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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 07:32

La coalition de l'Alliance des forces nationales (AFN), donnée gagnante à l'issue des élections en Libye, a promis d'œuvrer pour un "Etat civil et démocratique" en cas de victoire définitive.

"Nous avons besoin de rétablir la sécurité et de rédiger la Constitution", a déclaré Faiçal Al-Krekchi, secrétaire général de l'AFN dans une interview à l'AFP. Il promet que parmi les priorités de l'Alliance figurent aussi la réactivation de la justice et la stimulation de l'économie. Il ajoute que "tout le monde était d'accord aussi pour que l'islam soit la référence principale dans la rédaction de la Constitution. Il n'y a pas de différend la-dessus". Ce que l'Alliance rejette, selon lui, est "l'utilisation de la religion a des fins politiques".

"PARLER DE LA RELIGION, C'EST ÉVITER DE DISCUTER DES PROGRAMMES" 

Une pique contre leur rivaux islamistes, accusés de politiser la religion. "Nous sommes un peuple à 100 % musulman. Parler de la religion, c'est éviter de discuter des programmes. Nous n'avons pas besoin actuellement de parler de musulmans, de mécréants ou de laïques", a-t-il déclaré. Selon M. Al-Krekchi, la position de l'AFN, qui regroupe une soixantaine de partis ainsi que des personnalités indépendantes et des organisations de la société civile, est que l'islam est un "acquis" dans le pays.

Pour l'AFN, le Parti de la justice et de la construction (PJC), issu des Frères musulmans, avait commis une "erreur" en se revendiquant comme "islamiste" et en tentant de faire passer les autres pour non musulmans. "D'ailleurs, le peuple a compris et les urnes ont donné leur verdict", a ajouté Faiçal Al-Krekchi.

Selon les résultats préliminaires communiqués par la Commission électorale, l'AFN a raflé la plupart des sièges réservés aux mouvements politiques, à l'issue du scrutin. Selon M. Al-Krekchi, l'alliance a gagné 55 sièges sur 80 réservés aux partis dans le futur "Congrès national général", qui comporte 200 sièges. Mais les 120 élus au scrutin uninominal font l'objet d'une rude compétition entre les libéraux et les islamistes, chacun cherchant à faire rallier le maximum de candidats gagnants à leur alliance. "Nous obtenons un total de 95 à 100 sièges dans l'Assemblée, soit 50 % du total, en comptant seulement sur la force propre de l'Alliance et sans entrer en alliance avec quiconque", a assuré Faiçal Al-Krekchi. Pourtant, l'AFN promet, même en cas de majorité au Congrès,de former "un gouvernement d'union qui regroupe tous les courants, avec la compétence comme seule condition".

 

http://www.lemonde.fr/libye/article/2012/07/11/en-libye-la-coalition-liberale-promet-un-etat-civil-et-democratique_1732447_1496980.html

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 07:29
EMPRISONNES EN LIBYE ET VICTIMES DE TRAITEMENTS INHUMAINS : Deux jeunes aventuriers sénégalais retracent l’enfer qu’ils ont vécu dans ce pays

Ils sont deux rescapés de l’enfer libyen. Faisant partie du groupe des 15 Sénégalais rapatriés de la Libye, le mercredi 4 juillet dernier, Moustapha Diaby
et Mohamed Diaby retracent ici avec force détails, le voyage périlleux, les formes de tortures dont ils ont été victimes et surtout l’exécution à laquelle ils
ont échappé à Mizra et Abou Salim, deux prisons libyennes.

 

 

 

Si l’histoire de «Barça ou Barzakh» a fait un tollé dans le monde, il semble que d’autres candidats au voyage continuent encore de nourrir l’espoir de réaliser un jour leur rêve: migrer pour faire fortune. C'est le cas de Moustapha Diaby, un plombier âgé de 26 ans et de Mohamed Diaby, menuisier coffreur. Originaires tous les deux de Tambacounda, ces deux jeunes aux destins croisés, ont vécu le calvaire en Libye et ont échappé à la mort, à plusieurs reprises. «L’enfer», ils disent l’avoir connu. Ce qui fait qu'ils avaient même perdu l’espoir de retourner vivants chez eux. Le récit de Mohamed Diaby en témoigne d'ailleurs, largement. Etant à la fleur de l’âge, les deux jeunes hommes avaient décidé de se rendre en Libye pour y chercher fortune. Pour cela, ils disent avoir emprunté le désert en passant par le Mali, le Burkina Faso, le Niger pour atterrir en Libye. «Il nous a fallu une semaine de route et une fois arrivés nous avons fourni des efforts inhumains, pour gagner, en un temps record, pas
moins d’un million de nos francs». Mais, poursuit Mohamed Diaby, leur calvaire a débuté le jour où ils ont été surpris sur le chantier où ils travaillaient. Appréhendés pour séjour clandestin, ils ont tout de suite été envoyés en prison. «Nous cherchions à régulariser notre situation lorsque nous avons été surpris par des libyens en tenue, qui nous ont confisqué l’ensemble des devises qui étaient en notre possession».

 

Et pourtant, racontent les deux aventuriers, «nous avions nos passeports et nos cartes nationales d’identité, en sus de l'argent que nous avions pu amasser auparavant». Et sur les 6 mois qu'ils ont passé en Libye, ils ont eu à passer 4 mois en prison. «Mon compagnon ici présent a été dépouillé de 1,250 million de francs, alors que moi j’y ai perdu 1,200 million francs, qu’ils avaient promis de nous restituer à notre libération, mais en vain». Et Mohamed Diaby de dire: «Ils nous ont tout volé». Poursuivant, il dit avoir été dans un premier temps, enfermé avec 5 autres Sénégalais, à «Mizra», une autre prison libyenne. «Nous avions pu nous évader, mais nous avons par la suite été traqués comme du gibier dans les montagnes du Sahara. Nous étions 8 fugitifs dont un Malien, 6 Sénégalais et un Gambien, mais ce dernier est mort» a raconté l'un des
aventuriers.

 

Le Gambien en question a reçu une balle au dos, au moment où le groupe a tenté de fuir. Et s'ils sont toujours vivants, racontent t-ils, c'est juste parce qu'ils ont sauté dans le vide.

«On nous obligeait à manger les restes d’aliments piétinés par ceux qui venaient des toilettes»
Arrêtés puis transférés à Abou Salim, une autre prison libyenne, ils ont là aussi eu de la chance. «Le repas qu’on nous servait n’était pas mangeable. Même des chiens refuseraient de le consommer. Il suffisait de l’avaler pour le vomir. Idem pour l’eau infecte qui nous était servie pour calmer notre soif» ont raconté Mohamed et Moustapha Diaby qui ont par ailleurs signalé que, pas moins de 5 détenus de nationalité nigérienne et béninoise sont morts sous leurs yeux. Selon eux, «Il suffisait que l’un des gardes pénitentiaires soit ivre pour venir nous
faire vivre l’enfer. Et même un simple regard leur suffisait pour venir nous violenter». Et ceux qui par malheur faisaient tomber les restes
d'aliments par terre étaient la cible des gardes qui attendaient le retour de ceux qui revenaient des latrines pour leur demander de piétiner les aliments qu'on devait manger. Soumis à toutes sortes de violences, les deux jeunes hommes racontent qu'ils étaient souvent sévèrement battus par les gardes. D'ailleurs, disent-ils, à plusieurs reprises, ils ont vu des gens mourir à la suite de tortures, ainsi que des cadavres qu’on transportait vers des destinations inconnues.«Tous sont morts à cause de traitements inhumains qu’ils nous infligeaient. Si tu tombes malade, là-bas, on ne t'amène même pas à l’hôpital et ils nous disaient ouvertement qu’ils n’avaient rien à cirer de nous voir mourir ou souffrir». Estimant qu'ils étaient 16 Sénégalais, mais qu'ils n'ont pas revu un des leurs, en l'occurrence Malang Dianfa, un habitant de Tambacounda âgé de 26 ans, Mohamed et Moustapha craignent même que ce dernier ne soit exécuté. «Il était dans cette même prison et il a été violemment tabassé puis jeté dans de l’eau. Nous croyions même qu’il allait en mourir et nous ignorons vraiment s’il est encore en vie ou non» regrettent les deux jeunes hommes.

«Nous avons failli être exécutés»
Traumatisés par ce qu'ils ont vécu, Mohamed et Moustapha Diaby ont raconté que «les libyens qui assuraient notre garde, dans cette prison, ont abattu plusieurs Noirs devant nous». Mais précisent-ils, il y a eu, par contre, des Tchadiens, des Burkinabés, des Nigériens, des Béninois, des Togolais, des Ivoiriens, des Maliens et aussi des Gambiens qui ont pu être extraits de ce trou, par leurs ambassadeurs qui sont venus à leur secours. «Tel ne fut pas le cas, pour nous, qui avions été snobés par l’ambassadeur du Sénégal. C’est au cours de notre premier mois de détention qu’on a appelé son excellence Moustapha Dieng, qui est l’ambassadeur du Sénégal en Libye, mais il nous a dit qu’il n’a pas de temps et qu’il travaillait» regrettent les deux aventuriers . Estimant avoir perdu, en un moment, «tout espoir de retourner en vie au bercail», les sieurs Diaby, disent avoir échappé de peu à une exécution. Et selon eux, un des pénitenciers du nom d’Al Hassan nous avait fait aligner, un jour, c’est alors qu’un de ses collègues a intervenu. «N’eût été l’intervention de cet homme âgé, il allait tous nous massacrer, parce que celui-ci avait dévié le coup qui est parti en l’air, à la seconde où Al Hassan appuyait sur la gâchette de son arme braquée contre nous» raconte Mohamed. Dans
la prison où ils étaient incarcérés, il n’y avait que l’ambassadeur qui pouvait venir en aide à ses concitoyens, souligne t-il. Et disent-ils, ceux qui nous gardaient, nous demandaient même ce qui empêchait notre ambassadeur à venir nous voir. Ce sont des agents municipaux (Am) qui nous ont procuré nos laissez-passer. Mais lui, il a attendu le jour où on devait rentrer, pour nous envoyer le consul sénégalais établi en Libye. C’est ce dernier qui nous a accompagnés à l’aéroport.

«M. Dianfa, un Sénégalais de 26 ans violemment torturé est toujours retenu par ses geôliers»
Et pour conclure, les deux aventuriers de dire qu'ils se devaient de raconter cette histoire pour dénoncer l’inertie dont ont fait preuve des autorités consulaires et diplomatiques sénégalaises, face aux calvaires de leurs compatriotes en Libye. Et surtout sensibiliser nos gouvernants pour que d’autres compatriotes ne vivent pas ce qu’on a vécu. «On est aujourd’hui revenu au bercail, les poches vides et plus misérables qu’auparavant. Il a fallu qu’on arrive à l’aéroport de Dakar Yoff, pour qu’on remette à chacun d’entre nous 10 000 francs pour le ticket du retour» disent-ils. Une somme qui leur a été distribuée dans un des bureaux, sis à l'aéroport et qui leur aurait été offerte par le gouvernement. Seulement, se désole t-il, ils n'ont pas pris en compte les destinations des uns et des autres. Mohamed et Moustapha Diaby et 13 autres Sénégalais ont foulé le tarmac de l’aéroport de Dakar, le mercredi 4 juillet dernier, vers 00 heure après une escale au Maroc.

Youssoupha MINE

 

 popxibaar

 

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 07:26

La victoire de la coalition libérale de l'ancien Premier ministre Mahmoud Djibril aux élections législatives libyennes de samedi se confirme mais les islamistes tentent de renforcer leur présence dans la future assemblée en s'appuyant sur les candidats indépendants. /Photo prise le 8 juillet 2012/REUTERS/Zohra Bensemra (c) Reuters

 

La victoire de la coalition libérale de l'ancien Premier ministre Mahmoud Djibril aux élections législatives libyennes de samedi se confirme mais les islamistes tentent de renforcer leur présence dans la future assemblée en s'appuyant sur les candidats indépendants. /Photo prise le 8 juillet 2012/REUTERS/Zohra Bensemra (c) Reuters

par Marie-Louise Gumuchian et Hadeel Al Shalchi

TRIPOLI (Reuters) - La victoire de la coalition libérale de l'ancien Premier ministre Mahmoud Djibril aux élections législatives libyennes de samedi se confirme mais les islamistes tentent de renforcer leur présence dans la future assemblée en s'appuyant sur les candidats indépendants.

Selon des résultats partiels, l'Alliance des forces nationale (AFN) de Djibril se dirige vers une victoire écrasante à Benghazi, la deuxième ville du pays et foyer de la révolution contre Mouammar Kadhafi. Elle y obtiendrait 95.733 voix contre 16.143 au Parti de la Justice et de la Reconstruction (PJR), la branche politique des Frères musulmans.

Elle l'emporterait aussi dans les régions de Tobrouk et de Derna, également dans l'est du pays et qui étaient pourtant considérées comme des bastions des mouvements islamistes.

L'AFN devrait également s'imposer à Sebha, la capitale du Fezzan, dans le Sud désertique.

Le PJR est en tête à Chati, dans le centre du pays, l'une des rares villes où l'AFN ne se présentait pas.

Les observateurs internationaux ont présenté comme un succès ce scrutin, les premières élections libres depuis soixante ans en Libye, même s'ils n'ont pu se rendre dans le Sud en proie à des rivalités tribales. Le jour du vote, des violences ont fait au moins deux morts.

L'avance de la coalition de Djibril, qui regroupe une soixantaine de formations, pourrait cependant ne pas se traduire automatiquement par une claire majorité à l'Assemblée nationale provisoire de 200 membres, qui devra choisir un Premier ministre et organiser de nouvelles élections législatives l'an prochain.

En effet, quatre-vingts sièges seulement sont alloués au scrutin de liste, ce qui signifie que les élus indépendants, dont les allégeances politiques sont parfois difficiles à établir, pourraient conclure des accords avec les islamistes.

Un candidat indépendant, Abou Bakr Abdel-Gader, a déclaré à Reuters avoir été approché par les islamistes qui lui ont offert un poste dans les instances du PJR, offre qu'il a repoussée. "J'ai refusé. Je n'ai pas fait la révolution et ramené du front les corps ensanglantés de nos martyrs pour que les islamistes prennent le pouvoir et nous isolent encore une fois du monde", a-t-il dit.

LES ISLAMISTES ACCUSENT DJIBRIL

Dans une interview accordée à Reuters, Mohammed Sawan, le président du PJR, a refusé d'évoquer la défaite. Il juge au contraire que lorsque les résultats des candidats indépendants seront connus, la victoire de son parti sera claire.

"Peut-être que les résultats finaux montreront que Justice et Reconstruction est le principal parti", a-t-il déclaré.

"Les Libyens ne connaissent pas la réalité des islamistes et des Frères musulmans ou du PJR parce qu'ils font l'objet d'une phobie, mais la preuve du succès des islamistes se verra dans les votes pour les candidats indépendants, et chacun verra que les 120 élus indépendants seront des islamistes", a-t-il ajouté.

Mohammed Sawan a par ailleurs accusé Mahmoud Djibril d'avoir "trompé" les électeurs en se présentant comme un candidat islamiste.

"Djibril ne s'est pas présenté au peuple libyen comme un libéral", a-t-il affirmé. "Les courants laïcs ont bénéficié des révolutions du Printemps arabe et ont levé l'étendard des références islamiques (...) les Libyens ont voté pour Djibril car on le considérait aussi comme un islamiste."

Selon les spécialistes interrogés mercredi par Reuters, il est encore trop tôt pour se lancer dans des estimations de sièges à l'Assemblée.

La commission électorale nationale avait déclaré qu'elle serait en mesure de publier des résultats préliminaires mercredi mais les chiffres pour la plupart des quartiers de Tripoli, la capitale, sont encore inconnus.

Après quatre décennies de régime autocratique de Mouammar Kadhafi, 1,6 million d'électeurs sur 2,8 millions d'inscrits - un taux de participation de 65% - ont voté samedi avec de la joie et parfois des larmes d'émotion.

Avec Hadil al Chalchi et Ali Chouaib, Guy Kerivel et Julien Dury pour le service français, édité par Henri-Pierre André

 

nouvelobs

 

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 03:54

Un avenir incertain pour ceux qui reviennent dans la ville de Kadhafi


 

Photo: Heba Aly/IRIN
C’est le calme maintenant : les rues de Syrte après les combats

SYRTE, 2 décembre 2011 (IRIN) - Syrte, dernier champ de bataille entre les rebelles et les combattants fidèles à l’ancien leader libyen Mouanmar Kadhafi, est une ville brisée. 

Plus d’un mois après la fin des combats dans cette ville côtière – lieu de naissance de Kadhafi et la dernière place à avoir été libérée, ou plutôt, d’après les gens d’ici, la dernière à avoir été battue – une bonne partie des rues n’est plus qu’un amas de décombres et de bâtiments calcinés couverts d’impacts de balles et de roquettes ; certains trous font jusqu’à un mètre de diamètre. Des lampadaires cassés sont suspendus de façon précaire au-dessus des rues. « Même les arbres sont blessés, » a fait remarquer un travailleur humanitaire. 

Les écoles sont fermées. Le réseau de téléphone mobile ne marche pas. Très peu de magasins sont ouverts. Presque toute la population, c’est-à-dire 65 000 personnes, a été déplacée. 

Avec le retour de l’eau et de l’électricité dans de nombreux quartiers de la ville ces derniers jours, les gens reviennent lentement, mais sûrement. 

Toutefois les travailleurs humanitaires admettent qu’on ne comprend pas encore très bien la dynamique à l’œuvre et le retour des habitants pourrait être très déstabilisant, s’il n’est pas géré avec précaution. 

Dans une ville qui a été détruite au moins autant par les divisions très politisées entre une grande partie des habitants et le reste du pays que par les roquettes, le retour des habitants soulève bien des questions quant à la capacité et à la volonté de la nouvelle Libye de réintégrer ces résidents qui continuent à soutenir leur leader déchu.
 
 

Les retours 

Les estimations concernant le nombre de personnes retournées à Syrte varient énormément. Selon Abdeljalil Abdelsalam Al-Shawif, vice-président de conseil militaire de Syrte, les trois quarts de la population sont revenus, mais cette affirmation est réfutée par les agences humanitaires pour qui le chiffre se rapprocherait plutôt de 25 pour cent. 
Volets baissés, devantures fermées et quartiers sans vie semblent aussi suggérer des taux de retour moins importants. Khaled Ben-Ali, directeur de l’Agence libyenne des secours et de l’aide humanitaire (LibAid), a dit qu’il faudrait des mois pour que la population revienne à Syrte. 

Malgré tout, les agences humanitaires constatent une diminution du nombre de personnes déplacées. 

« La situation sécuritaire s’améliore de jour en jour », a indiqué M. Al-Shawif. L’eau et l’électricité sont revenues dans 90 pour cent de la ville, a t-il ajouté, mais on ne sait pas encore si cette eau est potable. 

Cette affirmation est contestée aussi par les agences humanitaires, surtout pour ce qui est des zones les plus endommagées par les combats, notamment la zone 2 et le quartier dit des « 700 », où selon le Comité International de la Croix-Rouge (CICR), seulement 5 pour cent des foyers ont accès à l’un ou l’autre de ces services essentiels. 

Faisel Mohamed Jelwal, responsable de la planification à la Compagnie électrique libyenne, a indiqué à IRIN qu’il faudrait « longtemps » avant que la zone 2 ne soit reconnectée à l’électricité, étant donné les dommages subis. 

Les travailleurs humanitaires mettent en garde en soulignant qu’un retard dans les services essentiels et tout sentiment de discrimination pourraient exacerber les tensions.

 
 
 

Le grand nettoyage 

Marwa* ouvre la porte de sa maison dans la zone 2, un masque autour du cou. Elle est rentrée chez elle il y a un mois et depuis, elle fait du nettoyage. 

Dans le pays, la résistance la plus farouche est venue de son quartier pro-Kadhafi, et quand elle est rentrée, elle a trouvé sa maison sens dessus dessous. 

Elle blâme les rebelles pour ce chaos, disant qu’ils sont entrés dans chaque maison pour y chercher des armes et des partisans de Kadhafi. 

Elle a trouvé des impacts de balles dans les endroits les plus inattendus, des gravats plein son lit, ses livres jonchant le sol, un matelas apparemment dépecé par une fusillade et un trou béant dans le toit. Elle a fait un tas des obus de mortier et des ailerons de roquettes qu’elles a rassemblés. 

Quelques maisons plus loin, le pare-brise du camion de son voisin est en morceaux et la porte du garage est parsemée d’impacts de balles. 

« Ils disent que tout va mieux maintenant, » dit-elle. « Mais ça ne va pas mieux. »
 
Les banques ont été détruites et il n’y a pas d’argent pour la reconstruction, dit-elle. 

« Les stratégies de survie ont sans aucun doute été mises à rude épreuve quand les familles ont vu leurs biens détruits à cause des combats, » a dit à IRIN Karim Khalil, directeur de l’Agence d’Aide à la Coopération Technique et au Développement (ACTED) en Libye. 

Mais les agences d’aide concentrent leur énergie sur des questions plus strictement humanitaires, comme l’approvisionnement en nourriture et les soins médicaux pour les déplacés et les familles retournées, et considèrent que la reconstruction des maisons relève de la responsabilité du gouvernement. Selon elles, certains habitants se sont plaints en disant que ceux qui avaient détruit leur maison devraient la reconstruire. Jusqu’à présent, les conseils locaux et les conseils militaires aux mains des rebelles n’ont présenté aucun plan. 

Il n’y a pas eu non plus le moindre semblant de présence du Conseil National de Transition, ce qui « serait pourtant un bon moyen de guérir [les blessures] et de bâtir une relation de confiance, » a dit à IRIN Yahia Alibi, responsable du Bureau du CICR dans la région. 

 

Une politisation de l’aide ? 

Ici dans la zone 2, on continue clairement à soutenir Kadhafi. Dans ces rues poussiéreuses, le cinquième fils de celui-ci, Mouatassim, avait l’habitude de jouer avec les enfants du coin. Les drapeaux verts flottaient devant chaque foyer. Le nouveau drapeau révolutionnaire n’est visible nulle part. 

Selon M. Al-Shawif du conseil militaire, un comité local de secours a été établi dans chaque quartier de Syrte pour aider ceux qui sont dans le besoin, mais les chefs de ces comités sont nommés par le conseil militaire anti-Kadhafi. 

« L’ardeur dont ils font preuve pour distribuer l’aide dépend des sensibilités politiques, mais aussi des capacités » a dit un travailleur humanitaire. 

Marwa a dit qu’elle avait dernièrement reçu de la nourriture et un kit d’hygiène du Croissant-Rouge libyen, mais elle pense que l’assistance est réservée en priorité aux habitants connus pour avoir soutenu les révolutionnaires durant la guerre. 

La distribution de l’aide provenant des agences locales a été compliquée, étant donné les mauvaises relations entre les habitants de Syrte et les rebelles de Misrata, la grande ville la plus proche, qui ont finalement écrasé les combattants pro-Kadhafi. 

Le bureau de LibAid de Misrata a distribué de la nourriture aux personnes retournées à Syrte à la fin octobre, mais « en raison des divergences entre Syrte et Misrata » a indiqué un volontaire, LibAid a demandé à sa branche de Benghazi de s’occuper de la distribution dans cette région. 

Des volontaires du Croissant-Rouge de Misrata - dont beaucoup faisaient partie des révolutionnaires ou avaient perdu des membres de leur famille aux mains des troupes de Kadhafi – ont dû faire face aux insultes des autres à Misrata quand ils ont aidé à ramasser les cadavres à Syrte pour les identifier correctement, a dit M. Alibi. 

« Ce n’était pas facile pour eux de rester aussi neutres que possible. [Mais] ils l’ont fait. » 

 

De nouveaux dirigeants 

Mais à Syrte, les tensions vont bien au-delà de l’aide humanitaire. 

La ville est contrôlée de l’extérieur par des brigades – des unités de rebelles qui assurent actuellement la sécurité en l’absence de services gouvernementaux – venues des villes révolutionnaires voisines, Benghazi et Misrata. M. Al-Shawif, comme beaucoup de membres du conseil militaire, est originaire de Syrte mais vivait à Misrata et fait partie d’une de ces brigades. 

Essentiellement « la population revient et est confrontée à un régime qui, pour elle, n’est pas représentatif, » a dit un travailleur humanitaire. « Cela va perturber les retours. » 


Photo: Heba Aly/IRIN
Une habitante de Syrte montre les dommages infligés à sa maison suite aux affrontements entre les partisans et les forces anti-Kadhafi

 

« Les gens n’acceptent pas nécessairement le nouveau pouvoir, le nouveau régime si facilement que ça, » a dit à IRIN Emmanuel Gignac, responsable de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) en Libye. « Il y a, probablement, au sein de la population, un sentiment d’amertume. Il faudra du temps. » 

Même quand elle est chez elle, Marwa baisse la voix quand elle parle de ses sympathies. Elle a peur de critiquer les nouveaux dirigeants, un assemblage de brigades rebelles qu’on voit passer dans des camions équipés de mitraillettes. 

« Nous sommes tous inquiets, » a t-elle dit. « Je ne sais pas ce que l’avenir nous réserve. Pour l’instant, nous allons nous contenter de remettre nos vies en ordre. » 

Une voisine a indiqué que les habitants et les rebelles qui gèrent désormais la ville n’avaient pas grand chose à voir les uns avec les autres. 

« Un jour, nous les chasserons d’ici ; » a t-elle déclaré. « c’est le territoire de Kadhafi, après tout. » 

Même si la plupart des armes dans le quartier ont été enlevées par les rebelles, a indiqué Marwa, certains habitants ont encore des armes à feu chez eux. 

Les membres des brigades continuent à emmener des gens qu’ils soupçonnent d’avoir combattu du côté de Kadhafi, a ajouté Marwa. Son oncle, professeur d’université venu du Royaume-Uni, qui selon elle était partisan de Kadhafi, mais pas un combattant, fait partie [des gens arrêtés]. 

En octobre, Human Rights Watch a révélé « l’exécution apparente » de 53 partisans de Kadhafi à Syrte, après avoir trouvé leurs corps - dont certains avaient les mains attachées derrière le dos - en état de décomposition, derrière un hôtel de la ville. 

M. Al-Shawif a reconnu que certaines des brigades de Misrata avaient commis des exactions, mais, a t-il dit, elles ont reçu l’ordre de quitter la ville maintenant que Syrte a sa propre structure politique et militaire. 

« Chaque personne originaire de la ville est libre de revenir, sauf ceux qui étaient les meneurs dans les affrontements, » a t-il ajouté. 

A la question de savoir comment ceux-ci seraient identifiés et si un système judiciaire était en place pour les juger, il a répondu : « Nous savons à qui nous avons à faire. » 

 

Mise en garde 

Après une visite inter-agences à Syrte et dans les environs en octobre, les Nations Unies ont sonné l’alarme : « Le risque est grand que la frustration et le ressentiment qui règnent chez les déplacés à long terme ne contribuent à l’instabilité. » 

Selon M. Gignac du HCR, la façon de traiter les gens qui ont soutenu Kadhafi va être un signal important dans les semaines et les mois à venir. « Si on ne peut pas les réintégrer dans le nouveau tissu social libyen, c’est que [la révolution] est un échec. » 


source http://www.irinnews.org

 

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Comité international de la Croix-Rouge (CICR)

 

Suivi de la situation des détenus

 

01-12-2011 Point sur les activités N° 16/2011

Ces dernières semaines, le CICR a continué de visiter des centaines de personnes détenues par les différentes autorités dans le pays et à enlever les munitions non explosées à Syrte et Bani Walid. Il a fourni une assistance urgente à 30 000 personnes qui rentraient au centre de Syrte.

« Au cours des dix derniers jours, nos délégués ont visité des personnes détenues dans des divers lieux, à Tripoli, Khoms, Tarhouna, Zawiyah, Zlitan, Misrata et Benghazi, et Zintan, dans les montagnes Nefusa au sud-ouest de Tripoli », a déclaré Georges Comninos , chef de la délégation du CICR en Libye.

La priorité du CICR est de visiter toutes les personnes détenues, y compris les anciens dirigeants. Ces visites ont pour but de vérifier les conditions de détention et le traitement qui est réservé aux détenus, et de leur fournir des soins médicaux en cas de besoin. Les détenus ont aussi la possibilité de contacter leurs familles.

Ces dernières semaines, des articles d'hygiène et des couvertures ont été distribués aux détenus qui en ont le plus besoin.

Les visites aux détenus se déroulent selon les modalités de travail habituelles du CICR. Les délégués du CICR visitent tous les locaux, s'entretiennent en privé avec les détenus de leur choix, répètent leurs visites et font part de leurs observations et recommandations exclusivement aux autorités compétentes. Le CICR estime que c'est la meilleure façon d'obtenir des résultats satisfaisants.

« Dans nos nombreux contacts avec les autorités détentrices, nous soulignons le caractère strictement humanitaire de notre travail », a précisé M. Comninos.

Depuis mars, le CICR a visité plus de 8 500 détenus dans quelque 60 lieux de détention. La plupart des visites ont eu lieu à Tripoli, à Misrata et d'autres villes proches.

 

Aide aux personnes rentrant à Syrte

«  Les habitants de Syrte commencent à regagner leurs maisons, sauf dans les zones les plus dévastées de la ville, notamment le quartier n° 2 et la zone n°700 où peu de maisons ont l’eau et l’électricité», a indiqué M. Comninos.

En collaboration avec les volontaires du Croissant-Rouge libyen, le CICR continue de fournir une assistance urgente à ceux qui retournent au centre de Syrte. À ce jour, plus de 30 000 personnes ont reçu des rations alimentaires et divers articles (couvertures, jerrycans et assortiments d’articles d'hygiène). De la nourriture pour bébés et des couches sont distribuées aux mères ayant des petits enfants.

Un point de distribution permanent a été mis en place à la section jeunesse du Croissant-Rouge libyen où les habitants viennent pour prendre les articles dont ils ont besoin.

 

Enlèvement de centaines d’engins non explosés

Des quartiers de Syrte et Bani Walid sont toujours dangereux en raison des nombreux engins non explosés qui s’y trouvent. Le nombre de ces engins serait considérable à Syrte.

« Les accidents se produisent généralement lors de la manipulation de ces engins, notamment par les enfants, et lorsque les habitants essayent de procéder eux-mêmes à leur enlèvement dans les différents quartiers, » a précisé Jennifer Reeves, déléguée du CICR. « Au cours des 20 derniers jours, ces incidents auraient provoqué dix morts dans la ville ou à proximité. La plupart des victimes ont entre 10 et 22 ans. Dans un village situé à la périphérie de Syrte, trois membres d’une même famille - un frère, une sœur et leur grand-mère - ont perdu la vie dans l’explosion d’un engin. »

« À Syrte, depuis le 15 novembre, notre personnel a procédé physiquement à l’enlèvement de ces engins (grenades, roquettes et mortiers) à l’hôpital Ibn Sina, dans les rues et les maisons », a-t-elle ajouté. « À ce jour, 240 engins non explosés, dont 70 pièces de munitions d'armes légères ont été enlevés. Nous envisageons de détruire les engins cette semaine. »

À Bani Walid, le CICR a enlevé plusieurs centaines d'engins non explosés depuis le 13 novembre. Quatre routes, 45 maisons, trois écoles et un terrain de football ont été dépollués dans des zones à forte population.

Le CICR assure la formation des volontaires du Croissant-Rouge libyen et autres volontaires dans les communautés afin de sensibiliser la population aux dangers inhérents à la manipulation des restes explosifs de guerre. Le CICR et le Croissant-Rouge libyen ont installé des panneaux d'affichage à Syrte et Bani Walid et distribué des affiches et des dépliants. Le 22 novembre, ils ont lancé une campagne radio de trois semaines avec cinq chaînes de radio. « La radio est un moyen efficace pour atteindre les habitants et les personnes déplacées, on peut l’écouter partout », a précisé Mme Reeves.

 

Assistance médicale pour les personnes à Ghat et dans d’autres villes dans le sud

Tout en évaluant la semaine dernière les besoins dans le sud du pays, le CICR a distribué 24 000 seringues à insuline et des fournitures chirurgicales pour traiter des patients blessés au centre médical de Sabha, et 26 000 seringues à insuline pour diabétiques à la clinique de Qurda. Il a aussi distribué trois trousses avec des assortiments de pansements et des fournitures en quantité suffisante pour traiter mille patients à une structure médicale à Qutroun et à une autre à Ghat.

Dans l’ensemble, le système de soins médicaux en Libye est de nouveau opérationnel. Toutefois, la distribution d'articles médicaux à certaines installations situées loin de la capitale n'est pas encore revenue à la normale.

Le CICR est la première organisation internationale humanitaire à s’être rendue à Ghat, ville située à la frontière avec l'Algérie, depuis le début du conflit.

 

Informations complémentaires :
Soumaya Beltifa, CICR Tripoli/Benghazi, tél. : +88 16 22 43 70 61 ou +218 9 923 304 560

Steven Anderson, CICR Genève, tél. : +41 22 730 20 11 ou +41 79 536 92 50

source http://www.cicr.org/

 

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26 novembre 2011 6 26 /11 /novembre /2011 04:49

par Louis Denghien

BHL ou la barbarie à visage mondain

BHL ou la barbarie à visage mondain

« C’est en tant que juif que j’ai participé à cette aventure politique, que j’ai contribué à définir des fronts militants, que j’ai contribué à élaborer pour mon pays et un autre pays une stratégie et des tactiques. »

Cette déclaration (pour une fois) bouleversante d’authenticité a été faite le 20 novembre à Paris par Bernard-Henri Lévy à propos de la Libye devant la « convention nationale » du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). « Mon pays » et « l’autre pays » ne désignent pas Israël et les Etats-Unis, comme on serait très tenté de le croire, mais la France de Sarkozy et la Libye. La Libye que BHL s’est suffisamment vanté d’avoir fait bombarder sur un simple coup de fil à Sarkozy, et par-dessus le crâne chauve et le cerveau atlantiste d’Alain Juppé.

Donc, qu’on se le dise, si BHL a déchaîné, tel le dieu de l’Ancien Testament, la foudre de l’OTAN sur les Libyens, attisant la guerre civile et installant au pouvoir des radicaux islamistes, c’est pour des raisons communautaires : « Je ne l’aurais pas fait si je n’avais pas été juif ». Décidément, avec BHL, les fantasmes antisémites seraient tentés de prendre corps, et sans doute l’homme fait-il plus de mal à la cause qu’il prétend défendre que toutes les exactions et injustices passées, présentes et à venir du gouvernement Netanayahou.

A ce sujet, on doit reconnaître au personnage, si détestable ou méprisable soit-il, d’incarner un archétype – ou une caricature – commode à appréhender, et à décrédibiliser : histrion médiatique, plagiaire littéraire, faussaire historique, fauteur de guerre, plus américain – ou new-yorkais – que pas mal d’Américains, plus sioniste que nombre d’Israéliens, arrogant, valet des puissances d’argent et des puissances géopolitiques – allez, on s’arrête là – BHL est un ennemi de rêve, presque trop évident. Et c’est une bénédiction – d’un genre certes particulier – que ce monsieur ait pris – ou tenté de prendre – sous son aile l’opposition syrienne exilée, la transformant illico en piétaille américano-sioniste ou, pire, en phénomène mondain : cf la malheureuse Lama Atassi posant à côté de Jane Birkin sur le site « Pure People« . S’il n’avait que des ennemis de ce genre, le président Bachar pourrait dormir tranquille, même en journée.

De Lawrence d’Arabie à Michel Audiard

A la liste des qualités de l’individu, il faut quand même ajouter celle de mythomane : devant le CRIF, Bernard-Henri Lévy, saisi peut-être par une sorte d’ivresse des cimes, a osé dire : « Ce que je vous dis là, je l’ai dit à Tripoli, à Bengazi, devant des foules arabes, je l’ai dit lors d’une allocution prononcée le 13 avril dernier sur la grand-place de Benghazi devant 30 000 jeunes combattants représentatifs de toutes les tribus de Libye »Ben voyons ! BHL faisant de la retape pour Israël devant un public à très forte coloration islamiste, au milieu de leaders fondamentalistes admirateurs d’Oussama ben Laden, c’est l’évidence même ! (mais peut-être l’interprète a-t-il eu, à ce moment, des « difficultés » de traduction…) Quand on songe que même Sarkozy, lors de sa parade express à Tripoli, a fait tenir cet histrion à distance des micros, des caméras et de lui-même, sa garde rapprochée le refoulant à deux reprises et sans ménagement ! Au fait, le regretté Michel Audiard avait, en d’autres temps, fait dire à un de ses personnages : « Ca ose tout les cons, c’est même à ça qu’on les reconnaît ! »

Naturellement, ce qui a valu pour la Libye vaut toujours pour la Syrie, du point de vue « BHLien ». Avis aux amateurs de l’opposition syrienne : pour un BHL, un Arabe sera toujours un figurant. Ou, pour reprendre une formulation de Lénine, un « idiot utile« .

Imposture dans l’imposture, en quelque sorte, la « convention » du CRIF portait entre autres, sur les « défis communautaires » : on peut dire à cet égard que BHL est un défi à lui tout seul !

Un philosophe combattant s'expose à bien des dangers. Au fait, il ne s'est pas trouvé un seul islamiste libyen pour entarter BHL... ?

Un philosophe combattant s'expose à bien des dangers. Au fait, il ne s'est pas trouvé un seul islamiste libyen pour entarter BHL... ?

Source 

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 22:29

Violences contre les pro-Kadhafi

Des milices de Misrata mènent des attaques de représailles contre des habitants déplacés originaires de la ville de Touarga, un bastion des partisans de Mouammar Kadhafi durant les huit mois de conflit en Libye, a affirmé Human Rights Watch (HRW). "Des milices de Misrata terrorisent les habitants déplacés de la ville voisine de Touarga, les accusant d'avoir commis des atrocités avec les forces de Kadhafi à Misrata", notamment des viols et des meurtres, a indiqué l'organisation de défense des droits de l'Homme .

HRW, qui se base sur des témoignages de dizaines d'habitants de Touarga déplacés à travers le pays, fait état de tirs de miliciens de Misrata sur des habitants non armés, d'arrestations arbitraires et de violences commises sur des détenus, ayant conduit dans quelques cas à la mort. L'ONG souligne que Touarga a été en partie pillée et incendiée, les miliciens ayant affirmé que les 30.000 habitants, qui ont tous fui, ne devaient jamais être autorisés à revenir "après ce qu'ils ont fait à Misrata".

HRW appelle le Conseil national de transition (CNT), le nouveau pouvoir en Libye, à placer la centaine de groupes armés de Misrata sous un commandement unique et à juger les responsables de crimes. Touarga a servi de base lors des attaques menées contre Misrata par les forces de Mouammar Kadhafi, qui ont assiégé la ville pendant cinq mois.

"Dans la nouvelle Libye, les habitants de Touarga accusés de méfaits devraient être jugés en fonction de la loi et non pas par des milices se faisant elles-mêmes justice", a affirmé la directrice de HRW au Moyen-Orient, Sarah Leah Whitson, en soulignant que les actes de vengeance "portaient atteinte au but de la révolution libyenne".

Le CNT a annoncé le 23 octobre la libération totale du pays, après la prise de Syrte, dernier bastion pro-Kadhafi, et la mort du "Guide" libyen. Mais de nombreux milices sévissent encore dans le pays et le ressentiment vis-à-vis des anciens partisans de Mouammar Kadhafi est toujours vif.

source : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/10/30/97001-20111030FILWWW00086-libye-violences-co

 

 

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Chaque jour, Mohammed ramasse les cadavres dans les ruines de Syrte


Des Libyens portent le corps d'un homme mort dans la bataille de Syrte le 22 octobre 2011

Des Libyens portent le corps d'un homme mort dans la bataille de Syrte le 22 octobre 2011 PHILIPPE DESMAZES AFP.COM

SYRTE (Libye) - Il a 32 ans et le regard hanté de ceux qui ont vu trop d'horreurs pour dormir en paix. Mohammed Younès Al-Hemali fait partie des volontaires ramasseurs de cadavres dans les ruines de Syrte, ville fantôme où Mouammar Kadhafi se terrait avant sa mort le 20 octobre.

Le parfum lourd et douceâtre de la putréfaction plane avec insistance sur la cité totalement dévastée par des semaines de bombardements et de combats de rue.

Pas un jour sans la découverte de dizaines de morts enterrés à la hâte dans un jardin, pris dans les décombres de bâtiments effondrés ou pourrissant en plein air. Des civils et des combattants, tués lors d'affrontements ou de bombardements ou encore exécutés par l'un ou l'autre camp.

Au moins 500 corps ont été enterrés depuis dimanche, selon les volontaires chargés de leur collecte.

Mohammed Younès Al-Hemali fait partie de ces volontaires. Longs cheveux bouclés sous une casquette de base-ball, en jeans et baskets, il contemple 26 tombes sommaires, de petits monticules de sable odorants marqués par des parpaings gris ne portant aucun nom, sur le site très endommagé d'une société de traitement des eaux du quartier n°2, où les forces de l'ancien dirigeant s'étaient réfugiées avant leur déroute.

Sans doute des soldats de Kadhafi tués dans les combats et enterrés à la hâte par leurs frères d'armes, jugent les volontaires, une hypothèse impossible à vérifier.

Mohammed redoute la suite: "Il va falloir les déterrer pour les amener au cimetière..."

Cinq jours déjà que cet ancien chauffeur de taxi vit du matin au soir cette horreur qui lui ronge l'âme, dans une ville réduite à un tas de décombres.

"Je suis désolé de voir ma ville comme ça. Les thowar (révolutionnaires) auraient pu la prendre en la détruisant beaucoup moins. Mais il y avait une grande résistance des hommes de Kadhafi, et je pense que les thowar voulaient punir Syrte", estime-t-il.

Car "la majorité des gens de Syrte soutenaient Kadhafi, même mes proches", confie-t-il. A leur décharge, il assure que "personne ne savait rien de ce qui se passait, le téléphone ne marchait pas".

"J'étais contre ces tueries depuis le début, d'un côté ou de l'autre, mais j'étais le seul", ajoute-t-il.

Depuis cinq jours, "on roule à travers la ville, on cherche, on demande aux gens. Parfois les gens viennent nous voir pour nous dire qu'il y a des corps chez eux. Les familles, quand elles rentrent chez elles, trouvent souvent un corps ou une tombe de fortune dans leur propriété".

"On les ramasse, on les nettoie et on les enterre décemment", résume-t-il.

Il s'est porté volontaire peu après son retour dans le quartier n°2, qu'il avait fui lorsque les affrontements s'y sont concentrés. Comme les rares habitants hantant les ruines, il a trouvé sa maison détruite et pillée.

"J'habite près de l'hôtel Al-Mahari, et l'odeur arrivait jusqu'à chez moi. Je suis allé voir", explique Mohammed.

Entre 65 et 70 cadavres pourrissaient là, sur la pelouse de l'hôtel près de la plage, certains ligotés, une balle dans la tête ou la nuque.

Selon les combattants du Conseil national de transition (CNT), il s'agit de camarades exécutés par les pro-Kadhafi avant leur fuite. Mais l'ONG Human Rights Watch, qui a enquêté et établi que quatre des victimes étaient soit des habitants de Syrte, soit des proches de Mouammar Kadhafi, a conclu à une exécution sommaire de pro-Kadhafi par les pro-CNT.

Après avoir vu cela, "il fallait que j'aide, c'est mon quartier", dit Mohammed.

Il décrit sa sinistre tâche, parle brièvement des cadavres gonflés de gaz de décomposition qui éclatent quand il les déplace, des corps tellement pourris que la chair s'effiloche et que seul l'os lui reste en main lorsqu'il saisit un membre.

Il s'interrompt au milieu d'une phrase, puis reprend: "C'est la première fois que je fais ça. Je ne peux pas exprimer combien c'est horrible de voir tous ces gens morts".

 source : http://www.20minutes.fr/monde/libye/815114-libye-chaque-jour-mohammed

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Le CNT doit enquêter sur les circonstances de la mort de Mouammar Kadhafi et de son fils Mouatassim

Certains indices laissent craindre qu’il ait pu s’agir d’exécutions sommaires

« Il existe suffisamment d’indices pour ouvrir une enquête crédible sur les circonstances exactes de la mort de Mouammar Kadhafi et de son fils Mouatassim. Une telle enquête est cruciale pour déterminer si la nouvelle Libye sera un État de droit, ou un pays permettant des exécutions sommaires.
Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch

Le Conseil national de transition (CNT) en Libye devrait rapidement ouvrir une enquête indépendante et impartiale, soutenue par une participation internationale, sur les circonstances exactes de la mort de l'ancien dirigeant Mouammar Kadhafi et de son fils Mouatassim, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui.

Le CNT et d’autres sources ont et signalé le décès des deux hommes à Syrte le 20 octobre. Il est actuellement difficile de savoir s’ils sont morts de blessures reçues lors d’affrontements, ou s’ils ont été tués pendant leur détention. Certaines informations obtenues par Human Rights Watch, ainsi que des vidéos et des photos qui semblent montrer les deux hommes vivants peu après leur capture par les forces anti-Kadhafi, indiquent que les deux hommes pourraient avoir été exécutés après avoir été détenus.

« Il existe suffisamment d’indices pour ouvrir une enquête crédible sur les circonstances exactes de la mort de Mouammar Kadhafi et de son fils Mouatassim », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch. « Il est important de savoir comment les deux hommes sont morts. Une telle enquête est cruciale pour déterminer si la nouvelle Libye sera un État de droit, ou un pays permettant des exécutions sommaires. »



L'homicide intentionnel d'un prisonnier constitue une violation grave des lois de la guerre, et un crime de guerre pouvant faire l’objet de poursuites par la Cour pénale internationale, a déclaré Human Rights Watch. Les lois de la guerre obligent toutes les parties à un conflit à fournir des soins médicaux aux combattants capturés.

source : http://www.hrw.org/fr/news/2011/10/22/libye-le-cnt-doit-enqu-ter-sur-les-circonstances-

 

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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 04:51

Le mystère des 53 morts de l'Hôtel Mahari à Syrte jette une nouvelle ombre sur le CNT

Des cadavres dans l'un des cimetières de Syrte (Libye), le 27 octobre 2011.
Des cadavres dans l'un des cimetières de Syrte (Libye), le 27 octobre 2011.REUTERS/YOUSSEF BOUDLAL

Que s'est-il passé durant les jours précédant la chute de Syrte et la mort du colonel Kadhafi, jeudi 20 octobre, à l'Hôtel Mahari ? Quand il est rentré chez lui, samedi 22 octobre au matin, Faraj Mohammed, voisin de l'établissement de luxe, a trouvé 53 corps allongés à même le gazon : tous des hommes, tous morts par balles. Ils étaient couchés sur la pelouse qui descend en pente douce vers la mer. Des taches sombres indiquent encore les emplacements où se trouvaient les corps.

La moitié des cadavres avaient les mains liées dans le dos ou arboraient des plâtres et des bandages, indiquant leur condition de prisonniers ou de blessés. Tous semblent avoir été exécutés sommairement à en juger les plaies à la tempe ou dans la nuque. Qui sont-ils ? Faraj Mohammed assure avoir reconnu quatre personnes, des habitants de Syrte, dont Ezzeddine Al-Hencheri, ancien ministre de Kadhafi, et Moftah Dabroun, un officier.

Il est impossible de connaître avec certitude la date de leur décès sans une autopsie en bonne et due forme. Elle remonterait entre le 14 et le 19 octobre, selon Peter Bouckaert, chef de la division urgences à l'ONG de défense des droits de l'homme Human Rights Watch. L'Hôtel Mahari se trouve non loin du quartier Numéro 2, là où le colonel Kadhafi et le dernier carré de ses partisans s'étaient retranchés, opposant une résistance acharnée, la quasi-totalité des civils ayant alors fui la ville. On connaît la suite. Kadhafi a tenté de fuir, jeudi matin 20 octobre, à bord d'un convoi stoppé par l'OTAN. Capturé par les révolutionnaires, il est mort pendant son transport en ambulance vers Misrata, des suites de ses blessures, assure le Conseil national de transition (CNT), d'une exécution sommaire, accuse sa famille.

Son fils Moatassim, arrêté le même jour, a été vu sur une vidéo amateur en train deparler calmement avec les rebelles qui le détenaient. Quelques heures plus tard, à Misrata, son cadavre était présenté à la foule, une plaie béante à la gorge et la main droite tranchée.

Le Mahari, transformé en lieu de détention par les forces anti-Kadhafi, a-t-il été le théâtre d'une exécution de masse de prisonniers pro-Kadhafi ? L'établissement était contrôlé par des forces de Misrata depuis la fin de la première semaine d'octobre, entre le 7 et le 10.

Plusieurs groupes de thowar, les combattants révolutionnaires, en avaient fait leur base, comme l'attestent les murs de l'hôtel couverts de graffitis de différentes brigades de Misrata. La katiba Al-Nimr (le tigre, en arabe) est la plus présente, c'est l'une des plus puissantes de Misrata, qui en compte 230. Etaient présentes aussi les katibas Al-Fahad (le jaguar), Al-Assad (le lion) et Al-Qasba (la citadelle).

Les combattants de Misrata, ivres de colère après les atrocités commises durant les cinq mois de siège et de bombardements de leur ville, auraient-ils voulu sevenger ? Le commandant de la katiba Al-Nimr nie toute implication. "L'hôtel n'a jamais été un lieu de détention. Le matin du 20 octobre, nous avons été attaqués par Kadhafi et ses forces. Nous avons dû quitter la place. Quand nous sommes revenus le lendemain, les corps étaient là." Pour lui, ils ont probablement été tués par Kadhafi "qui voulait les empêcher de parler". Une explication peu convaincante, dans la mesure où le Guide libyen semblait surtout préoccupé par sa fuite ce matin-là.

Le chef du conseil militaire de Misrata, Ramadan Zarmouh, explique pour sa part que Syrte est rempli de fosses communes de révolutionnaires arrêtés ou disparus depuis des mois et met en doute l'identité des victimes de l'hôtel Mahari. "Ce sont des prisonniers éliminés par les kadhafistes avant leur départ", assure-t-il.

Détail aggravant, le personnel de l'hôpital Ibn Sina de Syrte assure que, une semaine avant la chute de la ville, les révolutionnaires sont entrés dans l'établissement, ont enfermé les médecins dans une pièce, et fait le tour des chambres pour récupérer des blessés soupçonnés d'avoir participé aux combats pour les emmener vers une destination inconnue. Par peur de représailles, nul n'accepte de témoigner ouvertement ou de donner un chiffre, même la pédiatre ukrainienne restée pendant tout le siège. Dans les étages, les blessés se montrent aussi évasifs, certains refusant même de dévoiler la nature de leurs blessures, craignant d'être identifiés comme combattants.

Si ce massacre est avéré, il ne sera pas le premier imputé aux rebelles. Le régime Kadhafi, lui, y a eu recours de manière nettement plus systématique et importante. Pour Peter Bouckaert, de Human Rights Watch, les meurtres de l'Hôtel Mahari"requièrent l'attention immédiate des autorités libyennes, qui doivent mener une enquête et exiger des comptes des individus responsables". L'ONG avait déjà réclamé une investigation sur la mort de Mouammar et Moatassim Kadhafi. Le vice-président du CNT, Abdelhafiz Ghoga, a promis jeudi que le meurtrier du colonel Kadhafi serait jugé, quel qu'il soit. Réponse de Ramadan Zarmouh, le chef militaire de Misrata : "Ghoga parle depuis un hôtel à Benghazi. Il ne sait rien de ce qui se passe sur un champ de bataille." De nouveaux corps ont été découverts, enterrés sur la plage de Syrte mercredi.

Christophe Ayad

source : http://www.lemonde.fr/libye/article/2011/10/28/le-mystere-des-5

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La population de Syrte effarée par sa "punition" pour avoir aidé Kadhafi


"Les rebelles ont voulu punir Syrte", juge Mahmoud Ali, effaré par l'ampleur des destructions dans cette ville libyenne où Mouammar Kadhafi a été capturé. Comme lui, les habitants revenant au compte-goutte estiment avoir payé chèrement leur soutien à l'ancien "Guide". | Philippe Desmazes

 

 

 

"Les rebelles ont voulu punir Syrte", juge Mahmoud Ali, effaré par l'ampleur des destructions dans cette ville libyenne où Mouammar Kadhafi a été capturé. Comme lui, les habitants revenant au compte-goutte estiment avoir payé chèrement leur soutien à l'ancien "Guide".
Haine parfois, résignation souvent, tristesse et colère étreignent les rares personnes qui errent dans les ruines truffées de cadavres et de munitions non explosées, où même les fins lampadaires ont été hachés par les balles. 

Né dans la région et s'y sachant populaire, Mouammar Kadhafi avait trouvé refuge ici fin août après la chute de Tripoli, jusqu'au 20 octobre, quand il a été capturé au terme de semaines de violents combats contre les forces du Conseil national de transition (CNT), et tué dans des circonstances troubles.

Une épicerie a rouvert dans le quartier n°3, près du front de mer. L'étal est fourni en fruits, légumes, conserves et jus de fruits. "J'ai tout ramené de Benghazi (est). Quand j'aurai tout vendu, j'y retournerai chercher une nouvelle cargaison", explique le gérant de 37 ans au nom étonnant, Kadhafi Mohammed Hussein.
"Ce qui est arrivé ici n'est pas juste. Des gens innocents, des civils, leurs maisons ont été détruites, pillées. Et personne ne vient nous aider", confie-t-il sombrement.
Certains habitants, décidés à rester malgré la désolation, ont commencé à prendre les choses en main: les grandes avenues de la cité fantôme, qui a compté une centaine de milliers d'habitants, ont été nettoyées des millions de douilles qui empêchaient la circulation.
Quelques voitures et camionnettes chargées de maigres biens récupérés dans les décombres hantent les rues. Ceux-là ne se réinstalleront pas à Syrte où tout manque: eau, électricité, nourriture, hôpital... Même les mosquées sont vides et silencieuses en ce jour de prière.
Ceux qui ont décidé de rester nettoient et tentent de réparer leurs foyers très endommagés, ou s'installent dans des logements vides lorsque le leur n'est plus habitable.
Badr Al-Amari, 37 ans, est de ces derniers. Cet professeur vend des cigarettes dans une petite rue encore encombrée de carcasses de véhicules calcinées, de douilles et d'ordures, dans le quartier d'Aziza Al-Bahria.
"Il faut bien faire du commerce, il n'y a plus d'école, plus d'argent", explique-t-il. Sa femme, ses deux filles et lui vivent dans une pièce d'un immeuble proche de quatre étages, troué par les obus.
"Notre maison a brûlé, on est venus là", explique-t-il.
Lui aussi se sent "puni". Lorsqu'on lui parle des combattants pro-CNT, dont certains ont pillé et incendié la ville, il lâche spontanément "voleurs!"
"Aucune ville n'est aussi détruite en Libye. Si ce n'est pas une punition, c'est quoi?", demande à ses côtés Mahmoud Ali, un médecin de 58 ans.
Revenu mardi, il a trouvé sa maison pillée, partiellement incendiée, sa voiture détruite. "Ma famille est à Zliten, près de Tripoli. Elle ne peut pas revenir ici pour le moment, c'est impossible sans eau ni électricité", juge-t-il.
Et de s'insurger, les larmes aux yeux: "Les gens d'ici ont aidé le Guide, défendu le Guide et leur ville! Ils se sont trompés, c'est vrai. Les thowar (révolutionnaires) ont voulu tuer Syrte pour ça. Mais si le nouveau gouvernement ne nous aide pas, les gens se retourneront contre lui".
D'aide officielle, pas de trace. Seules quelques ONG distribuent parfois de la nourriture.
Quant aux combattants pro-CNT, ils se contentent de patrouiller dans la ville, contrôlant les identités, assurant qu'ils arrêteront tout pillard. Aider la population? C'est non, disent-ils tous, sans pitié aucune.
L'un d'eux, Abdelwaheb Al-Hadat, originaire de Benghazi, lâche froidement: "Si les gens de Syrte veulent revenir vivre ici, ça dépend d'eux. Ce sont eux qui doivent s'occuper de réparer la ville"

source : http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/libye-la-population-de-sy

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Syrte, ville fantôme
Crimes commis par les rebelles et l’OTAN en Libye

De terribles massacres ont été commis contre les « loyalistes  », en fait contre les Libyens, par les "rebelles" -en vérité des mercenaires encadrés par l’OTAN- pendant sept mois.

 Syrte, aujourd’hui

 

Syrte, avant l’invasion barbare

Où sont aujourd’hui les représentants de l’ONU, de l’Union européenne, de tous les pays qui ont appuyé l’intervention en Libye, sous le prétexte de « protéger les civils » ?

Où sont les signataires de l’« Appel urgent pour arrêter les atrocités en Libye » lancé le 21 février 2011 en invoquant la « responsabilité de protéger » [1] ?

On ne les entend plus. Pas un seul des signataires de cet appel n’a réagi aux crimes perpétrés durant ces sept mois par les soi-disant « libérateurs ». Aucun d’eux n’a élevé la voix pour condamner les crimes commis lors du siège de Syrte. Honte à eux.

Face aux images et vidéos rendues publiques qui témoignent d’exactions insoutenables commises au nom d’une intervention pour « protéger les civils », nous ne pouvons pas rester silencieux.

Il est du devoir de chacun de nous d’exhorter les gouvernements et les ONG qui ont appelé les Nations Unies et la communauté internationale à intervenir sur la base de chiffres mensongers — en février 2011 ils avaient avancé le chiffre de 6’000 morts à Benghazi alors qu’il y en avait eu tout au plus 300 —, à arrêter les massacres et atrocités perpétrés contre leur propre peuple par les forces du CNT soutenues par l’OTAN.

source : http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=27348


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18 octobre 2011 2 18 /10 /octobre /2011 05:19

 

Les hommes du CNT accusés de représailles à Syrte

 

Les hommes du CNT accusés de représailles à Syrte

 

De retour chez eux, des habitants de Syrte, ville natale de Mouammar Kadhafi, accusent les hommes du Conseil national de transition (CNT) au pouvoir en Libye de pillages et de destructions qu'ils disent motivés par la vengeance.

"Ils nous envient et nous haïssent parce que Mouammar est d'ici, mais nous ne sommes que des civils. les révolutionnaires viennent ici pour se venger et détruire. Nous n'avons pas résisté ici. Pourquoi cassent-ils nos maisons ?", s'indigne une femme ayant requis l'anonymat en inspectant son domicile.

Les portes ont été brisées, des vêtements sont éparpillés au sol, les meubles retournés. Par un trou dans le mur, on distingue les nuages de fumée des bombardements qui durent depuis des semaines.

Après avoir fui les combats, beaucoup d'habitants ont décidé de regagner la ville où les partisans de Mouammar Kadhafi ne tiennent plus qu'une zone réduite. Ils y ont trouvé la plupart des maisons endommagées par les tirs de roquettes, ou de mortier, les incendies et les rafales de fusils d'assaut. De l'eau s'est répandue dans les rues et les infrastructures sont en ruines.

Syrte est aussi dévastée que d'autres villes de Libye, mais la férocité des bombardements et le traitement réservé aux domiciles des membres et des partisans de l'ancien régime accrédite pour certains la thèse de représailles systématiques.

La luxueuse villa d'Aïcha Kadhafi, fille du "guide" déchu, a ainsi été incendiée et les murs ont été abattus après avoir été criblés de balles. Une fumée noire s'élève en outre des maisons qui appartenaient aux proches de Kadhafi.

CRIMINELS INFILTRÉS

"Ce qui se produit à Syrte tient de la vengeance, pas de la libération. Quand quelqu'un vole votre voiture et détruit votre domicile, ce n'est pas de la libération", déplore Abou Anasse, venu récupérer quelques biens.

"De quoi nous libèrent-ils ? On veut Kadhafi !", lance une autre habitante rejointe par un groupe d'où fusent les accusations à l'adresse des ex-rebelles.

Les hommes du CNT, qui fouillent maison par maison, se disent seulement à la recherche d'armes, mais les correspondants de Reuters sur place en ont vu beaucoup transportant meubles, pneus ou matériel informatique à l'arrière de leurs pick-up. D'autres ont été aperçus au volant de BMW ou de Toyota flambant neuves.

Les journalistes ont par ailleurs vu des combattants du CNT tirer sur le rideau de fer d'une boutique d'informatique et envisager de s'y attaquer à la grenade avant de parvenir à l'ouvrir pour découvrir qu'elle était vide.

Walid Mouftah, un officier du CNT, a imputé les pillages à des criminels infiltrés dans les rangs des "révolutionnaires", dont il évalue le nombre à 200.

Pour beaucoup de Libyens, les combattants originaires de Misrata, ville bombardée pendant des semaines par les forces gouvernementales, se montrent les plus cruels à l'égard des habitants de Syrte, considérés comme des partisans de Kadhafi.

"Les habitants de Syrte sont des bédouins et les bédouins n'oublient jamais de venger une injustice", avertit Abou Fatma.

"Nous n'oublierons pas ce qui s'est passé à Syrte. Nous ne pardonnerons pas et n'autoriserons personne de Benghazi ou de Misrata à y pénétrer à nouveau", poursuit-il.

source : http://www.lexpress.fr/actualites/2/monde/les-homme


 

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Une association pro-Kadhafi veut faire interdire Al-Jazeera en France

 

 

al-jazeera,mpsl,mouvement d’amitié et de coopération entre les peuples européen,al jazeera,kadhafi,france,anti-impérialisme,libye,isabelle coutant-peyre,procès,jean-claude martinez,front national,justiceA cause d'une fatwa appelant à tuer le colonel Kadhafi lancée en direct par un invité, la chaîne de télévision Al-Jazeera pourrait être interdite de diffusion en France et en Europe. En effet, une association présidée par la fille du dictateur libyen et représentée par une avocate proche des milieux dits "anti-impérialistes" réclament sa condamnation pour appel au meurtre. Qui donc tire les ficelles de cette affaire ?

 

Le 21 février 2011, Al Jazeera invite sur son plateau le Qataro-Egyptien Youssef Al-Qardaoui, membre de la confrérie des Frères Musulmans. Ce dernier lance en direct une fatwa légalisant l’assassinat du colonel Kadhafi. Al-Qardaoui déclare :

 

"Que peut-on dire ? Je n’ai pas vraiment envie de dire quelque chose à Kadhafi parce qu’on ne parle qu’à un être possédant la raison… Cet homme n’est plus raisonnable… Tu attaques le peuple avec des avions, ô Kadhafi. Tu attaques les civils, les gens dans les rues ! Tu les soumets au bon vouloir des mercenaires qui viennent prendre l’argent du peuple libyen… pour servir ta personne, pour allonger ta continuité au pouvoir… Nous suivons les évènements en temps réel. Le monde a changé et ces gens ne changent pas…".

 

Le journaliste d’Al Jazeera lui répond alors :

 

"Désolé, Kadhafi dit : Je ne suis pas Ben Ali ou Moubarak, et nous allons nous battre jusqu’au dernier homme et le sang va couler".

 

Al-Qardaoui reprend la parole et lance :

 

"Se battre contre qui ? Se battre contre son peuple ? Je promulgue une fatwa. Les officiers et soldats qui peuvent tuer Kadhafi, celui parmi eux qui peut tirer un coup de feu sur lui, qu’il le fasse".

 

 


 

Peu de temps après, l’association Mouvement d’amitié et de coopération entre les peuples européen et libyen (MPSL), représentée par son avocate Me Isabelle Coutant-Peyre, porte plainte pour incitation au meurtre sur la personne de Mouammar Kadhafi et demande ni plus ni moins que l'interdiction de diffusion de la chaîne de télévision et de ses sites Internet en France et en Europe.

 

Outre le fait que cette sanction, qui se réclame de celle ayant visé en 2004 la chaîne al-Manar, propriété du Hezbollah, en raison de nombreux et répétés dérapages antisémites (et non pas un prêche en direct), serait particulièrement sévère, il convient de s'interroger sur les motivations de cette fameuse association qui semble très fortement être l'un des instruments d'influence des partisans de Mouammar Kadhafi en France.

 

Cette association a ainsi pour présidente d'honneur, Aïcha Kadhafi, la fille du colonel. Elle s'est également illustrée en organisant à Paris des manifestations de soutien au guide libyen.

 

Le choix de confier cette affaire à Me Isabelle Coutant-Peyre politise encore davantage cette affaire. En effet, Me Coutant-Peyre, avocate mariée au terroriste Carlos, collectionne les clients sulfureux. 

 

L'ancienne associée du célèbre Jacques Vergès a en effet défendu le négationniste Roger Garaudy, condamné le 27 février 1998 pour contestation de crimes contre l'humanité. Cet ancien député communiste soutient la thèse d'un complot sioniste, qui aurait inventé la Shoah pour justifier l'expansionnisme israélien. Isabelle Coutant-Peyre ne s'est pas contentée de le défendre, elle a également dirigé son association "A contre jour".

 

En 2008, Me Coutant-Peyre a défendu Kemi Seba, plusieurs fois condamné pour incitation à la haine raciale et dont le mouvement, la tribu KA, a été dissout en juillet 2006 sur décision du gouvernement de Dominique de Villepin.

 

Enfin, elle avait soutenu la liste "antisioniste" de Dieudonné, Alain Soral et Yahia Gouasmi, président du Parti Antisioniste, du centre Zahra et de la Fédération des chiites de Francem aux élections européennes de 2009.

 

Nous ne sommes donc plus seulement dans un cas professionnel d'une avocate ayant des clients, mais dans un cas de militantisme clair et net. Un militantisme "anti-impérialiste", flirtant très dangereusement avec des négationnistes, des "antisionistes" et des islamistes intégristes.

 

L'annonce du procès, qui aura lieu le 18 octobre, a été révélée lors d'une conférence de presse qui s'est tenue à Paris le 29 avril dernier. Me Isabelle Coutant-Peyre siégeait avec des membres de l'association MPSL et était également présent Jean-Claude Martinez, personnalité célèbre de l'extrême-droite en France, ancien vice-président du Front National.

 

La conférence de presse a ensuite laissé place à un débat lors duquel Isabelle Coutant-Peyre et Jean-Claude Martinez ont dénoncé "l'interventionnisme guerrier croissant des Nations Unies".

 

Faut-il s'étonner de ces connexions entre "anti-impérialistes", "anti-sionistes" et extrême-droite ? Pas vraiment, si l'on se rappelle que, par exemple, le célèbre anti-impérialiste Thierry Meyssan, directeur du Réseau Voltaire, s'est très souvent allié avec, pêle-mêle, Dieudonné, Alain Soral et Fabrice Robert, ancien membre du GUD (Groupe Union Défense, organisation étudiante d'extrême-droite) et responsable du Bloc Identitaire, pour rencontrer des responsables du Hezbollah au Liban, Mahmoud Ahmadinejad en Iran ou encore, au moins pour Thierry Meyssan, le colonel Kadhafi en Libye. Coïncidence ou pas, Meyssan collabore avec la chaîne libanaise Al-Manar.

 

Ces anti-impérialistes se retrouvent donc associés afin de faire interdire la diffusion d'Al-Jazeera en France et en Europe. Cette chaîne qatarie a joué un rôle très important dans la couverture des révolutions arabes, notamment en Libye. Les kadhafistes la ciblent tout particulièrement car le Qatar est le seul pays musulman qui soutient la campagne militaire de l'OTAN en Libye, ses services étant même très actifs auprès du CNT.

 

L'affaire est d'importance, ce procès promettant de se transformer en une tribune pour dénoncer l'intervention en Libye et le renversement du dictateur libyen. Plus grave encore, on pourrait assister à l'interdiction d'une chaîne de télévision reconnue par tous comme étant de qualité, compétente et importante pour la pluralité de l'information et la liberté de la presse sous les coups de l'alliance entre l'extrême-droite et les anti-impérialistes. Les enjeux sont énormes.

source : http://surlefront.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/10/15/une-association-pro-kadh

 

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Désertée, Bani Walid serait aux mains du CNT

A Bani Walid, comme à Syrte, les forces du CNT se livrent à une véritable bataille de rues.


La ville de Bani Walid, un des derniers bastions du dirigeant libyen déchuMouammar Kadhafi, aurait été prise par les forces du Conseil national de transition (CNT), a annoncé ce dernier lundi 17 octobre. Dans la cité désertée, les combattants du nouveau pouvoir affluaient de toutes les directions avant de s

eretrouver au centre de la cité pour fêter leur victoire.

 

"Bani Walid est libre", lance un jeune combattant venu des environs de Zliten (nord), juché, devant sa mitraillette, sur un pick-up dont les haut-parleurs diffusent à plein volume "Allah Akbar" ("Dieu est grand"). Dans l'après-midi, des embouteillages commençaient à se former alors que les forces du CNT venues de Tripoli, de Zliten ou du djebel Nefoussa (ouest) convergeaient vers le centre de la ville.

 

A chaque arrivée d'un nouveau groupe, des tirs de joie retentissent dans la ville, où s'étaient réfugiés les pro-Kadhafi ayant fui Tripoli et Zliten, selon le CNT. Quant aux centaines de pro-Kadhafi qui combattaient dans la ville assiégée par le CNT depuis plusieurs semaines, personne ne sait ce qu'ils sont devenus. "Nous ne savons pas. Nous avons arrêté une trentaine de mercenaires africains", répond Seif Al-Lafi, le commandant de la brigade Al-Madad, venue de Zliten.

LES PRO-KADHAFI INTROUVABLES

Selon lui, les fidèles du "Guide" déchu "peuvent se cacher dans les montagnes, dans le désert entourant la ville, ou même se fondre dans les groupes de rebelles venus de plusieurs villes et qui ne se connaissent pas". "Nous sommes en train deratisser la ville. Nous allons sûrement trouver des dizaines d'entre eux qui sont encore cachés dans les maisons", ajoute-t-il.

 L'hôpital de la ville, qui était à l'arrêt, accueille à nouveau depuis lundi les blessés, après l'arrivée en début d'après-midi d'une équipe de la Croix-Rouge avec du matériel médical. "Quand nous sommes arrivés, il n'y avait pas de patients. Mais l'hôpital sera fonctionnel d'ici peu", estime Dejan Ivkor, chef de l'équipe de la Croix-Rouge. Parmi les six blessés déjà traités à l'hôpital, deux sont des partisans du dirigeant déchu.

KHAMIS KADHAFI EST BEL ET BIEN MORT, D'AUTRES PROCHES FUIENT

Par ailleurs, la chaîne de télévision syrienne Arraï, proche de Mouammar Kadhafi, a confirmé lundi la mort fin août de Khamis, fils du "guide" déchu. Khamis Kadhafi commandait une unité d'élite des forces libyennes.

Selon Arraï, il a été tué le 29 août à Tarhouna, 90 km au sud-est de Tripoli, lors de combats qui ont également coûté la vie à son cousin Abdallah Al-Senoussi, chef des services de renseignement de Kadhafi. Le CNT avait annoncé sa mort fin août, c'est la première fois que les loyalistes la confirment.

Lundi midi, les rebelles affirmaient avoir vu fuir de Syrte des proches du régime de Kadhafi, notamment la femme et le fils de Moussa Ibrahim, son ancien porte-parole. Selon les combattants, cette fuite, qui n'a pas pu être empêchée malgré l'intervention d'une centaine d'entre eux, marque le bien-fondé de leur stratégie d'encerclement des quartiers.

source : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/10/17/les-combattants-du-cnt-sont-
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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 03:21

Tripoli : combat  entre pro et anti-Kadhafi

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Des partisans de Kadhafi surgissent en armes à Tripoli

Des partisans de Kadhafi surgissent en armes à Tripoli

 

Des fusillades ont opposé vendredi à Tripoli des partisans de Mouammar Kadhafi et les forces du pouvoir intérimaire libyen, ce qui pourrait traduire une volonté de la part de l'ancien "guide" déchu de lancer une insurrection armée dans son pays.

Près de deux mois après s'être emparé de la capitale libyenne, le Conseil national de transition (CNT) peine par ailleurs à faire tomber les deux derniers bastions de l'ancien régime à Syrte et Bani Walid.

Les combats survenus vendredi à Tripoli semblent avoir été limités géographiquement et seuls quelques dizaines de combattants kadhafistes y auraient participé. Ils sont toutefois les premiers signes d'une résistance armée au CNT dans la capitale libyenne depuis que la ville est tombée aux mains des anciens rebelles le 23 août, après 42 années de pouvoir de Mouammar Kadhafi.

Des habitants d'Abou Salim ont déclaré à Reuters qu'un groupe d'une cinquantaine d'hommes armés avait fait son apparition dans le quartier dans la journée en scandant des slogans favorables à Mouammar Kadhafi.

Aux cris d'"Allahu Akbar" (Dieu est le plus grand), plusieurs centaines de combattants du CNT se sont rués à bord de pick-ups vers Abou Salim. Ils y ont été accueillis par des rafales d'armes automatiques et de mitrailleuses tout en progressant maison par maison à la recherche de leurs ennemis.

Les fusillades ont progressivement cessé en fin d'après-midi.

"Des cellules kadhafistes sont descendues dans les rues avec des armes aujourd'hui après les prières mais comme vous pouvez le constater, nos forces maîtrisent la situation", a déclaré Mahmoud Abdoul Aziz, un responsable du CNT venu sur place sous haute protection. "Toutes les familles sont en sécurité. Tant que Kadhafi est en fuite, nous n'aurons pas la paix mais nous saignerons cette bête."

Composé essentiellement d'immeubles résidentiels, Abou Salim a été le dernier quartier de Tripoli à tomber aux mains des combattants du CNT après six mois de guerre civile.

"CINQUIÈME COLONNE"

A Benghazi, grande ville de l'Est libyen d'où est parti le soulèvement contre Kadhafi, un porte-parole du CNT a qualifié les partisans armés de l'ancien dirigeant à Tripoli de "cinquième colonne".

"J'ai entendu une autre chose troublante, c'est que des éléments de la cinquième colonne circulant en voitures ont déclenché des fusillades aujourd'hui dans Tripoli. Il s'agit de loyalistes tentant de semer le chaos", a-t-il dit.

Des diplomates ont déclaré à Reuters que des fusillades de ce type avaient éclaté près de l'hôtel Radisson, où séjournent des responsables du CNT et des diplomates occidentaux.

Des partisans de Mouammar Kadhafi semblent avoir choisi cette journée de vendredi pour tenter de déclencher un soulèvement. Sur Facebook a été créé un groupe baptisé 14-Octobre. Il compte plus d'un millier d'amis et sa page d'accueil présente le drapeau vert de l'ancien régime et prône une "intifada du peuple libyen libre".

"Kadhafi a demandé hier soir à ses partisans, dans un message, de se soulever après les prières du vendredi", a dit un soldat du CNT à Abou Salim. Des combattants du CNT ont fait état de fusillades dans trois autres quartiers voisins.

Mouammar Kadhafi reste introuvable depuis la chute de Tripoli et il a multiplié les appels au soulèvement.

Certains de ses partisans sont toujours retranchés à Syrte, sa ville natale le long de la côte méditerranéenne, et à Bani Walid, dans le désert au sud de Tripoli.

A Syrte, les combattants pro-Kadhafi ne contrôlent plus qu'une zone résidentielle mesurant environ 700 mètres du nord au sud et un kilomètre et demi d'est en ouest, avec de nombreux immeubles où des tireurs embusqués ont pris position.

DRAPEAUX VERTS

Pour les déloger, les hommes du CNT utilisent les grands moyens: ils ont recours aux blindés qui pilonnent les immeubles afin de dégager la voie à l'infanterie et aux véhicules légers.

Des drapeaux verts, symboles du régime de Kadhafi, flottent toujours sur la zone tenue par les partisans de l'ancien "guide" de la révolution libyenne, qui aurait trouvé refuge dans les zones désertiques du sud du pays.

L'un des chefs des forces du CNT a noté que les pro-Kadhafi n'utilisaient plus d'armes lourdes et semblaient avoir perdu de leur cohésion.

"Apparemment, c'est maintenant chacun pour soi, sans aucune action concertée. Nous leur avons dit que ça ne servait plus à rien et qu'ils devaient se rendre mais ils ne veulent rien entendre", a dit Baloun Al Charie.

Un praticien de Médecins sans Frontières (MSF) à l'hôpital Ibn Sina de Syrte a estimé qu'environ 10.000 des 75.000 habitants de la ville étaient pris au piège des combats.

Les derniers combattants loyalistes craignent probablement des représailles.

Selon Amnesty International, les nouveaux dirigeants libyens courent le risque de reproduire les violations des droits de l'homme qui ont marqué le régime de Kadhafi.

Dans un rapport, l'organisation basée à Londres chiffre à 2.500 les personnes arrêtées, la plupart sans mandat d'arrêt, à Tripoli et dans les environs depuis la prise de la capitale. Amnesty souligne que de nombreux détenus disent avoir été battus.

Avec Rania El Gamal et Tim Gaynor à Syrte, Guy Kerivel et Bertrand Boucey pour le service français.

source : http://www.lexpress.fr/actualites/2/mond

 

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Tripoli :  fouilles  dans des immeubles à la recherche des «pro-kadhafi». Une autre façon pour les islamistes de Tripoli de marquer leur territoire… Quelle tragédie !

 

 


 

 

 


 

 

 

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Le pouvoir intérimaire libyen montre ses forces à Tripoli

Le pouvoir intérimaire libyen a entrepris ce samedi de renforcer la sécurité dans la capitale Tripoli, au lendemain de combats contre des partisans de Mouammar Kadhafi, les premiers dans la capitale libyenne depuis la chute de la ville aux mains des ex-rebelles. 

Des barrages supplémentaires ont été édifiés dans les rues de la capitale, particulièrement dans et autour du quartier d'Abou Salim, théâtre des affrontements survenus vendredi. 

Des véhicules équipés de mitrailleuses ont été déployés dans ce quartier, tirant quelques rafales contre des habitations pour faire sentir leur présence. Des combattants du Comité national de transition (CNT) ont fouillé des immeubles mais aucun accrochage n'a été signalé samedi.

Quelques dizaines de combattants kadhafistes

Les combats survenus vendredi à Tripoli semblent avoir été limités géographiquement et seuls quelques dizaines de combattants kadhafistes y auraient participé. Ils sont toutefois les premiers signes d'une résistance armée au CNT dans la capitale libyenne depuis que la ville est tombée aux mains des anciens rebelles le 23 aoât, après 42 années de pouvoir de Mouammar Kadhafi. 

Deux partisans du «guide» déchu et un combattant du CNT sont morts dans ces violences, a déclaré Abdel Razak al Oraïdi, responsable du CNT, au cours d'une conférence de presse dans la capitale. 

Composé essentiellement d'immeubles résidentiels, Abou Salim a été le dernier quartier de Tripoli à tomber aux mains des combattants du CNT après six mois de guerre civile. 

Mouammar Kadhafi reste introuvable depuis la chute de Tripoli et il a multiplié les appels au soulèvement.

Aucune avancée majeure

Certains de ses partisans sont toujours retranchés à Syrte, sa ville natale le long de la côte méditerranéenne, et à Bani Walid, dans le désert au sud de Tripoli. 

A Syrte, les forces gouvernementales ont poursuivi samedi leurs bombardements sur la poche de kadhafistes reclus dans le centre de la ville. Elles l'ont bombardée avec des missiles Grad, des chars et des batteries anti-aériennes. Après plusieurs semaines de siège, aucune avancée majeure ne semblait imminente.

source : http://www.20minutes.fr/ledirect/806490/libye-pouvoir-interimaire-libyen-montre-forces-tripoli

 

 

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La ville martyre et le silence des Occidentaux

 

 

La dernière bataille de la guerre de Libye se livre à Syrte. Tout le monde est pressé d'en finir. Les nouvelles autorités libyennes, qui veulent enfin pouvoir proclamer la "libération" de tout le territoire et enclencher la transition politique vers des élections. Les Occidentaux, qui guettent la conclusion d'une intervention armée en Libye, auréolée de l'idéal du "plus-jamais-ça" et du coup d'arrêt porté à la politique de répression d'un dictateur, Mouammar Kadhafi.

Mais, plus que tout, c'est la population de Syrte elle-même, martyrisée au milieu des combats, qui attend la délivrance. Le dernier carré des forces kadhafistes a réduit les habitants à l'état de boucliers humains. Combien sont-ils, ces civils pris au piège des opérations ? Au siège de l'OTAN, nul n'est en mesure de le dire. Fief politique historique du colonel Kadhafi, la ville comptait environ 100 000 habitants avant la guerre. Des milliers ont pu s'échapper de l'enfer grâce à une pause de plusieurs semaines ménagée avant l'assaut des forces du Conseil national de transition (CNT).

Il reste cependant des familles entières, des femmes et des enfants, prisonniers d'une situation de guerre urbaine qui a ceci de paradoxal : l'intervention de l'OTAN en Libye, menée au nom de la "protection des civils" et voulue par l'ONU, cautionne de fait, à Syrte, un siège et une offensive des forces rebelles qui mettent des civils en grand danger. Le Comité international de la Croix-Rouge a tiré la sonnette d'alarme en qualifiant la situation de ces civils de "désespérée".

On n'entend guère les dirigeants des pays occidentaux s'émouvoir publiquement du sort fait au habitants de cette ville meurtrie, transformée en paysage dévasté sous les tirs d'artillerie et d'obus de mortier et par les combats de rue acharnés.

Certes, des précautions ont été prises, comme le soulignent des officiels de l'OTAN. Des messages urgents ont été envoyés aux combattants du CNT pour qu'ils épargnent aux habitants de désastreux "dégâts collatéraux". Le CNT affirme ne pas vouloir tirer de façon indiscriminée sur une population qui s'opposerait à sonpouvoir. C'est la grande différence avec le siège de Misrata, ville attaquée pendant des mois par les forces de Kadhafi. Mais la direction politique peut-elle garantir que, sur le terrain, les combattants seront animés des mêmes scrupules ?

Il y a quelque chose de profondément gênant à voir des délégations commerciales étrangères, comme celle tout récemment envoyée par la France, se précipiter en Libye en quête de contrats, alors que se prolonge le calvaire de Syrte, sur lequel les capitales occidentales gardent le silence. L'OTAN, qui n'intervient en Libye que par voie aérienne, est impuissante à s'interposer pour prévenir des exactions à Syrte.

Les "kadhafistes" ont pris les habitants de la ville en otage. Mais les Occidentaux seront, comme le CNT, qu'ils ont parrainé, comptables du bilan humain de cette bataille. Le visage de la victoire finale, en Libye, se joue à Syrte.

source : http://www.lemonde.fr/libye/article/2011/10/15/syrte-la-ville-mar

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Terrés un mois dans Syrte assiégée, à attendre les "révolutionnaires"

 

Tétanisés par le vacarme des combats et cernés par les snipers, ces ouvriers égyptiens ont passé un mois terrés dans leur appartement au coeur de Syrte assiégée avant d'être évacués par les forces du nouveau pouvoir en Libye. Pour eux, l'heure du retour au pays a sonné. ( © AFP Ahmad al-Rubaye)

SYRTE (Libye) (AFP) - Tétanisés par le vacarme des combats et cernés par les snipers, ces ouvriers égyptiens ont passé un mois terrés dans leur appartement au coeur de Syrte assiégée avant d'être évacués par les forces du nouveau pouvoir en Libye. Pour eux, l'heure du retour au pays a sonné.

"Syrte, pour moi, c'est fini. Je veux retourner en Egypte le plus vite possible", souffle Mohamed Zidan, 30 ans, réfugié depuis deux jours dans une mosquée à une dizaine de kilomètres du bastion pro-Kadhafi que les combattants du Conseil national de transition (CNT), tombeur du régime, s'acharnent à prendre.

Depuis quatre ans, il vivait à Syrte, région d'origine de Mouammar Kadhafi à 360 km à l'est de Tripoli. En un mois, son quartier d'adoption, entre les quartiers "N°2" et "N°1" de la ville, s'est transformé en ligne de front.

"On était coincés. On n'avait pas de voiture, on avait peur des snipers, on pouvait entendre les balles siffler dehors. Les bombes volaient au-dessus de nos têtes, les murs tremblaient, toutes les fenêtres de l'immeuble étaient explosées", explique-t-il.

Avant d'être coupés du monde, sans eau courante ni électricité, le groupe d'Egyptiens apprend que le "Guide" libyen est en fuite. Leur seul espoir depuis ce jour: la libération de Syrte par les troupes du CNT.

"Quand on a vu à la télévision que Kadhafi était parti, comme Hosni Moubarak (le président égyptien déchu, ndlr), on était heureux pour nos frères libyens mais on baissait le volume pour écouter les informations, sinon les kadhafistes nous auraient tués", affirme Mohamed Zouaoui Boujelthia.

Arrêté mi-septembre par la police de l'ancien régime pour "une vidéo sur mon téléphone de la révolution en Egypte", le jeune homme s'en tire avec quelques jours de détention et une large balafre au couteau sur le bras, mais il reste prisonnier de la ville assiégée.

Jusqu'à l'arrivée cette semaine des combattants pro-CNT: "On les a vus dans la rue, on a crié, ils sont venus nous chercher".

Depuis, il est hébergé avec d'autres, Egyptiens et Pakistanais, face à un hôpital de campagne à la sortie de Syrte où les ambulances arrivent à toute allure à longueur de journée, chargées des derniers blessés du front.

"J'attends mes amis égyptiens qui sont toujours coincés dans la ville. Je ne sais pas ce qu'ils sont devenus", lance un compatriote, Hassan Abdeljalil, 42 ans, employé dans le bâtiment à Syrte depuis 25 ans.

Après un mois de disette, il mange désormais à sa faim "grâce aux révolutionnaires".

"Nous n'avions que de la farine, on la mélangeait avec un peu d'eau pour faire du pain, c'est tout ce qu'on a mangé ces dernières semaines", dit-il.

Avant de lancer l'assaut final contre Syrte, certains combattants pro-CNT jurent vouloir s'assurer que tous les civils sont bien partis.

"La seule solution pour faire tomber la ville, c'est d'attaquer de toutes nos forces, mais a priori il reste des familles dans les immeubles du bord de mer et on ne veut pas les tuer, même les Libyens qui ont profité du système Kadhafi", fait valoir un commandant du CNT, Moustapha Al-Abyad. "On se bat, mais nous aussi on est des civils".

source : http://www.liberation.fr/depeches/01012365898-libye-terres-un-mois-dans-syrte-assiegees

 

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 02:48

 

 Les forces du CNT reculent à Syrte sous le feu des pro-Kadhafi

 

Les forces du nouveau régime libyen, qui disaient avoir cerné les derniers fidèles de Mouammar Kadhafi dans deux quartiers de Syrte, ont reculé de deux kilomètres jeudi sous leur feu nourri, selon un journaliste de l'AFP sur place. (c) AfpLes forces du nouveau régime libyen, qui disaient avoir cerné les derniers fidèles de Mouammar Kadhafi dans deux quartiers de Syrte, ont reculé de deux kilomètres jeudi sous leur feu nourri, selon un journaliste de l'AFP sur place. (c) Afp

Les forces du nouveau régime libyen, qui disaient avoir cerné les derniers fidèles de Mouammar Kadhafi dans deux quartiers de Syrte, ont reculé de deux kilomètres jeudi sous leur feu nourri, selon un journaliste de l'AFP sur place.

Le Conseil national de transition (CNT) attend la chute de Syrte, à 360 km à l'est de Tripoli, pour proclamer la "libération totale" du pays et reprendre ses discussions en vue de former un gouvernement chargé de gérer la transition.

"Nous avons dû nous retirer vers le QG de la police (pris mardi, près de la place centrale de la ville) et nous allons utiliser l'artillerie lourde pour frapper les forces de Kadhafi", a déclaré Hamid Neji, un combattant pro-CNT sur la nouvelle ligne de front.

"Plus tôt dans la journée, nous étions engagés dans des combats de rue, mais nous avons arrêté. Les pro-Kadhafi tirent sur nous des roquette, des mortiers et des bombes", a déclaré Faysal Bringo, un autre combattant pro-CNT.

Mais selon Rawad Friwane, chirurgien à l'hôpital de campagne situé à l'entrée ouest de Syrte, les pertes enregistrées jeudi --quatre pro-CNT tués et 40 blessés-- étaient dues en majorité à des tirs fratricides et aux balles des tireurs embusquées pro-Kadhafi.

"Il y a encore 500 combattants pro-Kadhafi dans Syrte et nos forces en ont arrêté 15 aujourd'hui" (jeudi), a affirmé Faysal Bringo, assurant que "le quartier n°3 est libérée" mais faisant toujours état de "violents combats dans les quartiers n°1 et 2", au bord de la Méditerranée dans le nord-ouest.

Outre Syrte, les forces du CNT assiégeaient toujours l'oasis de Bani Walid, un autre bastion pro-Kadhafi à 170 km au sud-ouest de Tripoli.

Mais Youssef Amrou, combattant d'une des principales brigades sur ce front, a annoncé qu'elle avait reculé d'une trentaine de kilomètres mercredi en raison d'un différend avec d'autres unités accusées de ne respecter aucune consigne.

Le chef du comité local du CNT de Bani Walid, Al-Haj Mbarak Al Fatnani, a démenti et expliqué que les combats étaient suspendus pour préparer la prochaine offensive contre les 1.500 combattants pro-Kadhafi toujours présents dans Bani Walid, dont 5% des habitants n'ont pas encore fui.

Mercredi soir, des tirs de joie et des concerts de klaxon ont résonné à Tripoli et à Misrata pour saluer l'arrestation à Syrte de Mouatassim, l'un des fils Kadhafi, mais cette information a été démentie jeudi.

Après l'avoir confirmée mercredi soir, Abdelkarim Bizama, conseiller du chef du CNT, Moustapha Abdeljalil, est revenu jeudi sur ses propos.

"Il y a une confusion à propos d'une capture de Mouatassim. Nous enquêtons à ce sujet auprès de plusieurs personnes ayant été détenues ou emprisonnées. Et dès que nous aurons confirmation, il y aura annonce officielle de l'arrestation de Mouatassim", a-t-il déclaré.

A Syrte, le commandant Wissam ben Ahmed, l'un des chefs des opérations du CNT sur le front Est, a assuré que Mouatassim Kadhafi n'avait pas été arrêté.

"Mais certains prisonniers (...) disent que (Mouammar) Kadhafi se trouve à Syrte", a-t-il ajouté. L'ancien dirigeant est en fuite depuis la chute de son QG à Tripoli le 23 août, après 42 ans au pouvoir.

Les annonces erronées ou non confirmées sur l'arrestation, la fuite ou le décès de proches du colonel Kadhafi se sont multipliées ces derniers mois.

Plus à l'Ouest, le trafic a été fortement perturbé au poste frontière tunisien de Ras Jdir, à la suite de différents incidents au cours desquels deux Libyens ont été blessés par balle, a-t-on appris de source hospitalière et de témoins.

Par ailleurs, une partie de l'espace aérien libyen, fermé depuis la mise en place en février d'une zone d'interdiction par l'ONU, est rouvert au trafic de vols commerciaux, a annoncé le ministre libyen des Transports Anouar El Feitouri.

"Cet accord ouvre le processus de transfert de l'espace aérien aux Libyens et à d'autres pays (...) afin que l'approvisionnement en assistance humanitaire puisse se poursuivre et s'accroître", a de son côté affirmé l'Otan.

Sur le plan économique le gazoduc Greenstream, le seul reliant la Libye à l'Italie et à l'Europe, a été relancé jeudi, près de huit mois après sa suspension en raison du conflit, a annoncé le géant pétrolier et gazier italien ENI, qui gère ce gazoduc avec la compagnie libyenne NOC.

Le ministre du Pétrole du CNT, Ali Tarhouni, a en outre annoncé qu'une enquête serait menée sur "chaque centime" versé dans le cadre de contrats pétroliers signés par l'ex-régime libyen et soupçonnés d'avoir fait l'objet de corruption.

Concernant les droits de l'Homme, Amnesty International (AI) a exhorté dans un rapport publié jeudi le CNT à mettre rapidement fin aux détentions arbitraires et aux mauvais traitements des prisonniers, faisant valoir que cette réminiscence du régime déchu ternissait leur image.

"Dans certains cas, il y a des preuves de tortures pour obtenir des aveux ou punir" les personnes soupçonnées de liens avec l'ancien régime, tout particulièrement les Noirs, selon Amnesty International.

http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20111013.AFP5664/libye-les-forces-du-cnt-reculent-a-syrte-sous-le-feu-des-pro-kadhafi.html

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La nouvelle Libye est "entachée" par les atteintes aux droits humains dont sont victimes les prisonniers

Couverture du rapport "Detention Abuses Staining the New Libya"

 

Les nouvelles autorités de Libye doivent éradiquer les détentions arbitraires et les violences généralisées infligées aux prisonniers, a écrit Amnesty International jeudi 13 octobre dans un nouveau rapport.

Dans ce document intitulé Detention Abuses Staining the New Libya, l’organisation dévoile la pratique généralisée qui consiste à rouer de coups et à infliger des mauvais traitements aux soldats de Kadhafi capturés, aux personnes soupçonnées de lui être fidèles et aux mercenaires présumés dans l’ouest de la Libye. Dans certains cas, on constate des preuves flagrantes de tortures infligées à titre punitif ou dans le but d’extorquer des "aveux".

"Le risque est réel qu’en l’absence de mesures fermes et immédiates, certaines pratiques du passé ne soient remises au goût du jour. Les arrestations arbitraires et la torture ont en effet caractérisé le régime du colonel Kadhafi, a indiqué Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

"Nous avons bien conscience que les autorités de transition sont confrontées à de nombreux problèmes, mais si elles ne rompent pas clairement avec le passé dès aujourd’hui, elles feront passer le message selon lequel il est toléré dans la nouvelle Libye de traiter les prisonniers de cette manière."

Depuis fin août, des milices armées ont arrêté et placé en détention pas moins de 2 500 personnes à Tripoli et al Zawiya.

Des gardes ont reconnu à Amnesty avoir battu des prisonniers pour obtenir plus rapidement des confessions ©AIDes gardes ont reconnu à Amnesty avoir battu des prisonniers pour obtenir plus rapidement des confessions ©AISelon Amnesty International, les prisonniers sont presque toujours détenus sans décision légale et pour la plupart sans autorisation du parquet général.

Les délégués de l’organisation se sont entretenus avec 300 prisonniers en août et septembre. Aucun ne s’était vu présenter un mandat d’arrêt d’aucune sorte et beaucoup avaient en fait été enlevés chez eux par des ravisseurs non identifiés qui font des raids chez les combattants ou les fidèles présumés de Kadhafi.

Au moins deux gardiens, dans des centres de détention différents, ont admis qu’ils frappaient les prisonniers afin de leur extorquer des "aveux" plus rapidement.

Sur le sol de l’un des centres de détention, les délégués d’Amnesty International ont retrouvé un bâton, une corde et un tuyau en caoutchouc, qui pourraient servir à frapper les prisonniers, y compris sur la plante des pieds – méthode de torture baptisée falaqa. Dans un autre, ils ont entendu des bruits de coups de fouet et des cris provenant d’une cellule proche.

Il semble que les prisonniers sont soumis aux coups et à la torture plus particulièrement au début de leur détention, en guise de "bienvenue" à leur arrivée.

Entre un tiers et la moitié des prisonniers sont des personnes originaires d’Afrique subsaharienne soupçonnées d'être des mercenaires. Certains ont été libérés, aucun élément de preuve n'ayant permis de les relier aux combats.

Dans l’ouest de la Libye, les procédures judiciaires ont été suspendues depuis que le CNT a pris le contrôle de la région. Dans l’est du pays, que le CNT contrôle depuis février, elles sont toujours suspendues.

Lors de rencontres avec Amnesty International en septembre, les responsables du CNT ont reconnu les problèmes de détentions arbitraires et de mauvais traitements, et se sont engagés à faire davantage en vue de reprendre en main les milices armées et de garantir que tous les prisonniers jouissent d’une égale protection de la loi.

"Les autorités ne sauraient laisser faire simplement parce qu’elles traversent une phase de " transition ". Toutes ces personnes doivent avoir la possibilité de se défendre correctement ou être remises en liberté" a affirmé Hassiba Hadj Sahraoui.

source : http://www.amnesty.fr/AI-en-action/Violences/Armes-et-conflits-armes/Ac

 

 

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Faut-il avoir peur du CNT?

A Tripoli, le gouvernement peine à se former. Les tribus seraient-elles les faiseuses de roi?

 

«Le Conseil national de transition (CNT) veut une Libye laïque» affirmait, sûr de lui, Bernard-Henry Lévy le 24 mars 2011 au journal Le Monde. Six mois plus tard, le président du CNT Mustafa Abdel Jalil est venu doucher cette assertion en annonçant que l'islam serait la principale source de législation dans la nouvelle Libye, comme au Qatar ou en Arabie Saoudite. Cette nouvelle a surpris peu d'observateurs mais pose forcément une question: quel visage aura la Libye post-Kadhafi et faut-il avoir peur du CNT?

Depuis plusieurs semaines, les grands principes du programme du CNT sont détaillés à la presse arabophone par les responsables du mouvement: la Charia va servir de base au nouveau droit libyen. Le politique et le religieux ne seront donc pas séparés. Le CNT reste ainsi fidèle à sa ligne politique énoncée en août dernier dans une ébauche de Constitution: «Tripoli est la capitale, l'Islam est la religion, la Charia islamique est la source principale de la législation». Au regard d'une majorité de Libyens très religieux et conservateurs, cette annonce de Moustafa Abdel Jalil semble être une position médiane visant à ménager les occidentaux tout en canalisant le pouvoir grandissant d'autres islamistes plus radicaux.

Trois hommes puissants

Ancien juriste en Charia et ministre de la Justice, Abdel Jalil commence déjà à être contesté par nombre de ses alliés, dont certains voient en lui un laïc. Deux tendances et deux légitimités s'affrontent au sein du CNT. D'un côté, les combattants militaires issus des milices indépendantes (ou «katibas»), menés notamment par Ismaïl Sallabi et Abdelhakim  Belhadj, des fondamentalistes religieux et des opposants historiques au colonel Kadhafi. Leurs hommes ont libéré les principales villes du pays. L'autre tendance, celle des politiques, comme Abdel Jalil, soutenus par les occidentaux tout en étant, pour beaucoup, des anciens du régime de Kadhafi. Le fait que les fondamentalistes soient également les chefs militaires soutenus par les services secrets du Qatar, apparaît comme une bombe à retardement. S'ils ne désarment pas, le risque est grand de voir les dissensions au sein du CNT s'exacerber et dégénérer en une possible guerre civile.

Abdelhakim Belhadj, l'un des chefs militaires rebelles, élu gouverneur militaire de Tripoli, est en effet bien connu des services secrets américains. Belhadj est l'un des fondateurs et le chef du Groupe Islamique Combattant (GIC), groupuscule djihadiste ayant eu, avant le 11 septembre, des camps d'entraînement en Afghanistan. Ironie de l'histoire, Belhadj, héros de la libération de Tripoli, avait été, il y a quelques années, arrêté, torturé et livré au colonel Kadhafi par la CIA et le MI-6.

Ismaïl Sallabi est un autre extrémiste également héros de la révolution. Le libérateur autoproclamé de Benghazi et chef de la Brigade des martyrs du 17 février, l'une des composantes militaires fondamentalistes du CNT, a appelé les principaux dirigeants du CNT à démissionner. Sallabi accusait ses dirigeants d'être «des réminiscences de l'ère Kadhafi et des progressistes». Loin d’être un simple combattant, Sallabi peut aussi se montrer diplomate: ainsi, il a rapidement obtenu dès le 20 février le soutien de deux tribus touaregs et surtout celui d'une grande partie des Warfala, la plus grande tribu de Libye. Beaucoup s’accordent à dire que le ralliement des tribus Warfala, Zaouya, Touareg et Toubou a été l’élément déterminant précipitant la chute de Kadhafi, les berbères ouvrant un front à l’ouest et les Toubou dans la région désertique du Fezzan, pièce maîtresse dans le dispositif de Kadhafi et principale ligne logistique reliant Tripoli aux frontières du sud-ouest.

Ces fondamentalistes, forts d'une légitimité militaire, entendent la faire valoir. Ils sont les libérateurs de Tripoli et de Benghazi et affirment même avoir pris le CNT et l'OTAN par surprise. En effet, l'assassinat du général Younes a précédé les offensives militaires, notamment des hommes de Sallabi et de Belhadj. Selon son neveu, Hisham al-Obaïdi, les assassins de Younes se trouvent dans les rangs de la Brigade des martyrs du 17 février. L'explication se trouverait dans le fait que le général avait entamé des négociations avec le colonel Kadhafi visant à geler le conflit. Il  envisageait éventuellement une partition de la Libye ou, au moins, une transition. 

Avant la guerre, les négociations avec Mouammar

Aussi bien les dirigeants du CNT que ceux de l'OTAN ont, pendant un long moment, été ouverts à une solution politique du conflit libyen et à la négociation avec Mouammar Kadhafi. Le secrétaire général de l'OTAN Anders Fogh Rasmussen déclarait le 13 avril qu'il n'y avait pas de solution militaire au conflit libyen. Le 15 août, Dominique de Villepin, accompagné par Alexandre Djouhri, connu pour avoir ses entrées à Tripoli, faisait dans la diplomatie parallèle à Djerba en rencontrant Béchir Ben Salah, directeur de cabinet de Kadhafi, et en servant de médiateur entre la rébellion libyenne et le régime kadhafiste. Autre diplomate parallèle, David Welch, ancien membre de l'administration Bush, a rencontré un proche de Kadhafi trois semaines avant la chute de Tripoli à l'hôtel Fours Seasons du Caire. De tels rencontres n'ont pu se dérouler sans la bienveillance des services secrets. Il est possible, voire probable, que les kadhafistes, aidés par les services secrets occidentaux, aient cherché à négocier avec les «modérés»du CNT et à éliminer les fondamentalistes, dans une logique de «containment». L'assassinat du général Younes et les offensives militaires, notamment de la Brigade des martyrs du 17 février, ont apparemment mis à mal ce plan.

Le partage des tribus

Comme souvent dans l’histoire libyenne, les tribus pourraient «arbitrer» ce conflit. La tribu des Obaidi, à laquelle appartenait le général Younes, a promis de venger sa mort et de nombreux membres ciblent directement la Brigade des martyrs du 17 février. Les Toubou seront à choyer, notamment en raison des tensions au nord du Tchad avec la garde républicaine d’Idriss Déby, soutien historique du colonel Kadhafi. Les Warfala ont une attitude ambivalente. Si beaucoup de ses membres ont participé au putsch en 1993 et/ou ont soutenu l’insurrection de Benghazi. Beaucoup d’autres ont eu accès à de nombreux postes haut-gradés au sein de l’armée et défendent toujours Kadhafi à Bani Walid. Enfin, les Sanoussi, au pouvoir en Libye jusqu’en 1969, opposants historiques en Cyrénaïque, soutiennent, eux, ouvertement la frange islamiste issue du GIC depuis la répression menée par Kadhafi et ses mercenaires de 1993 à 1998. Kadhafi s’est longtemps vu comme un point d’équilibre entre les forces tribales en place en Libye. Cependant, au fil des années, il a fini par ne favoriser que sa tribu, les Kadhafa (au centre du pays), la Magharha (ouest) et une partie de la Warfala.

Les occidentaux préfèrent recycler

Si les politiques, comme l’espèrent les occidentaux, arrivent à convaincre les chefs de tribus de leur volonté d’équilibrer les pouvoirs entre les tribus, ils pourront contenir l’influence des fondamentalistes et limiter le pouvoir grandissant des katibas radicales. Les exemples tunisiens et égyptiens montrent que, face aux révolutions arabes, les occidentaux souhaitent  une rupture relative et privilégient souvent le recyclage des  régimes précédents afin de contenir les fondamentalistes. La Libye et le CNT n'échapperont pas à la règle.

Arnaud Castaignet 

source : http://www.slateafrique.com/53307/libye-peur-cnt-kadhafi

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