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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 21:58

Débat : la nouvelle Constitution, une ouverture sur l'inconnu...

 

 

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Le projet de Constitution validé, Morsi s'adresse au peuple

 

 

Le président doit intervenir en fin de journée à la télévision. La nouvelle loi fondamentale controversée a été adoptée par 63,8% des votants. 

 

http://referentiel.nouvelobs.com/file/4978271.jpg

 

Le président islamiste égyptien Mohamed Morsi va s'adresser à la population mercredi 25 décembre en fin de journée, après l'adoption d'une Constitution controversée qui a divisé le pays, ont annoncé les médias officiels.

L'allocution télévisée du premier président civil d'Egypte est prévue pour 18h locales (17 heures en France) et doit évoquer "la feuille de route pour la transition démocratique", selon l'agence Mena.

La nouvelle loi fondamentale, rédigée par une commission dominée par les islamistes, a été adoptée par 63,8% des votants, une majorité confortable toutefois assortie d'une faible mobilisation des 52 millions d'électeurs inscrits, qui ne sont que 32,9% à avoir voté.

L'opposition, qui reproche à cette Constitution d'ouvrir la voie à une islamisation accrue de la législation et d'offrir peu de garanties pour certaines libertés, a répété qu'elle allait continuer à réclamer l'invalidation du vote, entaché selon elle de fraudes et d'irrégularités.

63,8% des votants se sont prononcés en faveur du projet de loi fondamentale mais le taux de participation a été très faible, à 32,9% des quelque 52 millions d'électeurs inscrits, a annoncé à la presse le président de la commission Samir Aboul Maati, confirmant des chiffres officieux.

L'opposition rejette les résultats

"Il n'y a pas de vaincu dans le résultat de ce référendum. Cette Constitution sera celle de tous" les Egyptiens, a réagi le Premier ministre Hicham Qandil, appelant "toutes les forces politiques à coopérer avec le gouvernement (...) pour donner une chance à la nation de reprendre son souffle et pour que l'économie se rétablisse".

L'opposition, de son côté, a répété qu'elle rejetait ces résultats. "Les procédures légales suivent leur cours après les plaintes que nous avons déposées auprès du Parquet pour les violations et fraudes constatées", a déclaré Khaled Dawoud, porte-parole du Front du salut national (FSN), la principale coalition de l'opposition rassemblant des mouvements de gauche et des libéraux.

Sans mentionner les fraudes présumées, le président de la commission électorale a indiqué avoir examiné toutes les plaintes, assurant que le processus s'était déroulé sous la supervision des juges comme c'est la règle en Egypte. Plusieurs ONG ainsi que l'opposition avaient assuré que des personnes s'étaient fait passer pour des magistrats dans certains bureaux de vote.

Des résultats invalidés 

Samir Aboul Maati a toutefois indiqué que les résultats de certains bureaux avaient été invalidés, notamment parce qu'ils avaient fermé avant l'heure fixée par la commission. "Nous nous préparons pour les législatives. Nous avons grand espoir de l'emporter et si nous gagnons, notre priorité sera une nouvelle Constitution", a ajouté Khaled Dawoud.

Des législatives sont en effet prévues pour dans les deux mois suivant l'adoption de la Constitution.

Le Sénat, dominé par les islamistes, va récupérer le pouvoir législatif jusqu'ici détenu par le président Mohamed Morsi, jusqu'à l'élection d'une nouvelle chambre des députés. Il se réunit mercredi sur ordre du chef de l'Etat.

Le référendum s'est déroulé sous haute tension les 15 et 22 décembre, après des semaines d'une grave crise politique et de manifestations rivales qui ont parfois dégénéré en violences meurtrières.

La communauté internationale demande la fin des divisions

Les Etats-Unis ont affirmé que le président Morsi avait "la responsabilité d'agir d'une façon qui reconnaisse le besoin urgent de mettre fin aux divisions, de bâtir la confiance et d'élargir le soutien au processus politique". Quant à la responsable de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, elle a appelé Mohamed Morsi à "rétablir la confiance" dans la démocratie.

"Je note que la participation a été de 33%", "J'appelle toutes les parties au dialogue afin de progresser vers la démocratie et je presse en particulier le président d'agir en ce sens", a-t-elle souligné dans un communiqué.

Pour le camp présidentiel, la nouvelle Constitution permettra de doter l'Egypte d'un cadre institutionnel stable après la période de transition tumultueuse qui a suivi la chute d'Hosni Moubarak le 11 février 2011.

L'opposition affirme que le texte, rédigé par une commission dominée par les islamistes, porte atteinte à certaines libertés et ouvre la voie à une islamisation plus poussée de la législation. Elle accuse aussi les islamistes d'avoir assimilé le scrutin à un vote sur la charia (loi islamique).

Le président Morsi a donc réussi son pari de faire adopter le texte, mais au prix d'une crise qui a divisé l'Egypte. Et avant le référendum, un haut responsable du parti islamiste de Mohamed Morsi, Amr Darrag, avait estimé qu'"il ne serait pas bon" que le texte soit approuvé avec moins de 70% des voix.

Démission du ministre des communications

Mardi soir, l'agence officielle Mena a par ailleurs annoncé la démission du ministre des Communications Hany Mahmoud, qui n'a pas donné de précisions sur les raisons de sa décision prise il y a un mois. La date de cette démission semble coïncider avec l'annonce, le 22 novembre, du décret controversé par lequel le président Morsi s'était accordé des pouvoirs exceptionnels.

La crise qui a secoué le pays est la plus grave depuis l'élection en juin de Mohamed Morsi. Huit personnes ont été tuées début décembre dans des affrontements d'une rare violence devant le palais présidentiel au Caire.

L'Egypte fait aussi face à de graves difficultés économiques, avec un déficit budgétaire en hausse et des réserves de devises en berne. tempsreel.nouvelobs


 

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Allocution télévisée du président Morsi 

 

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M. Morsi s'est réjoui de l'adoption de la nouvelle Constitution.

Le président islamiste égyptien Mohamed Morsi s'est félicité mercredi de l'adoption de la nouvelle Constitution défendue par ses partisans, en annonçant un remaniement du gouvernement pour répondre aux défis économiques de l'Egypte, en proie à de graves difficultés.

"Je vais déployer tous mes efforts pour soutenir l'économie égyptienne, qui fait face à d'énormes défis mais a aussi de grandes chances de croissance, et je ferai tous les changements nécessaires dont a besoin cette mission, celle de la croissance et de la production", a-t-il dit dans une allocution télévisée.

"J'ai chargé Hicham Qandil, le Premier ministre, et je suis en consultations avec lui pour procéder aux remaniements ministériels nécessaires", a-t-il ajouté.

M. Morsi s'est réjoui de l'adoption de la nouvelle Constitution, qui reflète selon lui "la libre volonté des Egyptiens" et "l'esprit de la révolution du 25-Janvier", qui a renversé l'autocrate Hosni Moubarak début 2011.

La nouvelle Constitution a été adoptée par 63,8% des votants, une majorité confortable toutefois assortie d'une faible mobilisation des 52 millions d'électeurs inscrits, qui ne sont que 32,9% à avoir voté lors du référendum des 15 et 22 décembre.

Le texte est basé sur "le droit à la citoyenneté (...) sans discrimination" et consacre "la liberté d'opinion, de création et les valeurs de la modération", a-t-il soutenu.

Le chef de l'Etat a reconnu avoir dû prendre "des décisions difficiles" pour faire passer la nouvelle Constitution, censée mener à "une nouvelle ère, avec plus de stabilité et de sécurité".

"Oui, il y a eu pendant cette période temporaire des erreurs de part et d'autre (...) J'en porte la responsabilité avec vous", a-t-il ajouté.

Le président a aussi défendu le référendum, qui s'est déroulé sous haute tension et a été entaché, selon l'opposition et plusieurs ONG, par des irrégularités et des fraudes.

"Le référendum s'est tenu dans une transparence totale et sous supervision judiciaire complète", a-t-il assuré, en ajoutant que le vif débat politique qui a eu lieu était "un phénomène sain".

Toutefois, "certains n'ont pas réalisé la différence entre le droit d'exprimer son opinion et le recours à la violence", a-t-il dit.

M. Morsi a renouvelé son appel à l'opposition à participer à un dialogue national, en estimant que "le dialogue est devenu une nécessité".

Le Front du salut national (FSN), principale coalition de l'opposition rassemblant des forces politiques libérales et de gauche présidée par le Prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradei, avait refusé ce dialogue en affirmant qu'il était de façade. lalibre.be


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À peine approuvée, la nouvelle Constitution déjà suspectée

 

La commission électorale a confirmé mardi que la Constitution controversée défendue par les islamistes au pouvoir en Egypte avait été approuvée par près de 64% des votants. L'opposition dénonce un référendum entaché d'irrégularités. 

http://www.lexpress.fr/medias/2363/1210284_depouillement-des-suffrages-dans-un-bureau-de-vote-de-gizeh-apres-le-referendum-sur-la-nouvelle-constitution-egyptienne-le-22-decembre-2012.jpg

 

La Constitution controversée défendue par les islamistes au pouvoir en Egypte a été approuvée par près de 64% des votants, a confirmé mardi la commission électorale, au terme d'un référendum entaché, selon l'opposition, d'irrégularités. 

63,8% des votants se sont prononcés en faveur du projet de loi fondamentale et le taux de participation a été de 32,9% sur près de 52 millions d'électeurs inscrits, a annoncé à la presse le président de la commission Samir Aboul Maati, confirmant des chiffres officieux. 

"Il n'y a pas de vaincu dans le résultat de ce référendum. Cette Constitution sera celle de tous" les Egyptiens, a réagi le Premier ministre Hicham Qandil, appelant "toutes les forces politiques à coopérer avec le gouvernement (...) pour donner une chance à la nation de reprendre son souffle et pour que l'économie se rétablisse". 

L'opposition dénonce des irrégularités

L'opposition, de son côté, a répété qu'elle rejetait ces résultats. "Les procédures légales suivent leur cours après les plaintes que nous avons déposées auprès du Parquet pour les violations et fraudes constatées", a dit à l'AFP Khaled Dawoud, porte-parole du Front du salut national (FSN), la principale coalition de l'opposition rassemblant des mouvements de gauche et des libéraux. 

Sans mentionner les fraudes présumées, le président de la commission électorale a indiqué avoir examiné toutes les plaintes, assurant que le processus s'était déroulé sous la supervision des juges comme c'est la règle en Egypte. 

Plusieurs ONG ainsi que l'opposition avaient assuré que des personnes s'étaient fait passer pour des magistrats dans certains bureaux de vote. 

M. Aboul Maati a toutefois indiqué que les résultats de certains bureaux avaient été invalidés, notamment parce qu'ils avaient fermé avant l'heure fixée par la commission. "Nous nous préparons pour les législatives. Nous avons grand espoir de l'emporter et si nous gagnons, notre priorité sera une nouvelle Constitution", a ajouté M. Dawoud

Notre diaporama: Egypte: trois semaines de tensions

Notre diaporama: Egypte: trois semaines de tensions REUTERS/Amr Abdallah Dalsh

Législatives dans deux mois

Des législatives sont en effet prévues pour dans les deux mois suivant l'adoption de la Constitution. 

Le Sénat, dominé par les islamistes, va récupérer le pouvoir législatif jusqu'ici détenu par le président Mohamed Morsi, jusqu'à l'élection d'une nouvelle chambre des députés. Il se réunit mercredi sur ordre du chef de l'Etat. 

Le référendum s'est déroulé sous haute tension les 15 et 22 décembre, après des semaines d'une grave crise politique et de manifestations rivales qui ont parfois dégénéré en violences meurtrières. 

Les Etats-Unis ont affirmé que le président Morsi avait "la responsabilité d'agir d'une façon qui reconnaisse le besoin urgent de mettre fin aux divisions, de bâtir la confiance et d'élargir le soutien au processus politique". 

33% de participation

Quant à la responsable de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, elle a appelé Mohamed Morsi à "rétablir la confiance" dans la démocratie. "Je note que la participation a été de 33%", "J'appelle toutes les parties au dialogue afin de progresser vers la démocratie et je presse en particulier le président d'agir en ce sens", a-t-elle souligné dans un communiqué. 

Pour le camp présidentiel, la nouvelle Constitution permettra de doter l'Egypte d'un cadre institutionnel stable après la période de transition tumultueuse qui a suivi la chute d'Hosni Moubarak le 11 février 2011. 

Un texte contesté

L'opposition affirme que le texte, rédigé par une commission dominée par les islamistes, porte atteinte à certaines libertés et ouvre la voie à une islamisation plus poussée de la législation. Elle accuse aussi les islamistes d'avoir assimilé le scrutin à un vote sur la charia (loi islamique). 

Le président Morsi a donc réussi son pari de faire adopter le texte, mais au prix d'une crise qui a divisé l'Egypte. Et avant le référendum, un haut responsable du parti islamiste de M. Morsi,Amr Darrag, avait estimé qu'"il ne serait pas bon" que le texte soit approuvé avec moins de 70% des voix. 

Démission du ministre des communications

Mardi soir, l'agence officielle Mena a par ailleurs annoncé la démission du ministre des Communications Hany Mahmoud, qui n'a pas donné de précisions sur les raisons de sa décision prise il y a un mois. 

La date de cette démission semble coïncider avec l'annonce, le 22 novembre, du décret controversé par lequel le président Morsi s'était accordé des pouvoirs exceptionnels. 

La crise qui a secoué le pays est la plus grave depuis l'élection en juin de M. Morsi. Huit personnes ont été tuées début décembre dans des affrontements d'une rare violence devant le palais présidentiel au Caire. 

L'Egypte fait aussi face à de graves difficultés économiques, avec un déficit budgétaire en hausse et des réserves de devises en berne. lexpress.frl

 

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 02:54

 

 

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Nouveaux heurts entre pro et anti-Morsi

 

15 personnes ont été blessées pendant les heurts à Alexandrie, deuxième ville du pays, à la veille du référendum.

 

A Alexandrie, des accrochages ont d'ores et déjà eu lieu. (Ahmed Ramadan/AP/SIPA)

A Alexandrie, des accrochages ont d'ores et déjà eu lieu. (Ahmed Ramadan/AP/SIPA) 

Haute tension en Egypte à la veille d'un vote crucial. 15 personnes ont été blessées vendredi 14 décembre lors de heurts à Alexandrie, deuxième ville d'Egypte, entre partisans et adversaires d'un projet de Constitution soumis samedi à un référendum.

A Alexandrie, dans le nord du pays, des groupes des deux camps ont échangé des jets de pierres et des voitures ont été brûlées. La police est intervenue pour tenter de rétablir le calme, rapportent des témoins. Selon les services médicaux, 15 personnes ont été blessées dans les accrochages.

Au Caire, quelque 2.000 partisans du président Mohamed Morsi se sont rassemblés devant une mosquée de l'est de la capitale à l'appel de partis islamistes afin de soutenir le projet de loi fondamentale, élaboré en grande partie par les Frères musulmans au pouvoir.

L'opposition, qui appelle au "non", devait organiser des marches en direction du palais présidentiel, gardé par l'armée et situé à Héliopolis, dans la banlieue du Caire.

Une grave crise politique

Les Egyptiens sont invités ce samedi et le 22 décembre à se prononcer lors d'un référendum sur la nouvelle constitution.

Cette consultation intervient alors que le pays traverse sa plus grave crise politique depuis la chute d'Hosni Moubarak en février 2011 : le Caire et plusieurs grandes villes ont été touchés par desviolences lors des trois dernières semaines, dans lesquelles au moins huit personnes sont mortes et des centaines ont été blessées, après que le président et Frère musulman Mohamed Morsi a renforcé ses pouvoirs.

Pro et anti-Morsi devaient se mobiliser une dernière fois avant le début du vote afin de défendre leurs positions. Les Frères musulmans soutiennent évidemment cette nouvelle loi fondamentale, synonyme, pour eux, d'un pas en avant nécessaire vers la démocratie.

"Je pense qu'il va y avoir du sang"

De l'autre côté, les libéraux, les laïcs et l'opposition chrétienne avaient rendez-vous sur la place Tahrir. Ils veulent convaincre les Egyptiens de voter "non" samedi. "Je pense qu'il va y avoir du sang et beaucoup d'antagonisme pendant ce référendum. Il n'est donc pas normal qu'il ait lieu", redoute Ahmed Said, membre du Front national du salut, la principale coalition. S'ils estiment que la consultation ne se déroule pas de manière transparente, ils pourraient même la boycotter.

Les opposants à la constitution lui reprochent son caractère religieux, et le fait qu'elle ne refléterait pas les besoins et envies de toute la population égyptienne. L'opposition s'inquiète aussi du risque que pourrait faire peser ce texte sur les minorités, comme les 10% de Chrétiens coptes, déjà régulièrement cibles d'attaques et d'attentats.

L'armée, qui est restée neutre depuis le regain des violences, va mobiliser de grands moyens pour encadrer ce référendum. Près de 120.000 militaires et 6.000 chars seront déployés, principalement dans les grandes villes. Ils viendront épauler 130.000 policiers.

La nouvelle constitution, adoptée malgré tout ?

Depuis le printemps arabe et la chute de Hosni Moubarak, l'organisation des Frères musulmans a remporté toutes les élections. Son influence devrait permettre l'adoption du texte, qui se déroule en deux temps : d'abord ce samedi dans 10 gouvernorats au Caire et à Alexandrie. Puis une deuxième journée, le 22 décembre, dans les 17 autres gouvernorats du pays.

Par ailleurs, beaucoup d'Egyptiens émettent le souhait d'avancer et de passer à autre chose. Ils pourraient être amenés à voter "oui" même s'ils considèrent que la nouvelle loi fondamentale n'est pas adéquate. tempsreel.nouvelobs.

 

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Les Églises chrétiennes d’Égypte ne boycotteront pas le référendum constitutionnel

Rassemblement chrétien de prière, jeudi 13 décembre au Caire.

Rassemblement chrétien de prière, jeudi 13 décembre au Caire.

En marge d’une rencontre entre le nouveau patriarche copte-orthodoxe Tawadros II et une délégation des Églises catholiques égyptiennes, les responsables chrétiens d’Égypte ont annoncé qu’ils ne soutiendront pas le boycott du référendum sur le projet de constitution prévu les samedi 15 et 22 décembre.

Alors que ce boycott est au centre du conflit politique et social qui agite le pays depuis des semaines, les plus hautes autorités ecclésiales d’Égypte recommandent au contraire à leurs fidèles de se rendre aux urnes et de voter selon leur conscience.

Officiellement, lors de cette rencontre entre le patriarche Tawadros II et les responsables catholiques, « les questions politiques n’étaient pas à l’ordre du jour », comme l’a expliqué à l’agence vaticane Fides Mgr Botros Fahim Awad Hanna, évêque de curie des coptes-atholiques. « Mais même dans ce contexte, le patriarche Tawadros a répété que nous encouragerons nos fidèles à se rendre aux urnes, sans fournir d’indications explicites de vote et en les invitant à choisir librement, en suivant leur conscience », a-t-il souligné.

 TOUS LES CHRÉTIENS APPELÉS À PARLER D’UNE SEULE VOIX

Selon lui, « si les Églises en Égypte s’étaient prononcées en faveur du boycott, elles se seraient exposées et auraient pu être accusées de fomenter l’opposition, ce qui aurait été une catastrophe », a-t-il ajouté, insistant sur le fait que « même parmi les groupes politiques qui mènent la protestation prévaut le choix de participer au référendum et de voter, plutôt que de déserter les urnes ».

Le nouveau patriarche copte-orthodoxe a confirmé son attitude prudente, marquant une certaine distance de son Église avec les questions strictement politiques.

« Étant dans le temps de l’Avent, nous avons proposé au patriarche Tawadros d’annoncer trois jours de jeûne pour demander une solution pacifique aux problèmes et aux conflits qui accablent actuellement le pays, a précisé Mgr Botros Hanna. Il a conseillé de différer l’initiative, déclarant que nous devons être prudents. En ce moment, une initiative de ce genre pourrait être interprétée de manière équivoque, comme une tentative de transformer la pratique chrétienne du jeûne en une forme de protestation politique. »

Lors de la rencontre, le pape copte a manifesté le désir de vivre de manière toujours plus intense la charité fraternelle. Dans le contexte actuel en particulier, a-t-il souligné, tous les chrétiens sont appelés à parler d’une seule voix.

La délégation catholique, conduite par l’évêque d’Assiout, Mgr Kyrillos William, vicaire patriarcal des coptes-catholiques, était formée d’une quarantaine de personnes, dont six évêques de rites différents, une quinzaine de prêtres, des laïcs et des supérieures des congrégations féminines présentes en Égypte. la-croix.

 

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Les zones grises de la Constitution

      

Les opposants à Mohamed Morsi appellent à refuser un texte controversé

La population égyptienne est appelée à voter sur un projet de constitution samedi. L’opposition au président Morsi a décidé de dire non à ce texte adopté le 30 novembre à la hâte par une assemblée constituante dominée par les islamistes, malgré le boycott des libéraux, des chrétiens et des coptes. Les Frères musulmans, de leur côté, incitent à accepter le nouveau projet de loi «pour la stabilité». Alors que le vote glisse vers un plébiscite pour ou contre le président Mohamed Morsi, le texte reste matière à controverse.

 

Pourtant, selon Nathalie Bernard-Maugiron, spécialiste du droit égyptien, «sur le papier, c’est une bonne Constitution. Si son processus de fabrication s’était mieux déroulé, elle ne poserait pas tant de problèmes». Les pouvoirs politiques sont plus équilibrés avec un mandat présidentiel limité à deux mandats de quatre ans. Du coup, impossible en théorie d’occuper le pouvoir comme l’a fait l’ancien président Hosni Moubarak pendant près de trente ans. Autre progrès, le chef de l’Etat ne peut plus nommer le premier ministre ou décréter l’état d’urgence sans consulter le parlement.

 

Mais le texte laisse une large place à l’appréciation de la future majorité au pouvoir. Parmi les points de tension, le rôle de la religion, qui a donné lieu à des débats houleux au sein de l’assemblée constituante.

Quelle charia?

Finalement, par souci de consensus, l’article 2 de l’ancien texte a été maintenu tel quel: «Les principes de la loi islamique sont la source principale de la loi.» Mais l’article 219 jette le trouble en précisant que les principes de la charia s’inspirent de la doctrine sunnite de l’islam, des règles et de la jurisprudence. «Jusqu’ici, la Haute Cour constitutionnelle a interprété l’article 2 de manière très libérale, limitant sa portée, indique Nathalie Bernard-Maugiron. Le nouveau texte permet une interprétation plus large.» Et, potentiellement, plus conservatrice.

En outre, l’article 4 confère à l’Université Al-Azhar un rôle consultatif «pour les affaires relatives à la loi islamique», ouvrant la voie à une ingérence de l’institution islamique dans le processus politique. «Tant qu’elle ne fait que rendre des avis, ce n’est pas un problème. Al-Azhar était déjà consultée par le passé», relativise la spécialiste, pour qui la nouvelle Constitution octroie certes une place plus grande à la religion, mais n’instaure pas un Etat théocratique. letemps

 

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Ce que dit le texte de la Constitution égyptienne

 

Les 15 et 22 décembre, le peuple égyptien se prononce par référendum pour ou contre le projet de nouvelle Constitution. La tension est vive dans le pays entre les adversaires et les partisans islamistes du président Morsi. Globalement, l'opposition rejette ce texte, car à ses yeux trop favorable aux thèses islamiques.

Le fossé s'ouvre dès le début des travaux de rédaction. La première assemblée constituante élue est vite dissoute. Certains de ses membres considèrent que les représentants religieux sont trop nombreux. La seconde ne change rien à la donne.


Du coup, certains membres de l'opposition boycottent les travaux. Une construction bien mal engagée qui inévitablement fait naître les critiques quant à son contenu. Dans ce texte de 236 articles, ceux traitant du rôle de la religion dans la politique sont mis en avant par l'opposition laïque, pour démontrer la dérive islamique du futur régime.
 
Les relations entre l'Etat et l'Islam
L'article premier donne le ton. Il définit le peuple égyptien comme «faisant partie de la nation islamique». Une définition qui n'existait pas dans la précédente constitution.
  
Mais c'est le second article, un article pourtant déjà présent dans la constitution de 1971, qui constitue la pierre d'achoppement. Il y est dit que l'islam est«religion d'Etat». Et surtout, que «les principes de la charia» sont «la source principale de la législation». Plus loin, un article tente d'expliquer les principes de la charia en retenant la seule doctrine sunnite.
Ainsi, le texte ouvre à une double interprétation. Les plus inquiets, quant à une islamisation de la société, retiennent l'emploi du mot charia. Les autres rappellent qu'elle n'est pas la source unique de la Constitution.
 
L'article 4, quant à lui, constitutionalise le rôle de l'Université Islamique Al-Azhar. Elle devient l'autorité religieuse suprême du pays, indépendante, et son cheik ne peut être destitué. Ses membres doivent être consultés pour toute question relatives à la loi islamique. Rôle consultatif ou bien guide suprême ? Là aussi, les thèses s'affrontent.
 
Le droit des femmes
Dans l'article 10, il est dit que «l'Etat doit procurer des services de santé maternelle et infantile gratuits et faciliter la conciliation pour les femmes de leurs devoirs envers leur famille et envers leur travail...» De bonnes intentions diront certains, mais le texte est suffisamment flou pour être utilisé de façon restrictive. D'autant que l'article rappelant l'égalité entre les hommes et les femmes a été abandonné. Les islamistes voulaient une référence à la charia rejetée par les laïcs. Mais l'article 33 affirme «l'égalité des citoyens devant la loi sans discriminations».

Les partisans du président Morsi et des Frères musulmans appellent à voter oui lors du référendum. © AFP/Mahmoud Khaled 
Les partisans du président Morsi et des Frères musulmans appellent à voter oui lors du référendum. © AFP/Mahmoud Khaled


La liberté d'expression
 

L'article 44 interdit l'injure ou l'insulte envers «tous les messagers et prophètes religieux». Certains veulent y voir une limitation possible de la liberté d'expression qui est pourtant protégée dans un autre article. De même, la liberté de culte est garantie, mais uniquement pour les trois grandes religions.

Du bien et du moins bien

La torture est désormais interdite par la Constitution, de même que la détention arbitraire. Le mandat du Président est de quatre ans renouvelable une seule fois. 
Le Parlement voit ses pouvoirs étendus. Il peut renverser un gouvernement par deux votes successifs et il peut former des commissions d'enquête.
Mais l'armée conserve sa toute puissance. Son bugdet n'est pas contrôlé par le Parlement. Le poste de ministre des Armées doit être tenu par un officier en activité. Enfin, un civil peut être jugé par un tribunal militaire.
 
Le poids des Frères musulmans

Beaucoup d'observateurs voient dans ce projet de Constitution le résultat de la lutte d'influence entre laïcs et religieux. De nombreux articles tentent de ménager la chèvre et le chou, et conduisent à un flou dangereux. Courrier International cite un spécialiste égyptien des questions constitutionnelles, Zaid al-Ali. Selon lui, les auteurs de la Constitution ont raté l'occasion de s'attaquer aux problèmes du pays, trop focalisés sur leurs désaccords.
Mais, malgré les appels au boycott, la Constitution devrait obtenir un vrai plébiscite. Les Frères musulmans savent très bien mobiliser l'électorat, au demeurant pour faire approuver un texte qu'ils ont marqué de leur empreintegeopolis

 

 

 

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15 août 2012 3 15 /08 /août /2012 04:51

 

Egypte, une nouvelle étape ?

 

 

 

La décision du président égyptien Mohamed Morsi de limoger le maréchal Hussein Tantaoui et de nommer un nouveau ministre de la défense et commandant en chef des forces armées en la personne d’Abdel Fattah Al-Sissi est une étape importante dans l’histoire (encore brève, ne l’oublions pas) de la révolution égyptienne entamée le 25 janvier 2011. Le président a aussi démis les principaux chefs des armées, le chef de l’état-major (Sami Annan), ceux de l’armée de l’air et de la marine, celui de la défense aérienne – Tantaoui et Annan ont été décorés et nommés conseillers du président !

Morsi a aussi annulé la déclaration additionnelle à la Constitution qu’avait adoptée le Conseil supérieur des forces armées (CSFA) à la veille du second tour de la présidentielle et que j’avais qualifiée de tentative de coup d’Etat constitutionnel – rappelons que selon cette déclaration additionnelle, le président n’a pas les pouvoirs de révoquer les chefs de l’armée. Disponible ici en anglais, le nouveau texte constitutionnel décrété par le président lui donne l’ensemble des pouvoirs exécutifs et législatifs, ainsi que la capacité de désigner une nouvelle Assemblée constituante si celle qui existe n’était pas en mesure d’accomplir sa tâche.

Enfin, Morsi a nommé un vice-président, le juge Mahmoud Mekki. Ce magistrat est connu pour son indépendance et pour sa participation en 2005 au mouvement des juges égyptiens contre les ingérences du pouvoir politique, ingérences qu’il a toujours dénoncées.

Un rapport d’Amnesty International rappelle que Sissi, alors chef du renseignement militaire, avait rencontré une délégation de l’organisation au début 2012 qui s’était inquiétée de l’usage des tests de virginité. Sissi avait répondu que ces tests avaient été faits pour que l’armée ne soit pas accusée de viol, mais avait aussi assuré qu’ils ne se reproduiraient plus.

Rappelons que Morsi, un membre des Frères musulmans, a été élu président en juin 2012 : c’est la première fois qu’un civil était élu à la tête de l’Etat égyptien depuis la prise du pouvoir, en juillet 1952, par les « officiers libres ». Rappelons également que, en 1954, un bras de fer avait déjà opposé les militaires et les Frères musulmans.

Il est encore difficile de mesurer l’impact de cette décision, et de savoir si elle va se heurter à des oppositions, au sein des militaires ou au sein de l’appareil judiciaire, qui pourrait en contester la constitutionnalité. La presse égyptienne reprend des sources internes au CSFA selon lesquelles la décision était attendue et n’a pas surpris Tantaoui. Il n’est pas impossible qu’existe, parmi les officiers, un courant qui voulait en finir avec Tantaoui, un représentant de l’ancien régime et de sa corruption et qui cherche à trouver un nouvel équilibre entre l’armée et le pouvoir civil. La récente attaque contre des militaires égyptiens à Gaza, qui a fait seize morts, n’a sans doute pas renforcé le prestige de l’armée et Morsi en avait profité pour limoger le chef du renseignement.

Parmi les premières réactions, celle d’Abdel Moneim Aboul Foutouh, arrivé en quatrième position au premier tour de l’élection présidentielle, qui a annoncé son soutien à Morsi (rappelons les scores que les quatre principaux candidats ont obtenu au premier tour de la présidentielle : Morsi, 24,8 % des voix, Ahmed Chafik (candidat de l’ancien régime), 23,6 %, Hamdin Sabbahi (nassérien), 20,7 %, et Aboul Foutouh, 17,5 %.

Cette crise confirme l’affaiblissement du rôle de l’armée. Celle-ci, ou en tous les cas le CSFA, avait longuement hésité, après le second tour de la présidentielle, à en accepter le résultat : il fallut une semaine, alors même que les chiffres étaient connus depuis longtemps, pour que la Commission électorale proclame la victoire de Morsi (lire « L’Egypte entre révolution et contre-révolution »). Désormais, il semble assuré que le retour en arrière n’est plus possible.

Cela ne règle nullement les problèmes de l’avenir de l’Egypte. Deux défis intérieurs majeurs restent posés : celui de la consolidation d’un régime démocratique représentatif ; celui des transformations économiques et sociales. Pour relever le premier, les Frères musulmans doivent participer à la solution dans la mesure où il ne peut exister de démocratie dans ce pays sans leur participation aux affaires, au même titre que les autres forces politiques. Pour le second, les choses sont moins évidentes : les Frères, ou en tous les cas leur direction, prônent le libéralisme économique et l’économie de marché ; dans le même temps, ils ne sont pas liés au capitalisme prédateur qui a pillé l’Egypte depuis deux décennies et, tout en conservant leurs orientations, ils pourraient « moraliser la vie économique », ce qui ne serait pas une mince victoire.

Un article le rappelle, les Egyptiens entre 18 et 29 ans représentent un quart de la population et la moitié vit dans la pauvreté. C’est pour sortir de cette misère mais aussi pour retrouver leur liberté et leur dignité que ces jeunes ont renversé Moubarak, et ils ne sont pas près de l’oublier.

Alain Gresh. mondediplo

 

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14 djihadistes condamnés à mort

L'armée a renforcé sa présence dans le SinaïL'armée a renforcé sa présence dans le Sinaï  Photo :  AFP/MOSTAFA ABULEZZ

Quelques jours après l'attaque d'un poste militaire au Sinaï qui fait 16 morts, la justice égyptienne a frappé d'une main lourde 14 djihadistes en les condamnant à mort pour deux attaques ayant fait sept morts l'an dernier au Sinaï.

Les 14 hommes, membres du groupe Tawhid et Djihad, ont été reconnus coupables de l'attaque d'un poste de police et d'une banque.

Le tribunal d'Ismaïliya, au nord-est du Caire, a envoyé son verdict au mufti d'Égypte, les condamnations à mort devant être autorisées par cette autorité religieuse musulmane.

Après la chute du président Hosni Moubarak, la sécurité s'est détériorée en Égypte en raison de la défection de la police dans de nombreux endroits. Mais le problème est plus grave encore dans le Sinaï, où la communauté bédouine est fortement armée.

Le 5 août, 16 gardes-frontière ont ainsi été tués à la frontière entre l'Égypte et Israël. L'armée a réagi en renforçant sa présence dans le Sinaï, envoyant chars, blindés, hélicoptères et troupes pour tenter de décourager des extrémistes islamistes.

Les accords de paix entre l'Égypte et Israël ont limité la présence de l'armée égyptienne dans le Sinaï.  Suite...

 

 

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2 juin 2012 6 02 /06 /juin /2012 08:22

Jugement de Moubarak :  peine de prison à vie

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Hosni Moubarak condamné à une peine de prison à vie


LE CAIRE (Reuters) - L'ancien président égyptien Hosni Moubarak, renversé l'an dernier après 30 années de pouvoir, a été condamné samedi à la réclusion à perpétuité pour avoir donné l'ordre de tirer à balles réelles sur les manifestants pendant la "révolution du Nil" au début de l'année 2011.

Le 5 janvier dernier, le ministère public avait requis la peine de mort à l'encontre de l'ex-raïs.

Dès le verdict prononcé, samedi, Hosni Moubarak, qui est âgé de 84 ans, a été transféré à la prison de Tora au Caire. Victime d'un malaise à son arrivée, il a été admis dans l'aile médicalisée de la prison.

Mais ce verdict, qui sonne comme un précédent pour les régimes autoritaires de la région, n'a apparemment pas été suffisant aux yeux de milliers d'Egyptiens qui ont ensuite envahi les rues en signe de protestation.

Certains voulaient une condamnation à mort de l'ancien raïs, d'autres craignaient qu'il ne puisse faire appel pour des raisons de procédure.

Des manifestants se sont rassemblés sur la place Tahrir au Caire, lieu central du soulèvement qui a conduit à l'éviction de Moubarak le 11 février 2011. A Alexandrie, deuxième ville du Pays, certains scandaient : "assez de discussions, nous voulons une exécution !"

Ce verdict intervient à un moment difficile pour l'Egypte, deux semaines avant le second tour de l'élection présidentielle, qui verra s'affronter Mohammed Morsi, candidat des Frères musulmans, et Ahmed Chafik, le dernier Premier ministre d'Hosni Moubarak.

Habib al Adli, ancien ministre de l'Intérieur d'Hosni Moubarak, a également été condamné à la perpétuité. Mais six autres hauts responsables de la sécurité ont été acquittés, de même que les deux fils de l'ancien "raïs", Alaa et Gama, les faits de corruption qui pesaient contre eux étant considérés comme prescrits.

Des échauffourées ont éclaté au tribunal du Caire après l'énoncé du verdict. L'ancien chef d'Etat égyptien était présent sur une civière au tribunal et portait des lunettes de soleil. Il a écouté le verdict en restant de marbre. Il a été acquitté des chefs de corruption.

"Le peuple veut que le pouvoir judiciaire soit nettoyé", ont scandé des gens à l'intérieur de l'enceinte de l'école de police dans la périphérie du Caire, où était prononcé le jugement.

FEU VERT À DE FUTURS ABUS

A l'extérieur du bâtiment, des opposants à l'ancien raïs criaient : "Dieu est grand". Soha Said, femme d'une victime de la "Révolution du Nil" en janvier 2011, criait : "je suis si heureuse, je suis si heureuse".

Plutôt que l'apaisement que recherchaient de nombreux Egyptiens, beaucoup voient en ce procès et l'acquittement de haut responsables de la sécurité, la preuve que l'ordre ancien est encore en place pour une grande part.

Pour les Frères musulmans, l'ancien président doit être rejugé.

"Le ministère public ne s'est pas totalement acquitté de son devoir dans la collecte des preuves adéquates pour condamner l'accusé pour avoir tué des manifestants", a déclaré Yasser Ali, porte-parole officiel de Mohamed Morsi.

Celui-ci a promis que s'il était élu, il ferait en sorte que son prédécesseur reste en prison. "Il n'est pas possible de libérer Moubarak", a-t-il déclaré à Reuters jeudi.

Environ 850 personnes ont trouvé la mort lors des violences qui ont accompagné la révolte de 18 jours qui a conduit au renversement d'Hosni Moubarak.

Ahmed Chafik a pour sa part déclaré sur sa page Facebook que la condamnation de Moubarak prouvait que personne n'était au-dessus de la loi. Il a laissé entendre qu'il n'était pas dans son intention de restaurer l'ordre ancien, comme certains l'en soupçonnent.

Pour l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch, la condamnation d'Hosni Moubarak est un "message fort pour les futurs dirigeants égyptiens qu'ils ne sont pas au-dessus de la loi". Mais l'ONG souligne que l'acquittement des assistants du ministre de l'Intérieur sur la base de preuves insuffisantes souligne que l'accusation n'a pas réussi à établir pleinement les responsabilités dans la mort des manifestants en janvier 2011, "ce qui donne le feu vert à de futurs abus de la police."

Hosni Moubarak et les autres accusés ont été jugés par un tribunal ordinaire tandis que 12.000 civils ont dû faire face à des tribunaux militaires en vertu de l'Etat d'urgence en vigueur depuis 1981 et seulement levé samedi.

Le procès de l'ancien raïs et des autres accusés a concerné uniquement la période de six jours qui a suivi le début de la révolution le 25 janvier 2011.

Au cours du procès qui a commencé le 3 août 2011, Hosni Moubarak s'était contenté de confirmer son identité et avait nié les accusations.   par Edmund Blair et Dina Zayed; tempsreel.nouvelobs


 

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Hosni Moubarak risque la peine capitale

 

La justice égyptienne doit rendre samedi son verdict dans le procès de l’ex-président Hosni Moubarak, premier dirigeant balayé par le Printemps arabe à comparaître en personne devant les juges et contre qui la peine capitale a été requise. 

M. Moubarak, 84 ans, est accusé de corruption et d’implication dans la mort de plus de 800 manifestants, tués en janvier-février 2011 pendant la révolte qui l’a renversé, ce qu’il a nié. 

Son ancien ministre de l’Intérieur, Habib el-Adli, et six ex-hauts responsables de la sécurité sont poursuivis pour les mêmes raisons. 

Ses deux fils, Alaa et Gamal, sont eux jugés pour corruption dans le même procès qui a commencé le 3 août 2011, six mois après le départ de M. Moubarak, poussé à la démission par le soulèvement populaire. 

Mais certains craignent que justice ne soit pas vraiment rendue, en raison du manque de preuves tangibles apportées à l’audience contre l’ancien président. 

Le verdict intervient entre les deux tours de l’élection présidentielle, qui doit mettre fin à une période de transition tumultueuse et émaillée de violences meurtrières. 

Ce scrutin, qui s’est tenu pour la première fois depuis des décennies librement et sans intimidations, est l’un des changements majeurs connus par le pays depuis la «révolution du 25 janvier» 2011 et l’incarcération de M. Moubarak en avril de la même année. 

Les islamistes des Frères musulmans, longtemps interdits et régulièrement cibles de vagues d’arrestations sous le régime déchu, sont aujourd’hui la première force politique du pays après avoir remporté les législatives. 

Leur candidat à la magistrature suprême, Mohammed Morsi, affrontera au second tour les 16 et 17 juin le dernier Premier ministre de M. Moubarak, Ahmad Chafiq. 

Mais en dépit de décennies de violations des droits de l’Homme, d’arrestations politiques et de torture institutionnalisée selon plusieurs ONG, l’ancien président pourrait être acquitté, ou bien faire appel s’il était jugé coupable. 

Au cours de la trentaine d’audiences, les familles des victimes présumées de M. Moubarak ont regardé avec appréhension et colère les témoins appelés à la barre se contredire ou même innocenter l’ancien chef de l’Etat et ses responsables de l’accusation de meurtre. 

Le Parquet a requis la peine de mort contre M. Moubarak, affirmant avoir assez de preuves. 
Mais les témoins ont brossé un tout autre tableau. 
libe

 

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Des milliers d'Égyptiens exigent la disqualification de l'ex-premier ministre

 

Des milliers de personnes ont manifesté dans différentes villes d'Égypte, vendredi, pour demander qu'Ahmed Shafiq, un ancien haut responsable du régime d'Hosni Moubarak, soit disqualifié du second tour de l'élection présidentielle.

Ahmed Shafiq, qui a été le dernier premier ministre de Moubarak, est l'un des deux gagnants du premier tour de la présidentielle du mois dernier. Au second tour des 16 et 17 juin, il affrontera le candidat des Frères musulmans, Mohammed Morsi.

Ce deuxième tour qui divise les Égyptiens reproduit en quelque sorte la dynamique de l'ancien régime, où les Frères musulmans étaient la seule opposition autorisée. Les jeunes militants laïques qui ont été à l'origine du soulèvement contre le régime, l'an dernier, se sentent laissés de côté.

À Alexandrie, sur la côte méditerranéenne, au moins 7000 personnes se sont rassemblées pour demander qu'Ahmed Shafiq soit exclu du second tour compte tenu de son passé de haut responsable de l'ancien régime. Certains manifestants ont brandi des chaussures dans les airs en guise d'insulte contre le candidat.

Des rassemblements plus modestes ont également eu lieu au Caire, à Port-Saïd, à Suez, dans le nord du Sinaï et dans au moins six autres provinces.

Ahmed Shafiq se présente comme un homme fort qui rétablira la loi et l'ordre après 16 mois d'instabilité en Égypte, marqués notamment par de nombreuses manifestations et un vide dans l'organisation de la sécurité. Peu après l'annonce des résultats du premier tour cette semaine, le quartier général de M. Shafiq au Caire a été incendié par des manifestants en colère.

Les opposants estiment que M. Shafiq, un militaire de carrière, est soutenu par le conseil militaire qui a pris les commandes du pays après le renversement de Moubarak. Les quatre présidents de l'Égypte moderne étaient tous issus des rangs militaires.

Ahmed Shafiq a récemment loué la «glorieuse révolution» qui a renversé le président Moubarak et a promis qu'il ne rétablirait pas l'ancien régime. Il a également tenté de se débarrasser de son image de candidat antirévolution et de faire oublier ses propos dénigrant les jeunes manifestants à l'origine du soulèvement populaire qui a poussé Moubarak à la démission.

Mais de nombreux Égyptiens ne veulent ni d'un «vestige» de l'ère Moubarak ni d'un islamiste comme président. Vendredi, les manifestants ont critiqué les deux candidats.

«Je suis ici parce que je ne veux pas de Shafiq ni de Morsi. Shafiq a fait couler le sang de nos enfants. J'ai payé d'avance le prix de cette révolution», a déclaré Magda, mère d'un manifestant tué durant le soulèvement de l'an dernier. «Quant aux Frères musulmans, ils sont déjà au Parlement et qu'ont-ils fait?»

Des manifestants ont scandé des slogans contre les deux candidats et contre le conseil militaire. D'autres ont déclaré qu'ils avaient l'intention de boycotter le scrutin.

«Je ne veux d'aucun des candidats parce qu'ils ne sont pas avantageux pour nous et pour le pays», a dit un manifestant au Caire, Ahmed Abdel-Fattah.

Les militants pro-démocratie demandent également l'application d'une loi récemment adoptée par le nouveau Parlement, qui interdit aux responsables de l'ancien régime de participer aux élections pendant 10 ans.

Ahmed Shafiq a été brièvement disqualifié de la course avant le premier tour, mais il a été réintégré 24 heures plus tard après que la commission électorale eut référé la nouvelle loi à la Cour constitutionnelle. La cour doit livrer son jugement sur la question quatre jours avant le second tour. 
985fm.ca

 

 

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"Si Chafik est élu, la révolution est morte"

 

Écrivain égyptien parmi les plus populaires, Alaa El Aswany est aussi un commentateur avisé de la politique de son pays. Ayant suivi de près et même participé à la révolution place Tahrir en 2011, il se pose en défenseur de ses principes. Et donne dans une interview pour Courrier international son sentiment sur les résultats du premier tour de la présidentielle.

Alaa El Aswany (2007).

D’après les premiers résultats officiels, les deux candidats qui sortent gagnants du premier tour de l’élection présidentielle en Egypte sont Mohamed Morsi (24,3% des voix), islamiste, candidat des Frères musulmans et Ahmed Chafik (23,3%), ancien Premier ministre d’Hosni Moubarak, candidat soutenu par l’armée. Que vous inspire ce résultat ? 


Dès samedi 26 mai, Hamdin Sabahi [candidat à la présidentielle, député indépendant que Alaa El Aswany a soutenu ouvertement] et Amr Moussa [également candidat, ex-ministre des Affaires étrangères de 1991 à 2001] ont accusé accusations Ahmed Chafik d'être à l'origine d'irrégularités dans le vote. Si ce n’est pas vrai, il faudra bien accepter les résultats. Si c’est vrai, la révolution les refusera. Sur mon 
compte twitter (suivi par 350 000 personnes), j’ai écrit que j’étais partisan d’un front des forces révolutionnaires avec les Frères musulmans pour faire barrage à Chafik. Que les choses soient claires : je ne suis absolument pas favorable aux Frères musulmans, mais un vrai révolutionnaire doit lire la situation attentivement et le retour le Chafik, protégé par le Conseil militaire, signifierait la fin de la révolution.
 
Avez-vous été étonné ou déçu de constater qu’un an après la révolution égyptienne, un ancien Premier ministre du gouvernement Moubarak récolte près d'un quart des suffrages ? 
 
Je ne suis pas étonné. Les militaires ont appliqué un plan similaire à celui de la Roumanie avec Ceausescu : faire  pression sur la population (en augmentant par exemple le prix de la nourriture) et faire en sorte que la chaos s’installe. Cela fait des mois que la police ne travaille plus au Caire... Et maintenant que l’insécurité règne, on nous présente des soi-disant héros, des gens comme Ahmed Chafik qui promet de ramener l’ordre dans le pays. N’oublions pas non plus que les militaires agitent l’épouvantail islamique depuis le début de la révolution. Le plan prévoyait aussi de séparer les révolutionnaires et de les massacrer. C’est ce qui a été fait. Le plan a donc été parfaitement appliqué. Mais ça ne marchera pas, la révolution va gagner.
 
La révolution n'a pas échoué, selon vous ? 
 
Non je ne crois pas. Les deux candidats représentatifs de l’ancien régime, Ahmed Chafik et Amr Moussa [ancien ministre des Affaires étrangères de Moubarak], ceux qu’on appelle les 'fouloul' (littéralement : les survivants de l’armée battue) ne rassemblent que 30% des voix. Cela veut dire que  70% de la population est favorable au changement. Le problème, c’est qu’il y avait bien trop de candidats : les voix se sont éparpillées. C’est de notre faute. Mais c’est normal que la révolution fasse des fautes. 
 
Le 2 mars 2011, au plus fort de la Révolution égyptienne, lors d’un débat télévisé sur On TV, vous aviez affronté Ahmed Chafik qui venait d’être nommé Premier ministre par un gouvernement Moubarak à l’agonie. Le lendemain, Chafik quittait le pouvoir. Pouvez-vous nous rappeler l’échange que vous aviez eu avec lui ? 
 
Au cours de ce débat qui a duré environ 2h30, j’ai essayé de m’en tenir à ma ligne : me comporter comme n’importe quel citoyen à l’égard d’un ministre. Je suis toujours resté poli. A un moment donné, je lui ai demandé de parler des centaines de personnes blessées alors qu’il était encore Premier ministre [le 2 février, la répression des manifestations antigouvernementaux connue comme la bataille des chameaux avait fait au moins trois morts et des centaines de blessés]. Ça l’a énervé. Ensuite je lui ai dit que Moubarak était son maître. C’en était trop pour lui. Il a perdu son self contrôle et il crié : "Qui êtes vous ?" au lieu de "comment osez vous?", je suppose. Plutôt que de lui répondre que j’étais un écrivain égyptien très populaire, je lui ai répondu que j’étais un citoyen et qu’en tant que tel j’avais le droit de lui poser toutes les questions puiqu’en tant que ministre, il est censé œuvrer pour le peuple égyptien.  
 
Quels scénarios envisagez-vous dans les jours à venir ? 
 

Personnellement, je suis partisan d'un front anti–Chafik. Khaled Ali [militant d’extême gauche, candidat au premier tour de la présidentielle] m’a dit qu’il comptait organiser une conférence dans la semaine [mercredi 30 ou jeudi 31] avec tous les partisans d’une société séculaire. Les défenseurs de la Révolution doivent négocier et poser leurs conditions aux Frères musulmans pour que les idéaux de la révolution ne soient pas trahis et afin d’arriver à un accord pour soutenir le candidat des Frères musulmans, Mohamed Morsi [depuis, lundi 28 mars, huit partis libéraux de gauche ont annoncé au contraire qu'ils ne comptaient soutenir ni Ahmed Chafik, ni Mohamed Morsi]. Ensemble, les islamistes et les partisans de la gauche pourraient vaincre Chafik. Un vrai révolutionnaire n’est pas quelqu’un de romantique. Il doit être pragmatique et se poser la question : que puis-je faire pour sauver la révolution ? Aujourd’hui si les Egyptiens ne font rien et restent chez eux, ce sont les suppôts de Moubarak qui resteront dans le pays. 
courrierinternational

 

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1 juin 2012 5 01 /06 /juin /2012 07:04

Un peuple et un Président : débat intéressant (en arabe)

 


 


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La colère des révoltés égyptiens

 

Depuis que s’est brisé le mur de la peur, le pouvoir, en Egypte, évolue sur un étroit passage et même les candidats à la présidentielle sont obligés d’en tenir compte. Il ne s’agit pas, en effet, d’une simple succession au président Hosni Moubarak, chassé du pouvoir en mars 2011, et surtout pas en être l’héritier comme en est accusé son dernier Premier ministre, Ahmed Chafik, qui sera présent au second tour avec le candidat des Frères musulmans, Mohammed Morsi.
Le ton est à la rupture, même si certains viennent à en douter. Il s’agit des révolutionnaires égyptiens, tout simplement dépossédés de leur victoire, car c’est bien la leur, avant que la politique, avec ses règles et son labyrinthe procédurier, vienne à en hériter. Une règle, non écrite celle-là, mais la pratique est courante à travers le monde. Ce qui explique alors le sentiment d’amertume que cela produit inévitablement et surtout ce rôle de vigile que certains entendent encore jouer. Une toute dernière avant que ne tombe le rideau de la phase électorale. C’est donc un duel cornélien.

Ahmed Chafik, malgré un parcours contesté, s’est engagé à opérer une rupture avec la politique passée. Plus que cela, il est considéré comme le candidat de l’armée dont le rôle est fortement contesté, étant accusée de détenir le véritable pouvoir. Ce qui renforce l’hypothèse selon laquelle l’Egypte n’a pas vécu une révolution, mais bel et bien un coup d’Etat. Voilà donc où en est l’Egypte, avec la persistance de la contestation souvent accompagnée de violence et le retour des baltaguias, ces hommes de main qui ont fait irruption sur la fameuse place Tahrir, en plein mouvement d’opposition, pour s’en prendre aux manifestants.

Il semble toutefois illusoire, dans l’Egypte actuelle, toujours en ébullition, que la violence exercée par ces baltaguias ait un avenir tant la population entend défendre ce qu’elle a arraché. C’est par contre une phase cruciale que traverse ce pays, et qui refuse de choisir entre les deux candidats retenus pour le second tour de l’élection présidentielle prévu les 16 et 17 juin prochain, susceptible, selon les contestataires, de conduire vers le passé ou de mener vers l’inconnu.

Il reste que si Ahmed Chafik en a eu pour son parcours, l’attaque contre son quartier général électoral suscite non pas la réprobation, mais l’interrogation, un quotidien local écrivant même que «certains se demandent si M. Chafik ne pourrait pas en profiter pour augmenter sa popularité». Encore une fois, l’intrigue avec ces fameux hommes de main qui viennent et disparaissent après avoir accompli de basses besognes. Un contrat comme cela existe un peu partout dans le monde. D’où alors cette autre interrogation sur l’identité des individus en civil affrontant des manifestants anti-Chafik, place Tahrir. Sauf que si intrigue il y a, elle ne saurait occulter le climat global qui fait craindre le pire d’ici les prochaines semaines.

«Dès l’annonce des résultats (du premier tour) les manifestations ont éclaté à Tahrir contre le pouvoir du guide (des Frères musulmans) et celui de l’armée», écrivait le quotidien indépendant Al-Masri Al-Yom. Ou encore que «le deuxième tour Morsi-Chafik attise le feu de la colère», selon Al-Chourouk, alors même que cette élection est qualifiée d’historique, s’agissant de tourner une page décidément bien longue avec soixante ans de parti unique, et d’entériner le changement, pas n’importe lequel et surtout pas celui qui consiste à remplacer un homme par un autre. L’enjeu est considérable, ce qui explique les interrogations relatives à la place de l’armée et, par voie de conséquence, sur le rôle qu’elle est accusée de tenir et les accusations portées contre Ahmed Chafik en sont la preuve.
Plus globalement, l’élection elle-même poserait problème pour ceux qui ont fait la révolution et qui ne se reconnaissent dans aucun des deux candidats. Que sera alors cette élection et surtout, s’interroge-t-on déjà, que sera l’Egypte post-élection ?
elwatan

 

 

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«ماضي»: فوز شفيق سيؤدي لحرب بين المحتجين والأمن.. وعلى «الإخوان» تقديم تنازلات


 

حذر أبو العلا ماضي، رئيس حزب الوسط، الخميس، من أن فوز الفريق أحمد شفيق، المرشح الرئاسي، في جولةالإعادة التي ستجرى يومي 16 و17 يونيو الجاري، ستؤدي إلى «حرب استنزاف في الشوارع بين المحتجين وقوات الأمن».

ودعا «ماضي» في مقابلة مع وكالة «رويترز» للأنباء، جماعة الإخوان المسلمين، إلى الإسراع في تشكيل ائتلاف واسع لهزيمة «شفيق»، لأن الوقت ليس في صالحهم، والتاريخ لن يرحمهم إذا لم يقدموا تنازلات، ويصطفوا مع قوى الثورة، وسيدفعون الثمن هم والوطن إذا فشلوا في ذلك.

وأضاف «ماضي»، أن تجنب الوصول لهذا الوضع يستدعي أن تقدم الجماعة ضمانات لإقناع السياسيين والشعب كله بأنها يمكن الوثوق بها في قيادة الدولة، وقادة الجماعة اتسموا إلى الآن بالبطء الشديد في الحركة، وهذه الأفعال وصلت لرجل الشارع البسيط الذي يقول: «لا يمكن الثقة بهم».

وتابع قائلا: «(الإخوان) يتصورون أن الموضوع سيحل بالكلام لكن الكلام وحده لا ينفع، وأنا لست متفائلاً أو متشائمًا. أنا أنتظر، وإذا كانوا جادين في الانتخابات الرئاسية يتعين أن يقدموا تنازلات لأنه دون التنازلات لا يمكن إقناع الناس، وليس فقط النخبة، ولا يمكن أن يفوزوا في المعركة».

واستطرد قائلاً: إن تأييد قواعد الجماعة والسلفيين لمرسي لا يكفي لنجاحه، موضحًا أن التصويت للجماعة في انتخابات الرئاسة كان نصف التصويت الذي نالته في الانتخابات البرلمانية.

وأشار «ماضي» إلى أن «شفيق» إذا فاز «سيعيد إنتاج النظام القديم لكن بطريقة جديدة، ولا يمكن لأحد أن يعيد عقارب الساعة إلى الوراء، لكنه سيحمي الفساد، وسيبقي على المسؤولين وسيعتمد على الجيش وأجهزة الأمن لقمع الناس، وسيخوض المعارك الجديدة، كما لو أن الثورة لم تنجح بعد، هذا هو خطر أحمد شفيق».

وتابع: ستبدأ حينئذ ما يشبه «حرب الاستنزاف».

almasryalyoum

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 18:19

 

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"Le scrutin le plus transparent de toute l'histoire de l’Égypte"

 

Le second tour de la présidentielle égyptienne mettra aux prises le candidat islamiste Mohamed Morsi et un cacique du régime de Moubarak, Ahmed Chafik. L'analyse de Tewfik Aclimandos, chercheur et spécialiste de l’Égypte.

 

France24 : Les résultats de l'élection présidentielle en Égypte constituent-ils une vraie surprise, notamment la lourde défaite d’Amr Moussa ?

 

Tewfik Aclimandos : C’est surtout derrière le duo de tête qu’il y a de grosses surprises.

Si l’on compare les sondages d’intentions de vote avec le résultat final, Hamdeen Sabbahi [nationaliste arabe, qui a obtenu environ 20 % des suffrages ndlr] a triplé son résultat.

La chute d’Amr Moussa [l’ancien chef de la Ligue arabe qui faisait figure de favori du scrutin ndlr] est également une vraie surprise. Il était inimaginable que l’écart entre lui [Amr Moussa a obtenu près de 10 % des voix ndlr] et le duo de tête soit si important. Le souci, c’est qu’il n’a jamais été en mesure de clarifier vraiment son message, tandis que les autres candidats s’affirmaient, à l’image de Mohamed Chafik, qui a clairement durci son discours sur la sécurité par exemple.

 

Vers qui peuvent se tourner les révolutionnaires au second tour, alors que les résultats du scrutin les placent dans une situation inconfortable ?

 

T.A. : L’état-major révolutionnaire n’a absolument aucune envie d’aller vers Ahmed Chafik [dernier Premier ministre de l’ère Moubarak, favori de l’armée et de la minorité copte, arrivé second lors du premier tour ndlr]. Et il est probable que ses troupes fassent le même choix. En revanche, les chefs de file du mouvement révolutionnaire peuvent envisager de négocier avec le candidat des Frères musulmans, Mohamed Morsi. La question est de savoir si la confrérie sera prête à faire des promesses et des gestes à leur endroit. Et ces fléchissements devront intervenir avant même le second tour.

Du côté des révolutionnaires, deux lignes d’analyse se distinguent. Certains estiment que donner la présidence aux Frères musulmans serait un suicide puisqu’ils dirigent déjà le Parlement. Pour d’autres, la priorité reste de déloger les derniers pontes de l’ancien régime coûte que coûte. Et si la première ligne est celle qui prédomine au moment du vote, une forte abstention de ces électeurs n’est pas à exclure.

 

Des recours pour fraude ont été déposés dans la foulée de l’annonce des résultats. Comment analysez-vous le déroulement de ce scrutin ?

 

T.A. : Ce que l’on peut dire, c’est qu’il s’agit du scrutin le plus transparent de toute l’histoire de l’Égypte. Évidemment, tout n'a pas été parfait. Sur tous les recours qui ont été déposés, certains étaient légitimes et d’autres plus absurdes. Mais au final, je pense que les résultats officiels reflètent assez fidèlement le rapport de force actuelfrance24

 

 

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Des manifestants égyptiens incendient le QG de Chafik

 

Des manifestants égyptiens ont mis le feu lundi soir au siège de campagne d'Ahmed Chafik, dernier Premier ministre d'Hosni Moubarak en lice pour le second tour de l'élection présidentielle, rapporte une chaîne de télévision.

 

Al Hayat a diffusé des images du local en feu, précisant qu'il s'agissait du siège de campagne de Chafik, dans le quartier de Dokki, au Caire.

On ne signale aucun blessé.

 

L'agence officielle de presse Mena a confirmé qu'un groupe de protestataires avait fait irruption à son QG électoral avant de le saccager et d'y mettre le feu.

 

Plusieurs milliers de manifestants sont par ailleurs descendus dans les rues de plusieurs villes égyptiennes pour protester contre les résultats du premier tour de l'élection présidentielle, publiés un peu plus tôt dans la journée.

 

Ancien commandant en chef de l'armée de l'air égyptienne et dernier Premier ministre d'Hosni Moubarak, renversé en février 2011, Ahmed Chafik s'est classé en deuxième position du premier tour de la présidentielle. Il sera opposé à Mohamed Morsi, candidat des Frères musulmans, au second tour, les 16 et 17 juin.

 

"NI LES FRÈRES NI LES FELOUL"


Au Caire, des troubles ont également éclaté place Tahrir, berceau de la contestation du régime d'Hosni Moubarak, quand des manifestants ont été attaqués par des inconnus. Des affrontements à coups de pierres ont eu lieu, qui n'étaient pas sans rappeler certaines scènes de la révolution égyptienne.

 

Le mouvement du 6 avril, à l'avant-garde de la contestation contre le régime de Moubarak, a annoncé sur sa page Facebook que des manifestants avaient été agressés par des "casseurs" inconnus.

 

L'un des candidats malheureux à la présidentielle, Khaled Ali, qui se voulait le défenseur des plus défavorisés, a rejoint les manifestants, dont le nombre a augmenté dans la soirée.

 

"Révolutionnaires! Libres! Nous terminerons la manifestation!", ont scandé quelque 2.000 manifestants, qui défilaient dans le centre du Caire.

 

Mahmoud Momen, étudiant de 19 ans, s'est senti trahi par les résultats du premier tour. Il a voté pour l'islamiste modéré Abdel Moneim Abol Fotouh. "Ni les Frères ni les Feloul", a-t-il dit, désignant par ce dernier terme péjoratif les vestiges de l'ancien régime dont Ahmed Chafik est le porte-flambeau. "Nous voulons quelqu'un qui représente la place", a-t-il ajouté en brandissant une pancarte avec la photo d'Ahmed Chafik barrée d'une croix noire.

 

Omar, un autre manifestant de 19 ans, estime pour sa part que le vote a été manipulé, s'attirant la colère d'un passant.

 

Des manifestations similaires ont éclaté à Alexandrie, Port-Saïd, Ismaïlia et Suez, à l'est du Caire.

Près de 2.000 personnes ont défilé dans les rues d'Alexandrie, arrachant sur leur passage les affiches de campagne d'Ahmed Chafik et de Mohammed Morsi.

 

Considéré comme le candidat de l'armée, Chafik est une figure honnie pour les jeunes révolutionnaires du "printemps arabe" égyptien.

 

Mais dans une Egypte éprouvée par la multiplication des violences politiques et interreligieuses, des agressions, vols à main armée et autres règlements de compte, sa campagne centrée sur la restauration de la stabilité et son credo sécuritaire ont trouvé un écho parmi l'électorat.  tempsreel.nouvelobs

 

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Duel Morsi-Chafik au 2nd tour de la présidentielle


Egypte : Duel Morsi-Chafik au 2nd tour de la présidentielle

 

 

Le second tour de l''élection présidentielle égyptienne, les 16 et 17 juin, opposera le candidat des Frères musulmans Mohamed Morsi à l'ancien Premier ministre de Hosni Moubarak, Ahmed Chafik, a annoncé lundi la commission électorale égyptienne.

 

Selon les résultats officiels du premier tour, organisé les 23 et 24 mai, Mohamed Morsi arrive en tête avec 24,3% des voix, suivi de Chafik avec 23,3%. Le candidat de la gauche nassérienne, Hamdine Sabahi, est crédité de 20,4% des suffrages, l'islamiste dissident Abdel Moneim Aboul Fotouh, qui a rejeté par avance les résultats, de 17,2%, et l'ancien secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa de 10,9%. Le taux de participation s'est élevé à 46% des quelque 50 millions d'électeurs inscrits. Sabahi, Aboul Fotouh et Moussa avaient déposé des recours à l'issue du premier tour, mais tous ont été rejetés, a déclaré la commission électorale.

 

La perspective d'un second tour entre Morsi et Chafik avait déjà été annoncée par les décomptes officieux établis par les médias et la plupart des équipes de campagne. Ce duel heurte ceux qui se méfient tout autant de l'instauration d'un régime islamiste que d'un retour d'un Etat laïque autocrate soutenu par l'armée.Beaucoup d'entre eux pourraient choisir l'abstention pour ne pas avoir à trancher entre deux solutions qu'ils rejettent.

 

Avant même la proclamation officielle des résultats, Abdel Moneim Aboul Fotouh, un ancien membre des Frères musulmans, a averti qu'il ne les reconnaîtrait pas."La conscience nationale n'autorise pas à qualifier ces élections d'honnêtes", a-t-il expliqué. L'islamiste dissident, qui affiche un profil modéré mais a reçu le soutien des salafistes, défenseurs d'un islam radical, est pour l'instant le seul des douze candidats à avoir rejeté les résultats.

 

Lors d'une conférence de presse, Amr Moussa a reconnu que des questions se posaient à propos du vote. "Il y a eu des infractions, mais cela ne devrait pas changer notre opinion sur la démocratie et la nécessité de choisir notre président", a-t-il toutefois ajouté.

 

LES FRÈRES CHERCHENT DES ALLIÉS


Les deux candidats qualifiés pour le second tour ont poursuivi ce week-end leurs efforts pour élargir leur base électorale. Les Frères musulmans, qui dominent les deux chambres du Parlement après leur victoire aux législatives organisées durant l'hiver, tentent de convaincre leurs adversaires malheureux du premier tour de constituer un front commun contre Ahmed Chafik. Du côté des Frères musulmans, on indique que le parti Liberté et justice (PLJ) créé par la confrérie a préparé une série de propositions pour s'attirer des alliés. Jusqu'ici, Aboul Fotouh et Sabahi se sont tenus à distance des Frères musulmans.

 

Parmi ces options figureraient la création d'un cercle de conseillers du président, fort de cinq membres, la désignation d'Aboul Fotouh et de Sabahi aux postes de Premier ministre ou vice-président, l'attribution de postes ministériels à d'autres partis ou encore des compromis sur les projets de loi et sur la composition de l'assemblée chargée d'élaborer une nouvelle Constitution.

 

L'ancien Premier ministre de Moubarak, renversé en février 2011, a lui aussi tendu la main aux jeunes révolutionnaires aux yeux desquels il apparaît pourtant comme une figure honnie du passé, en se posant comme protecteur du soulèvement. "Je parierais sur une flambée de violence au cours des deux prochaines semaines", déclare un diplomate occidental, prédisant qu'une telle perspective jouerait en faveur de Chafik, qui a fait campagne sur le maintien de l'ordre.

 

Seul Amr Moussa a estimé qu'"on ne peut accepter le retour du régime Moubarak". "Je ne vais pas consulter (les Frères musulmans) mais s'ils souhaitent me consulter, j'étudierai leur requête", a-t-il dit.  lexpress


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أشاد الدكتور محمد مرسي المرشح الرئاسي لجماعة الاخوان وحزب الحرية والعدالة بالقوات المسلحة ودورها في حماية ثورة 25 يناير .

مرسى

مرسى

وقال مرسى في مؤتمر صحفي اليوم ، انه اذا كان هناك بعض الملاحظات والاخطاء التي ارتكبت خلال الفترة الانتقالية فان الاخوان المسلمين تلتزم بالابتعاد عن الصدام والتخوين .


ونفى مرسي بان تقوم جماعة الاخوان وحزب الحرية والعدالة في حالة فوزه بالرئاسة بالزام النساء بارتداء الحجاب ..مؤكدا أن هذا الالزام ضد الشرع وان حقوق المرأة ستكون مصانة في عهده صيانة كاملة سواء حقها في التعليم أو العمل أو الوظيفة أو اختيار الزي الذي تراه مناسبا لها وان جميع تلك الحقوق ستكون وفقا للقانون والدستور.


ولمح مرشح جماعة الاخوان المسلمين في انتخابات الرئاسة إلى إمكانية إختيار نائب رئيس الجمهورية من المسيحيين المصريين وان الاقباط سيتولون أعلى المناصب بالدولة لانهم شركاء في الوطن ولهم كافة الحقوق مثل المسلمين تماما.
وتعهد بالالتزام بالحقوق والحريات التي أقرتها وثيقة الازهر ووثائق التحالف الديمقراطي التى صيغت قبيل الانتخابات البرلمانية في نوفمبر الماضي .


كما تعهد بمنح دور أكبر للشباب فى كافة مناصب الدولة ..مؤكدا انه ليس شرطا ان يكون رئيس الحكومة من حزب الحرية والعدالة ولكنه يمكن أن يكون من ذوى الخبرة والكفاءة من غير الاعضاء فى الحزب أو جماعة الاخوان المسلمين .


وشدد على انه سيكون حال انتخابه سيكون رئيسا للجمهورية ورئيسا لكل المصريين وتعهد بتقديم استقالته من رئاسة حزب الحرية والعدالة واخرج ورقة بها نص الاستقالة وقال " هذه هي الاستقالة في جيبي اقدمها فور نجاحي في الانتخابات "
كما نفى الدكتور محمد مرسي المرشح الرئاسي لحزب الحرية والعدالة صلة جماعة الإخوان المسلمين أو حملته الانتخابية بحرق المقر الانتخابي لمرشح الرئاسة أحمد شفيق، وقال إن الإخوان المسلمين لم يقوموا يوما بحرق أي مؤسسة أو المشاركة في أعمال عنف، ولا صلة لهم بالأحداث التي وقعت الليلة الماضية .


وأشار خلال مؤتمر صحفي عقده ظهر اليوم الثلاثاء إلى أنه كمرشح رئاسي لن يسمح بانتشار الفوضى في المجتمع المصري، مؤكدا أن هناك حملة تشويه في الإعلام ضد الإخوان وضد حزب الحرية والعدالة بدون تقديم أدلة واضحة.


وأضاف: "هدفنا الأمن والاستقرار وليس نشر الفوضى، ومهمتي الأولى بعد فوزي في الانتخابات إعادة الأمن في الشارع المصري لأنه ضرورة واجبة."
وأعرب مرسي عن ثقته فى الشعب المصري بوعيه وإدراكه بعد ان خرج ليقول رأيه ويختار بإرادة حرة رغم بعض الملاحظات التي لحقت بالعملية الانتخابية، مقدما الشكر لكل من خرج من أبناء الشعب المصري من صوت له ومن لم يصوت.
وأعرب عن شكره البالغ لكل رؤساء الأحزاب المصرية والقوى السياسية باختلاف توجهاتها وكل المصريين غير المنتمين إلى أي حزب سياسي على المشاركة الإيجابية، موضحا أن مرشحي الرئاسة الذين لم يوفَّقوا فى الجولة الأولى شرفاء يحبون وطنهم، متمنيا أن تكون هناك حلقة تواصل بينه وبين جميع المرشحين الذين يريدون مصلحة مصر.


وأضاف خلال المؤتمر الصحفي الأول بعد إعلان النتيجة الرسمية للجولة الأولى في الانتخابات الرئاسية الذي عقده ظهر اليوم أن الإعلام لعب دورا مهما في المرحلة الأولى من الانتخابات، داعيا كل وسائل الإعلام إلى الارتقاء بمستوى الحوار من أجل مصلحة الوطن.
وأكد أن الجميع يريد أن يعبر عن رأيه بحرية تامة، " ولكن لا بد أن تقترن بموضوعية، حرصًا على مستقبل مصر والمصلحة العامة، قائلا "كل الشعب المصري في وعاء واحد".


وأكد الدكتور محمد مرسي المرشح الرئاسي لحزب الحرية والعدالة أن هناك ثلاثة موضوعات أساسية تشغل الرأي العام" هي: ماذا سيفعل رئيس مصر القادم مع أهله وشعبه، مشددا على أنه يعلم تماما مدى الظلم الذي يمر به كل أبناء الشعب المصري .مشددا إلى أن زمن الرئيس الواحد انتهى،وانه سيلتزم في مؤسسة الرئاسة بوجود نواب من خارج جماعة الإخوان المسلمين، ومستشارين في كل المجالات من خارج حزب الحرية والعدالة، وسوف يكون لهم دور في اتخاذ القرار، وليس مجرد الاستشارة فقط.


وأوضح أن الخطة الرئاسية سيضعها رجال الدولة ومستشارو الرئاسة، وأنه يسعى بشدة إلى مشاركة المرشحين الشرفاء الذين لم يحالفهم الحظ والذين نالوا ثقةً كبيرةً من أبناء الشعب المصري.
ووعد بأن يكون للشباب والأقباط نسبة كبيرة في مؤسسة الرئاسة، مشددًا على أنه يحب ألا يكون الحاكم وحده ولكن المصلحة العامة فوق كل اعتبار.


وأضاف انه سيسعى جاهدا إلى دستور يعبِر عن جميع المصريين، وإن كل من يرغب من الأحزاب الأخرى بخلاف حزب الحرية والعدالة في المشاركة في الحكومة القادمة فإنه لا يمانع أبدا، وأنه ليس بالضرورة أن يكون رئيس الحكومة من حزب الحرية والعدالة، بل سيكون مستقلاّ أو شخصية وطنية ذات كفاءة.
وأوضح أن نواب الحرية والعدالة يعيدون النظر في تشكيل الجمعية التأسيسية، وبذلوا جهودا كبيرة للغاية لتشكيل أمثل يرضي كل الأطراف والقوى السياسية، مؤكدا أن المشكلة ستحلّ قريبا، وستكون هناك معايير واضحة متفَق عليها من كل نواب البرلمان.


وشدد الدكتور محمد مرسى مرشح حزب الحرية والعدالة على انه سوف يسعى جاهدا إلى تقليص المدة الزمنية لوضع الدستور، مؤكدا أن الجمعية التأسيسية ستضم جميع الأحزاب وسيكون لحزب الحرية والعدالة أقل عدد من الممثلين لتحقيق التوافق الوطني، مشيرا الى التزامه بوثيقة الأزهر الشريف- التي وقع عليها كل رؤساء الأحزاب والمرشد العام للإخوان المسلمين في وجود البابا شنودة- كمرجعية للجمعية التأسيسية من أجل بناء دولة مصرية ديمقراطية حديثة.


وجدد التزامه بتقديم الخدمات وتوفير الإمكانيات لرجال الشرطة والجيش المخلصين، وقال: "لن ينتقص حق أحد في المستقبل"، وأن صفة التخوين ليست من شيمة الشرطة أو الجيش برغم كل التجاوزات التي حدثت ، مؤكدا أنه ستكون هناك مشاركة حقيقية للأقباط في مؤسسة الرئاسة.
وأكد أن التظاهر السلمي من أساسيات حكمه، مشيرا إلى أن الشباب المصريين الذين يمثلون أكثر من ثلثي الشعب سيكونون ممثلين في مؤسسة الرئاسة لأنهم طاقة كبيرة للغاية في حمل الرسالة في المستقبل.


وأشار إلى أن حقوق المرأة جميعها مكفولة فلديها الحق في العمل والإنتاج في القطاع الخاص والعام وكل نواحي الحياة، نافيًا ما يتردد في الشارع المصري من أنه سيجبر النساء على ارتداء الحجاب، وقال: "هذه حقوق لها وحرية شخصية في اختيار زيها المناسب وفي اختيار عملها وزوجها ومعيشتها الخاصة دون تدخل من أحد".
وأكد حق المواطنين في العلاج والتعليم والمجاني والقضاء على جميع مشاكلهم، مضيفا أن الضمان الاجتماعي سيكون 400 جنيه كحد أدنى وكخطوة أولى، ووعد بزيادة أموال المعاشات، وأشار إلى أن وضع حد أدنى للمعاشات على رأس أولوياته، مشدد على أن لكل مصري حق سيأخذه دون المساس بحقوق الآخرين.


وعن حقوق ذوي الاحتياجات الخاصة، أكد الدكتور محمد مرسى مرشح حزب الحرية والعدالة أنه سيزيد نسبتهم في قانون العمل إلي 10 بالمائة وسيشاركون في جميع مجالات العمل.
وأكد أن السياحة مصدر هام من مصادر الدخل القومي المصري وتشكل قطاعا عريضا
من الشعب، مشددا على أنه سيعمل جاهدا على تنشيط السياحة وتقديم جميع أنواع الاستثمار بها والتي من شأنها توفير المزيد من فرص العمل للشباب فضلاً عن رفع مستوى معيشة المواطن.


وأوضح أنه سيقدم لرجال الإعلام الدعم اللازم من تشجيع الاستثمار الإنتاجي، لتحقيق نهضة صناعية وتجارية ترتقي بمستوى مصر بين دول العالم وتجعلها تزاحم الاقتصاديات العالمية التي بدأت معها أو بعدها وسبقتها.


وأكد أن ملف العلاقات الخارجية والريادة الإقليمية من أهم محاور برنامجه الانتخابي ومشروع النهضة، مشيرًا إلى أن العلاقات المصرية الخارجية ستشهد نقلة نوعية في تحسين العلاقات القائمة على الاحترام المتبادل والمصالح المشتركة، فضلاً عن أنه سيعمل جاهدًا على تحسين أوضاع المصريين بالخارج واستعادة كرامتهم وحقوقهم المهدرة.


ودعا المصريين في الخارج إلى الخروج للإدلاء بأصواتهم في جولة الإعادة، مقدمًا الشكر والعرفان لهم باختياره وحصوله على المركز الأول في تصويت المصريين بالخارج.

 

ahram

 

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28 mai 2012 1 28 /05 /mai /2012 07:16

Résultats officiels du premier tour de la présidentielle

 

Mohamed Morsi (islamiste) : 5 764 952 voix

Ahmed Chafiq (dernier Premier ministre du Moubarak) 5 053 327 voix

Hamdine Sobhi (la gauche) 4 820 0273 voix

Omar Moussa (ex chef de la diplomatie égyptienne puis Sécuritaire général de la Ligue arabe) 2 588 850 voix

 

Sur environ 50 millions d'inscrits, seuls 23 millions ont voté, soit environ 46%.


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جولة فاصلة بين مرسي وشفيق لحسم سباق الرئاسة المصرية


أعلنت اللجنة العليا للانتخابات الرئاسية في مصر رفض الطعون على الانتخابات وإجراء جولة إعادة فاصلة بين مرشح حزب الحرية والعدالة، المبنثق عن جماعة الأخوان المسلمين محمد مرسي وآخر رئيس وزراء في عهد نظام مبارك السابق الفريق أحمد شفيق.

وأعلن المستشار فاروق سلطان رئيس لجنة الانتخابات الرئاسية ورئيس المحكمة الدستورية العليا إن أيا من المرشحين لم يحقق نسبة الـ 50 في المائة اللازمة للفوز بالرئاسة.

وقال إن مرسي حصل على 5 ملايين و764952 صوتا . أما شفيق فقد حصل على تأييد 5 ملايين و505327 صوتا.

وحل المرشح اليساري حمدين صباحي في المرتبة الثالثة بحصوله على 4 أربعة ملايين و820273 صوتا. وحصل عمرو موسى على 2 مليون و 588850 صوتا.

ونفى سلطان، في مؤتمر صحفي، صحة ما تردد عن أن ما بين 600 و900 ألف من رجال الشرطة والجيش قد صوتوا في الانتخابات.

وأكد انه يجرى الآن تدقيق كشوف الناخبين لضمان تنقيتها من أي أشخاص لا يمكن لهم التصويت.

وفي شأن نسبة الإقبال، قال تقرير اللجنة الانتخابية النهائي إنها بلغت نسبة 42ر46 في المائة ، ما يعني مشاركة 23 مليون و672236 ناخبا من أصل 50 مليون و96746 ناخبا لهم حق التصويت.

وفيما يتعلق بالطعون، قال سلطان إن اللجنة تلقت سبعة طعون منذ انتهاء الجولة الأولى.

وأشار إلى أن أيا من هذه الطعون لايتعلق بالعملية الانتخابية.

وأكد رفض أربعة طعون قال إنها لا تتعلق بإبطال الانتخابات، مشيرا إلى رفض 3 طعون لتقديمها بعد الموعد القانوني.

وأقر سلطان بوجود بعض المخالفات التي قال إنها لا تبطل الانتخابات.

وضرب مثالا بوجود خطأ في حساب الأصوات في أحد دوائر محافظة المنوفية، ما أدى إلى إغفال 31655 صوتا. وأكد إضافة هذه الأصوات إلى كشوف النتيجة النهائية.

وكان ثلاثة عشر مرشحا قد خاضوا انتخابات الرئاسة.

وكانت حملات صباحي وموسى وأبو الفتوح قد قالت إن لديها أدلة على حدوث "مخالفات جسيمة" تطعن في شرعية الانتخابات على الأقل في بعض الدوائر.

قانون العزل

وقال أبوالفتوح في مؤتمر صحفي، قبيل إعلان لجنة الانتخابات، إنه تم إبعاد مندوبيه عن صناديق الاقتراع ورفض وجودهم بجوار اللجان.

وأضاف "حذرنا منذ أشهر من إدخال المال السياسي لشراء الأصوات واستغلال طيبة أهلنا وبساطتهم وهذه مسؤولية المجلس العسكري لكن لم يقم بها ورأينا جميعا المال السياسي".

وقال أبوالفتوح إنه لم يرفض في يوم من الأيام أي تعاون مع أي طرف وطني.

وعبر عن اعتقاده بأنه إذا قضت المحكمة الدستورية بدستورية قانون العزل فإن هذا يعني وجوب إعادة الانتخابات الرئاسية بكاملها.

ونقلت وكالة رويترز عن مصدر بحزب الحرية والعدالة، المنبثق عن جماعة الأخوان المسلمين، قوله إن الجماعة تعتقد ان تزويرا في عملية التصويت ساعد شفيق على الصعود الى المركز الثاني، لكنها قررت عدم الطعن على النتيجة خشية إبطال الانتخابات مما يعني إعادتها وهو ما قد يهدد فرص مرشحها ، محمد مرسي.

وأضاف المصدر، الذي طلب عدم نشر اسمه، أنه يعتقد ان هذا تصرف خاطيء لأنه يعني ان الاخوان أخفقوا في إظهار التضامن مع الأطراف الأخرى، ولن يكون لهم مصداقية إذا طعنوا في وقت لاحق على نتيجة الجولة الثانية.

وكان عدد من حركات شباب ثورة الخامس والعشرين من يناير قد أعلن سعيه للحيلولة دون فوز شفيق بالرئاسة.

وقال ممثلون لهذه الحركات إنهم سوف يطلبون ضمانات من الأخوان المسلمين لتأييد مرشحها. وأشاروا إلى أن الهدف هو التأكد من إنفراد الأخوان بالسلطة ولجنة تشكيل الدستور.

arabic/middleeas

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La bataille du second tour de la présidentielle est lancée

Des membres de l'équipe du candidat à la présidentielle égyptienne Ahmad Chafiq dans leur QG de campagne, le 25 mai 2012 au Caire

Des membres de l'équipe du candidat à la présidentielle égyptienne Ahmad Chafiq dans leur QG de campagne, le 25 mai 2012 au Caire (AFP)

Les deux finalistes de la présidentielle égyptienne, le Frère musulman Mohammed Morsi et le dernier Premier ministre de Hosni Moubarak, Ahmad Chafiq, ont cherché samedi à élargir leurs soutiens pour le second tour d'un scrutin qualifié d'"encourageant" par le Centre Carter.

Les deux hommes, qui se sont posés en défenseurs de la "révolution" face à une opinion très divisée, sont donnés en tête du premier tour qui s'est tenu mercredi et jeudi, sur la base de résultats quasi-complets. Les scores officiels ne doivent toutefois être proclamés que mardi.

Les Frères musulmans avaient convié les candidats éliminés à une réunion samedi après-midi afin de "sauver la révolution", mais les équipes de campagne de l'ancien chef de la Ligue arabe Amr Moussa, de l'islamiste modéré Abdel Moneim Aboul Foutouh et du candidat de gauche Hamdeen Sabbahi ont fait savoir que les trois hommes n'y participeraient pas.

Lors d'une conférence de presse samedi soir, Mohammed Morsi a appelé les Egyptiens à poursuivre les objectifs de la révolution. Il a aussi promis "d'être le président de tous les Egyptiens", alors qu'une partie des électeurs crait qu'il ne serve davantage les intérêts de la confrérie islamiste que ceux du pays.

- "Pas de retour en arrière" -

Vendredi soir, les Frères musulmans, qui ne s'étaient pourtant ralliés qu'avec hésitation à la contestation l'an dernier, ont lancé une virulente campagne contre Ahmad Chafiq, l'accusant de mettre la révolution "en danger".

Mais M. Chafiq s'est lui aussi placé samedi du côté de la "révolution". "Il n'y a pas de place pour un retour à l'ancien régime. L'Egypte a changé et on ne peut pas revenir en arrière", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse.

L'ancien Premier ministre, qui avait dû partir sous la pression de la rue en mars 2011, peu après la démission du président Moubarak, s'est directement adressé aux jeunes: "La révolution que vous avez provoquée vous a été confisquée, je me suis engagé et je m'engage à vous en rendre les fruits".

L'ancien chef d'état-major de l'armée de l'air a également tendu la main aux candidats éliminés.

M. Chafiq est soutenu par une grande partie de la communauté chrétienne copte (près de 10% de la population), anxieuse face à la montée de l'islamisme, et a fait campagne sur les thèmes de la sécurité et de la stabilité pour convaincre les nombreux Egyptiens inquiets de la crise économique et de la montée de la criminalité.

Il est en revanche très impopulaire chez les jeunes ayant initié la révolte qui l'accusent d'être le candidat des militaires, au pouvoir depuis la chute de M. Moubarak.

Selon les résultats provisoires communiqués par la confrérie et la presse, M. Morsi aurait recueilli environ 25% des voix, suivi de très près par M. Chafiq, crédité de quelque 24% des suffrages.

- Plainte pour "irrégularités" -

L'ancien président américain Jimmy Carter, à la tête du Centre qui porte son nom et qui se donne pour mission d'observer le déroulement d'élections dans le monde, a affirmé que le scrutin avait été "encourageant" en dépit de "contraintes" sans précédent imposées aux observateurs.

Il a précisé que la délégation du Centre n'avait pas été autorisée à observer le dépouillement dans les centres régionaux et n'avait donc "pas de moyen de certifier que l'ensemble du processus était convenable".

Mais en général "il n'y a pas eu de signe (...) montrant que la procédure ait favorisé un candidat en particulier", a-t-il ajouté.

Néanmoins, Hamdeen Sabbahi, arrivé troisième selon les résultats préliminaires, a annoncé samedi qu'il allait porter plainte auprès de la commission électorale pour des "irrégularités" qui pourraient selon lui affecter le résultat du premier tour.

"Il est de notre droit d'avoir des réponses à notre plainte. Nous serons au second tour si Dieu le veut", a-t-il déclaré à l'AFP.

Le duel Chafiq-Morsi, s'il était confirmé, placerait l'Egypte un an après la révolte face à deux candidats aux options radicalement différentes. "L'Egypte entre un cheikh et un général", résumait en Une le quotidien indépendant Al-Watan.

L'analyste indépendant Hicham Kassem a souligné qu'il s'agissait de "l'une des situations politiques les plus difficiles que l'Egypte ait jamais connue". "Nous faisons face au risque de maintenir le régime de Moubarak ou d'islamiser le pays", a-t-il déclaré à l'AFP.

Un militant en vue, Omar Kamel, exprimait le désarroi des "révolutionnaires" sur son blog: "Allons-nous livrer l'Egypte à un représentant de l'ancien régime (...) comme si la révolution n'avait pas eu lieu? Ou allons-nous satisfaire la soif de pouvoir des Frères musulmans?", qui contrôlent déjà le Parlement.

Les attributions du futur président, élu pour quatre ans, sont encore imprécises, l'ancienne Constitution ayant été suspendue et la rédaction de la nouvelle n'ayant même pas commencé en raison de blocages politiques. liberation

 

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Trois importants candidats à la présidentielle déposent des recours, dénonçant des fraudes

 

 

Trois importants candidats à la présidentielle égyptienne ont déposé des recours devant la commission électorale avant l'expiration du délai dimanche, dénonçant des irrégularités lors du premier tour.

Les 13 candidats en lice avaient jusqu'à ce dimanche pour déposer les recours après le premier tour organisé mercredi et jeudi dernier. D'après les résultats préliminaires partiels, le second tour des 16 et 17 juin prochains opposera le candidat des Frères musulmans Mohammed Morsi, qui serait arrivé en tête avec environ 25% des suffrages, et le dernier Premier ministre de l'ancien président Hosni Moubarak Ahmed Shafiq. Les résultats officiels du premier tour sont attendus lundi ou mardi.

Ahmed Shafiq, arrivé en seconde position selon les résultats préliminaires, a déposé un recours, expliquant que des votes en sa faveur n'avaient pas été comptabilisés dans une des provinces.

Le socialiste Hamdeen Sabahi, qui se veut le défenseur des pauvres, a réclamé de son côté un nouveau décompte partiel, après être arrivé troisième à 700.000 voix d'Ahmed Shafiq.

L'équipe de campagne d'Hamdeen Sabahi a fait savoir dimanche dans un communiqué avoir demandé à la Commission électorale que les résultats officiels ne soient pas proclamés avant que la validité de l'inscription des électeurs de cinq provinces n'ait été vérifiée.

Abdel-Moneim Abolfotoh, un islamiste modéré qui a terminé en quatrième position, a également déposé dimanche un recours. Son avocat a dit que son équipe de campagne disposait de preuve qu'on avait fait voter des électeurs décédés ou que des pots de vin avaient été versés en échange de suffrages.

D'une manière générale, le scrutin, convoqué après la démission en février 2011 de Hosni Moubarak sous la pression de la rue, a été considéré comme le plus libre et transparent organisé en Egypte depuis des décennies. tempsreel.nouvelobs

 

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مرسي وشفيق يكثفان جهودهما لكسب دعم القوي السياسية‏ ... و‏21‏ حزبا تطالب بحل جماعة الاخوان مقابل تأييد مرشح

 

 

كثفت حملتا المرشح الإخواني محمد مرسي‏,‏ والمستقل أحمد شفيق‏,‏ جهودهما أمس لاستقطاب أكبر عدد ممكن من الأحزاب والقوي السياسية إلي معسكريهما‏,‏ استعدادا لجولة الإعادة الفاصلة‏.

بينما أعلنت لجنة الانتخابات الرئاسية أنها تحتفظ بحق الإعلان عن النتائج النهائية لجولة الاقتراع الأولي دون غيرها, وهو ما قد يعلن خلال الساعات القليلة المقبلة.


وطالب حزب النور السلفي جماعة الإخوان بالعمل علي بلورة توافق وطني مع كل القوي السياسية, والقضاء علي مسببات الاحتقان معها, بهدف حماية ثورة يناير في المقام الأول, ودعا سيد مصطفي نائب رئيس الحزب مرشح الإخوان وحزب الحرية والعدالة محمد مرسي, إلي وضع تصور لشكل مؤسسة الرئاسة ومعاونيه ونوابه, وبرنامج عملهم, لضمان تحرك كل القوي السياسية معه واعتباره مرشح الثورة, وكان حزب النور قد أعلن دعمه رسميا لمرشح الإخوان, ويشغل النور ثاني أكبر كتلة من النواب في مجلس الشعب بعد الحرية والعدالة. وبالتزامن مع دعوة حزب النور, أعلن ياسر علي منسق حملة محمد مرسي, أن مرشح الرئاسة سوف يعقد اجتماعا خلال الساعات المقبلة مع القوي السياسية, لبحث تشكيل مؤسسة الرئاسة المنشودة, كما نفي المنسق ما رددته وسائل الإعلام عن تقديم جماعة الإخوان عرضا للمرشحين عبدالمنعم أبو الفتوح وحمدين صباحي, لتولي منصب نائب الرئيس في حالة فوز مرسي بالمنصب, وقال: إنهما رفضا المسألة من حيث المبدأ.


كما عقد رؤساء وممثلو21 حزبا سياسيا اجتماعا موسعا أمس في مقر حزب السلام الديمقراطي, طالبوا خلاله بحل جماعة الإخوان, وتشكيل مجلس رئاسي مدني من قيادات الثورة وشبابها, مقابل تأييد مرسي خلال جولة الإعادة, واشترطت هذه الأحزاب إصدار مشروع بقانون يتضمن المعايير والضوابط التي حددتها قبل جولة الإعادة, وفي المقابل, فتحت هذه الأحزاب الباب أمام تأييد شفيق, في حالة الالتزام بأهداف الثورة, وعدم استنساخ النظام القديم.


وطالب الدكتور عبدالمنعم أبوالفتوح المرشح الحاصل علي المركز الرابع اللجنة العليا للإنتخابات بعدم إجراء جولة الإعادة إلا بعد صدور حكم المحكمة الدستورية بشأن قانون العزل السياسي, موضحا أن هناك احتمالا جديا لبطلان نتائج الإنتخابات إذا صدر هذا الحكم, كما طالب المحكمة الدستورية بإصدار حكمها بسرعة. كما أقام محام دعوي قضائية مثيرة أمس ضد كل من رئيس اللجنة العليا, ورئيس المجلس الأعلي للقوات المسلحة, طالب فيها بصدور حكم قضائي يعطي الأحقية لحمدين صباحي في خوض انتخابات الإعادة. وأصدرت حملة صباحي بالإسكندرية بيانا أمس, أكدت فيه عدم تأييد أي من المرشحين خلال جولة الإعادة, وأوضح محمد عبده منسق الحملة بالإسكندرية, أن نتائج الاقتراع في الجولة الأولي مازالت غير نهائية.


وتسببت نتائج الاقتراع ـ غير الرسمية ـ في تصدع داخل حزب الوفد, فأعلن51 عضوا من الحزب في محافظة الدقهلية استقالتهم احتجاجا علي ما وصفوه بخيانة الوفد للمرشح المستقل عمرو موسي, ووصف المستقيلون موقف الحزب بأنه سكتة دماغية تجاه مرشح للرئاسة, أعلن الوفد عن تأييده قبل بدء التصويت, ووصف المستقيلون مواقف قيادات الحزب تجاه موسي بالخيانة. وتلقت اللجنة القضائية العليا لانتخابات الرئاسة طعونا من أربعة مرشحين هم: أحمد شفيق, وعمرو موسي, وحمدين صباحي, وعبدالمنعم أبو الفتوح.
ونفي المستشار عمر سلامة, عضو الأمانة العامة للجنة, ما بثته قنوات فضائية مساء أمس الأول بشأن تلقي

اللجنة بلاغا بتصويت900 ألف مجند خلال جولة الاقتراع الأولي

 

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25 mai 2012 5 25 /05 /mai /2012 06:36

Mise à jour 

Militaire contre « Frère », le choc redouté du second tour de la présidentielle égyptienne

 

Ce sera donc le "Frère" contre le militaire. Le second tour de la présidentielle égyptienne se jouera entre Mohammed Morsi, le candidat du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), la façade politique des Frères musulmans, et Ahmed Chafik, dernier premier ministre d'Hosni Moubarak et ancien général à la retraite. Prévu les 16 et 17 juin, ce deuxième tour s'annonce explosif : il va mettre aux prises les deux principales forces du pays de ces cinquante dernières années, les Frères musulmans et l'armée.

Les résultats officiels du premier tour ne sont pas attendus avant mardi. Mais voici, en nombre de voix et en pourcentage (sur une vingtaine de millions de suffrages exprimés puisque la participation a été de 50 %), l'ordre d'arrivée et le poids des principaux candidats. Attention, ces chiffres, compilés par nos soins de différentes sources n'ont rien de définitif :


- Mohammed Morsi : 5,5 millions de voix (27,5 %)

- Ahmed Chafik : 5,2 millions (26 %)

- Hamdin Sabahi : 4,7 millions (23,5 %)

- Abdel Moneim Aboul Foutouh : 3,9 millions (19,5 %)

- Amr Moussa : plus de 2 millions (plus de 10 %)

 

Le pire scénario


Pour beaucoup d'Egyptiens, le duel Morsi-Chafik est le pire possible : ils vont devoir choisir entre le partisan affiché d'un Etat islamique et le tenant sans complexe d'un retour à l'ordre ancien. Ahmed Khaïry, porte-parole du Parti des Egyptiens libres, résume cette confrontation à "un affrontement entre un islamo-fasciste et un militaro-fasciste".

 

La campagne, qui s'est jusqu'à présent déroulée sans incident, pourrait prendre un tour nettement plus conflictuel durant les trois semaines qui séparent du second tour. D'autant que le 2 juin est attendu le verdict dans le procès d'Hosni Moubarak, détenu dans un hôpital. Le parquet a requis la peine de mort, le jugeant personnellement responsable des tirs ayant provoqué la mort de près d'un millier de manifestants entre le 25 janvier et le 11 février 2011, jour de sa démission.

Handicaps surmontés

 

Ces résultats constituent une relative surprise au vu de la campagne et, surtout, des sondages. Chafik comme Morsi sont entrés dans la course quelques heures seulement avant la clôture des candidatures. Ils sont également entrés en campagne avec de gros handicaps : pour Ahmed Chafik, son image de "contre-révolutionnaire" et notamment sa nomination en pleine révolution par un raïs quasi déchu, deux jours seulement avant la fameuse bataille des chameaux ; du côté de Mohammed Morsi, son statut de remplaçant de Khaïrat Al-Chater, l'homme fort de la confrérie dont la candidature a été invalidée, ainsi que le piètre bilan des députés Frères musulmans depuis leur entrée au Parlement en janvier.

 

Une envie de positions tranchées

 

Chafik et Morsi ont tous deux largement contredit les sondages et les commentateurs, probablement parce qu'ils incarnent tous deux le mieux l'aspiration à l'ordre de la société égyptienne, un ordre religieux et social dans le cas des Frères et un ordre sécuritaire et économique dans celui du candidat de l'armée. La redoutable machine électorale des Frères musulmans a finalement eu raison du dissident Abdel Moneim Aboul Foutouh, qui tentait de concilier libéraux et islamistes, révolutionnaires et traditionalistes. Cette machine "frériste" a encore fait ses preuves vendredi en donnant avant même les autorités les résultats bureau de vote par bureau de vote. Quant à Ahmed Chafik, les électeurs l'ont préféré à Amr Moussa, probablement pour son passé militaire et sa réputation d'homme à poigne, tandis que le secrétaire général de la Ligue arabe et ex-ministre des affaires étrangères est resté trop flou, tentant de faire convaincre qu'il avait un pied dans la révolution et un pied dehors. Son effondrement est une surprise. Les électeurs égyptiens ont opté pour des discours clairs et tranchés.

 

La surprise Sabahi

 

C'est également le cas de l'autre grande surprise de ce premier tour : Hamdin Sabahi, qui arrive troisième et a même menacé un temps la deuxième place d'Ahmed Chafik. Issu de la gauche nassérienne, cet opposant historique inconnu du grand public il y a un an est arrivé en tête dans les grandes villes, qui ont été en pointe durant la révolution, au Caire et à Alexandrie. Il mène également dans les villes industrielles de Suez, à Port-Saïd, à Mehalla Al-Kobra, Damanhour. En revanche, sa faiblesse en Haute et Moyenne-Egypte constitue un handicap trop important. Reste à savoir si le ressort du vote Sabahi est plutôt social ou nationaliste. La question est importante en vue du second tour.

 

Reports et désistements

 

Ceux qui ne veulent à aucun prix de l'Etat islamique promis par les Frères musulmans se rallieront-ils à un homme qui brocardait les manifestants de la place Tahrir en pleine révolution en proposant de leur "distribuer des bonbons" ?

D'ores et déjà, les Frères musulmans ont cherché à gagner le vote des pro-révolution, qui s'est porté essentiellement sur le nassérien Sabahi mais aussi sur l'islamiste indépendant Aboul Foutouh, arrivé quatrième. Ce dernier a annoncé vendredi soir qu'il allait"commencer immédiatement un dialogue et des réunions avec toutes les forces nationales afin de rassembler nos efforts et nos votes et nous opposer au régime corrompu", une allusion transparente à Ahmed Chafik. La position de Sabahi, que son passé nassérien rend moins critique envers l'armée, risque d'être plus difficile.

 

Les trois semaines d'attente jusqu'au second tour s'annoncent passionnantes et mouvementées.

Christophe Ayad;  lemonde


 

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L’islamiste Morsi en tête devant Chafik, dernier Premier ministre de Moubarak


 

Selon des résultats quasi définitifs (97 % des bureaux de vote) mais non officiels, le second tour de la présidentielle égyptienne se dirige vers un duel entre Mohammed Morsi, le candidat des Frères musulmans, arrivé en tête, et le favori de l'armée Ahmed Chafik. Les islamistes salafistes et la gauche seraient distancés.

 

L'islamiste Mohammed Morsi en tête à l'issue du premier tour de la présidentielle égyptienne © Reuters Asmaa Waguih

 Ces résultats non officiels portant sur le dépouillement dans 12.800 des 13.100 bureaux de vote sont communiqués par l'un des responsables des Frères musulmans. A l'issue des deux jours de scrutin, Admed Morsi (confrérie islamiste des Frères musulmans) arriverait en tête avec près de 25 % des suffrages, devant le candidat favori de l'armée et dernier Premier ministre de Moubarak, Ahmed Chafik, 2 %.
Derrière eux, le dissdent de la confrérie Abdel Moneim Aboul Fotouh obtiendrait 20 % des voix, et le candidat de la gauche Hamdeen Sabahi 19 %.

Les résultats officiels du premier tour de la première présidentielle libre en Egypte doivent être proclamés la semaine prochaine. Le second tour se tiendra les 16 et 17 juin prochains.

Cette présidentielle égyptienne permettra de désigner le successeur d'Hosni Moubarak, renversé le 11 février 2011, parmi 12 candidats islamistes, laïcs, de gauche ou libéraux, partisans de la révolution ou anciens responsables du régime Moubarak.   franceinfo   

 

 

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Selon El Jazeera !

Après 56 % des résultats de la présidentielle, le candidat des frères musulmans, Mohamed_Morsi vient en premier rang suivi du dernier Premier ministre de Moubarak,  Ahmed_Chafik , avec une différence de 600 000 voix.

Abdel_Moneim_Aboul_Fotouh, ex-frériste ne vient qu’en troisième… Surprise !

Un deuxième tour est nécessaire .....


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Les Frères musulmans crient victoire

Les Frères musulmans ont affirmé vendredi que leur candidat Mohamed Morsi arrivait en tête des premiers résultats du premier tour de l'élection présidentielle en Egypte qui doit désigner le successeur d'Hosni Moubarak, renversé le 11 février 2011.

Alors que le décompte de la première élection présidentielle libre a commencé, la confrérie musulmane, qui base ses estimations sur un petit échantillon de résultats, a indiqué que Mohamed Morsi faisait la course en tête devant les onze autres candidats à la magistrature suprême.  europe1.

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23 mai 2012 3 23 /05 /mai /2012 07:23

Le vote a commencé en Égypte

Des Egyptiennes font la queue devant un bureau de vote du Caire, devant lequel un policier monte la garde, le 23 mai 2012.

Des Egyptiennes font la queue devant un bureau de vote du Caire, devant lequel un policier monte la garde, le 23 mai 2012. (Photo Amr Dalsh. Reuters)

 

Les bureaux de vote ont ouvert mercredi à 8 heures (heure locale et française) en Egypte pour la première élection présidentielle depuis la chute de Hosni Moubarak il y a 15 mois, selon des correspondants de l’AFP sur place.

Des files d'électeurs se sont formées devant plusieurs bureaux de vote au Caire avant leur ouverture. Ils doivent fermer leurs portes à 20 heures.

Le premier tour de ce scrutin se déroulera mercredi et jeudi. Un second tour est prévu les 16 et 17 juin faute d’une majorité absolue en faveur de l’un des douze candidats en lice à l’issue du premier.

Les principaux prétendants sont le candidat des Frères musulmans Mohammed Morsi, l’islamiste indépendant Abdel Moneim Aboul Foutouh, le dernier Premier ministre de M. Moubarak Ahmad Chafiq, l’ex-ministre des Affaires étrangères et ancien patron de la Ligue arabe Amr Moussa et le nationaliste arabe Hamdeen Sabbahi.

Le résultat du scrutin reste très incertain, en raison du grand nombre d’indécis et de la liberté de choix inédite qui s’offre aux électeurs.

«C’est un jour merveilleux pour l’Egypte. Si seulement ma mère et ma grand-mère étaient là pour voir ce jour et voter avec moi...», a déclaré Nehmedo Abdel Hadi, 46 ans, qui votait à l'école Omar Makram dans le quartier de Choubra dans le nord-est du Caire. «Quel que que soit le résultat, nous l’accepterons», a-t-elle dit.

Le Conseil militaire au pouvoir depuis la chute de Hosni Moubarak a appelé les Egyptiens à voter en masse, promettant un scrutin «100% transparent» et mettant en garde contre toute «violation».

Ce Conseil, très critiqué pour sa gestion de la période de transition émaillée de protestations et de violences, s’est engagé à remettre le pouvoir au nouveau président avant la fin juin. liberation

 

 

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Quel président pour l'Egypte ?

 

Un islamiste ? Un membre de l’ancien régime ? Les Egyptiens élisent aujourd'hui leur président. 

Un mur couvert d'affiches de campagne au Caire (Hasan Jamali/AP/SIPA)

 

Il semble loin le temps où les manifestants de la place Tahrir chantaient la démocratie, la liberté et la justice sociale. Près d’un an et demi après la révolution égyptienne, le premier tour de l’élection présidentielle, les 23 et 24 mai, est placé sous le signe du désenchantement et du conservatisme politique ou social.

Si, pour la première fois, le scrutin devrait être démocratique et porter un civil au pouvoir, tout laisse à penser que le prochain président de l'Egypte sera soit un membre de l'ancien régime soit un islamiste. Rien n'indique, en revanche, quelle sera sa marge de manœuvre : faute de consensus politique, le pays vit toujours sans Constitution, et les prérogatives présidentielles restent indéfinies. Les Egyptiens ne savent donc pas encore s'ils vont élire un homme fort ou un président fantoche.

Un "ex" du régime Moubarak favori

Crédité de 20 à 40% des intentions de vote dans les sondages, celui qui fut secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, 75 ans, est donné favori. Mais avant d'être ce diplomate consensuel apprécié de la communauté internationale, l'homme a été pendant dix ans le fidèle ministre des Affaires étrangères de Hosni Moubarak.

Et, s'il a clairement pris ses distances avec cette époque (1991-2001), nombreux sont ceux qui le soupçonnent de maintenir des liens avec les anciens du Parti national démocratique (PND), de l'ex-président, et d'être en sous-main l'homme des militaires, celui qui défendra au mieux leurs intérêts économiques, une fois que le Conseil suprême des Forces armées (CSFA) aura quitté le pouvoir.

Un dissident des Frères musulmans pour challenger

Face à lui, Abdel Moneim Aboul Foutouh fait figure de challenger. Ce dissident des Frères musulmans, connu pour ses positions libérales, son engagement révolutionnaire et sa critique sans relâche de l'armée au pouvoir, a réussi sa campagne. Au point d'éclipser le candidat de la confrérie, l'austère Mohamed Morsi, qui aura sans doute du mal à atteindre le second tour malgré l'assise territoriale des Frères.

Plusieurs membres de la confrérie se sont ralliés à Aboul Foutouh au cours de la campagne. Son pari est audacieux : rassembler toutes les forces révolutionnaires, des libéraux aux salafistes. Ces derniers lui ont publiquement apporté leur soutien. Sauf que le grand écart idéologique semble difficile à tenir : au fil de la campagne, le discours de l'islamiste modéré, parfois décrit comme "l’Erdogan égyptien", en référence au Premier ministre turc, n'a cessé de se durcir au point de lui aliéner certains libéraux.

Vendredi, au Caire, pour son dernier meeting, Aboul Foutouh a réuni sur une même tribune Wael Ghonim et Nader Bakkar. Le premier, cadre chez Google, est considéré comme l'un des initiateurs de la révolution égyptienne pour avoir créé la page Facebook où a été lancé l'appel à la grande manifestation du 25 janvier 2011.

Le deuxième est le jeune et dynamique porte-parole du parti salafiste Al-Nour, fondé au lendemain de la révolution. Au sein d'une coalition islamiste, Al-Nour a réuni près de 25% des voix aux législatives de cet hiver et s'est imposé comme une des forces majeures de la scène politique égyptienne.

Pourquoi les salafistes ont-ils opté pour l'islamiste modéré plutôt que pour le candidat des Frères, plus conservateur ? Nader Bakkar évoque l’idée d’un "consensus national avec des exigences minimales du point de vue de l'islamisme". Mais le calcul politique n'est pas étranger à ce choix des salafistes, qui trouvent là une nouvelle occasion d'affaiblir les Frères musulmans et de prouver que ceux-ci n'ont pas l'apanage de l'islamisme.

La surprise Ahmed Chafik ?

Troisième homme et possible surprise de cette élection, Ahmed Chafik, qui ne cesse de grimper dans les études d'opinion. Cet ancien de l'ère Moubarak a été général avant de devenir ministre de l'Aviation, puis éphémère Premier ministre du raïs. Poursuivi pour corruption, bête noire des révolutionnaires, il est néanmoins très apprécié chez les coptes, qui redoutent une victoire islamiste.

Les révolutionnaires en ordre dispersé

Quant aux révolutionnaires, c'est en ordre dispersé qu'ils abordent ce premier tour. Des quatre candidats en lice, le nassérien Hamdine Sabahi est le mieux placé mais ne devrait pas dépasser 10%. Ibrahim, la petite trentaine, reste néanmoins convaincu que l'avenir joue pour eux, qui ont jusque-là refusé tout compromis avec les islamistes et les militaires. Eux qui, désormais conscients de n’être qu'une élite marginale, viennent de créer un parti autour du diplomate Mohamed ElBaradei. "La révolution française a mis un siècle pour triompher, on ne peut pas tout changer en un an", sourit Ibrahim, qui sait déjà qu'il s'abstiendra le 16 juin pour le second tour.

Marwan Chahine; tempsreel.nouvelobs

 

 

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Un futur président sans constitution

 

Les Egyptiens sont appelés à voter mercredi et jeudi pour élire leur nouveau président, une première depuis la chute de l’ancien régime. Le Conseil supérieur des forces armées, actuellement aux rênes de l’exécutif, affirme partager avec la population égyptienne la volonté de mettre en place un gouvernement pérenne, mais sans constitution, l’incertitude reste entière. 
« C’est une situation extraordinaire » analyse Assia Boutaleb, maître de conférence en sciences politiques spécialisée sur le processus de légitimation dans le monde arabe. « Un président va être élu sans que l’on sache quels pouvoirs il va obtenir ». Ce décalage entre le temps électoral et le temps institutionnel est porteur d’« incertitudes énormes » sur l’avenir politique égyptien.   

Pour l’instant, c’est le conseil supérieur des forces armées, le CSFA, qui est aux commandes de l’exécutif. L’un de ses membres, le général Mohammed al-Assar, promettait début mai d’« assurer des élections 100 % honnêtes », et de se retirer dès le premier tour si un candidat l’emportait à la majorité absolue. Mais Assia Boutaleb reste septique, « le rôle futur de l’armée est une grande inconnue. Depuis 1952, elle ne s’est jamais retirée de la gestion du pays et à l’avenir, elle restera une force déterminante, ne serait-ce que dans la préservation de ses rôles économique et diplomatique ». 
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Mais le rôle de l’armée n’est pas forcément négatif. Pour Albert Tanios, président de l’association copte « pour la fondation France-Egypte » c’est elle qui maintient une certaine stabilité dans le pays.« L’armée doit rester, si elle s’en va, qui va tenir ? » s’interroge-t-il. Pour Albert Tanios, le Parlement issu des législatives de décembre dernier qui avaient donné les Frères musulmans grands vainqueurs n’a aucune légitimité. « Les Frères musulmans ont été élus parce qu’ils ont distribué de l’huile et du sucre à l’entrée des bureaux de vote ». Pour lui, « le Parlement égyptien a été bafoué, il y a eu énormément de tricheries et il ne représente pas tout le monde, ce qui doit être normalement le rôle du Parlement. » 

 
Retrouver une "routinisation du travail politique" 

Depuis la chute d’Hosni Moubarak, en février 2011, l’armée assure donc l’intérim du pouvoir a grand renforts de décrets, y compris pour l’établissement d’un code électoral. « Tout se fait au coup par coup, sans vision d’ensemble » décrit Assia Boutaleb, « les règles ne sont pas écrites, et tout le monde fait l’apprentissage du code électoral, au rythme de décrets ad-hoc ». A l’image des élections législatives, qui s’étaient déroulées en trois étapes sur deux mois, le premier tour de l’élection présidentielle va durer deux jours, tout comme le premier tour, les 16 et 17 juin. « Les grandes règles démocratiques ont été adaptées à la sauce égyptienne, explique la spécialiste, c’est à dire que le vote doit être supervisé par des juges. Ceux-là ne sont pas assez nombreux, c’est pour ça que les élections sont aussi longues ». 

C’est justement pour sortir de cette période de flou, marquée par des bricolages législatifs, que les égyptiens sont mobilisés. « Il y a un réel élan démocratique car le peuple égyptien souhaite le retour d’une "routinisation" du travail politique, les élections ont été très, très demandées. » affirme Assia Boutaleb. 
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Sur les treize candidats validés par la commission électorale égyptienne, tous ont à cœur le redressement du pays. Quatre personnalités se détachent du lot. Il y a d’abord les deux candidats qui se sont affrontés jeudi 10 mai dans un débat télévisé à l’américaine. L’islamiste indépendant Abdel Moneim Aboul Foutouh faisait face à l’ancien chef de la Ligue arabe Amr Moussa. Abdel Moneim Aboul Foutouh a commencé très tôt sa campagne, il faisait partie des Frères musulmans qui à l’époque ne souhaitaient pas présenter de candidat en leur nom, c’est donc leur candidat « dissident » contrairement à Mohammed Morsi, leur candidat officiel, sous la bannière du parti « justice et liberté ». 

Amr Moussa, lui, est un ancien ministre d’Hosni Moubarak, mais la distance qu’il a prise très tôt avec le régime ainsi que son expérience à la tête de la ligue arabe ont estompé son appartenance au régime. D’autant plus qu’un autre candidat, Ahmad Chafia, le dernier Premier ministre d’Hosni Moubarak, « est véritablement identifié à l’ancien régime, il focalise cette appartenance et Amr Moussa n’apparaît pas comme le candidat de l’ancien régime » explique Assia Boutaleb. 

D’autres candidats ont mené une campagne active mais avec beaucoup moins de moyens. Ils espèrent créer la surprise, en particulier le nationaliste arabe Hamdeen Sabbahi, ou encore l’islamiste Salim al-Awa ou le militant des droits sociaux Khaled Ali. 
Zoom:
La Révolution,"on nous l'a volée"  

Mais Albert Tanios reste sceptique sur cette offre démocratique. En tant que ressortissant étranger, il a déjà voté à l’ambassade à Paris, « j’ai voté d’abord parce que c’est un devoir, et ensuite, parce qu’il y a une lueur d’espoir. Mais je ne peux pas m’emballer en disant que c’est la vrai démocratie ». Albert Tanios pose un constat dramatique sur la situation égyptienne : « La Révolution a été avortée, massacrée. On nous l’a volée. » 

par Anna Ravix; tv5

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Aboul Fotouh, Dr Mystère au chevet de l'Égypte


Aboul Fotouh, Dr Mystère au chevet de l'Egypte
Au Caire, le 18 mai, Abdel Moneim Aboul Fotouh harangue la foule de ses adeptes devant un écran géant. A 60 ans, ce franc-tireur islamiste tente de séduire tous azimuts en vue de l'élection présidentielle en Egypte.

 

 

 

Candidat à la présidentielle des 23 et 24 mai, l'ex-médecin Aboul Fotouh croit détenir le remède miracle pour unir ses compatriotes, des salafistes aux libéraux. Qu'il y parvienne ou pas, ce Frère musulman en rupture de ban aura bousculé le paysage politique. 

 

Quand, dans le crépitement des feux de Bengale, il déboule à la nuit tombée sur la scène, face à une houle de drapeaux orange, Abdel Moneim Aboul Fotouh tombe la veste et desserre, le temps d'un salut à la foule, l'étreinte de sa cravate écarlate. Haute stature, cheveux blancs, barbe courte, lunettes fines et voix de baryton : en ce vendredi 18 mai, à cinq jours d'une élection présidentielle pluraliste - aventure inédite pour le pays le plus peuplé du monde arabe -, cet islamiste assagi aux allures de grand-oncle bienveillant fait escale au coeur du Caire.

 

S'il figure parmi les favoris, le médecin à la retraite, dissident de la puissante confrérie des Frères musulmans, reste à l'image de l'issue du scrutin : une énigme. Quinze mois après la débâcle de Hosni Moubarak, pharaon à bout de souffle, le discours mesuré et consensuel du Dr Aboul Fotouh, 60 ans, intrigue et séduit tous azimuts. Dans les rangs de ses disciples, le salafiste, adepte d'un islam rigoriste, coudoie le jeune insurgé laïque et branché de la place Tahrir, épicentre endeuillé de la révolution.


 A l'entrée d'un pont qui enjambe le Nil, au Caire, les partisans d'Aboul Fotouh rallient en cortège le théâtre de son grand meeting final, le 18 mai.

A l'entrée d'un pont qui enjambe le Nil, au Caire, les partisans d'Aboul Fotouh rallient en cortège le théâtre de son grand meeting final, le 18 mai.


Un interminable festival d'allégeances

 

Burqa, Gomina et pashmina. Côte à côte, au pied de l'estrade, vibrent à l'unisson une "soeur" drapée de noir de pied en cap et une beauté à la crinière auburn fardée comme une starlette. Le casting des orateurs et des invités alignés sur le podium dessine l'envers de la même médaille. Au fil d'un interminable festival d'allégeances, on verra défiler au micro un cheikh de la Gamaa Islamiya, mouvance islamiste radicale, un notable chrétien copte, un acteur fameux, un cinéaste, un chanteur adulé, la politologue féministe et marxisante Rabab al-Mahdi, prof à Yale et à l'université américaine du Caire, une ancienne icône du football égyptien et le cybermilitant Waël Ghonim, pionnier local de la rébellion 2.0. Avant cela, l'auditoire eut droit, par l'entremise d'un écran géant, à l'ode assourdissante et syncopée d'un rappeur à bonnet. 

 

 

Qu'il paraît loin, le temps où le jeune Abdel Moneim, alors carabin et chef de file de l'Union des étudiants islamiques, priait le guide suprême des "Frères" de proscrire la musique et le football, dérivatifs au mieux futiles, au pire sataniques...

A cette époque-là - les années 1970 -, le méritocrate bosseur menait la chasse aux impies, imposant la ségrégation hommes-femmes dans les amphis de la faculté de médecine, le port de la barbe aux uns et celui du hidjab aux autres. Issu d'une famille pieuse et démunie, élevé dans le culte des valeurs ancestrales de la vraie foi par un père modeste fonctionnaire et une mère illettrée, le leader en herbe faisait aussi le coup de poing sur les campus contre les gauchistes ou les nassériens, coupables de railler le Prophète et ses bigots.

L'heure de gloire sonne en février 1977 à la faveur d'une passe d'armes publique avec Anouar el-Sadate. Interloqué puis furieux, le successeur de Gamal Abdel Nasser doit subir la diatribe de cet insolent barbu qui lui reproche d'avoir bâillonné un imam révéré et de s'être entouré d'une bande de flagorneurs et d'hypocrites. 

 

Dans un ouvrage paru en janvier 2011 sous la plume de Hossam Tamam, universitaire décédé entre-temps, le "doktor" porte sur ses engagements passés un regard nostalgique mais lucide, quitte à ironiser sur les outrances et les errements tactiques qui l'ont jalonné. On y découvre comment Abdel Moneim tempéra son jusqu'au-boutisme au contact des figures de proue de la mouvance "frériste", soignées dans l'hôpital où il accomplissait son internat. Celui qui rejoindra la confrérie en 1975 évoque ensuite ses nombreux séjours en prison, sous Sadate comme sous Moubarak, pour appartenance à une organisation interdite ou atteinte à la sûreté de l'Etat.

 

C'est d'ailleurs derrière les barreaux qu'il croise cet autre médecin égyptien nommé Ayman al-Zawahiri, successeur d'Oussama ben Laden à la tête d'Al-Qaïda. Au détour de ce témoignage, le cofondateur de la Gamaa Islamiya relate aussi le schisme survenu à l'orée de la décennie 1980, prélude à la dérive armée d'une faction fanatisée. Un épisode que l'intéressé invoque dès qu'on lui fait grief d'avoir milité au sein d'un mouvement terroriste. 

 

 

Pour élargir son audience, Aboul Fotouh se devait d'ajouter au vécu carcéral et au brevet de piété religieuse deux atouts : la légitimité révolutionnaire et l'ouverture d'esprit. A la différence des felouls ("résidus") de l'ancien régime, tels l'ancien ministre des Affaires étrangères puis patron de la Ligue arabe Amr Moussa ou l'ex-général Ahmed Chafiq, ultime chef de gouvernement de l'ère Moubarak, lui peut se prévaloir d'avoir arpenté, dès le 25 janvier 2011, une place Tahrir en ébullition et d'y avoir planté, fort de son aura de président de l'Union des médecins égyptiens, des hôpitaux de toile. L'argument de la modération se révèle d'un maniement plus délicat, notamment depuis le ralliement de maints capitaines de la flottille salafiste, trop heureux de saper ainsi l'assise des Frères musulmans, rivaux en islamisme. 

Nul doute pourtant que c'est bien le réformisme d'Aboul Fotouh, un temps pressenti au fauteuil de guide de la confrérie, qui lui vaudra une disgrâce sans retour. Evincé du Bureau de la guidance - le comité exécutif de la confrérie - en décembre 2009, au détour d'une purge déclenchée par les gar- diens du dogme, il se voit exclu à l'été 2011, peu après l'annonce de sa candidature. Ce qui n'empêchera pas ses ex-compagnons, maîtres d'un Parlement sans réel pouvoir, de lancer dans l'arène Mohamed Morsi, apparatchik falot, reniant ainsi leur serment de ne pas briguer la présidence. Une certitude : le franc-tireur entraîne dans son sillage une cohorte de jeunes cadres en rupture de ban et garde d'influents alliés au sein de la galaxie "FM". En revanche, son entourage confesse l'inquiétude que lui inspirent deux écueils : le manque d'argent et les carences logistiques, patentes dans l'Egypte profonde, où perdurent la prééminence des loyautés tribales et l'influence des potentats locaux. Même affaiblis, les Frères peuvent à l'inverse miser sur un robuste enracinement social et caritatif comme sur leur savoir-faire en matière de mobilisation militante. 

 

"Promouvoir l'islam par la persuasion"

 

Maryam, elle, n'est nullement effleurée par le doute. Volontaire et "photographe officielle" au sein de l'équipe de campagne du sexagénaire, l'étudiante en communication de masse lui voue une confiance aveugle. "Jamais il ne sera l'otage de salafistes, auxquels rien n'a été promis, tranche cette jeune mariée coquette.

Mais pourquoi refuser les suffrages de ceux qui viennent de rafler près d'un quart des sièges aux législatives ? Je lui ai moi-même demandé si nous serions obligées de porter le voile, et il m'a répondu que non. Aboul Fotouh a pour dessein de promouvoir l'islam, mais par la persuasion, pas par la contrainte. Lui sent la souffrance des humbles - chômeurs, veuves ou handicapés ; il nous parle éducation, santé et culture."

Le 15 mai, dans l'enceinte d'un centre de conférence du quartier cossu d'Al-Nasr, son champion a réussi un prodige : se faire acclamer par une assemblée de femmes puis, à deux pas de là, par un auditoire acquis à la Dawa al-Salafiya, l'Appel salafiste. De fait, l'ex-généraliste, marié à une consoeur médecin et père de six enfants, prétend détenir le remède censé transcender les clivages et libérer la société égyptienne du mal qui la ronge, la "polarisation" des esprits.

 

Au prix de quelques paradoxes, dont celui-ci : son irruption élargit les lignes de faille parmi les héritiers de Hassan al-Banna, fondateur en 1928 de la confrérie des Ikhwan al-Muslimin, et nourrit d'âpres controverses au sein des couples et des familles. 

 

 

Chantre de l'Etat de droit et du respect des minorités, enclin à juger "désastreuse" la confusion entre la prédication et l'action politique, Aboul Fotouh aurait-il inventé le pâté d'alouette à la sauce cairote, soit un cheval d'islamisme pour une alouette de libéralisme ? Bichoi en est convaincu. Et ce copte de 24 ans se désole de voir tel notable chrétien, hier proche du défunt patriarche Chenouda III, épauler financièrement le prétendant d'Allah. "Cas isolé, Dieu merci, nuance le futur informaticien. Certains d'entre nous voteront pour un rescapé du régime déchu par peur du chaos. Et beaucoup - c'est mon cas - boycotteront un scrutin qui s'apparente à une farce téléguidée par la hiérarchie militaire. Je ne veux pas avoir à choisir entre un feloul corrompu et un fasciste islamiste." 

 

Maître du pays, le maréchal Hussein Tantaoui, patron du Conseil suprême des forces armées, s'engage comme il se doit à céder les commandes à l'élu du peuple, doté au demeurant, faute de Constitution, de prérogatives imprécises. Y compris s'il se nomme Aboul Fotouh ? Oui, bien sûr. Quoique plus incisif que ses concurrents en la matière, ce dernier sait qu'il devra transiger avec l'institution militaire, résolue à sauvegarder prébendes et privilèges - à commencer par ses ressources budgétaires et un immense empire économique qui s'étend du BTP à l'électronique grand public, en passant par l'hôtellerie. De même, l'armée exige une immunité de facto au profit des officiers et des soldats coupables d'assassinats ou d'actes de torture, ainsi qu'un droit de veto sur toute loi la concernant. Pas sûr enfin que le "doktor" serait en mesure de renvoyer, comme annoncé, vers la justice civile les Egyptiens déférés devant des tribunaux militaires. On en a dénombré 12 000 au long de l'année écoulée... 

 

Qu'il accède ou non au second tour, programmé les 16 et 17 juin, Abdel Moneim Aboul Fotouh aura bousculé un échiquier sclérosé. Voire, qui sait, fécondé l'embryon d'un islam politique pragmatique et moderniste. Le praticien retraité s'est choisi pour emblème le cheval. Mais nul ne sait encore si l'équidé est promis à un destin de fringant pur-sang ou de vieux canasson de retour.  

 

 

A Al-Mansoura, dans le delta du Nil, des volontaires en campagne aident un électeur dérouté à localiser son bureau de vote.

A Al-Mansoura, dans le delta du Nil, des volontaires en campagne aident un électeur dérouté à localiser son bureau de vote. Scott Nelson pour l'Express

 

Défricheur inspiré ou illusionniste ? Visionnaire ou caméléon ? Le patriarche ratisse large. Trop large. Les libéraux le voient plus libéral qu'il ne l'est, et les fondamentalistes le rêvent plus conservateur qu'il ne le dit. Bref, son atout maître constitue aussi son principal handicap. Motion de synthèse ambulante, Aboul Fotouh ne pourra, si d'aventure le sort des urnes lui est propice, satisfaire tous ses créanciers électoraux. "Plus il parle, moins je sais ce qu'il veut vraiment", soupire le chercheur Moaaz al-Zoughby, pourtant engagé à ses côtés. La fameuse formule s'acclimate fort bien au soleil des pyramides : on ne sort de l'ambiguïté qu'à ses dépens. Aux yeux du Frère émancipé, l'islam est un facteur d'unité nationale et la charia - pourvu qu'on l'applique avec retenue -, un fleuron du patrimoine culturel commun. Oui à la loi coranique, non à l'amputation de la main du voleur. Un musulman peut-il se convertir au christianisme ? Certes pas, même si le bon Dr Attrape-Tout réprouve le châtiment promis à l'apostat, la mort.  lexpress

 

 

 

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 Amr Moussa, la force tranquille

 

L’ancien diplomate, homme du consensus par excellence, est le seul candidat à avoir une petite chance d’être élu dès le premier tour de la présidentielle. Un succès qu’il doit notamment à son choix de s’appuyer sur les tribus

 

Des grandes toiles de coton multicolores ont été tendues autour de la scène, comme pour les mariages et les enterrements. Quelques centaines d’hommes, presque tous vêtus de la traditionnelle galabiya (robe masculine), attendent patiemment le héros du jour: Amr Moussa, l’ancien chef de la Ligue arabe, va arriver d’une minute à l’autre pour s’adresser aux habitants d’Arab El Aawida, un village au nord du Caire.


«Presque tout le monde ici appartient à la même tribu. Nous avons invité Amr Moussa à faire ce meeting parce que nous pensons qu’il est le plus capable parmi les candidats», explique Lotfy Samhan, l’un des cheikhs de la tribu locale. Lorsque l’ancien diplomate de 75 ans apparaît, la foule ne déborde pas d’enthousiasme, mais l’affaire semble entendue: tout le monde va voter pour Amr Moussa, le plus consensuel des candidats. C’est la consigne qu’ont donnée les chefs tribaux après s’être consultés.

Depuis un an et demi qu’il parcourt l’Egypte, Amr Moussa s’est beaucoup appuyé sur les tribus pour convaincre. Dans un pays où les appartenances tribales sont toujours très fortes, notamment en Haute-Egypte, c’est un parti pris stratégique. Amr Moussa, qui était déjà très populaire avant la révolution, semble aussi avoir une longueur d’avance sur ses concurrents parce qu’il a commencé à faire campagne avant tout le monde, au lendemain de la chute de Moubarak. Le Wafd, le vieux parti libéral, proche du pouvoir sous l’ancien régime, a mis ses réseaux locaux, toujours influents dans certaines régions, à sa disposition. Autre atout: son discours sur la sécurité et le retour à l’ordre. Alors que les soubresauts de la révolution ont provoqué une série d’affrontements meurtriers, beaucoup d’Egyptiens rêvent plus de stabilité et de reprise économique que de liberté.

Un handicap

Seule ombre au tableau: Amr Moussa, qui a été ministre des Affaires étrangères de Moubarak pendant dix ans, passe pour un feloul, c’est-à-dire un résidu du régime déchu, auprès d’une partie de la population. Mais beaucoup d’Egyptiens font cependant la différence avec Ahmed Chafiq, l’ancien commandant de l’armée de l’air qui est beaucoup plus clairement lié au clan Moubarak et aux généraux au pouvoir. L’ancien diplomate ne rate d’ailleurs pas une occasion de rappeler qu’il a tenté, quand il était ministre, de «réformer le régime de l’intérieur». Et Moussa bénéficie par ailleurs d’un vote anti-islamiste: certains Coptes et une bonne partie des libéraux l’ont choisi, par défaut, pour contrer Mohamed Morsi et Abdel Moneim Aboul Fotouh.

Nina Hubinetletemps

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22 mai 2012 2 22 /05 /mai /2012 07:29

Fin de la campagne pour la présidentielle de mercredi

La campagne pour la présidentielle égyptienne s'est officiellement achevée lundi, à deux jours du début du scrutin au cours duquel les électeurs sont appelés à choisir un successeur à Hosni Moubarak dans un climat d'ouverture démocratique autrefois inimaginable.

Conformément aux règles, la douzaine de candidats ne peut plus apparaître à la télévision, donner des entretiens à la presse ou mener une quelconque activité publique qui pourrait influencer les 50 millions électeurs potentiels avant le premier tour, prévu mercredi et jeudi.

Le ministère de l'Intérieur a annoncé un plan de sécurité massif pour assurer le bon déroulement de l'élection, notamment le transport des urnes vers les 351 centres de dépouillement du pays.

Un second tour est prévu les 16 et 17 juin au cas où aucun candidat n'obtiendrait la majorité absolue au premier.

L'ancien président américain Jimmy Carter, arrivé en Egypte à la tête d'une délégation du Centre Carter pour observer le déroulement des élections, a rencontré le chef du Parlement, Saad el-Katatni.

"L'Egypte est le théâtre d'une expérience démocratique sans précédent", a dit M. Katatni, membre de la puissante confrérie des Frères musulmans, cité par l'agence Mena. "Les Egyptiens accepteront le résultat des élections quel qu'il soit, tant qu'elles sont transparentes et représentent la volonté du peuple".

Selon les premiers résultats du vote des expatriés qui ont voté il y a quelques jours, le candidat des Frères musulmans, Mohammed Morsi, est arrivé en tête grâce au soutien massif de la communauté égyptienne en Arabie saoudite.

Il a recueilli 106.252 voix, devançant largement l'islamiste modéré Abdel Moneim Aboul Foutouh (77.499 suffrages). Le nationaliste arabe Hamdeen Sabbahi est arrivé en troisième position (44.727) devant l'ex-chef de la diplomatie Amr Moussa et l'ex-Premier ministre Ahmad Chafiq, issus de l'ancien régime.

Les candidats ont parcouru le pays en tous sens ces dernières semaines, multipliant les meetings, les débats publics et les conférences de presse pour chercher à convaincre les électeurs.

M. Morsi a lancé un avertissement contre toute tentative de "falsifier la volonté du peuple" comme du temps du régime de Hosni Moubarak, chassé du pouvoir en février 2011 par une révolte populaire.

L'armée, au pouvoir depuis son départ, avait promis un scrutin "100% honnête" et assuré ne soutenir aucun candidat en particulier.

Les Frères musulmans, première force politique du pays et grands vainqueurs des premières législatives post-Moubarak, espèrent pouvoir accéder désormais au pouvoir exécutif.

Leur campagne a toutefois été marquée par de nombreux faux pas et revirements qui ont brouillé leur image dans une partie de l'opinion.

M. Aboul Foutouh, exclu des Frères musulmans en 2011, leur fait une rude concurrence en ayant le soutien d'une partie de la confrérie, des fondamentalistes salafistes mais aussi de jeunes laïques.

MM. Moussa et Chafiq font campagne sur le thème du retour à la stabilité et à la croissance économique. Des promesses qui trouvent écho auprès de nombreux Egyptiens après une période de transition marquée par la crise et une insécurité accrue.

D'autres candidats ont mené une campagne active mais avec beaucoup moins de moyens et espèrent créer la surprise, en particulier le nationaliste arabe Hamdeen Sabbahi, ou encore l'islamiste Selim al-Awa et le militant des droits sociaux Khaled Ali.

La mouvance des "jeunes de la révolution", à la pointe du combat pour la démocratie, n'a pas de candidat propre et est divisée sur le choix de celui qui pourra porter ses valeurs à la magistrature suprême.

L'armée a promis de remettre le pouvoir aux civils avant fin juin, une fois le nouveau président élu. Mais de nombreux analystes s'attendent à ce qu'elle continue de maintenir ses privilèges et de jouer un rôle, même de manière plus discrète. la-croix

 

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Qui va gagner l'élection présidentielle?

Egypte: qui va gagner l'élection présidentielle?

LE CAIRE - La campagne pour la présidentielle égyptienne s'est officiellement achevée ce lundi, à deux jours du début du scrutin au cours duquel 50 millions d'électeurs sont appelés à choisir un successeur à Hosni Moubarak, dans un climat d'ouverture démocratique autrefois inimaginable.  afp.com

Les Egyptiens s'apprêtent à élire le successeur d'Hosni Moubarak lors de l'élection présidentielle dont le premier tour se déroule mercredi et jeudi. Le point sur les quatre favoris. 

Les Egyptiens pourront mercredi choisir pour la première fois leur chef de l'Etat librement. La campagne pour la présidentielle égyptienne s'est officiellement achevée ce lundi, à deux jours du début du scrutin au cours duquel les électeurs sont appelés à choisir un successeur à Hosni Moubarak. Ils sont officiellement 13 candidats à se présenter à cette élection, mais quatre se démarquent de leurs rivaux. 

Amr Moussa

Amr Moussa

REUTERS/Amr Abdallah Dalsh

 

Amr Moussa, le diplomate qui veut contrer les islamistes

Le camp laïque est représenté par l'ancien chef de la Ligue arabe Amr Moussa, 75 ans. Il se veut le garant d'une Egypte pluri-confessionnelle ouverte à la modernité. Face à la poussée des Frères musulmans et des fondamentalistes salafistes, qui contrôlent déjà le Parlement, il dénonce le risque de voir le pays servir de "champ d'expérimentation" aux adeptes de l'islam politique. Mais dans un pays très conservateur, il n'oublie pas de souligner qu'il est de confession musulmane, et assure faire ses cinq prières rituelles par jour. 

Son poste de ministre des Affaires étrangères d'Hosni Moubarak pendant dix ans -de 1991 à 2001- conforte sa stature d'homme d'expérience, mais l'expose aux critiques de ceux qui voient en lui un "vestige" de l'ancien régime. Pour y remédier, il rappelle à mots couverts sa rivalité avec le raïs déchu, que l'on disait jaloux du charisme de son diplomate-en-chef. Il met aussi en exergue ses années passées, de 2001 à 2011, à la tête de la Ligue arabe, où ses envolées à la tribune contre Israël n'ont fait qu'ajouter à sa popularité parmi les Egyptiens. Il ne fait pas mystère de son peu d'enthousiasme pour les accords israélo-égyptiens de camp David de 1979, mais promet ne pas remettre en cause la paix avec l'Etat hébreu. 

 

Aboul Foutouh, islamiste indépendant et rassembleur

 Abdel Moneim Aboul Foutouh

Abdel Moneim Aboul Foutouh

REUTERS/Asmaa Waguih

Curieux personnage que cet ancien haut dirigeant des Frères musulmans, qui obtient à la fois le soutien de salafistes comme de libéraux. Abdel Moneim Aboul Foutouh, médecin de 61 ans, a égalerment reçu le soutien du groupe radical Gamaa Islamiya, qui avait été impliqué dans l'assassinat du président Anouar al-Sadate. Son engagement au sein des frères musulmans lui a valu d'être emprisonné à plusieurs reprises sous l'ère Moubarak. Il a été exclu exclu de la confrérie au printemps 2011 après avoir annoncé sa volonté de se présenter à la présidentielle, alors que les Frères avaient annoncé qu'ils ne présenteraient pas de candidat. 

Il se présente comme le candidat de la révolution qui a renversé Hosni Moubarak en février 2011. Son image de rassembleur vient en partie du fait qu'il s'est entouré d'une équipe variée dont font notamment partie des marxistes, des féministes et des Coptes (chrétiens d'Egypte). 

Il est actuellement le président de l'Union médicale arabe, un groupe d'aide d'urgence, qui a envoyé de l'aide à Gaza, en Syrie et en Libye en temps de conflit. Aboul Foutouh a fait du droit à une couverture médicale et à l'éducation l'un des thèmes majeurs de sa campagne. 

 

Mohammed Morsi, "roue de secours" des Frères musulmans

Mohammed Morsi

Mohammed Morsi

REUTERS/Mohamed Abd El Ghany

Mohammed Morsi, candidat des Frères musulmans (parti de la liberté et de la justice), est un candidat par défaut. Il est surnommé la "roue de secours" depuis qu'il a remplacé au pied levé le premier choix de la puissante confrérie, Khaïrat al-Chater, invalidé en raison d'une vieille condamnation.  

Mohammed Morsi se présente comme le "seul candidat avec un programme islamiste", partisan d'un "projet de renaissance" fondé sur les principes de l'islam. Il souhaite des relations "plus équilibrées" avec Washington, et menace de revoir le traité de paix avec Israël si les Etats-Unis bloquent leur aide à l'Egypte. Pénalisé par une entrée tardive en campagne et un manque de charisme, Mohammed Morsi est donné éliminé dès le premier tour. 

Pour autant, il est arrivé ce lundi en tête du vote des expatriés grâce au soutien massif de la communauté égyptienne en Arabie saoudite, selon les premiers résultats publiés. 

 

Ahmad Chafic, un ancien de l'ère Moubarak

 Ahmad Chafic

Ahmad Chafic

REUTERS/Amr Abdallah Dalsh

Parmi le trio de tête des candidats figure Ahmad Chafic, 70 ans, pur produit du système politico-militaire égyptien. Dernier Premier ministre de Hosni Moubarak, il partait pourtant avec un lourd handicap après la révolte de 2011. Ce général qui fut chef d'état-major de l'armée de l'air a failli être disqualifié après l'adoption d'une loi interdisant aux plus hauts responsables de l'ère Moubarak -les "fouloul"- de se présenter à la présidentielle, avant d'être rétabli in extremis dans la course. Chafic espère séduire les Egyptiens lassés des soubresauts politiques et de la détérioration de l'économie, en faisant de la stabilité et de la lutte contre le crime son cheval de bataille. S'il était élu, il s'est dit prêt à nommer un vice-président islamiste, qu'il soit Frère musulman ou salafiste. 

Deux récents sondages, l'un commandé par un quotidien indépendant, l'autre effectué par un organe gouvernemental, l'ont donné en tête au premier tour. Mais ce classement provoque le scepticisme de nombreux observateurs, la méthodologie des sondages -un exercice nouveau en Egypte- étant jugée très incertaine.   lexpress

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