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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 03:31

Les «indignés» de Québec devront-ils déménager ?


Les «indignés» de Québec devront-ils déménager ?

La présence du campement des «indignés» de Québec au Jardin de Saint-Roch commence à causer des maux de tête à la Ville de Québec.

Après dix jours, le mouvement a pris de l'ampleur et ce sont maintenant une quarantaine de tentes qui sont installées dans le parc. Mais ce qui indispose la Ville, c'est l'apparition d'abris à charpente de bois, qui pourraient présenter des problèmes de sécurité.

À cela, s'ajoute une mise en demeure de la société immobilière Kevlar, propriétaire d'une stationnement souterrain situé sous le parc, qui tient la Ville responsable de tout ce qui pourrait arriver à son stationnement, consécutivement à l'implantation du campement.

abri à structure de bois

Après avoir publiquement appuyé les occupants, le maire Régis Labeaume devait avouer, mardi, qu'il était déchiré.

«Mon coeur de citoyen est avec eux-autres. Mon problème, c'est avec mon cerveau de maire. Mon coeur de citoyen les appuie mais, là, mon cerveau de maire est obligé de faire respecter les règlements.»

Réuni en fin d'après-midi, le comité exécutif de la Ville de Québec a conclu de faire inspecter minutieusement le campement par les pompiers, pour s'assurer de sa sécurité, ce qui va se faire mercredi. Une idée, à priori, qui n'inquiète pas les occupants.

«Je ne pense pas que ça va peser énormément dans la balance parce qu'on est prêts à recevoir les pompiers pour qu'ils viennent vérifier», de dire Michaël Blanchette. «En fait, même, on serait heureux. Ça nous permettrait de savoir ce qui est sécuritaire ou pas, parce qu'on tient à la sécurité des gens qui sont ici, aussi. Je pense que c'est tout-à-fait normal.»

source : http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/regional/archives/2011/11/20111101-185815.html

 

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Londres suspend son action légale contre les "indignés" de la City

 

 

 

Dans le cœur de la City de Londres, des protestataires rassemblés à Finsbury Square dénoncent les dérives de la finance mondiale.

La municipalité de Londres a annoncé mardi qu'elle suspendait son action légale pour contraindre les militants anticapitalistes à lever leur camp du parvis de la cathédrale Saint-Paul, en plein cœur de la City à Londres. La municipalité a expliqué qu'après la décision des responsables de la cathédrale de se retirer de la procédure, elle avait décidé "d'appuyer sur le bouton pause" en vue de "travailler à une solution mesurée". Il s'agit d'une "question de jours", a précisé la municipalité, promettant une nouvelle annonce mercredi midi.

Dans un premier temps, la municipalité, qui gère le district de la City de Londres, avait annoncé une démarche devant la justice pourobtenirle démontage des tentes sous quarante-huit heures. Mais la municipalité a indiqué dans la soirée que la lettre d'injonction"n'avait pas été remise"aux manifestants et que la situation serait"revue"le lendemain.

Les responsables de la cathédrale St-Paul, profondément marqués par la démission de trois de leurs membres, dont leur doyen, ont choisi de ne pas sejoindreà la procédure de la municipalité, préféranttrouver"une solution pacifique".

L'ÉGLISE ANGLICANE DIVISÉE

D'abord bien accueilli par la hiérarchie de la cathédrale, le campement, initié le 15 octobre sur le modèle du mouvementOccupy WallStreet de NewYork, s'est étendu au fil des jours, passant de 70 à 200 tentes. Ce qui a contraint Saint-Paul àfermerses portes aux visiteurs le 21 octobre pour quelques jours, pour"des raisons de sécurité et d'hygiène", une première depuis la Seconde Guerre Mondiale. Le manque àgagnera été estimé à 16 000 livres (18 300 euros) par jour de fermeture, l'entrée pour les touristes étant payante.

L'Eglise anglicane s'est divisée sur l'attitude à adopter à l'égard des campeurs qui gênent l'accès à la cathédrale. Trois responsables de la cathédrale ont démissionné, dont Graeme Knowles, le doyen, critiqué pour sa gestion de la crise et pour avoir demandé le départ des manifestants. La ministre de l'intérieur, Theresa May, a demandé aux responsables de la cathédrale, la municipalité et la police de "travailler ensemble pour s'assurer que les manifestants partent le plus vite possible".

source : http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/11/01/londres-suspend-son-act

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Paris

Les Indignés en procès... pour une vitre décollée

 

Audience surréaliste lundi matin devant la 29e chambre du tribunal correctionnel de Paris, où onze "Indignés" comparaissaient pour avoir "décollé" la vitre d'unfourgon de police. "La justice n'a-t-elle rien d'autre à faire que de renvoyer 11 personnes pour une vitre décollée ?" s'est interloqué l'avocat des prévenus, Me Joseph Breham. "La police elle-même, a-t-il poursuivi, n'ose pas dire que cette vitre aurait été brisée !" Aucun avocat ne s'est présenté lundi pour défendre la thèse policière. Neuf "Indignés" ont répondu à la convocation du tribunal : trois femmes et six hommes, tous Français à l'exception d'une Vénézuélienne vivant en Espagne. Deux des prévenus, dont une certaine Séverine, étaient absents.

 

 

Les faits remontent au 19 septembre. Ce mercredi-là, après une manifestation, des "Indignés" font l'objet d'un contrôle d'identité et sont embarqués dans des cars de police. Selon les "Indignés" jugés lundi, la vitre du fourgon, qui tenait mal, ne s'est pas brisée, mais s'est tout simplement décollée quand certains d'entre eux se sont appuyés dessus, sans aucune violence.

Une situation qui aurait "dégénéré"

La procureure Laurence Dané a décrit un tout autre scénario. La situation aurait "dégénéré" et les prévenus qui pénétraient dans le fourgon auraient "poussé cette vitre de leurs mains dans une action collective et concertée". Elle a requis trois mois de prison ferme contre Séverine, qui a reconnu avoir posé ses mains sur la fameuse vitre, et qui a déjà quatre condamnations à son casier pour conduite en état d'ivresse et/ou violences. Une peine de 100 jours-amende à cinq euros (soit 500 euros d'amende) a été requise contre les autres.

Me Breham a fait remarquer au tribunal que la procureure n'avait "pas été capable de nous dire qui était dans cette chaîne" qui aurait abouti au "décollement" de la vitre. "On ne sait pas qui a poussé, si tant est que quelqu'un ait poussé !" Or "le doute profite aux mis en cause". D'autant, a-t-il rappelé, qu'il est établi que deux prévenus n'étaient pas dans le fourgon. Et pour cause, l'un d'eux était à quelques kilomètres de là, chez son médecin! Quant à Séverine qui "a eu l'honnêteté de dire qu'elle a appuyé sur la vitre, on la condamnerait à trois mois pour un joint défectueux ?" s'est étranglé l'avocat, avant de pointer "le ridicule de la situation".

Délibéré "dans quinze jours

source : http://lci.tf1.fr/france/justice/les-indignes-en-proces-pour-une-vitre-decollee-6798808.html

 

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 03:28
la GRÈCE... 

 

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À NICE FACE AU G20 !  
4-rouge-G-20.jpg

Une fois de plus, les pays riches du G20 se réunissent en grande pompe pour parler des crises financière, économique, agricole, alimentaire. Une fois de plus leurs solutions seront nos problèmes !

 

À Cannes, c’est un festival d’horreur qui commence. Au menu, comme plat principal, la crise de la dette publique en Europe. Les pays émergents du G20 veulent éviter à tout prix l’extension de la crise, tandis que les autres veulent limiter ses effets… sur les banques.

 

La résolution de la crise européenne et précisément de la crise grecque est donc vitale pour les saigneurs du monde. La Grèce est ainsi devenue le laboratoire mondial de la casse généralisée des acquis sociaux.


À Nice, le contre-sommet du G20 est le rendez-vous des peuples qui refusent de payer la crise. C’est le rendez-vous contre la dette illégitime au Sud comme au Nord et contre les politiques d’austérité. C’est le rendez-vous de ceux et celles qui comme en Espagne, en Grèce, en Italie et ailleurs… ne se résignent pas et lèvent la tête !

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SUSPENDRE LE PAIEMENT DE LA DETTE

Éric Toussaint, président du Comité pour l'annulation de la dette du tiers monde (CADTM) Belgique, analyse les enjeux du G20 et de la crise, et appelle à une mobilisation globale pour arrêter le paiement de la dette.

 

Quels sont, dans ce contexte de crise globale, les enjeux du G20 de Cannes sous la présidence française ?

 
Il y a un approfondissement de la crise, en particulier pour les pays les plus industrialisés. Les gouvernements des pays dits « émergents » comme le Brésil, l’Inde, la Chine, la Russie voudraient en profiter pour obtenir plus de place dans les institutions internationales, comme le FMI et la Banque mondiale. Le G20 est une institution illégitime. En 2008, elle a été mise en place par les pays du G7 (club tout aussi illégitime composé des États-Unis, de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne, de la France, de l’Italie, du Japon et du Canada) qui voulaient convaincre les pays émergents de les aider à trouver une solution à la crise, sans y parvenir. Cette réunion du G20 est la première réunion internationale après l’énorme succès de la mobilisation des IndignéEs du 15 octobre 2011. Bien qu’il ait eu relativement peu d’échos en France, ce mouvement a mobilisé 1 million de manifestantEs sur toute la planète, principalement en Espagne, en Italie et au Portugal sans oublier Wall Street [lire Tout est à nous ! n° 120].
C’est donc un rendez-vous important pour les activistes qui militent contre la globalisation libérale. Il est important de se mobilier à la fois dans la rue et lors du forum des peuples au Mali1, pour exprimer notre opposition aux orientations prises par ceux qui prétendent diriger la planète.



En quoi la crise européenne est-elle devenue une question globale ? Quels rôles vont jouer les États-Unis et les pays émergents sur cette question ?

 
Le très important ralentissement économique qui affecte l’Europe, la faillite d’institutions bancaires comme Dexia peuvent avoir un effet boomerang sur le reste de l’économie mondiale : un effet domino pour les institutions bancaires ou financières aux États-Unis, d’une part, et une contraction des exportations de la Chine et d’autres pays exportateurs vers l’Europe, d’autre part.
Les pays de l’Union européenne et en particulier de la zone euro, effectivement, sont au centre de la crise mondiale actuelle, les développements qui auront lieu dans les mois qui viennent auront un impact sur l’ensemble de l’économie mondiale.
Les États-Unis sont très préoccupés par l’effet boomerang des faillites bancaires européennes sur les institutions financières américaines, tellement ces institutions sont interconnectées des deux côtés de l’Atlantique. Leurs préoccupations ne sont pas strictement politiques, elles sont d’abord économiques.



Quelles campagnes de convergence s'organisent en Europe à propos des dettes publiques ? Quel rôle joue la campagne menée en Grèce ?

 
Partout en Europe, le remboursement de la dette est le prétexte pour renforcer des politiques d’austérité. Les coups contre les travailleurs et la majorité de la population pleuvent. Progresser dans la constitution d’une campagne européenne pour la suspension du paiement de la dette, pour la réalisation d’un audit citoyen, c’est le pas à accomplir dans les semaines et les mois qui viennent. La Grèce a entamé le processus au mois de mai 2011, avec la constitution d’une commission citoyenne d’audit de la dette grecque. Elle a essaimé en Irlande, en Espagne, en France (où un comité citoyen pour l’audit de la dette vient de naître). Prochainement, la même initiative se développera au Portugal, en Belgique et en Italie.


On a donc une réelle possibilité concrète de rassembler les forces sociales qui remettent en cause l’ordre néolibéral et, au-delà, le système capitaliste. Les rassembler sur un thème unificateur. Si on arrive, par la mobilisation de la rue, à obtenir la suspension du paiement de la dette pour plusieurs pays, on changera radicalement les rapports de forces en faveur de la majorité sociale. Cela vaut la peine de s’engager dans cette lutte.

 

Propos recueillis par Flavia Verri et Gilles Pagaille

1. Dixième édition du forum des peuples « De Siby à Niono, les peuples exigent l’autodétermination ! » qui sera un contre-sommet africain au G20, à Niono au Mali, du 31 octobre au 3 novembre 2011.

 


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LE « NON À LA DETTE » DEVIENT UN MOUVEMENT

Le 1er octobre dernier une assemblée s’est tenue à Rome avec environ 800 personnes – convoquée par un appel intitulé « On doit les arrêter ! » et signé par près de 1 500 déléguéEs syndicaux, travailleurs et travailleuses, précaires et étudiantEs1.

 

Le mot d’ordre central de l’assemblée était : « Ce n’est pas nous qui payerons la dette ». Cela a créé une prise de conscience qui a tendu à transformer cette première rencontre dans un « espace politique public » et qui a déjà abouti à un cortège commun dans la grande manif du 15 octobre derrière la banderole unitaire reprenant ce mot d’ordre.

L’assemblée a exprimé la volonté d’aller au-delà de la participation conjointe au cortège, pour s’engager dans la construction de comités locaux capables d’une intervention sociale de masse, avec un rôle central des jeunes et surtout le refus d’être un assemblage de forces politiques et syndicales résiduelles d’une phase précédente.

 

L’assemblée a concentré son attention sur la lettre de la Banque centrale européenne (BCE), qui exige une politique très dure du gouvernement italien, et sur la nécessité qui en découle de construire « un mouvement politique et social » autonome par rapport aux forces politiques, distinct du gouvernement et de l’opposition, en mesure de comprendre le caractère périlleux de Berlusconi mais aussi des diktat de la BCE, des provocations patronales des Marchionne et de l’appel à la cohésion nationale du président de la République, Giorgio Napolitano.

 

La plateforme avec laquelle cet « espace public » se présentera sur la scène politique est importante : non à la dette, réduction drastique des dépenses militaires, refus des accords de concertation entre patronat, syndicats et gouvernement, non à la précarisation du travail, défense des biens communs (à partir du non au TGV), démocratie, avec l’égalité des droits des immigréEs et la liberté d’information.

Voila les ingrédients d’une motion de conclusion votée à une très grande majorité par l’assemblée, dans laquelle on retrouve aussi la demande d’un référendum sur l’Europe.

Il s’agit d’un projet politique, certainement pas d’un cartel électoral ou de la préfiguration de « recompositions », improbables pour le moment.

 

En même temps, « Non à la dette » fait un autre pas en avant avec la naissance de la campagne appelée « Rivolta il debito »2 lancée par différents acteurs sociaux et politiques – explicitement inspirée par l’expérience de CADTM – avec une orientation plus militante et l’objectif de fournir un point de vue anticapitaliste en dégageant de nouvelles ressources et potentialités, surtout parmi les nouvelles générations.

Pour Sinistra Critica ce sera le principal engagement de l’automne – y compris avec une présence à Nice contre le G20.

 

Piero Maestri, porte-parole de Sinistra Critica

1. http://sites.google.com/site/appellodobbiamofermarli/
2. jeu de mot entre retourne et révolte la dette, 
www.rivoltaildebito.org

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L’AUTOMNE CHAUD DES INDIGNÉS

Après un reflux pendant l’été, en partie dû à sa décentralisation vers les quartiers et les lieux de travail mobilisés, beaucoup d’observateurs prédisaient un déclin du mouvement des Indignés. La journée du 15 octobre a été l’occasion d’un démenti.

 

Avec le slogan « De l’indignation à l’action » et une volonté d’internationaliser la lutte, les rues de plus de 700 villes dans le monde ont été investies.

Rien qu’à Barcelone et à Madrid, près d’un demi-million de citoyens ont répondu à l’appel d’un mouvement diversifié qui, malgré des cultures politiques différentes (ou parfois même en l’absence de culture politique), malgré son caractère intergénérationnel de plus en plus marqué, s’impose comme un acteur politique de masse qui cherche à durer.

 

Pour ne prendre que l’exemple catalan, 30 assemblées de quartier – dont 23 à Barcelone – ont à la fois organisé des actions concernant leur territoire et participé à une coordination qui se réunit périodiquement afin de décider des initiatives de l’ensemble du mouvement.

 

À cette implantation territoriale du mouvement, s’ajoute celle dans les secteurs en difficulté tels que la santé, l’éducation ou le logement qui souffrent de la façon la plus directe et la plus douloureuse des coupes budgétaires. Ces secteurs ont établi leur propre programme de mobilisation faisant du 15 M une expression politique difficile à manier pour les forces de « l’establishment ». Aucune organisation politique du spectre parlementaire/institutionnel, aucune grande centrale syndicale, aucun grand média ne comprend (ou ne veux comprendre) les codes d’un mouvement qui se renforce et le montre à chaque fois qu’il en a l’occasion. 


Cette indépendance du mouvement, avec de grandes doses de spontanéité et non sans désordres, commencent à rayonner dans d’autres parties du monde.

Si le symbole en a été Tahrir comme acte tangible d’organisation sociale et de lutte posant la possibilité du changement social, avec Occupy Wall Street, le mouvement s’est internationalisé jusqu’à arriver au cœur du capitalisme global.

 

La crise du système a reçu une réponse tardive mais elle était attendue par beaucoup. Elle s’est exprimée à travers un mouvement neuf, qui neutralise la répression par des méthodes de résistance passive et qui a sonné à la fois le réveil politique d’une nouvelle génération et le rappel de vieux militantEs résignéEs. Ensemble, on commence ou on recommence à agir et à penser politiquement depuis les places.

 

C’est un mélange de grande indignation et de détermination et les espaces de construction comme la manière de construire une alternative, sont ceux de toujours même si de nombreuses nuances existent. Participation horizontale et engagement réel, pour se mettre d’accord autour de propositions politiques et la rue comme un lieu de socialisation et de combats.

 

Ce processus de repolitisation peut être comparé au mouvement altermondialiste qui a atteint son zénith au moment des mobilisations contre la guerre en Irak en 2003. Par la suite, les reculs aux niveaux politique et de la contestation sociale ont été l’antichambre des reculs sociaux opérés dans la phase de crise systémique.

 

Si chacun de ces mouvements a ses propres caractéristiques, leur point commun peut se résumer au mot d’ordre « Penser globalement et agir localement ». Peut-être que dans le 15 M, qui a réuni un demi-million de personnes le 15 octobre dernier, il est possible de passer « de l’indignation a l’action ». C’est le moment !

 

Jorge Sánchez, Izquierda Anticapitalista


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CETTE GRÈCE QUI SAIGNE ET QUI LUTTE...

Tandis que la Grèce s’enfonce dans une crise généralisée et cataclysmique, le gouvernement social­-libéral est plus isolé que jamais, dans un pays balayé par des vagues successives de grèves, de manifestations et d’occupations de tout genre. Dans un tel contexte, la grève générale des 19 et 20 octobre a répondu aux attentes : des centaines de milliers de manifestants (au moins 300 000) à Athènes, et autant dans le reste du pays où par endroits ont été battus des records historiques d’affluence !

 

Cependant, les plans d’une austérité de plus en plus barbare et inhumaine se succèdent jour après jour pour le bonheur de la Troïka (FMI, Commission européenne, Banque centrale européenne) qui les impose, et le malheur de la grande majorité de la population grecque désormais saignée à blanc. Le message adressé aux citoyens grecs par tout ce beau monde capitaliste faisant bloc derrière la Troïka et le gouvernement Papandreou est très clair : on va vous écraser sans pitié, car la Grèce d’aujourd’hui est le laboratoire mondial où les maîtres de ce monde testent et mesurent les capacités de résistance des peuples face au néolibéralisme le plus extrême. Oui, c’est la guerre car la Grèce d’aujourd’hui constitue un cas-test, avec les pauvres Grecs dans le rôle du cobaye planétaire !

 

Voilà donc comment s’explique l’arrogance, la férocité et la longévité de ce gouvernement dépourvu de tout soutien populaire dans son pays : il tire sa force de l’appui de ces patrons internationaux dont il n’est que l’instrument docile dans cette Grèce dépouillée de sa souveraineté nationale. Mais voilà aussi, pourquoi les citoyens grecs se battent pour nous tous, pourquoi leur combat est aussi le nôtre, pourquoi leur victoire ou leur défaite sera aussi la nôtre !

 

Alors, ce qu’il nous faut c’est tirer au plus vite les leçons de ce qui se passe en Grèce. D’abord, il ne s’agit plus de la « bonne » vieille austérité d’autres époques, d’habitude synonyme de gel de salaires. En Grèce maintenant, il s’agit de coupes (permanentes) de salaires et de pensions atteignant et même dépassant les 50 %. Il s’agit de licenciements de masse et d’un chômage qui, en 2012, atteindra 26 %. Il s’agit des dizaines de taxes et autres impôts « extraordinaires » qui frappent – comme d’habitude – les salariéEs et même les… chômeurEs ! Il s’agit surtout du démantèlement ou de la privatisation de tous les services publics, ce qui se traduit par la liquidation de 40 % des hôpitaux, la fermeture de milliers d’écoles et surtout, la condamnation à une mort programmée et à brève échéance de milliers de Grecs handicapés, en voie de désintoxication ou souffrant de maladies incurables auxquels l’État vient de couper tout subside et aide médicale ! Il s’agit en somme d’un véritable cauchemar qui se résume à l’apparition de la faim et de la dénutrition des enfants dans les grandes villes grecques…

 

Mais il n’y a pas que ça. Cette société grecque qui saigne et désespère est aussi une société qui lutte, résiste toujours plus fort car elle n’a plus rien à perdre. Car elle n’a plus peur ! Confrontée à une répression plus que féroce, elle fait preuve d’une obstination et d’un courage qui, à d’autres époques, suffiraient largement pour faire tomber un gouvernement. Et pourtant, le gouvernement moribond reste en place parce qu’il est manifeste qu’aujourd’hui tout ça ne suffit plus. Oui, la leçon principale tirée du « laboratoire grec » doit être nette et claire : aujourd’hui, il faut bien plus car la défense victorieuse du moindre droit élémentaire des salariéEs suppose une vraie révolte de masse. En somme, une véritable révolution anticapitaliste !

 

Yorgos Mitralias

 

source : http://www.npa2009.org/content/%C3%A0-nice-face-au-g20

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31 octobre 2011 1 31 /10 /octobre /2011 02:15
Carte des villes touchées par le mouvement «Occupy Wall Street» :  http://occupywallst.org/attendees/
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La violence policière 

 

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Urgent : Winter Donation Needs

par 

It's been dumping snow here in NYC all day, high winds and 3 inches of slush on the ground. With the NYPD and FDNY confiscating six generators on Friday and this unprecedented October snow, those occupying Liberty Plaza in downtown NYC are in need of emergency supplies crucial for cold weather survival (and occupation).

We've made a lot of headway on getting winter gear here in the last 48 hrs but definitely need more. Please help by purchasing or donating supplies directly. Winter gear and other necessities can be dropped off in person, delivered, or shipped.

Needs

  • insulated gloves, wool hats, scarves
  • long underwear / smart wool thermal socks
  • 300 hand warmers, 300 foot warmers
  • waterproof boots in all sizes
  • disposable shoe covers
  • winter coats
  • hot beverages
  • thermal heaters
  • all weather sub-thermal sleeping bags
  • tarps
  • all-weather tents
  • foam padding / insulation for inside of tents
  • wooden pallets to get tents off the ground
  • cots to get people off the ground (don't currently have any - could really use these)

Dropping Off In Person In NYC

Daily until 9pm at the OWS storage space at 52 Broadway Ave, ground floor.

After 9pm at the OWS Comfort Station on the east side of Liberty Square (aka Zuccotti Park)

Where To Ship

Occupy Wall Street
118a Fulton St
PO Box 205
New York, NY 10038

Please show your support for the stalwart occupiers who are braving the winter storm!

 

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« Occupy Wall Street » essuie avec stoïcisme sa première tempête de neige

neigeWall-street-30-0ct-2011.jpeg

Sous les tentes, les manifestants ont dû affronter le blizzard. Emmanuel Dunand/AFP

À Denver, la police vaporise du poivre et tire des projectiles au poivre sur les manifestants.

Les sympathisants du mouvement « Occupy Wall Street » ont affronté pendant le week-end avec stoïcisme leur première tempête de neige qui s’est abattue de manière prématurée sur leur campement situé à deux pas de la Bourse de New York.


« La neige ? Quelle neige ? Je dois m’occuper de mon pays », ont écrit des manifestants à l’entrée de leur campement établi depuis le 17 septembre sur le square Zuccotti à Manhattan balayé par des rafales de vent glacial. Comme l’avaient annoncé les météorologues, New York essuyait samedi sa première tempête de neige de la saison, un événement historique puisque la Grosse Pomme n’avait pas connu de neige en octobre depuis 135 ans. Pluie, neige fondue puis flocons se sont abattus sur le campement du square Zuccotti qui a pris l’allure d’une mer multicolore avec des dizaines de tentes tendues les unes à côté des autres pour éviter que les courants d’air ne s’infiltrent dans ces habitations de fortune.

« Nous allons saler. Et il y a des gens qui nous informent sur la manière d’affronter le froid dans un campement », indique Brian Majdanik, un manifestant de 27 ans qui a rejoint le mouvement il y a deux semaines.
En principe, les tentes sont interdites dans les parcs new-yorkais et la police a lancé plusieurs avertissements à l’adresse des campeurs. Mais avec l’arrivée du froid, et maintenant de la neige, les militants ont maintenu leurs tentes comptant sur la bienveillance du propriétaire privé du square. « Le maire Michael Bloomberg a dit que tant que le propriétaire du parc ne se plaignait pas des tentes, il n’y avait pas de problèmes », explique Brian Majdanik emmitouflé dans une grosse parka, des gants et un bonnet.


Entre les tentes, de l’eau court et les campeurs tentent de colmater les brèches dans le sol avec des bâches de plastique. Sous la grande tente qui fait office de cuisine, on distribue de la soupe et des boissons chaudes. À cinq cents mètres de là, sur la place devant l’hôtel de ville de New York, une petite centaine de cheminots et de militants pour la défense des droits des sans-papiers défient également la neige sous la surveillance de la police.
« En ce jour de froid, Occupy Wall Street a besoin de notre soutien », confie Charles Jenkins, représentant du syndicat du transport public de New York. « Ce n’est pas le nombre qui est important, c’est notre engagement. Et même si j’étais seul, je parlerai au nom des millions de chômeurs et de travailleurs sous-payés dans ce pays. »
Depuis la manifestation du 15 octobre, qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes sur la place de Times Square aux cris de « Nous sommes les 99 % », Occupy Wall Street n’a organisé aucune manifestation d’importance. Nul ne sait ce que sera la prochaine étape de ce mouvement sans leader, qui se veut indépendant des partis politiques et n’a aucune revendication précise, si ce n’est de dénoncer le monde de la finance et les « 1 % les plus riches ».


Dans ce contexte, vingt manifestants ayant participé aux protestations des dernières semaines contre Wall Street ont été arrêtés par la police de Denver après avoir refusé de démonter les tentes qu’ils y avaient installées, a rapporté le journal local.
Selon le Denver Post d’hier, la police a vaporisé du poivre et tiré des projectiles au poivre sur les manifestants regroupés sur l’esplanade du Centre des congrès de la ville et sur les marches du Capitole de l’État du Colorado, où siège le Parlement local.


Au cours du week-end, quelques manifestants dénonçant également le monde de la finance ont aussi été interpellés à Nashville, dans le Tennessee, selon la presse. Mais un juge a refusé de les mettre en détention, invoquant la liberté de parole inscrite dans la Constitution. Tous ont été remis en liberté.

source : http://www.lorientlejour.com/category/%C3%89conomie/article/729553/%3C%3C+

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 02:18

Les indignés de la ville de Québec occupent calmement  «Jardin de Saint-Roch» et comptent y rester et poursuivre ce geste d'indignation en dépit du froid des nuits nordiques... Quelques photos prises samedi 29 octobre vers 17h... 


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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 07:57

Egypte : Nouvelle manifestation contre le pouvoir militaire

 

Quelques milliers de personnes ont manifesté, hier, sur l’emblématique place Tahrir, au Caire, pour réclamer le retour rapide à un pouvoir civil et l’exclusion des membres de l’ancien régime de la scène politique, ont rapporté des correspondants de l’AFP.

«A bas le pouvoir militaire !», ont scandé les manifestants, en exigeant que l’armée «retourne dans ses casernes».
Le Conseil suprême des forces armées (CSFA) est au pouvoir depuis la démission du président Hosni Moubarak sous la pression populaire, le 11 février ; il est dirigé par le maréchal Hussein Tantaoui, ministre de la Défense de M. Moubarak pendant une vingtaine d’années.

Après une période de grâce, l’armée est aujourd’hui accusée de bloquer les réformes et de chercher à se maintenir au pouvoir.
Les manifestants ont également demandé la levée de l’état d’urgence, en vigueur depuis plus de 30 ans, et l’exclusion des membres de l’ancien régime de la vie politique. Des militants ont récemment lancé une campagne contre les «vestiges» du parti de Moubarak, baptisée Emsek Feloul (attrapez un vestige) destinée à démasquer les proches de l’ancien pouvoir qui voudraient se remettre en selle lors des législatives du 28 novembre.

Mais une autre campagne, cette fois en faveur d’une candidature du maréchal Tantaoui à la Présidence, a également vu le jour.
Les premières élections parlementaires de l’après-Moubarak sont prévues à partir du 28 novembre. Une présidentielle est également attendue, mais sa date exacte, en principe en 2012, n’a pas encore été annoncée.

source : http://www.elwatan.com/-00-00-0000-145292_112.php

 

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Les Indignés 

USA

 

Syrie 


 

Yémen

 

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Londres: réouverture de la cathédrale Saint-Paul, annonce d'actions en justice pour déloger les "indignés"


La cathédrale Saint-Paul de Londres a rouvert ses portes au public vendredi après une semaine de fermeture due au mouvement de protestation des "indignés" qui campent depuis la mi-octobre devant l'édifice religieux.

Dans le même temps, les autorités municipales et ecclésiastiques ont annoncé leur décision d'intenter une action en justice pour obtenir le départ des manifestants, même si des responsables reconnaissaient que la procédure pourrait ne pas aboutir avant plusieurs semaines, voire plusieurs mois.

A l'occasion de la réouverture de la cathédrale anglicane, fermé ces jours-ci pour la première fois depuis la Seconde guerre mondiale, l'Eucharistie a été célébrée, en présence de centaines de personnes, dont certains des protestataires, qui entendent dénoncer les inégalités économiques et la "cupidité" dans le monde des entreprises.

"Aujourd'hui, nous nous réjouissons de pouvoir à nouveau" célébrer "le culte dans une cathédrale ouverte", a déclaré le doyen de la cathédrale Graeme Knowles aux fidèles.

Le campement a été installé le 15 octobre sur le parvis de la cathédrale, l'un des édifices les plus connus de la capitale britannique, par plusieurs centaines de protestataires.

Le 21 octobre, les responsables ont fermé Saint-Paul, déclarant que le campement posait des risques en termes de salubrité et de sécurité.

Le mouvement de protestation a divisé les ecclésiastiques. Certains ont appelé les manifestants à quitter les lieux, tandis que le chanoine-chancelier Giles Fraser a démissionné jeudi, précisant qu'il craignait que des mesures visant à déloger les "indignés" ne débouchent sur des violences.

L'ancien archevêque de Cantorbéry George Carey a critiqué vendredi la gestion de l'affaire par les responsables de la cathédrale, parlant de "fiasco" susceptible de nuire à l'image du christianisme.

Du côté de la City of London Corporation, une action en justice a été annoncée dans la journée. Les autorités ont mis en avant un usage "déraisonnable" de la voie publique, en allusion aux dizaines de tentes installées sur le parvis et sur un passage longeant l'édifice.

Manifester est "un droit essentiel dans une démocratie, mais pas" celui de camper sur une voie publique animée, qui a "un impact sur les droits des autres", a souligné Michael Welbank, membre de la commission des transports de la City of London Corporation.

La cathédrale Saint-Paul a convenu qu'une "action en justice était malheureusement devenue nécessaire", soulignant dans un communiqué qu'elle prenait "cette mesure avec la plus grande réticence" et restait "engagée en faveur d'une solution pacifique".

En déplacement à Perth (Australie) pour un sommet du Commonwealth, le Premier ministre britannique David Cameron a souhaité qu'une issue soit trouvée. Précisant qu'il soutenait le droit de manifester, il a ajouté que cela n'incluait pas "la liberté de dresser une tente pratiquement où on veut à Londres". "Il est d'une importance capitale que des endroits comme la cathédrale Saint-Paul soient ouverts au public", a-t-il dit. AP

source http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20111028.FAP7216/londres-re

 

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FRANCFORT _ "Indignés" devant la BCE : ils sont bien partis pour rester !

 

Copyright Reuters
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Avec tentes, braseros et générateur électrique, une centaine d' "indignés" font toujours le siège devant la Banque centrale européenne à Francfort, et veulent s'installer dans la durée.

C'est un soulagement pour le camp des indignés : la capitale financière allemande a accordé une nouvelle prolongation de deux semaines aux indignés parqués devant l'immeuble de la BCE, les autorisant ainsi à poursuivre leur campement jusqu'au 12 novembre. Depuis son installation  le 15 octobre lors d'une journée de mobilisation internationale, le camp de Francfort s'organise mieux de jour en jour, avec un coin cuisine, un stand d'information et du bois de chauffage en quantité.

"Quelqu'un peut me tenir la caméra pour me filmer?" demande Frank Stegmaier, chasuble jaune et brassard de service d'ordre, qui fait partie du "groupe vidéo". "Nous voulons lancer la semaine prochaine Camp TV, notre propre chaîne sur internet", explique-t-il.

Les médias, le camp les connaît bien. Le mouvement "Occupy Frankfurt" inspiré par son alter ego américain "Occupy Wall Street" s'est formé début octobre grâce aux réseaux sociaux sur internet. Il dispose aussi de sa propre radio internet et l'intérêt des journalistes ne faiblit pas.

Le mouvement s'est constitué en association, a ouvert un compte auprès d'une petite banque alternative et a lancé un appel à des donations. "Nous avons récolté 3.500 euros jusqu'à présent, ce n'est pas assez. Et nous avons besoin d'être raccordés au réseau électrique", poursuit Frank Stegmaier.

Son téléphone ne cesse de sonner. "Ce n'est pas le mien, c'est celui du standard téléphonique du camp dont je m'occupe en ce moment", dit-il. Le syndicat d'un groupe de téléphonie mobile vient d'appeler, en espérant que les militants relaient ses doléances.

La proximité avec les "indignés" est recherchée. Angela Merkel et le futur président de la BCE Mario Draghi ont dit comprendre leurs revendications. Et cette semaine les banques coopératives allemandes ont utilisé une photo d'une de leurs manifestations pour faire leur publicité.

Le camp est aussi populaire auprès des sans domicile fixe du quartier, qui s'y sentent bien acceptés et qui y trouvent des boissons chaudes et de quoi se restaurer. Des associations caritatives les soutiennent, et certains commerçants du quartier offrent leurs stocks d'invendus.

"C'est vrai que le point de départ du mouvement était la protestation contre les dérives des banques et la crise de la zone euro, mais cela s'est vite étendu à des thèmes plus généraux comme la justice et l'égalité" reconnaît Sebastian Drozda, un étudiant de 27 ans.

"Les personnes dans la rue sont les bienvenues ici, du moment qu'ils participent aussi à la vie du camp et qu'ils ne provoquent pas de bagarre", dit-il.

Nul ne veut songer à partir. Surtout pas Maria Kam, 42 ans, sans domicile et sans papiers, qui semble avoir trouvé une seconde famille dans le village communautaire. "Si l'on nous demande de vider les lieux nous manifesterons tant que nous n'aurons pas obtenu une nouvelle autorisation", jure-t-elle.

La prochaine manifestation hebdomadaire des "indignés" était prévue pour samedi à Francfort ainsi que dans d'autres villes allemandes. Plus de 5.000 personnes étaient au rendez-vous de Francfort les deux semaines précédentes.

spurce http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20111028trib000660290/indignes-devant

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28 octobre 2011 5 28 /10 /octobre /2011 04:17

Montréal _ Québec _ Canada

 

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Québec _ Québec _ Canada

indigné québeccommence-faire-plus-froid-mais

 

Il commence à faire plus froid, mais les «indignés» sont décidés à défier leur plus grand ennemi : l'hiver.

Le Soleil, Steve Deschênes

 

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Les « indignés » prêts à passer l'hiver dehors

Les indignés occupent la place de l'Université-du-Québec

Les indignés occupent la place de l'Université-du-Québec
 Les manifestants qui occupent la place de l'Université-du-Québec sont déterminés à faire entendre leur message concernant les iniquités du système financier.

Depuis samedi, une soixantaine de manifestants se sont joints au campement des « indignés » sur la place de l'Université-du-Québec dans le quartier Saint-Roch.

Les manifestants de la capitale, qui sont solidaires du mouvement de protestation Occupons Wall Street, sont prêts à y passer l'hiver, si nécessaire, indique Carl Palin qui fait partie du groupe. « Tant qu'on n'a pas des changements notables au niveau de la démocratie ou de la manière que l'argent est géré par le gouvernement sur plein de fronts différents, personnellement et pour plusieurs personnes ici, on va rester le plus longtemps possible », affirme-t-il.

Pour le moment les manifestants sont tolérés par la Ville de Québec. Le porte-parole de la Ville, Jacques Perron, indique qu'un inspecteur visite régulièrement les lieux pour s'assurer que les règlements municipaux sont respectés. « Nous croyons à la Ville de Québec à l'expression démocratique des opinions. Nous tolérerons de façon temporaire l'occupation d'une partie du parc Saint-Roch par ces citoyens », fait savoir M. Perron.

Il précise que la salubrité et la sécurité des lieux sont évaluées régulièrement.

source http://www.radio-canada.ca/regions/Quebec/2011/10/27/008-i

 

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Les «indignés» au jardin Saint-Roch: Labeaume compréhensif... et tolérant

 

par  Annie Morin

(Québec) Les indignés de Québec peuvent sortir leurs tuques et leurs mitaines pour dormir sous la tente. Le maire Régis Labeaume n'a pas l'intention de les chasser du jardin Saint-Roch. Il dit même comprendre leur action.

Les disciples locaux du mouvement planétaire Occupons Wall Street, qui ont érigé samedi leur campement entre le café Starbucks et l'Université du Québec, dans le quartier Saint-Roch, ont l'intention de manifester jusqu'au déboulonnement du système financier actuel.

«C'est sûr qu'on va les tolérer à Québec. Il faut qu'il y ait des gens qui se lèvent pis qui protestent un peu. L'histoire de la globalisation, les humains ont de la misère avec ça pis je les comprends. Ils ont l'impression qu'ils perdent pied, qu'ils n'ont plus de contrôle sur leur environnement et dans leur société», a réagi jeudi M. Labeaume, précisant qu'il exprimait une opinion personnelle et non «une opinion de maire».

L'ancien homme d'affaires, qui connaît bien la complexité du système financier et les aléas de la Bourse, se questionne lui aussi sur les événements passés et futurs. «Avec toute la débandade qu'il y a eue sur les marchés, les organisations de réglementation n'ont pas posé les gestes qu'il fallait, c'est évident. [...] Et on a l'impression que ça peut arriver encore», a-t-il déploré.

Selon le maire, un retour du balancier est à prévoir. «À mon niveau, ce n'est pas le cas, mais les chefs de gouvernement ont l'impression de perdre le contrôle sur bien des choses nationales. Je pense qu'un jour, il va y avoir un revers de la médaille pis que la tendance va s'inverser. Il faut qu'on revienne avec des responsabilités nationales, avec des poignées nationales», croit-il.

M. Labeaume ne veut pas mettre de date d'échéance à la contestation qui se met en branle à Québec. «Tant que c'est fait pacifiquement, moi, je suis d'accord», dit-il, s'empressant d'ajouter en riant que les manifestants «vont geler» une fois l'hiver venu.

source : http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/la-capitale/201110/27/01-44619

 

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Débat autour des raisons qui conduisent aux soulèvements des Indignés… (BBC, en Arabe)

 

 

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Occupy Wall Street, la révolte sans leader

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Occupy Wall Street a le vent en poupe auprès des ONG et des syndicats locaux. Pourtant, les indignés tiennent à leur indépendance.

Occupy Wall Street a commencé son deuxième mois de protestation avec un soutien qui ne faiblit pas, bien au contraire. Ce mouvement sans mégaphone a fini par recevoir l'appui de bon nombre d'ONG et de syndicats qui se sont ralliés au mouvement. Mais les indignés américains tiennent pourtant à rester indépendants, et pas seulement politiquement.

 

Un mouvement populaire

C'est souvent par le biais de plusieurs emails d'organisations diverses que les sympathisants ou curieux reçoivent des informations sur Occupy Wall Street. Dans une newsletter de l'organisation MoveOn.org, on pouvait lire: "Au risque de prononcer une évidence, ces occupations ne sont pas organisées par MoveOn.[...] mais tout le monde doit mettre du sien et aider."

La semaine dernière, c'est un des deux plus grands syndicats américains,AFL-CIO, qui a apporté son soutien au mouvement. Mais les acteurs de la vie associative et politique américaine semblent avoir été pris de court. "Ce mouvement a été mis en place en dehors des partis politiques, des ONG et des syndicats, et ça les a pris par surprise", explique Andrew Sabl, professeur associé de politiques publiques et sciences politiques à l'université de UCLA.

Certains supposaient sans fondement que George Soros et son Open Society Institute étaient derrière le mouvement. En réalité, c'est une fondation et un magazine anticonsumériste et artistique canadien,Adbusters qui en sont l'origine. "Depuis 1968, je rêvais qu'un mouvement global puisse avoir lieu. Après la Tunisie et l'Egypte, je me suis dit qu'un Tahrir américain était possible", explique Kalle Lasn, rédacteur en chef d’Adbusters. "Nous avons juste eu l'idée d'occuper le coeur du capitalisme, Wall Street, puis nous avons appelé ça 'Occupy Wall Street', nous avons créé le poster qui a lancé l'appel, choisi la date du 17 septembre, et c'était parti."


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L'affiche d’Adbusters. En français: quelle est notre seule demande? #Occuper Wall Street. 17 septembre. Amenez votre tente.

C'est grâce à Twitter et à son fameux hashtag #OccupyWallStreet, ainsi qu'au soutien d'Anonymous, le groupe de désobéissance civile sur internet, que les choses se sont enchaînées. "Après, ce sont les gens sur le terrain qui ont tout organisé et ramené du monde. Le mouvement a pris, et nous sommes passés dans les coulisses", commente Kalle Lasn.

 

Les leçons d'Occupy Wall Street

Ce n'est que bien plus tard qu'ONG, syndicats et groupes politiques se sont ralliés au mouvement. Les soutiens se font d'ailleurs dans les deux sens. Le 23 septembre 2011, des membres d'Occupy Wall Street ont interrompu les enchères chez Sotherby's, par solidarité avec le syndicat Teamsters Local 184 alors en pleine dispute salariale avec la salle des ventes.

Le 5 octobre, John Samuelsen, président de TWU Local 100, un syndicat qui représente les métiers du transport à New York, s'est ainsi exprimé dans l'émission Countdown: "Les gens de Wall Street ont fourni l'étincelle à la main-d'oeuvre syndiquée. [...] Avec nous c'était toujours la même vieille chanson: parler aux hommes politiques dans les couloirs à Albany ou à Washington D.C. Ça n'a tout simplement pas marché pour les travailleurs. Alors que descendre dans la rue [...], ça marche."

Pour certains comme Bill Dobbs, membre du comité relations publiques d’Occupy Wall Street, porte-parole de l’ONG United for Peace and Justice et activiste de longue date: "c'est un compliment et une leçon politique. Cela montre que les ONG ou les syndicats peuvent être corrompus par les politiciens. Nous avons sonné l'alarme et les gens ont commencé à écouter. Le slogan 'We are the 99%' (ndlr: nous sommes les 99%) fait maintenant partie de l'imaginaire collectif."

Mais c’est surtout l’indépendance du mouvement qui semble être son point fort. Pour l’expliquer, Bill Dobbs fait le parallèle entre les ONG actives dans la lutte contre le SIDA dans les années 80, et dont il faisait partie au sein d'Act Up. "Beaucoup d'ONG avait été mises en place pour faire face au SIDA. Elles ont fait un travail incroyable mais le traitait comme un simple problème médical, justement parce qu'elles avaient peur de perdre leurs financements et avaient donc peur des dimensions politiques plus larges du problème. Elles ne remettaient pas en cause le système. C'est là que l'activisme, le volontariat ont commencé à se mettre en place, en 1987. Les quatre vérités ont enfin été dites. C'est la même chose avec Occupy Wall Street. Avant tout, ce sont des bénévoles, et c'est ça qui fait la différence."

 

Une institutionnalisation nécessaire?

Mais la question qui taraude tout le monde est de savoir comment un tel mouvement peut faire valoir ses revendications sans porte-parole ni demandes précises.

Pour Andrew Sadl, ce type de mouvement aurait par le passé eu besoin du soutien d'organisations, de syndicats ou de groupes religieux. "À l'âge d'internet, les questions d'infrastructure, de financement, de participation et de distribution de l'information n'ont pas autant besoin d'être institutionnalisées", explique-t-il. "Quant à négocier avec le gouvernement, on ne voit plus un grand syndicaliste serrer la main du Président pour sceller la résolution d'un conflit comme par le passé. Il n'y a pas forcément besoin de quelqu'un pour négocier au sommet", rajoute-t-il.

Le Tea Party, qui refuse d'avoir de porte-parole, a par exemple beaucoup de poids dans la politique américaine. "Mais leur influence vient du fait qu'ils réussissent à faire peur aux hommes politiques", commente Andrew Sadl pour qui l'allergie d'Occupy Wall Street aux politiques électorales finira par freiner les indignés.

En effet, accepter de rentrer dans le jeu électoral demeure un grand moyen de pression et de négociation aux Etats-Unis. Les grands partis dépendent des groupes, associations, syndicats, et petits partis pour leur campagne, que ce soit en termes de réseau, de main d’œuvre ou de financement. Les difficultés rencontrées par les Républicains et les Démocrates, respectivement dans l’Utah et l’Arkansas, lors des dernières élections législatives ont montré qu'une perte de soutien au niveau de ces groupes pouvait faire basculer leurs campagnes.

 

"Le baiser de Judas"?

Pour le moment, les seuls liens officiels qu'Occupy Wall Street entretient avec d'autres ONG sont d'ordre pratique. Alliance for Global Justice, une organisation qui vise à atteindre plus de justice par le biais d'un mouvement de base internationalisé, s'occupe de reverser aux indignés les dons que ceux-ci ne peuvent pas encore recevoir directement. Les indignés ne disposent pas encore de statut fiscal et juridique leur permettant de récolter de l'argent. Se décider à remédier à ce problème pourrait aussi symboliquement leur servir à se définir.

L'affiliation avec les syndicats et les organisations pourrait comporter un risque de reprise du mouvement. Dans l’émission Countdown, John Samuelsen affirmait ainsi que les syndicats étaient le pendant des indignés (la "force" des premiers complétant "l’enthousiasme" des derniers), en fournissant les ressources dont le mouvement ne dispose pas.

Les indignés sont cependant déterminés à rester sans leadership – en tous cas autre que celui des assemblées générales organisées chaque jour - et encore moins à lâcher les rênes du mouvement à des organisations plus institutionnalisées. Pour Kalle Lasn, c’est sans appel: "Ce serait le baiser de Judas! Ce serait un coup fatal si on s'acoquinait avec les syndicats, voire avec les groupes démocrates, car ce serait se lier avec une structure de pouvoir existante. Nous devons rester indépendants si on veut restructurer un système politique corrompu."

D'autres, comme Andrew Sadl, sont plus prudents: "Je pense qu'Occupy Wall Street va finir par une scission, comme ça a été le cas avec le parti vert en Allemagne au tout début. Une partie restera autonome, sans demande formelle ou codifiée, et l'autre sera plus pragmatique et acceptera de rejoindre des groupes progressistes. Je pense que le choix se fera au moment des élections de 2012. Il faudra choisir de s'impliquer, ou pas."

 

Photo de Une: un des portraits de "We are the 99%"/ Affiche d'Adbusters: image reproduite avec l'aimable autorisation d'Adbusters

Source : http://www.youphil.com/fr/article/04470-occupy-wall-street-la-revolte-sans-leader?ypcli=ano

 

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Le fameux Révérend (ou faux révérend) Belly avec les Indignés d'Occupy-wall-street : http://www.rue89.com/2011/10/27/occupy-wall-street-le-miracle-quattendai

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Echauffourées à Oakland en Californie entre "indignés" et policiers

 

 

Des échauffourées ont éclaté, mardi 25 octobre, entre les forces de l'ordre et des manifestants à Oakland, en Californie, lors d'une marche de plus d'un millier de personnes protestant contre l'arrestation d'"indignés" qui occupaient depuis deux semaines une place de la ville.

La police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants près de la place Frank-Ogawa au centre d'un bras de fer entre la mairie et les protestataires. Dans la matinée, la police avait arrêté au moins 85 manifestants en dispersant le campement établi par les "indignés", selon un porte-parole de la mairie. La police a fait savoir qu'elle ne confirmerait aucune arrestation avant mercredi.

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Les autorités municipales ont indiqué avoir demandé à trois reprises aux manifestants d'arrêter de camper pendant la nuit et de cuisiner sur la place.AFP/KIMIHIRO HOSHINO

La zone est restée fermée et sous surveillance de la police pendant le restant de la journée. Les autorités municipales ont indiqué avoir demandé à trois reprises aux manifestants d'arrêter de camper pendant la nuit et de cuisiner sur la place. Un communiqué de la mairie affirme que la situation avait commencé à se détériorerau cours de la deuxième semaine, la police, les pompiers et le personnel médical ayant affirmé qu'ils ne pouvaient plus accéder à la place pour répondre aux appels.

ARRESTATIONS DANS PLUSIEURS GRANDES VILLES

Le mouvement de protestation d'Oakland avait été lancé dans le sillage du mouvement Occupy Wall Street déclenché le 17 septembre à New York. Les manifestants, qui protestent contre le renflouement des grandes banques par le gouvernement et contre un taux de chômage persistant, ont peu à peu fait des émules dans l'ensemble des Etats-Unis. Depuis le début du mouvement, des centaines de personnes ont été arrêtées à New York, 130 personnes à Chicago et une quinzaine à Philadelphie dans des manifestations similaires la semaine.

source : http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/10/26/echauffoureel

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Wall Street répond aux indignés par un email arrogant

 

Un email rédigé par un trader répond aux indignés de Wall Street

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« Nous sommes Wall Street! »

L’email anonyme d’un trader de Wall Street circule sur le net en réponse aux indignés. Face aux manifestations de ceux qui se nomment les 99%, le laïus  rédigé par un financier résonne comme un discours arrogant et méprisant.

« Vous viviez grâce notre argent »

Selon l’auteur, les 1% sont l’avenir de l’Amérique. Quoi qu’il arrive, « nous allons survivre »écrit-il, sous entendu : les indignés, les pauvres, l’américain moyen, vous aurez tous besoin des financiers de Wall Street.

L’email a été repris dans les journaux américains. Extrait :

« Nous sommes Wall Street. C’est notre boulot de gagner de l’argent. Qu’il s’agisse de le faire avec des marchandises, des actions, des obligations, ou avec n’importe quel morceau de faux papier, ce n’est pas grave. Nous échangerions des cartes de baseball si c’était rentable. Je n’ai pas entendu l’Amérique se plaindre quand le marché bondissait à 14.000 points et que chacun voyait le montant de ses revenus doubler tous les 3 ans. Mais ça, c’est comme de faire des paris, ce n’est pas un problème jusqu’à ce qu’on perde. Je n’ai jamais entendu parler de quelqu’un qui soit allé s’inscrire aux Joueurs Anonymes (Gamblers Anonymous) parce qu’il gagnait trop à Las Vegas. »

« Maintenant le marché est pourri, et même si cela va un peu mieux, le gouvernement et le l’Américain moyen sont toujours à la recherche d’un bouc émissaire. Dieu sait qu’il doit y avoir un pour tout. Donc, on s’en prend à nous. »

Source : Atlantico

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Colère des Indignés italiens

par Catherine Guilyard

Au lendemain du Sommet européen, Accents d’Europe revient sur la colère des Indignés italiens. Les manifestations ont été particulièrement violentes dans ce pays.

ITALIE2

Les «indignés» italiens ont manifesté en masse samedi 15 octobre, notamment à Rome, près du Colisée.

REUTERS/Remo Casilli

 

En Italie, alors que les violences qui ont marqué la manifestation du 15 octobre 2011 restent dans tous les esprits, les Indignés ne veulent pas perdre possession de la rue. La colère et la peur, celle de rester précaires à vie, sont encore vivaces. Olivier Tosseri est allé recueillir, sur le vif, les paroles des manifestants à Rome…

Une dette grecque allégée, un soutien à l'Euro renforcé et une recapitalisation des banques… Ce matin, les Bourses européennes ont salué les décisions du Sommet économique. Espoir pour les populations les plus touchées par la crise, ou prémices à de nouvelles mesures d’austérité...

La crise économique touche particulièrement la culture 
Avec la crise, les aides sociales diminuent mais aussi les fonds alloués à la culture. Dans plusieurs pays d’Europe, les musées sont sommés de trouver des financements privés. Mais, les dons ne sont pas suffisants, alors certains musées vont jusqu’à se priver de collections entières. Aux Pays-Bas, Sabine Cessou. 

Promenade sur les chemins d’Europe
Entre légende et histoire : les sites du Roi Arthur.…
A Mostar, en Bosnie-Herzégovine, Sophie Guesné nous emmène dans la vieille-ville, témoin du passé ottoman de la région… Il y a là-bas une maison traditionnelle turque. Visite guidée. 

Droits d'auteur
La RTBF, la radio publique belge, nous envoie ce reportage de Marie Michiels sur les droits d’auteur. C’est une question épineuse au niveau européen… Chaque pays a son propre organisme de redistribution aux artistes, et rechigne à céder du terrain. Marie Michiels nous explique quel est la situation en Belgique avec l’accordéoniste Didier Laloy.

source : http://www.rfi.fr/emission/20111027-colere-indignes-italiens

 

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Londres

Le site des Indignés de Londres :http://occupylondon.org.uk/

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Un révérend démissionne en solidarité avec les indignés de Londres

Le révérend de la cathédrale Saint-Paul de Londres a démissionné, jeudi 27 octobre, à la suite d'un différend avec les autorités ecclésiastiques locales sur l'évacuation des deux cents tentes de protestataires qui occupent le parvis de l'église. Le chanoine-chancelier Giles Fraser a clairement exprimé sa sympathie avec les motivations des protestataires anticapitalistes et a demandé à la police dequitter les marches de la cathédrale au début de l'occupation.

Le religieux a annoncé sa décision sur Twitter :

      Giles Fraser a annoncé sa décision sur Twitter.

Giles Fraser a annoncé sa décision sur Twitter.DR

"C'est avec grand regret et tristesse que j'ai déposé mon avis de départ à la cathédrale Saint-Paul", écrit-il. "L'Evangile chrétien est profondément engagé dans la défense des pauvres et des nécessiteux. La justice financière est un impératif de l'Evangile", avait-il dit le week-end dernier.

Inspiré par le mouvement Occupy Wall Street, le campement est passé en une semaine de soixante-dix à quelque deux cents tentes, incitant les autorités de Saint-Paul à fermer la cathédrale au public, pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale. Invoquant des raisons de sécurité et d'hygiène, le révérend Graeme Knowles, le doyen de la cathédrale, a annoncé qu'une action en justice pour déloger les manifestants était une option désormais envisagée.

Giles Fraser a justifié sa démission par le fait que "l'Eglise ne devrait pas s'impliquer dans une action susceptible de déboucher sur des violences contre les protestataires""Je ne peux en conscience suivre la voie qu'ils ont prise", a-t-il déclaré dans le journal Evening Standard, en référence à la position de sa hiérarchie. "Ce campement pose un défi à l'Eglise concernant la question de l'incarnation (...) Si l'on essaie de recréer l'endroit où Jésus a pu naître, pour ma part j'imaginerais tout à fait Jésus naître dans ce campement", a-t-il également dit dans le Guardian.

Le campement est passé en une semaine de 70 à 200 tentes.

Le campement est passé en une semaine de 70 à 200 tentes.AFP/LEON NEAL

 

Sur leur site Internet, les manifestants se sont déclarés "profondément émus" par la décision de l'ecclésiastique qui "s'est efforcé de faire en sorte que Saint-Paul soit un sanctuaire pour nous".

D'après les responsables anglicans, Saint-Paul perd près de 16 000 livres (18 300 euros, 25 500 dollars) par jour depuis que les campements se sont installés devant ses portes il y a douze jours. Les portes ont été fermées pour des raisons de sécurité et de santé mais doivent rouvrir vendredi. La Corporation de la City de Londres, son autorité locale, organisera une réunion vendredi pour discuter d'une éventuelle action en justice visant à débarrasser les rues autour des campements.

source : http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/10/27/un-reverend-demission

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26 octobre 2011 3 26 /10 /octobre /2011 04:36

Les indignés de Londres

Les indignés de Washington

Les indignés de Montréal

 

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Et les Indignés de Paris ? 

Comparution de onze indignés le 31 octobre 2011 à Paris

Les indignés mis en cause et défendus par Maître Breham ont confiance en lui.

Le communiqué de presse du 24/10/2011 qui le remet en question n’émane pas de la commission juridique ni de l’assemblée du mouvement.

 

Lors d’un rassemblement du mouvement Démocratie réelle maintenant le 21 septembre dernier, près d’une centaine de personnes ont été arrêtées à Paris place de la Bourse.

Onze d’entre elles ont été retenues en garde à vue et convoquées au tribunal.

Elles comparaîtront en audience publique devant la 29e chambre du Tribunal Correctionnel du Palais de Justice de Paris à 9 heures, le 31 octobre prochain.


 

Leur comparution a été motivée par l’accusation de  « dégradation de biens d’autrui en réunion » (une vitre désajustée d’un fourgon de police) après une rétention de 40 heures en garde à vue.


Pour rappel, dès les débuts de ce mouvement en mai dernier, la préfecture de police de Paris a systématiquement fait intervenir les forces de l’ordre pour dissuader, intimider, voire empêcher les réunions, afin de réduire l’expression et la visibilité des indignés du mouvement Démocratie réelle maintenant.


Une exception française alors qu’en Europe de multiples actions sont organisées et ne donnent pas lieu à de telles démonstrations de force de la part de la police.


Nous organisons un rassemblement en solidarité avec les onze mis en cause et pour la défense de la liberté d’expression de tous.

 

Ce rassemblement aura lieu le 29 octobre 2011 devant le Palais de justice rue de Lutèce à 17h (Métro Cité - RER Châtelet les Halles ou Saint-Michel).


Nous serons présents aux côtés des onze lors de leur procès le 31 octobre.

Mouvement Démocratie réelle maintenant

 

source : http://paris.reelledemocratie.com/node/616

 

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 07:42

Fin tacticien, Michael Bloomberg, a renoncé à « nettoyer » Zuccotti Square, le sanctuaire des « anti-Wall Street ». Il sait que l'hiver new-yorkais est plus rigoureux que ceux de Madrid ou de Tunis. Pourtant, on aurait tort de sous-estimer l'impact du mouvement Occupy Wall Street (OWS), qui entre dans sa sixième semaine. Boudé par les grands médias américains à ses débuts, ce mouvement « sans agenda ni tête », né le 17 septembre, a désormais gagné la sympathie de 54 % des Américains et de 67 % des New-Yorkais (1). Il suffisait de sentir l'humeur du rassemblement organisé le 15 octobre, sur Times Square, pour voir qu'il ne se limite pas à un quarteron de chômeurs exaspérés et d'étudiants désoeuvrés. Certes, il est possible qu'il ne survive pas à l'automne. Mais en s'insinuant dans le débat politique américain, il menace déjà de contraindre les candidats traditionnels à aiguiser leurs programmes.

A première vue, Occupy Wall Street (que nul ne songe à baptiser du nom des « indignés » outre-Atlantique) peut être vu comme un cadeau inespéré pour Barack Obama. Face à l'exaspération d'une grande partie de la classe moyenne américaine -aujourd'hui « matraquée » par les principaux responsables de la crise, qui poussent l'audace jusqu'à vouloir lui imposer de nouveaux frais bancaires pour se renflouer -, le candidat démocrate est le mieux placé pour récolter les raisins de la colère. A condition de voir effectivement le jour, la « taxe Buffett » sur les millionnaires figure au menu des révoltés d'OWS. Au moment où la plupart des grands barons de Wall Street -pourtant parmi ses plus gros soutiens financiers en 2008 -menacent de lui tourner le dos, Barack Obama aurait toutes les raisons de s'appuyer sur les frustrations d'un mouvement qui se veut aussi apolitique que transversal.

« L'argent de Wall Street a désormais abandonné Barack Obama en faveur de Mitt Romney », constate le Nobel d'économie Paul Krugman, en rappelant que « l'argent pèse dans la politique américaine ». Pour lui, Barack Obama a été « puni » par Wall Street et aurait tort de ne pas embrasser la colère des protestataires d'OWS pour en faire un élément clef de sa stratégie électorale. Pourtant, on le sent bien : comme les républicains avec le Tea Party en 2010, Barack Obama hésite encore à endosser un mouvement d'inspiration populiste aux contours incertains. D'abord, parce qu'il n'ignore pas que l'émergence d'OWS est à double tranchant. D'une part, elle vient conforter ses appels à une plus grande équité fiscale et à un contrôle accru sur les institutions financières. Mais elle jette aussi une lumière crue sur les lacunes et les faiblesses de son propre bilan en la matière. Enfin, malgré le flou relatif de la plate-forme, elle ne vise pas seulement la domination de Wall Street et la financiarisation galopante de l'économie américaine. Derrière la « révolte des 99 % contre les 1 % de privilégiés », il y a forcément aussi la rage des 9,1 % d'Américains au chômage.

Pour toutes ces raisons, Barack Obama est condamné à manier la fronde anti-Wall Street avec précaution. Si elle peut lui permettre de remobiliser temporairement sa base, et accessoirement d'aider la candidate démocrate Elizabeth Warren à battre l'ex-étoile montante républicaine Scott Brown dans le Massachusetts, il doit aussi veiller à ne pas se laisser déborder sur sa gauche. Pour le président démocrate, qui est désormais au coude-à-coude avec Mitt Romney dans les sondages (à 45 % contre 43 %), la priorité des priorités reste de rallier les suffrages des indépendants pour s'assurer un second mandat. En habile manoeuvrier, il a réussi jusqu'ici à stigmatiser les républicains comme les principaux responsables du blocage institutionnel au Congrès. Mais il va devoir aussi démontrer qu'il est en mesure de faire passer aux forceps une partie de son plan pour l'emploi, « par morceaux », pour tenter de relancer l'économie avant l'automne 2012.

 

Le plus frappant dans l'émergence du mouvement anti-Wall Street, c'est la diversité des réactions qu'il suscite. Si le leader républicain à la Chambre des représentants, Eric Cantor, y voit surtout l'expression hystérique d'une « populace », le patron de General Electric, Jeffrey Immelt -pourtant une des cibles privilégiées du mouvement -, n'a pas caché son « empathie » pour la colère des protestataires. Pour Barack Obama lui-même, « Occupy n'est pas si différent des protestations que nous avons vu venir du Tea Party [...] A gauche comme à droite, les gens se sentent coupés de leur gouvernement », a-t-il reconnu dans une interview sur ABC. Pour l'économiste Dean Baker, directeur du Center for Economic and Policy Research, OWS serait même le « vrai Tea Party », le mouvement anti-Wall Street et pro-équité fiscale étant plus cohérent que son équivalent conservateur. Mais tous les analystes sont loin de faire ce parallèle. Certains notent plusieurs différences majeures avec le Tea Party : l'inspiration globale, l'appel d'OWS aux jeunes, la ferme volonté des protestataires de récuser toute affiliation quelconque et toute tentative de récupération par les partis traditionnels, ainsi que l'absence de rejet systématique du gouvernement. Selon un récent sondage « Time »/Abt, la popularité du mouvement anti-Wall Street est désormais deux fois plus élevée (avec 54 % d'opinions favorables) que celle du Tea Party (27 %). Pis : 86 % des sondés estiment que Wall Street et ses lobbyistes ont pris trop d'influence sur Washington et 79 % estiment que le fossé des inégalités est beaucoup trop large aujourd'hui.

Même si, par instinct, il se méfie encore de ce mouvement d'inspiration populaire, voire populiste, Barack Obama devra forcément en tenir compte dans sa stratégie de réélection.

 

 

lien http://www.lesechos.fr/opinions/analyses/0201705151250-occupy-wall-street-cadeau-empoisonne-pour-obama-238749.php

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 07:34

En quelques semaines, le climat a changé. Début 2010, quand nous expliquions que la crise n'était pas finie et qu'une réplique plus grave encore était en préparation, nous étions à contre-courant du discours dominant : tout était sous contrôle ! Il y a cinq mois encore, nous étions "trop pessimistes" : le G8 de Deauville, fin mai, n'a pas consacré une minute à la crise financière !

Mais aujourd'hui, nul ne conteste la gravité de la situation : le président de l'Autorité des marchés financiers (AMF) affirme que nous risquons "un effondrement de l'ensemble du système économique mondial". Quant à Nicolas Sarkozy, il expliquait récemment devant quelques députés qu'un tsunami menace nos économies : "Non pas une récession, comme en 2008-2009 mais un vrai tsunami."

Il faudrait être aveugle pour ne pas voir les dangers : la dette totale des Etats-Unis atteint 250 % du PIB. Au premier trimestre, alors que la dette publique augmentait de 380 milliards de dollars (274,8 milliards d'euros) en trois mois, le PIB n'a augmenté que de 50 milliards. De plus en plus de dette pour de moins en moins de croissance ! La première économie mondiale est comme une voiture qui a besoin d'un litre d'huile tous les 300 mètres. A tout moment, elle peut casser une bielle et le moteur va exploser.

En Chine, la bulle immobilière a atteint deux fois la taille du maximum atteint par la bulle aux Etats-Unis avant la crise des subprimes. En 2009, pour éviter la récession, le gouvernement a ordonné aux banques d'accepter toutes les demandes de crédit qui leur parvenaient. En un an, on a injecté dans l'économie 44 % du PIB (30 % par le crédit privé, 14 % par la dette publique). Partout, on a construit... Partout, il y a pléthore d'immeubles vides. En avril, les prix de l'immobilier ont baissé de 5 %. C'est la première baisse en vingt ans. On a vu en Espagne ce que donne l'éclatement d'une telle bulle : le chômage a triplé en trois ans. Que va-t-il se passer en Chine, où il y a déjà 20 % de chômage et où les émeutes sociales sont de plus en plus violentes ?

La prochaine crise risque d'être plus grave que celle de 2008 car les Etats n'ont plus la capacité de venir au secours du système financier s'il subit un choc violent. Quand la banque Lehman Brothers est tombée, la panique n'a duré que quelques jours car le président George Bush et le secrétaire au Trésor Henry Paulson ont dit qu'ils mettaient 700 milliards de dollars sur la table. Le calme est revenu très vite parce que nul n'avait de doute sur leur capacité à payer ces 700 milliards, mais le choc a quand même provoqué une récession mondiale et des dizaines de millions de nouveaux chômeurs à travers la planète... Trois ans plus tard, personne ne sait comment le président Obama pourrait trouver 700 milliards de dollars si c'était nécessaire. Il faut donc éviter à tout prix d'en arriver là.

Nos politiques sont paralysés aujourd'hui car ils veulent "rassurer les marchés financiers", qui ont des demandes contradictoires : face à une croissance qui diminue dans les pays du G7 (0,1 % de croissance seulement au second trimestre, avant les crises de l'été !), faut-il entreprendre de nouveaux plans de relance jusqu'à être écrasés par la dette, ou faut-il voter des plans d'austérité et retomber en récession ?

 

Croissance moyenne des pays du G7 depuis 2010.

Croissance moyenne des pays du G7 depuis 2010.OCDE

 

Dans un contexte de chômage de masse, quel salarié peut négocier une augmentation de salaire ? Qui peut donner sa démission en espérant trouver assez vite un autre emploi ? La peur du chômage est dans toutes les têtes, et ce qui va aux salaires est tombé à un plus bas historique.

 

Part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises.

Part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises.OCDE

 

 

Part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises (Allemagne, Suède, Etats-Unis, Japon, Royaume Unis, Danemark, Italie, Espagne, France, Pays-Bas, Autriche, Belgique, Finlande, Grèce et Irlande).

Part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises (Allemagne, Suède, Etats-Unis, Japon, Royaume Unis, Danemark, Italie, Espagne, France, Pays-Bas, Autriche, Belgique, Finlande, Grèce et Irlande).OCDE

 

La question de la dette des Etats est très importante (entre 80 % et 90 % du PIB en France et en Allemagne), mais au lieu de bloquer les retraites et de couper dans le financement de la santé ou de l'éducation, ne faut-il pas utiliser tous les leviers fiscaux possibles pour récupérer une bonne part de la "dette des marchés", ces 150 % du PIB que les 0,2 % les plus riches doivent aux peuples de nos pays, si on considère que le partage entre salariés et actionnaires était juste et efficace dans les années 1970 ?

Les "indignés" ont raison : "Ceci n'est pas une crise, c'est une arnaque !" Il ne s'agit pas ici de minimiser la responsabilité (ou l'irresponsabilité) des gouvernements et des citoyens, mais seulement d'apporter le diagnostic le plus complet possible de la situation. Car si le diagnostic est faux, il n'y a aucune chance qu'on parvienne à vaincre le mal.

Le 19 octobre à Francfort, la chancelière Angela Merkel affirmait qu'il fallait "attaquer la crise à la racine" au lieu de s'attaquer seulement aux symptômes. Elle a parfaitement raison ! Et les racines de la crise, c'est trente ans de chômage et de précarité. C'est à cause du chômage de masse que la part des salaires a tant diminué. C'est à cause du chômage, des petits boulots et des petits salaires que nos économies ont besoin de toujours plus de dette. Le chômage n'est pas seulement une des conséquences de la crise. Il en est l'une des causes premières.

Pour sortir de notre dépendance à la dette, il faut réguler les marchés et taxer les plus hauts revenus mais il faut surtout s'attaquer au chômage : c'est seulement en donnant au plus grand nombre un vrai emploi et une vraie capacité de négociation sur les salaires qu'on sortira durablement de la crise.

En 1944, avant de convoquer le sommet de Bretton-Woods qui allait reconstruire le système financier, Franklin Roosevelt organisait le sommet de Philadelphie, qui adoptait comme priorité absolue le respect d'un certain nombre de règles sociales : "Il n'y aura pas de paix durable sans justice sociale", affirmaient Franklin Roosevelt et les autres chefs d'Etat avant de définir des règles sur les salaires, le temps de travail et le partage entre salaires et dividendes... Des règles très concrètes, à respecter dans chaque pays comme dans le commerce mondial. Avant que les néolibéraux ne les démantèlent, ces règles ont permis trente ans de prospérité sans dette.

Bonne nouvelle ! Si ce sont des décisions politiques qui nous ont amenés à la crise, d'autres décisions politiques peuvent nous en sortir. La justice sociale n'est pas un luxe auquel il faudrait renoncer à cause de la crise. Au contraire ! Reconstruire la justice sociale est la priorité absolue, le seul moyen de sortir de notre dépendance à la dette. Allons-nous attendre qu'il soit trop tard pour agir ? Quand Franklin Roosevelt arrive au pouvoir, en 1933, il succède à Herbert Hoover, dont le surnom était "Do Nothing" ("ne fait rien"). Le but de Roosevelt n'est pas de "rassurer les marchés financiers" mais de les dompter ! Il lui suffit de trois mois pour mettre en oeuvre quinze réformes majeures.

Les actionnaires sont furieux et s'opposent de toutes leurs forces à la loi qui sépare les banques de dépôt et les banques d'affaires, comme ils s'opposent aux taxes sur les plus hauts revenus, mais le président Roosevelt tient bon. Les catastrophes annoncées par les financiers ne se sont pas produites. Et l'économie américaine a vécu avec ces règles pendant un demi-siècle. "We must act !" répétait Roosevelt. Nous devons agir ! Hélas, depuis 2008, nos dirigeants font preuve d'une inertie aux conséquences dramatiques. Si l'Europe avait créé une taxe Tobin fin 2008, au plus fort de la première crise financière, elle aurait déjà rapporté entre 200 et 600 milliards d'euros, selon les différents scénarios en débat à Bruxelles.

Avec une telle cagnotte, le Parlement européen aurait réglé la crise grecque en quelques semaines sans demander le moindre effort aux citoyens et sans attendre le feu vert de seize Parlements nationaux. Et ce qui n'était qu'un problème modeste à l'origine (coût estimé à 50 milliards d'euros en 2009 et 110 milliards aujourd'hui) n'aurait jamais pris les proportions que la crise grecque a prises depuis quelques semaines. Le principe d'une taxe Tobin a été adopté par le Parlement européen, droite et gauche confondues, mais il est toujours "en discussion" dans les méandres du Conseil européen, et les lobbies financiers font tout pour ralentir son adoption définitive... Nos dirigeants discutent encore quand les spéculateurs agissent avec toujours plus de rapidité et d'efficacité. Qu'attendons-nous pour créer enfin cette taxe et rassurer le peuple allemand et les autres peuples d'Europe ?

C'est la dernière fois qu'on leur a demandé un effort ! Dorénavant, ce sont ceux qui ont accaparé des sommes considérables depuis trente ans qui seront mis à contribution pour abonder le Fonds européen de stabilité. Il faut dire la vérité : vu l'énormité des déséquilibres accumulés aux quatre coins de la planète, nous n'éviterons pas une nouvelle crise. La seule question qui se pose (mais elle est fondamentale !) est de savoir si cette crise se traduit seulement par quelques grosses turbulences, qui sont l'occasion de renforcer notre cohésion nationale, de construire enfin une Europe politique et d'humaniser la mondialisation, ou si elle est semblable au tsunami dont parle Nicolas Sarkozy. Un tsunami qui provoque l'effondrement de pans entiers de nos sociétés.

Vu l'interdépendance de nos économies et vu la mobilité des capitaux, il est évident que les décisions qui seront prises - ou ne seront pas prises - par le G20 de Cannes, début novembre, sont d'une importance cruciale. Il reste bien des leviers disponibles au niveau national et au niveau européen, mais une action concertée au niveau international aurait une tout autre efficacité.

Le G20 va-t-il enfin déclarer la guerre à la spéculation et à l'injustice sociale ? Ce G20 va-t-il retrouver l'esprit de Philadelphie et être à l'origine d'un sursaut de coopération et de justice sociale, ou restera-t-il dans l'histoire comme un sommet de mensonges et de lâcheté, comme les accords de Munich à l'automne 1938 ? Le G20 va-t-il vouloir encore "rassurer les marchés financiers" ou va-t-il enfin décider de les remettre à leur place ?

En France, toute la gauche a les yeux rivés sur l'élection de 2012. Cette élection est fondamentale, mais si le système économique s'effondre d'ici là, si l'analyse néolibérale s'impose dans le débat public et si les populismes se nourrissent du désespoir, rendant inaudible tout discours rationnel, la gauche aura la tâche encore plus difficile pour sortir de la crise.

L'économie mondiale n'est pas calée sur mai 2012. Vu la vitesse à laquelle la situation peut se dégrader, la présidentielle française est encore loin. Le devoir de la gauche est donc de dire toute la vérité et de peser avec force dans chaque débat, sur chaque décision. Tel est le sens de l'appel que nous venons de lancer (www.poureviterleffondrement.fr). Dès le G20 de Cannes et dans les prochains mois, les citoyens peuvent montrer qu'ils ne relâcheront pas la pression sur leurs dirigeants. Il n'est plus l'heure de parler mais d'agir. Pour que le G20 se donne les moyens de reconstruire la justice sociale, pour éviter l'effondrement de nos sociétés, soyons le plus nombreux possible à le signer et à le diffuser autour de nous.

 

 

lien : http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/10/24/pourquoi-les-indignes-ont-raison_1593000_3232.html

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25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 07:22

Stéphane Hessel n’imaginait peut-être pas en 2010, lorsqu’il publiait son « indignez vous » qu’il serait l’annonciateur d’une vague d’indignés, qui, de Wall Street à Bruxelles, en passant par Paris, Madrid, Londres, la Grèce, le Japon, l’Australie etc. refusent le monde qu’on leur propose.

Mais avant cette publication, des rescapés de la résistance, dont Stéphane Hessel, avaient encouragé dès 2004 à résister à l’occupant, faisant renaître le C.N.R (Conseil National de la Résistance), crée le 27 mai 1943 à Paris, présidé à l’époque par Jean Moulin. lien

Charlie Chaplin nous demandait déjà, dans son film « le dictateur », « d’ouvrir les yeux ». vidéo

Le programme du C.N.R. applicable dès la libération du territoire, est toujours d’actualité :

« Rendre la parole au peuple, pleine liberté de presse, indépendance de celle-ci à l’égard de l’état, des puissances d’argent et des influences étrangères, liberté de conscience, d’expression, liberté d’association, de réunion, de manifestation, inviolabilité du domicile, et secret de la correspondance, respect de la personne humaine, égalité absolue de tous les citoyens devant la loi ».

Alors sur le Plateau des Glières, haut lieu de la Résistance, ils ont été nombreux à appeler à s’indigner, comme Serge Portelli, vice président au tribunal de Paris, rappelant en 2010 (vidéo) que ceux que le gouvernement de Vichy qualifiait de terroristes, sont aujourd’hui des héros. Lien

Il continue de clamer aujourd’hui que « la justice française est en danger », et propose dans son livre « juger » une analyse très critique de la situation actuelle, conspuant la doctrine sécuritaire, fondée sur la peur de l’autre, affirmant que « l’obsession sécuritaire peut déboucher sur une catastrophe ». lien

On peut réécouter les prises de paroles de 2011 sur ce lien, et le prochain rassemblement de « paroles de résistance » aura lieu le 26 et 27 mai 2012. lien

On peut découvrir ici le Pacte pour les droits et la citoyenneté qui vient d’être lancé par 50 organisations.

Alors l’indignation a commencé à surgir en Tunisie, et l’immolation par le feu de Mohamed Bouazizi a été l’étincelle déclenchant le soulèvement du pays. lien

Elle fera tache d’huile, s’étendant à d’autres pays, mais c’est en Espagne que les révoltés prendront pour la première fois le nom d’« Indignados ».

Ces enfants de Stéphane Hessel, ont occupé la place « Puerta del Sol » à Madrid, reprenant à leur compte la phrase d’Obama : « Yes we camp » et se veulent en filiation avec les occupants de la place « Tahir ». lien

L’éditeur Ramon Perello a publié en février 2011, « Indignados » (édition Destino) lequel s’est déjà vendu à 430 000 exemplaires, occupant la première place dans les librairies. lien

Les dizaines de milliers de personnes qui sont sorties dans les rues de 58 villes Espagnoles, dès le 15 mai 2011 ne semblent pas prêts d’arrêter leur mouvement.

Les indignés, soutenus par 500 associations, dont Attac, Anonymous, (ici, leur dernier message) NoLesVotes et Juventud sin Futuro et beaucoup d’autres, refusent la collaboration des partis politiques et des syndicats (lien) même si le mouvement citoyen Occupy Wall Street vient d’être rallié par de nombreux syndicats. lien

Il est probable que l’analyse qu’ils ont pu faire des évènements de Mai 68, récupérés à l’époque par les syndicats, responsables en partie de l’échec de ce mouvement spontané, ne soit pas sans rapport avec leur position.

Au début de Mai 68 les ouvriers syndiqués de la base se mirent en rupture avec les délégués syndicaux, comme le raconte en détail l’historien Xavier Vigna, évoqué par Rémy Pavin dans son livre « l’autre visage de mai 68 » paru en 2008. lien

Et puis on se souvient que le PCF et la CGT canalisèrent ce mouvement, obtenant quelques avantages salariaux, lesquels furent vite compensés par une augmentation drastique du coût de la vie, annulant ainsi l'augmentation du SMIC. lien

Plusieurs marches d’indignées sont parties d’Espagne pour se retrouver le 15 octobre dernier à Bruxelles, convergents avec d’autres marches parties de Grèce, d’Allemagne, de France, d’Italie, et de Grande Bretagne. lien

Malgré leur pacifisme, ils ont eu a subir des violences de la part de la police, parfois en civil, comme à Bruxelles ou un député européen, invitant 8 d’entre eux à prendre la parole sous le regard peu encourageant des élus, furent, des leur sortie, aussitôt encadrés par les « forces de l’ordre » et empêchés de tenir une assemblée populaire pour rendre compte. lien

En France, patrie des droits de l’homme, les indignés ont été agressés par la police alors que leur démarche était tout, sauf violente. lien

Aujourd’hui, les « indignés des services publics » lancent un appel à la désobéissance, celui de Toulouse. lien

Dans le droit fil d’une campagne sur la désobéissance, il y a même des stages qui ont été organisés, tel celui du 10 et 11 mai dernier qui s’est tenu en Ardèche, prônant l’action directe non violente. lien

Leurs actions sont multiples, comme celle menée par exemple dans les Arènes de Rodilhan, du côté de Nîmes, pour empêcher une mise à mort payé par les contribuables, au cours duquel des apprentis toreros devaient massacrer a coup d’épée de jeunes taureaux. lien

Sur cette vidéo, on peut découvrir de quelle manière, leur action pacifique a été perçue, face à un public aviné et déchainé, sous l’œil bienveillant de la police locale.

Le 19 octobre, Stéphane Hessel et Edgard Morin, fondateurs historiques de l’indignation, se sont adressés aux candidats présidentiels en lançant l’appel de l’espérance. lien

A Wall Street, le mouvement, se réclamant du « printemps Arabe », prend de l’ampleur, et 700 indignés ont été arrêtés souvent avec violence. photos et vidéo

Deux journalistes, Roy Isen et Dick Brennan, en gardent les douloureuses traces. lien

L’espoir déçu qu’avait fait naitre Obama motive en partie la révolte des américains. lien

La célèbre journaliste canadienne, Naomi Klein (la stratégie du choc) affirme : « le mouvement « Occupons Wall Street » est actuellement la chose la plus importante au monde ». lien

De la manifestation dans « Zuccotti Park » le 30 septembre à New York, à l’occupation du Pont de Brooklyn le 1 octobre, suivie par celle de la Mairie de Los Angeles, le 3 octobre, puis par l’occupation de la Bank of America à Los Angeles, le 6 octobre, et enfin Wall Street le 7 octobre, les indignés semblent ne plus vouloir s’arrêter (lien) et a être pris au sérieux. lien

Après avoir occupé le Bureau du Sénat à Washington, ils envisagent d’autres occupations symboliques. lien

Une pétition qui devrait bientôt atteindre le million de signatures à été lancée début octobre. lien

Le mouvement s’est étendu comme une tache d’huile à 847 villes, (lien) et si Eric Cantor, chef de la majorité républicaine de la chambre des représentants des Etats unis les traitent injustement de « voyous », Obama, manifestement mal inspiré, à déclaré « nous avons traversé la crise financière la plus grave depuis la grande dépression, avec d’énormes dégâts collatéraux dans tout le pays, dans l’économie réelle, et on voit pourtant toujours certains irresponsables combattre les efforts engagés pour mettre fin aux abus qui nous ont amenés là ». lien

Ces déclarations ne semblent pas avoir de prise sur les manifestants, et à partir du 15 octobre plus de 900 manifestations d’indignés se sont tenues dans le monde, du Canada, à l’Amérique Latine, en passant par la Corée, l’Australie, le Japon etc. lien

Aux cris de « mettez fin aux guerres, taxez les riches », ils sont définitivement révoltés. lien

Depuis cette date, le mouvement des indignés est devenu global. lien

Sur cette carte, actualisée régulièrement, on peut découvrir tous les lieux d’indignation.

Dans cette vidéo, un petit tour du monde montrant la férocité policière qui s’exerce sur eux.

Sur ce lien, on peut suivre en direct le mouvement « Occupy Wall Street ».

Les blogs se multiplient, et celui de « FrenchRévolution » mérite plus qu’un détour.

Sur ce lien, on peut découvrir un court documentaire qui tente de raconter avec pas mal d’humour le mouvement de Wall Street.

Et les indignés de Grenoble après leur action du 22 octobre, proposant comme matière à réflexion leur « manifeste d’économistes atterrés », envisagent pour le 4 novembre 2011 la construction d’un mur des indignés. lien

Le mouvement « Tous candidats 2012 » est dans cette même logique lorsqu’il propose ses 5 solutions d’avenir. lien

Aujourd’hui 53% des français sont révoltés et en veulent non seulement à leur dirigeant, mais aussi aux banques. lien

Pour revenir à l’Europe, les indignés s’attaquent maintenant au M.E.S. (lien) (Mécanisme Européen de Stabilité) un traité européen préparé discrètement, déjà signé le 11 juillet 2011, devant être ratifié avant le 31 décembre 2011, lequel permettrait à cette nouvelle administration de vider les caisses des Etats, sans leur consentement, et aussi souvent qu’elle le voudrait. vidéo

Comme dit mon vieil ami africain : « réfléchir, c’est déjà désobéir »

Merci à Corinne Py pour son aide efficace.

 

lien : http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/les-enfants-d-hessel-102951

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