidaire)

Le blog Thalasolidaire a été créé le 6 janvier 2011, car de nombreux témoignages de notre famille vivant à Thala (Tunisie) nous ont alarmés. Nous ne pensions pas au début de la révolution que ce blog serait encore vivant aujourd’hui, nous vous remercions donc de nous suivre depuis un an déjà! Le but de cette chronologie est de nous rappeler les évènements comme nous les percevions pendant la révolution. Nous avions  l'incertitude, mais aussi la joie et l'espoir de voir notre pays changer pendant ce mois de janvier 2011. C’est aussi un hommage aux hommes et aux femmes qui sont morts pour libérer la Tunisie d’une des pires dictatures. Nous mettrons donc  en ligne quelques articles et quelques vidéos publiés sur Thalasolidaire lors de ces journées historiques.

Nous commencerons par le 6 janvier (création du blog)  

 

Deux articles parus sur le blog Thalasolidaire le 6 janvier 2011 :

 

-Tunisie: un rappeur critique et un blogueur sont arrêtés par la police

 

 

Le jeune rappeur tunisien Hamada Ben Amor qui a sorti sur son compte Facebook deux chansons particulièrement critiques du pouvoir, et un blogueur, ont été arrêtés jeudi par la police, a-t-on appris auprès de leurs familles.

 

Joint au téléphone par l'Associated Press, le frère du rappeur, Hamdi a raconté que le chanteur, âgé de 22 ans, a été arrêté jeudi vers 5h30 du matin à son domicile à Sfax, capitale du sud tunisien, par des agents qui se sont présentés comme étant de la sûreté de l'État.

 

«Ils étaient plus de 40 policiers venus à bord de plusieurs voitures qui ont encerclé la maison et ont demandé poliment à Hamada de les suivre», a précisé son frère.

Aux membres de la famille qui leur demandaient les raisons de l'interpellation de leur enfant, les agents ont répondu qu'ils avaient reçu un ordre pour enquêter sur lui pour deux ou trois jours.

La première chanson du rappeur intitulée «Raïs Lebled» (littéralement: chef du pays), est une sorte de lettre ouverte dans laquelle son auteur connu sous le pseudonyme «le général» s'adresse au président (Zine El Abidine Ben Ali) pour l'appeler à descendre dans la rue pour voir les jeunes au chômage et les gens qui ne trouvent pas de quoi manger. Pour Hamdi, son frère est comme «un enfant qui s'adresse à sa manière à son père».

La deuxième chanson, plus virulente, «La Tunisie, notre pays», parle de corruption et fait assumer au gouvernement la responsabilité de la dégradation de la situation sociale en Tunisie.


De son côté, Slim Alouou, un ingénieur informatique particulièrement actif sur le site Twitter, a envoyé un message depuis ce réseau social pour dire qu'il était actuellement au ministère de l'Intérieur. La veille, il avait fait état de la présence de la police devant son domicile.


En mai dernier, il avait été l'un des promoteurs d'une marche avortée à Tunis pour protester contre le verrouillage de sites Internet.


Ces arrestations coïncident avec des cyber-attaques de sites officiels tunisiens par des pirates qui agissent sous l'appellation «Anonymous», un groupe d'internautes qui dit vouloir défendre la liberté d'expression et se déclare solidaire du mouvement de revendication sociale qui secoue la Tunisie depuis plus de deux semaines.

 

Références : http://www.capacadie.com/monde/2011/1/6/tunisie-un-rappeur-critique-et-un-blogueur-sont-arretes-par-la-police


______________________________ 

-L'agitation continue en Tunisie, grèves et arrestations de cybernautes

 

Entre manifestations de rue, grève des avocats, tentatives de suicide et arrestations d'internautes, l'agitation sociale partie de Sidi Bouzid (centre-ouest) il y a trois semaines s'est poursuivie jeudi en Tunisie, malgré des mesures d'apaisement du gouvernement

                                    

A Sidi Bouzid (265 km au sud de Tunis), la plupart des lycées et collèges étaient en grève dans cette ville endeuillée au lendemain de l'enterrement de Mohamed Bouaziz, a indiqué à l'AFP Ali Zari, responsable syndical local.


Mohamed Bouazizi, 26 ans, s'était immolé le 17 décembre pour protester contre la saisie de son étal de primeurs par des agents municipaux. Il est devenu depuis le symbole d'une révolte contre la précarité sociale et le chômage, notamment celui des jeunes diplômés.

Le mouvement qui s'est étendu depuis à d'autres régions enclavées du centre et du sud ouest, a gagné jeudi des localités du littoral-est plus nanti.

 

À Jbeniana, près de Sfax (300 km au sud-est de Tunis), la police a dispersé une manifestation de lycéens et d'autres plus violentes à Tala (ouest) où des arrestations musclées avaient été signalées dès mercredi soir.
Un nouveau suicide, le 3e depuis le début des troubles, a eu lieu à Chebba, sur le littoral-est, où Mohamed Slimane, 52 ans, un ouvrier du bâtiment, père de deux diplômés de l'université sans emploi, a été retrouvé pendu.

 

L'homme était malade et aurait désespéré de recevoir une aide pour se soigner et nourrir sa famille.
A Regueb, près de Sfax, un jeune a menacé de se donner la mort par électrocution pour dénoncer la corruption et l'inégalité face à l'emploi et un autre s'est immolé à Metlaoui, un zone minière ayant connu des troubles en 2008.

 

Des milliers d'avocats ont observé une grève pour dénoncer la répression le 31 décembre d'une manifestation de solidarité avec les habitants de Sidi Bouzid, selon le bâtonnier Abderrazak Kilani.
Le barreau avait dénoncé ''un usage sans précédent'' de la force et affirmé le devoir de ''défendre la liberté d'expression'' et ''le droit des habitants de Sidi Bouzid et d'autres régions démunies à l'emploi, à la dignité''.

La grève a été cependant été dénoncée comme un acte ''politique'' contre le régime par des avocats du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, parti au pouvoir du président Zine El Abidine Ben Ali).
Par ailleurs, un rappeur et deux blogueurs ont été arrêtés jeudi, au lendemain de cyber-attaques de groupes d'internautes solidaires du mouvement de protestation sociale. Celle d'un troisième n'a pu être confirmée.

Ces attaques répondaient à un mot d'ordre lancé par les ''Anonymes'' (Anonymous) qui se présentent comme un groupe d'internautes attachés à la liberté d'expression.


Selon son frère, Hamada Ben Amor dit ''Le Général'' arrêté à Sfax, est l'auteur d'un rap intitulé ''Président, ton peuple est mort'' diffusé sur internet, devenu un espace d'expression pour des milliers de jeunes tunisiens notamment sur Facebook et Twitter.

 

Slim Amamou et El Aziz Amami, cybernautes très actifs contre la censure ont été également arrêtés jeudi, selon le journaliste opposant Sofiene Chourabi.
A Paris, 200 personnes se sont rassemblées dans le cadre d'une journée internationale de solidarité avec la révolte sociale en Tunisie, et d'autres devant le consulat de Tunisie à Lyon (centre-est).

La France suit de près la situation en Tunisie, a dit la porte-parole adjointe du ministère français des Affaires étrangères, Christine Fages.


''Nous continuons de suivre de très près la situation en Tunisie et souhaitons que les tensions, qui ne sont dans l'intérêt de personne, s'apaisent. Il n'appartient pas à la France, pas plus qu'à un autre État, de conseiller les autorités tunisiennes dans le domaine économique et social'', a-t-elle ajouté.

Le président Ben Ali avait accusé l'opposition d'instrumentaliser la révolte à des fins ''malsaines'', avant de retoucher son gouvernement et de débloquer 116 millions d'euros pour des emplois à Sidi Bouzid.

Par Hamida BEN SALAH© 2011 AFP

 

références:http://www.lanouvellerepublique.fr/france-monde/ACTUALITE/Economie/Social/L-agitation-continue-en-Tunisie-greves-et-arrestations-de-cybernautes

 

 

-Vidéos

 

(Vidéo filmé le 6 janvier 2011 et mis en ligne sur le blog)

 

Vidéo amateur des manifestations du 6 janvier 2011 : http://www.youtube.com/watch?v=uoMOYMKnf7o&feature=player_embedded

 

Reportage sur la révolution en Tunisie (6 janvier 2011) : http://www.youtube.com/watch?v=6JeE5pZ6LRE&feature=player_embedded

 

 

 

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 20:15

Réorganisation  de l’univers médiatique par Ennahdha et sans doute pour Ennahdha. L’avenir le dira… 

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Les nouveaux patrons des médias publics

Le Premier Ministre, Hamadi Jebali, a annoncé une série de nominations dans le secteur des médias. La télévision publique, l'agence d'information nationale, le quotidien d'Etat "la Presse" changent de dirigeants. Un jeu de chaises musicales tant les nouveaux nommés connaissaient ces entreprises. A noter qu'Imène Bahroum (photo à gauche ) quitte le secteur privé pour devenir directrice de la seconde chaine nationale. Tous étaient en activité sous Ben Ali.

 Les nouveaux patrons sont : 

 Mohamed Néjib Ouerghi : Président Directeur général de la Société nouvelle d'impression, de presse et d'édition (SNIPE) et directeur des journaux « La Presse » et « Essahafa ». Etait DG de la TAP.

 Faouzia Mezzi et Mongi Gharbi : Rédacteurs en chef du journal «La Presse» étaient déjà membres de la rédaction de La Presse.

 Néji Abbassi; rédacteur en chef du journal « Essahafa »,

 Adnène Khedr : Président Directeur général de l'Etablissement de la Télévision Tunisienne. Il était le directeur de la chaine 1.

 Sadok Bouabbène : Directeur de la première chaîne télévisée. Il était le directeur de la deuxième chaine.

 Imène Bahroun : Directrice de la deuxième chaîne télévisée travaillait à ExpressFM et avant, HannibalTV.

 Saïd Khezami : Directeur de l'information à la télévision tunisienne.  

source lewesternculturel

 

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Mustapha Ben Jaâfer ne semble pas faire l'affaire d'Ennahdha pour la coordination de la rédaction de la Consititution... 

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 Des élus d’Al Aridha dénoncent les agissements d’Ennahdha dans les coulisses

 

Les débats sur le Règlement intérieur de la Constituante se sont poursuivis en cet après-midi du 7 janvier 2012, et les désaccords sont nombreux. Cette fois concernant la présidence de la commission qui aura en charge la coordination de la rédaction de la Constitution. L’opposition (PDP, PDM, Afek Tounes) et avec eux Ettakatol et une partie du CPR considèrent que ce poste revient de droit à Mustapha Ben Jaâfar, président de l’Assemblée constituante, tandis qu’Ennahdha préfère nommer une personnalité « indépendante ». Plusieurs élus d’Al Aridha ont, à ce sujet, dénoncé les pratiques du mouvement Ennahdha dans les coulisses. En effet, selon le député Aymen Zouaghi, notamment, des membres du mouvement islamiste auraient tenté d’influencer le vote des élus d’Al Aridha, argumentant que Mustapha Ben Jaâfar était « un danger pour l’identité arabo-musulmane du pays » ! Aymen Zouaghi a dénoncé ces agissements et affirmé que nul ne pouvait se prévaloir de défendre plus qu’un autre l’identité tunisienne.

source businessnews

 

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 Le ministre des droits de l'Homme et porte parole du gouvernement, 

 Samir Dilou tance l’ancien gouvernement et les médias


Samir Dilou n’a pas hésité durant son point de presse à pointer du doigt certains médias : "Si nous n’avons pas tenu compte des circonstances exceptionnelles par lesquelles passent la Tunisie, certains journalistes, dont je préfère taire les noms, seraient en prison. Nous passons par une période délicate où le politicien, le journaliste et n’importe quelle autre personne peut commettre des erreurs. Nous comptons sur le dialogue pour nous rapprocher et calmer les esprits pour prendre les décisions adéquates. Certaines personnes attaquent le gouvernement sans raison. Il ne faut pas mélanger gouvernement et parti politique. Nous acceptons les critiques mais certains refusent même de dialoguer et ne font que critiquer ». Ceci n’a pas empêché Samir Dilou de condamner l’agression des journalistes survenue lors du sit-in des enseignants devant le ministère de l’enseignement supérieur : «Nous condamnons ces agissements. D’ailleurs l’affaire sera portée devant le tribunal et les coupables seront jugés très prochainement".

Lire la suite : gnet.tn/temps-fort

 

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La visite d'Haniyeh fait grincer des dents de ses rivaux palestiniens


La visite en Tunisie du responsable du Hamas Ismaïl Haniyeh a suscité l'irritation des représentants palestiniens officiels à Tunis, rivaux du mouvement islamiste au pouvoir à Gaza, qui estiment avoir été totalement tenus à l'écart, a-t-on appris samedi de source palestinienne.

Le chef du gouvernement islamiste de la bande de Gaza effectue une visite de cinq jours en Tunisie à l'invitation des nouvelles autorités islamistes tunisiennes dans le cadre d'une tournée régionale.

Le Hamas est le mouvement rival du Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas qu'il a chassé du pouvoir à Gaza en 2007. Le Fatah continue de diriger la Cisjordanie et est considéré internationalement comme le seul représentant officiel des Palestiniens. Les deux mouvements palestiniens ont entrepris l'an dernier une difficile réconciliation.

Les Palestiniens (pro-Abbas) sont furieux. Ni le gouvernement, ni le ministère des Affaires étrangères, ni le parti Ennahda ne les ont tenus informés des dates et du programme de la visite de M. Haniyeh, alors qu'ils auraient dû y être associés, a déclaré à l'AFP une source palestinienne.

Cela ne sert pas les efforts de réconciliation en cours entre le Fatah et le Hamas, a indiqué une autre source au journal arabophone Le Maghreb, qui évoque en Une une erreur politique.

M. Haniyeh a été accueilli en grande pompe jeudi à l'aéroport de Tunis par des responsables islamistes tunisiens, dont le Premier ministre Hamadi Jebali et le chef du parti Ennahda Rached Ghannouchi.

Aucun représentant palestinien n'était présent, et selon la source, l'ambassadeur Selman Herfi a quitté la Tunisie la veille de l'arrivée de M. Haniyeh. L'ambassade palestinienne a confirmé samedi que son représentant était à l'étranger.

Il n'y a aucun problème, a déclaré M. Haniyeh à l'AFP à Sidi Bouzid (centre), où il se trouvait samedi. Nous, peuple palestinien, on se rencontre à l'intérieur et à l'extérieur de la Palestine, a-t-il dit, tout en confirmant qu'aucun contact n'avait eu lieu avec les représentants officiels palestiniens en Tunisie.

Selon la source palestinienne, les représentants officiels à Tunis se sont également émus que M. Haniyeh ne visite pas le cimetière de Hamman-Chott, à 15 km au sud de Tunis, où 68 personnes avaient été tuées le 1er octobre 1985 lors dun raid de laviation israélienne.

Tunis a abrité l'Organisation de Libération de la Palestine (OLP) de Yasser Arafat de 1982 à 1994.

Plus généralement, la presse et des représentants de l'opposition tunisienne se sont interrogés sur le sens de la visite du représentant du Hamas. M. Haniyeh visite-t-il la Tunisie ou un parti politique (Ennahda) ? a demandé l'élu du Parti démocrate progressiste (PDP) Iyad Dahmani sur la radio Shems FM.

Interrogée par l'AFP, une source gouvernementale a précisé que le chef du gouvernement du Hamas était l'invité de la Tunisie et du parti Ennahda.

Le premier jour de sa visite a été consacré à des rencontres officielles avec le président tunisien Moncef Marzouki, le Premier ministre Hamadi Jebali et le président de l'Assemblée constituante Mustapha Ben Jaafar.

M. Haniyeh devait ensuite visiter des lieux de culte et des villes symboliques de la révolution tunisienne jusqu'à son départ, prévu lundi.

Le chef du Hamas, qui effectue une tournée pour la première fois hors de la bande de Gaza depuis la prise du pouvoir du Hamas dans ce territoire palestinien, s'est rendu en Egypte, au Soudan, en Turquie, et doit après la Tunisie visiter le Qatar et Bahreïn.

source romandie

 

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 05:42

Ennahdha et la crise syrienne

 

Double langage ou double emploi ?  

 

Les deux liens au bas de l’article concernent deux articles parus sur le même journal koweitien « Errai » à deux jours d’intervalles. En un laps de deux jours, nous avons là l’occasion de palper de près le gap profond entre les déclarations et les actions de deux membres du parti Ennadha. Certains nous diront que l’un est maintenant membre du gouvernement et parle en tant que tel alors que le second est Chef de parti et ne parle qu’au nom de ce parti. Le hic est que lorsque les position du gouvernement correspondent à celles prônées par le Chef de parti et non par le membre du gouvernement, nous sommes dans l’obligation de conclure que la pratique de  l’Etat parti est toujours en place, seul le nom d’Ennahdha s’est superposé au nom de RCD.


Tunisie – pays arabes : des relations cordiales Le 26 décembre, l’équipe du Journal « Errai » a rencontré M. Rafik Ben Abdessalem, le tout fraîchement nommé Ministre tunisien  des Affaires étrangères. Dans cette interview, M. Ben  Abdessalemen soutient mordicus (il l’a répété plus de trois fois) que le gouvernement tunisien n’interviendrait pas dans les affaires intérieures d’un autre pays arabe comme il n’aimerait pas que l’on intervienne dans ses affaires.

 
Concernant les rapports de la Tunisie avec les pays en crise tels l’Egypte ou la Syrie, M. Ben Abdessalem précise que le gouvernement n’aura  de relations qu’avec les régimes  en  place et qu’il respectera la souveraineté de toutes les nations.

 
Concernant le CNS et l’accueil qui lui a été fait par le gouvernement tunisien, la réponse de M. Ben Abdessalem est restée assez vague, mettant cet accueil sur le compte du soutien apporté par certaines forces politiques en collaboration avec la société civile. L’ouverture du congrès du CNS s’est pourtant faite en présence de M. Moncef Marzouki, Président de la République, lui octroyant le caractère de reconnaissance officielle de la part du gouvernement tunisien.  Mais dans le cas précis,  M. Ben Abdessalem jouit du bénéfice du doute puisqu’il n’était pas encore Ministre des Affaires étrangères. On attend maintenant de voir si ses actions correspondront bien à ses déclarations.


Rached Ghannouchi et le droit d’ingérence Deux jours plus tard, le 28 décembre, le même journal a rencontré M. Rached Ghannouchi. En titre de l’article, on lit « M. Ghannouchi déclare que le régime syrien est d’un autre temps et il doit disparaître ». Et M. Ghannouchi d’accuser  le régime de faire montre d’une barbarie, qui ne peut laisser personne indifférent,  dans sa répression contre  un peuple désarmé qui ne fait que réclamer son droit à la liberté.  Il va plus loin en précisant qu’il « est tout à fait normal que le gouvernement formé après la révolution tunisienne apporte son soutien aux représentants de la révolution syrienne ». Ainsi fut fait ! Le CNS a non seulement été reçu, mais l’ouverture de son congrès a été placée sous le haut patronage du Président de la République, en présence de plusieurs membres du parti Ennahdha et de certains représentants des chancelleries arabes accréditées à Tunis. Plus encore, les membres du CNS n’ont même pas été rappelés à l’ordre par le gouvernement,  quand l’un d’entre eux, au mépris de  la bienséance et du respect des citoyens du pays hôte,  a osé brandir sa chaussure à la face de manifestants tunisiens venus exprimer leur désaccord avec leur présence sur le sol tunisien.

 
L’hostilité de M. Ghannouchi envers le régime syrien n’est plus un secret. Dès son retour de Qatar, où il s’était rendu le lendemain des élections pour remercier ses bienfaiteurs, il avait annoncé haut et fort qu’il allait procéder à la fermeture de l’ambassade de Syrie en Tunisie et au renvoi de  l’ambassadeur. A l’époque, M.  Sémir  Dilou, porte-parole du parti, avait rectifié le tir en précisant que les déclarations de M. Ghannouchi n’engageaient que lui. Selon une radio locale, ce dernier serait revenu à la charge dès le début décembre, en promettant au CNS  de  renvoyer l’ambassadeur syrien si celui – ci ne se désengageait pas de son gouvernement.  Curieuse promesse que celle faite par  M. Ghannouchi  à l’heure où les Etats-Unis et la France ont fait revenir leur ambassadeur respectif à Damas.

 
Soutien réel aux désirs des peuples assoiffés de liberté ou soumission aux diktats de bailleurs de fonds de campagne électorale et soutien à l’ascension au pouvoir ? Jusque là l’ambassade syrienne  est toujours ouverte, et ce n’est pas faute de pressions du Qatar par l’intermédiaire du Cheikh Kardhaoui pour toujours plus d’actions contre la Syrie.

 
Mais quelle opposition soutient donc M. Ghannouchi ?

 

Les quatre oppositions syriennes

Il faut savoir qu’en Syrie, les forces opposées au pouvoir sont divisées en quatre formations.
La première  formation  est intérieure et ne réclame que plus de liberté d’expression et de circulation et une meilleure répartition des richesses.

 
La seconde est elle aussi intérieure et  ne demande pas non plus le départ du président.  Aux revendications  de la première, elle ajoute la disparition du concept parti-état représenté par le Baath (formule reprise en Tunisie par le parti gagnant si l’on s’en tient aux agissements de M. Ghannouchi).

 
La troisième formation, toujours de l’intérieur, si elle non plus n’exige pas le départ du président Al Assad, demande  le droit de participer à la conduite du pays.

 
Reste la quatrième et la dernière qui, sous la bannière du Conseil National syrien, vit à l’étranger et est prise en charge par les pays du Golfe, particulièrement le  Qatar et l’Arabie Saoudite, la Turquie et les autres pays membres de l’Otan. Le CNS est composé d’opposants qui réclament à cor et à cris l’intervention  de l’Otan.
Pourquoi le choix de M. Ghannouchi s’est-il porté sur la plus extrémiste des oppositions au pouvoir en place, celle dont 60% des  membres appartiennent à la confrérie des Frères Musulmans, celle qui finance les groupuscules armées, celle qui refuse tout dialogue avec le gouvernement, celle qui ne présente aucun programme politique ou économique sérieux à part renverser le régime et établir des relations avec Israel, et fait important, celle dont les trois formations de l’opposition intérieure ne veulent pas entendre parler ?


D’un coté, un jeune premier qui ne veut pas intervenir dans les affaires intérieures des autres et qui veut travailler dans le strict respect de l’indépendance de chacun, de l’autre un vieux loup qui s’octroie un droit d’ingérence dans les problèmes d’un pays qui n’a jamais montré la moindre hostilité envers la Tunisie.

 
Sommes-nous face à une éventuelle bataille entre deux courants de pensées et d’actions diamétralement opposés ou plutôt à une subtile répartition des tâches dans la continuité d’une campagne électorale  basée sur le double langage et les déclarations et contre-déclarations ?

 
D’un côté comme de l’autre, la teneur contradictoire de ces deux articles est une excellente  lecture de l’amateurisme du gouvernement actuel et de son manque de vision géostratégique en ce qui concerne son environnement arabo-méditerranéen.

Fatma BENMOSBAH 

source libnanews

 

 

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Au delà de l’outarde, de l’anti-qatarisme?

 

 

L’outarde est une espèce en voie de disparition. Depuis des années, des milliardaires des pays du Golfe viennent les chasser en Tunisie. Longtemps réduites au silence, les nombreuses associations environnementales et de protection des animaux, qui étaient dans une incapacité à réagir malgré de rares et courageuses initiatives, se mobilisent. Ce privilège était accordé et monnayé par la plus haute sphère du pouvoir de l’époque. Depuis la révolution, une pétition est en ligne regroupant près de 1.600 signataires et un film témoigne du carnage et tourne en boucle sur le site des «Amis des oiseaux» (http://www.aao.org.tn)

 

Une association dont le président Hichem Azafzaf a alerté les autorités concernées depuis des mois précisant que «ces parties de chasse sont strictement interdites par la loi et que les outardes (houbaras) ne devront en aucun cas être livrées au braconnage autorisé comme cela a été le cas sous l’ancien régime». Une manifestation a même été organisée le 30 décembre 2011 devant l'ambassade du Qatar dans cet objectif. Des dizaines de manifestants et de représentants d’associations ont protesté avec des slogans comme "il faut sauver les dernières outardes en Tunisie du braconnage", “Stop au braconnage officiel de l’outarde“…

 

Au delà de la vigilance de la société civile tunisienne et de son engagement pour protéger son patrimoine, on serait tenté de se demander pourquoi le «sit-in» a-t-il eu lieu seulement devant l’ambassade du Qatar? Est-il nécessaire de préciser que les émirs chasseurs sont aussi originaires d’Arabie Saoudite ou des Emirats Arabes Unis? Certains pensent que cette affaire est une manipulation afin de porter préjudice à «un pays ami sur lequel compte Ennahdha», il n’y a qu’un pas que beaucoup franchissent. Ils pensent peut-être que les urgences du pays ne sont pas dans la protection de quelques oiseaux.

 

Pourtant, ceux qui se mobilisent pleinement et exclusivement pour la protection du patrimoine naturel de la Tunisie sur le terrain et via les réseaux sociaux sont nombreux, comme le témoigne ce fervent signataire de la pétition: «Après 23 ans de chasse touristique intensive, l'outarde est au bord de l'extinction. Je connais bien cette région pour y avoir formé, jadis, plusieurs ornithologues amateurs dans les camps internationaux de Jeunes-Science, près de l'oued de Gabès. Cet exemple devrait alerter le gouvernement sur la nécessité urgente d'une nouvelle Constitution pour garantir la protection de son patrimoine naturel en créant un véritable ministère de l'Environnement dont les fonctions ne se réduisent pas aux problèmes urbains ou agricoles (ces derniers sont un facteur de perturbations supplémentaires du biotope de l'outarde). Sinon, le sud tunisien sera bientôt définitivement orphelin de sa faune sauvage la plus remarquable».

 

Le fait est que ces espèces ont déjà été exterminées dans le Moyen-Orient. Depuis, la Tunisie, la Libye et le Maroc sont devenus le terrain de prédilection de ces braconniers. Au Maroc, la Fondation Internationale du Prince Sultan Abdul Aziz Al Saoud pour la Conservation et le Développement de la Vie Sauvage, se consacre à la protection des ressources naturelles et à la promotion des traditions liées au désert. L’outarde (houbara) y bénéficie d’un intérêt particulier, probablement pour sa «parade de séduction fascinante et spectaculaire décrite comme un dindon roulant sur une bicyclette. Lorsque le mâle fait sa parade de séduction, les plumes filamenteuses blanches sur le sommet de sa tête et dans la ligne noire descendent vers sa nuque, se dressent, mettant en exergue la beauté de son plumage caché», lit-on sur le site de la fondation basée à Agadir. En attendant, qui est le dindon de la farce?


A ce titre, la mobilisation devant l’ambassade du Qatar n’exprime-t-elle pas une forme d’“anti qatarisme“ ambiante chez une partie des Tunisiens? Celle-ci s’oppose assurément à une certaine fièvre «pro-qatari» notamment chez les dirigeants d’Ennahdha. Avec un Premier ministre qui avoue aller chercher l’argent là où il se trouve et un Rached Ghannouchi qui ne cesse ses allers et retours sur Doha, il y a de quoi vite faire enfler une rumeur.


Sans obtenir de réponse auprès des services d’Ennahdha, et partant du fait que le ministère de l’Agriculture n’a pas accordé des autorisations à cette chasse, des interrogations s’imposent. Qui a autorisé les émirs du Moyen-Orient à chasser en Tunisie? Qui protège ces dépassements? Qui ferme les yeux sur cette barbarie sans nom? La Fédération des chasseurs a indiqué dans un récent communiqué qu’elle a envoyé des dizaines de courriers au président de la République, au Premier ministre, au président de l’Assemblée constituante et à tous les services concernés. Tous sont restés sans réponses. Un silence qui exaspère et révolte. Les Tunisiens ont du mal à comprendre qu'après une révolution, on les écoute toujours si peu ou presque pas!


La confusion doublée du silence finit par pousser certains à penser que ces autorisations seraient des privilèges accordés par les nouveaux gouvernants pour «faire plaisir» à ceux dont ils sollicitent l’aide. Pourquoi ne pas sacrifier quelques oiseaux pour être agréable à ceux qui se trouvent à la tête du plus grand fonds souverain de la planète, le QIA (Qatar Investment Authority) dont les avoirs approchent les 700 milliards de dollars? Des fonds vers lesquels «louchent» et sur lesquels comptent Ennahdha au pouvoir pour faire redémarrer l’économie tunisienne.


Les allers et retours qu’entreprend Rached Ghannouchi sollicitant le Cheikh Karadhaoui, membre de la confrérie des Frères musulmans déchu de sa nationalité égyptienne et possédant actuellement la nationalité qatarie, dérangent. Certains y voient une forme d’allégeance qu’ils contestent et refusent. Qui serait aussi soucieux de faire plaisir à des princes du pays du Golfe qui promettent des chèques sonnants et trébuchants en contrepartie de privilèges? Surtout que le prix ne serait, apparemment, que celui de plusieurs dizaines d’oiseaux et de gazelles dont peu de personnes se soucient. C’est compter sans la société civile tunisienne qui prend de la vigueur.


Basculement vers les pays du Golfe?

Mais au delà de cela, et si ce qui horripilait une partie des Tunisiens était justement «de voir Ghannouchi solliciter aussi lourdement une aide qui ne peut être sans conséquences ni dangers sur l’indépendance du pays et notre façon de vivre et d’être tunisien?, s’interroge Sarrah Benzid, professeur d’anglais. La Tunisie a longtemps tenu à distance les princes du Golfe, si ce n’est la flopée des grands projets qu’a souhaités Ben Ali vers la fin de son règne. Ceux-ci se sont fracassés avec la crise financière de 2009. «Ce ne sont pas les investissements que je redoute, mais ce sont toutes les compromissions qui vont avec que je crains», argumente l’enseignante.


Tous les grands projets de l’époque ont été annulés ou sont restés en suspens et peu d’informations circulent désormais à leur sujet. Si ce n’est la confirmation du projet de station touristique saharienne baptisée «Tozeur Desert Resort» et promue par la société «Qatari Diarpour l’investissement immobilier». Un projet dont le coût approximatif serait compris entre 70 et 80 millions de dollars et annoncé en grandes pompes au cours du mois d’octobre dernier.


Ridha Saïdi, avant qu’il ne soit ministre délégué auprès du Premier ministre chargé des dossiers économiques, avait évoqué, il y a près de trois mois, le retour de «Sama Dubai». Une annonce dont on ne sait s’il faut la mettre sur le dos de la campagne électorale ou de véritables accords encore tenus secrets. Le projet de «La Porte de la Méditerranée», la nouvelle ville que «Sama Dubai», filiale de «Dubai Holding Group», se proposait de réaliser sur les bords du Lac Sud de Tunis portait sur un investissement de 25 milliards de dollars.


L’avis de Sarrah Benzid est partagé par Fethi Benslama, psychanalyste et écrivain travaillant sur plusieurs questions cruciales comme la migration, la médecine ou la religion. Pour lui, c’est carrément du basculement de la Tunisie vers le Golfe qu’il s’agit. Il explique: «Mis à part l'aspect despotique dans la nomination du gendre de Ghannouchi comme ministre des Affaires étrangères, la dimension géopolitique est celle qui porte le plus à conséquences. Les signes sont nombreux qui indiquent qu'Ennahdha va faire basculer la Tunisie de son voisinage européen stratégique vers les pays du Golfe, avec toutes les conséquences désastreuses sur le plan économique, politique, culturel... C'est à ce changement axial qu'il faut accorder toute notre attention et pas seulement à la nomination d'un ministre ou à la visite d'un Émir».


Et le chercheur d’ajouter: «L'entrée est l'économie. La Tunisie est un petit pays qui sera facilement inondable par l'argent facile de la rente pétrolière, argent qui ne créera pas d’emplois productifs, mais qui servira à acheter les pauvres pour les prochaines élections, à corrompre les élites, à spéculer sur la terre, à financer les différentes formes de Salafisme. Le reste suivra. L'argent, ne l'oublions pas, peut être annihilant. Sur cette question fondamentale (le changement axial), il faut interpeler le président de la République, ouvrir le débat à l'Assemblée constituante. Surtout ne pas le laisser s'engluer dans le débat identitaire arabo-islamique, ne pas en rester à la question de la chasse et au tourisme sexuel. Même s'il est tentant de se représenter aujourd'hui la Tunisie comme une gazelle assaillie... Qu’on ne vienne pas dire que cette pente vers le Golfe pétro-pourri existait déjà du temps de Ben Ali. Ce qui va se produire est sans commune mesure».

N’est-ce pas à cela aussi que la société civile reste fortement vigilante?

source webmanagercenter

 

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Rached Ghannouchi croit au père Noël


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Bourguiba y a pensé un moment d’étourderie avant de l’abandonner définitivement. Le président d’Ennahdha, à court d’idées et de solutions, la ressort comme une planche de salut…


 

Dans une interview accordée au site turc ‘‘Akhbar el Alam’’, Rached Ghannouchi propose à la Libye de s’unir à la Tunisie pour former un seul pays. Les deux peuples, fait valoir le «Cheikh», appartiennent à «la même race», ils sont tout deux de rites malékites. «Les révolutions dans le monde arabe ont conduit à un esprit d’unité parmi les peuples.»

 

Les nouveaux rois du pétrole

Sans parler du plaisir qu’il y aurait à traverser la frontière sans visa et à embrasser les Libyens en concitoyens, l’union, imaginée jadis par Kadhafi, effacerait d’un seul coup d’un seul tous les soucis économiques tunisiens. Imaginez : sans avoir à bouger le pouce, cent milliards de dollars par an tomberaient tout crus dans le budget de l’Etat uni. Un triplement du Pib du jour au lendemain. A chaque tunisien sa villa et son 4X4. Alors qu’aujourd’hui on s’épuise à gagner quelques dinars de plus. Oubliée cette époque de nécessité, devenons des rois du pétrole. Comme le Qatar, comme l’Algérie.

Le plus grave, pour M. Ghannouchi, n’est pas de faire ces déclarations. Le plus grave, c’est qu’il y croit. L’unité islamique, l’unité arabe, c’est le fond de sa pensée. C’est logique, enthousiasmant, enrichissant, pourquoi donc ne pas s’unir ? Déjà, il y a quelques semaines, M. Ghannouchi avait fait la même proposition à l’Algérie dans une interview à un journal d’Alger. Cette frontière à Ghardimaou est absurde. Elle divise les familles, les peuples. Soyons rationnels, unissons-nous.

 

Le Cheikh et sa baguette magique 

Par où commencer pour expliquer au Cheikh que son projet est chimérique ? Depuis Gamal Abdel Nasser, plus personne ne le croit possible. Toutes les expériences ont capoté et ont souvent fini en guerre. Jamais aucun gouvernement libyen ne renoncera à un baril de son pétrole. Hélas, l’unionisme est un rêve d’enfant, il est l’une des raisons des échecs arabes. Entendre le leader du parti hégémonique se livrer à de telles excentricités, c’est consternant. Les bras vous en tombent.

A ce rythme de déclarations insensées, la Tunisie perd toute crédibilité. Elle ne sera bientôt plus prise au sérieux par personne. Les chancelleries murmureront : des mabouls ont pris le pouvoir à Tunis, ce qu’ils racontent n’a aucune importance. Par pitié, M. Ghannouchi, redescendez sur terre.

On comprend que votre triomphe vous ait un peu tourné la tête. Il est grand temps de vous ressaisir et d’apprendre que, malheureusement, les affaires d’Etat ne se règlent pas avec une baguette magique. Et puisque nous y sommes, je vais vous donner une information sérieuse : le père Noël n’existe pas.

source kapitalis

 

 

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 03:46

Le Forum universitaire tunisien appelle à l'interdiction du port du niqab à l'intérieur des universités

 

par le Forum universitaire tunisien

 

La rentrée universitaire 2011-2012 a été rapidement animée par des tentatives venant de certaines étudiantes de se présenter, lors de l’inscription, ensuite en cours, et enfin en examen vêtues du voile intégral, le niqab. 

Les membres du Forum universitaire tunisien (Fut) ont été interpelés par le phénomène et, en particulier, par tout ce qu’il a entraîné comme perturbation du fonctionnement normal d’un certain nombre d’institutions. Le Fut a rapidement publié un communiqué, daté du 30 septembre 2011, appelant à l’interdiction du port du niqab à l’intérieur des institutions universitaires. Quatre raisons sont à l’origine du refus du niqab par le Fut :

- connaissance de l’identité ;

- exigence pédagogique ;

- problèmes de sécurité ;

- absence de liberté absolue en classe.


1/ Connaissance de l’identité : la vérification et la connaissance de l’identité des étudiants, qui non seulement circulent au sein des institutions universitaires, mais intègrent les salles d’enseignements (cours, travaux dirigés et travaux pratiques), est une exigence incontestable. Il n’est pas admis que des anonymes ou des inconnus assistent à une séance d’enseignement, encore plus dans les instituts ou écoles supérieures, où la présence par appel des étudiants est vérifiée en début de chaque séance par l’enseignant. 

Cependant, certains défenseurs de cette tenue, ont proposé dans des émissions radios ou TV, de mettre à la disposition des «mounaqabet», des dames qui vérifieraient leur identité à l’entrée de la classe. La question pratique, qui vient tout de suite à l’esprit, est la suivante : combien de femmes l’Etat est-il sensé embaucher pour cette tâche, si on compte le nombre de salles d’enseignement dans toutes les facultés tunisiennes, et le nombre de séances de cours par jour ? Cette proposition est insensée, irréalisable et même contradictoire avec le principe d’égalité entre citoyens. Si nous allons nous amuser à recruter du personnel pour vérifier l’identité des filles qui refusent de montrer leur visage, quelle mesure faut-il prendre et quel budget faut-il consacrer, par exemple, pour les étudiants qui refuseraient l’interdiction de fumer dans les salles d’enseignement ? Ou pour ceux qui refuseraient de mettre une blouse blanche dans une séance de travaux pratiques ? 
On voit bien que ce genre de proposition n’est pas réaliste.


2/ Exigence pédagogique : les universitaires soucieux de la qualité de l’enseignement qu’ils proposent dans le cadre de leurs fonctions, en tant qu’employés de l’Etat, autrement dit, payés par l’argent du contribuable, insistent sur l’importance de la communication non verbale en pédagogie. Cette communication est non seulement importante pour l’étudiant, pour mieux assimiler son cours, mais aussi pour l’enseignant pour assurer son travail dans les meilleures conditions. C’est cette communication qui distingue une séance de cours d’une autre, en fonction de l’interactivité que peut avoir l’enseignant avec ses étudiants. C’est cette même communication qui fait la réussite d’une séance d’enseignement, puisqu’à travers elle l’enseignant peut situer son intervention et l’adapter en fonction de l’écoute et de la réception du message par ses étudiants. C’est ce qu’on appelle la pédagogie !


3/ Problèmes de sécurité : lorsque le nombre de «mounaqabet» dépasse l’unité dans un même lieu, et même en présence de moyen de vérification de l’identité (ce qui est difficile, voire impossible à gérer) la sécurité ne pourra plus être assurée. 

Nous rappellerons toujours ce qui est arrivé à notre collègue de la Faculté des lettres de Manouba, Amel Grami, qui a été agressée dans son propre lieu de travail par un groupe de «mounaqabet».

Etant nombreuses et toutes déguisées, Mme Grami n’a pas pu les identifier pour porter plainte contre elles. 

Nous n’avons pas besoin d’imagination pour comprendre qu’une telle tenue, lorsqu’elle est portée par un nombre conséquent de personnes en classe, est en complète contradiction avec les règles de sécurité primaire.

 

4/ Absence de liberté absolue en classe : Reste un point souvent évoqué par les «mounaqabet» et les personnes qui défendent le port de cette tenue dans les lieux publics et dans les universités : le fameux principe de la liberté individuelle ! Est-ce qu’on est libre en classe de faire ce qu’on veut, de s’assoir comme on veut, de parler ou de se comporter comme on veut ? Bien sûr que non. 

La notion de liberté individuelle ou vestimentaire n’a pas de sens dans une salle de cours, où des règles de bonne conduite doivent être respectées par les étudiants et les enseignants. Parmi ces règles, les points évoqués plus haut, à savoir, la connaissance de l’identité, le respect de la pédagogie et la garantie de la sécurité sont nécessaires au bon déroulement d’une séance d’enseignement.

 

Pour toutes ces raisons, le Forum universitaire tunisien, en tant qu’association regroupant des enseignants-chercheurs tunisiens, soucieux de l’avenir de leur université, considère que le port du voile intégral à l’intérieur des institutions d’enseignement supérieur est inapproprié et incompatible avec la mission de ces institutions. Il demande à ce que les autorités de tutelle interdisent le port du niqab à l’intérieur des institutions universitaires.

source kapitalis

 

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De nombreuses ONG contre l'extradition de l'ancien Premier ministre libyen

 

Des organisations non gouvernementales tunisiennes et internationales se sont déclarées vendredi opposées à l'extradition de l'ex-Premier ministre libyen Baghdadi Mahmoudi, actuellement incarcéré en Tunisie.

 

A la tête du gouvernement libyen jusqu'aux derniers jours du régime de Mouammar Kadhafi, M. Mahmoudi, 70 ans, avait été arrêté en septembre dernier dans le sud tunisien alors qu'il s'apprêtait à se rendre en Algérie. Il fait l'objet de deux demandes d'extradition des autorités libyennes auxquelles la justice tunisienne a donné une suite favorable.

L'un de ses avocats, l'ancien bâtonnier Béchir Essid, a estimé "injustifié" le maintien en prison de l'ancien dirigeant libyen qu'il considère victime d'une "injustice".

 

Dans un communiqué remis à la presse, attribué à 15 ONG, dont la section tunisienne d'Amnesty International, Human Rights Watch (HRW), la Ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme (LTDH), l'association tunisienne contre la torture et l'association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), ainsi qu'au collectif de défense de M. Mahmoudi, les signataires mettent en garde contre les "risques de torture ou d'élimination" auxquels serait exposés l'ancien dirigeant libyen en cas d'extradition.

Ils exhortent le président tunisien à ne pas signer la décision d'extradition en l'absence de garanties protégeant l'ex-Premier ministre libyen contre les mauvais traitements ou l'exécution et d'assurances d'un procès équitable conformément aux normes internationales, ou à défaut le présenter devant une autre juridiction où prévalent de telles conditions. 

source tempsreel.nouvelobs


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Retour progressif de la censure

tunisie,censure tunisie,le point,l'express,l'obs hs,la sotupresseEn apparence, rien de grave. Trois hebdomadaires français - Le Point, l'Express, un hors-série du Nouvel Obs - sont interdits de vente, officieusement, en Tunisie. Le Maroc a interdit l'Express, dont le numéro double de fin d'année était consacré aux arabes. Le Roi Mohamed VI, Commandeur des croyants, a pris la décision, l'a fait savoir publiquement. A Tunis, silence. La Sotupresse - le NMPP tunisien - se défend de toute censure tout en faisant savoir qu'elle ne distribuerait pas un journal dont un article pourrait offenser éventuellement les tunisiens. On navigue en pleine hypocrisie. Depuis la victoire du parti islamiste Ennadha, tout contenu intellectuel lié à la religion est pesé, sous-pesé. Et donc privé de distribution dans le cas des trois hebdos - qui sont plus proches du Monde que de Playboy soit dit en passant. 


tunisie,censure tunisie,le point,l'express,l'obs hs,la sotupresseAucun communiqué n'a officialisé cette interdiction, aucune voix ne s'est élevé dans la classe politique pour condamner ce retour à la censure. Elle n'est pas politique, comme sous Ben Ali, elle est religieuse. Je défi quiconque de trouver dans le Point, l'Express ou l'Obs des articles offensants, heurtant les convictions religieuses.

 

Ce non-dit généralisé laisse perplexe. S'agit-il de l'autocensure afin de faire plaisir au parti dirigeant, l'Ennadha de Rached Ghannouchi? D'un acte délibéré du nouveau gouvernement? D'une succession de hasards fâcheux? D'un excès de zèle de la part de la Sotupresse ayant peur de violences menées par quelques groupes de salafistes envers les marchands de journaux? Toutes ces questions demeurent ouvertes, personne n'ayant l'air de vouloir endosser cette triple décisions. 

 

La symbolique est désastreuse. Difficile de ne pas évoquer un retour à la censure. On agit comme si les tunisiens étaient incapables de juger par eux-mêmes le contenu d'un journal. Toujours cette infantilisation du peuple par les gouvernants. On agit de la pire des manières, en douce, à pas feutré. Aujourd'hui, les journaux. Demain, les livres et les manuels scolaires? Quand à la télévision publique, elle ne fera jamais de vague. 

 

A quelques jours de la date anniversaire de la révolution tunisienne, ce sont des signaux inquiétants qui sont lancés. Après Amar 404, le surnom de la censure sous Ben Ali, qui sera son successeur? 

source lewesternculturel

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