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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 03:31

Des Tunisiens laissés-pour-compte... 

 

 

 

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Le terrorisme anti-syrien et ses connexions internationales

 

 

 

Depuis le début du printemps syrien, le gouvernement de Damas prétend combattre des gangs terroristes. La plupart des médias occidentaux dénoncent, dans cette thèse, une propagande d’Etat servant à justifier sa répression contre le mouvement de contestation. S'il est évident que celle-ci tombe comme du pain béni pour l'Etat baassiste de réputation peu accueillante envers les mouvements d'opposition qui échappent à son contrôle, elle n'en est pas fausse pour autant. Plusieurs éléments objectifs accréditent en effet la thèse du gouvernement syrien.

 

D'abord, il y a le facteur laïcité. La Syrie est en l'occurrence le dernier Etat arabe laïc. (1) Les minorités religieuses y jouissent des mêmes droits que la majorité musulmane. Pour certaines sectes sunnites championnes de la guerre contre l'Autre quel qu'il soit, la laïcité arabe et l'égalité inter-religieuse, incompatibles avec la charia, sont une injure à l’islam et rendent l’Etat syrien plus détestable qu'une Europe « athée » ou « chrétienne ». Or, la Syrie compte pas moins de dix églises chrétiennes différentes, avec des sunnites qui sont arabes, kurdes, tcherkesses ou turkmènes, avec des chrétiens non arabes comme les Arméniens, les Assyriens ou les Levantins, avec des musulmans syncrétiques et donc inclassables comme les alaouites et les druzes. Par conséquent, la tâche qui consiste à maintenir sur pied cette charpente ethnico-religieuse fragile et complexe s'avère si ardue que seul un régime laïc, solide et forcément autoritaire peut y parvenir.

 

Ensuite, il y a le facteur confessionnel. En raison de l'origine du président Bachar El-Assad, le régime syrien est abusivement décrit comme « alaouite ». Cette qualification est totalement fausse, calomnieuse, sectaire voire raciste. Elle est avant tout fausse parce que l'état-major, la police politique, les divers services de renseignements, les membres du gouvernement sont majoritairement sunnites de même qu'une partie non négligeable de la bourgeoisie. Nos médias à sensations ne manquent pas de parler de Mme Asma El-Assad, l'épouse du président d'origine sunnite dans un but de la diaboliser. Mais ils évitent délibérément de citer la vice-présidente de la République arabe syrienne, Mme Najah Al Attar, la première et unique femme arabe au monde à occuper un poste aussi élevé. Mme Al Attar est non seulement d'origine sunnite mais elle est aussi la sœur de l'un des dirigeants exilés des Frères musulmans, illustration emblématique du paradoxe syrien. En réalité, l'appareil d'Etat baassiste est le reflet quasi parfait de la diversité ethnico-religieuse qui prévaut en Syrie. Le mythe à propos de la « dictature alaouite » est tellement grotesque que même le grand mufti sunnite, le cheikh Bedreddine Hassoune ou encore le chef de la police politique Ali Mamlouk, lui aussi de confession sunnite, sont parfois classés parmi les alaouites par la presse internationale. (2)

 

Le plus étonnant est que cette même presse apporte de l’eau au moulin de certains milieux salafistes (sunnites ultra-orthodoxes) syriens qui propagent le mensonge selon lequel le pays aurait été usurpé par les alaouites lesquels seraient, selon eux, des agents chiites. Ces mêmes salafistes taxent les chiites de négateurs (rawafidhs) parce que ces derniers rejettent, entre autres, la légitimité du califat, c'est-à-dire du gouvernement sunnite des origines de l'islam. Or, d’une part, il existe des différences notables entre alaouites et chiites tant sur le plan théologique que de la pratique religieuse. La divinisation d'Ali, la doctrine trinitaire, la croyance en la métempsychose ou encore le rejet de la charia propres aux alaouites, sont sources de critiques de la part des théologiens chiites qui ne manquent pas de les taxer d'exagérateurs (ghoulat). D’autre part, s’il y a une religion d’Etat en Syrie, c’est bien l’islam sunnite de rite hanéfite représenté entre autres par le cheikh Muhammad Saïd Ramadan Al Bouti et le grand mufti de la République, le cheikh Badreddine Hassoune dont la sage parole tranche avec les appels au meurtre et à la haine des cheikhs wahhabites. Mais qu'à cela ne tienne, pour expliquer l'alliance anti-US et antisioniste formée par l’axe Damas-Téhéran-Hezbollah, la presse aux ordres et les milieux sunnites ultra-conservateurs répètent en chœur que la Syrie est dominée par les alaouites qui formeraient une « secte chiite ». La Syrie étant soutenue par la Chine, la Russie, le Venezuela, Cuba, le Nicaragua ou encore la Bolivie, il faudrait logiquement en conclure que Hu Jintao, Poutine, Chavez, Castro, Ortega ou Morales sont eux aussi des alaouites, au moins des crypto-chiites.

 

Troisièmement, il y a le facteur nationaliste. Il convient de rappeler que pour les salafistes, la Syrie n’existe pas. Ce nom serait comme celui de l’Irak une fabrication athée. Dans leur jargon inspiré du Coran, l’Irak s’appelle Bilad Al Rafidaïn (le pays des deux Fleuves) et la Syrie, Bilad Al Cham (le pays de Cham).

 

Celui qui adopte l'idéologie nationaliste et se consacre à la libération de sa patrie commet un péché d'association (shirk). Il viole le principe du tawhid, l’unicité divine et à ce titre, il mérite la mort. Pour ces fanatiques, le seul combat agréé par Allah est le djihad, la guerre dite « sainte » livrée au nom d'Allah et visant à étendre l'Islam.

 

En tant que corollaire du nationalisme arabe, le panarabisme, cette idée progressiste d'unité et de solidarité interarabe est à fortiori un sacrilège parce qu'il mine l'idée de « oumma », la mère patrie musulmane. Comme le rappelait récemment le président Bachar El-Assad dans une interview accordée au journalSunday Telegraph, le combat qui se livre actuellement sur le sol syrien oppose deux courants inconciliables : le panarabisme et le panislamisme (3).

 

Ce conflit originel introduit un facteur historique fondateur de la menace terroriste en Syrie. Depuis 1963, la Syrie baassiste mène en effet une véritable guerre contre les mouvements djihadistes. L'armée gouvernementale et les Frères musulmans se sont affrontés dans de nombreuses batailles qui se sont toutes soldées par la victoire du pouvoir syrien. Ces victoires ont été arrachées au prix de nombreuses victimes, l'armée n'hésitant pas à semer la terreur pour parvenir à ses fins. En 1982, l'armée de Hafez El-Assad a pilonné des pans entiers de la ville de Hama pour venir à bout de la résistance djihadiste, massacrant sans distinction militants et civils innocents. On dénombre au moins dix mille morts dans les bombardements et les batailles de rue. De véritables chasses à l'homme ont ensuite été lancées contre les Frères musulmans syriens à travers le pays, contraignant ces derniers à l'exil. La répression n'est pas pour autant parvenue à éradiquer la tradition guerrière ni l'esprit revanchard des djihadistes syriens.

 

A présent, voyons pays par pays quels sont les mouvements terroristes auxquels les troupes syriennes sont aujourd'hui confrontées.

  

Le front libanais

 

En avril 2005, l’Occident s'est réjoui de voir les troupes syriennes quitter le territoire libanais après 30 ans de présence ininterrompue. Cet événement avait été déclenché par l'attentat visant l'ex-premier ministre libano-saoudien Rafiq Hariri connu pour son hostilité envers la Syrie, attentat immédiatement imputé au régime de Damas par l'Europe et les Etats-Unis sans la moindre preuve et avant même le début de l'enquête. Une « révolution du Cèdre » soutenue par les officines droitsdelhommistes de la CIA poussa l'armée syrienne à quitter le Liban. A peine les chars syriens se sont-ils retirés que les groupes salafistes refirent surface, dégainant leurs sabres et leurs prêches sectaires. Ces mouvements se sont implantés dans le Nord-Liban du côté de Tripoli majoritairement sunnite puis, peu à peu, dans les camps palestiniens du Liban, profitant des divisions politiques et de la faiblesse militaire des organisations palestiniennes ainsi que de la politique de non-intervention de l’armée libanaise dans ces camps. Entre 2005 et 2010, les groupes djihadistes ont mené la guerre contre tous les soutiens réels ou supposés du régime de Bachar el-Assad comme les populations chiites, alaouites ou les militants du Hezbollah. Certains de ces mouvements ont été jusqu'à franchir la frontière syro-libanaise pour harceler les troupes du pouvoir baassiste sur leur propre territoire.

 

L'activisme anti-syrien des groupes salafistes libanais armés connut ensuite une recrudescence avec le début de la crise syrienne de 2011. Ils furent relayés par des mouvements salafistes non armés. Le 4 mars 2012, quelques deux mille salafistes conduits par Ahmad Al Assir, un prédicateur de la ville de Saïda devenu l'étoile montante du sunnisme libanais, ont défilé à Beyrouth pour protester contre le régime de Bachar El Assad. Derrière un impressionnant cordon de sécurité composé de policiers et de militaires, quelque centaines de contre-manifestants du Parti baas libanais ont protesté contre ce défilé.

 

D’Aarida à Naqoura, tout le Liban retint son souffle. Comme son cœur se resserre à chaque fois que des tirs retentissent depuis les quartiers tripolitains de Bab Tebbaneh et Djebel Mohsen. Car dans ce pays où la ligne de fracture politique est également confessionnelle avec des sunnites majoritairement anti-Assad et des chiites majoritairement pro-Assad et puis aussi avec des chrétiens divisés qui se retrouvent dans les deux camps, la hantise de la guerre civile est omniprésente. Mais le gouvernement d'union nationale tente de calmer le jeu et veille à rester neutre face au conflit syrien. Pour autant, certains groupes salafistes ne ratent pas une occasion pour semer le chaos dans ces deux pays géographiquement interdépendants et complémentaires.

 

Voici une brève description de certains de ces mouvements sectaires actifs au Liban et qui menacent la Syrie depuis plusieurs années :

 

Groupe de Sir El-Dinniyeh

 

Ce mouvement sunnite dirigé entre 1995 et 1999 par Bassam Ahmad Kanj, un vétéran d'Afghanistan et de Bosnie, est apparu à la suite de luttes entre différents courants islamiques voulant contrôler les mosquées de Tripoli. En janvier 2000, le Groupe de Dinniyeh a tenté de créer un mini-Etat islamiste dans le Nord du Liban. Les militants ont pris le contrôle des villages du district de Dinniyeh, à l'Est de Tripoli. 13.000 soldats libanais ont été envoyés pour mater cette rébellion djihadiste. Les survivants de l’assaut se retranchèrent dans le camp palestinien d’Ayn El Hilwé dans le sud du Liban. Après le retrait des forces armées syriennesen avril 2005, les combattants du groupe de Dinniyeh sont revenus à Tripoli où se trouvaient encore des cellules clandestines. La même année, le ministre libanais de l'intérieur par intérim, Ahmed Fatfat qui est précisément originaire de Sir El-Dinniyeh et qui, par ailleurs, dispose de la citoyenneté belge, a mené campagne pour obtenir la libération des prisonniers du groupe de Dinniyeh et ce, dans le but d'obtenir l'appui politique des groupes sunnites et salafistes du Nord-Liban.

  

Fatah Al Islam

 

Mouvement sunnite radical du Nord du Liban. Le Fatah Al Islam a littéralement occupé la ville de Tripoli avec la complicité de Saad Hariri et son parti, le Courant du futur. Hariri voulait se servir de ces radicaux sunnites pour combattre le Hezbollah chiite libanais et le gouvernement syrien. Parmi les alliés de Hariri, le groupe appelé « Fatah El Islam » dissident du mouvement national palestinien s'est emparé du camp de Nahr El Bared. Ce mouvement terroriste a assassiné 137 soldats libanais de manière brutale notamment lors de sataniques rituels se soldant par des décapitations. Le 13 février 2007, le Fatah El Islam fit également exploser deux bus dans le quartier chrétien d’Alaq-Bikfaya.

 

De mai à septembre 2007, l'armée libanaise fit le siège du camp palestinien de Nahr el Bared où étaient retranchés les combattants djihadistes et ce n'est qu'après d'intenses combats dignes de l’opération syrienne de Baba Amro qu'elle parvint à les neutraliser. Pas moins de 30.000 Palestiniens ont dû fuir les combats. Quant à Nahr el Bared, il fut réduit à l’état de ruines.

 

Quelques mois plus tard, le Fatah al Islam est impliqué dans un attentat meurtrier qui secoue Damas. Le 27 septembre 2008, le sanctuaire chiite de Sayda Zainab à Damas est en effet la cible d'un attentat à la voiture piégée où 17 pèlerins sont tués. Le Fatah Al Islam est souvent cité lorsque des affrontements éclatent à Tripoli entre le quartier sunnite de Bab Tabbaneh et le quartier alaouite de Djébel Mohsen.

  

Jounoud Al Cham (Les soldats du Levant)

 

Mouvement sunnite radical du Sud du Liban aux origines multiples. Certains de ses membres seraient issus du groupe Dinniyeh tandis que d’autres seraient des vétérans d’Afghanistan ayant combattu sous le commandement d’Abou Moussab Al Zarqawi. La plupart de ses combattants seraient des Palestiniens « takfiristes », c’est-à-dire en guerre contre les autres religions et les non-croyants. Jounoud Al Cham serait responsable d'un attentant en 2004 à Beyrouth qui a tué un responsable du Hezbollah. Depuis plusieurs années, il tente de prendre le contrôle du camp palestinien d’Ayn El Hilwé situé à proximité de la ville de Sayda. En 2005, le groupe fait parler de lui pour ses accrochages quotidiens avec l’arméesyrienne. Jounoud al-Sham se trouve sur la liste des organisations terroristes émise par la Russie. Il n'est pas sur la liste des organisations terroristes étrangères du Département d'Etat nord-américain. (4)

  

Ousbat Al Ansar (Ligue des partisans)

 

Présent sur la liste des organisations terroristes, Ousbat al-Ansar lutte pour « l'établissement d'un Etat sunnite radical au Liban ». Connu pour ses expéditions punitives contre tous les musulmans « déviants », Ousbat al-Ansar fait assassiner des personnalités sunnites comme le cheikh Nizar Halabi. Il fait également plastiquer des établissements publics jugés impies : salles de théâtre, restaurants, discothèques... En janvier 2000, il attaque à coups de roquettes l’ambassade de Russie à Beyrouth. Héritier du groupe de Dinniyeh, il infiltre le camp palestinien d’Ayn El Hilwé dans le Sud du Liban. Lorsqu'en septembre 2002, je visitai les camps palestiniens du Liban, l'inquiétude des résistants palestiniens était palpable. Nombre d'entre eux avaient été tués lors de tentatives de prises de contrôles par ce groupe réputé proche d'Al Qaïda. En 2003, quelque 200 membres d’Ousbat Al Ansar attaquèrent les locaux du Fatah, le mouvement palestinien de Yasser Arafat. Il y eut huit morts dont six membres du Fatah.

 

Le mythe de l'ASL

 

Il faut le reconnaître : les chasseurs de dictateurs qui peuplent les rédactions des grands organes de presse sont passés maître dans l'art du camouflage quand il s'agit de présenter des « résistants » qui servent les intérêts de leur camp. En véritables chirurgiens esthétiques, ils vous transforment l'Armée syrienne libre (ASL) en mouvement de résistance démocratique brave et sympathique composé de déserteurs humanistes dégoûtés par les atrocités commises par l'arméesyrienne. Il n'y a aucun doute que l'armée du régime baassiste ne fait pas dans la dentelle et commet d'impardonnables exactions contre des civils, qu'ils soient terroristes, manifestants pacifistes ou simples citoyens pris entre deux feux. A ce sujet, les médias mainstream nous abreuvent ad nauseam de crimes imputés aux troupes syriennes parfois à raison mais le plus souvent à tort. Car en termes de cruauté, l'ASL ne vaut pas vraiment mieux. Seuls quelques rares journalistes comme le néerlandais Jan Eikelboom osent montrer l'envers du décor, celui d'une ASL sadique et crapuleuse. La correspondante à Beyrouth du Spiegel, Ulrike Putz vient, elle aussi, d'égratigner la réputation de l'ASL.

 

Dans une interview mise en ligne sur le site de l'hebdo allemand, Ulrike Putz a mis en lumière l'existence d'une « brigade d’enterrement » chargée d'exécuter les ennemis de leur sinistre révolution à Baba Amr, le quartier insurgé de Homs repris par l'armée syrienne. (5) L'égorgeur interrogé par Der Spiegel attribue 200 à 250 exécutions à sa brigade des croque-morts, soit près de 3% du bilan total des victimes de la guerre civilesyrienne depuis un an.

 

Du côté des institutions humanitaires, il a fallu attendre la date fatidique du 20 mars 2012 pour qu'une éminente ONG, à savoir Human Rights Watch, dont la traduction signifie bien « guetteur des droits de l'homme » reconnaisse enfin les tortures, exécutions et mutilations commises par les groupes armés opposés au régime syrien. Après 11 mois de terrorisme insurgé... A la bonne heure ô infaillible sentinelle ! « Sah Al Naum », comme on dit en arabe à quelqu'un qui se réveille.

 

Passons à une autre info qui écorne un peu plus la renommée de l'Arméesyrienne libre et leurs appuis atlantistes. D'après des sources diplomatiques et militaires, l'ASL, cette armée dite de « déserteurs » manquerait d'effectifs militaires. Pour pallier cette pénurie de combattants, l'ASL enrôlerait des salafistes à tour de bras. C'est le cas du bataillon Al Farouq de l'ASL qui s'était rendu célèbre par ses enlèvements d'ingénieurs civils et de pèlerins iraniens, par ces tortures et ces exécutions sommaires.

 

La difficulté de recruter des conscrits est somme toute fort logique puisqu'un déserteur est par définition un homme qui abandonne le combat. Déserter signifie quitter la guerre. Dans le cas syrien, de nombreux déserteurs se constituent réfugiés et quittent le pays. La propagande de guerre occidentale affirme que s'ils quittent l'armée ou ne répondent pas aux appels sous les drapeaux, c'est parce qu'ils refusent de tuer des manifestants pacifiques. En réalité, ces jeunes recrues craignent autant de tuer que de mourir. Ils affrontent un ennemi invisible rompu aux techniques de guérilla, qui tire aveuglément sur des pro- et des anti-régime et qui n'hésite pas à liquider ses prisonniers selon un rituel sordide de décapitation et de dépeçage. La terreur qu'inspirent les groupes armés dissuade légitimement de nombreux jeunes de risquer leur vie en circulant en uniforme. Alors, ils choisissent de quitter l'armée et le pays.

 

Par exemple, les déserteurs kurdes syriens se réfugient dans la région autonome du Kurdistan irakien. A Erbil surtout, dans un quartier peuplé de Kurdes syriensque l'on surnomme « le petit Qamishli ». D'autres rejoignent les camps de réfugiés d'Irak, du Liban, de la Turquie ou de la Jordanie. Le terme de « déserteur » servant à désigner les militaires qui ont fait défection pour rejoindre le camp adverse et tirer sur leurs anciens camarades est donc inapproprié. Il serait plus correct de parler de transfuges.

 

Voici une analyse de Maghreb Intelligence, une agence que l'on ne peut soupçonner de collusions avec le régime de Damas et qui appuie la thèse de la démobilisation des jeunes appelés, de la faiblesse de l'ASL et de la présence de salafistes armés sur le champ de bataille :

 

D’après un rapport émanant d’une ambassade européenne à Damas et corroboré par des enquêtes menées par des centres de recherches français à la frontière turque, l’Armée Libre Syrienne -ALS- ne compterait en tout et pour tout que quelque 3000 combattants. Ils sont pour la plupart armés de fusils de chasse, de Kalachnikov et de mortiers de fabrication chinoise provenant d’Irak et du Liban. D’après ce rapport, l’ALS n’a pas pu enrôler la majorité des 20 milles militaires qui auraient déserté l’armée de Bachar Al Assad. D’ailleurs, l’ALS est particulièrement présente dans les camps de réfugiés établis sur le territoire turc. A Hama, Deraa et Idlib ce sont davantage des groupes armés salafistes qui donnent la réplique à l’armée syrienne. Ces salafistes, particulièrement violents et déterminés, proviennent dans leur grande majorité de la mouvance sunnite radicale active au Liban. (6)

 

A part le fait d'être impitoyable, infiltrée par des groupes sectaires et en manque d'effectifs, l'Armée syrienne libre est désorganisée. Elle n'est pas chapeautée par une direction centrale et unifiée. (7)

 

De nombreuses indications, notamment les saisies d'armes réalisées à divers postes-frontières du pays, montrent que l'ASL reçoit des armes de l'étranger et ce, depuis le début de l'insurrection, ce que l'ASL démentait avant de demander ouvertement une intervention militaire étrangère sous forme de bombardements, d'appui logistique ou de création de zones-tampons. Au début de son insurrection, le groupe armé dissident ne voulait visiblement pas donner l'image d'une cinquième colonne agissant pour des forces étrangères ni compromettre ces généreux mécènes que l'on devine. On se souviendra que dans le documentaire de propagande anti-Bachar réalisé par Sofia Amara, intitulé « Syrie : Permis de tuer » et diffusé sur la chaîne franco-allemande Arte en octobre 2011, un soldat de l'ASL est sur le point de révéler ses fournisseurs étrangers quand son supérieur le somme de se taire.

 

 Le front jordanien 

 

L'allégeance de la monarchie hachémite à Washington et Tel-Aviv relève du lieu commun. Pour satisfaire ses alliés, la Jordanie a d'ailleurs été le premier régime arabe à appeler Bachar El-Assad à quitter le pouvoir. Le 22 février 2012, le correspondant du Figaro, Georges Malbrunot révélait que la Jordanie avait acheté à l'Allemagne quatre batteries anti-missiles Patriot américains « pour protéger Israël contre d'éventuelles attaques aériennes menées depuis la Syrie.  » (8) Ces missiles devraient être installés à Irbid, non loin de la frontière syrienne.

 

Déjà en 1981, la monarchie sécuritaire alliée des Etats-Unis avait laissé faire l'aviation israélienne qui avait violé son espace aérien pour aller bombarder le réacteur nucléaire irakien d'Osirak.

 

En politique intérieure, la Jordanie n'affiche pas une posture plus progressiste. Ainsi, des décennies durant, Amman a encouragé les Frères musulmans selon un calcul politique motivé par le souci d'éradiquer l'ennemi principal, à savoir l'opposition de gauche laïque (communiste, baathiste et nassérienne). Selon M. Abdel Latif Arabiyat, ancien ministre et ex-porte-parole du Parlement jordanien : « La confrérie n’était pas une organisation révolutionnaire, elle prônait la stabilité.

 

Avec la montée en puissance des partis nationalistes et de gauche, nous avons conclu une alliance officieuse avec les autorités » (9). En 1970, les Frères musulmans se rangèrent du côté de la monarchie lorsque le roi Hussein ordonna l'écrasement des fédayins palestiniens. Motus donc de la part des Frères musulmans devant le massacre dit du « Septembre noir » dans lequel près de vingt mille Palestiniens ont été massacrés.

 

De cette stratégie d'instrumentalisation des Frères musulmans jordaniens, ce sont finalement ces derniers qui sont sortis vainqueurs puisqu'ils représentent aujourd'hui le principal mouvement d'opposition du pays. Pour le royaume hachémite, les Frères musulmans constituaient un moindre mal à la fois par rapport à la gauche mais aussi par rapport aux mouvements djihadistes. Ce mariage de raison n'a pas tenu longtemps. Et finalement, la monarchie se vit contrainte de réprimer un mouvement devenu trop puissant. Entretemps, la Jordanie subit plusieurs attentats terroristes.

 

En 2005, ce sont des hôtels de la capitale Amman qui furent visés par des groupes salafistes. Abou Moussab Al Zarqawi, l'ancien chef d'Al Qaïda en Irak, est lui-même originaire de Zarqa, une ville jordanienne située au Nord-est d’ Amman.

 

La révolte syrienne contre le régime ayant éclaté à Deraa, une ville méridionale proche de la frontière jordanienne, elle a éveillé l'appétit de conquête du courant djihadiste basé en Jordanie qui s'était essoufflé suite aux nombreuses pertes essuyées dans les rangs d'Al Qaïda. On y trouve entre autres la Brigade Tawhid, une petite armée djihadiste formée de plusieurs dizaines de combattants naguère actifs au sein du Fatah Al-Islam et s’infiltrant en Syrie pour attaquer l’armée gouvernementale. (10) Le portail d'info libéral jordanien Al Bawaba révèle que la ville frontalière de Ramtha accueille des mercenaires libyens payés par l'Arabie saoudite et le Qatar.

 

Par ailleurs, étant situé entre la Syrie et l'Arabie saoudite, le royaume hachémite est un passage obligé pour tous les djihadistes, les instructeurs et les convois militaires envoyés par Riyad.

 

Le front saoudien

 

A l'instar du royaume hachémite, la fidélité de la dynastie Saoud à l'Oncle Sam n'est un secret pour personne et ce depuis le Pacte du Quincy signé sur le croiseur américain du même nom entre Roosevelt et Abdelaziz Ben Saoud en février 1945. Cet accord allait permettre aux Etats-Unis de s'assurer un approvisionnement énergétique sans entrave moyennant une protection de son vassal face à leurs adversaires régionaux communs, notamment le nationalisme arabe et l'Iran dont certains territoires passaient sous influence soviétique. Lorsque la crise syrienne éclata, Etats-Unis et Arabie saoudite fêtaient leurs noces de jasmin pour leurs 66 années de vie commune en scellant le plus grand contrat d'armement de l'histoire : 90 milliards de dollars, impliquant la modernisation de la flotte aérienne et de la marine saoudiennes.

 

On s'en doutera, l'Etat wahhabite ne pouvait rester les bras croisés face aux événements qui secouent la Syrie, un pays phare du nationalisme arabe et de surcroît, ami de l'Iran, son ennemi juré.

 

Riyad alimente le terrorisme anti-syrien sous diverses formes : diplomatique, économique, religieux, logistique et bien sûr militaire.

 

La Maison des Saoud parraine les djihadistes actifs en Syrie en les encourageant par le biais de ses propagandistes attitrés à mettre le pays à feu et à sang.

 

Par exemple, après avoir autorisé le djihad en Libye et appelé à l’élimination de Mouammar Kaddhafi, l'une des plus grandes autorités juridiques et fatalement religieuses du pays, le Cheikh Saleh Al Luhaydan s'est dit favorable à l'extermination d'un tiers des Syriens pour en sauver les deux tiers.

 

Sur la chaîne télévisée saoudienne Al-Arabiya TV, le prédicateur Aidh Al-Qarni a déclaré que « Tuer Bachar est plus important que tuer des Israéliens ». (11)

 

C'est depuis Riyad et via la chaîne Wessal TV qu'Adnan Al Arour appelle à hacher les alaouites et à donner leur chair aux chiens.

 

Les récentes déclarations christianophobes du Cheikh Abdul Aziz bin Abdullah, rapportées par Arabian Business, ne vont sans doute pas rassurer les chrétiens deSyrie : s'appuyant sur un hadith décrivant le prophète Mahomet sur son lit de mort, déclarant qu'il « ne devrait pas y avoir deux religions dans la péninsule arabique », le cheikh saoudien Abdullah qui n'est autre la plus grande autorité wahhabite au monde, en a déduit qu'il fallait détruire « toutes les églises de la région ». Les chrétiens de Syrie en proie à la haine religieuse, trouvent dans cette déclaration, une raison de plus pour soutenir Bachar el-Assad.

 

Nombreux sont les citoyens syriens hostiles au régime de Bachar el-Assad qui s'inquiètent du parrainage de leur mouvement démocratique par une théocratie qui décapite encore des femmes pour sorcellerie, qui torture ses opposants politiques dans les prisons et qui ne connaît ni Parlement ni élection.

 

Sous le soleil de Riyad, il y a aussi Bandar que l'on ne présente plus.

Son rôle trouble dans les attentats de Londres, le financement de groupes salafistes armés revendiqué par l'intéressé, ses collusions avec le Mossad, sa haine du Hezbollah, de la Syrie et de l'Iran font du prince saoudien Bandar Ben Sultan, secrétaire-général du Conseil national de sécurité, une pièce maîtresse du plan de destruction de la Syrie laïque, multiconfessionnelle, souveraine et insoumise.

 

Il n’y a donc pas vraiment de quoi s’étonner lorsque la dictature saoudienne s'engage aux côtés de son voisin et concurrent qatari, à verser les salaires des mercenaires antisyriens lors de la réunion des « amis de la Syrie » à Istanbul.

 

 Le front qatari

 

Le Qatar, c'est avant tout, une gigantesque base militaire US, la plus grande qui se trouve en dehors des Etats-Unis. Et puis, accessoirement, c'est le royaume d’un petit émir médiocre, fourbe et cupide. Dans son royaume, il n'y a ni Parlement, ni Constitution, ni partis, ni élections. En 1995, il organise un coup d'Etat contre son propre père. A peine arrivé au pouvoir, le pétromonarque putschiste se lance dans un vaste programme de partenariat économique avec l’Etat sioniste prévoyant notamment la commercialisation du gaz qatari en Israël. En 2003, l’émir du Qatar autorise l’administration Bush à se servir de son territoire pour lancer l’assaut sur l’Irak. Avec le reste de sa famille, il contrôle l'ensemble de la vie économique, politique, militaire et culturelle du pays. La célèbre chaîne télévisée Al Jazeera est son joujou personnel.

 

En peu de temps, il en a fait une puissante arme de propagande anti-syrienne. Grâce aux bidonnages d’Al Jazeera, la CIA et le Mossad peuvent s’offrir des vacances. Le nom de sa Majesté : Hamad Ben Khalifa al Thani. Le printemps arabe ? Il en est le principal bâilleur de fonds. Car pour lui, tout s'achète : le sport, l’art, la culture, la presse et même la foi. Alors, vous pensez bien, une révolution...

 

L’année dernière, l’émir Hamad envoya 5.000 commandos pour appuyer la rébellion djihadiste contre la Libye souveraine. A présent, son nouveau jeu de casino, c’est la Syrie et les rebelles de ce pays, des jetons de mise. Lorsque ces derniers subissent un revers de la part de l'armée arabe syrienne, il hurle au génocide. Hamad et sa clique, c'est l'hôpital qui se moque de la charité. Et à propos de charité, il a justement embauché un prédateur notoire de la paix et de la démocratie, le cheikh Al Qardawi, histoire d'islamiser le message de la chaîne. Mais malgré ses dollars et ses campagnes de mobilisation contre la Syrie, Al Jazeera est une armée en déroute.

 

Les coulées de désinformation qui se déversent à propos de la Syrie depuis les studios de la chaîne ont entraîné la démission de ses plus grandes vedettes. De Wadah Khanfar à Ghassan Ben Jeddo, de Louna Chebel à Eman Ayad, Al Jazeera a subi d’importantes défections qui passent inaperçues dans la presse occidentale.

 

En mars 2012, Ali Hachem et deux de ses collègues quittent eux aussi le navire de la piraterie informative qatarie. Certains des courriels d’Ali Hachem fuités font état de mesures de censure prises par Al Jazeera concernant des images de combattants anti-Bachar s’infiltrant en Syrie depuis le Liban qui datent d’avril 2011. Ces images font donc remonter la présence d’une opposition armée de type terroriste aux débuts du « printemps syrien ». Leur publication aurait fait voler en éclats l’imposture selon laquelle le mouvement anti-Bachar ne se serait radicalisé qu’à la fin de l’année 2011, une thèse reprise en chœur par toutes les chancelleries occidentales.

 

En dépit de ces scandales à répétition, « nos » médias continuent de considérer Al Jazeera comme une source fiable et son patron, l’émir Hamad, comme un apôtre de la démocratie syrienne.

  

Le front irakien 

 

L’invasion de l’Irak par les troupes américano-britannique en mars 2003 a joué un rôle crucial dans l’augmentation du nombre de djihadistes syriens. Les poste-frontières comme Bou Kamal sont devenues des points de passage pour les djihadistes syriens allant combattre les forces d'occupation en Irak. Nombre deSyriens ont été grossir les rangs des bataillons d’Abou Moussab al-Zarqawi. Depuis l'été 2011, le processus s'est visiblement inversé puisque désormais, les militants sunnites irakiens franchissent la frontière pour aller combattre les troupes syriennes.

 

Al Qaida

La branche irakienne d'Al Qaida appelée Tanzim Qaidat al-Jihad fi Bilad al-Rafidayn (Organisation de la base du Jihad au Pays des deux fleuves) comptait de nombreuses recrues syriennes. On dit que 13% des volontaires arabes en Irak étaient syriens. (12) Leur terreur fut à l'égal de leur réputation. Al Qaida causa de tels dégâts au sein de la résistance irakienne sunnite que ces derniers durent se résigner à ouvrir un front anti-Al Qaida.

 

En 2006, un Conseil de secours d'Anbar regroupant la majorité des clans et tribus de la province rebelle vit le jour. Son but était de nettoyer la province des terroristes d'Al Qaida. (13) A Falloujah et à Qaim, les chefs de tribus qui initialement ouvrirent les bras à la bande à Zarqawi finirent par retourner leurs armes. Pour avoir déclaré la guerre à Al Qaida, ils reçurent même le soutien du gouvernement irakien. La terreur aveugle d'Al Qaida a ainsi grandement neutralisé la résistance patriotique irakienne. Tous ces vétérans de la guerre contre les Américains mais aussi contre l'Iran, les chiites et les patriotes sunnites irakiens ont trouvé un nouveau salut dans la guerre contre le régime de Damas.

 

De décembre 2011 à mars 2012, les villes de Damas, Alep et Deraa ont été la cible de plusieurs attentats suicides ou à la voiture piégée faisant des dizaines de morts et de blessés. Ces attaques ont été revendiquées par Al Qaida ou attribuées à l'organisation takfiriste par les autorités syriennes et les experts internationaux en anti-terrorisme qui confirment l'infiltration de terroristes depuis l'Irak.

 

Jabhat Al-Nusra Li-Ahl al-Sham (Front de soutien à la population du Levant)

 

Le 24 janvier dernier, ce groupe a annoncé son apparition dans divers forums islamistes. Mais ce nom à rallonge semble être un diminutif de Jabhat Al Nusra li Ahl Al Sham min Mujahideen al Sham fi Sahat al Jihad ou Front de soutien à la population du Levant par les Moudjahidines de Syrie dans les lieux du Jihad.

 

D'après les experts en terrorisme, l'expression « Lieux du Djihad » suggère que les membres de ce groupe mènent leur guerre sainte sur d'autres fronts comme l'Irak. C'est d'ailleurs ce que révèle le leader du groupe Abou Mohammed al Julani dans une vidéo mise en ligne au milieu du mois de mars. Al Julani signifie le Golanais, référence syrienne explicite. Comme tous les groupes terroristes, Jabhat Al Nusra dispose d'un organe de presse : Al Manara al Bayda, le phare blanc. (14)

 

Jabhat Al Nusra reçoit l'appui d'un cyber-salafiste éminent dénommé Abou Moundhir al Shanqiti. Ce dernier a émis une fatwa appelant les musulmans à se ranger dans le camp de ceux qui élèvent le drapeau de la charia en Syrie.

 

Le front turc 

 

En Turquie, pays membre de l’OTAN depuis 60 ans qui accueillera bientôt le bouclier anti-missile, c'est l'Armée syrienne libre qui tient le haut du pavé. Son chef présumé, Riyad Al Assaad est hébergé dans la province turque anciennementsyrienne du Hatay et bénéficie de la protection directe du ministère des affaires étrangères. La Turquie est comme chacun sait l'un des plus ardents ennemis du régime de Damas. Craignant de « passer pour des impérialistes », les forces de l'OTAN poussent Ankara à franchir le Rubicon ou disons l'Oronte en la circonstance, dans la guerre contre la Syrie.

 

De nombreuses sources font état d’un axe Tripoli-Ankara dans la guerre contre Damas. Un trafiquant d'armes libyen évoque l'achat d'équipements militaires légers par des Syriens à Misrata (15). L’ex-officier de la CIA et directeur du Conseil de l'intérêt national US Philip Giraldi parle carrément d'un transport aérien de l'arsenal de l’ex-armée libyenne vers la Syrie via la base militaire américaine d'Incirlik située dans le sud de la Turquie à moins de 180 km de la frontièresyrienne. Il affirme que l'OTAN est déjà clandestinement engagée dans le conflitsyrien sous direction turque.

 

Giraldi confirme aussi l'information parue en novembre dernier dans le Canard enchaîné, à savoir que des forces spéciales françaises et britanniques assistent les rebelles syriens tandis que la CIA et les Forces spéciales US leur fournissent des équipements de communications et d'espionnage.

 

Un autre ex-agent de la CIA, Robert Baer, dont les mémoires (16) ont inspiré le film Syriana de Stephen Gaghan avec George Clooney en tête d’affiche, a déclaré à l’été 2011 que des armes sont envoyées aux rebelles syriens depuis la Turquie. (17)

 

Sibel Edmonds, cette interprète de la FBI censurée pour avoir dénoncé des abus commis par les services de renseignement américains, affirme que la livraison d’armes aux rebelles syriens est assurée par les Etats-Unis depuis mai 2011. Les Etats-Unis auraient également installé en Turquie une « division de communication » dont la mission est de convaincre les soldats de l’armée syrienneà rejoindre la rébellion. (18)

L'implication des mercenaires libyens ne serait pas uniquement logistique. Selon plusieurs témoins oculaires dont un reporter du quotidien espagnol ABC, des djihadistes libyens, dont certains membres du Groupe islamique combattant libyen (GICL) sont concentrés aux frontières syro-turques. (19)

 

Dans la région majoritairement arabophone d'Antioche en Turquie qui jouxte laSyrie, la population locale croise un nombre exceptionnellement élevé de Libyens. Occupant les plus luxueux hôtels de la région, ils ne passent pas inaperçus. Certains de ces Libyens multiplient les actes de vandalisme dans certaines zones touristiques comme à Antalya. Des miliciens libyens séjournant en Turquie ont plusieurs fois attaqué et occupé leur ambassade à Istanbul pour réclamer leur solde. A ce tableau étrange vient s'ajouter l'arrestation d'un Libyen de 33 ans à l'aéroport d'Istanbul en possession de 2,5 millions de dollars. Le 1er avril, ce Libyen faisait escale à Istanbul. Sa destination finale : la Jordanie, un pays où l’on signale un grand nombre de mercenaires libyens massés à la frontière syrienne. Tiens, tiens… (20)

 

Et les USA dans tout ça ?

 

Comte tenu des allégations de certains agents de la CIA concernant l’implication US dans la déstabilisation de la Syrie, est-il raisonnable de croire que l’administration Obama serait indifférente voire complaisante à l’égard d’un pays qui figure pourtant dans la liste des « Etats voyous » pour son soutien à la résistance palestinienne et son alliance stratégique avec le Hezbollah et l’Iran ? LaSyrie est à ce titre cité parmi les sept pays contre lequel « l’utilisation de l’arme nucléaire est envisageable ».

 

A ceux qui croient en l’inaction des forces occidentales en Syrie et à leur bonne foi dans leur défense des civils syriens, il convient de leur rappeler qu’il y a un an, l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) sous commandement américain jurait par tous les saints vouloir agir par « responsabilité de protéger » le peuple libyen et promettait de s'en tenir à la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations Unies afin d’ « empêcher le dictateur Kadhafi de bombarder sa population » et que, subitement, la protection des citoyens libyens s'est muée en engagement militaire dans une guerre civile, en coup d'état, en attentats ciblés et en bombardements aveugles.

 

On se souviendra aussi qu’après avoir anéanti la ville libyenne de Syrte où le dirigeant libyen s'était retranché, les forces de l'OTAN le livrèrent en pâtures à des bandes criminelles qui le torturèrent à mort. Cette sordide exécution avait été facilitée par les USA et l'OTAN puisqu’ils ont préalablement traqué et bombardé son convoi. Pourtant, Andres Fogg Rasmussen et ses comparses qui se félicitèrent de la mort de Kadhafi répétèrent des mois durant que le dirigeant libyen n'était pas leur cible.

 

La cynique stratégie des USA et de l'OTAN en Libye qui consistait à « ne pas dire ce que l'on fait et ne pas faire ce que l'on dit » est manifestement celle qui a été choisie pour la Syrie.

 

En effet, officiellement, l'OTAN n'a pas l'intention d'intervenir dans ce pays. Rasmussen a même rappelé que son organisation n'armera pas les rebelles. Pourtant, certains courriers électroniques de l'agence de renseignement privée américaine Stratfor révélés par WikiLeaks le 27 février dernier indiquent la présence de forces spéciales occidentales en Syrie.

 

Le compte-rendu d’une réunion, daté du 6 décembre 2011, sous-entend que des forces spéciales auraient été présentes sur le terrain dès la fin de l’année 2011. A ce propos, le courriel du directeur d'analyse de Stratfor Reva Bhalla est sans équivoque. (21) Il est question d'une réunion regroupant « quatre gars, niveau lieutenant colonel dont un représentant français et un britannique  » :

 

Au cours d'un entretien qui dura près de deux heures, ils auraient insinué que des équipes des Forces spéciales étaient déjà sur le terrain, travaillant à des missions de reconnaissance et à l’entraînement des forces de l’opposition.

 

Les stratèges occidentaux réunis aux Etats-Unis sembleraient rejeter l’hypothèse d’une opération aérienne sur le modèle libyen et privilégier l’option d’une guerre d’usure sous forme d’attaques de guérilla et de campagnes d’assassinat afin « provoquer un effondrement de l’intérieur.  »

 

Ils auraient jugé la situation syrienne beaucoup plus complexe que celle de la Libye et le système de défense syrien trop performant, surtout ses missiles sol-air SA-17 disposés autour de Damas et le long des frontières israélienne et turque. En cas d'attaque aérienne, l’opération serait conduite depuis les bases de l’Otan à Chypre, conclut l'agence Stratfor.

 

Si jusqu’à présent, les Etats-Unis n’ont pas envoyé leurs bombardiers sur Damas, ce n’est donc pas parce que le maintien du régime syrien les arrange mais parce que ce régime n’est pas une bouchée facile. En apportant leur appui aux groupes armés, les USA se rendent néanmoins complices des massacres en Syrie.

 

L'OTAN et les Etats-Unis viennent ainsi compléter la très sympathique photo de famille du terrorisme anti-syrien aux côtés des monarchies du Golfe, des mercenaires libyens, des propagandistes salafistes et d'Al Qaida.

 

Conclusion 

 

Le terrorisme anti-syrien est une réalité qui crève les yeux au sens propre comme au sens figuré. Son apparition est antérieure au printemps arabe. Durant les années 70 et 80, les Frères musulmans syriens en furent les principaux acteurs. Après avoir mis le pays à feu et à sang, ils furent écrasés par l'armée syrienneprincipalement à Hama en 1982. La dictature baassiste misa sur des moyens militaires pour éradiquer ce fléau mais comme bien souvent, la répression a au contraire eu pour effet d'ajourner voire d'amplifier la menace. Avec le retraitsyrien du Liban en 2005, les mouvements djihadistes se sont implantés et renforcés dans la région libanaise de Tripoli puis dans les camps palestiniens du pays du Cèdre. Ils y ont retrouvé une nouvelle jeunesse et l'occasion de prendre leur revanche sur le régime baassiste en lançant des attaques en territoire syrien. Puis ils ont connu une troisième renaissance avec le printemps syrien de mars 2011.

 

Composés de toutes les nationalités qui peuplent la région, les courants djihadistes anti-syriens affichent un antinationalisme radical qui ne reconnaît aucune limite territoriale. Ils ne peuvent donc être associés strictement à un seul pays de la région. On trouve ainsi dans leurs rangs des Saoudiens, des Maghrébins, des Jordaniens, des Libyens, mais aussi de nombreux Palestiniens ultraconservateurs qui rejettent l'idée de lutte de libération nationale en Palestine à la faveur d'une stratégie de guerre de religions « contre les Juifs et les Croisés ».

 

Ces groupes politico-militaires ont causé des dommages significatifs à de nombreux mouvements de libération ainsi qu'à tous les gouvernements nationalistes arabes. En Irak par exemple, les militants d'Al Qaida ont farouchement combattu la résistance sunnite qui pourtant luttait contre les troupes américaines.

 

Aujourd’hui, les gouvernements libanais et irakien, alliés objectifs du régime syrienet en proie à ces mêmes groupes armés, tentent de bloquer le passage des djihadistes vers la Syrie.

 

Mais la connaissance du terrain de ces derniers disposant d'un soutien logistique sophistiqué de la part de l'OTAN et de ses alliés du Golfe rend ses frontières poreuses. Par exemple, certaines tribus sunnites transfrontalières, naguère en lutte contre les troupes d'occupation américaines et contre les chiites et aujourd’hui hostiles au régime de Damas pour des motifs essentiellement sectaires, acheminent armes, équipements et combattants depuis la province irakienne d'Anbar vers le district syrien de Deir Ez-Zor.

 

L'OTAN est donc bel et bien militairement engagée en Syrie par l’intermédiaire de ses alliés arabes mais aussi et surtout par le biais de la Turquie qui, selon les propres déclarations du premier ministre Recep Tayyip Erdogan, est un acteur clé dans la réalisation du Projet américain du Grand Moyen-Orient, un plan qui vise à abattre les dernières poches de résistance anti-US de la région.

 

Eviter de comparer les scènes de destruction, de massacres et de désolation qui nous parviennent de Syrie avec la guerre civile algérienne des années 90 devient de plus en plus difficile. D’autant que la Syrie et l’Algérie, pays phare du nationalisme arabe, sont tous deux dotés de gouvernements politico-militaires issus d’une guerre de libération contre la France coloniale et sont tous deux confrontés à un terrorisme d’un même genre. Les djihadistes algériens étaient des vétérans d'Afghanistan qui avaient combattu les troupes soviétiques alors que les djihadistes aujourd’hui actifs en Syrie ont fait leurs armes sur les fronts irakien, afghan ou libyen.

 

Dans l’Algérie des années 90 comme dans la Syrie de 2012, les groupes terroristes procèdent à un nettoyage ethnique, idéologique et confessionnel méthodique. Une différence de taille tout de même entre les deux pays : s’il demeure une menace, le terrorisme algérien a malgré tout pu en grande partie être neutralisé grâce à des moyens politiques basés sur le dialogue et la réconciliation. L’un des architectes de la paix algérienne fut Ahmed Ben Bella, héros révolutionnaire et premier président de l’Algérie indépendante. Il nous a quittés le 11 avril dernier. Osons espérer que la Syrie trouvera son Ahmed Ben Bella.  michelcollon

 

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sources

 

1- Avec un bémol : le président de la République doit obligatoirement être musulman. Cet article de la Constitution a été maintenu malgré la nouvelle réforme pour ne pas s’aliéner la majorité musulmane du pays.

2- A propos du mensonge sur l'appartenance religieuse du cheikh Hassoune, voir Envoyé Spécial, 19 janvier 2012. A propos d'Ali Mamlouk, voir Le Figaro, 31 juillet 2011

3- Sunday Telegraph, 29 octobre 2011

4- Voir U.S. Department of State, Foreign Terrorist Organizations, 27 janvier 2012

5- Ulrike Putz, The Burial Brigade of Homs in Der Spiegel, 29 mars 2012

6- Maghreb Intelligence, 17 février 2012

7- Nir Rosen, Al Jazeera online, 13 février 2012

8- Georges Malbrunot, Le Figaro, 22 février 2011

9- Vicken Cheterian, Le Monde diplomatique, mai 2010

10- David Enders, McClatchy Newspapers, 1er avril 2012

11- Sabq (journal saoudien en ligne), 26 février 2012

12- The Jamestown Foundation, Terrorism Monitor, 2 décembre 2005

13- Peter Beaumont, The Guardian, 3 octobre 2006

14- Ayfer Erkul, De Morgen, 20 mars 2012

15- Ruth Sherlock, The Telegraph, 25 novembre 2011

16- Robert Baer, La chute de la CIA : les mémoires d'un guerrier de l'ombre sur les fronts de l'islamisme (trad. Daniel Roche de See not evil, Three Rivers Press, New York, 2001) collection Folio documents, Ed. Gallimard, 2002

17- Hürriyet, 8 mars 2012

18- Interview de Sibel Edmonds, Russia Today, 16 décembre 2011

19- Daniel Iriarte, Islamistas libios se deplazan a Siria para « ayudar » a la revolucion, 17 décembre 2011

20- Milliyet, 2 avril 2012

21- Russia Today, 6 mars 2012

 

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6 janvier 2013 7 06 /01 /janvier /2013 16:37

الأسد يقترح حلا سياسيا ويصف المعارضة بأنهم " دمى في يد الغرب"

 

حدد الرئيس السوري بشار الأسد ملامح لعملية سياسية مقترحة لإنهاء النزاع في بلاده واصفا في الوقت نفسه المسلحين الذين يريدون إطاحته عن السلطة بأنهم "إرهابيون" و"دمى" في يد الغرب.

 

وطرح الأسد في خطاب نادر، هو الأول منذ سبعة اشهر، حلا سياسيا للأزمة التي تعصف بسوريا داعيا إلى مؤتمر للمصالحة مع من لم "يخونوا" سوريا يعقبه تشكيل حكومة جديدة وإصدار عفو.

وأضاف الأسد في خطابه الذي ألقاه في دار الأوبرا بوسط العاصمة دمشق أن مبادرته لحل الأزمة تتضمن مراحل عدة، أولها التزام الدول المعنية وقف تمويل تسليح المعارضة، يلي ذلك وقف الجيش للعمليات العسكرية مع الاحتفاظ بحق الرد إن تعرض للهجوم، وإيجاد آلية للتأكد من إمكانية ضبط الحدود.

وفي المرحلة الثانية تتم الدعوة لعقد مؤتمر يعمل على الوصول إلى ميثاق وطني يتمسك بسيادة سوريا ووحدة أراضيها ويرسم المستقبل الدستوري لها، ثم يعرض الميثاق الوطني للاستفتاء الشعبي، وتشكل حكومة وطنية موسعة، ويصاغ دستور جديد يطرح للاستفتاء ثم تنظيم انتخابات.

وفي المرحلة الثالثة والأخيرة تشكل حكومة جديدة وفقا للدستور وتجري مصالحة وطنية ويعلن العفو العام، يلي ذلك العمل على إعادة الإعمار.

وترجع آخر تصريحات الأسد العلنية السابقة بشأن الأزمة إلى نوفمبر / تشرين الثاني الماضي عندما قال في مقابلة مع التلفزيون الروسي إنه سوف يعيش ويموت في سوريا.

ومنذ ذلك الحين سيطر مسلحو المعارضة على مساحات من الأراضي شمالي سوريا، وشكلوا مجلس قيادة شامل نال اعتراف الولايات المتحدة والاتحاد الأوروبي.

لكن جهود المعارضة للسيطرة على المزيد من الأراضي داخل المدن الرئيسية وحولها، بما في ذلك العاصمة، واجهت مقاومة صلبة من القوات النظامية وكذلك ازدياد شدة الغارات الجوية المدمرة. bbc.co.uk/arabic

 

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Pour sa première apparition depuis des mois, le président syrien a proposé un plan de sortie de crise sous conditions, mais refuse tout dialogue avec les rebelles, des «esclaves» et des «terroristes» armés par «l'étranger».

Il n’était pas apparu en public depuis sept mois, depuis son dernier discours public le 3 juin devant le Parlement. Bachar al-Assad a resurgi dimanche matin sur la scène de la Maison de la culture et des arts dans le centre de Damas, prononçant un discours devant des centaines de personnes évidement enthousiastes, qui ont scandé «par notre âme et par notre sang, nous nous sacrifierons pour toi».

Derrière lui s’affichait un immense drapeau syrien composé d’une multitude de visages. A la fin de son discours d’environ une heure, la foule s’est jetée sur le président qui, souriant, a serré la mains de ses partisans.

Son apparition était donc attendu, son allocution retransmise par la télévision officielle était sans surprise, Assad refusant de quitter le pouvoir et proposant une solution politique dont on voit mal comment elle pourrait voir le jour.

Assad a bien sûr nié que le conflit meurtrier en Syrie opposait son régime à l’opposition, mais la Syrie à ses ennemis, qui souhaitent, selon lui, la partition du pays. Le président propose «une conférence de dialogue national, auquel participeront toutes les parties», a-t-il poursuivi. Cette conférence devra rédiger une «Charte nationale» qui sera soumise à référendum, tandis qu’un nouveau Parlement et un nouveau gouvernement émergeront des urnes.

Toute transition doit «se faire selon les termes de la Constitution», a-t-il insisté, en faisant référence à des élections. Samedi le quotidien libanais pro-syrien Al-Akhbar affirmait que Assad voulait présenter un plan de sortie de crise stipulant qu’il pouvait être candidat à sa propre succession en 2014.

Mais ce dialogue, a-t-il précisé dimanche, ne s’ouvrira qu’à plusieurs conditions. «Les pays impliqués doivent s’engager à arrêter de financer l’armement et les hommes armés doivent arrêter les opérations terroristes. Nos forces cesseront ensuite immédiatement les opérations militaires, tout en conservant le droit de répliquer», a-t-il affirmé. Et ce n’est qu’après ces étapes, que se tiendra «une conférence de dialogue national, auquel participeront toutes les parties», a-t-il poursuivi.

Si ce dialogue ne s’est pas ouvert jusqu’à présent, «ce n’est pas parce que nous ne voulons pas d’une solution politique, mais parce que nous n’avons pas trouvé de partenaire», a-t-il ajouté. «Pouvons-nous dialoguer avec des gangs qui prennent leurs ordres de l’étranger? (…) Nous dialoguons avec les maîtres, pas avec les esclaves», a encore lancé Assad qui affirme combattre des «terroristes» proches d’Al-Qaïda financés et armés par l’étranger.

«Voulez-vous que nous dialoguions avec des marionnettes de l’Occident, qui les a fabriquées et écrit leurs discours? Il vaut mieux discuter avec l’original, pas avec des gens qui jouent un rôle sur les planches de la scène internationale», a-t-il poursuivi.

Critiquant le terme de «révolution» utilisé par ses opposants, il a appelé à «une révolution du peuple, pas une révolution importée de l’étranger, pour le bien du peuple et non contre ses intérêts». «Est-ce une révolution et sont-ils des révolutionnaires? C’est une bande de criminels», a-t-il encore estimé, faisant référence aux combattants rebelles qui ont chassé ses troupes de larges zones du nord et de l’est du pays.

L’opposition a aussitôt rejeté ce plan, dont aucune échéance n’est précisée, accusant le chef d’Etat de vouloir choisir ses interlocuteurs et de chercher à se maintenir au pouvoir. Berlin et Londres ont aussi rejeté la proposition de Assad, jugée non crédible, la diplomatie britannique réclamant de nouveau le départ du tyran syrien.

60 000 morts

Assad est aujourd’hui à la tête d’un pays plongé dans une guerre civile où, selon l’ONU, crimes de guerre et crimes contre l’humanité se multiplient. Après 21 mois de violences ayant fait selon les Nations Unis plus de 60.000 morts, les troupes du régime ont été chassées de larges zones du nord et de l’est du pays. L’armée tente désormais de conserver un axe allant du sud jusqu’au pays alaouite sur la côte ouest, en passant par Damas, estiment des experts.

Affirmant faire face à un «complot» mené par l’étranger, Assad semble déterminé à poursuivre sa répression sanglante, et mobilise chaque jour ses troupes, son artillerie et l’aviation, son principal atout, pour tenter de venir à bout des rebelles.

Sur le terrain, bombardements et combats entre soldats et insurgés ne connaissaient aucun répit, et les morts se comptent chaque jour par dizaines, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

En Turquie voisine, le déploiement des premiers missiles Patriot a débuté à Incirlik (sud-est), sur la base aérienne turque de l’Otan. Il s’agit d’une mesure «purement défensive», ont insisté Ankara et l’alliance atlantique, qui a exclu une intervention dans le conflit syrien. http://www.liberation.fr/monde

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30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 05:10

Lakhdar Brahimi prépare l’ère post-Al Assad

http://www.elwatan.com/images/2012/12/28/inter_1344248.jpg

L’émissaire international, Lakhdar Brahimi, doit mener, dès aujourd’hui, en Russie, de nouvelles discussions sur une solution au conflit syrien qui a fait, selon des organisations de défense des droits de l’homme, plus de 45 000 morts et 2 millions de déplacés.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, a indiqué hier que cette rencontre servira notamment à «(…) avoir une vue d’ensemble du conflit, avec les points de vue des deux parties». Malgré les divergences profondes qui opposent les différents acteurs impliqués dans le dossier syrien, tout le monde semble s’accorder aujourd’hui sur le fait que le conflit évolue dangereusement et qu’il est maintenant urgent de l’arrêter. La raison ? Alors que les Nations unies ont récemment dénoncé un conflit devenu «ouvertement communautaire», M. Brahimi a estimé lui aussi que les divisions, «au début politiques, prennent désormais une forme affreuse, celle d’affrontements confessionnels».

Dans cette perspective, l’ancien chef de la diplomatie algérienne a de nouveau évoqué, jeudi face à la presse, l’accord sur les principes d’une transition en Syrie adopté le 30 juin à Genève par le Groupe d’action sur la Syrie. Pour lui, il y a dans ce texte «suffisamment d’éléments pour négocier une sortie de crise au cours des prochains mois».

Les membres de ce groupe divergent toutefois sur l’interprétation de cet accord qui ne contient aucun appel au départ de M. Al Assad. Washington estime qu’il ouvre la voie à l’ère «post-Assad», tandis que Moscou et Pékin affirment qu’il revient aux Syriens de déterminer leur avenir. A l’occasion de sa sortie médiatique, M. Brahimi a démenti, en outre, la mise au point d’un plan de règlement russo-américain, dont la Russie a également nié l’existence. Dans l’attente de savoir sur quoi déboucheront ces nouvelles discussions, l’émissaire international a tout de même appelé à la formation d’un gouvernement de transition doté de pleins pouvoirs avant la tenue d’élections, soulignant que le changement dans le pays, en proie à un conflit meurtrier depuis 21 mois, devait être «réel».

 

Les Russes mettent la pression sur le régime de Damas  

M. Brahimi, qui n’a encore pas obtenu l’assentiment de Damas ou de l’opposition à une sortie de crise, a assuré qu’il n’avait aucun «projet complet» pour le moment, menaçant toutefois de recourir au Conseil de sécurité de l’ONU, jusqu’à présent paralysé par les veto russe et chinois à toute résolution condamnant Damas. Les Syriens réclament «un changement réel et tout le monde comprend ce que cela veut dire», a affirmé M. Brahimi, sans évoquer le sort de M. Al Assad. Et justement par rapport à cette question, l’opposition syrienne s’est dite ouverte à la proposition de l’émissaire onusien si en sont exclus «la famille Assad et ceux qui ont fait du mal au peuple syrien». C’est d’ailleurs la raison pour laquelle que Moscou estime «les chances d’aboutir à une transition négociée s’amenuisent».

Les deux parties continuent en effet de camper sur leurs positions et refusent de faire les concessions nécessaires à l’amorce d’un dialogue. Malgré cela, la Russie a pressé hier le président Bachar Al Assad de dialoguer avec l’opposition et multiplie les contacts avec tous les acteurs de ce dossier. «Nous avons activement incité, comme nous le faisons depuis des mois, le régime syrien à faire le maximum pour concrétiser ses intentions de dialoguer avec l’opposition», a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d’une conférence de presse à l’issue d’une rencontre avec son homologue égyptien, Mohamed Amr. M. Lavrov répondait à une question sur sa rencontre la veille à Moscou avec une délégation syrienne dirigée par le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Fayçal Mokdad.

Le chef de la diplomatie russe a également déclaré que Moscou refusait toujours de soutenir les appels de certains pays à la démission de M. Assad, réaffirmant que cette question revenait au peuple syrien. Plus tôt dans la journée, un vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, a indiqué à l’agence Ria Novosti que Moscou avait envoyé une invitation au chef de la Coalition de l’opposition syrienne, Moaz El Khatib, afin de participer à des négociations en vue d’un règlement du conflit.

Au regard de tous ces efforts, la balle semble maintenant être dans le camp des Occidentaux et des monarchies du Golfe qui ont le pouvoir d’infléchir la position de l’opposition et de convaincre celle-ci d’aller dans le sens de l’accord conclu l’été dernier à Genève par le Groupe d’action sur la Syrie. Le tout est de savoir si tout ce beau monde veut vraiment un règlement rapide de la crise.elwatan

 

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 Brahimi sur la piste du modèle yougoslave ?

La chaîne qatarie Al-Jazeera, son intello favori Azmi Bishara, et leur cortège d’intervenants affabulateurs voudraient continuer à nous subjuguer par la magnificence et le caractère exceptionnel du soi-disant « Printemps arabe ». Il n’empêche que nombreux sont ceux qui y voient un scénario déjà vécu dans les années quatre-vingt-dix du siècle dernier [1][2].

En effet, quiconque accepterait de revenir sur l’expérience du « Printemps européen » qui a démarré par la révolution ouvrière du bassin de Gdansk en Pologne, sous la direction de Lech Walesa, pour la comparer à celle du prétendu « Printemps arabe » qui a débuté par l’immolation de Bouazizi en Tunisie, ne pourrait ignorer certaines similitudes. Notamment, entre le rôle joué par les États de l’Europe occidentale, leurs églises catholiques et l’ensemble de leurs médias dans la bénédiction de ces révolutions qui ont secoué les pays d’Europe orientale, d’une part ; et le rôle joué par les Pays arabes du Golfe, l’Islam politique principalement représenté par les Frères Musulmans, et les organisations d’al-Qaïda avec leurs composantes salafistes wahhabites dans les révolutions arabes, d’autre part. Ceci, non sans concéder que dans ce deuxième cas c’est Al-Jazeera qui a tenu, avec brio, le rôle joué par la BBC dans les révolutions en Europe !

Or, c’est en Yougoslavie que le « Printemps européen » a  rencontré son premier obstacle. Cette Yougoslavie de la Chrétienté Orthodoxe où s’était arrêté le Catholicisme et où l’Islam politique, soutenu par l’Arabie saoudite et la Turquie avec un début de collaboration de l’astre ascendant qatari, a été mis à contribution pour inverser l’équation et, tirant profit de l’effondrement de l’URSS, créer un jeu différent alliant guerre civile, intervention militaire étrangère, et machinerie onusienne.

Plus de vingt ans après cette « Crise yougoslave » et suite à plus d’une centaine de décisions du Conseil de sécurité, de centaines de milliers de victimes, et de destructions dévastatrices nécessitant des centaines de milliards de dollars pour compensation, la Yougoslavie qui sous la direction du Maréchal Tito fut un partenaire de l’Egypte et avec  Gamal Abdel Nasser  l’un des catalyseurs du « Mouvement des Pays non alignés », s’est transformée en petits pays rivaux occupés par des troupes étrangères et a perdu  son rôle, son économie et sa souveraineté.

Et voilà qu’aujourd’hui l’émissaire onusien Lakhdar Brahimi revient sur la scène syrienne, porteur des mêmes propositions que Peter Fitzgerald avait avancé à la Yougoslavie. En somme, l’État syrien devrait accepter de se laisser démanteler, à plus ou moins courte échéance, au nom d’un gouvernement de transition [3] sur la base d’une prétendue réconciliation avec un regroupement d’individus refusant ouvertement toute proposition sous prétexte qu’elle serait insuffisante !

 

Parmi ces propositions, deux  sont particulièrement évocatrices :

1. la réduction des pouvoirs de l’Etat central représenté par le Chef de l’Etat syrien sous prétexte d’une phase de transition ; ce qui dans le cas de la Yougoslavie s’est soldé par les « Accords de Dayton » [4] venus confirmer la logique de son démembrement en quatre états : Serbie, Croatie, Bosnie-Herzégovine, et Monténégro.

2. Le démantèlement des institutions militaires et des services de sécurité syriens sous prétexte de leur restructuration ; pour s’empresser ensuite de soumettre leurs commandants à un tribunal spécial calqué sur le « Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie » ou TPIY.

Ceci, sans oublier que diverses prescriptions ou « recettes » se sont succédées en ex-Yougoslavie. Il y a eu celle de la Pologne, puis celle de la Roumanie où l’exécution de Ceausescu rappelle étrangement celle ce Kadhafi en Libye, puis celles des Républiques Tchèque et Bulgare. Ayant échouées les unes après les autres, il ne restait plus que la recette finale d’une guerre féroce et dévastatrice ! Et aujourd’hui, de l’aveu même des instigateurs de cette guerre, nous savons que l’Occident a utilisé les éléments tchétchènes et afghans de l’organisation d’al-Qaida : 100 000 bénévoles financés par les Pays du Golfe, armés et entrainés par la Turquie, et soutenus par des états laïcs de l’Europe occidentale !

Poursuivant la comparaison, force est de constater que les recettes tunisienne, égyptienne, libyenne et yéménite ont échoué en Syrie, d’où la nécessité d’une « nouvelle recette » inspirée du modèle yougoslave. Et nous revoilà avec 100 000 volontaires terroristes couvés en Turquie, financés par l’Arabie saoudite et le Qatar, glorifiés médiatiquement par Al-Jazeera et ses consœurs. Mais la tâche la plus complexe, pour la mise en œuvre d’une stratégie onusienne débouchant sur une intervention militaire et politique étrangères en Syrie, revient à M. Lakhdar Brahimi, Président du « Panel Brahimi », lequel s’est chargé, en 2000, de rédiger un rapport du même nom, le « Rapport Brahimi » [5], censé améliorer la pratique de l’ONU dans le domaine du maintien de la Paix !

Mais M.Brahimi et ceux qui se cachent derrière lui auront à se confronter à quatre obstacles, avant de prétendre installer en Syrie un  « gouvernement de transition ayant tous les pouvoirs » ! Quatre obstacles qui ne leur permettront pas de réussir leur dernière manœuvre pour torpiller le rôle duPrésident syrien et, du même coup, réussir à démolir l’État syrien et ses institutions politiques et militaires.

En effet :

1. La Russie d’aujourd’hui n’est plus la Russie d’hier. Après les expériences vécues en Yougoslavie, en Irak et en Libye, elle ne couvrira pas des résolutions, tirées du chapitre VII, pour « camoufler la manœuvre » et autoriser une intervention militaire qui mettrait la Syrie sous tutelle onusienne au nom d’un prétendu maintien de la paix.

2. Une intervention militaire des USA et de l’OTAN dépasse les capacités des mêmes va-t-en-guerre après leur défaite en Afghanistan et en Irak, et aussi à cause de la situation géostratégique de la Syrie où une telle initiative s’accompagnerait de conséquences dévastatrices sur Israël et la Turquie ; ce qu’ils voudraient absolument éviter.

3. La Syrie n’est pas la Yougoslavie. Malgré toutes leurs tentatives pour briser l’unité nationale et territoriale, installer des émirats et des roitelets sectaires, et étendre le conflit vers l’Irak, le Liban et, éventuellement, la Jordanie, les Syriens sont restés majoritairement solidaires de leurs autorités légitimes ; majorité garante de la survie de l’État et de ses institutions sous la direction du Président Bachar al-Assad.

4. Le « Printemps européen » a connu son apogée quand l’État Yougoslave est tombé, alors que le « Printemps arabe » est en passe de tomber sans que l’État syrien ne cède en rien de sa souveraineté. Si bien que les Egyptiens et les Tunisiens désireux d’échapper à la dictature humiliante des Frères musulmans se dirigent désormais dans la direction indiquée par la « boussole syrienne ». Il en est de même pour tous les Arabes qui soutiennent la Résistance du peuple palestinien, maintenant qu’ils ont constaté la complicité éhontée des Frères Musulmans et de leurs alliés avec l’occupant sioniste. Une complicité qui a dépassé de loin celle de Sadate et de Moubarak avant eux.

Par conséquent, en Syrie, M. Brahimi découvrira que « le travail de guerre », pour lequel il a été missionné, est loin d’être une tâche facile contrairement à ce qu’on aurait pu lui assurer.

La seule solution en Syrie n’a besoin ni d’un gouvernement provisoire, ni de ceux qui se laissent gouverner. Elle passe par un cessez-le-feu qui devra être garanti par M. Brahimi et Cie, et par Jamaat al-Nousra et équivalents, ainsi que par des observateurs, intègres et neutres, issus du Haut commissariat des Nations Unies pour s’assurer de la transparence d’élections mises sur pied dans les trois mois. Dès lors, celui qui obtiendra 50% des voix plus une formera le gouvernement, celui qui détiendra les 2/3 des voix rédigera la constitution, et celui qui en sortira avec le 1/3 des voix aura le droit de veto ; l’ensemble du processus aboutissant, dans un délai maximum d’une année, à une nouvelle constitution soumise à référendum et à des élections législatives. Le temps sera venu de passer aux élections présidentielles et la vérité sortira des urnes. Celui qui se lancerait à la recherche d’une autre solution aura à poursuivre sa guerre ! 

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Notes :

[1] Serbie, 1999 : calomnies, trahisons, et ingérence humanitaire…

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/serbie-1999-calomnies-trahisons-et-123236

[2] Serbie, 1999 : de la dislocation de la Yougoslavie au projet de « Grand Moyen-Orient »…

http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/serbie-1999-de-la-dislocation-de-123729

[3] Syrie : M. Brahimi plaide pour un “gouvernement de transition”

http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2012/12/28/syrie-m-brahimi-plaide-pour-un-gouvernement-de-transition_1811128_3208.html

[4] L’accord de Dayton

http://www.monde-diplomatique.fr/cahier/kosovo/dayton

[5] Rapport Brahimi

http://www.operationspaix.net/137-resources/details-lexique/rapport-brahimi.html

Nasser Kandil est libanais, ancien député et directeur de TopNews-nasser-kandil  mondialisation

 

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Pour Moscou, "impossible" de dissuader Bachar al-Assad de rester au pouvoir

http://s1.lemde.fr/image/2012/12/29/534x267/1811453_3_ea44_lakhdar-brahimi-et-sergei-lavrov-le-29_6cddcf8b41ee58b80cbb8894527c686e.jpg

La Russie a indiqué samedi 29 décembre qu'une solution politique pour régler le conflit en Syrie était encore envisageable, mais qu'il était impossible de dissuader le président Bachar al-Assad de quitter le pouvoir.

"Nous sommes unanimes pour dire que les chances d'atteindre une solution politique existent toujours", a déclaré samedi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, à l'issue d'entretiens à Moscou avec l'émissaire internationalLakhdar Brahimi. M. Lavrov a cependant rappelé que l'avenir de la Syrie de ne se ferait pas sans Bachar al-Assad, comme le réclament avec insistance des pays occidentaux et arabes, alors que le conflit a fait plus de 45 000 morts en 21 mois, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

M. Assad"a dit à maintes reprises qu'il n'avait l'intention d'aller nulle part, qu'il resterait à son poste jusqu'au bout (...). Il n'est pas possible de changer cette position", a déclaré M. Lavrov, dont le pays est la seule grande puissance àentretenirdes relations étroites avec le régime syrien.

De son côté, M. Brahimi a insisté sur la nécessité de trouver une solution politique en Syrie afin éviter "l'enfer""S'il faut choisir entre l'enfer et une solution politique, nous devons tous travailler sans relâche en vue d'une solution politique", a déclaré M. Brahimi. L'émissaire international a toutefois estimé que même un changement de régime en Syrie n'aboutirait pas forcément à une régularisation du conflit.

"De mon point de vue, le problème est qu'un changement de régime (en Syrie) n'aboutira pas obligatoirement à une régularisation de la situation", a estimé M. Brahimi, observant que la Syrie risquait dedevenirune deuxièmeSomalie. Le chef de la diplomatie russe s'est déclaré par ailleurs"surpris"par la réaction de la Coalition de l'opposition syrienne de décliner l'invitation de Moscou pour des négociations en vue d'un règlement du conflit. Le chef de cette coalition, Moaz El-Khatib, a fermement rejeté vendredi soir cette initiative, en réclamant des excuses de la Russie pour sa position sur le conflit. lemonde

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 04:18

Brahimi à Damas, l'opposition syrienne dénonce les "massacres"

 

L'émissaire international sur la Syrie, Lakhdar Brahimi, s'est entretenu lundi à Damas avec le président Bachar al Assad des moyens de sortir du conflit pendant que l'opposition dénonçait les "massacres" commis par les forces gouvernementales.

L'émissaire spécial de l'Onu a rencontré le chef de l'Etat syrien pour la troisième fois depuis sa nomination en août, mais la situation sur le terrain s'est fortement dégradée et le diplomate algérien a dû rejoindre Damas par la route en provenance du Liban, aucun avion ne pouvant atterrir à l'aéroport de la capitale pour des raisons de sécurité.

Au lendemain d'une frappe aérienne sur une boulangerie d'Halfaya, dans la province de Hama, qui aurait fait au moins soixante morts, Lakhdar Brahimi a reconnu que "la situation en Syrie reste un motif d'inquiétude".

"Je lui ai parlé de ce que je voyais à l'étranger et des réunions que j'avais tenues avec des dirigeants de la région et d'ailleurs", a-t-il déclaré à la presse.

Le chef de la Coalition nationale syrienne (CNS), qui regroupe une grande partie des opposants à Assad, n'a pas commenté directement la venue de Brahimi à Damas mais il s'est indigné du "silence sur les massacres commis contre le peuple syrien".

"Le massacre d'Halfaya n'est pas seulement un massacre mais un message envoyé à la fois par ceux qui font partie du régime et ceux qui le soutiennent, et qui peut se résumer ainsi : ou vous mourez ou vous acceptez l'asservissement que nous vous imposerons", a écrit Mouaz Alkhatib sur sa page Facebook.

"Cet acte odieux est une nouvelle preuve de la sauvagerie du régime de Bachar al Assad, qui ne recule devant aucun moyen pour se maintenir au pouvoir", a déclaré le ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué.

Dans la même province de Hama, dans le centre du pays, les rebelles ont dit avoir abattu lundi un chasseur de l'armée de l'air qui volait à basse altitude.

Compte tenu des restrictions imposées par le régime syrien au travail des médias, il n'a pas été possible de vérifier de source indépendante la destruction de cet avion.

 

GAZ TOXIQUE À HOMS ?

Les rebelles ont conquis ces dernières semaines plusieurs bases militaires à travers le pays. Les combats se déroulent désormais aux périphéries sud et est de Damas.

Le conflit, qui a débuté en mars 2011 par des manifestations pacifiques réprimées dans le sang avant de se transformer peu à peu en guerre civile, a fait plus de 44.000 morts selon les opposants.

Face à la progression des rebelles, les forces syriennes s'appuient sur leur aviation et leur puissance de feu supérieure. L'Otan et des responsables américains les accusent d'avoir tiré des missiles de type Scud contre l'insurrection.

Les puissances occidentales ont également mis en garde Damas contre l'utilisation d'armes chimiques, qui constitueraient le franchissement d'une ligne rouge susceptible de déclencher une intervention internationale, toujours repoussée jusqu'ici en raison du veto russe et chinois.

La Syrie a réaffirmé dimanche qu'elle n'utiliserait jamais son arsenal chimique. Des militants de l'opposition ont cependant affirmé quelques heures plus tard qu'une attaque au gaz toxique avait eu lieu à Homs (centre).

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), ONG proche de l'opposition, a rassemblé des témoignages sur cet incident, selon lesquels six combattants rebelles auraient péri après avoir inhalé de la fumée sur la ligne de front, situé à l'intérieur même de la ville.

"De la fumée blanche sans odeur s'est répandue dans le secteur après des jets de grenades par les forces du régime", a déclaré l'OSDH. "Ceux qui ont inhalé ce gaz ont dit ressentir des vertiges et des maux de tête et certains ont eu des attaques."

L'OSDH a souhaité que le Comité international de la Croix-Rouge dépêche des experts dans la région. Un cas similaire d'attaque au gaz toxique annoncé par l'opposition avait été jugé faux par des experts militaires, mais aucun n'a fait de commentaire sur l'incident de Homs. Erika Solomon tempsreel.nouvelobs


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Syrie, est-il déjà trop tard ?

 

La crise syrienne a divisé, depuis des mois, nombre de lecteurs de ce blog. Et, au-delà, beaucoup de mouvements de gauche, notamment dans le monde arabe (lire Nicolas Dot-Pouillard, « La crise syrienne déchire les gauches arabes »).

Deux points de vue se sont affrontés : 

 
— le premier voyait dans l’insurrection syrienne un prolongement des révoltes dans le monde arabe, provoqué par les mêmes causes (autoritarisme du régime, corruption, aspirations de la jeunesse à la liberté, etc.) ; 
— le second, tout en admettant parfois les défaillances du régime, y voyait pour l’essentiel un complot visant un régime qui s’était opposé aux Etats-Unis et à Israël.

Pour ma part, j’ai expliqué que cette insurrection ne se différenciait pas fondamentalement de celles qui avaient balayé les régimes tunisien et égyptien. Que la violence du régime n’avait aucune excuse, et qu’elle avait accéléré la militarisation de l’insurrection. Dans le même temps, je constatais que la Syrie reste un enjeu géopolitique important et que l’intervention massive du Qatar et de l’Arabie saoudite n’est pas dictée par l’amour de ces pays pour la démocratie.

En août 2012, j’avais mis l’accent sur l’impasse en Syrie et sur les conséquences dramatiques de la prolongation du conflit (« Que faire en Syrie ? »). Le récent rapport de la commission des droits de l’homme des Nations unies (« Independent International Commission of Inquiry on the Syrian Arab Republic established pursuant to United Nations Human Rights Council Resolutions S-17/1, 19/22 and 21/2 » (PDF), 20 décembre) apporte un éclairage inquiétant et devrait nous amener tous à privilégier une sortie de crise politique, ce qui signifie cessez-le-feu et négociations.

La question n’est plus de savoir si le régime tiendra ou non, mais si la Syrie restera une entité unie ou deviendra un champ de bataille confessionnel et ethnique. L’envoyé spécial des Nations unies a mis en garde le 20 décembre contre des génocides qui frapperaient les minorités, notamment alaouite (« U.N. anti-genocide envoy : Syria minorities face reprisal risk »). (Lire, dans le numéro de janvier 2013 du Monde diplomatique, l’article de Sabrina Mervin, « L’étrange destin des alaouites syriens ».)

Ce que dit le rapport de la commission des droits de l’homme des Nations unies confirme ce pessimisme :

« La montée des tensions a conduit à des affrontements armés entre les différents groupes armés le long d’une ligne confessionnelle. De tels incidents ont eu lieu dans des communautés mixtes ou lorsque des groupes armés ont tenté de s’emparer de zones habitées majoritairement par les communautés minoritaires pro-gouvernementales. Certaines communautés minoritaires, notamment les alaouites et les chrétiens, ont formé des groupes d’autodéfense pour protéger leurs quartiers des forces anti-gouvernementales en établissant des points de contrôle autour de ces zones. Certains de ces groupes locaux, connus sous le nom de comités populaires, auraient participé aux côtés des forces gouvernementales à des opérations militaires dans les environs de Damas, dans les quartiers de Tadamon et Sayeda Zeinab. Les personnes interrogées affirment que le gouvernement a fourni des armes et des uniformes à ces groupes. » (...)

« Ces derniers mois, il y a eu une nette évolution dans la façon dont les personnes interrogées présentent le conflit. En décrivant le bombardement d’un village dans le gouvernorat de Lattaquié par les forces gouvernementales, une personne interviewée a souligné que les bombardements provenaient des “villages alaouites”. Une autre personne interrogée, décrivant les attaques au sol à Bosra, dans le gouvernorat du Sud Deraa, a déclaré que les tensions entre les communautés chiite et sunnite dans la ville montaient en puissance, avec une violence de plus en plus inévitable. »

« Des groupes minoritaires du pays, tels que les Arméniens, les chrétiens, les druzes, les Palestiniens, les Kurdes et les Turkmènes ont été entraînés dans le conflit. Cependant, les lignes confessionnelles sont plus marquées entre la communauté alaouite, d’où sont issus la plupart des cadres supérieurs du gouvernement et de l’armée, et la majorité sunnite, qui appuie dans l’ensemble (mais pas uniformément) les groupes anti-gouvernementaux armés. »

« Les attaques, les représailles et les craintes de celles-ci ont conduit à l’armement des communautés et à leur entrée dans le conflit. Une personne interrogée, un Turkmène de Lattaquié, résumait ainsi la situation : “Il est trop dangereux de vivre à côté de voisins qui sont armés et [qui vous considèrent comme un rebelle], alors que vous, vous restez sans armes”. »

« Les forces gouvernementales et les milices alignées avec le gouvernement ont attaqué des civils sunnites. Une personne interrogée, présente dans Bosra à la fin octobre, a rapporté que “des membres d’une milice chiite”, des gens de son voisinage, conduisaient des perquisitions. Elle a déclaré que la milice lui avait dit qu’“ils tueraient tous les sunnites dans la région et que la région leur appartenait”. Une autre personne interrogée a déclaré qu’elle avait régulièrement vu des sunnites tirés hors de leurs voitures et battus aux points de contrôle de l’armée le long de la route principale reliant Deraa et Damas. »

« La Commission a reçu des informations crédibles selon lesquelles des groupes armés anti-gouvernementaux attaquent les alaouites et les autres communautés minoritaires pro-gouvernementales. Une des personnes interrogées, un combattant de l’Armée syrienne libre à Lattaquié, a expliqué en détail comment ils avaient capturé des membres des forces gouvernementales : les sunnites ont été emprisonnés tandis que les alaouites ont été immédiatement exécutés. » (...)

« La plupart des combattants étrangers s’infiltrant en Syrie pour rejoindre les groupes anti-gouvernementaux armés (ou pour lutter de façon indépendante à côté d’eux) sont sunnites, originaires de pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord. La nature de plus en plus confessionnelle du conflit pousse d’autres acteurs à y entrer. Le Hezbollah chiite a confirmé que ses membres participent à la lutte en Syrie aux côtés du gouvernement. Il y a eu également des rapports, encore non confirmés, indiquant que des chiites irakiens viennent se battre en Syrie. L’Iran a confirmé le 14 septembre que les membres des Gardiens de la révolution apportaient “un soutien intellectuel et consultatif” en Syrie. » (...)

Sur le rôle et la place des salafistes dans l’insurrection, loin des rumeurs et des affabulations de part et d’autre, on lira avec intérêt, comme toujours, le rapport de l’International Crisis Group, « Tentative Jihad : Syria’s Fundamentalist Opposition », 12 octobre 2012.

Revenons au rapport des Nations unies :

« Les communautés chrétiennes sont réparties à travers la Syrie, avec les plus grandes communautés, avant le conflit, vivant dans les gouvernorats d’Alep, de Damas et de Homs. Dans la ville de Homs résidaient environ 80 000 chrétiens, dont la plupart ont maintenant fui à Damas, et pour certains vers Beyrouth. Seuls restent à Homs quelques centaines d’entre eux. Une personne interrogée, en parlant des événements récents dans le gouvernorat d’Al-Suweida, a confirmé que les communautés sunnite et druze s’étaient affrontées, faisant plusieurs morts. Le 29 octobre, une voiture piégée a explosé devant une boulangerie à Jaramana, un quartier majoritairement chrétien et druze à Damas. »

(...)

« Les témoignages recueillis indiquent que les groupes anti-gouvernementaux armés omettent systématiquement de se distinguer de la population civile. L’obligation de chaque partie au conflit, en vertu du droit international coutumier, de séparer les personnes et les biens civils des objectifs militaires est particulièrement pertinente lorsque les objectifs militaires se trouvent dans des zones densément peuplées. L’échec manifeste à faire ces distinctions a donné lieu au départ de civils de leurs foyers et a contribué à l’augmentation alarmante des personnes déplacées et des réfugiés. »

(...)

« La guerre d’usure qui est menée en Syrie a apporté des destructions et une souffrance humaine incommensurables à la population civile. Alors que le conflit s’éternise, les parties sont devenues de plus en plus violentes et imprévisibles, ce qui les a conduites à des comportements en infraction avec le droit international. Le seul moyen de parvenir à une cessation immédiate de la violence est un règlement politique négocié qui réponde aux aspirations légitimes du peuple syrien. La Commission soutient fermement la mission de M. Lakhdar Brahimi, le Représentant spécial conjoint de l’ONU et de la Ligue des Etats arabes dans ses efforts pour amener les parties à un tel règlement. »

Il me semble que l’heure n’est plus à savoir qui il faut blâmer en premier pour cette situation (je pense que le régime est le premier responsable). Mais de savoir comment sortir de cette spirale pour préserver la Syrie et le peuple syrien.

Il est désolant de constater que le porte-parole du Quai d’Orsay omet l’appel du rapport à une solution négociée pour affirmer (21 décembre) seulement que :

« Le rapport de la commission d’enquête confirme l’ampleur des souffrances que doit endurer tout un peuple en raison de l’obstination criminelle d’un régime dont le seul but est sa propre survie. Un tel régime n’a plus aucune légitimité. Bachar Al-Assad doit partir et laisser la place sans délai à un gouvernement de transition répondant aux aspirations légitimes de liberté du peuple syrien. La France appelle la Coalition nationale syrienne à s’engager à ce que les groupes armés qui lui sont affiliés respectent les droits de l’Homme et le droit international humanitaire. Tous les coupables sans exception des crimes dénoncés par la commission d’enquête devront répondre de leurs actes devant la justice. »  Alain Gresh blog.mondediplo

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2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 06:19

 

 

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La Syrie, victime d’un complot : une preuve de plus

 

Il y a des vérités que l’on n’aime pas entendre. Surtout celles qui donnent raison au gouvernement de Damas. L’idée de « complot contre la Syrie » conspuée par les fans de la fausse révolution syrienne vient pourtant d’être confirmée par les révélations du quotidien libanais Al Akhbar. Des enregistrements audio fournis par une source anonyme exposent le rôle sinistre joué par le député du Courant du futur libanais Okab Sakr, un proche de Saad Hariri, dans la conspiration anti-syrienne. Le Qatar, l’Arabie saoudite et la Turquie ne sont pas en reste.


Okab Sakr, alter-ego de Saad Hariri ou le djihadisme à visage mondain 

 

Dans le monde arabe, au Liban et en Syrie en particulier, c’est le sujet du jour : le quotidien libanais Al-Akhbar a obtenu et publié des enregistrements impliquant le député du Courant du futur Okab Sakr dans un trafic d’armes à destination de l’opposition armée syrienne à la demande du chef du Courant du futur Saad Hariri.

Ces enregistrements audio constituent la première preuve solide du rôle de Sakr dans l’armement des terroristes syriens. 

Il y a quelques semaines, le bureau d’Al-Akhbar à Beyrouth recevait un appel téléphonique anonyme. L’inconnu avait affirmé qu’il était en possession d’enregistrements audio « qui accablent le député Okab Sakr et démontrent son rôle dans la destruction de la révolution (syrienne). » 

Loin d’être une surprise, cette information ne faisait que confirmer ce que l’on savait depuis le début de l’insurrection syrienne à propos des relations entre le Courant du futur et la rébellion syrienne sur base d’aveux et d’instructions judiciaires concernant un trafic d’armes vers la Syrie organisé par ce parti notamment par le biais de la société Solidere, une possession de la famille Hariri (cf. Syriana, la conquête continue, Ed. Investig’Action et Couleur Livres, Bruxelles/Charleroi, 2011). 

Al-Akhbar a d’abord douté de l’authenticité de la bande sonore mais la chaîne a rapidement établi la ressemblance entre la voix audio et celle d’Okab Sakr sur base d’une expertise. 

La source anonyme n’a pas révélé le nombre d’enregistrements en sa possession, mais a précisé qu’il y en avait des dizaines. Pour convaincre les journalistes libanais de sa sincérité, la source a envoyé un extrait d’un second enregistrement et a révélé qu’elle travaillait depuis plus d’un an avec Sakr dans un QG mis en place pour soutenir la révolte syrienne.

Selon la source, il existerait plusieurs centres d’opérations en Turquie : l’un à Antakya (Antioche), l’autre à Adana, et un troisième à Istanbul. Il mentionne que Sakr possède son propre QG dans le quartier de Florya à Istanbul, où des réunions sont parfois organisées.

La source anonyme a également indiqué que vingt jeunes hommes issus de différentes régions syriennes sont chargés de mener des opérations militaires depuis ces centres de commande. Ils coordonneraient avec les commandants des groupes armés la fourniture de fonds et de matériels militaires nécessaires aux combattants se trouvant dans les zones attaquées ou de siège, le tout sous la supervision d’officiers du renseignement turcs et qataris.

Toujours selon la source, les opérations sont coordonnées via un satellite de communication, en particulier Thuraya et via des téléphones satellitaires comme Iridium. Elle a ajouté que des hommes se rendent régulièrement en Syrie pour distribuer de l’argent aux chefs de l’opposition.

La source a également déclaré que Sakr est très proche d’Abou Ibrahim, le chef des ravisseurs des neuf pèlerins libanais. Ce dernier aurait reçu un salaire mensuel de 50.000 dollars, remis en main propre par les jeunes hommes du bureau de Sakr.

Quant à sa motivation à fournir les enregistrements, la source anonyme a indiqué que « Sakr a ruiné la révolution avec ses manœuvres folles (…) Au cours de ces réunions, nous nous opposions, par exemple, à sa décision d’envoyer des armes dans un zone que nous voulions garder comme refuge pour ceux qui fuient les combats. Mais il insistait de manière hystérique, montrant son indifférence à l’égard de la vie des gens ».

La source accuse ensuite le député libanais de « verser de l’argent aux commandants de groupes armés, sans faire de distinction entre les tueurs mercenaires et l’opposition patriotique ».

« Si l’argent et les armes avaient été utilisées de meilleure manière par Okab, Bachar al-Assad aurait pu être renversé quatre fois plus vite », se plaint-il.

Les détails de ses révélations sont accessibles sur le site d’Al-Akhbar via le lien suivant :http://english.al-akhbar.com/conten... 

 

Voici à présent le premier enregistrement fourni par la source anonyme :

Abu al-Noman (chef d’un groupe armé) : Salam aleikoum.

Okab Sakr : Wa aleikum assalam. Allez-y.

AN : M. Okab, notre groupe est encerclé. Dans un jour ou deux jours, la région va tomber. Nous sommes bombardés par des avions et l’artillerie. Ils attaquent sur tous les fronts. Aidez-nous s’il vous plaît, nous avons besoin d’armes.

OS : S’il vous plaît dites-moi les armes que vous voulez et dans quelles quantités. 

AN : Nous avons besoin d’environ 300 roquettes et vingt lanceurs. Et si il est possible de fournir 250.000 balles russes [AK47] pour 300 mitrailleuses et quelques armes spéciales. 

OS : Pour quelle région avez-vous besoin de tout ce matériel. 

AN : Azaz, Tal Refaat, Andan, et l’ensemble du Rif Halab [la campagne d’Alep]. Vous savez ce qui se passe ici. Depuis hier, ils ont réussi à entrer par environ trois fronts à partir d’Idlib ... et à l’intérieur d’Alep, nous faisons face aux chebbiha [voyous du gouvernement].

OS : Alors, qui va recevoir la livraison et où doit-elle s’effectuer ? Comment l’opération aura-t-elle lieu ? 

AN : La livraison sera, comme d’habitude, séparée ... Abu al-Baraa sera là avec les gars. Ils feront ensuite route jusqu’à Alep en voiture. Mais nous devons agir aussi vite que possible, parce qu’il y a un grand besoin et les bombardements continuent. Les hommes sont dispersés et il n’y a pas de munitions. Ils ont à peine une ou deux munitions en réserve et elles s’amenuisent rapidement. Par la grâce de Dieu, essayez de les obtenir de quelque manière que ce soit. Je ne sais pas quoi dire, après Dieu, il n’y a que vous. 

OS : Serez-vous présent lors de la livraison ?

 AN : Non frère, c’est Abou al-Nour qui sera là avec les gars et les voitures. Ils s’occuperont de la réception du matériel comme d’habitude. Bahar Kimyongur michelcollon

 

_______________________________________________________________________

La Coalition syrienne en passe de nommer un "Premier ministre"

 

La Coalition nationale syrienne a fait un pas vers la nomination d'un "Premier ministre" vendredi après trois jours de réunion au Caire qui ont permis aux Frères musulmans de renforcer leur emprise sur cette nouvelle instance regroupant une partie de l'opposition à Bachar al Assad.

Selon les règles internes fixées dans la nuit de vendredi à samedi, le chef du gouvernement de transition que le groupement veut mettre en place pour asseoir sa crédibilité internationale sera élu à une majorité simple de la soixantaine de délégués composant la Coalition, où les Frères musulmans et leurs alliés ont plus de 50% des sièges.

Les candidats devront avoir contribué au soulèvement qui a débuté en mars 2011 contre Bachar al Assad et a fait 40.000 morts en vingt mois. Ils devront également être exempts de tout soupçon de corruption, ont encore décidé les délégués.

L'ancien Premier ministre Riad Hidjab, un apparatchik du Baas, le parti présidentiel syrien, qui a fait défection en août dernier, paraît le mieux placé pour obtenir ce poste.

Soutenu par la Jordanie et les pays du Golfe, il sera probablement choisi avant ou pendant une réunion des Amis de la Syrie mi-décembre, dit-on de sources proches de la Coalition.

Les Amis de la Syrie rassemblent une douzaine de pays ayant exprimé un appui non militaire aux insurgés.

"Je pense qu'Hidjab a les meilleures chances. Il a pris de gros risques pour faire défection et a fait preuve depuis d'équilibre et de modération", a déclaré Munther Bakhos, un opposant historique contraint de fuir la Syrie dans les années 1970 quand elle était dirigée par Hafez el Assad, le père de Bachar décédé en 2000.

LES FRÈRES À LA MANOEUVRE

Les délégués de la Coalition, choisis lors de la conférence fondatrice du groupement le 11 novembre à Doha, ne peuvent pas être en même temps membres du gouvernement transitoire.

Le groupe s'est doté d'un nouvel organe exécutif, une "assemblée politique" de onze membres dirigée par l'imam modéré Moaz al Khatib, l'actuel président de la Coalition, entouré des deux actuels vice-présidents et du secrétaire général, l'homme d'affaires Moustafa Sabbagh, soutenu par le Qatar, qui apparaît comme l'un des plus influents responsables du nouveau groupement.

Les délégués ont commencé à voter pour choisir les onze membres de l'assemblée politique, mais sans parvenir à s'entendre, avant de reporter la procédure.

Au terme de ces trois jours de réunion, les Frères musulmans ont de facto réuni un bloc majoritaire au sein de la Coalition, selon des sources informées.

La Coalition nationale syrienne est reconnue comme la représentante légitime du peuple syrien par la France, la Grande-Bretagne, la Turquie et les pays du Golfe. Les Etats-Unis restent prudents, lui reconnaissant une légitimité mais attendant des actions concrètes de sa part. tempsreel.nouvelobs

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 03:57

Un autre regard sur la Syrie

 

Grâce à un effort surhumain des médias dominants, le grand public occidental s’est familiarisé avec les visages présentables de la « révolution » syrienne qui sont pourtant de parfaits inconnus de la rue syrienne. Bassma Kodmani, Bourhane Ghalioun, Abdelbasset Sayda ou encore Georges Sabra, femme et hommes de paille de nos chancelleries, ont servi à dissimuler les véritables protagonistes de la révolte tels le bouillonnant télécoraniste Adnane Arour connu pour ses appels au meurtre contre les Syriens hostiles à sa mission divine. En réalité, à côté d’Arour, il existe une véritable légion de parrains du terrorisme sectaire et de prédicateurs génocidaires à l’œuvre dans le pays ou depuis l’étranger.

Au départ, le mouvement populaire syrien défendait un programme légitime : baisse du prix des hydrocarbures, fin de la corruption, refinancement par l’État des denrées de base, liberté d’expression, levée de l’état d’urgence, liberté pour tous les prisonniers politiques, fin de la torture.

Quel ne fut pas notre bonheur, nous militants progressistes, de voir des pans entiers de la société syrienne descendre dans la rue pour revendiquer pacifiquement des droits qui leur ont été confisqués par un État liberticide trahissant peu à peu ses propres idéaux égalitaires au nom de « l’économie sociale de marché » (cf. Xe congrès du parti Baas en 2005).

Quelle ne fut pas notre indignation, nous militants démocrates, de voir des manifestants torturés et mitraillés par les forces de l’ordre, notamment à Deraa.

Quelle ne fut pas notre stupéfaction aussi, nous militants avertis, de voir la rapidité d’exécution d’une rébellion armée sortie de nulle part et allant on ne sait où.

Cette radicalisation était d’autant plus malvenue que le mouvement populaire était engagé dans une dynamique réformatrice relativement efficace car s’appuyant sur l’autorité présidentielle pour isoler les caciques du régime et autres petits chefs « plus monarchistes que le roi ».

A l’écoute de la rue, le président syrien promit de poursuivre les responsables de la répression comme le confirme cette dépêche de l’AFP du 20 mars 2011 (http://www.lexpress.fr/actualites/1/actualite/syrie-sanglant...), ce qu’il fit d’ailleurs en limogeant Fayçal Kaltoum et Iyad Ghazal, les gouverneurs de Deraa et de Homs.

Mais au même moment, des manifestants, des policiers et des soldats furent tués dans plusieurs villes dont Deraa, faisant craindre une spirale incontrôlable de la violence.

Visiblement, des provocateurs utilisaient la foule pour tirer sur la police.

A ce moment précis, les caméras occidentales coupèrent son et image pour nous servir un storytelling cousu de fil blanc et digne des pires épisodes de la guerre froide.

Le quotidien arabe basé à Londres Al Quds Al Arabi du 24 mars 2011 exposa les deux versions, celle de l’opposition et celle du gouvernement :

« Selon des témoins, les forces de l’ordre ont attaqué le 23 mars une mosquée qui servait de QG aux manifestants, tuant au moins quinze personnes. Mais le régime avance une autre version : il accuse un gang armé, qui aurait caché des munitions dans cette mosquée, d’avoir tiré sur une ambulance et des policiers. »

L’AFP en fit de même sans pour autant creuser la deuxième piste : « Les autorités ont imputé les heurts à un "gang armé", l’accusant d’avoir tué quatre personnes et "d’emmagasiner des armes dans la mosquée" al-Omari à Deraa.  »

En Occident, personne ne crut bon de prêter attention à « la propagande du régime ». Les images suivantes furent donc censurées :

 http://sana.sy/fra/51/2011/04/08/340769.htm

 http://sana.sy/fra/51/2011/04/24/343186.htm

http://sana.sy/tur/236/2011/04/13/341257.htm

Dans une brève publiée le 8 avril 2011, c’est-à-dire trois semaines à peine après le déclenchement du « printemps syrien », le quotidien Ouest-France s’interrogeait benoîtement : 19 morts et 75 blessés parmi les forces de l’ordre à Deraa ?

Ce petit point d’interrogation assassin planté dans le cœur des victimes militaires de la terrible guerre qui s’annonçait était révélateur de l’état d’esprit de nos rédactions : selon elles, la Syrie étant un État policier, les médias d’État mentaient forcément.

Le 10 avril 2011, soit trois semaines à peine après le début des émeutes de Deraa, une embuscade est tendue à un convoi militaire à Baniyas sur l’autoroute reliant Lattaquié à Tartous :

 

Dans cette attaque dont les images ont été diffusées deux jours plus tard sur la chaîne progouvernementale Addounya, on apprend que neuf militaires ont été tués et 45 autres blessés.

Les médias occidentaux déguisèrent ce massacre en exécution de soldats ayant refusé de tirer sur des manifestants (cf. Sharmine Narwani, Questioning the Syria « Casualty List », Al Akhbar, 28 février 2012, http://english.al-akhbar.com/content/questioning-syrian-%E2%... )

A part la presse officielle syrienne et certains vidéastes indépendants, personne ne nous montra les funérailles de ces morts loyalistes qui n’existaient tout simplement pas aux yeux de l’Occident :

http://sana.sy/eng/21/2011/04/12/341228.htm

 

Les enquêteurs syriens mirent peu de temps à découvrir l’implication de l’ex-procureur militaire et ex-vice président syrien d’Abdelhalim Khaddam dans cette attaque.

Originaire de Jableh, une ville côtière située à 25km au Nord de Baniyas, Khaddam fit défection en 2005 pour aller s’installer dans son palais parisien généreusement offert par feu le premier ministre libanais Rafiq Hariri.

Cette attaque armée marquait le retour fulgurant de Khaddam sur la scène syrienne dans son nouveau costume de parrain d’une « révolution » clairement sectaire.

On pourrait penser qu’il s’agit là d’une intox du régime syrien.

Or, même le farouche opposant anti-régime Haytham Al Maleh pointa la piste Khaddam (ainsi que la piste Rifaat Al Assad, l’oncle de Bachar, criminel de guerre, opposant corrompu de longue date et allié des Etats du Golfe) dans une interview réalisée le 12 avril 2011 par Alix Van Buren pour le quotidien italien Repubblica :

 http://www.repubblica.it/esteri/2011/04/12/news/dissidente_s...

Lorsque des prêcheurs de la haine et des infiltrés soupçonnés d’être proches de Khaddam (et par conséquent des hariristes du Liban) tentèrent de récupérer le mouvement démocratique syrien, les médias occidentaux se levèrent comme un seul homme pour crier à la manipulation de la part du pouvoir. Ils accusèrent celui-ci de semer la discorde confessionnelle afin d’« instrumentaliser les minorités » à son avantage.

Pourtant, au dixième jour à peine du « printemps syrien », soit le 25 mars 2011, une foule rassemblée devant la mosquée Abou Bakr As-Siddiq de Jableh, ville natale de Khaddam, crie : « Non aux chiites. Ni Iran, ni Hezbollah » comme on peut le voir et l’entendre dans la vidéo suivante (2min. 6 sec.) :

 

Les groupes armés eurent l’astucieuse idée d’utiliser les mosquées comme QG et comme dépôts d’armes, rendant plus délicate la lutte contre-insurrectionnelle.

La kalachnikov agitée par le cheikh salafiste dans une mosquée d’Alep l’été dernier illustre bien le phénomène de militarisation de l’espace religieux :

Peu à peu, d’autres slogans sortis des égouts de l’histoire s’élevèrent des manifestations du vendredi éclipsant les revendications légitimes des opposants démocrates et patriotes. « Les alaouites au tombeau, les chrétiens à Beyrouth », « Pacifistes, pacifistes, jusqu’à l’extermination des alaouites », «  A bas la démocratie, nous voulons la charia ».

 

Chaque jour apparurent de nouveaux groupes armés aux noms empruntés à la geste islamique et aux guerres contre les « hérésies » chiites et alaouites : Abou Obayda Jarrah, Muawiya ibn Abu Sufyan, Yazid ibn Muawiya, Chimr Ibn Jawhan…

Ici, l’annonce de la formation du bataillon Adnane Arour (du nom du fameux prédicateur charcutier) à Rastane en mars 2012 :

L

Leurs intentions étaient sans appel : débarrasser la Syrie de ses minorités, surtout les alaouites considérés comme des impies et des agents chiites, mettre fin à l’axe Damas-Téhéran-Hezbollah appelé aussi « Front du refus à Israël », établir un émirat sunnite en Syrie et imposer la charia.

Pour comprendre cette coloration sectaire de la révolte, il convient ici de rappeler le climat politique qui prévalait dans les années 2000.

A l’époque, la photo du secrétaire général du mouvement Hezbollah, Hasan Nasrallah trônait partout en Syrie aux côtés de celui du président Bachar El Assad tandis que sur les vitrines des magasins, les façades des maisons, les pare-brises des voitures ou encore lors de processions politiques ou culturelles, le drapeau jaune du Hezbollah flottait aux côtés des drapeaux palestinien et syrien.

Et pour cause : aidé par la Syrie, le Hezbollah, mouvement patriotique libanais à dominante chiite remporta deux victoires inespérées sur Israël, l’une le 25 mai 2000 permettant de libérer le Sud du Liban de l’occupation sioniste et l’autre, en juillet 2006, à l’issue de la « bataille des 33 jours » mettant en déroute les colonnes de char de Tsahal.

Dans une allocution prononcée au lendemain de l’attentat qui tua trois hauts responsables de la cellule de sécurité de Damas le 18 juillet 2012, Hasan Nasrallah révéla le rôle central de la Syrie dans les victoires du Hezbollah :

 

Cette deuxième victoire du mouvement de résistance libanais contre Israël fut inespérée à plus d’un titre.

En effet, ruminant sa vengeance contre le Hezbollah et son allié syrien suite à la victoire du 25 mai 2000, Israël était parvenu en 2005 à obtenir le retrait des troupes syriennes et ainsi à affaiblir le Hezbollah grâce à un attentat intelligent contre un ennemi déclaré de la Syrie, nommément le premier ministre libano-saoudien Rafiq Hariri. Le retrait syrien du Liban à la faveur de l’opération CIA appelée « Révolution du Cèdre », permit aux alliés de Tel-Aviv, Riyad et Washington, notamment le Courant du futur d’Hariri junior et ses soutiens salafistes, d’occuper le terrain déserté par la Syrie, surtout la partie Nord du pays à dominante sunnite.

A partir de 2005, Saad Hariri et ses comparses tels le salafiste syrien Naji Kanaan lancèrent une véritable bataille de l’ombre à caractère confessionnel contre la résistance antisioniste syro-libanaise incarnée par le gouvernement de Damas et le Hezbollah.

Ils trempèrent même dans une tentative d’assassinat contre Hasan Nasrallah. En Occident, personne ne parlera de cet attentat pour ne pas ternir l’image du très bling bling et très docile Saad Hariri.

Certains prédicateurs syriens sunnites virent d’un très mauvais œil la fraternisation entre Nasrallah et Assad dans leur pays.

Influencés par le discours anti-chiite des chaînes satellitaires du Golfe, ils interprétèrent la solidarité Hezbollah/Damas par le seul angle confessionnel et l’agitèrent comme une menace anti-sunnite.

Lorsque le « printemps syrien » éclata en mars 2011, les hariristes et les salafistes pro-saoudiens actifs dans le Nord du Liban étaient déjà sur la brèche.

Des groupes armés proches d’Al Qaïda comme Fatah Al Islam reçurent argent, armes et munitions pour mener le djihad à l’intérieur même de la Syrie contre les « agents chiites » de Damas. Ils profitèrent donc de l’aubaine pour exporter leur lutte anti-Hezbollah sur le sol syrien.

C’est dire si la carte confessionnelle a été le moyen le plus efficace pour recruter des combattants contre Damas. Il suffisait en effet de colporter le mensonge selon lequel le régime baassiste suivait un agenda chiite pour galvaniser la jeunesse sunnite déshéritée de Tripoli ou du Akkar.

A noter tout de même qu’il ne s’agissait là que pure propagande car dans son combat contre l’impérialisme US et Israël mêlant aventurisme et pragmatisme, le régime baassiste n’a jamais posé de condition sectaire. Damas a soutenu le Hamas (sunnite) sur le plan politique, économique et militaire. Il défendait et continue de défendre la cause palestinienne dont la population est majoritairement sunnite. En 1999, la Syrie baassiste a accueilli le SDF du Hamas, Khaled Mechaal qui venait d’être chassé d’Amman, la capitale jordanienne, à une époque où aucun leader arabe ne voulait de lui.

A partir des années 70 et parfois au péril de sa propre existence, Damas a offert le gîte et le fusil à un nombre incalculable de groupes armés non chiites et non alaouites comme l’Armée rouge du Japon, le Parti des travailleurs du Kurdistan, la gauche révolutionnaire turque (THKP-C, Devrimci Sol, DHKP-C) ou encore la résistance nationale irakienne essentiellement sunnite et en lutte contre l’envahisseur US.

Après cette parenthèse nécessaire, revenons au sujet principal, ce fameux « printemps syrien » présenté par nos médias comme une révolution authentique et propre sur elle.

L’opposition syrienne ne sortit pas indemne de cette guerre par procuration livrée entre forces sunnites pro-US et forces patriotiques multiconfessionnelles (dont une majorité de sunnites) proches de tout ce que compte la planète comme pays non-alignés (Iran, Chine, Venezuela, Cuba etc)

Débordé sur son extrême droite, l’opposition démocratique syrienne finit par se diviser entre ceux qui refusaient de servir d’idiots utiles des religieux fascistes à la solde des pétromonarchies du Golfe et ceux qui considéraient que rien ne put être pire que la dictature baassiste.

Après plusieurs mois de blocus médiatique, certains journalistes occidentaux finirent par s’inquiéter de la présence de groupes djihadistes mais, par naïveté ou par intérêt, ils décrivirent ces groupes comme des entités séparées de l’Armée syrienne libre (ASL) voire comme des créations des services secrets syriens servant à discréditer la rébellion.

Or, dès le début de l’insurrection, une symbiose s’est installée entre ces groupes et l’ALS sur plusieurs fronts, tous deux s’appuyant sur les inépuisables ressources religieuses et la propagande pro-sunnite victimaire pour mobiliser des combattants.

Pire, l’ALS recevait directement ses instructions sous forme de fatwa de la part de prédicateurs comme Muhammad Badi’ Moussa et autres semeurs de messages génocidaires notamment le très maffieux Mohamed Zuhair Siddik.

Comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessous, le cheikh Muhammad Badi’ Moussa, alter ego d’Arour, a lancé sur Al Hekma TV (14 mars 2012) une fatwa appelant à tuer les femmes et les enfants alaouites en représailles à des massacres faussement attribués à cette communauté :

http://www.memritv.org/clip/en/3376.htm

« Nos frères de l’Armée syrienne libre (ASL) ont envoyé une série de requêtes aux oulémas en exil nous demandant s’ils pouvaient attaquer des villages alaouites. Ils ont demandé une fatwa qui leur permette de tuer des femmes et des enfants comme ils tuent nos femmes et nos enfants. Car les snipers viennent des villages alaouites et les femmes musulmanes libres sont violées et kidnappées pour être emmenées vers les villages alaouites. »

D’après le cheikh, les « érudits » l’ont joué diplomate.

« Faites preuve de patience. Lancez d’abord un avertissement. Nous ne voulons pas qu’une guerre civile, une guerre confessionnelle n’emporte la Syrie. »

Mais dans la phrase suivante, sa menace de commettre un génocide se précise :

« Les alaouites savent qu’ils sont une minorité dans le pays et que toutes les communautés confessionnelles les détestent et veulent se débarrasser d’eux. Ce n’est pas dans leur meilleur intérêt de défendre le régime. »

Il désigne même les cibles :

 « (…) les villages de Zahra, Eqrima et de Nouzha dans la périphérie de Homs. »

Que dire du prêche cheikh Muhammad Al Zoghby diffusé sur la chaîne saoudienne Safa

TV ?

 

« (…) Ô Allah, tue la famille El Assad et tous ses supporters. Ô Allah, détruis cette sale petite secte. Détruis-les et brûle leurs corps. Ce sont des agents juifs. Tue-les tous. Et je dis à tout le peuple de Syrie : Vous n’êtes pas des hommes si vous ne les châtiez pas après votre victoire. Vous n’obtiendrez pas vos droits tant que vous n’aurez pas pris votre revanche sur ces criminels infidèles. Peuple de Syrie, combats ces mécréants avec ton argent, tes discours et ton esprit... Ceci est une guerre sainte. Peuple de Syrie, sache que le combat contre ces impies précède le combat contre les juifs. C’est pour cette raison qu’Ibn Taymiyya dit : « Les Nussayrites (alaouites NDT) sont plus infidèles que les juifs et les chrétiens. » Peuple de Syrie, voici ma conclusion : Tu dois savoir que le djihad contre ces criminels infidèles et contre leur peuple est un devoir religieux. Et tu vaincras. Peuple de Syrie, n’aie aucune pitié contre ces impies. Peuple de Syrie, à présent, tu vois ton véritable ennemi. »

Que dire aussi de l’appel au génocide lancé par Mohammed Zuhair Siddik, ami de Sarkozy et du salafiste Arour ?

Suite à l’assassinat du premier ministre libanais Rafiq Hariri dans l’attentat du 14 février 2005, Mohamed Zuhair Siddik s’était présenté comme un officier du renseignement syrien ayant fait défection.

Dans le cadre de l’enquête menée par le Tribunal spécial pour le Liban, Siddik avait accusé plusieurs hauts responsables syriens et libanais dont les présidents des deux pays, nommément Bachar El Assad et Emile Lahoud ainsi que des membres du Hezbollah d’avoir été les auteurs du meurtre d’Hariri.

Mais une enquête menée à son sujet révéla que Siddik n’avait en réalité jamais été le chef d’un quelconque service de renseignement syrien et que son témoignage contre la Syrie, le Liban et le Hezbollah étaient totalement bidon.

Suite à la découverte de la supercherie, la justice libanaise émit un mandat d’arrêt à son encontre pour faux témoignage.

Il se réfugia en France. Le 13 mai 2008, il disparut, avant de ressurgir aux Émirats arabes unis où il fut brièvement incarcéré pour immigration illégale et usage de faux passeport.

Lors d’une conférence de presse donnée au moment de sa libération, il affirma avoir reçu un faux passeport tchèque de la main du président français Nicolas Sarkozy.

Cet homme au bras visiblement très long avait également pour ami un certain Adnane Arour, le prédicateur salafiste syrien qui appelle à hacher les communautés déviantes, surtout les alaouites, et à donner leur chair aux chiens.

Quatre ans plus tard, il s’invite à une réunion d’opposants syriens au Caire et rencontre Haytham Al Maleh, un dirigeant historique de l’opposition syrienne qui se voit futur président de la Syrie « libre ».

Une journaliste occupée à interviewer Al Maleh pour la chaîne australienne SBS Dateline filme la scène. Le militant octogénaire accueille froidement Siddik l’accusant d’être peu fiable sans doute en raison de son activisme trouble dans le cadre de l’enquête sur Hariri.

Siddik s’emporte et fait une révélation assez surprenante de la part d’un individu qui voue une haine passionnée contre la Syrie de Bachar El Assad et le gouvernement libanais à dominante Hezbollah.

Il dit à Maleh : « Qui a tué Hariri ? »

« Je l’ignore » lui répond le vieux dissident.

« Au départ, c’est Israël » (11m. 55s.)

Siddik ne dit rien d’autre à ce sujet. Il menace Al Maleh et puis s’en va.

Dans de précédents articles, nous avions parlé d’Adnane Arour et de son hachoir :

 

Il s’avère que Mohammed Zuhair Siddik est un ami du « cheikh de la révolution ».

Joint par téléphone, Siddik est même invité en direct à cracher sa haine sur les alaouites pour les crimes du gouvernement baassiste. Il utilise l’émission d’Arour pour lancer des instructions militaires aux « faucons » de Rastane. Puis de déclarer : « Nous tuerons, nous tuerons, nous tuerons tous les villageois alaouites. Nous tuerons leurs officiers. Nous ferons pleurer leur mère ».

Mohammed Zuhair Siddiq threatens that he will... par TruthSyria

Mohammed Zuhair Siddiq threatens that he will... par TruthSyria

Retour dans les rues syriennes acquises à l’opposition où des manifestants parfois très jeunes affichent leur sympathie pour Oussama Ben Laden en brandissant le drapeau du Front Al Nosrah.

Même les fêtes religieuses comme la fête du Sacrifice sont l’occasion pour célébrer leur révolution salafiste :

 

Lors d’un rassemblement organisé à Idleb, deux jeunes agitateurs présentés par les médias pro-gouvernementaux comme des prédicateurs saoudiens (1min.30 sec.) chante leur volonté de « dépecer les nossayrites (l’autre nom des alaouites, NDT) ». Ils miment le geste de l’abattage tout en psalmodiant. Ils terminent par un salut au mollah Omar et aux Talibans :

 

A deux pas de là, sur le front, l’épuration confessionnelle suit son cours : des femmes et des hommes accusés d’être des chabbihas (milices du régime) sur la base de leur seule appartenance religieuse sont condamnés à mort

 

Ici encore, un homme est torturé à mort car soupçonné d’être chiite :

 

Conclusion

On l’aura compris, sur la Syrie comme sur tous les conflits qui nous concernent, les médias façonnent notre manière de voir les événements.

L’information en provenance de ce pays ne nous a pas été fournie telle quelle mais elle a été filtrée à l’aune des principes moraux ou des contraintes idéologiques qui animent chacun de nos fournisseurs.

Ainsi, la militarisation du conflit qui remonte aux premières lueurs du « printemps syrien » nous a été tout simplement cachée.

Le gouvernement syrien n’ayant pas bonne presse pour toutes sortes de raisons justifiées, sa version des faits a été rejetée en bloc tandis que la propagande de l’opposition a été accueillie sans le moindre recul. 

D’éminents journalistes ont refusé de se rendre dans ce pays pour couvrir les événements du côté du régime pour ne pas être victime de sa propagande.

En revanche, ces mêmes journalistes ne se sont pas gênés de se convertir en propagandistes de l’opposition, appelant même à armer un camp qui commet tous les jours des attentats terroristes contre des civils et des crimes de guerre.

Pas plus tard qu’hier, l’Armée syrienne libre (ASL) a capturé puis exécuté 70 soldats de l’armée syrienne à Ras Al ‘Ayn avant de les enterrer dans une fosse commune, le tout dans la joie et la bonne humeur. Une équipe de la télévision turque était sur place et a tout filmé.

 Certains journalistes mainstream ainsi que nombre de militants autoproclamés démocrates accusent les observateurs et experts sur la Syrie qui ne sympathisent pas avec la rébellion, d’être des agents ou des propagandistes du régime baassiste. 

Cela s’appelle du terrorisme intellectuel et de l’intimidation.

Un proverbe turc dit : « Celui qui dit la vérité est chassé de neuf villages ».

N’en déplaise à ces messieurs, les médias libres et non alignés sont notre dixième village. Et tous les habitants des neuf premiers villages y sont les bienvenus.    B.Kimyongür michelcollon.info

 

 

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9 novembre 2012 5 09 /11 /novembre /2012 03:07

Le mouvement rebelle avait promis de faire de la Syrie un pays libre et démocratique. A Alep, son discours sectaire et ses méthodes cruelles ont poussé des communautés traditionnellement opposées au régime à se défendre, armes à la main, contre la « révolution » et parfois même à accueillir l’armée nationale syrienne à bras ouverts. Même si elle reste forte sur le plan militaire grâce aux succès enregistrés dans le Nord du pays avec l'aide de la Turquie et de ses alliés, la rébellion semble désavouée et politiquement condamnée par une majorité d’Alépins qu’ils soient musulmans ou chrétiens.

 

 Dans une des rares dépêches où l’AFP donne la parole aux Alépins opposés à la rébellion, on peut lire le constat suivant : « Contrairement aux autres villes, Alep et ses 2,7 millions d'habitants étaient restés en marge de la contestation pendant des mois, provoquant les railleries des contestataires qui avaient écrit sur une banderole : « Même avec du Viagra, Alep ne se soulève pas » (1).

 

 Ville paisible, prospère et multiconfessionnelle, Alep aurait pu succomber à la « révolution » si l’Armée syrienne libre (ASL) avait été réellement révolutionnaire, c’est-à-dire pluraliste, patriotique, respectueuse des minorités et du patrimoine public et privé de ses habitants.

 

 Mais il en a été autrement. Après plus de trois mois d’occupation de la ville d’Alep par les combattants de l’Armée syrienne libre (ASL) venus de l’arrière-pays et du gouvernorat voisin d’Idleb, le constat est cinglant : à part certains quartiers pauvres et perméables au discours religieux voire sectaire de l’ASL, la majorité de la population a boudé la rébellion.

 

 Alep finira par payer cher sa traîtrise envers les insurgés : purges expéditives contre les habitants insoumis comme l’exécution des membres de la tribu Berri, de fonctionnaires administratifs, d’employés de la poste (2), magasins détruits et pillés, habitations réquisitionnées, populations chassées, musées, centres culturels, églises et autres sites historiques saccagés, mosquées vidées de leurs imams et de leurs fidèles « pro-régime », grand souk incendié…

 

 Même la grande synagogue d’Alep, patrimoine mondial de l’Unesco, n’a pas été épargnée par les destructions.

 

 Voici un bref aperçu du drame vécu par les diverses minorités qui peuplent la ville :

 

Victimes arméniennes de la rébellion

 

 Près de 80.000 Arméniens vivent en Syrie surtout dans les grandes métropoles, comme Damas et Alep. Ils sont pour la plupart les descendants des Arméniens déportés et martyrisés par le régime jeune-turc de 1915. Les Arméniens de Syrie rejettent massivement l’ASL à la fois en raison de son profil sectaire mais aussi et surtout parce que l’ASL est protégée par l’Etat turc, bourreau historique des Arméniens.

 

 Ils sont victimes d’une guerre dont ils ne se sentent pas toujours concernés même si la mort de Vigen Hayrapetian, sergent de l’armée nationale syrienne, suite à un double attentat terroriste à Alep qui coûta la vie à 28 personnes, avait mis en évidence leur attachement à une Syrie baassiste en tant que moindre mal. Plusieurs dizaines d’Arméniens ont été tués depuis soit lors de tirs croisés ou d’attentats à la voiture piégée.

 

Certains ont été kidnappés par des inconnus parfois pour des raisons purement financières. Les enlèvements contre rançon, c’est l’autre facette du chaos importé par les rebelles dans le pays.

 

 Fin octobre, l’église Saint-Kevork située dans le quartier de Midane (Nor Kyugh en arménien) à Alep, a été incendiée par les rebelles. L’école arménienne Mesrobian qui jouxte l’église a également été endommagée. (3)

 

Pour se protéger de l’ASL, de ses mauvaises fréquentations djihadistes (Front Al Nosra, Liwa Al Tahwid etc) et des bandes criminelles, les habitants arméniens de certains quartiers d’Alep ont rejoint les « comités populaires », organisation civile et progouvernementale d’autodéfense ressemblant à la première génération des Comités cubains de défense de la révolution (CDR). De nombreux Arméniens d’Alep mais aussi de Kassab (Lattaquié) et de Damas se sont armés pour assister l’armée dans ses opérations antiterroristes.

 

Victimes kurdes de la rébellion

 

A l’instar des Arméniens, la majorité des Kurdes qui sont pourtant sunnites, se tiennent à l’écart de l’ASL en raison de son discours confessionnel et de son inféodation au régime d’Ankara.

 

Les Kurdes représentent environ 10% de la population syrienne, soit près de 2 millions de personnes. Si certains Kurdes ont occupé de hauts postes dans l’administration, ainsi que dans la hiérarchie militaire et religieuse, leur histoire n’en est pas moins faite de discriminations de la part d’un Etat dont la doctrine officielle basée sur l’arabité exclut de facto cette population non arabe.

 

Leur marginalisation les a conduits à se révolter plus d’une fois contre le gouvernement de Damas déclenchant une répression brutale à leur encontre comme à Qameshli en 2004.

 

 Au début de la révolte de 2011, le président Bachar El Assad a accordé la nationalité syrienne à 300.000 Kurdes. Il a également libéré de nombreux prisonniers politiques, surtout des membres du PYD (parti de l’union démocratique, proche du PKK en guerre contre Ankara) et promis plus d’autonomie.

 

Ce nouveau rapport entre Damas et le principal mouvement d’opposition kurde équivalant à un pacte de non-agression, a amené le PYD à adopter une fragile politique d’équidistance entre les troupes gouvernementales et l’ASL.

 

A Alep, le quartier kurde d’Achrafiyeh contrôlé par le PYD a ainsi mobilisé sa milice contre toute incursion de l’un ou l’autre camp. Fin octobre, lorsque des rebelles dont certains groupes kurdes favorables à l’ASL comme le parti Azadi et le « bataillon Saladin » ont occupé le quartier, les sympathisants du PYD ont manifesté contre une violation flagrante de leur souveraineté politique et de leur territoire. Mais les rebelles de l’ASL si prompts à dénoncer la répression de l’armée gouvernementale contre des rassemblements pacifiques n’ont pas hésité à ouvrir le feu sur des manifestants, tuant une douzaine de membres du PYD. Au total, trente personnes périront dans les affrontements d’Achrafiyeh opposant pour l’essentiel des Kurdes s’affichant neutre dans le conflit « inter-arabe » à des Kurdes pro-ASL appuyés par des éléments djihadistes. Des centaines de personnes sont détenues par leurs deux camps. Et nous savons qu’au moins l’un d’entre eux, Khaled Bahjat Hamdu, a été assassiné sous la torture par les rebelles.

 

Victimes palestiniennes de la rébellion

 

 En Syrie, l’Office des Nations Unies chargé des réfugiés palestiniens (UNRWA) a récemment recensé 510.000 Palestiniens en Syrie dont un tiers rien qu’à Damas. Ils sont majoritairement sunnites comme l’ASL. Pourtant, la plupart d’entre eux refusent de prendre part à un conflit qui nuit à la cause palestinienne.

 

Comme nombre de Kurdes, d’Arméniens, d’Arabes chrétiens, sunnites, chiites ou alaouites, les Palestiniens progouvernementaux se sont organisés en comités populaires pour empêcher la prise de contrôle de leurs camps par l’ASL et d’autres groupes djihadistes. (4)

 

Les Palestiniens d’Alep trop neutres dans le conflit syrien ou trop proches du Front populaire pour la libération de la Palestine – Commandement général (FPLP-CG) d’Ahmed Jibril, allié traditionnel du gouvernement de Damas, sont eux aussi la cible de l’ASL. C’est en réalité depuis le début de la rébellion que le torchon brûlait entre la rébellion et les Palestiniens non alignés à l’émir du Qatar.

 

 Un mois avant l’invasion d’Alep par l’ALS, seize Palestiniens du camp de Nairab, ont été exécutés et atrocement mutilés par les rebelles syriens dans le Nord d’Alep, un massacre commis par un groupe rebelle syrien et que même le Hamas, pourtant en rupture avec le gouvernement de Damas, avait condamné. (5)

 

Le 28 septembre 2012, quatre Palestiniens ont été tués après des tirs au mortier de l’ASL contre le camp palestinien de Nairab tout proche d’Alep.

 

Au total, 528 Palestiniens auraient été tués depuis un an et demi en Syrie lors d’affrontements entre rebelles et armée, entre rebelles et Palestiniens pro-régime, entre Palestiniens pro-rebelles et armée, lors d’assassinats ciblés par le régime ou les rebelles ou encore en détention. (6)

 

 

Victimes assyriennes de la rébellion

 

 Près d’un million d’Assyriens vivent en Syrie, principalement dans la Djézirah (gouvernorat d’Al Hassaké) et à Alep. Ces dernières années, leur nombre s’est vu croître après l’arrivée de milliers d’Assyriens d’Irak fuyant l’invasion américaine de 2003 et le terrorisme takfiriste subséquent. Les Assyriens sont sémites. Ils parlent l’araméen, la langue du Christ. Mais ils ne sont pas arabes. Ils rejettent donc eux aussi le paradigme baassiste.

 

 Leurs revendications identitaires et leurs mouvements politiques ont été violemment combattus par le pouvoir. Toutefois, une majorité d’Assyriens perçoivent la laïcité promue par le gouvernement syrien comme un moindre mal face à l’Islam conquérant. 

 

Le principal mouvement assyrien, l’Assyrian Democratic Organization (ADO) fait partie du Conseil national syrien (CNS). Il en est même un membre fondateur. Mais au lieu d’attirer vers elle la population assyrienne traditionnellement réfractaire à l’idéologie officielle, l’ASL a réussi à se l’aliéner.

 

Le 21 octobre 2012, le complexe social Beth Hasda de cette communauté chrétienne a été soufflé par l’explosion de plusieurs voitures piégées. L’attentat avait été revendiqué par le Front Al Nosrah. (7)

 

Cinq jours plus tard, le Front Al Nosrah a envahi le même quartier assyrien. Un habitant a été tué et plusieurs familles ont été chassées de leur domicile. L’armée gouvernementale est finalement intervenue pour extirper les assaillants et réinstaller les familles chassées.

Le quartier a retrouvé son calme. Mais pour combien de temps ?

 

Conclusion

 

Arabes et Kurdes, Palestiniens et Arméniens, chrétiens et musulmans souffrent durement de la lutte à mort que ses livrent les belligérants à Alep.

Nombreux sont les habitants de la ville qui reprochent aux rebelles d’avoir importé le conflit jusque dans leur foyer. Une habitante d’Alep parle même d’un « terrorisme meurtrier venu du désert » (8).

 

La « mère de toutes les batailles » est ainsi devenue la mère de tous les malheurs.

 

Et à Alep, comme partout ailleurs en Syrie :

Les uns ont attendu l’arrivée de leurs libérateurs rebelles.

Les autres ont attendu l’arrivée de leurs libérateurs gouvernementaux.

Les uns subissent les incursions de l’armée nationale.

Les autres subissent l’invasion de leur quartier par des combattants étrangers à la ville et au pays.

Les uns sont victimes des bombardements de l’aviation et de l’artillerie gouvernementale pour avoir hébergé la rébellion.

 Les autres sont victimes des voitures piégées, des balles, des roquettes et des tirs de mortiers rebelles pour avoir abrité les troupes de l’armée nationale.

Les uns prennent les armes et se rangent du côté de la rébellion.

Les autres prennent les armes et se rangent du côté du gouvernement.

Les uns enragent contre leur voisin qui ne se rallie pas à la « révolution contre la dictature ».

Les autres enragent contre leur voisin qui héberge des « terroristes » et des fossoyeurs de la paix intercommunautaire.

Les uns se plaignent que l’ALS ne vient toujours pas à bout de l’armée gouvernementale.

Les autres se plaignent que l’armée nationale n’en fait pas assez pour protéger leur vie et leurs biens.

Les uns maudissent l’armée nationale.

Les autres glorifient l’armée nationale en tant que « Houmat Al Diyar », la gardienne de la patrie.

Mais tous sont Alépins. Tous sont Syriens. Tous sont humains. Tous ou presque.

 

Bahar Kimyongur  (auteur de Syriana, la conquête continue, Ed. Couleur Livres & Investig’action, 2011 et porte-parole du Comité contre l’ingérence en Syrie - CIS)  http://www.michelcollon

 

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Notes de bas de page

(1) AFP, 7 septembre 2012 : Syrie : à Alep, rebelles et commerce ne font pas bon ménage

(2) Ces massacres ont été déguisés en « actes de vengeance contre les chabbihas », le terme magique qui justifie toutes sortes d’actes barbares. 

 

(3) Site d’information arménien Tert.am, 31 octobre 2012

 

(4) Anwar Raja, porte-parole du FPLP-CG cité par l’AFP (30 octobre 2012) précise : « (…) des comités populaires, que nous avons formés pour empêcher ce genre d'infiltration (…) »

 

(4) « Resheq : We condemn the killing of Palestinian conscripts in Syria as cowardly », Palestinian Information Center, 12 juillet 2012

 

(5) Chiffre avancé par un porte-parole du Hamas et confirmé par Adli Al-Baraqouni, Humanitarian Voice, 31 octobre 2012

 

(6) International News Agency (AINA) : Car Bomb Explodes in the New Assyrian Quarter in Aleppo, 24 octobre 2012

 

(7) AINA : Second Attack in 5 Days on New Assyrian Quarter in Aleppo

 

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3 novembre 2012 6 03 /11 /novembre /2012 00:32

L'exécution par les rebelles de soldats blessés dans le nord fait polémique

voir le zoom : Image tirée d'une vidéo postée le 1er novembre 2012 sur YouTube montrant de présumés soldats syriens abattus par des rebelles

Image tirée d'une vidéo postée le 1er novembre 2012 sur YouTube montrant de présumés soldats syriens abattus par des rebelles   YouTube/AF

 

Deux jours de l'ouverture d'une réunion cruciale des opposants à Doha, le Conseil national syrien (CNS) a vivement réagi aux propos de la secrétaire d'Etat Hillary Clinton qui a appelé ce mouvement à s'élargir pour représenter "tous les Syriens".La principale coalition de l'opposition syrienne en exil s'en est prise violemment vendredi aux Etats-Unis, accusés de chercher à la remodeler pour l'amener à négocier avec le régime, et a dénoncé l'exécution par les rebelles de soldats blessés.

 Le CNS, dans un communiqué, a condamné les projets "visant à passer au-dessus du Conseil ou à créer des instances le remplaçant", les qualifiant de "tentative de nuire à la révolution syrienne en semant les germes de la division".

 Pour Georges Sabra, membre du Conseil, "si l'union de l'opposition a pour objectif de négocier avec Bachar al-Assad, cela ne se fera pas et le peuple ne l'acceptera pas".

 Mohammed Sermini, du bureau de presse du CNS, a dénoncé l'ingérence de Washington: "Tout amicale et solidaire que soit la partie extérieure, elle n'a pas le droit d'intervenir dans nos affaires".

 Mercredi, Mme Clinton a estimé que le CNS ne pouvait "plus être considéré comme le dirigeant visible de l'opposition", et plaidé pour qu'il devienne "une partie d'une opposition élargie" comprenant "des gens à l'intérieur de Syrie et d'autres".

 En réponse, le CNS a affirmé avoir augmenté le nombre des membres de l'intérieur qui représenteraient désormais selon lui 33% de l'instance.

 Le régime affirme que seul un dialogue peut régler le conflit, mais l'opposition, surtout les rebelles sur le terrain, posent comme condition sine qua non à tout dialogue un départ de M. Assad.

 

L'exécution sommaire de soldats: un crime de guerre

 Les Etats-Unis, qui réclament eux aussi un départ de M. Assad, comptent beaucoup sur la réunion de Doha, élargie à des centaines d'opposants, sous l'égide de la Ligue arabe, où pourrait être annoncé un gouvernement en exil avec à sa tête l'opposant en exil Riad Seif, selon des informations non confirmées.

 Le CNS a par ailleurs exhorté l'Armée syrienne libre, composée de déserteurs et de civils ayant pris les armes, et "les mouvements qui animent la révolution sur le terrain à demander des comptes à quiconque viole les droits de l'Homme", au lendemain de la diffusion de vidéos montrant des insurgés frappant une dizaine de soldats blessés avant de les achever à l'arme automatique.

 Pour l'ONU et Amnesty International, l'exécution sommaire de soldats, comme celle vue sur cette vidéo, ressemble fort à un "crime de guerre".

 Le chargé des droits de l'Homme au sein du CNS, Radif Moustapha, a toutefois estimé que les crimes des combattants rebelles étaient "sans commune mesure" avec ceux du régime.

 Au moins 28 soldats ont été tués jeudi au combat ou froidement exécutés par les rebelles qui s'étaient emparés de leurs positions près de Saraqeb (nord-ouest), a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

 Après la diffusion de la vidéo, les Etats-Unis ont exhorté les rebelles à respecter les lois internationales régissant les conflits et la Grande-Bretagne s'est dit "profondément préoccupée".

 Un porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a déclaré pour sa part que "s'il s'agit de massacres avérés", la France "condamne avec fermeté".

 L'ONU et des ONG internationales ont déjà accusé régime et rébellion de "crimes de guerre et contre l'Humanité" en près de 20 mois d'un conflit qui a fait plus de 36.000 morts selon l'OSDH.

 

Les rebelles coupent l'accès au nord

 Sur le terrain, les rebelles ont pris le contrôle d'un large périmètre autour de Saraqeb, carrefour stratégique de routes reliant Damas, Alep (nord) et Lattaquié, sur la côte.

 Avec cette prise, ils coupent quasiment tout accès des troupes au nord où elles sont aux prises avec les rebelles depuis plus de trois mois pour le contrôle d'Alep.

 Par ailleurs, la dirigeante d'un groupe armé kurde a été tuée à Alep par des rebelles qui l'ont détenu pendant une semaine alors qu'elle venait notamment leur livrer les dépouilles d'insurgés tués lors de combats la semaine dernière entre rebelles et Kurdes, selon l'OSDH.

 Les violences ont fait vendredi à travers la Syrie au moins 139 morts, dont 44 civils, selon un bilan provisoire de l'OSDH.

 Comme tous les vendredis, et malgré les violences, des milliers de personnes hostiles au président Assad ont manifesté à travers le pays. Ils ont appelé la communauté internationale à agir pour arrêter la répression, critiquant notamment les Etats-Unis.

 "Clinton: notre radicalisme, s'il existe, est le résultat de tes mensonges", affirmait notamment un slogan selon une vidéo mise en ligne par des militants, en référence aux récentes déclarations de Mme Clinton qui a dénoncé une montée de l'extrémisme en Syrie.tv5.

 

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Vidéo : voir à partir de la 22' 22'' 

 


 

 

 

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Soldats exécutés en Syrie: le CNS appelle les rebelles à rendre des comptes

 

Le Conseil national syrien (CNS), la principale coalition de l'opposition syrienne en exil, a appelé les rebelles à rendre des comptes, au lendemain de la diffusion de vidéos montrant des insurgés frappant une dizaine de soldats blessés avant de les achever à l'arme automatique.

Nous exhortons l'Armée syrienne libre et les mouvements qui animent la révolution sur le terrain à demander des comptes à quiconque viole les droits de l'Homme, a déclaré à l'AFP Radif Moustapha, en charge des droits de l'Homme au sein du CNS, après que l'ONU a évoqué un possible crime de guerre.

Il a toutefois souligné que, selon lui, les crimes des combattants de l'opposition (étaient) sans commune mesure avec ceux du régime.

Qualifiant le conflit de très complexe, il a dénoncé des cas de vengeances individuelles, appelant la communauté internationale, le CNS et l'ASL à prendre des mesures pour résoudre ce phénomène des violations.

Si nous restons silencieux (face à cela), ces violations graves vont augmenter, a-t-il poursuivi, rappelant que les principes de la révolution étaient la liberté, la dignité et le respect des droits de l'Homme.

Jeudi, au moins 28 soldats syriens ont été tués au combat ou froidement exécutés jeudi dans des attaques rebelles sur trois barrages militaires près de Saraqeb, dans le nord-ouest de la Syrie, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Une vidéo diffusée par des militants montre des rebelles frappant une dizaine de soldats blessés, avant de les aligner sur le sol et de les achever. Avant d'exécuter un prisonnier, un rebelle lui lance: Ne sais-tu pas que nous appartenons au peuple de ce pays? Terrorisé, le soldat répond: Je jure au nom de Dieu que je n'ai pas tiré.

Au même titre que l'Observatoire dénonce les exécutions dans les prisons du régime, il refuse celles de prisonniers de guerre par les rebelles, a dénoncé à l'AFP le directeur de l'organisation, Rami Abdel Rahmane.

Le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a dénoncé ce qui constitue très vraisemblablement un crime de guerre et Amnesty International a condamné des images choquantes d'un crime de guerre potentiel.

Des agences et des responsables onusiens, ainsi que des ONG internationales, ont déjà accusé régime et rébellion de crimes de guerre et contre l'Humanité après près de 20 mois d'un conflit dévastateur qui a fait, selon l'OSDH, plus de 36.000 morts. romandie

 

 

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Le chef du CNS accuse : "La communauté internationale est responsable de l'extrémisme en Syrie"

 

 

Alors que les Etats-Unis réclament une opposition syrienne élargie capable de “résister aux extrémistes” islamistes, le chef du CNS a imputé jeudi la montée des islamistes radicaux en Syrie au manque d'appui de la communauté internationale à la rébellion contre le régime du président Bachar el-Assad. L'armée syrienne, qui a fait de son aviation son principal atout contre les rebelles, a mené jeudi des raids aériens notamment sur Damas et sa banlieue.

 

Le chef du Conseil national syrien (CNS), la principale coalition de l'opposition syrienne, a imputé jeudi la montée des islamistes radicaux en Syrie au manque d'appui de la communauté internationale à la rébellion contre le régime du président Bachar el-Assad.


“La communauté internationale est responsable, en raison de son manque de soutien au peuple syrien, de la croissance de l'extrémisme en Syrie”.

                                 ABDEL BASSET SAIDA, CHEF DU CONSEIL NATIONAL SYRIEN (CNS).

 

Ce dernier réagissait ainsi aux propos de de la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, qui a réclamé une opposition élargie capable de “résister aux extrémistes” islamistes.

Le Conseil national syrien (CNS) -la principale coalition de l'opposition syrienne, largement dominée par les Frères musulmans-, reconnu par la communauté internationale comme l'un des principaux représentants du peuple syrien, “ne peut plus être considéré comme le dirigeant visible de l'opposition”, a en effet estimé mercredi la chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton.


“Il y a des informations inquiétantes sur des extrémistes qui se rendent en Syrie et tentent de détourner à leurs fins ce qui était jusqu'ici une révolution légitime contre un régime oppressif”.

                       LA CHEF DE LA DIPLOMATIE AMÉRICAINE HILLARY CLINTON.


Le Front al-Nosra, un groupe islamiste inconnu avant la révolte en Syrie, a ainsi revendiqué de nombreux attentats à travers le pays et ses combattants sont présents, souvent en première ligne, sur la plupart des fronts syriens.

Face à ces mouvements islamistes qui “essaient de détourner la révolution” contre le président Bachar al-Assad, selon Mme Clinton, les Etats-Unis et leurs partenaires européens et arabes veulent “aider l'opposition à s'unir derrière une stratégie partagée et efficace qui puisse résister à la violence du régime (syrien) et commencer à préparer une transition politique”.

“Dans les zones qui ont échappé au contrôle du régime, c'est le chaos et le désespoir, car le régime continue à attaquer. Dans une telle atmosphère, il est naturel que se développe l'extrémisme”, a poursuivi M. Saida.

Critiquant la déclaration américaine, il a lancé: “la communauté internationale devrait s'en prendre à elle-même: Qu'a-t-elle donné au peuple syrien? Comment a-t-elle aidé les Syriens à stopper la folie meurtrière du régime?”

 

Raids aériens

Sur le terrain la violence ne connaît pas de répit.

Au moins 28 soldats de l'armée syrienne ont été tués au combat ou froidement exécutés jeudi dans des attaques sur trois barrages militaires près de la ville rebelle de Saraqeb, dans le nord-ouest de la Syrie, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Une vidéo diffusée par des militants montre des combattants rebelles frappant une dizaine de soldats blessés avant de les aligner sur le sol et de les achever en les traitant de chiens de chabihas d'Assad, nom donné aux miliciens pro-régime.

Par ailleurs, les hélicoptères de l'armée ont bombardé le quartier de Hajar al-Aswad, dans le sud de la capitale, faisant des blessés, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), tandis que les chasseurs-bombardiers menaient des raids sur la ville proche de Harasta.

A Alep, la métropole commerçante du nord syrien, des combats ont opposé dans la nuit troupes régulières et combattants rebelles sur plusieurs fronts, rapporte l'ONG. Et l'armée a bombardé plusieurs localités de la région, tuant une fillette à al-Safira.

Dans la même région, un journaliste libanais, enlevé la semaine dernière par un groupe rebelle, a été libéré dans la nuit de mercredi à jeudi, selon la chaîne LBCI pour laquelle il travaille.

Plus à l'ouest, dans la province d'Idleb, “des chasseurs-bombardiers ont frappé à trois reprises les villages de Tell Manass et de Maar Chamarine”, a affirmé l'ONG. Un civil a également péri dans cette région, selon l'OSDH.

Non loin de là, au sol, des combats sporadiques opposaient troupes régulières et combattants rebelles, notamment issus du Front islamiste al-Nosra, autour de la base militaire stratégique de Wadi Deif, selon l'ONG.

Le Liban a déposé deux plaintes officielles contre la Syrie pour violations territoriales, tandis que le régime du président syrien Bachar al-Assad accuse le Liban de permettre à des combattants et à des armes d'entrer illégalement en Syrie.

Mercredi, 152 personnes ont péri à travers le pays, dont 58 civils, 48 rebelles et 46 soldats, selon un bilan de l'OSDH, basée en Grande-Bretagne, s'appuie sur un réseau de militants et de sources médicales dans les hôpitaux civils et militaires à travers le pays. Il affirme que ses bilans recensent les victimes civiles, militaires et rebelles.

Au total, plus de 36.000 personnes ont péri dans le conflit déclenché mi-mars 2011 par la répression brutale par le régime d'un mouvement de contestation populaire le 15 mars 2011, selon l'OSDH.  aufaitmaroc

 

 

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Les rebelles syriens veulent éviter une guerre avec les Kurdes

 

Après une semaine d'affrontements sans précédent dans la province d'Alep (nord), les rebelles syriens et les militants kurdes observaient jeudi une fragile trêve, soucieux de ne pas ouvrir un nouveau front dans la guerre qui s'éternise contre le régime de Bachar al Assad.

Plusieurs dizaines de rebelles et de combattants kurdes du Parti de l'Union démocratique kurde (PYD), liés au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, turc), ont été tués la semaine dernière dans des heurts qui ont éclaté dans la métropole avant de s'étendre à plusieurs localités situées aux alentours, à quelques kilomètres seulement de la Turquie.

"Nous voulons combattre le régime et nous nous retrouvons à nous battre sur un nouveau front pour lequel nous n'avons ni l'utilité ni le temps", résume un combattant de l'Armée syrienne libre (ASL), venu se réchauffer autour d'un feu dans une montagne surplombant plusieurs villages et champs d'oliviers. "Nous devrions être à Alep, au lieu de quoi nous campons."

Cette vague de violence inédite entre miliciens kurdes et opposants syriens illustre le jeu d'alliances et de rivalités, tant locales qu'internationales, qui compliquent la tâche des rebelles dans leur soulèvement contre le régime de Damas.

"Nous ne sommes pas contre tous les groupes kurdes, mais ces groupes liés au PKK aident le régime en nous attaquant, nous n'avons pas d'autres solutions que d'agir", souligne Mohammed Hamadeh, chef d'une unité rebelle.


MÉFIANCE MUTUELLE

Si Kurdes et rebelles coopéraient avant les affrontements de la semaine dernière, la méfiance a toutefois toujours été de mise entre les deux camps. Les opposants au régime syrien regardent avec suspicion la neutralité adoptée par le PYD dans le conflit qui les oppose à Bachar al Assad. Les Kurdes critiquent de leur côté le refus de l'opposition de les voir acquérir une autonomie locale.

Sur le terrain, les habitants regardent avec de plus en plus de sympathie les miliciens kurdes qui ont selon eux eu le mérite de protéger les populations kurdes contrairement aux rebelles.

"Je n'aime pas le PYD mais ils prennent soin des Kurdes, contrairement aux rebelles dont les zones ont été totalement détruites. Maintenant de nombreux Kurdes regardent différemment le PYD", indique ainsi Baran Afrini, un militant de l'opposition kurde.

Dans les quartiers kurdes d'Alep, les combattants du PYD ont mis en place un mini-Etat qui gère notamment la distribution de nourriture ou la sécurité. Les routes stratégiques menant à la ville sont désormais des enjeux pour les deux camps. Avant les affrontements de la semaine dernière, il y avait un accord tacite permettant aux militants des deux camps d'emprunter ces voies. Kurdes et rebelles veulent désormais avoir la garantie de pouvoir accéder sans danger à leurs bastions respectifs.

"Nous demandons aux militants kurdes de partir de cette montagne et de nous garantir un passage sécurisé dans leurs zones" indique Hamadeh. "Les Kurdes n'ont pour l'instant pas répondu à notre demande."

Face aux affrontements entre Kurdes et opposants, l'armée syrienne tente d'attiser les tensions pour tenter d'accentuer les divisions au sein de la population. Selon certains Kurdes, l'armée s'est ainsi retirée des zones kurdes sans livrer bataille et selon certains témoignages, elle aurait même fourni des armes au PYD.

"Je combattrai pour mon pays et ma religion avant de me battre pour mon ethnie", explique Basel, un militant kurde de l'opposition âgé de 23 ans, qui se retrouve à se battre contre d'autres Kurdes. "C'est comme cela que le régime divise la population. Vous avez des hommes qui devraient être des alliés qui se battent entre eux." tempsreel.nouvelobs

 

 

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Les leaders kurdes de Syrie jouent la carte du soutien à Bachar al-Assad


 

 

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Capture d'écran d'une vidéo montrant les affrontements entre des rebelles et des milices kurdes dans la quartier d'Achrafiyé, à Alep. Postée sur YouTube le 28 octobre 2012.
 
Alors qu’ils avaient rejoint le soulèvement populaire contre le régime de Bachar al-Assad au début de la révolte en Syrie en avril 2001, les Kurdes ont peu à peu pris leurs distances avec la rébellion. Pour la première fois depuis le début du conflit, des membres de l’Armée syrienne libre (ASL) et des milices kurdes se sont même affrontés le week-end dernier dans un quartier kurde d’Alep. La rébellion accuse désormais les leaders kurdes d’avoir négocié leur soutien à Bachar al-Assad.
 
Des affrontements sans précédent ont éclaté le week-end dernier entre des insurgés de l’ASL et des membres de l'Union démocratique kurde (PYD), le principal parti kurde en Syrie, dans le quartier à majorité kurde d'Achrafiyé à Alep. Cette zone avait été jusque-là épargnée par les violences qui secouent cette ville du nord de la Syrie depuis le 20 juillet.
 
Selon des habitants joints par France 24, quelques rebelles de l’ASL se sont infiltrés à Achrafiyé et les membres des comités populaires kurdes postés à des barrages ont tenté de les chasser, provoquant des affrontements.
 
Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 30 personnes ont péri dans les heurts au cours desquels 200 combattants ont été constitués prisonniers. Depuis le début du conflit en Syrie, le PYD s’était déclaré neutre et s’était toujours efforcé de tenir l’ASL éloignée des zones sous son contrôle. Cet incident pourrait constituer un tournant dans les rapports des Kurdes de Syrie avec la rébellion.
 
Depuis juillet, l’armée syrienne s’est désengagée des plus importantes villes à majorité kurde, dans les zones frontalières avec la Turquie, qui sont désormais sous le contrôle du PYD.
 
Avant le début du conflit, la communauté kurde, qui regroupe près de 15 % de la population syrienne, avait souvent été  marginalisée par le pouvoir. En mars 2011, un mouvement de protestation kurde avait été réprimé dans le sang par le régime. 

 

 

Images montrant les affrontements entre des groupes armés appartenant à l'ASL et des milices kurdes dans le quartier d'Achrafiyé. Vidéo postée le 28 octobre sur YouTube.

 

 

"Nous voulons rester à l’écart du conflit armé"

Ahmed Bahoz, militant Kurde proche du PYD, habitant le quartier Achrafiyé à Alep.

 

 

« L’armée avait déjà bombardé le quartier d’Achrafiyé à la veille de l’Aïd [26 octobre] parce que des éléments de l’Armée syrienne libre [ASL] s’y étaient infiltrés. Une quinzaine de personnes sont mortes dans ces bombardements, tous des civils. Nous étions en colère, nous ne voulions pas que cela se reproduise. Nous avons donc organisé une marche de protestation le lendemain. Cela n’a malheureusement pas dissuadé les groupes rebelles qui ont encore une fois tenté de pénétrer dans le quartier. Mais cette fois, les comités de défense populaire qui assurent la protection du quartier ont essayé de les repousser, ce qui a provoqué des affrontements.

 Certains nous accusent d’être inféodés au régime de Bachar al-Assad. Ce n’est pas vrai. Les Kurdes se sont soulevés contre le régime bien avant le début du printemps arabe, en 2004. Nous avons également rejoint les manifestations contre le régime dès avril 2011. Mais quand la révolte s’est transformée en conflit armé, nous avons préféré rester à l’écart parce que nous avons choisi la voie de la protestation pacifique. »

 


Vidéo d'une manifestation de protestation dans le quartier kurde d'Achrafiyé contre l'Armée syrienne libre. Postée le 27 octobre sur YouTube.    

 

"Cela nous attriste car de nombreux Kurdes se sont engagés auprès de l’ASL"

Fares A. est membre du Conseil militaire kurde de l’Armée syrienne libre, actif dans la région d’Alep.

 

 

« Des groupes de l’Armée syrienne libre ont pénétré dans le quartier d’Achrafiyé parce qu’ils étaient à la recherche de Chabihas [miliciens à la solde du régime syrien]. Mais des milices kurdes leur ont tiré dessus, causant la mort d’au moins 16 combattants de l’ASL.

Ces affrontements nous attristent d’autant plus que de nombreux Kurdes, comme notre brigade, se sont engagés auprès de l’ASL pour libérer leur pays de ce régime dictatorial. Le régime essaye de créer la fitna [discorde] entre les Kurdes et leurs frères arabes pour affaiblir la révolution. Il faut absolument éviter de tomber dans ce piège.»


 

"Les peuples kurde et arabe sont frères dans ce pays. Nous ne laisserons le régime semer la discorde entre nous", affirme un responsable du Conseil militaire kurde de l'ASL dans une déclaration diffusée le 28 octobre sur YouTube. 
 

"Le régime de Bachar al-Assad a passé un accord secret de non-agression avec le PYD"

Hamid Mesud, journaliste kurde syrien réfugié en France.

« Le régime de Bachar al-Assad a passé un accord secret de non-agression avec le PYD [Parti démocratique kurde], le principal parti kurde en Syrie. Dès le début de l’insurrection, le régime a commencé à délivrer la nationalité syrienne aux centaines de milliers de Kurdes qui l’avaient perdue dans les années 1960, et aussi aux Kurdes apatrides. On estime à 60 000 le nombre des bénéficiaires de cette mesure. Il a également autorisé les Kurdes à exercer leurs droits linguistiques et culturels. Le pouvoir en Syrie a ainsi cherché à ne pas s’aliéner le PYD, qui est une branche du PKK [Parti des travailleurs du Kurdistan, guérilla qui lutte pour l’indépendance du Kurdistan] et dont les membres disposent d’importants stocks d’armes. La bienveillance soudaine du régime envers les Kurdes s’explique aussi par le souci qu’il avait au début du soulèvement de montrer à la communauté internationale qu’il se souciait du sort des minorités.

En juillet dernier, l’armée syrienne s’est carrément retirée des zones kurdes dans le nord du pays, par exemple des villes de Derik, Kobané et Afrin, qui sont depuis gérées par le PYD. C’est ce parti qui contrôle l’administration des régions à majorité kurde et se sont ses comités de défense populaires qui y assurent la sécurité. En échange, le PYD s’est engagé à ne pas soutenir la révolution et à empêcher l’ASL, qu’il soupçonne d’être une création de l’ennemi turque, de pénétrer dans les zones kurdes.

Le régime syrien est un allié historique du PKK, qui est en guerre contre le régime turque depuis 1984 [le PKK a bénéficié de camps d’entraînement dans la plaine libanaise de la Bekaa au temps de la présence syrienne dans ce pays]. Son chef, Abdullah Ocalan, a vécu 25 ans en Syrie. 

 Bachar al-Assad pourrait ainsi utiliser, au besoin, les Kurdes comme carte, en fournissant notamment une aide logistique à la rébellion pour déstabiliser la Turquie qui soutient la révolution. Les Kurdes du PYD ont actuellement les yeux rivés vers l’après-Assad. Ils veulent profiter de la situation d’anarchie qui règne pour conquérir leur autonomie et asseoir leur pouvoir sur les zones où ils sont majoritaires en vue de contraindre les responsables politiques de la Syrie de demain de prendre en compte leurs revendications. Ils ont tout intérêt à garder leur région éloignée de la guerre pour éviter que les Kurdes, dont le nombre en Syrie est estimé à environ 4 millions, ne fuient le pays.» observers.france24

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 05:05

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La trêve de l'Aïd n'est pas respectée

 

Les violences se sont poursuivies vendredi entre les forces du régime de Bachar el-Assad et rebelles dans le nord de la Syrie, malgré l'entrée en vigueur au petit matin de la trêve pour la fête de l'Aïd el-Kébir (Al-Adha) , ont annoncé des militants.

Les premiers affrontements ont été provoqués par le groupe islamiques Jabhat al-Nusra, qui avait rejeté l'idée d'un cessez-le-feu dès le départ. Ses militants ont affronté les forces syriennes pour le contrôle d'une base militaire située sur la route menant à Alep, a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. Les combats à Maaret al-Numan ont commencé il y a plusieurs jours.

L'armée syrienne a pour sa part violé le cessez-le-feu en tirant plusieurs obus sur Alep et la banlieue de Damas. Trois personnes ont été tuées par un bombardement à Harasta, dans la banlieue de Damas et deux autres ont été abattues par un tireur embusqué, selon l'OSDH.

A l'occasion de la principale fête musulmane, qui débute vendredi pour quatre jours, l'envoyé spécial de l'ONU et la Ligue arabe Lakhdar Brahimi, soutenu par le Conseil de sécurité, avait obtenu le premier cessez-le-feu entre fidèles et opposants de Bachar el-Assad. Si cette trêve était respectée, elle marquerait le premier arrêt des combats depuis mars 2011, début de l'insurrection contre le régime de Damas, qui aurait causé la mort de plus de 35.000 personne.

Les précédentes tentatives avaient échoué. Mais l'armée syrienne a accepté la trêve en précisant jeudi qu'elle riposterait en cas d'attaques rebelles ou s'ils tentaient de se ravitailler. Les forces gouvernementales ont également déclaré qu'elles empêcheraient l'arrivée de renforts, venus des pays voisins.

Dans d'autres régions de la Syrie, les affrontements se sont calmés, laissant la possibilité à des milliers de personnes de descendre dans la rue pour ce qui s'annonce comme les plus importantes manifestations de ces derniers mois, notamment à Alep, Homs, Hama, dans la banlieue de Damas et dans la province de Deraa. Dans cette ville du sud du pays, d'où est partie l'insurrection, trois personnes ont été blessées par l'armée qui dispersait la manifestation.

Dans la nuit, des accrochages ont eu lieu notamment à Homs (centre), à Alep et à Deir el-Zour (est), causant la mort d'au moins quatre rebelles et blessant six soldats, d'après l'Observatoire syrien des droits de l'Homme. Trois personnes ont également été blessées quand les soldats ont voulu disperser des manifestants après la prière de vendredi à Deraa (sud). tempsreel.nouvelobs

 

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La trêve déjà brisée, Assad réapparaît

A peine la trêve entrée en vigueur, des combats violents ont repris vendredi matin autour d'une base de l'armée syrienne, pendant qu'un quartier rebelle de Homs était la cible de bombardements. Des tirs d'obus ont également fait trois morts à Harasta, près de Damas.

 

Le calme, précaire, aura fort peu duré vendredi matin en Syrie, au tout début de ce qui devait être une trêve de quatre jours difficilement négociée par le médiateur international Lakhdar Brahimi à l'occasion de la fête musulmane de l'Aïd al-Adha (lire nos articles : "Syrie : la décision sur une trêve pendant la fête d'Al-Adha sera prise jeudi", "Syrie : l'armée d'Assad pilonne les espoirs de trêve", "Syrie : la trêve rejetée par un groupe islamiste" et "Syrie : Assad annonce l'arrêt des opérations de vendredi à lundi"). 

En ce jour symbolique, le premier de l'Aïd, la télévision d'Etat a montré le président Bachar al-Assad, qui apparaît rarement en public, priant dans une mosquée de Damas. Assis en tailleur, il est apparu souriant et décontracté ; et après la prière, il a pris le temps de parler avec des fidèles, triés sur le volet, embrassant certains et plaisantant avec d'autres. 

Bombardements et combats

Mais ailleurs, des manifestations hostiles au régime de Bachar al-Assad éclataient déjà à la sortie des mosquées. L'une d'elles, violemment dispersée dans la province de Deraa, devait être marquée par des tirs des forces gouvernementales, et par trois blessés, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme. Un peu plus tard, de violents combats éclataient autour d'une base de l'armée syrienne, dans la périphérie est de Maaret al-Noomane, et l'armée ripostait en bombardant le village limitrophe de Deir Charqui. A Homs, ce sont des bombardements sur un quartier rebelle qui ont été signalés : deux personnes ont été blessées par la chute de six roquettes. Trois personnes ont également été tuées dans la ville rebelle de Harasta, près de Damas, par des tirs d'obus et de franc-tireurs, sans que des combats ne s'y déroulent, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

Un scénario qui rappelle la précédente tentative du 12 avril : Kofi Annan, prédécesseur de Lakhdar Brahimi, était lui aussi parvenu à arracher une trêve aux belligérants en avril, mais elle n'avait pas tenu longtemps. Elle avait volé en éclats au bout de quelques heures, même si les combats avaient baissé en intensité. Un arrêt des combats et des bombardements aurait pourtant apporté un peu de répit à une population déjà durement éprouvée par les violences. Le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés s'était dit prêt à envoyer, en cas de trêve, des colis d'aide à des milliers de familles dans des endroits jusqu'à présent inaccessibles. tf1.fr/monde

 

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Le Liban dans la tourmente syrienne

L’assassinat le vendredi 19 octobre de Wissam Al-Hassan, le chef de la branche du renseignement des Forces de sécurité intérieures (FSI), représente le plus grave attentat commis au Liban depuis 2008. Et un acte d’autant plus inquiétant qu’il pourrait contribuer à entraîner ce pays dans la guerre qui se déroule en Syrie. Les affrontements à Tripoli, dans le nord du Liban, ont fait plusieurs morts, tandis que des heurts avaient lieu aussi à Beyrouth après les funérailles.

La radicalisation de certains groupes sunnites extrémistes, qui ne reconnaissent pas l’autorité du chef de l’opposition Saad Hariri, est incontestable, notamment dans le nord du pays, radicalisation encouragée par la terrible répression en Syrie et par les relations existant entre les deux pays. On a pu voir, notamment lors des heurts qui ont suivi l’enterrement d’Al-Hassan à Beyrouth, un drapeau d’Al-Qaida brandi par des manifestants (voir le reportage réalisé par la BBC, « Beirut funeral for Wissam al-Hassan followed by clashes », 21 octobre 2012).

Qui est Wissam Al-Hasan ? Le site en anglais du quotidien Al-Akhbar, dresse un portrait intrigant de cet homme de l’ombre, proche de la famille Hariri (« Who Was Wissam Al-Hassan ? »). Il fut notamment un garde du corps de l’ancien premier ministre Rafik Hariri assassiné en 2005. Il aurait dû se trouver dans le convoi de Hariri — il était alors le chef de sa sécurité —, mais miraculeusement, il n’y était pas. La commission d’enquête des Nations unies a affirmé que « son alibi était faible et qu’il pouvait être considéré comme un suspect » : il prétendait avoir passé des examens à l’université la matinée de l’assassinat, mais avait donné, durant ce temps, vingt-quatre coups de téléphone. Pourtant, il ne fut jamais inquiété, les Nations unies renonçant à approfondir l’enquête. Saad, le fils de Rafik, lui, a gardé sa confiance et il a même été promu à la tête de la branche du renseignement des FSI.

Paradoxalement, Al-Hassan avait d’excellentes relations avec les services de renseignement syriens, jusqu’au début de l’insurrection dans ce pays. Quand Saad Hariri s’était réconcilié avec Bachar Al-Assad, l’absolvant de toute responsabilité dans l’assassinat de son père (« Liban : Hariri revient sur ses accusations envers la Syrie », Lefigaro.fr, 9 septembre 2010), Al-Hassan avait accompagné Saad à Damas et avait rencontré Bachar (As’ad AbuKhalil , « Car Bomb in Beirut : Wissam Al-Hassan », Al-Akhbar, 21 octobre).

Les FSI sont proches de l’opposition dirigée par Saad Hariri et hostiles au gouvernement de coalition entre le Hezbollah et le parti de Michel Aoun, soutenu plus ou moins par Walid Joumblatt (lire « Jours intranquilles à Beyrouth »). Elles ont très tôt bénéficié de l’aide des services de renseignement saoudiens et occidentaux.

Depuis le début de la révolte en Syrie, les FSI étaient souvent accusées d’aider les rebelles et Al-Hassan jouait un rôle clef en ce domaine. Ce qui explique les accusations dirigées contre le régime syrien, même si, comme le remarque As’ad Abu Khalil sur son blog — the Angry Arab —, le 20 octobre : « Les médias occidentaux n’évoqueront PAS cet autre angle de l’affaire : que le service de renseignement de Hassan était responsable de l’arrestation de nombreux espions et terroristes au service d’Israël au Liban. »

Al-Hassan avait aussi joué un rôle essentiel dans l’arrestation en août 2012 de l’ancien ministre Michel Samaha, un homme qui n’avait jamais caché ses relations avec Bachar, et qui aurait essayé de commettre des attentats au Liban pour le compte de Damas. Lors de l’enterrement, le président libanais Sleiman a fait un rapport entre l’assassinat et l’arrestation de Samaha, appelant à accélérer l’enquête sur ce dernier (« Hasan funeral takes place as thousands gather in Beirut », The Daily Star, 21 octobre).

Quoiqu’il en soit, l’implication des forces de l’opposition dirigées par Saad Hariri dans le soutien aux insurgés syriens est avérée. Comme l’écrit As’ad Abu Khalil dans l’article du 21 octobre cité plus haut : « Ce qui n’est pas dit, c’est que Saad Hariri – aussi incompétent et stupide qu’il soit – a joué avec le feu. Il a bêtement décidé de jouer le jeu du « changement de régime » (regime change) qui a entraîné l’humiliation des Etats-Unis en Irak et en Afghanistan. Assis sur son yacht en exil en Méditerranée, Hariri a peut-être été l’instigateur d’un jeu qui a finalement abouti à la mort d’un de ses principaux collaborateurs. »

Rappelons enfin que le Tribunal spécial pour le Liban a inculpé plusieurs personnes proches du Hezbollah dans l’assassinat de Rafic Hariri (lire « Du Liban à l’Irak, juger les criminels ? » et « Le Hezbollah et l’assassinat de Rafic Hariri »). Alain Gresh mondediplo

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26 octobre 2012 5 26 /10 /octobre /2012 04:00

L'armée et les rebelles prêts à une trêve

L'armée syrienne cessera ses opérations militaires durant quatre jours à partir de vendredi, pour la fête musulmane de l'Aïd el-Kébir, mais se réserve toutefois le droit de riposter en cas d'attaques rebelles, selon une annonce diffusée jeudi à la télévision d'État. De leurs côtés, les rebelles ont effectué des avancées majeures jeudi dans Alep, affirmant avoir pris de nouvelles zones sur les forces syriennes.

L'envoyé spécial conjoint des Nations unies et de la Ligue arabe, Lakhdar Brahimi, avait proposé cette trêve dans l'espoir qu'elle pourrait être prolongée et permettrait l'organisation de négociations politiques entre les deux camps.

L'armée syrienne a précisé dans une annonce télévisée qu'elle riposterait en cas d'attaques rebelles ou s'ils tentaient de se ravitailler. Les forces gouvernementales ont égalemant déclaré qu'elles empêcheraient l'arrivée de renforts, venus des pays voisins.

Les rebelles, qui combattent contre le régime du Président Bachar el-Assad, n'ont pas de commandement unifié mais tous ont réagi avec scepticisme à l'annonce du gouvernement syrien d'accepter une trêve.

Abdelbaset Sieda, le chef du principal groupe d'opposition en exile, le Conseil national syrien a déclaré qu'il n'avait que très peu confiance dans la parole de Damas et que les rebelles riposteraient en cas d'attaque.

"Nous attendons de voir ce que fait le camp adverse. S'ils s'acceptent, nous accepteront aussi", a-t-il déclaré par téléphone.

Les chefs rebelles qui se trouvent dans le pays avaient annoncé ces derniers jours qu'ils ne cesseraient pas les combats, expliquant, eux aussi, qu'ils n'avaient pas confiance dans la parole du régime syrien.

Les précédents accords de cessez-le-feu ont échoué, d'abord parce que les deux belligérants espéraient pouvoir réaliser des gains sur le champ de bataille, et ensuite parce que ni l'un ni l'autre ne croient aux négociations pour une transition politique.

Bassam al-Dada, un porte-parole des rebelles, a précisé: "il n'y a pas de trêve pour notre peuple. Ils sont toujours soumis à des massacres".

Des militants basés à Alep ont fait part de violents affrontements dans la ville, en particulier autour de l'aéroport militaire. Bassam al-Dada, un porte-parole des rebelles, a précisé par téléphone que les opposants au régime de Bachar el-Assad avaient pris des quartiers qui ont été le théâtre de plusieurs mois d'affrontements, notamment dans le sud-ouest de la ville, Saladin et Suleiman a-Halabi. Les rebelles ont également pris pour la première fois le quartier kurde d'Ashrafiyeh dans le nord, et continuaient à se battre à Arqoub, Siryan, Zahra et Firqan. Le gouvernement syrien n'a pas encore réagi à l'avancée des rebelles, ni sur la bataille d'Alep.

Selon Al-Dada, les rebelles contrôlent plus de la moitié de la ville et se battaient pour prendre le contrôle de la base militaire stratégique de Nairab.

Au moins 35.000 personnes ont été tuées depuis le début de l'insurrection contre le régime de Bachar el-Assad en mars 2011, selon les militants. nouvelobs

 

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 La Syrie se renforce… le Liban s’affaiblit !

Une fois de plus, le Liban s’est laissé prendre au piège du conflit régional et international. L’assassinat du Général Wissam Al-Hassan préfigure une nouvelle période chaotique pendant laquelle les turbulences ne cesseront de succéder aux accalmies. Un conflit entre plusieurs « axes » qui a atteint des sommets ; et qu’Al-Hassan a payé de sa vie. Rien ne laisse présager un retour au calme tant que la « crise syrienne » ne sera pas réglée, autrement dit, tant que les USA et la Russie n’auront pas trouvé un terrain d’entente ; ce qui risque de demander un certain temps !

Au bout de 19 mois de crise, l’« axe des partisans de la Syrie » semble considérer qu’il est en situation de reprendre l’initiative. Alors que l’Iran multiplie les signaux d’avertissement, le président russe Vladimir Poutine a formulé en à peine quelques jours des dizaines de déclarations mettant l’accent sur des « évidences » : non au départ de Bachar al-Assad ; non au recours à la force ; oui à une solution politique impliquant un consensus entre les autorités légitimes et l’opposition ! Encore mieux, Poutine défie désormais le bloc occidental en déclarant que « nul n’a le droit de dicter à la Russie à qui elle peut vendre des armes », et l’accuse, ainsi que certains pays arabes, en particulier l’Arabie saoudite et le Qatar, de « semer le chaos » en Syrie !

De son côté, la diplomatie russe s’active ouvertement et surtout en coulisses auprès de nombreux pays dont des pays du Golfe, notamment l’Iran et les Émirats Arabes Unis, et d’autres pays ayant un impact direct sur la crise syrienne ; tout comme elle persiste dans sa contribution à l’émergence  de l’opposition syrienne disposée au dialogue avec les autorités  et capable d’affronter le CNS qui le refuse.

Face à la crise syrienne, l’« axe occidental » frôle la crise à son tour. Il se raconte que lors d’une récente rencontre à Paris, l’un des diplomates a demandé à ses homologues : « Croyez-vous que Bachar al-Assad restera au pouvoir jusqu’à fin 2013 ? » ; ils auraient tous acquiescé ! Les dirigeants occidentaux sont très mécontents de la désintégration de ladite « opposition syrienne ». Les dirigeants US sont encore plus mécontents de l’expansion des salafistes. L’angoisse est à son comble, car « le plan du  printemps arabe » évolue d’une façon inquiétante ! La Libye est en quasi-guerre civile. L’atmosphère de la Maison Blanche a bien changé depuis l’assassinat de l’ambassadeur américain à Benghazi dans le contexte du film insultant le Prophète. Mais Moscou coordonnerait des réunions concernant la « sécurité » entre officiers américains et officiers syriens. Damas nie. Pourrait-il s’agir d’un déni pour raison diplomatique ?

En Tunisie, le  mouvement « Ennahda » rencontre une opposition qui monte en puissance, avec le pressentiment que les Émirats Arabes Unis, l’Arabie saoudite et le Koweït s’éloignent pour favoriser un troisième choix ; celui du parti « Appel de la Tunisie » dirigé par le diplomate Béji Caïd Essebsi. Quant au ministre des Affaires étrangères, il s’est vu récemment confirmer en toute franchise par son homologue turc, Ahmed Daoud Oglou, qu’Ankara était quasi incapable de mener une opération sérieuse en Syrie. Ceci dit, il a suffi d’une rencontre des cadres dirigeants du « Congrès national arabe », avec le président Moncef Marzouki et le chef d’« Ennahda » Rached Ghannouchi, pour que l’image de la situation en Syrie devienne un peu plus claire aux yeux des Tunisiens. Leur président en a appris des choses… notamment qu’il existe de nombreux Alaouites en Turquie !

Quant à la Syrie, la situation soulève toujours autant de questions. Ceux qui ont rencontré dernièrement le Président syrien rapportent qu’il est plus confiant que jamais et que ses propos  laissent à penser que la Syrie, qui a survécu à la crise, se dirige vers une nouvelle étape qui en éradiquerait les séquelles. Par ailleurs, en dépit de l’élargissement de la zone de combat contre l’opposition armée, la situation militaire s’améliore et n’inquiète pas outre mesure les autorités qui soulignent que, malgré toutes leurs troupes armées, les USA n’ont pas pu mettre fin à de telles opérations ni en Irak, ni en Afghanistan et que c’est donc une question de temps ! Finalement, Bachar al-Assad se retrouve en situation d’imposer ses conditions à tout règlement futur, à commencer par celle qu’il a dictée à Lakhdar Brahimi : «  l’Arabie saoudite et le Qatar doivent déclarer publiquement qu’ils cessent de soutenir l’opposition armée ! ».

En revanche, l’inquiétude est manifeste du côté des opposants syriens prétendument libéraux. L’un de leurs principaux piliers a déclaré : «Ils nous ont dit qu’al-Assad ne tirerait pas sur les manifestants, il l’a fait, mais nul en Occident n’a bougé ! Ils nous ont dit qu’il n’utiliserait pas des armes lourdes, il l’a fait, ils n’ont pas bougé non plus ! Ils nous ont dit la même chose au sujet des chars et des avions… Nous constatons que l’Occident ne veut pas permettre à l’opposition de résoudre la question et suspectons une  certaine « collusion » !

Ce qui nous ramène aux questions centrales. Qu’adviendra-t-il si le « régime » syrien survit ? Que se passera-t-il pour l’Iran qu’il leur faut assiéger ? Qu’en sera-t-il du rôle du Hezbollah qu’il leur faut détruire et d’Israël qu’il leur faut protéger ? Il faudra nécessairement attendre la période post-élection présidentielle aux USA pour y voir un peu plus clair sans, pour autant, que les événements restent figés !

En effet,  le drone de reconnaissance du Hezbollah, surnommé « Ayoub », a survolé le territoire israélien et a transmis les photographies de ses centres stratégiques dans le but de freiner toute velléité d’aventure guerrière. Certains affirment que les Iraniens disposeraient de nouvelles cartes au Yémen, celle des rebelles houtistes au Nord et celle d’une partie de l’opposition au Sud. La situation est de plus en plus tendue en Arabie Saoudite. La température monte au Bahreïn. Le ton monte aux Émirats Arabes Unis où le chef de la police à Dubaï, Dahi Khalfan, s’en est pris aux Frères Musulmans. De même en Égypte où s’affrontent les Frères musulmans et les libéraux…

D’où une autre question : Que fera l’Occident ? Il a parié sur les Frères musulmans, mais les voilà qui titubent devant les salafistes, lesquels se rapprochent dangereusement d’Israël avec, selon les termes d’un haut responsable libanais   « leur volonté d’établir un Etat qui s’étendrait de Tripoli vers Homs et Alep… un rêve historique ! ». Alors que l’Occident escomptait utiliser les salafistes contre le Hezbollah libanais et alimenter le sectarisme régional contre l’Iran, les voilà devenus une menace pour Israël et les Etats-Unis à la fois !

C’est dans ce contexte général que l’assassinat du général Wissam al-Hassan est venu déstabiliser le Liban, et qu’il a été suivi des appels des « 14 marsistes » à faire tomber le gouvernement libanais dont le siège n’a pas tardé à être attaqué. Mais ceux-là, qui sont derrière les attaquants, ne semblent pas avoir remarqué que le « climat international » a changé, que le Premier ministre libanais Najib Mikati dispose d’une couverture de plus en plus solide, que tout changement au Liban passe par une entente « irano-saoudi-américano-russe », et que l’Arabie saoudite ne donne en Syrie que ce qu’elle prend au Liban ! Certes, l’image n’est pas encore complète, mais elle pourrait le devenir, alors que la Syrie et l’Iran travaillent à améliorer leurs conditions et à se renforcer.

Chaque partie cherche à faire monter la pression, mais toutes craignent de voir les armes tomber aux mains des salafistes et d’Al-Qaïda. Chaque partie cherche à améliorer ses positions, tandis que le Liban est en train de s’affaiblir du fait de la courte vue de certains qui en ont fait une arène pour des règlements de comptes qui ne le concernent en rien. Par conséquent, un désordre incontrôlable risque d’y aller grandissant et les explosions et assassinats risquent de s’y multiplier. Heureusement, que certains partis libanais refusent de se laisser entrainer vers la discorde. Mais pour combien de temps ? Peut-être jusqu’à ce que les conditions d’un « Taëf  syrien » soient devenues favorables à la résurrection d’un « Taëf libanais » ! mondialisation

 

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La communauté internationale met en garde contre un "vide politique" au Liban

 

Damas soupçonne Israël et les jihadistes du meurtre du général Wissam el-Hassan ; Paris appelle Beyrouth à ne pas se laisser entraîner dans la crise syrienne

Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a appelé mercredi le Liban "à ne pas se laisser entraîner" dans la crise syrienne, ce que Damas essaie de faire, selon lui.

"Ce qu'attend le pouvoir de Bachar (el-Assad), c'est d'exporter la crise syrienne, il ne faut pas que le Liban se laisse entraîner", a déclaré M. Fabius à l'Assemblée nationale mercredi. "Nos Libanais sont nos amis et nos frères, la France se tient à leur côté dans des circonstances si difficiles", a-t-il ajouté.

 

Laurent Fabius avait jugé dimanche "probable" l'implication de Damas dans l'attentat à la voiture piégée qui a tué vendredi à Beyrouth le chef des renseignements de la policeWissam al-Hassan, bête noire du régime syrien.

 

"C’est probable (...). On ne sait pas encore qui est derrière (l’attentat) mais tout indique que c’est le prolongement de la tragédie syrienne", a ainsi déclaré M. Fabius sur Europe 1 et I-télé. "L’intérêt de Bachar, qui est un manipulateur, c’est d’élargir la contagion en Turquie, en Jordanie, au Liban", a affirmé M. Fabius, soulignant la "présence" du Hezbollah dans le conflit syrien.

 

"Le Hezbollah est dans le gouvernement libanais, et on ne voyait pas trop sa présence dans le conflit syrien. Mais depuis quelques jours, il y a la présence de militants Hezbollah dans le conflit, un drone qui a été envoyé sur Israël", a encore dit le locataire du Quai d’Orsay. "Il semble qu’il y ait une volonté du Hezbollah et donc de l’Iran de manifester encore plus expressément leur présence (aux côtés du régime de Damas, NDLR), et nous ne pouvons pas être d’accord avec ça", a-t-il conclu.

 

(Lire aussi : Les assassinats se poursuivront, prédit une figure chrétienne de l’opposition)

 

Pour sa part, l'ex-garde des Sceaux UMP Rachida Dati a appelé mercredi le président français François Hollande à apporter "concrètement" le soutien de la France au Liban en lui permettant d'intégrer "sans plus tarder" le Partenariat de Deauville, qui soutient les pays arabes dans leur transition démocratique.

"Utilisons ce Partenariat de Deauville pour protéger le peuple libanais", a-t-elle plaidé dans un communiqué.

 

Parallèlement, à Beyrouth, l'ambassadeur de Syrie au Liban a pointé mercredi un doigt accusateur notamment sur Israël et les extrémistes sunnites après le meurtre du général Hassan et nié toute implication de Damas.

 

Israël "profite de la déstabilisation du Liban", a affirmé Ali Abdel Karim Ali à l'issue d'un entretien avec le ministre libanais des Affaires étrangères Adnane Mansour.

Interrogé par les journalistes s'il accusait donc Israël d'être derrière l'attentat, il a répondu: "J'accuse aussi des takfiriyne (extrémistes sunnites) qui trouvent leur intérêt dans le chaos", selon une dépêche de l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

 

Le mouvement du 14-Mars (opposition) a accusé le régime syrien de Bachar el-Assad d'être l'instigateur de l'assassinat. "Je suis navré que de telles accusations soient portées contre mon pays. La Syrie n'a aucune relation avec cet acte criminel et l'a condamné".

Selon lui, "la stabilité du Liban est dans l'intérêt de la Syrie qui doit faire face à une crise intérieure et au complot dans lequel sont impliqués des agents de renseignements en Europe, dans le monde et dans la région".

 

Si le calme est revenu depuis mardi sur le terrain, après des éruptions de violences notamment à Beyrouth et à Tripoli, la menace d'un vide politique plane encore sur le Liban.

 

Depuis dimanche, le chef de l’État Michel Sleiman consulte à tout va, pour voir s'il est possible de changer l'actuel gouvernement. Amine Gemayel (Kataëb, opposition), Fouad Siniora (Courant du futur, opposition), Fayez Ghosn (Mrada, majorité), Ali Hassan Khalil (Amal, majorité)...

 

"Le chef de l'Etat a commencé ses consultations avec les principales personnalités du pays pour discuter de la possibilité de former un nouveau gouvernement", a indiqué à l'AFP un haut responsable au palais présidentiel, qui a requis l'anonymat. "Si ce dialogue aboutit à un accord sur la forme d'un nouveau cabinet qui pourrait faire sortir le Liban de l'impasse, alors M. Mikati pourrait présenter sa démission et l'on pourra entamer le processus de formation d'un nouveau gouvernement", a-t-il ajouté.

 

Aujourd'hui, Michel Sleiman s'est entretenu avec le député hezbollahi Mohmmaed Raad, ainsi qu'avec l’ambassadeur d'Arabie saoudite, Ali Awad Assiri. Le président a également rencontré l'ambassadrice américaine, Maura Connelly.

Lors de cette rencontre Mme Connelly a "fait part de l'inquiétude des Etats-Unis et de la communauté internationale sur un vacuum politique".

 

"Nous soutenons les efforts du président Sleiman et d'autres dirigeants responsables au Liban pour bâtir un gouvernement efficace et pour prendre les mesures qui s'imposent à la suite de l'attentat terroriste du 19 octobre", a pour sa part déclaré la porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland.

La diplomatie américaine plaide également pour la formation d'un nouveau gouvernement sans l'influence de la Syrie.

"L'instabilité exportée depuis la Syrie menace plus que jamais la sécurité du Liban et il revient vraiment aux Libanais de choisir un gouvernement qui puisse juguler cette menace", a déclaré Mme Nuland.

 

Plus tard dans la soirée, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a émis des craintes allant dans le même sens. "Nous ne voulons pas voir de vide de l'autorité politique légitime, dont les Syriens ou d'autres pourraient tirer avantage et qui pourrait provoquer encore plus d'instabilité et de violence", a déclaré la chef de la diplomatie américaine lors d'un point de presse.

 

Ces déclarations font écho à celles de la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton, qui a exprimé mardi à Beyrouth son inquiétude pour la stabilité du Liban. "Certains tentent de détourner l'attention de la situation dans la région en provoquant des problèmes au Liban", a-t-elle déclaré, dans une allusion apparente au conflit en Syrie. La responsable européenne a également mis en garde contre tout "vide politique".

 

Lundi, les ambassadeurs des membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni et France) ont également appelé au maintien de "l'action gouvernementale" et exprimé leur appui au président Sleiman pour "une solution politique et pacifique".

 

Depuis l'attentat de vendredi dernier, l'opposition libanaise réclame la démission du gouvernement de Nagib Mikati, dont elle fait assumer "personnellement" laresponsabilité de l'attentat.

 

Dans ce contexte, les députés du 14 Mars ont décidé mardi le boycott de toutes les activités parlementaires et officielles auxquelles seraient associés des membres du gouvernement.

 

(Lire aussi : L’opposition se radicalise, les puissances temporisent)

 

L'opposition dirigée par l'ex-chef de gouvernement Saad Hariri a également signifié à M. Sleiman qu'elle posait comme préalable à toute discussion sur un éventuel nouveau gouvernement, la démission du cabinet Mikati.

"Le départ du ce gouvernement est une condition préalable et essentielle (...) Ce gouvernement avec son chef et les partis politiques qui l'appuient facilitent le plan du régime criminel d'Assad au Liban", a déclaré mercredi à la presse Farès Souhaid, secrétaire général du 14 Mars.

 

Du côté de la majorité, le président du Parlement, Nabih Berry, a déclaré qu'"il est inacceptable que le pays soit paralysé", au cas où le gouvernement de Nagib Mikati démissionne, rapporte l'Agence nationale d'information (ANI, officielle). "Cela n'est dans l'intérêt de personne", a poursuivi le chef du Législatif. Pour M. Berry, la meilleure approche pour résoudre cette crise est la reprise du dialogue et non son boycott.

 

"Nous sommes ouverts en principe à toute discussion sur l'ensemble des sujets mais nous sommes contre la paralysie des institutions", a également dit le député Ibrahim Kanaan du bloc de Michel Aoun. Mohammed Raad a aussi informé le président que le Hezbollah était prêt au dialogue.

 

Samedi, lors d'une réunion urgente du Conseil des ministres, Nagib Mikati avait exprimé son désir de quitter son poste, mais avait dit y avoir renoncétemporairement, à la demande du président Michel Sleiman, "dans l'intérêt national".

Suite aux funérailles de Wissam el-Hassan, dimanche place des Martyrs à Beyrouth, un groupe de manifestants a tenté de prendre d'assaut le Sérail, siège du gouvernement. lorientlejour

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