Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 18:55

bombe-antipersonnel-31-03-2011.jpg

Des mines antichar trouvées à proximité de la ville libyenne d'Ajdabiya le 28 mars 2011. © 2011 Human Rights Watch

 

(Benghazi, le 30 mars 2011) - Les forces de Mouammar Kadhafi ont posé des mines antipersonnel ainsi que des mines antichar sur le territoire libyen dans le cadre de leur conflit actuel avec des groupes d'opposition armés, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.

« La Libye doit cesser immédiatement d'utiliser des mines antipersonnel, qui sont interdites par la plupart des pays depuis plusieurs années », a déclaré Peter Bouckaert, directeur de la division Urgences de Human Rights Watch. « Les forces de Kadhafi devraient veiller à ce que toutes les mines récemment posées soient dégagées dès que possible pour éviter les pertes civiles. »

Les mines - deux dizaines de mines anti-véhicules et près de trois dizaines de mines antipersonnel - ont été trouvées dans la banlieue est d'Ajdabiya, une ville de 100 000 habitants que les forces gouvernementales ont contrôlée du 17 au 27 mars.

Les mines ont été trouvées à quelques mètres de la route principale entre Ajdabiya et Benghazi, une voie à forte circulation dans une zone également fréquentée par de nombreux passants, constituant donc une menace directe à la population civile. Compte tenu de la forte circulation dans cette zone, les mines ont de toute évidence été posées alors que les forces gouvernementales se trouvaient à Ajdabiya. Human Rights Watch est en possession de photos de ces mines, ainsi que d'une vidéo de la dangereuse opération de déminage.

Les forces rebelles à Benghazi, qui contrôlent actuellement le stock de mines anti-véhicules conservé dans cette ville, ont affirmé à Human Rights Watch qu'ils n'utiliseront aucun type de mines. Cette garantie a été donnée par le général Khalifa Hufter, commandant des forces rebelles dans l'est de la Libye, lors d'une entrevue avec Human Rights Watch à Benghazi le 25 mars.

La Libye est l'un des 37 pays n'ayant pas encore signé le Traité d'interdiction des mines de 1997, auquel 156 pays sont parties ; deux autres pays l'ont signé mais ne l'ont pas encore ratifié. Ce traité interdit l'utilisation, la production et le transfert de toutes les mines antipersonnel. Par ailleurs le traité requiert la destruction des stocks dans un délai de quatre ans, le déminage des zones minées dans un délai de dix ans, ainsi que la fourniture d'aide aux victimes des mines terrestres.

En 1992, Human Rights Watch a été l'un des six membres fondateurs de la Campagne internationale pour interdire les mines (International Campaign to Ban Landmines, ICBL), co-lauréate du Prix Nobel de la Paix en 1997.

 

Pour lire l'intégralité de ce communiqué en anglais, veuillez cliquer ici.

 

Lien : http://www.hrw.org/fr/news/2011/03/30/libye-le-gouvernement-d-ploy-des-mines-terrestres-sur-son-propre-territoire

Partager cet article
Repost0
31 mars 2011 4 31 /03 /mars /2011 18:52

31 mars 2011

Il faut que les autorités libyennes mettent fin à leur campagne de diffamation contre Eman al Obeidi, a déclaré Amnesty International jeudi 31 mars après que le gouvernement eut annoncé que les responsables de la sécurité qu'elle accuse de l'avoir violée intentaient une procédure contre elle.

« C'est un comble qu'Eman al Obeidi soit poursuivie, avec l'accord manifeste des autorités libyennes, par ceux-là mêmes qu'elle accuse, a déclaré Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.

Le gouvernement donne l'impression de vouloir uniquement sauver la face. Au lieu de mener une campagne de dénigrement, les autorités feraient mieux de remettre cette femme en liberté et de diligenter une enquête indépendante sur ses allégations. »

Le 26 mars, cette diplômée en droit a été traînée hors d'un hôtel à Tripoli et arrêtée par les forces de sécurité après avoir annoncé à des journalistes étrangers qu'elle avait été violée par des soldats libyens fidèles au colonel Mouammar Kadhafi.

« Eman al Obeidi a disparu et nous craignons qu'elle n'ait été arrêtée et soumise à des pressions en vue de la faire revenir sur ses allégations. »

Depuis que le colonel Mouammar Kadhafi est au pouvoir en Libye, il est fréquent que les personnes qui critiquent ou s'opposent à son gouvernement fassent l'objet d'arrestations, d'actes de torture et de disparitions.

Amnesty international a diffusé récemment des informations sur de nouveaux cas de disparition forcée imputables aux forces du colonel depuis le début du mouvement de protestation actuel.

« Le cas d'Eman al Obeidi est également préoccupant en raison de l'impact qu'il peut avoir sur d'autres femmes ayant pu être victimes d'un viol ou d'autres violences sexuelles et qui pourraient craindre désormais de révéler ce qui leur a été fait. »

L'organisation s'apprête à diffuser auprès de ses membres une action urgente pour qu'ils écrivent aux autorités libyennes pour demander la remise en liberté d'Eman al Obeidi.

 

Lien : http://www.amnesty.org/fr/news-and-updates/libya-end-campaign-discredit-eman-al-obeidi-2011-03-31

 

Partager cet article
Repost0
30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 04:30

 File 18671

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
26 mars 2011 6 26 /03 /mars /2011 03:51

RECOMMANDATIONS

 

Amnesty International a soumis un ensemble complet de recommandations à l’attention des nouvelles autorités tunisiennes dans son Programme pour le changement en matière de droits humains 21, dont le but est d’introduire des réformes fondamentales et durables dans le pays pour rompre avec des années de violations des droits humains.

Pour que les violations commises durant les semaines de troubles qui ont précédé le renversement de Zine El Abidine Ben Ali ne restent pas impunies, Amnesty International engage les autorités tunisiennes à :

 

_ Veiller à ce que l’enquête de la commission d’établissement des faits annoncée par le

Premier ministre Mohamed Ghannouchi soit indépendante, transparente, exhaustive et impartiale, et porte notamment sur toutes les allégations de recours excessif à la force, d’homicides illégaux, de torture et d’autres mauvais traitements durant la période couverte par son mandat ;

 

_ Faire en sorte que la commission d’enquête soit investie des prérogatives et de l’autorité nécessaires pour recueillir toutes les informations qu’elle juge pertinentes, et qu’elle soit en particulier habilitée à exiger la remise de documents et archives officiels et à convoquer des représentants de l’État, qu’ils soient ou non encore en service, et d’autres personnes lorsque cela sera nécessaire. Dans le cadre de ses travaux, la commission doit identifier les auteurs présumés de violations des droits humains et rassembler des éléments établissant les responsabilités pénales individuelles ;

 

_ Rendre public les dispositions précises du mandat de la commission d’établissement des faits, en particulier sa composition, la période couverte, son domaine de compétence et ses méthodes de travail. La commission doit disposer des ressources et du temps nécessaires pour mener à bien des enquêtes approfondies dans toutes les régions concernées du pays,

y compris en rencontrant les familles des personnes tuées, celles blessées, d’anciens détenus et d’autres témoins oculaires susceptibles d’aider à établir le comportement des forces de sécurité lors des manifestations ;

 

_ Garantir qu’aucun élément prouvant l’existence de violations des droits humains, et notamment d’exécutions illégales, ne soit altéré ni détruit, et que les enquêtes sur tous les homicides suivent les méthodes décrites dans les Principes des Nations unies relatifs à la prévention efficace des exécutions extrajudiciaires, arbitraires et sommaires et aux moyens d’enquêter efficacement sur ces exécutions ;

 

_ Faire en sorte que les conclusions de la commission, y compris une liste complète des personnes tuées lors des troubles, et ses recommandations soient officiellement rendues publiques et largement diffusées dans les plus brefs délais, notamment par le biais d’un rapport présentant en détail ses conclusions. La commission doit transmettre, en toute confidentialité, les informations sur les auteurs présumés au parquet pour qu’il poursuive les investigations dans l’objectif de voir traduites en justice les personnes pénalement responsables de violations des droits humains ;

 

_ Veiller à ce que les familles des personnes tuées se voient remettre les rapports d’autopsie, les certificats médicaux et tout autre élément ou information nécessaires pour éclaircir les circonstances et les causes du décès de leurs proches ;

 

_ Mettre en place un mécanisme de contrôle afin d’éviter que, tant qu’une enquête n’aura pas été ouverte, les représentants de l’État et autres personnes que l’on peut raisonnablement soupçonner de graves atteintes aux droits humains ne soient maintenus ou placés à un poste où ils sont susceptibles de commettre de nouveau ce type de violations ;

 

_ Condamner publiquement la torture et les autres formes de mauvais traitements et veiller à ce qu’il soit mis fin à ces pratiques ; faire savoir clairement à tous les agents de l’État chargés des procédures d’arrestation, de détention et d’interrogatoire que la torture et les mauvais traitements ne seront en aucun cas tolérés ;

 

_ Accorder à toutes les victimes d’atteintes aux droits humains une indemnisation financière et d’autres formes de réparation adaptées et proportionnelles à la gravité des violations subies et aux circonstances dans lesquelles elles se sont produites ;

 

_ Présenter des excuses officielles aux victimes de violations des droits humains ;

 

_ Entreprendre une refonte complète de tous les organes responsables de la sécurité et de l’application des lois, et rendre public un organigramme clair des différentes branches des forces de l’ordre, faisant apparaître de manière bien distincte la hiérarchie et les responsabilités au regard de la loi ;

 

_ S’assurer que les forces de sécurité et autres organes chargés du maintien de l’ordre public ont un comportement conforme au Code de conduite des Nations unies pour les responsables de l’application des lois et aux Principes de base des Nations unies sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois, en leur indiquant clairement que l’usage de la force est autorisé seulement lorsque cela est strictement nécessaire et dans la mesure exigée par l’accomplissement de leurs fonctions, et que le recours à la force meurtrière n’est permis que si cela est absolument inévitable pour protéger leur propre vie ou d’autres vies humaines ;

 

_ Modifier ou abroger la loi n° 69-4 du 24 janvier 1969 réglementant les réunions publiques, cortèges, défilés, manifestations et attroupements, conformément aux obligations de la Tunisie au titre du PIDCP afin que la liberté de réunion soit protégée et que l’exercice de ce droit ne fasse pas l’objet de restrictions abusives ; s’assurer que le recours aux armes à feu soit uniquement autorisé dans la législation tunisienne lorsqu’il est absolument inévitable, en cas de légitime défense ou pour défendre des tiers contre une menace imminente de mort ou de blessure grave, comme le prévoient les Principes de base des Nations unies sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois.

Partager cet article
Repost0
22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 05:18

 

 

Human Rights Watch dénonce "l'usage excessif de la force" en Syrie

 

Human Rights Watch (HRW) a dénoncé, lundi 21 mars, "l'usage excessif de la force", qui a fait "au moins cinq morts" depuis vendredi en Syrie, où des manifestations contre le pouvoir sont violemment réprimées. "La Syrie doit cesser de tirer à balles réelles et tout autre usage excessif de la force contre les manifestants", a insisté l'organisation de défense des droits de l'homme située à New York, après les violences à Dara, à 120 km au sud de Damas.

"Le gouvernement syrien n'a aucun scrupule à tirer pour tuer ses propres citoyens qui osent s'exprimer", a dénoncé Sarah Leah Whitson, directrice de HRW pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, saluant "le courage incroyable" des manifestants, qui bravent "l'un des régimes les plus répressifs de la région". Selon un militant des droits de l'homme présent à Dara, un manifestant a été tué dimanche et plus de cent ont été blessés, dont deux très grièvement, lorsque les forces de sécurité ont dispersé des manifestants dans la vieille ville à l'aide de gaz lacrymogènes et de balles réelles.

Samedi, des dizaines de manifestants avaient été arrêtés et plusieurs blessés à Dara, au lendemain d'une première manifestation dans cette ville qui avait fait au moins quatre morts. Le mouvement de protestation en Syrie a été lancé le 15 mars à Damas après un appel d'une page Facebook réclamant "une Syrie sans tyrannie, sans loi d'urgence ni tribunaux d'exception, sans corruption ni vols, ni monopole des richesses".

 

Lien : http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/03/21/human-rights-watch-denonce-l-usage-excessif-de-la-force-en-syrie_1496076_3218.html

 

Partager cet article
Repost0
19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 03:23

BIZERTE

 

Au moins trois personnes ont trouvé la mort au cours des manifestations organisées à Bizerte, dans le nord du pays, d’après les informations dont dispose Amnesty International.

La famille d’Iskander Rahali, qui a reçu une balle dans la nuque le 13 janvier vers 20 heures, a rencontré Amnesty International le 23 janvier. Selon son frère Omar, qui se trouvait avec lui lorsqu’il a été touché, les deux hommes avaient rejoint un groupe de jeunes dénonçant le chômage et la corruption.

Lorsqu’ils ont atteint le poste de police de la cité Hached, ils ont décidé de s’y introduire, apparemment parce qu’ils avaient l’impression que les locaux étaient abandonnés. « Quand la porte s’est ouverte, l’électricité s’est allumée. Nous nous sommes enfuis mais on nous a tiré dessus sans nous prévenir… Iskander a reçu une balle dans la nuque. Il tentait de s’enfuir », a expliqué Omar. Deux autres jeunes ont été blessés.

Le certificat de décès, qu’Amnesty International a pu consulter, confirmait qu’Iskander avait été abattu d’une balle dans la nuque. La famille a porté plainte auprès du parquet général.

 

 

 

Source : http://www.amnesty.org/fr/library/asset/MDE30/011/2011/fr/7a340bd8-f6ab-4286-8d35-0dc44e25162d/mde300112011fra.pdf

 

Partager cet article
Repost0
16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 03:34

HAMMAMET

 

La ville touristique d’Hammamet, située sur la côte tunisienne, n’a pas été épargnée par les manifestations et a été le théâtre d’un homicide par balle. Kamel Masaoud, dirigeant syndical local et membre de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, a raconté à Amnesty International qu’un grand rassemblement avait eu lieu à Hammamet le 12 janvier. Il avait commencé sans violence, les participants réclamant des changements économiques et politiques. Toutefois, lorsque ceux-ci eurent atteint le poste de police situé à proximité de la rue Hadi Chaker, les forces de sécurité se sont mises à utiliser des gaz lacrymogènes. Les syndicalistes ont perdu le contrôle du rassemblement, le chaos s’est installé et certains jeunes ont jeté des pierres en direction des forces de sécurité.

Celles-ci ont tiré à balles réelles sans sommation pour riposter, tuant Zoheir Souissi, le directeur adjoint d’un hôtel prestigieux de la ville.

 

Selon son frère Anouar, membre lui aussi de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, Zoheir est tombé sur la manifestation alors qu’il rentrait du travail, et portait encore sa tenue professionnelle. Ils ont défilé ensemble pacifiquement mais ont été séparés après que des gaz lacrymogènes eurent été envoyés sur la foule. Touché à la nuque, Zoheir a été transporté en urgence à l’hôpital local, mal équipé, par sa famille, après qu’un établissement de soins privé, la clinique « Les Violettes », eut semble-t-il refusé de le soigner. Il a ensuite été transféré à l’hôpital Maamouri, maisil était trop tard pour lui sauver la vie.

Son épouse, avec laquelle il avait deux enfants, un fils de 17 ans et une fille de 11 ans, a dit à Amnesty International que, même si rien ne ramènerait son époux, elle souhaitait que la justice fasse son travail pour que soient punis les auteurs et les commanditaires des tirs. La famille compte déposer une plainte en bonne et due forme auprès du parquet général. Après le rassemblement du 12 janvier, les mouvements de protestation se sont étendus à des zones voisines, dont Nabeul, où deux personnes ont été abattues par les forces de sécurité.

 

Source : http://www.amnesty.org/fr/library/asset/MDE30/011/2011/fr/7a340bd8-f6ab-4286-8d35-0dc44e25162d/mde300112011fra.pdf

Partager cet article
Repost0
14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 07:39

TUNIS

 

Après le week-end sanglant du 8 au 10 janvier qu’a connu l’intérieur du pays, les mouvements  de protestation, marqués par des incendies de bâtiments publics, des actes de pillage et des heurts entre les forces de sécurité et les manifestants, ont gagné la capitale. Plusieurs dizaines de personnes ont été tuées et beaucoup d’autres blessées.

 

Le 17 janvier, le directeur de l’hôpital Charles-Nicolle à Tunis a déclaré à Amnesty International que, depuis le début des manifestations dans la capitale et son agglomération, l’hôpital avait admis les corps de 28 manifestants, tués par balle, et plus de 100 personnes blessées durant les troubles, dont 30 par balle. Il a indiqué qu’il s’agissait de la seule structure hospitalière dotée d’un service de médecine légale à Tunis. Selon le médecin de service, une liste répertoriant les noms des 17 personnes mortes les 15 et 16 janvier a été affichée à l’extérieur de la morgue = de l’hôpital, où étaient disposés les cercueils. Amnesty International pense que le nombre total de victimes lors des manifestations à Tunis est supérieur à 28, car des familles que l’organisation a rencontrées ont dit ne pas avoir transporté les corps de leurs proches à l’hôpital Charles-Nicolle.

 

À la connaissance d’Amnesty International, dans l’agglomération de Tunis, les victimes ont été dans leur grande majorité tuées entre le 12 et le 16 janvier, dans des quartiers ouvriers comme Tadhamoun, Sijoumi et Mallassine. Les habitants de ces quartiers ont évoqué les conditions difficiles dans lesquelles ils vivaient ainsi que leur lutte quotidienne pour survivre dans un contexte de chômage, de précarité des logements, de pauvreté, d’absence de perspectives d’études et de hausse du coût de la vie.

 

Dans le quartier de Tadhamoun, l’un des plus vastes et des plus défavorisés de Tunis, Amnesty International s’est entretenue avec quatre familles qui avaient perdu des proches durant les troubles. Selon des témoins, les mouvements de protestation se sont intensifiés dans le quartier le 12 janvier, et de nouvelles violences ont éclaté le lendemain, en particulier après la dernière allocution au peuple de Zine El Abidine Ben Ali. Plusieurs milliers de personnes sont descendues dans la rue, réclamant la fin de son régime et scandant des slogans tels que « Du pain, de l’eau, mais pas Ben Ali ». Les forces de sécurité, y compris la police antiémeutes, ont envoyé des gaz lacrymogènes et tiré à balles réelles en direction des manifestants, dont certains jetaient des pierres sur les forces de sécurité.

 

Malek Habbachi - 24 ans -, qui s’était récemment fiancé avant de se marier, a été abattu d’une seule balle dans le cou, le 12 janvier dans la soirée. En compagnie de son frère aîné Youssri, il avait pris part aux manifestations pour réclamer une vie meilleure. « Mes fils ont fait leur devoir. Le peuple tunisien ne veut pas accepter ses conditions de vie. Malek se battait contre la corruption », a déclaré leur père.

Selon des témoins, Malek a été abattu par un tireur isolé en tenue antiémeutes alors qu’il manifestait rue Bia, à proximité de la municipalité, avec d’autres jeunes du quartier. Trois autres hommes de Tadhamoun auraient été tués et d’autres blessés ce soir-là. Lorsque Malek a été blessé, son frère Youssri a tenté de le porter à la maison mais a été attaqué par des policiers antiémeutes qui l’ont frappé à la tête, dans le dos et sur les jambes à coups de matraque. Lorsque les délégués d’Amnesty International l’ont rencontré le 17 janvier, Youssri était encore alité et incapable de parler, hochant à peine de la tête pour communiquer. La famille Habbachi s’est montrée déterminée à obtenir justice. La soeur de Malek, qui suit des études de droit, a dit : « Nous voulons que justice soit faite. Ils ont pris sa vie prématurément. Certains vivent dans des palais pendant que d’autres luttent pour survivre. Finissons-en avec la peur ! ».

 

Amnesty International a également rencontré la famille de Majdi Monstri, qui a été abattu alors qu’il se trouvait sur l’avenue Taib Mhiri, dans le quartier de Tadhamoun, le 13 janvier vers 19 h 30. Des témoins ont raconté à Amnesty International qu’il n’avait pas pris part aux manifestations et qu’il rentrait simplement à son domicile, situé à quelques mètres de là où il avait été tué. L’un d’entre eux a expliqué qu’un membre de la Garde nationale, reconnu par des habitants du quartier, avait sommé Majdi de s’arrêter en criant. Majdi avait obtempéré, mettant les mains en l’air pour montrer qu’il n’était pas armé. Il a pourtant reçu une balle dans la poitrine. Son père a déclaré à Amnesty International : « Je demande justice. Je veux que l’auteur du tir, le donneur d’ordre et toute autre personne impliquée dans ce crime aient à rendre des comptes. »

 

Amnesty International a rencontré une autre famille dont le fils a reçu une balle dans la poitrine le 13 janvier, dans le secteur de Jomhuriya (quartier de Tadhamoun). Une sœur d’Hisham Moumni - 36 ans - a dit à l’organisation qu’il avait appelé à la maison vers 14 h 30 pour dire qu’il serait bientôt là, mais il n’est jamais arrivé. Sa famille a par la suite dû accomplir la tâche sinistre d’aller chercher son corps à la morgue de l’hôpital Charles-Nicolle.

Elle souhaite qu’une enquête transparente soit ouverte sur les circonstances de la mort d’Hisham et que les responsables soient déférés à la justice.

 

Amnesty International a aussi parlé avec Mansour Iyari, dont le fils Thabet Iyari (21 ans) a été abattu dans l’après-midi du 13 janvier, dans le secteur de Jomhuriya (quartier de Tadhamoun). À ce moment-là, la police antiémeutes tentait de disperser les manifestants au moyen de gaz lacrymogènes et de balles réelles. Selon des témoins, Thabet a été abattu par  un tireur embusqué sur le toit du poste de police local. Son père a déclaré à Amnesty International : « Rien ne me rendra mon fils. Il faut néanmoins qu’une enquête soit menée pour qu’on sache qui l’a tué et qui a donné l’ordre de le faire. »

 

La police a aussi fait usage d’une force meurtrière lors des manifestations qui se sont déroulées à Sijoumi, un autre quartier ouvrier de la banlieue de Tunis. Dans la soirée du 13 janvier, au moins deux jeunes hommes, Walid Hafid Gamai - 24 ans - et Mahdi Laouni - 22 ans - ont été tués par balle. La mère de Walid Hafid, qui est veuve, a expliqué à Amnesty International qu’elle ne savait pas comment elle allait s’en sortir sans son fils aîné, qui prenait en charge la famille. Des témoins ont dit à l’organisation que le jeune homme, qui ne participait pas aux manifestations, avait été abattu par un tireur embusqué à une centaine de mètres de lui, sur le toit d’un bâtiment de l’autre côté de la route. Ils ont affirmé savoir que le tireur appartenait aux forces de sécurité et travaillait au poste de police local de Sidi Houssein.

Plusieurs d’entre eux ont confirmé que Walid Hafid avait reçu une balle dans le dos, ce qui tend fortement à indiquer qu’il ne constituait pas un danger pour la vie des forces de sécurité. Selon d’autres témoins, Mahdi Laouni, qui était sans emploi, a également été abattu par derrière, une balle l’atteignant au niveau d’un rein. Les proches du jeune homme qui ont lavé son corps pour l’enterrement ont dit à Amnesty International qu’il était couvert d’ecchymoses sur les bras et sur le flanc, ce qui donne à penser qu’il avait été frappé avant d’être tué par balle.

 

Le 14 janvier, Lucas Mebrouk Dolega, un ressortissant franco-allemand âgé de 32 ans qui travaillait comme photographe pour l’Agence européenne de photographie de presse (EPA) à Paris, faisait un reportage sur les manifestations organisées devant le ministère de l’Intérieur, dans le centre de Tunis. Selon les informations reçues, vers 14 heures, il a été touché au visage par une grenade lacrymogène tirée à bout portant par un policier. Il a immédiatement été transporté à l’hôpital et opéré, mais est décédé le 17 janvier. Horacio Villalobos, directeur

du bureau parisien de l’EPA, a déclaré : « Si un policier tire, comme ça a été le cas, une grenade lacrymogène à cinq mètres de distance en visant la tête, c’est dans l’objectif délibéré de blesser et même de tuer 18. » On ignore si une enquête a été ouverte sur sa mort.

 

À l’image de ce qui s’est produit à Thala et à Kasserine, les cortèges funèbres organisés à Tunis en hommage aux personnes tuées lors des troubles se sont transformés en manifestations antigouvernementales et ont été violemment dispersés par les forces de sécurité. Walid Sabai, qui a été légèrement blessé le 14 janvier lors des funérailles de Mahdi Laouni, a raconté à Amnesty International que les forces de sécurité avaient envoyé des gaz lacrymogènes en direction des personnes présentes et en avaient frappé plusieurs au moyen de matraques. Il a ajouté qu’il avait entendu plusieurs coups de feu mais qu’il ne savait pas s’il y avait eu des morts.

 

Amnesty International a recueilli des informations sur les cas de plusieurs personnes blessées par balle alors qu’elles n’avaient pas pris part aux manifestations. Regueb Hamchi, par exemple, a indiqué à Amnesty International que, le 14 janvier, il se trouvait avec sa femme sur le porche de leur maison lorsqu’ils ont été touchés par une balle tirée par des membres de la BOP à la poursuite de jeunes. La balle a effleuré sa cuisse droite avant de se loger dans celle de sa femme, la blessant gravement. Elle était encore hospitalisée lorsqu’Amnesty

International s’est entretenue avec Regueb le 17 janvier. Regueb a précisé que les membres de la BOP avaient tiré sans aucun avertissement préalable alors qu’ils pénétraient dans une zone résidentielle.

 

Après le départ de Zine El Abidine Ben Ali, Tunis et sa banlieue ont connu de nouvelles violences et d’autres coups de feu, dans des circonstances encore floues. Les habitants des quartiers touchés, y compris de Khadra et de Mallassine, ont déclaré que les actes de violence étaient le fait de certains éléments des forces de sécurité qui étaient restés fidèles au président renversé, dans le but d’instiller la peur et un sentiment d’insécurité. Ces affirmations n’ont pas pu être confirmées.

 

À Mallassine, Marwa Amina, une étudiante en droit de 23 ans, aurait été tuée par une balle perdue le 15 janvier vers 20 h 30. Elle était chez elle lorsqu’une balle a traversé sa fenêtre, au deuxième étage, la touchant à l’œil droit. D’après un médecin de l’hôpital Charles-Nicolle, elle a eu le crâne fracturé à l’impact de la balle et est morte sur le coup.

 

Quelques heures plus tard, le 16 janvier vers 1 h 25 du matin, Elyas Krir - 32 ans - a reçu une balle à l’arrière du crâne tirée par un individu non identifié. Il a été tué alors qu’il effectuait une ronde de surveillance avec 50 autres hommes dans le quartier de Khadra pour arrêter les actes de vandalisme et de pillage, devenus monnaie courante autour de cette date. Selon des témoins, une automobile noire est passée devant le groupe, un homme en est sorti et a tiré plusieurs coups de feu sans sommation. Elyas a été transporté au centre de santé situé de l’autre côté de la rue mais est mort en chemin. Des habitants du quartier de Khadra, qui s’étaient rassemblés chez lui pour présenter leurs condoléances, ont raconté à Amnesty International que l’automobile noire suivait deux autres véhicules, qui ont par la suite été aperçus devant les locaux des services de sécurité de la cité de Khadra, ce qui a renforcé leurs soupçons sur le lien existant entre les agresseurs et les forces de sécurité.

 

La même nuit, un autre jeune homme, Kamel Razak, a été atteint d’une balle à l’épaule dans le quartier de Khadra. Sa mère a raconté à Amnesty International que, ayant entendu des coups de feu, elle était sortie chercher son fils et avait elle-même été blessée au poignet droit par une balle. Elle a montré le pansement à l’organisation, se désolant d’avoir reçu 16 points de suture à l’hôpital. Il faut mener des enquêtes exhaustives, impartiales et indépendantes pour faire la lumière sur tous les coups de feu dont les auteurs ne sont pas identifiés.

 

Source : http://www.amnesty.org/fr/library/asset/MDE30/011/2011/fr/7a340bd8-f6ab-4286-8d35-0dc44e25162d/mde300112011fra.pdf

Partager cet article
Repost0
13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 18:27
5:00pm

Amnesty International has condemned the killing of Al Jazeera cameraman Ali Hassan Al Jaber in Libya and warned of a campaign of attacks and harassment on journalists.
 
"It appears that the Al Jazeera team was brutally and deliberately targeted," said Malcolm Smart, Amnesty International's Middle East and North Africa Director.

"Coming so soon after the detention and torture by Colonel Gaddafi's forces of three BBC staff -- who were subjected to beatings and mock executions -- and the detention of other journalists, this killing is most disturbing."
 
"It is essential that this killing and the other abuses against journalists are investigated as part of the UN Human Rights Council's investigation into the situation in Libya. Those responsible for the killing of Ali Hassan Al Jaber must be held accountable for their actions."

 

Source : http://blogs.aljazeera.net/live/africa/libya-live-blog-march-13

Partager cet article
Repost0
13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 04:16

KASSERINE

 

 C’est Kasserine, chef-lieu du gouvernorat portant le même nom et situé dans le centre de la Tunisie, qui a payé l’un des plus lourds tributs pendant les semaines de troubles précédant le départ de Zine El Abidine Ben Ali. C’est aussi l’une des régions les plus pauvres du pays, où le taux de chômage est particulièrement élevé. Les mouvements de protestation contre le gouvernement ont commencé fin décembre à Kasserine et se sont dans un premier temps déroulés sans violence. Après l’arrivée de la police antiémeutes début janvier, des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc ont été utilisés pour disperser les manifestants. Les mouvements de protestation ont pris de l’ampleur et, le 7 janvier, les violences commises par les forces de sécurité et les manifestants se sont multipliées, attisées semble-t-il par des informations selon lesquelles un jeune homme de Salam, un quartier de Kasserine, avait tenté de se suicider en s’immolant par le feu. Selon le personnel hospitalier de Kasserine, l’acte désespéré de ce jeune homme et sa mort consécutive ont déclenché des manifestations marquées par la colère, en particulier dans le quartier de Nour à Kasserine, où les locaux du RCD ont été brûlés et les vitres de deux banques brisées.

 

Le chef du service de médecine légale de Kasserine a déclaré que les premières victimes des tirs meurtriers des forces de sécurité étaient arrivées à l’hôpital le 9 janvier. Les registres hospitaliers de ce jour recensent le décès par balle de Mohamed Amin Mbarki (voir plus bas) et de Saber Rtibi. Dix autres personnes ont succombé à des blessures par balle le 10 janvier. Amnesty International pense que le bilan total est plus lourd, car plusieurs blessés graves ont été transférés dans des hôpitaux situés hors de Kasserine.

 

Amnesty International s’est rendue au domicile familial de Ramzi Habib Houssein, un jeune homme de 28 ans qui a été abattu le 8 janvier et dont le nom ne figurait pas dans les registres hospitaliers de Kasserine. Il assurait à lui seul la subsistance de la famille, composée de sa tante qui l’avait élevé et de ses frères et sœurs cadets. Un témoin a affirmé que Ramzi était en compagnie d’une vingtaine d’autres jeunes du quartier de Nour, à proximité de la municipalité. Il a raconté que des membres de la BOP avaient envoyé des gaz lacrymogènes dans leur direction et que certains des jeunes avaient riposté en jetant des cocktails Molotov et des pierres sur les forces de sécurité. Des coups de feu ont été tirés et la plupart des manifestants se sont dispersés. Toutefois, selon le témoin, des membres de la BOP ont appréhendé Ramzi et commencé à lui donner des coups de matraque sur le dos et la nuque alors qu’il était allongé sur le sol, face contre terre. Des proches de Ramzi qui ont vu son corps ont confirmé que ses épaules étaient couvertes de blessures, corroborant le témoignage selon lequel il avait été frappé avant d’être abattu. Le témoin a ajouté : « L’un des agents de la BOP a tiré à bout portant sur Ramzi. Je me trouvais de l’autre côté de la rue et j’ai assisté à la scène». Le jeune homme a été conduit à l’hôpital de Sousse, où il est décédé. Bien que les affrontements entre les manifestants et les forces de sécurité aient été violents,

le recours aux armes à feu contre une personne appréhendée qui, manifestement, ne représentait plus une menace pour les forces de sécurité, n’était pas légitime et constitue une violation du droit à la vie.

La famille de Ramzi a dit à Amnesty International qu’elle demandait aux autorités de mener une enquête exhaustive sur le meurtre de cet homme, de traduire les responsables présumés en justice et de lui accorder des réparations suffisantes.

 

Plusieurs hommes ont été abattus lors des funérailles d’une autre victime, Mohamed Amin Mbarki, décédé après avoir été atteint d’une balle au visage, d’après le médecin légiste qui a procédé à l’examen de son corps le 9 janvier. Le 10 janvier, alors que le cortège funèbre se dirigeait vers le cimetière, des actes de violence ont éclaté à proximité du poste de police, dans le quartier de Zouhour.

 

Les délégués d’Amnesty International ont rencontré les proches d’Issa Griri, un jeune homme de 27 ans qui était le seul soutien de famille et comptait notamment sept frères et sœurs. Il a été abattu durant les funérailles de Mohamed Amin Mbarki, vers 12 h 30. Le médecin légiste qui a examiné son corps a confirmé qu’il avait reçu une balle dans la

nuque. Selon des témoins, il tentait de porter secours à une autre victime des coups de feu tirés lors des funérailles, Ahmed Jabbari, lorsqu’il a été mortellement blessé. Ils ont

déclaré que la balle qui l’avait atteint avait été tirée depuis le toit d’une habitation située près du poste de police.

 

Walid Saadaoui - 28 ans - a lui aussi été blessé mortellement le 10 janvier, en début d’après-midi, dans le quartier de Zouhour, alors que se tenait le cortège funèbre de

Mohamed Amin Mbarki. En compagnie d’un groupe d’autres jeunes, y compris de son

frère Anouar Sadat, il manifestait contre la corruption de l’État lorsque des policiers antiémeutes ont commencé à envoyer des gaz lacrymogènes. La foule ne se dispersant pas et certains jeunes ayant riposté à coups de pierre, les forces de sécurité ont tiré à balles réelles. L’une d’entre elles a atteint Walid à la taille. Sa famille l’a conduit à l’hôpital de Kasserine, mais le jeune homme est décédé peu de temps après. Ses proches exigent que justice soit faite et que des réparations leur soient octroyées pour l’homicide de Walid, mais demandent également que les autorités tunisiennes s’attaquent au problème qui l’a poussé à manifester, à savoir le chômage.

 

Amnesty International s’est entretenue avec la famille de Mohamed Nasri - 21 ans -, qui a également trouvé la mort dans l’après-midi du 10 janvier. Ses proches ont raconté que, tandis que se déroulaient les funérailles de Mohamed Amin Mbarki, Mohamed Nasri sortait du travail et rentrait chez lui, dans le quartier de Zouhour, lorsqu’il a reçu une balle dans l’estomac.

Selon des témoins, son ami Mohamed Khadraoui s’est précipité vers lui pour l’aider mais a reçu une balle dans le front. Le médecin légiste qui a examiné les deux corps à l’hôpital de Kasserine a confirmé qu’ils étaient arrivés approximativement à la même heure, dans l’après midi du 10 janvier. La famille de Mohamed Nasri a indiqué qu’elle avait reçu un appel de la part du ministre de la Santé qui lui avait présenté ses condoléances. Elle a toutefois ajouté qu’elle ne serait pas satisfaite tant que le gouvernement n’aura pas officiellement reconnu les homicides perpétrés à Kasserine, indemnisé financièrement les familles, offert des emplois et garanti la justice sociale en mettant fin au népotisme et à la corruption.

 

Parmi les autres personnes qui ont été tuées dans l’après-midi du 10 janvier figure Ahmed Jabbari - 61 ans -, qui a été touché à la poitrine par une balle. Ses proches ont expliqué qu’il ne prenait pas part aux manifestations mais qu’il se rendait à la mosquée, de l’autre côté de la rue, pour prier. Avant de partir, il avait demandé à sa sœur de ne pas quitter la maison en raison des troubles. Sa famille demande justice et réparation pour sa mort, et souhaite aussi que de meilleures perspectives d’emploi soient offertes à tous les Tunisiens et que la corruption soit éradiquée.

 

D’autres personnes ont payé un lourd tribut parce qu’elles se trouvaient présentes lorsqu’ont eu lieu les mouvements de protestation et des heurts entre les manifestants et les forces de sécurité. Khames Karmazi, son épouse et leur petite fille de sept mois Yakin rentraient chez eux après avoir rendu visite à la belle-famille de Khames dans le quartier de Nour. Lorsqu’ils sont passés à proximité de la municipalité, théâtre des protestations et des affrontements entre les forces de sécurité et des jeunes, ils ont été exposés à des gaz lacrymogènes. Yakin a éprouvé des difficultés à dormir et a beaucoup pleuré durant la nuit. Le lendemain matin, ses parents l’ont emmenée en toute hâte au service des urgences de l’hôpital de Kasserine.

Elle est morte vers 14 heures. Sur le certificat médical signé par le chef du service de pédiatrie, il est indiqué que Yakin est bien morte à la suite d’une « exposition à des gaz lacrymogènes extrêmement toxiques ». « Nous n’avions qu’elle. Cela faisait cinq ans que nous essayions d’avoir un enfant… Je veux savoir ce qui s’est passé. Qui est responsable ? », a déclaré le père de Yakin à Amnesty International.

 

De très nombreux manifestants ont été blessés lors des troubles, par des balles ou sous les coups des forces de sécurité. Rayed Saihi, un étudiant de 23 ans qu’Amnesty International a rencontré à l’hôpital de Kasserine, a expliqué avoir eu trois doigts cassés lorsque les forces de sécurité l’ont frappé durant un cortège funèbre organisé dans le quartier de Nour, le 10 janvier. Il a ajouté que les forces de sécurité avaient eu recours à des gaz lacrymogènes pour disperser la foule impressionnante qui participait au cortège, puis avaient frappé tous ceux qui n’obtempéraient pas Walid Malahi, qui partageait la chambre d’hôpital de Rayed Saihi, a raconté à Amnesty International qu’on lui avait brisé une jambe lors d’une manifestation dans le quartier de Zouhour, le 10 janvier. Il a expliqué que, après que les forces de sécurité eurent envoyé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule, il avait tenté de s’enfuir mais avait été heurté par derrière par un véhicule de la police anti-émeutes. Des agents de la BOP lui auraient asséné des coups de matraque sur tout le corps, y compris sur sa jambe blessée. Il a perdu connaissance et ne s’est réveillé qu’à l’hôpital de Kasserine. Il a déclaré à Amnesty International : «J’ai participé aux manifestations en raison de nos conditions de vie difficiles, notamment en termes de chômage. Nous aspirions à la démocratie pour notre pays. »

 

Source :

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : thala solidaire.over-blog.com
  • : ThalaSolidaire est dédié à la ville de Thala, ville phare de la Révolution tunisienne. Thala est une petite agglomération du centre-ouest de la Tunisie. Elle est connue pour son histoire antique, ses sources, ses carrières de marbre, devenues une sorte de tragédie écologique et économique, sa résistance et sa misère. Thala solidaire a pour objectif de rassembler toutes les voix INDIGNÉES pour donner à cette terre ainsi qu'à toutes autres terres un droit à la vie et à la dignité…
  • Contact

Recherche

Vidéos

Catégories