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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 18:51

http://www.festival-droitsdelhomme.org/tunis/images/tunis/2013/Presse/poster_jcdl_web.png

Les Droits de l'Homme sur Grand Écran en Tunisie
1ère édition des Journées du Cinéma des Droits et des Libertés

Thala – Le Kef - Tunis
Du 16 au 24 mars 2013

 

Alliance Ciné, l'Association Culturelle Afrique-Méditerranée et l’Institut Arabe des Droits de l’Homme présentent la première édition des Journées du Cinéma des Droits et des Libertés, organisée avec le soutien de l'Union Européenne, qui se déroulera du 16 au 24 Mars 2013 dans les villes de Thala, Le Kef et Tunis.

 

Avec un paysage culturel en pleine mutation, en quête légitime de liberté, la question du respect des droits de l’Homme et des principes démocratiques se pose plus que jamais. Cette première édition a pour objectif de soutenir l’éveil civique à travers une initiative visant à encourager la liberté d’expression et la diversité d’opinions. La première édition des Journées du Cinéma des Droits et des Libertés sera organisée du 16 au 24 Mars 2013 par l'association Alliance Ciné, l’association Culturelle Afrique Méditerranée et l’Institut arabe des Droits de l’homme avec le soutien de l’Union Européenne. Cette manifestation gratuite a vocation à rassembler et fédérer les acteurs culturels et associatifs œuvrant pour la promotion des droits humains et s'adresse au grand public, en particulier les jeunes.

 

Les JCDL de Tunisie associent deux éléments fondamentaux : les droits humains et la culture. Elles ambitionnent desensibiliser le plus grand nombre au respect des droits de l’Homme et visent à encourager les acteurs de la société civile dans leurs actions de plaidoyer (journalistes, défenseurs des droits de l’Homme, universitaires...).

 

AU PROGRAMME

À Thala, Le Kef et Tunis cette première édition sera l'occasion de découvrir des films documentaires, la plupart inédits, sur la thématique des droits humains. Elle rendra hommage à des artistes qui se font les défenseurs des droits humains dans différents domaines (cinéma, musique, arts plastiques, etc.). Chaque film sera suivi d'un débat/rencontre avec le réalisateur et/ou des acteurs de la société civile impliqués dans la thématique évoquée dans les films.

 

Les rencontres participent à favoriser la promotion d’une culture du dialogue et du débat contradictoire en Tunisie. Les films programmés tendent à évoquer les luttes pour l’égalité des genres, les révolutions pacifiques, les droits des minorités, la question des réfugiés, etc. Ce festival permet de mettre en lumière et en débat des situations prenant place ailleurs dans d’autres pays pour permettre, par effet miroir, de tirer des enseignements avec la situation intérieure tunisienne ou, des situations se déroulant directement en Tunisie.

 

Lors de cette 1ère édition, les Journées du Cinéma des Droits et des Libertés ont choisi de consacrer une place particulière à la Palestine. Différents artistes palestiniens parmi lesquels les célèbres cinéastes Michel Khleifi et Rashid Mashrawi, ou encore le jeune groupe hip hop Darg Team de Gaza figureront parmi les invités du festival.

L’ouverture et la clôture de la manifestation seront assurés par la projection de deux documentaires inédits : Ardh Al Hikaya,La terre de l’Histoire de Rashid Mashrawi, inaugurera la manifestation en présence du réalisateur tandis que 5 Broken Cameras (5 Caméras Brisées) candidat aux Oscars 2013 co-réalisé par Emad Burnat et Guy Davidi clôturera le festival.

Les Journées invitent aussi les musiciens Didier Awadi (Sénégal) et Smockey (Burkina Faso), deux artistes engagés pour les droits humains en Afrique qui offriront un concert lors de la clôture le dimanche 24 mars. Ils interviendront également la veille durant la Journée Panafricaine des droits de l’Homme prévue le samedi 23 mars, organisée en collaboration avec l’AESAT (Association des Étudiants et Stagiaires Africains en Tunisie).

Un autre invité de marque des Journées est le documentariste italien de renom Stefano Savona. Deux de ses dernières oeuvres sont au programme : Carnet d’un combattant Kurde et Plomb Durci. Parmi les autres thèmes abordés pendant cette première édition, une attention toute particulière sera portée aux droits des enfants et aux droits des femmes de par le monde.

 

Une plateforme de collaboration inter-associative Un important travail de mobilisation des acteurs de la société civile œuvrant en faveur des droits de l’Homme a été réalisé en amont du festival afin de créer un réseau d’associations militantes. De nombreux partenaires ont rejoint le projet : la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme (LTDH), l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD), la section tunisienne d’Amnesty international, la Fédération Tunisienne des Cinés Club (FTCC), la Fédération Tunisienne des Cinéastes Amateurs (FTCA), l’Association Mass’art, l’Association Made in rue, L’Association des Etudiants et Stagiaires Africains en Tunisie (AESAT), l’Association des Femmes Tunisiennes pour la Recherche sur le Développement (AFTURD), la Ligue des Electrices Tunisiennes (LET), l'Association Terre d’Asile Tunisie et des associations locales telles que Thala solidaire et Act Kef.

 

Instrument de plaidoyer et outil d’éducation populaire pour sensibiliser aux droits de l’Homme, la première édition des Journées du Cinéma des Droits et des Libertés de Thala, Le Kef et Tunis a pour vocation de s'inscrire durablement dans le calendrier culturel tunisien.

 

CONTACTS

Mohamed Challouf, Délégué général Tunisie
caravanes_challouf@yahoo.fr 

+21697125460
Association Culturelle Afrique Méditerranée / 19, Avenue du Commandant Bjaoui / 4000 Sousse / Tunisie

Vincent Mercier, Directeur général
vincent.mercier@alliance-cine.org 

+33(0)970408600
[A]lliance Ciné /  115, rue Saint Dominique / 75007 Paris / France

 

À PROPOS DE...

Association Culturelle Afrique Méditerranée

L’Association Culturelle Afrique-Méditerranée entend constituer un pont entre les cultures du Nord et celles du Sud. Elle est basée à Sousse, capitale du Sahel tunisien et possède une antenne à Tunis. La vocation de cette organisation est de réunir des gens de divers horizons autour de valeurs culturelles et humaines telles que la passion pour le cinéma et les arts, l’ouverture aux différences, la disponibilité à l’échange et au dialogue, la foi en la culture comme facteur de développement et de paix entre les peuples. Elle organise chaque année depuis 7 ans les rencontres cinématographiques de Hergla. www.herglacinema.org

 

Thala Solidaire

THALA–SOLIDAIRE est une association destinée à soutenir le développement de la région de Thala. Cette ville de l’ouest de la Tunisie est située à 250 kilomètres de la capitale Tunis et est rattachée au gouvernorat de Kasserine depuis 1956. Elle constitue une municipalité de 40.000 habitants et une délégation de 75.000 habitants. Notre association est composée de nombreux membres originaires de Thala mais également de personnes souhaitant s’engager pour favoriser l’essor de cette région. thalasolidaire@gmail.com

 

Alliance Ciné

Alliance est une association de loi 1901 à but non lucratif, fondée en 2000, qui a pour objectif la promotion de la défense des droits de l’homme et le développement de la connaissance des enjeux humanitaires et de solidarité auprès du grand public. Elle a fondé en 2003 le Festival International du Film des Droits de l'Homme (FIFDH) de Paris qui est désormais la plus grande manifestation culturelle régulière dédiée aux droits de l'Homme en France. Ce festival est décliné dans plusieurs villes de province. (www.festival-droitsdelhomme.org) Elle a initié en 2004 la création du Human Rights Film Network (www.humanrightsfilmnetwork.org) qui regroupe toutes les manifestations cinématographiques sur ce thème dans le monde. Alliance met son savoir-faire et son expérience à la disposition d'opérateurs culturels au Sud pour développer d'autres festivals de films sur les droits de l'Homme et sensibiliser les populations et les leaders d'opinion dans des pays où leur situation est souvent fragile. Elle a ainsi initié, grâce au soutien de l'Union européenne, les premières éditions des Festivals de Films de Droits de l'Homme de Bangui (République Centrafricaine), Lomé (Togo), Antananarivo (Madagascar). Une initiative similaire à Yaoundé a été interdite par les autorités camerounaises en 2011. En 2013, la Tunisie accueillera la 1ère édition du FIFDH de Tunis-Thala. Alliance travaille à la pérennisation de ces actions dans le temps et au développement futur d'autres manifestations de ce type dans d'autres pays du Sud (Haïti, Liban, Guatemala, Guinée,...).

 

Institut Arabe des Droit de l’Homme

L’Institut Arabe des Droits de l’Homme (IADH) a comme objectifs d’augmenter la prise de conscience des droits de l'Homme en matière de droits civils, politiques, culturels, sociaux et économiques tels que proclamés dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme et les instruments internationaux qui y sont relatifs. L'IADH a vocation à encourager une culture des droits de l'Homme et de la démocratie dans le monde arabe. Elle est engagée dans la promotion des activités de formation et éducation aux droits de l'Homme et à la démocratie à l'aide de conférences, séminaires et ateliers; elle organise des sessions de formation annuelles (cours d'été); mène des études et enquêtes sur le thème des droits de l'Homme; encourage le rôle des média dans la promotion des droits de l'Homme et consolide les ONG et les institutions de la société civile au sein du monde arabe; elle développe aussi l'échange d'informations relatives aux droits de l'Homme; elle fait aussi en particulier la promotion des droits des femmes et enfants. L’Union européenne L’Union européenne est constituée de 27 États membres qui ont décidé de mettre graduellement en commun leur savoir-faire, leurs ressources et leur destin. Ensemble, durant une période d’élargissement de plus de 50 ans, ils ont construit une zone de stabilité, de démocratie et de développement durable tout en maintenant leur diversité culturelle, la tolérance et les libertés individuelles. L’Union européenne est déterminée à partager ses réalisations et ses valeurs avec les pays et les peuples au-delà de ses frontières en s’associant à ce festival.Ce projet est financé par l'Union Européenne. Le contenu de ce document relève de la seule responsabilité du festival et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 04:29
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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 03:55

Les propos de mon ami le docteur Mohsen Saidi (vidéo ci-dessous) quant à la proto-enquête réalisée par le  docteur Lotfi Mraihi et portant sur le problème de l’hépatite c dans la ville de Thala me laissent songeur. Prétendre en effet que seule une étude comparative pourrait dévoiler la profondeur de cette quasi-épidémie  est tout simplement irresponsable, notamment de la bouche d’un acteur important dans le secteur de la santé de cette ville. Lorsque l’on n’a pas d’arguments, on devrait, par pudeur, épargner  aux  autres notre  irresponsabilité, mon cher et aimable Mohsen !


J’ai passé deux étés à Thala et je fus témoin de trois décès causés par l’hépatite c. Dans ma rue, il ya,  à ma connaissance,  cinq personnes atteintes de ce mal. Lors de ma contribution au festival du film au cours de l’été 2011, jeunes et moins jeunes n’arrêtaient pas de me parler de ce mal, devenu cauchemar pour les habitants de Thala.

 

Au lieu donc d’encourager l’initiative du docteur Mraihi et de transformer cette proto-enquête (sur 500 personnes, on dénombre environ 8% de personne atteintes du virus d’hépatite c) en une véritable étude épidémiologique, le docteur Mohsen Saidi  se met à bégailler des méthodologies (il prétend que la connaissance de la profondeur de ce mal dans la ville de Thala, passe par des enquêtes dans d’autres villes !) qui n’ont pas de ce sens scientifique et n’ont aucun lien avec la question attaquée de front par le docteur Mraihi…


Le ministère de la Santé devrait quant à elle cesser de gommer ce problème au moyen de statistiques rassurantes mais  en rupture totale avec le sujet soulevé par le docteur Mraihi. Être atteint par le virus de l’hépatite c, comme l’explique le docteur Mraihi dans la vidéo ci-dessous,  est tout à fait différent d’être atteint de la maladie elle-même. Et les statistiques du ministère (0,1 %) concernent ceux qui ont déjà développé la maladie et sont sur les chemins du cimetière. Les statistiques (8%) du docteur Mraihi concernent, elles, les porteurs du virus qui n’ont pas encore développé la maladie.


Comme citoyen thalois,  je soutiens énergiquement l’initiative du docteur Mraihi et j’appuie sa demande d’élargir cette enquête afin de dévoiler la face cachée de ce mal qui ne cesse de hanter la santé comme l’esprit des habitants de cette ville. Je prie également mon ami le docteur Mohsen Saidi de prendre contact avec le docteur Lotfi Mraihi et de l’aider dans sa quête de vérité…

 

Noureddine Mnasri Bourougaa, Québec, Canada  Thalasolidaire

 

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Le docteur Lotfi Mraihi

 
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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 04:06

La situation ne s’arrange pas au Kef

Des protestations ont repris dans la journée du samedi 19 janvier, dans les rues du gouvernorat du Kef, réclamant la destitution du gouverneur de la région.

Les habitants de Sakiet Sidi Youssef ont l’intention de boycotter la fête du 8 février correspondant à la commémoration des événements de « Sakiet Sidi Youssef » revendiquant une zone d’échange libre tuniso-algérien. tunisienumerique

 

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Le Kef-Marche de protestation des sans-emploi, le départ du gouverneur revendiqué

http://www.shemsfm.net/uploads/content/thumbnails/media_temp_1358626005.jpg

Un groupe de jeunes sans emploi a pris part ce samedi 19 janvier à une marche de protestation pacifique dans les rues de la ville du Kef. Les manifestants ont rallié le domicile du gouverneur de la région, et ont revendiqué le départ de ce dernier.

Les jeunes chômeurs ont scandé des slogans pour l'emploi et le développement, et exigent le départ immédiat du gouverneur car celui-ci ne serait pas capable de régler les problèmes des habitants de la région.

Les forces de sûreté ont déployé des renforts autour de la résidence du gouverneur pour faire face à d'éventuels débordements, qui ne se sont finalement pas produits. shemsfm

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Colère sociale au Kef, ville économiquement sinistrée

http://nawaat.org/portail/wp-content/uploads/2013/01/Le-Kef-en-gr%C3%A8ve1.jpg

Depuis plus de 10 jours, la colère gronde au Kef. Le 8 janvier déjà, de jeunes diplômés chômeurs avaient bloqué des routes de la région et l’entrée de la ville en signe de protestation. Au cours d’une réunion, tenue jeudi 10 janvier, la commission administrative de l’Union régionale du Travail du Kef (URT) décide d’organiser une grève régionale le 16 janvier 2013.

Le syndicat explique son action par le non-respect par le gouvernement des accords conclus avec l’URT. Ceux-ci prévoyaient notamment l’impulsion du développement dans la région et la réalisation de projets visant à la lutter contre le chômage. Le secrétaire général de URT, Ibrahim El Gasmi, a ajouté que cette décision a été prise à l’unanimité des membres de la commission administrative de l’Union régionale du travail du Kef.

La marche de protestation dégénère

Les déclarations du gouverneur sur le recrutement prochain de plus de travailleurs sur les chantiers n’auront donc pas suffi à calmer les Keffois. Loin s’en faut, puisque la grève est largement suivie et l’activité complètement paralysée le 16 janvier. Une large majorité de commerces ont cessé leur activité pour respecter le mot d’ordre.

D’abord pacifique, l’importante manifestation accompagnant la grève (5000 personnes selon la TAP) a rapidement dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre. Une partie des manifestants s’en sont pris aux locaux du Mouvement Ennahdha et à un poste de police en tentant de les incendier en lançant des cocktails Molotov. Sur l’une des vidéos filmées au Kef, on peu même voir un petit groupe de jeunes manifestants scander « Vive Ben Ali ! » en déroulant une affiche représentant le dictateur déchu.

La réponse sécuritaire peine à ramener le calme

Celle-ci a répliqué en faisant usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule. Selon des témoins, des membres des Ligues de protection de la Révolution ont pris part aux affrontements pour réprimer les manifestants en soutenant la police. Les affrontements se sont poursuivis jusque tard dans la soirée du 16 janvier.

Suite à ces graves incidents, la police a annoncé le lendemain avoir arrêté 17 personnes impliquées dans « des actes de violence et de pillage ». Mais, la situation ne semble pas s’être calmée pour autant. Jeudi 17 janvier, les cours ont en effet été interrompus dans certains établissements scolaires du Kef suite à des agressions perpétrées par des individus non identifiés. Des violences ont aussi été rapportées dans la journée du vendredi, pendant laquelle la police a dû utiliser du gaz lacrymogène pour disperser des individus visant le poste de sécurité de Barnoussa.

Selon des témoins contactés sur place, la reprise des cours s’est faite péniblement ce samedi matin, mais sous haute tension après les attaques et les subits par les écoles et lycées jeudi et vendredi. Dans le même temps, un rassemblement de Keffois avait lieu devant le siège du gouvernorat pour protester contre la répression et l’absence de dialogue.

Silence assourdissant du gouvernement

Le gouvernement demeure étrangement silencieux sur ces graves incidents. Seul le ministère de la Formation professionnelle et de l’Emploi s’est exprimé pendant cette crise pour annoncer des mesures pour l’ensemble des gouvernorats de l’intérieur du pays et pas seulement pour le Kef.

Souvent critiqué pour sa gestion des crises sociales dans le centre du pays, le gouvernement brille une fois de plus par son silence et sa réponse strictement sécuritaire comme ce fut le cas à Siliana et plus récemment à Ben Guerdane par exemple. Raced Cherif nawaat

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 17:39

____________________________________________________________________________ Le Kef 

La grève dégénère en affrontements

 

La ville emblématique des hauteurs du Nord Ouest tunisien, s’est réveillée ce mercredi 16 janvier, en veilleuse. Le mot d’ordre de grève générale décrété par l’UGTT a été rigoureusement respecté.

La ville entendait protester contre le retard de mise en place de réformes et de programmes de développement, contre la marginalisation de la région et contre le non respect des termes des accords établis avec le gouvernement.

Rapidement, les évènements se sont enchaînés, avec une marche qui a regroupé quelque 5000 participants, qui a longé les artères de la ville scandant des slogans hostiles au gouvernement.

Cette marche a rapidement dégénéré quand des groupes de personnes s’en sont pris aux locaux de la sûreté en voulant les incendier, de même que ceux du mouvement Ennahdha, qui ont essuyé des jets de pierres et des cocktails Molotov.

La police a riposté par des salves de bombes lacrymogènes pour repousser les assaillants qui voulaient s’introduire dans les locaux du poste de police de la ville et du district de la sûreté.

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 Violences au Kef suite à la grève générale

http://www.businessnews.com.tn/images/album/BN8919greve-generale-kef0113.jpg

Le Kef a été le théâtre, ce mercredi 16 janvier 2013, de violents affrontements entre des jeunes de la région et les forces de l’ordre avec des jets de projectiles (pierres et cocktails Molotov) d’un côté et du gaz lacrymogène et des tirs de sommation de l’autre côté, et ce à la suite de la grève générale qui a eu lieu en ce jour même.
Selon une source sécuritaire citée par la TAP, un groupe de 500 jeunes a attaqué le poste de police et le district de sécurité du Kef en essayant vainement de les incendier ainsi que le bureau local d’Ennahdha.

En effet, la vie économique et sociale a été paralysée aujourd’hui au Kef à la suite de la grève générale lancée à l'appel de l'union régionale du travail du Kef.
Ainsi, les commerces, administrations et établissements scolaires et universitaires sont restés fermés alors que le secteur du transport dans la ville du Kef et les autres villes du gouvernorat a été sérieusement perturbé vu que les bus de transport public et les voitures ''louages'' étaient également en grève. Seuls les hôpitaux, les boulangeries et les pharmacies ont été ouverts.


La Chambre d'industrie de l'Union régionale de l'industrie du commerce et de l'artisanat du Kef a soutenu, dans un communiqué, la grève générale, appelant le gouvernement à accélérer la réalisation des projets de développement et à répondre aux aspirations des habitants de la région.

Quelques milliers de personnes (5.000 selon des sources syndicales citées par la TAP qui affirme un taux de participation à la grève de 90%) ont parcouru la ville dans une marche, brandissant des pancartes auxquelles on a inscrit : «non au monopole pour préserver le pouvoir d’achat du citoyen» et «les travailleurs tiennent au développement régional équilibré» ou «Meherzia, toi tu t’achètes un Q7 et le Kef doit se taire».
Les protestataires ont, également, scandé des slogans anti gouvernement et anti Ennahdha. I.N. avec TAP


 

__________________________________________________________________________Kasserine 

Kasserine en grève générale le 17 janvier

http://www.tunisienumerique.com/wp-content/uploads/kasserine13.jpgLe gouvernorat de Kasserine entamera demain jeudi le 17 janvier 2013 une grève générale pour protester contre l’ignorance de leurs revendications.

Les habitants de Kasserine ont observé au début du mois de janvier une semaine de la colère à cause de la régression de la situation économique et sociale. source 

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12 janvier 2013 6 12 /01 /janvier /2013 02:58
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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 19:05

 

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Le district de police mis à feu et 3 blessés dans des affrontements

http://www.jawharafm.net/data/10-01-13/bengeuredane150.jpgLe district de police de la délégation de Ben Guerdane a été pris d’assaut et été incendié, ce jeudi 10 janvier 2013, par un groupe de contestataires, selon notre correspondant sur place.
La ville a connu aujourd’hui de violents affrontements entre les forces de l’ordre et des manifestants qui ont duré pendant des heures faisant 3 blessés parmi les protestataires. Les blessés ont été transférés d’urgence à l’hôpital régional de Ben Guerdane.
Toujours selon notre correspondant, les forces de l’ordre se sont retirées des lieux d’affrontements afin d’apaiser la tension. Une source sécuritaire nous a confirmé que les unités d’intervention ont eu des instructions claires de ne pas utiliser des balles réelles.
La grève générale prévue pour aujourd’hui, a été maintenue par le bureau local de l’UGTT et ce malgré la réouverture du point de passage frontalier tuniso-libyen de Ras Jedir.
Des appels sont lancées pour que les habitants de Benguerdène protègent leur ville et notamment les établissements publics. jawharafm

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Les heurts s'aggravent à Ben Guerdane, un poste de police incendié

 

Des manifestants ont incendié un poste de police jeudi soir à Ben Guerdane, ville du sud de la Tunisie à la frontière libyenne en ébullition depuis dimanche, alors que les mouvements sociaux dégénèrent régulièrement en violences deux ans après la révolution.

De premiers heurts avaient éclaté dans l'après-midi lorsque des manifestants, des jeunes pour la plupart, ont lancé des pierres sur les policiers qui ont répliqué par des gaz lacrymogènes, selon un journaliste de l'AFP.

Peu avant 18H00 (17H00 GMT), ces heurts ont pris de l'ampleur et les protestataires ont attaqué un poste de police et l'ont incendié, forçant les agents à la fuite.

Ben Guerdane, située à une trentaine de kilomètres du poste frontière de Ras Jdir, est en ébullition depuis bientôt une semaine en raison de la fermeture début décembre par les Libyens de ce point de passage frontalier névralgique pour le commerce. Des affrontements avaient ainsi eu lieu dimanche et lundi.

Si le poste a rouvert jeudi matin, l'antenne locale du syndicat tunisien UGTT a maintenu sa grève générale dans la ville pour réclamer des investissements et des mesures de lutte contre le chômage par le gouvernement tunisien. huffingtonpost.ca

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Violences policières et insultes contre les citoyens 


 

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Les raisons et la réplique gouvernementale !


 

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Débat citoyen

 

_____________________________________________________Le Kef ___

Le Kef en mode grève générale le 16 janvier 2013

http://www.tuniscope.com/uploads/images/content/kef-100113-v.jpgLe gouvernorat du Kef observe une grève générale mercredi 16 janvier 2013 et ce suite à la décision de l'instance de direction de l'Union régionale du travail du gouvernorat du Kef ce jeudi 10 janvier.

En réponse à l'appel de l'Union locale du travail relevant de l’UGTT, tous  les établissements scolaires, administrations publiques et commerces entament une grève générale le 16 janvier 2013. Cette décision intervient en guise de protestation contre la non-application de plusieurs accords établis entre le gouvernement et l'UGTT en ce qui concerne le développement et l'exécution de plusieurs projets pour réduire le taux de  chômage. tuniscope

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 احتجاجات وقطع طرق بولاية الكاف

 

قامت مجموعات من المعطلين عن العمل يوم الثلاثاء 08 جانفي 2013 بغلق الطرق المؤدية الى مدينة الكاف في كل الاتجاهات مما اضطر اصحاب العربات الى البحث عن مسالك فلاحية للعبور رغم الضرر اللاحق بسياراتهم لوعورتها وتعرضهم للابتزاز بطلب معلوم للعبور كما هو الحال على مستوى منطقة الكردمي بين مدينة الكاف ووادي الرمل والملاحظ ان المحتجين عطلوا المرور بالحجارة عند تقاطع الطريق في المدخل الجنوبي لمدينة الكاف بمنطقة سيدي عبد الله حيث تتواجد سيارة حفظ النظام ولا احد من اعوان الامن تدخل لفتح الطريق ولا احد يحرك ساكنا ولسائل ان يسال من يحفظ حق اصحاب السيارات في استعمال طريق يدفع سنويا

معلوم جولان فيه لخزينة الدولة وهذه الايام موسم دفعه؟؟


ومن جهة اخرى عمد مجموعة من العاطلين بمعتمدية تاجروبن مساء الثلاثاء بغلق الطريق المؤدي الى المدينة مما اضطر حافلات نقل التلاميذ الى اتباع المسالك الوعرة لتامين عودتهم ليلا الى مساكنهم وفي اتصال هاتفي باذاعة الكاف اكد السيد منصف الجبنياني رئيس الشركة الجهوية للنقل بالكاف انه يتعذر استعمال الحافلات في ظرف الوضع الراهن وهو ما تم بالفعل فصباح اليوم الاربعاء 09 جانفي والى حدود الساعة الثامنة لم تات حافلات نقل التلاميذ,رغم انفراج الوضع وفتح الطرقات ,وقد صرح والي الجهة عبد القادر الطرابلسي انه يامل في توسيع قائمات العاملين عن طريق الحضائر لتمكين اكبر عدد من طالبي الشغل من العمل مؤكدا على ضرورة مواصلة الحوار مع المعتصمين لتجاوز الظروف الصعبة وفك الاعتصامات العشوائبة وتجنب عمليات قطع الطرق في اطار الحرص على تامين حرية التنقل والمساهمة في دفع عملية التنمية بالجهة,هذا وعاد اليوم الاربعاء 09 جانفي 2013 مجموعة العاطلين الى الاعتصام المفتوح قرب مقر الولاية مطالبة بالتنمية والتشغيل واطلاق سراح مساجين الثورة هذا الاحتجاج كانوا بداوه منذ 17 ديسمبر 2012 ليقطعوه يوم 29 ديسمبر بعد اتفاق يتداول ان والي الجهة وعدبمنح كل منهم الف دينار ومن ناحيته اكد الوالي ان هذا المبلغ في اطار موارد رزق.radiotunisienne

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5 janvier 2013 6 05 /01 /janvier /2013 01:33

Retour sur les événements de 2008 (Bassin minier de Gafsa, REDEYEF)

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Tunisie : 12/06/08 - Canal du Dialogue Tunisien (El Hiwar)

 

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« Retour sur la révolte du bassin minier. Les cinq leçons politiques d’un conflit social inédit »

 

1. Au début de l’année de 2008 éclatait dans le bassin minier de Gafsa l’un des plus grands mouvements sociaux qu’ait connu la Tunisie depuis son indépendance. Au départ, personne n’aurait pensé, dans un pays totalement verrouillé par l’appareil sécuritaire, que des mères de familles, des adolescents, des « petites gens », des diplômés chômeurs ou de simples militants syndicaux puissent défier le régime des mois durant, au point que la « révolte » est considérée aujourd’hui comme le symbole de la résistance populaire à l’autoritarisme benalien. Alors que tous les observateurs étaient braqués sur la campagne pour les élections présidentielle et législative d’octobre 2009 et, que les opposants cooptés ou indépendants se mettaient déjà en marche pour participer symboliquement ou boycotter énergiquement un « scrutin sur mesure », l’expression du ras-le-bol a explosé là où on ne l’attendait pas forcément : la Tunisie de l’intérieur, déshéritée et oubliée (les « zones d’ombre » pour reprendre la rhétorique officielle du régime1) qui n’intéresse finalement pas grand monde et encore moins les correspondants de la presse étrangère trop accoutumés à leurs réseaux d’informateurs des « beaux quartiers » de la capitale (le triangle La Marsa-Sidi Bousaïd-Carthage). Et, il est vrai, qu’au départ, comme le souligne pertinemment le politologue Amin Allal (2010), le « mouvement » du bassin minier n’a pas été vraiment pris au sérieux par les partis d’opposition et les organisations des droits de l’Homme basés à Tunis, qui ont voulu y voir la résurgence d’une « révolte tribale », que le pouvoir n’aurait aucune difficulté à étouffer dans l’œuf par la distribution de gratifications matérielles et de subventions en tout genre. Selon cette vision élitiste, le clientélisme d’État n’aurait aucun mal à venir à bout de la colère des gueux, peu politisés et facilement « achetables », en dépit du fait que Gafsa reste dans l’esprit de nombreux Tunisiens la « ville indomptable » en référence à une très ancienne tradition de luttes syndicales et aux événements de 1980 (Baduel, 1982, p. 521-574). Or, c’est tout le contraire qui s’est passé : au fil des jours, le mouvement social n’a cessé de se politiser et de revêtir une dimension protestataire, outrepassant largement les registres social et professionnel des premiers temps (demandes d’embauche collective dans la Compagnie des phosphates de Gafsa).

2 . Avec du recul, les analyses produites par les social scientists (Allal, 2010 ; Chouikha et Gobe, 2009, p. 387-420) et les observateurs engagés2 ont convergé pour mettre en exergue la charge politique et contestataire de la révolte du bassin minier, au point de se demander si elle n’anticipait pas les contours d’un mouvement social à venir qui, à moyen terme, pourrait ébranler les bases du régime. En somme, les spécialistes du champ politique tunisien ont longtemps estimé que les changements au « pays du jasmin » viendraient du « sérail tunisois » et des milieux élitaires : le mouvement de Gafsa laisse à penser, au contraire, que le « pays de l’intérieur » pourrait jouer aussi un rôle dans la redéfinition des enjeux politiques futurs et la transition vers un nouveau type de régime. La répression policière et judiciaire du mouvement (procès en première instance des 4 et 11 décembre 2008 et procès en appel du 3 février 2009) et la « clémence présidentielle » (libération des condamnés du bassin minier à l’occasion de la fête du 7 novembre 20093) n’enlèvent rien à la charge subversive de la révolte. Cette dernière continue à marquer les mémoires et sert consciemment ou inconsciemment de « modèle de mobilisation », même si celui-ci n’a jamais été pensé par les acteurs protestataires. Pour le dire plus simplement : désormais, il y aura un avant et un après Redeyef4. De ce point de vue, cinq « leçons politiques » peuvent être tirées de ce mouvement social inédit dans la Tunisie indépendante. 

3. Le syndicat de salariés, l’UGTT, apparaît bien comme le « maillon faible » des agences de pouvoir (Camau et Geisser, 2003 ; Gobe, 2006, p. 174-192) : si la direction nationale est prompte à collaborer avec le gouvernement et, en particulier, avec le ministère de l’Intérieur, pour pacifier les luttes sociales, les instances régionales et locales, davantage proches de la base militante et de la population, ont montré qu’elles pouvaient à tout moment faire preuve d’audace protestataire, refusant toute forme d’allégeance au régime. 

4. A contrario, les partis de l’opposition indépendante et les organisations des droits de l’Homme, en dépit d’une bonne insertion dans les réseaux internationaux et d’un soutien tardif aux activistes du bassin minier, sont apparus en total décalage avec le mouvement social, évoluant dans une « bulle élitaire », certes objet de tracasseries policières permanentes, mais finalement peu menaçantes pour les assises du régime. Pire, la majorité des intellectuels tunisiens se sont montrés relativement indifférents au mouvement social, comme si celui-ci par sa « nature populaire » n’était porteur d’aucune signification politique5. 

5. Car, il est vrai qu’une sociologie « fine » des émeutiers du bassin minier6 révèle la prédominance des membres des classes populaires, des diplômés au chômage, des anciens salariés prolétarisés, des femmes seules avec enfants (veuves de mineurs), etc., qui contraste point par point avec l’assise sociale des partis et des ONG ayant pignon sur rue. Même les leaders du mouvement, membres des syndicats de base, appartiennent généralement à la classe moyenne intellectuelle en voie de paupérisation. 

6. Contrairement à toutes les analyses qui soulignent une distanciation de facto entre les Tunisiens de l’intérieur et ceux de l’extérieur (immigrés, réfugiés politiques, anciens opposants islamistes et gauchistes), certains milieux de la diaspora tunisienne ont joué un rôle central dans les mobilisations, davantage impliqués que les élites tunisoises. Les « Tunisiens de l’étranger » ont non seulement contribué à rendre visible le mouvement social aux yeux de l’opinion publique internationale mais ont aussi apporté un appui logistique aux révoltés du bassin minier. 

7. Enfin, la gestion policière du mouvement social par les autorités apparaît davantage comme le signe d’une certaine impuissance du pouvoir que d’une réelle maîtrise de la situation. Confronté à une contestation « spontanée » et « imprévue », le régime s’est lancé dans une fuite en avant sécuritaire7qui apparaît davantage comme un signe de faiblesse que de puissance. 

8. Tirant les enseignements socio-politiques de la « révolte du bassin minier », nous allons brièvement développer ces cinq points qui, selon nous, sont susceptibles de peser sur l’évolution future de la configuration politique tunisienne. 

 Les « deux UGTT » : la dissonance syndicale comme vecteur paradoxal de la dynamique protestataire (première leçon). 

9. Il est difficile pour un observateur peu familier du fonctionnement du champ syndical tunisien de saisir la position ambivalente de la centrale UGTT dans les conflits sociaux. Celle-ci est perçue, tantôt comme un « bras armé du régime », digne des syndicats uniques des anciennes démocraties populaires d’Europe de l’Est, tantôt comme une force d’opposition que certains ont même comparée à un parti politique8. En fait, cette ambivalence était déjà présente dès les premières années de l’indépendance de la Tunisie, où son leader historique, Ahmed Ben Salah – qui deviendra plus tard ministre de Bourguiba –, hésitait entre l’option syndicale et l’option partisane, avec le rêve secret de transformer l’UGTT en parti travailliste, capable de concurrencer le parti bourguibien, le Néo-Destour.

À cette ambivalence de « nature historique », qui poursuit l’UGTT jusqu’à aujourd’hui, s’ajoute également une ambivalence de « nature structurelle » qui s’explique par le fait que l’UGTT est composée de syndicats de base, plus ou moins autonomes, et représentée à l’échelle de chaque gouvernorat par des unions régionales plus ou moins en « bonne entente » avec la direction nationale9. Sous les apparences d’un « grand paquebot syndical » monolithique, l’UGTT fait figure d’organisation composite, quasi polyarchique, qui lui permet de mieux résister que les autres organisations de la « société civile » (partis d’opposition, associations et ONG) aux pressions sécuritaires du régime et fait d’elle une menace permanente pour la stabilité du pouvoir d’État. Sur ce plan, les événements récents du bassin minier ont constitué une illustration parfaite, d’une part, de la dissonance entre la bureaucratie syndicale et les syndicats de base et, d’autre part, du potentiel subversif de l’activisme des leaders syndicaux locaux, confirmant une nouvelle fois la thèse du « maillon faible » :

 « L’UGTT apparaît comme le maillon faible du réseau des agences de pouvoir. Le leadership syndical est confronté aux protestations de militants syndicaux récusant l’alignement politique et aux tensions sociales générées par la libéralisation économique. Son intérêt de stabilité commande la neutralisation des opposants et rejoint en cela les préoccupations du Palais. Mais il lui faut également compter avec les implications des syndicats de base dans les conflits à l’échelle des entreprises. Il ne peut les appuyer sans réserve ni les contrer de manière frontale. Dans un cas comme dans l’autre son aptitude à gérer le secteur serait prise en défaut et planerait la menace d’un dérapage des conflits. » (Camau et Geisser, 2003) 

10. C’est précisément ce scénario qui s’est déroulé lors des événements du bassin minier. Des syndicalistes de la base, en conflit ouvert avec le secrétaire général régional de l’UGTT, Amara Abbassi, par ailleurs membre du comité central du parti présidentiel (RCD), ont contesté la validité des résultats du concours public organisé par la Compagnie des phosphates de Gafsa (GPG). La bureaucratie syndicale, accusée de faire le jeu du régime, en cautionnant le système de corruption et de favoritisme, s’est trouvée rapidement en porte à faux avec les syndiqués ordinaires mais aussi avec les représentants locaux de la centrale, davantage en phase avec les revendications populaires, comme le décrit Ammar Amroussia dans son essai de bilan sur la révolte du bassin minier : 

 « C’est peut-être la première fois que la fureur populaire se dirige ainsi contre l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et précisément vers l’Union régionale et les syndicats miniers. En effet, l’indignation des gens (traduite par des marches, des communiqués et des discussions) n’a pas été seulement exprimée à l’égard du régime, mais elle a touché les symboles de la corruption syndicale. Ces symboles, outre leur acceptation du résultat du concours, organisé par la CPG, leur implication dans l’esprit des hordes, des relations personnelles et de la corruption, et leur exploitation directe des ouvriers au moyen de sociétés de sous-traitance, ont une responsabilité dans la dégradation de la situation dans la région. L’UGTT et les syndicats miniers n’ont pas seulement gardé le silence, au contraire, ils ont refusé, lors du dernier conseil régional, de présenter tout simplement les contestations des habitants de la région10. » 

 11. Dans un premier temps, la bureaucratie syndicale a donc été tentée de réprimer les syndicalistes « rebelles », en les désavouant publiquement : Adnane Hajji, l’une des figures charismatiques du mouvement social du bassin minier, a été ainsi suspendu de toute activité syndicale durant une période de cinq ans. Mais très rapidement, la direction de la centrale syndicale a dû faire machine arrière, au risque d’être totalement discréditée aux yeux de l’ensemble de ses adhérents et de ses militants de base : les syndicalistes « indociles » ont été réintégrés dans leurs fonctions et la direction de l’UGTT a fini par apporter un soutien – même timide et tardif – aux émeutiers traduits en justice, se distanciant par là de la politique répressive conduite par le régime. 

 Une opposition indépendante coupée du mouvement social : le signe de l’impuissance (deuxième leçon) 

12. Dans son étude sur le mouvement du bassin minier, le politologue Amin Allal relève que « durant les deux premiers mois de la mobilisation, les organisations politiques d’opposition, la “société civile” et la centrale syndicale gardent leurs distances avec les contestataires. En effet, les partis d’opposition, peu implantés en dehors de Tunis, sont à ce moment-là plus préoccupés par les préparatifs de l’élection présidentielle d’octobre 2009 » (Allal, 2010, p. 5). L’auteur ne fait pas référence ici aux organisations clientes du régime qui, elles, ont évidemment dénoncé en chœur les émeutiers comme des représentants du « parti de l’étranger »11, mais bien aux acteurs indépendants : le Parti démocrate progressiste (PDP), le Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), Ettajdid (ancien Parti communiste tunisien), la Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme (LTDH), l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), etc. Le seul parti à avoir joué un rôle non négligeable dans le mouvement est le Parti communiste des ouvriers tunisiens (POCT), petite formation d’extrême gauche, dont certains militants ont pris une part active dans les protestations. Mais, d’une manière générale, l’opposition indépendante est restée coupée des acteurs contestataires. Or, ce retrait du mouvement social ne peut être expliqué uniquement par des variables conjoncturelles liées au contexte électoral (scrutins législatif et présidentiel d’automne) ou par la répression policière (coût de l’engagement) mais aussi par des variables structurelles liées à la faiblesse de l’assise sociale de cette opposition et à son isolement par rapport à de larges secteurs de la société tunisienne, en particulier à l’intérieur du pays. Nous retrouvons là le « prisme élitiste et tunisois » (Camau et Geisser, 2003) des milieux oppositionnels mis en évidence dans de nombreux travaux et analyses12, attestant de l’inexistence d’une véritable opposition en Tunisie, comparable au rôle joué, par exemple, par les partis dans les champs politiques marocain, égyptien ou même jordanien : 

 « L’un des premiers facteurs de faiblesse de l’opposition politique réside dans les séquelles qu’elle traîne encore des “années de plomb”. Mais au lieu de profiter de ce soulèvement pour élargir sa base sociale, en faisant siennes les revendications des masses populaires, la majorité de cette opposition n’a pas manifesté l’intérêt qu’il faut pour un mouvement aussi important. Plus le mouvement progresse, plus se creuse l’écart la séparant des masses populaires.13 » 

 Et si le changement venait du « bas » : la sociologie des émeutiers (troisième leçon) 

13. Sans verser nécessairement dans le mythe romantique du « petite peuple » à l’assaut du régime tyrannique, force est de constater, d’après les rares documents disponibles14, que la sociologie des émeutiers révèle le caractère extrêmement populaire des manifestants et même des « encadreurs politiques » du mouvement. On relève ainsi une prédominance des travailleurs journaliers, des précaires en tout genre, des étudiants chômeurs, des ouvriers, des petits employés, des épouses et des veuves de mineurs. Les seuls cadres du mouvement appartiennent généralement à la petite fonction publique tunisienne : ils sont instituteurs, professeurs de l’enseignement secondaire ou encore secrétaires dans une administration d’État mais jamais cadres supérieurs ou professions libérales. Ce n’est donc pas seulement la « Tunisie de l’intérieur » – Gafsa est à environ 350 km de Tunis – qui s’est mobilisée dans le bassin minier mais aussi « la Tunisie d’en bas », comme le confirme le tableau quasi ethnographique dressé par Ammar Amroussia : 

 « Ce mouvement a eu, dès son début, un caractère populaire large, ce qui l’a transformé en un soulèvement populaire proprement dit et ce malgré son aspect régional plus ou moins circonscrit. Toutes les catégories populaires ont adhéré à ce mouvement : ouvriers, chômeurs, fonctionnaires, commerçants, artisans, élèves, etc. Ceux qui y participent appartiennent à différentes générations, il y a des enfants, des jeunes, des adultes, des personnes âgées. Les femmes, même celles au foyer, ont pris part à la protestation et ont souvent joué un rôle d’avant-garde. Les divisions tribales, restées présentes dans la région et continuellement instrumentalisées par le pouvoir, ont disparu dans ce mouvement pour céder la place à l’appartenance sociale, de classe. Les habitants ont compris qu’ils vivent dans la même situation de misère, qu’ils partagent le même sort : le chômage, la marginalisation, la pauvreté, la dégradation du pouvoir d’achat et, en général, la détérioration de leurs conditions de vie.15 » 

 14. Toujours selon le même auteur, les élites intellectuelles seraient très largement restées en retrait du mouvement, quand elles ne l’ont pas purement et simplement méprisé :

 « On ne peut aussi que remarquer, écrit-il, la passivité de l’ensemble des intellectuels. Exception faite de quelques-uns qui ont été touchés par l’événement et qui l’ont abordé dans des articles, la majorité n’a pas été “ébranlée” ni inspirée par l’ampleur de l’événement. Ce qui prouve la profondeur de la crise que traversent les intellectuels et les créateurs en Tunisie. Ils ont été habités par un sentiment de désespoir et d’impuissance perdant confiance dans le peuple au point de ne plus hésiter à lui tourner le dos le taxant de “lâcheté” et “ingratitude” et à se jeter dans les bras du pouvoir ou se consacrer pleinement à leurs affaires personnelles. Quand le peuple a bougé et qu’il s’est révélé vivace, dynamique et entreprenant, ces intellectuels ne se sont pas remis de leur léthargie et quatre mois de résistance et d’affrontements sanglants n’ont pas pu agir sur leurs pensées et leurs esprits.16 »

 15. Les conclusions d’Ammar Amroussia sont particulièrement sévères pour les élites tunisiennes, et notamment celles du champ académique et artistique, et doivent probablement pour beaucoup à sa déception militante (l’auteur est proche des milieux d’extrême gauche). Toutefois, au-delà du propos engagé et désillusionné, c’est aussi une piste de réflexion pour les sociologues et les politologues qui se dessine : à trop nous focaliser sur les révolutions de Palais, les intrigues au sein de la famille (Ben Ali, Trablesi, Chiboub…), les querelles incessantes entre les leaders de l’opposition, l’attitude des soutiens occidentaux de la Tunisie officielle (USA, France, Italie, etc.), n’a-t-on pas trop rapidement écarté l’hypothèse d’un changement politique « par le bas » dans les prochaines années en Tunisie ?

Le rôle inattendu et renouvelé de l’opposition diasporique (quatrième leçon) 

16. Dès les premiers temps du mouvement de libération, l’Europe, en général, et la France, en particulier, ont constitué une base arrière pour les organisations politiques et syndicales tunisiennes. À certains égards, l’on peut dire que l’Hexagone apparaît comme le prolongement naturel de l’espace politique tunisien, se structurant autour d’un axe Tunis-Paris, souvent bien plus influent que les relations tissées entre la capitale et la « Tunisie de l’intérieur ». Dans son travail de doctorat, Michaël Béchir Ayari, a mis en évidence sur le temps long les effets politiques de cette dialogique tuniso-française qui a, tantôt contribué à amplifier les mouvements protestataires, en leur donnant un écho inespéré, tantôt aboutit à les freiner, en créant une sorte de dichotomie entre les « opposants de l’intérieur » et les « opposants de l’extérieur », les intérêts entre ces deux entités militantes ne coïncidant pas systématiquement (Ayari, 2009). Si la France a longtemps représenté la « Mecque de l’extrême gauche tunisienne » (Perspectivistes, trotskystes, communistes orthodoxes, gauchistes, tiers-mondistes, etc.), son influence avait pourtant tendance à décliner ces vingt dernières années, en raison de facteurs sociologiques « lourds », qui ne revêtent pas forcément une dimension politique immédiate : la distanciation existentielle avec la mère patrie s’est souvent traduite par une francisation objective de nombreux anciens « exilés politiques » tunisiens qui se sont progressivement éloignés des enjeux militants et politiques du pays d’origine : le mariage avec une Française, l’éducation des enfants au « pays de Voltaire », l’insertion progressive dans les enjeux professionnels politiques et syndicaux de la société française, ont constitué autant de facteurs qui ont produit un phénomène de distanciation avec les scènes politiques tunisiennes. L’arrivée massive des réfugiés politiques islamistes à l’horizon des années 1990 n’a pas fondamentalement changé les données du problème : si ces derniers, jusqu’à une période récente, sont restés attachés au mythe du retour et au culte d’une tunisianité islamique, nombre d’entre eux ont fini par se faire à l’idée que l’action oppositionnelle à l’étranger était vaine. Du coup, depuis quelques années, on assiste dans les milieux islamistes exilés en France et en Grande-Bretagne à une série de retours qui ne se font pas sur une base collective (accord politique entre Ennahda et le régime) mais sur des bases purement individuelles, avec la promesse de ne plus s’engager dans des actions contre le régime (repentance). Le phénomène des repentis n’est désormais plus négligeable au sein de la mouvance islamiste et les cas des « militants retournés » – aux deux sens du terme – de plus en plus fréquents.

17. Or, les derniers événements du bassin minier de Gafsa ont, en partie, démenti cette hypothèse « pessimiste » de la distanciation des Tunisiens de l’étranger à l’égard des enjeux internes à l’espace national. Contre toute attente, une partie de l’opposition tunisienne en exil a retrouvé dans le mouvement social de Gafsa l’occasion de jouer un rôle politique de premier plan et ceci à deux niveaux. 

 18. À l’échelon international d’abord, où une organisation comme la FTCR17, issue des mouvements de gauche et d’extrême gauche, et représentant aujourd’hui le courant tunisien « démocratique » et « laïque », a contribué à médiatiser l’événement, à jeter des ponts avec les organisations politiques et syndicales européennes, et à envoyer une aide logistique aux émeutiers. L’implication de la FTCR dans le mouvement social n’a d’ailleurs pas échappé aux tenants de l’appareil sécuritaire du régime qui ont fait condamner par contumace son président, Mouhieddine Cherbib, à deux ans de prison ferme (procès du 11 décembre 2008 et du 3 février 2009)18. Il est fort probable que, sans l’action d’une organisation comme la FTCR, la révolte du bassin minier n’aurait pas eu l’écho international qu’elle a connu, le ministère de l’Intérieur ayant « cadenassé » tous les moyens d’information et de communication, à tel point que les Tunisiens de France étant souvent davantage au courant de ce qui se passait réellement à Redeyef (épicentre du mouvement social) que les Tunisiens de l’intérieur eux-mêmes. 

 19. À l’échelon local, ensuite, où les réseaux migratoires originaires de la région du bassin minier se sont également fortement mobilisés pour venir en aide aux familles et aux victimes de la répression policière. Alors que la communauté tunisienne de France fait l’objet d’une étroite surveillance, via les consulats, l’Amicale des Tunisiens et les indicateurs dépêchés dans l’Hexagone par le ministère de l’Intérieur, les immigrés tunisiens et les Français d’origine tunisienne ont parfois bravé la peur pour se lancer dans des actions de protestation et d’information à destination de l’opinion publique européenne. C’est ainsi qu’à Nantes (Ouest de la France), ville qui compte une assez forte communauté immigrée originaire du bassin minier de Gafsa (2 000 à 3 000 personnes), des habitants ont créé un Collectif nantais de soutien aux Tunisiens de Redeyef qui a réuni plusieurs centaines de personnes19. Le fait est assez rare pour être signalé, car depuis de très nombreuses années, l’immigration tunisienne populaire (ouvriers et leurs familles) ne s’était plus mobilisée sur les enjeux politiques liés au pays d’origine par crainte de représailles. 

20. Bien sûr, ce sursaut politique de l’immigration tunisienne doit être largement relativisé. Il ne concerne au mieux que quelques milliers d’individus et quelques dizaines d’associations, dotés de moyens humains et financiers relativement modestes. Néanmoins, il est révélateur d’une tendance qui pourrait s’amplifier dans les prochaines années et signer le retour d’une opposition diasporique sur l’échiquier politique tunisien, susceptible d’apporter un appui logistique décisif aux « opposants de l’intérieur ». 

 La fuite en avant sécuritaire du régime : signe de force ou de faiblesse ? (cinquième leçon) 

 21. Si la gestion des conflits sociaux en Tunisie, sous Bourguiba comme sous Ben Ali, a rarement été marquée par son caractère pacifique – l’État étant toujours tenté de recourir à la force –, celle du mouvement du bassin minier se distingue par son extrême brutalité et par une certaine incohérence répressive. En effet, dans le conflit du bassin minier, le régime a donné plusieurs fois l’impression de perdre pied et les violences systématiques pratiquées sur les émeutiers font figure davantage d’aveu de faiblesse que de puissance. Le récit d’Ammar Amroussia souligne bien ces atermoiements du pouvoir dans sa riposte policière qui, en creux, a mis en évidence la désorganisation de l’appareil sécuritaire : 

 « Les forces de l’ordre ont été incapables de réaliser ce qu’elles accomplissaient aisément par le passé, en réprimant une contestation isolée et réduite à des minorités, ne serait-ce que parce que le mouvement est réellement populaire et que tous ceux et celles qui y ont participé sont déterminés à résister et à continuer leur lutte jusqu’au bout car ils n’ont plus rien à perdre, à part leurs chaînes. C’est pourquoi les forces de l’ordre qui sont intervenues violemment au début du mois d’avril 2008 puis au début du mois de mai ont vite perdu du terrain face à la détermination des habitants. Ce que les autorités pouvaient interdire habituellement aux partis et associations même légaux, aussi bien dans leurs sièges que dans les espaces publics, les contestataires l’ont fait au bassin minier à leur guise et sans aucune autorisation de la police. Ainsi, les marches traversaient les rues jour et nuit, les réunions ont lieu dans les espaces publics et les tracts et les bulletins politiques sont distribués en plein jour sous les regards de la police qui se contente de surveiller sans intervenir. Les habitants ont créé un rapport de force, sur le terrain, en leur faveur qui leur a permis de jouir de leurs droits de réunion, de manifestation, d’expression, etc. Les forces de l’ordre n’ont qu’une seule solution pour arrêter le mouvement, c’est la prise pure et simple des villes du bassin minier et le décret de l’état de siège et du couvre-feu pour empêcher toute activité.20 » 

 22. Le bilan humain des émeutes du bassin minier est particulièrement lourd : trois morts21, des dizaines de blessés, une centaine d’interpellations et d’arrestations, une trentaine d’inculpés et un retour en force de la torture pratiquée non seulement dans les commissariats de quartiers mais aussi dans les centres pénitentiaires où ont été déférés les leaders du mouvement social :

« Les avocats soutiennent que la plupart de leurs clients ont été victimes de torture et ont subi des traitements inhumains et dégradants tout au long de leur détention et notamment lors de la phase d’enquête ; qu’ils ont systématiquement fait état de cette atteinte gravissime à l’intégrité physique des “accusés” en particulier devant le juge d’instruction qui en a constaté la véracité. Ils présentent un tableau des principaux cas de torture allégués et constatés (dont on a pu vérifier la transcription dans l’ordonnance de clôture de l’instruction).22 »

23. In fine, ce que révèle la révolte du bassin minier, c’est l’emballement de la machine sécuritaire du régime et son incapacité à faire face à un mouvement social d’extraction populaire. En effet, depuis un certain nombre d’années, s’était installée en Tunisie une sorte de « routine sécuritaire » qui consistait à réprimer les oppositions « classiques », les défenseurs des droits de l’Homme et, ponctuellement, les manifestations de rues organisées par les syndicats étudiants et salariés. De ce point de vue, les rapports des ONG et les communiqués publiés par les associations indépendantes tendaient à refléter une certaine accoutumance à la répression, non que celle-ci soit considérée comme légitime ou normale, mais parce qu’elle devenait banale dans ses formes et ses méthodes. Or, confronté à une « révolte par le bas », animée non par des « professionnels de la contestation » mais par des citoyens ordinaires, les réflexes sécuritaires du régime ont été mis à l’épreuve, contribuant à se dévoiler au grand jour et, par effet de feed back, à accorder au mouvement social une victoire symbolique. N’est-ce pas là le signe d’un ébranlement du Pacte de sécurité23, ce contrat social implicite entre l’État et le peuple, que certains auteurs ont longtemps considéré comme le principal moteur du régime de Ben Ali ? 

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Notes 
1 C’est notamment la mission dévolue au Fonds de solidarité nationale (FSN), organisme gouvernemental dont l’objectif est d’éradiquer les poches de pauvreté. Pour certains observateurs critiques, il s’agit, en réalité, d’une fiscalité déguisée, voire d’un racket fiscal opéré par le régime, sous couvert de générosité. Cf. Béatrice Hibou (2006).
2 Ammar Amroussia, « Le soulèvement des habitants du bassin minier : un premier bilan », Rapport publié par le Parti communiste des ouvriers tunisiens, Albadil Express, liste diffusion du PCOT, 12 janvier 2009 ; Houcine Bardi, « Procès du 11 décembre 2008 devant le tribunal de Gafsa. Rapport d’observations judiciaires » :www.crldht.org/.../PROCES_DU_11_DECEMBRE_2008_DEVANT_LE_TRIBUNAL_PENAL_DE_GAFSA.doc.
3 22e anniversaire de l’arrivée au pouvoir du président Ben Ali.
4 Cité minière située à l’ouest de Gafsa, elle a été l’épicentre des mobilisations en 2008 et 2009. 
5 Dans son rapport rédigé pour le compte du Parti communiste des ouvriers tunisiens (PCOT), Ammar Amroussia se montre particulièrement sévère sur l’indifférentisme des intellectuels tunisiens à l’égard de la « révolte du bassin minier » : « Le soulèvement des habitants du bassin minier : un premier bilan », op. cit.
6 C’est notamment l’approche de terrain privilégiée par Amin Allal (2010). 
7 Pour un récit détaillé de la répression, cf. Éric Gobe et Larbi Chouikha (2009) ; Houcine Bardi, « Procès du 11 décembre 2008 devant le tribunal de Gafsa. Rapport d’observations judiciaires », op. cit. 
8 Sur le site web officiel du syndicat, son secrétaire général, Abdesellam Jerad se défend de toute inclinaison partisane, tout en revendiquant un rôle politique : « l’UGTT n’est l’assise sociale d’aucun parti politique et elle refuse de rester à l’écart de la vie publique sous prétexte d’indépendance » :http://www.ugtt.org.tn/fr/actualitees-details.php?id =376.
9 Sur le fonctionnement complexe de l’UGTT et ses relations avec le pouvoir, cf. Salah Hamzaoui (1999, p. 369-380), Sadri Khiari (2000). Voir égalementÉric Gobe (2008, p. 267-284).
10 Ammar Amroussia, « Le soulèvement des habitants du bassin minier : un premier bilan », op. cit. 
11 Comme le parti écologiste fantoche créé de toute pièce par le régime, le Parti vert pour le progrès (PVP) qui a publié un communiqué stigmatisant les émeutiers du bassin minier, tout en demandant une grâce présidentielle pour les condamnés : « le bureau politique désapprouve le soutien de certains prétendus défenseurs des droits de l’Homme tunisiens à ces étrangers ; soutien qui s’inscrit dans le cadre de la propagande politique au service d’agendas qui n’ont rien à avoir avec les aspirations actuelles du peuple et du pays. […] Le bureau réitère son appel au chef de l’État pour qu’il intervienne, conformément à ses prérogatives constitutionnelles, en graciant les personnes condamnées dans cette affaire et en faisant la joie de leurs familles et proches. Le PVP est totalement confiant dans la compassion du chef de l’État envers tous les Tunisiens, notamment les jeunes », cité par As-Sabah, 8 février 2009.
12 Voir Larbi Chouikha et Éric Gobe (2009, p. 163-182) ; Mohamed Abdelhaq et Jean-Bernard Heumann (2000, p. 29-40) ; Camau et Geisser (2003,p. 227-265). 
13 Ammar Amroussia, « Le soulèvement des habitants du bassin minier : un premier bilan », op. cit.
14 Pour se faire une idée de la sociologie des émeutiers, on peut se référer aux profils socioprofessionnels des prévenus aux procès de décembre 2008 et février 2009 rapportés par Houcine Bardi, « Procès du 11 décembre 2008 devant le tribunal de Gafsa. Rapport d’observations judiciaires », op cit., aux descriptions approfondies d’Ammar Amroussia, « Le soulèvement des habitants du bassin minier : un premier bilan », op. cit., et, enfin, aux extraits des reportages vidéo sur les manifestations de rue tournés par Fahem Boukadous qui donnent un bon aperçu de la sociologie des acteurs du mouvement social : http://fr.rsf.org/tunisie-report-du-proces-de-fahem-23-03-2010,36071
15 Ammar Amroussia, op. cit.
16 Ibid. 
17 Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives. Cf. présentation de la FTCR par elle-même sur son site web : http://www.citoyensdesdeuxrives.eu/better/index.php?option=com_content&view =article&id =226:presentation-de-la-ftcr&catid =52:histoire-mémoire.
18 Plusieurs appels ont d’ailleurs été lancés pour soutenir le président de la FTCR, Mouhieddine Cherbib, condamné pour « délit de solidarité » avec les émeutiers du bassin minier. Cf. notamment l’appel de la Ligue française des droits de l’Homme : « La LDH solidaire avec Mouhieddine Cherbib et avec la FTCR face à l’intimidation politico-judiciaire de la dictature tunisienne », 22 septembre 2008 :http://www.ldh-france.org/La-LDH-solidaire-avec-Mouhieddine.
19 Le 9 décembre 2008, le Collectif a organisé une réunion d’information et de sensibilisation sur le thème : « Justice et liberté pour les Tunisiens de Redeyef » :http://nantes.indymedia.org/article/15462
20 Ammar Amroussia, « Le soulèvement des habitants du bassin minier : un premier bilan », op.cit.
21 Il s’agit de Hichem Ben Jeddou El Aleimi, chômeur de 24 ans, décédé par électrocution, de Nabil Chagra heurté accidentellement par un véhicule de la Garde nationale (gendarmerie) et de Hafnaoui Maghazoui tué par balles par la police le 6 juin 2008 à Redeyef. Cf. Éric Gobe, Larbi Chouikha (2009).
22 Houcine Bardi, « Procès du 11 décembre 2008 devant le tribunal de Gafsa. Rapport d’observations judiciaires », op. cit.
23 Béatrice Hibou (2006). Voir aussi la critique de la thèse du « Pacte de sécurité » par Vincent Geisser, Jean-Noël Ferrié et Jean-Louis Rocca (2009, p. 211-226) http://www.medimarpolitics.net/spip.php?article659

 

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La révolte du « peuple des mines » en Tunisie

 

En arrêtant fin juin plusieurs dirigeants du mouvement de protestation qui touche la ville de Redeyef, en les inculpant de délits graves (constitution de bandes en vue de commettre des agressions contre les personnes et les biens, déstabilisation de l’ordre républicain, violences sur des représentants de l’ordre, etc.), en conduisant des interrogatoires musclés, le pouvoir tunisien tente de mettre fin à une mobilisation qui a regroupé depuis le mois de janvier toute la population du bassin minier de Gafsa.

 

Par Karine Gantin et Omeyya Seddik

« Puisqu’ils veulent tant cette ville, on la leur laisse ! » En colère, les femmes de Redeyef, dans le bassin minier de Gafsa, décrètent l’évacuation générale, le mercredi 7 mai 2008. De nombreux habitants « démissionnaires » prennent la route avec un bagage improvisé pour protester contre l’invasion de leur ville par des troupes policières. Celle-ci les met en garde : s’ils gagnent ainsi la montagne, en direction de l’Algérie, ils seront accusés de trahison, à l’instar du village voisin qui avait demandé l’asile politique à ce pays quelques semaines plus tôt. Ils font donc demi-tour, convaincus par les membres du comité de négociation saisi par un pouvoir local désorienté. L’argument avancé les convainc: il faut rester… pour continuer la lutte.

Depuis le début de cette année, à quatre cents kilomètres au sud-ouest de Tunis, la population d’un bastion ouvrier, souvent rebelle par le passé (1), se construit ainsi sa propre histoire dans une révolte soudée, rageuse et fière. Elle affronte sans faillir une stratégie gouvernementale faite d’encerclement et de harcèlement policiers d’un côté, de contrôle des médias de l’autre.

Tout commence le 5 janvier 2008, jour où sont publiés les résultats, jugés frauduleux, du concours d’embauche de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), l’unique moteur économique de la région. De jeunes chômeurs occupent alors le siège régional de la centrale syndicale à Redeyef. Ils sont rejoints par les veuves des mineurs et leurs familles, qui installent leurs tentes devant le bâtiment. Le mouvement s’étend rapidement. Ouvriers, chômeurs, lycéens et habitants multiplient les grèves, les actions et les rassemblements. Sur fond de grande pauvreté et de flambée des prix, tous protestent contre la corruption d’un système local népotique et contre une politique de l’emploi injuste.

Redeyef est proche de la frontière algérienne. Comme les autres villes du bassin minier de Gafsa (Oum Larayes, Metlaoui, El Mdhilla…), elle vit sous l’empire de la CPG depuis la création de cette dernière en 1897, autour des gisements découverts par le Français Philippe Thomas (vétérinaire militaire, directeur de pénitencier agricole indigène, géologue amateur).

L’extraction des richesses du sous-sol s’y est faite, dès les origines, selon les méthodes typiques du modèle colonial (2) : accaparement des terres par l’expropriation brutale des populations indigènes ; exploitation intensive des ressources naturelles ; extraction à forte consommation de vies humaines et à forte production de déchets polluants ; rapports de travail et de pouvoir appuyés sur les allégeances clientélistes, claniques et familiales (3).

Phosphates, clientélisme et corruption

La plupart de ces traits ont survécu à la décolonisation, sous des formes renouvelées. La CPG, qui a fusionné en 1996 avec le Groupement Chimique Tunisien (GCT), reste le principal pourvoyeur d’emploi de la région. Au cours des vingt cinq dernières années, la modernisation de la production, la fermeture progressive des mines de fonds au profit de celles à ciel ouvert a réduit la pénibilité du travail et le taux de mortalité parmi les ouvriers. Mais cette modernisation, articulée à l’application du « plan d’ajustement structurel », a réduit d’environ 75% les effectifs employés de la compagnie.

Aujourd’hui, seules cinq mille personnes sont y directement employées . Elles bénéficient d’un statut et de conditions de travail enviés par tous dans une région où le chômage frappe 30% de la population active (le double du taux national), selon des chiffres officiels discutés. Autour de la compagnie gravitent de nombreuses entreprises de sous-traitance, avec leurs emplois précaires et sous-payés. Le petit commerce, notamment avec l’Algérie voisine, complète le tableau de l’emploi. Pour trouver du travail, certains risquent leur vie en traversant la Méditerranée. D’autres s’installent dans les banlieues pauvres des villes de la Tunisie « utile », celle du littoral.

Les cinq mille postes de la compagnie ainsi que les fonds destinés à la reconversion sont gérés en collaboration étroite avec l’UGTT. Jusqu’à ces dernières années, la stabilité de la région était obtenue avec une modeste redistribution des bénéfices énormes que génère l’industrie phosphatière, selon de subtils équilibres claniques et familiaux garantis par les dirigeants régionaux de la centrale syndicale et du parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD). Ces dirigeants étaient en même temps les représentants ou les interlocuteurs des principales tribus, les Ouled Abid et les Ouled Bouyahia. La diminution progressive des ressources à distribuer et la généralisation de la corruption, alors même que le cours international du phosphate flambe, ont rompu ces équilibres. La direction régionale de l’UGTT est devenue le centre d’une oligarchie qui ne fait plus bénéficier que ses amis et parents directs des miettes de la rente phosphatière. Elle est le représentant local le plus puissant de ce que les habitants ne voient plus que comme un pouvoir « étranger » injuste.

« Nous le peuple des mines, nous ne sommes jamais injustes, mais si on est injuste envers nous, alors… » La phrase se conclut sur un juron explicite. Cette banderole est déployée à l’une des entrées de Redeyef, un quartier pauvre et marginalisé, théâtre d’affrontements récents avec la police. Au fil des mois, depuis janvier, la mobilisation n’a pas faibli. Au contraire, les actions des chômeurs, des diplômés sans emploi de l’université sont renforcées par des occupations et des manifestations, dans lesquelles se retrouve toute la population. Les sit-in des familles des invalides de la Compagnie et des morts à la mine se conjuguent aux actions des ouvriers licenciés. Les protestations des mères dont les fils ou les maris sont emprisonnés à la suite des premières manifestations ont débouché sur une grève générale qui touche jusqu’aux petits commerçants.

La nuit, les jeunes patrouillent dans Redeyef par petits groupes pour la protéger, après avoir sonné le rassemblement à l’aide de pierres cognées contre les structures métalliques d’un pont. Ils appellent ça « les tambours de la guerre » et usent d’un vocabulaire qui convoque les traditions des tribus guerrières, prêts qu’ils sont à s’affronter avec les policiers… ou à leur voler leurs sandwichs pour les redistribuer. Le ton général reflète une impressionnante cohésion populaire que les forces de l’ordre ne parviennent pas à rompre. En dépit du contrôle étatique des médias, le soulèvement de cette région enclavée, représente le mouvement social le plus long, le plus puissant et le plus mûr qu’ait connu l’histoire récente de la Tunisie.

Le pouvoir y a répondu par une répression de plus en plus brutale qui a fait au moins deux morts, des dizaines de blessés et de détenus. Des familles ont été brutalisées, des biens privés saccagés. Le déploiement d’unités blindées de l’armée a renforcé le siège du bassin minier durant le mois de juin. L’escalade de la violence d’Etat se manifeste par l’utilisation de balles réelles, la multiplication des enlèvements de jeunes pour interrogatoire et emprisonnement, et par des ratissages militaires dans les montagnes environnantes, en vue de retrouver ceux qui tentent d’échapper à la torture.

Plusieurs groupes de jeunes ont déjà été traduits devant les tribunaux pour des procès d’où la population accourue a été tant bien que mal écartée par les forces de l’ordre. La lourdeur des peines diffère du tout au tout, d’un procès à un autre, signe que le pouvoir hésite sur la stratégie à tenir.

L’opposition, à Tunis, ainsi que des comités de soutien, à Nantes, où vit une communauté immigrée originaire de Redeyef, à Paris (4), ou encore à Milan, se battent pour casser le blocus de l’information. Mais la mobilisation reste circonscrite. Politiquement exsangue, passée depuis longtemps sous rouleau compresseur d’un régime policier, la société civile tunisienne peine à réagir. Le pouvoir n’évoque les événements que pour incriminer des « éléments perturbateurs ». Est-ce pour cela que le soulèvement ne s’est pas étendu au-delà de la ville de Feriana, dans le gouvernorat voisin de Kassérine?

Dans Redeyef, le vent de la contestation a sculpté un nouveau quotidien. Le siège local de l’UGTT, en plein centre-ville, a été réquisitionné, au nez de la sous-préfecture voisine ; il est devenu le quartier général des habitants en révolte. Les hommes de main de la direction régionale de l’UGTT ont bien tenté de le reprendre en y apposant des cadenas… La population a imposé sa réouverture. Au rez-de-chaussée du local, qui abrite les réunions, le café sert d’agora permanente. La vaste terrasse qui le prolonge accueille les rassemblements autour d’orateurs postés au balcon du premier étage. Lors des meetings, la présence des femmes est notable. Juste en face, on distribue les tracts et les journaux de l’opposition. C’est là que se dressait, jusqu’en juin, une baraque marchande, celle de Boubaker Ben Boubaker, dit « le chauffeur », diplômé chômeur, vendeur de légumes, connu entre autres être l’auteur d’une lettre ironique et drôle sur les solutions au chômage, adressée au ministre de l’éducation. La police a fait irruption chez lui; sa baraque a été mise à sac. Comme d’autres opposants, il s’est enfui dans la montagne.

« Il nous faut obtenir un résultat positif. Les gens doivent savoir que la lutte pacifique n’a pas été vaine. Sinon, ce sera catastrophique… ». M. Adnane Hajji, secrétaire général du syndicat de l’enseignement élémentaire dans la ville de Redeyef, et figure charismatique du mouvement, a su s’imposer par-delà les rivalités et les clans locaux. Il jouit d’une grande popularité, y compris auprès des ménagères et des gamins. Il sait que le rêve est allé loin déjà et que toute tentative de retour en arrière pourrait avoir des conséquences incontrôlables. M. Hajji a été arrêté chez lui, dans la nuit du 20 au 21 juin, puis inculpé. Les autres animateurs du mouvement sont tous recherchés.

Pour M. Hajji, le nœud de la situation reste régional. Certes, les panneaux électoraux « Ben Ali 2009 », qui annoncent la prochaine élection présidentielle, sont souvent enlevés par la population depuis le début du mouvement, quand ils ne sont pas détournés par une surenchère moqueuse du type « Ben Ali 2080 » ou « Ben Ali 2500 »… Mais lors des rassemblements et des réunions, les militants politiques sont priés de ne pas afficher leur appartenance.

En effet, dans le bassin minier, la population ne croit guère, pour l’instant, à un changement imminent à la tête de l’Etat (5). Seule une forte campagne de solidarité nationale et internationale, ou une extension de la contestation à d’autres régions, pourrait desserrer l’étau. En attendant, le mouvement réclame la fin de la répression et l’ouverture de vraies négociations pour une sortie de crise honorable. Il demande l’annulation des résultats du concours de recrutement jugé frauduleux, un programme d’embauche des diplômés sans emploi, l’implication de l’Etat dans la création de grands projets industriels, le respect des normes internationales relatives à l’environnement, des services publics accessibles aux plus pauvres, par exemple pour l’électricité, l’eau courante, l’éducation, la santé… La devise qu’il s’est choisie : « détermination et dignité. »

Karine Gantin et Omeyya Seddik

Respectivement journaliste et politologue, memebre de la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR)
Oumayya Seddik a séjourné sur place durant le mois de mai.

1) Cf. à propos de la grève dans le bassin minier de mars 1937 et de la représsion violente qui a causé la mort de dix-sept mineurs, le très beau texte de Simone Weil, «Le sang coule en tunisie », publié dans le recueil Ecrits historiques et politiques, Gallimard Paris, 1960. Elle y polémique contre le Front populaire qui prétend défendre la classe ouvrière et ferme les yeux sur les crimes commis contre elle dans les colonies. D’autre part, deux ans après la grève de 1978, se sont déroulésles «évenements de Gafsa«, au cours desquels la région a été la base d’une tentative de coup d’Etat. Lire aussi Khémais Chamari, « L’alerte tunisienne«, Le Monde diplomatique, mars 1980.

2) Lire Paul Vigné d’Octon, La Sueur du Bournous (1911), Les Nuits rouges, Paris 2001. L’auteur fut député de l’Hérault puis rapporteur spécial de l’Assemblée nationale sur la situation des colonies sous la III° République.

3) A propos du système de contrôle du territoire par le protectorat et l’articulation aux pouvoirs traditionnels, lire la thèse d’Elisabeth Mouilleau (1998), Fonctionnaires de la République et artisans de l’Empire. Le cas des contrôleurs civils en Tunisie, 1881-1956, L’Harmattan, Paris 2000.

4) C/oFTCR, 3,rue de Nantes, Paris 19°, www.ftcr.eu

5) Sur l’origine et l’évolution du pouvoir de M. Zine El-Abidine Ben Ali, lire Kamel Labidi, «La lonque descente aux enfers de la Tunisie » Le Monde diplomatique, mars 2006. http://nawaat.org/portail/2008/07/04/la-revolte-du-peuple-des-mines-en-tunisie/

 

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La révolte du bassin minier de Gafsa, en Tunisie (4 juin 2008) 

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Depuis le début de l’année, le bassin minier de Gafsa, en Tunisie, est en état d’ébullition sociale. Dans cette région d’exploitation du phosphate, la Compagnie des Phosphates de Gafsa règne en maître absolu. Elle est appuyée par le régime despotique et corrompu de Ben Ali. Outre la pollution liée aux activités d’extraction et de traitement, la pauvreté et le chômage de masse ont déclenché un vaste mouvement de protestation.

Les travailleurs et les jeunes du bassin minier se mobilisent pour leur dignité, pour des emplois, pour de meilleures conditions de logement, de santé et d’éducation. Ils dénoncent un régime de spoliation, de pillage économique et social. Les grèves se sont multipliées. Les enseignants, certaines branches de la fonction publique et même des petits commerçants se sont mobilisés.

Le mouvement prend diverses formes. Par exemple, dans plusieurs villes du bassin, de jeunes chômeurs et des veuves de travailleurs victimes d’accidents du travail à la Compagnie des Phosphates organisent des « sit-in », sous des tentes, devant des bâtiments officiels. Le régime de Ben Ali a violemment réprimé ce mouvement, de peur que Redeyef ne devienne le symbole de la colère des jeunes et des travailleurs à travers tout le pays, et que le mouvement ne fasse tache d’huile. Des centaines d’interpellations ont eu lieu depuis le début de l’année. Les forces de l’ordre harcèlent et brutalisent quotidiennement la population mobilisée. La ville est pratiquement en état de siège. Ainsi vont les choses dans le pays où, selon Sarkozy, « l’espace des libertés progresse » !

La région de Gafsa est connue pour ses traditions militantes et révolutionnaires. Cette année marque le trentième anniversaire de la grève qui, du temps de Bourguiba, a commencé dans le bassin minier de Redeyef, s’est étendue aux travailleurs et à la jeunesse de toute la région de Gafsa, pour finalement déboucher sur une grève générale d’ampleur nationale. A l’époque, la répression brutale de ce mouvement a fait des centaines de morts. Des milliers de travailleurs et syndicalistes ont été condamnés à de lourdes peines de prison.

 

Le soi-disant « miracle économique »

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Le régime de Ben Ali se vante du « mi

racle économique » en Tunisie. Mais à qui profite cette croissance qui repose essentiellement sur le tourisme de masse ? Aux capitalistes qui dominent l’industrie touristique et en accaparent tous les bénéfices. D’immenses fortunes s’accumulent grâce à la spéculation immobilière, pendant que la masse de la population languit dans le chômage et la misère. Alors que les entreprises françaises, espagnoles et allemandes se délocalisent vers la Tunisie pour profiter d’une main d’œuvre sous-payée et surexploitée, d’autres entreprises jettent leurs salariés à la rue et quittent la Tunisie pour trouver ailleurs des ouvriers encore moins chers. Autre conséquence du « miracle » Ben Ali : des centaines de jeunes tentent de fuir le pays par la mer, sur des embarquements de fortune. Beaucoup finissent par se noyer.

Le 7 mai, Redeyef, une ville de 30 000 habitants, était encerclée par la police. Selon des témoins, plusieurs centaines d’habitants – hommes, femmes et enfants – munis du strict nécessaire ont tenté de quitter la ville avec l’intention de l’abandonner aux forces de l’ordre. Ils en ont été dissuadés par les animateurs du comité de grève, et ont finalement décidé de rester sur place et poursuivre la lutte. Effectivement, une « évacuation en masse » de ce genre n’aurait pas été un moyen de lutte efficace. Quoi qu’il en soit, cet épisode illustre l’énorme gouffre qui s’est ouvert entre le peuple et les autorités. Il témoigne aussi de l’exaspération d’une population face au comportement des dirigeants syndicaux « officiels », notoirement corrompus et complètement à la solde du régime. Main dans la main avec ce dernier, ces « dirigeants » syndicaux se sont efforcés d’isoler et de démoraliser les grévistes et la population en révolte.

Deux jours plus tard, le 9 mai, Taher Saidi, 44 ans, a été grièvement blessé lors d’une intervention des forces de l’ordre dans la ville de Om Larais (35 000 habitants). Il est décédé le 19 mai à l’hôpital régional de Gafsa.

L’incident qui a provoqué les événements du 7 mai est la mort d’un jeune chômeur qui, la veille, avait été électrocuté à l’intérieur d’un local électrique, suite à une intervention particulièrement brutale des forces de l’ordre contre une manifestation de jeunes chômeurs. Ils protestaient contre les résultats pour le moins opaques – entachés de clientélisme – du concours d’entrée à la Compagnie des Phosphates de Gafsa, laquelle s’était engagée à recruter des jeunes chômeurs de la région, en janvier. Un groupe a décidé d’occuper le générateur électrique – hors tension – alimentant les ateliers de l’entreprise. Une brigade de police armée de gaz lacrymogènes a entrepris de faire évacuer le générateur. Le courant a été rétabli et plusieurs jeunes manifestants ont été électrocutés. Les secours ne sont intervenus que plusieurs heures après l’accident. Le jeune qui a trouvé la mort avait 26 ans. Il s’appelait Hichem Ben Jeddou El Aleimi. Un autre, Ahmed Ben Salah Fajraoui, 21 ans, a été grièvement blessé.

Par ailleurs, le régime de Ben Ali a procédé à l’arrestation de plusieurs militants, dont les étudiants Nejib Znaïdia et Jihed Ben Ali, mais aussi les chômeurs Houcine Ben Soltane, Abid Tababi, Ismail Hlaimi et Atef Ben Salehn. Ils attendent d’être jugés au tribunal le 29 mai.

Les étudiants et les chômeurs incarcérés, comme l’ensemble des habitants du bassin minier de Gafsa, ont besoin de notre solidarité. Cependant, de simples déclarations de solidarité ne suffisent pas. Face au mur de silence médiatique qui entoure les événements du bassin minier de Gafsa, La Riposte demande à toutes les organisations syndicales et aux partis de gauche de faire ce qu’ils peuvent pour porter cette lutte à la connaissance des travailleurs, en France et à l’échelle internationale. Les syndicats, dans les secteurs de la presse écrite et de l’industrie audiovisuelle, ont un rôle important à jouer dans ce domaine. Les syndicats des personnels des aéroports et de l’industrie du tourisme devraient également se mobiliser pour dénoncer la répression. Il faut lancer des actions de grève et de boycott syndical qui frappent directement les intérêts capitalistes en Tunisie. La solidarité passe aussi par la collecte et l’envoi de fonds pour soutenir la lutte. http://www.lariposte.com/la-revolte-du-bassin-minier-de,1035.html

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 17:01

Redeyef : Grève générale ce jeudi relative aux martyrs du Bassin minie”


 

 

http://www.tunivisions.net/images/articles/TNV20170300.jpg

 

Une grève générale en signe de protestation contre la non-inclusion des martyrs du bassin minier en tant que bénéficiaires du décret-loi 97 relatif à l'indemnisation des martyrs et blessés de la Révolution, a été déclenchée dans la région deRedeyef relevant du gouvernorat de Gafsa, ce Jeudi 3 Janvier.


A ce sujet, le syndicaliste, Adnène Hajji, intervenant sur les ondes de Mosaïque FM, a mis en garde le gouvernement contre le danger de cette décision, en indiquant que les victimes des évènements du bassin minier sont eux aussi des martyrs de la révolution. tunivisions

 

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Bassin minier : histoire du soulèvement de 2008 par Adnène Hajji

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Redeyef, le ras-le-bol des sit-in

 

 

Il y a quatre ans, des milliers de Tunisiens ont lancé la première pierre contre le régime dictatorial de Ben Ali. C’était à Moularès, à Metlaoui, à Gafsa, et surtout à Redeyef. Les Tunisiens du bassin minier se sont soulevés pour défendre des revendications, selon eux, «éternelles» mis qui semblent toujours d’actualité un an après la révolution.

 

Les habitants de Redeyef ne comptent plus les soulèvements: La révolution a dure depuis six mois, un an, quatre ans … ou même pour certains,un siècle. La pauvreté, la marginalisation et la souffrance (depuis la création de la Compagnie des Phosphates de Gafsa en 1898) sont devenues leur quotidien. La ville tire sa richesse de sa production de phosphates. En 2008, la révolte sociale avait contesté les modalités du concours de recrutement à la CPG et le chômage croissant dans la région. Le mouvement avait été entériné six mois plus tard et pourtant, le 5 janvier 2012, au local de l’Union Générale des Travailleurs Tunisiens à Redeyef, la commémoration du soulèvement de 2008 résonne encore dans le contexte actuel. Devant une foule attentive, Adnene Hajji, porte parole du mouvement du bassin minier à Redeyef, prononce son discours.

«Pas question de négliger un seul point de nos revendications légitimes! Le nouveau gouvernement n’a plus le choix! Il doit nous écouter!  Peuple de Redeyef! Vous qui avez fait les premiers pas de cette révolution tunisienne ! Il est temps que vous récoltiez les fruits de ces années sèches, rudes et tristes de pauvreté et de souffrance!» Des applaudissements jaillissent de toute part, accompagnés par  le célèbre slogan «Fidèles ! Fidèles au sang des martyrs !».

Peu de temps après, deux voitures luxueuses arrivent. C’est le nouveau ministre des affaires sociales, Khalil Zaouia, qui vient pour sa première visite en tant que ministre à Redeyef. Sans protocole, ni garde du corps, le ministre prend le même micro que Adnen Hajji et s’adresse au public. «Nous allons trouver des solutions rapides et efficaces à tous les problèmes de Redeyef… Du chômage, à l’éducation passant par la santé… nous allons constituer un comité permanent qui va étudier les dossiers…» explique le ministre en rappelant qu’il était parmi les premiers membres du comité de soutien des militants du bassin minier en 2008.

"Redeyef 2008, notre cause"/"Redeyef 2011 notre cause: parti politiuqe, parti politique, parti politique"

Avant de rentrer, Khalil Zaouia s’est entretenu avec Adnen Hajji et un représentant de la CPG, au cours d’une réunion de travail pour discuter la possibilité d’arrêter le sit-in des chômeurs de Redeyef qui a duré plus de six mois dans les locaux de la Compagnie des Phosphates. «Il est venu pour ça ! Pour nous persuader qu’il faut arrêter le sit-in, ni plus ni moins … et en contre partie ? Que des promesses !! Y en a marre des promesses !!» nous confie, Omar Maghzaoui, l’un des jeunes sit-inneurs en sortant des locaux de l’Union Générale des Travailleurs Tunisiens où se déroulait la réunion à huit clos avec le ministre.

Omar a 23 ans. Il est fils d’un ancien minier retraité qui touche 120 dinars (60 euros) par mois  Malgré son diplôme de technicien supérieur en maintenance industrielle et son statut de fils d’un minier retraité (qui selon le règlement interne de la CPG, favorise l’embauche), Omar n’a pas réussi à intégrer la compagnie. «Nous avons tout essayé. Nous avons envoyé des fax tous les jours à la CPG. Nous avons essayé de rencontrer le gouverneur, puis le délégué de l’Etat, puis même la police … personne n’a voulu nous écouter… le syndicat à travers Adnen Hajji a essayé de négocier avec la compagnie… mais sans résultat. Nous n’avions plus aucun ressort et c’est pour cette raison que nous avons entamé le sit-in… » explique Omar très en colère du ministre des affaires sociales qui, d’après lui, n’a pas voulu parler avec lui et les jeunes du sit-in.

Dans les rues sèches et poussiéreuses de Redeyef, la rumeur a commencé à circuler : «le ministre a convaincu Adnen d’arrêter le sit-in…».  Même les journalistes ont relayé l’information avant de vérifier. Après deux jours, la réponse est claire, le sit-in paralyse l’activité de la ville, mieux vaut trouver une alternative : «nous n’allons pas arrêter le sit-in. C’est juste une suspension d’un mois. Nous voulons adresser par cette suspension un message au gouvernement et au peuple tunisien : nous voulons bien croire aux promesses et nous voulons tourner la page…maintenant c’est aux responsables de la CPG et au gouvernement de jouer…» explique Adnen.

 

C’est ainsi que les sit-inneurs ont décidé de donner une chance au nouveau gouvernement pour trouver des solutions et répondre aux demandes qui ne datent pas du 14 janvier mais d’au moins quelques dizaines d’années. En réalité, les chômeurs en sit-in portent avec eux des demandes qui concernent toute la région du bassin minier comme la régularisation de la situation des retraités prématurés qui attendent une indemnisation depuis des années. Ou comme le dédommagement des familles des martyrs et blessés de 2008 et de 2011 (d’après les militants de Redeyef, la Compagnie des Phosphates est impliquée dans le payement des policiers qui ont tiré sur les foules lors des manifestations). D’autres éléments témoignent d’une crise qui s’étend avec le financement du développement de la région qui souffre d’un manque flagrant d’infrastructures pour l’éducation, la santé, la culture, le sport et le loisir … sans oublier les victimes des accidents de travail abandonnées aussi à leur sort. La ville compte 62% de chômeurs diplômés, une école et une salle de fête pour environ 27 000 habitants.

 

Devant ces revendications, la Compagnie des Phosphates garde ses portes fermées devant toute négociation depuis plusieurs mois. Quelques sources proches de la direction affirment que Kais Dali, le PDG de la compagnie, avait l’intention, juste après la chute de l’ancien régime, de régler la situation des chômeurs et d’engager plusieurs projets dans la région pour le développement et la santé. «Après quelques mois, Kais Dali a confié à l’un de nos camarades que d’autres têtes dans le gouvernement provisoire de Béji Caïd Sebssi bloquent la concrétisation de ses promesses.» nous a affirmé un des militants du bassin minier.

Ce blocage semble aussi être accompagné aussi par une large compagne médiatique qui met l’accent sur les pertes de l’Etat en exportation de phosphate causées par le sit-in. Ces pertes sont évaluées à 900.000 dinars par jour. «Une raison de plus pour maintenir le sit-in. Si la CPG avance ces chiffres hallucinants comme pertes, quoi dire alors d’une centaine d’années de production et de gain ? Cela veut dire qu’une petite partie de ces sommes, qui pourrait bien exister, peuvent résoudre tous les problèmes de la région. Cela montre surtout que ce blocage n’est pas dû à un manque de moyens mais plutôt à une politique corrompue basée sur le favoritisme.» explique Adnen Hajji en martelant la table du syndicat avec sa main.

D’ici un mois, Redeyef et toute la région du bassin minier, resteront dans l’attente qui dure depuis des années. Entre désespoir et révolte, le destin du bassin minier ne semble pas avancer vers les idéaux de dignité et de liberté promis par la Révolution. Mais la question qui domine au sein des chômeurs reste encore en suspens: le gouvernement actuel, est-il capable de changer le destin du Sud tunisien?

Henda Hendoud

Adnen Hajji, porte parole des sit-inneurs de Redeyef avec quelques jeunes chômeurs du Sit in dans les locaux de l'Union Générale des Travailleurs Tunisiens

La ville de Redeyef lors du soulèvement de 2008 ...  

blog.slateafrique




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Kasserine 

 

Près de 500 citoyens ont pris part ce jeudi 3 janvier à une marche de protestation contre la marginalisation de la région de Kasserine, et les promesses non tenues.

La marche est partie vers 10h30 de la place des martyrs de Kasserine, et a rassemblé des composantes de la société civile de tous bords politiques et de tous âges. Elle entre dans le cadre de la "semaine de colère", et intervient en plein milieu du festival du martyr (1er-8 janvier 2013). shemsfm

 


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L’Armée nationale ferme et sécurise l’Usine de cellulose à Kasserine

 

L’armée tunisienne a procédé à la fermeture de l’usine de cellulose appartenant à la Société Nationale Tunisienne de Cellulose, le lundi 31 Décembre 2012, après avoir fait évacuer tout son personnel qui observait une grève depuis plus de 7 jours.


http://juralib.noblogs.org/files/2013/01/022.jpg

 

Cette initiative a été entreprise dans le but de sécuriser l’usine et ses installations, sachant que les dépôts contiennent des produits chimiques dangereux, dont le ”gaz de chlore”.  Les unités de l’armée ont mobilisé des ”rondes” autour de l’enceinte extérieure de l’usine implantée sur près de 40 hectares en plein centre ville de Kasserine, non loin de la caserne militaire. juralib.noblogs


 

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Kasserine - Une grève qui menace de durer

Le personnel de la Société nationale de cellulose et de la pâte d'alfa à Kasserine poursuivait encore, hier, leur grève entamée depuis une semaine, pour protester contre «le refus du ministère de l'Industrie de satisfaire leurs revendications».

Le secrétaire général du syndicat de base de l'entreprise, Mohamed Ali Bouazizi, a indiqué, dans une déclaration à la correspondante de l'agence TAP à Kasserine, que ces revendications portent sur l'octroi d'une «indemnité de chlore» en raison des risques encourus avec l'utilisation de ce produit, la restructuration de l'entreprise, le paiement de ses dettes par l'autorité de tutelle, «comme elle l'a fait avec l'entreprise El Fouledh de Menzel Bourguiba (gouvernorat de Bizerte)». Il a ajouté que la grève va se poursuivre jusqu'à la satisfaction des revendications des agents et des employés de la société.

La correspondante de l'agence TAP a cherché à connaître le point de vue de la direction de l'entreprise concernant cette grève qui a paralysé complètement la production, mais le directeur des affaires administratives de la société a refusé de donner des explications, alléguant qu'il n'a pas obtenu l'autorisation préalable du ministère de tutelle.

Les parties syndicales de Kasserine sont en train de tenir des réunions de négociations avec des responsables de la région en vue d'atteindre des solutions pouvant satisfaire tout le monde.

L'entreprise, créée en 1959, fournit 780 postes d'emplois permanents et environ 1.800 autres saisonniers, en plus des sources de revenus pour les ramasseurs d'alfa.

L'usine produit du papier d'impression et d'écriture, ainsi que la pâte d'alfa destinée totalement à l'exportation et qui est utilisée pour la production du papier à cigarette, du papier de qualité pour l'écriture et pour les industries électroniques, en tant qu'isolant, en plus des produits chimiques qui font partie de la panoplie de ses produits. http://fr.allafrica.com/stories/201301030768.html

 

 

 

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2 janvier 2013 3 02 /01 /janvier /2013 20:26

Les Brigades d’intervention de retour à Thala

http://nawaat.org/portail/wp-content/uploads/2013/01/Selection_0311.jpg

Le 12 janvier 2011, les forces de police se sont retirés de la ville meurtrie de Thala dans le gouvernorat de Kasserine, après des confrontations face à la résistance farouche de la population qui s’est soulevée contre le régime de Ben Ali.

Les forces de la répression avaient coupée Thala du reste du pays depuis le début du mois de janvier 2011. Dans la nuit du samedi 8 janvier au dimanche 9 janvier 2011 ils ont assassiné Marwane Jomli, 20 ans, Ahmed Ben Ammar Boulaabi, 30 ans, Mohamed Omri, 17 ans, Nouri Boulaabi, 30 ans. Ensuite ils ont tué Ghassen Chniti et Ahmed Rtibi. Le 12 janvier 2011 les brigades d’intervention ont tué Wajdi Saihi avant de se retirer.

Depuis, la ville a établit un modèle d’auto-gestion semblable à ce que la ville de Redayef dans le bassin minier avait connu jusqu’à nos jours, du fait de l’abscence quasi-totale des institutions de l’Etat et de la police.

Les familles des martyrs de Thala, persévères et sont déterminées à connaître la vérité et à ce que la justice soit faite. Notamment Issam Omri, le frère du martyr Mohamed Omri, qui demande lui aussi à connaître la vérité.

Issam Omri a récupèré, avec les jeunes révolutionnaires de Thala, un document dans le poste de police de la ville en flammes le 12 janvier 2011. Ce document cite les responsables des brigades d’intervention qui ont été déployés à Thala en donnant leurs noms, grades et numéros de telephone.

Issam Omri avait témpoigné de menaces recues de la part l’ex-directeur des brigades d’intervention le Colonel Moncef Laajimi. Issam avait été arrété dans une opération policière suspecte au cours du mois de septembre 2011 à Tunis. L’idée planait alors que le colonel Laajimi, qui était encore directeur général des brigades d’interventions, était à l’origine de l’arrestation.

Issam Omri s’est montré intransigant et ferme dans sa quête de la justice et de la vérité concernant l’assassinat de son frère.

Une vidéo filmée hier soir à Thala, nous a été envoyée par Jaber Omri. Les scènes montrent la maison de la famille du martyr Mohamed Omri, après que plus de 20 policiers des brigades d’intervention y aient fait irruption vers 3h du matin en lançant des bombes lacrymogènes. Ils auraient aggréssé la soeur du martyr, Hajer Omri et auraient ensuite arrêté ses 3 frères : Issam, Ahmed et Khaled Omri. Ils les auraient sortis nus de chez eux. La vidéo montre aussi les dommages causés dans une maison voisine, suite à une irruption des policiers qui y auraient lancé du gaz lacrymogène et auraient piétiné un bébé d’après les témoignages des voisins. nawaat

 

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Le régime islamiste se venge des familles des martyres de Thala, la ville qui a osé  dire NON à Ben Ali et  aux nahdhaouis

 

 
 
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Les forces de sécurité à Thala ont arrêté, ce mercredi à l’aube, les trois frères de Mohamed Amri, un des martyrs du 14 janvier 2011. Une arrestation contestée par leur avocat Charfeddine Kellil.

En réponse, le porte-parole du ministère de l’intérieur, Khaled Tarrouche a indiqué que cette arrestation a eu lieu conformément à la loi et suite à l’autorisation du procureur général.

Il a précisé que les trois frères ont été arrêtés sur fond de leur implication dans une attaque contre un poste de police à Thala le soir du réveillon. une attaque contre un poste de police à Tala le soir du réveillon.tunisienumerique

 

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Agression de la sœur du martyr Mohamed Omri et arrestation de ses frères

Les forces de sécurité de la région de Thala ont effectué une descente au domicile du martyr de la révolution Mohamed Omri, dans la nuit de mardi à mercredi et plus précisément vers 3h du matin.

 

Kasserine : Agression de la sœur du martyr Mohamed Omri et arrestation de ses frères

Les forces de sécurité ont procédé à l’arrestation des 3 frères du martyr Mohamed Omri, qui sont suspectés d’avoir agressé un agent de police.

Une vidéo diffusée par site Naawat montre que le domicile du martyr Mohamed Omri a été saccagé et que la sœur de ce dernier a été violemment agressée. tuniscope.

 

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Kasserine : la semaine de la colère !

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 Kasserine annonce une semaine “de la colère”

http://www.tunisienumerique.com/wp-content/uploads/gasserine1.jpg

Les kasserinois se préparent à vivre la ” Semaine de la colère ” du 1er au 8 janvier 2013, nous a rapporté le correspondant de “Tunisie Numerique” présent sur place.

Quelques jeunes habitants de la région ont brulé des pneus ce matin au quartier Azzouhour bloquant ainsi la circulation, a ajouté notre correspondant.

Les habitants de la région entendent à travers ces manifestations pacifiques réclamer leur droit à l’emploi et au développement et protester  contre la marginalisation et les promesses non tenues. tunisienumerique

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