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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 03:52

Mali : raids aériens français au sud de Gao, des islamistes pour la paix

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L'aviation française a mené des raids aériens au sud de Gao dans le nord-est du Mali, près de la frontière nigérienne, au moment où des islamistes touareg issus du groupe armé Ansar Dine (Défenseurs de l'islam) créaient un nouveau mouvement prônant une solution "pacifique" au conflit.

Les avions français ont frappé dans la nuit de mercredi à jeudi des positions des groupes islamistes armés à Ansongo, située à 80 km au sud de Gao et à une distance équivalente de la frontière nigérienne, selon des sources de sécurité du Mali et du Niger.
 

Plus de 2.000 soldats tchadiens et 500 nigériens sont en cours de déploiement au Niger. Ils seraient chargés d'ouvrir une nouvelle voie pour aller chasser les groupes islamistes armés au Mali, dans le cadre de la force d'intervention africaine, sous mandat de l'ONU, chargée de relayer à terme l'armée française au Mali, selon des sources militaires.
 

Ces nouveaux raids français ont lieu alors que l'un des trois groupes islamistes armés qui occupent le nord du Mali, Ansar Dine, s'est scindé en deux, une partie de ses membres appelant jeudi à une "solution pacifique", au quatorzième jour de l'intervention militaire française au Mali.

Le nouveau groupe s'intitule Mouvement islamique de l'Azawad (MIA), l'Azawad étant le nom que les Touareg donnent au Nord du Mali, en proie à des tensions indépendantistes depuis des années.
 

"Le MIA affirme de la manière la plus solennelle qu'il se démarque totalement de tout groupe terroriste, condamne et rejette toute forme d'extrémisme et de terrorisme et s'engage à les combattre", affirme-t-il dans un communiqué reçu par l'AFP. Il affirme "sa volonté d'aller vers une solution pacifique" à la crise au Mali
Le MIA demande à Bamako et à Paris un "arrêt des hostilités" pour entamer le dialogue après le début le 11 janvier de l'intervention militaire française au Mali pour aider l'armée malienne à reconquérir le nord du pays, devenu en 2012 un sanctuaire pour les groupes islamistes armés liés à Al-Qaïda et où ils ont commis de nombreuses exactions au nom de la charia (loi islamique).

Le secrétaire général du MIA qui dit "occuper" la région de Kidal, à plus de 1.500 km au nord-est de Bamako, près la frontière nigérienne, est Alghabasse Ag Intalla, issu d'une des grandes familles touareg de Kidal.
Tombouctou, "ville fantôme"

Depuis des mois, des médiateurs ouest-africains et algériens tentaient de dissocier Ansar Dine, dirigé par un ex-rebelle touareg Iyad Ag Ghaly, des deux autres groupes islamistes armés présents dans le nord du Mali, en grande partie composés d'étrangers: Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao).

A 900 km au nord-est de Bamako, Tombouctou est privée d'eau et d'électricité depuis trois jours, après le départ des islamistes qui l'occupaient, selon des habitants de cette ville-phare de la culture musulmane en Afrique, bombardée ces derniers jours par l'aviation française.
"Il n'y a vraiment plus d'eau. Les populations ont fui. Les islamistes aussi. C'est une ville fantôme", a indiqué Moctar Ould Kery, un conseiller municipal de la région de Tombouctou.

Une source sécuritaire régionale a confirmé l'information, ajoutant que les principaux chefs des groupes islamistes armés étaient dorénavant "retranchés dans la région de Kidal" (extrême nord-est du Mali).

Des organisations de défense des droits de l'homme ont de leur côté demandé l'ouverture d'une enquête sur des accusations d'exactions commises par les troupes maliennes, particulièrement à l'encontre des communautés arabe et touareg, majoritaires au sein des groupes islamistes armés.

Selon la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), qui accuse des soldats maliens d'avoir perpétré "une série d'exécutions sommaires", au moins 11 personnes ont été tuées à Sévaré (650 km au nord-est de Bamako).

"L'armée doit être irréprochable et il ne saurait être question pour nous de cautionner des actes que nous reprochons aux terroristes", a réagi le gouvernement malien.
Plus de 2.400 soldats français de l'opération Serval sont déjà au Mali.

Des soldats de la force africaine, dont le déploiement a été approuvé par l'ONU, ont commencé mercredi à se diriger vers le centre du pays. Quelque 150 soldats du Burkina Faso sont arrivés à Markala (270 km au nord de Bamako), pour prendre la relève des Français qui tenaient un pont stratégique sur le Niger.
Enfin, à Bamako, le temps du match de la Coupe d'Afrique des nations entre le Ghana et le Mali (1-0), la capitale a un peu cessé de "parler de la guerre", selon des habitants. elwatan


 

________________________________________Une analyse parmi plusieurs autres

Les origines d’Al-Qaïda au Maghreb islamique: Qui est derrière les terroristes? 

Qui est derrière le groupe terroriste qui a attaqué le complexe gazier d’In Amenas exploité par BP, Statoil et Sonatrach, situé sur la frontière libyenne au sud-est de l’Algérie? (Voir la carte ci-dessous)

L’opération a été coordonnée par Mokhtar Belmokhtar, chef de la brigade islamiste des Moulathamine (brigade masquée) ou « Ceux qui signent avec du sang », affiliée à Al-Qaïda

L’organisation de Belmokhtar a été impliquée dans le trafic de drogue, la contrebande ainsi que des opérations d’enlèvement d’étrangers en Afrique du Nord. Alors que ses allées et venues sont connues, le renseignement français a surnommé Belmokhtar l’« insaisissable ».

Belmokhtar a revendiqué au nom d’Al-Qaïda l’enlèvement de 41 otages occidentaux, dont 7 Étatsuniens, au complexe gazier de BP à In Amenas.

Belmokhtar n’était toutefois pas impliqué directement dans l’attaque. Le commandant de l’opération sur le terrain était Abdul Rahman al-Nigeri, un vétéran djihadiste du Niger qui s’est joint en 2005 au Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) en Algérie. (Albawaba,  17 janvier 2013) 

ALGERIA-hostage_2453533a.jpgL’opération d’enlèvement d’In Amenas a été menée cinq jours après les frappes aériennes françaises contre des militants d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) au Nord-Mali.

Les forces spéciales françaises et les troupes maliennes ont repris le contrôle de Diabali et Konna, deux petites villes au nord de Mopti. La ville de Diabali avait apparemment été prise quelques jours auparavant par les combattants menés par l’un des principaux commandants d’AQMI, Abdelhamid Abou Zeid. 

Bien que l‘attaque terroriste et le rapt à la raffinerie d’In Amenas aient été décrits comme des actes de vengeance, cette opération n’était aucunement improvisée. Des analystes ont confirmé que, selon toute probabilité, l’opération avait été planifiée longtemps à l’avance:

Les représentants européens et étasuniens affirment que le raid était presque certainement trop élaboré pour avoir été planifié dans un laps de temps si court, quoique la campagne de bombardement française ait pu être un élément déclencheur amenant les combattants à lancer un assaut qu’ils avaient déjà préparé.

Selon les récents reportages (20 janvier 2012), il y a environ 80 morts, dont des otages et des combattants djihadistes. Il y avait plusieurs centaines de travailleurs à la raffinerie de gaz dont la plupart étaient algériens. « Parmi les rescapés, seuls 107 des 792 travailleurs étaient étrangers », selon le ministère algérien de l’Intérieur.

Les gouvernements britannique et français ont blâmé les djihadistes. Selon les termes du premier ministre britannique David Cameron :

« Les gens vont certainement poser des questions à propos de la réaction algérienne à ces événements, toutefois je dirai seulement que ces morts sont directement imputables aux terroristes qui ont perpétré cette attaque lâche et violente. (Reuters, 20 juin 2013.)

Les reportages confirment cependant qu’un grand nombre de décès chez les otages et les combattants islamiques ont été causés par les bombardements des forces algériennes.

Les négociations avec les ravisseurs, qui auraient pu sauver des vies, n’ont pas été envisagées sérieusement par les gouvernements algérien et occidentaux. Les militants avaient demandé l’arrêt des attaques françaises au Nord-Mali en échange de la sécurité des otages. Le dirigeant d’Al-Qaïda Belmokhtar avait déclaré :

« Nous sommes prêts à négocier avec l’Occident et le gouvernement algérien à condition qu’ils cessent de bombarder les musulmans du Mali » (Reuters, 20 janvier 2013.)

Au sein des rangs djihadistes se trouvaient des mercenaires provenant de nombreux pays musulmans, dont la Libye (cela reste à confirmer), ainsi que des combattants de pays occidentaux.

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Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI): De qui s’agit-il?

De nombreux groupes affiliés sont activement impliqués au Nord-Mali

  • -Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) dirigé par Abdelmalek Droukdel, l’émir d’AQMI
  • -Ansar Dine dirigé par Iyad Ag Ghaly
  • -Le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO)

-Le Groupe islamique armé (GIA), très en vue dans les années 1990, est pratiquement disparu. Ses membres se sont joints à AQMI

Le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), un mouvement touareg laïc, nationaliste et indépendantiste

Historique

En septembre 2006, le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) a uni ses forces à Al-Qaïda. Le GSPC a été créé par Hassan Hattab, un ancien commandant du GIA.

En janvier 2007, le groupe a officiellement changé son nom pour Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). Donc au début septembre 2007, l’AQMI récemment formé a établi une relation étroite avec le Groupe islamique combattant en Libye (GICL). 

Les commandants du GSPC avaient été inspirés par les enseignements religieux salafistes en Arabie Saoudite, ayant autrefois joué un rôle important dans la formation des moudjahidines en Afghanistan.

L’histoire des commandants djihadistes d’AQMI est significative dans le contexte plus vaste de cette question

  • Qui est derrière les diverses factions affiliées à Al-Qaïda?
  • Qui appuie les terroristes?
  • Quels intérêts économiques et politiques sont servis?

Le Council on Foreign Relations (Conseil des relations internationales, CFR) situé à Washington retrace les origines d’AQMI à la guerre soviéto-afghane :

La plupart des hauts dirigeants d’AQMI auraient été formés en Afghanistan durant la guerre contre les Soviétiques de 1979 à 1989. Ils auraient fait partie d’un groupe de volontaires nord-africains connus sous le nom d’« Arabes afghans » revenu dans la région après la guerre et qui radicalisait les mouvements islamistes. Le groupe est divisé en « katibas » ou brigades formant diverses cellules le plus souvent indépendantes.

Depuis 2004, le chef du groupe, ou l’émir, est Abdelmalek Droukdel, également connu sous le nom d’Abou Mossab Abdelwadoud, un ingénieur de formation et expert en explosifs qui s’est battu en Afghanistan et est issu du GIA algérien. C’est sous son leadership qu’AQMI a déclaré que la France était sa cible principale. L’un des dirigeants d’AQMI les « plus radicaux et les plus violents » est Abdelhamid Abou Zeid selon les experts en contre-terrorisme. Abou Zeid est lié à plusieurs enlèvements et exécutions d’Européens dans la région. (Council on Foreign Relations, Al Qaeda in the Islamic Maghreb, cfr.org, non daté.)

L’article du CFR omet de mentionner que le djihad islamique en Afghanistan était une initiative de la CIA, lancée en 1979 à l’époque de l’administration Carter et fortement appuyée par Ronald Reagan au cours des années 1980.

En 1979 la plus vaste opération clandestine de l’histoire de la CIA a été lancée en Afghanistan. Des missionnaires wahhabites d’Arabie Saoudite ont mis sur pied les écoles coraniques (madrasas) au Pakistan et en Afghanistan. Les manuels scolaires utilisés dans les madrasas ont été imprimés et publiés au Nebraska. Le financement clandestin a été acheminé aux moudjahidines avec l’appui de la CIA.

« Fortement encouragés par la CIA et l’ISI du Pakistan, qui désiraient transformer le djihad afghan en guerre mondiale menée par tous les États musulmans contre l’Union soviétique, 35 000 musulmans radicaux provenant de 40 pays islamiques se sont joints à la lutte afghane entre 1982 et 1992. Des dizaines de milliers d’autres sont allés étudier dans les madrasas pakistanaises. Avec le temps, plus de 100 000 musulmans radicaux ont été directement influencés par le djihad afghan. (Ahmed Rashid, “The Taliban: Exporting Extremism”, Foreign Affairs, novembre-décembre 1999.)

La Central Intelligence Agency (CIA) a joué un rôle clé dans la formation des moudjahidines en utilisant l’Inter-Services Intelligence (Direction pour le renseignement inter-services) pakistanais. La formation des guérilleros parrainée par la CIA était intégrée aux enseignements de l’islam.

« En mars 1985, le président Reagan a signé la directive nationale de sécurité 166 [laquelle] autorisait un appui militaire clandestin supplémentaire et signalait clairement que la guerre secrète afghane avait un nouvel objectif : vaincre les troupes soviétiques en Afghanistan par des actions clandestines et encourager le retrait soviétique. La nouvelle aide secrète étasunienne a débuté par une augmentation spectaculaire des livraisons d’armes, une progression constante atteignant 65 000 tonnes annuellement en 1987 […] ainsi qu’un « flot incessant » de spécialistes de la CIA et du Pentagone se rendant au quartier général secret de l’ISI au Pakistan, situé sur la route principale près de Rawalpindi. Les spécialistes de la CIA y rencontraient des officiers du renseignement pakistanais afin d’aider à planifier des opérations pour les rebelles afghans ». (Steve Coll, Washington Post, 19 juillet 1992)

moktar-algeria-jihadist1.pngMokhtar Belmokhtar, le cerveau des attaques terroristes perpétrées par la brigade islamiste des Moulathamine (masquée) au complexe gazier d’In Amenas est l’un des membres fondateurs d’AQMI.

Il a été formé et recruté par la CIA en Afghanistan. Belmokhtar était un volontaire nord-africain, un « Arabe afghan » enrôlé à 19 ans comme moudjahidine pour se battre dans les rangs d’Al-Qaïda en Afghanistan à une époque où la CIA et sa filiale pakistanaise, l’ISI, appuyaient activement le recrutement et la formation des djihadistes. Mokhtar Belmokhtar a fait la « guerre civile » en Afghanistan.

Il est retourné en Algérie en 1993 et s’est joint au GSPC. Le passé et l’implication de Belmokhtar en Afghanistan suggèrent qu’il était un « agent de renseignement » appuyé par les États-Unis.  

Le rôle des alliés des États-Unis, l’Arabie Saoudite et le Qatar

Dès le début en 2007, Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a établi des liens étroits avec le Groupe islamique combattant en Libye (GICL), dont les dirigeants avaient également été formés et recrutés en Afghanistan par la CIA. La CIA et le MI6 britannique appuient clandestinement le GICL.

Le GICL a été directement appuyé par l’OTAN durant la guerre de 2011 contre la Libye « fournissant des armes, de la formation des forces spéciales et même des avions pour appuyer le renversement du gouvernement libyen ». (Tony Cartalucci, The Geopolitical Reordering of Africa: US Covert Support to Al Qaeda in Northern Mali, France “Comes to the Rescue”, Global Research, janvier 2013.)

Les Forces spéciales britanniques SAS avaient été envoyées en Libye avant l’insurrection, agissant à titre de conseillers militaires du GICL.

Plus récemment, des reportages ont confirmé qu’AQMI a reçu des armes du GICL, dont les mercenaires ont intégré les rangs des brigades d’AQMI. Le commandant Mokhtar Belmokhtar, qui a coordonné l’opération d’enlèvement d’In Amenas, a déclaré :

« Nous avons été l’un des principaux bénéficiaires des révolutions dans le monde arabe. En ce qui concerne le fait que nous bénéficions des armes [libyennes], cela est normal dans ce genre de circonstances. » http://www.hanford.gov/c.cfm/oci/ci_terrorist.cfm?dossier=174

La raffinerie de BP à In Amenas est située en plein sur la frontière libyenne. On peut soupçonner l’implication d’un contingent de combattants du GICL dans l’opération.

AQMI a également des liens avec le Front Al-Nosra en Syrie, appuyé clandestinement par l’Arabie Saoudite et le Qatar.

AQMI est lié de manière indélébile à un programme de renseignement occidental. On le décrit comme « l’un des groupes militants les plus riches et mieux armés de la région », financé secrètement par l’Arabie Saoudite et le Qatar.

Le journal français Le Canard enchaîné a révélé (juin 2012) que le Qatar (un fidèle allié des États-Unis) finance diverses entités terroristes au Mali, incluant le groupe salafiste Ansar Dine :

Et les rebelles touareg du MNLA (indépendance et laïcité), d’Ansar Dine, d’AQMI et de Mujao (djihad en Afrique de l’Ouest) ont reçu de l’argent du Qatar selon un reportage (The Examiner).

L’information du journal satirique Canard enchaîné, qui rapportait (juin 2012) que le Qatar financerait des groupes armés au Nord-Mali, a été relayée par les médias d’Algérie et d’Afrique de l’Ouest.

Depuis plusieurs mois au Mali on soupçonne Ansar Dine, le principal groupe armé pro-charia de la région, de recevoir du financement du Qatar.

Au début du conflit par exemple, des reportages (non confirmés) indiquaient qu’un avion qatari rempli d’armes, d’argent et de drogue était atterri à Gao.

Le reportage original cite un rapport du renseignement français indiquant que le Qatar a fourni de l’aide financière à trois des principaux groupes armés du Nord-Mali : Ansar Dine, dirigé par Iyad Ag Ghali, AQMI et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO).

Le montant du financement donné à chaque groupe n’est pas révélé mais on signale que de nombreux rapports de la DGSE française remis au ministère de la Défense ont mentionné l’appui du Qatar au terrorisme au Nord-Mali. (C’est l’auteur qui souligne)

Il faut évaluer attentivement le rôle d’AQMI comme atout du renseignement. L’insurrection islamiste crée des conditions favorisant la déstabilisation politique du Mali en tant qu’État-nation. Quels intérêts géopolitiques ont été servis? 

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Conclusion : Le « Soudan étasunien »

Ironiquement, l’opération d’enlèvement au sud de l’Algérie et la tragédie provoquée par l’opération de « sauvetage » militaire menée par l’Algérie fournissent une justification humanitaire à l’intervention militaire occidentale menée par AFRICOM, le Commandement des États-Unis pour l’Afrique. Celle-ci ne concerne pas uniquement le Mali et l’Algérie, mais pourrait aussi comprendre la région plus vaste s’étendant de la zone sahélienne sub-saharienne, de la Mauritanie à la frontière occidentale du Soudan.

Ce processus d’escalade fait partie d’une « feuille de route » militaire et stratégique des États-Unis, et constitue une étape subséquente de la militarisation du continent africain, un « suivi » de la guerre des États-Unis et de l’OTAN contre la Libye en 2011.

Il s’agit d’un projet de conquête néocoloniale d’un vaste territoire par les États-Unis.

Même si la France constitue l’ancienne puissance coloniale, intervenant pour le compte de Washington, le but ultime est d’exclure tôt ou tard la France du Maghreb et de l’Afrique sub-saharienne. Le remplacement de la France comme puissance coloniale se fait de manière constante depuis la guerre d’Indochine des années 1950.

Alors que les États-Unis sont, à court terme, prêts à partager le butin de guerre avec la France, l’objectif ultime est de redessiner la carte de l’Afrique et de transformer par la suite l’Afrique francophone en sphère d’influence étasunienne. Celle-ci s’étendrait de la Mauritanie, au bord de l’Atlantique, jusqu’au Soudan, à l’Éthiopie et à la Somalie.

Un procédé similaire visant à exclure la France de l’Afrique francophone a lieu depuis les années 1990 au Rwanda, au Burundi et en République du Congo.

En conséquence, on empiète sur le français comme langue officielle en Afrique. Aujourd’hui au Rwanda, l’anglais est une langue officielle avec le kinyarwanda et le français : Le gouvernement du FPR en 1994 a commencé par offrir l’éducation secondaire en anglais ou en français. Depuis 2009, elle est offerte uniquement en anglais. Depuis 1994, l’université n’utilise plus le français comme langue de travail. (Le président rwandais Paul Kagame ne lit pas et ne parle pas le français.)

Un vaste territoire est en jeu, celui qui, durant la période coloniale, comprenait l’Afrique de l’Ouest française et l’Afrique équatoriale française. (Voir la carte ci-dessous)

À l’époque de la France coloniale, on appelait le Mali le Soudan français.

africaberlinconf.pngIl est ironique que ce processus visant à affaiblir et, tôt ou tard, à exclure la France de l’Afrique francophonesoit mis en œuvre avec l’approbation tacite de l’ancien et de l’actuel présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande, servant tous deux les intérêts géopolitiques étasuniens au détriment de la République française.

La militarisation du continent africain relève du mandat d’AFRICOM.

L’objectif à plus long terme consiste à exercer le contrôle géopolitique et militaire sur une vaste zone ayant historiquement appartenu à la sphère d’influence française. Cette zone est riche en pétrole, en gaz naturel, en or, en uranium et en minéraux stratégiques. (Voir R. TeichmanThe War on Mali. What you Should Know: An Eldorado of Uranium, Gold, Petroleum, Strategic Minerals …, Global Research, 15 janvier 2013.)

La division coloniale de l’Afrique décidée à la conférence de Berlin (à droite). Voir les cartes de l’Afrique coloniale française ci-dessous.

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Article original : Al Qaeda in the Islamic Maghreb: Who’s Who? Who is Behind the Terrorists? Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

 

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Mali
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21 janvier 2013 1 21 /01 /janvier /2013 04:08

Mali, Afghanistan, les leçons oubliées

 Une nouvelle fois, un consensus politique se dessine autour de l’intervention militaire française au Mali. Le Parti socialiste comme l’UMP et le Front national soutiennent l’initiative du chef de l’Etat. Seules quelques voix discordantes se font entendre, au Parti communiste (« L’intervention militaire française comporte de grands risques de guerre », PCF, 12 janvier) ou au Parti de gauche. L’ancien premier ministre Dominique de Villepin, dans une tribune au Journal du dimanche (« Villepin : “Non, la guerre ce n’est pas la France” », 13 janvier), s’inquiète également :

 

« Ne cédons pas au réflexe de la guerre pour la guerre. L’unanimisme des va-t-en guerre, la précipitation apparente, le déjà-vu des arguments de la “guerre contre le terrorisme” m’inquiètent. Ce n’est pas la France. Tirons les leçons de la décennie des guerres perdues, en Afghanistan, en Irak, en Libye.

 

Jamais ces guerres n’ont bâti un Etat solide et démocratique. Au contraire, elles favorisent les séparatismes, les Etats faillis, la loi d’airain des milices armées.

Jamais ces guerres n’ont permis de venir à bout de terroristes essaimant dans la région. Au contraire, elles légitiment les plus radicaux. »

 

Il est ironique de noter que cette intervention a commencé au moment où la France se retire d’Afghanistan (Lire « Fin de mission en Afghanistan », Défense en ligne, 19 décembre 2012) et où le président Hamid Karzaï se trouvait à Washington pour discuter du retrait total (ou presque) des forces américaines. Est-ce sur un succès que ces troupes se retirent d’Afghanistan ? « Mission accomplie » ?

 

Rien n’est moins sûr.

Le pouvoir qui s’est installé à Kaboul, dans les fourgons des armées étrangères, est dirigé par Karzaï, dont il faut rappeler qu’il n’a gagné l’élection présidentielle de septembre 2009 que grâce à des fraudes massives ; sa légitimité ne dépasse pas celle de son clan, de ses affidés, profondément corrompus. Ce sont des dizaines de milliards de dollars d’aide internationale qui ont disparu dans les poches sans fond des responsables politiques. Sans parler du fait qu’une part importante de cette aide « retourne » aux pays donateurs, comme le remarque Oxfam-France :

 

« L’aide internationale à l’Afghanistan est relativement significative en volume, mais elle reste largement inefficace : presque 40 % des montants versés depuis 2001 sont retournés aux pays donateurs sous la forme de profits ou de rémunérations. De plus une large part de l’aide ne parvient pas aux Afghans les plus pauvres. »

 

Et, du point de vue social, la situation reste terrible, marquée par une guerre qui n’en finit pas. Toujours selon Oxfam :

 

« Si quelques progrès ont été enregistrés en matière de santé et d’éducation dans les années qui ont suivi la chute des talibans, les défis à relever dans ces secteurs restent écrasants : actuellement un enfant sur cinq meurt avant l’âge de cinq ans, une femme sur huit meurt de complications liées à la grossesse ; deux millions d’enfants, dont deux tiers sont des filles, ne sont pas scolarisés. On estime actuellement que près de la moitié de la population afghane vit toujours en dessous du seuil de pauvreté, tandis que plus de la moitié des enfants souffre de malnutrition chronique. »

 

Qui peut croire que la guerre amène une amélioration de la situation des populations ?

Le plus paradoxal est que le seul progrès représenté par la scolarisation plus importante des filles reste menacé : les seules chances de l’administration actuelle afghane de ne pas être éliminée après le départ des troupes de l’OTAN est de négocier avec les talibans. Et, comme le remarquent les responsables d’Oxfam, ce sont les femmes qui risquent d’être les victimes de cette réconciliation. Quoiqu’il en soit, il est faux de croire que la libération des femmes peut être imposée par les baïonnettes des armées étrangères (lire Christine Delphy, « Une guerre pour les femmes ? », Le Monde diplomatique, mars 2002). Le colonialisme aussi prétendait « libérer » les femmes musulmanes.

 

Mais les interventions en Afghanistan (puis en Irak) ont eu bien d’autres conséquences régionales et internationales dont on paie encore le prix. La guerre s’est étendue au Pakistan, où les talibans locaux se sont renforcés au détriment d’un pouvoir central affaibli. Et l’utilisation massive des drones par l’administration Obama pour éliminer des « terroristes » — avec de nombreuses victimes « collatérales » —, alimente les haines anti-occidentales.

 

Ces expéditions militaires menées au nom d’une guerre sans fin contre le terrorisme ont eu pour effet paradoxal de renforcer ces organisations que l’Occident affirmait vouloir détruire. Il s’est créé, en réponse aux interventions multiples, « une autoroute de l’internationale insurgée », du Pakistan au Sahel, en passant par l’Irak, la Somalie : par elle circulent les combattants, les idées, les techniques de combats, les armes de tous ceux qui veulent lutter contre « les nouveaux croisés ». Des combattants irakiens se sont formés en Afghanistan, tandis que des Maghrébins ont pu acquérir en Irak une compétence militaire incontestable. La guerre contre le terrorisme a facilité l’unification de groupes très divers sous le drapeau d’Al-Qaida. Et, sans doute, Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) n’aurait jamais pris cette dimension sans l’intervention en Afghanistan. Et aussi, rappelons-le, sans la guerre en Libye qui a « libéré » des arsenaux militaires considérables et de nombreux combattants enrôlés (et contrôlés) par Kadhafi. Peut-on s’étonner que de nombreux musulmans voient dans ces interventions une croisade contre l’islam ? Toutes, depuis 2001, ont eu lieu dans des pays musulmans — Afghanistan, Irak, Somalie, Liban, Mali, sans oublier les guerres menées à Gaza. Et au moment où l’islamophobie fait des ravages dans les sociétés occidentales.

 

Combien de fois nous a-t-on expliqué qu’il n’y avait pas le choix, que « nous » défendions en Afghanistan la sécurité de l’Occident : si « nous » étions battus là-bas, les combats se déplaceraient demain dans nos banlieues. Et pourtant « nous » allons partir d’Afghanistan comme si de rien n’était, sans avoir stabilisé la situation, sans même parler de démocratie. Et personne ne prétend que les conséquences en Europe seront catastrophiques. On peut remarquer, au contraire, que chacune de ces expéditions coloniales aboutit à plus d’insécurité, plus de contrôles, plus de surveillance et, par là même, à une atteinte aux libertés fondamentales.

 

Pourtant, c’est le même argument qui est repris pour le Mali : éviter que s’installe à nos frontières un foyer terroriste, un Sahelistan (lire, dans Le Monde diplomatique de janvier, le reportage de Philippe Leymarie). Et la première décision du gouvernement français au lendemain de l’engagement au Mali est de renforcer le plan Vigipirate ! N’est-ce pas parce que nos gouvernants savent que ce type d’intervention alimente le terrorisme, qu’elle ne l’affaiblit pas ?

 

Douze ans après, l’intervention occidentale en Afghanistan est un fiasco. Celle en Irak a abouti à la déstabilisation durable du pays (et à une implantation de groupes liés à Al-Qaida qui n’y étaient pas présents avant 2003). D’ici douze ans, quel bilan dressera-t-on de l’engagement de la France au Mali ?  Alain Gresh  mondediplo

 

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 L'état des forces militaires étrangères déployées au Mali

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 Les soldats français et africains affluent au Mali, où la Mission internationale de soutien au Mali (Misma) doit prendre la relève de l'armée française, en fonction d'un calendrier encore imprécis. Etat des lieux sur les forces effectivement déployées et celles que la France et plusieurs pays africains prévoient d'envoyer, aux côtés de l'armée malienne, pour venir à bout des islamistes armés au nord du pays.

 

 Les effectifs militaires français déployés au Mali sont passés ces derniers jours de 1 800 à 2 000 hommes, pour une force totale annoncée de 2 500 soldats, la plus importante opération aéroterrestre engagée hors des frontières françaises depuis l'Afghanistan. Or, ces effectifs pourraient être encore plus importants. 

 Jean-Yves Le Drian, le ministre français de la Défense, a en effet fait ce décompte le 19 janvier à l'antenne de France 3 Bretagne : « Il y a aujourd’hui 2 000 militaires français au sol au Mali et l’opération Serval regroupe environ 2 900 militaires à cet instant, puisque vous avez des éléments à Ouagadougou, à Niamey et à Dakar (…). On dépassera peut-être les 2 500 militaires annoncés sur le site, ça fera environ 4 000 militaires qui seront mobilisés pour cette opération.»

Le déploiement des forces ouest-africaines a commencé

Quelque 2 000 soldats africains sont également attendus au Mali d'ici le 26 janvier, sur un total qui pourrait dépasser les 5 800 militaires africains (Tchadiens compris). Un chiffre annoncé à l'issue du sommet des chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) qui s'est tenu le 19 janvier à Abidjan, mais qui va sans doute être revu à la hausse, plusieurs pays ayant décidé d'envoyer plus de troupes que prévu.

 

Huit nations ouest-africaines (Bénin, Burkina, Ghana, Guinée, Niger, Nigeria, Sénégal, Togo) ont annoncé l'envoi de contingents, dont le déploiement a commencé. Une centaine de Togolaissont arrivés le 17 janvier à Bamako, sur les 750 militaires que Lomé prévoit d'envoyer. Quelque 55 soldats béninois étaient arrivés dimanche soir au Mali, sur une force qui doit atteindre 650 hommes, a annoncé le 20 janvier le président béninois Boni Yayi - au lieu des 300 hommes d'abord prévus. 

 

Un premier bataillon nigérian de 100 recrues s'est envolé le 17 janvier de Kaduna, au nord du Nigeria, sur une force totale de 1 200 hommes promise le 18 janvier. Nettement plus, là encore, que les 900 soldats initialement annoncés. « Notre sécurité nationale fait face à un danger imminent, en raison de la crise dans le nord du Mali », a estimé le président Goodluck Jonathan, dans sa lettre au Sénat demandant d'avaliser ce déploiement plus important. Les islamistes de Boko Haram, une secte qui multiplie les attentats au nord du Nigeria, ont été entraînés au nord du Mali par les combattants d'al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), rappellent les autorités d'Abuja. 

 

Quelque 60 soldats sénégalais sont arrivés au Mali le dimanche 20 janvier, sur une force totale de 500 hommes finalement promise par Dakar. Le Sénégal s'était d'abord montré réticent à envoyer des troupes dans le bourbier malien. Le président Macky Sall avait expliqué en juillet 2012 que des contingents de son pays étaient déjà déployés ailleurs, en Côte d'Ivoire, en République démocratique du Congo (RDC), au Soudan et en Guinée-Bissau. Le Sénégal avait encore démenti le 11 janvier avoir des troupes combattantes au sol au Mali, comme l'avait affirmé un porte-parole de l'armée malienne. Les pressions amicales de la France ont-elles joué ?  Dakar a en tout cas décidé, le 16 janvier, de participer à l'effort militaire ouest-africain.

 

Les pays contributeurs et ceux qui restent en retrait

Le Burkina Faso et le Niger ont annoncé des contributions respectives de 500 hommes à la Misma, tandis que la Guinée s'est engagée à hauteur de 120 à 144 hommes, selon les sources. Quant au Ghana, il a fait un revirement et oublié ses premières réticences, en promettant le 13 janvier d'envoyer 120 hommes au Mali. Le déploiement effectif des soldats de ces quatre pays est encore attendu. 

 

De son côté, la Côte d'Ivoire ne s'est pas formellement prononcée sur l'envoi de troupes au nord du Mali. Une décision que réclame le Front populaire ivoirien (FPI). Mais le président ivoirien Alassane Ouattara, qui a brandi la menace d'une intervention militaire de la Cédéao au Mali dès le lendemain du putsch du 22 mars 2012, est-il en mesure d'envoyer des troupes ivoiriennes ? La Côte d'Ivoire est elle-même en butte à la désorganisation de son armée - actuellement en restructuration - et confrontée à des problèmes sécuritaires. Quelque 11 000 casques blancs des Nations unies sont d'ailleurs toujours déployés dans le pays, dans le cadre de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci).

 

La Mauritanie, elle, s'en tient à sa décision initiale, annoncée en août 2012, de ne pas participer à une force internationale au Mali. Même si Nouakchott considère Aqmi comme un problème de sécurité intérieure, le groupe terroriste ayant beaucoup recruté à ses débuts parmi de jeunes Mauritaniens. La Mauritanie a été le pays le plus actif au nord du Mali sur le plan militaire, multipliant les raids aériens ces dernières années contre des convois d'Aqmi, et essuyant en retour des attentats d'Aqmi. Mais le général Mohamed Ould Abdel Aziz, le président mauritanien, ne souhaite pas s'impliquer dans une force ouest-africaine de la Cédéao, une communauté dont son pays ne fait pas partie. Nouakchott a cependant pris soin de sécuriser sa frontière avec le Mali.

 

L'important renfort tchadien

Le Tchad a déjà envoyé le 16 janvier à Niamey, la capitale du Niger, 200 éléments de ses forces spéciales, sur un total annoncé de 2 000 hommes. Ces forces devraient être déployées avec les troupes nigériennes le long de la frontière entre le Niger et le Mali. Le Tchad, qui n'est pas membre de la Cédéao, fournira donc les effectifs les plus nombreux après la France. Ce pays a été sollicité d'abord par Paris, puis par le président intérimaire malien Dioncounda Traoré, pour venir renforcer le dispositif international, en raison de l'expérience de son armée dans un terrain désertique aux conditions climatiques difficiles. rfi

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 La France lancée dans "la reconquête totale" du pays

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian précise l'objectif des forces françaises déployées sur place pour lutter contre les islamistes armés.

http://referentiel.nouvelobs.com/file/5106563.jpg

Jean-Yves Le Drian affirme dimanche 20 janvier que l'objectif de l'intervention militaire de la France en soutien de l'arméemalienne est "la reconquête totale" du Mali face aux islamistes armés, en soulignant que la première partie de la mission "se déroule convenablement".

"L'objectif, c'est la reconquête totale du Mali. On ne va pas laisser des poches" de résistance, a déclaré le ministre de la Défense, invité de "C'Politique" sur France 5, dix jours après le début de l'engagement français. "Il faut que nous aidions l'ensemble des forces" des pays de l'ouest africain "à s'organiser et les accompagner jusqu'à la reconquête totale", souligne-t-il.

Quatre ordres

Les "missions" des forces françaises sont de "quatre ordres", détaille-t-il. "Il s'agit d'abord d'empêcher la progression des groupes terroristes", soit par des frappes aériennes, soit par des appuis au sol des forces maliennes. Une première mission qui "se déroule convenablement".

La deuxième mission consiste "essentiellement pour les forces aériennes à frapper les bases arrières des terroristes". "Cela a été le cas dans la région de Gao, dans la région de Tombouctou, pour éviter que les groupes reviennent et se ressourcent", poursuit le ministre.

La troisième mission est "d'assurer la sécurité de Bamako, celles des institutions, de la population et de nos ressortissants", ajoute-t-il. Enfin, la dernière est d'"aider les forces maliennes à se structurer et s'organiser et que la Misma (la force d'intervention ouest-africaine) puisse s'organiser pour aboutir à la reconquête totale du Mali".

"Les forces françaises ont ces quatre missions à remplir en même temps et je dois dire qu'en ce moment elles les remplissent plutôt bien", dit encore Jean-Yves Le Drian.

"Pas de combats majeurs pour l'instant"

Selon le ministre, "il y a eu des échanges, mais pas de combats majeurs pour l'instant" entre les forces terrestres françaises et les combattants islamistes. Les frappes aériennes ont en revanche "fait des victimes parmi les jihadistes".

"Le but, c'est de faire en sorte que la Misma, soit le relais de notre propre intervention", explique-t-il. En cas de besoin, les forces africaines "pourront faire appel en soutien aux forces françaises quand elles arriveront à Tombouctou", comme on lui demandait si les troupes françaises pouvaient se retrouver dans cette ville du Nord.

Evoquant l'aide fournie à la France par ses alliés occidentaux, Jean-Yves Le Drian souligne que les Américains apportent une aide "très claire, puisqu'ils mettent à disposition des moyens de renseignement depuis le début" et des moyens de transport pour aider les forces des pays africains à se rendre au Mali.

Les otages au Sahel sont vivants

Interrogé sur le sort des sept otages français détenus au Sahel, le ministre affirme qu'ils sont "vivants", sans plus de précisions.

Jean-Yves Le Drian qualifie par ailleurs d'"acte de guerre" la prise d'otages en Algérie, en raison du nombre de personnes retenues et des moyens mis en oeuvre par les ravisseurs. "On dit 'prise d'otages', mais quand il y a autant de monde concerné, je pense que c'est un acte de guerre".

"Quand un pays est agressé de cette manière et que sa propre souveraineté est en cause, il décide lui-même de la manière d'y répondre, avec ses propres forces armées",e en précisant que "l'Algérie était agressée". tempsreel.nouvelobs

 

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 La France au Mali : repérer les médiamensonges

 

En guerre contre le terrorisme, vraiment ? Pourquoi les médias ne parlent-ils pas des ressources naturelles convoitées, des multinationales françaises qui se construisent des fortunes dans cette région, de la misère dont elles sont responsables ? Pourquoi nous cache-t-on les véritables cibles : Mali, Niger, Algérie et l'Afrique en général ? Et le Qatar, allié de Paris, qui arme les islamistes maliens, qu'est-ce que cela cache ? Ou bien part-on en guerre pour des intérêts économiques et stratégiques soigneusement cachés ? michelcollon


 
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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 01:21

Les USA apporteront un soutien aérien à la France au Mali

Les États-Unis ont accédé à la demande de la France et décidé de fournir des moyens aériens pour le transport de troupes et de matériel, ce qui constitue un soutien limité à l'opération Serval au Mali, indique un responsable américain.

La décision américaine, largement attendue, intervient après que l'administration Obama a examiné les implications légales d'une telle assistance à la France.

L'armée de l'air américaine pourrait affréter des avions cargos tels que le C-17 mais également le C-5, d'une plus grande capacité de transport, dans un délai d'une journée, a dit ce responsable.  

 "Nous avons accepté d'acheminer des troupes et du matériel", a commenté Tommy Vietor, porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison blanche.  

 Le gouvernement français remboursera aux Etats-Unis les frais entraînés par ce soutien aérien, a-t-il précisé. Suite... 


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Algérie : fin de l'opération militaire d'In Amenas

 

L’assaut mené jeudi par les forces spéciales de l’Armée nationale populaire (ANP) pour libérer les travailleurs algériens et étrangers, retenues en otage depuis mercredi au site gazier de Tiguentourine (40 km d’In Amenas), dans la wilaya d’Illizi, a pris fin jeudi soir, a appris l’APS auprès des services de la wilaya.

Aucun bilan sur cette opération n’a été donné pour le moment. L’assaut mené par les forces spéciales de l’ANP, dans une action terrestre, a permis de libérer près de 600 travailleurs algériens et quatre ressortissants étrangers (2 Ecossais, un Kenyan et un Français), selon des sources locales.

Dans la matinée, 30 travailleurs algériens étaient parvenus à s’échapper, et ont été récupérés par des hélicoptères de l’ANP qui survolaient le site gazier, selon les mêmes sources. D’autres sources sur place évoquent la libération de “la moitié” des otages étrangers sans donner de précision.

Le ministre de la Communication, M. Mohamed Saïd, a indiqué jeudi soir à la télévision nationale qu’un nombre “important” de terroristes a été neutralisé par les forces terrestres de l’ANP au cours de l’assaut. Il a rappelé que toutes les dispositions ont été prises dans le souci de préserver les vies humaines et d’aboutir à un dénouement heureux mais, a-t-il dit, “le jusqu’au-boutisme des terroristes” a conduit à cette opération militaire.

“Ni négociation (avec les terroristes), ni chantage, ni répit” dans la lutte antiterroriste. M. Mohamed Saïd a affirmé, dans ce contexte, qu’il n’y aura aucun répit dans la lutte contre le terrorisme. “Nous disons que face au terrorisme, hier comme aujourd’hui et demain il n’y aura ni négociation (avec les terroristes), ni chantage, ni répit dans la lutte contre le terrorisme”, a-t-il déclaré, rappelant qu’il “s’agit d’une position algérienne connue depuis longtemps”.

Le ministre a qualifié l’attentat terroriste contre le site gazier de Tiguentourine, suivi par une prise d’otages de travailleurs algériens et étrangers, de “nouvelle épreuve qui frappe le peuple algérien”. “Mais, cette épreuve est, cette fois-ci, de nature nouvelle. C’est une agression d’une multinationale terroriste contre le peuple et l’Etat algériens”, a-t-il fait remarquer.

Il a précisé que les objectifs de cet attentat “étaient clairs”, à savoir déstabiliser l’Algérie et l’impliquer directement dans la guerre qui se déroule actuellement au Mali. “Ils ne réussiront pas à atteindre leurs objectifs”, a affirmé le ministre, assurant que les forces de l’ANP “sont là pour défendre les frontières terrestres du pays sans aucun répit”. elwatan


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Pourquoi la guerre au Mali entraîne une prise d'otages en Algérie ?

 

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Le site gazier d'In Amenas, en Algérie. (KJETIL ALSVIK / STATOIL / AFP)

 Mathieu Guidère, spécialiste des mouvements islamistes, professeur à l'Université Toulouse 2, auteur du livre "Les Nouveaux Terroristes", explique au "Nouvel Observateur" pourquoi c'est toute la zone sub-saharienne qui est concernée au travers de la prise d'otages d'In Amenas.

Au début de la prise d'otage, on a parlé de combattants qui venaient du Mali. On a lu aussi dans la pressealgérienne que certains combattants avaient un accentlibyen. Qui compose la brigade qui a attaqué le site algérien ?

- On sait aujourd'hui en recoupant les informations des autorités algériennes, des ravisseurs eux-mêmes et des otages – certains ont pu être joints au téléphone – et en recoupant les informations des médias arabes, que l'action a été menée par un groupe dissident d'Aqmi qui porte le nom de "Signataires du sang". Groupe dirigé par un vétéran de la guerre civile algérienne et du terrorisme algérien qui s'appelle Mokhtar BelMokhtar.

Les brigades dont nous parlons et en particulier celle-ci sont composées essentiellement d'arabes de la région : il y a des Algériens, des Tunisiens, des Mauritaniens, des Libyens, des Maliens… et donc il est tout à fait possible que, dans les deux commandos qui ont attaqué la base, il y ait des hommes qui aient des accents malien ou mauritanien…

La composition de ces brigades est-elle le reflet de la question islamiste dans la région : un problème qui touche toute la zone sub-saharienne ?

- En réalité, aujourd'hui, on assiste à un phénomène en mutation car avec le printemps arabe en Tunisie, en Libye, en Egypte et au Maroc, des gouvernements islamistes sont arrivés au pouvoir. Et lorsque le champ politique a été constitué autour des islamistes, les djihadistes de ces pays là ont perdu de leur poids dans la population. La plupart d'entre eux s'est donc déplacée dans le sud puisque leur opposition au gouvernement n'avait plus lieu d'être, étant lui-même islamiste. Il y a une dynamique djihadiste dans toute la zone subsaharienne, et en particulier au Sahel, qui reflète cette mutation du djihadisme. Il y a un déplacement de son centre de gravité des pays d'Afrique du Nord et du Proche-Orient vers le Sahel.

On parle de mouvements d'armes dans la région. Sont-ils avérés ?

- Depuis le conflit libyen et l'occupation du Nord du Mali par les islamistes, des trafiquants libyens, maliens, nigériens, tchadiens, burkinabés se sont mis sur ce marché. On sait qu'il y a un certain nombre d'armes qui circulent. En particulier depuis l'annonce d'une possible intervention militaire au Mali : l'ensemble de ces groupes a commencé alors à se préparer à cette intervention.

La semaine dernière, une réunion sécuritaire a eu lieu entre les ministres de l'Intérieur algérien, libyen et tunisien. Ces pays peuvent-ils lutter contre ces trafics des djihadistes ?

- Effectivement, cette réunion était nécessaire car toute la région est instable, lieu de trafics d'armes notamment. Cette réunion a abouti à la décision de ces pays de renforcer les contrôles aux frontières, de fermer les frontières, de déclarer comme zone militaire la quasi-totalité de la région. Mais ce sont des décisions formelles plus qu'autre chose car nous sommes en plein désert et il n'y a pas vraiment de frontière. Mais cette réunion soulève la différence d'approche qui existe entre la Libye et la Tunisie d'une part et l'Algérie d'autre part. Les gouvernements islamistes des deux premiers pays ne considèrent pas les salafistes comme des terroristes au contraire de l'Algérie. Il y a donc une différence d'approche et le contexte géographique et politique ne permet pas aujourd'hui de véritablement contrôler toutes ces zones et d'assurer la tranquillité dans ces zones-là.

L'intervention au Mali peut-elle réduire la menace djihadiste au Sahel ?

- Je ne le crois pas. Cette intervention aura dans l'immédiat deux conséquences. La première, c'est le changement de perception de la France qui va apparaître de nouveau comme une puissance interventionniste qui s'ingère dans les pays de la région. On entend déjà sur place des accusations de néocolonialisme. Ce changement de perception va donc se faire dans les semaines qui viennent dans un sens négatif pour les intérêts français. Deuxièmement, on va voir se mettre en place une dynamique djihadiste sur l'ensemble de la partie centrale de l'Afrique, c'est-à-dire de la Somalie au Sénégal. Et cette dynamique risque de nuire aux intérêts économiques de l'ensemble des partenaires occidentaux dans la région. tempsreel.nouvelobs

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La Tunisie s’inquiète des retombées sécuritaires de la crise au Mali

La Tunisie s’est inquiétée des répercussions du conflit armé au Mali sur sa propre sécurité et celle de la région et a condamné la prise d’otages en Algérie, dans un texte publié à l’issue d’une réunion de ses dirigeants politiques et militaires jeudi.

Une déclaration finale de la réunion tenue à l’initiative du président Moncef Marzouki souligne « les graves répercussions sécuritaires de la crise du Mali sur l’ensemble des pays de la région et sur la Tunisie ».

Le texte appelle les Tunisiens à « prendre leurs responsabilités dans la lutte contre la violence et le terrorisme », leur demandant notamment des efforts pour « isoler les groupes violents ».

« La situation exige une grande vigilance sécuritaire », a noté le ministre des Affaires étrangères Rafik Abdessalem qui a lu le texte à la presse, expliquant le renforcement des mesures de sécurité en Tunisie.

Les autorités tunisiennes ont affirmé en outre leur « soutien à la sécurité du Mali » et condamné la menace que constituent les « groupes terroristes armés ».

Tunis dit « comprendre la décision souveraine du gouvernement malien pour faire face aux risques sécuritaires », en appelant à un « dialogue national global parallèlement à l’action militaire ».

Exhortant les pays du Sahel africain et d’Afrique du Nord « à unifier leurs efforts et leurs politiques sécuritaires », les autorités tunisiennes ont estimé que les pays du Maghreb étaient « les plus exposés aux conséquences » du conflit malien.

La Tunisie a en outre « condamné fermement » la prise d’otages par un commando jihadiste en Algérie et s’est dit « entièrement solidaire » avec Alger face à « une agression de groupes terroristes armés ».

L’armée algérienne a donné l’assaut jeudi contre un site gazier dans le désert du Sahara où des centaines de personnes étaient retenues.

La réunion a regroupé le chef du gouvernement l’islamiste Hamadi Jebali, le président de l’assemblée constituante Mustapha Ben Jaafar, le chef d’état-major le général Rachid Ammar ainsi que les ministres des Affaire étrangères, de l’Intérieur et de la Défense.

Elle a coïncidé avec le renforcement du dispositif sécuritaire notamment autour de l’ambassade et des services français en Tunisie, l’ambassade ayant appelé mercredi les Français « à la vigilance » en raison de l’intervention contre des combattants islamistes au Mali. maliactu

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Que veut la France au Mali

Et maintenant que vont faire le président Hollande et le gouvernement Ayrault après le carnage de In Amenas ? D’évidence il y a un problème supplémentaire auquel on ne pourra pas se contenter de répondre en haussant le ton ou en montrant nos muscles.

 Il est difficile de croire  que  nos gouvernants ignoraient  la situation sévissant au Mali  depuis de nombreuses années. Le coup d’état contre le président Amadou Toumani  Touré et ses conséquences n’ont certainement pas manqué d’être analysés. La déliquescence du Mali déjà très faible, n’a fait que s’accentuer. Le  Capitaine Haya Amadou Sanogo et ses sicaires ont donné un nouveau coup de grâce au régime. Le président par interim Dioncounda Traoré  n’avait ni légitimité ni autorité. On doit donc  s’étonner que la France justifie son intervention par l’appel reçue de ce gouvernement sous perfusion et une résolution ambigüe du conseil de  sécurité de l’onu.

 Qui pouvait ignorer que le Mali n’a jamais su régler le problème de l’unité du pays  et des diverses ethnies notamment des Touaregs ?

Le moins que l’on puisse dire est que notre président qui a voulu montrer son autorité et son esprit de décision n’a pas su anticiper.  Il a fait preuve d’une manifeste impréparation et de précipitation. Prétendre que la France agissait en accord avec la Cedeao et en accord avec ses alliés européens et américains n’est pas crédible.  Il n’y eut certes pas d’opposition de leur part à l’action de la France mais la moindre des choses n’était elle pas de s’assurer d’un soutien autrement que verbal qui n’engageait apparemment que le président Hollande.  Comment se fait il qu’au bout de six  jours d’un engagement militaire par la France un député européen puisse interpeller  avec raison  la commissaire européenne Catherine Ashton «  Vous dites que cette guerre nous concerne tous, tout le monde dit « nous » mais il n’y a que des soldats français sur place, est-ce à dire que vous enverrez des infirmières et que les Français eux se feront tuer ? ».

Jusqu’à aujourd’hui quoiqu’en dise nos responsables politiques, la France est seule parce qu’elle a pris tout le monde de court, elle est partie seule sans prévenir et s’étonne de se trouver seule.

La question légitime que les Français se posent est simplement de savoir ce que fait la France au Mali et qu’y fait-elle seule ?  Dans le consensus de la classe politique, malgré les réserves que l’on peut percevoir n’est-il pas étrange que les voix qui devraient être écoutées soient celle  paradoxale du « cousin » de Bokassa responsable de l’expédition sur Kolwezi, l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing dénonçant aujourd’hui une opération néocoloniale et celle de Dominique De Villepin responsable de l’opération Licorne en Côte d’Ivoire. Il se trouve qu’aujourd’hui la leçon vient de ces deux adversaires politiques que sont  Giscard et de Villepin.

 Il y eut ce mercredi 16 janvier la  spectaculaire prise d’otages  en Algérie sur la base de vie du site gazier de In Amenas  avec les conséquences catastrophiques considérables en pertes humaines. On ne peut pas être certain que cette opération qui nécessitait une longue opération soit liée directement à l’intervention française et à l’autorisation donnée par l’Algérie de survol de son territoire malgré les déclarations des assaillants. Il me parait vraisemblable qu’elle a été soigneusement préparée et il parait difficile qu’elle ait été improvisée depuis le 13 janvier. L’affirmation qu’il s’agit d’une représaille ne change rien mais est  censée lui donner une justification  Il est certain que cette opération et l’intervention de l’armée nationale populaire Algérienne internationalise cette affaire, ce qui ne signifie en rien que  les problèmes du Mali vont se régler. On annonce l’arrivée de soldats africains, mais on annonce en même temps  que la tâche des occidentaux va être de les former. Il est temps  et on peut être sceptique quand on sait que la formation déjà donnée à coup de centaines de millions par les Etats Unis  a servi à des gens comme le capitaine Sanogo pendant que d’autres se trouvent dans les forces anti-gouvernementales maliennes.  Cette formation donnée aux militaires maliens  va t-elle permettre aux soldats français de se retirer. ? Il faut se souvenir que Hollande avait affirmé que nous ne devions pas être engagés mais qu’il s’agissait pour la France d’assurer un soutien logistique comme on avait annoncé l’envoi de quelque 300 militaires alors que nous en comptons déjà à peu près 1500.

Nous sommes loin des diverses déclarations souvent contradictoires de  Hollande et de Fabius. Il serait temps qu’ils fixent clairement leurs positions en précisant le but final de notre intervention qui « d’arrêter l’avancée des islamistes  empêchant la prise de Bamako » est passé à « rétablir l’intégrité du territoire du Mali »,  ambition , selon moi, illégitime, illégale et impossible de la part de la France.

Combien de temps la France va-t-elle restée dans son ancienne colonie appelée le Soudan  français et combien devront nous payer en argent et en vie humaine ? mediapart

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Du vœu pieux au bourbier ?  La France punie d’avoir trop tergiversé

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L’opération militaire Serval répond à l’appel au secours d’un Etat souverain, le Mali, avec lequel la France dispose d’un accord de défense. D’un point de vue juridique, pacta sunt servanda, la France se devait donc d’intervenir. D’autant que l’enjeu est d’empêcher, coûte que coûte, l’instauration d’une base territoriale islamiste en Afrique occidentale francophone. Ceci posé, on aurait fort envie d’applaudir. Mais qu’on ne s’y trompe pas. D’abord parce que vouloir « détruire » les terroristes (le mot, c’est amusant, sort de la bouche de François Hollande) s’apparente à un vœu pieux. En tergiversant de longues semaines, la France a laissé l’opportunité aux islamistes de s’organiser et de se renforcer à la faveur d’un grand désordre politique au Mali. La confusion qui règne autour des objectifs militaires français n’arrange rien, et sans un règlement politique de la question malienne, le combat contre les islamistes connaîtra un sort analogue aux actions menées dans le bourbier afghan depuis plus de dix ans. Car si infliger des pertes aux islamistes, les contraindre à se réfugier dans les reliefs, et contrarier leurs ravitaillements est envisageable, les détruire assurément pas.

La zone est à ce point instable qu’elle pourrait accoucher d’une Somalie ou d’un Afghanistan. Le coup porté aux intérêts français serait rude, et si la décision d’intervenir paraît avoir été prise brutalement, c’est qu’ils sont aussi cruciaux que nombreux. 5 000 ressortissants français vivent en effet au Mali, auxquels s’ajoutent de nombreux otages détenus aujourd’hui au Sahel — otages que l’on a semblé avoir oublié tout ce temps. À la frontière Est, au Niger, Areva exploite des mines d’uranium, au coeur d’une zone stratégique pour le nucléaire français. Et la faiblesse des intérêts économiques de la France au Mali n’enlève rien à l’importance cruciale de la voisine Mauritanie pour Paris. Depuis 2005, Total mène quantité d’explorations dans cette région riche en gisements pétroliers non exploités. On comprend, dès lors, la nécessité pour la France de ne pas voir le Sahel se transformer en bourbier absolu .

Qu’il nous soit tout de même permis de rappeler deux ou trois choses : François Hollande, si prompt à vouloir faire régner l’ordre en Afrique, avait soutenu, alors qu’il était candidat à la primaire du PS, l’intervention militaire en Libye décidée par son prédécesseur. La France était alors officiellement partie installer la démocratie que le « peuple » réclamait si fort. Sauf qu’en appuyant une faction tribale revancharde, elle permit à la Cyrénaïque d’enfin gifler Tripoli. On installa ainsi des islamistes au pouvoir.

Et de la démocratie surgit la charia. Les armes de Kadhafi tombèrent dans les pires mains qui soient. Alors, quand bien même le fanatisme ébranle depuis belle lurette le Sahel, — fanatisme d’ailleurs un temps soutenu par Kadhafi, — l’intervention libyenne n’a fait qu’aggraver les choses. Vouloir contrôler l’incendie au Mali, c’est oublier le chaos qui fait rage au sud de la Libye. Un péril fondamentaliste qui risque fort de se propager au Tchad, au Darfour, et même jusqu’au Nord-Nigéria où s’organisent les islamistes de Boko Haram. De sorte qu’un cordon islamiste ininterrompu se tisserait d’est en ouest. Au reste, quand on songe au démantèlement de bases militaires françaises en Côte d’Ivoire ou à Dakar décidé par Nicolas Sarkozy et que François Hollande, jadis horripilé par la Françafrique, n’a évidemment pas renié, on dirait bien que c’est une série de mauvaises décisions, validées par les deux partis de gouvernement, que la diplomatie française s’emploie aujourd’hui à rattraper.

Voilà où semble en vérité résider l’incohérence. Comme l’expliquait Gil Mihaely, si Bamako veut éviter l’implosion, elle devra se résoudre au compromis, n’ayant plus d’autre choix que de s’appuyer sur les Touaregs farouchement sécessionnistes. Et parmi eux, il importera de reconnaître les éléments susceptibles de se soulever contre l’islamisme. Vaste programme que celui de François Hollande, désormais porté par son statut de chef de guerre… causeur

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24 décembre 2012 1 24 /12 /décembre /2012 05:19

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Les islamistes détruisent à nouveau des mausolées

Les islamistes qui occupent le nord du Mali ont à nouveau détruit dimanche à Tombouctou des mausolées, promettant de les anéantir tous: après des amputations à Gao, ces exactions sonnent comme un pied de nez au feu vert de l'ONU à l'envoi d'une force armée internationale pour les combattre. (c) Afp

Les islamistes qui occupent le nord du Mali ont à nouveau détruit dimanche à Tombouctou des mausolées, promettant de les anéantir tous: après des amputations à Gao, ces exactions sonnent comme un pied de nez au feu vert de l'ONU à l'envoi d'une force armée internationale pour les combattre. (c) Afp

 

Les islamistes qui occupent le nord du Mali ont à nouveau détruit dimanche à Tombouctou des mausolées, promettant de les anéantir tous: après des amputations à Gao, ces exactions sonnent comme un pied de nez au feu vert de l'ONU à l'envoi d'une force armée internationale pour les combattre.

La casse des derniers mausolées de Tombouctou (nord-ouest) jusqu'alors épargnés par les islamistes qui avaient entamé les destructions en juillet, s'ajoutent aux amputations vendredi de la main de deux voleurs présumés à Gao (nord-est) au nom de la charia (loi islamique).

Ces exactions ont été commises après l'adoption jeudi par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution autorisant, par étapes et sous condition, une intervention armée dans le nord du Mali pour chasser, au mieux à partir de septembre 2013, les islamistes armés qui l'occupent totalement depuis six mois.

"Il ne va pas rester un seul mausolée à Tombouctou, Allah n'aime pas ça, nous sommes en train de casser tous les mausolées cachés dans les quartiers", a déclaré à l'AFP Abou Dardar, un chef d'Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), groupe islamiste armé qui occupe Tombouctou avec Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Mohamed Alfoul, qui se présente comme un membre d'Aqmi à Tombouctou, a de son côté justifié ces destructions en affirmant que tout ce qui ne relève pas de l'islam, "ce n'est pas bien, l'homme doit vénérer seulement Allah".

Les destructions des mausolées de saints musulmans de Tombouctou, ville historique "aux 333 saints", ancien centre cultural et intellectuel d'Afrique classé patrimoine mondial en péril, a été confirmée à l'AFP par des habitants.

"Actuellement, les islamistes sont en train de briser tous les mausolées des quartiers avec des pioches", a dit l'un d'eux.

"J'ai vu les islamistes descendre d'une voiture près de la grande mosquée de Tombouctou. Derrière une maison, ils ont cassé un mausolée en criant Allah est grand, Allah est grand", a affirmé un autre témoin.

Outre les cimetières et les mosquées, plusieurs ruelles et des habitations privées de la ville abritent également des mausolées, vénérés par la population.

 

"Idolâtrie"

En juillet, les islamistes d'Ansar Dine et d'Aqmi, qui considèrent la vénération des saints comme "de l'idolâtrie", avaient suscité un tollé général en détruisant de premiers mausolées à Tombouctou, en particulier ceux situés dans l'enceinte de la plus grande mosquée de la ville.

Ils avaient récidivé en détruisant d'autres mausolées en octobre, à la veille d'une réunion internationale à Bamako sur l'envoi d'une force armée au Mali pour les chasser du Nord qu'ils occupent avec un autre groupe islamiste, le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao).

Cette fois-ci, les destructions ont été commises trois jours après l'adoption par le Conseil de sécurité de l'ONU d'une résolution autorisant le déploiement conditionnel, vers la fin de l'année 2013, d'une force internationale d'au moins 3.300 soldats africain pour reconquérir le nord du Mali.

Vendredi, les islamistes du Mujao qui occupent Gao y avaient amputé la main de deux voleurs présumés, promettant pour "bientôt" de nouvelles amputations.

Le 29 juillet à Aguelhok (nord-est), des membres d'Ansar Dine avaient lapidé à mort, en public, un homme et une femme auxquels ils reprochaient d'avoir eu des enfants sans être mariés.

Depuis août, plusieurs autres amputations publiques ont été commises par les islamistes dans différentes localités du nord du Mali, sans compter des centaines de coups de fouet à des couples "illégitimes", des buveurs d'alcool, des fumeurs, et autres "déviants", selon les groupes islamistes, ainsi que l'arrestation de femmes non voilées chez elles.

Ansar Dine, groupe composé essentiellement de Touareg islamistes, a signé vendredi à Alger un accord avec la rébellion touareg laïque du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) qui avait lancé l'offensive dans le Nord en janvier avant d'en être chassé par les islamistes.

Les deux groupes se sont engagés à cesser les hostilités dans le nord du Mali et à négocier une solution politique avec Bamako, mais Ansar Dine a réaffirmé qu'il n'entendait pas renoncer à l'application de la charia dans les zones sous son contrôle. tempsreel.nouvelobs

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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 17:21
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Le monument de l’Indépendance détruit à Tombouctou

Les islamistes qui occupent le nord du Mali détruisaient ce soir le monument de l’indépendance à Tombouctou où ils ont déjà détruit ces derniers mois des trésors du patrimoine mondial, ont indiqué des habitants de la ville.

Le « monument des martyrs » de Tombouctou rendait hommage aux victimes de la lutte contre la dictature du général Traoré, en 1991. © Issouf Sanogo / AFP

 

« A l’aide d’un tracteur, les islamistes sont actuellement en train de détruire le monument de l’indépendance de Tombouctou », situé au centre-ville, a affirmé un habitant contacté par téléphone. Un autre témoin a précisé que « huit islamistes avec un bulldozer » étaient « en train de détruire le monument de l’indépendance de Tombouctou ».

Ils avaient détruit  mercredi le « monument des martyrs » de la ville rendant hommage aux victimes de la lutte contre la dictature du général Moussa Traoré en 1991, et fouetté de jeunes fumeurs, ont rapporté des témoins à l’AFP. « Ils ont tenté d’abord de briser le monument avec des outils, ça n’a pas marché », a raconté un enseignant de Tombouctou au téléphone. « Ensuite, ils ont attaché une corde autour du monument rattachée à un véhicule qui a roulé doucement pour le faire tomber », a-t-il ajouté. 

L’information a été confirmée par d’autres habitants de la ville qui ont affirmé que ce sont des membres d’Ansar Dine (Défenseurs de l’islam) et d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) qui se sont attaqués à ce monument. »Le monument est tombé. Les combattants d’Aqmi et d’Ansar Dine avaient l’air très contents », a témoigné l’un d’eux. Dans presque toutes les grandes villes maliennes, un « monument des martyrs » a été construit pour honorer la mémoire des Maliens morts le 26 mars 1991, lors de manifestations organisées à Bamako et qui ont entraîné la chute du général Moussa Traoré.


L’Unesco inquiète

Les islamistes avaient déjà détruit le monument El Farouk, un cheval symbole de la ville de Tombouctou, prise il y a près de deux mois avec les deux autres grandes villes et régions administratives du nord, Gao et Kidal, à la faveur d’un coup d’État ayant renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré. Ils ont également profané récemment un mausolée, et l’Unesco a fait part de son inquiétude concernant les célèbres manuscrits de la ville, dont beaucoup datent de l’âge d’or de Tombouctou, entre le XIIe et le XVe siècle. Inestimables, ils traitent de théologie, mathématiques, médecine, astronomie, musique.

 

Imprimant de plus en plus sa marque à la ville, l’alliance Ansar Dine/Aqmi a par ailleurs confisqué dans des boutiques de très nombreux cartons de cigarettes. « Ils ont brûlé les cartons, fouetté des jeunes qui fumaient », a rapporté un témoin. Ces faits sont intervenus avant une rencontre prévue à Tombouctou entre Iyad Ag Ghaly, chef d’Ansar Dine, avec des responsables d’autres mouvements islamistes présents dans le nord du Mali, dont Aqmi, a appris l’AFP de sources concordantes. maliactu

 

 

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Des islamistes armés détruisent le monument de l'Indépendance à Tombouctou

Dans le nord du Mali, les islamistes armés ont entrepris de nouvelles destructions. A Tombouctou, ils ont détruit le 27 octobre le monument de l'Indépendance. Ce monument symbole, érigé sur la place de l'Indépendance au coeur de la ville sainte, avait déjà été saccagé en avril dernier au moment de l'arrivée des hommes d'Ansar Dine. Comme déjà de nombreux mausolées et symboles religieux.

Mali : des islamistes armés détruisent le monument de l'Indépendance à Tombouctou

 

Les islamistes radicaux qui occupent le nord du Mali ont détruit le monument de l'Indépendance de Tombouctou. Un symbole, déjà attaqué lors de la prise de la ville par le groupe Ansar Dine. Selon un témoin, Tombouctou est en ruine et méconnaissable, après la destruction de nombreux mausolées et symboles religieux ces derniers mois : 

« Ils sons venus avec le matériel de travail de la Fatome. Ils ont cerné les lieux et ils ont commencé à démanteler les monuments par des vérins et des marteaux pour le terrasser jusqu’en bas. C’est un monument élevé, construit de ciment et de béton. Ce même monument avait déjà été attaqué. C’est un symbole de Tombouctou. C’est un joyau de l’architecture de la ville qui tombe ce soir comme l’ont été d’autres déjà. En tant qu’habitant et comme toute la population de Tombouctou, c’est la consternation, la désolation totale. Les citoyens de Tombouctou. Ils ne savent plus à quel sein se vouer. La ville de Tombouctou est méconnaissable, Tombouctou est en ruines. Notre ville est dénaturée. Nous en appelons à tous les amis de Tombouctou, et du Mali de venir au chevet de cette ville, cette ville mythique qui est en train de s’effondrer. On a peur ». 

Dans le reste du pays 

On s'interroge toujours sur ce qui s'st passé cette semaine dans la région de Diabali. Des témoins, nomades, accusent des militaires basés dans cette ville d'avoir commis de graves exactions. Notamment dans deux petits villages, deux puits situés à 15 kilomètres de Diabali : Kalarabo et Karal II ou les familles étaient installées. Fatima a fui avec ses enfants, elle est réfugiée en Mauritanie. D'après elle, l'armée malienne aurait enlevé puis tué tous les hommes de son village. 

En revanche, le ministre malien de la Défense, le colonel-major Yamoussa Camara, dément toute exaction de militaires contre des civils. Il affirme au contraire qu'un groupe de bandits qui avait attaqué un campement pour le piller s'en est pris à une patrouille de l'armée envoyée en renfort et que huit bandits auraient été tués dans cet échange de tirs. « L'armée protège les civils » affirme-t-il. dakaractu

 

 

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UNE RAGE ENVERS LES MONUMENTS

 

La destruction volontaire des monuments est un acte aussi ancien que le temps où l'homme a été en mesure de bâtir des monuments. Les quinze dernières années constituent en cela une incroyable escalade dans la désacralisation de grands ouvrages architecturaux - de la démolition des statues de Bouddha deux fois millénaires à Bamiyan, par les talibans, au crash des avions sur le World Trade Center, en passant par la dévastation des bibliothèques et musées en Irak et en Égypte. Au cours de ces dernières semaines, les rebelles du Nord-Mali, armés de haches, de pelles et d'autres armes, ont détruit des monuments constitutifs du riche patrimoine culturel et religieux malien, dégradant jusqu'à la porte d'une mosquée du XVe siècle, à Tombouctou.

 

Ces destructions, qualifiées de "profanes" ont provoqué une très forte indignation. Vivement condamnées, elles ont même été qualifiées de "crimes de guerre". La destruction du patrimoine culturel et religieux, garant des valeurs spirituelles d'un pays qui est souvent considéré comme un modèle de démocratie dans sa région, a été énormément médiatisée. Généralement, les discussions se sont concentrées sur l'Islam et la déplorable appropriation qui en est faite par al Qaida (1). D'un côté les spécialistes, intellectuels et historiens décrivent des rebelles ayant méthodiquement planifié un sabotage de l'héritage historique et du patrimoine, de l'autre ces rebelles sont décrits comme des fanatiques religieux, des hooligans (2) incultes qui ont mal interprété l'Islam et qui n'ont aucunement conscience de l'importance des tombes et des manuscrits du nord-Mali.


Même lorsqu'ils entrent en contradiction, aucun de ces débats ou de ces analyses ne sont infondés ; mais la colère, qui est à l'origine de ces destructions, n'est, elle, presque jamais évoquée. Le philosophe Georges Bataille abordait la question de la violence et de la peur qui se dégagent souvent des monuments, et qui prennent forme autour et au-dessus de nous. Il écrivait : "les grands monuments s'élèvent comme des digues, opposant la logique de la majesté et de l'autorité à tous les éléments troubles : c'est sous la forme des cathédrales et des palais que l'Église ou l'État s'adressent et imposent silence aux multitudes" (3). Pour Bataille, la prise de la Bastille exprime l'animosité que nourrissait un peuple à l'égard de monuments qui étaient devenus l'incarnation de ses maîtres.

La profanation des monuments occupe également une place symbolique dans l'histoire du monde postcolonial. Le penseur, anticolonialiste et psychiatre Frantz Fanon a écrit sur la question de la compartimentation fondamentale de l'univers colonial : d'un côté, ce monde est constitué de bidonvilles exigus, l'autre face étant représentée par le monde propre, sain et lumineux du colonisateur. Fanon affirme que les rêves des populations colonisées se sont alors focalisés sur cette représentation de l'espace. Les populations souhaitent "s'engouffrer dans les villes interdites" (4) et il n'y a rien qu'elles souhaitent d'avantage que "détruire le monde colonial […], l'enfouir au plus profond du sol ou l'expulser, du territoire" (5).

Depuis la fin de l'ère coloniale, le cycle de la violence s'est perpétué sur de nombreux fronts, en incluant, par-dessus tout, le fondement des espaces concernés. Un même type de colère s'exprimera ainsi envers certains groupes de privilégiés : leaders, intellectuels s'étant inévitablement appropriés villas, bureaux, monuments, institutions publiques, immeubles administratifs, clubs, bars et gymnases, originellement destinés aux colonisateurs. Très tôt, les dysfonctionnements des États postcoloniaux ont provoqué colère et mécontentement chez des groupes, ayant soif de destruction.

En 1966 au Ghana, Kwame Nkrumah était ainsi renversé par un groupe armé. Les manifestants ont alors parcouru les rues d'Accra en arborant des pancartes contre l'ancien président. Leur marche s'est finalement achevée là où avait été érigée une statue monumentale de Nkrumah, qu'ils ont alors abattue et décapitée. On pourrait également prendre l'exemple du Liban, où la Place des Martyrs et le Musée National (deux sites nationaux très importants), furent complètement détruits durant la guerre civile qui devait durer 15 années. Les ouvrages architecturaux symbolisent une réalité politique directe, évidente, et immédiate, et ces structures sont, instinctivement, les premières à être visées dans des situations où un mécontentement longtemps contenu génère une rage collective.

Au Mali, la destruction des tombes et des monuments culturels semble être animée par la combinaison de différents facteurs. Après l'Indépendance d'avec la France en 1960, le Mali a été plongé dans 23 années de dictature militaire, ainsi que plusieurs sécheresses et rebellions. Le pays a accédé à la démocratie en 1992. À partir de cette période, une certaine croissance s'est fait sentir, en même temps qu'un important déficit économique, qui a rendu impossible un développement conséquent. La population malienne a grandi à l'ombre de la pauvreté et de la corruption. Aucune solution viable n'a réellement été envisagée vis-à-vis des revendications d'une nation et d'une autonomie culturelle touarègues. Le problème est demeuré à l'arrière-plan des différentes politiques maliennes, depuis les années 1990. Cette situation de tension a connu un tournant avec l'arrivée d'un important afflux d'armes en provenance de la frontière libyenne, à la fin du conflit libyen. La discorde a alors précipité une rébellion généralisée et l'occupation de l'ensemble du nord-Mali.
 

 

La démolition des monuments de Tombouctou ne reflète sans doute pas la colère d'un groupe en particulier, mais elle semble bien symboliser une intense frustration dont l'expression a été dirigée vers des structures religieuses, culturelles et sociales. La tentative volontaire de "mémoricide" qui est actuellement perpétrée au Mali, est aussi une tentative de réécriture de l'histoire. Le romancier Teju Cole s'est exprimé au sujet de cette inquiétude historique, qui se traduit par des actes de profanation (6)… mais nous sommes ici face à bien plus qu'une simple inquiétude. Il s'agit, en effet, d'un appel à la reconnaissance. Il s'agit du désir d'être reconnu au sein d'un cadre institutionnel global. Hélas, ce désir est manipulé par les obscures motivations idéologiques d'al Qaeda. Il est facile de se focaliser sur Al Qaeda, comme seul responsable des maux affectant le Mali, mais les analyses resteraient alors superficielles, en omettant de reconnaître une histoire à cette colère et à ces tensions qui ont favorisé des conditions qu'al Qaeda sait si bien utiliser, que ce soit au Mali, au Yémen, en Somalie ou dans d'autres pays qui connaissent de grands bouleversements. La compréhension des différents niveaux contextuels doit être un premier pas vers un dénouement progressif de la situation.



Nous publions cette traduction de l'article de Bhakti Shringarpure [Rage Against the Monuments], en partenariat avec le magazine Warscapes . africultures



1. William G Moseley, "Assaulting tolerance in Mali", article publié sur le site Web d'Aljazeera le 16 juillet 2012 [ici]
2. Paula Froelich, "Mali: Islamists Destroy Historic City of Timbuktu", article publié dans The Daily Beast du 15 juillet 2012 [ici]
3. Georges Bataille, "Architecture", article publié dans Documents, n° 2, mai 1929, p. 117.
4. Frantz Fanon Les Damnés de la terre, Paris, Maspero, 1962, p. 33.
5. Les Damnés de la terre. Ibid, p. 33.
6. Teju Cole, "Break It Down", article publié dans The New Inquiry du 3 juillet 2012 [ici]

 

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Archives : un peu d'histoire !


 


 

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5 octobre 2012 5 05 /10 /octobre /2012 05:14

Une conséquence de la guerre en Libye

 

Comment le Sahel est devenu une poudrière


Le coup d’Etat militaire qui, le 22 mars, a renversé le régime « modèle » du président malien Amadou Toumani Touré a ajouté à la confusion régionale. Secouée par les nouvelles rébellions de mouvements touaregs, la bande saharo- sahélienne pâtit également de l’impunité des groupes armés se réclamant d’Al-Qaida au Maghreb islamique.

 

 

 

« Incompétence... Incapacité à lutter contre la rébellion et les groupes terroristes dans le Nord... » : les jeunes officiers en tenue de camouflage qui se sont emparés du pouvoir le 22 mars à Bamako n’avaient pas de mots assez durs contre leur ancien chef, le président et ex-général Amadou Toumani Touré, longtemps présenté comme un « soldat de la démocratie ». En mars 1991, il avait participé au coup d’Etat contre le général Moussa Traoré et pris la tête du Comité de transition pour le salut du peuple. A l’issue d’une conférence nationale et d’élections, il avait remis le pouvoir aux civils. Entré en politique et devenu président en 2002, il devait terminer son second mandat avec l’élection de son successeur, le 20 avril.

 

Le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE) a suspendu les institutions et mis fin au processus électoral, tout en assurant qu’il ne souhaitait pas« confisquer la démocratie », mais simplement « rétablir l’unité nationale et l’intégrité territoriale ». S’il se maintient, rien ne dit cependant que ce régime militaire, unanimement condamné, sera en mesure de retourner la situation à son profit dans un Nord en déshérence, aux confins de l’Algérie et du Niger.

 

Seule activité économique dans les zones les moins peuplées du Sahel, le tourisme est à l’arrêt. La région algéro-malienne de Taoudeni, l’Aïr nigérien, l’Adrar mauritanien sont désertés par les visiteurs étrangers(voir la carte). De plus, ces derniers mois, le retour de Libye de milliers de combattants — en majorité touaregs —, la prolifération d’armes et l’explosion des trafics de cocaïne ou de cigarettes ont achevé de propager une guerre larvée dans le sud de l’Algérie, dans le nord du Mali, dans le nord du Niger ainsi que dans une partie de la Mauritanie.

 

« Je n’aurais jamais imaginé qu’une poignée de fous furieux inspirés par les troubles des années 1990 en Algérie parviendraient à transformer la zone saharo-sahélienne en Far West, à apeurer les populations locales et à les réduire à la misère », déplore le voyagiste Maurice Freund, atterré « de voir aujourd’hui des gamins de 15 ans, armés de kalachnikovs, faire la loi à Gao ». Point-Afrique, l’une des agences proposant la découverte du Sahel, qu’il a fondée en 1996, a dû se retirer de la région après l’assassinat en 2007 de touristes français en Mauritanie et la prise en otage d’employés d’Areva dans le nord du Niger, en 2010.

 

La révolte des « hommes bleus » commence, le 17 janvier 2012, par une attaque sur Ménaka, dans le nord du Mali, suivie de plusieurs semaines d’actions victorieuses contre des garnisons de l’armée malienne, dont la prise de la base de Tessalit, le 11 mars. Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), né en 2011, alignerait un bon millier de combattants, dont quatre cents ex-soldats de feu le président libyen Mouammar Kadhafi. Il s’est battu à partir de janvier 2012 en« partenariat » avec Ançar Dine (Défense de l’islam), lié à Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), qui prétend aujourd’hui contrôler l’essentiel du nord-est du Mali.

 

Renouant avec les rébellions touarègues de 1963, 1990 ou 2006, le MNLA réclame l’indépendance des trois régions du Nord, Tombouctou, Gao et Kidal, soit plus de huit cent mille kilomètres carrés, et 65 % du territoire malien (une fois et demie la superficie de la France), mais seulement un dixième de la population du pays, estimée à quatorze millions de personnes et répartie entre treize « cercles » (regroupements de communes) (1).

 

« En 1957, déjà, les Touaregs avaient expliqué aux Français [les colonisateurs] qu’ils ne voulaient pas être intégrés à la république malienne, souligne M. Mahmoud Ag Aghaly, président du bureau politique du MNLA. Et, depuis trente ans, on discute avec le gouvernement, on signe des accords, mais sans effet (2). » Les indépendantistes estiment que le nord du Mali est complètement abandonné par l’Etat. Ce que reconnaissait M. Touré lui-même : «  [Là-bas], il n’y a pas de routes, de centres de santé, d’écoles, de puits, de structures de base pour la vie quotidienne. En fait, il n’y a rien. Un jeune de cette région n’a aucune chance de se marier ou de réussir sa vie, sauf peut-être en volant une voiture pour rejoindre les contrebandiers (3) »

 

Un millier de soldats maliens, appuyés par un demi-millier de miliciens touaregs et arabes ralliés, avaient été dépêchés en renfort à Gao, Kidal et Ménaka. Mais ces troupes peu motivées — le taux de désertion est élevé, y compris parmi les officiers supérieurs — et parfois moins bien équipées que les rebelles ont essuyé une suite de revers. Même en temps de paix, la petite armée de Bamako n’a jamais été en état de contrôler les neuf cents kilomètres de frontière avec la Mauritanie, ou les mille deux cents kilomètres avec l’Algérie.

 

Même si cette nouvelle guerre risquait de gâcher la fin de son dernier mandat, M. Touré se montrait encore philosophe : « Cela fait cinquante ans que le problème du Nord existe. Nos aînés l’ont géré, nous le gérons, et nos cadets continueront à le gérer. Ce problème ne finira pas demain (4). » Selon lui, la bande saharo-sahélienne restait incontrôlable parce que les combattants, militants, trafiquants ou commerçants sillonnent une région grande comme l’Europe en se moquant des frontières.

 

Mis en place à Tamanrasset en 2010, le Comité d’état-major opérationnel conjoint (Cemoc) pâtit de l’absence de consensus entre les riverains du Sahara. En liaison étroite avec les instructeurs du commandement des opérations spéciales (COS) français, la Mauritanie prône le « tout sécuritaire » ; le Mali plaide pour un développement à long terme, seul à même de tarir les sources de recrutement des mouvements touaregs ou des katiba (unités combattantes) d’AQMI.

 

Pour Bamako, l’Algérie est à la fois la cause et le remède à l’insécurité liée au terrorisme. L’ancien Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), rebaptisé AQMI en 2007, est en effet issu à l’origine des Groupes islamistes armés (GIA) algériens, et seuls les services de renseignement et de sécurité de ce pays seraient à même de lui faire entendre raison. En outre, avec les 6 milliards d’euros de son budget de la défense (trente fois plus que celui du Mali), Alger aurait les moyens d’imposer sa loi dans les confins sahariens. Selon M. Touré, l’extrême nord du Mali, où seraient réfugiés les preneurs d’otages d’AQMI, est une excroissance algérienne de fait : « Gao, Tessalit et Kidal sont pour moi la dernière wilaya [préfecture] de votre pays. L’histoire de votre pays est liée à cette région (5). »

Risques de contagion

Alors que l’incendie dans le nord du Mali menace toute la région, la tendance à mélanger l’irrédentisme avec le terrorisme ou la criminalité contribue à brouiller les cartes (6). En outre, l’élimination en octobre du colonel Kadhafi, qui se prenait pour un roi du Sahara ou du Sahel (7), a ôté un adversaire à AQMI et lui a permis de reconstituer ses stocks d’armes. Pour le président du Niger, M. Mahamadou Issoufou, la rébellion touarègue serait ainsi un « dégât collatéral de la crise libyenne (8) ». De son côté, le MNLA — qui semble avoir rompu avec Ançar Dine — se défend de faire cause commune avec AQMI : « Les actes d’AQMI polluent notre territoire et ont perduré à cause des autorités à Bamako. Nous disons à la communauté internationale : “Donnez-nous l’indépendance et ce sera la fin d’AQMI au Mali (9). »

 

Le propos n’est pas sans écho en France, traditionnel parrain politique de la sous-région, qui reste dans le viseur d’AQMI pour les mêmes motifs qu’il y a deux ans : présence militaire en Afghanistan, diplomatie pro-israélienne, interdiction du port du voile intégral dans les lieux publics de l’Hexagone, mainmise sur l’uranium nigérien, attaques commandos pour tenter de libérer des otages détenus au Niger et au Mali…

 

A Bamako, les conseils paternalistes prodigués par le ministre des affaires étrangères français Alain Juppé — discuter avec toutes les parties, y compris le MNLA ; appliquer les anciens accords ; faire un effort de développement dans le Nord — étaient mal passés, venant d’un Etat qui a contribué à faire exploser en 2011 le chaudron libyen, et qui encourage maintenant les Etats de la région à « mieux s’organiser ». La promptitude à condamner le régime militaire mis en place le 22 mars ainsi que l’annonce de la suspension de la coopération risquent de ne pas être mieux comprises.

 

De leur côté, les Etats-Unis, pour lesquels le Sahara constitue un front de la « guerre contre le terrorisme », déploient leurs forces spéciales et leurs « grandes oreilles ». Ils souhaiteraient éliminer les chefs d’AQMI, mais ils butent sur le veto mis par Alger au survol de son territoire par les drones de la Central Intelligence Agency (CIA) ou de l’US Air Force, et sur la méfiance de l’ensemble des pays riverains du Sahara, qui craignent qu’une présence américaine trop voyante n’attise le feu, comme en Afghanistan.

 

La région est devenue une poudrière. Pour tous, le risque est celui de la contagion et de la balkanisation du Sahel. Des centaines de membres de la secte islamiste Boko Haram se seraient réfugiés au Niger et au Tchad(lire « Aux origines de la secte Boko Haram »). Les miliciens islamistesshebab, en Somalie, aux prises avec les armées kényane et éthiopienne, risquent d’essaimer vers le Sahel. Le Mouvement pour la justice et l’égalité de M. Gibril Ibrahim est tenté de reprendre les armes au Darfour. Dans le nord de la Centrafrique, le « général » Baba Laddé, à la tête d’un Front populaire pour le redressement, prétend renverser le président tchadien Idriss Déby Itno et appelle à une grande alliance entre Touaregs, AQMI, Sahraouis du Front Polisario, etc.

 

Pendant ce temps, l’Algérie, le Niger, la Mauritanie et le Burkina Faso ont vu arriver du Mali deux cent mille réfugiés fuyant les combats dans le Nord, tandis que le Programme alimentaire mondial estime que, dans le contexte actuel de sécheresse et de famine, cinq à sept millions d’habitants du Sahel auraient besoin d’une assistance immédiate. 

 Philippe Leymarie monde-diplomatique

 

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Mali : les islamistes d'Ansar Dine exécutent un des leurs à Tombouctou : "Pour eux, la charia s’applique à tous"


Moussa Agh Mohammed en train de prier. La photo a été prise quelques minutes avant qu’une balle ne lui soit tirée dans le dos. Photo : Othman Agh Mohamed Othman pour Sahara Medias.

 

Le 2 octobre, les combattants d’Ansar Dine ont exécuté à Tombouctou un homme accusé de meurtre. Notre Observateur était sur place et a photographié la scène.

 

Le porte-parole d’Ansar Dine, le groupe islamiste armé qui contrôle le nord du Mali depuis le mois d’avril, a expliqué que Moussa Agh Mohammed, combattant islamiste, s’était rendu de lui-même à la police islamique pour avouer qu’il était coupable de meurtre. Les jambes tournées face à la Mecque, il a été fusillé en fin de journée mardi, devant une centaine de personnes.

 

Un couple non marié avait été tué par lapidation à Aghelhok en juillet dernier. Il s’agirait donc de la troisième exécution ordonnée au nom de la charia au Nord-Mali. Par ailleurs, ces dernières semaines, les islamistes d’Ansar Dine et du Mujao ont multiplié les châtiments corporels infligés aux populations, notamment les flagellations et les amputations.

 

"C'était un homme très pieux. Deux jours après son acte, il est allé se rendre à la police islamique et leur a demandé que la charia soit appliquée"

 

Othman Agh Mohamed Othman est correspondant du site Sahara Media à Tombouctou

« Je ne connaissais pas Moussa personnellement mais je sais qu’il était un éleveur touareg, membre d’une grande tribu, et qu’il avait rejoint le mouvement d’Ansar Dine il y a un mois d’après les conversations que j’ai eu avec plusieurs combattants du mouvement. Par le passé, il avait fait partie du Mouvement national de libération de l’Azawad [Le MNLA est une rébellion touareg armée se battant pour l’indépendance du nord-Mali. Le mouvement s’est fait évincer de la région au printemps dernier par les mouvements islamistes Ansar Dine et Mujao, ndlr] mais il a finalement choisi de rallier les islamistes. [Le correspondant de l’AFP évoque aussi cette appartenance au MNLA, ndlr].

 

Deux jours avant son exécution, Moussa ag Mohammed s’est disputé avec un pêcheur à une cinquantaine de kilomètres de Tombouctou. Ce dernier reprochait aux vaches de l’éleveur d’avoir piétiné ses filets. D’après les récits que j’ai entendu, le pêcheur s’est attaqué au combattant islamiste qui lui a tiré dessus avec sa Kalachnikov, le tuant sur le coup.

 

La mère et le frère du pêcheur juste avant l'éxecution. Photo : Othman Agh Mohamed Othman pour Sahara Medias.

 

Moussa était un homme très pieux. Deux jours après son acte, il est allé se rendre à la police islamique et a demandé que la charia soit appliquée. Lors du rassemblement pour son exécution, la famille du pêcheur était présente. Les hommes d’Ansar Dine ont demandé à la maman si elle acceptait de pardonner le meurtrier pour son acte. Ils ont expliqué qu’en échange, ils forceraient sa famille à payer d’importantes compensations. La maman a dit qu’elle ne pourrait pas pardonner et les hommes d’Ansar Dine ont été contraints d’exécuter un des leurs.

 

"Les combattants d’Ansar Dine avaient l’air touché"

 

Il y avait beaucoup de monde, la scène a eu lieu dans le centre de la ville près de l’hôtel Azalaï. Les gens regardaient comme s’ils étaient au spectacle, je n’ai pas senti une grande émotion au sein de la population. En revanche, les combattants d’Ansar Dine avaient l’air touché. Moussa était un proche. Il avait de très bonnes relations avec plusieurs d’entre eux. Mais ces derniers ont expliqué devant tout le monde que la charia s’appliquait à tous et qu’ils n’avaient donc pas le choix de le laisser en vie. C’était pour eux la décision de Dieu.

 

 

Ce n’est pas la première fois qu’un élément d’Ansar Dine est puni. Je me souviens de quatre cas récents de châtiments corporels pour des accusations d’atteintes aux bonnes mœurs notamment, mais à ma connaissance, c’est la première fois dans la région qu’ils punissent de mort un des leurs. »   observers.france24

 

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25 septembre 2012 2 25 /09 /septembre /2012 05:49

Au nom de l'islam ...


 

 

 

 

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Les islamistes d’Ançar Dine d’Iyad Ag Ghali créent une prison pour femmes à Tombouctou

 

Les islamistes d’Ançar Dine d’Iyad Ag Ghali ont créé une prison pour femmes à Tombouctou, la cité des 333 saints, a-t-on appris lundi de sources locales.


La police islamiste patrouille dans les rues de Gao, au Mali, le 16 juillet 2012
© AFP

Des habitants de la ville de Tombouctou, occupée par des islamistes d’Ançar Dine d’Iyad Ag Ghali, ont indiqué à Xinhua que « C’est le vendredi dernier (21 septembre) que les occupants nous ont informés de la création d’une prison pour femmes chez nous ».

 

Selon les islamistes, cités par des habitants de Tombouctou, « cette prison va abriter les femmes qui seront arrêtées pour le motif suivant : Désormais, toute femme qui sortira de sa maison en tenue vestimentaire non décente, c’est-à-dire non couverte comme il faut selon la religion musulmane, sera arrêtée. Le port du voile est obligatoire ».

 

Selon des sources de la cité des 333 saints, « pour le moment, aucune femme n’est emprisonnée », ajoutant que « lorsqu’une femme est arrêtée pour la première fois, elle sera libérée à condition que son époux prenne l’engagement selon lequel son épouse ne va plus sortir dehors en tenue non décente. Mais, lorsque la même femme est arrêtée pour une deuxième fois, les sanctions suivront et s’annoncent sévères. En tout cas, c’est ce qu’on nous a fait savoir encore aujourd’hui ».

 

Ces mêmes sources ont précisé que « l’interdiction de sortir en tenue non décente concerne également les jeunes filles non mariées ». maliweb

 

 

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Au Nord-Mali, des amputations au nom de la charia

Un homme amputé d'un pied et d'une main par des islamistes du Mujao, dans un hôpital de Gao, le 11 septembre.

Un homme amputé d'un pied et d'une main par des islamistes du Mujao, dans un hôpital de Gao, le 11 septembre. (Photo capture d'écran d'une vidéo de l'AFP. )

Une équipe d'Amnesty International atteste la réalité des exactions pratiquées par des groupes islamistes.

 

«Vers 15 heures, j’ai été emmené sur la place publique d’Ansongo. Des gens avaient été appelés pour assister à l’amputation. Ils m’ont fait asseoir sur une chaise, ils m’ont ligoté les pieds contre les pieds de la chaise, ils m’ont également ligoté le torse contre le dos de la chaise, mes avant-bras ont été attachés aux abords de la chaise. Puis le chef des Mujao a pris mon avant-bras droit et l’a ligoté avec une chambre à air de bicyclette, comme un garrot. Il a tenu ma main droite avec sa main gauche. De sa main droite, il tenait un couteau. Il a dit "Allah Akbar" avant de commencer à couper mon poignet.» Depuis le 8 août, Alhader Ag Almahmoud, 30 ans, éleveur touareg de la région de Gao, au Mali, n'a plus de main droite. Accusé de vol de bétail, il a été amputé, en place publique. Il n'a reçu aucun soin avant huit jours.

 

Son témoignage a été recueilli à Bamako par une équipe d’Amnesty International, de retour vendredi d’une mission de quinze jours au Mali. Comme lui, au moins six autres personnes, accusées de vol au terme de simulacres de procès, ont été amputées par des groupes islamistes armés, selon les informations qu'a pu recouper Amnesty. L'équipe n’a pas pu se rendre dans la partie nord du pays passée aux mains des groupes islamistes, mais a enquêté auprès de réfugiés à Bamako et dans la région de Mopti, dans le centre, à la lisière de la zone occupée. L’ONG rend compte de ses observations dans un rapport publié ce jeudi, au moment où le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, recevait le Premier ministre malien, Cheikh Modibo Diarra.

Mises en scène

«Depuis début août il y a une vraie rupture», observe Gaëtan Mootoo, chercheur pour Amnesty, de retour du terrain. «Avant, les groupes armés procédaient à des intimidations, des menaces. Maintenant, ils procèdent à des profanations de lieux saints, des amputations, des exécutions extrajudiciaires...» Les amputations sont véritablement mises en scène, ajoute-t-il. «Les victimes, qui sont toutes des hommes noirs, sont amputées en place publique, devant la foule. Les membres amputés sont ensuite exposés à la vue de tous, tels des trophées au commissariat de police.» Une vidéo de l'AFP mise en ligne vendredi montre les moignons bandés d’un homme allongé sur un lit.

 

Depuis le putsch du 22 mars et la déroute des Touaregs face aux groupes islamistes, le Mali est coupé en deux. Au Sud, un calme précaire, maintenu tant bien que mal par le gouvernement de transition et les militaires. Au Nord, en l’absence d’une offensive militaire encore hypothétique, les islamistes (essentiellement Ansar ed-Dine et le Mujao - Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest, une branche dissidente d’Al-Qaeda au Maghreb islamique) consolident leur emprise dans cette vaste zone où ils s’emploient à établir la charia. L’interdiction de boire, de fumer, d'écouter de la musique non religieuse se répand. A Tombouctou, des patrouilles d’Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi) rentrent dans les cours des maisons pour vérifier si les femmes portent bien le voile. A Gao, où règne le Mujao, les filles sont désormais voilées et séparées des garçons à l’école secondaire. En juin et juillet, au moins deux couples non mariés ont été l’un lapidé, l’autre flagellé.


 

Autre pratique qu'a pu confirmer de visu Amnesty, le recrutement d’enfants soldats, souvent des adolescents de 16 à 18 ans. Par les groupes armés du Nord, mais aussi par les milices d’autodéfense qui se sont constituées dans la partie du pays toujours contrôlée par le gouvernement, avec le soutien plus ou moins déclaré de celui-ci. Mi-août, l’Unicef avait déjà lancé une alerte à ce sujet. Ainsi, dans un camp des Forces de libération du Nord (FLN), proche de Mopti, le registre consulté par Amnesty atteste de la présence dans les troupes de cette milice de «plus de 40 enfants, nés entre 1995 et 1997, dont au moins deux filles mineures».

Registre du camp militaire du Front de Libération du Nord. (Photo Amnesty International)

Les violences sexuelles persistent aussi. Amnesty cite en particulier le cas d’une jeune fille de 14 ans violée à Tombouctou par un membre de la «police» mise en place par Aqmi. «Cet homme, un Burkinabé, a été arrêté et condamné à 100 coups de bâton. L’homme a également été condamné à épouser la jeune fille, à être exclu de la police, et à s’exiler de Tombouctou durant un an, a raconté un habitant à Amnesty. Il a reçu 11 coups de bâton sur la place Sankoré, mais il n’a pas épousé sa victime, n’a pas été expulsé de Tombouctou et continue de faire partie de la police d’Aqmi.» liberation

 

 

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Le témoignage d'un amputé

Alhader Ag Almahamoud a eu la main coupée en vertu de la charia, imposée par les islamistes qui ont pris le pouvoir dans le Nord.

 

Le regard est vide, les gestes comptés. Alhader Ag Almahamoud se remet doucement de l'amputation de sa main droite. Le 8 août, cet éleveur et père de trois enfants est accusé d'un vol de bétail. Les responsables du Mujao (Mouvement pour l'unicité du jihad en Afrique de l'Ouest), qui contrôlent la région d'Ansongo, sur le fleuve Niger, l'arrêtent à son campement. Direction le chef-lieu pour être présenté à ses juges.

 

Comme à Tombouctou, Kidal ou Gao, le « procès » se fait selon la charia, la loi islamique, en vigueur au nord du Mali, depuis qu'il est tombé sous la coupe des islamistes au printemps. « Mon procès a duré dix minutes. Le chef du Mujao m'a condamné à être amputé l'après-midi à 15 h sur la place publique », souffle le rescapé en tamacheq, la langue touareg. La mutilation est pratiquée « avec un garrot fait avec une chambre à air, un couteau et sans anesthésie, devant une foule nombreuse. »

 

Placé en détention « avec un peu d'antiseptique et d'alcool pour seuls soins », Ag Almahamoud attendra une semaine avant de retrouver sa famille. Des parents l'aident alors à s'échapper : « 37 km à dos d'âne pour rejoindre la route principale ». Il faudra passer par le Niger, puis par Ouagadougou (Burkina Faso), avant de rejoindre Bamako, après un mois de calvaire. À son arrivée, Ag Almahamoud, épaulé par Amnesty International, porte plainte contre X. « Je risque ma vie si je retourne là-bas », assure l'éleveur, qui ajoute avoir désormais « la tête mise à prix » par les dignitaires d'Ansongo.

 

Six autres Maliens ont été amputés par les rebelles islamistes à Gao et Tombouctou. Selon Amnesty International, 25 autres condamnés par les tribunaux islamiques sont en attente de châtiment. ouest-france

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 06:06

Alger confirme l'attaque du Consulat d’Algérie à Gao(Mali)

 

L’attaque du Consulat d'Algérie à Gao (Mali) vient d’être confirmée par le ministère des Affaire étrangère. Le Consulat d'Algérie à Gao en République du Mali a fait l'objet jeudi matin d'une attaque par un "groupe non identifié", a indiqué le ministère des Affaires étrangères.

"Le consul et six (06) éléments de la représentation consulaire algérienne ont été conduits vers une destination inconnue", a précisé le ministère.  "A la suite de cet acte que l'Algérie condamne avec fermeté, une cellule de crise a été mise en place pour suivre l'évolution de cette affaire et afin que tout soit mis en oeuvre pour le retour sain et sauf de nos nationaux", a conclu le ministère dans un communiqué.

Ce matin des témoins interrogés par l’AFP ont indiqué que le consulat d'Algérie à Gao a été occupé jeudi par des islamistes armés qui y ont hissé le drapeau salafiste noir et ont arrêté des diplomates algériens.

Les islamistes armés sont entrés dans le consulat, ont arrêté les diplomates et  le personnel, descendu le drapeau algérien pour mettre le leur", a affirmé l'un  des ces témoins interrogé par téléphone depuis Bamako.  Selon lui, les islamistes "sont aussi autour du consulat, armés. La plupart ont la peau noire".  elwatan

 

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Le consul d’Algérie à Gao et six agents du consulat enlevés par un groupe armé

 

Mourad Medelci, le ministre algérien des Affaires étrangères.

Mourad Medelci, le ministre algérien des Affaires étrangères. ReutersLouafi Larbi

 

Alger a mis en place une cellule de crise après l'attaque, ce jeudi 5 avril au matin, de son consulat dans la ville malienne de Gao. Le consul algérien et six autres personnes ont été enlevés par des hommes armés. L'Algérie se dit totalement mobilisée pour obtenir leur libération dans les plus brefs délais.

L’Algérie confirme l’enlèvement de son consul à Gao et de six autres agents du consulat. « Le consul d’Algérie et les six agents ont été forcés à sortir de la représentation diplomatique », indique un communiqué du ministère des Affaires étrangères. Les sept personnes ont été emmenées « vers une destination inconnue ».

L’attaque s’est produite en fin de matinée. Un groupe armé a attaqué le consulat. Il a remplacé le drapeau algérien par un drapeau noir avec des écritures arabes, emblématique des mouvements salafistes.

 

Un témoin de l’enlèvement raconte...

« Il y a un véhicule qui est arrivé avec quelques hommes. Il y en a un qui est descendu (…) et il a dit ‘voilà, moi j’ai une bombe vous allez périr, le consulat va disparaître, elle va exploser dans deux minutes (…) Ils ont enlevé le consul, ils lui ont attaché les pieds et les mains… »

Mais l’Algérie ne confirme pas que ces sept agents consulaires sont détenus par le groupe islamique armé du Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest, un groupe dissident d’al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Ce même groupe aurait pris le contrôle de la ville de Gao. C’est aussi lui qui avait revendiqué l’enlèvement en octobre dernier dans le sud algérien de trois humanitaires européens.

Pour l’instant, l’Algérie évoque des « parties non identifiées ». Mourad Medelci, le ministre algérien des Affaires étrangères, a affirmé que le gouvernement « est totalement mobilisé pour assurer dans les plus brefs délais » la libération de ses sept ressortissants.

Un avertissement à Alger

Avec ces enlèvements, l'Algérie est propulsé encore un peu plus au coeur de la crise malienne. Pour certains observateurs, cet enlèvement est un message clair adressé à l'Algérie par les islamistes armés pour qu'elle n'intervienne pas plus directement dans le conflit malien.

Jusqu'ici, Alger s'est posé en médiateur entre les touaregs et Bamako, se plaçant même plus en retrait depuis le coup d'Etat de la junte militaire. A cela s'ajoute le fait que l'Algérie est considérée comme un ennemi pour les groupes armés se revendiquant d'al-Qaïda au Maghreb islamique. D'ailleurs, le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest, accusé par les touaregs d'être le responsable de cet enlèvement, a déjà pris pour cible l'Algérie. Il a revendiqué l'enlèvement de trois Européens dans l'extrême sud-ouest algérien en octobre 2011 et il y a un mois, l'attentat contre une gendarmerie dans la ville de Tamanrasset, toujours dans le sud du pays.

Le rôle grandissant de l'Algérie dans la lutte antiterroriste dans la région

Le rapt du consul algérien et de six membres du consulat va encore renforcer l'inquiétude d'Alger. Selon des sources régionales, l'Algérie s'est particulierment alarmée lorsque deux chefs d'Aqmi, les Algériens Mocktar ben Moktar et Abou Zaid, ont été signalés à Tombouctou. La situation au Mali avec au nord l'implication d'al-Qaïda au Magreb islamique dans les groupes rebelles a fait l'objet de discussion mercredi 4 avril lors d'une rencontre entre le président Bouteflika et le général Carter Ham, responsable du dispositif américain Africom. 
L'Algérie, considérée comme un acteur clé dans cette zone sahélienne, pourrait être sollicitée pour collaborer sur le plan logistique à une éventuelle opération militaire au Nord-Mali souhaitée par la Cédéao. Les Américains, qui veulent éviter la création d'une zone grise partant de Maiduguri au nord du Nigeria jusqu'à Bamako, mulitplient les contacts dans la région.

  
Une centaine d'islamistes nigérians de Boko Haram sont soupçonnés d'avoir fait jonction avec Ansar Dine et Aqmi au Nord-Mali. Des officiers américains du renseignement se trouvent en ce moment dans l'Etat nigérian de Borno. Cette implication américaine fait dire à certains observateurs qu'un axe Washington-Alger-Abuja est en train de se constituer pour mieux coordonner la lutte antiterroriste dans cette région sahélienne, en passe de devenir une zone de non droit, incontrôlable. 
rfi.fr

 

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Mali : les rebelles touareg proclament l'indépendance du nord du pays


 

Mali: les rebelles touareg proclament l'indépendance du nord du paysMali: les rebelles touareg proclament l'indépendance du nord du pays © AFP

 

 

Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), importante composante de la rébellion touareg malienne, a proclamé vendredi "l'indépendance de l'Azawad" dans une déclaration sur son site internet et via un de ses porte-parole sur la chaîne France 24.

"Nous proclamons solennellement l'indépendance de l'Azawad à compter de ce jour", a déclaré Mossa Ag Attaher, qui a indiqué vouloir respecter "les frontières avec les Etats limitrophes".

Le porte-parole a condamné l'enlèvement jeudi du consul d'Algérie à Gao (nord-est) "par un commando terroriste" lors d'une opération "très violente". Alger a confirmé qu'un groupe d'assaillants "non-identifiés" avait emmené le consul et six de ses collaborateurs "vers une destination inconnue".

"Nous venons de terminer un combat très important, celui de la libération (. . . )", a ajouté M. Ag Attaher, dans des termes identiques à celui du communiqué du MNLA signé par son secrétaire général Billal Ag Achérif.

L'Azawad est une région considérée comme le berceau naturel des Touareg.

Le coup d'Etat contre le régime du président Amadou Toumani Touré, il y a deux semaines, a plongé le Mali dans une situation chaotique: des rebelles touareg et groupes islamistes ont pris en fin de semaine dernière le contrôle des trois métropoles du Nord - Kidal, Gao et Tombouctou - sans rencontrer de résistance de la part d'une armée malienne sous-équipée, désorganisée et en déroute, coupant de fait le pays en deux.

Les islamistes d'Ansar Dine, dirigés par le chef touareg Iyad Ag Ghaly, et des éléments d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ont, depuis lors, pris le dessus sur le MNLA, qui a annoncé unilatéralement jeudi soir la fin de ses "opérations militaires".  Jeuneafrique

 

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Un groupe rebelle touareg annonce la fin de ses opérations militaires

 

 

Une photo de combattants du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), publiée par le mouvement rebelle le 2 avril.

Une photo de combattants du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), publiée par le mouvement rebelle le 2 avril. | AF

Le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), importante composante de la rébellion touareg malienne, a proclamé à compter du jeudi 5 avril "la fin" de ses "opérations militaires" dans le nord du Mali, dans un communiqué mis en ligne mercredi 4 avril au soir sur le site Internet du mouvement et signé de son secrétaire général, Bilal Ag Chérif.

 

 

Cette décision a été prise à la "suite de la libération complète du territoire de l'Azawad et compte tenu de la forte demande de la communauté internationale, notamment du Conseil de sécurité de l'ONU, des Etats-Unis, de la France ainsi que des Etats de la sous-région (...)", explique le texte.

 

Le MNLA annonce qu'il a créé l'Etat de l'Azawad dans cette région subsaharienne et appelle la communauté internationale à protéger ce nouveau territoire qui regroupe les régions de Kidal, Gao et Tombouctou, dont les rebelles ont chassé les troupes gouvernementales la semaine passée.

 

Profitant du putsch à Bamako contre le président Amani Toumani Touré le 22 mars, les rebelles touaregs et des groupes islamistes ont pris en fin de semaine le contrôle des trois métropoles du nord du Mali, Kidal, Gao et Tombouctou, coupant le pays en deux. Les islamistes d'Ansar Dine, dirigés par le chef touareg Iyad Ag Ghaly, et des éléments d'Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) ont, depuis lors, pris le dessus sur la composante laïque de la rébellion, incarnée par le MNLA, qui affirme "tenir sa position" face à ses rivaux.

Les rebelles touaregs entretiennent des relations compliquées avec les salafistes, qui disposent d'une force militaire potentiellement supérieure. Les deux factions pourraient être amenées à s'affronter prochainement en raison d'objectifs divergents.

 

 

INQUIÉTUDE DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE

 

La montée en puissance de ces groupes islamistes a suscité l'inquiétude au sein de la communauté internationale, en particulier de la France, qui a obtenu mercredi le vote d'une résolution du Conseil de sécurité sur la situation au Mali. Le Conseil de sécurité a demandé aux militaires putschistes à Bamako de rétablir sans tarder le gouvernement légitime et aux rebelles dans le Nord de déposer"immédiatement" les armes et d'engager des négociations. Il s'est "inquiété de la présence dans la région" d'AQMI, qui pourrait "déstabiliser encore davantage" la situation, et a "condamné fermement les attaques, les pillages et la confiscation de territoire" par les rebelles dans le Nord.

 

Les Etats africains et les organisations internationales ont unanimement rejeté l'idée d'une partition du Mali. Le ministre des affaires étrangères français, Alain Juppé, a dit, jeudi, qu'il n'y avait pas de "solution militaire" aux revendications des Touareg et que, dans ce dossier, le dialogue devait prévaloir. Le président français, Nicolas Sarkozy, a qualifié de "scandale" la destitution du président Touré au Mali, et a souligné que la France était "extrêmement préoccupée par la situation sécuritaire". Il a exigé des mutins "de revenir à un processus constitutionnel".

 

 

UN DÉSASTRE HUMANITAIRE MAJEUR

 

De son côté, Amnesty International a alerté, jeudi 5 avril, sur la situation dans le nord du Mali, qui est "au bord d'un désastre humanitaire majeur". D'après un communiqué de l'organisation de défense des droits humains, les trois principales villes du nord du pays, Gao, Kidal et Tombouctou "ont été la scène de pillages, d'enlèvements et de chaos".

 

"Toute la nourriture et les médicaments stockés par les grandes agences humanitaires ont été pillés, et la plupart des travailleurs humanitaires ont fui (...). Les populations font face à un risque imminent de graves pénuries alimentaire et médicale qui pourraient entraîner de nouvelles pertes humaines", selon AmnestyInternational, qui a en outre "appris que, dans les villes de Gao et de Menaka, des femmes et des jeunes filles ont été enlevées de chez elles et auraient été violées".

 

L'organisation s'inquiète également des agissements des islamistes qui contrôlent désormais la zone, notamment les combattants du groupe Ansar Dine. "A Gao, tous les bars ont été détruits. A Tombouctou, des membres d'Ansar Dine ont arrêté des personnes accusées de vols et de pillages", dont certaines pourraient"subir des châtiments basés sur la charia". Amnesty demande un accès immédiat à ces régions pour les agences humanitaires "afin d'éviter de nouvelles victimes au sein de la population civile". lemonde

 

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 Débat : l'ombre des islamistes !

Partie I

 

Partie II

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Washington et la déstabilisation politique de l'Afrique. Après le coup d'État, une guerre séparatiste menace le Mali.

 

Alors que la communauté internationale et les membres voisins de la Communauté économique des États d'Afrique occidentale (CEDEAO) condamnent le coup d'État militaire au Mali, mené par des protagonistes inexpérimentés, des milliers de personnes ont pris les rues de la capitale malienne de Bamako en appui à la nouvelle junte. Les citoyens brandissaient des pancartes et des banderoles affichant: « À bas la communauté internationale » et « À bas Sarkozy », en chantant des slogans à la gloire du chef de la junte, le capitaine Amadou Sanogo. [1]

 Bien que Sanogo ait visité les États-Unis à plusieurs reprises après avoir été choisi par le Pentagone pour participer à un programme international d’éducation et d’entraînement militaire parrainé par le département d'État étasunien [2], les représentants des États-Unis ont appelé les dirigeants du coup d'État au Mali à démissionner et permettre la tenue d'élections.

 

 


Le porte-parole du département d'État étasunien Mark Toner a menacé l'État indigent d’Afrique de l'Ouest d’un embargo diplomatique et financier substantiel  si le pouvoir n'est pas retourné au président évincé Amadou Toumani Touré dans les soixante-douze heures. [4] Alors que la moitié de la population vit avec moins de 1,25 dollar par jour [5], l'imposition de sanctions économiques pour ce pays enclavé et dépendant de l’importation conduira inévitablement à une plus grande instabilité sociale et à des troubles civils. Puisque la probabilité d’un embargo nourrit davantage les conditions guerrières dans un milieu appauvri depuis longtemps, le bloc de la CEDEAO a mis ses troupes en attente près des frontières du Mali et elles sont prêtes à intervenir si la situation se détériore [6]. Au cours de la crise en Côte d'Ivoire en 2010-2011, les forces fidèles à Alassane Ouattara, soutenu par les Français, ont entrepris une vaste campagne d'atrocités contre des civils [7], un autre rappel du danger que posent les invasions militaires précipitées de la communauté internationale dans les régions africaines en crise.

Tandis que les États-Unis et d'autres soulignent l'importance du retour à l'ordre constitutionnel et que les Maliens appuient la junte, la solidité des institutions démocratiques renommées du Mali semble très discutable. La justification principale du  coup est la réponse inadéquate du gouvernement civil à une campagne permanente des Touaregs en faveur du séparatisme dans le nord du Mali, bien que le désarroi récent à Bamako ait suscité la progression régulière des milices armées touaregs vers le sud. Sous la bannière du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), les milices armées auraient saisi la région nord-est de Kidal, incitant l'armée malienne, mal équipée, à abandonner ses positions stratégiques au nord. [8] Les Touaregs sont un groupe ethnique minoritaire traditionnellement nomade et rural d’environ 1,5 millions de personnes cherchant à se séparer de la république du Mali et à former une nation indépendante appelée Azawad. Ce groupe vit dispersé sur un territoire traversant les pays du Sahel et du Sahara, largement exploité par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

Même si l’on a imputé aux Touaregs la déstabilisation dans le nord du Mali, il est davantage probable qu’AQMI soit à l'origine de l'activité des insurgés dans la région [9]. Le MNLA a déclaré que l'objectif de sa campagne pour l'indépendance est de développer un bastion pour se protéger de la violence d'AQMI, tandis que Bamako a affirmé que le MNLA cherche à fonder un État islamiste strict en partenariat avec l’AQMI [10]. Après la chute de Kadhafi dans le théâtre de guerre libyen de l’OTAN, des combattants touaregs armés maliens et nigériens ont été vus descendant dans le Sahara à bord de camions de l’armée Toyota Salut-Lux utilisés par les rebelles libyens affiliés à Al-Qaïda [11]. Bien qu'il puisse être difficile de distinguer les véritables protagonistes de la violence dans le nord du Mali, la résurgence de leur activité s’est grandement intensifiée en raison de leur accès aux mortiers, aux mitrailleuses, aux armes antichars et antiaériennes appartenant initialement au Groupe islamique combattant en Libye (GICL), une organisation radicale [12].

La présence d'un second groupe séparatiste dominé par les Touaregs, Ancar Dine, complique davantage la situation. Le mouvement cherche à imposer la charia dans tout le nord du Mali et est dirigé par Iyad Ag Ghaly, une personnalité salafiste éminente, soupçonnée d'avoir des liens avec une filiale d’AQMI d'Ayman al -Zawahiri, dirigée par son cousin Hama Ag Hamada [13]. Comme les séparatistes contrôlent désormais un tiers du Mali, une crise alimentaire est à venir dans la région du Sahel et du Sahara alors que près de 80 000 réfugiés demandent l'amnistie dans les pays voisins, dont l'Algérie, le Niger, la Mauritanie et le Burkina Faso [14]. Comme le groupe militant Ancar Dine semble réclamer le contrôle de régions attribuées auparavant au MNLA [15], leur avance pourrait avoir de plus grandes implications, pouvant déstabiliser la région de façon drastique.

Avec la possibilité accrue que des soulèvements généralisés comme ceux du printemps arabe surviennent dans la région du Sahel, un afflux de réfugiés mettra une pression supplémentaire sur l'Algérie et le Niger. L'Algérie pourrait être déstabilisée davantage si la situation sécuritaire continue de se détériorer au Mali et la France pourrait se sentir obligée d'intervenir dans les affaires de ses anciennes colonies, comme on l’a vu malheureusement en Côte d'Ivoire. Il y a un parallèle entre la crise au Mali et les événements en cours au Nigeria, une nation aux prises avec les activités des insurgés islamiques séparatistes de Boko Haram au nord. Compte tenu de l'instabilité politique à Abuja, un coup d'État orchestré par des officiers de grades inférieurs contre le président nigérian Goodluck Jonathan basé sur le modèle malien ne serait pas impensable. Au moment où la Banque mondiale et la Banque africaine de développement suspendent toute aide au Mali, une certaine forme d'intervention militaire est concevable si les appels du Conseil de sécurité pour le « rétablissement immédiat de l'ordre constitutionnel et du gouvernement démocratiquement élu » ne sont pas respectés [16].

Alors que les voisins du Mali menacent de recourir à des sanctions et à la force militaire pour renverser l'actuel Comité pour la réinstauration de la démocratie et la restauration de l'État (CNRDR) dirigée par le capitaine Amadou Sanogo [17], la junte a dévoilé une nouvelle constitution garantissant la liberté de parole, de pensée et de mouvement [18]. Sanogo a promis de ne pas s'accrocher au pouvoir et de mettre en place des élections démocratiques lorsque l'insurrection touareg sera maîtrisée. Ceux qui ont pris part au coup d'État ne pourraient pas participer aux élections [19]. L'afflux d'armes découlant du changement de régime de l'OTAN en Libye a créé de nouvelles perspectives désastreuses favorisant une guerre civile au Mali, où les parties seraient lourdement armées. Il reste à voir comment le bloc de l'OTAN réagira si le CNRDR refuse les appels à démissionner et s'engage dans un interminable conflit avec les séparatistes islamistes. Comme l'armée américaine s’oppose à l’Armée de résistance du Seigneur en étendant sa présence militaire par le biais d’AFRICOM en République démocratique du Congo, l'aggravation de la situation au Mali et au Nigeria fournit une justification supplémentaire pour l'intervention étrangère et l’exploitation de la guerre. 

 par Nile Bowie; mondialisation

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5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 06:03
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Le nord du mali isolé : Tombouctou aux mains d’Aqmi


Après avoir pris tout le nord-est du Mali et depuis samedi le contrôle de la ville de Gao (nord-est) qui abritait l’état-major régional de l’armée (Kidal), les groupes islamistes liés à la nébuleuses Al Qaîda et au mouvement Azawad (MNLA) ont mis la main sur Tombouctou, située à 800 km au nord-est de Bamako. Et, sitôt conquise, cette ville historique a été soumise.
Les islamistes du mouvement armé Ançar Eddine, dirigé par Iyad Ag Ghaly, ex-figure des rébellions touareg des années 1990, viennent de planter leur étendard sur la terre historique et touristique de Tombouctou. Selon des sources locales citées par l’AFP, l’«émirat» islamique a déjà commencé à régenter la vie dans cette ville classée au patrimoine mondial de l’Unesco.


Les animateurs du mouvement Ançar Eddine qui contrôlent Tombouctou distribuaient hier des vivres pris à un service public et à la Croix-Rouge, selon des responsables locaux. «Les islamistes de Ançar Eddine organisent des distributions de vivres avec l’appui de certains membres de l’association des jeunes musulmans de Tombouctou», a dit à l’AFP Driss Haïdara, employé à la direction du Trésor de Tombouctou, un service qui relève du ministère de l’Economie et des Finances.

 

Deux responsables de la direction régionale de la sécurité alimentaire de Tombouctou (qui dépend du ministère de l’Agriculture) et de la Croix-Rouge locale ont affirmé à l’AFP, sous couvert de l’anonymat, que les vivres distribués aux habitants étaient des stocks de leurs services réquisitionnés par les islamistes. Et pour faire accepter son «émirat» aux populations, le leader d’ Ançar Eddine, Iyad Ag Ghaly, a rencontré lundi soir les imams de Tombouctou, une ville de d’environ 30 000 habitants où il compte instaurer la loi islamique, selon un fonctionnaire de l’agglomération.  

 

Moubayaâ des imams de la ville  

 

Grand centre intellectuel de l’islam et ancienne cité marchande prospère des caravanes surnommée «la perle du désert», Tombouctou est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.  
La directrice générale de cette organisation onusienne, Mme Irina Bokova, a d’ailleurs exprimé hier sa «vive préoccupation» face aux risques que font peser les combats autour du site de Tombouctou, au nord du Mali, classé au patrimoine mondial, et rappelé l’obligation internationalement reconnue des pays à sauvegarder leur patrimoine en temps de guerre. «J’appelle les autorités maliennes et les factions belligérantes à respecter le patrimoine et les engagements du pays en tant que signataire de la convention de 1972 sur le patrimoine mondial», a-t-elle déclaré dans un communiqué rendu public hier.  

 

Les craintes que soulèvent la situation au Mali a provoqué aussi la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU qui a examiné, hier, la crise née du coup d’Etat mené le 22 mars dernier par des militaires mutins. La réunion a été convoquée à la demande de la France. Les 15 pays membres devraient adopter une déclaration commune sur cette question, selon un diplomate américain, dont le pays assure en avril la présidence tournante du Conseil.

 

Peur sur Tombouctou

 

Cette réunion intervient au lendemain du sommet des chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) tenu à Dakar et à l’issue duquel les participants ont décidé d’imposer des sanctions aux militaires qui ont pris le pouvoir au Mali. La Cédéao a ainsi décidé de «la mise en place immédiate» de sa force militaire «d’attente» dans ce pays, théâtre d’une rébellion touareg dans le nord. «Nous avons décidé de la mise en place immédiate de la force d’attente de la Cédéao, en demandant au comité des chefs d’état-major de se réunir dès cette semaine à Abidjan pour voir les modalités d’activation de cette force», a déclaré le chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara, président en exercice de l’organisation.

 

La junte malienne, qui multiplie les contacts en Afrique, a réagi aux décisions du sommet, indiquant avoir «pris acte» des sanctions imposées par l’organisation régionale et rester à la disposition de la médiation burkinabé.
Son chef, le capitaine Amadou Sanogo, a souligné que le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE) créé après le renversement du président Amadou Toumani Touré, considère que «la priorité de toutes ses actions reste l’intérêt supérieur de la nation malienne et l’urgence du recouvrement de l’intégrité territoriale du pays face à la crise dans la partie Nord». Amadou Sanogo a réitéré l’engagement du Comité «à aller rapidement et dans les heures à venir à la mise en place d’une convention nationale avec l’ensemble des forces vives du pays afin d’amorcer la mise en place des structures d’une transition convenable à toutes les parties». Mais les Maliens, pris entre deux feux, craignent que leur pays ne bascule définitivement dans le chaos.

Les trois chefs d’Al Qaîda à Tombouctou

 

Trois des principaux chefs d’Al Qaîda au Maghreb islamique (AQMI) – Abou Zeïd, Mokhtar Belmokhtar et Yahya Abou Al Hammam – sont présents à Tombouctou (nord du Mali) aux côtés du leader touareg islamiste Iyad Ag Ghaly qui contrôle la ville, a appris mardi l’AFP de sources concordantes. Ces trois hommes, de nationalité algérienne, sont à Tombouctou où «ils ont participé à une rencontre entre Iyad Ag Ghaly et les imams de la ville», a déclaré une source sécuritaire, ce qu’a confirmé le proche d’un des imams ayant assisté à la rencontre.

 

«Oui, tous les trois sont là. Abou Zeïd a affirmé qu’il est heureux d’être sur la terre musulmane du Mali», a affirmé ce dernier. Ils ont fait de l’ancien camp de l’armée malienne de Tombouctou leur «base», selon la source sécuritaire. La plupart des treize otages occidentaux détenus au Sahel, dont six Français, ont été enlevés par ces trois hommes.

 

Selon des témoins, Iyad Ag Ghaly, chef du mouvement Ançar Eddine maîtrise totalement la ville de Tombouctou, appuyé par la branche maghrébine d’Al Qaîda, mais il lui reste à convaincre davantage les chefs religieux pour asseoir définitivement leur autorité : d’où la rencontre avec les imams. Selon le responsable d’une société privée de Tombouctou, deux jeunes, arrêtés dans la ville pour vol, devraient «subir ce soir la dure loi de la charia», la loi islamique qu’Ançar Eddine veut imposer par «la lutte armée» dans tout le Mali. «D’après ce que j’ai compris, les islamistes veulent conquérir d’autres villes maliennes», a affirmé ce responsable.  

Les hommes d’Ançar Eddine et d’AQMI ont chassé de Tombouctou les rebelles touareg du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) qui avaient pris le contrôle dimanche sans rencontrer de résistance. elwatan

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L'ONU demande un cessez-le-feu


Des Maliens originaires du nord du pays se sont réunis hier à Bamako.<br />
Photo : Agence Reuters Luc Gnago
Des Maliens originaires du nord du pays se sont réunis hier à Bamako.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé hier un cessez-le-feu immédiat dans le nord du Mali, où la composante laïque de la rébellion touareg, aujourd'hui supplantée par les groupes islamistes, a annoncé la fin de ses opérations militaires.

Dans une déclaration proposée par la France, les 15 membres du Conseil de sécurité ont aussi réclamé le retour à un gouvernement légitime à Bamako où une junte militaire a renversé le président Amadou Toumani Touré il y a deux semaines.

Profitant du putsch de Bamako, swa rebelles touaregs et des groupes islamistes ont pris en fin de semaine le contrôle des trois métropoles du nord du Mali, Kidal, Gao et Tombouctou, sans rencontrer de résistance de la part d'une armée malienne sous-équipée et désorganisée, coupant de fait le pays en deux.

Les islamistes d'Ansar Dine, dirigés par le chef touareg Iyad Ag Ghaly, et des éléments d'al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) ont depuis lors pris le dessus sur le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA).

La montée en puissance de ces islamistes, qui ont annoncé leur intention d'imposer la charia dans leur zone, a suscité l'inquiétude au sein de la communauté internationale.

Les membres du Conseil de sécurité de l'ONU se sont «inquiétés de la présence dans la région du groupe terroriste AQMI», ce qui pourrait «déstabiliser encore davantage la situation».

Depuis Bamako, la junte du capitaine Amadou Sanogo a dénoncé «de graves violations des droits de la personne» dans le nord, et plus particulièrement à Gao, depuis «l'invasion des combattants MNLA, Ansar Dine et AQMI».

Le nord du Mali est aujourd'hui un trou noir, devenu totalement inaccessible à la presse et aux organisations internationales. De nombreux habitants ont fait état de saccages et pillages à Gao et Tombouctou.

Trois groupes distincts se partagent le contrôle de Goa, selon un député local, Abdou Sidibé: les touareg du MNLA, les islamistes d'Ansar Dine et d'un groupe dissident d'AQMI, et enfin des trafiquants et groupes criminels.

À Tombouctou, les hommes d'Ansar Dine et les moudjahidines d'AQMI ont chassé le MNLA, dont seuls une vingtaine d'hommes sont cantonnés près de l'aéroport, et mis fin aux pillages au nom de leur nouvel ordre islamique, selon des habitants. Ansar Dine a renforcé sa position militaire dans la ville, en déployant des engins blindés.

Plus aucun service ne fonctionne, la ville n'a plus d'électricité depuis la mi-journée et l'eau pourrait bientôt être coupée, selon une source humanitaire malienne sur place. Les nouveaux maîtres de la ville ont demandé aux populations de faire des réserves d'eau. Les bureaux de la société nationale de téléphone (Sotelma) ont été incendiés, avec donc un risque de coupure du téléphone. Deux responsables d'AQMI ont par ailleurs remis à une association locale de nombreux exemplaires du Coran et des vêtements, selon un autre témoin.

Report

À Bamako, les putschistes ont annoncé hier soir le report de la convention nationale qui devait s'y ouvrir aujourd'hui, à leur initiative, première étape d'une «transition» voulue par les putschistes, mais dont ils n'ont pas précisé la durée. Ils affirment avoir consulté différentes parties qui ont souhaité «une meilleure préparation matérielle» et précisent que «la nouvelle date sera annoncée d'un commun accord avec l'ensemble des sensibilités concernées».

Un front antijunte, rassemblant une cinquantaine de partis politiques et une centaine d'associations et organisations syndicales, a rejeté toute participation à une telle convention. Une coalition pro-junte, le Mouvement populaire du 22 mars (MP22), a, elle, exhorté la junte «à demeurer fermes et à désormais rejeter entièrement les diktats des impérialistes français et occidentaux».

Soumise depuis lundi à un embargo diplomatique, économique et financier imposé par ses voisins, la junte s'est vu infliger mardi de nouvelles sanctions par l'Union africaine (UA) et les États-Unis. Elle reste également sous la menace d'une intervention militaire ouest-africaine, alors que les chefs d'état-major de la CEDEAO se retrouvent aujourd'hui à Abidjan pour activer une force régionale déjà en alerte.

Les négociations se poursuivent néanmoins, et le ministre burkinabé des Affaires étrangères, Djibrill Bassolè, se trouvait hier à Bamako pour y rencontrer le chef de la junte. ledevoir
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La junte dépassée par l'avancée des islamistes
Les militaires maliens ont investi Bamako, mercredi 21 mars

Les militaires maliens ont investi Bamako, mercredi 21

 L'ONU s'inquiète de la rapidité et de l'ampleur de la rébellion...

Profitant du putsch de militaires contre le président Amadou Toumani Touré le 22 mars, les rebelles touareg et des groupes islamistes ont pris le contrôle des trois métropoles du nord du Mali, Kidal, Gao et Tombouctou. Le pays est coupé en deux.

Qui mène la danse côté assaillants?

Les rebelles touareg du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), au nord du Mali, semblent dépassés par les islamistes de l'organisation Ansar Dine et d'Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique), au moins dans la ville de Tombouctou, aux mains des salafistes. Ces derniers disent vouloir imposer la charia (loi islamique). Selon des témoignages, dans les rues de la ville, plusieurs bars et débits d'alcool ont été saccagés et des femmes sont désormais voilées. Le MNLA dit «se démarquer» de ces «réseaux mafieux».

Qu'en est-il de la junte?

Elle a perdu toute légitimité. Basée à Bamako, elle est complètement dépassée par les événements et se cherche une porte de sortie. Elle pourrait rendre le pouvoir. Elle a dénoncé mercredi «les graves violations des droits de l'homme» dont serait victime la population dans le nord du Mali.

Quels sont les enjeux?

Eviter d'abord que les islamistes gagnent l'ensemble du pays. Certains rebelles, avec Aqmi, pourraient envisager de s'emparer de l'ensemble du territoire malien pour en faire une république islamiste. L'autre enjeu, ce sont les risques de crise humanitaire. Les assauts des rebelles ont déplacé plus de 200 000 personnes dans le nord du pays. A cela s'ajoute la menace d'une crise alimentaire à cause de la sécheresse et de la désorganisation de l'aide extérieure due aux combats.

Et puis il y a le risque de contagion.

L'incendie peut rapidement se propager aux pays voisins du Niger, de l'Algérie, du Tchad ou du Nigeria en butte, eux aussi, à des menaces sécessionnistes ou à des mouvements terroristes. 20minutes

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