Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 04:13

Lettre ouverte à Monsieur Moncef Marzouki, Président de la République de Tunisie

Monsieur le Président, 

Nous avons eu le devoir et je dirai la joie de vous accueillir dans notre pays pendant que vous n’étiez pas « persona grata » dans le vôtre. Il est vrai que, pendant longtemps, la Tunisie a été dirigée par un potentat qui s’est largement servi sur les deniers de l’État. Il est vrai qu’il n’y avait pas de liberté en Tunisie. Le système policier était hypertrophié, les gens sur écoute, l’opposition muselée.

 
Vous avez pu, de la France, mener votre combat. J’imagine que vous avez pu regarder autour de vous dans notre pays ce qui se passait. Liberté religieuse aussi bien pour les catholiques, les juifs que les musulmans. Vous avez vu la tolérance qui régnait chez nous, État laïque acceptant toutes les religions à partir du moment où elles ne sont ni agressives, ni vindicatives, ni totalitaires. Nous avons plus de musulmans en France qu'il n'y en a en Tunisie !

 
Certes, quand le printemps arabe s’est développé en Tunisie, nous avons commis quelques erreurs. Du moins, la Ministre des Affaires étrangères a hésité et n’a pas vu la profondeur de ce mouvement, de cette aspiration à la liberté. A part elle, la totalité des Français était derrière le peuple tunisien pour son émancipation.

Voici maintenant que le système démocratique a été mis en place. Mais quelle ne fut pas ma surprise, Monsieur le Président, de vous entendre parler de colonialisme en évoquant l’action des Français comme si les maux qui traversaient la Tunisie étaient dus à l’attitude des Français une cinquantaine d'années auparavant, comme si le président Bourguiba, puis son successeur, le Président Ben Ali, étaient des « fantoches », pilotés par la France.

J’ai trouvé, mais beaucoup de mes concitoyens ont également la même opinion, qu’il était un peu trop facile de votre part d’accuser les Français, ficelles souvent utilisées pour minimiser les problèmes intérieurs et focaliser l’attention de vos concitoyens sur autre chose !

Mais là où véritablement la coupe est pleine, c’est quand, il y a quelques jours, vous avez dit aux Français de stopper leur islamophobie ! De quoi voulez-vous parler Monsieur le Président ? La France serait islamophobe alors que les mosquées se multiplient, l’État est laïc et garantit par là, la liberté de culte, alors que dans votre pays, une poussée de l’islamisme conduit les femmes à rentrer dans leur foyer, imposer progressivement la Burqa et, peut-être, prendre le coran, telle la Libye, comme base politique.

J’espère de tout mon cœur que la Tunisie n’évoluera pas vers ce système pour tomber dans un autre totalitarisme. Monsieur le Président, je dirais la même chose à propos de tous les intégrismes. Les pays auraient tout intérêt à disposer d'une législation laïque plutôt que de dépendre d’une seule religion pour leurs lois.

Monsieur le Président, que deviennent les chrétiens dans les pays arabes ? Ne voyez-vous pas qu’ils sont massacrés, leurs églises brûlées et que beaucoup sont forcés d’immigrer ? Alors, il est indispensable de surveiller vos propos !

La France - terre d’asile n’est pas une vaine expression. La Tunisie s’est libérée du carcan du totalitarisme mais comprenez bien qu’il ne faudrait pas qu’elle tombe de nouveau dans l’obscurité ou l’obscurantisme.


Pr. Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris
source bernarddebre
____________________________________________________
Le paternalisme de Bernard Debré frise l’arrogance et sa lecture frôle le
détournement fautif du sens...
Ci-dessous, le message de « vœux de l'espoir» adressés au peuple français de la part de Moncef Marzouki  que le protecteur  Bernard Debré trouve blessant pour «sa» France digne et accueillante… Seulement, Barnard Debré se trompe de message puisque l’utilisation du terme islamophobie par Marzouki n’avait rien de méprisant et consistait, en quelques sorte,  en un conseil amical adressé aux politiques français les invitant à éviter le plus possible l’usage de l’islamophobie dans la prochaine campagne électorale en France.     
Noureddine Bourougaa Mnasri

Écouter bien le message de Moncef Marzouki…   



 
__________________________________________________________________________

Le ministre de l'Intérieur, Laârayedh nie les propos qu’il aurait tenus contre le quotidien Le Maghreb

source

_______________________________________________________________________

«La mouvance salafiste veut s’imposer comme un acteur politique à part entière»


 

Après une courte trêve post-électorale, les salafistes tunisiens donnent , de nouveau, de la voix et occupent la rue, où ils tentent d’imposer leur marque à une société largement sécularisée. Fait nouveau : ces partisans d’un islam rigoriste ne sont plus dans la réaction comme ce fut le cas pour les manifestations contre la diffusion des films «Persépolis» et «Ni Allah, ni maître», jugés «blasphématoires» ou encore pour les attaques contre les universités qui refusaient l’inscription des étudiantes portant le niqab. Ils sont désormais plutôt dans l’action comme en atteste l’agression qu’ils ont perpétré contre la troupe musicale «Awled El Manajem» (Enfants des mines), qui donnait un concert à la maison de culture de Meknassi (Sidi Bouzid) le 17 décembre, date de commémoration du premier anniversaire de la révolution. Plus récemment, des groupes salafistes ont essayé d’empêcher manu militari des gens de célébrer les fêtes de fin d’année.

 

Cette intrusion dans l’espace public se traduit parfois par des confrontations sanglantes. Un jeune homme a été, en effet, blessé à l’arme blanche lors d’une rixe qui a éclaté, le 29 décembre, entre des habitants de Meknassi et des salafistes qui tentaient de dissuader des jeunes de célébrer le réveillon.

Les activistes fondamentalistes continuent également de pousser leurs pions dans les mosquées et les universités. Dans les premières, ils réussissent parfois à placer leurs imams. Dans les secondes, ils tentent d’imposer leurs normes en réclamant l’aménagement de salles de prière et le droit des jeunes femmes à porter le niqab.

 

 

Dans cet entretien, le politologue spécialiste des mouvements islamistes, Slaheddine Jourchi* décrypte les visées de cette mouvance minoritaire de l’islam tunisien.

 

 

 

Après une courte pause juste après les élections, les salafistes ont repris leurs attaques contre ce qu’ils considèrent comme étant des «dérives sociétales». Comment expliquez-vous ce regain d’activisme alors même que les islamistes d’Ennahdha gouvernent ?


Durant les élections, une partie de la mouvance salafiste a voté pour Ennahdha sur la base d’une fatwa appelant à voter pour le parti le plus proche des préceptes de l’Islam. Une autre faction de cette mouvance a boycotté le scrutin, jugeant que même Ennahdha n’ira pas jusqu’à réclamer l’application de la Charia islamique. Le regain d’activisme salafiste était, donc, attendu. Le salafisme est, en fait, un mouvement religieux pur et dur contrairement au mouvement Ennahdha qui a fait des concessions et qui est, par conséquent, devenu proche du modèle de la démocratie à l’occidentale.

De plus, les questions liées à la morale et aux pratiques religieuses sont très importantes pour les salafistes, dont une partie plaide pour le recours à la violence en matière de lutte contre les péchés et les vices de la société.

 

 

La mouvance salafiste n’est pas, donc, homogène ?


Effectivement. Cette mouvance, dont l’appellation provient du terme « salaf » (les ancêtres), prône le retour à la communauté des premiers musulmans et aux deux sources de l’Islam: le Coran et la Sunna. Elle n’est, toutefois, ni homogène, ni uniforme. Il s’agit, en réalité, de groupes qui ne se sont pas mis d’accord sur une stratégie d’action commune. Globalement, on peut classer ces groupes salafistes en deux grandes catégories: le salafisme conservateur et le salafisme djihadiste. Le salafisme conservateur, appelé également «salafisme scientifique », est le courant majoritaire. Dans sa forme «scientifique», le salafisme est un courant non violent qui prône la prédication (Eddaâwa) pour lutter contre les innovations (Bidâa) dans la religion n’ayant aucune preuve dans le Coran et la Sunna et restaurer la pureté de l’Islam. Le salafisme scientifique s’oppose à la désobéissance aux gouvernants (Al-khorouj ala –alhakem) et à la lutte armée pour changer les régimes n’appliquant pas une version rigoriste de l’Islam. Selon eux, mieux vaut accepter et conseiller l’émir injuste que risquer la «fitna » (discorde).


Les salafistes djihadistes sont, quant à eux, favorables au recours à la violence pour destituer les gouvernements qui s’écartent de la Charia et pour dissuader les auteurs des péchés. Cette branche rejette l’idée même de démocratie qu’elle juge contraire à la Charia. Tout ce qui est lié à la démocratie occidentale comme les élections et les instituions démocratiques relève de l’hérésie, aux yeux des salafistes djihadistes.

 

 

Existe-t-il à votre connaissance un dialogue entre Ennahdha et les salafistes?


Le mouvement Ennahdha a pris langue avec les salafistes pour tenter de les contenir, mais des divergences profondes opposent ces deux mouvements. Ces divergences se résument à l’acceptation par Ennahdha des règles du jeu démocratique.

Mais jusque-là Ennahdha semble éviter d’entrer dans une logique de confrontation avec le courant salafiste pour des considérations électorales. Ce parti tente, en effet, de séduire un électorat hétéroclite et disparate qui va des citoyens attachés à leur identité arabo-musulmane aux islamistes radicaux. Et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est souvent accusé de tenir un discours pluridimensionnel.

 

Les salafistes ou, du moins, une partie d’entre eux pourraient-ils créer un parti comme c’est déjà le cas en Egypte.

 

La création de certaines associations comme celle des partisans de la Charia, qui compte plus de 16000 fans sur Facebook, atteste de la volonté des salafistes de s’organiser. Cette mouvance aspire, en effet, à devenir un acteur politique à part entière. Une partie de la mouvance salafiste réfléchit déjà à la création d’un parti et semble s’orienter vers l’acceptation du pluralisme politique, le rejet de la violence et la modération. Lors d’une réunion tenue il y a quelques jours, certains cheïkhs salafistes ont d’ailleurs critiqué le sit-in en faveur du port du niqab qui a paralysé la faculté des lettres de la Manouba. Ces signes encourageants nous ont emmenés à entamer un dialogue avec eux dans le cadre du forum de pensée Al-Jahedh.

 

 

 

Y a-t-il un profil type des salafistes ?


Selon les dernières estimations, la Tunisie compterait plusieurs milliers de salafistes, dont environ 1800 ont été libérés dans le cadre de l’amnistie générale décrétée après la révolution. La plupart des éléments salafistes sont généralement âgés de 17 à 30 ans et la majorité d’entre eux n’ont pas un bon niveau d’instruction. Mais ce n’est pas un milieu très organisé. Ils n’ont pour l’instant ni chef de file, ni une vision stratégique claire.

 

Propos recueillis par Walid KHEFIFI

 

 

 

______________


* Politologue et écrivain tunisien, Slaheddine Jourchi est un spécialiste des mouvements islamistes et des phénomènes politico-religieux dans le monde arabe. A l’âge de, à 16 ans, il se joint à Rached Ghannouchi, Abdelfattah Mourou, Hmida Ennaïfer et d’autres militants pour fonder la «Jamaâ Islamique», qui donna naissance au Mouvement Ennahdha. Dès 1977, il a pris ses distances avec Ennahdha pour fonder le courant de « la gauche islamique», connu également sous l’appellation des «islamistes progressistes». Ce courant estime que l’école des Frères Musulmans ne peut pas assimiler la spécificité tunisienne, ni apporter des solutions appropriées aux problèmes du pays. En 1990, Slaheddine Jourchi a créé le Forum Al-Jahedh. Il a , en parallèle, milité au sein de la Ligue Tunisienne pour la défense des droits de l’Homme. Récemment, il a été l’un des initiateurs de «l’Alliance centriste indépendante » qui a présenté des listes pour les élections de l’Assemblée Constituante, avec, entre autres, Abdelfattah Mourou, Skander Rekik et Radhouène Masmoudi.

 

source letemps

 
 
Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Religion _ L'Islam politique _ Salafistes_ Chokri
commenter cet article
4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 01:04

 

Révolutions arabes : les gaz des manifs suspectés d'être mortels

Des manifestants évoquent une toxine mystérieuse, peut-être un agent neurotoxique interdit, présente dans les épais nuages des gaz lacrymogènes utilisés par les forces de sécurité. A Bahreïn, ce gaz est soupçonné d'avoir causé la mort de huit civils depuis février.

 


Les yeux d'un manifestant sont nettoyés avec du lait pendant une manifestation au Caire, le 21 novembre 2011 (Goran Tomasevic/Reuters)

(Du Caire) « Je me suis senti faible et étourdi pendant plusieurs jours, et mes mains n'arrêtaient pas de trembler », se souvient l'Egyptien Mahmoud Hassan qui a été hospitalisé en urgence le mois dernier. Il avait inhalé des gaz lacrymogènes lors d'une manifestation contre le régime militaire au Caire.

Pour ce chef en marketing, le gaz était bien plus fort que celui utilisé par les forces de sécurité lors du soulèvement qui a renversé le dictateur égyptien Hosni Moubarak le 11 février. Hassan insiste :

« Ce n'était pas du gaz lacrymogène, c'était autre chose. La peau et les poumons me brûlaient. Nous nous sommes tous effondrés par terre, pris de spasmes incontrôlables. »

Un gaz similaire est soupçonné d'avoir causé la mort d'au moins huit civils à Bahreïn depuis le mois de février.

Un médecin « sûr à 90% que c'est du gaz neurotoxique »

Au Yemen, des médecins ont indiqué que les manifestants exposés à ce qui semblait être du gaz lacrymogène sont arrivés dans des hôpitaux ­paralysés, inconscients ou en convulsions. Les traitements habituels pour l'exposition aux gaz lacrymogènes n'avaient aucun effet sur eux.

Le docteur Sami Zaid, physicien à l'hôpital de la science et de la technologie de Sanaa, la capitale du Yemen, confie :

« On a observé des symptômes dans le système nerveux des patients, et non dans leur système respiratoire. Je suis sûr à 90% que c'est du gaz neurotoxique. »

Les troubles observés au Caire ou à Sanaa sont étonnamment similaires :

  • une forte sensation de brûlure de la peau et des poumons,
  • des nausées,
  • une paralysie,
  • des convulsions,
  • et, dans certains cas, la mort.

Des gaz de fabrication américaine et française

La plupart des bombes lacrymogènes trouvées près de la place Tahrir au Caire après les récentes manifestations possèdent le timbre de fabrication des Combined Tactical Systems (CTS), une entreprise américaine.

« Nous pensons que les bombes CTS causent ces symptômes étranges », explique Sherif Azer, de l'Organisation égyptienne pour les droits humains (EOHR). A Bahreïn, la plupart des bombes sont de fabrication américaine et française.

Ramez Moustafa, neurologue à l'université Ain Shams au Caire, a observé à plusieurs reprises ces symptômes lors de ses visites dans les hôpitaux de fortune dressés sur la place Tahrir le mois dernier :

« Avec mes collègues, nous avons été témoins de personnes frappées de convulsions. Même en concentration élevée, des gaz lacrymogènes usuels n'affectent pas le système nerveux. Certaines personnes sont mortes d'une attaque. »

Une accusation souvent entendue est que les forces de sécurité utilisent des gaz lacrymogènes périmés. Le gaz a une durée de vie de trois à cinq ans, mais les activistes à Bahreïn et en Egypte ont publié des photos de bombes dont la date de production dépasse les dix ans. Selon eux, en vieillissant, les composants chimiques pourraient devenir dangereux.

Les experts contestent toutefois cette hypothèse. « Le gaz lacrymogène a plutôt tendance à perdre de sa puissance avec le temps », explique Kamran Loghman, ancien président de Zarc International, un des poids lourds américains dans la fabrication des sprays chimiques non létaux.

Cyanure et arsenic

Selon lui, il est plutôt probable que les symptômes observés soient le résultat d'une surexposition. Depuis le Printemps arabe, les forces de sécurité ont intensifié l'utilisation de gaz lacrymogènes, bien au-delà des doses nécessaires pour neutraliser un individu, n'hésitant pas à enfumer des manifestants dans des endroits exigus. Des études ont démontré qu'avec une exposition prolongée ou intense, le corps humain peut métaboliser le gaz CS en un cyanure mortel.

Le ministère égyptien de la Santé a déclaré que les bonbonnes de gaz lacrymogène testées ne contenaient aucune toxine mortelle. Une analyse indépendante aurait, elle, découvert que le gaz lacrymogène utilisé au Caire contiendrait un mélange de 2,5% de cyanure de brome et de l »arsenic. La guerre de l'information est loin d'être étouffée.

source rue89.

 

 

____________________________

ARCHIVES

Yémen : le gouvernement a-t-il utilisé un gaz neurotoxique contre les manifestants ? 

 

Ce billet  fait partie de notre dossier spécial sur les Manifestations au Yémen  2011.

[Liens en anglais] Des journalistes, des utilisateurs de Twitter, des internautes sont en train d'enquêter sur une éventuelle utilisation de gaz neurotoxique par les forces de sécurité du Yémen lorsque celles-ci ont attaqué des manifestants le mardi 8 mars. L'attaque avait pour but, selon les déclarations ultérieures du gouvernement,  “d'empêcher un membre d'une tribu yéménite d'apporter des armes aux participants à un sit-in d' étudiants”, lesquels s'étaient rassemblés près de l'université de Sanaa pour appeler à la démission du président depuis longtemps en exercice, Ali Abdullah Saleh.

Un manifestant serait mort dans cette attaque, et près de 70 autres ont été blessés.  Les manifestants ont déclaré que les forces de sécurité avaient aussi utilisé ce qu'ils pensaient être des gaz lacrymogènes pour disperser la foule. Toutefois, quelques médecins qui ont soigné les blessés ont affirmé qu'ils n'avaient jamais vu ces symptômes, à savoir des convulsions, des pertes de contrôle musculaire et même des paralysies chez des personnes touchées par les gaz lacrymogènes.

Voici un tweet du journaliste Jeb Boone qui se trouve sur place :

@JebBoone: On dit que le gaz lacrymogène est inodore. Le gaz utilisé dans les manifestations au #Yemen sentait le soufre, comme c'est le cas après des coups de feu, ce que j'ai pensé être au début.

Un autre tweet de la journaliste Iona Craig, qui se trouvait à l'hôpital avec les manifestants blessés.

@ionacraig: Je ne suis pas une spécialiste des produits chimiques mais il n'y avait pas parmi les symptômes de cette nuit d'irritation des yeux et de la peau comme c'est le cas avec les gaz lacrymogènes. Les gens se sont tout simplement évanouis suite à des problèmes respiratoires.

La Convention sur les armes chimiques interdit la fabrication, le stockage et l'utilisation de plusieurs armes chimiques, dont les agents neurotoxiques. A l'heure actuelle, 165 pays ont signé la convention des Nations-Unies dont le Yémen qui l'a  ratifiée en 2000.

Oliver Holmes, un journaliste indépendant qui vit au Yémen, a fourni la vidéo où l'on voit une grenade trouvée sur les lieux :

Il a posé cette question via Twitter :

@olireports: Est-ce que quelqu'un peut confirmer si une grenade à gaz Smith & Wesson en caoutchouc vert est illégale ? Est-ce du gaz lacrymogène ou du gaz neurotoxique ?   @YF @Yemen

Puis, Oliver Holmes a rapporté :

@olireports: Les grenades que j'ai vues n'étaient pas du gaz neurotoxique. #YF #Yemen

Voici une autre vidéo des munitions trouvées après les affrontements du 8 mars.

Un de ses correspondants répond :

@Dmangoman: @kasinof  La bombe ronde contient normalement du gaz lacrymogène standard, du gaz  CS ou CN [note de la traductrice: gaz CS ou orthochlorobenzalmalononitrile/gaz CN ou chloroacétophénone, deux gaz entrant dans la composition du gaz lacrymogène] ; à moins que les bombes n'aient été manipulées ou soient des bombes lacrymogènes de contrefaçon.

Ce n'est pas la première fois que le gouvernement du Yémen est accusé d'utiliser du gaz neurotoxique. En 2005, la journaliste Jane Novak avait publié les affirmations de personnes sur le terrain selon lesquelles l'armée nationale pourrait avoir utilisé du gaz neurotoxique pour écraser la rebellion menée par Houthi à Sahdaa.

Mohamed Almansour, un érudit religieux hautement respecté, avait écrit en mars 2005 une lettre au Président  Saleh qui déclarait : “Nous condamnons tout ce qui s'est passé dans les mois précédents comme l'usage excessif de la force par les forces gouvernementales et l'utilisation d'armes internationalement interdites.”  En mai,  Al-quds Al-arabia avait rapporté que le chef rebelle Abdelmalik al-Houthi avait déclaré : “Le Gouvernement nous a attaqués avec des armes interdites telles que le gaz chlore, qui a entraîné une incapacité à respirer.” Il a aussi fait allusion aux “gaz colorés.”  Un article du journal de l' opposition al-Shoura a dressé, en juin,  la liste des noms des enfants qui ont été empoisonnés, dont  Bader Aldeen Abdula Moslih, lequel a été décrit comme  “un garçon de 12 ans  souffrant de graves lésions nerveuses et cutanées conséquemment à l'utilisation du gaz chlore par l'armée lors de la première guerre l'année dernière.” Dans une interview par internet ce même mois, un partisan de Houthi et une personne qui se dit témoin oculaire a décrit “un missile spécial qui se transforme en de nombreuses particules, jaunes puis rouges. Le nuage s'élève lentement. Lorsque cela explose, c'est jaune puis quand les particules retombent, celles-ci sont rouges.” Le nuage a entraîné une incapacité à respirer, a-t-il rapporté.

Yahya al-Houthi, ancien membre du parti dirigeant au Parlement et frère du chef rebelle décédé Hussain al-Houthi, a écrit dans un mail : “La plupart des personnes blessés sont mortes, en particulier celles qui se cachaient dans la grotte Soliman (Suleiman Cave). Elles avaient été exposées aux gaz chimiques. La zone voisine de la grotte Soliman est encore bouclée par l'armée afin d'empêcher qui que ce soit de prendre des échantillons afin que ceux-ci soient analysés par des spécialistes des armes chimiques. L'armée a aussi brûlé tous les corps dans cette zone, ainsi, elle n'a laissé aucune preuve pour la communauté internationale.

Dans de longs rapports sur ce conflit, ni l'International Crisis Group ni l'IRIN (réseaux d'information régionaux intégrés) n'ont mentionné ces assertions.

Des utilisateurs de Twitter continuent à affirmer que le gouvernement a utilisé certains gaz mardi soir.

@alguneid: @WomanfromYemen #saleh , les troupes des fils et neveux du Président ont utilisé du gaz neurotoxique à faible niveau. Cela entraîne un œdème cérébral (c.a.d. un excès d'eau dans les tissus extra-cellulaires du cerveau), le coma puis la mort  #crimedeguerre

D'autres s'interrogent sur les faits rapportés.

@JebBoone: Il se peut que le gaz utilisé au  #Yémen soit du gaz CR [note de la traductrice: du dibenzoxazépine, un agent lacrymogène], un gaz pour contrôler l'émeute, plus fort que le gaz lacrymogène. Il a une odeur poivrée.

@ionacraig: Selon un médecin, quatre personnes ont fini à l'unité de soins intensifs avec un œdème au cerveau suite aux gaz de la nuit dernière. #yemen #yf #sanaa

@CarvajalF: #Yemen - Un de mes amis de l'Université des Sciences et Technologies de Sanaa ne m'a pas encore confirmé l'utilisation du gaz neurotoxique  @ Sanaa Univ - celui-ci obtenant des commentaires des gens très divers-

@prince640: @CarvajalF Est-ce qu'il pourrait y avoir d'autres agents avec certains de ces mêmes effets?  #Yemen

@Dirk2112: RT @joshuafoust: http://t.co/Ct40njU “Du gaz neurotoxique” Cela sent la rumeur et l'exagération. Je suggère une grande prudence avant d'y croire.  #yf #Yemen

@theriverfed: J'espère que la Cour internationale de Justice y prête attention RT @leloveluck Des médecins au  #Yemen disent que c'est du gaz neurotoxique qui a été utilisé contre les manifestants: http://t.co/Ct40njU

@CFKlebergTT: Une source au #Yémen m'a parlé de l'utilisation du gaz neurotoxique.  HRW (Human Rights Watch) ne peut confirmer ni infirmer.  Davantage d'informations sous peu…

source globalvoicesonline

 

Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Printemps arabe ! Et africain ! Amérique Latine
commenter cet article
4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 00:18

Une intervention en Syrie pourrait déclencher un embrasement généralisé de la région


 

Après ses séjours en Syrie et en Libye, Pierre Piccinin, historien et politologue, analyse les événements dans cet entretien accordé à La Nouvelle République : le rôle ambigu d'Al-Jazeera et l'incompétence de la presse occidentale, la réalité de la répression et les risques d'une intervention en Syrie, la vague islamiste, le jeu du Qatar et de la France, la stratégie des États-Unis et d'Israël... 

 

Entretien avec Pierre Piccinin réalisé par Chérif Abdedaïm

 

Interv. NR

 

 

D’après la plupart des médias Occidentaux et certaines chaînes arabes (Al-Jazeera, Al-Arabia, etc.), le peuple syrien est victime d’une sanglante répression de la part du pouvoir en place. Paradoxalement, les médias indépendants annoncent une tout autre réalité. L’opinion, ne sait plus à quelle source se fier. Qu’en est-il réellement de la situation, après le séjour que vous avez effectué en Syrie ?

 


Soyons d’emblée bien d’accord sur ce dont nous parlons : le régime baathiste, en Syrie, est une dictature qui n’a pas hésité, à plusieurs moments de son histoire, à réprimer l’opposition sans faire de détails. Arrestations, tortures, enlèvements et disparitions…
 

 

Cela étant, je n’ai pas constaté de « sanglante répression » durant mon séjour en Syrie ; et je précise tout de suite que je ne suis pas entré en Syrie à l’invitation du gouvernement : j’ai pu circuler dans tout le pays, sans aucun contrôle, seul, et sans devoir justifier d’un itinéraire.

 

Certes, les forces de l’ordre dispersent les manifestants en ouvrant le feu. L’armée est aussi intervenue dans certaines régions, à la frontière turque notamment, autour de Jisr-al-Shogur, mais pour mâter des soulèvements violents, nullement des manifestations « pacifiques ». A Homs, j’ai vu des manifestants armés, qui tiraient sur les policiers. Ainsi, l’image simpliste que les médias diffusent de la crise syrienne –un peuple manifestant pacifiquement contre une féroce dictature- est complètement fallacieuse.

 

Il y a donc des morts, c’est un fait, y compris lors de manifestations pacifiques. Mais le pays n’est pas à feu et à sang. Et pour cause : les manifestations de l’opposition rassemblent très peu de personnes. Généralement, il s’agit de quelques centaines de personnes au plus. Cela s’explique parce que la police intervient très rapidement pour les disperser, mais aussi parce que la population est très divisée par rapport à ces événements et, au final, ce sont surtout les mouvements islamistes qui continuent d’alimenter la contestation. Les manifestations ont lieu dans les banlieues, le plus souvent, dans des quartiers socialement plus défavorisés, où les islamistes sont très présents et mobilisent les gens à la sortie de la mosquée.

 

C’est l’organisation des Frères musulmans qui domine la contestation. Certains analystes l’avaient crue complètement anéantie par le pouvoir (et continuent de le prétendre) ; mais elle existe encore bel et bien, secrète, et se révèle aujourd’hui. Ce sont d’ailleurs les Frères musulmans qui, le plus souvent, parlent au nom du Conseil national syrien, qui rassemble une partie des différents courants de l’opposition et voudrait se faire reconnaître comme le nouveau gouvernement syrien, à l’instar du Conseil national de Transition, en Libye.

 

Mais, à Damas et dans les principales grandes villes, comme à Alep par exemple, la situation a toujours été tout à fait calme, exception faite de certains quartiers de Homs, et de Hama, le fief des islamistes, des Frères musulmans.

 

En juillet, je m’étais rendu à Hama, un vendredi, jour de la grande prière. J’avais suivi une manifestation qui avait rassemblé entre trois et dix mille personnes. C’est la seule fois où j’ai vu une manifestation de grande ampleur contre le régime. Les manifestations qui rassemblent des centaines de milliers de personnes, ce sont plutôt celles qui ont lieu en soutien de Bashar al-Assad. Bien sûr, la police ne tire pas sur ces manifestants-là... En outre, le gouvernement facilite leur organisation. Mais il ne s’agit pas de propagande pour autant, pas seulement. J’y ai rencontré des gens qui manifestaient très sincèrement, avec passion ; ce n’étaient pas uniquement des « figurants ».

 

Or, concernant cette manifestation à laquelle je me suis trouvé à Hama, les médias européens ont annoncé une participation de 500.000 personnes ! Ayant été le témoin direct de la réalité, j’ai été stupéfait par l’ampleur de cette désinformation, vraiment abasourdi. Et j’ai pu constater de nombreux autres cas similaires.

 

Dès lors, mon analyse est très éloignée de celles de politologues qui se basent sur les aberrations que diffusent les médias (analyse pour laquelle j’ai été très attaqué et, pour ainsi dire, ai fait l’objet d’une véritable chasse aux sorcières ; certains, un peu par jalousie de mon expérience, un peu pour donner des gages aussi, n’ont pas même hésité à me qualifier d’agent de la propagande baathiste). Mon analyse est donc celle-ci : le gouvernement syrien, dans l’ensemble, garde le contrôle de la situation et n’est pas prêt de devoir céder quoi que ce soit à l’opposition. Sauf si certains groupes qui participent à cette opposition –et je pense aux islamistes- reçoivent un soutien financier et militaire de l’étranger, ce qui semble de plus en plus être le cas. Mais, alors, il faudra parler en termes d’ingérence, de rébellion armée et d’internationalisation de ce qui sera à proprement parler un conflit, et non plus de « révolte » ou de « révolution »...

 

 

Après la Libye, nous assistons apparemment à la même campagne de désinformation manipulatrice concernant la Syrie. Finalement les médias sont devenus un instrument de propagande au service d’une politique hégémonique, au lieu d’informer l’opinion ; quelles mesures de contre-propagande faudrait-il adopter dans cette guerre médiatique ?

 

Je ne serais pas aussi catégorique que vous, concernant les médias, à propos de la Syrie en tout cas.

 

Certes, il est bien évident que la plupart des grands médias ont une ligne éditoriale déterminée par les intérêts de ceux qui les possèdent, leurs principaux actionnaires, des groupes financiers ou industriels qui sont impliqués dans les événements et ont utilisé leurs médias pour influencer l’opinion (comme ce fut le cas lors de la guerre du Golfe –qui restera en la matière un véritable cas d’école- ou lors du récent conflit en Libye). Alors que les médias indépendants, quant à eux, sont pour la plupart le produit d’intellectuels ou d’associations qui veulent apporter une information la plus juste possible.

 

Mais je pense qu’il ne faut pas sous-estimer un autre facteur qui explique cette « désinformation », un facteur d’ordre structurel : le temps des grands reporters, c’est terminé. Ce que j’ai fait en Syrie, par exemple, ou en Libye, cela aurait dû être fait par des reporters, comme me l’ont dit plusieurs amis journalistes. Or, en Syrie, j’étais pour ainsi dire le seul à avoir parcouru le pays à la recherche d’informations. Et on pourrait compter sur les doigts d’une main les journalistes qui ont pris le risque de faire de même (je pense à François Janne d’Othée, ou à Gaëtan Vannay, de la Radio suisse romande). Idem en Libye : il y avait certes des journalistes présents à Benghazi ; mais ils ne quittaient jamais leur hôtel. Sur le front, j’étais le seul. Et les images soit disant du front que l’on pouvait voir, avec des journalistes casqués en avant-plan, étaient prises dans des zones déjà sécurisées ou plus grand-chose ne se passait (je l’ai constaté à plusieurs reprises ; c’était pitoyable, du show : sur le véritable front, avec leur casque et leur gilet pare-balle, ils auraient fait une cible toute désignée et n’auraient pas tenu dix minutes).

 

Cela tient au financement de la presse. Autrefois, on se permettait de mettre une équipe sur une affaire, un événement, pendant des mois, pour retirer de l’opération quelques articles seulement. Aujourd’hui, les rédactions ont été dégraissées et ne disposent plus d’assez de personnel, ni de moyens. La tâche des journalistes est maintenant de faire du texte, de remplir les pages. Ils n’ont plus la possibilité de se rendre sur le terrain, de vérifier l’information, ni le temps de recouper leurs sources. Ils se contentent donc de répercuter des « informations » qui proviennent de quelques grandes agences de presse, elles-mêmes bien souvent informées par des réseaux qu’elles ont constitués, généralement dans le milieu des ONG, dont certaines, derrière des étiquettes apparemment honorables, cachent en réalité des groupes d’intérêt ayant partie prenante dans les événements traités.

 

Les médias indépendants aussi souffrent de ce manque de moyens et, dès lors, à vouloir systématiquement prendre le contre-pied de la version dominante, certains pèchent parfois par excès inverse et finissent par présenter Kadhafi, par exemple, comme un héros défenseur de la liberté…

 

Concernant la Syrie, je crois qu’on est dans ce cadre-là ; et je ne suis pas d’avis qu’il y ait la volonté de l’Occident de déstabiliser le régime en place, contrairement à celle du Qatar et de l’Arabie saoudite, en revanche, qui appuient l’opposition islamiste de manière évidente, et notamment en relayant sa propagande via leurs médias, telle la chaîne Al-Jazeera.

 

En effet, l’Europe a toujours eu de bons rapports avec Damas et importe 98% de la production pétrolière syrienne. Les Etats-Unis ont mené toute une politique de rapprochement avec la Syrie, depuis 2001. Même Israël se félicite d’un voisin qui, certes, crie très fort contre le sionisme, mais, dans les faits, freine le Hezbollah, maintient le statu quo et garanti l’étanchéité de la frontière du Golan. Je suis convaincu qu’aucun de ces États ne désire l’embrasement du pays, la guerre civile, l’islamisme armé…

 

Je pense donc que la désinformation ambiante résulte de ces problèmes structurels dont j’ai fait état, et puis aussi d’une certaine incompétence…

 

Je prendrai pour exemple un cas bien concret : ce 20 novembre, à la suite d’Al-Jazeera, toute la presse internationale a annoncé une attaque de roquettes contre le siège du parti Baath à Damas ; et d’aucuns en ont immédiatement tiré des conclusions selon lesquelles, désormais, la capitale était attaquée par l’opposition armée et que le régime devait compter ses derniers jours. Un de me contacts à Damas m’a spontanément téléphoné, le jour-même, pour m’informer que le bâtiment était intact et que cette histoire était une pure invention. Il ne m’a pas fallu plus de deux coups de fil pour vérifier l’information et démonter l’affaire : le lendemain, j’ai publié un court article, avec une photographie du siège du Baath à Damas intact, qu’une amie sur place m’a envoyée, avec, en avant-plan, la une du Figaro du lendemain de la prétendue attaque. Si j’ai pu procéder à cette vérification, qu’est-ce qui empêchait tout journaliste d’en faire autant ? C’est normalement le be-a-ba du métier de journaliste, non ?

 

Et il faut aussi tenir compte d’un autre phénomène : la presse se nourrit d’elle-même et, en même temps, cherche le scoop vendeur, ce qui génère une spirale vicieuse dont il devient rapidement impossible de s’extraire ; pire : dans des cas similaires à celui que je viens d’évoquer, les médias ne démentent même pas après coup, par crainte du discrédit. Et ça passe comme ça.

 

Ainsi, concernant la Syrie, les grands médias restent sur leur ligne éditoriale, malgré les témoignages, dont le mien, de journalistes et chercheurs qui se sont rendus sur place.

 

Pourtant, de plus en plus de preuves sont fournies de ce que l’opposition organise une formidable désinformation de la presse occidentale. La source principale –et presqu’unique en fait- qui revient systématiquement dans les médias, à propos de la Syrie, c’est l’Observatoire syrien des Droits de l’Homme (OSDH). Or, il a été établi à maintes reprises déjà que cette organisation dépend des Frères musulmans et intoxique les médias : les 500.000 manifestants à Hama, c’était l’OSDH ; les roquettes sur le siège du parti Baath à Damas, c’était l’OSDH aussi, en collaboration avec Al-Jazeera. Et pourtant, ces grands médias continuent à utiliser cette source et à répercuter les « informations » qu’elle leur propose.

 

Cela étant dit, concernant la contre-propagande, de manière générale, face aux médias dominants, il est bien difficile de lutter : le grand public, qui aborde ces questions de très loin et veut consommer une information rapide, n’a ni le temps ni l’envie de s’engager dans une démarche critique et de recouper les informations, comme doit le faire un professionnel, un journaliste ou un historien. Pour la plupart des gens, ces médias sont sensés être fiables et crédibles.

 

Il y a peu, j’avais espéré que l’internet allait permettre de court-circuiter ces grands médias. En effet, de moins en moins, les jeunes –j’entends les 15-35 ans- achètent la presse papier et, de plus en plus, ils prennent leurs informations sur l’internet (c’est plus rapide, plus facile, plus disponible). Donc, les médias alternatifs avaient leur chance de percer ou, au moins, de montrer qu’il existe une autre version des faits.

 

Cependant, les médias dominants ont bien appréhendé le phénomène et ont déjà amorcé leur reconversion : tous sont désormais présents sur la toile. Les médias alternatifs ont toujours leur chance, mais ne peuvent plus capter le lectorat moyen, qui se rend directement sur les sites des « mainstreams ».

 

 

Dans l’un de vos articles, vous disiez qu’Israël  a accepté de recevoir les représentants du CNS et d’entamer avec eux des négociations ? D’après-vous, sur quoi pourraient-elles porter ?

 

Très franchement, je n’en ai que peu d’idée. Le fait est que des contacts existent entre le CNS et le gouvernement israélien. Mais il est bien difficile de savoir quelles sont les intentions israéliennes en la matière.

 

Peut-être ne s’agit-il que d’entrevues ayant pour but de prendre la température et de ne négliger aucun scénario. Mais rien ne laisse penser qu’Israël aurait décidé de prendre le risque de soutenir l’opposition.

 

Au contraire, comme je le disais, Israël s’inquiète de la déstabilisation de la Syrie et Tel-Aviv est restée silencieuse depuis le début de la crise : le régime baathiste ne reconnaît pas l’État d’Israël, appelé « la Palestine occupée », et vocifère régulièrement contre « l’ennemi sioniste ». Cependant, concrètement, la Syrie ne mène aucune action hostile à Israël.

 

En Syrie, vivent environ 500.000 réfugiés palestiniens. Le gouvernement syrien leur a donné tous les avantages dont bénéficient les citoyens syriens. Les Palestiniens ont en outre leurs propres milices armées, autorisées par le gouvernement. Et, pourtant, aucune attaque n’a lieu contre Israël depuis les frontières syriennes : la frontière du Golan est parfaitement sécurisée par la police spéciale de Damas, pour éviter tout incident avec le voisin hébreux.

 

Et, si la Syrie finance le Hezbollah et le Hamas, c’est dans le but de rester un acteur régional incontournable et de garder des cartes dans son jeu, nullement de chercher à détruire Israël. Cette relation de la Syrie avec ces deux organisations lui permet en outre d’exercer sur elles une forte influence et de les empêcher d’aller trop loin dans le conflit israélo-palestinien. Et, cela, Israël le sait bien.

 

Le gouvernement de Bashar al-Assad est donc un moindre mal pour Israël qui n’a pas intérêt à sa chute, surtout pas dans la conjoncture actuelle de grand bouleversement du monde arabe dans laquelle Israël a déjà perdu bien des plumes et se retrouve entourée de populations hostiles : si la guerre civile éclatait en Syrie, la frontière deviendrait poreuse et ce serait l’opportunité pour certains groupes palestiniens, voire islamistes de la tendance Al-Qaïda, de faire du territoire syrien une base d’action contre Israël.

 

 

À constater la rapidité déconcertante avec laquelle la communauté internationale, la Ligue arabe et l’ONU ont réagi contre le régime libyen, d’après-vous, avec l’implication des mêmes acteurs, pourrions-nous assister au même scénario en Syrie ?

 

 

 

Si mon analyse est correcte, non, en aucun cas.

 

Comme je l’ai expliqué, ni les États-Unis, ni l’Europe, ni Israël n’ont d’intérêt dans l’effondrement du régime baathiste et la guerre civile qui en découlerait probablement, opposant les Frères musulmans et les courants islamistes radicaux aux Chrétiens, aux Alaouites et à d’autres communautés qui se sentiraient menacées par les projets de république islamique en Syrie, tels les Kurdes ou les Druzes, par exemple. Sans compter une partie de la bourgeoisie sunnite qui soutien activement Bashar al-Assad et les réformes économiques qu’il a entreprises depuis 2000.

 

Pour les Etats-Unis, les événements en Syrie sont une véritable malchance, qui risque de ruiner toute leur politique de réalignement forcé du pays, menée depuis 2005. Peu après l’assassinat de Rafiq Hariri, le premier ministre libanais, les Etats-Unis ont utilisé le Tribunal spécial pour le Liban, avec la complicité de leur nouvel allié indéfectible, la France sarkozienne, pour mettre la pression sur la Syrie, qui fut obligée de retirer ses troupes du Liban ; parallèlement, à travers l’Arabie saoudite, son grand allié dans la région, Washington a offert à Damas des opportunités d’accords économiques et diplomatiques. Bashar al-Assad avait bien compris cette politique de la carotte et du bâton et a saisi la main tendue ; l’enquête du Tribunal spécial fut alors réorientée vers le Hezbollah… La Syrie acceptait ainsi le retour en grâce, tout en demeurant alliée de l’Iran, c’est-à-dire, en outre, pour Washington, l’intermédiaire idéal pour régler ses différends avec Téhéran autrement que par un nouveau conflit armé.

 

En fait, les relations entre la Syrie et les Etats-Unis s’étaient déjà améliorées dès après les attentats du 11 septembre 2001 : Damas et Washington s’étaient trouvé un point commun, à savoir la lutte contre le terrorisme islamiste. Et des prisonniers furent transférés de Guantanamo en Syrie, pour y être interrogés ; une collaboration très étroite s’est ainsi développée entre les services secrets états-uniens et syriens.

 

D’ailleurs, quelles mesures concrètes ont-elles été prises contre Damas ? Aucune !

 

Principalement, les Etats-Unis et l’Europe ont déclaré qu’ils n’achèteraient plus de pétrole à la Syrie. Ce n’est pas sérieux ! D’une part, les Etats-Unis n’ont jamais acheté de pétrole à la Syrie… D’autre part, le pétrole syrien continuera de se vendre sur les marchés, ailleurs, à travers l’Irak notamment, et l’Europe s’approvisionnera ailleurs également. Il s’agit donc d’un hypocrite petit jeu de chaises musicales qui n’aura aucune conséquence pour le régime baathiste. Mais il fallait bien faire quelque chose et jeter un peu de poudre aux yeux, surtout après les moyens lourds déployés en Libye…

 

Aussi, je n’hésiterais pas à dire que l’Occident et Israël n’espèrent qu’une chose, très cyniquement, à savoir que Damas soit en mesure de rapidement rétablir l’ordre et de permette ainsi le retour au calme dans les plus brefs délais.

 

Le seul acteur que vous avez évoqué et qui semble vouloir intervenir en Syrie, c’est la Ligue arabe. Mais elle n’a, elle non plus, pris aucune mesure concrète. En fait, l’action de la Ligue arabe est surtout motivée par le Qatar, qui a saisi l’opportunité de ce « Printemps arabe » pour accroître partout son influence de manière phénoménale (le Qatar, aidé par son meilleur allié, l’Arabie saoudite, a été présent sur tous les terrains, en Tunisie, en Égypte, en Libye, pour y apporter son soutien, armes et financement, aux islamistes radicaux, aux salafistes, mais aussi aux partis islamistes dit « modérés »).

 

Donc, la Ligue arabe fait entendre sa voix dans le dossier syrien. Mais elle est en contrepartie freinée par d’autres États, comme l’Égypte, qui sauraient mettre le holà à toute velléité interventionniste, si les prétentions du Qatar devaient aller jusque là.

 

En outre, il ne faut pas oublier que la Syrie dispose de solides alliés : contrairement à Tripoli, Damas pourra compter sur le soutien de la Russie, de la Chine et de l’Iran.

 

Il est d’ailleurs curieux que Moscou et Pékin aient abandonné si facilement la Libye au camp occidental. Mais peut-être cela s’explique-t-il par le fait que la résolution 1973 n’autorisait nullement l’OTAN à renverser Mouammar Kadhafi, ni à soutenir militairement la rébellion, comme en bombardant Syrte, par exemple, mais uniquement à protéger les civils. D’où l’attitude de la Russie et de la Chine, lors du vote de cette résolution au Conseil de Sécurité de l’ONU, et l’absence de veto (sans qu’elles aient cela dit été jusqu’à l’approuver par un oui, pas plus que le Brésil et l’Inde qui, par le hasard des choses, siégeaient également au Conseil de Sécurité à ce moment-là et se sont abstenus, ce qui fait de la résolution 1973 un pur produit de l’Occident).

 

Autrement dit, il semblerait que la Russie et la Chine n’avaient pas bien appréhendé les intentions françaises, britanniques et états-uniennes à l’égard de la Libye (pas plus que la Ligue arabe, d’ailleurs, dont le président, l’Égyptien Amr Moussa, a immédiatement retiré son soutien à l’intervention lorsqu’il en a eu compris les objectifs réels). La Russie et la Chine ont dès lors protesté, mais en vain : l’OTAN étant présent sur le terrain, il était trop tard pour s’opposer à l’intervention.

 

On peut donc supposer que, après ce qui s’est passé en Libye, les pays du BRIC se montreront plus prudents au Conseil de Sécurité, à commencer par la Russie, dont la Syrie baathiste reste le seul allié sérieux dans la région, sa dernière carte de poids au Moyen-Orient. C’est pourquoi la Russie a envoyé des bâtiments de guerre dans les ports syriens sans attendre, dès que les premières propositions d’intervention, de la part de la Turquie notamment, se sont faites entendre.

 

Il me semble que, cette fois, le message est bien clair.

 

Enfin, il ne faut pas négliger l’Iran : une intervention en Syrie pourrait déclencher un embrasement généralisé de la région, l’une des plus sensibles au monde, qui risquerait d’impliquer les monarchies du Golfe, le Hezbollah au Liban et Israël.

 

Le petit jeu auquel se livre le Qatar (en connivence avec la France, semble-t-il ; en tout cas, en Libye, c’était très clair) est ainsi très dangereux, car il est peu probable que la crise syrienne puisse aboutir à une transition politique calme, comme en Tunisie ou en Egypte (où la percée salafiste, toutefois, pose question quant à la manière dont l’armée pourrait réagir, avec l’appui de l’Occident, si les Frères musulmans ne se montraient pas raisonnables dans le choix de leur alliance de gouvernement).

 

En conclusion, la Syrie constitue un enjeu trop sensible pour que quiconque se permette de tenter une aventure aussi brutale que celle qu’on a connue en Libye.

 

 

Sachant, d’une part, que  la population syrienne est hétéroclite (Chrétiens, Druzes, Kurdes, Chiites, Alaouites, etc.), et, d’autre part, la montée en puissance des Frères musulmans, que peut-on présager de l’avenir de la Syrie, au cas où le régime de Bachar al-Assad viendrait à disparaître ?

 

Ayant été sur place, après avoir eu des contacts dans ces différentes communautés, je ne vois pas d’issue pacifique, négociée, imaginable pour mettre fin à cette crise.

 

Le point de vue des islamistes est très clair en Syrie : aucune négociation n’est envisageable avec le Baath, qui doit quitter le pouvoir sans délais ; la communauté sunnite est majoritaire et l’objectif est l’État islamique. Les Frères musulmans syriens ne sont pas aussi accommodants que leurs homologues égyptiens. Et il ne faut pas les confondre avec l’AKP turque ou Ennahda en Tunisie, partis « modérés » (quoi que peut-être pas autant qu’ils voudraient le faire croire, en réalité).

 

Les communautés alaouite et chrétienne, qui sont celles qui se sentent les plus menacées, n’ont quant à elles aucune intention de renoncer à la laïcité de l’État  et  de subir un sort similaire à celui des Chrétiens d’Irak, dont plusieurs milliers ont d’ailleurs trouvé refuge en Syrie et fournissent un éloquent exemple aux Chrétiens syriens, ou à celui des Coptes d’Égypte, qui, depuis la chute de Moubarak, fuient le pays et les attaques islamistes par dizaines de milliers.

 

Aussi, il  y a deux scénarios possibles, en cas de chute du régime actuel : une victoire rapide des Frères musulmans et de leurs alliés dans la communauté sunnite, c’est-à-dire l’instauration en Syrie d’une république islamique, ou la guerre civile sur le long terme.

 

Mais je pencherais plutôt pour le second scénario : premièrement, l’armée syrienne est en grande partie aux mains des Alaouites, la communauté dont est issue le président al-Assad ; les unités les mieux armées et les plus performantes sont essentiellement alaouites. Et les Chrétiens, si je dois en croire les témoignages que j’ai récoltés en Syrie, sont très majoritairement prêts à se battre à leur côté (plusieurs de mes contacts au sein des différentes communautés chrétiennes m’ont assuré qu’ils s’y préparaient déjà et disposaient de caches d’armes à cet effet). Deuxièmement, comme en Libye, il semble que l’opposition islamiste soit désormais armée par le Qatar…

 

En cas d’aggravation de la situation, on pourrait donc voir surgir en Syrie une conjoncture assez proche de celle qu’avait connu le Liban dans les années 1970’ et 1980’.

 

 

Hier, l’Occident combattait les extrémistes musulmans takfiristes. Aujourd’hui, ce même Occident investit dans ces forces (comme on le constate en Tunisie, en Egypte, en Libye et en Syrie). Quel rôle joue aujourd’hui la Confrérie des Frères musulmans dans les évènements qui secouent le Moyen-Orient ? Comment se situe-t-elle par rapport à la stratégie mise en œuvre par Washington pour protéger ses intérêts et ceux d’Israël dans la région ?

 

Si vous m’aviez posé la question il y a six mois, j’aurais souri en vous répondant que l’islamisme n’était pas un danger et que la montée du radicalisme religieux dans le monde arabe procédait plus du fantasme occidental que d’une réalité vérifiable.

 

Je vous aurais probablement expliqué également que l’islamisme avait surtout bon dos pour justifier le soutien de l’Occident aux dictatures, prétendus « remparts contre le terrorisme et le radicalisme ».

 

C’était la thèse dominante et elle me paraissait tout à fait satisfaisante.

 

Aujourd’hui, après avoir parcouru les différents terrains du « Printemps arabe » pendant plus de dix mois, je suis affirmatif : l’islamisme radical n’est en aucun cas un fantasme et ces dictatures, effectivement, l’endiguaient tant bien que mal.

 

La percée salafiste lors des élections de novembre, en Égypte, est en cela des plus éloquentes : personne ne les avait vus venir ; or, les Salafistes sont désormais la deuxième formation politique en importance, après les Frères musulmans.

 

En Tunisie, Ennahda, derrière ses apparences « modérées », reçoit des fonds du Qatar et négocie ouvertement avec les Salafistes.

 

En Libye, les filières islamistes radicales sont partout présentes. Elles ont reçu du Qatar des moyens extraordinaires. Lorsque je m’y trouvais, en août, j’ai même constaté du matériel lourd, des chars d’assaut, financés par le Qatar. Ce fut à ce point que, à Benghazi, j’ai été témoin de la panique du CNT, lorsque nous avons appris qu’une colonne de plusieurs centaines d’islamistes armés jusqu’aux dents montait sur Tripoli. Le CNT a alors donné l’ordre de lancer l’attaque sur la capitale, deux semaines avant la date prévue et dans le plus grand désordre, pour ne pas être pris de court par ces combattants islamistes.

 

Au Yémen également, des mouvements salafistes et des filières d’Al-Quaïda ont fait leur apparition.

 

Au Maroc, les élections viennent d’être remportées par le courant islamiste Justice et Développement, favorable à la monarchie, soutenu par le Qatar et Al-Jazeera (opposé au contestataires du Mouvement du 20 février et aux islamistes réformateurs du parti Justice et Spiritualité).

 

Bref, partout, l’islamisme radical triomphe et s’impose. Plus encore, ces différents mouvements entretiennent entre eux d’intenses contacts, y compris avec l’AKP en Turquie (à laquelle les Frères musulmans syriens ont demandé une intervention militaire).

 

Il est encore bien difficile de démêler l’écheveau de ces négociations, mais il est clair qu’une véritable « internationale islamiste » est en train de se mettre en place.

 

Mais cette situation est la conséquence du « Printemps arabe », et non sa cause : les islamistes n’ont pas été à l’origine des coups de colère, des révoltes qui ont ébranlé plusieurs pays arabes ; qu’il s’agisse des Salafistes ou des mouvements plus « softs », ils ont profité des événements, alors que, dans certains cas, comme en Égypte, ils étaient même plutôt absents au début du soulèvement. Il ne faut donc pas leur attribuer des intentions ou un rôle qui n’ont pas été les leurs.

 

Cela dit, a priori, en ce qui concerne les Frères musulmans en particulier, comme Ennahda, rien ne laisse croire qu’ils rejoindront les Salafistes dans leur projet de créer le grand califat universel…

 

En effet, leur objectif est plus modeste et concerne essentiellement l’islamisation de la société (l’islam comme religion d’État, le port du voile obligatoire, l’interdiction de l’alcool, le respect des cinq moments de la prière, etc.). Et ce dans des degrés différents d’un pays à l’autre : comme je l’ai dit, les Frères musulmans égyptiens ne sont pas aussi intransigeants que les Frères musulmans syriens…

 

D’un autre côté, les Frères musulmans, comme Ennahda, comme l’AKP, ne sont pas socialistes. Ils n’envisagent nullement des réformes économiques et sociales en profondeur, qui menaceraient l’économie de marché, le libéralisme et les intérêts occidentaux. Ni non plus de remettre en question les traités internationaux et la paix avec Israël.

 

C’est pourquoi je crois ne pas prendre trop de risques en pronostiquant, en Égypte, par exemple, un accord entre les Frères musulmans et le Bloc égyptien, c’est-à-dire l’ancien establishment moubarakiste, avec la bénédiction de l’armée et de Washington, dont les relations étroites n’ont pas été interrompues depuis la chute de la dictature, pas plus qu’en Tunisie d’ailleurs, où Ennahda entretient également de bon rapports avec la diplomatie états-unienne.

 

Autrement dit, si ces partis « modérés » savent maintenir à leur place les mouvements salafistes, ils pourront tranquillement islamiser la société à coups de décrets, sans gêner les intérêts occidentaux : la chute de Ben Ali et celle de Moubarak avaient certainement effrayé Washington, mais la Maison blanche s’est très rapidement rassérénée lorsqu’il a été clair qu’il y avait une alternative acceptable.

 

Je serai cela dit un peu plus circonspect en ce qui concerne la Libye et la Syrie, où les mouvances islamistes qui y sont actives semblent moins « modérées », peu lisibles encore, en tout cas…

 

 

Certains reconnaissent dans  les manifestations qui envahissent le monde arabe en général et la Syrie en particulier les prodromes d’un quelconque printemps ; d’autres pensent que c’est un complot savamment ourdi par Washington dans le cadre de son plan de remodelage du Proche et Moyen-Orient. De quel côté vous placez-vous ?

 

De manière générale, je ne crois pas que le « Printemps arabe » soit le résultat d’un vaste complot états-unien visant à remodeler le « Grand Moyen-Orient », et encore moins dans le cas de la Syrie, pour les raisons que j’ai développées.

 

Les Etats-Unis, comme l’Europe, ont été surpris par les événements et ont réagi très maladroitement, au début en tout cas.

 

Le cas libyen est certes impressionnant, mais c’était une pièce unique, improvisée et qui s’est jouée à vue, dans la précipitation.

 

Ni « printemps », ni « complot », donc, en ce qui me concerne, mais différents cas de troubles, des cas très dissemblables, tant par leurs causes que par les résultats survenus.

 

Et, dans l’ensemble, outre le bonus libyen, rien, à ce stade, de réellement fâcheux pour l’hégémonie états-unienne en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

 

Une grosse frayeur, simplement, mais finalement sans conséquence. 

 

source mondialisation


Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Syrie : les oppositions _ Ligue Arabe
commenter cet article
3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 21:29

Quatre morts dans des combats entre ex-rebelles à Tripoli


 

Des affrontements armés ont opposé mardi dans le centre de Tripoli des groupes d'ex-rebelles, faisant au moins deux morts, a indiqué un commandant local. ( © AFP photo AFP)

 

Des combats ont opposé mardi dans le centre de Tripoli des groupes d'ex-rebelles, faisant quatre morts et au moins cinq blessés, selon le chef du Conseil militaire de Tripoli, Abdelhakim Belhaj.

M. Belhaj a fait état d'affrontements entre des thowars de Misrata (215 km à l'est de Tripoli) et des membres du Conseil militaire local d'avenue Zaouia, un quartier du centre de Tripoli.

Les affrontements ont fait quatre morts et cinq ou six blessés, a-t-il dit au cours d'une conférence de presse.

"Les personnes impliquées (...) ont été arrêtées et vont être déférées à la justice", a-t-il dit.

Il a cependant voulu minimiser l'affaire parlant d'un "petit incident".

Plus tôt, le commandant Massoud al-Kadar, qui dirige un groupe d'ex-rebelles à Tripoli, a fait état de deux morts, disant que les affrontements s'étaient produits lorsque des combattants originaires de Misrata avaient attaqué son groupe à la suite de l'interpellation d'un homme saoul.

L'homme saoul, un ex-rebelle de Misrata, a été arrêté car il était "devenu violent et insultait les +thowars+ (révolutionnaires)", a-t-il expliqué.

L'homme a fini par être relâché, "mais à notre surprise, un convoi de +thowars+ de Misrata est arrivé avec des armes légères et lourdes. Nous avons commencé à discuter avec eux, mais l'un d'eux a tiré, ce qui a déclenché les affrontements qui ont fait deux morts".

Selon une autre version des faits, les affrontements se sont produits quand des thowars de Misrata ont tenté d'arrêter un homme accusé d'avoir fait partie des forces de l'ancien régime.

Des journalistes de l'AFP avaient fait état auparavant d'affrontements dans le centre-ville près du bâtiment des renseignements de l'ex-régime de Mouammar Kadhafi dans l'avenue Zaouia. Des rafales d'armes et des tirs au canon anti-aérien avaient notamment été entendus.

Des ambulances faisaient la navette entre l'hôpital Zaouia et les lieux où se déroulaient ces heurts, a-t-on indiqué de même source.

De nombreux ex-rebelles ont afflué sur les lieux dont certains armés de lance-roquettes RPG, selon les journalistes de l'AFP. Le périmètre a été fermé à la circulation.

Un responsable du ministère de l'Intérieur, cité par l'agence officielle Wal, a indiqué que des forces de son ministère "contrôlaient la situation" et qu'une enquête avait été ouverte "pour déterminer les causes de l'incident".

En fin d'après-midi, la tension était perceptible à Tripoli où plusieurs quartiers ont été fermés à la circulation.

Les nouvelles autorités libyennes peinent à dissoudre les milices armées des ex-révolutionnaires qui font la loi dans le pays depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi.

Plusieurs milices se sont installées dans des bâtiments officiels ou encore dans des résidences et fermes appartenant à des responsables de l'ancien régime. D'autres tiennent des barrages dans des points stratégiques de Tripoli.

Ces milices disposent d'importants stocks d'armes légères et lourdes, puisés notamment dans l'arsenal de l'ancien régime.

Récemment, le ministre de l'Intérieur, Faouzi Abdelali, a annoncé un plan prévoyant l'intégration à court terme de 50.000 combattants ex-rebelles dans les forces de l'armée et les services de sécurité.

source .liberation

 

________________________

Le général retraité al Mankouch à la tête de l'armée libyenne

 

Le président du Conseil national de transition (CNT) au pouvoir en Libye, Moustapha Abdeljalil, a nommé Youssef al Mankouch commandant en chef des forces armées libyennes, a annoncé mardi à Reuters un responsable des nouvelles autorités de Tripoli.

Mankouch, un général qui était à la retraite, a participé au soulèvement qui a conduit à la chute et à la mort de Mouammar Kadhafi le 20 octobre, a précisé ce responsable qui a requis l'anonymat.

Il s'agit de la première mesure notable que prend le CNT pour mettre sur pied une nouvelle armée nationale. Celle-ci aura la rude tâche de remettre dans le rang les milices rivales qui continuent de s'affronter plus de deux mois après la mort de Kadhafi.

Mardi, des miliciens locaux ont affronté pendant plus d'une heure, dans l'une des rues les plus fréquentées de la capitale, d'autres miliciens originaires de la ville de Misrata qui tentaient d'emmener des prisonniers, ont rapporté des témoins.

Les tirs ont fait quatre morts et onze membres de la milice de Misrata ont été capturés, a dit un combattant.

La capitale libyenne est toujours contrôlée par les différentes milices qui ont contribué au renversement de l'ancien "guide".

Le 11 décembre dernier, ce sont des soldats de l'armée régulière qui avaient dû affronter des miliciens pour reprendre le contrôle de l'aéroport international de Tripoli.

source tempsreel.nouvelobs

 

________________________________________________

 

Un colonel à la retraite nommé chef d’état-major de l’armée libyenne

 Le CNT court-circuite le général Haftar

 

 

 

Le général Khalifa Haftar, que de nombreux observateurs occidentaux présentent comme étant parrainé par les services de renseignements américains, ne sera pas le chef d’état-major de la nouvelle armée libyenne.

 

 

Le Conseil national de transition (CNT) lui a finalement préféré Youssef El Mangouch, un colonel à la retraite, qui a pris activement au soulèvement contre le régime de Mouammar El Gueddafi.
Le colonel El Mangouch, qui prend ses fonctions avec l’avantage d’avoir le soutien à la fois de Mustapha Abdeljalil et de Abdelrahim El Kib, respectivement président du CNT et chef du gouvernement, a été promu général aussitôt après sa nomination. Très peu d’informations circulent sur Youssef El Mangouch qui avait hérité avec la venue d’El Kib du portefeuille de vice-ministre de la Défense. On sait juste qu’il était un des commandants des forces rebelles dans la région de l’Est jusqu’en avril avant d’avoir été arrêté par les forces loyalistes. Il sera d’ailleurs libéré dans la foulée de la chute de Tripoli.

 

Le poste de chef d’état-major est, rappelle-t-on, resté vacant depuis l’assassinat, en juillet dernier, près de la ville pétrolière de Brega, du général Younès Abdelfattah qui commandait les forces rebelles dans l’Est libyen. Celui-ci était ministre de l’Intérieur durant le long règne de Mouammar El Gueddafi. De plus en plus de voix attribuent aujourd’hui cet assassinat, non encore élucidé, aux hommes du général Haftar et à ceux de l’islamiste Abdelhakim Belhadj, actuellement à la tête du Conseil militaire de Tripoli. Salem Joha, un général de Misrata, était également un des principaux candidats à la succession, âprement disputée, du général Younes Abdelfattah.

 

Aprement disputée, car chacune des tribus ayant pris part à la guerre contre El Gueddafi a, en effet, a tenté d’imposer – en usant parfois même de l’argument des armes – leur homme. Le général Haftar, qui a passé l’essentiel de ces dix dernières années à Washington, n’a, à ce propos, pas dérogé à la règle puisqu’il a essayé, lui aussi, de mettre le CNT devant le fait accompli en s’autoproclamant pendant un temps patron de l’armée, après avoir reçu en novembre dernier l’appui, à El Beïda (est de la Libye), de près de 200 officiers et sous-officiers. Toutefois, les membres du CNT, qui viennent de le court-circuiter, l’ignoreront superbement.

 

Après coup, on comprend pourquoi le CNT, qui commence à être décrié ici et là en Libye, n’a pas voulu d’un personnage aussi encombrant. L’hypothèse d’une intronisation du général Haftar à la tête de l’ANL avait été, rappelle-t-on, rejetée dans le fond et dans la forme par les tribus berbères des djebels Nefoussa et de Zenten qui le considèrent comme un mercenaire. Ayant été à la pointe du combat contre le régime de Mouammar El Gueddafi, celles-ci s’estiment, en effet, légitimement en droit de revendiquer le contrôle de l’armée. Honnis à Tripoli —au même titre d’ailleurs que Abdelhakim Belhadj —, le général Haftar et ses enfants ont d’ailleurs fait l’objet de plusieurs tentatives d’assassinat dans la capitale libyenne. En décidant aujourd’hui de se retirer sur la pointe des pieds, Khalifa Haftar semble in fine avoir compris le message.

 

Il est possible que Abdelhakim Belhadj ne fasse pas aussi de vieux os au sein du Conseil militaire de Tripoli, une structure dont il a pris le contrôle grâce à ses parrains du golfe Persique et dont l’autorité et la légitimité sont régulièrement remises en cause à Tripoli même. Preuve en est, les milices armées continuent à y faire la loi comme en témoigne l’accrochage mortel qui a opposé mardi des rebelles de la région à une brigade de Misrata. Cet «incident» montre, en tout cas, à quel point la question du pouvoir en Libye sera bien difficile à régler.

source elwatan

 

___________________________________________

Le CNT libyen sous la pression des manifestants

 

 

Par Essam Mohamed

[Essam Mohamed] Les manifestants présents sur la Place de l'Algérie à Tripoli demandent au gouvernement intérimaire de poursuivre sur la voie des réformes.

[Essam Mohamed] Les manifestants présents sur la Place de l'Algérie à Tripoli demandent au gouvernement intérimaire de poursuivre sur la voie des réformes.

 

 

Les Libyens organisent des manifestations pour demander au gouvernement intérimaire de mettre en oeuvre les réformes promises.

Ces manifestations ont débuté dans plusieurs villes le 12 décembre. Lors de l'un des plus grands rassemblements, des manifestants se sont regroupés la semaine dernière sur la Place d'Algérie à Tripoli pour demander au Conseil national de transition (CNT) de limoger ses membres soupçonnés d'avoir entretenu des liens avec le régime de Mouammar Kadhafi.

Les manifestants ont également demandé au CNT d'organiser l'élection d'une assemblée constituante nationale, d'autoriser l'indemnisation des martyrs et des révolutionnaires, et de mettre en place les structures d'une armée nationale.

Ces sit-ins témoignent de la nouvelle Libye, selon Hamdi al-Shewirf, membre du comité de protestation des médias. "Il existe un consensus absolu entre nos revendications et celles des autres personnes présentes sur la Place al-Shajara à Benghazi", a-t-il ajouté.

L'écrivain Hossam Louhichi a indiqué à Magharebia que les manifestants avaient manifesté leurs inquiétudes après que le CNT ait pris le contrôle intégral du pays, accusant le nouveau gouvernement de ne pas respecter les principes de la déclaration constitutionnelle.

Louhichi a également appelé de ses voeux une réforme des conseils locaux, l'un des principaux points de contention pour de nombreux manifestants. Il a ajouté que ces conseils locaux n'avaient aucune légitimité et que de nouveaux membres devaient être élus. D'autres manifestants ont souhaité la démission du conseil local de Tripoli.

Un petit groupe de partisans du CNT a fait face aux manifestants, et les deux parties ont engagé un débat. Certains ont appelé à maintenir le conseil national, tout en se déclarant hostiles aux autres demandes.

Adil Bakra a apporté son soutien à ce sit-in pacifique, considérant ces revendications comme légitimes, mais précisant toutefois qu'elles relevaient du ressort du CNT et n'avaient rien à voir avec le conseil local.

Les manifestants ont également demandé une décentralisation administrative, la création d'une agence de la redevabilité, la refonte intégrale du corps diplomatique et consulaire, la suppression des impôts sur les salaires, et le paiement des salaires dans les temps.

Ils ont demandé la création de médias publics nationaux dans chaque ville et d'une chaîne nationale libre, de veiller aux aspects scientifiques des universités et à l'exemption des frais d'inscription, la création de bourses d'étude et l'étude des candidats sans favoritisme.

Un autre rassemblement a récemment été organisé dans la capitale devant le siège du ministère des Transports, où les salariés d'Afriqiyah Airways, fondée à l'époque de Mouammar Kadhafi, ont demandé au gouvernement de limoger le conseil d'administration de la compagnie aérienne, son président-directeur général et les responsables des services dont ils estiment qu'ils ont coopéré avec l'ancien régime.

 

Malgré les fortes pluies et le froid, les manifestants ont défilé en portant des banderoles et en agitant le drapeau de l'indépendance. "Pourquoi la compagnie devrait-elle se réduire à une seule personne ?", pouvait-on lire sur l'une de ces banderoles. Ils ont également demandé une hausse des salaires, la fin de la marginalisation et l'égalité de traitement entre les personnels volants libyens et étrangers.

Le ministre des Transports a rencontré plusieurs d'entre eux et a écouté leurs revendications, mais les manifestants estiment que rien n'a été fait. Ils ont menacé d'organiser une nouvelle manifestation devant les bureaux du Premier ministre par intérim Abdurrahim El Keib si leurs demandes devaient ne pas être satisfaites.

Par ailleurs, un groupe d'habitants de Souk al-Juma a organisé un sit-in et bloqué la principale route menant à leur quartier pour protester contre le manque d'aide apporté au maintien de la sécurité dans les rues et demander l'arrestation des éléments armés fauteurs de troubles.

Le Premier ministre par intérim Abdurrahim El Keib et Sheikh al-Sadek al-Ghariani, le président du Conseil suprême des fatwas en Libye, ont exprimé leur commisération et tenté de convaincre les habitants de ne pas avoir recours à la revanche, en leur promettant que l'Etat diligentera une enquête et fera arrêter les personnes responsables de ces agissements.

source magharebia

Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Libye : l'après Kadhafi
commenter cet article
3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 18:25

 


 

__________________________________________________________________________________________

 

Le roi nomme un gouvernement dirigé par un islamiste


?modified_at=1325611232&ratio_x=03&ratio
Le Parti justice et développement (PJD), dont le chef est M. Benkirane, a obtenu 12 ministères sur 30 dont ceux des Affaires étrangères et de la Justice qui seront respectivement dirigés par Saad-Eddine El Othmani et Mustafa Ramid. ( © AFP Azzouz Boukallouch)

 

Plus d'un mois après des législatives anticipées dans le tumulte du Printemps arabe, un gouvernement dirigé pour la première fois au Maroc par un islamiste, Abdelilah Benkirane, a été désigné mardi par le roi Mohammed VI.

Le Parti justice et développement (PJD), dont le chef est M. Benkirane, a obtenu 12 ministères sur 30 dont ceux des Affaires étrangères et de la Justice qui seront respectivement dirigés par Saad-Eddine El Othmani et Mustafa Ramid.

L'important ministère de l'Intérieur lui a toutefois échappé au profit de Mohand Laenser, chef du Mouvement populaire (libéral), ainsi que la Défense, qui reste dirigé par Abdellatif Loudiyi, un indépendant.

Dans une déclaration à l'AFP, le nouveau chef de gouvernement Abdelilah Benkirane a indiqué: "nous allons travailler pour que les investisseurs, étrangers et marocains, aient davantage de confiance".

"Notre gouvernement respectera tous les engagements que le Maroc a signés, notamment sur le plan international. Nous ferons également tout pour améliorer les conditions de vie de nos citoyens", selon M. Benkirane.

C'est au palais royal de Rabat, auquel les membres du gouvernement ont été convoqués mardi matin, que ces derniers ont été désignés par le souverain.

Aux élections du 25 novembre, le PJD est arrivé en tête avec 107 sièges et son chef Abdelilah Benkirane a été ensuite chargé de former un gouvernement par le roi.

La nouvelle constitution, adoptée en juillet 2011 par référendum et qui réduit les prérogatives du souverain, attribue en effet le poste de chef du gouvernement au parti ayant remporté le plus de sièges aux législatives.

Le PJD et l'Istiqlal ((conservateur, 60 élus) forment la coalition gouvernementale en compagnie du Mouvement populaire (MP, 32 sièges) et du Parti du Progrès et du socialisme (PPS, ex-communiste, 18 élus).

Les partis islamistes issus des élections dirigent donc désormais les gouvernements en Tunisie et au Maroc. Ils sont clairement en tête aux élections en cours en Egypte.

Le nouveau gouvernement ne compte qu'une seule femme: Bassima Hakkaoui (PJD), ministre de la solidarité, de la femme, de la famille et du développement social.

Vingt-quatre personnes occupent ces des postes ministériels pour la première fois.

Trois départements n'ont pas changé de titulaires: les Affaires islamiques (Ahmed Taoufiq), l'administration de la défense (Abdellatif Loudiyi) et l'Agriculture (Aziz Akhennouch).

Six ministères ont été attribués à l'Istiqlal, dont celui des Finances et de l'Economie, que va diriger Nizar Baraka.

Selon ce dernier, "il y a énormément d'attente et cette nomination intervient après des réformes qui ont été présentées aux citoyens dans une période particulière".

"Nous travaillerons avec un enjeu important: assurer les équilibres macro-économiques tout en préservant les équilibres sociaux", a ajouté M. Baraka.

La lutte contre le chômage des jeunes et l'amélioration des conditions de vie des Marocains constituent l'enjeu de ce gouvernement, selon les observateurs.

Dans le tumulte du Printemps, le roi Mohammed VI a fait adopter en juillet 2011 une nouvelle constitution renforçant les attributions du Premier ministre tout en préservant la prééminence de la monarchie.

Le pouvoir en place autour du Palais avait été contesté depuis le début de l'an dernier par des jeunes manifestants dans la rue.

Composé de cybermilitants laïcs et de gauchistes, et jusqu'à récemment d'islamistes fondamentalisme, le "Mouvement du 20 février" continue de manifester dans certaines villes du royaume pour revendiquer des réformes politiques, moins de corruption et une plus grande justice sociale.

Au lendemain de sa désignation à la tête du gouvernement, Abdelilah Benkirane a déclaré qu'il était "prêt à dialoguer avec les jeunes du Mouvement" du 20 février.

source liberation

 

___________________________________

 

 Liste du nouveau gouvernement 


- Abdelilah Benkirane : Chef de gouvernement.
- Abdellah Baha : ministre d'Etat.

- Mohand Laenser : ministre de l'Intérieur.

- Saad-Eddine El Othmani : ministre des Affaires étrangères et de la

coopération.

- Mustafa Ramid: ministre de la Justice et des libertés.

- Ahmed Toufiq: ministre des Habous et des affaires islamiques.

- Driss Dahak : secrétaire général du gouvernement.

- Nizar Baraka : ministre de l'Economie et des finances.

- Nabil Benabdellah : ministre de l'Habitat, de lŒurbanisme et de

la politique de la ville.

- Aziz Akhannouch : ministre de l'Agriculture et de la pêche maritime.

- Mohamed El Ouafa: ministre de l'education nationale.

- Lahcen Daoudi : ministre de l'Enseignement supérieur, de la recherche

scientifique et de la formation des cadres.

- Mohamed Ouzzine : ministre de la Jeunesse et des sports.

- Aziz Rabbah : ministre de l'Equipement et du transport.

- El Hossein El Ouardi : ministre de la Santé.

- Mustapha El Khalfi : ministre de la Communication, porte-parole du

gouvernement.

- Fouad Douiri: ministre de l'Energie, des mines, de l'eau et de

l'environnement.

- Abdelouahed Souhail : ministre de l'Emploi et de la formation

professionnelle.

- Abdelkader Aâmara : ministre de lŒindustrie, du commerce et des

nouvelles technologies.

- Lahcen Haddad : ministre du Tourisme.

- Bassima Hakkaoui : ministre de la solidarité, de la femme, de la

famille et du développement social.

- Mohamed Amine Sbihi : ministre de la Culture.

- Abdessamad Qaiouh : ministre de lŒArtisanat.

- Lahbib Choubani : ministre chargé des Relations avec le parlement

et la société civile.

- Abdellatif Loudiyi : ministre délégué auprès du chef de gouvernement

chargé de l'Administration de la défense nationale.

- Abdellatif Maâzouz : ministre délégué auprès du chef de

gouvernement chargé des Marocains résidant à l'étranger.

- Charki Draiss : ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur.

- Youssef Amrani : ministre délégué auprès du ministre des Affaires

étrangères et de la Coopération.

- Mohamed Najib Boulif : ministre délégué auprès du chef de

gouvernement chargé des Affaires générales et de la gouvernance

- Abdelâdim El Guerrouj : ministre délégué auprès du chef de

gouvernement chargé de la fonction publique et de la modernisation de

l'administration.

- Idriss Azami Al Idrissi: ministre délégué auprès du ministre de

l'économie et des finances chargé du budget.

source biladi.

 

 

_______________________________________________________

حكومة بنكيران تظلم المرأة وتقصي الصحراء


      20120103164400.jpg

كانت أولى مفاجئات حكومة عبد الإله بنكيران، هي تراجع تمثيلية المرأة داخلها، حيث لم تتعدى تمثيلية المرأة سوى امرأة واحدة هي الوزيرة نسيمة الحقاوي، امرأة الحزب المحظوظة، التي ظلت دائما تترأس لوائحه الوطنية في الانتخابات التي عرفها المغرب منذ الاعتراف بحزبها، مما خولها ضمان مقعدها داخل البرلمان لمدة 14 سنة، حتى انتقالها يوم الثلاثاء 3 يناير بصفة رسمية إلى الحكومة مما سيسقط عنها عضوية مجلس البرلمان. وقد تولت نسيمة حقيبة وزارة التضامن والمرأة والأسرة والتنمية الاجتماعية.

وفي الحكومة السابقة كانت توجد ثلاث نساء وزيرات هن نزهة الصقلي التي كانت تشغل نفس الحقيبة التي خلفتها فيها حقاوي، وياسمينة بادو التي شغلت منصب وزارة الصحة، و أمينة بنخضرا، التي كانت تتولى وزارة الطاقة والمعادن والماء والبيئة.

ولا يحمل تراجع تمثيل المرأة في حكومة يرأسها الإسلاميون أي مؤشر سلبي عن موقف هؤلاء من المرأة، بدليل أن المرأة الوحيدة الممثلة داخل الحكومة تنتمي إلى الحزب الإسلامي الحاكم. وبالتالي فالعتب في تراجع تمثيل المرأة يعود للأحزاب الأخرى داخل التحالف الحكومي وإلى القصر الملكي الممثل داخل نفس الحكومة بخمس وزارات للسيادة.

من جهة أخرى غاب أي تمثيل لوزراء من الصحراء في أول حكومة للإسلاميين في المغرب، وكانت وسائل إعلام مغربية قد تداولت في الفترة الأخيرة وجود مرشحين متحدرين من الصحراء لتولي حقائب وزارية. وأثير اسم حمدي ولد الرشيد، أحد أبناء أسرة آل الرشيد في الصحراء، ويبدو أن عامل نقص الكفاءة كان وراء إقصائه. كما طرح اسم كجمولة بنت أبي، القيادية السابقة في جبهة البوليساريو، والمرأة العصامية التي كونت نفسها بنفسها، لكن أنباء راجت قبل تنصيب الحكومة تحدثت عن وضع "فيتو" ضد توليها منصبا داخل الحكومة. ورغم أنه لاتعرف الجهة التي رفعت "فيتو كجمولة"، إلا أن تصريحاتها التي أدلت بها بعد أحداث "إكديم إزيك"، وحملت فيها السلطات جزء من مسؤولية ما جرى، وضعتها في مربع المغضوب عليهم من قبل هذه السلطات.

وعلى أي، فليست هذه هي أول مرة يغيب فيها منحدرون من الصحراء من عضوية الحكومة، فآخر وزير من أصول صحراوية، هو احمد لخريف، الذي كان يتولى منصبا وزاريا ثانويا في وزارة الخارجية في حكومة عباس الفاسي، إلى أن تمت إقالته بصفة مهينة بعد سنة من شغله لمنصبه بدعوى أنه يحمل جنسية مزدوجة، هي الجنسية الاسبانية، فيما يوجد اليوم على رأس مجلس النواب المغربي شخص مزدوج الجنسية هو كريم غلاب، الذي يحمل الجنسيتين المغربية والإيطالية التي يشتركها مع زوجته. وخلال عهد الملك محمد السادس، لم يتولى أي شخص ينحدر من الصحراء منصب وزير باستثناء محمد الشيخ بيد الله، الذي تولى منصب وزارة الصحة في عهد حكومة إدريس جطو، لكن بيد الله كما صرح بذلك في جريدة "لومتان" الرسمية فهو يعتبر نفسه "متحلل من صحراويته".

source lakome

_________________________

 

Liste du nouveau gouvernement  


عبد الإله بنكيران: رئيس الحكومة

عبد الله بها: وزير الدولة

محند العنصر: وزير الداخلية

سعد الدين العثماني: وزير الشؤون الخارجية والتعاون

مصطفى الرميد: وزير العدل والحريات

أحمد التوفيق: وزير الأوقاف والشؤون الإسلامية

إدريس الضحاك: الأمين العام للحكومة

نزار بركة: وزير الاقتصاد والمالية

نبيل بنعبد الله: وزير السكنى والتعمير وسياسة المدينة

عزيز أخنوش: وزير الفلاحة والصيد البحري

محمد الوفا: وزير التربية الوطنية

لحسن الداودي: وزير التعليم العالي والبحث العلمي وتكوين الأطر

محمد أوزين: وزير الشباب والرياضة

عزيز رباح: وزير التجهيز والنقل

الحسين الوردي: وزير الصحة

مصطفى الخلفي: وزير الاتصال الناطق الرسمي باسم الحكومة

فؤاد الدويري: وزير الطاقة والمعادن والماء والبيئة

عبد الواحد سهيل: وزير التشغيل والتكوين المهني

عبد القادر اعمارة: وزير الصناعة والتجارة والتكنولوجيات الحديثة

لحسن حداد: وزير السياحة

بسيمة الحقاوي: وزيرة التضامن والمرأة والأسرة والتنمية الاجتماعية

محمد الأمين الصبيحي: وزير الثقافة

عبد الصمد قيوح: وزير الصناعة التقليدية

الحبيب الشوباني: الوزير المكلف بالعلاقات مع البرلمان والمجتمع المدني

عبد اللطيف لوديي: الوزير المنتدب لدى رئيس الحكومة المكلف بإدارة الدفاع الوطني

عبد اللطيف معزوز: الوزير المنتدب لدى رئيس الحكومة المكلف بالمغاربة المقيمين في الخارج

الشرقي الضريس: الوزير امنتدب لدى وزير الداخلية

يوسف العمراني: الوزير المنتدب لدى وزير الشؤون الخارجية والتعاون

محمد نجيب بوليف: الوزير المنتدب لدى رئيس الحكومة المكلف بالشؤون العامة والحكامة

عبد العظيم الكروج: الوزير المنتدب لدى رئيس الحكومة المكلف بالوظيفة العمومية وتحديث الإدارة

ادريس الأزمي الإدريسي: الوزير المنتدب لدى وزير الاقتصاد والمالية المكلف بالميزانية

وبهذه المناسبة، أدى أعضاء الحكومة الجدد القسم بين يدي الملك.

وفي ختام هذه المراسم، أخذت صورة تذكارية للمملك مع أعضاء التشكيلة الحكومية الجديدة.

 

 

__________________________

Nouveau gouvernement marocain : cherchez la femme...


bassima-haqqawi-2012-01-03.jpg

Bassima Hakkaoui

Une femme seulement est recensée dans le gouvernement désigné mardi par le roi du Maroc, Mohammed VI.

Un détail que la plupart des médiasn'ont pas relevé. Pas un mot dans le quotidien français qui suit de près la vie politique marocaine, Le Figaro, dans son article du jour : « Au Maroc, les islamistes entrent au palais ».

Le Maroc avait pourtant progressé en matière de droits et de citoyenneté de la femme, mais là, c'est la déception. Seule Bassima Hakkaoui, militante féministe, figurera aux commandes d'un ministère : celui de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social. Son féminisme avait, par le passé, été associé à un « féminisme musulman ».

« La femme a des devoirs en tant que citoyenne et mère »

Dans une interview donnée au site d'information marocain TelQuel, elle déclare :

« Elle [la femme, ndlr] a des devoirs, en tant que citoyenne et mère. Hommes et femmes n'ont pas les mêmes obligations, il y a une particularité féminine, notamment par la structure biologique et physique de la femme. »

Les ministres du parti auquel elle appartient, le Parti de la justice et du développement (PJD), islamiste et arrivé en tête le 25 novembre aux élections législatives anticipées, occupent aujourd'hui plus d'un tiers des postes au sein du nouveau gouvernement.

On compte trois femmes dans le gouvernement tunisien (sur 42 ministres) et seulement neuf dans le gouvernement français (sur 34 ministres).

source rue89.

Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Maroc
commenter cet article
3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 09:09

2011 : le printemps arabe ?

 

par Samir Amin

L’année 2011 s’est ouverte par une série d’explosions fracassantes de colère des peuples arabes. Ce printemps arabe amorcera-t-il un second temps de « l’éveil du monde arabe » ? Ou bien ces révoltes vont-elles piétiner et finalement avorter – comme cela été le cas du premier moment de cet éveil évoqué dans mon livre L’éveil du Sud. Dans la première hypothèse, les avancées du monde arabe s’inscriront nécessairement dans le mouvement de dépassement du capitalisme / impérialisme à l’échelle mondiale. L’échec maintiendrait le monde arabe dans son statut actuel de périphérie dominée, lui interdisant de s’ériger au rang d’acteur actif dans le façonnement du monde.

Il est toujours dangereux de généraliser en parlant du « monde arabe », en ignorant par là même la diversité des conditions objectives qui caractérisent chacun des pays de ce monde. Je centrerai donc les réflexions qui suivent sur l’Égypte, dont on reconnaîtra sans difficulté le rôle majeur qu’elle a toujours rempli dans l’évolution générale de la région.

L’Égypte a été le premier pays de la périphérie du capitalisme mondialisé qui a tenté « d’émerger ». Bien avant le Japon et la Chine, dès le début du XIXe siècle Mohammed Ali avait conçu et mis en œuvre un projet de rénovation de l’Égypte et de ses voisins immédiats du Mashreq arabe. Cette expérience forte a occupé les deux tiers du XIXe siècle et ne s’est essoufflée que tardivement dans la seconde moitié du règne du Khédive Ismail, au cours des années 1870. L’analyse de son échec ne peut ignorer la violence de l’agression extérieure de la puissance majeure du capitalisme industriel central de l’époque – la Grande Bretagne. Par deux fois, en 1840, puis dans les années 1870 par la prise du contrôle des finances de l’Égypte khédivale, enfin par l’occupation militaire (en 1882), l’Angleterre a poursuivi avec acharnement son objectif : la mise en échec de l’émergence d’une Égypte moderne. Sans doute le projet égyptien connaissait-il des limites, celles qui définissaient l’époque, puisqu’il s’agissait évidemment d’un projet d’émergence dans et par le capitalisme, à la différence du projet de la seconde tentative égyptienne (1919-1967) sur laquelle je reviendrai. Sans doute, les contradictions sociales propres à ce projet comme les conceptions politiques, idéologiques et culturelles sur la base desquelles il se déployait ont-elles leur part de responsabilité dans cet échec. Il reste que sans l’agression de l’impérialisme ces contradictions auraient probablement pu être surmontées, comme l’exemple japonais le suggère.

L’Égypte émergente battue a été alors soumise pour près de quarante ans (1880-1920) au statut de périphérie dominée, dont les structures ont été refaçonnées pour servir le modèle de l’accumulation capitaliste / impérialiste de l’époque. La régression imposée a frappé, au-delà du système productif du pays, ses structures politiques et sociales, comme elle s’est employée à renforcer systématiquement des conceptions idéologiques et culturelles passéistes et réactionnaires utiles pour le maintien du pays dans son statut subordonné.

L’Égypte, c’est à dire son peuple, ses élites, la nation qu’elle représente, n’a jamais accepté ce statut. Ce refus obstiné est à l’origine donc d’une seconde vague de mouvements ascendants qui s’est déployée au cours du demi-siècle suivant (1919-1967). Je lis en effet cette période comme un moment continu de luttes et d’avancées importantes. L’objectif était triple : démocratie, indépendance nationale, progrès social. Ces trois objectifs – quelles qu’en aient été les formulations limitées et parfois confuses – sont indissociables les uns des autres. Cette interconnexion des objectifs n’est d’ailleurs rien d’autre que l’expression des effets de l’intégration de l’Égypte moderne dans le système du capitalisme / impérialisme mondialisé de l’époque. Dans cette lecture, le chapitre ouvert par la cristallisation nassériste (1955-1967) n’est rien d’autre que le dernier chapitre de ce moment long du flux d’avancée des luttes, inauguré par la révolution de 1919-1920.

Le premier moment de ce demi-siècle de montée des luttes d’émancipation en Égypte avait mis l’accent – avec la constitution du Wafd en 1919 – sur la modernisation politique par l’adoption d’une forme bourgeoise de démocratie constitutionnelle et sur la reconquête de l’indépendance. La forme démocratique imaginée permettait une avancée laïcisante – sinon laïque au sens radical du terme – dont le drapeau (associant le croissant et la croix – un drapeau qui a fait sa réapparition dans les manifestations de janvier et février 2011) constitue le symbole. Des élections « normales » permettaient alors non seulement à des Coptes d’être élus par des majorités musulmanes, mais encore davantage à ces mêmes Coptes d’exercer de très hautes fonctions dans l’Etat, sans que cela ne pose le moindre problème.

Tout l’effort de la puissance britannique, avec le soutien actif du bloc réactionnaire constitué par la monarchie, les grands propriétaires et les paysans riches, s’est employé à faire reculer les avancées démocratiques de l’Égypte wafdiste. La dictature de Sedki Pacha, dans les années 1930 (abolition de la constitution démocratique de 1923) s’est heurtée au mouvement étudiant, fer de lance à l’époque des luttes démocratiques anti-impérialistes. Ce n’est pas un hasard si, pour en réduire le danger, l’ambassade britannique et le Palais royal ont alors soutenu activement la création des Frères musulmans (1927) qui s’inspiraient de la pensée « islamiste » dans sa version « salafiste » (passéiste) wahabite formulée par Rachid Reda, c’est à dire la version la plus réactionnaire (antidémocratique et anti progrès social) du nouvel « Islam politique ».

La conquête de l’Ethiopie entreprise par Mussolini et la perspective d’une guerre mondiale se dessinant, Londres s’est trouvé obligé de faire des concessions aux forces démocratiques, permettant le retour du Wafd en 1936 et la signature du Traité anglo-égyptien de la même année – un Wafd au demeurant lui-même « assagi ». La seconde guerre mondiale a, par la force des choses, constitué une sorte de parenthèse. Mais le flux de montée des luttes a repris dès le 21 février 1946, avec la constitution du bloc étudiant-ouvrier, renforcé dans sa radicalisation par l’entrée en scène des communistes et du mouvement ouvrier. Là encore, les forces de la réaction égyptienne soutenues par Londres ont réagi avec violence et mobilisé à cet effet les Frères musulmans qui ont soutenu une seconde dictature de Sedki Pacha, sans parvenir à faire taire le mouvement. Le Wafd revenu au gouvernement, sa dénonciation du Traité de 1936, l’amorce de la guérilla dans la zone du Canal encore occupée, n’ont été mis en déroute que par l’incendie du Caire (1951), une opération dans laquelle les Frères musulmans ont trempé.

Le premier coup d’État des Officiers libres (1952), mais surtout le second inaugurant la prise de contrôle de Nasser (1954) sont alors venus pour « couronner » cette période de flux continu des luttes selon les uns, ou pour y mettre un terme, selon les autres. Le nassérisme a substitué à cette lecture que je propose de l’éveil égyptien un discours idéologique abolissant toute l’histoire des années 1919-1952 pour faire remonter la « révolution égyptienne » à juillet 1952. A l’époque, beaucoup parmi les communistes avaient dénoncé ce discours et analysé les coups d’Etat de 1952 et 1954 comme destinés à mettre un terme à la radicalisation du mouvement démocratique. Ils n’avaient pas tort, car le nassérisme ne s’est cristallisé comme projet anti-impérialiste qu’après Bandoung (avril 1955). Le nassérisme a alors réalisé ce qu’il pouvait donner : une posture internationale résolument anti-impérialiste (associée aux mouvements panarabe et panafricain), des réformes sociales progressistes (mais non « socialistes »). Le tout, par en haut, non seulement « sans démocratie » (en interdisant aux classes populaires le droit de s’organiser par elles-mêmes et pour elles-mêmes), mais en « abolissant » toute forme de vie politique. Le vide créé appelait l’Islam politique à le remplir. Le projet a alors épuisé son potentiel d’avancées en un temps bref – dix années de 1955 à 1965. L’essoufflement offrait à l’impérialisme, dirigé désormais par les États-Unis, l’occasion de briser le mouvement, en mobilisant à cet effet leur instrument militaire régional : Israël. La défaite de 1967 marque alors la fin de ce demi-siècle de flux. Le reflux est amorcé par Nasser lui-même, choisissant la voie des concessions à droite – (« l’infitah » – l’ouverture, entendre « à la mondialisation capitaliste ») plutôt que la radicalisation pour laquelle se battaient, entre autres, les étudiants (dont le mouvement occupe le devant de la scène en 1970, peu avant puis après la mort de Nasser). Sadate qui succède, accentue la portée de la dérive à droite et intègre les Frères musulmans dans son nouveau système autocratique. Moubarak poursuit dans la même voie.

La période de reflux qui suit (1967-2011) couvre à son tour presqu’un demi-siècle. L’Égypte, soumise aux exigences du libéralisme mondialisé et aux stratégies des Etats-Unis, a cessé d’exister comme acteur actif régional et international. Dans la région, les alliés majeurs des Etats-Unis – l’Arabie saoudite et Israël – occupent le devant de la scène. Israël peut alors s’engager dans la voie de l’expansion de sa colonisation de la Palestine occupée, avec la complicité tacite de l’Égypte et des pays du Golfe.

L’Égypte de Nasser avait mis en place un système économique et social critiquable mais cohérent. Nasser avait fait le pari de l’industrialisation pour sortir de la spécialisation internationale coloniale qui cantonnait le pays à l’exportation de coton. Ce système a assuré une répartition des revenus favorable aux classes moyennes en expansion, sans appauvrissement des classes populaires. Sadate et Moubarak ont œuvré au démantèlement du système productif égyptien, auquel ils ont substitué un système totalement incohérent, exclusivement fondé sur la recherche de la rentabilité d’entreprises qui ne sont pour la plupart que des sous-traitants du capital des monopoles impérialistes. Les taux de croissance égyptiens, prétendument élevés, qu’exalte depuis trente ans la Banque mondiale, n’ont aucune signification. La croissance égyptienne est vulnérable à l’extrême. Cette croissance, par ailleurs, s’est accompagnée d’une incroyable montée des inégalités et du chômage qui frappe une majorité de jeunes. Cette situation était explosive ; elle a explosé.

L’apparente « stabilité du régime » que Washington vantait reposait sur une machine policière monstrueuse (1 200 000 hommes contre 5 00 000 seulement pour l’armée), qui se livrait à des abus criminels quotidiens. Les puissances impérialistes prétendaient que ce régime « protégeait » l’Égypte de l’alternative islamiste. Or, il ne s’agit là que d’un mensonge grossier. En fait, le régime avait parfaitement intégré l’Islam politique réactionnaire (le modèle wahabite du Golfe) dans son système de pouvoir, en lui concédant la gestion de l’éducation, de la justice et des médias majeurs (la télévision en particulier). Le seul discours autorisé était celui des mosquées confiées aux Salafistes, leur permettant de surcroît de faire semblant de constituer « l’opposition ». La duplicité cynique du discours de l’establishment des États-Unis (et sur ce plan Obama n’est pas différent de Bush) sert parfaitement ses objectifs. Le soutien de fait à l’Islam politique annihile les capacités de la société à faire face aux défis du monde moderne (il est à l’origine du déclin catastrophique de l’éducation et de la recherche), tandis que la dénonciation occasionnelle des « abus » dont il est responsable (assassinats de Coptes, par exemple) sert à légitimer les interventions militaires de Washington engagé dans la soit disant « guerre contre le terrorisme ». Le régime pouvait paraître « tolérable » tant que fonctionnait la soupape de sécurité que représentait l’émigration en masse des pauvres et des classes moyennes vers les pays pétroliers. L’épuisement de ce système (la substitution d’immigrés asiatiques à ceux en provenance des pays arabes) a entraîné la renaissance des résistances. Les grèves ouvrières de 2007 – les plus fortes du continent africain depuis 50 ans – la résistance obstinée des petits paysans menacés d’expropriation par le capitalisme agraire, la formation de cercles de protestation démocratique dans les classes moyennes (les mouvements Kefaya et du 6 avril) annonçaient l’inévitable explosion – attendue en Égypte, même si elle a surpris les « observateurs étrangers ». Nous sommes donc entrés dans une phase nouvelle de flux des luttes d’émancipation dont il nous faut alors analyser les directions et les chances de développement.

 

Les composantes du mouvement démocratique

La « révolution égyptienne » en cours illustre la possibilité de la fin annoncée du système « néolibéral », remis en cause dans toutes ses dimensions politiques, économiques et sociales. Ce mouvement gigantesque du peuple égyptien associe trois composantes actives : les jeunes « re-politisés » par leur propre volonté et dans des formes « modernes » qu’ils ont inventées, les forces de la gauche radicale, celles rassemblées par les classes moyennes démocrates.

Les jeunes (environ un million de militants) ont été le fer de lance du mouvement. Ils ont été immédiatement rejoints par la gauche radicale et les classes moyennes démocrates. Les Frères musulmans dont les dirigeants avaient appelé à boycotter les manifestations pendant les quatre premiers jours (persuadés que celles-ci seraient mises en déroute par la répression) n’ont accepté le mouvement que tardivement, lorsque l’appel, entendu par l’ensemble du peuple égyptien, a produit des mobilisations gigantesques de 15 millions de manifestants.

Les jeunes et la gauche radicale poursuivent trois objectifs communs : la restauration de la démocratie (la fin du régime militaire et policier), la mise en œuvre d’une nouvelle politique économique et sociale favorable aux classes populaires (la rupture avec la soumission aux exigences du libéralisme mondialisé), et celle d’une politique internationale indépendante (la rupture avec la soumission aux exigences de l’hégémonie des États-Unis et du déploiement de son contrôle militaire sur la planète). La révolution démocratique à laquelle ils appellent est une révolution démocratique anti-impérialiste et sociale. Bien que le mouvement des jeunes reste diversifié dans sa composition sociale et ses expressions politiques et idéologiques, il se situe dans l’ensemble « à gauche ». Les manifestations de sympathie spontanées et fortes avec la gauche radicale en sont le témoignage.

Les classes moyennes se rassemblent dans l’ensemble autour du seul objectif démocratique, sans nécessairement remettre intégralement en cause le « marché » (tel qu’il est) et l’alignement international de l’Égypte. On ne doit pas ignorer le rôle d’un groupe de blogueurs qui participent – consciemment ou pas – à un véritable complot organisé par la CIA. Ses animateurs sont généralement des jeunes issus des classes aisées, américanisés à l’extrême, qui se posent néanmoins en « contestataires » des dictatures en place. Le thème de la démocratie, dans la version que sa manipulation par Washington impose, domine leurs interventions sur le « net ». Ils participent de ce fait à la chaîne des acteurs des contrerévolutions orchestrées par Washington, déguisées en « révolutions démocratiques » sur le modèle « des révolutions colorées » de l’Europe de l’Est. Mais on aurait tort de conclure que ce complot est à l’origine des révoltes populaires. La CIA tente néanmoins de renverser le sens du mouvement, d’éloigner les militants de leurs objectifs de transformation sociale progressiste et de les dévoyer sur d’autres terrains. Les chances de succès du complot deviennent sérieuses si le mouvement échoue dans la construction de la convergence de ses diverses composantes, à identifier des objectifs stratégiques communs et à inventer des formes d’organisation et d’action efficaces. On connaît des exemples de cet échec, aux Philippines et en Indonésie par exemple. Il est intéressant de noter à ce propos que nos blogueurs, qui s’expriment en anglais plutôt qu’en arabe ( !), partis dans la défense de la « démocratie » – à l’américaine- développent souvent, en Egypte, des arguments destinés à légitimer les Frères Musulmans.

L’appel à la manifestation formulé par les trois composantes actives du mouvement a été rapidement entendu par l’ensemble du peuple égyptien. La répression, d’une violence extrême les premiers jours (plus d’un millier de morts) n’a pas découragé ces jeunes et leurs alliés (qui, à aucun moment, n’ont appelé à leur secours les puissances occidentales comme on a pu le voir ailleurs). Leur courage a été l’élément décisif qui a entraîné dans la protestation à travers tous les quartiers des grandes et des petites villes, voire de villages, une quinzaine de millions de manifestants pendant des jours et des jours (et parfois des nuits). Ce succès politique foudroyant a produit ses effets : la peur a changé de camp ; Hilary Clinton et Obama ont découvert alors qu’il leur fallait lâcher Moubarak qu’ils avaient soutenu jusqu’alors, tandis que les dirigeants de l’armée sortaient du silence, refusaient de participer à la relève de la répression – sauvegardant ainsi leur image – et finalement déposaient Moubarak et quelque uns de ses suppôts majeurs.

La généralisation du mouvement à l’ensemble du peuple égyptien constitue par elle-même un défi positif. Car ce peuple est, comme tous les autres, loin de constituer un « bloc homogène ». Certains des segments qui le composent renforcent incontestablement la perspective d’une radicalisation possible. L’entrée dans la bataille de la classe ouvrière (environ 5 millions de travailleurs) peut être décisive. Les travailleurs en lutte (à travers de nombreuses grèves) ont fait progresser des formes d’organisation amorcées depuis 2007. On compte désormais plus d’une cinquantaine de syndicats indépendants. La résistance opiniâtre des petits paysans aux expropriations rendues possibles par l’annulation de la réforme agraire (les Frères musulmans ont voté au parlement pour ces lois scélérates, sous prétexte que la propriété privée serait « sacrée » dans l’Islam et que la réforme agraire était inspirée par le diable communiste !) participe également de la radicalisation possible du mouvement. Il reste qu’une masse gigantesque de « pauvres » ont participé activement aux manifestations de février 2011 et se retrouvent souvent dans des comités populaires constitués dans les quartiers pour « défendre la révolution ». Ces « pauvres » peuvent donner l’impression (par les barbes, les voiles, les accoutrements vestimentaires) que le pays profond est « islamique », voire mobilisé par les Frères musulmans. En fait, leur entrée en scène s’est imposée à la direction de l’organisation. La course est donc engagée : qui des Frères et de leurs associés islamistes (les Salafistes) ou de l’alliance démocratique parviendra à formuler des alliances efficaces avec les masses désorientées, voire à les « encadrer » (terme que je récuse) ?

Des avancées non négligeables dans la construction du front uni des forces démocratiques et des travailleurs sont en cours en Egypte. Cinq partis d’orientation socialiste (le Parti Socialiste égyptien, l’Alliance populaire démocratique –une majorité sortie de l’ancien parti du Tagammu, le Parti démocratique des travailleurs, le Parti des Socialistes révolutionnaires –trotskiste, et le Parti Communiste égyptien –qui avait été une composante duTagammu) ont constitué en avril 2011 une Alliance des forces socialistes, et se sont engagés à poursuivre, à travers elle, leurs luttes en commun. Parallèlement un Conseil National (Maglis Watany) à été constitué par toutes les forces politiques et sociales acteurs du mouvement (les partis à orientation socialiste, les partis démocratiques divers, les syndicats indépendants, les organisations paysannes, les réseaux de jeunes, de nombreuses associations sociales). Les Frères Musulmans et les partis de droite ont refusé de participer à ce Conseil, réaffirmant ainsi ce qu’on sait : leur opposition à la poursuite du mouvement. Le Conseil rassemble environ 150 membres.

 

Face au mouvement démocratique : le bloc réactionnaire

Tout comme dans la période de flux des luttes du passé, le mouvement démocratique anti-impérialiste et social se heurte en Égypte à un bloc réactionnaire puissant. Ce bloc peut être identifié dans les termes de ses composantes sociales (de classes, évidemment) mais il doit l’être tout également dans ceux qui définissent ses moyens d’intervention politique et des discours idéologiques au service de celle-ci.

En termes sociaux, le bloc réactionnaire est dirigé par la bourgeoisie égyptienne considérée dans son ensemble. Les formes d’accumulation dépendante à l’œuvre au cours des 40 dernières années ont produit l’émergence d’une bourgeoisie riche, bénéficiaire exclusive de l’inégalité scandaleuse qui a accompagné ce modèle « libéral-mondialisé ». Il s’agit de dizaines de milliers non pas « d’entrepreneurs inventifs » – comme le discours de la Banque mondiale les présente – mais de millionnaires et de milliardaires qui tous doivent leur fortune à leur collusion avec l’appareil politique (la « corruption » est une composante organique de ce système). Cette bourgeoisie est compradore (dans la langue politique courante en Égypte le peuple les qualifie de « parasites corrompus »). Elle constitue le soutien actif de l’insertion de l’Égypte dans la mondialisation impérialiste contemporaine, l’allié inconditionnel des États-Unis. Cette bourgeoisie compte dans ses rangs de nombreux généraux de l’armée et de la police, de « civils » associés à l’État et au parti dominant (« National démocratique ») créé par Sadate et Moubarak, de religieux (la totalité des dirigeants des Frères musulmans et des cheikhs majeurs de l’Azhar, sont tous des « milliardaires »). Certes, il existe encore une bourgeoisie de petits et moyens entrepreneurs actifs. Mais ceux-là sont les victimes du système de racket mis en place par la bourgeoisie compradore, réduits le plus souvent au statut de sous-traitants dominés par les monopoles locaux, eux-mêmes courroies de transmission des monopoles étrangers. Dans le domaine de la construction, cette situation est presque généralisée : les « gros » raflent les marchés puis les sous-traitent avec les « petits ». Cette bourgeoisie d’entrepreneurs authentiques sympathise avec le mouvement démocratique.

Le versant rural du bloc réactionnaire n’est pas moins important. Il s’est constitué de paysans riches qui ont été les bénéficiaires majeurs de la réforme agraire nassérienne, se substituant à l’ancienne classe des grands propriétaires. Les coopératives agricoles mises en place par le régime nassérien associaient les petits paysans et les paysans riches et de ce fait fonctionnaient principalement au bénéfice des riches. Mais le régime avait pris des précautions pour limiter les agressions possibles contre les petits paysans. Ces précautions ayant été abandonnées par Sadate et Moubarak, sur la recommandation de la Banque mondiale, la paysannerie riche s’emploie maintenant à accélérer l’élimination de la petite paysannerie. Les paysans riches ont toujours constitué dans l’Égypte moderne une classe réactionnaire et ils le sont plus que jamais. Ils sont également le soutien majeur de l’Islam conservateur dans les campagnes et, par leurs rapports étroits (souvent de parenté) avec les représentants des appareils d’État et de la religion (l’Azhar est en Égypte l’équivalent d’une Église musulmane organisée) dominent la vie sociale rurale. De surcroît une bonne partie des classes moyennes urbaines (en particulier les officiers de l’armée et de la police, mais également les technocrates et les professions libérales) sont sorties directement de la paysannerie riche.

Ce bloc social réactionnaire dispose d’instruments politiques à son service : l’armée et la police, les institutions de l’État, le parti politique privilégié (une sorte de parti unique de fait) – le Parti national démocratique créé par Sadate –, l’appareil religieux (l’Azhar), les courants de l’Islam politique (les Frères musulmans et les Salafistes). L’aide militaire octroyée par les États-Unis à l’armée égyptienne (1,5 milliard de dollars annuels) n’a jamais été destinée à renforcer la capacité de défense du pays mais au contraire à en annihiler le danger par la corruption systématique, non pas connue et tolérée, mais soutenue positivement, avec cynisme. Cette « aide » a permis aux plus hauts officiers de s’approprier des segments importants de l’économie compradore égyptienne, au point qu’on parle en Égypte de « la société anonyme / armée » (Sharika al geish). Le commandement de l’armée qui a pris la responsabilité de « diriger » la période de transition, n’est de ce fait pas « neutre » bien qu’il ait pris la précaution de paraître l’être en se dissociant de la répression. Le gouvernement « civil » à ses ordres (dont les membres ont été nommés par le haut commandement) composé en partie d’hommes de l’ancien régime, choisis néanmoins parmi les personnalités les moins visibles de celui-ci, a pris une série de mesures parfaitement réactionnaires destinées à freiner la radicalisation du mouvement. Parmi ces mesures une loi scélérate antigrève (sous prétexte de remettre en route l’économie du pays), une loi imposant des restrictions sévères à la constitution des partis politiques qui vise à ne permettre la possibilité d’entrer dans le jeu électoral qu’aux courants de l’Islam politique (les Frères musulmans en particulier) déjà bien organisés grâce au soutien systématique du régime ancien. Et cependant, en dépit de tout cela, l’attitude de l’armée demeure en dernier ressort imprévisible. Car en dépit de la corruption de ses cadres (les soldats sont des conscrits mais les officiers sont des professionnels) le sentiment nationaliste n’est pas toujours absent chez tous. De surcroît l’armée souffre d’avoir pratiquement été écartée du pouvoir au profit de la police. Dans ces circonstances, et parce que le mouvement a exprimé avec force sa volonté d’écarter l’armée de la direction politique du pays, il est probable que le haut commandement envisagera pour l’avenir de rester dans les coulisses, renonçant à présenter ses hommes dans les élections à venir.

Si, évidemment, l’appareil policier demeure intact (aucune poursuite n’est envisagée contre ses responsables) comme l’ensemble de l’appareil d’État (les nouveaux gouverneurs sont tous des anciens du régime), le Parti national démocratique a par contre disparu dans la tourmente et sa dissolution prononcée par la justice. Néanmoins faisons confiance à la bourgeoisie égyptienne, elle saura faire renaître son parti sous des appellations nouvelles diverses.

 

L’Islam politique

Les Frères musulmans constituent la seule force politique dont le régime avait non seulement toléré l’existence, mais dont il avait soutenu activement l’épanouissement. Sadate et Moubarak leur avaient confié la gestion de trois institutions fondamentales : l’éducation, la justice et la télévision. Les Frères musulmans n’ont jamais été et ne peuvent pas être « modérés », encore moins « démocratiques ». Leur chef – le mourchid (traduction arabe de « guide » – Führer) est autoproclamé et l’organisation repose sur le principe de la discipline et de l’exécution des ordres des chefs, sans discussions d’aucune sorte. La direction est constituée exclusivement d’hommes immensément riches (grâce, entre autre, au soutien financier de l’Arabie Saoudite, c’est-à-dire de Washington), l’encadrement par des hommes issus des fractions obscurantistes des classes moyennes, la base par des gens du peuple recrutés par les services sociaux de charité offerts par la confrérie (et financés toujours par l’Arabie Saoudite), tandis que la force de frappe est constituée par les milices (lesbaltaguis) recrutés dans le lumpen.

Les Frères musulmans sont acquis à un système économique basé sur le marché et totalement dépendant de l’extérieur. Ils sont en fait une composante de la bourgeoisie compradore. Ils ont d’ailleurs pris position contre les grandes grèves de la classe ouvrière et les luttes des paysans pour conserver la propriété de leur terre. Les Frères musulmans ne sont donc « modérés » que dans le double sens où ils ont toujours refusé de formuler un programme économique et social quelconque et que, de fait, il ne remettent pas en cause les politiques néo-libérales réactionnaires, et qu’ils acceptent de facto la soumission aux exigences du déploiement du contrôle des États-Unis dans le monde et dans la région. Ils sont donc des alliés utiles pour Washington (y-a-t-il un meilleur allié des États-Unis que l’Arabie Saoudite, patron des Frères ?) qui leur a décerné un « certificat de démocratie » !

Mais les États-Unis ne peuvent avouer que leur stratégie vise à mettre en place des régimes « islamiques » dans la région. Ils ont besoin de faire comme si « cela leur faisait peur ». Par ce moyen, ils légitiment leur « guerre permanente au terrorisme », qui poursuit en réalité d’autres objectifs : le contrôle militaire de la planète destiné à réserver aux États-Unis-Europe-Japon l’accès exclusif aux ressources. Avantage supplémentaire de cette duplicité : elle permet de mobiliser « l’islamophobie » des opinions publiques. L’Europe, comme on le sait, n’a pas de stratégie particulière à l’égard de la région et se contente de s’aligner au jour le jour sur les décisions de Washington. Il est plus que jamais nécessaire de faire apparaître clairement cette véritable duplicité de la stratégie des États-Unis, dont les opinions publiques – manipulées avec efficacité – sont dupes. Les États-Unis, (et derrière eux l’Europe) craignent plus que tout une Égypte réellement démocratique qui, certainement, remettrait en cause son alignement sur le libéralisme économique et la stratégie agressive des États-Unis et de l’OTAN. Ils feront tout pour que l’Égypte ne soit pas démocratique et, à cette fin, soutiendront, par tous les moyens, mais avec hypocrisie, la fausse alternative Frères musulmans qui ont montré n’être qu’en minorité dans le mouvement du peuple égyptien pour un changement réel.

La collusion entre les puissances impérialistes et l’Islam politique n’est d’ailleurs ni nouvelle, ni particulière à l’Égypte. Les Frères musulmans, depuis leur création en 1927 jusqu’à ce jour, ont toujours été un allié utile pour l’impérialisme et le bloc réactionnaire local. Ils ont toujours été un ennemi féroce des mouvements démocratiques en Égypte. Et les multimilliardaires qui assurent aujourd’hui la direction de la Confrérie ne sont pas destinés à se rallier à la cause démocratique ! L’Islam politique est tout également l’allié stratégique des États-Unis et de leurs partenaires subalternes de l’OTAN à travers le monde musulman. Washington a armé et financé les Talibans, qualifiés de « héros de la liberté » (« Freedom Fighters ») dans leur guerre contre le régime national populaire dit « communiste » (avant et après l’intervention soviétique). Lorsque les Talibans ont fermé les écoles de filles créées par les « communistes », il s’est trouvé des « démocrates » et même des « féministes » pour prétendre qu’il fallait « respecter les traditions » !

En Égypte, les Frères musulmans sont désormais épaulés par le courant salafiste (« traditionaliste »), tout également largement financé par les pays du Golfe. Les Salafistes s’affirment extrémistes (wahabites convaincus, intolérants à l’égard de tout autre interprétation de l’Islam) et sont à l’origine des meurtres systématiques perpétrés contre les Coptes. Des opérations difficiles à imaginer sans le soutien tacite (et parfois davantage de complicité) de l’appareil d’État, en particulier de la Justice, largement confiée aux Frères musulmans. Cette étrange division du travail permet aux Frères musulmans de paraître modérés ; ce que Washington feint de croire. Il y a néanmoins des luttes violentes en perspective au sein des courants religieux islamistes en Égypte. Car l’Islam égyptien historique dominant est « soufi » dont les confréries rassemblent aujourd’hui 15 millions de fidèles. Islam ouvert, tolérant, insistant sur la conviction individuelle plutôt que sur la pratique des rites («il y a autant de voies vers Dieu que d’individus » disent-ils), le soufisme égyptien a toujours été tenu en suspicion par les pouvoirs d’État, lesquels, néanmoins, maniant la carotte et le bâton, se gardaient d’entrer en guerre ouverte contre lui. L’Islam wahabite du Golfe se situe à ses antipodes : il est archaïque, ritualiste, conformiste, ennemi déclaré de toute interprétation autre que la sienne, laquelle n’est que répétitive des textes, ennemie de tout esprit critique – assimilé au Diable. L’Islam wahabite a déclaré la guerre au soufisme qu’il veut « extirper » et compte sur l’appui des autorités du pouvoir pour y parvenir. En réaction, les soufistes d’aujourd’hui sont laïcisants, sinon laïques ; ils appellent à la séparation entre la religion et la politique (le pouvoir d’État et celui des autorités religieuses reconnues par lui, l’Azhar). Les soufistes sont des alliés du mouvement démocratique. L’introduction de l’Islam wahabite en Égypte a été amorcée par Rachid Reda dans les années 1920 et repris par les Frères musulmans dès 1927. Mais il n’a pris toute sa vigueur qu’après la seconde guerre mondiale lorsque la rente pétrolière des pays du Golfe, soutenus par les États-Unis en conflit avec la vague de libération nationale populaire des années 1960, a permis d’en démultiplier les moyens financiers.

 

La stratégie des États-Unis : le modèle pakistanais

Les trois puissances qui ont dominé la scène moyen-orientale au cours de toute la période de reflux (1967-2011) sont les États-Unis, patron du système, l’Arabie Saoudite et Israël. Il s’agit là de trois alliés intimes. Ils partagent tous les trois la même hantise de l’émergence d’une Égypte démocratique. Car celle-ci ne pourrait être qu’anti-impérialiste et sociale, prendrait ses distances à l’égard du libéralisme mondialisé, condamnerait l’Arabie Saoudite et les pays du Golfe à l’insignifiance, réanimerait la solidarité des peuples arabes et imposerait la reconnaissance de l’État palestinien par Israël.

L’Égypte est une pièce angulaire dans la stratégie états-unienne de contrôle de la Planète. L’objectif exclusif de Washington et de ses alliés Israël et l’Arabie Séoudite est de faire avorter le mouvement démocratique en Égypte et, à cette fin, veulent impose un « régime islamique » dirigé par les Frères Musulmans, qui est le seul moyen pour eux de perpétuer la soumission de l’Égypte. Le « discours démocratique » d’Obama n’est là que pour tromper les opinions naïves, celles des États-Unis et de l’Europe en premier lieu.

On parle beaucoup, pour donner une légitimité à un gouvernement des Frères musulmans (« ralliés à la démocratie ! »), de l’exemple turc. Mais il ne s’agit là encore que de poudre aux yeux. Car l’armée turque, qui reste présente dans les coulisses, bien que certainement non démocratique et de surcroit un allié fidèle de l’OTAN, reste la garantie de la « laïcité » en Turquie. Le projet de Washington, ouvertement exprimé par Hilary Clinton, Obama et les think tanks à leur service, s’inspire du modèle pakistanais : l’armée (« islamique ») dans les coulisses, le gouvernement (« civil ») assumé par un (ou des) parti islamique « élu ». Évidemment, dans cette hypothèse, le gouvernement « islamique » égyptien serait récompensé pour sa soumission sur l’essentiel (la non remise en cause du libéralisme et des soit disant « traités de paix » qui permettent à Israël la poursuite de sa politique d’expansion territoriale) et pourrait poursuivre, en compensation démagogique, la mise en œuvre de ses projets « d’islamisation de l’État et de la politique », et les assassinats des Coptes ! Belle démocratie que celle conçue à Washington pour l’Égypte. L’Arabie Séoudite soutient évidemment avec tous ses moyens (financiers) la mise en œuvre de ce projet. Car Ryad sait parfaitement que son hégémonie régionale (dans le monde arabe et musulman) exige la réduction de l’Égypte à l’insignifiance. Et le moyen est « l’islamisation de l’État et de la politique » ; en fait, une islamisation à la wahabite, avec tous ses effets – entre autres celui de dévoiements fanatiques à l’égard des Coptes et d’une négation des droits à l’égalité des femmes.

Cette forme d’islamisation est-elle possible ? Peut être, mais au prix de violences extrêmes. La bataille est conduite sur l’article 2 de la constitution du régime déchu. Cet article qui stipule que « la sharia est la source du droit », est une nouveauté dans l’histoire politique de l’Égypte. Ni la constitution de 1923, ni celle de Nasser ne l’avaient imaginé. C’est Sadate qui l’a introduit dans sa nouvelle constitution, avec le soutien triple de Washington (« respecter les traditions » !), de Ryad (« le Coran tient lieu de Constitution ») et de Jérusalem (« l’État d’Israël est un État juif »).

Le projet des Frères Musulmans demeure la mise en place d’un Etat théocratique, comme en témoigne leur attachement à l’article 2 de la Constitution de Sadate/Moubarak. De surcroît le programme le plus récent de l’organisation renforce encore cette vision passéiste par la proposition de mise en place d’un « Conseil des Ulémas » chargé de veiller à la conformité de toute proposition de loi aux exigences de la Sharia. Ce conseil constitutionnel religieux, est l’analogue de celui qui, en Iran, contrôle le « pouvoir élu ». Le régime est alors celui d’un super parti religieux unique et tous les partis qui se revendiqueraient de la laïcité deviennent « illégaux ». Leurs partisans, comme les non Musulmans (les Coptes), sont, de ce fait, exclus de la vie politique. En dépit de tout cela les pouvoirs à Washington et en Europe font comme si on pouvait prendre au sérieux la récente déclaration des Frères « renonçant » au projet théocratique (sans modifier leur programme !), une déclaration opportuniste mensongère de plus. Les experts de la CIA ne savent-ils donc pas lire l’arabe ? La conclusion s’impose : Washington préfère le pouvoir de Frères, qui leur garantit le maintien de l’Egypte dans leur giron et celui de la mondialisation libérale, à celui de démocrates qui risqueraient fort de remettre en question le statut subalterne de l’Egypte. Le Parti de la Justice et de la Liberté, créé récemment et inspiré visiblement du modèle turc, n’est guère qu’un instrument des Frères. Les Coptes y seraient admis ( !), ce qui signifie qu’ils sont invités à accepter l’Etat musulman théocratique consacré par le programme des Frères, s’ils veulent avoir le droit de « participer » à la vie politique de leur pays. Passés à l’offensive, les Frères Musulmans créent des « syndicats », des « organisations paysannes » et une kyrielle de « partis politiques » revêtant des noms divers, dont le seul objectif est de diviser les fronts unis ouvriers, paysans et démocratiques en voie de construction, au bénéfice, bien entendu, du bloc contrerévolutionnaire.

Le mouvement démocratique égyptien sera-t-il capable d’abroger cet article dans la nouvelle constitution à venir ? On ne peut répondre à cette question que par un retour sur un examen des débats politiques, idéologiques et culturels qui se sont déployés dans l’histoire de l’Égypte moderne.

On constate en effet que les périodes de flux sont caractérisées par une diversité d’opinions ouvertement exprimées qui relèguent la « religion » (toujours présente dans la société) à l’arrière-plan. Il en fut ainsi pendant les deux tiers du XIXe siècle (de Mohamed Ali au Khédive Ismaïl). Les thèmes de la modernisation (dans une forme de despotisme éclairé plutôt que démocratique) dominent alors la scène. Il en fut de même de 1920 à 1970 : l’affrontement est ouvert entre les « démocrates bourgeois » et les « communistes » qui occupent largement le devant de la scène jusqu’au nassérisme. Celui-ci abolit ce débat pour lui substituer un discours populiste pan arabe, mais simultanément « modernisant ». Les contradictions de ce système ouvrent la voie au retour de l’Islam politique. On constate, en contrepoint, que dans les phases de reflux la diversité d’opinions s’efface, laissant la place au passéisme prétendu islamique, qui s’octroie le monopole du discours autorisé par le pouvoir. De 1880 à 1920 les Britanniques ont construit cette dérive, entre autre par la condamnation à l’exil (en Nubie, pour l’essentiel) de tous les penseurs et acteurs modernistes égyptiens formés depuis Mohamed Ali. Mais on remarquera aussi que « l’opposition » à cette occupation britannique se range également dans cette conception passéiste. La Nahda (inaugurée par Afghani et poursuivie par Mohamed Abdou) s’inscrit dans cette dérive, associée à l’illusion ottomaniste défendue par le nouveau Parti Nationaliste de Moutapha Kemal et Mohammad Farid. Que cette dérive ait conduit vers la fin de l’époque aux écrits ultra-réactionnaires de Rachid Reda, repris par Hassan el Banna, fondateur des Frères musulmans, ne devrait pas surprendre.

Il en est de même encore dans la période de reflux des années 1970-2010.Le discours officiel du pouvoir (de Sadate et de Moubarak), parfaitement islamiste (la preuve : l’introduction de la Sharia dans la constitution et la délégation de pouvoirs essentiels aux Frères musulmans), est également celui de la fausse opposition, la seule tolérée, celle du discours des mosquées. L’article 2 peut paraître de ce fait, bien solidement ancré dans la « conviction » générale (la « rue » comme on se plaît à dire, par imitation du discours étatsunien). On ne saurait sous-estimer les effets dévastateurs de la dépolitisation mise en œuvre systématiquement pendant les périodes de reflux. La pente n’est jamais facile à remonter. Mais cela n’est pas impossible. Les débats en cours en Égypte sont axés – explicitement ou implicitement – sur cette question de la prétendue dimension « culturelle » du défi (en l’occurrence islamique). Indicateurs positifs : il a suffi de quelques semaines de débats libres imposés dans les faits pour voir le slogan « l’islam est la solution » disparaître dans toutes les manifestations au bénéfice de revendications précises sur le terrain de la transformation concrète de la société (liberté d’opinion, de formation des partis, syndicats et autres organisations sociales, salaires et droits du travail, accès à la terre, école et santé, rejet des privatisations et appel aux nationalisations etc.) Signe qui ne trompe pas : aux élections des étudiants, l’écrasante majorité (80%) des voix données aux Frères musulmans il y a cinq ans (lorsque seul ce discours était accepté comme prétendue opposition) a fait suite à une chute des Frères dans les élections d’avril à 20% ! Mais l’adversaire sait également organiser la riposte au « danger démocratique ». Les modifications insignifiantes de la constitution (toujours en vigueur !) proposées par un comité constitué exclusivement d’islamistes choisis par le conseil suprême (l’armée) et adoptées à la hâte en avril par referendum (23% de « non », mais une majorité de « oui », forcée par les fraudes et un chantage massif des mosquées) ne concernent évidemment pas l’article 2. Des élections présidentielles et législatives sont prévues pour septembre / octobre 2011. Le mouvement démocratique se bat pour une « transition démocratique » plus longue, de manière à permettre à ses discours d’atteindre véritablement les masses désemparées. Mais Obama a choisi dès les premiers jours de l’insurrection : une transition brève, ordonnée (c’est à dire sans remise en cause des appareils du régime) et des élections (donnant une victoire souhaitée aux Islamistes). Les « élections » comme on le sait, en Égypte comme ailleurs dans le monde, ne sont pas le meilleur moyen d’asseoir la démocratie, mais souvent celui de mettre un terme à la dynamique des avancées démocratiques.

Un dernier mot concernant la « corruption ». Le discours dominant du « régime de transition » place l’accent sur sa dénonciation, associée de menaces de poursuites judiciaires (on verra ce qu’il en sera dans les faits). Ce discours est certainement bien reçu, en particulier par la fraction sans doute majeure de l’opinion naïve. Mais on se garde d’en analyser les raisons profondes et de faire comprendre que la « corruption » (présentée comme une déviance morale, façon discours moralisant étatsunien) est une composante organique nécessaire à la formation de la bourgeoisie. Non seulement dans le cas de l’Égypte et dans les pays du Sud en général, s’agissant de la formation d’une bourgeoisie compradore dont l’association aux pouvoirs d’État constitue le seul moyen pour son émergence. Je soutiens qu’au stade du capitalisme des monopoles généralisés, la corruption est devenue un élément constitutif organique de la reproduction du modèle d’accumulation : le prélèvement de la rente des monopoles exige la complicité active de l’État. Le discours idéologique (« le virus libéral ») proclame « pas d’État » ; tandis que sa pratique est : « l’État au service des monopoles ».

 

La zone des tempêtes

Mao n’avait pas tort lorsqu’il affirmait que le capitalisme (réellement existant, c’est-à-dire impérialiste par nature) n’avait rien à offrir aux peuples des trois continents (la périphérie constituée par l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine – cette « minorité » qui rassemble 85% de la population de la planète !) et que donc le Sud constituait la « zone des tempêtes », c’est-à-dire des révoltes répétées, potentiellement (mais seulement potentiellement) porteuses d’avancées révolutionnaires en direction du dépassement socialiste du capitalisme.

Le « printemps arabe » s’inscrit dans cette réalité. Il s’agit de révoltes sociales potentiellement porteuses de la cristallisation d’alternatives, qui peuvent à long terme s’inscrire dans la perspective socialiste. C’est la raison pour laquelle le système capitaliste, le capital des monopoles dominants à l’échelle mondiale, ne peut tolérer le développement de ces mouvements. Il mobilisera tous les moyens de déstabilisation possibles, des pressions économiques et financières jusqu’à la menace militaire. Il soutiendra, selon les circonstances, soit les fausses alternatives fascistes ou fascisantes, soit la mise en place de dictatures militaires. Il ne faut pas croire un mot de ce que dit Obama. Obama, c’est Bush, mais avec un autre langage. Il y a là une duplicité permanente dans le langage des dirigeants de la triade impérialiste (États-Unis, Europe occidentale, Japon).

Je n’ai pas l’intention, dans cet article, d’examiner avec autant de précision chacun des mouvements en cours dans le monde arabe (Tunisie, Libye, Syrie, Yémen et autres). Car les composantes du mouvement sont différents d’un pays à l’autre, tout comme le sont les formes de leur intégration dans la mondialisation impérialiste et les structures des régimes en place.

La révolte tunisienne a donné le coup d’envoi et certainement fortement encouragé les Egyptiens. Par ailleurs le mouvement tunisien bénéficie d’un avantage certain : la semi laïcité introduite par Bourguiba ne pourra sans doute pas être remise en cause par les Islamistes rentrés de leur exil en Grande Bretagne. Mais simultanément le mouvement tunisien ne paraît pas être en mesure de remettre en question le modèle de développement extraverti inscrit dans la mondialisation capitaliste libérale.

La Libye n’est ni la Tunisie, ni l’Égypte. Le bloc au pouvoir (Khadafi) et les forces qui se battent contre lui n’ont rien d’analogues avec ce qu’ils sont en Tunisie et en Égypte. Khadafi n’a jamais été qu’un polichinelle dont le vide de la pensée trouve son reflet dans son fameux « Livre vert ». Opérant dans une société encore archaïque, Khadafi pouvait se permettre de tenir des discours successifs – sans grande portée réelle – « nationalistes et socialistes » puis se rallier le lendemain au « libéralisme ». Il l’a fait « pour faire plaisir aux Occidentaux » !, comme si le choix du libéralisme n’aurait pas d’effets dans la société. Or, il en a eu, et, très banalement, aggravé les difficultés sociales pour la majorité. Les conditions étaient alors créées qui ont donné l’explosion qu’on connaît, immédiatement mise à profit par l’Islam politique du pays et les régionalismes. Car la Libye n’a jamais vraiment existé comme nation. C’est une région géographique qui sépare le Maghreb et le Mashreq. La frontière entre les deux passe précisément au milieu de la Libye. La Cyrénaïque est historiquement grecque et hellénistique, puis est devenue mashréqine. La Tripolitaine, elle, a été latine et est devenue maghrébine. De ce fait, il y a toujours eu une base pour des régionalismes dans le pays. On ne sait pas réellement qui sont les membres du Conseil national de transition de Benghazi. Il y a peut-être des démocrates parmi eux, mais il y a certainement des islamistes, et les pires d’entre eux, et des régionalistes. Dès l’origine « le mouvement » a pris en Lybie la forme d’une révolte armée, faisant feu sur l’armée, et non celle d’une vague de manifestations civiles. Cette révolte armée a par ailleurs  appelé immédiatement l’Otan à son secours. L’occasion était alors donnée pour une intervention militaire des puissances impérialistes. L’objectif poursuivi n’est certainement ni la « protection des civils », ni la « démocratie », mais le contrôle du pétrole et l’acquisition d’une base militaire majeure dans le pays. Certes, les compagnies occidentales contrôlaient déjà le pétrole libyen, depuis le ralliement de Khadafi au « libéralisme ». Mais avec Khadafi on n’est jamais sûr de rien. Et s’il retournait sa veste et introduisait demain dans son jeu les Chinois ou les Indiens ? Mais il y a plus grave. Khadafi avait dès 1969 exigé l’évacuation des bases britanniques et états-uniennes mises en place au lendemain de la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, les États-Unis ont besoin de transférer l’Africom (le commandement militaire des États-Unis pour l’Afrique, une pièce importante du dispositif du contrôle militaire de la planète, toujours localisé à Stuttgart !) en Afrique. Or l’Union Africaine refuse de l’accepter et jusqu’à ce jour aucun État africain n’a osé le faire. Un laquais mis en place à Tripoli (ou à Benghazi) souscrirait évidemment à toutes les exigences de Washington et de ses alliés subalternes de l’OTAN.

Les composantes de la révolte en Syrie n’ont jusqu’à présent pas fait connaître leurs programmes. Sans doute la dérive du régime baassiste, rallié au néo libéralisme et singulièrement passif face à l’occupation du Golan par Israël est-elle à l’origine de l’explosion populaire. Mais il ne faut pas exclure l’intervention de la CIA : on parle de groupes qui ont pénétré à Diraa en provenance de la Jordanie voisine. La mobilisation des Frères Musulmans, qui avaient été à l’origine il y a quelques années des insurrections de Hama et de Homs, n’est peut-être pas étrangère au complot de Washington, qui s’emploie à mettre un terme à l’alliance Syrie/Iran, essentielle au soutien de Hezbollah au Liban et de Hamas à Gaza.

Au Yemen l’unité s’était construite sur la défaite des forces progressistes qui avaient gouverné le Sud du pays. Le mouvement va-t-il rendre sa vitalité à ces forces ? Pour cette raison on comprend les hésitations de Washington et du Golfe.

A Bahrein la révolte a été tuée dans l’œuf par l’intervention de l’armée séoudienne et le massacre, sans que les médias dominants n’y aient trouvé à redire. Deux poids, deux mesures, comme toujours.

La « révolte arabe » ne constitue pas l’exemple unique, même si elle en est l’expression la plus récente, de la manifestation de l’instabilité inhérente à la «  zone des tempêtes ».

Une première vague de « révolutions », si on les appelle ainsi, avait balayé certaines dictatures en Asie (les Philippines, l’Indonésie) et en Afrique (le Mali), qui avaient été mises en place par l’impérialisme et les blocs réactionnaires locaux. Mais ici les États-Unis et l’Europe étaient parvenus à faire avorter la dynamique de ces mouvements populaires, parfois gigantesques par les mobilisations qu’ils ont suscitées. Les États-Unis et l’Europe veulent répéter dans le monde arabe ce qui s’est passé au Mali, aux Philippines et en Indonésie : tout changer pour que rien ne change ! Là-bas, après que les mouvements populaires se sont débarrassés de leurs dictateurs, les puissances impérialistes se sont employées à ce que l’essentiel soit préservé  par la mise en place de gouvernements alignés sur le néolibéralisme et les intérêts de leur politique étrangère. Il est intéressant de constater que dans les pays musulmans (Mali, Indonésie), l’Islam politique a été mobilisé à cet effet.

La vague des mouvements d’émancipation qui a balayé l’Amérique du Sud a par contre permis des avancées réelles dans les trois directions que représentent la démocratisation de l’État et de la société, l’adoption de postures anti-impérialistes conséquentes, l’engagement sur la voie de réformes sociales progressistes.

Le discours dominant des médias compare les « révoltes démocratiques » du tiers monde à celles qui ont mis un terme aux « socialismes » de l’Europe orientale à la suite de la chute du « mur de Berlin ». Il s’agit là d’une supercherie pure et simple. Car, quelles qu’aient été les raisons (compréhensibles) des révoltes en question, celles-ci s’inscrivaient dans la perspective de l’annexion de la région par les puissances impérialistes de l’Europe de l’Ouest (au bénéfice de l’Allemagne en premier lieu). En fait, réduits désormais au statut de « périphéries » de l’Europe capitaliste développée, les pays de l’Europe orientale connaîtront demain leur révolte authentique. Il y en a déjà les signes annonciateurs, dans l’ex-Yougoslavie en particulier.

Les révoltes, potentiellement porteuses d’avancées révolutionnaires, sont à prévoir partout ou presque dans les trois continents, qui demeurent, plus que jamais, la zone des tempêtes, démentant par là les discours sirupeux sur le « capitalisme éternel » et la stabilité, la paix, le progrès démocratique qu’on lui associe. Mais ces révoltes, pour devenir des avancées révolutionnaires, devront surmonter de nombreux obstacles : d’une part, surmonter les faiblesses du mouvement, construire des convergences positives entre ses composantes, concevoir et mettre en œuvre des stratégies efficaces, mais aussi d’autre part mettre en déroute les interventions (y compris militaires) de la triade impérialiste. Car toute intervention militaire des États-Unis et de l’OTAN dans les affaires des pays du Sud, sous quelque prétexte que ce soit fût-il d’apparence sympathique – comme l’intervention « humanitaire » – doit être proscrite. L’impérialisme ne veut ni le progrès social, ni la démocratie pour ces pays. Les laquais qu’il place au pouvoir quand il gagne la bataille resteront des ennemis de la démocratie. On ne peut que déplorer que la « gauche » européenne, même radicale, ait cessé de comprendre ce qu’est l’impérialisme.

Le discours dominant aujourd’hui appelle à la mise en œuvre d’un « droit international » qui autorise en principe l’intervention lorsque les droits fondamentaux d’un peuple sont bafoués. Mais les conditions ne sont pas réunies pour permettre d’avancer dans cette direction

Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Printemps arabe ! Et africain ! Amérique Latine
commenter cet article
3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 07:37

Bonne année !


 

 

عاد الملك محمد السادس مساء يوم الاثنين 2 يناير إلى الرباط، قادما  اليها من مدينة إفران التي قضى بها عطلة نهاية السنة الميلادية. وحسب مصادر إعلامية فإن تعيين حكومة عبد الإله بنكيران، رئيس الحكومة المعين، بات وشيكا وسيتم يوم الثلاثء 3 يناير بالقصر الملكي بالرباط، بقاعة العرش، وهو نفس المكان الذي تم فيه تعيين حكومات عبد الرحمن اليوسفي وإدريس جطو وعباس الفاسي.

وفيما أكد بنكيران أن لائحة وزراء حكومته لم يطلع عليها أي أحد، ما زالت وسائل الإعلام تتداول العديد من الأسماء المرشحة للإستوزار، وهو ما يؤكد أن تشكيلة الحكومة المقبلة قد تحمل بين طياتها الكثير من المفاجئات.

 

 

lakome

 

____________________________________

 

La liste des ministres du gouvernement Benkirane revue par le Palais

 

 

 

Le Palais royal aurait opéré de profonds changements sur la distribution des portefeuilles ministériels entre les partis formant la coalition gouvernementale, mais aussi sur la structure du futur exécutif. Aziz Akhannouch resterait ministre de l’Agriculture et Mohamed El Ouafa hériterait du ministère de l’éducation ou du secrétariat d’Etat aux affaires étrangères.


 

Le ministère des Finances aurait été divisé en deux départements. Le premier reviendrait au PJD avec à sa tête Najib Boulif. Le deuxième département serait celui du budget, des impôts et des comptes privés, et serait dirigé par l’istiqlalien Nizar Baraka.

D’autres départements devraient changer de mains tel que celui de l’Industrie et du Commerce qui reviendrait au PJD et serait réservé à Abdelkader Amara. Le ministère de l’Equipement et des Transports serait quant à lui géré par Abdelaziz Rebbah du PJD.

Liste des ministres revue par le Palais :

  •  Abdelilah Benkirane : Président du gouvernement 
  •  Abdellah Baha : Ministre d’Etat sans portefeuille 
  •  Saâdine El Othmani : Ministre des Affaires étrangères 
  •  Mustapha Ramid : Ministre de la Justice 
  •  Abdelaziz Rebbah : Ministre de l’Equipement et du Transport 
  •  El Habib Choubani : Ministre chargé des relations avec le parlement 
  •  Lahcen Daoudi : Ministre de l’Enseignement supérieur 
  •  Bassima Hakkaoui : Ministre de la Solidarité et de la Famille 
  •  Najib Boulif : Ministre des Affaires générales et de l’arbitrage 
  •  Driss Azami : Ministre du Budget et des Comptes publics 
  •  Abdelkader Amara : Ministre du Commerce et de l’Industrie 
  •  Nizar Baraka : Ministre du Budget et des Impôts 
  •  Fouad Douiri : Ministre de l’Energie et des Mines 
  •  Abdallah Bakkali : Ministre de la Culture et de la Communication 
  •  Mohamed El Ouafa : Ministre délégué aux Affaires étrangères 
  •  Mohand Laenser : Ministre de l’Intérieur 
  •  Lahcen Haddad : Ministre du Tourisme 
  •  Nabil Benabdallah : Ministre de l’Habitat 
  •  Lhoucine Ouardi : Ministre de la Santé 
  •  Gajmoula Bent Abi : Ministre déléguée chargée de la communauté marocaine à l’étranger 
  •  Abdelouahed Souhail : Ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle

Les ministères de l’Artisanat, de l’Education, de la Jeunesse et des Sports et de la Modernisation feraient toujours l’objet de tractations entre les partis de la coalition gouvernementale.

Aziz Akhannouch qui a démissionné dimanche du Rassemblement National des Indépendants (RNI), resterait à la tête du département de l’Agriculture mais sans couleur politique. Dans les coulisses, il est également annoncé comme ministre de l’Intérieur.

publié par : bladi

 

____________________________________

Des réformes pour contenter le peuple

Le roi Mohamed VI, entouré de son fils Moulay El-Hassan (à gauche) et de son frère Moulay Rachid, s'apprête à présenter le projet de réforme constitutionnelle au peuple marocain.

Le roi Mohamed VI, entouré de son fils Moulay El-Hassan  (à gauche) et de son frère Moulay Rachid, s'apprête à présenter le projet de réforme constitutionnelle au peuple marocain. AP


Lorsqu'il succède en 1999 à son père, Hassan II, le roi Mohammed VI, alors âgé de 36 ans, fait souffler sur le royaume du Maroc un vent de libéralisation. Après plusieurs années de combat des organisations de défense des droits de l'homme et des associations de victimes et de leurs familles, il crée l'Instance équité et réconciliation, une première en Afrique du Nord, et ferme les sinistres lieux de détention, comme celui de Tazmamart.

Il réforme le code de la famille, la Moudawana, qui interdit la polygamie, et repousse l'âge légal du mariage pour les femmes à 18 ans. Il développe des régions délaissées par son père, notamment Tanger.

Mais, dix ans plus tard, le souffle est retombé. Les médias indépendants, écrasés par le système contrôlé de la publicité et par les coûteux procès à répétition, ont presque tous disparu.

Dans la foulée du "printemps arabe" né à Tunis, le régime marocain est interpellé par un mouvement composite alliant des islamistes et des jeunes laïques, le Mouvement du 20-Février, qui réclame dans la rue des réformes politiques profondes, la fin de la corruption et la limitation des pouvoirs du roi, à l'image de ceux du roi d'Espagne ou de la reine d'Angleterre. Vingt-troisième monarque alaouite à régner sur le Maroc - ce qui en fait la dynastie la plus ancienne du monde contemporain -, Mohammed VI, soutenu par les monarchies arabes et la France, a résisté en anticipant des réformes pour contenir le mécontentement social.

Il s'engage, dès le 9 mars, à réviser la Constitution, adoptée par référendum quatre mois plus tard, et organise des législatives anticipées. Ces élections ont, le 25 novembre, porté au pouvoir, pour la première fois dans l'histoire du royaume, les islamistes du Parti justice et développement (PJD), avec comme chef du gouvernement son secrétaire général, Abdelilah Benkirane.

Alliances

Les militants du PJD, qui ont rompu avec les mouvements radicaux des années 1970, sont monarchistes et reconnaissent le roi comme le commandeur des croyants, à la différence des islamistes de Justice et bienfaisance, Al Adl WalIhsane, une confrérie bien implantée au Maroc. Née en 1973 sous la direction du cheikh Yacine, elle fait partie du Mouvement du 20-Février, qui avait appelé au boycottage du scrutin.

Les cartes ont donc été rebattues, la monarchie marocaine a été épargnée par un fort attachement populaire, et le Mouvement du 20-Février mis en difficulté. Tirant le bilan des élections, Justice et bienfaisance a d'ailleurs annoncé, le 19 décembre, qu'il suspendait sa participation au Mouvementdu 20-Février et souhaitaitrenégocier ses relations avec les jeunes laïques.

Toutefois, le makhzen, le système marocain de gouvernance lié au palais, reste au centre de vives critiques. De la capacité du PJD - placé dans l'obligation de nouerdes alliances avec d'autres partis, comme l'Istiqlal, le parti de l'indépendance - à cohabiter avec l'entourage du roi dépendra, pour une bonne part, la solidité du régime marocain en 2012 : il est confronté à des difficultés sociales et économiques grandissantes. 

par Isabelle Mandraud

source lemonde

 

 

 

Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Maroc
commenter cet article
3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 06:45

Le rapport de force entre la troïka et l 'opposition

 

Regard sur le début de la gouvernance légitime post révolutionnaire: la majorité des Tunisiens ont en partage le bon sens et l’intérêt supérieur de la nation, en dehors de toute filiation partisane.

 

par Abderrazak Lejri

 

Après avoir mis au pas ses coalisés en émasculant le parti Ettakatol de Moncef Ben Jaâfar, président de l’Assemblée constituante, et en déculottant le parti Cpr de Moncef Marzouki, président de la République, le parti Ennahdha a confirmé sa vision des objectifs de l’élection de la Constituante en privilégiant surtout l’approche de gouvernance au détriment des véritables enjeux que représente la rédaction de la Constitution ce qui explique le délai de deux mois pour aboutir enfin à un nouveau gouvernement transitoire.

 

La Constituante réduite à une simple chambre d’enregistrement 

Ce parti d’obédience islamique est, comme d’habitude, cohérent avec lui-même en abandonnant le double discours qu’on lui reprochait pour n’en tenir qu’un seul empreint d’hégémonisme faisant peu de cas de l’opposition minoritaire (dont les interventions des représentants courageux sont réduites à des gesticulations: cause toujours tu m’intéresses!) aboutissant in fine toujours à un vote en force qui – à la liberté d’expression près – aboutit à faire de la Constituante une simple chambre d’enregistrement.

On ne peut que se féliciter du renouvellement de la classe politique et des membres du gouvernement car la compétence n’est l’apanage de personne en particulier et le manque d’expérience (le terme amateurisme n’étant pas approprié) est un faux argument non opposable après une révolution qui sur le plan des principes veut rompre avec le passé et à tout point de vue les composantes de la société sont en train de faire leur mue et sont appelées à opérer leur mise à niveau.

Il faut que le chef du Gouvernement, Hamadi Jebali, et son équipe prennent acte du fait que cette mise à niveau et l’intégration des nouveaux concepts de démocratie, de bonne gouvernance, de compétence et de tolérance, etc., ne concernent pas que les autres.

Il faut qu’ils se débarrassent de leur vision partisane qui les emprisonne dans une posture d’opposition et d’éternelle campagne électorale (ce qui est en soi justifié par les échéances électorales à venir) pour tendre (mais à l’impossible personne n’est tenu) vers une posture d’hommes d’Etat dignes de la formidable chance inespérée et imprévue que le destin leur a offerte de conduire la Tunisie vers un avenir meilleur.

 

L’agressivité d’Ennahdha envers l’opposition et les médias 

Il faut aussi que les dirigeants et surtout les militants de base d’Ennahdha cessent de qualifier toute velléité d’indépendance ou d’avis contraire d’acte non patriote car si cela continue, on va glisser vers les accusations d’atteinte à la sûreté de l’Etat qui nous rappellent les pratiques de l’ancien régime par le qualificatif de traitrise à la nation («takhouine») que Ben Ali a utilisé à leur encontre!

 

Les dirigeants d’Ennahdha n’ont d’ailleurs jamais admis que les attaques de leurs militants extrémistes sur les réseaux sociaux sont sciemment orchestrées et ils les mettent systématiquement sur le compte de dérapages individuels de quelques excités.

 

Ces attaques ont été illustrées par la montée en pointe de Rached Ghannouchi, président du parti islamiste tunisien, contre les médias qualifiés de majoritairement pourris, et particulièrement la sortie de Ali Laraiedh, ministre de l’Intérieur, contre le journal ‘‘Le Maghreb’’ et une de ses journalistes (pour effronterie d’indépendance de ligne éditoriale et d’excès d’émancipation?!).

Le même sectarisme s’est traduit au sein de la Constituante par des accusations d’irresponsabilité à l’encontre des députés de l’opposition qui avaient estimé qu’un budget de l’Etat et la Loi des finances qui lui est associée méritent plus que quelques heures d’examen et de débats, Ennahdha et la troïka s’étant davantage focalisés sur la répartition des postes ministériels (qui va gouverner) sans s’attarder sur le comment et quoi gouverner.

 

Ennahdha a la cohérence de poursuivre le même principe qui lui a valu de remporter la victoire lors des élections en recourant au «takfir» (accusation de mécréance) qui a laminé les forces progressistes et modernistes de gauche et il était temps avec la discussion de la loi de finances qu’on dépasse les polémiques doctrinales où les perdants sont traités de «zéro%» qui empêchent les «99% (sic)» de gouverner à leur guise..

 

Quant aux dirigeants du Cpr, et notamment Mohamed Abbou, l’égo et la posture du pouvoir les ont aveuglés, au point qu’ils ont traité leurs compagnons d’hier (le Pdp) d’une façon indigne et éhontée de minorité antidémocratique et antipatriotique en collusion avec le Rcd, n’ayant même pas la reconnaissance du ventre quand, dans les geôles de Ben Ali, ils n’ont trouvé à leur côté que les militants de gauche – notamment Néjib Chebbi (que je suis pourtant loin de vouloir défendre) – comme soutien.

 

Passer de la posture d’opposition à celle de gouvernement 

Il faut être magnanime avec M. Marzouki, qui débute dans la magistrature suprême, et avec le nouveau chef du gouvernement M. Jebali, et nous voulons bien croire que leurs dérapages ne sont que d’ordre lexical.

Ceux qui sont étonnés de voir Ennahdha recourir aux petites compromissions lors de la répartition des postes à leurs proches doivent prendre parmi plein d’exemples le cas de Aboulaye Wade au Sénégal qui, après avoir été un opposant farouche et démocrate payant cela par des années d’exil et de prison, s’est mué dès la prise du pouvoir en autocrate corrompu brimant toute velléité d’opposition et dérivant vers une succession dynastique démontrant encore une fois que c’est «la fonction qui crée l’organe».

On ne peut concevoir que du jour au lendemain un footballeur jouant en défense apprenne à jouer en attaque surtout dans une équipe adverse!

Les années d’exil et de prison ont laissé chez certains militants actuellement en situation de gouverner des séquelles qui ne peuvent s’estomper qu’avec le temps, une fois qu’ils seront apaisés psychologiquement avec eux mêmes et avec leurs compatriotes.

Il faudra du temps pour que ces derniers – auxquels ces épreuves douloureuses ont instillé inconsciemment la haine de soi, d’autrui et de la société en général -  cessent de considérer ceux qui ne partagent pas toutes leurs idées comme des ennemis désignés.

Car, de même qu’on peut estimer que les forces modernistes et progressistes par leur élitisme urbain (à part le Parti ouvrier communiste tunisien, Poct) sont coupées du pays profond, expliquant en cela leur échec patent, on peut affirmer  qu’une partie des exilés de la diaspora et ceux qui étaient emprisonnés ou mis à l’écart ne connaissent pas tout à fait la société tunisienne.

Il est légitime et explicable que des personnes qui ont connu l’exil et la prison soient grisées par l’euphorie que confère l’accès au pouvoir, à la reconnaissance et aux privilèges.

 

Les rémunérations des grands commis de l’Etat et des élus

Sur un autre plan, je trouve démagogique, comme le signalent six députés dans le journal ‘‘Echourouk’’ du 29 décembre, que d’aucuns trouvent excessifs les salaires des élus et grands commis de l’Etat, et me demande à quel titre des élus notamment issus des régions de l’intérieur et pour certains de l’étranger, où ils doivent faire face à des dépenses familiales locales et à Tunis, doivent concéder à ne pas toucher de rémunération.

 

N’importe quel responsable bénéficie quand il est en mission, en plus de son salaire, d’une indemnité de mission et d’un per diem, et le moindre cadre commercial a droit à des frais de représentation incluant les frais d’habillement et de blanchisserie.

Rapportés à l’échelle du pays ou à la noblesse de leurs tâches (ces derniers ayant abandonné leurs emplois d’origine), je trouve plutôt que les chiffres portés à ma connaissance ne sont ni excessifs ni abusifs.

En dépit du fait que, chez nous, les gros salaires sont tabous, je ne trouve pas scandaleux qu’un président de la République émarge à une indemnité de souveraineté conséquente car ce sont les bas salaires qui sont en revanche scandaleux.

Démagogie mise à part et sans verser dans une théorie socialisante égalitariste, on doit être capable d’intégrer que doubler le salaire du Pdg de la Compagnie de phosphate de Gafsa (Cpg) n’a aucun impact sur le résultat de la société, notamment si on le rapporte à des pertes quotidiennes de 1.5 million de dinars, dans l’hypothèse où il parviendrait à juguler les énormes problèmes de ce groupe.

Ce scénario est préférable à celui où on confie une grande entreprise à un dirigeant intègre mais incompétent, touchant un salaire indigent donc non scandaleux, qui faute de clairvoyance et de bonne gestion peut engendrer des pertes de plusieurs milliards.

Les institutions étatiques du Maroc ont connu une profonde mutation et engendré des gains de productivité quand on les a dotées de dirigeants fortement rémunérés issus de la diaspora alors que chez nous la soixantaine de cadres de haut niveau de Tunisie Telecom qui touchaient plus que 4.000 Dinars ont été mis à l’index et poussés à la démission (en dehors des abus avérés)!

 

La gouvernance au concret

Le gouvernement Jebali veut rattraper le temps perdu et il est heureux de constater qu’enfin le problème du bassin minier et du Groupe chimique tunisien (Gct) qui, avec le triangle Gafsa-Sfax-Gabès, représente au moins 20% des problèmes économiques du pays, soit pris à bras le corps.

 

Nous n’allons pas épiloguer sur le fait qu’une année durant, ce problème épineux a été laissé aux mains d’autorités régionales illégitimes et sans véritables pouvoirs (gouverneurs, délégués et responsables municipaux) et que, durant deux mois, la troïka – occupée à répartir à titre de gratification des postes dans un gouvernement pléthorique – n’a jamais dénoncé les sit-in y relatifs sauf quand les sit-inneurs se sont déplacés au Bardo où ils ont été traités de trouble-fête et d’empêcheurs de légiférer en rond.

 

Il est tout de même paradoxal que lorsqu’une poignée de salafistes trouble et paralyse le fonctionnement de toute la faculté de la Manouba, nous n’ayons entendu de la part d’Ennahdha ou de M. Marzouki qu’un appel au dialogue, rien que le dialogue, malgré des violences avérées là où il y a eu transgression de la loi et des règlements intérieurs de l’université, alors que maintenant certains commencent à bomber le torse pour indiquer que le dialogue une fois épuisé, le recours contre les sit-inneurs sera la loi et, en filigrane, la matraque.

Au crédit du gouvernement Jebali, nous devons nous réjouir enfin de la création d’un ministère  de l’Environnement à part entière qui, nous l’espérons, sera doté de moyens conséquents et dont la mission ne se limitera pas à des mesures cosmétiques réduites à l’aménagement des espaces verts.

 

La tâche urgente à laquelle doit s’atteler ce ministère est la prise en charge de tous les problèmes de pollution industrielle (cas de Sfax et Gabès) et domestique au niveau des communes car jamais les quartiers n’ont été aussi sales que depuis la confirmation des contractuels et les substantielles augmentations salariales des agents municipaux, ce qui démontre qu’il n’y a pas obligatoirement de relation de cause à effet entre l’amélioration des conditions d’emploi et l’ardeur au travail!

 

Partant du principe que le gouvernement Jebali a un mandat théorique d’un an qui ne lui permet pas d’engager des réformes profondes et de lancer des projets d’envergure, je pense qu’on ne perd rien à engager d’ores et déjà les études y relatives, la mise en œuvre étant envisageable durant la prochaine mandature de 4 ou 5 ans, ce qui permettra entre autres de booster l’activité d’ingénierie.

Les premières mesures tendant à réduire le train de vie de l’Etat sont à saluer car, comme on dit, il n’y a pas de petit profit.

Cependant, les effets tangibles et perceptibles ne seront obtenus qu’après une réduction drastique du concours de la Caisse de compensation (sans atteinte au pouvoir d’achat des franges défavorisées déjà assez éprouvées par une importante inflation) et un bond en avant des recettes fiscales par une réforme qui tarde à se mettre en place.

M. Jebali peut être rassuré que la majorité des Tunisiens qui ont en partage le bon sens et l’intérêt supérieur de la nation – en dehors de toute filiation partisane – seront à ses côtés chaque fois que des mesures salutaires d’ordre social ou économique en faveur des régions défavorisées seront prises

source blogs.mediapart.

 

_______________________________________________

Le Maghreb dépose une plainte contre Ameur Laârayedh

BN4659Ameur-laareyadh1211.jpg

 

 

 

 

 

 

Le quotidien en langue arabe Le Maghreb a décidé de porter plainte contre l’élu et dirigeant d’Ennahdha Ameur Laârayedh suite à des propos diffamatoires prononcés en public devant témoins. 

 

Selon le journal, ces propos ont été prononcés le 29 décembre quand M. Laârayedh a interrogé notre consœur Khaoula Euchi sur le média à qui elle appartenait. En répondant « Le Maghreb », la journaliste a provoqué une exclamation de l’élu d’Ennahdha qui s’est lancé dans toute une tirade « Le Maghreb ? Que Dieu nous en préserve ! Je le dis et je le répète, nous allons déposer une plainte contre ce journal pour avoir publié un article accusant certains membres de la Constituante dans des affaires de corruption. » La journaliste s’est défendue en disant que le Maghreb n’a fait que rapporter une information publiée par un journal électronique. Réponse de M. Laârayedh : « votre consœur est une corrompue. » 
Ameur Laârayedh ne s’est pas arrêté et a continué sa tirade, à voix haute (selon le journal) et devant un parterre de journalistes : « Vous travaillez dans un journal financé par Ben Ali ! ». 

La réaction de l’élu d’Ennahdha s’explique. Le Maghreb est l’un des rares quotidiens tunisiens à avoir une ligne éditoriale claire, qui s’attache à jouer pleinement son rôle de contre-pouvoir et à critiquer sévèrement les partis vainqueurs des élections. 
 

Il adopte ainsi une attitude similaire à celle adoptée sous Ben Ali qui a fini par forcer la fermeture du journal et pousser son directeur, Omar Shabou, à l’exil. 
 

Vingt ans après, le journal se trouve paradoxalement accusé d’être à la solde de l’ancien régime dans une vaine tentative de le décrédibiliser. Attitude que l’on observe régulièrement avec tous les médias qui refusent de retourner leur veste et de caresser la troïka dans le sens du poil. Des réflexes identiques à ceux de l’ancien pouvoir : « si tu n’es pas avec moi, c’est que tu es contre moi et, de ce fait, je dois t’abattre ».

Source


____________________________________

Vie des partis et des organisations

 

 

- Taher H’mila ne démissionnera pas du CPR

 

Chassé dernièrement des postes du secrétaire général et de président du groupe parlementaire du Congrès pour la République (CPR), Taher H’mila n’envisage pas de quitter ce parti qui dispose de 29 élus à l’Assemblée constituante.


 «Je démens formellement les informations lesquelles m’imputent à tort mon intention de démissionner du CPR et j’appelle les médias qui ont véhiculé ces informations erronées à cesser de semer la discorde au sein du parti», précise-t-il. Et d’ajouter: «j’avoue que le CPR est grippé mais je ne compte pas quitter le navire».

Taher H’mila attend la tenue du prochain conseil national du parti prévue à la mi-janvier pour «tenter de rectifier le tir» au sein de sa formation qui comprend une mosaïque de sensibilités politiques allant de l’islamisme à la gauche laïque.

 

Depuis l’accession du fondateur du CPR, Moncef Marzouki, à la présidence de la République, une guerre larvée oppose ces sensibilités antagonistes. Cette querelle a atteint son paroxysme le 15 décembre, quand la sensibilité proche d’Ennahdha a décidé de chasser Me Abderraouf Ayadi du poste de secrétaire général qu’il a occupé durant les trois jours ayant suivi l’élection de Marzouki comme nouveau président de la République et de le remplacer par Taher H’mila. Quelques jours plus tard, le Bureau politique a décidé d’écarter H’mila et de redonner le secrétariat général à Me Abderraouf Ayadi, une décision jugée «illégale» par la sensibilité proche d’Ennahdha.

 

Membre fondateur du CPR, Taher H’mila pourrait tenter de reprendre les commandes du CPR par la voie des urnes durant le prochain conseil national du parti.

Décidément, les ambitions ne semblent pas avoir de limites pour cet octogénaire qui a défrayé récemment la chronique en s’attaquant frontalement à la direction de l’UGTT qu’il a accusé de chercher à paralyser l’économie du pays et en qualifiant les manifestants du Bardo de «déchets de la francophonie»

    

 

 

- Le Parti Pirate Tunisien réclame son droit à l’existence légale

 

Le Parti Pirate Tunisien (PPT) a estimé, hier, que le report de l’examen de la plainte qu’il avait porté contre le ministère de l’Intérieur Essebsi et l’imprimerie officielle pour réclamer son droit à obtenir un visa légal constitue une manœuvre » de son adversaire, lequel ne dispose pas, selon lui, d’«arguments légaux pour rejeter sa demande de visa».

 

Le tribunal de première instance de Tunis avait décidé vendredi de reporter au 6 janvier l’examen du recours introduit par le PPT contre le ministère de l’Intérieur sous le gouvernement Caïd Essebsi et contre l’imprimerie officielle qui a refusé de publier sa notice de constitution sur le Journal officiel de la République tunisienne.

 

La branche tunisienne du Parti pirate présent dans plus de 30 pays dans le monde a rappelé, dans un communiqué, qu’elle n’a jusqu’ici reçu aucune réponse à sa demande de visa légal déposé en mai 2011. « Le parti a déposé les documents nécessaires auprès du ministère de l’Intérieur, conformément à l’article 8 de la loi des partis, mais le ministère n’a pas donné de réponse dans les délais légaux», a indiqué l’avocate du plaignant Me Aziza Kabsi.

Selon elle, «l’imprimerie officielle a refusé de rendre public le visa suite aux instructions des autorités supérieures».

De son côté, le président du comité fondateur du PPT, Slaheddine Kchok, a insisté sur le droit de son parti qui a milité contre la dictature à l’existence légal. «Nous avons commencé nos activités en Tunisie dans la clandestinité, en octobre 2010, pour défendre les droits des internautes et la liberté d’expression», a-t-il expliqué.

      

 

 

- Le PCOT critique la nouvelle direction de l’UGTT

 

Le Parti ouvrier communiste Tunisien (POCT) a estimé, dans un communiqué publié hier, que l’exclusion de son candidat Jilani Hammami de la liste consensuelle présentée aux élections du Bureau exécutif de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT) «reflète l’intention de la nouvelle direction de l’organisation d’user de son autorité pour servir ses propres intérêts et perpétuer les méthodes de travail bureaucratiques ».

Le parti de Hamma Hammami a également fait savoir que Hfaïedh Hfaïedh ne le représente pas, indiquant que son candidat a été écarté de ce « faux consensus en raison de sa probité de son intégrité et de son militantisme».

 

En réponse à ces critiques la direction de l’UGTT a noté que les élections du Bureau exécutif « n’ont pas eu lieu sur la base de quotas réservés aux partis politiques». Une affirmation que le PCOT dément en indiquant que la liste consensuelle qui a remporté la totalité des sièges du nouveau bureau politique de l’UGTT comprend aussi bien des représentants des régions et des secteurs que des représentants de partis politiques comme Sami Tahri ( présentant du Mouvement des patriotes démocrates/Al-Watad) , Mohamed Mesalmi ( représentant du Parti du travail patriotique et démocratique) et Samir Cheffi ( représentant des nationalistes arabes).

         

 

 

- Le nouveau secrétaire général de l’UGTT prendra ses fonctions lundi

 

Le nouveau secrétaire général de l’UGTT, Hassine Abbassi, devrait prendre officiellement ses fonctions le lundi 2 janvier. Une cérémonie de prise de fonction sera organisée, à cette occasion, au siège central de l’organisation à la place Mohamed Ali, en présence de Abdessalem Jerad, ancien secrétaire général et président du dernier congrès

       

 

 

- Abdessalem Jerad ne prendra pas sa retraite syndicale

 

L’ancien secrétaire général de l’UGTT, Abdessalem Jerad, ne prendra pas, de sitôt, sa retraite. Il continuera, en effet, à exercer d’autres responsabilités syndicales à l’international.

Pour mémoire, Jerad est secrétaire général de l’Union Syndicale des Travailleurs du Maghreb arabe (USTMA) dont le siège est à Tunis. Il représente également l’UGTT au sein du Conseil central de la Confédération internationale des syndicats arabes (CISA) et du bureau exécutif dela Confédération

Syndicale Internationale (CSI)

   

 

Lire la suite...

Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Tunisie : Partis politiques_ Programmes
commenter cet article
3 janvier 2012 2 03 /01 /janvier /2012 05:36


 


__________________________________________________________________

Le président Moncef Marzouki convoite la Libye

 

 

Le président tunisien Moncef Marzouki tient sa promesse: il effectue son premier voyage officiel en Libye voisine. Un voyage qui a valeur de symbole, des retrouvailles entre deux pays entrés dans une nouvelle ère. Le chef de l’Etat tunisien entame une visite de deux jours, les 2 et 3 janvier, accompagné d’une forte délégation notamment des milieux des affaires.

Des entretiens avec le président du Conseil national libyen de Transition (CNT), Mustapha Abdel Jalil, le Premier ministre, Abderahim el-Kib, et les membres du gouvernement, ainsi que des représentants de la société civile libyenne sont inscrits au programme avec le passage respectivement à Tripoli, Misrata et Benghazi. Le site tunisien Leaders.com.tn livre le commentaire d’une source tunisienne sur le déplacement en Libye.

«La symbolique de cette visite est forte. Elle est essentiellement une visite d’amitié et de coopération à caractère politique qui trouve toute sa signification à travers des liens séculaires entre les deux peuples et une volonté partagée pour un avenir commun.»

Minute Buzz Maghreb observe qu’en réalisant sa promesse, Marzouki rompt une tradition de la diplomatie tunisienne qui veut que «la première destination du chef de l’État s’effectue en Algérie».

Un choix novateur qui s’explique, selon ce site, en raison des «conditions similaires dans lesquelles vivent la Tunisie et son voisin du Sud depuis le début de l’année 2011, situation chaotique à laquelle les deux pays doivent remédier, notamment en établissant une meilleure coordination entre eux». 

Au-delà du symbole, la visite a une forte connotation économique. D’ailleurs à la tête de la délégation d’hommes d’affaires tunisiens se trouvent Wided Bouchammoui, qui dirige le syndicat patronal tunisien Utica, et Tarek Cherif, président de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect).

Les besoins en termes de reconstruction sont énormes. Mais n’est-il pas trop tôt pour envoyer des cadres et techniciens tunisiens en Libye, s’interroge Leaders?

Les milieux d’affaires tunisiens ne le pensent pas. Au contraire, ils veulent «structurer la démarche des opérateurs tunisiens». Selon cette même source, il existe déjà des initiatives «pour constituer des groupements tuniso-tunisiens et tuniso-libyens» notamment dans le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) et «des sociétés mixtes s’apprêtent à voir le jour».

La visite du président tunisien en Libye aurait pu être entachée par un incident frontalier qui a précédé le voyage. Un gendarme tunisien avait été enlevé le 31 décembre par un groupe armé libyen avant d'être libéré le lendemain. Mais selon le ministère de l'Intérieur tunisien cité par RFI, «des actions de cette nature ne réussiront pas à porter atteinte aux bonnes relations» entre les deux pays.

source slateafrique

__________________________________________

Moncef Marzouki appelle à la fusion entre la Tunisie et la Libye


 

Moncef Marzouki, président provisoire de la République, a appelé, lors de sa visite en Libye, à passer de la phase de coopération à celle de la fusion entre la Tunisie et la Libye, selon l’Agence de presse officielle libyenne (JANA). Il a, également, appelé à œuvrer pour la création d’une "Union des peuples arabes indépendants".


M. Marzouki a demandé, aussi, de redynamiser le projet de l’Union du Maghreb arabe (UMA). Il a souhaité que sa visite en Libye constitue un tournant pour entamer une nouvelle ère de la longue histoire commune entre les deux pays. Il a considéré que l’instauration de la démocratie et du retour de la souveraineté aux peuples permettront d’ouvrir des horizons pour l’intégration et le travail en commun entre les deux pays, que les dictatures ne permettaient pas.

 
On notera que M. Marzouki était accompagné dans sa visite de deux jours, d'une délégation d'hommes d'affaires triés soigneusement. Ce tri a provoqué la colère de plusieurs investisseurs tunisiens, connaisseurs du marché libyen, qui ont déclaré que nous n'en avions pas fini avec le copinage et le clientélisme tout en s'interrogeant sur la façon avec laquelle on a sélectionné les membres de la délégation.

source businessnews


_________________________________________________________

 

Baghdadi sera extradé s'il bénéficie d'un «procès équitable»

Le président tunisien Moncef Marzouki (g) et le chef du CNT libyen Moustapha Abdeljalil dans le salon VIP de l'aéroport international de Tripoli, le 2 janvier 2012.

Le président tunisien Moncef Marzouki (g) et le chef du CNT libyen Moustapha Abdeljalil dans le salon VIP de l'aéroport international de Tripoli, le 2 janvier 2012.  REUTERS/Ismail Zitouny

Le président tunisien est depuis le 2 janvier en visite officielle en Libye pour deux jours. Moncef Marzouki a promis lundi à Tripoli de remettre l'ex-Premier ministre libyen Baghdadi al-Mahmoudi aux nouvelles autorités libyennes si celles-ci lui garantissent un « un procès équitable ».

Une visite - la première sortie du président tunisien, d'abord politique.

Baghdadi al-Mahmoudi était le plus important officiel libyen en détention avant que ne soit capturé Seif al-Islam Kadhafi en novembre dernier. Arrêté en septembre dans le sud tunisien pour avoir franchi « illégalement» la frontière, la justice tunisienne a décidé que Mahmoudi devrait être extradé vers la Libye.

Le président tunisien défend cette décision : «Nous en Tunisie, nous demandons à l'Arabie Saoudite l'extradition de Ben Ali pour les milliards qu'il a dérobés au peuple. Il est naturel que les Libyens, réclament al-Mahmoudi Baghdadi à la Tunisie ».

Une position qui dérange franchement les organisations des droits de l'homme notamment Amnesty International, dont Marzouki est un ancien représentant en Tunisie. Elles estiment elles qu'un procès équitable est impossible pour le moment et qu’Al Mahmoudi encourt de vrais risques. Pour preuve, disent-elles, la façon dont l'ancien leader Mouammar Kadhafi a été traité puis tué après sa capture à Syrte en octobre dernier.

Mais Moncef Marzouki a assuré que la Tunisie veillerait d'abord à ce que soient réunies les garanties d'un procès équitable. Des propos de nature à contenter les nouvelles autorités de Tripoli. Alors que ce mardi, c'est de coopération économique dont il sera question, avec en perspective du travail pour les milliers de chômeurs tunisiens.

En effet, pour son premier déplacement à l'étranger, Moncef Marzouki est accompagné d'une importante délégation d'hommes d'affaires tunisiens. Parmi eux, Tarak Chérif qui est également président de Conecct, Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie, un nouveau syndicat patronal fondé après le départ de Ben Ali. Il espère que cette visite permettra de redémarrer les échanges commerciaux entre les deux pays.

source rfi.fr

 

_________________________________


 

Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Tunisie : Économie_ Environnement_(Lampedusa)
commenter cet article
2 janvier 2012 1 02 /01 /janvier /2012 04:51

Célébration de la nouvelle année à Hama, Kafr Zita

 

À Deraa


 À Hama, Khatteb

 

 

____________________________

Un nouvel an sous "les balles et les chars"

 

Les militants pro-démocratie ont célébré dimanche 1er janvier la nouvelle année en défilant par milliers en Syrie pour appeler au départ du régime de Bachar al-Assad, dont les forces ne cessent de réprimer dans le sang la contestation. Les "jeunes de la Révolution" ont célébré le nouvel an 2012 par des feux d'artifice et des appels au départ de M. Assad, confronté depuis la mi-mars à une contestation sans précédent.

A Hama, un enfant de 7 ans a été tué par des tirs des forces de sécurité qui visaient la voiture de son père, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) en parlant du "premier martyr de 2012". Trois autres civils ont été tués à Homs, dont deux par les milices pro-régime. Dans la province de Damas, 20 manifestants qui avaient levé le drapeau syrien de l'indépendance ont été blessés par les tirs des troupes, a précisé l'OSDH.

"NOUVEL AN SANS FER NI CHAÎNES"

Dans la ville d'Idleb, des centaines de personnes ont assisté à un feu d'artifices, portant des flambeaux et chantant en faveur de "l'unité nationale et la fraternité islamo-chrétienne". Un croissant de lune et une croix ont été accrochés côte à côte dans une rue de la ville. "Liberté pour la vie", ont scandé les manifestants.

A Alep, deuxième ville de Syrie peu touchée jusque-là par le mouvement de contestation, des jeunes ont crié des slogans de soutien aux villes rebelle de Homs et Deraa. "Assad est l'ennemi de Dieu", ont-ils scandé également. "Nouvel an sans fer ni chaînes. Nous souhaitons une bonne année aux frères chrétiens. Vive la Syrie libre", était-il écrit sur une autre pancarte.

"LE PEUPLE VEUT LE DÉPART DE L'ASSASSIN"

A Zabadani, à 50 km de Damas, autour d'un sapin orné de guirlandes vertes, des centaines de personnes dansaient au son des pétards. "Le peuple veut le départ de l'assassin", ont-ils crié sans relâche. D'autres images ont montré les festivités organisées à Deraa, berceau de la contestation. Les manifestants, dans la ville proche de Daël, ont porté des flambeaux. Sur les pancartes on pouvait lire : "le monde entier accueille le Nouvel an par des feux d'artifice, en Syrie nous l'accueillons par des balles et des chars""La Syrie va bien sans Bachar, sans les chabbiha et sans les observateurs", en référence aux observateurs arabes déployés en Syrie pour rendre compte de la situation dans le pays.

Des milliers de personnes ont aussi manifesté dans les provinces de Homs, de Hama et d'Idleb, selon les LCC. Une grève générale était en outre suivie à 80 % à Douma, dans la banlieue de Damas, où les forces de sécurité ont "cassé les cadenas pour contraindre les commerces à ouvrir". La grève se poursuivait également à Khirbet Gazala à Deraa, ont indiqué l'OSDH et les comités locaux de coordination (LCC), qui organisent les manifestations sur le terrain.

 VERS UN RETRAIT DES OBSERVATEURS DE LA LIGUE ARABE ?

Face à la poursuite des violences, le président du Parlement arabe, Salem al-Diqbassi, a appelé au "retrait immédiat des observateurs arabes, le régime syrien continuant à tuer des civils innocents". Ces agissements "sont une violation claire du protocole arabe qui prévoit de protéger le peuple syrien". La mission des observateurs commencée le 26 décembre fait partie de ce protocole qui prévoit également l'arrêt des violences, la libération des détenus, le retrait de l'armée des villes et la libre circulation dans le pays pour les observateurs et la presse.

Selon l'agence officielle SANA, des observateurs étaient dimanche dans les environs de Homs et un autre à Idleb. D'autres observateurs se trouvaient à Deraa et près de Damas pour y rencontrer des habitants.

source lemonde

 

 __________________________________________

 

Appel à un retrait des observateurs arabes, nouvel an sanglant

Capture d'écran de YouTube montrant l'arrestation d'un homme par les forces de sécurité syrienne le 29 décembre 2011à Damas

Capture d'écran de YouTube montrant l'arrestation d'un homme par les forces de sécurité syrienne le 29 décembre 2011à Damas

 

Un organisme de la Ligue arabe a appelé dimanche au retrait immédiat des observateurs de Syrie en estimant que leur présence n'avait aucun effet sur la répression de la révolte par les forces du régime, après un nouvel an sanglant.

 

Le président du Parlement arabe, Salem al-Diqbassi, a appelé au "retrait immédiat des observateurs arabes, le régime syrien continuant à tuer des civils innocents", au moment où un deuxième groupe d'observateurs chargés de rendre compte de la situation en Syrie doit arriver jeudi dans ce pays.

 

Les agissements du régime "sont une violation claire du protocole arabe qui prévoit de protéger le peuple syrien. Nous assistons à une escalade de la violence, davantage de personnes sont tuées y compris des enfants et tout cela en présence des observateurs", a ajouté le chef de ce comité consultatif formé de parlementaires issus des 22 membres de la Ligue arabe.

 

Le "premier martyr de 2012" est un enfant de 7 ans tué à Hama (centre) par des tirs des forces de sécurité qui visaient la voiture de son père, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Quatre autres civils ont péri à Homs (centre), dont deux tués par les milices pro-régime.

Dans la province de Damas, 20 manifestants ont été blessés, a précisé l'OSDH.

Les "jeunes de la Révolution" ont célébré le nouvel an par des feux d'artifice et des appels au départ de M. Assad, confronté depuis la mi-mars à une contestation sans précédent, selon des vidéos.

 

Dans la ville d'Idleb (nord-ouest), des centaines de personnes ont assisté à un feu d'artifices, portant des flambeaux et chantant en faveur de "l'unité nationale et la fraternité islamo-chrétienne" et pour "la liberté". Un croissant de lune et une croix ont été accrochés côte à côte dans une rue.

 

A Alep (nord), deuxième ville de Syrie peu touchée jusque-là par la contestation, des jeunes ont crié, selon une vidéo, des slogans de soutien aux villes rebelles de Homs et Deraa (sud). "Assad est l'ennemi de Dieu", ont-ils scandé.

"Nouvel an sans fer ni chaînes. Nous souhaitons une bonne année aux frères chrétiens. Vive la Syrie libre", est-il écrit sur une pancarte.

 

A Zabadani, à 50 km de Damas, autour d'un sapin orné de guirlandes, des centaines de personnes ont dansé au son des pétards, selon une autre vidéo. "Le peuple veut le départ de l'assassin", ont-ils crié.

Les manifestants, dans la ville de Daël, proche de Deraa, ont porté des flambeaux. Sur des pancartes on pouvait lire: "le monde entier accueille le Nouvel an par des feux d'artifice, en Syrie nous l'accueillons par des balles et des chars".

Des milliers de personnes ont aussi manifesté dans les provinces de Homs, de Hama et d'Idleb, selon les les comités locaux de coordination (LCC) qui organisent les rassemblements sur le terrain.

 

Des interpellations ont eu lieu à Lattaquié (ouest), alors qu'une militante, Waëd Mahfouz, a été arrêtée samedi à Harasta dans la région de Damas, selon l'OSDH.

Une grève générale était en outre suivie à 80% à Douma dans la banlieue de Damas, où les forces ont "cassé les cadenas pour contraindre les commerces à ouvrir", ont indiqué l'OSDH et LCC.

Les vidéos, capturées par portables et diffusées sur internet par les militants et de simples habitants, constituent quasiment les seuls témoignages de la situation en Syrie, où les autorités limitent drastiquement l'accès des médias étrangers.

 

L'ONU estimait début décembre à plus de 5.000 le nombre de civils tués par les forces du régime déterminé à étouffer toute contestation malgré les sanctions occidentales.

La mission des observateurs commencée le 26 décembre fait partie d'un protocole qui prévoit aussi l'arrêt des violences, la libération des détenus, le retrait de l'armée des villes et la libre circulation dans le pays pour les observateurs et la presse.

Le général Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi, chef de la mission des observateurs, a démenti des propos attribués à l'un des observateurs qui faisait état sur une vidéo de la présence de tireurs embusqués à Deraa. "Cet homme a dit que s'il voyait -de ses propres yeux- ces tireurs embusqués, il les signalerait immédiatement", a-t-il dit à la BBC.

Selon l'agence officielle Sana, des observateurs étaient dimanche dans les environs de Homs et à Idleb. D'autres se trouvaient à Deraa et près de Damas.

Aucun communiqué officiel n'a été encore publié par les observateurs, escortés dans leurs mouvements par les forces du régime, sur le déroulement de leur mission.

source courrier-picard.

 

 

 

_____________________________________________________________

 

سوريا: "300 قتيل" منذ وصول بعثة المراقبين والبرلمان العربي يدعو إلى سحبها

syrie-observateur.jpg

 

قال نشطاء سوريون معارضون إن أكثر من ثلاثمئة مدني قتلوا على يد قوات الأمن منذ وصول بعثة المراقبين العرب إلى البلاد، يأتي هذا في الوقت الذي طالب أحد الأجهزة الاستشارية لجامعة الدول العربية بسحب المراقبين من سوريا بسبب استمرار قمع الاحتجاجات.

وذكرت لجان التنسيق المحلية في سوريا، وهي كيان معارض يعنى بتوثيق الاحتجاجات ضد النظام الحاكم في دمشق، أن ثلاثمئة وخمسة عشر شخصا لقوا حتفهم منذ دخول البعثة الأراضي السورية، من بينهم أربعة وعشرون طفلا.

 

وأوضحت أن ثمانية قتلى سقطوا الأحد عندما أطلقت قوات الامن النار على محتجين في حي داريا بدمشق.

وبينما لم يتسن التحقق من هذا العدد من مصادر مستقلة، دعا البرلمان العربي إلى سحب بعثة المراقبين بدعوى أن " البعثة توفر غطاء للحكومة السورية لمواصلة ما وصفه بالأعمال غير الإنسانية".

وقال رئيس البرلمان العربي، وهو لجنة استشارية من 88 عضوا من الدول الاعضاء في الجامعة، ان على المراقبين الرحيل "اخذا في الاعتبار استمرار قتل النظام السوري للمدنيين الابرياء".

"غطاء عربي"

وقال سالم الدقباسي رئيس البرلمان العربي في بيان له ان ذلك يتم "في وجود مراقبين من جامعة الدول العربية، الامر الذي اثار غضب الشعوب العربية ويفقد الهدف من ارسال فريق تقصي الحقائق".

واضاف ان ذلك "يتيح للنظام السوري غطاءاً عربيا لممارسة اعماله غير الانسانية تحت سمع وبصر جامعة الدول العربية".

يذكر ان البرلمان العربي مجرد هيئة استشارية لا تلزم توصياته الجامعة العربية.

ويوجد حوالى 60 من المراقبين في سوريا لتقييم الوضع على الارض ومعرفة ما اذا كان الرئيس السوري بشار الاسد يفي بتعهده بانهاء حملة قمع الاحتجاجات المناهضة لحكمه والمستمرة منذ تسعة شهور.

واثارت بعثة المراقبين العرب جدلا بالفعل، وتحدثت جماعات لحقوق الانسان عن قتلى ما زالوا يسقطون خلال اشتباكات وخروج عشرات الالاف من المحتجين الى الشوارع ليوضحوا للمراقبين مدى غضبهم.

المراقبون والقناصة

وتضاربت التصريحات الصادرة عن مراقبي البعثة العربية المكلفة بتقييم التزام الحكومة السورية بالمبادرة العربية حول قيام قناصة في مدينة درعا باستهداف المدنيين بعد نشر مقاطع فيديو على شبكة الانترنت يقر فيها أحد المراقبين بوجود قناصة.

 

ولكن رئيس بعثة المراقبين اللواء مصطفى الدابي نفى في مقابلة مع بي بي سي أن يكون أحد مراقبي البعثة قد رأى قناصة في المدينة.

وأظهر المقطع أحد المراقبين وهو يقول إنه رأي قناصة على أسطح المنازل وطالب بسحبهم من المدينة.

ولا يمكن التحقق من صحة الفيديو الذي تم بثه على الانترنت ولكن يظهر فيه شخص يعتقد أنه أحد المراقبين وهو يحتج على قيام قناصة باستهداف المتظاهرين في درعا.

"افتراضية"

ولكن رئيس البعثة اللواء مصطفى الدابي نفي صحة هذه التصريحات ووصفها بأنها " افتراضية".

وقال الدابي في مقابلة مع بي بي سي " إذا رأى هذا الرجل القناصة بعينيه فسيقدم تقريرا فوريا عن الحادثة ولكن لم يحدث أنه شاهد القناصة".

ويقول مراسل بي بي سي في بيروت جون دونيسون إن تصريحات رئيس البعثة ستزيد من شكوك المعارضين بشأن البعثة العربية بعد اتهامها في وقت سابق بأنها منحازة إلى جانب النظام السوري.

وكان الدابي قد صرح عقب زيارته إلى حمص الخميس الماضي بأنه "شاهد بعض الفوضي في عدة مناطق ولكنه لم يجد أي شئ مخيف".

وأضاف مراسل بي بي سي أن المتظاهرين يشعرون بغضب شديد تجاه بعثة المراقبين التي تواصل عملها لليوم الخامس وتبدو عاجزة عن وقف أعمال العنف وسقوط القتلى.

 

source bbc.

 

Repost 0
Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Syrie : les oppositions _ Ligue Arabe
commenter cet article

Présentation

  • : thala solidaire.over-blog.com
  •  thala solidaire.over-blog.com
  • : ThalaSolidaire est dédié à la ville de Thala, ville phare de la Révolution tunisienne. Thala est une petite agglomération du centre-ouest de la Tunisie. Elle est connue pour son histoire antique, ses sources, ses carrières de marbre, devenues une sorte de tragédie écologique et économique, sa résistance et sa misère. Thala solidaire a pour objectif de rassembler toutes les voix INDIGNÉES pour donner à cette terre ainsi qu'à toutes autres terres un droit à la vie et à la dignité…
  • Contact

Recherche

Vidéos

Catégories