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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 05:53

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Nous sommes tous des Amazigh ! 

 

Soumis par stéphane arrami le jeu, 2011-12-29 06:00

 

حدر معظم سكان البلاد التونسية من أصول أمازيغية، حسب ما ورد في آخر دراسة إجتماعية أقيمة في تونس أواخر سنة 2009 أكدت أن نسبة التوانسه من أصل أمازيغي لا يقلّ عن ال 60% من مجمل سكان البلاد.

يعود معظم التوانسه بنسبهم إلى قبائل أمازيعية كبرى حكمت البلاد بعد سقوط قرطاج 
في شكل كنفدراليّات بسطت نفوذها على مناطق مختلفة من البلاد، ثمّ إنقسمت إلى عروش صغيرة و عائلات، فنجد من بين أشهر هذه الكنفدراليّات، كنفدراليّة الفراشيش التي إمتدت من تالة و القصرين حتى الساحل ( سوسة و صفاقس ) و قد أشأت على يدي القائد الأمازيغي أنطلاس و كانت عاصمتها تالة، بالإضافة إلى كنفدراليّة ورغمّة بالجنوب الشرقي، و التي كانت تشمل عدّة عروش منها العكارة و الخزور و التوازين و ودرنّة و معهم سكان غمراسن و الجباليّة .

نجد أيضا في الشمال قبائل أخرى كبرى، تفرّعت بدورها إلى عروش صغيرة، نذكر منها على سبيل الذكر لا الحصر، مقعد، نفزة، ماكنة، بجاوة، الحنانشة، أواته، أولاد عيار، ورتان، البراقة، كسرى، هوارة، شارن، الزغالمة وعرش وسلات .

يشكل الناطقون باللغة الأمازيغيةاليوم في تونس500,000 نسمة ينتشرون في مطماطه، تطاوين، جزيرة جربة،قابس, ڨفصة، الڨصرين,وجبال خمير

source facebook.com/Oualhass

 

 

 

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Le 14 janvier 2012, date doublement symbolique 

 

12294.jpg

En 2962, nous autres berbères avion célébré la déchéance d’un autre roi… Et il a plu ! 

 

A une autre époque, la célébration de l’anniversaire de la Révolution tunisienne, le 14 janvier, aurait coïncidé avec celle du nouvel an traditionnel, dit le nouvel an berbère ou amazigh, encore fêté , avec une certaine pompe, au niveau populaire, plus particulièrement, chez les communautés berbères ou amazigh, notamment en Algérie et au Maroc, le 13 et le 14 janvier.

 

Dans le calendrier amazigh traditionnel, le premier mois s’appelle ‘’ienayer’’, c'est-à-dire le premier mois (yen veut dire ‘’un’’ et ‘’ayer’’ veut dire mois et lune. Le jour du nouvel an berbère est appelé également ‘’ la porte de l’année ( taggourt assagasse), ou encore ‘’la tête de l’année’’ (idh assagasse), comme en arabe ‘’ ras essana’’, et en hébreu (roch hachana). A vrai dire, ‘’ras’’ signifie, dans ce contexte, chef. Or, la tête s’appelle, aussi chef en français..

 

L’année 2012 dans le calendrier grégorien mondialement adopté coïncide avec l’année 2962 dans le calendrier berbère, ce qui illustre l’ancienneté de l’évènement et son enracinement chez les ancêtres des berbères. Selon, certains spécialistes, il marquerait une victoire éclatante contre un pharaon de l’ancienne Egypte, près de la ville algérienne de Tlemcen, Ramsès trois ou son prédécesseur, en 950 avant JC..Cette victoire avait été accompagnée par une année pluvieuse et très bonne sur le plan de la production agricole, après des années de sécheresse, ce qui expliquerait l’importance de l’alimentation dans la célébration de la fête. Les gens préparaient divers mets dont un couscous ordinaire aux légumes et une autre espèce de couscous appelé ‘’grand couscous’’ (bersexou), encore employé dans le Sud tunisien sous l’appellation ‘’barcouqche’’. Cette préparation culinaire est signalée dans certains anciens livres grecs, comme étant la première préparation culinaire de l’histoire humaine qu’une certaine femme aurait offerte à la divinité grecque de la terre et de l’agriculture Déméter, en guise d’hospitalité, ce qui infirme l’idée selon laquelle cette déesse aurait inventé l’art de la culture de la terre qu’elle aurait ensuite appris aux hommes. Ces anciens livres grecs appellent la préparation par son nom originel, soit ‘’couscous’ ou ‘’ksouksou’’.

 

Il est vraiment étonnant que la première année de la Révolution tunisienne, en 2011, a été marquée par des pluies abondantes et une bonne saison agricole, après une sécheresse.

 

Toutefois, selon un spécialiste, les correspondances et les conjonctions sont plus profondes, car, à l’origine, le nouvel an chez les divers groupes humains marque un changement au niveau du pouvoir et de la direction politique du groupe. Initialement, il n’y avait ^pas de nouvel an fixe, mais les communautés humaines avaient appris à changer de direction politique, ou de Rais, comme on dit en arabe, c'est-à-dire de chef et de guide, à une certaine période liée souvent à des phénomènes naturels, comme la période de chasse, ou des récoltes, ou encore la saison des pluies, ou à cause du vieillissement et de l’incapacité de l’ancien chef. Le changement était opéré sous plusieurs formes, comme le tirage au sort. Mais il revêtait aussi des formes violentes. L’ancien chef était mis à mort, par voie d’immolation rituelle ou enfermé, à jamais, dans une grotte .Il ignorait parfois la fin de son gouvernement, décidée sans lui, par un conseil.

 

Ces coutumes sont à l’origine des diverses pratiques encore utilisées pour opérer les changements politiques, coup d’Etat, meurtres, révolutions populaires, élections. L’accès des rois au trône continue d’être célébré et marquer le jour du nouvel an.

Il faut signaler, en outre, que le mot ‘’révolution ‘’ signifie, aussi, en farçais, le tour, et la fin d’une période et d’un cycle, de sorte que les tyrans et les despotes modernes comme les anciens présidents arabes déchus dont le tunisien Ben Ali étaient coupables de n’avoir pas respecté le temps assigné à leur tour au pouvoir.

par Salah Ben Hamadi

source mirabab


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4 janvier 2012 3 04 /01 /janvier /2012 05:42
Israël confronté aux provocations des ultra-religieux juifs

Le port de l'étoile jaune par des ultra-orthodoxes lors d'une manifestation a choqué la société israélienne où la question de la religion cristallise les tensions.


Des juifs ultra-orthodoxes déguisés en prisonniers portant l'étoile jaune, le 31 décembre 2011 à Jérusalem (Baz Ratner/Reuters)

Un nouveau pas a été franchi samedi soir dans la confrontation entre la communauté juive ultra-orthodoxe et le reste de la société israélienne lorsque des manifestants sont descendus dans la rue à Jérusalem en arborant l'étoile jaune, le symbole des discriminations contre les juifs par les nazis.

Cette référence à l'holocauste des juifs pendant la seconde guerre mondiale pour signifier à l'Israël laïque la colère des ultra-orthodoxes a provoqué des réactions de choc et d'incrédulité de la part des leaders politiques de tous bords.

Tzipi Livni, la dirigeante du parti d'opposition Kadima a ainsi qualifié ces étoiles jaunes sur la poitrine d'enfants déguisés en prisonniers au costume rayé d'« affront grossier au souvenir de l'holocauste ». Pour Ehud Barak, le ministre de la défense, « c'est bouleversant et terrifiant ».


Enfants ultra-orthodoxes portant l'étoile jaune (Via Haaretz)

Ils n'étaient pourtant qu'un millier à s'être rassemblés samedi soir sur la « place du shabbat », dans le quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim, à Jérusalem ouest, où vivent des dizaines de milliers de Haredim(littéralement, « ceux qui craignent Dieu »), la frange la plus religieuse de la population israélienne.

Mais cette manifestation et les outrances auxquelles elle a donné lieu n'est que le point culminant d'une confrontation croissante entre les Haredim et la société laïque, en particulier dans cette ville charnière qu'est Jérusalem, où la cohabitation entre deux visions du monde est la plus explosive. Les Haredim représentent quelque 20% de la population de la ville, deux fois plus qu'à l'échelle du pays.

Les Harédim et les femmes

Le conflit fait rage depuis plusieurs semaines, depuis que des Haredim ont commencé à s'en prendre aux femmes dans la rue, vêtues de manière trop « légère » de leur point de vue.

Une femme et une fillette sont devenues les symboles involontaires de cette crise ouverte qui place les Israéliens face à la question, jamais résolue, de l'identité de leur société.

Naama Mergolis a huit ans, et habite Beit Shemesh, une ville située entre Tel Aviv, la métropole de « perdition » au bord de la mer, et Jérusalem, la capitale trois fois sainte. A Beit Shemesh, les ultra-orthodoxes sont entrés en campagne contre l'école pour filles fréquentée par Naama, pourtant une école liée au courant sioniste religieux, mais trop « laxiste » à leurs yeux.

Des ultra-orthodoxes s'en sont pris de manière violente à des femmes aux abords de l'école, semant la terreur parmi les enfants. Lorsque Naama Mergolis a témoigné dans les médias israéliens sur « des gens méchants qui m'attendent dehors et veulent me faire du mal », les Israéliens ont été bouleversés, s'agissant d'hommes qui se réclament de la religion.

Tanya Rosenblit, 28 ans, est l'autre symbole de cette crise. A la mi-décembre, elle a pris place dans un bus entre Ashdod, dans le sud-ouest du pays, et Jérusalem, fréquenté par des ultra-orthodoxes. Ces derniers ont tenté d'imposer que les femmes montent à bord du bus par une entrée différente de celle des hommes, et s'assoient au fond du véhicule.

La jeune femme a refusé, et s'est installée derrière le chauffeur, provoquant des réactions de colère des ultra-orthodoxes et l'intervention de la police. Là encore, les Israéliens ont redécouvert le visage de l'intolérance sous des habits religieux.

Tanya Rosenblit a été comparée à Rosa Parks, la femme noire qui, en 1955, avait délibérément choisi de s'asseoir dans l'espace réservé aux Blancs dans un bus de Montgomery, dans le sud des Etats-Unis, à l'époque de la ségrégation raciale.

Mais la différence est qu'en Israël, ceux qui veulent pratiquer cette discrimination vis-à-vis des femmes, ont eux-mêmes, par une vision déformée de la société, le sentiment d'être les victimes de discriminations. D'où l'étoile jaune de la manifestation de samedi soir, symbole de la manière dont étaient traités les juifs par les nazis.

Le compromis historique des débuts de l'Etat

Israël s'est créé en 1948 par un compromis historique entre des pères fondateurs issus du sionisme de gauche laïque, comme David Ben Gourion, travailliste et pas pratiquant, et le courant religieux du judaïsme. Il est en résulté un équilibre fragile, qui fait d'Israël une société sans séparation entre la synagogue et l'Etat, avec des lois dont certaines sont héritées de l'époque ottomane.

Dans un livre publié en 1992, « Religion et Etat en Israël » (L'Harmattan), Doris Bensimon décrivait ainsi parfaitement cette dualité :

« Les fondateurs de cet Etat l'ont créé selon une vision laïque, préconisant la renaissance économique, sociale et culturelle du peuple juif. A cette conception, s'oppose, dès la fin du XIXe siècle, celle des milieux religieux désireux de créer, en pays d'Israël, une société juive qui pratiquerait les commandements de la Torah - de la Bible.

Les conflits qui ponctuent ces conceptions contradictoires de l'Etat des juifs constituent l'une des tensions majeures de la société israélienne. »

Vingt ans plus tard, cette analyse reste parfaitement valable. Ce qui a changé c'est l'intensité de ces tensions, et le poids des religieux dans la société qui n'a cessé de croître, ne serait-ce qu'en raison d'une démographie bien plus élevée.

L'absence de consensus au sein de la société sur la manière de traiter ce dossier a fait que, pendant soixante ans, Israël a vécu sur cette ambiguité et cet équilibre des débuts. Cela semble de moins en moins aisé.

« Les murailles du ghetto »

Le problème est d'autant plus explosif que la minorité la plus extrémiste des ultra-orthodoxes, bardée de la certitude d'incarner la volonté divine, n'hésite pas à braver la loi des hommes, à l'image de l'assassin de Yitzhak Rabin en 1995, ou, plus modestement, de ceux qui ont voulu imposer leurs règles au sein d'un bus de la compagnie Egged.

Les manifestants de samedi soir voulaient ainsi exprimer leur soutien à Shmuel Weissfish, un jeune ultra-orthdoxe qui doit commencer à purger, ce dimanche, une peine de deux ans de prison pour avoir détruit un magasin d'ordinateurs et agressé son patron, au nom d'un groupe d'activistes religieux qui veut chasser des quartiers Haredim les magasins « inappropriés ».

Nahoum Barnéa, l'éditorialiste vedette du Yédiot Aharonot, principal quotidien du pays, a commenté dimanche, après la manifestation à l'étoile jaune :

« Nous devons réagir à cette grossière provocation en perçant les murailles du ghetto qui enferment les Haredim par l'éducation et la formation. »

C'est une ambition à long terme, sur laquelle les Israéliens auront du mal à se mettre d'accord. Ce qui signifie qu'ils vont devoir vivre encore longtemps avec ces tensions entre deux visions d'Israël, deux visions du monde

source rue89

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Les ultra-orthodoxes radicalisés peuvent-ils vaciller la société israélienne ?

La société israélienne a été choquée par l’agression d’une fillette de huit ans par des ultra- orthodoxes. Les violences seraient pourtant plus le fait d’une minorité radicalisée que d’une majorité ultra religieuse qui composerait de plus en plus avec la société sioniste.

 
On remarque malgré tout des attitudes rigoristes dans tout le pays comme des bus ou des trottoirs réservés aux hommes ou aux femmes. En Israël, il existe toujours des différences traditionnelles entre les hommes et les femmes, sans qu’il s’agisse d’une inégalité. Au sein des ultra-orthodoxes, la coutume veut que l’homme se consacre à plein temps à l’étude et la femme au foyer et à l’éducation. 

Malgré les bourses qui leurs sont attribuées, cette population est plutôt dans la frange pauvre de la société israélienne. Nécessité faisant force de loi, un certain nombre de rabbins orthodoxes acceptent le travail des femmes. Reste une frange d’irréductibles qui rejette toute forme d’évolution. 

Le pouvoir semble avoir des difficultés à contrôler les éléments les plus radicaux de la population orthodoxe. Comment réagit le reste des Israéliens ? 

Les ultra-orthodoxes manifestent régulièrement pour des raisons récurrentes. Lors de projets de constructions sur d’anciens cimetières par exemple. Ils s’opposent ainsi régulièrement aux sites archéologiques. Mais malgré ces mouvements, nous n’avons encore jamais vu d’intifada des ultra-orthodoxes malgré un fantasme régulièrement évoqué dans les médias. C’est un souci qui découle directement de cette fraction radicalisée qui échappe effectivement à toute forme de contrôle. Ils rejettent d’ailleurs toute forme d’Etat : ils n’acceptent pas les allocations, les logements sociaux ou même les cartes téléphoniques de la compagnie nationale. 

La majorité du monde ultra-orthodoxe, même si elle est opposée à l’idéologie sioniste, a appris à composer avec l’Etat et ses institutions. Les laïcs estiment d’ailleurs qu’elle l’a trop bien fait : grâce à un système de représentation à la proportionnelle quasi intégrale, les partis ultra religieux détiennent à la Knesset [NDLR : le Parlement israélien] le nombre de sièges nécessaire pour être l’appoint indispensable à toute coalition gouvernementale. C’est le cas aussi bien à droite qu’à gauche qui doivent composer avec les pressions exercées sur certains sujets par les ultra orthodoxes. 

Propos recueillis par Romain Mielca

source harissa.

 

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Israël La révolte contre les hommes en noir


Face aux pressions croissantes exercées par les juifs ultraorthodoxes sur les femmes dans l’espace public, la société civile se mobilise.

Certains l’appellent déjà la «Rosa Parks» israélienne, du nom de cette femme noire qui avait lancé le mouvement des droits civiques dans le Sud raciste des Etats-Unis. En 1955, elle s’était assise dignement au premier rang d’un bus, alors que les Noirs n’avaient droit qu’aux sièges du fond.

Dans son petit appartement sans chauffage d’un immeuble triste de la banlieue de Jérusalem, Yocheved Horowitz, une ultraorthodoxe de 51 ans,reçoit en gardant son anorak. Très religieuse, fille et petite-fille de rabbins (dont les portraits ornent le mur), les cheveux cachés sous une perruque, elle n’a que des livres d’études juives sur les étagères d’une pièce vide. Ni journal ni télé. Dans son milieu, cette mère de six enfants à l’allure paisible est une vraie révolutionnaire. Il y a quelques semaines, elle a osé prendre place à l’avant du bus municipal où les Haredim («Ceux qui craignent Dieu», ultraorthodoxes) ont imposé une ségrégation sexuelle sur certaines lignes qui traversent leurs quartiers : les hommes à l’avant, les femmes à l’arrière. Une ségrégation jugée illégale par la Cour suprême, laquelle est toutefois restée ambiguë sur le sujet : la séparation reste tolérée si tout le monde est d’accord…

 

Insultes et crachats

Yocheved Horowitz, mariée par ses parents à 17 ans, séparée d’un premier mari violent - «c’était très difficile de divorcer, je faisais honte à ma famille», dit-elle - puis remariée à un homme également très orthodoxe, défend le judaïsme : «La place de la femme dans la religion est magnifique, dit-elle. Mais ces groupes hassidiques, ces sectes, interprètent des commentaires du Talmud pour utiliser de façon manipulatrice ce qu’ont dit la Torah et les Sages. Ces gens expliquent que le sexe féminin n’a pas de valeur, qu’il doit être mis à l’écart, que la femme bonne, celle qui craint Dieu, fait tout ce que veut le mari. Il a tout le pouvoir. Et les femmes religieuses, qui ne sont pas éduquées, le croient et l’acceptent.»

Yocheved Horowitz raconte sa première expérience à bord du bus numéro 3 : «Je suis montée, je ne savais pas que c’était un bus "casher". J’aime les sièges isolés. Je me suis assise derrière le conducteur. Deux hommes ont commencé à m’insulter, des femmes sont venues me dire de me mettre à l’arrière. Je n’ai pas bougé, mais je tremblais. C’est normal, pour nous, que les hommes et les femmes ne soient pas assis à côté. Mais pourquoi les hommes ont-ils décidé que l’avant leur était réservé et que les femmes devaient être à l’arrière?»

Elle cite les textes du Talmud et de la Torah pour rappeler que la loi juive, la Halakha, interdit d’humilier les femmes. Depuis lors, elle continue son combat contre la ségrégation. «J’ai reçu de nombreux messages encourageants d’orthodoxes de ma communauté, et mon mari me soutient, grâce à Dieu !Nous ne pouvons pas utiliser la violence, c’est péché.»

Les menaces des «hommes en noir» - le surnom des ultraorthodoxes toujours habillés de redingotes et chapeaux sombres -, qui veulent exclure les femmes de l’espace public, sont devenues en une semaine un sujet d’inquiétude nationale en Israël. D’autant qu’il y a aussi le cas de Tanya Rosenblit, une étudiante moderne et non religieuse qui, par hasard, est montée dans un bus rempli d’ultraorthodoxes entre Ashdod et Jérusalem. Quand ils lui ont demandé d’aller s’asseoir avec les femmes à l’arrière, elle a refusé, et s’est fait alors traiter de «pute non juive». Le chauffeur a dû s’arrêter et appeler la police. Enfin, les larmes, le 23 décembre à la télévision, de la petite Na’ama Margolese, une blondinette frêle de 8 ans, ont secoué le pays. Na’ama, sur le chemin de son école religieuse de Beit Shemesh, s’est fait cracher dessus par des extrémistes pour cause de «tenue immodeste» : sa jupe ne serait pas assez longue, ses manches trop courtes…

Les malheurs de cette fille d’Américains installés en Israël par conviction religieuse dans une ville de 80 000 habitants près de Jérusalem, où vivent de nombreux Haredim, ont été la goutte d’eau en trop. Cette fois, la classe politique tout entière s’est dite choquée, et le Premier ministre, «Bibi» Nétanyahou, lui-même est monté au créneau contre les «groupes extrémistes».

 

«Israël ne sera pas l’Iran !»

Comme lors du printemps arabe ou du mouvement des indignés israéliens, l’été dernier, Facebook mobilise les consciences. L’acteur Tsviki Levin a ouvert la page «1000 Israéliens pour aller protéger la petite Na’ama à Beit Shemesh» parce que, dit-il, «elle est le symbole d’un danger qui menace toute la société». Son appel a été entendu au-delà de ses espérances. Le 27 décembre, ils n’étaient pas 1 000 mais 10 000 dans les rues de Beit Shemesh. Tzipi Livni, leader de l’opposition, et Limor Livnat, ministre de la Culture du gouvernement Nétanyahou, étaient présentes, ensemble, pour dénoncer l’exclusion. Avec un mot d’ordre dans la foule : «Israël ne sera pas l’Iran !»

La semaine dernière, le gouvernement a ordonné au maire de Beit Shemesh d’enlever une pancarte qui signale le trottoir où doivent marcher les femmes et qui leur interdit de passer devant la synagogue. Quand les policiers l’ont décrochée, les hommes en noir les ont attaqués en les traitant de «nazis », blessant au passage un cameraman de télévision.

Quel est le problème ? Cachez ces femmes, disent en substance ces extrémistes au nom de leur interprétation sexiste des textes de la religion juive - et de leur peur de la tentation sexuelle… Retirez les femmes des affiches dans la rue (ce qui a été fait à Jérusalem). Interdisez-leur de passer devant les synagogues (c’est le cas de Beit Shemesh). Faites-les asseoir au fond des bus. Interdisez-leur d’assister aux funérailles en présence d’hommes : une plainte a d’ailleurs été déposée par une femme refoulée loin du cercueil. Proposez-leur des trottoirs et des files séparées aux caisses des supermarchés. Sans parler de piscines ou de plages réservées selon les jours et selon les sexes.

Un autre scandale a récemment éclaté quand des soldats ont refusé d’assister à un récital de femmes et ont demandé qu’on interdise dorénavant à leurs camarades de sexe féminin de chanter en public… Même des responsables religieux ont tiqué. Tel le rabbin David Bigman, qui a pris sa plume dans la revue des féministes religieuses, Kolech, expliquant, à partir des textes talmudiques et rabbiniques, qu’«il n’y a aucune raison d’interdire aux hommes d’assister à un concert d’une cantatrice lorsqu’il ne s’agit pas d’une situation de nature érotique et séductrice».

Si les extrémistes sont une minorité au sein du monde religieux, celle-ci est bruyante et agressive. «Cela existe depuis longtemps, assure Ilan Greilsammer, professeur de sciences politiques à l’université (autrefois religieuse) de Bar-Ilan, près de Tel-Aviv, et auteur d’un livre sur le sujet,Israël : Les hommes en noir (Presses de Sciences-Po). Mais ce qu’on découvre aujourd’hui, c’est que ce monde haredi est de plus en plus revendicatif. Les ultraorthodoxes gagnent du terrain.»

Leur croissance démographique commence à faire peur à la majorité laïque. Avec sept enfants, en moyenne, par famille, ils sont en expansion. En Israël, un enfant sur cinq va dans une école primaire religieuse. «Tous les religieux ne sont pas extrémistes, mais on voit une montée de l’intolérance, constate Tamar Rotem, journaliste au quotidien Haaretz, qui vient elle-même d’une famille orthodoxe. La panique actuelle naît d’une prise de conscience de l’opinion: la ségrégation des femmes n’est plus une affaire interne haredi, elle concerne maintenant la population en général.»

Une offensive de l’archaïsme est en cours au cœur d’une société fondée sur une idée sioniste laïque en rupture avec les juifs traditionnels des ghettos. Une société où les femmes effectuent leur service militaire et où - première historique - l’ancien Président, Moshe Katsav, a été condamné à sept ans de prison pour avoir harcelé et violé des collaboratrices. Il a été incarcéré tout récemment. Les Israéliens se réveillent avec des fanatiques qui crachent sur les femmes et les petites filles. Pourtant, l’extrémisme religieux s’était déjà manifesté avec l’assassinat du Premier ministre Yitzhak Rabin, en 1995, et la violence des colons juifs dans les territoires palestiniens. Jusque-là, le gouvernement Nétanyahou, qui tient grâce à une coalition de partis religieux (Shas et Union de la Torah), s’était contenté de molles dénonciations. «C’est toute l’ambiguïté d’Israël, explique Marius Schattner, qui a retracé cette bataille politique dans l’Autre conflit : laïcs contre religieux (André Versaille éditeur). L’Etat veut renforcer le caractère juif du pays, mais la majorité laïque rejette ce monde ultraorthodoxe.»

 

Réveil gouvernemental

Les dernières provocations ont semble-t-il levé cette «ambiguïté». Laïcs et religieux sortent de leur silence et manifestent contre la violence. Un conseil interministériel sur la question des femmes a été mis en place sous la direction de Limor Livnat. Le gouvernement réaffirme que leur exclusion est inacceptable, le président Shimon Pérès envoie un message solennel : «Aucun homme n’a le droit de forcer une femme à s’asseoir où il veut. En tant que juif et en tant que président de l’Etat d’Israël, je ne peux accepter un tel phénomène.» Les religieux, eux aussi, prennent position contre cet apartheid antifemmes. Adina Bar Shalom, fille du célèbre rabbin Ovadia Yosef, le chef spirituel du Shas, déclare que «la Torah élève les femmes et ne dit pas par quelle porte de bus on doit entrer».

A Beit Shemesh, Myriam Shafer, une jeune mère de famille ultraorthodoxe de six enfants, confie qu’elle se sent mieux assise avec les femmes, tout en demandant qu’on arrête les groupes extrémistes : «Il faut mettre fin à la violence.» Les ministres des partis religieux vont consoler la famille de Na’ama. Un grand mouvement démocratique contre la violence et l’extrémisme émerge. Qui peut avoir des échos imprévisibles : ainsi, Benyamin Nétanyahou déclare désormais qu’«il n’y a pas de place pour l’exclusion d’aucune personne dans l’Etat d’Israël, et en particulier de la moitié de la population». Une déclaration certes apaisante, mais pour le politologue Ilan Greilsammer, «quand tout le monde se préoccupe de savoir où les femmes s’assoient dans les bus, cela évite de parler des négociations de paix qui sont au point mort».
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30 décembre 2011 5 30 /12 /décembre /2011 04:31

Vers un printemps amazigh en Tunisie ?

 

 

berbereLa Révolution a libéré la parole en Tunisie. Des mouvements longtemps réprimés, étouffés s’exposent de nouveau au grand jour. Les Amazighs font désormais entendre leur voix en Tunisie. Quelques dizaines de défenseurs de l’identité berbères ont même manifesté à Tunis, le 25 décembre.

 

 

Des ONG fondées après le 14 janvier, tels que l’association tunisienne de culture amazighe, l’association de protection du patrimoine de Tamazret, veulent ainsi contribuer à faire éclore le printemps berbères, dans notre pays.

 

Les objectifs affichés par les militants de la berbérité étant de garantir le droit d’apprendre la langue Tamazight dans les régions attachés envers et contre tous à ce parler séculaire. Il s’agit aussi de permettre l’enseignement de cette culture à l’université. Les villes et villages historiquement berbères devront conserver leur nom emblématique de leur identité. Last but not least, les chantres tunisiens de la berbérité revendiquent le droit d’inscrire le Tamazight en tant que langue nationale, dans la Constitution.   


Le burnous dans lequel se drape le président de la République, M. Moncef Marzouki, est d’origine berbère. Comme l’est du reste le couscous, le plat national tunisien, le préféré paraît-il, de M. Marzouki. Les références présidentielles à la culture amazighe ne s’arrêtent pas là. Habib Bourguiba lui-même s’identifiait à Jughurta, le légendaire héros de la résistance aux envahisseurs romains.


berbere

 

D’aucuns persistent pourtant à présenter ce pan de notre histoire nationale comme étant subversif, voire même, contraire à la vision unitariste de l’Islam. Il convient à cet égard de rappeler aux nostalgiques de l’âge d’or de l’Andalousie que Tariq Ben Zied, le conquérant musulman de l’Espagne, était aussi Amazigh. Le califat Fatimide de Mahdia, plongeaient ses racines du côté des berbères Kutama. C’est donc bien un Amazigh tunisien, El Moiz li Dinn Illah, qui a fondé Le Caire. Sans même parler des dynasties Almohades, Almoravides, Hafsides qui se sont succédées au pouvoir sur nos terres d’Afrique du Nord.


La dynastie Hafside, par exemple, profondément enracinée dans sa «berbèrité» a largement contribué à la préservation des monuments islamiques. Si la grande Mosquée de Kairouan a pu traverser les siècles, c’est aussi grâce à l’initiative du souverain Abou Hafs Omar Ben Yahya qui régnait sur le pays, depuis sa capitale, Tunis. Les hafsides ont même érigé des mosquées aussi prestigieuses que celles de la Kasbah, et celles d’El Hawa, du côté de Bab Dzira, sans même parler de la foule de medersas islamiques qui ont été ouvertes sous leur règne.


Autant d’éléments auxquels a priori, même les plus radicaux des Nahdhaouis bon teint ne trouveraient rien à redire. Et après tout, la richesse d’une Nation, ne se mesure-t-elle pas aussi au respect de son héritage culturel, et de ses minorités?

source mag14


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En Tunisie, les Amazighs font entendre leurs voix

 

Longtemps marginalisés, ignorés par le pouvoir tunisien acquis à l'idéologie arabo-musulmane, les Amazighs en Tunisie tentent aujourd'hui de redonner corps à leur histoire et leur identité au sein de la société tunisienne espérant que celle-ci en tienne compte pour les années voir mêmes les siècles à venir.

Un vrai mouvement de fond s'est amorcé depuis mars 2011. Il a conduit à la création des premières associations amazighes en Tunisie (ACAT, Association de Protection du Patrimoine de Tamazret, FAT...) jusqu'à l'organisation du 6e Congrès Mondial Amazigh à Djerba.

Appuyés par l'émergence des Amazighs en pays libyen, déterminés pour que "la vérité sur la langue et la culture amazighe soit enfin rétablie" plusieurs dizaines de personnes venues de Béja, Siliana, Kairouan, Sousse, Djerba, Tamazret, Chenini, Tattawin et Douiret se sont retrouvées ce dimanche 25 décembre 2011 à Tunis pour faire entendre leur voix.  Cette manifestation émane directement de Facebook.

Tous tiennent à ce que "la culture amazighe fasse partie intégrante du caractère national et pour cela il est tout à fait de la responsabilité nationale que tous les Tunisiens évitent les perpétuelles erreurs du passé".

Les nouvelles autorités tunisiennes ne pourront plus ignorer cette réalité berbère et devront en tenir compte notamment dans leur élaboration de la nouvelle constitution. Les Tunisiens sont en droit de voir leurs droits linguistiques et culturels reconnus, avec officialisation de tamazight effective dans les médias et dans l'enseignement.


Sur l'écriteau "La vérité, la culture amazighe"

source Amazighnews.com

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29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 07:32

Sarah Aboud 

 

 

 

Pendant quarante-deux ans, les Amazighs libyens ont dû vivre leur culture berbère dans la clandestinité. Un simple mot dans leur langue ou la moindre référence à leur histoire pouvaient les conduire tout droit en prison. Aux premiers jours de la révolution, ils ont rejoint en masse le camp des rebelles. Depuis la chute du dictateur, c’est une véritable libération. Les associations culturelles amazighes se multiplient.

 

Sarah Atem Aboud a ouvert la sienne dans son village natal de Yefren, au cœur des montagnes du Djebel Nefoussa. Ici, sur la terre de ses ancêtres, elle peut enfin enseigner sa langue et sa culture au grand jour. Mais la jeune femme reste prudente par rapport à l’avenir. « Nous avons demandé au CNT d’inscrire notre langue dans la future constitution, mais cette initiative est restée lettre morte », explique-t-elle. Il ne faudrait pas que cette renaissance amazighe ne soit qu’une simple parenthèse entre la chute de Kadhafi et l’avènement d’un nouveau régime.

 

 

 

monde-arabe.arte

 

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24 décembre 2011 6 24 /12 /décembre /2011 02:31

Marzouki dément la rumeur de son futur mariage avec Sihem Badi


Le président de la république dément la rumeur relative à son prochain mariage avec la ministre de la Femme du nouveau gouvernement. «Hkaya fergha» (Une histoire bidon), dit-il.


Pour faire du buzz et vendre n’importe quoi, certains collègues cherchent le sensuel et publient de l’intox. Une manière de broyer du vent et de vendre du mensonge, aux dépens des victimes des ragots.

Depuis, deux jours, ces confrères, citant «une source officielle», ont affirmé que Moncef Marzouki «est allé à Deguèche pour demander la main de sa future épouse», qui n’est autre que Sihem Badi, la ministre de la Femme (et ancienne militante du Cpr en France).

Dès l’annonce de cette vraie fausse information sur les réseaux sociaux, les internautes se sont déchaînés pour balancer n’importe quoi : des photos pendant la campagne électorale où M. Marzouki et Sihem Badi étaient côte-à-côte. Quant aux commentaires, c’est vraiment le délire total. Et on imagine le niveau.

M. Marzouki avait, bien sûr, d’autres chats à fouetter pour le moment. Sa visite dans le sud tunisien, c’était pour rassurer les habitants de ces régions déshéritées où sévissent le chômage et la pauvreté.

Au cours de cette tournée dans plusieurs villes et villages, M. Marzouki a discuté avec les réfugiés des camps et les populations locales et  inauguré, mercredi, le 44ème Festival du Sahara à Douz. Il n’y avait pas, dans son programme, une cérémonie de demande en mariage. L’intéressé, en tout cas, dément catégoriquement.

Jusqu’où peut tomber le journalisme dans ce pays ? Nul ne saurait le dire. Pour le moment, on est dans le trou et on continue de creuser.

Notre pays, qui traverse une période transitoire pleine de difficultés, mérite mieux.

source kapitalis.

 

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En attente de papiers, un Tunisien gay vit la peur au ventre 

 

Arrivé en Gironde en 2007 et pacsé avec son amoureux, français, Achraf demande sa régularisation depuis l’été dernier. Aujourd’hui, il n’a pas de papiers qui lui permettent de séjourner légalement en France et son retour en Tunisie constitue un risque. Il témoigne.

 

Ashraf / Bordeaux

Photo par Matthieu Bouthier pour TÊTU.

 

Il y a quatre mois, Achraf, Tunisien de 24 ans (à gauche sur la photo), déposait une demande de régularisation auprès de la préfecture de la Gironde. Pacsé avec son compagnon français (à droite), il témoigne aujourd’hui au grand jour, faisant le choix courageux de donner un visage à la situation complexe que vivent souvent les jeunes immigrés qui ont choisi la France pour fuir la persécution des homosexuels et dont la régularisation relève du parcours du combattant.


«Je suis arrivé en France en 2007, à la faveur d’un visa étudiant. En toute régularité, donc. J’avais à l’époque choisi de venir à Bordeaux pour étudier l’architecture. Mais surtout, je voulais fuir la Tunisie, la terre de mon enfance. Ce pays où ma famille, une fois mon homosexualité révélée, a choisi de couper toute relation avec moi. De m’abandonner. Ce même pays où intimidations et violences ont rendu ma vie quotidienne d’homo insupportable. Ce même pays où quatre barbus ont tenté, une nuit, de me faire renoncer à mon orientation sexuelle, en me séquestrant, un couteau sous la gorge...», commence-t-il.

 

Pacsé depuis l’été dernier

 
En 2007, Achraf faisait donc route vers la France, «ce pays qui fait rêver les jeunes gay du Maghreb, avec son image d’Eldorado homo alimentée par la télé et l’internet». Sur place, il mesure l'énorme distance qui existe entre son rêve naïf et la réalité. «Quatre mois après la rentrée universitaire, j’ai dû me rendre à l’évidence et abandonner mes études. Je n’avais pas de ressources, pas de logement fixe, j’ai renoncé à l’architecture et cherché un petit boulot. Pour survivre, j'ai trouvé un job de caissier dans un club gay. Puis, en mars 2009, j’ai rencontré Olivier, mon copain. C’était sérieux, j’ai préféré changer de travail et prospecter dans la restauration. Des patrons m’ont fait confiance et m’ont embauché. Au black, j’ai commencé à la plonge, j’ai bossé, progressé et gagné mes galons en tant que responsable du chaud en cuisine... Malheureusement, j'étais toujours sans papiers. Même plus étudiant, pas vraiment salarié, je n’étais pas en mesure de solliciter et d’espérer un titre de séjour de longue durée...»

 

Soutenu par son compagnon, Achraf entame alors les démarches nécessaires à sa régularisation, l'été dernier. En parallèle, les amoureux se pacsent. D'abord par amour, mais aussi sans doute, pour faciliter l’obtention d’un visa… Car si la conclusion d'un pacs n'entraîne en aucun cas l'acceptation d’un dossier de régularisation de manière automatique, elle constitue en tout cas un élément favorable d'appréciation des liens personnels en France au titre de «la vie privée et familiale»… Pour l’heure, la demande de papiers d’Achraf reste sans réponse.

 

Trois ans d’emprisonnement

 
«Et c’est là tout le problème de mon client, poursuit maître Landète, le conseil d’Achraf. Il n’a en effet pas de papiers qui lui permettent de séjourner légalement en France et son retour en Tunisie constitue un risque. En effet, il faut savoir que lorsqu’il s’est pacsé, Achraf a motivé sa demande de titre de séjour en prenant une position claire sur la question de sa sexualité. Ce qui l’expose, en cas de retour dans son pays natal, à de graves conséquences. En Tunisie, l’homosexualité masculine est réprimée, selon l’article 230 du code pénal, par trois ans d’emprisonnement. Sans réponse claire de la préfecture à la demande de mon client déposée le 11 août dernier (la préfecture a quatre mois pour statuer, NDLR), j’envisage de saisir le tribunal administratif.»

 

Achraf attend donc la décision qui pourra lui permettre d'obtenir le précieux titre de séjour, chaque jour, la peur au ventre. Peur d'un contrôle d'identité, qui serait suivi d'un retour forcé en Tunisie, où la victoire du parti islamiste Ennahda semble avoir encore davantage fragilisé la situation des homos. «J'étais juste venu chercher en France une vie normale…», souffle Achraf.



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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 05:54
L'Assemblée constituante a voté une constitution provisoire

 


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Le président de l'Assemblée Mustapha Ben Jaafar (gauche), accompagné de ses assistants Mahrezia Laabidi (centre) et Arbi Abid (droite). PHOTO: FETHI BELAID, AFP

 La Tunisie s'est dotée dimanche d'une mini constitution provisoire permettant de désigner les futurs président et chef de gouvernement qui dirigeront le pays jusqu'à la tenue d'élections générales et l'adoption d'une constitution définitive par l'Assemblée constituante élue le 23 octobre.

 Les 217 députés ont voté le texte de 26 articles qui régira les pouvoirs publics et permettra un démarrage des institutions de l'État, onze mois après la fuite en Arabie saoudite du président Zine El Abidine Ben Ali, chassé par un soulèvement populaire le 14 janvier.

La constitution provisoire a été approuvée peu après minuit par 141 voix pour, 37 contre à l'issue de débats marathon, souvent fastidieux et houleux entamés mardi.

Cet épisode du processus de transition est «instant historique» et «un départ de la Tunisie nouvelle», a lancé le président de l'assemblée Mustapha Ben Jaafar, alors que les élus entonnaient l'hymne national et que des députés de la majorité se congratulaient.


M. Ben Jaafar a dit sa «fierté de diriger une Assemblée qui réunit les meilleurs enfants de la Tunisie grâce à la révolution de son vaillant peuple».

Le texte définit les conditions et procédures d'excercice des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire jusqu'à la tenue d'élections générales et la promulgation d'une constitution définitive pour la Tunisie de l'après Ben Ali.

Cette période transitoire devait durer un an en principe, mais aucun délai n'a pas été formellement énoncé dans le texte comme le souhaitait l'opposition.

M. Ben Jaafar a annoncé que l'élection du président aura lieu lundi.

La présidence devrait revenir à Moncef Marzouki, chef du Congrès pour la République (CPR, 29 élus) qui désignera au poste de chef de gouvernement Hamadi Jebali, numéro deux du parti Islamiste Ennahda (98 élus). Il devra soumettra son équipe à l'approbation de l'assemblée dans les prochains jours.

Ce scénario a fait l'objet d'un accord entre la coalition majoritaire entre Ennhada et deux partis de gauche, le CPR et Ettakatol (20 élus) de Mustapha Ben Jaafar.

Aux termes de la constitution provisoire, le président sera «exclusivement Tunisien, de religion musulmane, descendant de parents tunisiens et âgé de 35 ans minimum». Il est choisi au vote secret à la majorité absolue parmi des candidats qui doivent être parrainés chacun par quinze élus au moins.

Lors des débats souvent vifs et contradictoires, des élus avaient proposé en vain d'autoriser la candidature de binationaux et d'énoncer expressément le droit de chaque Tunisien «ou Tunisienne» d'être candidat à la présidence.

La discussion des prérogatives du président a enflammé l'hémicycle.

L'opposition a boycotté le vote, arguant que le futur président est dessaisi au profit du premier ministre qui concentre trop de pouvoirs entre ses mains.

Le président fixe avec le chef du gouvernement la politique étrangère du pays. Il est le chef suprême des forces armées, mais ne nomme ou ne révoque les hauts officiers qu'«en concertation» avec le chef du gouvernement.

Une autre disposition controversée délègue «en cas de force majeure» les pouvoirs exécutif et législatif aux trois présidents (président de l'Assemblée, chefs de l'État et du gouvernement) et non plus au seul Premier ministre.

Objet d'âpres négociations de l'opposition, la nomination du gouverneur de la Banque centrale a finalement été laissée au choix concerté des chefs de l'État, du gouvernement et de l'Assemblée. Le titulaire de ce poste allait être nommé par le chef du gouvernement, comme tous les autres hauts fonctionnaires.

«La pleine indépendance» du pouvoir judiciaire a fait l'unanimité.

Malgré la longueur des débats, les séances, retransmises en direct à la télévision, ont suscité un engouement sans précédent des Tunisiens, des médias et réseaux sociaux, les uns s'émerveillant d'un «exercice de la démocratie», d'autres criant à la «tyrannie de la majorité».

Source cyberpr

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111

خاص ـ اليوم أو غدا.. الاتفاق النهائي حول تشكيل الحكومة

7 شخصيات مستقلة ضمن حكومة الجبالي.. بينها كمال الجندوبي وقاضية...


 

تغيّب عن أشغال الجلسة الصباحية من مداولات المجلس الوطني التأسيسي ليوم أمس، الرئيسان المنتظران للجمهورية والحكومة، الدكتور منصف المرزوقي والمهندس حمادي الجبالي..

 

 

وعند سؤالنا عن أسباب هذا الغياب، علمنا من مصادر رسمية من المجلس التأسيسي أن المرزوقي والجبالي بصدد التشاور فيما بينهما، وبحضور بعض الأطراف الفاعلة، لوضع اللمسات الأخيرة لتشكيل الحكومة الشرعية المرتقبة، التي سيرأسها حمادي الجبالي..

 

وأكدت مصادرنا أن الحكومة المرتقبة جاهزة الآن، وقد يتم الاتفاق النهائي حول تركيبتها، اليوم أو غدا، وبالتالي فقد يتم الاعلان عن هذه التركيبة في بداية الأسبوع المقبل، اثر انتخاب رئيس الجمهورية من قبل أعضاء المجلس التأسيسي، ثم تعيين رئيس الحكومة..

كما أوضحت مصادرنا أنه تم الاتفاق بين الأطراف المعنية، على أن تكون ضمن التشكيلة المرتقبة للحكومة ست شخصيات مستقلة مرشحة لست حقائب وزارية، بينها وزارتا التعليم والمرأة..

وعلمت «الصباح» في هذا الصدد، أن هناك حديثا يدور الآن حول أسماء الشخصيات الوطنية المستقلة المزمع ادراجها ضمن تشكيلة الحكومة المرتقبة، وهذه الشخصيات هي: كمال الجندوبي رئيس الهيئة العليا المستقلة للانتخابات، وعبد السلام المسدي، ومهدي المبروك، ومية الجريبي، وعبد المجيد المسلمي، وعبد الجليل البدوي، وقاضية ناشطة في صلب جمعية القضاة التونسيين، على حد تعبير مصادرنا..

ويبقى السؤال المطروح هو: ما هي الحقائب الوزارية التي ستسند الى هذه الشخصيات الوطنية المستقلة، اضافة الى وزارتي التربية والمرأة

 

assabahl

 

 

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Les gays tunisiens ont la gueule de bois

 

Le 14 janvier dernier, après un mois de protestations sanglantes et 23 ans de pouvoir, Ben Ali quittait la Tunisie, espoir d’ouverture sans précédent. Un an après, la communauté gay du pays s’inquiète d’un retour des conservatismes et de la fin d’une exception tunisienne.

Tunisie

C’était l’un des lieux phares de la communauté gay de Tunis. Cet été, le hammam La Guérison a fermé ses portes. «Des flics se seraient faits aborder là-bas, nous explique Houssem*, journaliste au sein d’un grand média tunisien. Pourtant, tout le monde sait que cet endroit était fréquenté par la population gay». Un événement presque anodin, mais qui reflète le changement d’atmosphère en Tunisie, notamment sur la question de l’homosexualité.

Sur l’avenue Bourguiba, la principale artère de Tunis, on trouve de nombreux établissements plus ou moins gay-friendly. Le pays fait preuve d’une certaine ambivalence. Les relations sexuelles entre hommes sont assez fréquentes. Y compris chez des hommes mariés selon Houssem: «Il y a une bisexualité latente et très présente chez les Tunisiens. Le personnage de l’homme efféminé a toujours existé dans la culture tunisienne. Ce n’est pas un problème de voir un garçon en embrasser un autre dans cette société très masculine. Mais il ne faut pas nommer les choses! Ne surtout pas parler d’homosexualité!» En arabe, «niboun» désigne l’homo mais aussi le lâche (lire notre article)…

 

«C'était le bon moment pour sortir»
Au printemps dernier, les gays sont partie prenante de la révolution de Jasmin. Ils revendiquent pour la première fois cette identité sur la place publique. Des groupes se créent sur internet. Une première dans un pays où le ministère de l’Intérieur sait tout. Le 16 octobre, lors de la marche «Fous-moi la paix!», des milliers de Tunisiens manifestent contre le retour en force des Islamistes. Des dizaines de drapeaux arc-en-ciel flottent parmi la foule. Mais le mouvement est immédiatement instrumentalisé.

«Les islamistes et d’autres ont assimilé les défenseurs des droits de l’homme et la gauche aux défenseurs du mariage homosexuel. Les gays ont cru que c’était le bon moment pour sortir. Il y a eu des appels à l’intégration des droits des gays dans la constitution. Cela a énormément choqué. D’une certaine manière, il ont fait beaucoup de mal à la gauche», regrette Houssem, qui revit pourtant avec émotion et fierté cette journée du 16 octobre.

Deux Tunisie
Les attaques verbales ne proviennent jusqu’ici que d’individus isolés. Ennahda, le parti islamiste qui a gagné les élections du 23 octobre, a pris soin de ne jamais évoquer le sujet. Impossible d’ailleurs de discuter de l’homosexualité avec ses représentants en France. Mais les porte-paroles des partis de gauche à Paris ne sont pas plus disponibles.

«Il y a deux Tunisie. L’une conservatrice et l’autre moderniste, qui se fait taxer de pro-occidentale», analyse Nadia El Fani, une réalisatrice tunisienne qui vit à Paris. Chacun prend soin pour l’instant de ne pas se couper d’une partie de la population. «Le tabou est tellement fort que l’on n’arrive pas à en parler. Le mot d’ordre c’est: ‘‘Il n’y a pas d’homos chez nous’’. Pourtant, tout le monde le voit!» Un durcissement qui ne date pas de la révolution, selon elle. Il était déjà en cours sous le régime Ben Ali.

 

«Certains arrêtent les mecs comme ils ont arrêté la bière»
«Les choses ne vont pas dans le bon sens!», s’inquiète Houssem. «Aujourd’hui, l’atmosphère est différente. Certains Tunisiens arrêtent les mecs comme ils ont arrêté la bière. 20% de mon carnet d’adresses ne me répond plus.» Il redoute la possible fin de cette tradition de tolérance et d’un certain hédonisme tunisien. Depuis quelques semaines, les rumeurs courent sur certaines arrestations et des vidéos anti gays sont postées sur la toile.

«Ce n’est certainement pas le moment de la visibilité, poursuit Houssem. On perdrait énormément à le faire. Cela ne sert à rien puisque la société l’accepte déjà. Il y a d’autres priorités.» Nadia El Fani revendique pourtant davantage d’activisme et une note d’espoir. «En dehors des islamistes, les Tunisiens sont conservateurs, mais on ne sait jamais. La tradition des libertés individuelles existe en Tunisie! Je ne veux pas être présomptueuse, mais je pense que si l’on s’en prenait à l’intégrité physique de certains, des voix s’élèveraient. C’est à nous, les artistes, de nous battre! On n’avait pas imaginé la révolution. On ne peut pas imaginer ce que peut produire la société tunisienne.»

*Le prénom a été changé.

source http://www.tetu.

 

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 Ceux et celles qui veulent savoir davantage sur ce sujet

homosexuels-musulmans.org/homosexualite

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 02:25
Vers un procès devant la CPI en Libye pour Seif el-Islam ?

 

 

C'est le compromis que propose le procureur de la Cour pénale internationale aux autorités libyennes.

Le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, à Tripoli le 23 novembre. JOSEPH EID / AFPLe procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, à Tripoli le 23 novembre. JOSEPH EID / AFP

 

Seif al-Islam jugé par la CPI, mais en Libye. Voilà le compromis proposé aux autorités libyennes par le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, vendredi 25 novembre.

"Le procureur a proposé une troisième possibilité : la CPI, sous réserve de l'accord des juges, pourrait mener le procès contre Seif al-Islam en Libye", a déclaré le procureur dans un document adressé aux juges de la CPI, résumant sa visite en Libye de mardi à jeudi.

Le Conseil national de transition (CNT) libyen a, plus tôt, informé la Cour pénale internationale que la Libye souhaite et est en mesure de juger le fils du défunt leader libyen Mouammar Kadhafi.

La responsabilité du CNT

"Le CNT affirme que le système judiciaire libyen a en premier la responsabilité de juger Seif al-Islam et que l'Etat libyen a la volonté et est capable de le juger", a écrit Moustapha Abdeljalil, le chef des autorités libyennes, dans une lettre adressée au juge Sanji Mmasenono Monageng, président de la chambre préliminaire I de la CPI.

Moustapha Abdeljalil, qui a assuré que le CNT continuera à travailler "étroitement" avec le bureau du procureur de la CPI, a également affirmé que le CNT est "en train" d'enquêter sur des crimes présumés commis par Seif al-Islam.

Arrêté le 19 novembre dans le sud de la Libye, le fils de l'ancien dirigeant libyen fait l'objet depuis le 27 juin d'un mandat d'arrêt de la CPI pour crimes contre l'humanité commis pendant la répression de la révolte populaire qui a pris la forme d'une guerre civile (15 février-23 octobre).

La primauté au système national

Les autorités libyennes avaient précédemment annoncé leur intention de juger en Libye Seif al-Islam et affirmé que celui-ci ne serait pas remis à la CPI. Cette cour ne peut poursuivre des auteurs de génocide, de crimes contre l'humanité ou de crimes de guerre que lorsque la justice nationale ne veut pas ou ne peut pas mener une enquête ou des poursuites à leur encontre.

La cour avait assuré mercredi avoir "la compétence exclusive" de statuer sur la poursuite de la procédure judiciaire contre Seif al-Islam Kadhafi.

Conciliant, le procureur de la CPI Luis Moreno-Ocampo avait toutefois déclaré mercredi que "la primauté est au système national".

http://tempsreel.nouvelobsl


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Les Amazighs de Libye exigent un nouveau gouvernement

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La population Amazighe de Libye pose également comme condition, pour une éventuelle participation à l’édification de l’Etat, l’abrogation de l’article 1 de la déclaration constitutionnelle rendue publique le 3 août 2011 et la consécration de la langue amazighe comme langue officielle aux côtés de la langue arabe”. 


La chute de Mouammar El Kadhafi, après plus de quatre décades de répression, d’exclusion, de massacres des Amazighs libyens, ne se présente pas, hélas, sous de bons auspices pour ces autochtones. Ainsi, la participation exemplaire des Berbères libyens dans la révolution n’a pas produit l’effet escompté. 
Le nouveau gouvernement de transition, mis sur pied le 22 novembre écoulé, ne répond, nullement, aux attentes des Amazighs de Libye. Ils sont encore une fois, relégués au stade de “sous-citoyens”.     
Dans un communiqué rendu public, quelques jours après l’annonce du gouvernement de transition, présidé par Abdelrahim Al-Kib, le Congrès national amazigh libyen (regroupant tous les Conseils amazighs locaux du CNT), estime que la composition du nouveau gouvernement provisoire “a été faite sur une base discriminatoire, excluant de façon délibérée tous les Amazighs de Libye des régions de Adrar n Infusen, Zouara, Ghadamès, Oubari, Ghat, Oujila ainsi que les Amazighs du Sud (Touaregs), lesquels Amazighs forment la composante essentielle de l’identité libyenne”. 
Le communiqué souligne, par ailleurs, qu’une réunion regroupant une délégation du Congrès national amazigh libyen et le chef du CNT, Mustapha Abdeldjalil, tenue au lendemain de l’annonce du gouvernement de transition, pour débattre de la question identitaire et de la place des Amazighs dans la future Libye, “s’est soldée par le rejet des demandes légitimes de la délégation”. 
C’est dire l’orientation imprimée à la révolution libyenne par les chefs du CNT, notamment, après les déclarations les plus contreversées sur l’application de la charia.  Pour dénoncer cette discrimination, le Congrès national amazigh libyen, seule et unique représentant des Amazighs de Libye, décide de geler toutes leurs activités et contact au sein du CNT. “Le Congrès national amazigh libyen a décidé du gel de tout contact avec le CNT jusqu’à satisfaction des revendications légitimes des Amazighs”. Le congrès estime, en outre, que sa participation à l’édification de la nouvelle Libye ne se concrétisera sans la satisfactions des revendications essentielles des Amazighs, à savoir, “la formation d’un nouveau gouvernement provisoire dans lequel deux ministères régaliens seront attribués à des Amazighs, la répartition équitable des portefeuilles ministériels entre les Amazighs et les autres régions libyennes, l’abrogation de l’article 1 de la déclaration constitutionnelle rendue publique le 3 août 2011 et la consécration de la langue amazighe comme langue officielle aux côtés de la langue arabe”. 
D’autre part, et tout en déclarant que le nouveau gouvernement de transition est illégitime et contraire aux déclarations de M. Al-Kib et à celles de la révolution, le Congrès national amazigh libyen procédera au “retrait de tous les représentants des Conseils locaux amazighs du CNT, la non-reconnaissance et le boycott du gouvernement Abdel Rahim al-Kib”. 
Le document du congrès ajoute que les Amazighs de Libye poursuivrons “les manifestations et les rassemblements pacifiques et démocratiques jusqu’à satisfaction de leurs revendications”. 
En dernier lieu, le congrès tient le CNT comme responsable des conséquences que pourraient causer cette marginalisation des Amazighs libyens.

http://www.depechedekabyliel


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Après la stratégie du choc, la stratégie du chaos artificiel ?

 

Le storytelling de la « guerre juste » s’est peu à peu imposé : un groupe humain, qui ne demande qu’à vivre dignement, est menacé d’extermination par un tyran qui possède tous les attributs du monstre. Les nations civilisées se dressent alors contre la barbarie, en rencontrant l’opposition d’une inévitables coalition d’Etats tyranniques, de droitsdel’hommistes et de « pacifistes impénitents ». Mais le courage et la morale finissent par triompher, et dans un effort conjoint, les nations civilisées et le groupe humain aspirant à la dignité font mordre la poussière au monstre.

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Ce n’est pas l’usage de la fable (1) qui est blâmable : « la guerre est aussi inconcevable sans mensonge que la machine sans graissage », écrit L. Trotski dans « Leur morale et la nôtre » (1938). La guerre requiert la maîtrise de l’art de la mise en scène, Sun Tsu (VIe siècle av. J.C) l’enseignait déjà. Et pour penser, ce n’est pas sur la graisse, mais sur les rouages de la machine qu’il faut concentrer son attention. 

C’est la structure de la machine belliqueuse qui révèle la fonction d’une guerre, car les techniciens de la guerre savent d’expérience que ce n’est pas la fin qui justifie les moyens, puisqu’on n’obtient, à la guerre, que la fin de ses moyens. 
    
Ne nous y trompons pas : le lynchage final du monstre n’intervient que pour sidérer notre capacité de pensée et pour nous laisser croire que la guerre reste une vieille guerre, de celle concevait le maréchal Foch : un mouvement visant à frapper le coeur même de l’armée adverse. Le lynchage du monstre n’a pas de fonction stratégique, sinon peut-être celle - à l’instar des sacrifices humains aztèques – de rendre une sorte d’hommage aux divinités des anciennes formes de la guerre où le but restait de faire « échec est mat » (shâh mât signifiant en persan « le roi est mort »).

 

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Les armées modernes, au contact des guérillas, ont appris à leur dépend la supériorité du partisan, ce combattant qui harcèle, qui refuse le combat frontal et qui triomphe par épuisement de l’adversaire. La gloire revient au combattant qui sème la terreur en se terrant. Au franc-tireur embusqué et/ou réfugiés dans les demeures des civils, répond l’aviateur moderne qui largue, depuis son sanctuaire aérien, ses bombes et le soldat qui, depuis son sanctuaire états-unien, manoeuvre avec dextérité son drone avec un joystick (2).

 

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Deux alternatives s’offrent à l’armée moderne : passer le pays sous un tapis de bombes pour atteindre un ennemi terré au milieu des civils (option coûteuse qui hypothèque l’avenir), ou bien le débusquer pour l’obliger à se montrer sur de micro champs de bataille qui sont autant de cibles pour les bombardiers. Débusquer et contraindre l’ennemi à se rendre visible est justement le rôle des supplétifs indigènes, en l’espèce des Katibas libyennes, assistées par 5.000 soldats qataris (3) et quelques centaines de « forces spéciales » occidentales (4), plus opérantes que le « combattant de la liberté » pour communiquer les coordonnées exactes de l’ennemi. Le supplétif indigène, pour contraindre l’ennemi à sortir de la posture rationnelle (à savoir se terrer pour échapper à la terreur des bombardements), doit provoquer l’ennemi par des exactions et des meurtres gratuits qui doivent stimuler le désir de se venger et, par voie de conséquence, celui de se montrer. Le rôle du supplétif indigène est d’exacerber la violence (5), d’exalter la cruauté, pour que l’ennemi commette l’erreur fatale de se rendre visible, et ainsi permettre aux armées moderne de mener une guerre où l’ennemi est harcelé à distance, jusqu’à l’épuisement. Depuis ses sanctuaires lointains et aériens, l’armée moderne mène sans haine une guerre technicienne, tandis qu’au sol, se déploie la barbarie qui frappe indifféremment (le libyen de telle tribu réputée favorable ou non au tyran, l’étranger réputé « mercenaire ») pour mieux provoquer le cycle de vengeance et de la représailles.

 

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Le fond étant dans la forme (et réciproquement), la manière de faire la guerre révèle elle-même le but de guerre. La césure entre guerre moderne et rationnelle (la guerre d’en haut) et guerre irrationnelle et barbare (la guerre d’en bas) se redouble d’une césure entre, d’une part, le pays « utile et administré » (le pays organisé autour de la production pétrolière) et, d’autre part, le pays « inutile et livré à lui-même » (le résidu de pays qui subsiste une fois extrait ce qui fait sa valeur au sens marchand).
     
Les nouveaux maîtres de la Libye, c’est-à-dire ses conquérants assistés de leurs fondés de pouvoir libyens, témoignent d’une célérité sans pareille à remettre en ordre de marche puits de pétrole, pipe-line et ports, qui contraste singulièrement avec leur négligence à discipliner les katibas.

 

 

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Complètement suspendue, la production pétrolière s’est, en effet, très rapidement redressée : de 0 en février, elle passe à 530.000 barils par jour (bpd) fin octobre, puis à 813.000 bpd en novembre et la Libye devrait retrouver sa production d’avant guerre (soit 1,345 million bpd) d'ici le quatrième trimestre 2012 (6). Les capacités de raffinage augmentent, les terminaux sont remis en fonction et l’exportation reprend. Bref, les affaires reprennent et le VRP Sarkozy n’a pas manqué d’intervenir auprès du CNT pour s’assurer que la concession du port à conteneurs de Misrata, un contrat décroché sous Kadhafi par le groupe Bolloré, via sa filiale Bolloré Africa Logistics, tenait toujours (7). 

 

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D’un côté, donc, celui de la face « utile » du pays, le redressement est spectaculaire.

 De l’autre côté, celui de la face « inutile » ou « résiduelle » du pays, c’est l’anarchie. Les katibas se répandent dans les villes. Elles se menacent et s’affrontent à l’occasion (8). Othman Bensassi, chef militaire de Zouara, démocrate et anti-islamiste déclare : « Les islamistes sont armés, mais tout le peuple libyen est armé aujourd’hui, vous savez. Donc, ce n’est pas une question de reprendre les armes. Les armes sont toujours là… » (9). Le vol et le pillage sont monnaie courante et celui des antiquités rappellent les pillages irakiens (10). L’administration ne fonctionne qu’au ralenti. Les immigrés terrorisés ne reviennent pas, si bien que le pays manque cruellement de bras et de compétences pour se reconstruire.

 

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On pourrait s’en étonner. La richesse considérable de la Libye est plus que suffisante pour assurer le cantonnement des miliciens en leur proposant une solde très conséquente. Au 30 septembre 2010 les banques et institutions financières libyennes (notamment le fonds souverain Libyan Investment Authority détenaient 8,233 milliards $ (5,84 milliards €) de dépôts et de créances auprès des seules banques françaises. 70 milliards  $ (48 milliards €, dont 30% en cash selon les estimations) ont été gelés par les occidentaux (les USA détenant à eux-seuls 37 milliards $ sous formes de liquidités sur des comptes bancaires, bons du trésor, immobilier). Le CNT évalue les avoirs libyens détenus par la Libyan African Investment Portfolio (LAP), en Afrique à 35 milliards $. Le montant total des réserves d'or de la Libye sélève, en septembre 2011, à 115 milliards $. Avec ses réserves connues de 60 milliards de bpj et un ratio de la dette sur le PIB de 3,3 % avant la guerre, la Libye devrait trouvé aisément l’argent nécessaire pour calmer tout ses « combattants de la liberté » (fussent-ils les plus gourmand de la Terre) et financer la formation d’une armée et d’une police capable de ramener la sécurité (11). 
   

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On pourrait s’en étonner, mais par naïveté seulement. Car c’est sciemment que l’incurie est organisée, pour assurer un état de confusion généralisée qui laisse les mains libres aux nouveaux maîtres occidentaux et qataris de la Libye. Des libyens, y compris affiliés au CNT, s’en inquiètent : « Il y a des faits sur le terrain, ils [les Qataris] donnent de l'argent à certaines parties [libyennes]. Ils fournissent de l'argent et des armes et cherchent à s'ingérer dans des affaires qui ne les concernent pas, et nous ne l'acceptons pas », a déclaré Mohammed Abdel Rahman Chalgam, représentant de la Libye aux Nations unies (12). 

On peut aujourd’hui parler d’un modèle « irakien » qui consisterait à plonger un pays dans la confusion pour mieux le gouverner. Cet état de confusion, qui plonge la Libye dans un chaos artificiel, permet de créer un état de défiance généralisé, qui fait que chaque citoyen, par la force des choses, se méfie autant de son voisin que de l’Etat. L’absence de confiance mutuelle qui garantit l’absence de luttes collectives sociales et démocratiques et par conséquent le triomphe de Maîtres qui sauront exploiter la richesse de la Lybie.

 

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Notes


(1) Rony Brauman fait observer lucidement : "Personne n'a ainsi été capable de nous montrer les tanks qui se dirigeaient prétendument sur Benghazi. Or, une colonne de chars, à l'époque des téléphones mobiles et des satellites, ça se photographie. D'ailleurs, s'il a suffi de détruire quatre tanks en un raid aérien pour briser ladite offensive, c'est bien que cette colonne, dont on n'a plus entendu parler par la suite, n'existait pas ! De même pour les plus de 6 000 morts dont faisait état le Comité national de transition (CNT) dès le début du mois de mars. Les enquêtes d'Amnesty et de Human Rights Watch ont montré que le nombre de victimes s'élevait en réalité à 200 ou 300, dont la plupart étaient mortes au combat. Le Monde du 24.11.11, L'opération libyenne était-elle une "guerre juste" ou juste une guerre ?

(2) L'OTAN a revendiqué 9650 attaques aériennes. 31.10.11. 20minutes.ch. Visite du chef de l'Otan au terme de la mission

(3) 06.11.11. Le Figaro. 5 000 Forces spéciales du Qatar avaient été déployées en Libye 

 (4) 24.08.11. NouvelObs. LIBYE. Une victoire des forces spéciales de la coalition ? 

(5) Voir notamment : 

 13.09.11. 24heuresch. Libye: Amnesty International accuse les deux camps de crimes de guerre

24.10.11. Reuters. HRW dénonce l'exécution de 53 partisans de Kadhafi à Syrte

29.10.11. Libération. Encore des dizaines de corps trouvés dans la ville fantôme de Syrte

30.10.11. L'Express. Libye: chaque jour, Mohammed ramasse les cadavres dans les ruines de Syrte

  
(6) 14.11.11. Les Echos. Libye-Retour aux pleines capacités d'exportation de brut fin 2012

(7) 25.11.11. France Info. Libye : les coups de pouce de Nicolas Sarkozy à Vincent Bolloré 

 (8) Voir notamment :
01.11.11. La Dépêche de Kabylie. “Abdeljelil n’est plus l’homme de la situation” Entretien avec M. Fethi Benkhelifa, ex-membre du Conseil national de transition (CNT) libyen, élu au début octobre à la tête du Congrès Mondial Amazigh (CMA)

14.11.11. Jeune afrique. Libye : des combats entre milices rivales font six morts près de Tripoli

17.11.11. cyberpresse.ca. Libye: des ex-rebelles rejettent la nomination d'un chef d'état-major

23.11.11. NouvelObs. Signes de dissidence en Libye après l'annonce du gouvernement 
 

24.11.11. 20minutes. Libye: Le chef d'une milice arrêté par un groupe rival à Tripoli

(9) cité in 25.10.11. RFI. Entretien: en Libye, un membre du CNT s'oppose à l'imposition de la charia

(10) 17.11.11. Mondialisation.ca. Pillage d’antiquités en Libye

(11) Voir notamment :
04.04.11. Le Figaro. Libye : 8 milliards de dollars dans les banques françaises

28.05.11. Slateafrique. Où se trouve l'argent libyen? 

08.09.11. France24. Kadhafi a vendu 20 % des réserves libyennes d'or avant la prise de Tripoli 

23.11.11. jeune afrique. Le CNT fait l'inventaire des avoirs libyens en Afrique

LIBYE - statistiques-mondiales.com

(12) cité in 18.11.11. 20minutes. Le Qatar arme des islamistes, dit le représentant libyen à l'ONU

D’autre part, l'ex-président du bureau exécutif du conseil de transition, Mahmoud Jibril, a pointé du doigt le Qatar pour son rôle dans l'incitation à la violence et au  chaos en Libye et avertit : "Si le rôle du Qatar en Libye nuit aux intérêts du peuple libyen, il est indésirable, surtout quand le Qatar soutient un groupe contre un autre, ou contre  le reste du peuple libyen. 18.11.11. Le temps d'Algérie. Mahmoud Jibril accuse le Qatar d'alimenter la zizanie 

http://blogs.mediapart.


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Le déroulement de la guerre libyenne selon Radio Canada...

Quelque peu réductreur ...

 

 

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 04:05

 

Des pro-Kadhafi tenaces dans leurs bastions de Bani Walid et Syrte


 

Parallèlement aux combats, Interpol a émis pour la première fois une "notice rouge" à la demande du CNT qui réclame l'arrestation de Saadi Kadhafi. ( © AFP photo AFP)

 Les forces du nouveau régime en Libye se heurtaient jeudi à la ténacité des combattants bien armés de l'ex-leader en fuite Mouammar Kadhafi, deux semaines après le lancement de l'offensive contre leurs derniers bastions.

Elles ont parallèlement accentué leur traque des proches de Mouammar Kadhafi avec une demande officielle d'arrestation d'un de ses fils, Saadi, réfugié au Niger voisin depuis le 11 septembre, alors que l'ex-dirigeant reste introuvable.

Deux autres de ses fils sont réfugiés dans les bastions pro-Kadhafi de Syrte et Bani Walid, selon le CNT. "Ce dont nous sommes sûrs c'est que Seif al-Islam est à Bani Walid et que son frère Mouatassim est à Syrte", a affirmé le porte-parole militaire, le colonel Ahmed Bani.

Plus d'un mois après leur entrée triomphale dans Tripoli, les forces du Conseil national de transition (CNT), issu de la rébellion qui a renversé le régime Kadhafi, buttent encore sur une résistance farouche à Syrte (360 km à l'est de Tripoli), et Bani Walid (170 km au sud-est de Tripoli).

Des combats intenses avaient lieu dans l'après-midi à l'est et au nord-est de Syrte que les forces du CNT tentent de conquérir depuis le 15 septembre.

"Cela ne va pas être facile de prendre Syrte. On pensait qu'on le ferait vendredi, maintenant je n'y crois plus. Mouatassim (Kadhafi) est à l'intérieur et dirige ses hommes. Ils ont des armes lourdes et des tireurs embusqués, qui nous compliquent la tâche", a déclaré à l'AFP un commandant sur le terrain.

Avant l'aube, les pro-Kadhafi avaient "tenté de nous encercler dans le noir, mais la pluie a fait échouer leur plan. Sans cela, nous aurions eu de lourdes pertes", a-t-il dit.

La prise du port de Syrte il y a deux jours avait signifié une victoire majeure des forces du CNT dans leur bataille pour la ville, mais la résistance reste opiniâtre.

"Ils ont tout perdu. C'est leur dernière bataille, c'est pourquoi ils se battent férocement. Nos troupes subissent de durs coups. Aujourd'hui nous avons reculé de trois kilomètres", a souligné le commandant.

En plus, il y encore eu un "manque de coordination". "Un groupe de nos combattants a été touché par une roquette lancée par un de nos chars. Il y a eu trois martyrs", selon lui.

A Bani Walid, une oasis au relief accidenté, les pro-CNT, bloqués face à une résistance farouche, n'ont pas avancé depuis quelques jours, selon un journaliste de l'AFP.

Walid Khaimej, un capitaine sur le front de Bani Walid, a demandé "plus d'aide de l'Otan". Mais l'Alliance a fait savoir qu'elle n'avait pas "réduit son activité en Libye" et rappelé qu'elle "n'avait pas pour objectif d'apporter un soutien aux forces du CNT au sol".

Sur le plan diplomatique, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU s'est déclaré en faveur de la levée de la suspension de la Libye, un autre bon point pour le CNT, reconnu par la communauté internationale comme représentant du peuple libyen.

Parallèlement aux combats, Interpol a émis pour la première fois une "notice rouge" à la demande du CNT qui réclame l'arrestation de Saadi Kadhafi.

"Cette notice rouge constitue une alerte régionale et internationale (...) pour aider à localiser et arrêter Saadi Kadhafi", a indiqué dans un communiqué l'organisation. Le CNT l'accuse de "s'être emparé de biens par la force et d'intimidation quand il dirigeait la fédération libyenne de football".

"En tant que commandant d'unités militaires qui auraient été impliquées dans la répression durant la révolte, Saadi Kadhafi est aussi soumis à une interdiction de voyage et un gel de ses biens ordonnés par l'ONU en mars", a rappelé Interpol.

Le 9 septembre, Interpol a diffusé une "notice rouge" pour demander l'arrestation de Mouammar Kadhafi, de Seif Al-Islam et du beau-frère de l'ex-dirigeant Abdallah Al-Senoussi, ex-chef des renseignements, visés par un mandat d'arrêt international de la Cour pénale internationale.

Le CNT a en outre demandé à la Tunisie de lui remettre l'ex-Premier ministre Al-Baghdadi Al-Mahmoudi en lançant un "mandat d'amener". M. Mahmoudi, acquitté mardi par la justice tunisienne après une première condamnation à six mois de prison pour entrée illégale en Tunisie, est toujours détenu.

"Son maintien en détention malgré son acquittement est illégal, c'est une manoeuvre destinée à permettre l'émission du mandat d'amener", a dit l'un de ses avocats Mabrouk Kourchid.

 

sourcec : http://www.liberation.fr/depeches/01012362719-libye-violents-combats-a-syrte-face-a-la-re

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Le porte-parole de Kadhafi capturé en tentant de fuir



Le porte-parole du gouvernement libyen Moussa Ibrahim lors d'une conférence de presse à Tripoli, le 31 mars 2011. Le porte-parole du gouvernement libyen Moussa Ibrahim lors d'une conférence de presse,à Tripoli, le 31 mars 2011.

Photo: AFP/Mahmud Turkia

Le porte-parole du gouvernement libyen Moussa Ibrahim lors d'une conférence de presse à Tripoli, le 31 mars 2011.

Le porte-parole du régime libyen déchu de Mouammar Kadhafi, Moussa Ibrahim, a été capturé jeudi à l'extérieur de la ville de Syrte, à l'est de Tripoli, rapporte Moustapha ben Dardef, de la brigade de Zenten du Conseil national de transition (CNT).

Un autre commandant, Mohammed al-Marimi, a affirmé que Moussa Ibrahim a été capturé alors qu'il roulait à bord d'une voiture hors de Syrte. Il a également fait état d'informations selon lesquelles le fugitif était habillé en femme au moment de sa capture.

Moussa Ibrahim était en fuite depuis la chute de Tripoli aux mains des rebelles avec la prise du QG de Mouammar Kadhafi à Bab al-Aziziya.

Les forces du CNT ont lancé il y a deux semaines l'assaut contre Syrte, l'un des derniers bastions du régime farouchement défendu par les partisans du colonel Kadhafi. Les combattants de Misrata, à l'ouest de Syrte, y participent.

La semaine dernière, Moussa Ibrahim, cité par la télévision Arraï basée à Damas, avait encore appelé à la « résistance » faisant état de « victoires qualitatives » notamment à Bani Walid et Sebha, un autre bastion désormais aux mains des rebelles.

Radio-Canada.ca avecAgence France Presse

 

source http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2011/09/29/009-libye-moussa-ibrahi

 

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La sale guerre de l’OTAN en Libye

Moyens insuffisants, stratégie inexistante, soutien populaire absent : faute d'avoir gagné sa "guerre humanitaire" en quelques semaines, l'OTAN n'est pas seulement enlisée en Libye. Elle y est piégée dans une sale guerre qu'elle doit aujourd'hui mener contre le peuple libyen, au risque d'y détruire son soi-disant modèle démocratique.

Officiellement, il n'y a pas ou peu de soldats occidentaux engagés au sol en Libye depuis le mois de mars. Pas de pertes non plus. C'est un point extrêmement important puisque l'opinion publique, qui ne soutient cette guerre que du bout des lèvres, se retournerait très vite si le compteur des pertes occidentales venait à s'affoler.

C'est un élément important des guerres que mène l'OTAN (et les Etats-Unis) sur toute la planète depuis vingt ans : limiter ou éliminer toute perte officielle. C'est vital, non seulement au regard de l'opinion publique, mais aussi au regard des capacités militaires de nos démocraties. En effet, si l'on fait exception du cas américain (un déficit budgétaire doublé entre 2001 et 2001 presqu'exclusivement à cause du financement de la "guerre contre le terrorisme", un budget militaire officiel qui, à lui seul, est égal aux budgets cumulés de tous les autres Etats de la planète), les pays occidentaux n'ont pas les moyens militaires de leurs ambitions géopolitiques.

C'est en particulier le cas de la France qui, avant d'intervenir en Lybie, était déjà au maximum de ses capacités humaines (et financières) de déploiement de troupes en dehors du territoire national. Au point de faire appel, pour boucher ses manques d'effectifs en métropole, à des réservistes ou retraités.

Manque de moyens

Le manque d'effectif et la professionnalisation des armées occidentales sont en partie compensés par la haute technologie et par le recours à des sociétés de mercenaires. En Lybie, ces deux artifices sont utilisés au maximum.

Mais cela ne peut suffire pour renverser un régime qui bénéficie du soutien d'une grande partie de la population. De même, les rebelles manquent cruellement d'effectifs depuis le début du conflit. Il y a une grande différence entre mener une insurrection armée pour s'emparer d'une ville et investir tout un pays.

Il a donc été nécessaire d'aller chercher des troupes. Il est presque certain aujourd'hui que la composition des forces rebelles est très hétéroclite. Elles comptent bien sûr des autochtones anti-Kadhafi, ceux que l'on exhibe volontiers. Mais elles comptent une grande partie d'islamistes, de repris de justice, de mercenaires recrutés à la va-vite en Egypte ou en Tunisie. Une masse de combattants sans expérience ni formation, qui forment la chair à canons et qui animent le story-telling pro-occidental. Ils sont encadrés par des forces spéciales occidentales. ils sont soutenus par d'autres soldats professionnels originaires du Qatar ou de Jordanie, ainsi que par les salariés de sociétés occidentales de mercenariat.

Tout cela est suffisant pour mener des coups de main, pour parader dans les rues désertes de villes soi-disant prises aux loyalistes. Mais cela ne peut suffire à conquérir le pays, ni même à mener de véritables combats urbains, voraces en troupes expérimentées. Aujourd'hui, comme hier, on ne prend pas une ville correctement défendue sans livrer de combats au corps à corps. On ne les conserve pas non plus sans y laisser des garnisons suffisantes. Or, en Lybie, les positions stratégiques sont essentiellement des villes.

Sièges moyen-ageux

A défaut de disposer de la nécessaire infanterie, manquant aussi d'un véritable soutien dans l'ensemble de la population, l'OTAN et les rebelles en sont réduits à mener une guerre de siège. Fin août, Tripoli n'a pu être prise que grâce à la trahison d'un des commandants loyalistes. Aujourd'hui encore, la ville n'est toujours pas sous contrôle des rebelles. Les autres cités favorables aux loyalistes, notamment Bani Walid, Syrte et Sabha, sont assiégées. La population civile y est prise en otage, non pas par les loyalistes, mais par l'OTAN, qui utilise l'écran des forces rebelles pour interdire la fuite à ces malheureux civils. On leur coupe l'eau, les vivres, les médicaments, l'électricité. On les bombarde au quotidien, par concentration d'artillerie, par avions et par drones. On les terrorise en organisant des exactions. On interdit l'accès de ces villes au Croissant rouge ou à la Croix-Rouge, ainsi qu'aux journalistes. On les bloque donc dans des zones de combat, en misant sur le fait qu'ils se révolteront contre ceux qui les défendent, à savoir leur propre armée. En même temps, en contraignant les civils à rester sur place, on limite d'autant plus les ressources nécessaires aux combattants loyalistes.

Ce n'est donc pas une guerre "humanitaire" que livrent les croisés de la démocratie, mais exactement le contraire, à savoir le plus moyen-ageux des conflits, où l'on préfère hypocritement sacrifier des civils plutôt que de risquer des pertes militaires. C'est la plus sale des guerres.

C'est la plus sale des guerres, dans laquelle l'OTAN s'enlise, contraint de s'allier aux barbares d'Al Qaida. C'est la plus sale des guerres, qui est la conséquence d'une stratégie de départ erronée. Bluffé par Bernard-Henri Lévy, aveuglé par ses calculs de politique intérieure, trompé par l'apparence d'un succès en Côte d'Ivoire, où Gbagbo n'a résisté que quelques jours, Nicolas Sarkozy pensait mener une guerre éclair en Lybie. Il était certainement persuadé que le colonel Kadhafi ne tiendrait pas longtemps sous ses bombardements, avec contre lui son propre peuple. L'erreur, c'est que Kadhafi, n'en déplaise aux démocrates de salon, est effectivement soutenu par son peuple. Il n'y a pas d'autre explication au fait qu'il a résisté à plus de six mois d'agression aérienne et maritime. Aujourd'hui, pour gagner la guerre de Lybie, l'OTAN en est réduit à vaincre le peuple lybien. On est à l'opposé complet des objectifs de la résolution 1973. Et c'est non seulement un peuple que l'Occident déboussolé est en train de massacrer, mais c'est aussi son propre modèle de démocratie.

source : http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-sale-guerre-de-l-otan-en-libye-

 

 

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Ayyuz aux Amazighs de Libye !

 

Tripoli 27 septembre 2011

Plusieurs milliers d'Imazighen sont descendus Place des Martyrs (Assays n Ixafuren) à Tripoli pour exprimer leur attachement à leur identité berbère. Chose totalement impensable au temps du règne de Kadhafi, le 1er forum amazigh libyen a été organisé ce lundi 26 septembre pour que la langue tamazight soit inscrite dans la nouvelle constitution. Le poète kabyle Naoufel Bouzeboudja exprime dans le texte qui suit un sentiment de joie pure...

Ce qui n’est pas arrivé aux Imazighen en Tunisie et en Egypte libérées des scies de leurs dictateurs déchus arriva en Lybie. Des déferlantes humaines, jusque-là insoupçonnées, manifestèrent à Ifren, à Tripoli, à Zwara, à Nefoussa, drapeaux amazighs et ceux de la Lybie libérée aux mains flottant haut n’en déplaise aux partisans de l’arabo-islamisme, Sarkozy inclus.

Ces images transmises à travers les réseaux sociaux vues et commentées par des Imazighen de partout (Maroc, Algérie, France, Canada, Tunisie, Egypte...) suscitent un grand engouement et ébranlent le Moi-collectif amazigh et le réconfortent tant. Ils étaient sans voix. A peine on entendait parler d’eux. Et soudain, il crièrent : nous sommes là ! et mazalagh d imazighen ! (Nous sommes encore amazigh).

Oui, la Lybie revêtit enfin ses vraies couleurs celles de la liberté, de la beauté et de la résistance. Le printemps amazigh en Lybie rejette l’unique vert imposé par un ridicule mégalomane, collaborateur des forces étrangères qui lui tournèrent le dos d’un seul coup.

Quelles sont belles ces petites fillettes, espoir de Tamazgha, avec leur tatouages en Z amazigh ! Et des slogans, en tifinigh, en arabe, en français, en anglais, comme pour rappeler notre capacité d’adopter plusieurs voix, furent scandés ou brandits dans les rues de Ifren, de Zwara, Nefoussa.  N’est-ce pas à Nefousa, ville de Souleiman el Barouni, écrivain et homme politique guide de la résistance des Amazighen à l'occupant italien, à la veille de la Première Guerre mondiale, que la mèche s’alluma ? Non, la mémoire d’un amazigh noble et rebelle ne peut être trahie !

Ayyuz s’éleva la voix de nos frères : rifains, chleuhs, kabyles...pour bénir ce printemps ! Ayyuz, on s’était pas arrêtés, c’était juste une halte. Aujourd’hui, nous reprenons notre marche. Un premier combat gagné. D’autres nous attendent, semblent dire nos frères de Lybie.

Ayyuz !

Noufel Bouzeboudja

Tripoli 27 septembre 2011

Tripoli

Tripoli

source : http://www.amazighnews.com/articles/ayyuz-aux-amazighs-de-libye-24567-29092011.html

 

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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 06:12

Le Présient de l'Anavad est l'invité de l'importante association TWIZA de Tanger qui, depuis plus de sept ans, organise chaque année un festival de la culture amazighe. Cette année, fait inédit, elle organise "la rencontre de Tanger" regroupant des responsables et personnalités amazighes venant d'Egypte ( Amani Al Wahachy), de Libye (Fethi Khalifa membre du CNT Libyen), de Tunisie (Khadidja Bensaidane), Ahmed Ahermouche (Maroc) et Ferhat Mehenni dont voici la contribution sur le thème des "Amazighs au coeur du changement".


Les Amazighs au cœur du changement.

Le Maroc vient de se doter d’une nouvelle constitution qui fait de ses langues amazighes des langues officielles, autrement dit des langues de l’Etat.

Les Amazighs libyens auxquels, il fut un temps, le régime de Kadhafi interdisait de parler leur langue même au téléphone sont l’un des piliers de l’insurrection armée et, en intégrant le Conseil National de Transition ont pu faire en sorte que leur langue soit déjà à la télévision de la rébellion soutenue par une coalition internationale. S’ils baissent la garde d’ici la chute de Kadhafi, il n’est pas sûr que la Libye de demain soit encline à l’enseigner.

Les Berbères tunisiens commencent à peine à se structurer et à se prendre en charge. Dans un pays où la fragilité des équilibres politiques peine à convoquer une constituante, les Amazighs ont intérêt à se positionner dès maintenant à Matmata et Djerba pour imposer la prise en compte de leur existence dans une Tunisie aux cultures, aux langues et aux croyances religieuses plurielles.

En Egypte, la communauté amazighe de Siwa (23 000 hbts), est si infime face aux 80 millions d’Egyptiens que, sans un minimum d’autonomie politique, aura toujours du mal à faire entendre sa voix.

Dans tous ces pays où des évolutions heureuses sont aujourd’hui soit en cours (Maroc), soit possibles (Tunisie, Libye), les Amazighes ont intérêt à entamer leur propre mutation pour passer du statut de forces de contestation à celui de forces de proposition. La démocratie est leur voie et leur allié naturel ; les valeurs universelles leur pilier.

Ceci pourrait aussi être valable pour les Touaregs qui ont souvent été tentés par l’aventure militaire (l’Azawad) et qui commencent à formuler des revendications plus cohérentes et plus claires, avec soit des autonomies, soit des indépendances pour leurs territoires.

Rappelons cependant que les Amazighs se doivent d’être présents dans le changement auquel ils ont tant aspiré, et non en dehors de lui. S’ils ne sont pas les artisans de ce qui arrive, ceci étant le fait de la dynamique historique de l’humanité comme le pressentait Tocqueville, ils y ont grandement contribué depuis plus de 50 ans.

En quoi les bouleversements actuels relèvent-ils de la mécanique de l’Histoire ?

L’Humanité est à une nouvelle phase de la mondialisation. Celle-ci commencée par la colonisation dont la mission était, rappelons-le, d’intégrer tous les continents dans le système marchand européen, elle fut renforcée par les Etats de la décolonisation et la création de l’ONU. Deux obstacles s’étaient dressés sur sa route : le nazisme et le soviétisme mais la mondialisation s’accommode davantage de la liberté. Et c’est cette dernière qu’elle a tant bien que mal érigée sur les ruines des deux systèmes totalitaires qui voulaient la maîtriser. La chute du Mur de Berlin est une sentence de l’Histoire contre la dictature qui consubstantielle à l’Etat issu de la colonisation. C‘est parce que la phase actuelle de la mondialisation ne peut plus supporter l’absence de liberté que la fin des Etats post-coloniaux est aujourd’hui à l’ordre du jour. Les changements dont nous traitons aujourd’hui n’en sont qu’un début d’illustration.

Je tiens à remercier l’association TWIZA de Tanger de nous avoir invité à en débattre, ne serait-ce que sur leur volet touchant les peuples amazighs.

La fin des Etats issus de la décolonisation peut reconduire l’architecture et les frontières préexistantes, mais en change fondamentalement la nature et les missions. Au lieu de contrôler et de réprimer leurs peuples, ces Etats seront amenés à servir et protéger leurs citoyens. Le droit (politique, économique, social et culturel) remplace l’interdit, le dialogue et le débat l’emportent sur l’autoritarisme. Rappelons enfin, pour clore cette parenthèse sur un sujet largement développé dans « Le siècle identitaire » (Ed Michalon), disons que nous n’en sommes qu’au début d’un processus induisant des bouleversements géopolitiques sans précédent et qui bientôt qui, bientôt, vont affecter tous les pays d’Afrique et d’Asie anciennement colonisée

Pour revenir à l’Algérie replaçons les éléments du décor : Une junte militaire qui s’est installée par la force depuis 1962, gère toujours le pays avec les réflexes des anciens colonisateurs. Le changement a du mal à montrer le bout du nez, et ce malgré les pressions amicales de certains pays occidentaux. Les peuples amazighes ont des mobilisations et des aspirations communes quant à la reconnaissance de leur identité mais différenciées politiquement. La Kabylie en est le fer de lance, surtout depuis le Printemps berbère d’avril 1980.

Le poids de la sociologie, aggravé par la stigmatisation permanente des Kabyles en vue de leur isolement du reste des Algériens, la gestion clanique sur une base régionale, voire népotique de l’Etat, le tout conjugué à la répression qui frappe la Kabylie depuis 1963, ont empêché la construction d’une nation algérienne. Les dégâts générés sur ce plan ne permettent plus la redéfinition d’un contrat national sans la reconnaissance officielle de l’identité de chaque région et de son droit à s’autogouverner, à maîtriser son destin. Il est révolu le temps où l’unité nationale s’obtenait par la force des armes, la terreur politique, la torture et la prison... La contrainte cède enfin le pas à la libre adhésion qui se fait sur la base des intérêts bien compris de chacun des peuples composant le pays.

Bien que le vent du changement ait violemment soufflé début janvier 2011 sur l’Algérie, le régime a survécu à la bourrasque. Fort de ses réserves de change que lui procure la manne pétrolière qu’il dilapide sans vergogne, le régime pense que la tempête est derrière lui et qu’il peut de nouveau se montrer méprisant et arrogant envers les citoyens. La grande différence entre le Maroc et l’Algérie, réside essentiellement dans le fait que les tenants du pouvoir algérien n’aiment pas leur pays. Ils se comportent en colonisateurs étrangers qui, un jour ou l’autre doivent partir.

Ce sont donc des pays occidentaux qui ont, à maintes reprises, pressé les autorités du pays à introduire au plus vite des changements pour mettre le pays au diapason des nouvelles exigences de la mondialisation. Enfin, en avril dernier et du bout des lèvres, il est annoncé une révision constitutionnelle. Une mascarade de consultations eut lieu où le FLN a discuté avec le FLN et les problèmes essentiels furent évacués. La Kabylie n’a à aucun moment été conviée à exprimer son point de vue.

Cette révision constitutionnelle aura probablement lieu avant la fin de l’année. Ce qui va lui imposer quelques changements conséquents ce ne sont pas les pressions occidentales mais la nouvelle constitution marocaine. Désormais, l’Algérie ne peut plus être en reste des évolutions survenues chez le voisin. Cela veut dire probablement que le générique « langue amazighe » sera consacré par un statut de langue officielle, du moins sur papier. Et si ce sera le cas ce n’est que pour contrer le MAK (Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie) devenu sur le terrain la force politique principale de la Kabylie et dont le cheminement l’a porté à mettre sur pied un Gouvernement Provisoire Kabyle en exil le 1er juin 2010.

Là où, une fois de plus le pouvoir algérien se trompe est le fait que le registre revendicatif kabyle n’émarge plus à la page linguistique et culturelle mais à celle de sa propre existence politique. La revendication d’une autonomie régionale pour la Kabylie passe avant celle de la langue ou de la culture. Par ailleurs, la Kabylie ne veut plus se cacher derrière son doigt amazigh. Son identité première est sa kabylité car elle induit autant son algérianité que son amazighité dans lesquelles elle se sent un peu trop diluée.

Bref le train des revendications des années 90 a quitté la gare de la Kabylie depuis le Printemps Noir de 2001, lorsque le pouvoir algérien a tiré sur nos enfants faisant plus de 12O morts. Désormais, ce n’est plus celui qu’elle va prendre. Et personnellement, j’ai peur que celui d’aujourd’hui ne parte sans l’Algérie qui, alors, sera confrontée à sa propre agonie.

Enfin, si la volonté existe de ne plus louvoyer avec les aspirations profondes de la Kabylie et des Amazighes d’Algérie, des solutions sont toujours possibles. Cela se fera dans la transparence et avec toutes les garanties nécessaires dont l’implication des instances internationales. Le référendum pour l’autodétermination de la Kabylie revendiqué lors de la grandiose marche du 20 avril 2011 est devenu un passage obligé pour tous.

Alors, comme pour les autres Amazighs, les Kabyles seront enfin force de proposition et participeront autant à la prise de décision qu’au partage équitable des richesses du pays dans la démocratie et la liberté.

Tanger le 22/07/2011

Ferhat Mehenni

Président de l’Anavad, le Gouvernement Provisoire Kabyle.

 

Lien: http://www.kabyle.com/comment/40094

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 19:33

TAP - La Tunisie exprime sa "vive condamnation et son refus catégorique" des déclarations de la ministre israélienne de l'Immigration et de l'Intégration, diffusées récemment par certains médias concernant l'encouragement "des juifs tunisiens à émigrer vers Israël, tout en leur promettant une aide financière et divers avantages, sous prétexte qu'ils endurent en Tunisie une situation économique difficile".

Une source autorisée au ministère des Affaires Etrangères a indiqué que la "Tunisie a accueilli avec énormément de regret" ces déclarations qui "constituent une ingérence manifeste" dans les affaires intérieures de la Tunisie, ajoutant que de telles déclarations constituent "un appel malintentionné aux citoyens tunisiens à émigrer vers Israël" et "une tentative par Israël de ternir l'image postrévolutionnaire de la Tunisie et de susciter les suspicions autour de sa sécurité, de son économie et de sa stabilité".

Lire la suite ici : http://www.gnet.tn/revue-de-presse-nationale/la-tunisie-condamne-les-declarations-disrael-sur-le-rapatriement-des-juifs/id-menu-958.html?utm_source=GlobalNet&utm_medium=twitter&utm_campaign=GnetTunisie&utm_content=GnetTunisie&utm_term=GnetTunisie

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