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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 04:24

 

 

 

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Béji Caïd Essebsi reçu par Laurent Fabius au Quai d'Orsay

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'ancien Premier ministre et leader de Nida Tounes Béji Caïd Essebsi a été reçu, hier en fin d'après-midi, au Quai d'Orsay, par Laurent Fabius, ministre français des Affaires étrangères.

 La rencontre s'est déroulée en présence de notamment de Taieb Baccouche, secrétaire général de Nida Tounes (Appel de la Tunisie) et de Mahmoud Ben Romdhane, l'économiste qui a rallié récemment Nida Tounes.

Au centre des discussions, l'impulsion des relations économiques et politiques entre la France et la Tunisie et la situation dans le pays après les élections du 23 octobre 2011. kapitalis

 

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 18:39

Une conversation privée entre Béji Caïd Essebsi et Hamadi Jebali fuite sur le Net

 

Une conversation privée entre l'ex-Premier ministre Béji Caïd Essebsi et son successeur à La Kasbah, Hamadi Jebali, a été publiée sur le site d'information Nawaat ce jeudi 18 octobre, près d'un an après la date de cette conversation.

Les faits remontent à la cérémonie de passation de pouvoir entre Caïd Essebsi et Jebali au palais du gouvernement, le 26 décembre 2011. En "off", les deux derniers chefs de l'exécutif ont notamment parlé de la composition du gouvernement de la troika, de l'affaire Persépolis, et du Qatar.

 

Morceaux choisis sélectionnés par Nawaat : 

 

  • 2m25 : Béji Caïd Essebsi affirme qu'il n'a pas touché au compte courant à la disposition du Premier ministre, ajoutant Tu trouveras l'autre somme qu'il m'a laissé" ("il" en référence au prédecesseur de Caïd Essebsi, Mohamed Ghannouchi ?").

 

  • 3m12 : Hamadi Jebali propose à Béji Caïd Essebsi de soutenir son équipe gouvernementale.

 

  • 7m05 : Béji Caïd Essebsi parle avec ironie à son interlocuteur de l'ancien ministre de l'Intérieur, Farhat Rajhi. "Ils lui ont volé son manteau et l'ont tabassé" a dit BCE.

 

  • Selon ce dernier, Farhat Rajhi était entouré de "gens du POCT" (ancien nom du Parti des travailleurs, dirigé par Hamma Hammami), et la militante des droits de l'Homme Sihem Bensedrine serait intervenue dans les affaires de l'Etat. 

 

  • Béji Caïd Essebsi s'est dit fier d'avoir maltraité l'avocate et militante Radhia Nasraoui, qui serait sortie en pleurs de son bureau à La Kasbah. Hamadi Jebali a répondu à cette confidence par un rire.

 

  • 9m31 : Hamadi Jebali demande à Béji Caïd Essebsi son avis sur les priorités du moment, ce à quoi ce dernier a répliqué par "On met les salafistes sur votre compte, mais je sais que vous êtes innocents".

 

  • Le président de Nida Tounes a également conseillé à Hamadi Jebali de régler la situation de Nabil Karoui, directeur général de Nessma TV, qui faisait à l'époque l'objet d'une plainte pour la diffusion du film Persépolis. BCE a également mis en garde son successeur contre les "relations" de Nabil Karoui. "Tu ne peux pas voir qui roule pour lui (...) Il est plus appuyé de l'extérieur que de l'intérieur. Je les connais" a déclaré BCE.

 

  • 11m44 : Béji Caïd Essebsi critique les déclarations du ministre de l'Enseignement Supérieur, Moncef Ben Salem, sur Bourguiba, et souligne qu'il est intervenu auprès d'un des prédecesseurs de Ben Salem pour régler la situation de ce dernier après une médiation effectuée par Mustapha Filali.

 

  • 14m25 : Béji Caïd Essebsi confesse avoir refusé un prêt du Qatar avec un taux d'intérêt de 4.5% après que Doha ait revu ses prétentions à la hausse. Le taux d'intérêt intial était de 2.5%.

 

  • 19m30 : Béji Caïd Essebsi révèle que Ben Ali a reçu de l'argent de la part de l'ancien président irakien Saddam Hussein, ce qui a provoqué des tensions entre la Tunisie et le Koweït.

 

  • 20m51 : BCE avoue qu'il n'y a pas de volonté réelle de demander l'extradition de Ben Ali vers la Tunisie, tout en reprochant à l'Arabie saoudite de ne pas avoir répondu à la demande. L'extradition de l'ancien Premier ministre Baghdadi Mahmoudi a également été évoquée.

 

  • 21m47 : Selon le président de Nida Tounes, l'émir saoudien Nayef Ibn Abdelaziz a tenté d'intervenir auprès de la Tunisie pour obtenir la libération de l'ancien ministre de l'Intérieur, Abdallah Kallel. La même demande a été formulée plus tard par le chef de la diplomatie saoudienne, Saoud al-Faisal.

 

  • 27m20 : Alors que Béji Caïd Essebsi condamne les déclarations de Moncef Marzouki sur Baghdadi Mahmoudi, Hamadi Jebali lâche : "Cela ne concerne pas Monsieur Marzouki (...) Il n'a rien à dire et rien à faire (dans cette affaire)". shemsfm

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Dialogue privé entre Esebssi et Jebali 

 

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Fuite d’une conversation privée entre Béji Caïd Essebsi et Hamadi Jebali

 

Publiée par le site « Nawaat », un enregistrement audio entre l’ancien Premier ministre, Béji Caïd Essebsi, et son successeur, Hamadi Jebali, à La Kasbah, daté selon toute vraisemblance du jour de la passation entre les deux hommes, fin décembre dernier, offre de nombreuses révélations importantes. 
Dans cet enregistrement de 40 minutes, Béji Caïd Essebsi commence par affirmer à son interlocuteur, que son souhait était que ce dernier réussisse dans sa mission : « Si vous ne réussissez pas, nous ne réussissons pas avec vous », affirme-t-il. 
Il prévient, également, Hamadi Jebali du fait que son travail ne sera pas aisé, et que de nombreuses difficultés l’attendent.

En évoquant le budget propre au Premier ministre, servant pour des dépenses diverses, BCE affirme qu’il n’a pas touché à cette caisse. Une coupure est constatée au moment où le dialogue a trait à ce sujet, avant que Hamadi Jebali n’assure à BCE qu’il est de son devoir de lui assurer le maintien de ses conditions matérielles, BCE lui rétorquant de ne pas s’en faire pour lui. 

Dans la suite de la conversation, plusieurs noms sont évoqués, notamment ceux de Farhat Rajhi, ancien ministre de l’Intérieur, Sihem Ben Sedrine ou encore Radhia Nasraoui. Concernant M. Rajhi, BCE déclare : « c’est une catastrophe ». « Il ne pouvait pas faire face à sa fonction, on lui a volé son manteau, il s’est pris une raclée », souligne-t-il, avant de s’en prendre à Madame Ben Sedrine, qu’il qualifiera de « malade », puis à Radhia Nasraoui et au Poct, qu’il futigera allègrement, tout cela ponctué par les rires de Hamadi Jebali. 

BCE évoquera, par la suite, les obstacles auxquels devront se confronter les islamistes au pouvoir, les mettant en garde contre la mouvance salafiste : « Que vous le vouliez ou non, les exactions des salafistes vous seront imputées », déclare-t-il. Et d’ajouter au sujet de l’affaire Persepolis : « Nabil Karoui a sorti un film qui était autorisé par l’Etat tunisien, il s’est retrouvé en danger, avec un procès sur le dos, ce n’est pas normal, il faut trouver une solution ». 

Béji Caïd Essebsi évoquera, en outre, le choix de Moncef Ben Salem, en tant que ministre de l’Enseignement supérieur, un choix qu’il juge inopportun au regard des précédentes déclarations de Moncef Ben Salem. « On lui a reproché ses propos au sujet de Habib Bourguiba comme quoi il était juif. On est avec vous à ce sujet, entre parenthèses vous êtes notre grand frère et notre père, et on a prévenu Moncef Ben Salem de la gravité de ses propos », se justifie Hamadi Jebali. 

Béji Caïd Essebsi et Hamadi Jebali s’entretiendront longuement, par la suite, des relations étrangères, évoquant le Qatar, l’Arabie Saoudite, la France, le Koweït… 
S’il défend l’importance du Qatar et des Emirats Arabes Unis pour la Tunisie, BCE émet une réserve à l’encontre de l’Arabie Saoudite, notamment par le refus du Royaume d’extrader Ben Ali, mais surtout le fait que ce dernier ait ignoré cette demande. Il a également condamné les tentatives d’ingérence de l’Emir saoudien Nayef Ben Abdulaziz qui, selon lui, a essayé d’intervenir dans la libération de Abdallah Kallel, confirmant ainsi les informations qui avaient, à l’époque, circulé à ce sujet. 

Revenant sur la question de l’extradition de Baghdadi Mahmoudi, BCE a regretté les déclarations du président de la République, Moncef Marzouki. Hamadi Jebali lui répond à ce sujet que M. Marzouki n’a pas les prérogatives pour interférer dans ce dossier, et BCE de répondre : « Il n’a pas le comportement adéquat ». « Cela ne le regarde pas, ni dans les faits, ni dans la forme », rétorque l’actuel Premier ministre. Les deux interlocuteurs poursuivront par la suite leurs critiques à l’encontre de Moncef Marzouki. 

La qualité du son de l’enregistrement, en particulier les dernières secondes, dans lesquelles Béji Caïed Essebsi boit une gorgée d’eau, laisse penser que le micro qui a servi à cet enregistrement, se trouverait sur lui. La voix de BCE, dans tous les cas, est plus nette que celle de Hamadi Jebali. Les questions qui se posent, à présent, sont celles de l’identité de la personne qui aurait fait fuiter cet enregistrement et à qui profite ladite fuite ? businessnews

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15 septembre 2012 6 15 /09 /septembre /2012 19:52

La déclaration de Lazhar Akremi au Shems Fm


 

 

 

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Qui projette de tuer Béji Caïed Essebsi ?


 

Akremi ancien ministre de l’équipe BCE, et membre fondateur de Nidaa Tounes lance une « bombe » aujourd’hui sur les ondes de Shems FM.

Mr Akremi nous a confirmé lors d’un entretien téléphonique avec la salle de rédaction de TunisieNumerique, qu’il y a actuellement un complot en cours en vue d’assassiner Béji Caïed Essebsi !

Il serait en possession d’informations crédibles parvenues à certains « amis de la Tunisie à l’étranger », concernant un complot qui se trame contre la personne de BCE. Il précise qu’il y aurait une personnalité du gouvernement actuel derrière ce complot, et que la responsabilité de cet acte lourd de conséquences serait mise sur le compte de « groupes salafistes djihadistes ».

Lazhar Akremi rappelle que ces derniers jours, nous remarquons une multiplication des appels à l’éviction de BCE de la vie politique, ou carrément à son élimination physique.tunisienumerique

 

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Caid Essebsi visé par un assassinat selon Lazhar Akremi


Mohamed Lazhar Akremi, membre de Nidaa Tounes, a déclaré ce samedi 15 septembre, que des sources étrangères «amies» lui ont indiqué qu’une tentative d’assassinat visant Béji Caïd Essebsi avant le 23 octobre, était en cours de préparation. M. Akremi précise que selon sa source, les salafistes djihadistes seront désignés comme responsables.


Ces révélations explosives ont été faites sur les ondes de la radio Shems FM. M. Akremi, ancien ministre délégué chargé des réformes auprès du ministère de l’Intérieur, a par ailleurs précisé que selon ses «sources crédibles», l’opération serait même «supervisée par une personnalité du gouvernement». Des déclarations particulièrement graves, donc, dans un contexte sécuritaire déjà pour le moins troublé.


Mohamed Lazhar Akremi a rappelé que «les appels au meurtre de Béji Caïd Essebsi se sont multipliés au cours des dernières manifestations, et ce alors que la protection fournie à l'ex-Premier ministre lui a été enlevée il y a quelques mois». M. Lakremi a souligné que certains hebdomadaires relevant de personnalités notoirement corrompues ciblaient également Caïd Essebsi.


Mohamed Lazhar Akremi a averti que «la Cour Pénale Internationale reste disponible dans le cas où certains viseraient d’importantes personnalités tunisiennes». mag14

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 03:14

L’Appel de Tunisie de Béji Caïd Essebsi

 

 

Moins de trois mois après avoir lancé son initiative du 26 janvier 2012, et qui a fait émerger une nouvelle dynamique politique, notamment au niveau des partis dits progressistes, démocrates et modernistes, Béji Caïd Essebsi a lancé, aujourd’hui vendredi 20 avril 2012, la suite de cette initiative sous l’intitulé : «L’Appel de Tunisie ».

Après avoir rappelé qu’à la suite des élections du 23 octobre 2011, la Tunisie vit une nouvelle étape transitoire, marquée par les trébuchements et l’apparition d’indices inquiétants d’extrémismes et violences menaçant les libertés publiques et individuelles ainsi que la sécurité des citoyens, l’Appel met l’accent sur la nécessité de redynamiser les mécanismes de dialogue et du consensus afin de réaliser les objectifs de cette seconde phase provisoire dont notamment l’élaboration de la Constitution, l’organisation des prochaines élections et l’instauration d’un véritable système démocratique et pluraliste dans un Etat civil.

Le même Appel affirme que les forces nationales et démocratiques, prônant les réformes et la modernisation, sont appelées à impulser le processus démocratique et à le placer dans la bonne direction de manière à constituer une base de dialogue entre toutes les parties dont le gouvernement provisoire actuel, et ce sur la base de plusieurs principes dont notamment :

-La nécessité pour la Constituante de délimiter officiellement et avec précision la durée de son exercice pour l’écriture de la Constitution, d’entamer immédiatement les préparatifs des prochaines élections dans les délais impartis.


-La mise en place d’un plan de sauvetage de l’économie nationale, fondé sur le consensus afin de recouvrer la confiance des citoyens, de restaurer la sécurité et la stabilité dans l’objectif d’encourager la production, le développement et les investissements. Il s’agit, in fine, de créer davantage de postes d’emploi et de freiner la détérioration du pouvoir d’achat du citoyen.

-Au plan social, nécessité d’accorder un intérêt accru aux jeunes et d’établir un plan urgent en faveur des catégories et des régions précaires sur la base de l’équité sociale et de la solidarité nationale.


-Le lancement, dans un cadre de consensus national, du processus de la justice transitionnelle avec des objectifs bien déterminés à travers un mécanisme indépendant pour traiter les violations du passé et de demander des comptes à leurs auteurs tout en dédommageant les victimes, de manière à ce que ces drames du passé ne se reproduisent plus.


-La rupture avec les dangers d’un retour à l’interférence entre l’appareil de l’Etat et les appareils des partis au pouvoir tout en garantissant la neutralité de l’administration de façon à ce que le choix des responsables se fasse sur l’unique critère de la compétence et à ce que cesse immédiatement les nominations dans les hautes fonctions de l’Etat sur la foi des allégeances.


-La neutralité des mosquées tout en mettant un terme au phénomène des milices et en évitant tout retour à la dictature.


-La sauvegarde des libertés collectives et individuelles acquises et les prémunir de toutes les éventuelles violations et menaces, et ce aussi bien pour la liberté de la presse, d’expression et d’organisation tout en préservant les acquis modernes pour la société tunisienne et en premier les droits de la Femme.


-L’application de la loi de façon à prévenir les dangers du terrorisme qui menacent la sécurité sociale et les intérêts nationaux et internationaux de la Tunisie.


-La consolidation du rôle de la Tunisie au niveau international en évitant l’alignement sur aucun axe étranger et en se conformant à la neutralité positive dans le cadre des principes de respect des droits de l’Homme, des peuples et des conventions internationales y afférentes.

Dans le cadre des principes énoncés dans cet Appel et de la réaffirmation de l’Initiative lancée par Béji Caïd Essebsi, un Comité provisoire d’action et de suivi a été formé par plusieurs personnalités nationales, parmi lesquels on ne signale aucun nom d’ancien RCDiste. businessnews

 

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L'appel de Béji 

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 Moncef Marzouki au Qatar : le rêve à défaut de pouvoir

 

Mohammed Moncef Marzouki, ayant des prérogatives limitées, s’en presse à chaque fois de prendre part aux sommets internationaux. Le président provisoire de la République participe depuis le 21 avril à Doha (Qatar) à la 13ème édition de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) portant sur la mondialisation et les perspectives de son développement.

C’est l’occasion unique pour lui de monter au créneau et de se livrer à la rhétorique devenue habituelle, des projets aussi utopiques que rébarbatifs. C’est ainsi qu’il est revenu sur sa volonté de consolider les liens avec le Qatar, en avançant l’argument de la posture stratégique qu’occupe la Tunisie lui permettant d’attirer les investisseurs tous azimuts.

Notre président a saisi cette opportunité pour rejeter en bloc la rumeur récalcitrante relative à l’intervention du Qatar dans les affaires de la Tunisie, idée sans fondement, à ses yeux, car la Tunisie est « un pays libre et indépendant. »

Outre les projets d’investissement en matière de tourisme, de construction et d’énergie, avec le pays « frère », Moncef Marzouki a caressé le rêve de voir se réaliser dans les prochaines années un dessein qui lui tient à cœur : celui de l’union des peuples arabes. Si cet idéal n’a jamais pu être réalisé, c’est par ce qu’un certain nombre de pays étaient gouvernés par des despotes. Le Qatar ne fait certainement pas partie de ces pays, laisse entendre le Chef de l’État. Comprendra qui voudra.

Au chapitre de la situation que connaît le pays depuis l’avènement de la Troïka au pouvoir, M. Marzouki a mis l’accent sur les efforts considérables déployés par l’exécutif, sans omettre de souligner l’attitude hostile de l’opposition qui ne fait qu’entraver l’action du gouvernement. Il a mis au défi tout gouvernement qui pourrait faire mieux. L’opposition se serait heurtée aux mêmes difficultés que connaît l’équipe de Hamadi jebali. C’est dire selon lui la complexité de la situation qui prévaut dans le pays. Comme tous les membres du gouvernement, Moncef Marzouki a fait allusion aux médias qui manquent d’impartialité dans le traitement des informations. Décidément lorsqu’on manque d’argument, la voie la plus facile est de mettre en cause les médias.

De proche en proche, il apparaît que les discours du président de la République surfent sur les mêmes motifs, dominés toujours par ce manichéisme navrant : le gouvernement mène une action louable, en face l’opposition se dresse en force d’hostilité. Il reste que les beaux discours continuent à tourner à vide. Pour preuve, sa déclaration à Doha inhérente à l’affaire des salafistes qui « se réglera par la loi et le dialogue » a-t-il précisé.

À l’évidence, lorsqu’on en vient à manquer de prérogatives et de pouvoir, il ne reste que les beaux discours et les rêves… Aujourd’hui plus personne n’est dupe des mirages qu’on lui fait miroiter. webdo

 

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Conférence de Moncef Marzouki, Qatar

 

 

 

 

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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 05:19
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16 septembre 2011 5 16 /09 /septembre /2011 06:48

Adoption d'une déclaration sur la transition démocratique

  
 
TUNIS (AP) — Douze partis membres de la haute instance chargée des réformes politiques en Tunisie ont signé jeudi un important document, intitulé "Déclaration sur le processus de transition", destiné à faire aboutir dans des conditions favorables l'échéance électorale du 23 octobre prochain.
Les Tunisiens sont appelés dans un peu plus d'un mois à élire une assemblée constituante pour remplacer celle en vigueur sous le régime de l'ancien président Zine el Abidine ben Ali, plusieurs fois amendée sur mesure.
Dans ce document, les partis signataires, dont le mouvement islamiste Ennahdha et le parti démocratique progressiste (PDP) donnés favoris par les sondages d'opinions, s'engagent à faire en sorte que la date des élections soit irréversible.
Ils s'accordent, en outre, pour que le mandat de la future constituante, objet d'une vive polémique sur la scène politique, ne dépasse pas une année.
Selon ses partisans, la limitation de la durée du mandat de la constituante vise à mettre en place, dans un délai raisonnable, des institutions issues du suffrage universel et à mettre fin au plus tôt à l'instabilité, facteur de dérives sécuritaires notamment.
Isolé, le Congrès pour la république (CPR), une formation dirigée par le Dr Moncef Marzouki, absent lors de la cérémonie de signature du document, suggérait, lui, un mandat étalé jusqu'à quatre ans.
La déclaration comporte par ailleurs un engagement à un code de conduite des partis et des candidats pour se conformer au respect des concurrents et assurer la neutralité des lieux de prière, ainsi que des établissements éducatifs et administratifs, pour qu'ils ne servent pas d'espaces de propagandes électorales: un clin d'oeil à Ennahdha entre autres.
Elle prône un concept souple pour le transfert des pouvoirs directement après l'élection de l'assemblée constituante. Les fonctions du président intérimaire et du gouvernement transitoire actuels devront prendre fin aussi tôt que l'assemblée aura élu un nouveau président et qu'un nouveau gouvernement aura été mis en place.
Initiateur du document, le président de la haute instance, le juriste Yadh Ben Achour, a fait valoir que "l'entente est le seul moyen de progresser, surtout que le pays passe par une période transitoire difficile".
La présidente du PDP, Maya Jribi, a quant à elle salué l'adoption de cette feuille de route, la qualifiant de "moment historique, malgré nos divergences". AP
 
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مبادرة إعلان للمسار الانتقالي في تونس

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Erdogan en mission de séduction en Tunisie

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Quelques heures après son arrivée à Tunis, Recep Tayyip Erdogan, Premier ministre de la Turquie, a rencontré les médias au Palais du gouvernement de la Kasbah. Par  Zohra Abid


M. Erdogan, qui s’est voulu plutôt rassurant quant à l’avenir des deux pays, n’est pas venu tout seul. Il est accompagné d’une délégation de plus de 200 hommes d’affaires sans compter le vice-premier ministre chargé des Affaires extérieures, les ministres des Affaires étrangères, de la Défense, des Ressources naturelles et de l’Energie, de l’Economie et du Transport. A voir seulement l’importance de la délégation, on comprend que les Turcs ont voulu que cette visite marque un tournant historique dans les relations entre la Turquie et la Tunisie, mais aussi avec les pays arabes libérés de la dictature.

Le pays de Kamel Atatürk, qui a soutenu la Tunisie pendant la révolution du 14 janvier, a de grandes ambitions pour notre pays. Plus que de donner un coup de pouce à un pays qui traverse  une très mauvaise passe, la Turquie veut renforcer son partenariat avec la Tunisie dans tous les domaines. Un traité d’amitié et de coopération vient d’ailleurs d’être signé. On peut même s’étonner qu’on ait attendu si longtemps pour le faire, tant les deux pays ont des affinités, et pas seulement historiques.

 

«Islam et démocratie ne sont pas contradictoires»

M. Erdogan a rappelé les bonnes relations qui lient depuis toujours les deux peuples si proches. «Nos peuples se ressemblent tant. Nous avons en Turquie un village portant le nom de Tounssyia. Nos drapeaux se ressemblent par la couleur, le croissant est le même et l’étoile est la même étoile», a-t-il lancé à un parterre de journalistes du monde entier. La salle de conférence avait du mal à contenir tout ce beau monde. Faute de place, les douze rédacteurs en chef de journaux turcs n’ont pas pu y assister.

Le Premier ministre sait que la Tunisie pourrait basculer dans le camp des islamistes d’Ennahdha et que beaucoup de Tunisiens s’en inquiètent. C’est pourquoi il a tenu à rassurer en citant le modèle de la Turquie, un pays démocrate, laïc, social et de droit. «La Tunisie pourrait devenir un Etat de démocratie tout en étant un pays majoritairement peuplé de Musulmans», a-t-il dit. Et de préciser, afin d’être bien compris : «L’individu peut ne pas être laïc. Mais l’Etat doit l’être. Et le Musulman pourrait diriger un Etat laïc, où toutes les religions sont traitées à pied d’égalité». Interrogé à propos d’Ennahdha, Erdogan s’est contenté de dire : «Nous respectons le choix du peuple tunisien». C’était là, on l’a compris, le principal message du jour, et il vaut son pesant de votes pour Ennahdha.

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Erdogan séduit et rassure les Tunisiens

«L’Islam et la démocratie ne sont pas incompatibles. Nous avons échangé les idées et on s’est arrêté sur cette vérité. Nous nous sommes mis d’accord pour lutter contre le terrorisme et l’extrémisme de droite ou de gauche», a enchéri Beji Caïd Essebsi.

 

La volonté du peuple se traduira par les urnes

Au programme du jour du chef du gouvernement turc, après l’entretien avec Foued Mebazâa, président par intérim, il devait rencontrer plusieurs chefs de partis. «Nous souhaitons qu’après les élections du 23 octobre, la Tunisie trouve son chemin et entre de plain pied dans la démocratie. C’est la volonté du peuple qui doit passer. Nous comptons sur nos frères tunisiens pour ouvrir la voie à des élections libres et transparentes et prouver au monde entier qu’ils sont sur la bonne voie», a-t-il souhaité. Selon lui, l’année 2012 sera une année marquée par les élections et la Tunisie doit démontrer aussi que la démocratie et l’Islam ne sont pas incompatibles, comme l’a démontré la Turquie avec 99% de Musulmans dans sa population. «Nous n’avons aucun problème. Si nous, nous y sommes arrivés, je ne vois pas pourquoi la Tunisie n’y arriverait pas», a-t-il insisté.

M. Erdogan a promis de soutenir n’importe quel parti choisi par le peuple. Pour ce, il a esquissé une feuille de route. Et c’est l’objet de sa visite. «La coopération de la Turquie va s’intensifier dans tous les domaines (politique, économique, social et touristique)», a-t-il rappelé. Et de poursuivre que son pays s’engage à œuvrer avec n’importe quel parti qui aura la majorité des voix dans la constituante et conduira le pays vers la démocratie.

 

Aux Tunisiens de montrer l’exemple
«Vous, les journalistes tunisiens et étrangers, avez couvert les événements de la révolution tunisienne. Grâce à vous, la révolution du jasmin s’est déplacée rapidement en Egypte, au Yémen, en Libye, au Bahreïn et en Syrie. Nous aurions souhaité que les révolutions ne se fassent pas dans le sang, mais par la réflexion et les élections», a-t-il rappelé. Et d’ajouter que, relativement, les révolutions en Tunisie et en Egypte, se sont soldées par de moindres dégâts. Il pense ici aux massacres et aux crimes de guerre commis dans les autres pays encore sous le joug de la terreur. 

«La Tunisie qui ressemble tant à la Turquie sera plus forte après les élections transparentes. Entre la Tunisie et la Turquie, une bagatelle de 1 milliard de dollars en échanges économiques, ceci est très peu et nous pouvons faire beaucoup mieux. Nous devons nous rapprocher plus et doubler d’efforts pour plus d’échanges commerciaux», a insisté le Premier ministre. A part, l’économie et l’industrie, un partenariat avec le ministère de la Défense n’est pas exclu.

 
 
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Le blogueur Azyz Amami tabassé pour une plaisanterie

Aziz Amami à Tunis le 17 février 2011 (Audrey Cerdan/Rue89).

Global Voices

Huit mois après la chute du régime Ben Ali, la police de Tunisie n'a pas encore mis fin à ses brutalités et violations de droits humains. Mercredi, le blogueur tunisien Azyz Amami (@Azyyoz) a été interpellé et passé à tabac par la police pour avoir raconté une histoire drôle de bananes en passant devant un poste de police. Il a été relâché le même jour.

Nul ne connaît la blague d'Amamy qui semble avoir irrité les agents de police. Ce que l'on sait, c'est que le Premier Ministre par intérim Beji Caid Sebsi s'est adressé à la nation la semaine dernière, disant que « 97% des agents de la Garde Nationale sont bons, et le reste sont des singes. »

Ces propos ont scandalisé les policiers, qui ont réclamé des excuses au Premier Ministre.

D'où peut-être la réaction brutale de la police à la plaisanterie d'Amami.

 

Liliopatra rapporte :

« Cet après midi, 14 septembre 2011, soit 8 mois après la fuite du dictateur Ben Ali, la police continue à agir comme des voyous : Le militant Aziz Amami alias @Azyyoz a été arreté par la police parce qu'il aurait sorti une voyous sur les bananes devant un poste de police. Il a été emmené au poste de police rue Yougoslavie et il a été violemment tabassé.

 

Rappel : Aucune loi en Tunisie n'autorise la police à tabasser-violenter ou même insulter un citoyen même s'il est CRIMINEL. Merci de noter toute atteinte aux droits de l'homme de la part de la police hors la loi. »

 

L'agression d'Amami a indigné les internautes tunisiens, en leur rappelant une fois de plus que le combat pour la liberté de parole ne s'était pas terminé avec la fuite hors du pays de l'ex-président.

Voici quelques réactions sur Twitter :

@slim404 [compte de Slim Amamou, camarade d'Azyz, Secrétaire d'Etat pendnat quelques mois après la révolution] :

« Azyz @azyyoz vient de m'appeler. il est arrêté au poste de police rue Yougoslavie. Je vais le voir. »

 

« Les policiers disent qu'ils ont relâché @azyyoz. Son téléphone est occupé. »

 

@FaresAzzabi :

« D'après des pages Facebook @azyyoz est arrêté pour avoir sorti une blague sur les bananes devant un policier ! Qui confirme ? @Zinga_ @Slim404 »

 

@Beheeddine :

« j'espère que @azyyoz portera plainte contre ses agresseurs .. blague ou pas .. ils n'ont pas le droit de le toucher. »

 

@slim404 :

« Je viensd'avoir @azyyoz au teléphone. Il a ete relâché. Il s'est fait tabasser. Il va porter plainte. »

 

Capture_decran_2011-09-16_a_00.12.07.png

@emnamejri :

« j'aimerai savoir ce qu'était la blague d » @Azyyoz sur les bananes »

 

@The_Zabrat lui répond qu'il a simplement lancé devant le poste de police « aurais tu une peau de banane »…

Capture_decran_2011-09-16_a_00.11.17_0.png

En signe de solidarité avec son confrère blogueur, Insane a dédié un poème à Amami.

En voici un court extrait :

« Réveillez-vous policiers,

réveillez-vous camarades,

réveillez-vous agents publics :

nous ne sommes plus dans “l'ère du changement” (quand Ben Ali est arrivé au pouvoir il a ainsi qualifié son gouvernement, ndlr),

vous battez Azyz, vous aurez des Azyz par milliers ;

aujourd'hui nous décidons de notre destin. […]

Combien d'Azyz et combien de révolutions vous faut-il pour devenir humains ? »

 

Sur le site Fhimt.com, ce dessin plein d'humour, inspiré par René Magritte et Andy Warhol, résume l'absurdité de la situation :

thumb.jpg

Afef Abrougui · Traduit par Suzanne Lehn

photo : Azyz Amami en février 2011 à Tunis (Audrey Cerdan)

 
 
 
 
 
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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 03:51

En Sit-in, les forces de sécurité exigent des excuses de Béji Caïd Essebsi

 
 

Après le discours de mardi du premier ministre Beji Caid Essebsi, les agents de l’ordre sont en colère à cause des propos désobligeants avec lesquels il les avait désignés. Deux jours après leur première manifestation contre les conditions de travail,  à la place de la Kasbah, l’union des syndicats de la police a organisé, ce matin, un deuxième rassemblement devant les portes du ministère de l’Intérieur.

A 10 heures du matin de ce jeudi une centaine d’agents de l’ordre en civil ce sont réunis comme prévu sur l’avenue Habib Bourguiba à Tunis, portant des pancartes et scandant des slogans tels que « Nous sommes des hommes, des lions, nous ne sommes pas des singes », en réponse à ce qu’avait proféré le premier ministre à leur encontre deux jours avant. Les manifestants étaient séparés des passants par du fil barbelé, en présence de militaires et d’autres policiers en exercice qui assuraient la sécurité. Un agent de la Police secours, interrogé sur les raisons du sit-in, répond : «  Nous voulons que le Premier ministre formule des excuses officielles pour ce qu’il a dit dans son allocution à propos des policiers du syndicat. Trouvez-vous normal qu’on ait jeté à certains collègues des bananes et du kaki ?». 

Le premier ministre a dit que certaines personnes sont en train de monter la police contre ce qu’il croît être l’intérêt du pays, ne trouvez-vous pas qu’il dit vrai ? «Non ce n’est pas vrai. Personne ne nous monte. Nous voulons juste qu’on reconnaisse comme étant un corps qui a beaucoup travaillé pour faire réussir la révolution. Et puis qu’on ne nous mette pas à la tête de la garde nationale, un militaire qui ne sait pas gérer les situations difficiles alors qu’il a des avantages faramineux. Il n’a rien fait pour gérer les crises depuis qu’il est à son poste ».  Un autre agent pense, quant à lui, que « la plus grosse erreur » a été l’éviction de 42 cadres du Ministère de l’Intérieur, par Farhat Rajhi, lors de son passage à la tête dudit ministère : « Une bonne partie de ces personnes, étaient des personnes compétentes et valables. C’est une perte », dit-il.

Un peu plus tard, la foule des policiers protestataires, a fait le tour du bâtiment de leur ministère, surveillée de près par d’autres agents qui s’assurent qu’aucune personne étrangère ne puisse accéder au regroupement. Dans la foulée, un jeune homme, disant venu filmer pour mettre la vidéo sur Facebook, a été violement écarté par plusieurs agents en civil. Seules les personnes ayant des autorisations pouvaient accéder de près à la manifestation, " de peur qu'il n'y ait des infiltrés qui sèment la zizanie", dit un agent.

Source : http://www.gnet.tn/revue-de-presse-nationale/en-sit-in-les-forces-de-securite-exigent-des-excuses-de-beji-caid-essebsi/id-menu-958.html

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Source : http://www.kapitalis.com/fokus/62-national/5715-caid-essebsi-ennahdha-et-les-gros-enjeux-politiques-en-tunisie.html

Caïd Essebsi, Ennahdha et les gros enjeux politiques en Tunisie

La déclaration du Premier ministre Béji Caïd Essebsi au journal ‘‘Acharq Al Awsat’’ où il prédit à Ennahdha un score qui ne dépasserait pas les 20% des voix mérite qu’on s'y attarde.

Par Hamza Meddeb, Paris


Le fait que le Premier ministre, «provisoire » faut-il le rappeler, même s’il n’aime pas ce qualificatif, n’a pas à formuler ce genre de jugement est manifeste étant donné que le rôle de son gouvernement se limite à préparer ces élections et à diriger les affaires courantes du pays ; prérogatives qui supposent une attitude neutre face à l'effervescence préélectorale. 
Cette déclaration, qui sonne comme une petite phrase assassine, tant le Premier ministre semble apprécier l’art de la provocation, cache en réalité les vrais enjeux de ces élections. D’une part, M. Caïd Essebsi a parlé de 20% des voix, ce qui est difficilement concevable quand on connaît le poids de la mouvance islamiste. Ce que, du reste, semblent étayer les quelques enquêtes d’opinion sérieuses publiées jusque-là. D’autre part, et quel que soit le poids électoral du parti islamiste, 20% des voix ne veut pas dire 20% des sièges et la nuance est de taille.

 

Le gouvernement à la manœuvre 
Certes, la loi électorale adoptée limite considérablement le poids des partis pouvant se targuer d’une assise populaire importante à telle enseigne qu’il faudrait, au bas mot, rafler 50% des voix pour récolter le tiers des sièges, pour autant le premier ministre ne semble pas faire dans le lapsus. Et si cette déclaration n’a pas suscité une levée de bouclier massive dans le camp islamiste, elle n’est pas pour autant tombée dans l’oreille d’un sourd, si l’on croit le billet de Soumaya Ghannouchi sur sa page Facebook mettant en garde «tous ceux qui veulent jouer avec le feu». Mais à quoi joue M. Caïd Sebsi au juste ? 

La réponse n’est pas aisée tant la scène politique tunisienne ressemble à un théâtre d’ombres, où l’on a du mal à identifier les tendances, compte tenu des non-dits et des alliances occultes, malgré le vacarme médiatique et les déclarations tapageuses dont on nous gratifie périodiquement. 
Il est clair, toutefois, que depuis le compromis sur l’élection d’une assemblée constituante – qui était, faut-il le rappeler, une victoire remportée dans la rue – les manœuvres portent moins sur l’existence ou pas de cette assemblée que sur sa teneur et ses prérogatives. S’il a réussi à remettre en selle une partie des caciques du Rcd, à blanchir des figures compromises dans les affaires de corruption et d’enrichissement illicite, à éviter aux services de sécurité de rendre des comptes et à enterrer pas mal de dossiers compromettants en maintenant la justice aux ordres, M. Caïd Essebsi n’a pas encore réussi sa mission de restaurer un régime qu’on avait vite fait d’enterrer.

 

Ennahdha déjoue les pièges 
Après avoir échoué à remplacer la constituante par un référendum sur la constitution de 1959, le Premier ministre «provisoire» semble se résoudre à maintenir la date du 23 octobre face à la difficulté de reporter les élections une fois de plus, non sans rabattre sa dernière carte, aidé en cela par quelques partis. Il s’agit d’un référendum limitant les prérogatives de la constituante, la privant du coup d’un droit de regard sur le gouvernement et qui devrait de surcroît entériner la reconduction de l’actuel. En somme, il promet une constituante privée de prérogatives législatives et exécutives. Autant dire une chambre d’enregistrement chargée de scribouiller une constitution qui, à défaut de la formation d’une majorité, ce qui est peu probable vu le mode de scrutin, risque de ne jamais voir le jour. Or la principale force politique qui semble donner du fil à retordre au Premier ministre, est bien Ennahdha. Car jusque-là, celle-ci a joué plus ou moins juste. 

Il ne fait point de doute qu’en acceptant une loi électorale qu’elle jugeait pourtant illégitime, en se désolidarisant de la rue depuis le succès de la Kasbah 2, en acceptant le report des élections prévues initialement pour le 24 juillet et en réitérant son soutien au gouvernement provisoire, Ennahdha a donné des gages à ses adversaires et a réussi jusque-là à déjouer les pièges qu’on lui avait tendus, à commencer par le référendum, la révision de l’article 1 de la constitution, la parité homme-femme sur les listes électorales ou la loi sur le financement des partis. Et en se retirant avec fracas de la commission Ben Achour, en emportant dans son sillage l'essentiel des forces présentes, elle a réussi à ôter toute légitimité à celle-ci. 
Pour autant Ennahdha s’est gardée jusqu'à présent de jouer la rue. Car l’histoire a appris au mouvement islamiste à tempérer ses ardeurs et à chercher avant tout à légitimer sa présence dans l’arène politique institutionnelle via les urnes plutôt que de courir le pouvoir en mobilisant ses bases. Le crédo du mouvement semble être : la rue pour négocier pas pour gouverner… Pas pour le moment, en tout cas.

 

Constituante ou Instance Ben Achour bis?
Réussir ces élections est crucial pour un mouvement qui semble sûr de sa force mais soucieux d’exister dans les urnes et de prendre sa revanche sur trente années de répression. De sorte que si la constituante venait à être vidée de sa substance, cela reviendrait à contrecarrer Ennahdha et à tenir en échec la stratégie politique qu’elle a adoptée depuis la Kasbah 2. D’abord en lui faisant payer cher sa désolidarisation de la rue depuis la Kasbah 2, puisqu’elle s’est empêtrée, depuis, dans une stratégie attentiste qui risque de la desservir en termes de mobilisation électorale. Ensuite, en aggravant les conséquences du report des élections qu'elle s'est résignée à accepter au nom du consensus tout en sachant que cela risque de la freiner dans son élan et de la couper d’une partie de la jeunesse révoltée qui voit dans ces élections une comédie jouée par une partitocratie intéressée dont Ennahdha fait incontestablement partie. Enfin, en l’acculant à siéger dans une constituante sans réelles prérogatives, autant dire dans une commission Ben Achour bis, le Premier ministre la prive d’un pouvoir de décision que légitimerait son score dans les urnes, si tant est qu’il s’avère imposant, et l’empêche, de fait, de le convertir en force de frappe politique. 

Bien qu’elle ne parle pas officiellement au nom du parti fondé et dirigé par son père, Soumaya Ghannouchi a menacé de siffler la fin de la trêve en remobilisant la rue et en promettant une phase révolutionnaire qui ferait tomber le régime, moins de peur d’une falsification des résultats des élections, ce qui est peu vraisemblable, que par refus de siéger dans une assemblée de castrats sans réel pouvoir. Car, dans ces conditions, le pouvoir de décision demeurera ailleurs... dans le théâtre d’ombres. 
A M. Caïd Essebsi qui a fait dans l’équivoque, la fille Ghannouchi a répondu sans ambages. Et Ghannouchi père, que pense-t-il de tout cela ? Au fait, qui a dit qu’«on n’apprend pas aux vieux singes à faire des grimaces»?

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 04:47

Les réflexes "benalistes" de la Tunisie post-révolutionnaire : un blogueur arrêté

  
Alors qu’il devait embarquer pour un vol à destination de Paris, un blogueur tunisien vivant en France a été interdit de quitter la Tunisie hier, mardi 6 septembre. Son nom : Sami Ben Abdallah. Sans explications sur les motivations de cette décision, la police de l’aéroport lui a remis une simple convocation pour un interrogatoire qui a débuté ce matin, mercredi 7 septembre, dans les locaux administratifs de la police judiciaire à Tunis.
Joint au téléphone, son avocat, Karim Jouailhia, ne connaît toujours pas les reproches faits à son client. Son entourage craint néanmoins que le contenu de son blog, extrêmement critique à l’égard de hauts responsables politiques, soit la raison de cette réaction des autorités tunisiennes.
C’est d’ailleurs sur ce même blog que Sami Ben Abdallah a annoncé cette interdiction de quitter le territoire. "Au contrôle de la police à l’intérieur de l’Aéroport, l’ordinateur de l’agent clignote. Il m’informe qu’il y a un problème et qu’il doit informer ses supérieurs (…) Officiellement, on m’informe que la direction des frontières et des étrangers a fait un signalement sur mon nom sans instruction précise (interdiction de voyager ou autorisation de voyager) (…)."Ce sont les instructions" m’ont-ils dit en me présentant une convocation pour se présenter dans les brefs délais pour un interrogatoire".
Depuis plusieurs mois, Sami Ben Abdallah a entrepris de publier une série "d’enquêtes" sur Kamel El Taief, un homme d’affaires intime de Ben Ali avant de tomber en disgrâce par la faute de Leïla Trabelsi, l’épouse du dictateur déchu. Mais Kamel El Taïef est suspecté de jouer le rôle du conseiller de l’ombre dans la transition démocratique afin de conserver le pouvoir pour les hommes de son clan.
Fin août, alors qu’il est en vacances en Tunisie, Sami Ben Abdallah a rencontré Kamel El Taief durant deux heures. Deux autres rencontres ont eu lieu selon des proches du blogueur à Tunis, dont une hier matin, le jour du départ de Sami Ben Abdallah pour Paris. "Sans doute que ce monsieur [Kamel El Taief] attendait des engagements de sa part et qu’il ne les a pas obtenus", explique cette proche Sami Ben Abdallah.  
Le 30 août, celui-ci relatait avec cynisme sa rencontre avec Kamel El Taief : "Je le remercie pour le café offert. Il semble que le café servi au bureau de Kamel El Taief est tellement bon au point que toute la classe politique tunisienne court en "cachette" à son bureau  pour gouter ce café délicieux…Et noter "les instructions" pour apprendre à le cuisiner" avant de conclure : "Je compte continuer à écrire sur lui en bien et en mal. C’est fait". Karim Jouaihi, son avocat, n’a pas pu entrer en contact avec son client lors de cette journée d'interrogatoire. Il espérait cependant une libération en début de soirée.
  
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Les stars chantent l'Hymne à la liberté

 

 

De Claudia Cardinale à Faudel, les artistes en chœur pour la Tunisie

 

 

 

Vendredi 9 septembre, un grand concert de l’Hymne à la liberté aura lieux au théâtre antique de Carthage. De nombreux artistes viendront fêter l’avènement d’une Tunisie nouvelle.

Tunisiens de naissance ou de cœur se donnent rendez-vous à Carthage. La ville symbole de la culture tunisienne va réunir en son sein de nombreux artistes pour une soirée exceptionnelle. Vendredi 9 septembre, Laurent Boyer sera aux commandes de l’Hymne à la Liberté. Un spectacle notamment organisé par le Ministère de la culture tunisien afin de célébrer la nouvelle ère dans laquelle est entrée le pays après la Révolution du 14 janvier dernier.

 
À cette occasion, Claudia Cardinale, Jane Birkin, Agnès Jaoui, Patrick Fiori, Rachid Taha, Faudel et bon nombre de grands artistes tunisiens seront présents à Carthage. Toutes ces personnalités qui tissent un lien amical ou sentimental avec la Tunisie se prêteront aux différentes surprises prévues au cours de cet Hymne à la liberté. Pendant deux heures, Laurent Boyer présentera les tableaux musicaux et les reportages qui rendront hommages aux acteurs de la Révolution locale.

 
Cette soirée sera également offerte aux téléspectateurs français et tunisiens dès le lendemain. France 3, TV5 Monde et la Télévision Tunisienne se sont associés pour proposer ce programme pour accompagner le pays dans son entrée dans le XXIe siècle. L’Hymne à la Liberté sera diffusé samedi 10 septembre à 22h45 sur Francec 3
 
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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 05:57

L’Intérieur dément la démission de son ministre !

Depuis quelques heures, des rumeurs, faisant peut-être suite à l’allocution de Caïd Essebsi de ce matin, circulent sur les réseaux sociaux, notamment Facebook. Elles font état de la démission du ministre de l’Intérieur, Habib Essid.
Nous avons contacté le représentant de ce ministère, à savoir le colonel Hichem Meddeb, qui a démenti catégoriquement cette information. Habib Essid est toujours le ministre de l'Intérieur et tout ce qui se dit actuellement sur Facebook ou Twitter n'est que pure fantaisie.
Des rumeurs qui n'ont pour but que de semer encore plus la zizanie dans le pays. La prudence est, donc, de mise. Il est conseillé de ne pas propager ce genre d'informations qui sont l’apanage de certains voulant à tout prix pousser Habib Essid à la démission !
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Mardi, une foule de protestataires a envahi l’esplanade de la Kasbah et chanté l’hymne national une dizaine de fois. Mais le refrain révolutionnaire de la journée était le mot «Dégage» qui a refait surface. Reportage de Zohra Abid
  
Cette fois-ci, pour une fois, il n’y a ni insultes ni coups de matraque. Ni gaz lacrymogène. Et pour cause. On ne cogne pas sur les collègues. On n’ose même pas les disperser. On leur parle presque tendrement. Et c’est la force qui a gagné : vers midi, les fils de barbelés ont été évacués de l’enceinte de la Place du gouvernement et le siège du Premier ministère a été pris d’assaut. Juste au moment où Beji Caïd Essebsi a achevé son discours. La fronde policière a duré jusqu’au milieu de l’après-midi.
  
Dégage, dégage...
Depuis la veille, un communiqué a été rendu public par l’Union des syndicats au sein de la sécurité nationale, créée au lendemain de la révolution. Un acte qui, dès le départ, ne plaisait pas au gouvernement de Caïd Essebsi. Mais ce dernier a, jusque-là, toujours défendu les forces de l’ordre dont il a besoin pour stabiliser le pays. 

Environ 2000 protestataires – selon les sources syndicales –, tous (ou presque) en tenue civile, se sont donné rendez-vous le matin devant le ministère de l’Intérieur avant de se rendre à la Kasbah de Tunis (la Bastille tunisienne). Ils se sont bien mis en évidence. Autour d’eux, dans des coins discrets, plein de bus jaunes, ceux de la police. Une autre unité qui, pour une fois, a été très passive, très compréhensive, très docile... Presque complice.

Devant l’hôpital Aziza Othmana, des passants assistent à la scène et regardent ce monde à l’envers. La chaussée grouille d’agents de police en uniforme. Un peu plus bas, la place du gouvernement est hautement gardée par des fils barbelés et, bien-sûr, par des militaires.  
Les manifestants brandissent leurs banderoles estampillées de petits mots et de messages forts. Messages ou menaces, c’est tout comme... Puis, c’est le mot d’ordre. Et lorsque l’ordre est donné surtout à la police, on ne badine pas. Mais, on s’exécute.  
Que réclament nos policiers? A les croire – et il est dur de les croire –, ils veulent le bien de la patrie. «Nous voulons assainir l’appareil sécuritaire miné par les symboles de Ben Ali», a dit à Kapitalis l’un des policiers manifestants. On ne peut que le croire, quoique…
  
Pour ne pas oublier Samir Feriani
Un autre enchérit : «Nous voulons la démission de ceux qui sont aux commandes du ministère»... De qui parle-t-il ? Un autre agent dresse la liste : «Le ministre de l’Intérieur Habib Essid et tous ses potes, comme Taoufik Dimassi, Nabil Abid, Moncef Lâajimi, Habib Belkamela, Yassine Thabet, Ali Jelassi». Un autre s’indigne: «Pourquoi on a kidnappé Samir Feriani ? Que tout le monde assume ce qu’il a fait ! Qu’on soit de la police ou de l’armée». Son collègue n’est pas d’accord: «Non, Feriani, c’est une autre histoire. Il a commis un délit. Il doit payer», a-t-il dit à Kapitalis, tout en insistant pour que nous n’évoquions pas le cas de leur collègue Feriani. «C’est une affaire très délicate», explique-t-il. 

«Nous voulons de l’équité. Ceux qui ont tué nos collègues doivent aussi payer», précise un autre manifestant. Un autre ajoute : «Si c’est la police qui avait tué la jeune fille à Sbeïtla, tout le monde aurait voulu se venger, mais puisque c’est l’armée qui a commis cet acte, alors tout le monde se tait. Nous voulons aussi que ceux qui ont saccagé ou incendié les postes de police soient présentés à la justice». 
 
Il est déjà 11 heures, ça chauffe encore et encore. C’est le moment où le Premier ministre est en train de s’adresser en direct au peuple lui parlant de la situation morose dans le pays et de le mettre en garde. Et pas seulement cela. Car M. Caïd Essebsi a aussi annoncé, avec un ton ferme et presque hautain, la suspension de l’activité syndicale au sein de la police. 
Dehors, la tension monte d’un cran. Il y a de plus en plus de protestataires. Midi, le discours de M. Caïd Essebsi est terminé. Et c’est le début d’une colère sans fin. «On va voir c’est quoi ‘‘kamcha qrouda’’ (une poignée de singes)», expression que le Premier ministre venait d’utiliser pour qualifier les agents de l’ordre protestataires, dit un policier à son camarade. «Il dit qu’il va suspendre notre syndicat, on va voir qui va être suspendu !», ajoute un autre. Puis des cris fusent «Essebsi, dégage !»
 
  
Y a-t-il une place pour la réconciliation?
En quelques secondes, la foule avance vers la place du gouvernement, se débarrasse des fils de barbelés et prend d’assaut l’entrée du siège du Premier ministère au vu et au su des militaires qui ne savent pas comment se comporter. Ils ont laissé faire. La porte colossale du Premier ministère a été fermée à double tour. Du coup, une femme d’un certain âge a crié de toutes ses forces, puis une fille à la fleur de l’âge. Les deux femmes pleurent, pour l’une, l’enfant et pour l’autre, le frère de 23 ans, tués par balles. On cherche de l’eau pour rafraîchir les femmes. Les protestataires crient à la vengeance des martyrs. Confusion des genres et des postures. La révolution a-t-elle changé de camp?  

Il est 14 h30. Les esprits ont continué de chauffer. 15 heures, le coordinateur de l’Union des syndicats au sein de la police négocie encore avec des responsables du Premier ministère. La foule attend impatiemment le résultat des négociations. Un peu plus tard, à l’aide d’un haut parleur, l’ordre est donné. On s’exécute. Les militaires reprennent leur place et font un mur. Un barrage d’hommes en vert. 
Interrogé en fin d’après-midi au téléphone, Moez Sinaoui, chargé de la communication au Premier ministère, a déclaré à Kapitalis que le Premier ministre a pu quitter le ministère vers 16 heures. «Il a voulu leur parler et il n’avait pas peur de leur parler. Nous savons que 97% des policiers, comme vient de le dire M. Caïd Essebsi, sont des gens propres. Seule une minorité, qui s’est sentie ciblée, a voulu perturber. Nous savons aussi que certaines de leurs demandes sont légitimes», a-t-il précisé sur une note de réconciliation. Réconciliation ? Le mot est fort. On n’en est visiblement pas encore là. Il y aura encore du chemin à faire…
 
 
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 Le Premier ministre annonce que la loi sur l'état d'urgence sera strictement appliquée

       

TUNIS (AP) — Le Premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi a annoncé mardi que la loi sur l'état d'urgence en vigueur dans le pays serait appliquée avec fermeté après les violences qui ont secoué ces derniers jours plusieurs régions du pays.

Il a fait part de la ferme volonté du gouvernement de veiller à ce que les élections prévues le 23 octobre pour la mise en place d'une assemblée constituante aient lieu à la date prévue.

"Je proclame l'engagement du gouvernement de réaliser l'échéance électorale et faire en sorte que le scrutin soit la première consultation libre, honnête et transparente dans l'histoire de la Tunisie", a-t-il dit.

Il a déploré qu'au moment où "les choses allaient pour le mieux, que la sécurité se rétablissait, que le tourisme reprenait et que l'on s'approchait de l'échéance électorale, les problèmes se multiplient et la suspicion se propage".

"Pour que les élections aient lieu dans des conditions normales, il faut que la situation se stabilise et que la violence cesse", a-t-il averti.

M. Caïd Essebsi s'exprimait dans une adresse à la nation radio-télévisée retransmise en direct sur la situation dans le pays, après des violences survenues dans plusieurs villes du centre et du sud-ouest du pays à moins de deux mois de l'échéance électorale cruciale du 23 octobre.

A la suite de ces violences inter-communautaires qui ont fait deux morts et de nombreux blessés, le couvre-feu a été décrété dans trois villes Sbeitla, Douz et Metlaoui qui comptent parmi les plus pauvres de Tunisie.

Admettant que le pays traversait "une crise", le chef du gouvernement a précisé que des instructions avaient été données aux gouverneurs (préfets) pour l'application stricte des dispositions prévues dans la loi sur l'état d'urgence. En vigueur depuis le début du soulèvement populaire qui a conduit à la chute du régime de l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali en janvier, cette loi n'était pas cependant appliquée avec fermeté.

Désormais les préfets auront la possibilité d'interdire toute grève et sit-in ainsi que les réunions susceptibles de troubler l'ordre public.

Le ministre de l'Intérieur pourra de son côté assigner à résidence toute personne présentant un danger pour la sécurité publique.

"Chacun devra respecter la loi, sinon la loi sera appliquée à son encontre", a mis en garde le Premier ministre.

Enumérant avec forces détails les troubles enregistrés dans plusieurs villes du pays, il a dénoncé ce qu'il a appelé des "pratiques nouvelles étrangères à la Tunisie".

"Si à chaque différend on s'entre-tue, ce n'est plus la Tunisie, c'est autre chose", a-t-il dit en qualifiant la situation de "grave". "Cela ne peut plus durer, sinon il n'y a plus d'Etat", a-t-il déclaré.

Considérant "plus grave encore" le mouvement revendicatif déclenché par la police et la garde nationale qui ont organisé mardi une manifestation devant le palais du gouvernement à la Kasbah, M. Caïd Essebsi a annoncé la dissolution des syndicats des forces de sécurité. "J'ai décidé à partir de ce jour de mettre fin à toute activité syndicale (dans le corps de la sécurité) et de traduire devant la justice tout contrevenant", a-t-il déclaré.

Affirmant que "97% du corps de la sécurité était sain", il a pointé du doigt "un groupuscule" qui veut selon lui entraver le processus de transition démocratique. AP

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Version complète du discours du Premier ministre Essebsi en Arabe (vidéo) : http://www.tanitnews.com/tunisie-discours-du-premier-ministre-beji-caid-essebsi-mardi-6-sepembre/452/
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La manif de la police ...
       
 
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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 04:55

Lost in transition : les raisons du malaise en Tunisie

 

Slogans sur les murs à Sidi Bouzid (Thierry Brésillon)

(De Paris) « Nous faisons l'impossible », a plaidé le Premier ministre tunisien Béji Caid Essebsi dans un discours à la Nation prononcé jeudi dernier pour tenter de répondre aux critiques de plus en plus vives adressées au gouvernement provisoire, pour son manque de détermination à s'attaquer aux racines de l'ancien régime.

Les événements des derniers jours viennent d'illustrer l'état paradoxal, entre apathie et colère, de l'opinion tunisienne un peu perdue dans une période de transition prolongée par le report des élections du 24 juillet au 23 octobre.

A l'issue de la période d'inscription, le 14 août, 55 % des Tunisiens se sont inscrits volontairement sur les listes électorales (les autres pourront voter avec leur carte d'identité). Ce n'est pas si mal, compte tenu des débuts laborieux de l'opération, mais l'élan populaire de janvier ne s'est pas traduit en enthousiasme civique. Cette apparente démobilisation a été démentie le 15 août par une série de manifestationsà Tunis, et dans d'autres villes du pays.

Malgré la chaleur caniculaire et les rigueurs du jeûne, la protestation semble en effet reprendre de la vigueur. Le départ à l'étranger et la libération de quelques personnalités de l'ancien régime ont été le détonateur de cette nouvelle poussée de fièvre, tandis qu'à travers tout le pays, des dizaines de micro-mobilisations se poursuivent pour exiger les dividendes sociaux des changements politiques. La frustration est telle que la perspective d'une deuxième révolution est de plus en plus évoquée.

Le Premier ministre a exhorté ses concitoyens à la patience et rappelé que son gouvernement n'a que deux missions : gérer les affaires courantes et préparer les élections, tout en faisant face aux difficultés économiques et sécuritaires. Il est pourtant peu probable que ce discours suffise à dissiper le malaise dont les raisons sont plus profondes que la seule impatience des Tunisiens.

Elles tiennent aux ambivalences même de cette période entre la chute du régime et la dévolution du pouvoir par des élections

Un rôle ambigu : geler ou fonder ?

La transition n'est pas sortie d'une ambiguïté congénitale : s'agit-il d'extirper les racines de la dictature et de poser les fondations d'une démocratie, ou bien de se limiter à la préparation technique de l'élection d'une assemblée seule légitime pour définir les bases de la Tunisie de demain ?

Mais la distinction est incertaine : pour garantir des élections démocratiques, il faut une loi électorale, une régulation des médias pour créer les conditions d'une campagne équitable, une loi sur la presse pour protéger la liberté d'expression, une loi sur les partis politiques pour empêcher les financements occultes… Dans cette limite mouvante entre le nécessaire et le légitime, chaque décision suscite l'ouverture d'un procès (plus ou moins de bonne foi) en trahison de la volonté populaire.

Par ailleurs, il est impossible de convaincre l'opinion que l'appareil sécuritaire doit être ménagé et que la réforme de la justice doit être remise à plus tard alors que ces deux institutions étaient les piliers de la répression et de la corruption, et que le sang des quelque trois cents martyrs de la révolution est encore frais dans les esprits.

La transition n'est pas un fleuve tranquille.

Le terme de « transition » a de faux airs de terme savant, il suggère un parcours balisé qui mène de la fin d'une dictature jusqu'aux premières marches de la démocratie. Une séquence maîtrisée en trois temps : chute du régime / transition / élections.

De quoi désorienter une société habituée depuis plus de cinquante ans à une vie politique prévisible jusqu'à la nausée. De quoi aussi maintenir en alerte les plus politisés que le discours « Dormez brave gens, on s'occupe de tout » inquiète plus qu'il ne rassure.

Croire que la transition peut être une période neutre en attendant une assemblée élue pour entreprendre des réformes fondamentales est illusoire. Le temps politique ne suspend pas son vol.

Or, l'inquiétude désormais manifeste, c'est que le temps travaille contre les objectifs de la révolution. Que la réticence du gouvernement à mettre en œuvre la rupture, parce qu'il est provisoire, relève moins de la prudence que de la volonté de geler le processus révolutionnaire.

Qu'elle ne permette aux acteurs de l'ancien système de s'adapter à la nouvelle donne politique. Aux hommes d'affaires véreux de se mettre dans la poche les nouveaux maîtres du jeu, aux corrompus pris la main dans le sac de préparer leur défense pour dégeler leurs avoirs et obtenir leur relaxe, aux nombreux clients bénéficiaires de l'ancien régime de se rendre à nouveau indispensables, aux laudateurs de Ben Ali de se refaire une virginité, aux administrations de se réinstaller dans leurs habitudes…

Au bout du compte, en fait de révolution, le printemps tunisien déboucherait alors sur une simple reconduction du système, avec l'onction d'une légitimité électorale.

L'élection n'est pas une finalité, mais un moyen.

L'élection, aussi transparente et régulière soit-elle, d'une assemblée constituante est certes un moment politique fort, mais ce n'est pas en soi l'objectif de la révolution, ni même la garantie que ses objectifs seront atteints.

L'objectif, c'est une transformation en profondeur du système politique, économique, social, une refonte des valeurs qui guident la relation entre le pouvoir et les citoyens. L'élection démocratique n'est qu'un moyen de cette transformation.

Si les Tunisiens ne se sont pas précipités avec euphorie vers les bureaux d'inscription, c'est aussi parce que la plupart n'ont pas perçu jusqu'à maintenant dans la classe politique, que l'élection va envoyer siéger sur les bancs de la Constituante pour décider de l'avenir du pays, la capacité d'incarner leurs aspirations et de mener à bien la transformation qu'ils attendent.

Le sens de la révolution n'est pas fixé.

Le renversement de Ben Ali a été le résultat de la convergence de composantes différentes de la société : frustration sociale des plus pauvres, aspiration à la liberté des classes moyennes, besoin de se débarrasser d'un clan parasite pour les milieux d'affaires. Sans compter les failles internes aux système. Aujourd'hui, d'une part les intérêts de ces groupes ne convergent plus forcément de la même manière, d'autre part la signification politique finale de la révolution n'est toujours pas fixée.

Les progressistes rêvent de voir la Tunisie se conformer aux valeurs universalistes. Les islamistes voient venu le moment de réaffirmer l'identité arabo-musulmane malmenée par Bourguiba pour cause de modernisation et par Ben Ali pour cause de lutte contre le terrorisme. Les nationalistes et les islamistes espèrent déplacer le centre de gravité des alliances stratégiques de l'Europe vers le monde arabe… Les nantis de l'ancien régime, débarrassés du clan mafieux des Trabelsi, ne sont disposés qu'à des ajustements marginaux pour garantir la stabilité sociale.

Quand les vieux destouriens ont les yeux tournés vers le passé et rêvent de rendre à l'Etat son pouvoir tutélaire sur une société en attente d'un guide, la jeunesse dans la rue exprime plutôt le besoin d'ouverture d'une société libre et intransigeante sur ces droits.

Légitimité éclatée

Ces visions divergentes sont portées par des forces plus ou moins organisées et aucune ne s'aligne sagement sur les starting blocks en attendant le départ officiel de la course électorale. Au contraire, chacun se positionne et tente de peser sur l'avenir, tout en faisant mine de ne pas y toucher.

Ces manœuvres plus ou moins voyantes alimentent d'autant plus les tensions et les soupçons que plus la légitimité est éclatée entre trois pouvoirs (le peuple, le gouvernement et l'instance supérieure de réalisation des objectifs de la révolution), dont le rôle et les limites sont incertains (sans parler des pouvoirs d'influence).

Dans ces conditions, la traversée de ce vide de légitimité jusqu'aux élections restera soumise aux turbulences d'une société désorientée, agitée par les rumeurs. Le discours d'un Premier ministre qui, en disciple de Bourguiba, se pose en instituteur d'un peuple qui pense pourtant avoir mérité le droit au respect et à la compassion, a peu de chances restaurer la confiance.

Photo : Slogans sur les murs à Sidi Bouzid, 15 juillet 2011 (Thierry Brésillon)



source : http://www.rue89.com/tunisie-libre/2011/08/23/lost-in-transition-les-raisons-du-malaise-en-tunisie-218464

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Kadhafi parti, que restera-t-il à la Tunisie ?

Alors que le régime du colonel  Kadhafi s’effondre pour ouvrir la voie à un gouvernement adossé à l’Etat de droit et des institutions , acquis à la démocratie et aux libertés publiques et surtout animé a priori des  meilleures intentions  vis-à-vis de ses voisins , en premier lieu la Tunisie, l’interrogation vaut rigoureusement d’être posée de savoir quel avenir devrait-être envisagé pour les relations entre la Tunisie et la Libye, sur le plan politique certes, mais aussi est surtout  économique.

Sous le règne de Kadhafi, ces relations, convenons-en , n’ont pas été exemptes de vicissitudes et de péripéties dont le ressort était exclusivement politique et les effets majoritairement économiques et sociaux, bien que des éclaircies aient pu , par moments, ponctuer leur ordonnance, forcément au gré des humeurs de l’ex-homme fort de Tripoli dont les caprices et mouvements d’humeur imprimaient la conception et la conduite de la diplomatie libyenne. Maintenant que tout semblerait rentrer dans l’ordre avec la fin programmée et imminente d’un mode de gouvernement à tout le moins atypique, les Libyens sont désormais en droit d’aspirer à être gouvernés par de dirigeants qui répondent à leurs attentes et qui soient guidés totalement par l’intérêt national à l’exclusion de tout autre qui puisse nuire à la souveraineté du pays et son économie ou qui soit le prétexte de dilapider les énormes ressources énergétiques et financières qui sont les siennes et dont il a fait la très amère expérience quatre décennies durant.

A la lumière des professions de foi et des préconisations des nouveaux dirigeants de la Libye, on peut penser qu’au contraire de celui qui l’a précédé, le nouveaux régime qui gouvernera la feue Jamahariya sera un régime conventionnel , c'est-à-dire qui répond aux concepts institutionnels et politiques en vigueur dans le monde et  qui respecte les valeurs qui sont celles de la communauté internationale, ce qui aura , à terme, le mérite de conférer toute la transparence requise aux transactions que les nouveaux dirigeants auront à conclure avec les pays tiers , et de placer les institutions libyennes sous l’enseigne de la gouvernance qu’elle soit politique, financière, commerciale ou économique, pour tout dire.

C’est une garantie essentielle pour les partenaires étrangers de la Libye et pour les ressortissants expatriés qui viendraient y travailler, contrairement à ce qui était la pratique jusqu’ici, en ce sens que les investisseurs pouvaient, sans raison valable et pertinente, du jour au lendemain , être dépossédés de leur actifs sans possibilité d’indemnisation, alors que les travailleurs pouvaient être expulsés à l’avenant, comme ce fut le cas pour nombre d’industriels et travailleurs tunisiens opérant en Libye.

Que faudra-t-il attendre du nouveau régime ?

Autant qu’on puisse le prévoir, la prochaine équipe qui sera au pouvoir en Libye sera issue de l’actuel Conseil national de transition dont les membres ont commencé à emménager à Tripoli, ce qui n’exclut pas d’autres factions et sensibilités tribales en plus des islamistes. L’autre tendance qui se dégage est que la Libye s’achemine vers un système fédéral, comme c’était le cas avec la monarchie et avant le 1er septembre 1969, ce qui donnera de larges prérogatives aux régions non seulement politiquement mais aussi économiquement. Voilà une donnée dont ceux des Tunisiens qui élaborent des scénarii de coopération avec la nouvel le Libye doivent tenir compte en plus du frein qui sera mis à la concentration de la décision politique et économique dans les mains d’une seule personne et quelques proches.

Il est d’ores et déjà certain que la Tunisie sera « short listée » dans le groupe de pays qui seront aux premières loges en matière de partenariat économique, dans la mesure où elle a été le pays qui  a supporté le plus, sinon le seul, les conséquences du soulèvement contre le régime de Kadhafi en termes d’accueil de réfugiés, de rapatriement de travailleurs émigrés et de pertes économiques de divers ordres. Au demeurant, on peut penser, en bonne logique économique, que les entreprises tunisiennes auront  une part significative dans les chantiers de la reconstruction qui se préparent pareillement aux travailleurs tunisiens rapatriés, depuis février dernier, auxquels s’ajouteront sans doute d’autres, ce qui permettra de relâcher la pression sur le marché de l’emploi en Tunisie et favorisera le transfert de compétences et de main d’œuvre tunisiennes.

La Tunisie qui est déjà un «  partenaire commercial privilégié de la Tunisie » avec des  échanges commerciaux qui ont atteint des records entre 2000 et 2010 avec un taux de croissance annuel moyen de 9%, pour une moyenne mondiale de 6%, sera dans d’autres atours quand elle s’inscrira dans une nouvelle logique commerciale avec le partenaire libyen , à la lumière de l’absence d’aléas politiques et de l’accroissement des opportunités de renforcement de la coopération économique alors que se profile déjà la perspective d’une communauté économique tuniso-libyenne qui serait l’embryon d’un regroupement plus vaste englobant d’autres pays de la région.

Il sera dans l’ordre des choses que la Libye qui est le deuxième partenaire économique de la Tunisie après l'Union européenne, accède à un autre statut  le fondant à acheter davantage que  6,9% des exportations tunisiennes, principalement des produits agro-alimentaires, des matériaux de construction, du fer et de l'acier. Et puis, étant actuellement  le quatrième investisseur arabe en Tunisie avec  plus d'une trentaine d'entreprises  investissant  en Tunisie dans les secteurs de l'industrie et des services et créant plus de 3.000 emplois, la Libye aura certainement loisir à élargir l’éventail de ses investissements en Tunisie et en accroitre les flux.

D’autres secteurs s’offrent à un surcroît consistant d’échanges, notamment le tourisme et le tourisme médical, et il faut bien le reconnaitre, le commerce frontalier qui s’exerce le plus souvent, voire toujours, en dehors des circuits réglementés. Nombreux seront certes ceux qui en profiteront encore et toujours, mais nombreuses aussi seront les entreprises qui en pâtiront encore et toujours. Et  l’on devra se convaincre de part et d’autre que le seul moyen d’y remédier est de mettre en place de nouveaux mécanismes qui respectent certes la liberté du commerce , mais aussi sa transparence .

Source : http://www.africanmanager.com/detail_article.php?art_id=135112

 

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