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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 04:32
 
 
 

 

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Les anti-Morsi encerclent le palais présidentiel

 

Des milliers de manifestants maintiennent la pression au Caire. Le président islamiste serait prêt à reporter le référendum sur la Constitution

 

Devant le palais présidentiel égyptien, le 7 décembre 2012. (Hassan Ammar/AP/SIPA)

 

Des milliers de manifestants étaient rassemblés vendredi 7 décembre dans la soirée au Caire autour du palais présidentiel gardé par l'armée, tandis que le pouvoir a fait savoir qu'il pourrait reporter le référendum sur un projet de Constitution qui divise profondément le pays.

Le président Mohamed Morsi "pourrait accepter de reporter le référendum" prévu le 15 décembre, a déclaré le vice-président Mahmoud Mekki, à condition que l'opposition ne se serve pas de ce report, contestable au vu du calendrier légal, pour saisir la justice.

Quelques instants auparavant, des manifestants ont franchi sans incident des barbelés déroulés près de la présidence, envahissant le périmètre de sécurité établi la veille par l'armée mais sans pouvoir entrer dans le complexe.

Certains ont tagué des graffitis sur les murs extérieurs du palais, situé dans le quartier d'Héliopolis, dans la banlieue du Caire, proclamant "Dégage" à l'encontre du président islamiste.

10.000 personnes aux abords du palais

Aucune violence n'avait toutefois lieu entre manifestants qui se sont répandus autour du site protégé par un mur d'enceinte et les forces de sécurité, malgré les fortes tensions de ces derniers jours dans ce quartier.

En début de soirée, plus de 10.000 personnes s'étaient rassemblées aux abords du palais. Des chars étaient stationnés à proximité mais les soldats n'ont fait aucun geste en direction des protestataires, dont certains sont montés sur les blindés pour fraterniser avec les militaires.

Des manifestants ont brocardé Mohamed Morsi comme étant un "mouton" inféodé aux Frères musulmans. D'autres ont scandé "A bas le pouvoir du guide", en référence à Mohammed Badie, guide suprême de la confrérie dont le président est issu.

Dans le même temps, 2.000 islamistes étaient rassemblés dans une mosquée à quelques kilomètres de là, scandant "Nous sommes tous avec le président" et "Morsi, nous t'aimons".

"Nous n'irons au palais présidentiel que s'ils (les anti-Morsi) cherchent à y entrer par la force", a déclaré un manifestant membre des Frères musulmans, Ayman al Sawwah.

"Vendredi du carton rouge"

Des manifestations hostiles au président ont aussi eu lieu sur la place Tahrir, dans le centre du Caire, à Hourghada, sur la mer Rouge, et à Qena (sud), selon des témoins. Alexandrie, la grande ville du nord du pays, était pour sa part le théâtre de rassemblements rivaux.

L'opposition avait intitulé cette journée "Vendredi du carton rouge" pour dénoncer le décret du 22 novembre par lequel le président Morsi a étendu ses pouvoirs et mis ses décisions à l'abri de tout recours en justice, ainsi que le projet de Constitution, accusé d'ouvrir la voie à une extension de la loi islamique et d'offrir peu de garanties pour les libertés.

Le vice-président Mekki a toutefois expliqué que Mohamed Morsi était prêt à envisager un report du référendum si l'opposition garantit qu'elle ne mettra pas en cause le chef de l'Etat au motif que le scrutin doit se tenir, selon la loi, deux semaines après la présentation du texte au président.

Signe supplémentaire d'un possible report global du référendum, le vote des Egyptiens de l'étranger, qui devait débuter samedi, a été reporté à mercredi.

L'opposition demande le report du référendum, et l'abandon du décret

Mohammed ElBaradei, l'une des figures de proue de l'opposition, a toutefois réaffirmé vendredi qu'un dialogue avec Mohamed Morsi restait conditionné au report du référendum constitutionnel mais aussi à l'abandon du décret du 22 novembre.

"Il peut faire cela immédiatement, cette nuit", a déclaré Mohammed ElBaradei, prix Nobel de la Paix et ancien chef de l'agence atomique de l'ONU, qui dirige le Front du salut national (FSN), principale coalition de l'opposition libérale et de gauche.

La persistance des tensions politiques fait craindre de nouvelles violences, après les heurts entre pro et anti-Morsi qui ont fait sept morts et des centaines de blessés dans la nuit de mercredi à jeudi près de la présidence.

Dans un discours au ton offensif jeudi soir, Mohamed Morsi avait maintenu son décret et le référendum, tout en appelant l'opposition à un dialogue samedi. "Nous respectons la liberté d'expression pacifique, mais nous ne laisserons jamais personne participer à des meurtres et à des actes de sabotage", avait-il martelé. tempsreel.nouvelobs

 

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"Nous ne serons pas pacifiques éternellement"

Les manifestants réclament l'abandon d'un décret par lequel Mohamed Morsi s'est octroyé les pleins pouvoirs.

 

 

La principale coalition d'opposition à Mohamed Morsi, le Front du salut national, est présidée par le Prix Nobel de la paix Mohamed El Baradei.

La principale coalition d'opposition à Mohamed Morsi, le Front du salut national, est présidée par le Prix Nobel de la paix Mohamed El Baradei. © STRINGER / AFP

 

 

Des milliers de personnes manifestaient vendredi après-midi au Caire contre le président islamiste Mohamed Morsi en assurant vouloir rester pacifiques, mais sans cacher être à bout de patience face à un chef de l'État accusé de faire revenir le pays à la dictature.

"Nous utiliserons tous les moyens pour faire tomber le régime", affirme Ahmed Dewedar, un jeune manifestant présent sur la place Tahrir, où un village de tentes abrite depuis deux semaines les anti-Morsi les plus déterminés. "Il n'y aura pas de stabilité tant que nos revendications ne seront pas satisfaites", poursuit-il sur ce site emblématique de la révolte populaire qui a provoqué la chute deHosni Moubarak en février 2011.

Un peu plus loin, une banderole proclame : "À bas, Adolf Morsi, à bas, le nouveau Hitler". Les manifestants réclament l'abandon d'un décret par lequel le président s'est octroyé le 22 novembre des prérogatives s'apparentant à des pleins pouvoirs, en plaçant en particulier ses décisions au-dessus de tout contrôle par la justice. La volonté de Mohamed Morsi, qu'il a réaffirmée jeudi soir, de soumettre le 15 décembre à un référendum un projet de Constitution très critiqué par l'opposition, n'a fait que doper la détermination de ses adversaires, qui dénoncent une volonté d'islamiser les institutions et de saper les libertés.

Un scénario à la libanaise

"Nous aurions pu envahir le palais présidentiel mercredi", affirme Mahmoud Ghazawi, 35 ans, en référence à la marche sur la présidence qui s'est achevée en affrontements de rue meurtriers avec les partisans du chef de l'État. "Nous ne resterons pas pacifiques éternellement", prévient-il, alors que des milliers d'opposants se rassemblaient de nouveau vendredi après-midi aux abords du palais désormais gardé par l'armée. La crise actuelle a aggravé la polarisation du pays entre islamistes d'un côté, forces libérales, de gauche et chrétiens de l'autre.

"Cela pourrait devenir un scénario à la libanaise", en référence à la guerre civile qui a ravagé le Liban de 1975 à 1990, affirme Mohammed al-Cheikh, 27 ans, partisan de l'une des figures de l'opposition, Mohammed El Baradei. "Ce qui se passe en Égypte est déjà une guerre civile", insiste un autre militant, qui demande à garder l'anonymat. "Morsi et les Frères musulmans ont divisé le peuple en cherchant à imposer leur Constitution nulle, malhonnête", ajoute-t-il.

"Il y aura de la violence, c'est sûr" (manifestant)

"Nous mourrons ici place Tahrir, de faim ou de maladie, au nom de nos martyrs", lance au mégaphone un imam de la prestigieuse institution théologique sunnite d'al-Azhar, qui a demandé à Mohamed Morsi de suspendre son décret sur ses pouvoirs élargis pour favoriser l'apaisement. D'autres manifestants en appellent désormais à l'armée, alors qu'il y a quelques mois encore la place Tahrir résonnait de slogans contre le pouvoir militaire de transition, qui a dirigé l'Égypte pendant 18 mois, entre la chute de Hosni Moubarak et l'élection en juin de Mohamed Morsi.

"Il y aura de la violence, c'est sûr, tous les bords veulent l'escalade. Mais quand l'armée viendra, ce sera la fin du président et des Frères musulmans, et nous pourrons avoir une nouvelle vie", estime Magdi Hossein, 50 ans. "L'armée a toujours été du côté du peuple", affirme-t-il. D'autres estiment que l'épreuve du pouvoir a fait fondre la popularité des Frères musulmans. "Aujourd'hui, Morsi ne représente pas plus de cinq millions de personnes sur 85 millions d'Égyptiens", assure Mahmoud Ghazawi. le point.fr

 

 

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Les opinons !

 
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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 04:28

Morsi répète que ses pouvoirs élargis sont temporaires

 

Mohamed Morsi, le candidat des Frères mulsulmans est devenu le président de l'Egypte. Le 24/06/2012

 

Le président égyptien Mohamed Morsi a réaffirmé jeudi que les pouvoirs élargis qu'il s'est attribués par décret étaient "temporaires" et qu'ils ne seraient plus valides après l'adoption de la Loi fondamentale, attendue dans les semaines à venir.

"C'est une étape exceptionnelle, nous sommes dans une phase de transition; et cette déclaration constitutionnelle est temporaire et va se terminer dès que le peuple approuve la nouvelle Constitution". En faisant cette déclaration, Mohamed Morsi, le président islamiste, se veut rassurant.

Dans une interview à la TV égyptienne, il faisait référence au décret du 22 novembre par lequel il a placé ses décisions et la commission constituante à l'abri de la justice, pour éviter notamment tout blocage du processus constitutionnel par des recours en justice.
 
La commission constituante égyptienne, dominée par les islamistes, a entamé jeudi le vote d'un projet de Loi fondamentale. En début de soirée, la moitié des 231 articles avait été adoptée. Le projet une fois voté sera transmis au président Morsi, qui doit le soumettre à référendum sous deux semaines. Ce vote d'un projet en panne depuis des semaines en raison de profondes divergences entre islamistes et non-islamistes, a été annoncé mercredi à la surprise générale, alors que le pays traverse une grave crise politique déclenchée par le renforcement des pouvoirs du président, accusé de se comporter en dictateur. 
 
De nouvelles manifestations sont attendues vendredi et samedi. Commentant les manifestations massives contre le décret renforçant ses pouvoirs, le président islamiste s'est réjoui du fait que le peuple réagisse de la sorte. "Tout cela est positif, le peuple exprime son opinion, dit ce qu'il pense, le climat est sain". "Je vois que l'opposition exprime ses idées et les partisans (du pouvoir) disent leur opinion et assument leurs responsabilités", a-t-il encore remarqué. Il a toutefois averti que des "partisans de l'ancien régime s'infiltrent dans les rangs des révolutionnaires", en référence aux affrontements ayant opposé ces derniers jours manifestants aux forces de police et qui ont fait trois morts et plusieurs centaines de blessés. http://lci.tf1.fr/monde

 

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Une constitution votée à la hâte et seulement en présence de la horde religieuse 

 

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Les Égyptiens ont un nouveau projet de Constitution 

L'Assemblée constituante le jour de l'adoption du projet de Constitution

L'Assemblée constituante le jour de l'adoption du projet de Constitution Photo :  AFP/GIANLUIGI GUERCIA

L'Assemblée constituante égyptienne a adopté le projet de Constitution. Le texte doit être validé par le président Mohamed Morsi et soumis à référendum dans un délai de 15 jours.

L'Assemblée constituante égyptienne a adopté le projet de Constitution. Le texte doit être validé par le président Mohamed Morsi et soumis à référendum dans un délai de 15 jours.

L'Assemblée constituante égyptienne a adopté jeudi les 234 articles du projet de Constitution qui doit être adopté par référendum. La séance du vote a été diffusée en direct à la télévision égyptienne.

L'Assemblée constituante élue durant la période de transition sous la gouvernance des militaires a été l'objet de controverse.

Les représentants des courants libéraux et coptes ont quitté cette assemblée, dominée les islamistes (Frères musulmans et salafistes), accusant les islamistes de vouloir rédiger une constitution qui ne tient pas compte de la diversité de la société égyptienne.

Initialement, l'adoption de ce projet devait avoir lieu dans deux mois. Les détracteurs de l'Assemblée constituante croient que l'adoption a été avancée de crainte que la Cour constitutionnelle décide la dissolution de l'Assemblée dimanche prochain.

En effet, la Cour doit se prononcer sur plusieurs recours qui réclament l'invalidation de l'élection de plusieurs membres de l'assemblée.

« Principes de la charia » et limitation des mandats présidentiels

Sur la question des « principes de la charia » comme source des lois, le projet de Constitution a maintenu le même article que la Constitution qui était en vigueur sous l'ancien régime. Le projet prévoit deux mandats de quatre ans pour le président de la République.

Le texte prévoit également une supervision par les civils de l'institution militaire, mais encore trop timide pour les détracteurs du projet. radio-canada

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Examen en toute hâte de la Constitution, en pleine crise politique

Photo AFP

La commission constituante égyptienne, dominée par les islamistes, devait entamer jeudi le vote sur un projet de Loi fondamentale, une démarche surprise au moment où l'Egypte connaît sa pire crise depuis l'élection du président Mohamed Morsi.

Le vote "va commencer aujourd'hui (jeudi)" après le règlement de toutes les questions en suspens, a déclaré à l'AFP Essam el-Erian, un conseiller de M. Morsi et un des dirigeants du mouvement des Frères musulmans, dont est issu le chef de l'Etat.

Une fois adopté, le texte doit être envoyé à M. Morsi, qui doit organiser sous deux semaines un référendum pour le ratifier.

Le dirigeant de la commission, Ahmed Darrag, avait annoncé mercredi après-midi, à la surprise générale, que la version finale du projet de texte devait être achevée mercredi dans la journée.

La complexe procédure de vote article par article, sur deux tours, n'avait toutefois pas commencé en fin de matinée, et le projet devant être soumis au vote pas encore été diffusé.

La future loi fondamentale est au centre d'un bras de fer entre les islamistes d'un côté et l'opposition laïque et libérale ainsi que les églises chrétiennes (coptes) d'Egypte de l'autre, qui boycottent la commission constituante.

Son adoption expéditive pourrait permettre à M. Morsi de mettre rapidement derrière lui ce dossier épineux, mais pourrait aussi provoquer un regain de colère de la part de ses opposants.

La controverse porte en particulier sur la place de la charia, la loi islamique, dans la législation égyptienne, la place de la femme et certaines libertés publiques.

Cette constitution doit remplacer celle en vigueur sous Hosni Moubarak, renversé en février 2011 sous la pression d'une révolte populaire, qui avait été abrogée peu après sa chute.

La commission avait jusqu'à la mi-février pour achever ses travaux, et la décision de passer au vote jeudi apparaît comme une volonté de hâter un processus enlisé depuis des mois.

Climat de fronde chez les magistrats

La controverse sur la constitution se double depuis une semaine d'une grave crise politique, provoquée par la décision de M. Morsi de se doter par décret de pouvoirs exceptionnels.

Le décret empêche notamment la Cour constitutionnelle de dissoudre la commission constituante comme le demande l'opposition.

Les pouvoirs renforcés de M. Morsi, dont il a promis qu'ils ne seraient que "temporaires", doivent en principe s'arrêter une fois la nouvelle loi fondamentale adoptée.

Le président devrait prendre la parole à la télévision dans la journée pour expliquer sa politique, selon le journal gouvernemental Al-Ahram.

L'Egypte est secouée depuis plusieurs jours par de nombreuses manifestations, assorties parfois de violences qui ont fait trois morts et plusieurs centaines de blessés.

Certains opposants appellent à une nouvelle manifestation anti-Morsi vendredi place Tahrir au Caire, après le grand rassemblement de mardi dernier.

Les islamistes quant à eux appellent à des manifestations de soutien au président samedi.

Un climat de fronde, avec appels à la grève, règne aussi au sein de la magistrature égyptienne, à qui le décret de M. Morsi interdit d'examiner les recours contre les décisions présidentielles.

Les partisans du chef de l'Etat assurent que ses pouvoirs renforcés visent à sortir de l'ornière un processus de transition démocratique toujours chaotique près de deux ans après la chute de M. Moubarak.

"Nous apprenons. Nous apprenons à être libres. Nous n'avons jamais connu ça avant. Nous apprenons à débattre. A avoir des avis différents. A devenir une majorité ou une minorité", a affirmé M. Morsi dans l'hebdomaire américain Time Magazine.

Il a récusé l'accusation d'être un "nouveau pharaon", lancée par ses adversaires qui dénoncent une dérive "dictatoriale" du pouvoir. lavoixdunord

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26 novembre 2012 1 26 /11 /novembre /2012 04:34

 

 

 

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Juges en grève à Alexandrie, appel islamiste à soutenir Morsi

Photo AFP

Les tribunaux d'Alexandrie étaient en grève dimanche et ceux des autres provinces d'Egypte attendaient une décision de leur direction sur ce mouvement de protestation contre le président Mohamed Morsi, dont les partisans islamistes appelaient à des manifestations de soutien.

Il s'agit de la première crise majeure en Egypte depuis l'arrivée au pouvoir en juin de M. Morsi, le premier président islamiste et civil du pays élu seize mois après le renversement en février 2011 du président autocratique Hosni Moubarak par une révolte populaire.

Le camp de M. Morsi assure que le renforcement de ses pouvoirs permettra d'accélérer les réformes démocratiques et rappelle que ces nouvelles dispositions prendront fin dès qu'une nouvelle Constitution aura été adoptée, même si le processus est aujourd'hui enlisé.

Ses détracteurs l'accusent de se comporter, comme son prédécesseur, en "pharaon" et de mettre en péril l'indépendance du pouvoir judiciaire et les acquis de la révolution, ses décisions étant désormais à l'abri de recours devant la justice selon la "déclaration constitutionnelle" annoncée jeudi.

Ebranlée par cette crise qui divise le pays, la Bourse du Caire perdait à la mi-journée plus de 9,49%, avec le principal indice, l'EGX-30 à 4.923,19 points.

Prenant la tête du mouvement de contestation, le Club des juges a dénoncé samedi une "attaque sans précédent contre les jugements du pouvoir judiciaire" et a appelé à une grève des tribunaux dans tout le pays.

Selon le juge Issam al-Tobgi, les "assemblées générales" des tribunaux dans chacune des 27 provinces, à l'exception de celles d'Alexandrie et Beheira (nord) qui ont déjà annoncé un arrêt de travail, ont entamé des réunions pour décider de suivre ou non l'appel à la grève.

M. Tobgi a expliqué à l'AFP que le résultat dépendrait "de l'allégeance ou non des membres de ces assemblées au ministre de la Justice" nommé par M. Morsi.

A Alexandrie, les tribunaux ont cessé le travail à l'appel des juges de cette deuxième ville du pays, qui ont exigé "l'annulation" de la "déclaration constitutionnelle". Dans la province proche de Beheira, les tribunaux se sont aussi mis en grève ouverte.

"Appuyer les décisions du président"

En revanche, les Frères musulmans, la puissante confrérie dont est issu le président, ont appelé à des manifestations dans l'après-midi dans l'ensemble des provinces en soutien à M. Morsi.

Dans un communiqué, ils ont demandé aux Egyptiens de se rassembler à la sortie des mosquées après la prière, pour "appuyer les décisions du président".

Ils ont aussi appelé à une manifestation massive mardi sur la place Midane au Caire, près de la place Tahrir où les opposants au président prévoient aussi une grande manifestation le même jour.

Dans l'immédiat, le sit-in de protestation entamé vendredi soir se poursuivait dimanche sur la place Tahrir, où une trentaine de tentes ont été érigées, pour protester contre les nouveaux pouvoirs du président.

Avant l'aube, des fauteurs de troubles ont tenté d'incendier les tentes mais ils ont été repoussés par des personnes qui montaient la garde, selon des témoins. La circulation était toujours interdite sur cet important axe routier de la capitale.

Dans la grande rue Qasr al-Eini, adjacente de la place et où des heurts ont souvent lieu, les forces de sécurité ont commencé à construire un "mur" pour empêcher les protestataires de s'approcher des bâtiments officiels et éviter les affrontements, ont précisé les témoins.

Dans la nuit, les forces de l'ordre ont procédé à de nombreuses arrestations dans les rues proches de la place Tahrir, et un petit nombre de manifestants se trouvaient dimanche matin aux abords de la place, lançant par intermittence des pierres sur les policiers, selon les mêmes sources.

Les Etats-Unis et l'Europe ont exprimé leur inquiétude après la décision de M. Morsi, qui cumulait déjà pouvoir exécutif et législatif, l'Assemblée ayant été dissoute avant son élection.

Dans un message publié sur son site internet, l'ambassade des Etats-Unis a demandé à ses employés d'éviter autant que possible le métro du Caire jusqu'à nouvel ordre et à ses ressortissants de s'abstenir de se rendre dans les lieux de rassemblements qui, même pacifiques, peuvent dégénérer. lavoixdunord.fr


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Face à Morsi, unité des chrétiens

 L’Égypte vit de nouveau de très fortes tensions vis-à-vis de son président. Ce n’est plus Moubarak, mais Morsi qui crée le problème. S’étant octroyé par décret des pouvoirs "de pharaons". Proche des islamistes, Morsi inquiète toute une frange de la population et celle-ci, avec l’Église s’oppose à sa toute puissance...

 

''Nous allons nous coordonner et nous nous consulterons par rapport à la situation extraordinaire que nous vivons dans notre pays''. C’est par ces propos à Radinrue.com que le Patriarche d’Alexandrie l’évêque Cyryl William a commenté la situation inquiétante qui touche l’Égypte depuis quelques jours. Lui, comme de n,ombreux égyptiens s’inquiètent de plus en plus de sentir naître une nouvelle dictature dans le pays, mais cette fois islamique.

Le 27 novembre, une délégation de l’Église Catholique égyptienne va rencontrer le nouveau patriarche orthodoxe copte Teodore II. Ensemble ils devraient discuter de la situation politique du pays.

La semaine à venir, sera de nouveau très tendue en Égypte. La décision du président Mohamed Morsi de s’arroger des pouvoirs étendus, a semé le trouble au niveau des magistrats, de l’opposition et des chrétiens.

Les manifestations qui se sont déployées dans le pays depuis vendredi ont été très violente. Ainsi ont déplore parmi les contestataires de Mohamed Morsi plusieurs centaines de blessés. Morsi s’est octroyé plus de pouvoirs, alors que personne ne s’y attendait, et pour se protéger à fait voter l’immunité de sa personne vis-à-vis de la justice de son pays.

Dès lundi les pro-Morsi, et les anti vont manifester, parfois face à face. Dès dimanche après midi les frères musulmans ont envahis, avec leurs partisans, les rues de la capitale.

Mardi, ce sera sans aucun doute, au delà de l’affrontement, la confrontation. Ceux qui dénomment désormais Morsi de “nouveau Pharaon d’Égypte” vont descendre par milliers dans les rues. Déjà "on se prépare dans les hôpitaux" nous informe un médecin de la capitale.

L’après Moubarak laisse l’Égypte dans une situation politique très instable, et les égyptiens, fatigués par cet état de fait n’en peuvent plus de voir s’affronter les différents camps. Beaucoup se demandent, à l’instar, de Farid M. 25 ans : « Est-ce que cela valait le coup de renverser Moubarak et de devoir désormais subir les frères musulmans. Je ne crois pas ! »

Dimanche, la Bourse du Caire a plongé de près de dix pour cent au premier jour de sa réouverture après la publication, jeudi soir, du décret Morsi qui a pris les Egyptiens par surprise. Jamais les valeurs n’avaient accusé une telle baisse depuis la "révolution du Nil" qui a abouti en février 2011 à la chute d’Hosni Moubarak.

Place Tahir, les manifestants n’en démordent pas : "Le décret de Morsi" c’est une route directe vers une dictature. C’est, de manière largement majoritaire, dans l’esprit des gens, un attentat à la démocratie naissante. Les égyptiens déplorent de ne pas "être assez mûr à entrer dans un schémas de liberté", ajoute Farid. Ses propos sont illustrés par les faits, des centaines d’égyptiens manifestent leur désarroi dans les plus grandes villes du pays.

„Les défenseurs de Morsi, estiment que le décret est un moyen de défendre les atouts de la révolution, d’autres par contre parlent de tendances à la dictature et estiment que Morsi se prend pour le nouveau pharaon”. souligen Monseigneur Cyryl William.

face à la grogne qui croît, Mohamed Morsi a tenté l’apaisement ce dimanche soir. Il s’est déclaré prêt à dialoguer avec "l’ensemble des forces politiques" en soulignant le caractère "provisoire" du décret contesté qui lui octroi d’immenses pouvoirs. "Cette déclaration est jugée nécessaire pour que ceux qui se sont rendus coupables de corruption ou d’autres crimes sous l’ancien régime et la période de transition puissent rendre des comptes", a ajouté le chef de l’Etat.

Pour lui, le texte n’a pas pour objectif de "concentrer les pouvoirs", mais au contraire de les déléguer et également d’éviter une politisation de l’appareil judiciaire. radinrue

 

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 Les journalistes appellent à une grève générale

Les journalistes ont voté pour la grève à l'occasion d'une réunion d'urgence de leur syndicat, mais n'ont pas encore défini de date, ont indiqué des participants à l'AFP. 

Une commission constituante largement dominée par les islamistes est en train de rédiger la nouvelle loi fondamentale du pays, très critiquée notamment parce que des versions provisoires du texte laissent craindre que les droits fondamentaux ne seront pas protégés. 

Au début de la réunion, des heurts avaient opposé des partisans et des opposants du président islamiste Mohamed Morsi. 

Les partisans du président ont affirmé qu'un trop petit nombre de personnes étaient présentes pour que la réunion ait lieu, s'appuyant sur les statuts du syndicat, ce qui a déclenché un débat passionné sur les détails techniques de cette réunion, qui a dégénéré en bagarre. 

"Le peuple veut la chute de Mohamed Morsi" ont scandé certains journalistes, tandis que le pugilat continuait sur l'estrade, empêchant les animateurs de la réunion de se faire entendre. 

Le décret émis le 22 novembre par M. Morsi, qui place ses décisions au-dessus de la loi, a déclenché une levée de bouclier dans l'appareil judiciaire et parmi l'opposition, qui a mis de côté ses profondes divisions pour se mobiliser contre cette décision. 

Les juges des tribunaux d'Alexandrie, deuxième ville d'Egypte, ont cessé le travail pour protester contre ce qu'ils considèrent comme une attaque contre l'indépendance du pouvoir judiciaire. Les partisans du président devaient quand à eux manifester dimanche à l'appel des puissants Frères musulmans. france24

 

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« Protéger la révolution » ?

Après un premier « succès » sur la scène internationale, en tant que médiateur entre le Hamas et Israël qui a abouti à un cessez-le-feu le 22 novembre 2012, le Président Egyptien Morsi renforce son pouvoir interne au détriment de l’état de droit, et notamment de l’indépendance du pouvoir judiciaire. Il entend « protéger la révolution ». Mais n’est-ce pas un prétexte bien pratique ?

Le Président islamiste a publié hier une déclaration constitutionnelle très controversée qui vise, selon son porte-parole M. Yasser Ali, à abolir les structures de l’ancien régime, éradiquer la corruption et purger les institutions nationales. Il a ainsi décidé de rouvrir les enquêtes et procès pour juger à nouveau les personnes accusées de crimes contre les révolutionnaires commis sous l’ancien régime et d’allouer des indemnités aux blessés de la révolution.

Mais en réalité, si M. Morsi se fait passer pour le protecteur de la révolution par quelques décisions attendues par les révolutionnaires, c’est pour mieux remettre en cause les objectifs mêmes de la révolution.

Il s’octroie en effet les pleins pouvoirs en décidant que toutes les déclarations constitutionnelles, décisions et lois émises par le président depuis son entrée en fonction le 30 juin 2012, et jusqu’à la promulgation de la nouvelle constitution et l’élection d’un nouveau parlement, sont définitives et ne peuvent pas faire l’objet d’un appel, mettant également fin à tous les recours contre ces décisions devant la justice.

Pire encore, toujours pour « protéger la révolution », le Président Morsi se réserve le droit de prendre des « mesures nécessaires ». C’est naturellement le Président lui-même qui décidera si tel ou tel acte constitue une menace pour la révolution. Pourrait-il aller jusqu’à la déclaration d’un nouvel état d’urgence au nom même de la révolution – elle-même en partie née d’une opposition à cet état d’urgence imposé depuis des années par M. Moubarak ?

Cette déclaration limite largement le pouvoir judiciaire. Le Président s’accorde le droit de nommer le procureur général par décret pour un mandat de quatre ans. Il a ainsi démis le Procureur général actuel Abdel Maguid Mahmoud pour le remplacer par Abdallah Talaat. Il s’agit d’une ingérence de l’exécutif dans le pouvoir judiciaire. Cette déclaration viole la loi organisant le pouvoir judiciaire aux termes de laquelle le Président de la République ne peut s’immiscer dans le travail du procureur général, ni le démettre ni le transférer à un autre poste.

La nouvelle déclaration interdit au pouvoir judiciaire de dissoudre l’Assemblée constituante chargée de rédiger la constitution, qui a largement perdu sa légitimité et dont l’existence même était menacée après le retrait des représentants de plusieurs mouvements et partis politiques dont ceux du parti El wafd, ainsi que les représentants des églises égyptiennes, et la suspension de la participation de 25 membres du Mouvement pour un État Civil. Un tribunal égyptien avait d’ailleurs soumis, le 23 octobre 2012, le sort de cette Assemblée au Conseil constitutionnel égyptien. En empêchant la mise en cause même de cette Assemblée constituante, le Président Morsi et son parti vont ainsi s’offrir une constitution sur mesure.

Le pouvoir judicaire perçoit à juste titre cette déclaration comme une ingérence du pouvoir exécutif. Le Président du club des magistrats d’Egypte, le conseiller Ahmad Al Zand, dénonce une violation de l’état de droit et du principe de séparation des pouvoirs. Des magistrats égyptiens menacent de démissionner si cette déclaration n’est pas retirée.

La rhétorique de la « protection de la Révolution » n’est pas nouvelle. L’histoire, de Robespierre à Castro, nous enseigne que ceux qui s’approprient la « Révolution » sont généralement les pires ennemis de la liberté visée par la révolution. Comme le concept de « Volonté du Peuple », celui de « Révolution » est un fourre-tout qui peut permettre de justifier l’oppression au nom d’une cause dite supérieure et sensée offrir la libération. Le parallèle avec certains religieux, qui disent servir Dieu alors qu’en réalité ils se servent de Dieu, est plus qu’approprié dans le cas d’espèce puisque le parti de M. Morsi adopte la même stratégie de « capture » en matière de religion.

La triste ironie de l’histoire est ici que ceux qui ont initié la « Révolution » en Égypte étaient des jeunes épris de liberté et de démocratie, et non les Frères musulmans, qui étaient restés d’abord en retrait des mouvements de contestation de l’ordre de M. Moubarak. Les démocrates libéraux égyptiens se sont bel et bien fait voler leur révolution. Nadine Abdallah  afrik.com

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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 04:58
 

 

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Les juges s'élèvent contre le coup de force de Morsi

A Alexandrie les juges entament une grève ouverte pour protester contre le président égyptien, qui a renforcé ses pouvoirs.

La colère ne retombe pas en Egypte samedi 24 novembre, après que le président Mohamed Morsi a renforcé ses pouvoirs. (Mostafa El Shemy/AP/SIPA)

La colère ne retombe pas en Egypte samedi 24 novembre, après que le président Mohamed Morsi a renforcé ses pouvoirs. (Mostafa El Shemy/AP/SIPA)

 

La plus haute autorité judiciaire d'Egypte a dénoncé samedi 24 novembre les nouvelles prérogatives du président islamiste Mohamed Morsi qui mettent ses décisions à l'abri de recours devant la justice, alors que les juges d'Alexandrie ont proclamé une grève ouverte. Au Caire, les manifestations se poursuivent place Tahrir.

 

La "déclaration constitutionnelle" annoncée jeudi par la présidence "est une attaque sans précédent contre l'indépendance du pouvoir judiciaire et ses jugements", a déclaré le Conseil suprême de la justice à l'issue d'une réunion d'urgence.

Pour sa part, le Club des juges d'Alexandrie, la deuxième ville du pays, ont annoncé une grève ouverte pour dénoncer cette déclaration par laquelle Mohamed Morsi a renforcé considérablement ses pouvoirs.

« Le Club des juges d'Alexandrie annonce la suspension du travail dans tous les tribunaux et les bureaux du procureur dans les provinces d'Alexandrie et Beheira (...) jusqu'à la fin de la crise causée par cette déclaration », Mohammed Ezzat al-Agwa, président du Club des juges d'Alexandrie

Un sit-in place Tahrir

Les forces de sécurité ont tiré samedi au Caire des gaz lacrymogènes pour disperser des opposants au président Mohamed Morsi. Une trentaine de tentes étaient installées sur la place Tahrir, des opposants ayant décidé d'observer depuis la veille un sit-in pour protester contre les nouvelles prérogatives de Mohamed Morsi.

De petits groupes de manifestants continuaient d'occuper la place en fin de matinée, après avoir fui un peu plus tôt les gaz lacrymogènes en se réfugiant dans des rues adjacentes. Le trafic était quasiment interrompu sur ce grand carrefour habituellement encombré du centre-ville. "L'Egypte entre dans une nouvelle révolution car notre intention n'était pas de remplacer un dictateur par un autre", a déclaré un manifestant, Mohammed al-Gamal, en allusion à la révolte populaire qui avait renversé Hosni Moubarak en février 2011.

La veille, des milliers de personnes s'étaient rassemblées sur cette place à l'appel de personnalités ou de mouvements laïques et libéraux en criant "Morsi dictateur", alors que des manifestants avaient incendié des locaux du parti politique issu des Frères musulmans dans d'autres villes du pays.

"Morsi on t'aime"

Une manifestation rivale, aux cris de "Morsi on t'aime" s'était tenue devant le palais présidentiel dans la capitale, en soutien au président qui s'est dit déterminé à assumer ses pouvoirs renforcés annoncés jeudi dans une "déclaration constitutionnelle".

Vendredi devant ses supporters devant le palais présidentiel, il a promis que le pays continuerait sur la voie de "la liberté et la démocratie". Pour ses partisans, le renforcement de ses pouvoirs permettra d'accélérer les réformes en ce sens.

Le Courant populaire, dirigé par le nationaliste de gauche Hamdeen Sabbahi, troisième de la présidentielle de juin, a appelé à une manifestation de masse mardi pour obtenir que Mohamed Morsi revienne sur ses décisions. D'autres ténors de l'opposition, comme l'ancien chef de la Ligue arabe Amr Moussa et l'ancien chef de l'agence nucléaire de l'ONU Mohamed El-Baradeï ont également dénoncé les mesures prises par le président égyptien, qualifié de "nouveau pharaon".

Washington et l'Europe inquiets

Dans la communauté internationale, Américains et Européens ont exprimé leur inquiétude de voir ces mesures entraver la démocratisation du pays le plus peuplé du monde arabe. Washington a rappelé que "l'une des aspirations de la révolution (de 2011) était de s'assurer que le pouvoir ne serait pas trop concentré entre les mains d'une seule personne ou d'une institution".

L'Union européenne a appelé le président égyptien à respecter "le processus démocratique" et Paris a estimé que les décisions prises n'allaient pas "dans la bonne direction". En parallèle, des organisations de défense des droits de l'Homme ont critiqué l'attitude du chef d'Etat égyptien. "Les nouveaux pouvoirs annoncés par le président égyptien foulent l'Etat de droit et annoncent une nouvelle ère de répression", affirme notamment Amnesty International.

Un coup de force pour "d'accélérer les réformes démocratiques"

Jeudi, Mohamed Morsi, issu de la confrérie des Frères musulmans, a décidé de renforcer ses pouvoirs déjà très étendus dans une "déclaration constitutionnelle". Il disposait déjà du pouvoir exécutif mais aussi législatif, l'Assemblée ayant été dissoute avant son élection en juin. Les nouvelles prérogatives mettent ses décisions à l'abri de recours devant un pouvoir judiciaire avec qui il entretient des relations houleuses. Il a expliqué que le renforcement de ses pouvoirs permettrait d'accélérer les réformes démocratiques.

Ces dispositions sont censées durer jusqu'à l'adoption d'une nouvelle Constitution, un processus aujourd'hui enlisé et qui pourrait prendre plusieurs mois. tempsreel.nouvelobs

 

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20 octobre 2012 6 20 /10 /octobre /2012 05:14

Le procès du copte Alber Saber a repris

 

Le procès d'Alber Saber, le jeune copte accusé d'athéisme, a repris mercredi 17 octobre au Caire. Le jeune copte est accusé de blasphème, d'insulte aux religions et d'incitation à la haine religieuse. Lors de la première audience, le 26 septembre dernier, il avait plaidé non-coupable.

 

Alber Saber dans sa cellule (photo Khaled Desouki/AFP).

Alber Saber, diplômé de sciences informatiques, est l'administrateur de la page Facebook des Athées égyptiens (Egyptian Atheists). Le 10 septembre, il aurait posté un extrait du film anti-islam Innocence of Muslims (L'Innocence des musulmans). Les jours suivants, une foule menaçante s'est rassemblée devant son domicile au Caire. Sa mère a appelé la police le soir du 13 septembre espérant une protection, alors que des affrontements faisaient encore rage aux abords de l'ambassade américaine du Caire. Mais en arrivant, la police a arrêté Alber Saber au lieu de disperser la foule, comme le montre la vidéo ci-dessous.


 

L'acte d'Alber Saber tombe sous le coup de la loi et de l'article 98 du code pénal égyptien, dénoncé comme inconstitutionnel, qui punit « l'usage » de la religion « pour promouvoir des points de vue extrémistes avec l'intention de créer des dissensions, d'insulter une religion abrahamique ou de miner l'unité nationale ». Une fois sur le banc des accusés, Alber Saber a crié : « A bas les tribunaux confessionnels ! » quand le juge est entré dans la salle d'audience. Amnesty International le considère comme un prisonnier politique. Dans l'acte d'accusation, il est écrit qu'il est poursuivi pour avoir « insulté Dieu » et « mis en doute la validité de certains versets de la Bible et du Coran ».

Un avocat, Mahmoud Refat, a réclamé des dommages et intérêts en raison du « préjudice moral » provoqué par le jeune homme. « Je suis ici en tant que musulman qui défend l'islam et la charia, mais je défend aussi le christianisme, car Saber a insulté Dieu », a-t-il déclaré. Il a aussi rejeté l'idée que l'informaticien ne faisait qu'exprimer sa liberté d'opinion. « La loi américaine accepterait ce qu'il appelle liberté d'expression, mais nous ne connaissons pas cela dans la loi islamique ». Pour lui, Alber Saber a posté des extraits du film anti-islam pour pouvoir obtenir l'asile politique aux États-Unis.

Alber Saber a été arrêté chez lui au Caire le 13 septembre et maintenu en détention provisoire depuis. « Je n'ai fait aucune des choses dont on m'accuse, a-t-il déclaré à l'AFP.Quatre-vingt dix pour cent de mes amis sont musulmans, nous mangeons et nous buvons ensemble. Je ne déteste aucune religion ».

« L'enquête judiciaire était une enquête religieuse, a-t-il ajouté. On m'a posé des questions sur ma croyance dans le Coran et sur ma religion ». Après une première audience le premier jour du procès, le juge a ajourné la séance et l'a reportée au 17 octobre. Le jeune homme risque jusqu'à cinq ans de prison.

« Alber n'a rien à voir avec ce film offensant, mais son procès est une façon de calmer la colère du peuple », a déclaré son avocat Ahmed Ezzat. Cette affaire « arrive dans un climat général marqué par la discrimination doublée d'une mauvaise gestion de la justice, en particulier à l'encontre des minorités », a-t-il ajouté. Apparemment, d'après son avocat, Alber Saber aurait abordé la religion lors de discussions sur internet et a 
« critiqué le fondamentalisme de certains religieux »« Le problème tient aux articles de loi et non pas à ce qu'Alber a fait. La loi sur le blasphème peut être interprétée de cent manières différentes ».

D'après Ahmed Seif al-Islam, avocat et membre du Conseil national des droits de l'homme, le procès d'Alber Saber « est à mettre en relation avec l'atmosphère pesante créée par le film »« Nous sommes ici pour soutenir un procès juste et équitable, la justice n'a rien à voir avec la religion ». La prochaine audience est fixée au 14 novembre.

Les chrétiens d'Égypte - les coptes - critiquent régulièrement les autorités égyptiennes pour son système judiciaire à deux vitesses dès qu'il s'agit des atteintes aux religions. Ils représentent entre 6 et 10 % des 82 millions d'habitants que compte le pays. Ce procès est susceptible d'alimenter encore la crainte que le film Innocence of Muslims n'entraîne des persécutions judiciaires contre les coptes qui vivent en Égypte, en particulier parce qu'il semblerait que son producteur soit justement un chrétien égyptienfait-religieux


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Jugements pour blasphème en Égypte et en Turquie 
Liberté d'expression réduite dans les républiques islamiques

Les réseaux sociaux qui ont ces dernières années, largement contribué à la liberté d'expression, voient leurs membres de plus en plus guettés par les partisans d'un islam rigoureux; ce qui dans le cas du Turc Fazil Say et de l'Égyptien Alber Saber, les a menés cette semaine devant la justice de leurs pays respectifs.

"Fazil Say n'est pas seul", peut-on lire sur la pancarte de soutien du pianiste, le 18 octobre 2012 à Istanbul. /DR
"Fazil Say n'est pas seul", peut-on lire sur la pancarte de soutien du pianiste, le 18 octobre 2012 à Istanbul. /DR 

Le pianiste turc mondialement connu et bête noire des islamistes, Fazil Say, a comparu ce jeudi devant un tribunal d'Istanbul pour “insulte aux valeurs de la religion musulmane”.

La justice turque avait inculpé le virtuose de 42 ans au début de l'été, après qu'il ait publié sur son compte Twitter, quelques tirades provocatrices contre les excès de certains musulmans. Fazil Say, qui affiche son athéisme, a rejeté toutes les accusations d'atteinte aux valeurs religieuses des musulmans. Il encourt une peine d'un an et demi de prison.

L'ouverture de ce procès relance la controverse sur une islamisation de la société turque, un sujet qui divise profondément les tenants de la laïcité et les partisans du pouvoir islamo-conservateur.

 

L'Égypte inquiète aussi

Dans la même logique, ce mercredi, le tribunal du Caire a ajourné à fin octobre le procès de Albert Saber, un jeune égyptien copte de 27 ans, également accusé de blasphème suite à des publications sur internet.

Des voisins avaient alerté les autorités en affirmant qu'il avait posté des extraits de L'Innocence des musulmans, le film qui avait déchaîné les passions dans le monde entier à la mi-septembre.

A l'ouverture de son procès le 26 septembre, Albert Saber s'était dit innocent, affirmant qu'il avait été interrogé sur sa foi pendant son interrogatoire.


“L'enquête était religieuse. On m'a demandé si je croyais au Coran et on m'a posé des questions sur ma religion.”  ALBERT SABER.


 

Le jeune homme détenu depuis plus d'un mois, risque jusqu'à cinq ans de prison. De quoi provoquer l'inquiétude d'organisations de défense des droits de l'Homme et de faire craindre pour la liberté d'expression sous le nouveau président islamiste Mohamed Morsi. aufaitmaroc.

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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 05:01

Les salafistes égyptiens soutiennent Abdel Moneim Aboul Foutouh

 

Le principal parti fondamentaliste salafiste égyptien, Al-Nour, a décidé de soutenirun islamiste modéré dissident des Frères musulmans, pour l'élection présidentielle prévue fin mai, a annoncé samedi cette formation.

Le groupe parlementaire du parti "a décidé de soutenir le candidat Abdel MoneimAboul Foutouh pour la présidence de la république", selon un communiqué de Al-Nour.

M. Aboul Foutouh est un ancien haut dirigeant des Frères musulmans en conflit avec la ligne conservatrice de la confrérie, qui l'a exclu de ses rangs l'an dernier après qu'il a annoncé son intention de se lancer dans la course à la présidence.

Le parti Nour s'est classé deuxième derrière les Frères musulmans lors des élections législatives de cet hiver. La décision du parti salafiste, qui détient environ 20 % des sièges de députés, va constituer un handicap pour le candidat officiel des Frères musulmans, Mohammed Morsi, qui risque de perdre une partie importante de l'électorat islamistes au profit de M. Aboul Foutouh. M. Morsi est le chef du Parti de la justice et de la liberté, issu de la confrérie et première formationpolitique d'Egypte.

Le premier tour de la première élection présidentielle depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011 est prévu les 23 et 24 mai. L'armée, au pouvoir depuis le départ de M. Moubarak, doit rendre le pouvoir aux civils en juin une fois le nouveau président élu. Les principaux autres candidats sont l'ancien chef de la Ligue arabeAmr Moussa, ainsi que le dernier Premier ministre de M. Moubarak, Ahmad Chafiq. Treize candidats au total sont en lice. lemonde

 

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 « Candidat du régime », Amr Moussa, contre islamistes et non-islamistes en rang dispersés


 

 

 

 Aboul Foutouh, Moussa et Morsi.

Trois poids-lourds de la présidentielle égyptienne. De gauche à droite : Aboul Foutouh, Moussa et Morsi

 

L’invalidation des candidatures d’Omar Souleymane et d’Ahmed Chafik a réduit le camp de l’ancien régime à un seul candidat, Amr Moussa, qui cultive l’image d’un homme rassurant promettant une « douce transition ». Après l’élimination du salafiste Hazem Abou Ismail, les islamistes sont représentés par Mohamed Morsi, des Frères musulmans, et Abdel Mounêem Aboul Foutouh qui, bien qu’ancien dirigeant de cette confrérie, se veut ouvert sur les forces démocratiques et la gauche et, socialement, plus « radical ». Le camp non islamiste est, quant à lui, encore plus éclaté entre plusieurs candidatures.

La carte des présidentielles égyptiennes, dont le premier tour est prévu pour les 23 et 24 mai prochains, s’est beaucoup simplifiée suite au rejet des candidatures de deux figures du régime de Moubarak, Omar Souleymane et Ahmed Chafik, et de deux leaders islamistes, le Frère musulman Khayrat El Chater et le salafiste Hazem Abou Ismaïl.

La candidature de l’ancien patron des services secrets égyptiens a été refusée parce qu’il n’a pas réussi à rassembler le nombre de signatures nécessaire pour la faire valider par la Commission électorale. Celle de l’ultime Chef du gouvernement de la dictature moubarakienne a été invalidée après que le pouvoir militaire eut été contraint de promulguer une loi adoptée par le Parlement empêchant de briguer la Présidence toute personne ayant assumé de hautes charges durant la décennie qui a précédé la chute de Hosni Moubarak.

La candidature de Khayrat El Chater, adjoint du guide de la confrérie des Frères musulmans, a été rejetée parce que la justice égyptienne a estimé que sa condamnation par un tribunal martial, en 2008, le privait toujours de ses droits civiques. Le prédicateur salafiste Hazem Abou Ismail a fait, lui, les frais d’un article du Code électoral qui interdit d’élire à la tête de l’Etat tout Egyptien dont un des ascendants porte une nationalité étrangère.

Un ancien et un actuel « Frères musulmans »

Après ce tri sévère, le camp de l’ancien régime - et de son héritier, le pouvoir militaire - aura un seul candidat de poids, issu de l’establishment moubarakien bien que ses rapports au président déchu n’aient pas toujours été de pure allégeance. Il s’agit d’Amr Moussa, ex-chef de la diplomatie égyptienne et secrétaire général de la Ligue arabe de 2001 à 2011.

Si l’on fait abstraction de la candidature de l’avocat Salim El Awwa, peu susceptible de devenir une icône populaire d’ici le premier tour du scrutin, le camp islamiste sera représenté par deux importantes personnalités. La première est Mohamed Morsi, président du Parti de la liberté et de la Justice (PJL), le bras politique des Frères musulmans. « Candidat de rechange » après l’élimination de Khayrat El Chater, il a été affublé par les activistes de l’opposition non islamiste du sobriquet de « Monsieur Roue de secours » et figuré, sur les réseaux sociaux, en « Homme Michelin » (barbu pour respecter la vraisemblance).

La seconde personnalité islamiste en lice est Abdel Mounêem Aboul Foutouh, exclu des rangs des Frères musulmans pour s’être présenté aux présidentielles du temps où ils refusaient encore d’y participer sous leur propre bannière et affirmaient qu’ils soutiendraient le « candidat le plus consensuel ».

Quant à l’opposition non islamiste, elle reste très divisée. Ses candidats les plus connus sont Hamdine Sabahi, le leader des nassériens radicaux (Hizb El Karama), le magistrat Hichem el Bastawissi, un militant de l’indépendance de la justice qui se présente sous les couleurs d’Al Tagamoê, un parti de la « gauche institutionnelle », et, enfin, Aboul Izz El Hariri, une figure de la Coalition populaire socialiste.

Abdel Mounêem Aboul Foutouh, un islamiste qui ratisse large

Le candidat du Parti de la liberté et de la justice, Mohamed Morsi, bénéficiera certainement des capacités de mobilisation considérables des Frères musulmans. Bien qu’il soit moins apte que Khayrat El Chater à rallier à lui les salafistes, il n’est pas exclu qu’il obtienne une partie de leurs votes. Il n’en paiera pas moins le prix de la bienveillance de son organisation envers les militaires rompue, avec fracas, qu’il y a quelques semaines. Une partie de la base électorale islamiste pourrait lui préférer Abdel Mounêem Aboul Foutouh.

Critique envers le pouvoir intérimaire en place et défendant des propositions socio-économiques radicales (impôt sur la fortune, taxation des revenus spéculatifs, etc.), Abdel Mounêem Aboul Foutouh se présente comme le vrai « candidat du changement » et voudrait capter les suffrages d’une partie de l’opposition non islamiste hostile aux militaires. En réduisant les références religieuses dans son discours à leur plus simple expression et en mettant l’accent sur la protection des libertés religieuses, il entend rassurer les laïcs et la minorité chrétienne, notamment ses franges radicalisées contre l’armée depuis la répression sanglante d’une manifestation copte au Caire, le 9 octobre 2011.

Amr Moussa, la « douce transition » ?

L’élimination de la candidature d’Ahmed Chafik, proche collaborateur de Hosni Moubarak au moment même où les sit-in de l’opposition étaient sauvagement dispersés, a amélioré les chances d’Amr Moussa de séduire l’électorat de la « thawra al moudadha » (la « contre-révolution »). Au-delà de cet électorat, il a déjà obtenu le soutien d’El Wafd, un des partis de l’opposition démocratique traditionnelle et compte conquérir les franges de la population égyptiennes redoutant un changement brutal qui prendrait la forme d’un affrontement avec l’armée.

L’ancien secrétaire général de la Ligue arabe se définit comme un candidat centriste. Il évite soigneusement de s’en prendre au pouvoir militaire mais rend régulièrement hommage aux organisations révolutionnaires juvéniles, célébrant leur courage et leur abnégation. S’il promet de « revoir » les relations avec Israël, il cultive l’image d’un homme rassurant, proposant une rassurante transition à un pays qui a peur de sombrer dans l’inconnu. Il ne manque aucune opportunité de rappeler son expérience de diplomate, familier des arcanes de la politique mondiale, promettant de mettre ses « réseaux » et connaissances au service de la relance de l’économie de l’Egypte.

Ainsi, en résumé, la bataille principale des présidentielles égyptiennes pourrait se dérouler entre Abdel Mounêem Aboul Foutouh et Amr Moussa. Tous deux ratissent plus large que leurs camps initiaux respectifs et, tout en prenant leurs distances avec leurs anciennes appartenances, espèrent en tirer profit électoralement. Il s’agit là d’un retour au scénario de la « polarisation entre deux candidats modérés » : un islamiste et un non-islamiste soutenu par le régime qui aurait pour mission de redorer son blason.

Les Frères musulmans : une radicalisation tardive ?

La décision des Frères musulmans de présenter leur propre candidat à la Présidence a été leur réponse à la propension des militaires à limiter les prérogatives réelles du Parlement. Ils en attendent qu’elle empêche l’implosion de leur organisation, où l’exclusion d’Abdel Mounêem Aboul Foutouh et la multiplication de leurs accointances avec l’armée ont provoqué une inquiétante saignée.

La confrérie a nettement radicalisé son discours ces dernières semaines. Cependant, elle entame ce bras de fer avec les militaires isolée des autres forces politiques dont elle n’a pas réellement tenté, depuis la chute de Hosni Moubarak, de gagner la sympathie. Elle s’est aliéné les groupes révolutionnaires radicaux en les dénonçant parfois avec virulence. Son désir d’assurer son hégémonie sur la commission de rédaction de la Constitution l’a coupée des partis libéraux modérés (El Wafd, Hizb El Ghad, etc.) qui ont démissionné, laissant ses délégués dans un inconfortable tête-à-tête les salafistes et amenant, plus tard, la dissolution de cette instance par la justice.

Au vu de ce passif, il ne sera pas aisé, pour les Frères musulmans, de transformer un homme comme Mohamed Morsi, connu pour son extrême modération, en un symbole de rupture radicale. Après avoir longtemps défendu une transition graduelle sous la houlette des militaires, ils pourront difficilement axer leur campagne sur la « poursuite de la Révolution ». maghrebemergent


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 Le réformiste Mohamed El-Baradei lance un nouveau parti politique en Égypte

 

 

Le leader réformiste Mohamed El-Baradei a lancé samedi un nouveau parti politique qui, dit-il, vise à unifier les Égyptiens et sauver la révolution du pays face à une transition démocratique complexe.

Le Parti de la Constitution marque le retour à la vie publique pour M. El-Baradei, qui a déclaré en janvier qui ne se présenterait pas à la présidence et qu'un vote juste serait impossible pendant la transition troublée.

Son retrait à quatre mois avant le début de l'élection présidentielle a porté un coup aux groupes libéraux et gauchistes derrière les révoltes du 25 janvier qui ont mené à la chute d'Hosni Moubarak, l'an dernier. Ces groupes, dont plusieurs avaient trouvé en M. El-Baradei une figure de ralliement pour leurs appels à la démocratie en Égypte, ont subi une puissante défaite aux urnes lors des premières élections parlementaires après la chute de M. Moubarak.

Ce sont plutôt les groupes islamistes, incluant les influents Frères musulmans et les groupes salafistes ultraconservateurs, qui sont sortis vainqueurs de ces élections, remportant près de 70 pour cent des sièges.

Selon M. El-Baradei, qui a reçu le Prix Nobel de la paix pour son travail comme dirigeant de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), a déclaré qu'un nouveau groupe politique organisé était nécessaire pour unir les Égyptiens et préparer la jeunesse à un avenir politique au-delà de la révolution.

Quatorze mois après le départ de l'ex-président Moubarak, les généraux qui ont hérité de la régence du pouvoir sont impliqués dans une lutte de pouvoirs avec les islamistes. Ceux-ci dominent le Parlement mais se plaignent que les généraux font de l'obstruction. Plusieurs rivaux des islamistes soutiennent que ceux-ci vont au-delà de leurs prérogatives.

M. El-Baradei a précisé que son parti, qui n'a pas encore été officiellement enregistré, vise à représenter une Égypte modérée, et devrait être prêt à fonctionner dans deux à trois mois.

L'ancien dirigeant de l'AIEA a souvent été blâmé par ses partisans pour être trop distant, et pour son approche modérée envers le domaine politique. Son absence des manifestations dans les rues, sa préférence pour les négociations politiques discrètes et son retrait de la course présidentielle en ont frustré plusieurs. 985fm


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 L'armée au pouvoir promet un remaniement ministériel

 

Le maréchal Hussein Tantaoui, le chef d'Etat de fait de l'Egypte, a indiqué au président du Parlement Saad el-Katatni qu'il allait remanier le gouvernement, ont annoncé les Frères musulmans sur leur site internet.

Cette annonce intervient au terme d'un bras de fer entre les généraux au pouvoir et les Frères musulmans, qui réclament depuis plusieurs semaines le limogeage du gouvernement mais se heurtent au refus des militaires.

L'Assemblée du peuple égyptienne, présidée par M. Katatni, avait un peu plus tôt dimanche décidé de suspendre ses séances pendant une semaine, jusqu'au 6 mai, pour protester contre la position du pouvoir militaire.

"Le maréchal Tantaoui informe Katatni qu'il va remanier le gouvernement d'ici quelques heures", affirme le site internet de la confrérie islamiste, sans plus de précisions.

Cité par l'agence officielle égyptienne Mena, M. Katatni a affirmé que le Conseil suprême des forces armées (CSFA), au pouvoir depuis la démission de Hosni Moubarak le 11 février 2011, allait "annoncer ce remaniement d'ici 48 heures".

"Saad el-Katatni a indiqué que le Conseil militaire se dirigeait vers un remaniement ministériel au sein du gouvernement de Kamal Ganzouri", a ajouté la Mena. M. Ganzouri, un septuagénaire nommé Premier ministre fin novembre, a été chef de gouvernement sous Hosni Moubarak entre 1996 et 1999.

Le président du Parlement a reçu un appel du CSFA dans lequel ce dernier souligne "son respect pour l'Assemblée du peuple et ses députés", selon l'agence, qui précise que M. Katatni a jugé la communication "satisfaisante et rendant sa dignité à l'Assemblée".

Depuis son entrée en force au Parlement, le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), issu des Frères musulmans, met la pression sur le pouvoir militaire, à la tête de l'Etat depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011, pour qu'il limoge le gouvernement et nomme le PLJ à la tête d'un nouveau cabinet.

Mais le Conseil suprême des forces armées a jusqu'ici continué à soutenir le gouvernement de Kamal Ganzouri.

Les Frères musulmans, qui ont remporté les dernières législatives, avaient accusé le gouvernement le mois dernier d'avoir échoué dans sa mission, évoquant pêle-mêle les violences, les ingérences dans les affaires judiciaires, la lenteur des réformes, la pénurie de carburant et la baisse des réserves de change.

"Si quelqu'un a l'intention de recréer l'ancien régime corrompu avec de nouveaux visages, le peuple est prêt à agir afin de raviver sa révolution et d'empêcher le navire de couler aux mains de gens sans aucun sens des responsabilités", avaient-ils prévenu dans un communiqué au ton inhabituellement dur.

La confrérie s'était d'abord engagée à travailler pendant une période transitoire avec le gouvernement en place, nommé par l'armée. Mais dès février, elle avait dit souhaiter voir le gouvernement d'intérim limogé et remplacé par un cabinet formé par les Frères musulmans.

Les Frères musulmans ont parfois coopéré avec les généraux au pouvoir et parfois lutté contre eux, notamment au sujet de la place accordée à l'armée dans la rédaction de la nouvelle Constitution. tempsreel.nouvelobs

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 03:19

Un tribunal prononce un non-lieu dans un des procès intentés à l'acteur Adel Imam

 

Un tribunal du Caire a prononcé jeudi un non-lieu en faveur de l'acteur et comique égyptien Adel Imam qui était poursuivi pour avoir injurié l'islam, deux jours après sa condamnation pour les mêmes motifs à trois de mois de prison dans un autre procès.

Egypte: un tribunal prononce un non-lieu dans un des procès intentés à l'acteur Adel Imam

Egypte: un tribunal prononce un non-lieu dans un des procès intentés à l'acteur Adel Imam

 

Le tribunal correctionnel a estimé que l'avocat islamiste qui avait porté plainte contre l'acteur égyptien et cinq autres artistes n'était pas habilité à engager des poursuites à leur encontre.

Dans sa plainte, l'avocat accusait ces artistes d'avoir diffamé l'islam dans leurs oeuvres. Mardi, un autre tribunal du Caire avait, lui, déclaré Adel Imam, jugé seul dans ce procès, coupable de "diffamation envers l'islam" et l'avait condamné à trois mois de prison.

Le comédien, souvent désigné comme le Charlie Chaplin du monde arabe, avait déclaré qu'il allait faire appel du jugement et qu'il restait entretemps libre sous caution. "Beaucoup de gens me soutiennent", avait-t-il affirmé.

La star de 71 ans a eu plusieurs fois maille à partir avec les islamistes, notamment pour son film "Al-Irhabi" (Le terroriste), dans lequel il joue le rôle d'un musulman fondamentaliste, ou pour la pièce de théâtre "Al-Zaeem" (Le leader) où il tourne en dérision les leaders autocratiques de la région.

Dans une affaire similaire, un tribunal cairote avait en mars relaxé le tycoon copte Naguib Sawiris qui était poursuivi pour avoir avoir posté sur son compte Twitter un dessin de Mickey Mouse et Minnie en tenue islamique. levif

 

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جنح العجوزة ترفض الدعويين الجنائية والمدنية ضد عادل إمام 


رفضت محكمة جنح العجوزة أمس الدعويين الجنائية والمدنية المقامتين من محام ضد الفنان عادل إمام ومجموعة مخرجين ومؤلفين أسهموا في أشهر أفلامه, وألزم الحكم القضائي المدعي بسداد الأتعاب والمصروفات.

وقفة احتجاجية لعدد من الفنانين وأنصار عادل إمام
وقفة احتجاجية لعدد من الفنانين وأنصار عادل إمام

 

وكان المحامي قد اتهم إمام ومخرجين ومؤلفين بارزين بازدراء الأديان في عدة أعمال فنية منها فيلم الإرهابي,

ومسرحية الزعيم.
وصرح محامي عادل إمام بأنه عجز أمس عن استئناف حكم آخر صدر من محكمة جنح الهرم بحبسه

ثلاثة أشهر وكفالة مائة جنيه بالتهمة نفسها.


وفي خارج قاعة المحكمة, وقعت مشادات بين فنانين متضامنين مع عادل إمام ومحامين يعترضون علي

التجمهر أمام المحكمة رفضا للأحكام الصادرة ضد الفنان الكبير, وشارك في الوقفة الاحتجاجية أعضاء فيما يعرف بجبهة الإبداع الفني.


وكانت منظمة العفو الدولية قد أدانت الحكم الصادر ضد عادل إمام واعتبرته استمرارا للقيود علي حرية التعبير في مصر برغم سقوط نظام مبارك.

ahram


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 L'Égypte doit infirmer la condamnation à une peine de prison prononcée contre un acteur accusé d'avoir «insulté l'islam»

 

 

 

Le jugement rendu contre Adel Imam, un acteur égyptien de premier plan, condamné à trois mois de prison pour avoir « insulté l'islam » dans ses films, envoie le message que le pays n'a pas rompu avec l'habitude consistant à réprimer la liberté d'expression, héritée de l'ère Moubarak, a déclaré Amnesty International.

Le jugement rendu contre Adel Imam, un acteur égyptien de premier plan, condamné à trois mois de prison pour avoir « insulté l'islam » dans ses films, envoie le message que le pays n'a pas rompu avec l'habitude consistant à réprimer la liberté d'expression, héritée de l'ère Moubarak, a déclaré Amnesty International. 

Cet acteur, qui a par ailleurs été condamné à payer une amende d'environ 128 euros, a dans un premier temps été déclaré coupable par contumace en février pour les rôles qu'il a endossés au cinéma, après qu'un avocat ait porté plainte contre lui l'an dernier. Ses avocats ont déposé un recours contre cette décision mais un tribunal correctionnel du Caire les a déboutés mardi 24 avril et a confirmé la condamnation initiale. Son équipe de défense a déclaré qu'il était possible qu'il fasse appel de la décision de mardi. 

L'avocat a déposé une deuxième plainte similaire contre Adel Imam et cinq autres auteurs et producteurs, pour leur rôle dans la création et la diffusion de films et de pièces de théâtre dans lesquels Adel Imam a joué. Une décision sera rendue sur ce deuxième cas jeudi 26 avril. 

« Cette décision de justice signifie clairement que l'attitude de l'Égypte vis-à-vis de la liberté d'expression n'a toujours pas évolué », a déclaré Philip Luther, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International. 

« Adel Imam et les cinq autres metteurs en scène ne doivent pas être punis pour avoir exprimé pacifiquement leur opinion, même si celle-ci choque leurs détracteurs. » 

Lorsqu'il a déposé sa plainte pour mépris de la religion, l'avocat a invoqué l'article 98(f) du Code pénal, qui prévoit des sanctions contre « quiconque exploite la religion de vive voix, par écrit ou par tout autre moyen au service d'idées extrémistes, dans le but de provoquer un conflit, de montrer du dédain ou du mépris à l'égard de l'une des religions révélées ou de ses fidèles, ou de nuire à l'unité nationale ou à la paix sociale. » 

Le cas d'Adel Imam est le dernier en date d'une série de procès en rapport avec la liberté d'expression en Égypte. 

En juin 2011, Naguib Sawiris, copte, grand patron dans le secteur des télécommunications, a été accusé de « mépris envers la religion » dans deux plaintes distinctes, après avoir diffusé ce même mois sur Twitter une image montrant Mickey Mouse affublé d'une barbe et Minnie Mouse portant le voile. 

Les deux affaires ont été classées au motif que le raisonnement juridique tenu par l'accusation n'était pas solide. 

Parallèlement, un tribunal de la ville d'Helwan (nord du pays) a condamné Kamal Abbas, dirigeant syndical, à six mois de prison pour « outrage à un représentant de l'État » en février 2012. 

Cet homme, qui a été jugé par contumace, a été poursuivi après avoir critiqué un dirigeant du syndicat égyptien officiel lors d'une conférence de l'Organisation internationale du travail, en juin dernier. 

Ce même mois, le militant Gaber Elsayed Gaber a été acquitté par un tribunal de la ville d'al Wayli (nord du pays) des chefs de « troubles à l'ordre public » et d'atteinte à la réputation du Conseil suprême des forces armées d'Égypte. 

Gaber Elsayed Gaber purgeait alors une peine d'un an de prison pour avoir distribué des tracts critiquant le Conseil suprême.

PRE01/224/2012; 25 avril 2012; amnesty.fr

 

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 06:21

 

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Egypte : projet de loi pour les châtiments corporels prévus à la charia

C'est la loi d'allah... amputations, crucifixions !

Amputation-main
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Le Comité des propositions et des plaintes de l’Assemblée du peuple a examiné mardi la proposition de loi du député Adel Azzazy du Parti Nour d’orientation salafiste, qui vise à faire appliquer la loi islamique à certains crimes.  

Le projet de loi prévoit l'application de la « Heraba », une peine islamique pour des délits tels que le vol évident, le meurtre, le fait de s’emparer de biens avec une arme, et le vandalisme d’installations publiques. Les peines prévues au projet de loi d’Azzazy comprennent l'exécution en cas de meurtre ainsi que l’amputation croisée d’un bras et d’une jambe en cas de vol et d’appropriation forcée de biens. En cas de vol accompagné de meurtre, le juge pourra ordonner la mise à mort ou la crucifixion. Le projet de loi prévoit également une peine de prison pour les citoyens coupables d’intimidation, qui prendra fin quand ils se repentiront.     

Ces peines ne seraient imposées qu’aux adultes sains d’esprit qui commettent un crime ou qui contribuent à leur réalisation, selon le projet de loi. Les policiers auraient le droit d’utiliser la force contre les criminels, y compris de les abattre, après leur avoir donné un avertissement.

En cas de meurtre, les citoyens affectés par le crime auraient le choix de demander des représailles, de recevoir une compensation ou d’accorder l’amnistie. «C'est la loi de dieu et elle n’est pas facultative, a dit Azzazy au sujet de son projet de loi. Les peines actuelles ne sont pas suffisamment dissuasives ».

Le député Gamal Heshmat, du Parti de la liberté et de la justice des Frères musulmans, a salué le projet de loi. Il a déclaré qu’avec le speaker de l’ancienne Assemblée du peuple, Sufi Abu Taleb, les propositions de lois étaient modifiées pour être conformes à la charia islamique tout en étant ensuite volontairement enterrées.  

source postedeveille

 

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 08:38

Dhât et la censure des jupes : entre démocratie et démagogie

 

Affiche du feuilleton "Dhât"

Il y a quelques jours, l’industrie égyptienne des dramas a connu un petit drame lorsque l’équipe venue tourner un épisode de Dhât, un feuilleton télévisé tiré de l’œuvre du romancier égyptien Sonallah Ibrahim, a été priée de quitter le campus de la faculté de génie de l’Université de Ayns Shams, au nord du Caire.


La production avait pourtant négocié toutes les autorisations nécessaires avec les responsables, mais ceux-ci ont déclaré ne pas pouvoir garantir la sécurité des techniciens et des comédiennes.Celles-ci portaient en effet des jupes relativement courtes, comme celles qui étaient à la mode au début des années 1970 pour les étudiantes dont elles jouaient le rôle. Mais aux yeux des étudiants d’aujourd’hui, et même de quelques enseignants, pour peu qu’ils soient proches des Frères musulmans, une telle tenue était tout bonnement inacceptable !…


Comme l’explique la scénariste (article en arabequi a travaillé sur le roman de Sonallah Ibrahim, leur réaction est d’autant plus désolante que la localisation du tournage correspond à un épisode historique bien précis, celui des mouvements estudiantins de cette époque avec notamment, en 1972, la marche vers la désormais mondialement célèbre place Tahrir des étudiants de la faculté de génie de ladite Université de Ayn Shams !!!…


L’affaire n’est pas dramatique pour ce feuilleton qui a de toute manière déjà une bonne année de retard. Il faut dire que le scénario a dû être repris en bonne partie : prévu au printemps dernier, la séquence d’ouverture devait montrer (comme dans le livre) l’héroïne, Dhât, en train de « craquer » : furieuse de s’être fait refiler une boîte de conserve périmée, elle descendait dans la rue pour protester contre le pouvoir, désormais incarné par Gamal Moubarak qui venait de succéder à son père !


Bien entendu, la production trouvera un autre lieu pour le tournage, et « la censure des jupes », selon le nom donné par la presse à cette affaire, a soulevé l’indignation du « front de la création égyptienne » (حبهة الإبداع المصري), un rassemblement d’artistes et d’intellectuels créé il y a quelques semaines, précisément pour s’opposer à toute forme de « terrorisme intellectuel ».


Dans le même temps ou presque, l’institution religieuse avait d’ailleurs rappelé de son côté, dans ce qu’on appelle désormais « le document d’Al-Azhar » (وثيقة الأزهر), son engagement pour « la liberté de croyance, la liberté d’opinion et d’expression, la liberté de la recherche scientifique, la liberté de l’art et de la création littéraire, fondamentales pour la Constitution en préparation ». Des réactions jugées nécessaires, et un peu rassurantes, après la visite du président du Syndicat des comédiens auprès du Guide suprême des Frères musulmans, juste après leur victoire aux élections. Dans les milieux concernés (article en arabe), beaucoup ont pris cela comme une manière d’annoncer à l’avance la soumission des acteurs aux dictats des promoteurs d’une nouvelle forme “d’art engagé”, au service du rétablissement des vraies valeurs musulmanes…


"Les années de Zeth", un roman à lire absolument, même si la couverture n'est pas très engageante...

Il n’est pas impossible qu’on y revienne dans ces chroniques car on peut parier que ce type d’affaire va se multiplier dans les mois ou même les semaines à venir. D’ailleurs, d’autres « scandales » ont déjà éclaté, avec la condamnation par exemple du comédien Adel Imam (article en anglais) pour «insulte à la religion » en raison des rôles qu’il a incarnés dans diverses charges contre l’islam politique. (L’acteur, pourtant considéré comme un suppôt du régime Moubarak, qu’il aura défendu jusqu’au dernier moment, n’en a pas moins reçu le soutien de toute la profession.)

A un moment où l’Egypte et bien d’autres pays dans la région traversent une zone de tempêtes, on sait bien que la question de l’art servira de point de fixation – ou de révélateur – à d’autres conflits. Tout comme la question de la place de la femme dans la société, il s’agit en effet d’une scène facilement mobilisable par ceux qui ont l’oreille dudémos, le « peuple », comme dans démocratie mais aussi comme dans… démagogie. hypotheses

 

 

 

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L'oeil égyptien

 

Un Festival international du film de Berlin, des expositions, dont „Reporting... A revolution“ accompagnant le film du même nom. Le film suit six journalistes du journal quotidien égyptien Al-Masri Al-Youm durant la révolution. L’expo, qui a eu lieu au Freies Museum Berlin durant la Berlinale, présente les travaux de 16 photographes du même journal. Ceux-ci racontent la révolution égyptienne de façon chronologique, du 25 janvier 2011 – où tout a commencé, à aujourd’hui. La série „Visages de la révolution“ d’Ahmed Hayman, 25 ans, sort du lot. En noir et blanc, ses photos ne documentent pas les manifestations.

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Le photographe égyptien Ahmed Hayman

 

Ahmed Hayman : J’ai travaillé sur cette série de portraits parce que j’ai été absent d’un grand nombre de manifestations : j’ai quitté l’Égypte le 23 janvier 2011 pour une bourse d’études d’un an au Danemark. La révolution a débuté deux jours plus tard. J’étais au courant de la manifestation prévue en ce „Jour de la police“. Mais du temps de Moubarak, il y avait souvent des manifs, et ni moi ni personne ne pensions que celle-ci aboutirait à sa chute. Quand j’ai compris que cette manif était différente des autres, je n’arrivais plus ni à penser, ni à dormir. Alors j’ai demandé à mon école danoise la permission de rentrer en Égypte. Le 3 février, nous étions 7 dans l’avion en direction du Caire. Je suis arrivé après les altercations entre la police et les protestataires. C’est seulement à mon retour au Danemark qu’elles ont repris. Lorsque je suis rentré en Égypte une deuxième fois, le pays était calme à nouveau, mais la violence était gravée dans les visages des gens, soit par la perte d’un oeil, soit celle d’un être cher. C’est cette violence que j’ai tenté de capturer dans mes photos.

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Le thème de l’oeil perdu est très présent dans la série. Pourquoi celui-ci en particulier?

 

Je faisais des recherches pour un projet photographique et j’ai appris, il y a maintenant 4 ou 5 mois, qu’environ 4000 personnes avaient perdu un oeil, parfois les deux, depuis le 25 janvier 2011. Ce nombre a certainement encore augmenté. J’ai ajouté aux portraits des photos de graffiti sur le même thème – un mode d’expression politique qui a littéralement envahi les rues du Caire. L’un d’eux représente un policier dénommé le „chasseur d’yeux“, surmonté du slogan „Recherché par le peuple égyptien“. Ce pochoir s’inspire d’une vidéo Youtube que tout le monde connaît en Égypte. On y voit comment ce policier tire, touche les yeux d’un protestataire et est félicité par ses collègues. C’est absurde, inconcevable. À côté de la photo du graffiti, j’ai accroché celle d’un garçon que j’ai rencontré sur la place Tahrir. Il a accepté d’enlever son bandage pour mon appareil-photo. La blessure était fraîche de trois jours et suintait du pus. C’était assez horrible mais il a dit „Si j’ai perdu un oeil pour le bien de mon pays, je suis prêt à perdre le deuxième pour la liberté“. Et d’ajouter : „Je n’ai rien à perdre“.

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Les autres personnes que tu as photographiées, partageaient-elles cet opinion?

 

En gros, oui. Je crois que nous n’avons pas vraiment d’autre option que d’être optimistes. Rares sont ceux qui ont les moyens de quitter le pays. Il nous faut regarder de l’avant, penser à demain.

Il semble pourtant qu’une certaine déprime s’est installée dans le pays.

C’est vrai aussi. La SCAF continue à semer la terreur ou plutôt à induire les gens en erreur : comme quoi les problèmes auxquels la population est confrontée aujourd’hui seraient dûs aux révolutionnaires. Du coup, il y a des gens qui commencent à penser que c’était mieux du temps de Moubarak. Alors qu’en fait, il n’est pas complètement parti : la SCAF, c’est le visage interne de l’ancien régime. La corruption est toujours aussi présente. Mais personne ne m’enlèvera jamais ce bonheur que j’ai ressenti lorsque j’ai pu voter pour la première fois de ma vie. Tout comme les protestataires n'oublieront pas ce qu'ils ont réussi à faire bouger.

Dans le film „Reporting... a revolution“, les journalistes présentés parlent d’un certain dilemme entre la volonté de rapporter les faits de façon objective et l’envie de tout lâcher pour rejoindre les protestataires.

Je suis Égyptien et ce qui se passe me touche, évidemment. Parfois, j’en avais marre de garder la distance pour photographier. J’avais envie de plonger au plus près de cette masse de gens, de chanter avec eux. Lorsque le départ de Moubarak a été annoncé, les gens pleuraient, s’évanouissaient, c’était fou! C’était un événement précieux, rare, historique, unique - et mon devoir, de le documenter. En fait, je vois ma position comme un avantage : je connais le pays, la langue. Je suis plus en état de faire la connection entre les Égyptiens et le reste du monde, de les faire parler d’eux, de nous. J’ai vraiment envie de continuer de travailler sur des projets documentaires allant au plus profond des choses. Un jour, je montrerai ces photos à mes enfants.

Quel impact ces images pourront-elles avoir sur le peuple égyptien?

Dans le série, il y a le portrait d’une femme tenant une photo d’elle. On l'y voit avec son frère. Sur cette photo qu’elle tient entre ses mains, elle est pleine de vie, belle, heureuse. Lorsque je l’ai rencontrée, son regard était vide, triste, elle était comme morte intérieurement. Son frère, Mina Danial, a été tué par balle devant le bâtiment de la télévision d'État Maspero. Une amie photographe a vu ce portrait à un moment où elle-même n’en pouvait plus de la situation actuelle, où elle ne croyait plus en la révolution et réfléchissait sérieusement à quitter le pays. Le portrait lui a fait changer d’avis.

Pourquoi?

Elle m’a dit : „Tous ces gens qui sont morts, ils sont morts pour moi, pour mes droits, pour ma liberté. Je n’ai pas le droit de partir“. Nos images ne répareront pas les violences que les gens ont subies. Mais nos appareils-photo, nos caméras, ce sont de véritables armes contre la corruption et l’ignorance. Nous avons une responsabilité.

 

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Extrait du livre d’or de l’expo - organisée par Katia Hermann en collaboration avec Kismet El Sayed

Plus d'infos : http://freies-museum.com/

source .mediapart

 

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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 04:04

Présidence égyptienne: Mohamed ElBaradei jette l'éponge


Mohamed ElBaradei, ex-chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique, a annoncé samedi qu'il ne serait pas candidat à la présidentielle en Egypte, estimant que le régime autoritaire de Hosni Moubarak était toujours en place malgré son renversement. ( © AFP Khaled Desouki)

 

Mohamed ElBaradei, ex-chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique, a annoncé samedi qu'il ne serait pas candidat à la présidentielle en Egypte, estimant que le régime autoritaire de Hosni Moubarak était toujours en place malgré son renversement.

"Ma conscience ne me permet pas de présenter ma candidature à la présidence ou à tout autre poste officiel tant qu'il n'y a pas de véritable démocratie", a-t-il affirmé dans un communiqué.

"L'ancien régime n'est pas tombé", ajoute-t-il, malgré le départ en février 2011 de Hosni Moubarak, chassé par une révolte populaire après trois décennies de règne sans partage.

Le pouvoir est depuis aux mains du Conseil suprême des forces armées (CSFA), dirigé par le maréchal Hussein Tantaoui, qui fut pendant vingt ans ministre de la Défense du président déchu aujourd'hui en jugement.

L'armée a promis de rendre le pouvoir aux civils à l'issue d'une élection présidentielle prévue au plus tard fin juin, mais nombre d'Egyptiens l'accusent de vouloir préserver ses privilèges et continuer d'influencer la vie politique.

"Les capitaines du navire (...) continuent de naviguer dans les mêmes eaux qu'autrefois, comme si la révolution n'avait pas eu lieu", a poursuivi M. ElBaradei, prix Nobel de la Paix en 2005, en même temps que l'agence atomique de l'ONU qu'il dirigeait.

M. ElBaradei relève que les institutions continuent d'être largement contrôlées par des personnes issues de l'ancien régime, notamment l'appareil judiciaire et les médias d'Etat.

Il dénonce également la "politique répressive" des nouveaux dirigeants, allusion aux procès de civils devant des tribunaux militaires ou encore à la répression meurtrière de manifestations contre l'armée en novembre et décembre au Caire.

Il souligne que la date prévue pour la présidentielle, avant fin juin, ne permet pas l'adoption d'ici là d'une constitution véritablement démocratique. Cette constitution doit être rédigée par une commission désignée par le futur Parlement.

M. ElBaradei, 69 ans, était revenu en Egypte en février 2010, accueilli en héros par ses partisans à l'aéroport du Caire, après une longue carrière internationale, pour se placer résolument dans l'opposition à M. Moubarak.

Depuis le départ de ce dernier, il est resté l'une des figures les plus en vue de la mouvance libérale et laïque.

Cette tendance a toutefois été largement battue aux élections législatives qui viennent de se clore, marquées selon des résultats provisoires par une forte domination des islamistes de toutes tendances, qui remporteraient près de 70% des sièges de députés.

M. ElBaradei lui-même n'était pas candidat à la députation.

L'ancien haut fonctionnaire international a reçu un accueil chaleureux à chaque fois qu'il s'est déplacé sur l'emblématique place Tahrir du Caire pour y apporter son soutien à des manifestations pro-démocratie, pendant le soulèvement anti-Moubarak et après.

Son audience est toutefois apparue plus limitée dans l'Egypte profonde, où ses réseaux sont faibles et où ses adversaires le présentent sans relâche comme un homme ayant fait carrière à l'étranger, coupé des réalités égyptiennes.

Une dizaine de personnalités sont données partantes pour la course à la présidence égyptienne, la plus connue étant Amr Moussa, un ancien secrétaire général de la Ligue arabe.

On trouve également Abdelmoneim Aboul Fotouh, un ancien responsable des Frères musulmans ayant rompu avec la confrérie, Ayman Nour, qui fut candidat contre Hosni Moubarak en 2005, ou encore le dernier Premier ministre de M. Moubarak, Ahmad Chafic.

source liberation

 

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ILS LUI REPROCHENT SA «COLLABORATION DIRECTE AVEC LE MOSSAD»
Des manifestants égyptiens exigent la suspension du Qatar de la Ligue arabe

 

Des Egyptiens regroupés au sein de la coalition générale des commissions populaires ont tenu vendredi un imposant sit-in au Caire pour exiger la fermeture de l'ambassade du Qatar. Selon la presse égyptienne, le Qatar est devenu un instrument du Mossad et de la CIA, travaillant selon les agendas des Occidentaux visant à déstabiliser la région du monde arabe. Les manifestants égyptiens ont appelé également à la suspension du Qatar au sein de la Ligue arabe en tant que membre. Les Egyptiens reprochent à ce pays arabe son implication directe dans la guerre libyenne aux côtés des forces de l'Otan en fournissant l'armement et sa chaîne de télévision Al Jazeera afin de décapiter l'Etat libyen et de tuer Kadhafi et tous ses partisans. 

 

Selon les manifestants, le Qatar avait mobilisé plus de 5000 militaires en Libye et tente aujourd'hui de détruire la Syrie, le Yémen et l'Egypte. 

Pour les manifestants, le Qatar menace les intérêts stratégiques et idéologiques de l'Egypte et des pays arabes. Des membres de la coalition générale des commissions populaires affirment détenir des preuves sur «les relations entretenues par le Qatar avec le Mossad».

 

 Ils menacent de les rendre publiques. Ils précisent que l'ancien patron d'Al Jazeera, M. Khanefar, était un agent au service de la CIA et recevait des instructions directes des responsables américains.

 La ligne éditoriale d'Al Jazeera est identique à celles de CNN, de BBC et bien d'autres médias occidentaux, soulignent les Egyptiens sortis vendredi exprimer leur colère et leur indignation quant à l'implication de l'émir du Qatar dans les révoltes des peuples du monde arabe. Nombreux sont les pays qui ont eu des relations tendues avec le Qatar, notamment au sein de la Ligue arabe. Récemment, le président mauritanien a renvoyé l'émir du Qatar. Le président mauritanien, 


Mohamed Ould Abdelaziz n'a pas apprécié les «conseils» de son hôte, l'émir du Qatar, Hamad Bin Khalifa Al Thani. Selon des médias mauritaniens, la visite de l'émir du Qatar en Mauritanie a été très négative, puisque ce dernier s'est vu obligé de quitter le pays sans même être escorté à l'aéroport de Nouakchott. 

 

Ould Abdelaziz aurait dénoncé des «conseils» comme étant une ingérence dans les affaires internes de la Mauritanie, allant jusqu'à ridiculiser la politique qatarie qui veut «exporter la révolution», accusant la chaîne Al Jazeera d'inciter la haine contre les peuples arabes. L'émir du Qatar aurait même demandé au président mauritanien des réformes et de faire pression sur le président syrien Bachar Al Assad. 

source .letempsdz

 

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 Les salafistes égyptiens ont la charia en poupe


Et on ne peut exclure une future alliance entre les militaires au pouvoir et les fondamentalistes religieux. Objectif: neutraliser les Frères musulmans.


 

Une femme marche sous une affiche électorale du parti al-Nour (le plus grand des partis salafistes) dans le quartier al-Arafa, au Caire (27/11/2011) / Amr Dalsh / REUTERS

- Une femme marche sous une affiche électorale du parti al-Nour (le plus grand des partis salafistes) dans le quartier al-Arafa, au Caire (27/11/2011) / Amr Dalsh / REUTERS -

 

 

Au matin du troisième et dernier tour des élections législatives en Egypte, Ammar Fayed, militant du parti politique des Frères Musulmans est très nerveux.

Ce manager en marketing de 28 ans, membre du comité directeur du Parti de la Justice et de la Liberté (PLJ), section jeunesse, dans le gouvernorat de Dakhalia porte un petit badge du PLJ sur le revers de son blazer gris et arbore un pouce coloré de bleu, indiquant qu’il vient de voter. Il nous expose la situation: trente-six sièges sont à pourvoir dans cette province fertile du delta du Nil. Cette région conservatrice est le bastion traditionnel des Frères Musulmans – cette élection aurait dû être jouée d’avance.

Les salafistes,

une machine électorale performante

Oui mais: les Frères Musulmans se trouvent débordés sur leur aile droite par le parti salafiste al-Nour, qui s’est emparé des référents religieux du mouvement et, ce faisant, a obtenu une grande assise électorale. Les salafistes peuvent espérer remporter entre 25 et 30% des voix, même si les Frères Musulmans devraient remporter les élections avec une majorité écrasante et constituer, de loin, le parti le plus nombreux de la nouvelle assemblée.

Qui aurait pu imaginer que les salafistes – qui adhèrent à une version fondamentaliste de l’Islam et qui ont, jusqu’à la révolution égyptienne, rejeté la politique comme non-islamique – se transformeraient en machine électorale performante ? Même les Frères musulmans, dont les capacités à évaluer les intentions de vote impressionneraient les directeurs de campagne de candidats à la présidentielle en Occident, n’ont rien vu venir et le succès des salafistes menace de faire capoter les plans du mouvement de domination de la scène politique de l’Egypte post-révolutionnaire.

Après des années passées à tenter de convaincre les libéraux, les gauchistes et d’autres activistes égyptiens de leur engagement dans le but de résoudre les problèmes économiques titanesques de l’Egypte, les Frères se trouvent soudain contraints d’évoquer quand et comment ils vont mettre en place la loi islamique. Leurs efforts pour tenter de donner davantage de garanties dans le domaine religieux n’auront pour seul effet que de provoquer des tensions avec les autres blocs parlementaires, tandis que les conflits avec al-Nour donneront aux militaires aux pouvoirs, rompus aux manigances, la possibilité de les exploiter afin de conserver le pouvoir et de se placer hors de tout contrôle.

Frères musulmans et salafistes

sont à couteaux tirés

Les Frères musulmans ne peuvent se permettre d’ignorer la montée en puissance des salafistes. «Nour attaque notre noyau dur en affirmant que les Frères sont un parti comme un autre et qu’ils se contentent de faire de la politique au lieu de défendre l’Islam» comme le confie Fayed avec amertume.

Ces deux factions islamiques sont déjà à couteaux tirés sur la question la plus controversée: l’entrée en vigueur de la loi islamique. Pour avoir le point de vue des salafistes, j’ai rencontré Ibrahim AbdulRahman, le très barbu porte-parole d’al-Nour dans le gouvernorat de Dakhalia. Il a choisi le lieu du rendez-vous: un café chic dans le centre ville de Mansoura.

L’interview fut difficile: les salafistes ne semblent guère enthousiastes à l’idée de s’expliquer devant des journalistes étrangers. AbdulRahman ne tenait pas en place sur sa chaise et a passé l’essentiel de notre rendez-vous à tenter d’éluder toute conversation franche, en commençant par nier qu’al-Nour soit un parti religieux, feignant de s’étonner que des Chrétiens ne rejoignent pas ses rangs, faisant ainsi fi des déclaration publiques des chefs d’al-Nour qui ont mentionné leur refus catégorique de soutenir un éventuel président chrétien.

Au bout d’une vingtaine de minutes de bavardages inutiles, AbdulRahman s’est enfin attaqué à ses concurrents. «Je dirais que les salafistes et le parti al-Nour sont un peu plus au fait des sciences religieuses et connaissent mieux la religion que les Frères musulmans»a–t-il déclaré.

Pour le parti al-Nour,

faire appliquer la charia très vite

Les désaccords entre les deux partis, portant sur le rythme de l’entrée en vigueur de la Charia sont, selon AbdulRahman, la clé de leur opposition: «Pour le parti al-Nour, un des objectifs premiers est de faire appliquer la charia le plus rapidement possible.»

Si AbdulRahmane n’est guère enthousiaste à l’idée de s’expliquer devant les médias occidentaux, Mohammed Yousef, porte-parole du PLJ dans le gouvernorat, n’a quant à lui qu’une seule crainte: que le monde se méprenne sur le compte de son parti.

Je l’ai rencontré au quartier-général du PLJ à Mansoura – un immeuble de bureau aux murs blancs, avec des téléviseurs à écran plat et des ordinateurs. Une carte, figurant le pourcentage de musulmans dans les pays d’Afrique, avec des nuances de vert, orne le mur. Par dessus son épaule, une bannière du PLJ, décorée d’une blanche colombe prenant son envol, est frappé de d’un slogan,  «Nous protégeons la Liberté et bâtissons la Justice», sur les ailes de l’oiseau.

Al-Nour est un parti «très fondamentaliste» déclare Yousef – au contraire du PLJ qui «considère que l’Etat doit être laïque avec une culture  musulmane. Tous les droits de chaque citoyen seront respectés, garantis par la loi et la constitution et pas par les croyances religieuses des citoyens.»

Certes, reconnaît Yousef, les Frères musulmans souhaitent faire appliquer la loi islamique – mais progressivement, à l’horizon de plusieurs décennies, afin que la société soit prête. Il ajoute: «al-Nour entend frapper un grand coup et prône un passage immédiat et en force vers la Charia.» 

Pour les Frères musulmans,  

renvoyer l’armée dans leurs casernes

Dans l’ambiance feutrée de son bureau, Yousef décrit le conflit qui s’annonce entre les deux mouvements: «Si le parti al-Nour ou un autre parti salafiste entré au Parlement y fait pression pour que les hudûd[les punitions prévues par le Coran comme la lapidation pour les adultères ou les mains coupées pour les voleurs] soient immédiatement appliqués, les Frères musulmans s’y opposeront fermement.»

Cette question n’est pas la seule à opposer les deux groupes. Alors que les Frères musulmans veulent évoquer leur plan de création de nouveaux emplois, les salafistes souhaitent mettre, au cœur du débat, les questions de respect de la religion comme le port du voile, l’idolâtrie religieuse et l’interdiction de l’alcool.

Les Frères musulmans sont également favorables à une montée en puissance du parlement et souhaitent voir les militaires regagner leurs casernes, tandis que le parti al-Nour entend surtout et avant tout promouvoir son programme conservateur.

Certains vont jusqu’à se demander si le Conseil Suprême des Forces Armées, actuellement au pouvoir, ne pourrait pas s’allier à al-Nour deuxième force au parlement, afin de neutraliser les Frères musulmans – cette tactique du «diviser pour mieux régner» a, ne l’oublions pas, bien servi Moubarak autrefois.

«Tout simplement, les militaires pourraient encourager la mise en place du programme moraliste des Salafistes en échange de la garantie de conserver leurs prérogatives de l’ère Moubarak.» Tel est l’avis d’Omar Achour, de l’Institut des Etudes Arabes et Islamiques de l’Université d’Exeter et qui est actuellement présent au Caire en tant qu’observateur des élections.

Trancher avec le passé

Les préoccupations de la plupart des électeurs de Mansoura. La majorité des Egyptiens souhaite avant tout élire un gouvernement qui tranchera avec les pratiques du passé – et qui pourrait mieux assurer cette rupture qu’un parti qui n’ jamais cherché à obtenir le pouvoir ?

Mosaab Talat, étudiant vétérinaire de 21 ans et qui boit un thé en compagnie de deux amis dans un petit magasin de téléphonie mobile dit qu’il a voté pour le parti al-Nour mais semble totalement abasourdi lorsqu’on lui demande s’il se considère comme un salafiste. Il affirme avoir voté pour al-Nour parce qu’il considère que ce parti est moins corrompu que l’ancienne classe dirigeante de l’Egypte.

«Ils sont différents des autres, des anciens, à cause de leur religion. Comme ils sont musulmans, ils prendront soin de l’Egypte», dit Talaat. Durant la campagne, Talaat a vu, lors d’un meeting, un célèbre cheik salafiste qui fait campagne pour al-Nour à Mansoura. Ceci l’a conduit à penser que, peut-être, l’Islam combiné à la politique entraînerait moins de corruption.

Talaat pense enfin que la compétition entre les Frères musulmans et les salafistes est bonne pour l’Egypte. «Ca devrait être la norme. Dans tous les parlements, il y a une opposition», dit-il. «Les deux vont à présent travailler pour améliorer l’Egypte.»

Cela reste à démontrer. Si cette «compétition» n’a pour seul objet que de brandir des références islamiques et de fournir à la junte en place un nouvel outil pour diviser et régner, la turbulente transition de l’Egypte vers la démocratie et une économie en essor ne sera, en effet, qu’une turbulente transition – et ce sont les Egyptiens qui en paieront le prix.

par Sarah A. Topol  (Mansoura - Egypte)  Traduit par Antoine Bourguilleau

source slate.fr

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