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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 03:18

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 (STR/EPA/MAXPPP)

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Hugo Chavez est mort, Nicolas Maduro assure l'interim

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Le président Hugo Chavez, âgé de 58 ans et à la tête du Venezuela depuis près de 15 ans, vient de décéder des suites d'un cancer qui l'avait tenu éloigné du pouvoir depuis plusieurs mois. (c) Afp

 

02H30 GMT - Hugo Chavez, leader charismatique mais contesté du Venezuela depuis sa première élection à la présidence en 1998, a été terrassé par un cancer à l'âge de 58 ans. Il laisse ce pays riche en pétrole entre les mains de son vice-président Nicolas Maduro, qui était au bord des larmes en annonçant le décès de son mentor. Des élections devraient avoir lieu dans trente jours.

Les autorités ont décrété un deuil de sept jours et des funérailles nationales sont prévues vendredi alors que des milliers de personnes en pleurs se sont rassemblées dans Cararas. La dépouille du président vénézuélien sera exposée dans une chapelle ardente dressée ce mercredi dans le hall de l'Académie militaire.

Ses homologues d'Amérique latine ont rendu hommage à celui qui se présentait comme leader de la révolution bolivarienne et s'est rendu célèbre par ses déclarations dithyrambiques. D'autres dirigeants de la planète, à l'image de Barack Obama, ont exprimé leurs condoléances, mais avec des nuances.

 

02H16 GMT - Héros au cinéma ? - Le réalisateur américain Oliver Stone "pleure la perte d'un grand héros pour la majorité de son peuple et pour tous ceux qui luttent à travers le monde pour avoir une place". "Détesté des classes bien établies, Hugo Chavez restera à jamais dans l'Histoire", estime dans un communiqué ce supporter de longue date du leader vénézuélien qu'il avait interviewé pour un documentaire paru en 2009 et intitulé "South of the border".

L'acteur engagé Sean Penn, autre supporter de Chavez à Hollywood, lui rend aussi hommage, estimant que les pauvres de la planète ont "perdu un champion" et l'Amérique "un ami qu'elle a toujours ignoré avoir". "Le Venezuela et sa révolution vont perdurer sous le leadership établi du vice-président Maduro", ajoute-t-il. Hugo Chavez avait lui-même qualifié Sean Penn "d'ami des causes justes".

02H04 GMT - Deuil officiel à La Havane - Le gouvernement cubain décrète un deuil de trois jours également, dont cependant une seule journée de deuil national jeudi, et, dans son message lu pendant le journal télévisé du soir, souligne que Hugo Chavez a accompagné Fidel Castro "comme un véritable fils".

01H56 GMT - Solidarité - Un deuil national de trois jours a été décrété en Argentine, avec mise en berne du drapeau national sur les édifices publics. Au même moment en Equateur, des sympathisants de Hugo Chavez et d'Alliance Pays (AP) - mouvement du président Rafael Correa - se sont rassemblés devant l'ambassade du Venezuela à Quito. "Hugo Chavez n'est pas mort. Il reste vivant dans le coeur des latino-américains", crient nombre d'entre eux.

Maduro président par intérim

01H39 GMT - Chapelle ardente - La dépouille de Hugo Chavez va être exposée dès ce mercredi pour un "hommage posthume dans la chapelle ardente du hall de l'Académie militaire" jusqu'aux funérailles, précise Elias Jaua.

"Vendredi à 10 heures du matin, nous allons organiser la cérémonie officielle" , ajoute-t-il, sans indiquer toutefois le lieu de la "sépulture chrétienne" du défunt. "Nous allons assurer la logistique pour que le plus grand nombre puisse voir son père, son libérateur, son protecteur", assure-t-il.

01H33 GMT - NICOLAS MADURO VA ASSUMER LA PRESIDENCE PAR INTERIM ET DES ELECTIONS SERONT ORGANISEES DANS LES 30 JOURS, annonce le ministre des Affaires étrangères et ex vice-président, Elias Jaua.

01H25 GMT - Hasta siempre papito mio! - Parmi les nombreux tweets lancés sur le réseau, celui d'une des filles de Chavez, Maria Gabriela, qui sous le pseudo de @Maby80 écrit : "Les mots me manquent. MERCI pour l'éternité! Courage! Nous devons suivre son exemple. Nous devons continuer à construire la PATRIE! A jamais mon petit papa!"

01H23 GMT - Avalanche de tweets - Twitter enregistre un trafic sans précédent. En espagnol bien sûr, mais aussi en anglais, en arabe, en russe, etc. des tweets affluent de tous les pays du monde , exprimant condoléances, mais aussi surprise et même plaisanteries, lançant des débats enflammés ou s'interrogeant sur l'avenir du Venezuela.

01H00 GMT - Silence officiel à La Havane - A Cuba, la télévision a brièvement interrompu ses émissions de l'après-midi par les images de Nicolas Maduro annonçant la mort de Hugo Chavez. Puis le programme phare d'information, la Mesa Redonda (Table ronde), a diffusé à partir de 19h00 (00h00 GMT mercredi) une série de réactions, à l'exception notoire de celle des autorités cubaines, qui n'ont toujours pas officiellement réagi près de trois heures après l'annonce du décès. Hugo Chavez s'est toujours revendiqué comme un fils spirituel de Fidel Castro qui, à 87 ans, lui survit.

Deuil de sept jours

00H58 GMT - "J'en ai le coeur déchiré. C'est comme si j'avais perdu un père ou un fils", explique en larmes à l'AFP Ariani Rodríguez, qui se trouve parmi les nombreux chavistes venus pleurer leur président devant l'hopital militaire de Caracas.

00H51 GMT - FUNERAILLES VENDREDI - Le gouvernement vénézuélien annonce sept jours de deuil et des funérailles nationales vendredi.

00H06 - Marquer les esprits - A Londres, le ministre des Affaires étrangères William Hague se dit "attristé d'apprendre aujourd'hui le décès du président Hugo Chavez". "En tant que président du Venezuela pendant 14 ans, il a marqué les esprits dans son pays et bien au-delà", ajoute-t-il dans un communiqué publié par le Foreign Office.

00H05 GMT - Marquer l'histoire - Pour le président français François Hollande, Hugo Chavez "aura profondément marqué l'histoire de son pays" depuis sa prise de fonction en 1999 après son élection l'année précédente. "Le Président défunt exprimait au-delà de son tempérament et de ses orientations que tous ne partageaient pas une volonté indéniable de lutter pour la justice et le développement", poursuit-il dans son communiqué en se disant "convaincu que le Venezuela saura surmonter cette épreuve dans la démocratie et l'apaisement".

23H46 GMT - "Un avenir meilleur" - Un peu sur la même ligne que Washington, Ottawa souhaite que le décès de Hugo Chavez ouvre une période de transition qui permette aux Vénézuéliens d'accéder à "un avenir meilleur et plus prometteur", selon le Premier ministre Stephen Harper. "Le Canada compte travailler avec la personne qui lui succédera ainsi qu'avec d'autres dirigeants de la région en vue de rendre (l'Amérique du Sud) plus prospère, plus sûre et plus démocratique", ajoute-t-il.

"Concentration du pouvoir"

23H45 GMT - En larmes - Le président bolivien Evo Morales se dit "anéanti par le décès du frère Hugo Chavez", mort à l'issue d'un an et demi de lutte contre un cancer dans la zone pelvienne et opéré quatre fois à Cuba. Au bord des larmes et la voix entrecoupée de sanglots, Evo Morales indique qu'il va se rendre au Venezuela dans les prochaines heures. Parlant depuis le palais présidentiel à La Paz, il appelle à la poursuite du "processus de libération, non seulement du peuple vénézuélien mais aussi du peuple latino-américain".

23H38 GMT - "Douleur" - Le président péruvien Ollanta Humala veut pour sa part "exprimer notre profonde douleur auprès du peuple frère du Venezuela et embrasser avec force la famille de l'ami Hugo Chavez". Il termine en manifestant sa "solidarité bolivarienne, sud-américaine et latino-américaine", en référence à la révolution chère au coeur de Chavez qui se disait inspiré par le "libertador" de l'Amérique du sud, Simon Bolivar.

23H27GMT - Condoléances onusiennes - "#UNSG exprime ses plus profondes condoléances aux familles, au peuple, au gouvernement du #Venezuela pour la disparition du président Hugo Chavez", peut-on lire sur le compte Twitter en anglais du porte parole du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

23H26 GMT - "Concentration du pouvoir" - L'organisation de défense des droits de l'Homme, Human Rights Watch, tweette que "la présidence de Chavez s'est caractérisée par la concentration du pouvoir et un mépris ouvert des garanties des droits de l'Homme fondamentaux".

23H25 GMT - Nouveau chapitre avec Washington ?- Barack Obama apporte son soutien au peuple du Venezuela, tout en souhaitant cependant un "nouveau chapitre" avec le gouvernement.

"En ce moment difficile de la mort du président Hugo Chavez, les Etats-Unis renouvellent leur soutien aux Vénézuéliens et leur intérêt à développer des relations constructives avec le gouvernement vénézuélien", déclare-t-il dans un communiqué.

"Au moment où le Venezuela entame un nouveau chapitre de son histoire, les Etats-Unis continuent à soutenir des politiques qui soutiennent les principes démocratiques, l'Etat de droit et le respect des droits de l'homme", conclut-il.

"Perte irréparable"

23H16 GMT - "Un grand Sudaméricain" - Dilma Roussef, la présidente brésilienne, rappelle lors d'une réunion publique à Brasilia qu'elle n'a "pas toujours été intégralement d'accord avec le président Chavez". Mais, à l'unisson de l'Equateur, elle estime que "sa disparition représente une perte irréparable" et elle salue "un grand Sudaméricain" et un "ami du Brésil".

En Haïti, le président Michel Martelly utilise non pas Twitter mais sa page Facebook pour transmettre ses "sincères condoléances au peuple vénézuélien". "C'est une grande perte pour le Venezuela, pour la région et pour Haïti, en raison de la qualité des relations entre les deux pays", a pour sa part déclaré à l'AFP le ministre des Affaires étrangères Pierre-Richard Casimir.

23H14 GMT - Appui à la paix avec les FARC - "Nous avons bien travaillé avec le président Chavez (...) appui très important pour notre processus de paix", rappelle la ministre colombienne des Affaires étrangères Maria Angela Holguin, en exprimant une "profonde tristesse" quant à la disparition du dirigeant vénézuélien, l'un des chefs de file de la gauche latino-américaine et considéré comme l'un des artisans du rapprochement entre la rébellion marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) et le gouvernement de Bogota.

23H05 GMT - Appel à l'unité - "Ma solidarité à toute la famille et aux partisans du président Hugo Chavez, nous plaidons pour l'unité des Vénézueliens", tweete Henrique Capriles, principal opposant au régime et adversaire du chef de l'Etat lors de la présidentielle de 2012.

23H02 GMT - "Perte irréparable" - En Equateur, le gouvernement du président socialiste Rafael Correa, proche allié de Chavez, exprime son "profond chagrin" à propos du décès du "chef de file d'un mouvement historique" et d'un "révolutionnaire mémorable". "Devant cette perte irréparable qui endeuille le peuple vénézuélien et toute la région", Quito exprime "son amitié spéciale qui l'unit au Venezuela", selon un communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères.

22H55 GMT - "Fin d'un régime tyrannique" - La parlementaire américaine Ileana Ros-Lehtinen, une Républicaine qui représente une zone incluant Miami, où vivent de nombreux latino-américains, estime à propos de Chavez que "sa mort représente la fin de ce régime tyrannique, mais la voie de la démocratie pour le peuple vénézuélien est encore très incertaine".

"Respecter et faire respecter la Constitution"

22H52 GMT - Constitution respectée - Le ministre de la Défense vénézuélien Diego Molero, accompagné de certains hauts-gradés de l'armée, assure à la télévision que les forces armées seront unies "pour respecter et faire respecter la Constitution et la volonté d'Hugo Chavez".

22H42 GMT - Accusation "absurde" - Quelques instants avant que la mort de Chavez ne soit annoncée, les Etats-Unis ont rejeté les accusations de conspiration du Venezuela, jugeant "absurde" de dire que Washington pourrait être responsable du cancer du président vénézuélien."Dire que les Etats-Unis sont impliqués de quelque manière que ce soit dans la maladie du président Chavez est absurde, et nous rejetons fermement cette accusation", a affirmé un porte-parole du département d'Etat.

22H31 GMT - Armée et police déployées - Le vice-président Nicolas Maduro annonce que le gouvernement a déployé l'armée et les forces de police dans le pays pour "garantir la paix".

22H24 GMT - Condoléances de Paris - "Amitié et respect au peuple du #Venezuela qui dit son coeur brisé et ses craintes du retour hardi des injustices et exclusions. #Chavez", tweete la ministre française de la Justice, Christiane Taubira, une des premières personnalités étrangères à réagir. De son côté, au même moment, Jean-Luc Mélanchon a estimé sur Twitter que "ce qu'il est ne meurt jamais" en hommage au président vénézuélien

22H11 GMT - La muerte del comandante - "Nous avons reçu l'information la plus dure et la plus tragique que nous pouvions annoncer à notre peuple. A 16H25 (20H55 GMT), aujourd'hui 5 mars, est mort notre commandant président Hugo Chavez Frias", annonce le vice-président Nicolas Maduro, au bord des larmes, à la télévision publique.

Le président Hugo Chavez, âgé de 58 ans et à la tête du Venezuela depuis près de 15 ans à la suite de son élection en 1998 avec 56% des voix et de ses trois réélections en 2000, en 2006 et en 2012, vient de décéder des suites d'un cancer qui l'avait tenu éloigné du pouvoir depuis plusieurs mois. http://tempsreel.nouvelobs

 

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Pour Mélenchon, ce que représentait Chavez «ne meurt jamais»

Le dirigeant du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon lors d'une manifestation à Paris le 5 mars 2013

Le dirigeant du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon lors d'une manifestation à Paris le 5 mars 2013 (Photo Kenzo Tribouillard. AFP)

 

Le dirigeant du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon a salué dans la nuit de mardi à mercredi la mémoire du président vénézuélien Hugo Chavez estimant dans un tweet que «ce qu’il est ne meurt jamais».

M. Mélenchon a effectué plusieurs voyages au Vénézuéla. En juillet dernier, alors qu’il se trouvait à Caracas il avait estimé qu’il existait «beaucoup de préjugés sur Chavez en Europe» tout en soulignant que, pour lui, la «révolution bolivarienne» était une «source d’inspiration». Il a salué à plusieurs reprises par le passé le «volontarisme politique» de Chavez.

«Amitié et respect au peuple du #Vénézuela qui dit son coeur brisé et ses craintes du retour hardi des injustices et exclusions», a pour sa part posté la ministre de la justice Christiane Taubira sur son compte twitter.

«J’ai appris avec émotion la mort de Hugo Chavez», a déclaré à l’AFP par téléphone l’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement. «Je l’ai rencontré il y a dix ans et nous avions immédiatement sympathisé. C’était un homme généreux, animé d’une foi sincère en l’humanité et d’un ardent désir de justice sociale», a poursuivi le président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC).

«Il restera dans l’histoire comme celui qui aura su intégrer dans la démocratie vénézuélienne les populations indiennes jusqu’alors tenues en marge», a-t-il rappelé. «Pendant quinze ans, il aura tenu en respect ses adversaires en s’appuyant sur le seul suffrage universel. Puisse le peuple vénézuélien maintenir son héritage !», a conclu M. Chevènement.

Le président vénézuélien est décédé mardi à Caracas à 58 ans des suites de son cancer diagnostiqué en juin 2011, sans avoir pu prendre congé de ses compatriotes, après 14 années de pouvoir sans partage.

Charismatique, hyperactif, fervent catholique et admirateur du libérateur Simon Bolivar, le président Chavez a continuellement bénéficié de forts taux de popularité, malgré l’hostilité farouche que lui vouaient ses opposants, qualifiés de «traîtres» depuis une tentative de coup d’Etat contre lui en 2002.

Pourfendeur de «l’impérialisme yankee», même s’il n’a jamais cessé ses livraisons de pétrole aux Etats-Unis, Hugo Chavez se présentait en héritier du leader cubain Fidel Castro. liberation


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 Le commandante Hugo Chavez n'est plus

 

Le président vénézuélien Hugo Chavez est mort à l'âge de 58 ans après avoir lutté pendant deux ans contre un cancer. Élu une première fois en 1998, il aura mené pendant près de 15 ans sa « révolution bolivarienne ».

L'annonce a été faite mardi par le vice-président du Venezuela, Nicolas Maduro, qui devrait assurer l'intérim à la présidence jusqu'à la tenue d'élections dans les 30 jours, a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Elias Jaua, bien que la Constitution vénézuélienne confère cette responsabilité au président de l'Assemblée nationale.

 Le gouvernement a annoncé sept jours de deuil national. Les funérailles d'Hugo Chavez auront lieu vendredi, à l'Académie militaire de Caracas.

M. Chavez était revenu récemment de Cuba, où il avait été traité pour un cancer. Au cours des derniers jours, le gouvernement avait fait état d'une aggravation de son état de santé.

Plus tôt mardi, le vice-président Maduro avait accusé les « ennemis historiques » du Venezuela d'avoir provoqué le cancer dont souffrait le président Chavez. Deux fonctionnaires américains ont été aussitôt expulsés.

Depuis juin 2011, Hugo Chavez a subi quatre différentes opérations pour soigner une tumeur maligne. L'été dernier, il avait annoncé être guéri, après avoir fait une première rechute en février dernier.

Il s'était rendu dans la capitale cubaine en décembre dernier afin d'y être opéré pour la quatrième fois. Son cancer, dont la nature exacte n'a jamais été révélée, était traité comme un secret d'État par Caracas.

Au pouvoir depuis 1999, M. Chavez a été réélu en octobre dernier pour un quatrième mandat. Son investiture devait avoir lieu en janvier, mais son dernier bilan de santé avait jeté de nouveaux doutes sur sa capacité à assurer la présidence.

L'armée, fidèle à Maduro, déployée

Lors d'une intervention télévisée, les principaux chefs militaires du pays ont promis d'être loyaux au vice-président Nicolas Maduro, désigné par Hugo Chavez comme son successeur. L'armée a d'ailleurs été déployée rapidement dans le pays pour « garantir la paix ». L'armée a promis de respecter la Constitution et la volonté du président Chavez.

Le journaliste Jean-Michel Leprince rappelle qu'en décembre dernier, avant de se rendre à Cuba, Hugo Chavez avait déjà envisagé la possibilité de ne pas revenir. Il avait désigné Nicolas Maduro au poste de vice-président et appelé ses concitoyens à voter pour lui s'il devait lui arriver quelque chose.

Selon la Constitution vénézuélienne, à la mort du président, c'est le président de l'Assemblée nationale, Diosdado Cabello, qui assure l'intérim, avec l'obligation d'organiser une nouvelle élection présidentielle dans les 30 jours.

Comme Nicolas Maduro a été désigné vice-président, il devra démissionner avant de présenter sa candidature à la présidence.

L'opposition lance un appel à l'unité

Le chef de file de l'opposition vénézuélienne, Henrique Capriles, battu par Hugo Chavez aux dernières élections, a appelé les Vénézuéliens à « l'unité » et transmis sa « solidarité » à la famille du président.

« Ma solidarité à toute la famille et aux partisans du président Hugo Chavez, nous plaidons pour l'unité des Vénézuéliens », a annoncé le gouverneur de l'État de Miranda sur son compte Twitter.

« Dans des moments difficiles, nous devons démontrer notre amour et notre respect profond à notre Venezuela! Unité de la famille vénézuélienne! » a-t-il poursuivi.

Hugo Chavez (d) avec son frère Adam, la date de la photo n'est pas déterminée.  

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Plein écran

Politique étrangère sulfureuse

Selon le journaliste de Radio-Canada International Martin Movilla, Hugo Chavez a réussi « à dire sur la place publique ce que beaucoup pensaient tout bas », notamment dans la foulée de l'élection du président américain George W. Bush, au début des années 2000.

Il mettait du piquant sur la scène internationale, souligne M. Movilla. Le président Chavez a d'ailleurs connu ses heures de gloire durant l'ère Bush, ayant déjà traité ce dernier d'« assassin », de « bandit » et d'« ivrogne » devant les Nations unies.

Son anti-américanisme l'a rendu populaire aux quatre coins de la planète. Il entretenait des relations personnelles notamment avec l'Iran, l'Irak et la Libye, « mais pour Chavez, ce qui était important, c'était de nourrir les blocs antiaméricains » dans le monde, souligne Martin Movilla.

Hugo Chavez a été l'un des premiers à oser dire qu'il se rangeait derrière le régime syrien de Bachar Al-Assad, dans la foulée d'un conflit « monté de toutes pièces par les Américains ».

Le président Chavez affirmait depuis longtemps que les États-Unis étaient derrière le coup d'État raté de 2002 et agitait souvent la carte anti-américaine pour rallier l'appui de l'opinion publique. Le Venezuela n'a plus d'ambassadeur américain sur son territoire depuis juillet 2010.

Espoirs déçus pour certains

Selon le documentariste Charles Gervais, réalisateur de Revolucion?!, l'arrivée au pouvoir d'Hugo Chavez a suscité beaucoup d'espoir durant les premières années. « Il parlait d'une révolution humaniste », un nouveau concept de la révolution où l'être humain serait au premier plan, explique M. Gervais. C'est « une histoire fascinante, qui a fini par me décevoir », ajoute-t-il.

« À la fin, on a l'impression qu'il s'est un peu perdu. Il est devenu ivre de pouvoir. Il n'a jamais voulu confier son pouvoir à quelqu'un d'autre », résume Charles Gervais.

Un photo du président Hugo Chavez exposée lors d'une messe tenue en son honneur, à CubaUn photo du président Hugo Chavez exposée lors d'une messe tenue en son honneur, à Cuba  Photo :  AFP/ADALBERTO ROQUE

Quelques dates récentes

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 00:59

Déclaration de Moncef Marzouki, Président de la Tunisie,  au sommet de la francophonie 

 
 

 

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En savoir davantage sur la francophonie


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 Francophonie : sommet d'équilibristes à Kinshasa


Joseph Kabila et François Hollande à l'ouverture du sommet à Kinshasa, le 13 octobre 2012.Joseph Kabila et François Hollande à l'ouverture du sommet à Kinshasa, le 13 octobre 2012. © Noor Khamis/Reuters

 

 

Le XIVe sommet de la Francophonie s'est achevé en RDC. Pas d'incidents, des vérités dites avec diplomatie...Kinshasa a tenu bon.


Le rideau est tombé sur le XIVe sommet de la Francophonie, à Kinshasa, dimanche 14 octobre. Le président congolais, Joseph Kabila, remporte une victoire étriquée, mais une victoire quand même. « Nous avions sur notre route de nombreuses difficultés, mais ce sommet a été un grand succès », a déclaré Abdou Diouf. Le secrétaire général de la Francophonie faisait allusion au doute qui a subsisté jusqu'en août sur la tenue de l'événement et sur les exigences de la France pour permettre la venue du président François Hollande.

 

Ce dernier est finalement venu. Et a délivré son message. Il a rappelé les « valeurs, les principes et les exigences de la Francophonie », mais a été un ton en dessous par rapport aux déclarations faites depuis Paris, où il estimait que la situation en RDC était « tout à fait inacceptable sur le plan des droits, de la démocratie et de la reconnaissance de l'opposition. » « Ici, il ne pouvait pas tenir de tels propos sans risquer de provoquer un incident », reconnaît un responsable français. De fait, la salle du Palais du Peuple, où s'est déroulé le sommet, était acquise à Joseph Kabila...

 

"Exigeants et vigilants"

 

François Hollande a donc lancé ses attaques depuis la résidence de l'ambassadeur de France, le 13 octobre, dans la soirée, avant de s'envoler pour Paris. Après avoir inauguré la médiathèque Floribert Chebeya, du nom du militant des droits de l'homme assassiné en 2010, il a déclaré à propos du procès en cours sur cette affaire et de la réforme promise par Kinshasa de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) : « Nous n'allons pas nous arrêter là, nous continuerons à être exigeants et vigilants. » Juste après ses propos, il rencontrait le leader historique de l'opposition, Étienne Tshisekedi. À l'issue d'un entretien qui n'a pas dépassé les vingt minutes, remonté comme jamais, le Sphinx de Limete a lâché : « Je serai au pouvoir sous peu et je vais dissoudre l'Assemblée nationale. » Sans plus de précision. Pas sûr que Paris cautionne cette envolée.

 

 

Dans son discours, en guise de réponse à son homologue français, Joseph Kabila a rappelé « la complaisance de la communauté internationale avec la dictature prédatrice de Mobutu ». Il a aussi estimé que « la restauration de l'autorité de l’État et la démocratisation étaient une œuvre de longue haleine ». Échange à fleurets mouchetés après une poignée de mains plus que sobre et furtive entre les deux hommes. « Tout cela est de la gymnastique pour un président très bas dans les sondages », ironise un proche de Kabila dénonçant « les diatribes socialistes lancées depuis Paris » et « le retour à la réalité à Kinshasa ». Tout le monde aura en effet remarqué les corrections faites au stylo par François Hollande avant de prononcer son discours. A-t-il atténué la charge prévue ?

 

Pas de consensus

 

Sinon, durant le sommet, la résolution la plus attendue était celle sur la situation en RDC. Elle a donné lieu à une intense bagarre diplomatique entre Kinshasa et Kigali. Le texte provisoire appelait « le Conseil de sécurité des Nations unies à adopter des sanctions ciblées contre tous les responsables des exactions commises dans l'Est de la RDC » et encourageait le gouvernement congolais à « poursuivre en justice les auteurs des crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. »

 

 

Le texte visait notamment les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23) qui contrôlent une partie du Nord-Kivu. En l'absence du président rwandais, Paul Kagamé, la ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a rejeté ces deux passages. Selon les règles de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), une résolution devait être adoptée par consensus. Ce ne fut pas le cas cette fois. « L'essentiel est que ce texte a été adopté par tout le monde, à l'exception du Rwanda », a souligné Joseph Kabila.

 

À l'ordre du jour également de ce sommet, il faut souligner l'adhésion à la Francophonie de l'Uruguay...et du Qatar, qui décidément déploie une diplomatie d'influence tous azimuts. Quant au XV sommet en 2014, il se tiendra au Sénégal. Après douze années en fonction, ce sera le dernier sommet de l'ancien chef d'État sénégalais, Abdou Diouf. « Nous ressentons cette marque de confiance comme un hommage à l’œuvre de Léopold Sédar Senghor et à l'action d'Abdou Diouf », a déclaré le président sénégalais, Macky Sall. « Je vous remercie », a répondu Abdou Diouf. C'est la première fois qu'il s'adressait publiquement à l'un de ses successeurs... Jeuneafrique.

 

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8 octobre 2012 1 08 /10 /octobre /2012 06:18
 

 

 

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Le Comandante Hugo Chavez réélu pour six ans


 

Le président socialiste a de nouveau démontré sa popularité. Son opposant, Henrique Capriles, est cependant parvenu à faire mieux que ses prédécesseurs. De nos envoyés spéciaux à Caracas.

 

Hugo Chavez. (Rodrigo Abd/AP/SIPA)

 

Il est un peu plus de 22 heures dimanche 7 octobre au Venezuela quand la nouvelle tombe sur les écrans de télévisions. La présidente du Conseil national électoral (CNE) lit les résultats : sur 90% des bulletins dépouillés le président socialiste remporte 54,42% des voix. Élu pour 6 ans de plus, il sera en 2019 depuis 20 ans à la tête du pays. Immédiatement des feux d'artifice explosent dans le centre de Caracas, les bruits des klaxons envahissent la ville.

 

Son principal opposant, Henrique Capriles, candidat d'une vaste coalition, la MUD (la Table de l'Unité Démocratique) allant des déçus du chavisme à la droite, réunit tout de même 44,97% des voix. Il a immédiatement reconnu sa défaite : "Pour gagner, il faut savoir perdre" a t-il dit. La participation atteint des niveaux records à 80,94%.

 

Cette victoire n'aurait pu être conquise sans la puissance de feu médiatique du chef d’État contre laquelle la presse d'opposition a bien du mal à rivaliser. Son arme principale : les cadenas, ces allocutions en direct obligatoirement diffusées par les chaînes hertziennes et les radios. Un rapport de Reporters sans Frontières souligne qu'il a bénéficié de "136 heures et 20 minutes d'antenne" de janvier à août 2012, soit "une semaine d’allocution ininterrompue".

Des programmes sociaux populaires

Mais surtout le président socialiste a pu compter sur l'appui des classes populaires. "Hugo Chavez a fait beaucoup de choses pour nous. J'ai vu ma maison partir dans des glissements de terrain et il m'a relogé", raconte Isaac Torres, 19 ans, le doigt bleu d'encre prouvant qu'il vient de voter. Il fait allusion à la mission Logement qui prévoit la construction de 2 millions de maisons et appartements d'ici 2018. Les missions, sont des programmes sociaux qui touchent différents domaines comme la santé, l'éducation ou encore l'agriculture.... Entièrement subventionnées par l'entreprise pétrolière nationale PDVSA, elles sont parvenues à faire diminuer la pauvreté. Selon la Commission économique pour l'Amérique latine et les Caraïbes (Cepalc), qui dépend de l'ONU, la pauvreté a baissé de 20,8% entre 2002 et 2010 au Venezuela. Autre réussite : en 2005, l'UNESCO a déclaré le Venezuela "libre d'analphabétisme".

 

Ces programmes ont été au centre de la campagne. Derrière son slogan "Chavez cœur de ma patrie", le président-candidat n'a cessé de mettre en garde les Vénézuéliens : sans lui ces programmes sociaux disparaîtront. Son principal adversaire promettait de son côté de les sauvegarder. A la différence des précédents candidats de l'opposition, il a ainsi reconnu les avancées sociales de la "révolution bolivarienne". Il a même promis de les amplifier tout en gommant de son discours les aspects libéraux de son programme de gouvernement. Cette stratégie a en quelque sorte payé puisqu'en 2006, l'opposant à Hugo Chavez, Manuel Rosales, n'avait recueilli que 36,85% des votes.

 

L'insécurité sera le prochain chantier d'Hugo Chavez. Elle atteint des sommets. Le gouvernement estime qu'il y a eu 14.000 homicides en 2011 contre 18850 selon l'Observatoire vénézuélien de la violence (OVV).  

Julie Pacorel et Sébastien Risso tempsreel.nouvelobs

 

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Capriles félicite Hugo Chavez, réélu à la présidence du Venezuela


Le candidat malheureux à la présidentielle de dimanche au Venezuela, Henrique Capriles Radonski, a félicité dimanche soir le président Hugo Chavez, réélu avec plus de 54% des voix, selon des résultats portant sur 90% des suffrages.

 

Je veux féliciter le candidat, le président de la République Hugo Chavez, a déclaré M. Capriles, arborant une veste aux couleurs du drapeau vénézuélien, lors d'une allocution prononcée à son siège de campagne au cours de laquelle il aussi remercié les plus de 6 millions de personnes qui lui ont accordé leurs voix, soit environ 45% des suffrages.

 

Ici, celui qui n'est pas parvenu à emporter la victoire, c'est moi. Ici on ne se sent pas vaincu, ici on a contribué à ouvrir un chemin et ce chemin est là (...) je suis aussi sur ce chemin, je ne vais pas laisser seule la quasi-moitié du pays, a poursuivi le jeune candidat (40 ans) investi en février par une trentaine de partis d'opposition.

 

Le président sortant Hugo Chavez a été réélu dimanche à la tête du Venezuela en remportant 54,42% des suffrages contre 44,97% à M. Capriles, selon des résultats portant sur 90% des bulletins de vote.

 

La participation a quant à elle atteint 80,94%, selon le Conseil électoral national (CNE).

Je demande aujourd'hui à celui qui se maintient au pouvoir respect et considération envers la quasi-moitié du pays qui n'est pas d'accord avec le gouvernement, a conclu M. Capriles à l'attention de son adversaire. romandie

 

 

 

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 02:49

Tripoli, Damas, Paris

 

Il y a tout juste un an, seulement 48 heures avant le début des bombardements en Libye, j’écrivais un article intitulé “les enjeux de la bataille pour Tripoli”. En substance le texte soulevait la question des motivations de l’offensive occidentale en Libye mais aussi de ses conséquences potentielles, tant pour le pays que pour la stabilité dans la région.

 

L’article citait le spécialiste en géopolitique Evgueny Satanovski qui conseillait à la Russie de ne surtout pas s’ingérer dans les affaires intérieures de la Lybie, mais plutôt de consacrer tant ses ressources que son énergie au développement de la Russie. Il semblerait que celui-ci ait été entendu par le président Medvedev, qui ouvrit sans doute involontairement la porte à l’intervention militaire occidentale en Libye.

On sait ce qu’il advint, après 7 mois de bombardements, le régime de Mouammar Kadhafi détruit et ce dernier assassiné, après avoir été capturé par le Conseil National Syrien, la structure de coalition de ses opposants. Un an plus tard, on est loin des rêves de démocratie de la coalition occidentale. La situation en Libye n’est pas apaisée, loin de là, et le renversement du régime libyen par cette méthode a probablement créé plus de problèmes qu’il n’en a résolus. La Libye devrait voir la Charia devenir sa loi fondamentale et l’Est du pays est en état de quasi sécession. Les grandes villes sont toujours le théâtre d’affrontements sporadiques entre partisans de l’ancien régime, et diverses milices du nouveau pouvoir. Les vidéos répugnantes de travailleurs « noirs » (libyens ou étrangers originaires d’Afrique) martyrisés ont en outre fait le tour de la planète.

Le temps passe, et la rhétorique de la libération et de la démocratisation continue. Aujourd’hui c’est la Syrie qui est sous le feu médiatique occidental, alors que chacun se demande si une intervention militaire occidentale n’est pas de plus en plus probable, sur le modèle libyen. Pourtant il y a, au nom de la démocratie, quelque chose d’extraordinairement subversif et pervers dans ce qui se passe actuellement et que certains qualifient encore de Printemps Arabe. Jusqu’à maintenant, l’onde de choc qui frappe les pays arabes et aboutit à des renversements de pouvoir prend deux formes bien différentes.

La première variante se manifeste sans trop de violences meurtrières, et prend la forme de rassemblements et de soulèvements populaires comme cela fut le cas en Tunisie ou en Égypte. Très logiquement, les échéances électorales qui ont découlé de ces manifestations ont vu la prise de pouvoir des partis religieux, les peuples montrant ainsi clairement qu’ils ont plus confiance dans leur clergé que dans des hommes politiques corrompus et autoritaires. Quel est donc l’intérêt des occidentaux (s’il y en a un) à provoquer la mise en place de régimes islamistes ?

La seconde variante de ces soulèvements est moins pacifique, les opposants au régime choisissant la lutte armée, avec le soutien (moral, médiatique et logistique) des occidentaux. Le fait que les rebelles syriens soient infiltrés par des combattants islamistes radicaux salafistes, voire proches d’Al-Qaïda comme ceux qui ont combattu en Libye est passé sous silence. Le fait que des armes soient livrées par divers canaux à ces mêmes combattants radicaux, avec les risques évidents engendrés, ne fait curieusement pas la une du mainstream-médiatique occidental.

Il y a un autre aspect important de ces événements dans le monde arabe qui est occulté. Les états concernés (visés ?) par ces renversements de pouvoir sont maintenant des états non alignés du monde musulman chiite. Qu’est ce que cela veut dire ? Les démocraties occidentales font bloc avec la “ligue arabe” (sous contrôle de l’Arabie Saoudite et du Qatar, les deux seuls états wahhabites) contre des états comme la Syrie ou l’Iran. Ce faisant, les états occidentaux contribuent directement à l’extension de l’islamisme le plus radical et ils encouragent par ailleurs (peut être volontairement ?), un conflit inter religieux entre musulmans Sunnites et Chiites, conflit qui se développe lentement.

Très curieusement lorsque des manifestations de civils Chiites ont eu lieu, par exemple à Bahreïn, et ont été violemment réprimées avec l’aide de l’armée saoudienne, cela n’a pas entrainé de protestations en occident. On ne peut qu’être surpris par un tel système à deux poids et deux mesures.

Lorsque la guerre contre l’Islamisme radical et contre Al-Qaïda a été déclenchée en 2001, des opérations militaires de grande envergure ont été lancées en Afghanistan et en Irak. Les Talibans ont été provisoirement chassés du pouvoir (ils y reviennent peu à peu) et l’Irak est devenu l’épicentre du conflit Sunnite-Chiite alors même qu’aucune arme de destruction massive n’a été découverte dans ce pays.

Le 11 septembre 2001, ce ne sont pourtant pas des iraniens, des syriens ou des libyens qui ont contribué à tuer 3.000 citoyens américains. Sur les 19 terroristes impliqués, 15 étaient saoudiens et 2 émiratis. Je parlais plus haut de l’Arabie Saoudite et du Qatar, et si les liens entre ces deux pays et les États-Unis sont bien connus de tous, ceux de la France avec l’Arabie Saoudite le sont moins, l’hexagone étant pourtant le principal fournisseur européen d’armes du royaume Saoudien. Quand au Qatar, le journal "l’expansion" décrivait récemment les très forts investissements de ce pays en France sous le titre : "le Qatar rachète la France". L’article mentionnait notamment les investissements faits dans les banlieues françaises, pour y promouvoir “la diversité culturelle et religieuse via le soutien aux petites entreprises des quartiers défavorisés musulmans” via un fonds d’investissement créé fin 2011. Y a t-il un lien avec cette première et étonnante rencontre à Bagnolet au mois d’octobre 2011 et qui appelait à un printemps arabe en France ?

Il est donc difficile de décrypter le but des ingérences de la France et de ses alliés occidentaux dans le monde arabo musulman. Les projets de démocratisation en Tunisie, en Egypte et en Lybie n’ont pas donné les résultats attendus, l’occupation de l’Afghanistan et de l’Irak non plus. En Irak, l’intervention militaire a permis au bloc chiite de venir au pouvoir, mais la coalition occidentale fait maintenant le jeu des sunnites en Syrie, avec l’appui de l’Arabie Saoudite et du Qatar. De plus, il y a maintenant une menace sérieuse d’affrontements inter religieux entre musulmans dans la région, et toutes ces révolutions paraissent avoir favorisé l’implantation de certains mouvements terroristes.

Les assassinats de Toulouse et de Montauban devraient apparaître pour la France tout comme pour un certain nombre d’états occidentaux comme un avertissement quand à leurs politiques extérieures, mais aussi intérieures. Au lieu de rêver à une révolution du genre printemps démocratique en Russie, les stratèges occidentaux devraient peut être examiner avec soin les positions intelligentes de la diplomatie russe au moyen orient, ainsi que le fonctionnement du modèle multiculturel russe. egaliteetreconciliation

 

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Opération psychologique contre la Syrie : Quand le « shopping » de Mme Assad devient un « crime contre l’humanité »

 

par Finian Cunningham

 

Les membres de l’Organisation de coopération de Shanghai, incluant la Russie, la Chine et l’Iran, État observateur, imposeront à Michelle Obama, femme du président Obama et icône de la mode, des restrictions en matière de déplacements.

Le budget annuel dans les six chiffres de Mme Obama alloué aux vêtements et accessoires de designer est perçu comme un affront à la moralité, au moment où son mari supervise des guerres d’agression à l’étranger, des meurtres de masse dans plusieurs territoires à l’aide de drones et qu’il ordonne l’assassinat d’individus tels que des scientifiques iraniens spécialisés dans le nucléaire.

Également victimes de la mode, les femmes des premiers ministres britannique et français, David Cameron et Nicolas Sarkozy, seraient elles aussi touchées par des sanctions dans plusieurs pays du Moyen-Orient et de l’Asie centrale en raison de l’appui donné par ces chefs d’État à la campagne de bombardement illégale et meurtrière menée par les États-Unis et l’OTAN en Libye.

Le lecteur aura sans doute réalisé que le « reportage » ci-dessus est une parodie.

Cependant, en réalité l’Union européenne applique de telles mesures sans précédent à la femme du président syrien Bachar Al-Assad.

« L’UE flanque des sanctions à la femme d’Assad », pouvait-on lire à la une de plusieurs journaux après que le ministre européen des affaires étrangères eut interdit à Asma Assad, née en Grande-Bretagne, de voyager dans les États de l’Union. Il a par ailleurs ordonné le gel de ses avoirs personnels.

Le portrait sensationnel de la première dame syrienne de 36 ans, décrite comme, chic, glamour, voire sexy, avait pour but de présenter Mme Assad comme une ravissante idiote, insensible à la misère et à la violence incessante dans son pays.


Asma Al Assad


Samantha Cameron et Michelle Obama


Carla Bruni, Shimon Peres et Nicolas Sarkozy  

Le Washington Post l’a surnommée la Marie-Antoinette de Syrie, affirmant qu’« alors que le bain de sang se poursuit, elle fait du shopping pour s’acheter des souliers de cristal ».

Les médias dominants ont employé les termes diffamatoires comme s’ils étaient d’ordre factuel. Or, il s’avère que le battage médiatique à propos de Mme Assad est basé sur de « précieux » courriels obtenus par le journal britannique The Guardian, révélant une prétendue correspondance privée de la famille Assad. Même leGuardian émet un avis de non-responsabilité quant à la véracité des courriels, transmis selon eux par les « opposants syriens ». Il y a de fortes chances que ces messages soit faux et aient été forgés par des groupes de services de renseignement, experts, à l’instar du MI6, dans la science occulte de la calomnie.

Le fait que des affaires aussi personnelles et banales que les présumées habitudes de shopping en ligne d’une femme deviennent un sujet ministériel de politique étrangère nourrit davantage les suspicions.

Née en Grande-Bretagne, Mme Assad aurait dilapidé plus de 40,000 euros sur des articles ménagers et de mode. À la suite des sanctions de l’UE, entrées en vigueur au cours de la fin de semaine, le ministre britannique des Affaires étrangères William Hague a déclaré : « C’est un signe de détermination de l’Union européenne dans son ensemble, afin d’accentuer la pression, la mainmise économique et diplomatique sur ce régime. »

Entre-temps, le ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé a commenté : « Nous avions un certain nombre d’indications – je suis certain que cela ne vous a pas échappé – de la façon dont Mme Assad utilise son argent. C’est sans doute ce qui nous a poussés à durcir les sanctions. » Les inquiétudes de M. Juppé quant à la probité financière sont particulièrement significatives, puisqu’en 2004 il a été condamné par un tribunal français à 18 mois d’emprisonnement avec sursis pour avoir « abusé des fonds publics ».

Lorsqu’un quotidien met l’accent sur un dossier louche de courriels, régurgité ensuite par tous et chacun dans les médias mainstream, incluant ceux dits de qualité, et que ce dossier suspect constitue le fondement de sanctions ministérielles de l’UE, alors il dégage l’odeur typique d’une opération psychologique (« psyops »).

Cela est d’autant plus perceptible si l’on considère que les gouvernements occidentaux et leurs médias serviles ont, pendant près d’un an, grossièrement déformé la réalité des violences et du conflit en Syrie, dans le but de déstabiliser l’alliance entre Damas et Téhéran. Le président Bachar Al-Assad a été continuellement accusé de « massacrer » son propre peuple. Pourtant, les preuves qui s’accumulent indiquent que les actions des forces de son gouvernement visent davantage à protéger la population civile de groupes terroristes armés et dirigés par les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, Israël, la Turquie et les monarchies du Golfe affiliées à Al-Qaïda.

La campagne de diabolisation du gouvernement syrien atteint désormais des sommets plutôt risibles, présentant Mme Assad comme une « insensible accro du shopping » qui doit être bannie des grandes rues de toutes les civilisations décentes et respectueuses des lois.

L’ironie de l’affaire est que ce geste dérisoire et cynique de l’Union européenne devrait en réalité s’appliquer à des criminels de guerre avérés. Il existe suffisamment de preuves pour condamner d’anciens et actuels leaders étasuniens et européens pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité relativement aux agressions militaires en Afghanistan, en Irak, en Libye et visant dorénavant l’Iran.

Des sanctions contre Michelle Obama, Samantha Cameron et Carla Bruni, basées sur des actes illégaux et criminels, ont beaucoup plus de sens. mondialisation

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 03:39

Impunité saoudienne

 

Les libertés fondamentales ne sont pas mieux respectées en Arabie saoudite qu’en Iran. Est-ce donc à son statut de premier pays exportateur de pétrole et d’allié des Etats-Unis que la monarchie wahhabite doit d’être miraculeusement épargnée par la « communauté internationale » ? L’Arabie saoudite peut en tout cas intervenir à Bahreïn, y écraser une protestation démocratique, exécuter soixante-seize personnes en 2011 (dont une femme accusée de « sorcellerie »), menacer du même châtiment un blogueur qui a diffusé sur son compte Twitter un dialogue imaginaire avec le Prophète, condamner les voleurs à l’amputation, proclamer les chefs d’inculpation de viol, de sodomie, d’adultère, d’homosexualité, de trafic de drogue, d’apostasie passibles de la peine capitale, sans que, hormis le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, nul ou presque semble s’en émouvoir. Ni le Conseil de sécurité de l’ONU, ni le G20, dont l’Arabie saoudite est membre, ni le Fonds monétaire international (FMI), dont la directrice générale vient de saluer le « rôle important » joué par Riyad dans la stabilisation de l’économie mondiale.

La même monarchie s’obstine-t-elle à interdire aux femmes — qui déjà ne peuvent pas se déplacer en voiture sans mari ou chauffeur — de participer aux Jeux olympiques ? Cette violation de deux articles au moins de la charte sportive (1) ne suscite pas, elle non plus, beaucoup de remous. A supposer que l’Iran se fût rendu coupable d’un tel apartheid sexuel, une campagne internationale de protestations eût déjà été lancée.

Le traitement de faveur permanent dont bénéficie la dynastie wahhabite vient de trouver une nouvelle illustration avec les déclarations du premier ministre tunisien. M. Hamadi Jebali a loué ses hôtes saoudiens lors d’une de ses premières visites officielles à l’étranger. Or Riyad, qui appuya jusqu’au bout le clan Ben Ali, refuse d’extrader le dictateur déchu et sert de refuge à sa fortune mal acquise. L’argent des pays du Golfe encourage par ailleurs les provocations des salafistes tunisiens et finance des chaînes de télévision qui propagent dans le pays une lecture moyenâgeuse de l’islam.

En janvier 2008, le président français Nicolas Sarkozy prétendait que,« sous l’impulsion de sa majesté le roi Abdallah », l’Arabie saoudite développait une « politique de civilisation ». Quatre ans plus tard, ce pays, où règne la corruption, est surtout devenu le fer de lance du sunnisme ultraconservateur dans le monde arabe. Les gérontes de Riyad, qui assimilent les protestations de la jeunesse saoudienne à une« nouvelle forme de terrorisme », ne se soucient du droit des peuples que pour l’opposer aux régimes de leurs rivaux régionaux, « radicaux » ou chiites. Le royaume se croit sans doute abrité des tempêtes populaires par son saupoudrage social d’une fraction de la rente pétrolière, par le mépris que la majorité sunnite voue aux 10 à 20 % de chiites qui grondent dans l’est du pays, par la crainte de l’Iran enfin. L’indulgence internationale dont bénéficie la monarchie saoudienne lui procure un bouclier de plus.

Serge Halimi

(1) L’article 4 de la charte olympique dispose que «  chaque individu doit avoir la possibilité de faire du sport sans discrimination d’aucune sorte  ». L’article 6 précise que «  toute forme de discrimination à l’égard d’une personne fondée sur des considérations de race, de religion, de politique, de sexe, est incompatible avec l’appartenance au mouvement olympique  ».

 

source monde-diplomatique

 

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L'Arabie saoudite avance ses pions en Irak

Les princes saoudiens Abdel Aziz et Mohammad Ben Nayef à Ryad. Selon les analystes, les efforts entrepris par l'Arabie saoudite pour se réconcilier avec l'Irak visent à le convaincre de renoncer à son soutien au régime syrien. Ryad espère ainsi contrer l'influence exercée par son rival l'Iran sur l'Irak. FAHAD SHADEED/
Les princes saoudiens Abdel Aziz et Mohammad Ben Nayef à Ryad. Selon les analystes, les efforts entrepris par l'Arabie saoudite pour se réconcilier avec l'Irak visent à le convaincre de renoncer à son soutien au régime syrien. Ryad espère ainsi contrer l'influence exercée par son rival l'Iran sur l'Irak. FAHAD SHADEED/ AFP


Bagdad et Ryad, en froid depuis l'invasion par l'Irak du Koweït en 1990, ont annoncé coup sur coup ces derniers jours plusieurs mesures de rapprochement, dont la nomination d'un ambassadeur saoudien et des visites réciproques de hauts responsables. Un réchauffement qui intervient peu avant la tenue d'un sommet de la Ligue arabe à Bagdad, où le dossier syrien figurera en première ligne.

 

Selon les analystes, les efforts entrepris par l'Arabie saoudite pour se réconcilier avec l'Irak visent à le convaincre de renoncer à son soutien au régime syrien. Ryad espère ainsi contrer l'influence exercée par son rival l'Iran sur l'Irak.

 

L'Irak est pris entre les pays du Golfe qui appellent au départ du président syrien Bachar el-Assad et l'Iran, fervent soutien du régime de Damas. "Les Saoudiens veulent que l'Irak soit plus avec les pays du Golfe", estime Mahmud Othman, un député kurde indépendant. "Ils veulent être avenants avec l'Irak pour l'attirer vers leur position, contre l'Iran et la Syrie", dit-il.

 

Selon M. Othman, le Moyen Orient se partage actuellement en deux camps : les pays arabes sunnites et la Turquie d'un côté, l'Iran et les chiites de l'autre. "L'Irak va se trouver dans une situation difficile", prévient-il, rappelant que le pays, majoritairement chiite et dirigé par cette communauté, comporte une importante minorité sunnite qui a perdu le pouvoir avec la chute de Saddam Hussein en 2003.

 

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a longtemps entretenu des relations houleuses avec Ryad, qui aurait soutenu son rival Iyad Allaoui lors des législatives de 2010. Mais l'Arabie saoudite a annoncé en février la prochaine nomination d'un ambassadeur non résident, le premier à ce poste depuis 1990. Et les deux pays viennent d'annoncer une relance de leur coopération sécuritaire, annonciatrice d'une "nouvelle phase de coopération en matière de politique, d'économie et de sécurité", selon le ministre adjoint de l'Intérieur Adnane al-Assadi.

 

Malgré cela, Ryad aura fort à faire pour concurrencer l'Iran, très influent en Irak, dont il est un important partenaire commercial, et qui a accueilli des opposants à Saddam Hussein. "L'Arabie saoudite devra faire des pas de géant pour rattraper l'Iran en Irak", juge Reidar Visser, auteur du site www.historaie.org consacré à l'Irak. Bagdad va "se servir de ce réchauffement autant que possible et pourrait même l'utiliser pour marquer un peu de distance avec l'Iran. Mais l'Arabie ne détiendra jamais les clés du pouvoir comme l'Iran en Irak", note-t-il.

"L'influence iranienne en Irak est bien implantée. Elle est assez forte et existe depuis que l'opposition s'y est exilée" sous Saddam Hussein, renchérit M. Othman. "L'Arabie saoudite pourrait avoir de bonnes relations avec les sunnites d'Irak mais pas davantage. Ils ne peuvent pas contrebalancer l'influence iranienne dans l'Irak d'aujourd'hui. Les Iraniens ont le dessus", estime-t-il.

 

Pour le commentateur politique Tariq al-Maamouri, la volonté de rapprochement saoudienne témoigne d'une reconnaissance tardive du fait que "l'Irak a commencé à se remettre en selle". "L'Irak va jouer un rôle dans le monde arabe et la région et, internationalement, les Saoudiens ne peuvent plus passer outre", souligne-t-il.

 

Mais d'autres sources sont plus circonspectes: "Personnellement, je ne pense pas que ce soit un genre de rapprochement définitif", estime un diplomate occidental, interrogé sur l'arrivée annoncée d'un ambassadeur. "Je pense qu'il y a encore une énorme, énorme quantité de méfiance et de soupçons mutuels. Je pense que c'est une étape positive, mais que c'est tactique, pas stratégique".

 

Selon lui, il s'agirait plutôt pour Ryad de présenter "une position cohérente pour le sommet arabe, où l'ambassadeur pourra être dépêché".

source lorientlejour

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29 février 2012 3 29 /02 /février /2012 06:25

 

 Wade contraint à un second tour, résultats provisoires attendus


Se basant sur les résultats provisoires du premier tour de dimanche concernant "30 des 45 départements" qui lui sont parvenus, il a indiqué que le président sortant est "au-dessus de 35%, 36%. On arrivera peut-être à 40%, mais les chiffres le disent, on est au deuxième tour".
Se basant sur les résultats provisoires du premier tour de dimanche concernant "30 des 45 départements" qui lui sont parvenus, il a indiqué que le président sortant est "au-dessus de 35%, 36%. On arrivera peut-être à 40%, mais les chiffres le disent, on est au deuxième tour". ( © AFP Seyllou)

Le camp du président sénégalais Abdoulaye Wade, candidat contesté à un troisième mandat à 85 ans, dont 12 au pouvoir, a reconnu mardi qu'il serait contraint de disputer un second tour face à son ancien homme de confiance, ex-Premier ministre passé dans l'opposition, Macky Sall.

Cette confrontation avec Macky Sall, qu'il avait fait roi avant de s'en séparer sans ménagement en 2008, constitue un revers pour le président sortant qui, tout au long de sa campagne électorale s'était déclaré sûr de sa victoire au premier tour, comme en 2007, avec plus de 50% des voix.

"Tout indique qu'il y aura un deuxième tour: ce sont les chiffres qui le disent, on est au deuxième tour", a déclaré mardi à l'AFP El Hadj Amadou Sall, un des responsables de la campagne électorale de M. Wade.

Se basant sur les résultats provisoires du premier tour de dimanche concernant "30 des 45 départements" qui lui sont parvenus, il a indiqué que le président sortant est "au-dessus de 35%, 36%. On arrivera peut-être à 40%, mais les chiffres le disent, on est au deuxième tour".

D'après une estimation de l'AFP, sur la base de résultats officiels recensés par l'Agence de presse sénégalaise (APS) portant sur 39 des 45 départements sénégalais, Abdoulaye Wade arrive en tête avec 32,6% des voix, contre 25,8% à Macky Sall, qui devance Moustapha Niasse, également ex-Premier ministre de Wade (14,3%), ainsi que le patron du Parti socialiste Ousmane Tanor Dieng (11,7%) et un autre ancien résident de la Primature, Idrissa Seck (7,5%).

Lundi le chef de l'Etat, tout en gardant l'espoir d'une victoire au premier tour, avait admis qu'il pourrait être contraint d'aller à un second tour déjà jugé "inévitable" par l'opposition.

Il affrontera Macky Sall, ingénieur de formation âgé de 50 ans qui a été son ministre des Mines (2001-2003), de l'Intérieur (2003-2004), puis son Premier ministre (2004-2007) avant d'être élu président de l'Assemblée nationale. Tombé en disgrâce, il a créé sa propre formation, l'Alliance pour la République (APR).

"Explorer toutes les possibilités"

Mardi, le responsable de la mission d'observation de l'Union européenne (MOE-UE), Thijs Berman, avait jugé qu'il y aura "très probablement un second tour", toute autre issue semblant "statistiquement impossible".

Il a rapporté que la mission n'avait "pas constaté de manquements importants pendant et après le vote", en présentant à la presse ses conclusions préliminaires sur le premier tour de dimanche.

Cela a été confirmé par la mission d'observation de l'Union africaine (UA), conduite par l'ex-président nigérian Olusegun Obasanjo, selon laquelle "aucun incident majeur pouvant avoir un impact significatif sur le vote n'a été constaté".

Les commissions départementales de recensement des votes publient depuis lundi les résultats pour chacun des 45 départements du Sénégal, mais aucune annonce officielle de résultats sur le plan national n'est prévue avant jeudi ou vendredi.

Le taux de participation a tourné autour de 60%, selon un chiffre encore provisoire de la Commission électorale nationale autonome (Céna), en baisse par rapport au taux de 70% de la présidentielle de 2007.

La date d'un éventuel second tour dépendra de l'examen de possibles recours devant le Conseil constitutionnel, la plus probable étant le 18 mars.

Il pourrait s'avérer difficile pour le président sortant qui, sauf retournement de situation, n'a plus de réserve de voix.

Il en est conscient et a expliqué lundi que, "dans la perspective d'un second tour", il allait "explorer toutes les possibilités d'entente avec d'autres forces politiques selon des modalités à convenir ensemble".

Ses principaux opposants ont, eux, proclamé comme mot d'ordre commun "Tout sauf Wade", promettant de s'unir derrière le candidat le mieux placé.

Les électeurs se sont mobilisés dans le calme au premier tour après des violences préélectorales qui avaient fait en un mois de 6 à 15 morts selon les sources.

La Croix-Rouge sénégalaise a indiqué mardi qu'elle avait secouru 153 blessés en 24 jours à Dakar et dans les provinces lors des violences ayant marqué les manifestations contre la candidature d'Abdoulaye Wade.

M. Wade, élu en 2000 et réélu en 2007, sollicite un nouveau mandat de sept ans, mais sa candidature a été jugée anticonstitutionnelle par ses opposants.

source liberation

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 "Il y aura un 2e tour" : le camp Wade se rend à l'évidence


 

 

Le président sénégalais sortant, Abdoulaye Wade. SIPA

Le président sénégalais sortant, Abdoulaye Wade. SIPA

"Tout indique qu'il y aura un deuxième tour" de l'élection présidentielle au Sénégal opposant le chef de l'Etat sortant Abdoulaye Wade à un de ses ex-Premiers ministres, Macky Sall, a déclaré El Hadj Amadou Sall, un des responsables de la campagne électorale de Abdoulaye Wade.

"Tout indique qu'il y aura un deuxième tour : ce sont les chiffres qui le disent, on est au deuxième tour", a déclaré El Hadj Amadou Sall.

Le chef d'Etat sortant Abdoulaye Wade avait estimé la veille que "tout était encore possible", sa victoire dès le premier tour ou la nécessité d'en disputer un second, alors que l'opposition assurait qu'un second tour était "inévitable".

"Il ne faudrait pas bafouer encore la volonté du peuple"

"Le recensement qui, à l'heure actuelle, porte sur 282 collectivités locales sur 551, soit la moitié, nous classe en tête avec 32,17% et 25,24% pour mon suivant. Tout est donc encore possible, victoire ou second tour", a déclaré Abdoulaye Wade devant la presse, sans nommer le candidat arrivé derrière lui.

Macky Sall, l'un des principaux candidats d'opposition, a affirmé qu'un second tour était "inévitable", assurant l'avoir emporté dans les principaux départements du Sénégal, dont l'agglomération de Dakar.

"Entendre parler de victoire au premier tour est inadmissible. Cela engendrerait des conséquences graves (...). Il ne faudrait pas bafouer encore la volonté du peuple", a ajouté son ancien Premier ministre, alors qu'un des responsables de sa campagne a assuré qu'il était au "coude à coude" avec Abdoulaye Wade.

Des résultats provisoires dans la journée

Les résultats provisoires officiels devraient être communiqués mardi au niveau départemental et vendredi au niveau national, selon la Commission électorale nationale autonome (Céna). Le président Wade a auparavant salué un "scrutin transparent, démocratique et pacifique", rendant "hommage à la maturité, à l'esprit de tolérance et au civisme" des Sénégalais, saluant au passage ses adversaires et leurs électeurs.

Les électeurs se sont mobilisés dans le calme dimanche après des violences préélectorales qui avaient fait en un mois de 6 à 15 morts selon les sources, suscitant la crainte de nouveaux incidents le jour du vote.

Agé de 85 ans, Abdoulaye Wade, élu en 2000 et réélu en 2007, sollicite un nouveau mandat de sept ans, mais sa candidature a été jugée anticonstitutionnelle par ses opposants. Le président Wade avait été hué dimanche lorsqu'il était allé voter dans son bureau de vote de Dakar. Il y a été devancé par un autre de ses anciens Premiers ministres, Moustapha Niasse.

Aucune réserve de voix pour Wade

Un second tour pourrait se montrer problématique pour le président sortant, qui, sauf retournement de situation, n'a plus de réserve de voix. "Dans la perspective d'un second tour, le Parti Démocratique Sénégalais (PDS, au pouvoir) et ses alliés, dont le candidat arrive en tête de la compétition, vont naturellement explorer toutes les possibilités d'entente avec d'autres forces politiques selon des modalités à convenir ensemble", a souligné hier Abdoulaye Wade.

"Ensemble, nous relèverons ce défi, vous avez ma confiance et je sais pouvoir compter sur la vôtre", a assuré le président sortant, qui avait répété à de nombreuses reprises qu'il était "sûr" de l'emporter dès le premier tour en recueillant plus de 50% des suffrages.


''Tout sauf Wade''
 

Ses principaux opposants ont, eux, proclamé comme mot d'ordre commun "Tout sauf Wade", promettant de s'unir derrière le candidat le mieux placé en cas de second tour. "Le principe, c'est de voter pour le candidat d'opposition le mieux placé". il y aura une "union" contre Wade, a rappelé Abdou Latif Coulibaly, un responsable de la campagne de Moustapha Niasse.

La mission d'observation de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) a indiqué lundi qu'elle avait constaté que "le calme et l'ordre ont prévalu" et qu'"aucun incident ni irrégularité majeurs n'ont été observés". La France a salué "la vitalité de l'esprit démocratique des Sénégalais" et le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest, Saïd Djinnit, le "climat serein et apaisé" du scrutin.

Le taux de participation a tourné autour de 60%, selon un chiffre encore provisoire de la Céna, en baisse par rapport au taux de 70% de la présidentielle de 2007. La date d'un éventuel second tour dépendra de l'examen de possibles recours devant le Conseil constitutionnel: la date la plus probable est le 18 mars.

source tempsreel.nouvelobs

 

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Le regard de Tidiane Diouf


 

 

Tidiane Diouf a vécu jusqu'en 2000 au Sénégal. Ce Franco-Sénégalais dirige aujourd'hui le centre social des Abeilles, à Quimper. Il décrypte pour Le Télégramme le climat qui entoure l'élection présidentielle dans son pays d'origine.http://memorix.sdv.fr/5/www.letelegramme.com/infoslocales/quimper/480876830/Position1/SDV_TB/default/empty.gif/474d6e4a346b394e746e774142306a78?


Vous attendiez-vous à un second tour à l'élection présidentielle au Sénégal
Oui. Je ne pouvais pas imaginer que le président Wade l'emporte dès le 1er tour dimanche. Il ne faut pas oublier que son parti a perdu toutes les grandes villes aux élections locales: Saint-Louis, Dakar, Thies, Kaolack (etc.) sont aux mains de l'opposition. Abdoulaye Wade est affaibli politiquement, même s'il pensait que la division de l'opposition autour de 14 candidats pouvait lui permettre de recueillir plus de 50% des voix. Illusion. Il a en face de lui des costauds, qui maîtrisent des départements, où Wade a été battu, selon les premiers résultats. La perspective du deuxième tour amène la paix et la tranquillité. J'ai écouté les radios sénégalaises toute la journée d'hier, la population est soulagée et doit pouvoir voter dans la tranquillité. 

Que vous inspire la tension qui a précédé l'élection? 
Je ne comprends pas qu'un homme qui a été opposant pendant plus de quarante ans, qui a vachement contribué à asseoir la démocratie au Sénégal, qui a été emprisonné pour son combat politique, s'accroche, comme cela, au pouvoir. Il aurait été plus sage qu'il ne se représente pas. Toutefois, le bruit qui a entouré les élections a été inutile. L'opposition aurait aussi pu comprendre que les citoyens sénégalais savaient voter et départager, dans les urnes, les candidats.

Quelle signification a eu pour vous le mouvement du 23juin, contre la réforme de la Constitution?
Pour la première fois, la société civile sénégalaise a pris position. Elle s'est liée avec les partis politiques d'opposition. Puis il y a eu le groupe de rappeurs Y'en a marre. Que s'est-il passé en réalité? Le Sénégal reste très attaché à la tradition orale. Or Wade avait déclaré en arrivant au pouvoir en 2000 qu'il ne ferait que deux mandats. Puis il s'est dédit. Les gens ont pensé qu'il revenait sur sa parole pour essayer de placer son fils. La société civile, très puissante auSénégal, car organisée autour d'un tissu associatif très solide, ne l'a pas accepté. 

Comment analysez-vous l'incapacité de l'opposition à s'organiser? 
Au 2e tour, les candidats d'opposition vont s'allier, tous contre Wade. Mais avant les alliances étaient difficiles. Il y a 173 partis politiques au Sénégal, dont dix se sont créés rien qu'en 2011. De l'extrême gauche aux libéraux. Vous imaginez: 173 partis pour 13millions d'habitants. Le fait que les leaders politiques sont en place depuis très longtemps a créé de la frustration chez les jeunes, qui sont obligés de quitter ces vieux partis pour créer leurs propres partis politiques. Ce qui ajoute à la confusion mais rend aussi la démocratie extrêmement ouverte, avec d'ailleurs beaucoup de journaux et radios indépendants. 

Macky Sall, arrivé en 2e position, est crédité de 25% des voix. Est-il espoir de renouveau?
Oui, car il est entré en politique il n'y a que douze ans. À 56 ans, c'est un jeune par rapport aux autres. Il est expérimenté, après avoir été ministre, Premier ministre, président de l'Assemblée nationale. C'était un des poulains de Wade. Mais ils se sont heurtés sur un dossier et Wade l'a renversé. S'il gagne au deuxième tour, ce qui est probable, ce sera un signe fort en direction des jeunes, de renouvellement de la classe politique.

source letelegramme

 

 

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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 09:25

 


 

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Au Sénégal, la candidature validée de Wade déclenche une flambée de violences


Des manifestants fuient les gaz lacrymogènes dans les rues de Dakar, vendredi 27 janvier.

Des manifestants fuient les gaz lacrymogènes dans les rues de Dakar, vendredi 27 janvier.Reuters/STRINGER

La validation vendredi soir 27 janvier par le Conseil constitutionnel de la candidature du chef de l'Etat sénégalais Abdoulaye Wade à la présidentielle de février a provoqué une vague de violences dans plusieurs villes du Sénégal, dont sa capitale, Dakar, où un policier a été tué. L'opposition a appelé à "marcher sur le palais présidentiel dans les prochains jours" afin d'en "sortir Wade".

Dès l'annonce de la validation de la candidature du président Wade et du rejet de celle du chanteur Youssou Ndour, des jeunes rassemblés depuis des heures place de l'Obélisque, à Dakar, à l'appel de l'opposition, ont jeté des pierres sur les policiers qui ont riposté à coups de gaz lacrymogène et de matraque. Les jeunes, armés de barres de fer, ont également mis le feu à des pneus et des courses-poursuites se sont engagées dans les rues adjacentes au lieu de rassemblement.

Le commissaire de police Arona Sy, du commissariat central de Dakar, a déclaré à l'AFP qu'un policier avait été tué, sans donner les circonstances de cette mort qui s'est produite dans une rue du quartier de Colobane, près de la place de l'Obélisque. Les violences se sont poursuivies dans la nuit de vendredi à samedi dans plusieurs autres quartiers de Dakar.

 Les télévisions privées ont montré des jeunes érigeant des barricades, brûlant des pneus et des planches sur plusieurs artères, ainsi que des échanges de projectiles et gaz lacrymogènes entre des manifestants, essentiellement des jeunes, et les forces de l'ordre anti-émeutes de police et de gendarmerie.

Des manifestations de colère étaient en cours également dans les provinces, d'après les médias locaux : notamment à Thiès selon l'Agence de presse sénégalaise (agence officielle), et à Kaolack (centre), Matam et Ourossogui (nord) selon la Télévision Futurs médias (télévision privée).

Le Mouvement du 23 juin (M23), coalition de partis politiques d'opposition et d'organisations de la société civile contestant la candidature du président Wade, a appelé samedi les Sénégalais à "marcher sur le palais" présidentiel pour l'en"déloger". Abdoul Aziz Diop, un des responsables du M23, a exhorté les Sénégalais"à se joindre au Mouvement pour organiser la reprise du territoire occupé par Abdoulaye Wade et ses sbires".

M. Wade a demandé à ses opposants d'arrêter "les manifestations d'humeur qui ne conduisent à rien", les accusant de contester la validité de sa candidature "sur des bases légères". Youssou Ndour a, lui, dénoncé un "coup de force" du président Wade, ajoutant : "Je suis candidat et je le reste", et précisant qu'il avait "48 heures pour un recours" contre la décision du Conseil.

La décision du Conseil constitutionnel sur la nouvelle candidature du président Wade, 85 ans, est jugée anticonstitutionnelle par l'opposition. Elu en 2000, réélu en 2007 pour cinq ans après une révision constitutionnelle en 2001 instituant un quinquennat renouvelable une fois, M. Wade se représente pour sept ans après le rétablissement du septennat en 2008, à la suite d'une nouvelle révision constitutionnelle. Pour ses opposants, il se présente à un troisième mandat illégal, mais ses partisans affirment que le comptage doit se faire à partir de la première révision constitutionnelle de 2001 instituant le quinquennat et qu'il s'agit donc d'un second mandat conforme à la Constitution.

source lemonde

 

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L'opposition appelle à marcher sur le palais présidentiel


Le Mouvement du 23 juin (M23), coalition de partis politiques de l'opposition et de la société civile contestant la candidature du président Abdoulaye Wade à la présidentielle de février, a appelé samedi les Sénégalais à marcher sur le palais de la République pour en déloger M. Wade.

Le M23 appelle le peuple sénégalais souverain à se mobiliser autour du Mouvement pour marcher sur le palais de la République et (en) sortir Wade qui est en train de le squatter, a déclaré à l'AFP Abdoul Aziz Diop, un des responsables du mouvement à l'issue d'une réunion de sa direction.

Cette réunion visait adopter une décision commune du mouvement à la suite de la publication de la liste des candidats autorisés par le Conseil constitutionnel à se présenter à la présidentielle.

Les dirigeants du M23 exhortent les Sénégalais à se joindre au Mouvement pour organiser la reprise du territoire occupé par Abdoulaye Wade et ses sbires. (...) C'est la seule direction prise à partir de ce soir, a ajouté M. Diop, précisant: Dès ce (samedi) matin, le M23 mettra tout en oeuvre pour pouvoir organiser cette marche sur le palais et aller déloger M. Wade.

Le M23 regroupe des partis politiques et coalitions de partis ayant investi certains des candidats autorisés, dont les anciens Premiers ministres Moustapha Niasse, Idrissa Seck et Macky Sall, ainsi que le chef du Parti socialiste (PS), Ousmane Tanor Dieng.

A la question de savoir si ces candidats membres du mouvement allaient faire usage de leur droit de recours au Conseil constitutionnel, Abdoul Aziz Diop a répondu: Cela les concerne du point de vue individuel à partir du moment où ce sont eux les candidats.

Le mouvement leur a toutefois demandé de suivre la décision commune. Il n'y a pas d'autre stratégie que de regrouper le pays, d'appeler les Sénégalais et en marchant dans les prochains jours sur le palais de la République, parce que c'est le seul moyen de bouter Abdoulaye Wade dehors et de remettre la démocratie sénégalaise sur les rails, a-t-il conclu.

source romandie.

 

 

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Dakar, vendredi soir ...

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Le chanteur Youssou Ndour conteste l'invalidation de sa condidature

 

Pour plus d'information

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21 janvier 2012 6 21 /01 /janvier /2012 02:01

 

 

 

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Le CNT a-t-il fait appel aux marines américains ?

 

LES ETATS-UNIS S’APPRÊTENT À ENVOYER PRÈS DE 12 000 SOLDATS EN LIBYE, ONT INDIQUÉ PLUSIEURS SOURCES MÉDIATIQUES. UN ACCORD SECRET AURAIT ÉTÉ SIGNÉ ENTRE LES DIRIGEANTS DU CNT ET LES ETATS-UNIS D’AMÉRIQUE POUR L’ENVOI DES MILITAIRES EN LIBYE.

 

«Les ex-thouars et les révolutionnaires pro-Kadhafi constituent une menace pour le pays», tels sont les arguments des dirigeants du CNT, sur la venue des militaires américains en Libye.

En effet, selon plusieurs canaux d’information, un premier contingent de ces soldats en provenance de Malte aurait déjà franchi les frontières et s’est installé à Benghazi. Les soldats américains ont été sollicités pour mettre fin au sit-in des anti-CNT.

Un deuxième contingent, fait de forces spéciales américaines, serait arrivé également à Tripoli pour assurer la sécurité de l’ambassade américaine et les représentations diplomatiques occidentales ainsi que celle des membres du CNT.

A Tripoli, on parle d’une attaque de grande envergure qui sera menée par l’Armée verte mais sans aucune précision, ont ajouté les mêmes sources. Ces derniers jours, le CNT a demandé aux «thouars» qui ont volé des biens immobiliers, notamment à Bab el Azizia, de les restituer.

Ces dernières semaines, la situation sécuritaire s’est dégradée, ont indiqué plusieurs sources en provenance de Libye. En plus des affrontements qui opposent les milices à des tribus et à des ex-révolutionnaires, les dirigeants du CNT sont de plus en plus visés.

Toujours et selon plusieurs journaux, le président du CNT, Mustapha Abdeljalil, aurait fait l’objet d’une tentative d’assassinat à Benghazi, à l’aide d’une bombe artisanale.

C’est le même cas pour un certain Rajeb Al Janzaoui, accusé dans le meurtre du général Abdelfattah Younes, qui aurait échappé de justesse à une tentative de meurtre au cours du samedi 14 janvier 2012.

A Syrte, de violents combats ont eu lieu entre un groupe armé de Misrata et des jeunes volontaires de la cité ainsi que des membres de l’Armée libre de la Libye. Ces affrontements ont fait au moins 50 morts dans chaque camp. Du matériel a été confisqué et plusieurs combattants ont été fait prisonniers. Un climat tendu règne à Syrte où les citoyens craignent une riposte à n’importe quel moment. Profitant de ces affrontements, le CNT aurait conclu un accord secret avec les Etats-Unis pour venir à bout des ex-révolutionnaires, selon des médias.

Selon le quotidien Al-Quods Al Arabi implanté en Grande Bretagne, plusieurs raffineries, sites et installations pétroliers sont sous la protection des forces étrangères.

A ce sujet, le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui, chef suprême des armées d’Egypte aurait mis en garde le président du Conseil national de transition sur une éventuelle implantation de bases étrangères en Libye, ont écrit des journaux égyptiens, repris par Al-Quods Al-Arabi.

Selon les mêmes journaux, l’Otan qui avait affirmé avoir mis fin à sa mission aurait laissé un nombre important de ses militaires sur le territoire libyen. Pour l’instant, les dirigeants du CNT n’ont pas fait de commentaires à ce sujet et n’ont ni confirmé et ni infirmé ces informations.

source  lnr-dz.

 

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Manifestation pour la charia à Benghazi


 

 

De 2 000 à 3 000 personnes ont manifesté vendredi à Benghazi, le berceau de la révolution libyenne dans l'est du pays, pour réclamer que la charia (loi islamique) figure dans la future Constitution, selon un correspondant de l'AFP sur place.


«Islamique! Islamique!», ont scandé en allusion à l'État les manifestants, dont certains brandissaient des exemplaires du Coran.

 

Un communiqué distribué pendant le rassemblement demande qu'un article stipulant que l'islam est religion d'État figure dans la future Constitution libyenne et qu'il ne soit pas soumis à référendum comme pourrait l'être le reste de la loi fondamentale.

Les Libyens doivent se rendre aux urnes en juin pour élire une assemblée constituante d'environ 200 membres.

«Les manifestants demandent que la charia soit la référence des lois et que cela soit clairement dit dans la Constitution», a déclaré à l'AFP Ghaith al-Fakhri, figure islamiste libyenne, présent sur la place Tahrir de Benghazi.

 

Les manifestants se sont aussi dits opposés à tout projet de fédéralisme en Libye.

Lors de la proclamation de la «libération» de la Libye le 23 octobre, trois jours après la mort de Mouammar Kadhafi, le président du Conseil national de transition (CNT), Moustapha Abdeljalil, avait affirmé que la charia serait à l'avenir la principale source de la législation en Libye.

source fr.canoe

 

 

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 Pendant la paix, la guerre continue

 

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Misrata, le 20 décembre 2011. REUTERS/Esam Al-Fetori


Rien ne va plus en Libye: le CNT aurait appelé le Pentagone à l’aide. 12 000 soldats américains seraient sur le point d’être déployés en Libye

 

 

On meurt encore en Libye. Le 23 octobre 2011, depuis Benghazi, le président du Conseil National de Transition (CNT) proclamait officiellement que le pays était libéré ; trois jours plus tôt, le colonel Kadhafi, tentant de fuir son fief assiégé de Syrte, était abattu dans des circonstances qui restent troubles. Le 31 octobre, l’opération internationale « Unified Protector » prenait fin, et l’on assistait entre autres au « désengagement des moyens français ». L’Occident, à l’époque, s’était congratulé. Encore aujourd’hui, le site du ministère français de la Défense parle « d’engagement des volontés » et de « l’urgence de protéger ».

Pourtant, trois mois plus tard, on peut se demander s’il n’y a pas toujours urgence à protéger la population libyenne. Car la paix est loin d’être revenue.

 

A la fin de la guerre, ils auraient été 150 000 à avoir pris les armes, selon les estimations du CNT lui-même, reprises sur le site du Mouvement de la jeunesse libyenne. D’autres sources évaluent le nombre de ces volontaires désordonnés à au moins 200 000. Des chiffres considérables, pour un pays d’un peu plus de 6 millions d’habitants. Un peu comme si la Libye avait proclamé la mobilisation générale, mais une mobilisation improvisée, où chaque homme pouvait s’armer comme il l’entendait, sans avoir l’intention de rendre les armes une fois acquise la victoire contre le dictateur honni. Ce genre de confusion sanglante est souvent, il est vrai, symptomatique des révolutions. Que l’on songe au désordre qui régna dans les premiers jours de la Guerre d’Espagne, quand la République désemparée n’eut d’autre recours que d’armer la population pour faire face à l’insurrection militaire des Nationalistes.

 

Qu’ils aient été 100 000 ou 200 000 au moment où le régime de Kadhafi s’effondra, il était évident qu’il serait difficile, voire impossible, de les renvoyer dans leurs foyers, et à plus forte raison de les faire rentrer dans le rang. Toutefois, alors qu’aujourd’hui, le problème n’est toujours pas résolu, on ne peut s’empêcher de se demander si la communauté internationale, déjà préoccupée par d’autres conflits apparemment plus pressants (comme en Syrie et en Iran), ne se contente pas de soutenir mollement le CNT tout en jetant un voile pudique sur la situation en Libye.

Dépouilles du domaine de la famille Kadhafi

Les « thowars », les ex-rebelles, ne sont pas que des combattants indisciplinés obéissant vaguement à des chaînes de commandement particulièrement floues. Ils constituent avant tout le bras armé de factions qui en sont encore à se disputer les dépouilles du domaine de la famille Kadhafi. Misrata et Benghazi sont leurs principaux centres, mais il est aussi fait état de « kadhafistes » toujours prêts à en découdre, de Touaregs dans le sud, de Berbères. La plupart disposent d’armes légères, fusils d’assaut, fusils-mitrailleurs, mitrailleuses lourdes et lance-roquettes, mais aussi de véhicules équipés de canons légers, et de blindés. L’armée libyenne officielle n’est plus ces temps-ci qu’une vue de l’esprit, puisqu’elle était majoritairement favorable au colonel. Et sa seule restructuration de la part des autorités est déjà source de tensions. « La nomination au poste de chef d’état-major de Youssef al-Mangouch par le CNT Libyen continue de faire débat, signale ainsi Le Journal du MaliLa légitimité de l'ancien colonel de l’armée libyenne - promu général, et déjà vice-ministre à la défense - à occuper ce poste est contestée par certains ex-rebelles. “Nous rejetons toute personne qui ne figure pas sur la liste des candidats présentée par les thowars […]” a fait savoir à Tripoli Bahloul Assid, un des membres fondateurs de la Coalition des thowars de Libye, une organisation qui regroupe plusieurs factions de différentes régions ».

Déstabilisation de l’ensemble de la région

Du côté malien, justement, on s’inquiète du basculement progressif de la Libye dans une situation de non droit, évolution susceptible de déstabiliser l’ensemble de la région. Confronté à une rébellion récurrente des Touaregs, le gouvernement malien dénonce une recrudescence d’activité de ces derniers depuis la chute du colonel Kadhafi. Il y a quelques jours, selon les correspondants de Reuters sur place« un soldat malien au moins et plusieurs assaillants ont été tués [le 17 janvier] quand des rebelles touaregs et d’anciens militaires de Libye ont attaqué une ville dans le nord du Mali et ont été repoussés par l’armée ». « D’anciens militaires » qui ont sans doute rallié les Touaregs en passant par le Niger, sans que le CNT ne puisse les en empêcher.

 

Or, comment le pourrait-il, quand il ne parvient même pas à maintenir l’ordre dans le nord du pays qu’il est censé contrôler? Ainsi, le week-end dernier, de violents affrontements ont éclaté à Gharyan, près de Tripoli, comme le rapporte la BBC. « Des groupes armés rivaux ont tiré des roquettes et ouvert le feu à la mitrailleuse lourde dans les environs de la ville de Gharyan, à 80 kms au sud de la capitale. Les autorités libyennes affirment être en train de lever une force qui aura pour mission de désarmer ce qu’elles présentent comme des loyalistes de Kadhafi. Les notables de Gharyan reconnaissent ne pas être en mesure de contrôler leurs propres brigades révolutionnaires. ».

 

Les combats auraient éclaté quand des milices proches du CNT auraient voulu arrêter, dans Gharyan, des gens soupçonnés d’avoir soutenu l’ancien régime. Bilan : au moins neuf morts et une quarantaine de blessés. Un correspondant de la BBC aurait été témoin d’exactions et déclare qu’un « chef de brigade » (dont il est difficile de savoir à quel camp il appartenait) aurait été torturé.

Imposer leur version intransigeante de l’islam

Outre le partage du butin sur les ruines du pouvoir de Kadhafi, la situation est encore aggravée par la volonté des nouveaux maîtres du pays d’imposer leur version intransigeante de l’islam, au besoin par la force, et même contre leurs anciens alliés rebelles.

Le CNT s’efforce de légaliser les bandes armées, les milices et autres « brigades révolutionnaires » en leur ouvrant les portes de la police et de la nouvelle armée libyenne, sans grand succès. Au 15 janvier, ils n’étaient qu’une centaine à avoir par exemple rejoint les rangs des forces de l’ordre. Autre solution envisagée, l’envoi de plusieurs centaines de ces combattants en … Syrie, pour soutenir l’Armée Libre de Syrie qui, depuis des bases en Turquie, fait le coup de feu contre les forces de Damas.

Le désordre semble donc s’installer en Libye. Un site, qui se présente comme celui de la « Résistance libyenne », dresse quotidiennement une longue liste d’incidents, escarmouches et combats qui ensanglanteraient le pays, et rapporte les « victoires » remportées par la « Résistance verte » contre « le CNT/Al-Qaïda ». Des informations qu’il nous est impossible de vérifier indépendamment, mais qui contribuent à brosser un tableau apocalyptique de l’après-Kadhafi.

Le CNT aurait appelé le Pentagone à l’aide

La situation serait telle que le CNT aurait appelé le Pentagone à l’aide. 12 000 soldats américains seraient sur le point d’être déployés en Libye. Pour certains, ils viendraient surtout sécuriser les champs pétrolifères. Pour d’autres, ils auraient pour mission d’aider le nouveau régime à reprendre la main et à disperser les milices. Si, dans les semaines qui viennent, des troupes américaines commencent effectivement à s’installer en Libye, ce sera un peu comme un retour à la case départ. Du temps de la monarchie, et jusqu’au coup d’Etat de Kadhafi, le pays abritait la base aérienne Wheelus de l’US Air Force, la plus grande base américaine en Méditerranée à l’époque. C’était une plaque tournante stratégique pour les opérations américaines au Moyen-Orient et jusqu’en Asie du Sud-Est. Alors que les tensions montent autour de la Syrie et de l’Iran, on voit aisément l’intérêt qu’il y aurait pour le Pentagone à pouvoir déployer ses forces en Libye. Pour Washington, l’instabilité chronique de la nouvelle Libye est peut-être, en fin de compte, une bénédiction.

 

par Roman Rijka

source slateafrique

 

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« C’est un véritable conflit de civilisation qui se profile »


 

Ardavan Amir-AslaniEn février dernier, tout le monde y croyait. Le Printemps arabe avait eu raison des dictatures du passé. Un formidable élan démocratique soufflait sur les pays musulmans. Un an plus tard, Ardavan Amir-Aslani rectifie. Ce n’est pas à “plus de démocratie, plus de droits de l’homme et plus de laïcité” que ces soulèvements ont abouti, mais bien “au mouvement inverse”. D’où sa suggestion de ne plus qualifier ces événements de “Printemps” mais d’ “Hiver arabe”, seule image conforme, selon lui, à “la régression inéluctable” à laquelle vont mener ces révolutions.

La vision est sévère. Le diagnostic, sans appel. C’est que, pour l’auteur de La Guerre des dieux, la descente du monde arabe dans ce qu’il appelle son “Moyen Age” a déjà commencé. Depuis que, par les urnes ou sous couvert de conseils de transition, les islamistes ont remplacé les dictateurs. Depuis, surtout, que le fait religieux a fait intrusion dans la vie politique. Constat d’autant plus inquiétant qu’il vaudrait pour l’ensemble de la planète où, partout, se multiplient les “irruptions du fait religieux en politique”.

Une tendance aux effets déjà perceptibles – repli sur soi, montée des communautarismes, peur de l’autre… – et qui devrait encore s’accentuer avec la mondialisation qui, contrairement à une autre illusion largement répandue, ne nous mènerait pas “vers un monde homogène porté par des valeurs communes” mais “vers une segmentation de la communauté planétaire par ethnies et par religions”. Seul espoir : voir la France assumer son rôle essentiel de “lien entre l’Orient et l’Occident” en se souvenant, pendant qu’il en est encore temps, de ses convictions républicaines. Celles-là mêmes qui, il y a plus de deux siècles, lui ont permis, précisément, de séparer fait religieux et vie politique.


« Il y a un an, tout le monde a voulu voir dans le Printemps arabe une formidable avancée démocratique mais pour moi, c’est le mouvement inverse qui s’est produit. Loin d’avoir l’effet escompté, ces révolutions ont poussé le monde arabe vers une régression en permettant l’intrusion du fait religieux dans la vie politique. Et malheureusement, c’est un constat qui, loin de se limiter à ces pays, doit être généralisé puisque partout dans le monde, les réactions et les orientations politiques apparaissent de plus en plus marquées par le fait religieux.

L’Amérique – où l’on pourchasse le médecin qui pratique l’IVG et où de plus en plus de candidats font campagne sur un message ultra-conservateur, à commencer par Michele Bachmann qui disait son message dicté par Dieu – en est un exemple. La Russie où l’Eglise orthodoxe est de plus en plus présente, en est un autre. Même chose en Chine, où le pouvoir s’efforce d’amoindrir le rôle de l’Eglise catholique sur place et bien sûr en Afrique où le cas de la Libye, entre autres, est particulièrement saisissant, les trois premières décisions du CNT ayant eu pour effet de rétablir la charia, de légaliser la polygamie et d’interdire la mixité à l’école publique. Ce qui n’est pas ce que j’appellerais du progrès.

Religion et vie civile

Autres exemples de cette poussée religieuse dans la vie civile comme dans le domaine politique : la Syrie, au sujet de laquelle l’archevêque de Beyrouth avait déclaré : “pourvu que Bachar al-Assad ne tombe pas, sinon, cela sera le massacre des chrétiens de Syrie”, l’Egypte, où la minorité chrétienne fait régulièrement l’objet de massacres, ou encore le Bahreïn dont personne ne parle parce qu’il s’agit d’un royaume plus petit que Manhattan mais qui est le théâtre d’une quasi-apartheid. Le pays compte 25 % de sunnites, face à 75 % de chiites et cette majorité fait l’objet d’un racisme absolu avec interdiction de servir dans l’armée, d’exercer des fonctions importantes dans la fonction publique, etc.

En Pologne, l’Eglise est omniprésente sur le dossier de l’avortement et en France, on constate quasi quotidiennement cette incursion de plus en plus marquée du religieux dans la vie publique. Que ce soit lorsque les Musulmans de France manifestent autour de la polémique sur le port du voile ou lorsqu’une pièce de théâtre déchaîne la colère d’extrémistes chrétiens. Quelle que soit la zone géographique, il suffit de regarder l’actualité pour constater que le fait religieux est en constante éruption.

“Hiver arabe”

Cette poussée religieuse est récente. Prenez un Larousse des années 1977-78 : le terme de fondamentaliste n’y figurait pas. Pas plus que celui d’islamiste. Ce n’est qu’au début des années 80, avec la révolution iranienne, que ces termes font leur apparition dans le langage public. Parce que l’ayatollah Khomeyni est arrivé au pouvoir et qu’il a instauré une théocratie. Pour moi, il est clair que tous les problèmes du monde musulman découlent de cet événement. La guerre en Iran-Irak, l’opposition sunnites-chiites… Jusqu’au Printemps arabe qui devait aboutir à plus de démocratie, plus de droits de l’homme, plus de laïcité mais qui, au final, avec cette nouvelle mixité religieux-politique, a débouché sur le mouvement inverse. C’est pourquoi il faut cesser de parler de Printemps arabe et utiliser l’expression adéquate pour qualifier ces événements.

En l’occurrence, même le terme d’“Automne arabe” apparaît trop optimiste. Seul celui d’“Hiver arabe” reflète la réalité de ce qui va suivre. La régression inéluctable vers laquelle va mener ces révolutions. Ce qui n’est en réalité une surprise pour personne puisque toutes les différentes dictatures de ces pays n’étaient maintenues au pouvoir qu’afin d’empêcher la montée de l’islamisme. Moubarak le disait : “Si ce n’est pas moi, ce sera les Frères musulmans.” Et la suite a prouvé qu’il avait raison. On a donc mis fin aux dictatures pour voir arriver au pouvoir des gens qui réintroduisent la charia dans la société civile. Des gens qui prennent par les urnes ou sous couvert de conseils de transition un pouvoir que, bien évidemment, ils ne restitueront jamais ; si bien qu’ils vont détruire le schéma démocratique qui les a eux-mêmes amenés au pouvoir. Et pour légitimer leur action, ils diront tenir leur pouvoir de Dieu.

La montée de l’islamisme

C’est l’un des grands avantages de l’islamisme : dès lors que vous vous positionnez comme étant celui qui matérialise la parole divine sur terre, comme une autorité de fait, personne ne peut plus s’opposer à vous. Celui qui le ferait serait un mécréant, un infidèle. Hors de l’islam, pas de salut. Voilà pourquoi cette religion implique forcément une forme prosélytisme, de guerre sainte…
L’autre atout des islamistes tient évidemment au fait qu’ils sont les seuls à être organisés et prêts à exercer le pouvoir, mais aussi au fait qu’ils sont souvent la seule forme de gouvernement qui n’a pas encore été essayée par ces pays. Les Irakiens, par exemple, ont essayé le baasisme, le socialisme, le capitalisme, le soviétisme, l’occidentalisme… et chaque fois, ils ont fini avec la même corruption, les mêmes tragédies de société, la même absence de démocratie. La seule chose qu’ils n’ont pas essayée, c’est l’islam. Et comme le Coran est censé détenir les réponses à toutes les questions qu’on peut se poser, cela apparaît très rassurant.

C’est pourquoi les pays arabes jusqu’alors dotés de régimes pro-occidentaux et séculiers vont désormais connaître des régimes anti-occidentaux et religieux. Prenez le cas de l’Egypte où les chrétiens coptes sont pourchassés dans les rues d’Alexandrie et abattus par dizaines ; prenez celui du Pakistan et de l’Afghanistan où, une fois les Américains partis, les talibans vont revenir… Il n’y a pas un exemple qui aille à l’encontre de cette vision des choses. C’est pourquoi j’en suis convaincu : exception faite de l’Iran qui a été le premier à entrer dans l’islamisme et sera le premier à en sortir en grande partie parce que 75 % de sa population a moins de 35 ans et est à la fois éduquée et connectée, le monde arabe va s’orienter vers le fanatisme religieux.

La double tragédie

A l’origine de ce mouvement, il y a la double tragédie du monde arabe. La première est une tragédie philosophique qui tient au fait que l’islam a connu sa Renaissance – avec l’astronomie, les grands mathématiciens… – avant de basculer dans le Moyen Age tel qu’il s’apprête à le vivre aujourd’hui : avec la polygamie, l’idée qu’un homme vaut plus qu’une femme et un musulman plus qu’un chrétien ou un juif, etc. Si bien que contrairement à l’Occident, l’évolution de ces pays prend la forme d’une régression. La seconde tragédie du monde arabe est liée au népotisme qui a longtemps caractérisé ces différents Etats. Ben Ali est resté au pouvoir 27 ans, Moubarak, 32 ans, Abdallah Saleh, au Yemen, 33 ans, Kadhafi, 42 ans. A cela s’ajoute l’extrême corruption, dans des pays qui sont riches et dont la population est jeune, éduquée et sans avenir.

Ce qui explique qu’en Algérie et au Maroc, les gens préfèrent nager à travers le détroit de Gibraltar pour être ensuite pourchassés en Espagne plutôt que de rester chez eux. Encore une fois ces pouvoirs-là étaient maintenus par les dirigeants du monde entier pour une unique raison : leur effet stabilisateur. Aujourd’hui que l’on voit ces régimes disparaître et le changement arriver, à défaut de pouvoir s’y opposer, mieux vaut l’accompagner dans l’espoir de retarder l’éclatement du conflit. Celui-ci aura lieu, c’est inéluctable. Car pendant que le monde arabe va vivre son Moyen Age, le reste du monde va continuer à se mondialiser et à se moderniser si bien que c’est un véritable conflit de civilisations qui se profile.

Conflit de civilisations

Je crois qu’on est parti au moins pour un siècle d’hostilités. Celles-ci ne devraient pas prendre la forme d’une guerre ouverte – l’Occident a aujourd’hui encore quelques atouts qui font que la guerre n’est pas une option envisageable – mais plutôt d’un refus marqué de l’Occident en Orient et d’un nombrilisme croissant en Occident. C’est déjà ce que l’on voit aux Etats-Unis où les Américains cherchent aujourd’hui à se replier sur eux-mêmes et affichent, dans leurs discours, un certain rejet de l’Europe et de ses difficultés actuelles. Un redressement économique aurait probablement un effet apaisant, mais il y a d’autres critères à prendre en compte. L’argent seul ne suffit pas. Aujourd’hui, ce que les gens veulent retrouver en priorité, c’est leur dignité. Cette dignité que nous prenons pour un acquis en Occident et qui reste un rêve pour eux. Que la police ne les gifle pas quand ils passent dans la rue, qu’elle ne leur fasse pas payer la rançon pour leur commerce…

A cette revendication naturelle s’ajoute une incapacité à accepter et à respecter la différence qui fait que les musulmans entre eux, sur leur propre territoire, ne parviennent pas à cohabiter. Comment pourraient-ils le faire avec le reste de la planète ?

Dernier élément aggravant : le fait que le monde arabe a une revanche à prendre sur son passé. Ces pays ont été colonisés, ils ont été humiliés, ils estiment qu’ils continuent à l’être au travers du conflit Israël-Palestine. Ils veulent s’affirmer. Et aujourd’hui, ils le font en rejetant nos valeurs. Le foulard dans les rues de Paris ou dans les rues du Caire, c’est bien cela : le rejet patent d’une valeur d’égalité entre l’homme et la femme et, à travers lui, un déni de l’accès de la femme au travail, à l’éducation. C’est un refus de ce qu’est l’Occident. Et face à cela nous ne pouvons rester indifférents.

La mondialisation

Encore une fois cette tendance à la politisation du fait religieux est générale. Partout dans le monde, la religion entre en politique. Les gens se retranchent. Et loin de freiner cette tendance, la mondialisation a pour effet de l’accentuer. Contrairement à ce qu’on pense, on ne va pas vers un monde homogène porté par des valeurs universelles communes mais vers une segmentation de la communauté planétaire par ethnies, par religions. Pour moi, cela s’explique par le fait que la religion est devenue un élément identitaire et que, à l’heure actuelle, on manque d’autres éléments d’identification. Le port du voile est un cri identitaire, tout comme la croix visible. Sauf que chez certains, ce n’est que cela et chez d’autres, c’est l’élément dominant d’une personnalité, ce qui prime et l’emporte sur toutes les valeurs occidentales.

Si bien qu’on ne va pas vers un melting-pot mais vers des séparations de plus en plus marquées, avec tous les risques que cela comporte en matière de montée des communautarismes et l’éventualité d’aboutir à une situation où les gens ne s’identifient que par leur communauté religieuse. Pour l’heure, la position européenne face à ces mutations est teintée d’angélisme. C’est pourquoi il faut se ressaisir : penser aux droits de l’homme, à la république, aux valeurs de la révolution qui ont permis de séparer gouvernance politique et fait religieux ; et parallèlement, être conscient d’un monde qui change et dans lequel on n’est plus les premiers. Puisque quand on en est à envisager de faire appel à la Chine pour renflouer les banques européennes, on cesse d’être crédible et on ne peut plus vivre sur la gloire du passé.

L’exclusion

Dans ce contexte les sentiments s’exacerbent. C’est pour cela qu’on voit resurgir les mêmes thèses supposément rassurantes et portées par le même discours anti-immigration, sécurité… Il faut bien comprendre qu’aujourd’hui, les craintes des gens ne se limitent pas à être exclus du droit au travail. Cette peur-là, on vit avec depuis 30 ans. Ce qu’ils redoutent, c’est l’exclusion du droit au logement, du droit au soin, du droit à l’éducation. Il y a 40 ans, lorsqu’on disait “exclu” on pensait “chômeur”. Aujourd’hui, on pense “SDF”, ce qui montre bien à quel point le malaise social s’est aggravé. On n’est plus seulement dans le “je n’ai pas de boulot”, on est dans “j’ai mal”.

A l’origine de tout cela il y a certes des facteurs économiques mais aussi cette incursion du religieux en politique et dans la vie civile qui génère une peur de l’autre. C’est cette peur qui nous alimente l’absence de dialogue et, insidieusement, nous mène au conflit.

Le rôle de la France

En dépit de cette peur rampante, la France reste sans doute le seul pays, avec les Etats-Unis, à pouvoir s’enorgueillir de porter le message universel, républicain et laïc. Ce qui explique qu’elle a un rôle majeur à jouer dans le contexte actuel : elle doit être un lien entre l’Orient et l’Occident, entre l’Est et l’Ouest, comme elle l’a d’ailleurs toujours été. Et pourtant, elle semble absente. Détachée des enjeux du moment. Sa politique étrangère est intégralement calquée sur celle des Etats-Unis et pendant ce temps, le vide qu’elle laisse n’est pas comblé. C’est dans cet espace laissé vacant, dans cette absence de lien avec l’Occident et ses valeurs que s’engouffrent les islamistes et que le ressentiment enfle. Et que se passe-t-il lorsque les véhicules de transmission de valeurs cessent d’être présents ? On s’enracine chez soi et on regarde l’autre en face avec envie.

Politique étrangère

Le malaise est encore accentué par le fait que la politique étrangère de la France sur le Moyen-Orient et sur le monde musulman dans son ensemble est une politique marquée dont les entreprises françaises paient le prix. Car il est bien clair que, pour elles, l’obtention de grands contrats au sein de ces pays du monde arabe est associée à l’image de la France là-bas. Ce qui fait du choix d’une entreprise française un choix politique autant qu’économique. Or certaines positions politiques de la France sont perçues comme injustes ou excessives. Comme le fait que le gouvernement français ait pu être proche de Ben Ali et totalement opposé à Ahmadinejad. Ou encore que Kadhafi, qui était un fou furieux, ait été reçu à Paris et ait pu planter sa tente dans les jardins de l’Elysée alors que, parallèlement, ce même gouvernement français appelle au boycott de la Banque centrale iranienne. Pourquoi composer avec certaines dictatures et se montrer inflexibles avec d’autres ? C’est ce qui, pour beaucoup, reste difficile à comprendre.

Repli sur soi

Pour toutes ces raisons, j’ai du mal à croire en un avenir proche apaisé entre Orient et Occident ; en une cohabitation sereine et respectueuse des différences de chacun. Ce que je vois se profiler, en revanche, c’est un monde occidental replié sur lui-même avec des échanges extrêmement difficiles avec le monde musulman. Les visas vont être de plus en plus rares et le dialogue de plus en plus ténu. Tant sur le plan culturel que militaire, parce que toute la communauté éduquée de ces pays voudra fuir et que, bien évidemment, l’Europe ne pourra accueillir tout le monde. Et c’est pourquoi le réveil pour tous ces pays qui croyaient avoir gagné leur liberté promet d’être brutal. Lorsque les gens réaliseront que les bouleversements récents ont entraîné une forte diminution de la manne que représentait pour eux le tourisme, lorsqu’ils prendront conscience de qui détient désormais le pouvoir et des effets induits sur la vie civile et que, au final, ils se retrouveront encore plus démunis aujourd’hui, dans cette soi-disant liberté, qu’il y a un an. Pire que tout, les gens vont constater – beaucoup l’ont d’ailleurs déjà fait – que les dictateurs sont peut-être partis, mais que les dictatures demeurent. Via ce qui reste de leur gouvernement, de leur armée ou via les islamistes.

Entrevue avec  Ardavan Amir-Aslani, par Caroline Castets

source .lenouveleconomist

 

 

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 07:13

« Appel SOS


Comité de soutien


Un appel SOS aux démocrates tunisiens. Vos frères mauritaniens font appel à vous pour les aider à instaurer une réelle démocratie en Mauritanie.

Et surtout que le général qui nous dirige, Mohamed ould Abdel Aziz, était parmi les derniers soutiens des dictateurs : Ben Ali et kadhafi.

C'est encore le même général (autoproclamé) qui a renversé par coup d'état militaire le premier président arabe démocratiquement élu : M. Sidi Mohamed ould Cheikh Abdellahi.

Nous faisons appel à vous car ce général devrait se rendre en Tunisie le week end prochain ( samedi 14 ou Dimanche 15 Janvier 2012) pour, soit disant, partager avec vous la commémoration du premier anniversaire de la révolution.

Nous dénonçons, à travers notre soutien à l'opposant mauritanien M. Moustapha Limam Chafi contre lequel ce général vient de lancer un mandat d'arrêt international, l'accaparation du pouvoir en Mauritanie par la personne du général Mohamed ould Abdel Aziz : l’immixtion et l’instrumentalisation de ce général dans la justice pour se débarrasser des ces opposants.

Nous nous adressons à vous pour rejoindre notre mouvement afin de s’élever, s’indigner et de dénoncer ensemble toutes les formes d’injustices qui sévissent en Mauritanie : une démocratie en otage, une constitution usurpée, l’esclavage d’état, le recensement raciste et discriminatoire, le chômage, la dilapidation des ressources de l’état, le clientélisme …

Tunisiens, vous êtes notre fierté : la visite en Tunisie de ce général doit être dénoncée, nous comptons sur vous pour lui faire passer un message qu'il n'est pas le bienvenu chez vous surtout dans de telles circonstances. Il y va de notre combat et de vos réalisations.

Merci à vous,

Comité de soutien de Moustapha Limam Chafi en Europe.
moustaphaimamchafi@gmail.com »


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12 janvier 2012 4 12 /01 /janvier /2012 06:34

Le Nigeria en ébullition…

par Frédéric Couteau


Le géant africain aux pieds d’argile va-t-il s’écrouler ? Au vu des événements de ces derniers jours, la presse du continent est plutôt alarmiste, à l’instar du site d’information Guinée Conakry Infos : « le pays va mal. Les populations en ont marre. Goodluck n’a décidément pas de chance et ne semble pas non plus porter bonheur au peuple nigérian. L’anarchie semble installer ses tréteaux dans ce pays-continent. L’essence manque mais les frustrations et contradictions sont légion. Une brindille pourrait déclencher un incendie dévastateur. Depuis que le 1er janvier dernier, le prix du carburant a doublé, relève Guinée Conakry Infos, le pays vit des jours difficiles, aggravés par les menaces et tueries à caractère politico-confessionnel. Et ce n’est pas la grève illimitée qui va arranger les choses. (…) Le Nigeria est au bord du gouffre,conclut le site guinéen, et tous les démons de la division sortent leurs têtes sur fond de précarité et de contestations enflammées. »

 

Inquiet également le site d’information Fasozine : « à l’allure où il s’enfonce chaque jour un peu plus dans l’incertitude, on se demande s’il ne faut pas exorciser le Nigeria de ses démons avant qu’il ne soit trop tard. Car il suffit d’une petite goutte pour faire déborder soit le vase de la cohabitation pacifique entre les communautés religieuses ou encore celui de la paix sociale. Pris entre l’enclume des problèmes ethniques et religieux et le marteau de la mal-gouvernance économique, le pouvoir du président Goodluck Jonathan semble dépassé par les événements. (…) L’expérience de fédéralisme à la nigériane a montré ses limites, estime encore Fasozine. Il faut peut-être passer à autre chose pour permettre au pays de sortir du cercle vicieux de ces morts inutiles qui choquent la conscience humaine. »

 

Même pas de foot !

« Le Nigeria, moteur à explosion du continent ! », renchérit Le Républicain au Mali. Mais avant le continent, relève le quotidien bamakois, il y a d’abord la Fédération à préserver. Or elle n’a même pas cette année l’opium provisoire des Super Eagles, absents de l’imminente CAN 2012. Les footballeurs nigérians ne sont en effet pas qualifiés. A la place, il lui faudra mener quasiment un combat de rue contre Boko Haram (…). »

 

Alors que faire ? Le Républicain, toujours, s’interroge…  Boko Haram, « la nébuleuse folle est bien entendu à combattre sans concession mais dans le Nigeria où tout se monnaie, qui peut garantir une lutte sans bavure ? (…) Qui peut jurer que chrétiens et musulmans ne s’installeront pas dans une inimitié durable, eux qui en sont souvent venus à la machette parce qu’un porc en divagation s’est égaré dans la cour d’une mosquée ? Or, constate le quotidien malien, en plus de ces menaces, il y a le bras de fer entre Goodluck et ses gouvernés à cause de la flambée du prix du pétrole. Le président nigérian ne pouvait-il attendre de régler d’abord le problème de Boko Haram ? A-t-il sous estimé ce mouvement ou la réactivité de son pays face à une mesure qui tire vers le haut tous les autres prix ? »

 

La faute à qui ou à quoi ?

Pour L’Observateur  au Burkina, la  marge de manœuvre du président nigérian est très étroite…« Goodluck Jonathan pour déterminé qu’il soit, ne semble pas disposer des moyens de sa politique ; plus que malchanceux, le président nigérian donne aujourd’hui l’impression qu’il est fortement désemparé ; pris entre le marteau de la fronde sociale et l’enclume des conflits interreligieux, l’homme ne sait plus vraiment à quel saint se vouer. La faute peut-être, estimeL’Observateur, à un semblant de fédéralisme qui s’accoutuma du fait que chacun est prince dans son Etat, au risque de se moquer éperdument des décisions de l’autorité fédérale (…). La faute également à des religieux sans foi ni loi qui exploitent et instrumentalisent à la déraison la naïveté de jeunes désœuvrés auxquels ils promettent ciel et terre pour peu qu’ils massacrent le croyant d’en face. A l’heure actuelle, on se demande ce qui sauvera le Nigeria de la guerre civile, s’exclame le quotidien burkinabé. L’équilibre de la terreur est en passe de devenir une réalité, au Nigeria, et la loi du talion, une obligation. Le chaos n’attend pas meilleurs prémices. Il revient peut-être à la communauté internationale d’initier quelque chose qui sauve ce qui peut toujours l’être dans ce pays. »

On comprend, dans ces conditions, la peur des pays de la sous-région… « Le Nigeria va-t-il sombrer dans la guerre civile ? De Cotonou à Accra en passant par Lomé, cette question est dans bien des esprits, relève le site d’information Slate Afrique. Bien plus qu’en France où il est un parent pauvre des médias. (…) Le pays le plus peuplé du continent inquiète ses voisins depuis des décennies. Les récents conflits religieux ne font qu'accroître leur angoisse. (…) De Cotonou à Douala, on retient son souffle, constate encore Slate Afrique. Le "géant de l’Afrique" n’a pas fini de susciter la crainte. Les Nigérians aiment à surnommer leur pays "beating heart of Africa". Un cœur battant qui un peu partout sur le continent fait frémir. »

source rfi.fr

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Menaces sur la production du pétrole, tentative de dialogue


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Lors des rassemblements à Lagos, la plus grande ville du Nigeria, des incidents se sont produits jeudi à certains endroits avec des jeunes mettant le feu à des pneus d'une voiture de police et vandalisant les alentours. Seun Kuti, fils du légendaire chanteur et opposant Fela Kuti, a tenu un meeting-concert pour la foule, en dénonçant les autorités. ( © AFP Pius Utomi Ekpei)

 

Les syndicats du pétrole du Nigeria ont menacé jeudi d'arrêter la production à partir de dimanche en soutien à la grève générale contre la hausse des prix des carburants qui paralyse le pays depuis le début de la semaine.

Mais ils devaient aussi rencontrer jeudi pour la première fois le président Goodluck Jonathan avant que la production du premier pays pétrolier d'Afrique ne soit touchée.

Ce nouveau développement dans la grève générale lancée lundi contre la hausse des prix de l'essence intervient alors que l'ONU évoque des "crimes contre l'humanité" contre le groupe islamiste Boko Haram, pour ses attentats contre les chrétiens notamment dans le nord musulman qui viennent ajouter à la tension.

"Nous rencontrerons le président à 17H00 (16H00 GMT)", a indiqué Peter Esele, président du Trade Union Congress. Il s'agit d'une des deux confédérations qui encadrent la grève générale et qui menacent d'arrêter la production de pétrole à partir de dimanche si le gouvernement ne revient pas sur la fin des subventions sur les hydrocarbures.

Cette mesure prise le 1er janvier a doublé les prix de l'essence, pénalisant les plus pauvres pour les transports et l'électricité.

"Pour que nous négocions, le prix de l'essence doit revenir à 65 nairas" (0,30 euro), avait déclaré plus tôt Denja Yacub, secrétaire général du Syndicat nigérian des travailleurs.

La grève générale a mis des centaines de milliers de manifestants dans les rues - comme jeudi à Kano (nord) - et fait plusieurs morts depuis lundi.

Lors des rassemblements à Lagos, la plus grande ville du Nigeria, des incidents se sont produits jeudi à certains endroits avec des jeunes mettant le feu à des pneus d'une voiture de police et vandalisant les alentours. Seun Kuti, fils du légendaire chanteur et opposant Fela Kuti, a tenu un meeting-concert pour la foule, en dénonçant les autorités.

La menace des syndicats du pétrole de se joindre au mouvement représente une escalade du conflit à un secteur clé de l'économie nationale et, selon les analyses, représenterait une arme de dernier recours d'autant que l'arrêt et le redémarrage de ce secteur prennent longtemps.

Les inquiétudes concernant le Nigeria mais aussi l'Iran ont fait grimper les prix du pétrole jeudi à New York.

Selon des responsables gouvernementaux et des économistes l'abandon des subventions doit permettre de dégager 8 milliards de dollars par an pour investir dans des projets d'infrastructures quasi inexistantes dans le pays.

Des sénateurs et des députés ont tenté de leur coté une médiation afin de mettre un terme à la crise, sans avoir rencontré de résultat jusqu'à présent. Une autre réunion des syndicats avec des députés était prévue jeudi.

La grève et les manifestations ont mis le gouvernement sous une pression croissante alors qu'il cherche à interrompre les attaques du groupe islamiste Boko Haram dirigées notamment contre les chrétiens et les institutions de l'Etat.

A Genève, la Haut commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Navi Pillay, a indiqué jeudi que Boko Haram pourrait être déclaré coupable de "crimes contre l'humanité" si la justice montre qu'il a commis des attaques systématiques contre la population.

Les dernières attaques de ce groupe ont tué des chrétiens et des violences visant des musulmans dans le sud du pays ont fait craindre l'extension du conflit, certains évoquant même les risques d'une guerre civile dans le pays le plus peuplé d'Afrique (160 millions d'habitants).

Deux policiers ont été tués mercredi lors d'émeutes dans la ville de Minna au centre du pays. Des bâtiments officiels ont été brûlés.

Quatre chrétiens ont été tués prèsde de la ville de Potiskum, dans le nord-est, par des membres présumés de Boko Haram. Un couvre-feu nocturne a été imposé dans l'état de Yobe où se trouve Potiskum.

source liberation

 

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Le Nigeria produit près de 2,4 millions de barils par jour. ( © AFP photo AFP

 

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Au Nigeria, le mouvement social sur les prix de l'essence s'intensifie

 

 

On n'a pas signalé mardi de victimes dans le cadre d'une grève générale contre la fin des subventions sur les carburants, alors qu'on avait dénombré six morts dans des affrontements entre policiers et manifestants la veille.

On n'a pas signalé mardi de victimes dans le cadre d'une grève générale contre la fin des subventions sur les carburants, alors qu'on avait dénombré six morts dans des affrontements entre policiers et manifestants la veille.REUTERS/AFOLABI SOTUNDE

Grève générale et manifestations contre la hausse des prix du carburant se poursuivent mercredi 11 janvier au Nigeria, pour la troisième journée consécutive. De violentes émeutes ont éclaté dans la ville de Minna, dans le centre du pays, où un policier a été tué. Un couvre-feu de vingt-quatre heures a été imposé par les autorités locales "dans l'ensemble des vingt zones administratives, à la suite de la rupture de la loi et de l'ordre à Minna", annonce un communiqué du gouvernement local.

On ignorait en fin d'après-midi les causes précises de ces émeutes. Les assaillants ont incendié une représentation locale du parti au pouvoir, de la Commission électorale nationale (INEC), et le siège de campagne du gouverneur de l'Etat. Le calme est revenu par la suite dans la ville, où patrouillaient les forces de sécurité.

>> Lire des témoignages de Nigerians : "le sentiment de peur est omniprésent"


MENACE D'INTERRUPTION DE LA PRODUCTION DE BRUT

 

La grève – qui n'affecte pas à ce stade la production pétrolière du plus gros producteur d'Afrique – paralyse le pays. Mais mercredi, les deux syndicats des ouvriers du pétrole ont menacé d'interrompre la production de brut. "Nous demandons à toutes les plates-formes de production de se mettre en alerte rouge en prévision d'un arrêt total de la production", a indiqué Babatunde Ogun, président du syndicat Pengassan, dont les dirigeants sont réunis à Port Harcourt, la capitale pétrolière du Nigeria.

Les confédérations syndicales, à l'origine de la grève générale, exigent que le gouvernement rétablisse les subventions dont la suppression, le 1er janvier, a entraîné une brusque hausse des prix de l'essence qui affecte la plupart des Nigérians, tant pour les transports que pour l'alimentation des générateurs d'électricité. Mardi soir, le gouvernement a ordonné aux fonctionnaires grévistes dereprendre le travail, menaçant de suspendre leurs traitements.

Le Nigeria produit près de 2,4 millions de barils par jour, ce qui le place en première position sur le continent, juste devant l'Angola. Le pétrole est crucial pour l'économie du pays, dont il représente 90 % des exportations.

 

VIOLENCES ETHNIQUES ET RELIGIEUSES

Ce vaste mouvement social vient compliquer la situation au Nigeria, où les violences ethniques et religieuses embrasent le Nord musulman et le Sud chrétien. Mercredi, quatre chrétiens ont été tués par des membres présumés du groupe islamiste Boko Haram à Potiskum, ville du nord-est du Nigeria, selon des témoins."Leur voiture s'est arrêtée dans une station-service" en périphérie de la ville, des membres présumés de Boko Haram ont ouvert le feu sur ses quatre occupants, qui ont tous été tués, a raconté à l'AFP un habitant, précisant que les victimes étaient des Igbos, ethnie sudiste et chrétienne. "La voiture des victimes était remplie de valises et de sacs de voyage. Il est clair qu'ils partaient vers l'est et fuyaient la ville", a déclaré un autre habitant. La police a confirmé l'attaque, mais pas l'identité des victimes et des assaillants.

Dans l'Etat de Yobe, dans le nord musulman du pays, où l'état d'urgence est en vigueur depuis le 31 janvier, la ville de Potiskum est l'un des fiefs du groupe Boko Haram et l'un des épicentres des violences contre les chrétiens qui secouent depuis plusieurs semaines cette partie du pays. Depuis les sanglants attentats du jour de Noël, qui avaient fait au moins quarante-neuf morts, sept attaques contre des chrétiens ont fait plus de quatre-vingt-huit morts, la plupart ont été revendiquées par Boko Haram.

>> Lire l'entretien "Au Nigeria, 'Boko Haram fait tout pour qu'il y ait un début de guerre civile'"

 

"VERS UNE GUERRE CIVILE"

Dimanche, s'exprimant sur les violences religieuses, le président Goodluck Jonathan s'était alarmé d'une situation "pire que la guerre civile" des années 1960, en référence à la guerre sécessionniste du Biafra (1967-1970), et au caractère imprévisible des attaques religieuses. Alarmé, le Prix Nobel de littérature nigérian,Wole Soyinka, lui a donné raison mardi, estimant que son pays "se dirigeait vers une guerre civile" et en accusant certains dirigeants politiques d'attiser l'intolérance religieuse.

Lors d'une interview à la BBC, l'écrivain a même dit qu'il craignait un éclatement du Nigeria : "Quand vous êtes face à une situation où des gens peuvent aller dans un lieu de culte et tirer par la fenêtre, vous avez atteint un triste tournant dans la vie d'une nation." 

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a rencontré mardi le ministre des affaires étrangères, Olugbenga Ashiru, alors que l'ONU a exprimé son inquiétude quant aux violences ethniques et religieuses dans ce pays.

source lemonde.


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 Pourquoi le Nigeria fait peur à ses voisins

Le pays le plus peuplé d'Afrique inquiète ses voisins depuis des décennies. Les récents conflits religieux ne font qu'accroître leur angoisse.

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Manifestation à Lagos, le 10 janvier 2012. REUTERS/ Akintunde Akinleye

Le Nigeria va-t-il sombrer dans la guerre civile? De Cotonou à Accra en passant par Lomé, cette question est dans bien des esprits. Bien plus qu’en France où il est un parent pauvre des médias. L’Afrique de l’ouest n’ignore pas que le Nigeria est plus que jamais le «géant du continent». Ce pays compte près de 160 millions d’habitants. Un Africain sur cinq est Nigérian. La population de cette Fédération regroupant plus de deux cents ethnies pourrait doubler au cours des vingt prochaines années. D’ici à 2050, le Nigeria devrait devenir le troisième pays le plus peuplé du monde.

Massacres de chrétiens dans le nord

D’ores et déjà de puissantes diasporas nigérianes sont implantées dans toute l’Afrique et dans une grande partie du monde anglophone. Sur le continent, les massacres de chrétiens dans le nord du pays inquiètent d’autant plus qu’ils sont suivis de représailles dans le sud, notamment à Benin City, ville d’un million d’habitants où des mosquées ont été attaquées.


Le Nigeria n’est pas uniquement une puissance démographique. En Afrique francophone, la Côte d’Ivoire est fréquemment présentée comme la locomotive économique de l’Afrique de l’ouest. Alors que son PIB représente à peine le dixième de celui du Nigeria.


Ce pays, deux fois plus vaste que la France, est, avec l’Angola, le premier producteur de pétrole du continent. L’essence de contrebande originaire du Nigeria alimente à moindre coût toute la sous-région. Au Bénin, les bonbonnes d’essence «kpayo» (trafiquée) font les beaux jours des automobilistes.


«Quand le Nigeria éternue, le Bénin s’enrhume»


La récente décision des autorités nigérianes d’augmenter brutalement les tarifs de l’essence n’inquiète pas seulement au Nigeria. C’est grâce aux cours artificiellement bas du carburant —du fait de subventions— que tous les pays de la région pouvaient se procurer de l’essence à moindre coût. Le commerce transfrontalier d’essence fait vivre des dizaines de milliers de familles, notamment à la frontière entre le Nigeria et la Bénin, en pays yorouba (ethnie présente des deux côtés de la frontière).


«Quand le Nigeria éternue, le Bénin s’enrhume» aiment répéter des Béninois. Une formule d’autant plus réaliste que les deux économies sont de plus en plus imbriquées. Les Nigérians ont massivement investi au Bénin. Dans certains quartiers de Cotonou (notamment PK6) ou Porto novo, ils se sentent à la maison et s’expriment plus volontiers en anglais qu’en français. Langue qu’ils ne prennent pas toujours la peine d’apprendre. «Nous sommes les Etats-Unis de l’Afrique, c’est aux autres de parler nos langues et de s’adapter à nos coutumes» explique Elen, une commerçante nigériane, installée au Bénin.


Parfois comme d’autres Nigérians vivant à Cotonou, elle use et abuse de la «crainte» qu’elle peut inspirer aux populations locales. «Ils pensent que les Nigérians sont violents. Il suffit parfois de leur crier dessus pour leur faire peur», explique Elen. Il est vrai qu’en Afrique francophone les préjugés sur le Nigeria sont de taille. Combien d’Africains francophones affirment qu’ils ne mettraient les pieds sous aucun prétexte dans ce «pays de fou»? Le Nigeria possède depuis longtemps une réputation de violence. Les récents attentats de la secte islamiste Boko Haramn’ont fait qu’accroître les craintes suscitées par ce pays.


Le Nigeria fait aussi peur en raison de la dimension confessionnelle des récents conflits. En Afrique de l’ouest, l’opposition entre un sud chrétien prospère et un nord musulman pauvre s’observe fréquemment. Le syndrome nigérian pourrait donc aussi y devenir une réalité. En Côte d’Ivoire, mais aussi au Bénin et au Togo où le pouvoir politique est fréquemment entre les mains des nordistes. «C’est normal que la présidence nous revienne, dès lors que le pouvoir économique reste entre les mains des sudistes» explique Michel, un enseignant béninois.


Pendant des décennies, le pouvoir politique est resté l’apanage de militaires nordistes. A la racine du conflit actuel, il faut sans doute constater que nombre de nordistes n’acceptent pas que le Président soit un chrétien sudiste: Goodluck Jonathan. Alors même que pendant une décennie, le poste a été occupé par un autre chrétien originaire du Sud, Olusegun Obasanjo.


Spectre de la guerre du Biafra


Les Africains sont d’autant plus préoccupés que la guerre civile du Biafra (1967-1970) avait été précédée de pogroms antichrétiens dans le nord du Nigeria. A la suite de ces massacres, Emeka Ojukwu avait proclamé l’indépendance du Biafra (sud-est du Nigeria). La guerre civile entre les catholiques ibos et le reste du pays avait fait près de trois millions de victimes, avant que le Biafra ne soit vaincu.


Difficile de ne pas avoir ces images de guerre en mémoire. Le président Goodluck Jonathan a déclaré que les récents massacres de Boko Haram sont pires que ceux qu’a connu son pays à l’époque de la guerre du Biafra.

Pendant ce conflit, des centaines de milliers de civils nigérians avaient fui leur pays d’origine. Aujourd’hui encore, il existe de fortes communautés Ibos (des Biafrais) dans les grandes capitales d’Afrique. Si une nouvelle crise devait se produire, des pays voisins craignent un nouvel afflux massif de population. A elle seule, la ville de Lagos (dix millions d’habitants), capitale économique du Nigeria, est plus peuplée que le Bénin voisin.


«Si une guerre éclate au Nigeria, nous serons vite submergés. Le Bénin risque de devenir un Etat de la fédération nigériane» s’exclame l’écrivain Serge-Félix N'Piénikoua. Le pire n’est pas encore certain. Depuis des dizaines d’années, la presse de Lagos annonce une explosion prochaine. «Nigeria will split» (le Nigeria va éclater): voici l’un des titres favoris des magazines. Une mauvaise nouvelle annoncée si souvent que nombre de Nigérians ont fini par ne plus y croire. «Comment diviser un pays qui compte plus de 200 ethnies?» répètent bien des Lagosiens qui veulent rester optimistes.

Pourtant, de Cotonou à Douala, on retient son souffle. Le «géant de l’Afrique» n’a pas fini de susciter la crainte. Les Nigérians aiment à surnommer leur pays «beating heart of Africa». Un cœur battant qui un peu partout sur le continent fait frémir.

par Pierre Cherruau

source slateafrique 

 

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La secte Boko Haram dans la ligne de mire de l'ONU


L'attaque contre une église de Madalla, près d'Abuja, a fait une trentaine de morts le 25 décembre.L'attaque contre une église de Madalla, près d'Abuja, a fait une trentaine de morts le 25 décembre.   © PC/Sunday Aghaeze

 

Le groupe islamiste Boko Haram pourrait être reconnu coupable de « crimes contre l'humanité » au Nigeria si la justice parvient à démontrer qu'il se livre à des attaques systématiques contre la population, affirme la haute-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Navi Pillay.

Depuis une série d'attentats contre des églises qui ont fait au moins 49 morts le jour de Noël, sept attaques contre des chrétiens ont fait plus de 88 morts. La plupart d'entre elles ont été revendiquées par Boko Haram.

Des violences contre les musulmans se sont aussi produites dans le sud du pays, faisant craindre l'éclatement d'une guerre civile dans le pays le plus populeux d'Afrique, avec 160 millions d'habitants.

Dans un communiqué publié jeudi, Mme Pillay estime que les membres de Boko Haram « pourraient être déclarés coupables de crimes contre l'humanité si la justice estime qu'ils ont commis des attaques systématiques et généralisées contre la population civile, y compris sur la base de la religion ou de l'ethnie ».

« Les actes délibérés conduisant au « "nettoyage" de la population sur la base de la religion ou de l'ethnie équivaudraient aussi à des crimes contre l'humanité. » — Navi Pillay

La haute-commissaire aux droits de l'homme appelle conséquemment les responsables religieux au Nigeria, particulièrement ceux des communautés chrétienne et musulmane « à joindre leurs forces pour condamner sans équivoque toute violence, y compris les représailles ».

Mme Pillay leur demande aussi d'« encourager leurs disciples à identifier et à aider à arrêter tous ceux impliqués dans les tueries et autres actes de violence qui ont eu lieu ».

 

Une première vidéo pour Boko Haram

Dans une vidéo de 15 minutes publiée avant les déclarations de Mme Pillay, le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, a soutenu que les assassinats de chrétiens constituent une revanche méritée et que le président du pays, Goodluck Jonathan, n'est pas en mesure de mettre un terme aux actions du groupe.

« Chrétiens, tout le monde sait ce que vous nous avez fait et nous avons décidé de nous défendre et, parce que nous sommes sur la bonne voie, Allah nous rend plus forts », raconte-t-il dans cette première vidéo publiée par la secte.

« Tout le monde sait que notre leader a été assassiné », dit-il dans une référence à son prédécesseur, Mohammed Yusuf, « et tout le monde sait la manière dont les musulmans sont tués ».

Mohammed Yusuf, le fondateur de Boko Haram, est mort alors qu'il était détenu par la police en 2009, au terme d'une première vague d'attaques intercommunautaires ayant fait 700 morts.

Boko Haram signifie « l'éducation occidentale est un sacrilège » en haoussa. La secte, qui souhaite instaurer un État islamique au Nigeria, est essentiellement active dans le nord du pays, majoritairement musulman. Le sud du Nigeria est majoritairement chrétien.

 

Quatrième journée de grève générale

Ces déclarations sont faites dans un climat de tension sociale, le pays vivant jeudi la quatrième journée d'une grève générale déclenchée pour protester contre l'abandon des subventions pour l'essence, le 1er janvier. Les prix de l'essence à la pompe ont doublé depuis, soulevant la colère de la population.

Des dizaines de milliers de manifestants défilent dans les rues de plusieurs villes du pays, dont Lagos, la plus importante ville du pays avec 15 millions d'habitants. Quelques incidents mineurs sont signalés, mais sans plus. Les banques, les commerces et les écoles demeurent fermés.

Les syndicats des travailleurs du secteur pétrolier ont menacé mercredi de réduire la production de pétrole dans le pays. Le plus important d'entre eux a demandé à « toutes les plates-formes de production de se mettre en alerte rouge en prévision d'un arrêt total de la production ».

Le gouvernement nigérian et des économistes affirment que l'abandon des subventions permettra de dégager 8 milliards de dollars par année pour investir dans des projets et améliorer les infrastructures quasi inexistantes dans le pays.

Le Nigeria, premier producteur de pétrole d'Afrique, exporte environ 2 millions de barils de pétrole par jour vers les États-Unis et l'Europe, ce qui représente 90 % de ses exportations. Une interruption totale de la production entraînerait assurément les prix du brut à la hausse.

source radio-canada.ca

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