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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 02:31

Une possible privatisation de la production de l’électricité

 

Présent pour l'inauguration du Forum international de l'énergie durable WSEF (World Sustainable Energy Forum) tenu au Parc des expositions du Kram, le ministre de l'Industrie, Mohamed Lamine Chakhari, nous a déclaré qu'il est possible d'accorder à des sociétés privées, l'autorisation de produire de l'électricité.

 

Regroupant les professionnels du secteur des énergies durables et technologies vertes, la première édition du Forum international de l'énergie durable WSEF (World Sustainable Energy Forum) 2012, qui se tient du 14 au 16 novembre à Tunis, a été inaugurée par le chef du gouvernement Hamadi Jebali, avec la présence du ministre de l'Industrie Lamine Chakhari, Moncef Ben Salem ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique et Madame Wided Bouchamaoui présidente de l'UTICA.

 

Dans son discours prononcé lors de la première journée du Forum, le ministre de l'Industrie a déclaré que « Cette manifestation est une occasion pour découvrir les nouveautés dans le domaine des recherches scientifiques et technologiques», et d'ajouter que «le partage des expériences permettra de nouer des partenariats dans le domaine de l'économie Verte ». Le ministre a précisé que le gouvernement tunisien tient à l'économie verte en soutenant la participation des institutions économiques au sein du système de réhabilitation de l'environnement, la production propre et la gestion des technologies propres. «Le gouvernement tunisien a œuvré avec les parties concernées et la société civile pour mettre en place une stratégie pour la maîtrise de l'énergie et pour promouvoir les énergies renouvelables afin de faire face à l'augmentation continue des prix des carburants sur les marchés mondiaux, et mettre en valeur la richesse de la Tunisie en énergies alternatives».

 

Concernant la privatisation de la production de l'électricité en Tunisie, le ministre de l'Industrie nous a affirmé qu'« il est possible d'accorder l'autorisation à des sociétés privées pour la production de l'électricité ». «Nous sommes en train de revisiter le cadre législatif en question car actuellement la production et la distribution de l'électricité sont propres à la STEG (Société Tunisienne d'Electricité et de Gaz), et les conditions des activités de ces sociétés seront bien étudiées aussi bien dans les centrales classiques qu'en ce qui concerne les énergies renouvelables».

 

EnerSol 2012 se tient du 14 au 16 novembre et réunit des exposants provenant de 15 pays, parmi lesquels l'Allemagne, la Chine, l'Espagne, l'Italie, la France et les Etats-Unis, ainsi que des spécialistes tunisiens et internationaux, autour d'un thème d'avenir : «Les énergies durables et les technologies propres.». L'évènement s'inscrit dans le cadre de «L'année internationale de l'énergie durable pour tous», déclarée par de l'assemblée générale des Nations Unies. Au programme de ce forum, des expositions des professionnels du secteur, galerie de l'innovation, des Forums politiques, scientifiques, technologiques, de la société civile et emplois verts.  http://www.tekiano.coml

Vous pouvez suivre l'actualité d'EnerSol sur ce lien http://www.enersol-wsef.com/.

 

 

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Tunisie/Europe : Quelles implications du statut de partenariat privilégié ?

Rafik Abdessalem et Stephane Füle.La Tunisie a accédé au statut de partenaire privilégié de l’Union européenne, et ce à l’occasion de la 9ème session du conseil d’association tuniso-européen, tenue le lundi 19 novembre à Bruxelles sous la coprésidence de Rafik Abdessalem, ministre des Affaires étrangères tunisien, et Štefan Füle, commissaire à l'élargissement et à la politique européenne de voisinage, et en présence d’Erato Kozakou-Marcoullis, ministre chypriote des Affaires étrangères, dont le pays assure la présidence tournante de l’Union européenne. 

Cet accord prévoit un plan d’action visant à développer la coopération entre la Tunisie et l’Union européenne dans les différents domaines sur la période 2013/2017. Ce qui induit une intensification du dialogue politique, la mise en place de formules contractuelles pour un échange économique plus approfondi et plus global, à même de permettre une plus grande intégration économique dans le marché intérieur européen, et d’ouvrir de nouveaux horizons aux exportations tunisiennes, annonce un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Le plan d’action prévoit un renforcement de la coopération dans le domaine de la recherche scientifique, des affaires sociales, et de la facilitation de la circulation des personnes sur la base d’une approche globale envers la question de l’immigration, la création de postes d’emplois notamment dans les régions démunies, et le renforcement du soutien financier européen à la Tunisie, à travers les différents mécanismes de coopération européens, ajoute le communiqué. 

"Nous avons mis en place un plan d’action.  Nous allons définir nos priorités et notre vision de ce partenariat, la partie européenne va faire de même et nous allons parvenir à une formule consensuelle au service des intérêts des deux parties", a déclaré hier le chef de la diplomatie tunisienne au 20 heures d’al-Wataniya. 

Le nouvel accord de partenariat tuniso-européen embrasse tous les secteurs : sécurité, immigration, recherche scientifique, ouverture du ciel, secteur agricole et services. L’accord d’association entre la Tunisie et l’Union européenne signé en 1995 a excepté jusque-là l’agriculture et les services soumis à des négociations spécifiques.  

Ce nouveau plan d’action offre "une feuille de route ambitieuse qui traduit la volonté de la Tunisie de développer les réformes dans tous les domaines", a dit stephan Füle. Il fournit "le cadre stratégique pour l'accompagnement de l'UE aux réformes et au processus démocratique en Tunisie", a-t-il déclaré dans une conférence de presse relayée par le site de la délégation de l’union européenne en Tunisie.

Les deux parties ont convenu d'entamer les négociations pour un accord de ciel ouvert, a-t-il indiqué. "Nous sommes convaincus qu'une conclusion rapide de ces négociations profiterait sensiblement au tourisme, à l'emploi et à la reprise économique en Tunisie".
 
Cet accord offre l’opportunité à la Tunisie d'une intégration progressive de son économie dans notre marché intérieur. "Cela permettra non seulement d'améliorer l'accès au marché et de stimuler les réformes, mais aussi d'envoyer un signal clair d'ouverture et de confiance aux investisseurs", a ajouté le commissaire européen.
 
Il a promis "des progrès rapides" dans les négociations sur le partenariat de mobilité qui permettront "d'offrir une première réponse concrète et symbolique aux attentes des Tunisiens en matière de mobilité et d'échange de main d'œuvre".
 
Pour rappel, la Tunisie a demandé l’accession au statut avancé auprès de l’UE sous l’ancien régime, mais l’Europe n’a pas accédé à ses sollicitations répétées, en protestation des violations et des abus constatés en matière de démocratie et de droits de l’Homme.

L’accession de la Tunisie à ce statut suscite des grincements de dents dans certains milieux politiques et de la société civile, qui invoquent la fragilité de l’économie tunisienne incapable de concurrencer les économies européennes, s’agissant notamment du secteur agricole. 

L’union européenne est le premier partenaire de la Tunisie, et polarise 80 % de nos échanges économiques. http://www.gnet.tn

 

 

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Le  statut de partenariat privilégié : El Watania fait son show 

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Tunisie - UE : Partenaire privilégié…Ni partenaire ni privilégié ?

 

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Le 19 novembre 2012 est un jour à marquer d’une pierre blanche pour la Tunisie, elle accède, enfin, au statut de partenaire privilégié de l’Union Européenne. Statut langui, cependant, au processus lent et endigué durant des années par la fameuse question des droits de l’Homme du temps de Ben Ali. 
Ainsi l’accord entre la Tunisie et l’UE a-t-il été signé à l’occasion de la 9ème session du conseil d’association tuniso-européen, tenue le lundi 19 novembre à Bruxelles sous la coprésidence de Rafik Abdessalem, ministre des Affaires étrangères tunisien, et Štefan Füle, commissaire à l'élargissement et à la politique européenne de voisinage, et en présence d’Erato Kozakou-Marcoullis, ministre chypriote des Affaires étrangères. 

Cet accord prévoit une consolidation de la coopération entre les deux parties prenantes ayant trait à divers domaines, à savoir : la recherche scientifique, les affaires sociales, la circulation des personnes (en la facilitant par le biais d’une approche globale concernant la question de l’immigration), la création d’emplois (notamment dans les régions démunies) ainsi que l’aide financière. Bref, l’UE s’engage envers la Tunisie, sur une période de cinq années, à lui apporter l’assistance technique et financière à même de hisser les secteurs de l’économie nationale et par ricochet, ériger la position de la Tunisie dans la sphère méditerranéenne. De quoi nous en mettre plein la vue !

Les résultats escomptés de ce partenariat se dessinent sur trois grandes lignes : le doublement des aides financières, l’accessibilité des produits agricoles au marché européen et la promotion des industries tunisiennes. Et c’est congrûment, ce croquis qui pose un franc souci pour une jolie frange d’économistes et de politiciens de chez nous. Voici le scénario appréhendé par ceux-là : ce partenariat embrassant davantage l’annonce politique, a de grands airs de contrecarrer la réformation du tissu économique. Et ce n’est guère les arguments qui manquent : du côté du secteur agricole, et eu égard à l’état des lieux actuel, les produits que la Tunisie pourra exporter sur le marché européen ne seront nullement compétitifs. Sachant que l’agriculture fait vivre plus de 12% de la population, ce secteur assume deux rôles : économique et social. De ce fait, il pèse lourd dans l’assiette économique nationale, et accuse, pourtant, un manque criant de structures de financement et de progrès technique. 

La Tunisie ne devra donc souffrir aucun compromis sur la question de l’agriculture, à défaut de quoi, l’emploi en pâtira, et le système social sera déséquilibré. En 1995, lorsque la convention de la zone de libre-échange a été signée entre la Tunisie et l’UE, une étude prospective sur l’impact de ce partenariat sur l’agriculture, a été menée. Le but étant de palper les différents risques encourus et dénicher les remèdes nécessaires, si moyen est. Seulement voilà, pour le statut de partenaire privilégié, aucune autorité de tutelle n’a daigné entreprendre des enquêtes types, par surcroît, dans le contexte d’une conjoncture économique nationale et internationale sujet à caution. 

Hamma Hammami, porte parole du Front Populaire, qui a, à ce titre, organisé une manifestation contre l’accord du statut privilégié devant la Kasbah, a crié haut et fort son refus de cet accord, en l’occurrence sur le plan de la forme. Selon M. Hammami, un gouvernement provisoire n’est pas habilité à négocier des accords stratégiques qui engagent la Tunisie sur le long terme. Bien entendu, le fait que l’ensemble des partenaires sociaux n’aient pas été consultés au préalable dans les négociations de l’accord, a de même été motif de contestation. 

Un autre secteur est également en ligne de mire, celui des services. La Tunisie est appelée, dans le cadre du partenariat privilégié, à libérer le secteur des services, en ce sens que des entreprises européennes auront la possibilité d’y accéder. Ainsi pourront-elles, à titre d’exemple, répondre à des appels d’offre en Tunisie. Néanmoins, la réciprocité dans ce cadre ne peut être vérifiée. Comment ? En fait le secteur des services en Europe est difficile à libérer en l’absence de la liberté de circulation des personnes. S’ajoute à cela, la complexité de l’obtention des visas pour les entreprises tunisiennes afin qu’elles puissent s’installer sur le marché européen.

Contrairement au Front Populaire et ses partisans, Mahmoud Baroudi, député de l’Alliance démocratique, a salué, lui aussi haut et fort, la signature de l’accord du statut avancé. Il déclare sur les ondes d’une radio régionale que : « C’est un statut exceptionnel, qui nous honore, cela prouve que nous avons réalisé des progrès, malgré les difficultés qui ont jalonné le pays. Je le considère comme le couronnement du processus révolutionnaire du peuple tunisien ». M. Baroudi ajoute, en outre, que l’attribution à la Tunisie du statut d’observateur au sein du Conseil d’Europe ne peut être qu’une fierté pour l’ensemble des Tunisiens ainsi qu’une opportunité à ne pas laisser filer pour eux, en s’appuyant sur la question des droits de l’Homme.

Par ailleurs, il a été question d’un don pour la Tunisie, toujours dans le cadre de l’accord, et un don pas des moindre : 68 millions d’euros. Et ce n’est pas tout. Car, chaque année, la Tunisie pourra bénéficier d’un soutien financier variant entre 400 et 600 millions d’euros. Cette somme colossale représente un renflouement des caisses de l’Etat d’un ordre « privilégié », et le budget de l’Etat bénéficiera de ses conséquences, plutôt généreuses. 

Et c’est là que nous serons tentés de nous demander : « où est le défaut alors ? » Parce qu’en harpant les lignes de l’accord du statut privilégié, nous comprenons que c’est « tout bénef » pour la Tunisie et l’économie nationale. Toutefois, le bémol est là, bien présent : l’Union européenne affiche un intérêt particulier à la Tunisie et aux pays de la région méditerranéenne, craignant les perturbations d’ordre politique et social, par surcroît. L’Europe mise gros sur le fleurissement de la croissance économique dans la région, en vue de réduire les disparités sociales et le taux de chômage, ce qui fermera la porte à l’immigration. Oui, car l’Europe ne veut plus s'ouvrir à nos immigrés, qu’ils soient légaux ou clandestins d’ailleurs. Bien que le quota fixé par l’UE en termes d’immigration n’ait jamais été atteint, le flux migratoire a encore, selon l’Europe, besoin d’être maîtrisé. 

Force est de constater que si par le passé, l’UE hésitait à nous accorder le statut de partenaire privilégié à défaut de la question des droits de l’Homme, la Tunisie aurait dû emprunter son attitude quant à la question de l’immigration, sur laquelle, il semblerait que l’Europe ne fera pas de concessions. 

Le statut de partenaire privilégié était une jolie invention d’Angela Merkel, chancelière allemande. Se trouvant entre le marteau du refus de l’Europe de l’adhésion de la Turquie à l’Union et l’enclume de la Turquie qui mettait un point d’honneur à insister sur la reconnaissance de son adhésion, la première femme à être devenue chancelière du gouvernement allemand a pioché le concept de partenaire privilégié. Alors que le chef de la diplomatie allemande ne connait ni ne reconnaît le contenu du statut avancé. D’ailleurs, un des membres du gouvernement allemand avait même déclaré à l'époque « qu’il n’y a ni partenaire, ni privilégié. » 

Les avis demeurent mitigés sur le statut du partenaire privilégié. Cinq années d’engagement, des feuilles de routes en cours d’élaboration, des traits d’horizon pas suffisamment clairs, et point d’orgue : la situation politique, économique et sociale en Tunisie est encore embrouillée. Le moment était-il alors, réellement opportun pour la signature de cet accord ? En tous cas, s’il s’avère que le gouvernement provisoire actuel aurait commis une bourde à travers cet accord, il ne sera pas évident qu'il réponde de ses actes.   Nadya B'Chir www.businessnews

 

 

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Le statut privilégié avec l'UE critiqué par l'opposition


Malgré les arguments des dirigeants tunisiens, la signature lundi à Bruxelles du statut privilégié de la Tunisie avec l'Union Européenne (UE) a suscité une polémique sur la scène politique et socio-économique du pays partant d'une manifestation populaire pacifique jusqu'aux critiques émanant de politiciens et économistes.

Après ce statut privilégié avec l'UE, la Tunisie bénéficiera d' un don d'une valeur de 68 millions d'euros, d'autant plus que l'Europe a octroyé à la Tunisie un autre don de 120 millions de dinars (environ 60 millions d'euros) en marge de la 9e session du Conseil d'association Tunisie-UE, information confirmée par l' agence de presse tunisienne.

L'accord politique signé entre la Tunisie et l'UE sur un partenariat privilégié "est doté d'un nouveau plan d'action qui offre une feuille de route ambitieuse qui traduit la volonté tunisienne de développer les réformes dans tous les domaines", a déclaré mardi à la presse la directrice de la collaboration euro- méditerranéenne du ministère tunisien de l'Investissement et de la Coopération internationale Mme Kalthoum Hamzaoui.

Selon elle, le statut privilégié de la Tunisie avec l'UE " facilitera la mobilité et le déplacement des Tunisiens et surtout ouvrira les portes de l'immigration étudiée aux Tunisiens", notamment au niveau de l'attribution des visas aux étudiants et aux fournisseurs de services qui impliquent les médecins, ingénieurs, informaticiens (..).

Après des négociations démarrées depuis 2008, ce statut favorisera à certaines filières tunisiennes l'accès au marché européen tout comme l'agriculture, les normes, les réglementations ainsi que le programme de mise à niveau, toujours selon l'experte tunisiennes dans les affaires européennes Mme Hamzaoui.

Malgré l'importance des bénéfices qui en découleront, le statut privilégié de la Tunisie avec l'UE a été critiqué par une tranche de la classe politique tunisienne et d'anciens responsables économiques tunisiens.

L'ex-ministre tunisien des Finances M. Houcine Dimassi a déclaré à la presse que l'octroi de ce statut à la Tunisie pourrait avoir des répercussions positives, "mais il faut traiter cette affaires avec vigilance".

Selon M. Dimassi, "la Tunisie ne pourrait aucunement concurrencer les pays européens dans les secteurs agricole et des services d'où la Tunisie devra accepter par étape les différentes dispositions de la convention avec l'UE".

D'un autre côté, le coordinateur général du Mouvement unifié des nationalistes démocrates (parti de l'opposition) Chokri Belaïd a prévenu que le statut privilégié avec l'UE "renforce la dépendance économique et nuira à l'indépendance de l'économie nationale tunisienne".

M. Belaïd est même allé dire que "l'actuel gouvernement provisoire n'est pas habilité à conclure ce genre de convention internationale qui menace la situation sociale et économique du pays". 
maghrebemergent

 

_____________________________________________________________Historique 

Logo de la Commission européenne

 

La Tunisie a été le premier pays méditerranéen à signer un Accord d'Associationf_pdf_16.gif avec l'Union européenne en juillet 1995. L'accord constitue la base juridique des relations UE-Tunisie. Dans le cadre de coopération actuel, la Politique Européenne de Voisinage, la Tunisie a été un des premiers pays pour lesquels un Plan d'Action f_pdf_16.gif établi de commun accord entre la Tunisie et l'Union européenne est entré en vigueur (le 4 juillet 2005). La Tunisie a été le premier pays du sud de la Méditerranée à établir une zone de libre-échange avec l'Union européenne pour les produits industriels, le 1er janvier 2008, avec deux ans d'avance. Le 19 mars 2010, la Tunisie a présenté un document sur ses propositions concernant le "statut avancé" dans les relations UE-Tunisie. Un nouveau Plan d'Action (2012-2016) dans le cadre d'un partenariat privilégié' est en cours de négociation depuis le début de l'année 2012 en vue d'une adoption lors de la réunion du Conseil d'Association le 19 novembre 2012.

Programmes de coopération 2007-2013

Depuis 2007, les priorités de l'Union européenne en matière de coopération financière avec la Tunisie sont mises en place en vertu de l'Instrument européen de voisinage et de partenariat. Le Document de stratégie pays constitue le cadre stratégique de la coopération de l'Union européenne avec la Tunisie et couvre actuellement la période allant de 2007 à 2013.

En plus du financement bilatéral sous l'Instrument européen de voisinage et de partenariat (y inclus la coopération au travers les jumelages), la Tunisie bénéficie également  de l'appui de plusieurs programmes thématiques.

Suite à la Révolution de 2011 en Tunisie, l'Union européenne a réagi rapidement en reconnaissant les nouveaux défis de transition politique et économique auxquels la Tunisie doit faire face ainsi que la nécessité d'adapter sa relation avec la Tunisie pour appuyer les nombreuses réformes à engager dans ce pays et dans la région voisinage sud. L'assistance financière allouée à la Tunisie a donc été considérablement augmentée pour la période 2011-2013.

Reconnaissant le prossesus de réformes engagé par la Tunisie depuis la révolution, l'Union Européenne a également décidé de faire de la Tunisie le premier pays bénéficiaire du nouveau programme SPRING (Support for Partnership, Reforms and Inclusive Growth) qui a été mis en place pour les pays du voisinage sud. Ce programme vise à soutenir, avec des financements additionnels, les pays qui montrent un réel engagement et qui font des progrès dans la mise en œuvre des réformes democratiques et économiques. La Tunisie a donc ainsi bénéficié de 20 millions € sous SPRING en 2011 et de 80 millions € en 2012. Il apurera en priorité les soins de santé dans les régions défavorisées; la relance économique et la compétitivité des services; le secteur de la justice et la société civile.

L'Instrument Européen de Voisinage et de Partenariat

Dans le cadre du Document de stratégie pays 2007-2013 f_pdf_16.gif, deux programmes indicatifs nationaux (PIN) définissent les priorités de la coopération financière pour les périodes 2007-2010 et 2011-2013.

Le PIN 2007-2010 f_pdf_16.gif prévoit une enveloppe globale de 300 millions €, en se concentrant sur (1) la gouvernance économique, la compétitivité et la convergence avec l'Union européenne (123 millions €), (2) l’amélioration de l'employabilité (65 millions €) et (3) la croissance et le développement durable (environnement/énergie, eau, recherche et innovation, 112 millions €).

Le PIN 2011-2013 f_pdf_16.gif qui prévoyait un budget indicatif initial de 240 millions € a été revu au lendemain de la révolution de 2011 et a été augmenté de 150 millions € soit un total de €390 millions.

Jumelages

La Tunisie est un pays qui bénéficie de l'Instrument Jumelage (Twinning) et des programmes TAIEX (Technical Assistance Information Exchange) et SIGMA (Support for Improvement in Government and Management) qui permettent aux pays bénéficiaires comme la Tunisie d'avoir des jumelages avec des administrations des différents Etats Membres de l'Union européenne pour avoir des expériences de rapprochement, d'application et d'exécution de la législation de l'UE ou d'améliorer leurs institutions publiques et systèmes de gestion.

De plus, il y a des programmes de coopération bilatérale qui viennent également apporter une complémentarité à ces jumelages. Il y a eu le programme d'appui à la mise en œuvre de l'Accord d'Association (P3A) de 20 millions € qui a permis le financement de 17 jumelages; le programme d'appui à la mise en œuvre de l'Accord d'Association et du Plan d'Action Voisinage (P3A2) de 30 millions € qui a permis le financement de 19 jumelages; le programme d'appui à l'accord d'association et à la transition de 10 millions € adopté en mars 2012 et qui a déjà permis le financement de 8 actions dans les domaines suivants: processus constitutionnel, lutte contre la torture, soutien à la radio tunisienne, prévention des violences faites aux femmes, protection des migrants/demandeurs d'asile, ainsi que le processus de récupération des avoirs mal acquis.

Une seconde phase du programme d'appui à l'accord d'association et à la transition (P3AT II) d'un montant de 15 millions € est en cours de préparation pour une adoption par la Commission d'ici la fin de l'année 2012.

Programmes thematiques

Au-delà de l'instrument bilatéral géographique tel que défini dans les programmes indicatifs nationaux, la Tunisie est également éligible au titre des programmes thématiques notamment l'instrument européen pour la démocratie et des droits de l'hommel'instrument pour la stabilité, le soutien aux acteurs non-étatiques et autorités locales dans le développement, au développement social et humain et aux questions relatives aux migrations et à l'asile.

Depuis la Révolution de 2011, un fort besoin d'appui à de nouvelles thématiques en lien direct avec la bonne gouvernance (axe transversal du PIN 2011-2013) s'est exprimé et a conduit à la mise en œuvre de nouveaux projets.

La coopération jusqu'en 2006

Programme MEDA

La coopération avec la Tunisie a commencé dans le cadre du programme MEDA (1995-2006), l’instrument financier principal du processus de Barcelone.

La Tunisie a été un des principaux bénéficiaires de ce programme. L'engagement annuel moyen s'est élevé à 80 millions € et la performance dans la mise en œuvre des programmes qui en ont découlé peut être jugée comme très satisfaisante. Dans le cadre de MEDA, des fonds ont été concentrés sur un nombre limité de secteurs prioritaires. La stratégie de coopération financière de la Commission européenne avec la Tunisie vise principalement à trouver le juste équilibre entre l'action dans le domaine politique et dans les domaines économique et social. L'aide communautaire a été mise en oeuvre par le biais de projets traditionnels et de programmes d'appui budgétaire.

Pendant la première phase du programme MEDA (1995-1999), les engagements de 428 millions € ont résulté dans des paiements de 168 millions €, soit un taux d'exécution de 39%. Au titre de MEDA II (2000-2006), ce pourcentage a considérablement augmenté: 95% des 517,6 millions € engagés ont été effectivement décaissés.

Informations complémentaires

Pour des informations sur la politique de l'Union européenne et la politique de voisinage et de partenariat avec Tunisie, veuillez consulter le site web du service européen pour l'action extérieure.

Pour en savoir plus sur les relations de l'Union européenne et de la Tunisie, veuillez consulter le site web de la Délégation de l'Union européenne en Tunisie. Pour de plus amples informations sur les questions commerciales, veuillez consulter le site web de laDirection Générale du Commerce (disponible seulement en anglais).  http://ec.europa.eu

 

 

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Les grandes lignes du budget de l’Etat pour l’exercice 2013

 

 

 
 

 

 

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Selon le ministre tunisien des Finances par intérim M. Slim Besbes,le budget de l’ Etat tunisien pour l’ exercice 2013 qui vient d’ être finalisé par le gouvernement est estimé à 26,8 milliards de dinars (16,88 milliards USD) soit une hausse de 4,9% par rapport aux prévisions de 2012.

 

 

S’adressant mardi aux médias tunisiens et étrangers, M. Besbes a passé en revue les différents aspects de ce budget d’Etat 2013, ses dimensions, ses ressources, ses objectifs ainsi que les hypothèses qui étaient derrière son élaboration.

 

Les dirigeants tunisiens se sont référés dans ce sens à cinq hypothèses à savoir les prévisions de l’année 2013, la moyenne des cours de pétrole, la poursuite de la réalisation des programmes de développement, le renforcement du rôle social du budget d’Etat ainsi que l’accomplissement des engagements internes et externes de l’Etat.

 

L’ économie tunisienne aurait en 2013 une croissance estimée à 4,5%, a fait savoir M. Besbes admettant que la moyenne du prix d’ un baril de pétrole est de 110 dollars et que le taux de change du dollar est d’ environ 1,580 dinar. Sur le plan social, le budget de l’Etat tunisien pour 2013 prévoit la création de bon nombre de nouveaux emplois notamment à travers le recrutement de 23 mille agents de la fonction publique outre l’ accélération du rythme de réalisation de projets de développement dans les régions intérieures.

 

SPECIFICITES DU BUDGET D’ETAT 2013

Au niveau des ressources, le gouvernement tunisien fera de plus en plus recours aux ressources nationales qui représentent désormais 75% du total des ressources en Tunisie. "Cette mesure permettra certes de limiter et maitriser l’endettement publique", selon le ministre tunisien des Finances par intérim M. Slim Besbes. Pour la première fois en Tunisie, le budget de l’Etat sera financé par des "Soukouks" (bons de trésor) islamiques d’une valeur avoisinant 1.000 millions de dinars. De plus, une nouvelle approche fiscale sera proposée afin de concrétiser la justice fiscale entre toutes les catégories sociales mais également pour renforcer la caisse de l’Etat tunisien.

 

Pour ce qui est des dépenses, 77% des dépenses de gestion parviennent de la contribution des rémunérations, selon une déclaration officielle sur le projet du budget d’Etat pour 2013, transmis mardi à l’Agence de presse Xinhua. Le document révèle que la subvention directe de l’Etat (produits de base, hydrocarbures et le transport) gardera un taux élevé de 4 200 millions de dinars ou l’équivalent de 5,4% du PIB contre 5,9% en 2012. Le projet du budget de l’Etat tunisien pour 2013 se veut capable de préserver au maximum les équilibres généraux de l’économie du pays, partant de la maitrise des équilibres financiers et l’ambition de limiter l’endettement dans les besoins de la Tunisie.

 

Il s’agit notamment de ne pas borner le déficit budgétaire (sans tenir compte de la privatisation et les dons) à 5,9% du PIB contre des prévisions 2012 de 6,6%. Les responsables de l’économie tunisienne essayeront également de ne pas dépasser un plafond de 47% en matière d’endettement public fin 2013. D’après les chiffres du ministre tunisien des Finances par intérim, le budget d’Etat 2013 réservera 62% des dépenses de gestion au profit du secteur social et 63% des dépenses de développement pour le secteur économique.

 

ASPECT PROSPECTIF ET EFFETS DANS RETRO

 

Les prévisions de l’exercice 2013 en Tunisie ont été étudiées dans le cadre d’une "vision prospective" à moyen terme fondée essentiellement sur la "régression progressive" au niveau du déficit budgétaire et la baisse du taux d’endettement, comme l’a souligné M. Slim Besbes lors d’un point de presse. Durant les cinq prochaines années (2013-2017), le taux de croissance économique de la Tunisie devrait passer de 4,5% en 2013 à 5,1% en 2014, 6,3% en 2015, 6,5% en 2016 pour toucher 7% en 2017. Quant au déficit du budget d’Etat, il est estimé en 2017 à 2,5% contre 3,1% en 2016, 4,1% en 2015, 5,3% en 2014 et 5,9 en 2013, toujours selon le document du budget d’Etat 2013.

 

D’ après le ministre tunisien des Finances par intérim, toute hausse d’un dollar du prix d’un baril de pétrole coûte pour la Tunisie des dépenses supplémentaires d’environ 32 millions de dinars (un dinar vaut 0,63 USD). D’un autre côté, toute augmentation de 10 millièmes (un dinar tunisien se divise en mille millièmes) dans le taux de change du dollar coûte à l’Etat tunisien 27 millions de dinars.

 

Après la finalisation du projet du budget de l’Etat pour l’année 2013, le gouvernement tunisien estime que la concrétisation de toutes ces prévisions reste tributaire de l’amélioration du climat économique à l’étranger principalement de la zone Euro et en Libye.

 

Un autre facteur pourrait être fondamental, selon M. Slim Besbes, à savoir la multiplication des efforts des tous les Tunisiens afin de soutenir des réformes ayant trait notamment au dispositif de subvention, à la politique fiscale et financière, au processus de développement en plus de l’accélération de la mise en place d’une approche de gestion budgétaire en adéquation totale avec les objectifs globaux du pays. afriscoop.net

 

 

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Published by thala solidaire.over-blog.com - dans Tunisie : Économie_ Environnement_(Lampedusa)
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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 19:32

Sous la présidence de Bourguiba, j’ai été torturé, emprisonné de nombreuses fois dont la dernière en 1972 (2 ans 3 mois) et enfin écarté de toutes les universités de la Tunisie … Toujours, pour des raisons politiques.  

Depuis (1975) je vis dans l’exil, en France puis au Canada… Tout ce parcours ne m’a jamais cependant conduit à mépriser ou à détester Bourguiba… Je pense encore que ce personnage fut une Lumière pour la Tunisie…

 Écouter maintenant son analyse du triptyque « savoir-citoyenneté-nationalisme »… C’est majestueux !     Noureddine Mansri Bourougaa 

 

Archives 

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... Et son point de vue sur la question palestienne
 

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 04:28

GAZA : LES ANONYMOUS ATTAQUENT ISRAËL

 

Affiche des Anonymous Affiche des Anonymous

 

L'Etat hébreu a été la cible de 44 millions de cyber-attaques. Une liste de 35.000 e-mails avec mots de passe a été publiée.

 

44 millions. C'est le nombre "de cyber-attaques détectées contre les sites web du gouvernement", rapporte Israël, dimanche 18 novembre. Après le début de son offensive sur la bande de Gaza, l'Etat hébreu est devenu la cible du mouvement desAnonymous.

 Les cyber-militants dénoncent dans un communiqué "le traitement barbare, brutal et méprisable du peuple palestinien" par l'armée israélienne, Tsahal. "Le Guardian" précise que 10 millions d'attaques ont visé le seul site du président israélien.

 Les Anonymous ont ainsi lancé plus de 700 attaques contre différents sites web d'institutions publiques et privées pour protester contre les raids israéliens. Le groupe a même affirmé avoir réussi à supprimer la base de données de la Bank of Jerusalem et bloqué le site du ministère des Affaires étrangères. Dans un autre communiqué, les cyber-militants annoncent leur intention de "frapper tout site internet dont nous estimons qu'il fait partie du cyberespace israélien en représailles de la maltraitance du peuple à Gaza".

 

Le groupe revendique une défense "du peuple palestinien oppressé", mais aussi "la liberté pour la Palestine".

"La guerre se déroule sur trois fronts"

Toutes ces attaques ont débouché sur de nombreux piratages de sites (rendus inaccessibles ou ayant vus leur page d'accueil modifiée). Les Anonymous ont également récupéré et publié une liste de 3.000 personnes (nom, prénom, adresse et téléphone) soutenant l'organisation sioniste américaine Unity Coalition for Israel (UCI). Le groupe a également dressé une liste de 35.000 adresses e-mail accompagnées de leur mot de passe de citoyens israéliens, sans préciser le lien entre celles-ci ou l'origine des données.

Face à la déferlante Anonymous, le gouvernement israélien s'est dit engagé dans une guerre sur "un deuxième front, celui des cyber-attaques contre Israël", selon le ministre des Finances, Yuval Steinitz. Il affirme que le gouvernement a réussi à déjouer la plupart des tentatives et à éviter des dysfonctionnements ou dégâts sérieux.

"La guerre se déroule sur trois fronts : le premier est physique, le second est sur les réseaux sociaux, et le troisième est le cyberespace", a ajouté Carmela Avner, officier en chef chargé de l'information d'Israël. L'offensive de Tsahal a inauguré une nouvelle étape dans la guerre en temps réel en racontant en direct sur Twitter son assaut sur la bande de Gaza.

Les cyber-militants prédisent déjà que ce mois de novembre "va se transformer en cyber-guerre".

"Notre objectif est de protéger le peuple palestinien"

Les Anonymous se sont enfin insurgés contre la menace de coupure de l'accès internet dans la bande de Gaza. "Quand le gouvernement israélien a menacé publiquement de couper internet et toutes les autres télécommunications entrant ou sortant de Gaza, ils ont franchi une ligne", lance le mouvement. "Notre objectif est de protéger le peuple palestinien qui est menacé par la censure. Nous savons ce qui arrive aux victimes de l'oppression quand les lumières s'éteignent."

Les Anonymous ont ainsi diffusé un "pack de soins" comprenant deux documents. Le premier est un guide pas-à-pas permettant aux habitants de la bande de Gaza de réussir à se connecter à internet, malgré la volonté de l'armée israélienne. Le second document détaille tous les gestes de premiers secours à promulguer à un blessé.

Les médias présents n'ont toutefois pas rapporté de coupure de l'accès à internet.

Message des Anonymous :

http://obsession.nouvelobs.com

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 Tunisie _Gaza : la même comédie, mais cette fois-ci les gouverneurs prient et crient à tue-tête «Allahou Akbar»

 

 

 

 

 

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Gaza : Mais où sont l’émir du Qatar, le néo-ottoman Erdogan et le pseudo gardien des Lieux saints de l’Islam ?

La solidarité avec Gaza bloquée par les pétromonarchies pro-américaines : La Ligue arabe lance des «appels» alors qu'Israël massacre.

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La guerre israélienne soutenue par les Américains contre la population de Gaza s'est poursuivie, hier, alors que les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe se réunissaient en session extraordinaire au Caire dans un climat de scepticisme sur sa volonté à agir autrement que par des dénonciations verbales. Et pour cause, une note du SG montre que la Ligue se contente de lancer des appels sans prendre des actes concrets. Du déjà vu !   

Au moins dix personnes ont été tuées dans la journée d'hier portant le bilan de pertes palestiniennes à 41 personnes dont plusieurs enfants ainsi que des centaines de blessés. Comme lors de la précédente agression contre Gaza, Israël a entrepris des raids destinés à détruire les infrastructures comme le siège du gouvernement, le Quartier général de la police, l'Université islamique et même le stade Palestine. Ce sont tout simplement des cibles civiles qui sont attaquées sous le prétexte éculé que les tirs de roquettes en proviennent. Les fascistes israéliens n'ignorant pas la densité de la population à Gaza ont ainsi l'assurance de faire des cartons «courageusement» contre des femmes et des enfants. Sur le terrain, les Palestiniens résistent et se déclarent prêts à se battre contre une éventuelle intervention terrestre de l'armée israélienne qui a décidé de mobiliser 75.000 réservistes. Les différentes factions palestiniennes ne croient pas au sérieux des appels à la trêve et ripostent par leurs moyens limités. Cette nouvelle guerre imposée aux Palestiniens de Gaza se fait dans une relative solitude. Pourtant, la disponibilité de quelques missiles iraniens ayant permis d'atteindre Tel-Aviv est un indicateur que la donne peut changer si la profondeur stratégique de la résistance est rétablie.

 

UNE LIGUE COUSUE DE FIL AMERICAIN !

La réunion extraordinaire de la Ligue arabe suscite le scepticisme général sur la volonté et le courage des responsables arabes à changer la donne. Et à sortir d'une apathie qui les pousse à déléguer la « solution » aux Américains qui sont tout sauf des arbitres. Mahmoud Abbas en sait quelque chose, lui qui malgré des concessions extraordinaires n'en finit pas d'essuyer des rebuffades américaines. Obama a même pris le téléphone pour lui signifier que sa demande de reconnaissance de la Palestine à l'Onu est inacceptable. La résistance palestinienne est désormais réfugiée à Ghaza. La chute du régime Moubarak a quelque peu changé la donne mais elle ne l'a pas bouleversée. Le Caire aussi a besoin d'un soutien arabe pour pouvoir se passer des aides économiques et se libérer de la camisole politique qui lui est imposée en vertu des accords de Camp David. Mais il était improbable de voir l'Arabie Saoudite et le Qatar - dont les actions même quand elles paraissent spectaculaires sont concertées avec les Américains - aller dans le sens d'un retour du poids politique de l'Egypte. La note du secrétaire général de la Ligue arabe rendue publique, hier, a été, hélas, tout à fait conforme au scepticisme. Ceux qui attendaient des décisions fermes devront se contenter d'un appel à une « protection internationale » du peuple palestinien. A défaut de prendre leurs responsabilités, les Etats arabes demandent à la « communauté internationale » d'assumer les siennes s'agissant du « maintien de la sécurité et la paix dans la région ».

VŒUX PIEUX ET ROQUETTES FAJR 5

La note du secrétaire général qui devait être soumise aux ministres souligne - quel courage ! - que l'escalade militaire israélienne à Ghaza intervient alors que la communauté internationale passe sous silence les pratiques continues israéliennes. Elle appelle à poursuivre en justice les Israéliens, politiques et militaires, pour ces agressions et demande à la communauté internationale de « sortir de son silence sur les agressions israéliennes contre le peuple palestinien ». La Ligue n'a pas évité aussi le classique « impératif d'apporter le soutien arabe au peuple palestinien face à l'agression israélienne dans la bande de Ghaza et amener Israël à lever le blocus imposé à cette région et mettre fin à l'occupation de tous les territoires palestiniens et arabes occupés depuis 1967 ». Que de vœux pieux alors que la « communauté internationale », réduite dans les faits aux Etats-Unis et aux Occidentaux, est corps et âme avec les agresseurs. Aucune aide concrète n'est envisagée pour les Palestiniens et notamment des moyens de se défendre contre la barbarie. Les pétromonarchies qui contrôlent la Ligue arabe n'ont pas attendu que la Maison Blanche exprime son refus de toute livraison d'armes au Hamas. Les Arabes n'ont pas besoin d'ordre pour obéir. Le message s'adressait à l'Iran après que des roquettes Fajr 5 eurent été tirées sur Tel-Aviv.

L'Iran, par la voix du président de la commission des Affaires étrangères du Parlement, a démenti qu'elle ait livré ces roquettes. «Nous démentons la livraison de Fajr 5 à la résistance palestinienne. L'objectif de ces accusations est de montrer que cette résistance est faible mais elle est parfaitement capable de se procurer les armes dont elle a besoin», a déclaré Allaeddine Boroujerdi. L'attitude de l'Iran est compréhensible et ces roquettes ont été probablement livrées par le Hezbollah. Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah, a indiqué que le tir d'une roquette Fajr 5 était un « développement significatif ». Il est clair que cela ne changera pas le rapport de forces. Mais c'est une indication du chemin à prendre pour modifier le rapport de forces. Mais cela implique que les Etats arabes cessaient de se plier aux ordres américains et que la Ligue arabe se rapproche des peuples et cesse d'être un jouet entre les mains des pétromonarchies. On en est loin afrique-asie.fr

 

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Les surprises de Gaza

 

Au cinquième jour de l’offensive israélienne contre Gaza, le camp du 8 Mars continue à afficher sa confiance dans la résistance palestinienne et dans sa capacité à tenir face à un ennemi qui va de (mauvaise) surprise en (mauvaise) surprise. Même si l’opération devait se poursuivre par une invasion terrestre, les sources proches du 8 Mars estiment qu’elle ne changera plus rien à la nouvelle donne et qu’elle aura uniquement pour objectif de sauver la face d’Israël, désormais incapable de faire taire les missiles à Gaza, un territoire grand comme un mouchoir de proche, sans monts et vallées comme le Sud-Liban, qu’Israël a occupé pendant de longues années...


Ces mêmes sources estiment ainsi que l’opération israélienne ne peut être dissociée d’un plan précis, visant à calmer le jeu à Gaza et entraîner le Hamas dans la voie des négociations, au lieu de la lutte armée. Cette tendance avait été initiée par le Qatar et la Turquie qui, depuis le déclenchement de la révolte en Syrie, ont poussé le Hamas à se dissocier du régime syrien et s’éloigner en même temps de l’Iran jusque-là son principal pourvoyeur de fonds (et d’armes). D’ailleurs, la récente visite spectaculaire de l’émir du Qatar à Gaza, la première d’un dirigeant arabe dans ce territoire depuis la prise du pouvoir par le Hamas, avait pour objectif de proposer à l’organisation islamiste palestinienne une trêve de longue durée avec Israël et le lancement de négociations moyennant des projets de développement dans la bande de Gaza, jusque-là abandonnée et dont les dégâts causés par la guerre de 2008-2009 n’ont pas été réparés.


Israël aurait profité des bonnes dispositions de Hamas pour chercher à se débarrasser de l’aile dure de cette organisation, qui continue de prôner la résistance armée et l’alliance avec l’axe dit de la résistance. Le chef militaire Ahmad al-Jaabari était en réalité l’une des principales figures de cette aile. C’est pourquoi les Israéliens ont voulu le tuer en cherchant en même temps à détruire les rampes de lancement de missiles du Hamas à Gaza, en profitant de la confusion actuelle dans le monde arabe, causée principalement par la crise syrienne et par la nouvelle tendance au sein du Hamas proche du Qatar et de la Turquie. En même temps, le Premier ministre israélien avait en tête des objectifs électoraux, puisqu’il a décidé d’organiser des élections anticipées au début de l’année 2013 qu’il espère remporter haut la main après un éventuel succès de son opération à Gaza.


La première surprise est venue de la réaction des Palestiniens et du Hamas en particulier, qui s’est spectaculairement ressoudé autour de ses chefs militaires. Le Hamas ne s’est pas contenté de riposter en lançant quelques roquettes sur les colonies israéliennes proches comme il le faisait d’habitude, mais il a utilisé des missiles de longue portée, menaçant Tel-Aviv, la capitale économique israélienne et Jérusalem, ainsi que l’aéroport Ben Gourion. Une grande première dans l’histoire du conflit israélo-palestinien. Ce n’était plus une partie limitée d’Israël qui se trouvait sous la menace des missiles palestiniens, mais des centres névralgiques, jusque-là épargnés et que même le Hezbollah n’avait pas bombardés en 2006. L’aviation israélienne a beau intensifier ses raids, la résistance palestinienne continue à lancer des missiles, surprenant ses agresseurs. Le Hamas a ainsi atteint Tel-Aviv, mais il a aussi touché un avion de combat et lancé des obus en direction d’un navire de guerre israélien, montrant qu’il dispose d’un arsenal considérable, qui plus est bien dissimulé. De plus, ces missiles sont en général de fabrication iranienne envoyés via la Syrie. Ce qui renforce au sein du Hamas le courant en faveur de l’axe dit de la résistance, montrant aux sceptiques que c’est le seul efficace contre un ennemi comme Israël.


Pour les sources proches du 8 Mars, tous les efforts déployés depuis un an et huit mois pour éloigner le Hamas (sunnite) de l’Iran et du régime syrien, et le rapprocher du Qatar et de la Turquie ont été balayés par la nouvelle agression israélienne. Celle-ci a eu, jusqu’à présent, des résultats contraires à ceux qui étaient recherchés : les missiles continuent à tomber en Israël, atteignant désormais des cibles à 70 km en profondeur, le Hamas paraît ressoudé et combatif, et les populations arabes sont encore sensibles à ce qui se passe en Palestine. D’ailleurs, la nouvelle attaque israélienne a mis en difficulté les nouveaux dirigeants égyptiens, coincés entre leur volonté de ne pas irriter les Américains et l’Occident en général, et leur base hostile à Israël surtout en période de violences contre les Palestiniens. Les nouveaux dirigeants tunisiens sont dans la même situation et le ministre des Affaires étrangères de ce pays s’est rendu à Gaza. Il sera suivi par une délégation de la Ligue arabe, qui pourtant ces derniers temps ne se réunissait plus que pour traiter du dossier syrien.


En plus de montrer la fragilité du bouclier antimissile mis en place en Israël avec l’aide des États-Unis, la nouvelle offensive israélienne remet le dossier syrien au second plan et réveille la traditionnelle hostilité des populations arabes à l’égard d’Israël, alors que celle-ci était récemment mise en veilleuse par les conflits et les révoltes interarabes. Elle remet aussi en selle l’Iran, le régime syrien et le Hezbollah qui prônent activement la résistance armée contre Israël.

 

Enfin, cette agression est la meilleure réponse au plan de discorde entre sunnites et chiites sur lequel travaillent depuis des mois, voire des années, certaines parties occidentales et israéliennes. Si Israël se lance dans une opération terrestre, celle-ci sera sans doute très coûteuse pour les deux parties. Mais si les Palestiniens sont habitués à mourir et subir des attaques, les Israéliens le sont beaucoup moins. De même, si un cessez-le-feu est conclu rapidement, l’opération israélienne dont les objectifs étaient officiellement modestes, faire cesser les tirs de missiles contre Israël, n’aura pas abouti. Dans ces conditions, le coup électoral de Netanyahu n’aura pas porté ses fruits et, selon la presse israélienne, il songerait déjà à reporter les élections anticipées. Ce qui pourrait ne pas déplaire à « son allié » américain, le président fraîchement réélu Barack Obama... http://www.lorientlejour.

 

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Israël rappelle 75 000 soldats sous les drapeaux pendant que les bombardements se poursuivent à Gaza

Israël drapeau mur

L’armée israélienne s’est vantée vendredi après-midi d’avoir mené plus de 500 frappes aériennes contre le territoire très peuplé de Gaza depuis le lancement de sa dernière offensive, nommée Pilier de défense. Cette offensive aérienne de plus en plus intense se déploie en même temps que des signes de plus en plus évidents indiquent que le gouvernement israélien est sur le point de lancer une invasion terrestre de Gaza qui entraînerait une énorme aggravation de ce bain de sang.

Ce bombardement ininterrompu a entraîné des destructions très étendues et un carnage, le bilan officiel atteignant 29 morts et 300 blessés vendredi soir. Parmi les dernières victimes, il y a eu un garçon palestinien de 2 ans. La majorité des morts et des blessés sont des civils, dont huit enfants et une femme enceinte.

Le gouvernement et l’armée israéliens ont sans cesse déclaré que les frappes sur Gaza ne visent que des « terroristes » et que toutes les pertes civiles sont la faute du Hamas qui se « cache » parmi la population. La réalité, pourtant, est que les bombes et les missiles détruisent des maisons, des écoles, des lieux de travail, des bureaux du gouvernement et des commissariats.

Il a été confirmé vendredi que l’armée israélienne avait envoyé des textos à au moins 12 000 téléphones portables à Gaza prévenant les gens de rester à l’écart de toute personne liée au Hamas, qui gouverne ce territoire long de 40 Km, s’ils ne veulent pas risquer d’être tués.

Parmi les cibles démolies vendredi, il y avait le service des affaires civiles du ministère de l’intérieur dans la ville de Gaza, lequel abrite les registres d’état civil des Palestiniens des 70 dernières années. Une usine familiale de textiles qui employait 20 personnes a également été frappée, ainsi qu’un magasin d’alimentation.

En réaction à l’assaut israélien, des groupes de résistance palestiniens ont tiré des roquettes sur Israël. Bien qu’elles soient largement inutiles, l’une d’entre elles a atteint la zone de Tel-Aviv vendredi, et une autre a atterri près de Gush Etzion, une colonie sioniste illégale près de Jérusalem dans la zone occupée de la Palestine. Mercredi, une roquette a touché un immeuble dans la ville de Kiryat Malachi au Sud, tuant deux israéliennes et un homme.

Tout indique que les trois premiers jours de la terreur déchainée par l’Etat israélien ne sont qu’un début. « Nous allons intensifier significativement l’opération, » a déclaré un responsable de haut rang aux médias israéliens.

Cette menace est tombée après que le cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu ait approuvé la demande de rappel de 75 000 réservistes. Durant la dernière opération terrestre à Gaza, l’opération Plomb durci en 2008-2009, qui a coûté la vie à 1400 palestiniens, le gouvernement n’avait rappelé que 10 000 réservistes.

Reuters a rapporté, dans ce qui indique des préparatifs d’invasion, que vendredi après-midi, « les avions israéliens, les drones et les hélicoptères ont détourné leur attention des sites présumés de roquettes palestiniennes pour se concentrer sur la frontière Nord de Gaza, où leurs bombes ont créé des couloirs d’incursion en détruisant les champs de mines et des nids de mitrailleuses. »

L’armée israélienne a interdit aux civils l’usage de la principale autoroute menant à Gaza ainsi que de deux routes au bord de cette enclave appauvrie où les Palestiniens sont confinés. Des chars, des voitures blindées et de l’artillerie autotractée ont été massés le long de la frontière.

Un porte-parole du Hamas a juré que toute invasion serait confrontée à une résistance. « Il faut que les Israéliens soient conscients des graves conséquences d’un tel raid, et ils devraient apporter leurs sacs mortuaires, » a déclaré le porte-parole du Hamas, Sami Abu Zuhri.

Pendant ce temps, l’état-major Israélien a publié des instructions aux autorités municipales pour faire des préparatifs de défense civile pour sept semaines de guerre à Gaza. La dernière guerre contre Gaza il y a près de quatre ans a duré trois semaines du début des frappes aériennes jusqu’à la fin de l’invasion au sol.

Même après seulement trois jours, le blitzkrieg israélien fait planer le spectre d’un désastre humanitaire à Gaza, dont la population de 1,7 millions d’habitants a été soumise à un blocus sans répit de la part des Israéliens. Des documents publiés récemment ont révélé que le gouvernement israélien est allé jusqu’à calculer le nombre minimum de calories nécessaires pour ne pas souffrir de malnutrition chronique pour déterminer la quantité de nourriture autorisée à rentrer dans ce territoire.

Des docteurs des hôpitaux de Gaza ont prévenu qu’ils sont déjà débordés par le nombre de victimes causées par l’offensive israélienne, et que les médicaments et matériels médicaux indispensables s’épuisent rapidement. Vendredi, le ministre de la santé de l’Autorité palestinienne, Hani Abdenne, a fait savoir que l’armée israélienne refusait d’autoriser l’accès à Gaza d’un convoi de 15 camions qui apportaient des médicaments et du matériel médical envoyés par le gouvernement de Ramallah.

Il y a une dose d’extrême témérité dans cette dernière campagne d’agression militaire israélienne. L’affirmation selon laquelle Israël a été contrainte de lancer son offensive par des tirs de roquettes depuis Gaza est un mensonge patent. Les officiels israéliens ont admis que ces attaques, qui n’ont causé aucun décès cette année jusqu’à la frappe de riposte de mercredi, avaient largement baissé lorsque l’opération Pilier de défense a été lancée avec l’assassinat du chef militaire du Hamas, Ahmed Jabari.

Derrière cette nouvelle guerre provoquée délibérément, il y a les calculs au sein du gouvernement Netanyahu selon lesquels une poussée de militarisme servira à divertir l’attention des tensions sociales grandissantes en Israël. Le pays est caractérisé par l’un des plus hauts niveaux de pauvreté et d’inégalité du monde développé, avec 75 pour cent des travailleurs gagnant 1300 euros ou moins par mois et tout juste 20 familles contrôlant l’essentiel de l’économie. Les conditions se sont fortement détérioré sous l’effet de la crise économique mondiale et des politiques économiques et sociales de droite du gouvernement Netanyahu.

Beaucoup ont accusé Netanyahu de jouer un jeu cynique en lançant la guerre quelques semaines seulement avant les élections nationales prévues pour janvier. En réalité, sa coalition de droite n’est confrontée à aucune opposition majeure dans le camp politique sioniste. Ce qui les inquiète bien plus, c’est l’éclatement de luttes de classes et de protestations sociales venant du bas de la société.

L’autre facteur intervenant dans l’assaut contre Gaza est la volonté du régime israélien de mener une guerre contre l’Iran. Cela a été indiqué vendredi dans un article du spécialiste des affaires militaires du quotidien israélien Haaretz, Amir Oren. Intitulé « Pour Netanyahu, l’escalade à Gaza pourrait ouvrir la voie à une frappe contre l’Iran, » l’article prédit que Netanyahu et son ministre de la défense, Ehud Barak, « n’ont pas abandonné le rêve de mener une opération majeure contre l’Iran » et que l’attaque contre Gaza « pourrait servir de…prélude à une opération contre l’Iran. »

« En théorie, » écrit Oren, « une force qui est capable de mener une frappe contre Ahmed Jabari serait capable de repérer la position du président Iranien Mahmoud Ahmadinedjad. Et une force qui a détruit des roquettes Fajr serait à même d’atteindre leurs grands frères, les Shihabs, ainsi que les installations nucléaires iraniennes. »

Cette opération, poursuit-il, permet aux commandants militaires Israéliens de tester leurs armes et leurs tactiques qui seraient utilisées dans une attaque contre l’Iran. Elle permet également à Israël de mesurer la réaction internationale.

L’assaut contre Gaza a été soutenu de façon inconditionnelle par Washington à l’aide de déclarations répétées de la part de la Maison blanche et du ministère des Affaires étrangères affirmant le « droit » d’Israël « à se défendre».

Il a également le potentiel de torpiller toute tentative du gouvernement Obama d’entrer en négociations avec Téhéran au sujet du programme nucléaire iranien.

L’autre front surveillé par Tel-Aviv est la réaction des régimes bourgeois arabes, y compris le gouvernement des Frères musulmans du Président égyptien Mohamed Mursi. Vendredi a vu une brève visite du Premier ministre égyptien, Hisham Kandil, à Gaza, mais, significativement, pas de Mursi lui-même. Le gouvernement de Mursi n’a donné aucune indication qu’il se préparerait à rompre les accords de Camp David ou à prendre des mesures concrètes pour ouvrir ses frontières avec Gaza et permettre à de l’aide, militaire et humanitaire, d’y entrer.

La ligue arabe devrait se réunir au Caire lundi pour discuter de la crise de Gaza. En anticipation de cette réunion, l’envoyé de l’Irak, Qais el-Azzawy, a publié un communiqué vendredi appelant les Etats arabes à utiliser « l’arme du pétrole » pour faire pression sur Israël et ses alliés, principalement les États-Unis. Quelques heures après, pourtant, son ministère s’est distancé de sa remarque et a affirmé que l’Irak n’avait aucune proposition à présenter à la Ligue arabe.

C’est un résumé exact de l’attitude des régimes de la bourgeoisie arabe, dont beaucoup voient le massacre à Gaza comme une distraction malvenue de leur participation dans la guerre américaine pour un changement de régime en Syrie.

Parmi les masses de travailleurs de la région, cependant, l’attaque contre le peuple de Gaza et la perfidie des classes dirigeantes dans leurs pays créent une colère et des troubles grandissants, ce que l’on peut constater dans les manifestations qui ont eu lieu vendredi au Liban, en Égypte, au Yémen et ailleurs pour dénoncer l’attaque israélienne.

Bill Van Auken http://www.mondialisation.ca

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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 02:48

Qui cherche à noyer le procès des meurtriers de Lotfi Nagdh?

Tunisie. Qui cherche à noyer le procès des meurtriers de Lotfi Nagdh?

La défense des héritiers de Lotfi Nagdh, lynché jusqu'à la mort le 18 octobre à Tataouine par des membres de la Ligue de la protection de la révolution, demande le transfert du dossier du tribunal de Tatouine à celui de Tunis. Les raisons sont multiples.

Parce qu'il y a des menaces et des pressions exercées par des membres de la Ligue de la protection de la révolution (proches d'Ennahdha) sur des témoins et des membres de la famille de feu Lotfi Nagdh, secrétaire général de l'Union régionale des agriculteurs de Tataouine et coordinateur de Nida Tounes dans cette ville du sud.

«Et parce qu'il y a des rassemblements devant le tribunal de Tataouine visant à faire pression sur les juges, les avocats et la société civile, à chaque fois où quelqu'un est entendu par le juge d'instruction», ont plaidé, vendredi lors d'une conférence de presse au siège de Nida Tounes au quartier des Berges du Lac à Tunis, les avocats Houcine Zorgui et Ezzeddine Bougarras. «Pour qu'il y ait un procès équitable, il vaut mieux transférer le dossier vers un tribunal similaire à Tunis, loin de la petite ville de Tataouine où tout le monde se connait et où les uns influencent les autres par n'importe quel moyen», ont-ils ajouté.

Taieb Baccouche.

Taieb Baccouche.

Le Code pénal permet le transfert de dossier

Les deux avocats ont affirmé avoir fait une demande en ce sens au procureur général auprès du Tribunal de Cassation et ils espèrent avoir une réponse positive. «Normalement, il y a cette possibilité et, dans les 90% des cas dans des dossiers simples, la réponse est positive. Que dire alors lorsqu'il s'agit d'un dossier aussi délicat et dur à traiter... Dans des cas similaires, on se base sur l'article 294 du Code pénal et le juge accepte», a déclaré Me Bougarras, sans émettre le moindre doute sur l'honnêteté et la transparence des juges du tribunal de Tataouine.

Si la défense insiste pour qu'il y ait transfert du dossier, c'est aussi parce qu'on a enregistré plusieurs pratiques qui peuvent nuire au bon déroulement de ce procès.

«Depuis l'assassinat de Lotfi Nagdh, plusieurs membres de la Ligue de la protection de la révolution se sont éclipsés, mais une soixantaine de personnes au moins ont planté des tentes devant le tribunal de Tataouine et brandissent des slogans appelant à l'assainissement et contre Nida Tounes», a relevé, de son côté, Taïeb Baccouche, le secrétaire général de ce parti.

Ridha Belhaj.

Ridha Belhaj.

La guerre à tout prix contre Nida Tounes

L'ancien ministre de l'Education a passé aussi en revue les déclarations de certains hommes politiques – avec la complicité de certains «journaux jaunes» – hostiles à Nida Tounes qui vont même jusqu'à accuser des membres de ce parti de pratiquer le blanchiment d'argent.

M. Baccouche s'est aussi arrêté sur les nombreuses attaques des sièges de Nida Tounes et sur ses militants. «Une campagne est menée pour frapper Nida Tounes. Plusieurs de nos sièges ont été attaqués ainsi que des dirigeants agressées comme Boujemaâ Remili à Testour ou l'assassinat de Lotfi Nagdh», a-t-il rappelé, dénonçant la violence politique qui commence à prendre des dimensions inquiétantes dans le pays.


Ridha Belhaj, Houcine Zorgui et Ezzeddine Bougarras.

Ridha Belhaj, Houcine Zorgui et Ezzeddine Bougarras.

Selon le porte-parole et directeur exécutif de Nida Tounes, Ridha Belhaj, les choses ont commencé à se corser et on a l'impression que des parties s'organisent pour faire pression sur la justice. «Selon les déclarations du porte-parole du ministère de l'Intérieur et celles d'un haut responsable du gouvernement sur le plateau d'une chaîne de télévision étrangère (il fait allusion à Hamadi Jebali, chef du gouvernement provisoire sur la chaine saoudienne Al Arabiya, Ndlr), la mort de Lotfi Nagdh est naturelle et due à un échange de violences.

Et il semble que l'on va orienter la justice dans cette direction, mais nous restons confiants en nos juges», a lancé M. Belhaj, rappelant que les politiques n'ont aucun droit de se mêler des affaires tant qu'elles sont entre les mains de la justice. «Ceci nous donne une idée sur l'intervention aujourd'hui des politiques dans les dossiers de la justice comme cela fut le cas sous l'ancien régime. Et pas seulement. Car, le fait de donner congé au juge d'instruction ayant instruit le dossier n'a rien de rassurant. Il y aurait même anguille sous roche. Puisque, quelques jours après, un deuxième juge a été chargé de l'affaire. Face à un dossier aussi lourd à gérer, le congé n'aurait-il pas pu être reporté?», s'est-il demandé.

 

Qui cherche à faire avorter la révolution?

Ridha Belhaj pendant la conférence de presse.

Ridha Belhaj pendant la conférence de presse.

M. Belhaj est revenu sur la Ligue de la protection de la révolution. Selon lui, celle-ci doit être dissoute car elle n'a plus aucune raison d'exister. «Tout le monde a participé dans cette Ligue pour défendre les intérêts et les biens du pays, mais c'était au début de la révolution.

Aujourd'hui, il y a un Etat qui veille sur les intérêts du peuple. Et ce sont d'autres personnes, soutenus par Ennahdha et le Congrès pour la république (CpR), qui constituent cette Ligue et cherchent à faire avorter la révolution», a-t-il accusé. Et de conclure que les membres de Nida Tounes tiennent plus que jamais pour qu'il y ait un procès équitable et que les intérêts des orphelins et héritiers de feu Lotfi Nagdh ne soient pas sacrifiés. Par

 Zohra Abid  http://www.kapitalis.com


 

 

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Béji Caïed Essebsi et Nabil Karoui devant le juge, lundi

Béji Caïd Essebsi et Nabil Karoui ont été convoqués pour comparaître devant le juge d’instruction, lundi 19 novembre 2012. 

Cette convocation fait suite à la plainte déposée le 7 novembre courant, par les services du contentieux de l’Etat, représentant officiellement l’Etat tunisien, contre l’ancien Premier ministre Béji Caïd Essebsi et contre le représentant légal de la chaîne Nessma TV, concernant l’enregistrement de la conversation privée tenue lors de la passation de pouvoir entre l’ancien Premier ministre Béji Caïd Essebsi et l’actuel chef du gouvernement Hamadi Jebali. 

MM. Essebsi et Karoui seront entendus par le doyen des juges d’instruction qui interrogera également le représentant du contentieux de l’Etat. 
Le juge devrait, théoriquement, interroger, ultérieurement, le chef du gouvernement, Hamadi Jebali.  
businessnews


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"La violence contre Nidaa Tounes a franchi la ligne rouge !"


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Le secrétaire général de Nidaa Tounes, Taieb Baccouche, a déclaré vendredi 16 novembre, que l’amplification du phénomène de la violence politique en Tunisie notamment contre Nidaa Tounes avait «franchi la ligne rouge après l’assassinat du coordinateur du mouvement Lotfi Nakdh à Tataouine».

 

«La poursuite de la vague de violence reflète l’absence d’une volonté politique de la coalition au pouvoir de faire réussir le processus démocratique et organiser des élections garantissant l’alternance au pouvoir», a-t-il estimé lors d’une conférence de presse tenue au siège du parti aux Berges du Lac.

 

M. Taieb Baccouche a évoqué les agressions commises récemment contre le coordinateur du mouvement dans la délégation de Hbira (gouvernorat de Mahdia) et contre les locaux du mouvement à Sfax et Ksar Helal. Il a évoqué la «campagne de diffamation orchestrée par certains médias ciblant le président du mouvement et ses dirigeants dénonçant la position négative des autorités face à la dégradation des valeurs morales et du désordre politique et médiatique que vit le pays».

 

«Le mouvement a déposé une plainte contre un responsable politique au pouvoir ayant accusé Nidaa Tounes de blanchiment d’argent», a-t-il annoncé, soulignant que de tels agissements sont de nature à détourner l’attention de l’opinion publique des prochaines échéances politiques.


M. Baccouche a accusé les ligues de protection de la révolution d’être «des milices à la solde de la coalition au gouvernement» et d’être impliquées dans des actes de violence et de désordre dans le pays, soulignant que la protection de la révolution est la responsabilité de l’Etat. «Les ligues de protection de la révolution doivent être dissoutes», a-t-il soutenu.

 

S’agissant de l’affaire de Lotfi Nakdh, le directeur exécutif de Nidaa Tounes, Ridha Belhaj a affirmé qu’il s’agit d’un «assassinat politique dans le sens juridique du mot», ajoutant qu’une demande a été déposée pour transférer l’affaire du tribunal de première instance de Tataouine au tribunal de première instance de Tunis.  .espacemanager

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 18:03

Moncef Marzouki – Extrémisme – Salafisme :

Stop destructions


 

 

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Le président de la République provisoire, Moncef Marzouki, a affirmé samedi que « stopper la dérive extrémiste, quel qu’en soit le fondement idéologique, c’est stopper la violence destructive des vies tunisiennes et de l’image de la Tunisie à l’étranger ».  «Cela dépend en grande partie de l’ouverture de tous les canaux de dialogue », a-t-il soutenu à l’ouverture d’une conférence sur le salafisme en Tunisie, organisée au palais de Carthage. Revenant sur les incidents de Bir Ali Ben Khelifa, de la faculté de la Manouba, de l’espace Abdellia et de l’ambassade américaine à Tunis, « liés souvent, à tort, au courant salafiste», M. Marzouki a souligné qu’ils ont créé « un climat malsain » qui suscite de plus en plus la peur des Tunisiens.

« Les Tunisiens considèrent ce phénomène comme une menace au mode de vie de la majorité », a-t-il noté, faisant remarquer qu’il a contribué, en même temps à la « diabolisation » d’une autre partie de tunisiens. Il a mis en garde contre les agissements de certains groupes qui cherchent à se substituer à l’Etat en tentant d’imposer leur loi par la force dans certaines mosquées et quartiers dans le pays.

«Il est vrai que des partis politiques et une partie de la société sont convaincus que certains acteurs politiques ferment les yeux sur ces groupes et sont complices avec eux pour des considérations électorales », a-t-il par ailleurs concédé. Il ne s’agit pas d’amplifier ce phénomène ni de le nier, a- t-il estimé, appelant les acteurs agissants dans les secteurs des médias, des prédicateurs, des dirigeants du mouvement salafiste, les familles des salafistes, la classe politique et le gouvernement, à assumer leurs responsabilités dans le traitement de ce phénomène.

De son côté, le prédicateur salafiste et vice-président de la Ligue tunisienne des oulémas et prédicateurs Béchir Belhassen, a insisté sur la nécessité d’engager un dialogue avec ces jeunes en coopération avec des oulémas et des prédicateurs pour les « prémunir des idées obscurantistes extrémistes et fanatiques ». webmanagercenter.com

 

En complément : répliques au «conférencier» wahhabite 

 

 

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Que fait Oussama Ben Salem avec la délégation tunisienne à Gaza?

 

Tunisie. Que fait Oussama Ben Salem avec la délégation tunisienne à Gaza?

Le patron de Zitouna TV (pro-Ennahdha) a accompagné la délégation officielle tunisienne qui s'est rendue, ce week-end, à Gaza, pour exprimer la solidarité des Tunisiens avec leurs frères palestiniens.

L'apparition du fils du ministre de l'Enseignement supérieur, Moncef Ben Salem, dans les photos aux côtés des ministres et responsables tunisiens et palestiniens, est pour le moins choquante à plus d'un titre, et elle suscite plusieurs interrogations.

 

Sur les frais du contribuable

Mais, d'abord, qui a payé les frais du déplacement de M. Ben Salem et de son équipe de journalistes et de techniciens? Si c'est l'Etat tunisien, on est en droit de se demander de quel droit le gouvernement se permet-il de payer, sur les frais du contribuable, les dépenses de voyage et d'hébergement d'une chaîne de télévision privée? M. Ben Salem et les membres de son équipe ont-ils aussi perçu des frais de mission comme le reste des membres la délégation? On serait curieux de le savoir...

Oussama Ben Salem posant avec les membres de la délégation officielle tunisienne à Gaza

Et, d'ailleurs, de quel droit le gouvernement transgresse-t-il la loi en faisant accompagner une délégation officielle par l'équipe d'une télévision qui n'a aucune existence légale en Tunisie, sachant que Zitouna TV, qui diffuse ses programmes sur satellite à partir d'un pays étranger, est, semble-t-il aussi, enregistrée à l'étranger.

 

Le Sakher El Materi du nouveau régime

Zitouna TV, à notre connaissance, n'a pas été autorisée par le gouvernement. Son dossier n'a d'ailleurs pas été présenté à l'Instance nationale pour la réforme de l'information et de la communication (Inric), qui avait, en juin dernier, octroyé des visas aux nouvelles chaînes de radio et de télévision privées.

Le fait que Oussama Ben Salem bénéficie ainsi de passe-droits, du seul fait qu'il soit le fils du ministre de l'Enseignement supérieur et membre du conseil de la Choura du parti Ennahdha (au pouvoir), en fait une sorte de Belhassen Trabelsi ou Sakher El Materi du nouveau régime islamiste qui s'installe dans le pays.
Et tout cela mérite des explications de la part du gouvernement... kapitalis

 

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Faculté de la Manouba, on se souvient !

 

Que dieu pardonne les contre-vérités du défunt jihadiste Mohamed Bakhti et que la Tunisie soit protégée de ce genre de fou d’Allah ...

 

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 02:11

 

 

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Flux et reflux sur la candidature de Kamel Jendoubi à la présidence de l’ISIE


La cabale menée, sur divers fronts, politique, juridique et médiatique, contre Kamel Jendoubi, président de l’Instance supérieur indépendante des élections (ISIE) et candidat à sa propre succession, non seulement défraie la chronique mais notamment brouille la vision et invite à l’interrogation. Le sujet partage les observateurs et déstabilise l’opinion publique tunisienne, cultivant le doute sur la personne, son instance et sa gestion.

Pressenti pour reconduire l’ISIE suite au consensus dégagé au sein de la Troïka et annoncé le 13 Octobre 2012, outre le fort mouvement de sympathie dont l’opposition a fait preuve autour de son nom, Kamel Jendoubi est, à peine un mois après, voué à la vindicte médiatique et vraisemblablement lâché par ceux-là même qui ont parrainé et propulsé sa candidature. Qu’est ce qui s’est passé entretemps motivant un tel retournement de situation?
 

 

Situation truffée d’interrogations !

D’abord, et il s’agit là d’un constat imparable suggérant la maladresse tactique de Kamel Jendoubi au moins sur deux plans :
 

1- En effet, celui-ci est tombé dans son propre piège. Il s’est répandu sur les plateaux médiatiques, le ton virulent parfois, avant même qu’il ne soit reconduit officiellement à son poste. Aurait-il cherché à forcer la main de la Troïka pour précipiter sa confirmation à la tête de l’ISIE ? Aurait-il voulu prendre à témoin l’opinion publique juste pour accroitre la pression sur la Troïka ? La question mérite d’être posée d’autant plus qu’il semble que Kamel Jendoubi se soit desservie là où il croyait se servir.
 

2- Au sujet du rapport préliminaire de la Cour des Comptes, Kamel Jendoubi aurait du temporiser et attendre le rapport final et les doléances ou requêtes de la cour avant de se prononcer. Après tout, il ne s’agit que d’un document tronqué et fuité, donc dépourvue de toute force légale. En faire un tel foin sur un rapport sorti de nulle part, qui n’est ni crédible ni opposable (du moins d’un point de vue juridique), n’est pas incontestablement l’approche idoine. D’autant plus que le rapporteur général de la Cour des Comptes n’a pas hésité à traiter l’auteur de la fuite de personne de bas étage.
 

D’autres questions interpellent : Pourquoi il a fallu attendre une année pour attaquer Kamel Jendoubi sur sa gestion financière de l’ISIE ? Est-ce fortuit que le rapport préliminaire de la Cour des Comptes soit fuité au moment même où une action en justice est intentée contre l’ISIE, accusée, sous sa présidence, de détournement de fonds publics ? N’est-il pas louche, voire franchement suspect que le revirement de la Troïka, en particulier son chef de file Ennahdha, intervienne également au même moment ? Les coïncidences prolifèrent et rivalisent de saisissement quand on sait qu’au même moment l’Assemblée Nationale Constituante(ANC) planche sur le projet de loi portant création de la nouvelle ISIE. Pour le commun des observateurs, derrière la multiplication et la simultanéité des offensives à l’encontre de Kamel Jendoubi, dans un timing bien défini (imminence de sa désignation), se faufileraient bien des intentions de cabale sinon de complot.
 

 

Florilège des reproches à l’encontre de Kamel Jendoubi

Les griefs lancés contre Kamel Jendoubi seraient de deux sortes :
D’aucuns avancent que le caractère trempé, l’esprit d’indépendance et la probité intellectuelle et morale dont se prévaut Kamel Jendoubi, outre son expérience et sa maitrise du processus électoral et le quasi consensus dont il fait l’objet sur la scène politique national, ont constitué tout autant de facteurs ayant rebuté la Troïka. C’est le tribut de la réussite et de l’honnêteté, diraient certains.

Quiconque alors se demanderait pourquoi la Troïka a proposé son nom dès lors qu’elle est convaincue que Kamel Jendoubi ne pouvait être son homme de main ?

La réponse est essentiellement d’ordre politique dans la mesure où la Troïka, en annonçant sa feuille de route le 13 Octobre 2012, se devait de citer un nom pour l’ISIE, l’objectif étant de saboter la Conférence Nationale convoquée par l’UGTT. Par conséquent, Kamel Jendoubi a été utilisé comme effet d’annonce et dès que la pression sur la Troïka s’est desserrée, il a été jeté. Pour ce faire, il fallait bien tricoter tout un tissu de réquisitoires et d’écrans de fumée pour le discréditer et justifier ainsi le désistement. Après avoir empêtré Kamel Jendoubi dans le dénigrement, la décision de son éviction n’en sera que moins ardue et plus argumentée.

D’autres épinglent Kamel Jendoubi sur sa gestion de l’ISIE et même sur la fiabilité de son cursus universitaire et l’authenticité de son CV. L’ISIE et son président sont accusés de détournement de fonds publics. Entre autres manquements imputés à sa gestion figurent l’absence d’un commissaire aux comptes au sein de l’ISIE durant le mandat de Kamel Jendoubi cette instance, le contrôle défaillant des sources de financement des partis politiques en course, la corruption des électeurs, l’achat des voix, le bourrage d’urnes, favoritisme dans l’octroi des marchés de publicité et d’imprimerie.

Que de dysfonctionnements et manœuvres dont l’ISIE et Kamel Jendoubi seraient, dans une large mesure, responsables. Un noyau dur, à la position très tranchée, assène même que l’ISIE n’était que le bras électoral d’Ennahdha et que son président un simple pion dans l’échiquier politique et le cheval de bataille de la Troïka, qui n’a été désigné que pour assurer la victoire de cette dernière. A se demander si Kamel Jendoubi, en qualité de président de l’ISIE, était à ce point complice de la Troïka pourquoi celle-ci se démènerait-elle à l’en déloger ? En plus, s’il était coupable de magouilles et de malversations pourquoi aurait-il fallu attendre toute une année pour relever l’anguille sous roche, si anguille il y a ?! Quant à l’authenticité de son CV, il est curieux d’en parler aujourd’hui comme il est non moins bizarre que personne ne s’en soit rendu compte en temps utile !!

 

La double visée de la cabale

En tout état de cause, la cabale contre Kamel Jendoubi (il en s’agit bien d’une), laisse penser, pour le moins, que le bonhomme est dans la mire de nombreux acteurs politiques. L’objectif pourrait être double : Soit l’évincer une fois pour toute pour le remplacer par un homme moins rigide et plus instrumentable, prochaines échéances électorales obligent. Soit, consentir à reconduire Kamel Jendoubi à l’ISIE mais dans une position fragilisée, truffé de boulets, étant entendu qu’un homme vulnérabilisé est plus facile à maitriser et à presser. Les visées coulent de la même source, à savoir, la main mise sur le prochain scrutin.

Au-delà de son timing et de sa justesse ou non, cette campagne montre que nous autres tunisiens nous n’avons pas encore acquis la culture des institutions, nous continuons à personnifier les choses. Dans le cas de figure, nous focalisons trop sur Kamel Jendoubi, reléguant au second plan l’ISIE et sa commission centrale et réduisant celle-ci à son président.
Juste un dernier mot : Il semble que ni l’expérience acquise lors du précédent scrutin ni le don d’une partie des ses émoluments à la société civile n’aient pesé lourd dans la balance de la Troïka ou été tenus en ligne de compte pour juger l’homme et son capital électoral. africatime  Copyright Tunisie Numerique

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18 novembre 2012 7 18 /11 /novembre /2012 00:43

Répliques au «conférencier» wahhabite 
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Béchir Ben Hassen, salafiste à Carthage

bechir-benhassenLe Cheikh Béchir Ben Hassen, l’une des principales figures du salafisme dit «scientifique» (salafia îlmia) a donné une conférence au palais de Carthage, le samedi 17 novembre. M. Ben Hassen a voulu délivrer un message d’apaisement et de tolérance, affirmant que «si des questions religieuses peuvent nous séparer, le drapeau national doit nous rassembler».

De belles paroles, donc, qui ne peuvent a priori que susciter l’adhésion des présents. Dans son intervention, le cheikh, a voulu présenter la doctrine salafiste sous son meilleur jour. Et qu’importe s’il faille pour cela tordre le cou à certaines vérités historiques.

Ainsi, pour Béchir Ben Hassen, la débâcle islamique a commencé quand les Musulmans se sont emparés des œuvres de la philosophie grecque. Un apport étranger qui ne pouvait représenter, à ses yeux, qu’une «bid’aa», une innovation blâmable. En d’autres termes, les Ibn Sina (Avicenne), Ibn Rochd (Averroes), Al Kindi, tant de penseurs qui ont incarné l’âge d’or de la Civilisation Islamique, seraient, selon lui, responsables de notre décadence. Cherchez l’erreur. Et si le prédicateur déclarera la technologie utile, il la dissociera cependant de tout l’environnement intellectuel, et social, qui a justement permis son émergence, via la recherche scientifique. Une renaissance (Nahdha) serait-elle possible, sans la liberté de penser ?

La violence en Tunisie
 

Si le conférencier a regretté les violences attribuées (souvent à tort, selon lui) au salafisme, il affirme que leur origine est à trouver dans le vide religieux que la dictature a favorisé. C’est donc à cause de notre carence en Ulémas que nos jeunes sont désorientés, et se retrouvent impliqués dans des débordements que la doctrine salafiste ne saurait théoriquement justifier. Ben Hassen soulignera que «la violence qui apparait en Tunisie, n’existe pas en Egypte ou au Maroc, des pays pourtant tout aussi bien pourvus en salafistes». La solution serait donc d’ouvrir nos portes aux «savants religieux», pour remédier à nos carences en la matière. Or affirmer que seule la Tunisie connaît la violence «salafiste», est pour le moins une contrevérité. Pis : dans les pays cités en exemple par le Cheikh, des événements sanglants ont déjà démenti ces allégations.

Les exemples marocains et égyptiens
 

En mai 2003, un attentat déclenché par un groupe salafiste originaire du bidonville de Sidi Moumen a fait 45 morts au cœur de Casablanca. En mai 2012, les autorités marocaines annoncent avoir démantelé un réseau affilié à Al Qaida au Maghreb Islamique. En clair, les autorités tunisiennes avaient de bonnes raisons de refouler, le 15 mai dernier, le salafiste (djihadiste) marocain Abou El Fadhl Omar El Hadouchi, à l’aéroport Tunis Carthage.

Quant à l’Egypte, les groupes salafistes y ont d’abord bénéficié de la mansuétude (voire du soutien) de Moubarak, qui en faisait un pion sur son échiquier, dans la partie jouée contre les Frères Musulmans. Après la Révolution, ces mêmes groupes visent désormais les Coptes, et tous les éléments jugés peu conformes à leur vision de la religion. La Tunisie n’est donc clairement pas la seule dans la région à être visée par la violence salafiste, contrairement à ce qu’affirme le cheikh Ben Hassen.

Et les agressions ne ciblent pas seulement les personnes, mais s’en prennent même à l’héritage historique. Un prédicateur salafiste égyptien, a longuement argumenté, sur une chaîne télé à grande audience, de la nécessité de démolir le Sphinx et les pyramides, puisque représentatifs d’une religion antéislamique. Ce «débat» a eu lieu il y a quelques jours sur la chaîne Dream 2, en présence d’un Abdelfattah Mourou éberlué par la violence des propos.

Dans ce même contexte, mais au Maroc cette fois-ci, une ONG a reproché aux salafistes, le 14 novembre, d’avoir détruit sur le site archéologique de Yakour, des gravures sur pierre représentant le soleil, datant de plus de 8000 ans. Les fermetures, les incendies, et les actes de vandalisme qui ont touché les mausolées en Tunisie ne sont donc clairement pas des actes isolés. Et au cœur de l’Arabie Saoudite, même des monuments attestant de la gloire de la civilisation islamique ont été démolis, par ceux-là même qui jettent aujourd’hui l’anathème sur les «blâmables innovations». Autant de raisons, donc, qui ont poussé, au fil des siècles,  les autorités islamiques à contrecarrer les avancées d’une idéologie aux ressorts obscurs. Faudrait-il aujourd’hui les accueillir dans notre pays ?

 

De la Zeitouna au califat Ottoman
 

Ces prédicateurs  qui ont désormais droit de cité dans la Tunisie d’après la Révolution, ont été pourtant rabroué dès le 19ème siècle par la Zeitouna, sous le règne de Hammouda Pacha. Et alors que les nostalgiques de l’unité islamique évoquent le califat, les califes ottomans, eux, ont combattu sans relâche les ancêtres de ces cheikhs salafistes. Le sultan Mahmoud II, l’un des derniers représentants de la Sublime Porte, a même décapité Abdallah Ibn Saoud, sur la place publique, à Istanbul. Et les salafistes sous leur avatar wahhabite ne reprendront du poil de la bête qu’avec, dans un premier temps, l’aide des Britanniques, désireux de battre en brèche l’influence des Ottomans, derniers garants de l’unité des Musulmans. Avant que l’Oncle Sam ne prenne le relai dans la région.

L’appui de l’Oncle Sam
 

Le 14 février 1945, le pacte de l’USS Quincy est signé entre le roi Abdelaziz ben Abderrahman ben Fayçal Al Saoud et Franklin Delano Roosevelt, le président américain de l’époque. Les Saoudiens offrent depuis leur pétrole, en échange de la protection des Etats-Unis. La suite ? On la connait. Via les prêches de prédicateurs mercenaires qui vont jusqu’à inverser les priorités des Musulmans, passant tour à tour la lutte contre l’Irak ou la Syrie, avant celle menée contre le sionisme et les croisades de l’Amérique.

Des «cheikhs» distilleront, via les chaînes satellitaires, les fatwas d’Ibn Baz, Al Albani, Otheymine, bénéficiant du flot ininterrompu des pétrodollars. Des «maîtres à penser» dont Béchir Ben Hassen est l’élève, pour avoir étudié leur doctrine en Arabie Saoudite, à l’université  Om Al Kora, à la Mecque. Une doctrine qui déclare le niqab obligatoire, la musique, l’art, interdits, et autorise le mariage des filles de neuf ans, tout en ergotant sur les conditions sous lesquelles l’esclavage peut être permis. Une idéologie qui considère qui considère chiîtes, achaârites, soufis comme étant au mieux comme des «égarés», au pire, comme des «hérétiques». Le site officiel de «la Présidence Générale des Recherches Scientifiques et de la délivrance des fatwas» du Royaume d’Arabie Saoudite, présente à cet égard une compilation des avis religieux délivrés, en ayant pris le soin de les traduire également en français et en anglais. Edifiant.

Or permettre la diffusion subventionnée et à grande échelle de «valeurs» qui ont déjà été combattues becs et ongles, à travers l’Histoire, par les plus prestigieux Imams de la Omma islamique, ne saurait représenter une avancée. Certes, rien ne saurait justifier que l’on puisse maltraiter des citoyens tunisiens en détention dans la Tunisie de la Révolution. Que deux Tunisiens aient pu mourir dans le silence, après deux mois de grève de la faim, est un scandale.  

Mais importer des prédicateurs étrangers sous prétexte de pseudo-carences religieuses, ne saurait en aucun cas apaiser les tensions et pacifier les intentions. En définitive, ouvrir les palais de la République aux missionnaires du salafisme, est-il réellement le meilleur remède aux dissensions ?  mag14

 

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Béchir Ben Hassen, un prédicateur salafiste, au palais de Carthage

Tunisie. Béchir Ben Hassen, un prédicateur salafiste, au palais de Carthage A l'invitation du président de la république provisoire Moncef Marzouki, le prédicateur salafiste Béchir Ben Hassen animera samedi un débat sur le salafisme... au palais de Carthage. Première du genre en Tunisie.

 

Dans le cadre du cercle culturel, le prédicateur wahhabite (pro-Ennahdha) Béchir Ben Hassen donnera une conférence sur le salafisme en Tunisie, samedi 17 octobre, à partir de 15 heures, au palais de Carthage... réduit aujourd'hui à la fonction d'une maison de culture.

Parmi les déclarations mémorables de ce prédicateur qui a droit, aujourd'hui, aux honneurs de la république: «Tous ceux qui s'opposent au gouvernement sont les ennemis de l'islam» (sic !). kapitalis

 

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La liberté est le Nikab ! Le reste, ce ne sont que les orphelins de Bourguiba ou de Ben Ali ... C'est en résumé ce que l'invité de notre Président essaie de dire... 

Pour sauver le wahhabisme, le cheik détourne l'Hitoire  


 

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Une fabrique de salafistes


Le site de Leaders m’apprend  que le salafiste M. Béchir Ben Hassen -que reçoit le Président Marzouki ce samedi 17 novembre- a étudié à l’Institut Om al Qura de la Mecque. Cette information m’interpelle : dans mon livre « La recherche contre le Tiers Monde » (Presses Universitaires de France, 1993) et publié en arabe aux Editions Al Farabi à Beyrouth (1999)- cette traduction de mon ouvrage a été saluée par Al Ahram (Article de Magda al Joundi du 8 mai 2001, p.28)- je citais cette institution « universitaire » comme particulièrement féroce envers les libertés académiques élémentaires qu’elle bafoue et viole allègrement. 

Qu’on en juge ! 
 
La revue égyptienne « Littérature et Critique » livre un article signé du Dr Chabl Badran paru dans son numéro 80 d’avril 1992 (p. 140-143). L’article raconte les tribulations kafkaïennes de la thèse d’un chercheur de la Faculté de langue arabe de l’Université Om al Qura à la Mecque, Saïd El Chérihi. Son travail portait sur « Le renouveau linguistique de la poésie à l’époque abbasside ». Un sujet,  comme on le voit,  particulièrement apolitique. Il était dirigé par le Pr Lotfi Abd-el-Badi considéré comme un chercheur « coupable d’utiliser des méthodologies structuralistes et réalistes », ce qui, aux yeux du rapporteur de la thèse, constituait « un danger autrement plus grave pour l’islam, que le marxisme, le communisme et la laïcité » comme il l’a déclaré à divers journaux saoudiens. La thèse dut être profondément remaniée. La commission des thèses (jury) donna son aval après soutenance et discussion.
 
Ensuite, le Conseil de la Faculté de langue arabe émit un avis favorable à la collation du grade de docteur à Saïd El Chérihi. C’était compter sans l’avis du Conseil de l’Université. Cet organe publia une « décision » (n°5 en date du 16 Chaouèl 1409 c-à-d en 1989) dans laquelle on relève ce curieux attendu : «La thèse contient des idées et des expressions obscures, non conformes avec les principes et l’enseignement de la religion musulmane… De plus, elle reflète des conceptions et des méthodologies occidentales étrangères à notre religion, notre milieu et notre société islamique… »
 
Après s’être étonné que l’on puisse affirmer que « des idées obscures sont conformes ou non à la religion », le Dr Chabl Badran de s’exclamer : « Y a-t-il une méthode de recherche scientifique musulmane et une autre chrétienne ou juive ou bouddhiste ou américaine ? »
 
El Chérihi n’obtint pas son titre de docteur, mais, magnanime, le Conseil de l’Université lui demanda de « faire amende honorable et de revenir à Dieu » et lui accorda, à titre exceptionnel, le droit d’aborder une nouvelle recherche « avec un directeur dont les idées, les méthodes et la science sont conformes avec les principes islamiques de notre Université. »
 
Comme on le voit, le Moyen Age se porte à merveille dans certaines universités arabes !
 
Du reste, signale le Dr Badran, la même institution renvoya, en 1987, un professeur qui estimait que, pour les femmes,  le fait de chanter ou de ne  pas porter le voile,  n’était pas contraire à la religion. 
 
De même, l’Université Om al Qura  rompit le contrat d’un enseignant  égyptien le Pr Mahmoud Abou Zeid, coupable d’avoir traduit le livre du grand pédagogue brésilien Paulo Freire « Pédagogie des opprimés ». Ce dernier avait fondé le mouvement de « pédagogie critique » qui militait pour une éducation libératrice et anticolonialiste. Pour Freire, l’éducation doit permettre à l’opprimé de récupérer son humanité, face à son oppresseur. Pour lui, un système éducatif neutre n’a jamais existé. L’éducation est soit utilisée pour intégrer les générations dans la logique du système prévalent et rendre « conformes » à ce système les jeunes ;  soit elle est une « pratique de liberté », un moyen par lequel hommes et femmes se confrontent de manière critique à la réalité et découvrent comment participer à la transformation du monde. 
 
Une Université saoudienne ne saurait accepter une telle horreur, voyons ! A la trappe le Pr Abou Zeid et avec lui la recherche scientifique !
 
Pourvu que M. Ben Hassen ne demande pas au Président Marzouki d’interdire les chansons de Saliha et de Soulèf  et d’effacer de nos programmes scolaires  la poésie abbasside et notamment celle du génial   Abou Nawas!  leaders

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 19:19

Hamnma El Hammami : « Il s'agit d’accusations dangereuses et si ce site possède des documents secrets, il est nécessaire qu'ils soient publiés. Cela servira à rendre justice au peuple tunisien et à tous les partis victimes de ces falsifications. Également, j'invite tous ceux mis en cause par ces rumeurs de réagir publiquement …»


 

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Sans les ONG américaines, les islamistes tomberont aux prochaines élections

« Rached Ghannouchi tombera dans les prochaines élections, mais je conseille aux Tunisiens de demander que ces élections soient placées sous le contrôle de l’ONU et pas des ONG américaines », déclare le célèbre chroniqueur d’une TV égyptienne, qui révèle par ailleurs l’existence d’une base américaine en Tunisie. Nous en déduisons que l’ISIE n’est pas une instance proprement tunisienne, mais un cheval de Troie de la CIA.

Sans la corruption de l’ISIE et la complicité de Kamel Jendoubi, Ennahda n’aurait pas été majoritaire et le CPR aurait obtenu un score inférieur à celui du POCT. Les documents explosifs que nous venons d’obtenir et qui feront l’objet d’un dossier complet, nous permettent d’affirmer que les premières élections « transparentes » et « démocratiques » du 23 octobre 2011 ont été trafiqué. 

L’ISIE, instance-écran de la NED 

 
L’on peut d’ores et déjà avancer que l’ISIE n’était qu’une instance écran, crée à la hâte pour réaliser « les objectifs de la révolutions » selon l’agenda américain. Ceux qui ont préparé, financé et organisé les élections tunisiennes sont en réalité de pseudo ONG américaines, principalement l’International Foundation for Election Systems(IFES), qui est une ramification de la National Endowment For Democracy (NED), l’organisation secrète de la CIA qui a joué un rôle majeur dans le démantèlement de l’URSS, qui a été le laboratoire du « printemps arabe » et qui continue aujourd’hui à mener une campagne subversive contre la Chine, l’Iran, le Venezuela et Cuba. Joe Lieberman et John McCaïn en sont les principaux dirigeants. 

 
Pour ne pas s’enfoncer dans les théories du complot, nous allons laisser un ancien haut fonctionnaire du Département d’Etat américain nous présenter cette ONG de bienfaisance, fondée par Ronald Reagan en 1983, qui, en amont (formation des cybers-collabos) et en aval (mainmise sur les différentes structures postrévolutionnaires), a restructuré le paysage politique tunisien. Dans son livre Rogue State : A guide to the World’s Only Superpower (Common Courage Press, 2001), William Blum écrit que le NED « allait pouvoir faire à peu près ouvertement ce que, pendant des années, la CIA avait fait en douce », en agissant « souvent dans le sens opposé à sa vocation proclamée ». Selon lui, le NED « intervient dans les affaires intérieures de pays étrangers de plusieurs façons. Il fournit fonds, savoir-faire techniques, entraînement, matériel didactique, ordinateurs…, à des organisations de citoyens, à des syndicats, à des mouvements de dissidents politiques ou d’étudiants, à des éditeurs, à des journaux et autres médias ». 

 
La rencontre secrète du 25 octobre 2011 

 
C’est donc cette ONG qui a pris le contrôle du processus « révolutionnaire » jusqu’à son aboutissement logique : les élections du 23 octobre 2011, qui ont consacré le triomphe d’Ennahda, du CPR et du Ettakatol. La Fondation Carter, plus crédible et bénéficiant de l’aura moral de son créateur, n’a été associée en tant qu’observateur que pour faire passer la pilule. Nous reviendrons sur le rôle trouble d’une autre ONG suédoise. 

 
Selon les documents que nous avons reçus, une réunion secrète a eu lieu, le 13 août 2011 entre Rached Ghannouchi, Hammadi Jebali, Moncef Marzouki et Mustapha Ben Jaafar. Elle s’est déroulée dans la nuit du 13 août dans le domicile de Nasr Ali Chakroun. 
C’est ce soir-là qu’a été décidé le partage du gâteau tunisien et la
 répartition des quotes-parts.
Plus importante encore que cette réunion, la rencontre du 25 octobre 2011, dans un appartement au quartier Ennasr, avenue Hédi Nouira, entre Kamel Jendoubi (ISIE), Mohamed Abbou (CPR), Mohamed Bennour (Ettakatol), Ali Larayedh (Ennahda), et un certain Marc Zartmann, un américain dont nous n’arrivons pas encore à identifier la fonction, ni à délimiter le rôle exact qu’il a joué dans l’organisation des élections du 23 octobre. Pour nous, Marc Zartmann est un proche collaborateur de John McCaÏn au sein de la National Endowment For Democracy (NED). Nous en apporterons les preuves. Tout porte à croire donc que les résultats du scrutin ont été arrangé selon les exigences américaines et conformément à l’accord secret du 13 août 2011 entre les responsables de la future Troïka. Ce qui expliquerait d’ailleurs le retard de plusieurs jours avant de rendre public les résultats de ces « premières élections démocratiques » dans l’histoire de la Tunisie. 

 
Une leçon pour l’avenir  

 
A notre avis, avec ou sans ces combines mafieuses entre partis, Ennahda aurait de toute façon gagné ces élections, pour des raisons tout à fait objectives : psychologie sociale d’une grande partie de Tunisiens qui voyaient dans l’islamisme un retour à la morale religieuse, décapitation préalable du RCD, métastase de partis parasitaires (plus de 120), dispersion des forces de gauche, financement occulte d’Ennahda par le Qatar…  L’enjeu n’était donc pas la victoire d’Ennahda, qui est acquise, mais le choix des partenaires qui devaient servir au décor démocratique. 
                 
 
Et ceci nous amène aux propos du chroniqueur égyptien Taoufik Okacha, qui semble bien informé. Ce dernier « conseille au peuple tunisien d’exiger le placement des prochaines élections sous le contrôle des Nations Unies et non point des organisations non gouvernementales…pour que ne se reproduise pas en Tunisie ce qui s’est passé dans les élections égyptiennes ». On notera que pour plusieurs observateurs égyptiens, celui qui aurait gagné les élections n’est pas le Frère musulman Mohamed Morsi mais le nassérien Hamdeen Sabbahi. Il a dû se passer en Egypte ce qui s’est passé en Tunisie le 23 octobre 2011, choix stratégique américain oblige !   http://www.tunisie-secret.com  Karim Zemerli


 

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Le Wikileaks tunisien jette un pavé dans la marre

Tunisie, Mohamed Abbou, qui méprise l'opinion tunisienne, a raison : nos informations ne sont pas absolument fausses, mais elles sont, comme il le dit, "vagues et imprécises". Si la réunion du 25 octobre 2011 n'était pas aussi secrète, pourquoi donc s'y était-il rendu en taxi et non pas dans sa propre voiture? Les nouvelles révélations de Tunisie-Secret sur les relations troublantes entres l’ISIE et la NED, ainsi que sur les réunions du 13 août 2011 et du 25 octobre 2011 ont provoqué la panique dans les rangs des fossoyeurs de la démocratie en Tunisie. Voici notre message « rassurant » pour eux.



Le Wikileaks tunisien jette un pavé dans la marre
Une fois de plus, l’article que Karim Zemerli a publié au sujet des élections du 23 octobre 2011 a fait l’effet d’une bombe. Notre confrère Brahim de la radio Jawhara FM, recevant à l’occasion M.Hamma Hammami, n’a pas hésité à dire que « les informations de Tunisie-Secret ont foudroyé certains et glacés certains autres ». Nous sommes vraiment désolés pour les uns et pour les autres. Nous conseillons aux premiers de s’équiper de bons paratonnerres pour éviter la foudre et aux seconds de réussir leur décongélation ! En tout cas, inutile de lancer des attaques contre notre site. Avant de le mettre en ligne il y a quatre semaines, nous avions pris toutes les précautions informatiques. Jusqu’à présent, nous avons pu faire face à toutes les attaques et, même si nos ennemis parviennent à détruire notre site, nous réapparaitrons sous une autre configuration dans les 48h. Alors, message à tous ceux que Tunisie-Secret empêche de dormir : ne perdez pas votre énergie et votre argent ; vous allez devoir vous habituer à notre présence.  

Pour lever toute confusion 

 
Nous disons cela car, le présentateur de Politica a lui-même constaté à la fin de son émission que l’article par lequel le scandale est arrivé a disparu. Mieux encore, nos amis à Tunis nous ont confirmé que, dans la journée du 15 novembre, c’est tout le site de Tunisie-Secret qui n’était plus accessible entre 10h21 et 11h45, heure locale, puis entre 16h05 et 17h10. La censure est donc de retour et dans peu de temps, elle touchera tous les autres sites et comptes facebook qui ont su garder leur indépendance. 

 
A l’origine de cette panique, la reprise de notre article par le quotidien arabe  Attounissia, dans sa livraison du 15 novembre. Nous remercions nos courageux confrères et nous attirons leur attention sur le fait que, dans leur article, il y a eu confusion entre les propos du chroniqueur égyptien Taoufik Okacha et les affirmations de Tunisie-Secret. Ce n’est pas de leur faute puisque la vidéo d’Okacha que nous avons joint à notre article comme pièce à conviction n’était plus visible pour nos lecteurs en Tunisie ! Dès que nous en avons été alertés par nos correspondants à Tunis, nous y avions remédié. C’est donc Tunisie-Secret qui assume l’entière responsabilité des propos repris par Attounissia et Jawhara FM

 
Qui est Marc Zartmann ? 

 
Il va sans dire que nous garderons le secret absolu sur l’origine de nos sources. Notre devoir est de protéger nos informateurs et de publier ce que nous recevons, après investigation et authentification. D’ailleurs, dans la plupart des cas, c’est de façon anonyme que nous avons reçu certains dossiers effectivement explosifs. Notre seul point faible dans l’article en question, c’est que nous avons beaucoup de mal à identifier le mystérieux Marc Zartmann. A ce jour, et malgré des recherches poussées, nous n’arrivons toujours pas à le situer. Nous lançons par conséquent cet appel à tous nos lecteurs qui détiendraient des informations sur cette personne américaine (c’est certain) travaillant pour la National Endowment For Democracy (NED).
Marc Zartamann –est-ce son vrai nom ou une fausse identité comme cela est de coutume dans les services de renseignement- est au cœur de cette affaire d’Etat, que nous ne lâcherons plus avant de l’élucider totalement. Qui est Marc Zartmann ? Que faisait-il dans la réunion tenue secrète du 23 octobre 2011 ? Quel a été le rôle exact (apport financier, soutient logistique, lobbying) de la NED lors des élections du 23 octobre 2011 ? De quelle nature et à quel degré ont été les rapports entre l’ISIE et la NED ? 

 
La National Endowment For Democracy  pourrait d’ailleurs répondre à ces questions, puisqu’elle se présente (www.ned.org/node/529 ) comme étant une organisation non gouvernementale, transparente et comme une « Fondation privée à but non lucratif, engagée dans le renforcement et le progrès des institutions démocratiques dans le monde entier » ! Que son porte-parole nous dise alors quels individus et quelles associations elle a financé avant le 14 janvier 2011, et quels partis politiques et journaux numériques elle a financé depuis la chute du régime. Et si cette Fondation « transparente » conjointement crée par les démocrates et les républicains américains ne daigne pas communiquer, que nos lecteurs le lui demandent à ce numéro : (202) 378 9700. 

 
Mohamed Abbou méprise l’opinion tunisienne 

 
Au moment où nous nous apprêtons à mettre en ligne le présent article, nous apprenons que Mohamed Abbou a démenti nos informations dans le quotidienAttounissia de ce matin (16 novembre). Il a déclaré que les propos de Tunisie-Secret sont « vagues et imprécis », donc peu crédibles. Nous lui posons alors cette question qui n'est pas vague et imprécise mais claire et limpide et qui va lui rafraichir la mémoire : puisque la réunion du 23 octobre 2011 dans un appartement avenue Hédi Nouira à la cité Ennasr n’était pas si secrète, pourquoi donc est-il arrivé en taxi et non pas dans son propre véhicule ? Est-ce que ce petit détail lui suffit pour prendre au sérieux les informations de Tunisie-Secret et pour cesser de prendre les Tunisiens pour des imbéciles ? 
       
 
Pourquoi accordons-nous une telle importance à cette affaire ? Pour que les coupables et complices en rendent compte devant la justice et, surtout, pour que cela ne se reproduise pas dans les prochaines élections qui vont définitivement sceller l’avenir de la Tunisie. Mais d’ores et déjà, trois conditions sont absolument nécessaires pour garantir à ces élections la transparence, la régularité et l’authenticité. 

 
Comment garantir la transparence des prochaines élections ? 

 
Premièrement, contraindre l’ISIE à publier son rapport détaillé sur les 140 millions d’euros dépensés pour les élections du 23 octobre 2011, avant de dissoudre cette instance transnationale et procéder à la création d’une nouvelle instance nationale qui sera constituée par des spécialistes en droit électoral, par les représentants des quinze premiers grands partis du pays, par les représentants de la centrale syndicale (UGTT), par les représentants de la société civile, ainsi que par cinq personnalités politiques au-dessus de tout soupçon et sans aucune ambition politique (un comité de sages en quelque sorte).
Deuxièmement, placer ces élections sous le contrôle exclusif des Nations Unies en interdisant à toutes les ONG américaines et européennes d’y mette leur nez. Ces pseudo-ONG ne sont pas financièrement indépendantes ni politiquement désintéressées. De façon très subtiles, elles travaillent pour les intérêts stratégiques de leurs Etats. Troisièmement, réactiver l’ancienne loi sur les financements des partis et en garantir la stricte application. Même dans les démocraties les plus anciennes, l'argent a toujours été le principal talon d'Achille. A plus forte raison dans la jeune démocratie tunisienne que les dollars du Qatar, d'Arabie Saoudite et des Etats-Unis ont déjà gangréné.  http://www.tunisie-secret.com/Le-Wikileaks-tunisien

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 05:29

Le  ministre de la justice : on attend les conclusions de l'enquête !

Le comité de défense des prisonniers dans l’affaire de l’ambassade américaine et leurs avocats jettent la balle dans le camp du ministre de la justice 

 

 

 

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Ouverture d'une enquête après le décès d'un gréviste de la faim

Le ministre de la Justice tunisien Nourredine Bhiri se défend de toute négligence.
Le ministre de la Justice tunisien Nourredine Bhiri se défend de toute négligence. AFP PHOTO / FETHI BELAID

Au lendemain de la mort d'un jeune gréviste de la faim, le ministre de la Justice et les avocats de la victime ont donné leurs versions des faits ce vendredi. Bechir Gholli avait été placé en détention provisoire le 20 septembre, à la suite de l'attaque de l'ambassade américaine. Il s'était arrêté de manger pendant 56 jours pour clamer son innocence, et est finalement décédé jeudi 15 novembre. Un de ses co-détenus, libéré, lui, mecredi, se trouve toujours dans un état critique.

 Les avocats de Bechir Gholli dénoncent une négligence, une prise en charge médicale trop tardive. Le jeune homme a pourtant été hospitalisé quatre fois, assure le ministère de la Justice. Insuffisant, répond la défense pour qui il aurait dû être soigné pendant plusieurs semaines d'affilée, au lieu de retourner en prison.

 La défense pointe du doigt le gouvernement. Mais le ministre de la Justice, Noureddine Bhiri assure avoir tenté de le sauver. « Toutes les mesures possibles ont été prises pour suivre de près sa santé, que ce soit dans la prison ou les hôpitaux publics, affirme le ministre. Sa famille, ses avocats, l'administration et le juge ont essayé de le convaincre d'arrêter sa grève de la faim, mais il a continué, je le regrette ».

 Une enquête a été ouverte sur les conditions de ce décès. Un autre gréviste de la faim, toujours hospitalisé, serait entre la vie et la mort. Il avait, lui, été libéré mercredi. Le ministre de la Justice affirme que son état de santé s'est dégradé après sa remise en liberté. rfi.fr

 

___________________________________________________________________Décès d'un détenu suspecté d'avoir participé à l'attaque de l'ambassade américaine

Un manifestant lors de la manifestation contre l'ambassade américaine à Tunis, le 14 septembre.Un manifestant lors de la manifestation contre l'ambassade américaine à Tunis, le 14 septembre. © AFP

 

 

Placé en détention provisoire dans le cadre de l'enquête sur l'attaque, le 14 septembre, de l'ambassade des États-Unis à Tunis, un jeune Tunisien est mort jeudi 15 novembre après deux mois de grève de la faim. Il protestait contre la violence policière et ses conditions de détention.

 

Bechir Gholli refusait de s'alimenter depuis 57 jours. Jeudi, ce jeune Tunisien de 23 ans, placé en détention provisoire dans le cadre de l'enquête sur l'attaque contre l'ambassade américaine à Tunis en septembre, est mort après deux mois de grève de la faim.

« Bechir Gholli, en grève de la faim depuis 57 jours, avait été transféré (de sa cellule) à l'hôpital le 13 novembre et il est mort aujourd'hui (jeudi) d'un arrêt cardiaque », a déclaré son avocat Abdelbasset Ben Mbarek.

 

Ce décès intervient à la vieille de la grande prière hebdomadaire du vendredi, jour que les islamistes ont par le passé choisi pour des manifestations qui parfois dégénèrent en violences.

 

Bechir Gholli était le père d'un enfant de six mois, a précisé l'avocat. Il était soupçonné d'avoir participé à l'attaque contre l'ambassade américaine à Tunis le 14 septembre. Selon les autorités, cet assaut - qui a fait quatre morts parmi les assaillants - avait été orchestré par la mouvance salafiste jihadiste. « Il était innocent, il a fait la grève de la faim pour se défendre », a déclaré l'avocat, assurant que son client n'était pas un salafiste.

 

Attaque contre l'ambassade


Une quarantaine de proches du défunt étaient réunis vers 21h30 devant l'hôpital Charles Nicolle de Tunis pour réclamer le corps, a indiqué l'avocat. D'après lui, un second suspect en grève de la faim, Mohamed Bakhti, 28 ans, est « dans un état critique ».

Le ministère de la Justice n'a pas souhaité commenter cette information. Une source judiciaire a néanmoins indiqué à l'AFP que deux suspects, arrêtés pour leur rôle dans l'attaque contre l'ambassade américaine, étaient hospitalisés jeudi matin dans un état critique.

 

Gholli et Mbarek avaient débuté leur grève de la faim le 26 septembre, après avoir « été frappés par la police » lors de leur arrestation. Ils dénonçaient aussi leur placement avec neuf autres détenus « dans une cellule de 1,5 mètre sur deux » à la suite d'une bagarre avec des prisonniers de droit commun. L'avocat avait alors brocardé « des conditions de détention inhumaines » et estimé qu'il n'y avait « pas de preuve de leur implication » dans les violences.

 

Des centaines de militants tunisiens, salafistes pour la plupart, avaient attaqué l'ambassade américaine à Tunis le 14 septembre. Ils l'avaient partiellement incendiée, protestant contre la diffusion sur internet d'un film islamophobe produit aux États-Unis. Plus d'une centaine de personnes ont été arrêtées dans le cadre de l'enquête. De son côté, la mouvance salafiste jihadiste a dénoncé une répression injustifiée à son encontre.

 

Abou Iyadh toujours en fuite


Les flambées de violences salafistes interviennent régulièrement en Tunisie depuis la révolution de janvier 2011. Fin octobre, deux militants de cette mouvance sunnite rigoriste sont morts dans la banlieue de Tunis lors d'attaques contre deux postes de la garde nationale.

 

Mohamed Bakhti est connu comme appartenant à un mouvement jihadiste tunisien proche d'Abou Iyadh, l'organisateur présumé de l'attaque contre l'ambassade des États-Unis qui échappe toujours à la police.

 

M. Bakhti avait été condamné en 2007 à douze ans de prison après des affrontements sanglants entre l'armée et des islamistes à Soliman, près de Tunis, sous le régime de l'ex-président Zine El Abidine Ben Ali. Il a bénéficié de l'amnistie décrétée après la révolution de 2011. Abou Iyadh, libéré lui aussi à la faveur de cette amnistie, est pour sa part considéré comme l'un des dirigeants du groupe de Tunisiens accusés d'avoir organisé l'attentat ayant tué le commandant Massoud le 9 septembre 2001 en Afghanistan. L'attaque suicide avait été commis par deux Tunisiens s'étant fait passer pour des journalistes. Jeuneafrique.

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17 novembre 2012 6 17 /11 /novembre /2012 02:12

Israël attaque Gaza : Michel Collon teste un média

 

Peut-on faire confiance aux médias ?

Peut-on faire confiance, par exemple, au quotidien Le Soir ?

Michel a testé quelques coupures de presse de cette semaine consacrées à deux thèmes :

 

1. La préparation de la nouvelle guerre contre Gaza.

 

2. Les solutions à la crise économique et sociale. Où on peut vérifier ce que vaut l'info du Soir. Où on constate qu'on veut nous mettre dans la peau de certaines gens avec qui nous n'avons rien à voir. Quand le langage prépare la guerre et quand le langage nous impose la pensée néolibérale... michelcollon.info


 

 

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Gaza, assassinats et désinformation

 

Pour comprendre l’escalade à Gaza, il faut toujours rappeler quelques données sur ce territoire (360 kilomètres carrés, plus de 1,5 million d’habitants, soit plus de 4 500 personnes par kilomètre carré — ce qui en fait un des endroits de la planète où la densité de population est la plus élevée), occupé depuis 1967 par Israël. Même si l’armée s’en est retirée, ses accès avec le monde extérieur sont toujours contrôlés par Israël ; la circulation à l’intérieur même de cette mince bande de terre est limitée et le blocus mis en place depuis des années perdure : pour les Nations unies, Gaza reste un territoire occupé.

Les données qui suivent sont fournies par le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires dans les territoires palestiniens (OCHA oPt), dans un document de juin 2012 intitulé : « Five Years of Blockade : The Humanitarian Situation in the Gaza Strip » :

- C’est en juin 2007 que le gouvernement israélien a décidé d’intensifier le blocus de ce territoire, qui était déjà sévèrement « contrôlé ». 

- 34 % de la population (et la moitié des jeunes) est au chômage. 

- 80 % de la population dépend de l’aide alimentaire. 

- Le PNB par habitant était, en 2011, 17 % en dessous de celui de 2005 (en termes constants).

- En 2011, un camion par jour sortait de Gaza avec des produits pour l’exportation, soit moins de 3 % du chiffre de 2005. 

- 35 % des terres cultivables et 85 % des eaux pour la pêche sont partiellement ou totalement inaccessibles aux Gazaouis à la suite des restrictions israéliennes. 

- 85 % des écoles doivent fonctionner en « double service » — un le matin, l’autre l’après-midi —, en raison de la surpopulation.

Toute guerre s’accompagne d’une propagande intense et le gouvernement israélien est passé maître dans cet art. Déjà lors de l’offensive de décembre 2008-janvier 2009, on avait assisté à un déferlement médiatique (Marie Bénilde, « Gaza : du plomb durci dans les têtes »). Des intellectuels français, dont l’inénarrable Bernard-Henri Lévy, avaient contribué à cette désinformation.

L’homme assassiné par Israël, Ahmed Jabari, était le chef de l’aile militaire du Hamas (sur cette organisation, lire « Qu’est-ce que le Hamas ? »). Nombre de médias le présentent comme « un terroriste » responsable de toutes les attaques contre Israël. La réalité est assez éloignée de ce portrait — au-delà même de l’usage du terme « terrorisme », pour le moins ambigu. Une nouvelle fois, c’est un journaliste israélien Aluf Benn qui fait remarquer (« Israel killed its subcontractor in Gaza », Haaretz, 15 novembre) :

« Ahmed Jabari était un sous-traitant, en charge du maintien de la sécurité d’Israël dans la bande de Gaza. Cette qualification paraîtra sans aucun doute absurde pour tous ceux qui, au cours des dernières heures, ont vu Jabari décrit comme un “archi-terroriste”, “le chef du personnel de la terreur” ou “notre Ben Laden”.

C’était pourtant la réalité durant ces cinq années et demi. Israël a exigé du Hamas qu’il observe la trêve dans le sud et la fasse appliquer par les nombreuses organisations armées dans la bande de Gaza. L’homme à qui avait été confiée cette tâche était Ahmed Jabari. »

Il suffit de regarder les graphiques publiés par le ministère des affaires étrangères israélien lui-même sur les tirs de roquettes (« Palestinian ceasefire violations since the end of Operation Cast Lead », 14 novembre 2012), pour se rendre compte que, de manière générale, la trêve a bien été observée. Elle a été rompue par des raids de l’armée israélienne les 7 et 8 octobre 2012, puis les 13 et 14 octobre, provoquant une escalade qui a continué sans discontinuer depuis. Et, à la veille de l’assassinat de Jabari, une trêve avait été finalisée par l’Egypte, ce que confirme le témoignage du militant de la paix Gershon Baskin, repris dansHaaretz, « Israeli peace activist : Hamas leader Jabari killed amid talks on long-term truce », 15 novembre)

Chaque escalade fait suite à des assassinats ciblés de militants palestiniens à Gaza. Ces exécutions extra-judiciaires sont une pratique ancienne du gouvernement israélien (à laquelle les Etats-Unis se sont ralliés depuis longtemps). Vous avez dit « terrorisme » ? (lire « De Gaza à Madrid, l’assassinat ciblé de Salah Shehadeh », par Sharon Weill, Le Monde diplomatique, septembre 2009).

Le scénario avait été exactement le même en 2008. Alors que la trêve était respectée du côté palestinien depuis juin 2008 (« List of Palestinian rocket attacks on Israel, 2008 », Wikipedia), c’est l’assassinat de sept militants palestiniens en novembre qui devait déboucher sur une escalade et l’opération « Plomb durci ».

Sur les violations par Israël des cessez-le-feu au cours des dernières années, on pourra lire Adam Horowitz, « Two new resources : Timeline of Israeli escalation in Gaza and Israel’s history of breaking ceasefires » (Mondoweiss, 14 novembre 2012).

D’autre part, il est difficile de parler d’un affrontement entre deux parties : les F-16 israéliens et les roquettes palestiniennes ne sont pas des armes équivalentes. Le bilan humain, depuis la trêve de janvier 2009 qui a suivi l’opération « Plomb durci », le confirme.

L’organisation israélienne de défense des droits humains B’Tselem dresse le compte des Palestiniens et des Israéliens tués à Gaza depuis le 19 janvier 2009 jusqu’au 30 septembre 2012 (« Fatalities after operation “Cast Lead” ») :

271 Palestiniens (dont 30 mineurs) contre 4 Israéliens.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes... Alain Gresh http://blog.mondediplo

 

 

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Lettre de Palestine     Vivre sous les bombes à Gaza

Vendredi 16 novembre 2012, par Claude Sarah Katz

 

Jeudi 15 novembre, 9:30

Hier, les forces armées israéliennes ont lancé une nouvelle vague de bombardements aériens et maritimes sur la bande de Gaza. Cela signifie qu’une population de 1,8 million de personnes, prisonnière — au sens plein du terme — dans une étroite bande de terre entre une « frontière » à la technologie hyper-sophistiquée et une mer patrouillée sans interruption par la marine de guerre, va subir aléatoirement la mort venue du ciel.

Combien ? Le grand hôpital de la ville de Gaza, Shifa, a accueilli toute la nuit la ronde des ambulances. Les informations circulent, essentiellement par Facebook, mais je ne peux vous faire un point maintenant : le quartier où je vis, et probablement une grande partie de la bande de Gaza, est sans électricité — donc sans routeur. Concernant les morts de l’après-midi d’hier et de la première partie de la nuit, on en compte une dizaine, ainsi qu’une centaine de blessés. Très mauvais signe, Israël a baptisé l’opération en cours « Pilier de défense » (« Pillar of Defence »). Veut-elle rééditer « Cast Lead » (« Plomb durci ») ? Souvenez-vous : 1 400 morts en quelques trois semaines, fin 2008-début 2009…

Devant la disproportion effarante des forces, une population civile, coincée entre barbelés et mer, littéralement écrabouillée par une très puissante armée, la « communauté internationale » va-t-elle réagir ? Nullement — en tout cas pas sans y être contrainte par l’opinion publique. Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est réuni cette nuit et a décidé de ne rien dire. Cela donne dans les dépêches d’agence des titres quasi anodins (comme : « UN takes no action on Israel strikes »). Un des participants aurait déclaré que le fait que cette réunion ait eu lieu était déjà un signe positif. Merci pour les familles qui mourraient sous les bombes des F16 israéliens au même moment.

Comment peut-on en arriver là ? Que les puissants qui nous gouvernent aient leur propre vision du partage du monde et de ses richesses, et que dans cette vision les populations soient une simple variable d’ajustement, soit. Mais la presse ? Les organisations populaires ? On arrive à ce déni de toute justice, ce déni du droit de vivre pour les Gazaouis, par une longue série de mensonges et de désinformation.

Cela commence et finit par le renvoi dos à dos, au mieux, des « protagonistes ». A titre d’exemple, le secrétaire général des Nations unies, M. Ban Ki-moon, lequel exprime au premier ministre israélien Benjamin Netanyahou ses « préoccupations devant la détérioration de la situation dans le sud d’Israël et dans la bande de Gaza, ce qui inclut (which includes) l’escalade alarmante des tirs indiscriminés de missiles et les assassinats ciblés par Israël de responsables militaires du Hamas » [1].

Ainsi, d’un côté, les terroristes palestiniens lancent des roquettes sur des objectifs « indiscriminés » — donc la population civile —, et de l’autre Israël, qui tue « proprement » un important chef militaire du Hamas. Au regard de la réalité du terrain, des bombes qui explosent autour de nous, des images affreuses d’enfants brûlés, c’est simplement ignoble — mais inattaquable en droit, grâce à l’astucieux « qui inclut ».

Alors, ne pas perdre de vue d’autres éléments, autrement importants, dont l’absence rend ce tableau parfaitement mensonger.

Non, Gaza n’est pas un endroit qui pourrait être calme et vivable si des fous furieux ne s’acharnaient pas à lancer des roquettes sur le paisible Israël. Gaza suffoque avec un nœud coulant au cou. Aucune décision sur sa vie ne lui appartient. Toute la vie économique a été tuée par l’interdiction d’exporter. Gaza est une cage où une puissance étrangère décide de tout, la quantité des denrées qui entrent ou n’entrent pas, les lieux où les gens pourront rester en vie et ceux où ils seront abattus, le moment où ses chars entreront arroser quelques kilomètres carrés de leurs engins explosifs et les moments où on pourra avoir l’impression de vivre. Je suis à Gaza depuis treize jours, mes notes quotidiennes sont faites de corps déchiquetés, de parents à bout de pleurs et du silence des comas. La mort à Gaza est comme la colonisation en Cisjordanie : quel que soit l’état des négociations de paix, la colonisation avance au même rythme en Cisjordanie, et quel que soit l’état de la résistance, l’armée israélienne tue quotidiennement à Gaza. Cette phrase n’est pas une envolée rhétorique mais un constat statistique.

Chaque fois que la population de Gaza tente de relever la tête, le nœud coulant se serre un peu davantage [2]. A titre d’exemple : les accords d’Oslo, marché de dupes s’il en fut, dessinent une zone accessible à la pêche pour les bateaux de Gaza d’une largeur de 20 miles nautiques (37 kilomètres). Pour punir les Gazaouis, après le déclenchement de la seconde Intifada, cette zone est ramenée arbitrairement, et du seul droit du plus fort, à 12 miles en 2000, puis à 6 miles en 2003. Depuis 2006, elle a est restreinte à 3 miles, limite imposée par des navires de guerre omniprésents. De ce minuscule espace de pêche, les bateaux ne peuvent ramener qu’une misère et l’ensemble de l’activité est sinistrée [3]. Si on oublie cet aspect du constat, le mépris, la brutalité, le traitement de cette population comme étant privée de tous droits, ne survivant que selon le bon plaisir de son vainqueur, on ne peut rien comprendre à l’existence d’une résistance.

C’est la même logique qui préside aux bombardements d’aujourd’hui : se venger sur la population civile des actions de résistance. Ceci a un nom : punition collective. Et appartient, en droit international, à la catégorie crime de guerre.

Nous savons bien tous, ou croyons savoir, que résister est non seulement un droit, mais un devoir. Ici la résistance est petite et morcelée, décimée par les assassinats dits « ciblés », confrontée à une terrible machine de guerre, mais elle existe. Et comme toute résistance, c’est à elle qu’on impute les malheurs de la population. Relisez le texte de l’Affiche rouge et ce que les nazis avaient écrit sur cette affiche placardée dans tout Paris :« Des libérateurs ? La libération par l’armée du crime ! ». Ceux dont nous nous rappelons avec affection et respect les actions, les résistants sur le sol français, étaient désignés alors comme terroristes, responsables de la « malheureuse » nécessité, pour l’armée d’occupation allemande, de procéder en représailles à des prises d’otages et à des exécutions sommaires.

 

17:00

Ce qui a commencé hier, ce qui se poursuit aujourd’hui, c’est le bombardement de la population civile. Ce qu’écrit Le Monde dans son édition du jour, et accessible sur la Toile — « Israël menait jeudi 15 novembre un deuxième jour d’offensive contre les groupes armés dans la bande de Gaza. Une frappe aérienne a provoqué la mort de trois militants palestiniens, a-t-on appris de sources médicales »  [4] —, est de la pure désinformation. Le responsable de l’hôpital Shifa, le docteur Medhat Abbas, a compté pour nous, en milieu de journée, 90 frappes, visant les lieux les plus variés : maisons, routes, terrain vagues, fermes. On déplore 13 morts (pour une moitié des combattants, pour l’autre des civils, dont le plus jeune avait 11 mois et le plus âgé 65 ans) et 147 blessés — dont une partie ne survivra pas. Ce genre de bilan signe une stratégie : terroriser la population.

Peu ou prou, la résistance riposte. Avec plus de force que lors de l’opération « Plomb durci ». Une coordination de l’ensemble des mouvements semble se mettre en place. La population en soutient le but. Dans les pleurs et des cris de rage, même au chevet des enfants mourants, c’est incontestablement le refus de plier qui se fait entendre.

Plutôt que de s’aventurer dans de savantes discussions sur les appartenance partisanes de tel ou tel groupe de résistants, les analystes politique devront compter avec la population de Gaza.

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Claude Sarah Katz est démographe, retraitée du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), spécialiste en analyse de données à l’université Al Azhar de Gaza. Elle est actuellement envoyée spéciale du mensuel CQFD à Gaza.

Notes

[1] « UN Security Council meets, takes no action on Israel strikes », Ma’an News Agency, 16 novembre 2012.

[2] Lire le témoignage de Noam Chomsky, qui s’est rendu sur place du 25 au 30 octobre, « Impressions de Gaza », Palestine Solidarité, 10 novembre 2012.

[3] Lire Joan Deas, « A Gaza, la mer rétrécit », Le Monde diplomatique, août 2012.

[4] « Israël tue le chef militaire du Hamas et annonce une opération armée à Gaza », Le Monde, 15 novembre 2012.

http://blog.mondediplo.net 

 

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Comment  le peuple juif fut inventé

Il n’y a pas plus eu de peuple juif que de peuple chrétien et de peuple musulman. Selon l’historien israélienShlomo Sand, l’expression « peuple juif » n’apparait qu’au XIXe siècle.

Quant à l’exil des juifs, après la chute du temple de Jérusalem en 70 après J.-C., c’est, selon l’auteur de« Comment le peuple juif fut inventé »(éd. Fayard), un pur mythe chrétien antijuif du IIIe siècle.

Au VIIe siècle, la plupart des populations juives se seraient islamisées. Conséquence : « Les chances que les Palestiniens soient des descendants des Judéens de l’Antiquité sont beaucoup plus grandes que celles des juifs. »

Shlomo Sand a été tourné en ridicule par des historiens israéliens (et critiqué par d’autres), mais salué par l’un d’eux (décédé en 2010), l’historien Tony Judt,ancien sioniste convaincu devenu un partisan de la création d’un Etat palestinien.

 

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Les enfant palestiniens qui ne verront jamais Palestine


 

 

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Pourquoi Obama ne va pas s’en prendre à Israël

Barack Obama, Benjamin Netanyahu

La victoire d’Obama aux élections présidentielles la semaine dernière suscite un malaise général en Israël. Mais l’approche de la Maison Blanche envers Netanyahou risque peu de changer de manière significative.

Les sondages menés hors USA peu de temps avant le jour du scrutin montraient qu’Obama était le candidat préféré dans tous les pays sauf deux : le Pakistan et Israël. Mais contrairement au Pakistan, où les deux candidats se partageaient une même impopularité, il n’a obtenu que 22 % en Israël contre 57 % en faveur de Romney.

Au vu de ces chiffres, on ne s’étonnera pas que le Premier Ministre de l’aile droite, Benjamin Netanyahou, ne fasse que peu d’efforts pour cacher ses sympathie politiques, imposant un accueil de héros à Romney lorsque celui-ci visita Jérusalem cet été et se produisant en vedette dans plusieurs de ses publicités électorales.

Ehud Olmert, un précédent Premier Ministre israélien, a accusé Netanyahou de « cracher » à la face du Président et mis en garde Israël contre une vengeance possible d’Obama pendant son second mandat (cf « Olmert descend Bibi en flammes à propos de l’Iran et de sa relation à Obama » article de Dan Ephron dans The Daily Beast du 6 novembre).

La sagesse générale veut que le président, déchargé des soucis de sa réélection, cherchera à se venger, à la fois de l’intransigeance de Netanyahou dans le processus de paix et de son intrusion dans la campagne étatsunienne.

Les dessinateurs de presse ont résumé la situation la semaine passée. Le quotidien libéral Haaretz montrait un Netanyahou suant à grosse gouttes et mettant prudemment sa tête dans la gueule du lion Obama, tandis que le Jerusalem Post de droite montrait Netanyahou s’exclamant « Oh ! la poisse ! » à la lecture des grands titres.

Parmi les Israéliens et de nombreux observateurs, le sentiment est qu’un Obama en second mandat exercera une pression bien plus forte sur Israël à la fois pour faire de grandes concessions aux dirigeants palestiniens et pour mettre un terme à la posture agressive envers l’Iran pour sa supposée intention de construire une tête nucléaire.

 

Ambiance euphorique

Mais une telle idée est chimérique. L’approche de la Maison Blanche envers Netanyahou risque peu de changer de manière significative.

L’état d’esprit euphorique de Netanyahou s’étalait en évidence pendant le scrutin américain : son gouvernement annonçait le projet de construire plus de 1.200 maisons pour colons juifs à Jérusalem-Est, capitale présumée d’un futur état palestinien (cf « Israël fait avancer la construction de 1.200 maisons à Jérusalem-Est » article du Guardian du 6 novembre.

La réalité, Netanyahou le comprend fort bien, c’est qu’Obama a maintenant les mains liées au Moyen-Orient tout aussi étroitement que pendant son premier mandat.

Obama s’est brûlé les doigts précédemment quand il a tenté d’imposer un gel des colonies. Il n’y a aucune raison  de croire que les lobbyistes israéliens d’extrême-droite à Washington, menés par l’AIPAC, faciliteront la tâche du Président cette fois-ci.

Et comme le notait Ron Ben Yishai, journaliste israélien aguerri, Obama aura en face de lui le même Congrès, qui « est traditionnellement le bastion du soutien quasi inconditionnel à Israël » (cf « Obama est mieux pour Israël » Ynet, 6 novembre).

Obama ne se fait peut-être pas de souci à propos de sa réélection, mais il ne voudra pas transmettre un héritage empoisonné au prochain candidat démocrate à la présidence, ni embourber son dernier mandat dans des confrontations désastreuses avec Israël. On se souvient encore trop douloureusement du coup raté de Clinton pour forcer un accord de paix – même s’il était en réalité bien plus généreux pour Israël que pour les Palestiniens – à Camp David, aux derniers jours de son second mandat.

Et en dépit de son antipathie personnelle à l’égard du Premier Ministre israélien, Obama sait aussi que mis à part le conflit israélo-palestinien, ses politiques y sont soit alignées sur Israël soit dépendantes de la bonne volonté de Netanyahou à collaborer.

 

Revanche limitée ?

Obama comme Netanyahou désirent que l’accord de paix Egypte-Israël tienne le coup. Tous deux doivent s’assurer que la guerre civile en Syrie ne connaisse pas une escalade qui la fasse échapper à tout contrôle, comme semblaient l’indiquer les tirs transfrontaliers sur le plateau  du Golan ces derniers jours. Tous deux préfèrent des dictateurs pro-occidentaux répressifs dans la région plutôt que de nouveaux islamistes.

Et bien sûr, tous deux veulent coincer l’Iran pour ses ambitions nucléaires. Jusqu’à présent, Netanyahou a consenti à contre-coeur à la ligne US – “donner une chance aux sanctions” – et a atténué sa rhétorique d’attaque. La dernière chose dont la Maison Blanche ait besoin, c’est d’un Netanyahou fâché exhortant ses cohortes de Washington à saper la politique étatsunienne.

Il reste un mince espoir aux opposants de Netanyahou, c’est qu’un président américain mécontent prenne malgré tout une petite revanche et fasse tourner les tables en interférant dans les élections israéliennes de janvier prochain. Il pourrait soutenir des opposants plus modérés, comme Olmert ou Livni,  si ceux-ci choisissent de se présenter et commencent à sembler crédibles.

 

Mais même cela resterait un pari risqué

Quelle que soit la composition de la prochaine coalition gouvernementale en Israël, il est évident qu’elle mènera des politiques guère différentes de l’actuelle. Cela ne fait que refléter le virage à droite des électeurs israéliens, comme l’indique un sondage de ce mois : 80 % des électeurs croient à présent qu’il est impossible de faire la paix avec les Palestiniens.

En fait, étant donné l’état d’esprit en Israël, une tentative trop manifeste d’Obama d’épauler un des opposants à Netanyahou risquerait actuellement de réduire leurs chances de succès. Netanyahou a déjà démontré aux Israéliens qu’il peut défaire le président US dans un combat les yeux dans les yeux. Beaucoup d’Israéliens vont sans doute conclure que personne n’est mieux placé pour tenir en échec un Obama antipathique pendant son second mandat.

Confronté au consensus populaire israélien et au soutien du Congrès à la ligne dure avec les Palestiniens, Obama est un champion improbable du processus de paix – et même de la modeste ambition actuelle de la Palestine d’obtenir le statut d’observateur aux Nations Unies. Le vote à ce sujet doit avoir lieu le 29 novembre, le Président de l’Autorité Palestinienne Mahmoud Abbas espérant apparemment que l’anniversaire du Plan de partition de 1947 de la Palestine fournira une résonance émotionnelle.

Entre-temps, les principaux partis israéliens bataillent pour mettre la main sur le grand réservoir de votes de droite. La semaine dernière, Shelly Yacimovich, leader du parti travailliste dans l’opposition, a nié que son parti soit « de gauche », montrant combien c’est  devenu un vilain mot en Israël. Elle a soigneusement évité de faire allusion aux questions palestiniennes ou diplomatiques.

Et le grand espoir de la politique israélienne, l’ancienne étoile télévisuelle Yair Lapid, est rapidement devenu comme un écho de Netanyahou. La semaine dernière, il est allé jusqu’à refuser de s’opposer publiquement aux ultimes parties palestiniennes de Jérusalem-Est, arguant que les Palestiniens pourraient être forcés à renoncer à leur capitale putative (“Lapid : Si Israël reste ferme, les Palestiniens renonceront à Jérusalem-Est” cf Haaretz 8 novembre )

La réalité est que la Maison Blanche est à la colle avec un gouvernement israélien, avec ou sans Netanyahou, qui rejette un accord avec les Palestiniens. Comme la violence éclate à nouveau à Gaza – comme c’est arrivé pendant la dernière ligne droite de la dernière élection israélienne – il semble bien que nous en soyons pour quatre années de plus dans le même bateau.    Jonathan Cook mondialisation.ca

 

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Manifs de solidarité avec le peuple palestinien et avec Gaza 

 

 

Des citoyens palestiniens et d'autres pays arabes s'expriment ....

 

 

 

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