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4 octobre 2012 4 04 /10 /octobre /2012 04:52

 

 

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Affrontements à l’épée à l’université


9avrilLes cours seront suspendus durant trois jours à partir du jeudi 4 octobre à la faculté des sciences humaines et sociales de 9 avril, suite aux actes de violence et de destruction survenus, mercredi, dans l'enceinte universitaire. C’est en tous cas ce qu’a indiqué le doyen de la faculté, Noureddine Kridis.

 

Selon M. Kridis cité par l’agence Tap, la décision de fermeture de la faculté vise à apaiser la tension et à réparer les dégâts subis, notamment en termes d'équipements. Des bagarres ont éclatées, mercredi 3 octobres, entre les étudiants de l'Union générale tunisienne des étudiants (UGTE, islamisante) et ceux de l'Union générale des étudiants de Tunisie (UGET, gauche).

 

Lors de ces accrochages, une bombe à gaz a été utilisée contre les étudiants dont trois avaient été blessés et transférés à l'hôpital. Le doyen de la faculté a affirmé que «des intrus armés d'épées et de barres de fer ont envahi l'enceinte de la faculté», indiquant avoir alerté les ministères de l'intérieur et de l'enseignement supérieur de cette intrusion.

 

Cependant, M. Moncef Ben Salem, ministre de l’Enseignement Supérieur Moncef Ben Salem s’est dit contre la décision du conseil scientifique portant sur la fermeture pendant trois jours.

 

M. Ben Salem a indiqué, sur les ondes de Mosaïque FM qu’il effectuera dans la matinée du  jeudi  4 octobre 2012, une visite à la faculté «pour  inspecter la situation et examiner la possibilité de fermer la faculté, si nécessaire,  pour une demi-journée seulement». mag14

 

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 Des milices armées de couteaux et de gaz lacrymogènes affrontent les étudiants à la faculté 9 avril

 

Le doyen de la faculté des sciences humaines du 9 avril, Noureddine Kridis, a annoncé, sur les ondes de Mosaïque FM, que cet établissement universitaire va fermer ses portes pendant 3 jours suite à des violences ayant opposé des étudiants, aujourd’hui, mercredi 3 octobre 2012.

 

 

Alors que des étudiants appartenant à l’Union générale des étudiants de Tunisie (UGET), de tendance progressiste, revendiquaient leur droit de s’inscrire à un master en collant des affiches, des membres de l’autre organisation estudiantine, l’Union générale Tunisienne des étudiants (UGTE), d’obédience islamiste et grande partisane d’Ennahdha, ont fait irruption dans les locaux de la faculté et ont essayé de les en empêcher, ce qui a suscité une réaction des membres de l’UGET.

 

 

Les assaillants de l’UGTE sont repartis, alors, avant de retourner sur les lieux, accompagnés, selon les déclarations de certains étudiants, de milices, étrangères, armées de gaz lacrymogènes et de barres métalliques. 

 

Les confrontations qui s’en suivirent, ont causé un certain nombre de blessés dans les deux camps. businessnews

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 07:43

Après les révélations sur un possible empoisonnement au polonium du dirigeant palestinien Yasser Arafat, la Tunisie réclame une réunion d'urgence de la Ligue.

Le chef de la diplomatie tunisienne Rafik Abdessalem a réclamé jeudi une réunion d’urgence de la Ligue arabe et une enquête internationale après des révélations d’Al-Jezira sur la mort de Yasser Arafat redonnant crédit à la thèse de l’assassinat.

«Nous appelons à une réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe et nous appelons à la création d’un comité international pour enquêter sur les circonstances de la mort de dirigeant (palestinien) Arafat», a-t-il déclaré à l’antenne de la radio privée Mosaïque FM.

«Nous avons une dette envers ce grand homme qui a eu une grande influence dans le processus national palestinien», a-t-il ajouté, après une rencontre avec le président tunisien Moncef Marzouki.

La Tunisie a entretenu des relations privilégiées avec Arafat dans les années 1980 et 1990, accueillant l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) alors considérée comme «terroriste» par la communauté internationale.

L’Institute for Radiation Physics de Lausanne, qui a analysé des échantillons biologiques prélevés sur les effets personnels du dirigeant palestinien, remis à sa veuve par l’hôpital militaire français de Percy, où il est mort, y a découvert «une quantité anormale de polonium», selon un documentaire diffusé mardi par Al-Jezira.

Le polonium est une substance radioactive hautement toxique avec laquelle a été empoisonné en 2006 Londres Alexandre Litvinenko, un ex-espion russe devenu opposant au président Vladimir Poutine.

(AFP)

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 07:42

http://blogs.rue89.com/sites/blogs/files/styles/asset_img_full/public/assets/image/2012/07/_dsc3220.jpg

Mohamed Khoja, secrétaire général du Front de la réforme, le 8 juillet 2012 (Thierry Brésillon)

Dimanche, le premier parti qualifié de «  salafiste  » autorisé en Tunisie, Jabhet al-islah, le Front de la réforme, a tenu son premier rassemblement public. Un micro-parti, mais appelé à jouer un rôle dans la paysage de l’islam politique.

Depuis plusieurs mois, des militants islamistes radicaux, ont défrayé la chronique. Reconnaissables à leur tenue, pantalon coupés, kamis (tunique longue), barbe et moustache rasée, ils ont rapidement occupé un espace médiatique et politique sous l’étiquette de «  salafistes  », dans le rôle du génie, turbulent et liberticide, sorti de la boîte de Pandore de la Révolution.

Le mouvement Ansar al Charia (les partisans de la Charia) incarne cette mouvance radicale, prompte à passer à l’action de terrain et qui rejette l’exercice du politique.

http://blogs.rue89.com/sites/blogs/files/styles/asset_img_half/public/assets/image/2012/07/_dsc3215.jpg

Le public du colloque sur la charia organisé par le Frontde la réforme (Thierry Brésillon)

L’existence d’un parti « salafiste » légal suscite beaucoup de fantasmes dans l’opinion tunisienne. Pourtant, dans l’ambiance feutrée du Palais des Congrès, dimanche, on était loin de toute exaltation. Tout juste si les quelque 300 participants ne baillaient pas en écoutant les exposés traitant de politique et d’économie.

Politiser la jeunesse radicale

Le secrétaire général du Front de la réforme, Mohamed Khouja, visage austère, barbe courte et costume gris, ne s’identifie pas à la mouvance salafiste :

«  Nous sommes salafistes au sens où nous nous référons aux Ancêtres (les salafs), les compagnons du Prophète, les savants qui leur ont succédé. Mais en Tunisie, “salafiste” désigne des gens qui portent une certaine tenue vestimentaire, dont la pensée n’accepte pas le dialogue. Les médias ont fait peur avec ce terme. Mais leurs violences étaient des réactions non-organisées.  »

Une méthode que le Front de la réforme ne revendique pas. Plus précisément, il explique que le but du parti est plutôt de canaliser cette énergie radicale  :

« Nous voulons amener ces gens à la politique. Nous voulons essayer de réunir cette jeunesse, de dialoguer avec elle etde l’écouter. Nous voulons leur faire comprendre que pour le moment notre rôle est de bâtir ce pays. »

Le message ne s’adresse pas seulement à ces salafistes qui ont bloqué l’Université de la Manouba pour imposer le droit de porter le niqab, qui ont saccagé quelques toiles au Palais El Abdellia ou font la police des mœurs à Sejnane. Mais aussi à des jeunes radicalisés, comme cet habitant du quartier populaire d’Ettadhamen qui clame  :

«  Ce qui distingue l’homme de l’animal c’est qu’il est prêt à mourir pour Dieu  ! Moi je suis prêt à devenir un kamikaze de Dieu ! »

L’objectif est de les convaincre de se consacrer plutôt à la transformation de la Tunisie par la voie politique :

«  Des gens sont allés en Syrie, en Irak pour mourir. Pourquoi aller mourir à l’étranger  ? Il faut vivre ici. C’est plus utile et bien plus difficile de vivre en Tunisie “ fi sabil il’lah ” [dans la voie de Dieu, ndr] que d’aller mourir ailleurs.  »

Contenir l’influence wahhabite

On évoque souvent une wahhabisation de l’islam tunisien, sous l’influence des prédicateurs et de la littératureen provenance des pays du Golfe, auxquels Ben Ali avait d’ailleurs ouvert les portes de la Tunisie.

Contrairement aux idées reçues, le Front de la réforme ne s’inscrit pas dans cette tendance, insiste Mohamed Khouja, il appelle plutôt à la contenir :

« Les jeunes n’ont pas trouvé de bonnes références en Tunisie, donc ils se dirigent vers l’Orient. Ce n’est pas leur faute. C’est la faute des oulémas tunisiens. Il faut que les savants malékites prêchent davantage. »

Une liberté guidée

Sur le fond, le message délivré lors de la conférence est sans surprise. Contre la laïcité, pour l’application de la charia…

Une idée centrale comme le rappelle Mohamed Khouja  :

«  Nous vivons dans un cadre spécifique. La démocratie européenne ne peut pas être appliquée ici. Nous sommes musulmans. On ne peut pas imposer aux gens ce que nous pensons, mais nous faisons en sorte que la demande de la charia soit une émanation du peuple.  »

Jeribi Ahmed Taha, un jeune militant, décrit le régime islamique qu’il appellede ses vœux  :

«  C’est le peuple qui choisit ses dirigeants  : ils doivent être savants dans la religion, savoir distinguer le hallal (licite) du haram (l’illicite) mais aussi bien connaître la vie quotidienne des gens.

Nous respectons les pensées différentes, mais dans le respect de notre identité islamique. Nous voulons une liberté guidée par le Coran et la tradition du Prophète.  »

Deux visions concurrentes

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Le meeting du Hizb et’Tahrir, le 24 juin (Thierry Brésillon)

Comme le Hizb et’Tahrir (le parti de la libération), toujours non-autorisé mais qui a réuni 2 000 militants deux semaines plus tôt, la perspective finale est la restauration du califat. Mais là où Hizb et’Tahrir recherche un big bang islamique international, le Front de la réforme veut procéder étape par étape. D’abord la Tunisie, puis le Maghreb, puis les pays arabes enfin tout le monde musulman.

La comparaison provoquera la colère des intéressés, mais le Hizb et’Tahrir est à l’islamisme ce que les trotskystes sont au communisme  : ils défendaient l’internationalisation de la révolution, quand Staline visait d’abord l’institutionnalisation du communisme dans un seul pays.

Dans l’espace politique de l’islamisme radical, ce sont donc deux visions concurrentes. Pour l’instant, celle d’Hizb et’Tahrir semble trouver plus d’écho chez les jeunes déçus par le réalisme politique d’Ennahdha.

L’aiguillon d’Ennahdha

Le plus intéressant est de savoir comment le Front de la réforme se situe par rapport au parti au pouvoir. Mohamed Khouja a la dent dure  : 

«  Ennahdha a fait trop de concessions aux partis laïques et aux partis de gauche pour accéder au pouvoir. Il a renoncé à réclamer l’application de la charia, alors que nous refusons de mettre cette exigence de côté. Mais notre projet et nos références sont les mêmes.  »

D’ailleurs Rached Ghannouchi, président du Mouvement Ennahdha a fait une brève et silencieuse apparition au début de la réunion.

Décrite par un militant, la complémentarité est plus claire  :

«  Nous, nous revendiquons publiquement l’applicationde la charia. Alors que pour Ennahdha c’est implicite, parce qu’ils doivent faire des concessions. Mais notre parti sera un soutien pour Ennahdha.  »

En somme, quand Ennahdha est en passe de consacrer, lors de son congrès, sa transformation de parti clandestin en parti de gouvernement, le Front de la réforme a pour fonction d’offrir un cadre pour politiser et structurer idéologiquement les enfants perdus de l’islamisme radical, tout en aiguillonant le parti majoritaire sur sa dimension religieuse, afin de contre-balancer le poids des partis «  laïques  ».

 

http://blogs.rue89.com/tunisie-libre/2012/07/10/tunisie-un-parti-salafiste-pour-quoi-faire-227983

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 07:39

"Le procès Ben Ali et des autres (anciens) dirigeants est un pas important vers l'Etat de droit en Tunisie, mais le verdict restera insuffisant tant que Ben Ali ne reviendra pas dans le pays et n'affrontera pas les questions de ses accusateurs", a estimé l'ONG dans un communiqué.

HRW a relevé cependant que les autorités tunisiennes devaient réduire les compétences des tribunaux militaires du pays, à l'instar de celui du Kef qui a condamné Ben Ali le mois dernier pour son rôle dans la répression dans quatre villes de l'ouest du pays, dont Thala et Kasserine.

"Le gouvernement tunisien devrait également réviser les lois du pays afin de réduire la trop large compétence qu'ont les tribunaux militaires pour juger les éventuelles violations des droits humains par les forces armées et de sécurité", note l'organisation.

Ces tribunaux sont chargés de juger les militaires et policiers accusés de crimes, une charge qui selon HRW devrait revenir à la justice civile.

L'organisation relève aussi que le code pénal tunisien est "mal outillé" car il "ne traite pas du concept de responsabilité du supérieur hiérarchique".

Plusieurs ex-dignitaires du régime ont été acquittés faute de preuve directe qu'ils avaient donné l'ordre de tirer sur des manifestants.

Le président déchu, réfugié en Arabie Saoudite, était poursuivi avec 22 anciens responsables pour la mort de 22 personnes. Des peines de prison de huit à 15 ans de prison ont été prononcées contre onze autres accusés mais dix ont obtenu des non-lieux, au désespoir des familles de victimes.

Enfin, HRW critique le gouvernement tunisien dominé par les islamistes qui "n'a fait que des tentatives de pure forme pour obtenir des Saoudiens qu'ils extradent (Ben Ali) en vue du procès".

 

http://www.afriquinfos.com/articles/2012/7/5/tunisie-souligne-progres-failles-justice-205785.asp

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 07:39

TUNIS — La Tunisie connaît une reprise économique après la récession de 2011, dans la foulée de la révolution, mais elle est fragilisée par l'incertitude politico-sécuritaire et par la crise en Europe, a indiqué mardi à l'AFP le gouverneur de la Banque centrale.

"Dès que nous verrons un renforcement de la sécurité, une stabilisation du climat social et politique, cela encouragera les investisseurs", a estimé Mustapha Kamel Nabli.

Il a relevé qu'avec une croissance de 4,8% au premier trimestre 2012 par rapport à la même période l'année précédente, la Tunisie pouvait encore atteindre son objectif annuel de 3,5%.

"Il faut que l'effort soit concentré sur la stabilisation sécuritaire, la réduction des conflits sociaux et la clarification de l'agenda politique", insiste ce responsable.

A ce titre, le limogeage en suspens de M. Nabli est symptomatique. Aucune explication précise n'a été donnée et l'Assemblée nationale constituante (ANC), qui doit approuver ou non cette décision prise fin juin par le chef de l'Etat Moncef Marzouki, n'a pas tranché.

Pour M. Nabli, cette polémique montre que "la démocratie est en marche", mais il regrette le manque de clarté que cela entraîne. "Surtout qu'il n'y a pas de raison évidente pour convaincre les observateurs étrangers", dit-il.

D'autant qu'il ne s'agit pas du seul dossier bloqué: la nature du futur régime tunisien n'a pas encore été déterminée, aucun compromis ne se dessinant à l'ANC alors que des élections sont prévues en mars 2013.

La confiance dans le pouvoir tunisien, dominé par les islamistes, devrait jouer un rôle important quant à la décision de l'agence de notation Moody's de dégrader ou non la note souveraine du pays, comme l'a fait Standard and Poor's en mai.

Pour le gouverneur, la dette, qui devrait atteindre 45% du PIB en 2012, reste "dans des limites acceptables". "L'essentiel c'est d'assurer que cela ne dérape pas", juge M. Nabli, farouche défenseur de l'indépendance de la BCT.

Autre problème pour la Tunisie, le poids de la crise en zone euro, son principal partenaire commercial.

"La situation économique en Europe a commencé à nous affecter de manière significative. Depuis mars, nous avons commencé à ressentir les effets sur les exportations de produits manufacturés", a-t-il dit.

En particulier, une baisse de l'ordre de "5 ou 6%" des exportations de textiles et cuirs, et une croissance anémique des exportations de l'industrie mécanique (3-4%).

La Tunisie a connu une récession de 1,8% en 2011. Le chômage (19%) ayant été un des facteurs au coeur de la révolution, la reprise économique est essentielle pour le pays, notamment dans deux secteurs quasi paralysés par la révolution: le tourisme et la production de phosphates, dont la Tunisie est le cinquième producteur mondial.

Or "il y a une reprise mais ça reste en deçà de ce qui était possible", note M. Nabli.

Enfin, le pays doit s'atteler à une réforme d'ampleur de son système bancaire et à la lutte contre la corruption héritée du temps du président déchu Ben Ali.

Il s'agit de la question des "créances accrochées", en particulierles emprunts que des alliés du régime n'ont jamais remboursés aux banques. "C'est un poids assez lourd sur le système bancaire", a-t-il dit, de l'ordre de 13,5% des portefeuilles.

Par contre, M. Nabli a affirmé que les proches du président déchu n'avaient plus d'influence économique : "Les 300-400 entreprises qui appartenaient à ce clan ont été confisquées".

"Bien sûr on ne peut pas dire que la corruption a disparu de Tunisie, ça prendra du temps, mais c'est un domaine sur lequel il y a beaucoup d'efforts qui se font", relève M. Nabli.

 

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5hIG5ii5tAwo-Y9JI85N4Bub-yE9A?docId=CNG.4f684c0959b15529d769de4b44e7b7b7.581

 

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 07:34

TUNIS — Le mouvement au pouvoir en Tunisie, Ennahda, tient de jeudi à dimanche son premier congrès public dans le pays depuis 1988, un rassemblement clé, le parti disant vouloir s'ancrer dans un islamisme "modéré" sur fond de tensions politiques et religieuses.

Le parti compte en faire un évènement d'ampleur, avec 25.000 à 30.000 participants à l'ouverture, un an et demi après la révolution qui renversa le régime de Ben Ali. Des invités de marque sont attendus comme Khaled Mechaal, président du bureau exécutif du mouvement islamiste palestinien Hamas et le président du Conseil national de transition libyen Moustapha Abdeljalil.

Les 1.103 délégués d'Ennahda devront eux se prononcer sur ses alliances politiques, alors qu'actuellement il est le principal parti d'une coalition avec deux formations de centre-gauche, le Congrès pour la république (CPR) et Ettakatol.

Mais "la plus importante (mission du Congrès) est sans doute celle d'ancrer Ennahda en tant que mouvement islamiste modéré, ouvert, porté sur les préoccupations des Tunisiens et des Tunisiennes, concentré sur la réalisation de leurs ambitions", a dit dans un entretien publié mercredi par le journal en ligne Leaders, le chef historique du parti Rached Ghannouchi.

Pour cela, il faudra concilier les différents courants, entre les modérés d'une part et les tenants d'une ligne idéologique plus radicale. Dans tous les cas de figure, M. Ghannouchi devrait conserver son poste.

Ce dernier dit aussi tenir à l'alliance au pouvoir qui a prouvé sa "solidité", même s'il n'est pas "facile à conduire" un tel gouvernement en période de transition.

Le Congrès traitera aussi du programme politique du mouvement, de sa vision dela société et de la place qu'y occupera la religion. Dans ce contexte, il se penchera sur la question de la femme, de la famille, de l'art, des médias et du sport.

Quatres projets de motion

Cette tâche n'est pas des moindres pour un parti qui, après plus de deux décennies de clandestinité, de répression et d'exil, découvre l'exercice du pouvoir et doit disposer d'une ligne claire en vue d'élections générales prévues pour mars 2013.

Quatre projets de motion devraient être soumis, selon la presse tunisienne, mais leur contenu n'a pas été rendu public.

Le parti a cependant déjà annoncé au printemps renoncer à ce que la charia soit inscrite comme principale source d'inspiration de la Constitution en cours de rédaction par l'Assemblée nationale constituante (ANC), satisfaisant une revendication de ses partenaires au gouvernement.

Si Ennahda domine la scène politique, les défis et crises sont nombreux.

La dernière en date a opposé fin juin le gouvernement dirigé par l'islamiste Hamadi Jebali au président du pays Moncef Marzouki (CPR) après l'extradition, contre l'avis du chef de l'Etat, de l'ex-Premier ministre libyen, al-Baghdadi al-Mahmoudi.

Par ailleurs, la Tunisie est secouée régulièrement par des conflits sociaux. Le chômage, un des grands facteurs de la révolution, est une question particulièrement délicate, l'économie peinant toujours à se relever.

Enfin, Ennahda a eu du mal à clarifier sa ligne concernant la mouvance salafiste, une minorité qui a mené plusieurs opérations coup de poing.

Mi-juin, ils se sont attaqués à une exposition artistique dans la banlieue de Tunis, certaines oeuvres étant, selon eux, insultantes pour l'islam.

Le lendemain, des émeutes éclataient dans plusieurs régions et un couvre-feu nocturne pendant trois jours a dû être imposé. L'Etat tunisien avait condamné àla fois les violences et les atteintes au sacré.

Enfin, les débats à l'ANC traînent en longueur, les élus ne parvenant pas à trouver un accord sur la nature du régime, Ennahda insistant sur un parlementarisme pur, alors que ses partenaires souhaitent laisser à la présidence d'importantes prérogatives.

 

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5ht99JXgR2MuYz4FY_nr_GOWS418Q?docId=CNG.5743e4770fa488605caafd7853247a3b.ab1

 

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 03:56

Le candidat des Frères musulmans Mohamed Morsi l'a donc emporté face au candidat soutenu par les militaires en Égypte. Mais ses pouvoirs sont pour l'instant rognés par l'armée, qui "joue le temps dans une partie d'échecs où les stratégies demeurent complexes et floues", commente Maxime Pinard, chercheur à l'IRIS.

EGYPTE. La nouvelle est tombée dimanche, provoquant des scènes de joie immenses sur la place Tahrir au Caire : Mohamed Morsi, le candidat des Frères musulmans, a été déclaré vainqueur de l'élection présidentielle en Égypte, face à Ahmad Chafiq, le dernier Premier ministre d'Hosni Moubarak.

 

 Le Frère musulman Mohamed Morsi, élu président d'Egypte. Ici au Caire, le 13/06/12 (LEVINE/SIPA)

Le Frère musulman Mohamed Morsi, élu président d'Egypte. Ici au Caire, le 13/06/12 (LEVINE/SIPA)

 

L'annonce met fin à une semaine d'attente interminable, où les spéculations allaient bon train sur d'éventuelles manipulations, fraudes, visant à faire gagner l'un ou l'autre. Il y en a sans doute eu, mais l'écart entre les deux candidats, près d'un million de voix selon les dernières estimations, est suffisamment important pour qu'il n'y ait pas de contestation.

 

D'ailleurs Ahmad Chafiq a rapidement reconnu sa défaite ; quant à ses supporters, ils ont fait part de leur très grande déception, mais également de leur crainte qu'un Frère musulman soit désormais à la tête du plus grand pays arabe.

 

Un président Frère musulman : des craintes et des défis à relever


Le reproche sous-entendu serait que les idées des Frères musulmans ne correspondent pas à celles du peuple égyptien et que ce dernier ne se reconnaîtrait pas dans ce nouveau pouvoir. Lors de sa première déclaration télévisée, le président Morsi a cherché à rassurer, affirmant qu'il serait "le président de tous les Égyptiens".

 

Notons au passage que de nombreux chefs d’États l'ont déjà félicité et témoigné de leur volonté de travailler ensemble, lui conférant ainsi une légitimité internationale qui n'était pas nécessairement envisageable aussi rapidement, eu égard aux craintes que suscitent dans de nombreux pays les Frères musulmans.

Tous les regards sont donc tournés vers ce nouveau président qui doit répondre à des défis immenses. L'économie fonctionne au ralenti, la désorganisation provoquée par le renversement de Moubarak ayant accentué le processus. De même, l’Égypte est confrontée au problème d'une jeunesse très nombreuse qui n'a aucune perspective d'avenir, le chômage des jeunes étant une plaie dans ce pays qui ne parvient pas à profiter de ses ressources internes.

 

Des investissements étrangers seront nécessaires pour aider le pays à se sortir de la crise multiple qu'il traverse ; leur importance dépendra de la politique menée par Morsi et du discours qu'il tiendra, aux niveaux national et international. Mais surtout, le président Morsi devra répondre au défi sécuritaire du pays s'il veut faire venir les entreprises étrangères ; il pourra compter pour ce faire sur l'armée qui a une position stratégique dans le pays.

 

Morsi, les mains liées à l'armée égyptienne


Alors que tous se focalisent sur l'élection présidentielle, on en oublierait presque que Morsi est pour l'instant un président sans pouvoir réel, qu'il a les mains liées et que toute initiative politique est actuellement dépendante des projets de l'armée.

 

En effet, le 14 juin dernier, l'armée procédait à ce que Hossam Bahgat (un défenseur des droits de l'homme) appelle "un coup militaire (...) doux". Le chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA), le Maréchal Tantaoui confirmait la décision de la Haute Cour constitutionnelle d'invalider un tiers des sièges de la chambre basse du Parlement, l'élection des députés concernés étant jugée contraire à la Constitution de 1973, rendant ainsi le Parlement impuissant.

 

De nouvelles élections sont donc à organiser, alors que les Frères musulmans avaient obtenu la moitié des sièges, et les fondamentalistes salafistes un quart. Par ailleurs, la Haute cour de justice avait également été à l'encontre de l'avis du tout jeune Parlement en validant la candidature de Chafiq. Pour rappel, le Parlement avait voté une loi d'isolement pour écarter les anciens membres du régime de Moubarak.

 

Partie d'échecs face à l'armée


Certes, l'armée a promis de laisser le pouvoir législatif dès qu'un nouveau Parlement sera élu, mais aucune date n'a été avancée. De même que se pose le problème de la nouvelle constitution à rédiger, qui va prendre du retard, les membres chargés de la rédiger ne bénéficiant pas de l'immunité nécessaire à une telle mission. L'armée joue donc le temps dans une partie d'échecs où les stratégies demeurent complexes et floues.

En acceptant l'élection de Morsi, l'armée cherche à montrer qu'elle veut respecter le choix des électeurs, mais son initiative récente à l'encontre du Parlement témoigne du contraire.... Paradoxe délicat à gérer, mais pas ingérable pour autant. L'armée demeure le pouvoir principal dans ce pays, et cette donnée avait été occultée par les manifestants de la place Tahrir qui ne voyaient le pouvoir que dans sa dimension politique et non militaire.

 

En outre, l'absence de critique forte des États-Unis, qui pourtant font tenir l'édifice militaire égyptien via leur aide financière colossale, leur laisse le champ libre pour agir. La Maison Blanche ne semble conditionner son aide qu'au respect du traité entre Israël et l’Égypte.

L'élection de Morsi n'est pas l'aboutissement d'un processus mais bien un coup d'essai pour ce pays en reconstruction, qui doit se repenser pour répondre aux problèmes qui le gangrènent. L'armée a laissé un pion avancer, mais s'est arrangée pour toujours peser dans le destin du pays. Les prochaines élections législatives permettront d'avoir une vue plus claire des nouveaux rapports de force pouvoir politique/pouvoir militaire.

 

nouvelobs

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 03:54

Hamadi Jebali,Hamadi Jebali, chef du gouvernement, a été ce dimanche l’invité de l’émission Internationales de TV5, RFI et Le Monde. Il a répondu aux questions de Xavier Lambrechts, Bruno Daroux et Isabelle Mandraud, en s’exprimant tantôt en arabe, tantôt en français.

Le chef du gouvernement a plaidé ce dimanche pour un petit plan Marshall au profit de  la Tunisie, rappelant que l’Europe a bénéficié d’un grand plan Marshall à l’issue de la deuxième guerre mondiale. Il a annoncé qu’il va se rendre à Paris le 28 juin prochain pour prendre part à une rencontre sur les petites et moyennes entreprises, et rencontrera par la même occasion, son homologue français, Jean-Marc Ayrault.

Même s’il se dit choqué par la position de la France au moment de la révolution, le chef du gouvernement souhaite "tourner la page et regarder vers l’avenir". Il appelle la France et l’Europe à considérer la Tunisie comme un partenaire stratégique dans un climat de paix et de démocratie. Et le Français ? C’est une langue d’avenir en Tunisie, répond-il.

Invité à réagir à un reportage diffusé en début d’émission sur les derniers troubles ayant secoué la Tunisie, Il estime que ledit reportage  présente la Tunisie "comme si elle était tombée dans l’anarchie et le chaos, mais ceci n’est pas la vérité, ce n’en est qu’une partie. Nous sommes en période postrévolutionnaire, comme celle qui succède à un séisme, mais ce qui s’est passé dans notre pays est beaucoup moins grave que ce qui  s’est passé dans d’autres pays".

Le chef du gouvernement estime que la Tunisie jouit de tous les attributs de la réussite dans la mesure où il y a un large consensus sur le modèle sociétal. "Tout le monde est d’accord autour des principes de liberté,  démocratie, respect des droits de l’homme, modération...sauf ceux qui veulent s’y soustraire. La révolution tunisienne va réussir", soutient-il.

Sur les appels au meurtre lancés contre les artistes, Hamadi Jebali dit ne pas vouloir s’immiscer dans le travail de la justice, précisant que toute violation de la loi sera sanctionnée.

Au sujet du salafisme, le chef du gouvernement a repris son ancienne expression, "les salfistes ne sont pas venus de Mars". "Ils sont issus de la Tunisie profonde, car ils ont trouvé un vide idéologique, où les modérés et Ennahdha ont été éliminés du paysage social". Il dit ne pas avoir une estimation exacte du nombre des salafistes. Et d’ajouter : "nous les avons appelés à s’organiser dans un parti qui croit en la démocratie,  à participer aux élections. Nous leur avons dit : pourquoi voulez- vous agir en dehors de la loi, si vous avez des idées qui peuvent convaincre les Tunisiens". A la question de savoir si les salafistes sont solubles dans la démocratie, il répond : "Nous voulons que tout le monde joue le jeu démocratique et qu’on laisse le peuple choisir démocratiquement ses élus et représentants".

Au sujet "des exactions" commises par les salafistes, Hamadi Jebali précise que la position du gouvernement est l’applicationde la loi, dans le cadre du respect de l’Etat de droit et des droits de l’homme. Il pense que "ces groupes ont tort, car ils veulent imposer leur point de vue par la force, dans un milieu démocratique". Il récuse qu’il y ait laxisme ou passivité des forces de l’ordre envers les salafistes. "Nous voulons avoir une police républicaine, qui ne cherche pas l’appartenance politique ou religieuse, mais agit selon les actes".

Hamadi Jebali estime que la réussite de la révolution tunisienne est l’un des plus grands échecs d’Al-Qaïda, dans la mesure où elle a permis une alternative et un modèlede changement démocratique. Sur la question de savoir s’il soutient les déclarations de Rached Ghannouchi qui a qualifié     Aymen Zawahri de catastrophe, il rétorque :  "lorsqu’on s’adresse aux gens par l’usage de la violence, ceci équivaut à une destruction matérielle spirituelle et intellectuelle. Il n'y a aucun alibi à l’usage de la force, dans un pays qui veut instaurer la démocratie", martèle-t-il.

Hamadi Jebali définit le mouvement Ennahdha comme "une expression sociale et populaire d’un peuple ancré dans son identité profonde,  historique, religieuse et civilisationnelle".  Sur la question de savoir si l’inscription de l’article premier de la constitution va faire polémique lors du tout prochain congrès d’Ennahdha, le secrétaire général du mouvement islamiste qualifie ce sujet "de faux problème", déplorant que la charia soit réduite aux châtiments corporels. "La charia, c’est la liberté, la démocratie, le développement, l’amour du prochain", soutient-il.

Le chef du gouvernement a confirmé la date de la tenue des prochaines élections au mois de mars 2013, "ce sera mieux si c’est avant", espère-t-il. Il a formulé le vœu que la rédaction de la constitution soit achevée d’ici le 23 octobre prochain, appelant la constituante, et à sa tête Mustapha Ben Jaâfar, à travailler nuit et jour, à cette fin.

Le chef du gouvernement s’est abstenu  d'émettre un jugement sur l’initiativede son prédécesseur, Béji Caïd Essebsi, le mouvement de "l’Appel de la Tunisie", souhaitant "la bienvenue à tout le monde", "c’est au peuple tunisien de choisir dans la liberté et la démocratie, Ennahdha ou une autre alternative".

Hamadi Jebali préconise "la punition individuelle et non collective" envers les anciens Rcédeistes, indiquant que la révolution doit se défendre dans l’esprit des droits de l’homme et de la liberté. Il appelle à une accélération du processus de justice transitionnelle, "la Tunisie doit tourner cette page en prenant en considération les droits de ceux qui ont été opprimés". Il prône à ce sujet la tolérance et la réconciliation, mais non sans le questionnement et le jugement dans le cadre de la loi.

Sur les allégations faisant état de la présence de certains membres et hommes d’affaires de l’ex-RCD dans l’appareil sécuritaire et dans la sphère gouvernementale, et à propos de la rumeur qui dit que Kamel Letaïef est son conseiller, il répond par un petit rire aux éclats, indiquant ne pas pouvoir évoquer des noms avant que la justice ne dise son mot. "Tous ceux qui ont porté préjudice au peuple tunisien doivent être traduits devant la justice", martèle-t-il.

Pour Hamadi Jebali, les problèmes socio-économiques ne sont pas indépendants des choix politiques, dont est tributaire la mise en place de la transparence et de la bonne gouvernance. Il exhorte les hommes d’affaires locaux à investir dans la démocratie, et à s’engager pour le pays. "Le capital est lâche, les hommes d’affaires cherchent le profit", déplore-t-il.

Sur le livrede Leïla Ben Ali, "Ma vérité", qui a soutenu la thèse du coup d’Etat le 14 janvier en Tunisie, Hamadi Jebali considère tout cela comme un détail. Pour lui, Ben Ali a été poussé par le peuple tunisien, l’armée a joué un rôle positif, et continuera à le faire. Le 14 janvier est le fruit de 30 ans de lutte et de résistance des militants qui ont payé le plus lourd tribut à la dictature, souligne-t-il en substance.

 

gnet

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 03:46

TUNIS (AP) — L'extradition par Tunis de l'ancien Premier ministre libyen Baghdadi Mahmoudi, dimanche, provoque des tensions entre la présidence et le gouvernement, menaçant l'unité de la "troïka" au pouvoir en Tunisie.

Dimanche soir, la présidence tunisienne a exprimé son "refus catégorique de l'extradition de Baghdadi Mahmoudi", dénonçant "une décision illégitime, prise de manière unilatérale sans concertation entre les trois présidences et sans l'accord du président de la République".

Vainqueur des élections d'octobre dernier, le mouvement islamiste "Ennahdha", à la tête du gouvernement, a dû s'allier à deux partis de centre-gauche, le Congrès pour la République (CPR) de l'actuel chef de l'Etat Moncef Marzouki, et Ettakatol démocratique pour le travail et les libertés de Mustapha Ben Jaâfar, président de l'assemblée nationale constituante (ANC), pour avoir la majorité dans cette institution.

Dans une déclaration de son porte-parole Adnène Mancer, publiée sur sa page Facebook, la présidence impute au chef du gouvernement, l'islamiste Hamadi Jebali, qui a signé l'extradition, "l'entière responsabilité de tout ce qui peut arriver à Mahmoudi et des répercussions qui peuvent en découler sur la Troïka". Accusant, M. Jebali d'avoir "transgressé ses prérogatives", le porte-parole a annoncé que l'affaire serait portée devant l'ANC, principale source de pouvoir.

Le porte-parole de Moncef Marzouki rappelle que "la Troïka avait convenu de livrer M. Mahmoudi après l'organisation des élections libyennes et la garantie de toutes les conditions d'un procès équitable à l'accusé". Il souligne que la commission tunisienne qui s'est rendue fin mai dernier en Libye pour s'assurer des conditions de détention (de l'ex-Premier ministre libyen) et du déroulement du procès n'avait pas encore rendu public le rapport final de sa mission.

Le porte-parole du gouvernement tunisien Samir Dilou a dit lundi se refuser à "toute polémique" en réponse à Adnène Mancer. "Ce qui importe c'est de respecter la loi et de faire prévaloir l'intérêt national", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse tenue avec le ministre de la Justice Noureddine Bhiri.

Selon M. Dilou, qui est aussi ministre des droits de l'Homme et de la justice transitionnelle, l'extradition de l'ancien Premier ministre libyen est "une opération purement technique et administrative après le parachèvement de la procédure aux plans judiciaire, légal et constitutionnel".

Le ministre de la Justice a quant à lui dénié au chef de l'Etat "le droit d'accepter ou de refuser l'extradition", estimant qu'une telle décision relevait des attributions du gouvernement. "Nous refusons d'encourager les criminels à poursuivre leurs exactions et la Tunisie ne sera pas un refuge pour ceux qui se sont rendus coupables de répression, de despotisme et de corruption", a-t-il martelé.

Il a fait valoir que l'extradition de l'ancien collaborateur de Kadhafi aux nouvelles autorités libyennes "est de nature à renforcer la légitimité de la demande tunisienne de se faire livrer (l'ancien président Zine El Abidine) Ben Ali" actuellement réfugié en Arabie Saoudite.

De son côté, le secrétaire général de l'Organisation tunisienne contre la torture en Tunisie (OTCT) Mondher Cherni a fermement condamné l'extradition de l'ancien premier ministre libyen.

Dernier Premier ministre du défunt dictateur libyen déchu Moammar Kadhafi, M. Mahmoudi avait été arrêté en septembre 2011 dans le Sud tunisien alors qu'il s'apprêtait à se rendre en Algérie.

Condamné à six mois de prison pour "franchissement illégal" de la frontière, il a été acquitté en appel, mais maintenu en détention suite à deux demandes d'extradition adressées par les autorités libyennes qui l'accusent notamment d'avoir ordonné des viols de femmes en Libye.

La justice tunisienne a donné une suite favorable à ces demandes. Le gouvernement tunisien dit s'être appuyé sur cette décision judiciaire pour extrader l'ancien collaborateur de Kadhafi. Les avocats de M. Mahmoudi dénoncent quant à eux "une transaction" entre Tunis et Tripoli moyennant selon eux aides financières et en investissements. AP

nouvelobs

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19 juin 2012 2 19 /06 /juin /2012 03:31

Suite aux récents événements qui ont à nouveau entamé l'image touristique de la Tunisie, Raouf Benslimane, DG de Thalasso n°1, livre son analyse sur la situation. Dans ce climat d’effervescence et de construction du pays, il reste primordial, selon lui, de préserver le tourisme, source de développement et de prospérité. En tant que Français, dirigeant un TO français, mais aussi en tant que Tunisien d’origine, il conseille producteurs et distributeurs sur TourMaG.com.



R.Benslimane : "Il faudra s'habituer encore quelques temps à ce climat d’effervescence et de construction caractérisé aussi par la volonté de tout un pays de préserver en parallèle un tourisme source de développement et de prospérité" - DR : JDL 

R.Benslimane : "Il faudra s'habituer encore quelques temps à ce climat d’effervescence et de construction caractérisé aussi par la volonté de tout un pays de préserver en parallèle un tourisme source de développement et de prospérité" - DR : JDL

 

Quelle est votre analyse au sujet de la situation actuelle en Tunisie ?

Raouf Benslimane
: "En tant que Français, dirigeant un Tour opérateur français, mais aussi en tant que Tunisien d’origine, j'ai le privilège de bien connaître ce qui se passe réellement en Tunisie. Donc de pouvoir analyser la façon dont cela est exploité par la presse en France.

Les évènements récents pouvaient évidemment susciter de l’inquiétude, d'autant que l'information entendue et vécue de l’extérieur est certainement amplifiée et appréciée de façon très négative par les clients.

Car les médias ne font aucun cadeau à un pays dont ils se sentent proches et dont l'analyse comporte une part d’affectivité exacerbée.

Ceci quand il ne s’agit pas de donner dans le sensationnel comme cela s’est souvent produit à la moindre étincelle qui a provoqué l’embrasement des banlieues en France.

Évidemment, la réalité n a pas été déformée dans le cas des banlieues, mais le caractère répétitif et la concentration des images violentes qui repassaient en boucle ont donné l'impression aux Américains que nous avions replongé en pleine Révolution française…

 

Préserver le tourisme, source de développement

Raouf Benslimane est le DG de Thalasso n°1 - DR

Raouf Benslimane est le DG de Thalasso n°1 - DR

Et c'est exactement ce qui s'est passé en Tunisie.

Les images de violences, quand bien même limitées à certains endroits et visant exclusivement les symboles de l’Etat (bureau de police et administration), ont donné à penser que la Tunisie était retombée en révolution...

Ceci alors qu’à aucun moment l'intégrité du citoyen tunisien, du citoyen étranger, des sites touristiques, etc. n'ont été menacés.

Et il est scandaleux que la presse en France, toujours à l’affût du sensationnel, donne ainsi à assimiler la situation de la Tunisie à celle des pays voisins.

Pour sa défense, il est vrai que le couvre-feu mis en place et vite levé est lié à des situations de guerre et fait appel à des notions très négatives et conforte ainsi toute analyse exagérée…

J’en appelle donc les dirigeants du pays et toutes les personnes de bonne volonté à méditer la portée de leurs décisions dans le cadre de la stratégie sécuritaire du pays.

Car la Tunisie n'est pas seulement un État, c'est aussi une « Destination », un « Produit », un idéal peut-être aussi qui se construit dans ce monde arabo-musulman dans lequel la Tunisie s'est toujours inscrite comme avant-gardiste et pionnière.

C'est pourquoi je ne crains pas une détérioration de la situation, au contraire, on a aujourd’hui l'image de plaques idéologiques antagonistes qui se rencontrent et provoquent quelques secousses sismiques car les extrêmes s affrontent...

Il faudra s'habituer encore quelques temps à ce climat d’effervescence et de construction caractérisé aussi par la volonté de tout un pays de préserver en parallèle un tourisme source de développement et de prospérité."

 

La situation est tout à fait sécurisée

TourMaG.com - Comment un fournisseur tel que vous gère-t-il l'incertitude actuelle en terme de production ?

R.B. :
"Plusieurs paramètres nous permettent d'adopter une posture offensive sur la destination et de maintenir nos engagements.

Ces paramètres découlent d'une analyse à priori subjective mais qui, pour nous, reposent sur une connaissance parfaite du produit Tunisie dans son ensemble, ce qui amène à dire qu'il faut être bien plus qu'un stratège de la production pour réussir à vendre la Tunisie.

Il faut y séjourner de temps en temps, être au cœur de la relation humaine et professionnelle et dans différents secteurs de l’économie, pour finalement emmagasiner un vécu et un feeling incomparable, pour fiabiliser son analyse dans la durée.

D'autre part, l’incertitude que vous évoquez est certes réelle au regard de la stabilité encore fragile du pays pour la simple raison que la démocratie nouvelle n’a pas achevé, loin de là, sa construction.

MAIS l’incertitude tenant au marché français et aux tendances de consommations du produit « séjour » est encore plus grande, donc finalement ce sont 2 incertitudes que nous devons gérer.

Concrètement, nous avons décidé de maintenir nos objectifs de réalisation sur l'été 2012 … Soit plus de 20 000 passagers, car nous avons un objectif annuel que nous voulons atteindre et qui a été fixé à près de 65 000 pax :

1/ parce que nous pensons que la situation est tout à fait sécurisée et les stations touristiques calmes et agréables

2/ la Tunisie continue d’offrir le meilleur rapport qualité/prix à seulement 2h de paris avec le soleil

3/ une bonne partie des Français connaît la situation réelle et souhaite y revenir

 

Une analyse quotidienne de l’état des ventes

Nous travaillons en forte collaboration avec des partenaires privilégiés hôteliers et aériens qui suivent avec nous les fluctuations du marché au jour le jour.

Le deal est simple : nous continuons de maintenir nos engagements dans la mesure où nos partenaires nous donnent de la souplesse et de la flexibilité.

Nous devons être capables de réguler aussi bien à la hausse qu’à la baisse à n’importe quel moment. Nous analysons chaque jour avec nos fournisseurs l’état des ventes, nous savons à l’avance sur quelle semaine nous aurons besoin d'ajuster les prix et les volumes.

Cette pratique découle d’un vrai savoir-faire développé lors de situations normales et que nous mettons en œuvre depuis l’évolution du marché vers la VDM.

C’est comme si nous avions en même temps plusieurs robinets ouverts, en fonction de la situation, nous augmentons ou réduisons l’intensité du flux d'eau pour arroser en fonction des besoin du marché.

Cela nécessite une très bonne communication et une parfaite confiance avec nos partenaires aériens et hôteliers et pour cela nous sommes forcément obligés de sélectionner nos partenaires.

Sur l’axe aérien, nous avons mis tout notre plan de vol au départ de Paris avec Tunisair, notre partenaire privilégié sur la destination, sur la partie hôtelière, nous travaillons en priorité avec nos partenaires avec lesquels nous avons des exclusivités.

Ainsi, en quelque sorte, tout le monde est dans le même bateau, cela facilite énormément la communication et la prise de d’action, c’est vital pour une production en flux tendus et en juste à temps, pour pouvoir agir en temps réel.

Nous jouons en quelque sorte le rôle de coordinateur, puisque nous sommes en contact direct avec le marché, nous pouvons établir des tendances de ventes par tranche horaires et agir sur les prix et les volumes à n’importe quel moment.

Nous produisons en quelque sorte de manière « chirurgicale » pour le compte de nos distributeurs, nous créons de la demande grâce aux nombreuses animations et opérations que nous faisons avec l'ensemble de nos distributeurs.

Je rappelle que la semaine précédente, nous étions en éductour à Djerba et à Monastir pendant le couvre feu… et que tout le monde en a profité."

 

La communication est impérative pour la relance

TourMaG.com - Que faut-il faire pour rassurer le marché, les consommateurs et les agences ?

R.B. :
"Les agences doivent commencer par faire confiance à un vrai spécialiste et véritable expert de la destination et de sa population pour garantir aux clients la fiabilité des informations et la qualité d’assistance nécessaire pour éviter toute déconvenue.

Pour rassurer le marché et faire revenir les clients, la Tunisie doit envoyer un ou des messages aussi rapides que positifs pour effacer les conséquences d'un couvre-feu aussi surprenant par sa soudaineté que négatif par le message qu il contient.

Pour cela, il est impératif que les dirigeants du tourisme communiquent vite et en permanence avec d'autres ministères concernés (transport, intérieur, culture, etc ) pour établir à la fois une stratégie globale de relance mais aussi d'anticipation de tout évènement négatif.

Cette démarche est urgente pour qui veut privilégier l'intérêt supérieur d'un pays dépendant économiquement en grande partie du tourisme.

Les médias notamment radio et surtout TV, doivent faire l'objet d'un lobbying permanent, mais sans concessions. Montrer la réalité tunisienne c'est montrer un pays qui vit malgré tout et des attraits qui n ont pas changé !

 

tourmag

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