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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 17:51

J'irai avec mon père déguster un plat chez la mère de Jacob !


Merci à tous ceux qui nous ont écrit s’inquiétant de l'état de santé de mon père, Noureddine Bourougaa Mnasri, l'administrateur de ce blog. Il se porte bien et garde toujours confiance dans l'intelligence citoyenne des tunisiens et des tunisiennes. Les salafistes et les marchands du miracle religieux pourront bien attendre leur éternité pour réaliser leurs objectifs de haine et d’obscurantisme… La Tunisie n’est pas la fille des ténèbres et de la mort, elle est l’étoile de toutes les lumières.


Je joins ma voix à celle de mon père pour demander pardon à tous nos frères juifs tunisiens qui passent, comme c’est le cas d’une majorité de tunisiens, par une période difficile et parfois même inquiétante…

Kalil Mnasri


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Jacob Lellouche, tunisien, arabo-andalou et juif

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Jacob Lellouche dans son restaurant à la Goulette (Thierry Brésillon)

Jacob Lellouche, la silhouette massive et la moustache rieuse, accueille dans une ancienne maison d’été de la Goulette où, depuis 1996, il tient ce qu’il revendique fièrement comme « le seul restaurant juif casher du monde arabe (en dehors du Maroc) ». Une rencontre rafraichissante dans cette Tunisie post-dictature où l’humeur est, il faut bien le dire, plus à l’anxiété qu’à l’euphorie.

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Le restaurant Chez Mamie Lily (Thierry Brésillon)

« Chez Mamie Lily » est une institution dans ce quartier qui comptait autrefois quatorze synagogues pour une mosquée et une église, et où il ne reste aujourd’hui qu’une synagogue pour la douzaine de Juifs (en plus des résidents de la maison de retraite) qui vivent encore dans ce faubourg mythique de la banlieue nord de Tunis.

Mamie Lily n’est pas une figure de style, c’est la mère de Jacob Lellouche, qui passe toujours la matinée derrière les fourneaux. Mais l’idée de ce restaurant, c’est lui.

Cette note ne vise pas à alimenter la rubrique gastronomique et Chez Mamie Lily est plus qu’un restaurant. C’est un projet de vie et une démarche culturelle.

Décrispation identitaire

En 1996, Jacob Lellouche rentre de son exil parisien, pour y créer ce restaurant, dans une démarche moins économique qu’intellectuelle :

« Les circonstances m’ont amené à reprendre un restaurant espagnol à Paris. A travers l’Espagne, j’ai pris conscience de mon identité arabo-andalouse. La Méditerranée a été traversée d’un va-et-vient permanent entre les deux rives, et les Juifs se sont déplacés de d’Afrique du Nord vers l’Andalouse. Avec la Reconquista, à la fin du XVème siècle, certains sont revenus. D’autres ont été récupérés par l’Empire ottoman et installés à Salonique. »

« Identité arabo-andalouse », c’est plus qu’une nuance et en ces temps de crispation identitaire, revendiquer une identité hybride et nomade est un acte éminemment politique :

« Le judaïsme a été le support de cette circulation d’une culture à l’autre. La cuisine juive c’est d’abord une cuisine méditerranéenne qui s’est enrichie au fil de cette histoire des influences espagnole, turque, libyenne… »

Ce n’est pas menu qu’on vous remet chez Mamie Lily, mais un véritable manifeste de la décrispation identitaire et de l’ouverture culturelle.

Rendre leur Histoire aux Tunisiens

Le discours va évidemment à rebours de la réaffirmation quasi-incantatoire de l’identité arabo-musulman dont la société politique tunisienne est saisie, notamment depuis la Révolution.

« La Tunisie a été un carrefour, elle a donné trois papes à la chrétienté [dont Saint Gélase 1er au Vème siècle, ndr], une lignée d’empereurs à Rome… Quand on a eu cette importance là dans l’Histoire, il faut être conscient de son passé.

On veut réduire l’identité de la Tunisie à l’arabité et à l’islam. Il ne faut pas s’arrêter sur une seule page de l’album de famille, mais les regarder toutes et considérer l’évolution, plutôt qu’un moment figé. Notre identité est composite, berbère, phénicienne, grecque, turque, arabe… »

Cette tension entre la vision méditerranéenne et la vision arabo-islamique et orientale de l’Histoire et de l’identité tunisiennes n’est pas nouvelle, comme le note l’historien Driss Abassi :

« Ces deux identités peuvent être revendiquées simultanément, comme ce fut le cas dans les années 1960. Elles peuvent être valorisées hiérarchiquement, l’une des dimensions finissant par être marginalisées au détriment de l’autre, tel que ce fut le cas après les tournant des années 1970 ». (1)

C’est dire la portée de la table de Jacob Lellouche.

« Avec la Révolution, les Tunisiens ont réalisé qu’on les avait volés matériellement. Mais depuis des siècles on leur vole leur Histoire. Cela dit, il sera plus facile de la leur rendre, que de récupérer les avoirs des Trabelsi cachés dans les banques suisses ! C’est à nous la société civile de faire ce travail. »

Avec la démocratisation de l’après 14 janvier, il a pu mettre cette idée en pratique et créer l’association Dar el’Dhekra.

« Une démarche à la fois émotionnelle et scientifique. »

Mais l’objectif n’est pas de cultiver la nostalgie d’un monde englouti par l’exil des Juifs tunisiens. Cette mémoire s’adresse, au-delà des frontières communautaires, à l’actualité de la société tunisienne dans son ensemble.

Pas le Juif de service

C’est dans ce même esprit que Jacob Lellouche a été candidat comme tête de liste lors de l’élection de la Constituante en octobre dernier.

« Il n’était pas question pour moi d’être le Juif de service, simplement destiné à donner l’image d’une Tunisie tolérante. Je voulais démontrer qu’on pouvait être un citoyen et un candidat non-musulman en Tunisie. L’objectif n’était pas d’être élu, mais de provoquer la réflexion. »

Il n’a pas été élu, mais sa liste a tout de même récolté huit cents à la Goulette. Il se consacre essentiellement à son association, Dar el’Dhekra.

Elle a déjà à son actif, une exposition de photos anciennes illustrant l’ancienneté de la présence juive en Tunisie, du 9 au 24 mars. Un petit recueil des paroles de quelques unes des figures de la communauté juive tunisienne. Un musée virtuel sur internet préfigurant un véritable centre culturel.

A long terme, l’objectif est de faire inscrire l’Histoire de la présence juive en Tunisie dans les manuels scolaires, que beaucoup de Tunisiens associent au début de la colonisation, en 1881, alors qu’elle remonte à plus de trois mille ans.

Appels au meurtre

La persistance d’une petite communauté juive en Tunisie (1500 personnes), essentiellement concentrée à Djerba, ne pose aucun problème majorité des Tunisiens, c’est un même un motif de fierté.

Mais la radicalisation du discours religieux et l’importation des passions du conflit israélo-palestinien ont suscité des manifestations d’antisémitisme, marginales, et des appels au meurtre des juifs. Comme lors de l’accueil, début janvier, du leader du Hamas à Tunis, Ismaïl Haniye, lui même surpris par la virulence du propos.

Lors de la manifestation de dimanche 25 mars, un prédicateur à cru bon de renouveler cet appel au meurtre. Cette fois Jacob Lellouche a estimé de nécessaire de réagir, en tant que citoyen. Non en tant que juif. Pas question de se laisser enfermer dans l’enclos identitaire.

Le 9 mars dernier, Jacob Lellouche et l’historienne Sonia Fellous, au nom de l’association Dar el Dhekra, ont été reçu au Palais de Carthage par le Président de la République, Moncef Marzouki.

Installés à l’une des tables du restaurant, trois couples, dont une femme voilée. Certains boivent de la bière, on parle de culture et de politique en dégustant la cuisine juive de Mamie Lily.

Dans un dernier clin d’oeil, Jacob Lellouche murmure :

« Tu vois, c’est ça la Tunisie. »

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A l’entrée de la salle du restaurant, une mezouza. (Thierry Brésillon)

(1) Quand la Tunisie s’invente, entre Orient et Occident, des imaginaires politiques. Driss Abassi, Autrement, 2009.rue89


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La violence avant et après la Révolution


Elle s’exerçait contre les «traîtres à la Nation», aujourd’hui elle s’exerce contre «les mécréants»


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La violence est un mot qui est appréhendé comme étant synonyme de la force physique ou psychique dans le but de contraindre ou de dominer en causant des dommages ou même la mort.

 

Pourtant certains parlent de violence légitime, avec l’usage d’une force mesurée par opposition à la violence sauvage par la force déréglée aux conséquences néfastes, ne pouvant que porter atteinte à autrui. Max Weber parle de la violence légitime revendiquée par l’Etat pour combattre la violence sauvage,celle des hors-la-loi par exemple.

 

Il y a donc plusieurs formes de violence, selon le but escompté et le contexte dans lequel elle est employée. C’est ce qui est désigné par le sociologue français Pierre Bourdieu par « Violence symbolique » qui commence par l’usage de la violence verbale pour prendre d’autres formes, matérielles et morales selon le contexte et la conjoncture dans telle ou telle société.

 

C’est autour de ce thème qu’un débat a été organisé par le Réseau Tunisien des Droits, des Libertés et de la Dignité, et auquel ont pris part plusieurs représentants des partis politiques, ceux des médias écrits et audiovisuels, ainsi que des juristes et des universitaires.

Il est capital que le fondement des nouvelles institutions de la Tunisie postrévolutionnaire soit dénué de tout esprit de violence ou d’exclusion.

 

Certes c’est par la violence qu’on est parvenu à déboulonner un régime dictatorial qui a sévi durant 23 ans. Mais c’était la conséquence logique de la violence politique qui a été exercée par le dictateur et ses hommes.

En effet, il est admis en sociologie politique et selon les règles générales des droits de l’homme que l’usage de la violence dans ce cas est une sorte de légitime défense, lorsque d’autres solutions ne sont plus possibles. Depuis le 27 décembre 2010, la réponse à la tyrannie ne s’est pas fait attendre, pour aboutir aux évènements du 14 janvier où la violence a atteint son paroxysme : une réponse à la violence par la violence, par état de nécessité.

 

A l’issue de la Révolution, la violence a continué pour prendre une autre tournure, car elle est utilisée depuis, pour d’autres fins.

 

Fethi Triki, universitaire et philosophe, a estimé que la violence est un phénomène naturel qui est la conséquence de cet instinct de survie, qui se transforme par celui de domination. Dans une société où les droits de l’Homme sont respectés et où la paix publique est instaurée, l’usage de la violence n’a plus de raison d’être.

 

Hamma Hammami a expliqué que la violence qui a aidé à la libération du pays du joug de la dictature, a continué après la Révolution, pour d’autres fins.

C’est une violence nécessitée par une contre-révolution, où sont impliquées des tribus et même des personnes qui ont commencé à s’affronter, pour leurs opinions ou pour leurs appartenances politiques ou ethniques.

 

Il y a eu de ce fait une violence dont la cause essentielle est la différence dans la conception des préceptes de l’Islam. Certains se sont érigés en prédicateurs pour attiser le feu de la discorde, traitant tous ceux qui n’adhèrent pas à leurs idées de mécréants. Ce qui constitue une atteinte à la liberté d’opinion et aux droits de l’Homme en général. Sous le régime de Ben Ali la violence exercée par la police politique était légitimée par la « trahison à la Nation. »Après la Révolution, elle a été légitimée par la lutte contre les «Kafirs» (mécréants).

 

Dans les deux cas c’est une atteinte à la liberté. Celle-ci doit être consacrée dans la nouvelle constitution, afin de ne légitimer aucune violence quelle qu’elle soit.

Hamma Hammami a insisté sur la nécessité d’instaurer le principe de l’égalité entre tous les citoyens, dans la nouvelle constitution également.

 

Sans l’égalité entre les citoyens il n’y aura ni indépendance de la Justice ni démocratie.

Par ailleurs Hamma Hammami a évoqué le dossier des réformes politiques, afin de dédommager aussi bien les victimes torturées par la police politique, avant la Révolution, que les blessés et tous ceux qui sont tombés sous les balles de la police au cours des évènements du 14 janvier 2010.

Il a conclu que pour mettre fin à toute forme de violence, il faut une refonte totale de toutes les institutions de l’Etat sur une base démocratique.

 

Chokri Belaïd secrétaire général du Mouvement des Patriotes Démocrates, a quant à lui, affirmé que la violence est due à la mésentente entre les différentes tendances dans une société donnée.

Il a fait remarquer que la pire des violences est celle pratiquée au nom de la religion. Cela aboutit toujours à la discorde causant des troubles de toutes sortes.

 

Mais en réalité, la cause fondamentale est politique


Le danger vient du fait que chaque tendance religieuse veut s’imposer pour tenir les rênes du pouvoir. Il faut une concertation entre toutes les tendances de la société, afin que règnent la démocratie et la paix entre tous.

 

Abdelwahab El Héni, du parti El Majd, a évoqué les évènements du tramway en 1911, où il y a eu plusieurs morts parmi les Tunisiens alors que les exactions étaient perpétrées quotidiennement par les autorités coloniales, pour démontrer que les Tunisiens ont toujours été solidaires, pour dénoncer et combattre toutes les formes d’injustice et d’exaction.

 

Il ne faut pas qu’après la Révolution, cette solidarité perde de sa vigueur. Les affrontements au nom de la religion n’ont plus leur raison d’être. La violence doit céder la place au dialogue et à la concertation pour mieux parvenir à assurer les objectifs de la Révolution.

 

Rached Ghannouchi, chef du parti Ennahdha, qui a assisté au colloque , a quitté la salle, pour des raisons de santé, en se faisant remplacer par M.Nouri, membre du parti, lequel a globalement adhéré à la thèse de la majorité des participants, à savoir que la violence n’a pas de place dans une société où liberté démocratie et droits de l’Homme sont garantis.

 

En fait, c’est sur ces trois éléments que sont fondés les objectifs de la Révolution et ils doivent pour cette raison être consacrés par la nouvelle Constitution.      Ahmed NEMLAGHI; letemps

 

 

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Gilbert Naccache porte plainte contre les salafistes auteurs d’appels au meurtre de Juifs


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Le militant de gauche annonce sur sa page facebook qu’il va porter plainte contre ceux qui ont appelé, dimanche dernier, au meurtre des Juifs, et a chargé Me Bochra Bel Haj Hmida de le représenter dans cette affaire. Voici le texte de son post.


Je me décide, pour la première fois de ma vie à porter plainte devant la justice tunisienne contre les individus qui, sur l’avenue Bourguiba, ont appelé, ce dimanche 25 mars, à l’assassinat des Juifs.

J’ai déjà été l’objet d’une agression raciste en 2000, mais je n’avais pas voulu porter l’affaire devant les tribunaux, estimant qu’il s’agissait de jeunes inconscients trompés par une propagande venue de l’étranger. Rien de semblable aujourd’hui : il s’agit d’un mouvement politique qui fait de l’antisémitisme et de l’appel au meurtre des Juifs un de ses modes de propagande habituels. Il s’était déjà pareillement illustré, voilà plus de deux mois à l’aéroport de Tunis-Carthage, et le gouvernement n’a rien fait pour prendre les mesures légales appropriées.

Aujourd’hui encore, une semaine après les faits, on ne voit toujours pas de suite pénale à ces agissements, non seulement inadmissibles, mais tout simplement illégaux : qu’un gouvernement puisse tolérer des appels à la haine raciale et au meurtre sans réagir vigoureusement dépasse l’entendement. On le voit certes menacer, mais nul doute qu’un journaliste qui publie une photo jugée indécente se retrouve en prison dans les 24 heures, alors que ces excités…

Je porte plainte contre ceux qui ont proféré de telles énormités, d’abord parce que le pouvoir exécutif tardant à faire respecter la loi, j’espère que la justice, encore une fois saisie de l’affaire, montrera que les lois doivent être appliquées et que ces jeunes manipulés, qui n’ont de courage qu’en nombre et à condition d’être assurés de l’impunité, sauront qu’on ne peut pas dire n’importe quoi, sauront que certains appels conduisent en prison.

Je porte plainte en tant que Tunisien solidaire de tous ses compatriotes injustement attaqués, et parce que je ne veux pas que soit sali le passé de mon pays, un passé de civilisation millénaire, fait surtout de vivre ensemble et de tolérance.

Je porte plainte en tant que Juif tunisien solidaire en cela de tous les Juifs, et aussi de tous les Tunisien(ne)s non juifs(ves) qui se sentent trahis par de tels comportements, parce que je suis également menacé et que je n’ai à prouver devant personne mon droit de vivre sur cette terre qui est aussi la mienne.

Je porte plainte au nom de la révolution de la dignité qui a frappé le monde entier par son caractère pacifique et ouvert, et qui est menacée par ces mêmes irresponsables qui ont déclaré blasphématoires ces demandes de liberté et de démocratie.

Je porte plainte parce que ces appels au meurtre, qui n’ont rien à voir avec le sentiment des Tunisiens, sont un des moyens par lequel veut se réintroduire la contre-révolution, sous le prétexte de ramener un ordre que l’actuel gouvernement ne peut faire respecter et que, en mettant la justice en demeure de faire son travail, je contribue à désamorcer cette menace.

Je porte plainte, enfin, parce que les salafistes auteurs de ces appels au meurtre sont les ennemis déclarés des femmes, des artistes, des créateurs, des penseurs, de ceux qui sont les piliers de l’âme du peuple.

Pour toutes ces raisons, et pour celles que chacun pourra trouver au fond de lui-même, en me solidarisant des actions judiciaires déjà engagées, j’appelle toutes et tous à nous accompagner dans ce refus de ces pratiques odieuses, dans l’exigence de les voir rapidement disparaître.

Pour ce qui me concerne, j’ai chargé Maître Bochra Bel Haj Hmida, dont l'engagement antiraciste ne s'est jamais démenti, de me représenter dans cette affaire. facebook.com/admin.naccachekapitalis

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 07:33

Les Frères musulmans présenteront leur numéro 2 comme candidat à la présidentielle


Photo AFP

Afp

 

Les Frères musulmans, première force politique d'Egypte, ont annoncé samedi leur intention de présenter leur numéro deux, Khairat al-Chater, comme candidat à la première présidentielle du pays depuis la chute du régime de Hosni Moubarak en février 2011.

"Le bloc parlementaire du Parti de la Liberté et de la Justice (PLJ) va nommer Khairat al-Chater comme son candidat à la présidentielle" de mai, a annoncé sur sa page Facebook le PLJ, issu de la confrérie des Frères musulmans.

Le guide suprême de la confrérie, Mohamed Badie, a confirmé la nomination de M. Chater lors d'une conférence de presse, et a lu un bref communiqué du candidat, qui n'était pas présent.

"Je ne peux qu'accepter la décision des Frères musulmans de me nommer comme leur candidat à l'élection présidentielle. Par conséquent, je vais démissionner de mon poste d'adjoint du guide", a-t-il écrit dans le communiqué.

Le PLJ, qui domine le Parlement, avait dit qu'il réfléchissait à la possibilité d'avoir un candidat après avoir affirmé pendant des mois qu'il privilégiait un soutien à un candidat de consensus.

Les Frères musulmans ont souligné que la nomination de M. Chater ne constituait pas un revirement, mais qu'elle était nécessaire. "La révolution et le processus démocratique sont réellement menacés", a déclaré le secrétaire général de la confrérie, Mahmoud Hussein.

M. Chater, un professeur d'ingéniérie de 61 ans ayant fait fortune dans les affaires, a rejoint l'organisation islamiste en 1981, après des années de militantisme étudiant, avant de devenir membre de son conseil exécutif en 1995.

Le régime de semi-clandestinité imposé par le régime Moubarak aux Frères musulmans, alternativement tolérés ou réprimés, lui a valu plusieurs séjours en prison.

Son empire commercial est réputé la première source de financement de la confrérie, dont les revenus et les circuits financiers sont toutefois très mal connus.

L'élection présidentielle, dont le premier tour est prévu les 23 et 24 mai, est la première depuis la chute du régime de Hosni Moubarak, chassé par une révolte populaire après trois décennies au pouvoir.

Ce scrutin est censé clore une transition agitée, au cours de laquelle l'armée au pouvoir, portée aux nues pendant le soulèvement populaire de l'an dernier, est devenue la cible des militants ayant mené la révolte contre l'ancien régime.

M. Chater devrait affronter notamment le salafiste Hazem Abou Ismaïl, partisan d'un islam rigoriste, l'ex-secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa et l'ex-membre des Frères musulmans Abdel Moneim Aboul Foutouh.

Le dépôt des candidatures s'achève le 8 avril, date à laquelle les candidats pourront commencer leur campagne.

Les relations se sont tendues ces dernières semaines entre le conseil militaire au pouvoir et les Frères musulmans qui réclament avec de plus en plus d'insistance le départ du gouvernement nommé par les militaires.

Cette nomination risque d'accentuer les tensions.

M. Hussein a souligné que l'appel de la confrérie à limoger le gouvernement avait été ignoré, en évoquant par ailleurs des "menaces de dissoudre le Parlement".

Selon lui, "un ou plusieurs membres du régime déchu" envisagent de se présenter à la magistrature suprême, et cela est une preuve qu'il existe un projet de ramener au pouvoir l'ancien régime.

Le chef du PLJ, Mohammed Moursi, a aussi affirmé que la nomination d'un candidat "ne constituait pas un changement de principes". "L'Egypte a besoin d'un candidat parmi nous qui puisse assumer les responsabilités", a-t-il dit aux journalistes.

"L'Egypte a des problèmes qui n'ont toujours pas été résolus", a ajouté M. Moursi, en citant les pénuries de carburants et de gaz ainsi que l'insécurité. "Tout cela nous a poussés vers l'Exécutif". lavoixdunord

 

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Le salafiste Abou Ismaïl dépose sa candidature en fanfare
 

Des partisans du salafiste Hazem Abou Ismaïl, candidat à la présidentielle égyptienne, au Caire.

Des partisans du salafiste Hazem Abou Ismaïl, candidat à la présidentielle égyptienne, au Caire. © AFP

 

Le salafiste Hazem Abou Ismaïl a déposé officiellement vendredi sa candidature pour l'élection présidentielle égyptienne, se rendant au siège de la commission électorale accompagné d'un important cortège.

 

Selon des témoins, des dizaines de véhicules avec à leur bord des partisans du candidat ultraconservateur sont partis d'une mosquée pour déposer les 30.000 parrainages d'électeurs nécessaires pour se présenter à la première présidentielle depuis la chute en février 2011 de Hosni Moubarak.

 

Devant la mosquée, ils ont scandé "Obama regarde, Cheikh Hazem est un grand savant", faisant référence au président américain Barack Obama.

Les portraits de M. Abou Ismaïl, partisan d'un islam rigoriste sur le modèle de celui prôné par l'Arabie saoudite, sont de plus en plus présents dans les rues du Caire.

 

Clore la transition

 

L'élection présidentielle, prévue les 23 et 24 mai, est censée clore une transition agitée, au cours de laquelle l'armée au pouvoir, portée aux nues pendant le soulèvement populaire de l'an dernier, est devenue la cible des militants ayant mené la révolte contre l'ancien régime.

M. Abou Ismaïl affrontera notamment l'ex-secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, l'ex-membre des Frères musulmans Abdel Moneim

Aboul Foutouh et Salim al-Awwa, de tendance islamiste.

 

Les partis représentés au Parlement, dominé par les islamistes, peuvent désigner un candidat.

Les Frères musulmans, première force politique du pays, qui avaient dit qu'ils annonceraient leur appui à un "candidat de consensus" à l'issue du processus d'enregistrement des candidats, pourraient finalement désigner l'un de leurs dirigeants pour se présenter à la présidentielle.  Jeuneafrique

 

 

 

 

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Les dessous d’un bras de fer

 

La tension s’amplifie entre militaires et Frères musulmans laissant craindre la fin de la lune de miel qui a caractérisé leurs relations depuis la chute de l’ancien régime.


Une escalade verbale marque actuellement les relations des Frères musulmans qui dominent 44 % des sièges parlementaires avec le Conseil militaire qui assure la gestion de la phase transitoire. L’insistance des Frères à former un gouvernement pour remplacer celui de Kamal Al-Ganzouri, nommé par les militaires, est considérée comme le détonateur de la crise.


Les ministres du cabinet d’Al-Ganzouri sont accusés de bouder les séances parlementaires en réaction aux invectives des députés qui les appellent à démissionner. Une attitude « hautaine » dénoncée par le président de l’Assemblée du peuple, Saad Al-Katatni. « L’absence du gouvernement est un outrage prémédité au Parlement que ces ministres prennent à la légère. Il paraît que le pouvoir en place n’a pas encore réalisé que les choses ont changé et que ce Parlement n’est pas le fruit d’élections truquées », s’est insurgé Hussein Ibrahim, chef de la majorité à l’Assemblée du peuple.

 

De son côté, le Conseil Suprême des Forces Armées (CSFA) s’en est pris dimanche aux Frères musulmans à propos du gouvernement. Il a exprimé son « extrême indignation » à propos d’un communiqué des Frères au ton inhabituellement dur dans lequel ils s’interrogeaient samedi sur les raisons pour lesquelles le pouvoir militaire soutient le gouvernement.

 

Les Frères musulmans, première force politique d’Egypte, avaient mis en garde samedi le pouvoir militaire contre son soutien continu au gouvernement, accusé de compromettre les acquis de la révolution. « Si quelqu’un a l’intention de recréer l’ancien régime corrompu avec de nouveaux visages, le peuple est prêt à agir afin de raviver sa révolution et d’empêcher le navire de couler aux mains de gens n’ayant aucun sens des responsabilités », avait prévenu la confrérie samedi. Les Frères musulmans ont qualifié les performances du gouvernement de « plus grand échec », évoquant les violences, les ingérences dans les affaires judiciaires, la lenteur des réformes, la pénurie de carburant et la baisse des réserves de change.

 

Depuis son entrée en force au Parlement, le Parti Liberté et Justice (PLJ), issu des Frères musulmans, met la pression sur le pouvoir militaire, à la tête de l’Etat depuis la chute de Hosni Moubarak en février 2011, pour qu’il limoge le gouvernement et nomme le PLJ à la tête d’un nouveau cabinet. « Quand nous avons appelé à la démission du gouvernement, son chef a refusé, et malheureusement, cela a été soutenu par le Conseil militaire», a regretté le PLJ.

 

Le CSFA, qui continue à soutenir le gouvernement de Kamal Al-Ganzouri, a appelé « tout le monde à ne pas oublier les leçons du passé, à éviter les erreurs du passé et à regarder vers l’avenir avec un esprit de coopération».

 

Le mois dernier, un procès a été intenté auprès de la Cour suprême constitutionnelle mettant en cause la constitutionnalité des récentes élections parlementaires, un scrutin complexe remporté par les islamistes. Les islamistes disent craindre que le Conseil militaire au pouvoir ne pousse en faveur des poursuites judiciaires s’ils persistent à réclamer le limogeage du premier ministre Ganzouri.

 

Le politologue Ammar Ali Hassan a déclaré à la presse qu’il possède des informations selon lesquelles le Conseil militaire aurait menacé ouvertement les Frères d’invalider les élections parlementaires et de dissoudre le Parlement s’ils ne renoncent pas à la motion de censure du gouvernement.

 

« La légitimité du Parlement n’est pas en question. Et ces tentatives de la part des vestiges du régime déchu de provoquer des polémiques stériles sur la constitutionnalité de la loi électorale ne visent qu’à faire plonger le pays dans le chaos », affirme Mohamad Morsi, président du PLJ. Selon Morsi, le véritable débat doit porter sur la capacité du gouvernement actuel de concrétiser les aspirations de la révolution et de répondre aux besoins quotidiens des citoyens.

 

« Nous comprenons qu’à ce stade critique, la performance du gouvernement peut ne pas être à la hauteur des aspirations de tout le monde », a affirmé l’armée dans un communiqué diffusé dimanche à la télévision publique. « Mais nous affirmons que l’intérêt national est notre premier objectif et que nous n’épargnerons aucun effort, aucune mesure ou décision pour réaliser l’intérêt de la nation et de ses citoyens », indique le communiqué.

 

« Certains imaginent qu’ils peuvent mettre les forces armées et le Conseil suprême sous pression et l’empêcher de mener à bien sa mission patriotique durant la transition », déclare l’armée, tout en affirmant qu’elle ne se laissera pas décourager dans sa mission qui consiste à gérer la transition, tout en appelant les Egyptiens à s’unir.

 

Rupture prévue ?


« Inspirés de l’expérience de la rédaction de la  Constitution en Tunisie, les Frères tentent maintenant à islamiser la Constitution et à prendre les rênes du pouvoir en formant leur propre gouvernement. Des rôles qui paraissent dépasser de loin la transaction tacite qu’ils avaient conclue avec les militaires », estime le politologue Gamal Zahrane.

 

« Pour sortir de leur clandestinité, les Frères se sont laissé utiliser par les militaires comme une force anti-révolutionnaire. Ils ont ainsi perdu une chance d’or en pariant sur les militaires. C’était naïf de leur part de croire que les militaires leur permettront de s’emparer de la scène politique », ajoute Zahrane.

 

Le député libéral, Mohamad Abou-Hamed, s’intéresse de son côté au timing de la crise. « Depuis sa nomination, ce gouvernement a été la cible de critiques provenant de tous les courants politiques. Pourquoi les Frères musulmans ne se sont pas rendu compte de l’échec du gouvernement de Ganzouri avant ? », se demande Abou-Hamed. Selon lui, les Frères n’ont joué la carte de l’escalade que lorsqu’ils se sont sentis en perte de popularité. « Les Frères ont voulu faire d’une pierre deux coups : couvrir leur lamentable performance au sein du Parlement en imputant les crises économiques au gouvernement, et  exercer en même temps plus de pression sur les militaires pour obtenir des concessions », estime Abou-Hamed.

 

Abdel-Khaleq Farouq, directeur du Centre du Nil pour les études économiques et stratégiques, estime lui aussi que le bras de fer entre les islamistes et les militaires est « artificiel ». Selon lui, il s’agit d’une tentative pour détourner l’attention publique loin des tentatives islamistes pour dominer la rédaction de la Constitution. « C’est une manœuvre classique de la confrérie pour échapper aux critiques qui les visent, soit en ce qui concerne la formation de l’assemblée constituante qu’ils veulent monopoliser, soit en ce qui concerne leur partenariat soupçonné avec les militaires », pense Abdel-Khaleq.

L’évolution des événements révélera l’ampleur de la crise entre l’armée et les islamistes et son sérieux .

par May Al-Maghrabi  hebdo.ahram

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 06:42

Le ministre de l'Intérieur se dit résolu à combattre la violence


 Le ministre tunisien de l'Intérieur Ali Larayedh a affiché samedi sa détermination à appliquer la loi contre les auteurs d'appels et d'actes de violence, lors d'une séance marathon de l'assemblée nationale constituante (ANC) consacrée à l'examen de la situation sécuritaire dans le pays.

A l'ouverture des débats, le président de l'ANC, Mustapha Ben Jaâfar, relayé par plusieurs députés, s'est dit "préoccupé" par la multiplication des appels au meurtre, à la dissension et à la haine, les qualifiant de "phénomènes graves". Il a cité la profanation du Coran et du drapeau tunisien, le meurtre d'un imam, les affrontements tribaux et "les agressions en série" contre des artistes, des journalistes et les agents de l'ordre ainsi que les sit-in sur la voie publique.

"Nous disons 'non' aux dérapages, à la violence et aux menaces qui visent à imposer un mode de vie étranger à notre société", a-t-il martelé en allusion aux courants salafistes radicaux. "La liberté ne signifie pas l'anarchie et la rébellion", a-t-il insisté.

Des groupes salafistes ont entravé le fonctionnement dans une faculté près de Tunis pour exiger le port du niqab par des étudiantes pendant les cours et les examens, interdit par le conseil scientifique de l'établissement. Des professeurs ont été agressés et plusieurs étudiants blessés lors d'affrontements entre groupes d'étudiants opposés.

La présidente du parti démocratique progressiste (PDP/opposition), Maya Jribi a déploré l'absence de réaction des autorités face à ces dépassements.

Le chef du groupe du mouvement islamiste Ennahdha, au pouvoir, Sahbi Atig, a lui estimé que "beaucoup se comportent comme s'ils étaient au-dessus de la loi", en pointant du doigt notamment les RCDéistes, partisans de l'ancien parti au pouvoir sous le président Zine El Abidine Ben Ali, qui, selon lui, "sont en train de se réorganiser pour revenir sur scène".

Le ministre de l'intérieur a admis que la situation sécuritaire était "loin d'être satisfaisante", en dépit d'une "amélioration sensible enregistrée depuis plus d'un an". "Nous vivons une période de grande gestation post-révolutionnaire et la naissance de la démocratie n'est pas aisée. Elle nécessite un peu de temps", a-t-il analysé.

M. Larayedh a néanmoins condamné les pratiques violentes attribuées aux courants salafistes et à ceux qui s'apparentent à l'esprit d'Al-Qaïda. "L'appareil sécuritaire assumera son rôle en appliquant la loi contre quiconque la sécurité du pays", a-t-il averti sur un ton ferme. Il a, dans ce contexte, fait état du renforcement de la coopération avec les pays voisins tels la Libye, l'Algérie et l'Italie pour sécuriser les frontières tunisiennes. tempsreel.nouvelobs

 

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 Le rendement du ministère de l'Intérieur critiqué à la Constituante


Poursuivie jusqu'à samedi à l'aube, la séance parlementaire consacrée au débat avec le gouvernement tunisien a été marquée par plusieurs réactions sur le rendement du ministère de l'Intérieur à la lumière de récents événements survenus dans certaines régions du pays. 

Les violences et actes de violences détectés récemment mettent en accusation des "ennemis de la révolution" et les "valets de l'ancien régime", d'après des députés du Mouvement Ennahdha ( Renaissance), majoritaire à la Constituante.

Il est nécessaire de "doter les forces de l'ordre de moyens leur permettant de s'acquitter de leur mission" et de veiller à " protéger les libertés et les créateurs dans le cadre de la loi", a souligné M. Sahbi Atig, président du groupe parlementaire d'Ennahdha.

D'après l'opposition, certaines lacunes affectent le comportement du gouvernement qui "tente de mettre sous sa coupe l'administration et porter préjudice à la neutralité de son fonctionnement", a affirmé M. Issam Chebbi, député du groupe démocratique.

Le même groupe démocratique a critiqué la décision du ministère de l'Intérieur relative à l'interdiction de toute manifestation à l'avenue Bourguiba (principale avenue du centre-ville de Tunis).

Cette décision a fait suite aux récentes confrontations survenues dimanche dernier entre Salafistes et artistes lors de deux manifestations organisée simultanément.

"L'artère principale de la capitale est une vitrine de grande importance à l'activité commerciale et touristique" et il est " impérieux" d'atténuer la pression sur l'Avenue Bourguiba", a précisé le ministre de l'Intérieur M. Ali Arayedh.

D'un autre côté, M. Arayedh n'a pas exclu la possibilité de lever cette interdiction du moment où le nombre des manifestations et des dépassements dans cette avenue seront réduits.

Le ministre tunisien de l'Intérieur a précisé en réponse aux différentes interrogations que "des réformes ont été engagées dans plusieurs domaines, notamment en ce qui concernes la vision sécuritaire, la mission de l'agent, la formation et la logistique".

La situation sécuritaire, a-t-il ajouté, s'est améliorée dans les différentes régions du pays "grâce aux efforts déployés par les forces de sécurité et à leur sens de devoir" tout en insistant sur l'apport de l'institution militaire "en particulier dans les régions où l'on rencontre des difficultés pour lutte contre les crimes". 
maghrebemergent

 

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Samir Ettayeb demande à Moncef Ben Salem de démissionner


Cela restera dans les annales de la transition démocratique tunisienne : pour la première fois dans l’histoire du pays, un député demande à un ministre, en termes peu avenants, de démissionner…

Lors de la séance plénière vendredi à l’Assemblée constituante, le député Samir Ettayeb du Pôle démocratique moderniste (Pdm) a prié le ministre de l’Enseignement supérieur de disposer.

Les raisons du représentant du Pdm sont multiples. Et elles sont en lien avec le bilan de près de 100 jours de Moncef Ben Salem aux commandes du ministère de l’Enseignement supérieur.


«Vous êtes un ministre qui refuse le dialogue. Vous refusez de dialoguer avec les professeurs. Vous refusez de rencontrer les étudiants et vous êtes celui qui a choisi d’avance son camp, notamment avant les élections, sans jamais avoir recours au dialogue, comme dans la prise de position à propos des niqabées (et le sit-in de plus de 3 mois des salafistes à la faculté des Lettres de la Manouba, Ndlr)», a lancé le député. Et d’enchaîner : «M. Le ministre, il n’y a pas de place pour celui qui refuse le dialogue, donc vous n’avez pas réussi et vous n’êtes pas bon», a-t-il martelé. Le député a été jusqu’à traiter le ministre de raté et de le prier de disposer. «Avant même de commencer, vous êtes déjà un raté et un ministre après la révolution n’a aucunement droit au ratage. M. le ministre, je vous demande de partir», a-t-il terminé.


Moncef Ben Salem, très mal jugé par les gens de la profession et qui, selon le corps universitaire, est en train de cumuler les fautes, est resté après l’intervention du député, bouche bée. A une telle réaction franche, directe et publique, il ne s’attendait pas. kapitalis

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Les ministres de l'Intérieur et de l'Enseignement supérieur,  Ali Larayedh et Moncef Ben Salem interrogés par les membres l'Assemblée nationale.

 


 

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Questions des membres de l'AN

Partie I



 

 

Partie II

Partie III

 
Réactions des deux ministres
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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 06:32

 

 

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Arrestation du rappeur Mouad Belghawat pour une chanson contre la police

 

Le rappeur Mouad Belghawat, déjà condamné pour atteinte aux institutions dont la monarchie, a été arrêté vendredi à Casablanca près du district de police de Hay Hassani pour avoir "entonné une chanson attentatoire à la police", a-t-on appris de source judiciaire.

"Mouad Belghawat a été arrêté et présenté devant le parquet qui décidera de son sort", a déclaré une source policière à l'AFP.

Selon l'agence de presse MAP qui cite également une source policière, un autre individu, Youness Belkhdim, a été interpellé pour “coups et blessures contre des fonctionnaires de la sûreté et dommages aux biens de l'État” près du même district de police.

Belghawat, 24 ans, militant du mouvement du 20 février, a été interpellé après qu'avec un groupe d'amis ils aient manifesté "violemment" vendredi devant un commissariat de police, a-t-on indiqué de même source.

"Ces individus ont tenté d'investir le district de police et d'user de la violence contre des fonctionnaires publics", selon cette source.

Accusé d'agression, Belghawat avait été libéré en janvier par un tribunal après plusieurs semaines de détention à la prison de Casablanca.

A sa sortie de prison il avait déclaré à l'AFP qu'il "n'y aura aucun retour en arrière. Vive le peuple. Grâce au rap, je suis engagé pour le peuple et pour ses problèmes. Nos revendications sont énormes".

"Il faut redistribuer les cartes, il y a trop d'injustices. Ils ont amené un nouveau gouvernement, mais les voleurs continuent de bénéficier de l'impunité. Il faut en finir avec toute cette racaille", avait-il ajouté. aufaitmaroc

 

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 09:12

Partie I

Partie II

Partie III
 
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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 07:25

 

L'Egypte en pleine crise politique à moins de deux mois de la présidentielle

Le Parlement dominé par les Frères musulmans et les autorités militaires chargées de la transition s'affrontent : en jeu la formation de la Constituante et la politique économique du gouvernement. Les autres partis ne veulent pas être marginalisés. Cette crise politique s'inscrit dans une dégradation de la conjoncture économique.


 

 

Militants du candidat islamiste conservateur Hazem Salah Abu Ismail /AFP
Militants du candidat islamiste conservateur Hazem Salah Abu Ismail /AFPMilitants du candidat islamiste conservateur Hazem Salah Abu Ismail /AFP

Le bras de fer entre la majorité parlementaire, dominée par le parti des Frères musulmans et le Conseil suprême des forces armées en charge de la transition politique en Egypte est entrée dans une phase de crise politique ouverte. L'hostilité des deux parties s'est cristallisée autour de la formation de l'assemblée constituante, les islamistes s'étant taillés la part du lion dans les 100 représentants.


Mercredi, c'est sans grande surprise que le président de l'Assemblée du peuple, Saad El Katatni, a été élu à la tête de la Constituante. Depuis quelques jours, les membres des partis libéraux et les personnalités indépendantes ont annoncé leur démission de l'Assemblée constituante. Des représentants coptes et des femmes ont aussi protesté contre la faible représentativité de ce corps chargé de rédiger la loi fondamentale. Deux milles personnes ont manifesté hier à l'appel des partis libéraux. La Cour constitutionnelle doit se prononcer sur la légalité de cette assemblée. Dans ce contexte, il est peu probable que les débuts des travaux de la Constituante puisse avoir lieu avant l'élection présidentielle, prévue le 23 mai prochain.

 

Le blocage des Frères musulmans

Mercredi, c'est le représentant d'Al Azhar, tenant de l'islam officiel qui claquait la porte de la Constituante. "Al Azhar a rédigé il y a plusieurs mois déjà un document de base pour la nouvelle constitution, c'est un travail remarquable", note ce diplomate occidental. C'est aussi ce qu'a déclaré l'armée demandant à la Constituante de s'appuyer sur ce document, injonction rejetée par les Frères. L'armée tente ainsi de se poser en héraut du consensus, consultant les différents parts politiques. Ayman Nour, un opposant de longue date du régime d'Hosni Moubarak, a été gracié mercredi, par le maréchal Tantawi ce geste des autorités au pouvoir lui permettant de participer à la course présidentielle. L'éditorialiste Wael Qandil a dénoncé ce jeu de dupes, renvoyant dos à dos l'armée et les Frères musulmans, accusés de se comporter pareillement comme un "Etat dans l'Etat (...) livrant l'Egypte aux divisions."


Interrogations sur l'économie

 

Pendant ce temps, les performances négatives de l'économie égyptienne continuent de s'égrener : les réserves internationales s'élèvaient à 15,7 milliards de dollars en février et pourrait baisser à 10,4 milliards de dollars d'ici juin, a déclaré un responsable du ministère de la Défense chargé des Affaires financières. Le chômage à atteint près de 13% au dernier trimestre, et la balance des paiements affiche un déficit de 8 milliards de dollars à l'issue du premier semestre de l'année fiscale (débutée en juillet 2011). Les investissements étrangers sont dans le rouge avec une fuite de 418 millions de dollars sur la même période. 

L'économie du pays et la politique du gouvernement Ganzouri, désigné par l'armée, sont depuis plusieurs semaines mises sur la sellette par la majorité islamiste. Jeudi, le groupe parlementaire chargé du budget a officiellement rejeté la déclaration du gouvernement sur l'économie. Une signature prochaine du prêt du FMI de 3,2 milliards de dollars apparaît de plus en plus incertaine. Les délégations de l'organisation, régulièrement en visite au Caire, ont fait savoir qu'elles visaient à obtenir un consensus politique, et donc l'assentiment des Frères musulmans. Un objectif qui paraît de plus en plus lointain. latribune

 

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 «Nous ne sommes pas en 1954»

 

par Ahmed Shokr

Ces derniers jours, les démons de l’histoire ont resurgi, pesant sur le débat public ayant trait à la situation intérieure et aux conflits qui s’annoncent à propos de la Constitution et de l’élection présidentielle. La récente querelle entre le Conseil suprême des forces armées (CSFA) et les Frères musulmans [qui contrôlent 44% des sièges parlementaires, avec leur parti: le Parti Liberté et Justice], déclenchée par leur désaccord sur l’avenir du gouvernement et peut-être même dans la course à la présidence prévue, a suscité des craintes d’une confrontation entre l’armée et l’organisation islamiste la plus ancienne d’Egypte. 

La confrontation a suscité beaucoup de rapprochements avec un moment apparemment similaire dans l’histoire de l’Egypte en 1954, lorsque les Officiers libres, dirigés par le colonel Gamal Abdel Nasser, ont consolidé leur emprise sur le pouvoir et ont commencé à s’attaquer à leurs adversaires politiques, y compris les Frères musulmans. L’avertissement inquiétant du CSFA à la confrérie, le dimanche 25 mars [1], l’invitant à se souvenir des «leçons historiques afin d’éviter la répétition d’erreurs du passé» a été interprété par les analystes comme une référence à 1954, soulevant des craintes que l’Histoire ne se répète.

L’analogie historique est une aventure fructueuse pour l’analyse politique contemporaine et cette affaire ne fait pas exception. Mais 1954 est un point de référence intéressant pour des raisons autres que celles qui sont ordinairement invoquées. Plutôt que de lire la déclaration du CSFA comme une image exacte  de la puissance du Conseil  pour obtenir certains résultats, il paraît plus utile de prendre la déclaration comme un indicateur des angoisses des généraux sur la situation politique actuelle. Ce que révèle la comparaison avec 1954 et les années qui suivirent, ce sont des différences importantes et pas des similitudes qui peuvent être tout aussi utiles dans la compréhension de l’instant présent en Egypte.

Tout d’abord, les généraux au pouvoir aujourd’hui ne sont pas les Officiers libres. En 1954, il existait un groupe fortement politisé au sein de l’armée égyptienne qui avait exécuté avec succès un coup d’Etat deux ans plus tôt et  dont une fraction importante se sentait habilitée à prendre le contrôle à long terme du pays. Les Officiers libres  eux-mêmes ne se percevaient absolument pas comme des produits du régime qu’ils avaient écarté. Au cours des années suivant le coup d’Etat, ils ont mené une attaque contre les anciens détenteurs de pouvoir, la monarchie, les grands propriétaires terriens et les nationalistes du Wafd [2], et par la suite ils ont remplacé cet «ancien régime» par une nouvelle élite composée de militaires et d’une bureaucratie d’Etat. Inspirés par les idéologies de la révolution et de la transformation sociale répandues partout dans le monde postcolonial, les Officiers libres ont finalement conclu un «pacte social»  par lequel la majorité de la société sacrifiait leurs libertés politiques en contrepartie des avantages de la protection sociale et du développement dirigé par l’Etat.

Aujourd’hui, le Conseil militaire n’est ni politisé de la même façon, ni ne se perçoit comme une force de changement radical. Au contraire, les généraux représentent l’élément le plus fort et le plus résistant de l’ordre de Moubarak et souhaitent protéger ce qu’ils peuvent du statu quo. Loin d’être un noyau acharné avec des ambitions de puissance considérables, les généraux semblent de plus en plus sur la défensive, principalement concernés par la protection de leurs intérêts et de leurs privilèges dans la nouvelle Egypte contre la vague de changement politique. Compte tenu de la volonté populaire puissante de rompre avec le passé, ils n’ont guère  la possibilité de s’attirer un  soutien public de masse et d’accroître leur autorité politique comme l’ont fait les Officiers libres.

Deuxièmement, l’état de la mobilisation politique était alors différent de maintenant. En 1954, les Officiers libres ont été engagés dans une lutte de pouvoir interne qui a débordé dans la rue. Les forces politiques égyptiennes ont été nettement divisées, avec un segment composé des Frères musulmans, des étudiants, des anciens du Wafd et certains communistes et des militants syndicaux soutenant les appels du général Mohamed Naguib pour un retour à une démocratie  parlementaire et à la légalisation des partis politiques, et un autre segment soutenant le choix de Nasser d’un gouvernement militaire maintenu. En fin de compte, le deuxième groupe l’a emporté, avec des conséquences terribles pour l’opposition.

Aucune  division de ce type n’existe aujourd’hui. Les fervents partisans du CSFA sont une minorité petite et incapable, avec presque aucune possibilité de recueillir une sympathie populaire plus large. L’opinion publique, pour l’essentiel, est profondément sceptique à l’égard du Conseil militaire, principalement en raison des liens des généraux avec l’ancien régime et de leur négligence au cours de la période intérimaire. Leur autoportrait en facilitateurs désintéressés du passage à la démocratie a rapidement commencé à s’effondrer après l’éviction de Moubarak. Depuis, un nombre croissant d’Egyptiens considère le Conseil militaire comme la tentative d’un fondé de pouvoir  de sauvegarder ses propres intérêts, en s’efforçant d’empêcher toute réforme significative des institutions de l’Etat. La déception croissante a déclenché des vagues successives de  protestation dans les grandes villes contre le régime militaire et pour un transfert rapide du pouvoir aux civils.

Troisièmement, les attitudes à l’égard de la démocratie représentative ont considérablement évolué. En 1954, les forces populaires qui ont soutenu Nasser étaient pleines de ressentiment contre une démocratie multipartite qui avait été dénoncée, depuis les années 1930, par des personnalités politiques populaires comme étant un domaine réservé de l’élite politique. Les politiciens ayant échoué, au cours de la période de l’entre-deux-guerres, à mettre fin à la domination coloniale britannique, à redistribuer les richesses et à développer des mouvements politiques de masse, le système parlementaire égyptien a fini par être considéré avec une suspicion généralisée. Pour beaucoup, la démocratie a été de plus en plus associée à la croissance des clivages sociaux, à une sphère politique et publique sélective et à un parlementarisme limité représentant les intérêts restreints d’une élite conservatrice. Ces griefs ont été une source de mécontentement populaire qui a incité la foule à envahir les rues du Caire en mars 1954 en scandant «pas de partis, non à la démocratie».

Par contre, en 2012, les Egyptiens ne sont pas stigmatisés par un tel héritage de méfiance à l’égard des institutions de la démocratie électorale. Au contraire, une des exigences principales de la révolution était celle de formes de gouvernement plus représentatives. L’échec de l’Assemblée du peuple nouvellement élue, dirigée par les Frères musulmans, à fournir des résultats tangibles pendant les deux derniers mois a avant tout suscité de l’indifférence. Alors qu’il est fréquent de rencontrer du désespoir à l’égard de  la performance du Parlement – pas pour des raisons de statut social (l’Assemblée actuelle est probablement la moins élitaire dans l’histoire de l’Egypte), mais en raison de la compétence perçue – ces sentiments sont souvent tempérés par une méfiance  bien plus profonde à l’égard des tentatives de rétablir un régime autoritaire.

Quatrièmement, le contexte colonial a changé. La persistance de la domination britannique jusqu’au coup d’Etat de 1952 a servi à rallier le soutien populaire aux Officiers libres qui s’engageaient à mettre  fin à la subordination de l’Egypte à des puissances étrangères. La présence d’un ennemi clairement extérieur a contribué à favoriser un large consensus national qui effaçait les différences de classe, de sexe et de religion et mettait en veilleuse les revendications de réformes politiques intérieures. Aujourd’hui, de nombreux Egyptiens demeurent cyniques quant au  rôle des puissances étrangères par leurs  efforts irritants en faveur du changement démocratique et les sentiments anti-occidentaux sont encore monnaie courante, pour des bonnes et des mauvaises raisons. Mais pour un segment croissant de la société, les prétentions des officiels égyptiens à s’opposer aux puissances étrangères et à protéger la souveraineté nationale – récemment déployées dans la dispute sur le financement de certaines ONG soutenues matériellement par les Etats-Unis – ont été réduites à une simple rhétorique et sont peu susceptibles de compenser les aspirations populaires à une  réforme interne.

Il semble très improbable qu’une répétition de 1954 soit à l’ordre du jour. La constellation des forces politiques aujourd’hui est très différente, comme le sont les attentes et  les attitudes du peuple. Il y a des raisons légitimes de s’inquiéter de ce qu’une rivalité entre les deux plus puissantes forces en Egypte, le CSFA et les Frères musulmans, pourrait signifier pour l’avenir d’une transition controversée, mais une purge violente et la restauration d’un régime militaire n’en font probablement pas partie. Dans le pire des cas, si le CSFA  essayait de dissoudre le Parlement ou d’empêcher l’élection présidentielle, ceci déboucherait plutôt sur des difficultés que sur un succès.

Contrairement au coup d’Etat des Officiers libres, l’expérience révolutionnaire actuelle de l’Egypte n’a produit aucun dirigeant ou  groupe capables d’exercer un contrôle exclusif sur le pays, ni de déterminer seul la forme du nouveau système politique. Plus qu’à une victoire décisive et à l’établissement d’un ordre hégémonique par une seule force, il faut s’attendre à la persistance de négociations et de conflits entre les éléments de l’ancien establishment dirigeant, des nouveaux leaders et partis politiques et, de peur qu’on les oublie, les forces populaires qui ont imprimé le rythme des événements pendant une grande partie de la période intérimaire.

La lutte, et non la domination, a été le thème de la politique égyptienne tout au long de l’année dernière  et ça va probablement durer  un certain temps. (Traduction de Pierre-Yves Salingue pour le site A l’Encontre)

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Cet article a été publié en langue anglaise sur le site Jadaliyya le 28 mars 2012.

[1] Le 25 mars, le CSFA s’en est pris aux Frères musulmans; il a exprimé son «extrême indignation» suite à un communiqué des Frères, en date du 24 mars. Dans ce communiqué, la confrérie s’interrogeait sur les raisons pour lesquelles le pouvoir militaire soutenait le gouvernement d’Al-Ganzouri. Le communiqué affirmait: «Si quelqu’un a l’intention de recréer l’ancien régime corrompu avec de nouveaux visages, le peuple est prêt à agir afin de raviver sa révolution et d’empêcher le navire de couler aux mains de gens n’ayant aucun sens des responsabilités.» Les Frères musulmans ont qualifié les performances du gouvernement de «plus grand échec», évoquant les violences, les ingérences dans les affaires judiciaires, la lenteur des réformes, la pénurie de carburant et la baisse des réserves de change. (Réd.)

[2] Le Wafd est un des plus anciens partis politiques d’Egypte. Il se constitue formellement en 1924, année où il obtint une large majorité électorale. La bourgeoisie urbaine structurait son leadership et s’opposait à la monarchie et aux Britanniques. Le parti, qui a été interdit sous Nasser, retrouve une «légalité» sous Sadate en 1978, avec le nom de Néo-Wafd. (Réd.)  alencontre

 

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 L'Egypte bannit les sites pornographiques

 

Un tribunal égyptien a ordonné le blocage de tous les sites web pornographiques accessibles depuis l’Égypte, au motif que leurs contenus troublent la cohésion de la société et le correspondent pas à ses valeurs.


L'Égypte va devoir encore parcourir un long chemin avant de rattraper les standards occidentaux en matière de libertés fondamentales. Si la population est parvenue à chasser Hosni Moubarak après 29 ans de pouvoir, le pays est loin d'être complètement libéré de ses entraves. L'armée continue de jouer un rôle très important sur la scène politique, tandis que les droits de l'Homme sont loin d'être respectés.

 

L'influence de l'islam est également un paramètre majeur à prendre en compte. Preuve en est, la récente décision de justice rendue par un tribunal du Caire. Celui-ci a ordonné le blocage des sites web pornographiques dans le but de préserver la cohésion et les valeurs de la société égyptienne. Religion d'État, l'islam s'oppose en effet à certaines formes de sexualité débridée.

 

Le jugement du tribunal du Caire survient dans un contexte un peu spécial. Le conseil suprême de l'armée a en effet désigné un haut dirigeant des Frères musulmans, issu de la vitrine politique du mouvement, à la tête de l'assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle Constitution égyptienne. De plus, le parlement est dominé par les mouvements islamistes, ce qui accentue la pression sur les laïques.

 

La décision de bannir les sites pornographiques pourra néanmoins faire l'objet d'une procédure d'appel. Il n'est toutefois pas précisé si celle-ci est suspensive, ce qui permettrait de retarder l'échéance du blocage. Le Huffington Post note qu'une décision similaire avait été prononcée il y a trois ans, mais qu'elle n'avait pas été appliquée au motif qu'une telle mesure n'était pas applicable, selon les autorités.

 

Alors que la loi islamique pourrait prendre de l'ampleur en Égypte, c'est tout le contraire qui semble se produire en Tunisie. Le parti islamique tunisien Ennahda a annoncé son intention de renoncer à introduire la charia dans la nouvelle Constitution. Toutefois, cette décision n'est pas dénuée de calculs politiques et la rue tunisienne est le théâtre d'affrontements entre laïques et religieux.

 

La Tunisie est également à la croisée des chemins en ce qui concerne la pornographie. Le mois dernier, la Cour de cassation a cassé l'arrêt de la cour d'appel qui avait ordonné la censure des sites pornographiques. Il faudra toutefois atteindre la tenue d'un nouveau procès. Pour l'avocat de l'Agence tunisienne de l'Internet, "le principe de la liberté d'expression et d'accès aux contenus" demeure. numerama

 

 

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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 06:17

La nomination des gouverneurs pose problème !


El_Heni.jpgM. Abdelwahab El Heni, président du parti El Majd et figure de proue du militantisme contre les abus juridiques du régime déchu, a critiqué, vendredi 30 mars, sur les ondes d’Express FM, le gouvernement Jebali sur la nomination des gouverneurs.


Cette question ne cesse de créer la polémique suite à la nomination de pas moins de 16 gouverneurs nahdhaouis sur un total de 23. Selon M. El Heni, les nominations des hauts cadres de l’administration locale et régionale sont régies par la loi du 21 juin 1956 qui institue des critères en vertu desquels les délégués et gouverneurs sont nommés : « Cette loi stipule que les postulants à ces postes doivent prouver qu’ils ont exercé dans la fonction publique au moins dix ans pour les gouverneurs et cinq ans pour les délégués. La loi stipule, également, qu’ils suivent un stage pour leur initiation à leurs nouvelles fonctions et que leurs proches -femmes et enfants- n’exercent pas des activités lucratives dans les régions et zones qu’ils gèrent. Cette même loi stipule que le concours interne est la règle pour les délégués et que le gouvernement ne peut nommer, de son propre gré, qu’un quart des gouverneurs. Autre critère prévu par cette loi, la discussion au préalable, au sein du conseil des ministres de ces nominations, ce qui n’a pas été le cas lors de la nomination des nouveaux gouverneurs des régions du pays avec l’actuel gouvernement ».

 
Notons que le mouvement dans le corps des gouverneurs se poursuit. Le ministère de l’Intérieur a annoncé jeudi que le Chef du gouvernement a décidé la nomination de deux gouverneurs à Sfax et à Kairouan. Il s’agit de MM. Fathi Derbali, gouverneur à Sfax, et Abdelmajid Laghouen, gouverneur à Kairouan. On ne sait pas s’ils sont des nahdhaouis ou non.  investir-en-tunisie

 

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 Biographies de 12 des 24 gouverneurs

  

Le ministre de l'Intérieur a annoncé, mercredi, que le président de la République par Intérim, a décidé de nommer les nouveaux gouverneurs des

différentes régions de la République. Pour répondre  à la demande de nos lecteurs qui réclament les biographies des nouveaux gouverneurs nous n'avons réussi à obtenir que  12 biographies parmi 24. 

Biographie de M. Adel Ben Hassen, nouveau Gouverneur de Tunis 

M. Adel Ben Hassen, nommé mercredi Gouverneur de Tunis, est né le 28 mai 1964, à Bizerte.

Il est titulaire d'une maîtrise en Droit public, obtenue en 1998 et d'un Diplôme du Cycle supérieur de l'ENA (Spécialité Cadres d'inspection), en 1993).

Il est également diplômé de la 25ème promotion de l'Institut de Défense nationale.

M. Adel Ben Hassen est marié et père de deux enfants. 

 

Biographie de Nizar Kharbache, nouveau gouverneur de l'Ariana


M. Nizar Kharbache, nommé, mercredi, Gouverneur de l'Ariana, est né le 26 août 1971, à Bizerte.

Il est titulaire d'une maîtrise de l'Institut de hautes études commerciales (IHEC) de Carthage (1994) et d'un diplôme de cycle supérieur de l'ENA (1997).

M. Nizar Kharbache a occupé plusieurs fonctions au sein de l'administration publique, depuis 2002, dès lors qu'il a été nommé contrôleur d'Etat dans une entreprise publique (2002-2010) et qu'il a assumé, jusqu'à sa récente nomination, les fonctions d'administrateur, représentant du premier ministère, au sein de la direction de l'Office du commerce tunisien (septembre 2009), puis contrôleur en chef des services publics (septembre 2005).

Il est également membre du Comité de contrôle général des services publics au premier ministère (Octobre 1997).

Il dispose aussi d'une expérience en matière d'audite et d'évaluation des programmes et projets, d'analyse et de gestion financière dans le secteur public.

Il a, également, participé à divers stages, notamment à celui organisé à l'Université du Minnesota (USA) en 2004.

M. Nizar Kharbache est marié et père d'une fille. 


Biographie de Mohamed Hechmi Blouza, nouveau gouverneur de Bizerte

M. Mohamed Hechmi Blouza, nommé jeudi, gouverneur de Bizerte, est né le 30 septembre 1955 à Tozeur.

Il est titulaire d'une maîtrise en sciences économiques et d'un diplôme d'études supérieures en finances publics de l'Institut d'économie douanière et fiscale.

Il a enseigné de 1975 à 1980 avant d'assurer la mission d'inspecteur des services financiers, en tant que rattaché auprès de l'Institut d'économie douanière et fiscale, depuis octobre 1986 jusqu'à octobre 1988, puis inspecteur central des services financiers, de novembre 1988 à décembre 1989.

Il est membre du Comité de contrôle général des finances de janvier 1990 à janvier 2003, avant d'être promu au grade de surveillant général des finances et d'assurer les fonctions de secrétaire général de la municipalité de Ben Arous (février 2003-juillet 2004), puis de secrétaire général du gouvernorat de Tunis de juillet 2004 et jusqu'à sa récente nomination.

Le nouveau gouverneur de Bizerte a occupé de multiples responsabilités dont celle de contrôleur de gestion et des comptes de plusieurs administrations, entreprises publiques et ambassades tunisiennes à l'étranger, outre la supervision de multiples missions de contrôle et de vérification des comptes de plusieurs projets financés par des institutions de financement internationales et régionales.

Il a de plus assuré l'encadrement et la direction de plusieurs projets de développement dans les gouvernorats de Ben Arous et de Tunis ainsi que des mémoires de recherche à l'école nationale de la douane et à l'institut d'économie douanière et fiscale. Il a également participé à l'élaboration, à la réalisation et au suivi de divers projets.

M. Blouza est connu pour ses activités et sa production littéraire. Il est membre du comité directeur de l'Union des écrivains tunisiens (1989-2008) et du Conseil économique et social durant deux session et du Haut comité des droits de l'Homme.

M. Mohamed Hechmi Blouza est marié et père de trois enfants. 


Biographie de Mohamed Néjib Thlijani, nouveau gouverneur du Kef 

M. Mohamed Néjib Thlijani, nommé, mercredi, gouverneur du Kef, est né, le 10 novembre 1954, à Gafsa.

Il obtient le diplôme d'ingénieur en mathématiques, spécialité informatique, ainsi que le diplôme de troisième cycle de l'école polytechnique de Lausanne (Suisse).

Le nouveau gouverneur du Kef a débuté sa carrière professionnelle, en 1981, en tant qu'enseignant contractuel en informatique, dans différentes écoles libres à Lausanne, avant d'occuper, entre 1984 et 1986, le poste de directeur technique et pédagogique de l'école de formation des cadres en informatique, dans la même ville, en Suisse.

Entre 1986 et 1992, il a été chargé de multiples responsabilités, au sein du ministère de l'Enseignement supérieur et du ministère de la Planification et de la Coopération internationale dont le dernier en date a été le poste de directeur central des informations régionales, des études et des programmes, au commissariat général de développement régional.

M. Thlijani est un expert des systèmes informatiques, auprès de l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO). 

Biographie de Mohamed Gouider, nouveau gouverneur de Gafsa

M. Mohamed Gouider qui vient d'être nommé, mercredi, gouverneur de Gafsa, est né le 28 octobre 1961 à Skhira, dans le gouvernorat de Sfax.
Après avoir achevé ses études primaires et secondaires, M. Gouider a suivi une formation d'ingénieur.
Il a évolué, ensuite, en tant qu'ingénieur aux départements du Transport et de l'Equipement.

Il a, aussi, occupé les postes de chef de service à la Direction régionale de l'équipement et de l'habitat de Médenine, puis à la Direction des ponts et chaussées, avant d'occuper le même poste à la Direction régionale de l'équipement et de l'habitat à Tataouine et à Sidi Bouzid.

Le nouveau gouverneur de Gafsa avait occupé, également, le poste de directeur régional de l'équipement, de l'habitat et de l'aménagement du territoire de Médenine jusqu'à sa récente nomination.

M. Mohamed Gouider est marié et père de trois enfants.


Biographie de Badreddine Lahbil, nouveau gouverneur de Kébili 

M. Badreddine Lahbil, nommé, mercredi, gouverneur de Kébili, est né le 11 avril 1963 à Teboursouk (Gouvernorat de Béja).
Après des études primaires et secondaires couronnés par un baccalauréat en Mathématiques et Sciences, en 1983, il a rejoint l'Ecole nationale des ingénieurs où il a obtenu le diplôme d'ingénieur en génie civil.

Au cours de sa carrière professionnelle, M. Badreddine Lahbil a occupé le poste d'ingénieur à la direction régionale de l'équipement et de l'habitat du Kef, puis chef de la direction régionale de l'équipement et de l'habitat de Gabès, avant d'être désigné directeur régional de l'équipement et de l'habitat de Kasserine, ensuite de Ben Arous, poste qu'il a occupé jusqu'à sa récente nomination.


Biographie de Hamadi Chtioui, nouveau gouverneur de Médenine 

M. Hamadi Chtioui, qui vient d'être nommé gouverneur de Médenine, est né le 31 janvier 1952, à Ksour Essaf (Gouvernorat de Mahdia).
Il a obtenu le diplôme d'ingénieur agricole à l'Institut national agronomique de Tunis.

M. Chtioui a entamé sa carrière professionnelle en 1973, en qualité d'ingénieur de travaux à l'Office des zones irriguées de Nebhana, pour occuper, depuis 1976, de multiples responsabilités, au même office, dans les gouvernorats de Sousse, Monastir et Mahdia.

Entre 1991 et 1995, M. Chtioui a occupé de multiples responsabilités au sein de la section des études de développement agricole de Mahdia, avant d'être nommé commissaire régional du développement agricole à Gabès (1995), à Sousse (2005) puis à Monastir, poste qu'il a occupé jusqu'à sa récente nomination.


Biographie de Chokri Ncib, nouveau gouverneur de Gabès

M. Chokri Ncib, nommé, mercredi, gouverneur de Gabès, est né le 19 novembre 1962, à Feriana, dans le gouvernorat de Kasserine.
Il est titulaire d'une maîtrise en Sciences économiques de la Faculté d'économie et de gestion de Sfax, d'un diplôme de gestionnaire conseiller de l'Ecole nationale d'administration (ENA) et d'un autre diplôme de l'Ecole nationale de fiscalité de Clermont-Ferrand en France.

Le nouveau gouverneur de Gabès a débuté sa carrière professionnelle, en 1990 au sein de l'administration générale des impôts, en tant qu'inspecteur centrale des impôts puis chef de service du contrôle et chef du service d'analyse de l'information en 1991, avant d'être chargé de 1993 à l'an 2000, des fonctions de détaché auprès du cabinet de l'Office de l'environnement et de l'aménagement du territoire.

De 2000 à 2008, il a assuré la mission de superviser la cellule gouvernementale en charge de l'environnement et de la cellule d'emploi dans le domaine de l'environnement ainsi que de la cellule spécialisée dans le domaine de l'environnement auprès du cabinet du ministre de l'environnement.


Biographie de Mohamed Ali Jendoubi, nouveau gouverneur de Sfax

M. Mohamed Ali Jendoubi, nommé Gouverneur de Sfax, est né le 7 mai 1959, à Tunis.

Il est diplômé de la Faculté des Sciences de Tunis (1980), titulaire d'un diplôme d'ingénieur de l'Ecole supérieure d'horticulture de Chott Mariem (1983) et d'un diplôme de 3ème cycle en biotechnologie ENSH - Versailles (1985).

Ingénieur général depuis l'année 2004, M. Jendoubi a entamé sa carrière professionnelle en 1992, en tant que directeur à l'Office des Terres domaniales (OTD), avant d'occuper les postes de Commissaire régional de développement agricole de Nabeul (1996), directeur du Groupement interprofessionnel de la vigne (2001), directeur général des G.I. fruits, PDG de l'Office national de l'huile (2010), poste qu'il occupe jusqu'à sa récente nomination.

M. Mohamed Ali Jendoubi a représenté la Tunisie au Conseil Oléicole International, à l'Organisation Internationale de la Vigne, au Comité de liaison agricole Méditerranée et au Comité Maghrébin Agrume et primeur. 

 


Biographie de Abdeljelil Ben Hassen, nouveau gouverneur de Kairouan 

M. Abdeljelil Ben Hassen, nommé, mercredi, gouverneur de Kairouan, est né en 1956 à Makthar (Gouvernorat de Siliana).
Il est diplômé en spécialisation post-universitaire en économie rurale de l'université de Montpellier (France).

M. Abdeljelil Ben Hassen a entamé sa carrière professionnelle en tant qu'ingénieur général, avant d'occuper les fonctions de Commissaire régional de l'agriculture au Kef, puis à Béja, poste qu'il a occupé jusqu'à sa récente nomination.

M. Ben Hassen est marié et père de trois enfants.


Biographie de Féthi Bdira, nouveau gouverneur de Zaghouan 

Le nouveau gouverneur de Zaghouan, M. Féthi Bdira est né le 27 février 1957, à Béni Hassen, dans le gouvernorat de Monastir.
M. Bdira est diplômé de la 24ème promotion (2006-2007) de l'Institut de la Défense nationale.

En 1987, il termine ses études supérieures de formation de conseillers des services publics à l'Ecole nationale d'administration (ENA), après avoir obtenu, en 1983, un certificat d'études supérieures en sciences politiques de l'Université de droit, des sciences politiques et économiques de Tunis et une maîtrise en droit en 1982.

A partir de 1999, il est chargé de mission auprès du Premier ministre et directeur général du bureau central des relations avec les citoyens.

Depuis 2010 et jusqu'à sa récente nomination, il est directeur général classe exceptionnelle.

De 1996 à 1999, M. Bdira occupe au ministère des Affaires étrangères le poste de directeur de la formation. De 1991 à 1999, il occupe les fonctions de directeur général des services administratifs et de la fonction publique au Premier ministère.
Il a été aussi le rapporteur du conseil supérieur de la fonction publique en 1991.

Depuis 2009, M. Bdira était coordinateur national du programme de la bonne gouvernance. Il a eu de nombreuses participations aux rencontres de l'Organisation arabe pour le développement administratif et a assuré l'encadrement de plusieurs étudiants au cycle supérieur de l'ENA sur la question de l'administration électronique, le développement administratif et la qualité des services administratifs.

M. Bdira est marié et père de deux enfants.



Biographie de Ali Ben Malek, nouveau gouverneur de Nabeul 

M. Ali Ben Malek, nommé, mercredi, gouverneur de Nabeul, est né le 28 septembre 1973 à Kalâat Al Andalous (Gouvernorat de l'Ariana).

Il a obtenu une maîtrise en économie et gestion, à la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion de Tunis, et un mastère spécialisé en lancement de projets, à l'école supérieur du commerce de Tunis, en 2003.

Le nouveau gouverneur de Nabeul a commencé sa carrière à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), avant de travailler au ministère de l'Intérieur et du Développement local.

Entre avril 2006 et mars 2010, il a occupé les fonctions de délégué à El Ayoune (Gouvernorat de Kasserine) avant d'être nommé secrétaire général du gouvernorat de Jendouba, poste qu'il occupa jusqu'à sa récente nomination.

M. Ali Ben Malek a assuré la direction du festival de Kalâat El Andalous, de même qu'il est membre de l'Association de développement et du comité culturel de sa ville natale.

Il est marié et père de quatre enfants. espacemanager

 

 

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Mouvement de protestation, suite au licenciement de certains Délégués


Le mouvement dans le corps des Délégués qui a concerné près de 40 personnes, selon certains médias, suscite de vives réactions de par les délégués eux-mêmes, de leurs subalternes ainsi que de la part de la population.

Ainsi, plusieurs mouvements de protestation ont été constatés à travers le pays.

 

Aujourd’hui jeudi 29 mars 2012, des habitants et des représentants de partis ainsi que de la société civile à Tborsok (gouvernorat de Béja) ont organisé un sit-in devant le siège de la délégation, réclamant des explications sur les raisons de la fin de fonctions de leur ancien Délégué Néji Ben Mansour.

 

Hier, Najeh Bribri, démis de ses fonctions de Délégué d'El Mida, est entré en grève de la faim au siège de la délégation, indiquant à la TAP que «cette décision est abusive», puisqu’il n’a commis aucune faute professionnelle et n'a reçu aucune explication la justifiant. De leur part, les employés de la délégation ont entamé, le même jour, une grève pour exprimer leur attachement à M. Bribri.

 

Par ailleurs, un sit-in a été observé mercredi devant le siège de la délégation de Kélibia, pour protester contre le licenciement de Najeh Bribri. Des habitants de la région et des représentants de plusieurs partis politiques ont brandi des pancartes sur lesquelles on pouvait lire «Non au favoritisme», «Non à l'imposition de l'autorité administrative».  businessnews  www.businessnews

 

 

 

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Débat autour de la nomination des gouverneurs et de la peine capitale [en arabe]

 

 

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Doit-on abolir la peine de mort pour ramener BEN ALI en Tunisie ?


Photo-du-livre-dAly-Zmerli-Ben-Ali-le-RiCet argument a été avancé par Lotfi AZZOUZ, le directeur de la section tunisienne de l’organisation Amnistie Internationale, lors d’une conférence de presse tenue le 27 courant. Juridiquement, l’argument n’est pas tout à fait convaincant et politiquement, la solution n’est pas aussi évidente.


Sur le plan juridique, il est vrai que les pays européens refusent d’extrader ou de s’impliquer dans l’extradition des personnes menacées d’exposition à la peine capitale. Cette règle par rapport à l’ensemble des pays européens est sacro-sainte, mais elle connaît une dérogation de taille. En cas de demande d’extradition d’une personne ayant fait l’objet d’une condamnation de mort ou susceptible d’en faire l’objet, l’État requérant doit s’engager à ne pas exécuter la peine.

 
En France, par exemple, la loi prévoit que dans le cas où la peine a été prononcée par l’État requérant ou que cette peine est encourue, l’extradition n’est possible que dans le cas où celui-ci donne à la France des assurances suffisantes que cette peine ne sera pas exécutée. Ce principe a été rappelé par le conseil d’État français dans une célèbre décision prononcée le 15 octobre 1993 à l’occasion de la demande d’extradition d’un ressortissant américain qui s’était réfugié en France.

 
L’exception est pratiquement prévue dans tous les pays de l’Europe qui ont adhéré à la convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, ayant aboli progressivement et par étape la peine de mort en l’autorisant en premier lieu pour les crimes de guerre et contre l’humanité.


En conséquence, il n’y a pas de raison pour qu’elle ne soit pas appliquée à la demande d’extradition de Benali et ceux dans son entourage et parmi ses proches qui sont impliqués dans des délits et des infractions de droit commun. Il suffit que l’État tunisien donne des assurances suffisantes de ne pas exécuter la sentence de mort qui pourrait être prononcée à leur encontre.


D’ores et déjà, ces assurances se vérifient à travers les résolutions du 1er gouvernement de Mohamed Ghannouchi, qui dans sa toute première réunion après le 14 janvier, a projeté la ratification de la convention internationale de l’abolition de la peine capitale. Elles découlent aussi des décisions du président Marzouki qui a transformé en peine d’emprisonnement à perpétuité les sanctions de mort prononcées dans 122 affaires criminelles. L’État tunisien, s’il veut céder aux exigences européennes pour obtenir l’extradition de Benali, peut s’engager formellement à ne pas exécuter la sentence sans avoir à modifier sa législation locale.


Sur le plan politique, l’extradition dans plusieurs affaires politiques est tributaire de décisions souveraines qui tiennent compte de la qualité des rapports personnels entre la personne visée par la procédure et les autorités de l’État où elle est réfugiée ou en fuite. Elle tient également compte de la situation des relations diplomatiques. À ce titre, l’Arabie saoudite, où la peine capitale est de vigueur dans les affaires d’homicide et de mœurs, n’est pas du tout favorable à l’extradition de son protégé, le président déchu.


À notre sens, l’argument avancé par Lotfi AZZOUZ a seulement pour effet d’inciter les autorités à revoir la législation pénale en la matière en invoquant une question qui obsède les esprits et inquiète les autorités. Et même s’il est vrai que l’abolition de la peine de mort est une condition d’extradition, un État qui se respecte ne change pas ses institutions pour résoudre un problème particulier. La refonte de la loi en la matière doit faire suite à un débat profond entre les membres de la société civile qu’il est prématuré d’engager au cours de cette phase de transition. webdo

 

 

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 Amnesty International : “La peine de mort ne sied pas à la Constitution tunisienne après la révolution”


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Rencontrant, mercredi, les membres de la commission des droits et des libertés de l’Assemblée nationale constituante, la présidente de la section tunisienne d’Amnesty international  (AI) Sondes Guerbouj, a affirmé que la  » la peine de mort ne sied pas à la Constitution tunisienne après la révolution », parce qu’elle est une punition inhumaine contraire aux droits individuels fondamentaux garantis par les chartes internationales.

Elle a suggéré d’inscrire dans la Constitution, l’abolition de la peine capitale et la lutte contre la violence à l’égard des femmes dans le milieu familial, en particulier, le viol conjugal. Ces propositions ont suscité un débat exhaustif au sein de la commission au regard des références civilisationnelles et religieuses.

Elle a appelé également à la réforme des systèmes sécuritaire et judiciaire compte tenu de leur rôle dans la réalisation de la justice transitionnelle. webmanagercenter

 

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Habib Khedher: «Je refuse la suppression de la peine capitale 

 

Habib Khedher: «Je refuse la suppression de la peine capitale »

 L’organisation d’Amnesty international a tenu, hier, une conférence de presse dont l’intitulé est «appelons à la suppression de la peine capitale ». Interrogé sur la question sur les ondes de shemsfm, le représentant du mouvement « Enahdha », Habib Khedher s’est dit contre cette procédure ( la suppression, de la peine capitale) mais a assuré que cette peine ne serait appliquée que si toutes les garanties et procédures légales soient en place et  l’inculpation du crime prouvée. Il a renchérit qu’il serait plus judicieux de réviser les réglementations en vigueur pour ce qui concerne cette peine au lieu de la supprimer entièrement. 

De son côté, le porte parole d’ « Ettakatol », Mohamed Bennour a relevé que plusieurs peines capitales ont été prononcées dans le monde pour découvrir, par la suite, que les personnes exécutées étaient non coupables. L’erreur est, donc, possible et envisageable et dans le cas d’espèce la peine capitale devient un crime d’Etat qu’il serait préférable d’éviter. Il a ajouté que cette peine est antagoniste aux droits de l’homme.  

Point de vue totalement partagé par  le représentant du parti du «Congrès», Fethi Jribi qui a insisté sur la suppression de cette peine demandant à ce qu’elle soit mentionnée dans la prochaine constitution. Ses dernières positions ont eu l’aval du directeur de section d’Amnesty International en Tunisie, Lotfi Azouz qui a déploré que ses propositions viennent d’entité personnifiée et non de partis politiques. shemsfm
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31 mars 2012 6 31 /03 /mars /2012 04:20

Islamisme : la Tunisie bascule-t-elle ?

 

Des salafistes tunisiens manifestent pour l'application de la Charia. 
Des salafistes tunisiens manifestent pour l'application de la Charia. © AFP

 

 

Imputé à l'inexpérience des islamistes, l'attentisme du gouvernement menace le pays de paralysie. Pendant ce temps se prépare, même si Ennahdha a provisoirement abandonné l'idée d'introduire la charia dans la Constitution, une remise en question de l'État moderne tunisien.


« Avec ce beau soleil, le risque de sombrer dans l'obscurantisme semble une chimère, mais il est quand même là », s'exclame Alya, en brandissant le drapeau tunisien à bout de bras. Et de scander : « Ghannouchi, rentre chez toi, la Tunisienne n'a pas besoin de toi ! » Deux heures plus tard, elle est rassurée ; ce sont pas moins de 73 000 personnes qui sont descendues dans la rue, à Tunis, sous l'impulsion de la société civile, pour réclamer un État séculier. Idem à Sousse et à Sfax. Ce 20 mars, date du 56e anniversaire de l'indépendance, restera comme le symbole du bras de fer entre républicains et fondamentalistes. L'avenue Bourguiba arbore les couleurs nationales et retrouve des airs de 14 Janvier, la violence policière en moins. Mieux : ce sont les forces de l'ordre qui distribuent des drapeaux aux manifestants, qui scandent : « Le peuple est musulman, pas islamiste ! », ou encore « Le peuple veut un État civil ! » Au même moment, depuis Carthage, le président de la République, Moncef Marzouki, exhortait les Tunisiens « à vivre ensemble avec et malgré leurs différences », donnant une nouvelle stature à sa fonction en assumant un rôle de rassembleur, tandis que, parmi les manifestants, Fouad Thameur, 25 ans, benjamin de la Constituante, constatait : « Nous sommes ici avec les mêmes revendications que celles de la révolution : travail, justice et dignité. »


 

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« Nous avons vraiment accompli une révolution ! En un an, il semble que nous soyons presque revenus à notre point de départ, celui de la panne », ironisait, quelques jours auparavant, Sahbi, un syndicaliste de l'enseignement. Selon un récent sondage de Sigma Conseil, c'est le scepticisme qui prévaut six mois après l'élection de la Constituante, comme si le processus démocratique était grippé. Certains ne sont pas loin de penser que la cause est entendue, tandis que d'autres, plus patients, estiment qu'il faut laisser du temps aux nouveaux dirigeants pour qu'ils fassent leurs preuves.

 

 

Conséquence directe du scrutin du 23 octobre 2011, l'an II de la révolution est placé sous le signe du parti vainqueur, Ennahdha. Sollicité sur deux fronts - l'exercice du pouvoir et la préparation de la nouvelle Constitution -, il est confronté à une opposition hétéroclite, dont une société civile dynamique, ainsi qu'à une inconnue de taille : les 48,8 % de Tunisiens qui, selon le sondage de Sigma Conseil, ne se reconnaissent dans aucun des deux camps. Une proportion presque équivalente à celle des abstentionnistes à l'élection du 23 octobre. La confusion engendrée par l'expression désordonnée d'une multitude de nouveaux partis a en effet suscité une méfiance qui s'est traduite dans les urnes.

 

Conservatisme

 

Les résultats des élections de la Constituante expriment assurément une volonté de rupture et le rejet d'un système arrivé en bout de course, mais aussi la tentation d'expérimenter un nouveau modèle fondé sur les valeurs de l'islam politique, révélant le conservatisme d'une large frange de la société. « Il n'y a rien d'étonnant à cela. Nos dirigeants ont donné du pays une image extrêmement progressiste, à l'opposé de notre réalité. Sous Ben Ali, nous sommes restés attachés aux traditions en l'absence d'une volonté de pérenniser des valeurs de modernité », analyse Samira Allani, une universitaire de Kairouan.

 

L'islamisation conduite par Ben Ali était fondée sur un paradoxe : une libre pratique de la foi dans les mosquées sous le contrôle du ministère de l'Intérieur et une stigmatisation du voile et des barbes dans les facultés, ainsi que dans l'armée et dans l'administration. Résultat, le courant de sympathie à l'égard de la mouvance islamiste est allé grandissant, l'opinion publique faisant l'amalgame entre le simple pratiquant harcelé et le militant d'un courant politique flirtant avec le terrorisme.

 

 

 

La religion est devenue le refuge des populations démunies, des diplômés-chômeurs, mais également celui d'une élite privée de toute marge de manoeuvre. C'est ainsi qu'est née une opposition silencieuse porteuse de valeurs conservatrices. En outre, le vide créé par le nivellement culturel pratiqué par Ben Ali a été comblé par les télévisions satellitaires arabes, qui ont ainsi permis au discours religieux d'entrer dans tous les foyers. « Aujourd'hui, le monde occidental et les pays émergents s'orientent vers des formes de multiculturalisme et de recherche du mode de vivre ensemble, alors que dans les pays arabes nous serions plutôt en train d'aller vers une quête fantasmée de pureté identitaire », observe Sophie Bessis, directrice de recherches à l'Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

 

Le choix électoral des Tunisiens a été simple. « Ben Ali et les siens s'étant enrichis sur le dos du pays, j'ai voté Ennahdha, parce que le parti d'Allah ne peut être corrompu », explique une électrice. C'est sur ce terreau qu'Ennahdha a prospéré, laissant entendre qu'il y aurait un mieux-être pour tous et un retour de la vertu. Ainsi la morale a-t-elle pris le pas sur le discours politique, conduisant progressivement à une remise en question de l'État moderne fondé par Bourguiba. Pourtant, les mots d'ordre de la révolution n'avaient aucune connotation religieuse. Les islamistes étaient d'ailleurs les grands absents des manifestations du 14 janvier. « Tout le monde était présent lors de la révolution, mais personne ne tenait un drapeau pour s'identifier. C'est une révolution populaire portée par toutes les victimes du régime de Ben Ali, et Ennahdha a été l'une de ses plus grandes victimes », plaide Rached Ghannouchi, leader de la formation.

 

Volte-face


Reste que, depuis l'élection de la Constituante, le discours des islamistes a sensiblement évolué. Chantre d'« une démocratie rayonnante, du respect des droits de l'homme, de la justice et de la dignité » en période électorale, Ennahdha a fait volte-face. Jusqu'à son récent revirement, son projet de Constitution était sans ambiguïté et proposait la charia comme référentiel législatif. Saïda Garrach, avocate et membre du comité directeur de l'Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), rappelle que « si la charia était inscrite dans la Constitution, elle deviendrait une source formelle du droit, c'est-à-dire que toute norme qui ne lui serait pas conforme serait nulle. Elle est actuellement une source d'inspiration de la législation, notamment en droit de la famille, mais le législateur a la pleine responsabilité de l'élaboration de la loi, ce qui ne serait plus le cas si l'on créait un conseil d'oulémas. Cela sonnerait le glas de l'État civil ».

 

 

De même, les radicaux d'Ennahdha envisageaient de rétablir le Majlis al-Choura, concile de juges islamiques, et de réintroduire les habous, biens de mainmorte (biens fonciers ou immobiliers inaliénables), qui permettraient de pérenniser le capital au sein d'un groupe, ainsi que la hiérarchie sociale, dont celle de la famille. Mais il suffit que la société civile ou le monde du travail protestent pour qu'Ennahdha recule en arguant de malentendus.

 

À la stratégie éventée du « deux pas en avant, un pas en arrière » se greffe celle dite du double discours, ou plutôt du discours le plus large qui permet de présenter tout ce que la formation à en rayon, de la position la plus extrême à la plus modérée. « Ils travaillent à une refonte irréversible de la société, mais ils sont desservis par un gouvernement sans réaction face aux dépassements des extrémistes », explique Zein Ennaifar, du parti El-Moubadara. Abdelfattah Mourou, qui connaît le mouvement de l'intérieur pour en avoir été l'un des fondateurs, affirme que « pour les islamistes la fin justifie les moyens, et [que] tous les moyens sont bons pour "islamiser" la société, y compris présenter un visage modéré afin de s'infiltrer et de parvenir au but ».

 

Si le gouvernement a ainsi perdu en crédibilité, la cote de Rached Ghannouchi, elle, est au beau fixe. Celui dont on dit qu'il « dirige » le pays s'est singulièrement démarqué de sa base militante et se positionne en arbitre au-dessus de la mêlée. Pour lui, « la Tunisie est un État musulman civil où légiférer revient aux représentants du peuple ». Mais, comme le remarque Abdelwaheb el-Hani, fondateur du parti Al-Majd et ex-sympathisant du mouvement, « l'organisation interne d'Ennahdha entrave l'évolution intellectuelle de ses membres, qui n'ont pas atteint le niveau de réflexion de Ghannouchi ».

 

 

Ennahdha peine aussi à gérer sa frange radicale et les salafistes. Formée en Irak et en Afghanistan, la branche djihadiste de cette nébuleuse, impliquée dans les accrochages de Rouhia en mai 2011 et de Bir Ali Ben Khlifa en février 2012, a même signé sa rupture avec le gouvernement en attaquant les forces de l'ordre. Avec le retour à l'islam fondamentaliste pour seul argument, ce qui n'était qu'un épiphénomène surmédiatisé a eu un tel impact sur la population qu'Othman Battikh, le discret mufti de la République, a rappelé que « nous n'avons pas besoin des divisions et des différences, parce que nous partageons la même foi », tandis que Mohamed Abbou, ministre chargé de la Réforme administrative, remettait les pendules à l'heure en assénant que « les salafistes doivent respecter le peuple tunisien qui les a libérés. Au moment où des militants luttaient contre la dictature de Ben Ali, eux avaient préféré aller se battre en Irak ». Ali Larayedh, ministre de l'Intérieur, n'exclut plus un affrontement avec les salafistes.

 

Certains suggèrent cependant qu'Ennahdha laisse faire ceux qu'elle considère comme ses « fils », car elle doit, à cinq mois de son congrès, ménager la chèvre et le chou. Mais les images de barbus hargneux ont fait le tour du monde, avec une incidence directe sur l'économie. « Si les touristes ont peur de venir, que dire alors des investisseurs ! » s'alarme Wided Bouchamaoui, présidente du patronat tunisien.

 

 

À travers la machine infernale de la troïka, Ennahdha aura en tout cas neutralisé - délibérément ? - ses deux alliés : Ettakatol a été vidé de sa substance et a perdu en crédibilité, tandis que le Congrès pour la République (CPR) s'est scindé entre pro-islamistes et démocrates. Mais les islamistes ont compris que les difficultés du gouvernement pourraient les affaiblir. D'où leur appel aux compétences de l'opposition, arguant que « si le gouvernement échoue, nous échouons tous », mais celle-ci a refusé. Afek Tounes, le Parti démocrate progressiste (PDP) et Ettajdid (ex-Parti communiste) ont au contraire choisi de rejoindre un front regroupant des formations modernistes, comme le recommandait l'ancien Premier ministre Béji Caïd Essebsi. L'influence de ce dernier a d'ailleurs le don d'irriter Ennahdha au point que Samir Dilou, porte-parole du gouvernement, a évoqué l'existence de « trois gouvernements », l'un à la Casbah, l'autre à Carthage et le troisième à La Soukra (où habite Caïd Essebsi). Le Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT), qui a fondé le Front populaire-14 Janvier, auquel se sont ralliés plusieurs partis de gauche, tente de retrouver une audience en adoptant un discours de proximité très réaliste. Quant aux destouriens, ils sont toujours là, cultivant leur réseau.

 


Mais de vieilles querelles ressurgissent et de nouvelles inimitiés se forgent. Le PDP en veut à Ennahdha, qu'il a défendue sous Ben Ali, ainsi qu'à Ettakatol, compromis dans la troïka. « L'opposition veut faire des islamistes un nouveau Ben Ali, un nouvel ennemi commun, note un observateur. Mais il est paradoxal qu'elle s'entête à vouloir fissurer le bloc d'Ennahdha au lieu de chercher à séduire les nombreux indécis. »

 

 

Contre-pouvoirs

 

D'autres contre-pouvoirs s'organisent. La société civile émerge, mobilise l'opinion et bénéficie de financements de la part d'organisations non gouvernementales. Les médias, eux, découvrent la pratique du quatrième pouvoir et imposent leur indépendance. Plus significative politiquement est l'entente entre les deux mastodontes que sont l'Union générale tunisienne du travail (UGTT) et l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (Utica, patronat), qui a pris de cours le gouvernement. Avec la capacité fédératrice des syndicats, ce rapprochement pèsera lourd dans les prises de décision. Enfin, l'administration, appareil séculier par excellence, fait de la résistance passive face aux changements qu'Ennahdha veut y apporter. Mais ce n'est pas tant par conviction qu'elle renâcle que par volonté d'être absoute de ses dérives sous Ben Ali.

 

 

La Tunisie vacille et opère sa mue. Le processus institutionnel a tenu la route jusqu'aux élections. Depuis, c'est l'immobilisme. La sécurité est de retour, mais les tensions persistent sous l'effet de l'augmentation des prix à la consommation.


Certains analysent l'apparente inexpérience du gouvernement comme une façade, pendant que se préparent en coulisse une refonte de l'administration et un remaniement de l'État moderne sur la base d'une Constitution taillée sur mesure par les islamistes - même sans référence à la charia. La crainte est que ce gouvernement légitime, mais provisoire, ne prenne la barre pour une durée indéterminée au prétexte qu'il agit selon les souhaits de ceux qui l'ont élu. Le Tunisien va-t-il être pris au piège de sa nature modérée ? En ne s'exprimant pas haut et fort, il ferait le jeu des intégristes, lesquels savent que ce « non-rebelle », qui a longtemps accepté le joug de Ben Ali, pourrait, par fatalisme, en supporter un autre.

 

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Selma Baccar

Élue du Pôle démocratique moderniste (PDM)
Cette productrice et réalisatrice tunisoise est une grande militante de la cause des femmes. Son film Fatma 75 lui a appris que « l’émancipation, bien qu’inscrite dans la Constitution, n’est pas entrée dans les mentalités ni dans les moeurs ». À 67 ans, elle défend la modernité et fustige « le discours complaisant des hommes politiques occidentaux sur les acquis des femmes tunisiennes en matière d’égalité et sur leur participation à la vie politique ».

 

 

Sahbi Attig

Président du groupe parlementaire d’Ennahdha
En février 2011, il affirmait que « le modèle que nous préconisons est une osmose entre l’identité arabo-islamique et les valeurs de modernité ». Aujourd’hui, il insiste pour que « la Constitution ne soit pas contraire aux principes édictés par le Coran et la Sunna du Prophète, source principale de la Loi fondamentale » et ajoute que « l’islam ne connaît pas de séparation entre la religion et la politique, et que la chose religieuse, dans l’islam, ne se limite pas à la sphère privée, mais est un principe de société organisant la sphère publique ».

 

 

Yadh Ben Achour

Ex-président de la Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution

Légitimé par son expertise de juriste et son action à la tête de la Haute Instance, il est, à 67 ans, l’un des spécialistes les plus consultés par l’Assemblée constituante sur le contenu de la future Loi fondamentale. Il souligne que « la philosophie des droits de l’homme correspond tout à fait à l’esprit révolutionnaire de l’islam des origines. Tous ceux qui lisent le Coran comme un code juridique ont totalement tort. Il faut voir derrière le texte la lumière de l’élan initial ».

 

 

Abderraouf Ayadi

Chef du groupe parlementaire du Congrès pour la République (CPR)

Très proche des islamistes, cet avocat de 62 ans affiche son soutien aux salafistes et a choqué en déclarant que « Habib Bourguiba était hostile à l’arabité et à l’islam ». Il se dit « plus compétent que l’ancien Premier ministre Béji Caïd Essebsi » et assène que « la priorité absolue pour le moment n’est ni le chômage, ni la crise économique, ni le développement, mais plutôt la sauvegarde de l’essence même de la révolution, à savoir les valeurs morales ».

 

 

Abdelfattah Mourou

Élu indépendant, dissident d’Ennahdha

Très respecté, cet avocat de 64 ans qui a cofondé Ennahdha avant de s’en éloigner pèse de tout son poids dans le débat. Hostile à la violence et à la contrainte, il affirme que « la démocratie est un mécanisme de gestion de la société permettant d’organiser la vie sociale, politique et économique du pays et qu’il n’existe aucun texte coranique interdisant le système démocratique ».

 

 

Brahim Kassas

Élu d’Al-Aridha Al-Chaabia (la Pétition populaire)

Chauffeur de louage de Kébili, dans le Sud, il a bourlingué en Europe et en Irak. Il arbore la coiffe des hommes de sa région et s’est fait remarquer par ses coups de gueule, non dénués de bon sens. « On est là pour répondre aux attentes du peuple. Notre devise devrait être “le peuple veut”. » Cette position le rend si populaire que les représentants d’Ennahdha tentent d’en faire un allié pour obtenir l’inscription de la charia comme unique source de législation dans la Constitution.

 

 

Iyed Dahmani

Élu du Parti démocrate progressiste (PDP)

Originaire de Bou Arada, à 70 km au sud-ouest de Tunis, au coeur du pays profond, cet ancien journaliste est connu pour ses prises de position fermes. Rapporteur de deux commissions de l’Assemblée constituante, il veut contribuer à la rédaction d’une Constitution démocratique. « Nous sommes porteurs des valeurs arabo-musulmanes. Il n’y a donc pas lieu de permettre, dans un État civil et démocratique, que la charia, dont les interprétations sont multiples, soit la source des lois. ». Jeuneafrique

 

 

 

 

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Un député de la Constituante propose de modifier le drapeau tunisien (MAJ)


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Lors de la séance de l’Assemblée nationale constituante d’aujourd’hui, vendredi 30 mars 2012, 

Ibrahim Hamdi, député islamiste du parti de la nation culturel et unioniste, a émis la proposition de remplacer le drapeau national par une nouvelle version qui comprendrait également l’inscription « Lé Ilah éla Allah » (Il n’y a pas d'autre dieu que Dieu).

 

L'élu de la constituante a également défendu le drapeau noir et blanc du jihad islamique, le qualifiant d’ «emblème de la nation et du monde musulman au pouvoir rassembleur et unificateur» et d’ajouter qu’étant donné que «l’ancienne constitution n’est plus valable, le drapeau devait également être modifié». Proposant ainsi un "mix" entre les deux drapeaux. businessnews

 

 

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«Ennahdha a déjà fait son choix pour être dans la voie de la laïcité bien loin de l’Islam et de la Chariaâ»

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Exclusif : Le leader des salafistes djihadistes, Seif Allah Ben Hassine alias Abou Yadh au «Temps»


•«Les détracteurs d’Ennahdha instrumentalisent le salafisme djihadiste pour discréditer ce parti auprès de son électorat réel et potentiel»


•«Je rends grâce à Allah qu’Ennahdha n’ait pas adopté la Chariaâ dans l’article premier de la prochaine Constitution, autrement on nous exécutera au nom de la Chariaâ»


• «Je n’ai pas lancé des menaces contre les juifs tunisiens mais contre les sionistes qui spolient les terres saintes en Palestine et tuent des innocents dans l’impunité totale»

 

On n’en finira pas paraît-il avec les accusations qui fusent de tout bord pour incriminer une partie ou une autre, pour la responsabiliser quant au déficit sécuritaire qui nous guette actuellement. Et bien entendu c’est le salafisme djihaddiste qui est aujourd’hui considéré comme étant à l’origine de tous nos maux. Nous avons tenté d’avoir la version des faits de l’une des figures de l’islamisme politique Seif Allah Ben Hassine, alias Abou Yadh. Le leader des salfistes djihhadites en Tunisie qui observe actuellement une période de ‘’silence médiatique’’ a bien voulu le rompre pour répondre à nos questions.

 

-Le Temps- :Est-ce que vous êtes prêts à retirer vos propos quant à la fin politique d’Aly Larayedh, le ministre de l’Intérieur ?

 

Abou Yadh : J’y tiendrai, tant qu’Aly Larayedh n’arrêtera pas de faire de fausses allégations à l’encontre des salafistes, sans pour autant en avoir les preuves. Si cet homme n’est pas capable d’être dans le rôle d’un politique qui rassure le peuple, il doit quitter ce poste et non pas jeter son dévolu sur les salafistes djihadistes pour fuir ses responsabilités. Nous ne prêchons pas la violence. Tous nos actes se résument actuellement à de la prédication morale et à des œuvres de charité. Nous étions présents pour aider les réfugiés libyens. Nos jeunes ont répondu présents également quand il était question de donner un coup de main à nos compatriotes en difficulté suite à la vague de froid et de chute de neige qu’a connu notre pays en hiver en organisant plusieurs convois. Nous avons un site qui en atteste, « Moltaqa Ansar Asharia » qui peut être traduit par « Rencontre des partisans de la Chariaâ ». Je suis persuadé que la Tunisie n’est pas une terre de Djihad mais elle est une terre de prédication religieuse.

 

Croyez-vous vraiment que vous devez soigner votre image de marque auprès de l’opinion publique tunisienne ?

 

On n’a pas à soigner notre image de marque car notre image n’est pas ternie aux yeux des gens qui prennent la peine de nous connaître de près pour éviter les préjugés. C’est facile d’accuser les gens mais le plus difficile est d’apprendre à les connaître. Nous ne voulons que du bien à notre pays et à nos compatriotes. Jamais et au grand nous n’avons traité de mécréants les Tunisiens. Ce ne sont que de fausses allégations médiatiques. Maintenant on brandit l’épouvantail salafiste pour effrayer le peuple tunisien. Les détracteurs d’Ennahdha instrumentalisent le salafisme djihadiste pour discréditer ce parti auprès de son électorat réel et potentiel.

 

Qu’en est-il des menaces de mort à l’encontre des juifs de Tunisie ?

 

Je peux vous donner les enregistrements du sit-in du dimanche dernier. Je défie quiconque me dira que j’ai appelé à tuer les juifs de Tunisie. Je n’ai pas lancé de menaces contre les juifs tunisiens mais contre les sionistes qui spolient les terres saintes en Palestine et tuent des innocents dans l’impunité totale.

 

Que pensez-vous de la décision d’Ennahdha de garder l’article premier de la Constitution dans la Constitution en cours d’élaboration ?

 

Je ne suis pas concerné par cette question encore moins par votre démocratie, l’ANC et ce gouvernement qui à mon sens n’est pas légitime. Que le gouvernement soit de gauche ou autre cela ne change rien dans ma vision des choses. Car on a beau vu des lois qui se légifèrent mais dans la pratique rien n’y est. Un gouvernement légitime est celui qui gouverne selon la parole divine. Je tiens à préciser que ce ne sont pas les salafistes qui étaient devant le siège de l’ANC pour appeler à l’adoption de la Chariaâ comme source d’inspiration unique de la Constitution. Carl’Assemblée nationale constituante n’est pas habilité selon nous à appliquer la Chariaâ. Honnêtement je peux vous dire que je remercie Allah qu’Ennahdha n’ait pas adopté la Chariââ dans l’article premier de la prochaine Constitution, autrement on déclarera la guerre contre nous et on nous exécutera au nom de la Chariâa. Ennahdha a déjà fait son choix pour être dans la voie de la laïcité bien loin de l’Islam et de la Chariâa. Jesuis sidéré de voir des nahdhaouis comme Ellouze ou Atig renoncer à leurs principes d’une manière surprenante. J’ai du respect par contre pour Ben Jaafar qui n’a pas fait entorse à ses principes en refusant toute adoption de la Chariaâ dans la Constitution et il s’en est tenu.

 

Pourquoi avez-vous décidé d’observer un silence médiatique actuellement ?

 

Ce n’est point pour fuir les médias et donc ma responsabilité de répondre aux questions concernant mon activité, mais tout simplement je veux éviter la cacophonie. On s’active actuellement à préparer une rencontre d’ici, fin avril, Inchallah.

 

Est-ce qu’il y aura Tarak Al Maaroufi à cette rencontre ?

 

Tarak Al Maaroufi est en Tunisie pour un séjour de dix jours seulement. Je ne l’ai pas encore rencontré, jusque-là.

 

Mona Ben Gamra, letemps

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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 09:04

Sur la trace de Sid’Ali

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Nous entamons dans trois semaines la célébration du centenaire de Ali Riahi. Le monde de la musique s’y prépare depuis un moment, le ministère de la Culture aussi. Il y a fort à parier, malgré les difficultés du contexte, que l’évènement va également compter pour les Tunisiens.

Ce ne sera pas, d’abord, un centenaire comme les autres. On en a déjà célébré  qui ne  correspondaient pas tout à fait à l’esprit des centenaires. Les centenaires de musiciens s’évaluent à des «ruptures historiques», à des apports nouveaux à partir desquels l’art musical s’engage sur des voies inusitées, propose des formes différentes, inaugure des époques où «rien ne sera plus comme avant». Après Sayyed Derwish en Egypte, la chanson arabe prit la tournure qu’on lui connaît encore aujourd’hui. Elle faussa compagnie au «dawr», au «quassid» et au «moachchah» anciens pour revêtir les moules et les structures plus dynamiques, plus concis du monologue et de la «taqtouquâ».

Ali Riahi fut, certes, un adepte de cette école dominante; il eut, cependant, la grande particularité, tout en se conformant à ses modèles , d’en «extraire» une chanson tunisienne spécifique, typique où influences orientales et influences locales convergeaient presque miraculeusement. Avant Ali Riahi la chanson tunisienne allait ou dans ce sens ou dans l’autre. Elle était ou complètement inspirée des modes orientaux (effet de l’expansion du disque égyptien dans les années 30-40) ou strictement rattachée aux «touboûs» tunisiens (dans le sillage du répertoire de la Rachidia naissante). Avec Ali Riahi, la synthèse était faite. Les deux sensibilités s’exprimaient dans une communion parfaite. On en est même venu à parler d’un «charqui» tunisien, du «rasd» et du «bayati» chantés à notre façon. «Fi dhaw el Koumaïra», par exemple, composée sur un «saba» pur terroir d’Égypte, mais qui avait des accents nôtres dans la voix de Sid’Ali. Ou encore «Ya chaghla bali» et «Yalli dhalemni», orientales de mélodie, prodigieusement tunisiennes d’expression.

Et «l’inverse» était aussi vrai. Des chansons, strictement tunisiennes au départ, se ponctuaient ou se concluaient de subtils «glissements» dans les «maqams charqis».
Ali Riahi fit de cette synthèse une école. C’est ce qui le distingua de ses illustres contemporains. Et c’est ce qui fait, à notre avis, qu’il marque beaucoup plus qu’eux les mémoires. C’est ce qui fait qu’il s’inscrit davantage dans l’histoire. Un centenaire de musicien ne se mérite et ne justifie qu’à ces conditions.

Jamais pareilles !

Sid’Ali eut surtout le génie de la composition. Ce n’était sans doute pas une voix exceptionnelle. Ce n’était pas, non plus, un musicien de formation. Il ignorait le solfège et ne savait jouer que du «târ». Mais il fut un créateur à nul autre pareil, doté d’un imaginaire et d’un savoir-faire par-delà toute limite. On lui compte aujourd’hui près de 500 chansons, identifiables à leur style, à leur atmosphère propre, ne ressemblant quasiment jamais les unes aux autres toutefois. Composer en si grand nombre et trouver toujours la mélodie originale, le motif à part, sont l’attribut des grands de la musique. Ils sont rares, très rares dans la chanson arabe. Chose édifiante : ils se reconnaissent toujours entre eux. Le regretté Ali Sriti nous racontait le voyage au Caire de Ali Riahi et la soirée qu’ils passèrent en compagnie de Mohamed Abdelwahab et de Farid Latrech : «Les deux n’arrêtaient pas de l’écouter et de lui commander des chansons de son répertoire, surpris, admiratifs à chaque fois. Jamais un artiste tunisien n’impressionna par  ses compositions personnelles des maîtres compositeurs de la dimension de Abdelwahab et de Farid!».

Souhaitons que tout cela soit bien mis en évidence lors des manifestations du centenaire. Pas toutes les 500 chansons (ce ne sera possible qu’à travers une compilation sur internet) mais toutes celles qui demeurent et toutes celles que l’on connaît plus ou moins. Le «rabâchage» seul de quelques succès d’écoute a déjà fait du mal aux centenaires de Jouini et de Jamoussi. Là, on sera sur la trace d’une icône, d’une figure emblématique de la chanson tunisienne. On part à la (re)découverte d’un monument !    Khaled TEBOURBI lapresse

 


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Pour plus d’information sur Ali Riahi

 

 


 

 

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Soirée en hommage à Ali Riahi, 30 mars 2012

Hommage au grand Artiste Tunisien  " Ali Riahi " avec la participation des artistes tunisiens : Adnane Chaouachi - Chahrazed Helal - Noureddine Béji - Mahrezia Touil - Hassen Dahmani - Rihab Sghaier - Sofienne Zaïdi - Asma Ben Ahmed - Raouf Maher - Marwa Griaa - Mohamed Dahleb - Anis Latif

 

Direction : Mohamed Laswed

Organisation : Ministère de la Culture .theatremunicipal-tunis.gov.tn

 


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____________________________________________La grande Oulaya chante Ali Riahi
 
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30 mars 2012 5 30 /03 /mars /2012 06:58

 

Les dirigeants arabes appellent le régime et l'opposition au dialogue


Les dirigeants arabes, réunis jeudi en sommet à Bagdad, ont appelé le régime syrien et l'opposition à un dialogue "sérieux" et rejeté toute intervention militaire en Syrie, où l'armée poursuivait ses assauts sur les villes rebelles. (c) Afp

Les dirigeants arabes, réunis jeudi en sommet à Bagdad, ont appelé le régime syrien et l'opposition à un dialogue "sérieux" et rejeté toute intervention militaire en Syrie, où l'armée poursuivait ses assauts sur les villes rebelles. (c) Afp

Les dirigeants arabes, réunis jeudi en sommet à Bagdad, ont appelé le régime syrien et l'opposition à un dialogue "sérieux" et rejeté toute intervention militaire en Syrie, où l'armée poursuivait ses assauts sur les villes rebelles.

A Damas, le président Bachar al-Assad a annoncé avoir accepté le plan de sortie de crise de l'émissaire international Kofi Annan, mais a lié sa réussite à l'arrêt des "actes terroristes", en référence aux opérations menées par les rebelles qui combattent le régime, des déclarations jugées "décevantes" par Washington.

A l'exception de la Tunisie, aucun des 21 pays représentés n'a appelé directement à un départ du président Assad lors de ce sommet de la Ligue arabe organisé à Bagdad pour la première fois depuis plus de 20 ans.

Dans sa résolution finale, les Arabes demandent au "gouvernement syrien et à toutes les composantes de l'opposition d'adopter une attitude positive envers la mission (de M. Annan) en entamant un dialogue national sérieux basé sur le plan soumis par la Ligue arabe et la résolution adoptée par l'Assemblée générale de l'ONU".

Ils se déclarent par ailleurs en "faveur de l'unité et la stabilité de la Syrie et contre toute intervention militaire".

Ils "condamnent les violations des droits de l'Homme contre les civils et considèrent le massacre de Baba Amr commis par les forces militaires et de sécurité syriennes comme des crimes contre l'humanité".

Baba Amr et d'autres quartiers rebelles de la ville de Homs (centre) ont fait l'objet de pilonnages incessants pendant des semaines par les autorités syriennes pour faire plier la révolte contre le régime, qui a éclaté en mars 2011 et dont les violences ont fait plus de 9.100 morts selon une ONG.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, présent au sommet, a appelé le président Assad à appliquer sans délai le plan de M. Annan qui prévoit la cessation des violences par toutes les parties, la fourniture d'aide humanitaire et la libération des personnes détenues arbitrairement.

Le président Assad a indiqué avoir accepté ce plan, soulignant que son pays "n'épargnera aucun effort pour (le) faire réussir", dans une déclaration rapportée par l'agence officielle Sana.

Le chef de la Ligue arabe, Nabil al-Arabi y a vu un "signe d'espoir" mais a jugé que le plan devait être appliqué "immédiatement".

M. Assad a cependant implicitement soumis sa réussite à l'arrêt du soutien apporté selon lui aux "groupes terroristes" (rebelles) par des pays de la région, sans les nommer.

"Pour faire réussir la mission d'Annan, il faut faire tarir les sources du terrorisme visant la Syrie et en provenance de pays qui ont annoncé avoir financé et armé les groupes terroristes", a-t-il dit.

Damas accuse des pays du Golfe, notamment l'Arabie saoudite et le Qatar, de financer et d'armer l'opposition.

Ces deux pays, qui se sont dits en faveur de l'envoi d'armes à l'opposition, ont boudé le sommet en n'y envoyant que des responsables de second rang.

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki s'est lui montré fermement opposé à cette idée.

"D'après notre expérience en Irak, armer les deux camps dans le conflit va conduire à une guerre régionale et internationale par procuration en Syrie", a-t-il dit. Cela "préparera le terrain pour une intervention armée étrangère en Syrie, ce qui porterait atteinte à la souveraineté d'un pays arabe frère", a-t-il dit.

Moncef Marzouki, le président de la Tunisie, où a été lancé le Printemps arabe, a eu des mots très durs envers le régime syrien et a appelé le président Assad à se retirer. "Il faut accroître la pression et convaincre ses derniers alliés que ce régime est mort, qu'on doit y mettre fin et qu'il n'a pas d'avenir".

Au total, dix chefs d'Etat des pays membres étaient présents au sommet. La Syrie en était absente car suspendue par la Ligue arabe en raison de la répression. Un responsable syrien avait indiqué récemment que Damas rejetterait par conséquent toute initiative émanant de la Ligue arabe.

L'Iran en revanche a tenu à afficher son soutien sans faille au régime syrien par la voix de son guide suprême l'ayatollah Ali Khamenei qui a affirmé que la république islamique "défendra la Syrie en raison de son soutien à la résistance anti-sioniste", en recevant le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan dans la ville sainte de Machhad (nord).

En Syrie, au moins 21 civils ont été tués jeudi dans des violences dans les provinces d'Alep (nord), d'Idleb (nord-ouest), de Homs et de Hama dans le centre de la Syrie, où 14 militaires et un rebelle ont également péri, selon une ONG syrienne. Par ailleurs, deux journalistes freelance, dont un Britannique d'origine algérienne, ont été tués lundi à la frontière syro-turque par l'armée syrienne, a indiqué Reporters sans frontières (RSF).

Le sommet de Bagdad, qui s'est tenu sous ultra-haute sécurité, officialisait aussi le retour de l'Irak dans la famille arabe et a été marqué par une visite historique de l'émir du Koweït, cheikh Sabah Al-Ahmad Al-Sabah, plus de vingt ans après l'invasion de son pays par les troupes de Saddam Hussein.

La rencontre de Bagdad marquait également l'arrivée sur la scène arabe d'une série de nouveaux dirigeants dans la foulée de la vague révolutionnaire qui a bouleversé la région depuis fin 2010. Le dernier sommet arabe s'était déroulé à Syrte (Libye) en 2010 et avait été présidé par le colonel Mouammar Kadhafi, déchu et tué depuis. tempsreel.nouvelobs


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Bachar Al- Assad veut "faire réussir" le plan Annan

 


Le président syrien Bachar Al-Assad, en janvier 2009.

Le président Bachar Al-Assad a affirmé jeudi 29 mars que son pays avait accepté le plan de sortie de crise proposé par l'émissaire international Kofi Annan, dans un message adressé au sommet des pays émergents des Brics qui s'est tenu à Delhi et repris par l'agence officielle SANA.

"La Syrie, dans le cadre de sa stratégie visant à mettre fin à la crise, a accepté la mission de Kofi Annan, émissaire spécial de l'ONU, et assure qu'elle n'épargnera aucun effort pour faire réussir cette mission", a spécifié M. Assad. Le président syrien a souhaité que M. Annan "traite l'ensemble des éléments de la crise, notamment internationaux et régionaux".

Kofi Annan, émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, a présenté un plan en six points approuvé par le Conseil de sécurité qui prévoit entre autres l'arrêt des combats, le retrait des armes lourdes et de l'armée des centres urbains et l'ouverture d'un dialogue politique.

"En contrepartie de l'engagement officiel à faire réussir la mission d'Annan, il est nécessaire d'obtenir des engagements de la part des autres parties, afin d'arrêter les actes terroristes commis par les groupes armés, leur retirer les armes, lesinviter à cesser de kidnapper les innocents, de les tuer et de détruire les infrastructures des secteurs public et privé", a appelé le président syrien. "Il fautconvaincre les Etats qui appuient les groupes armés en leur offrant l'argent et les armes, d'arrêter cela immédiatement", a indiqué M. Assad évoquant notamment"les pays voisins qui abritent ces groupes et facilitent les opérations terroristes en Syrie".

Des remarques jugées "décevantes" par les Etats-Unis. Mark Toner, un porte-parole du département d'Etat, a appelé M. Assad à mettre fin à la violence "aussi vite que possible".

RÉSOLUTION DE LA LIGUE ARABE

Réunis à Bagdad, en Irak, pour le sommet de la Ligue arabe, les dirigeants arabes ont adopté à l'unanimité une résolution appelant au dialogue entre le gouvernement syrien et les différentes composantes de l'opposition, ainsi qu'à l'unification de ces dernières. Les dirigeants arabes ont par ailleurs condamné les "crimes contre l'humanité" à Baba Amr.

La Ligue arabe a par ailleurs appelé à la mise en mise en œuvre "immédiate et complète" du plan Annan par le régime syrien. "La solution à cette crise reste entre les mains des Syriens, gouvernement comme opposition", a déclaré le secrétaire général de la Ligue, Nabil Elarabi.

Suspendue des instances de la Ligue arabe en novembre dernier, la Syrie ne participe à ce sommet, le premier en Irak depuis 1990. Damas a prévenu qu'il n'accepterait aucune initiative émanant de l'organisation panarabe mais traiterait avec les Etats individuellement.

NOUVELLES VIOLENCES

Les puissances occidentales restent sceptiques quant à la volonté du régime syrien d'appliquer le plan de Kofi Annan. Les affrontements entre forces et rebelles syriens ont encore fait au moins quinze morts jeudi. Dans la province de Hama (Centre), deux soldats ont trouvé la mort dans une embuscade et trois civils ont péri dans des accrochages, rapporte l'Observatoire syrien pour les droits de l'homme (OSDH). Dans celle d'Idlib (Nord), trois civils ont été tués dans un raid lancé par l'armée dans une région rurale proche de la ville de Maarat al Nouaman.

A Homs, trois personnes ont péri sous les balles de l'armée. Deux autres sont mortes dans des villages près de la frontière libanaise, toujours selon l'OSDH. Selon l'agence de presse officielle syrienne SANA, deux colonels de l'armée syrienne ont été assassinés à Alep (Nord) par quatre "terroristes".

Les Nations unies évaluent à neuf mille morts le bilan de la répression du soulèvement en Syrie. Damas fait état de trois mille tués dans les rangs des forces de sécurité. En outre, des experts de l'ONU et de l'Organisation de la coopération islamique (OCI) qui ont participé à une mission d'évaluation en Syrie ont conclu que plus d'un million de Syriens avaient besoin d'aide humanitaire, a indiqué jeudi l'ONU.

Près de 3 000 Syriens ont fui en Jordanie en trois jours

Près de trois mille Syriens ont trouvé refuge en Jordanie au cours des trois derniers jours, a indiqué une association caritative jordanienne, jeudi 29 mars. "Au cours des trois derniers jours, 2 450 Syriens ont trouvé refuge en Jordanie, et 500 sont entrés illégalement" dans le royaume, situé au sud de la Syrie, a indiqué Zayed Hammad, président de la Société musulmane de la tradition et du livre. "Nous avons enregistré 20 000 réfugiés syriens jusqu'ici", a-t-il ajouté.

La Jordanie a indiqué qu'environ quatre-vingt mille Syriens s'étaient réfugiés dans le royaume depuis le début de la contestation en Syrie, en mars 2011, la plupart d'entre eux étant hébergés par des proches dans les villes de Ramtha et de Mafraq dans le nord du pays. Un camp de réfugiés de 30 000 m2 est en cours de construction à Mafraq. lemonde
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