Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 02:58

 

 

Appel à une “Journée internationale de deuil” en faveur des morts et disparus au large de Lampedusa

 

 

Des membres du corps associatif tunisien en France ont appelé dans un communiqué à manifester en Tunisie et partout dans le monde devant les ambassades et les consulats de Tunisie les mercredi 12 et jeudi 13 septembre 2012 suite au naufrage de l’embarcation dans la nuit du jeudi 6 septembre 2012 au large de l’ile de Lampedusa.


Ils ont exprimé dans ce communiqué leur colère intense “contre les politiques de l’horreur et de l’indifférence qui envoient des milliers de jeunes mourir noyés en Méditerranée.”


A travers le communiqué, les militants associatifs  accusent le gouvernement tunisien d’être derrière cet incident car, selon eux, “aucune politique d’emploi et de développement sérieuse n’est mise en place.” tunisienumerique

 

 

____________________

Av. Bourguiba : À la mémoire des disparus… 


 

 

___________________________________________________________________


 

 

____________________________________________________________________________________

Grève générale à El Fahs en réaction à la lenteur dans la recherche des disparus, au large de Lampedusa

Une grève générale a été observée, lundi 10 septembre 2012 à la localité d'El Fahs (gouvernorat de Zaghouan), englobant toutes les activités commerciales et industrielles à l'exception des services hospitaliers dans la région, a constaté le correspondant de la TAP à Zaghouan.

 

Cette grève intervient sur fond de protestation des habitants contre la lenteur constatée au niveau de la recherche des disparus suite au naufrage de l'embarcation transportant des jeunes immigrés clandestins au large de l'Italie.
Des jeunes de la région ont mis le feu à des pneus et bloqué les entrées de la ville en direction de Tunis, Siliana, Kairouan et Zaghouan.

 

D'un autre côté, des habitants de la région ont organisé un mouvement de protestation dans les avenues de la ville scandant des slogans contre le gouvernement et le parti d'Ennahdha. Ils se sont dirigés vers la zone industrielle de la cité Kairouan pour faire pression sur les ouvriers afin qu'ils participent à ce mouvement.

 
Le membre de l'Assemblée nationale constituante, du mouvement "Wafa", Nasser Ibrahimi a indiqué que le gouvernement doit assumer sa responsabilité face à cette situation, et présenter des solutions radicales pour résoudre le problème de l'émigration clandestine.businessnews

 


_________________________________________________________________________________________

Disparus de Lampedusa, les recherches se poursuivent

 

Le secrétaire d’Etat à l’immigration et aux Tunisiens à l’étranger, Houcine Jaziri, actuellement à Palerme, a affirmé que les recherches de Tunisiens disparus près de Lampedusa après le naufrage de leur embarcation, se poursuivent. Joint par téléphone, il a, toutefois, estimé, que l’espoir de retrouver des survivants, cinq jours après le naufrage est devenu faible. Jaziri a fait savoir que sitôt informées, les autorités ont dépêché un représentant de l’ambassade de Tunisie à Palerme pour superviser les opérations de sauvetage et soutenir les rescapés.

 

Les gardes-côtes italiennes ont sauvé 56 personnes et repêché deux corps d’entre 79 disparus. Venus des différentes régions, les passagers de l’embarcation de fortune ont fait leur départ de la plage de Sidi Mansour à Sfax en direction de Lampedusa. Ils comptaient parmi eux des femmes et des enfants. Le secrétaire d’Etat a affirmé qu’il se rendra chez les rescapés qui se trouvent, actuellement, dans des centres d’accueil afin de s’assurer de leur Etat de santé et de leurs conditions d’hébergement.

 

La Tunisie est disposée à mettre un avion à la disposition de ceux qui désirent rentrer, a-t-il dit, qualifiant ce qui s’est passé de « catastrophe ».

 

De son côté, le porte-parole officiel de la garde nationale maritime Tarek Omrani a affirmé que dès que sa direction a été avisée, une patrouille est sortie pour tenter vainement de dissuader les passagers. Ces derniers se sont obstinés à poursuivre leur voyage, faisant fi des avertissements sur le mauvais temps qui s’annonçait.

 

M.Omrani a expliqué que, lorsque le bateau de la patrouille maritime qui manquait de carburant, a baissé de vitesse pour solliciter des renforts, il a perdu la trace de l’embarcation clandestine. La garde tunisienne a, alors, appelé les gardes- côtes italiennes qui à leur tour ont reçu un appel d’urgence provenant du bateau sinistré et parvenu à sauver 56 personnes et repêcher deux corps, tandis que 79 autres personnes demeurent disparues. directinfo

 

 

______________________________________________________

Les dernières nouvelles combinées avec la langue de bois de l'élite tunisienne...

 


 

 

 

_________________________________________________

_____________________________________________________________________

 Hamadi Jebali trouve enfin le temps de penser aux morts de Lampedusa!


Il a fallu attendre plus de 72 heures et les critiques de tous bords pour que le chef du gouvernement daigne enfin présenter ses condoléances aux familles des émigrés clandestins disparus à Lampedusa.

 

C’est à croire qu’il avait beaucoup à faire ou qu’il a fermé son téléphone pendant tout le week-end! Certains parlent d'inexpérience. D'autres vont plus loin en parlant d'incompétence. Ou même de mépris pour les Tunisiens!

 

Quoi qu'il en soit, c’est le lundi 10 septembre que Hamadi Jebali s’est enfin résigné à rendre public un communiqué où il présente ses condoléances aux familles des émigrés tunisiens morts près des côtes italiennes de Lampedusa après le naufrage de leur barque, et ordonne la mise en place d’une cellule de crise au sein du ministère des Affaires étrangères pour répondre aux interrogations des familles.

 

Selon le même communiqué, Houcine Jaziri, secrétaire d’Etat chargé de l’Emigration et des Tunisiens à l’étranger vient de se rendre à Lampedusa où il y a eu 56 survivants sur «136 candidats à l’émigration clandestine partis de Sfax». kapitalisl

 

 

____________________________________________

 

 

 

___________________________________________________

Drame au large Lampedusa : horrible silence en Tunisie !

 

« 25 mariages et 50 enterrements », c’est comme ça qu’on a décidé de baptiser ce week-end au goût amer. Une embarcation de fortune transportant 136 émigrés Tunisiens clandestins a fait naufrage sur les côtes italiennes de l’île de Lampedusa. On compte plus 50 disparus.

 

Mais alors que les mères pleuraient leurs enfants, partis risquer la mort pour une vie meilleure, parce que de toute façon « ils sont déjà morts » chez eux, le gouvernement Tunisien célébrait un mariage collectif (25 couples) organisé par une association islamiste proche du parti au pouvoir Ennahdha. Des ministres au premier rang d’un pathétique cirque tenu à l’hippodrome de la Manouba, et la chaîne d’information (ou de propagande) qatarie Al Jazeera qui diffusait la cérémonie en direct. 

 

Ce n’est pas le premier drame qui survient au large de Lampedusa, mais le silence des autorités face à cette dernière tragédie est juste abominable. Un gouvernement, pour qui le désespoir des jeunes et la disparition de plus de 50 citoyens tunisiens dans la mer ne compte pas, ne mérite pas qu’on lui fasse confiance. un-oeil-sur-la-planete

Partager cet article
Repost0
3 septembre 2012 1 03 /09 /septembre /2012 04:15
Privatisation de la SONEDE : la Troïka osera-t-elle ce que n'avait pas osé Ben Ali ?


alt

 

Les différentes déclarations du Ministre de l'agriculture en rapport avec les récentes perturbations dans l'approvisionnement en eau enregistrées dans un certain nombre de régions de la république qu'il a entièrement mis sur le dos de la SONEDE

accusant certains de ses premiers responsables de laxisme et de (conférence de presse donnée le 2 août  au siège du ministère, déclarations lors de son passage sur les plateaux télés) ajoutées à celles du Ministre de la santé qui a émis des doutes sur la potabilité de l'eau de robinet, nous invitent à réfléchir sur les raisons d'un tel acharnement à l'encontre d'une entreprise publique qui depuis plus de 40 ans n'a cessé de réaliser des performances en matière d'approvisionnement en eau potable tous secteurs confondus ( domestique, tourisme, industrie et même agricole ) atteignant même des taux de desserte record en comparaison avec des pays voisins (100% dans le milieu urbain et 94% dans le milieu rural en conjuguant ses efforts avec ceux de la direction générale du génie rural) sans jamais recourir au rationnement malgré des ressources en eaux très limité, la Tunisie étant classé parmi les pays en situation de pénurie hydrique ( mois de 500 m3 an/habitant) et à des tarifs raisonnables si on soustrait de la facture la partie ONAS et la TVA égale à 18% pour un produit de première nécessité.




De sources sures, les perturbations enregistrées au cours du mois de juillet dernier étaient principalement dues aux fréquentes coupures d'électricité (en raison du délestage pratiqué par la STEG ) et qui ont touché un certain nombre d'ouvrages SONEDE, mais principalement la station de traitement de Belli qui fournit l'eau à la région du Sahel et de Sfax, et les stations de pompages de Jelma, entraînant une action en chaîne (réservoirs non approvisionnés, conduite asséchées) que la SONEDE a mis des semaines à réparer les effets.

 


Ceci en plus d'une saison touristique record en comparaison avec 2011 et même 2010 et de fortes chaleurs qui ont tous engendré un pic de consommation, sans oublier l'accueil sur notre territoire de plus de 100.000 familles libyennes ayant des habitudes de consommation qui dépassent la moyenne tunisienne, installés d'une manière quasi-permanente dans la région de Sfax principalement. Ce pic de surconsommation avait d'ailleurs atteint les 13% en juin 2012 par rapport à la moyenne de juin 2011.



Ceci dit ces perturbations dont les raisons sont pour la plupart imprévisibles, n'ont touché en fait qu'un certain nombre de localités dans 3 ou 4 gouvernorats, dont certains ne sont pas du tout imputables à la SONEDE puisque certaines de ces localités ne sont pas branchées sur le réseau SONEDE, mais plutôt approvisionnées par des systèmes d'eau potable autonomes réalisés et gérés par le ministère de l'agriculture en collaboration avec les GIC (Groupement d'intérêts collectifs) locaux.

 
Qu'est ce qui explique donc le désengagement du ministre de l'agriculture vis-à-vis de la SONEDE qui est au fait un organisme public sous la tutelle de son ministère donc sous son contrôle direct?



D'ailleurs le désavouement ne date pas de la crise, puisque dans une autre conférence de presse donnée par M. Ben Salem des mois avant le début de l'été, il avait parlé de dossiers de corruption à la SONEDE, lesquels dossiers n'ont pas toujours été révélés à ce jour et ce malgré la désignation depuis quelques mois à la tête de l'entreprise d'un nouveau PDG proche du ministre M. Hédi Belhaj.

 


Tout ceci nous invite à nous demander sur les vraies raisons derrière cet acharnement, les raisons peuvent être multiples, mettre la main encore une fois sur l'une des plus grandes entreprises du pays et placer à sa tête et dans ses différents départements un certain nombre de sympathisants de la Troïka, en remplacement des cadres qu'on vient de limoger, préparer le terrain pour le recrutement en masse de jeunes adhérents chômeurs, sans que personnes n'en sache rien…etc, tout cela est envisageable, mais il parait que les raisons sont toutes autres et même plus graves encore, il s'agit tout simplement de préparer le terrain vers une éventuelle privatisation de la SONEDE, ce qui aura pour effet immédiat de renflouer les caisses vides de l'Etat et lui souffler une bouffée d'oxygène salvatrice qui pourrait au gré de la Troika, soit servir à combler en partie de déficit budgétaire, soit couvrir les 1.2 Milliard de dinars nécessaires au dédommagement des victimes de l'ancien régime (Dilou avait d'ailleurs bien dit que les sources de financement de ce dédommagement ne viendraient pas directement du budget de l'Etat, une cession d'une partie des actifs de la SONEDE ferait dans ce cas l'affaire).

 


Cette opération serait interprétée par la Troïka comme une action salvatrice pour deux entreprises publiques déficitaires et même sur le point de couler, puisqu'elles n'arrivent plus à assurer la continuité des services publics dont elles ont la charge. La privatisation entrainera plus de rigueur dans la gestion de ces entreprises et un apport technologique indéniable dira la Troïkas, c'est un indice de modernité et de dynamisme, voire même d'expansion de ces deux vielles dames malades.

 



Mais ce qu’ignore le commun des mortels, c'est que toutes les privatisations des distributeurs d'eau potable ont engendré automatiquement des augmentations des tarifs aussi bien au niveau du prix de l'eau, qu'au niveau du coût du branchement, ce qui empêcherait des milliers de familles nécessiteuses d'accéder à une eau potable saine et en quantité suffisante. Sans oublier que la cession d'un secteur aussi vital à des holdings étrangers, équivaut à la cession d'une partie de nos ressources hydriques, "richesse nationale" aux étrangers confisquant par la même occasion les droits des générations futures. Ces holdings, contrairement à notre opérateur public, la SONEDE, ne se soucieront guère de l'aspect social de l'eau ni d'ailleurs des aspects environnementaux, ni même sanitaires d'ailleurs, leur seul objectif, c'est le profit et rien que le profit, des profits qui seront d'ailleurs transférés en devises étrangères en dehors de la Tunisie.

 



Ben Ali avait essayé à la fin de la dernière décennie de mettre la main sur une partie du secteur de l'eau potable à travers la participation de Princesse Holding (à hauteur de 10%) dans le groupement qui devait exploiter la station de dessalement d'eau de mer de Djerba, mais avant de s'emparer de ce projet, la révolution l'a balayé lui et sa famille, en sera-t-il de même avec ce gouvernement disposer à tout monnayer? (rappelez vous la triste affaire de Mahmoudi, mais surtout des gisements miniers concédés en catimini à nos amis qatari).

Un dernier indice sur la possibilité de cette hypothèse, lors de la fameuse conférence de presse du 5 août, monsieur le ministre avait parlé de redéploiement du personnel et de restructuration de l'entreprise, deux termes qui signifient aux yeux des spécialistes : PRIVATISATION.  

 

 

___________________________________________________

La privatisation de l’eau à Jakarta : 7 ans d’« eau sale »

 

Alors que les multinationales Suez-Ondeo et RWE-Thames continuent à opérer en Indonésie, les plaintes relatives à leurs mauvais résultats et à divers autres problèmes ne cessent d’augmenter. La privatisation a démarré en 1997 avec la compagnie d’eau de Jakarta, la PAM Jaya. Thames Water contrôle l’approvisionnement en eau de la partie Est de Jakarta, tandis que Suez-Ondeo administre la partie Ouest de la capitale indonésienne. Bien que la privatisation ait entraîné de graves problèmes, le gouvernement indonésien envisage de poursuivre le processus, prévoyant de privatiser jusqu’à 250 compagnies publiques de l’eau.

 

La privatisation de l’eau à Jakarta fut décidée dans le cadre de négociations à huis clos, et non à travers un processus d’appel d’offres ouvert à toutes les compagnies intéressées. Cet étrange procédé fut rendu légal par une directive du ministère de l’Intérieur [1]. En fait, cette directive gouvernementale fut rédigée pour faciliter le plus possible le processus de privatisation [2]. Mi-1995, le président Soeharto ordonna au Ministre des Travaux Publics d’accélérer la procédure, et le Ministre obtempéra en permettant aux compagnies PT Kekar Thames Airindo (plus tard renommée Thames PAM Jaya, dont certaines parts appartiennent au fils de Soeharto) et PT Garuda Dipta Semesta (plus tard renommée PAM Lyonnaise Jaya) de prendre en charge l’approvisionnement en eau de la capitale indonésienne.

 

Le contrat de privatisation entre les deux compagnies et la PAM Jaya fut signé en 1997 et renouvelé en 2001. Les compagnies privées détiennent les droits de l’exploitation dans son intégralité, depuis l’approvisionnement en eau brute jusqu’à la facturation des clients. PAM Jaya contrôle la performance des compagnies et les conseille sur les hausses de tarifs. Le contrat définit clairement des aspects tels que le mode de partage des bénéfices, les conditions de résiliation et la propriété des actifs pour les 25 ans de validité du contrat.

Malgré cela, le modèle de privatisation réel reste vague. Il n’est pas clairement mentionné si l’accord est de type « build-operate-transfer » (BOT), « build-own-operate » (BOO), une concession, ou tout autre modèle de privatisation. Dans un certain nombre de documents officiels, l’autorité régulatrice précise qu’il s’agit d’un contrat de concession. La Banque mondiale également, dans des documents relatifs au second Projet de développement urbain de Jabotabek, affirme que l’accord concernant l’approvisionnement en eau de 10 millions de résidents de Jakarta est bien un contrat de concession. En tout cas, c’est un contrat très généreux pour les multinationales de l’eau, puisque tous les risques financiers sont couverts par la PAM Jaya. Le contrat stipule qu’en cas de dénonciation par la PAM Jaya, celle-ci doit payer à la RWE-Thames et à Ondeo-Suez ce qui suit : 

 
- tous les investissements faits par les compagnies étrangères ; 

 
- les coûts d’assurance ; 

 
- les revenus bruts attendus pendant la moitié des années restantes du contrat.


Objectifs non atteints, tarifs en hausse

Les résultats obtenus par les entreprises privées au cours des sept premières années ont été mauvais, et la plupart des objectifs n’ont pas été atteints. L’objectif de couverture pour 1998 était de 49%, mais le résultat de 43% seulement. Cette tendance s’est confirmée, et en 2000 on atteignait seulement 48% de couverture, largement en deçà des 63% visés. L’objectif original du contrat de juin 1997 était d’assure un approvisionnement en eau régulier à 70% des habitants de Jakarta pour 2002. Selon un employé, les taux de couverture affichés par la compagnie sont même discutables. Bien des fois, les compagnies privées ont simplement installé de nouvelles canalisations par-dessus d’anciennes canalisations en état de fonctionnement, en comptant ces nouvelles installations comme des extensions du réseau. En réalité, de nombreuses communautés pauvres de Jakarta n’ont pas vu la moindre amélioration pendant les sept années de privatisation.

 

Depuis le début de la privatisation, on a observé un déficit croissant entre les tarifs collectés auprès des consommateurs et les charges payées par la PAM Jaya à la RWE Thames et à Ondeo pour l’exploitation du réseau de Jakarta. C’est en 2000 que le manque à gagner fut le plus important. Les compagnies se servirent de cet argument pour obtenir des hausses de tarifs. Les tarifs de l’eau ont maintenant été augmentés trois fois depuis la privatisation (35% en avril 2001, de nouveau 40% en avril 2003, et 30% supplémentaires en janvier 2004). Le manque à gagner total au premier semestre 2004 s’élevait à 900 milliards de roupies, une somme considérée comme une « dette » de la PAM Jaya envers RWE Thames et Ondeo. Richard Gozney, l’ambassadeur britannique en Indonésie, a même estimé nécessaire d’informer le vice-président Hamzah Haz, fin 2003, que la RWE Thames perdait 1,5 million de dollars américains par mois, et qu’en novembre 2003, la perte cumulée avait atteint un total de 58 millions de dollars américains. Mi 2004, le gouverneur de Jakarta accepta une hausse automatique des tarifs à partir de 2005. La permission du gouverneur et du conseil municipal n’étaient désormais plus requises pour augmenter les prix. La hausse automatique doit être appliquée tous les six mois ; si la privatisation se poursuit comme prévu pour les 18 ans à venir, Jakarta devra faire face à 36 hausses de tarif automatiques (le contrat a été signé en 1997 pour une durée de 25 ans).

Impacts sur l’emploi et les conditions de travail

La privatisation s’est souvent accompagnée de licenciements dans le monde entier, et il n’en a pas été autrement à Jakarta. À ce jour, au moins mille employés ont été licenciés, et de nombreuses personnes sont parties volontairement en raison du stress lié aux mauvaises conditions de travail. « Avant la privatisation, les employés avaient bien plus d’avantages qu’à présent. », a déclaré Zaenal Abidin, un membre du syndicat PAM Jaya. « Les uniformes, les congés payés et les services de santé sont un droit pour tous les employés. Mais la privatisation a gommé tous ces droits. En fait, nous avons dû attendre quatre ans juste pour avoir nos uniformes, au bout d’une procédure compliquée et épuisante. »

 

Le plan de retraite anticipée proposé par les deux compagnies pose également de graves problèmes. Les employés qui avaient travaillé dix ans touchèrent une pension de 150 000 Rp par mois seulement (environ 16 dollars américains). Un expatrié de la même compagnie touche un salaire situé entre 150 millions et 200 millions de Rp par mois (entre 16 130 et 21 500 dollars américains) et bénéficie également d’autres avantages en sus du salaire. La retraite d’un travailleur indonésien ne représente que 0,001% du salaire mensuel d’un expatrié !

 

Poltak Situmorang, président de l’Association des opérateurs de l’eau indonésiens, du bureau de Jakarta, a déclaré : « Ces expatriés dépensent plus d’1 milliard de Rp uniquement pour la sécurité. Tout cet argent sert à les préserver de tout « danger », chacun d’eux étant gardé par cinq gardes du corps au quotidien. » [3] Les dépenses de sécurité vont ainsi bien au-delà des sommes allouées au « parachute doré » des dirigeants, qui s’élèvent seulement à 221 millions de Rp.

250 compagnies publiques de l’eau à privatiser ?

La mauvaise expérience de Jakarta avec la privatisation ne semble pas refroidir les ardeurs du gouvernement indonésien. À l’heure actuelle, des centaines d’autres compagnies publiques de l’eau (connues par l’acronyme indonésien PDAM) à travers toute l’Indonésie, la plupart dans un état lamentable en raison de leurs dettes et d’une mauvaise gestion, sont vouées à la privatisation. Le directeur du Département des infrastructures locales, Totok Supriyanto, déclarait aux médias en avril 2004 que 90% des PDAM « malades » seraient bientôt privatisés. Comme les PDAM « en bonne santé » ne représentent que 10% de l’ensemble des entreprises (30 PDAM), au moins 250 PDAM devaient donc être privatisées, sur les 300 que compte l’Indonésie.

 

L’ancien Ministre de l’Environnement, Nabiel Makarim, a déclaré plus d’une fois qu’il était favorable aux projets de privatisation car cela conduirait à une gestion plus efficace des ressources en eau. Selon Nabiel, il n’existe pas une seule compagnie d’eau publique au monde qui gère ses ressources en eau de façon efficace [4]. Au jour d’aujourd’hui, trois villes d’Indonésie ont entièrement confié la gestion de l’eau au secteur privé : Jakarta, Batam, qui est gérée par Biwater, et Sidoarjo, qui est gérée par un consortium associant Veolia et Thames.

 

Totok Supriyanto a déclaré qu’à l’avenir, de plus en plus de PDAM seraient privatisés. En attendant, huit PDAM sont actuellement soumises à un programme spécial visant à les rendre plus « saines », le programme d’« Amélioration des réseaux urbains d’eau et d’assainissement » (géré par la Banque mondiale avec des fonds du Dialogue Asie-Europe – ASEM). Il est très probable que ces huit PDAM seront privatisés à la fin du programme. Un cadre de la Banque mondiale en charge de la gestion urbaine de l’eau a cependant déclaré que l’objectif de ce programme n’était pas la privatisation des PDAM, mais qu’elles seraient bien mieux en bonne santé que malades. Il a ajouté que pour d’autres PDAM « malades », la Banque mondiale prépare un autre programme d’amélioration par le biais d’un crédit-bail. Précisons que le crédit-bail n’est qu’une autre forme de privatisation.

 

L’expérience de Jakarta a été sous l’influence de la Banque mondiale à travers le second Programme de développement urbain de Jabotabek. Par le biais de ce programme, la PAM Jaya avait reçu un prêt de 90 millions de dollars américains pour élargir son taux de couverture à 70%. L’objectif ne fut pas été atteint, et lorsque le programme prit fin, la PAM Jaya fut privatisée. C’est également ce programme qui a financé la PDAM Tangerang pour la construction d’une usine de traitement d’eau visant à augmenter l’approvisionnement en eau brute dans la partie Ouest de Jakarta. Ce projet fut aussi en partie financé par le gouvernement français et, lorsqu’il prit fin, la gestion de l’eau de la partie Ouest de Jakarta fut confiée à la Suez Lyonnaise des Eaux, le géant français de l’eau.

Des compagnies publiques de l’eau face à une crise d’endettement

Il est important de souligner que l’échec de centaines de PDAM à travers toute l’Indonésie est en grande partie dû à leurs dettes immenses, qu’elles sont dans l’incapacité de payer. En 1996, par exemple, la PDAM Kediri devait 3,25 milliards de Rp à la Banque mondiale et était censée commencer à rembourser en 2001 15 millions de Rp par mois pendant 18 ans. Mais la PDAM Kediri ne génère que 70 millions de Rp par mois, dont 68 millions servent aux frais d’exploitation et au paiement des salariés. Comment payer les dettes avec les 2 millions de Rp restant ? Ces sociétés doivent également supporter annuellement une donation de 10 millions de Rp de rente aux gouvernements locaux [5]. La PDAM Kediri ne peut qu’attendre son échec. Les PDAM Semarang, Papua, et de nombreuses autres sont confrontées à des problèmes similaires, ce qui explique pourquoi les programmes basés sur l’endettement ne devraient plus être une alternative pour « remettre en forme » les PDAM. 

 

Selon les résultats de la recherche menée par Wijanto Hadipuro en 2003 sur les formes d’endettement des PDAM, les créanciers sont pour la plupart des institutions financières internationales qui ont consenti à attribuer des prêts supérieurs aux actifs de leurs débiteurs. La PDAM Tirta Nadi, à Medan, a des actifs équivalents à 16 milliards de Rp, mais son endettement est de 70 milliards de Rp. On estime les actifs de la PDAM Pematang Siantag à 1,8 milliard de Rp, alors que son endettement est de 3,5 milliards de Rp. Wijanto soupçonne qu’il ne s’agit pas d’un accident, et que ces formes d’endettement ont été expressément conçues de manière à ce que les PDAM n’aient aucun levier de négociation pour s’opposer à leur privatisation.

Résistances à la privatisation

Depuis que la Loi n° 7/2004 a été adoptée en mars 2004, il est sans doute devenu impossible d’empêcher la privatisation et la commercialisation des ressources en eau en Indonésie. Seule l’opposition forte et tenace de la population pourra ralentir la privatisation, et une telle opposition a récemment émergé sous diverses formes. Des universitaires, des militants, des employés des PDAM, le public en général et même des clients de RWE Thames et Ondeo essaient de combattre à leur manière la privatisation à Jakarta. Komparta (Groupe de consommateurs d’eau de Jakarta) a déposé deux plaintes contre chacune des des deux compagnies – la première par rapport aux augmentations de tarifs, et la seconde sur la médiocrité du service.

 

Pendant ce temps, cinq recours différents ont été lancés contre la Loi sur les ressources en eau nouvellement adoptée. Ces recours devant la Cour constitutionnelle sont le fait de groupes d’ONG et de communautés, qui font valoir que cette loi représente une violation de la Constitution indonésienne. Notre Constitution, en son article 33, stipule que toutes les entités commerciales essentielles à la vie des gens doivent appartenir à l’État. Mais la Loi sur l’eau offre au secteur privé de nombreuses possibilités de s’approprier la gestion de l’eau, à travers la mise en place de droits sur l’eau (droits d’usage de l’eau et droits d’exploitation de l’eau), l’autorisation des exportations d’eau et la permission octroyée aux compagnies privées et aux particuliers de : 1) participer aux services d’eau potable ; 2) administrer des sections de rivières ; et 3) orchestrer des opérations de modifications artificielles du climat.

 

Une organisation d’entrepreneurs prépare également une autre plainte à l’encontre de TPJ et de Palyja. Les deux compagnies sont accusées d’avoir enfreint la Loi anti-monopole en ne recourant qu’à un petit nombre d’entrepreneurs pour leurs travaux sous-traités, alors qu’il y a des centaines d’autres entrepreneurs tout aussi qualifiés et expérimentés à Jakarta.

 

Le mouvement anti-privatisation commence à s’étendre dans les villes comme Jakarta, Bandung, Pati et Manado. Les protestations concernent en général des questions de mauvaise qualité du service, ou se développent lorsque les citoyens refusent un projet de privatisation comme à Manado, Pati ou Bandung. Malheureusement, le mouvement n’est pas encore transformé en mouvement de masse pérenne. Le mouvement contre la privatisation de l’eau en Indonésie reste sporadique, réactif et reste trop peu soutenu par le grand public.

 

Ce manque de soutien est dû au fait que le public n’est pas bien informé, et que les gens ne saisissent pas les enjeux de la privatisation de l’eau, par exemple les conséquences de la privatisation de l’eau ou ses conditions de mise en place. De plus, les opérateurs de nombreuses compagnies d’eau publiques ont été « encouragés » à voir la privatisation comme la meilleure manière d’éponger des dettes persistantes. Ils se disent qu’en privatisant, ils mettront terme à l’endettement et que la compagnie pourra enfin fonctionner normalement.

 

La plupart des PDAM d’Indonésie sont dans une situation complexe en raison de leurs dettes immenses. Aussi la première chose à faire pour maintenir la gestion publique de l’eau est de réduire ou d’annuler toutes leurs dettes, aussi bien celles contractées à l’égard du gouvernement central que des institutions financières internationales comme la Banque asiatique de développement ou la Banque mondiale. Sans cela, les PDAM ne pourront continuer à fonctionner normalement. Il pourront alors prendre modèle sur les PDAM saines pour pratiquer une gestion efficace et rentable (la plupart des PDAM saines d’Indonésie ne sont pas accablées par leurs dettes externes, ou celles-ci sont très limitées).

Un véritable service public de l’eau est possible

Certaines PDAM d’Indonésie peuvent être performantes, comme la PDAM Solo. Celle-ci, créée en 1929, bénéficie d’une bonne gestion financière et essaie de protéger l’environnement autour de ses sources d’eau et des communautés voisines. Elle a un taux de couverture de 56%, un chiffre très élevé pour le contexte indonésien : en général, les PDAM en Indonésie ont un taux de couverture de 18%. À la différence des autres PDAM, la PDAM Solo a déjà pour interlocuteur un groupe de consommateurs actif et critique, et les réclamations et les attentes sont répertoriées et traitées avec efficacité.

 

Même si le nombre de PDAM « saines » est limité, il faudrait envisager à l’avenir d’enseigner leurs méthodes d’exploitation et de gestion pour que les autres PDAM, le gouvernement et les donateurs puissent en tirer les leçons et profiter de leur expérience. Il faut que l’expérience des PDAM saines permette peu à peu de gommer l’idée que la gestion publique des services d’eau est vouée à l’échec.


Notes

[1] Instruction N° 21/1996 concernant les principes directeurs la coopération entre les compagnies d’eau municipales et le secteur privé.

[2] Il est intéressant de noter que ce fut le seul texte à portée législative jamais traduit en anglais. L’instruction recommande à tous les gouverneurs des services d’eau d’Indonésie de coopérer avec le secteur privé. Le processus recommandé implique une nomination directe ; les initiatives de coopération sont censées venir du secteur privé, et la compagnie d’eau municipale choisit avec quelle compagnie privée elle souhaite travailler.

[3] Présentation incluse dans Drinking Water Service in Jakarta as a 477-Year-old Megapolitan City (Service d’eau potable à Jakarta, mégalopole vieille de 477 ans), 31 août 2004.

[4Tempo Interaktif. 15 décembre 2003. “Ministry of Environment Agrees to Water Privatisation” (« Le Ministère de l’Environnement consent à la privatisation de l’eau »).

[5Kompas, 16 mars 2001, “PDAM Could not Pay the World Bank Rp 3,25 billion” (« Le PDAM ne pourrait pas payer 3,25 milliards de roupies à la Banque mondiale ») partagedeseaux

 


_______________________________________________________________________________________________________________

La lutte contre la privatisation de l’eau en Afrique du Sud
Contexte

En 1955, le principal mouvement de libération d’Afrique du Sud, l’African National Congress(ANC), adoptait la Charte de la liberté, expression populaire des aspirations de la majorité des Sud-Africains. L’une des clauses les plus importantes de la Charte – que l’actuel gouvernement ANC cite encore comme son manifeste fondateur – affirme que « la richesse nationale de notre pays, patrimoine de tous les Sud-Africains, doit être restituée au peuple ».

 

La majorité des Sud-Africains, constituée des classes pauvres et ouvrières, se sont battus et ont donné leur vie non seulement pour la libération politique et la fin du régime de l’apartheid, mais aussi pour la liberté et la justice socio-économiques – pour la redistribution de toute la « richesse nationale ». L’eau, ressource naturelle essentielle à la vie, en est une partie intégrante. Quand la majorité des Sud-Africains offrirent la victoire politique à l’ANC en 1994, ils donnaient également au nouveau gouvernement le pouvoir de mettre en œuvre les principes de la Charte et de s’assurer que les ressources naturelles comme l’eau seraient contrôlées par les citoyens et accessibles à tous les citoyens, sans distinction de race ou de classe sociale. Ce mandat populaire trouva son expression dans le Programme de Reconstruction et de Développement (RDP), qui reprenait les principes fondamentaux contrat passé entre le peuple et le nouveau gouvernement démocratique. Il ne fallut pourtant pas longtemps au gouvernement de l’ANC pour abandonner ce mandat populaire en décidant de mener unilatéralement une politique de l’eau qui a abouti aux résultats opposés.

 

Avant même la fin de l’année 1994, le gouvernement sud-africain avait mis en place une politique de l’eau en contradiction patente avec l’obligation d’approvisionnement minimum vital stipulée par le RDP. Les directives gouvernementales habilitaient les administrations à ne fournir l’eau qu’à la condition d’en recouvrer entièrement les coûts d’exploitation, d’entretien et de remplacement. En 1996, l’adoption d’une nouvelle approche macro-économique, connue sous le nom de Croissance, emploi & redistribution (Growth, Employment and Redistribution, ou GEAR), plaçait définitivement les politiques relatives à l’eau et aux autres besoins essentiels dans un cadre rigoureusement néo-libéral.

 

Obéissant en cela aux recommandations de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international et de divers gouvernements occidentaux (ainsi qu’au lobbying intensif des multinationales de l’eau comme Suez et Biwater), le gouvernement réduisit fortement les allocations et les subventions aux municipalités et aux administrations locales, et encouragea le développement d’instruments financiers permettant une privatisation du service de l’eau. Ces mesures forcèrent de fait les municipalités à se tourner vers la commercialisation et la privatisation des services fondamentaux pour générer les revenus que l’État ne fournissait plus. De nombreuses administrations locales privatisèrent les services de l’eau, ou les transformèrent en entreprises comme les autres, par le biais « partenariats » de service et de gestion avec les multinationales de l’eau.

Impact

Il en résulta bientôt une foudroyante augmentation du prix de l’eau. Les plus durement affectés furent bien évidemment les populations pauvres. La politique de recouvrement des coûts d’inspiration néo-libérale – visant à faire payer à la population les coûts associés des infrastructures de l’eau – servit de légitimation à cette augmentation spectaculaire. Sous l’apartheid, en 1993, les townships noirs des alentours de Fort Beaufort, dans la province du Cap-Oriental, payaient un montant forfaitaire de 10,60 rands pour tous les services, y compris l’eau et l’enlèvement des déchets. Avec la privatisation (au profit de Suez), de 1994 à 1996, le prix des services augmenta de 600%, passant à 60 rands par mois. Une augmentation de 100% des coûts de raccordement à l’eau fut également imposée. Dans une autre ville de la même province, Queenstown, l’évolution fut similaire, avec une augmentation de 150% des coûts de services. Dans la ville de Nelspruit (contrôlée par Biwater), dans le Nord-Est du pays, où le taux de chômage oscillait autour de 40% et le revenu annuel moyen des foyers noirs était de seulement 12 000 rands, l’augmentation du prix de l’eau fournie aux communautés noires atteignit 69% ! La politique de recouvrement des coûts a provoqué une crise nationale car elle rendait le service inabordable pour les townships noirs ainsi que pour les communautés rurales.

 

Ces rapides augmentations de prix furent bien sûr encore aggravées par la nécessité de « recouvrer » les très importants coûts supplémentaires liés au Lesotho Highlands Water Project, financé par la Banque mondiale. (Il s’agit d’un projet de construction de barrages et de canalisations destinés à approvisionner en eau à partir montagnes du Lesotho la plus importante ville d’Afrique du Sud, Johannesburg, et surtout les industries minières et manufacturières environnantes). La première hausse de prix imposée par le service d’eau nouvellement privatisé de Johannesburg (la Johannesburg Water Company, filiale sud-africaine de Suez) fut astronomique : une augmentation de 55%. Malgré la vigoureuse opposition du mouvement syndical, en particulier du Syndicat des travailleurs municipaux d’Afrique du Sud et de mouvements sociaux émergents (pour la plupart à base urbaine), le gouvernement persista dans son dessein de privatiser l’eau.

 

Suivant les conseils de la Banque mondiale, qui lui recommandait de faire planer une « menace crédible de coupure du service », la ville de Johannesburg et d’autres municipalités à travers le pays commencèrent à couper l’eau aux gens qui n’avaient plus les moyens de suivre l’augmentation des prix. Le modèle de recouvrement intégral des coûts promu par la Banque mondiale – soit un revenu tarifaire suffisant pour couvrir à lui seul les coûts de fonctionnement et de maintenance, sans aucune subvention publique destinée à garder les prix sous contrôle – a entraîné la coupure de l’approvisionnement en eau de plus de 10 millions de personnes. En outre, plus de deux millions de personnes ont été expulsées de leurs maisons, souvent du fait de la procédure légale visant à recouvrer les dettes des « clients » pauvres. Les communautés qui, auparavant, n’avaient pas accès à l’eau potable ont souffert le même sort quand les infrastructures ont été mises en place, ou ont dû se contenter de s’approvisionner dans des rivières polluées ou des puits éloignés.

 

L’impact collectif de la privatisation de l’eau sur la majorité des Sud-Africains a été dévastateur. La recherche désespérée de sources d’eau accessibles a entraîné des flambées de choléra qui ont fait des centaines de victimes. Dans la province du KwaZulu-Natal, la plus importante épidémie de choléra du pays a eu lieu en 2000, lorsque le système de robinet communal gratuit a été remplacé par un système (privatisé) de compteur prépayé. Plus de 120 000 personnes ont été infectées et plus de 300 personnes sont mortes.

 

Peu après que Suez, la multinationale française, ait pris contrôle de l’approvisionnement en eau de Johannesburg, le choléra a fait son apparition dans le township d’Alexandra, affectant des milliers de familles. Dans ces deux cas, ce n’est que lorsque que le gouvernement national a été contraint d’intervenir suite à la mobilisation et à la pression des citoyens que la maladie a pu être endiguée. Le manque d’hygiène et les systèmes d’assainissement « à l’air libre » ont également contribué à exposer en permanence les communautés ( et surtout les enfants) à diverses maladies facilement évitables. Il y a eu une augmentation de la pollution et de la dégradation de l’environnement liée au rejet incontrôlé des effluents et au manque d’eau disponible pour la production alimentaire. De plus, la dignité de communautés tout entières a été violée ; le droit d’accès au plus élémentaire des besoins humains, l’eau, a été converti en un privilège accessible seulement à ceux qui peuvent se le payer.

Les luttes des habitants

À ces mesures de privatisation, les communautés des grandes zones urbaines comme Johannesburg, Durban et Le Cap, ainsi que de nombreuses villes moins importantes et des zones périurbaines à travers le pays, opposèrent une résistance active. L’un des nouveaux mouvements sociaux à avoir pris la tête de cette résistance est l’Anti-Privatisation Forum(Forum anti-privatisation, APF), une organisation fondée en 2000 et regroupant des groupes d’action populaire basés principalement dans la province de Gauteng (où se trouvent Johannesburg et Pretoria). Le principe directeur de l’APF est que les besoins élémentaires, comme l’eau, constituent un droit humain fondamental, et non un privilège dont ne doivent profiter que ceux qui peuvent se le payer.

 

Pendant tout le processus de privatisation, l’APF (avec d’autres mouvements sociaux et, dans une moindre mesure, le mouvement syndical) a mobilisé et organisé les populations pauvres et les travailleurs pour qu’ils s’y opposent. Des initiatives éducatives et juridiques sont venues compléter les traditionnelles actions de masse visant à mettre les gens ordinaires en position de revendiquer leur droit à des services de base gratuits (eau, électricité, éducation et logement). Par la suite, fin 2003, fut créée la Coalition contre la privatisation de l’eau (CAWP) a, regroupant un éventail de mouvements sociaux et d’ONG progressistes dans un effort collectif pour lutter contre la privatisation de l’eau.

 

Avec l’aide de l’APF et de la CAWP, les résidents ont lancé une campagne appelée « OpérationVulamanzi » (« De l’eau pour tous »), qui leur a permis de contourner certaines mesures matérielles de contrôle mises en place par les entreprises privées de l’eau, comme les compteurs prépayés et les systèmes de réduction de la pression. Les conduites d’eau ont été détournées afin de permettre un accès gratuit à l’eau et, par la même occasion, matérialiser sur le terrain la revendication de « démarchandisation » de l’eau et de prise en charge de la communauté par elle-même. Dans certaines communautés, les résidents ont détruit les compteurs prépayés, en un acte de défi ouvert contre les firmes privées de l’eau..

 

Affichant leur mépris pour les droits constitutionnels et humains des pauvres, les politiciens et les bureaucrates du gouvernement de l’ANC ont publiquement qualifié ceux qui résistaient ainsi à la privatisation de criminels et d’anarchistes qui souhaitent créer une « culture du non-paiement ». Ces attaques ont été accompagnées d’une répression de grande ampleur de la dissidence et de la résistance des communautés. Au cours des trois dernières années, des centaines d’activistes et de membres de communautés ont été arrêtés et emprisonnés.

 

Même si les luttes anti-privatisation n’ont pas encore réussi à geler le processus, la pression populaire a contraint le gouvernement à mettre en place une politique de gratuité partielle de l’eau fin 2002. Il y a pourtant encore des millions de personnes qui ne reçoivent pas les 6000 litres d’eau « gratuits » par foyer et par mois octroyés dans ce cadre, une quantité qui ne suffit pas même aux besoins sanitaires de base d’un foyer moyen. (L’Organisation mondiale de la santé recommande un minimum de 100 litres d’eau par personne et par jour. Si les foyers moyens – noirs, urbains ou ruraux – comptent en moyenne huit personnes, alors la quantité minimale nécessaire est de 24 000 litres par mois par foyer.)

 

L’opposition populaire à la privatisation a également contribué à l’échec et/ou à la renégociation de nombreux contrats de privatisation de l’eau en Afrique du Sud.

 

C’est dans ce contexte que l’APF et la CAWP continuent d’intensifier leur campagne contre la privatisation de l’eau sous toutes ses formes. À travers ces campagnes, la majorité populaire a, une fois de plus, fait irruption sur le devant de la scène pour revendiquer ses droits humains fondamentaux et sa dignité.

Semer les graines d’une alternative

En Afrique du Sud, le mouvement de résistance à la privatisation de l’eau entend aussi semer les graines d’une alternative. L’une de ces graines est la capacité démontrée par les communautés pauvres à saper, aussi bien politiquement que physiquement, la fourniture privée au niveau des points de « consommation ». Non seulement ces actes illustrent l’appropriation du combat par les communautés les plus pauvres, mais de plus ils posent les fondements sur lesquels la majorité des Sud-Africains pourra appuyer ses demandes de changements politiques et structurels dans le système de propriété et de distribution de l’eau, et d’autres services fondamentaux indispensables à la vie.

 

Aujourd’hui, les revendications de l’APF et la CAWP sont les suivantes : 
 

- La criminalisation de la dissidence et de l’opposition à la privatisation de l’eau doivent immédiatement prendre fin. 


- Les compteurs prépayés doivent être proscrits et retirés de toutes les communautés pauvres où ils sont installés. Ils doivent être remplacés par un système d’eau sans contrôle de volume et à pleine pression, avec le prélèvement d’un prix forfaitaire de 10 rands par mois. 

 


- Le gouvernement doit revenir sur sa politique de privatisation de l’eau et de tous les autres besoins fondamentaux, en résiliant tous les contrats de « service » et les accords de « gestion » avec des sociétés commerciales privées de l’eau. 

 


- Une politique de subventions croisées (depuis les firmes privées et les riches particuliers vers les communautés pauvres) doit être immédiatement mise en place pour financer efficacement l’approvisionnement gratuit en eau des plus pauvres. Cette mesure doit être complété par un rejet de la dette héritée de l’apartheid par le gouvernement et, par suite, l’utilisation de ces sommes pour subventionner la fourniture des services de base gratuits. 

 


- Le gouvernement doit résolument s’engager, politiquement et fiscalement, à mettre en place une infrastructure universellement accessible (en particulier dans les zones rurales) qui soit complètement exemptée de tout mécanisme de « recouvrement des coûts », et aui repose sur une véritable participation des organisations populaires et communautaires situées dans les zones qui ont le plus besoin d’infrastructures. 

 


- Le gouvernement doit affirmer publiquement le droit humain et constitutionnel de tous les Sud-Africains à l’eau, en garantissant une propriété, un fonctionnement et une gestion entièrement publics des infrastructures afin de fournir des services de base gratuits pour tous. Avec le temps, cette « propriété publique » doit prendre la forme de partenariats public-communauté et public-travailleurs, dans lesquels les organisations communautaires et les employés du secteur public participeront de manière égalitaire et exerceront un contrôle démocratique.


Solidarité internationale

Il est regrettable que de nombreuses ONG internationales progressistes, mouvements sociaux, partis politiques et organisations communautaires continuent de soutenir les politiques socio-économiques du gouvernement de l’ANC, croyant de façon erronée qu’elles reflètent véritablement une « lutte continue de libération nationale ». L’APF, la CAWP et autres organisations et mouvements similaires d’Afrique du Sud incitent vivement ceux qui font partie de mouvements en faveur de la justice globale et opposés à la mondialisation capitaliste à agir en solidarité avec nous. Le premier acte d’une telle solidarité devrait être de renforcer les contacts, le partage de l’information et les luttes menées en commun. Faire connaître le processus de privatisation en Afrique du Sud, prendre part à des actions de protestation devant les ambassades et les consulats sud-africains, envoyer des messages de solidarité, tout cela est utile. Il faut également inciter la publication d’articles politiques dans des médias progressistes et grand public.

 

À ce stade du mouvement anti-privatisation en Afrique du sud, le besoin de fonds les procédures judiciaires revêt un caractère particulièrement crucial. Il est difficile pour l’APF et la CAWP de trouver les fonds nécessaires à la défense des nombreux activistes incarcérés et poursuivis, et l’intensification de notre campagne ne fera qu’augmenter les besoins en la matière pour la période à venir.


Dans le monde entier, les gens commencent à s’unir pour défendre le droit humain à l’eau. Que ce soit à Cochabamba en Bolivie, à Accra au Ghana, à Atlanta en Géorgie, à Buenos Aires en Argentine, à Manille aux Philippines,ou à Johannesburg, les campagnes actuelles contre la privatisation de l’eau se font écho entre elles, et avec toutes les campagnes menées ailleurs pour démarchandiser l’eau et instituer des services publics basés sur une participation et un contrôle réellement démocratiques afin de satisfaire les besoins des gens. partagedeseaux.

 

 

 

__________________________________________________________________________________________

Privatisations et résistances

 

Cette troisième et dernière partie fournit un état des lieux des processus de privatisation tout autour de la planète, de leurs conséquences et de leurs échecs, ainsi que des divers formes de résistance que ces processus ont rencontré et suscité. Cette partie présente donc les différents « fronts » - passés, présents et futurs – de la privatisation de l’eau, et illustre ainsi la diversité des contextes et des problématiques locales tout en faisant ressortir certains traits communs.


Le chapitre sur l’Uruguay raconte comment une coalition d’organisations sociales opposées à la privatisation de l’eau a réussi à mettre à profit les mécanismes de démocratie participative existant dans le pays pour faire inscrire dans la Constitution, quasiment contre la volonté des autorités en place, le principe du droit universel à l’eau et du refus de la privatisation de cette ressource.

 

Le chapitre sur les Abruzzes en Italie revient sur plusieurs années de lutte pour préserver les ressources en eau de cette région, aussi bien face aux grands projets d’infrastructures impulsés par l’État que face à des tentatives de privatisation et de commercialisation de ces ressources.

 

Le chapitre sur l’Ukraine décrit les activités de l’ONG Mama-86, créée initialement par les mères des enfants irradiés de Tchernobyl, et qui a étendu par la suite le champ de ses activités au domaine de l’eau et de sa protection contre la pollution et contre les appropriations de toutes sortes dans le contexte d’une économie en transition.

Les chapitres suivants portent sur trois cas classiques de processus de privatisation initiés dans les années 90 : l’Afrique du Sud, l’Indonésie et le Maroc. On retrouve dans ces trois cas plusieurs des défauts caractéristiques fréquemment constatés dans les cas de ce type : contrats conclus de manière opaque, promesses rapidement brisées des multinationales implantées, hausse de tarifs et recherche du profit à court terme. Ils sont complétés par un chapitre sur les progrès de la privatisation de l’eau en Chine.

Ce pays constitue aujourd’hui l’un des principaux marchés d’expansion des multinationales de l’eau. Les conséquences de la privatisation y sont similaires à celles observées dans les autres pays, notamment en termes de hausse du prix de l’eau au détriment des plus pauvres, malgré certaines spécificité du marché chinois comme la forte présence de l’État et l’émergence de géants nationaux de l’eau.


  • Dernière mise à jour : septembre 2010

    À travers un mécanisme institué de démocratie directe, des organisations sociales, regroupées au sein de la Commission nationale de défense de l’eau et de la vie (CNDAV), ont réussi à faire inscrire dans la Constitution uruguayenne une clause définissant le droit à l’eau comme un droit humain fondamental, posant ainsi les fondations d’une gestion publique des ressources hydriques basée sur la participation sociale et le principe de durabilité. En plus de d’avoir significativement changé la donne en (...)


  • Dernière mise à jour : septembre 2010

    Dans les Abruzzes, une région montagneuse du sud de l’Italie, une coalition rassemblant différents groupes de citoyens est parvenue, non seulement à empêcher la privatisation de l’eau dans plusieurs provinces, mais aussi à engager des réformes essentielles pour améliorer l’approvisionnement public en eau à travers la participation des usagers. Durant plusieurs décennies, l’approvisionnement en eau de la région a été assuré de la manière la moins soutenable qui soit : les conduites n’étaient pas (...)


  • Dernière mise à jour : septembre 2010

    Les femmes dans une économie en transition L’Ukraine (603 700 kilomètres carrés, 48 416 millions d’habitants) est l’une des 12 républiques de l’ex-URSS et un pays en transition. Dès le début des réformes économiques, orientées vers la néo-libéralisation et la privatisation, l’Ukraine et le reste des pays de l’ex-URSS en Europe de l’Est, au Caucase et en Asie Centrale subirent des transformations profondes. Durant l’ère soviétique, les habitants de ces pays bénéficiaient traditionnellement d’un très haut (...)


  • Dernière mise à jour : septembre 2010

    Depuis le milieu des années 1990 [1], les décideurs économiques et politiques au Maroc, ne ressentant plus aucun complexe à mettre en œuvre le libéralisme le plus débridé, ont accentué l’évolution enregistrée depuis 1983 [2] vers plus de « dérégulation », de privatisation et d’ouverture au « grand capital étranger ». En matière économique, l’essentiel des entreprises publiques furent mises en vente. Au niveau du commerce extérieur, les barrières douanières commencèrent à s’affaisser, avant même la signature par (...)


  • Dernière mise à jour : septembre 2010

    Contexte En 1955, le principal mouvement de libération d’Afrique du Sud, l’African National Congress (ANC), adoptait la Charte de la liberté, expression populaire des aspirations de la majorité des Sud-Africains. L’une des clauses les plus importantes de la Charte – que l’actuel gouvernement ANC cite encore comme son manifeste fondateur – affirme que « la richesse nationale de notre pays, patrimoine de tous les Sud-Africains, doit être restituée au peuple ». La majorité des Sud-Africains, constituée (...)


  • Dernière mise à jour : septembre 2010

    La privatisation de l’eau à Jakarta : 7 ans d’« eau sale » Alors que les multinationales Suez-Ondeo et RWE-Thames continuent à opérer en Indonésie, les plaintes relatives à leurs mauvais résultats et à divers autres problèmes ne cessent d’augmenter. La privatisation a démarré en 1997 avec la compagnie d’eau de Jakarta, la PAM Jaya. Thames Water contrôle l’approvisionnement en eau de la partie Est de Jakarta, tandis que Suez-Ondeo administre la partie Ouest de la capitale indonésienne. Bien que la (...)


  • Dernière mise à jour : septembre 2010

    L’accès à l’eau potable est un droit humain fondamental. Mais de ce bien public fondamental, les entreprises multinationales ont peu à peu fait une marchandise qu’elles pouvaient commercialiser. En Chine, la privatisation de l’approvisionnement en eau s’est développée au cours des 15 dernières années ; l’une de ses conséquences en a été l’émergence d’entreprises nationales géantes de l’eau. Tout cela sur fond d’« essor de la Chine ». La Chine est relativement pauvre en eau douce, ne disposant que du quart de (...)

Partager cet article
Repost0
6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 06:05

 

 

_____________________________________________________________________________

Les médecins internes et résidents en grève de trois jours

 

Les médecins internes et résidents de toutes les régions, sont entrés, mardi, en grève de trois jours pour revendiquer la sécurisation des conditions de travail.


Ce mouvement de protestation est organisé à l'appel conjoint des syndicats de base des médecins internes et résidents de l'Union générale tunisienne du travail et de la confédération générale tunisienne du travail ( CGTT).

Par ce mouvement, les médecins dénoncent les agressions dont sont victimes les cadres médicaux et paramédicaux dans les établissements publics, explique le secrétaire général du syndicat des médecins, pharmaciens et dentistes relevant de l'UGTT, Sami Souihli.

Le syndicaliste a évoqué les violences verbales et physiques à l'encontre des internes et résidents, particulièrement dans les urgences. « A cela s'ajoute une situation professionnelle incertaine, en l'absence de statut pour cette catégorie de médecins». Il a précisé que la demande de sécuriser les conditions de travail dans les hôpitaux a fait l'objet de plusieurs séances de travail avec le ministère de tutelle, dont la dernière en date a eu lieu ce lundi sans aboutir à un compromis.

Parmi les réclamations examinées entre le gouvernement et le syndicat, le recrutement de gardiens après leur formation au ministère de l'intérieur ainsi que le renforcement de la présence des forces de l'ordre pendant les gardes de nuit, en collaboration avec l'armée et la police.

Souihli impute la violence contre les professionnels de santé à la dégradation des prestations fournies dans les établissements hospitaliers.

Un point de vue que partage le ministère de la santé qui avoue aussi le manque des médecins de spécialité, notamment à l'intérieur du pays et le déséquilibre existant entre les différentes lignes de soins.

Le syndicaliste propose, aussi, le recrutement de juristes au sein même des hôpitaux pour suivre, sur place, les affaires d'agressions dont sont victimes les employés.

En 2011, les violences ciblant les corps médical et paramédical ainsi que les établissements hospitaliers se chiffraient à 272, selon le service juridique et contentieux relevant du ministère de la santé.
Les grèves et les sit-in se sont multipliés dans les différents établissements pour demander la sécurisation des hôpitaux.

En mai dernier, les médecins spécialistes libéraux se sont joints à ce vent d'indignation, appelant les patients et leurs familles au calme, à la patience et à la retenue et aux autorités, à l'urgence de prendre les mesures nécessaires pour assurer la protection des médecins et leur permettre de travailler dans de meilleures conditions. 
maghrebemergent

 

_________________________________________________________

Le complexe de santé de Djebel El Oust ... 


Partager cet article
Repost0
2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 07:53
 
Partager cet article
Repost0
24 mai 2012 4 24 /05 /mai /2012 05:02

Loi-de-finances-complémentaire 2012

 

      

______________________________________________________________________________________

Standard and Poor's relègue la note en catégorie spéculative


L'agence de notation Standard and Poor's a annoncé mercredi avoir abaissé de deux crans la note de la dette à long terme de la Tunisie à BB, reléguant ainsi le pays dans la catégorie des emprunteurs spéculatifs, selon un communiqué.

La note est désormais assortie d'une perspective stable, ce qui signifie que l'agence ne compte pas la modifier pour l'heure. SP estime notamment que le gouvernement de transition, en place depuis décembre 2011, n'est pas en mesure de redresser suffisamment l'économie.

L'agence de notation avait précédemment abaissé la perspective de la note à négative, contre stable en juillet 2011, soit avant les premières élections dans le pays après la chute de Ben Ali en janvier de la même année.

Malgré une phase de stabilité et de consensus depuis le départ du président Ben Ali en janvier 2011, nous pensons que les incertitudes vont persister quant à la politique menée à moyen terme, écrit SP.

Ces incertitudes pourraient peut-être en partie être levées si la Tunisie adopte une nouvelle constitution et élit un gouvernement, pour l'agence, qui ne s'attend pas à une telle initiative avant la mi-2013.

Les prochaines élections générales sont prévues théoriquement entre mars et juin 2013 en Tunisie. L'Assemblée nationale constituante en place actuellement doit d'abord rédiger la future constitution, une tâche qui avance très lentement.

Ce pays a toujours été crédible pour rembourser et a toujours honoré ses engagements. Je pense que cela n'aura pas de répercussions pour les partenaires qui travaillent régulièrement avec la Tunisie, a réagi Moez Abidi, membre du Conseil d'Administration de la Banque centrale tunisienne.

Ce responsable a précisé que la Tunisie comptait davantage sur les prêts bilatéraux et multilatéraux pour se financer que sur les marchés financiers.

La part du marché dans la dette totale est d'environ un tiers, ça reste minime, a-t-il souligné. 
romandie

 

_________________________________________________________________________________

      Standard and Poor's ?

 

__________________________________________________________________________________________

«Le gouvernement tunisien n’est pas en mesure de redresser l’économie», estime S&P

 

 

La Tunisie vient d’être reléguée parmi les pays incapables d’honorer leurs dettes, une première depuis la difficile période du milieu des années 1980. Et un camouflet pour le gouvernement Jebali.

Les économistes et experts financiers tunisiens s’y attendaient un peu et retenaient leur souffle. Maintenant c’est fait : le pire est arrivé. Ce qui va compliquer davantage la tâche du gouvernement qui compte sur des financements extérieurs pour relancer l’économie, améliorer le pouvoir d’achat des citoyens et créer des emplois pour les chômeurs.

En attendant les notes des autres agences de notations, qui ne devront pas tarder, c’est l’agence Standard  & Poor’s qui a tiré la première, en abaissant la note souveraine de la Tunisie de deux crans.

La  note de la dette à long terme de notre pays a été ramenée à BB, ce qui veut dire que la Tunisie est classée dans la catégorie des pays emprunteurs spéculatifs, comme l’explique un communiqué de l’agence diffusé mercredi après-midi.

Cependant, la note est assortie d’une «perspective stable», ce qui signifie que l’agence ne compte pas la modifier pour l’heure. S&P estime néanmoins que «le gouvernement de transition, en place depuis décembre 2011, n’est pas en mesure de redresser suffisamment l’économie».

L’abaissement de la note souveraine de la Tunisie veut dire que la sortie de la Tunisie sur les marchés financiers internationaux, dans l’objectif de mobiliser des crédits, devient plus difficile et encore plus coûteuse, étant donné que les taux d’intérêts vont être plus importants.

La note de la Tunisie a été abaissée à deux reprises en 2011, par l’agence Fitch, à BBB+, avec perspective stable, puis à BBB-, avec perspective négative. L’actuel abaissement, selon l’agence de notation, est dû essentiellement à l’incapacité du gouvernement actuel à remédier aux multiples problèmes existant, sans pour autant indiquer que le climat social et celui d’affaires ont leur rôle à jouer.

Cette nouvelle baisse de la note souveraine de la Tunisie devrait décourager les prêteurs et les bailleurs de fonds, désormais incertains de la capacité du pays à honorer ses engagements et à payer ses dettes, sans oublier l’effet néfaste qu’aura cet abaissement sur le comportement des investisseurs, réticents à leur tour depuis un moment.

Par Aya Chedi; kapitalis

 

______________________________________________________________

 

Les États-Unis multiplient les aides au développement de la Tunisie

 

 

De l'appui au budget au financement de projets sociaux, les Etats-Unis multiplient leur soutien à la Tunisie pour l'aider à réussir sa transition démocratique et à surmonter les difficultés qu'elle traverse après le soulèvement populaire qui a fait chuter il y a plus d'un an le régime de l'ancien président Zine el Abidine ben Ali, réfugié depuis en Arabie Saoudite.

La dernière en date est le financement par le gouvernement américain d'un projet d'extension de l'hôpital d'El Faouar dans le sud tunisien pour un montant de 575.000 dollars, selon un communiqué de l'ambassade des Etats-Unis à Tunis transmis à l'Associated Press.

Le démarrage du chantier a été donné mardi par l'ambassadeur Gordon Gray qui a également fait don d'une ambulance pour répondre aux besoins de transport d'urgence de l'hôpital.

Selon le communiqué, l'enveloppe globale octroyée par les Etats-Unis aux projets de réhabilitation des infrastructures hospitalières du sud de la Tunisie s'élève à près de 2,4 millions de dollars pris en charge par le Programme d'assistance humanitaire.

Auparavant, une aide de l'ordre 200 000 dollars avait été fournie par M. Gray à l'association "Nadi Al Bassar" (Club de la vue) destinée à la construction et la réhabilitation du centre de malvoyants à Sidi Bouzid, une région démunie du centre-ouest tunisien d'où est partie l'étincelle de "la révolution du jasmin". tempsreel.nouvelobs

 

_______________________________________________________


Partager cet article
Repost0
18 mai 2012 5 18 /05 /mai /2012 03:54

Loi de finances : l'opposition déplore de ne pas avoir été écoutée

 

L’opposition de l’assemblée nationale constituante, dite bloc démocratique, ne mâche pas ses mots pour critiquer la loi de finances complémentaire adoptée il y a tout juste une semaine. "La nouvelle loi n’a pas de vocation sociale, et n’est pas au niveau des aspirations populaires, des exigences de la révolution et des revendications des couches démunies et marginalisées, dit Samir Bettaieb, constituant.


Le mouvement de la voie démocratique et sociale (Coalition d’Ettajdid, du parti du travail tunisien et du pôle démocratique moderniste) et des membres du bloc démocratique de l’assemblée nationale constituante, opposition, ont tenu ce jeudi un point de presse au siège du parti Ettajdid à Tunis autour de la loi de finances complémentaire du gouvernement, qui ne répond pas, selon leurs dires, aux exigences du moment. Ils ont déploré que leurs suggestions n'aient pas été prises en compte par la majorité, l’accusant de ne pas vouloir les montrer comme une force de proposition. Ils ont pointé au passage les procédés de la majorité, ou ce qu'ils ont appelé "le vote par signal". 

"Malgré les efforts et les suggestions, nous n’avons pu opérer que des changements minimes sur la loi de finances. Aucun changement n’a eu lieu sur le budget de l’Etat complémentaire", dit Mongi Rahoui, constituant pour le mouvement des démocrates patriotes et membre du bloc démocratique.  Il s’arrête au montant de 1200 millions de dinars qui concerne la confiscation des biens mal acquis, un montant qui manque de précision, ainsi qu’aux dépenses non attribuées s’élevant à 1400 millions de dinars qui restent émaillées d’ambiguïté. L’opposition n’a pas réussi à faire ne serait-ce qu' un seul amendement dans le budget de l’Etat, déplore-t-il.  

Pour ce qui est de la loi de finances, l’opposition est prvenue à introduire des amendements au niveau de certains articles au sein de la commission des finances, même si les rapports de forces restent à l’avantage de la majorité, indique-t-il.

"Le projet de loi de finances devrait renfermer des dispositions à vocation sociale inhérentes au logement, à l’incitation au travail solidaire, à l’aide aux familles nécessiteuses, autant d’actions qui doivent bénéficier d’incitations", souligne Samir Bettaieb, pointant le gouvernement pour ne pas y avoir inscrit des propositions à vocation sociale. "Nous n’avons pas réussi à effacer les crédits des petits agriculteurs, or si nous prenons la carte électorale, nous allons trouver que la majorité des petits agriculteurs et petits pêcheurs ont voté pour Ennahdha", dit-il plus loin.  

Absence d'une stratégie de financement 

 
Noôman Fehri, du parti républicain, ancien d’Afek Tounes, est tout aussi critique. A ses yeux, la loi de finances complémentaire ne met pas la Tunisie sur la bonne voie.  Le constituant procède à une opération arithmétique pour montrer que le gouvernement est dans le tort. 

L’effectif des chômeurs avoisine actuellement les 800 mille. Toutes les études internationales montrent que la création d’un poste d’emploi pérenne nécessite 50 mille dinars. Si on multiple 50 mille dinars par 800 mille chômeurs, on obtiendra 40 milliards de dinars, c’est le montant qui doit être injecté sur huit ans, soit 5 milliards de dinars par an, pour pouvoir créer des postes d’emploi, explique-t-il. Cette démarche nécessite une stratégie de financement pour pouvoir lever les fonds. La solution consiste à créer un fonds souverain. C’est un fonds que le précédent gouvernement a qualifié de fonds générationnel. Ce fonds devrait être alimenté, dans un premier temps, par les 2,5 millions de dinars du trésor public. Avec les entreprises qui seront confisquées et d’autres privatisées dans les trois prochaines années, cette somme pourra s’élever à 5 milliards de dinars. Fort de ce fonds, on pourra s’adresser aux bailleurs de fonds :  Banque européenne d’investissements, banque mondiale, etc. et on leur demandera de le financer, ce qui nous permettra d’avoir 10 milliards de dinars, soit 25 % des 40 milliards de dinars nécessaires à la réalisation des grands projets, créateurs d’emploi. Ainsi, on encouragera les investisseurs à aller sur ces projets dont le retour sur investissements est long de cinq à dix ans", souligne en substance le constituant de l’opposition. 

"Cette proposition n’a pas été écoutée, et le gouvernement a pris 900 millions des 2,5 milliards pour des actions immédiates", indique-t-il, regrettant l’absence de stratégie de financement du programme du gouvernement.

Noôman Fehri évoque une autre proposition de l’opposition qui n’a pas été prise en compte, relative à la taxe de 5 % sur les revenus, appliquée aux entreprises Télécom. Les opérateurs Télécom sont soumis à une taxe de 5 % sur les revenus, ce qui équivaut à 140 millions de dinars. Cette taxe qui devrait servir à l’amélioration de l’écosystème des TIC, sert actuellement à couvrir le déficit de la poste entre autres, relève-t-il.  Le bloc démocratique a suggéré  qu’un article soit ajouté à la loi de finances complémentaire pour que cette taxe soit affectée à l’objectif pour lequel elle a été créée. Cette proposition n’a pas été acceptée pour des considérations politiques, bien que l’opposition se soit concertée au préalable avec le ministre de tutelle à son sujet, souligne-t-il. 

"Malgré cela, nous n’avons pas voté contre le projet de loi de finances, mais nous nous sommes abstenus, pour nous épargner les accusations de diabolisation de l’opposition", dit-il. "Ils veulent montrer que l’opposition n’est pas une force de proposition", fustige Samir Bettaieb.

Exit la loi de finances, la situation des libertés fait, également, grincer les dents de l'opposition. "La situation des libertés ne donne pas satisfaction après ce qui s’est passé à la mosquée Ezzitouna et à l’aéroport de Tunis Carthage", selon Samir Bettaieb. "La mosquée Ezzitouna a fait l’objet d’une opération de confiscation par les wahhabites, et les événements survenus à l’aéroport ont semé le désordre, ( NDLR : lors du refoulement des prédicateurs marocains), indique-t-il en substance. "Le chef du gouvernement a dit que les salafistes sont des Tunisiens et ils ne sont pas venus de la planète Mars, ceux qui sont agressés sont également des Tunisiens et méritent d’être protégés", conclut-il.  
gnet.tn

 

 

___________________________________________________________________________________

Wided Bouchamaoui : "Nous avons besoin des investisseurs arabes"

 


Wided Bouchamaoui, présidente de l'Union Tunisienne de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat.

 

À la demande du patronat tunisien, le 15e congrès des hommes d'affaires et des investisseurs arabes se déroule les 14 et 15 mai à Tunis. Face à une situation économique dégradée, la présidente de l'Union Tunisienne de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat (UTICA) milite pour le développement des relations commerciales avec les pays arabes. Un travail de longue haleine dont les résultats ne seront sans doute pas visibles avant plusieurs années.

 

Jeune Afrique : Seize mois après la révolution, organiser le 15ème congrès des hommes d'affaires et des investisseurs arabes à Tunis revêt-il une importance particulière ?

 

Wided Bouchamaoui : Certainement, nous avons vraiment besoin d'avoir plus d'investissements arabes en Tunisie. Avec la révolution, nous aspirons à plus de transparence et donc à plus de visibilité pour le pays. Pour l'essentiel, nous exportons vers les pays européens. Il est temps de nous ouvrir aux marchés arabes.

 

Comment faire pour attirer les investisseurs arabes ?

 

Nous bénéficions d'une position géographique extraordinaire, de très bonnes compétences et nous entretenons d'excellentes relations avec les pays maghrébins et africains. Mais cela ne suffit pas. Il faut simplifier les procédures commerciales. Je suis pour un marché commun arabe avec une liberté de circulation des personnes et des marchandises. Il faut supprimer l'obstacle des visas entre les pays arabes parce qu'ils dérangent énormément les hommes d'affaires.

 

 

Que doit-faire le gouvernement tunisien ?

 

C'est pas uniquement le travail de notre gouvernement, mais celui de l'ensemble des pays arabes. Nous avons beaucoup de conventions bilatérales ou multilatérales mais malheureusement aucune n'est véritablement fonctionnelle. Il serait souhaitable que tous les pays arabes adoptent une même convention. C'est une réflexion partagée par la ligue arabe qui préconise l'adoption d'un marché commun pour 2020. Nous espérons que cela se fera beaucoup plus vite. La volonté économique existe, il faut maintenant la volonté politique.

 

Est-ce que la victoire d’Ennahdha a impulsé un retour des investisseurs arabes en Tunisie ?

 

La communauté des affaires travaille indépendamment de la couleur politique du pays. Il n'y a pas d'effet direct. L'essentiel pour les entreprises est de bénéficier d'un environnement stable et d'avoir de la visibilité. Rester tributaire des seuls marchés européens n'est pas souhaitable. La Tunisie a 800 000 chômeurs et un taux de croissance très faible, nous avons besoin des investisseurs arabes.

 

Par le passé, la plus grande part des investissements arabes s'est concentrée sur le secteur immobilier, dont la valeur ajoutée est limitée.

 

Je note une certaine évolution dans leur perception. Les investisseurs arabes ne se concentrent plus seulement sur l'immobilier, mais aussi sur le secteur de l'agro-alimentaire. Là aussi grâce à son climat la Tunisie a une carte à jouer. Le secteur pétrolier et celui des services peuvent aussi les intéresser. Le gouvernement souhaite aussi faire la promotion de projets d'infrastructures, notamment dans les régions intérieures du pays.

 

Fin juin, l'UTICA renouvellera ses instances. À moins d'un mois de l'échéance, dans quel état d'esprit êtes-vous ?

 

Très sereine. Je n'ai pas encore pris la décision de me représenter. Mais au moment où le patronat marocain va élire une femme à sa tête, je suis très fière d'avoir montré la voie.

Propos recueillis à Tunis par Julien Clémenço;  jeuneafrique

 

 

_________________________________________________________

 Les principaux projets publics présentés aux donateurs internationaux

 

Cent deux projets dont cinquante méga-projets d'un coût de 70 milliards de dollars, ont été présentés par le gouvernement provisoire, mercredi, à Gammarth, aux bailleurs de fonds, donateurs et institutions d'investissement pour assurer leur financement au cours de la période 2012-2013.


La valeur de ces projets publics (sans compter les méga- projets), présentés à l'occasion du "forum international sur le financement des projets de développement de la Tunisie nouvelle", est estimée à 8 milliards de dollars américains, selon le document synthèse des projets.

Le gouvernement cible la mobilisation de 6,5 milliards de dollars sous forme de crédits et de dons.

Projets d'infrastructure


9 projets d'infrastructure figurent SUR la liste de S projets publics présentés et dont la valeur est estimée à 3,7 milliards de dollars.

Ces projets concernent notamment le projet d'autoroute Boussalem-les frontières algériennes d'un coût de 783 millions de dinars (1200 millions de dinars) et la première tranche (150Km) de l'autoroute reliant Enfidha-Kairouan-Sidi Bouzid-Kasserine-Gafsa avec un financement estimé à 1135 millions de dollars (1740 millions de dinars).

Il s'agit également du programme de réhabilitation et d'intégration des quartiers populaires dont le coût est estimé à 172 millions de dollars (267 millions de dinars).http://sundynetwork.com/pap/scripts/imp.php?a_aid=30900010&a_bid=a6dc9da2

http://www.babnet.net/openx/www/delivery/lg.php?bannerid=179&campaignid=55&zoneid=4&OABLOCK=-86340&OACAP=8&loc=1&referer=http%3A%2F%2Fwww.babnet.net%2Fcadredetail-49626.asp&cb=b6718d8d15

Projets environnementaux


5 projets environnementaux ont été présentés et nécessitant un financement de 439 millions de dollars dont le 5ième projet d'assainissement des quartiers populaires (40 millions de dollars) et le programme d'assainissement de 80 communes de moins de 10 mille habitants.

Secteur Agricole


Concernant le secteur agricole, 13 projets ont été présentés d'un coût total de financement de 854 millions de dollars.

Ces projets concernent essentiellement les projets de gestion intégrée dans le Bassin de l'oued Medjerda, axée sur la lutte contre les inondations moyennant une enveloppe de 410 millions de dinars.

Des projets de développement agricole intégré dans les gouvernorats de Gafsa, Zaghouan, Gabès et Medenine d'une valeur se situant entre 20 et 30 millions de dollars ont également été soumis aux bailleurs de fonds.

Secteur de l'énergie


6 projets dans le secteur de l'énergie nécessitant des financements de 2000 millions de dollars ont également été exposés pour la réalisation d'une centrale à cycle combiné pour la production de l'électricité, à Sousse, d'un coût de 457 millions de dollars (686 millions de dinars), une centrale à cycle combiné à Bizerte de 510 millions de dollars (760 millions de dinars) et d'un projet de transport du gaz avec des crédits de 242 millions de dollars (363 millions de dinars tunisiens).

Secteur du transport


15 projets dans le secteur du transport d'une valeur estimée à 726 millions de dollars ont également été présentés.

Parmi ces projets il y a lieu de citer ceux relatif à la consolidation et modernisation de la ligne Tunis-Kasserine et l'extension de la ligne Enfidha-Kairouan.

Secteur de la Santé


S'agissant du secteur de la santé, 3 projets ont été présentés d'un coût total de 72 millions de dollars dont la construction d'un hôpital polyvalent à Gafsa et Béja d'une valeur respective de 35,5 millions de dollars pour chacun et d'un autre à Manouba d'une valeur de 11,2 millions de dollars.

Secteur de l'éducation

24 projets dans le secteur de l'éducation ont été présentés.

D'un coût total de 41 millions de dollars, ces projets concernent la création de collèges dans plusieurs régions du pays.  
babnet.net

Partager cet article
Repost0
17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 03:16

_______L’économie tunisienne au lendemain de la chute de Ben Ali

 L’ultralibéralisme sur la sellette

 

 

 

 

Sa boutique située à l’entrée de La Casbah est bien achalandée comme toutes les échoppes d’articles d’artisanat et de souvenirs de Tunisie. Pourtant, elle est tristement déserte.



En cette journée ensoleillée d’avril, six mois après les élections de la constituante en octobre 2011, Hamadi comme tous les commerçants de Bled El Aârbi, se tourne les pouces, rêvant du temps des bonnes affaires, quand sa boutique fourmillait de touristes dépensiers.

 
Hamadi, quinquagénaire, qui tient l’affaire de père en fils, est ulcéré par les manifestations endémiques qui continuent sur l’avenue Bourguiba. «Ces gens n’ont rien d’autre à faire et causent des pertes pour mon commerce. Ils ne comprennent pas qu’ils empêchent le pays de sortir de la crise si l’instabilité perdure», s’insurgent notre interlocuteur, visiblement gavé de l’actualité politique.


Toute la machine commerciale et artisanale qui vit du tourisme est plombée depuis la révolution du 14 janvier 2011. Le retour en force des touristes, annoncé par les officiels (près de 500 000 touristes entre le 1er janvier et le 20 février 2012), est, certes, perceptible. Il n’arrive cependant pas à la moitié du chiffre réalisé l’année précédente durant la même période. Destination de masse, la Tunisie a accueilli en 2008 plus de 7 millions de touristes et se place depuis quelques années en quatrième position continentale. Le secteur touristique fournit 340 000 postes d’emploi, à quoi s’ajoutent environ 350 000 autres dans le secteur de l’artisanat et des milliers de commerces liés à ces deux secteurs.


L’instabilité et l’insécurité, générées naturellement pas la révolution, ont mis entre parenthèses cette économie. Même si celle-ci ne représente que 6,5% du PIB, la contraction des recettes touristiques a provoqué un déséquilibre macroéconomique, difficile à surmonter. L’une des conséquences négatives de la révolution aussi est la perte par la Tunisie de son leadership africain en matière de climat d’affaires, devancée par l’Afrique du Sud et l’Ile Maurice. Selon le rapport «Doing Business 2012» établi par la Banque mondiale, la Tunisie s’est classée à la 46e place sur un total de 183 pays. Un classement qui la maintient cependant loin devant beaucoup de pays arabes et même européens, comme le Maroc, le Liban, l’Egypte, l’Algérie ou encore le Luxembourg, l’Italie et la Turquie.


Miracle ou mirage tunisien !


Mais c’est surtout la guerre en Libye qui a plombé davantage l’économie tunisienne. Entre 2000 et 2010, les échanges commerciaux entre les deux pays ont atteint, selon un rapport publié par la Banque africaine de développement (BAD), un taux de croissance annuel moyen de 9%, pour une moyenne mondiale de 6%. Les deux économies intégréées doivent souffrir naturellement des effets collatéraux en cas d’instabilité politique contraignante et c’est la Tunisie qui paye le prix cher actuellement.

En atteignant un taux de croissance annuel moyen de l’ordre de 4,6%, l’économie tunisienne était considérée comme un modèle à suivre pour les pays voisins. Derrière l’aisance appuyée par les statistiques des institutions internationales, se cachait pourtant la misère de l’arrière-pays où a explosé la révolution.

 

Chômage endémique, déséquilibres des régions, injustice sociale, inégalité des chances et corruption constituaient la face cachée de la carte postale. Même la fameuse classe moyenne, fierté des pouvoirs successifs, passe au laminoir depuis la décennie précédente. «Cela n’apparaît pas clairement pour deux raisons : les Tunisiens ont de plus en plus tendance à multiplier les petits emplois, quitte à avoir des journées de forçat, et ils vivent à crédit», indiquait déjà en 2008 Hacine Dimassi, professeur d’économie à l’université de Sousse, sur les colonnes du journal le Monde. La fragilité du modèle, accentuée par la largeur du fossé entre une poignée de super-riches, notamment dans le clan de Zaba, et le peuple ; entre la bande sahélienne aisée et l’intérieure défavorisée, sont à l’origine de l’explosion sociale de janvier 2011. Sidi Bouzid, Gassrine, Thala, Gafsa et toutes les régions enclavées de l’ouest tunisien ont été privées des bienfaits économiques du modèle vanté par Ben Ali. L’agriculture, unique richesse dans ces contrées, rapportait peu aux populations.

 

Le chômage touchant davantage les jeunes diplômés, par milliers, a atteint des proportions insoutenables. Au palais de Carthage, les cris de détresse restaient inaudibles. La rupture n’était qu’une question de temps. Pendant la révolution, la rue scandait : «Du pain, du travail et de la dignité».


Poussée inflationniste


Les grèves et protestations socioéconomiques, qui s’étaient mêlées aux revendications politiques durant la révolution, ont rapporté quelques augmentations salariales à certaines catégories, à l’image des éboueurs. Ceci dit, le revenu nominal, augmenté, assure-t-il une vie meilleure face à l’augmentation générale des prix ? Hélas non. En ce début 2012, le pouvoir d’achat est érodé comme jamais et les Tunisiens sont invités à serrer davantage la ceinture. L’inflation a atteint, en effet, le taux inquiétant de 5,4 au 31 mars 2012.
Dans les grandes surfaces de distribution, les prix augmentent chaque jour, notamment pour les produits de première nécessité, non soutenus par l’Etat tels les céréales, le sucre et le café, mais aussi des fruits, légumes et viandes. Dans la rue, des banderoles accrochées au-dessus des artères principales appellent les Tunisiens à boycotter les viandes rouges.

 

L’Association de protection des consommateurs est derrière cette campagne dont le but est d’impliquer le citoyen dans la lutte contre des flambées de prix jugées l’œuvre de grossistes amateurs de lucre. Les intervenants dans le circuit de distribution profitent en effet du recul de l’Etat en matière de contrôle des prix pour augmenter les tarifs. Pourtant, en février dernier, Béchir Zaâfouri, ministre délégué chargé du Commerce, a annoncé des mesures pour préserver le pouvoir d’achat des Tunisiens, notamment en décidant le gel de certains produits comme la viande, les œufs et le poisson, une diminution du prix de certains aliments, et surtout un abaissement de 50% de la marge des supermarchés sur les œufs, la volaille et le lait. Mais ces mesures demeurent insuffisantes.


La gauche à l’assaut du libéralisme


Marwa Jendoubi, cadre moyen dans une compagnie d’assurances, touche un salaire équivalent à trois fois le SMIG tunisien. Avec deux enfants et un loyer à payer, elle boucle difficilement les fins de mois, dit-elle. « Je suis maintenant obligée de faire des calculs et de réduire mes dépenses ménagères. Mon budget ne me permet plus d’acheter de la viande comme avant. Je dois aussi renoncer à plusieurs produits qui sont devenus luxueux pour moi», juge Marwa. Mais le phénomène s’explique aussi par la crise mondiale qui affecte l’économie locale à cause de la dépendance tunisienne de la zone euro. L’un des choix de Ben Ali, aujourd’hui critiqué ouvertement par les économistes et par la gauche politique qui fait pression pour la remise en cause du model libéral.

C’est aussi l’un des enjeux de l’avenir économique du pays, qui fait intervenir les puissances occidentales, lesquelles défendent leurs propres intérêts économiques. La Tunisie compte, à titre d’exemple, plus de 1100 entreprises françaises.

 

Face à la crise, le gouvernement de Hamadi Jebali tente d’injecter du paracétamol en attendant la mise en œuvre du plan d’urgence pour 2012, annoncé jeudi 26 avril, au siège de la Constituante au Bardo, et du programme à court terme (prochain mandat parlementaire 2017-2018) et celui à long terme (2030). Les aides promises par le Qatar, par le G8, lors du sommet de Deauville, et par le nouveau patron du FMI, Christine Lagarde, lors de sa visite en février dernier, tardent à venir et le pays ne peut compter que sur lui-même actuellement.  Le taux d’endettement estimé à 40% du PIB est, certes, favorable, comparé à celui de la Grèce qui s’élève à 180%.  Mais les Tunisiens, impatients, semblent appréhender davantage la persistance des fléaux générés par l’ultralibéralisme de Ben Ali et la panne d’idées de la part des nouveaux tenants du pouvoir.
 

18% de chômeurs :

 

Les rangs des chômeurs, qui comptaient environ 700 000 individus en 2010, ont été grossis de quelque 100 000 nouveaux chômeurs des suites des fermetures en cascade d’usines ciblées par des actes de saccage et d’incendies pendant la révolution.

 

L’instabilité a aussi poussé un nombre important d’investisseurs étrangers à mettre la clé sous le paillasson, surtout à cause de revendications salariales jugées exagérées. Parmi ces chômeurs (18% de la population active), il existe environ 250 000 diplômés.

 

Une catégorie qui a été aux premières lignes de front pendant la révolution et qui aujourd’hui continue à revendiquer le droit et la priorité au travail.
Le gouvernement provisoire a tenté de soulager cette catégorie, en créant le programme AMAL et en accordant aux diplômés chômeurs une indemnité mensuelle de 200 DT.

 

Il a aussi annoncé la création de 25 000 postes dans le secteur public en attendant la mise en œuvre de grands chantiers prévus et d’autres projets publics financés par le G8.

 

Contribution de la diaspora tunisienne :

 

La diaspora tunisienne a fortement contribué à la croissance économique nationale durant les deux dernières décennies. Près de 900 000 émigrés tunisiens, résidant essentiellement en Europe, transfèrent annuellement des dizaines de millions d’euros à hauteur de 5% du PIB. Ces transferts monétaires ont atteint la moyenne de 1 611 000 DT, l’équivalent de 22,7% de l’épargne national.

 

Cette richesse fait partie des quatre premiers secteurs pourvoyeurs de devises. En plus de la participation des émigrés dans la création d’entreprises sur le sol national, leurs fonds transférés contribuent sensiblement à stimuler l’économie tunisienne.

 par Nouri Nesrouche; elwatan

 

_________________________

 

 

Vie chère, chômage, désordre, insécurité... Très préoccupante, la situation socioéconomique de la Tunisie n'en est pas pour autant désespérée. À condition que tout le monde se remette sérieusement et rapidement au travail.

 

Mohamed Bouazizi, le marchand ambulant de légumes dont le suicide, le 17 décembre 2010 dans la ville de Sidi Bouzid, avait déclenché l'insurrection populaire qui a balayé le régime de Zine el-Abidine Ben Ali, se reconnaîtrait-il dans la Tunisie de mai 2012 ? Celui qui a été promu à titre posthume symbole de la révolution endosserait probablement, à tout le moins dans son principe, la transition démocratique inaugurée par l'élection libre d'une Assemblée nationale constituante (ANC) en octobre 2011 et l'entrée en fonction, au début de 2012, du gouvernement de coalition issu des urnes.

 

 

Sans doute se féliciterait-il aussi de voir ses concitoyens, qu'ils soient favorables ou non au gouvernement, ou encore apolitiques, user sans limites d'une liberté chèrement acquise pour exprimer leurs opinions et revendications. Mais il ne pourrait que constater que, au lieu de sortir de la crise économique et sociale, le pays s'y est au contraire gravement enfoncé.

 

 

C'est peu dire, en effet, plus de un an après la révolution, que la vie quotidienne des citoyens tunisiens s'est singulièrement compliquée. Le laisser-faire est devenu roi. En l'absence des contrôleurs municipaux, qui étaient la bête noire de Bouazizi, les trottoirs ont été « colonisés » par les commerçants, qui en ont fait des sortes d'annexes à leurs boutiques, tandis que d'autres y ont bâti carrément des baraques en dur, au grand dam des piétons, forcés de partager la chaussée avec les automobilistes. Les constructions anarchiques pullulent, parfois sur le domaine public.

 

 

Spéculation

 

 

Un affairisme sauvage s'est instauré dans le pays, faisant flamber le coût de la vie. Les prix au détail des produits alimentaires - comme la viande, le poulet, les oeufs, les tomates, les pommes de terre, les petits pois et le poivron - ont quasi doublé. Même la chakchouka, ratatouille locale et plat du pauvre par excellence, est devenue coûteuse. « J'ai oublié le goût de la viande, dont le prix est inabordable depuis des mois, se plaint Mabrouka, une mère de cinq enfants croisée au marché municipal de l'Ariana, dans la proche banlieue de Tunis. Regardez mon panier, il n'y a que quelques légumes. » Une autre ménagère glisse 1 dinar (0,50 euro) au boucher, qui

lui tend un sachet où il a placé des déchets de viande sans les peser. « Juste pour le goût », me chuchote-t-elle discrètement à l'oreille.


La mafia des Trabelsi-Ben Ali et de ses sous-traitants est peut-être partie, d'autres sont restés ou ont pris sa place. Partout dans le pays, on signale des groupes organisés disposant de gros moyens financiers et agissant ouvertement pour spéculer impunément. « Yahya Ben Ali ! » (« Vive Ben Ali ! ») ont lancé par défi certains d'entre eux lorsque le président Moncef Marzouki s'est rendu au marché de gros de Bir el-Kassaa, dans la capitale, pour se présenter devant les caméras de télévision comme le défenseur du panier de la ménagère. Comme au temps où les familles du clan Trabelsi-Ben Ali régissaient les circuits de distribution, les étals regorgent, malgré une interdiction formelle du gouvernement, de pommes importées par bateaux entiers, de bananes d'Amérique latine et d'oranges en provenance d'Espagne.

 

Sabotages

 

La grogne s'est généralisée à l'ensemble du pays. Les grèves et les sit-in - sauvages ou non - sont devenus un sport national. « On en a recensé 60 000 en 2011. Le chiffre est retombé à 15 000 depuis janvier », souligne Khelil Ezzaouia, le ministre des Affaires sociales. Des chômeurs organisent des sit-in à l'entrée des entreprises pour les forcer à les recruter, empêchant physiquement les employés d'aller travailler. D'autres les imitent parce qu'ils n'ont pas réussi un concours de recrutement, comme cet étudiant en droit qui veut coûte que coûte devenir conducteur d'engin. Certains, enfin, en font un prétexte pour racketter ou saboter une activité dans le cadre d'une surenchère politique. Des manifestations massives sont organisées devant les tribunaux pour faire pression sur les juges à propos de telle ou telle affaire. Des postes de police et de la garde nationale sont attaqués et incendiés. Ici, les amandiers d'une exploitation agricole sont brûlés pour obliger l'exploitant à partir, au prétexte qu'il n'est pas originaire de la région. Là, des routes, voies de chemin de fer et artères d'accès aux ports commerciaux (comme celui de Tunis-Radès) sont coupées, ce qui isole des régions entières et bloque des activités essentielles pour les citoyens et l'économie.

 

 

En avril, de tels sit-in et sabotages étaient encore enregistrés dans des secteurs stratégiques. Avec une production annuelle moyenne de 8 millions de tonnes, dont 80 % sont valorisés sur place, la Tunisie est l'un des cinq grands opérateurs mondiaux de phosphates. Ses entreprises, la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) et le Groupe chimique tunisien (GCT), qui ont fusionné en 1994, se chargent de l'extraction et produisent de l'acide phosphorique et des engrais minéraux. Le chiffre d'affaires avoisinait, bon an mal an, 1 milliard de dinars (près de 500 millions d'euros). Or, avec la multiplication des mouvements sociaux depuis janvier 2011, ce chiffre est tombé à 200 millions de dinars pour 2011, alors que les cours mondiaux des phosphates sont à la hausse. Durant le premier trimestre de 2012, la production a repris, mais elle est demeurée très au-dessous de son niveau de 2010 (- 62 % pour la CPG et - 42 % pour le GCT). Comme si cela ne suffisait pas, les sit-in ont repris en avril, interrompant de nouveau les livraisons.

 

 

Les importations de biens d'équipement ont repris. La croissance du PIB est estimée, pour ce premier trimestre, à 2 %, ce qui augure une sortie de la récession.


 Emprunts

 

Mais l'hirondelle ne fait pas le printemps. Le déficit commercial s'est creusé en raison de la crise économique qui sévit dans les pays de l'Union européenne (UE), avec lesquels la Tunisie effectue 80 % de ses échanges. Conséquence directe : la balance des paiements courants s'est dégradée, ce qui a fait chuter les réserves en devises à un niveau équivalent à quatre-vingt-dix-huit jours d'importation. On s'est ainsi dangereusement rapproché du seuil de quatre-vingt-dix jours, en deçà duquel la situation devient préoccupante. De l'avis des experts, c'est là le talon d'Achille de l'économie tunisienne. Les chefs d'État du G8 avaient promis aux pays du Printemps arabe pas moins de 40 milliards de dollars (près de 30 millions d'euros) pour les aider à réussir leurs transitions démocratiques.

 

 

Mais cette promesse n'a, à ce jour, pas été honorée. De tous les partenaires du pays, seuls les États-Unis ont fait un réel effort en s'engageant à soutenir une sortie de la Tunisie sur le marché des capitaux américain. L'État a néanmoins réussi à conclure avec le Qatar un emprunt obligataire de 500 millions de dollars qui a été finalisé en avril à un taux d'intérêt de 2,5 % par an, remboursable d'ici à 2017. « Cet emprunt arrive à temps pour permettre de payer en avril 650 millions de dollars de service de la dette », note Moez Labidi, un universitaire membre du conseil d'administration de la Banque centrale de Tunisie (BCT).

 

Dans un contexte où les sources de financement autres que celle du marché paraissent asséchées, la marge de manoeuvre du gouvernement Jebali paraît limitée. Dans son programme, présenté le 26 avril avec la loi de finances complémentaire pour 2012, 6,2 milliards de dinars - sur un budget de l'État totalisant 25,4 milliards de dinars - sont consacrés au développement, notamment celui des régions défavorisées, à travers une soixantaine de grands projets d'investissements dans les infrastructures routières et les équipements collectifs. Le gouvernement prévoit également la création de 25 000 emplois dans le secteur public et mise sur une croissance de 3,5 % pour en créer davantage. Mais les économistes estiment à au moins 7 % le taux de croissance annuel requis pour s'attaquer efficacement au problème du chômage, qui touche 700 000 personnes.

 

Besoin de sérénité

 

Si la situation est difficile, elle n'est pas encore désespérée. À condition que le pays se remette sérieusement au travail, que les incitations à la désobéissance civile cessent et qu'un frein soit mis aux mouvements sociaux - quelle que soit l'obédience politique de leurs inspirateurs -, afin que les forces de l'ordre puissent se consacrer aux problèmes réels de sécurité et que le gouvernement et la Constituante soient en mesure de préparer plus sereinement la nouvelle Loi fondamentale et les textes nécessaires pour la tenue des élections générales de la mi-2013.

_______________

 

L'UGTT calme le jeu

Au lendemain de la révolution, l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) était l'ennemi à abattre aux yeux des partisans de Ben Ali, qui reprochaient à la base de la centrale syndicale d'avoir joué un rôle décisif dans les manifestations populaires qui ont contribué à le chasser du pouvoir. Peine perdue ; l'UGTT a tenu le choc et s'est entre-temps dotée d'une nouvelle direction, avec à sa tête Hassine Abassi, un homme pondéré et à l'écoute. Dans un premier temps, la centrale a fait cause commune avec l'opposition, avant de corriger le tir pour revenir à sa constante historique : placer l'intérêt du pays au-dessus de tout. Elle s'est ainsi résolue à traiter directement avec le patronat au lieu de passer par le gouvernement en place, comme c'était le cas sous Bourguiba et Ben Ali, et à nouer des relations de confiance avec les leaders de la troïka au pouvoir, au point que l'on évoque désormais la conclusion d'un pacte social, condition sine qua non du redressement économique.   jeuneafrique

 

 

 

_______________________________________________________________________________________

“Tunisie : Economie politique d’une révolution”

 

La révolution tunisienne a inspiré les écrivains pour raconter le tournant historique, celui de la renaissance d’un monde arabe libre et démocratique. Plusieurs ouvrages consacrés à cette révolution ont paru ces derniers mois, dont la majorité a été ancrée dans l’actualité. Mais cette fois-ci, l’économiste tunisien spécialiste des questions de développement et d’économie internationale, Hakim Ben Hammouda, a opté, dans son dernier livre intitulé «Tunisie: Economie politique d’une révolution», pour l’analyse.

 

L’ouvrage paru tout récemment chez l’éditeur belge De Boeck a été présenté récemment, lors d’un déjeuner de presse organisé par la délégation Wallonie Bruxelles à Tunis.


M. Ben Hammouda explique, dans son nouveau livre, les origines profondes de la révolution en Tunisie. Il estime que le fait de s’immoler par le feu de la part de  Mohamed Bouazizi  exprime des frustrations de longue date liées aux inégalités sociales et régionales, à la corruption, au népotisme et au chômage. Ces frustrations trouvent leurs origines dans les limites de l’expérience de la modernisation menée depuis les années 70 par Habib Bourguiba, le premier président de la Tunisie indépendante puis par son successeur.


Par ailleurs, l’auteur traite dans son livre de la modernisation économique conjuguée à l’autoritarisme politique dans les années 70, de la tentative d’ouverture et de réformes dans les années 80 puis de l’avènement du régime de Ben Ali et sa transformation progressive en dictature, en dernier il présente les effets de la crise globale sur la crise du régime tunisien.


Il a, de ce fait, constaté que la révolution tunisienne est le pur produit d’une conception tronquée de la modernisation telle que menée par les élites politiques depuis l’indépendance. «Ceux qui ont pris le pouvoir après l’indépendance ont mené la bataille de la modernisation de l’économie et des structures de l’Etat. Ils ont, toutefois, oublié une dimension importante de la modernisation : la démocratisation de la vie politique et le respect des libertés publiques et individuelles», précise Hakim Ben Hammouda, en ajoutant que «ce qui a desservi l’ancien régime est, en fait, son incapacité à se réformer de l’intérieur».


Il estime, entre autres, que les occasions manquées de la démocratisation de la vie politique se sont présentées aussi bien sous le règne de Bourguiba que de Ben Ali. 

 

D’autre part, l’auteur indique que l’essoufflement du modèle économique tunisien constitue la deuxième explication de l’effondrement de l’ancien régime. «Le modèle de développement, naguère considéré comme véritable force d’appui pour le régime politique, est devenu son fossoyeur», explique-t-il. La corruption qui s’est développée dès le début des années 90 et qui a bénéficié aux cercles les plus proches du pouvoir a été, toutefois, à l’origine de l’accumulation de grandes fortunes dans un temps très limité et surtout d’une main mise sur d’importants secteurs économiques, notamment dans le domaine bancaire, le tourisme, la construction immobilière...


Le népotisme a aussi freiné les investissements privés. Touché par l’incertitude et les inquiétudes croissantes liées aux pratiques de la corruption et au manque de transparence, le secteur privé a réduit ses investissements et ses prises de risques sur le futur. Ainsi, les blocages de la transition vers une croissance intensive en capital ont été à l’origine de l’aggravation du chômage et particulièrement celui des diplômés. Les blocages du modèle économique tunisien ont été renforcés dès 2008 par la crise globale dont l’onde de choc a touché de plein fouet le pays très ouvert sur l’extérieur. Plusieurs facteurs ont causé le déclenchement de la révolution, mais les défis sont majeurs à court, moyen et à long termes.


Sur le court terme, le premier défi est lié, selon l’auteur, à l’explosion de revendications sectorielles que le régime autoritaire a réussi à contenir et qui explosent aujourd’hui et exigent des solutions. Le second est d’ordre sécuritaire. Il est lié au démantèlement de l’ancien appareil sécuritaire reposant sur les anciens clans mafieux et aux difficultés de le reconstruire. Le troisième défi est lié aux difficultés de fonctionnement des institutions.


À moyen et long terme, trois autres enjeux ont été indiqués dans cet ouvrage, dont le premier est lié aux réformes politiques et à l’instauration d’un nouveau régime démocratique. Le second enjeu est d’ordre économique et concerne la définition d’un nouveau modèle de développement qui assure une véritable transition vers l’économie du savoir et des nouvelles technologies. Enfin, le dernier enjeu de taille est celui de l’émergence d’une nouvelle élite politique.


Dans les derniers pages de son livre, M. Ben Hammouda n’a pas manqué d’y ajouter une chronologie dans laquelle il a repris les dates les plus importantes de l’histoire politique et économique de la Tunisie, regroupées selon les grandes périodes historiques. leconomistemaghrebin

 


 

________________________________________________________________

La révolution des Tunisiens confisquée par leurs élites

 

Les Tunisiens sont-ils réduits, comme sous Bourguiba et sous Ben Ali, entre dictature «islamiste» et dictature «éclairée». Les enjeux de la transition politique se réduiraient à une lutte entre les deux camps pour la conquête du pouvoir.


La révolution tunisienne semble être, une fois de plus, à un tournant décisif de son histoire. Depuis l’élection de l’Assemblée constituante le 23 octobre dernier, le torchon brûle entre le parti islamiste Ennahdha et une partie de l’opposition médiatisée sous le terme «démocrate», laquelle a refusé d’entrer au gouvernement.

 

L’indépassable clivage «moderniste»/«islamistes»


L’affrontement est monté d’un cran au début du mois d’avril 2012 à la suite de la répression féroce par les forces de l’ordre de manifestations réclamant le droit au travail et la liberté d’expression.


Récemment, des réunions publiques initiées par des opposants au gouvernement ont été empêchées ou perturbées par des groupuscules dont on ignore l’identité exacte, sans que ce dernier ne prenne position.

La réaction de la plupart des partis d’opposition ne s’est pas faite attendre: nous serions entrés dans la dictature théocratique et les libertés individuelles seraient plus que jamais en danger depuis l’arrivée au pouvoir de ceux dont le rêve à peine refoulé serait d’instaurer un «Tunistan».


S’il faut légitimement s’indigner des menaces réelles proférées contre les libertés d’opinion et de croyance, et s’inquiéter du fait que celles-ci pèsent moins sur les courants dits «salafistes» que sur les «démocrates», il ne s’agit pas non plus de prendre des vessies pour des lanternes. Car à quoi assiste-t-on depuis la fuite de Ben Ali sinon à la reconduite, sous d’autres termes, de la même structure de débats et d’opposition entre «modernistes», «progressistes» et autres «démocrates» d’un côté, et «théocrates» et «islamistes» de l’autre?


Ce clivage a atteint son apogée le 1er mai 2012 lors de la manifestation qui devait rappeler les enjeux sociaux et économiques de la révolution. Le slogan phare «Travail, liberté, dignité» a été noyé dans la cacophonie orchestrée d’un côté par les partisans d’Ennahda qui scandaient «Par notre âme et notre sang, nous te défendrons, ô gouvernement!» («Bil-rûh wa al-dam nifdîk yâ hukûma»), de l’autre par leurs pourfendeurs qui répliquaient «Que chute le gouvernement de la honte!» («Tasqut hukûmat al-‘âr»).

 

La question sociale reléguée au second plan


Cette lutte apparemment sans merci semble être l’unique jeu auquel islamistes et modernistes soient en mesure de jouer. Elle a pour effet de chasser les questions socio-économiques de l’agenda politique au profit d’une opposition fondamentalistes vsdéfenseurs de l’Etat moderne, et de reléguer ainsi la question sociale au second plan en bloquant le désir d’un grand nombre de Tunisiens de rompre avec le mode de gouvernement qu’ils connaissent depuis plus d’un demi-siècle.


En effet, les stratégies de l’opposition portée essentiellement par le Parti Républicain (émanation du Parti démocrate progressiste) et la Voie sociale et démocratique (recomposition de la gauche moderniste) mais aussi, en coulisses, par une partie des «fulûl» (résidus de l’ancien régime) se réclamant de l’héritage bourguibiste, ne visent aucunement la remise en question du régime politique ni du modèle économique qui prévalaient avant la révolution.

 

La plupart des leaders de l’opposition au gouvernement actuel n’ont jamais rechigné à faire alliance avec l’ancien régime recomposé au soir du 14 janvier 2011 ni à prêter main forte aux trois gouvernements provisoires – non issus d’élections – conduits successivement par Mohammed Ghannouchi et Béji Caïd Essebssi.


Les exactions commises – ordonnées, devrait-on dire – par ces gouvernements à l’encontre des mouvements révolutionnaires ont provoqué, y compris après la fuite de l’ex-président, des centaines de morts et de blessés, sans qu’aucun de ces opposants «démocrates» ne s’en émeuve ni ne s’en inquiète réellement. Leur appel à la «résistance», dans les circonstances d’aujourd’hui, sonne d’autant plus faux que les revendications populaires pour une véritable justice transitionnelle, l’assainissement des appareils judiciaire et sécuritaire, l’emploi des chômeurs et le développement des régions défavorisées n’ont trouvé jusqu’ici aucun écho dans leur programme pourtant «démocratique» et «progressiste». Celui-ci se contente, bon an mal an, de revendiquer la liberté d’opinion, de croyance et d’entreprise pour les fractions supérieures des classes moyennes, dont une large partie se serait contentée des promesses de Ben Ali le 13 janvier 2011 aux dépens des revendications de justice et d’équité socio-économiques portées par les groupes les plus défavorisés.

 

Les forces de la contre-révolution à l’œuvre dans les deux camps

 

C’est dire que dans ces conditions les protestations de l’opposition, tout entières ordonnées autour de la liberté d’expression, ne gênent en rien l’actuel gouvernement provisoire issu de la coalition entre Ennahdha, le Congrès pour la République (CpR ou Al-Moatamar) et le Forum démocratique pour le travail et les libertés (Fdtl ou Ettakatol), vainqueurs aux élections. Au contraire, ces récriminations régulières permettent de détourner utilement l’attention médiatique de tractations autrement plus inquiétantes, comme la volonté à peine voilée de nombreux cadres islamistes de s’accaparer les rouages de l’Etat ou de donner un second souffle au modèle économique néolibéral qui s’accommode de la charité individuelle et rogne toujours plus sur la solidarité nationale.

C’est ainsi que l’enjeu de la justice transitionnelle, seule garantie de rupture véritable, a été sacrifié face à l’impératif de sceller des alliances avec certains symboles de l’ancien régime pour se maintenir au pouvoir.

 

Vue sous cet angle, la stigmatisation mutuelle des deux camps a in fine pour effet délétère de contraindre les Tunisiens à réduire leur choix, comme sous Bourguiba et plus encore sous Ben Ali, entre dictature «islamiste» et dictature «éclairée», entre Charybde et Scylla. Les enjeux de la transition politique se réduiraient ainsi à une lutte entre les deux camps pour la conquête du pouvoir, laquelle conditionnerait la redistribution de la rente entre anciennes et nouvelles élites.

 

On comprend, dès lors, que la lutte à laquelle on assiste aujourd’hui n’est nullement celle qui, en Tunisie comme en France, nous est donnée à voir: elle réside plutôt entre les tenants d’un ancien régime rénové, débarrassé de ses références les plus encombrantes, et les partisans d’une rupture franche et large avec les fondements et les pratiques d’un pouvoir dont les Tunisiens ne veulent plus. Sa caractéristique est qu’elle traverse les partis d’opposition tout autant que les partis au pouvoir: ces derniers sont divisés entre d’un côté un courant autoritaire et partisan du «retour à l’ordre», y compris en s’alliant avec les anciens du Rassemblement constitutionnel démocratique (Rcd, ex-parti-Etat au pouvoir), et de l’autre un courant favorable à la rupture radicale avec l’ancien régime et le jugement de ses figures tutélaires.

 

Cette tension est d’autant plus accentuée que les benalistes reconvertis récemment à la démocratie tentent d’achever leur refondation, drapés qu’ils sont de la légitimité historique («Bourguiba, libérateur de la femme et bâtisseur de la nation»), à défaut de pouvoir revendiquer une légitimité électorale. Détenteurs des compétences d’Etat, mais surtout de baronnies solidement établies dans les ministères-clés – Intérieur, Justice et Finances en tête –, ils sont tentés de faire chanter islamistes et démocrates pour monnayer leur retour sur la scène politique.

 

L’issue des prochaines semaines et des prochains mois est donc moins dans les mains de ceux qui agitent, d’un côté comme de l’autre, le perpétuel «chiffon vert» – i.e. la crainte de l’islamisme radical –, que dans celles, plus agiles et plus efficaces, des tenants du retour à l’ordre ancien.

 

Le peuple tunisien reste à tout le moins l’otage de ces stratégies politiques d’un temps dépassé que la révolution du 17 décembre 2010 a largement invalidées. La contestation tous azimuts à laquelle on assiste, portée notamment par les diplômés chômeurs et les familles des martyrs et des blessés de la révolution, remet au centre de la vie politique les premières victimes de ce régime qu’il s’agit de faire tomber.

 

Si le processus révolutionnaire en Tunisie tâtonne et paraît se chercher encore, son succès dépendra incontestablement de la capacité des groupes politiques à résister à la force de la contre-révolution sous toutes ses formes, à mettre en place une dynamique de justice transitionnelle efficace et surtout à donner une traduction politique, sociale et économique claire à son premier axe programmatique: «Le peuple veut la chute du régime» («Al-sha‘b yurîd isqât al-nidhâm»).

 

 

par Choukri Hmed et Héla Yousfi; kapitalis

 

Partager cet article
Repost0
14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 05:54

 

Tout sur la loi de finances complémentaire 2012

 

Le projet de loi de finances complémentaire pour 2012 vient d’être adopté dans une version rectifiée avec l’ajout de 6 articles aux 51 initialement fixés par le gouvernement.


Les discussions de ce document par les membres de l’Assemblée nationale constituante (Anc), démarrées fin avril passé, se sont achevées cette semaine.

 

Représentant 10% du budget de l’Etat tunisien pour 2012, cette loi de finances complémentaire prévoit un déficit de 6,6%, un endettement de 47%, une croissance de 3,5% et une hausse de 21,6% dans le volume du budget complémentaire de l’Etat par rapport aux prévisions de 2011 et de 10,7% par rapport à la loi de finances initiale.

 

25.000 emplois dans la fonction publique

 

A l’issue de l’adoption de ce document, le gouvernement essayera de concrétiser certaines ambitions dont le renforcement de l’employabilité (25.000 emplois dans la fonction publique), l’incitation à l’investissement et le développement des régions intérieures (70% des ressources orientées vers le développement  régional et 2,5 milliards de dinars à destination sociale).

 

Les ressources propres de l’Etat tunisien sont estimées à 19.644 millions de dinars, soit une hausse de 3.500 millions de dinars (MD) par rapport à la loi de finances initiale. Ces ressources sont issues principalement de l’amélioration prévues des ressources fiscales (14.566 MD) et non fiscales (5.078 MD).

 

Au volet des dépenses, le gouvernement a décidé d’augmenter de 23% les dépenses de développement (par rapport à la loi de finance initiale), celles des dépenses de compensation des produits de base, des hydrocarbures, du transport, ainsi que du remboursement (en 2012) de l’emprunt émis en 2002 sur le marché financier international (650 MD).

 

Des prévisions trop optimistes

 

L’élaboration de ce budget de l’Etat complémentaire a été fondée sur des prévisions relatives à l’année 2012 et sur l’évolution des indicateurs économiques tunisiens à savoir un baril de pétrole au prix moyen de 110 dollars pour toute l’année 2012 et un taux de change d’un dollar à 1,5 dinar.

 

Mis à part les dispositions relatives au budget de l’Etat tunisien, le projet de cette loi de finance complémentaire 2012 repose sur certains axes dont «le financement de l’investissement et le renforcement de l’employabilité, la conciliation avec les personnes imposables et l’échelonnement de leurs dettes, la réforme du système fiscale ainsi qu’autres procédures», lit-on dans le document de présentation de cette loi.

 

Dans le cadre de la consolidation de l’employabilité, plusieurs avantages fiscaux s’étalant sur 5 ans (au maximum) sont accordés aux entreprises qui recrutent, entre 2012 et 2013, de nouveaux salariés de nationalité tunisienne. Ces entreprises se verront ainsi incitées à recruter davantage.

 

Pour ce qui est du financement des investissements, des mesures sont envisagées à savoir la création d’un fonds de collecte de dons au profit du Budget de l’Etat pour financer les investissements en infrastructure dans les villes de l’intérieur du pays et pour consolider l’emploi.

 

Mis à part des ressources d’environ 1.200 MD issues de biens confisqués, le budget de l’Etat sera renforcé par d’autres ressources fiscales supplémentaires avoisinant 350 MD.

 

Le gouvernement comptera aussi sur des contributions exceptionnelles volontaires (des salariés) estimées à 450 MD et des ressources extérieures dépassant 4.000 MD.

 

Absence de stimulation de la demande interne

 

Certains experts tunisiens reprochent au gouvernement la dangerosité de la levée du secret bancaire sous prétexte que cela «pourrait nuire au climat d’investissement dans le pays». Ils lui reprochent aussi la relative «absence de stimulation de la demande interne (augmentation de salaires)» lors de cette période difficile économiquement au double plan local et international.

 

Le budget de l’Etat complémentaire pour 2012 prévoit, d’un autre côté, une enveloppe de 8.647 MD réservée aux salaires, l’équivalent d’une hausse de 12% qui tient compte des augmentations salariales d’une part et du recrutement de 25.000 personnes dans la fonction publique, d’autre part.

 

D’après Taoufik El-Aribi, président de la Commission des impôts de l’Utica, la centrale patronale tunisienne, la Tunisie vit actuellement une conjoncture économique «critique» et qui «nécessite de prendre des mesures fiscales simplifiées qui encouragent tous les acteurs économiques à investir».

 

Face à une «destruction massive»

 

Lors de la présentation de cette loi de finances complémentaire 2012, le Premier ministre Hamadi Jebali a avoué dans une déclaration télévisée que son gouvernement s’est trouvé face à un état des lieux politique et social similaire à une «destruction massive (corruption, inégalité régionale, pauvreté...)».

 

Contrairement à la destruction, a-t-il ajouté, «la construction sera plus difficile et nécessite du temps», ce qui a dicté, selon lui, la répartition des objectifs du programme gouvernemental sur trois niveaux: un plan prioritaire (2012), un plan de moyen-terme (horizons 2017-2018) et autre de prospection à long-terme (2030).

 

Le chef du gouvernement a appelé dans ce sens toutes les parties intervenantes à s’impliquer dans le processus de la construction du pays à travers une approche «participative» fondée sur le dialogue et le consensus entre peuple, élite et société civile afin de hisser l’intérêt de la Tunisie au plus haut rang des priorités. kapitalis

 

 

_________________________________________________________________________

 

La balance commerciale enregistre un déficit de 3 316 MD (INS)


La balance commerciale de la Tunisie a enregistré, de Janvier à avril 2012, un déficit évalué à 3 316 millions de dinars (MD), en augmentation de 38,8%, par rapport à la même période 2011.
Selon des statistiques publiées, mardi, par l'Institut national de la statistique (INS), le taux de la couverture des importations par les exportations, a baissé de 5,1 points, passant de 77,3%, fin mars 2012, à 72,2%, fin Avril.

En effet, l'INS fait ressortir une progression des importations de 13,4%, à 11 921,5 MD, et des exportations de 6%, à 8 605,5 MD, par rapport aux quatre premiers mois de 2011.

L'accroissement des exportations, entre 2012 et 2011, est due à la hausse des ventes à l'étranger de la plupart des secteurs dont essentiellement, les produits agricoles et alimentaires (+ 18,7%), énergétiques (+12,6%), des industries mécaniques (+ 16,3%) et les autres produits manufacturés (+18%).

Pour la première fois, depuis le deuxième trimestre 2011, les exportations des phosphates et dérivés ont progressé de +21%. Par contre, les exportations du textile, habillement et cuir, sont en baisse de -6,7%.

S'agissant des importations, leur hausse (+13,4%) résulte à la progression des achats dans tous les secteurs et notamment, des matières premières et des produits semi- manufacturés (+8,1%), des biens d'équipement (+16,8%) et des produits de consommation non alimentaires (+16,9%).

En raison de l'amélioration des conditions climatiques au courant de cette année, les importations des produits alimentaires ont baissé de -6,8%, du fait de la réduction des importations du blé et plus particulièrement du blé tendre (- 65,4%), Une analyse plus détaillée des échanges commerciaux, montre que dans le régime "totalement exportateur", une décélération est constatée dans le rythme d'accroissement des exportations (+2,5% au cours des quatre mois 2012, contre une augmentation de +20% en 2011).

Ceci résulte d'une régression continue des exportations du textile, de l'habillement et du cuir, d'une part, mais, aussi, du ralentissement du rythme de progression des exportations des industries électriques entre les mois d'Avril (+1,5%) et de Mars 2012 (+4,2%), d'autre part.

De même, les importations ont régressé de - 0,8% contre +18,2% en 2011.

Dans le régime général, les importations ont cru de +20,9% et les exportations +12,9% (contre respectivement +0,3% et - 3,1%, en 2011).  
maghrebemergent

Partager cet article
Repost0
30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 02:59

À propos du secteur pétrolier (vidéo, arabe)


 

 

__________________________________________________________________

De nouvelles rumeurs sur la raffinerie Skhira

 

Le feuilleton de la raffinerie de Skhira est loin d’être fini. Quelques mois après la conclusion d’un accord en vertu duquel le groupe Qatar Petroleumavait, en principe, repris en main le projet, de folles rumeurs prêtent, ces jours-ci, à des groupes algériens et libyens l’intention de prendre en charge ce projet.

Interpellé sur cette question par Radio express Fm, Riadh Bettaieb, ministre de l’Investissement et de la Coopération internationale a déclaré «ne pas être au courant de telles rumeurs».

Pour lui, les informations selon lesquelles des groupes algériens et libyens auraient manifesté de nouveau de l’intérêt pour ce projet concerneraient, peut-être, une requête de Qatar Petroleum qui a exigé de la Tunisie, en l’occurrence, la conclusion avec l’Algérie et la Libye, avant le démarrage des travaux de la réalisation du projet, de conventions aux termes desquelles les deux pays s’engagent à approvisionner la raffinerie en pétrole brut et la construction de gazoducs.

La production de brut de la Tunisie, à hauteur de 95.000 barils par jour environ est sans rapport avec celle de la Libye et d'Algérie, membres de l'OPEP, la Tunisie se prévalant, seulement, de son statut en tant que point de transit pour les exportations de produits énergétiques algériens vers les marchés mondiaux.

Pour revenir à l’approvisionnement de la raffinerie en pétrole provenant des pays voisins, il s’agit en fait de vieux projets. br> L’Algérie, par le biais de sa Société des hydrocarbures (Sonatrach) a toujours acheminé par pipe line, depuis l’époque coloniale, une partie de son pétrole du gisement Hassi Messaoud au port pétrolier de Skhira.

Quant à la Libye, ses responsables ont fait état du temps de Kadhafi de leur disposition à aider la Tunisie à construire la raffinerie de Skhira et à construire un pipeline pour acheminer le pétrole de gisements localisés au sud de la Tunisie.

Il faut dire que les exigences de Qatar Petroleum sont dictées par la recherche de la rentabilité maximale et l’importation au moindre coût du pétrole d’Algérie et de Libye pour faire tourner cette raffinerie dont la construction nécessitera un investissement global de plus de 2,5 milliards de dinars.

 

La réalisation de cette raffinerie est, par ailleurs, d’une extrême urgence pour la Tunisie au regard de la flambée des cours du pétrole et des produits pétroliers raffinés (70% des besoins de Tunisie sont importés), et leur corollaire, au plan intérieur, l’augmentation des sorties en devises et des subventions du carburant.

Rappelons que la Tunisie dispose d'une seule raffinerie de pétrole, située à Bizerte, avec une capacité de 30.000 barils par jour. La deuxième raffinerie en projet aura une capacité de 120.000 barils par jour.

Le projet consiste en une raffinerie de pétrole et toutes les installations annexes, qui comprendront notamment les unités de traitement et de raffinage de pétrole, les installations de stockage des produits raffinés, toutes les installations annexes dont les bâtiments administratifs, magasins, les ateliers et toute l'infrastructure nécessaire au bon fonctionnement de la future raffinerie, tels que les routes, parkings, éclairages et clôtures de sécurité. webmanagercenter

 

________________________________________________________________________________

Programme économique et social du gouvernement ; Tunisie

 

________________________________________________________________________________

Critiques de l'opposition et des experts sur le Programme d'action du gouvernement pour 2012


Malgré l'importance des ambitions optimistes qu'il a portées, le Programme d'action du gouvernement tunisien (présenté jeudi devant les députés de la Constituante) a suscité des critiques de la part de certains experts économistes tunisiens et de l'opposition sur le contenu d'ordres social et économique de ce Programme.
Programme d'action du gouvernement pour 2012 a été élaboré "dans un style littéraire et dépourvu d'une analyse profonde", a déclaré jeudi à la presse M. Hafedh Zaafrane, expert international et économiste tunisien spécialisé dans les études sur la pauvreté.

 

Malgré les projets intéressants et les nouvelles idées qu'il comporte, ce Programme d'action "n'a pas un caractère scientifique puisqu'il ne fournit pas des données chiffrées", a estimé M. Zaafrane.

Les lacunes que comporte le document de ce Programme d'action se traduisent, d'après l'économiste tunisien, à travers "la difficile adéquation entre l'efficience des mesures proposées pour 2012 et leur dimension conjoncturelle à court-terme".

M. Zaafrane a également fait part de son doute quant à la capacité du gouvernement tunisien de réaliser en six mois un budget de développement dépassant de 34% celui de 2011 et de 23% le budget initial de 2012. Pour relever de "grand défi", l'expert tunisien a estimé qu'il "s'avère impératif d'accélérer le rythme de réalisation de projets et d'assurer leur suivi".

S'adressant aux députés de la Constituante pour présenter le Programme d'action pour 2012, le ministre tunisien des Finances Houcine Dimassi a annoncé que l'Etat tunisien a enregistré un déficit budgétaire de 6,6%.

L'Etat tunisien "a accepté ce déficit au titre de l'année 2012 afin de bien répondre aux attentes de certaines catégories sociales et régions tunisiennes nécessiteuses", d'après M. Ridha Saidi, ministre auprès du Premier ministre chargé des dossiers économiques et sociaux.

Sur l'ensemble du territoire tunisien, les deux dernières années ont enregistré des perturbations dans la réalisation de 780 projets. Cette situation a poussé l'actuel gouvernement à mettre en place un organisme gouvernemental chargé de suivre la réalisation de tous les projets publics prévus dans les régions, " sans oublier l'apport des investissements privés", a encore expliqué M. Saidi dans une déclaration à la presse.

Le gouvernement tunisien a également confirmé l'enregistrement de certains indicateurs négatifs tels qu'un déficit de la balance commerciale et une perte de 8 points au niveau du taux de couverture.

Cette situation est expliquée "principalement par une croissance de plus de 23% des importations, mais surtout des importations des produits de consommation".

"Ceci n'empêche pas que l'Etat ait enregistré un développement économique de 2.2% dû à une nette amélioration dans le secteur du tourisme, un développement dans les investissements", toujours selon M. Saidi.

Du côté de l'opposition, elle voit qu'"il n'y a pas de volonté politique et que ce gouvernement est en train de fuir ses responsabilités en accablant l'Assemblée constituante à chaque fois qu'il s'agit d'une décision importante", a déclaré à la presse Iyed Dahmani, député du Parti démocratique progressiste.

Selon l'opposition, le Programme d'action du gouvernement pour 2012 n'a pas comporté une stratégie claire en matière d'emploi, des mesures relatives à la justice transitionnelle et un délai " bien déterminé" pour l'organisation des prochaines élections, a encore ajouté M. Dahmani.

Dans ce sens, le chef du gouvernement tunisien a annoncé qu'il présentera dans deux semaines au plus tard deux projets de loi relatifs aux commissions électorales tout en mettant en exergue " la nécessité de préserver les "cinq piliers de la démocratie" : la réforme des secteurs de la sécurité, des finances, des médias, de la justice et du parti du Rassemblement constitutionnel démocratique (ancien parti au pouvoir dissous). afriquinfos

_____________________________________________________

 

 
 
Partager cet article
Repost0
15 mars 2012 4 15 /03 /mars /2012 04:11

 

La Tunisie va vendre 650 millions de dollars en obligations pour payer ses dettes


 

 

dollars-2.jpg

 

La Tunisie compte vendre, en mai ou juin 2012, 650 millions de dollars en obligation sur le marché international et va émettre des bons du Trésor d'un montant de 500 millions de dollars au Qatar, afin de payer ses dettes.

Selon l’agence « Reuters », les Etats-Unis ont déjà accepté de soutenir l'émission des obligations de la Tunisie, bien que la date, l’échéance et le taux d’intérêt n’aient pas été fixés.
 

En 2002, les Etats-Unis ont accordé à Israël un ensemble de garanties pour aider son économie, face à une récession causée par un ralentissement économique mondial et une vague de violence.
Cependant, Israël n'a pas émis des obligations en utilisant des garanties de prêts des États-Unis pendant un certain nombre d'années. Les notations de crédit ont, ensuite, augmenté. Israël a été capable d'exploiter les marchés de la dette mondiale en utilisant sa propre solvabilité. Le pays a réussi à atteindre ses objectifs budgétaires. Pour la Tunisie, il n’est pas encore clair si ses obligations vont comporter les mêmes conditions ou non.
 

Pour sa part, le Qatar va acheter, sur cinq ans, 500 millions de dollars en bons du Trésor, avec un taux d'intérêt annuel de 2,5%. La même source a ajouté que les deux pays avaient conclu l’opération de la vente en janvier dernier. Une condition d’anonymat a été mise en place.
Un analyste a déclaré à Reuters, que le prêt du Qatar a été un placement privé prévu pour remplacer une obligation attribuée en avril. 
 

Notons que le soulèvement du peuple contre la dictature de Ben Ali, suivi par des protestations et des grèves dans toutes les régions, a paralysé l’activité économique en Tunisie. 
Compte tenu de la situation difficile de l’économie nationale, les dirigeants et décideurs économiques ont essayé de trouver des solutions rapides et efficaces à travers l’élaboration d’une loi de finances complémentaire pour 2012 qui prévoit 7,7% de hausse dans le budget d’Etat par rapport à la loi de finances initiale et 18,3% par rapport aux résultats de 2011 outre un déficit commercial de 6%.
 

Le gouvernement actuel prévoit la réalisation d’une croissance du PIB de 3,5% avec une moyenne du prix du baril de pétrole établie à 100 dollars (comme prévu par la loi de finances initiale) ainsi qu’un taux de change du dollar à 1,5 dinar au lieu de 1,42 dinar. investir

 

 

____________________________________________________________________________________

Une loi de finances complémentaire « hypothétique » ?  


 

Une loi de finances complémentaire arrive souvent dans des circonstances exceptionnelles pour répondre à des objectifs bien précis. Le projet de cette loi de finances vient d’être approuvé par le gouvernement actuel et devrait soumise au vote de l’Assemblée constituante pour approbation finale. Le nouveau texte contient de nouvelles mesures et dispositions fiscales qui devraient être examinées par l’ANC. En attendant cette échéance, une première lecture du projet en question donne à penser qu’il s’agirait d’une loi de finances conventionnelle dont on ne pourra attendre que peu de nouveautés.


Il y a d’abord lieu de rappeler dans ce cadre que l’Assemblée nationale constituante a adopté fin 2011, le budget de l’Etat et la loi de finances 2012, tels que préparés par l’ancien gouvernement en attendant que le gouvernement actuel fixe ses priorités en matière de développement économique.


Le projet de loi de finances complémentaire repose essentiellement sur un ensemble d’ hypothèses, à savoir d’un taux de croissance de 3,5%, un prix de baril de pétrole équivalent à 110 dollars et un taux de change du dinar vis-à-vis du dollar estimé à 1,5 dinar au lieu de 1,42 prévu initialement.


Selon cette mouture de la loi complémentaire, les ressources de l’Etat seront augmentées à hauteur de 25401MD, soit une hausse de 2466MD par rapport au budget initial et de 4519MD par rapport au budget de 2011.


Les recettes fiscales s’élèveront à 15066 millions de dinars contre 13814 MD prévus dans le budget initial, soit une hausse de 1252MD et une augmentation hausse équivalente à 1398MD par rapport au budget de l’Etat pour l’année 2011. Les recettes non fiscales atteindront, pour leur part, 4578MD, enregistrant une amélioration de 2248MD prévus initialement et une amélioration de 1626MD par rapport au budget de l’année dernière.


Cependant, le montant de 4578MD parait difficilement réalisable, vu la conjoncture économique que connaît actuellement la Tunisie. En effet, selon le scénario de la loi des finances complémentaire, les recettes de confiscation paraissent relativement gonflées voire même multipliées par 3% pour atteindre 1200MD contre 400 MD mentionnés dans le budget initial. Les recettes de privatisation ont été également amplifiées pour passer de 100MD à 1000MD, soit une multiplication par 10. De plus, le budget mise aussi sur 600MD de dons extérieurs contre 172MD prévus dans le budget initial. Rappelons qu’habituellement, le montant des dons extérieurs a souvent tourné autour de 100MD en moyenne.


Du côté des dépenses, elles sont réparties de la manière suivante : les dépenses courantes s’élèvent à 14787 MD, soit une hausse de 1247MD prévue initialement et une hausse d’environ 2229MD par rapport à 2011. Par ailleurs, les dépenses de développement s’élèvent à 6400MD, soit une hausse de 950MD par rapport à la dernière loi où le chiffre a été fixé à 5200MD. Un montant de 1000MD sera alloué aux nouveaux investissements, un montant qui demeure relativement faible si on tient compte des nombreuses revendications en matière de développement régional. La part allouée à l’emploi s’élève à 511MD et celle aux logements sociaux est équivalente à 100MD.


Il résulte de tout cela un déficit budgétaire en hausse atteignant 4568MD, soit l’équivalent de 6,6% du PIB. Rappelons à cet égard que le déficit ne représentait que 3,8% en 2011 et 1,3% du PIB en 2010. En outre, le taux d’endettement s’élève à 45,9% du PIB pour le budget complémentaire alors que le budget initial a prévu 46,2%, et qu’en 2011, ce ratio a atteint à 43,6%.


A ce propos, il faut rappeler que la Tunisie a réussi par le passé à maîtriser son taux d’endettement pour le limiter notamment à 40,5%, en 2010.

Khadija Taboubi

source africanmanager

 

 

 

________________________________________________

 

Mais pourquoi la Tunisie est-elle si courtisée ?

  Ils sont nombreux à lui faire la cour. Venus d’un peu partout. Le dernier en date a été Abdallah Gül, le Président turc, dont la présence récente à Tunis a duré trois jours, alors qu’Erdogan, son chef du gouvernement, avait été l’un des premiers à y mettre les pieds peu après la révolution du jasmin. La Tunisie est devenue en quelques semaines l’une des destinations préférées de la diplomatie internationale, surtout moyen-orientale.

  Les turcs ne sont pas les seuls à s’y être précipités. Le Qatar a été très actif avec de nombreuses visites et promesses d’aides de la plupart de ses hauts dirigeants. L’Arabie Saoudite et d’autres représentants des Emirats Arabes également, mais avec plus de discrétion, à l’image de la France et son ministre des affaires étrangères, ou bien de la Grande Bretagne et de l’Allemagne.

  Par contre, plaidant depuis peu en faveur d’un « islamisme modéré » dans la région, les Etats Unis d’Amérique ont fait fort. A l’issue des récentes et premières élections libres vécues par la nation nord-africaine, le parti vainqueur, Ennhada, a dépêché en grande pompe à Washington (par le passé il avait été interdit aux USA) son leader Rached Gannouchi de son vrai nom Kheriji.

  Dans le même temps, ou presque, deux sénateurs yankees, des républicains, dont l’ancien candidat à la présidence des States, John Mac Cain, sont venus séjourner du côté de Carthage. Le premier d’entre eux a même été jusqu’à offrir au petit état de l’aider à former et équiper son armée et sa police. (Tiens, tiens, cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose de tricolore ? Et rien du côté de l’Egypte où ou une ONG démocrate US a donné des cours de politique ?). Ce n’est pas tout. La secrétaire d’état Hilary Clinton a séjourné à Gammarth, banlieue chic de Tunis, afin de participer à la « Conférence des Amis de la Syrie » (qualificatif pour le moins paradoxal).

  Il n’y a que l’Europe dont la France notamment qui, dans ce domaine de la courtoisie ou intérêt diplomatique, ait fait preuve jusqu’à présent de bien peu d’empressement. Et pourtant à bien connaitre le peuple tunisien, il est évident que celui-ci est dans sa grande majorité beaucoup plus proche de l’Europe du Sud, géographiquement ainsi que culturellement, et de la France principalement, que des lointaines Arabie et Amérique (1).

 Pourquoi donc un tel engouement moyen-oriental et américain ? Par souci géopolitique ? A cause de la maturité des élites tunisiennes, guère belliqueuses de surcroît ? Certainement pour ces deux raisons mais aussi probablement pour une autre hypothèse de poids, à savoir que le sous sol du pays, sur terre comme en mer, renfermeraient des richesses insoupçonnées de pétrole et gaz ?

 C’est du moins ce que vient de confirmer une source proche des sociétés étrangères en recherches géologiques, actives depuis toujours dans le pays qui abrite déjà de petits gisements d’or noir (70.000 barils jour environ), accréditant ainsi une rumeur qui courait depuis plusieurs semaines. Selon ces mêmes sources, des réserves, surtout en gaz, dans les eaux territoriales, entre Hammamet et Sousse, beaucoup plus importantes et de bien meilleure qualité que celles du Qatar, auraient été découvertes il y a plusieurs mois, avant la révolution, et gardées secrètes depuis par les pétroliers, clients des sociétés concernées.

  Cette information pourrait en outre expliquer, les propos tenus récemment dans ce sens, sans trop de précisions toutefois, par un haut responsable algérien du secteur disant que d’importantes découvertes avaient été faites en Tunisie. Tout comme les grands travaux d’équipement entamés dans le pays sous l‘ancien régime, voilà des années, avec des capitaux venus des états du Golfe dont le Qatar et de la Turquie justement.

  Alors que la Tunisie peuplée sur son petit territoire, d’une dizaine de millions d’individus, passait pour une nation sans aucune grande richesse minière, hormis les phosphates, et de ce fait sans un avenir économique d’envergure, voilà qu’elle avait commencé à se doter récemment d’équipements pour le moins gigantesques tous lancés et quelquefois terminés sous l’ancien régime, au détriment de la modernisation de régions déshéritées ou même de villes moyennes côtières.

  Deux énormes chantiers ont été ainsi entrepris à Tunis même et ses abords. Primo, dans la capitale où il est prévu que l’ancien port de commerce, désaffecté, et en cours de démolition, tout comme un quartier mitoyen, connu depuis toujours sous le nom de « la petite Sicile » pour avoir abrité par le passé une population d’artisans d’origine italienne, doivent laisser la place à une immense marina entourée d’immeubles et surtout à une tour d’une vingtaine d’étages de…bureaux. Puis, la poursuite de l’aménagement des terres gagnées au Nord de la ville, sur une lagune en partie asséchée. Sur des dizaines d’hectares, immeubles, bureaux, sièges de sociétés, grandes surfaces, hôtels, ont poussé et continuent de pousser comme des champignons sans pour autant connaitre une activité débordante et une occupation populaire importante. C’est là qu’est prévue l’installation d’un vaste centre d’entrainement sportif international de haut niveau et que l’ambassade des Etats Unis d’Amérique s’est plantée il y à peu, sur des milliers de mètres carrés à l’écart de toute autre construction en un complexe de bureaux et appartements étroitement surveillés et protégés. (2)

  Auparavant, une cité avait vu le jour, au-delà de la zone touristique d’Hammamet, le long de la mer. Baptisée Hammamet Yasmina, aujourd’hui terminée mais semi déserte en dehors de l’été, elle comprend, port de plaisance, médina, parc d’attractions, hôtels de standing mais aussi de nombreux immeubles d’habitation et de bureaux, ainsi que des villas qui laissent entendre que la vocation de la bourgade n’est peut-être pas seulement touristique. D’autant qu’ à moins d’une vingtaine de kilomètres, dans un espace quasi désertique, à Enfidah, une société turque a construit et exploite, un aéroport international capable de gérer sept millions de passagers par an. Dans le même temps, sur la côte toute proche, un projet de port…en haute mer, capable donc d’accueillir les gros tankers et méthaniers en eau profonde, qui avait été lancé voilà plusieurs mois, redevient d’actualité.

  Il est vrai que dans le golfe d’Hammamet justement, un petit gisement de pétrole avait été découvert, et c’est dans cette zone, c'est-à-dire dans les eaux territoriales de la Tunisie, qu’une énorme réserve de gaz naturel d’une excellente qualité aurait été détectée.

 Devenue riche, entre la Lybie actuellement en reconstruction et l’Algérie, encore hermétique, la Tunisie, créditée, chez ses hommes d’affaires, d’un savoir faire commercial et économique à la « libanaise d’antan », ferait-elle de la côte sud de « Mare Nostrum », à quelques encablures de l’Europe, un nirvanas aussi important sinon plus important que la lointaine Arabie et ses voisins ? 

 Chi lo sa ou Inch’Allah ! (Va savoir ou Si Dieu le veut !)

____________ 

(1) MM. Ghannouchi et Marzouki, le chef d’Ennadha et l’actuel Président de la République ont étudié (la philosophie pour l’un la médecine pour l’autre) et travaillé en France pendant plusieurs années. Tous deux reviennent d’exil, Londres pendant 10 ans pour l’un et autant pour le second à Paris, après avoir été condamnés en Tunisie, l’un pour son « activisme » religieux et l’autre pour sa défense têtue des droits de l’homme.

(2) Pendant longtemps, la Tunisie aurait abrité une base importante de la CIA et des Services secrets français, chargés de rayonner sur toute la région. Il est fort probable que ces antennes soient toujours en exercice.  agoravox

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : thala solidaire.over-blog.com
  • : ThalaSolidaire est dédié à la ville de Thala, ville phare de la Révolution tunisienne. Thala est une petite agglomération du centre-ouest de la Tunisie. Elle est connue pour son histoire antique, ses sources, ses carrières de marbre, devenues une sorte de tragédie écologique et économique, sa résistance et sa misère. Thala solidaire a pour objectif de rassembler toutes les voix INDIGNÉES pour donner à cette terre ainsi qu'à toutes autres terres un droit à la vie et à la dignité…
  • Contact

Recherche

Vidéos

Catégories